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(Si vous avez manqué le début, c’est par ici: le défi alimentaire 1/2)

La semaine dernière, nous avons dressé un constat un peu mitigé de la réalité alimentaire aujourd’hui et des défis de demain. En résumé, tout le monde n’est pas nourri à sa faim alors que la demande va croissant et que les filières sont déjà saturées. Nous avons vu les limites de l’expansion et de l’intensification sous l’angle de leur impact environnemental. Nous savons que l’augmentation du niveau de vie dans les pays en forte croissance (Chine, Inde, Brésil notamment) s’accompagne d’une transition alimentaire impliquant d’élever encore plus d’animaux alors que les calories animales sont terriblement demandeuses en termes d’énergie, d’eau et ont un impact environnemental super important.

Alors quelles sont les solutions? C’est ce que nous allons tenter de voir cette semaine. Nous allons rapidement survoler l’entomophagie, suggérée par Pierre Kerner, soit l’idée de manger des insectes. Nous examinerons ensuite le bio, piste généralement présentée comme alternative saine et durable à l’agriculture intensive. Nous parlerons un peu d’agriculture intégrée et finalement nous nous étendrons sur les solutions que proposent les scientifiques à travers une étude publiée en octobre dernier dans la revue Science et nous verrons que pour venir à bout d’un problème complexe, on ne peut pas se contenter de solutions à l’emporte-pièce.

L’entomophagie

Je vous avouerai que lorsque Pierre a suggéré cette approche, accompagnée comme il se doit d’un livre de recettes (quand on est strange and funky, on a une réputation à tenir), je me suis dit que j’en toucherais un mot ici sous forme de clin d’œil. Sauf que… Après avoir lu l’article que Pierre a indiqué dans son commentaire, je me suis rendu compte que des gens très sérieux prenaient cette piste très au sérieux. Le papier en question est une présentation des travaux de plusieurs équipes de l’Université de Wageningen aux Pays-Bas qui bossent sur cette approche. Extraits choisis:

Environ 80% de la population mondiale mange des insectes. Sous les tropiques en particulier, ils font partie du régime ordinaire. Les insectes sont mêmes considérés comme des gâteries, pas juste comme des substituts car on ne trouverait rien d’autre. Les chenilles et les sauterelles sont populaires en Afrique. Les guêpes sont une délicatesse au Japon. Les crickets se mangent en Thaïlande. En Chine, on ne recule même pas devant le scorpion, proche cousin des insectes (…)

Les experts indiquent que les insectes ne sont pas juste succulents; leur élevage est bien plus durable que celui du bétail à tous les niveaux: les quantités d’eau nécessaires à leur production sont ridicules à côté de ce qu’il faut pour un kilo de viande de bœuf. Pas besoin d’antibiotiques. Les insectes ne sont pas porteurs de maladies transmissibles à l’espèce humaine. Et leur croissance est très efficace.

Effectivement, l’article indique qu’ils “aiment” vivre dans le noir les uns sur les autres et que, du fait de leur sang froid, ils convertissent 60% de ce qu’ils ingèrent en masse corporelle (vs 13% pour le bœuf par exemple).

Les insectes présentent un intérêt nutritionnel élevé: ils constituent une riche source de protéines, d’acides gras sains et de vitamines et minéraux importants. Avec 100 grammes de viande d’insecte, un adulte a couvert la totalité de ses besoins journaliers en protéines, en fer et vitamine B. (…)

Seule les régimes alimentaires occidentaux excluent totalement les insectes – si on fait abstraction du quart de kilo que nous ingérons chaque année sans le remarquer dans notre beurre de cacahuète, les légumes mal lavés ou encore les colorants roses à base de cochenille. (…)

La consommation à large échelle d’insectes est viable et constitue une solution écologique et durable pour faire face au défi de nourrir une population croissante avec suffisamment de protéines. Et pour nourrir les élevages d’insectes, il suffit de déchets ou de fumier, ce qui permettrait en outre d’éliminer les surplus (…)

A l’heure actuelle, il n’existe que quelques éleveurs d’insectes au Pays-Bas.

Nugett de sauterelle (piqué sur http://documents.plant.wur.nl/wur/WageningenWorld_0310_UK.pdf)Ce qui semble amplement suffisant car il n’y a pas vraiment de marché grand public pour le moment.

“C’est un vrai challenge de convaincre les Néerlandais à croquer dans une tête de sauterelle” indique l’un des entomologistes participant aux recherches, “la barrière culturelle et psychologique est difficile à franchir”. Le chercheur estime que pour conquérir les consommateurs, il faut éviter que les insectes soient trop reconnaissables: par exemple, on pourrait ajouter des protéines d’insectes dans la viande des garnitures de pizzas ou ajouter de la viande d’insecte dans les nuggets surgelés de poulet ou de porc”….

Voilà… On trouve plein d’autres ressources sur le sujet dans l’entrée “Entomophagie” sur Wikipédia, très complète, pour celles et ceux que ça intéresse.

Suivant directement le commentaire de Pierre Kerner qui nous proposait d’explorer cette piste, un commentaire de Didier Barthes nous proposait une réflexion sur son blog critiquant cette piste arguant d’une part qu’on propose en général de manger ces insectes frits, ce qui n’est pas idéal sur le plan diététique et se demandant, d’autre part, s’il ne s’agissait pas de l’étape suivante d’une fuite en avant effrénée: après avoir bouffé toute la viande, tous les poissons, on passerait aux insectes. Et quand on les aura finis, on s’attaquera aux bactéries? L’auteur du billet pense qu’il faudrait revoir notre croissance démographique plutôt que trouver toujours de nouveaux moyens de la soutenir. Le débat est ouvert.

Le bio

Impossible de regarder un reportage traitant de questions alimentaires qui ne se termine pas par une injonction à bouffer bio. OK, j’exagère un peu, mais il faut tout de même admettre que le bio est présenté comme une panacée: des fruits et légumes meilleurs pour la santé et  pour la nature grâce à des procédés non-intensifs respectueux des gens et de la planète. Qui dit mieux?

Ce n’est pas un hasard si le Grenelle Environnement, un ensemble de rencontres politiques organisées en France en septembre et octobre 2007, visant à prendre des décisions à long terme en matière d’environnement et de développement durable, avait fixé à la France des objectifs ambitieux en matière de développement de l’agriculture bio: 20 % de produits biologiques dans la restauration collective en 2012 et  passer en agriculture biologique 20% de la surface agricole utile en France en 2020. Rien que ça!

Comme tout quarantenaire bobo qui se respecte, je me suis laissé conquérir par les promesses du bio. Mais ma foi a été passablement ébranlée lorsque j’ai lu le livre “Denialism” du journaliste scientifique américain Michael Specter. Livre absolument génial, que je vous recommande chaleureusement d’ailleurs. Il passe en revue les attaques que subit la science de toutes parts et la montée des peurs irrationnelles (peur des vaccins, de la génétique, etc.) C’est bien écrit, richement documenté, ça se lit comme de rien. Mais il m’a franchement surpris en indiquant que la mode du bio et la demande croissante pour les produits bio vont de pair avec une sorte de militantisme anti-progrès qui veut croire à un retour possible à une espèce de jardin d’Eden. En fait, plus que choqué, ça m’a surtout vexé. Car je ne me sens pas du tout faire partie de la clique de fondamentalistes anti-science qu’il décrit et pourtant, comme tout le monde, j’achète de temps en temps des produits bio.

Bio: fausses promesses et vrai marketing, le livre de Gil Rivière-Wekstein Lorsque j’ai parlé à  Jorj McKie de mon projet de dossier, il m’a prêté un petit livre intitulé “BIO Fausses promesses et vrai marketing” de Gil Rivière-Wekstein, le fondateur de la revue mensuelle agriculture et environnement, spécialiste des questions agricoles et environnementales. L’auteur a mené l’enquête avec rigueur pour passer à la moulinette chacune des idées reçues qui sont véhiculées par le sujet du bio. Je trouve l’approche plus intelligente que celle de Specter en l’occurrence car moins militante et systématiquement étayée. Là aussi, extraits choisis:

Idée n°1: Le bio est meilleur pour la santé

En 2003, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa, aujourd’hui intégrée dans l’Anses, l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a publié un important rapport sur ce sujet, dont les conclusions sont sans appel: “L’ensemble des données examinées dans le cadre de cette évaluation a montré, de manière générale, peu de différences significatives, et reproductibles, entre la composition chimique des matières premières issues de l’agriculture biologique et celles issues de l’agriculture conventionnelle. Les résultats des études sont parfois contradictoires. Les nombreux facteurs de variation intervenant dans la composition chimique et la valeur nutritionnelle des aliments (variété/race, saison, climat, stade de maturié ou de développement, stockage, conduite d’élevage…) sont souvent plus importants que l’impact des facteurs liés strictement au mode d’agriculture (nature de la fertilisation, des traitements sanitaires…)”

L’étude de l’Afssa vient d’être réactualisée par le nutritionniste Léon Guéguen et le toxicologue Gérard Pascal, directeurs de recherches honoraires de l’Inra. “En Europe du Sud, la principale motivation d’achat des produits AB demeure la protection de la santé. Pourtant, la vocation première de l’AB [pour Agriculture Biologique], reconnue par ses protagonistes officiels, est la préservation de l’environnement, et non pas la nutrition et la santé des consommateurs. L’AB a une obligation de moyens mais pas de résultats concernant les qualités nutritionnelles, sanitaires et gustatives de ses produits”, notent-ils en guise d’introduction.

“Face à la cacophonie actuelle des messages qui circulent, à tous les niveaux, vantant la qualité supérieure des aliments bio, il nous a semblé utile de refaire le point à partir du rapport de l’Affsa publié en 2003, et en y ajoutant les données nouvelles publiées (plus de 100 références)”, expliquent les deux experts, qui relèvent quelques différences dans certains fruits et légumes bio, comme “des teneurs plus élevées en vitamine C et en polyphénols, mais plus faibles en caroténoïdes“. “L’un des points forts du bio, c’est la richesse en antioxydants” affirme Bruno Taupier-Létage, responsable qualité à l’Itab [l'Institut Technique de l'Agriculture Biologique]. “La plante produit ces micro-constituants en réaction à certains stress comme l’attaque des ravageurs. En bio, elle doit se défendre par ses propres moyens”, explique-t-il. “Ce qui est parfaitement vrai. Toutefois, il faut également préciser que la formation des polyphénols s’accompagne de celle de centaines de métabolites secondaires [c'est à dire des molécules qui n'appartiennent pas au métabolisme primaire, comme des tanins par exemple], qui sont pour certains des toxines à action insecticide ou fongicide, et dont seulement quelques-uns on été étudiés pour leur toxicité, notamment les glycoalcaloïdes de la pomme de terre et de la tomate”, relativisent Léon Guéguen et Gérard Pascal. Pour eux, “les faibles différences observées entre aliments bio et conventionnels n’ont aucune répercussion significative sur la nutrition et la santé.

Les tenants du bio établissent un lien de causalité entre l’utilisation de pesticides et des cancers

Des propos que tenait précisément Claude Aubert en… 1979! “De nombreux indices montrent que, en dépit des progrès de la médecine, l’état de santé général de la population ne cesse de se dégrader et que cette évolution va en s’accélérant”, assurait le secrétaire général de Nature & Progrès (N&P). Or, comme l’a démontré un groupe de chercheurs travaillant dans le cadre de l’Observatoire européen des espérances en santé, on vit aujourd’hui sans incapacité jusqu’à 68 ans en moyenne dans l’Union européenne. En France, grand pays agricole, ces chiffres s’élèvent à 68 ans pour les hommes et 69 ans et 8 mois pour les femmes, alors qu’en Allemagne, il se situent respectivement à 63 ans et 62 ans. Toujours dans l’Hexagone, l’espérance de vie atteint 77,5 ans pour les hommes et 84,4 pour les femmes (chiffres de 2007), alors qu’en 1979, elle n’était respectivement que de 70 ans et 78 ans. En trente ans, elle n’a donc cessé d’augmenter, infirmant toutes les prédictions pessimistes de Claude Aubert, qui déclarait que “la mortalité, qui avait nettement diminué entre 1950 et 1971, recommence à augmenter légèrement”.

Gil Rivière-Wekstein démonte aussi cette idée qui veut que si les vieux vivent de plus en plus vieux, c’est parce qu’ils ont mangé bio à la cantine toute leur enfance, à l’époque d’une agriculture sans pesticides… Le problème, c’est que cette agriculture sans pesticides n’a jamais existé. En tout cas pas à la fin du XIXe / début du XXe. Documents à l’appui, l’auteur démontre qu’on faisait un usage massif d’insecticides: charbon-engrais contre le phylloxéra en 1890, capsules Jamin au sulfure de carbone et à la benzine en 1891. Désinfection des vignes et des arbres fruitiers avec du Lysol, une solution à base d’huiles lourdes de goudron de houille qui assure un traitement réparateur contre le phylloxera. On faisait également joyeusement usage de bouillies à base de mercure, des mélanges à base de térébenthine ou encore de jus de nicotine.

À partir des années 1950, nous dit l’auteur, les insecticides naturels ont progressivement disparu de la palette des produits phytosanitaires. Les agriculteurs leur préféraient en effet, des produits de synthèse plus performants. Seuls les agriculteurs “bio” ont continué à les utiliser, quitte à recourir à certains produits interdits depuis lors, compte tenu de leur toxicité. C’est le cas de la nicotine, un alcaloïde dont les propriétés insecticides sont bien connues et qui a été autorisé en agriculture biologique jusque dans les années quatre-vingt-dix… Alors qu’il est 40 fois plus toxique pour l’homme que le DDT! C’est aussi le cas de la roténone, un produit issu de plantes tropicales, très toxique pour les poissons et divers insectes – qu’il paralyse -, et qui est probablement à l’origine de certains cas de maladie de Parkinson. Car qui dit “pesticides naturels” ne dit pas “pesticides sans danger”!

Bon. Le bio n’est pas meilleur pour la santé. Mais alors, idée n° 2: il est meilleur au goût…

On ne souffle pas les goûts et les couleurs… L’auteur cite, entre autres, une enquête réalisée par 60 millions de consommateurs, dans son n° 446 de février 2010:

Lors de quatre séances de dégustation, soixante consommateurs ont été invités à communiquer leur impression générale sur le goût et la texture de plusieurs sortes d’œufs. “Les résultats de notre dégustation vont en décevoir plus d’un”, avertit le mensuel. Et pour cause! Les œufs de poules élevées en cage obtiennent la meilleure note, avec les œufs Label Rouge. Quant à l’œuf le moins apprécié, il s’agit d’un œuf bio!

Après, ce genre de résultats sont à considérer avec prudence, bien sûr: on ne souffle pas les goûts et les couleurs. Mais ce genre de tests démontrent que le bio n’est pas objectivement meilleur que le non-bio.

OK, mais idée n° 3: le bio est bon pour l’environnement!

Oui… Et non… C’est compliqué. L’agriculture bio est une démarche respectueuse de l’environnement. C’est sa raison d’être, c’est inscrit dans son ADN. Mais… Il y a plusieurs mais…

Avec des chutes de rendement de l’ordre de 30% à 50% pour le blé, les conséquences sur l’usage des sols et le climat ne sont pas négligeables. Ces chutes entraînent en effet une augmentation proportionnelle des surfaces cultivées, et par conséquent, des émissions de gaz à effet de serre.

L’auteur – qui expose également les positions des partisans du bio – indique que selon ceux-ci, on ne devrait pas se livrer à ce genre de comparaisons, car

Le passage à la consommation bio engendre moins de consommation carnée, donc moins d’élevage à viande, donc moins de céréales et oléagineux pour le bétail, et plus de surfaces pour l’alimentation humaine.

Personnellement, j’aime beaucoup cette idée, mais j’ai un peu de peine avec cet argument. La palette de viandes bio dans les supermarchés ne fait que croître à vue d’œil et je n’ai rien trouvé dans le cahier des charges “Bio Suisse” qui pousse à la réduction de la consommation de viande. Ceci dit, l’idée de réduire la consommation de viande, est une piste intéressante. Bio ou pas bio. On y reviendra plus tard.

L’Inra a réalisé entre 2001 et 2004 une évaluation agri-environnementale de la conduite de la vigne en agriculture biologique et en production intégrée. Il n’y a pas photo:

L’impact environnemental de la production intégrée est plus favorable que celui de l’agriculture biologique, notamment au niveau des indicateurs phytosanitaires. Pour principale raison, le nombre de passages pour les applications de cuivre, qui a un impact important sur le sol mais aussi sur les eaux de profondeur et l’air. En effet, pour faire face aux attaques de mildiou ou d’oïdium, les agriculteurs bio sont bien obligés de traiter. Comme ils ne disposent pas de produits de synthèse, ils ne peuvent utiliser que des formulations à base de soufre ou de cuivre. Or l’efficacité de ces produits n’étant pas extraordinaires, les doses utilisées sont importantes – jusqu’à plusieurs kilos à l’hectare – et les passages, fréquents.

Le cuivre est super toxique et il n’est pas biodégradable. Il s’accumule  année après année dans la terre:

(…) Les autorités sanitaires communautaires sont mal à l’aise avec le dossier. Il est vrai que l’on ne peut indéfiniment déverser des produits non biodégradables sur les sols. “Épandre cinq kilos par an correspond à déverser sur les sols une demi-tonne de cuivre sur chaque hectare au bout d’un siècle”, explique Denis Dubourdieu, professeur d’oenologie à l’université de Bordeaux. “Imaginez l’état des sols si l’on avait utilisé le cuivre depuis le début de la culture de la vigne, c’est-à-dire au moins deux mille ans!” poursuit-il. “Il existe de nombreux exemples où, dans des sols acides, les quantités de cuivre fongicide accumulées depuis un siècle d’usage empêchent aujourd’hui l’herbe, le blé ou même les arbres fruitiers, de pousser”, confirme Thierry Coulon, directeur technique de l’Institut français de la vigne.

Bref, le bio n’est pas meilleur pour la santé, le goût des produits bio n’est pas meilleur. Et le bilan environnemental est mitigé (ce dont je me doutais déjà en constatant que de nombreux produits bio viennent du bout du monde et contiennent parfois de l’huile de palme…) Et pourtant, on est prêts à payer davantage pour ces produits! Je commence à me demander si Michael Specter n’a pas raison au fond. Tout cela n’a plus grand chose de rationnel. On est au royaume de la croyance: le bio a atteint un statut quasi religieux dont la légitimité paraît très discutable. Ajoutez à cela que le courant bio trouve son origine dans les courants d’extrême-droite opposés au progrès (poujadistes en France, d’autres courants ailleurs en Europe) et le concept est tout suite nettement mois sexy. Et avec ses rendements catastrophiques, il est clair désormais que ce n’est pas ce mode d’agriculture qui nous donne un peu facilement bonne conscience dans les pays riches qui va nourrir la planète.

Ceci étant dit, je pense qu’il faut laisser au bio un immense mérite, celui d’avoir permis aux consommateurs de dire que ses promesses (santé, goût, environnement) sont importantes à leurs yeux. Même si ces promesses ne sont pas tenues au bout du compte.

L’agriculture intégrée

On l’a évoquée il y a un instant et on va y revenir en évoquant les solutions. Je vous rassure, pas de diatribe interminable, cette fois-ci, mais on va juste poser les bases pour comprendre de quoi on parle, avec l’aide de notre bon ami wiki:

Le concept d’agriculture intégrée caractérise des pratiques agricoles menant à des aliments de qualité en utilisant des moyens naturels et des mécanismes régulateurs pour remplacer les apports polluants et pour assurer une agriculture durable. L’accent en placé sur une approche holistique: l’exploitation est considérée comme une unité de base, au centre d’un agrosystème, comprenant un cycle équilibré des nutriments, et basé sur le bien-être de toutes les espèces animales dans les élevages. La préservation de la fertilité des sols et d’un environnement diversifié est un aspect essentiel. Les moyens biologiques, techniques et chimiques sont utilisés de manière équilibrée pour prendre en compte la protection de l’environnement, ainsi que les exigences économiques (rentabilité) et sociales. Enfin, l’agriculture intégrée fait appel aux méthodes de lutte intégrée, méthodes de protection des cultures tenant compte d’un seuil de nuisibilité du ravageur ou  de la maladie, au-delà duquel le résultat économique est touché. Ce n’est donc que lorsque ce seuil de nuisibilité, ou seuil de tolérance, est atteint, que la lutte chimique est déclenchée contre le ravageur, la maladie cryptogamique ou le virus en question.

Le site de l’Observatoire de l’Environnement de la région Poitou-Charentes précise encore:

L’agriculture intégrée se situe à mi-chemin entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique. La valorisation des ressources naturelles et des mécanismes régulateurs est réalisée par exemple, par l’arbre qui recycle des éléments minéraux, grâce à la puissance de ses racines et la chute des feuilles. Certaines cultures comme le blé recyclent des quantités importantes de potasse par l’intermédiaire de la paille. Certains parasites tels les pucerons, limaces, ont des prédateurs naturels tels certains carabes.

C’est le concept assez génial de lutte biologique utilisé en agriculture intégrée. Ça consiste, à la place de chasser les prédateurs à grands coups de substances toxiques (en détruisant accessoirement toutes sortes de créatures qui ne sont pas du tout nuisibles), à la place, donc, on amène leurs prédateurs naturels. Comme les coccinelles pour lutter contre les pucerons. C’est propre et hyper-sélectif: on ne détruit pas tout ce qui bouge à des kilomètres à la ronde! Bon, ceci dit, en relisant ce dossier, Ln a modéré mes ardeurs:

Attention, le concept de lutte biologique n’est pas forcement si bien que ça. En effet si l’idée est raisonnable, la mise en pratique a tendance à implanter des prédateurs exotiques contribuant ainsi au problème des espèces invasives (cf les coccinelles asiatiques)

Voilà, c’était juste pour poser un peu le décor. Je vais maintenant vous parler de l’article de Science (version gratuite ici, en pdf) que j’évoquais en introduction.

À problème complexe, réponse complexe. Les pistes de la science.

Différents chercheurs américains, canadiens, suédois et allemands, issus de plusieurs universités et représentant diverses facultés (géographie, biologie, climatologie, économie, …) ont réfléchi ensemble aux meilleures solutions pour nourrir la planète.

Après avoir posé la problématique comme nous l’avons fait la semaine dernière, les auteurs estiment que le défi est le suivant: doubler la production de nourriture au cours des quelques prochaines décennies tout en:

  1. réduisant de 80% les émissions de gaz à effet de serre dus à l’agriculture;
  2. réduisant les pertes d’habitats et les pertes de biodiversité;
  3. réduisant les utilisation de l’eau qui ne s’inscrivent pas dans une logique durable;
  4. supprimant progressivement la pollution des eaux par les apports chimiques de l’agriculture.

Doubler la production tout en diminuant les impacts environnementaux: l’équation semble impossible! Alors comment y parvenir?
Et bien on s’en doute, il n’y a pas de réponse toute simple. Ce serait trop beau. Les chercheurs proposent de combiner 4 stratégies simultanées pour y parvenir:

  1. stopper l’expansion agricole
  2. réduire les écarts de rendements (notamment entre le Nord et le Sud)
  3. accroître l’efficacité des ressources agricoles
  4. améliorer la distribution de la nourriture en changeant les régimes alimentaires et en réduisant le gaspillage
a. la situation actuelle. b. les objectifs de 2050

A. La situation actuelle (par rapport aux objectifs de 2050). B. La situation visée pour 2050.

Selon les auteurs, ce n’est qu’en combinant ces quatre stratégies qu’on arrivera à relever le défi alimentaire qui nous attend d’ici 2050. Examinons-les une par une:

1. Stopper l’expansion agricole

L’expansion de l’agriculture dans les écosystèmes sensibles a des effets considérables sur la biodiversité, le stockage du carbone et les services environnementaux que peuvent rendre ces écosystèmes. C’est particulièrement vrai lorsque ce sont des forêts tropicales qui sont abattues pour faire place aux nouveaux terrains agricoles. On estime que le phénomène cause la perte de 5 à 10 millions d’hectares de forêt chaque année. Le ralentissement, puis, finalement, l’arrêt total de l’expansion de l’agriculture constituera le premier pas vers une agriculture plus durable. Mais cela impactera-t-il négativement la production de nourriture? Les analyses des experts indiquent que non: les bénéfices de la déforestation tropicale sont souvent limités, particulièrement à la lumière des dégâts environnementaux qu’ils provoquent. Les régions de l’agriculture tropicale qui ont des hauts rendements – en particulier les cultures de cannes à sucre, d’huile de palme et de soja – contribuent typiquement assez peu aux fournitures caloriques mondiales, particulièrement lorsque les cultures sont destinées aux biocarburants. Les éventuelles pertes caloriques dues à l’arrêt de la déforestation pourraient être compensées par l’amélioration des rendements sur les terres agricoles existantes. Des encouragements économiques pour des solutions écologiquement viables ainsi que des certifications (label en écotourisme par exemple) pourraient permettre d’atteindre cet objectif.

2. Réduire les écarts de rendements (notamment entre le Nord et le Sud)

De récentes analyses ont montré de très importants écarts de rendements même au sein de régions disposant de conditions de culture similaires. Il existe des opportunités significatives d’augmenter les rendements des cultures dans de nombreuses régions d’Afrique, d’Amérique latine et d’Europe de l’Est, où la difficulté d’accès à l’eau et aux engrais est la plus forte. De meilleurs déploiements de variétés existantes, avec une meilleure gestion devraient déjà permettre de réduire de nombreux écarts, tandis que l’optimisation génétique permanente permettra probablement d’augmenter encore les rendements partout à l’avenir. Les analyses des chercheurs ont montré que si on pouvait augmenter tous les rendements à 95% de leur potentiel, la production globale de céréales augmenterait de 2.3 milliards de tonnes, soit 5×1015 kcal, ce qui correspond à une augmentation de 53% de la production totale. Et même si on n’atteignait que 75% du rendement (au lieu de 95%), ça nous ferait toujours une augmentation de 28%, ou 1.1 milliards de tonnes ou 2.8×1015 kcal. Il existe aussi des opportunités significatives du côté des variétés orphelines (qui n’ont pas bénéficié de beaucoup d’attention ou d’optimisations ces dernières années), ce qui contribuerait également augmenter la diversité des cultures. Réussir ce tour de force sans dégradation environnementale passera forcément par de nouvelles approches, comme la réforme de l’agriculture traditionnelle qui devra davantage s’inspirer des méthodes du bio et de l’agriculture intégrée. Cela nécessitera également de régler les problèmes économiques et sociaux que poseront forcément ces réorganisations.

3. Accroître l’efficacité des ressources agricoles

Ici, les chercheurs ont exploré deux problématiques: l’utilisation de l’eau et l’utilisation des engrais.

L’eau d’abord: l’irrigation est actuellement responsable du pompage de 2’800 km3 d’eau douce (nappes phréatiques, lacs et rivières). On l’utilise pour environ 24% des cultures et cela permet de délivrer 34% de la production agricole. En fait, sans l’irrigation, la production globale de céréales chuterait d’une vingtaine de pour cent. Du coup, si on la supprimait, il faudrait plus de terrains encore pour produire  la même quantité de nourriture. L’eau nécessaire aux cultures varie énormément selon les régions. On sait que 16 espèces de base demandent moins de 0.3 litres d’eau par kcal fournie; une piste pourrait consister à tenir compte de cela et privilégier la culture de variétés peu gourmandes en eau dans les régions plus sèches. Et là aussi, une meilleure gestion et l’application de certaines techniques simples pourraient grandement aider. Par exemple: réduire l’évaporation hors-champ de l’eau durant son transport et son stockage. Et réduire l’évaporation sur le champ avec un simple paillage ou encore réduire le nombre de labours sont des solutions toutes simples aux effets immédiats.

Sur les engrais maintenant. On observe de grandes disparités au niveau de la planète: tandis que certaines régions manquent d’engrais, d’autres en surconsomment et polluent gravement les ressources. La Chine, le Nord de l’Inde, les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest, typiquement, utilisent trop d’engrais: 10% des cultures mondiales sont responsables de 32% des surplus d’azote et de 40% des surplus de phosphore. Dans ce cas, ce sont des politiques ciblées visant à réduire la surconsommation d’engrais, à améliorer la gestion du fumier et à encourager le recyclage et d’autres pratiques plus durables qui vont permettre de constater une amélioration qui, de fait, aura également un impact sur les qualités des eaux.

4. Améliorer la distribution de la nourriture en changeant les régimes alimentaires et en réduisant le gaspillage

Là, on revient au problème de la viande. Si au lieu de filer les céréales au bétail pour ensuite manger des steaks, on réservait toute la production de 16 souches céréalières  essentielles à notre consommation directe, on augmenterait d’un coup les kcalories disponibles de 49%! Ça ne paraît pas très vraisemblable, bien sûr, mais même des petits changements de régime peuvent avoir un effet spectactulaire aussi bien sur les calories à disposition pour le reste de l’humanité que sur l’environnement. Réduire sa consommation à défaut de la supprimer est déjà un progrès important. Troquer un bœuf nourri au grain contre du poulet, du porc, ou un bœuf nourri de pâtures a un effet très important. Des politiques restrictives sur les biocarburants auront également un effet majeur. Et bon… On l’a vu au début du dossier, troquer le steak saignant contre des chenilles juteuses aurait également un gros impact.

Accessoirement, un volume important de nourriture n’est jamais consommé, mais jeté, gaspillé, dégradé ou consommé par des parasites. Une étude récente de la FAO estime que cela concerne quelque 30% de la production. D’autres études parlent de 50%. Les pays en voie de développement perdent plus de 40% de leur production post-récolte en raison des mauvaises conditions de stockage et de transport. Les pays industrialisés perdent moins de leurs productions mais au niveau de la vente au détail et/ou du consommateur final, plus de 40% de la nourriture serait gaspillé (toutes les références à ces études sont disponibles dans l’article de Science).

En clair, réduire ces pertes et gaspillages et repenser les choix alimentaires, énergétiques et agricoles pourrait améliorer de manière substantielle le nombre de kcalories disponibles tout en préservant l’environnement…

A méditer…

Et pour méditer joyeusement, une petite vidéo bonus envoyée par Pierre Kerner au moment de la rédaction de ces dernières lignes du dossier:


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  • Jeff

    Salut à tous, et d’abord merci Alan pour ce dossier.

    Alan, ta réflexion sur la ressemblance possible entre le goût de la sauterelle et celui de la crevette à ravivé en moi un vieux souvenir qui va t’aider à étayer ta thèse. En fait ça vient d’un reportage que j’avais vu sur la chaîne de télévision “Planète” il y a quelques années et qui parle du peuple Piaroa qui présente la particularité étonnante de manger des mygales géantes (Theraphosa blondi, si je ne me trompe pas).

    J’ai recherché ce documentaire et je l’ai retrouvé sur Youtube, je te mets le lien : http://www.youtube.com/watch?v=HfdeHzJXObM&feature=related
    si tu avances à 40:50 c’est là qu’ils en parlent (je vous préviens les images peuvent choquer fortement les arachnophobes)

    Bon, je sais les araignées ne sont pas des insectes mais comme le faisait remarquer Marc, les insectes sont sont des arthropodes comme les crustacés, et aussi les araignées ce qui laisse supposer une proximité dans le goût.

    Sur ce j’interromps ici mon long discours, et vivement la semaine prochaine !

  • Matt

    On peut peut-etre donner les insectes aux boeufs et consorts. Mais j’ai peur du gout final…

  • http://www.mfavez.com Mathieu

    Soit dit en passant, beaucoup d’agriculteurs du sud de l’Europe sont passés au bio, non pas par conviction écologique, mais tout simplement parce qu’ils recoivent des subventions de l’UE pour faire de l’agriculture écologique…ce qui est. vous en conviendrez, pas trop fair-play comme reconversion…

  • http://www.ssaft.com/Blog/dotclear/ Taupo

    Bon je vais faire mon rabat-joie mais essayer de comparer les goûts des différents arthropodes me semble assez vain. Je cite Wikipédia ‘L’embranchement des arthropodes est de très loin celui qui possède le plus d’espèces et le plus d’individus de tout le règne animal (80 % des espèces connues). ‘ C’est environ 1 millions d’espèces! A côté les vertébrés représentent environ 50 à 60 000 espèces. Dire que les arthropodes doivent globalement avoir le même goût c’est 20 fois plus grave que dire qu’il n’y a aucune différence entre une sardine et un steak…
    Bon et sinon, quid de la solution de la viande synthétique? Un palliatif pour la cruauté envers les animaux et, si la technologie le permet, une éventuelle réduction de l’impact sur l’environnement: c’est peut-être le hamburger du futur? http://blogs.scientificamerican.com/creatology/2011/11/18/synthetic-meat-for-thought/

  • Mentine

    Voilà un épisode contestataire s’il en est! Tout y passe, le bio devient une arnaque et un sale business, les OGM deviennent la plus belle invention de l’humanité, et même la sagesse de Confucius est discutée! Mais quel mauvais esprit vous a hanté?

    J’ai beaucoup aimé ces 2 épisodes, c’est bien de prendre le temps pour un sujet aussi dense.

    Je n’aurais que deux visions sciences-fictionnesques pour résoudre le dilemme pour nourrir l’humanité : Le Soleil Vert, et l’habitat en monades de 1km de haut afin de cultiver le maximum de surface terrestre comme dans les Monades Urbaines.

    Be seeing you,
    Mentine

  • Marco

    @Taupo: Hello! C’est clair, tu as raison. En plus c’est peut-être moi qui ait dit cela en parlant de la crevette (je ne sais plus??). Si c’est le cas, disons alors que je me suis mal exprimé. car ce que je pense plutôt, c’est qu’il n’y a pas de fondement concret sur notre dégout lorsque l’on évoque l’idée d’avaler des insectes, et que la seule origine de ce dégout est très certainement culturelle. J’en prend pour preuve le fait que lorsque j’étais encore un petit garçon innocent, je m’amusais à attraper avec la main n’importe quel insecte qui passait dans mon jardin alors qu’il n’y a pas si longtemps j’ai mis plus de 15min à sortir une sauterelle sur mon rideau, à l’aide d’une bassine parce que j’avais des frissons rien qu’à l’idée de la toucher…(qui a dit “femmelette”?!!)

    @Mentine: Oui c’est vrai que vu comme ça, c’était un peu un épisode en mode rebelle.^^
    Mais c’est toujours intéressant de prendre un peu le contre-pied de ce qui s’impose comme étant une vérité populaire.(et dont je suis le premier à ne pas, naïvement,au moins remettre en question de façon critique)
    Confucius a été discuté, mais pas Laurent Ruquier…effectivement, peut-être un coup d’un mauvais esprit…^^

  • http://www.mfavez.com Mathieu

    La consommation d’aliments cultivés localement n’a pas été abordée dans le dossier (on ne peut pas parler de tout non plus). Plusieurs mouvements de “local food” vont dans ce sens dans différents pays: http://en.wikipedia.org/wiki/Local_food
    Est-ce que ça ne serait pas une approche intéressante et raisonnable au défi alimentaire qui se profile?

  • http://www.podcastscience.fm LnArnal

    @Mathieu (et en gardant le mauvais esprit) la solution du “local food” est intéressante (surtout d’un point vue écologique) mais ça dépend vraiment de là où on se trouve. La Corée du Nord essaye cette solution depuis des années mais ça marche pas vraiment : http://www.slate.fr/story/51159/coree-nord-faim
    On l’oublie un peu mais on vit dans des régions favorable à l’agriculture, ce n’est pas forcement le cas de la majorité de la population mondiale. De même peut-on vraiment nourrir tous les habitants de New-York avec les petits maraîchers des 700km alentours(d’après la définition de local par le gouvernement américain) ?

  • Jorj X. McKie

    Salut à tous.
    @Mathieu ; alors, fini, bananes, ananas; des pêches dans le sud de la France, des pommes dans le nord. Compliqué non ? Et comme le dit LnArnal difficile de nourrir localement un monde qui devient de plus en plus urbain. Environ 14 M d’habitants en région parisienne, et que des petites jardinières sur les balcons. Pas facile pour faire pousser les carottes et faire brouter sa chèvre.
    Je n’ai pas réussi à trouver une info qui donnerait la surface moyenne (dans l’idéal théorique) qui correspondrait à la consommation d’un individu ou d’une famille (sans parler d’économie), mais à la louche c’est plus de 200 m2, ramené à 14 M ça pose un vrai problème.
    Sans compter la variabilité saisonnière, et dans des conditions de culture optimales sans peste.
    Je reviens de mon Ardèche familiale, où on crevait encore de faim au début du XXéme siècle, un cochon malade et une mauvaise récolte de châtaignes, c’était la dèche.
    Bien sûr on peut appliquer des techniques modernes (serres, intrants…), mais la réalité est là, cela reste de la production épisodique.
    Même avec une culture moderne, les agriculteurs dans cette région ne s’en sortent pas.
    Je ne parle pas d’avoir un potager sur son bout de terrain, mais d’avoir un métier qui puisse faire vivre une famille.
    C’est un pauvre exemple, mais qui reflète, me semble-t-il, la complexité de nos sociétés actuelles. On veut tout (le consommateur) sans en assumer les inconvénients.

    @ Alan. Merci pour ce super dossier, qui avec les mêmes bases me donne une autre lecture du sujet. Du coup, j’ai juste l’impression d’être plus humain :-).

  • http://ymartin59.free.fr/ Yves

    J’aimerai présenter une contrainte qui n’a pas été abordé: les rendements agricoles actuels dépendent bien sûr des apports en engrais, et un des éléments essentiels à la croissance des plantes est le phosphore. Mais les gisements riches en phosphore et les stocks de guano s’épuisent… et il manque une prise de conscience sérieuse pour commencer à le collecter dans les stations d’épuration !

    Sinon l’utilisation des surfaces terrestres pour l’agriculture est un problème qui ne date pas d’hier. Paris a été fondé sur un bassin très fertile pour la culture des céréales… et on peut constater que cette ressource inestimable est maintenant noyé sous le béton. Il me semble que la propriété individuelle du terrain est une entrave à une gestion à long terme pour atteindre la suffisance alimentaire de la planète. En effet, l’augmentation du niveau de vie et la spéculation immobilière amènent à la disparition des surfaces à usage agricole. Une alternative intéressante serait un mécanisme de location des surfaces sous forme de concession à moyen/long terme par les autorités administratives qui serait alors en mesure de contrôler et modifier l’aménagement du territoire en imposant les usages possibles et aussi les prix à nu.

  • draculito

    Je remets une pièce dans la machine après la lecture d’un article qui envisageait la production de viande (= muscle) à partir de cellules souches. Ce qui permettrait :
    1/ de multiplier fortement la production de viande, 2/ de réduire la quantité de bétail nécessaire, 3/ en conséquence du n°2, réduire la surface de terres agricoles dédiées à l’alimentation du bétail.
    C’est pas pour tout de suite mais c’est une piste qui fait plaisir : http://www.courrierinternational.com/article/2012/02/28/une-vache-des-millions-de-steaks-artificiels

  • Pingback: Podcast science 79 – La science face au défi alimentaire 2/2()

  • sloubi47

    je sais que j’arrive bien apres la bataille mais quand meme… deja, d’avoir enfin un dossier qui ne diabolise pas les agriculteurs est tres agréable à entendre. je suis moi meme viticultrice, non bio. j’ai quelques trucs à partager. meme si je ne partage pas leur idéalisme, il faut reconnaitre que tous les agriculteurs bio ne sont pas les memes: certains sont la pour les subventions et l’appat du gain (vendre plus cher les produits) et pourrissent les terres avec le cuivre (pour la vigne) ou se battent pour avoir droit à certains desherbants chimiques, et d’autres sont bio par conviction et rigolent des normes bio trop “complaisantes”.
    je voulais ajouter que pour éviter le gaspillage, la premiere chose, bien avant les morceaux de pains dans les restos, est d’éduquer les consommateurs à manger des produits qui ne se ressemblent pas. une tomate ou une pomme trop petite ou trop grosse est tout aussi bonne que celle qui a le calibre standard. de meme, si elle est grelée, ou un peu tachée, cela ne touche pas le gout. une part considérable des fruits et légumes est jetée car “le consommateur ne voudra pas l’acheter”. un pomiculteur qui va faire une récolte de 200t de pommes, pourrait facilement ramasser 30t de plus (en année moyenne) mais il prefere les laisser sur les arbres car elles ne seront pas payées car trop petites, trop colorées, trop bicolores (pour les pommes comme les pink lady).
    pour rebondir sur ce qui est écrit plus bas, en effet, si on a la possibilité de manger local, c’est mieux. il faut aussi apprendre à manger de saison. on ne trouve pas de fraises en hiver, tant pis, on en mangera au printemps. c’est comme la galette des rois: c’est normalement que pendant le mois de janvier.
    le dossier était vraiment interressant, bien creusé, et bien mené (de ne pas avoir parlé des ogm pendant le dossier et d’avoir réservé ca pour le débat, était une excellente idée)
    donc bravo et merci à vous tous

  • Alan Vonlanthen

    Tiens, Sloubi… Ça faisait une paye !
    Merci du compliment et du commentaire :)
    Oh, tu fais du vin ? Kiça oùça koiça ??

  • sloubi47

    yep dans le lot et garonne. c’est un petit vignoble (6.5ha) dans un département qui n’est pas connu pour son vin. on vend tout à la propriété donc tu ne risques pas de le retrouver en suisse, alan ;)

  • Mation Infor

    Hello, j’adore podcast-science et je re-écoute tous les épisodes depuis le début (parfais pour les trajets quotidiens du boulot), mais alors la je tombe sur les fesses (aie).

    J’apprécie d’habitude l’objectivité des interventions et je n’ai pas compris les affirmations définitives et généralisatrices sur l’agriculture bio… tiré de? 1 ou 2 bouquins? de “scientifiques” travaillant pour qui?

    Il est entendu que beaucoup de moyen sont mis en œuvre à tous les niveaux pour faire du lobbying dans les centres de décisions et il faut se méfier des publications “scientifiques” qui vont dans le sens des entreprises ayant beaucoup de puissance financière. Dans la science, il y a des méchants aussi, rappelez vous des articles dans les années 50-60-70 sur les bienfaits du tabac payés par les fabricants avec tampon scientifique!

    On s’est fait déjà avoir tellement de fois que cela doit devenir un jeu chez les industriels qui vendent les pires trucs (tabac, arme, pétrole, nucléaire, pesticide, semences brevetées). Plus c’est gros et plus cela passe dans le grand public.

    Gil RIVIERE-WEKSTEIN = expert en communication/manipulation, bizarrement pour la promotions de toutes les choses que le bon sens rejette.
    http://www.affaire-gaucho-regent.com/biogil.html
    http://www.naturavox.fr/biodiversite/Le-lobby-des-pesticides-pris-en-flagrant-delire
    http://terrefuture.blog.free.fr/index.php?post/2012/11/20/La-justification-productiviste-impossible%C2%A0%3A-les-tribulations-lobbyistes-de-Gilles-Rivi%C3%A8re-Wekstein

    J’espère que, 2 ans après, vous allez hallucinés de ce qui a été dit.

    On arrive à la fin du dossier avec en tête que le bio c’est mal, que ce n’est que du marketing et c’est presque plus dangereux que l’agriculture intensive!

    Si j’essaye de reprendre mes pensées durant l’écoute (en fulminant):

    1) “On a toujours mangé des pesticides” => Tous mes grands parents passaient leur WE à cultiver leur potager, donc même sans bio imaginaire, ils ne consommaient pas d’agriculture industrielle à grande échelles. N’était-ce pas la règle à l’époque…

    2) “la bio c’est nazi” => raccourcit direct de ce que j’ai entendu !!! Incroyable, non. Comment mettre des milliers de producteurs passionnés dans le même sac que des êtres malfaisants.

    3) “Dans l’AB, il y a des méchants…” => oui c’est la vie, mais tout le monde n’est pas méchant. Je pense que les méchants de l’AB sont moins dangereux que les méchants cotés en bourse.

    4) “l’agriculture intégrée c’est super” => Ha bon mais c’est quoi la différence par rapport à la bio, sinon que quand ils en ont marre de jouer à l’AB, ils ouvrent les robinets des pesticides sans être montré du doigt? Un véritable producteur bio, fait évidement une agriculture intégrée.

    5) “les végétaux aidés avec les pesticides sont moins dangereux, car ils ne se défendent pas tout seul en produisant leur pesticide”. Incroyable, non? Je vous jure vous l’avez dit… Vive les pesticides et tant pis pour les abeilles.

    Podcast-science est-il sponsorisé par mons@nto ou B@yer?

    Bon j’ai oublié le reste, vous avez de la chance ;-)
    Je vous adore toujours, mais svp, évitez les généralisations basées sur 1 source pourrie.

    Sinon, j’ai déjà mangé des termites crues et vivantes: étonnant goût de cacahuète.

  • Mation Infor

    Au sujet de la lutte contre les pestes qui pullulent lorsque l’on fait de la monoculture, je trouve la piste de la robotique très motivante.

    Des centaines de micro-robots solaires qui surveillent les champs… le rêve ;-)

  • Mation Infor

    +1 sur les ressources en engrais qui font défaut.
    Par contre, pour la possession des terrains, il ne faudrait pas retirer au gens le droit de cultiver leur bout de potager.

  • Mation Infor

    La PAC donne des sous pour l’AB?
    je croyais que c’était surtout les grosses exploitations qui se gavaient!

  • Alan Vonlanthen

    Hello Mation infor. Merci de ce long commentaire.

    Qu’est-ce que tu vas dire quand tu entendras l’épisode sur les OGM :D

    Je ne vais pas reprendre en détails ce que tu as dit, je trouve que cela ne reflète pas exactement ce que j’ai dit, mais ce n’est pas très grave. Enfin, si quand même, le bio c’est nazi, ce n’est pas de moi. Et franchement, c’est un peu insultant. Je n’ai malheureusement pas le temps de développer ni de reprendre les autres points , alors allons droit à l’essentiel de ce que je tiens à te dire.

    Je comprends ta réaction. J’ai eu exactement la même en lisant “Denialism” du journaliste américain Michael Specter. J’ai dévoré son bouquin, je l’ai adoré d’un bout à l’autre, sauf le passage sur le bio. En bon consommateur de bio, je me suis même un peu indigné. Cf ma revue sur Goodreads à l’époque https://www.goodreads.com/review/show/195575096 .

    Après, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, comme on dit…

    Ça m’a énormément questionné d’être à ce point allergique à un chapitre en particulier de son bouquin alors que j’avais apprécié tout le reste. Mes petites alertes se sont mises au rouge. Je me suis rendu compte que je réagissais en croyant et qu’il fallait que je me documente un peu sur la question au lieu de simplement continuer de partir du postulat non étayé que bio c’est mieux parce que plus sain, plus cher, plus propre et plus cool.

    Et je me suis documenté. Et j’avoue que je suis complètement revenu du bio en constatant simplement qu’il ne tient pas ses promesses. J’avais sans doute un ton un peu véhément à l’époque car je me sentais littéralement insulté dans mon intelligence, d’avoir marché comme ça pendant si longtemps. Je suis un peu moins fâché aujourd’hui, mais je n’ai pas changé de position.

    J’ai cité Gil Rivière Wekstein parce qu’il a fait un boulot de documentation impressionnant et qu’il cite toutes ses sources. Je ne connais pas la vie du bonhomme par ailleurs, et honnêtement, ça m’est un peu égal. Il a fait du bon travail et cela ne me pose aucun problème de le citer quand bien même il suscite forcément la controverse. Comme tous ceux qui remettent en question des croyances quand on est pas prêt à entendre leur discours.

    Bref, je ne m’attends pas à ce que tu changes d’avis. Je cite mon histoire non pas comme un exemple, mais peut-être juste pour montrer que les choses ne sont pas aussi noir – blanc que tu sembles le penser. On peut ne pas être anti-ogm ni pro-bio sans être pro monsanto pour autant.

    D’ailleurs, puisque tu évoques la question du financement du podcast. Non, il n’est pas sponsorisé par monsanto. J’ai quasi tout financé de ma poche, cela ne fait que quelques mois que nous recevons des dons d’auditeurs qui ont envie de nous soutenir. Si jamais, un jour tu changes quand même d’avis et que décides de soutenir un podcast qui n’aime pas le bio avec l’argent que tu ne verseras plus à ton supermarché qui le vend très bien, c’est par là : http://www.podcastscience.fm/dons/ 1€ par épisode que tu as aimé, moins 2 pour celui que tu n’as pas aimé, ça mettra du beurre (pas bio) sur les épinards (pas bio) et nous continuerons de servir la science dans la joie :)

    Bisous !

    Alan

  • Mation Infor

    Merci de ta réponse.
    Je suis totalement conscient que le bio “industriel” doit tricher autant que le reste malheureusement… le problème est au niveau du deuxième mot… industriel = sur-profil pour obtenir les % de dividendes des actionnaires = sur quoi on peut rabaisser la qualité pour gagner des sous?…

    Les modes de distribution sont aussi néfastes avec les gâchis et la pression exercés, par la grande distribution, sur les producteurs qui ne peuvent pas travailler comme ils le voudraient.

    Comme souvent, on est jamais mieux servi que par soit même et pour revenir sur la différence de goût des aliments entre les modes de production en agriculture, rien ne remplace la tomate du jardin à la bonne saison et sans mettre quoi que ce soit dessus que de la protéger de la pluie… les infâmes boules rouges que l’on trouve toute l’année sur les étales des supermarchés sont un bonne exemple du résultat de l’agriculture intensive = le goût on s’en tape, mais le calibre et la résistance au transport + le fait de resté présentable longtemps c’est plus important.

    vivement le bio 2.0

  • Mation Infor

    A propos de Gérard Pascal et Léon Guéguen, il semble qu’ils y ne soit pas si indépendant que l’on pourrait l’espérer de chercheur…
    => http://www.bastamag.net/Mefiez-vous-des-produits-bios
    (c’est des retraités en plus! Ah ok, il faut mettre du beurre dans les épinards (bio sûrement))

  • David M

    Le problème Mation c’est que dans ton article on “accuse” ces deux chercheurs d’être membre de l’AFIS… L’AFIS c’est une association géniale qui lutte avec peu de moyens contre les pseudos sciences…
    Les citer comme loby néfaste à mon avis c’est déjà se décrédibiliser.
    Le reste des accusations se résumant un peu à c’est pas bien car “ce n’est pas ce en quoi nous croyons” je les zappe (on le savait déjà : ils sont anti-bio et avancent donc des arguments anti-bio, ils faut donc autre choses que “ils avancent des arguments contre le bio donc ils ne sont pas crédibles” sinon on tourne en rond et tu t’enfermes dans un système de croyance).
    Et ne reste que l’accusation d’être membre de l’IFN… C’est la première foi que j’en entend parler donc je me prononcerait pas. Mais bon siéger dans le conseil d’administration d’une assos où siège aussi des industriels ça me semble léger pour les discréditer.

  • Mation Infor

    Je viens déjà d’entendre la fin de l’émission qui parle déjà des OGMs et je trouve que vous partez bille en tête sur l’opposition “croyance” des anti-OGMs et objectivité des pro-OGMs, pour finalement donner de vrai bonnes raisons de se méfier avant de se faire “encore” avoir par le discours pseudo démystifiant savamment distillé par les industrielles qui ont les yeux qui se transforme en $ en accumulant les brevets sur les semences.

    Il y a de la “croyance” des deux cotés. Les pro-OGM croient que c’est sans risque et on les aides à le croire avec des articles scientifiques adaptés. De plus, le ramassis d’anti-OGM qui ne savent pas vraiment pourquoi ils sont contres n’arrange rien!

    Les quotes adaptés à l’émission auraient pu être: “jusqu’ici tout va bien”, “ne vous inquiétez pas, on s’occupe de tout” et on sait bien que c’est du pipo.

    Ce qui est sûr, c’est que la biodiversité est le cadet de leur souci et qu’ils sont très intéressés pas un monde ou il ne reste que quelques plantes brevetés pour nourrir les gens et que même les semences OGMs ont une validité de courte durée car dépassées par les ripostes triés pas la sélection naturelle. C’est de l’obsolescence by design, la classe.

    Les risques sont pourtant démesurés.
    On est déjà dépassé par certaines plantes envahissantes importées qui détruisent des écosystème. Parfois même involontairement avec les voyages en avion ou en bateau.

    Je crois que le plus indignant est l’arrogance des industriels qui veulent nous faire croire qu’il maitrisent ce qu’il font. alors qu’il joue à l’apprenti sorcier.

    On ne peut pas dire que les OGMs c’est comme dans la nature quand même!
    Les humbles chercheurs qui font de la sélection artificiel, ne forcent pas la main au processus bien établi depuis des millions d’années. Ils font des mariages forcés, mais si les espèces ne sont pas inter-fécondes, il n’y a pas de résultat.

    Je vois cela comme un garde fou du vivant.

    Et ne pas oublier les petits malin qui font de la mutation forcés avec des mutagènes et qui affirment ne pas faire d’OGM mais que du naturel! Du naturel de Tchernobyl surtout !!!

    L’Homme pensent qu’il peut rivaliser avec la sélection naturel et qu’il arrivera toujours à contrer les stratégies émergentes sélectionnée par les propres “armes” qu’il utilise.
    C’est sûr avec sa grande expérience et sa grande intelligence il peut damer le pion à des mécanismes qui “tournent” sans lui depuis des centaines de millions d’années.

    On a pris conscience du danger de la sur-utilisation des antibiotiques qui favorise la sélection de bactérie résistante.
    Il faudrait faire l’analogie avec l’ensemble du vivant.
    Utiliser des plantes hyper performantes, car hyper sélectionnées, c’est risqué de se retrouver avec des plantes finalement affaiblies fasse à la biodiversité des pestes.

    On reconnait bien la mentalité standard humaine. La Terre est sa planète et il en dispose à sa guise… La où Hattil-omme passe, l’herbe ne repousse pas.

    Pourquoi vouloir s’opposer forcement au chose alors qu’il est plus rusé de “composer” avec. Cela évite un retour de bâton non maitrisable.

    Il faut faire des expérimentations, car la marge de progression de notre connaissance des mécanismes génétiques est abyssale.
    Un principe de précaution évident est de faire les expérimentations OGM en laboratoire seulement, car ils pourront vraiment être isolés et on pourra trouver des applications excellentes dans la production de substance par des bactéries par exemple.

    Peut-être que l’on pourra faire des OGMs.. un jours… quand on sera grand (et que le but ne sera pas exclusivement de faire du fric).

    rq: du coup, il faut peut-être que j’évite l’émission OGM :-(
    sinon je vais être chiant après…

  • Alan Vonlanthen

    Croyance des anti, c’est dans doute de moi. Mais objectivité des pro ? ? Désolé, impossible, je n’ai pas pu dire un truc pareil. Avant de me faire engueuler davantage, ma position sur la question : http://alan.vonlanthen.org/considerations/2014/06/15/retour-sur-les-ogm-podcast-science-n-169/
    Peace :)

  • Mation Infor

    Oui j’ai pris ce lien rapidement sans passer trop de temps, mais c’est toujours pareil: une partie de la science est alimenté par de l’argent demandant des services en retour.

    C’est comme en politique: on est elu si on a des sous et on a des sous si on “aide” ceux qui les donnent.

    Ce n’est pas scientifiquement acceptable.
    Le protocole expérimentale est pourri et donc les résultats sont pourris.

    Mais avec l’effet de masse, on construit des résultats qui se basent ces premier résultat pourris et on arrive à faire une “somme” de documentation qui a l’air super costaud avec le tampon de la science objective.

    Je vois la science subventionnée par l’industrie comme de les publi-documentaires des magasines: bull shit
    Cela devrait se limité au technologie sans risque sur le vivant.

    Franchement, les mecs sont à la retraite! Le premier 82 ans et le deuxième 72 ans! Avec tous les deux un fort penchant anti-écolo et on leur demande de mettre à jours une étude pluri-disciplinaire de grande envergure…
    soyons sérieux!

  • David M

    Admettons, disons que les études sur l’homéopathie financées par les laboratoires Boiron vont dans ce sens et que tu as aussi raison sur le tabac (mais les normes et gardes fou étaient différents à l’époque).

    Néanmoins si je comprend tout à fait que tu n’ai pas le temps à toi tout/toute seule/seul de me démonter les affirmations sourcées que rapporte Alan, il me semble qu’il serait bon que tu pointes vers des sources critiquant effectivement les protocoles de certaines des études citées, expliquant en quoi elles sont contestables.

    D’ailleurs j’ai bien compris que tu n’aimes pas le “bio commercial” mais je pourrai avec autant de crédibilité que l’article précédent t’affirmer que le fait que ces deux chercheurs siègent dans une association ou siège aussi des représentant de Danone et Neslé prouve leur objectivité (voir leur inféodation au lobi bio) puisque ces deux companies vendent massivement des produits bio…

    Enfin, je vais terminer par un commentaire qui va a tes yeux décrédibiliser le reste de mon propos mais même au niveau de Monsanto je ne suis pas sur que tu ai raison. Je suis contre la brevetabilité du vivant et j’ai longtemps considéré moi aussi Monsanto comme une personification du mal… Puis je me suis un peu renseigné et j’ai constaté que ce que l’on reproche à Monsanto est souvent généralisé dans tout le secteur (OGM où non OGM) voir que Montsanto (sans doute en raison des efforts qu’ils font pour se débarrasser de l’image qu’ils se trimbalent) serait presque moins pire que ses concurrents…

    Bref ce que je te propose c’est de passer une journée à te renseigner en mettant temporairement de côté tes à priori genre je suis un ET qui débarque sur terre et qui essaye de se renseigner sur ce sujet chelou en essayant de lire des sources contradictoires. Je fais ça de temps en temps et ça m’a amené à changer d’avis sur certain sujet comme sur Monsanto (dans un sens qui t’horrifie sans doute) où sur le nucléaire de pro vers agnostique (j’aime définitivement ce terme sur ce sujet) légèrement anti. Et si tu te livres à cet exercice je te conseille fortement d’inclure dans ton panaché de sources des articles de l’AFIS :-) .

    Sur ce je me retire de la conversation je ne veux surtout pas savoir si tu t’es livré à l’exercice, si tu as changé d’avis (où pas) pour évacuer tout “concours de bite” sur la question.

  • Mation Infor

    Merci pour le lien, je le trouve très bien.

    Je suis aussi POUR l’outil OGM, mais quand on parle des OGMs dans le grand publique c’est généralement de l’alimentation et pas de l’outil.

    A mon sens la mutagenèse c’est aussi des OGMs !