Podcast Science 37 - le paradoxe des anniversaires et les tests ADN [ 1:21:30 | 74.64 MB ] Play Now | Play in Popup | Download (3692)Cette semaine:
1m42s – Xavier Agnès vient nous parler du livre de Nicolas Gauvrit sur la numérologie (et autres croyances liées aux nombres)
17m17s – Alan présente un long dossier sur les tests ADN.
62m30s – quelques petites news à la fin…
On s’amuse comme on peut, quoi
Bonjour bonjour!
Deux dossiers cette semaine:
- À 1:42, notre ami Xavier Agnès nous fait le plaisir de venir nous parler du livre “Numérologie et folie des grandeurs – Quand les nombres font perdre la boule“, de Nicolas Gauvrit, qu’il a dévoré avec un plaisir tout à fait contagieux!
Les liens:- Pour commander le livre: http://www.book-e-book.com/index.asp?fx=2&p_id=141
- L’article de Nicolas Gauvrit, sur son blog, sur le paradoxe des anniversaires: http://psymath.blogspot.com/2011/05/le-paradoxe-des-anniversaires.html
- Nicolas Gauvrit était venu nous parler des biais statistiques dans Podcast Science n° 29
- Retrouvez Xavier Agnès (fou de science, musicien, comédien, informaticien et blogueur) sur son blog: www.ixanet.ch et sur twitter: @XavierAgnes
(transcript du dossier ici)
- À 17:17, Long dossier d’Alan sur les tests ADN
Les liens évoqués dans le dossier sont dans le dossier. Les liens évoqués par Xavier durant la discussion sont les suivants:- Le cas de la tueuse fantôme en Allemagne en 2009 (en fait, une erreur de manipulation…): http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/allemagne-pas-de-tueuse-fantome-mais-une-erreur-monstre_750266.html
- L’article de Jean-Marc Manach, sur Internet Actu, “Quand les experts se trompent”: http://www.internetactu.net/2010/12/09/adn-quand-les-experts-se-trompent/
Les news de la semaine:
- À 62:30, commentaire de Marc Montangero sur l’illustration de Lucile: http://www.podcastscience.fm/illustrations/2011/05/01/illustration-la-chimie-pour-les-nuls/comment-page-1/#comment-1529
Chère Lucile,
Merci beaucoup pour cette illustration ! Voici quelques réponses…
La composition du Nutella est indiquée sur l’étiquette, une partie de son secret est de contenir les ingrédients nécessaires à la production de chocolat, qui est extrêmement addictif ; c’est en effet un excellent anti-dépresseur, et il a la particularité de fondre à une température très proche de celle du corps humain, ce qui permet de libérer les arômes au bon moment. Il y a donc une histoire neurologique derrière l’addiction au chocolat, et donc au Nutella.
L’huile et le vinaigre (composé à 95 % d’eau) ne se mélangent pas volontiers, car l’huile est formée de molécules très longues, ce qui leur confère la propriété d’être hydrophobes (pour les détails, il faut suivre un cours de chimie de première année de gymnase !). Comme le vinaigre, principalement constitué d’eau, est évidemment hydrophile, les deux ne sont pas faits pour s’entendre. On peut toutefois y arriver par l’intermédiaire de molécules particulières, que l’on appelle des tensioactifs, qui sont de longues molécules dont une extrémité est hydrophile et l’autre hydrophobe ; ces molécules vont se lier d’un côté à l’eau et de l’autre à l’huile, permettant ainsi de solubiliser l’un dans l’autre. On trouve ce genre de molécules dans le jaune d’oeuf ou la moutarde, raison pour laquelle on utilise de la mayonnaise ou de la moutarde pour la sauce à salade. Les savons sont constitués de tensioactifs (puisque le but est précisément de dissoudre les taches grasses), mais il faut avouer que c’est franchement moins bon dans la sauce à salade
Pour les oeufs battus en neige, l’idée est la suivante : le blanc d’oeuf contient de l’eau et des protéines (des assemblages de molécules qui forment une énorme molécule, que l’on appelle un polymère). En battant le blanc, on incorpore de l’air dans le blanc, les protéines se “déroulent” et on forme une mousse qui est en fait des bulles d’air dont la surface est de l’eau maintenue par les protéines. Pour faciliter la formation de la mousse, il faut ajouter une pincée de sel, qui aide les protéines à se dérouler. Les expériences réalisées par le chimiste Hervé This ont montré deux phénomènes intéressants : premièrement, si l’on bat des blancs qui sortent du frigo, le temps de battage est divisé par quatre par rapport à des blancs que l’on a laissé à température ambiante. Deuxièmement, le volume de mousse est d’environ un quart de litre par blanc. Une fois ce volume atteint, il suffit d’ajouter une cuillère à soupe d’eau et de battre à nouveau, jusqu’à stabilisation du nouveau volume, plus grand qu’avant. On peut ajouter de l’eau jusqu’à atteindre un volume d’environ 1 mètre cube (oui !) pour un seul blanc d’oeuf. Si c’est trop compliqué, on peut plus simplement décapiter des “têtes de choco” et piocher le blanc dedans
Restez connectée sur mon site, il y aura encore quelques expériences en rapport avec la cuisine !
- Envoyé par Xavier Agnès (le même, justement…):
Cette semaine a eu lieu le lancement de la navette Endeavour. L’engin a entamé son dernier voyage, avant de prendre sa retraite, vers la Station spatiale internationale. Ce dernier voyage d’Endeavour a pour objectif d’acheminer jusqu’à l’ISS le spectromètre magnétique Alpha 2, un appareil permettant d’étudier l’existence d’antimatière et la nature de la matière noire invisible.
- Manuel d’Introduction à la physique des particules (Merci Thibaut Lacroix)
- Question de djschorn:
J’ai une question relativement simple.
On entend depuis quelques temps tout (et surtout n’importe quoi) sur le 21/12/12 : Apocalypse, changement de sens de rotation de la terre, changement de polarité, etc….
La seule chose certaine, c’est que les planètes du système solaire seront alignées.
La question est la suivante : quelle seront les conséquences réelles de cet alignement sur la terre ? Y-a-t’il aujourd’hui des réponses qui font consensus dans la communauté scientifique ?
J’ai tenté de trouvé sur le net des réponses à ces questions, mais j’avoue que je me suis un peu perdu dans la longue liste des théories plus ou moins “foireuse”.
- Réponse de Mathieu (trouvée sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9dictions_pour_d%C3%A9cembre_2012)
Plusieurs prédictions annoncent de grands changements, voire la fin des temps et du monde, pour le 21 décembre 2012 (21/12/2012), date supposée de la fin d’un cycle du calendrier maya. Ces prophéties ont été popularisées entre autre par le mouvement New Age, certaines oeuvres de science-fiction, au cinéma…et par un certain nombre de charlatans pseudo-scientifiques. Ces prédictions astronomiques pour décembre 2012 ont d’ailleurs été officiellement démenties par la NASA.
On affirme aussi que l’on assistera à un alignement de planètes, censé avoir des conséquences catastrophiques pour la Terre dû à une planète hypothétique Nibiru. Dans la mythologie babylonienne, Nibiru était le nom par lequel on désignait un astre associé au dieu Marduk, actuellement on fait plutôt référence à un planète proche de la Terre mais invisible. Nibiru ne passerait au voisinage de la Terre que tous les 3600 ans, causant à chaque fois d’importantes perturbations et destructions : séismes, tsunami, éruptions volcaniques, basculement de l’axe des pôles, changements climatiques, ou encore la disparition de certaines espèces animales et végétales…
Les arguments énoncés par ceux qui soutiennent l’existence de cette planète ont été démontés par les scientifiques, et on a démontré que l’existence de cette planète Nibiru est clairement un mythe. Comme le montre les calculs d’éphémérides de la NASA, il n’y aura en fait aucun alignement particulier de planètes en 2012. De plus, aucun alignement planétaire d’aucune sorte, aussi remarquable soit-il, ne pourrait provoquer des effets spectaculaires, ou même décelables sur Terre.
Les prédictions parlent également d’un alignement Terre-Soleil avec le centre de notre galaxie, mais ce phénomène n’est pas exclusif à 2012 ; cet alignement a lieu deux fois par an et c’est en 1998 que l’alignement a été le plus précis.
Le 21 décembre 2012 sera donc comme chaque année un simple solstice d’hiver (le jour de l’année où la nuit est la plus longue).
- Les créatures qui survivent dans l’espace, envoyé par Olivier Tripet:
Le Tardigrade est un animal microscopique de 1mm (qu’on apelle aussi ‘water bear’ en anglais) qui est devenu en 2007 le premier animal qui a survécu à une exposition dans l’espace. Il a survécu à des températures très froides, au vents solaires, aux rayons cosmiques, à l’absence d’oxygène, à la déshydratation, au vide de l’espace…
Ce petit animal microscopique participe à la mission d’Endeavour vers la Station Spatiale Internationale afin d’aider les scientifiques à mieux comprendre la résistance de cet organisme exposé dans des conditions extrèmes comme un voyage dans l’espace.
Le projet Biokis qui participe à la mission est un projet soutenu par l’ Agence Spatiale Italienne, et qui a pour objectif d’effectuer des recherches sur l’impact des vols spatiaux sur un certain nombre d’organismes microscopiques. Une des expériences sera d’exposer des colonnies de Tardigrades à différents niveaux de radiation ionisante et mesurer l’impact de ces radiations sur le Tartigrade.
A l’état naturel, on le trouve partout dans le monde, dans l’eau et sur terre, principalement dans des mousses et lichens. Il a la capacité d’éteindre ses fonctions biologiques essentielles, et de rentrer dans une sorte d’état de sommeil ou d’hibernation prolongée lorsque les conditions ne sont pas propices à la vie. Il possède une sorte de faculté de suspendre temporairement ses processus vitaux.
Et enfin, la quote de la semaine!
Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes qui l’une et l’autre nous dispense de réfléchir – Henri Poincarré
À méditer!
Prochain enregistrement le jeudi 26 mai. D’ici là, bonne semaine à toutes et à tous!
Texte initialement publié sur http://www.ixanet.ch/blog/2011/05/quand-les-nombres-font-perdre-la-boule-de-nicolas-gauvrit/
Grâce à podcastscience1, j’ai gagné un livre de Nicolas Gauvrit “Quand les nombres font perdre la boule”2, que je n’aurais jamais lu sinon, et c’est bien dommage. Je vais ici vous présenter3 quelques éléments du livre qui me paraissent particulièrement intéressant.
Durant ce court livre de 58 pages, il s’amuse, et nous avec, à démonter toute une série de croyances au sujet des nombres et de leur utilisation. Je dis avec nous, parce que je me marrais franchement en lisant son livre, particulièrement la première partie. Il démonte entre autre la numérologie en décortiquant la manière dont les numérologues procèdent et en montrant que les raisonnements ne tiennent pas debout. Je vous laisserais le soin de découvrir ça dans le livre.
J’aimerais parler du “paradoxe des anniversaires”. Savez-vous quel est la probabilité d’avoir deux personnes qui ont le même jour d’anniversaire dans une assemblée de 30 personnes? La réponse intuitive est que cette probabilité est assez faible. En réalité, elle est très élevée: 70.6%4. Je trouve ce résultat extrêmement éloquent, parce qu’il démontre efficacement à quel point il ne faut pas se fier à son intuition pour des raisonnements scientifiques.
Une autre chose qu’il relève, et qui me parait essentiel, c’est que l’on ne trouve que lorsque l’on cherche. Il parle par exemple de nombreux nombres que l’on trouve dans nos croyances, religions, et autres superstitions. Prenons l’exemple du 666, le fameux “nombre de la bête” que l’on trouve dans la bible. On a cherché de nombreuses implications avec des personnages ou des évènements. Et bien évidement on en a trouvé. Sur la multitude de cas observés, il y a en forcément qui vont coller. C’est statistique.
Les formules étranges proviennent de deux sortes de découvertes. Celles d’obsédés du 666 qui torturent les nombres des heures durant pour leur faire admettre un 666, et celles, fortuites, de gens qui calculent tout autre chose et s’amusent de rencontrer 666. D’autres fois, ils rencontrent 128 ou 302, mais n’en parlent à personne.
Et c’est bien là le problème, pour qu’un phénomène soit statistiquement significatif, il faut, d’une part qu’il y ai suffisamment de cas, et d’autre part que ces cas soit statistiquement supérieures à tous les autres. Mais les autres résultats obtenu ne sont pas conservé5, il est donc impossible de conclure quelque chose qui ai une valeurs statistique. Pour rebondir sur le dossier “La suite de Fibonacci”6, Mathieu citait des exemples ou le nombre d’or se retrouvait (coquillage, pomme de pin, galaxie spirale, etc.) de manière surprenante. Alors qu’en fait, statistiquement parlant, cela n’a rien d’étonnant, et si on cherchait des apparitions du nombre 45, on trouverait certainement aussi des tas de “coïncidences”.
Cependant, tomber dans ce genre d’erreur n’est pas anormal, loin de là. Chacun de nous y est sujet. Une des explications est la suivante:
Reconnaître à tort une coïncidences comme importante alors qu’elle ne l’est pas n’a pas, généralement, les même conséquences dramatiques que l’erreur inverse, qui consisterait à ne pas noter une coïncidence signifiante. Plus vite l’homme préhistorique fait le lien entre un cri perçant et l’apparition d’une grosse bête carnivore, et plus il a de chance d’échapper à ses crocs impitoyables. Ainsi, une vision darwinienne [...] donne une raison simple et rationnelle à une erreur dont nous sommes tous victimes.
Restons vigilant, mais ne nous alarmons pas de notre manière de percevoir le monde. En conclusion, je citerais encore une fois N. Gauvrit:
La bonne question n’est pas “pourquoi y a-t-il tant de coïncidences?” Mais plutôt “pourquoi suis-je étonné par la quantité de coïncidences que je remarque, pourtant conforme à ce que prévoient les probabilités?”.
Merci à Nicolas Gauvrit de nous avoir autorisé à utiliser des parties de son livre.
- www.podcastscience.fm [↩]
- Il présente son livre sur son blog à cette adresse http://psymath.blogspot.com/2010/11/rions-un-peu-avec-la-numerologie.html [↩]
- Ce texte est issu de la présentation que j’ai faite dans l’émission 37 de Podcastscience accessible par ici : http://www.podcastscience.fm/emission/2011/05/20/podcast-science-37-le-paradoxe-des-anniversaires-et-les-tests-adn/ [↩]
- Pour le détail du calcul voir le blog de Nicolas Gauvrit : http://psymath.blogspot.com/2011/05/le-paradoxe-des-anniversaires.html [↩]
- c’est ce qu’on appel le biais d’acquiescement [↩]
- Podcastscience n° 27: http://www.podcastscience.fm/dossiers/2011/03/17/la-suite-de-fibonacci-nombre-d-or/ [↩]
Numéro spécial, croisé, entre Mathieu/Alan pour Podcast Science et Jean-Michel Abrassart pour Scepticisme scientifique – le balado de la science et de la raison.
Ce numéro a eu lieu à l’initiative de Jean-Michel à la suite de notre numéro spécial sur le dénialisme scientifique et la discussion s’est révélée bien intéressante!
Les liens évoqués durant l’entretien:
- Le site du podcast Scepticisme scientifique: http://scepticismescientifique.blogspot.com/
- La page facebook: http://www.facebook.com/pages/Scepticisme-scientifique/98801084410
- Le site de Nicolas Gauvrit, co-animateur du balado Scepticisme scientifique: http://psymath.blogspot.com/
- Le podcast anglophone de référence : the Skeptic’s Guide to the Universe
- pseudo-sciences.org, le site de l’AFIS (Association française pour l’information scientifique)
- zetetique.fr Le site de l’observatoire zététique
- Le laboratoire de zététique fondé par Henri Broch en 1998
- La page wikipedia d’Edzard Ernst, professeur de médecine complémentaire à l’Université d’Exeter (en anglais)
- Un sceptique francophone spécialisé dans les pseudo-médecines: Jean Brissonet http://www.pseudo-medecines.org/
Bonne écoute!
Podcast science édition spéciale - Crossover avec Scepticisme scientifique, le balado de la science et de la raison [ 59:40 | 54.65 MB ] Play Now | Play in Popup | Download (2130)Numero spécial “Cross Over” avec Scepticisme scientifique, le balado de la science et de la raison
Bonjour à toutes et à tous, Numéro exceptionnel de Podcast Science ce soir, avec deux invités:
- Lia Rosso, scientifique, ex-chercheuse à l’UNIL, qui a tout lâché pour se lancer dans la vulgarisation scientifique et qui écrit régulièrement dans le Temps;
- Pascal Diethelm, président d’Oxyromandie, et co-auteur d’un papier extraordinaire sur le négationnisme scientifique présenté par Alan
Pas de point “House Keeping” ce soir faute de temps, nous reviendrons sur notre actu la semaine prochaine. Juste tout de même deux mots pour dire que:
- Nous avons déjà 23 inscrits sur les 24 places disponibles pour notre sortie au CERN le samedi 9 juillet à 14h. Toute dernière chance! Contactez-nous vite (au pire, on fera une liste d’attente car il y aura peut-être des désistements);
- Dans un mois, il y a 3 semaines sans et une semaine avec. C’est une semaine avec, il fallait marquer le coup: le neuvième épisode de C’est Pas Faux, le podcast vidéo d’Anh Tuan, est en ligne et s’intitule “L’équation de l’amour”, si vous ne vous y êtes encore jamais précipité(e), courez-y d’urgence!
L’interview de Lia nous en dit plus sur qui elle est, son parcours et quels sont ses projets.
Puis nous retroussons nos manches et nous attaquons à l’épineux problème du dénialisme scientifique, dossier commenté par nos deux invités.
Tous les liens indiqués dans le dossier d’Alan sont disponibles directement dans la page du dossier (y compris une vidéo plutôt inspirante de Michael Specter). Y figurent également les liens proposés par Pascal Diethelm. Et l’excellente vidéo dont nous a parlé Mathieu (Colloque “Sciences et croyances”, organisé par le Centre d’Action Laïque en Belgique) est disponible ici: http://youtu.be/77–U-ILlKM
Enfin, tradition oblige, la quote de Mathieu, un peu moins commentée cette semaine, allez savoir pourquoi
C’est une double-quote en fait:
- Il y a 3 sortes de mensonges: les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques –
Mark TwainBenjamin Disraeli (Merci Pingouin pour la précision, dans la chatroom de l’épisode 105)- Les faits sont tétus, il est plus facile de s’arranger avec les statistiques
Prochain enregistrement le jeudi 3 mars 2011. D’ici là, une excellente semaine à toutes et à tous!
Quand on pense aux ennemis de la science et à l’obscurantisme, on a souvent en tête les créationnistes et autres courants religieux fondamentalistes. Pour la petite histoire, de nombreux théologiens ont décortiqué la bible au 17e siècle, pour dater l’origine du monde. L’un des plus célèbres d’entre eux, un certain James Ussher, a élaboré une chronologie basée sur les différents récits du livre sacré qui établit l’origine de la Terre au 23 octobre -4004. Et l’idée est restée longtemps dans les esprits, car c’est un peu tout ce dont on disposait à l’époque, avant la science moderne qui, en utilisant des outils tels que la datation radiométrique a pu faire remonter l’âge de notre planète à quelque 4.54 milliards d’années.
Les créationnistes d’aujourd’hui inventent tout et n’importe quoi pour faire tenir la réalité qu’on observe tous les jours dans cette ancienne vision du monde qu’ils veulent tenir pour vraie. C’est ce qu’on appelle un dogme: l’idée prime, et la réalité n’a qu’à s’en accommoder. Il faut laisser aux créationnistes qu’ils ont pas mal d’imagination pour expliquer, à l’instar de Sarah Palin, que les dinosaures et les hommes auraient cohabité sur la planète il y a quelque 4000 ans en dépit de toutes les preuves qui indiquent que plus aucun dinosaure n’a foulé le sol de la terre depuis 65.5 millions d’années (à part les oiseaux modernes qui en descendent directement, mais ça c’est une autre histoire)…
Ça, c’est pour les créationnistes, mais il y a d’autres négationnistes de la science. Dans la mesure où celle-ci ne prétend pas détenir de vérités, et comme elle se remet tout le temps en question, elle offre plein de brèches béantes dans lesquelles les détenteurs de semi-vérités simplistes, rassurantes ou sexy ne demandent qu’à s’engouffrer… Il y a plusieurs catégories de ces détenteurs de semi-vérités, pour n’en citer que quelques uns en plus des fanatiques religieux, les idéologues de tous bois (qui cherchent à faire passer des idées politiques ou défendre des intérêts économiques), les charlatans pseudo-scientifiques, des alter-scientifiques, bref… Plutôt que de se livrer à l’exercice modeste et difficile d’observer les phénomènes avec un maximum d’objectivité, à tenter de les expliquer en se basant sur la somme de connaissances déjà validées et les théoriser au point de pouvoir les prédire avec un taux raisonnable de succès, tous ces gens ont en commun de partir d’un dogme, d’une certitude quelconque, d’une idée fixe et d’essayer, de la manière la plus convaincante possible, d’y faire entrer la réalité.
- l’ancien président Sud-Africain Thabo Mbeki, par sa conviction stupide qu’il n’y aurait aucun lien entre le virus HIV et la maladie du SIDA, a empêché l’accès aux traitements anti-rétro-viraux de milliers de personnes séropositives et a donc favorisé la transmission du virus à toute une génération et à la suivante alors que cela aurait pu être évité (http://www.samj.org.za/index.php/samj/article/viewFile/606/131). En commençant le nouveau livre de Michael Specter, intitulé “Denialism: How Irrational Thinking Prevents Scientific Progress, Harms the Planet and Threatens Our Lives“, j’ai appris que l’administration Bush, non contente de promouvoir l’enseignement du “dessein intelligent“ au lieu de la théorie de l’évolution dans les écoles américaines, a dépensé plus d’un milliard de dollars sur des programmes d’abstinence dans le cadre de la lutte Fédérale contre le SIDA, soit un tiers du budget total, en dépit de toutes les preuves alignées depuis des années et démontrant la totale inutilité de la méthode;
- les Claude Allègre et autres climato-sceptiques qui sèment le doute dans le grand public sur l’origine humaine du réchauffement climatique quand bien même l’immense majorité des spécialistes s’accorde à la reconnaître;
- les industriels du pétrole, les cigarettiers qui falsifient des études pour laisser entendre que leur business est parfaitement clean et sans dangers…
Comment définir et reconnaître ceux que les anglophones appellent les “Science Denialists“? C’est-à-dire ceux qui nient la science? (pour la traduction, j’hésite encore entre détracteurs, négationnistes, révisionnistes, mais je trouve que ces expressions sont soit trop faible pour la première ou trop connotées politiquement et historiquement pour les dernières… Peut-être “dénialisme”? L’avenir nous dira quelle traduction a été retenue)
Nous allons examiner en détails un article qui dégrossit bien la problématique, intitulé “Denialism: what is it and how should scientists respond?”, publié dans le Journal Européen de Santé Publique et écrit par Pascal Diethelm et Martin McKee. Pascal Diethelm est le Président d’Oxyromandie, fer de lance de la lutte anti-tabac en Suisse romande (c’est lui qui avait mis au jour en 2001 une des plus fantastiques fraudes de l’industrie du tabac en révélant qu’un prof de l’Université de Genève auteur de nombreuses études qui concluaient toutes à l’inocuité du tabac était en fait payé par Philip Morris depuis des années!). Martin McKee est Professeur de Santé Publique Européenne à la London School of Hygiene & Tropical Medicine, et co-directeur du Centre Européen sur la Santé des Sociétés en transition à l’OMS.
Ce papier, donc, identifie 5 caractéristiques du déni scientifique, qu’on retrouve, d’une manière ou d’une autre, seules ou combinées, dans la démarche de tous les détracteurs de la science:
- La première caractéristique du négationnisme scientifique est l’identification de complots
Lorsque l’immense majorité de la communauté scientifique est d’accord sur un consensus, les négationnistes n’admettent pas que différentes hypothèses vérifiées systématiquement ont conduit à ces conclusions, mais qu’il s’agirait plutôt du résultat d’une conspiration complexe et secrète. Le principe du peer-reviewing (c’est à dire la validation de tout papier scientifique par d’autres scientifiques, experts du domaine) est perçu comme un outil destiné à museler toute forme de dissidence plutôt que comme un filtre permettant d’écarter les papiers insuffisamment étayés par des faits ou qui manquent de logique.
Il existe également une variante de la théorie du complot, que les auteurs appellent “l’inversonnisme”, dans laquelle certaines caractéristiques et motivations propres sont attribuées à d’autres. Par exemple, les cigarettiers qualifient volontiers de produits de l’”industrie anti-tabac” les recherches académiques qui mettent en évidence les dangers du tabac pour la santé. Les chercheurs ont été décrits comme un “cartel oligopolistique, verticalement intégré, hautement concentré, combiné avec des monopoles publics dont le but est de fabriquer de fausses preuves et suggérer des liens fallacieux entre la fumée et différentes maladies et de diffuser à coup de propagande à un public le plus large possible ces soi-disant découvertes!” (aussi énorme que ça puisse paraître, ce sont pourtant les mots figurant dans un rapport de la collection Philip Morris en 1983, disponible dans son intégralité sur le site de la Bibliothèque de l’Université de Californie, San Francisco en format PDF); - La deuxième caractéristique est le recours à de faux experts.
Il existe de nombreux individus qui se prétendent experts dans un domaine particulier mais dont les points de vue sont en complet désaccord avec les connaissances établies. L’industrie du tabac y a eu recours massivement depuis 1974 lorsqu’un cadre supérieur de RJ Reynolds mit au point un système d’évaluation des scientifiques travaillant sur le tabac en fonction de leur soutien aux positions de l’industrie. Ladite industrie a accueilli ce concept avec enthousiasme dans les années 1980 lorsqu’un cadre supérieur de Philip Morris développa une stratégie pour recruter de tels scientifiques (poétiquement nommés “blouses blanches” dans le milieu) pour les aider à contrecarrer les preuves de plus en plus accablantes des méfaits du tabagisme actif et passif. Cela bien entendu à travers des sociétés écran dont l’affiliation aux cigarettiers était soigneusement dissimulée et sous le contrôle méticuleux des avocats de l’industrie du tabac. (Là aussi, article publié dans The Lancet en 2004, disponible en pdf donne tous les détails). En 1998, l’American Petroleum Institute a développé un plan de communication de science globale du climat, impliquant le recrutement de “scientifiques qui partagent les vues de l’industrie et qui peuvent aider à convaincre les journalistes, politiciens et le public que le réchauffement global est trop incertain pour justifier le contrôle sur les gaz à effets de serre” (les preuves recueillies sont elles aussi accessibles en PDF sur le site de Greenpeace cette fois). Bien sûr, cela n’est pas limité au secteur privé. L’administration Bush s’est à peine cachée de ne promouvoir que les points de vues compatibles avec son idéologie, aussi bien sur le plan religieux que sur celui des petites affiliations entrepreuneuriales (enquête de Martin McKee, en ligne, gratuite). Le conseiller en santé reproductive de la Food and Drug Administration, David Hager, préconisait la lecture de la bible comme réponse au syndrome prémenstruel, comme l’indique un article du Lancet de 2002! Un phénomène lié est la marginalisation de vrais experts. Dans les pires cas, à travers des alliances entre industries et gouvernements (comme ce fut le cas lorsqu’ExxonMobil fit pression (avec succès) contre la reconduction d’un représentant du gouvernement des Etats-Unis au GIEC, voir l’abstract sur le site sciencemag) - La troisième caractéristique est la sélectivité: il s’agit de parler essentiellement de papiers qui remettent en question la pensée dominante en soulignant les défauts du papier le plus faible, jetant ainsi le discrédit sur l’ensemble des chercheurs. Un papier du Lancet décrivant des anormalités intestinales chez 12 enfants autistes et qui suggérait un éventuel vague lien avec la vaccination contre les oreillons, la rougeole et la rubéole et depuis lors retiré de la publication a été utilisé massivement par les militants anti-vaccins. Les négationnistes ne sont pas inhibés par l’extrême isolement dans leurs théories mais y voient plutôt un signe de leur courage intellectuel face à l’orthodoxie dominante et le politiquement correct qui va avec. Ils se comparent volontiers à Galilée.
- La quatrième caractéristique est la création d’attentes impossibles par rapport à ce que la recherche peut fournir. Par exemple, les détracteurs du changement climatique pointent du doigt l’absence de données de températures enregistrées avant l’invention du thermomètre. D’autres se servent du principe d’incertitude intrinsèque aux modèles mathématiques pour les rejeter complètement en tant que moyen de comprendre un phénomène. Au début des années 90, Philip Morris a essayé de promouvoir un nouveau standard: la “bonne pratique pour la conduite d’études épidémiologiques”. Selon ces pratiques, les mesures statistiques indiquant une corrélation faible entre deux variables (odds ratio inférieurs ou égaux à 2) étaient tout simplement abandonnées car jugées non représentatives, éliminant ainsi de nombreux liens de causalité entre la clope et les problèmes de santé (voir le papier des mêmes auteurs pour la European Respiratory Society en 2006). Bien que Philip Morris ait finalement laissé tomber son programme de bonne pratique épidémiologique (car aucun scientifique sérieux n’acceptait de travailler selon ce standard), British American Tobacco l’applique encore pour réfuter les risques associés au tabagisme passif (c’est en ligne sur leur site web!)
- La cinquième caractéristique, enfin, est l’utilisation de réalités déformées ou de logiques fallacieuses. Par exemple les pro-tabac se sont souvent servis du fait que Hitler soutenait certaines campagnes anti-fumée, faisant ainsi passer les chantres des mesures de contrôle sur le tabac pour des nazis (le terme nico-nazis a même été créé tout spécialement pour eux! Analyse de cette rhétorique particulière ici, en anglais), même si dans la réalité de nombreux cadres nazi étaient fumeurs, luttaient contre la propagande anti-fumée et s’assuraient que les troupes avaient leur ration de clopes en suffisance! (Voir ce papier sur la politique du tabac en Allemagne nazie). Parmi ces erreurs de logique, on notera également l’usage de fausses pistes ou de fausses analogies. On pensera par exemple à l’argument des anti-évolutionnistes: l’univers est extrêmement complexe, une montre est extrêmement complexe. L’univers a donc dû être créé par une sorte d’horloger.
L’article finalement se demande comment on doit répondre au négationnisme scientifique.
Les négationnistes sont poussés par un éventail assez large de motivations, indiquent les auteurs. Pour certains, c’est juste de l’avidité, appâtée par les largesses des industries du pétrole et du tabac. Pour d’autres, c’est une idéologie, ou la foi, qui leur fait rejeter tout ce qui est incompatible avec leur croyance fondamentale. Enfin, il peut s’agir d’excentricité ou de besoin de se faire remarquer, parfois encouragé par le statut que les médias peuvent conférer aux rebelles.
Quelle que soit la motivation, il est important de reconnaître le négationnisme lorsqu’on y est confronté. La réponse académique traditionnelle face à un argument contradictoire consiste à s’y intéresser, à tester les forces et faiblesses du point de vue alternatif, avec l’espoir que la vérité émergera du processus de débat. Ceci dit, cela implique que les deux parties obéissent à certaines règles de base communes, telles que la volonté de considérer l’ensemble des preuves, de rejeter toute déformation de la réalité et d’accepter les principes de la logique. Un dialogue pertinent est impossible lorsque l’une des parties ne respecte pas ces règles. Il serait erroné d’empêcher les négationnistes de s’exprimer. En revanche, il est nécessaire, selon les auteurs, dans ces cas, de déplacer le débat du sujet traité et d’exposer au grand jour les tactiques employées par les négationnistes et de démontrer que, justement, ce sont des négationnistes. Une bonne compréhension des 5 tactiques évoquées dans l’article est un bon framework pour y parvenir.
Pour ma part, je suis totalement d’accord avec les conclusions de l’article. Savoir reconnaître les détracteurs de la science et les dénoncer est sans doute la meilleure attitude possible. L’article se sert de beaucoup d’exemples dans le monde du tabac et de l’industrie pétrolière, mais il y a d’autres formes de déni scientifique. Et le framework proposé marche bien aussi:
On connaît tous les pseudo-sciences (astrologie, numérologie, tarot, etc.): elles répondent toutes au moins au 5e critère: la logique fallacieuse, en bâtissant une théorie fondée sur des liens de causalité complètement arbitraires. Bien souvent, elle répondent également au 1er critère (l’existence d’un complot, comme lorsqu’Elizabeth Teissier annonçait triomphalement au journal suisse Le Matin, en 2007, parlant de ses prédictions sur le cancer, que l’astrologie n’a jamais tué personne contrairement à la médecine!)
Les alter-sciences sont sans doute un peu moins connues, mais répondent également très bien aux critères proposés. On en trouve quelques exemples dans un excellent article d’Alexandre Moatti sur les alterscientifiques et publié sur le site de l’Association Française pour l’Information Scientifique:
- Guy Berthault (né en 1925), polytechnicien et géologue autoproclamé, travaille dans les supermarchés Viniprix fondés par son père avant de mettre sur le tard sa fortune au profit de ses expériences de géologie créationniste;
- L’ingénieur Lucien Romani (1909- 1990), directeur d’un bureau d’études, réfléchit à nouveau à la science à 55 ans, à la faveur d’une mauvaise fracture l’immobilisant, et publie dix ans plus tard (1976) chez Albert Blanchard une Théorie générale de l’Univers physique refondant la cosmologie et proposant « d’abandonner la physique surréaliste » – il est aussi anti-darwinien;
- Maurice Allais est avant tout un économiste, et c’est plus tard, à quarante ans, qu’il commence des expériences de physique avec un « pendule paraconique », censé remettre en cause la mécanique newtonienne;
- Plus loin de nous, l’ingénieur autrichien Hans Hörbiger (1860-1931), fondateur d’une prospère entreprise de valves hydrauliques et de réfrigération qui existe toujours (un timbre autrichien a été fait à son effigie en 1985) dit avoir eu la révélation que la Lune était un « bloc de glace » : il écrit en 1912 une cosmologie catastrophiste, la « théorie de la glace éternelle ». Dans les années 1920, il finance grâce à sa fortune la propagation de sa théorie dans le grand public, au point que les Nazis en feront leur cosmogonie officielle, où le Walhalla et la « race nordique des Géants » remplacent la Bible, jugée trop « judéo-chrétienne »;
Bref, ce sont des gens assez proches des milieux scientifiques, qui se découvrent une vocation sur le tard, et qui singent le discours et la méthode scientifique sans en comprendre l’essence. Et dans cette catégorie-là, on a le troll qui sévit actuellement sur tous les blogs et réseaux scientifiques francophones. Pas envie de lui faire de la pub, je ne vais pas donner son nom, mais les fidèles de knowtex le reconnaîtront, il est partout, s’est immiscé dans les contacts de pratiquement tout le monde et y publie régulièrement des inepties teintées de paranoïa. C’est un ingénieur qui s’est mis en tête que le modèle de l’atome de Bohr est faux, qui a écrit un bouquin vendu à compte d’auteur dans lequel il assène que les plus grandes découvertes et connaissances scientifiques sont en fait une pure malhonnêteté intellectuelle (il s’en prend entre autres à la gravitation, à la relativité générale, à la physique quantique, à la conservation d’énergie) et répète à tout va que les scientifiques ont peur des nouvelles idées. Dans le même temps, les extraits PDF de son bouquin qu’il distribue généreusement démontrent qu’il n’observe aucune rigueur scientifique (il cherche juste à convaincre, jamais à démontrer; aucune expérience ou observation systématique n’est jamais mentionnée dans ses écrits ou interventions). Dans ses “débats” sur knowtex, de nombreux scientifiques ont pris la peine de lui expliquer ce qui cloche dans sa démarche mais il campe sur ses positions: tous des méchants parce qu’ils auraient peur que le petit confort de leurs vérités soit ébranlé par ses idées révolutionnaires (qui disait que les révisionnistes se prennent pour Galilée déjà?) En tout cas, il colle parfaitement au framework en 5 critères permettant d’identifier les négationnistes. Et j’invite tous les amis de la science à la plus grande vigilance face à ce genre de phénomène.
Pour conclure, je voudrais citer un article d’un blog très intéressant sur lequel je suis tombé en préparant ce dossier: La philosophie du sanglier (ou les réflexions d’un hédoniste matérialiste râleur), l’article s’intitule “Faut-il pénaliser le négationnisme scientifique?” et sa conclusion est sans appel:
Protéger la science en pénalisant le négationnisme scientifique, c’est prendre le risque d’une dérive inquisitoriale. Que ce passera-t-il si on en vient à protéger tout et n’importe quoi ? La science ne pourra plus avancer. Car la science ne fonctionne pas sur des dogmes. Les critères de vérités de la méthode scientifique moderne sont variés et complexes. Il y a aussi les critères d’admissibilité, tel que la critère de réfutabilité/falsification. Une théorie n’est scientifique que si elle peut être falsifiée. Or, si on protège la théorie par la loi, ou est la réfutabilité ? On entre là dans le domaine de l’épistémologie, et de façon assez pointue.
En d’autres termes, la science doit pouvoir être remise en question, c’est même comme cela qu’elle avance. Pour rappel, la théorie de la relativité générale a remplacé la théorie newtonienne de la gravitation. Et on a toutes les raisons de croire aujourd’hui qu’elle-même sera remplacée un jour par une autre théorie (certains, comme Eric Verlinde s’y attèlent déjà, et comme il respecte les règles du jeu, cela ne choque personne, au contraire, il faisait même la couverture de Science et Vie il y a quelques semaines!)
Il n’y a aucune certitude ni vérité figée en sciences, et il y aura sans doute toujours plus de questions que de réponses. L’attitude critique voire sceptique est une condition de base du succès de la démarche. En règlementant les attaques qui lui sont faites, la science se tirerait une balle dans le pied.
Il va donc falloir continuer de faire avec les détracteurs, les révisionnistes, les pseudo- et alter-scientifiques, cela fait partie de la donne. Ce qui va faire la différence, c’est l’esprit critique du public averti, pour ne pas confondre ces différentes catégories. Et ça, c’est un peu le boulot de la science, mais beaucoup celui des journalistes et vulgarisateurs de tout poil, professionnels ou passionnés et, pour notre part, nous allons continuer d’y œuvrer sans relâche!
Lectures vivement recommandées pour aller plus loin :
- l’article de Pascal Diethelm et Martin Mc Kee: http://eurpub.oxfordjournals.org/content/19/1/2.full (en version PDF: http://eurpub.oxfordjournals.org/content/19/1/2.full.pdf)
- Association Française pour l’Information Scientifique: http://www.pseudo-sciences.org/
- Charlatans.org, scepticisme et esprit critique: http://www.charlatans.info/
- Scepticblog, la crème de l’esprit critique de la science anglo-saxonne: http://skepticblog.org/
- Scepticisme scientifique, le balado de la science et de la raison: http://pangolia.com/blog/
- Vidéo TED de Michael Specter, un journaliste scientifique très inspiré et très remonté contre les négationnistes:
Les liens supplémentaires de Pascal Diethelm:
- Edzard Ernst, le titulaire de la Fac de médecines alternatives de l’Université d’Exeter;
- Et d’autres livres (suggérés en off) :
- When Prophecy Fails, Fetsinger et. Al
- Trick or Treatment?, Simon Singh et Edzard Ernst.
Et bien sûr retrouvez les publications scientifiques de Pascal Diethelm sur Google Scholar
Podcast Science 25 - Tous unis contre le denialisme! [ 1:25:53 | 78.66 MB ] Play Now | Play in Popup | Download (2181)Cette semaine, nous parlons dénialisme scientifique (négationnisme des sciences) avec deux invités passionnés et passionnants: Lia Rosso et Pascal Diethelm











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