Le Vide

On 21.02.2013, in Dossiers, by Mathieu
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Wikipedia nous dit que le vide est défini comme l’absence de matière dans une zone spatiale. Alors faisons l’exercice d’imaginer une région de l’espace où règnerait un monde sans vie, sans planète, sans étoile, sans atomes susceptibles de s’organiser un jour en quelque chose…un monde sans matière, rempli de vide, imaginons un monde dans un état où il n’y a strictement rien…on se rend vite compte qu’il est difficile de penser le rien. D’ailleurs ”Penser le rien, ce n’est jamais penser à rien” (Etienne Klein).

Grèce antique

Chez les philosophes grecs, Aristote soutenait qu’il ne pouvait exister un endroit vide. Pour lui la nature a horreur du vide. Aristote avait une conception de l’univers comme d’un « espace clos », organisé, ordonné et harmonique.

Thalès de son côté refusait aussi l’existence du vide et du rien. Il affirmait que quelque chose ne peut émerger du rien, et de même les choses ne peuvent disparaître dans le néant. Il éleva même ce principe à l’échelle de l’univers tout entier: pour lui, l’univers ne peut être issu du néant.

Parménide s’est aussi posé la question si on pouvait parler du vide comme d’une entité en soi, ou uniquement comme une absence? Il disait « l’être est, le non-être n’est pas »; le vide était pour lui un non-être, et ne pouvait donc exister.

Aristote

Mais les grecs avaient aussi déjà émis l’hypothèse que la matière peut adopter des formes granulaires. Si on empile des grains, il y a des espaces libres entre eux. Pour qu’il n’y ait pas de possibilité qu’une sorte de “vide” s’instaure dans les espaces libres, Empédocle fit l’hypothèse de l’éther, plus léger que l’air, pour remplir tous ces espaces. Selon lui, l’éther est une substance qui s’introduit partout, et empêche le vide de se former. Il imagina même que cet éther omniprésent servait à transmettre les influences d’un corps sur un autre, une sorte d’équivalent précurseur au champs gravitationnel.

Épicure, reprenant les idées de Démocrite, continuait à nier que quelque chose puisse sortir de rien. Mais Epicure et Démocrite sont aussi des atomistes, et ce sont les premiers à avoir émis l’idée de l’atome, le plus petit élément de base indivisible et commun à toutes les formes de matière. Et de là naquit pour la première fois chez les grecs l’idée de l’existence du vide, un espace sans rien dans lequel les atomes pouvaient se déplacer. Epicure affirmait que l’existence du vide était nécessaire au déplacement des atomes.

Renaissance

Les idées sur le vide des philosophes grecs ont perduré jusqu’à la Renaissance. Au XVIIème siècle, avec l’introduction de la méthode expérimentale, les physiciens de l’époque ont pu montrer que la croyance en la nature qui a horreur du vide est tout simplement le résultat d’une mauvaise interprétation des phénomènes physiques.  Si la nature a horreur du vide comme le préconisaient les philosophes grecs, c’est tout simplement parce nous sommes soumis à une chape de plomb qui est notre atmosphère et qui exerce une pression considérable sur chaque cm2 (1kg/cm2 = 10 tonnes/m2) de tout ce qui se trouve sur le sol, forçant l’air à s’infiltrer dans tous les orifices possibles, même les plus petits. Mais on sait aussi tous plus ou moins intuitivement qu’il est possible d’éliminer l’air d’un récipient et de faire le vide. En 1643, c’est Evangelista Torricelli (un élève de Galilée) qui mis en évidence expérimentalement pour la première fois l’existence du vide grâce à son expérience du baromètre au mercure. L’expérience consiste à utiliser un tube creux en verre vertical d’environ 1 mètre de long rempli complètement de mercure et ouvert à une extrémité (longue pipette de chimiste). On bouche l’extrémité ouverte avec son doigt (la précaution vaut qu’on utilise un gant, le mercure est toxique), on retourne le tube tout en le plongeant avec précaution dans une cuvette elle aussi remplie de mercure. Tant que le doigt bouche l’extrémité immergée, le mercure reste en place dans le tube. Si on enlève le doigt, alors on constate que le mercure dans le tube descend jusqu’à ce que la colonne ne soit plus que de 76 centimètres (au lieu d’un mètre), puis se stabilise à cette hauteur et ne bouge plus. Par cette expérience Torricelli a mis en évidence le lien direct entre le poids du mercure (ou du liquide utilisé) et la contrainte de l’atmosphère environnante (altitude/pression/température). La pression de l’air équilibre la pression de la colonne de mercure. Mais cette expérience mais aussi en évidence un autre phénomène qui nous intéresse dans ce dossier: qu’y a-t-il dans les 24 centimètres restant au sommet du tube? Là où il y avait du mercure, il y a en apparence plus rien. De l’air n’a pas pu y entrer, Torricelli réalisa pour la première fois qu’il avait créer du vide.

Baromètre Torricelli

Un tout petit peu plus tard en 1654, au moyen d’une expérience publique spectaculaire, Otto Von Guericke, inventeur allemand de la pompe à air, démontra la force de la pression atmosphérique en accolant deux hémisphères de cuivre d’environ 50 cm de diamètre de manière à former un sphère creuse. Il commença par montrer qu’il était aussi facile de les réunir que de les séparer. Ensuite à l’aide d’une pompe pneumatique connectée à un valve présente sur l’une des deux hémisphères, il aspira l’air contenu à l’intérieur de celles-ci. Il attacha ensuite chacun des hémisphères à un attelage de huit chevaux et montra que ceux-ci n’étaient pas capables de les séparer en tirant dans des directions opposées. Les hémisphères restaient collées. Il ouvrit alors la valve, laissant l’air à pression atmosphérique rentré à l’intérieur des hémisphères , et ceux-ci se séparèrent alors facilement. Dans cette expérience de von Guericke, quand on pompe l’air contenu dans la sphère, le poids de l’atmosphère extérieure exerce une importante pression à sur la sphère (10 tonnes/m2), sans qu’il y ait de pression à l’intérieur pour la contrebalancer. Le métal était suffisamment solide pour résister à l’écrasement dû à la pression atmosphérique, et même des chevaux n’étaient pas assez puissant pour fournir les tonnes de traction nécessaires pour triompher de la pression extérieure.

 

Sphère de von Guericke

Un peu plus tard, Blaise Pascal répéta l’expérience de Toricelli mais en utilisant comme liquide du vin bien moins dense que le mercure, mais bien plus volatil. Il s’aida d’un tube bien plus long, car le vin est moins dense que le mercure, ce qui fait que la pression atmosphérique peut soutenir une colonne de vin bien plus haute. Il a pu vérifier que l’espace en haut du tube est bien vide et qu’il ne contient pas de vapeur de vin, le vin se stabilisait à la hauteur prévue par les calculs, et la volatilité du vin n’était pas la cause de l’espace libéré au dessus du liquide, c’était bien la pression atmosphérique qui déterminait la hauteur de cet espace rempli de vide. Il y a bien un peu de vapeur de vin qui se répand dans l’espace vide créé, sa pression de vapeur appuie très légèrement sur la colonne du liquide, mais son effet est négligeable par rapport à la pression exercée par l’atmosphère.

Un autre expérience historique de Blaise Pascal effectuée en 1648 montra que la hauteur d’une colonne de mercure décroit quand l’altitude augmente, c’est-à-dire la pression atmosphérique décroît avec l’altitude. Cela vient du fait que l’atmosphère est limitée; à haute altitude, la pression est plus basse parce qu’il y a moins d’atmosphère au-dessus…l’atmosphère se raréfie graduellement jusqu’à disparaître. Il semblerait que les philosophes grecs avaient eu tort, la nature n’a pas particulièrement horreur du vide. Comme Pascal l’a lui-même noté, la nature n’a pas moins horreur du vide au sommet d’une montagne que dans la vallée, par temps humide ou par temps ensoleillé; c’est le poids de l’air qui donne l’illusion que la nature a horreur du vide.

D’ailleurs lorsque l’on dit dans le langage commun qu’un récipient est vide, il est en fait rempli d’air. Un verre vide, une bouteille vide, un carton vide… contiennent en fait des milliards de molécules d’air. Même avec les meilleurs pompes à vide, il est en pratique impossible de faire le vide parfait. Il existera toujours une très faible pression. Dans un vide considéré comme excellent (10-8 Pa) il contient encore 2,4 millions de molécules par centimètre cube à température ambiante.

A cette époque on a aussi montré qu’une lampe placée dans un volume transparent vidé d’air, grâce à des pompes pneumatiques, continue à être vue, ce qui démontre que la lumière peut voyager dans le vide. Par contre le son d’une cloche, lui, s’éteint quand on pompe l’air. Au moyen de cette expérience, on avait réussi à mettre en évidence que la nature du son est profondément différente que celle de la lumière.

XIX-XXème siècle

Fin du XIXème – début du XXème siècle, c’est Philippe Lenard, l’un des co-découvreurs de l’électron, qui apporta grâce à sa découverte une nouvelle dimension à la notion de vide. En envoyant des faisceaux d’électrons sur des atomes, il observa que les électrons passaient au travers comme s’ils n’avaient rien vu sur leur passage. On se rend alors compte que la matière semblant solide à l’état macroscopique, est transparente à l’échelle atomique. Ce qui poussa Lenard à remarquer: “l’espace occupé par un mètre cube de platine massif est aussi vide que l’espace interstellaire au-delà de la Terre.” On découvre donc qu’un atome est constitué d’un noyau avec des électrons infiniment plus petits et plus légers qui orbitent autour de celui-ci. Tout ce qui dans l’atome n’est pas électron ou noyau est du vide. On peut en dire autant des entrailles du noyau atomique, les protons et neutrons sont constitués de particules infiniment plus petites appelées les quarks baignant dans le vide du noyau de l’atome. Un atome est est essentiellement de l’espace vide à 99,9%. Si les atomes sont vu comme d’immenses vides du point de vue des particules qui le composent, leur volume intérieur néanmoins lui est rempli de champs de forces électriques et magnétiques extrêmement puissants qui assurent la solidité de la matière, et ces champs baignent dans l’espace vide à l’intérieur de l’atome.

atome vide

Les Champs

Il faut distinguer deux type de champs (scalaires et vectoriels):

  • Champs Scalaires: Prenons le cas de l’atmosphère à la surface de la Terre (on aurait aussi pu choisir l’océan). En tout point de l’atmosphère, un thermomètre ou un baromètre permet d’observer et de définir respectivement une température ou une pression. Il existe donc un champ de température et un champ de pression. Ces champs sont définis par une collection de nombres qui sont des quantités dites scalaires. Pourquoi ce mot ? Tout simplement parce que scala en latin signifie « échelle », « escalier » et que bien sûr quand la température monte, le liquide dans un thermomètre grimpe le long des graduations comme on franchirait les barreaux d’une échelle. Sur une carte de pression de l’air, comme sur une carte de niveaux (cartes de gradients), les points où la pression est la même peuvent être reliés par des lignes (les isobares).  El même chose pour la températures avec les isothermes.
  • Champs Vectoriels: Mais dans l’atmosphère, il existe aussi du vent. Pour caractériser le vent, on utilise des anémomètres qui mesurent une vitesse dans une direction et un sens donnés en chaque point de la Terre. Une intensité d’une grandeur, comme la vitesse, une direction et un sens c’est un vecteur pour un physicien. On a donc défini un champ vectoriel.

champ scalaire et champ vectoriel

Dans le cas de la pression/température atmosphérique et des vents, il y a un milieu physique, l’air, dont les variations de densité déterminent les champs, de sorte qu’on peut visualiser la réalité de ce modèle. Mais le concept de “champ” s’applique aussi même s’il n’y a pas de milieu matériel apparent. C’est le cas des champs gravitationnels, électriques ou magnétiques (champs vectoriels) qui représentent l’intensité, la direction et le sens de leurs forces respectives dans tout l’espace. Le champ gravitationnel de la Terre tapisse l’espace et attire les parachutistes en chute libre vers le sol, celui du Soleil maintient la Terre sur son orbite annuelle. On peut ainsi se représenter le champs gravitationnel comme une sorte de “tension” dans l’espace apparemment vide, qui se manifeste par des forces appliquées à des corps qui se trouvent dans le voisinage. La sphère d’influence de cette tension est appelée champ.

Ondes

La notion d’onde est liée directement à celle du champ. Il faut bien saisir la différence entre un champ et une excitation de champ, c’est-à-dire la différence entre l’océan et une vague sur l’océan. Si on agite un bâton sur la surface d’un étang calme (champ), une vague (onde) se propagera sur la surface. Cette onde correspond en réalité à la perturbation crée au sein des molécules d’eau, qui se mettent à se cogner entre elles en chaîne. Pour les tremblements de terre, ce sont des ondes de compression qui se propagent dans les couches terrestres. Les sons que nous entendons correspondent à des ondes de pression dans l’air qui font vibrer la membrane de notre tympan. Dans tous ces exemples, il y a un milieu bien identifié (eau, terre, air) dont la compression et dilatation créent l’onde. Mais quel est le milieu de propagation (qui oscille) d’une onde électromagnétique, comment une onde peut-elle se propager dans le vide?

onde dans l'eau

L’Ether

Lorsqu’un électron est au repos, il est entourée d’un champ électrique. S’il est accéléré ou secoué, une onde électromagnétique se crée et se propage dans l’espace jusqu’à rencontrer un nouvel électron qui sera à sont tour mis en mouvement et accéléré à l’arrivée de l’onde électromagnétique. Comme pour la vague sur l’eau et l’onde sonore, l’onde électromagnétique a transporté de l’énergie de l’émetteur au récepteur. Les champs magnétiques et électriques remplissent l’espace vide et leurs excitations sont les ondes électromagnétiquesEn théorie, les champs gravitationnels ont également la propriété d’être le siège d’ondes gravitationnelles. Mais il y a une profonde différence entre les ondes électromagnétiques/gravitationnelles et les ondes de type vagues sur l’eau ou sons dans l’air. La vitesse de déplacement des vagues sur l’eau dépend de la longueur d’onde (distance creux+bosse) et du milieu de propagation. Au contraire toutes les ondes électromagnétiques (et gravitationnelles) vont à la même vitesse, à la vitesse de la lumière. En résumé,  on a des ondes électromagnétiques et gravitationnelles capables de se déplacer à la vitesse de la lumière…mais dans quoi? Quel est ce milieu, ce soit-disant vide, qui est le siège de la propagation des ondes électromagnétiques et gravitationnelles. Si le vide est le siège de quelque chose, est-ce encore du vide? Depuis les grecs et Empédocle, en passant par Newton, et de nombreux scientifiques du XVIIIème siècle comme Euler, tous ces derniers ont émis l’idée de l’éther,  un milieu plus subtil que l’air qui remplirait tout l’espace. L’hypothèse de l’éther leur était bien utile, car elle répondait à l’énigme du milieu de transmission des ondes électromagnétique et plus particulièrement celui de la lumière. Les ondes électromagnétique ne se transmettraient pas dans le vide mais au sein d’une substance universelle présente partout que serait l’éther. Les idées sur l’éther proliférèrent durant de nombreux siècles jusqu’à qu’elles soient sérieusement remises en cause par la théorie de la relativité d’Einstein.

L’Espace

Espace

Aristote définissait l’espace par les corps qu’il contient. Il considérait les corps comme réels, mais pas l’espace. Pour lui des corps situés les uns par rapport aux autres définissent l’espace, et si on enlève les corps, alors selon Aristote on élimine aussi l’espace. Une telle vision implique que le vide ne peut exister, car en enlevant le contenu (matière), on enlèverait aussi son contenant (espace). Straton, un autre philosophe grec lui dit le contraire. Pour lui les corps se déplacent dans un espace vide bien réel. L’espace comme contenant existe bel et bien qu’il y ait quelque chose dedans ou non. S’il n’y a rien dedans, alors l’espace continue d’exister, mais entièrement vide. Newton suit aussi la même idée que Straton,  il pense que l’espace a une existence propre. Et son existence a quelque chose d’absolu, même en l’absence de corps. L’espace vide est ce qui reste quand on a enlevé tous les corps. L’absence de matière entraînerait aussi pour Newton l’absence de forces gravitationnelles. Newton considérait aussi que la vitesse de la lumière était infinie, que les informations pouvaient donc se transmettre à vitesse infinie, et que par conséquent la force de gravitation était supposée se propager instantanément. Pour Newton il en découle une notion de simultanéité: si deux événements se sont produits à la même heure pour un observateur, il en est de même pour tout autre observateur. Dans cet espace absolu de Newton les mesures de distance et du temps sont les même pour tous.

L’Espace-Temps

Einstein renonça aux idées de Newton. Il doutait sérieusement de la réalité d’un espace référentiel absolu.

Relativité Restreinte (1905)

Einstein avait compris que les mesures et perceptions d’espace et de temps étaient en réalité différentes pour des gens qui sont en mouvement les uns par rapport aux autres. Pour bien le comprendre, imaginez que vous êtes assis au milieu d’un train à l’arrêt et que vous envoyez un signal lumineux au conducteur qui est en tête du train et un autre au gardien qui est en queue du train. Ils recevront le signal au même instant. Le passager au milieu du wagon arrêté, tout comme un autre voyageur qui serait sur la quai de gare à la même hauteur que le passager au milieu du wagon constatent bel et bien que le conducteur et le gardien en queue de train reçoivent le signal en même temps. Maintenant, supposons qu’au lieu d’être à l’arrêt, le train se déplace à une vitesse constante. Lorsque le passager du milieu du train passe devant le voyageur attendant sur la quai de gare, un signal lumineux est à nouveau envoyé au conducteur et au gardien. Pour le passager se déplaçant avec le train, les deux signaux arriveront simultanément au conducteur et au gardien (car il se déplace avec eux). Par contre, du point de vue du voyageur sur la quai de gare, la réalité est bien différente: pendant le bref instant que prend la lumière pour aller du milieu vers la queue du train, la wagon de tête se sera éloigné et le wagon de queue se sera rapproché du voyageur sur la quai de gare. Du point de vue du voyageur sur le quai de gare, le signal parviendra au gardien avant d’arriver au conducteur. La simultanéité vue par quelqu’un à bord du train n’en est plus une pour quelqu’un resté au bord du quai. Newton est pris à défaut.

train-relativité

Ces phénomènes de modulations du temps peuvent s’appliquer exactement de la même manière à l’espace. Donc un observateur 1 qui se déplace à la vitesse v1 n’aura pas la même perception des intervalles d’espace et de temps qu’un observateur 2 qui se déplace à la vitesse v2. La mesure de l’espace et du temps dépend de la vitesse à laquelle se déplace l’observateur. Dit autrement il n’existe pas de règle ou chronomètre universel capable de mesurer les distances et les intervalles de temps de façon absolue.

Peinture de Salvador Dali mettant en scène des horloges fondantes représantant la dilatation du temps

Peinture de Salvador Dali mettant en scène des horloges fondantes représantant la dilatation du temps

Et c’est parce que la vitesse de la lumière a une valeur finie (qui ne dépend ni de la vitesse de la source ni de celle du récepteur) que la structure de l’espace et du temps dépend de notre vitesse. Mais heureusement c’est parce que la vitesse de la lumière a une valeur finie mais grande que nous ne remarquons pas ces phénomènes de contraction et dilatation de l’espace et du temps dans notre vie quotidienne (ils sont négligeables). Heureusement, moi, vous et votre voisin avons tous la même perception de l’espace et du temps quand nous roulons en voiture à des vitesses différentes.

Relativité Générale (1915)

Einstein a conçu sa théorie de la relativité restreinte grâce à des expériences de pensée mettant en jeu un rayonnement électromagnétique, la lumière. A la suite de quoi il fît de même pour la force de gravitation, ce qui le mena à sa théorie de la relativité générale. Dans cette théorie, il généralise son modèle d’espace et de temps appliqués initialement aux forces électromagnétiques (comme la lumière) et le rend compatible avec la force de gravitation. La structure de l’espace-temps est la même pour les deux interactions (gravitationnelle et électromagnétique). Il montre qu’en absence de matière l’espace-temps est plat. Quand de la matière est présente, l’espace-temps devient courbe. Dans la conception newtonienne, l’espace est un espace plat, dans lequel les parallèles ne se rencontrent jamais (géométrie Euclidienne). Dans un espace courbe de telles lignes se rencontreront (géométrie non euclidienne). Pour bien comprendre, il faut imaginer les méridiens (géodésiques de longitude) de la Terre qui sont parallèles, mais qui cependant convergent tous vers les pôles. La vitesse à laquelle cette convergence a lieu donne une mesure de l’intensité de la courbure de l’espace-temps. Si comme dans la conception newtonienne, la vitesse de la lumière avait une valeur infinie, alors l’intensité de la courbure de l’espace-temps deviendrait nulle, ce qui est une autre façon de dire que l’espace-temps est plat. C’est en accord avec l’image newtonienne d’un espace dans lequel les corps se déplacent sans affecter ni l’espace et ni le temps, ou des lignes parallèles ne se rejoignent jamais. Ce modèle d’espace newtonien s’inscrit donc, dans la théorie de la relativité générale d’Einstein, comme un cas particulier de celle-ci où la vitesse de la lumière est infinie. Pour Einstein, des signaux ne peuvent se propager plus vite que la vitesse de la lumière, et la simultanéité n’existe pas, tandis que pour Newton la gravitation agit instantanément, et la vitesse de la lumière est infiniment grande.

espace-temps

Einstein formalisa sa théorie de la relativité générale en reliant la courbure de l’espace-temps et le champs gravitationnel. C’est comme si le poids de la matière, des corps célestes distend et déforme la trame de l’espace-temps. Et ce sont les déformations de l’espace-temps qui sont responsables de l’action de la force de gravitation. Donc pour Einstein, il y a uniquement des mouvements relatifs de corps par rapport à d’autres qui par leur simple mouvement dilatent et rétrécissent l’espace et le temps. Pour Einstein les objets physiques ne sont pas dans l’espace, les objets physiques ont une étendue spatiale. Vu comme ça, pour Einstein, le concept d’ «espace vide» perd son sens.

Einstein formalisa les concepts d’espace et de temps en un seul espace à quatre dimensions (3 d’espace + 1 du temps). L’espace et le temps passent donc d’un statut d’entité absolue, uniforme et universelle (conception newtonienne) à un statut élastique et relativiste.  Petite réflexion au passage, la théorie de la relativité générale n’implique pas forcément qu’il n’y a pas d’éther, mais simplement que tout ce qui se trouve de cet éventuel éther doit se comporter selon les principes de la relativité. On pourrait légitimement imaginer que le champs électromagnétique que l’on ne peut pas voir à moins de le faire osciller est “une sorte de d’éther”. De manière analogue, on pourrait considérer le champs gravitationnel comme un éther qui deviendrait visible via les ondes gravitationnelles.

Ondes Gravitationnelles

Une des solutions, la plus simple, des équations d’Einstein dit que s’il n’y a pas d’énergie (matière), l’espace-temps n’a pas de courbure, et l’univers est plat. Une autre solution des équations nous dit qu’il peut exister un espace-temps sans énergie (matière), mais pas forcément plat pour autant. Cela peut paraître paradoxal, un espace-temps sans matière, mais tout de même déformé? Si dans l’espace-temps il se produit quelque chose qui engendre un changement brusque de la distribution d’énergie (matière), comme une explosion de supernova ou l’effondrement d’une étoile en un trou noir, des ondes gravitationnelles vont rayonner à la vitesse de la lumière. Si la cause matérielle à l’origine de ces ondes gravitationnelle disparaît, l’onde continue néanmoins de se propager. On peut donc imaginer une région de l’univers vide de matière mais dont l’espace-temps est animé de frissons d’ondes gravitationnelles, un espace-temps vide mais qui vibre. Et c’est l’idée du vide que se faisait Einstein.  Si on pousse le raisonnement à l’extrême, on peut imaginer qu’on retire tous les corps de l’univers sauf un seul, sa masse produira un champ gravitationnel qui s’étendra dans l’espace-temps tout entier (en diminuant avec le carré de la distance). On pourrait donc bien contempler une région de l’espace-temps dénuée de tout corps matériel, mais ce ne sera pas réellement du vide tant qu’il restera un seul corps n’importe où dans l’univers: le champs gravitationnel de ce corps lointain remplira tout l’espace vide . Si on analyse plus en détail la raison de l’existence possible d’un espace-temps vide mais qui ondule, ça tient finalement au fait que la vitesse limite et maximale autorisée pour la propagation d’information est la vitesse de la lumière, la propagation de tout type d’information, dont les ondes gravitationnelles, ne peut pas être instantanée (de vitesse infinie).

onde gravitationnelle

Comment détecter ces ondes gravitationnelles? Tout comme un tremblement de terre provoque des ondes à la surface de la Terre, perturbant les géodésiques de celle-ci, les ondes gravitationnelles provoqueraient des oscillations des géodésiques de l’espace-temps. Leurs effets peuvent être comparés aux marées, étirant et comprimant toute matière se trouvant sur le chemin de l’onde. Actuellement les scientifiques ont seulement des indications indirectes de l’existence de ces ondes gravitationnelles, et différents projets sont en route afin de pouvoir observer et effectuer des détections directes des ces ondes (LIGO, LISA). Les scientifiques cherchent à observer des ondes gravitationnelles provenant d’évènements cataclysmiques comme des collisions d’étoiles, de trous noirs, de supernovæ…

Le Vide Quantique

On a vu qu’à grande échelle un espace-temps vide mais qui vibre sous l’effet d’ondes gravitationnelles est compatible avec les équations d’Einstein. Et si on pouvait regarder le vide à toute petite échelle avec un microscope ultra-puissant, à une échelle si petite que la force de gravitation n’a plus aucun effet sur les particules élémentaires de la matière, que verrait-on dans ce monde quantique infiniment petit?

L’énergie du point zéro

Imaginez un petit volume de vide, disons un mètre cube d’espace intergalactique, dont on a retiré tout l’hydrogène et toute autre particule qui pourrait s’y trouver. Ce m3 d’espace peut-il être réellement vide de matière et d’énergie? Et bien dans le monde quantique, la réponse est non. Bien loin d’être sans contenu, le vide est toujours bouillonnant d’activité. En mécanique quantique, les particules élémentaires satisfont à des lois fondamentales plutôt étranges, on sait par exemple qu’on ne peut pas décrire exactement à la fois la position précise et la vitesse (mouvement) d’une particule. La mécanique quantique permet de mesurer exactement l’une ou l’autre de ces grandeurs, mais pas les deux à la fois! C’est le principe d’indétermination ou d’incertitude d’Heisenberg. Revenons à notre m3 d’espace auquel on enlevé toutes les particules, cela revient à dire que l’on sait précisément qu’il n’y a aucune particule en n’importe quel point de cette espace, on a donc une information précise sur la position (il y aucune particule en aucune position), ce qui, selon les lois quantiques, nous amène à dire que l’on ne connaît rien sur le mouvement et l’énergie présente dans ce m3 d’espace. On peut enlever toute matière et toute masse, l’indétermination quantique nous dit qu’il y aura tout de même de l’énergie, l’énergie ne peut être nulle. On ne peut à la fois avoir une quantité de matière nulle et une énergie nulle, on peut avoir l’un ou l’autre, mais pas les deux à la fois. Ces idées nous amènent à des situations plutôt bizarres. Pour mieux le comprendre, on peut imaginer un pendule quantique constitué d’un petit aggrégat de molécules suspendus à un fil d’atomes et oscillant comme un pendule classique. Selon les lois quantiques, un tel pendule quantique ne pourra jamais arriver à un état de repos où il resterait pendu immobile verticalement. Un pendule quantique, lorsqu’il se trouve en son point le plus bas (énergie potentielle nulle), le mouvement est indéterminé (son énergie cinétique ne peut pas être connue), il oscillera donc légèrement autour du point le plus bas. Inversement si le pendule est au repos (énergie cinétique nulle), son énergie potentielle et donc sa position sont indéterminés, et il oscillera légèrement de position de haut en bas. La mécanique quantique impose que la somme de l’énergie cinétique et énergie potentielle ne peut descendre en dessous d’un minimum: les deux ne peuvent être simultanément nulles. Au mieux on peut dire qu’il existe une quantité d’énergie minimum, connue comme l’énergie du point zéro

pendule quantique

Dans la nature, le mouvement des molécules dans la matière est à l’origine de ce que nous appelons la température (plus la température est élevée, plus l’agitation des molécules est grande), et nous sommes constamment entourés de particules excitées qui passent d’un état énergétique à un autre et qui rayonnent de l’énergie. Par exemple un objet qui est chauffé augmente sa température et va émettre de la chaleur, il va donc rayonner de l’énergie. Si on regarde comment se comportent les atomes de l’objet qui a été chauffé, on voit que les électrons passent d’un état énergétique stable à un état énergétique excité en rayonnant de l’énergie. Si au contraire on refroidit l’objet, la théorie quantique nous dit que c’est impossible d’atteindre le zéro absolu en température (0°K / -273°C), une situation où toutes les particules sont gelées en position, sans mouvement et sans énergie est impossible. Il existera toujours une énergie intrinsèque du point zéro, même lorsqu’on s’approche du zéro absolu en température. Retirer ou éliminer des particules de matière pour obtenir du vide est une terminologie qui ne fait pas vraiment de sens dans le langage quantique. Le vide quantique est en réalité rempli de particules mais toutes se trouvant dans leur état énergétique minimal, le plus petit possible, dans une configuration d’énergie la plus basse possible. C’est un état fondamental dans lequel on ne peut plus retirer aucune énergie supplémentaire aux particules.

Le vide quantique est donc l’état dont l’énergie est la plus petite possible, un état fondamental d’énergie qui sera néanmoins toujours soumis à des fluctuations énergétique, qu’on appelle fluctuations quantiques.

On peut se représenter le vide comme une mer (quantique) bouillonnante d’ondes électromagnétiques, contenant toutes les longueurs d’ondes possibles, en allant des minuscules longueurs d’onde même plus petites que l’échelle atomique jusqu’à celle ayant une longueur d’onde à l’échelle cosmique. Le point zéro correspondrait à la surface de cette mer quantique, en moyenne la surface de la mer est plane (en moyenne il n’y a aucun champ électromagnétique, dit autrement c’est un milieu statistiquement sans particules élémentaires), mais en réalité cette mer est agité constamment par les vagues (oscillations) des ondes électromagnétiques de tout les longueurs d’ondes possibles (fluctuations quantiques).

L’Effet Casimir

Mais alors comment se convaincre de la réalité de l’énergie du point zéro, et que ce n’est pas un artéfact mathématique. Vous pouvez commencer d’abord par réécouter le dossier Zéro et Infini, l’histoire d’amour de Nicotupe, dossier dans lequel il nous explique qu’un monde où le zéro est présent ne peut exclure l’infini! Dit autrement que le vide ne peut exclure de l’énergie. Mais plus concrètement c’est le physicien Hendrik Casimir qui suggéra et prédit en 1948 l’existence de l’énergie du vide via un effet, qu’on appelle effet Casimir, qui a pu être démontré expérimentalement en 1996. Plaçons dans le vide deux plaques de métal légèrement séparées et parallèles entre elles. Une force attractive commencera à les attirer l’une vers l’autre. Il existe bien sûr une attraction mutuelle due à la gravitation, mais cette force est insignifiante et négligeable à l’échelle quantique. Cette attraction en réalité est due à l’effet Casimir qui résulte de la façon dont les plaques ont perturbé les ondes remplissant le vide quantique. Les métaux conduisent l’électricité, et cela affecte toutes les ondes électromagnétiques présentes dans le vide à l’énergie du point zéro. La théorie quantique nous dit que entre ces deux plaques il ne peut exister que des ondes ayant exactement un nombre entier de longueurs d’ondes. Seules les ondes accordées à l’intervalle entre les plaques pourront exister et vibrer, alors qu’au dehors des plaques toutes les longueurs d’onde peuvent exister. Dit autrement, il manque certaines ondes (photons) entre les plaques, il y a donc moins de pression sur l’intérieur des plaques que sur leurs faces extérieures. Il en résulte une force globale qui les rapproche. Quand les plaques sont trop éloignées cette force disparaît, inversement cet effet Casimir augmentera quand les plaques sont très proches. Cette force a été mesurée et l’effet Casimir vérifié. Le modèle d’énergie du point zéro dans le vide a donc été confirmé expérimentalement.

Effet Casimir

L’effet Casimir montre qu’un changement de l’énergie du point zéro peut être bien réel, qu’il peut être mesuré. Même si l’énergie du point zéro elle-même n’est pas accessible, on peut en connaître sa variation sous certaines conditions. Bien que l’énergie du vide est l’état minimum d’énergie que peut avoir un système, la quantité d’énergie au point zéro est néanmoins infinie. D’ailleurs les effets d’agitation énergétique du point zéro peuvent être ressentis par des particules traversant le vide. Par exemple, un électron d’un atome d’hydrogène en vol oscille légèrement lorsqu’il ressent l’agitation du point zéro des champs électromagnétiques, il passera d’une orbite à une autre (d’un état énergétique à un autre). La différence énergétique entre ces deux orbites rayonnera de la lumière, ce rayonnement lumineux est une indication des fluctuations quantiques du point zéro.

La Gravitation Quantique

La mécanique quantique produit des formulations précises pour les phénomènes infiniment petits, à l’échelle subatomique, mais elle ignore complètement les effets de la force de gravitation, qu’elle considère comme négligeable et insignifiante à l’échelle quantique. Les scientifiques n’arrivent pas à combiner la mécanique quantique (décrit le monde microscopique) et la théorie de la relativité générale (décrit le monde macroscopique) en une théorie unifiée cohérente et expérimentalement vérifiée. Néanmoins ces deux théories sont chacune valide dans leur domaines respectifs. Le problème qui se pose c’est qu’au tout début de l’univers, celui-ci était si petit, si dense, si compressé et si compact, que la force de gravitation devait être prédominante et agir au niveau quantique. De nombreux physiciens travaillent actuellement sur une théorie de la gravitation quantique, ayant pour objectif d’unifier la mécanique quantique et la relativité générale. La gravitation quantique nous dit que les fluctuations quantiques apparaissent aussi dans la trame de l’espace-temps d’Einstein.

La Mer de Dirac

Le physicien Paul Dirac (dont j’avais déjà parlé dans le dossier sur l’Origine de l’Univers) fut le premier à prédire en 1931 l’existence d’une autre particule, identique à l’électron, mais ayant une charge électrique opposée (positive) qui a été baptisée le positron (anti-électron). Il bâtit un nouveau modèle du vide faisant apparaître cette nouvelle particule d’antimatière qu’est le positron. Paul Dirac suggéra que l’on considère le vide quantique pas seulement comme une mer dans laquelle baigne une infinité d’ondes, mais comme une mer remplie d’électrons, de profondeur infinie, présente constamment partout, calme et indécelable tant que rien ne la perturbe. Chaque électron remplissant la mer de Dirac occuperait un niveau d’énergie propre, s’étalant sur une échelle allant de l’infini négatif (fond de la mer) jusqu’à une certaine valeur maximale (surface de l’eau). Cette valeur maximale étant considérée comme le « niveau de la mer », autrement dit l’état fondamental, le point zéro d’énergie du vide. Ce paisible « océan électronique » resterait virtuel et indétectable tant que rien ne le perturbe.

Mer de Dirac

Mais on sait depuis la fameuse équation d’Einstein E=mc2, que la masse (matière) peut être produite à partir d’énergie. Si tout d’un coup les fluctuations d’énergie du vide dépassent un certain seuil d’énergie (si une vaguelette se transforme en vague), une paire d’électron et positron peut émerger spontanément. Cela veut dire que les fluctuations d’énergie du vide peuvent spontanément se transformer en électrons et positrons (sous certaines condition d’énergie et de temps). Plus précisément, une fluctuation quantique peut éjecter un électron de cette mère infinie de Dirac, ce qui laisse un “trou” dans la mer d’énergie négative. L’absence d’un électron chargé négativement par rapport au niveau de la mer se traduit par un trou d’énergie positive par rapport au niveau de la mer, c’est-à-dire par l’apparition d’une particule dotée d’énergie positive, le positron. On ne peut malheureusement pas observer la transformation des fluctuations quantiques du vide en électrons et positrons, mais on peut par contre mettre en évidence ce phénomène lorsqu’on fournit volontairement un tout petit peut d’énergie supplémentaire au vide, comme par exemple si on bombarde le vide (par ex. le champs électrique d’un atome) avec un photon de lumière (d’énergie égale à deux masses électroniques 2mc2), et bien dans ce cas on observe (indirectement) qu’une paire de positron-électron est bien créée spontanément pendant une durée de vie très courte (10 puissance – 21seconde).  Ce mécanisme est à l’origine de l’apparition de ce qu’on appelle de paires de particules virtuelles. Le vide est le siège de matérialisations spontanées et fugaces de particules et de leur antiparticules associées qui s’annihilent presque immédiatement après leur création. Le vide est rempli de particules virtuelles apparaissant pendant un temps très bref avant de disparaître.

Mer de Dirac - Trou   positron

Pour Dirac, le vide serait donc rempli de particules virtuelles qui peuvent émerger et se matérialiser sous l’effet de fluctuations d’énergie du vide, laissant derrière elles des trous d’antiparticules. On sait aujourd’hui que non seulement la paire électron-positron, mais également les quarks et d’autres particules remplissent virtuellement cette mer sans fond, qu’on peut voir comme un entrepôt infini qui nous approvisionne en particules matérielles. Le vide contient une “mer” infiniment profonde de particules fondamentales. Dans cette interprétation le vide devient un milieu. Et cela implique des conséquences d’une portée considérable: si le vide est un milieu comme le décrit Dirac, on peut imaginer que l’on puisse ajouter quelque chose au vide afin d’abaisser son état fondamental d’énergie. On obtiendrait alors un nouvel état du vide plus vide que l’état du vide antérieur. Une transition entre ces deux états du vide est appelé changement de phase. Les scientifiques pensent qu’un changement de phase du vide ai pu avoir lieu au cours de l’histoire de l’univers. Il se peut donc que la nature du vide ai pu ne pas être la même au fil de l’évolution de l’univers! 

Le Vide de Higgs

Le modèle standard de la physique des particules veut que dans l’univers primordial l’état du vide avait au début une phase symétrique où toutes les forces agissaient avec la même intensité, et étaient de ce fait unifiées (10 puissance -31 mètre). Quand l’univers s’est refroidi, des transitions de phase se seraient produites et l’état symétrique du vide a été remplacé par des états de plus en plus asymétriques, amenant la séparation des forces en intéractions forte, faible et électromagnétique. La structure quantique de la nature donnerait donc la possibilité à un système dans un état stable de haute énergie de choisir un état d’énergie plus bas dans lequel la symétrie est spontanément brisée. Les formes prises par les particules et les forces qui nous gouvernent seraient donc des résidus accidentels de la brisure de symétrie provoquée par le refroidissement (“gel”) de l’univers (à une température d’environ 10 puissance 17 degrés).

La question qui se pose est que les bosons W et Z (particules qui véhiculent l’intéraction faible) ont une masse, alors que les photons (véhicule de la force électromagnétique) et les gluons (véhicule de l’intéraction forte) n’en ont pas. On pense que la réponse est due à une propriété du vide, et c’est Peter Higgs qui a élaboré cette théorie, le même qui a prédit l’existence du boson de Higgs. Dans cette théorie, le vide baigne dans le champs de Higgs, responsable de donner la masse aux particules élémentaires comme les bosons W et Z, quarks…(à écouter l’épisode de la 100ème de PodcastScience et le dossier sur le boson de Higgs). En l’absence du champ de Higgs, les particules ne peuvent pas être arrêtées et se déplaceraient toutes à la vitesse de la lumière. Mais l’espace est rempli par le champ de Higgs, ce qui a pour conséquence de fraîner la vitesse de certaines particules et de leur attribuer une masse (les photons eux n’interagissent pas avec le champ de Higgs et se déplacent donc à la vitesse de la lumière). De la même manière que les ondulations des champs électromagnétiques produisent les photons, le champ de Higgs se manifeste sous forme de boson de Higgs. Mais le boson de Higgs qui est l’expression du champ de Higgs sous forme de particule a-t-il une masse? On est pas loin du problème de l’oeuf et la poule. Le boson de Higgs ressent aussi lui-même le champ de Higgs partout présent et a donc une masse.

Le vide de Higgs est une approche qui est profondément différente de celle du vide quantique. On a vu que le vide quantique est rempli d’ondes électromagnétiques, avec des fluctuations d’énergie autour du point zéro qui peuvent se matérialiser en nouvelles particules si l’énergie nécessaire est fournie. Le vide de Higgs lui est rempli du champs de Higgs. L’espace vide sans le champ de Higgs aurait plus d’énergie que lorsque le champ de Higgs est présent. Autrement dit, si on met un champ de Higgs dans le vide, l’énergie globale est diminuée. Le vide baigné par le champ de Higgs n’est l’état de plus basse énergie qu’à des températures suffisamment ”basses” (10 puissance 17 degrés)! Au dessus de cette température, la théorie indique que l’état fondamental de l’univers n’inclut pas le champ de Higgs.

A ses tout débuts, l’univers était extrêmement chaud et dense (bien plus chaud que 10 puissance 17 degrés) et le champ de Higgs n’existait pas, et c’est soudainement, lorsque l’univers s’est suffisamment refroidi, que le champ de Higgs a rempli le vide et a donné la masse aux particules.

Conclusion

Les dernières théories physiques suggèrent que notre univers tel qu’on l’observe actuellement “serait” apparu suite à une fantastique fluctuation quantique du vide. En se refroidissant le vide serait passé par une transition de phase dans laquelle le champ de Higgs se serait figé et les particules auraient pu ainsi acquérir de la masse. Le vide n’a donc pas toujours été le même au cours de l’évolution de l’univers!

On voit que la science moderne postule qu’il est impossible de faire un vide complet. L’espace vide sera toujours remplie d’énergie. Il ne peut exister quelque chose de littéralement vide. Finalement les philosophes grecs n’avaient pas totalement tort, la nature semble avoir horreur du vide.

Cependant, à mesure que la science apporte des réponses, elle fait surgir de nouvelles questions encore plus profondes et fondamentales. Pour ma part et à titre personnel un certain nombre de questions restent encore ouvertes:

  • D’où vient la potentialité quantique du vide? Pourquoi le vide est-il régit par les lois quantiques et non par des lois d’une autre nature? L’univers met-il en place des lois à sa mesure? Si l’univers est immanent, on peut alors penser qu’un autre univers pourrait être régi par d’autres lois, et que le vide y serait de nature différente. Si au contraire les lois physique sont transcendantes, alors elles sont les mêmes pour tous les univers possibles et les lois qui régissent le vide sont les mêmes partout.
  • Dans quoi l’univers existe-t-il et est-il en expansion?
  • Si on peut définir le rien comme l’absence de quelques chose, alors pourquoi le quelque chose (notre/nos univers), plutôt que le rien (un monde réellement vide d’énergie et de toute chose)?

Sources:

Qu’est ce que le vide?Frank Close

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vide

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_de_Dirac

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/physique-1/d/non-le-boson-de-higgs-nexplique-pas-la-masse-du-soleil_39947/

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  • http://www.facebook.com/Fanfan92 Francois Versepuy

    Très bon dossier, un gros morceau!

    J’ai un peu de mal avec ce passage “Et ce sont les déformations de l’espace-temps qui sont responsables de l’action de la force de gravitation.” –> Moi je croyais que c’était l’inverse, que c’était l’action de la force de gravitation (des planètes) qui était responsable des déformation de l’espace-temps.

    D’autre part je m’aperçois que je n’ai peut-être jamais bien compris/interprété cette image bien connue que vous avez mise juste au-dessus.Quand on regarde l’image on a l’impression que la planète distend l’espace-temps en l’éloignant d’elle. Or, la gravité s’exerce vers l’intérieur de la planète. La grille qui représente l’espace-temps ne devrait-elle donc pas plutôt se rapprocher de la planète lorsque elle passe à proximité de celle-ci?

    Peut-être que je comprendrai mieux la semaine prochaine avec la seconde partie du dossier.

    Sinon, j’ai trouvé le reste du dossier bien clair. J’ai bien aimé l’idée de comparer la courbure de l’espace-temps à nos méridiens terrestre. Avec cette image on comprends bien comment des droites parallèles peuvent se rejoindre pour peu que ce soit dans un espace-temps courbé.

  • Kramnik

    Salut l’équipe PS !

    Un grand bravo pour cet épisode ! Une très bonne mouture selon moi. Je suis bien content de réentendre à nouveau ce chère Mathieu, qui nous fait cependant sur consommer de l’acide ascorbique ! J’attends en trépignant le prochain épisode ! VITE! :)

    Je souhaite répondre aussi au quiz de la semaine.

    Je suis vraiment pas du tout certain de la réponse, mais aller, je me jette à l’eau ! (ahah).

    Une chose froide, elle l’est parce que la chaleur allant tour est attirée. (comment, pourquoi ? Je ne saurais dire). Du coup, si l’on met de l’eau chaude et de l’eau moins chaude, dans un endroit froid, alors, pour moi, la chaleur présente respectivement sera “attirée”. Comment, pourquoi, pareil, aucune idée… Mais les deux volumes d’eau seront “froide” au même moment.

    Je n’aime pas trop les explications pas scientifiques, une fois n’est pas coutume ! ^^

    A bientôt !
    Kramnik

  • http://twitter.com/M4rco3000 M4rco

    Excellent retour Matthieu!

    Petite contribution qui m’a toujours scié: La vitesse de la lumière est la vitesse maximale si on considère seulement les coordonnées spatiales. Mais si on considère l’espace-temps (c’est à dire des coordonnées spatiales et temporelle) alors ce qui découle de la relativité est que la vitesse de la lumière est la seule et unique vitesse. C’est à dire que TOUS les objets de l’univers, aussi bien mon verre de café à coté de mon clavier, que Nico en train de multi-tasker, ou n’importe quel autre objet de l’univers, se déplacent dans l’espace-temps à la même vitesse, celle de la lumière (vitesse de la lumière dans l’espace-temps, qui n’a donc pas la même unité que la vitesse de la lumière dans l’espace)

    Pour “penser” cela, il faut imaginer un repère x,y simple. En abscisse x, c’est le temps en ordonnée y c’est l’espace. En étant immobile les coordonnées de mon vecteur vitesse dans ce repère simplifié d’espace-temps est x=1 et y=0 (aucune vitesse dans l’espace, le temps s’écoule donc “normalement” (le “normalement” est bien sur anthropocentrique)

    Si je me déplace, alors ma vitesse dans l’espace augmente, ainsi y n’est plus égale à 0, mais la norme de mon vecteur vitesse reste constante (puisque dans l’espace-temps il n’y a qu’une vitesse unique), donc x devient inférieur à 1, la vitesse dans la coordonnée de temps “diminue”

    De la même façon, si je vais vers l’est à 100km/h, puis que je change de cap pour aller vers le Nord-Est tout en gardant la même vitesse, ma vitesse vers l’est diminue en même temps que ma vitesse vers le nord augmente.

    Je ne sais pas vous, mais me dire que je vais à la même que la lumière dans l’espace-temps, ça me décoiffe!

    @Francois Versepuy: Ce sont bien les déformations de l’espace-temps qui sont responsables de la force de gravitation. De la même façon que si l’on pose une grosse boule de bowling sur un matelas, cela entrainera des déformations qui “attireront” les petites billes à proximité, vers la boule de bowling,

  • Mathieu

    @m4rco merci d’avoir partagé ton explication sur la vitesse de la lumière qui est seule et unique si on prend aussi en considération le temps…j’apprends qqchose…

    @François comme le confirme M4rco dans son commentaire, ce sont bien les déformations et la courbure de l’espace-temps qui sont responsables de l’action de la force de gravitation et non l’inverse!

  • DG

    Très intéressant!!!! Vivement la suite !
    ….et encore plus de “physique” !!!

    @M4rco : …je ne comprends pas très bien …
    Rien ne va plus vite que la lumière (299 792 km/s) puisque seuls les photons n’ont pas de masse. Et nous si ;)) . L’énergie necessaire devrait être infinie (dans le sens premier du terme), donc impossible à fournir….mais admettons que cela soit possible, selon la relativité restreinte d’Einstein, cela voudrait dire que le temps s’arrêterait.
    Si je suis ton raisonnement d’une vitesse de la lumière unique dans l’espace-temps (4D)….ça veut dire que le temps n’existe pas ?

    (moi qui avait compris l’émission ;))) )

  • http://www.facebook.com/Fanfan92 Francois Versepuy

    Mmhhh ok, c’est la masse des planètes qui crée la déformation de l’espace-temps, et c’est cette déformation qui crée la gravité. Du moins dans la vision d’Einstein. J’étais resté sur une vision plus Newtonienne où la gravité est vue comme une force.

    Pour ceux qui comme moi se sont un peu égarés, voici une petite vidéo de 3mn qui permet de bien distinguer les 2 visions : http://www.youtube.com/watch?v=g3X-Y_-uZas

    Reste à savoir qui a raison de Einstein ou de Newton, même si actuellement on penche plus pour Einstein. Ça aurait été top de les réunir dans une même pièce pour organiser un débat entre eux, les avoir comme invités du podcast! Pour ça il suffit d’inventer la machine à remonter le temps et d’aller les chercher chacun dans son époque. Mais pour inventer la machine à remonter le temps on a besoin justement d’Einstein et de son espace-temps… arf, foutus paradoxes temporels!

  • jean-philippe danduran

    Bravo, j’adore!

  • Alnitam

    Encore un super podcast, bravo !

    Plusieurs choses :

    - Une piste pour vous améliorer ? Le son ! (clarté, fluidité…)

    - Le dossier était très clair, je trouve. Mais une chose me chiffonne : l’histoire des méridiens qui se coupent. Les méridiens sont-ils vraiment parallèles ? Ça veut dire quoi être parallèle ?

    Parce que les «parallèles» (ceux qui sont parallèles à l’équateurs) sont parallèles et ne se coupent jamais…

    Intuitivement, je dirais que des lignes parallèles se suivent et ne se se coupent pas. Eventuellement, suivant la courbure de l’espace, elles peuvent se rapprocher très près (infiniment près ?).

    - Le quizz ! L’eau froide gèle-t-elle avant l’eau chaude ?
    Je me suis renseigné là-dessus il y a quelques mois et je peux dire : Intox !
    Actuellement, si je sors en même temps un seau d’eau chaude et un seau d’eau froide en même temps sur mon balcon, le seau d’eau chaude sera gelé avant l’autre.

    J’avoue ne pas avoir bien compris la raison. J’ai hate d’entendre vos explications pour enfin comprendre :-)

  • NicoTupe

    Quelques éléments de réponse sur tes questions de droite.

    Pour définir une droite, il faut commencer par définir un segment (un morceau de droite). La définition simple et assez universelle de cette définition est “le plus court de chemin entre deux points” une fois qu’on a la notion de segment, on peut définir l’alignement en disant que trois points sont alignés si on peut trouver un segment entre deux des points qui contient le troisième. La définition de la droite passant par deux points est l’ensemble de tous les points alignés avec ces deux points.

    A ce stade on a une droite et tu remarqueras que jamais on impose qu’une droite soit droite. Du coup dans le monde plat euclidien, les droites sont bien des droites mais sur une sphère, les droites sont des “grand cercles”, c’est a dire des cercles qui passent par des points diamétralements opposés.

    comme on sait ce qu’est une droite, on peut du coup on peut s’attaquer à la notion de parallèle. Et tu as tout a fait raison, deux droites parallèles sont des droites qui n’ont aucun point d’intersection. Déjà, ce genre de définition est assez restrictif vu qu’on parle d’objets qui ont généralement une infinité de points. En fait, c’est tellement particulier comme définition que rien n’assure que de tels objets existent. Pour construire sa géométrie, Euclide a du postuler qu’il en existait, c’est impossible à prouver et on va tout de suite comprendre pourquoi.

    Dans le cas d’une sphère, étant donné que les droites sont des grands cercles, elles ont toujours au minimum deux points d’intersection. Du coup il n’existe tout simplement aucune droite parallèle dans ce type de géométrie. Et pourtant toutes les autres propriétés des éléments d’Euclide sont respectés. Géométrie sphérique et plane sont deux options avec un postulat différent sur les droites parallèles : il n’en existe aucune dans l’un, il en existe dans l’autre.

    Dans le cas des espaces courbes plus généraux, comme on a dans certaines modélisations relativistes, les choses se compliquent. En fait il y a des droites parallèles qui ne sont pas droites! Par un point extérieur a une droite on peut faire passer une infinité de droites parallèles à une droite. Ce serait un peu comme si tu prenais le globe, tu lui retire les pôles et du coup les droites qui passent par ces pôles n’ont plus de point d’intersection et sont donc parallèles (c’est un peu facile vu que t’es viré les points qui posaient problème mais ça marche).

    Voilà pour les compléments sur les droites, il se peut qu’on ai dit quelques approximations a l’oral mais dérouler tout l’argumentaire n’est toujours très simple :)

  • http://www.facebook.com/Fanfan92 Francois Versepuy

    “Dans le cas d’une sphère, étant donné que les droites sont des grands
    cercles, elles ont toujours au minimum deux points d’intersection. Du
    coup il n’existe tout simplement aucune droite parallèle dans ce type de
    géométrie” –> Du coup on ne peut pas dire que les parallèles terrestres (ceux parallèles à l’équateur) sont parallèles. Quand on le dit, c’est par abus de langage. Certes on les représente parallèles quand on en fait une projection sur une carte en 2D, mais tant qu’on est sur notre sphère en 3D, on ne peut pas vraiment parler de droites parallèles, et pour cause ce ne sont pas vraiment des droites, ce sont des cercles.

    C’est là qu’on voit toute la difficulté de passer d’un objet 3D à une projection en 2D. Ca implique de se représenter mentalement que les choses ne sont pas réellement telles qu’on les voit sur notre carte (en 2D). Pour s’en convaincre il suffit d’ouvrir Google map, de dezoomer à fond et de regarder l’antarctique. Il n’a pas du tout la même forme que quand on le regarde sur une mappemonde. Des points (ceux les plus au sud) qui sont normalement à coté vont se retrouver séparés (un a gauche, l’autre à droite).

    De la même manière, difficile quand on regarde la carte plane en 2D de se dire que le plus court chemin pour aller en avion de Paris à New-York est de passer par l’Islande et le sud du Groenland!

  • Nicotupe

    Pour ce qui est des cartes en 2D de notre monde en 3D, il y a quand même d’autres choix que celui fait par Google maps pour conserver au choix les aires, les distances, etc.

    Cf l’article de Wikipédia sur le sujet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Projection_cartographique

  • http://www.facebook.com/Fanfan92 Francois Versepuy

    Oui, cette autre manière de projeter est intéressante. Mais on y est pas très habitués, on en croise rarement des cartes comme ça finalement. La plupart du temps les cartographes font le choix de nous faire les cartes rectangulaires que l’on connaît en faisant des droites (vraiment) parallèles horizontales et verticales et en “trichant” un peu sur les bords.
    Certainement que c’est parce qu’à l’époque ou on a fait les premières cartes (de régions connues, pas encore du monde), le monde était plat, la terre pas encore ronde et donc on dessinait un monde 2D sur un plan 2D, pas besoin de s’embêter avec les projections. Du coup par la suite on a du garder cette manière de faire les cartes du monde car on y était habitués.

  • Alnitam

    Merci à vous deux, maintenant c’est clair : trois point sur un parallèle terrestre ne sont pas alignés car les parallèles ne sont pas le plus court chemin.
    Ouf :-)

  • Alnitam

    Si je puis me permettre, les cartes IGN de France ne sont pas rectangulaires. La projection utilisée est conique. Les méridiens se coupent au pôle nord et les parallèles sont des cercles autour du pôle.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Projection_conique_conforme_de_Lambert

  • http://www.facebook.com/Fanfan92 Francois Versepuy

    C’est évident ;) J’ai retrouvé une citation de Desproges (que j’adore) qui résume bien :
    “Y a-t-il des cons célèbres ?
    Oh oui ! Hélas, la liste en est beaucoup trop longue.
    Je citerai celui qui, à mon avis, est le roi des cons.
    J’ai nommé le célèbre mathématicien Euclide qui affirme sans rire, je cite :
    “La ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre.”
    Quelle connerie !
    Chacun sait en effet que la ligne droite ne peut être le plus court chemin d’un point à un autre.
    Sauf, évidemment, si les deux points sont bien en face l’un de l’autre.”

  • http://www.facebook.com/Fanfan92 Francois Versepuy

    “les cartes IGN de France ne sont pas rectangulaires” –> Tu as des exemples? Parce que d’après ce que je vois, sur leur site leurs cartes sont au même format rectangulaire que chez google : http://www.geoportail.gouv.fr/accueil

  • Alnitam

    Le Géoportail est un cas particulier :o)
    Il utilise une projection ETRS89 dite «plate-carrée» (voir la doc technique : http://www.geoportail.gouv.fr/depot/api/cgu/DT_APIGeoportail.pdf page 8) pour l’affichage.

    Mais sinon, toutes les cartes, les orthophotos et les scans sont bien en Lambert93, projection conique.

  • http://www.facebook.com/Fanfan92 Francois Versepuy

    Ah d’accord. Bien noté! (effectivement je viens d’en voir quelques unes sur internet et quand c’est une carte d’un pays ou d’une région, la différence entre les 2 sortes de cartes saute moins aux yeux que pour une carte du monde, si on ne fait pas gaffe. Il se peut que j’en ai croisé plus que je ne pensais sans faire attention que les lignes étaient des arcs de cercle :) Comme sur cette carte http://sh.wikipedia.org/wiki/Datoteka:France_map_Lambert-93_topographic-blank.svg )

  • kyrniko

    Je vous laisse ce petit message bien court, pour vous remercier du travail fourni sur tous ces podcasts… Podcasts toujours aussi agréables à écouter…

    Et aussi pour apporter un point de vue de néophyte sur l’étendue spatiale :

    Est-ce qu’on ne pourrait pas se représenter ce concept d’étendue spatiale en observant un atome.

    Je veux dire par là, qu’un atome, vue à son échelle, ressemble à une sphère.
    Mais si l’observe à l’échelle des particules qui le composent à un temps t, un atome est composé d’un noyau et d’électrons dispatchés dans l’espace avec beaucoup de “vide” entre chaque particule.

    Et si on le ré-observe sans arrêter le temps, on retrouve le mouvement des électrons et on retrouve le “volume sphérique” de l’atome…

    J’espère que ma description (peut-être gravement erronée) est au moins un minimum compréhensible.

    Bonne continuation.

  • Pingback: Podcast science 121 – Le vide 2/2

  • http://www.facebook.com/Fanfan92 Francois Versepuy

    Après avoir entendu la 2eme partie du dossier, je confirme : c’est un dossier très compliqué et dur à comprendre. De manière générale, dans ce domaine (big bang, représentation de notre univers), nous n’en sommes qu’aux balbutiements de notre compréhension et il n’est pas dit que nous arrivions à le comprendre un jour (avant l’extinction de la race humaine).

    Alors on fait des hypothèses, on les raccorde entre-elles avec des mathématiques, on essaye de les faire coller à notre compréhension grâce aux équations de notre physique “plus connue et éprouvée”… Mais tout ceci devient de plus en plus abstrait, contre-intuitif, reste théorique et à peu près impossible à se représenter. Vous avez d’ailleurs été plusieurs à le dire à la fin du dossier à juste titre, beaucoup de ces concepts dépassent l’entendement (“Personne ne comprend la mécanique quantique”). J’ai beaucoup aimé la phrase de Von Neumann, dans laquelle personnellement j’enlèverai le “en mathématique” car finalement elle s’adapte aux autres domaines de la science : “Quand on ne comprend pas on s’habitue”.

    De manière générale, depuis quelques années, il y a de plus en plus de scientifiques qui remettent en cause la sacro-sainte théorie du Big bang, à laquelle nous nous raccrochons depuis un siècle, faute de mieux. J’ai beau adorer cette théorie, c’est vrai qu’on a de plus en plus l’impression que quand ça bloque, on invente de nouveaux concepts, on bricole pour que ça colle. “Tiens, la masse de l’univers ne colle pas? Ah bin c’est pas grave, on a qu’à dire que 95% c’est de la matière noire”. “TIens, l’univers ne grandit pas à la vitesse à laquelle on s’attendait? Pas grave, on a qu’a dire qu’il y a de l’énergie noire.” A noter que le numéro du magazine Ciel et Espace de ce mois-ci, que je n’ai pas encore lu, mais qui semble intéressant, titre “La matière et l’énergie noire, je n’y crois pas”. http://www.dipcli.com/reader/boutik/ciel_et_espace/demo/index.htm

    Bon, on est plus tout à fait dans le sujet du vide, mais tout ceci est très lié et vous avez vous-même dévié sur ce sujet. Du vide on passe très vite à “de quoi est constitué notre univers” et une fois qu’on a essayé de décrire notre univers, on passe à “en expansion, OK, mais en expansion dans quoi??”…

    Bref, voilà des questions auxquelles nous (l’être humain) ne répondrons probablement jamais, mais il est déjà bien courageux de s’y attaquer! Bravo Mathieu!

  • Gilles de Toul

    Cela me fait du bien d’entendre un dossier de physique à la sauce Mathieu. Je suis un fidèle de la première heure de podcastscience et suis heureux de cette intervention de Mathieu sur le vide. Je ne pensais pas être embarqué sur de tels vastes chemins en partant de ce thème. Naturellement, mes synapses chauffent, mais c’est que du bonheur quand même et j’apprécie la pédagogie de Mathieu.

  • Xavier

    Hello Mathieu, et toute l’équipe.

    Superbe dossier, je suis un grand fan.

    Petite question. Tu semble dire que le principe d’Incertitude d’Heisenberg implique que si on connait la position du pendule, alors sa vitesse doit être non nul. Cependant, ce que dit ce principe, c’est que si nous connaissons la position, alors nous ne pouvons rien dire de la vitesse. Mais elle pourrait être nul également. (L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence).

    Ai-je mal compris? Le principe d’Incertitude va-t-il plus loin que ce que j’en sais? L’age du capitaine peut-il être infini ?

  • Mathieu

    @32a8c21bd608917ad248e5c54aabcae6:disqus aïe tu me poses une colle…moi j’ai compris que si on connaît la position, non seulement on ne sait rien sur la vitesse, mais en plus elle ne peut non plus pas être nulle…Tout comme on ne peut à la fois avoir une quantité de matière nulle et une énergie nulle, on peut avoir l’un ou l’autre, mais pas les deux à la fois…c’est pour ça que dans le vide (matière nulle), on aura toujours l’énergie avec des fluctuations autour du point zéro…mais effectivement ta question est pertinente..on essaiera de confirmer tout ça auprès d’un physicien dés qu’on en aura l’occasion…

  • xavier durussel

    Yep, si tu arrive à avoir une réponse, volontier ;-)

  • Delphine

    Très bonne deuxième partie !!! Très clair, on a envie d’en apprendre plus et d’approfondir certains points. Donc c’est réussi !

    J’ai écouté cette deuxième partie en différé et je me permets donc d’ajouter ce commentaire qui pourrait sans doute intéresser “kyrniko”.

    On pourrait facilement, et cela a été fait début du 20ème siècle, faire une analogie entre un système planétaire et notre représentation “classique”d’un atome (voir schéma plus haut dans ce dossier).
    On a tous eu au lycée un prof de physique fière de nous présenter la structure d’un atome avec ces petits modules, boules en plastique;)
    Mais nous a t-il seulement expliqué qu’en vérité cela ne ressemble pas du tout à cela ? Il n’y a pas d’équivalent dans notre monde qui se veut “classique ” et non “quantique”.

    C’est certes le moyen le plus simple et compréhensible de se le représenter mais ce n’est pas la réalité .

    Sans même parler du problème de mesure, on ne sait pas “voir” les particules, genre au microscope. Les détecteurs du LHC au cern, n’observent pas les particules, mais seulement les traces laissées par celles-ci.

    Autant il faut combattre l’idée d’un big bang comme”explosion originelle”, autant il est important d’ expliquer que l’atome tel qu’on nous le schématise partout n’est qu’une interprétation, mais non la réalité !

    Ce qui est sûr, c’est que ce que nous expliquent les équations de la physique quantique est totalement contre intuitif et qu’ à défaut de les comprendre, il nous faut nous familiariser avec ;))

    Par rapport à la conclusion de Mathieu:
    Les physiciens cherchent à comprendre “comment” et non “pourquoi”.
    Cette dernière question est laissée à d’autres disciplines, qu’elles soient philosophiques, religieuses ou autres … C’est en limitant ses ambitions que la physique a le plus évoluer non ?

    Désolée pour la tartine, qui j’espère est compréhensible, je m’emballe un peu ;))
    mais c’est un domaine tellement fascinant et passionnant !

  • NicoTupe

    Mathieu et toi avez raison. Connaitre exactement la position implique de n’avoir aucune idée de la vitesse. Donc elle ne peut pas être nulle sinon on la connaitrait! Mais elle ne peut pas valoir 2, ou 3.

    Ce n’est pas une limite physique mais bien une limite mathématique : on ne connait pas la vitesse point, elle n’a pas de valeur.

  • https://twitter.com/kyrniko kyrniko

    OOOhhhh !!! Merci pour ces précisions…

    J’ai pris mes désirs d’interprétation pour des réalités… (C’est comme ça qu’on dit ? Non !)

  • Clément

    J’ai découvert votre podcast par « hasard » sur iTunes.
    Pour une première écoute le repas était copieux .En premier lieu bravo pour l’énorme
    travail de préparation. Malgré quelques problèmes mineurs de son, je trouve l’ensemble
    très pro.

    Pour revenir indirectement sur le sujet, le podcast est
    effectivement à conserver dans un coin pour pouvoir le réécouter plusieurs fois
    pour avoir l’illusion de comprendre une fois que je me serais habitué J

    Encore merci, je vais écouter la série petit à petit.

  • Heaviside

    Le temps est un bien grand mot, on ne peut le définir qu’à l’aide de 2 événement et mesuré l’intervalle de temps entre ces 2 évènements. On compare ensuite ces durées avec celle du référentiel propre de l’évènement ( l’évènement est placé à l’origine de celui ci). Si l’on considère un observateur qui se déplace à la vitesse de la lumière, il pourra alors passer par un intervalle de genre lumière. En gros pour ce genre d’intervalle entre deux évènement, on peut trouver des référentiels tel que ces évènements sont à la fois au même endroit et au même instant.
    Les évènements étant confondit, le sens de temps (durée) n’a guère de sens tout comme l’espace (même endroit).

  • Heaviside

    Bonjour, avant tout je tenais à vous remercier pour ces séries de podcasts qui tentent de traiter des sujets de science actuelle tout en gardant une certaine facilitée d’accès.

    Je voulais cependant faire certaines remarques:

    1 la notion de température doit être considérée en terme d’énergie cinétique (vitesse)

    2 Les lois physique sont telle quelle car elle résulte de l’interprétation propre que l’homme en a. On crée des modèle par rapport à la logique qui nous est propre. La description est donc orientée par rapport à notre conception. Il est néanmoins possible de créer d’autre interprétation. Je regrette d’ailleurs le fait que vous ne parlé pas de la théorie quantique au sens de Zitterweregung (tremblement) qui interprète le principe de Heisenberg ( la non existence de trajectoire en MQ) comme les fluctuation quantique du vide ( création de particules dans notre espace issue du vide quantique ). Cette théorie rejoint en quelque sorte la vision Einsteinienne de la MQ ( variable cachée).

    3 Le vide quantique selon Dirac est par définition un potentiel (réservoir) de particule que l’on ne peut observer. Votre description du vide est cependant osée dans le sens ou la théorie actuelle (théorie des champs) ne décrit pas le vide en tant que tel, on ne connait pas à l’heure actuelle la topographie du vide. Elle n’a de sens qu’en terme de réservoir.

    4 L’infinité de notre espace résulte de l’expansion même de l’univers.Il serai donc ( à mon sens ) de considérer cet espace comme finit mais en constante expansion. Si l’univers était infini au sens commun alors la considération même du big-crunch n’aurai plus de sens car compresser un espace d’infini reste infini.

    5 Pour revenir à la “potentialité du vide”. Les lois qui le régissent sont quantique car la notion même de cette quantité a été introduite par la MQ. Il existe d’ailleurs la même notion en relativité générale et l’un des défit des physiciens et de comprendre pourquoi il existe une telle différence de densité entre ces deux vides.

    La MQ contemporaine est une théorie de l’information, la non mesurabilité direct du vide au sens de Dirac entraine donc des lois quantique qui viennent introduire la notion de d’ensemble mesurable et donc de bon nombre quantique. Ces notions entraine certaines lois probabiliste (MQ).

    Cette longue tartine fut écrite d’une traite et relève de mon ressentit sur le moment, n’étant pas le fruit d’une réflexion complète il peut y résider certaines erreur d’expression.
    N’étant qu’un “petit jeune”(20 ans), je laisse le soin aux physiciens spécialistes de corriger ou préciser certaines notions abordées ci-dessus.

    Cordialement.

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  • dravov

    Je découvre et je félicite ceux qui font d’aussi bons articles (je vais relire plusieurs fois , je n’arrive pas à écouter , mon esprit est trop lent) ; l’on chacun ses petites marottes sur l’univers et j’en ai aussi quelques unes ; en passant juste pour savoir , est ce qu’une particule d’antimatière monte ou descend dans un champ de gravité créé par de la matière ?

  • dravov

    Super exposé ! et cette image de Dirac ou “le vide est un milieu” certainement avec pleins de choses que l’on y a encore pas vu . J’aime et cela rapproche des théories de Mach. Bon il y a une vague notion “d’éther” , mais si le milieu du vide se meut à la vitesse de la lumière , alors tout convient.
    Mais je vais relire encore , merci à l’auteur

  • dravov

    Enfin , je crois comprendre des choses ;merci Mathieu.
    Pour les images , le point de vue de Dirac ne serait pas trop éloigné de Higgs (bon Higgs créé un champ qui aura ses particules ), mais pour les deux , le vide serait plein d’une source matériellement invisible qui à certaines occasions pourrait générer des choses matérielles ? (est-ce juste jusqu’ici ou mal dit?)
    Les images , c’est une chose , mais la vérité est plus abrupte, Je ne suis plus très frais , mais j’ai des restes , y aurait-il un endroit ou l’on pourrait suivre la pensée de Higgs (avec formules) ?