VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 5.0/5 (2 votes cast)


Emission co-animée par Xavier Agnès, un tout grand merci à lui :)

L’invité de la semaine: André Kuhn

Intro de l’émission:

André Kuhn, vous êtes Professeur de criminologie et de droit pénal aux Universités de Lausanne et de Neuchâtel (en Suisse). Vous avez une double formation de juriste et de criminologue et vous avez exercé de nombreux métiers: juge d’instruction, directeur scientifique d’un institut de sondage, collaborateur scientifique à l’Office fédéral de la justice, directeur du Centre de formation continue de l’Université de Lausanne. C’est déjà très impressionnant, mais je ne vais pas arrêter là mon énumération: vous avez également été expert scientifique auprès du Conseil de l’Europe (notamment pour élaborer une recommandation visant à diminer la population carcérale) et expert auprès de l’Institute for Crime Prevention and Control (affilié à l’ONU).

Aujourd’hui, vous êtes entre autres:

  • Expert scientifique auprès de la délégation dirigeant l’Observatoire de la sécurité de la Ville de Lausanne ;
  • Membre du groupe d’experts sur la statistique criminelle de l’Office fédéral de la statistique ;
  • Membre de la commission fédérale des projets pilotes auprès de la section “Exécution des peines et mesures” de l’Office fédéral de la justice ;
  • Membre de la Commission de dangerosité du canton de Neuchâtel…

Et ce soir particulièrement, vous avez trouvé le temps de répondre à l’invitation de Podcast Science, vous ne pouvez pas savoir à quel point ça nous fait plaisir. Merci beaucoup!”

(Malheureusement pas de retranscription de l’interview, à moins que quelqu’un se porte volontaire, voir l’appel de Xavier plus bas…)

Update du 8 septembre 2011:

Retranscription de l’émission

Un immense merci à Draculito pour son initiative et son travail: retranscription intégrale de l’émission disponible en ligne

Retour sur l’émission de la semaine passée

Mea culpa d’Alan pour avoir une fois encore tout mélangé: la vitesse de collision de deux voitures lancées à 60 km/h n’est bien sûr pas de 120 km/h. Merci à Grindaizer et Xavier Agnès qui a réagi encore plus vite: L’énergie cinétique dépend du carré de la vitesse. La formule complète dans le commentaire de Grindaizer

Quelques annonces

  • Petite pause estivale de 15 jours. On se retrouve la 1e semaine d’août si tout va bien.
  • D’ailleurs, tant qu’à faire, on vous annonce déjà une 2e petite pause en septembre, les semaines du 5 et du 12.
  • Plein de nouvelles suite  notre visite du CERN, des photos, une tagline, des priorités pour les prochains sujets… On vous raconte tout ça après les vacances.
  • Et pour ceux qui se demandaient: notre ami Anh Tuan est bien vivant. Il s’est fait embarquer dans un road trip en Espagne, d’où son silence radio et son absence très remarquée au CERN.

Appel à coup de main

C’est une excellente idée de Xavier: quelqu’un serait-il/elle prêt(e) à nous donner un coup de main en retranscrivant l’interview d’André Kuhn pour la mettre en ligne sur le site? Ce serait formidable :)
Intéressé(e)? N’hésitez pas à vous manifester via le formulaire de contact du site. Merci!

Last but not least: la quote de Mathieu (lue cette semaine par Xavier)

“L’absence de preuve n’est pas la preuve de l’absence”.
Auteur inconnu mais citée par André Brahic dans un épisode de la Tête au Carré

Bonnes vacances si vous en avez et un bel été à toutes et à tous!

 

 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 5.0/5 (2 votes cast)
Podcast science 45 - Les sciences criminelles, 5.0 out of 5 based on 2 ratings
Tagged with:  
  • http://forzapedro.blogspot.com/ Forza Pedro

    Pour être franc je pensais que ce podcast n’allait pas vraiment m’emballer et finalement j’ai adoré !
    Cool de retrouver Xavier Agnès dans un podcast, j’ai envie de dire ” il était temps ” :)

    Reposez vous bien et revenez en forme pour la prochaine saison !

  • http://ssaft.com/Blog/dotclear/ Taupo

    Excellentissime Emission! C’était rafraichissant, stimulant, rondement mené! Félicitations les gars!

  • Pingback: Podcast science 46 – Sciences économiques: le keynésianisme contre le neolibéralisme

  • Pingback: Dossier – la prosopagnosie ou quand tout le monde a la même tête

  • Pingback: La haine de l’étranger, tout simplement | ixanet

  • draculito

    Emission très intéressante qui permet de rappeler quelques vérités statistiques qui seront probablement bien utiles à qques mois des élections présidentielles en France et du traditionnel enfumage médiatique :
    - d’une part, il y a bien une sur-représentation des étrangers dans le nb d’infractions. Et les mêmes causes entrainant les mêmes effets, j’imagine que ce serait également vérifié (si ces statistiques étaient disponibles) pour des populations récemment immigrées, du fait du niveau socio-économique inférieur en moyenne.
    - d’autre part, cette sur-représentation n’est pas intrinsèque à cette population. Ni l’origine ni la nationalité ne sont des facteurs décisifs.
    Sans vouloir troller, j’en connais qui se sont fait lyncher médiatiquement en France pour avoir dit la même chose de façon plus maladroite…

    J’aurai bien aimé qu’André Kuhn nous donne qques exemples concrets de prévention situationnelle. Le plus évident me semble être de réduire les sommes d’argent détenues en un lieu donné pour réduire l’attractivité d’un hold-up (ex : banque, caisse d’un magasin), mais au-delà ?

    J’ai été surpris lors de la question sur les autres formes de peines. AK constate le recours trop fréquent à la prison et indique que celle-ci ne résout pas tous les problèmes [régler le problème = pas de nouvelle infraction après la libération]. En l’écoutant rapidement, on pourrait comprendre ses propos comme un rejet complet de la prison, considérée comme une peine caduque et inadaptée. Je pense qu’on peut modérer ce genre d’interprétation :
    1/ la prison n’a pas comme seul objectif de « résoudre les problèmes », mais a aussi comme objectif de séparer une personne du reste de la société pour protéger cette société.
    2/ la prison n’est-elle pas une sorte de peine « refuge », une peine qui est donnée quand aucune autre peine ne réussira à « résoudre » le problème ? Dans ce cas, la peine de prison ne serait pas donner pour résoudre le problème mais plutôt par défaut, faute de mieux.
    Si c’est le cas, est-ce-que les criminologues se penchent sur la question d’une peine par défaut autre que de la prison ? Moins destructrice pour l’individu ou plus « rentable » pour la société (je ne pense pas nécessairement à l’aspect financier…) ?

    Enfin, je rebondis sur la comparaison prison / pénicilline qui étaient utilisés pour soigner tous les maux. La pénicilline a été remplacée par d’autres médicaments grâce, d’une part à une meilleure connaissance du mal, et d’autre part, grâce à la découverte des autres médicaments. Le 1er point semble être étudiée par la criminologie (facteurs criminogènes, brutalisation évoqués dans l’émission), qu’en est-il du 2nd ? Que dit la criminologie sur des formes de peines alternatives ? Est ce qu’elle en propose de nouvelles, est-ce qu’elle a pu évaluer leurs mérites par rapport aux peines classiques ?

    Pour conclure, une critique sur l’opposition entre les 2 formes de justice. Cela m’a paru assez fumeux. Plus que l’opposition entre 2 formes de justice fondamentalement différentes, on a plutôt l’impression d’une opposition entre un bon et un mauvais jugement, entre 2 solutions possibles d’un cas pratique donnés à des étudiant en droit : celui qui applique le cours à la lettre et celui qui a cerné l’ensemble du problème.
    Il aurait fallu un exemple concret pour me convaincre un peu plus de leurs différences. La parabole de l’orange est très belle… mais ce n’est qu’une parabole, assez éloignée des infractions de notre Code Pénal. Je n’ai pas trouvé d’exemple concret qui s’en rapproche, mais il suffit d’imaginer que la personne A veut le zeste et que la personne B veut le jus ET le zeste pour identifier certaines limites…
    Pour reprendre la parabole de l’orange, n’y a-t-il de différence entre ces 2 justices que si les motivations qui ont conduit à l’infraction peuvent être séparées ?
    Par ailleurs, en reprenant l’exemple de l’orange tel que décrit par AK, ce type de justice ne peut-il exister que dans des sociétés sans notion de propriété individuelle ? Parce que si j’ai acheté/cultivé mon orange, je n’ai peut-être pas envie qu’un voisin vienne me piquer à l’œil sous prétexte que je n’utilise pas le zeste. Même en supposant un fonctionnement réciproque, ce type de fonctionnement me paraît assez instable (l’un voudra plus que l’autre).

    Quelles sont les caractéristiques des sociétés reposant sur cette autre justice (parce que Amérique du Sud et Afrique, c’est un peu vague) ? En filigrane : est ce que les comportements et donc les infractions sont comparables ? D’après AK, est-ce-qu’une société pourrait fonctionner en l’état en utilisant l’autre forme de justice, ou bien est ce que la forme de justice choisie par une société est elle-même un élément constitutif de cette société. Auquel cas, on changerait obligatoirement et profondément une société en utilisant un autre mode de justice.

    Y a-t-il dans l’histoire des exemples de sociétés qui seraient passées d’une forme de justice à l’autre ou est-ce que ce fonctionnement est tellement lié à la culture qu’on conserve le même type de justice jusqu’à la chute de sa civilisation ?

    Encore bravo pour l’émission et bonne rentrée à tous !

  • Pingback: Interview : André Kuhn – Les sciences criminelles (retranscription)

  • Kuhn André

    J’aurai bien aimé qu’André Kuhn nous donne qques exemples concrets de prévention situationnelle. Le plus évident me semble être de réduire les sommes d’argent détenues en un lieu donné pour réduire l’attractivité d’un hold-up (ex : banque, caisse d’un magasin), mais au-delà ?
    ——————————-
    Diminution des brigandages depuis l’avènement des cartes de crédit

    Diminution des agressions de cabines téléphoniques depuis l’avènement des cartes à pré-paiement, puis une seconde fois avec l’arrivée sur le marché des téléphones cellulaires et la disparition des cabines téléphoniques

    Diminution des accidents de la circulation routière à Drachten (NL) après l’élimination de tout feu, passage clouté, et autre signalisation…

    Diminution des cambriolages après l’abolition des machines à sous dans les bars

    Diminution des vols de motos après l’introduction de l’obligation de porter un casque

    Diminution des vols de vélos devant un mur qui a été repeint alors qu’il était préalablement couvert de tags

    Etc. Et tout cela sans effet de déplacement de la criminalité vers d’autres cibles. Il y a bien quelque 5% d’auteurs hautement motivés qui commettent leurs méfaits ailleurs, mais les autres cessent tout simplement leur activité criminelle, puisque les occasions de commettre leur infraction disparaissent. L’occasion faisant le larron, l’absence d’occasion crée moins de larrons.

    ================

    En l’écoutant rapidement, on pourrait comprendre ses propos comme un rejet complet de la prison, considérée comme une peine caduque et inadaptée.
    ——————
    En effet, il existe un courant de criminologie dit «radical» ou «abolitionniste» qui part de l’idée que la prison n’a pas de raison d’être. On a aboli les châtiments corporels, la peine de mort, etc. alors que les gens d’alors les considéraient comme indispensables pour réguler la société. Aujourd’hui nous savons pourtant réguler la société sans ces peines. Pourquoi pas une société, demain, dans laquelle l’enfermement appartiendra à l’histoire du droit pénal?

    ===============

    Que dit la criminologie sur des formes de peines alternatives ? Est ce qu’elle en propose de nouvelles, est-ce qu’elle a pu évaluer leurs mérites par rapport aux peines classiques ?
    ———————–
    On attribue souvent à Einstein l’idée que l’on ne résout jamais les problèmes au même niveau intellectuel sur lequel ils ont été créés. Il en va de même du droit pénal. Il n’est donc pas utile de tenter de trouver d’autres genre de sanctions que l’on utiliserait dans un modèle purement rétributif. Pourquoi ne pas chercher un autre modèle? C’est ainsi que certains ont proposé un modèle réparateur, dans lequel on ne se penche plus sur le passé pour sanctionner ce qui est arrivé, mais sur l’avenir pour réparer les dommages causés. Ce modèle est appelé «restorative justice» et part de l’idée que l’usage de la force étatique pour sanctionner ne sert à rien et qu’une action plus «amiable» de faire permettrait de résoudre les conflits nés d’une infraction pénale de manière bien plus adéquate que le système rétributif actuel.

    ==================

    Quelles sont les caractéristiques des sociétés reposant sur cette autre justice (parce que Amérique du Sud et Afrique, c’est un peu vague) ? En filigrane : est ce que les comportements et donc les infractions sont comparables ? D’après AK, est-ce-qu’une société pourrait fonctionner en l’état en utilisant l’autre forme de justice, ou bien est ce que la forme de justice choisie par une société est elle-même un élément constitutif de cette société. Auquel cas, on changerait obligatoirement et profondément une société en utilisant un autre mode de justice.

    Y a-t-il dans l’histoire des exemples de sociétés qui seraient passées d’une forme de justice à l’autre ou est-ce que ce fonctionnement est tellement lié à la culture qu’on conserve le même type de justice jusqu’à la chute de sa civilisation ?
    ————————-
    Cette question me permet d’approfondir un peu la «restaurative justice», puisque c’est exactement de cela qu’il s’agit. En effet, il existe des société dans lesquelles plutôt que de se retrouver devant un juge à la suite d’un crime (agression, vol, etc.), on se retrouve devant un «facilitateur» dont le rôle est de trouver le moyen d’offrir aux protagonistes et à leur entourage respectif une plateforme de discussion et de résolution des problèmes qui ont mené et qui ont été engendrés par l’infraction. Ces «family group conferences», «peace and healing circles» ou encore mieux «sentencing circles» sont des sorte de procès sans l’aspect rétributif, mais uniquement l’aspect réparateur. Les société en question ne sont pas fondamentalement différentes des sociétés européennes, puisque au-delà de l’Afrique et de l’Amérique du Sud, cela se trouve aussi au Canada et en Océanie. A certains endroit, il existe même les deux solutions (il y a donc deux codes de procédure «pénale» et les parties choisisse laquelle elle désirent mettre en oeuvre.

    Pour ce qui est de l’aspect historique, si l’on considère l’Europe, on observe que l’histoire du droit est celle du droit romain, suivi du… droit romain redécouvert… et l’on oublie toujours ce qu’il y a eu entre les deux, c’est-à-dire le droit des peuples dits barbares. Celui-ci était beaucoup plus amiable que le droit romain et que le droit actuel… Notre histoire n’est donc pas celle de l’application linéaire d’un droit rétributif.

    =============

    J’espère avoir répondu au moins un peu à vos questions

    Avec mes meilleures salutations

    André Kuhn

  • Pingback: Podcast science 53 – Des composites et des voitures volantes