L’histoire de l’électromagnétisme

On 16.05.2013, in Dossiers, by Julien Geandrot
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Il est intéressant de remarquer que pendant l’antiquité, deux phénomènes à distance étaient observables et suscitaient beaucoup d’intérêt de questions : celui de l’attraction d’un petit morceau de fer par la pierre d’aimant, et celui de la paille attiré par un morceau d’ambre frottée. Ces phénomènes étaient-ils réellement des observations d’action à distance ou bien y avait-il un vecteur invisible ? Dans tous les cas, ils étaient souvent confondus.

L’histoire commence avec la fin de notre dossier : la pierre d’aimant qui attire les petits morceaux de fer, est née grâce à la foudre qui en imposant un fort champ électrique à la surface de la Terre, a induit un champ magnétique permanent dans les pierres composées d’oxyde de fer. Ainsi, la relation intime entre électricité et magnétisme nous explique pourquoi on a trouvé des aimants permanents il y a longtemps.

La magnétite ou pierre d’aimant (Archaeodontosaurus ; CC BY-SA 3.0)

La magnétite ou pierre d’aimant
(Archaeodontosaurus ; CC BY-SA 3.0)

La région de magnésie en Asie mineure  (B. Saint-Pol ; CC BY-SA 3.0)

La région de magnésie en Asie mineure
(B. Saint-Pol ; CC BY-SA 3.0)

 

On peut rappeler dans cette introduction l’étymologie des mots clés qui nous intéressent particulièrement :

  • Le mot électricité provient du mot “elektron” qui signifie ambre en grec. On doit l’invention de ce mot à William Gilbert (16ème siècle) ;
  • Le mot magnétisme a été créé à partir de la région de Magnésie (en Asie mineure). C’est là qu’à l’antiquité on a découvert la pierre qui avait la propriété d’attirer le fer ;
  • Le mot aimant est apparenté au mot diamant : cela viendrait de “adamas” en grec, qui signifierait inébranlable. On qualifiait les pierres extrêmement dure avec cet adjectif.
L’ambre qui, frottée, attire les petits objets (H. Zell ; CC BY-SA 3.0)

L’ambre qui, frottée, attire les petits objets
(H. Zell ; CC BY-SA 3.0)

Antiquité

Thalès de Milet (vers 625-547 av. J.-C.) aurait été le premier à expérimenter l’attraction du fer par la pierre de Magnésie. Ensuite dans les écrits de Platon (vers 428-348 av. J.-C.), on note qu’un morceau de fer en contact avec un aimant se comporte lui-même comme un aimant. Démocrite un peu plus tard est peut-être le premier à essayer d’expliquer l’attraction du fer par l’aimant avec la théorie atomiste.

Les grecs pendant l’antiquité, pensaient que tout ce qui pouvait créer du mouvement avait une âme. Pendant longtemps, peu de personnes mise à part celles citées s’aventurèrent dans des explications du phénomène magnétique.

Ils connaissaient les propriétés de l’ambre frottée, ce serait Thalès de Milet qui le premier aurait décrit l’expérience.

Les chinois, premier utilisateur du magnétisme

On a retrouvé les premiers écrits chinois parlant du magnétisme datés de 240 av. J.C. : il est déjà noté la différence entre effet magnétique de la pierre d’aimant qui n’attire que le fer, et ambre frottée qui peut attirer les grains de moutarde.

La direction sacrée

Feng shui

Les chinois avait découvert cette magnétite il y a longtemps, cette pierre, trouvée dans la région de Magnésie, s’orientait dans une direction particulière. Alors, croyant en un message des dieux, ils pensaient que cette direction était sacrée. Ils commencèrent à construire leurs villages dans la direction indiquée afin de les faire prospérer, à disposer les bâtiments importants en considérant cette direction (“feng shui” : l’art de disposer les objets de façon harmonieuse) ; ils traçaient des sillons dans la Terre toujours suivant cette même direction dans le but d’obtenir de bonnes moissons…

La cuillère boussole chinoise  (Typo ; CC BY-SA 3.0)

La cuillère boussole chinoise
(Typo ; CC BY-SA 3.0)

La boussole

Ils furent les premiers à trouver une application à cette pierre d’aimant : la boussole. On a trouvé une cuillère taillée dans la magnétite datant du début de notre ère et posée sur une surface polie. Sa queue indiquait toujours le sud, ainsi les boussoles pointaient la même direction, sur ce même modèle. En effet dans les croyances chinoises, l’empereur était représenté par l’étoile polaire et il faisait face au sud.

On imagine que dans un premier temps cette cuillère était utilisée pour prédire l’avenir, puis son utilisation par les navigateurs pour se diriger se généralisa.On fabriquait alors les boussoles en frottant une aiguille en fer contre une pierre d’aimant.

Un traité chinois datant de 1044 explique aux militaires comment fabriquer une boussole (une aiguille aimantée) : on porte une fine feuille de fer taillée (en forme de poisson) au rouge dans un feu puis tout en la maintenant dans la direction nord-sud, on la plonge dans l’eau pour figer l’aimantation (en effet, l’agitation thermique permet aux moments magnétiques microscopiques d’être libres, ils s’orientent alors dans le champ magnétique terrestre puis on les fige dans cette position).

Ou les olmèques

Les recherches récentes sur l’histoire du magnétisme montreraient, par quelques découvertes, que les Olmèques, première civilisation précolombienne, auraient découvert et utiliser (boussole) le magnétisme 1000 ans avant les chinois. Mais on continue néanmoins à dire que les chinois ont été les précurseurs. William Gilbert, auteur du premier traité de physique, attribue d’ailleurs l’invention de la boussole aux asiatiques.

L’origine du mot boussole

La boussole apparaîtrait en Europe dans les années 1100 ou 1200. Dans la littérature on apprend la construction de la boussole de l’époque : une aiguille aimantée qui flottait à l’aide de deux bouts de roseau ou de paille dans une fiole remplie d’eau. Les italiens améliorent cette boussole en mettant l’aiguille sur un pivot, le tout enfermé dans une petite boîte. Ainsi, l’appareillage fût appelé “bussolo” en italien qui donna alors boussole. Ainsi certains historiens attribuent l’invention de la boussole, véritable instrument gradué de navigation, aux italiens.

Les premiers scientifiques du magnétisme

Pierre de Maricourt

Le premier à s’y tenter était peut-être Pierre de Maricourt, qui exposa au 13ème siècle l’existence et la propriété (attraction-répulsion) des pôles magnétiques. La dénomination des pôles provient de son observation de la direction Nord-sud prise par l’aimant. Il reconnut la répulsion de deux pôles de même nature, l’attraction de deux pôles de nature différente. Il essaya de séparer les pôles d’un aimant, sans succès. Il montre que l’on créé alors deux nouveaux aimants avec deux pôles opposés.

L’idée que la boussole s’oriente du fait d’un magnétisme terrestre effleura l’esprit de Pierre de Maricourt, mais il ne poursuivit pas dans cette voie : il imagina que les nombreuses mines de fer réparties sur la surface du globe devaient perturber la direction prise par l’aiguille.

Ainsi, il resta sur son idée d’un magnétisme dû à la voûte céleste. C’est alors qu’il eut l’idée, en faisant un parallèle avec le globe céleste, de faire tailler une pierre aimantée en forme de sphère. Il décrivit la technique avec laquelle à l’aide d’une aiguille aimantée, il trouva les pôles de ce globe magnétique : il traça des méridiens grâce à la direction prise par l’aiguille posée à la surface du globe, les intersections de tous ces méridiens sont les pôles.

Il expliqua qu’en orientant correctement le globe, l’axe de ses pôles confondu avec l’axe des pôles du globe magnétique céleste, la pierre sphérique aimantée doit tourner en même temps que le globe céleste, en 24H : c’est la première horloge perpétuelle (théorique).

Déclinaison et inclinaison

La déclinaison

La déclinaison est l’angle que forme la direction que prend une boussole en un lieu donné avec le nord géographique. En effet, le nord magnétique (qui est un pôle sud) n’est pas confondu avec le nord géographique. Les chinois semblaient connaître ce fait.

Mais pour l’Europe, cette découverte n’est pas réellement datée. Cependant, de nombreux instruments du 15ème siècle montrent que les marins disposaient d’une boussole corrigée. Cette déclinaison pose beaucoup de problèmes aux marins de l’époque, puisqu’elle varie avec le lieu.

Certains proposèrent de tirer un avantage de cette variation de déclinaison selon le lieu : on pourrait établir des cartes de la valeur de la déclinaison en fonction de la longitude pour chaque latitude. Ainsi, connaissant la latitude, la mesure de la déclinaison donnerait la longitude. Edmund Halley vers 1700 établit alors la première carte de déclinaison magnétique.

Mais un scientifique anglais au cours du 17ème montra que cette déclinaison variait aussi avec le temps. La mesure de la longitude grâce à la déclinaison fut abandonnée.

Edmund Halley expliqua que la Terre était constituée de couches concentriques aimantées qui tournaient les unes par rapport aux autres. C’est ainsi que l’inclinaison variait dans le temps. Il avait aussi compris que le champ magnétique terrestre avait probablement un rôle dans l’apparition des aurores boréales.

La première expérience de physique : l’aiguille aimantée immergée du britannique Norman

La première expérience de physique : l’aiguille aimantée immergée du britannique Norman

L’inclinaison

L’inclinaison est le fait qu’une aiguille aimantée s’oriente dans le champ terrestre dans un plan qui n’est pas horizontal, mais elle pointe “dans la Terre”.

L’inclinaison fût découverte au milieu du 16ème siècle par un allemand. Mais c’est un britannique qui fit parler de lui avec une expérience restée célèbre : l’expérience de Norman. Il redécouvrit d’abord le phénomène avant de montrer que celui-ci ne provenait pas d’un poids accru au niveau de l’extrémité nord de l’aiguille. Il construisit alors la première boussole d’inclinaison pour montrer que celle-ci s’inclinait de 72$^{\circ}$ à Londres. Après avoir exploré différentes hypothèses (perturbation des montagnes, point attracteur dans la Terre, ou bien dans le ciel), il testa l’hypothèse du point attracteur avec sa célèbre expérience : il construisit une boussole avec du liège et une aiguille aimantée le tout étant aussi dense que l’eau. Il plongea alors son instrument au fond de l’eau et montra que la boussole ne se déplace pas dans le liquide : il n’existe donc pas de point attracteur. Elle ne fait que s’orienter. C’est la première fois qu’il fut évoqué une cause terrestre du magnétisme.

William Gilbert

L’auteur du premier livre de physique "De Magnete" : William Gilbert

L’auteur du premier livre de physique “De Magnete” : William Gilbert

Premier livre de physique

Ce fut ensuite William Gilbert (1540-1603) qui publia après de nombreuses années d’expérimentation “De Magnete” ; probablement le premier vrai livre de physique. Il reprit les expériences de Maricourt, l’idée de magnétisme terrestre de Norman, mais exploita aussi de nouvelles expériences.

Opposition à Maricourt

Tandis que Maricourt pensait que le ciel orientait l’aiguille de la boussole, Gilbert expliqua que c’était la terre la fautive. Il le fit par référence à Copernic : ce dernier avait remplacé le mouvement céleste par un mouvement terrestre, Gilbert se dit alors que la boussole s’orientait aussi du fait de la Terre et non du ciel.

La terrela, nom qu’il donna au globe aimanté de Maricourt, représente alors la Terre, qui se comporte comme un aimant géant. Rappelons que nous savons de nos jours que le magnétisme terrestre est dû à des mouvements de matière chargée à l’intérieur de la Terre.

La "terrela", globe magnétique de William Gilbert

La “terrela”, globe magnétique de William Gilbert

Ses visions de la déclinaison et l’inclinaison

Il essaya d’expliquer la déclinaison et l’inclinaison magnétique : pour la première, il l’attribua à l’irrégularité de la surface terrestre. Pour la deuxième, comme l’aimantation de la Terre suivait la direction des pôles Nord-Sud, l’inclinaison devait être nulle à l’équateur et de 90$^{\circ}$ aux pôles. Il réalisa des mesures sur sa terrela et montre que la relation inclinaison latitude n’est pas simple. Cela lui prouve que le point respective (point attractif de Norman) n’existe pas. Il resta convaincu que la mesure de l’inclinaison devait permettre la mesure de la latitude d’un lieu.

La première convention magnétique

C’est Gilbert qui proposa d’attribuer aux pôles de l’aiguille aimantée qui s’orientait vers le Nord le nom de pôle Sud : ainsi, ce pôle est attiré par le pôle magnétique nord, proche du pôle Nord géographique.

Comment aimanter ou désaimanter

On trouve dans ses écrits que le chauffage d’une pièce aimantée permet de faire disparaître cette aimantation, il décrivit de multiples façons de créer une pièce aimantée.

Des explications, mais pas de mathématiques

Gilbert faisait très peu appel aux mathématiques. Il n’accordait que peu de crédit aux formules.

Des croyances toujours sacrées

Pour Gilbert, la rotation de la Terre autour de ses pôles est due à son magnétisme, tout comme la rotation de la Lune sur elle-même. Et l’expérience de l’horloge perpétuelle de Maricourt ne marchait pas car il manquait à son globe aimanté l’âme magnétique.

Différences entre électricité et magnétisme

Gilbert reprit la similitude entre électricité (ambre frottée) et magnétisme (aimant) et nota leur différence :

  • L’aimant n’attire que le fer alors que l’ambre peut attirer plusieurs corps légers (paille, papier, …) ;
  • L’ambre nécessite un frottement pour attirer, pas l’aimant ;
  • Le magnétisme courant ne vient que d’un seul objet (la pierre d’aimant ou magnétite) alors que d’autres corps frottés (ambre, verre, résines) peuvent aussi attirer de petits objets. “Elektron” qui signifie ambre en grec sera à l’origine du mot électricité ;
  • L’aimant peut agir à travers un écran de bois, pas l’ambre frotté ;
  • L’humidité a une influence sur l’attraction de l’ambre, pas sur celle de l’aimant ;

En citant ces différences, il prit soin de bien séparer dans son discours la “petite” électricité du “grand” magnétisme provenant de la Terre. Enfin malgré les croyances de l’époque aux vertus thérapeutique du magnétisme (qui existaient déjà avant Mesmer, voir plus loin), il ne croyait pas, en bon médecin, à de quelconques propriétés curatives.

 

Puis ce fut au tour de l’électricité

Construction de machines à frotter, bouteille de Leyde et expériences divertissantes

Se rendant compte que les études sur l’électricité progresseraient si on arrivait à mieux électriser les corps, c’est à dire à mieux les frotter, quelques scientifiques à partir du 17ème fabriquèrent des machines à frotter : le premier fut Otto von Guericke (1602-1686) en 1672 qui frotta de sa main une boule de soufre “grosse comme la tête d’un enfant” en la faisant tourner avec une manivelle : la sphère attirait fortement les petits objets mais ceux-ci étaient repoussés violemment après contact avec la machine.Un peu plus tard, l’anglais Hauksbee utilisa un tube puis une sphère en verre.

Une autre découverte importante fut celle de la bouteille de Leyde, le premier condensateur : c’est le Hollandais Petrus van Musschenbroek (1692-1761) qui fit cette découverte en 1746 à Leyde, en essayant de piéger l’électricité dans une bouteille d’eau. En touchant la bouteille, il reçut une violente décharge. Ce dispositif de condensation de l’électricité fut vite perfectionné, la bouteille de verre ne servait plus que d’isolant entre deux conducteurs cylindriques, un à l’intérieur, l’autre à l’extérieur.

Grâce à ces nouveaux dispositifs, les effets des expériences d’électricité deviennent spectaculaires, la science ne progresse pas beaucoup mais les expériences se multiplient pour épater la galerie :

  • on électrise le corps d’un homme que l’on suspend à des corps de soie et qui est capable d’attirer des petits bouts de papier avec ses doigts ;
  • on transmet des décharges électriques à travers de longues chaînes humaines …
La machine à frotter d’Otto Von Guericke

La machine à frotter d’Otto Von Guericke

Le premier condensateur

Le premier condensateur

Stephen Gray et la transmission de l’électricité

Stephen Gray (1666-1736) s’intéressa à la transmission de l’électricité. Au départ, il faisait des expériences sur l’électrisation des corps frottés, il écrivit d’ailleurs une lettre pour raconter comment il avait découvert des nouveaux “électriques”.

1729 : faisant ces expériences sur un tube de verre frotté, pour ne pas que de la poussière perturbe celles-ci, il ferma le tube de verre qu’il utilisait par des bouchons en liège. Après frottement du tube, il se rendit compte que les bouchons avaient également les propriétés d’attraction. Il réalisa alors une série d’expériences de propagation d’électricité, notamment sur une corde en chanvre très longue, qu’il suspendit au plafond d’une grande galerie. La “vertu” électrique n’avait pas de problème à se propager si la suspension du chanvre était réalisée avec des fils de soie. Mais avec de fins fils de laiton, cela ne fonctionnait plus.

Malgré aucun écrit théorique de sa part, c’est lui qui distingua deux sortes de corps, ceux qui permettent la propagation de la vertu électrique (métaux, chanvres, corps humain …) et ceux qui ne le permettent pas (soie, verre, résine). Cependant, il fut montré plus tard que le chanvre n’était pas réellement conducteur (son taux d’humidité le rendait conducteur). Mais ce n’est pas lui qui parla pour la première fois de conducteurs et d’isolants. Ce fût un certain Desaguliers vers 1740.

Là où Gray a été précurseur, c’est que l’électricité devint une propriété générale de tous les corps, la classification de ceux-ci ne se faisait plus par l’attraction qu’il pouvait provoquer par frottement, mais par la conduction du courant qu’ils permettaient. L’électricité devint alors une nouvelle branche de la physique.



Charles-François de Citernay Dufay et les deux électricités

Dufay (1698-1739) poursuivit les travaux de Gray sur les corps frottés : en 1733, il montra par exemple que les corps qui ne peuvent pas s’électriser par frottement, comme les métaux, peuvent l’être fortement par contact. Il faut alors qu’il soit tenu par un manche isolant.

Il s’intéressa particulièrement à la communication de l’électricité et aux diverses répulsions : il pose comme principe que l’électricité se communique du corps frotté vers le corps neutre qu’il attire, qu’il y ait contact ou juste approche. Il y a alors ensuite répulsion des deux corps.

Avec la fameuse expérience du tube de verre et des feuilles d’or, il montre que la feuille d’or (initialement neutre) électrisée par contact (ou approche) avec le verre est ensuite fortement repoussée par celui-ci, mais alors fortement attirée par un bâton de résine frotté.

Il supposa alors l’existence d’une électricité vitrée et d’une électricité résineuse : il y a répulsion dans le cas d’électricité de même type, attraction dans l’autre cas. On pourrait bien, pour lui rendre hommage puisqu’il a été oublié, appeler cette loi d’attraction-répulsion la loi de Dufay !

On notera que cette dualité de l’électricité venait pour Dufay du corps lui même et agissait à l’extérieur par des tourbillons électriques.

En effet à cette époque, la communication de l’électricité entre deux corps, en l’absence de contact, ne constituait pas un sujet d’étonnement : la “matière électrique” n’est pas confinée à l’intérieur des corps, mais s’étend dans l’espace environnant sous forme d’effluves, émanations ou autres atmosphères électriques.

Aujourd’hui on explique la communication sans contact par une décharge électrique dans l’air intermédiaire. Il faut pour cela un champ électrique suffisamment élevé pour rendre l’air conducteur.Par exemple, le transfert de charges entre le tube et les corps légers – la “communication” – se produit entre le verre fortement électrisé et les bords minces des feuilles d’or, d’aluminium ou de papier par un “effet de pointes”. Lorsque le verre est peu électrisé, le champ électrique est trop faible pour rendre l’air conducteur, et la feuille vient au contact du tube : elle sera alors électrisée puis fortement repoussée.

Charles-François de Citernay de Dufay : l’inventeur de la loi de répulsion-attraction électrostatique des corps

Charles-François de Citernay de Dufay : l’inventeur de la loi de répulsion-attraction électrostatique des corps

La théorie du fluide électrique unique

Un des disciples de Dufay, l’Abbé Nollet, attendit la mort de son maître pour rejeter ses idées : pour lui, c’est un fluide unique qui entre et sort simultanément des corps chargés qui provoque les effets des expériences.

Franklin

Sa théorie trouvera un relais de choix en la personne de Benjamin Franklin (1706-1790). Celui-ci a laissé sa trace dans l’histoire avec l’invention du paratonnerre mais aussi avec l’invention des termes conducteur, charge électrique, électricité positive et négative.

Il postule que l’électricité est un fluide qui imprègne tous les corps, le frottement ne fait passer ce fluide que d’un corps vers un autre. Chaque corps possède la même quantité de ce fluide initialement : lorsqu’un homme frotte un tube de verre, il fait passer son fluide électrique vers le verre. Alors le verre est chargé positivement dans le sens où il a reçu du fluide, le corps de l’homme est chargée négativement car il en a donné. Le feu électrique se propage du corps qui a le plus de fluide au corps qui en a le moins. Voilà l’origine des électricités positives et négatives.

Benjamin Franklin : initiateur de la théorie du fluide électrique unique

Benjamin Franklin : initiateur de la théorie du fluide électrique unique

La théorie du double fluide

C’est une histoire de bas qui va amener Robert Symmer (1707-1763) à proposer non pas un fluide électrique mais deux.

Les hommes avaient l’habitude de porter des bas et remarquèrent que des étincelles apparaissaient à leur retrait. Voulant voir à quoi cela était dû, Symmer décida de porter deux types de bas de nature différente : il remarque que le phénomène lumineux s’accentue et que les deux paires de nature différente s’attirent. Il recommence son expérience en associant deux nouveaux types de bas et obtient un résultat encore plus spectaculaire.

Pour expliquer ces phénomènes, Symmer utilisa le vocabulaire de Franklin mais il ne trancha pas sur qui perd ou gagne du fluide électrique. Ayant lu Dufay, il suggèra l’existence de deux fluides : les corps non électrisés possèdent les deux fluides en parts égales, ils peuvent s’électriser de l’une ou l’autre des manières selon qu’ils possèdent un excès de l’un ou l’autre des fluides. Il garda la notion de fluide positif et négatif.

Il garda la convention de Franklin comme quoi le verre possède un excès de fluide positif, le soufre un excès de fluide négatif.

Coexistence des deux théories

La théorie du fluide unique et celle du double fluide coexistent au 18 ème siècle, les anglais seront adeptes de la théorie de Franklin, les autres européens de celles de Symmer.Coulomb venant d’établir la loi mathématique qui porte son nom penchera plutôt pour celle des deux fluides.

Charles-Augustin Coulomb

Charles-Augustin Coulomb

Les bases de l’électrostatique

En dehors de ces débats sur les théories fluidiques, les bases de l’électrostatique sont justement posées par Coulomb :Rappelons que la loi de Coulomb (1785) exprime mathématiquement la force qui s’exercent entre deux particules chargées et qui varie comme l’inverse de la distance entre les charges au carré. Cette loi est établie grâce à une balance de torsion construite par Coulomb lui-même.

Dans les mêmes années, la notion de potentiel utilisé en gravitation (Lagrange, Laplace puis Poisson) est utilisée pour l’électrostatique.

La notion de courant

La définition de Franklin de l’électricité sous forme de fluide introduit la notion d’écoulement, donc de courant. Un certain Kinnersley, correspondant de Franklin, lui proposa une première expérience pour faire circuler le fluide entre un globe de verre et un globe de soufre à l’aide d’un conducteur. C’est aussi lui qui le premier découvrit l’effet calorifique (l’effet Joule) du courant : il relia les deux armatures d’une batterie de bouteilles de Leyde par un fil de laiton qui fut alors porté au rouge.Son explication du phénomène était étonnamment moderne : il parla de résistance à l’écoulement, qui serait alors plus grande si le fil est mince, pour une même quantité de courant.

Le sens de circulation du courant va alors de soi : il circule du corps qui a le plus de fluide jusqu’au corps qui en a le moins. Ce sens est donc imposé par le modèle.

La pile de Volta

Nous ne parlons que brièvement de cette invention puisque les récits de sa découverte sont connus. Rappelons juste que c’est à la suite des travaux de Galvani sur des cuisses de grenouille que Volta en 1800 eut l’idée de séparer des disques de deux métaux différents par des disques cartonnés imbibés pour créer la première pile électrique. Lorsqu’un expérimentateur touche les deux extrémités de la pile, il reçoit une légère commotion du fait du courant de fluide électrique qui traverse et envahit le corps.

Après Volta, le courant électrique fut monopolisé par les chimistes qui réalisèrent toutes sortes d’électrolyses (découvertes de nombreux éléments).

L’expérience d’Oersted permit aux physiciens de se réapproprier les phénomènes électriques et leur lien avec le magnétisme.

Le magnétisme à la fin du 18ème siècle

Le magnétisme comme science de guérison ?

Disons brièvement quelques mots d’un courant, le mesmérisme, dont l’idée était que le magnétisme pouvait guérir : en se basant sur les travaux de Galvani et sur ses idées d’électricité animale, Mesmer (1734-1815) proposa une théorie du magnétisme animal. Il développa sa théorie et organisa des séances collectives de soins à base d’aimants. Considéré par les physiciens comme dangereux, une commission fut composée pour vérifier la théorie du magnétisme animal : des grands noms comme Lavoisier et Franklin étudièrent et rejetèrent le mesmérisme.

Les premiers aimants artificiels

La magnétite était un produit rare donc cher jusqu’à ce que les premiers aimants artificiels soient créer. Le premier fut l’aimant en forme de fer à cheval popularisé par Bernoulli. Puis on réussit par la suite à créer des aimants permanents en utilisant deux chariots de 200 aimants chacun entre lesquels on interposait un barreau métallique.

La naissance de l’électromagnétisme

L’expérience d’Oersted

C’est un professeur de physique danois, Hans Christian Oersted (1777-1851), qui commença la véritable histoire de l’électromagnétisme avec sa célèbre expérience de 1820 : il montra qu’un courant circulant dans un fil créé un champ magnétique perpendiculaire au fil. En effet, faisant des expériences sur le pouvoir calorifique du courant, il brancha un pile de Volta aux deux bornes d’un fil et observa la déviation d’une aiguille aimantée située à proximité. L’interversion des deux pôles de la pile fait dévier l’aiguille dans l’autre sens.

Il arriva même à interpréter celle-ci à l’aide de la théorie des fluides électriques : “La matière électrique négative décrit une spirale à droite et agit sur le pôle Nord tandis que la matière électrique positive possède un mouvement en sens contraire et a la propriété d’agir sur le pôle Sud”.

Le Danois Oersted qui découvrit la relation entre électricité et magnétisme

Le Danois Oersted qui découvrit la relation entre électricité et magnétisme

La célèbre expérience d’Oersted en 1820

La célèbre expérience d’Oersted en 1820

La première contribution d’Ampère

Sens du courant électrique et convention

Andre-Marie Ampère (1775-1836) fut aussi un adepte du double fluide, il conserva l’appellation d’électricité positive et négative tout en précisant qu’il ne s’agit que d’une convention. Il affirma que les deux électricités sont produites par la pile.

C’est lui qui posa la première convention de sens du courant électrique : en disant que si on connaît le sens de transport d’un des fluides, on connaît forcément l’autre, il suffit d’en choisir un et d’appeler courant électrique son sens de circulation. C’est le fluide positif qui sera choisi.

Cette théorie des deux fluides s’impose alors, surtout en Europe continentale. Mais il est difficile d’expliquer comment les deux fluides se croisent sans se neutraliser.

Le bonhomme d’ampère

Ampère se servira de ce nouveau courant pour concevoir le “bonhomme d’ampère” : il permet de prévoir la déviation de l’aiguille aimantée (le sens du champ magnétique) en fonction du sens de circulation du courant. Malgré cette théorie des deux fluides, on voit bien qu’il est nécessaire de définir un courant.

André-Marie Ampère invente le "courant électrique"

André-Marie Ampère invente le “courant électrique”

La première contribution de Maxwell

Sens du courant et règle de la vis

John Clerk Maxwell (1831-1879), considéré comme le père de l’électromagnétisme, donne son avis sur cette théorie fluidique électrique : il dit que tant que rien n’a été prouvé, il faut éviter de parler de fluide électrique.

Cependant encore une fois, il faut bien un courant pour interpréter les phénomènes électromagnétiques. Maxwell l’utilise dans sa règle de la vis (ou du tire-bouchon) :”Supposons qu’une vis droite s’avance dans la direction du courant, en tournant, en même temps, comme au travers d’un corps solide, c’est-à-dire, dans le sens des aiguilles d’une montre, le pôle nord de l’aimant tendra toujours à tourner autour du courant dans le sens de la rotation de la vis, et le pôle sud, dans le sens opposé”.

Thomson et le corpuscule d’électricité

Un point final à la théorie des fluides

J.-J. Thomson (1856-1940) dira d’abord que “l’on ne pourra pas départager les deux théories fluidiques tant que l’on ne connaîtra pas la constitution de ce ou ces fluides”. Il étudiera consciencieusement les rayons cathodiques (issus d’une cathode chauffée) pour découvrir le corpuscule d’électricité négatif. Ainsi, le fluide unique de Franklin semble l’emporter, “un corps chargé positivement est un corps qui a perdu une partie de ses corpuscules”.

Ainsi, le verre ne se charge pas positivement, il perd de l’électricité !

Le retour d’Ampère et l’électrodynamique

Ampère étudia attentivement l’expérience d’Oersted et la compléta avec ses propres expériences et hypothèses :

  • il expérimenta la force magnétique qui s’exercent entre deux fils parcourus par un courant et montra que celle-ci dépend du sens du courant dans les fils, de la distance entre les fils ;
  • il eut l’intuition que les propriétés magnétiques de la matière (du fer) sont dues à des courants électriques microscopiques ;
  • il observa le phénomène d’induction (courant induit dans une bobine traversée par variation du champ magnétique à l’intérieur de celle-ci), mais ne poussa pas plus loin ses investigations.

Les travaux d’Ampère permettront à Arago d’inventer l’électroaimant en 1820 (une bobine de fil parcourue par un courant se comporte exactement comme un aimant), et de montrer que le fer peut s’aimanter grâce à un courant.

On notera aussi qu’Ampère eut l’idée d’un télégraphe électrique dés 1820.

La roue de Barlow

En 1822, la roue de Barlow peut être considérée comme la première machine électrique : une roue composée de multiples pointes métalliques est parcourue par un courant. Celui-ci peut circuler car les pointes de la roue baignent dans un récipient de mercure : le circuit est donc fermé. Au niveau du récipient de mercure, un aimant en forme de fer à cheval crée un champ magnétique. Les pointes qui arrivent au niveau de l’aimant subissent la force de Laplace, force électromagnétique qui les met en mouvement perpendiculairement à l’axe de rotation de la roue. Tant qu’un courant circule, la roue tourne … mais la puissance motrice développée est faible.

La roue de Barlow : premier moteur électrique ?

La roue de Barlow : premier moteur électrique ?

Michael Faraday (1791-1867)

Michael Faraday qui n’était pas physicien mais relieur (il lisait les livres scientifiques qu’il devait relier), ne rata pas la découverte de l’induction électromagnétique en 1831 : si le flux du champ magnétique à travers une bobine de fil varie, un courant électrique induit apparaît dans cette bobine. C’est cette découverte qui donnera naissance à l’alternateur, au moteur électrique, au transformateur, à la plaque à induction … Cependant, Faraday ne formalisera pas mathématiquement cette découverte, il utilisera seulement les notions de champ magnétique et de champ électrique pour la première fois dans l’explication du phénomène.

Il découvre l’induction électromagnétique : Michael Faraday

Il découvre l’induction électromagnétique : Michael Faraday

Le télégraphe électrique : premières communications électromagnétiques

Ampère a théorisé le télégraphe électrique, mais ne la pas conçu. On doit la construction du premier télégraphe électrique à Wheatstone en 1838, celui-ci relia Londres à Birmingham.

Le télégraphe utilise un interrupteur comme émetteur, celui-ci commande le courant envoyé dans la ligne.Ce courant électrique sert à transporter l’information.A l’autre bout de la ligne, un électroaimant retranscrit les impulsions de courant et marque un bout de papier.

Le télégraphe le plus célèbre est celui de Samuel Morse et son code associé : un brevet lui est accordé en 1840 pour cette invention.

Le célèbre télégraphe de Morse

Le célèbre télégraphe de Morse

Le retour de Maxwell et l’électromagnétisme

C’est donc Maxwell qui établit mathématiquement en 1864 toutes les lois de l’électromagnétisme à partir principalement des travaux d’Ampère et de Faraday. Ces lois se résument en quatre équations, deux concernent les champs électriques et magnétiques séparément, deux autres montrent la relation entre ces deux champs.

Les lois de Maxwell montrent que les champs E⃗ et B⃗ s’influencent mutuellement : ils n’ont pas besoin de courant ni de charges pour se propager de proche ne proche à une certaine vitesse c. Deux chercheurs allemands mesurèrent cette vitesse et trouvèrent une vitesse égale à celle de la lumière. Maxwell conclut que la lumière est une onde électromagnétique : elle n’est qu’une oscillation transversale du champ électromagnétique puisque les champ E⃗ et B⃗ sont perpendiculaires à la direction de propagation. Ainsi cette nature électromagnétique de la lumière permet d’expliquer certaines observations de Faraday concernant la polarisation de la lumière.

Le père de l’électromagnétisme : James Clerk Maxwell

Le père de l’électromagnétisme : James Clerk Maxwell

Invention de la dynamo et du moteur à induction

Deux inventions seront capitales technologiquement parlant, toutes les deux issues de l’induction électromagnétique :

  • la première est la dynamo par Zénobe Gramme en 1869 qui permet de produire un courant électrique à l’aide d’une force mécanique. On peut alors se passer de pile électrique !
  • La deuxième est l’invention du moteur à induction par Nicolas Tesla en 1880.

Emission et détection d’ondes électromagnétiques par Heinrich Hertz (1857-1894)

L’électromagnétique prend un nouvel élan en 1888 avec la production et la détection d’ondes électromagnétiques par Heinrich Hertz : il produit des ondes grâce à une décharge électrique, il les détecte grâce à une boucle de fil dans laquelle un courant apparaît lorsqu’elle est traversée par une onde. Il vérifiera que ces ondes ont bien la même vitesse que la lumière.

Invention de la radio

Avec les travaux d’Heinrich Hertz, il ne reste plus qu’à contrôler la production des ondes et être capable de les détecter pour pouvoir transmettre de l’information. C’est ainsi que la radio naîtra, on attribue son invention à Giuglielmo Marconi qui en 1896 transmettra un signal sur 10km.

Les autres applications suivront

Que pourrait-on faire de nos jours sans l’électromagnétique : radio, télévision, téléphonie sans fil, wifi, micro-onde, radar, plaque à induction, moteur, alternateur, enregistrement numérique, etc. Ce domaine de la physique est partout, au quotidien il nous facilite la vie. Cela valait bien un dossier de Podcast Science pour comprendre comment on en est arrivé là !

Références

Notes

L’expérience de la dans des feuille d’or du site ampere.cnrs.fr.

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Podcastscience 70 – Solaire cherche futur

On 25.01.2012, in Notes d'émission, by Podcast Science

Un dossier bourré d'infos intéressantes sur l'énergie solaire, pour cette semaine ! Et c'est notre Alan national, que même les américains nous envient, qui s'en est occupé :)  par ici !

Vous en apprendrez plus sur la rentabilité, la durabilité, ou encore les projets d'avenir pour cette énergie prometteuse dont la Suisse et la Chine sont les pionniers mondiaux. Pour le mp3, c'est en bas que ça se passe (player).

Et si vous le n'avez pas vue, ne manquez pas l'illustration de Lucile qui se la joue photovoltageek :)

Pour continuer, la p'tite vidéo qui va avec (à prendre avec des pincettes) :

A Goodbye Note To An Ex Lover

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On continue avec un plug' vers Research Gate, un réseau social consacré à la science, avec des profils scientifiques, des articles, un agenda des événements scientifiques et des bourses d'emplois !

Ensuite, quelques liens sur les news abordées en fin d'émission :

La fin de la seconde intercalaire ?

Convergence vocale chez les chimpanzés sur www.sciencesetavenir.fr

Et pour finir, les quotes de Podcast Science :

Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière”

Michel Audiard, le cinéaste français.

“Quand on m'explique les mathématiques, je perds pied dès le premier mot. En physique, je comprends la première phrase, en biologie j'ai compris l'essentiel du message, et en sciences humaines chacun donne son avis.”

Roland Barthès, écrivain français.

Et voilà, on vous dit à la semaine prochaine, avec un dossier que Marco nous a vendu (comme il pouvait) sur les méthodes de datation en géologie !

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Un mème circule dans les petits milieux de la promotion des énergies renouvelables. Vous l’avez sans doute déjà entendu: “Le soleil fournit à la Terre assez d’énergie en une minute pour couvrir les besoins énergétiques d’une année. En une journée, le soleil nous fournit de quoi tenir plus de 27 ans.” Je me suis acharné pendant plus d’une heure à tenter de trouver l’origine de la citation (qui n’est jamais mentionnée nulle part) afin de remonter sur une source académique digne de ce nom avant de partager cette  avec vous cette comparaison spectaculaire. Et j’ai fini par trouver quelque chose d’approchant. En fait, ce n’est pas en une minute que le soleil nous fournit toute cette énergie, mais en 90! La citation correcte est

In 90 minutes, enough sunlight strikes the earth to provide the entire planet’s energy needs for one year.
En 90 minutes, la quantité de lumière du soleil qui frappe la Terre suffit à satisfaire les besoins de la planète pour une année entière.

Livre: Solar Energy PerspectivesC’est l’Agence Internationale de l’Energie qui l’indique dans une étude publiée en décembre 2011 sur l’énergie solaire et ses perspectives.

Ce mème n’est pas la seule information erronée qu’on peut lire sur l’Internet quand on recherche des informations sérieuses concernant les énergies renouvelables. Les militants d’un bord comme de l’autre ne sont pas très regardants quant aux sources, c’est assez effrayant. Honnêtement, jai eu un mal fou à monter ce dossier en vérifiant toutes mes sources, ça m’a pris 3 fois plus de temps que d’habitude.

Pour en revenir à notre petite citation en version erronée ou corrigée, ce que j’en retiens, c’est que le soleil nous fournit une énergie phénoménale et gratuitement par dessus le marché! On a l’impression qu’il n’y a qu’à la collecter pour que tous nos problèmes d’approvisionnement d’énergie (et les conflits qui en découlent!) soient résolus.

Les plantes tirent l’essentiel de leur énergie du soleil, via la photosynthèse. Ne pourrions-nous pas être aussi malins qu’elles et en faire autant?

Est-ce vraiment si simple?

Dans ce dossier, nous allons commencer par poser quelques fondamentaux. Qu’est-ce que le photovoltaïque, comment ça marche. Quel est le mécanisme qui permet de prendre en entrée les photons de la lumière du soleil et produire en sortie des électrons prêts à recharger nos indispensables gadgets? Nous essaierons de comprendre les limitations de la technologie des cellules photovoltaïques – qu’on trouve dans les panneaux solaires –  et ainsi comprendre pourquoi nous n’en voyons pas partout. Si le soleil nous envoie effectivement autant d’énergie, pourquoi ne pas recouvrir les zones inhabitées du Sahara de panneaux solaires? Et pourquoi pas carrément des centrales solaires spatiales, pour bénéficier d’un ensoleillement 24 heures sur 24? Finalement, nous nous intéresserons à l’avenir de cette technologie. Les panneaux doivent-ils nécessairement être noirs, rigides, lourds et moches ou les cellules de 2e et 3e génération – qui sortent essentiellement des centres de recherche suisses – promettent-elles autre chose?

Commençons donc par les fondamentaux:

L’effet photovoltaïque

Le phénomène physico-chimique qui a permis l’émergence de cette technologie s’appelle l’effet photovoltaïque. C’est un phénomène très proche de l’effet photoélectrique, observé pour la première fois en 1838 par Antoine-César Becquerel et son fils Alexandre-Edmond, (respectivement grand-père et père d’Henri Becquerel, co-découvreur de la radioactivité aux côtés de Pierre et Marie Curie). Les Becquerel (grand-père et père) s’amusaient à observer le comportement électrique d’électrodes immergées dans un liquide et se sont rendus compte que ce comportement était modifié en présence d’un éclairage. Certains métaux émettaient des électrons lorsqu’ils étaient soumis à la lumière, mais cela ne fonctionnait qu’à certaines fréquences, à partir d’un certain seuil. Ce qui était inexplicable avec les connaissances en physique de l’époque. C’est Albert Einstein qui fut le premier à comprendre le phénomène en remettant fondamentalement en question la lumière. Il a formulé l’hypothèse que le rayonnement électromagnétique était fait de grains de lumières porteurs d’énergie. Ces grains d’énergie, on les a rapidement rebaptisés photons et c’est d’ailleurs pour ces travaux sur la nature de la lumière et l’explication du phénomène photoélectrique qu’Einstein a reçu le prix Nobel de physique en 1921 (et pas pour ses deux théories de la relativité qui ont changé la face du monde à plus d’un titre).

Pour en revenir à nos définitions, l’effet photoélectrique, c’est donc l’émission spontanée d’électrons par un métal lorsque celui-ci est exposé à la lumière ou à un autre rayonnement électromagnétique de fréquence élevée.  Concrètement, on s’en sert essentiellement pour des détecteurs, des capteurs vidéo et des systèmes de vision nocturne.

L’effet photovoltaïque est un peu différent, si on en croit notre ami wiki, “L’effet photovoltaïque est obtenu par absorption des photons dans un matériau semi-conducteur qui génère alors des paires électrons-trous (…) créant une tension ou une courant électrique.” Pas super parlant a priori, mais on va décrypter tout ça dans un instant.

La différence entre les deux phénomènes, c’est que dans l’effet photovoltaïque, l’électron passe à travers plusieurs bandes du semi-conducteur où il va accumuler de la tension entre deux électrodes. Les électrodes fournissent un courant électrique continu, directement exploitable pour recharger nos très chers et indispensables téléphones portables.

La cellule photovoltaïque

De l’effet photovoltaïque à la cellule, il n’y a qu’un pas, ou plutôt, deux couches ;)

Si on prend une plaquette de silicium et qu’on l’expose à la lumière, celle-ci va naturellement libérer quelques électrons. Mais bon, à l’air libre, comme ça, les électrons ne nous sont pas d’une grande utilité… Pour exploiter l’énergie solaire, on prend une première couche de silicium, on la dope au phosphore. Elle se retrouve subitement bourrée d’électrons. Notre morceau de silicium devient un semi-conducteur de type “N”, N pour négatif. On prend une seconde couche de silicium, qu’on dope cette fois avec du bore. Elle se retrouve subitement en déficit d’électrons, pleine de trous. Notre deuxième morceau de silicium devient un semi-conducteur de type “P”. P pour… ? Positif bien sûr!
Le photovoltaïque en une imageEn gros, le coeur d’une cellule photovoltaïque n’est constitué que de ces deux couches de silicium. Excités par les photons, les électrons trop nombreux d’un côté et les trous d’électrons trop nombreux de l’autre n’auront qu’une idée en tête: rétablir l’équilibre en se promenant allègrement entre les deux couches. En plaçant judicieusement un conducteur entre les deux, on récupère le courant électrique, le tour est joué, l’iphone est rechargé, on peut appeler pour dire qu’on est en retard pour le dîner, les inquiétudes retombent, tout le monde est heureux.

Une petite digression, pour souffler un peu… Silicium en français, se dit silicon (sans “e”) en anglais. La Silicon Valley, c’est la vallée du silicium et pas du silicone (qui est un polymère contenant du silicium.)

Les limitations physiques

On améliore sans cesse le rendement des cellules photovoltaïques mais il y a une limite. Elle porte même un nom, c’est la limite de Shockley-Queisser du nom de William Shockley et Hans Queisser qui l’ont calculée en 1961. En gros, le nombre d’électrons qui peut passer dans une jonction P-N est limité. Et l’efficacité d’une cellule solaire de ce type ne peut pas dépasser 33.7% (on pourrait atteindre 86%, mais il faudrait que les rayons soient  préalablement compactés au moyen d’un système optique). On atteint gentiment cette limite: si les cellules qu’on trouve sur le marché plafonnent en moyenne à 14-19% d’efficacité, on sait produire en laboratoire des cellules qui atteignent un rendement de 25% (plus très loin des 33.7, donc). Et pour les cellules qui ont plusieurs jonctions P-N, on arrive à plus de 42%.

La puissance-crête et l’emplacement idéal

Quand on parle de rendement, ou d’efficacité, ce qu’on cherche à représenter, c’est la proportion d’énergie reçue qu’on arrive à transformer. Si les rayons du soleil émettent une puissance de 1000 watts par mètre carré par exemple, des panneaux solaires dont la “puissance-crête” est de 15% parviendront à produire 150 watts par mètre carré au meilleur de la journée.

C’est d’ailleurs essentiellement pour optimiser le rendement qu’on place les panneaux solaires sur les toits uniquement et pas sur les trottoirs de nos villes par exemple. Un immense merci à Lucile qui m’a donné un coup de main sur cette partie du dossier et que j’ai le plaisir de citer ici :

Il existe diverses raisons pour lesquelles on privilégie l’installation de panneaux solaires sur les toits.

  • Raison pratique : élevée sur un toit, une installation photovoltaïque n’empiète pas sur l’espace vital;
  • Raison esthétique : les panneaux solaires sont plus discrets à cet emplacement;
  • Raison technique (la principale) : cette position permet d’optimiser le rendement des cellules photovoltaïques

Le rendement d’un panneau solaire varie en fonction de la puissance des cellules mais également selon son exposition aux rayons du soleil. Il est donc primordial avant d’installer une telle structure sur son toit, d’évaluer l’emplacement au niveau duquel le panneau solaire bénéficie d’un maximum de rayons du soleil.

L'angle d'incidence (Wikipédia)L’exposition du panneau se calcule grâce à l’angle d’incidence. Cet angle est formé par les rayons du soleil et le plan du panneau. Pour exploiter au mieux la ressource solaire, l’angle d’incidence doit être le plus proche possible de 90°. Et pour arriver à un angle d’incidence optimal de 90° il faut respecter les paramètres suivants :

  • Une orientation du panneau vers le sud
  • Une inclinaison du panneau de 15° à 50° (30° étant l’idéal) par rapport à l’horizontale

De plus, cette inclinaison permet d’éviter l’encrassement du panneau photovoltaïque (ce qui réduirait la production d’électricité).

http://www.tpepanneauxsolaires.fr/rentabilite.html#rec
http://www.energies-nouvelles.net/guide-rendement-photovoltaique-14.html

Les autres limitations

Il y a quelque limitations, mais bon. La lumière du soleil est gratuite et constitue une manne intarissable, en tout cas pour les 5 prochains milliards d’années. D’ailleurs, il est intéressant de relever que, à part le nucléaire, la géothermie et les centrales marémotrices (moulins à marées), pratiquement toutes les autres énergies sont plus ou moins directement issues du soleil. Même le pétrole et le gaz; quand on remonte la filière jusqu’aux origines, sont une forme de stockage de l’énergie du soleil (le soleil a permis la production des composants organiques qui les constituent à un moment ou un autre).

Pourquoi ne tapons-nous pas davantage dans cette source formidable d’énergie?

Et bien parce si la lumière du soleil est (encore?) gratuite, la fabrication des panneaux solaires, leur installation, la transformation et le transport du courant ont un coût. Un coût pas tout à fait négligeable, même s’il on constate une nette baisse depuis que la Chine domine la production des cellules photovoltaïques (selon un rapport de Bloomberg Energy Finance de 2010, les coûts de production des panneaux, pour une puissance égale en watts ou en mégawatts, a chuté de 50% entre fin 2008 et 2009) (Rapport, pdf, 3.6Mo) .

Sur le prix comparé du kilowatt heure d’électricité produite via des installations solaires par rapport aux autres filières, les sources que j’ai pu trouver varient grandement selon qu’elles émanent de partisans du nucléaire, de promoteurs des énergies renouvelables, de fabricants de cellules ou de vendeurs de panneaux. (C’est tout le drame de la préparation de ce dossier!) Tantôt, on prend ou non en compte les compensations carbone des centrales à charbon et le coût du démontage des centrales nucléaires, tantôt pas. Et si on arrivait à se mettre d’accord sur une méthodologie, il faudrait encore prendre en compte les énormes variations régionales: amortir son installation solaire prend forcément plus de temps sous un le ciel britannique qu’australien par exemple, ce qui influe sur le prix de revient du kilowatt/heure. Devant ces difficultés,  je préfère renoncer à une comparaison plutôt que raconter n’importe quoi (en gros, selon la perspective, le kw photovoltaïque est entre deux fois moins cher et trois fois plus cher que le nucléaire). No comment.

Par contre, sur un marché donné, la comparaison du prix de l’électricité photovoltaïque avec le prix du courant du réseau est une indication intéressante. Selon un récent rapport de Bloomberg Energy Finance, (juin 2011), la chute vertigineuse des prix de fabrication des panneaux de ces dernières années permet désormais aux installations domestiques, dans les régions bien ensoleillées, d’atteindre la parité par rapport au prix du réseau (20 cents américains par kWh pour le solaire vs 20-25 cents pour le courant du réseau). Et selon le Guardian, qui cite une étude Ernst & Young (malheureusement plus en ligne), le prix des installations va encore baisser de manière significative d’ici 2013 (moitié du prix de 2009), et compte tenu de plein d’autres critères économiques encore (je vous laisserai le soin de lire l’article), dans dix ans, il sera définitivement plus intéressant pour les gros consommateurs de se tourner vers ce type d’installation plutôt que vers les sources traditionnelles d’approvisionnement électrique.

Une énergie vraiment propre?

On peut se poser la question de l’impact environnemental de la production des panneaux solaires. Ils ne tombent pas du ciel, il faut les fabriquer et cela demande de l’énergie et des matériaux plus ou moins polluants. Là aussi, on entend tout et son contraire sur Internet. Heureusement, il y a de temps en temps une publication scientifique contenant des informations vérifiées, j’ai notamment trouvé une étude de chercheurs de New-York et des Pays-Bas qui, en gros, démontre que le cycle de vie complet des panneaux photovoltaïques – même de 1e génération – est l’un des plus propres en comparaison avec toutes les autres technologies de production d’électricité. Les cellules fines – dites de 2e génération – sont plus propres encore. En fouillant un peu plus loin, je me suis rendu compte que le souci n’est pas tellement du côté de la fabrication des cellules, mais plutôt dans le transport et la fin de vie des panneaux. Sur le transport d’abord: les panneaux solaires viennent essentiellement d’Asie (en 2010, les 2/3 de la production mondiale se partageaient entre la Chine, Taiwan et le Japon. La Chine a quintuplé sa production entre 2007 et 2010 pour devenir le n° 1 mondial, loin devant tout le monde, et ce n’est pas fini car la Chine qui avait doublé ses objectifs “solaires” pour 2015 après Fukushima vient de les augmenter de 50% encore fin 2011, les portant à 15GW), bon ceci dit, les panneaux solaires sont également essentiellement consommés en Asie. La Chine seule détenait près de 50% du marché en 2010 déjà et ce n’est pas près de baisser! Ça, donc, c’était pour le transport. Sur l’élimination des panneaux solaires maintenant:  jusqu’à récemment, rien n’était organisé – ni par les industriels ni par les autorités – pour la collecte et le recyclage des panneaux solaires. Selon “Usine Nouvelle” (si, si… Sorry…), en Europe en 2010, l’industrie photovoltaïque générait moins de 6’000 tonnes de déchets. Mais avec une croissance de 35% par année en moyenne, et compte tenu de l’espérance de vie moyenne de 25 ans des panneaux, quelque 130 000 tonnes sont attendues en 2030, ce qui peut commencer à devient un souci. Mais bon, il y a un marché pour la récupération du silicium et l’industrie allemande est en train de donner le “la” de la filière du recyclage. Côté français, une réglementation exige depuis le 1er janvier 2012 que tous les aspects du cycle de vie soient pris en compte avant installation.

Pour conclure sur les aspects environnementaux, j’ai trouvé une étude étude (pdf, 339 Ko) du laboratoire national pour l’énergie renouvelable, aux Etats-Unis commandée par le département américain de l’énergie et basé sur des recherches indépendantes néerlandaise et japonaise. Elle indique que le “payback”, en anglais, soit le retour sur l’investissement énergétique est atteint après 1 an pour les meilleures cellules (celles de 2e génération, nous allons voir ça dans un instant) et de 4 ans pour les cellules de 1e génération. En gros, il faut entre 1 et 4 ans aux panneaux solaires pour “rembourser” toute l’énergie nécessaire à leur production, toutes étapes du processus confondues, ce qui est particulièrement intéressant quand on sait que les panneaux ont une espérance de vie de 30 ans environ.

Et pourquoi pas une centrale solaire dans le Sahara?

Un des problèmes, c’est qu’on ne consomme pas toujours l’énergie là où le soleil brille. Prenons la vieille idée de recouvrir les zones inhabitées du Sahara de panneaux solaires. Vieille car elle a été évoquée la première fois par Franck Shuman, un inventeur américain, en 1913. Il a d’ailleurs créé la première centrale thermique solaire en Egypte à cette époque-là (1912-1913), un vrai fou.  L’idée est régulièrement classée puis ressortie des tiroirs. Séduisante sur le papier, elle n’a encore jamais mise en pratique pour plusieurs raisons:

  • Transporter l’énergie a un coût. Les pertes se limiteraient à quelque 3% par 1’000 kilomètres après conversion en courant alternatif à haute tension. Après 4’000 kilomètres traversés depuis le Sahara, on n’aurait donc paumé 12% du courant ainsi généré;
  • Le soleil ne brille que 12 heures par jour au maximum à l’équateur, on aurait quand même un problème la nuit, et c’est là que l’éclairage peut être utile…
  • Les panneaux solaires sahariens seraient soumis à des conditions extrêmes. On pense tout de suit aux tempêtes de sable, mais le problème n° 1 serait la chaleur. Pour éviter d’endommager les panneaux solaires, il faudrait les refroidir… Avec de l’eau! On commence à comprendre les soucis ;)
  • Et ce n’est pas tout! Le coût n’est pas négligeable. La fondation Desertec qui cherche à mettre en place des solutions de ce type estime que, pour le Sahara, ça coûterait la bagatelle de 500 milliards de dollars;
  • Le dernier problème à mon avis, qui ne serait pas des moindres, serait la question du pipeline. On le voit avec les oléoducs et les gazoducs, ils constituent un enjeu géostratégique majeur. Pourquoi en irait-il différemment avec des lignes à haute tension si couper un seul fil permettait de faire la pluie et le beau temps sur la politique internationale?
Bref, le Sahara recouvert de panneaux solaires, ce n’est pas pour demain.

Le projet de centrale orbitale de la NASA (Wikipédia)Dans ce cas, pourquoi pas voir encore plus grand avec une centrale solaire orbitale ?

Aussi incongru que ça puisse paraître, c’est un projet qui est pris très au sérieux et cela fait plus de 40 ans qu’on y consacre des recherches. Selon Wikipédia, c’est même la pré-étude la plus chère de la NASA à ce jour (50 millions de dollars entre 1978 et 1981). Depuis 2009, un consortium d’entreprises  japonaises s’y est mis également et en 2010 les industriels européens de l’EADS ont annoncé un projet (source Wikipédia). L’idée est assez simple: aller chercher le soleil, là où il est. Et transmettre à la Terre l’énergie ainsi collectée par une technologie sans fil, soit des micro-ondes soit un laser infrarouge. Les avantages seraient très nombreux:
  • Un rayonnement beaucoup plus intensif que sur Terre: hors atmosphère, l’efficacité de la collecte d’énergie serait à 144% du maximum obtenu sur Terre;
  • 24 heures d’ensoleillement par jour toute l’année au lieu de 12 en moyenne sur Terre;
  • Elimination des problèmes liés à la météo;
  • Pas d’interférence avec les plantes et les animaux;
  • Transmission possible à différents points de collecte sur Terre, pas forcément toujours le même.
Très séduisant sur le papier, mais évidemment, il faut encore faire face à quelques petites bricoles, comme…
  • Acheminer tout cela dans l’espace; les coûts financiers et écologiques des lancements sont exorbitants. J’ai trouvé une simulation intéressante sur la version anglaise de wikipédia:

Pour donner une idée du problème, en admettant que la masse d’un panneau solaire soit de quelque 20 kg par kilowatt (sans compter la structure, l’antenne, les miroirs), une station de 4 GW pèserait quelque 80’000 tonnes. Des conceptions hyper légères pourraient peut-être optimiser tout cela d’un facteur 20. Admettons: 4’000 tonnes pour une station d’une capacité de 4 GW. Il faudrait entre 40 et 150 fusées pour envoyer le matériel en orbite basse où d’autres fusées plus légères prendraient le relais pour les placer en orbite géostationnaire. Ce processus seul coûterait déjà 11 milliards de dollars pour la conception légère, 320 milliards pour la conception classique. Pour 4 GW. En comparaison, les centrales nucléaires ou à charbon reviennent à 3 à 6 milliards par GW (sans inclure les coûts cachés liés à ces centrales)

S’il faut attendre l’ascenseur spatial pour régler le problème, on peut encore rigoler quelques années ;)

  • Entretenir l’installation (soumise à des rayonnements violents, à des pluies d’astéroïdes, bref à tout ce dont nous sommes bien protégés sur la Terre ferme);
  • Et surtout… Transmettre l’énergie. Ce serait une grande première! Aujourd’hui, qu’on opte pour le laser ou les micro-ondes, on ne sait transmettre de l’énergie que sur quelques kilomètres, avec des pertes importantes.

L’avenir du photovoltaïque

L’avenir du photovoltaïque est peut-être en orbite, mais il est peut-être plus proche de nous. Peut-être dans les centrales solaires thermodynamiques. C’est une approche relativement nouvelle qui consiste à collecter indirectement la lumière du soleil après l’avoir concentrée avec des miroirs. Contrairement aux cellules photovoltaïques, les miroirs ne coûtent pratiquement rien à fabriquer. On obtient de meilleurs résultats sans augmenter le nombre de cellules, c’est plutôt intéressant.

L’avenir se situe peut-être aussi plus près de nous encore, dans nos vêtements ou nos rideaux… En effet, les panneaux solaires ne sont plus condamnés à être noirs, moches et rigides. Enfin, noirs, c’est quand même recommandé… Car c’est la couleur qui absorbe le plus de photons, ce serait dommage de s’en priver.

Les cellules de 2e génération

Les cellules suisses Flexcell, un exemple de cellules de 2<sup>e</sup> générationOn appelle les cellules de 2e génération les cellules à couches minces. Elles sont une évolution des cellules de 1e génération: réalisées avec du silicium mais en couches extrêmement fines. Elles peuvent aussi être réalisées avec autre chose que du silicium, du tellurure de cadmium par exemple. La technologie est mûre mais elle ne cesse d’être optimisée. On sait maintenant produire des cellules à nano-structures qui ne dépassent pas les quelques centaines de microns d’épaisseur. Elles présentent deux avantages et un inconvénient par rapport aux cellules de 1e génération: elles sont nettement moins chères à produire (car ne contiennent que très peu de matière première) et esthétiquement beaucoup plus intéressantes, car elles peuvent être installées sur des substrats souples plutôt que sur du verre. Certaines entreprises les conditionnent en nattes assez géniales pour voyager dans les zones reculées; vous les enroulez dans votre sac à dos pendant les déplacements et vous les disposez au soleil pendant les pauses pour recharger les batteries et faire bouillir l’eau du thé. Ça, c’est pour les avantages. Au niveau des inconvénients, les rendements sont encore nettement moins bons. Les cellules de ce type qu’on trouve dans le commerce atteignent des rendements de l’ordre de 9%. Mais ce n’est pas fini, la recherche continue. Les prototypes atteignent 13%. Et en laboratoire, on arrive à des rendements de 20%. Le fer de la lance de la recherche dans le domaine est un laboratoire suisse, le PV-Lab de l’EPFL, dirigé par Christophe Ballif et  basé à Neuchâtel en Suisse. Le laboratoire repousse sans arrêt les limites de la technologie. Les chercheurs qui y travaillent viennent par exemple, en décembre dernier, en partenariat avec la R&D d’un industriel, d’atteindre un nouveau seuil dans l’efficacité pour cette technologie en atteignant un rendement de 21%.

Les cellules de 3e génération

Encore plus intéressantes puisqu’elles ont réussi à se débarrasser du silicium et la jonction P-N (et donc de la fameuse limite de Schockley-Queisser). Là, on a essentiellement 3 approches:

  • les cellules Grätzel, du nom de leur génial inventeur, le Professeur Michaël Grätzel, de l’EPFL. Ces cellules à pigment photosensible s’inspirent de la photosynthèse, et, même si leur rendement est encore relativement faible (12.3% aux dernières nouvelles), il ne cesse de grimper et pourrait théoriquement atteindre 30%. La cellule n’étant composée que de matériaux low-tech qui ne coûtent rien ou presque à produire, son ratio efficacité/coût bat à plates-coutures celui des cellules en silicium.
  • en Suisse encore, à l’EMPA, cette fois, nous avons le professeur Ayodhya Tiwari dont l’équipe a pulvérisé les records l’année dernière avec les cellules CIGS. Ce sont des cellules à couches minces à base de cuivre, d’indium de gallium et de (di)selenide, d’où leur nom. Ces cellules atteignent le rendement hallucinant de 18.7%, les fabricants de panneaux en silicium ont du souci à se faire ;)
  • enfin, en Suisse encore, nous avons également le professeur Nüesch qui dirige à l’EMPA également, près de Zürich le laboratoire de polymères fonctionnels. Ses travaux portent sur des cellules organiques. Non seulement, elles se passent de silicium, mais elles se passent carrément du panneau solaire!  A partir de là, tout peut devenir solaire: vêtements, écrans souples, stores… Encore assez éloignées du marché leur rendement est assez modeste (quelque 5%) mais l’approche est prometteuse!

Pour conclure…

On aurait pu parler des politiques d’encouragement des énergies renouvelables et de mille choses encore. Mais il aurait fallu faire pour cela un deuxième dossier. Avant de conclure, je voudrais juste mettre un peu les choses en perspective: nous avons parlé du photovoltaïque, mais finalement que représente-t-il en proportion de l’énergie produite et consommée sur Terre? L’agence internationale de l’énergie estime dans un récent rapport (pdf en anglais 2.6Mo) que le photovoltaïque pourrait fournir 5% de l’électricité globalement consommée en 2030 et jusqu’à 11% en 2050. OK, mais aujourd’hui, on en est où?

Une fois encore, ça se gâte pour trouver les chiffres: ceux que l’AIE fournit sur son site web datent de 2007. Ceux de Wikipédia proviennent des stats de BP (pdf) et ne sont pas à jour non plus. Du coup, j’ai renoncé au monde et je me suis rabattu sur les chiffres français (pdf, 922 ko). Un pays comme un autre, en somme… Ce sont les chiffres pour 2010. Et l’intro du rapport nous rapidement la perspective: “Le photovoltaïque triple, mais demeure marginal”. Et effectivement si on regarde la structure de la production totale brute d’électricité en France, le photovoltaïque est beau dernier dans le tableau pour 2010:

Photovoltaïque: 0.1% (ce qui est quand même nettement mieux que les 0.0% pour 2009 ;) )
Eolien: 1.7%
Thermique classique: 11%
Hydraulique: 11.9%
Nucléaire: 75,3%

Ressources

Une vidéo très sympa de Sci-show que j’ai trouvée pendant la rédaction du dossier. En anglais, excellente présentation, super bien construit, mais attention, à mon avis, toutes les sources n’ont pas été scrupuleusement vérifiées.

 

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Bonjour à toutes et à tous!
Pour commencer, des nouvelles de notre future visite au CERN, la date est fixée!:

Mathieu remercie Anaïs pour avoir partagé sa liste de podcasts: (on va voir si j’ai le temps d’en écouter l’un d’entre eux…) et nous indique avoir suivi les conseils de Xavier Agnès en créant la page Blogroll de nos podcasts préférés: http://www.podcastscience.fm/blogroll-de-nos-podcasts-preferes

Anh Tuan a vécu une expérience extraordinaire: “CulturePrimaire“  a utilisé une de ses vidéos en cours ! L’activité a d’ailleurs été live-twittée. Le compte rendu est désormais disponible sur cestpasfaux.tv

Alan remercie les poditeurs pour tous leurs commentaires:  une quantité impressionnante de feedbacks cette semaine. On apprend même qu’il y a désormais des maisons plus propres grâce à Podcast Science (François aime bien s’occuper quand il nous écoute et il a rattrapé tous les épisodes, sa maison et son jardin sont nickels!), d’ailleurs il nous indique que l’effet Muesli est à l’origine de l’envahissement de son jardin par les gros cailloux. Chmox nous en a posé une bonne, aussi, en demandant comment se comportent les bulles de champagne en apesanteur (question vache!). La seule réponse que nous ayons dénichée pour le moment est la suivante: http://www.youtube.com/watch?v=bgC-ocnTTto&feature=player_embedded

Un dernier petit merci à André, qui aime tellement le PS qu’il nous a ajouté dans la page “liens essentiels” de son site. Ce que j’aime surtout, c’est que nous y sommes présentés comme une équipe de jeunes passionnés, qui mâtinent les émissions de réflexions philosophiques. C’est tout nous :)

Les news partagées sur FB par notre petite communauté:

Forza Pedro a partagé la dernière découverte du téléscope Keppler, un systèmes solaire à 6 planètes
http://www.sciencesetavenir.fr/actualite/espace/20110201.OBS7320/un-systeme-a-six-planetes-detecte.html

Olivier Tripet: le cerveau humain a rétréci d’environ 10% depuis 30’000 ans, passant de 1500 à 1359 cm3. Article un peu contradictoire, mais conclusion sympa: on ne ne serait pas plus bêtes pour autant:
http://www.tsr.ch/info/sciences-tech/2940158-le-cerveau-humain-a-retreci.html

Xavier Agnès s’est lâché:

Mais Olivier Tripet n’abandonne pas la partie, il est remonté au filet et a partagé une version du LHC à monter soi-même en forme de guide de montage IKEA http://ianoneill.posterous.com/ikeas-large-hadron-collider

Retour à la frénésie de liens de Xavier: le lien justement entre la suite de Fibonacci et la beauté des plantes http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/mathematiques/d/larithmetique-et-les-plantes_63/c3/221/p3/#xtatc=INT-48

Le match s’intensifie avec un lien d’Olivier Tripet sur un article de Paul Jorion qui donne mal à la tête et qui s’interroge sur le réalisme scientifique dans le contexte de la physique quantique http://www.pauljorion.com/blog/?p=21201

Avantage Olivier qui enchaîne avec une app iphone qui permet de voir les plus belles images du téléscope Hubble www.cultofmac.com/todays-must-have-ios-app-hubblesite/81912

Balle de match chez Olivier Tripet qui nous annonce une planète plus grosse que Jupiter planquée quelque part dans notre système solaire, encore jamais vue car trop loin: http://www.gizmodo.fr/2011/02/14/une-planete-geante-cachee-dans-notre-systeme-solaire.html

Anh Tuan : Attention l’arbitre intervient, suite à cet article de Phil Plait, il est encore loin d’être prouvé que Tyché existe belle et bien http://blogs.discovermagazine.com/badastronomy/2011/02/14/no-theres-no-proof-of-a-giant-planet-in-the-outer-solar-system/
Egalisation: Xavier enfin partage les vidéos de lift, désormais disponibles sur http://klewel.com/conferences/lift11/index.php?talkID=48

Finalement, avantage Olivier avec un dernier lien super intéressant posté ce matin: où on apprend que le kilogramme est la seule unité de mesure qui n’ait pas encore été mappé sur une constante. La référence officielle est un kilogramme étalon en platine et en irridium, enfermé dans un coffre super sécurisé à Sèvres. Le projet Avogadro (http://www.acpo.csiro.au/avogadro.htm) à établir combien d’atomes contient un kilogramme, histoire qu’on se rappelle de la valeur si le kilo officiel disparaît de son coffre ;) http://arstechnica.com/science/news/2011/02/measuring-a-kilogram-by-counting-atoms.ars

Nous finissons par arriver aux dossiers de la semaine:

Mathieu: Comment se produisent les éclairs?
Anh Tuan : L’acupuncture ( avec une excellente illustration de Lucile)

Petite suggestion de dernière minute d’Anh Tuan: Un petit instant de détente avec une planche du dessinateur Boulet sur la chimiologie, nouvel art divinatoire: http://www.bouletcorp.com/blog/index.php?date=20110217

 

Et enfin, la quote de Mathieu, plus magistrale que jamais puisque de Platon et en latin, s’il vous plaît:

“Et ignem regunt numeri” – Même le feu est régi par les nombres – Platon

Citation reprise par Joseph Fourier en préambule des ses travaux sur la théorie de la chaleur, écoutée dans l’émission de Continent Science sur la vie et l’oeuvre de ce grand mathématicien: http://www.franceculture.com/emission-continent-sciences-aspects-de-l%E2%80%99oeuvre-de-fourier-les-transformees-2011-02-07.html

Semaine prochaine, enregistrement le vendredi 25 février avec une invitée, Lia Rosso

D’ici là, tout le meilleur!

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En plus des news de la semaine, nous parlons cette fois de la formation des éclairs et de l’acupuncture. Bonne écoute!

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Introduction

  • Entre 40 et 50 éclairs ont lieu sur la terre chaque seconde, 70% d’entre eux se concentrent dans les zones tropicales.
  • Il se produit un séparation des charges électriques dans les nuages, lorsque s’approche un orage:
    • Dans la partie supérieure des nuages s’accumulent des charges positives.
    • La partie inférieure des nuages elle acquière des charges négatives.
    • La charge négative de la partie inférieure des nuages induit une charge positive sur la surface terrestre.
  • On sait que les charges de signe opposé s’attirent:
    • Lorsque cette force d’attraction entre zones de charges différentes est trop élevée, il se produit une décharge, un rayon ou éclair.
    • Les charges positives voyagent vers les négatives et vice-versa afin de neutraliser toutes les charges.
  • Le problème c’est que normalement il ne peut se produire de décharges dans l’air, car ce dernier est un isolant électrique.
  • Pour résoudre cette contradiction, il a fallu attendre 1992, date à laquelle le scientifique russe Aleksandr Gurevichproposa une explication:
    • Les nuages recevraient une aide provenant de l’espace pour déclencher la décharge électrique correspondant aux éclairs.

Electrification des nuages

  • Le procédé de séparation des charges dans les nuages n’est pas compris complètement par la communauté scientifique.
  • La théorie avancée actuellement la plus probable est la suivante:
    • Lorsqu’un orage approche, il se produit de fort courants d’air chaud ascendants qui entraînent les petites goutes d’eau qui constituent les propres nuages vers le haut.
    • En montant, ces goutes d’eau se refroidissent rapidemment de plusieurs dizaines de degrés en dessous de 0°C.
    • Cas 1- Si la goute d’eau rencontre une particule de poussière ou un cristal de glace préexistant dans le nuage:
      • la goutte d’eau s’y adhère et se congèle.
      • il se forma alors un cristal de glace de plus en plus grand.
      • lorsque son poids ne peut plus être supporté par les courants ascendants, celui-ci se précipite sous forme de flocon de neige ou de grêle.
    • Cas 2- Dans certaines occasions, lors de la friction ou du frottement de la goutte d’eau avec une particule de poussière ou à un cristal de glace préexistant, pas toute l’eau de la goutte ne s’y adhère :
      • un partie de la goutte survit et se convertit en un minuscule cristal de glace indépendant.
      • lors du frottement initial, un transfert de chargepeut avoir lieu:
        • la goutte d’eau transformée en cristal de glace minuscule acquière une charge positive, et vu sa taille très petite, elle continue d’être entraînée par les courant ascendants vers le haut du nuage.
        • le flocon de grêle lui acquière une charge négative, et dû à son poids, il occupe la zone inférieure du nuage.
      • Avec le temps, la zone supérieure du nuage se charge donc positivement via les petites gouttes d’eau cristalisées chargées positivement, alors que les particules plus grosses chargées négativement s’accumulent dans la zone inférieure du nuage proche de la terre.
      • La proximité des charges négatives du nuage avec le sol induisent un autre phénomène:
        • la Terre est considérée comme un conducteur électrique (les charges électriques qui se trouvent en son sein peuvent se déplacer facilement).
        • étant donné que les charges opposées s’attirent, la présence de charges négatives dans la partie inférieure du nuage induit une zone de charges positives sur le sol de la Terre, juste au-dessous du nuage.
      • Finalement on se retrouve donc avec 2 zones où s’accumulent des charges positives (sommet du nuage + sol), alors qu’au milieu se trouve une zone de charges négatives.

Rayons cosmiques

  • La décharge électrique n’a pas lieu spontanément dû au fait que l’air est un excellent isolant électrique, le champs électrique qui s’est créé au sein du nuage n’est pas suffisant pour qu’une décharge ait lieu.
  • Le nuage reçoit une aide extérieure provenant des rayons cosmiques.
  • Ces rayons cosmiques (dont l’origine peut provenir de différentes sources comme les vents solaires, les explosions de supernovas…) bombardent la Terre en permanence et sont composés de particules individuelles possédant de très hautes énergies.
  • Quand les particules des rayons cosmiques entrent dans l’atmosphère, elles rentrent en collision avec des molécules présentes dans l’air libérant ainsi toute leur énergie et générant des centaines de nouvelles particules.
    • On sait depuis la théorie de la relativité d’Einstein (E=mc²) que l’énergie peut se convertir en masse (la masse est une forme d’énergie).
  • L’énergie des rayons cosmiques se convertit donc en de nouvelles particules dû au choc et à la désintégration des molécules d’air, et ainsi de nombreux nouveaux électrons vont apparaître, chacun d’entre eux portant une partie de l’énergie libérée.
  • Si un de ces rayons cosmiques impacte contre un nuage annoncant un orage, des électrons libérés peuvent alors s’introduire dans le nuage préalablement électrifié.
  • Ils vont alors se trouver au sein du champs électrique du nuage, ce qui va aider à augmenter encore plus leur énergie.
  • Grâce à ces rayons cosmiques et au champs électrique du nuage, un phénomène de génération en cascade d’une avalanche d’électrons a donc lieu, accompagné d’une amplification de leur énergie.
  • Si l’énergie de ces électrons de charge négative permet de les amener et de les situer entre la superficie de la Terre chargée positivement et la base du nuage chargée négativement, ils seront alors d’une part attirés par la Terre et d’autre part aussi repoussé par la partie inférieure du nuage, autrement dit il vont être poussés vers le bas dans différentes directions, et c’est ce qui va déclencher la phase initiale de l’éclair, phénomène précurseur appelé traceur, qui précède l’arrivée de la foudre.

Le canal conducteur et la foudre

  • Cette phase initiale ou activité précurseur de rapprochement des électrons possédant une énergie élevée vers le sol est responsable d’ouvrir un canal conducteur entre le nuage et la Terre.
  • Lors de l’arrivée des électrons précurseurs à une dizaine ou une centaine de mètres de la surface terrestre, une décharge ou étincelle partant d’un point du sol monte à leur rencontre.
  • Les ions positifs accumulés sur la superficie terrestre ont tendance à être attirer par ces électrons traceurs en envoyant de petites étincelles (ce qui peut donner une impression que la décharge électrique monte).
  • Lorsque une de ces étincelles atteint un son but, le canal conducteur peut s’établir entre la Terre et le nuage.
  • Les électrons accumulés dans la partie inférieure du nuage sont alors attirés à leur tour et déchargés librement vers le sol via le canal conducteur sous forme d’un éclair aveuglant (foudre).
  • Les ions positifs possèdent une masse mille fois supérieure à celle des électrons, leur mobilité est donc extrêmement plus faible, ce qui justifie que ce soit les électrons provenant des nuages qui se déchargent vers la Terre et non l’inverse.
  • Tout au long de la trajectoire de l’éclair, d’une largeur de quelques centimètres, un réchauffement a lieu qui dilate subitement l’air du canal conducteur et génère des ondes de choc, comparables à celles qui sont formées par un coup de canon (tonnerre). Le tonnerre est donc dû à l’expansion explosive qui accompagne une montée soudaine et rapide de la température dans le canal conducteur.

Sources:

http://www.xatakaciencia.com/clima/como-se-producen-los-rayos-1 (article en espagnol)

http://www.xatakaciencia.com/clima/como-se-producen-los-rayos-2 (article en espagnol)

http://www.xatakaciencia.com/fisica/como-se-producen-los-rayos-3 (article en espagnol)

http://www.xatakaciencia.com/fisica/como-se-producen-los-rayos-4 (article en espagnol)

http://www.xatakaciencia.com/fisica/como-se-producen-los-rayos-5 (article en espagnol)

http://www.xatakaciencia.com/fisica/como-se-producen-los-rayos-y-6 (article en espagnol)

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D’abord un grand merci aux auditeurs pour les retours et encouragements sur le 1er numéro, ça fait super-chaud au coeur!

Puis un petit mot sur les autres podcasts amateurs sur la science en français:

Les news de la semaine

Le dossier de la semaine

La quote de la semaine

  • Albert Einstein: “If you can’t explain it simply, you don’t understand it” (Ce que tu ne peux pas expliquer simplement, tu ne le comprends pas)

Voilà qui place la barre assez haut ;)

Et enfin, la minute culturelle:

  • Oh My God, expo au Palais de Rumine sur l’évolution. Avec des Tubix et les Cubix. Derniers jours, jusqu’au 25 septembre http://www.oh-my-god.ch/

Une excellente semaine à tou-te-s!

A la semaine prochaine :)

(Prochain enregistrement: jeudi 16 septembre 2010)

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Cette semaine: l’ocytocine, les murs qui se réparent tout seul, il y a de l’électricité dans l’air et le bonobo

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