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Bonjour les poditeurs et poditrices!

Hasard ou pas? L’épisode de cette semaine, hors générique, fait pile 42 minutes !

Cette semaine, nous décidons de reporter d’une semaine ou deux la clotûre de notre petit sondage, un petit peu pour qu’on ait le temps de préparer quelque chose (ce sont évidemment les constantes de l’univers qui se dégagent en tête, sujet pas facile…) mais surtout bien sûr pour vous donner le temps de voter si vous ne l’avez pas encore fait.

Idem pour le concours, le dernier Cyrulnik est toujours à gagner, il vous suffit de lâcher un commentaire, un retweet, un mot calin ou un paquet de chocolat et vous participez au tirage au sort qui aura lieu en même temps que la fin du sondage.

En attendant, cette semaine, Mathieu nous parle de la sonde Hayabusa (merci à Xavier Agnès qui nous a suggéré le sujet). La vidéo amateur de son arrivée dans l’atmosphère terrestre:

Quelques petits articles sur Hayabusa (sorry, en espagnol…)

http://www.microsiervos.com/archivo/ciencia/recueperada-capsula-muestras-sonda-hayabusa.html
http://www.microsiervos.com/archivo/ciencia/tres-estudiantes-instituto-grabaron-reentrada-hayabusa.html
http://www.microsiervos.com/archivo/ciencia/confirma-sonda-hayabusa-trajo-muestras-itokawa.html

Pour notre 13e épisode, Alan nous parle des superstitions qui portent malheur

et Anh Tuan nous présente son dossier sur le vieillissement

Et finalement, Mathieu nous fait cette semaine une quote bien geek, les initiés comprendront:

Il existe 10 types de personnes, celles qui connaissent le ternaire, celles qui ne le connaissent pas et celles qui le confondent avec le binaire. (Auteur Anonyme. Paternité de la citation attribuée par défaut à Mathieu par le reste de l’équipe)

Prochain enregistrement le jeudi 2 décembre 2010 avec, si tout va bien et pour la première fois, un invité qui nous parlera du sujet étonnant des Plasmas

Bonne semaine, à bientôt!

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Dossier – Le vieillissement biologique

On 26.11.2010, in Dossiers, by Anh Tuan
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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui a obsédé l’humanité depuis la nuit des temps : le vieillissement. Déjà, je dois avouer que ce dossier m’a donné beaucoup de fil à retordre : c’est tellement vaste comme sujet qu’on pourrait y passer des heures.

Mais comme il faut bien choisir, j’ai décidé de traiter le vieillissement biologique qu’on appelle aussi la sénescence.

La plupart des espèces vivantes vieillissent. On peut quand même noter quelques exceptions comme la Turritopsis Nutricula, une méduse qui est potentiellement immortelle.

Hormis ces cas fascinants mais rarissimes, tout le monde est à la même enseigne : on vieillit tous ! Mais qu’est-ce qui se passe réellement ?

Même si la sénescence est un processus vraiment complexe, on peut distinguer 2 phénomènes principaux :

- Le premier est environnemental : c’est ce qu’on appelle la surproduction de radicaux libres.

- Le second est génétique : c’est le raccourcissement de portions d’ADN appelées télomères.

Voyons plus en détail ces deux aspects du vieillissement. On entend beaucoup parlé des radicaux libres sans savoir ce que c’est réellement. En fait, ce sont des molécules qui sont les déchets, entre autres, de la respiration cellulaire.

En temps normal, l’organisme les élimine petit à petit mais pas en totalité. De plus, des facteurs environnementaux comme l’alcool, la pollution ou le stress augmentent la production de ces radicaux libres.

En quoi ces particules sont-elles nocives à haute dose ? On peut dire qu’elles rouillent l’organisme, elles l’oxydent. Et cette oxydation endommage les cellules à tous les niveaux, que ce soit la membrane ou plus problématique le noyau qui renferme l’ADN. Altéré, il peut alors produire des anomalies comme le cancer.

Pour lutter contre ces radicaux libres, il y a une solution dont tout le monde a entendu parlé : les agents anti-oxydants.

On en trouve dans la fraise, l’orange, les mangues, les noix, l’ail, le thé et bien d’autres. En fait, une alimentation saine préviendrait des désastres du temps : c’est le fameux régime Okinawa du nom de l’île au large du Japon qui contient la proportion de centenaires la plus élevée au monde.

La deuxième raison du vieillissement, si vous vous en rappelez, c’est le raccourcissement des télomères. En fait, on s’est rendu compte dans les années 60 que la division cellulaire n’était pas infinie. Après un nombre de divisions qui peut aller jusqu’à 50 in vitro, une cellule perd cette capacité à se multiplier et meurt tout simplement : c’est ce qu’on appelle la limite de Hayflick, du nom du scientifique qui l’a découverte.

Il a fallu ensuite attendre 10 ans pour que le Russe Olovnikov ne trouve une explication à cette limite. Ce phénomène est régulé par une zone spécifique des chromosomes qu’on appelle les télomères. Ces zones non codantes se raccourcissent à chaque division jusqu’à devenir trop courtes et ainsi bloquer la division cellulaire.

Ce qui est fascinant, c’est que les cellules cancéreuses développent une enzyme appelée télomérase qui les rendent virtuellement immortelles en stoppant ce raccourcissement des télomères.

Je vais donc finir ce dossier sur ce paradoxe. On cherche l’immortalité depuis la nuit des temps et les seuls exemples qu’on connaissent dans le corps humain sont ceux qui, précisément, nous tuent plus vite.

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Pour ce 13e numéro de Podcast Science, un petit clin d’oeil triskaidékaphobique s’impose… Triskai-quoi? Héhé, ça doit compter au moins quadruple au Scrabble un mot pareil. Je ne pensais pas que j’arriverais à le placer un jour ;)

La triskaidékaphobie, c’est la peur phobique du chiffre 13.

Ascenseur de Shangaï... Il manque quelques étages....

Ascenseur de Shangaï... Il manque quelques étages....

Ça peut faire sourire, mais en fait c’est une peur assez répandue :

  • En effet, la plupart des bâtiments nord-américains n’ont pas de treizième étage, passant du douzième au quatorzième ou utilisant 12 a ou 12 b à la place de 13.
  • La plupart des services hospitaliers ne possèdent pas de lit n°13, en réaction aux protestations de certains patients à ne pas vouloir être mis dans ces lits, les numéros passent de 12 à 14 ou possèdent un 12a et 12b.
  • Certains grands hôtels passent directement de la chambre numéro 12 à la chambre numéro 14 (ou numérotent la chambre 12bis) pour ne pas avoir l’indélicatesse d’y mettre un client qui pourrait être superstitieux.
  • Au niveau de certaines compagnies aériennes (dont Air France paraît-il, selon Wikipedia), le chiffre 13 n’est pas utilisé pour la numérotation des sièges en cabine.
  • De nombreuses compétitions (par exemple la Formule 1) n’attribuent le numéro 13 à aucun concurrent.

D’où cela vient-il?

Difficile à dire car les superstitions sont essentiellement véhiculées par la tradition orale, du coup, leurs origine n’ont pas laissé de trace. Mais dans le cas du 13, plusieurs hypothèses:

  • Dans la tradition judéo-chrétienne, bien sûr, cette peur est associé au “Dernier Repas”, durant lequel disciple Judas, le 13e à table, a trahi son ami Jésus;
  • Chez les Vikings, le dieu Loki, qui était un misérable assassin, se trouvait aussi être le 13e dieu du panthéon;
  • Chez les Perses antiques, on croyait que le 12 constellations du Zodiac contrôlaient les mois de l’année. Et chaque constellation régissait la Terre pendant 1’000 ans. Au 13e millénaire, évidemment, la Terre s’enfoncerait dans le chaos. D’où l’association “13=chaos” et la raison pour laquelle les Perses quittaient-  paraît-il, si notre ami Wiki dit vrai –  leur maison le 13e jour du calendrier Perse pour éviter les malheurs;
  • Plus globalement, de nombreuses cultures considèrent le 12 comme un nombre complet et plein de choses viennent en 12-packs: les 12 dieux de l’Olympe,  les 12 signes du zodiac, les 12 heures du cadran, les 12 apôtres, les 12 tribus d’Israël… Le 13 sonne un peu comme une transgression, un truc en trop… Accessoirement, le 12 est super pratique: on peut le diviser par 2, 3, 4, 6. Essayez-voir d’acheter une demi-treizaine d’oeufs, vous verrez que ça ne porte pas chance ;)

Voilà pour la perspective historique, c’est plutôt marrant même si pas très bien documenté. Mais nous sommes un podcast scientifique, pas vrai? Alors je me suis posé la question des perspectives scientifiques sur la question et je vois deux angles intéressants. Pas sur le chiffre 13 en particulier mais sur les superstitions en général. La perspective évolutive d’abord qui tente d’expliquer quels sont les avantages pour l’espèce de ces croyances bizarres. Et la perspective psycho-cognitive qui tente d’expliquer les mécanismes du développement de ces croyances dans le développement de la pensée chez le jeune humain.

Le rôle des superstitions dans l’évolution

Mon hypothèse était la suivante quand j’ai commencé à creuser: le cerveau humain est un outil formidable qui permet entre autre de se projeter dans l’avenir. D’imaginer des lendemains meilleurs, mais aussi des lendemains moins bons. Surtout pendant les périodes de famine qu’on a connu pendant la majeure partie de notre histoire. Nous aurions donc besoin d’être rassurés et de s’accrocher à des explications certes simplistes mais rassurantes, qui permettent d’expliquer le monde de manière compréhensible… Mais je n’ai pas trouvé d’étude qui valide cette hypothèse… Bon, je n’ai pas cherché des heures non plus. Mais ce que j’ai trouvé, c’est  un papier de 2008 du New Scientist qui  indique que les superstitions, soit la tendance qui consiste à lier arbitrairement une cause à un effet, seraient occasionnellement bénéfiques, selon le biologiste évolutionnaire Kevin Foster de l’Université Harvard.

“Par exemple, indique Kevin Foster, lorsqu’un homme préhistorique associait le bruissement de l’herbe avec l’arrivée d’un prédateur, il se cachait. La plupart du temps, c’est simplement le vent qui était à l’origine du mouvement. Mais dans les rares cas où c’était un groupe de lions qui en étaient la cause, il y a avait un avantage clair à ne pas se trouver dans les parages.”

Avec sa collègue  Hanna Kokko, de l’Unversité d’Helsinki, Foster a cherché à déterminer dans quelles circonstances exactement ces connexions erronées entre les causes et les effet peuvent constituer un avantage.

Les chercheurs n’ont pas cherché à expliquer toutes les superstitions, des pattes de lapin porte-bonheur à  la numérologie Maya, mais ont travaillé avec un langage mathématique et des superstitions simples impliquant des animaux et des bactéries et ont modélisé les situations dans lesquelles la superstition est adaptative. Verdict: tant qu’il est plus avantageux de croire en la superstition que de passer à côté d’un véritable lien de causalité, alors on privilégiera quasi toujours les croyances superstiteuses.

L’article donne également, entre autres la parole à Michael Shermer, éditeur du  Skeptic magazine. Il propose une explication similaire pour de telles croyances, même si elles sont formulées dans un langage moins mathématique:

“Nos cerveaux, dit-il, sont des machines à identifier les pattern et les modèles. Nous connectons les choses les unes avec les autres et créons du sens à partir des schémas que nous croyons observer dans la nature.  Parfois, A est vraiment connecté à B. Parfois pas. Et quand A et B ne sont pas connectés, nous vivons avec notre erreur, tout simplement, sans pour autant se retrouver rayé de la surface de la Terre… Ainsi, la pensée magique fera toujours partie de la condition humaine”.

Voilà pour l’explication sur le plan de l’évolution. Je ne vous cache pas que je suis un peu déçu… Quid alors de l’explication psycho-cognitive? Eh bien réjouissez-vous, c’est drôlement plus intéressant!

J’ai eu la chance de trouver un super article de deux chercheuses de l’Université d’Helsinki également (à croire que les Finlandais ou plutôt Finlandaises ont un truc avec les superstitions… Comme si le père-noël y habitait ;) , bref, ces deux chercheuses ont  initialement  publié leur article dans la revue Skpeptic en 2008 et pour celles et ceux que cela intéresse l’article a été traduit et rediffusé sur http://www.pseudo-sciences.org/, le site de l’AFIS, l’Association Française pour l’Information Scientifique.

L’article commence par citer une étude de 2003 qui nous rappelle que les superstitions ne sont pas du tout marginales: Près de 40%  des habitants des États-Unis, par exemple, croient au diable, aux fantômes ou aux guérisons miraculeuses.   Et le problème pour comprendre le phénomène c’est que la plupart des auteurs rapprochent le paranormal de quelques lois de la magie, ou tentent d’expliquer les croyances en termes d’erreurs, de ratés de la pensée analytique. L’approche des auteures de cet article ont choisi un angle complètement différent,  car elles avaient besoin d’un modèle conceptuel et elles se sont basées sur des études récentes de psychologie du développement. Plus particulièrement, sur la notion de savoirs fondamentaux.

Une petite définition s’impose: cette notion de savoirs fondamentaux (“Core Knowledge” en anglais) est drôlement intéressante: en gros, selon les psychologues, trois types de savoirs structurent la compréhension du monde chez les enfants : la physique intuitive, la psychologie intuitive, et – avec quelques réserves – la biologie intuitive. Une partie de ces connaissances est regroupée sous le nom de savoirs fondamentaux. Il s’agit de cette partie des savoirs que l’enfant apprend sans interaction particulière avec les adultes. Formés avant 3 ans, ils fondent le développement futur des mécanismes d’apprentissage scolaire.

  • Les savoirs fondamentaux de la physique incluent l’idée que le monde est composé d’objets matériels, ayant un volume et une existence indépendante dans l’espace. Jusque là, ça va.
  • Les connaissances fondamentales de biologie, c’est en gros, une espèce de mécanisme de survie de l’espèce qui va nous permet d’éviter  une partie des risques de santé liés aux infections ou aux aliments. Des enfants de 4 ans savent distinguer certaines substances saines d’autres contaminées, sans qu’il y ait de traces visuelles de la contamination (bon sur ce point, je demande à voir, quand je repense à mes propres enfants en bas âge, je me rappelle qu’ils mettaient absolument n’importe quoi dans la bouche… Mais bon, c’est pas le sujet ici).
  • Les connaissances fondamentales en psychologie enfin portent sur l’idée que les objets animés ont une volonté, un « esprit ». Vers 18 mois, les enfants comprennent que les animaux peuvent avoir une action sur les objets, et se déplacer sans influence extérieure. De plus, ils comprennent que les éléments de l’esprit – pensées, idées, croyances – sont immatériels, et qu’ils ne jouissent pas des propriétés de ce à quoi ils font référence : l’idée de chien ne mord pas.

L’hypothèse des chercheuses est que les superstitions naissent d’erreurs de classification de l’information dans ces 3 savoirs. En d’autres termes, les connaissances fondamentales des trois types s’interpénètrent, et sont irrationnellement appliquées en dehors de leur catégorie. Ainsi, des processus naturels dans une catégorie donnent naissance à des croyances surnaturelles dans une autre catégorie.

La confusion des types amène à attribuer aux pensées des propriétés physiques, poussant à croire qu’elles peuvent toucher d’autres objets (psychokinèse) ou se déplacer (télépathie). Si un phénomène biologique comme la contagion est appliqué en psychologie, on en déduit que le pull d’Hitler contient de la méchanceté. Dans cet univers magique, on trouve aussi l’idée que la volonté est physiquement localisée. Les événements et entités physiques et biologiques ne sont plus inanimés, et jouissent alors d’une volonté propre, ont des intentions.

Pour valider leur hypothèse, les chercheuses ont travaillé avec 239 sujets qu’elles ont réparti en 2 groupes, les sceptiques (le groupe de contrôle) et les croyants (le groupe testé) (pour la séparation des groupes, elles se sont basées sur une étude dont les références sont indiquées dans l’article) et leur ont soumis des métaphores en leur demandant de les classer sur une échelle allant de “c’est tout à fait vrai” à “c’est juste une image”. Dans la moitié des phrases, des entités matérielles étaient liées à des attributs psychologiques, comme dans les phrases « les vieux meubles connaissent le passé » ou « en été, les plantes veulent fleurir ». Ces phrases permettaient de mesurer la mentalisation de la matière. D’autres phrases servaient à mesurer exactement le contraire soit la réification du mental (sa “chosification” si jose dire), comme par exemple « la pensée d’un homme instable se désagrège ». Enfin, la biologisation du mental était mesurée via des phrases comme « la méchanceté est contagieuse ». Finalement, quelques phrases servaient justent de contrôle : les unes totalement métaphoriques (« le vent joue de la flûte dans les arbres ») ou parfaitement littérales (« l’eau qui coule est liquide »). Enfin, lorsque les sujets prenaient les choses littéralement, ils devaient indiquer s’ils y voyaient un sens, une explication qui leur semblait rationnelle.

La conclusion de l’étude est sans appel et semble valider l’hypothèse de départ. Il s’agirait bien d’une confusion des genres entre ces 3 savoirs fondamentaux: par rapport aux sceptiques, les croyants attribuent plus facilement des traits physiques ou biologiques à des phénomènes mentaux. Ils attribuent à l’inverse plus de caractéristiques mentales aux objets… de manière littérale, et non métaphorique. Plus que les sceptiques, ils fabriquent du sens où d’autres n’en voient pas et affirment que des événements aléatoires ou climatiques ont une raison de se produire.

L’article fait encore le lien avec des recherches en anthropologie en évoquant notamment les croyances magiques nombreuses du peuple Hua de Nouvelle Guinée, mais je crois qu’on va en rester là pour ce dossier. J’ai déjà largement dépassé 13 minutes, je commence à trembler… D’ailleurs un chat noir passe sous une échelle. C’est mauvais signe ;)

En conclusion, je me rallie à l’opinion de la regrettée Madame Pahud: “Mais ça va le chalet? Je ne suis pas superstitieuse! Ça porte malheur!”

Petit récap’ des liens qui ont permis de construire cet dossier :

http://www.abc.net.au/science/articles/2010/10/19/3042608.htm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Triskaid%C3%A9kaphobie

http://en.wikipedia.org/wiki/Triskaidekaphobia

http://www.newscientist.com/article/dn14694-superstitions-evolved-to-help-us-survive.html

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1080 (origine psycho-cog des superstitions)

(l’article original sur skeptic.com: http://www.skeptic.com/eskeptic/10-09-08/#feature)

[UPDATE SUITE À L'EMISSION DU 9 DECEMBRE 2010]

Rapide retour sur les superstitions: exemples de superstitions modernes

    • Au supermarché, prier pour que la carte passe, prier pour qu’il y ait une place de parc (=>matérialisation de la volonté)
    • Regarder un match de foot en direct plutôt qu’en vidéo… On doit pouvoir influencer le résultat (=>matérialisation de la volonté)
    • Appeler sa voiture chérie (=> personnification de l’objet)
    • L’e-mail de ne veut pas partir, l’ordinateur ne veut pas démarrer (=> psychologisation de l’objet, lui prêter une intention)
    • Culture bio dynamique (=> influence de la physique sur le biologique)
    • Homéopathie, alicaments, probiotiques (=> influence des propriétés physiques sur le biologique)
    • Autres superstitions plus ou moins modernes (en tout cas que n’a pas dû connaître Cro-Magnon)
      • la peur des ondes wi-fi
      • la peur du micro-ondes
      • les biberons obligatoirement stérilisés des bébés, préparés à l’eau préalablement bouillie
    • Contribution de notre ami Bastrach (comm sur le site le 30.11): Au sujet de la superstition, ce qui me viens à l’esprit c’est tout ce qui se réfère aux objets “porte bonheur”. Le sportif qui porte tjs le même maillot, le “gri gri” que l’on a dans la poche pour un rdv ou un exam important. Bref la superstition change en meme temps que change les objets de notre quotidien.
    • Contribution de notre ami Thomas Fouchard sur notre page Facebook suggère les légendes urbaines comme superstition moderne: http://urbanlegendsonline.com/ (qui d’ailleurs renvoie sur http://superstitionsonline.com/ )
    • Contribution de notre ami al.jes, dont le commentaire est malheureusement passé en spam (par un serveur de mauvaise foi) mais vient d’être réhabilité, qui nous donnait un exemple le 2 décembre:

Exemple de superstition moderne : quand on dit “mon ordinateur veut pas fonctionner”, ou plus généralement quand on reporte nos erreurs sur l’outil que l’on utilise que sur soi-même (le nombre de fois où je dois rappeler que pebkac…) (ndlr =”Problem Exists Between Keyboard And Chair”)

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Cette semaine, on commence par quelques petites news internes :

  • Christine a choisi “Et si le bonheur vous tombait dessus” de Daniel Gilbert. Si tout s’est bien passé, il a dû quitter les rayons de Payot lundi matin;
  • Nouveau sondage: trop de sujets proposés, on ne sait pas par quel bout commencer. Idée Mathieu: Aidez-nous à choisir! (sondage en ligne) et laissez-nous un petit comm’ quand vous avez voté, vous prenez part à notre nouveau concours;
  • Concours: nouveau livre à gagner. Le dernier Cyrulnik signé dédicacé de la main de l’auteur à un-e de nos auditeur-trices :) => à vos comms! Pour nous contacter, comme d’hab:

Et quelques petites news du reste du monde:

  • 14e colloque Wright pour la science. Spécial quantique. Uni de Genève tous les soirs 18h30 du 15-19.11 Désolés de ne pas l’avoir annoncé la semaine dernière. N’hésitez pas à partagez ce genre d’infos pour qu’on les communique assez tôt. Reste le 19.11 pour ceux qui ont le temps. Entrée libre http://ow.ly/3b4g7
  • Petit plug de Mathieu: 2 mots sur http://artsciencefactory.fr/
  • Et un gros remerciement à NetPlusMédia pour son commentaire sur Itunes France :)
  • Dernière petite news de Mathieu: PodcastScience a son journal – http://paper.li/PodcastScience
  • Anh Tuan nous dit un mot du réseau Social des Scientifiques en Herbes http://www.knowtex.com/

À nos contenus, maintenant:

  • Mini-retour sur le dossier d’Anh Tuan sur l’oreille absolue. L’étude de Levitin de 1994. http://cogprints.org/643/1/pitch.HTM
    Finalement, ce n’était pas 9/10 sujets mais 4/10 qui démontrent avoir l’oreille absolue. (Dossier mis à jour par AT rapidement). Quand même épatant: conclusion, il faut distinguer la capacité de reconnaître la note sans point de référence, de la capacité à la nommer.

Le dossier de la semaine d’Alan:  l’événement de Carrington ou la menace des orages solaires

Le dossier de la semaine de Mathieu le Carbone 14

Et la fameuse quote de Mathieu:

I have not failed. I’ve just found 10,000 ways that won’t work.  – Thomas Edison

(Traduction libre: “Je n’ai pas échoué. J’ai juste trouvé 10’000 manières qui ne fonctionnent pas.”)

Prochain enregistrement le jeudi 25 novembre 2010. Bonne semaine!

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Dossier – Le Carbone 14

On 18.11.2010, in Dossiers, by Mathieu
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  • Le Carbone 14 (radiocarbone) a été découvert le 27 février 1940 (par Martin Kamen du Radiation Laboratory et Samuel Ruben du département de Chimie de l’Université de Californie, Berkeley) et s’est converti en un outil indispensable pour l’étude de notre passé.
  • Grâce à la datation par la méthode du Carbone 14, on est capable d’établir la chronologie des âges et de l’évolution de l’être humain depuis la préhistoire jusqu’à nos jours.
  • La datation par le Carbone 14 est basée sur la mesure de l’activité radioactive du Carbone 14 contenue dans de la matière organique dont on souhaite connaître l’âge absolu, à savoir le temps écoulé depuis sa mort.

Mais qu’est ce que le Carbone 14, d’où vient-il?

  • Les atomes sont constitués d’un noyau et d’un nuage d’électrons qui circulent autour de lui.
  • Dans le noyause trouvent les:
    • Protons: donnent les caractéristiques chimiques de l’atome.
    • Neutrons: contribuent à la stabilité du noyau.
  • Atome Carbone(C):
    • L’atome de carbone constitue l’élément essentiel de toute vie chimique, et se trouve présent en abondance dans tous les organismes vivants de la planète.
    • Noyau:
      • numéro atomique (Z): composé de 6 protons et 6 neutrons.
      • masse atomique: 12u (uma – unité de masse atomique, déterminée par les protons et neutrons)
  • Un autre élément que l’on trouve aussi en abondance dans l’atmosphère et sur la terre c’est le Nitrogène (N) ou l’Azote (N2):
    • numéro atomique (Z): 7
    • masse atomique: 14u
    • Le 80% de l’air qu’on respire est constitué d’Azote (Nitrogène).
    • En réalité, nous vivons dans une grande soupe de molécules d’Azote qui entrent et sortent constamment de notre organisme.
    • Heureusement pour nous, l’Azote dans sa forme moléculaire N2 est:
      • incolore
      • indolore
      • insipide
      • inoffensif
  • L’histoire passionante du Carbone 14 commence avec le nitrogène qui se trouve dans les couches hautes de l’atmosphère et qui est exposé aux radiations de particules qui proviennent de l’espace et qui bombardent constamment notre planète.
    • Ces rayons cosmiques altèrent le noyau des atomes qui se trouvent sur son chemin et libèrent des neutrons.
    • De temps à autres, un atome de nitrogène reçoit l’impact d’un de ces neutrons libérés par les rayons cosmiques.
    • Le neutron expulse un proton du noyau de l’atome de Nitrogène et prend sa place.
    • Mais comme on l’a dit auparavant, ce sont les protons qui donnent à l’atome ses caractéristiques chimiques.
    • Lorsque l’atome de Nitrogène perd un de ses 7 protons, il se convertit automatiquement en un atome de Carbone.
    • Mais un atome de Carbone très spécial qu’on appelle le Carbone 14:
      • 6 protons
      • 8 neutrons
    • De tout le Carbone présent dans la nature:
      • 98,89% de Carbone 12 (C) – (6+6).
      • 1,11% de Carbone 13 (13C) – (6+7) – Isotope stable du Carbone.
      • 1x10E-10% (0,0000000001%) de Carbone 14 (14C) – (6+8) – Isotope radioactif du Carbone.
  • Ces nouveaus atomes de Carbone 14 se distribuent dans l’atmosphère de manière régulières:
    • ils se combinent rapidement avec l’oxygène pour former du Dioxyde de Carbone.
    • Lors du cycle naturel de la biosphère terrestre, ce dioxyde de Carbone est absorbé et traité par les plantes lors de la photosynthèse (il se dissout aussi dans les océans).
    • Ensuite les animaux qui s’alimentent de plantes (ou qui s’alimentent d’autres animaux qui mangent des plantes) absorbent à leur tour dans leur organisme du Carbone.
    • Le Carbone 14 se répand donc dans la biosphère tout au long de la chaîne alimentaire.
    • La quantité de Carbone 14 par rapport au Carbone total est considérée comme uniforme dans l’atmosphère, la surface des océans et la biosphère en raison des échanges permanents entre les organismes vivants et leur milieu.
    • Donc durant sa vie, un organisme assimile le même pourcentage de Carbone 14 présent dans l’atmosphère.
    • De plus, on suppose que le flux de rayons cosmiques est constant sur une longue période de temps (première approximation).
      • Par conséquent, le taux de production du Carbone 14 est constant.
    • Donc le rapport du Carbone 14 par rapport au Carbone total dans l’atmosphère, la surface des océans et la biosphère est constant (le nombre d’atomes produits égale le nombre d’atomes qui se désintègrent).
    • Tant que la plante ou l’animal est vivant, cette absorption de Carbone 14 continue à se produire de façon constante.
    • Ce processus d’absorption  se termine uniquement quand l’être vivant (plante ou animal) meure, et donc conclut son échange avec la biosphère (généralement lorsqu’il est enterré ou isolé de la nature).
  • C’est alors que le Carbone 14 va jouer son rôle:
    • Comme tous les isotopes radioactifs, le Carbone 14 est un atome instable.
    • Son équilibre naturel a été altéré et il va tendre à le récupérer tôt ou tard.

Comment utilise-t-on le Carbone 14 pour déterminer l’âge de quelque chose?

  • À la mort d’un organisme, tout échange avec le milieu extérieur cesse, mais le Carbone 14 initialement présent reste “piégé” et sa quantité se met à décroître au cours du temps selon une loi exponentielle.
  • Ce processus de décroissance radioactive s’appelle désintégration beta et permet de savoir depuis combien de temps l’organisme est mort.

    • Un des neutrons du noyau se convertit spontanément en un proton, et émet un électron (et un anti-neutrino).
    • Le Carbone 14 se transforme ainsi à nouveau en un vulgaire atome de Nitrogène.
    • Après un période radioactive (demi-vie) de 5568 ans, la moitié des atomes de Carbone 14 se seront convertis en Nitrogène.
    • => plus un reste organique reste longtemps enterré, plus faible sera sa concentration en Carbone 14.
    • Le Carbone 14 est intéressant car sa période radioactive est longue.
  • On voit que la datation par le Carbone 14 se fonde sur la présence dans tout organisme de Carbone 14 en infime proportion.
  • Un échantillon de matière organique issu d’un organisme peut donc être daté en mesurant soit le taux de Carbone 14 par rapport au Carbone total, soit son activité radioactive X années après la mort de l’organisme.
  • La première chose c’est de connaître les principes théoriques du cycle du Carbone 14, une autre est de mesurer avec précision la teneur en Carbone 14 d’un échantillon pour déterminer son âge.
  • Les méthodes utilisées sont très chères.
  • Les outils doivent être très performants car l’activité radioactive du Carbone 14 est faible (longue période radioactive)
  • Les archéologues doivent donc choisir avec soin l’échantillon utilisé pour effectuer la datation.
    • Parfois il suffit juste d’une toute petite partie du reste organique pour pouvoir établir l’âge de l’ensemble.
  • Le premier outil de mesure de la datation au Carbone 14 vient des recherches réalisées durant la 2ème guerre mondiale par le chimiste Willard Libby qui travaillait sur la séparation des isotopes d’Uranium pour la fabrication de la bombe atomique. Willard Libby a d’ailleurs reçu le prix Nobel de chimie en 1960 pour le développement de cette première méthode de datation.
  • La méthode actuelle la plus sophistiquée (spectrométre de masse) permet de dater des échantillons très petits (moins d’un milligramme) et très vite (en moins d’une heure).
  • La mesure possède tout de même ses limites et des marges d’erreur:
    • On sait que tout au long des millénaires, la radiation cosmique n’a pas toujours été la même.
      • => Il y a donc eu des périodes de plus grandes concentrations de Carbone 14 dans l’atmosphère, et des périodes de moindre concentration.
    • L’isolement (environnement fermé) de l’échantillon à dater est aussi indispensable; s’il incorpore de nouveaux atomes de Carbone après sa mort, le rapport du Carbone 14 vis-à-vis du Carbone total est bouleversé et le résultat ne sera pas fiable.
      • => S’assurer que l’échantillon n’a pas été contaminé par des apports de Carbone 14 extras.
    • La demi-vie de 5568 ans du Carbone 14 mesurée en 1951 est encore utilisée par convention, officiellement 5730 ans mesuré en 1961.
    • Ce calcul de la demi-vie n’a pas non plus été établie avec exactitude, on maintient une marge d’erreur de +-30 ans.
    • Le domaine d’utilisation de cette méthode correspond à des âges absolus de quelques centaines d’années jusqu’à, et au plus, 50 000 ans:
    • Les résultats sont donnés en années “Before Present” (BP).
      • L’année de référence à partir de laquelle est mesuré le temps écoulé depuis la mort de l’organisme est fixée à 1950.
      • Les mesures actuelles se basent sur un niveau de Carbone 14 égal à celui de 1950.
      • A partir des années 1950 la signature isotopique de l’atmosphère a été modifiée:
        • par le rejet de dioxyde de carbone provenant de combustibles fossiles (qui ne contiennent pas, ou presque pas de Carbone 14)
        • par la prolifération des armes nucléaires qui a sensiblement altéré les taux des isotopes radioactifs de tous types présents dans l’atmosphère et donc dans les organismes vivants.
    • L’élément que l’on veut dater doit avoir incorporé du carbone dans des proportions équivalentes à celles de l’atmosphère ; elle ne s’applique donc qu’aux matériaux organiques et pas du tout aux produits minéraux.

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Carbone_14

http://fr.wikipedia.org/wiki/Datation_par_le_carbone_14

http://amazings.es/2010/10/18/el-carbono-14-para-torpes/ (article en espagnol)

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Commençons par les fondamentaux: qu'est-ce qu'une éruption solaire?

Si j'en crois notre bon ami Wikipedia,

Une éruption solaire est un événement primordial de l'activité du Soleil

Merci… Mais encore?

Eruption solaireElle se produit périodiquement à la surface de la photosphère et projette au travers de la chromosphère des jets de matière ionisée qui se perdent dans la couronne à des centaines de milliers de km d'altitude. En plus des particules et des rayons cosmiques, l'éruption s'accompagne d'un intense rayonnement (UV, rayons X, etc.) qui perturbe les transmissions radioélectriques terrestres (orage magnétique) et provoque l'apparition des aurores polaires en entrant en interaction avec le champ magnétique terrestre.

Si laisse un peu tomber les termes peu évocateurs de photosphère, de chromosphère, de matière ionisée, je retiens pour ma part que c'est une activité intense (genre Tsunami) à la surface du soleil qui balance des UV et de rayons X en quantités invraisemblables autour du soleil. Pour ce qui nous concerne directement, la Terre se retrouve bombardée de rayons violents. Elle subit d'importants orages magnétiques. On voit apparaître des aurores polaires; les boussoles perdent le Nord et tout ce qui est électrique est détraqué.

Il existe différentes intensités d'éruptions solaires. Des toutes petites de rien du tout qui ne font “que” plonger le Québec dans le Moyen-Âge par exemple, comme ce fut le cas en 1989, lorsqu'un orage magnétique résultant d'une éruption solaire a tout simplement détruit le système électrique d'Hydro-Québec. Et il y en a d'autres, tous les 500 ans environ, qui sont d'une violence absolument inouïe!

(Comment sait-on qu'elles ont lieu tous les 500 ans? C'est tout simple: ces éruptions laissent des traces dans les glaces du Groenland sous forme de nitrates et de béryllium 10, isotope hautement radioactif du béryllium, et aisément identifiable. Sujet fascinant d'ailleurs que le béryllium, mais on le traitera une autre fois ;)

L'éruption solaire la plus importante jamais enregistrée à ce jour est La tempête solaire de 1859 (ou l'événement de Carrington)

Notre bon ami Wiki nous en dit ceci:

(L'événement de Carrington) est une série d'éruptions solaires ayant eu lieu à la fin de l'été 1859 et ayant notablement affecté la Terre. Elle a notamment produit de très nombreuses aurores polaires visibles jusque dans des régions tropicales, et a fortement perturbé les télécommunications par télégraphe électrique.

Les conséquences à l'époque

Présenté comme ça, ça a l'air presque anecdotique. Mais il faut savoir que c'était un événement d'une violence inouïe! On pouvait lire le journal dans la rue en pleine nuit sous l'effet des aurores polaires…

On estime que 5% de l'ozone atmosphérique a été détruit lors de la tempête. La température très intense de l'éruption (50 millions de degrés à sa naissance) a permis d'accélérer des protons issus du Soleil à des énergies folles. Ces protons énergétiques ont réagi par interaction forte avec des atomes d'azote et d'oxygène de la haute atmosphère terrestre, donnant naissance à des neutrons, et également à l'origine de la formation de nitrates qu'on a retrouvés dans les carottages glaciaires, nitrates dont l'abondance correspondait à celle ordinairement formée par le vent solaire pendant 40 ans.

Les aurores ont par la suite généré des courants électriques dans le sol, qui ont affecté les circuits électriques existant, notamment les réseaux de télégraphie électrique: les pylônes ont commencé à produire des étincelles. Le papier télégraphe a pris feu dans les offices. Les télégraphistes ont reçu d'importantes décharges électriques. Et le système restait actif même en débranchant les batteries…

Je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvais augures et annoncer une catastrophe énorme la prochaine fois que ça arrivera, mais il faut bien admettre que le peu de réseau de communication de l'époque a bien souffert. Vous vous imaginez un peu ce qui arriverait aujourd'hui?

Là où, en 1859, nous n'avions qu'un réseau de télégraphes, nous avons aujourd'hui:

  • Le réseau électrique,
  • Le téléphone,
  • Le câble,
  • Les réseaux informatiques et l'Internet en particulier,
  • Les réseaux mobiles,
  • Les satellites,
  • Des milliards d'appareils alimentés par le réseau ou par des batteries, enclenchés ou en mode veille.

Il n'existe à ma connaissance aucune réglementation quant à la protection des appareils contre ce genre de turbulences électro-magnétiques exceptionnelles. Vous vous doutez bien que ce ne sont pas les fabricants qui y vont y aller de leur petite initiative pour blinder systématiquement leurs appareils contre ces risques exceptionnels. C'est évident, ces opérations-là ont un coût, le marché est hyper-concurrentiel et si personne ne légifère, il ne se passera rien.

J'ai un petit scoop quand même: tous les appareils allumés ou en veille à portée de l'orage magnétique vont mourir de leur petite mort. En espérant qu'ils n'explosent pas dans votre poche. En d'autres termes, si vous avez laissé votre PC allumé ce jour-là, vous avez intérêt à avoir une copie de  vos données quelque part pour ne pas tout perdre. Sur un disque éteint s'entend et idéalement un support non-magnétique, genre DVD ROM. Votre smartphone? Bin oui, à moins qu'il ne soit éteint au moment où tout le monde paniquera et voudra appeler ses proches, il passera aussi à la casserole… A moins que vous ne vous trouviez dans un avion au moment fatidique… Mais dans ce cas, ce problème de smartphone paraîtra bien dérisoire. Même éteint, il ne survivra sans doute pas au très probable crash (tant les avions aujourd'hui et les moyens de transport en général sont dépendants de l'électronique)…

Et sur Terre, ce ne sera pas forcément beaucoup plus joyeux. Pensez plutôt: toute notre économie se base maintenant sur des flux financiers virtuels, du paiement par carte au supermarché du coin jusqu'au versement de votre salaire sur votre compte bancaire ou postal. Le temps de remonter le système après la catastrophe, pour autant qu'on ait encore les données quelque part sur un support exploitable, on pourrait en avoir pour des semaines à bouffer des biscuits de l'armée avant que l'économie ne re-décolle.

Bon, je donne exceptionnellement dans le dramatique. J'aime bien faire mon petit effet. Mais si ça peut vous rassurer, pour une

http://creditnoproblems.com/post/credit-restoration-programs-02.html

fois, je ne suis pas moi-même complètement convaincu de ce que je raconte. Les derniers paragraphes de ce dossier sont issus de ma compréhension personnelle du problème et d'une agrégation mentale rapide et pas très élaborée des différentes choses que j'ai entendues sur le sujet. Je n'ai malheureusement pas eu le temps de faire les choses comme j'aurai dû les faire cette semaine, c'est à dire de manière rigoureuse et scientifique, en fouillant dans les sources disponibles pour étayer chacune de ces affirmations.

Quand aura lieu la prochaine éruption solaire?

Si on fait abstraction de toutes les prédictions mystiques qu'on trouve sur Internet qui mélangent allègrement calendrier maya et orages solaires en prédisant l'apocalypse pour 2012, on trouve quand même des projections intéressantes.

Selon un récent article du Daily Mail, les plus grands experts mondiaux sur la question se sont réunis en juin dernier à Washington pour partager leur avis sur la question. Verdict unanime: 2013! La Nasa emploie actuellement des douzaines de satellites y compris l'observatoire solaire SDO (Solar Dynamics Observatory) pour mesurer en temps quasi-réel l'activité du soleil et élabore des procédures pour mettre toute son électronique (y compris les satellites en standby) le moment venu.

Je passe sur l'article du Sun (justement ;) ) qui se la joue remake des grands films catastrophe holywoodiens. Mais nous présente néanmoins une jolie petite vidéo de ce à quoi ressemble un orage solaire.

L'activité solaire fonctionne par cycles de 11 années environ. Depuis qu'on a commencé les mesures en 1755, nous en sommes au 24e cycle. Et celui-ci doit voir son activité atteindre son maximum en mai 2013. Le niveau des éruptions sera probablement très important mais on sera encore loin de celui de l'événement de Carrington. Un article publié sur le site de la Nasa en 2009 fournit les détails de cette prédiction mais recommande tout de même de prendre l'information avec des baguettes: “Marquez la date Mai 2013 dans votre calendrier, mais marquez-la avec un crayon”.

Combien de temps à l'avance le saura-t-on? Comment se préparer?

détection précoce des éruptions solaires

détection précoce des éruptions solaires

C'est un peu là que le bât blesse, jusqu'à maintenant, on savait prédire les éruptions solaires importantes quelque 30 à 90 minutes à l'avance, en observant les fameuse taches solaires qui disparaissent peu avant l'éruption à proprement parler. Et franchement, en l'absence de procédure pré-établie et connue du grand public, avec des délais pareils, avec un peu de bol, il vous resterait juste les yeux pour pleurer… Mais heureusement, c'est en train de changer. Des chercheurs russes, chinois et américains travaillent sans relâche sur le sujet. J'ai trouvé des dizaines de publications dans Google Scholars rien que pour l'année 2010. Et une équipe américaine vient d'annoncer qu'elle a mis au point une technique qui permet d'annoncer les orages solaires avec 2 à 3 jours d'avance (merci à mon ami Patrick qui a déniché cette news)

Voilà, il y aurait sans doute encore des centaines de choses à dire sur le sujet, mais mon emploi du temps de la semaine – un peu en forme d'éruption elle aussi -  ne m'a malheureusement pas permis de fouiller davantage. Ceci dit, la problématique est très bien documentée et les liens suivants permettent d'approfondir.

Et bien sûr si l'un-e de nos poditeurs-euses connaît le sujet et veut partager un complément d'information, nous sommes preneurs!

Quelques liens pour aller plus loin:

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Bonjour à tout-te-s!

Cette semaine, petit retour tout d’abord sur le sondage et le concours. La démocratie a parlé, l’émission durera (quand on maîtrise le temps, ce qui n’était pas le cas aujourd’hui en raison de coupures, comme c’est apparemment le cas lors de chaque émission en nombre premier) 45 minutes :)

Et pour le concours, c’est Christine qui gagne le livre! On va regarder en off lequel des deux livres elle souhaite recevoir et on en parlera la semaine prochaine. Christine, tu viens nous en parler quand tu veux :)

En passant, nous invitons l’une de nos poditrices préférées à venir traiter d’un sujet dans l’émission. Jenny Parker, si tu nous écoutes…

Anh Tuan nous fait un petit point sur la peluchologie. Dépêchez-vous, l’opération s’arrête le 23 novembre. Ça prend 2 minutes, c’est rigolo et ça fait avancer la science! http://cestpasfaux.tv/devenez-peluchologue/

Petit point sur l’actualité

Mathieu nous présente son dossier de la semaine:  20% du génome humain serait breveté

Et Anh Tuan le sien: l’oreille absolue

Après cela, nous vous encourageons à soutenir l’initiative  http://revoluscience.eu/ et nous traitons du meme de la semaine lancé par nos amis de Niptech : Olivier Tripet va-t-il ou non lancer son podcast??

La très attendue quote de la semaine de Mathieu:

Autant les optimistes que les pessimistes contribuent à la société, l’optimiste invente l’avion, le pessimiste les parachutes. George Bernard Shaw

Et une BD qui l’illustre bien: http://tumourrasmoinsbete.blogspot.com/2010/10/mardi-tout-est-fini.html

Excellente semaine à toutes et à tous!

Prochain enregistrement le jeudi 18 novembre 2010.

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Dossier : L’oreille absolue

On 12.11.2010, in Dossiers, by Anh Tuan
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Je ne pense pas me tromper en disant que chez PodcastScience, on est tous 3 mélomanes. D’ailleurs, scientifiquement parlant, la musique a quelque chose de fascinant. Cette succession de sons qui forment un tout harmonieux et qui arrive à émouvoir chaque être humain sur Terre : pour moi, ça relève quasiment de la magie

Et dans ce domaine, les magiciens sont ceux qui possèdent un don rare et époustouflant : l’oreille absolue. Ils sont très peu, 1 pour 10 000. Mais l’oreille absolue, qu’est-ce que c’est ? Et bien, selon wikipedia, c’est “l’aptitude à reconnaître et déterminer sans référence préalable le nom d’une ou plusieurs notes successives ou simultanées.”

Pour être plus clair, prenez un piano et mettez deux personnes dos à l’instrument, l’une possédant l’oreille absolue et l’autre non. Jouez une note au hasard et seule celle qui aura l’oreille absolue pourra vous dire avec certitude de quelle note il s’agit. Pour vous citez quelques oreilles célèbres, on a Mozart, Beethoven avant sa surdité et Jimmy Hendrix.

Alors les scientifiques se sont longtemps interrogés sur cette aptitude phénoménale à déceler la moindre variation de fréquence. Même si le mystère est loin d’être complètement levé, on sait de source sure que l’oreille de ces gens n’est pas différente de la notre.

Tout se passe dans le cerveau et au plus jeune âge. Enfant, tout le monde a appris à reconnaître la couleur bleue qui n’est fondamentalement qu’une fréquence lumineuse particulière. Et bien ceux qui ont l’oreille absolue ont tout simplement associé dès leur plus jeune âge, une fréquence auditive à une note.

Pour que cette association se fasse, il faut pouvoir donner un nom à cette fréquence, une culture musicale est donc indispensable (do, ré, mi, fa, sol, la, si …) mais aussi baigner dans la musique. C’est pourquoi on rencontre la majorité des oreilles absolues dans des familles de musicien.

On posséderait donc tous à la naissance cette capacité à avoir l’oreille absolue. Ce n’est pas un don !

Autre fait amusant, dans la population des oreilles absolues, la grande majorité est d’origine asiatique. L’explication est linguistique ! En effet, les langues comme le chinois ou le vietnamien sont tonales contrairement aux langues occidentales. Tonale signifie que l’intonation d’un mot en change le sens.

Cette subtilité linguistique augmenterait le travail de la mémoire auditive des enfants et donnerait donc plus d’oreilles absolues.

Pour en apprendre plus sur le cerveau et la musique, Alan vous recommande d’ailleurs le livre de Daniel Levitin intitulé : De la note au cerveau

Petit Edit : Alan vous a retrouvé cette fameuse étude (en anglais malheureusement) qui confirmerait que beaucoup d’entre nous possédent l’oreille absolue sans le savoir

Et je finirais sur une magnifique vidéo de Benjamin Zander qui, oreille absolue ou non, va définitivement vous faire aimer la musique classique

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Sources:

http://singularityhub.com/2010/08/11/who-owns-you-20-of-the-genes-in-your-body-are-patented-vide
http://americas.barrapunto.com/article.pl?sid=10/10/31/112223&from=rss
http://www.microsiervos.com/archivo/ciencia/genes-humanos-patentables-o-no.html

Article de Drew Halley sur Singularity Hub:

  • On apprend que selon le bureau des brevets aux Etats-Unis, durant les 30 dernières années 3 millions de brevets sur des gènes on été demandés.
  • On ne parle pas seulement du maïs transgénique.
  • De ces 3 millions, on a en a accordés 40’000 sur des gènes humains.
  • => le génome humain serait donc breveté à 20% !!
  • Les critiques argumentent que:
    • Une compagnie reçoit un monopole légal sur une molécule qui réside dans chaque être humain et dans beaucoup d’animaux.
    • Les brevets étouffent la recherchent sur les maladies génétiques.
    • Les brevets maintiennent les nouveaux traitements hors du marché.
    • Après tout, les gènes ne sont pas des inventions (sujettes aux brevets), mais ce sont simplement des découvertes.
  • En 1998, la société Myriad a breveté plusieurs gènes de la famille BRCA. Les mutations des ces gènes augmentent la probabilité d’avoir un cancer du sein ou des ovaires. Ces brevets donnent à la société Myriad la propriété des droits sur les tests et diagnostics des ces mutations, diagnostics qui sont vendus $3’000 l’unité!
  • On peut donc se poser la question sur pourquoi les gènes sont-ils brevetables?
    • On voit que plusieurs constituants de notre corps ont déjà été breveté depuis plus de 100 ans.
    • L’adrénaline a été brevetée en 1906.
    • L’insuline en 1923.
    • L’argument de ces brevets chimiques qui est mis en avant est que les for

      mes isolées et purifiées des molécules présentes naturellement dans notre corps possèdent plus de valeur médicale que les formes naturelles des ces molécules qui circulent dans notre sang.

  • Mais on constate que les brevets sur les gènes ont pris leur envol dans les années 1980.
    • Un ingénieur de General Electrics a travaillé sur une bactérie capable de décomposer le pétrole brut.
    • Et un brevet a été déposé sur cette bactérie aux USA.
    • Il y a eu un procès qui est arrivé jusqu’à la Coure Suprême américaine qui a statué le 16 juin 1980 en faveur de GE.
    • Car en fait cette bactérie aurait été crée par un homme (un ingénieur) et constituerait ainsi une invention.
    • Ce qui a donné lieu au premier brevet sur un organisme vivant aux USA.
  • Le brevet sur un gène humain serait donc possible si l’auteur du brevet a pu isoler et purifier la séquence génétique, ce qui constituerait une invention
    • même si l’ADN est identique à celui qu’on trouve dans la nature.
  • En fait, les partisans des brevets génétiques (compagnies biotech, pharmas, labos de recherche et leurs avocats) argumentent que la protection obtenue grâce au brevet est essentielle pour attirer des investissements et accélerer les progrès dans la recherche en génétique.
    • Hors on voit que récemment, on a réussi grâce à des fonds publics à développer un vaccin prometteur contre le cancer du sein qui a coûté “seulement” 1,5 millions de $.
    • Alors que la société Myriad gagne 300 millions de $ par année grâce au brevet qu’ils ont déposés. Et qu’ils n’ont même pas utilisé un petite partie de ces gains pour la recherche et le développement d’un vaccin ou de nouveaux médicamants. Ils se limitent juste à recueillir l’argent gagné par le test des diagnostics brevetés.
  • D’un autre côté on voit qu’un groupe qui s’appelle Biobricks, une organisation à but non lucratif, tente de créer un dépôt (repository) accessible dans le domaine public de séquences ADN qui codent des fonctions biologiques basiques.
    • Ces différentes petites parties (briques ou séquences) permettent d’être assemblées afin d’obtenir un produit final, produit final qui peut être breveté, mais pas les briques initiales, on laisse ouvert la possibilité aux ingénieurs de jouer avec ces différentes briques (attention aux dérives!).
  • Actuellement le gouvernement américain appuie la thèse que les gènes de devraient pas pouvoir être brevetés.
    • Ca reste une nouvelle locale aux USA, mais on connaît l’impact qu’ont les USA sur les pays du reste du monte en terme de propriété intellectuelle et industrielle.
  • Poussé à l’extrême, on pourrait imaginer qu’un jour le propre ADN séquencé de chacun serait enregistré dans un fichier, mais qu’il faudrait payé une licence à celui qui possède le brevet pour pouvoir consulter ce fichier ou obtenir un médicament personnalisé selon notre code génétique !

Who owns you?

Le livre: http://www.amazon.com/Who-Owns-You-Corporate-Philosophy/dp/1405187301

Trailer du documentaire (vidéo)

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On 07.11.2010, in Communication, by Podcast Science
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Dan Ariely: C'est (vraiment ?) moi qui décide Daniel Gilbert: Et si le bonheur vous tombait dessus
C'est vraiment moi qui décide, de Dan Ariely Et si le bonheur vous tombait dessus, de Dan Gilbert

A bientôt!
Votre équipe Podcast Science préférée

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