Entre deux eaux : bisexualité, bi-phobie, bi-effacement 

Chronique d’Eléa dans l’émission “Podcast science ressort du Placard”

Il paraîtrait que dans LGBTQIA+, la communauté “queer”, il y a une lettre totalement invisibilisée : le B ! Pourtant, plus de 50% de cette communauté queer serait en réalité bisexuelle.

C’est quoi la bisexualité ? La bisexualité c’est une identité sexuelle, qui englobe l’attirance romantique, émotionnelle ou sexuelle pour plus d’un genre.

Ces dernières années, les termes et les étiquettes se sont multipliés, et on voit souvent l’usage du terme “bi+” pour englober plusieurs identités sexuelles : 

  • la bisexualité au sens le plus strict du terme – être attiré par deux genres : homme et femme, sous entendant pour certains hommes et femmes cis – et pas trans.
  • la pansexualité, qui est le fait de pouvoir être attiré par une personne indépendamment de son genre, ce qui permet aussi d’englober les personnes qui se définissent comme non-binaires ou fluides l’omnisexualité, le fait d’être attiré par tous les genres existants la plurisexualité ou multisexualité, qui décrit le fait d’être attiré par plus d’un seul genre en général. 

Je vous propose de retenir pour la bisexualité la définition la plus large possible, celle d’être capable d’aimer les personnes de plus d’un genre, donc au moins deux. 

Bon alors, c’est super ça… mais où sont les bi ? Dans la société ? 

On parle souvent de l’homosexualité dans les débats publics, on parle souvent des questions trans. Mais quand parle-t-on des bisexuels ? Y’a-t-il des role-models, des personnes célèbres, des figures de l’histoire qui se donnent cette étiquette ? Que l’on a vu être attirés ? Ces dernières années, on en voit un peu plus dans des séries : heartstopper, sex education, Brooklyn 911… Lady Gaga, Angèle, la chanteuse, se décrivent comme bisexuelle. Il y en a de plus en plus, mais peu.

Est-ce que les bisexuels sont donc si marginaux dans la société ? Quand j’ai cherché des choses sur la bisexualité en français, je suis tombée sur une constellation d’articles de psychanalyse, avec des notions méta de bisexualité psychique ou physique… il paraîtrait que pour Freud on est tous bisexuels à la naissance, et ensuite le monde et la pression sociale nous fait choisir un camp… Bon j’ai préféré pas m’aventurer là dedans et j’ai trouvé des trucs bien plus intéressant dans la littérature anglophone. 

Comme Alan il y a 10 ans faisait l’aveu d’être autant chroniqueur-vulgarisateur scientifique sur sa chronique que personne concernée, je dois moi aussi sortir du placard pour être totalement transparente sur ma posture.
Ça faisait longtemps que je le savais hein… que je me disais que cette fille au bar était jolie, séduisante, que j’aimerais bien mieux la connaître. Je n’ai jamais osé me désigner comme une personne bisexuelle, parce que j’ai toujours été en couple avec des hommes, cis, hétérosexuels. Jusqu’au jour où je suis vraiment tombée amoureuse d’une fille. Qu’on sorte ensemble… et là je me suis dit “Wow, en fait… je suis vraiment attirée par les filles ET les garçons ?” Non seulement je peux l’être, mais des filles peuvent s’intéresser à moi ? C’est dingue ça.  Fais-je donc partie de cette grande communauté LGBTQ+ qui n’a pas peur de s’assumer, de s’affirmer, et de se battre pour ses droits ? 

Les commentaires ou les réflexions dans l’entourage n’ont pas tardé à se manifester subrepticement. Toujours sur le ton de l’humour, ça va de soi. Et vous pensez peut-être un peu la même chose en m’écoutant. 

  • Ah ouais, les mecs ça te suffisait pas ? 
  • Ah, toi t’es greedy un peu non ? Cupide, 50% de l’humanité, ça te suffit pas ? 
  • T’as pas su choisir alors t’as testé les deux ? 
  • C’est juste une phase, ça te passera. 
  • Ah, tu es enfin sur la bonne voie pour devenir lesbienne. 
  • C’est pour te rendre intéressante et te coller une étiquette
  • Ah, t’as pas réussi à choisir ton camp ? 
  • Ouais, ça fait 15 ans que tu sors avec des mecs, tu t’ennuyais un peu et t’avais envie de tester autre chose. 

Des remarques et des chemins de pensée qui peuvent venir tout autant des personnes hétérosexuelles que des personnes homosexuelles d’ailleurs. 

Alors on est là. Avec notre bon vieux syndrome de l’imposteur. Et on se pose des questions.
Suis-je trop hétéro pour appartenir à la communauté queer ?
Trop queer pour appartenir à la case hétéro ? 

Mon orientation est-elle valable ? Existe-t-elle vraiment ou ai-je un problème ? 

Et je me suis progressivement rendue compte que… même si je le sais depuis longtemps, j’ai toujours eu peur d’en parler. Peur de ces commentaires. Peur qu’on me mette dans une case. 

Toutes les communautés marginalisées le savent : Ne pas parler de sa vie privée, par pudeur et parce que ça ne regarde pas les gens… c’est une chose. Mais ne pas en parler parce qu’on en fait un secret… un secret que l’on garde, par peur qu’on ne nous juge, qu’on nous dévalorise, qu’on nous méprise, qu’on nous insulte, qu’on nous exclut, qu’on nous discrimine, voire qu’on nous agresse pour ça… c’est une pente glissante vers le mal-être psychologique. 

Le fait d’être bisexuelle et d’avoir honte d’en parler m’a fait refouler mon orientation sexuelle, me couper de certaines relations que j’aurais aimé avoir, voire me mentir à moi même et à mes proches. 

Alors comment sait-on quand on est bisexuels ? Peut-on évaluer ça ? 

Si on prend les travaux de Alfred Kinsey, publiés en 1953, et qu’on évalue nos comportements sexuels sur une échelle de 0 à 6, 0 étant un comportement exclusivement hétérosexuel, et 6 un comportement exclusivement homosexuel… 3 c’est le milieu : on a autant d’interactions avec des hommes que des femmes, on est bisexuel sans préférence. 

La bisexualité est donc un spectre de comportements. 

0Exclusivement hétérosexuel(le)
1Prédominance hétérosexuelle, expérience homosexuelle
2Prédominance hétérosexuelle, occasionnellement homosexuel(le)
3Bisexuel sans préférence
4Prédominance homosexuelle, occasionnellement hétérosexuelle(le)
5Prédominance homosexuelle, expérience hétérosexuelle
6Exclusivement homosexuel(le)

Cette échelle, elle est bien, et elle était clairement pionnière dans une Amérique un peu… disons-le, conservatrice dans les années 1950 (mais en même temps ça change pas trop de ce qu’il se passe maintenant). Mais elle sous entend quand même que pour être sur le spectre de la bisexualité, il faut avoir eu un vrai rapport physique avec une personne de son sexe et du sexe opposé. 

Un autre outil peut être plus intéressant est la grille d’orientation sexuelle de Klein (KSOG en  anglais – Klein sexual orientation Grid) publiée en 1993 dans “The Bisexual Option” – l’option bisexuelle. 

La grille prend en compte 7 facteurs listés ci-dessous, sur 3 périodes de temps : le passé, le présent, et le futur idéal si on avait le choix. 

1 = l’autre sexe seulement
2 = l’autre sexe la plupart du temps
3 = plutôt l’autre sexe
4 = les deux sexes
5 = plutôt le même sexe
6 = le même sexe la plupart du temps
7 = le même sexe uniquement
PasséPrésentFutur idéal
A) Attirance sexuelle :Vers qui va votre attirance sexuelle ?De 1 à 7De 1 à 7De 1 à 7
B) Comportement sexuel :Avec qui avez-vous effectivement eu des relations sexuelles ?De 1 à 7De 1 à 7De 1 à 7
C) Fantasmes sexuels :Vers qui vont vos fantasmes sexuels ?De 1 à 7De 1 à 7De 1 à 7
D) Préférence émotionnelle :Par qui vous sentez-vous le plus attiré ?De 1 à 7De 1 à 7De 1 à 7
E) Préférence sociale :Avec quel sexe nouez-vous des relations ?De 1 à 7De 1 à 7De 1 à 7
F) Préférences de vie :Dans quelle communauté aimez-vous passer votre temps ?Dans laquelle êtes-vous le plus à l’aise ?De 1 à 7De 1 à 7De 1 à 7
G) Auto-identification :Comment vous étiquetez-vous ou identifiez-vous ?De 1 à 7De 1 à 7De 1 à 7

Sans être parfait, cet outil permet d’aller beaucoup plus loin pour appréhender son identité sur le spectre de la bisexualité. Je suis sûre que beaucoup de personnes qui écoutent cette chronique, vont se rendre compte que vous êtes peut être quelque part sur le spectre. Peut être que chacun d’entre nous a un jour eu un fantasme ou une relation avec une personne de sexe opposé à ce que l’on pensait initialement, au regard de notre orientation. 

Beaucoup de gens sont, au final, sur le spectre de la bisexualité… alors je me suis demandé, est-ce que je suis la seule à avoir peur et à être dans le syndrome de l’imposteur le plus total lorsqu’il s’agit d’en parler ou de me dire bisexuelle ? 

Non évidemment, surprise, je n’étais pas la seule. J’ai pris mon clavier et mon internet à deux mains pour aller chercher ce que ça impliquait la bisexualité, et pourquoi on en parlait si peu… et j’ai découvert le concept de biphobie, et de bi-effacement, ou bi-erasure en anglais. 

De la biphobie et du bi-effacement : 

Le bureau des statistiques australien nous dit que 81% des personnes bisexuelles souffrent d’un trouble psychologique à un moment dans leur vie, contre 41,7% des personnes hétérosexuelles, et 63,5% des personnes homosexuelles. À cause de ces phénomènes de phobie, et d’effacement. 

Une méta-analyse parue tout juste cette année, le mois dernier, dans le “Journal de la bisexualité” – Journal of Bisexuality m’a donné beaucoup d’éléments de réflexion. Il s’intitule “Pas assez queer” : une revue systématique de la littérature explorant des expériences de bi-effacement. Leur méthodologie : rechercher un maximum d’articles dans la littérature puis catégoriser, faire émerger les différents facteurs qui pourraient expliquer cet état des lieux. 

L’une des théories est que celle d’appartenir à une minorité sexuelle est une source de stress. Ils appellent ça le “sexual minority stress”. Le fait d’appartenir à une identité sexuelle marginalisée est une source de stress chroniques, avec des éléments de stress qui peuvent être distaux, dans la société ou l’entourage (discrimination systémique…) ou proximale (recel d’identité, internalisation des stigmates liés à notre orientation…). Cette anxiété chronique est liée à une plus grande occurrence de dépressions, d’abus de substances diverses, de comportements sexuels plus risqués voire de pensées suicidaires. 

Mais il y a aussi des forces liées au fait d’appartenir à une minorité : celui d’appartenir à une communauté, de se soutenir mutuellement et de créer du lien avec des gens qui nous comprennent. Les bisexuel·les, en n’appartenant ni vraiment à la communauté hétéro, ni vraiment à la communauté gay bénéficieraient moins de ces forces liées à la minorité et l’effet de stress lié au fait d’appartenir à une identité marginalisée les affectent donc différemment. 

Les personnes qui travaillent sur la question de la biphobie ou de l’effacement des bisexuels évoquent plusieurs raisons à cela : intrinsèquement, la bisexualité serait moins tolérable et moins stable que les orientations monosexuelles. Globalement, dans la société occidentale, nous vivons avec la conception que l’hétérosexualité est moralement supérieure à un autre modèle… pour plein de raisons : la religion, la morale, l’histoire du capitalisme et la répartition genrée des rôles et de la famille. Ou encore le SIDA. 

Dans un livre de 1990, “Bisexualité le dernier TABOU” (écrit en majuscule) de Rommel Mendes-Leis, on évoque un article à sensation dans un magazine féminin titré “Un mari bisexuel : danger ?” – “Un jour elles ont découvert que leur mari les trompait avec un homme. A la désillusion s’est ajoutée la peur panique d’avoir été contaminée par le virus du sida. elles racontent l’épreuve du mensonge révélé”. Les bisexuels sont des transfuges qui à cette époque faisaient courir le risque à la communauté hétéro d’être contaminée par la communauté homo. Ca fait longtemps maintenant qu’on a compris que la problématique était indépendante du groupe, et qu’il faut questionner les pratiques, indépendamment du genre et de l’orientation. 

Les bisexuels sont moins fiables, puisqu’ils ne sont pas “décidés”. Ils ne sont pas fidèles parce que lorsqu’ils seront avec un homme, ils ou elles désireront une femme. Ou alors ils sont “hypersexuels” – puisqu’ils sont attirés par tout le monde, c’est donc qu’ils ont envie de coucher avec tout le monde, tout le temps. Ce sont des prédateurs. 

Les bisexuelles (les femmes surtout) sont aussi fétichisées parfois : plusieurs personnes rapportent une pression de leur entourage à se montrer embrassant leur partenaire de même sexe devant les hommes.

Les stéréotypes liés à la bisexualité conduisent donc à des discrimination, et des comportements spécifiquement bi-phobes. 

Le bi-effacement est théorisé en trois couches : 

  • le 1er, c’est l’effacement de classe. La case entière de la bisexualité est niée ou considérée comme illégitime. “La bisexualité, ça n’existe pas, ou c’est une phrase”. 
  • La 2eme, c’est l’effacement individuel : la bisexualité est reconnue socialement comme une catégorie existante, mais on doute du fait qu’il y ait vraiment des gens dedans, factuellement. Par exemple si on demande à quelqu’un de “prouver sa bisexualité” alors qu’il est en couple avec une personne de sexe opposé. 
  • Typiquement, si je me balade dans la rue au bras d’un homme, tout le monde va se dire “elle est hétérosexuelle”. Si je me balade au bras d’une femme… tout le monde va se dire que c’est ma sœur, ma pote, ma cousine… avant de se dire que c’est ma copine. Bon, c’est un autre sujet. 
  • La 3ème, c’est la délégitimisation : tout le monde reconnaît l’individu, en revanche, on va lui coller plein d’étiquettes et de stéréotypes -> les bi sont moins dignes de confiance et trop cupides, ils changent d’avis et sont peu fiables. 

Cela va avoir des conséquences inattendues. De la même manière qu’il y a des disparités salariales globales et systémiques entre les hommes et les femmes – figurez vous qu’aux Etats unis ou en Angleterre, où il est normal et légal de demander sans gêne aucune l’orientation et l’origine ethnique des gens, on peut donc mesurer que globalement, les femmes déclarant être bisexuelles gagnent entre 7 et 28% moins que des hétérosexuelles, et que les hommes bisexuels gagnent entre 11 et 19% moins que leurs homologues hétéro. On retrouve la même tendance en comparant avec les homosexuels. 

Le corps médical, de la même façon, ne va jamais envisager spontanément la possibilité que des personnes puissent avoir des rapports intimes avec plusieurs genres. Les personnes bi sont donc plus à risque de bénéficier de mauvais conseils, ou de conseils incomplets concernant la prévention ou la prise en charge de certains troubles. 

Dans les discours des personnes bisexuelles interrogées dans les études, il ressort souvent qu’il y a un grand manque d’information jusque dans les centres de ressources LGBT sur l’orientation Bi. L’absence de reconnaissance sociale de la bisexualité et l’invalidation de cette identité fait que beaucoup de personnes ont du mal à comprendre et décrire leur sexualité. Sans information, difficile d’envisager spontanément dans notre société qu’on puisse être autre chose qu’hétéro ou homosexuel. La monosexualité est la norme. 

Cela se manifeste jusque dans les relations de couples, ceux qui comprennent une personne bisexuelle qui se sent illégitime dans son orientation et vit en couple monogame ont plus de chances d’être moins proches, moins fonctionnels. 

Les rapports sur les LGBTphobies et les discriminations liées à l’orientation – en 2025 en France par exemple rapportent que seulement 3% des signalements, sur les 1624 annuels portent sur de la biphobie, contre 55% signalement gayphobes, 23% transphobes, 12% lesbophobes. Pas parce qu’on discrimine moins les bi et les lesbiennes que les gays et les trans, mais parce que dans le cas des lesbiennes, les femmes se sentent moins légitimes ou moins le courage d’aller témoigner, et que les bisexuels ne se revendiquent tellement peu comme tels, qu’il est plus difficile d’aller témoigner de discriminations à leur encontre… 

Alors que nous dit cette situation, et quel est le but de cette chronique ? 

Le but, ce n’est pas de mettre des étiquettes sur tout le monde, de vous encourager à tous vous revendiquer bi et de faire un concours pour se dire qu’on est moins bien lotis que les autres. Peut être que sans étiquette, on se porterait un peu mieux parfois ? Non le but, c’est surtout de nous rappeler de faire attention de ne pas voir le monde qu’en binaire, et de ne pas nier les gens dans ce qu’ils sont. 

Suite à son élection, le gouvernement Trump a déclaré qu’il n’y avait que deux sexes. Il a interdit 200 mots dans son administration, dont genre, femme, LGBT, LGBTQ, trans, transgenre, transexuel. L’usage de ces mots est détecté et traqué dans les textes officiels, les politiques d’inclusion, les demandes de financement… Il s’ensuit un gel total des recherches et des financements sur toute une série de thématiques, avec des conséquences désastreuses à court, moyen et long terme. 

Les mots “gay”, “lesbienne” et “bisexuels” n’étant pas explicitement interdits, je pense que c’est plus que jamais le moment d’en parler. Que vous aimiez les hommes, les femmes, les deux… vous êtes légitimes, et personne ne devrait vous juger pour cela.

https://www.nytimes.com/interactive/2025/03/07/us/trump-federal-agencies-websites-words-dei.html

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Références : 

Bi the Way : A guide to bi+ research

https://static1.squarespace.com/static/5a3899216f4ca39e5af29cd8/t/66138ccb310349539774c9a2/1712557294611/MBN-Bi-The-Way-Guide-to-Bisexual%2B-Research-2023.pdf

Bisexuality report (UK) : https://oro.open.ac.uk/52881/

Vivre fluide – Mathilde Ramadier

https://www.fnac.com/a16984471/Mathilde-Ramadier-Vivre-Fluide-Quand-les-femmes-s-emancipent-de-l-heterosexu?

Documentaire ARTE – 42 | La réponse à presque tout

Autres références dans la littérature :

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Monto, M. A. & and Neuweiler, S. The Rise of Bisexuality: U.S. Representative Data Show an Increase Over Time in Bisexual Identity and Persons Reporting Sex with Both Women and Men. The Journal of Sex Research61, 974–987 (2024).

McCann, H. The Refusal to Refuse: Bisexuality Trouble and the Hegemony of Monosexuality. Journal of Bisexuality22, 71–89 (2022).

Wysocki, M. & Shook, S. The Bloomsbury Handbook of Sex and Sexuality in Game Studies. (Bloomsbury Publishing USA, 2025).

Shaw, D. & Stone, R. Sex Education: School’s Out for Netflix. (Bloomsbury Publishing USA, 2025).

Rapport annuel 2023 sur les LGBTIphobies | DILCRAH. https://www.dilcrah.gouv.fr/ressources/rapport-annuel-2023-sur-les-lgbtiphobies.

Giordano, N. M. & and Nolan, S. A. Perceptions of Bisexuality and Bisexual Individuals. Journal of Bisexuality0, 1–23.

McCole, A. R. & and Anderson, J. R. “Not Queer Enough”: A Systematic Review of the Literature Exploring Experiences of Bi-Erasure. Journal of Bisexuality0, 1–77.

Les personnes qui se disent bisexuelles en France – Population et Sociétés – Ined éditions. Ined – Institut national d’études démographiqueshttps://www.ined.fr/fr/publications/editions/population-et-societes/personnes-qui-se-disent-bisexuelles-en-france/.

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