Dossier: la synesthesie.
Puis podcast science partage ses sources…
Bonne écoute!
Bonjour,
Léger changement de formule cette semaine: on attaque tout de suite avec le dossier et on papote plus tard!
Le dossier de Mathieu:
Nos sources
Sur proposition de Thierry Raeber, nous dévoilons nos sources, trucs et astuces pour monter nos dossiers.
Vous pouvez d’ailleurs nous retrouvez-nous sur
- Google Reader:
- Et sur Delicious:
- http://www.delicious.com/mfavez/ (Mathieu)
- http://www.diigo.com/user/alanvonlanthen (Alan)
Retour sur les radiations:
- Les commentaires et liens de Jorj X. McKie et de Mathieu sur les radiations sont disponibles dans les liens du dossier sur les rayonnements.
- Et le tableau récapitulatif partagé par Olivier Tripet est là: http://www.informationisbeautiful.net/visualizations/radiation-dosage-chart/
La quote de Mathieu:
“We want to start making Science cool…I want people to feel about the next big energy breakthrough and the next big Internet breakthrough the same way they felt about the moonwalk.” – Barack H. Obama
Traduction libre: “On veut commencer à rendre la science cool… Je veux que les personnes se sentent lors de la prochaine avancée énergétique ou lors de la prochaine avancée d’Internet comme elles se sont senties quand on a marché sur la lune”.
https://www.facebook.com/event.php?eid=122119071195720
La semaine prochaine:
Nous aurons le plaisir d’accueillir Marc Montangero, initiateur de l’excellent feuilleton vidéo “La chimie pour les nuls”
D’ici là, joyeuses pâques!
Prochain enregistrement: le mardi 26 avril 2011
Qu’est-ce que la synesthésie
- La synesthésie est un phénomène neurologique par lequel deux ou plusieurs sens sont associés.
- La synesthésie est une fusion de sensations, de percéptions et d’émotions.
- Par exemple:
- les lettres de l’alphabet ou nombres peuvent être perçus colorés (synesthésie graphèmes→ couleurs).
- les nombres sont automatiquement et systématiquement associés avec des positions dans l’espace (synesthésie numérique).
- les nombres, jours de la semaine, mois de l’année évoquent des caractères de personnalité (synesthésie de personnification).
- la musique et d’autres sons peuvent être perçus colorés, ou ayant une forme particulière.
- La synesthésie impliquant des formes et couleurs est plutôt répandue, alors que la synesthésie impliquant des goûts et odeurs est plutôt rare.
- Une personne atteinte de synesthésie est appelée synesthète.
- Bien que ce phénomène capta pour la première fois l’intérêt de la communauté scientifique au XIXème siècle, c’est seulement à partir de 1980 que les scientifiques commencèrent à réexaminer sérieusement ce phénomène fascinant.
- Une synesthésie d’origine neurologique (involontaire) concernerait une personne sur 23, soit environ 4 % de la population.
- Concernant l’origine de la synesthésie, il y aurait un facteur génétique probable, la synesthésie semble se transmettre par hérédité.
- Il y a eu des cas de vrais jumeaux dans lesquels un seul jumeau était synesthète.
- La synesthésie peut aussi sauter des générations dans une famille.
- De plus, il est commun que les synesthètes d’une même famille présentent différents types de synesthésie, ce qui suggère que le gène ou les gènes impliqués dans le développement de la synesthésie n’entraînent pas des types spécifiques de synesthésie.
- Se remémorant une expérience de son enfance, la synesthète Patricia Lynne Duffy écrivait :
- « Un jour, je dis à mon père, “Je viens de me rendre compte que pour écrire la lettre “R”, tout ce que j’ai à faire est de dessiner un “P”, et ensuite une ligne partant de sa boucle.” Et j’étais tellement surprise de constater que je pouvais transformer une lettre jaune en une lettre orange, juste en ajoutant une ligne. »
Les différents types de synesthésie
- Du fait de la grande variété de types de synesthésies, les chercheurs ont adopté une convention indiquant le type de synesthésie en utilisant la notation x → y, dans laquelle x est le déclencheur de l’expérience synesthétique, et y est l’expérience additionnelle.
- Par exemple, percevoir les lettres et nombres (graphèmes) en couleurs indiquerait une synesthésie graphèmes → couleurs.
- De la même façon, lorsque des synesthètes voient des couleurs et mouvements en écoutant de la musique, il s’agit d’une synesthésie sons → couleurs, mouvements.
- Alors que presque toutes les combinaisons de sens sont théoriquement possibles, certaines catégories de synesthésie sont plus répandus que d’autres.
- On classe la synesthésie en différents types:
- Synesthésie graphèmes → couleurs:
- Il s’agit d’un des types de synesthésie les plus répandus.
- Les lettres individuelles de l’alphabet, ainsi que les nombres sont “teintés” d’une certaine couleur.
- Deux synesthètes ne vont pas rapporter forcément les mêmes couleurs pour toutes les lettres et nombres, cependant des études montrent que certaines tendances se répètent (par exemple, la lettre A est souvent rouge chez les synesthètes anglophones).
- Pour un synesthète graphèmes → couleurs:
- si on lui demande de fermer les yeux et on lui récite rapidemment une suite de chiffres, il visualisera un arc-en-ciel.
- les lettres d’un texte formeront aussi un arc-en-ciel lorsqu’il le lit.
- La synesthésie graphèmes → couleurs paraît plus forte dans l’usage d’une langue dont l’orthographe est phonétique (breton, espagnol, allemand, etc.) plutôt que dans d’autres où les sonorités d’une lettre varient suivant son contexte (anglais) ou si les combinaisons de lettres modifient la sonorité (français, ex “ho” et “eau”).
- On a aussi remarqué dans ce type de synesthésie que certaines personnes voient le chiffre arabe dans une certaine couleur, mais pas le chiffre romain correspondant.
- Il semble donc que ce soit la forme écrite expressément qui fasse surgir la couleur.
- Synesthésie musique → couleurs:
- Dans ce cas, des couleurs sont perçues en réponse à des sons.
- Les synesthètes rapportent rarement les mêmes couleurs pour des tons donnés (pour un synesthète, un la dièse peut être rouge ; pour un autre synesthète, il sera vert).
- Cependant, les synesthètes sont constants : testé des mois plus tard, un synesthète va rapporter les mêmes expériences qu’il avait précédemment rapportées.
- Les synesthètes musique → couleurs, à la différence des synesthètes graphèmes → couleurs, rapportent souvent que les couleurs se modulent, ou se déplacent dans leur champ de vision.
- Synesthésie numérique:
- Il s’agit d’une carte mentale des nombres qui apparaît automatiquement et involontairement lorsque le synesthète en question pense à des nombres ou des unités temporelles.
- Ainsi, les nombres peuvent être alignés selon un axe montant, et les mois de l’année peuvent former un demi-cercle.
- Le synesthète va alors faire des associations numériques/spatiales.
- Il a été suggéré que ces “cartes numériques” sont le résultat d’une activation croisée entre les régions du lobe pariétal qui sont impliquées dans la cognition numérique et spatiale. Les chercheurs en cognition numérique ont commencé à explorer ce type de synesthésie pour les aperçus qu’il peut donner sur les mécanismes neurologiques des associations numériques/spatiales présentes inconsciemment en chacun de nous.
- Synesthésie lexicale → gustative:
- Un type peu répandu de synesthésie.
- Les mots individuels ainsi que les phonèmes du langage parlé évoquent des sensations de goûts dans la bouche.
- À chaque fois que ce type de synesthète entends, lis, ou pense à des mots/syllabes, il perçoit une sensation de goût immédiate et involontaire sur sa langue.
- Le synesthète qui entend un son ressentira des goûts sur la langue (salé, amer, sucré…).
- Ces associations de goût très spécifiques ne changent jamais et restent les mêmes.
- On s’est rendu compte que les associations synesthétiques sont conditionnées par l’alimentation du sujet lors de son enfance. Par exemple, le synesthète James Wannerton n’a pas de perceptions synesthétiques impliquant du café ou du curry, alors qu’il en prend régulièrement à l’âge adulte. Par contre, il expérimente des perceptions synesthétiques gustatives de certaines marques de céréales et bonbons qui ne sont plus vendus à l’heure actuelle, mais qu’il mangeait assez régulièrement dans son enfance.
- Synesthésie de personnification:
- La personnification ordinale/linguistique est un type de synesthésie dans lequel des séquences, comme les nombres, les jours de la semaine, les mois et lettres sont associés avec des caractères de personnalité.
- La lettre “T” est généralement peu charitable; le “U” est une chose sans âme; le “4″ est honnête; au “3″ on ne peut pas lui faire confiance; le “9″ est sombre; le “I” est parfois angoissé, même s’il est plutôt enjoué; le “J” est un homme, blagueur à première vue, mais avec une forte personnalité; le “K” est une femme, silencieuse et responsable.
- Pour certaines personnes, outre les séquences de nombres ou de lettres, les objets sont parfois imbibés de personnalité, ce qui est parfois comparé à une forme d’animisme.
- Autres formes plus rares de synesthésie:
- Cas du synesthète qui touche un texture particulière et ressent une émotion:
- Le denim des jeans, de la tristesse extrême.
- Une pelure d’orange, un choc.
- De la soie, le calme.
- Du papier de verre, de la culpabilité.
- Du papier de verre plus épais, la sensation de raconter un mensonge.
- Cas du synesthète qui touche un texture particulière et ressent une émotion:
- Synesthésie graphèmes → couleurs:
- Malgré ces cas généraux qui permettent la définition du phénomène de la synesthésie, on ne doit cependant pas oublier que les expériences individuelles varient de nombreuses façons:
- Certains synesthètes graphèmes → couleurs déclarent que leurs couleurs semblent “projetées” à l’extérieur.
- D’autres déclarent que leurs couleurs sont perçues “dans leur tête”.
- Certains synesthètes déclarent que leurs voyelles sont davantage colorées, alors que pour d’autres il s’agit des consonnes.
Etudes neurologiques
- Il n’existe pas encore de concensus au sein de la communauté neuroscientifique pour expliquer le fonctionnement neurologique de la synesthésie.
- Les différents types de synesthésie ne facilitent non plus pas la tâche pour mettre en place une explication globale.
- Le neurologue Ramachandran est un des pionniers dans l’étude des différentes formes de synesthésie.
- Il réalisa une expérience très simple et ingénieuse afin d’explorer la perception des synesthésies.
- Sur une image présentée durant moins d’une demi-seconde sur un écran d’ordinateur, il y a un mélange de chiffres 5 et de chiffres 2.
- Le chiffre 2 étant imprimé comme une image en miroir exacte du 5.
- Mais les chiffres 2 sont disposés sur l’écran d’un manière particulière par rapport au chiffre 5, ils sont disposés de telle manière qu’ils dessinent entre eux une forme particulière, soit un cercle ou soit un triangle.
- Dans un temps très court (1 demi-seconde), il n’est pas possible de distinguer et reconnaître sur une image des formes globales composées par des chiffres.
- Personnes non-synesthétiques:
- En 1 demi-seconde, les personnes non-synesthésiques répondent au hasard, cercle ou triangle, et se trompent une fois sur deux.
- En revanche si on colore les chiffres 2, la forme qu’ils dessinent ensemble, cercle ou triangle, saute aux yeux.
- L’être humain groupe automatiquement les couleurs.
- Lorsque les chiffres 2 sont colorés, les personnes non-synesthétiques répondent correctement cercle ou triangle dans 80%-90% des cas.
- Personnes synesthétiques:
- Lorsqu’on présente à des personnes ayant une synesthésie les chiffres non colorés, elles répondent correctement de 80%-90% des cas.
- Elles ne colorent pas mentalement des chiffres qu’elles auraient d’abords reconnus à leur forme, noir sur blanc, elles voient réellement ces chiffres en couleur.
- Il semble s’agir d’un véritable phénomène de perception sensorielle.
- Parfois elles peuvent même détecter la forme globale, cercle ou triangle, avant même d’avoir perçu la couleur, ce qui suggère que la couleur est perçue de manière inconsciente.
- Dans le cas de la synesthésie graphèmes → couleurs, on évoque le fait que les régions du cerveau impliquées dans l’identification de la forme des lettres et des chiffres sont adjacentes à la région impliquée dans le traitement des couleurs (aire V4).
- L’expérience additionnelle de voir des couleurs en regardant des graphèmes peut être due à une activation croisée de ces régions (cross activation).
- La vision d’un chiffre écrit noir sur blanc active donc chez les personnes synesthétiques non seulement l’air de la reconnaissance des chiffres, mais aussi l’aire V4 de la percéption des couleurs.
- Cas du synesthète qui ne voit pas certaines couleurs:
- Dans la rétine de l’oeil, on trouve des cellules en forme de cônes réceptrices à la lumière et qui contiennent des pigments qui permettent de détecter les couleurs.
- Trois types de pigments, l’un répond au rouge, l’autre au vert, et le troisième au bleu.
- Il existe des personnes chez qui un ou deux de ces pigments sont absents depuis la naissance, elles ne distinguent alors pas certaines couleurs.
- L’une de ces personnes qui ne percevait pas toutes les couleurs et qui avait aussi une synesthésie chiffre → couleur voyait certains chiffres dans des couleurs qu’elle n’avait jamais vu dans son environnement et dans le monde qui l’entoure.
- Comment peut-on voir sur des chiffres écrits en noir sur un fond blanc des couleurs auxquelles la rétine est incapable de répondre?
- La rétine de cette personne ne pouvait répondre à certaines longueurs d’onde de la lumière en raison de l’absence du pigment correspondant.
- Mais dans son cerveau l’aire V4 qui recompose les couleurs en réponse aux influx nerveux reçus de la rétine était intacte.
- Cette aire V4 des couleurs était activée, non pas par les influx nerveux provenant de la rétine, mais par la vision de la forme des chiffres (liée à l’aire de reconnaissance des forme des chiffres et des lettres).
- Ce lien entre la forme des chiffres et leur couleur révèle la capacité du cerveau à inventer des couleurs, à les faire surgir indépendemment des influx nerveux envoyés par la rétine.
- Certaines couleurs invisibles par la rétine ne naissent pas des longueurs d’onde de la lumière, mais de la forme de chiffres écrits en noir sur blanc !
- Ce phénomène nous amène à nous poser la question suivante:
- Comment expliquer à quelqu’un qu’on voit une couleur qui n’est renvoyée par aucun objet autour de soi, sauf par un chiffre que l’autre personne voit en noir sur blanc?
- Comment expliquer la couleur de cette couleur à qui ne la voit pas?
- Ramachandran nous dit aussi que:
- Les synesthésies provoquent chez la plupart des personnes qui les ressente de la joie, du plaisir.
- Elles sont pour ces personnes une richesse, elles sont comme un sens supplémentaire.
- Certaines personnes ayant fait une dépression ont perdu temporairement leur faculté de synesthésie.
- Leur monde leur a semblé alors plus triste, plus plat, plus vide, plus banal…
Conclusion
- Quelques synesthètes célèbres:
- Duke Ellington (timbre → couleur)
- Richard Feynman (graphème → couleur)
- Comme le mentionne le neurologue Ramachandran, les personnes vivant une synesthésie font du monde qui nous paraît ordinaire, une expérience extraordinaire:
- elles semblent habiter un étrange territoire, un no man’s land entre réalité et imaginaire.
- elles peuvent voir des sons, goûter des couleurs, entendre des formes ou toucher des émotions.
Sources:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Synesth%C3%A9sie
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/sur-les-epaules-de-darwin/commentaire.php?id=101280
[ACTUALISATION: il est possible que votre lecteur de podcast ait téléchargé un épisode mp3 erroné provenant de France Culture que nous avons mentionné dans notre émission et non le dernier épisode de podcastscience. Pour télécharger correctement notre dernier épisode, c'est ici]
Mini-sommaire:
- Des nouvelles partagées par nos amis de facebook
- Dossier d’Anh Tuan sur la bosse des maths
- Dossier d’Alan complété par Lia sur les bactériophages
- La quote de Mathieu
Bonjour à toutes et à tous, plein de choses au menu pour ce second numéro de la journée!
Mathieu relaie les news partagées par les amis du podcast sur Facebook:
- Un article envoyé par Olivier Tripet paru dans le journal suisse le Matin intitulé “ils sont fous, ces savants”. Le journaliste Laurent Lemire s’est amusé à faire le tour d’horizon des «Savants fous» de notre histoire, d’Archimède à nos jours.
http://www.lematin.ch/loisirs/culture/fous-savants-388066 - Une vidéo partagée par Eric Noël qui nous montre comment faire scintiller des fleurs dans l’obscurité à la lumière ultraviolette en utilisant un colorant fluorescent:
http://www.youtube.com/watch?v=2vhcHuaArdg - Un scientifique de la NASA aurait découvert une preuve de vie extra-terrestre sur des restes de météorite, il s’agirait de fossiles démontrant l’existence de vie bactérienne hors de la planète Terre. Une news à nouveau très controversée par la communauté scientifique et à prendre avec des pincettes. Cette annonce relance chez certains l’idée et les fantasmes que la vie sur Terre ne serait peut-être pas apparue d’elle-même, mais aurait comme origine des microbactéries présentes dans des comètes, météorites et dans la poussière interstellaire qui auraient fécondé notre planète.
Mais attention, restons vigilants! Mathieu a mené l’enquête! Détails:- La recherche n’a pas été effectuée par la NASA, mais par un astrobiologiste de la NASA à titre personnel.
- Cette recherche a été originellement publiée dans une obscure revue en ligne Journal of Cosmology, qui n’est absolument pas un référence en terme de publication d’études scientifiques et dont on méconnaît totalement la procédure de révision.
- La revue est éditée par Chandra Wickramasinghe, un grand défenseur de la théorie de la Panspermie, une théorie qui affirme que la Terre aurait été fécondée de l’extérieur, par des moyens extraterrestres.
- Il semblerait que cette revue va fermer d’ici quelques semaines, serait-ce un dernier coup de pub?
- Dans l’article, le chercheur accuse avec un ton conspirationniste l’orthodoxie scientifique de ne pas accepter les preuves de sa découverte…ça me rappelle un petit dossier sur le dénialisme scientifique.
- Olivier Tripet nous avise d’un documentaire intitulé “E = mc2, une biographie de l’équation”, diffusé le samedi 12 mars, 20h40 sur Arte. On partira sur les traces de la plus célèbre équation du monde et des illustres scientifiques qui ont contribué à la faire éclore. Une odyssée au coeur de la science moderne.
http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=1245988,day=1,week=11,year=2011.html - Xavier Agnès qui a partagé une découverte sur le cannibalisme guerrier de Gough’s Cave, une découverte pas très appétissante et qui a suscité pas mal de réactions amusées sur Facebook. Il s’agit d’une découverte en Angleterre de trois crânes transformés en coupes à boire datant de 15 000 ans qui révèle, d’une part, le savoir-faire de leurs artisans, et, d’autre part, des pratiques cannibales.
http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/a/actualite-le-cannibalisme-guerrier-de-gough-s-cave-26611.php - Olivier Tripet – à nouveau lui – nous recommande le fil Twitter http://twitter.com/quantum_diaries qui nous parle de l’actualité récente quantique.
Dossier d’Anh Tuan: la bosse des maths, mythe ou réalité?
Dossier d’Alan, complété par Lia: les bactériophages, le futur des antibiotiques?
La démarche scientifique c’est utiliser la science comme méthode et la raison comme outil. (formulée par Jean-Michel Abrassart - http://scepticismescientifique.blogspot.com/)
Enfin, le lien sur le podcast évoqué par Mathieu, portant sur la sérendipité dans les sciences. Il s’agissait du numéro du 25 février de Science publique, l’émission scientifique de France Culture, téléchargeable à l’adresse suivante: http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10192-25.02.2011-ITEMA_20271008-0.mp3
Prochain enregistrement le jeudi 17 mars.
D’ici là, une excellente semaine à toutes et à tous!
Podcast Science 27 - La bosse des maths et les bacteriophages [ 1:11:10 | 65.18 MB ] Play Now | Play in Popup | Download (2377)Les news de la semaine + deux dossiers:
- la bosse des maths
- les bactériophages (avec la participation de Lia)
Alors que je m’apprêtais à faire mon footing, je voulais joindre l’utile à l’agréable et j’ai donc pioché dans les liens de Podcast Science pour trouver un podcast à écouter.
Je suis donc tombé sur “La tête au carré” et un épisode intitulé : “La Bosse des Maths“. De quoi vraiment éveiller ma curiosité. Après écoute, je vous conseille vivement cet épisode précis dont je vais grandement m’inspirer pour mon dossier de ce soir.
La bosse des maths … cette expression est vraiment ancrée dans la langue française. Mais savez-vous d’où elle vient ? En fait, c’est à la phrénologie qu’on doit cet abus de langage. La phrénologie, c’est cette pseudo-science du XIXeme siècle qui établissait une relation entre la forme du cerveau et nos capacités intellectuelles. Quelqu’un de très gentil ou d’honnête avait donc un crâne de forme différente à quelqu’un de méchant. Imaginez le délit de faciès !
Frantz Gall, inventeur de cette pseudo-science avait alors identifié le front comme le siège des nombres : de là était née la croyance qu’une bosse des maths existait vraiment et qu’on n’en était pas tous pourvu. De quoi traumatiser des milliers d’enfants devant les tables de multiplication. Mais vous l’aurez compris, ce n’est que pure affabulation due à une méconnaissance de notre cerveau. La bosse des maths n’existe pas ou plutôt, on a tous le sens des nombres.
Je suis d’ailleurs conscient que cette affirmation peut choquer les plus récalcitrants aux mathématiques mais c’est un fait scientifique démontré. On a tous le sens des maths. On partage d’ailleurs ce sens avec de nombreux animaux, ce qui prouverait l’existence d’une aire cérébrale dédiée et très ancienne.
En effet, prenez les poissons par exemple. Vous vous demandez bien sûr comment on a pu démontrer qu’ils savent compter. Vous allez voir, le protocole est très simple (un article dessus ici). Les poissons sont des animaux sociaux, ils ont l’habitude de se déplacer en bancs, en groupe pour se protéger des prédateurs.
On a donc placé un de ces poissons dans un aquarium avec de chaque côté de la vitre deux bancs de taille différente. Systématiquement, le cobaye allait vers le banc contenant le plus de ses congénères. Après s’être assuré qu’aucun autre facteur que le nombre ne pouvait influer sur la décision du poisson, on a alors confirmé que le poisson savait compter.
Bien sûr, s’il peut distinguer 12 poissons de 22, il est bien plus difficile pour lui de choisir entre 12 et 13 de ses congénères. Cette capacité à discerner avec précision les quantités s’appelle l’acuité numérique.
Chez l’Homme, cette acuité se développe au cours de la petite enfance. Elle est d’ailleurs grandement facilitée par notre culture numérique. En effet, si savoir évaluer les quantités est indéniablement un plus pour survivre, nous avons développé un système numérique qui permet de précisément distinguer chaque nombre.
Grâce aux chiffres, plus de difficulté à discerner les nombres 2934 et 2935 par exemple. Chose impossible pour les animaux. Enfin, plus de difficulté, ça dépend pour qui. Vous vous rappelez que j’ai dit qu’on avait tous le sens des nombres. Et bien, ce n’est pas entièrement vrai. Comme sa cousine, la dyslexie pour les lettres, il existe bel et bien la dyscalculie pour les nombres.
Malheureusement, ce trouble est bien moins compris que la dyslexie. Toutefois, il n’en est pas moins fréquent. Imaginez la détresse de ceux qui en souffrent. Pour vous donner une idée, en voici quelques symptômes :
- Difficultés à comprendre le concept du temps et à estimer le temps qui passe. Souvent en retard ou en avance.
- Difficulté avec les tables de multiplication, de soustraction, d’addition, de division, en calcul mental, etc.
- Incapacité à lire une suite de nombres, ou peut l’inverser lorsqu’il le répète, comme dire 56 pour 65.
Heureusement la recherche avance, notamment en France avec le logiciel : La course aux nombres développé par l’INSERM-CEA, que vous pouvez télécharger gratuitement et qui permet d’améliorer la condition des petits dyscalculiques de 4 à 8 ans.
Maintenant, voyons comment le sens des nombres apparaît dans notre cerveau. Grâce à l’imagerie médicale, on a pu constater que des circuits neuronaux dans les deux hémisphères s’activaient lorsqu’on manipulait des nombres. Plus fort encore, on a pu voir que les circuits étaient spécifiques à des nombres donnés. Par exemple, si vous pensez au nombre 3, des zones uniques de votre cerveau vont s’activer et ne le seront pas à l’évocation du nombre 4 par exemple.
De plus, ces neurones des nombres sont entourés de neurones liés à la représentation dans l’espace. Cette relation entre nombre et espace est fascinante. C’est elle qui nous permet réellement d’appréhender les mathématiques.
En effet, on a tous, par exemple cette représentation de la ligne numérique. Les nombres sont comme sur une flèche avec les petits à gauche et les grands à droite. Cette représentation spatiale est alors très utile pour amener des concepts qui n’existent pas dans la nature : les nombres négatifs par exemple.
Il suffit juste de les imaginer encore plus à gauche sur notre ligne numérique. Ca a l’air facile comme ça mais de grandes batailles entre mathématiciens de génies se sont produites à cause de ces nombres négatifs. Pour la petite histoire, ils n’ont été communément acceptés qu’au début du XIXème siècle ! Et cette bataille, tous les enfants la vivent encore de nos jours lors de l’apprentissage des mathématiques. Nombres négatifs, fractions, nombres imaginaires, tous ces concepts qui n’existent bien sûr par dans la nature ont été inventés par l’Homme pour appréhender le monde.
On comprend alors pourquoi la représentation spatiale a été aussi primordiale pour comprendre ces principes mathématiques. Sans cette structure cérébrale, les maths seraient bien pauvres.
Ah j’ai commencé ce dossier par casser le mythe de la bosse des maths, je vais finir en brisant une autre légende urbaine. Il n’y a pas de différences génétiques et physiologiques dans l’appréhension des mathématiques pour les hommes et pour les femmes. C’est tout simplement une idée reçue qui est vraiment tenace ! Bien sûr, si dès le plus jeune âge, on vous dit que de toute façon, vous serez mauvais en maths, vous finissez fatalement par le devenir réellement. Faute à ce stéréotype sexuel.
Pour tout vous dire, quand j’étais en primaire, j’avais énormément de mal avec les maths. Maintenant, je fais des études dans ce domaine là. C’est bien la preuve que rien n’est joué d’avance.
Un placebo, qu’est-ce que c’est ?
Ce qu’on appelle un « Placebo », c’est, en gros,
- soit un faux médicament (donc sans substance active particulière, un morceau de sucre ou un comprimé de farine, par exemple)
- soit une intervention médicale simulée (simulacre d’intervention chirurgicale, traitement par radiations, etc.)
Si le patient qui a reçu ces traitements simulés se sent mieux après les avoir reçu, on parle « d’effet Placebo ».
Le placebo agit non seulement sur des signes subjectifs (douleur, anxiété, dépression, etc.), mais également sur des signes mesurables, biologiques (diminution d’œdèmes, d’acidité gastrique, du taux de cholestérol, du nombre de globules rouges) et cliniques (fréquence cardiaque, pression artérielle.)
Le champ du placebo est assez vaste : du traitement de la douleur à celui de la dépression, si on présente un placebo comme un relaxant musculaire, les muscles vont se relâcher. Le même placebo avec la description contraire pourra tendre le muscle. Le café décafféiné réveille si l’on ne sait pas qu’il est décafféiné. Des placebos d’alcool intoxiquent à bon marché, des placebos d’allergènes provoquent des réactions allergiques. Il y a même des placebo contre le mal de mer !
Un truc marrant, c’est que plus le placebo est cher et plus il est efficace. Les injections sont plus efficaces que les médicaments. Les capsules marchent mieux que les tablettes. Les capsules aux couleurs chaudes fonctionnement mieux comme stimulants alors que celles aux couleurs froides font de meilleurs calmants. Et dans tous les cas, la relation soignant/soigné et le niveau de confiance accordé au thérapeute sont déterminants pour que la magie du Placebo ait lieu…
Un peu d’histoire
« Placebo » signifie « Je plairai » en latin. La première mention du terme remonte à une traduction de la Bible en latin par Jérôme-de-Stridon (ou St-Jérôme), qui a vécu au Ve siècle… Le concept n’est pas nouveau nouveau donc…
Le terme apparaît dans le sens médical dès 1785 dans des publications américaines. Mais les scientifiques n’ont commencé à s’intéresser au phénomène sérieusement que dans le courant du siècle passé. Une étude publiée en 1955 dans le Journal of American Medical Association par Henry Beecher, de l’Université Harvard, indiquait que chez 35% des patients, la douleur était soulagée par la prise d’un comprimé de sucre ou une injection de sérum physiologique. Et on parlait de douleurs postopératoires, pas de douleurs imaginaires !
Comment ça marche ? Que se passe-t-il dans le cerveau ?
Prenons l’exemple de la douleur :
Quand on parle d’analgésiques, c’est-à-dire de substances capables de supprimer la douleur, ce qu’il faut comprendre, c’est que ces substances n’agissent jamais sur la cause de la douleur. Si on se casse une jambe, la morphine n’aura aucun effet sur la jambe. La morphine agit au niveau du cerveau, en bloquant les circuits de la douleur. C’est comme si elle coupait le câble qui véhicule le message « n’oublie pas que ta jambe est cassée, arrête de poser ton poids dessus et appelle l’ambulance ! »
A l’université de Turin, Fabrizio Benedetti a montré que l’analgésie obtenue avec un placebo est supprimée si l’on administre au patient de la naloxone, une substance qui bloque les récepteurs cérébraux de la morphine et donc également des opiacés naturels produits par l’organisme. En d’autres termes, on peut bloquer, de manière mécanique, l’effet analgésique du placebo comme on peut bloquer l’effet analgésique de la morphine. Le placebo agit donc véritablement au niveau des circuits neurologiques de la douleur.
Et pour ceux qui doivent voir pour croire, en 2005, une étude scandinave réalisée à l’aide d’un scanner tomographique à positrons (PETscan) a montré que le placebo antidouleur active les mêmes zones cérébrales que celles qui sont stimulées par l’analgésie par les opiacés. CQFD. Dans environ 35% des cas, le cerveau humain, cette merveille de la nature, est capable de déclencher un effet analgésique comparable à celui des drogues les plus puissantes. Et sans effet secondaires ! On fait d’ailleurs appel aux mêmes mécanismes lorsqu’on utilise l’hypnose comme technique d’anesthésie. Mais bon, c’est un autre sujet qui pourrait faire l’objet d’un dossier à lui tout seul…
L’effet placebo dans d’autres champs que la douleur est moins bien étudié, mais on commence quand même à en comprendre les mécanismes. Ce sont souvent les récepteurs de la dopamine qui sont impliqués :
- L’effet observé sur la maladie de Parkinson est en rapport avec les récepteurs de dopamine dans le cerveau
- Les placebos avec un effet anti-dépresseur agissent sur les mêmes zones du cerveau que les anti-dépresseurs pharmaceutiques, avec, en plus, une action sur le cortex préfrontal (action que les géants de la pharma devraient peut-être étudier si ce n’est pas encore le cas…)
- La caféine « placebo » augmente la libération bilatérale de dopamine dans le thalamus.
Et l’homéopathie dans tout ça ?
Au risque de décevoir ses fans, l’homéopathie est en contradiction totale avec les principes fondamentaux de la chimie et de la physique contemporaines et la communauté scientifique considère que l’homéopathie n’est en fait qu’une manifestation de l’effet placebo. D’ailleurs, à ce jour, aucune étude clinique n’a démontré la supériorité de l’homéopathie sur la placebo.
Pour ma part, je me sers de l’homéopathie comme déclencheur du placebo. Je ne suis pas encore assez zen pour maîtriser le déclenchement du processus, spécialement quand j’ai un rhume, ce qui me rend grincheux par-dessus le marché. Et, dans mon cas (je suis dans les 35% de Beecher), les petites granules de sucre à CHF 7.00 enclenchent le processus presque à chaque coup, même si je sais que ce n’est pas la substance active qui agit (et pour cause, elle est indétectable dans les granules !), mais le placebo. Merveilleux, non ? J’ai longtemps pensé que j’avais un peu trop d’imagination, mais non, la science vient de confirmer que je ne suis pas un cas unique: une étude publiée le 22 décembre 2010, confirme que l’effet placebo peut être efficace même lorsque les sujets savent a priori qu’on leur administre un médicament sans substance active.
Mais encore ? L’effet Nocebo
Si on revient sur terre, ce dont on parle en fait, avec le placebo, c’est de la phénoménale puissance réparatrice du cerveau humain. Le problème, c’est que le placebo, positif, (« Je plairai ») a également son pendant négatif, le nocebo (« Je nuirai »). Utilisant exactement les mêmes mécanismes, le nocebo peut faire beaucoup de mal et même conduire jusqu’à la mort. Il n’était pas rare dans les sociétés traditionnelles que la malédiction d’un sorcier se réalise. Mon dossier est assez long, je ne vais pas développer davantage, mais on pourrait imaginer un autre dossier spécifiquement dédié au nocebo et au shamanisme…
En attendant, le sujet a inspiré Lucile et je vous invite à vous précipiter sur le site pour découvrir son illustration géniale, où des m&m’s en perte de sens de la vie décident de se recycler en placebo pour servir à quelque chose!
Références, liens externes :
- L’étude de Ted Kaptchuck publiée en décembre dernier (en anglais): http://www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0015591
- Un livre génial, qui aborde les thérapies alternatives sous l’angle de la science : Thierry Janssen « La solution intérieure », http://www.amazon.fr/Solution-int%C3%A9rieure-nouvelle-m%C3%A9decine-lesprit/dp/2213625514
2e semaine sans notre ami Mathieu mais plein plein de choses à dire malgré tout! Numéro très cérébral cette semaine…
D’abord un scoop!
Comme vous le savez peut-être déjà, le professeur Von a eu la chance d’être interviewé la semaine dernière par Lucile Zahnd, étudiante en Master de Communication Scientifique à l’Université de Strasbourg, pour un article à paraître dans Le Grand Public de Mai 2011, ce qui a déjà donné lieu à l’illustration de Lucile que vous avez peut-être déjà vue la semaine dernière… Les bonnes nouvelles, c’est que
- Lucile nous accorde une interview dans le premier numéro de janvier, pour nous parler de sa formation et
- Elle a accepté d’illustrer certains sujets de Podcast Science, et cela dès aujourd’hui avec une première double-planche sur la plasticité neuronale! Lucile fait donc officiellement partie de la bande, WELCOME!!
Ensuite quelques petits retours avant d’entrer le vif du sujet:
- sur SODIS d’abord, la méthode de stérilisation de l’eau contaminée par les seuls rayons du soleil, évoquée de manière peut-être un poil trop enthousiaste la semaine dernière. En effet, il s’avère après contrôle que la méthode marche, effectivement, mais pas parfaitement bien dans tous les contextes. J’ai (prof Von) bien sûr tout de suite ajouté les liens sur les différentes études à la fin du dossier lorsque j’ai pris conscience de la légèreté de mon sens critique en récupérant simplement des informations provenant d’une Ecole Polytechnique Fédérale, l’EAWAG sans les vérifier… Toutes mes excuses, à partir de maintenant, je double-checke tout avant d’en parler, promis.
- sur MARS500, ensuite, l’expérience russe rapidement évoquée la semaine dernière, qui consiste à isoler 6 astronautes pendant 520 jours pour simuler un vol vers Mars, aller-retour. Plus d’infos sur le site officiel de l’étude, avec photos, journal de bord et tout! http://mars500.imbp.ru/en/index_e.html
- Anh Tuan nous parle ensuite de l’énigme de Google et de son équation au tableau dans sa campagne de lancement de Chrome OS, résolue par l’équipe française de Jamendo grâce au logiciel Wolfram Alpha
Les liens de l’histoire:
- la pub de Google: http://chrome.blogspot.com/2010/12/x-g-chrom-3.html
- le logiciel Wolfram Alpha: http://www.wolframalpha.com
Les dossiers de la semaine enfin:
- Alan, sur la plasticité neuronale (magnifiquement illustré par Lucile!)
- Anh Tuan, sur les interfaces cerveau/ordinateur
Un dernier petit plug
- Pour Google Flu Trends (http://www.google.org/flutrends/ ) qui permet de prédire les épidémies de grippe avec 2 semaines d’avance sur les chiffres officiels (entendu dans le fabuleux podcast de Xavier Delaporte, sur France Culture: Place de la Toile, bon pour la plasticité neuronale!!)
Et les quotes
Sans Mathieu, on fait toujours ce qu’on peut…
“Any sufficiently advanced technology is indistinguishable from magic”
Traduction libre: “Toute technologie suffisamment avancée ne peut pas être différenciée de la magie”
(Arthur C. Clarke)
et…
“Science is not only compatible with spirituality; it is a profound source of spirituality.”
Traduction libre: “La science n’est pas seulement compatible avec la spiritualité; c’est une source profonde de spiritualité!”
Carl Sagan, qui évidemment était astro-physicien (pourquoi les mots ne viennent jamais au moment où j’en ai besoin?)
Voilà pour cette semaine!
On se retrouve peut-être la semaine prochaine, peut-être pas… Vu la période, on ne sait pas encore trop… On vous tient au courant!
Tout le meilleur!
A bientôt



















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