Dossier – Le vieillissement biologique

On 26.11.2010, in Dossiers, by Anh Tuan
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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un sujet qui a obsédé l’humanité depuis la nuit des temps : le vieillissement. Déjà, je dois avouer que ce dossier m’a donné beaucoup de fil à retordre : c’est tellement vaste comme sujet qu’on pourrait y passer des heures.

Mais comme il faut bien choisir, j’ai décidé de traiter le vieillissement biologique qu’on appelle aussi la sénescence.

La plupart des espèces vivantes vieillissent. On peut quand même noter quelques exceptions comme la Turritopsis Nutricula, une méduse qui est potentiellement immortelle.

Hormis ces cas fascinants mais rarissimes, tout le monde est à la même enseigne : on vieillit tous ! Mais qu’est-ce qui se passe réellement ?

Même si la sénescence est un processus vraiment complexe, on peut distinguer 2 phénomènes principaux :

- Le premier est environnemental : c’est ce qu’on appelle la surproduction de radicaux libres.

- Le second est génétique : c’est le raccourcissement de portions d’ADN appelées télomères.

Voyons plus en détail ces deux aspects du vieillissement. On entend beaucoup parlé des radicaux libres sans savoir ce que c’est réellement. En fait, ce sont des molécules qui sont les déchets, entre autres, de la respiration cellulaire.

En temps normal, l’organisme les élimine petit à petit mais pas en totalité. De plus, des facteurs environnementaux comme l’alcool, la pollution ou le stress augmentent la production de ces radicaux libres.

En quoi ces particules sont-elles nocives à haute dose ? On peut dire qu’elles rouillent l’organisme, elles l’oxydent. Et cette oxydation endommage les cellules à tous les niveaux, que ce soit la membrane ou plus problématique le noyau qui renferme l’ADN. Altéré, il peut alors produire des anomalies comme le cancer.

Pour lutter contre ces radicaux libres, il y a une solution dont tout le monde a entendu parlé : les agents anti-oxydants.

On en trouve dans la fraise, l’orange, les mangues, les noix, l’ail, le thé et bien d’autres. En fait, une alimentation saine préviendrait des désastres du temps : c’est le fameux régime Okinawa du nom de l’île au large du Japon qui contient la proportion de centenaires la plus élevée au monde.

La deuxième raison du vieillissement, si vous vous en rappelez, c’est le raccourcissement des télomères. En fait, on s’est rendu compte dans les années 60 que la division cellulaire n’était pas infinie. Après un nombre de divisions qui peut aller jusqu’à 50 in vitro, une cellule perd cette capacité à se multiplier et meurt tout simplement : c’est ce qu’on appelle la limite de Hayflick, du nom du scientifique qui l’a découverte.

Il a fallu ensuite attendre 10 ans pour que le Russe Olovnikov ne trouve une explication à cette limite. Ce phénomène est régulé par une zone spécifique des chromosomes qu’on appelle les télomères. Ces zones non codantes se raccourcissent à chaque division jusqu’à devenir trop courtes et ainsi bloquer la division cellulaire.

Ce qui est fascinant, c’est que les cellules cancéreuses développent une enzyme appelée télomérase qui les rendent virtuellement immortelles en stoppant ce raccourcissement des télomères.

Je vais donc finir ce dossier sur ce paradoxe. On cherche l’immortalité depuis la nuit des temps et les seuls exemples qu’on connaissent dans le corps humain sont ceux qui, précisément, nous tuent plus vite.

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