VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 4.2/5 (26 votes cast)
Parler d’économie dans podcastscience peut surprendre, surtout pour tous les amateurs de sciences dures. Néanmoins l’économie s’inscrit dans le cadre des sciences humaines, un domaine des sciences que nous avons déjà abordé à quelques occasions dans ce podcast. L’idée m’est venue de revenir sur les thèses fondamentales de l’économie suite au visonnage d’une série de vidéos passionnantes et réellement inspirantes du professeur espagnol Julián Pavón de l’Université Polytechnique de Madrid. Ces vidéos dont je me suis amplement insiprées pour rédiger ce dossier reviennent sur les principes fondateurs de la macroéconomie qui ont été appliqués dans notre histoire récente du XXème siècle et dans la première décennie du XXIème siècle. Elles nous aident à mieux comprendre quels sont les fondamentaux qui nous ont amené à la situation de crise actuelle et à envisager quels sont les enjeux économiques avenirs.

Le keynésianisme et la demande agrégée

Keynes

Le keynésianisme est une école de pensée économique fondée par l’économiste britannique John Maynard Keynes (5 juin 1883 – 21 avril 1946). Pour les keynésiens, les marchés laissés à eux-mêmes ne conduisent pas forcément à l’optimum économique. En outre, l’État aurait un rôle à jouer dans le domaine économique notamment dans le cadre de politique de relance. Keynes est reconnu comme le fondateur de la macroéconomie moderne.

Un des principe fondamentaux sur lequel repose la politique économique keynésienne est la demande agrégée (notée  Y \ ) qui représente la demande totale dans une économie. Elle est composée 4 paramètres :

 Yd = C + I + G + NX \

  •  C \  est la consommation des ménages (demande des biens de consommation des familles)
  •  I \  est l’investissement (demande des biens d’investissement de la part des entreprises)
  •  G \  représente les dépenses des Administrations publiques (demande du secteur public)
  •  NX = X - M \  est le solde commercial (demande des marchés internationaux)
  •  X \  : exportation
  •  M \  : importation

Pour simplifier et mieux comprendre la demande agrégée, nous allons la noter de la manière suivante:

Demande agrégée = Consommation des ménages + Investissement + Dépenses des Administrations publiques + Solde commercial

Selon Keynes, la variable fondamentale qui dynamise l’activité économique est la demande agrégée. Et à travers cette formule toute simple, il propose de combattre les deux problèmes fondamentaux de toute économie:

  1. Le chômage.
  2. L’inflation.

Pour Keynes, le chômage est le produit d’un manque de demande agrégée, et pour le combattre il suffit donc d’augmenter la demande agrégée en agissant sur les termes de l’équation:

  • Stimuler la consommation en baissant les impôts et les taxes pour que les familles aient plus d’argent pour consommer.
  • Baisser les taux d’intérêt, c’est-à-dire le prix de l’argent, pour que les entrepreneurs puissent investir plus.
  • Augementer les dépenses publiques au-travers du budget de l’Etat, afin de créer de nouveaux services publics (écoles, hôpitaux…).
  • Favoriser les exportations en baissant le taux de change de la monnaie.
Pour combattre l‘inflation dont l’augmentation des prix est dûe à une demande excessive, il faut appliquer une politique inverse à celle appliquée pour combattre le chômage, il faut donc tenter de contrôler et réduire la demande agrégée:
  • Baisser la consommation des ménages en augmentant les impôts.
  • Diminuer l’investissement en augmentant les taux d’intérêt.
  • Diminuer les dépenses publiques de la part des Administrations.
  • Promouvoir une augmentation du taux de change de la monnaie.
On voit bien que pour Keynes, chômage et inflation ne peuvent pas coexister !! En effet, si le chômage est dû à un manque de demande, alors les prix ont tendance à baisser, donc pour Keynes le chômage est directement lié à une déflation. Et s’il y a inflation et donc excès de demande, l’excès de demande tire l’offre globale vers le haut, et plus d’offre a donc tendance à réduire le chômage.

Le choc pétrolier et l’inflation des coûts

Pétrole

Cette recette keynésienne a fonctionner parfaitement de 1945 jusqu’à 1973. Et que s’est-il passé en 1973? Le choc pétrolier ! Et dans la crise pétrolière des années 1970, pour la première fois dans l’histoire économique moderne vont coexister chômage et inflation. Situation que n’avait pas prévue Keynes. Et comment est-ce possible que coexistent chômage et inflation? Simplement parce que l’inflation qui apparaît en 1973, n’est pas une inflation dûe à une demande agrégée excessive, mais une inflation dûe au coûts.

Les prix montent parce que le prix de l’énergie et du pétrole montent, le prix du baril est passé de $2 à $35. Donc malgré un manque de demande et un contexte de crise économique et donc de chômage, les prix ont continué de monter amenant l’inflation à coexister avec le chômage. L’inflation de demande s’est transformée en une inflation des coûts et Keynes ne donne pas de réponse sur comment combattre une inflation des coûts.

La transition vers une politique économique néolibérale

Les politiques keynésiennes sont alors remplacées par des politiques néolibérales, théorisées principalement par Milton Friedman, qui considèrent que le budget public de l’Etat doit être neutre, les dépenses publiques doivent être équilibrées par les revenus de l’Etat, et qu’il faut uniquement agir sur les taux d’intérêt pour contrôler l’économie. De plus, ces politiques libérales préconisent que l’accent doit être mis sur le microéconomie et non plus sur la macroéconomie comme le préconisait Keynes.

S’il faut combattre l’inflation des coûts, ces coûts peuvent seulement être combattus au niveau microéconomique, c’est-à-dire au niveau des sociétés et des entreprises, en combattant l’augmentation des coûts salariaux et des coûts de production au moyen de l’innovation, d’une meilleure productivité, d’une meilleure compétitivité, d’une meilleure qualité, etc…

Keynes vs Hayek

keynes vs hayek

On voit que deux écoles de pensée ont surgies dans les pays démocratiques organisés autour d’une économie de marché:

Keynes propose une politique économique basée sur les principes suivants:
  • un Etat interventionniste en terme économique.
  • des marchés très régulés.
  • une politique fiscale active de dépenses publiques.
  • une politique économique à court terme.
  • une orientation vers la macroéconomie (régulation de la demande globale).
  • L’élément dynamisant d’une économie est la capacité de l’Etat à effectuer des dépenses publiques.
Friedrich Hayek (8 mai 1899, Vienne – 23 mars 1992, Fribourg) est un économiste de l’École autrichienne, promoteur du néolibéralisme. Il postule le contraire de Keynes:
  • une intervention minimume de l’Etat.
  • des marchés peu régulés.
  • un équilibre budgétaire à outrance.
  • une politique économique à long terme.
  • une orientation vers la microéconomie (l’application de politiques de compétivité).
  • L’élément dynamisant d’une économie est l’entrepreneur et l’innovation.

Du point de vue historique, les keynésianistes ont eu leur époque dorée jusqu’à la crise prétrolière et monétaire des années 1970. A partir de cette époque, les politiques économiques keynésiennes ont été alors mises de côté suite à la crise des années 1970, et le néolibéralisme prend le relais avec l’élection de Ronald Reagan aux USA et Maragret Thatcher en Grande-Bretagne qui inauguent l’âge d’or des politiques néolibérales à partir des années 1980 jusqu’en 2008.

La théorie du double déficit

Si un pays possède un déficit public très élevé, c’est-à-dire s’il dépense beaucoup plus que ce qu’il encaisse, alors le pays doit s’endetter pour que son déficit public soit couvert par une dette publique. Et lorsqu’un pays a un grand besoin d’émettre une dette publique pour couvrir son déficit, ce qu’il doit faire c’est d’élever les taux d’intérêt pour intérsser les investisseurs à souscrire à l’émission de la dette publique. Cette augmentation des taux d’intérêt attire naturellement une grande quantité d’investissements, et ces investissements vont automatiquement augmenter la demande de la monnaie d’émission de la dette, ce qui provoque à son tour une augmentation du taux de change de la monnaie en question, et la monnaie se révalue. La révaluation de la monnaie affecte alors les exportations (qui se renchérissent et diminuent) et les importations (qui deviennent meilleur marché et augmentent). Donc si les exportations diminuent et les importations augmentent, on génère un déficit commercial (balance commerciale des paiements). On voit alors qu’une augmentation du déficit public induit une augmentation du déficit commercial.

dollar faible

Le cas des Etats-Unis

Il faut savoir que Hayek (néolibéral) considère que l’origine d’une phase dépressive d’un cycle économique se produit lorsqu’il y a une période prolongée des taux d’intérêt très bas, ce qui provoque une augmentation considérable des investissements, qui peut engendrer un surinvestissement qui ne devient plus rentable, c’est-à dire un excès dans l’offre. Dans ce cas de figure, on voit des investisseurs comme des personnes, des familles et des entrepreneurs qui profitent du faible coût de l’argent, et qui s’endettent exagérément et qui au bout du compte ne sont plus capables de retourner les prêts accordés.

Si on prend on considération le cas des Etats-Unis, une période exagérément prolongée de faibles taux d’intérêt a provoqué une situation de surinvestissement, spécialement sur le marché immobilier dans lequel on a construit d’innombrables maisons qui n’ont pa pu être vendues. On a en parallèle aussi généré des hypothèques poubelles sous formes de crédits qu’on a vendus à des entreprises et familles qui n’ont pas pu les rembourser. Concrètement, les banques, qui ont été dérégulées selon la théorie néolibérale, ont prêté de l’argent exagérément d’une part aux promoteurs immobiliers et d’autre part aux familles pour qu’elles puissent acheter les maisons construites par les promoteurs immobiliers. Mais ces mêmes banques se sont endettées auprès d’autres banques pour continuer à prêter aux promoteurs et aux familles afin de profiter de ce contexte de bas taux d’intérêt.

Mais les Etats-Unis ont aussi un déficit public élevé situé entre le 5% et 10% du PIB, comment est-ce possible que les taux d’intérêt aient été si bas durant si longtemps aux Etats-Unis, contredisant ainsi la théorie du double déficit qui nous dit qu’un déficit élevé induit une augmentation des taux d’intérêt? Et bien la raison est simple et s’appelle la Chine

Le rôle de la Chine

Le grand débat économique de la deuxième partie du XXème siècle, après la deuxième guerre mondiale est celui qui confronte une organisation de la société basée sur les marchés contre celle qui organise la société sur une base de planification centrale.

Organisation de la société basée sur les marchés:

  • Pays: USA, Europe de l’Ouest, Japon.
  • Les marchés s’organisent autour de la démocratie.
Organisation de la société sur une base de planification centrale:
  • Pays: URSS, Chine.
  • La planification centrale s’organise autour de la dictature du prolétariat.

Ce que nous a montré l’histoire, c’est qu’une organisation économique autour des marchés est plus efficace qu’un organisation basée sur la planification centrale. Les marchés et le libéralisme économique ont gagné la bataille contre la planification centrale, et la démocratie la bataille contre le communisme.

A partir de la chute du mur de Berlin en 1989:

  • l’URSS se décompose et se transforme, pour le moins formellement, en une structure démocratique et accueille une économie de marché.
  • La Chine, par contre, maintient la dictature du prolétariat, mais adopte une économie de marché.
On se trouve alors dans le cas de la Chine dans une situation inédite, que n’avait prévue aucun économiste, une realité dans laquelle le marché ne s’appuient pas sur la démocratie, mais sur un système de parti unique chinois. Un système hybride entre économie de marché et dictature a donc émergé !!

Chine

On a vu que la période prolongée des bas taux d’intérêt aux Etats-Unis, alors que le pays était soumis à un déficit public élevé, allait clairement à l’encontre de la théorie du double déficit et des recommandations de Hayek pour éviter un cycle économique dépressif? Pourquoi donc a eu lieu cette période prolongée de taux d’intérêt bas? Pour le comprendre, il faut considérer que la Chine adopta une décision stratégique dans les années 1990, suite à la chute du mur de Berlin. Elle décida d’adopter une économie de marché et d’acheter de la dette des Etats-Unis. Les Etats-Unis ont alors pu vivre avec un haut déficit public sans avoir le besoin d’élever les taux d’intérêt (contrairement à ce que recommande la théorie du double déficit), car l’émission de sa dette était en permanence couverte par la Chine. Mais alors pouquoi les Chinois avaient-ils intérêt à ce que les taux d’intérêt américains ne montent pas? Les Chinois avaient intérêt à lier leur monnaie, le yuan, au dollar, car si le dollar est bas, le taux de change avec le yuan est aussi bas, ce qui favorise les exportations chinoises.

Le système hybride entre économie de marché et dictature permet donc à la Chine d’appliquer une politique économique basée sur deux composantes fondamentales:

  1. Le dumping social mis en place par le régime de parti unique qui permet d’appliquer des conditions de travail qui seraient inadmissibles dans les pays et marchés occidentaux, induisant des coûts du travail extrêmement bas.
  2. Un yuan dévalué connecté avec un dollar aussi dévalué pour attaquer les marchés étrangers, grâce à l’achat de dette américaine.

La Chine est, pour le mieux ou pour le pire, le grand événement politico-économique du XXIème siècle. La Chine est à l’origine de la crise économique, mais probablement aussi la solution apparente à celle-ci comme on va le voir.

La résurrection de Keynes

La crise financière de 2008 a dans un premier temps évolué vers un nouveau panormama économique dans lequel la situation du chômage en augmentation ne coexistait pas avec une situation inflationniste comme dans les années 1970 lors du choc pétrolier, mais avec une situation déflationniste. Le chômage coexistait, juste après la crise, à nouveau avec une baisse des prix. Néanmoins la déflation peut être très dangereuse, la baisse des prix correspond à une réduction de consommation, et si les prix baissent exagérément, en dessous des coûts de production, les sociétés font alors des pertes ce qui peut engendrer un risque économique majeur. Mais comme on l’a vu, Keynes a la réponse pour combattre simultanément ce scénario de chômage accompagné d’une déflation: stimuler la demande agrégée.

Demande agrégée = Consommation des ménages + Investissement + Dépenses des Administrations publiques + Solde commercial

La politique économique keynésienne à appliquer serait donc:

  • Baisser les impôts pour favoriser la consommation.
  • Baisser les taux d’intérêt pour stimuler les investissements.
  • Augmenter les dépenses publiques.
  • Diminuer le taux de change de la monnaie pour rendre plus compétitive les exportations.

La stagflation

Cependant en quelques mois la situation a à nouveau changé, l’augmentation des prix du pétrole, des matières premières et du prix des aliments amènent une augmentation des prix, donc une forte inflation, qui coexiste à nouveau avec un chômage élevé, c’est ce qu’on appelle la stagflation. Comme durant la crise pétrolière des années 1970, l’inflation n’est pas due à une demande excessive, mais plutôt à des coûts trop élevés. Faut-il donc prioriser le problème du chômage ou celui de l’inflation? Keynes ne donne pas de réponse, car selon sa théorie ces deux problèmes ne peuvent apparaître simultanément. Les néolibéraux préconisent que pour lutter contre l’inflation des coûts, il faut migrer du niveau macroéconomique keynésien vers le niveau microéconomique des entreprises qui est l’endroit où réellement se produisent les coûts. Et ils proposent donc d’agir directement au sein des entrepises, afin de pouvoir diminuer les coûts de production, réduire les salaires, diminuer les coûts énergétiques, diminuer les coûts financiers, augmenter la productivité via l’incorporation de nouvelles technologies, et augmenter la compétitivité grâce à l’innovation.

On voit se dessiner deux postures distinctes pour résoudre cette situation de stagflation:

  1. La posture des Etats-Unis.
  2. La position de l’Union Européenne.

La position des Etats-Unis

Les Etats-Unis ont deux problèmes majeurs:

  1. Un déficit public et une dette publique très élevée.
  2. Un chômage élevé oscillant autour des 9%, alors que habituellement le chômage américain se situe aux alentours de 5%.

Entre le problème de la dette et du chômage, les Etats-Unis optent pour donner priorité à la résolution du problème de chômage, entre autre parce qu’Obama sait que pour être réélu en 2012, le taux de chômage doit passer de 9% à moins de 7%. Et pour baisser le chômage, on sait depuis Keynes qu’il faut stimuler la demande globale. La position des Etats-Unis est donc typiquement keynésienne. Pour appliquer cette posture keynésienne, le Etats-Unis doivent donc baisser les impôts, maintenir les taux d’intérêt bas (au dessous de 1%), augmenter les dépenses publiques, et maintenir un dollar dévalué.

Mais Obama a été confronté à un problème pour augmenter les dépenses publiques, car le déficit public américain est déjà abyssal et les républicains, de tradition néolibérale, ont la majorité à la chambre des représentants, et ces derniers sont traditionnellement hostiles à l’augmentation des dépenses publiques. Obama a dû alors faire une concession et clarifier quelle dépense publique il désirait augmenter. Les dépenses publiques ont fondamentalement deux composantes:

  1. Les dépenses courantes (par exemple les salaires des fonctionnaires…).
  2. Les dépenses d’investissement public (comme par exemple l’amélioration des infrastructures publiques, les investissements énergétiques, les télécommunications, etc…).

Obama a dû se limiter à augmenter les dépenses d’investissement public et se compromettre à diminuer au maximum les dépenses courantes (diminuer le nombre de fonctionnaires, les salaires de ceux-ci, etc…). Mais les Etats-Unis peuvent dormir tranquillement, ils ont la Chine qui va continuer à acheter leur dette publique générée par l’augmentation du déficit et des dépenses publiques américaines. Car comme on l’a vu, les Chinois ont intérêt à ce que les taux d’intérêt des Etats-Unis ne montent pas, afin que le taux de change du dollar lié au yuan ne change pas, ce qui favorise leurs exportations. D’ailleurs les journalistes ont demandé lors d’une conférence de presse à Hillary Clinton si les Etats-Unis avaient l’intention de faire pression sur la Chine en ce qui concerne les droits de l’homme et la révaluation du yuan…et la réponse de Hillary Clinton a été: “C’est très difficile de faire pression sur notre banquier!“. Cette dépendance des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine est très dangereuse et va sans aucun doute conditionner l’histoire du XXIème siècle.

Dette USA

La position de l’Union Européenne

Actuellement les pays intégrés dans la zone Euro ne peuvent plus utiliser les intruments de politique monétaire que propose Keynes dans son équation. Les pays de la zone Euro n’ont plus le contrôle ni sur les taux d’intérêt, qui est délégué à la BCE, et ni sur les taux de change par dévaluation de la monnaie, vu que l’euro est la monnaie commune à tous les pays. Les instruments de politique économique dont disposent les pays de l’Union Européenne sont uniquement des instruments fiscaux: les impôts et les dépenses publiques. Le problème qui surgit alors pour ces pays avec une telle compétence économique limitée est que l’augmentation de la demande agrégée peut uniquement passer par une baisse des impôts et une augmentation des dépenses publiques qui génère un déficit public et une dette publique.

Zone Euro

De plus, les pays de la zone Euro ont tous signé le Traité de Maastricht de stabilité économique qui les oblige à contrôler et limiter le déficit public (3% du PIB) et la dette publique (60% du PIB). Pour diminuer le chômage, une politique fiscale expansive keynésienne soutenue dans le temps de baisse des impôts et d’augmentation des dépenses publiques afin de stimuler l’économie est donc interdite aux pays de la zone Euro.

Donc face à la recette keynésienne des Etats-Unis pour résoudre la crise, on voit que l’Union Européenne est contrainte à appliquer une recette néolibérale qui est d’ailleurs soutenue par l’Allemagne et Angela Merkel. Car l’Allemagne n’a pas de problème de chômage, celui-ci se situe entre 6-7%. Angela Merkel n’a donc pas intérêt à vouloir lutter contre le chômage qui se porte relativement bien dans son pays, elle doit prioriser la résolution du problème de déficit public et de dette publique. Hors il faut rappeler que lutter contre le chômage et lutter contre le déficit public sont deux politiques économiquement incompatibles selon Keynes:

Demande agrégée = Consommation des ménages + Investissement + Dépenses des Administrations publiques + Solde commercial

Lutter contre le déficit et la dette publique implique augmenter les impôts et réduire les dépenses publiques, deux pratiques qui vont à l’encontre de l’augmentation de la demande agrégée que recommande Keynes pour lutter contre le chômage.

La discipline de la politique budgétaire européenne soutenue par l’Allemagne oblige certains pays comme la Grèce, le Portugal, et l’Espagne…dont le déficit public dépasse actuellement les 10% du PIB à le réduire pour arriver à 3%, alors que le chômage est extrêmement élevé dans ces pays (20% en Espagne – 40% chez les jeunes). Hors, comme on l’a vu, réduire le déficit public implique augmenter les impôts et réduire les dépenses publiques ce qui a pour conséquence de générer encore plus le chômage au lieu de le diminuer, comme l’a expliqué Keynes dans sa fameuse équation de demande agrégée.

Les pays en difficulté de la zone Euro se trouvent donc dans une situation dans laquelle ils devraient, en accord avec une politique keynésienne, appliquer une politique expansive d’endettement, mais leur appartenance à l’Union Européenne les oblige à appliquer une politique économique restricitve.

Pour lutter contre l’inflation, Jean-Claude Trichet et la BCE sont sur la voie d’augmenter les taux d’intérêt. Hors comme on l’a dit l’inflation présente actuellement en Europe est une inflation des coûts et non une inflation due à une demande excessive. On sait grâce à la théorie du double déficit, qu’une augmentation des taux d’intérêt va amener une revalorisation de l’euro. Et une revalorisation de l’euro va engendrer une diminution des investissements et des exportations, ce qui va provoquer une diminution de la demande agrégée de Keynes, et donc diminuer la déjà faible croissance que possède l’Union Européenne, ce qui va induire une augmentation du chômage dans les pays périphériques européens. Sans compter le fait qu’une augmentation des taux d’intérêt dans un contexte d’inflation des coûts va augmenter les charges financières des entreprises qui devraient justement tout au contraire pouvoir reduire cette charge financière afin de diminuer leurs coûts et donc l’inflation qui en découle. La décision de la BCE d’augmenter les taux d’intérêt semble donc aller dans le sens des intérêts de l’Allemagne et dans une moindre mesure de la France, mais va totalement à l’encontre de la situation de stagflation que vivent les pays européens pris dans leur ensemble.

Signalons aussi que l’Allemagne impose sa politique économique aux autres pays européens subissant une crise importante, parce que les banques de ces pays actuellement en crise ont demandé d’énormes quantités de crédits aux banques allemandes. Un excès de politique néolibérale durant les années 2000 (comme aux Etats-Unis) a permis un endettement démesuré de certaines banques et caisses d’épargne auprès des banques allemandes, dans le but de financer l’accès au crédit facile accordé aux citoyens des pays actuellement en crise. Et l’Allemagne désire nettoyer le système financier de ces pays européens en crise afin que les banques de ceux-ci puissent rembourser leurs dettes contractées auprès des banques allemandes.

L’euro comme monnaie unique appliquée à des pays dont les structures économiques sont différentes (Allemagne vs Grèce) génère inévitablement des chocs asymétriques, car leurs économies ne croissent pas de la même manière. La politique économique restrictive adéquate pour l’Allemagne devient contre-productive pour d’autres pays européeens. Et le prix Nobel d’économie de 1999 Robert Mundell l’avait prédit. Mundell expliqua que pour qu’une zone monéraire unique soit optimale il faut remplir un certain nombre de critères:

  • La convergence des amplitudes macroéconomiques entre les différents pays (même inflation, mêmes taux d’intérêt, déficit public -3% du PIB- et dette publique -60% du PIB- semblables)
  • La liberté de mouvement de tous les facteurs productifs entre les pays:
    • Facteur travail (libre circulation des personnes)
    • Facteur capital (libre circulation des flux financiers)

Et dans le cadre le zone Euro, tous ces critères de Mundell sont remplis, sauf celui de la liberté de circulation des personnes, qui est en théorie existe, mais en pratique est confrontée à des barrières culturelles. Par exemple dans le cas de l’Espagne avec un 40% de chômage chez les jeunes, l’Allemagne propose aux étudiants espagnols d’émigrer en Allemagne pour trouver du travail, soutenu par le programme Erasmus et de Bologne pour l’harmonisation et la reconnaissance des diplômes. Mais ce programme s’addresse uniquement aux étudiants qualifiés et universitaires, sans compter les barrières linguistiques qui sont un frein supplémentaire à la mobilité des personnes.

Conclusion

Ce qui a fait s’écrouler le keynésianisme et le néolibéralisme ce ne sont pas leurs politiques, mais leurs excès qui ont donné naissances aux plus grandes crises économiques récentes:

  • Excès du keynésianisme: une croissance démesurée du secteur public a converti beaucoup d’économies capitalistes en économies inefficaces lors de la crise pétrolière et monétaire des années 1970.
  • Excès du néolibéralisme: la dérégulation des marchés financiers est à l’origine de la crise financière de 2008 et de la crise des subprimes.

De la même manière que des cendres du keynésianisme a surgi triomphalement le néolibéralisme de Friedman et Hayek dans les années 1980, on constate actuellement que des cendres des excès du néolibéralisme resurgit une politique économique keynésienne au-travers des Etats qui a permis de réinjecter d’énormes quantités d’argent dans le système financier néolibéral pour le sauver et éviter que la récession économique se convertisse en grande dépression. Mais cette injection massive d’argent public a converti le problème de dette privée liée au marché financiers en un problème de dette publique des Etats.

Malgré le fait, comme on l’a vu, que la Chine soit à l’origine de la crise économique actuelle, elle est aussi à la base de la politique économique d’endettement qu’Obama met en place aux Etats-Unis. Il suffit aussi de se promener dans les différentes capitales européennes et dans les différents polygones industriels pour constater que la Chine applique implacablement son modèle d’expansion économique, qui consiste à créer des entreprise chinoises qui emploient des Chinois pour vendre des produits chinois fabriqué par des Chinois en Chine. Les revenus générés par ces entreprises chinoises installées dans les pays européens et consommées par des européens sont versés dans des banques chinoises qui renvoie cet argent en Chine. Ce modèle permet d’augmenter en permanence les reserves en devises de la Chine qui s’élèvent actuellement à 13 billions de dollars (13 mille milliards). Et avec cet argent la Chine peut acheter le monde, de fait la Chine est en train de racheter des sociétés qui contrôlent les matières premières stratégiques (matériaux, minéraux) présents en Afrique et en Amérique latine…la Chine est donc en train d’obtenir le contrôle de l’économie mondiale.

Pour ne pas terminer sur une note trop noire et se détendre un peu, voici 2 vidéos (en anglais) excellement produites sous forme de rap qui mettent en perspectives les théories de Keynes vs Hayek:

Sources:

http://efectoesponja.com/keynes-vs-hayek-china-y-julian-pavon/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Demande_agr%C3%A9g%C3%A9e

http://fr.wikipedia.org/wiki/Keyn%C3%A9sianisme

http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9olib%C3%A9ralisme

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 4.2/5 (26 votes cast)
Dossier - le keynésianisme contre le neolibéralisme , 4.2 out of 5 based on 26 ratings
Tagged with:  
  • Pingback: Podcast science 46 – Sciences économiques: le keynésianisme contre le neolibéralisme()

  • jonkalak

    Content de vous retrouver et en plus sur un sujet qui me passionne : la théorie économique.
    Mathieu, si je peux me permettre tu n’as pas mentionné (ou du moins pas formulé très précisément) un point important concernant l’échec du Keynésianisme : la régulation des marchés.
    La théorie de Keynes implique un marché régulé. Or les 2 grandes crises que tu as mentionné quand tu parlais de l’inflation des coûts étaient d’abord un problème de régulation des marchés.
    Dans les années 70 l’augmentation des cours du pétrole démontre les dégâts causés par une offre très concentrée (l’OPEP en gros).
    Les ressources étaient là et devaient satisfaire la demande mais les producteurs ont décidé unilatéralement de monter les prix pour des raisons pas tout à fait économique.
    Et actuellement le marché est complètement déréglé pour deux raisons :
    – d’une part l’importance d’une demande unique de la part de la Chine qui à terme pourrait potentiellement absorber toute la production mondiale.
    – d’autre part et surtout le phénomène de la spéculation sur les matières premières.
    Aujourd’hui une tonne de blé peut changer 100 fois de main entre le producteur et le consommateur final via les différentes bourses des matières premières. Et au passage voir son prix exploser. Ce qui ne sert ni les intérêts des producteurs ni des consommateurs.
    Et surtout ça rend inefficace la plupart des politiques menées par les états pour relancer la consommation.
    C’est un marché complètement biaisé et qui va à l’encontre des théories économiques classiques (même les néolibéraux n’avaient pas intégré cette composante à mon avis).

    Voilà ma petite contribution à ce dossier ;)

  • brainfisch

    Même quand je normalement aime bien le balado science, cette fois je suis désolé de votre dossier. Ma première critique c’est que l’économie n’est pas de la science (mais plutôt une des sciences humaines) et Alain a raison de douter les calculs des scientifiques.
    Mais les raisons pourquoi Alain critique les sciences sont fautes aussi. L’économie ne peut pas faire les prédictions précises mais les bons économistes font les prédictions de direction. Si vous lisez Hayek ou Mises vous verrez qu’ils disent que les actions ont des résultats mais ce n’est pas précis mais c’est seulement une direction et pas une prédiction précise comme en physiques ou chimie.
    L’autre chose que vous avez pas présentez assez précises, c’est les théories the Hayek et la cause de la crise actuelle. Hayek n’a pas dit que le crédit additionnel cause les problèmes, mais que c’est le crédit artificiel causé par l’état qui injecte de l’argent dans la circulation. Quand la banque centrale produit l’argent (en baissant les intérêts) elle dit aux entreprises qu’il y a des possibilités a investir qui ne sont pas réelles. Puis les entrepreneurs prennent les produits réels et font l’investissement dans les chaines de production qui ne sont pas valables. L’exemple actuel est la banque nationale des états unis (la FED) qui a réduit les intérêts après la « boule dot com (dot com bubble)« en 2001 – par conséquent les banques faisons les investissements dans les bâtiments à Florida ou a Las Vegas. Après quelques années on a remarquée que personne ne veut acheter ces bâtiments, et la crise financière de 2008 est arrivée. Les Hayekiens disaient déjà en 2003 que les actions de la FED vont causer les problèmes, et que la prochaine crise sera plus grande que celle de 2001. C’est comme un alcoolique qui a bu du trop et qui, le matin prochain prend un autre verre de vin pour éviter la Guelle de bois. Ce deuxième verre peut aider un petit moment, mais à la longue les problèmes seront plus grands. Hayek a déjà vu ca, mais la remarque de Keynes était : « in the long run, we are all Dead ». Une très bonne explication des problèmes de la crise actuelle se trouve ici : http://mercatus.org/publication/gambling-other-peoples-money.
    En bref : in y avait une petite action par le libéralisme sous Reagan et Thatcher (mais Reagan n’a pas coupé les déficits a zéro) mais au maximum aux années 2000, la politique était Keynesienne aux états unis et en Europe.

  • http://www.mfavez.com Mathieu

    Salut brainfisch,

    à la suite de la lecture de ton commentaire, je crois qu’en gros ce que tu nous dis correspond à ce dont on a parlé dans l’émission. J’ai d’ailleurs commencé le dossier par dire clairement que l’économie est un domaine faisant partie des sciences humaines. Savoir si c’est de la “vraie” science ou pas, le débat n’a pas été tranché depuis des dizianes d’années, ne le sera pas aujourd’hui et ni demain…

    Attention, je n’ai jamais dit que la théorie de Hayek est à l’origine de la crise, j’ai dit que ce sont les dérives du modèle néolibéral qui ont amené la crise. J’ai aussi souligné que selon Hayek, l’origine d’une phase dépressive d’un cycle économique se produit lorsqu’il y a une période prolongée des taux d’intérêt très bas. Et comme tu l’expliques la FED à maintenu les taux bas, alors qu’elle aurait dû les remonter vu le déficit américain très élevé (théorie du double déficit). Mais elle n’a pas eu besoin de le faire, car la Chine leur achetait de la dette et préferrait un dollars faible. La dérive est donc née à cause de la Chine qui a permis que la FED n’ait pas eu besoin de remonter les taux après la bulle dot com, et comme tu le dis c’est ce qui a généré un crédit facile artificiel (contraire aux idées de Hayek opposé aux périodes prolongées des taux d’intérêt très bas). La crise immobilière qui est liée, j’en ai parlé. Pour la citation de Keynes « in the long run, we are all Dead », j’ai aussi bien précisé dans le dossier que les keynésiens avaient une politique économique à court terme…donc tu vois, on se rejoint…

    Il faut pas oublier non plus que ce dossier avait pour objectif de revenir sur les fondamentaux de notre économie moderne qui a été très influencée par ces deux théories, sans les stigmatiser, et de permettre d’avoir une compréhension de base sur un sujet d’actualité.

  • Emilie

    Merci beaucoup pour vos explications aussi claires Mathieu (elles m’ont été transmises via le Hub de la communauté française des docteurs de France), qui m’ont permis de comprendre un peu mieux la situation économique actuelle. Comme je n’ai aucune base en économie, j’aurais une question naïve (et je m’en excuse par avance) à vous poser: existe-t-il une ou des solutions pour se sortir de la crise économique actuelle française, et quelles seraient-elles selon vous (établissement d’une sorte de nouveau règlement des échanges économiques entre la Chine et les Etats-Unis?; une révision du Traité de Maastricht?; une politique d’autarcie?…)?

  • http://www.mfavez.com Mathieu

    Salut Emilie,

    question difficile, je ne suis pas économiste, et mes connaissances en la matière sont limitées, donc à prendre avec beaucoup de prudence mes propos…

    En ce qui concerne l’Union Européenne, les mesures économiques à prendre pour les pays périphériques comme la Grèce, le Portugal…sont en contradiction de celles qu’on doit prendre pour un pays à économie forte comme l’Allemagne. On voit donc qu’une mesure positive pour un pays de l’UE devient néfaste pour un autre. Il faudrait effectivement peut-être effectuer une révision du Traité de Maastricht, afin de donner plus d’autonomie économique à certains pays. Un vision à long terme pourrait même envisager la sortie de l’Euro de certains pays et revenir à leur ancienne monnaie. Si par exemple, la Grèce revient à sa monnaie qui était le Drachme, elle peut alors controller le taux de change de celle-ci et le dévaluer. Une dévaluation de la monnaie, facilite les exportations et selon Keynes la demande agrégée augmente alors à son tour et l’économie se relance. Mais la dévaluation de la monnaie implique aussi un appauvrissement du peuple grec, leur patrimoine qui était en Euro perd du jour au lendemain de sa valeur lorsqu’il est converti en Drachmes…et pas seulement le peuple grec sortirait perdant, les banques qui ont investi en Grèce en Euro vont aussi voir leur investissement perdre de la valeur…il se pose alors la question de la volonté politique de vouloir protéger les banques d’un fiasco financier que pourrait engendrer un retour à une monnaie dévaluée…

    Pour la relation entre Chine et Etats-Unis, je ne crois pas qu’il puisse y avoir une réglementation sur les échanges économiques entre ces 2 pays ou entre la Chine et le reste du monde. La Chine est la banqe des USA (elle achète sa dette) et devient aussi celle des pays européens (elle rachète aussi de la dette des pays européens en difficulté)…c’est donc la Chine qui peut imposer ses règles du jeu. Les Etats-Unis, la UE, la France…vont devoir se faire une raison, c’est dorénavant la Chine qui va mener le bateau durant ce XXIème siècle (que ça nous plaise ou pas).

  • Pingback: Podcast science 47 – Musique, sciences et émotions()

  • Siohban

    Merci Mathieu pour ces explications.
    Commencant l’economie que depuis septembre et ayant ete coupee de l’actualite pendant pas mal de temps, ton article m’a permis de voir plus clairement cette “crise mondiale”, ces enjeux, et surtout de les recouper avec des faits récents!
    je trouve au contraire tres interessant que des sujets de sciences sociales soient intégrés au site. Cela permet de diversifier les sujets, et peut etre de nous passionner pour de nouveaux!
    Comme Emilie, je vous pose une question de novice (et m’en exuse egalement!) : Puisque la desintegration de l’Europe n’apporterai pas une solution a cette crise, pensez-vous a contrario, que renforcer l’UE, jusqu’a l’obtention d’une sorte d’etat federal, et permettant ainsi une meilleurs coordination des etats membres, ameliorerait la situation?

  • http://www.mfavez.com Mathieu

    Salut Siohban,
    ta question sur un état fédéral européen est loin d’être naïve, d’ailleurs je doute qu’un expert en économie puisse y répondre formellement…c’est une question délicate et très difficile…pour ma part, je pense qu’il s’agit plus d’une question politique qu’économique. Un Etat fédéral européen obligerait les différents pays à déléguer certaines de leurs compétences nationales (fiscale, sécuritaire…) à un gouvernement central…ce qui ne sera pas de bon goût pour plusieurs d’entre eux. Le problème de l’Europe est que c’est une région morcelée culturellement, un irlandais n’a rien à voir culturellement avec un sicilien…réunir sous un même Etat fédéral qui serait responsable de certaines compétences communes à tous les états risque donc d’être difficile pour des raisons culturelles et politiques. Peut-être qu’un solution intermédiaire réunissant des régions culturellement et politiquement semblables autour d’un état fédéral serait plus réaliste, par exemple un état fédéral pour les pays méditerranéens, une autre état fédéral pour les pays du nord de l’Europe, ou encore un troisième réunissant les pays de l’Est…à vrai dire je n’ai pas de réponse toute faite pour ta question, mais un unique Etat fédéral européen me semble une belle utopie, mais très difficile à mettre en place…

  • Pingback: Joseph Stiglitz: « L’austérité ne marchera pas  « histoireetsociete()

  • Pingback: Le Blog d'Olivier Berruyer sur les crises actuelles()

  • Pingback: L’austérité ne marchera pas, par Joseph Stiglitz | Résistance Inventerre()

  • Pingback: Joseph Stiglitz: “L’austérité ne marchera pas” « gauche2012()

  • mourad

    vu le développement des évènements.les usa ne peuvent pas laisser leur destins leur échapper et le laisser entre les mains des chinois ce qui va les amener a leur faire une guerre (3eme guerre mondial) par Iran interposé qui réglera les problèmes et les dessin d’Israël en même temps et mettra la chine a genou…

  • yannick

    Merci beaucoup pour ces explications. Je suis pas du tout économiste.J’ai beaucoup appris avec vos commentaires et explications. Juste une remarque aux propositions politiques de Matthieu. La proposition de creer des états federaux en Europe (des blocs), on a vu le resultat en 14-18 et 39-45. Parler de differences ou similitudes implique de preciser quels aspects sont considérés. La position de l’Observateur est aussi un critaire important: Ayant vecu aux Etats-Unis, j’ai pu voir l’Europe de plus loin; De “loin” on voit les similitudes; De près on voit les differences. Au final, on voit des convergences et des differences. En conclusion, c’est une question de priorités: VEUT-on donner la priorité aux differences ou aux similitudes? Je pense que l’irlandais et le sicilien ne sont pas si different: pour les deux, la famille et la religion sont des éléments majeurs par exemple. Impliquons la dedans aussi le polonais. Ce qui est commun aux Europeens, c’est d’absolument vouloir etre different et c’est tout le probleme. Un americain du nord-est est different d’un americain du sud mais les USA ca marche parce que l’union est considérée comme prioritaire par rapport aux differences. Un chinois musulman est different d’un chinois chretien mais ca fait des siecles que le concept Chine fonctionne. Plus pres de nous, un francais du sud est different du francais du nord. Tout ca c’est tres subjectif et labile quand tout le monde le considere comme un fait sur et immuable. En conclusion, un peu plus de flexibilité géographique et un focus plus fort sur nos similitudes nous permettraient une perception nouvelle de ce qu’est un europeen. Finalement, c’est une question de volonté politique et sociétale car de touts facons, ces concepts sont presque artificiels et ne sont valables qu’à un instant T. Pour extrapoler, peut-etre qu’un jour, un etat federal comprenant, l’amerique du nord, l’Europe et la mediterranée existera. Un état, c’est la synthèse de vouloir vivre ensemble et de se defendre contre les autres. Vu la puissance de la chine, le developpement de la situation de la Russie et la position geographique des ressources, on a plutot interet à cette solution qu’à une division du continent Europeen. Ajoutons que la seule force de l’Europe à l’heure actuelle c’est celle de l’acheteur: Plus l’acheteur est gros plus il a de poids. Continuez à nous expliquer l’économie. C’est très important. Ajoutez y aussi un peu de politique et de sociologie parce que c’ est difficilement dissociable. Merci pour vos explications.

  • http://www.mfavez.com Mathieu

    @yannick merci pour ton commentaire, le prochain épisode de PodcastScience traitera de démocratie, à ne pas rater, un sujet qui devrait t’intéresser…

  • HawkFest

    Une lecture très intéressante, incluant les interventions des “répondants”. Merci beaucoup pour ce dossier!

  • Pingback: Le cancer du chômage pour tous | UMP Meudon()

  • Olivier Simard-Casanova

    Désolé pour le déterrage, mais je suis économiste et je dois dire que ce podcast, bien que pas tout à fait faux sur le fond, m’a fait dresser les poils un bon nombre de fois. Je ne pouvais pas ne pas réagir ;)

    Tout d’abord, sur la scientificité de l’économie : si l’on adopte la position traditionnelle (et conservatrice) de Karl Popper, est science toute activité intellectuelle qui produit des assertions dont on peut démontrer qu’elles sont fausses. Aujourd’hui, pour faire simple, les économistes bâtissent des modèles théoriques (des systèmes d’équations qui capturent la petite partie de la réalité que l’on veut étudier), ces modèles permettent de faire des prédictions qui sont ensuite testées à l’aide d’outils statistiques (l’économétrie). L’on peut ainsi démontrer qu’un modèle est faux (j’insiste doublement sur ce terme) si les données montrent qu’il l’est. Vu sous cet angle, l’économie n’est donc pas bien différente de la physique, ou d’autres sciences naturelles qui procèdent exactement de la même manière. C’est d’ailleurs ce qui apparaît en filigrane dans le podcast : le keynésianisme a sombré parce que lors des années 70, les données montraient qu’il y avait de la stagflation alors que le concept est totalement étranger à Keynes et à ses descendants directs. Par ailleurs (et c’est à mon avis plus significatif), la production de la science économique est à mon avis plus proche de la production d’une science comme la physique que d’une science comme la sociologie ou l’anthropologie ; elle est “culturellement” (ou sociologiquement) plus proche des sciences dures que des sciences sociales classiques (même si pour moi, l’économie est une science sociale).

    Ensuite, je suis quelque peu désolé de la présentation sous la forme “école de pensée” de l’économie qui est faite ici. Même si, à mon grand désarroi, ces querelles de clochers ont encore plus ou moins cours entre les macroéconomistes actuels, elles ont pris des formes beaucoup plus subtiles que la dichotomie un peu caricaturale présentée ici. En particulier, dans le champ académique tout le monde est aujourd’hui à peu près d’accord sur une classe de modèles (dits DSGE pour Dynamic Stochastic General Equilibrium, ou modèles d’équilibre général dynamique et stochastique), qui sont des modèles de nature plutôt keynésienne (même si c’est plus compliqué que cela, car ils sont construits sur une autre classe de modèles, clairement libéraux) qui expliquent les crises par la survenance de chocs aléatoires (stochastiques) sur les agents économiques. À ce propos les “néolibéraux” (mot fourre-tout qui désigne tout et rien, à éviter, donc, dans une émission de vulgarisation je pense) n’ont pas mis l’accent sur la microéconomie ; leur contribution a plutôt été de faire reposer leurs modèles macroéconomiques sur des modèles microéconomiques plus petits. Dit autrement, alors que Keynes regardait “grosso modo” le fonctionnement du système économique, les modèles DSGE prennent le temps de d’abord définir le comportement des agents (firmes, consommateurs, etc.), qu’ils “généralisent” ensuite à tout le système économique. Scientifiquement, cela me semble être un acquis très important, car il donne à la macroéconomie un fondement bien plus solide que de “simples” intuitions générales ; le problème c’est que cette méthode est décriée aujourd’hui, en particulier parce qu’elle oblige de modéliser des agents dont le comportement est peut-être un peu trop simple. Mais les macroéconomistes travaillent sur la question ;-) Et reste donc qu’il ne s’agit pas exactement du processus décrit dans le podcast.

    Enfin (et je vais prêcher pour ma paroisse, car je suis microéconomiste), la microéconomie n’a rien à voir avec un quelconque “néolibéralisme”. Contrairement à la macro, qui étudie des systèmes économiques pris dans leur intégralité, la microéconomie va étudier le choix rationnel des agents : consommateurs, firmes, banques, etc. Elle se distingue donc de la psychologie et de la sociologie, qui étudient d’autres formes de choix, et de la macroéconomie bien sûr, qui ne s’intéresse pas réellement aux choix mais plutôt aux dynamiques des systèmes. Ceci étant dit, la microéconomie peut s’intéresser à des dizaines de choix possible : pour une firme, où s’implanter ? Pour un salarié, est-il préférable d’être assidu ou au contraire de n’en n’avoir rien à faire ? Pour une banque, comment choisir à qui l’on prête et à qui l’on ne prête pas ? Pour un producteur industriel, comment choisir la qualité environnementale de son usine ? Etc. À ce titre, je pense qu’axer un podcast économique sur la microéconomie aurait eu nettement plus d’impact ; en particulier, je remarque qu’il n’y a pas eu d’autre podcast dédié à la science économique, ce qui est dommage, car à mon sens, pour les raisons évoquées plus haut, il s’agit d’une science comme une autre, qui mérite à ce titre d’être vulgarisée sur un tel site.

    Un dernier point, lié au précédent (donc un demi-point ^^) : entendre que Samuelson, Stiglitz, Krugman sont des “néolibéraux”, quel contresens gigantesque ! Friedman oui, je veux bien, Hayek c’est déjà plus compliqué (c’est un économiste de l’école dite “autrichienne”, qui est un courant de pensée très minoritaire dans le champ académique et dont les contributions me paraissent davantage relever de la philosophie économique que de la science économique), mais pas ces trois-là. Samuelson est initiateur de la synthèse entre keynésiens et microéconomistes lors des années 1950, Stiglitz est un microéconomiste ni keynésien, ni libéral, et Krugman n’a pas travaillé sur les mêmes types de modèle que Keynes (et politiquement, il est clairement de gauche, même s’il ne faut pas confondre un engagement personnel avec la teneur des travaux scientifiques, où le présupposé idéologique est bien vite débusqué et traqué).

    Au plaisir d’en rediscuter ici, ou peut-être lors d’une nouvelle émission sur le sujet ;-)

  • mfavez

    Bonjour Olivier,

    tout d’abord merci pour ces précisions…je voudrais cependant revenir sur certains points:

    Je ne veux pas rentré sur le débat autour de si l’économie est une science ou pas, c’est un débat stérile, qui n’a jamais été tranché, et qui ne le sera probablement jamais…quant à comparer l’économie à la physique, ça me semble tout de même un peu abusif, je entends bien que les modèles théoriques économiques appliquent la méthode scientifique, cependant en pratique c’est un autre problème. La physique théorique émet des modèles, et les expériences physiques pratiques doivent les confirmer ou les infirmer…ce qui caractérise la physique c’est justement la reproductibilité des expériences. En économie, à mon sens la reproductibilité des modèles théoriques dans la vie réelle n’est pas aussi simple…si la reproductibilité des modèles économiques étaient un fait avéré, les crises économiques n’existeraient pas, ou du moins nous aurions des remèdes sur mesure pour les résoudre en reproduisant les mêmes solutions appliquées dans le passé…hors la crise financière de 2008 et l’actualité économique de ces dernières années nous démontre quotidiennement que nous en sommes purement et simplement incapable…La méthode scientifique en économie théorique oui, mais un pratique c’est moins évident….

    Désolé si des imprécisions se sont glissées dans mon dossier, je suis un néophyte en la matière…ma volonté a été de mettre en avant les grandes idées qui ont dominées notre monde économique ces 100 dernières années, quitte à être un peu caricatural j’en conviens…il m’a semblé cependant important de poser quelques jalons pour que nos auditeurs puissent s’y retrouver et comprendre un peu mieux ce qui nous a amené à la crise économique que nous sommes en train de vivre.

    Soit dit en passant, a aucun moment je n’ai qualifié Stiglitz et Krugman de néo-libéraux, tout au contraire je les range plutôt du côté des keynésiens….ce qui peut-être va aussi hérisser les poils des experts comme toi…c’est probablement pas aussi simple de ranger ces économiste dans telle ou telle école de pensée, mais ça aide à avoir une grille de lecture un peu plus accessible.,…

    En conclusion, nous serions ravi de vous accueillir dans notre podcast pour parler de microéconomie avec un expert, si vous vous sentez l’âme d’y participer à une occasion ou à un autre…

    Salutations…

  • podcastscience

    Ok je vois que Mathieu à répondu ,

    @Mathieu donc : Juste un mot sur la scientificité de l’économie bon déjà bien sur tout cela dépend de la définition de la science que l’on prend ça peut tout aussi bien en être que ne pas en être mais il prend soin de préciser en début de post la définition qu’il va utiliser du coup je ne pense pas qu’il soit criticable la dessus… Toute les prédictions faites pas les économiste pourraient être entièrement fausse que l’économie en elle même resterai une science (un peu en effet comme en physique ou un résultat non conforme aux prédictions va remettre en cause
    le modèle considéré et pas la physique en tant que science )

    2013/7/9 Disqus

  • mfavez

    @podcastscience: c’est pour ça que je ne préfère pas trop débattre de la scientificité de l’économie car on a vite fait de tourner en rond, ton commentaire en est la preuve….on peut toujours retourner la chose dans un sens qui nous arrange…

  • Olivier Simard-Casanova

    Messieurs,

    Merci pour vos réponses ! Et à la relecture de mon commentaire je me rends compte que celui-ci était excessivement négatif, je m’en excuse.

    Pour la question de la scientificité de l’économie, je ne pense pas que ce soit un débat qui fasse tourner en rond, au contraire. Autant le monde physique (pour reprendre mon exemple) est un objet d’étude “facilement” compréhensible car réglé comme une horloge (je caricature), autant le monde économique est beaucoup plus difficile à appréhender parce qu’il est complexe (dans le sens de “système complexe”), surtout au niveau macroéconomique : il y a des rétroactions un peu partout, le système est localement très instable, des phénomènes émergents inattendus peuvent émerger ici ou là, etc. Or, que l’objet d’étude soit un objet, disons, “récalcitrant” ne permet pas dire que la science économique n’est pas scientifique. Ce qui compte c’est de juger les méthodes employées pour comprendre ce système, plus que les résultats de ces méthodes. Ainsi, sur la question de la reproductibilité : si, elle existe. La crise de 2007, de l’avis de tous, aurait pu avoir des conséquences aussi gravissimes que celle de 1929 si les bonnes mesures (apprises de… 1929 !) n’avaient pas été appliquées. En particulier, les banques centrales n’ont pas laissé le système bancaire s’effondrer (on est pourtant passé à deux doigts), contrairement aux années 1930. Par ailleurs les pays n’ont pas décidé de mettre en place des politiques protectionnistes, contrairement, là encore, à 1929. Cela a évité à la crise de se propager d’un seul coup à toute la planète ; le choc a été beaucoup moins violent. Pour ce qui est de l’Europe, la crise économique a révélé, en fait, un grave problème de design institutionnel, et tant que celui-ci ne sera pas résolu je doute que l’on sortira complètement de la crise (même si des progrès ont été faits, ne soyons pas trop négatifs ;)). La crise (comme toutes les crises) est un enchaînement d’évènements assez complexes, qu’il n’est pas toujours facile de comprendre lorsqu’ils surviennent. Cela, à mon avis, est dû en partie au fait que les outils actuels de l’économie (et en particulier de la macroéconomie) fournissent des modélisations trop simplistes du monde ; en particulier, les modèles DSGE dont je parlais dans mon premier post sont globalement incapables de rendre compte des émergences, des feedbacks et autres interactions “complexes”. Cela n’est qu’une intuition, mais je pense que la macroéconomie fera un gros pas en avant lorsqu’elle adoptera des méthodes scientifiques proches des sciences de la complexité (je pense notamment à la biologie, même s’il faut se garder de transposer “bêtement” à l’économie les méthodes de la biologie).

    Un autre point sur le fait que les crises surviennent encore et encore : malheureusement, comme dit plus haut, l’économie est une science encore jeune, et en particulier la macroéconomie (1936). Ses méthodes restent donc encore largement améliorables, ses modèles aussi pour mieux comprendre le monde. Mais la jeunesse n’est pas, à mon avis, un critère suffisant pour dire que la macroéconomie n’est pas une science ; ce qui importe c’est bien la conformité des méthodes utilisées avec un certain idéal de la science (réfutabilité, reproductibilité), méthodes que l’objet d’étude peut “malmener” s’il est récalcitrant. L’économie s’est, à mon goût, un peu trop attachée à caractériser des équilibres alors que le monde dans lequel nous vivons est un monde dans lequel la norme est le déséquilibre. Une erreur de jeunesse.

    Une autre dimension à prendre en considération : les modèles des économistes peuvent fournir un certain nombre de prédictions, et partant de conseils de politique économique. Un premier problème : passer des prédictions à des recommandations politiques n’est pas toujours très évident. Un second, à mon avis plus gênant : que ces recommandations existent, c’est une chose, mais ça n’est pas pour autant qu’elles seront suivies par les politiciens. Un exemple récent : en 2011, Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Camille Landais ont publié un petit ouvrage, intitulé “Pour une révolution fiscale”, dans lequel ils préconisent une refonte complète du système d’imposition français. Ce qu’ils proposent est simple à mettre en œuvre, politiquement “acceptable” et aboutit à davantage d’efficacité. Toutefois, lorsqu’ils ont présenté leurs idées à l’équipe de François Hollande (ils avaient parié sur le bon cheval), celle-ci leur a répondu “c’est plus compliqué que ça”. Douche froide, et la réforme proposée ne sera donc jamais implémentée, même si elle est fortement désirable. Après, je ne jette pas que la pierre aux politiciens ; en particulier, l’économie, à cause de sa jeunesse (on y revient toujours !), n’a pas encore eu l’occasion de penser à la prise en considération du jeu politique pour que les recommandations soient un peu plus réalistes. Cela commence, timidement (notamment à la Toulouse School of Economics — cocorico), mais je n’ai aucune certitude sur ce que ça va donner à long terme. Un troisième problème émerge aussi, plus “philosophique” : quand bien même les économistes proposent des recommandations acceptables, celles-ci sont le fruit du travail d’un groupe réduit d’experts dont la légitimité démocratique n’est pas toujours très bien pensée dans les systèmes politiques. De fait, celles-ci peuvent ne pas être appliquées pour cette raison-là, et j’ai du mal à trouver cela choquant : l’expert ne doit pas se substituer au décideur élu, même s’il doit tout de même lui donner des outils clairs pour qu’il prenne une meilleure décision.

    On le voit bien, rien que sur la question des crises, la position de la science économique est assez difficile : les outils scientifiques sont encore très jeunes, il existe un jeu politique avec les hommes politiques qui n’est pas encore très bien intégré, et quand bien même ce serait le cas, la légitimité démocratique des économistes est encore en débat. Tout ceci explique que la crise de 2007 ait eu lieu, et que d’autres suivront encore. Mais on le voit aussi, ce qui est en cause ça n’est pas le principe derrière les outils utilisés, ce sont plutôt les spécificités de l’objet d’étude (“l’économie”), ses interactions avec la sphère sociale, politique, environnementale, etc. et le fait que la jeunesse de la science ne lui donne pas encore la plénitude de ses moyens. Peut-être cela arrivera-t-il un jour, peut-être non, car le simple fait que les économistes disent certaines choses va modifier le fonctionnement du système, qui est un système capable d’apprendre. Cette capacité d’apprentissage, ça n’est que l’une des nombreuses rétroactions qui rendent l’exercice de la science économique si difficile… mais aussi, si passionnant !

    En conclusion, si cette proposition de podcast est sérieuse, ça serait avec plaisir que j’y participerai :) J’espère notamment avoir convaincu Matthieu que la question de la scientificité de l’économie n’est pas une question si inintéressante, car elle permet au contraire de plonger directement dans les entrailles du système économique, et par là même de révéler tout ce qui fait sa beauté. Le cas échéant, parler de microéconomie ne sera pas moins intéressant, car elle a à offrir un regard sur le monde tout à fait stupéfiant :)

  • Thierry
  • Mathieu

    Merci Thierry pour cette contribution…je ne suis pas suffisament expert pour pouvoir argumenter sur cet article, mais il est néanmoins très intéressant…