Il est intéressant de remarquer que pendant l’antiquité, deux phénomènes à distance étaient observables et suscitaient beaucoup d’intérêt de questions : celui de l’attraction d’un petit morceau de fer par la pierre d’aimant, et celui de la paille attiré par un morceau d’ambre frottée. Ces phénomènes étaient-ils réellement des observations d’action à distance ou bien y avait-il un vecteur invisible ? Dans tous les cas, ils étaient souvent confondus.
L’histoire commence avec la fin de notre dossier : la pierre d’aimant qui attire les petits morceaux de fer, est née grâce à la foudre qui en imposant un fort champ électrique à la surface de la Terre, a induit un champ magnétique permanent dans les pierres composées d’oxyde de fer. Ainsi, la relation intime entre électricité et magnétisme nous explique pourquoi on a trouvé des aimants permanents il y a longtemps.

La magnétite ou pierre d’aimant
(Archaeodontosaurus ; CC BY-SA 3.0)

La région de magnésie en Asie mineure
(B. Saint-Pol ; CC BY-SA 3.0)
On peut rappeler dans cette introduction l’étymologie des mots clés qui nous intéressent particulièrement :
- Le mot électricité provient du mot “elektron” qui signifie ambre en grec. On doit l’invention de ce mot à William Gilbert (16ème siècle) ;
- Le mot magnétisme a été créé à partir de la région de Magnésie (en Asie mineure). C’est là qu’à l’antiquité on a découvert la pierre qui avait la propriété d’attirer le fer ;
- Le mot aimant est apparenté au mot diamant : cela viendrait de “adamas” en grec, qui signifierait inébranlable. On qualifiait les pierres extrêmement dure avec cet adjectif.

L’ambre qui, frottée, attire les petits objets
(H. Zell ; CC BY-SA 3.0)
Antiquité
Thalès de Milet (vers 625-547 av. J.-C.) aurait été le premier à expérimenter l’attraction du fer par la pierre de Magnésie. Ensuite dans les écrits de Platon (vers 428-348 av. J.-C.), on note qu’un morceau de fer en contact avec un aimant se comporte lui-même comme un aimant. Démocrite un peu plus tard est peut-être le premier à essayer d’expliquer l’attraction du fer par l’aimant avec la théorie atomiste.
Les grecs pendant l’antiquité, pensaient que tout ce qui pouvait créer du mouvement avait une âme. Pendant longtemps, peu de personnes mise à part celles citées s’aventurèrent dans des explications du phénomène magnétique.
Ils connaissaient les propriétés de l’ambre frottée, ce serait Thalès de Milet qui le premier aurait décrit l’expérience.
Les chinois, premier utilisateur du magnétisme
On a retrouvé les premiers écrits chinois parlant du magnétisme datés de 240 av. J.C. : il est déjà noté la différence entre effet magnétique de la pierre d’aimant qui n’attire que le fer, et ambre frottée qui peut attirer les grains de moutarde.
La direction sacrée
Feng shui
Les chinois avait découvert cette magnétite il y a longtemps, cette pierre, trouvée dans la région de Magnésie, s’orientait dans une direction particulière. Alors, croyant en un message des dieux, ils pensaient que cette direction était sacrée. Ils commencèrent à construire leurs villages dans la direction indiquée afin de les faire prospérer, à disposer les bâtiments importants en considérant cette direction (“feng shui” : l’art de disposer les objets de façon harmonieuse) ; ils traçaient des sillons dans la Terre toujours suivant cette même direction dans le but d’obtenir de bonnes moissons…

La cuillère boussole chinoise
(Typo ; CC BY-SA 3.0)
La boussole
Ils furent les premiers à trouver une application à cette pierre d’aimant : la boussole. On a trouvé une cuillère taillée dans la magnétite datant du début de notre ère et posée sur une surface polie. Sa queue indiquait toujours le sud, ainsi les boussoles pointaient la même direction, sur ce même modèle. En effet dans les croyances chinoises, l’empereur était représenté par l’étoile polaire et il faisait face au sud.
On imagine que dans un premier temps cette cuillère était utilisée pour prédire l’avenir, puis son utilisation par les navigateurs pour se diriger se généralisa.On fabriquait alors les boussoles en frottant une aiguille en fer contre une pierre d’aimant.
Un traité chinois datant de 1044 explique aux militaires comment fabriquer une boussole (une aiguille aimantée) : on porte une fine feuille de fer taillée (en forme de poisson) au rouge dans un feu puis tout en la maintenant dans la direction nord-sud, on la plonge dans l’eau pour figer l’aimantation (en effet, l’agitation thermique permet aux moments magnétiques microscopiques d’être libres, ils s’orientent alors dans le champ magnétique terrestre puis on les fige dans cette position).
Ou les olmèques
Les recherches récentes sur l’histoire du magnétisme montreraient, par quelques découvertes, que les Olmèques, première civilisation précolombienne, auraient découvert et utiliser (boussole) le magnétisme 1000 ans avant les chinois. Mais on continue néanmoins à dire que les chinois ont été les précurseurs. William Gilbert, auteur du premier traité de physique, attribue d’ailleurs l’invention de la boussole aux asiatiques.
L’origine du mot boussole
La boussole apparaîtrait en Europe dans les années 1100 ou 1200. Dans la littérature on apprend la construction de la boussole de l’époque : une aiguille aimantée qui flottait à l’aide de deux bouts de roseau ou de paille dans une fiole remplie d’eau. Les italiens améliorent cette boussole en mettant l’aiguille sur un pivot, le tout enfermé dans une petite boîte. Ainsi, l’appareillage fût appelé “bussolo” en italien qui donna alors boussole. Ainsi certains historiens attribuent l’invention de la boussole, véritable instrument gradué de navigation, aux italiens.
Les premiers scientifiques du magnétisme
Pierre de Maricourt
Le premier à s’y tenter était peut-être Pierre de Maricourt, qui exposa au 13ème siècle l’existence et la propriété (attraction-répulsion) des pôles magnétiques. La dénomination des pôles provient de son observation de la direction Nord-sud prise par l’aimant.Il reconnut la répulsion de deux pôles de même nature, l’attraction de deux pôles de nature différente. Il essaya de séparer les pôles d’un aimant, sans succès. Il montre que l’on créé alors deux nouveaux aimants avec deux pôles opposés.
L’idée que la boussole s’oriente du fait d’un magnétisme terrestre effleura l’esprit de Pierre de Maricourt, mais il ne poursuivit pas dans cette voie : il imagina que les nombreuses mines de fer réparties sur la surface du globe devaient perturber la direction prise par l’aiguille.
Ainsi, il resta sur son idée d’un magnétisme dû à la voûte céleste. C’est alors qu’il eut l’idée, en faisant un parallèle avec le globe céleste, de faire tailler une pierre aimantée en forme de sphère. Il décrivit la technique avec laquelle à l’aide d’une aiguille aimantée, il trouva les pôles de ce globe magnétique : il traça des méridiens grâce à la direction prise par l’aiguille posée à la surface du globe, les intersections de tous ces méridiens sont les pôles.
Il expliqua qu’en orientant correctement le globe, l’axe de ses pôles confondu avec l’axe des pôles du globe magnétique céleste, la pierre sphérique aimantée doit tourner en même temps que le globe céleste, en 24H : c’est la première horloge perpétuelle (théorique).
Déclinaison et inclinaison
La déclinaison
La déclinaison est l’angle que forme la direction que prend une boussole en un lieu donné avec le nord géographique. En effet, le nord magnétique (qui est un pôle sud) n’est pas confondu avec le nord géographique. Les chinois semblaient connaître ce fait.
Mais pour l’Europe, cette découverte n’est pas réellement datée. Cependant, de nombreux instruments du 15ème siècle montrent que les marins disposaient d’une boussole corrigée. Cette déclinaison pose beaucoup de problèmes aux marins de l’époque, puisqu’elle varie avec le lieu.
Certains proposèrent de tirer un avantage de cette variation de déclinaison selon le lieu : on pourrait établir des cartes de la valeur de la déclinaison en fonction de la longitude pour chaque latitude. Ainsi, connaissant la latitude, la mesure de la déclinaison donnerait la longitude. Edmund Halley vers 1700 établit alors la première carte de déclinaison magnétique.
Mais un scientifique anglais au cours du 17ème montra que cette déclinaison variait aussi avec le temps. La mesure de la longitude grâce à la déclinaison fut abandonnée.
Edmund Halley expliqua que la Terre était constituée de couches concentriques aimantées qui tournaient les unes par rapport aux autres. C’est ainsi que l’inclinaison variait dans le temps. Il avait aussi compris que le champ magnétique terrestre avait probablement un rôle dans l’apparition des aurores boréales.

La première expérience de physique : l’aiguille aimantée immergée du britannique Norman
L’inclinaison
L’inclinaison est le fait qu’une aiguille aimantée s’oriente dans le champ terrestre dans un plan qui n’est pas horizontal, mais elle pointe “dans la Terre”.
L’inclinaison fût découverte au milieu du 16ème siècle par un allemand. Mais c’est un britannique qui fit parler de lui avec une expérience restée célèbre : l’expérience de Norman. Il redécouvrit d’abord le phénomène avant de montrer que celui-ci ne provenait pas d’un poids accru au niveau de l’extrémité nord de l’aiguille. Il construisit alors la première boussole d’inclinaison pour montrer que celle-ci s’inclinait de 72$^{\circ}$ à Londres. Après avoir exploré différentes hypothèses (perturbation des montagnes, point attracteur dans la Terre, ou bien dans le ciel), il testa l’hypothèse du point attracteur avec sa célèbre expérience : il construisit une boussole avec du liège et une aiguille aimantée le tout étant aussi dense que l’eau. Il plongea alors son instrument au fond de l’eau et montra que la boussole ne se déplace pas dans le liquide : il n’existe donc pas de point attracteur. Elle ne fait que s’orienter. C’est la première fois qu’il fut évoqué une cause terrestre du magnétisme.
William Gilbert

L’auteur du premier livre de physique “De Magnete” : William Gilbert
Premier livre de physique
Ce fut ensuite William Gilbert (1540-1603) qui publia après de nombreuses années d’expérimentation “De Magnete” ; probablement le premier vrai livre de physique. Il reprit les expériences de Maricourt, l’idée de magnétisme terrestre de Norman, mais exploita aussi de nouvelles expériences.
Opposition à Maricourt
Tandis que Maricourt pensait que le ciel orientait l’aiguille de la boussole, Gilbert expliqua que c’était la terre la fautive. Il le fit par référence à Copernic : ce dernier avait remplacé le mouvement céleste par un mouvement terrestre, Gilbert se dit alors que la boussole s’orientait aussi du fait de la Terre et non du ciel.
La terrela, nom qu’il donna au globe aimanté de Maricourt, représente alors la Terre, qui se comporte comme un aimant géant. Rappelons que nous savons de nos jours que le magnétisme terrestre est dû à des mouvements de matière chargée à l’intérieur de la Terre.

La “terrela”, globe magnétique de William Gilbert
Ses visions de la déclinaison et l’inclinaison
Il essaya d’expliquer la déclinaison et l’inclinaison magnétique : pour la première, il l’attribua à l’irrégularité de la surface terrestre. Pour la deuxième, comme l’aimantation de la Terre suivait la direction des pôles Nord-Sud, l’inclinaison devait être nulle à l’équateur et de 90$^{\circ}$ aux pôles. Il réalisa des mesures sur sa terrela et montre que la relation inclinaison latitude n’est pas simple. Cela lui prouve que le point respective (point attractif de Norman) n’existe pas. Il resta convaincu que la mesure de l’inclinaison devait permettre la mesure de la latitude d’un lieu.
La première convention magnétique
C’est Gilbert qui proposa d’attribuer aux pôles de l’aiguille aimantée qui s’orientait vers le Nord le nom de pôle Sud : ainsi, ce pôle est attiré par le pôle magnétique nord, proche du pôle Nord géographique.
Comment aimanter ou désaimanter
On trouve dans ses écrits que le chauffage d’une pièce aimantée permet de faire disparaître cette aimantation, il décrivit de multiples façons de créer une pièce aimantée.
Des explications, mais pas de mathématiques
Gilbert faisait très peu appel aux mathématiques. Il n’accordait que peu de crédit aux formules.
Des croyances toujours sacrées
Pour Gilbert, la rotation de la Terre autour de ses pôles est due à son magnétisme, tout comme la rotation de la Lune sur elle-même. Et l’expérience de l’horloge perpétuelle de Maricourt ne marchait pas car il manquait à son globe aimanté l’âme magnétique.
Différences entre électricité et magnétisme
Gilbert reprit la similitude entre électricité (ambre frottée) et magnétisme (aimant) et nota leur différence :
- L’aimant n’attire que le fer alors que l’ambre peut attirer plusieurs corps légers (paille, papier, …) ;
- L’ambre nécessite un frottement pour attirer, pas l’aimant ;
- Le magnétisme courant ne vient que d’un seul objet (la pierre d’aimant ou magnétite) alors que d’autres corps frottés (ambre, verre, résines) peuvent aussi attirer de petits objets. “Elektron” qui signifie ambre en grec sera à l’origine du mot électricité ;
- L’aimant peut agir à travers un écran de bois, pas l’ambre frotté ;
- L’humidité a une influence sur l’attraction de l’ambre, pas sur celle de l’aimant ;
En citant ces différences, il prit soin de bien séparer dans son discours la “petite” électricité du “grand” magnétisme provenant de la Terre. Enfin malgré les croyances de l’époque aux vertus thérapeutique du magnétisme (qui existaient déjà avant Mesmer, voir plus loin), il ne croyait pas, en bon médecin, à de quelconques propriétés curatives.
Puis ce fut au tour de l’électricité
Construction de machines à frotter, bouteille de Leyde et expériences divertissantes
Se rendant compte que les études sur l’électricité progresseraient si on arrivait à mieux électriser les corps, c’est à dire à mieux les frotter, quelques scientifiques à partir du 17ème fabriquèrent des machines à frotter : le premier fut Otto von Guericke (1602-1686) en 1672 qui frotta de sa main une boule de soufre “grosse comme la tête d’un enfant” en la faisant tourner avec une manivelle : la sphère attirait fortement les petits objets mais ceux-ci étaient repoussés violemment après contact avec la machine.Un peu plus tard, l’anglais Hauksbee utilisa un tube puis une sphère en verre.
Une autre découverte importante fut celle de la bouteille de Leyde, le premier condensateur : c’est le Hollandais Petrus van Musschenbroek (1692-1761) qui fit cette découverte en 1746 à Leyde, en essayant de piéger l’électricité dans une bouteille d’eau. En touchant la bouteille, il reçut une violente décharge. Ce dispositif de condensation de l’électricité fut vite perfectionné, la bouteille de verre ne servait plus que d’isolant entre deux conducteurs cylindriques, un à l’intérieur, l’autre à l’extérieur.
Grâce à ces nouveaux dispositifs, les effets des expériences d’électricité deviennent spectaculaires, la science ne progresse pas beaucoup mais les expériences se multiplient pour épater la galerie :
- on électrise le corps d’un homme que l’on suspend à des corps de soie et qui est capable d’attirer des petits bouts de papier avec ses doigts ;
- on transmet des décharges électriques à travers de longues chaînes humaines …

La machine à frotter d’Otto Von Guericke

Le premier condensateur
Stephen Gray et la transmission de l’électricité
Stephen Gray (1666-1736) s’intéressa à la transmission de l’électricité. Au départ, il faisait des expériences sur l’électrisation des corps frottés, il écrivit d’ailleurs une lettre pour raconter comment il avait découvert des nouveaux “électriques”.
1729 : faisant ces expériences sur un tube de verre frotté, pour ne pas que de la poussière perturbe celles-ci, il ferma le tube de verre qu’il utilisait par des bouchons en liège. Après frottement du tube, il se rendit compte que les bouchons avaient également les propriétés d’attraction.Il réalisa alors une série d’expériences de propagation d’électricité, notamment sur une corde en chanvre très longue, qu’il suspendit au plafond d’une grande galerie. La “vertu” électrique n’avait pas de problème à se propager si la suspension du chanvre était réalisée avec des fils de soie. Mais avec de fins fils de laiton, cela ne fonctionnait plus.
Malgré aucun écrit théorique de sa part, c’est lui qui distingua deux sortes de corps, ceux qui permettent la propagation de la vertu électrique (métaux, chanvres, corps humain …) et ceux qui ne le permettent pas (soie, verre, résine). Cependant, il fut montré plus tard que le chanvre n’était pas réellement conducteur (son taux d’humidité le rendait conducteur). Mais ce n’est pas lui qui parla pour la première fois de conducteurs et d’isolants. Ce fût un certain Desaguliers vers 1740.
Là où Gray a été précurseur, c’est que l’électricité devint une propriété générale de tous les corps, la classification de ceux-ci ne se faisait plus par l’attraction qu’il pouvait provoquer par frottement, mais par la conduction du courant qu’ils permettaient. L’électricité devint alors une nouvelle branche de la physique.
Charles-François de Citernay Dufay et les deux électricités
Dufay (1698-1739) poursuivit les travaux de Gray sur les corps frottés : en 1733, il montra par exemple que les corps qui ne peuvent pas s’électriser par frottement, comme les métaux, peuvent l’être fortement par contact. Il faut alors qu’il soit tenu par un manche isolant.
Il s’intéressa particulièrement à la communication de l’électricité et aux diverses répulsions : il pose comme principe que l’électricité se communique du corps frotté vers le corps neutre qu’il attire, qu’il y ait contact ou juste approche. Il y a alors ensuite répulsion des deux corps.
Avec la fameuse expérience du tube de verre et des feuilles d’or, il montre que la feuille d’or (initialement neutre) électrisée par contact (ou approche) avec le verre est ensuite fortement repoussée par celui-ci, mais alors fortement attirée par un bâton de résine frotté.
Il supposa alors l’existence d’une électricité vitrée et d’une électricité résineuse : il y a répulsion dans le cas d’électricité de même type, attraction dans l’autre cas. On pourrait bien, pour lui rendre hommage puisqu’il a été oublié, appeler cette loi d’attraction-répulsion la loi de Dufay !
On notera que cette dualité de l’électricité venait pour Dufay du corps lui même et agissait à l’extérieur par des tourbillons électriques.
En effet à cette époque, la communication de l’électricité entre deux corps, en l’absence de contact, ne constituait pas un sujet d’étonnement : la “matière électrique” n’est pas confinée à l’intérieur des corps, mais s’étend dans l’espace environnant sous forme d’effluves, émanations ou autres atmosphères électriques.
Aujourd’hui on explique la communication sans contact par une décharge électrique dans l’air intermédiaire. Il faut pour cela un champ électrique suffisamment élevé pour rendre l’air conducteur.Par exemple, le transfert de charges entre le tube et les corps légers – la “communication” – se produit entre le verre fortement électrisé et les bords minces des feuilles d’or, d’aluminium ou de papier par un “effet de pointes”. Lorsque le verre est peu électrisé, le champ électrique est trop faible pour rendre l’air conducteur, et la feuille vient au contact du tube : elle sera alors électrisée puis fortement repoussée.

Charles-François de Citernay de Dufay : l’inventeur de la loi de répulsion-attraction électrostatique des corps
La théorie du fluide électrique unique
Un des disciples de Dufay, l’Abbé Nollet, attendit la mort de son maître pour rejeter ses idées : pour lui, c’est un fluide unique qui entre et sort simultanément des corps chargés qui provoque les effets des expériences.
Franklin
Sa théorie trouvera un relais de choix en la personne de Benjamin Franklin (1706-1790). Celui-ci a laissé sa trace dans l’histoire avec l’invention du paratonnerre mais aussi avec l’invention des termes conducteur, charge électrique, électricité positive et négative.
Il postule que l’électricité est un fluide qui imprègne tous les corps, le frottement ne fait passer ce fluide que d’un corps vers un autre. Chaque corps possède la même quantité de ce fluide initialement : lorsqu’un homme frotte un tube de verre, il fait passer son fluide électrique vers le verre. Alors le verre est chargé positivement dans le sens où il a reçu du fluide, le corps de l’homme est chargée négativement car il en a donné. Le feu électrique se propage du corps qui a le plus de fluide au corps qui en a le moins. Voilà l’origine des électricités positives et négatives.

Benjamin Franklin : initiateur de la théorie du fluide électrique unique
La théorie du double fluide
C’est une histoire de bas qui va amener Robert Symmer (1707-1763) à proposer non pas un fluide électrique mais deux.
Les hommes avaient l’habitude de porter des bas et remarquèrent que des étincelles apparaissaient à leur retrait. Voulant voir à quoi cela était dû, Symmer décida de porter deux types de bas de nature différente : il remarque que le phénomène lumineux s’accentue et que les deux paires de nature différente s’attirent.Il recommence son expérience en associant deux nouveaux types de bas et obtient un résultat encore plus spectaculaire.
Pour expliquer ces phénomènes, Symmer utilisa le vocabulaire de Franklin mais il ne trancha pas sur qui perd ou gagne du fluide électrique. Ayant lu Dufay, il suggèra l’existence de deux fluides : les corps non électrisés possèdent les deux fluides en parts égales, ils peuvent s’électriser de l’une ou l’autre des manières selon qu’ils possèdent un excès de l’un ou l’autre des fluides.Il garda la notion de fluide positif et négatif.
Il garda la convention de Franklin comme quoi le verre possède un excès de fluide positif, le soufre un excès de fluide négatif.
Coexistence des deux théories
La théorie du fluide unique et celle du double fluide coexistent au 18 ème siècle, les anglais seront adeptes de la théorie de Franklin, les autres européens de celles de Symmer.Coulomb venant d’établir la loi mathématique qui porte son nom penchera plutôt pour celle des deux fluides.

Charles-Augustin Coulomb
Les bases de l’électrostatique
En dehors de ces débats sur les théories fluidiques, les bases de l’électrostatique sont justement posées par Coulomb :Rappelons que la loi de Coulomb (1785) exprime mathématiquement la force qui s’exercent entre deux particules chargées et qui varie comme l’inverse de la distance entre les charges au carré. Cette loi est établie grâce à une balance de torsion construite par Coulomb lui-même.
Dans les mêmes années, la notion de potentiel utilisé en gravitation (Lagrange, Laplace puis Poisson) est utilisée pour l’électrostatique.
La notion de courant
La définition de Franklin de l’électricité sous forme de fluide introduit la notion d’écoulement, donc de courant.Un certain Kinnersley, correspondant de Franklin, lui proposa une première expérience pour faire circuler le fluide entre un globe de verre et un globe de soufre à l’aide d’un conducteur.C’est aussi lui qui le premier découvrit l’effet calorifique (l’effet Joule) du courant : il relia les deux armatures d’une batterie de bouteilles de Leyde par un fil de laiton qui fut alors porté au rouge.Son explication du phénomène était étonnamment moderne : il parla de résistance à l’écoulement, qui serait alors plus grande si le fil est mince, pour une même quantité de courant.
Le sens de circulation du courant va alors de soi : il circule du corps qui a le plus de fluide jusqu’au corps qui en a le moins. Ce sens est donc imposé par le modèle.
La pile de Volta
Nous ne parlons que brièvement de cette invention puisque les récits de sa découverte sont connus. Rappelons juste que c’est à la suite des travaux de Galvani sur des cuisses de grenouille que Volta en 1800 eu l’idée de séparer des disques de deux métaux différents par des disques cartonnés imbibés pour créer la première pile électrique.Lorsqu’un expérimentateur touche les deux extrémités de la pile, il reçoit une légère commotion du fait du courant de fluide électrique qui traverse et envahit le corps.
Après Volta, le courant électrique fut monopolisé par les chimistes qui réalisèrent toutes sortes d’électrolyses (découvertes de nombreux éléments).
L’expérience d’Oersted permit aux physiciens de se réapproprier les phénomènes électriques et leur lien avec le magnétisme.
Le magnétisme à la fin du 18ème siècle
Le magnétisme comme science de guérison ?
Disons brièvement quelques mots d’un courant, le mesmérisme, dont l’idée était que le magnétisme pouvait guérir : en se basant sur les travaux de Galvani et sur ses idées d’électricité animale, Mesmer (1734-1815) proposa une théorie du magnétisme animal. Il développa sa théorie et organisa des séances collectives de soins à base d’aimants.Considéré par les physiciens comme dangereux, une commission fut composée pour vérifier la théorie du magnétisme animal : des grands noms comme Lavoisier et Franklin étudièrent et rejetèrent le mesmérisme.
Les premiers aimants artificiels
La magnétite était un produit rare donc cher jusqu’à ce que les premiers aimants artificiels soient créer.Le premier fut l’aimant en forme de fer à cheval popularisé par Bernoulli.Puis on réussit par la suite à créer des aimants permanents en utilisant deux chariots de 200 aimants chacun entre lesquels on interposait un barreau métallique.
La naissance de l’électromagnétisme
L’expérience d’Oersted
C’est un professeur de physique danois, Hans Christian Oersted (1777-1851), qui commença la véritable histoire de l’électromagnétisme avec sa célèbre expérience de 1820 : il montra qu’un courant circulant dans un fil créé un champ magnétique perpendiculaire au fil.En effet, faisant des expériences sur le pouvoir calorifique du courant, il brancha un pile de Volta aux deux bornes d’un fil et observa la déviation d’une aiguille aimantée située à proximité. L’interversion des deux pôles de la pile fait dévier l’aiguille dans l’autre sens.
Il arriva même à interpréter celle-ci à l’aide de la théorie des fluides électriques : “La matière électrique négative décrit une spirale à droite et agit sur le pôle Nord tandis que la matière électrique positive possède un mouvement en sens contraire et a la propriété d’agir sur le pôle Sud”.

Le Danois Oersted qui découvrit la relation entre électricité et magnétisme

La célèbre expérience d’Oersted en 1820
La première contribution d’Ampère
Sens du courant électrique et convention
Andre-Marie Ampère (1775-1836) fut aussi un adepte du double fluide, il conserva l’appellation d’électricité positive et négative tout en précisant qu’il ne s’agit que d’une convention.Il affirma que les deux électricités sont produites par la pile.
C’est lui qui posa la première convention de sens du courant électrique : en disant que si on connaît le sens de transport d’un des fluides, on connaît forcément l’autre, il suffit d’en choisir un et d’appeler courant électrique son sens de circulation. C’est le fluide positif qui sera choisi.
Cette théorie des deux fluides s’impose alors, surtout en Europe continentale. Mais il est difficile d’expliquer comment les deux fluides se croisent sans se neutraliser.
Le bonhomme d’ampère
Ampère se servira de ce nouveau courant pour concevoir le “bonhomme d’ampère” : il permet de prévoir la déviation de l’aiguille aimantée (le sens du champ magnétique) en fonction du sens de circulation du courant.Malgré cette théorie des deux fluides, on voit bien qu’il est nécessaire de définir un courant.

André-Marie Ampère invente le “courant électrique”
La première contribution de Maxwell
Sens du courant et règle de la vis
John Clerk Maxwell (1831-1879), considéré comme le père de l’électromagnétisme, donne son avis sur cette théorie fluidique électrique : il dit que tant que rien n’a été prouvé, il faut éviter de parler de fluide électrique.
Cependant encore une fois, il faut bien un courant pour interpréter les phénomènes électromagnétiques. Maxwell l’utilise dans sa règle de la vis (ou du tire-bouchon) :”Supposons qu’une vis droite s’avance dans la direction du courant, en tournant, en même temps, comme au travers d’un corps solide, c’est-à-dire, dans le sens des aiguilles d’une montre, le pôle nord de l’aimant tendra toujours à tourner autour du courant dans le sens de la rotation de la vis, et le pôle sud, dans le sens opposé”.
Thomson et le corpuscule d’électricité
Un point final à la théorie des fluides
J.-J. Thomson (1856-1940) dira d’abord que “l’on ne pourra pas départager les deux théories fluidiques tant que l’on ne connaîtra pas la constitution de ce ou ces fluides”.Il étudiera consciencieusement les rayons cathodiques (issus d’une cathode chauffée) pour découvrir le corpuscule d’électricité négatif. Ainsi, le fluide unique de Franklin semble l’emporter, “un corps chargé positivement est un corps qui a perdu une partie de ses corpuscules”.
Ainsi, le verre ne se charge pas positivement, il perd de l’électricité !
Le retour d’Ampère et l’électrodynamique
Ampère étudia attentivement l’expérience d’Oersted et la compléta avec ses propres expériences et hypothèses :
- il expérimenta la force magnétique qui s’exercent entre deux fils parcourus par un courant et montra que celle-ci dépend du sens du courant dans les fils, de la distance entre les fils ;
- il eut l’intuition que les propriétés magnétiques de la matière (du fer) sont dues à des courants électriques microscopiques ;
- il observa le phénomène d’induction (courant induit dans une bobine traversée par variation du champ magnétique à l’intérieur de celle-ci), mais ne poussa pas plus loin ses investigations.
Les travaux d’Ampère permettront à Arago d’inventer l’électroaimant en 1820 (une bobine de fil parcourue par un courant se comporte exactement comme un aimant), et de montrer que le fer peut s’aimanter grâce à un courant.
On notera aussi qu’Ampère eut l’idée d’un télégraphe électrique dés 1820.
La roue de Barlow
En 1822, la roue de Barlow peut être considérée comme la première machine électrique : une roue composée de multiples pointes métalliques est parcourue par un courant. Celui-ci peut circuler car les pointes de la roue baignent dans un récipient de mercure : le circuit est donc fermé. Au niveau du récipient de mercure, un aimant en forme de fer à cheval crée un champ magnétique.Les pointes qui arrivent au niveau de l’aimant subissent la force de Laplace, force électromagnétique qui les met en mouvement perpendiculairement à l’axe de rotation de la roue. Tant qu’un courant circule, la roue tourne … mais la puissance motrice développée est faible.

La roue de Barlow : premier moteur électrique ?
Michaël Faraday (1791-1867)
Michaël Faraday qui n’était pas physicien mais relieur (il lisait les livres scientifiques qu’il devait relier), ne rata pas la découverte de l’induction électromagnétique en 1831 : si le flux du champ magnétique à travers une bobine de fil varie, un courant électrique induit apparaît dans cette bobine. C’est cette découverte qui donnera naissance à l’alternateur, au moteur électrique, au transformateur, à la plaque à induction … Cependant, Faraday ne formalisera pas mathématiquement cette découverte, il utilisera seulement les notions de champ magnétique et de champ électrique pour la première fois dans l’explication du phénomène.

Il découvre l’induction électromagnétique : Michael Faraday
Le télégraphe électrique : premières communications électromagnétiques
Ampère a théorisé le télégraphe électrique, mais ne la pas conçu. On doit la construction du premier télégraphe électrique à Wheatstone en 1838, celui-ci relia Londres à Birmingham.
Le télégraphe utilise un interrupteur comme émetteur, celui-ci commande le courant envoyé dans la ligne.Ce courant électrique sert à transporter l’information.A l’autre bout de la ligne, un électroaimant retranscrit les impulsions de courant et marque un bout de papier.
Le télégraphe le plus célèbre est celui de Samuel Morse et son code associé : un brevet lui est accordé en 1840 pour cette invention.

Le célèbre télégraphe de Morse
Le retour de Maxwell et l’électromagnétisme
C’est donc Maxwell qui établit mathématiquement en 1864 toutes les lois de l’électromagnétisme à partir principalement des travaux d’Ampère et de Faraday. Ces lois se résument en quatre équations, deux concernent les champs électriques et magnétiques séparément, deux autres montrent la relation entre ces deux champs.
Les lois de Maxwell montrent que les champs E⃗ et B⃗ s’influencent mutuellement : ils n’ont pas besoin de courant ni de charges pour se propager de proche ne proche à une certaine vitesse c. Deux chercheurs allemands mesurèrent cette vitesse et trouvèrent une vitesse égale à celle de la lumière. Maxwell conclue que la lumière est une onde électromagnétique : elle n’est qu’une oscillation transversale du champ électromagnétique puisque les champ E⃗ et B⃗ sont perpendiculaires à la direction de propagation. Ainsi cette nature électromagnétique de la lumière permet d’expliquer certaines observations de Faraday concernant la polarisation de la lumière.

Le père de l’électromagnétisme : James Clerk Maxwell
Invention de la dynamo et du moteur à induction
Deux inventions seront capitales technologiquement parlant, toutes les deux issues de l’induction électromagnétique :
- la première est la dynamo par Zénobe Gramme en 1869 qui permet de produire un courant électrique à l’aide d’une force mécanique. On peut alors se passer de pile électrique !
- La deuxième est l’invention du moteur à induction par Nicolas Tesla en 1880.
Emission et détection d’ondes électromagnétiques par Heinrich Hertz (1857-1894)
L’électromagnétique prend un nouvel élan en 1888 avec la production et la détection d’ondes électromagnétiques par Heinrich Hertz : il produit des ondes grâce à une décharge électrique, il les détecte grâce à une boucle de fil dans laquelle un courant apparaît lorsqu’elle est traversée par une onde. Il vérifiera que ces ondes ont bien la même vitesse que la lumière.
Invention de la radio
Avec les travaux d’Heinrich Hertz, il ne reste plus qu’à contrôler la production des ondes et être capable de les détecter pour pouvoir transmettre de l’information. C’est ainsi que la radio naîtra, on attribue son invention à Giuglielmo Marconi qui en 1896 transmettra un signal sur 10km.
Les autres applications suivront
Que pourrait-on faire de nos jours sans l’électromagnétique : radio, télévision, téléphonie sans fil, wifi, micro-onde, radar, plaque à induction, moteur, alternateur, enregistrement numérique, etc. Ce domaine de la physique est partout, au quotidien il nous facilite la vie. Cela valait bien un dossier de posdcastsciences pour comprendre comment on en est arrivé là !
Références
- Conférence sur le magnétisme de John Michael Coey (Professeur, Trinity College, Dublin)
- Site ampere.cnrs.fr de Christine Blondel, Bertrand Wolf, Stéphane Pouyllau, Marie-Hélène Wronecki, Delphine Usal
- Revue du palais de la découverte n°346, mars 2007 : aimants et boussoles de Kamil Fadel
- Bulletin de l’union des physiciens, n°, vol.88, janvier 1994. Article de Gérard Borvon
- Document PHQ399, cours d’histoire des sciences de David Sénéchal
- Page wikipédia sur le télégraphe
Retranscription de l’interview de Nicolas Gisin le 11 avril 2013 (Podcast Science 126)
Un immense merci à Leo pour le boulot!
NicoTupe : Nicolas Gisin présente dans son livre un concept que je ne connaissais personnellement pas : l’intrication quantique. Bien comprendre ce que c’est et pourquoi c’est révolutionnaire (oui, vous m’avez convaincu M. Gisin) n’est pas chose facile et je vais tenter ici une brève explication. “Intrication” “quantique”, deux mots peu simples.
Commençons par « quantique»: on en a déjà parlé ici. La physique quantique est cette branche de la physique en laquelle ne croyais pas Einstein, qui présente un monde « quantifié », ou les valeurs prises par l’énergie par exemple sont bien particulières. Elles ne sont pas « continues », on ne peut pas choisir n’importe quelle valeur.
Mais ce n’est pas tout, la physique quantique met fin au déterminisme. Une mesure donne un résultat tiré au hasard parmi une liste de résultat. Une sorte de lancer de dé ou chaque face du dé aurait plus ou moins de chance d’apparaitre. La valeur de cette mesure n’est connue que lorsque la mesure en question est faite. Avant cela, on parle d’état quantique, c’est l’information de probabilité d’apparition de chaque résultat de mesure. Dans le cas de particules quantiques, le résultat de la mesure n’est donc pas déterminé à l’avance, la mesure détermine la particule.
Le concept d’intrication seul va vous paraître simpliste. Prenez deux cartes à jouer : un as de cœur et un as de trèfle, une carte noire et une carte rouge. Mélangez-les sans regarder, faites les mélanger, perdez complètement la notion de où est la noire et où est la rouge. Enfermez alors chacune de ces cartes dans une enveloppe. Plus tard, les enveloppes scellées peuvent avoir voyagé et se retrouver dans des espaces très différents : l’une par exemple sur ma table à Paris et l’autre sur la table d’Alan à Lausanne. Si j’ouvre mon enveloppe et regarde la couleur de la carte, cela détermine complètement la couleur de l’autre carte. Même à distance, les couleurs des deux cartes sont toujours liées. On pourrait dire, et M. Gisin confirmera ou infirmera, que les cartes a jouées sont en intrication non quantique. Bon, il est vrai que l’intrication non-quantique n’a jamais passionnée personne, principalement parce que la couleur de la carte dans chacune des deux enveloppes était bien déterminée depuis le début, depuis le moment où l’on avait mis celles-ci dans une enveloppe.
On en arrive alors au sujet de ce livre, l’intrication quantique. Imaginez maintenant mettre en intrication des états quantiques. C’est à dire créer un système de particules liées comme les deux enveloppes sont liées. La différence avec les enveloppe qui rend cette découverte importante c’est que la mesure d’une des particules détermine totalement la mesure de l’autre mais cette mesure reste quantique, c’est à dire que le résultat de la mesure n’est connu qu’au moment où on la fait. Ainsi, on a deux particules, qui peuvent être très éloignées et pourtant, si je mesure l’une, la mesure de l’autre est instantanément déterminée sans même qu’il puisse y avoir eu à nouveau un contact entre les deux particules.
Le livre de Nicolas Gisin prend un long moment à expliquer ce nouveau concept par le biais d’un jeu, le jeu de Bell, où l’on ne peut pas gagner sans intrication. Il présente ensuite des expériences notables qui prouvent la validité de ces concepts. Enfin il présente des applications dont l’une tout à fait étonnante : la téléportation quantique qui déplace un état quantique d’un endroit à un autre.
Tout au long de ce livre est discuté le concept de non-localité. En effet l’intrication quantique donne l’impression d’une interaction à distance que la physique a rejetée depuis bien des années et qui avait été définitivement anéantie avec la relativité. C’est la question ouverte de ce livre, comment expliquer, comprendre, modéliser cette non localité? Et ce sera aussi l’objet de plusieurs de nos questions!
Alan : avant de commencer, Nicolas Gisin, jugez-vous que cette introduction est bonne ?

Nicolas Gisin. Sa démonstration de téléportation quantique en 2006 a bousculé le domaine de la cryptographie.
Nicolas Gisin : en effet. Toutefois, il faudrait rajouter quelques petites choses. Lorsqu’on parle de probabilité, on a envie de dire « Oui, cette mesure n’est connue que lorsque la mesure en question est faite. » En fait ça n’a rien à voir avec « connu » ou « pas connu ». Il n’y a pas besoin d’une personne dotée de la capacité de connaitre ou pas. Mais c’est que la valeur d’une mesure en physique quantique est déterminée une fois que la mesure est faite. On a quelque-chose qui n’existait pas : la valeur du résultat ; qui existe après la mesure. Et c’est ça qui est si difficile à penser. Le titre de mon livre est « L’impensable hasard », un hasard qui nécessite un véritable acte de création
Il y’aurait encore un autre petit point à rajouter, c’est juste la terminologie : c’est vrai que « intrication quantique » est un terme un peu compliqué. Mais pour que les personnes s’y retrouvent, voici juste une petite explication : dans le monde de tous les jours, on parle simplement de corrélations et donc, on pourrait dire que l’intrication, ce sont des corrélations quantiques.
NicoTupe : le terme de « corrélations quantiques » est-il utilisé ?
Nicolas Gisin : oui, par les professionnels, tout à fait.
Alan : mais on peut l’interchanger avec « intrication » comme on le souhaite ? N’y a-t-il pas de nuances ou différences ?
Nicolas Gisin : en gros non, c’est la même chose
Alan : avant de parler de téléportation quantique, il va falloir que nous révisions un peu nos fondamentaux…Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots simples les concepts de localité et de non-localité?
Nicolas Gisin : commençons par la localité. C’est simple car c’est très intuitif. C’est l’idée que les objets ainsi que l’énergie et les ondes, ne peuvent se propager ou se déplacer que de proche en proche. Si nous, par exemple, nous voulons aller à une certaine distance, nous n’allons pas nous téléporter mais nous allons y’aller de proche en proche. Et de même, là nous sommes en train de parler par skype, internet etc… Tout ce que je vous dis se propage aussi de proche en proche. Il est vrai que c’est moins intuitif, mais ça passe à travers des fils électriques, puis du Wireless, puis des fibres optiques etc…Mais il ’y a besoin d’une connexion continue pour que les choses aillent de chez moi à chez vous. Cela est le concept de localité, concept extrêmement intuitif. La localité, c’est un peu le concept de de télékinésie : on ne peut pas déplacer un objet comme ça à n’importe-quelle distance.
Et la non-localité, c’est simplement que ce n’est pas local. C’est non-local si ce n’est pas local. Ça c’est facile à comprendre. Par contre, ce qu’on va voir, c’est que dans le monde de la physique quantique, il y a effectivement une discontinuité fondamentale qui permet à des événements d’être corrélés d’une façon non-locale. Il n’y a donc pas cette continuité de proche en proche. Il n’y a plus de chaîne mais de événements, qui peuvent être très loin dans l’espace, peuvent être corrélés d’une façon inexplicable par des concepts vastes qu’on appelle « variables locales ». C’est impossible de les expliquer par un déplacement continu en fonction du temps
Alan : la physique à l’échelle du monde de tous les jours est donc locale. Mais Newton pensait le contraire, n’est-ce pas?
Nicolas Gisin : alors, ce n‘est pas très clair, il faudrait demander à Newton évidemment. (Il rit). Mais disons que dans sa théorie, il prédit un monde de corrélations non-locales. Il dit que les objets s’attirent en fonction du produit des masses, puis inversement avec le carré de la distance. Ce n’est pas forcément important. Mais l’important c’est que les objets s’attirent. C’est pour ça que nous restons assis sur notre chaise et qu’on ne commence pas à voltiger et que les kangourous de l’autre côté du monde, restent scotchés sur la planète, un peu comme les aimants restent scotchés sur les portes de nos frigos. Mais donc la théorie de la gravitation universelle de Newton, s’applique aussi à la lune. La lune est donc attirée par la terre et la terre attirée par la lune aussi, ce qui crée les marées. Et on peut se poser la question suivante : mais comment la lune sait où est la terre ? Est-ce qu’il y a une sorte de bâton pour sonder la présence de la lune ? Ou est-ce qu’elle nous envoie des messagers ? En tout cas il n’y a pas de fils donc est-ce qu’il y a des ondes qui viennent de la lune ? Et dans la théorie de Newton, il n’y a rien du tout et ça a comme conséquence que si quelqu’un déplace un caillou sur la lune, ça aurait un effet immédiat à notre poids sur terre. Si on avait une balance suffisamment précise, pour ne pas parler de technologie qui devrait être incroyable, on le verrait. Mais en principe, on pourrait donc, à l’aide de la prédiction des théories de Newton, communiquer entre la lune et la terre de façon instantanée sans que rien ne porte cette information. Cette information irait donc directement sur la terre sans être portée par quoi que ce soit. Voilà pour la gravitation universelle de Newton. Cependant lui-même, semble-t-il, n’y croyait pas du tout. C’est-à-dire qu’il trouvait cette idée de non-localité tellement folle que bien que ça en soit prédit par sa théorie qui l’a rendu célèbre, il a dit explicitement qu’il fallait être fou pour croire en sa propre théorie.
Alan : donc si on prend un exemple un peu plus grossier : si la lune venait à disparaître par magie, selon la théorie de Newton l’effet sur les marées serait instantané ?
Nicolas Gisin : exactement, et pas seulement sur la terre, mais sur le soleil, sur les autres galaxies et sur la distance entre ces galaxies. Selon Newton, cela est instantané à travers tout l’univers.
Alan : et depuis Einstein on sait que ce n’est pas le cas…
Nicolas Gisin : voilà. La théorie de la relativité générale d’Einstein a corrigé cet aspect de la théorie de Newton et d’autres d’ailleurs, et maintenant on sait que si la lune disparaissait ou que si un caillou était déplacé sur la lune, ça prendrait environ une seconde pour affecter la terre parce-que l’information de ce changement est portée par des espèces de particules qu’on appelle des gravitons, qui se propagent à la vitesse de la lumière et qui viennent informer la terre puis dix minutes plus tard, le soleil, puis des années plus tard d’autres galaxies, de la disparition de cette lune ou du déplacement de ce caillou.
Alan : les gravitons, on sait qu’ils existent, ils font partie du modèle standard, mais on n’a pas encore pu les observer.
Nicolas Gisin : on sait que leur existence est prédite par la théorie d’Einstein, mais du moment qu’on ne les a pas vus, pas mis en évidence d’une façon directe, il faut toujours être un peu prudent. Je pense qu’ils existent tout comme la théorie de Newton prévoyait des effets immédiats à distance.
Alan : alors voilà, je crois bien qu’on a pu poser les bases et réviser nos fondamentaux. On va pouvoir attaquer avec quelque-chose d’un peu plus corsé : on va pouvoir parler du jeu de Bell. Donc comme beaucoup de livres de vulgarisation de physique, “l’Impensable Hasard” raconte l’histoire d’Alice et de Bob, deux personnages fictifs qui font des expériences. Chez vous, munis d’un boîtier monté d’un joystick, ils passent le livre à jouer au jeu de Bell. Pouvez-vous nous indiquer de quoi il s’agit?
Nicolas Gisin : c’est un jeu assez simple dont le but est d’établir des corrélations. On a effectivement ces deux personnages, Alice et Bob. Il faut imaginer que l’un se tient tout à notre gauche et l’autre tout à notre droite. Puis, il faut se dire que tous les deux ont la possibilité de faire un choix pour provoquer un évènement. Chacun a un boîtier, un joystick qu’il peut pousser soit vers la gauche soit vers la droite et dès que chacun des deux le poussent vers l’une des deux directions, il peut observer un évènement ou une action. On va de nouveau faire ça d’une façon très simple en disant qu’il y’aura un résultat qui va être affiché sur un écran d’ordinateur et ce résultat va simplement être un soit un 0 ou un 1 qui va s’afficher. Ça c’est le jeu auquel ils vont souvent jouer pour en faire ensuite des statistiques, observer des corrélations, voir que ce ne sont pas de simples coïncidences mais qu’il ‘y a vraiment quelque-chose qui se passe et pour ça, la règle de ce jeu que j’ai inventé est la suivante : si Alice pousse son joystick vers la gauche, les résultats des deux joueurs doivent toujours être les mêmes. Cela peut être deux fois des zéros ou deux fois des uns. Si Bob pousse également son joystick vers la gauche, il va aussi trouver le même résultat que sa partenaire. Par contre, si par libre-arbitre Alice et Bob se trouvent avoir décidé de pousser tous les deux leur joystick vers la droite, ils auront des résultats opposés soit 0-1 ou 1-0. Voilà, le but est donc de réaliser ce jeu le plus fréquemment possible. Si on réfléchit là-dessus, on comprend très bien que ça va être compliqué à réaliser ça parce-qu’ on va presque toujours obtenir le même résultat sauf si Alice et Bob poussent tous les deux leur joystick par la droite.
Alan : mais évidemment aucun des deux ne sait dans quelle direction l’autre va pousser le joystick…
Nicolas Gisin : ils sont à grande distance, l’un ne voit pas ce que fait l’autre et il doit véritablement pousser le joystick à gauche ou à droite en utilisant leur libre-arbitre et c’est donc impossible de prévoir pour Alice ce que va faire Bob et pour lui ce que va faire Alice. Le plus important est que la boite d’Alice ne peut pas savoir ce que fait Bob et la boîte de Bob ne peut pas savoir ce que fait celle d’Alice.
Alan : OK, donc la probabilité de gagner au jeu de Bell devrait être de… ?
Nicolas Gisin : eh bien, ça dépend, si l’on fait les choses justes au hasard et que les résultats sortent au hasard, on voit que du côté d’Alice, il y‘a la même probabilité d’obtenir un 0 que un 1. De même chez Bob. Donc les deux résultats sont aussi probables que celui d’une pièce de monnaie lancée. Par contre, si les boîtes d’Alice et Bob produisent des résultats juste au hasard de façon complètement autonome, ils vont gagner ou plutôt atteindre l’objectif du jeu de Bell la moitié du temps. On peut imaginer que les boîtes ont été construites par quelqu’un qui avait envie de gagner aussi fréquemment que possible. Alors une possibilité serait, par exemple, que ces boîtes produisent la moitié du temps un 0 car elles ont été programmées par un petit ordinateur dans ces boîtes, et l’autre moitié du temps elles produire des 1 des deux côtés. Et jusqu’à là on voit que Alice et Bob vont gagner au jeu de Bell aux trois cas sur quatre. Ils vont gagner si tous les deux poussent le joystick à gauche, si l’un pousse à gauche l’autre à droite et vice-versa. Dans ces trois cas-là, ils vont gagner. C’est seulement dans le cas où les deux poussent le joystick à droite, qu’ils ne vont pas gagner et qu’ils auront toujours le même résultat. Donc on voit qu’il n’est pas très difficile de fabriquer des boîtes qui permettent trois fois sur quatre de gagner au jeu de Bell.
NicoTupe : par contre, pour gagner plus de trois fois sur quatre, vous expliquez qu’aujourd’hui, on y arrive par l’intrication entre autres…
Nicolas Gisin : effectivement. Pour continuer, il y a une partie importante : tout ce raisonnement permet de se convaincre de l’existence de la non-localité quantique. C’est effectivement se convaincre qu’on ne peut pas faire mieux que trois fois sur quatre si on utilise uniquement la physique classique ou la physique locale, c’est-à-dire avec des objets qui se déplacent de proche en proche. Disons que les deux boîtes ont été fabriquées dans une usine et qu’ensuite elles se sont déplacées de proche en proche comme des objets normaux jusqu’à Alice et jusqu’à Bob. Avec ce genre de ressource, on ne pourra jamais faire mieux que trois fois sur quatre. Alors ça ce n’est pas quelque-chose qui est complètement évident à comprendre immédiatement parce-qu’ il faut du temps pour que chacun fasse son raisonnement et essaie de se convaincre. Ce qui fait qu’on ne peut pas faire mieux. Peut-être faut-il préciser qu’Alice et Bob n’ont pas le droit de communiquer dans le jeu, une fois qu’ils sont séparés, ils n’ont plus le droit de se téléphoner ou de se parler ou de s’envoyer des signaux de fumées ou quoi-que-ce-soit. Sans communication, ils ne feront pas mieux. Et alors la chose en suite qui est effectivement surprenante, magnifique et quantique, c’est que grâce à l’intrication, on peut effectivement gagner plus que trois fois sur quatre. 3.41 fois sur quatre, le chiffre exact n’est pas tellement important mais ce qui l’est vraiment c’est que ça l’est plus que trois fois sur quatre. Or, comme on ne peut pas, avec des moyens locaux, gagner plus que trois fois sur quatre. Le fait que la physique quantique permette de gagner plus que ça est une démonstration que la physique quantique permet des corrélations non-locales.
NicoTupe : et au sujet de cette de cette limite de 3,41, je me demandais si c’était une limite théorique ou expérimentale.
Nicolas Gisin : théorique.
NicoTupe : donc on sait qu’on ne pourra pas faire mieux, ça a été démontré.
Nicolas Gisin : exactement, ça a été démontré dans le formalisme mathématique de la physique quantique.
Alan : vous avez évoqué le hasard, alors on va peut-être y revenir un peu. Tout d’abord sur ce jeu de Bell. Tout le monde ne rigole pas avec ça et il a passablement divisé les opinions chez les pionniers de la physique quantique, c’est juste ?
Nicolas Gisin : tout-à-fait. Encore aujourd’hui mais beaucoup moins (il rit).
Alan : parce-que les résultats d’Alice et de Bob ne sont pas prédéterminés.
Nicolas Gisin : c’est ça, c’est qu’on peut dire : « pourquoi on en déduit ce hasard ? » Supposons que le résultat d’Alice soit déterminé selon des processus, des règles, des lois qu’on ne connait simplement pas aujourd’hui. Il y’aurait quelque chose qui détermine ce résultat. Alors ce processus qui déterminerait le résultat chez Alice, si c’est un processus physique, c’est quelque-chose qui est en principe connaissable, peut-être pas aujourd’hui, mais on le découvrira dans l’année prochaine ou dans un siècle mais on le découvrira. Et si on le découvre, ça veut dire qu’à ce moment-là Bob peut le connaître et alors il connait le processus chez Alice. Il sait évidemment quel est son choix, il sait s’il a poussé la manette à gauche ou à droite, il sait quel est le résultat chez lui localement et à ce moment-là, en connaissant ce qu’il a fait lui-même et ce qu’il a observé lui-même, et connaissant le processus qui détermine le résultat chez Alice, il peut à distance deviner la direction dans laquelle Alice a poussé son joystick. Ce qui est bizarre c’est que ce serait de nouveau comme dans l’exemple de Newton tout à l’heure : une communication sans aucun support physique, ce que j’appelle dans mon livre une communication non-physique. Voilà une manière de faire une sorte de télépathie : Alice pousse tout simplement son joystick et sans que rien ne parte de chez elle, néanmoins l’information se trouverait chez Bob et ça alors personne n’y croit et donc on en déduit qu’il doit y avoir quelque-chose de faux dans le raisonnement et la faute dans les hypothèses du raisonnement est que le résultat d’Alice est déterminé par un processus. C’est comme ça qu’on en déduit qu’il n’y a pas de processus qui détermine ce résultat.
Alan : est-ce que, selon vous, ce à quoi on assiste pourrait être appelé le vrai hasard ?
Nicolas Gisin : tout-à-fait, je pense que le hasard est un concept éminemment fascinant et ici on voit que pour rendre compatible d’une part la non-localité quantique et d’autre part l’impossibilité de communication non-physique, il faut effectivement imaginer du vrai hasard, et par vrai hasard j’entends quelque-chose qui est intrinsèquement non-prévisible car il n’existe pas à l’avance. C’est véritablement des actes de pure création. Je pense que les résultats en physique quantique sont des résultats de pures créations. Du vrai hasard, du pur hasard.
Alan : donc selon vous le hasard est le résultat de pures créations. C’est surprenant comme langage, venant d’un physicien.
Nicolas Gisin : oui, surtout que ce n’est pas un théologien qui parle, effectivement. Mais c’est vrai que c’est un changement absolument radical pour la physique. Bon, ça fait un moment que la physique quantique parle de hasard et dit que c’est du vrai hasard et que ce n’est pas simplement une ignorance ou un processus compliqué comme le jet d’un dé qui donne aussi l’impression de hasard. En fait les dés, c’est simplement un enchaînement de micro-causalités très compliquées, comme le dé qui rebondit sur la table etc…Mais en fait, le vrai hasard n’est pas d’être inconnu ou compliqué, c’est qu’ effectivement, ça vient de nulle part. On avait des potentialités et après on a eu une des potentialités qui se sont transformées en acte et c’est ça exactement le hasard. C’est quelque-chose qui vient de l’extérieur de l’espace-temps.
Alan : et donc ce hasard, c’est quelque-chose qui peut se manifester à plusieurs endroits différents en même temps, sans qu’il y’ait communication entre ces différents endroits.
Nicolas Gisin : voilà, alors une fois qu’on accepte cette idée de hasard et qu’on arrive à imaginer véritablement quelque-chose qui vient d’en dehors de l’espace-temps, c’est-à-dire qui n’a pas d’autres causes dans d’autres espace-temps (une cause déterministe), le pas d’après c’est d’accepter que le hasard puisse se manifester à d’autres endroits. C’est assez surprenant. Toutefois je crois que cette deuxième partie n’est pas si compliquée que ça parce-que, pourquoi le hasard devrait-il se manifester en un seul endroit ? Se manifester en plusieurs endroits, n’implique pas de la possibilité de l’utiliser pour communiquer puisque le résultat étant au hasard, on a le même phénomène au hasard des deux côtés, c’est comme si deux personnes au bout d’une ligne téléphonique avaient simplement du bruit, le même bruit, cela restant juste du bruit, soit le hasard. Donc ils ne peuvent pas s’en servir pour communiquer. Les deux endroits où ce hasard se manifeste, ne rendent pas possible la communication non-physique. On reste quand-même avec cette idée, que des endroits distants ne peuvent pas communiquer de manière non-physique, sans un support physique qui se propage de proche en proche, l’un à l’autre
Alan : donc là on en arrive à l’intrication.
Nicolas Gisin : oui alors on arrive à l’intrication parce que la prochaine question qu’on se pose est « Comment fait la physique quantique pour produire des corrélations non locales ? » C’est tellement surprenant et l’explication est qu’en physique quantique, ça revient à dire qu’on peut avoir des objets, par exemple deux objets comme deux atomes. Dans mon cas comme je fais beaucoup d’optique, ça va être deux photons (des particules de lumière). Donc on peut avoir deux de ces objets qui peuvent être très loin l’un de l’autre et néanmoins constituer qu’un seul tout. C’est comme ça par exemple que la théorie quantique décrit une paire de photons intriqués. Et quand on dit qu’ils constituent un seul tout, cela veut dire que si je chatouille un des photons, le deuxième tressaille aussi. Il tressaille au hasard, mais ils tressaillent tous les deux si j’en touche ne serait-ce qu’un seul.
NicoTupe : est-il possible d’intriquer des particules qui ne se sont jamais rencontrées ou du moins qui n’ont jamais été proches?
Nicolas Gisin : oui c’est possible parce que l’intrication est une propriété qui peut se transmettre, qui peut en quelque sorte être un peu contagieuse et donc on peut très bien imaginer que j’aie une première paire de photons intriqués et une deuxième donc j’en ai quatre. Mettons que j’ai le premier et le deuxième puis le troisième et le quatrième. Les deux paires sont intriquées. Maintenant les deux du milieu, soit le numéro deux et le numéro trois, je peux les combiner. Il faut que je leur fasse quelque-chose que je vais peut-être pas expliquer maintenant, mais je peux faire quelque-chose qui est tel qu’à la fin du processus, les photons deux et trois disparaissent et ceux qui restent : le un et quatre, qui ne se sont jamais vus, sont maintenant intriqués.
NicoTupe : mais une étape d’intrication, ce sont des particules qui se voient, c’est ça ?
Nicolas Gisin : voilà, on commence par créer des paires de photons ou d’autres particules intriquées. On pourrait en théorie créer directement des triplets aussi mais ils viendraient tous de la même source. Par contre ensuite, on pourrait transmettre la propriété d’intrication d’un élément d’un de ces ensembles à une autre particule.
NicoTupe : du coup, l’opération totale d’intrication de la première à la dernière se fait de manière « locale », c’est-à-dire que même s’il n’y a pas eu de contact de la première à la dernière cela s’est fait de proche en proche comme vous l’expliquiez pour la localité.
Nicolas Gisin : exactement, donc on distribue l’intrication : la distribution d’intrication c’est vraiment distribuer des particules, des atomes, des photons ou des molécules. Donc cette distribution d’intrication, elle a bien lieu de proche en proche, vous avez parfaitement raison. Par contre au moment où l’on distribue cette intrication, par exemple à nos amis Alice et Bob dont je vous parlais tout à l’heure, Alice et Bob n’ont pas encore décidé dans quelle direction ils vont pousser leur joystick. Dans l’expérience réelle, pousser les joysticks ça va déterminer quelle est la mesure qu’on va faire sur ces particules quantiques ou ces photons. Donc les photons, au moment où ils se séparent vont l’un vers Alice et l’autre vers Bob, ils ne savent pas encore à quelles questions, ils vont devoir répondre. Mais, vu qu’ils ont cette intrication, ils vont être capable néanmoins de répondre aux questions : joysticks poussé à gauche ou joystick poussé à droite, avec une corrélation dans leurs réponses qui permet de gagner au jeu de Bell plus que trois fois sur quatre.
NicoTupe : le résultat est tout à fait intéressant. Ce qui m’intéressait beaucoup dans votre livre, c’est que finalement, même si on crée de la corrélation non-locale, on a besoin de localité pour la créer.
Nicolas Gisin : exactement. Je reviens aussi là-dessus dans la conclusion de mon bouquin, c’est qu’effectivement, malgré cette non-localité quantique, qui existe, qui a été démontrée de façon tout-à-fait convaincante, la notion d’espace reste néanmoins pertinente, parce-qu’ il faut avant tout distribuer de l’intrication pour démontrer de la non-localité et cette distribution a lieu de façon non-locale.
Chatroom-Tibo : mais il semblerait alors que cette transmission soit plus rapide que la lumière. Je croyais qu’on ne pouvait pas dépasser cette vitesse limite.
Nicolas Gisin : très bonne réaction, je dirais même que c’est la réaction de quelqu’un de normal qui a bien écouté et bien compris ce que j’ai dit jusqu’à présent (rires). Probablement qu’il était déjà informé avant parce-que c’est quand-même difficile ce que je dis donc aucun doute que le néophyte ne peut pas comprendre ça du premier coup et donc il faut un peu de temps pour se convaincre de ce jeu de Bell et de son intérêt. Mais pour répondre à cette question, alors effectivement, du moment qu’on vous dit qu’Alice et Bob n’ont pas le droit de se communiquer alors comment est-ce qu’on fait pour leur interdire de se communiquer ? On ne peut pas leur mettre une interdiction juste morale. Il faut une interdiction physique, une impossibilité physique. La manière habituelle de faire, c’est de faire les mesures de façon synchrone. On va leur dire qu’à telle heure pile, ils vont pousser leur joystick, faire leurs choix, et, sachant les résultats, ils sont suffisamment loin l’un de l’autre : ils n’ont simplement pas le temps de communiquer même leurs boîtes n’auraient pas le temps de s’envoyer des messages, même si ces messages allaient à la vitesse de la lumière. Donc ça, c’est ce qu’on appelle séparer Alice et Bob d’une distance de genre espace pour utiliser la terminologie de la relativité. Ça, on l’a fait déjà expérimentalement. Après, on peut se dire que cette information semble être la cause de la corrélation des résultats chez Alice et Bob, c’est simplement une information qui va plus vite que la lumière. Et là, il y’a la moitié des physiciens qui vont dire que c’est impossible parce-que la relativité le dit, mais ce n’est pas parce-qu’ une théorie dit que quelque-chose est impossible que cela l’est véritablement. Il faut se rappeler que la théorie de Newton nous disait qu’on pouvait communiquer de la lune à la terre instantanément mais aujourd’hui, on sait que c’est simplement la signature d’une théorie qui n’était pas complète. Alors est-ce qu’on pourrait imaginer que quelque-chose va plus vite que la lumière entre Alice et Bob ? Alors, là il y’a eu des expériences de faites. Nous en avons fait une et des chinois l’ont très récemment répétée. On a pu mettre une borne à environ cinquante-mille fois la vitesse de la lumière. Il faudrait ainsi que cette hypothétique influence ou information qui corrèle les boîtes d’Alice et Bob se propagent non seulement plus vite que la lumière mais même beaucoup plus vite. Car nos expériences montrent que la vitesse de la lumière s’est exclue cinquante-mille fois. Maintenant on peut simplement se dire que ça va peut-être cent-mille fois ou un million de fois la vitesse de la lumière. Du moment qu’on envisage que quelque-chose va plus vite que la vitesse de la lumière, il n’y a pas de raison de s’arrêter. Ce n’est peut-être pas le moment de parler de ça mais c’est un sujet de recherche très actuel, il y a eu des publications tout à fait récentes qui montrent que ceci serait possible mais que ça aurait des conséquences auxquelles les physiciens ne croient pas tellement. A savoir la possibilité dès ce moment-là d’utiliser cette espèce d’influence entre les boîtes d’Alice et Bob pour permettre véritablement à Alice et Bob de pouvoir communiquer. Mais dans ce cas-là, pas seulement Alice et Bob, il faut en fait trois voire quatre parties à savoir Alice et Bob, Charlie et Dave etc… Donc ça devient assez compliqué, je ne pense pas que c’est bon d’en parler ici si ce n’est pour dire que c’est effectivement une très bonne question qui touche simplement un sujet de recherche fort actuel.
Chatroom-Pierre : si Alice fait tressaillir son photon, Bob peut-il voir que le sien tressaille ?
Nicolas Gisin : c’est également une très bonne question, ça fait plaisir. Comment fait-on pour voir comment un photon tressaille ? Ça c’est assez compliqué. Si c’était un objet usuel, on l’aurait regardé et on aurait bien vu s’il tressaillait ou pas. C’est comme si la branche de mon arbre était d’un coup entrain de vibrer à cause d’un vent. Mais là, c’est un objet quantique, c’est quelque-chose qui ne se voit pas comme ça simplement en le regardant. Donc il va falloir, pour tester ce qui est en train de tressaillir ou non, faire une mesure dessus. Mais le simple fait de faire une mesure sur une particule quantique la fait tressaillir. Donc il est impossible de savoir si elle tressaille parce-qu’ on fait une mesure dessus ou si elle tressaille parce-que l’autre particule, à des kilomètres de là, subit une mesure. On ne peut pas directement voir si une particule est en train de tressaillir et c’est ça qui empêche donc d’utiliser ces corrélations quantiques de manière toute simple pour communiquer parce-que même si je vous dis qu’en touchant une particule l’autre tressaille, ce tressaillement n’est pas directement visible.
Alan : d’accord, ça ne simplifie pas l’expérience en effet.
Nicolas Gisin : juste pour compléter, donc comment est-ce que finalement on se convainc quand-même qu’elle tressaille cette particule ? On ne peut pas la voir tressaillir. En fait c’est vraiment le jeu de Bell. En jouant à ce jeu de Bell, que les physiciens appellent inégalité de Bell pour faire plus sérieux. Et c’est vraiment en gagnant plus souvent que trois fois sur quatre après s’être convaincu que plus que trois c’est impossible avec des stratégies locales, on se convainc qu’effectivement ces particules utilisent une stratégie non locale, une sorte de tressaillement non-local ou hasard non-local.
Alan : la réflexion que cela m’inspire : jusqu’à ce que je lise votre livre, j’étais un peu familier avec le concept d’intrication mais sans plus et j’étais convaincu qu’il s’agissait d’une sorte de clonage entre deux particules qui du coup adoptaient le même comportement : quand il arrivait quelque-chose à l’une, ben on voyait l’effet sur l’autre sans devoir communiquer entre elles. Mais en fait, c’est pas du tout de clonage qu’il s’agit, c’est rigoureusement impossible, vous le dites.
Nicolas Gisin : tout à fait, au contraire, des jumeaux (soit un peu des clones humains). Et bien ces jumeaux peuvent avoir des comportements très similaires ou développer des mêmes maladies au même moment même s’ils sont très loin l’un de l’autre, mais là l’explication est locale, c’est-dire-que depuis leur naissance, ces jumeaux portent le même jeu de gêne et c’est ces gènes qui transportent évidemment localement avec eux de proche en proche quand ils se déplacent, ce qui détermine par exemple, qu’à un certain moment dans leur vie, ils vont développer une certaine maladie ou ils vont développer une couleur de cheveux etc… Et donc, là, on a un très bonne exemple de ce que sont des corrélations locales. Des jumeaux sont corrélés d’une manière souvent surprenante, à tel point ils se ressemblent, mais ce sont des corrélations locales vraiment portées de proche en proche par leurs gênes et les gênes, c’est un bon exemple de ce que moi j’appelle des variables locales, un processus local qui se déplace continument dans l’espace avec chacun des deux jumeaux.
Alan : Einstein appelait l’intrication, une “action fantôme à distance”. Est-ce qu’il avait raison d’appeler ça comme ça ?
Nicolas Gisin : dans un sens, non, parce-que la compréhension qu’on a aujourd’hui de l’intrication, ces corrélations non locales, c’est qu’il n’y a pas d’actions fantômes à distance. Il n’y’ a pas d’action à distance du tout. On ne peut pas vraiment dire que c’est Alice qui provoque le résultat chez Bob ou que c’est Bob qui provoque le résultat chez Alice. C’est juste qu’il y’ a un hasard qui se manifeste de façon non-locale chez tous les deux. Il n’y’ a pas besoin de dire que l’un est forcément la cause de l’autre. En tout cas ce n’est pas une cause au sens habituel du terme comme si je me tape la tête contre le mur et que j’ai mal à la tête, tout ça à cause du fait qu’on a des résultats au hasard. Dans ce sens-là Einstein n’avait littéralement pas tout-à-fait raison. Par contre là où il avait parfaitement raison, c’est là qu’il a mis le doigt là où ça fait mal, là où il a compris tout cet aspect non-local de la théorie quantique avant bien d’autres personnes, et il n’y croyait pas du tout ; c’est qu’ Einstein c’est le héros qui a rendu la gravitation locale à Newton, pour qui elle était non-locale. Après Einstein cette gravitation est devenue locale avec ces gravitons qui transportent l’information. Quand il s’est rendu compte que la nouvelle théorie quantique introduisait de nouveau une forme de non-localité, je pense que tout son être s’est révulsé et a dit « non mais ce n’est pas possible, je viens de résoudre un problème qu’on avait en physique pendant des siècles (trois entre Newton et Einstein). ». Et du coup à l’idée de réintroduire de la non-localité, Einstein a dit non et il a essayé de bien expliquer pourquoi ça lui paraissait impossible. Il y’a ses différentes citations d’une part « Dieu ne joue pas aux dés », d’autre part cette action de fantôme à distance qui illustrent bien à quel point Einstein avait vu le problème et n’y croyait pas. Là par contre il a eu tort parce-qu’ aujourd’hui, oui, Dieu joue aux dés et, oui des corrélations non-locales existent.
Chatroom – Jorj_McKie : donc si je comprends, la transmission d’une information complexe (d’un message) est impossible ?
Nicolas Gisin : voilà. Donc qu’elle soit complexe ou pas, pour le physicien ou pour l’informaticien, une information c’est un bit, il suffit de transmettre un oui ou un non, si vous voulez, c’est déjà une transmission d’information si vous voulez. Ceci est impossible avec les corrélations quantiques. Parce-que de nouveau si je disais « je fais cette mesure, ça fait tressaillir mon photon », ça voudrait dire oui et si je ne fais pas la mesure, ça voudrait dire non. Et d’une autre côté, on ne peut pas lire le résultat parce-qu’ on ne peut pas savoir si le photon a tressailli ou pas. La seule possibilité serait de jouer au jeu de Bell, et si on y joue, on se rend bien compte que chez Alice comme chez Bob que les résultats sont aléatoires, il y’a des 0 et des 1 complètement au hasard. La seule chose qui n’est pas au hasard et qui est intéressante d’ailleurs, c’est la corrélation car ils trouvent la plupart du temps le même résultat des deux côtés sauf si tous les deux ont poussé leur joystick vers la droite. Avec ça on ne peut pas communiquer. Même pas une communication simple, c’est-à-dire un oui ou un non.
NicoTupe : vous dites « L’absence de communication évite à la physique quantique d’être en conflit direct avec la relativité. Certains parlent de coexistence pacifique, une terminologie surprenante pour parler des deux piliers de la physique d’aujourd’hui. Il n’en reste pas moins que ces deux piliers reposent sur des fondements qui sont en totale opposition. ». C’est une remarque très intéressante qui m’amène la question : pourquoi s’encombrer de postulats de la relativité dans la physique quantique? Pourquoi vouloir à tout prix les faire cohabiter dans les postulats et non seulement dans les résultats?
Nicolas Gisin : c’est une sorte de préjugé que tous les physiciens ont : on s’imagine tout de même qu’il n’y a pas plusieurs théories qui décrivent chacune une facette de la nature : la réalité, mais qu’en fait cette réalité est consistante et qu’il y’a une seule théorie qui va décrire le tout. Cette théorie, nous ne l’avons pas encore aujourd’hui mais il y’a un grand effort de la communauté des physiciens pour essayer d’unifier la relativité et la physique quantique de telle sorte à avoir ensuite une théorie qui permettrait d’expliquer à la fois les aspects de corrélations quantiques, de non-localité et en même temps la gravitation telle que Einstein l’a décrite avec la relativité générale. Ça explique, j’espère, pourquoi tous les physiciens essaient de réconcilier ces deux théories mais aujourd’hui on n’y es pas arrivé et on n’y arrive pas parce-qu’ effectivement, ces deux théories reposent, comme vous l’avez dit, sur des concepts qui sont tellement différents dont on ne voit pas bien comment les mettre ensemble et je pense qu’il y’a peut-être une autre raison qui nous motive, nous, les physiciens, d’essayer d’unifier ces deux théories, c’est que si aujourd’hui la relativité s’applique beaucoup à l’univers, à très grande échelle et la physique quantique, au contraire à des atomes, des photons, des particules microscopiques, la technologie permet de plus en plus d’intriquer, de faire des jeux quantiques : le jeu de Bell, avec des objets de plus en plus gros : des objets qui vont bientôt être suffisamment grand pour qu’on puisse ne plus négliger leur impact gravitationnel et donc là il faudrait une théorie qui inclut à le fois le côté gravitationnel et le côté quantique et cette théorie, aujourd’hui, on ne l’a pas.
NicoTupe : c’est intéressant parce-que c’est une question sur laquelle j’allais venir à savoir : qu’est-ce qui empêche justement aujourd’hui d’intriquer des objets macroscopiques donc ce que vous dites à priori c’est que c’est pas tellement une limitation théorique mais c’est plus une limitation de « on n’a pas encore bien compris pour y arriver » mais on n’a pas prouvé que c’était impossible.
Nicolas Gisin : non, on n’a pas prouvé que c’était impossible, on pense même qu’il y’a des tas de situations dans lesquelles on va y arriver c’est à nouveau un sujet de recherche bien actuel. La théorie nous explique quand-même pourquoi c’est si difficile, c’est le cours de « décohérence » dont certains ont peut-être déjà entendu parler. Lorsque l’on a des objets de plus en plus grands, cette intrication se répartit entre plus en plus d’atomes et quand il commence à y’avoir énormément d’atomes intriqués, ça devient simplement technologiquement plus complexe d’arriver à tout maintenir dans le bon ordre à éviter qu’ils communiquent entre eux à éviter que cette intrication se propage encore plus loin et donc on sait très bien pourquoi c’est difficile d’intriquer des objets macroscopiques mais maintenant qu’on a bien compris pourquoi c’est difficile, (les physiciens manquent pas trop d’imagination) il y’a plein de situations où on pense qu’on peut arriver dans les années à venir à intriquer des objets impressionnants.
NicoTupe : vous dites dans la conclusion « En physique quantique, tout n’est pas intriqué avec tout et seul de rares évènements sont corrélés d’une façon non locale ». Est-ce vraiment vrai ou est-ce plutôt que l’intrication est trop complexe pour être prouvée pour le moment? Typiquement, pourquoi des particules perdent l’intrication?
Nicolas Gisin : très bonne question (je vois qu’on va très vite dans ce domaine), mais compliquée aussi. En fait, si j’essaie de faire simple, lorsqu’une particule est mesurée et observée, à ce moment-là elle perd son intrication avec le reste des autres particules. Evidemment une particule peut être mesurée pas un humain mais elle peut aussi être observée en quelque sorte par son environnement et donc l’environnement d’une particule va la mesurer, va regarder quel est son état etc… Et donc ça va briser son intrication. Pour éviter cette brisure, il faut isoler cette particule, il faut la préserver de tout contact avec son environnement. C’est ça qui rend la chose aussi difficile pour intriquer de gros objets parce-qu’ ils ont d’avantage de possibilité d’interagir avec leur environnement et c’est pour ça aussi que tout n’est pas intriqué avec tout. La plupart des objets ont été mesurés par leur environnement. C’est vrai qu’il y’ a aussi certains physiciens qui pensent que, au contraire, l’intrication est préservée à tout éternité et que, simplement, au moment où on fait l’impression de faire une mesure, l’univers se scinde en plusieurs univers et que chaque résultat existe dans un des deux univers. Mais ça ce sont des espèces de théories un peu foireuses. Souvent les gens aiment parce-que ça fait rêver des univers parallèles, des choses comme ça. En fait, on ne sait pas trop qu’en faire de ce genre de modèle donc moi j’aime mieux parler de l’environnement qui mesure l’état des particule. Donc si une particule n’est pas bien isolée, elle va perdre son intrication.
NicoTupe : mais le problème de ces modèles est qu’ils sont intrinsèquement invérifiable..
Nicolas Gisin : exactement ce ne sont pas des modèles vérifiables.
David : question très naïve mais ? C’est quoi exactement, du coup, quelque chose d’isolé ?
Nicolas Gisin : une particule est isolée si on peut éviter qu’elle interagisse avec d’autres. Par exemple, un photon typiquement on va essayer de le mettre dans une fibre optique et une fois qu’il est dedans, il peut se propager chez Alice et Bob, maintenant son voyage vers eux sera bien isolé de toutes perturbations dues à l’environnement donc il ne va pas interagir avec un autre environnement que la fibre optique. On va avoir un très bon contrôle sur ce photon. Pour les atomes, on va pouvoir les mettre dans des pièges électromagnétiques donc ils touchent rien, ils ne touchent pas d’autre matière, ils sont piégés là, ils peuvent y rester même toute une semaine, et on va pouvoir éviter que pendant cette semaine ces atomes n’interagissent avec un quelconque environnement.
Alan : on va maintenant parler un peu de téléportation : Une fois qu’on a intriqué des particules, on n’est pas encore tout à fait prêt pour de la téléportation, mais presque… Il manque encore un ingrédient, la “mesure conjointe”, pouvez-vous nous expliquer de quoi il s’agit?
Nicolas Gisin : c’est compliqué mais on va essayer d’y aller jusqu’à la fin. Qu’est-ce qu’on veut téléporter ? On va imaginer qu’on a un photon et ce photon je vais vouloir le faire disparaître d’ici pour le faire réapparaitre ailleurs. C’est ça la téléportation : disparaître d’un endroit pour réapparaître dans un autre et sans passer par aucun lieu intermédiaire. Evidemment, je ne vais pas pouvoir faire ça en utilisant juste de la physique locale, donc qui se déplace de proche en proche. On ne peut pas aller d’ici à là-bas, sans passer par un endroit entre deux, juste avec de la physique locale, c’est-à-dire qui va de proche en proche. Il faut donc utiliser les corrélations quantiques non-locales. On va imaginer maintenant qu’on a nos deux photons, ces particules de lumière donc qui sont intriquées et qui peuvent être à grande distance l’une de l’autre. J’ai un troisième photon et j’aimerais qu’il passe, en quelque sorte, à travers l’intrication. Imaginez une sorte de canal de téléportation qui passe donc à travers cette intrication pour se retrouver ensuite à l’autre bout. Il ne passe pas vraiment à travers en fait, parce-qu’ il n’y a pas de fil, ce sont juste deux particules, l’une chez Alice et l’autre chez Bob sans connexion entre deux. Pour pouvoir faire ça, il va falloir que je fasse une mesure bien particulière sur les deux photons qui sont proches l’un de l’autre et c’est là que je dois faire cette mesure jointe. Une mesure jointe consiste en gros à poser une question à ces deux photons : « est-ce que vous êtes semblables? Dans le sens que si je faisais la mesure sur chacun d’entre vous, est-ce que vous me donneriez la même réponse?». Ça c’est de nouveau une question de physicien un peu tordue parce-que dans la vie de tous les jours, si j’ai deux objets ou deux personnes et que je veux savoir s’ils me donnent la même réponse quand je leur pose la même question, par exemple, si je prends deux stylos, est-ce qu’ils pointent dans la même direction ? Ou est-ce qu’ils sont parallèles ? Ou est-ce qu’il y’a un angle entre eux ? La seule possibilité est de mesurer l’un, de mesurer l’autre, de regarder dans quelle direction pointe le premier crayon, dans quelle direction pointe le deuxième crayon et puis de voir si les deux directions sont les mêmes. Si c’était deux personnes, on poserait la même question, on écouterait les deux réponses et on en jugerait si oui ou non, c’est ou ce n’est pas la même réponse. Mais en physique on peut poser une question comme ça sur un état relatif à deux objets et les deux objets peuvent répondre «oui, nous vous donnerions la même réponse si vous nous posiez la même question » sans qu’on ait besoin de leur poser deux questions. Le fait est que les deux objets peuvent se mettre ensemble dans un état d’intrication et cet état est tel que lorsqu’on leur pose la même question, ils nous donnent la même réponse. Donc on voit que dans la téléportation on va devoir utiliser l’intrication deux fois : une fois comme canal de téléportation, et une deuxième fois pour permettre de poser des questions sur un état relatif entre deux particules. C’est ça l’idée. L’intrication, c’est deux particules qui peuvent être dans un état, tel que lorsqu’on leur pose la même question, elles donnent toujours la même réponse. Si l’on suit ce raisonnement on comprend un peu comment fonctionne la téléportation parce-que si la réponse est oui, je sais que si je posais la question au photon qui est loin, celui de Bob, il me donnerait la même réponse que le photon avec lequel il est intriqué, celui d’Alice. Mais ce photon-là puisqu’il vient de me dire qu’il donnerait la même réponse que le photon à téléporter, si je leur posais la même question, le résultat ce serait que le photon chez Bob maintenant me donnera toujours la même réponse, quelque-soit la mesure que je fais sur lui, plutôt que si j’avais fait cette mesure sur le photon initiale qui était à téléporter. Son état quantique se retrouve maintenant chez Bob à distance.
Alan : donc ce qu’on déplace n’est pas l’objet quantique lui-même, mais c’est plutôt son état quantique… Vous donnez un exemple assez flagrant dans le livre avec un canard en pâte à modeler.
Nicolas Gisin : exactement. Ce n’est pas un objet complet, car on ne peut pas imaginer que de la matière ou de l’énergie puisse disparaître d’ici pour réapparaître ailleurs. La seule chose qui fait cela, c’est l’état quantique, qui est ceci-dit tout ce qu’il y’a comme structure dans la matière ou dans l’énergie donc si on prend l’exemple d’un canard en pâte à modeler, j’aurais évidemment aussi une boule informe de pâte à modeler intriquée avec une autre boule informe de pâte à modeler du côté de Bob, du récepteur. Et maintenant que je pose la question à mon canard et à la boule informe de chez Alice, et qu’ils me disent « oui, on vous donnerait la même réponse, si vous faites la même mesure », en même temps le canard se déstructure, c’est-à-dire que la pâte à modeler perd toute forme, toute structure. La matière ne disparait pas mais perd toute forme et en même temps, chez Bob, la pâte à modeler informe prend la forme exacte du canard jusqu’au dernier détail à deux minute près.
Chatroom – Jorj_McKie : donc finalement c’est bien de l’information qui circule, et là je ne comprends plus…
Nicolas Gisin : Effectivement on a de l’information qui passe d’Alice à Bob et avant je vous ai dit qu’on n’allait pas prendre des corrélations non-locales pour avoir de l’information allant de Alice à Bob. Donc il y’a effectivement une contradiction apparente. Ça, ça se résout par le fait suivant : lorsque je pose ma question à mes deux particules donc le photon intriqué avec celui de Bob et le photon à téléporter, il y’a deux réponses possible. Pour les physiciens il y’en a même quatre mais on va faire avec deux c’est plus simple. C’est oui ou c’est non. Pour l’instant on n’a analysé que le cas « oui ». Par contre, il y’a une deuxième réponse possible à savoir « non ». « Si vous nous posiez la même question, on donnerait toujours des réponses opposées ». A ce moment-là ça signifie que la téléportation a eu lieu mais avec un biais qui fait que maintenant, quelle que soit la mesure que Bob réalise sur son photon, il obtiendra toujours la réponse opposée à la réponse qu’il aurait eue s’il avait fait la mesure sur le photon originale. Et donc le processus de téléportation n’est pas tout à fait terminé lorsqu’on a posé cette question sur l’état relatif des deux photons chez Alice. Il faut encore dire à Bob, est-ce que la réponse a été oui ou est-ce que la réponse a été non. Si la réponse a été oui et bien Bob sait qu’il a obtenu la bonne réponse à toutes les mesures qu’il pourrait faire. Si la réponse est non Bob sait qu’il obtiendra toujours la réponse à l’envers. Obtenir la réponse à l’envers, ce n’est pas très grave. Il suffit de l’inverser et il a la bonne réponse. Mais il faut encore savoir. Et donc, il faut qu’Alice informe Bob du résultat de sa mesure et pour cela il faut du temps. Ça ne peut pas aller plus vite que la vitesse de la lumière. C’est un « oui non » tout-à-fait classique qui va se propager à la vitesse de la lumière au maximum et donc c’est ça qui fait que le processus de téléportation, dans sa globalité, ne va pas plus vite que la lumière. C’est pour ça que tant que Bob n’a pas ce résultat, il sait juste qu’il y’a une chance sur deux que son résultat soit le bon et une chance sur deux que son résultat soit le mauvais et pour ça il n’y rien besoin de faire : si le résultat est binaire, il y’a de toute façon une chance sur deux que ce soit le bon et vice-versa. Donc Bob doit vraiment attendre d’avoir obtenu le résultat d’Alice pour savoir s’il a un canard exactement copié à l’original ou bien le canard exactement à l’envers.
Alan : et donc il y’a quelques années, vous avez réalisé l’expérience hors laboratoire dans le vrai monde, entre deux villages du canton de Genève, ici en Suisse, séparés d’une dizaine de kilomètres.
Nicolas Gisin : alors nous avons fait plusieurs expériences et celle sur plusieurs dizaines de kilomètres qui date déjà de 1997. Celle-ci consistait juste à jouer au jeu de Bell sur une grande distance entre Bernex et Bellevue, l’un un peu au nord et l’autre un peu au sud de Genève. Et la téléportation quantique, nous l’avons aussi réalisée hors laboratoire en utilisant des fibres optiques standards de notre opérateur national Swisscom. Mais cela était sur des distances quand-même un peu plus courtes : quelques kilomètres entre Alice qui était dans un laboratoire et Bob qui se trouvait dans une centrale Swisscom, dans le centre de Genève.
Alan : si vous le voulez bien, parlons maintenant des applications. On comprend bien à la lecture de votre livre que votre motivation se situe plutôt dans l’avancement de notre compréhension de la réalité que dans les applications concrètes sur lesquelles pourront déboucher ces recherches… Mais pouvez-vous quand même nous en dire un mot? Concrètement, à quoi pourrait nous servir la téléportation quantique d’ici quelques années?
Nicolas Gisin : alors il y’a une application qui est assez facile à comprendre à partir de la téléportation quantique, plutôt que de téléporter un canard ou des choses comme ça, on va pouvoir téléporter un message. Et si je téléporte un message, qui va disparaître ici pour réapparaître ailleurs sans passer par aucun lieu intermédiaire, sans passer par nulle part, il ne va pas être intercepté. Donc si je veux mettre là une information hautement confidentielle, l’état de santé de mes enfant, par exemple, que j’ai envie de garder confidentielle non seulement pour aujourd’hui mais aussi pour une très longue durée, ça serait bien que l’hôpital ou mon médecin la communique de façon confidentielle. Et là, la téléportation quantique offre cette possibilité et ça s’appelle la cryptographie quantique, bon après ça se simplifie un petit peu par rapport à la téléportation quantique. Et cette cryptographie quantique est déjà une application qui existe commercialement. Il existe déjà des institutions, des industries qui utilisent cette cryptographie quantique pour par exemple communiquer entre le siège et les systèmes de back-up où ils font les copies de toutes leurs informations et il y’a plein d’industries pour qui l’information est une valeur extrêmement importante donc ils font leurs back-ups avec de la cryptographie quantique.
NicoTupe : comment est-ce qu’on réalise ces boitiers? Vous expliquez bien que dans les modèles, on a deux boîtes dans le jeu de Bell, et au milieu on a un Crystal qui intrique les particules. Vous dites qu’une première simplification est de mettre le Crystal dans une des boîtes, pour le moment il n’y a pas trop de problèmes. Et pour la deuxième simplification, vous dites en gros que, comme finalement vous allez mesurer très rapidement l’information d’une des deux particules et donc la détruire, ça ne sert à rien de créer deux particules et vous en créez plus qu’une. Et là je me dis : mais comment fait-on pour intriquer une seule particule ? Parce-que j’ai l’impression qu’il faut au moins être deux pour pouvoir bien s’intriquer.
Nicolas Gisin : oui, il y’a toujours une sorte d’intrication. Là c’est de l’intrication potentielle entre la particule qui va effectivement d’Alice à Bob et la particule qui aurait dû être créée et immédiatement mesurée. Plutôt que de la créer immédiatement et la mesurer, autant ne pas la créer. C’est vrai que c’est de nouveau quelque-chose d’un peu compliqué à comprendre ici. C’est vrai que la cryptographie quantique aussi l’a raconté même sans intrication, en parlant typiquement de relation d’incertitude d’Eisemberg ou d’impossibilité de cloner des photons. Dans mon livre j’ai expliqué ça avec l’intrication parce-que tout le livre porte sur l’intrication donc j’ai préféré rester dans le même domaine mais voilà je comprends bien votre difficulté mais de nouveau, si vous avez deux particules intriquées et qu’il y’en a une que vous détruisez immédiatement il en reste plus qu’une donc on peut effectivement s’économiser de créer une particule si c’est pour la détruire tout de suite.
Chatroom – Pierre : Que pensez-vous de l’hypothèse de non-séparabilité biologique ?
Nicolas Gisin : Bon déjà, on n’a pas utilisé le mot de non-séparabilité, c’est encore un autre terme pour dire intrication. Mais alors est-ce que l’intrication existe en biologie ? De nouveau c’est une très bonne question et à nouveau, pour une très bonne question, il n’y a pas de réponse toute simple. Alors oui, bien sûr que ça existe, dans des électrons, des atomes… Dans la plupart des atomes il y’a plusieurs électrons et des qu’il y’a plusieurs électrons généralement, ceux-ci sont intriqués et évidemment nous sommes faits d’atomes et donc il y’a de l’intrication dans notre corps. Mais ce n’est pas ça qui est vraiment intéressant, je ne pense pas que c’était l’objet de la question. Je pense la question est plutôt: est-ce que la nature, la sélection naturelle a privilégié l’intrication pour que les êtres biologiques puissent réaliser certaines performances qui seraient impossibles à réaliser sans intrication ? Là on ne parle plus vraiment de jeu de Bell parce-qu’on ne voit pas vraiment l’intérêt du jeu de Bell dans notre corps ou entre deux personnes. Mais est-ce que peut-être une certaine forme d’intrication serait utile pour certains processus importants en biologie. Et là, certaines personnes, certains physiciens, certains biologistes pensent avoir découvert des signes qui tenteraient à dire que la réponse est positive. Par exemple dans la photosynthèse. Mais ce sont des résultats qui sont encore assez controversés. Certains autres collègues n’y croient pas et donc ça fait partie du débat scientifique : vous voyez qu’aujourd’hui on a parlé énormément des recherches qui sont extrêmement actuelles, extrêmement modernes, on est en plein là-dedans et il y’a des conférences entières qui se posent cette question et pour l’instant les physiciens et les biologistes ne sont pas unanimes sur la réponse.
Alan : Avant de conclure, j’avais une question un peu plus personnelle : C’est vous qui étiez en charge de la conférence de l’ouverture du semestre de printemps de l’Université de Genève (Où vous dirigez le groupe de physique appliquée) en février dernier (Vous avez fait salle comble, c’était très impressionnant). J’ai eu la chance d’y assister et 2-3 trucs m’ont étonné. En bien d’abord, dans l’introduction du recteur de l’UniGe, Jean-Dominique Vassali, lorsqu’il indiquait que la MIT Technology Review avait annoncé vos travaux comme l’une des 10 technologies qui devraient révolutionner le monde. J’y ai appris également que vous avez reçu de nombreuses distinctions: l’Europe vous a décerné le Prix Descartes en 2004, la ville de Genève vous a décerné son prix quadriennal en 2007. En 2009, vous avez reçu le premier prix John Stewart Bell (le Bell du jeu du Bell), et enfin, vos travaux ont été cités plus de 17’000 fois dans la littérature académique, ce qui est plus que remarquable. C’est très impressionnant, si j’avais su tout cela avant de vous contacter, j’aurais sans doute commis une grosse erreur en n’osant pas vous contacter… Ça, c’était pour ce qui m’a surpris agréablement, donc, au début de la conférence. Par contre, à la fin de la conférence, j’ai eu un autre type de surprise en constatant de mes propres yeux ce que je qualifierais de déferlement d’allumés de tous poils qui vous ont littéralement envahi après votre performance pour, qui, tenter de vous convaincre que la télépathie existe, qui, vous expliquer que tout est ondes, énergie, auras, chakras… Des raëliens sont venus vous poser des questions… Bref… Certains veulent voir dans vos travaux une dimension mystique et cherchent à tout prix à trouver dans vos travaux la confirmation de leurs croyances diverses. Je vous avoue que je n’avais encore jamais assisté à un truc pareil, et je me demandais… Cela vous arrive souvent? Ce n’est pas trop difficile à gérer? Comment vous expliquez-vous ce phénomène? Ce n’est pas un déprimant de voir ses travaux instrumentalisés et dénaturés de la sorte?
Nicolas Gisin : d’abord je suis content quand les gens s’intéressent à ce que je fais, c’est pour ça d’ailleurs que j’ai écrit ce livre de vulgarisation sur l’impensable hasard parce-que je trouve que c’est sympa de pouvoir partager sa passion avec le grand public et avec différentes personnes et effectivement ce sont vraiment des personnes différentes, comme vous ou comme les personnes qui nous écoutent ici, qui sont curieuses de voir où la science en est et quels sont ces nouveaux concepts que la science découvre, essaie de mettre en application. Comme l’intrication ou les corrélations non-locales. Donc ça c’est juste une simple curiosité et je trouve ça vraiment sympa de vouloir contribuer ici à essayer de répondre à certaines questions même si je sais que c’est difficile. Et puis il est vrai que j’ai aussi souvent eu à faire à des gens qui m’écrivent pour s’alarmer à travers des courriers. Des gens, qui en fait au contraire, imaginent que ce sont eux qui ont la connaissance et que c’est le reste du monde qui doit enfin réaliser qu’ eux ont tout compris et donc m’écrivent pour m’expliquer pourquoi le monde est comme il est et c’est vrai que c’est souvent pas très intéressant parce-que ça manque de structure, ça manque de rationnel mais on ne peut pas vraiment discuter avec eux parce-que de toute façon ils viennent avec des aprioris mystiques figés donc on ne peut pas apprendre et je pense que c’est ça la grande différence : la science, elle évolue. Encore une fois elle a commencé avec Newton qui avait une théorie magnifique qui a quand-même fonctionné pendant des siècles et qui d’ailleurs fonctionne encore très bien aujourd’hui. Mais aujourd’hui on sait que ce n’est qu’une approximation et on a pu faire le pas suivant avec la relativité. De même on a cette théorie quantique qui fonctionne extrêmement bien mais je suis persuadé qu’un jour elle va être dépassée et qu’on aura une autre théorie qui ira plus loin. C’est-à-dire qu’en sciences, on n’est pas figé religieusement dans sa théorie. Encore une fois, Newton avait lui-même dit que sa théorie avait ce côté non-local auquel il ne croyait pas et lui-même disait « Mais il faut être fou pour croire en ma théorie. ». Donc je pense que là c’est l’énorme différence entre les gens « rationnels » qui ont compris que les connaissances progressent et que les connaissances se remettent en cause sans arrêt, et puis les gens qui sont plutôt avec une sorte de vision religieuse et tant que ça reste dans leur domaine, il n’y a aucun problème avec ça d’ailleurs, je pense que je suis aussi une personne relativement religieuse selon certains critères, mais par contre, on ne peut pas appliquer ça ensuite à la science, on ne va pas venir avec des idées de chakras où je sais pas quoi pour expliquer l’intrication ou les choses comme ça parce-que je ne vais rien pouvoir en faire, je ne vais jamais pouvoir faire de la cryptographie quantique avec ces choses-là. Dans ce sens-là, comme j’écris dans mon livre : avoir des bonnes applications, même si la motivation est peut-être la connaissance fondamentale, s’il y’a une bonne application potentielle, c’est qu’on est en train de travailler sur quelque-chose qui est solide.
Alan : et n’est-ce pas déprimant pour vous de voir vos travaux récupérés et dénaturés de cette manière-là ?
Nicolas Gisin : il faut vivre avec de toute façon. Non, je ne pense pas et il faut dire que j’ai quand-même aussi une vraie reconnaissance de mes pères et du côté scientifique. Evidemment, si je n’étais reconnu que par les mystiques, ce serait différent. (Rires) Mais ce n’est pas le cas. Je n’ai pas vraiment ce souci. Comme vous l’avez dit, l’autre jour j’ai fait salle comble, en fait il y’avait même deux salles qui étaient pleines, c’était vraiment très impressionnant avec plus de mille personnes. Alors maintenant la question est : sur ces milles personnes, combien étaient sainement curieuses et combien y’avait-il d’allumés ? J’ai quand-même l’impression que cette bande d’allumés étaient en petite proportion, vraiment, il y’avait beaucoup de gens qui étaient curieux parce-qu’ ils ont l’impression qu’avec cette intrication, ça leur explique certaines observations de leur vie de tous les jours, de coïncidences qu’ils ont observées et pourquoi pas ? Cela ne me dérange pas. Mais c’est vrai que me faire assaillir pour qu’ils me disent que eux, ils ont compris et qu’ils viennent m’expliquer pourquoi c’est comme-ci ou comme ça, c’est vraiment agaçant mais c’était à mon avis vraiment une petite minorité, assez bruyante il est vrai. (Rires)
NicoTupe : pour conclure, vous dites : « Une explication est essentiellement une histoire qui raconte le phénomène à expliquer ». De manière générale dans tout le livre, vous parlez de la recherche de la bonne histoire à raconter pour la non-localité et qu’aucune ne vous a pleinement satisfait jusqu’alors. Alors que vous dites aussi qu’il existe un modèle mathématique qui consiste en des projections, mais que celui-ci ne vous convient pas. J’avoue que cela laisse le mathématicien perplexe. On a un modèle mathématique qui marche, des expérimentations qui marchent. Est-ce un truc de physicien que de chercher encore une autre histoire à raconter en plus?
Nicolas Gisin : c’est pour ça que vous faites des maths et pas de la physique. (Rires). En tout cas pour moi, qui suis assez à l’aise en mathématiques (j’ai une licence en mathématiques), une équation n’est pas une explication. Pour comprendre, il me faut raconter une histoire. Je pense que c’est en racontant des histoires qu’on comprend et les cours de physique ne commencent jamais par une équation. Un cours de physique, ça commence par l’histoire pour raconter qu’est-ce que le concept d’énergie, qu’est-ce que le concept de force, des choses comme ça et donc on raconte des histoires, l’histoire du jeu de Bell etc… Et ce n’est pas forcément facile mais il y’a une histoire à raconter et les maths en quelques sortes ça vient après, on en a besoin parce-qu’ on aimerait faire des prédictions bien précises et des fois il y’a des choses compliquées alors il va falloir bien calculer mais la compréhension n’est pas dans les maths. D’ailleurs ça me rappelle il y’a quelques années quand j’étais jeune prof à Genève, je donnais des cours de physique générale et ces cours de physique générale s’adressaient à tous les scientifiques non-physiciens. Donc j’avais par exemple des géologues et j’avais des mathématiciens. Et c’était horrible comme cours parce-qu’ à un géologue, il suffit de mettre une équation et il est perdu, donc on peut raconter des histoires et surtout pas poser d’équations et le mathématicien sans équation est perdu. Donc c’est impossible de donner un cours en même temps à un mathématicien et à un géologue, par exemple. Ça doit être des cerveaux structurés différemment et heureusement car il faut de tout.
Chatroom- Jorj_McKie : un grand Merci à M. Gisin d’une part pour ses travaux, mais pour sa capacité de vulgarisation et sa patience.
Il est toujours bon de savoir quels éléments ont amené à l’élaboration d’une théorie, cela permet de mieux l’appréhender, et avec la physique quantique, ce n’est pas du luxe! Mais l’émergence de cette discipline nous a surtout fait ravaler notre orgueil. Et une belle leçon d’humilité comme celle-ci méritait d’être contée!
Marco est donc revenu nous voir pour nous raconter les différentes étapes qui ont permis d’élaborer le formalisme de la physique quantique
Le dossier de la semaine
Par Marco: la genèse de la physique quantique
Les dessins de Nicotupe
Retours sur les émissions précédentes
- les commentaires de Dr Goulu (auteur de l’excellent blog Pourquoi Comment Combien http://drgoulu.com/) sur le dossier de Robin sur les mathématiques du mariage stable
-
Bon sinon, on s’extasiait dernièrement de la provenance des commentaires. Un petit du Canada, rien que pour le plaisir
salut,
je découvre les émissions en différé du Canada où je vis et vous me sauvez de mon boulot parfois pas très intéressant, et en plus en apprenant beaucoup, très fun et pas chiant!!!!!! Longue vie a vous!
Les actus scientifique de la semaine
- Lionel (comm disqus dans page about): Bonjour, voici une actu qui pourrait bien faire l’objet d’un dossier: http://www.futura-sciences.com…
- @MonsieurSmith_:
Record d’apnée 22 Minutes ! par @Spi0n Non mais c’est pas humain ! dai.ly/xv3a9u#.UWzfh9… cc @podcastscience
Le quizz du mois
Pour rappel, le quizz de ce mois-ci est une idée de notre ami Jorj McKie: “Il y a plus de variabilité génétique entre un Peul et un habitant du villageois nigérian d’à côté qu’entre un Européen du Nord et du Sud”. 2 participations dont l’une contrainte et forcée par Nicolas Gisin à cette antenne. La seconde vient de Monique et elle est juste parfaite. Du coup, je la garde pour moi. Je vais m’en servir la semaine prochaine pour révéler s’il s’agit effectivement d’une info ou d’une intox. D’ici là, si vous avez des idées, lâchez-vous
C’est votre avis qui nous intéresse (=> mail, twitter, etc.). Ne vous inquiétez pas pour l’explication scientifique, c’est nous qui nous en chargerons. On attend vos contributions
Les quotes de la semaine
« si vous ne comprenez pas tout, ce n’est pas grave, le but est simplement que demain nous en comprenions un peu plus qu’hier. » (Nicolas Gisin)
«If you know exactly what you are going to do, what is the point of doing it? » P. Picasso
Plugs & Annonces
- Si vous avez aimé le thème de notre dernière soirée radio-dessinée à Paris et que vous habitez Grenoble, Découvrez l’Amour… et sa chimie avant le 31 mai à la BU de Médecine-Pharmacie !
L’exposition « La chimie de l’Amour » conçue et réalisée par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) invite à faire un petit tour d’horizon de ce qui se passe chez l’humain amoureux, dans son corps, ses organes et ses cellules.
L’exposition est à visiter à la Bibliothèque universitaire de Médecine-Pharmacie jusqu’au 31 mai 2013.
Le lien : http://www.ujf-grenoble.fr/universite/medias-et-communication/actualites/exposition-la-chimie-de-l-amour–595967.htm?RH=UJF -
Aurélien Fernandes: “Information pour vos auditeurs : http://tedxcern.web.cern.ch/“
Ce sera le vendredi 3 mai 2013 de 13h45 à 20h00. Ce sera retransmis en webcast. Il sera bien sûr question d’univers, de manière noire, d’exoplanètes, d’anti-matière, de bosons, de masse et de galaxies… Mais aussi de génétique, d’open-data, d’histoire, de philo, de conscience, de recherche… Il y aura notamment George Church (l’un des initiateurs du Human Genome Project), Ian Foster (le père du “grid computing”), Marc Abrahams (des Ig-Nobel, et rédacteur des Annals of Improbable Research, Yaron Hermann (pianiste de jazz qui base ses impros sur des méthodes mathématiques)… Ça c’est juste pour ceux dont je connais les noms! La liste des speakers est longue. Si les TEDx sont parfois de qualité inégale, celui-ci m’a l’air tout à fait prometteur et de haute-tenue, avec beaucoup de scientifiques de renom: http://tedxcern.web.cern.ch/speakers -
Tout sur l’inscription à #42 sur le blog de notre espion Nicotupe http://nicotupe.fr/
-
Nous avons changé de serveur! Le site ne plante plus et propose à nouveau des temps de réponse corrects! Un immense merci à Mathieu, qui s’est occupé de ça
-
Pour finir ces annonces sur une note un peu plus sérieuse: Ouverture prochaine de PodcastSuisse.ch
- Buts: Entraide, visibilité auprès des médias
- Les podcasts:
- Podcast Science, bien sûr et également:
- Niptech – Benoit Curdy et ses comparses Mike, Johan, (Mathieu) Profduweb (startups et innovation)
- Voyagecast – Jonathan (le podcast du voyage)
- Podsource – John et Dom (graphisme et webdesing)
- Nain-pod-quoi – A.Dibule (Humour complètement décalé, à mourir de rire!)
- Le PoteCast – Thierry Weber et ses comparses (L’émission technogeek avec de la bière dedans)
- Et on aura sans doute une autre annonce podcastique a ajouter à celle ci la semaine prochaine
Prochaine émission
Suite à un désistement, nous n’aurons pas de dossier la semaine prochaine. Du coup, nous en profiterons pour proposer une discussion que j’avais envie d’organiser depuis longtemps: l’évolution est-elle une science?
- la théorie de l’évolution est-elle une réponse définitive qui se veut parfaite comme le prétendent certains? Ou la théorie de la sélection naturelle est-elle une vraie discipline scientifique capable de se remettre en question comme toutes les disciplines scientifiques?
- l’épigénétique remet-elle en question le darwinisme? Faut-il réhabiliter Lamarck?
- qu’est-ce que l’évolution explique et qu’est-ce qu’elle n’explique pas?
Nous allons poser ces questions que plus personne n’ose se poser – de peur de passer pour un détracteur.
Nous nous demanderons aussi si les détracteurs ont définitivement biaisé le débat et terni l’image de l’évolution? Pourquoi cette discipline plus que d’autres est-elle sujette à des attaques permanentes et des récupérations de toutes sortes?
Discussion de haute tenue avec notre ami Pierre Kerner, chercheur en génétique évolutive, maître de conférences en biologie des organismes à Paris VII et auteur de l’excellent blog Strange Stuff and Funky Things.
Xochipilli, l’auteur de l’excellent blog “Le Webinet des Curiosités” sera également de la partie avec ses questions intelligentes.
Et bien sûr, nous profiterons de l’éclairage philosophico-historique de notre David préféré!
Si vous avez également des questions à poser, s’il y a des questions qui vous chiffonnent ou vous laissent perplexes, n’hésitez pas, c’est le moment ou jamais! C’est l’occasion de demander tout ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais oser le demander sur l’évolution. Il ne s’agira ni d’une querelle de spécialistes ni d’une suite de messages sursimplifiés pour contrer des attaques de créationnistes.
Vous pouvez nous envoyer vos questions par twitter (@podcastscience), facebook/podcastscience, google+, , ou via le formulaire de contact. Et si vous souhaitez que vos questions soient anonymisées, n’hésitez pas à le préciser. Pas dit qu’on les passe toutes, mais qui sait, s’il y en a beaucoup, ce sera peut-être l’occasion d’organiser plusieurs discussions!
Bonne semaine
La chatroom
(à l’heure irlandaise)
L’intro de Nicotupe
Nicolas Gisin présente dans son livre un concept que je ne connaissais personnellement pas : l’intrication quantique. Bien comprendre ce que c’est et pourquoi c’est révolutionnaire (oui, vous m’avez convaincu M. Gisin) n’est pas chose facile et je vais tenter ici une brève explication. “Intrication” “quantique”, deux mots peu simples.
Commençons par quantique : on en a déjà parlé ici. La physique quantique est cette branche de la physique en laquelle ne croyais pas Einstein, qui présente un monde « quantifié », ou les valeurs prises par l’énergie par exemple sont bien particulières. Elle ne sont pas « continues », on ne peut pas choisir n’importe quelle valeur.
Mais ce n’est pas tout, la physique quantique met fin au déterminisme. Une mesure donne un résultat tiré au hasard parmi une liste de résultat. Une sorte de lancer de dé ou chaque face du dé aurait plus ou moins de chance d’apparaitre. La valeur de cette mesure n’est connue que lorsque la mesure en question est faite. Avant cela, on parle d’état quantique, c’est l’information de probabilité d’apparition de chaque résultat de mesure. Dans le cas de particules quantiques, le résultat de la mesure n’est donc pas déterminé à l’avance, la mesure détermine la particule.
Le concept d’intrication seul va vous paraître simpliste. Prenez deux cartes à jouer : un as de coeur et un as de trèfle, une carte noire et une carte rouge. mélanger les sans regarder, faites les mélanger, perdez complètement la notion de où est la noire et où est la rouge. Enfermez alors chacune de ces cartes dans une enveloppe. Plus tard, les enveloppe scellée peuvent avoir voyagé et se retrouver dans des espaces très différents : l’une par exemple sur ma table à Paris et l’autre sur la table d’Alan à Lausanne. Si j’ouvre mon enveloppe et regarde la couleur de la carte, cela détermine complètement la couleur de l’autre carte. Même à distance, les couleurs des deux cartes sont toujours liées. On pourrait dire, et M. Gisin confirmera ou infirmera, que les cartes a jouées sont en intrication non quantique. Bon, il est vrai que l’intrication non-quantique n’a jamais passionnée personne, principalement parce que la couleur de la carte dans chacune des deux enveloppes était bien déterminée depuis le début, depuis le moment où l’on avait mis celles-ci dans une enveloppe.
On en arrive alors au sujet de ce livre, l’intrication quantique. Imaginez maintenant mettre en intrication des états quantiques. C’est à dire créer un système de particules liées comme les deux enveloppes sont liées. La différence avec les enveloppe qui rend cette découverte importante c’est que la mesure d’une des particules détermine totalement la mesure de l’autre mais cette mesure reste quantique, c’est à dire que le résultat de la mesure n’est connu qu’au moment où on la fait. Ainsi, on a deux particules, qui peuvent être très éloignées et pourtant, si je mesure l’une, la mesure de l’autre est instantanément déterminée sans même qu’il puisse y avoir eu à nouveau un contact entre les deux particules.

Nicolas Gisin. Sa démonstration de téléportation quantique en 2006 a bousculé le domaine de la cryptographie.
Le livre de Nicolas Gisin prend un long moment à expliquer ce nouveau concept par le biais d’un jeu, le jeu de Bell, où l’on ne peut pas gagner sans intrication. Il présente ensuite des expériences notables qui prouvent la validité de ces concepts. Enfin il présente des applications dont l’une tout a fait étonnante : la téléportation quantique qui déplace un état quantique d’un endroit à un autre.
Tout au long de ce livre est discuté le concept de non-localité. En effet l’intrication quantique donne l’impression d’une interaction à distance que la physique a rejeté depuis bien des années et qui avait été définitivement anéantie avec la relativité. C’est la question ouverte de ce livre, comment expliquer, comprendre, modéliser cette non localité? Et ce sera aussi l’objet de plusieurs de nos questions!
L’interview de la semaine
Nous recevons Nicolas Gisin, professeur à l’Université de Genève, auteur de l’excellent livre “L’Impensable Hasard: non-localité, téléportation et autres merveilles quantiques” publié à l’automne 2012 chez Odile Jacob.
» Retranscription de l’interview (merci Leo pour le boulot!)
Les dessins de Nicotupe
Le son de la semaine
Le chant circadien du coq
Les quotes de la semaine
Toutes deux tirées de l’Impensable Hasard, de Nicolas Gisin
That Gravity should be innate, inherent and essential to Matter, so that one Body may act upon another at a Distance thro’ a Vacuum, without the mediation of any thing else, by and through which their Action and Force may be conveyed from one to another, is to me so great an Absurdity, that I believe no Man who has in philosophical Matters a competent Faculty of thinking, can ever fall into it
- Isaac NewtonI am a quantum engineer, but on Sundays I have principes
- John Stewart Bell (le Bell du jeu de Bell)
Plugs & Annonces
- Nous allons changer de serveur. C’est Mathieu qui s’est occupé de tout. On fait une tentative de bascule ce week-end (demain soir vendredi). Ça risque de supposer une petite interruption de service (une page de maintenance), n’hésitez pas à revenir plus tard… Et dans tous les cas, si vous êtes abonnés au podcast via itunes ou autre, ça ne posera aucun problème, vous pourrez nous écouter comme d’habitude.
- Notre Lucile préférée – qui fait de temps en temps une illustration pour Podcast Science, notamment les quizzes – a tenté un nouveau format: la vidéo! Elle a prêté ses feutres à une vidéo pour Draw Me Why, qui explique pourquoi les oignons font pleurer.
C’est super bien fait, vous pouvez retrouver la vidéo sur Kidi’Science: http://kidiscience.cafe-sciences.org/articles/pourquoi-on-pleure-quand-on-coupe-des-oignons/
- Enfin, une petite précision de David: le dernier épisode que nous avons publié qui concernait notre live à l’espace Pierre Gilles de Gennes “l’Amour est dans la pipette” existe dans deux versions, une version mp3 classique (avec le son, quoi) et une version m4a pour les utilisateurs de i-bidules divers (iphones, ipads, etc.), qui affiche les images et dessins de la soirée de manière synchronisée avec le texte!
Prochaine émission
Jeudi 18 avril 2013, 21h30, Marco
Il est toujours bon de savoir quels éléments ont amené à l’élaboration d’une théorie, cela permet de mieux l’appréhender, et avec la mécanique quantique ce n’est pas du luxe!
Mais l’émergence de la mécanique quantique nous a surtout fait ravaler notre orgueil. Et une belle leçon d’humilité comme celle-ci mérite d’être contée! Attention au changement d’heure
Bonne semaine
La chatroom
à l’heure irlandaise
Vous vous êtes accroché(e) pour le premier épisode sur le vide? Vous pensiez être arrivé(e) au bout de vos peines. Bravo et merci. Mais ce n’est pas fini. C’était juste l’entrée. Mesdames, Messieurs, voici le plat de résistance, les vins et le dessert, j’ai nommé: le vide quantique! Vous êtes sur Podcast Science, c’est l’épisode 121 du 28 février 2013.
Le dossier de la semaine
» Mathieu: le vide 2/2, le vide quantique
Les illutrations nicotupiennes
(Bientôt sur vos écrans)
Divers liens évoqués durant l’émission
- L’explication de Torea sur le problème du miroir (en anglais): http://www.physicsforidiots.com/relativity.html
- Le lien de Jorj X. McKie sur le quizz du mois (l’eau froide gèle plus vite que l’eau chaude. Info ou intox?) http://www.larecherche.fr/savoirs/physique/eau-chaude-gele-t-elle-plus-vite-eau-froide-01-11-2007-77340
La quote de la semaine (par Mathieu en personne)
Le Big Bang n’est pas un cadeau de Dieu, c’est simplement la limite de nos équations - Pierre Binétruy
Plugs / Annonces
On va le dire et le répéter jusqu’au 23 mars: GRANDE SOIREE RADIO-DESSINEE le samedi 23 mars 18h à l’espace des sciences Pierre-Gilles-de-Gennes à Paris!
On parle d’amour pour inaugurer une expo qui parle de chimie. La soirée s’appellera L’Amour est dans la pipette. Nous parlerons phéromones, neurosciences, animaux lubriques avec Pierre Kerner, viagra féminin, philtres d’amour, mathématiques de la drague… Le tout illustré en direct et entrecoupé de mini-interviews des dessinateurs de strip-science, qui sont vraiment des gens épatants!
Vous pouvez désormais voir les détails et vous inscrire sur Facebook http://on.fb.me/YrUzFD
Et sur Google+: http://goo.gl/8Di3w
Prochaine émission
» 7 mars 2013: David: débat sur le nucléaire
Chatroom:
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[20:15] == Alan2 [webchat@85.218.109.18] has joined #podcastscience
[20:21] == Robin___ [webchat@212-198-174-208.rev.numericable.fr] has joined #podcastscience
[20:24] == Jorj_McKie [webchat@AMontsouris-554-1-12-46.w86-212.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:27] <Alan> ‘morning!
[20:27] <Alan> on aura qq minutes de retard (pour changer). On attend Nico et Robin redémarre sa box
[20:28] == mfavez [webchat@188.84.172.15] has joined #podcastscience
[20:28] <Jorj_McKie> Salutations à tous.
[20:28] <@Sven_Le_Belge> Bonsoir à tous, premier live ici ![]()
[20:29] == Kramnik [webchat@AMarseille-652-1-313-230.w90-8.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:29] <Alan> Bienvenue Sven
Salut tout le monde!
[20:29] == Xilrian_ [webchat@79.140.208.62] has joined #podcastscience
[20:29] <Alan> On démarre dans quelques minutes
[20:30] <Alan> (juste des petits soucis, comme d’hab… Il nous manque Nico et Robin se bat avec sa box)
[20:30] == Robin___ [webchat@212-198-174-208.rev.numericable.fr] has quit [Ping timeout]
[20:30] == Casgiu [webchat@AMarseille-553-1-194-144.w92-153.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:30] <Kramnik> Salut!
[20:32] == Xilrian [webchat@79.140.208.62] has quit [Ping timeout]
[20:33] <Kramnik> C’est pas encore commencé, que j’ai déjà des questions! ^^
[20:33] <Jorj_McKie> Dianiel Darc est mort, on ne va pas dire que ça va laisser un vide, mais une petite larme quand meme.
[20:33] == Posi [Posi@roi77-2-88-168-221-202.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[20:33] <Jorj_McKie> Enfin pour les vieux.
[20:33] <Xilrian_> On est en attente de Nicotupe et on démarre
[20:33] == you_ [webchat@bar06-6-88-168-147-163.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[20:33] <Posi> Bonsoir.
[20:35] == barBe [~barBe@rob76-7-88-184-99-104.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
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[20:36] <Kramnik> Nico, perdu dans le vide, ce qui expliquerait que vous ne l’entendiez pas!
[20:36] <Weird> bonsoir ! ![]()
[20:37] == Ywq [webchat@87.19.87.79.rev.sfr.net] has joined #podcastscience
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[20:39] <Jorj_McKie> Podcastscience a relevé est révolutionnaire, il se bat contre l’omnipotence de la précision Suisse.
[20:39] == Robin___ [webchat@212-198-174-208.rev.numericable.fr] has joined #podcastscience
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[20:41] == Ywq [webchat@87.19.87.79.rev.sfr.net] has quit [Quit: Page closed]
[20:42] == Tache [webchat@bar44-1-82-246-32-135.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[20:42] <Tache> Bonjour
[20:42] <Kramnik> C’est les aléas du direct, mais c’est tellement plus sympa que le différé!
[20:43] <Alan> Salut tout le monde
[20:43] <Kramnik> on entends
[20:43] <barBe> on vous entends
[20:43] == NicoTupe [webchat@jem75-9-88-175-94-116.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[20:43] <Alan> Bon, on vient d’enclencher le live
[20:43] <Alan> Good ![]()
[20:43] == Xilrian [webchat@79.140.208.62] has joined #podcastscience
[20:43] <Robin___> Cool !
[20:43] <Alan> Sorry, du retard
[20:43] <Alan> tout le monde est là
[20:43] == Ywq [webchat@87.19.87.79.rev.sfr.net] has joined #podcastscience
[20:43] <Alan> On va pouvoir démarrer ![]()
[20:43] <Robin___> Étonnant, non ?
[20:43] <Ywq> Bonsoir
[20:44] <Jorj_McKie> On vous entends
[20:44] <barBe> il y aura un podcastscience “les indiffusables”? ![]()
[20:44] <Jorj_McKie> Top Xil
[20:44] <Kramnik> un peu de vide oditif
[20:45] <Kramnik> oui
[20:45] <barBe> oui
[20:45] <Ywq> oui
[20:45] <Jorj_McKie> Yes
[20:45] <@Sven_Le_Belge> oui
[20:45] <barBe> on vous entend même alan en mute
[20:45] <Tache> j’entends bien
[20:45] <barBe> alors, le laissez pas passer en rut, on sait jamais.
[20:46] <Jorj_McKie> Le son est super bon
[20:47] <Jorj_McKie> Le divin et le désert
[20:48] <Jorj_McKie> Top ton dessin Nico
[20:49] <NicoTupe> merci ![]()
[20:51] <Jorj_McKie> Yes
[20:51] <Kramnik> lorsque l’on parle du vide intercidérale, qu’elle est la différence avec le vide intergalactique ?
[20:52] <Alan> intersidéral = entre les étoiles
[20:52] <Alan> intergalactique = entre les galaxies
[20:52] <Alan> après, je ne suis pas bien sûr qu’il s’agisse effectivement de vide… Dans un cas comme dans l’autre
[20:52] <Kramnik> ok merci
[20:53] <Alan> Le dossier de Mathieu, version écrite, si jamais: http://www.podcastscience.fm/dossiers/2013/02/21/le-vide/
[20:55] <Jorj_McKie> -273.15
[20:55] <Jorj_McKie> C’estimpor
[20:55] <Alan> ![]()
[20:56] <Jorj_McKie> A cette echelle les décimales sont importante. ie le sat Plank
[20:58] <Jorj_McKie> http://public.planck.fr/satellite-instruments/bolometres
[20:58] <Alan> Le zéro et l’infini, le dossier de NicoTupe: http://www.podcastscience.fm/dossiers/2012/10/22/zero-et-infini-lhistoire-damour/
[20:58] <Kramnik> e=m c² ? S’il y a de l’énergie ce ne peut être du vide ?
[20:59] <Kramnik> aille coupure et voie robotique
[20:59] <barBe> ça cylone
[20:59] <Kramnik> on entends au ralenti
[20:59] == Jorj_McKie [webchat@AMontsouris-554-1-12-46.w86-212.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[20:59] <Alan> stop-starté de mon côté
[20:59] == Kramnik [webchat@AMarseille-652-1-313-230.w90-8.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[20:59] <you_> relancez ca marche
[20:59] <Alan> du vôtre, je crois qu’il faut arrêter et relancer le player
[21:00] <Alan> (sorry…)
[21:00] == tolaria [webchat@109.134.39.253] has quit [Quit: Page closed]
[21:00] <barBe> yep, reviendu
[21:00] <Alan> cool ![]()
[21:00] == weird [webchat@81-49-190-109.dsl.ovh.fr] has joined #podcastscience
[21:00] == Kramnik [webchat@AMarseille-652-1-313-230.w90-8.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[21:00] == tolaria [webchat@109.134.39.253] has joined #podcastscience
[21:00] <Kramnik> c’est bon, fausse alerte cela devait être moi
[21:02] == Jorj_McKie [webchat@AMontsouris-554-1-12-46.w86-212.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[21:02] <Kramnik> Donc plu de vide s’il y a des particules dans la vide^^
[21:03] <Jorj_McKie> Perdu le son et la chatroom
[21:03] <Alan>
tu les as retrouvés, apparemment?
[21:03] <Jorj_McKie> Yep
[21:03] <Xilrian> relance peut être ?
[21:04] <Jorj_McKie> fait c’est bon
[21:04] <Xilrian> j’avais mal lu ^^
[21:05] <Kramnik> je suis pas le seul alors avec qui il y a eu un bug, je suis rassuré!
[21:05] <Alan> non non, indeed… un électron a dû se perdre en route ![]()
[21:07] <Kramnik> ah bon, c’est pas tout à fait ce que fait nos congélos
[21:08] <Jorj_McKie> S’il n’y avait que xwz qui soient bisare en PQ ![]()
[21:09] <Alan> mini-dossier de Mathieu sur le boson de Higgs (durant la 100e): http://www.podcastscience.fm/dossiers/2012/08/23/le-boson-de-higgs-et-la-masse-de-lunivers/
[21:10] <Kramnik> (mute stp Alan:) )
[21:10] <Alan> ?? tu m’entends me moucher??
[21:11] <you_> oui
[21:11] <Tache> oui ^^
[21:11] <Alan> oops ![]()
[21:11] <Alan> sorry…
[21:11] <Kramnik> oui tu viens de tousser et t’essuyer je crois^^
[21:11] <Alan> je suis pourtant en mute
[21:11] <Robin___> Moi je ne l’entends pas !
[21:11] <Kramnik> pas grave:)
[21:11] <Alan> c’est le startstop de tout à l’heure qui a dû perturber le truc
[21:11] <Alan> sorry
[21:11] <Jorj_McKie> Top, avec cette température les lassagne de cheval sont cuitent en 10-19éme de secondes
[21:11] <Alan> (vais mourir en silence
)
[21:11] <you_> merci :p
[21:12] <Xilrian> on entend pas côté skype ^^
[21:12] <Jorj_McKie> T’inquite Alan je te suis, Mme à la grippe depuis 4 jours. Vais-je renter dans les statistique.
[21:13] <Alan> pov ![]()
[21:14] <Jorj_McKie> Un autre monde, d’autre lois. fais de la physique. ![]()
[21:14] <Kramnik> “mourir en silence” mdr… En fait c’est toi qui enrigistre alan, j’ai du mal à voir comment tu peux couper ton micro du coup (sauf en le débrenchant,)
[21:14] <Jorj_McKie> Pas dans toutes les directions
[21:14] <Jorj_McKie> Pas dans toutes les directions
[21:15] <Kramnik> oui car c’est bien de s’épendre, mais s’épendre dans quoi ? ^^
[21:15] <barBe> un jour, on découvrira le boson alcolique, le boson de HIC !
[21:15] <Alan> (re-sorry pour la toux
)
[21:16] <Xilrian> @karmik il enregistre le flux de skype pas ceului de son micro normalement ou en tout cas pas sur la meme piste
[21:16] <Jorj_McKie> Et l’univers froissé de, aidez moi le non m’échappe
[21:16] <Alan> (indeed, c’est sur des pistes séparées, on peut les virer facilement au montage)
[21:17] <Alan> l’univers froissé?
[21:17] == gibie [webchat@ARouen-552-1-112-200.w92-152.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[21:17] <Alan> tu penses aux trous de vers, toussa?
[21:17] <Jorj_McKie> UN cosmologiste francais
[21:17] <Robin___> univers chiffonné de luminet
[21:18] <Alan> merci Robin ![]()
[21:18] <Jorj_McKie> Luminet , merci
[21:18] <Kramnik> Alan: va dans tes params de micro, tu change le micro, comme sa le canal n’était plu le même sa devrait plus enregistré.. parcontre pas pratique pour parler rapidement…
[21:19] <Jorj_McKie> Merci Mathieu
[21:20] <Alan> http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Gisin
[21:20] <Kramnik> Génial ! j’ai hâte!
[21:20] <Jorj_McKie> UN bonheur Gisin.
[21:20] <Jorj_McKie> Lisez sont bouquin
[21:21] <Jorj_McKie> Désolé, son
[21:22] <Posi> infimement. ![]()
[21:22] <Jorj_McKie> Tu n’as pas dit la suite et le sat plank
[21:22] <Alan> oops, sorry ![]()
[21:25] <Jorj_McKie> Merci Mathieu, tu éclaire encore ma compréhension de la PQ, après avoir lu Gisin. J’avance
[21:25] <Kramnik> tout sa pour un miroir!
[21:26] <Kramnik> c’est un point d’observation
[21:26] <Posi> un témoin
[21:27] == Kramnik [webchat@AMarseille-652-1-313-230.w90-8.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[21:28] == Kramnik [webchat@AMarseille-652-1-313-230.w90-8.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[21:28] <Jorj_McKie> La physique est contre intuitive, relativiste ou pas
[21:28] <Jorj_McKie> Ho non le temps change.
[21:28] <Kramnik> le miroir est un peu flou pour moi
[21:31] <Kramnik> Est-ce vrai que si l’on arrivait à faire “bouger” l’espace, le temps varirait ? Si oui, einstein = inventeur de la machineà voyager dans le temps … ???
[21:33] <Jorj_McKie> Robin, pense-tu que tu existe, ou n’es tu qu’une formule mathématique. Pour moi (moi, pas toi) j’ai des doutes.
[21:35] <Jorj_McKie> Le temps est une variable, pas sur qu’il soit indispnsable ![]()
[21:36] <Jorj_McKie> http://www.pourlascience.fr/ewb_pages/f/fiche-article-le-temps-est-il-une-illusiona-26041.php
[21:36] <Jorj_McKie> Robin, ton erreur est dans le vraiment.
[21:37] <Jorj_McKie> La physique n’est pasune religion
[21:39] <Jorj_McKie> Une droite n’est pas un cercle, encore une question d’aproximation
[21:40] <Jorj_McKie> Tien un laser ne fait pas une “ligne droite” independament de la courbure de la terre
[21:42] <NicoTupe> on ne parle pas des mêmes droites
[21:42] <NicoTupe> la droite du laser est une droite dans l’espace 3D
[21:42] <NicoTupe> le grand cercle est une droite sur la sphère
[21:43] <Jorj_McKie> Avec quelle incertitude ?
[21:44] <NicoTupe> c’est des math
[21:44] <NicoTupe> aucune
[21:44] <NicoTupe> ![]()
[21:44] <barBe> y’a pas une histoire d’entropie ?.
[21:45] == Tache [webchat@bar44-1-82-246-32-135.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
[21:47] <Jorj_McKie> Nico, si je trace une droite avec un niveau, au dela de l’aproximation de la surface terrestre je me retrouve dans l’espace, non ?
[21:48] <NicoTupe> quand je dis “le grand cercle est une droite sur la sphère” c’est en restant sur la sphère justement
[21:48] <NicoTupe> comme si tu ne pouvais pas en sortir
[21:49] <NicoTupe> et si tu trace une droite avec un niveau oui tu sors de la suface de la terre
[21:49] <gibie> Voir l’effet Mpemba : http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Mpemba
[21:49] <NicoTupe> mais donc cette droite ne fait pas partie du jeu ![]()
[21:50] <Jorj_McKie> Je n’ai pas compris
[21:51] <NicoTupe> je retente autrement alors
[21:51] <NicoTupe> il n’y a pas de notion de droite universelle
[21:51] <NicoTupe> la notion de droite dépend de tout un tas de trucs
[21:51] <NicoTupe> en particulier de l’espace dans lequel sont définies tes droites
[21:51] <NicoTupe> et de la façon dont tu calcules les distances
[21:52] <Kramnik> et c’est toujours plus ou moins la même organisation, ou sa différe selon les lieux de thèse?
[21:52] <NicoTupe> par exemple, en voiture à Paris, le chemin le plus court pour aller de Stalingrad (19e) à Montparnasse est en passant par le périf
[21:53] <NicoTupe> le chemin le plus court n’est pas du tout droit
[21:53] <NicoTupe> donc en changeant la manière de calculer les distances, les chemins les plus cours ne sont pas forcément droits
[21:53] <NicoTupe> après l’espace c’est plus spécial encore
[21:54] <NicoTupe> le chemin le plus cours pour aller de ta cuisine à tes toilettes est une jolie ligne droite
[21:54] <Jorj_McKie> C’est bien pour ça que j’avais choisis la physique. En gros j’ai un modèle et je cherche mon delta d’erreur.
[21:54] <NicoTupe> reste que comme tu es un malheureux humain comme nous tous, tu ne passes pas à trvaers les murs et du coup ton chemin le plus court passe par le couloir
[21:54] <NicoTupe> sur ton histoire de globe terrestre c’est pareil
[21:55] <NicoTupe> dans l’espace, le chemin le plus court avec une mesure classique c’est la belle ligne droite de ton laser
[21:55] <NicoTupe> mais si tu cherches le chemin le plus court en te restreignant à la surface de la terre, ce n’est plus le cas
[21:55] <NicoTupe> justement parce que ces droites ne restent pas sur la surface du globe
[21:56] <NicoTupe> et les chemins les plus courts en restant sur le globe (et en assimilant la terre à une sphère) sont des morceaux de grand cercles
[21:56] <NicoTupe> pour résumer : le laser ET les grands cercles sont des droites mais pas dans le même espace
[21:57] <NicoTupe> mieux ou pas?
[21:57] <Jorj_McKie> Non
[21:57] <NicoTupe> ![]()
[21:57] <NicoTupe> c’est quoi qui te pose problème?
[21:59] <Jorj_McKie> Mais si je veux construire quelque chose ou même envoyer un satellite, les approximations ne me semble pas innacceptable.
[21:59] <Alan> http://on.fb.me/YrUzFD
[21:59] <Jorj_McKie> dans mon espace
[21:59] <NicoTupe> mais en fait la ya pas d’approximations hein
[22:00] <NicoTupe> elle est ou l’approximation?
[22:00] <Jorj_McKie> Dans ma capacité de mesure.
[22:01] <NicoTupe> boarf ![]()
[22:02] <gibie> merci à vous tous
[22:02] <Kramnik> Merci à vous et à Mathieu plus particulièrement pour aujourd’hui
[22:02] <you_> merci tres interressant
[22:02] <@Sven_Le_Belge> Merci à tous
[22:02] == Sven_Le_Belge [webchat@cust-38-7-109-94.dyn.as47377.net] has quit [Quit: Page closed]
[22:03] <Kramnik> Robin, se soir tu dis que tu comprends rien à tout (rien à tout?)
[22:03] <Jorj_McKie> La grande différence ente les mathématiciens et les physiciens c’est la réalité. Malheuresement on à besoins de vous. Non en réalité on à besoin de vous.
[22:05] <Jorj_McKie> Non c’est que la physique ne répond pas aux limites
[22:05] <Jorj_McKie> Oui le smathématicien son des dieux, mais c’est pasle réel.
[22:05] <Kramnik> Y a t il aujourd’hui des génies en physique, comme en 1920 ? avec einstein?
[22:06] <Jorj_McKie> Faux
[22:06] <Robin___> C’est très difficile de comparer des intelligences, il me semble…
[22:07] <Kramnik> Non mais en tout cas des personnes qui cherchent et qui trouvent
[22:07] <Jorj_McKie> Merci nico`
[22:07] <Kramnik> Ce petit quelque chose qui fait qu’on s’appel einstein, Keppler, Newton, ect
[22:07] <NicoTupe> merci nico pour quoi?
[22:07] <Jorj_McKie> ET Robin Modeliser porte bien son nom
[22:08] <Kramnik> Robin, l’optimiste^^
[22:08] <Jorj_McKie> UN modèle n’a aucune raison d’^ter exact
[22:09] <NicoTupe> yup ![]()
[22:09] <you_> les planetes s’eloignent pas c’est les galaxies qui s’eloignent
[22:10] <Jorj_McKie> C’est drole tu fais des hypothèse Had-oc
[22:11] <Kramnik> chute il faut pas le dire ! ![]()
[22:11] <NicoTupe> cad?
[22:11] <Kramnik> wow
[22:11] <you_> pas convaincu :p
[22:13] <you_> andromede se rapproche avec toutes ses étoiles de nous
[22:13] <Kramnik> pas mal le petit bonus! extra podcast
[22:14] <Jorj_McKie> Super dossier, laisse tomber Robin, c’est un mathématicien.
[22:14] <Alan> ![]()
[22:15] <Jorj_McKie> Question à Robin. Qu’est ce qu’est un modèle, sinon un représentation approximative de la réalité
[22:16] <Kramnik> Pauvre robin,,, Mais bon, les maths c’est un monde sans concret alors il faut l’excuser^^
[22:17] <Jorj_McKie> Question à robin comment Galilée à montré (pas démontré) la gravité. Un Marteau, un plume
[22:18] <Kramnik> mdr
[22:19] == weird [webchat@81-49-190-109.dsl.ovh.fr] has quit [Ping timeout]
[22:19] <Jorj_McKie> Et le temps???
[22:20] <Kramnik> Alan s’étouffe discrétement continuellement
[22:21] <Jorj_McKie> Robin estun grand mystique.
[22:22] <Jorj_McKie> Robin ne connait pas epsilon
[22:23] <Jorj_McKie> Nonce n’est pas arbitraire, c’est un reste de doute sur une
[22:23] <Jorj_McKie> excelent nico
[22:23] <Kramnik> Ce qui est rassurant dans le fait d’en avoir plusieurs, c’est que s’il y a X, c’est qu’il y a X fois une validation à une idée
[22:26] <Jorj_McKie> Les mathématique sont de fort psychotropes, faut-il les interdire.
[22:28] <Kramnik> mdr
[22:29] <Jorj_McKie> Ma position est simple, J4aime les mathématicien, pour la réduction des calcul … et la poésie.
[22:29] <NicoTupe> ![]()
[22:30] <Kramnik> Robin, piour le carré d’un nombre, tu aimes pas qu’on te dise c’est comme sa que sa se passe : X*X
[22:31] <Kramnik> j’en peu plus de rire!!! ^^
[22:31] == Xilrian [webchat@79.140.208.62] has quit [Ping timeout]
[22:32] == Xilrian [webchat@79.140.208.62] has joined #podcastscience
[22:32] <Jorj_McKie> ET le temps ?
[22:33] <Kramnik> en tout cas, Robin on t’aime pour tes podcasts en maths, tu feras peut être un jour un podcast en physique (peut être qu’en faire un te permettrait te combattre tes peurs)
[22:34] <Robin___> Faudrait déjà que je comprenne UN sujet en physique !!
[22:34] <Robin___> ![]()
[22:34] <Robin___> Mais peut-etre un jour sur l’acoustique, je trouve ça passionnant…
[22:35] <Jorj_McKie> Bon vous venez bouffer à la maison après le Podcast à Paris
[22:35] <Kramnik> Si le temsp n’existe pas, alors on nait et on meurt à un meme moment (encore qu’il n’y a pas de moment du coup)
[22:35] <Kramnik> Robin, oui sa peut être sympa
[22:36] <you_> un petit lien webastro sur l’expansion de l’univers http://www.webastro.net/forum/archive/index.php/t-1772.html
[22:36] <you_> c’est un lien sur le forum
[22:37] <you_> bonne nuit
[22:37] <Kramnik> sympa à vous, vraiment géinal merci à bientot
[22:37] <you_> merci ++
[22:37] <gibie> bonne fin de sirée
[22:37] <Robin___> Salut !
[22:37] == you_ [webchat@bar06-6-88-168-147-163.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
[22:37] <Jorj_McKie> Bisous, Bisous
[22:37] <Alan> Salut tout le monde ![]()
[22:38] <Xilrian> Salut les gens ![]()
[22:38] == Jorj_McKie [webchat@AMontsouris-554-1-12-46.w86-212.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:40] == mfavez [webchat@188.84.172.15] has quit [Ping timeout]
[22:42] == gibie [webchat@ARouen-552-1-112-200.w92-152.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:42] == barBe [~barBe@rob76-7-88-184-99-104.fbx.proxad.net] has left #podcastscience []
[22:43] == Kramnik [webchat@AMarseille-652-1-313-230.w90-8.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[22:43] == tolaria [webchat@109.134.39.253] has quit [Ping timeout]
Alan
Alan2
NicoTupe
Posi
Robin___
Xilrian
Ywq
Sur Podcast Science, on parle de tout et de rien, du moment que ça touche à la science… Enfin, surtout de tout, à vrai dire… Mais aussi de rien… Nico s’y était attelé dans une perspective mathématique, avec ses épisodes sur le zéro. Dans cet épisode, on s’intéresse à la facette physique du rien, en parlant du vide.
Le dossier de la semaine
» Le vide, par Mathieu
Les dessins Nicotupiens
Réalisés par Nico en live pendant l’émission
Le son de la semaine
» Les fourmis ado font aussi du bruit
Le quizz du mois
“L’eau froide gèle plus rapidement que l’eau chaude. Info/Intox?”, déjà une réponse à ce stade, qui nous de loin; de la Réunion, c’est notre ami Alefto qui la propose (en audio)
Pour participer: Enregistrez votre réponse sous forme de commentaire écrit ou audio sur le site www.podcastscience.fm
Ne soyez pas timides, on se charge de l’explication scientifique, dites-nous juste ce que vous en pensez
La Quote de la semaine, par Mathieu
There are 10^11 stars in the galaxy. That used to be a huge number. But it’s only a hundred billion. It’s less than the national deficit! We used to call them astronomical numbers. Now we should call them economical numbers. – Richard Feynman
Plugs/annonces
Nous vous proposons, avec nos amis de Strip Science, une nouvelle SOIREE RADIO-DESSINEE le samedi 23 mars 18h à l’espace des sciences Pierre-Gilles-de-Gennes à Paris!
Nous voulions parler d’amour. Et l’expo du moment portera sur la chimie. Du coup, nous vous proposons un thème inépuisable: la chimie de l’amour! La soirée s’appellera L’Amour est dans la pipette. Nous parlerons phéromones, neurosciences, animaux lubriques avec Pierre Kerner, viagra féminin, philtres d’amour, mathématiques de la drague… Le tout illustré en direct et entrecoupé de mini-interviews des dessinateurs de strip-science, qui sont vraiment des gens épatants!
Pour ceux qui étaient là la dernière fois, nous changeons légèrement de formule. Les dessinateurs et les podcasteurs seront à la même table, ça va être un joyeux bordel, avec des interruptions permanentes de Nico qui sera Monsieur Loyal le temps d’un soir et qui nous racontera ce que font les dessinateurs pendant qu’on cause. On tâchera aussi d’être un poil plus interactifs avec le public que la dernière fois, qui était notre première en public, et qui nécessitait un peu de rôdage.
Cette fois, on veut casser la baraque et on a très envie de vous voir. Nous ne voulons pas voir que vous d’ailleurs, mais aussi vos amis, enfants, parents, voisins. Ils pourront toujours vous attendre sur le trottoir s’il y a trop de monde
On va vous le répéter pendant 1 mois: venez, venez, venez! le samedi 23 mars à 18h à l’Espace des Sciences Pierre-Gilles-de-Gennes, dans le 5e arrondissement de Paris

- Florence Porcel est à moins de 50 votes du top 5 axe !!! Votez pour elle pour l’envoyer dans l’espace! Merci pour elle
Prochaine émission
28 février 2013: Mathieu: le vide 2/2
Chatroom
[20:21] == alan2 [webchat@85.218.109.18] has joined #podcastscience
[20:24] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-42-195.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[20:24] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-42-195.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:24] == NicoTupe [webchat@jem75-9-88-175-94-116.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[20:27] <MrNause> get ready?
[20:28] == Staulott [webchat@ppp-seco11pa2-46-193-131.216.wb.wifirst.net] has joined #podcastscience
[20:29] <@alanvonlanthen> salut tout le monde!
[20:29] <@alanvonlanthen> on y est presque
[20:29] <MrNause> salut à toi
[20:29] <Staulott> Bonsoir
[20:29] == ElJj [webchat@APuteaux-651-1-69-151.w81-249.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:30] <MrNause> prevoyez les pansements pour les coupures
[20:30] == gibie [webchat@ARouen-552-1-64-179.w92-152.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:30] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has joined #podcastscience
[20:32] == Xilrian [webchat@79.140.208.62] has joined #podcastscience
[20:32] <MrNause> salut
[20:33] <Aeterna> Salut aussi :)
[20:33] <MrNause> fil bleu+fil rouge pour démarrer
[20:33] <Aeterna> on vous entends bien :)
[20:33] <gibie> bonsoir tout le monde, on vous entend
[20:35] <gibie> C’est le dessin d’un videur ?
[20:36] == peremptoire [webchat@ARennes-652-1-231-208.w92-139.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:36] <peremptoire> Bonsoir :3
[20:36] <MrNause> bhouuuuuuuuuuuuuu
[20:37] <gibie> oui cela fonctionne sur mes 2 oreillles
[20:37] <MrNause> non non une seule
[20:37] <MrNause> lol
[20:37] <peremptoire> ah les habituels soucis techniques, j’ai l’habitude aussi
[20:37] <peremptoire> c’est le soucis de skype
[20:37] <MrNause> allez dansez maintenant que vous êtes sur la piste
[20:37] <MrNause> saturday night fever
[20:38] <gibie> il faut faire une check-list !!!
[20:38] <Aeterna> là du coup j’entends plus rien
[20:38] <Aeterna> ya que moi ou?
[20:38] <MrNause> de même
[20:39] <MrNause> le néant sonore
[20:39] <ElJj> On est dans le thème
[20:41] <Staulott> on entend
[20:41] <Aeterna> c’est bien revenu :)
[20:41] <gibie> On attend le videur !!!
[20:41] <MrNause> ha?
[20:41] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-42-195.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[20:42] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-42-195.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:42] <MrNause> pas de son
[20:42] == tronche [webchat@mad27-2-78-245-115-165.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[20:43] <MrNause> on vous entend pas
[20:44] <MrNause> allo allo appollo?
[20:44] <Xilrian> Pas de son vraiment ?
[20:44] <peremptoire> oh, interessant pour la soirée sur paris
[20:44] <MrNause> que dlle
[20:45] <peremptoire> moi j’ai du son
[20:45] <MrNause> même pas un grésillement de micro disfonctionnel
[20:45] <Xilrian> Ah oky bon MR Nause ca vien de chez toi on dirait
[20:45] <@alanvonlanthen> oouf, quelle frayeur ![]()
[20:45] <Xilrian> essaye de recharger ta page
[20:46] <MrNause> je vois pas pourquoi
[20:46] <MrNause> je relance
[20:47] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-42-195.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[20:50] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-42-195.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:50] <MrNause> toujours rien
[20:51] <@alanvonlanthen> sérieux??
[20:51] <peremptoire> moi ca marche parfaitement
[20:51] <@alanvonlanthen> @nause, si tu essaies ceci? http://bit.ly/PS-live96kMP3
[20:52] <peremptoire> le son de l’invité est peut etre un poil faible mais avec mes ecouteurs ca passe très bien :3
[20:54] == gibie [webchat@ARouen-552-1-64-179.w92-152.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[20:54] == Esseyrel [webchat@fo113-1-88-176-190-230.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[20:56] <ElJj> Ceci me fait penser à cette question sur le blog “What-if” de xkcd : http://what-if.xkcd.com/6/
[20:56] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-42-195.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[20:56] == nicktalop [webchat@201.112.202.62.cust.bluewin.ch] has joined #podcastscience
[20:57] <@alanvonlanthen> @Eljj, excellent ![]()
[20:57] <nicktalop> Salut à tous
[20:57] <Esseyrel> Bonsoir
[20:58] <@alanvonlanthen> Salut les amis, welcome!
[20:58] <nicktalop> ça vient de commencer?
[20:58] <@alanvonlanthen> il y a 5 minutes environ
[20:58] <@alanvonlanthen> Mathieu nous parle du vide
[20:58] <nicktalop> merci
[21:00] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-42-195.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[21:00] <MrNause> la base virale VPS a été mise à jour
[21:01] <MrNause> c’est bon je vous entend
[21:01] <@alanvonlanthen> ![]()
[21:01] <@alanvonlanthen> ton avast nous prenait pour un virus?
[21:01] <MrNause> je sais pas j ai dut reémarrer deux fois
[21:01] <ElJj> Quand on regarde les températures à la météo, on nous montre un champs scalaire
[21:02] <ElJj> Alors que quand on nous montre le sens du vent, on nous montre un champ de vecteurs
[21:02] <MrNause> je sais même pas ce que c’est un “champs scalaire” du coup
[21:02] <nicktalop> Pas convaincu Alan?
[21:02] <nicktalop> anemos = vent
[21:03] <MrNause> bha merde encore plus de son
[21:03] <@alanvonlanthen> coupe ton anti-virus ![]()
[21:04] <MrNause> non je pense pas que ça vienne de là d habitude ça fonctionne
[21:04] <MrNause> je crois que c est un probleme d opérateur
[21:05] <@alanvonlanthen> il censure podcastscience? tu es chez qui? ![]()
[21:06] <MrNause> orange
[21:06] <MrNause> mais g un mauvais débit ce soir mon ordi ram à mort
[21:06] <MrNause> je pense qu il est là le problème
[21:08] <nicktalop> Les Grecs aimaient l’ether net…
[21:08] <@alanvonlanthen> ![]()
[21:08] == tronche [webchat@mad27-2-78-245-115-165.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
[21:09] <@alanvonlanthen> quels g®eeks…
[21:09] <nicktalop> ![]()
[21:09] == NicoTupe [webchat@jem75-9-88-175-94-116.fbx.proxad.net] has quit [Ping timeout]
[21:10] == NicoTupe [webchat@jem75-9-88-175-94-116.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[21:11] <nicktalop> Pas de coupures pour moi. ![]()
[21:11] <ElJj> Dans le doute, il faudrait qu’il répète toute ses phrases deux fois
[21:11] <@alanvonlanthen> ![]()
[21:11] <nicktalop> pour remplir le vide?
[21:12] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-42-195.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[21:13] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[21:13] <MrNause> HAAAAAAAAAAAAAAAAA
[21:13] <@alanvonlanthen> ça va mieux?
[21:13] == casgiu [webchat@mon2b-1-88-127-209-197.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[21:13] <MrNause> podcast science l emission qui plante vos livebox
[21:13] <MrNause> oui c bon
[21:14] == joe [webchat@81-49-190-109.dsl.ovh.fr] has joined #podcastscience
[21:14] <MrNause> j ai tout réinitialisé
[21:14] <MrNause> j ai rien suivi mais je vous entends
[21:15] <MrNause> 499 458 km/s je crois
[21:15] <MrNause> approximativement à trois quarts de poils de mollets de fourmis pret
[21:16] <MrNause> la valeur finie de la vitesse de la lumière n est pas tout à fait démontrée
[21:16] <nicktalop> il me semblait bien…
[21:16] <MrNause> cf neutrinos
[21:17] <MrNause> depuis le boson de higgs c est remis en cause
[21:17] <ElJj> Les neutrinos ne vont pas plus vite que la lumière, c’était une erreur de mesure
[21:17] <MrNause> c est la théorie de l horloge d einstein dont vous parlez?
[21:17] <nicktalop> en partie
[21:17] <Esseyrel> Les neutrinos vont pas plus vite
[21:18] <MrNause> si si ils ne sont pas contraints par la matiere
[21:18] <MrNause> la lumiere si
[21:18] <MrNause> de plus ils voyagent de façon plus direct
[21:18] <joe> les muons !
[21:18] <MrNause> mince les muons je maitrise pas
[21:18] <MrNause> le reste non plus d ailleurs
[21:19] <joe> juste un autre exemple qu’on a vu en cours sur la relat’
[21:19] <MrNause> oui mais à partir de la théorie générale la gravité est considérée comme une dimension
[21:19] <@alanvonlanthen> @nause, toute l’histoire des neutrinos résumée ici: http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/09/27/supraluminique-chercher-l-erreur_1766930_1650684.html
[21:20] <MrNause> ce qui créé la “force” gravitationnelle à cause de la courbure de la toile spatio temporelle
[21:20] <nicktalop> quid de la théorie des branes?
[21:21] == Myran_ [webchat@85-220-26-205.dsl.dynamic.simnet.is] has joined #podcastscience
[21:21] <MrNause> ok j étais resté sur l ancienne version des neutrinos
[21:22] <nicktalop> 4 minutes
[21:22] <Esseyrel> 8 min
[21:22] <@alanvonlanthen> @nause, jusqu’à maintenant, la relativité n’a jamais été prise en défaut
[21:22] <nicktalop> Ah…
[21:23] <MrNause> quelles différences faites vous entre la théorie générale et restreinte?
[21:23] <@alanvonlanthen> restreinte = espace-temps
[21:23] <ElJj> D’ailleurs, si le Soleil disparaissait, il faudrait combien de temps avant que la Terre change de trajectoire ? Plus de 8 minutes?
[21:23] <@alanvonlanthen> générale = intègre la notion de gravité dans le modèle
[21:24] <Esseyrel> 8min car les ondes gravitationnelle vont a la vitesse de la lumière
[21:24] <@alanvonlanthen> @Eljj, 8 minutes aussi
[21:25] == joe [webchat@81-49-190-109.dsl.ovh.fr] has quit [Ping timeout]
[21:25] == Myran_ [webchat@85-220-26-205.dsl.dynamic.simnet.is] has quit [Quit: Page closed]
[21:25] <MrNause> il parait que l univers est conique et exponentiel….info ou intox?
[21:26] <@alanvonlanthen> @Nause, c’est juste une représentation
[21:26] <MrNause> l’univers a t il une origine?
[21:27] <nicktalop> le cor des Alpes?
[21:27] <MrNause> ^^
[21:27] <@alanvonlanthen> Mathieu avait fait un épisode là-dessus:
[21:27] <@alanvonlanthen> (origine de l’univers)
[21:27] <@alanvonlanthen> http://www.podcastscience.fm/dossiers/2011/02/03/dossier-lorigine-de-lunivers/
[21:28] <MrNause> sacré mathieu
[21:28] <@alanvonlanthen> indeed ![]()
[21:29] <MrNause> ho la la ça sent la physique quantique
[21:29] <MrNause> chouette
[21:29] <nicktalop> pareil…
[21:29] == casgiu [webchat@mon2b-1-88-127-209-197.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
[21:29] <MrNause> j adore la masturbation cérébrale
[21:30] <MrNause> lol
[21:30] <MrNause> MrNause il a eu 5min de live
[21:30] <MrNause> il a rejoint comme il a put le sujet
[21:31] <MrNause> la terre tourne à 108 000 km/h et on s en rend pas compte
[21:31] <@alanvonlanthen> ![]()
[21:31] <Esseyrel> La lumière n’est pas soumi à la gravité mais elle suit la courbure de l’espace temp sur les amas de galaxie c’est quoi quel suifs?
[21:31] <Esseyrel> Suit
[21:33] <nicktalop> J’étais aussi à la masse…
[21:34] <MrNause> une difficulté à uriner?
[21:34] <nicktalop> Beat the l’univers?
[21:34] <MrNause> ça c est un cétacé
[21:34] <nicktalop> vieille mouette enrouée?
[21:34] <ElJj> un ping pong magique ?
[21:35] <Esseyrel> Ballon de baudruche qu’on frotte
[21:35] <MrNause> des frottement d antennes
[21:36] <nicktalop> Ah oui! la fourmi cronde…
[21:36] <MrNause> j étais pas loin
[21:37] <ElJj> Maintenant, on a une vraie réponse à la question sur le cri de la fourmi !
[21:37] <Esseyrel> Faudra tendre l’oreille pour les entendre
[21:38] <nicktalop> le micro aussi
[21:38] <ElJj> Du coup, ça légitime le fait de dire que quand notre disque dur fait un bruit bizarre, c’est parce qu’il “bug”
[21:38] <MrNause> elles se frottent les chaudasses
[21:38] <nicktalop> ![]()
[21:39] <MrNause> moi j attend un podcast sur la contre science des supers héros
[21:44] <@alanvonlanthen> j’ai lu un bouquin génial là-dessus, je pourrais en parler à l’occase ![]()
[21:44] <MrNause> avant on croyait aux feux follets avant de comprendre qu il s agissait des gaz qui emmanaient des corps en décomposition
[21:44] <MrNause> par exemple
[21:46] <nicktalop> joli
[21:47] <MrNause> les molécule d eau chaude sont en mouvement non?
[21:48] <nicktalop> aussi des chaudasses!
[21:48] <MrNause> ha ha ha joli
[21:48] <MrNause> il y a de l idée et du frottement aussi je crois
[21:48] <ElJj> Du solide ou du liquide ?
[21:48] <nicktalop> elles ont les mollets culs
[21:49] <MrNause> j ai pas étudié la question
[21:49] <MrNause> XD
[21:52] <MrNause> parcontre il roule très bien à gauche
[21:54] <MrNause> au sujet du podcast du 23 mars je vous conseille un doc du nom de “l’odyssée de l’amour”
[21:54] <@alanvonlanthen> tu as un lien?
[21:54] <MrNause> documentaire fiction sur la chimie et la psychologie amoureuse
[21:55] <MrNause> je vais te trouver ça de suite
[21:55] <nicktalop> http://www.streamingpark.com/spip.php?article542
[21:55] <MrNause> https://www.google.fr/search?q=l+odyss%C3%A9e+de+l+amour&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a&channel=fflb#q=l+odyss%C3%A9e+de+l+amour&hl=fr&client=firefox-a&hs=3Dz&rls=org.mozilla:fr:official&channel=fflb&source=lnms&tbm=vid&sa=X&psj=1&ei=uokmUePWNIXF0QWz_YCYDA&ved=0CA0Q_AUoBA&bav=on.2,or.r_gc.r_pw.r_cp.r_qf.&bvm=bv.42661473,d.d2k&fp=20a2e649fe81762&biw=1024&bih=605
[21:55] <@alanvonlanthen> merci ![]()
[21:56] <MrNause> c est dans le tas
[21:57] <mfavez> “There are 10^11 stars in the galaxy. That used to be a huge number. But it’s only a hundred billion. It’s less than the national deficit! We used to call them astronomical numbers. Now we should call them economical numbers.” – Richard Feynman
[22:00] <MrNause> robot
[22:00] <Aeterna> Et hop mode robot
[22:00] <nicktalop> Le son part en couilles!
[22:00] <ElJj> En t’entends pas !
[22:00] <MrNause> f5
[22:00] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:00] == Staulott [webchat@ppp-seco11pa2-46-193-131.216.wb.wifirst.net] has quit [Quit: Page closed]
[22:00] == ElJj [webchat@APuteaux-651-1-69-151.w81-249.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:00] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:01] == ElJj [webchat@APuteaux-651-1-69-151.w81-249.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[22:01] == nicktalop [webchat@201.112.202.62.cust.bluewin.ch] has quit [Quit: Page closed]
[22:01] == Staulott [webchat@ppp-seco11pa2-46-193-131.216.wb.wifirst.net] has joined #podcastscience
[22:01] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[22:01] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has joined #podcastscience
[22:01] <peremptoire> j’ai un bleme de son
[22:01] <Esseyrel> Il est fatigué leur ordi
[22:01] == peremptoire [webchat@ARennes-652-1-231-208.w92-139.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:01] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:01] <ElJj> Le stream est au ralenti !
[22:01] == nicktalop [webchat@201.112.202.62.cust.bluewin.ch] has joined #podcastscience
[22:01] == peremptoire [webchat@ARennes-652-1-231-208.w92-139.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[22:01] <peremptoire> ca parle au ralenti chez moi
[22:02] <peremptoire> je comprends pas ce qui se dit
[22:02] <nicktalop> débranche le vocoder
[22:02] == ElJj [webchat@APuteaux-651-1-69-151.w81-249.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:02] <MrNause> le fail juste au final
[22:02] <Esseyrel> Pareil
[22:02] <peremptoire> ah je suis donc pas le seul
[22:02] <MrNause> j ai relancé la page j ai plus de son
[22:02] <peremptoire> juste au moment du plug qui m’interessait
[22:02] == ElJj [webchat@APuteaux-651-1-69-151.w81-249.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[22:02] <nicktalop> roooooooddddddaaaaaaage
[22:02] <Staulott> au moins c’est pas pendant le dossier
[22:03] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has joined #podcastscience
[22:03] <MrNause> parlez pour vous ^^
[22:03] <ElJj> Mais du coup, on a pas l’annonce importante gardée pour la fin de l’émission
[22:03] <MrNause> j ai eu que des couilles sur ce podcast
[22:03] <Aeterna> c’est pas corrigeable le son alors?
[22:03] == nicktalop [webchat@201.112.202.62.cust.bluewin.ch] has quit [Quit: Page closed]
[22:03] <Aeterna> j’ai rechargé 4 fois et c’est toujours le robot tueur qui parle :(
[22:04] <NicoTupe> https://www2.axeapollo.com/fr_FR/42500/florence-porcel
[22:04] <Esseyrel> Bonne soirée à tous je vous laisse avec les essais de daft punk
[22:04] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:04] <MrNause> robocopalan
[22:04] == Esseyrel [webchat@fo113-1-88-176-190-230.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
[22:05] == nicktalop [webchat@201.112.202.62.cust.bluewin.ch] has joined #podcastscience
[22:05] <ElJj> Have you tried turning it off and on again
[22:05] <@alanvonlanthen> ![]()
[22:05] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has joined #podcastscience
[22:05] <MrNause> on devrait faire un mix de tous les foirages de son
[22:05] <Aeterna> ah oui ça repasse ![]()
[22:06] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:06] <Aeterna> vous pouvez redonnez le lien?
[22:07] <@alanvonlanthen> le voici: https://www2.axeapollo.com/fr_FR/42500/florence-porcel
[22:07] <peremptoire> bon, j’arrive vraiment pas a suivre
[22:07] == Esseyrel [webchat@fo113-1-88-176-190-230.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[22:07] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[22:07] <@alanvonlanthen> sinon, vous avez entendu qu’on fait un event à Paris le 23 mars?
[22:08] <ElJj> Non, on a pas entendu l’annonce de l’event
[22:08] <MrNause> rien du tout
[22:08] <ElJj> Bien que l’image à côté de la chatroom nous met la puce à l’oreille
[22:08] <MrNause> ya du son là en théorie?
[22:08] <ElJj> Là, ça remarche
[22:08] <nicktalop> oui
[22:09] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:09] == nicktalop [webchat@201.112.202.62.cust.bluewin.ch] has quit [Quit: Page closed]
[22:10] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[22:10] <MrNause> hop
[22:10] <MrNause> re
[22:10] <@alanvonlanthen> re
[22:11] <@alanvonlanthen> bon, ça va mieux, le son, là? désolé, quelle galère…
[22:11] <MrNause> donc le 23 mars il y a podcast sur la même chaine?
[22:11] <ElJj> Non, là, on entend plus rien
[22:12] <MrNause> ha re robocopalan
[22:12] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:12] <ElJj> (pile au moment où tu as demandé si le son allait mieux)
[22:12] <MrNause> welcome to intex system
[22:12] <MrNause> inser coin
[22:12] <ElJj> Ca remarche
[22:12] <ElJj> Il suffit d’éteinre et de rallumer le lecteur
[22:12] == Esseyrel [webchat@fo113-1-88-176-190-230.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
[22:12] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:13] <ElJj> Vous pouvez résumer l’event du 23 mars ?
[22:13] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[22:13] <MrNause> il traversent le temps à leur rythme
[22:13] <ElJj> On entend !
[22:13] <MrNause> oui c est bon
[22:14] <MrNause> faut relancer la page 15 fois mais ça fini par fonctionner
[22:15] <peremptoire> en fait l’épisode est fini et nous on l’a au ralenit c’est cool :3
[22:15] <Staulott> j’étais là la semaine dernière
[22:16] <MrNause> pareil
[22:16] <ElJj> Là, c’est un samedi, je pourrais peut-être faire un effort pour venir
[22:16] <@alanvonlanthen> oui, mais à la soirée parisienne qu’on avait faite en octobre?
[22:16] <@alanvonlanthen> vous étiez là aussi?
[22:16] <MrNause> dommage que je n ai pas de scanner je crayonne un peu
[22:16] <MrNause> si si c est bon
[22:17] <Staulott> dsl ca coupe unpeu
[22:17] <MrNause> j avais dit de prévoir les pansements
[22:17] <MrNause> et rebelotte chez les robocops
[22:17] <Staulott> au revoir les gens
[22:18] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:18] <ElJj> Cette fois ci, il n’y a plus de live. Au revoir tout le monde !
[22:19] == ElJj [webchat@APuteaux-651-1-69-151.w81-249.abo.wanadoo.fr] has left #podcastscience []
[22:19] <@alanvonlanthen> au revoir tout le monde ![]()
[22:23] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[22:23] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:23] == Staulott [webchat@ppp-seco11pa2-46-193-131.216.wb.wifirst.net] has quit [Ping timeout]
[22:23] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[22:24] <MrNause> bon je reviens pour vous dire au revoir
[22:24] <MrNause> bye les gens
[22:25] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-102-204.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:30] == mfavez [webchat@188.84.172.15] has quit [Ping timeout]
[22:36] == peremptoire [webchat@ARennes-652-1-231-208.w92-139.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[22:56] == NicoTupe [webchat@jem75-9-88-175-94-116.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
02 Blog Audio - Science Etonnante - Quand la musique est bonne, 3^12 = 2^19 [ 8:33 | 7.91 MB ] Play Now | Play in Popup | Download (386)2e billet de blog scientifique en audio: quand la musique est bonne, 3^12 = 2^19
Auteur: David Louapre
Blog: Science Etonnante
Billet original: http://sciencetonnante.wordpress.com/2011/11/14/quand-la-musique-est-bonne-312-219/
Enregistrement: Alan
Diffusion originale: Podcast Science #102, 27 septembre 2012
La masse des particules élémentaires
On a tous lu ou entendu que le 4 juillet 2012 dernier, le CERN a annoncé avoir identifié, avec un degré de confiance de 99,99997 % (5 σ), une nouvelle particule de type boson. Le CERN a effectué deux expériences séparément dans deux détecteurs distincts du LHC (ATLAS et CMS), et les résultats obtenus dans les deux cas indiquent avec une probabilité très forte l’existence du boson de Higgs. Toutefois, il faut rappeler avec prudence que le CERN a aussi indiqué que des études complémentaires seront nécessaires pour déterminer si cette nouvelle particule possède l’ensemble des caractéristiques prévues pour le boson de Higgs.
Le boson de Higgs est une particule élémentaire dont l’existence permet d’expliquer pourquoi certaines particules ont une masse et d’autres n’en ont pas. Mais pour bien comprendre le phénomène, il faut plutôt parler du champs de Higgs qui est le champs qui intéragit avec les particules élémentaires de la matière et et qui leur alloue une masse.
Pour bien comprendre le mécanisme, on utilise souvent comme image, un piste de ski enneigée (champs de Higgs):
- il y a des skieurs qui glissent bien sur la neige (particules peu massives, voire de masse nulle comme le photon)
- il y a des randonneurs en raquettes qui arrivent à marcher sans trop de difficutlé sur la neige sans pour autant glisser comme les skieurs (particules moyennement massives)
- il y a des promeneurs en moon-boots qui s’enfoncent dans la neige jusqu’aux genoux (particules très massives)
Quand on dit que le boson de Higgs donne une masse aux particules élémentaires, ce n’est pas tout à fait exact. Pour être rigoureux, le boson de Higgs n’est qu’une manifestation du champ de Higgs et du mécanisme de Higgs, qui lui donne la masse aux particules élémentaires. Par analogie, on pourrait dire que le champ de Higgs est l’eau de l’océan et les boson de Higgs représentent respectivement l’énergie que transporte chacune des vagues (ondes). S’il n’y a pas de vague, il n’y a pas de bosons de Higgs. Le boson de Higgs se matérialise uniquement lorsqu’une interaction génère une vague sur l’océan, c’est-à-dire par analogie lorsqu’un objet intéragit avec de l’eau (ou une particule avec le champs de Higgs). On a tous fait déjà l’expérience, selon la forme et la taille, il est plus ou moins facile de mettre en mouvement un objet dans l’eau (inertie).
Le mécanisme de Higgs rend donc d’ailleurs abusif le fait de parler de masse de telle ou telle particule, puisque la masse n’est plus une propriété intrinsèque des particules élémentaires, mais une mesure de leurs interactions avec le champ de Higgs.
Il faut savoir que la complexité des phénomènes intervenant dans la détection de ces bosons, conduit à raisonner en termes de statistiques plutôt qu’en terme d’identification formelle à 100 % du boson. Ainsi pour affirmer une découverte en physique des particules, la probabilité d’erreur doit être inférieure à 0,00006 %, ce qui correspond en formalisme statistique à un écart type de 5 Sigma. Une telle démarche statistique implique donc de provoquer un très grand nombre de collisions lors des expériences pour aboutir à des niveaux de probabilité élevés.
Les mesures ont permis d’indiquer que cette nouvelle particule se situe dans un domaine de masse ou dans une plage énergétique de l’ordre de 125-126 GeV. Pour rappel, on sait depuis la théorie de la relativité d’Einstein que masse et énergie sont équivalentes (E=mc2). Ca veut dire qu’une particule dotée de masse peut se transformer en énergie et vice-versa. C’est pour cette raison qu’on a l’habitude d’exprimer la masse des particules en MeV (ou GeV à plus hautes énergies), qui est une unité d’énergie.
En général, il n’existe pas de bosons de Higgs autour de nous. Il faut effectuer des chocs entre des particules (au LHC on a utilisé des protons) pour exciter le champ de Higgs et fabriquer ainsi des bosons de Higgs. D’ailleurs, ces bosons de Higgs obtenus vont en général se dissiper rapidement…ce qui ne facilite pas les expériences…
Le mécanisme de Higgs permet d’expliquer comment les particules élémentaires (fermions et bosons) acquièrent de la masse, mais il n’explique pas à lui seul la masse des particules non-élémentaires comme les protons et neutrons….
La masse des particules non-élémentaires
Les protons et neutrons ne sont pas des particules élémentaires, car ils sont eux-même constitués de particules encore plus élémentaires qu’on appelle des quarks (fermions). Ils sont les deux constitués de 3 quarks (proton: 2 quarks up et 1 quark down, neutron: 1 quark up et 2 quarks down). La masse du quark up est estimée à environ 3 MeV, la masse du quark down est estimée elle à environ 6 MeV. Si on somme les masses des 3 quarks du proton, on arrive à une masse d’environ 12 MeV. Hors la masse du proton a été mesurée et elle est de 938 MeV. La masse des quarks constituant du proton, masse due au champs de Higgs, représente en réalité environ 1% de la masse totale du proton!
D’où vient donc le 99% restant de la masse d’un proton? Et bien le 99% de masse restante est due à l’énergie que les 3 quarks acquièrent en interagissant entre eux. C’est dû à l’interaction forte, l’une des 4 (3 si l’on prend en compte l’interaction électrofaible) forces fondamentales de la nature. Cette force est celle qui permet de maintenir la cohésion du noyau de l’atome, c’est-à-dire de maintenir les quarks constitutifs des protons et neutrons ensemble. Les quarks sont fortement liés entre eux par l’interaction forte, ou plus précisément par des gluons. Le gluon est la particule élémentaire (boson) responsable de l’interaction forte. Pour maintenir les quarks fortement liés entre eux et la cohésion du proton, les gluons mettent en jeu une quantité d’énergie de liaison énorme qui se manifeste comme une contribution considérable, à près du 99%, de l’énergie totale et donc de la masse (E=mc2) des protons et neutrons.
Comme un électron est environ 2.000 fois plus léger qu’un proton ou un neutron, il en résulte que la masse des atomes est portée très majoritairement par les protons et les neutrons des noyaux. Ce sont donc d’autres bosons que celui de Higgs, les gluons, qui expliquent la masse des objets autour de nous. Le champs de Higgs ne contribue donc qu’à un petit 1% de la masse totale du noyau (protons + neutrons) de l’atome, c’est-à-dire 1% de la masse atomique, et in fine à 1% de la masse des objets qui nous entourent, à 1% de notre propre masse, et 1% de celle de l’Univers.
Conclusion
La découverte du Boson de Higgs ne nous donne pas seulement des indications sur l’origine de la masse des objets de l’Univers, mais elle confirme ce qui constitue ni plus ni moins l’une des clefs de voûte du modèle standard de la physique des particules (elle vérifie en quelques sortes l’existence d’une des pièces manquante au modèle), tout en permettant ainsi d’orienter la recherche au-delà du propre modèle standard et ouvrir des portes vers une nouvelle physique:
- Cette découverte permet d’expliquer la brisure de l’interaction unifiée électrofaible en deux interactions distinctes. Ou dit autrement, elle valide la possibilité d’unifier 2 (force électromagnétique et interaction faible - responsable de la désintégration radioactive de type β) des 4 forces fondamentales en une seule: l’interaction électrofaible.
- Poursuivre les travaux sur les modèles de supersymétrie
- Chaque particule se voit attribuer un super-partenaire, ayant des propriétés identiques (masse, charge), mais avec un spin différent de 1⁄2.).
- Le champ de Higgs permet de préserver la symétrie à haute énergie et d’expliquer la brisure de la symétrie à basse énergie.
- Comprendre de quoi est constituée la matière noire (neutralino? Particule prédite par la supersymétrie).
Les particules élémentaire de la matière (bosons, fermions) acquièrent une masse par interaction avec le champ de Higgs, mais pourquoi chaque particule acquiert-elle une masse différente, voire n’acquiert-elle pas de masse du tout comme dans le cas du photon? Pourquoi la force de l’affinité des particules avec le champ de Higgs – ce qu’on appelle le couplage – est-elle si différente d’une particule à l’autre, et donc comment expliquer cette hiérarchie des masses ? Aujourd’hui, on n’a pas encore toutes les réponses à ces questions…
Par contre, c’est la première fois dans l’histoire de la physique que l’on découvre quelque chose qui n’est ni de la matière (fermion), ni un médiateur d’une force fondamentale (boson standard)…on accèderait ainsi, via le boson de Higgs, à un territoire entièrement nouveau…
Sources:
Un dossier bourré d'infos intéressantes sur l'énergie solaire, pour cette semaine ! Et c'est notre Alan national, que même les américains nous envient, qui s'en est occupé
par ici !
Vous en apprendrez plus sur la rentabilité, la durabilité, ou encore les projets d'avenir pour cette énergie prometteuse dont la Suisse et la Chine sont les pionniers mondiaux. Pour le mp3, c'est en bas que ça se passe (player).
Et si vous le n'avez pas vue, ne manquez pas l'illustration de Lucile qui se la joue photovoltageek
Pour continuer, la p'tite vidéo qui va avec (à prendre avec des pincettes) :
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On continue avec un plug' vers Research Gate, un réseau social consacré à la science, avec des profils scientifiques, des articles, un agenda des événements scientifiques et des bourses d'emplois !
Ensuite, quelques liens sur les news abordées en fin d'émission :
La fin de la seconde intercalaire ?
Convergence vocale chez les chimpanzés sur www.sciencesetavenir.fr
Et pour finir, les quotes de Podcast Science :
“Bienheureux les fêlés, car ils laisseront passer la lumière”
Michel Audiard, le cinéaste français.
“Quand on m'explique les mathématiques, je perds pied dès le premier mot. En physique, je comprends la première phrase, en biologie j'ai compris l'essentiel du message, et en sciences humaines chacun donne son avis.”
Roland Barthès, écrivain français.
Et voilà, on vous dit à la semaine prochaine, avec un dossier que Marco nous a vendu (comme il pouvait) sur les méthodes de datation en géologie !






C’est l’
On appelle les cellules de 2e génération les cellules à 









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