Home Blog Page 49

#psSortDuPlacard – Représentations LGBT dans les jeux vidéo

La chronique de Vled démarre à 1:34:58.
» Ecoute sur Soundcloud

Billet présenté dans le cadre de l’event #psSortDuPlacard le 27 juin 2015


Introduction :

L’un des meilleurs moyens de juger de l’intégration d’une population dans la société, c’est au travers de sa visibilité dans la culture populaire et, par extension, de la positivité de sa représentation.

01 Mass EffectLe cas de l’homosexualité traitée dans le cinéma par Antoine Gaudin rejoint de près les problématiques présentes dans le jeu vidéo. Je vais donc développer en parlant ici de la bisexualité dans le jeu vidéo, un cas qui pose problème à cause de l’implication directe du joueur dans la consommation du produit artistique, ainsi que des trans-identités. Je ne dispose bien sûr pas du temps nécessaire pour être exhaustif sur une question aussi vaste !

 

La bisexualité par défaut :

02 Drapeau BisexuelLes bisexuels dans le jeu vidéo, notamment le RPG (Role Playing Game = jeu de rôle), sont assez nombreux. Il est en vérité de plus en plus fréquent que le héros soit bisexuel. Mais la raison à cela n’est pas tellement identitaire, il s’agit simplement de donner le choix au joueur. Cette question de choix pose problème car elle est au centre du malaise de nombreuses personnes non hétérosexuelles dans la vie réelle : ces personnes, pas plus que les hétérosexuels, n’ont le choix d’être ce qu’elles sont. La différence c’est qu’un hétérosexuel ne sera jamais stigmatisé pour ce qu’il est, on ne lui demandera jamais quand est-ce qu’il a fait son choix.

03 lelianaEn fait le personnage joueur n’est pas bisexuel, il a plutôt une absence d’orientation. Cela permet d’offrir au joueur la possibilité d’une romance avec un membre du sexe de son choix. Même chose pour les personnages dit « romançables » qui sont là pour que le personnage joueur puisse avoir une histoire avec eux, quel que soit son sexe. Si le joueur ne désire à aucun moment voir la moindre évocation à l’homosexualité, rien ne lui sera jamais dit sur la question.

Les personnages non joueurs et non 04 vampromançables bisexuels sont rares, j’entends par là des personnages comme Vamp dans Metal Gear, qui est identifié comme bisexuel et dont la sexualité a même un impact sur le scénario.

 

 

Dessin réalisé à la volée par Puyo pendant la présentation de Vled
Dessin réalisé à la volée par Puyo pendant la présentation de Vled

05 eagleEt c’est ça qui est gênant. Offrir le choix de sa sexualité au joueur est une bonne chose, lui permettre de s’identifier à sa guise à son personnage est important. Mais que les sexualités non-hétérosexuelles soient victimes d’une omerta si le joueur ne veut rien en entendre pose problème. J’entends par là que s’il ne fait pas les bons choix de dialogue, le joueur ne saura jamais que l’homosexualité était intégrée dans le jeu, ce qui montre bien que ça reste un tabou volontairement maintenu.

 

 

 

06 The SimsOn vante souvent le progressisme d’un jeu comme Les Sims, dans lequel les homos et les hétéros ont tous les mêmes droits. Sauf que dans les faits, il n’y a ni homo ni hétéros chez Les Sims, tout le monde se retrouve dans le cas de cette bisexualité par défaut et du coup, loin de répondre à la question de la sexualité, un tel jeu décide tout simplement de ne pas la poser. Il n’y a aucun effort dans le développement du gameplay pour intégrer la complexité de cette question.

 

07 FableA l’inverse, dans un jeu vidéo comme Fable on trouve des personnages hétéros, homos ou bi, mais tous sont identifiés. Variés, multiples, mais identifiés.

 

 

 

08 Dorian et Iron BullD’ailleurs, point intéressant, dans Dragon Age Inquisition, un jeu assez remarquable sur le plan du progressisme, on a la possibilité de romancer Dorian, un personnage homosexuel, ou Iron Bull, un personnage bisexuel. Eh bien si le personnage principal ne sort avec aucun d’entre eux mais qu’ils sont tous les deux dans l’équipe, ils finiront par se rapprocher et par nouer une histoire d’amour. La relation homosexuelle n’est pas ici une éventuelle et timide possibilité à laquelle on accède qu’en faisant les bons choix de dialogues, comme si on voulait le cacher. C’est là, ça existe, on le montre. Parce que des fois, les hommes sortent ensemble, faut s’y faire.

Les trans dans le jeu vidéo :

La question LGBT est élargie au domaine des identités, il me semble donc important de parler des trans-identités.

09 transgender flagAvant de commencer, je voudrais clarifier un point : je n’emploierai pas le terme massivement utilisé de « transexualité » pour la simple raison qu’il suggère que cette question a quelque chose à voir avec la sexualité, or il n’en est rien car il faut distinguer l’orientation sexuelle et l’identité sexuelle. C’est pourquoi je favoriserai les termes de « trans » et de « trans-identité », Tout cela ne devant pas être confondu avec le travestissement qui, comme son nom l’indique, consiste pour une personne à adopter des codes non conformes à son genre. C’est souvent ludique et non associé à l’identité.

Les trans sont globalement méconnus et mal compris. Nous sommes nombreux à nous sentir à l’aise avec notre sexe biologique, mais ce n’est pas le cas de tous. Certains même refusent de s’identifier à un genre.

10 Kuja.jpgIl va de soi que la méconnaissance des trans s’étend aux domaines de la pop-culture. Les cas sont rares, à l’exception de certains jeux japonais mais il faut reconnaître que le travestissement est plus fréquent dans leur culture où l’androgynie est parfois perçue comme une qualité, voire un canon de beauté.

 

 

 

11 SheikUn cas vient facilement à l’esprit car il est issu d’un jeu extrêmement connu : le cas de Sheik dans Zelda : Ocarina of time. Pour rappel, la princesse Zelda risque de se faire enlever par Ganon. Sa gouvernante la protège et l’encourage à se déguiser en homme pour passer inaperçu, elle devient alors Sheik et aide Link dans sa quête. Toutefois, Zelda n’a aucun problème avec son identité sexuelle, elle change de genre pour des raisons extra-personnelles, il s’agit donc bel et bien d’un travestissement.

L’un des meilleurs cas de trans-identité que j’ai rencontré dans le jeu vidéo vient encore une fois de Dragon Age dans lequel on rencontre le personnage de Cremisius. Né femme, il se déclare guerrier et ses comportements sont masculins, il est d’ailleurs désigné par le masculin de manière systématique. Au détour d’un dialogue, Iron Bull, son patron, explique au personnage joueur que si Cremisius veut être considéré comme un homme, alors c’est un véritable homme, fin de la discussion. Parce que, au fond, qui d’autre est plus qualifié pour décider de son identité que lui-même ?

Dragon Age™: Inquisition_20150124122151
Dragon Age™: Inquisition_20150124122151

Soit dit en passant, on ne sait rien de la sexualité de Cremisius qui pourrait être attiré par les hommes, les femmes, les deux, ou même être asexuel. Parce qu’il importe d’insister sur le fait que les notions de genre et de sexualité sont séparées. Comme un homme qui naît homme peut se sentir attiré par les hommes, une femme qui naît homme peut se sentir attirée par les hommes également.

 

Parlons maintenant du cas Poison, qui a fait couler beaucoup d’encre.

14 PoisonPoison est un personnage de Final Fight clairement identifié comme transgenre. C’est donc l’un des premiers personnages trans de l’histoire. Hélas, le passage en Amérique du Nord s’est mal fait et le personnage s’est vu remplacé par un homme. On a, à cette fin, changé les sprites du personnage, c’est à dire son visuel et ses animations, chose impossible au cinéma ce qui fait de ce cas un problème typiquement vidéo-ludique. En somme, pour régler le problème d’un trans, on a décidé de faire opérer à ce personnage une régression, on lui a littéralement refusé son droit à changer de sexe. Heureusement, Poison a été rétablie très vite.

L’histoire complète de Poison dans une vidéo de 20 minutes (en anglais)

De nombreuses rumeurs courent sur son compte et malgré les affirmations des développeurs au sujet de son caractère transgenre, les fans sont nombreux à continuer à vouloir croire qu’il s’agit d’une femme. Il faut dire qu’elle a ce qu’il faut là où il faut et correspond à merveille aux standards du canon féminin.

Conclusion :

15 Aaron-EricLe souci avec les questions LGBT c’est avant tout un profond manque de reconnaissance dans le plus strict sens du terme : on ne les voit pas. La série « The Walking Dead » a fait couler plus d’encre après un baiser homo qu’à la suite des nombreuses tueries, y compris sur des petits enfants.

Je lis souvent que les joueurs ne sont pas prêts à accepter des personnages LGBT, qu’il faut attendre que la société évolue pour que ce soit possible. Mais comment espérer faire évoluer la société sur ces questions si on prend bien soin de n’en jamais parler ? Il faut être proactif : la culture a un impact sur le regard des personnes. Alors lançons-nous ! Le jeu vidéo peut-il changer le monde ? Oui. Car le jeu vidéo, comme n’importe quel objet culturel, peut changer les gens et ce sont les gens qui font le monde.

 

 

Dessin réalisé à la volée par Phiip pendant la présentation de Vled
Dessin réalisé à la volée par Phiip pendant la présentation de Vled

#psSortDuPlacard – Les deux minutes nécessaires (?) de Robin

La chronique de Robin démarre à 5:23.
» Ecoute sur Soundcloud

Billet présenté dans le cadre de l’event #psSortDuPlacard le 27 juin 2015


 

J’ai appris hier qu’une émission était organisée sur le thème “homos, bis, et autres trans, ou hétéros”. Sans mathématiques ! Je me devais d’intervenir, pour que cette émission ait un semblant de rigueur dans la définition des termes. Après tout, comme l’a dit Galilée, la nature est écrite en langage mathématique.

Commençons par les bis. Nous laisserons les tris de côté pour aujourd’hui, même ils sont également passionnants….

Bi, comme son nom l’indique, c’est 2, les choses qui vont par 2. Bissectrice, qui coupe un angle en deux parties égales, bissection, découpe en deux parties d’un objet quel qu’il soit, les birapports, qui vérifient la fameuse propriété d’invariance (pour mémoire : “Le birapport de quatre points reste conservé dans une collinéation perspective.”)

Et il faut naturellement parler de la bijection, notion clé qui permet de savoir par exemple qu’il y a plus/moins/autant de personnes que de chaises ici sans avoir besoin de les compter : il suffit en effet d’associer chaque chaise à une personne, et chaque personne à une chaise, en demandant à chacun de s’asseoir, pour voir si des chaises restent vides ou si au contraire des personnes se plaignent de rester debout, pour conclure immédiatement.

Dessin réalisé à la volée par Kam pendant la présentation de Robin
Dessin réalisé à la volée par Kam pendant la présentation de Robin

Beaucoup plus fort, l’utilisation extrêmement astucieuse qu’en a faite Georg Cantor, permettant de démontrer notamment qu’il y a autant de nombres entiers que de nombres pairs, ou beaucoup plus fort, que de nombres rationnels, je m’arrête je m’emballe, je vous renvoie à l’épisode de Nico sur le sujet.

Passons aux homos, qui font encore bien mieux ! Les homos permettent de révéler que les deux mondes qu’ils relient ont une même structure, qui peut être parfois largement cachée.

Ainsi, deux triangles homothétiques sont simplement une version agrandie ou réduite d’un même triangle. Le “théorème des triangles homothétiques”, que certains appellent, on ne sait trop pourquoi, théorème de Thalès, ne dit rien d’autre : les deux triangles concernés ont, comme le dit l’étymologie du mot, la même tête (homo, même, et tétis, tête, bien sûr)

Je manque de temps pour aborder les autres homos : Homomorphisme, homographie, homologie, homotopie au sens combinatoire, bien sûr, équivalence homotopique, et puis les trans : transconjugué, transfini, translation, transitif, transposition, transvection, c’est extrêmement frustrant, mais encore une fois, je n’ai été prévenu qu’au dernier moment…

Sur les hétéros en revanche, rien, absolument rien. En même temps, c’est vrai qu’on ne voit pas bien l’intérêt qu’il y aurait à faire ressortir les différences…

Voilà, je pense que maintenant l’émission peut commencer, je suis sûr que cet éclaircissement du vocabulaire permettra, comme toujours, d’éviter les malentendus, les propos hors sujet et autres délires de personnes qui cherchent avant tout à ramener leur fraise à tout propos.

Dessin réalisé à la volée par Mél pendant la présentation de Robin
Dessin réalisé à la volée par Mél pendant la présentation de Robin
Phiip34
Dessin réalisé à la volée par Phiip pendant la présentation de Robin

#psSortDuPlacard – L’évolution des représentations LGBT au cinéma

La chronique d’Antoine démarre à 1:27:08.
» Ecoute sur Soundcloud

Billet présenté dans le cadre de l’event #psSortDuPlacard le 27 juin 2015


La représentation filmique de la diversité sexuelle est un sujet d’une importance capitale, surtout lorsqu’on prend en compte l’impact cognitif et affectif des films sur la vie de leurs spectateurs, notamment à l’enfance et à l’adolescence, lorsque se construisent les orientations sexuelles et les identités de genre. S’il y a bien un aspect récurrent dans les témoignages des personnes ayant grandi et s’étant découvertes homosexuelles avant les années 1990, c’est le fait d’avoir éprouvé, devant l’absence de références autres que négatives et caricaturales à leur situation de vie dans le cinéma et les grands médias, un sentiment de solitude, d’invisibilité et d’auto-dénigrement souvent préjudiciable.

La question de l’évolution des représentations homosexuelles au cinéma reste une question immense et complexe, impossible à balayer en cinq minutes si l’on veut prendre en compte toutes les époques et toutes les cinématographies. C’est pourquoi je n’évoquerai ici que le cinéma hollywoodien. D’abord parce qu’il est le cinéma le plus largement diffusé et, par conséquent, le plus hégémonique et influent en termes culturels. Ensuite parce qu’il synthétise à merveille l’évolution des mœurs aux Etats-Unis et en Occident, et qu’il nous permet donc d’observer et de mettre en perspective cette évolution, à travers ses incarnations filmiques destinées à peupler l’imaginaire du plus grand nombre.

On peut ainsi dire que, depuis plus d’un siècle, Hollywood contribue à dessiner, dans l’imaginaire collectif, un ethos amoureux et sexuel ; c’est-à-dire un monde d’existants et d’invisibles, de possibles et d’impossibles, de relations souhaitables et prohibées, de façons valorisantes et de façons inconvenantes de vivre l’amour et la sexualité. Cette vision propagée par les films grands publics a pu évoluer significativement, mais elle s’est, la plupart du temps, accordée avec la construction culturelle au long cours, dans nos sociétés, de l’hétérosexualité monogame bourgeoise comme système relationnel dominant.

L’industrie du spectacle hollywoodienne n’a pas inventé cette norme, mais elle l’a reflétée et propagée avec une puissance de frappe sans commune mesure, en la mettant en valeur de façon poussée, et surtout en la faisant exister de façon quasi-hégémonique, en reléguant à l’invisibilité, à la déviance ou à la menace, toutes les expressions d’affects et les modalités de vivre-ensemble qui ne cadraient pas avec cette norme.

Au sein de ce système idéologique-spectaculaire, les personnages explicitement homosexuels ou sexuellement ambigus apparaissent néanmoins, même si c’est de façon subliminale. Au cours du XXe siècle, ils sont le plus souvent présentés de façon à susciter le rire moqueur (les représentations caricaturales du stéréotype de la « folle » efféminée dans certaines comédies des années 20 à 40), la pitié (l’adolescent ou l’adulte homosexuel représenté comme un être en souffrance, un désaxé, un « malade » à traiter, dans certains classiques des années 50 comme Thé et sympathie de Vincente Minnelli), voire l’effroi (les représentations d’homosexuels comme des pervers ou des criminels dans des films plus contemporains comme Cruising ou Le Silence des agneaux).

Deux étapes cruciales de l’histoire d’Hollywood peuvent être mentionnées : l’établissement au début des années 30 du fameux code Hays, code de bienséance fondé sur la morale religieuse puritaine, qui va mettre un frein à certaines représentations filmiques de l’ambiguïté du désir et de la sexualité humaine, encore abordés dans la période qui le précédait (comme par exemple Marlene Dietrich embrassant une femme dans Morocco, en 1931) ; la désuétude de ce même code, avec la révolution culturelle et sexuelle des années 60, qui va permettre d’aborder plus frontalement dans les films le thème de l’homosexualité.

Dessin réalisé à la volée par Diti pendant la présentation d'Antoine
Dessin réalisé à la volée par Diti pendant la présentation d’Antoine

D’abord dans les fictions culpabilisantes violemment homophobes des années 60 (La Rumeur de William Wyler, Advise & Consent d’Otto Preminger), où les personnages homosexuels sont caractérisés par la haine d’eux-mêmes et le désespoir, au point de ne jamais terminer le film autrement que par un suicide ; ensuite dans des films plus « positifs » dans les années 70 (par exemple Boys in the Band de William Friedkin), associant l’homosexualité à d’autres modes de vie alternatifs (milieu artistique, consommation de drogues, etc.) et n’échappant pas toujours à l’approche en termes de folklore communautaire.

Pour voir le premier film tourné par Hollywood et mettant en scène une romance homosexuelle au moyen des stratégies de représentation traditionnellement adoptées pour dépeindre les histoires d’amour hétéros mainstream, il faudra attendre les années 1980, et Making Love d’Arthur Hillier. Et encore, les producteurs ont-ils à l’époque jugé utile d’avertir leur audience de cette particularité par un écriteau placé en début de film.

Dessin réalisé à la volée par Karim pendant la présentation d'Antoine
Dessin réalisé à la volée par Karim pendant la présentation d’Antoine

Cela ouvre la voie à la période actuelle, où les personnages désignés comme gays, certes toujours minoritaires, sont quand même plus présents à l’écran, parfois dans la fonction un peu secondaire des people next-door biens sous tous rapports servant de faire-valoir aux héros, parfois propulsés eux-mêmes comme héros rationnels et positifs de fictions à oscars brandissant haut l’étendard de la tolérance, comme Philadelphia ou Brokeback Mountain.

Si la période des années 90 et 2000 est plus rassurante de ce point de vue, il ne faut pas voir ces films comme le symbole d’une soudaine “homophilie” à Hollywood, mais plutôt comme l’incarnation pragmatique d’une industrie cinématographique soucieuse de ses intérêts économiques, qui a toujours su s’adapter aux goûts du public et à l’évolution des mentalités, même si c’est avec un certain retard par rapport à la société qu’elle dépeint. (Mais il est connu que l’argent et le pouvoir rendent conservateurs, or Hollywood est dirigé par des hommes hétérosexuels qui ont de l’argent et du pouvoir.)

Cela étant, même aux époques les plus conservatrices de son histoire, Hollywood a pu, ponctuellement, fournir à l’imaginaire collectif des éléments pour négocier avec cette norme hétérosexuelle dominante, voire pour la subvertir. Les codes imposés du spectacle familial n’empêchent pas la mise en place d’un jeu subtil de reconnaissance et d’appréciation entre les artistes qui conçoivent des messages sous-jacents dans leurs films, et une partie de leur audience « entraînée » à décrypter les symboles et les procédés de mise en scène employés à cette fin (c’est ainsi qu’Hitchcock, dans des films comme Rebecca ou La Corde, a pu proposer d’étonnantes représentations « cachées » de l’homosexualité masculine comme féminine).

Il en est de même pour certaines célébrations déguisées de l’ambiguïté sexuelle déguisées en comédies grand public, comme Certains l’aiment chaud de Billy Wilder, ainsi que de certaines formes particulièrement romantiques d’expression de l’amitié entre hommes (Top Gun) ou entre femmes (Thelma & Louise) dans des films ne traitant pas directement de l’homosexualité (mais laissant facilement la porte ouverte dans l’imaginaire du spectateur).

On peut donc dire pour conclure que les représentations de l’homosexualité dans le cinéma hollywoodien ont majoritairement épousé les contours d’une idéologie dominante violemment puritaine et hétéro-normée, tout en préservant des possibilités de lecture multiples, des espaces de négociation pour que chaque spectateur puisse accueillir, devant les films, des questionnements intimes sur la complexité et l’ambivalence de la sexualité humaine.

Dessin réalisé à la volée par Mél pendant la présentation d'Antoine
Dessin réalisé à la volée par Mél pendant la présentation d’Antoine


Podcast Science 225 – #psSortDuPlacard

Dessin réalisé à la volée par Diti pendant l'émission

Dessin réalisé à la volée par Diti pendant l’émission

Dossiers présentés

Partie I – Finalement, être homo, c’est naturel, ou pas ? 

Partie II – Grandir homo dans un monde hétéro 

Partie III – Politique et questions de société

La quote, par Aline !

Liens évoqués

A priori disponibles dans les dossiers respectifs. Pour les autres, les voici :

Les dessins !

Admirez les œuvres incroyables réalisées sur le moment par Arnaud Rafaelian, Diti, Gleb, Inti, KaM, Karim, Mél, Nico, Phiip Lapin, Sef, Vran et on a même un escargot de Pierre Kerner !

» Le compte-rendu de Pierre Kerner sur Strip-Science

#psSortDuPlacard – Homo animalus

La chronique de Pierre et Billie démarre à 8:03.
» Ecoute sur Soundcloud

Billet présenté dans le cadre de l’event #psSortDuPlacard le 27 juin 2015 et diffusé simultanément sur SSAFT et ScienceABilly


Acte 1, scène 1 – Taupo

Ami homophobe, tu trouves que personne ne te prend vraiment au sérieux et tu cherches à peaufiner tes arguments en leur donnant une caution scientifique? N’aie crainte, Podcast Science est là pour t’aider ! Suis le son de notre voix, tu verras, tout va bien se passer. Récemment, tu as voulu convaincre ton entourage que l’homosexualité n’était pas naturelle et que seule l’hétérosexualité l’était. Mais tu as raison, l’hétérosexualité est naturelle. Prends les guêpes des figues par exemple, ces guêpes qui, pour survivre doivent nécessairement pondre dans un fruit immature de figuier pour que leur progéniture se développe dans les tissus du végétal. Tu vois pas le rapport ? Et bien ces guêpes-là sont foncièrement hétérosexuelles, et, le plus naturellement possible, dans le fruit en formation, frangins et frangines guêpes vont copuler ensemble, Lannister style.

01 got1

Quoi de plus naturel aussi que les rapports hétérosexuels des mantes religieuses qui se concluent généralement par la décapitation du mâle pour assouvir l’appétit féroce de la femelle. Je me suis d’ailleurs permis de modifier ton logo de la manif pour tous pour lui donner un ptit côté naturel à la mante religieuse du plus bel effet en remplaçant l’image du père avec un décapité, j’espère que tu apprécieras!

02 manifpourtousMante

La nature, c’est aussi l’accouplement des girafes pour lequel le mâle va donner des coups de tête dans le popotin d’une femelle pour stimuler son envie d’uriner, urine qu’il va s’empresser de goûter pour déterminer si la femelle est prête à être fécondée.

03 Girafe Urine

Tu l’auras compris: inceste, cannibalisme et golden shower sont également très naturels! Et bon on a parlé de relations intraspécifiques mais il faut savoir que de nombreux animaux franchissent aisément la barrière de l’espèce et pénètrent ardemment les territoires inexplorés à travers les groupes taxonomiques. Doit-on citer les exemples des chimpanzés utilisant des grenouilles comme moyen de se masturber.

04 Chimp Frog

ou des otaries qui se défoulent sur des manchots,

05 Seal Pingouin

ou suffit-il d’évoquer la prévalence de maladies vénériennes uniquement contractables entre humains et bétail pour rendre compte de la banalité de ce genre de comportement?

Acte 1, scène 2 – Billie

(Voix foncedé de hippie/yogi)

06 Beautiful-Nature

 

Merci Taupo de nous rappeler les douces merveilles du comportement animal 100% terroir bien naturel.  la nature est un exemple pour nous tous !  L’Homme est un dégénéré sans repère naturel !

Maman ! (pré ado tirant sur la jambe de sa mère)

– mais non pas spécialement toi hubert !

– Dégénérée, c’est abusé, je veux aller à l’école !

– Écoute mon chéri, on t’a déjà expliquer avec papa que ce concept d’école n’est pas très naturel, va falloir oublier, d’ailleurs le concept même de concept n’est pas très naturel, tu le concéderas

– Mais je veux apprendre à lire !

– L’alphabet cette dégénérescence ! Tais-toi tu me fais honte, tu te comportes comme un intellectuel

– J’en ai marre je veux être sapiens pas bonobo de mes 2 !

Ferme ta bouche je te dis sinon j’envoie ton père te casser la colonne en 2, il va encore croire que je passe trop de temps à m’occuper de toi et pas assez à copuler pour répandre ses gènes dans la population

D’ailleurs demain, on va d’abord avec ta soeur à un atelier « tisse ta liane pour te masturber sans ton père » comme le font les bonobos et puis au goûter on finira le placenta de feu ton frère mort d’une gangrène bien naturelle. Tu aurais été fière de lui Rho et puis arrête avec toutes ces voyelles ! Franchement c’est pas naturel !

Je crois que l’on a compris, il n’y a pas vraiment d’argument valable pour dire que ce qui serait « naturel » serait socialement acceptable et aucun non plus pour considérer que ce qui serait « non-naturel » ne devrait pas être présent dans nos sociétés.

D’ailleurs, pour rajouter à l’absurde, la critique du « ce n ‘est pas naturel » se retrouve souvent , dans la même phrase, associée au reproches d’avoir un comportement bestial. Alors ‘faut être naturel mais sans être un gros bestiau. Ça ressemblerait pas à une construction artificielle et absconse le concept de « naturel » ? Le concept de naturel ne cacherait pas t-il pas être en réalité un nauséabond idéal de pureté ?

07 Purete

D’ailleurs les grecs anciens jugeaient l’homosexualité supérieure à l’hétérosexualité car,

08 delville ecole platon

pensaient-ils, non présente dans la nature, et donc permettant de nous élever de la condition animale..d’autres, à partir de la même idée reçue (l’homosexualité n’existe pas chez les animaux) verront cette orientation comme impure, devant être éliminée. POINT GODWIN atteint.

09 point-godwin

 

Acte 2, scène 1 – Taupo

Bon, du coup mon ami homophobe, ton argument du “l’hétérosexualité, c’est naturel”, j’ai l’impression que tu as plutôt envie de l’abandonner, changer ton fusil d’épaule, et essayer de persuader ton entourage que l’homosexualité n’existe pas dans la nature. Ben mon con, c’est pas ton jour de chance : des comportements homosexuels ont été observés chez des milliers d’espèces animales différentes et que ce soit pour l’activité sexuelle, les parades amoureuses et même le soin parental! Et ce ne sont pas bien entendu des relations exclusives entre mâles: prends les bonobos par exemple

10 creepy_bonobo

(je sens de toutes façons que tu ne peux considérer cette expression que figurativement). Ils sont parmi nos plus proches cousins et passent la plupart de leur temps s’exercer à la chose dans un but non reproductif. Pour le coup (le bon coup), les femelles passent un temps considérable à se masturber les unes-les autres, souvent jusqu’à l’orgasme. Les mâles sont moins enclins à folâtrer mais il n’est cependant pas rare de les voir s’embrasser, se masturber voire s’exercer des fellations. Cette tendance est encore plus exacerbée chez les dauphins

11 gay_dolphin

où près de la moitié des mâles interagissent sexuellement avec d’autres mâles. Ce genre de comportement ne semble cependant pas complètement définitif et souvent, les relations homosexuelles renforcent des liens sociaux entre individus et peuvent même faciliter a posteriori leurs chances de se reproduire. Cela rentre donc dans un cadre évolutif théorique testable et offre une explication d’avantage adaptatif à l’homosexualité. D’autres cas comme chez les insectes,

12 lustful_insect

 

illustrent plutôt des comportements homosexuels issus d’approximations de l’évolution où des mâles incapables de discriminer les phéromones de leurs partenaires choisissent de niquer tout ce qui passe à défaut de passer du temps à déterminer le sexe de son partenaire. Ce genre de phénomène peut même être provoqué non pas par un contexte génétique mais une influence environnementale, ce qui a été testé en rendant des mouches du vinaigres bourrées qui devenait parfaitement bisexuelles.

On trouve plus rarement des cas de préférences homosexuelles longue durée et exclusive : chez des béliers

13 gay_rams

par exemple qui préfèrent rester avec des mâles toute leur vie, dans une relation homosexuelle monogame. Certaines brebis, pour obtenir les faveurs de ces mâles homo, n’hésitent pas à imiter le comportement des mâles pour les leurrer!

Acte 2, scène 2 – Billie

Partie limites et difficultés d’étudier les comportements sans anthropomorphisme

Si la première mention de l’homosexualité dans le règne animal remonte à la Grèce antique, les premières études scientifiques les mentionnant remonte à 1764. Et depuis lors, de nombreux écueils n’ont pas su être évités.  Tout d’abord,il fallait l’observer car toute relation était supposée hétérosexuelle (et oui c’est pas forcement de deviner le sexe d’une baleine à 50 m de profondeur)

14 whale_genitalia

et puis après constat, il fallait oser en parler. Et oui de l’aveu de nombreux zoologistes, l’autocensure est courante, de peur de ne pas maîtriser les réactions homophobes des lecteurs et des confrères. Car décrire le phénomène c’est prendre le risque d’être soupçonné ou  d’être interrogé sur ses motivations de rapporter précisément ces faits-là.

15 gay_scientists

D’avoir à se justifier sur sa propre sexualité. Et puis, lorsque l’on a le courage d’en parler, il n’est apparemment pas aisé de s’abstraire d’un regard anthropomorphique et moralisateur.

Sisi , mon histoire préférée (et symptomatique) c’est celle de ce chercheur qui décrit les comportements homosexuels des papillons azurés de l’atlas marocain en 1987.

16 mating_Polyommatus

 

Déjà courageux le type, il intitule son article «  une note sur la baisse apparente des standards moraux chez les lepidoptères » ..les standards moraux chez les lépidoptères.

Genre: Oui bonjour je suis un lépidoptère bien éduqué qui ne butine que des fleurs consentantes moi, mais mon voisin, il n’a pas les mêmes valeurs, c’est pas que du nectar qu’il butine ! !

Mais en plus, les observations de l’entomologiste « scout toujours », seront lors de sa publication, préfacées par la suivante et pontifiante  déclaration:” Triste signe de notre temps, les journaux nationaux regorgent trop souvent de détails scabreux  de ces horribles offenses sexuelles commises par notre notre espèce Homo sapiens, révélateurs du déclin des standards de la morale. Malheureusement, dernièrement la littérature entomologiste ne semble pas déroger à notre époque »

Ambiance…

Puis finalement quand on parle de comportements homosexuels chez les animaux c’est en utilisant des termes biaisés et plein de jugements moraux comme avec les mots  péchés , perversion, résultat du confinement, une phase ado. etc…. Les études ne peuvent se détacher d’un certain anthropomorphisme. Ainsi 2 femelles renardes engagées dans des activités homos ont été décrites comme ayant « un comportement rabelaisien »…

17 pantagruel

 

en jugeant ainsi ces comportements, les scientifiques ont beaucoup de difficultés à rendre compte de la diversité des comportements homosexuels. D’ailleurs, aussi variés chez l’Homme que chez les autres espèces (si l’on prend en compte, l’âge des partenaires engagés, leur orientation sexuelle, le consentement, les liens de parenté entre les intéressés, les statuts sociaux…) Ils faudrait en réalité parler DES HOMOSEXUALITES.

Enfin lorsque des zoologistes décrivent des comportements homoS, ils ont tendance à vouloir les justifier en dehors de toute rigueur scientifique. Mon exemple préféré (oui , encore) c’est celui de ce zoologiste qui en observant 2 males ourang outans se suçant

18 Happy_Orang_outan

réciproquement, justifie ce comportement comme « non sexuel » mais « nutritif ».

Ou encore ce scientifique qui en observant deux jeunes lamantins se branler mutuellement, préférait voir ça « comme un concours d’endurance ».

19 Manatees

 

Acte 3, scène 1 – Taupo

Bon allez, faut qu’on arrête de te charrier un peu. En fait, il existe bel et bien dans la nature un moyen pour que tu ne te retrouves pas confronté à des homosexuels, des espèces animales chez qui les homosexuels n’existent pas. Intéressé? Et bien mon ami, il faudrait alors que tous les humains deviennent des hermaphrodites! A la manière d’un grand nombre de gastéropodes, on se retrouverait avec des fabriques à sperme et ovules. Faut pas croire qu’on se retrouve sortie de l’auberge pour autant parce qu’il reste quand même l’enjeu du transfert équitable des ressources investies dans la production des ovules et des spermatozoïdes. Si je te pompe tout ton sperme, y’a intérêt à ce que je puisse arroser tous tes ovules, OK! Pour pas se faire baiser tout en baisant, des gastéropodes

20 dn8871-1_500

ont développé un système où ils se poignardent avec des dards d’amour pour favoriser la dissémination de leur semence: du coup, ça t’irait?

21 love dart gallery

Y’a encore plus radical comme solution en optant, comme certaines étoiles de mer hermaphrodites, à la fécondation externe, soit en ne se reproduisant que de manière asexuée.

22 Kd1Ng2

Finalement, le monde qui te permettrait d’éviter d’avoir à te confronter à l’homosexualité, c’est celui dans lequel il n’y a pas de sexualité.

Acte 3, scène 2 – Billie

Alors tu veux vraiment prendre la nature comme règle, ben courage mon gars parce que la nature elle n’a pas de règle et pas de morale. Le vivant parfois n’a pas de sexe, ne fait pas de sexe et quand il en a, et quand il en fait, c’est un gros bordel dans la sexualité. D’ailleurs, on a parlé d’homosexualité et d’hétérosexualité au sein d’une même espèce. C’est quand même ne pas avoir l’esprit très ouvert vous ne trouvez pas ? Vous faites pas du sexe avec des drôles de bestioles ? Ben moi si, je l’avoue. Je fais des trucs dégueulasses. Je fais du sexe avec des bactéries avec des virus et encore moi je suis soft… Oui parce que pour un biologiste, on peut définir comme sexuel tout échange de gène. Alors quand un virus me pénètre en me laissant comme cadeau des petits morceaux de son adn dans celui de mes cellules, on peut dire qu’on a fait du sexe. D’ailleurs il y a des bactéries qui font du sexe avec les cousines mortes, pour leur pécho des gènes intéressants.. où il y a du gène il y a du plaisir, ou il de la nature, il y a une grosse touze.

23 turtle_fun

Oui, je l’avoue je suis biosexuelle et biophile.

Cette intervention lors de l’émission radio dessinée #PSSortduplacard a inspiré les dessinateurs de Strip Science invités. Florilège de Diti, Gleb, KaM, Mel, Phiip, Sef… et Taupo:

Dessin de Diti
Dessin de Gleb
Dessin de Gleb
Dessin de KaM
Dessin de Mel
Dessin de Phiip
Dessin de Phiip
Dessin de Phiip
Dessin de Sef
Dessin de... Taupo

Liens:
Pleiotropy: Vertebrate Sexual Systems
Against Nature
As you wish: Post for Friends Family and Others
Homosexuality is Catholic in Animal
Homosexual Behavior in Animals
Gay Animals
Bisexual Species/
L’homosexualité au Musé d’Histoire Naturelle
Moutons Homosexuels
Sodomie 100% Naturelle
Sexe, Bio, Diversité et Norme
Bêtes de Sexe 1
Bêtes de Sexe 2
Scientists Discover Evolutionary Advantage to Homosexual Sex
1500 Animal Species Practice Homosexuality
30 Strangest Animal Mating Habits
How Natural is Homosexuality
Animals Homosexuality
Intelligent Homosexuals Guide to…

Références:
Bailey, N. W., & Zuk, M. (2009). Same-sex sexual behavior and evolution. Trends Ecol Evol, 24(8), 439-446. doi: 10.1016/j.tree.2009.03.014

Livres:
Bagemihl, B. 1999. Biological Exuberance: Animal Homosexuality and Natural Diversity. St. Martin’s Press. 752 pp.

de Waal, F. 1997. Bonobo: The Forgotten Ape. University of California Press, Berkeley.

de Waal, F. M. B. & R. Ren (1988): Peacemaking among Primates. Harvard University Press, Cambridge (Massachusetts).

Roughgarden, J. 2004. Evolution’s Rainbow: Diversity, Gender, and Sexuality in Nature and People. University of California Press. Berkeley CA. 474 pp

Sommer, V & P. L Vasey (2006): Homosexual Behaviour in Animals, An Evolutionary Perspective. Cambridge University Press, Cambridge.

#psSortDuPlacard – HS Lisez la science : quelques livres sur l’homosexualité et un homosexuel célèbre

La chronique de David Loureiro démarre à 1:17:20.
» Ecoute sur Soundcloud

Billet présenté dans le cadre de l’event #psSortDuPlacard le 27 juin 2015 et publié simultanément sur Lisez La Science 


lls-1-lisezlascience_logo

L’équipe de Podcast Science m’a proposé de réaliser un dossier sur quelques livres qui seraient intéressant de lire si l’on souhaite en savoir plus sur l’homosexualité, et la science associée de manière plus large. Je vous propose donc ceux livre qui traite de l’homosexualité d’un point de vue scientifique et un autre qui traite d’Alan Turing, grand scientifique de la première moitié du XXe qui était aussi homosexuel. De quoi vous occuper pendant les vacances si vous souhaitez de bons livres sur l’homosexualité au sens large 🙂

 

Conundrum: The Evolution Of Homosexuality

Le premier dont je vais vous parler se nomme “Conundrum: The evolution of homosexuality”, de Nancy Peters. Alors je préfère vous prévenir tout de suite : toutes ces références seront en anglais. Il existe juste une traduction pour le livre sur Alan Turing. Nancy Peters est une écrivain freelance vivant à New York. J’ai tenté d’avoir plus d’informations sur elle, mais mes demandes sont restées lettre morte, désolé.

 

Ce livre relativement court qui décrit la vision de la biologie comportementale sur l’homosexualité et son évolution. Le propos est clair, illustré et toute personne souhaitant avoir une vision, plutôt haut-niveau, de la question saura trouver dans ce livre un certain nombre d’informations relativement à jour et appuyées sur des études scientifiques sérieuses. L’auteur traite de l’homosexualité sans se limiter à l’espèce Humaine, ni à une culture ou une époque en particulier. On aborde ainsi sa présence chez les primates de manière large, mais aussi dans les civilisations grecques, égyptiennes ou chez les maori.

Ce livre n’a pas pour but d’être exhaustif sur l’homosexualité et ce que la science pourrait en avoir à dire, mais il sait fournir une base intéressante à qui souhaite se renseigner sur la question.

Il remplit donc pleinement son office et la seule chose que j’aurais personnellement à lui reprocher c’est son organisation : certains sujets sont abordés selon un certain angle, puis l’auteur aborde un autre point, et revient ensuite au premier. En tout cas si vous êtes pressé, ce livre est pour vous !

Gay, Straight, and the Reason Why: The Science of Sexual Orientation

lls-3-gay-straight-and-the-reason-why

Le second livre est “Gay, Straight, and the Reason Why” de Simon LeVay.

Simon LeVay est un neuroscientifique américano-britannique qui s’est, apparemment, toujours intéressé aux structures du cerveau et aux liens possibles avec l’orientation sexuelle. Après une éducation supérieure de haute volée où il fréquenta successivement les bancs de Cambridge, Göttingen et Harvard, il réalisa la majeure partie de sa carrière dans ce dernier établissement avant d’intégrer le Salk Institute for Biological Studies où il réalisa l’étude pour laquelle il est sûrement le plus connu et qui portait sur le noyau INAH3 au sein du cerveau. Il montra en effet une corrélation entre la taille de ce noyau de neurones et l’orientation sexuelle de son possesseur.

À la différence du livre de Nancy Peters, celui-ci est plus volumineux et plus long à lire. Mais cela vaudra clairement le temps que vous y passerez! Je n’ai jamais vu un livre aussi exhaustif, aussi bien référencé et aussi sérieux sur un sujet. Il est aussi différent par son approche: Simon LeVay se concentre sur l’Humain et sur l’époque actuelle et va ainsi aborder tous les axes possibles de réflexion sur l’Homosexualité (psychologie, biologie, génétique, etc)

Le livre est bien structuré, l’auteur présente, pour chaque axe un certain nombre d’hypothèses, avec les études associées, les résultats obtenus, et ce qui en est ressorti, en pour et en contre.

Cet ouvrage est un bon complément à celui de Nancy Peters pour qui souhaite entrer plus en profondeur dans le sujet. On pourra remarquer que Simon LeVay, dans son travail de référence et de recherche d’études sur les sujets abordés, ne cite quasiment aucune étude francophone …

Alan Turing: The Enigma

lls-4-alan_turing_the_enigma

Ahhh, Alan Turing! En tant que personne travaillant dans le domaine de l’informatique, il représente un dieu de la spécialité. L’un de ses esprits géniaux grâce à qui nous avons pu avoir à notre disposition cette technologie fantastique qui nous permet de pouvoir commander des cuisses de poulet surgelées à 3 heures du matin depuis le fond de notre lit.

Blague à part, le travail de cet homme est juste fondamental pour notre société d’aujourd’hui. Et c’est sa vie qu’Andrew Hodges nous raconte de manière agréable et touchante. On découvre ainsi la vie du jeune Alan Turing, avec son amour de jeunesse pour Christopher Morcom, mort trop vite, et dont la perte resta ancrée en Alan pendant toute sa vie. On découvre aussi son travail lors de la Seconde Guerre Mondiale pour le décryptage des messages produits grâce à la machine Enigma. On apprend aussi à quel point il a révolutionné les mathématiques à travers son article sur les nombres calculables et les machines de Turing, celui sur le principe d’imitation avec son fameux test pour déterminer si l’on a à faire à une machine ou plus un humain, son invention de la programmation, des fonctions, etc. On ne se rend pas compte à quel point il est à l’origine de toute cette technologie, ces ordinateurs, tablettes et smartphones qui nous sont aujourd’hui indispensable.

On en apprend aussi un peu plus sur la vie des homosexuels dans cette première moitié du XXe siècle anglais, et comment s’est déroulée la fin de sa vie, entre son arrestation, son procès, sa castration chimique et ses derniers jours avant son suicide en 1954.

Pour ceux qui auraient vu le film, très bon film en passant, vous découvrirez la vraie histoire (sur laquelle est censée être basé le film d’ailleurs) et d’Alan Turing. Un peu moins romanesque et moins d’espionnage mais tellement plus intéressante.

Conclusion

En conclusion ce que je peux dire c’est que j’ai vraiment appris beaucoup de choses : sur l’homosexualité, certes, mais aussi sur ce scientifique formidable que fut Alan Turing et sur les impacts des préjugés de la société sur les homosexuels au sens large. Le suicide d’Alan Turing, pour beaucoup, conséquence du traitement consécutif à son procès et de l’atmosphère homophobe de l’époque, l’aura peut-être empêché de faire de nouvelles découvertes fantastiques et fondamentales. Dix ans se sont écoulés entre les deux articles fondateurs d’Einstein sur la relativité restreinte et générale. Imaginez ce que Turing aurait pu faire si il avait vécu plus longtemps !

Je vous conseille donc de lire ces livres, et d’en proposer la lecture autour de vous. Ceci permettra peut-être de réduire les préjugés qui rongent notre société et d’éviter aux homosexuels de subir des pressions et des discriminations.

Laissons les personnes LGBT s’épanouir car elles pourront sûrement rendre le monde plus beau et meilleur pour nous tous.

Vous pourrez retrouver l’ensemble des livres sur le compte goodreads de LisezLaScience. Ceux-ci seront placés sur une étagère spécifique et celle pour aujourd’hui sera LLS-HS-6 : https://www.goodreads.com/review/list/30797714-lisezlascience?shelf=lls-hs-6

Liens

 

Les références livresques

Alan Turing: The Enigma

  • ISBN : 1784700088 (ISBN13: 978-1784700089)
  • Auteur : Andrew Hodges
  • Nombre de pages : 768 pages
  • Date de parution : 13/11/2014 chez Vintage
  • Prix : 13,34 € chez Amazon ou chez la Fnac (en français)

 

Gay, Straight, and the Reason Why: The Science of Sexual Orientation

  • ISBN : 0199931585 (ISBN13 : 978-0199931583)
  • Auteur : Simon Levay
  • Nombre de pages : 432 pages
  • Date de parution : 06/09/2012 (Reprint) chez Oxford University Press
  • Prix : 25,32 € chez Amazon et à 10,09€ chez la Fnac (en numérique uniquement)

 

Conundrum: The Evolution Of Homosexuality

  • ISBN : 1420893386 (ISBN13 : 978-1420893380)
  • Auteur : Nancy J. Peters
  • Nombre de pages : 208 pages
  • Date de parution : 01/02/2006 chez Authorhous
  • Prix : 21,64 € chez Amazon

#psSortDuPlacard – Pâtes et pizza : le panorama des sexualités et des orientations

La chronique de Citron-Vert démarre à 19:24.
» Ecoute sur Soundcloud

Billet présenté dans le cadre de l’event #psSortDuPlacard le 27 juin 2015


01 genderbreadAvant de parler d’orientation sexuelle, il faut parler de genre. Dans le genre, on peut distinguer l’identité de genre et l’expression du genre. Les deux sont différents, non seulement entre eux mais aussi différents du sexe.

Le sexe correspond aux caractéristiques biologiques, c’est à dire les organes sexuels, les hormones et les chromosomes.

 

(I) La plupart des gens ont un sexe que l’on qualifiera de féminin ou masculin, mais ce n’est pas le cas de la totalité de la population. Certaines personnes ne rentrent pas dans ces catégories (comme par exemple les XXY), ce sont les intersexes.

L’identité de genre correspond au genre auquel la personne s’identifie. Ce genre peut être homme, femme, les deux ou ni l’un ni l’autre.

Souvent, l’identité de genre d’une personne correspond au genre attribué à la naissance, on dit alors que la personne est cis-genre.

(T) Parfois ce genre ne correspond pas au genre attribué à la naissance, on parle alors de transgenre.

Les transgenres peuvent être des hommes, des femmes, les deux (androgyne), ni l’un ni l’autre (agenré) ou même changé de genre (fluide).

L’expression du genre désigne la manière dont on exprime ce genre, par les vêtements, les actions… En gros, l’expression du genre dépend énormément de la société.

 

Après cette petite parenthèse sur le sexe et le genre, on va pouvoir parler d’orientation sexuelle :

Selon Wikipédia,

« L’orientation sexuelle décrit un mode durable d’attirance pour le sexe opposé, le même sexe, ou les deux sexes », mais c’est assez restrictif. Pour être plus précis, on pourrait dire, que l’orientation sexuelle décrit un mode durable d’attirance pour un, plusieurs ou aucun genre(s).

On passe donc d’une définition, qui en plus de faire l’amalgame entre le genre et le sexe, ne permet d’identifier que 3 orientations sexuelles, à une qui peut en identifier une infinité.

On peut alors dire qu’il y a autant d’orientations sexuelles qu’il y a de personne pour les définir. Néanmoins, si l’on veut les nommer, on peut les regrouper en 4 groupes (voire beaucoup plus) :

L’hétérosexualité : Tous le monde connaît cette orientation sexuelle. C’est celle qui consiste à être attiré par le genre opposé.

(L et G) L’homosexualité : Celle-ci aussi est très connu puisque c’est celle qui consiste à être attiré par le même genre.

Si l’on se contente de ces deux là, comme certains le font, on arrive sur une binarité de l’orientation sexuelle. Cependant cela ne convient pas à tous le monde.

Par exemple, à la fin des années 1940, Alfred Kinsey (entomologiste et zoologiste), s’intéresse au relation entre hétérosexualité et homosexualité. Il établi une échelle des orientations sexuelles avec a un bout l’hétérosexualité et à l’autre bout l’homosexualité.

02_Kinsey_Scale.svg

(B) A milieu de cette échelle on retrouve donc la bisexualité, qui consiste à être plus on moins également attiré par le même genre et le genre opposé.

Avec ces trois orientations sexuelles et le continuum qui existe entre elles, on arrive bien à une infinité d’orientations sexuelles. Mais, encore une fois, ce n’est pas suffisant pour définir toutes les orientations sexuelles.

(A) Il existe des personnes qui ne peuvent pas se placer sur l’échelle de Kinsey car cette dernière exige que l’on soit attiré sexuellement par un ou plusieurs genres, or certaines personnes ne sont attirées par personne. Il faut donc ajouter aux orientations précédentes, l’asexualité qui comme sont nom l’indique consiste a ne pas ressentir d’attirance sexuelle dirigé vers un genre.

D’après une étude de 2004 , ils représenteraient 1 % de la population.

(P) À ces 4 orientations sexuelles, ont peut ajouter la pansexualité qui consiste à être attiré par des gens indépendamment de leur genre.

Pour mieux comprendre, on peut faire une analogie avec la nourriture :

Les hétérosexuels aiment les pâtes, alors que les homosexuels aiment les pizzas. Les bisexuels, eux, aiment les deux, pâtes et pizza mais peuvent avoir une préférence. Les pansexuels veulent juste manger quelque chose de bon sans avoir de préférence pour un plat. Les asexuels n’aiment pas la nourriture qu’on leur propose. Et les homophobes trouvent que la pizza c’est dégoûtant car il y a du fromage dessus en oubliant de préciser qu’on peut faire des pizzas sans fromages et mettre du fromages sur les pâtes.
Pour finir, on peut aussi parler de l’orientation romantique, qui peut être différente de l’orientation sexuelle, c’est même d’ailleurs assez fréquents chez les asexuels.

Et si vous êtes un peu perdu, c’est normal, c’est un sujet extrêmement compliqué. Les catégories d’orientations sexuelles que je viens de présenter sont loin d’être complètes, puisse qu’elles existent tous dans des spectres, personne n’est identique.

(Q) On peut même préciser que dans l’acronyme le plus long de LGBT, c’est à dire LGBTQIAP, le Q représente les « questionning », c’est à dire les gens qui ne savent pas vraiment où se placer dans tout ça.

Une dernière chose, c’est bien de connaître les différents genres et orientations sexuelles, mais il n’y a aucune obligation à se définir selon l’un d’eux.

Sources : http://www.cnn.com/2004/TECH/science/10/14/asexual.study/index.html

Vran
Dessin réalisé par Vran

 

#psSortDuPlacard – Ce que nous apprennent les sites de rencontre sur l’homosexualité

La chronique de Nico Tupe démarre à 2:23:36.
» Ecoute sur Soundcloud

Billet présenté dans le cadre de l’event #psSortDuPlacard le 27 juin 2015


Nous avons passé l’émission a découvrir ce que l’on a pu apprendre sur l’amour du même bord grâce à de nombreuses observations scientifiques. Mais que peut-on apprendre sur notre comportement amoureux quand on ne nous regarde pas? Christian Rudder a justement écrit un livre sur le sujet, Dataclysm,

ps225_01-Dataclysm-cover.jpg

qui recense et analyse une dizaine d’années de données du site de rencontre OkCupid. Peu connu en France, ce site fait partie des sites de rencontre les plus utilisés dans le monde et en particulier aux Etats-Unis. Selon l’auteur, on y trouvait en 2013 plus d’un quart des célibataires gay américains.

 

L’inscription sur OkCupid commence par vous demander comment vous vous définissez et par quel type de personnes vous êtes intéressé. Là-dessus, le site est plus que généreux ; il propose bien sûr Gay, Hétéro, mais aussi Bi ou beaucoup des “catégories” décrites par Citron-Vert, allant de Pansexuel à Queer en passant par Homoflexible !

 

Pour ma part, j’ai choisi Hétérosexuel intéressé par les Sapiosexuels.

 

8% des hommes et 5% des femmes se disent bisexuels sur le site.

 

Ce choix donne un pouvoir tout particulier, celui d’envoyer un message aux personnes des deux sexes. N’en déplaise aux bisexuels, OkCupid tend à confirmer ce que certaines études disent : rares sont les “vrais” bissexuels ; ceux qui sont intéressés par deux sexes en même temps.

 

ps225_05-who_messages_who.png

 

En fait, seules un quart des femmes bisexuelles et 15% des hommes bisexuels envoient des messages aux deux sexes (on considère qu’une personne envoie des messages aux deux sexes quand elle envoie au moins plus de 5% de messages à chaque sexe). Les autres n’envoient des message qu’à un seul sexe. Cela ne fait que confirmer que la façon dont on se définit est bien différente de nos agissement réels.

 

Une fois cette première étape passée, vous pouvez choisir de montrer au monde ou non cette préférence : en cachant votre profil, il n’est visible que par les utilisateurs du site. Ce choix me paraissait anodin, très proche de celui de Facebook pour la vie privée mais il se trouve qu’on peut mettre en relation le nombre de gay ouvrant leur profil et l’acceptation de l’homosexualité de l’Etat dans lequel ils sont !

 

ps225_03-openbrowsing_acceptance.png

 

Et même la rapprocher de données sur la relation entre l’affirmation gay dans les sondages contre l’acceptation de l’homosexualité dans les états. Plus fort, on retrouve ces différences sur le site pornographique PornHub : Il y a 7% de recherche gay en plus dans les états où le mariage gay est légal.

 

L’étape suivante du remplissage de profil est de choisir quel type de relation vous cherchez : une relation long-terme, du sexe sans lendemain et/ou une relation court-terme (ne me demandez pas ce qu’est une relation “court-terme” qui n’est pas du sexe sans lendemain…) :

6.1% des hommes hétéros se disent intéressés par le sexe sans lendemain ;

Du coté des homosexuels, 6.9% des hommes gay et 9% des lesbiennes se disent intéressés. Ne vous emballez pas par cette faible différence, niveau appétance pour les rapports sexuels occasionnels, La seule catégorie qui détone sont les femmes hétérosexuelles : seulement 0.8% se disent intéressées par la chose!

C’est en fait dans les extrêmes que l’on retombe dans certains clichés : bien que le nombre de partenaires rapportés par les quatre groupes est sensiblement le même, 2% des hommes gays représenteraient 28% du sexe homosexuel…

 

Une fois tout cela fait, on peut remplir son profil. Sur celui-ci, vous êtes libre de mettre n’importe quoi.

 

Les femmes hétéros mettront qu’elles cherchent un homme honnête (en rajoutant sans doute “si ça existe encore?”), les hommes hétéros qu’ils veulent une femme sans enfant qui sait ce qu’elle veut… Clichés?

 

En fait ces descriptions sont celles les plus caractéristiques de chaque groupe (je ne vous détaillerai pas ici ce que veut dire « caractéristique » mais c’est très bien défini). Chez tout le monde sauf les hommes gay, ces termes “caractéristiques” tournent autour de l’attirance physique, la famille et un peu autour de l’identité sexuelle. Pour les hommes gay, c’est une tout autre histoire, on retrouve le fameux « Velvet Rage » dont parlait Alan (en 2nd terme le plus caractéristique !) et plein d’autres références pop telles que Madonna ou Britney Spears (pas de trace de Chantal Goya).

 

Par contre, aucune trace de « Socially acceptable Math Nerd » qui pourtant s’était montré très efficace sur mon profil…

 

05 math-nerd

 

Une fois cette inscription terminée, on passe au plat de resistance d’OkCupid : les questions. Le site vous propose de répondre à plein de questions proposées par d’autres utilisateurs et ces questions sont une mine d’informations sans égal. Une des première questions que l’on croise est :

 

« Avez-vous déjà eu une relation sexuelle avec quelqu’un du même sexe que vous? »

  • Oui et j’ai beaucoup aimé
  • Oui et je n’ai pas aimé
  • Non mais j’en ai envie
  • Non et je ne le ferai jamais

 

ps225_04-ever_had_sex_with.png

 

Cette simple question en dit beaucoup, d’abord on remarque que 82% des hommes hétéros sont totalement opposés à une relation avec un autre homme alors que seulement 49% des femmes hétéros sont dans ce cas. Même avec seulement  51% des femmes et 18% des hommes qui ont envie de franchir le pas, on est au-delà des plus grosses estimations de la population homosexuelle. La sexualité est sans doute plu souples que ces catégories rigides.

 

Mais venons en à ce qui intéresse le plus l’homme hétéro que je suis : une femme sur trois a déjà eu une relation sexuelle avec une autre femme ! Vous commencez à fantasmer ? Ce n’est pas sans lien…

 

Il est assez difficile d’analyser les statistiques web sur les lesbiennes tant elles sont perturbées par les fantasmes masculins. « Lesbian » est par exemple le mot le plus recherché de PornHub en 2014 (mais rassurez vous, le monde va bien, “youtube” est plus recherché que “sexe”).

 

Cette sexualité homosexuelle féminine est en fait très liée aux fantasmes masculins et OkCupid a pu l’observer très clairement en analysant les profils et les commentaires aux questions : des références à “threesome” (partouze) et “petit ami” étaient très présentes.

 

Au final, au-delà de ces quelques observations, la leçon la plus importante des données d’OkCupid est qu’il n’y a pratiquement pas de différence de comportement entre les homosexuels et les hétérosexuels sur ce site de rencontre. On y retrouve le même taux d’usage de drogue, de discrimination raciale, d’attrait pour le sexe et pour les autres types de relations. Alors peut être qu’un jour on cessera de s’étonner de voir un homosexuel comme on ne s’étonne pas de voir une personne blonde, pourtant beaucoup plus rare…

Podcast Science 224 – Freestyle #16

Ce soir, c’est freestyle. C’est même le dernier de la saison. Alors pour marquer le coup, nous avons un invité qui a plein de choses à nous raconter. J’ai nommé, le co-fondateur du Café des sciences, co-fondateur du Think-Tank 2e labo, chargé de programme numérique à l’université de bordeaux, et interventant à l’université Paris-Diderot. J’ai nommé Antoine Blanchard.

L’interview du freestyle

» Antoine Blanchard

La rubrique ratage de Robin

Le blog audio

A-t-on découvert un remède pour vous sortir une chanson de la tête ?

Les images de la soirée

La quote de la semaine

La quote de l’invité

Une université ressemble beaucoup à un récif de corail. Elle offre des eaux calmes et des particules alimentaires aux organismes délicats mais merveilleusement conçus qui seraient incapables de survivre aux coups de boutoir du ressac de la réalité, où les gens posent des questions comme : “Ce que vous faites, ça sert à quelque chose ?” et autres absurdités. Terry Pratchett

Plugs et liens évoqués

  • Un petit plug pour un nouveau venu dans la blogosphère scientifico-critico-sceptique francophone. Le blog s’appelle associations libres https://associationslibres.wordpress.com/ Il m’a tapé dans l’oeil parce qu’on y trouve en français du contenu que jusque là je ne trouvais qu’en anglais. Et parce qu’il répond aux mêmes questions que je me pose. Est-ce Monsanto est vraiment une horrible multinationale toute puissante qui veut empoisonner la planète – comme on nous la présente tout le temps – ou juste une boîte comme les autres, qui communique juste un peu moins bien ? Comment fonctionne le cerveau d’un conspirationniste ? Et plein d’autres dans le genre.
    J’ai contacté Maelk, son auteur, voici ce qu’il m’a raconté
    Alors en gros, ça fait quand même pas mal de temps que je m’intéresse à la vulgarisation scientifique dans pas mal de domaines (disons que j’ai commencé avec science et vie junior et que je ne me suis jamais vraiment arrêté) et je me suis bien habitué à ma réputation d’insupportable casse-bonbon je-sais-tout mais ça ne portait pas vraiment à conséquence.
    Il y a quelques années, j’ai commencé à bosser dans une médiathèque et j’ai vraiment été étonné de l’absence de culture scientifique de mes collègues. C’est un soucis récurent je suppose vu que les bibliothécaires et affiliés sortent pour une immense majorité de filières littéraires.Bon après, moi j’ai une licence d’histoire mais dans le métier je suis un peu un extraterrestre avec mon coté hyper rationaliste.
    Bref, je me prenais régulièrement la tête avec mes collègues et mes potes sur des sujets un peu touchy comme les ondes, les ogm etc et je me suis aperçu une fois en regardant une émission de télé où deux experts se balançaient des études à la tête (c’était sur les plombages de mémoire) que les gens qui étaient avec moi mettaient les deux sur le même niveau alors que l’un parlait consensus et que l’autre sortait ses infos de Paris Match et se contentait de citer des anecdotes.
    Comme j’avais lu pas mal de trucs sur comment classer des études, comment on les fait et pourquoi on les fait, j’ai commencé à chercher des sources en français pour ce genre de sujets (pour envoyer à mes potes). Et je me suis rendu compte qu’il n’y en avait pas des masses, ou alors planqué dans des blogs de philo avec un “design social” pas génial (design social = avoir une jolie image bien frappante quand tu partages sur FB, je ne sais pas si il y a un terme pour ça).
    Parallèlement à ça, sur la page du groupe zététique, Sceptom a partagé un lien sur Monsanto en disant qu’il le traduirait plus tard et je me suis fait plaisir en traduisant la réponse du gars d’après, puis le lien qu’il avait partagé et j’y ai pris goût. Quand j’ai partagé mes “œuvres” de ci de là, on m’a dit que c’était pas mal et manifestement y’avait de la demande.
    Donc je me suis mis à piller le web anglais à la recherche d’articles sur ce genre de thèmes, j’essaie de mixer débunking de trucs scientifiques, épistémologie et philosophie des sciences et tout ça en mélangeant différents niveaux de lectures sur une même ligne. En gros, d’un coup sur l’autre tu peux avoir un article très long et assez technique, un truc sur les ogm assez court et polémique, la transcription d’une vidéo etc etcLe but c’est d’avoir de la visibilité avec des articles un peu “clickbait” en espérant que les gens s’intéressent aussi à ce qu’il y a à coté ! C’est aussi pour ça que j’ai un thème wordpress assez minimaliste, ça permet d’être lu sur téléphone et que je choisis des images d’illustrations assez flashy avec des mèmes et ce genre de conneries…
    Je dis “un peu clickbait” parce-qu’au final, comme j’essaie de sourcer un maximum en français, ça me prend pas mal de temps et même sur des trucs un peu bateau (style la junkfood), il y a des liens vers des études correctes et des sites de références.
    C’est aussi pour ça que je mets souvent des liens vers podcast science, sans faire de la lèche c’est quand même agréable de pouvoir avoir des dossiers suffisamment longs pour que le sujet soit traité en profondeur tout en restant très accessible. Et entendre des scientifiques parler de leurs doutes, de la façon dont ils cherchent à se départir des biais etc etc ça change agréablement des experts télévisuels (ou radiophoniques) habituels qui débarquent sur e mode “voilà comment ça marche bande de nazes”.
    Bon, c’est un peu foutraque comme mail, j’espère que c’est assez clair. ^^
    Si y’a besoin d’autres infos, hésite pas !
    Bye 😉
    Je pense qu’on le recevra probablement une fois pour un freestyle (si la formule survit à la rentrée. J’ai cru comprendre que Nicotupe nous bricole un nouveau format). En attendant, pour lire les articles et les traductions de Maelk, rdv sur https://associationslibres.wordpress.com/

La prochaine fois

Mardi 7 juillet
C’est Robin qui organise…
Du coup, on ne sait pas très bien ce qui va être dit, quand, comment, pourquoi, ni même si notre invité sait bien qu’il devra venir et parler.
Mais on lui fait confiance !
(Ne demandez pas pourquoi 😉 )

 

 

La Chatroom

Pascal METZ: Voilà, c’est mieux

Stéphanie: Qu’est-ce que tu tricotes encore ? 🙂

Pascal METZ: rien, j’avais juste oublié de parametrer la chatroom

Ewi (dans le train): Salut tout le monde

Pascal METZ: Salut Ewi

Stéphanie: Tout le monde dort ou ça a planté chez moi et je ne me suis rendue compte de rien ?!

Pascal METZ: nan, chez moi c’est pareil

Samuel: Hi everybody! Da fuck is happening?

Stéphanie: Ok donc on peut troller @Prof Von qui avait promis que ça partirait pile à l’heure

Pascal METZ: La ponctualitée suisse n’est plus ce que c’etait 🙁

enro: il ne se souvient plus comment ça marche…

Stéphanie: Yep !

Prof Von: malhonnête 😉

Prof Von: j’écris le conducteur que personne n’a pondu 😉

Stéphanie: Oula le son affreux chez Robin

Stéphanie: (je ne parle pas des gazouillis de Boson)

ElJj: Zut, le gif passe pas

Nico: 5/5 !

Samuel: oui on entend

ElJj: (B’soir !)

Samuel: mais la qualité de robin bof

Pascal METZ: non pire

Stéphanie: (bisous Boson)

Pascal METZ: ya un echo

Stéphanie: non c’est bien pire que d’habitude

Pascal METZ: change rien

Stéphanie: mais Boson est tellement cute que ça compense

Pascal METZ: chez robin l’echo

Stéphanie: chez Robin seulement l’écho

puyo: B’soir à tous !

Stéphanie: Coucou Puyo !

Samuel: Hi mister Puyo!

Stéphanie: freestyle is good

puyo: Ho ! ça commence fort ! (salut @Stéphanie et @Samuel !)

Pascal METZ: Salut Puyo

puyo: Hello @Pascal METZ !

Samuel: Je préviens je serais surement pas là toute la soirée =)

puyo: Rhooooooooo

Stéphanie: @Prof Von t’as une bonne nouvelle qui t’attend en DM twitter 😉

Samuel: J’ai commencé mon job d’été hier et je suis un peu fatigué

puyo: Tu peux rester jusqu’à 23h et partir après.

Samuel: =D

Helene R: hello

ElJj: Je efais : 224, nombre d’étapes nécéssaire pour résoudre le problème des grenouilles (14 crapauds à gauche, 14 grenouilles à droites alignés sur 29 nénufars. Une grenouille peut se déplacer d’un nénufar, ou sauter au-dessus d’une autre grenouille/crapaud. http://i.imgur.com/Dn8CmlR.gif

Stéphanie: <3 puyo

Helene R: je couche mon gros boson

Pascal METZ: ou la

Pascal METZ: je suis le seul chez cqui c’est inaudible

Pascal METZ: ?

Samuel: oui

Stéphanie: Chez moi ça va

brownian: Salut tout le monde

Pascal METZ: ok

Stéphanie: oula Antoine c’est pas ça

Samuel: c’est audible mais pas de bonne qualité sauf pour ALan

brownian: Robin tu as de l’echo

bonjour: bonjour tout le monde !

Pascal METZ: la ca va mieux

Pascal METZ: bizarre

Stéphanie: un seul dictateur vous manque et c’est le bordel

brownian: bonjour bonjour

bonjour: brownian brownian

Helene R: c’st heu étrange le son

Helene R: distordu

Samuel: Le son est vraiment pas top…

Samuel: (limite pas agréable @Prof Von )

Prof Von: sorry

bonjour: de l’echo et du vibrato

djamdjam: il doit y avoir le son du live pas loin de son micro

Pascal METZ: moi ca va mieux, un vieil onglet qui trainait

Samuel: Toi ton son est parfait cependait @Prof Von =)

Samuel: C’est que les autres! =D

Pascal METZ: @ps Mathieu? LE Mathieu?

GPif: Bonsoir

Pascal METZ: Salut @GPif

GPif: Oula, il y a de l’echo

enro: Le Mathieu de http://chezmatthieu.blogspot.com/

Pascal METZ: c’st moi ou il y a des couverts en fond?

Samuel: Oui @Pascal METZ

Prof Von: mieux?

Stéphanie: hey Billy !

Pascal METZ: les couverts? a priori oui

Stéphanie: aaaah

Pascal METZ: Salut Billy

Stéphanie: y’a un mieux

Stéphanie: rah merde

Pascal METZ: ce soir, on a un Ewi alternatif

Helene R: mieux oui maispas farpait

Stéphanie: c’est reparti pareil

Samuel: Ah ça sent le vrais freestyle! =D

Samuel: vrai*

scienceabilly: vous parlez depuis l’étoile noire?

GPif: C’est le monteur qui va s’amuser :p

GPif: C’est pour donner un coté spatial

Stéphanie: ils ont essayé de passer dans la dimension dans laquelle vit Tupe

Pascal METZ: heureusement que ce n’est pas le broadcast qui est enregistré

Prof Von: c’est ça 🙂

Samuel: Comment ça @Stéphanie il vit dans une autre dimension?

puyo: Ho ! Salut @scienceabilly !

Stéphanie: Tupe ? Totalement

scienceabilly: hello pyuo!

Ewi: (re)Salut tous

Samuel: Il aurait pu me prévenir! Le 27 je dors chez lui! Merde comment je vais trouver l’adresse!

Samuel: D’ailleurs est-ce que tout ceux qui viennent le 27 sont inscrits?

Helene R: it is a mystery

GPif: Son adresse est le nombre d’or

Pascal METZ: @Samuel de mon coté, helas oui 🙁

GPif: @Prof Von “C’est compliqué et c’est pour rien” Belle définition de l’organisation à la française :p

Samuel: Bouhhou, on va faire l’évènement pour nous en fait.. @Pascal METZ

Ewi: j’ai pas de son :'(

Stéphanie: ça me fait râler de ne pas y être

Pascal METZ: @Stéphanie meme chose

Samuel: @Ewi le pb vient de ton ordi je pense chez nous tous ça march

Pascal METZ: je passerais dans la chatroom mais je ne pourrais meme pas y être en permanence

Pascal METZ: @Ewi toujours dans le train?

Ewi (dans le train): toujours

Pascal METZ: ceci explique cela

Stéphanie: je serai à un concert, je ne pourrai même pas entendre en direct :'(

Prof Von: j’espère que vous avez de bonnes excuses Pascal et Steph

Ewi (dans le train): c’est un complot de numericable ca

Samuel: 12 personnes dans le public pour 28 intervenants(dessinateurs inclus) @Pascal METZ

Stéphanie: la même que Robin, ma soeur chante (mais pas au même concert que Robin)

Pascal METZ: @Prof Von un des we les plus chargé de l’année

Pascal METZ: avec notament des anniversaires pour mère et fille

Pascal METZ: et plein d’autre trucs

Stéphanie: Et la veille j’ai une soirée, et le lendemain on fête mon daddy (en retard I know)

Robin: @Samuel : s’il est encore temps, j’ai un plan com

Prof Von: c’est une bonne excuse 😉

GPif: C’est bien moodle, à l’université de Manchester il l’utilisait

Ewi (dans le train): @GPif euu Moodle version “prof” c’est une usine a gaz 😀

Samuel: Vas-y balance @Robin ! On detourne tout les moyens de transport vers la Paillasse?

Pascal METZ: @Samuel ah ouais quand meme

Stéphanie: Alan tu restes combien de temps à Paris ?

Samuel: et hop ça coupe!

Samuel: Et hop ça coupe!

GPif: @Ewi à ça j’ai pas vu, j’ai vu que le coté étudiant :p

Stéphanie: (et en passant je devrais être en Suisse en novembre, on se prend un chocolat chaud ? ^^)

Samuel: Tu sera où en Suisse @Stéphanie ?

Ewi (dans le train): @GPif du coup, j’ai un site web ou je partages mes supports de cours/td/tp sans passer par moodle

Pascal METZ: @Samuel tu n’as pas l’excuse du train toi

Samuel: Non mais de l’utilisateur qui bug si =P @Pascal METZ

Stéphanie: Neuchâtel

Samuel: Ah zut je seras à Genève à cette période!

Pascal METZ: j’y ai jamais mis les pied alors que c’est a 1h30 de chez moi

Samuel: De quoi Genève?

Pascal METZ: neuchatel

Samuel: Oui je me disais aussi, tu es en Alsace c’est ça?

Stéphanie: je devrais arriver à Genève, donc on peut ptet prendre un coca (je ne fais pas boire les à-peine-majeurs)

Pascal METZ: oui, extreme sud de l’alsace

Samuel: Oui! Cool @Stéphanie !

Samuel: Mon père est né à Mulhouse @Pascal METZ =)

Pascal METZ: en fait je suis a 40km de bale

Pascal METZ: ben moi j’y bosse 😉

Pascal METZ: ton père est donc Alsacien…

Stéphanie: Nul n’est parfait

* Stéphanie fuit

Helene R: hoho

Samuel: Et oui! =D et ma maman est née à Epinal =D @Pascal METZ (je raconte ma vie! =D )

Stéphanie: (j’aime bien l’Alsace en fait)

Pascal METZ: @Stéphanie en cherchant bien, il y a meme des biere sympa

Samuel: Je m’en fiche @Stéphanie moi je suis né à Pontarlier! =D

Prof Von: Steph, avec plaisir 🙂

Ewi (dans le train): L’alsace, on aime bien, c’est les alsaciens qu’on aime pas

Prof Von: Bon, sinon, vous avez des questions ?

Pascal METZ: /kick @Ewi (dans le train)

Prof Von: pour Antoine, je veux dire

Ewi (dans le train): @Prof Von des que j’ai le son 😉

Prof Von: lol 😀

GPif: @Prof Von arrivé en retard, j’ai pas tout suivi :p

Samuel: @ps est-ce que les gens peuvent venir le 27/06 à 17h à la Paillasse?

Pascal METZ: @Prof Von non pas vraiment

Stéphanie: @ps est-ce qu’on arrive à toucher les médias et donc le grand public avec cette nouvelle méthode de communication ou prêche-t-on encore en grande partie auprès de convaincus ?

7pri2: Bonsoir !

GPif: A tien si j’en ai une

7pri2: Ah Aaron Swartz, un des meilleurs

GPif: @ps est-ce que d’en l’esprit de la recherche qui rentre dans le numérique, est ce qu’on peut imaginé des thèses/recherche financé en crowd founding?

Stéphanie: poufpouf je viens de penser à rafraîchir mes flux rss du coup hop

Samuel: http://static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2013/5/29/1369827994288/Aaron-Swartz-internet-act-010.jpg

Prof Von: @GPif alors que t’as tj pas de son?

Pascal METZ: avec twitter et facebook, j’abandonne un peu mes flux

puyo: @Stéphanie c’est important de bien se rafraîchir en été !

Stéphanie: moi j’utilise pas du tout facebook, sauf pour bavarder avec Johan !

Ewi (dans le train): @Prof Von c’est moi qui ai pas de son :'(

Stéphanie: (utilisation mono-tâche de fb, bravo moi)

GPif: @Prof Von moi j’ai le son, c’est @ewi qui l’as pas

Prof Von: ah oui pardon 😉

Stéphanie: @Puyo : <3

Pascal METZ: @Stéphanie je me force a utiliser facebook pour toucher d’autre personnes

Stéphanie: Moi je refuse que facebook me touche de trop en fait ^^

Pascal METZ: partage podcastscience sur twitter est moins efficace

puyo: @Stéphanie héhéhé !

Samuel: Bien vu @Pascal METZ 😉

Stéphanie: mais je passe toutes mes heures d’éveil avec twitter à moins de 20cm de ma main

julie: hello

julie:

puyo: ooooooh, hello Julie !

Stéphanie: mon smartphone si on m’enlève twitter et gmail, je peux le mettre au bac

puyo: Connexion !!

julie: yeah !

puyo: Et “Houuuuuuuuuuuu” aux voisins !

Pascal METZ: mort a eux!

Pascal METZ: c’est un scandale

Pascal METZ: ca se respecte la connexion internet des autres

Prof Von: @julie tu nous rejoins sur skype ?

Stéphanie: @ps comment gère-t-on les vioques ? Pardon les vieux scientifiques ? Mes collègues de plus de 50 ans sont totalement hermétiques à ce type de partages et à la simplification de l’information

julie: j’essaie de me mettre en filaire

julie: ça marche en wifi mais si je le coupe avec juste le câble ça passe pas quelqu’un a une idée ?

Samuel: La liberté des uns s’arrête là où la connexion des autres commence! @Pascal METZ @puyo

Ewi (dans le train): @julie le cable est cassé ?

Prof Von: câble pourri ?

Pascal METZ: une ip fixe sur la carte reseaux?

julie: ben c’est toujours le même câble depuis que j’ai déménagé et il était neuf

julie: @Pascal METZ cad ?

julie: 🙂

puyo: Peut-être le port du modem ?

puyo: à essayer sur un autre port ethernet ?

Ewi (dans le train): 😀

Pascal METZ: on peut supprimer le parametrage auto de l’IP

puyo: OH NON, sauvez l’IP !

Pascal METZ: mais si tu ne touche pas a ca, ca ne evrait pas t’arriver

julie: ouais non j’ai pas touché

julie: si c’est ça faut que je regarde quoi

Pascal METZ: par contre, je maitrise pas trop les macs

Samuel: Hihi ça y est @Pascal METZ est parti, j’ai compris un mot sur deux =D

Ewi (dans le train): @Samuel tu es trop jeune

julie: bon je vais essayer de redémarrer la box on sait jamais

Ewi (dans le train): tu connais que les tablettes et smartphone

julie: je reviens dans 5min !

puyo: Bonne chance !

Samuel: Non @Ewi (dans le train) je suis utilisateur uniquement je fait pas la maintenance c’est tout =P

GPif: Ah merde, son mal barré au palais des scence avec le minitel de Robin :p

Pascal METZ: utilisateur, ce n’est pas une insulte 😉

Pascal METZ: (je suis dev mais aussi admin…)

Ewi (dans le train): utilisateur, c’est le role que je prends avec mes proches ^^

Helene R: @ps question de la fille qui a du coucher son monstre : quel musée à bdx?

Ewi (dans le train): “je suis juste un utilisateur, j’y connais rien”

Samuel: Càd @Ewi (dans le train) ? Tu les manipules?!

enro: @GPif je vais parler du crowdfunding !

Ewi (dans le train): a coupler avec “un ordi ? mais c’est juste une calculatrice géante”

Pascal METZ: la blague de l’admin du jour : l’utilisateur qui ne comprend pas pourquoi sa clé usb ne marche pas quand il la branche dans sa prise reseau

Ewi (dans le train): 😀

Stéphanie: facepalm

Samuel: Bein dis donc on s’éclate chez les admin =D

Pascal METZ: surtout que c’est la 2eme fois

Pascal METZ: et que c’est le patron

Ewi (dans le train): ^^

Ewi (dans le train): moi j’ai une collègue maitre de conf qui a peur des popup

Pascal METZ: …

Ewi (dans le train): et des boites de dialogue (genre celle de l’imprimante)

Pascal METZ: elle sursaute et pousse des cris?

Ewi (dans le train): ouai ()

Stéphanie: J’ai une collègue qui nous a fait une montagne sur une loupiote rouge sur son ordi

Ewi (dans le train): et elle est mdc en info :/

Pascal METZ: pas mal…

Stéphanie: à qui j’ai répondu que de toute façon elle était forcément sur écoute vu comme elle était subversive

GPif: On ne taunt pas les Bodanov, ils ont cité podcastscience

Ewi (dans le train): 😀

ElJj: Le point Bogdatroll vient d’être atteint

Pascal METZ: @Ewi (dans le train) il faut lui enlever X

Prof Von: 😀

Ewi (dans le train): J’ai du soonnnnnnn 😀

Pascal METZ: je crois pas que Lynx gere les popups

Pascal METZ: et vi n’a pas des masse de boites de dialogues

Ewi (dans le train): lol y a une version Windows ?

Ewi (dans le train): 🙂

GPif: @Pascal METZ comme un vrai

Nico: @ps foldit

Ewi (dans le train): comme cortex

Ewi (dans le train): (le son est degeux c’est chez moi ??)

Pascal METZ: @Ewi (dans le train) non, meme chose

Pascal METZ: sauf alan

GPif: Y a une dem mathématique qui à été fait sur un plateforme communautaire non?

Nico: comme Wikipedia !

Samuel: Je dois vous laisser, désolé #crévé#dodo

Pascal METZ: Bonne nuit Samuel

Ewi (dans le train): tu veux qu’on te borde ?

Prof Von: bonne nuit, Ptit !

Ewi (dans le train): on laisse la veilleuse ?

Samuel: Bonne nuit le amis! =) Et n’oubliez pas de venir nombreux le 27!

Pascal METZ: ou la porte ouverte

Pascal METZ: ?

Samuel: @Prof Von je te fait confiance pour parler encore de pssortdu placard

Samuel: Pfff moi je travail dans un labo de micro-bio sur des prototype classé ultra secret!

Stéphanie: G’night Sam !

Ewi (dans le train): et dire que y’en a qui font des moutons fluorescent 😀

Ewi (dans le train): #trollInra

puyo: ^^

GPif: @Puyo bravo, effectivement, je veux y vivre :p

Stéphanie: Merci @puyo ! 🙂

puyo: Huhu, merci ! 😀

puyo: (c’est toujours plus difficile, pour le dessin en freestyle)

ElJj: @Gpif Tu parles de Polymath ? Ils se sont illustrés dans le gros pas en avant vers la conjecture des nombres premiers jumeaux, en faisant abaisser une borne inf de 70 000 000 à 5414 (et cay cool).

GPif: @ElJj Yep, c’est ça merci 🙂

Ewi (dans le train): Avoir des sous de l’ANR, c’est devenu tellement compliqué… et tellement du copinage….

Pascal METZ: @puyo perso, pour moi, le dessin en soi est déjà difficile…

puyo: Huhuhu ! (pour ma part, j’aurais du mal à coder comme toi)

Stéphanie: Ok merci 🙂

Stéphanie: (c’était encore moi :D)

Pascal METZ: @Stéphanie tu es anonyme?

Prof Von: qui a reconnu notre utilisatrice anonyme ? 😉

Prof Von: tout le monde je vois 🙂

Stéphanie: anonyme c’est comme discrète, c’est pas compatible avec moi

Stéphanie: donc je bosse avec des vieux cons

Pascal METZ: @puyo mon deuxieme fils de 6ans dessine mieux que moi…

Stéphanie: (oups pardon, bisous les collègues)

puyo: @Pascal ah mais, c’est une question d’habitude aussi ! A 6 ans, mine de rien, on passe un paquet de temps à dessiner.. 🙂

Pascal METZ: c’est sur

Stéphanie: moi je dessinais affreusement mal à 6 ans

Stéphanie: 22 ans plus tard je pense que c’est pire

enro: Cap sciences

Helene R: merciiiiiiiii

puyo: Rap sciences ?

Prof Von: pap

puyo: J’ai entendu Rap sciences, moi.

Helene R: dap

Stéphanie: Cat sciences ?

Prof Von: fap

Helene R: clap

Prof Von: flap

Helene R: fap

Stéphanie: Sap

puyo: PAP !!!!

Prof Von: tap!

puyo: FLAC ! (c’est audio)

Helene R: mac??

Pascal METZ: mais lossless!

Stéphanie: mon twitto préféré c’est quand même une juge des enfants

puyo: Ah, Juge Marie !

puyo: Non ?

Ewi (dans le train): ?

Stéphanie: Non je l’adore aussi

Stéphanie: Mais c’est @jjalmad

Pascal METZ: perso twitter, j’ai mis 2-3 ans a m’y mettre

puyo: @Stéphanie Oh, je ne connaissait pas !

Ewi (dans le train): … rhoo fatigue (j’ai lu “jupe d’enfants”… le malaise)

julie: j’ai réussi !

Stéphanie: moi ça fait… pfff ! 2009

GPif: En tout cas ça a l’aire cool comme truc

Pascal METZ: @julie c’etait quoi?

Stéphanie: Bonne soirée Antoine et merci !

puyo: BRAVO JULIE ! (Clap, clap)

julie: je sais pas j’ai utilisé l’assistant réseau de max

julie: mac

puyo: Clap, clap sciences.

julie: et j’ai créer une connexion éthernet

julie: qui n’y était pas

julie: et voilà

Stéphanie: @Robin every super hero has a secret identity

enro: le site du DU Médiation scientifique innovante : http://cri-paris.org/du/mediation-scientifique-innovante-2/

Ewi (dans le train): les mac c’est magique 🙂

Pascal METZ:  @scienceabilly je me suis aussi instris en 2009, mais avant 2012, je n’y etais pas vraiment

puyo: @julie Comme quoi, lorsqu’il manque quelque chose, il faut juste l’inventer.

julie: et ici je suis un gros boulet

enro: merci à vous 🙂

puyo: Bravo @enro !

enro: et mon blog : http://enroweb.com/blogsciences/

Prof Von: Merci @enro 🙂

julie: @Alan est-ce que tu as le message audio d’Olivier de proxijeux ?

Prof Von: @julie, finalement, on en est où ? Tu nous rejoins ?

Helene R: merci @enro

julie: je suis là 🙂

Prof Von: @julie #olivier yep

Prof Von: @julie #là, t’es sur skype ?

julie: yep

Pascal METZ: Aristote….

Stéphanie: #pointAristote

julie: @Alan tu te souviens de la discussion avec Damien sur la bibliométrie ?

Pascal METZ: pardon, une association d’idée

Stéphanie: on a pas fait de point homéopathie ou ogm

Pascal METZ: …

julie: parce qu’il nous a envoyé un message là dessus mais je me souviens plus trop du contexte

Prof Von: @julie cool 🙂 tu apparais à la fin de la rubrique fail ?

puyo: Ah ah, j’adore le coup des souris !

Pascal METZ: mais on a eu le point bogda

Prof Von: ratagae, pardon ?

puyo: Les chiffons !

julie: @Alan yeah

Prof Von: nope, me rappelle plus, sorry 🙁

GPif: @Stéphanie y a le point religion aussi

Stéphanie: Juste

Helene R: mais beurk

Pascal METZ: @GPif ah bon? on abodre ce sujet des fois?

Ewi (dans le train): tien… je me suis frité avec ma bellemere sur l’homéopathie :/

julie: je me rappelle du débat sur les articles non publiés mais je sais pas exactement si c’est ça

julie: bon je zappe

Prof Von: ça doit être sur le publish or perish, non ?

Prof Von: dont il avait parlé quand il est venu

Pascal METZ: @ewa un sujet que j’evite avec ma famille

julie: ouais possibl

julie: les financements ?

julie: ça me dit quelque chose mais c’est un milieu qu eje connais pas du tout

Ewi (dans le train): @Pascal METZ en plus elle est infirmière

Prof Von: yup, t’as raison, droppons… On lui demandera quand on le voit 🙂

Swoog: coucou les gens !

Pascal METZ: Salut @Swoog

Prof Von: coucou @Swoog

julie: @Alan regarde robin

Stéphanie: Boson <3

Prof Von: yup, je le vois 🙂

Pascal METZ: bon va fallor que l’on puisse broadcaster la video slype

Helene R: boson haaaa (à 5 ans ça crie +fort)

Prof Von: il fait sautiller Boson sur son genou 😉

julie: sinon elle essaie de lui enlver son micro !

Prof Von: @Helene R et à 20 ans, j’te dis pas…

Stéphanie: Papa multitâche

GPif: @Robin raconte ta chronique façon conte comme ça tu fait d’une pierre deux coup 🙂

Stéphanie: Tu parles de Sam là Alan ? 😉

Prof Von: nan, de mon petit, qui est plus vieux que Sam

Ewi (dans le train): il faut muté boson 😀

Prof Von: Sam gueule pas trop, ça va

Helene R: @Prof Von j’veux pas savoir. j’ai encore un peu d’espoir.

Stéphanie: Moi c’est les femelles requins qui se reproduisent seules qui me sidèrent

Pascal METZ: perso, je n’ai que de 3 a 10 ans mais c’est toujours bruyant

Prof Von: @Helene R pardon, c’était pas sympa

Stéphanie: T’as un petit plus vieux qu’Alan ?

Stéphanie: que Sam

Pascal METZ: @Stéphanie tu as deja ecouté le dossier de Billy sur le sexe?

Stéphanie: (deux neurones)

Helene R: @Prof Von nan mé je sais -_-

Prof Von: @Pascal METZ dans mon expérience, l’adolescence commence vers 3 ans

Helene R: à peu près

Stéphanie: ouais mais pendant une séance de fractionné

Pascal METZ: ah

Pascal METZ: j’en ai peut une qui avais 6 mois d’avance…

Ewi (dans le train): @Prof Von et ca fini jamais

Stéphanie: donc autant dire que je n’ai rieeeeen retenu à part l’intro en mode pierre perret

Prof Von: @Ewi (dans le train) c’est ça

Stéphanie: le fractionné ça me fait fondre le neurone

Prof Von: @Stéphanie gné ?

Ewi (dans le train): @Stéphanie la fin est pas mal aussi

Prof Von: le fractionné, c’est le son tout pourri ?

Pascal METZ: @Stéphanie les lezards fouette-queue m’ont traumatisé

Stéphanie: c’est une méthode de course Alan

Stéphanie: (intervalle ça te parle plus ?)

Prof Von: ah pardon, non, j’avais rien compris

Prof Von: non

Prof Von: bisou

Stéphanie: Bisous

Stéphanie: (j’aime cette façon de conclure les discussions)

Prof Von: oui 🙂

Swoog: @Prof Von voilà pour le fractionné

Ewi (dans le train): 🙂

Swoog: http://runners.fr/courir-en-fractionne/

Prof Von: on en est où avec le son, là, c’est toujours pourri ?

Swoog: toujours pourri

Pascal METZ: bof

Stéphanie: moyen bof

Prof Von: shit 🙁

Ewi (dans le train): @Stéphanie pour le fitbit, on peut pas le vendre :/

Prof Von: désolé…

Stéphanie: mais Boson pleure pas c’est déjà ça

Prof Von: j’avoue

Stéphanie: Pas de souci Ewi, merci d’avoir demandé 🙂

Prof Von: arf, quand on parle du loup 😉

Nico: @ps la vie n’apparait pas,elle n’a pas ete detruite !

Pascal METZ: @Prof Von pense aux 10s quand tu es dans la chatroom

Prof Von: yep

Stéphanie: La génération suivante s’exprime !

Pascal METZ: on est perdu apres

GPif: Boson défend la génération spontané

Prof Von: bon, là, j’ai bougé un truc qui ne devrait avoir aucun effet. Ca n’a eu aucun effet, non ?

Pascal METZ: voila

Swoog: aucun a priori…

Ewi (dans le train): Alan fait des test en live 😀

Helene R: c’est un petit pu mieux ou j me suis habituée

puyo: @Robin A mon sens, la première apparition de la vie provient .. hmmm.. de tissus sales.

Stéphanie: \o/ le poisson-canard

Pascal METZ: mais c’est moi qui fait ca normalement

Pascal METZ: @puyo non d’un sandwich

puyo: Des vieux chiffons originels !

puyo: L’académie des science me donnera raison.

Pascal METZ: c’est Pratchett qui l’a dit

Prof Von: et là, sur le blog audio, son pourri aussi ?

Swoog: @ps A quand un dossier de Boson ?

puyo: sciences, aaah

ElJj: http://i.imgur.com/VCYGyQc.png

Ewi (dans le train): @Pascal METZ tu as ecouté le son qui vient du wget pour la sauvegarde ?

Stéphanie: alors CA

puyo: Héhéhéhé

Stéphanie: ça pourrait me sauver la vie

Pascal METZ: @Ewi (dans le train) non, pas encore

Pascal METZ: je vois le mail 10x par jours

Ewi (dans le train): je crois que ca peu être une bonne alternative 🙂

Pascal METZ: et me maudit a peu pres autant

Helene R: (moi je chante la fin de la chanson)

Ewi (dans le train): @Pascal METZ 😀

Stéphanie: je m’achète des gommes à mâcher demain :p

Ewi (dans le train): j’ai lu une étude sur le caractère anxiogène des boites mail

Prof Von: @Stéphanie pourquoi, qu’est-ce qui te trotte dans la tête ?

Prof Von: ça ne marche que pour les chansons, hein 😉

ElJj: ♫Libéréééeeee, délivréééeeee♫ (c’est cadeau)

Ewi (dans le train): merci

Prof Von: merci Eljj 😀

Ewi (dans le train): merci bcp

Stéphanie: @Prof Von je dois rate une allusion mais je suis un jukebox ambulant donc ça pourrait aider

GPif: @Eljj nop, ça marche pas

Ewi (dans le train): mais je préfère le roi lion ;D

Swoog: quel affreux cet @ElJj , j’avais réussi à me la sortir de la tête !!!

Pascal METZ: Dans le domaine, je fais dans le masochisme avec mes sonnerie de telephone

Pascal METZ: Boson va s’en occupé

Stéphanie: Y’aura autre chose quand elle aura l’âge

Pascal METZ: ennio morricone c’est terrible pour ca

Ewi (dans le train): mais c’est terrible dans le bon sens ^^

Helene R: http://static.comicvine.com/uploads/original/11114/111144096/3675022-0075922573-disne.jpg

Didoone: je ne mentirais plus jamaiiiiiiiiiiiiiis !!!

Stéphanie: Je vais aller me coucher moi braves gens

Pascal METZ: bonne nuit @Stéphanie

Stéphanie: dormez bien, passez une super gay pride, et on se retrouve en septembre (bouh c’est loin)

Ewi (dans le train): j’ai laissé mon enfance en été…

Prof Von: @Stéphanie oui, c’est loin 🙁

7pri2: Endettée non ?

Pascal METZ: @Stéphanie pas là dans 2 semaines?

Stéphanie: @Prof Von tu me tiens au courant de la réception du colis ?

Prof Von: héhé, tu l’as vraiment envoyé ?

Prof Von: :-*

Stéphanie: Dans deux semaines ?

Stéphanie: Ben oui hey 🙂

Prof Von: ça marche 🙂

Pascal METZ: yep il y a encore 1 episode

Stéphanie: je t’ai envoyé le code de suivi

Prof Von: ah ?

Swoog: @Robin je me suis fait plumer à ce jeu, tu n’aurais pas une astuce ? 🙂

Stéphanie: Hiiiiiii joie ! Alors oui je serai là, je croyais que c’était le dernier !

Stéphanie: (DM on twitter Alan)

Prof Von: ah oui, pardon

Prof Von: je l’ai

Prof Von: merci tout plein 🙂

Stéphanie: Attends, on va espérer qu’elles arrivent intactes 🙂

Ewi (dans le train): a quand un apéro PS sur Lyon ?

Pascal METZ: fait longtemps que je me suis pas fait un perudo tiens

Helene R: @Ewi (dans le train) bonne question

Prof Von: @Ewi (dans le train) tu l’organises ?

Ewi (dans le train): apero / jeux de société 😀

Stéphanie: Allez zou, g’night 😉

Pascal METZ: @Ewi (dans le train) la derniere fois, ca a donné Lyonscience

ElJj: Oh, miniville, c’est horrible. J’ai beau jouer la stratégie optimale, je perd quand même contre ma maman a cause du hasard. (à moins que ma stratégie ne soit pas optimale…)

GPif: Lol ste promo :p

Swoog: @Ewi (dans le train) @Prof Von On peut se faire ca après Lyon Science 2016 😉

Helene R: le super message!!!

Prof Von: http://podcast.proxi-jeux.fr/

Ewi (dans le train): @Prof Von pourquoi pas

Ewi (dans le train): @Prof Von je sais pas où ca pourrai se faire

Ewi (dans le train): mais pourquoi pas

Helene R: (en revanche je peux venir? je mords pas ni rien)

Ewi (dans le train): ^^

Pascal METZ: bon de mon coté 400 bornes ca fait loin pour un apero

Ewi (dans le train): (je me fais un peu chier sur Lyon moi)

GPif: Par contre su ce, je vais vous laisser, bonne soirée 🙂

Helene R: moi je suiscasanière mi forcée

Ewi (dans le train): a Belfort ? a mi chemin 😀

Helene R: ça doit plus être besançon le mi chemin

Prof Von: tschuss @Ewi (dans le train) GPif 🙂

Ewi (dans le train): mais a Belfort j’ai 100m2 pour vous accueillir

Ewi (dans le train): ^^

ElJj: Robin a complètement raison ! Les échecs, c’est pénible, il faut réfléchir.

Pascal METZ: @Ewi (dans le train) Belfort, ca me va mieux

Pascal METZ: 🙂

Pascal METZ: 20km, c’est bien

Ewi (dans le train): ^^

Prof Von: Pour moi, ça ne change pas grand chose 🙂

Pascal METZ: c’est un coup a finir dans le haut doubs ou le jura

Ewi (dans le train): ^^

Prof Von: @puyo yeah!

Helene R: je vais partir, bisouxxx

Ewi (dans le train): bisoux

Pascal METZ: Au revoir @Helene R

puyo: @Alan ^^

Prof Von: https://www.kickstarter.com/projects/489252126/beerdecoded-the-1000-beer-genomes

Swoog: Il est impossible de trouver le génome de la bière. Les chercheurs la boiront avant de l’analyser ^^

Swoog: 😀

Ewi (dans le train): 😀

Ewi (dans le train): c’est pas faux

Pascal METZ: Voir la serviront a @Prof Von pendant un episode de podcastsicience

Ewi (dans le train): @Pascal METZ il faudrait que les liens “Flux live mp3” et “Flux live m3u” ouvre une nouvelle page 😉

Pascal METZ: je me suis fait cette remarque ce we

scienceabilly: @alan i hate you!

Ewi (dans le train): @Prof Von a quand une interview de André Brahic ?

Ewi (dans le train): 😀

puyo: Yeah !

Prof Von: pourquoi @scienceabilly what have I done ?

Prof Von: @Ewi (dans le train) C’est tout simple, tu le convoques pour un de ces 4 à 16h et go 🙂

scienceabilly: je suis en train d’écrire pour le 27.

Ewi (dans le train): 😀 ou vous faite un dossier basé sur un de ces livres

Ewi (dans le train): et paf ils vous contacte ^^

scienceabilly: je hais le sexe je hais les animaux, je hais ps

scienceabilly: j’en peeeeeuuuuux plus

Prof Von: @scienceabilly mais nous on t’aime 🙂

puyo: Huhuhuhu

Prof Von: bisous

puyo: Mais oui ! Et on est pas des bêtes !

Pascal METZ: @scienceabilly ce n’est pas toi la biologiste qui a fait un dossier sur le sexe dans podcastsicence?

scienceabilly: si mais ça c’était avant

Pascal METZ: science of discworld

Pascal METZ: !!!!

bonjour: La science en 4 tomes

scienceabilly: avant de savoir que les ourangs outans savaient se fabriquer des vobromasseurs en liane tressée

bonjour: the best of

puyo: Oh !

scienceabilly: (ou alors je traduis pas très bien l’anglais 😉

Ewi (dans le train): @scienceabilly non ?

Robin: merci puyo !!

scienceabilly: si

Pascal METZ: @scienceabilly en francais ils sont top aussi

puyo: Huhu, merci à toi @Robin !

scienceabilly: les ourangs outans? ;p

Pascal METZ: les pratchett

bonjour: On s’en fout c’est aristote

Prof Von: 😀

Ewi (dans le train): ^^

scienceabilly: ah bah bravo! alan 😉

Swoog: Très bonne initiative !

Prof Von: https://associationslibres.wordpress.com/

Ewi (dans le train): bookmarqué 😉

Swoog: sacré Einstein !

Ewi (dans le train): un lien a partager aussi : http://pangolia.com/blog/?p=1885

Swoog: Early adopters = Adopteurs précoces

Pascal METZ: de rien

Swoog: pas de plug pour #psSortDuPlacard ? 🙂

Pascal METZ: y a deja eu

Swoog: erf, zappé :s

Ewi (dans le train): nan mais j’arrive dans 30 min

Ewi (dans le train): ^^

Ewi (dans le train): faut tenir encore 30 min

Pascal METZ: au debut des plugs

Pascal METZ: ben de mon côté, je tombe de fatigue

Pascal METZ: alors je suis plutot pour la fin (tres egoistement)

Ewi (dans le train): amusez vous bien le 27

Swoog: mdr

bonjour: Merci à vous !

Swoog: les bogdanoff sont plutot bons dans leur style !

Swoog: @Robin Chez Free ? 😉

Robin: nope

Robin: bon débit

Pascal METZ: @Swoog non skype

Pascal METZ: le transfert de fichier sur skype est dramatique

Swoog: @Pascal METZ ouaip, c’est pas pire !

Swoog: Le mec qui se vante de parler le “bon français” ne trouve pas la traduction d’un mot aussi simple !

Swoog: 😉

Ewi (dans le train): ^^

Ewi (dans le train): alan a l’académie francaise

puyo: Héhéhéhéhé

Swoog: Je vote POUR ^^

Pascal METZ: bon sur ce, je vous laisse

puyo: Salut @Pascal !

Pascal METZ: A+ tout le monde

Swoog: bonne nuit @Pascal METZ

7pri2: Ahahah xD

Nico: Bonne nuit/journée !

puyo: Lire autant de pages sur la sexualité des animaux, moi, je trouve ça assez cochon.

Swoog: @Prof Von : Tu me passeras le passage de billy, je le mettrais en note dans son billet pour #psSortDuPlacard

Swoog: 🙂

djamdjam: ++ les gens

Swoog: ++

djamdjam: a samedi 🙂

Ewi (dans le train): en format Word ? mais c’est pas scientifique ca

puyo: Winzip !

Ewi (dans le train): winRAR

puyo: Ou.. enlever le vide de la matière ?

Ewi (dans le train): c’est plus performant ^^

puyo: Héhéhéhé

Swoog: @Robin http://i.apreslachat.com/img/5/1/5/19515.jpg

Ewi (dans le train): algo gén pour optimiser la place

Ewi (dans le train): c’est un projet que je donne a mes étudiants :p

Swoog: toujours là ^^

Ewi (dans le train): sisi

Swoog: c’est beau la technologie

Ewi (dans le train): c’est bon avec la 4G

Swoog: @Ewi (dans le train) minitel portable ?

Swoog: 🙂

ElJj: Sinon, il est possible de louer des camionettes pas cher dans les grandes surfaces. C’est plus simple que de résoudre de complexes problèmes d’optimisation…

Ewi (dans le train): @Ewi (dans le train) lumia en modem + ordi

Ewi (dans le train): ^^

Swoog: lumia ? Enfin un mec qui s’y connait ^^ 😀

Swoog: @scienceabilly dossier pour hier 16h ?

Ewi (dans le train): et @7pri2 qui arrive après la guerre 😀

Swoog: 🙂

Swoog: @Robin Je suis POUR !

ElJj: translation

Ewi (dans le train): transitivité

7pri2: En fait non, je suis passé d’un ordi à l’autre 😉

Ewi (dans le train): y a des “hetero*”

Ewi (dans le train): @Robin @ElJj l’hétéro-épitaxie

Swoog: @Prof Von J’aurais mon bagde aussi ? 🙂

Ewi (dans le train): assemblage manométrique de cristaux

Swoog: broadcast = diffusion globale

Swoog: :DDD

puyo: Bonne soirée à tous ! A samedi sur le live !

Swoog: je t’enverrais une photo et une bière ^^

Swoog: bye TLM !

Ewi (dans le train): diffusion

Ewi (dans le train): tout simplement

Swoog: oui c’est vrai !

Swoog: pourquoi se compliquer la vie ?

Ewi (dans le train): ^^

Swoog: allez, bonne nuitée les amis !

Ewi (dans le train): ++

7pri2: Bonne nuit, demain fin du bac 🙂

ElJj: hétéroépitaxie, c’est de la chimie, ça !

Robin: bah oui

Ewi (dans le train): c’est de l’assemblage manométrique de cristaux

Ewi (dans le train): mais c’est hetero quand meme ^^

CRISPR, la mutagenèse qui croustille


Retranscription de l’épisode Podcast Science #223. Dossier écrit par Vran et Taupo et co-publié sur SSAFT)

CRISPR, c’est pas un paquet de cérales...

 

CRISPR, c’est pas un paquet de chips

Depuis 2012 dans les laboratoires de biologie on entend beaucoup parler de CRISPR. CRISPR, C.R.I.S.P.R, c’est un nouvel outil de biologie moléculaire qui ouvre la voie à la modification du patrimoine génétique in vivo. C’est-à-dire qu’en utilisant cette technique, on peut choisir une séquence d’ADN précise, un gène qui nous intéresse, et y introduire des modifications, des mutations. Et on peut faire ça pas seulement dans un tube, mais directement dans les cellules vivantes. Alors des cellules… Quels types de cellules ? De quoi est-ce qu’on parle? De quels organismes ? Eh bien a priori tous. Bactéries, levures, plantes, animaux, les chercheurs testent tout ce qui leur passe sous la main et jusqu’à présent ça fonctionne presque à chaque fois. Le système a l’air pratiquement universel. Ça signifie que du plus petit unicellulaire jusqu’à des grosses bêtes comme nous, tout ce qui comporte de l’ADN est susceptible de voir ses gènes édités, modifiés, corrigés…

Une petite pause dans la narration est nécessaire pour sentir le poids de ce qui va arriver, parce que les applications potentielles sont nombreuses : pour la recherche fondamentale d’abord, mais aussi pour la médecine et pour l’industrie agroalimentaire qui a d’ailleurs pris une longueur d’avance. On en reparlera tout à l’heure. Donc cet outil CRISPR/Cas, il amène avec lui de gros enjeux, financiers bien sûr mais aussi humains. Modifier un génome ce n’est pas quelque chose d’anecdotique, et si on envisage d’appliquer ça à nous même, à notre espèce, alors il va falloir se poser pas mal de questions. Des questions techniques tout d’abord: Comment ça fonctionne ? Est-ce que c’est vraiment efficace ? Est-ce qu’il y a des risques, des effets inattendus ? Des questions éthiques aussi : Jusqu’où peut-on aller dans les modifications ? Si je modifie mon propre génome, ces modifications pourraient être transmises à mes enfants ? Est-ce que c’est une décision moralement juste ? Et pourquoi pas des questions philosophiques : Modifier notre génome, est-ce que ça veut dire contrôler notre évolution ? Un humain modifié est-il encore un humain ?

J’espère que vous êtes bien installés parce qu’il y a beaucoup de choses à dire sur ce sujet. Mais avant de discuter de ce que sera le futur de l’espèce humaine j’ai envie qu’on s’attarde sur les recherches qui ont mené à CRISPR, que l’on suive l’histoire, le scénario de la découverte. Parce que CRISPR, même si on le présente partout comme un outil nouveau, c’est en réalité quelque chose qui existe depuis des années. Des milliers, des millions d’années, voire des milliards d’années. CRISPR ce n’est pas une invention humaine, ce n’est pas un outil synthétique créé dans un tube, CRISPR c’est un mécanisme qui existait dans la nature bien avant que l’on ne s’y intéresse et que l’on a piqué à ses véritables inventeurs : les bactéries.

La découverte

En 1987, une équipe japonaise qui travaillait sur la bactérie Escherichia coli, la bactérie intestinale bien connue, a découvert un gène qu’ils ont nommé iap. Ce gène, il n’a pas grande importance dans notre histoire. Mais dans le cadre de leurs travaux, l’équipe de recherche a également séquencé les régions d’ADN qui se trouve autour de iap en espérant y trouver des régions régulatrices, c’est-à-dire des séquences particulières d’ADN qui déterminent où, quand et avec quelle intensité un gène doit être exprimé.

Locus iap

Et en faisant ça ils ont aussi observé des régions d’ADN d’un genre nouveau, avec une structure qui était jusque-là inconnue. Plus précisément ils ont observé des petits blocs d’ADN d’une trentaine de paires bases, quand je dis paire de base je parle des paires de nucléotide AT et CG qui composent l’ADN. Des petits blocs donc, tous avec la même séquence et répétés plusieurs fois les uns derrière les autres. Mais entre ces blocs répétés ils ont trouvé d’autres blocs, un petit peu plus longs et au contraire tous différents. Dans cette région nouvelle on a donc une succession de petites séquences identiques, des répétitions trop petites pour être des gènes, séparées les unes de autres par des séquences un peu plus longues et différentes les unes des autres, les séparateurs.

Locus CRISPR

Et pour ce qui est de l’équipe japonaise, ils se sont arrêtés là. Leur gène d’intérêt était séquencé, ils avaient terminé leur travail et même si ces nouvelles séquences étaient un peu étranges, ils n’avaient aucune idée de ce à quoi elles pouvaient bien servir. Pendant pratiquement 15 ans après cette première description, aucun autre article n’a été publié à ce sujet.

Puis, au début des années 2000, alors que la technologie de séquençage ADN avait déjà beaucoup progressé par rapport aux années 80, les chercheurs ont découvert que beaucoup d’autres espèces de bactéries, pas seulement Escherichia coli, possédait des régions similaires à celles découvertes en 1987, avec une alternance de séquences répétées et de séparateurs uniques. Mais toujours aucune information sur leurs fonctions potentielles.

En 2002, une équipe néerlandaise a trouvé autre chose. Ils ont vu qu’à proximité de ces séquences se trouvait des gènes. Des morceaux d’ADN codant des protéines. Et ces protéines avaient toutes des fonctions relativement similaires, elles interagissaient toutes avec l’ADN. Certaines étaient des hélicases, des enzymes capables d’ouvrir la double hélice d’ADN, d’autres étaient des nucléases, des enzymes capables de couper l’ADN. Voyant que tout ce petit monde se retrouvait ensemble chez de nombreuses espèces de bactéries, l’équipe décida de leur donner un nom : les successions de blocs répétés et de séparateurs sont devenus des Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats C.R.I.S.P.R., CRISPR, ce qui si on essaie de le traduire en français donnerait à peu près « groupements d’éléments palindromiques courts répétés et espacés de manière régulière », GEPCREMR. Quant aux gènes codant des hélicases et des nucléases, ils en ont identifié par moins de 45 familles différentes dans différentes espèces, et ont décidé de les appeler Cas, C. A. S. pour CRISPR associated. Mais toujours pas d’idée du processus biologique dans lequel les CRISPR et les Cas pouvaient être impliquées. Certains ont émis l’hypothèse que c’était un système de réparation de l’ADN, mais sans vraiment apporter d’éléments matériels pour appuyer leurs dires.

C’est alors qu’en 2005, pas moins de 3 équipes de recherche ont publié presque simultanément des articles montrant que les séparateurs des CRISPR, donc les séquences uniques qui séparent les blocs répétés, ne sont pas faites d’ADN d’origine bactérienne, mais d’ADN viral. Si vous avez suivi l’épisode 220 de Podcast Science vous savez que, comme nous, les bactéries peuvent être infectées par des virus: les bactériophages.

Bactériophages
Lorsque cela se produit, d’ailleurs lorsque les virus infectent des cellules de manière générale, que ce soit des bactéries ou non, il arrive que des fragments d’ADN viral, voir même des génomes viraux entiers, se retrouvent insérés DANS le génome de la cellule hôte. C’est un processus qu’on appelle la transposition, que je ne vais pas expliquer plus en détail, mais qui fait partie des stratégies d’infection virales et que l’on est capable de reconnaitre par l’analyse de séquences ADN. Trouver de l’ADN viral dans une cellule qui a été infectée c’est donc courant, ça ne surprend pas forcément les chercheurs. Mais là, avec CRISPR, la situation est différente. Les séquences virales détectées dans les bactéries qui possèdent un système CRISPR ne sont pas des gènes ou des génomes entiers de virus, ce sont de petits fragments, tout juste assez long pour identifier leur provenance. Ils sont aussi insérés dans des endroits très précis, dans les régions CRISPR, en tant que séparateurs entre deux séquences répétées. En voyant toutes ces particularités, les chercheurs ont compris que ces séquences virales n’étaient pas arrivées là par transposition, mais par un autre mécanisme, inconnu jusque-là. Ils se sont aussi demandé à quoi pouvaient bien servir ces séquences, si tant est qu’elles servent à quelque chose. Est-ce que ça présente un intérêt, un avantage pour des bactéries d’incorporer de minuscules séquences virales dans leur génome ? Des séquences trop petites pour faire quoi que ce soit à part dire « voilà un morceau d’ADN de virus ». Et là, ça a été le déclic, le bon vieux Eurêka d’Archimède qui a fait émerger une nouvelle hypothèse. Si les bactéries incorporent ces morceaux d’ADN viral dans leur propre génome, peut-être qu’elles s’en servent pour reconnaitre les virus et pourquoi pas s’en défendre. Peut-être que ces séquences CRISPR et les gènes Cas forment un type particulier de système immunitaire bactérien.

5

Immunité adaptative

Une hypothèse donc, et que font les chercheurs avec les hypothèses ? Ils les testent ! Ils essaient de trouver des failles, ils font des expériences pour essayer de les invalider, de montrer qu’elles sont fausses et, si ils n’y arrivent pas alors ils concluent que l’hypothèse est probablement juste. Et voici ce qu’ils ont fait pour tester la possible fonction de CRISPR/cas en tant que système immunitaire. Ils ont infecté des bactéries avec un virus, un virus nouveau, qu’elles n’avaient jamais rencontré auparavant. Par la suite, ils ont comparé les séquences CRISPR de bactéries témoin, non infectées et de celles qui avaient survécu à l’infection, et ont vu que chez les bactéries survivantes, on y trouvait des petits morceaux d’ADN du virus. Plus précisément, ces morceaux étaient insérés entre deux répétitions CRISPR, en tant que séparateur. Autre chose importante, les chercheurs ont observé que les bactéries survivantes et leur descendance étaient devenues résistantes au virus. Très bien se sont dit les chercheurs, les expériences montrent qu’il y a apparemment bien un lien, une corrélation, entre la présence de fragments d’ADN d’un virus dans les régions CRISPR et la résistance des bactéries à ce même virus, mais a-t-on un argument pour lier ces deux éléments de manière causale ? Peut-on vraiment dire que c’est la présence d’ADN viral dans les régions CRISPR qui entraine la résistance ? Après tout, tout ça n’est peut-être qu’une coïncidence. Peut-être que l’incorporation de cet ADN viral est finalement anecdotique, et que les bactéries sont devenues résistantes par un autre mécanisme inconnu qui n’a rien à voir avec CRISPR ? En guise de deuxième test, ils ont donc modifié l’ADN des bactéries résistantes et leur ont retiré le séparateur CRISPR qui correspondait au virus par lequel on les avait infectées. Et là, jackpot, les bactéries étaient de nouveau vulnérables au virus, elles avaient perdu leur résistance. Avec tous ces efforts, les chercheurs ont donc démontré que CRISPR/Cas peut bien agir comme un système immunitaire. Mais par quel mécanisme ? Comment tout cela fonctionne du point de vue moléculaire, c’était encore un mystère.

C’est là qu’interviennent deux laboratoires en particulier : celui de Jennifer Doudna de l’université de Berkeley en Californie, et celui d’Emmanuelle Charpentier, une directrice de recherche française (cocorico) qui a travaillé entre autres en Autriche, en Suède et aujourd’hui en Allemagne (moins cocorico ?).
Jennifer Doudna
Emmanuelle Charpentier
En faisant collaborer leurs deux équipes, elles ont réussi à élucider une bonne partie du mécanisme par lequel fonctionne le système CRISPR/Cas et je m’en vais vous faire un résumé de leurs travaux. Lorsqu’une bactérie qui possède un système CRISPR est infectée par un virus, de petits fragment d’ADN de ce virus sont découpés, on présume grâce à certaines des nucléases Cas (CRISPR associated), et sont incorporés dans le génome de la bactérie en tant que séparateur entre deux des séquences répétées typiques des régions CRISPR. Ensuite, la bactérie peut utiliser ces région CRISPR, répétitions et séparateurs ensemble et les transcrire, c’est-à-dire en faire une copie non pas sous forme d’ADN mais d’ARN. L’ARN c’est un type de molécule qui sert le plus souvent à faire le messager, l’intermédiaire qui transmet l’information contenue dans l’ADN pour fabriquer une protéine. Mais ici les ARN CRISPR ne servent pas à fabriquer des protéines, ils servent à reconnaitre des virus. Grâce aux parties répétées de leur séquence, les ARN CRISPR peuvent être reconnus et attrapés, enveloppés par un type particulier de protéine Cas. La partie qui correspond à l’ADN viral quant à elle guide la protéine Cas vers le virus, et lui permet de s’accrocher à son ADN à lui .Une fois que cela est fait, la protéine Cas, qui est une nucléase, fait son travail et coupe l’ADN du virus, le rendant ainsi incapable de se répliquer et d’infecter plus avant la bactérie.

Immunité CRISPR

Comme vous pouvez vous en rendre compte, c’est un système un peu compliqué mais il a deux gros avantages. Le premier c’est qu’au fil du temps, à mesure que la bactérie est infectée par de nouveau virus, elle va agrandir son répertoire CRISPR et se constituer une sorte de fichier des infections passées qui vont l’aider à renforcer son système immunitaire. Elle va modifier son propre génome en fonction des menaces potentielles qui existent dans son environnement. Pour parler plus clairement elle va s’adapter. C’est la raison pour laquelle on parle de système immunitaire adaptatif. Nous aussi nous possédons un système immunitaire adaptatif, c’est d’ailleurs sur lui que repose le principe de la vaccination. Mais il est encore beaucoup plus compliqué que ça et fait intervenir plusieurs types de cellules. En particulier, il y a les lymphocytes mémoire qui sont des sortes de vétérans de nos guerres immunitaires, qui après avoir survécu à des infections restent en vie pendant des dizaines d’années dans notre corps et préparent nos défenses au retour de l’ennemi infectieux. Mais ici, chez la bactérie, tout se passe dans une seule cellule et tout est enregistré au niveau de l’ADN. Ça veut dire que contrairement à nous, l’immunité adaptative des bactéries est transmissible à leur descendance. Une bactérie fille comportera dans son génome le même répertoire CRISPR que sa mère. Elle sera prête dès la naissance à se défendre contre ces mêmes infections et pourra également enrichir le répertoire au cours de ses propres rencontres avec de nouveaux virus. À l’opposé un enfant humain n’hérite pas de l’immunité adaptative de ses parents, il doit la construire lui-même.

Maintenant j’aimerai faire une parenthèse pour vous parler de théorie de l’évolution. Car il y a un pionnier français de l’étude de l’évolution, dont on a beaucoup déformé les idées, qui a été longtemps décrié, humilié même jusque dans son éloge funèbre et à qui on doit quelques excuses. Cet homme c’est Jean Baptiste Lamarck, celui que vous connaissez sans doute comme « ce type qui pensait que les girafes étiraient leur cou pour le faire grandir».

Jean-Baptiste de Lamarck
Lamarck a introduit l’idée que l’existence d’un processus d’évolution, le changement de certains caractères d’une génération d’organisme à une autre était nécessaire pour expliquer la diversité incroyable des formes de vie que l’on observe sur notre planète. À l’époque, on ne connaissait ni les gènes ni même l’ADN, personne ne savait quel pouvait être le support physique, biologique de ces changements de caractères, ni quand ou comment ils pouvaient bien survenir. La théorie que proposait Lamarck, c’était celle de l’hérédité des caractères acquis, l’idée que, au cours de leur vie, les individus subissent des modifications de leur propre corps en fonction des évènements qu’ils vivent, de leur environnement, et que ces modifications sont transmises d’une manière ou d’une autre à leur descendance. Cette théorie, elle a été déjà à l’époque décriée ou dans le meilleur des cas ignorée. Et par la suite, les travaux d’autres chercheurs, ceux de Charles Darwin à propos de la sélection naturelle, ceux de Gregor Mendel, Watson, Crick, Rosalind Franklin et d’une foule d’autres sur la transmission des caractères, sur le concept de gène et sur l’ADN nous ont orientés vers un autre modèle. Ce modèle, le modèle actuellement en vigueur, qui est soutenu par quantités de données et sur lequel on a des décennies de recul, c’est celui selon lequel seules les modifications aléatoires de l’ADN qui surviennent dans les cellules reproductrices peuvent être transmises à la descendance. Peu importe ce qui arrive au reste de votre corps, c’est seulement s’il survient dans l’ADN de vos gamètes, ovules ou spermatozoïdes, que le changement pourra être héritable. Et une fois transmises, ces modifications seront soumises à la sélection naturelle et pourront perdurer ou non dans l’espèce en fonction de leurs effets sur l’organisme et de la probabilité qu’elles ont d’être transmises de nouveau à la génération suivante. Mais pour les bactéries qui possèdent un système CRISPR il en va autrement. Il n’y a pas de cellules reproductrices, il y a seulement une cellule, une bactérie mère, qui se divise. Bien sûr des mutations aléatoires surviennent et sont transmises aux bactéries filles pendant la division. Bien sûr que non, le modèle actuel de changement aléatoire et de sélection naturelle n’est pas invalidé. Mais ce que montrent les travaux que l’on a mentionné sur l’immunité adaptative bactérienne, c’est qu’il existe parfois aussi autre chose. Il existe un mécanisme, CRISPR/Cas, capable d’introduire des changements dans le génome de l’organisme en fonction de son expérience de vie et de son environnement, ici en fonction des virus qu’il rencontre au cours de son existence. Et ces changements, ces nouveaux caractères, ces résistances que les bactéries développent contre les virus, sont inscrites dans l’ADN et sont héritables. On a donc là, bientôt 200 ans après la mort de Lamarck, découvert un mécanisme moléculaire de l’hérédité des caractères acquis.

Détournement d’outil bactérien

Alors tout ça c’est bien beau, on est très content pour les bactéries et leur système immunitaire, on est aussi content pour Jean-Baptiste Lamarck, mais ça ne nous explique pas en quoi CRISPR va changer notre vie à nous. C’est là qu’interviennent de nouveau Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier. Non contentes d’avoir décrypté le mécanisme naturel de CRISPR, les chercheuses et leurs équipes respectives ont essayé de le détourner de sa fonction initiale. Puisque les protéines Cas sont guidées vers l’ADN des virus grâce à des morceaux d’ARN qui imitent des séquences virales, est-ce qu’on ne pourrait pas aussi fabriquer artificiellement des ARN qui guideraient les protéines Cas vers autre chose ? Pas vers de l’ADN de virus, mais vers une séquence que l’on a choisie, vers un gène que l’on veut étudier par exemple ? C’est ce qu’elles ont essayé de faire et elles ont réussi. Elles ont montré qu’on pouvait reprogrammer le mécanisme CRISPR pour cibler presque n’importe quelle séquence ADN, qu’elle soit virale ou non. Encore mieux, elles ont montré que pour faire ça on n’avait besoin que de deux ingrédient : une protéine Cas, la Cas9 pour être précis, toujours la même, et un morceau d’ARN guide que l’on peut fabriquer soi-même en laboratoire pour un coût assez minime et sans avoir besoin d’équipement particulier.

Cas9
Système CRISPR/Cas9
Voilà donc ce que l’on doit à ces deux équipes de recherche : un outil relativement peu coûteux et modulable qui permet de couper l’ADN pratiquement où on veut, directement dans une cellule vivante. Ça n’a peut-être l’air de rien dit comme ça, mais si vous étiez généticien, ça vous ferait à peu près le même effet que si Indiana Jones sortait tranquillement du temple et vous tendait le graal en disant « tiens, c’est cadeau ».

The Holy CRISPR

Couper l’ADN… et après

Car couper l’ADN ça amène beaucoup de possibilités. Il faut savoir que les cellules détestent qu’on coupe leur ADN. Couper de l’ADN ça veut dire casser un chromosome, c’est un évènement dangereux qui peut entrainer la mort des cellules. Heureusement, il existe plusieurs mécanismes de réparation des cassures ADN, trois principalement, qui fonctionnent chacun avec des molécules différentes et ont différents modes d’action.

L’un de ces mécanismes, que l’on appelle « la jonction d’extrémités non-homologues » est pour ainsi dire un mécanisme de rafistolage, une sorte de tube de colle moléculaire. Pour expliquer les choses simplement, des groupes de protéines spécialisées sont envoyés sur le lieu de la cassure, attrapent les deux extrémités d’ADN et les recollent ensemble à la va-vite. Dans l’urgence, lorsque la cellule doit éviter de perdre des morceaux de chromosomes, c’est un mécanisme très utile. Mais son désavantage principal c’est qu’il est aussi relativement imprécis. Souvent, lorsque les deux extrémités de l’ADN cassé sont raccordées, on perd ou on gagne un petit bout par rapport à la séquence d’origine. Soit on insère quelques paires de bases, quelques nucléotides ACTG, pour faire le lien entre les deux, soit on en retire quelques-uns et on recolle le tout vite fait. Si la cassure s’est produite dans un endroit non codant, entre deux gènes par exemple, ça n’a généralement pas de conséquence. Le chromosome est de nouveau entier, la cellule est contente, tout le monde est sauf. Mais si la cassure survient dans une séquence codante à l’intérieur d’un gène, là on risque des problèmes car insérer ou retirer de l’ADN dans une séquence codante c’est risquer de rendre le gène non fonctionnel. Et devinez quoi, c’est exactement ce que cherchent les généticiens. Casser des gènes c’est leur travail, c’est comme ça que l’on comprend à quoi ils servent. En termes de recherche fondamentale, le système CRISPR/Cas va donc être très utile aux généticiens pour introduire des mutations dans des gènes de manière ciblée et pouvoir analyser ensuite leur fonction. Et puisqu’il n’y a pas vraiment de restriction au niveau des organismes chez lesquels CRISPR est utilisable, le système va aussi ouvrir de nouvelles possibilités en termes de comparaison inter-espèces. Grâce à CRISPR/Cas, beaucoup de nouvelles espèces vont pouvoir devenir des organismes modèles pour la génétique, au même titre que la drosophile, la souris ou le poisson zèbre.

Edition de génome

Voilà pour le mécanisme de réparation de l’ADN par jonction d’extrémités non homologues. Mais il en existe encore deux autres qui offrent de nouvelles possibilités: la jonction d’extrémité par micro-homologie et la recombinaison homologue. Rien qu’à mentionner ces termes je me remémore des images ignoblement complexes d’extrémités flottantes, de complexes protéiques, de capture et de résolution de structures ADN à 4 brins. D’ici j’entends dans le lointain les cris de terreur des étudiants en génétique. Alors chers auditeurs pardonnez-moi, mais par respect pour vous et pour ne pas brutaliser cette curiosité précieuse qui vous pousse à venir ici quérir l’information scientifique, je refuse de vous infliger une explication aussi longue qu’indigeste de ces mécanismes. Ce que je peux vous dire en revanche avec plaisir, c’est qu’au lieu de simplement couper et raccommoder l’ADN comme on l’a vu avant, la micro-homologie et la recombinaison homologue permettent d’insérer de nouveaux fragments d’ADN choisis dans la cassure, ou bien de remplacer carrément la région d’ADN cassée par une autre. En résumé encore plus simple : on injecte du CRISPR/Cas9 pour couper l’ADN à un endroit voulu, mais on injecte aussi de l’ADN prémodifié qui va être inséré au niveau de cette coupure grâce à la machinerie cellulaire en place. Voici un schéma illustrant le principe de la technique, tirée d’un article l’ayant mise au point chez le cochon… Article intitulé: CRISPR bacon: a sizzling technique to generate genetically engineered pigs…

CRISPR bacon: a sizzling technique to generate genetically engineered pigs

Là encore, ça intéresse les chercheurs qui ont maintenant un répertoire d’outils plus étendu pour étudier les fonctions des gènes ou les processus biologiques en général. Mais ça intéresse aussi l’industrie agro-alimentaire et bien entendu la médecine.

Des applications croustillantes

 

Applications CRISPR

Les applications du système CRISPR/Cas9 remontent à la découverte du concept d’immunité adaptive des bactéries. La révélation que des bactéries peuvent résister à des attaques de virus en modifiant leur propre génome (et du coup celui de leur descendance) a eu des conséquences immédiates… dans la production de vos yaourts. Pourquoi ? Et bien figurez-vous que les virus de bactéries, les bactériophages, sont la plaie de nombreuses industries de produits laitiers fermentés, que ce soit des yaourts, des fromages, ou autres délicieusetés qui utilisent des souches bactériennes dans leur méthodes de fabrication. Sans vraiment savoir ce qu’ils faisaient, de nombreux producteurs se sont mis à ‘vacciner’ leurs souches bactériennes en les exposant à l’infection de divers bactériophages et en récupérant les survivants, qui possédaient de fait, une résistance acquise contre ces virus. Aujourd’hui, des entreprises comme DuPont, sont spécialisées dans l’optimisation de cultures bactériennes grâce aux connaissances du système CRISPR qui leur permet de vérifier quels sont les virus auxquels les bactéries sont susceptibles de résister. Depuis 2012, on peut trouver par exemple des souches bactériennes CHOOZIT SWIFT de Streptococcus thermophilus, utilisées dans la confection de fromage à pizza et qui sont donc des bactéries CRISPRisées.

CHOOZIT SWIFT
Pizza au fromage ayant utilisé une souche bactérienne CRISPRisée

Vu que le public n’est pas nécessairement au fait de ce qui fait la différence de ces bactéries CRISPRisées avec des bactéries modifiées génétiquement par d’autres techniques, les ingénieurs agro-alimentaires ont commencé à désamorcer l’amalgame en utilisant, non sans cynisme à mon goût, l’appellation « d’organismes modifiés génétiquement-non OGM ».

Mais bon, on vous a vendu un outil révolutionnaire, pas seulement un truc qui modifie quelques bactos dans votre yop. En effet, CRISPR/Cas9 est utilisé aujourd’hui comme un outil d’édition génétique qui fonctionne quasi universellement, c’est-à-dire chez des organismes très divers. Les premières expériences ont été réalisées in vitro, c’est-à-dire que des chercheurs ont constaté que le système coupait bien l’ADN où on voulait si on mettait juste de la Cas9 et une séquence d’ARN guide correspondant à la séquence à cliver. Comme on l’a expliqué ensuite, chez la plupart des eucaryotes, une double cassure de l’ADN entraîne la mobilisation de la machinerie cellulaire de réparation qui peut soit rabouté les deux bouts cassés en faisant souvent des conneries (ce qui entraine une mutation locale) soit utiliser une séquence homologue correspondant grosso-modo à la partie cassée, un peu comme une antisèche, et re-remplir la partie coupée en recopiant. Vu que les généticiens sont des fourbes, ils fournissent des antisèches avec les infos qu’ils ont envie de voir inscrit dans le génome qu’ils viennent de martyriser.

En fait, casser l’ADN et utiliser la machinerie de la cellule pour faire de l’édition de génome, on savait déjà faire. Le truc, c’est que les outils à disposition étaient super pas pratiques, assez difficiles à customiser et hyper chers. Juste avant CRISPR, les derniers outils en vogues étaient les nucléases à doigts de Zn ou des TALENs (pour transcription activator-like effector nucleases). Ces nucléases fonctionnent sans ARN et sont spécifiques d’une seule séquence d’ADN qu’elles sont capables de reconnaitre.

ZFNs TALENs

Pour changer la séquence cible, il faut modifier la nucléase elle-même et faire donc appel à de savantes altérations de la séquence en acide aminé de la protéine qui forme la nucléase. Pour vous la faire courte : c’est très chiant. L’avantage du système CRISPR/Cas9, c’est que la nucléase, Cas9, n’est, en soi, spécifique d’aucune séquence à la base. C’est uniquement la séquence d’ARN guide qui apporte la spécificité à la séquence d’ADN cible. Or synthétiser un bout d’ARN, c’est juste trivial et ça coûte que dalle ! On s’en tire pour quelques centaines de dollars à tout casser. C’est un atout complètement dingue par rapport aux autres systèmes mais surtout ça ouvre la possibilité d’une démocratisation de la technologie d’édition de génome.

Les applications en recherche se sont immédiatement fait sentir car non seulement de nombreuses équipes se retrouvaient avec la possibilité d’altérer les génomes d’organismes modèles classiques plus facilement (et très vite on a vu paraitre des poissons zèbres, des drosophiles et des souris modifiés par cette technique), mais ensuite l’universalité de la méthode a ouvert la possibilité d’altérer des génomes d’organismes difficiles à étudier de prime abord. C’est par exemple le cas de la levure Candida albicans, qui peut dans certains cas entraîner des infections chez l’humain, et qui était jusqu’alors difficile d’étudier car ne se prêtant pas facilement aux altérations génétiques classiques. Avec CRISPR/Cas9, en deux coups de cuillers à pot, l’affaire était dans le sac. Cela ouvre donc la possibilité de faire de la recherche fondamentale sur des organismes qui n’ont pas nécessairement bénéficiés de plusieurs décennies de travaux pour peaufiner des outils adaptés. Quand les recherches concernent les animaux, on se concentre tout d’abord sur l’altération d’une cellule œuf, puis on peut faire se développer l’embryon une fois qu’on a fait nos altérations génétiques.

Mais on n’est pas obligé de faire que des coupures dans l’ADN. En s’attardant à la structure de la nucléase Cas9, des chercheurs ont ainsi commencé à détecter quels étaient les domaines de sa protéine qui lui conférait la capacité de couper l’ADN. En altérant ces domaines, les chercheurs se retrouvaient donc avec la possibilité d’avoir une protéine qui se colle à une séquence cible (toujours grâce à l’ARN guide)… et qui ne fait rien ! Super, non ? Et bien oui, car en faisant cela, des équipes peuvent maintenant créer des protéines Cas9 hybrides en réalisant des sortes de chimères moléculaires en les couplant avec d’autres types de protéines, comme des protéines fluorescentes, des protéines activant ou réprimant le gène le plus proche de la séquence cible, ou carrément des protéines permettant d’inhiber tous les gènes alentours.

Système CRISPR/Cas9 Hybride

On se retrouve donc avec en perspective une sorte de couteau suisse génétique, sauf que CRISPR est le genre de couteau suisse avec option sabre laser…

CRISPR Awakens
Autre avantage de la technique : on peut utiliser plusieurs ARN guide à la fois, ce qui permet de modifier plusieurs gènes en même temps, alors qu’avec la plupart des méthodes alternatives nécessitent de faire une modification à la fois. A ce jeu-là, c’est la course entre les équipes de recherches qui soit souhaitent épater la galerie en démontrant la possibilité d’utiliser CRISPR/Cas9 chez un organisme impressionnant (un des derniers en date étant la démonstration de la modification simultanée de deux gènes chez le macaque crabier ce qui entrainé la naissance de deux adorables singes jumeaux soit aller à la surenchère du nombre de gènes modifiés simultanément (le record en date étant de 5 gènes si je ne m’abuse).

CRISPR chez les macaques crabiers
CRISPR chez les macaques crabiers
CRISPR chez les macaques crabiers
Il y a bien sûr d’autres champs d’applications que la recherche fondamentale. On n’a pas attendu longtemps avant que plusieurs industriels agro-alimentaires essaient la technique pour obtenir des nouveaux produits d’agricultures modifiés génétiquement. Un de mes préférés c’est le cochon modifié par CRISPR, fameusement annoncée dans cette publication titrée “CRISPR bacon: a sizzling technique to generate genetically engineered pigs”.

CRISPR Bacon

Il y a aussi eu des avancées sur le riz, le blé permettant d’obtenir facilement des organismes résistants à certaines maladies.

Vaches sans cornes
D’autres projets en cours s’intéressent à l’obtention de vaches sans cornes (en prenant exemple sur des variétés ayant déjà été sélectionnés sur ce critère), ou encore des oranges avec plus de vitamines, et un très intéressant au final : des levures optimisées pour la production de biocarburant.

CRISPR pourrait être employé non pas comme un outil…mais comme une arme. Alors non, je ne parle pas de bioterrorisme, mais plutôt d’un moyen d’éradiquer des populations d’organismes nuisibles, comme des populations de moustiques porteurs de la malaria. La technique employée s’appelle ‘le gene drive’. Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas du Mc Drive du gène, mais d’une technique permettant de propager un allèle dans une population sauvage.

Gene Drive
Je m’explique : si vous chopiez un moustique et que vous altériez son génome pour le rendre par exemple moins nocif. Si vous le relâchez et qu’il copule avec le premier moustique qui passe, il ne transmettra que la moitié de son génome, et votre altération génétique n’aura que très peu de chances de se propager dans la population. Cependant des chercheurs ont mis en évidence il y a pas mal de temps que certains gènes arrivent très rapidement à se répandre dans des populations sauvages : des gènes égoïstes qui arrivent à briser la règle de la répartition équitable des gènes entre le père et la mère. Parmi ces gènes égoïstes, il y a des gènes qui codent pour des nucléases. Tan, tan, tan ! Pour ceux-là, le mode de fonctionnement est le suivant : la nucléase coupe spécifiquement la région correspondant à la séquence dans laquelle le gène s’est inséré : quand la nucléase est insérée, la séquence cible de coupure n’est plus reconnaissable, mais quand la séquence est intacte, la nucléase coupe l’ADN à cet endroit et la machinerie cellulaire répare la séquence coupée en utilisant comme en antisèche, vous l’avez devinez, la séquence où on retrouve le gène de la nucléase. Dans notre cas de figure, si on modifie le génome du moustique avec une insertion d’une séquence de Cas9 + ARN guide ciblant la zone vierge dans laquelle on a inséré notre gène égoïste, au moment de la formation de la cellule œuf, le chromosome apporté par le moustique non modifié (et donc sans gène égoïste) sera coupé, et réparé en utilisant comme modèle la séquence du gène de Cas9 + ARN guide. Grâce à ce système, on peut voir un gène égoïste se propager en quelques générations dans toute une population sauvage. Si on insère ce gène égoïste dans un gène important pour la transmission de la malaria par exemple, on peut entraîner la conversion rapide et forcée de moustiques qui deviendront incapables de transmettre la malaria.

La plus évidente application pour la fin : La possibilité d’altérer le génome d’un organisme va nécessairement entrainer la question des applications thérapeutiques. Peut-on utiliser CRISPR/Cas9 pour guérir de maladies génétiques par exemple ? La par contre, on se retrouve toujours en face du même problème : pour certaines maladies, on se confronte au problème de la modification à apporter à plusieurs millions de cellules à la fois. Si vous avez une maladie génétique du foie par exemple,  il faudrait être en mesure d’altérer toutes les cellules de votre foie. Si CRISPR/Cas9 est un outil particulièrement impressionnant, il ne répond toujours pas à cette question. Récemment une thérapie d’un tissu hépatique de souris utilisant CRISPR  a montré un certain succès, mais nécessitait une intervention assez lourde (pomper plein de liquide à travers le foie), pour pouvoir altérer au final qu’une petite partie des cellules du foie du rongeur.

Pour d’autres maladies génétiques, la technique est beaucoup plus prometteuse. Ce sont les maladies pour lesquelles on peut cibler un petit organe, comme les yeux par exemple, ou bien pour lesquelles on peut isoler et manipuler des cultures de cellules qu’on va ensuite réinjecter dans l’organisme. C’est par exemple le cas des anémies génétiques comme la drépanocytose ou la thalassémie, pour lesquelles on peut prélever des cellules de la moelle osseuse, utiliser CRISPR/Cas9 pour corriger très précisément les mutations à l’origine de l’anémie, puis réinjecter ces cellules chez le patient.

GATTACA
Y’a un autre type de cellule qu’on peut prélever, modifier, puis réinjecter : les cellules germinales, ou bien encore les cellules œufs. Mais là on rentre au mieux dans la thérapie génétique préventive, pour éviter qu’un enfant naisse avec des mutations délétères… au pire, dans le monde de GATTACA avec la possibilité d’altérer de nombreux caractères de l’enfant, avant sa naissance. C’est plus vraiment de la science-fiction depuis avril 2015 puisqu’une équipe de recherche a annoncé la faisabilité de la procédure après avoir édité le génome d’un embryon humain.

CDOO_4HXIAAoVVV.png large
Ca fait CRISPR dans son froc ou bien?

Liens:

Everything You Need to Know About CRISPR, the New Tool that Edits DNA
Breakthrough DNA Editor Borne of Bacteria
CRISPR, the disruptor
CRISPR : Nature News
CRISPR Gene Drives
A CRISPR Fore-Cas-t
Radiolab: Antibodies part 1, CRISPR
Chinese scientists genetically modify human embryos
Scientists Seek Ban on Method of Editing the Human Genome
“Gene Drives” And CRISPR Could Revolutionize Ecosystem Management
There’s CRISPR in Your Yogurt
A Movable Defense
CRISPR Cow
Designer Livestock
On the Horns of the GMO dilemna

Références:
Araki, M. and T. Ishii (2014). “International regulatory landscape and integration of corrective genome editing into in vitro fertilization.” Reprod Biol Endocrinol 12: 108.

Barrangou, R., C. Fremaux, H. Deveau, M. Richards, P. Boyaval, S. Moineau, D. A. Romero and P. Horvath (2007). “CRISPR provides acquired resistance against viruses in prokaryotes.” Science 315(5819): 1709-1712.

Bosley, K. S., M. Botchan, A. L. Bredenoord, D. Carroll, R. A. Charo, E. Charpentier, R. Cohen, J. Corn, J. Doudna, G. Feng, H. T. Greely, R. Isasi, W. Ji, J. S. Kim, B. Knoppers, E. Lanphier, J. Li, R. Lovell-Badge, G. S. Martin, J. Moreno, L. Naldini, M. Pera, A. C. Perry, J. C. Venter, F. Zhang and Q. Zhou (2015). “CRISPR germline engineering-the community speaks.” Nat Biotechnol 33(5): 478-486.

Burt, A. (2003). “Site-specific selfish genes as tools for the control and genetic engineering of natural populations.” Proc Biol Sci 270(1518): 921-928.

Chen, Y., Y. Zheng, Y. Kang, W. Yang, Y. Niu, X. Guo, Z. Tu, C. Si, H. Wang, R. Xing, X. Pu, S. H. Yang, S. Li, W. Ji and X. J. Li (2015). “Functional disruption of the dystrophin gene in rhesus monkey using CRISPR/Cas9.” Hum Mol Genet 24(13): 3764-3774.

Cong, L., F. A. Ran, D. Cox, S. Lin, R. Barretto, N. Habib, P. D. Hsu, X. Wu, W. Jiang, L. A. Marraffini and F. Zhang (2013). “Multiplex genome engineering using CRISPR/Cas systems.” Science 339(6121): 819-823.

DeMayo, F. J., T. E. Spencer and B. o. R. Editors-in-Chief (2014). “CRISPR bacon: a sizzling technique to generate genetically engineered pigs.” Biol Reprod 91(3): 79.

DiCarlo, J. E., A. Chavez, S. L. Dietz, K. M. Esvelt and G. M. Church (2015). “RNA-guided gene drives can efficiently bias inheritance in wild yeast.” BioRxiv.

Esvelt, K. M., A. L. Smidler, F. Catteruccia and G. M. Church (2014). “Concerning RNA-guided gene drives for the alteration of wild populations.” Elife: e03401.

Gantz, V. M. and E. Bier (2015). “Genome editing. The mutagenic chain reaction: a method for converting heterozygous to homozygous mutations.” Science 348(6233): 442-444.

Gasiunas, G., R. Barrangou, P. Horvath and V. Siksnys (2012). “Cas9-crRNA ribonucleoprotein complex mediates specific DNA cleavage for adaptive immunity in bacteria.” Proc Natl Acad Sci U S A 109(39): E2579-2586.

Hai, T., F. Teng, R. Guo, W. Li and Q. Zhou (2014). “One-step generation of knockout pigs by zygote injection of CRISPR/Cas system.” Cell Res 24(3): 372-375.

Honda, A., M. Hirose, T. Sankai, L. Yasmin, K. Yuzawa, K. Honsho, H. Izu, A. Iguchi, M. Ikawa and A. Ogura (2015). “Single-step generation of rabbits carrying a targeted allele of the tyrosinase gene using CRISPR/Cas9.” Exp Anim 64(1): 31-37.

Ishino, Y., H. Shinagawa, K. Makino, M. Amemura and A. Nakata (1987). “Nucleotide sequence of the iap gene, responsible for alkaline phosphatase isozyme conversion in Escherichia coli, and identification of the gene product.” J Bacteriol 169(12): 5429-5433.

Jia, H. and N. Wang (2014). “Targeted genome editing of sweet orange using Cas9/sgRNA.” PLoS One 9(4): e93806.

Jinek, M., K. Chylinski, I. Fonfara, M. Hauer, J. A. Doudna and E. Charpentier (2012). “A programmable dual-RNA-guided DNA endonuclease in adaptive bacterial immunity.” Science 337(6096): 816-821.

Jinek, M., A. East, A. Cheng, S. Lin, E. Ma and J. Doudna (2013). “RNA-programmed genome editing in human cells.” Elife 2: e00471.

Ledford, H. (2015). “CRISPR, the disruptor.” Nature 522(7554): 20-24.

Liang, P., Y. Xu, X. Zhang, C. Ding, R. Huang, Z. Zhang, J. Lv, X. Xie, Y. Chen, Y. Li, Y. Sun, Y. Bai, Z. Songyang, W. Ma, C. Zhou and J. Huang (2015). “CRISPR/Cas9-mediated gene editing in human tripronuclear zygotes.” Protein Cell 6(5): 363-372.

Maddalo, D., E. Manchado, C. P. Concepcion, C. Bonetti, J. A. Vidigal, Y. C. Han, P. Ogrodowski, A. Crippa, N. Rekhtman, E. de Stanchina, S. W. Lowe and A. Ventura (2014). “In vivo engineering of oncogenic chromosomal rearrangements with the CRISPR/Cas9 system.” Nature 516(7531): 423-427.

Mali, P., L. Yang, K. M. Esvelt, J. Aach, M. Guell, J. E. DiCarlo, J. E. Norville and G. M. Church (2013). “RNA-guided human genome engineering via Cas9.” Science 339(6121): 823-826.

Mojica, F. J. M., C. Ferrer, G. Juez and F. Rodríguez-Valera (1995). “Long stretches of short tandem repeats are present in the largest replicons of the Archaea Haloferax mediterranei and Haloferax volcanii and could be involved in replicon partitioning.” Molecular Microbiology 17(1): 85-93.

Niu, Y., B. Shen, Y. Cui, Y. Chen, J. Wang, L. Wang, Y. Kang, X. Zhao, W. Si, W. Li, A. P. Xiang, J. Zhou, X. Guo, Y. Bi, C. Si, B. Hu, G. Dong, H. Wang, Z. Zhou, T. Li, T. Tan, X. Pu, F. Wang, S. Ji, Q. Zhou, X. Huang, W. Ji and J. Sha (2014). “Generation of gene-modified cynomolgus monkey via Cas9/RNA-mediated gene targeting in one-cell embryos.” Cell 156(4): 836-843.

Oye, K. A., K. Esvelt, E. Appleton, F. Catteruccia, G. Church, T. Kuiken, S. B. Lightfoot, J. McNamara, A. Smidler and J. P. Collins (2014). “Biotechnology. Regulating gene drives.” Science 345(6197): 626-628.

Sternberg, S. H. and J. A. Doudna (2015). “Expanding the Biologist’s Toolkit with CRISPR-Cas9.” Mol Cell 58(4): 568-574.

Vyas, V. K., M. I. Barrasa and G. R. Fink (2015). “A CRISPR system permits genetic engineering of essential genes and gene families.” Sci Adv 1(3): e1500248.

Whitworth, K. M., K. Lee, J. A. Benne, B. P. Beaton, L. D. Spate, S. L. Murphy, M. S. Samuel, J. Mao, C. O’Gorman, E. M. Walters, C. N. Murphy, J. Driver, A. Mileham, D. McLaren, K. D. Wells and R. S. Prather (2014). “Use of the CRISPR/Cas9 system to produce genetically engineered pigs from in vitro-derived oocytes and embryos.” Biol Reprod 91(3): 78.

Wu, Y., H. Zhou, X. Fan, Y. Zhang, M. Zhang, Y. Wang, Z. Xie, M. Bai, Q. Yin, D. Liang, W. Tang, J. Liao, C. Zhou, W. Liu, P. Zhu, H. Guo, H. Pan, C. Wu, H. Shi, L. Wu, F. Tang and J. Li (2015). “Correction of a genetic disease by CRISPR-Cas9-mediated gene editing in mouse spermatogonial stem cells.” Cell Res 25(1): 67-79.

Xue, W., S. Chen, H. Yin, T. Tammela, T. Papagiannakopoulos, N. S. Joshi, W. Cai, G. Yang, R. Bronson, D. G. Crowley, F. Zhang, D. G. Anderson, P. A. Sharp and T. Jacks (2014). “CRISPR-mediated direct mutation of cancer genes in the mouse liver.” Nature 514(7522): 380-384.

Yin, H., W. Xue, S. Chen, R. L. Bogorad, E. Benedetti, M. Grompe, V. Koteliansky, P. A. Sharp, T. Jacks and D. G. Anderson (2014). “Genome editing with Cas9 in adult mice corrects a disease mutation and phenotype.” Nat Biotechnol 32(6): 551-553.