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La science des introvertis

Cet été, j’ai eu le temps de me mettre à jour dans mes podcasts. En écoutant le dernier Place de la Toile de la saison (en passant, c’est une excellente émission de Xavier Delaporte sur France Culture, qui s’intéresse aux liens entre technologies et société qu’il est vivement recommandé de podcaster), j’ai eu l’occasion d’entendre une interview de Clive Thomson, un journaliste tech canadien qui réfléchit beaucoup sur les questions numériques et qui cassait pour l’occasion quelques idées reçues sur les formes de communication numérique qui nuiraient à la communication en face à face. Il n’arrêtait pas de répéter que la science avait découvert ceci et cela au sujet des introvertis et de leur rapport aux technologies en citant un livre de Susan Cain.

Cela a titillé en moi aussi bien l’introverti que le fan de sciences : la science a-t-elle effectivement quelque chose à dire sur les introvertis? Qui est cette Susan Cain? En tout cas un truc est sûr, au sujet des nouvelles technologies, c’est qu’elles vous simplifient parfois pas mal la vie. Je me trouvais au bord de la Baltique à mille milles de toute librairie anglophone et paf, 30 secondes après avoir dégainé ma liseuse 3G, j’étais en train de feuilleter ma nouvelle acquisition intitulée “Quiet: The Power of Introverts in a World That Can’t Stop Talking” (ou Silencieux: le pouvoir des introvertis dans un monde qui ne peut s’arrêter de parler)”. J’en ai eu pour mon argent car il s’agit en fait de 3 livres en 1. Un ouvrage de self-help typiquement américain (genre comment gérer vos gosses introvertis sans faire de dégâts), bof. Une espèce de journal initiatico-intime où l’auteure raconte son propre parcours d’introvertie dans un monde où l’extraversion règne en norme, rebof. Et enfin, un bon bouquin de science populaire, représentant des années de recherche et d’enquête soigneusement documentées et agréablement présentées (même si on sent que c’est son premier essai du genre. J’ai quand même eu peu mal aux yeux en lisant que les souris et les rats étaient des mammifères primitifs, par exemple, entre autres boulettes du genre…)

C’est bien sûr de ce 3e aspect du livre que nous allons parler. J’y ai appris un nombre de trucs incroyables, que je soupçonnais sans doute intuitivement pour certains d’entre eux mais sans les avoir vraiment considérés sous cet angle, comme par exemple, que les bureaux en open-space réduisent la productivité et affectent la mémoire. Que les entreprises qui fonctionnent le mieux ne sont pas celles dont les patrons charismatiques écrasent tout le monde de leur égo gigantesque. Qu’introversion et timidité n’ont rien à voir l’une avec l’autre. Que l’extraversion n’a pas toujours été la norme. Que 30-50% de la population américaine est introvertie malgré les apparences et préférerait souvent lire un bon bouquin peinard plutôt que de socialiser à tours de bras. Que certaines cultures, notamment orientales, valorisent l’introversion…

Une petite mise en garde s’impose, bien sûr, les travaux présentés dans ce livre ne sont pas de la physique newtonienne. Amateurs de sciences dures, il est encore temps de fuir. Les travaux en psycho, s’ils respectent rigoureusement la démarche et la rigueur scientifique, sont si complexes dans leurs postulats et dans le nombre de variables influençant leurs résultats que de nouveaux faits ou de nouveaux éclairages peuvent plus souvent encore que dans d’autres domaines les remettre en question. Ce que vous lirez ici n’est pas à graver dans le marbre.

L’idéal extraverti

L’introversion, dans la lignée de la sensibilité, du sérieux et de la timidité, est devenue selon l’expression de l’auteure, un trait de personnalité de seconde zone, quelque part entre la déception et la pathologie. Les introvertis vivant dans une culture qu’elle appelle “de l’idéal extraverti” sont un peu comme des femmes dans un monde d’hommes, marginalisés à cause d’une composante essentielle de leur identité. L’extraversion est un style de personnalité extrêmement attirant, mais c’est également devenu un standard oppressant auquel la plupart d’entre nous pensent devoir se conformer. L’idéal extraverti a été documenté dans de nombreuses recherches, bien que cela n’ait jamais constitué un corpus regroupé sous cette bannière-là. Les gens bavards par exemple, sont jugés plus intelligents, plus présentables, plus intéressants et plus désirables en tant qu’amis. La rapidité d’élocution est aussi importante que le volume: nous considérons les locuteurs rapides comme plus compétents et plus appréciables que les locuteurs plus lents.  Même le mot “introverti” est stigmatisé. Et pourtant, sans introvertis, nous n’aurions pas la Loi Universelle de la Gravitation, ni la Théorie de la Relativité Générale, les Nocturnes de Chopin, (à) la Recherche du Temps Perdu, Peter Pan, 1984, E.T., Google, Harry Potter. Qu’on ait besoin d’être au calme pour bien travailler ou pas, la plupart d’entre nous travaillons au sein d’organisations qui insistent pour que nous travaillions en équipes, dans des bureaux sans murs, pour des employeurs qui valorisent “les compétences interpersonnelles” par-dessus tout. Pour progresser dans nos carrières, nous devons assurer notre propre promotion sans vergogne.

Qu’entend-on exactement par extraverti et introverti?

Pour définir intro- et extraversion, l’auteure part du concept popularisé par le psychiatre suisse-allemand Carl Gustav Jung en 1921 dans ses types psychologiques: Jung voyait l’introversion et l’extraversion comme les briques de base de la personnalité: les introvertis sont attirés par le monde intérieur des idées et des émotions. Les extravertis sont attirés  par la vie sociale et les activités. Les introvertis se concentrent sur le sens qu’ils donnent aux événements qui les entourent, les extravertis plongent au coeur des événements eux-mêmes. Les introvertis rechargent leurs batteries en étant seuls tandis que les extravertis ressentent le besoin de les recharger lorsqu’ils ne socialisent pas assez. Le fameux test de personnalisé Myers-Briggs Indicator, massivement utilisé aux Etats-Unis, est basé sur la typologie de Jung. On notera au passage que si le test lui-même et ses indicateurs sont évidemment controversés dans la communauté scientifique, l’axe Introversion-Extraversion a été reconnu en 1991 par l’Académie Nationale des Sciences (américaine) comme jouissant d’une forte validité. Et les psychologues modernes semblent tomber d’accord sur le fait qu’ introvertis et extravertis diffèrent quant au niveau de stimulation extérieure dont ils ont besoin pour fonctionner de manière optimale. Les introvertis se sentent “juste bien” avec un niveau réduit de stimulation, par exemple en buvant un verre avec un(e) ami(e), en jouant aux mots croisés, en lisant un livre. Les extravertis se sentent dans leur élément quand ils rencontrent de nouvelles personnes, prennent des risques ou mettent la musique à fond. L’auteure y va de quelques raccourcis, histoire de fixer rapidement le décor:

Les extravertis ajoutent de la vie aux dîners, rient volontiers à vos blagues. Ils tendent à être affirmés, dominants et ont un grand besoin de compagnie. Ils pensent à haute-voix, ont les pieds bien sur terre, préfèrent parler à écouter, sont rarement à court de sujets de conversation et occasionnellement disent des choses qu’ils ne pensaient pas. Ils sont à l’aise avec le conflit, mais pas avec la solitude. Les introvertis, en revanche, peuvent être doués de bonnes compétences sociales, apprécier les fêtes et les réunions de travail, mais après un petit moment, souhaiteraient être chez eux, dans leur pyjama. Ils préfèrent consacrer leur énergie sociale à leurs amis, collègues et famille. Ils écoutent plus qu’ils ne parlent. Réfléchissent avant de parler et ont souvent l’impression de s’exprimer mieux par écrit que par oral. Ils n’aiment pas trop le conflit. Beaucoup tiennent en horreur les conversations sur la pluie et le beau temps et apprécient les discussions profondes.

Mais attention à ne pas confondre introversion et timidité: tous les introvertis ne sont pas nécessairement timides. La timidité est une peur de la réprobation ou de l’humiliation publique, tandis que l’introversion est une préférence pour les environnements qui ne sont pas sur-stimulants. La timidité est intrinsèquement pénible. L’introversion pas. On peut être introverti sans être timide du tout, comme Bill Gates par exemple qui semble totalement imperturbable face à l’opinion des autres. Enfin, la plupart des introvertis sont hyper-sensibles. Ou plutôt, on ne sait pas combien d’introvertis sont hyper-sensibles mais on sait que 70% des hyper-sensibles sont introvertis. La première partie du livre raconte comment et quand l’extraversion est devenue une norme aux Etats-Unis. C’est très intéressant, mais je vous propose de zapper. Concentrons-nous sur la partie suivante.

L’introversion, innée ou acquise?

L’introversion a-t-elle un fondement génétique? C’est la question que se sont posé des chercheurs. Notamment Jerome Kagan, un ponte de la  psychologie du développement, octogénaire, et toujours actif! Il a consacré sa longue carrière à étudier le développement émotionnel et cognitif chez les enfants. Il a réalisé une série d’études longitudinales qui lui ont permis de suivre les mêmes personnes de leur naissance à leur vie adulte, tout en documentant les aspects de leur physiologie et de leur personnalités.  Pour l’une de ces études, démarrée en 1989 et toujours en cours, Kagan et son équipe ont réuni 500 enfants de 4 mois dans leur laboratoire de Harvard en pensant pouvoir prédire, au terme d’une évaluation de 45 minutes, quels bébés avaient le plus de chances de devenir introvertis ou extravertis. Ça paraît un peu gonflé pour quiconque connaît les bébés de 4 mois mais Kagan avait déjà de la bouteille en 1989 et avait sa petite hypothèse en tête. L’évaluation en question consistait à faire écouter aux bébés des enregistrements de voix fortes et de ballons en train d’éclater,  leur montrer des mobiles colorés bougeant à toute vitesse sous leurs yeux et enfin leur faire sentir des cotons-tiges imbibés d’alcool. Et les observations ont été systématiquement recueillies. Environ 20% des enfants ont pleuré vigoureusement en remuant bras et jambes. Kagan a baptisé ce groupe les “hautement réactifs”. Environ 40% des enfants sont restés tranquilles malgré les stimuli. Kagan leur a collé l’étiquette “faiblement réactifs”. Enfin, les 40% restants tombaient entre les deux extrêmes. Kagan a prédit que les enfants hautement réactifs (les plus agités, donc) seraient probablement les adolescents les plus réservés. Ces enfants sont retournés régulièrement dans le labo de Kagan. A deux ans, ils ont rencontré une dame portant un masque à gaz, puis un clown et un robot télécommandé. A sept ans, ils devaient jouer avec des enfants qu’ils n’avaient encore jamais rencontrés. À 11 ans, ils devaient raconter leur vie à un adulte qu’ils ne connaissaient pas. L’équipe de Kagan a soigneusement noté toutes ses observations du comportement des enfants face à ces situations étranges: de leur langage corporel à la spontanéité de leur rire, leur langage, leur sourire. Ils ont également interviewé les enfants et leur parents pour avoir une idée de leur comportement hors du labo. Préféraient-ils jouer avec un ou deux copains ou faire la fête avec tout le quartier? Aimaient-ils visiter des lieux inconnus? Avaient-ils tendance à prendre des risques ou à être prudents? Se voyaient-ils plutôt timides ou hardis?

Beaucoup de ces enfants sont devenus exactement ce que Kagan avait prévu. Les 20% d’enfants hautement réactifs, très agités en présence de stimuli excitants ont développé une personnalité sérieuse et prudente. Les enfants  faiblement réactifs, ceux qui restaient imperturbables malgré le bruit, les couleurs, les mouvements et les odeurs, ont développé une personnalité confiante et décontractée. La haute et la faible réactivité tendaient  à correspondre, en d’autres termes, à l’introversion et respectivement l’extraversion.

Les psychologues insistent sur la différence entre “tempérament” et “personnalité”. Le tempérament fait référence à des types de réponses émotionnelles et comportementales innées, observées dans la petite enfance. La personnalité est l’infusion complexe qui émerge une fois que l’influence culturelle et l’expérience personnelle ont laissé leur empreinte.  Si le tempérament représente les fondations, la personnalité représente le bâtiment. Les travaux de Kagan ont permis d’établir un lien entre certains tempéraments d’enfants et leur styles de personnalités d’adolescents.

La physiologie de l’introversion

Amygdales vues du dessous (Wikipédia)En plus de mesurer le comportement des enfants face à ces situations étranges, l’équipe de Kagan a également mesuré leurs rythmes cardiaques, tension artérielle, température digitale et d’autres propriétés du système nerveux. Kagan a choisi ces indicateurs car on pense qu’ils sont contrôlés par un organe puissant au sein du cerveau appelé l’amygdale (ou le complexe amygdalien), commun à tous les mammifères, au sein du système limbique et qui contrôle mémoire, émotions, réponses aux stresses. L’amygdale est en quelque sorte la table d’aiguillage des émotions, elle reçoit l’information via les sens et commande les réponses au système nerveux. La fameuse réponse “combat-fuite” (fight or flight) en est le meilleur exemple. Face à un tigre aux dents de sabre, on n’a pas 2h pour réfléchir à 36 variantes de stratégies. Il faut soit l’affronter soit s’enfuir. C’est l’amygdale qui se charge de cette décision quasi-réflexe chez les mammifères.

L’hypothèse de Kagan était que les enfants nés avec une amygdale particulièrement sensible seraient ceux qui s’agitent face à des stimuli inhabituels et qui grandiraient de sorte à devenir vigilants lors de rencontres avec des inconnus. Et c’est exactement ce qu’il a trouvé. Plus l’amygdale d’un enfant est sensible aux stimuli et plus les réponses physiologiques sont élevées (rythme cardiaque rapide, production importante de cortisol, l’hormone du stress, et globalement plus grande agitation.)

Attention, ceci dit, ne nous emballons pas. Kagan n’a pas observé une relation 1:1 entre les hautement réactifs et les introvertis. Il s’agit d’une prédisposition. Et on sait en psychologie qu’aucune prédisposition physiologique ne permet de prédire un quelconque comportement avec un taux de plus de 50%.

Le destin des hautement réactifs est influencé à parts égales par leur environnement. Peut-être plus encore que pour la moyenne des enfants, selon une nouvelle théorie appelée l’hypothèse de l’orchidée.

L’hypothèse de l’orchidée

L’hypothèse de l’orchidée, c’est le nom qu’a donné un journaliste américain, David Dobbs dans un article de l’Atlantic à une nouvelle théorie qui bouleverse plein d’idées dans l’éducation. L’idée en gros, est la suivante: la plupart des enfants sont un peu comme de la dent-de-lion (si si, c’est l’exemple du texte original 😉 ). Quelles que soient les conditions, ils se débrouillent toujours pour trouver ce dont ils ont besoin, se développer et, en quelque sorte, fleurir. Mais d’autres, incluant les hautement réactifs de Kagan, sont davantage comme des orchidées: ils dépérissent pour un rien, mais dans des conditions favorables, ils peuvent devenir superbes. Perso, j’ai toujours un peu de mal avec ces images, je trouve la métaphore mal choisie, mais je saisis l’idée. Selon Jay Belsky, professeur de psychologie à l’Université de Londres, expert en éducation de la petite enfance, et  l’un des principaux partisans de cette théorie, le système nerveux de ces enfants les rend rapidement submergés par les adversités de l’enfance, mais leur permet également de tirer parti d’un environnement favorable plus que d’autres enfants. En d’autres termes, ces “enfants-orchidée” sont impactés de manière plus prononcée que les autres par leurs expériences, aussi bien positives que négatives.

On savait depuis longtemps que les tempéraments hautement réactifs sont vulnérables à de nombreux risques et qu’ils ont plus de chances que leurs pairs de réagir à de grosses difficultés de l’enfance telles que des tensions conjugales permanentes ou la mort d’un parent, par exemple, par des épisodes de dépression, de l’anxiété ou de la timidité. Et en effet, environ un quart des enfants hautement réactifs de Kagan souffrent à divers degrés de phobies sociales. La nouveauté qu’amène cette théorie, et c’est confirmé par des études, c’est que l’inverse est également possible. Dans le bon environnement, ces enfants tendent à avoir moins de problèmes émotionnels et davantage de compétences sociales que leurs pairs faiblement réactifs. Ils sont empathiques, coopératifs, facilement perturbés par la cruauté, l’injustice et l’irresponsabilité et leurs entreprises sont couronnées de succès lorsqu’elles concernent des choses qui comptent vraiment pour eux.

L’une des découvertes les plus intéressantes rapportées dans l’article de Dobbs vient du monde des macaques rhésus, génétiquement très proches de nous et dont les structures sociales ressemblent aux nôtres. Nous partageons notamment le gène 5-HTTLPR, impliqué dans le transport de la sérotonine, un neurotransmetteur qui affecte l’humeur. Ce gène existe en deux versions, l’allèle long et l’allèle court. La version courte est associée avec la haute-réactivité et l’introversion, mais également avec la dépression chez les humains qui ont une vie difficile. Lorsque des bébés rhésus avec l’allèle court ont été soumis à des stresses importants (par exemple, être séparés de leur mère et élevés comme des orphelins), ils ont traité la sérotonine de manière moins efficace que les singes à l’allèle long soumis au même traitement, et c’est un facteur de risque important pour la dépression et l’anxiété. Par contre, les jeunes singes avec le même profil génétique, et donc le même risque, élevés par des mères aimantes, s’en sont sortis aussi bien voire mieux que leurs pairs à l’allèle long (même lorsqu’ils ont été élevés dans un environnement sécure comparable) dans l’accomplissement de tâches sociales comme trouver des compagnons de jeu, forger des alliances, et gérer des conflits. Ils sont souvent devenus des leaders de leur groupes et leur traitement de la sérotonine était plus efficace. Selon Stephen Suomi, l’éthologue qui a conduit ces recherches, les singes hautement réactifs doivent leur succès à d’énormes quantités de temps passé à observer plutôt qu’à participer, intégrant au niveau le plus profond les lois de la dynamique sociale avant de la mettre en pratique.

(On a observé le même type de corélation chez les humains, évidemment pas dans les mêmes conditions, mais on ne va pas les développer ici.)

En conclusion

J’ai repris ici quelques-uns des éléments du livre bien sûr, j’aurais pu en prendre d’autres. Les expériences d’Eysink en 1967 par exemple, qui montraient que les réactions physiologiques des introvertis et des extravertis à qui on faisait lécher du citron étaient objectivement très différentes… Il y aurait encore beaucoup à dire, mais on est partis pour des dossiers plus courts en saison 3; on verra combien de temps on arrivera à se tenir à cette nouvelle résolution. Et si vous souhaitez approfondir, le livre est dispo dans toutes les bonnes librairies.

J’en ai retenu pour ma part qu’effectivement, nous vivons dans un monde où l’extraversion est mieux perçue que l’introversion. Les chercheurs trouvent leurs financements grâce à la qualité de leur pitch, les politiciens sont élus sur leur tchatche, les patrons le deviennent grâce à leur charisme. Mais l’introversion n’est pas une tare pour autant. On n’est pas forcément sociopathe parce qu’on n’aime pas le réseautage ou les conversations sur la pluie et le beau temps. En tant que geek solitaire, je trouve que c’est une bonne nouvelle. Que j’avais envie de partager, me disant que si vous écoutez des podcasts scientifiques là où d’autres papotent, ça vous fait sans doute plaisir aussi. On peut voir l’introversion comme une stratégie évolutive différente. On trouve dans le monde animal des dizaines d’exemples d’organisation complémentaires entre des attitudes prudentes et réservées privilégiant l’observation à l’action et des attitudes plus intrépides, résolues, téméraires. Et qu’il s’agisse de la drosophile, du chat domestique, de la chèvre de montagne, d’oiseaux, de poissons, de primates, les chercheurs ont constaté qu’on y trouve toujours quelque 20% d’individus lents au démarrage et quelque 80% prompts à passer à l’action. Nous sommes probablement la seule espèce à avoir oublié en quoi ces stratégies différentes pouvaient être complémentaires et à quel point il peut être intelligent de les faire co-exister.

Référence: Quiet: The Power of Introverts in a World That Can’t Stop Talking, de Susan Cain. Editions Crown, publication le 24 janvier 2012 ISBN 978-0-307-35214-9

Les bonus

Présentation TED de Susan Cain: “Le pouvoir des introvertis” (avec sous-titre français):

 

Interview de Stephen Suomi et expériences de la théorie de l’orchidée sur les rhésus (pas de sous-titre, désolés…)

Son de la semaine 20120906 – Voyager’s Golden Record

Il y a 35 ans, le 5 septembre 1977, était lancée la sonde Voyager I (quelques jours après la sonde Voyager II). À leur bord, un message des Terriens aux autres civilisations sous forme de disque en or contenant des sons de la Terre.

À ce jour, Voyager I a parcouru 11 milliards de kilomètres et se trouve aux confins du système solaire.

Pour écouter l’intégralité du disque d’or: http://goldenrecord.org/

Son de la semaine 20120901 – Rolling in the Higgs – Acapella Science

Le son de la semaine est extrait d’une vidéo Youtube réalisée par Tim Blais, un étudiant canadien en Master de Physique. La chanson, entièrement réalisée sans autre instrument que la bouche de l’étudiant, explique tout ce qu’il faut savoir sur le boson et le champ de Higgs.

Retrouvez la vidéo complète ici: http://youtube.com/acapellascience

Et suivez le projet sur Twitter ici: https://twitter.com/acapellascience

Podcast science 100 – La 100e

Nous fêtons la fin de la 2e saison et notre 100e épisode!

Mini-dossier

Les illustrations en live de Nico

Plugs

L’Académie des sciences organise le premier speed-dating scientifique : le “Speed Sciences”, qui aura lieu le samedi 13 octobre à l’Académie des sciences, 23 quai de Conti à Paris.100 gagnants auront la possibilité de rencontrer des scientifiques de renom, de nombreuses fois primés par les récompenses et prix internationaux parmi les plus prestigieux !Le concours est organisé par l’Académie des Sciences avec la collaboration de la société Milbox.Il est ouvert à tous les participants âgés de 16 à 20 ans, du 15 août au 10 septembre.Le jury souverain dans ses choix déterminera les gagnants. Les questions 1 à 10 sont notées sur la base d’un point, les questions 11 et 12 sur la base de 5 points. Les gagnants seront avertis par mail et courrier à partir du 10 septembre.

La Quote de Mathieu

What if oxygen made our voice deeper, and helium made it go back to normal? (source: Google+)

Concours

10 personnages comme celui-ci sont cachés un peu partout dans les 100 dossiers, à vous de les retrouver d’ici la rentrée. Prix: l’article de votre choix sur notre boutique ou le livre de votre choix dans cette liste. Bonne chance!

Rendez-vous à la rentrée, on vous communique la date et le sujet dès qu’on les connaît!

 

La Chatroom de la 100e

Bienvenue Alan2, parle maintenant.
<NicoTupe> alut tout le monde
<Pingouin> Salut Nico !
<Marco> salut à tous
<draculito> la 10ème, la 100ème, ouaiis !
<Alan2> Hello tous!
<NicoTupe> la 1000e
* jonkalak (78.236.132.60) nous a rejoint #testPS
<jonkalak> bonsoir à tous 😉
<NicoTupe> salut!!!
<Marco> Salut Jonkalak, ça va tu as raté juste les 2 premieres minutes
* draculito (109.15.83.228) Quitter
<jonkalak> cool 😉
* draculito (109.15.83.228) nous a rejoint #testPS
* Marco (78.193.132.175) Quitter
* Marco (78.193.132.175) nous a rejoint #testPS
<Yves> Qu’est devenu AhnTuan ?
* STATUS: Absent
–
<jonkalak> Félicitations Marco 😉
<Marco> merci ^^
* 123 (92.156.0.169) nous a rejoint #testPS
* Marco (78.193.132.175) Quitter
* Marco (78.193.132.175) nous a rejoint #testPS
<Yves> pas un peu d’improvisation ?
<NicoTupe> cest a dire?
<Mentine> petit garçon ou petite fille? ça va pas trop dur les premières nuits Marco?
<Marco> petite fille
<Marco> Pour l’instant elle est adorable
* Dave460 (80.83.32.169) nous a rejoint #testPS
<Marco> elle laisse son papa et sa maman se reposer la nuit
<Mentine> c’est vrai!? les chanceux!
<Marco> Oui j’avoue que c’est un bol énorme!
<Mentine> moi le mien a 6 mois, et là il vient de s’endormir!
<jonkalak> je conduis 😉
<Pingouin> là je fais du repassage 🙂
<Mentine> J’ai découvert podcast science grace à Anh tuan
<Dave460> je bosse
<jonkalak> j’écoute podcastscience en aller ou en revenant du boulot
<Pingouin> mais en général j’écoute ça dans le métro en allant au boulot
<Mentine> la plupart du temps je suis dans les transports quand j’écoute, ou bien en cuisinant
<tolaria> personnelement c’est par Xilrian et ses podcast
<florian> J’écoute dans la voiture entre 2 interventions
<jonkalak> je l’ai découvert vis google tout simplement en tombant sur un des dossiers
<Shoods> Découvert à partir du podcast “Scepticisme scientifique”. Et pendant que j’écoute, je joue à Minecraft, depuis toujours.
<Herbie> je me concentre et j’écoute religieusement
<florian> idem que jonkalak
<Youfuu> étudiante en linguistique j’ai découvert le podcast science sur le sujet et me voilà fan, je les écoute le matin en allant au boulot
<Pingouin> j’ai découvert le podcast en charchant simplement dans google “science podcast” 🙂
<zophus> découvert en cherchant sur google
<Yves> Comme Pingouin recherche Google parce que SGU (The Skecticim Guide to the Universe) proposé par mon lecteur de podcast ne m’accrochait pas en anglais US.
<draculito> je crois que je surfais sur lej’ai honte, mais je crois que je regardais des vidéos  site d’Anh Tuan
<draculito> j’ai honte, mais je crois que je regardais des vidéos d’explosion de mentos
<Mentine> pquoi honte draculito?
<draculito> arrivé sur le site d’Anh Tuan et lien vers podcast sciences
<Mentine> ct très bien ce que faisait Ahn tuan
<NicoTupe> je confirme 🙂
<Yves> Quote pour l’épisode sur la caféine: “Un mathématicien est une machine qui transforme le café en théorèmes.”
<Dave460> 3800 download c’est bien, mais vous méritez plus
<draculito> oui oui, honte parce que les explosions de mentos, c’est pas top moumoutte 🙂
<Mentine> j’ai beaucoup aim” le 14
<jonkalak> paolo ricci c’était vraiment un épisode excellent !
<draculito> geeké 1h sur youtube pour voir les figures de styles qu’on peut faire avec une bouteille d’eau et 3 mentos :p
<Dave460> c’est trop top les mentos, j’ai réussi à faire un jet d’au moins 5 mètre de haute
* Mentine (92.156.0.169) Quitter
<Yves> http://fr.wikipedia.org/wiki/Force_de_Coriolis
* Mentine (92.156.0.169) nous a rejoint #testPS
* STATUS: Online
–
<Alan2> http://www.youtube.com/watch?v=3Y0WIYv5Tik
* Cedric (90.25.167.3) nous a rejoint #testPS
<Yves> Il faudrait un bassin de plusieurs kilomètres de diamètres pour observer l’effet d’après Wikipédia !
<Cedric> Est-ce que la force de Coriolis est à prendre en compte pour les tirs balistiques de la marine (canons en tout genre)… il me semblait que c’était le cas ?
<NicoTupe> ilme semble aussi ( sans verification… )
<Marco> moi je dirai à la volée que non
<Yves> Confirmation pour la balistique: http://fr.wikipedia.org/wiki/Force_de_Coriolis#Balistique_et_cercles_inertiels
<Mentine> la loi de beford ça m’a obsédé pendant 1 semaine
<Mentine> je l’appliquait sur toutes les séries d nombres que je trouvait
<Mentine> ça marchait à tous les coups
<Mentine> Benford pardon
<Cedric> c’est surprenant du coup… que cette force qui influe sur les tirs des canons ne soit pas capable de faire tourner l’eau dans un sens plutot qu’un autre 😀 … on dirait la gravité 😀
<Youfuu> l’effet muesli, c’était excellent!
<Cedric> clair !
* Cedric (90.25.167.3) Quitter
* Cedirc (90.25.167.3) nous a rejoint #testPS
<Yves> Episode de référence sur le dénialisme – cross-over + invité + philosophie + impact sociétal !
* STATUS: Absent
–
* Cedirc (90.25.167.3) Quitter
* Cedric (90.25.167.3) nous a rejoint #testPS
<draculito> propagnosie, c’est qd on entend des couleurs ou voit des sons ?
<Cedric> BIg Rip, l’histoire de l’univers 😉
<florian> non le problème de reconnaissance de visage?
<draculito> ah oui, bien vu !
<Pingouin> prosopagnosie c’est le 48
<draculito> 1 point pour florian 🙂
<Cedric> Pordcast science 22 : big rip 😉
<Mentine> opalka : Podcast Science 74 – L’infini : quand il n’y en a plus, il y a Cantor
<NicoTupe> vous etes bon!
<jonkalak> cheminade c’est le 83 La démocratie est elle démocratique?
<Mentine> et il y a eu beaucoup de n’importe quoi ^^
<Marco> mdr
<Cedric> c’est pas faux 😀
* STATUS: Online
–
<Alan2> 😀
<NicoTupe> oui mais un dossier a nimporte quoi comme tag
<Yves> Vivement les élections par tirage aléatoire !
<Mentine> j’ai adoré ce numéro sur les biais statistiques
<Marco> “c’est pas faux” dédicace perceval…
<Cedric> Juste pour info, j’ai découvert PodCast science début Juillet (de cette année) … j’ai passé tout cet été à ratraper mon retard 😉
<Youfuu> pareil, j’ai écouté podcast science tout l’été
* djschorn (82.250.115.73) nous a rejoint #testPS
<NicoTupe> chapeau!
<Yves> Bravo Cédric ! Donc c’est tout frais pour toi ?!
<NicoTupe> bon alors “nimporte quoi”
<Yves> Les statistiques, on croit que c’est intuitif mais c’est tout le contraire…
<Cedric> yeap, mais bon, je suis un passionné de science en général, donc je connaissait aussi pas mal avant (les cordes, les théories de l’expansion etc. …)
<Cedric> genre le podcast sur la sieste … :d
<Mentine> bon alors c’est la sieste!
<NicoTupe> nope!
<Mentine> Les théorèmes d’incomplétude de Gödel?
<Pingouin> Ah oui le n’importe quoi c’était le dossier 98 sur l’art !
<Yves> “n’importe quoi” c’est peut-être le 98 sur les maths et l’art ?
<florian> n’importe quoi -> 94
<zophus> mon 1er podcast en avril ensuite j’ai écouté 80 podcats en 2 semaines
<NicoTupe> haha, cest tout sauf nimporte quoi godel
<Yves> Voir les sons comme des images
<NicoTupe> yep florian
* STATUS: Absent
–
<jonkalak> allométrie episoe 61
<florian> abiogenese -> 49
<florian> avec le génial Pierre ?? :p
<draculito> wow, c’était une sacré lettre de motivation MArco ! 😉
<Cedric> tu reçois un mail comme ça, ben voyons 😀
<Cedric> “vous pouvez ne pas être intéressé” 😀
<Cedric> huhu
<Yves> Et du courage, il en faut !
<Cedric> et puis en plus ça fait plusieurs jolis accents 😀
<Mentine> Marco n’a cessé de s’améliorer et de gagner en confiance
<Mentine> un canigator
<Yves> mon fils dirait un dinosaure !
<Cedric> Tiranoduck
<florian> un ducktor
<Marco> merci Cedric et Mentine 😉
<Dave460> Marco on ressent vraiment ta passion pour l’évolution
<Dave460> pour ma pars je ne comprend toujours pas comment le papillon à pu arriver à sa métamorphose
<Marco> Oui c’est vrai Dave, evolution et cosmologie également. Tout ce qui permet de comprendre les origines
<Yves> Alan, est-ce que l’on a un compteur du nombre de mythes cassées sur PS ?
* Jrme (188.155.88.74) nous a rejoint #testPS
<draculito> c’est pas la taille qui compte :p
* Jrme (188.155.88.74) Quitter
<Marco> Tu veux dire comment une chenille peux devenir un papillon?
<Dave460> oui
<Mentine> l’épisode sur les légendes urbaines en a cassé quelques uns
<Dave460> comment il a pu arrivé à ça par l’évolution
<Yves> Bien plus, c’est sûr
<Marco> Pour faire très bref, il faut avoir à l’esprit que les genes ne s’exprime pas tous en même temps
<jonkalak> facile : La prosopagnosie est un trouble de la reconnaissance des visages. Elle s’apparente à l’agnosie visuelle
<djschorn> prosopagnosie, thierry lhermite ?
<Dave460> c’est dur à s’imaginer
<Cedric> c’est clair
<jonkalak> merci wiki 😉
<Mentine> merci Google
* Marco (78.193.132.175) Quitter
* Marco (78.193.132.175) nous a rejoint #testPS
<Cedric> C’était EXCELLENT ce podcast sur le vivant 🙂
<Dave460> on en est déjà à 0.5KWh chez proffesseur fun (5 portables de 100W pendant 1 heure), donc environ 10 centimes Suisse
* STATUS: Online
–
<Alan2> 🙂
<Yves> C’est du nucléaire !
<Cedric> hé ho … les MacBook Air/Pro, c’est moins de 100W hein 😉
<Dave460> à 40% en Suisse
<Marco> excellent
<Cedric> ca c’est UN scénario “possible”
<Yves> ça doit bien chauffer dans la chambre du fils d’Alan !?
<NicoTupe> terriblement… cest ce quon disait avec mathieu 🙂
<Dave460> Grâce à toi Proffesseur Fun je regarde toujours que l’huile d’olive que j’achète est extra vierge
<Marco> Ah ah pareil pour moi Dave!
<Yves> Ils savent pas brancher une fibre optique au CERN 😉 ….
<Yves> C’est “professeur Von”, non ?
<jonkalak> oui je crois
<florian> Mathieu qui tente un dossier dans un cybercafé c’était énorme aussi =D
<Cedric> yeap, c’est ce que je me disais … professeur “Von” mais ça se prononse Fun apparamment …
<Dave460> Ah ok, c’est la première fois que je le vois par écrit
<Dave460> padon
<Marco> c’est l’accent suisse qui doit faire croire qu’on dit “Fun”
<Yves> Ss’est bien ssaa
<Cedric> une fois ?
* STATUS: Absent
–
<Yves> ou bien !
<Cedric> 😀
<Yves> “une fois” c’est Belge, ou bien !
<Cedric> ha oui, toutes mes confuses 😀
<Yves> … d’un Ch’ti installé en Suisse 😉
<Dave460> c’est juste un MEME auditif
<Marco> “Saaaaalut, j’ai 8 ssss’condes pour vous dire…”
<Yves> Un axiome, c’est quasi un dogme ? Amen
* STATUS: Online
–
<Alan2> Haha…
<Alan2> Marco, les français ne savent pas faire les accents suisses …
<NicoTupe> oula non Yves parce a
<Yves> Il paraît que j’ai pris l’accent vaudois… il me faut reprendre le ch’ti !
<NicoTupe> que contrairement a un dogme on accepte quil soit faux
<jonkalak> c’est breton neweez ?
<NicoTupe> (les claviers suisses sont affreux)
<Yves> Faut s’adapter !
<Cedric> On s’est demandé s’il avait pas aborbé des substances bizarres le Nicotupe lors de son dossier sur les infinis 😀
* aldesmy (78.249.223.90) nous a rejoint #testPS
<Yves> Et sur son site aussi !
<aldesmy> Humm, j’imagine que le live est fini ?
<Cedric> pas du tout 🙂
<Mentine> moi j’aimerai poser des questions, c’st possible?
<jonkalak> non pourquoi ?
<NicoTupe> oui tu peux mentine
<aldesmy> bah, j’arrive pas à l’écouter
<NicoTupe> je suis tout ouie
<Mentine> combien de fois vous réunissez vous par mois pour préparer les futurs sujets?
<Mentine> combien d’épisodes sont planifiés à l’avance? vous avez le programmes jusqu’à la fin 2012?
<zophus> marco
* zophus (90.39.100.132) Quitter
<Cedric> Le dossier de Nico sur la dualité art/science m’a ouvert les yeux, perso 😉
<aldesmy> (ça y est, j’entends, désolée)
<Marco> zophus?
<Mentine> quoi?
<jonkalak> je le savais lol que vous étiez en freestyle !
* STATUS: Absent
–
<Mentine> mais comment faites vous alors?
<Mentine> c’est Alan qui décide tout donc
<NicoTupe> pas de pb aldesmy
<Yves> en juin, il y avait un joli portefeuille de dossiers quand même
<Pingouin> chacun prépare son prochain dossier et c’est tout, c’est ça ?
<NicoTupe> cest un peu ca pingouin
<Marco> aldesmy,essaie de relancer la page si tu n’arrives pas à entendre
<aldesmy> c’est bon Marco, merci !
<aldesmy> oh oui, le bozon !
<Yves> On attaque un dossier maintenant ? On n’est pas couché…
<Cedric> vé chercher les figolu et le kawa 😀
* Youfuu (82.66.73.181) Quitter
<Yves> Et finalement reliée en “électroforte”
<Cedric> au début de l’univers
<jonkalak> 10 minutes sur le boson de higgs. Welcome back Mathieu
* Shoods (81.56.105.225) Quitter
<Yves> Un boson pour un champ, c’est un peu l’équivalent du photon pour l’électromagnétisme – c’est une généralisation, c’est ça ?
<Marco> le photoon est un boson
<Cedric> photon/champ electromagnetique
<Cedric> graviton/champ de gravitation
<Cedric> etc. …
<Yves> Tiens le gluon est un boson. Il faut appeler Gros Chat !
* STATUS: Online
–
<Alan2> haha, à chaque fois qu’on me parle de gluon, je pense aussi au gluon du trou 🙂
<Cedric> pareil 😀
<Cedric> c’est grouchat d’ailleurs, je crois
<Yves> Sûrement… je ne l’ai jamais vu écrit…
<Marco> C’était énorme ce truc
<Yves> Donc la fission nucléaire nous casse du gluon !
<Cedric> nouvelle expression : tu me casses les gluons, mec ?
<Alan2> 😀
<Cedric> la c’est chaud… :d
<NicoTupe> comme a chaque fois arrive la blague que je nassume pas vraiment
<Yves> On se croirait au fond de la classe
<Cedric> clair. CHUT !
<Cedric> on est vraiment aux limites du “connu” avec ce boson et tout ce qui tourne autour …
<Cedric> faut encore tout relire … ouah 😀
<jonkalak> ca sera en ligne quand ?
<Mentine> oh noooon je ne suis plus en vacances je suis désavanagée
<Cedric> oulaaaaaa
<aldesmy> moi j’ai trop la flemme
<Dave460> oublié pas la technique du l’hôtel de je ne sais plus qui pour la recherche……
<Cedric> le level du Nico, excellent !
<Marco> hotel de Hilbert?
<Marco> Nico est un génie
<Dave460> à oui c’est ça
<aldesmy> Marco, attention, il va le croire
<Alan2> http://stripscience.cafe-sciences.org/articles/semaine-speciale-boson-de-higgs-sur-strip-science/
<Cedric> je suis dégouté, un matheu qui sait dessiner … ça se peut pas 🙁
<Marco> Mais je le pense, il sait tout faire!
<Alan2> yep, il n’est pas normal cet homme là…
<Cedric> je suis jaloux 🙁
* Youfuu (82.66.73.181) nous a rejoint #testPS
<florian> Il dit quoi d’ailleur le robot pedant le générique ???
<Yves> Il compte…
<Cedric> Dites-nous : yaurait pas comme un challenge la ?
<Alan2> http://www.academie-sciences.fr/speed_science.htm
<Yves> Un challenge… trop facile de faire monter un compteur de download…
<NicoTupe> @cedric  : si peu 😉
<Cedric> ce soir, c’était nickel niveau audio en tout cas !
<Yves> Avec un petit robot, le nucléaire atteint 1 million en 30 minutes depuis 1 seul PC !
* 123 (92.156.0.169) Quitter
<NicoTupe> cest pas vraiment le but :p
<Cedric> ouais, mais c’est pas du jeu 😀
<Yves> Pour le son, c’est le super micro d’Alan. Il a cassé sa tire-lire !
<NicoTupe> la cest justenent amustant quils se talonnent sans rien faire!
<Mentine> MAR-CO en anglais!
<jonkalak> lol
<Marco> shuuuuuuut
<Cedric> et ils sont ensembles ce soir aussi, donc un seul “stream” à intégrer, ça doit jouer
<jonkalak> j’adore la quote 😉
<Cedric> on aurait tous l’air de bariton
<florian> YES !
<draculito> il n’y a pas de “voie normale”, ca dépend juste du milieu
<Yves> Et le péroxyde d’axote ?
<Pingouin> les cordes vocales seraient peut être différentes !
<Cedric> Yves : LOL 😀
<Cedric> Fort ce monsieur Google+
<Mentine> non mais la fréquence émise dépend de la longueur et épaisseur des cordes vocales
<jonkalak> bravo à vous et merci pour ces 2 saisons
<Pingouin> merci pour votre émission surtout !!!
<draculito> merci et bonnes vacances 😉
<Cedric> continuez comme ça  !
<Mentine> bravo pour ces 100 numéros!
<Pingouin> et votre enthousiasme !
<Alan2> merci les amis 🙂
<Mentine> continuez surtout!
<Dave460> merci à bientôt
<Yves> Alors à la semaine prochaine ?
<Pingouin> c’est ce qui fait qu’on aime cette émission
* NicoTupe (85.218.109.18) Quitter
* Nicotupe (85.218.109.18) nous a rejoint #testPS
<tolaria> tchao tchao, sur per de se remémorer des episode sympa
<jonkalak> j’ai entendu un verre 😉
<Cedric> S’il vous manque de la motivation un jour, ré-écoutez-vous, ça vaut le détour 🙂
<jonkalak> le champagne est de sortie ?
<Mentine> il faudrait qu’il y a toujours autant de monde
<Yves> Cédric, c’est ce qu’ils de faire
<Yves> C’est ce qu’ils viennent de faire !
* djschorn (82.250.115.73) Quitter
<Cedric> tout à fait 🙂
<Mentine> ici Toulouse 29°C
<Pingouin> On a eu l’habitude d’écouter en podcast, c’est pour ça qu’il y a peu de monde d’habitude, mais c’est sympa en live !
<Dave460> c’est pas ouvert le MAD le jeudi??
<Yves> Bravo les gars ! Fêtez bien
<Cedric> ici Nantes, un petit 26/27
<Dave460> non Jura
<florian> Bonsoir de Dijon 😉
<Pingouin> De Paris aussi
<aldesmy> PAris aussi 🙂
<Pingouin> pas pu venir à l’IRL malheureusement
<Mentine> si je te contredis 🙂
<Dave460> merci à vous
<Cedric> bonne nuitée à vous et bonne continuation !
<jonkalak> bonne soirée à vous 😉
<draculito> bye !
<Mentine> a bientot
<Nicotupe> mon dieu, je suis decu 😀
* jonkalak (78.236.132.60) Quitter
<Dave460> déçu de quoi ??
<Cedric> le plus dur c’est de quitter le tchat en fait 😀
<Cedric> décu ?
<Cedric> ç
<Nicotupe> pour toulouse 🙂
<Yves> C’est le clavier Swiss !
<florian> bye !
<Alan2> ciao
<Mentine> c’est une belle ville, mais pas la plus belle
* Cedric (90.25.167.3) Quitter
<Alan2> merci encore
<Alan2> a bientôt 🙂
<Yves> Tout de bon
* draculito (109.15.83.228) Quitter
* Mentine (92.156.0.169) Quitter
<Marco> C’est Aix en Provence la plus belle ville!
* mfavez (85.218.109.18) Quitter
* tolaria (81.242.149.163) Quitter
<Yves> Pourquoi vous ne laisseriez pas le micro sur skype ?
<Dave460> et la chenille alors, pourquoi elle s’est transformée en papillon ??
* mfavez (85.218.109.18) nous a rejoint #testPS
<Alan2> @Yves, le micro sur skype?
<Yves> Non, une mauvaise idée… juste pour propager l’ambiance… Je vais me coucher de toute façon
* florian (89.85.182.125) Quitter
<Alan2> 🙂
<Alan2> Bonne nuit!
<Yves> Bonne soirée !
* Yves (84.227.90.90) Quitter
* STATUS: Absent
–
<Dave460> c’est drôle, certains rest en ligne en espérent qu’il se passe quelque chose (moi y compris)
<Nicotupe> trop mignon
<Nicotupe> on vous lit
<Nicotupe> 🙂
<Dave460> ça fait plaisir
* mfavez (85.218.109.18) Quitter
<Marco> Dave, tu veux savoir pour quelle raison l’évolution a fait qu’une chenille devient par la suite un papillon?
<Dave460> oui, c’est le genre de chose pour lesquels je ne trouve pas d’explication
<Dave460> bien sur je n’ai pas non plus fais de recherche
<Dave460> surtout comment l’évolution à fais que cela soit possible, car même en suivant les principes je n’arrive pas à comprendre
<Marco> C’est pas une question à laquelle je pourrai te donner une réponse forcément fiable. Mais je te dirai qu’il faut avoir à l’esprit que la patrimoine génétique ne s’exprime pas en totalité à tout moment dans la vie d’un être vivant
* moi (82.64.132.23) nous a rejoint #testPS
* moi (82.64.132.23) Quitter
<Marco> tu as des gènes qui ne s’expriment pas au début, et commencent à s’exprimer bien plus tard
<Marco> Donc les gènes responsable du developpement des ailes chez la chenille sont présent dès le début de son existence, mais sont muets
<Dave460> donc bien plus tôt, la chenille aurrait eu des ailes depuis sa naissance, mais au cours de l’évolution, elle aurrait tarder à apparraître durant sa vie
<Marco> Euh non, ce que je voulais dire, c’est que au début de sa vie une chenille possède déjà la patrimoine génétique qui lui permettrait d’avoir des ailes, mais celui-ci ne s’exprime pas
<Marco> Après je ne connais pas plus que ça les chenilles et papillons et peut-être que les ancêtres des chenilles avaient des ailes bien plus tôt.
<Dave460> oui je comprend mais ce qui m’échappe c’est comment la mutation aurrait pu se mettre en place
<Marco> hasard et selection naturelle
<Marco> Je vais prendre un exemple que je connais un peu mieux, celui de l’axolotl
<Dave460> mais je pense que c’est une bonne solution de penser que les ancêtres des papillons naissaient avec des ailes, cela rendrait plus facile ce passage de la mutation
<Marco> l’axolotl est en fait une salamandre qui n’a pas developpé certain caractère (on est donc plutôt dans le cas inverse que la chenille et le papillon)
<Dave460> ok
<Marco> chez la salamandre, la glande thyroïdienne sécrète à un moment donné du developpement, une substance qui va developper, entre autre, les poumons chez le tétard
* Marco (78.193.132.175) Quitter
* Marco (78.193.132.175) nous a rejoint #testPS
<Marco> oups sorry
<Marco> j’ai eu plusieurs déconnexion du chat pendant l’emission aussi
<Marco> donc je disais que chez l’axolotl la glande thyroïdienne est atrophiée
<Dave460> pas de souci, ne te sent pas obligé de me répondre, je ne veux pas te bousiller ta soirée
<Marco> et ne sécrète plus la substance permettant le développement des poumons
<Marco> Non t’inquiete pas, je jongle entre conversation à côté et tchat
<Marco> Mais tu vois à peu près le principe?
<Dave460> oui, mais c’est vraiment la mise en place de ce passage de la chenille au papillon qui me turlupine.
<Marco> Chez la salamandre c’est la sécrètion (suffisante) à un moment donné de sa vie qui va déclencher une métamorphose
<Marco> Chez la chenille et le papillon le principe est certainement le même
* aldesmy (78.249.223.90) Quitter
<Dave460> mais c’est quand même plus conséquent qu’une hormone qui n’est plus sécrétée
<Dave460> c’est une mutation quasi intégrale de l’animal
<Marco> au niveau du changement oui, car il doit certainement y avoir tout un système qui se déclenche
<Marco> Des gènes jusque là inactif, doivent s’activer. Et il se peut même, comme c’est souvent le cas dans le monde vivant, que l’activation de ces gènes activent d’autres groupes de gènes
<Dave460> ok je te crois
<Dave460> sinon une question à 2 balles, vous commencez à offrir des cadeaux sur le podcast, mais qui finance ça ??
<Marco> Alan. C’est une bonne âme!
<Dave460> quelques donnateur fans surement, ou plutôt Sponsors
<Marco> Non pas de sponsor ni donnateur

 

 

 

Son de la semaine, épisode 100: La 100e!

Pour fêter dignement notre 100e épisode et la fin de la 2e saison, nous avons un peu adapté le générique de début. Bonne écoute 🙂

Le boson de Higgs et la masse de l’Univers

Boson de Higgs

La masse des particules élémentaires

On a tous lu ou entendu que le 4 juillet 2012 dernier, le CERN a annoncé avoir identifié, avec un degré de confiance de 99,99997 % (5 σ), une nouvelle particule de type boson. Le CERN a effectué deux expériences séparément dans deux détecteurs distincts du LHC (ATLAS et CMS), et les résultats obtenus dans les deux cas indiquent avec une probabilité très forte l’existence du boson de Higgs. Toutefois, il faut rappeler avec prudence que le CERN a aussi indiqué que des études complémentaires seront nécessaires pour déterminer si cette nouvelle particule possède l’ensemble des caractéristiques prévues pour le boson de Higgs.

Le boson de Higgs est une particule élémentaire dont l’existence permet d’expliquer pourquoi certaines particules ont une masse et d’autres n’en ont pas. Mais pour bien comprendre le phénomène, il faut plutôt parler du champs de Higgs qui est le champs qui intéragit avec les particules élémentaires de la matière et et qui leur alloue une masse.

Pour bien comprendre le mécanisme, on utilise souvent comme image, un piste de ski enneigée (champs de Higgs):

  • il y a des skieurs qui glissent bien sur la neige (particules peu massives, voire de masse nulle comme le photon)
  • il y a des randonneurs en raquettes qui arrivent à marcher sans trop de difficutlé sur la neige sans pour autant glisser comme les skieurs (particules moyennement massives)
  • il y a des promeneurs en moon-boots qui s’enfoncent dans la neige jusqu’aux genoux (particules très massives)

Quand on dit que le boson de Higgs donne une masse aux particules élémentaires, ce n’est pas tout à fait exact. Pour être rigoureux, le boson de Higgs n’est qu’une manifestation du champ de Higgs et du mécanisme de Higgs, qui lui donne la masse aux particules élémentaires. Par analogie, on pourrait dire que le champ de Higgs est l’eau de l’océan et les boson de Higgs représentent respectivement l’énergie que transporte chacune des vagues (ondes). S’il n’y a pas de vague, il n’y a pas de bosons de Higgs. Le boson de Higgs se matérialise uniquement lorsqu’une interaction génère une vague sur l’océan, c’est-à-dire par analogie lorsqu’un objet intéragit avec de l’eau (ou une particule avec le champs de Higgs). On a tous fait déjà l’expérience, selon la forme et la taille, il est plus ou moins facile de mettre en mouvement un objet dans l’eau (inertie).

Le mécanisme de Higgs rend donc d’ailleurs abusif le fait de parler de masse de telle ou telle particule, puisque la masse n’est plus une propriété intrinsèque des particules élémentaires, mais une mesure de leurs interactions avec le champ de Higgs.

Simulation de la désintégration d'un boson de Higgs dans le détecteur CMS du LHC
Simulation de la désintégration d’un boson de Higgs dans le détecteur CMS du LHC

Il faut savoir que la complexité des phénomènes intervenant dans la détection de ces bosons, conduit à raisonner en termes de statistiques plutôt qu’en terme d’identification formelle à 100 % du boson. Ainsi pour affirmer une découverte en physique des particules, la probabilité d’erreur doit être inférieure à 0,00006 %, ce qui correspond en formalisme statistique à un écart type de 5 Sigma. Une telle démarche statistique implique donc de provoquer un très grand nombre de collisions lors des expériences pour aboutir à des niveaux de probabilité élevés.

Les mesures ont permis d’indiquer que cette nouvelle particule se situe dans un domaine de masse ou dans une plage énergétique de l’ordre de 125-126 GeV. Pour rappel, on sait depuis la théorie de la relativité d’Einstein que masse et énergie sont équivalentes (E=mc2). Ca veut dire qu’une particule dotée de masse peut se transformer en énergie et vice-versa. C’est pour cette raison qu’on a l’habitude d’exprimer la masse des particules en MeV (ou GeV à plus hautes énergies), qui est une unité d’énergie.

En général, il n’existe pas de bosons de Higgs autour de nous. Il faut effectuer des chocs entre des particules (au LHC on a utilisé des protons) pour exciter le champ de Higgs et fabriquer ainsi des bosons de Higgs. D’ailleurs, ces bosons de Higgs obtenus vont en général se dissiper rapidement…ce qui ne facilite pas les expériences…

Domaines d'exclusion de l'EnergieHiggs

Le mécanisme de Higgs permet d’expliquer comment les particules élémentaires (fermions et bosons) acquièrent de la masse, mais il n’explique pas à lui seul la masse des particules non-élémentaires comme les protons et neutrons….

La masse des particules non-élémentaires

Les protons et neutrons ne sont pas des particules élémentaires, car ils sont eux-même constitués de particules encore plus élémentaires qu’on appelle des quarks (fermions). Ils sont les deux constitués de 3 quarks (proton: 2 quarks up et 1 quark down, neutron: 1 quark up et 2 quarks down). La masse du quark up est estimée à environ 3 MeV, la masse du quark down est estimée elle à environ 6 MeV. Si on somme les masses des 3 quarks du proton, on arrive à une masse d’environ 12 MeV. Hors la masse du proton a été mesurée et elle est de 938 MeV. La masse des quarks constituant du proton, masse due au champs de Higgs, représente en réalité environ 1% de la masse totale du proton!

D’où vient donc le 99% restant de la masse d’un proton? Et bien le 99% de masse restante est due à l’énergie que les 3 quarks acquièrent en interagissant entre eux. C’est dû à l’interaction forte, l’une des 4 (3 si l’on prend en compte l’interaction électrofaible) forces fondamentales de la nature. Cette force est celle qui permet de maintenir la cohésion du noyau de l’atome, c’est-à-dire de maintenir les quarks constitutifs des protons et neutrons ensemble. Les quarks sont fortement liés entre eux par l’interaction forte, ou plus précisément par des gluons. Le gluon est la particule élémentaire (boson) responsable de l’interaction forte. Pour maintenir les quarks fortement liés entre eux et la cohésion du proton, les gluons mettent en jeu une quantité d’énergie de liaison énorme qui se manifeste comme une contribution considérable, à près du 99%, de l’énergie totale et donc de la masse (E=mc2) des protons et neutrons.

Gluon

Comme un électron est environ 2.000 fois plus léger qu’un proton ou un neutron, il en résulte que la masse des atomes est portée très majoritairement par les protons et les neutrons des noyaux. Ce sont donc d’autres bosons que celui de Higgs, les gluons, qui expliquent la masse des objets autour de nous. Le champs de Higgs ne contribue donc qu’à un petit 1% de la masse totale du noyau (protons + neutrons) de l’atome, c’est-à-dire 1% de la masse atomique, et in fine à 1% de la masse des objets qui nous entourent, à 1% de notre propre masse, et 1% de celle de l’Univers.

Conclusion

La découverte du Boson de Higgs ne nous donne pas seulement des indications sur l’origine de la masse des objets de l’Univers, mais elle confirme ce qui constitue ni plus ni moins l’une des clefs de voûte du modèle standard de la physique des particules (elle vérifie en quelques sortes l’existence d’une des pièces manquante au modèle), tout en permettant ainsi d’orienter la recherche au-delà du propre modèle standard et ouvrir des portes vers une nouvelle physique:

Les particules élémentaire de la matière (bosons, fermions) acquièrent une masse par interaction avec le champ de Higgs, mais pourquoi chaque particule acquiert-elle une masse différente, voire n’acquiert-elle pas de masse du tout comme dans le cas du photon? Pourquoi la force de l’affinité des particules avec le champ de Higgs – ce qu’on appelle le couplage – est-elle si différente d’une particule à l’autre, et donc comment expliquer cette hiérarchie des masses ? Aujourd’hui, on n’a pas encore toutes les réponses à ces questions…

Par contre, c’est la première fois dans l’histoire de la physique que l’on découvre quelque chose qui n’est ni de la matière (fermion), ni un médiateur d’une force fondamentale (boson standard)…on accèderait ainsi, via le boson de Higgs, à un territoire entièrement nouveau…

Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Boson_de_Higgs

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/physique-1/d/non-le-boson-de-higgs-nexplique-pas-la-masse-du-soleil_39947/#xtor=AL-27-1[ACTU]-39947[non__le_boson_de_higgs_n_explique_pas_la_masse_du_soleil

http://amazings.es/2012/07/15/el-boson-de-higgs-es-responsable-de-una-fraccion-muy-pequena-de-la-masa-del-universo/

Podcast science 99 – Histoire et défis du nucléaire civil

 

Le dossier

Cette semaine, énorme dossier de la part d’un invité ponctuel, Yves, qui nous a parlé du nucléaire. Principes physiques de la technologie, histoire de la mise en place, et des défaillances, perspectives, avantages, inconvénients, … Tout a été traité pour notre plus grand plaisir, et on l’espère, le vôtre. A vos écouteurs ! Et pour la version écrite, c’est par ici !

 

Le Plug

Cette semaine c’est la semaine du boson de Higgs sur Strip science, pour retracer l’histoire de cette découverte fondamentale : billets de blog et illustrations seront au rendez-vous !

La Quote

Il est plus difficile de désagréger un préjugé qu’un atome

Albert Einstein

Et vous, qu’en pensez-vous ?

La 100ème de podcast science

A propos de vous, on compte sur vous la semaine prochaine pour venir nous écouter en live ! Retenez cette adresse : https://www.podcastscience.fm/live, et cette date : jeudi 23 août à 20h30, on compte sur vous pour être là! Au programme: rétrospective des moments qui nous ont le plus marqués, des news scientifiques de l’année, mais aussi et surtout, de vos expériences de podcast science : comment nous avez-vous découvert ? Où nous écoutez-vous ? Pourquoi nous écoutez-vous? Qui êtes-vous ?

N’hésitez pas, venez. A la semaine prochaine 🙂 !

Les illustrations de Nico pendant le live

ou sur son Tumblr :

 

La chatroom

* Bienvenue Alan, parle maintenant.
<NicoTupe> Salut la chaztroom!
* draculito (109.9.2.4) nous a rejoint #testPS
<draculito> hello
<NicoTupe> Salut dracuito!
<draculito> on entend les coulisses, c’est cool
* Nabla (82.253.70.100) nous a rejoint #testPS
<Nabla> Bonne emission ! c’est mon premier live
<NicoTupe> cool!
<NicoTupe> Sallut!
* STATUS: Absent
–
<draculito> hello nabla, 1er live aussi pour moi
<Nabla> j’ai decouvert assez recemment le site et ecouter pas mal de mp3 mais premier live
* STATUS: Online
–
<Alan> cool 🙂 bienvenue!
<Nabla> Superphenix utilsait du sodium pour le caloporteur
<draculito> les amateurs de la seconde guerre mondiale ont sans doute entendu parler des conflits en Suède (ou Norvège) pour le contrôle des usines de fabrication d’eau lourde : http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=19440220
* Franck (78.251.54.165) nous a rejoint #testPS
* DrGoulu (62.167.121.165) nous a rejoint #testPS
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<Nabla> lol l’illustration
<draculito> je crois que je n’ai pas compris la blague (je suis ta fission)
<Nabla> de meme ^^
<DrGoulu> Attention subtilité de vocabulaire: Le seul isotope FISSILE naturel est l’uranium 235, les autres étant produits artificiellement. A contrario, le terme de FISSIBLE renvoie à des isotopes susceptibles de fissionner uniquement sous l’effet d’un bombardement de neutrons rapides. (Wikipédia)
<draculito> on t’entends mal nicotupe
<NicoTupe> Petit bonjour DrGoulu, je suis un grand fan de ton blog 🙂
* STATUS: Online
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<Alan> +1 🙂
<draculito> purée, ils sont forts, ils font le podcast, chattent et dessinent en mm temps ! respect messieurs !
<Alan> on fera un dossier sur le multitasking à l’occase 😉
<NicoTupe> le multitasking il n’y a que ça de vrai
<DrGoulu> salut à tous, merci pour les fleurs 🙂
<Nabla> oui excellent sujet à prevoir ^^
<draculito> @DrGoulu : adresse de ton blog ?
<Alan> scoop: à part pour nicotupe, c’est un mythe
<draculito> 🙂
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<draculito> dans 10.000 ans, on sera à quel n° de podcast sciences ? 😉
<Alan> à ce rythme-là: 500’000 🙂
<NicoTupe> en tout cas on aura pas parlé de tout
<NicoTupe> cf mon dossier sur l’infini
<NicoTupe> 🙂
<Nabla> et puis saura t on lire du mp3 par exemple dans 100000 ans
<Nabla> le plutonium est plus instable
<Alan> mp3 forever!
<draculito> aaaaahhh non, pas l’infini, mon cerveau va encore exploOoser ! Chouette dossier par contr
<Nabla> donc plus energetique donc plus explosif
<NicoTupe> merci 🙂
<draculito> entre la science qui avance grâce à l’armée et la science qui avance grâce aux dissections des nazis (cf. le dossier bioéthique… que j’ai écouté hier), c’est gai ! :p
<draculito> 60 MW, c’était le seul mode de propulsion ou un moyen d’appoint (moteur hybride) ?
<Nabla> malheureusement souvent “progrès” et militaire vont de paire
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<draculito> 1.000 MW plutôt, non ?
<Nabla> oui 1000 MW car 1 MW c’est peu
<NicoTupe> mon dieu que j’écris mal… le texte : Je ne suis qu’un pauvre atome, aidez moi à m’enrichir
* STATUS: Online
–
<Alan> 🙂
<Nabla> n’empeche illustration excellete ^^
<Nabla> excellente
<NicoTupe> merci!
<Nabla> un reacteur ne peut pas s’eteindre completement par principe
<DrGoulu> http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9acteur_nucl%C3%A9aire_naturel_d%27Oklo au Gabon
* STATUS: Absent
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<DrGoulu> Mais bon, la Terre entière est un réacteur naturel à l’Uranium+Thorium, aussi …
<draculito> olkiluoto, pas oklo
<draculito> ah non, j’ai rien dit
<draculito> :p
<draculito> olkiluoto, c’est en Finlande. Mais le climat est très proche
<DrGoulu> 🙂
<Nabla> c’est pas grave on a du café ^^
<Nabla> c’est interessant
<NicoTupe> tu le chauffe au nucléaire ton café? 🙂
<Nabla> k$
<Nabla> lj
<Nabla> oui un mini reacteur à nespresso
* STATUS: Online
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<Alan> what else?
<draculito> 😀
<Nabla> ^^
<NicoTupe> l’illustration la plus bete de la soirée arrive #teasing
<Nabla> ahah …
<draculito> c’est risqué ce genre de teasing
<Nabla> j’habite pres de Penly en Normandie (10 kms) faut avoir confiance
<Nabla> 2×1350 MW je crois
<NicoTupe> j’aime le risque et dans une soirée sur le nucléaire prendre des risques c’est la moindre des choses
<draculito> bien vu.
<Alan> 😀
<Nabla> le romantisme nucleaire ^^
<DrGoulu> ah oui, u n http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9rateur_thermo%C3%A9lectrique_%C3%A0_radioisotope ça doit marcher aussi pour le café …
<Alan> @nico, où sont les petits nuages dodus?
<NicoTupe> ca arrive
<draculito> ça c’est une bonne question !
<Nabla> A Tchernobyl serie d’erreurs humaines
<draculito> et conception foireuse au départ
<Nabla> aussi
<draculito> “Tu me fonds le coeur”…
<DrGoulu> un accident peu connu http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_nucl%C3%A9aire_de_Lucens#Accident niveau 4, en Suisse…
<Alan> oooooohhhh le nuage 🙂 Merci!
<draculito> et aussi qu’on ne saurait pas démontrer que la fusion peut être éviter si il y a une rupture de la cuve.
<draculito> une centrale dans une caverne… huuumm étonnant !
<draculito> et c’est aussi indépendant en Chine ? :p je taquine
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<draculito> oui, ukraine
<DrGoulu> je dois vous quitter. Merci et bravo pour ce podcast très factuel et objectif (de mon point de vue…). En plus c’est sympa, je reviendrai. Bonne soirée !
* DrGoulu (62.167.121.165) Quitter
<Nabla> On vient d’observer des papillons mutants massivement pres de fukhusima
<Nabla> J’ai vu ca il y a 2 ou 3 jours.
<Nabla> http://sante.lefigaro.fr/actualite/2012/08/14/18793-papillons-mutants-decouverts-apres-fukushima
<draculito> Nabla, il faudrait surtout savoir à quelle dose, ils ont été exposés.
<Nabla> Je ne sais pas mais ils ont du trainés près des reacteurs probablement vu les taux de mutations
<draculito> pour le démantelement, il y a 2 approches : soit on laisse la radioactivité diminuer avant d’agir (avantages : moins de dose reçue par les intervenants), soit on agit tout de suite tant qu’on a des connaissances précises de l’installation (avantages : moins de risque de faire des erreurs)
<draculito> l’autre avantage d’attendre, c’est que ça retarde d’autant l’apparition des problèmes techniques :\
<Nabla> plus cher que la construction
<draculito> pour l’augmentation du cout du démantelement, il faut aussi avoir en tête que les exigences en matière de protection se durcissent aussi avec le temps
<Nabla> Vraiment interessant et bien documenté bravo
<draculito> Flamnaville, c’était avant Sarkozy
<draculito> 33% de la chaleur convertie en électricité
* Franck (78.251.54.165) Quitter
* Franck (78.251.54.165) nous a rejoint #testPS
<draculito> pour répondre à Kasstout sur twitter, le rendement (33%) est lié au fait qu’on fait tourner une turbine avec de la vapeur. Cf. rendement de Carnot sur wikipedia
<Franck> Merci !
<draculito> Nabla a disparu ?
<draculito> Italie a re-refusé le nucléaire récemment (l’an dernier)
<draculito> via référendum
<Nabla> Non non je suis la j’ecoute
<Nabla> super emission
<Nabla> bonne fin de soirée
<Nabla> je repasserai à la 100eme pour le live
<draculito> bonne 100e,
<draculito> ^^ bravo pour le dossier 🙂
<Nabla> ok promis
<Nabla> ^^
<draculito> question : le dossier fait combien de pages ?
<draculito> ouch :
<draculito> ouep, et on en manque maintenant
<draculito> parce que on n’a plus assez de réacteurs en service pour produire les radioéléments utilisés en médecine
<draculito> (réacteurs de recherche)
<Nabla> effectivement
<Nabla> et le café aussi
<draculito> plus de questions,
<draculito> le combustible est à 800°C il me semble
<Nabla> la fusion est alors actuelle non controlable sur plus de qq minutes : disruptions
<Nabla> donc on est loin d’une phase industrielle
<draculito> @Yves : tu aurais pu parler aussi de la limites des ressources en uranium
<draculito> des exemples sur le porno?
<Nabla> le porno ^^
<draculito> bienvenue sur podcast porn !
* kore (78.124.155.102) nous a rejoint #testPS
<Nabla> ou du porno massivement ^^
* STATUS: Online
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<Alan> salut Kore! Sorry, trop tard… On vient de finir
<draculito> pas d’accord sur EPR chine qui démarre en 1er, mais c’est un autre débat
<kore> Oui je vois ça 🙁
<kore> bonsoir
<draculito> les chinois comme inovateurs, c’est une grande blague
<Nabla> bonsoir ! tu as raté la partie porno lol
<Alan> @Kore, on démarre à 20h30 (heure de Paris), si jamais, tous les jeudi
<draculito> clair, on parle porno et kore arrive, c’est louche
<Alan> 😀
<Alan> Hard Kore 😉
<NicoTupe> je vois que le sujet du porno vous intéresse
<draculito> xpdr !
<kore> Oui, je vous écoute d’habitude en podcast, et je me suis rappellé que c’était le jeudi vos live, mais un peu tard
<kore> peut être que jeudi prochain je serai à l’heure 🙂
<NicoTupe> je retiens pour un dossier
<Nabla> salut à tous
<Nabla> ++
<draculito> bye bye ! merci pour l’émission
<kore> ++
* draculito (109.9.2.4) Quitter
* Nabla (82.253.70.100) Quitter
<Franck> tchuss !!
* Yves (85.218.109.18) Quitter
* kore (78.124.155.102) Quitter
* STATUS: Absent
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* NicoTupe (88.175.94.116) Quitter
* Franck (78.251.54.165) Quitter

Histoire et défis du nucléaire civil

Dossier présenté par Y dans l’épisode #99.

LogoCe dossier retrace les découvertes qui ont permis l’exploitation de l’énergie nucléaire sous forme de réacteurs à des fins civiles, tente de faire un état des lieux de la filière électronucléaire et esquisse quelques futurs possibles.

Un peu de théorie

Fission nucléaire

La fission nucléaire consiste à casser un noyau d’élément “lourd” en deux noyaux instables pour en récupérer l’énergie d’après la fameuse équation d’Einstein: E=mc2. En effet, la fission s’accompagne d’une perte de masse et l’énergie équivalente est essentiellement transmise sous forme d’énergie cinétique (200 MeV) ainsi que 2 MeV par l’éjection de 2 ou 3 neutrons.

Le réacteur récupère cette énergie sous forme de chaleur, par le mouvement des noyaux au reste du combustible et à la structure. Elle est ensuite transmise à un caloporteur: eau légère ou lourd, sous pression ou bouillante, sodium, gaz… qui circule dans le circuit primaire (320 °C et 155 bars pour l’eau sous pression) puis échangée au circuit secondaire qui entraîne turbine et alternateur afin de produire de l’électricité. Pour le modèle le plus répandu d’eau légère sous pression, le rendement global atteint est d’environ 33%.

L’Uranium n’est pas un choix, il s’agit du seul élément fissile disponible à l’état naturel mais uniquement pour son isotope 235. D’ailleurs sa fission peut être spontanée mais à un taux très faible.

Les neutrons produits par la fission se diffusent dans le coeur du réacteur pour entretenir la réaction en chaîne, ou être capturés par des atomes du milieu pour former des isotopes radioactifs. Les plus dangereux sont les transuraniens, instables, dont le cycle de vie se déroule suivante plusieurs chaînes de désintégration. Le Plutonium en fait partie.

La radioactivité

Logo ISO Radiation (source Wikipedia)Un dernier point de théorie sous forme de rappel de l’émission 32 concernant la radiation.

Découverte en 1896 par Henri Becquerel, confirmée par Pierre et Marie Curie en travaillant sur l’Uranium et le Radium, la radioactivité regroupe plusieurs types de radiations:

  • alpha: noyau d’hélium ou hélion, stoppée par une simple feuille de papier
  • béta: béta moins (électron énergétique fortement ionisant) ou plus (positron), interceptée par une feuille d’alunium
  • gamma: rayonnement électromagnétique à fréquence élevée et donc très énergétique et inionisant, simplement atténué par des épaisseurs importantes de plomb ou de béton

De nombreux radionucléides se cachent derrière les isotopes des éléments de la table période: soient à l’état naturel, soient générés comme produits de fission dans un réacteur… Leur radioactivité se caractérise par leur période de décroissante radioactive (ou demi-vie) qui réprésente le temps moyen de désintégration de la moitié des radioéléments présents dans un échantillon.

Plusieurs unités de mesures sont utilisées en fonction des effets que l’on veut mettre en évidence:

  • le becquerel comme unité d’activité radiative, nombre de désintégrations par seconde
  • le Gray comme unité de dose absorbée, équivalent à joule par kilogramme
  • le Sivert comme unité de dose efficace d’après l’effet biologique des radiations sur les organes et les tissus

Pour la petite anecdote, la radioactivité étant utilisée en médecine pour la première fois (en imagerie), dans les années 1930, on vendait l’eau naturellement radioactive et même des fontaines à eau au Radium pour s’assurer une bonne santé. La commercialisation de produits contenant du radium a été interdite en France en 1937 hors utilisation médicale.

Les premiers pas

Aux Etats-Unis

1942 – Première fission contrôlée par le physicien Enrico Fermi à l’université de Chicago.

1944 – Dans le contexte du projet Manhattan Alvin Weinberg propose un dispositif à eau sous pression pour produire de l’électricité.

1949 – l’amiral Hyman Rickover se voit présenter plusieurs projets de réacteurs à fission nucléaire. Le choix fait à l’époque est guidé par des impératifs militaires: les techniques nécessaires doivent être suffisamment maîtrisées voire rudimentaires pour une mise en oeuvre rapide, le réacteur doit être compact pour son installation dans un sous-marin, et surtout produire un maximum de plutonium pour les bombes atomiques. Finalement rien de civil dans le choix du réacteur à eau sous pression.

1954 – premier réacteur connecté au réseau électrique: Obninsk URSS, 5 MWh

1957 – premier réacteur civil Shippingport de 60 MW à Pittsburgh

1960 – montée en puissance rapide aux Etats-Unis: Dresden 600 MW, et une unité de 1100 MW en construction dès 1966.

Après une dizaine d’années de production d’énergie, le déploiement industriel du réacteur était en marche, seuls quelques physiciens continuaient la recherche et le développement d’alternatives avec d’autres objectifs: plus stable, moins de déchets à vie longue, en un mot: moins dangereux.

Le cas Français

Dès 1971, un coup d’accélérateur est donné par le gouvernement qui décide la construction de réacteurs au rythme de 3 par an afin de rendre le pays moins dépendant du pétrôle. Son prix flambe: +12% le 14 février 1973, puis double le 16 octobre et double encore le 22 octobre 1973. En mars 1974, Pierre Messmer annonce la construction de 13 centrales de 1000 MW en deux ans.

La France a la première industrialisé le processus au point de construire des réacteurs en série – une sorte de coup de poker qui assure une rentabilité sans égale ainsi qu’une gestion du risque optimale – à condition que la série ne souffre pas de tares de conception. À contrario, il n’y a pas deux réacteurs identiques aux États-Unis.

En 2006, la production française a atteint un maximum avec 450 TWh annuel.

Les réacteurs en service

Une centrale regroupe plusieurs réacteurs afin de mutualiser les infrastructures et le personnel: accès à l’eau, approvisionnement en combustible, piscine de refroidissement.

Une tranche est composée de plusieurs bâtiments: bâtiment réacteur, salle des machines pour la production d’électricité, bâtiment pour le combustible et la tour appelée aéroréfrigérant.

Quelque soit les techniques mises en oeuvre, le refroidissement est un aspect essentiel car il s’agit d’éviter la fusion du coeur. Cette condition impose l’installation des centrales à proximité de cours d’eau au débit suffisant et dont la température de l’eau est assez froide. L’eau de mer est évitée à cause de la corrosion. L’installation est donc soumises aux risques de gel et d’innondation.

  • REP Réacteur à eau pressurisée: Etats-Unis, France
  • REB Réacteur à eau bouillante: Japon
  • CANDU Réacteur canadien à eau lourde pressurisée et uranium naturel, non enrichi: Canada, Corée du Sud et divers unités
  • RBMK Réacteur de grande puissance à tubes de force, soviétique, maximum 1500 MW: Tchernobyl, encore 11 en activité en 2010 et 1 en construction à Koursk

Schéma de principe d’un réacteur à eau pressurisée (source Wikipedia)

La sûreté

Dans le domaine de l’industrie électronucléaire, les objectifs de la sûreté sont de garantir au maximum:

  • que le réacteur reste dans son domaine de fonctionnement normal
  • qu’une sortie de ce domaine n’ait pas de conséquences inacceptables
  • assurer la protection environnementale du personnel et de la population
  • empêcher la dissémination de la radioactivité dans la nature

Les moyens mis en oeuvre interviennent à tous les niveaux: depuis la conception, la validation des constructions, l’usage de défenses redondantes face à un risque… Par exemple, le risque de dissémination suite à une fusion du coeur (à 2’300 °C) est limitée au maximum par l’empilement de plusieurs barrières de protection: la gaine qui entoure le combustible, la cuve du réacteur, l’enceinte en béton, le soclon en béton pour la récupération du magma. Des mesures opérationnelles et organisationnelles complètent les éléments matériels.

Pour évaluer un risque, des scénarios complexes d’incidents, combinant défaut matériel et erreurs humaines sont échaffaudés sous forme d’études probabilistiques de sûreté. Après expérimentation, ces études permettent de quantifier la marge de sécurité par rapport à la probabilité d’apparition d’une ou plusieurs défaillances. Ces évaluations mettent en évidence que l’erreur humaine aggrave le bilan de la défaillance initiale.

Depuis 1956, l’AIEA assure une coopération internationale entre les différentes agences nationales responsables de la sûreté de leur parc nucléaire afin de mutualiser l’expérience acquise.

En France, l’autorité de sûreté nucléaire réalise des contrôles de routine sur site ainsi que des visites décennales (10 ans) pour évaluer l’état du réacteur selon le principe annoncé: le risque pris à la conception ne doit pas augmenter avec le vieillissement de l’installation. Le réacteur est à l’arrêt plusieurs mois et des échantillons-témoins du métal de la cuve sont testés. Autre principe de sûreté: toujours comparer les résultats de mesure avec les prédictions obtenues par simulation.

Les accidents

Malgré toutes les mesures prises, des événements non souhaités surviennent dans l’exploitation d’une centrale avec une grande variété de conséquences. Pour les qualifier, une échelle internationale des événements nucléaires INES a été définie en 1990.

Échelle internationale des événements nucléaires (Source Wikipedia)

Entre les accidents médiatisés et les incidents les plus discrets, on nommera notamment la première fusion de coeur à Three Miles Island en 1979 (niveau 5), la catastrophe de Tchernobyl, les fusions de réacteurs de Fukushima Daiishi (niveau 7), et par exemple les nombreuses alertes à Fessenheim: plus de 40 de niveau 1 entre 2004 et 2010.

Tchernobyl: état des lieux

Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale Lénine surchauffe à 100 fois sa puissance normale. Une première explosion de vapeur soulève son couvercle en béton de 1200 tonnes à 15 m de haut. L’hydrogène contenu dans le coeur explose à son tour. Le bâtiment est soufflé et l’incendie rejette les radioéléments dans l’atmosphère jusqu’à 1,2 km d’altitude. Les rejets cessent le 6 mai.

Aujourd’hui 26 ans après la catastrophe, le nouveau sarcophage en poutrelles métalliques à 1,5 milliard d’euros est en cours d’assemblage pour recouvrir l’actuel complètement fissuré. Emballage final prévu en 2015, garantie: un siècle.

Des projets de démantèlement sont bien dans les cartons mais la complexité de la tâche et la toxicité du site nécessitent des moyens et des outils hors norme.

Fukushima: l’improbable se produit

Le 11 mars 2011, le Japon subit le plus violent séisme connu à ce jour, les réacteurs 1, 2, 3 de la centrale de Fukushima Daiichi sont stoppés automatiquement et les pompes de refroidissement continuent d’être alimentées par les génératrices Diesel de secours qui seront emportées par le Tsunami 30 minutes plus tard.

Le lendemain, une explosion souffle le bâtiment du réacteur numéro 1 suite à une accumulation d’hydrogène: le coeur a fondu et un nuage radioactif se répand. Les jours suivants, les réacteurs 2 et 3 fondent à leur tour, le bâtiment 4 explose. Preuve que même à l’arrêt, un réacteur reste dangereux: le refroidissement doit être maintenu, bien que les besoins d’extraction de chaleur soient moindres.

En juin 2011, la décontamination de l’eau utilisée pour le refroidissement d’urgence commence. En octobre 2011, une enceinte est construite autour du réacteur numéro 1 pour limiter les rejets. Le 16 décembre 2011, l’état d’arrêt à froid est déclaré: 37 °C pour le réacteur 1 et 69 °C pour les 2 et 3.

De larges régions du Japon sont maintenant contaminées par des niveaux de radiation inquiétants, essentiellement du césium 134, de période de 2ans, et 137, de période de 30 ans, que l’on retrouve dans toute la chaîne alimentaire. Il est à noter que 80% de la radioactivité rejetée s’est dispersée dans l’océan.

Petite annecdote: le robot d’intervention en milieu irradiant disponible et proposée par la France progresse lentement et l’équipement de son bras doit être adapté à chaque tâche: conclusion, on préfère encore faire intervenir des hommes même au péril de leur vie. La catastrophe aura mis en évidence la difficulté de réagir face à l’inconnu et d’imaginer des solutions et des procédures dans de telles conditions.

Le chantier de décontamination et de démantèlement commence dans la foulée, 3’000 ouvriers travaillent dans des conditions hostiles. Il faut encore:

  • édifier un sarcophage
  • maintenir le refroidissement, des systèmes de secours ont été ajoutées
  • confiner l’eau radioactive accumulée dans les souterrains
  • injecter de l’azote en continu pour prévenir l’explosion de poches d’hydrogène
  • consolider les piscines pour éviter leur rupture à l’occasion d’un prochain séisme
  • surveiller le magma du combustible
  • extraire les dizaines de tonnes de combustible dégradé des trois réacteurs

Rendez-vous dans 25 ans pour faire le point.

De multiples inconvénients

Des déchets encombrants

En France, 20’000 m3 de déchets radioactifs sont produits annuellement, toutes activités confondues et notamment médicales: à 90%, des outils et vêtements diverses, principalement contaminés par le Césium 137 dont la période est de 30 ans. Ces déchets sont actuellement vitrifiés ou coulés dans du béton pour un stockage en surface pour au moins 300 ans dont une surveillance plus particulière les 10 premières années. L’essentiel étant de s’assurer de la non contamination de l’eau de ruissellement. En 2030, ces stockages devraient représentés 2,7 millions de m3.

Concernant les déchets à vie longue, ils attendent leur destin en refroidissant en piscines depuis la fin des largages en mer en 1969. Plus de 5’000 tonnes de déchets finaux hautement radioactifs sont stockées à La Hague.

En 1991, la France confie à l’ANDRA, établissement public indépendant, la mission de trouver le site de stockage des éléments radioactifs à vie longue, pour au moins 200’000 ans: le choix se porte sur une couche d’argile imperméable, homogène et paisible, à 500 mètres de profondeur sous la commune de Bure dans la Meuse. Un laboratoire souterrain a été creusé pour valider les calculs et estimer la facture: le coût de 36 milliards d’euro est maintenant articulé.

Les travaux scientifiques réalisés sont jugés excellents par les organismes de contrôle: 70 laboratoires ont participé aux recherches… mais EDF balaye tout cela en voulant creuser plus vite, plus fort avec des tunneliers et surtout moins cher. En effet, le principe de pollueur/payeur pointe du doigt EDF, Areva et le CEA qui accumulent les déchets depuis bientôt 60 ans.

En 2010, les Etats-Unis ont remis en cause le choix du site argileux profond, qui semblait faire l’unanimité jusque là: le doute s’installe.

Démantèlement: un mécano dangereux

Le démantèlement est lui aussi qualifié par une classification de l’AIEA:

  • niveau 1 “fermeture sous surveillance”: le combustible est retiré, 99% de la radioactivité est donc évacuée du site, l’accès est très restreint
  • niveau 2 “libération partielle ou conditionnelle”: seules des restrictions d’accès aux zones irradiées sont mises en place, en effet des poussières peuvent persister dans la cuve et dans le bâtiment réacteur
  • niveau 3 “libération totale et inconditionnelle”: tout équipement radioactif a été démonté et évacué

Au niveau 3, le site devient un bâtiment industriel ne présentant plus de risque. Ce niveau sera probablement atteint en France en 2025 pour le tranche Chinon A1 contruite en 1963 et stoppée en 1973 – par ailleurs devenue Musée de l’Atome.

L’essentiel des déchets à traîter lors du démantèlement est le métal de la cuve dont l’alliage contient du Cobalt. Lors de l’exploitation, l’isotope Cobalt 60 est produit par capture de neutrons et est très radioactif avec une période de désintégration de 5 ans. Son niveau de radiation retourne à un niveau acceptable après environ 50 ans. La cuve représente tout de même des dizaines de milliers de tonnes, à comparer aux 3’000 tonnes de la tour Eiffel…

Finalement l’expérience d’un démantèlement d’un réacteur de deuxième génération ayant atteint sa durée de vie maximum ainsi que les outils manquent encore: pour ne pas exposer le personnel à un risque inconsidéré, la conception de robots spécialisés est envisagée.

Le coût du nucléaire

Dans le domaine, la transparence n’est pas de mise: aucune estimation du coût du kilowattheure n’existe et même EDF refuse de communiquer sur le sujet. Mais EDF revend à ses concurrents 0,042 euros le kilowattheure, à 80% d’origine nucléaire. Sur ce montant, 5% sert au provisionnement du démantèlement et 15% pour le retraitement et le stockage des déchets, les 80% restant représentant la valeur du combustible et les charges d’exploitation. On notera que les coûts de recherche et développement civils et militaires souvent sur fonds publics sont implicitement acquis.

Concernant les déchets, la solution retenue d’un stockage réversible assurant une inspection régulière et un possible retrait des fûts est coûteuse et n’est pas encore intégrée dans le prix de vente actuel… tout comme le démantèlement dont l’estimation de 15% du coût de construction utilisée aux Etats-Unis a été revue par le Royaume-Uni. Pour ce pays, le stockage et le démantèlement évalués à 85 milliards d’euros en 2008 est passé à 103 milliards d’euros en 2012.

  • Estimation du démantèlement de Zion aux Etats-Unis: 1 milliards d’euros
  • Démantèlement de la centrale de Brennilis en cours en France: 480 millions d’euros déjà dépensés

Mais Fukushima a aussi mis en évidence les insuffisances des mesures de sécurité: niveau à satisfaire, rapport entre coût des mesures et risque couvert. Une estimation d’un accident nucléaire en dizaine de milliards d’euros est parfois lancée mais les assureurs sont-ils en mesure de l’estimer plus justement que l’opérateur ? Finalement, les mises à niveau des mesures de sûreté pour les centrales existantes peuvent induire un coût difficilement prévisible.

Bien sûr, la durée d’exploitation impacte énormément le coût réel du kilowattheure: les électriciens espèrent pouvoir exploiter les réacteurs de deuxième génération jusqu’à 60 ans… mais seuls 24 centrales sur 389 ont passé la barre des 40 ans, le retour d’expérience sur les risques induits et les coûts d’entretien est donc encore trop faible.

Des choix difficiles

Voici divers points ou risques qui montrent que rien n’est parfait en ce monde:

  • Le zirconium est utilisé en alliage comme gaine pour les pastilles de combustible, il supporte très bien la corrosion sans intercepter les neutrons: un choix contestable mais jamais remis en cause. Il assure un bon rendement en condition normal mais empire une situation critique de refroidissement du coeur abaissant la température de fusion des barres de combustible et augmentant la production d’hydrogène par thermolyse de l’eau…
  • Le niveau de protection des piscines où sont entreposées les combustibles irradiés semble insuffisant pour leur dangerosité: simples hangars ou alors dans le bâtiment réacteur comme à Fukushima. Comme prévu par des estimations, leur sécurisation doit intervenir dans la semaine en cas d’incident.
  • Depuis Fukushima, les autorités de sûreté s’intéresse au cumul simultanné des risques naturels comme un séisme et une innondation. En France, Fessenheim et Tricastin en sont deux exemples.
  • Le risque de prolifération inquiète: usage militaire ou bombes sales. Mais les compétences, le matériel et les installations ne passent pas inaperçues.
  • Les installations ou les moyens de transport peuvent être la cible d’attaque terroriste

Et l’avenir ?

Malgré tous les problèmes cités, le nucléaire semble incontournable aujourd’hui pour assurer le niveau de consommation d’énergie électrique en croissance constante dans le monde. En ayant l’avantage de rejeter peu de CO2, la filière doit maintenant assurer la sûreté pour convaincre le grand public et trouver une solution pérenne au traitement des déchets.

Quelques chiffres de décembre 2011:

  • 433 réacteurs en service dans le monde,
  • 62 en construction en Chine, en Inde, en Russie et en Corée du Sud,
  • 499 en projets dans ces mêmes pays mais aussi aux Etats-Unis (34), en Grande-Bretagne (13), en Arabie Saoudite (16), en Italie (10), en Turquie (8) et dans plusieurs les pays d’Asie du Sud-Est

En 2009, le nucléaire représentait 13.5% de la production d’électricité mondiale et 34% pour l’Europe. Source: EDF Panorama de l’électricité.

Le réacteur EPR

Projet franco-allemand lancé en 1993, le European Nuclear Reactor conçu par Framatone ANP (maintenant Areva NP, en partenariat avec Siemens) est prêt dès 2001 pour la construction du prototype… Il faudra attendre près de 10 ans pour qu’intervienne la décision politique, assurant le bon timing par rapport au renouvellement du parc EDF.

D’une puissance de 1650 MW, c’est une version optimisée de la génération précédente (N4 Civaux et Siemens Konvoi), il produit 10% moins cher pour une durée de vie prévue de 60 ans, il produira moins de déchets et la redondance des équipements assurera une disponibilité de 92%.

L’essentiel de la sécurité du coeur est assuré par les quatre trains d’intervention conçus pour éviter la fusion du coeur, la double enveloppe et la cuve de récupération s’il devait y avoir fusion du coeur. 80% des équipements représentent des éléments redondants ou uniquement prévus en cas d’accidents – jusqu’à 4 pour la même fonction mais reposant sur des principes physiques et des sources d’énergie différentes: refroidir à l’eau, stopper les neutrons par du graphite, neutraliser avec du bore, électricité ou gravité.

Combustible: uranium enrichi à 5% ou MOX à 100%, Rendement: 36%

La construction du premier EPR en Finlande a été poussée par les industriels papetiers essentiellement, signée en 2003 et débutée en 2005. Le coût initial de 3 milliards d’euros a déjà doublé et aucune date de mise en service n’est vraiment articulée.

Le constat est accablant: après plus de 15 ans de pose, les industries européennes redécouvrent ce qu’est la construction de qualité nucléaire et les contraintes si particulières qu’imposent les autorités de sûreté nationales.

Depuis 2009, deux réacteurs EPR sont en construction en Chine et la mise en service pourrait intervenir dès 2014, le calendrier du chantier ayant été respecté jusqu’ici.

Rareté de l’uranium

Le minerai d’uranium (pechblende) est concentré à raison 3 grammes en moyenne par tonne de minerai dont 0.73% sous forme de l’isotope fissile 235. Les principaux gisements se situent en Australie, au Canada, en Russie, au Kazakhstan, au Niger et en Namibie mais la moitié des mines exploitées ont été mise en oeuvre avec 1980 et la teneur en uranium est de plus en plus faible pour un coût énergétique d’extraction croissant.

La production annuelle est actuellement de 54’000 tonnes, mais les projections sur les besoins croissants annoncent la consommation totale des 2,5 millions de tonnes de ressources connues en 2035.

Les réacteurs à neutrons rapides, de 4e génération, seraient une option pour poursuivre la production – car ils assurent un recyclage multiple des éléments et peuvent consommer le plutonium produit dans les réacteurs actuels. Par contre, il ne faudrait pas tarder à les mettre en service car il nécessite un minimum d’uranium pour initier la réaction.

La surgénération

Le principe de la surgénération est d’exploiter des isotopes fertils qui interceptent les neutrons produits pour devenir alors eux-mêmes des éléments fissibles et participer à la production de chaleur et à l’émission de nouveaux neutrons pour maintenir la réaction en chaîne. L’Uranium 238 en fait partie et devient alors Plutonium 239. Le combustible principal d’un surgénérateur est le Plutonium, son nom venant du fait que le bilan global produit plus de Plutonium qu’il n’en consomme, la production d’électricité devenant moins dépendante du prix de l’Uranium.

Il présente l’avantage de consommer les actinides mineurs, produits de fission génant de l’Uranium et du Plutonium. Au final, les déchets produits sont des éléments plus légers et moins dangereux en terme de radioactivité.

Superphenix est un réacteur prototype lancé en 1974 par Jacques Chirac alors premier ministre du président Valéry Giscard d’Estaing. En 1984, le chantier de Creys-Malville est fini, et la mise en service a lieu en 1985, le réacteur est connecté au réseau en 1986.

Après plusieurs fuites de sodium en 1987 et en 1990, il est mis à l’arrêt. Les tentatives de redémarrage seront contrées par une bataille juridique entre 1994 et 1997. Lionel Jospin, alors premier ministre du président Jacques Chirac, annonce l’abandon de la filière.

Ce prototype avait un rendement de 41 %, avec une production électrique de 1250 MW pour une réaction à 3000 MW thermique.

Coût de construction: 6,2 milliards d’euros, 53 mois de fonctionnement, démantèlement estimé à 2,5 milliards d’euros.

Dans le cadre des évaluations des technologies de 4e génération, un nouveau prototype sur la même technologie est en cours: ASTRID.

L’option sortie du nucléaire

Pendant près de 10 ans, aucune construction de nouvelle centrale en Europe ne se profilait jusqu’à l’appel d’offre de la Finlande en 2002: les coûts et la durée d’investissement semblaient rédhibitoires. En France, suite aux prolongations d’exploitation accordées pour les plus vieilles centrales, EDF attendait le bon moment pour lancer de nouvelles constructions.

Dans le reste du monde, les besoins énergétiques sont tels que les centrales en fin de vie doivent être remplacées aux Etats-Unis notamment, alors que la Chine construit des réacteurs tout azimut. Dès 2015, la France pourrait même avoir des difficultés à assurer son niveau de consommation en chauffage électrique en hiver, notamment par suite des arrêts des réacteurs allemands…

L’exemple de l’Allemagne est atypique: ce sont les électriciens exploitants qui ont négocié la sortie avec le gouvernement. L’opinion publique défavorable, l’absence de développement futur et l’hétérogénéité du parc peuvent expliquer ce choix, la rentabilité économique était loin d’être acquise.

L’exemple de la Suède est édifiant: le peuple vote la sortie progressive du nucléaire en 1980 et depuis, seul deux réacteurs sur 12 (à Barsebäck) ont effectivement été arrêtés. En 2001, l’arrêt du second a été repoussée jusqu’en 2005. Finalement en 2009, le gouvernement lève le moratoire sur la construction, mais uniquement dans le but de remplacer les anciens réacteurs en fin de vie.

De son côté, le Japon a subi une marche forcée hors du nucléaire depuis Fukushima: les réacteurs arrêtés régulièrement pour maintenance n’ont pas obtenu l’autorisation de redémarrer. En février 2012, seuls deux restaient en fonctionnement. Mais une annonce récente laisse penser que les coûts d’important d’électricité ou de combustible fossile pour les centrales thermiques deviennent difficiles à supporter.

De nombreux mouvements militants font pression sur les gouvernements pour stopper l’usage de l’énergie nucléaire et toute manipulation de la radioactivité (combustibles, déchets) qui représente un risque pour la santé publique. Les moyens proposés sont de favoriser les économies d’énergie, de développer les énergies renouvelables et provisoirement compenser avec des énergies fossiles comme le gaz en cogénération.

Vers la quatrième génération

Derrière l’EPR, une nouvelle génération s’annonce suite à l’initiative Forum Generation IV lancée par les Etats-Unis: régénérateur, surgénérateur, caloporteur au sodium liquide ou au gaz… les pistes sont nombreuses, plusieurs favoris se dessinent.

Les objectifs principaux sont:

  • porter le rendement global vers 50%,
  • être en mesure de consommer les déchets existants,
  • assurer un niveau de sûreté irréprochable.

Voici en exemple, le réacteur exploitant le cycle du Thorium, le principe de ce type de réacteur repose sur un combustible à l’état liquide à base de sels fondus contenant des noyaux de Thorium qui joue aussi le rôle de caloporteur.

C’est le concept le plus sûr proposé actuellement:

  • l’emballement est simplement impossible: la quantité de combustible est régulée en temps réel, la dilatation du liquide diminue la réaction en chaîne
  • le circuit fonctionne à pression ambiante, une brèche a donc moins d’impact sur l’enceinte
  • en cas de panne électrique, un bouchon de glace fond et provoque la vidange dans des réservoirs assurant l’évacuation de la chaleur

En plus, il présente des avantages indéniables:

  • en juin 1965 le deuxième protype MSRE d’Oak Ridge fonctionnent 13’000 heures en ne rencontrant que quelques incidents mineurs
  • la disponibilité et le rendement sont bien meilleurs car les produits de fission peuvent être éliminés en continu du combustible liquide
  • le Thorium est plus abondant et mieux réparti sur la planète
  • la quantité de déchets à vie longue est 100’000 fois moindre
  • il peut consommer la majorité des déchets de la filière Uranium
  • un usage militaire est beaucoup plus complexe et les manipulations nécessaires sont dangereuses

Schéma de principe du réacteur à sels fondus MSRE testé à Oak Ridge (source Wikipedia)

Évidemment il reste des problèmes à résoudre: technique d’abord car l’alliage métallique dont serait constituée la cuve n’a pas fait toutes ses preuves, il devra résister à la corrosion et à l’irradiation pendant près de 60 ans, industriel ensuite car l’usine de traitement chimique en continu du combustible liquide doit encore être simplifiée pour une exploitation industrielle, et budgétaire enfin car il faudra trouver le financement pour la recherche et développement.

En comparaison, les milliers d’années d’expérience cumulée sur les réacteurs à eau pressurisée et la rentabilité immédiate semblent bien plus rassurantes qu’un prometteur prototype issu d’un laboratoire il y a plusieurs décennies.

Conclusion

L’industrie électronucléaire est un ensemble international complexe, la technologie atteint son niveau de maturité mais l’inertie et la résistance au changement est importante. Malheureusement tout l’argent investi dans la recherche nucléaire n’est orienté que vers la maîtrise du risque des réacteurs déployés. Des milliards d’euros sont levés pour un prototype de réacteur à fusion dont on nous annonce la maturité dans 50 ans… depuis plus de 30 ans ! Quasiment aucun investissement n’est orienté vers un réacteur à fusion assurant la meilleure sûreté et dont la mise en service pourrait intervenir dans les 10 ans. Enfin, ce n’est pas tout à fait exact: les Chinois y travaillent.

Sources:

  • Wikipedia en Français – plusieurs liens dans le dossier
  • Science & Vie
    • Hors série 2001 Energie. Section “Nucléaire Le début des vraies questions”
    • Hors série 2003 Le siècle du nucléaire. Tout sur les centrales de demain
    • Numéro 1113, juin 2010, EPR Les 4 erreurs de la filière française
    • Numéro 1118, novembre 2010, Déchets nucléaires La cacophonie
    • Numéro 1123, avril 2011, Tchernobyl Et maintenant ?
    • Numéro 1124, mai 2011, Nucléaire français Les 6 leçons de la catastrophe japonaise
    • Numéro 1130, novembre 2011, Le nucléaire sans uranium
    • Numéro 1132, janvier 2012, Pourquoi la France risque désormais des black-out en hiver
    • Numéro 1135, avril 2012, Ne bradons pas l’enfouissement de nos déchets nucléaires
    • Numéro 1133, février 2012, Combien coûte réellement l’électricité nucléaire
    • Numéro 1134, mars 2012, Fukushima Un an après
    • Numéro 1136, mai 2012, Alerte à la pénurie, encart Uranium
  • Animations proposées par EDF
  • Jean-Marc Jancovici, expert des problématiques énergétiques, très présent dans les média

Son de la semaine, épisode 99: L’éléphant ronronne comme l’humain, pas comme le chat

Déniché dans le podcast “1-minute Science du Scientific American” :

C’est un grondement d’éléphant, une forme de vocalisation qui permet à ces imposants mammifères de communiquer même si des kilomètres les séparent. On s’est longtemps demandé si la production de ce son était comparable au ronronnement des chats. Et il apparaît que non. C’est une étude publiée récemment dans le magazine Science qui l’affirme [Christian T. Herbst et al., How Low Can You Go? Physical Production Mechanism of Elephant Infrasonic Vocalizations]. Le son est produit via un mécanisme tout à fait similaire à celui qui nous permet de parler, soit la vibration de cordes vocales (alors que le chat doit activement reserrer les muscles de son larynx pour produire son ronronnement.)

Plus d’infos ici: http://www.scientificamerican.com/podcast/episode.cfm?id=elephants-vocalize-like-us-not-cats-12-08-13