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Strip Science: neutrinos plus rapides que la lumière, l’explication de Usain Bolt

Dessin de Grégory Michnick offert dans le cadre de l’excellent projet collaboratif entre blogueurs de science et bédéistes Strip-Science.

Ce dessin illustre désormais le dossier d’Alan sur les neutrinos supraluminiques (Podcast Science 58)

Bienvenue à Grégory sur Strip Science!

 

Podcast science 66 – Le paradoxe du chat de Schrödinger

Le dossier de la semaine

Tout en émotion cette semaine puisque pour sa dernière émission régulière, Mathieu nous parle – un chat (quantique?) dans la gorge – du chat de Schrödinger. Accrochez vos ceintures et préparez le paracétamol!

Retour sur les émissions passées

Avec nos excuses pour le peu de scientificité du dossier de la semaine dernière. Intéressant certes, mais pas aussi étayé que ce que nous proposons d’habitude. Nous nous arrangerons pour éviter cela à l’avenir

Du nouveau concernant les prochaines émissions

Comme Franck l’a annoncé sur le site, Podcast Science passe au live dès le prochain numéro, soit le mercredi 4 janvier 2012 à 20h30, rendez-vous sur la wiki-radio Neweez, on vous attend nombreux 🙂

Plugs

Notre ami Xavier Agnès nous indique que Marc Montangero, que nous avions reçu dans le Podcast (Episode 34 – La chimie pour les nuls) vient de publier un livre, disponible http://editions.chimie.ch pour une somme modique.

Et Xilrian se distingue en produisant une fois encore des épisodes formidables dans ses deux podcasts:
12minutes.com

Pour ce troisième épisode, encore une fois significativement plus long que les 12 minutes affichées (mais je me permet d’être plus long dès que j’ai un invité), 26 minutes de discussions  avec Stanislas Jourdan autours du revenu de vie.

David et son invité parlent des allocations universelles et des modèles économiques alternatifs pour cesser de laisser les gens sur le carreau. Super bien expliqué!

vie-artificielle.com, l’autre podcast de Xilrian, vaut le détour également: le dernier épisode porte sur les algorithmes génétiques, c’est juste fascinant!

5e épisode de vie artificielle sur les algorithmes génétiques. Fascinant:
http://www.vie-artificielle.com/

La quote de Mathieu

Shut up and calculate! – David Mermin

La quote pour Mathieu

Bonne chance Mathieu et que la science te garde – Charles Cauchon, auditeur du Podcast

Encore un immense MERCI à Mathieu de tout ce qu’il a fait jusqu’ici! Et le reste de l’équipe vous retrouve le mercredi 4 janvier prochain à 20h30 sur Neweez: http://bit.ly/PSneweez

D’ici là, nos meilleurs voeux pour les fêtes et une excellente année!

 

Dossier – Le paradoxe du chat de Schrödinger

Dossier présenté par Mathieu dans l’épisode #66.

L’expérience du chat de Schrödinger fut imaginée en 1935 par le physicien Erwin Schrödinger, afin de mettre en évidence des supposées lacunes dans l’interprétation de la physique quantique appliquée aux objets quotidiens faite par l’Ecole de Copenhague. L’Ecole Copenhague est un courant de pensée en physique qui a pris place au XXème siècle et qui présente la mécanique quantique comme un simple instrument de prédiction. De nombreux grands physiciens se sont inscrit dans ce courant comme Niels Bohr, Werner Heisenberg, Max Born…Mais, Schrödinger, avec son expérience du chat, a voulu illustrer le problème qu’on appelle problème de la mesure, un problème qui trouve sa source dans l’interprétation purement prédicitive de la physique quantique telle que la décrit l’Ecole de Copenhague.

La physique quantique ou mécanique quantique est l’appellation générale d’un ensemble de théories physiques nées au XXème siècle qui décrivent le comportement des atomes et des particules. La mécanique quantique a donc pour but de décrire le monde microscopique et de l’infiniment petit. Cependant sa description du monde heurte le sens commun à plusieurs égards. Par exemple une propriété bizzare de la mécanique quantique est la dualité onde-particule, je vous renvoie à l’expérience des fentes de Young dont j’avais parlé dans mon dossier sur la lumière. Le problème de la mesure décrit par Schrödinger est en soi aussi une des nombreuses interprétations étranges que l’on peut faire de la mécanique quantique et il illustre bien les difficultés de corrélation entre les postulats fondamentaux de la mécanique quantique et le monde macroscopique tel qu’il nous apparaît et tel qu’il peut être mesuré.

Chat de Schrödinger

Superposition quantique

Un état quantique peut être vu comme un ensemble de propriétés qui permettent de décrire complètement un objet physique, comme par exemple une particule de matière. Par exemple, dans le cas d’un électron en mouvement, son état quantique est décrit par 4 propriétés ou nombres quantiques:

  • Nombre quantique 1: son énergie.
  • Nombre quantique 2: son spin
  • Nombre quantique 3: son moment angulaire
  • Nombre quantique 4: son moment magnétique.

En physique classique:

  • l’état d’un système physique détermine de manière absolue les résultats de mesure des grandeurs physiques.
  • les différents états d’un système physique classique sont mutuellement exlusifs (un système est très énergétique ou ne l’est pas)

En physique quantique:

  • la connaissance de l’état d’un système permet seulement de prévoir les probabilités respectives des différents résultats possibles lors d’une mesure. L’état quantique ne peut pas être assimilé à un ensemble de propriétés physiques qui évoluent au cours du temps. En mécanique quantique, l’état et les grandeurs physiques sont deux concepts séparés et sont représentés par deux objets mathématiques différents.
  • dans un système quantique les états mutuellement exclusifs existent aussi, on les appelle les états quantiques orthogonaux. Ce sont en quelques sortes les états de base d’un système quantique comparables à ceux de la physique classique. Mais la nouveauté en mécanique quantique, c’est que en plus de ces états orthogonaux mutuellement exclusifs, il en existe beaucoup d’autre, une infinité. Ils s’obtiennent en mélangeant les états quantiques de base. La mécanique quantique expose tous les états possibles du système, les états de base et aussi tous ceux qui peuvent s’obtenir en mélangeant, superposant, les états de base.

En mécanique quantique, le principe de superposition stipule que les propriétés qui caractérisent un état quantique d’une particule peuvent posséder plusieurs valeurs (position, spin, quantité de mouvement, etc…). Un système quantique se trouve dans un état superposé tant qu’il n’est pas observé ou mesuré. Cependant, la mécanique quantique stipule que le résultat d’une mesure d’un système donne toujours un des états de base mutuellement exclusifs, il n’est pas possible d’obtenir un état superposé lors d’une mesure. L’état superposé existe uniquement en absence d’observation. Pour expliquer ce phénomène, il faut faire appel à une nouvelle notion, la fonction d’onde.

La description du monde par la mécanique quantique repose sur une fonction d’onde (un courbe de forme ondulatoire) qui donne les probabilités de trouver une particule ou un objet quantique dans un état ou un autre. Pour cette raison, on a coutume de dire qu’un système quantique peut être dans plusieurs états à la fois, ou dans un état superposé. Il faut en réalité comprendre que le système est dans un état quantique unique, mais que les mesures peuvent donner plusieurs résultats différents, chaque résultat étant associé à sa probabilité d’apparaître lors de la mesure. Lors d’une opération dite de mesure, l’objet quantique sera trouvé dans un état de base déterminé. Il se produit ce que l’on appelle une réduction ou effondrement de la fonction d’onde: la particule ou l’objet quantique se matérialise dans un état donné, selon la probabilité indiquée par sa fonction d’onde. C’est comme si tout acte d’observation sélectionne instantanément un et un seul état parmi l’ensemble des états superposés possibles.

C’est la mesure qui perturbe le système quantique et le fait bifurquer d’un état quantique superposé vers un des états de base qui est mesuré. C’est un état qui ne préexiste pas avant la mesure, et qui à une probabilité d’advenir décrite par la fonction d’onde de la particule et c’est la mesure qui semble le faire advenir. En mécanique quantique, il n’est pas possible de connaître l’état d’un système avant son observation, tout simplement parce que cette information n’existe pas dans l’Univers. C’est comme si avant la mesure l’Univers n’aurait pas encore décidé quel en serait le résultat.

L’expérience du chat de Schrödinger

L’expérience consiste à enfermer un chat dans une boîte fermée avec un dispositif qui tue l’animal dès que le dispositif détecte la désintégration d’un atome d’un corps radioactif. On peut imaginer un détecteur de radioactivité comme un compteur Geiger, relié à un interrupteur qui peut provoquer la chute d’un marteau cassant une fiole de poison et libérant un gaz mortel pour le chat. L’interrupteur est activé et le chat empoisoné si l’atome radioactif se désintègre, au contraire l’interrupteur n’est pas activé et le chat reste vivant si l’atome ne se désintègre pas. Si les probabilités de la fonction d’onde de la particule radioactive indiquent qu’une désintégration a une chance sur deux d’avoir eu lieu au bout d’une minute, la mécanique quantique indique que, tant que l’observation n’est pas faite, l’atome est en superposition et simultanément dans deux états (intact et désintégré). Or le mécanisme de l’expérience imaginée par Erwin Schrödinger lie l’état du chat à l’état des particules radioactives (intact et désintégré), de sorte que le chat serait simultanément dans deux états (mort et vivant), jusqu’à ce que l’ouverture de la boîte (l’observation) déclenche le choix entre les deux états. Du coup, tant que l’on n’a pas ouvert la boîte, on ne peut absolument pas dire si le chat est mort ou non au bout d’une minute. En suivant scrupuleusement les règles quantiques, l’état superposé d’une particule (désintégrée/non désintégrée) devrait se propager à l’état du chat qui devrait également être dans un état superposé mort-vivant. Or, un tel état n’est et ne peux jamais être observé, d’où paradoxe et problème.

Chat de Schrödinger

La difficulté principale dans notre conceptualisation de cette expérience tient dans le fait que si l’on est généralement prêt à accepter ce genre de situation pour une particule quantique, l’esprit refuse d’accepter facilement une situation qui semble aussi peu naturelle quand il s’agit d’un sujet plus familier, macroscopique, à notre échelle comme un chat. En fait, le passage à l’échelle macroscopique que représente le chat par rapport aux particules radioactives est le principal intérêt de l’expérience. Il ne s’agit pas d’une question sur le vivant (vie/mort), car le rôle du chat peut être parfaitement remplacé et réalisé par le propre interrupteur (lui aussi un objet macroscopique) qui se trouverait dans deux états simultanés éteint et enclenché à la fois .

Cette expérience est plus une expérience de pensée qu’une expérience réalisable au sens physique du terme. On ne pourra en effet jamais mettre en évidence directement, ou mesurer, que le chat est à la fois mort et vivant car le fait d’essayer de connaître son état provoquera nécessairement l’effondrement de la fonction d’onde menant inéluctabalement à l’un des deux état mort ou vivant. D’ailleurs les expériences effectuées par les scientifiques sur la préservation de la superposition des états quantique peuvent s’appliquer à quelques particules ou molécules, mais les conditions techniques pour préserver l’état superposé du chat sont tout à fait irréalisables pour plus de quelques molécules.

C’est pour faire apparaître le caractère paradoxal de la multiplicité des états possibles avant la mesure et de la matérialisation vers un état mesuré et observé après la mesure que Erwin Schrödinger a imaginé cette expérience du chat. Il voulait réfuter l’interprétation de Copenhague de la mécanique quantique, qui conduisait à un chat à la fois mort et vivant, en soutenant l’idée que si l’on parvient à provoquer une dépendance ou un couplage direct entre l’état d’une particule et la vie d’un chat, on devrait pouvoir mettre le chat dans un état superposé, mort et vivant, jusqu’à l’observation, qui le réduira à un seul état. Shrödinger pensait que la possibilité du chat mort-vivant démontrait que l’interprétation de la fonction d’onde par l’Ecole de Copenhague et décrite orginellement par Max Born était incomplète. Comment concevoir que le chat n’ait pas d’état défini tant qu’on n’opère pas d’observation. Selon lui, le chat ne peut pas être mort et vivant à la fois !

L’interprétation orthodoxe de la physique quantique qui mène à un chat à la fois mort et vivant montre bien que la mécanique quantique semble obéir à des lois souvent contraires à notre intuition. On se rend compte alors que la question n’est plus tant de savoir « comment la superposition des états est-elle possible dans le monde quantique ? » mais plutôt « comment est-ce impossible dans le monde réel que l’on observe à notre échelle ? ».

Solutions du paradoxe

Pour en découdre avec ce paradoxe sur l’état mort-vivant simultané du chat, différentes pistes théoriques ont été mises en avant pour tenter d’apporter quelques éléments de réponse.

Chat de Schrödinger

Théorie de la décohérence

La théorie de la décohérence propose que l’état de superposition ne peut être maintenu qu’en l’absence d’interactions avec l’environnement qui déclenche le choix entre les deux états (mort ou vivant). La décohérence n’est pas provoquée par une action « consciente » de l’obervateur, qu’on interprète comme une « mesure », mais plutôt par des interactions physiques avec l’environnement, de sorte que la décohérence a lieu d’autant plus vite qu’il y a plus d’interactions. Chaque éventualité d’un état superposé interagit avec son environnement, mais la complexité des interactions est telle que les différentes possibilités deviennent rapidement incohérentes (d’où le nom de la théorie de la décohérence).

La théorie de la décohérence réconcilie d’une part le postulat de la réduction de la fonction d’onde avec d’autre part l’équation de Schrödinger qui autorise les superpositions d’états. L’équation de Schrödinger est une équation qui régit les états possibles d’une particule, c’est une équation linéaire, ce qui entraîne que pour deux états possibles d’une particule, la combinaison de ces deux états est également un état possible. L’état mort-vivant du chat doit être possible selon l’équation de Schrödinger, une réalité qui lui semblait à Schrödinger et qui nous semble difficilement acceptable. Comment donc les superpositions quantiques peuvent-elles disparaître à l’état macroscopique, alors que la linéarité de l’équation de Schrödinger mène naturellement à une préservation des états superposés aussi à l’échelle macroscopique? Alors heureusement la théorie de la décohérence peut démontrer mathématiquement que chaque interaction avec l’environnement déphase les fonctions d’onde des états les unes par rapport aux autres de telle manière que la probabilité d’observer un état superposé (mort-vivant) tend rapidement vers zéro. Seuls restent observables les états correspondant aux états observables macroscopiquement, l’état mort ou bien vivant du chat. Il n’y a alors pas de paradoxe : le chat se situe dans un état déterminé bien avant que la boîte ne soit ouverte et l’équation de Schrödinger est réconciliée avec la réduction de la fonction d’onde.

Les interactions et l’environnement dont il est question dans cette théorie ont des origines très diverses. Typiquement, le simple fait d’éclairer un système quantique suffit à provoquer une décohérence. Même en l’absence de tout éclairage, il restera toujours au minimum les quelques photons du fond diffus cosmologique qui provoquent également une décohérence, bien que bien plus lente. Et bien naturellement, le fait de mesurer volontairement un système quantique provoque des interactions nombreuses et complexes avec un environnement constitué par l’appareil de mesure. Dans ce cas, la décohérence est pratiquement instantanée et inévitable.

À l’échelle macroscopique, où on trouve des milliards de milliards de particules en intéraction avec l’environnement, la rupture de la cohérence (états superposés) se produit donc pratiquement instantanément. Autrement dit, l’état de superposition ne peut être maintenu que pour des objets de très petite taille constitués de quelques particules. Donc, pour la théorie de la décohérence, l’effondrement de la fonction d’onde n’est pas spécifiquement provoquée par un acte de mesure, mais peut avoir lieu spontanément, même en l’absence d’observation et d’observateurs. Ceci est une différence essentielle avec le postulat initial de réduction du paquet d’onde qui ne spécifie pas comment, pourquoi ou à quel moment a lieu la réduction, ce qui a ouvert la porte à des interprétations mettant en jeu la conscience et la présence d’un observateur conscient. La théorie de la décohérence prend le contre-pied de l’interprétation de Copenhague qui elle introduit l’observateur et la mesure intervenant au niveau le plus fondamental en physique.

Théorie de la décohérence avec paramètres cachés

La théorie de la décohérence avec paramètres cachés est une variante de la théorie de la décohérence classique. Comme pour la théorie classique, la décohérence se produit toujours indépendamment de la présence d’un observateur, ou d’une mesure, mais la théorie de la décohérence avec paramètres cachés stipule aussi que les lois quantiques ne seraient pas capables à elles seules d’expliquer la décohérence. Elle introduit des paramètres physiques supplémentaires dans les lois quantiques (par exemple: action de la gravitation) pour expliquer la décohérence.
L’inconvénient est que ces paramètres supplémentaires, bien que compatibles avec les expériences connues, ne correspondent à aucune théorie complète et bien établie à ce jour.

Approche relationnelle

L’interprétation relationnelle ne fait aucune distinction fondamentale entre l’expérimentateur humain, le chat, l’appareil de mesure, objets animés conscients ou inanimés. Tous sont des systèmes quantiques gouvernés par les mêmes lois de l’évolution de la fonction d’onde, et tous peuvent être considérés comme des “observateurs”. L’interprétation relationnelle autorise que différents observateurs peuvent avoir différents points de vue d’une même série d’événements, selon l’information dont ils disposent sur le système.

Par exemple, le chat peut être considéré comme un observateur de l’appareil de mesure, alors que l’expérimentateur lui peut être considéré comme un autre observateur du système se trouvant dans la boîte (chat + appareil de mesure). Avant que la boîte soit ouverte, le chat, selon qu’il soit vivant ou mort, dispose de l’information sur l’état de l’appareil (l’atome s’est désintégré ou non). Mais l’expérimentateur lui ne dispose pas encore de l’information sur l’état du contenu de la boîte (chat + appareil). Ainsi les deux observateurs ont simultanément deux points de vue différents sur la situation:

  • Pour le chat, la fonction d’onde de l’appareil apparaît comme réduite.
  • Pour l’expérimentateur, le contenu (chat + appareil de mesure) semble toujours être en superposition.

C’est seulement quand la boîte est ouverte que les deux observateurs (chat et expérimentateur) ont la même information sur ce qui s’est passé, c’est seulement à ce moment que pour les deux observateurs le système s’est réduit à un état défini (le chat est soit vivant ou soit mort).

En conséquence, l’approche relationnelle de la mécanique quantique argumente que la notion d'”état” ne décrit pas le système observé en lui-même, mais plutôt la relation, ou corrélation, que le système entretien avec l’observateur. Cette approche ne se centre donc pas sur les objets eux-même, mais plutôt sur les relations qu’il y a entre eux.

Approche positiviste

L’approche positiviste pense que la fonction d’onde ne décrit pas la réalité en elle-même, mais uniquement ce que nous connaissons de celle-ci. Autrement dit, les lois quantiques ne sont utiles que pour calculer et prédire le résultat d’une expérience, mais pas pour décrire la réalité. Les problèmes ou paradoxes qui peuvent potentiellement émerger deviennent dépourvus de sens, car ces problèmes ne concernent alors plus la réalité en elle-même, qui est finalement « telle qu’elle est » et qui n’aurait pas à justifier de ses incohérences tant qu’elle donne des résultats qui sont, à toutes fins utiles ou corrects. Dans cette hypothèse, l’état superposé mort-vivant du chat n’est pas un état « réel » et il n’y a pas lieu de philosopher à son sujet. De même, la décohérence ou l’effondrement de la fonction d’onde n’a aucune réalité en elle-même, et elle décrit simplement le changement de connaissance que nous avons du système. Le paradoxe, dans cette approche, est donc évacué. Cette approche positiviste repose sur la conviction que la mécanique quantique n’est qu’une description de tout ce que nous pouvons connaître de la réalité, mais ne décrit pas la réalité en elle-même.

Approche réaliste et théorie des univers parallèles

L’apporche réaliste prend le contre-pied de l’approche positiviste et stipule que la fonction d’onde décrit la réalité, et toute la réalité. L’approche réaliste pense que les postulats de la mécanique quantique nous disent quelque chose à propos de la réalité physique et recherchent donc la cohérence et leur adéquation avec la réalité elle-même.

Par exemple la théorie des univers parallèles (ou multivers), initiée par Hugh Everett en 1957, s’inscrit dans ce courant de pensée réaliste. La théorie des univers parallèles permet de décrire séparément les deux états simultanés mort-vivant du chat et leur donne une double réalité, c’est-à-dire deux réalités dans deux univers parallèles.  Cela signifie que, quand une mesure quantique peut donner plusieurs résultats différents, l’ensemble des superpositions de toutes les valeurs possibles de la mesure coexistent dans un multivers, mais nous n’aurions conscience que d’une seule éventualité car notre conscience (qui est par hypothèse, dans cette théorie, un phénomène purement physique) se retrouve quantiquement intriquée avec un et un seul résultat de la mesure. Il est donc impossible, pour un état de conscience donné, de percevoir l’ensemble des états superposés, pourtant réels d’après cette théorie. A chaque observation la réalité se scinderait en autant d’univers que d’observations physiquement possibles. Selon cette théorie, le chat serait à la fois mort et vivant de façon totalement indépendante à l’ouverture ou non de la boîte, les états mort et vivant subsisteraient après l’ouverture de la boîte. Les états “mort” et “vivant” seraient deux états réels qui ne peuvent pas intéragir l’un avec l’autre et dont leur histoire se déroule dans différentes branches indépendantes de l’univers.

Chat de Schrödinger

Conclusion

Où mettre la limite entre objets “classiques” (chat, appareils de mesure) et “quantiques”? Comment passe-t-on de et (états superposés) à ou?

Pour conclure, on voit que le paradoxe du chat prend sa source dans la formulation même des lois quantiques. Si une théorie alternative, formulée différemment, peut être établie, alors le paradoxe disparaîtrait de lui-même. Dans une telle nouvelle théorie, s’il n’existe ni superposition des particules ni décohérence, alors le prétendu paradoxe du Chat de Schrödinger se réduit à un simple artefact d’une théorie orginellement mal formulée. D’ailleurs la mécanique quantique se fonde sur 6 postulats fondamentaux qui sont considérés comme exacts. Certains considèrent que de véritables solutions au problème de la mesure ne peuvent être apportées qu’en remettant plus ou moins fondamentalement en cause ces postulats.

Encore quelques petites vidéos qui expliquent bien l’expérience et le paradoxe qui en découle:

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Sources:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chat_de_Schr%C3%B6dinger

http://en.wikipedia.org/wiki/Schr%C3%B6dinger’s_cat

http://www.xatakaciencia.com/fisica/el-gato-de-schrodinger

http://www.xatakaciencia.com/fisica/el-gato-de-schodinger-i

Podcast science 65 – Lia Rosso : la zoothérapie

Le dossier de la semaine

Par Lia: la zoothérapie

Des nouvelles du boson (Mathieu)

Suite au communiqué de Presse du CERN sur les recherches du boson de Higgs 13.12.2011:

La principale conclusion est que, si le boson de Higgs du Modèle standard existe, le plus probable est que sa masse est circonscrite par l’expérience ATLAS dans le créneau 116-130 GeV et par l’expérience CMS dans le créneau 115-127 GeV.

En termes techniques, une masse en dehors de l’intervalle 115,5-131 GeV est exclue à 95 %.

“Nous avons circonscrit la gamme de masse la plus probable pour le boson de Higgs dans un créneau de 116-130 GeV, et, ces dernières semaines, nous avons commencé à observer un singulier excédent d’événements autour de 125 GeV”, explique Fabiola Gianotti, porte-parole de la collaboration ATLAS.

Dans le détecteur CMS, deux signatures sous forme de deux photons partant simultanément dans des sens opposés correspondrait à la désintégration d’un boson de Higgs dont la masse est d’environ 124 GeV.

La statistique obtenue est cependant encore insuffisante pour clamer une découverte car, au mieux, la marge de confiance est de à 3,6 sigma. Rappelons qu’il faudrait 5 sigma pour être certain de ne pas être en présence d’une simple fluctuation statistique, qui correspondrait à un hasard, comme lorsqu’un nuage ressemble à une forme bien connue.

En résumé :

  • des signes de l’existence du boson de Higgs, presque identiques, sont vus dans deux détecteurs différents mais on ne peut exclure qu’il s’agisse de simples fluctuations statistiques à la manière d’un nuage prenant temporairement une forme connue;
  • la masse du boson de Higgs serait de 124-125 GeV environ ;
  • la masse du boson de Higgs standard ne doit pas se trouver en dehors de l’intervalle 115,5 GeV à 127 GeV.

Le plug de la semaine

François Udrea: Les adhésions aux Rencontres Astronomique du Printemps (RAP) sont ouvertes, alors si l’astronomie vous chatouille renseignez vous sur notre site, 400 instruments sur 4 hectares pendant 3 nuits ça vaut le voyage vers la Haute Loire: http://www.astrorap.fr/
Les treizièmes RAP auront lieu du 17 au 20 mai 2012, toujours le week end de l’Ascension et toujours à Craponne sur Arzon.

La quote de Mathieu

(ou plutôt, le roman)

“Humans have a tendency to fall prey to the illusion that their economy is at the very center of the universe, forgetting that the biosphere is what ultimately sustains all systems, both man-made and natural. In this sense, ‘environmental issues’ are not about saving the planet—it will always survive and evolve with new combinations of atom—but about the prosperous development of our own species.” — Carl Folke is the science director of the Stockholm Resilience Centre at Stockholm University.

Traduction libre (un peu plus classieuse qu’à l’antenne):
“Les humains ont une tendance à succomber à l’illusion que leur économie se trouve au centre-même de l’univers, en oubliant que la biosphère est ce qui supporte tous les systèmes au bout du compte, qu’ils soient artificiels ou naturels. En ce sens, les “questions environnementales” ne concernent  la sauvegarde de la planète – elle survivra toujours et évoluera avec de nouvelles combinaisons d’atomes – mais concernent le développement prospère de notre propre espèce” – Carl Folke, Directeur du Centre de Résilience de l’Université de Stockholm.

Prochain enregistrement le 21 décembre 2011 pour le dernier dossier de Mathieu selon la présente formule. Pour cet au-revoir, Mathieu nous promet un dossier qui déchire sa race!
D’ici là, une excellente semaine à toutes et à tous!
++

Lia Rosso – Dossier: la zoothérapie

Billet d’invité – Le présent dossier reflète les vues de son auteure, pas nécessairement celles de l’équipe de Podcast Science.

 

Dossier présenté dans l’épisode #65

J’ai pensé partager avec vous un sujet qui me passionne beaucoup, c’est à dire quelques connaissances actuelles sur le monde animal. Initialement je voulais faire un dossier sur les émotions des animaux, mais finalement mon vécu récent m’a poussée à m’intéresser à un autre sujet : le pouvoir bénéfique des animaux sur les êtres humains.

En effet, depuis quelque temps, un petit chat roux qui vit dans une maison voisine vient souvent partager un peu de son temps avec moi et mon mari. Je n’ai jamais eu de chat auparavant, et je dois dire que rencontrer ce petit animal est jour après jour une nouvelle découverte. J’apprends beaucoup de lui, de son indépendance, de sa sérénité, de son élégance.

Plus particulièrement il m’est arrivé de ne pas être toujours au top de la forme physique ces derniers temps. Comme beaucoup d’autres gens j’ai attrapé une bronchite et j’ai dû rester à la maison pas mal de temps. Du coup, j’ai pu constater sur ma santé et mon moral les bienfaits de la présence de ce joli chat roux.

C’était comme si sa présence m’aidait à me sentir mieux. Il venait vers moi dans les moments les plus difficiles et parfois il venait tout simplement dans mes bras en ronronnant. Inutile de dire combien de bien m’a apporté ce chat tant au niveau physique que moral. Ça m’a rappelé un très beau livre que j’avais lu il y a un peu plus d’une année et que je vous conseille vivement : « Kindred Spirit » du vétérinaire Allen Schoen. http://www.drschoen.com/books_L1_.html

Dans ce recueil d’histoires vécues, Allen Schoen décrit entre autre toute une série d’études scientifiques qui montrent les bienfaits des animaux de compagnie sur la santé humaine. Je vous en parlerai plus en détail dans quelques minute. J’avais le souvenir d’avoir lu dans ces pages le terme de « pet therapy », ce qui correspond en français à la zoothérapie. C’est comme ça que l’idée du sujet de ce podcast est née.

J’ai donc décidé d’approfondir le sujet. J’ai eu la chance de pouvoir discuter au téléphone avec Rachel Lehotkay, psychologue, zoothérapeute et présidente de l’association suisse de zoothérapie. Avec beaucoup de précision et d’enthousiasme, elle m’a expliqué ce que c’est cette discipline.
http://www.rachelzootherapie.ch/
http://www.zootherapiesuisse.ch/

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, je voudrais partager avec vous quelques curiosités sur les bienfaits des animaux sur la santé humaine même au niveau indirect. En effet, il me vient à l’esprit ce qu’un professeur nous avait raconté lors d’un cours sur les nouveaux médicaments. Il paraît que certaines industries pharmaceutiques suivent parfois de près des groupes d’animaux pour trouver de nouveaux médicaments. Il a été observé par exemple que des chimpanzés qui souffraient de troubles intestinaux, mangeaient plus spécifiquement des rameaux de Vernonia amydalina – une plante au goût très amer, généralement évitée – pour les mâcher et en sucer le jus.

Ainsi il fréquent que les chimpanzés, tout comme des nombreux autres primates, utilisent l’argile et le charbon de bois pour se soigner. Nous utilisons aussi du charbon activé ou certaines formes d’argile pour traiter les troubles stomacaux et intestinaux.

Au-delà de la discussion ouverte des zoologistes sur l’hypothèse d’une intentionnalité pour un but curatif, dans le choix et l’usage de ce médicament, le fait est que les animaux mangent instinctivement des substances qui peuvent leur faire du bien et qui peuvent avoir par ailleurs le même effet sur nous. Après tout, la nourriture reste pour nous aussi le premier des médicaments. Une nourriture équilibrée et adaptée au besoin personnel peut non seulement nous garder en bonne forme physique, mais elle peut aussi nous aider à lutter contre des infections ou des inflammations.

Le monde animal ainsi que le monde végétal est depuis longtemps une source d’inspiration pour connaître de mieux en mieux la vie qui nous entoure mais aussi – à ce qu’il parait – un réservoir exceptionnel de nouveaux médicaments.

En faisant quelque recherche sur internet je suis tombé sur un article intéressant de Murielle Toussaint.
http://www.arsitra.org/yacs/articles/view.php/1498/les-animaux-therapeutes

Dans ce texte sur les « animaux thérapeutes » on découvre par exemple le fait que le venin de serpent est utilisé contre la maladie d’Alzheimer et celui d’abeille est employé contre les rhumatismes. On y découvre aussi des fourmis capables de détecter le diabète ou aussi les poissons pédicures !

Murielle Toussaint nous parle aussi de l’asticothérapie, sujet que j’ai trouvé sympa de vous présenter brièvement. D’après la définition de wikipedia, l’asticothérapie, ou larvothérapie, désigne le soin apporté à une plaie des tissus mous par les asticots de la mouche verte (Lucilia sericata). Comme on peut le lire, les asticots de cette mouche ont la propriété de ne consommer que les tissus nécrosés, de faciliter la cicatrisation des tissus sains en stimulant la production de tissus cicatriciels, tout en désinfectant les plaies sans usage d’antibiotiques.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Asticoth%C3%A9rapie

Cette thérapie connue depuis l’ancien Egypte est aujourd’hui réétudiée et appliquée dans des cas particuliers.  Les larves sont élevées dans des conditions stériles et utilisées comme alternative à d’autres thérapies.

Je tenais à faire cette petite introduction car je trouve que le monde animal et végétal qui nous entoure réserve encore bien des surprises étonnantes. La richesse de la vie qui nous entoure doit susciter notre respect envers elle, sans oublier par ailleurs que d’après la science, nous sommes aussi des animaux !

Au-delà de ces quelques curiosités, j’aimerais parler maintenant des animaux qui partagent plus souvent notre quotidien et qui depuis bien des années n’ont plus besoin de travailler pour nous pour gagner leur pain quotidien : il leur suffit d’être nos compagnons. Chiens et chats partagent souvent nos foyers en tant que membres des nos familles. Une question parait légitime : pourquoi ? Qu’est-ce qui fait qu’on soit même parfois prêt à dépenser nos économies pour eux ? Pourquoi certains d’entre nous aiment autant leurs compagnons à quatre pattes ? La réponse est simple : nous aimons nos compagnons car nous nous sentons bien avec eux. Bref, la présence de chiens et chats, peut être très positive et bénéfique pour grand nombre d’êtres humains.

C’est d’ailleurs, comme je vous disais, ce qui m’est arrivé aussi, et la raison qui m’a poussé à préparer ce dossier. J’ai toujours partagé ma vie avec des animaux domestiques, et j’ai constaté sur moi les bienfaits de leur présence dans ma vie.

Il est clair qu’un chat, un chien, un cheval, mais même un lapin ou un petit oiseau peut devenir vite un confident et un ami, que ce soit pour les enfants, les adultes ou les personnes âgées. C’est d’ailleurs à cause de ces animaux domestiques que la science a commencé à s’intéresser de plus en plus sérieusement à leur pouvoir bénéfique sur la santé humaine.

Comme le rappelle la présidente de l’association de zoothérapie suisse, Rachel Lehotkay, les recherches scientifiques ont démarré vraiment dans les années 90 suite à une étude qui a montré que des personnes ayant eu un accident cardiaque avaient un pourcentage de survie plus grand lorsqu’elles partageaient leur vie avec un animal domestique. Le contact physique avec un animal a un pouvoir calmant qui peut être mesuré au niveau physiologique.

D’après Alan Schoen, les recherches récentes ont mis en évidence toute une série d’effets bénéfiques provoqués par la compagnie d’animaux sur les êtres humains :

  • Stabilisation et régulation de la pression artérielle;
  • Augmentation de la survie de patients atteints de maladies cardiaques;
  • Augmentation de la coordination, la force musculaire, la posture, chez les enfants, ou les personnes à mobilité réduite

Plus tous les effets positifs sur le comportement et la sociabilité :

  • Augmentation de l’estime de soi;
  • Aide à la socialisation des adolescents ou des personnes avec des problèmes de réinsertion sociale;
  • Soulagement de l’anxiété et d’autres troubles psychiatriques.

A ce point du dossier, il me parait essentiel de préciser ce qui m’a dit Rachel Lehotkay. Le bien-être moral ou physique qu’on peut ressentir en présence de notre propre animal de compagnie même s’il est remarquable et assurément positif n’est pas la zoothérapie.

La zoothérapie, aussi appelée intervention assistée par l’animal, est comme son nom l’indique, une thérapie menée par des êtres humains -psychologues, pédagogues, médecins, physiothérapeutes ou autres professionnels de la santé- à l’aide d’un animal.
L’animal n’est en quelque sorte rien d’autre qu’un « media », comme pourrait l’être l’art dans l’art-thérapie ou la musique ou dans la musico-thérapie.

Devenir zoo-thérapeute demande donc tout d’abord une préparation dans le milieu soignant. Il faut être à la base un professionnel de la santé qui a envie par la suite de se former pour intervenir lors des séances de thérapie avec des animaux, essentiellement chiens, chats, chevaux, oiseaux ou rongeurs.

De leur côté, les animaux qui assistent les zoo-thérapeutes doivent aussi répondre à plusieurs critères : les chiens, par exemple, doivent avoir eu une bonne éducation de base et doivent montrer un bon caractère sociable. Le thérapeute quant à lui, devra faire en sorte de bien connaitre son animal et de bien gérer ses qualités et ses défauts par rapport aux patients.

Une autre chose qui m’a semblé très intéressante est la protection des animaux utilisés en thérapie. Chiens et chats captent beaucoup plus d’informations sur nous de ce que nous croyons, ils peuvent ainsi avec un premier regard se rendre compte de notre état physique ou émotionnel. Tout comme nous, en présence de certaines personnes dans des états pathologiques particuliers, les animaux peuvent donc capter le malaise, l’agitation, la peur, et ils ont par la suite besoin de se reposer et de récupérer. Pour cela, un animal qui accompagne un zoo-thérapeute ne peut pas travailler plus de 2 heures par jour, et le thérapeute doit être extrêmement attentif aux besoins de son animal, ainsi qu’à ses signes de détresse ou d’apaisement.

En Suisse, la zoothérapie commence à faire partie des autres thérapies officiellement reconnues et employées même dans les hôpitaux. Par exemple Rachel Lehotkay, en plus de donner des consultations dans son bureau à l’aide de deux chats et un chien, intervient régulièrement avec son chien Max à l’hôpital de Genève dans l’unité de psychiatrie.

Et les domaines de la santé où la zoothérapie s’avère utile sont très nombreux et vont de la psychiatrie, à la physiothérapie et aussi à l’ergothéraphie.

Dans les pays anglo-saxons, aux Etats-Unis ou au Canada, la zoothérapie est encore plus intégrée dans les programmes de soins qu’ici.

Voici quelques vidéos sur l’argument :

http://www.youtube.com/watch?v=fbBguMj7bEg (note d’Alan: cette vidéo-ci n’est malheureusement pas intégrable, sorry)

Voici un autre lien intéressant qui contient beaucoup d’information sur les relations homme-animal :
http://www.iemt.ch/index.php/liens.html

Personnellement, après avoir exploré un peu la question de la zoothérapie, je trouve qu’il s’agit d’une discipline sérieuse avec beaucoup de potentiel. De plus, je suis de plus en plus convaincue que les animaux qui nous entourent sont pleins de ressources et qu’ils méritent notre respect total, ainsi qu’une saine envie de communiquer avec eux, en les comprenant et en les « écoutant ».

Je remercie les organisateurs du podcast pour m’avoir donné la possibilité de présenter ce beau sujet et je remercie également Rachel Lehotkay pour les informations précises qu’elle m’a fournies. A ce propos, je rappelle à tous ceux qui seraient intéressés qu’elle organise une conférence tout public à Genève pour le mois de mai 2012. Vous trouverez toutes les informations sur son site.
http://www.rachelzootherapie.ch/

Lia

 

Illustration : les maladies expliquant le mythe du vampire

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illustration vampire
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Podcast science 64 – Les maladies expliquant le mythe du vampire

Dossier de la semaine

Par notre nouvelle recrue, Hélène Arnal (l’auteure du blog Sciences au Cinéma) : les maladies pouvant expliquer le mythe des vampire

L’illustration de la semaine

Yep, petits veinards que nous sommes, Lucile est passée par là pour compléter le dossier d’Hélène de sa touche créative

Retour sur les émissions précédentes

SIDA

Message de Xilrian

hello, j’ai peut être une sorte de réponse à la question “pourquoi est-ce que le virus est apparu à ce moment et pas à un autre?”
Mais ça rejoint en grande partie ce qui a déjà été dit dans le podcast
En fait j’ai aussi eu un cours d’histoire des science sur le sujet…
Et la thèse de mon prof (appuyé aussi sur le fait qu’on sait qu’il y a eu plusieurs contaminations du singe vers l’homme durant cette courte période) est tout simplement que vraisemblablement, il y a eu une multitude de contaminations au cours de l’histoire humaine. Mais la relative faible efficacité de la transmission sexuelle (on est significativement en-dessous d’un pourcent pour une relation hétérosexuelle classique et à quelques pourcents pour un rapport anal) cumulée à l’organisation en sédentaire et en villages de la société africaine à l’époque n’a jamais permi l’apparition d’une pandémie (au pire à la disparition d’un village).
Pour lui c’est le cumul “transition démographique” + “mouvement important de populations” + “campagnes de vaccination effectuées souvent sans stérilisation” + “transmissions sanguines” qui ont permis l’épidémie. Exactement les même facteurs qu’indique Franck en fait, sauf que mon prof insiste beaucoup moins sur les facteurs sexuels qui sont pour lui surestimés comme moteur du démarrage de l’épidémie (mais lui ne s’intéresse qu’à l’Afrique)

Réponse de Franck

Oui Xilrian, la probabilité de contamination sur un rapport est très faible, cette info est volontairement très “cachée” dans la communication moderne sur le sujet car elle n’encourage clairement pas à la précaution, et c’est d’ailleurs pour ça que je n’en ai pas parlé non plus. Quand on va que les couples hétéros sérodiscordants qui ne se protègent pas on un taux de contamination d’environ 20% à l’année, on se dit que la voie sexuelle est effectivement à minorer.

Pourtant quand on regarde l’Amérique, il n’y a pas ces mouvements importants de population et ces campagnes de vaccination. Et pourtant l’épidémie y éclate aussi fort qu’en Afrique. Enfin, c’est à discuter mais, c’est une question assez passionnante je trouve.

Il y a aussi les thèses un peu surprenantes actuelles du professeur Montagnier, qui parle beaucoup de la nutrition et de l’état général du système immunitaire, qui expliquent selon lui au niveau d’une population, la propagation de l’épidémie. C’est peut être pas n’importe quoi ?

Merci en tout cas pour le retour!

Retour sur les planètes habitables (Mathieu):

http://fr.wikipedia.org/wiki/Kepler-22b
Cette semaine la NASA a confirmé la découverte d’une nouvelle planète habitable située hors de notre système solaire mais ressemblant à la Terre. Baptisée Kepler-22b, la planète a un rayon 2,4 fois supérieur à celui de la terre, une sorte de super-terre. On ne connaît pas sa composition (roche, liquide, gazeuse) et il semble probable qu’elle ait une atmosphère (pas encore confirmé). La température à sa surface (environ 22°C) pourrait être propice à une éventuelle apparition de la vie.

Mais encore…

Jonkalak: Rumeurs d’observations du boson de Higgs au LHC

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/physique-1/d/rumeurs-dobservations-du-boson-de-higgs-au-lhc_35097/#xtor=RSS-8

Des rumeurs circulant aujourd’hui dans la blogosphère des physiciens font état de signaux que l’on peut interpréter comme les produits de désintégration du fameux boson de Higgs. La « signifiance » de ces observations est de 3,5 sigma et 2,5 sigma, respectivement dans Atlas et CMS, les deux détecteurs géants du LHC.

Il semblerait que ce boson de Higgs ait pointé le bout de son nez dans deux détecteurs différents (Atlas et CMS) du LHC et que les mesures conduisent dans les 2 cas à des masses similaires, à savoir environ 125 GeV. Une masse de 125 GeV pourrait impliquer que la nature emploie effectivement la supersymétrie pour unifier les particules de matière et d’interactions. Il semblerait aussi qu’une telle valeur est celle que l’on doit attendre dans le cadre de certaines formulations de la théorie des supercordes, plus précisément la théorie M.

Le 13 décembre 2011 se tiendra au Cern un séminaire où seront présentés les derniers résultats de la chasse au boson de Higgs activement menée au LHC.

Annonces

Le concours de la 500ème dose de SSAFT

(Piqué/collé tel quel depuis http://ssaft.com/Blog/dotclear/index.php?post/2011/12/05/Le-concours-de-la-500eme-dose-de-SSAFT)

Incroyable! 500 articles sur SSAFT, ça se fête!
Pour l’occasion, j’ai même voulu marquer le coup avec un évènement un peu classieux. Alors au début, mon idée de proposer ma candidature aux présidentielles avec le parti Strange et Funky semblait la meilleure (c’est dire à quel point j’avais réfléchi à la question)… mais après mûres et sobres réflexions j’ai décidé d’organiser un…

GRAND CONCOURS STRANGE AND FUNKY

Vous avez toujours rêvé de jouer au vulgarisateur scientifique, vous aimez écrire, dessiner, faire des animations ou jouer au reporter? Ce concours est fait pour vous!

Tâchons d’être simple et concis pour vous expliquer le quoi du qu’est-ce:

Le But:
Réaliser une œuvre de vulgarisation scientifique, à la manière de SSAFT: des sujets étonnants, de l’humour, de l’imagination et beaucoup de Funk!

4 Thèmes:
La vulgarisation scientifique Strange et Funky, ça peut se faire de plein de manières différentes. Pour varier les plaisirs vous devrez choisir de produire soit:
– Un article de blog de 1000 mots (et maximum 10 images ou vidéos).
– Une planche de BD d’1 page au format A4.
– Un enregistrement audio d’1 minute.
– Une vidéo d’1 minute.

Vous avez le droit de participer à chacun des thèmes, mais une seule production par thème par contre.

Les Moyens:
Tout le monde ne peut pas se payer une licence Photoshop ou des mixeurs de malade pour le travail d’édition nécessaire à vos productions. Heureusement,ArtScienceFactory propose, en bas de sa page de présentation, plusieurs weboutils gratuits à l’utilisation et qui pourront vous aider!

Une Deadline:
Le 20 Janvier soit dans 1 mois et 15 jours (et pour la Saint Sébastien… spéciale cacedédi à élise). Y’a même un évènement Facebook pour vous rappeler la Deadline!

Une adresse:
Et oui, il faut bien envoyer vos belles productions quelque part! Toutes doivent être au format électronique et envoyées à mon adresse: pierrekerner (at) yahoo (point) fr
Si vous avez un souci pour des fichiers trop volumineux, contactez moi quand même et on s’arrangera entre nous.

Pleins de cadeaux:
Pour tous les gagnants du concours, la gloire est au Rendez-Vous. Une fois que la meilleure production de chaque thème sera déterminée, non seulement elle sera publiée sur SSAFT, mais en plus j’enverrai au gagnant des ptits cadeaux SSAFTeux surprise.

Le plug culturel de la semaine

3 RENDEZ-VOUS UNIQUES POUR EN SAVOIR PLUS SUR les MÉTÉORITES, les ÉTOILES et la COSMOCHIMIE

Dans le cadre des Rendez-Vous du Muséum, le public (à partir de 14 ans) est invité par 3 fois à partir à la découverte du Cosmos avec Matthieu Gounelle, professeur et spécialiste des météorites au Muséum national d’Histoire naturelle !

Qu’est-ce qu’une météorite ?
Comment se forment les étoiles ?
Comment naît une planète ?
Autant de questions qui trouveront réponses les jeudis 1er, 8 et 15 décembre prochains.

PROGRAMME
– Jeudi 8 décembre 2011 > Physico-chimie du milieu interstellaire et des disques protoplanétaires / La Cosmochimie
Comment les propriétés de certaines météorites, appelées les chondrites, nous permettent d’élucider les processus physico-chimiques dans les nuages moléculaires (là où se forment les étoiles) et dans les disques protoplanétaires (là où se forment les planètes).

– Jeudi 15 décembre 2011 > Des météorites aux planètes / La Cosmochimie
Quels sont les mécanismes qui conduisent à la fabrication des planètes ? Lien avec les planètes extrasolaires.

Lieu et horaires :
Le jeudi à 18 h (ouverture des portes dès 17 h 30)
Grand Amphithéâtre du Muséum
57 rue Cuvier 75005 Paris
Entrée gratuite et libre
dans la limite des places disponibles (300 places)
http://www.jardindesplantes.net/histoires-de-chutes

 Enfin, la quote de Mathieu

Le propre de l’erreur, c’est de se prendre pour la vérité – René Descartes

Prochain enregistrement le mercredi 14 décembre, avec Lia si tout va bien. D’ici là, une excellente semaine!

 

Dossier – Les maladies expliquant le mythe du vampire

Dossier présenté par Hélène dans l’épisode #64.

Le mythe du vampire se retrouve dans le monde entier.  Le vampire est un mort qui se nourrit de sang. Dans notre conception occidentale, il est donc pâle et possède des canines plus pointues que la normale. Il se protège du soleil en retournant dormir dans son cercueil. Il serait repoussé par l’ail, les crucifix et on le tuerait d’un pieu dans le corps.

Le mythe arrive des Balkans en Europe occidentale avu XVIIIe siècle. A cette époque, des accusations de vampirisme furent étudiées par les autorités autrichiennes dans les Balkans récemment reconquis au Turcs. Cela enthousiasma les intellectuels européens d’étudier un mythe à l’époque des Lumières.

Les mythes étant un récit cherchant à expliquer des phénomènes naturels ou des coutumes, on a eu de cesse de chercher des explications aux vampires. Il est fort probable qu’il s’agisse de plusieurs phénomènes mal compris.

Parmi ceux-ci, il y a la mauvaise décomposition des corps. En temps d’épidémie, il n’était pas rare de rouvrir des fosses communes ou, en temps normal, de rouvrir des tombes quand on soupçonnait quelqu’un d’être un vampire. Il était alors donné à voir des corps en décomposition et dans certains cas des corps non-décomposé. Les cadavres peu décomposés ont un tient rosé, sont gonflé par les gaz dû à la décomposition interne (par les bactéries de notre estomac) ce qui donne une impression de vie. La peau se contracte ce qui donne alors l’impression que les ongles et les cheveux continuent de pousser et que les dents sont plus proéminentes. Quand on perce le corps avec un pieu, le gaz s’échappe donnant l’impression d’un râle et d’un affaissement du corps. On retrouve ce genre de décomposition très lente dans des terres avec de fortes teneurs en arsenic où les décompositeurs ne peuvent pas vivre ou dans les terres très froides.

Des meurtriers particulièrement sadiques ont également alimenté le mythe. Deux de ces tueurs sont particulièrement lié au mythe du vampire.

Vlad Tepes
(ou l’Empaleur) le véritable Dracula était un prince roumain qui vécut au XIVe siècle. Après avoir été emprisonné par les turc durant son enfance, il se battit contre ces derniers et ne se gênait pas pour empaler ces ennemis défaits qu’ils soient militaires ou civils. Sa légende, surement amplifiée à des fins politiques, est celle d’un vampire et a servi de base à Bram Stoker pour écrire son Dracula.

Le deuxième cas est l’aristocrate hongroise Elisabeth Bathory dont la légende populaire dit qu’elle se baignait dans le sang de vierges pour rester éternellement jeune. Elle a réellement torturée et tuée entre 35 et 650 jeunes filles et fut emmurée vivante. Sa fascination pour le sang est avérée et elle était probablement mentalement instable dû à la consanguinité de ses parents.

Si aujourd’hui on les désignerait sous le terme tueur en série, à l’époque on “expliquait” ces agissements par le surnaturel et si les crimes étaient particulièrement sanglants, on utilisait le terme de vampire. D’ailleurs des tueurs en série plus récent ont été surnommé vampire par les médias.

Certains médecins ont fait le parallèle entre les signes caractéristiques des vampires et des symptômes de certaines maladies.

Les porphyries

En 1985, le biochimiste David Dolphin a émis l’hypothèse d’un lien les porphyries entre et les mythes des vampires et des loup-garous. Il s’agit de maladies génétiques rares ou dues à une intoxication aux métaux lourds. Dans ce dernier cas, elle est réversible si l’intoxication n’a pas eu lieu au stade fœtal ou dans les premières années de vie. Elles entrainent une accumulation de molécules précurseurs de l’hème (porphyrines). L’hème est la partie non-protéique de l’hémoglobine. Cette partie est celle qui s’attache au fer qui transporte l’oxygène en s’oxydant. 4 molécules d’hèmes se combinent avec 4 protéines dites globules pour former l’hémoglobine constituant des globules rouges.

L’hème est fabriqué par l’organisme à partir de deux molécules. L’une venant du cycle de Krebs qui transforme le sucre en énergie (succinyl-CoA) et l’autre est un acide aminé (glycine). Ces deux molécules sont transformées par une série de protéines en hèmes. Toutes les protéines sont codées par des gènes et une mutation peut rendre l’une d’elles inefficace et donc empêcher la formation d’hème. Selon la protéine touchée, on précisera le type de porphyries. Les molécules précurseur de l’hème s’accumulent alors dans l’organisme entrainant divers symptômes. Parmi eux, il y a des cas de destruction de la peau lors d’exposition au soleil obligeant les malades à éviter la lumière du jour, une coloration rougeâtre des dents et des ongles (les molécules sont des pigments violet-rouge), une nécrose de la gencive faisant anormalement ressortir les dents, une croissance rapide des cheveux. Certains malades sont allergiques à l’allicine qui se trouve principalement dans l’ail. Bref de quoi rappeler les descriptions légendaires des vampires.

Il est possible de soulager les malades avec des transfusions sanguines. Certains pensent qu’avant la mise en place de cette pratique, les malades auraient pu boire du sang mais cette idée semble peu probable car l’hémoglobine est dégradée lors de la digestion.

Pour certains spécialistes, il est plus probable que les auteurs de la fin du XVIIIe et du XIXe eu connaissance de cette maladie et s’en soit inspiré pour créer leurs vampires. En effet, cette maladie devait être assez répandue dans l’aristocratie. On pense ainsi que Mary, reine d’Ecosse, son descendant George III d’Angleterre, ainsi que d’autres membres de cette famille furent atteint par cette maladie. Cette hypothèse se base sur les rapports médicaux et des tests sur des descendantes de cette famille.

Cette maladie reste trop rare pour être à elle seule pour expliquer le mythe des vampires mais certains malades ont dû être exclus de leur communauté et probablement suspecté de vampirisme.

La tuberculose pulmonaire

La tuberculose pulmonaire est une des maladies souvent proposée pour expliquer les vampires. La tuberculose est due à une mycobactérie appelée couramment bacille de Koch ou de son nom savant Mycobacterium tuberculosis. La forme la plus connue et la plus répandue est la forme pulmonaire mais il existe également des formes osseuses, ganglionnaires, rénales, cutanés… C’est une maladie fortement contagieuse car les bactéries sont transmises par l’air (comme le rhume) et qu’elles sont très résistantes dans l’air. Elle est soignée à partir du XIXe siècle dans les sanatoriums puis à partir des années 1950 par les antibiotiques. Il faut noter qu’une primo-infection est le plus souvent latente quand le “malade” est en bonne santé et vie dans de bonne condition (80 à 95 % des personnes). Même si elle est devenue rare dans nos pays, elle reste importante dans les pays du tiers monde où elle fait des ravages chez les malades du SIDA. Elle tue tous les ans 2 millions de personnes.

Les symptômes de la forme pulmonaire sont d’abord un amaigrissement et une perte d’appétit, une langueur, une faible fièvre durant plusieurs mois et surtout une toux accompagnée parfois de crachat de sang. Du coup, certains malades compensaient la perte de sang en en consommant. Les tuberculeux ont également les yeux rouges ou jaunes ce qui créaient une sensibilité à la lumière. On retrouve bien les symptômes d’un vampire : la pâleur, du sang à la bouche (voir de la consommation de sang), la fatigue et l’évitement de la lumière du soleil.

De plus, du fait de la grande contagion de cette maladie, il n’était pas rare qu’une famille entière en meure. La croyance était alors que le premier mort était un vampire qui revenait chercher les autres membres de sa famille. Ce fut le cas Mercy Brown au XIXe siècle en Nouvelle-Angleterre. Elle a 19 ans quand elle meure de la tuberculose comme sa mère et sa sœur aînée peu de temps avant elle. Deux mois après sa mort, son frère tombe malade. Le père, se demandant si ce n’était pas dû à un vampire, fait exhumer les corps. Le corps de la mère et de la sœur aînée s’était normalement décomposé mais le corps de Mercy a été bien conservé par le sol presque gelé. Du coup Mercy fut accusé d’être le vampire. Son cœur fut arraché, son corps brûlé et on donna à boire à son frère une mixture préparer à partir de ses cendres et de son cœur pour le protéger. Bien sûr ça ne servit à rien et il mourût quelques semaines plus tard.

La rage

La dernière maladie proposée pour expliquer le mythe est la rage. Cette théorie repose sur les anciennes légendes européennes qui font – au moyen-âge – pas ou peu la différence entre loup-garou et vampire. Cette ressemblance viendrait des symptômes de la rage. La rage se transmet par morsure ou léchage ce qui correspond au mode de transformation tant chez les vampires que chez les loups-garous. A noter que le loup et la chauve-souris, les deux animaux liés à ces êtres surnaturels, peuvent être vecteurs de cette maladie. En effet contrairement à la bactérie de la tuberculose, le virus de la rage ne survie pas à l’air libre.

La maladie est due à un virus à ARN du type Lyssavirus qui se propage dans le système nerveux et gagne le cerveau via les nerfs. C’en suit une période d’incubation qui dure entre quelques jours et quelques mois. Ensuite, les malades développent les symptômes qui aboutissent toujours au décès entre 2 à 10 jours.  Les premiers symptômes sont une fièvre et la blessure qui reste douloureuse. Il existe alors deux formes, la plus célèbre est la forme furieuse et représente environ 70% des cas, les malades deviennent alors anxieux, confus, agités voir agressifs. Des hallucinations apparaissent ainsi qu’une hydrophobie (peur de l’eau). La deuxième forme est “paralytique” où le patient est progressivement paralysé à partir de la blessure. Cette forme a une progression plus lente.

Il est néanmoins possible de soigner la maladie en la traitant avant l’apparition des symptômes. Il suffit de bien  nettoyer la plaie au savon puis il est recommandé de suivre un traitement à base d’antibiotique et de se faire vacciner. Le traitement est complété avec des injections de sérum, c’est-à-dire d’anticorps contre la rage. L’effet curatif du vaccin en a fait son succès dès sa découverte par Louis Pasteur.

Par la vaccination des humains puis des animaux vecteurs, il a été possible d’éradiquer la rage en France métropolitaine et en Suisse (et dans la plupart des pays l’Europe de l’ouest en général). La maladie reste présente dans de nombreux pays et fait plus de 55 000 morts chaque année. La plupart des cas ont été transmis par les chiens (99%) et 15 millions de personne reçoivent les traitements en prévention.

Le lien entre le mythe du vampire a été proposé par le neurologiste espagnol Juan Gómez-Alonso. Il a découvert que 25% des hommes infectés avait tendance à mordre les autres. Il décrit également la peur des vampires pour l’ail et la lumière pouvait être expliquée par une hypersensibilité. La vie nocturne et l’appétit sexuel proviendrait des trouble du sommeil induit par la maladie. Enfin il explique qu’une des façons traditionnelles de savoir si une personne est porteuse de la rage est qu’elle ne puisse pas se regarder dans un miroir. De là à ne pas avoir de reflet, il n’y a qu’un pas.

Conclusion

D’autres maladies sont parfois citées pour expliquer le mythe du vampire comme les épidémies de peste bubonique dans sa forme pneumonique, le lupus erythematosus,  la catalepsie ou le xeroderma pigmentosum…

Si aucune de ces maladies ne fait l’unanimité pour expliquer le mythe du vampire, c’est qu’il est construit sur des croyances et des récits divers. Psychologues et sociologues se sont également emparé du mythe pour y trouver une raison : peur de la mort, opposition du bien et du mal, le désir sexuel…

Le vrai pouvoir surnaturel du vampire est sa capacité d’adapter son mythe au monde qui l’entour. Si le mythe pouvait être explicatif devant certains phénomènes et maladies depuis la nuit des temps, il a réussi à survivre aux explications rationnelles en entrant dans le domaine de la littérature.

Podcast science 63 – SIDA: l’histoire d’une épidémie

Le dossier de la semaine

Dossier brillant cette semaine, par notre nouveau podcasteur Franck, qui vient de réussir son tour d’essai: SIDA, les causes d’une épidémie

Dans la foulée, nous rappelons également que le 1er décembre (jeudi) est la journée mondiale de lutte contre le sida (journée internationale consacré à la sensibilisation de la pandémie du sida)

Retour sur les émissions précédentes

#62 – Retour sur l’épisode de la semaine passée (Interview Clément Michoud, la géologie qui sauve des vies):

Xavier Agnès En complément du dernier numéro :
Dossier > Les risques géologiques
www.futura-sciences.com
Les risques géologiques : Nos sociétés humaines sont confrontées en permanence à des risques majeurs, de deux types : les risques géologiques (ou naturels) et les risques artificiels. Quels sont-ils ? Quelle est leur fréquence et quelles sont leurs conséquences en France et dans le monde…..

#53 – Retour sur l’interview de Julien Stervinou (Des composites et des voitures volantes). Comme annoncé la semaine dernière, l’interview a été complètement retranscrite par notre ami Draculito et elle est désormais disponible en ligne. » retranscription

Un immense merci à Draculito pour cette retranscription (c’est un boulot de fou!)

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Thibaut Lacroix Science at Stanford University

J’ai commencé les cours de mécanique quantique (donnés par Leonard Susskind – http://fr.wikipedia.org/wiki/Leonard_Susskind ), c’est très intéressant et, là où j’en suis, abordable avec un niveau terminale. Thibaut Lacroix. La liste des cours de Susskind http://en.wikipedia.org/wiki/Leonard_Susskind#Modern_Physics:_The_Theoretical_Minimum

Plug culturel

Concours “NOUVELLES AVANCEES”

L’ENSTA (École Nationale Supérieure de Techniques Avancées) lance, en écho au 6e Forum Mondial de l’eau (http://www.worldwaterforum6.org/fr/accueil/) qui se tiendra à Marseille en mars 2012, la 3e édition de son concours de nouvelles.

Le principe est simple: il s’agit d’écrire une nouvelle en 12’000 signes max. et de l’envoyer aux organisateurs avant fin janvier. La nouvelle doit parler d’eau, évidemment.

“Réaliste ou fantastique, historique, contemporaine ou d’anticipation, votre nouvelle devra mettre l’élément « EAU » au cœur de son propos. Une approche scientifique, technique ou géopolitique aurait les faveurs du jury.”

Le concours prévoit deux catégories de participants: “grand public” et “élèves” (attention, pour cette dernière catégorie, seules certaines écoles sont reconnues, voir le règlement http://concours-nouvelles.ensta-paristech.fr/index.php?regl )

Les prix sont plutôt sympa:

1er prix pour la catégorie “grand public”, une croisière en Méditerranée pour deux personnes, dans le cadre des « Croisières du Savoir Sciences et Avenir », du 27 mai au 4 juin 2012.

1er prix pour la catégorie “élèves”, un chèque de 3’000 euros

Et bien sûr, la publication des nouvelles, et la gloire!

www: http://concours-nouvelles.ensta-paristech.fr/
twitter: @NouvellesA http://twitter.com/NouvellesA 

Le joyeux petit monde des podcasteurs

Excellent 2e épisode du podcast #12minutesde de @xilrian: #Newton comme vous ne l’aviez jamais imaginé, alchimiste, maître de la monnaie, prêt à se déguiser en petite vieille pour débusquer les faux monnayeurs: http://12minutesde.com/2011/11/episode-2-30-minutes-dhistoire-disaac-newton/ Un régal!

La quote de Mathieu

If Plan A fails, remember that you have 25 letters left – Clint Bond

Traduction: Si le plan “A” échoue, rappelez-vous qu’il vous reste 25 lettres!

Source: https://plus.google.com/103415927310206284806/posts/jCz4RcntGwe

Prochain enregistrement le mercredi 7 décembre 2011 avec Hélène Arnal, notre seconde nouvelle podcasteuse-padawannette nous parlera des maladies qui peuvent expliquer le mythe des vampires. Bonne semaine!

Dossier: SIDA – les causes d’une épidémie

Dossier de l’épisode #63.

I – L’épidémie

 

Premiers cas déclarés à Los Angeles

Fin 1979, un médecin de LA, le Dr Weisman, remarque l’augmentation des cas de syndrome mononucléosique chez ses patients homosexuels.

Le syndrome mononucléosique cliniquement, correspond à un état de fatigue, accompagné d’une augmentation de la taille des ganglions, de myalgies, et de fièvres. Du point de vue biologique, il retrouve chez ces patients une diminution d’une sous-catégorie des globules blancs, les lymphocytes T CD4 +.

Chez ces patients, ce syndrome mononucléosique est accompagné de diarrhée et de mycoses anales et buccales. Il faut savoir que les champignons ne s’attaquent normalement pas au corps à ces endroits là, ils sont rapidement détruits par le système immunitaire. Quand on a des mycoses au niveau buccal, c’est systématiquement (ou presque) parce qu’on a un affaiblissement de l’organisme qui devient incapable d’empêcher leur développement.

Ces signes d’immunodépression sont attribués par le Dr Weisman a priori à une infection par le Cytomégalovirus. Il s’agit d’un virus très répandu dans la population mondial, de la même famille que l’herpès, et a priori inoffensifs, saufs dans certaines situations inhabituelles, notamment d’immunodépression.

Les causes de ce syndrome mononucléosique avec immunodépression restent obscures pour le Dr Weisman.

A l’automne 1980, l’un de ces cas est hospitalisé à la suite d’une grave pneumonie. Là, un autre médecin, à l’hôpital de los Angeles, le docteur Gottlieb rapproche ces cas d’un autre malade hospitalisé au début de l’année avec une même diminution de lymphocytes T4, et le même diagnostic, une pneumocystose à pneumocystis carinii, maladie opportuniste rarissime. Il était homosexuel également.

Le docteur Gottlieb contacte le département de santé publique du comté de LA, qui retrouve dans ses fichiers un cas similaires. On est donc à 3, diagnostiqués avec cette infection grave et rarissime, et cette immunodépression. Aucune explication n’est trouvée. Et l’affaire en reste là sans autre suite.

Le temps passe et 2 autre patients similaires sont hospitalisés, ce qui nous porte à 5 patients au total, atteints de pneumocystose à LA. Tous sont des homosexuels masculins, tous sont jeunes (la trentaine), et tous présentent cette même immunodépression, liée en fait à une diminution d’une catégorie de GB, les lymphocytes T CD4+. Aucune explication n’est retrouvée par les Dr Gottlieb et Weismann. Les deux médecins prennent alors la décision d’envoyer un article au CDC américain, le center for desease control, équivalent de l’InVS français, institut national d’épidémiologie.

L’article arrive sur le bureau de James Curran, alors responsable des MST au CDC, qui est alors chargé de réfléchir à l’opportunité d’une publication nationale.

La légende dit qu’il a pris connaissance de l’article, il l’a annoté par un “Hot stuff” (ou “truc chaud”, ou « c’est du lourd ») et appuie sa publication. La suite des évènements lui donne évidemment raison. Mais cet article passe relativement inaperçu dans la communauté médicale. Il faut signaler que l’article n’est pas publié en première page et que toute mention aux homosexuels a été retiré afin d’éviter une stigmatisation de la communauté gay pour des faits encore incertains.

L’article rapporte entre autre : “que l’apparition de la pneumocystose chez ces 5 individus, précédemment sains et sans signes cliniques d’immunodépression est inhabituelle” L’infection par CMV est citée comme facteur étiologique possible, voire probable. Son rôle dans la pathogénèse demeure “énigmatique”. La conclusion est prudente et prophétique : “Dysfonction de l’immunité cellulaire [=immunodépression] liée à une exposition commune qui prédispose les individus aux infections opportunistes“.

Difficulté ainsi de relier les cas à d’autres dans le pays.

C’est la première publication mondiale concernant le VIH, elle est datée du 5 juin 1981. Cependant, encore une fois elle est trop discrète et n’a pas d’écho réel.

 

Pendant ce temps à New-York

NYC comporte plusieurs écoles de médecine, alors qu’il n’y en a que deux à LA. Le rapprochement des cas y est plus difficile qu’à Los Angeles…

Cependant plusieurs indices de l’épidémie naissante transparaissent, et l’un des premiers d’entre eux vient d’une technicienne de pharmacie, Sandra Ford qui prévient en 1980 le directeur du service des maladies parasitaires de son service que la consommation de pentamidine (traitement de la pneumocystose) explose à New-York. Le mémo ne donne rien.

Dr Linda Laubenstein, qui dès 1979 observe des cas de Sarcome de Kaposi, au total 8 cas jusqu’en 1981. Le sarcome de Kaposi est une maladie de la peau rare, cancéreuse, touchant habituellement les hommes âgés. Ici les hommes sont jeunes, tous homosexuels. Les cas sont donc très énigmatiques pour le Dr Laubenstein.

Après concertation avec d’autres médecins New-Yorkais, ils préviennent le CDC d’Atlanta. Dr James Curran est chargé d’un groupe de travail sur le sarcome de Kaposi et les infections opportunistes (KSOI). Une nouvelle publication est faite par le CDC à la suite du rapprochement avec les cas de New-York. Cette fois les homosexuels sont évoqués, et de nouveaux cas sont rapprochés : Elle s’intitule “Sarcome de Kaposi et Pneumocystose chez les homosexuels à New-York et en Californie. Elle évoque 26 cas de sarcome, dont 8 décès. Et 8 nouveaux cas de pneumocystose.

Parallèlement, une première publication a lieu dans le New-York Times « Un cancer rare chez 41 homosexuels »

Ces deux publications du 3 et 4 juillet 1981, alertent réellement la communauté scientifique, et gay, et l’opinion publique. Aucune explication n’est trouvée, le virus CMV est toujours évoqué, ainsi que les poppers consommés par cette population. Personne n’a d’explication. D’autres agents viraux sont mentionnés : EBV (qui donne des lymphomes), et virus de l’hépatite B, qui se répand par voie sexuelle et sanguine.

L’été 1981 s’écoule dans l’attente et l’inquiétude. Tout le monde espère que ce début d’épidémie est lié à une contamination environnementale, une exposition à un agent toxique, et non à une infection par un germe contagieux…

A la fin de l’été, un nouveau rapport est publié : les prévisions les plus pessimistes sont dépassées : plus de 100 cas et la létalité observée est supérieure à 40%, les survivants sont tous en mauvaise passe. Pire, deux cas sont rapportés à Copenhague, au Danemark. La situation empire (fréquence des cas augmente avec des diagnostics rétrospectifs).

Les premiers articles scientifiques spécialisés vont commencer à sortir et la traque du germe va commencer.

L’épidémie commence

On parle à cette époque du Gay Cancer, ou de la Gay-Related Immune Deficiency (GRID). Les scientifiques cherchent un agent infectieux, à transmission sexuelle, pouvant être responsable de ces cancers, sans succès. Les explications liées à une cause environnementale : exposition à un toxique (notamment les poppers) sont a priori écartées par le CDC qui mène des expériences sur la souris, et par les données épidémiologiques (pas de consommation de poppers systématique). La recherche biologique et biochimique sur les humeurs et tissus prélevés des malades ne donne rien. Seule la lymphopénie T4 est mise en évidence systématiquement, l’homosexualité, et le sexe masculin. Aucun agent inhabituel n’est systématique retrouvé (outre les germes opportunistes, qui n’expliquent pas l’immunodépression, et sont variables selon les cas).

Pendant ce temps, le nombre de cas augmente, aux US et dans le monde. Les capitales européennes sont touchées : Paris et Londres notamment. De nombreux diagnostics rétrospectifs ont lieu.

En Novembre 1981 : 159 cas.

Début 1982, toujours pas d’explication, et on franchit les 200 cas.

Courant 82, des premiers cas sont relevés chez des non-homosexuels. Il s’agit de drogués, ou des haïtiens, notamment en Floride, et à Haïti. Une première femme est également contaminée.

Fin 1982, une étape importante va être franchie avec les premières contaminations de patients hémophiles. Les hémophiles sont des patients souffrant de trouble de la coagulation, et nécessitant des dons de sang réguliers.

Les homosexuels ne sont donc plus les seuls touchés. Ce qui commence à inquiéter sérieusement l’opinion et la presse, qui pour éviter la panique évite le terme d’épidémie et insiste sur le nombre encore faible de victimes, et leur appartenance à des groupes à risques : les 4H : homosexuels, hémophiles, héroïnomanes, haïtiens. Je reparlerai du cas d’Haïti.

La contamination des hémophiles est très importante. Elle  prouve le caractère viral du germe, car le sang avant d’être donné, est filtré, et seuls peuvent rester les virus, qui sont trop petits pour être retenus dans les filtres.

La propagation de l’épidémie va se poursuivre, en 1983, 5000 malades dans le monde (dont 3000 sur le sol américain), 1984 12000 malades dans le monde et isolation du virus par les équipes françaises du professeur Montagnier (cocorico). Tous ces chiffres sous-estiment la catastrophe puisqu’ils sont basés sur le nombre de SIDA, et non de séropositifs…

II – Les causes de l’épidémie

La découverte du virus

 

On a identifié l’agent responsable du SIDA en 1983.

Le VIH est un rétrovirus. Cette famille de virus est très particulière car elle possède une enzyme unique dans le monde du vivant (on sait maintenant que d’autres espèces, notamment des bactéries possèdent également cette enzyme) : la transcriptase inverse ou reverse transcriptase. Cette enzyme permet de synthétiser de l’ADN à partir d’ARN. Cette caractéristique est cruciale, car elle remet en cause le dogme fondamental de la biologie moléculaire qui veut que le flux de l’information au niveau de la cellule suive toujours le même chemin à savoir ADN vers ARN vers protéines. Ce dogme ne permet pas les trajets en sens inverse.

La découverte de ce virus par les équipes de l’institut Pasteur est fascinante.

Comment a-t-elle eu lieu ? Les scientifiques de l’équipe de Montagnier, dont Jean-Claude Chermann et Françoise Barré-Sinoussi vont avoir l’idée de cultiver des cellules de divers tissus de malades, notamment de lymphocytes tirés des ganglions hypertrophiés d’un malade.

Ces cultures lymphocytaires ne sont possibles que depuis les années 70 du fait de la connaissance et de la mise à disposition des facteurs de croissance nécessaire (notamment l’IL-2), et que cherchent-ils : une activité reverse transcriptase ? Parce qu’en 1980, l’équipe de Robert Gallo aux US a isolé, pour la première fois, un rétrovirus, le HTLV-1, responsables de leucémies, chez l’homme. Ils font un pari osé, que cette épidémie est due à un rétrovirus également.

La coïncidence entre ces découvertes est frappante. La reverse transcriptase, découverte en 1970, les progrès en culture cellulaire et notamment lymphocytaire de la dernière décennie, et l’existence de rétrovirus humains en 1980, vont conditionner les découvertes de l’équipe Montagnier d’une manière phénoménale.

Cette influence est telle que selon certains auteurs, si l’épidémie s’était déclaré quelques années plus tôt, il est probable que le virus n’ait pas pu être découvert, isolé, ce qui aurait eu des conséquences encore pire (tests diagnostics, traitements, …).

Dans les cultures de l’institut Pasteur, une activité reverse-transcriptase transitoire est observée. Aussitôt, les cellules sont observées au microscope électronique, et là, incroyable, on observe un virus, nouveau, pour la première fois. C’est le VIH-1. Sa découverte sera annoncée dans Science en mai 1983 sous le nom de LAV (Lymphadenopathic associated virus). Le VIH-2 quant à lui ne sera découvert qu’en 1985 sur des patients africains séronégatifs et pourtant malades.

On a un coupable : le VIH-1. On connaît rapidement ses modes de transmission : sexuelle, sanguine, et materno-fœtale. Mais depuis quand ce virus est-il apparu ?

 

Diagnostics rétrospectifs

Epidémiologie

Rapidement, avant l’isolation du virus, les premiers résultats de James Curran permettent à partir d’études de cohortes d’identifier deux réseaux principaux d’homosexuels basés à NYC et LA au centre du maillage des différents patients contaminés. Et au centre de ce réseau, ils parviennent à identifier celui qu’ils considéreront comme le patient zéro : Gaëtan Dugas, un commissaire de bord canadien. Très actif sexuellement, on estime qu’il pourrait avoir contaminé 250 partenaires par ans jusqu’à sa mort en 1984. Même prévenu de sa contagiosité, il a poursuivi ses pratiques à risques adoptant un comportement de vengeance.

Cependant, l’hypothèse de Gaëtan Dugas comme patient zéro ne tient pas, des cas antérieurs sont découverts aux USA, et il est impossible de relier Gaëtan Dugas au foyer africain.

 

Littérature médicale

De même, les études se multiplient pour tenter de dépister dans l’histoire les premiers signes d’une infection par le VIH. Par l’analyse de la littérature médicale, tout d’abord. En effet, si certaines infections opportunistes révélant SIDA sont peu spécifiques et probablement peu reliables à une infection par le virus (ex : tuberculose, pneumocystose (moyens de diagnostic manquant, signes classiques de pneumonie)), d’autre le sont telles que le sarcome de Kaposi.

Dès lors, il s’agit de traquer dans l’histoire les cas de sarcome de Kaposi, à la recherche d’indices supplémentaires.

Cette maladie dermatologique a été décrite pour la première fois en 1872 par un médecin viennois, Dr Kaposi. Les lésions cutanées qui caractérisent cette maladie sont assez typiques, et prêtent peu à la confusion avec une autre maladie.  Le Dr Kaposi a donc rencontré 5 cas de sarcome de Kaposi à Vienne en 1872. On ne sait pas grand-chose de ces cas, notamment leur orientation sexuelle, activité professionnelle, etc. Cependant, s’il est évident que ces cas étaient atteints d’ID, il n’y a aucune preuve formelle qu’il se soit agit d’un SIDA.

 

Une autre série de cas est décrite en 1882, 10 ans après. Sur les 12 cas, 11 sont des hommes adultes, entre 20 et 40 ans. On ne connaît pas leur orientation sexuelle. Cependant, ces cas provenaient tous de Naples et ses environs, comme Vienne, villes abritant probablement des communautés homosexuelles parmi les plus importantes de l’époque.

Nouvelle série de cas, début du siècle cette fois répondant aux critères diagnostics du SIDA : 7 cas de 24 à 58 ans, atteints du sarcome de Kaposi, mais également d’autre maladies opportunistes telles que tuberculose disséminée. Ces hommes étaient en lien avec l’Italie, et ont tous décédés de leurs infections, assez rapidement.

 

Il n’y a plus d’autre épidémie similaire de sarcome de Kaposi dans la littérature occidentale avant celle qui apparaîtra en 1979 à New-York.

 

En revanche, les médecins occidentaux s’accordent pour dire que l’Afrique a connu une épidémie de sarcome de Kaposi au milieu du XXème siècles, dans une forme agressive, et notamment au niveau du Congo et de la RDC, pays soupçonnés d’être à l’origine de l’épidémie. Cette épidémie pourrait avoir débuté en 1948, ou plus tard, les sources divergent. Toutefois, dès 1984, des tests sérologiques ont été effectués sur ces sarcomes de Kaposi africains, et se sont révélés inférieurs ou égaux à la moyenne de séropositivité dans la population générale. Si le sarcome de Kaposi est un bon moyen de détecter les immunodépressions, il n’est pas très spécifique du VIH, du moins en Afrique. Fausse piste donc…

 

Diagnostics sérologiques

La seule preuve formelle d’une infection par le VIH reste la mise en évidence dans le sérum d’anticorps dirigés contre lui, à défaut de pouvoir mettre le virus en évidence lui-même (cf. : les difficultés de découverte du VIH).

 

On s’est donc affairé à analyser tous les échantillons de sérums congelés dont on disposait, pour traquer les premiers cas d’infections.

 

Aux US, les études épidémiologiques de James Curran du CDC, ont établis les premiers cas de SIDA à 1978, mais une étude montre que sur 1129 échantillons prélevés en 1971 aux USA, 14 étaient déjà séropositifs. Les premières contaminations sont donc très antérieures au patient 0 Gaëtan Dugas, qui a débuté sa période d’activité sexuelle vers 1972. On estime à 1968 l’arrivée du VIH aux US.

Le plus ancien diagnostic rétrospectif de certitude d’une infection par le VIH remonte à 1959. Il s’agit d’un sérum prélevé à cette date sur un patient mâle dont on ne sait rien, sauf qu’il vivait en République Démocratique du Congo, et qu’il a été prélevé à l’occasion d’une campagne de vaccination. C’est d’ailleurs dans cette même région d’Afrique, Le Congo et la république démocratique du Congo (pays bordant le fleuve Congo), qu’a éclaté l’épidémie du VIH-1, à peu près simultanément à l’épidémie américaine. La sous-médicalisation des pays a reporté la date de constatation de l’épidémie qui existait probablement à bas bruit bien avant son explosion aux USA.

D’autres preuves certaines d’infections anciennes existent : il y a par exemple des prélèvements biopsiques réalisés sur un marin norvégien qui témoignent d’une infection par VIH-1 type M, en 1966.

Ce sont des exemples parmi quelques-uns. Il y en a d’autre, aussi aujourd’hui on sait que des contaminations par le VIH ont eu lieu bien avant l’épidémie des années 70, mais qu’elles n’ont pas donné lieu à des propagations massives du virus au sein de la population.

 

Phylogénétique

Outre les cas sporadiques cités, et d’autres, les études de phylogénétiques, basées sur des formules statistiques étudiant les séquences génétiques des virus permettent de dater l’apparition du virus chez l’homme. Ainsi on peut, à partir de différentes souches du virus, et connaissant la vitesse d’évolution du virus qui est de l’ordre de 1/1000 nucléotides par ans, d’évaluer statistiquement une période au cours de laquelle serait apparu chez l’homme ce premier virus. Les résultats pour le VIH-1 donnent une fenêtre allant de 1885 à 1935 suivant les études.

On sait que le virus existait chez l’homme bien avant les années 70. On sait que l’épidémie ne s’est déclarée qu’au cours des années 70. Même en Afrique, on sait grâce aux prélèvement sérologiques congelés, en Haïti aussi, que l’explosion épidémique que l’on a connu s’est fait à peu près simultanément pour Haïti, ou quelques années à peine avant pour l’Afrique, dans ses trois foyers initiaux : USA, Afrique et Haïti. Alors que le VIH existait chez l’homme déjà les années 60.

 

            Alors pourquoi une “pandémisation” aussi brutale et tardive?

La réponse réside dans le principe qu’une maladie due à un parasite est étroitement dépendante des comportements et mode de vie de son hôte. Cela peut paraître évident, mais c’est pourtant la clé de cette épidémie. Prenons par exemple, le comportement alimentaire et fécal. L’hygiène alimentaire et l’élimination des eaux usées a permet de faire disparaître d’Europe de nombreuses maladies qui y sévissait autrefois, comme le choléra.

En revanche, par exemple, on continue à domestiquer le chat, qui vectorise la toxoplasmose. L’existence de la plupart des germes infectieux au sein de notre population est liée à certains comportements qui vont permettre ou empêcher sa transmission et sa multiplication.

Si l’on élimine une mutation du virus qui serait devenu plus virulent, ce qui est peu probable (compte-tenu de la similarité entre les souches précoces et actuelles),

Quelles modifications de nos modes de vie permettent-elles d’expliquer l’émergence du virus à l’échelle mondiale dans les années 70 ?

 

En Afrique

Evolution de la société

Avant la colonisation, et la christianisation, les unions durables sont rares en Afrique noire. Cependant, il y a un interdit sur la prostitution (donc quasiment pas de prostitution) et une fermeture sexuelle à l’étranger. Donc finalement, les cercles sexuels sont relativement fermés. Le modèle social rural en petits village favorise l’imposition et le maintien de ces interdits sociaux. La colonisation va considérablement bouleverser le modèle social africain, et la décolonisation encore plus.

 

L’indépendance de la RDC a lieu en 1960, et mène à l’exode rural, explosion de la prostitution en milieu urbain et à une déstructuration des systèmes sociaux. La colonisation est un réel traumatisme pour la société africaine, et les modes de vie sont considérablement bouleversés.

 

Développement de la médecine occidentale :

Seringues en verre, campagnes de vaccination. Mais limite : les hommes contaminés sont jeunes, alors que les vaccinés sont de tout âge.

 

Etats-Unis

Ces modifications ont touché la société africaine. Et peuvent expliquer l’explosion de l’épidémie, mais aux Etats-Unis ?

Mouvement Gay : Aux Etats-Unis, jusqu’aux années 1950, les homosexuels sont traités comme des malades. Ils sont soignés, de grès ou de force, par diverses méthodes, pouvant aller dans des cas extrêmes  jusqu’à la lobotomie. Mais jusqu’au début des années 80, un combat non-violent pour l’ouverture des mœurs est mené aux USA, et pour une meilleure tolérance des minorités, dont les homosexuels. AU début des années 80, la ville de San Francisco compte 100 000 homosexuels dont 50 000 dans le centre ville. Les bars gays se multiplient et un homme pouvait avoir plus de 100 partenaires par ans facilement. De tels regroupements homosexuels revendiqués sont inédits dans l’histoire de l’humanité. Le quartier dit de « Castro » et le Greenwich Village à New-York en sont des lieux célèbres. Et c’est à ces deux villes que correspond également, avec Los Angeles, les deux foyers de développement de l’épidémie.

Médecine : Hémophilie prévalence un peu moins de 1,5 pour 10 000, soit environ 15 000 personnes aux Etats-Unis. Plus de la moitié séropositifs en 1984, et 80% à SF. Porte d’entrée vers le monde normal. 10% des femmes d’hémophiles contaminées.

Drogue intraveineuse : développement des mœurs, mouvement hippie.

Transport aérien

Tourisme sexuel international.

On a bien un ensemble de comportements nouveaux qui sont au centre de la diffusion du VIH. Il n’est donc pas choquant d’imaginer que auparavant des contaminations aient pu avoir lieu, mais qu’elles aient eu besoin de ces différents facteurs, pour s’amplifier, et que ces différents facteurs n’existaient pas auparavant.

 

Haïti

On ne sait pas. Au début le virus reste cantonné aux lieux de tourisme. La théorie en vogue veut que ça soit un haïtien qui ait importé la maladie depuis le Congo ou les Haïtiens étaient émigrés dans les années 60, puis qu’un émigré haïtien ait ramené la maladie aux USA., mais l’étude de plusieurs centaines de sérums prélevés à l’occasion de la dengue de 1977 à 1979 montre un taux de séropositivité de 0%, alors que le même genre d’étude aux US montre des résultats de 1 à 4%.

Donc voilà les mécanismes qui ont conduit à l’éclosion de l’épidémie, venant d’Afrique, et gagnant les USA et Haïti, dans un ordre ou l’autre, se développant grâce aux évolutions de la société que j’ai cité. Ce qu’il est intéressant de constater, c’est qu’à New-York comme à San Francisco, comme à Kinshasa, l’épidémie de SIDA s’est vue précédée d’une flambée des MST traditionnelles. Cela peut être due à l’immunodépression, mais cela peut être également du à la promiscuité sexuelle qu’on retrouvait dans ces zones, et dans ce cas, cela met en évidence la notion de conditions comportementales spécifiques, pouvant expliquer l’émergence du virus.

 

III – L’origine du virus

 

Apparition des maladies infectieuses

 

Certaines sont vieilles comme l’homme. C’est le cas par exemple des bactéries pyogènes, qui touchaient déjà les mammifères et continuent de toucher l’homme, comme par exemple dans la scarlatine, due à un streptococcus. C’est aussi le cas du paludisme, lié à un protozoaire (Plasmodium Falciparum, pas une bactérie donc), qui touche aussi le singe, ou des vers intestinaux, qui touchent également le singe ou certains autres mammifères. On parle de transmission verticale. Parce que ces maladies ont suivi l’évolution des mammifères jusqu’à nous.

Et il y a des maladies dites nouvelles. On peut tracer leur apparition chez l’homme. Il y a quatre critères de définition d’une maladie nouvelle :

  • Soit, elle échappait au regard médical, on ne pouvait pas la diagnostiquer par manque de moyens techniques, donc en pratique la maladie « n’existait » pas (ex toxoplasmose cérébrale IRM et sérologie).
  • Soit, c’est une maladie ancienne qui a changé de manifestation. Par exemple, les épidémies de grippe, qui est une maladie très ancienne, probablement aussi ancienne que l’homme. L’encéphalopathie léthargique chinoise a fait 500 000 morts, et elle est due à une mutation du virus de la grippe. On parle d’une nouvelle maladie.
  • Soit c’est une maladie qui n’existait pas quelque part, et a tout d’un coup gagné une nouvelle zone géographique. Par exemple la syphilis, bien qu’elle ait probablement existé en Europe avant la découverte de l’Amérique d’après des recherches récentes, ne s’y est véritablement propagé qu’un retour des conquistadors espagnols qui l’ont ramenés des indiens d’Amériques.
  • Soit elle est absolument nouvelle. Nouveau germe, inconnu, ou transformation d’un germe commensal qui devient pathogène à la suite d’une mutation le plus souvent, ou d’une modification des habitudes de l’homme. La tuberculose, par exemple, est probablement apparue au néolithique, avec la domestication des bovins, qui étaient infectés par un germe Mycobacterium bovis, qui a ainsi pu se répandre chez l’homme. Même schéma pour la peste (rat et puces), ou la lèpre (buffle).

 

La piste des rétrovirus

Il existe 3 familles de rétrovirus : oncovirus, lentivirus et spumavirus. Leur ancienneté n’est pas connue. Certaines parties de notre génome contiennent leur génome, intégré et endormi depuis des millions d’années. Il est probable que nous ayons hérité de séquences codantes de rétrovirus ayant infectés nos ancêtres communs avec les dinosaures.

Les oncovirus d’aujourd’hui donnent des cancers, et peuvent infecter l’homme, comme par exemple le HTLV-1 (leucémie) découverts en 1980 par Robert Gallo.

Les lentivirus donnent des infections lentes et ont pour caractéristique d’être cytopathogènes. On connaît 5 sérogroupes de lentivirus infectants 5 groupes de mammifères : bovins, équidés, félins (FIV), caprins, primates (SIV), et VIH

On ne connaissait pas le FIV (non transmissible à l’homme) et le SIV (1985) avant le VIH. En revanche on connaissait le VISNA qui infecte les moutons d’Islande notamment.

Les spumavirus ne sont pas pathogènes et peuvent également infecter l’homme. Ils sont relativement peu étudiés, car aucune maladie ne découle de leur présence, du moins connue à ce jour.

 

Les analogies entre le VIH et le VIS permettent de déterminer un lien de parenté quasi-certain. Le VIH descend d’un groupe de SIV infectant le singe, alors que le VIH-2 est apparenté à un SIV infectant le mangabey. Le VIH serait donc une maladie nouvelle transmise horizontalement du singe à l’homme. Les autres théories sont considérées comme fantaisistes par la communauté scientifique, (virus fabriqué par la CIA par exemple), et pas vraiment étudiées. Comment s’est déroulé ce passage du singe à l’homme? Les explications sont nombreuses et faciles à trouver.

 

La piste du chasseur de brousse

La viande de singe est consommée depuis longtemps en Afrique, et a fortiori en période de pauvreté. Les circonstances de contamination apparaissent dès lors : morsure, coupure lors de la préparation de la viande, autres pratiques chamanes (on parle de s’enduire l’entre-jambe de sang de singe). Il est donc probable qu’une contamination inter-espèce ait eu lieu. Biologiquement, c’est possible, comme le montre une récente étude publiée dans The Lancet en 2004, plutôt inquiétante. Elle montre que sur un échantillon de 1099 individus prélevés au Cameroun, 1% étaient contaminés par le Simian Foamy Virus, un spumavirus (donc rétrovirus parent du VIH et du SIV) qu’on croyait spécifique de divers singes dont le chimpanzé.

Cette contamination large montre que le passage de virus du singe à l’homme peut avoir lieu, et a encore lieu aujourd’hui, comme le pense les scientifiques à l’origine de l’étude, qui prônent l’abolition totale de la consommation de viande de singe pour prévenir l’émergence d’un nouveau virus.

Quelques détails matériels restent quand même à comprendre : il semblerait que les chimpanzés porteurs de l’ancêtre du VIH-1 proviennent du Cameroun alors que l’épidémie s’est déclarée au Congo, soit à quelques centaines de kilomètres de là. On ne sait également pas encore comment le VIS a pu s’adapter à l’homme, y-a-t-il eu des recombinaisons entre différentes souches simiennes, ou bien a-t-il suffit que le virus mute rapidement une fois passé chez l’homme ? Il est probable que soit apparu chez le chimpanzé un virus très proche du VIH1 actuel, et que ce virus se soit transmis à l’homme après seulement, mais pas de certitude à ce sujet.

Malgré les incertitudes demeurant à son propos, cette théorie reste la plus probable.

 

Théorie du vaccin contre la poliomyélite

A partir des années 60, les laboratoires américains ont élaboré et testé à partir de singes verts à proximité de Kinshasa un vaccin oral contre la polyomyélite. C’est également à cette période et dans ces environs que sont apparus les premiers cas de VIH en Afrique. La coïncidence est troublante, mais il est impossible d’affirmer que des chimpanzés on été utilisé afin de confectionner les virus, et que la contamination par l’intermédiaire de la prise du vaccin est possible.

Cette thèse défendue par Edward Hooper, mais est aujourd’hui abandonnée dans les publications et débats scientifiques.

 

Origine chez le singe

Reste maintenant à répondre à la question de l’arrivée du virus chez le singe. Pour ça, les études de phylogénétique sur des variétés du virus trouvés chez des singes de l’île de Bioko, au large du Cameroun (séparée du reste du continent depuis 10 000 ans), montrent que l’ancêtre commun des différentes souches (continentales et insulaires) a au moins 32 000 ans. Cette date est beaucoup plus éloignée que ce que l’on pensait auparavant. C’est une nouvelle assez mauvaise, compte-tenu du fait que beaucoup espéraient que le virus évoluerait relativement rapidement vers une forme moins pathogène, comme chez le singe actuellement.

 

Conclusion

 La rencontre entre l’Homme et le VIH a eu les conséquences désastreuses que l’on connaît. Pourtant, cette rencontre n’a pas eu lieu en 1981, lorsque s’est révélée au grand jour l’épidémie. Elle est probablement bien plus ancienne, et sa portée dramatique actuelle ne réside probablement que dans la conjonction des diverses mutations qui touchent nos sociétés et nos comportements.Le succès, même relatif, des thérapeutiques et des moyens de prévention dont on dispose aujourd’hui nous montre qu’un espoir est permis, et qu’il appartient à chacun de s’adapter à ce nouveau fléau.

 

Quelques liens et sources :

Histoire du Sida par Mirko D. Grmek +++

Sida en Haïti par Paul Farmer

L’origine des VIH et leur diffusion dans l’espèce humaine ++

Compilhistoire – Le S.I.D.A.

Origine du Sida – le VIH remonterait à 1931 (Choses très intéressantes, à prendre avec des pincettes)

Avant l’épidémie | hiv-sida.com

Dailymotion – DOCUMENT : LE MYSTERE … Sur la théorie du vaccin anti-polyo

The Origin of AIDS and HIV and the First Cases of AIDS