VN:F [1.9.22_1171]
(Seuls les dossiers sont pris en compte dans le classement)

Rating: 4.0/5 (2 votes cast)

Le dossier de la semaine

Suite et fin cette semaine du grand dossier de Mathieu consacré au langage chez l’humain

Mais encore…

  • Ne manquez pas la nouvelle illustration de Lucile, particulièrement inspirée cette semaine, qui explique le succès évolutif de la méduse :)
  • Pierre a retrouvé ce qu’il voulait nous dire dans le 1er épisode de sa saga sur l’arbre du vivant: on ne peut définir qu’un organisme est en vie grâce ou à cause de sa capacité à mourir en raison du concept d’immortalité biologique. On constate en effet que certaines cellules cancéreuses ne sont pas soumises au vieillissement biologique. Que les tardigrades peuvent potentiellement vivre éternellement (d’ailleurs une équipe de chercheurs russes en enverra en décembre 2011 sur Phobos, l’une des deux lunes de Mars pour tester la théorie de la panspermie (http://www.cosmosmagazine.com/features/online/4413/round-trip-a-martian-moon?page=0%2C0), certaines méduses ont des capacités de régénération cellulaires qui leur permet également, au moins tant qu’elles n’ont pas d’accident, de vivre éternellement. Leurs cousines les hydres ne semblent pas non plus soumises au vieillissement (même si les mécanismes ne sont pas encore totalement expliqués). Enfin, les bactéries, théoriquement, tant qu’elles sont en groupe peuvent elles aussi vivre éternellement. Le concept, donc, s’appelle l’immortalité biologique.
  • Précisions concernant les commentaires Itunes. Si vous voulez mettre un commentaire:
    • Dans l’application Itunes installée sur votre ordinateur, choisissez l’option “Itunes Store” (pour acheter de la musique et trouver de nouveaux podcasts).
    • Dans la barre de navigation horizontale du haut de la page, cliquez sur Podcasts => Science & médecine
    • Dans les résultats, filtrer par “podcasts audio”
      Si le logo de podcast science n’apparaît pas d’emblée, cliquer sur “Tout afficher” (dans la partie actualités, pas nouveautés).
    • Dérouler jusqu’à l’apparition du logo du podcast et cliquer dessus.
    • Là, vous pouvez ajouter des petites étoiles et votre commentaire.
  • Du coup, nous avons vu les deux derniers sur l’Itunes Store Suisse:
    • Dave460 qui en avait marre d’écouter de la musique sur les chantiers et qui nous a trouvés en cherchant des podcasts sur des thèmes qui l’intéressent: “Ça a l’air bête à dire, mais mes journées sont devenues plus belles et c’est grâce à vous, alors je ne peux que vous dire MERCI”
    • Benoit Curdy qui nous dit ceci “Podcastscience m’ouvre chaque semaine à des mondes fascinants. Alan, Mathieu et leurs chroniqueurs font un travail incroyable et parviennent à expliquer les thèmes les plus complexes avec une facilité surprenante… J’adore, et à mon avis, c’est tout simplement le meilleur podcast francophone”.
  • Quelques petits plugs s’imposent ;)
    • www.niptech.com, tous les lundis à 21h en live sur ustream. Podcast sur la tech, le monde des startups, les nouveaux usages.
    • http://escapevelocity.is/, avec Hrishi Ballal, en anglais. Le podcast des entreprises qui changent le monde. Vraiment génial! Par exemple, l’invité de la semaine dernière était Yasser Ansari, qui est derrière le projet Noah: c’est de la science citoyenne matérialisée par une app (iphone ou android) qui permet entre autres d’apporter sa contribution au recensement de la biodiversité
Et enfin… Roulement de tambour…

La quote de Mathieu

Le langage est cette invention si humaine qui permet ce qui en principe ne devrait pas être possible: voir à travers les yeux d’une autre personne – Oliver Sacks
VN:F [1.9.22_1171]
(Seuls les dossiers sont pris en compte dans le classement)

Rating: 4.0/5 (2 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
(Seuls les dossiers sont pris en compte dans le classement)

Rating: 3.0/5 (5 votes cast)

Le dossier de la semaine

Cette semaine Mathieu s’attaque à un sacré morceau: le langage chez l’humain! Ce premier volet couvre les perspectives suivantes:

  • L’histoire des langues
  • La diversité linguistique
  • Le langage comme technologie sociale
  • Les aspects neurologiques et l’aphasie
  • Et finalement, le rôle du langage dans les perceptions sensorielles
Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite du dossier et sa retranscription en ligne :)

Sinon…

  • Les excuses d’Alan à Jean-Philippe Colin pour l’avoir appelé Jean-Pierre…
  • Nouvelle contribution dans le débat sur la marche du progrès, par djschorn:
En introduction, je dois avouer que les vos 2 argumentations sont pertinentes, mais je penche du côté de Mathieu.Mon avis sur la question est le suivant.La marche du progrès ne représente qu’une partie de la lignée de l’homme (rien avant “le singe”, et bien sûr rien après…).
Elle est tronquée, certes, mais il s’agit ni plus ni moins qu’une photo dans panorama gigantesque (un brindille dans le buisson du vivant…).
Diriez-vous de dire qu’une photo du jet d’eau de Genève vous dérange car elle ne le représente pas la réalité ? En effet, où se trouve la rade sur la photo, et le reste du lac Léman, de la Suisse etc…Il est évident que réduire l’évolution à cette image est grotesque, et peut-être même que parfois, celle-ci fait du tort à la science. Mais j’y vois malgré tout un avantage. Elle diffuse dans la société l’idée que l’homme n’est pas “arrivé” comme ça et permet donc de lutter contre les théories anti-darwinniennes, car elle représente quand même une évolution.Pour moi le seul défaut de cette image est son nom. La “marche du progrès”. Si l’on s’en réfère à wikipédia :
Progrès : “Le terme de progrès vient du latin progressus qui renvoie à l’action d’avancer. Ainsi le progrès désigne un passage à un degré plus important, à un état meilleur.”En effet, le mot “Progrès” me semble inapproprié, car la théorie de Darwin ne qualifie pas l’évolution comme bonne ou mauvaise.J’en termine en vous remerciant pour ces podcast, et vous souhaite une bonne continuation dans cette aventure.

La quote de Mathieu

Eh ben… Pas de quote cette semaine… Mathieu se la garde en réserve pour la semaine prochaine! Patience, patience!

Prochain enregistrement le mercredi 5 octobre 2011. D’ici là, une excellente semaine :)

 

 

VN:F [1.9.22_1171]
(Seuls les dossiers sont pris en compte dans le classement)

Rating: 3.0/5 (5 votes cast)

Podcast science 48 – La prosopagnosie

On 17.08.2011, in Notes d'émission, by Podcast Science
VN:F [1.9.22_1171]
(Seuls les dossiers sont pris en compte dans le classement)

Rating: 5.0/5 (3 votes cast)

Salut todos!

Le dossier de la semaine

La petite news de la semaine qui réveille le dimanche matin

via notre ami Ben (de l’excellent Niptech Podcast) :
Le physicien du CERN Dragan Slavkov Hajdukovic postule que la matière noire serait une illusion causée par le vide quantique.

Les explications du professeur Mathieu:

Il y a désormais 3 écoles pour expliquer la vitesse de rotation plus rapide qu’attendue des galaxies:

  • La première école invoque l’existence de la matière noire.
  • La deuxième école invoque une modification de la loi de la gravitation (théorie MOND).
  • La troisième voie proposée par Hajdukovic n’introduit ni la matière noire, ni la modification de la loi de la gravitation.

Selon cette nouvelle théorie, il y aurait 2 types de charges gravitationnelles:

  • La charge gravitationnelle positive de la matière – La particule virtuelle a une charge gravitationnelle positive.
  • La charge gravitationnelle négative de l’antimatière – L’antiparticule virtuelle a une charge gravitationnelle négative.

Ces charges gravitationnelles de signe opposé généreraient des dipôles gravitationnels dans le vide quantique. Le tout prenant une forme de fluide dipolaire responsable de l’effet gravitationnel agissant sur la vitesse de rotation des galaxies qui est plus élevée que celle attendue.

Retour sur l’émission de la semaine dernière

Les quotes de Mathieu

A nouveau deux pour le prix d’une seule:

  • Ce qui nous manque le plus, ce n’est pas la connaissance de ce que nous ignorons, mais l’aptitude à penser ce que nous savons. – Edgar Morin
  • L’avenir de l’espèce humaine dépend non de ses découvertes, mais de ce qu’elle en fera. – Inconnu.

Ce qui entraîne un petit plug de Mathieu pour le concept de “Slow Science” issu d’un mouvement plus global Slow Movement (Slow Food) :

  • http://slow-science.org/ Le manifeste en deux mots:
    • La science a besoin de temps pour penser et digérer ses découvertes.
    • Faire appel à l’interdisciplinarité pour remettre une découverte dans son contexte global.
    • La science doit être un processus méticuleux. Il ne faut pas espérer des scientifiques des pansements, des patchs rapides à appliquer aux problèmes de la société.
    • La slow science s’appuie sur un recherche scientifique conduite par la curiosité , plutôt que par des objectifs de performance.
Rendez-vous la semaine prochaine avec notre ami Pierre Kerner qui nous mijote un petit dossier de derrière les fagots!
VN:F [1.9.22_1171]
(Seuls les dossiers sont pris en compte dans le classement)

Rating: 5.0/5 (3 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
(Seuls les dossiers sont pris en compte dans le classement)

Rating: 4.6/5 (9 votes cast)

La prosopagnosie

Prosopagnosie: piqué sur flickr http://farm6.static.flickr.com/5308/5603929787_cd20071f13_m.jpg (cc 2.0)Pouvez-vous imaginer que vous vous leviez le matin entouré(e) de clones? Imaginez que tout le monde, la personne dans votre lit, vos propres enfants, vos parents, vos voisins, vos collègues, tous les passants aient exactement la même tête! Tous les acteurs d’un film (Kathy Bates ou Jodie Foster, même combat!) Tous les animateurs TV…  La pharmacienne, le boucher… Tous identiques! Impossible, avec la meilleure volonté du monde, de vous souvenir à qui vous avez déjà dit bonjour ou pas. Impossible de comprendre pourquoi la personne en face de vous vous sourit tendrement… Ah oui, c’est peut-être votre moitié… Ça fait un peu science-fiction, comme ça, c’est pourtant la réalité pour une personne sur 40 (2.5% de la population selon une étude de 2008 http://www.experimental-psychology.de/ccc/docs/pubs/GrueterGrueterCarbon2008.pdf). Soit un problème aussi courant que la dyslexie ou la dyscalculie et dont on ne parle pourtant pas autant. On reviendra sur ce chiffre d’une personne sur 40, je ne suis pas entièrement convaincu qu’on puisse le prendre pour argent comptant. Cette condition socialement handicapante est de mieux en mieux documentée et porte le doux nom de prosopagnosie. Je n’ai jamais réussi à la placer dans une conversation, du coup, hop, j’en ai fait un petit sujet de podcast après m’être assuré pendant notre petite virée au CERN que cela intéressait bel et bien nos auditeurs. Le mot prosopagnosie vient du grec prosopon (visage) et agnosia (non-reconnaissance ou non-savoir). Avant d’explorer en détail la prosopagnosie, parlons un peu reconnaissance des visages.

La perception des visages

Ça n’a l’air de rien tant on le fait en général naturellement, mais la perception des visages est un processus cognitif assez élaboré implicant tout un réseau de zones cérébrales et qui est assez ancien sur le plan de l’évolution puisqu’on a pu l’observer également chez les macaques. Notre dernier ancêtre commun, qui vivait il y a quelque 25 millions, était donc déjà très probablement équipé pour cette tâche complexe. Des chercheurs anglais, Vicki Bruce et Andy Young ont proposé en 1986 un modèlepour expliquer le processus, modèle qui reste la référence aujourd’hui. En gros, le processus normal se déroule en plusieurs temps.

  1. La phase de détection permet de reconnaître qu’on a affaire à un visage (en général la présence de 2 yeux, un nez, une bouche sont un indice assez sérieux: je plaisante, mais nous sommes en fait extrêmement sensibles à ces repères. On voit souvent des patterns là où il n’y en a pas. Deux rondelles de tomates, un nez en champignon, une bouche en tranche de poivron et vous avez transformé votre pizza en bonhomme… Même plus prosaïquement, il suffit de dessiner dans un cercle deux petits cercles pour les yeux et un petit trait horizontal pour la bouche et on voit également un visage. Sans parler du visage de la lune ou du visage sur Mars… Notre circuit de reconnaissance des visages est décidément à l’affût du moindre du signe… ); piqué sur Flickr (en CC 2.0) http://www.flickr.com/photos/slimjim/4905107642/ piquée sur WikipédiaLe visage de Mars, piqué sur Wikipédia
  2. Dans un deuxième temps, l’information faciale est décodée (expression émotionnelle, suivi du regard, sexe, âge, état de santé);
  3. L’information ainsi recueillie est comparée à une grille d’images et de modèles mentaux de visages.

À l’issue du processus, on sait s’il s’agit d’un visage familier ou pas et, cas échéant, à qui il appartient. En 1991, le psychologue britannique Tim Valentine a proposé que les modèles mentaux auxquels on compare les visages seraient en fait des matrices vectorielles multidimensionnelles, des sortes de prototypes de tous les visages qu’on a connu. Cette hypothèse expliquerait d’ailleurs ce qu’on appelle le biais (ou effet) interethnique. Une petite digression s’impose.

L’effet interethnique

L’effet interethnique est la tendance pour les personnes d’une certaine ethnie à éprouver de la difficulté à reconnaître les visages et les expressions faciales de membres d’un autre groupe ethnique. Pour revenir un peu sur la criminologie dont nous avions parlé il y a quelques temps avec André Kuhn, il faut savoir que 75% des condamnés faussement accusés aux Etats-Unis et réhabilités (pour autant qu’ils n’aient pas déjà été exécutés s’entend) grâce à des tests ADN, s’étaient retrouvés derrière les barreaux à cause d’un témoignage visuel. Et dans au moins 40% de ces cas, ce témoignage était le fait d’un témoin d’une autre ethnie. Ça fait un peu froid dans le dos. Plus de détail sur le site innoncence.org À un tout autre niveau, c’est arrivé dernièrement à notre ami Xavier Agnès qui comme beaucoup de monde en Suisse romande est d’origine européenne et vit entouré essentiellement d’européens. Il a posté un billet sur son blog pour raconter sa petite mésaventure: il s’est retrouvé extrêmement honteux et confus d’avoir confondu deux serveuses dans un restaurant. On imagine son grand moment de solitude lorsque cherchant à convaincre la seconde qu’elle avait déjà pris note de sa commande, il s’est rendu compte qu’il l’avait en réalité passée auprès de la première! Lorsqu’on se retrouve soudain plongé dans un environnement auquel on n’est pas du tout habitué, on subit une forme assez légère de prosopagnosie mais celle-ci est temporaire: on met rapidement à jour nos modèles mentaux, et au bout de quelques heures, voire de quelques jours, on est à nouveau capable de distinguer clairement les visages les uns des autres. Enfin, tout cela, c’est bien sûr quand le système de reconnaissance des visages fonctionne bien. Pour les personnes chez qui ce n’est pas le cas, c’est une tout autre histoire.

Les différents types de prosopagnosie

On peut naître prosopagnosique ou le devenir à la suite de lésions cérébrales. Pour la prosopagnosie acquise, la première documentation remonte à 1947, on la doit à un neurologue allemand, Joachim Bodamer, qui publia une description détaillée de deux soldats qui avaient du mal à reconnaître les visages suite à des lésions cérébrales sévères durant la deuxième Guerre Mondiale. Pas très vieux tout cela. Pour la prosopagnosie congénitale, c’est encore plus récent. C’est en 1976 seulement qu’Helen McConachie, une neurologue anglaise, publia un premier papier sur le sujet. On sait depuis 1999 que le problème peut être héréditaire. Le nombre d’études a explosé au début des années 2000, notamment grâce au web qui a permis aux chercheurs et aux prosopagnosiques d’entrer plus facilement en contact et grâce aux progrès de l’imagerie cérébrale qui ont permis de comprendre ce qui se passe dans le cerveau. Depuis 2006, on pense que le problème touche 2.5% de la population. 2.47% pour être précis, selon une importante étude allemande publiée dans le American Journal of Medical Genetics. J’avais dit en introduction que je reviendrais sur ce chiffre car, malgré le consensus (c’est apparemment le seul chiffre disponible aujourd’hui), je trouve un peu risqué d’extrapoler à partir de là. En effet, le test concernait une population de 689 élèves d’une région particulière d’Allemagne dans laquelle on a trouvé 17 cas de prosopagnosie. L’échantillon me paraît trop peu représentatif pour tirer des conclusions concernant les presque 7 milliards d’êtres humains qui peuplent joyeusement notre planète.

Ce qui se passe dans le cerveau

Qu’on se le dise tout de suite, la plasticité neuronale, cette formidable capacité d’adaptation du cerveau qui permet parfois à une zone du cerveau de prendre le relais d’un autre zone spécialisée endommagée et dont nous avions parlé dans Podcast science n° 16, la plasticité, donc, ne vient jamais au secours des sujets prosopagnosiques. Chacun déploie des stratégies de compensation, bien sûr, en s’appuyant sur différents indices (coupe et couleurs de cheveux, bijoux, vêtements, pose du corps, mouvements, odeurs, et surtout des indices auditifs, notamment le son de la voix). Dans un  n° de Radiolab (excellent comme toujours) recommandé par le non moins excellent Pierre Kerner  – qui nous mijote d’ailleurs un dossier spécial pour la semaine prochaine - , j’ai même entendu le neurologue Oliver Sacks, qui est lui-même atteint de prosopagnosie, indiquer qu’il reconnaissait ses voisins, dans l’ascenseur, grâce à leurs chiens!). Chacun y va de ses petits moyens, mais la compensation ne se fait jamais automatiquement. En se basant sur les dernières techniques d’imagerie cérébrale, notamment la résonance magnétique fonctionnelle, les chercheurs pensent que c’est parce qu’il y a trop de fonctions hautement spécialisées touchées en même temps. En effet, la reconnaissance des visages n’est pas le fait d’une seule aire cérébrale mais de plusieurs, toutes situées dans l’hémisphère droit du cerveau, il s’agit de  :

Chez les sujets ayant acquis leur prosopagnosie, l’une ou plusieurs de ces trois zones a été lésée (en général d’ailleurs, en même temps que d’autres. C’est ainsi que la plupart du temps, la prosopagnosie acquise est combinée avec du daltonisme, la zone du traitement des couleurs étant toute proche). Pour la prosopagnosie congénitale en revanche, on n’a jamais constaté aucune lésion de ces régions, mais on constate un déficit d’activité. Ceci étant dit, les recherches en sont encore à leur balbutiement. On a juste compris quelles zones s’activent, et émis un certain nombre de suppositions, mais on est encore loin de comprendre comment tout cela fonctionne. Sur le plan génétique, on n’est pas beaucoup plus avancés. On sait qu’un ou plusieurs gènes sont incriminés dans la prosopagnosie de naissance (à moins que le problème ne soit causée par une hypoxie, soit un manque d’oxygène à la naissance, ce qui est rare mais possible), mais on ne sait pas du tout encore lesquels.

Comment se soigner?

À l’heure actuelle, la prosopagnosie est incurable. Si vous faites partie des 2.47% de la population concernée, c’est juste pas de bol. Il faut apprendre à vivre avec. Et c’est pour cela qu’il me semblait important d’y consacrer un petit dossier. Je trouve que cela vaut la peine de penser “prosopagnosie” avant de penser “quel con prétentieux machin, il fait semblant de ne pas me reconnaître”. Ça peut être le cas bien sûr, mais pas forcément.

Quelques cas célèbres

Pierre Kerner, encore lui, m’a aiguillé sur la page Wikipédia en anglais sur la prosopagnosie, qui recèle une section “célébrités” où on apprend qu’en plus d’Oliver Sacks, de nombreux autres scientifiques célèbres en sont ou en étaient atteints:

  • Paul Dirac, l’un des pères de la physique quantique. C’est lui qui a prédit l’anti-matière;
  • Jane Goodall, la primatologue qui a complètement bouleversé notre rapport aux chimpanzés;
  • mon idole, Dr Karl (le Monsieur Science de la radio australienne).

Hors monde scientifique, plus près de nous, on apprend également que l’acteur français Thierry Lhermitte souffre du problème et qu’il joue volontiers les cobayes dans l’espoir de faire avancer la science sur le sujet.

Autodiagnostic

À prendre avec des baguettes bien sûr, cela ne vaut bien sûr pas un diagnostic clinique, mais en attendant d’aller voir votre médecin, si vous avez un doute quant à votre capacité à reconnaître les visages, vous pouvez faire ce test en ligne. Ça prend un peu de temps, c’est assez difficile à faire d’ailleurs, il faut se concentrer ai-je trouvé, mais cela vous donnera une idée des compétences de votre gyrus fusiforme ;)  http://www.faceblind.org/facetests/index.php [update 2012: malheureusement, ce lien ne fonctionne plus. Si vous en trouvez un autre, faites-nous signe!]

Pour en savoir plus

J’ai sagement balisé toutes mes affirmations des études qui les étaient, le gros de cet article étant inspiré d’un papier te Thomas Grüter, Martina Grüter et Claus-Chrisian Carbon de l’Université de Vienne, publié dans le British Psychological Society en 2008.

L’article peut être acheté ici http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1348/174866407X231001/full ou piqué gratuitement ici: http://www.experimental-psychology.de/ccc/docs/pubs/GrueterGrueterCarbon2008.pdf, à choix ;)

Sinon, je vous recommande le visionnage de l’émission 36.9°, qui y avait consacré un sujet il y a quelques temps (Merci à Xavier Agnès pour le lien): http://www.tsr.ch/emissions/36-9/936037-ne-pas-reconnaitre-un-visage-un-handicap-social-meconnu.html

Enfin, dans un registre un peu différent, encore que… Comment fonctionnent les systèmes de reconnaissance faciale informatiques? Cela donne une petite idée de la complexité du processus, même si la comparaison s’arrête là. Un excellent article très bien documenté (en anglais): http://electronics.howstuffworks.com/gadgets/high-tech-gadgets/facial-recognition.htm

VN:F [1.9.22_1171]
(Seuls les dossiers sont pris en compte dans le classement)

Rating: 4.6/5 (9 votes cast)
*