Home Blog Page 63

Podcast Science 175 – Le Dallas de la génétique

On connaît l’ADN depuis 1953. Mais il aura fallu encore un demi-siècle avant qu’on commence à comprendre de quoi est fait le génome humain. Et c’est une saga digne de Dallas que seule notre amie Billie pouvait venir nous raconter.

Le dossier de la semaine

» Le Dallas de la génétique, par Billie
Le dossier de Billie

Les images de la soirée

 

La quote de la semaine

“There’s no gene for fate, Vincent, interprété par Ethan Hawke dans Gattaca

Plugs et liens évoqués

  • Le blod de Billie : http://scienceabilly.com/
  • Message de Stéphane Debove: Bonjour à tous, je suis ravi de vous annoncer que la plateforme Vidéo Sciences version bêta est enfin prête : http://videosciences.cafe-sciences.org/ et les comptes sociaux associés : https://twitter.com/VideoSciences et https://www.facebook.com/videosciences
    Dans un premier temps nous nous limiterons aux vidéos de science francophones, nous élargirons ensuite si besoin est.
    La plateforme est encore jeune et vous pouvez proposer toute idée d’amélioration, sur le fond comme sur la forme. Elle se veut de plus collaborative donc si vous souhaitez contribuer de quelque manière que ce soit (création d’un logo, gérer les réseaux sociaux, aider à coder un widget, lancer un projet transversal aux chaînes agrégées…) n’hésitez pas à vous manifester !

Pour le moment, Vidéosciences regroupe les vidéos des contributeurs suivants :

Un immense merci à Pierre Kerner, qui a deux mille idées à la minute. Celle-ci est encore de lui. Et donc un immense merci aussi à Stéphane qui a porté ce projet à bout de bras et l’a mis en ligne avant-hier soir tout seul comme un grand, entouré de boulets qui devaient l’aider (moi essentiellement) et qui n’ont jamais été foutus de trouver le temps. Longue vie à ce nouvel acteur de la blogosphère scientifique francophone qui sert la science dans la joie 🙂

  • Quelques mots sur vos dons : Comme on a commencé à vous le dire la semaine dernière, on a dépensé vos dons! On s’est en effet équipés et cela va être un peu l’occasion de vous raconter un peu l’arrière boutique. Pour produire une émission comme on vous fait, en live et avec tout plein de jingles, il faut du matériel… Jusqu’alors seul Alan avait ce type de matos et c’était loin d’être parfait, surtout que comme il l’a annoncé, il souhaitait lever le pied et il se retrouvait à devoir être là chaque semaine!Eh bien ça y est, nous avons un semblant de studio à Paris! Normalement cela va vouloir dire :- Du meilleur son- Des émissions avec invités parisiens de bien meilleure qualité- Des émissions en live qui n’imposent pas qu’Alan trimballe une valise aussi grosse que lui- Et plein d’autre choses!
    En bref, merci encore et toujours!

La prochaine fois

Mercredi 28 mai, avec Robin

Bien souvent, en voulant parler de maths et musique, on ne fait qu’effleurer l’un ou l’autre des sujets, voire les deux, et on en reste à des platitudes un peu décevantes. Une première raison : pour expliquer tout à tout le monde, il faut partir de zéro en maths ET en musique. Une deuxième raison : certes, il est glamour de parler d’art et science, mais souvent (de ce que j’en sais), les liens sont assez artificiels, légers…

Bref, vous l’aurez compris, je suis méfiant, et j’ai un peu peur de me planter. Mais sachant que mon Alan préféré me l’a demandé, que la musique était pendant des siècles un chapitre des mathématiques, que c’est a priori un sujet radiophonique, et que Leibniz a dit “la musique est une pratique cachée de l’arithmétique, l’esprit n’ayant pas conscience qu’il compte” (en même temps il avait aussi le droit de dire des conneries) et surtout que j’ai déjà fait des trucs là dessus… Allons-y ! Avec même un peu de physique, soyons fous !

 

 

 

La Chatroom

Pascal: C’est bon chez vous?

NicoTupe: bon quoi?

NicoTupe: j’ai aps de player mais je reloas

NicoTupe: reload

Fran6: y-a rien qui joue ici

Pascal: tu n’as pas le player toi

Pascal: ?

NicoTupe: bon c’est bon j’ai le player

NicoTupe: en reloadant

Pascal: ouf

NicoTupe: cool

NicoTupe: c’était quoi?

Robin: salut

Robin: ça va l’éclopé ?

Pascal: la creation deja

Pascal: et le titre, PS 175 au lieu de ps175

Pascal: Salut @Robin

NicoTupe: OUais ça va

NicoTupe: @pascal de quoi tu parles?

Pascal: ben tu me demandais le probleme non?

NicoTupe: ah oui :

NicoTupe: 🙂

NicoTupe: j’avais pas mis PS dans le titre

Pascal: si mais avec espace et en majuscule

NicoTupe: Robin tu viens aps en live?

Robin: Bon, mes voisins viennent de décider de mettre de la musique à fond

Robin: ben si

Robin: j’attends que ça

ElJj: B’soir

Pascal: C’est toujours marrant cette periode ou le gens n’osent pas rentrer

Pascal: bonsoir @eljj

Robin: salut !

Alan: Bonjour les gens 🙂

Pascal: Salut Alan

Citron Vert: Bonjour (j’espere que ca sera plis simple que la semaine dernière)

Alan: promis 🙂

Pascal: Salut

Alan: aujourd’hui, on parle de Dallas

Pascal: le sujet ou la chatroom?

Pascal: (pardon, j’aime faire dans l’autoflagelation)

Citron Vert: le sujet. Dallas ? La ville ou la serie ? parceque je connais aucun des deux

Alan: la saga 🙂

NicoTupe: La série

NicoTupe: yeah

NicoTupe: et la je tape et on ne m’entend pas

NicoTupe: c’est une révolution

Citron Vert: houla j’ai peur

julie: salut!

NicoTupe: saluuuuuuut Julie

Pascal: Salut

Pascal: vous broadcastez deja?

NicoTupe: yeah

Pascal: @nicotupe tu as des pb de connexion?

pascale_b: bonsoir.

pascale_b: coucou

puyo: Yeah, bonsoir !

puyo: Un double bonjour, c’est pas formidable, ça ?

puyo: Hééé, et pourquoi pas un podcast où chaque se parle à la troisième personne ?

puyo: Façon Alain Delon ? 😀

Pascal: oui

Pascal: ?

puyo: Il trouve ça bien.

julie: ahaha

puyo: ^^

Alan: Pascal, je t’ai forwardé le mail de Billie

Pascal: tu me donneras les top?

ElJj: I like trains

Homais: Bonsoir tout le monde

Alan: Bonjour bonjour 🙂

Alan: il est tout moisi ton générique, Tupe !

puyo: Oh, curieux générique !

Pascal: @Alan tout est downloadé

Alan: oooh, c’est joli 🙂

Alan: Merci @Pascal 🙂

Alan: gnu?

Alan: pourquoi je suis tout rose et tout gras quand tu m’écris?

Alan: et toi tu reste tout mince et tout noir?

Alan: aaaah, j’ai compris

Pascal: pas rose, rouge

Alan: ah

Alan: chacun se voit comme ça

Alan: quand il est interpellé, c’est ça?

Pascal: j’ai viré l’autocompletion, mais j’ai laissé les mentions

Pascal: c’est ca

Alan: gr8 🙂

puyo: Héhéhé, souvenir d’épisode !

Alan: Pascal : 1.png 🙂

Alan: et 2.png

Alan: Merci Pascal 🙂

pascale_b: 🙂

Pascal: de rien

Alan: @Pascal 3.png 🙂

Quantic Potatoes: Bonsoir

Alan: bonjour les patates 🙂

Alan: sympa le pseudo !

Pascal: Sharypic a pas l’aire d’accord pour la 3

Quantic Potatoes: merci ^^

Alan: @Pascal et la 6? C’est la même, non?

Alan: well done 🙂

Pascal: marrant

ElJj: Anagène ! On reconnait bien là la prof de SVT

puyo: C’est parfait !

Citron Vert: Ca va pour le moment

Alan: elle a dit anagène?

Alan: je la dénonçais sur twitter, j’ai pas fait gaffe

ElJj: C’est sur l’image

Alan: ah 🙂

Alan: Ah oui, pas fait gaffe

Alan: je me dis subitement qu’on n’a peut-être pas de quote

Alan: qqun en a une ?

Pascal: ton dernier tweet me parait adapté

Pascal: et comme ca vous inventez le concept de self quoting

Alan: 🙂

Citron Vert: Pour la quote, peut être une de Gattaca comme celle la “There’s no gene for fate.” ?

Alan: je note 🙂

Alan: @Citron, me rappelle plus des noms des personnages… Qui c’est qui dit ça ?

Alan: Le personnage de Matt Damon, j’imagine, right?

Pascal: y a meme moyen de l’illustrer

Citron Vert: Je sais plus ca fait longtemps que j’ai pas vu le film, je viens de la trouver sur internet ca viens du perso qui s’appelle vincent

Citron Vert: c’est ethan hawke

Alan: ah oui, tiens

Citron Vert: merci IMDb

Alan: pourquoi je me souvenais de Matt Damon 😉

Alan: j’avais un vague doute…

damdahu: Salut tout le monde! (Je rentre discrètement j’ai raté le début…)

GLaDOS: Good evening, Alan.

Quantic Potatoes: Bonsoir damdahu

GLaDOS: Good evening, Quantic Potatoes.

Citron Vert: Y’a deux GLaDOS sur le chat ??

damdahu: Oula 2 références à Portal j’aime les membres de ce live

Quantic Potatoes: Hello GLaDOS

Quantic Potatoes: x)

GLaDOS: I managed to escape my potato body.

Pascal: faudra quand meme que j’essai Portal…

Alan: ‘Morning Glados 🙂

Pascal: morning?

ElJj:

Quantic Potatoes: très bon jeu Pascal, je te le conseille ^^

GLaDOS: Alan, your assumption is wrong 🙂

Alan: ElJj teste la nouvelle fonction “mute”

Alan: @GLaDOS prove it 😉

GLaDOS: I saw you last week-end.

ElJj: En réalité, je voulais savoir à quoi servait ce bouton rouge que je ne vois pas en entier sur l’écran de mon ordi

Alan: I bet you didn’t

Alan: let’s try : where did you see me?

ElJj: True fact

Pascal: @eljj tu ne le vois pas entier?

GLaDOS: In Paris

Pascal: tu as quoi comme terminal?

Alan: Un minitel ? 😉

Alan: c’est un matheux, hein…

ElJj: Je ne suis pas Robin, je suis un peu plus évolué

ElJj: J’ai quand même des écrans cathodiques

Alan: @Glad, I hope we had a beer together

Alan: qui sont en fait des accélérateurs de particules 🙂

Alan: (les tubes cathodiques)

Alan: après, un minitel à écran plat, j’ai pas encore vu…

Alan: ta réponse confirme mes soupçons 😉

Pascal: ce n’etait pas du lcd de serie?

puyo: Et hop !

Alan: pascal, refresh?

ElJj: @Pascal voilà ce que ça donne sur mon écran http://image.noelshack.com/fichiers/2014/21/1400699371-ecran.png

Alan: le petit truc secret ne marche plus?

Pascal: si mais shary l’a pas encore pris

puyo: Ah, ça n’a pas l’air de marche #clic #clic

Alan: ah oky

puyo: Ooooh

Alan: en attendant qu’elle remonte dans sharypic, je l’ai vue sur twitter. J’adore, bravo Puyo!!! 🙂

Quantic Potatoes: Il doit avoir une raison à une si petitesse du génome humain ?

Pascal: en fait, le plus efficace est de la mettre directement

puyo: Héhé, ça marche ! Hourra, merci !!

GLaDOS: @Alan Next time. You seemed busy getting drunk in Paris and visiting my incinerator.

NicoTupe: j’ai l’impression que le hashtag marche pas 🙁

puyo: ah zut.. arf ! C’est peut-être en majuscule ? (je ne sais jamais..°

Pascal: non, mais j’ai fait un truc

Pascal: 2 min

Alan: @Pascal, en fait, sharypic n’écoute pas le hashtag

Pascal: voila

Alan: on n’arrive pas à le rajouter 🙁

puyo: Bravo ! Héhé !

NicoTupe: je l’ai ajoutée à la main en fait

Pascal: je l’ai reparametrer

Pascal: arf

puyo: Je dois faire quoi, pour le prochain ?

puyo: Pour que ce soit bien en ligne ?

Alan: @GLaDOS, you mysterious bastard !

Alan: @puyo, t’as tout fait juste 🙂

puyo: héhéhé !

Pascal: j’ai reparametré le hashtag, mais c’est plus efficace en direct

Alan: CLAVVVIIEERRR TUPE !!!!

NicoTupe: c’est aps moi!!!

NicoTupe: je suis muté

NicoTupe: depuis le début

NicoTupe: c’est billy

Alan: t’es muté physiquement?

Alan: ton micro est fermé?

NicoTupe: je suis muté de partout

Alan: micro fermé?

NicoTupe: tu entend mon clavier la?

Alan: nope

Pascal: mute pendant le dossier genetique…

NicoTupe: je tape sans arret

Alan: oky

NicoTupe: ben voila

NicoTupe: tu l’entend que quand c’esst billy

Alan: oui, c’est un mutant

Alan: un ex-mutant je veux dire

Alan: il est donc muté

Alan: cqfd

Alan: autre chose?

ElJj: Cette histoire de breton fan de génétique me fait penser à ça : http://www.dhnet.be/actu/societe/le-suprematiste-surpris-en-plateau-video-52824e0f3570aa4f790458f1

Pascal: non, c’est bon

Pascal: merci

Alan: @ElJj, j’adore 🙂

ElJj: Ya aussi la langue en U, non ?

Alan: ah ouais 🙂

Alan: qui est-ce qui y arrive?

Alan: moi pas 🙁 c’est un de mes grands regrets 😉

damdahu: @Eljj : magnifique ce lien je connaissais pas!

Pascal: moi

Alan: encore un muté, yeaaah!

Alan: @Pascal, on veut une preuve

Pascal: la, c’est chaud

Pascal: je tape, je mange..

Alan: et tu postes la 8.png 🙂

Pascal: la photo serait pas belle

Alan: (ah ouais, on veut la photo quand t’auras fini de manger, hein 😉 )

Homais: Sinon comme quote, il y a la réponse qu’a faite James Watson dans une interview quand on lui a demandé pourquoi est-ce qu’il avait voulu séquencer le génôme humain : “Why not? I had no objection, with the exception of not wanting to know ApoE4. My grandmother had Alzheimer’s”

Pascal: voila

Alan: @Homais euh, il faudrait un peu de contexte, non?

Alan: (merci de l’intention 🙂 )

Alan: ApoE4 est impliqué dans l’Alzheimer ?

Homais: Il a accepté la publication de son génôme entier à l’exception de ce locus car il refusait de savoir s’il avait hérité par sa rgand-mère d’une allèle favorisant l’apparition précoce d’Alzheimer

Alan: aaaah 🙂

Alan: merci

Nawak: Hop, holà !

Alan: hola Nawak !

Alan: (= Nause ?)

Nawak: Nope! Juste nawak

Alan: oky 🙂

Alan: Bon, Homais, on va peut-être oublier pour la quote 😉

Citron Vert: Sympa le Waston

Pascal: un bon gars…

Nawak: On reste sur “no jean for fat” alors ?

Alan: 😀

Pascal: Bon, SharyPic me saoule….

nicktalop: Dingue!

Alan: @Pascal, ça sent la solution custom dans une semaine, ça 😉

Alan: @Nick, j’avoue…

Pascal: non, trop de bug a corriger

Pascal: peut etre 15j 😉

Alan: 😀 That’s the spirit 🙂

Alan: CLAVIER QQUN

nicktalop: Dans le fond, nous subissons tous le droit de copyright US?

Citron Vert: C’est bien le sujet est vachement plus simple à comprendre que la semaine dernière, mais quand meme vachement plus flippant

Pascal: NIH, VIH, ca devient dur a suivre

Alan: @Citron Vert attends qu’on utilise des calculateurs quantiques pour séquencer les gens en temps réel

Pascal: super interessant le dossier de la semaine derniere

Alan: @Pascal : National Institutes of Health (NIH)

nicktalop: Mais que fait l’OMPI?

Pascal: encore plus ecoeurré de l’avoir loupé en live…

Alan: 🙂

Alan: tu l’as déjà écouté en podcast ?

Alan: en entier je veux dire ?

Citron Vert: d’un coup je suis totalement contre le sequencage de l’adn, pas pour des raison ethique, mais juste pour pas utilise de calculateurs quantiques

Homais: Hélas la liste des premiers généticiens compte bon nombre de ce genre de personnes à tendance eugéniste… (Pearson, Galton etc.)

Alan: @Citron lol !

nicktalop: @Homais Oui, mais on parle de quel siècle?

Pascal: @Alan, non, il me reste 1 heure

Alan: @Homais, tu avais lu le billet de Billie sur la question ?

Alan: on en avait fait un blog audio

Alan:http://scienceabilly.com/les-articles-scientifiques/la-theorie-des-races-dans-leducation-ou-voyage-au-pays-de-limposture-scientifique/

Pascal: pas assez de bouchon le aujourd’hui

Alan: blog audio: https://www.podcastscience.fm/blogs-audio-science/2013/10/27/blog-audio-26-scienceabilly-la-theorie-des-races-dans-leducation-ou-voyage-au-pays-de-limposture-scientifique/

Quantic Potatoes: Quantique or not quantique

nicktalop: Le Google du génétique, en somme…

Quantic Potatoes:

Homais: Non je n’avais pas encore eu l’occasion, merci pour le lien, ça m’a l’air tout à fait intéressant 🙂

Quantic Potatoes: oups

Pascal: tiens y a ce bug aussi

nicktalop: Après le Dark Web, le Dark Gene?

Alan: @Homais, en tout cas, on s’est bien amusé à le passer en audio 🙂

Pascal: je l’avais diffusé ce blog audio

Pascal: tout autour de moi

Alan: comment ça, diffusé?

Alan: ah 🙂

Alan: cool 🙂

Alan: ça a plu?

Pascal: oui, plutot

Alan: ‘faudrait qu’on en refasse, tiens…

Alan: j’adore ces blogs audio

Alan: surtout ceux de Billie

Pascal: bon, j’ai un peu zappé les images

Pascal: en fait, j’ai zappé un peu billie

Alan: boarf, on est bien avec Gattaca 🙂

nicktalop: Beau résumé!

Pascal: 🙁

Alan: oh?

Pascal: mais je reecoute toujuors

Alan: t’arrives pas à mâcher et écouter en même temps ?

Alan: 🙂

Pascal: si mais c’est manger, taper et ecouter en meme temps avec lequel j’ai du mal

Pascal: je suis pas top comme multitasker

Pascal: tiens je l’ai vu 2 x irl tara

Alan: tara?

Pascal: mais a l’epoque il s’appelais pas comme ca

Pascal: plutot transantartica un truc comme ca

Pascal: elle passe pas

Nawak: “Goélette” ça fait un peu navigation du 14eme siecle

Poilman: Si je peux me permettre, je dirais qu’il faut etre moins pessimiste au niveau du séquencage. Je travail dans un laboratoire de génétique moléculaire, et on séquence des patients pour détecter des maladies rares. Ca marche plutot bien, c’est pas si “incertain” que ca.

Pascal: voila tara

Pascal: @nawak un peu plus recent en fait 😉

Nawak: Je suis à l’ouest niveau navigation 😉

Pascal: plus que 3 point cardinaux et tu sera bon

puyo: pom pom pom !

ElJj: C’est quoi le nom des chercheurs qui ont fait ça ?

Nawak: 🙂

nicktalop: What? 100% de Shakespeare stocké dans l’ADN? On signe où?

puyo: Ah.. mmm.. l’image ne passe pazs.

Alan: @ElJJ l’European bio Informatics

Pascal: twitter ou direct?

Alan: Twitter

puyo: oui, j’ai pas l’accès direct

Alan: Church, c’est le mec qui a un plan pour cloner des Neandertal, non ?

GLaDOS:http://en.wikipedia.org/wiki/Dodo

Alan: And it’s back 🙂

GLaDOS: We need to resurrect this mammal.

Alan: (The glados, I mean)

Alan: Glados, the dodo is lovely

Alan: but it’s not a mammal

nicktalop: 🙂

Citron Vert: But GLaDOS, I was thinkig that you didn’t like bird ?

GLaDOS: @Alan Blame Wikipedia then 🙂

nicktalop: Séparation des science et des lettres: l’alphabet se résume à 4 lettres ATGC

Poilman: Ah oui, ce brave Craig veut séquencer ce qui traîne sur Mars aussi http://www.technologyreview.com/news/429662/genome-hunters-go-after-martian-dna/

Alan: @Glados Its closest genetic relative was the also extinct Rodrigues solitaire, the two forming the subfamily Raphinae of the family of pigeons and doves. The closest living relative of the dodo is the Nicobar pigeon. A white dodo was once incorrectly thought to have existed on the nearby island of Réunion.

Alan: where do you see it’s a mammal ?

GLaDOS: @Citron Vert: I’m ok with birds who can’t fly.

nicktalop: Excellente, l’intervenante de ce soir!

Citron Vert: C’est bien ^^

David Loureiro: salut les potos

GLaDOS: @Alan: “As it was flightless and terrestrial and there were no mammalian predators or other kinds of natural enemy on Mauritius, the dodo probably nested on the ground.” It cannot fly, so let’s say it’s a mammal.

ElJj:http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9tique_humaine

Pascal: Salut David

David Loureiro: salut Pascal

Alan: @GLaDOS ∂

Quantic Potatoes: Perso j’ai une p’tite question : Il y a une explication à la taille dérisoire du génome humain ? par rapport à d’autres organismes ?

puyo: Salut David !

David Loureiro: lu puyo

puyo: Yeah !

Pascal: les patates quantiques ont combien de genes?

nicktalop: Bonne question, @Potatoes

nicktalop: C’est le Disque mou, l’ADN

puyo: Remarque, l’info stockée dans l’adn peut se conserver dans une tomate. C’est plus classe qu’une clé usb !

David Loureiro: @puyo +1

Quantic Potatoes: @Pascal une infinité de gênes tuberculesque 😉

Robin: oh oui, une tomate usb !!

puyo: Une tomate pour tous !

FRAN6: C’est toujours un plaisir d’entendre votre voie Billy. Merci pour ce dossier. Bien détaillé. Y a-t-il des pirates qui utilise ses étude du la lente démocratisation des outil et des info du génome humain.

Citron Vert: Je veux des frites USB

nicktalop: @puyo, oui mais essaie d’insérer une tomate dans ton ordo!

Pascal: le pb est plus dans l’interpretation des données a long terme plutot que dans leurs conservation

Robin: oh, ma tomate a encore moisi…

puyo: Ah zut.. heureusement qu’il y a un backup dans les concombres !

ElJj: A en croire ça http://udel.edu/~mcdonald/mythintro.html , la langue en U ne serait pas toujours héréditaire

puyo: C’est de l’information évolutive : elle se conserve après cuisson.

puyo: et même après le repas, ce serait chic !

puyo: heu…

Pascal: faut faire gaffe quand on fait sont PRA

Pascal: si on a mangé tout les backup…

GLaDOS: @Quantic Potatoes: Good question, here’s some cake for you: http://wallpoper.com/images/00/43/38/45/portal-2-potato_00433845.jpg

nicktalop: Une bière, une!

David Loureiro: y’a aussi l’aspect d’amplification des gens

David Loureiro: dans les séquenceurs NGS

puyo: héhéhé !

David Loureiro: il faut donner le même traitement à la génétique et au dessein intelligent

David Loureiro: que dit ce dernier sur le séquençage du génome ?

nicktalop: Un gène est sans gêne?

Alan: (Puyo oublié de te dire bravo pour le dessin, il déchire 🙂 )

Quantic Potatoes: @GlaDOS: thanks for the cake but I haven’t mouth 😛

puyo: huhu, oh, je t’en prie, Alan ! Merci merci ! 😀

Citron Vert: A un moment billie a parler de clonage pour la copie d’un petit morceau d’ADN, on appelle ca comment alors pour tout le genome ?

puyo: Je vais essayer d’en terminer un dernier avant la fin

David Loureiro: car comme le dit la tour de garde : l’AND c’est le langage de dieu quand me^me

Quantic Potatoes: c’est de l’optimisation génétique en clair

puyo: “moins on a de gènes, moins y’a d’plaisir !”

puyo: j’ai bon ?

nicktalop: Le selfish gène…

David Loureiro: les zèbres et les chevaux ont des très grosses différences dans le nombre de chromosomes

David Loureiro: pourtant ils sont super proches sur le point génétique

puyo: ^^

Alan: c’est pas le contraire, puyo?

nicktalop: Putain, ça craint Google!

ElJj: “Don’t be evil”

nicktalop: Anagramme de “live”…

FRAN6: merci pour la réponce

nicktalop: Xerox, il y a 40 ans

nicktalop: Clone François…?

David Loureiro: @nicktalope +1

Homais: Quand on parle de séquençage du génôme humain, combien d’individus-échantillon ont été utilisé ?

nicktalop: Laeez, un coup de gégène pour finir!

nicktalop: allez!

puyo: Hourra, c’était très chouette ! Bravo !

Nawak: Clap clap !

nicktalop: Bravo, top l’émission!

Pascal: ben a force, elle fait presque autant de dossier que vous

Citron Vert: Enchainer “bande de batards” et “je suis d’un nature délicate” c’est pas très crédible

Alan: 😀

David Loureiro: @Citron Vert +1 🙂

Alan: @Puyo, génialissime, ton dernier dossier 🙂

puyo: Huhuhu, merci merci !

puyo: je suis confus !

Pascal: c’est plus physique mais y a keppler aussi

puyo: Sacré programme, pour la semaine prochaine !

nicktalop: Un scientifique qui nous fait une gamme en si?

puyo: Vivement les meilleurs tube pour l’été !

puyo: tubes, pardon

puyo: nicotubes, pardon

Pascal: non, a 16h

Pascal: toujours a 16h

Pascal: Un tweet qui passe!!!

David Loureiro: qui qu’a débranché la prise ?

Citron Vert: désolé

puyo: C’est signe de bonne santé, un langage ordurier comme l’adn poubelle est nécessaire au bon fonctionnement ! 😀

ElJj: Une façon très simple : tu lances une vidéo en pause sur VLC

Alan: Excellent ElJJ 🙂

Alan: bon, ça vient, les idées ?

GLaDOS: Genetic Lifeform and Disk Operating System

puyo: rap, rap !

puyo: générique scratché, c’est frais ! héhé !

ElJj: Handipodcast science

puyo: sautillement !

billie: @ElJj merci pour le conseil

Pascal: faut s’echauffer avant l’echauffement

puyo: .. ou mettre son pied au micro-ondes au préalable !

Pascal: je comprend mieux le cent septante quatre

ElJj: Après vérification, il y a plein de Place Saint-Sulpice en France. Notemment une à Dehault, dans la Sarthe (278 habitants)

Alan: 🙂

Citron Vert: J’ai vécu 10 ans dans la sathe, et je sais pas où est Dehault

GLaDOS:http://www.nortonrosefulbright.com/knowledge/publications/75482/australian-court-approves-human-gene-patents

Alan: 🙁 GLaDOS

GLaDOS: How about owning the land?

ElJj: Je crois que pi fait parti du domaine public

Pascal: Au fait @puyo, je me demandais si il y a avait une raison a Alan Potter

Pascal: ?

puyo: @Pascal Oui oui, c’est pour le fondateur (éclair présent sur la V1 de Nico aussi, c’est la marque des dictateurs ! héhéhé)

puyo: C’est plutôt flash gordon ! 😀

Pascal: arf d’accord

Alan: @GLaDOS, case and point, it’s exactly the same issue in my opinion

puyo: @Ellj Pas depuis la mise à jour 3.15

Alan: 😀

GLaDOS: @Alan: Agreed, it’s just weird that you’re talking about the moon, while we fight to own the land here on Earth.

Alan: la 4 sera une release majeure qui va tout changer

Alan: on devra réinventer la roue

Pascal: qui sera plus grande mais avec le meme diametre?

Alan: @GLaDOS +1

puyo: Héhéhéhé, oui ! Par contre, la boîte n’est pas commode

Alan: @Pascal, je vais sans doute faire hurler les matheux…

Alan: mais si Pi devient un nombre normal…

Alan: dans ma compréhension…

Alan: la roue deviendra infinie

Alan: bon, ok, je sors avant qu’ils tapent

Pascal: pi ne sera plus transcendant

Alan: tout fout le camp

Pascal: lls ne s’en remettrais pas

Alan: sauf si on refuse la mise à jour 😉

puyo: héhéhé, tout à fait ! surtout que cela impliquerait un changement de nom (La version 3.15 passerait de “pi” à “pon”)

Pascal: oui, mais apres au bout de quelques années, on perd la maintenance

Pascal: plus de maj de securité toussa

Alan: 🙂

puyo: Sauf en payant un pi-ropérateur

puyo: pour les MAJ de sécurité (jusqu’à la 30000000 décimale)

Quantic Potatoes: comme dans Bienvenue à Gattaca

Citron Vert: On en reviens toujours à Gattaca

Alan: 🙂

Nawak: La combinaison gene + google map (environnemental) = meilleur approximation

Quantic Potatoes: @Citron Vert: On peut pas vraiment le courtourner tellement il est pertinant dans ça vision d’anticipation 🙂

GLaDOS: @Alan: Good try.

Nawak: C’était septembre y’a 30 minutes

Pascal: bon elle ecrit quand meme son nom sur la chatroom…

Pascal: oui

ElJj: Ya plus personne qui écoute

ElJj:http://scinfolex.com/2013/09/23/co%CF%80right-le-jour-ou-le-nombre-pi-faillit-etre-copyrighte/

Pascal: mais y a eljj

Pascal: y a un bouquin de luminet sur la topologie de l’univers

Pascal: qui est super interessant

ElJj: (Censuré)

GLaDOS: Here’s some cake for you Robin: http://www.globalgeeknews.com/wp-content/uploads/2011/07/Mobius-Cake-150×150.jpg

Pascal: ca vire grave là

Pascal: heu

Pascal: tout le monde n’est pas eu qhd

NicoTupe: je modifie mon message

Pascal: y a plus de place dan sl’ecran

Pascal: pour la video

Pascal: c’est pas moi

Pascal: il l’a fait tout seul

Pascal: je note

ElJj: Nan, c’est moi qui me suis auto censuré, après ça reste dans les notes d’émissions

ElJj: Vous l’avez pas lu à haute voix, ça peut pas être dans les bonus !

Alan: bien vu 🙂

Pascal: tu l’envoi a tout le monde?

Alan: me demandais si qqun l’avait noté 😉

ElJj: Il sort quand ?

Pascal: c’est parti

NicoTupe: Ca s’appellera “Ma vie, mon oeuvre, mon noeud”

ElJj: XD

GLaDOS: And some bacon http://file.trendhunter.com/thumbs/bacon-mobius-strip.jpeg

Citron Vert: Ca deviens crade

Quantic Potatoes: C’est l’intrication quantique 😛

Pascal: le pire c’est que y en a 5 qui reste mais qui ne sont pas dans la chatroom

GLaDOS: 😉

Alan: @Citron, un noeud dans un trou du cube, je vois pas ce qu’il y a de crade

ElJj: Spoiler alert

Alan: quel esprit mal tourné

Pascal: salut

puyo: Salut à tous !

ElJj: Tchao

Alan: Ciao les amis 🙂

Citron Vert: salut

julie: ciao

Quantic Potatoes: Faitent de Beaux Rêves, des rêves de tubercules 😉

billie: ciao 🙂

Alan: Bon, Tupe, par contre, t’étais pas obligé de couper skype

Quantic Potatoes: Bye

Freud: Merci à vous 🙂

Pascal: Bonne nuit tout le monde

GLaDOS: Good night Alan, here’s for you: http://youtu.be/_kPyGvqNn4Y

Quantic Potatoes: @Pascal ouais et à la prochaine ^^

Quantic Potatoes: @GlaDOS xD

Alan: Thx Glados 🙂

Autour du génome humain : Amour, gloire et santé

 

Dossier présenté par Billie, dans l’épisode 175 de Podcast Science

Le séquençage des génomes : applications et implications

Le 26 juin 2000, à la maison blanche, Bill Clinton et son homologue Tony Blair, annoncent officiellement et en grandes pompes, le séquençage du génome humain. En réalité, le boulot n’est pas tout à fait terminé, mais il est nécessaire après 11 années de compétitions, de coups bas, d’intrigues génético-financières, et 3 milliards de dollars dépensés par les contribuables américains, de calmer enfin, les ardeurs des néo-colons du génome.

L’ampleur du projet génome humain fut telle, qu’on le compare souvent à une sorte de mission Apollo de la génétique. Ceux qui disent ça sont quand même des gentils, puisque lorsque l’on démêle les ficelles, les coups bas, les enjeux éthiques, politiques, médicaux et financiers, je trouve que le terme « Dallas de la génétique » lui conviendrait tout aussi bien. Sauf qu’ici Jr a peut être eu un prix Nobel, et qu’on ne tue pas pour un puits de pétrole, mais qu’on vendrait l’ADN de sa mère si ça peut aider à « faire avancer la science ».

Alors qu’est ce que le séquençage du génome ? Quels sont les enjeux et les limites de la lecture de nos gènes ?

Pour mieux comprendre ces problématiques, il est nécessaire de remonter le cours du temps dans l’histoire de la génétique.

 

I. Définition, historique et principe du séquençage des génomes.

 

a. Une brève histoire de la génétique : Des lois de l’hérédité à la structure de l’ADN

 

Dans les années 1860 un moine de Moravie, Gregor Mendel, découvre les lois de l’hérédité, depuis appelées Lois de Mendel. En croisant des pois lisses et des pois ridés, des pois jaunes avec des pois verts, il met en évidence la transmission de caractères (couleur des pois, forme des pois) de générations de pois en générations de pois et il montre que cette transmission n’est pas juste le résultat « du mélange des caractères ». (Non si je croise un pois vert avec un pois jaune je n’obtiens pas un pois marron.) La transmission de cette information, de générations en générations, il peut la démontrer mais par contre il ne sait pas quel est son support, c’est à dire quelle est la molécule, qui dans une cellule, porte et code cette information. Wilhem Johannsen l’ignore aussi mais il leur donnera un nom : les gènes. (Pour la petite anecdote, il fera tout ça APRES avoir quitté le laboratoire de la brasserie Carlsberg, comme quoi stop drinking is good for science 😉

30 ans plus tard Albrecht Kossel découvre qu’une énorme molécule, l’ADN (acide désoxyribonucléique), contenue dans toutes les cellules des êtres vivants est composée de plusieurs milliers de nucléotides, dont il existe 4 types : A (adénine) T (thymine) C(cytosine) G(guanine). Toujours aucun lien n’est fait entre cette fameuse molécule et cette information héréditaire qui semble contenue dans nos cellules. Les travaux de Morgan, mettent en évidence, que les chromosomes, ces longs « bâtonnets » présents dans les cellules de la drosophile (et aussi chez nous sous forme de 23 paires, si tout va bien) semblent être le support des gènes.

C’est beaucoup plus tard, en 1944 que Avery Mc Leod et Mac Arthy démontreront sans doute possible que parmi toutes les molécules candidates, entre protéines, ARN, c’est bien l’ADN, cette molécule qui est constituée de 4 différents nucléotides A T G C qui est porteuse de l’information génétique. Autrement dit, les chromosomes, dont, nous, les Homo sapiens, nous en possédons 23 paires, peuvent porter une information héréditaire, chaque portion d’ADN portant une telle information héréditaire s’appellera gène. Il reste quand même plusieurs énigmes:

D’abord quelle est la structure de la molécule d’ADN ?

Crick, Wilkins et Watson parviennent à démonter que l’ADN existe sous la forme d’une double hélice. Il faut, pour se faire une image de l’ADN, se représenter une sorte d’échelle vrillée, ou d’une braguette (non j’ai bien dit que je ne parlerai pas de sexe ce soir ;)), dont chaque barreau serait un couple de nucléotides (A allant toujours de paire avec T et C allant toujours de paire avec G).

1
Watson et Crick devant leur modèle de la structure de la molécule d’ADN

 

2
Structure de la molécule d’ADN

 

Retenez bien le nom de Watson, car nous en reparlerons à plusieurs reprises. D’ailleurs notons tout de suite que ce gentleman  ainsi que ses compères ont obtenu leurs résultats, en s’inspirant très fortement (pour ne pas dire en volant) des travaux de leur consœur Rosalind Franklin, dont ils ne feront mention que très peu, voire pas du tout, et qui contrairement à ses confrères, ne se verra pas attribuer de prix Nobel pour la découverte de la structure de l’ADN, et oui la pauvre ayant eu, entre temps, la mauvaise idée de mourir d’un cancer des ovaires, probablement du aux rayons reçus lors de ses travaux au laboratoire. Watson ne rendra jamais hommage à son travail.. Watson : 1 conditions des femmes dans les sciences : 0.

Mais après tout ce chemin, une énigme persiste, et c’est celle qui mènera au projet génome humain qui nous intéresse aujourd’hui :

 

b. La séquence d’ADN contient une information

 Comment expliquer que l’ADN, présent chez tous les êtres vivants, constitué pour tous les êtres vivants des mêmes 4 molécules A T G C, puisse contenir une information qui va coder les caractéristiques ou phénotypes d’êtres vivants aussi divers que le concombre,  le kangourou, le muguet ou ma grande tante Marie-Louise ?

Différentes expériences montreront que c’est la séquence des nucléotides (ATGC) qui fait l’information. On appelle séquence, l’enchainement, la suite ordonnée des nucléotides. En gros ça veut dire que si, à la suite l’un de l’autre vous avez les molécules ATTGCG, cela peut ne pas donner les mêmes caractères que si votre portion d’ADN est composée d’une autre suite, ou séquence comme par exemple ATCCG. Or, de cette suite, qui peut contenir des milliers de nucléotides, dépend la formation des protéines et donc vos caractères. Si je suis du groupe sanguin A, B, O, si je suis daltonien ou pas, si je suis atteint de l’anémie falciforme, si j’ai bien 2 bras et qu’ils sont bien articulés à mon tronc, tout cela va dépendre de la séquence de mon ADN.

3

Et entre la séquence et la réalisation des fonctions cellulaires, ce sont les protéines qui sont les intermédiaires.  Se basant sur ce dogme : 1 gène (déterminé par une séquence) =une fonction, il devient impératif pour tous les généticiens de séquencer l’ADN des différents génomes du vivant et donc celui de l’Homme pour mieux en comprendre le fonctionnement.

4

 

On verra par la suite que ce dogme, est, depuis une quinzaine d’années, fortement remis en question..

Nous savons par exemple,  aujourd’hui, que l’environnement va jouer un rôle prépondérant sur la façon dont l’ADN est exprimée, la relation directe entre 1 gène et une fonction est donc souvent fausse. Beaucoup d’autres interactions sont à prendre en compte. De plus, une immense majorité  de notre ADN (98%) ne code pas pour une protéine, on le qualifie «  d’ADN poubelle »

poubelle

 

Il n’empêche que séquencer le génome c’est donc chercher à déterminer la suite des nucléotides tels qu’ils sont présents dans notre ADN. Cela pourrait nous renseigner sur les séquences responsables de maladies génétiques, nous renseigner sur les liens de parenté entre les êtres vivants, nous permettre d’améliorer les espèces en faisant des OGM, entre bien d’autres choses..

Alors, allons y séquençons le génome humain ! Ok,  sauf que le génome humain il contient environ 3 milliards de couples de nucléotides (qu’on appellera paires de bases) et que l’on a aucune idée du bout par lequel on va dérouler la pelote..

Vous ne m’en voudrez pas si je ne rentre pas dans la partie « technique » du séquençage » c’est quasiment impossible d’expliquer ça sans aucun support visuel. Si vous voulez des détails techniques assez brièvement mais néanmoins très bien expliqués, vous pouvez vous diriger vers le site de Jussieu en lien ici : http://www.snv.jussieu.fr/vie/dossiers/genomes/apports.htm

Il nous suffira de savoir que le séquençage fut le résultat d’une succession de découvertes d’outils en génétique : des outils pour couper l’ADN (les enzymes de restriction) des outils pour recopier l’ADN (techniques de PCR), des outils pour cloner, c’est à dire isoler et multiplier un fragment d’ADN à l’identique, transférer, analyser cette molécule.

Depuis les premières méthodes de séquençage  (Maxam et Gilbert, Sanger) jusqu’aux méthodes récentes (pyroséquençage, Ion torrent..) le temps et le coût du séquençage a été réduit au moins d’un facteur 100 (on va 100 fois plus vite et cela coûte 100 fois moins cher). Pour séquencer le premier génome humain, cela a couté environ 3 milliards de dollars et cela a pris 15 ans, aujourd’hui cela est possible en moins d’une journée pour un coût aux alentours de 1000 dollars, certaines start-up, comme 23and me promettant même le décryptage des principales séquences impliquées dans la susceptibilité de développer des maladies génétiques pour moins de 100 dollars.

United health Care chiffre à 25 milliards de dollars par an en 2021, le marché du test génétique dépendant directement du séquençage des génomes..

Le contexte étant placé, revenons sur cette incroyable et impitoyable croisade.

Bisounours s’abstenir.

 

II la saga du projet génome humain

 

Un projet d’envergure

La fin du séquençage était prévue en 2005 mais le séquençage du génome humain s’est finalement réellement terminé en 2003 avec plus de 2 ans d’avance. Il a réuni 20 institutions du consortium public (travaillant sur des fonds publics ou caritatifs). La plupart américaines. La France, via l’intermédiaire du génoscope d’Evry a contribué à séquencer 2,8% du génome humain, les USA sous la direction du NIH plus de 60%, le RU 29% le japon 4,9% et l’Allemagne 1,5%.

 

La course public/privé

En 1990, Le NIH, institut de santé aux Etats-Unis, dirigé alors par Bernadine Healy, confie la direction du projet génome humain (PGH) à ..James Watson (oui celui qui avait découvert la structure de l’ADN). Craig Venter, docteur sur le tard en physiologie et pharmacologie, ancien de la guerre du Vietnam s’intéresse au génome dans le but de découvrir des gènes codant pour des neurotransmetteurs.

Craig Venter réussi rapidement à séquencer quelques petites séquences d’ADN particulières nommées ADNc car elles sont débarrassées de toutes parties « non codantes » c’est à dire qui sont éliminées avant la traduction de la séquence d’ADN en protéines. Il décide de faire breveter ces séquences partielles.

Cragi Venter
Craig Venter

 

Quelles seraient les conséquences d’un tel brevet ?

Cela impliquait que les séquences étudiées ne seraient pas partagées par l’ensemble de la communauté scientifique, et que toutes applications médicales, de recherches ou autres feraient l’objet d’un « copyright ». Les débouchés financiers pour les activités pharmaceutiques dans le domaine de la médecine personnalisée sont énormes, les acteurs du séquençage du génome Humain l’ont bien compris, et ils se ruent sur les brevets comme des hyènes sur de la barbaque..

Le directeur du projet génome humain de l’époque, James Watson s’indigne et menace de démissionner alors que la directrice du NIH, Bernadine Healy soutient Craig Venter dans son projet.

Devant le tollé soulevé par cette appropriation du génome dans l’ensemble de la communauté scientifique, le NIH doit faire marche arrière.

De toute façon, l’office des brevets américains rejette les revendications de Venter et du NIH, car elles sont non conformes aux critères d’utilité et d’invention nécessaires à l’obtention d’un brevet.  La demande est retirée en 1994 par le nouveau directeur du NIH, remplaçant de Bernadine Healy, Dr Harold E Varmus.

Entre temps, Watson a démissionné de son poste pour prendre la direction d’un autre institut dirigé aussi par le NIH : le Cold Spring Harbor Laboratory (CSHL) une fondation privée, à but non lucratif qui développent des programmes de recherches dédiés à l’étude du cancer et à la génétique. (Rappelons qu’une association à but non lucratif, ne veut pas dire qu’elle est caritative, cela veut simplement signifier qu’il n’y aura pas redistribution d’un bénéfice aux associés, les bénéfices iront plutôt à développer l’entreprise). Watson, alors mis de côté du PGH, reviendra plus tard, sur le devant de la scène et malheureusement pas forcément du bon côté de la force. ..

L’ancienne directrice du NIH, Bernadine Healy se lance dans la politique et se présente comme sénatrice républicaine dans l’Ohio puis mourra en 2011 d’un cancer du cerveau ce qui ne l’a pas empêchée au préalable de s’illustrer en participant au mouvement anti-vaccin).

Watson sera remplacé par Francis Collins à la tête du projet génome Humain, un scientifique renommé pour son travail sur les maladies génétiques et par ailleurs très impliqué dans la réconciliation entre le catholicisme et l’évolution, inventant même pour cela le concept de création évolutionniste.. Oui , on est aux USA.

Craig Venter, de son côté, se sentant frustré et bloqué par les NIH, démissionne en embarquant avec lui sa seconde épouse, ex étudiante, et collègue Clara Fraser, pour fonder sa propre compagnie à but non lucratif le TIGR (The Institute for Genomic Research- prononcer TIGER comme tigre en anglais). On verra que Venter a un certain sens de la communication concernant le nom de ses compagnies.

Les acteurs ont changé, ils sont remplacés mais au sein du NIH et de l’ensemble du consortium PGH, le séquençage du génome humain continue.

En 1995 Craig Venter qui réussit le séquençage d’une bactérie, veut se lancer à nouveau dans la compétition du séquençage du génome humain, il s’associe alors avec la compagnie Perkin-Elmer, qui produit des appareils de séquençage, pour fonder une nouvelle compagnie privée, dont le nom ne s’invente pas : CELERA, de célérité (en rapport avec la vitesse) qui se prononce scélérat en anglais comme en français mais dont l’ironie échappe aux premiers. De la prononciation à la française,  on tire une ironie toute particulière surtout lorsque l’on découvre l’histoire de cette compagnie. Sa devise est « speed matters, discovery can’t wait ». En effet Craig Venter a mis au point une autre technique de séquençage qu’il pense être plus rapide que celle utilisée par le NIH et ses confrères.

Celera, levant de nombreux fonds privés, attirés par les potentielles retombées financières, décide donc d’investir 300 millions de dollars pour faire concurrence au NIH et au consortium scientifique public dans le PGH.

La différence entre Celera et les chercheurs associés au projet public, c’est que ces derniers doivent rendre les données immédiatement publiques sur internet (dans les 24 heures après leur production) en conformité avec les principes des accords de Bermudes de 1996.

Celera, lui ne respecte pas ces accords et non content de garder pour lui ses découvertes, il va régulièrement se servir des découvertes rendues publiques par le NIH pour faire avancer ses propres recherches.

C’est vrai merci Celera, mais je crois que si la droso était capable de s’offrir une bonne mutuelle complémentaire, peut être que son génome n’aurait pas été en libre accès.. ;

Devant cette compétition acharnée, Bill Clinton décide d’intervenir et déclare que le génome ne devrait pas être breveté et devrait être disponible pour tous les chercheurs. Cela cause  une chute des stocks de Celera et du Nasdaq des biotechnologies. Le secteur de la biotechnologie perdra environ 50 milliards en 2 jours.. ? Info à vérifier ça me paraît énorme

Dans ce contexte de compétition, il est urgent que le génome soit publié et rendu public, c’est ce que va faire l’université de Californie de Santa Cruz le 7 juillet 2000. Mais ce n’est qu’une ébauche qui sera complétée en 2003 et dans les années à venir.

La vidéo de l’annonce du séquençage des génomes avec Craig Venter, Francis Collins, Bill Clinton, Tony Blair. Pour ma part, je retiendrai la petite phrase de Francis Collins : « I’m happy that today the only race we are talking about is the human race »

https://www.youtube.com/watch?v=slRyGLmt3qc

Les parutions des résultats préliminaires du séquençage du génome humain par Celera et le consortium public
Les parutions des résultats préliminaires du séquençage du génome humain par Celera et le consortium public

III Qu’a apporté le séquençage du génome humain ?

a. Des progrès techniques

Avoir séquencé le génome humain, c’est à dire avoir trouvé et remis en ordre les lettres qui composent notre génome c’est d’abord une prouesse technique, ce sont les outils des biotechnologies et les méthodes qui sortent grandes gagnantes de ce défi extraordinaire. De nouvelles techniques ont été inventées, de nouvelles machines pour séquencer.

A l’origine c’est principalement (à 70%) le génome d’un seul donneur qui aura été séquencé avec le PGH. C’est celui d’un homme de Buffalo, nommé RP11. 3 autres donneurs (2 femmes et un autre homme) ont servi à ce séquençage. Les données brutes issues de ce séquençage sont toujours en cours de traitement. En effet, séquencer le génome humain c’est un peu comme remettre des hiéroglyphes dans le bon ordre, dans une encyclopédie immense, c’est déjà un bon travail. Il reste à découvrir où se situe la ponctuation, remettre les points, les virgules, découvrir les règles de grammaire et ce que veut dire chaque phrase, chaque mot, chaque chapitre, les variations présentes en fonction des dialectes.. Bref vous l’aurez compris, c’est  un travail tout aussi ardu.

 

8

b. Une suite nécessaire pour donner du sens à la séquence : les projets HapMap et Encode.

 

Le PGH a déterminé une séquence hybride issue de 4 individus différents même si comme je le notais tout à l’heure un seul donneur a permis de constituer plus de 70% du génome.

En 2007 et pour la première fois, une compagnie de séquençage privée, 454 life sciences dirigée par Jonathan Rothberg, détermine la séquence complète et issue d’un seul être humain. Devinez qui est l’heureux élu ? James Watson.

Chaque individu est unique. Cette unicité est en partie due à sa séquence génétique. Cela implique que séquencer le génome humain c’est prendre pour modèle un seul individu, or il est tout aussi important de prendre en compte la variation existante dans cette molécule d’ADN.

C’est d’ailleurs le cas du projet Hap-map qui a pour but d’identifier ces modifications qui ne touchent qu’une lettre à la fois dans l’ensemble du génome humain. (Haploid Map – Carte des haplotypes, donc des zones dans le génome de variations entre individus). Il compte déterminer la séquence complète de 270 individus venant du Nigeria, du Japon, de Chine, mais aussi des européens. Certaines variations ou mutations permettent déjà, en utilisant l’ADN, de retracer l’origine probable de vos ancêtres et de suivre l’histoire génétique des différentes migrations humaines. Pour l’instant, on estime que la variation entre 2 êtres humains est d’environ une base pour mille (une diversité 3 fois moindre qu’au sein des gorilles, à rapporter bien sûr au nombre de gorille existant encore sur Terre, et dix fois moins importante que pour les drosophiles de l’espèce Drosophila melanogaster)

Par ailleurs le projet Encode (Encyclopedia of DNA element) a pour but de déterminer grâce au séquençage de l’ADN et de nombreuses expériences complémentaires de retrouver les éléments nécessaires au fonctionnement du génome. Ce projet voudrait trouver la « fonction », si tant est qu’elle existe, de chacune des lettres de l’ADN. Les résultats de cette étude parue dans Nature tentent à prouver que 80% de notre ADN aurait une fonction. Cependant les résultats de cette étude sont encore très controversés, notamment sur la définition de « fonction ». Là je me permets de recopier dans le texte un excellent article paru dans PLS N°81

9

« Selon le sens commun, la fonction d’un objet est le rôle pour lequel il a été conçu .Mais en biologie on ne connaît aucun concepteur ((..)il faut donc) s’accorder sur une définition darwinienne de la fonction. Toute structure biologique peut être décrite par un ensemble de propriétés mais seuls certaines sont préservées par la sélection naturelle et, à ce titre, constituent les fonctions de cette structure. Si nous affirmons, par exemple, que la fonction de l’hémoglobine est de transporter l’oxygène, c’est que nous pensons que cette propriété a été maintenue par la sélection naturelle. A l’inverse, d’autres propriétés de ce même élément ne sont pas des fonctions. Par exemple le fait que l’hémoglobine fixe bien le monoxyde de carbone ne nous conduit pas à conclure que cette propriété est une fonction. »

Mais de nombreux autres articles très bien foutus (normal, ils font partie du c@fé des sciences) et ils  sont disponibles en lecture ici :

http://toutsepassecommesi.cafe-sciences.org/2012/09/07/encode-la-revanche-du-retour-du-fils-du-genome-humain/

En gros ce n’est pas parce que l’ADN est présent, qu’il se retrouve en association ou en interaction  avec d’autres molécules dans la cellule, qu’il va « servir à quelque chose ». Les détracteurs des conclusions du projet Encode pensent qu’une grande partie de notre ADN n’est en réalité que de l’ADN Poubelle. D’ailleurs suite aux différents projets, il a été mis en évidence que l’espèce humaine ne compte environ que 25 000 gènes, presque autant que le nématode Caenorhabditis elegans (20 000 gènes), 2 fois moins que le maïs de l’espèce Zea maïs.. Un beau pas en avant pour l’humilité.

Non ! Nous n’avons pas la plus grande….taille du génome parmi les êtres vivants.

Cette notion d’ADN poubelle illustre la difficulté d’établir une relation entre l’ADN et sa fonction et sera une des premières limites à l’utilisation irraisonnée du génome, notamment par les entreprises tendant à développer la médecine personnalisée.

Vous l’aurez donc compris ces différents projets ont surtout pour l’instant une visée d’exploration, on cartographie, on répertorie, on observe, mais finalement, cela n’apporte pas, en soi, d’informations ou de nouvelles théories sur la génétique ou l’évolution. Cela n’a pas de visée explicative. Cependant quelques applications sont tirées de ces descriptions. Pour le meilleur et pour le pire, en voici quelques exemples.

 

C . La reconstitution des liens de parenté.

 Pour connaître les relations de parenté qui unissent les êtres vivants entre eux (par exemple savoir que le chimpanzé est le plus proche parent de l’homme) on cherche à déterminer le nombre de ressemblances ou de différences par rapport à d’autres espèces que ces groupes partagent. Le séquençage des génomes permet d’indiquer le nombre de nucléotides en commun et, en fonction de ce pourcentage, de déterminer une estimation de l’âge du dernier ancêtre exclusivement commun entre ces 2 espèces. Plus 2 espèces présentent des points communs, plus la divergence depuis leur dernier ancêtre commun est récente. Par exemple, on estime que la divergence entre la lignée d’Homo Sapiens et celle dont est issue le chimpanzé, date d’environ 7-8 millions d’années.

Ce principe est aussi utilisé pour identifier les grands épisodes de migration au travers de l’histoire humaine.

Aujourd’hui, de nombreuses compagnies proposent des tests génétiques basés sur des séquençages partiels de votre génome. Ils promettent de vous révéler  votre arbre généalogique à travers la lecture de marqueurs spécifiques de l’ADN propres à certaines populations.

Parmi d’autres, un breton à la recherche de sa généalogie a effectué un test génétique et nous en donne les résultats sur son blog

Un exemple de résultats d’exploitation de certains marqueurs génétiques pour les relier à votre histoire généalogique :

 

Sans titre

Ils vous promettent aussi de prédire votre histoire médicale à travers la lecture de votre génome. Est ce possible ? Quels sont les problèmes éthiques posés par de telles pratiques ? Qu’est ce qui se joue réellement derrière la récolte de votre génome ?

Ces utilisations du séquençage partiel, ou complet, du génome, constituent un des enjeux majeurs qui détermineront les sciences et la médecine de demain.

Quels sont les enjeux de telles pratiques ?

 

IV. Les enjeux éthiques légaux sociaux et financiers (j’ai failli rajouté de tout l’univers mais j’ai trouvé que ça faisait déjà pas mal comme enjeux dans la balance)

  1. La médecine personnalisée : principes limites et éthique.

Connaître notre séquence d’ADN, puis identifier des variations interindividuelles, pour les mettre en relation avec un pourcentage de risque de développer une maladie génétique. Tout cela afin d’adapter et d’anticiper  un éventuel traitement (si tant est qu’il existe) de façon individuelle, c’est le principe de la médecine personnalisée. Aujourd’hui de nombreuses entreprises proposent de séquencer en partie votre génome pour vous informer de vos risques de développer un diabète, de développer Parkinson ou Alzheimer.

Interdits en France, ces tests sont-ils scientifiquement pertinents ?

L’ancien et révolu dogme de la biologie voulait qu’un gène code pour une protéine. On reliait dès lors, l’apparition d’une maladie, due à un dysfonctionnement d’une protéine, à la mutation d’un gène. Or le nombre de maladies dont l‘apparition est lié à la mutation d’un seul gène est très faible (une dizaine, comme la mucoviscidose l’hémophilie, maladies mono factorielles… ). De même on ne connaît que très peu de caractères mono-géniques  (pic de sorcière, lobes d’oreilles soudées).

En réalité la plupart des maladies connues actuellement, sont souvent le résultat d’interaction entre plusieurs gènes. On parle de maladies multigéniques.

En plus, on découvre que l’environnement joue un rôle parfois majeur, souvent non négligeable, dans l’apparition des maladies multifactorielles. On parle d’épigénétique. Cela veut dire que 2 individus génétiquement identiques évoluant dans des environnements différents ne développeront certainement pas les mêmes maladies et ce, même si, le test leur indique les mêmes pourcentages de risque.

11 Sans titre2

Les tests basés sur le séquençage du génome ne prennent pas la variable environnementale en compte.

Et pour compliquer le tout, en fonction de l’entreprise que vous choisissez pour réaliser vos tests, l’interprétation des résultats varie énormément, comme l’a démontré l’équipe de Craig Venter ainsi qu’un journaliste de technology review.

Le test fut simple : ils ont envoyé plusieurs échantillons aux 3 principales entreprises réalisant à l’époque de tels tests ADN (23andme, navigenics et deCODE Me) et ils ont analysé les pronostics pour 13 maladies communes (cancer du colon, diabète, etc). Le résultat fut éloquent : d’abord, les séquences obtenues furent rigoureusement identiques, ce qui montre la fiabilité et l’uniformisation des méthodes de séquençage, ça c’est un bon point. Par contre, des différences importantes furent révélées concernant le traitement de l’information : des risques qui étaient quadruplés et des conclusions contradictoires pour une même maladie en fonction de l’entreprise choisie pour faire le test. Lukas Hartman fit le même constat lorsque 23and Me lui apprit qu’il était porteur d’une maladie génétique rare et qu’après vérification sur Prométhéase, via Snpedia, des moteurs de recherches spécialisés dans ce genre d’études,  il apprit que ce n’était pas le cas. 23and Me s’était trompé.

On peut  s’interroger sur la pertinence de connaître le risque de développer une maladie pour laquelle, de toute façon, aucun traitement n’est connu..

 

Les tests génétiques ne peuvent et ne doivent donc surtout pas être utilisés comme des outils médicaux. Or c’est de plus en plus le cas. La décision d’Angelina Jolie de procéder à l’ablation de ses 2 seins suite aux résultats d’un test génétique en est l’illustration parfaite.

Les tests génétiques n’ont pas de fiabilité diagnostique. Certaines personnes ont cependant une lecture beaucoup plus simpliste, et dangereuse, des résultats de tels tests. En juin 2012, un membre du parti de l’extrême droite hongroise après avoir réalisé un test génétique, voyait le résultat de ce test publié sur le site de son parti. Qualifié de « test de pureté génétique » le test indiquait « aucune trace génétique d’ancêtres juifs ou rom ».

Par ailleurs, le trouble est aussi du à des scientifiques de renom, comme James Watson (un des découvreurs de la structure de l’ADN, un des directeurs du PGH), qui sort parfois de sa préretraite pour affirmer des choses telles que :

-qu’il était « fondamentalement pessimiste quant à l’avenir de l’Afrique » parce que « toutes nos politiques d’aide sont fondées sur le fait que leur intelligence [celles des Africains] est la même que la nôtre [Occidentaux, ndlr] alors que tous les tests disent que ce n’est pas vraiment le cas »

Il aurait ainsi déclaré concernant les manipulations génétiques que «  les gens disent qu’il serait horrible qu’on puisse faire en sorte que toutes les filles soient jolies. Moi je trouve que ce serait super »

Il déclara enfin, en 1997, à un journal britannique qu’« une femme doit pouvoir avorter si son enfant est testé homosexuel ». Bref, un charmant individu..

Le danger de dérive eugéniste est donc réel. Mais il existe encore un autre danger, celui de la discrimination génétique personnalisée. Qu’arriverait il dans un monde où les assureurs, les employeurs, la belle famille, réclameraient de tels tests avant de vous accorder une couverture maladie, un emploi ou une place dans la lignée ? C’est le monde décrit dans le film  « bienvenue à GATTACA ».

10

 

Pour prévenir cela, des lois existent, comme GINA aux Etats-Unis (pour Genetic information Nondiscrimination Act).

Cependant, la guerre entre les entreprises de biotechnologies, les assureurs et les comités d’éthiques ne fait que commencer et elle s’annonce violente. Quels sont les enjeux financiers qui sous-tendent cette compétition féroce?

  1. Enjeux financiers : la guerre des brevets et la quête des données génétiques

Nous l’avons vu dans la course au séquençage du génome Humain, la guerre des brevets sur des parties de gènes fut violente et elle n’est pas terminée. Un des exemples récents implique la compagnie Myriad. Laissez moi vous le conter :

En 1995, l’équipe de John Stratton trouve plusieurs mutations dans un gène nommé BRCA2 impliqué dans le développement d’un cancer du sein initialement trouvé dans les populations juives ashkénazes d’Europe centrale et d’Europe de l’EST. (les mêmes dans lesquelles on trouvera un gène impliqué dans Parkinson)

Cette information peut mener à la découverte de nouveaux traitements ou de nouveaux tests de dépistages de cette maladie. Stratton se dépêche de publier ses résultats, qu’il essayera de garder secrets jusqu’à la dernière minute. Malgré ses efforts, l’information filtre miraculeusement pour atterrir dans les oreilles de Myriad genetics qui en profite pour déposer un brevet sur cette mutation, une journée avant la publication par Stratton.

Myriad commercialise et brevette alors un outil de diagnostic commercial basé sur la séquence de BRCA1 et BRCA2. Myriad menaçant de recours en justice tous laboratoires américains utilisant ces gènes pour le dépistage du cancer du sein.

Cela signifie donc que Myriad se réclame le droit de posséder le monopole de l’utilisation du gène humain BRCA1 et BRCA2, notamment pour dépister le cancer du sein pour un coût de 2500$ par test.  Elle réclame aussi une licence de 200$ à tous laboratoires utilisant ces gènes dans leurs études scientifiques. Par ce procédé, non seulement elle charge l’addition totale des soins de santé mais elle freine fortement la recherche sur le lien fonctionnel entre les mutations affectant BRCA1 etBRCA2 et le développement d’un cancer du sein.

Un autre exemple fut apporté par un partenaire de TIGR, Human genome Sciences incoporation (HGSI) qui ont annoncé avoir déposé un brevet sur le gène CCR5, codant pour un récepteur présent à la surface des cellules. Après le dépôt du brevet, il fut découvert, par le NIH, que cette protéine CCR5 était impliquée dans l’infection par le VIH et était donc une cible très intéressante dans le dépistage, l’étude et le traitement du SIDA. ..

 

 Processus d'attachement du VIH
Processus d’attachement du VIH

 

Toutes ces demandes de brevets ont eu pour résultat de fortement ralentir la recherche ciblant des gènes particuliers, les scientifiques redoutant les taxes, ou les poursuites judiciaires. (C’est pas moi qui le dit c’est John Sulston et Axel Kahn)

Concernant la législation dans ce domaine : c’est 2 pas en arrière, 1 pas en avant, un pas à droite pour certains, 4 pas à gauche dans d’autres pays. En Europe, une récente directive se prononce favorablement au dépôt de brevets pour des séquences génétiques. La France y reste opposée. Toujours est il que le problème de brevétisation du vivant va pousser les politiques à s’intéresser à la question, la législation ayant du mal à suivre le rythme des biotechnologies.

En France le principal activiste en la matière est Laurent Alexandre, transhumaniste, fondateur de doctissimo et de la société DNA vision, une compagnie de séquençage belge, il insiste sur l’importance de faire séquencer son ADN, et est omniprésent sur ces sujets dans les médias français, et ses déclarations souvent sensationnelles, font réagir mais sont parfois sujettes à des controverses :

« La guerre des cerveaux », controverses et interrogations

Quels avenirs pour les tests ?

L’entreprise de biotechnologies spécialisée dans les outils du séquençage, ILLUMINA, vaut aujourd’hui 22 milliards sur le Nasdaq. Pour les Echos, c’est la preuve que l’heure de la médecine personnalisée a sonné. Pourtant, 23andMe dirigée par Anne Wojciki  l’ex femme de Sergueï Brin, un des 2 fondateurs de Google, est aujourd’hui dans la tourmente, la FDA lui retirant le droit de réaliser les tests génétiques évaluant les risques de développer telle ou telle maladies.  La FDA lui reprochant le manque de fiabilité de ses résultats mais surtout lui reprochant de vouloir constituer une bio-banque à l’insu de ses clients. Aujourd’hui on estime que plus de 460 00 personnes se sont livrés à de tels tests.

Anna Wojciki, Sergueï brin et Craig Venter Source : http://edge.org/
Anna Wojciki, Sergueï brin et Craig Venter Source : http://edge.org/

Qu’est ce qu’une bio-banque ? Une bio-banque c’est la constitution par la collecte systématique et massive de séquences de génomes individuels afin d’avoir une meilleure vision de l’ensemble des variations génétiques existant dans la population humaine. Le but étant donc de dégager de ce nuage des données, les combinaisons génétiques impliquées dans les maladies génétiques. Et pourquoi pas les breveter ensuite ? Ne serait-on pas de la biopiraterie ?

Cette accusation prend tout son sens lorsque l’on sait que Sergueï Brin, après avoir fait testé son génome par 23andMe, et se sachant porteur d’une mutation corrélée avec un haut risque de développement de la maladie de Parkinson, décide d’investir massivement dans la recherche en ce domaine. Pour Sergueï Brin, il est important de collecter de nombreuses données génétiques, traiter informatiquement, afin de détecter des modèles, des motifs qui en ressortiraient. Il utilise d’ailleurs cette approche avec Google Flu trends, où la résurgence de termes de recherche liés aux symptômes grippaux permet de prédire l’arrivée d’une nouvelle épidémie.

23and me chercherait donc à collecter le maximum de données qui intéresserait de nombreux organismes de recherches et aurait donc une valeur énorme.

En tant que simple patient, autant dire que vous êtes le pâturage, la vache à lait, le lait, le beurre, la crème et la fermière dans une seule et même personne : vous payez pour faire séquencer votre génome, l’ensemble des séquences constituera une banque qui pourra être revendue sans que vous touchiez un kopeck, puis leur étude mettront en évidence des mutations qui risquent d’être brevetées, augmentant le coût de vos dépenses de santé et ralentissant la recherche de traitement.

Sans titre3

c. L’avenir

 

La vision globale, par l’étude de flux, de variations, sur un ensemble de données tels que se le représente Sergueï Brin a en fait un nom et c’est probablement l’avenir de la génétique. C’est la métagénomique.

 

La métagénomique consiste à analyser l’ensemble de l’ADN présents dans un échantillon (flaque d’eau, portion de sols, d’intestins). Cela permet ainsi de repérer les espèces présentes sans avoir à les identifier (évitant ainsi une étude fastidieuse, qui impose souvent une mise en culture des organismes quelque fois impossible en laboratoire).

 

Figure extraite de http://www.bioteach.ubc.ca/Biodiversity/Metagenomics/index.html
Figure extraite de http://www.bioteach.ubc.ca/Biodiversity/Metagenomics/index.html

C’est dans le but de récolter et d’étudier la biodiversité présentes dans 154 endroits du monde que la goélette Tara a parcouru les mers du globe pendant 3 ans..

14

La métagénomique humaine, au travers de projets comme Metahit, permet d’identifier la diversité du catalogue de microbionte humain. Pour ce projet là, vous me pardonnerez de ne pas avoir mis de photos de l’expédition..

Cette approche permet de considérer l’Homme en relation avec son environnement par le biais des microorganismes qui l’habitent.

Cependant que cela soit le séquençage des génomes ou la métagénomique ces études et leurs résultats nécessitent d’énormes capacités de stockage. Comment pourvoir à ces besoins ? Et si la réponse était dans l’objet d’étude ?

L’ADN est une molécule capable de stocker une information codée par la combinaison de 4 lettres AT GC. Le fort degré de compaction de cette information, la fiabilité de la transcription, la facilité de stockage et la possibilité de lire par séquençage cette information, font de l’ADN une candidate idéale pour stocker l’information. Ainsi, cette année, et pour la première fois,2 équipes en ont fait la démonstration. Une équipe américaine, dirigée par Georges Church, a réussi à encoder sous forme d’ADN un livre de 300 pages contenant 50000 mots avec une fidélité de 99,99%.

Une autre, l’European bio Informatics, a choisi d’encoder en ADN une photographie en haute définition, une version MP3 du discours de Martin Luther King « I have a dream », l’article scientifique de Watson et Crick concernant la découverte de la  structure de l’ADN et l’ensemble des sonnets de William Shakespeare.  Avec, cette fois, une fidélité de 100%. Cette technique de stockage de l’information sous forme d’ADN synthétique intéresse fortement  les archivistes car elle est peu gourmande en espace et en énergie, et donc très peu polluante,  par rapport aux énormes data center .

Plus récemment encore, des chercheurs du Scripps Research Institute ont publié dans Nature, la façon dont il avait réussi à rajouter 2 lettres, X et Y dans une séquence d’ADN, en plus des 4 déjà présentes ATGC. Une invention ouvrant un grand champ d’activités dans le domaine de la biologie synthétique.

15

La possibilité de convertir l’ADN en données et des données en ADN fascine et inquiète de nombreux acteurs des sciences mais aussi de la politique et de la sécurité. , comme en témoigne la diversité du public présent au dernier meeting réunissant au MIT les acteurs de la biologie synthétique. De Church à Alice Jackson du département de la défense du pentagone, au FBI, au représentant de la sécurité intérieure, tout le monde était là. Tout le monde sauf Huanming Yang, responsable du plus grand institut de séquençage au monde pourtant prévu et invité mais dont la demande de VISA a été refusé par le gouvernement des USA… une absence qui en dit long sur les risques et les enjeux de ce domaine.

La biologie synthétique c’est la science-fiction qui devient réalité. De la résurrection d’espèces disparues (tourte voyageuse ou mammouth laineux) à la fabrication d’organisme synthétiques, tout est envisagé.

Un groupe de l’institut de Craig Venter a d’ailleurs réussi, il y a 4 ans déjà, à fabriquer la première cellule synthétique.

https://www.youtube.com/watch?v=47rUrlzdK3k#t=20

http://www.sciencemag.org/content/329/5987/52.abstract

Carmine Nigro, représentant le FBI déclarera  « ces technologies ne posent pas seulement le problème  de mettre en péril des bâtiments ou des villes, mais si elles sont astucieusement déployées, peuvent réduire de façon significative notre population »

Sans chercher à savoir si la paranoïa affichée du FBI est justifiée ou non,  il est clair que les progrès dans le domaine de la génomique soulèvent de nombreuses interrogations. Parmi celles-ci, une m’interpelle particulièrement.

Comme le note, John Sulton dans « heritage of humanity », le 20eme siècle a vu la séparation des sciences et des lettres. Beaucoup ne perçoivent plus les sciences comme une manifestation de notre culture.

Dans un monde où les scientifiques sont poussés à marchander leur découverte sans regard pour les conséquences sociales, on peut être pris d’une nostalgie envers un temps où le découvreur du vaccin de la polio refusait de le breveter, passant ainsi à coté de milliards d’euros pour le bénéfice du plus grand nombre.

Plus grave encore, une science avançant plus vite que l’éthique, dont les profits commerciaux se feraient au détriment de la population, ne ferait qu’encourager le déclin de celle-ci.

N’est-ce pas déjà le cas, lorsque l’on voit  l’ampleur et le succès des mouvements anti vaccins, des dénialistes du VIH ou des dénialistes du réchauffement climatique dont on  peut probablement attribuer, en partie, la responsabilité aux dérives capitalistes réelles  de la marchandisation de la santé, de l’environnement par  les industries pharmaceutiques, comme par bien d’autres ?

16

Billie

Un débat Axel Kahn / Laurent Alexandre: ces gènes qui gênent

http://www.lepoint.fr/science/de-l-adn-artificiel-pour-stocker-des-donnees-informatiques-31-01-2013-1622378_25.php

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9tique_humaine

 

http://internetactu.blog.lemonde.fr/2013/12/20/la-genomique-personnelle-dans-la-tourmente/

https://promethease.com/ondemandlicense

http://www.technologyreview.com/news/415628/putting-genetic-tests-to-the-test/

https://ergo.integratedgenomics.com/news.ergo

 

http://www.snv.jussieu.fr/vie/dossiers/genomes/genomes.htm

http://www.genoscope.cns.fr/spip/Le-projet-Genome-humain.html?artsuite=1

http://genome.ucsc.edu/ENCODE/

https://www.youtube.com/watch?v=AYBw2bbrdFc

http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nome_humain

 

Bonus : un monsieur à la recherche de ses racines » a gentiment mis les résultats des différents tests effectués :

http://legall-bzh.blogspot.fr/2014/01/la-genetique-le-cas-britainsdna.html

http://www.lepoint.fr/science/de-l-adn-artificiel-pour-stocker-des-donnees-informatiques-31-01-2013-1622378_25.php

http://www.nature.com/nature/journal/v494/n7435/full/nature11875.html

http://www.franceinter.fr/emission-on-verra-ca-demain-stockage-de-donnees-quel-futur-pour-notre-passe

http://www.usinenouvelle.com/article/stockage-de-donnees-la-memoire-de-l-adn.N74304

 

<3 Bonus GEEK<3 :

 

Une sorte de Gorafi pour les sciences. Juste hilarant, un exemple sur le séquençage des génomes

Venter to become God in 2016; Jesus to step down

 

 

 

 

Podcast Science 174 – Les ordinateurs quantiques

La première fois que j’ai entendu parler d’ordinateur quantique, j’ai tout de suite imaginé une armée de chats, coincés dans une boite de métal avec des pointes qui aléatioirement en tuent. Devant tout ça un scientifique qui joue à 1,2, 3… Soleil pour parfois regarder ce qui se passe, qui est encore en vie, etc. Autant vous dire que je n’ai donc jamais compris comment ça pouvait bien servir à qui que ce soit pour faire des calculs et c’est justement ce que va nous expliquer Sylvie Tissot !

L’interview de la semaine

» Les ordinateurs quantiques, interview de Sylvie Tissot
La retranscription de l’interview

Les images de la soirée

 

La quote de la semaine

“Tais toi et calcule”, Richard Feynman

Plugs et liens évoqués

  • Un message de nos amis du collectif “Conscience”

Nous t’invitons en effet à nous rejoindre le temps d’une soirée pour parler de science, de Conscience et de ruine de l’âme dans l’ambiance chaleureuse d’un café parisien.

“L’occasion idéale de rencontrer des gens partageant des idéaux et de détailler nos plans de conquête du monde respectifs, le tout dans une ambiance qui épile du moustique à la fourchette !  Si tu as des projets, des embryons de projets ou même l’idée géniale qui révolutionnera à jamais la communication scientifique à présenter, surprends nous, c’est le moment de briller en société !

Nous te donnons donc rendez-vous Samedi 17 Mai à partir de 19h30, à l’étage du café du Pont Neuf, 14 Quai du Louvre à Paris ! Parce que Conscience aime bien élever le niveau…”

Afin d’avoir une idée du nombre de personnes présentes, nous t’invitons à remplir le Doodle suivant :  http://doodle.com/qwcvwc22cmbnn8kc

Infos pratiques :

Métro ligne 7 / Pont Neuf

Métro ligne 1 / Louvre – Rivoli

Attention, le personnel du café te demandera 6€ de consommation minimum ! #pastaper

  • Salon Culture et jeux mathématiques place Saint Sulpice week end du 24/25 mai (Robin y sera si vous voulez lui payer une bière ;))

La prochaine fois

Mercredi 14 mai, avec Billie

Le 26 juin 2000, à la maison blanche, Bill Clinton et son homologue Tony Blair, annoncent officiellement et en grandes pompes, le séquençage du génome humain. En réalité, le boulot n’est pas tout à fait terminé, mais il est nécessaire après 11 années de compétitions, de coups bas, d’intrigues génético-financières, et 3 milliards de dollars dépensés par les contribuables américains, de calmer enfin, les ardeurs des néo-colons du génome.

L’ampleur du projet génome humain fut telle, qu’on le compare souvent à une sorte d’Apollo de la génétique. Ceux qui disent ça sont quand même des gentils, puisque lorsque l’on démêle les ficelles, les coups bas, les enjeux éthiques, politiques, médicaux et financiers, je trouve que le terme « Dallas de la génétique » lui conviendrait tout aussi bien. Sauf qu’ici Jr a peut être eu un prix Nobel, et qu’on ne tue pas pour un puits de pétrole, mais qu’on vendrait l’ADN de sa mère si ça peut aider à « faire avancer la science ».

Alors qu’est ce que le séquençage du génome ? Quels sont les enjeux et les limites de la lecture de nos gènes ?

(Le pitch est aussi disponible en version vidéo !)

La Chatroom

mealarstruskanval: bonjour.

mealarstruskanval: c’est quoi le sujet ce soir ?

Pascal: Ce soir c’est sur les ordinateurs quantique

Pascal: (ca va être un dossier a reecouter)

mealarstruskanval: 🙂

Aeterna: Bonsoir tout le monde 🙂

Pascal: Bonsoir

Citron Vert: Bonsoir

Pascal: Bonsoir @billie

Pascal: En avance d’une semaine?

billie: ahha oui je me suis perdue 😉 non je vous écoute en potassant mon dossier de la semaine prochaine

billie: et puis comme ça s’il ya a en a qui critique mmon teaser pourri je peux tracker son IP jusqu’à la fin de sa vie ;

Pascal: Il est tres bien ton teaser

billie: ahha c’est bon ton ip est sauf 😉

Pascal: meme si la musique est un peu fort au debut

Pascal: Mon ip, de toute maniere, tu peux pas l’avoir

Pascal: Par contre, je peux peut etre te les fournir 😉

Pascal: moyennant finance evidement…

billie: oui je me suis fait la même réflexion, mais je me sisuis dit que c’était pas vraiment un pb si je rendais sourd les gens qui veulent écouter mon dossier. Ton IP même s’il était marqué en gros sur ton avtatar je ne saurais pas le trouver ni quoi en faire ,c’est juste une technique comme une autre d’intimidation qu’on nous apprend à l’école 😉

Pascal: a ben c’est du beau

Pascal: c’etait au programme a l’IUFM?

NicoTupe: @pascal yeah l’autocompletion

Pascal: deja trouvé?

Pascal: @NicoTupe et l’alerte

Pascal: Bon les gens comme David Loureiro @Citron Vert m’ont un peu embeté

Pascal: avec leurs espaces

puyo: Yeah, bonsoir !

Pascal: Par contre ca gratte severe chez moi

irene: yo!

Alan: Salut Puyo!

Pascal: Merci pour l’avatar

ElJj: B’soir

puyo: Héhé, Salut Alan ! Superbes masques, ce soir !

puyo: Héhéhé, c’est juste, Nico !

puyo: B’soir Eliji !

Pascal:

Pascal: @Citron Vert n’ecoupe pas ce que j’ecrit, je fait des tst

Alan: Puyo, c’est quoi cet avatar? 😉

Alan: Salut JJ !

puyo: Hey Pascal, je t’en prie !

puyo: Ah oui, il faudrait un avatar à jour pour moi aussi, héhé !

Citron Vert: Hein ?

ElJj: Ya du budget dans les avatars

Alan: Vous nous entendez au fait?

ElJj: Ouaip

Citron Vert: oui

puyo: Ah ouais, on passe pas une grosse agence ! 😀

puyo: Alan, tu es un peu en retrait

puyo: Voir, beaucoup en retrait, niveau son

David Loureiro: lo

puyo: Sinon, très beau son, équilibré

Citron Vert: on entend quasiment pas Alan

puyo: B’soir David !

David Loureiro: salut puyo

Pascal: Salut @david Loureiro

Aeterna: Je confirme que j’entends Alan beaucoup moins bie, …

David Loureiro: salut pascal

David Loureiro: @Pascal tu as fait quelques petites améliorations sur la chatroom toi :

puyo: Pas de souffle en écoute de mon côté

David Loureiro: class

Pascal: @David Loureiro oui mais buggué

Robin: Salut, je viens écouter seulement le début

Robin: grouillez vous que j’entende un peu !

David Loureiro: on t’entend de ta cuisine @Alanlan

Pascal: Par exemple, je si je veux parler a puyo, ca donne @puyo

Robin: alan, on ne t’entends pas

David Loureiro: oulà

Pascal: @ALAN

Robin: Ben je me barre à 21h, quoi

David Loureiro: on t’entend de ta cuisine @Alan

David Loureiro: ou pinaise

David Loureiro: ça déconne

puyo: Attention, Alan, ton son est toujours en retrait

Robin: pas trop la peine que je vienne dans skype

Pascal: a peine

David Loureiro: Alan t’es loinnnnnnnnnnnnn

puyo: Si loiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin

Robin: tout bas tout bas Alan

puyo: ♪♫

julie: salut !

puyo: Salut Julie !

Pascal: j’ai jamais eu ca dans mes 3000 test ;-(

Pascal: Salut Julie

julie: pile à l’heure 🙂

puyo: Bien joué !

Alan: ah merde, j’avais pas vu vos comm…. sorry…

Alan: je me monte

puyo: ouaiiiis !

Alan: c’est mieux?

maxence: Bonjour les gens

Alan: Exterminate!

Alan: (c’est préventif 😉 )

maxence: EXTERMINATE !

irene: bonsoir

Alan: voià

puyo: La fameuse limite du ratio taille / puissance !

David Loureiro: salut @maxence

maxence: salut

David Loureiro: @ps une question : c’est quoi l’agorithme de shor

maxence: Un algo avec un pantalon court

David Loureiro: @maxence aahhhhhhhhhh

Alan: loool!

David Loureiro: @maxence le lien avec les ordinateurs quantiques ?

maxence: C’est pour se faire bronzer les qubits

Alan: pas de gros mots 😉

maxence: pardon

maxence: EXTERMINATE

Alan: 😀

pascal: aaahhh!!! plus de net

maxence: Quelqu’un etait venu voir sylvie a la soiree apero science a panam il y a quelques mois ?

puyo: Meilleur son, Alan !

maxence: Bon, je suis son seul fan

Alan: 😀

David Loureiro: ça grésille un peu le son de @Sylvie chez moi, c’est que pour moi ?

maxence: +1

maxence: PAS DE GROS MOT ALAN !

Alan: 😀

Alan: j’avoue que je me fais plaisir à chaque fois que le prononce 😉

Alan: comme un gamin…

pascal: bon la chatroom en edge c’est chaud…

maxence: t’es sur free ?

Alan: 😀

pascal: oui pour le net

pascal: mais Bouygues pour le portable

maxence: et voila

Alan: le meilleur des deux mondes 😉

pascal: et la, pus de net…

Aeterna: Ca grésille pas mal pour moi … comme si le micro saturait, ça ne le fait qu’a moi?

Alan: le son de Sylvie n’est pas très bon en fait 🙁

Alan: il était nickel avant le début de l’émission pourtant

Alan: …

Alan: vous me direz s’il y a le même effet chez moi?

maxence: Elle est en liaison chripto-quantique et alice ecoute

Alan: Non, c’est Bob 😉

maxence: merde me plante toujours

Alan: à force d’exterminer tout le monde, aussi…

David Loureiro: je me lance : alice l’égoutte et bob l’éponge ?

Alan: 😀

maxence: clap clap clap

Freud: Bonsoir, pareil içi david, ça greisille.

Alan: ok, donc, est-ce que ça grésillait avec moi aussi?

David Loureiro: ton son est nickel @Alan

Alan: shit 🙁

Freud: Négatif Alan, ton son est nickel, mais plus faible.

Jojo: Bonsoir tout le monde.

Alan: ça aurait pu supposer que ma connexion est pourrie

Kyoku57: Elles seraient tristes

maxence: Ouais, t’es loin alan

Alan: et j’aurais peut-être pu faire qqch

Jojo: Emission passionnante ce soir

Alan: mais là, donc, c’est de son côté

Freud: Exact.

Alan: salut les gens à qui j’avais pas dit bonjour

Kyoku57: salut Alan

Alan: Kyoku qui seraient tristes ?

Kyoku57: les particules qui s’éloignent l’une de l’autre

GLaDOS: Alan: It’s crystal clear though http://www.yorku.ca/planters/photosynthesis/quantum_tunneling.png

Alan: @kyoku ah ouais :

Alan: +1 🙂

Alan: @Glad lol 🙂

Kyoku57: l’une des personnes fait une faute de gout

maxence: Il n’y a que les quarks qui sont fidele

Jojo: Pas simple, hein, d’expliquer le phénomène d’intrication quantique

Alan: 😀

David Loureiro: en mécanique quantique c’est mesure conjointe c’est ça ?

Alan: @Nico, tu vas poser ta question après?

maxence: C’est facile, c’est juste le meme objet quantique

Kyoku57: une sorte de poker de Schrodinger ?

David Loureiro: j’avais rien compris alors

maxence: “mesure conjointe” , jamais entendu parler

maxence: en pq, si tu comprends, c;est bon signe

David Loureiro: c’est pas monsieur Gisin qui a parlé de ça a un moment dans l’épisode sur son livre ?

David Loureiro: ou en plus de pas comprendre, je dis de la daube 🙂

Alan: pq, héhé, j’avais jamais pensé à cette abériviation 😉

maxence: roo mais l’esprit mal placé !

Alan: @David, j’aurais aussi dit que si, mais peut-être que jeme plante

David Loureiro: @Alan ouais c’est vrai que ça porte à confusion, sauf si tu es québécois

David Loureiro: euh z’ont une parti politique qui s’appelle comme ça

pascal: @maxence d’après Feynman non

David Loureiro: le beau-frère de laurent dotsch ?

Alan: @David Loureiro t’es en forme, ce soir ;

Alan: @Pascal j’ai un peu des soucis avec certains caractères…

maxence: ௹

Jojo: Je pense comprendre le principe d’intrication quantique mais je ne comperens rien à l’explication de l’invitée de ce soir

Alan: je les tape, mais ils n’apparaissent pas

David Loureiro: @Alan l’alcool

Alan: la parenthèse fermante par exemple

David Loureiro: c’est pas le claier hein

Kyoku57: shore, les a mis tous off (offshore)

Alan: haha

maxence: @pascal, pardon j’ai pas suivi

David Loureiro: @Kyoku57 +1

David Loureiro: Donc google a acheté D-wave pour casser les codes de carte bancaire et dominer le monde ?

Citron Vert: gogle a deja les codes de carte bancairean

pascal: @alan je crois que j’ai déployé l”autocompltion bcp trop tot

Alan: @Citron Vert exactement 🙂

David Loureiro: @pascal tout le monde parle de moi, moi ça me va

David Loureiro: 🙂

David Loureiro: enfin, de mon point de vue

David Loureiro: @puyo pas d’illustration ? Tu est partagé entre deux dessins ?

Kyoku57: Technique inventé par Jeff Goldblum

Kyoku57: il a fini en mouche pour ça

Alan: 😀

puyo: Et hop là !

maxence: Un hero.

David Loureiro: pinaise : pile poil 🙂

Kyoku57: je dirais même : il a fait mouche avec son invention

Kyoku57: excellente l’image

Alan: Puyo superstar!!!!

puyo: Héhéhé, merci !!

maxence: @puyo, lol, si tu demandes a syveline tissot, elle a fait une oeuvre d’art qui ressembke beaucoup a ton dessin

maxence: Wtf?

maxence: *puyo

GLaDOS:https://isnerd.files.wordpress.com/2012/05/portal_cake_is_a_lie_by_entaraxia.jpg

puyo: Ah bon ?? oooh, je n’ai pas vu !

puyo: Bigre !

Alan: @Glad 🙂

Alan:

David Loureiro: pi y’a eu aussi l’épisode 127 comme petite intro à la MQ

David Loureiro: oui

David Loureiro: sisi

Jojo: le podcast de Nicolas Gisin était excellent

David Loureiro: l’improbable hasard ?

maxence: et pour le livre il faut du doliprane

Alan: ah oui, je crois, merci 🙂

Alan: impensable?

David Loureiro: impensable ouais

Alan: yep… ya même une critique sur nicotupe.fr

David Loureiro: @maxence faut piger le jeu de bell quoi

maxence: C’est le plot d’un film l’algo pour casser le RSA et tout le monde court apres l’informations

Alan: oooh?

Alan: bien, le film?

Fred: Question simple d’un information qui a l’habitude de programmer en binaire: “Comment programme-t-on l’opération if-then-else sur un ordinateur quantique ?”

maxence: moui, americain

Alan: j’aimerais tellement voir plus de fictions scientifiques ± plausibles….

David Loureiro: @Alan y’a matrix nan ?

Alan: @Fred, tkt, on a prévu la question :

Alan: )

NicoTupe: fred : très bonne question

Alan: Je suis le seul à ne pas réussir à poster les smileys?

NicoTupe: pascal j’ai eu un bug

maxence: @david les inegalité de bell c’est pas forcement la meilleur facon de perdre son temps pour ne pas comprendre la PQ. C’est juste un calcul.

NicoTupe: j’ai mis @fred et ça m’a fait @cirton

Fred: if-then-else binaire = if-maybe-then-perhaps en Qbits ?

NicoTupe: @ fred

maxence: BOB !

NicoTupe: @ps Question simple d’un information qui a l’habitude de programmer en binaire: “Comment programme-t-on l’opération if-then-else sur un ordinateur quantique ?”

David Loureiro: @maxence apparemment c’est fondamental pour comprendre le bouquin

David Loureiro: @fred +1 :

David Loureiro: @ Alan ah oui, j’arrive pas à mettre la parenthèse fermante des smiley non plus

Alan: Pour rappel, si vous faites précéder votre question de @ps, c’est super simple pour nous de les récuprer :

Alan: )

Alan: récupérer

David Loureiro: :))

David Loureiro: hum

Alan: @Pascal, j’ai un autre souci…

Alan: pas @David !!!

Fred: comment fait-on pour corriger un message déjà posté ?

Alan: @Pascal

David Loureiro: ):

Alan: arf

David Loureiro: 🙂

Alan: at pascal

Alan: donc

David Loureiro: bizarre

Alan: 3 bugs

Kyoku57: Elle fait toujours suer Eve … elle croque la pomme, après elle déchiffre les coms entre Bob et Alice

Alan: 1.pas de ) après les :

Alan: 2.remplacement à la volée de at pascal par at david

NicoTupe: @ps : comment sait-on qu’un calcul est fini avec un ordinateur quantique?

Alan: 3. je ne vois pas ce que je tape à la fin du cahmp

Alan: champ

Alan: Hey John, je t’avais pas vu arriver…

maxence: Oui mais eve elle sauve le robot moche

David Loureiro: @ps est-ce qu’un ordinateur quantique ça sait faire autre chose que décomposer des grands nombres?

Alan: at John, passé de bonnes vacances ?

ElJj: Personne n’a jamais écrit de roman d’espionnage dont les héros seraient Alice, Bob et Eve ?

NicoTupe: bizarrement non

Alan: ElJJ, toujours les bonnes idées business 😉

David Loureiro: @ps comment on compare un ordnaiteur quantique et un ordinateur classique MHz, toussa

Alan: at Irène, tu sais récupérer les questions ?

GLaDOS: @Fred: Semantics http://8tracks.imgix.net/i/000/288/032/tumblr_mx4hu9z0h21t4krfho2_500-970.png?rect=0,35,500,500&q=65&sharp=15&vib=10&fm=jpg&fit=crop&w=1024&h=1024&fit=max

Alan: je veux dire, grâce à l’astuce @ps?o

Jojo: Je ne comprends pas comment on peut intercepter un message transmis par le biais de deux particules corrélés. Le principe de non localité empèche ça, non ?

irene: je fais des copiés collés,je ne connais l;astuce

Alan: je t’envoie le lien par skype

Alan: sorry de ne pas l’avoir fait avant

maxence: @ps sait-on realiser toutes les operation d’un processeur avec un ordi quantique ? Si oui, l’ordi quantique est-il donc juste un probleme technique et plus theorique ?

ElJj: (En réalité, j’y ai déjà pensé. Les cryptographe ont une source inépuisable de personnages stéréotypés : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alice_et_Bob)

julie: @psJe ne comprends pas comment on peut intercepter un message transmis par le biais de deux particules corrélés. Le principe de non localité empèche ça, non ?

David Loureiro: @ps combien de Qbits on arrive à avoir en même temps sur le long terme ?

maxence: @julie, il suffit de mesurer la polarization d’une particule de la pair

Alan: (Merci Julie)

julie: 😉

julie: je veille

Alan: je pensais… tu vas t’amuser avec la retranscription

Jojo: MERCI de reprendre les questions. (en espérant avoir une réponse ! ^^

Alan: tu devrais peut-être acheter un ordi quantique 😉

julie: 😀

julie: j’espère mieux comprendre

Alan: +1 🙂

David Loureiro: @ps D-wave : du vent ou ça marche pour de vrai ?

puyo: Pour ma part, j’espère avoir un bel ordinateur quantique portable pour Noël !

maxence: Le qubit superposé est en pleine decoherence 🙁

Alan: Bon, sinon, Julie, je suis un peu déçu par ton avatar dans la chatroom

Alan: t’as vu que les avatars de Puyo sont sur le site ?

Alan: tu seras bien en justicière masquée 😉

puyo: Yeah !

julie: oui ! mais ça fait un petit moment que j’étais pas dans la chatroom j’ai pas pensé à changer !

Alan: (Irène aussi, d’ailleurs)

irene: 🙂

julie: merci puyo d’ailleurs 😉

Alan: Yep, puyo forever!

puyo: Huhu, oh, je vous en prie ! ^^

Alan: on te dira merci en live dans le prochain freestyle pour te mettre à l’aise 😉

Alan: toujours partant, hein dis?

David Loureiro: @ puyo à quand un blog ou un lieu sur l’internet mondiale où l’on peut te retrouver ?

Alan: ouais?

puyo: Oh là là.. bigre ! Je suis partant, Alan, mais j’ai un peu peur de n’avoir pas grand chose de scientifique à dire ! 😀

Alan: tkt, on a notre dose de sciences, là 😉

maxence: Tu pourrais faire un tumblr et vendre tes oeuvres !

puyo: héhé, j’ai bien pensé au tumblr, mais ce serait pour un futur projet… toumdoumdoum

Alan: on devait pas avoir un boson futé ou qqch?

puyo: Oui oui, c’est justement ça, * fousse tousse

Jojo: A quand la commercialisation des preniers ordinateurs quantiques ?

Alan: @Puyo, tant que tout est prêt pour le freestyle, ça me va :

Alan: @ puyo je voulais dire

Alan: Pascal, c’est un bug ou un easter egg?

Alan: on sait jamais avec toi ? 😉

Kyoku57:http://kyoku57.org/other/forums/2014_0514/iphone_quantique.jpg

puyo: @Alan : je vais tâcher que tout soit prêt !

maxence: @jojo je peux te vendre un ordinateur quantique en fonctionnement classique, ca va ?

puyo: mais.. mais..

Alan: 😀

Alan: tkt, on suit 🙂

puyo: héhéhé

Alan: coool!

Alan: on aura des trucs à annoncer 😉

David Loureiro: @ Jojo Dwave en a vendu un à lockheed martin pour 10M de dollars

Kyoku57: un mainframe IBM en somme

puyo: Atends, attends tout de même, hein, je.. heu.. je veut être certain de faire quelque chose dans les temps, hein, oulala

julie: ça y est j’ai mon bon avatar !

Alan: yyeeahhhh!!!

maxence: C’est vachement mieux julie

puyo: Hourrrra !

Alan: Plus qu’Irène et Pouyo et on est au top !

julie: 🙂

David Loureiro: il y a pas aussi une histoire qu’il y a autant de monde que d’états probables

David Loureiro: mais qu’en fait ça ne prend pas en compte les probabilités d’apparition ?

David Loureiro: je crois que c’était une des failles de l’interprétation d’everett

David Loureiro: que deutsch a l’air d’avoir repris si je comprends bien

David Loureiro: (la chatroom semble assommée hihihi)

GLaDOS: Alan: http://izquotes.com/quotes-pictures/quote-i-think-i-can-safely-say-that-nobody-understands-quantum-mechanics-richard-feynman-228654.jpg

Alan: Best quote ever 🙂

David Loureiro: @ Nico : t’es un mathématicien toi : C’était gisin qiu disait qu’un physicien à toujours besoin de se raconter une histoire :p

David Loureiro: qu’une équation ne leur explique pas assez de choses

Alan: Nico n’est plus le même depuis Gisin

Alan: c’est quoi ce silence subit?

Alan: c’est un peu angoissant 😉

David Loureiro: Dwave a vendu pour $M10 un ordi quantique à Lockheed martin

GLaDOS:http://bits.blogs.nytimes.com/2014/03/24/quantum-computing-research-may-back-controversial-company/?_php=true&_type=blogs&_r=0

irene: c’est un vide quantique

puyo: Et hop !

Kyoku57: puyo est un dieu

Kyoku57: gloire à puyo

puyo: Huhu, voyons, voyons ^^

Alan: +1 🙂

Alan: Puyo président!

maxence: pour le generateur de nombre purement aleatoire, pas besoin d’ordi quantique

puyo: Ah non, il y a déjà deux dictateurs ! ^^

maxence: un source radioactive suffit

Alan: arf, puyo, tu m’as vu venir 😉

Kyoku57: les dictateurs ne sont rien sans leurs caricatures

GLaDOS: @Puyo +∞

Kyoku57: Mais d’ici là, nous aurons des cerveaux quantiques

sylvain: Je prends l’émission en cours, ils ont parlé des différents systèmes physique pour réaliser un ordi quantique ? atomes, photons, circuits supra… ?

David Loureiro: @ps mais un ordinateur quantique permet de faire des machines de turing ?

puyo: @David Loureiro Huhuhuhu !

David Loureiro: @sylvain je crois pas

David Loureiro: @ sylvain je crois pas

puyo: Du tuning quantique, formidable !

sylvain: ok merci

Kyoku57: Du turing quantique tu voulais dire

puyo: Aaaah, j’avais lu “tuning”, ouuups

Alan: j’imagine la gueule des captchas 😉

Alan: en version superposée

Alan: c’est dejà tellement illisible comme ça…

puyo: Avec plein de néons a états variables !

GLaDOS: @Alan http://www.caspianit.co.uk/wp-content/uploads/2009/07/schrodinger-captcha.png

Alan: Glados 😀

maxence: On divise par zero et BOUM

Alan: pas si on divise par 1 en même temps 😉

Kyoku57: @ps : est-ce que l’ordinateur quantique trouve des applications dans la recherche sur l’intelligence artificielle ?

GLaDOS:http://en.wikipedia.org/wiki/File:Mermin-Peres_magic_square.png

maxence: Et puis il faut du vide, du froid, etc… avant que ca soit competitif …

Alan: Glad : +1

Kyoku57: Lara Fabian n’était pas le premier ordinateur cantique ?

David Loureiro: en fait un ordinateur quantique c’est pas programmable quoi

David Loureiro: y’a des algos qui peuvent être implantés à travers des manipulations de Qbits

David Loureiro: mais c’est comme les ordi analogiques d’il y a logtemps

Kyoku57: un peu comme les réseaux de neurones ?

David Loureiro: faut oublier les ordinateurs numériques comme ceux que l’on a

David Loureiro: c’est de la configuration

David Loureiro: à mon avis le bon équivalent c’est vraiment les ordi analogiques avec des résistances, des condo, des choses comme ça des années 50

Kyoku57: Le Jean Michel Jarre de la science !

David Loureiro: R ? Le soft pour faire des stats ?

Kyoku57: Oui, elle parle bien de ça

David Loureiro: chavais pas que R permettait de faire du calcul parallèle

David Loureiro: surement des modules comme dansmatlab

David Loureiro: pour faire du //

NicoTupe: J’ai divisé par zéro la semaine dernière, j’ai un pied dans le platre maintenant

Alan: 😀

David Loureiro: @ Nico héhéhé très bien 😀

maxence: Bien la question!

maxence: EXTERMINATE /0

Alan: 😀

David Loureiro: toute la géopolitique du 20ème siècle expliqué en une phrase

David Loureiro: le 1 est au nord, le 0 est au sud

Alan: 😀

Kyoku57: @David Loureiro http://www.startr.fr/calcul-parallele-avec-r-hpc-hadoop-bigdata

David Loureiro: yep des modules psécifiques

David Loureiro: ce que je pensais

David Loureiro: tu perfores un demi-trou ?

GLaDOS:http://imgur.com/QoYgK

Alan: Glados, you’re on fire tonight !

Kyoku57: Il ne faut pas croiser les flux

David Loureiro: @Kyoku57 +1000

Kyoku57: un financement quantique

puyo: Et hop, sur les logiciels quantiques !

Kyoku57: Il y a le Qubitcoin !

David Loureiro: @Kyoku57 biennnnn

maxence: oui puyo ! ca va arriver ca !

puyo: Héhéhé, très très probablement je pense !

David Loureiro: histoire vérifique

Alan: Aïe, Puyo… La fin de mes illusions… J’avais pas pensé à ça

Alan: Merci 😉

David Loureiro: dans mac office : un copié-collé entre deux word fait planter word

David Loureiro: parfait

puyo: ^^

Alan: ouais, c’est déjà quantique, en fait

maxence: Oui , je confirme

David Loureiro: puyo a révélé la réalité c’est tout

maxence: Oui il faut deconner avec la physique

maxence: v

puyo: Le marketing quantique sera certainement assez redoutable !

puyo: .. ou pas, selon l’état.

Kyoku57: La loi de Moore est encore vérifiée de nos jours ?

Alan: aie, en révélant l’état, il nous a interdit de connaître la vitesse… Merci Puyo!

maxence: on vend bien du nano a tour de bras, le quanto ca sonne bien aussi

Kyoku57:http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Moore#Changement_de_paradigme

puyo: Héhéhé, ça sonne comme une barre de céréales, non ?

puyo: “Moi, tous les matins, je mange une bonne barre de quanto !” 😀

David Loureiro: choco-aubergine

maxence: Encore a cause des matheux

puyo: “Et après, j’ai toujours la forme pour jouer à cache-cache – genre, derrière le mur de planque”

David Loureiro: vanille-navet

Alan: 😀

David Loureiro: @ puyo yeah :

puyo: ^^

David Loureiro: 😀

irene: Le mure de Plank, excellent Puyo!

puyo: Huhuhu

maxence: quantomag, 100% foot

Kyoku57: ahaha le mur de plank … excellent

puyo: 😀

maxence: apres la loi de moor, la loi de leffet d’annonce, j’adore !

David Loureiro: loi de roger moore ?

puyo: @Maxence : l’avantage, c’est que les deux équipes peuvent gagner dans le même match !

Alan: Bon, David… Il faut qu’on cause…

Kyoku57: @David Loureiro t’as dit une connery

maxence: plus besoin de payer l’arbritre

Alan: c’est quoi le prix d’une tournée?

puyo: Héhéhéhé !

Alan: arf…

David Loureiro: roger roger

Alan: tu pourras partager avec Kyoku 😉

David Loureiro: (mais arrêté de m’appeler Roger!))

Alan: 😀

maxence: <oui| + |non>

David Loureiro: mais comment ?

David Loureiro: mais commandant cousteau !

Kyoku57: le prix d’une tournée ?

Kyoku57: ça dépend, ça consiste en quoi ?

Kyoku57: 😀

maxence: houla david, tu recite quoi ?

Alan: oui, à 2 balles la blague pourrie, vous allez pouvoir payer l’apéro à toute la chatroom 😉

Kyoku57: Qui veut la peau de Roger Qubit

maxence: lol

puyo: ^^

Kyoku57: je viens d’en rajouter une 😀

David Loureiro: @Kyoku57 parfait! 😀

Kyoku57: c’est ma tournééééé

David Loureiro: @maxence du grand détournement

David Loureiro: si tu connais pas, tu dois connaître

maxence: oui monsier

puyo: Hé, tiens.. j’ai une question, au fait ! @ps .. et comment fonctionnera le spam quantique ?

Kyoku57: Abidbol n’a aucun secret .. je ne suis pas “has been” moi

David Loureiro: ultra-classique : la classe américaine

Kyoku57: et j’adore les chips

Kyoku57: et les ouiches lorraine

David Loureiro: moi j’aime pas les dinosaures partouzeurs de rroite

Alan: ici, t’auras des chips en 4 dimensions

David Loureiro: (pardon)

Kyoku57: c’est du racimse ça

puyo: ^^

David Loureiro: un flim sur le cyclimse

Kyoku57: comment fait Alan pour rester aussi sérieux ?

maxence: je l’ai trouvé sur tontube

Alan: ah, ça fait illusion?

Kyoku57: ben franchement … oueh

David Loureiro: 118 218

Alan: en fait je bouffe de la pizza en buvant de la bière

David Loureiro: mais en moins véronique et davina quoi

Alan: #Mute powaaa!

David Loureiro: recuit simulé ?

David Loureiro: y’a eu ça aussi je crois non ?

David Loureiro: l’ordinateur uantique a été créé pour résoudre les problèmes majeurs de notre siècle

David Loureiro: comment un saoulard peut rentrer plus vite chez lui

Kyoku57: c’est l’algorithme des bars parallèles

Alan: 😀

David Loureiro: mais vendez-ça dans les bars ! 😀

David Loureiro: y’a du client le matin à 9h qui tourne au blanc-cassis

Nawak:

Alan: Nause, sors de ce corps!

puyo: Deux états simultanés, ivre et sobre à la fois !

Alan: ça y est, j’ai une chanson de Brel en tête maintenant….

puyo: 😀

Nawak: La marche aleatoire c´est apres avoir trop bu?

Alan: Être une fois, une fois seulement… Ivre, ivre ivre et sobre à la fois

Alan: tadadimdadadouda

puyo: Brel était en avance sur son temps…

Nawak: zut je vois double…

puyo: C’est l’intrication, tout va bien !

Alan: tu es en superposition d’états

puyo: Huhuhu !

Nawak: 🙂

Kyoku57: super position des tas !!! C’est …dégueulasse

maxence: ok

maxence: merci !

Kyoku57: est-ce que comme en électronique, la mesure peut “perturber” le message transmis ?

Alan: @Kyoku… Superposition de tas, ouais…

Alan: de qbits 😀

NicoTupe: @ alan tu as vu ça : https://www.humblebundle.com/books

NicoTupe: .

NicoTupe: ?

NicoTupe: IL N’Y A QU’UNE DION

Alan: Oh, DW comics, non, j’avais pas vu

NicoTupe: désolé

David Loureiro: j’étais chaud ce soir

Nawak: la superposition d´Etats c´est la russie en UKRAINE

Alan: @Tupe, ouais, t’es dur…

NicoTupe: cette chatroom c’est vraiment n’importe quoi

Alan: T’as reçu ma commande thinkgeek au fait?

NicoTupe: on joue une fois de plus à qui se retiens le plus longtemps?

NicoTupe: #thinkgeek non

NicoTupe: tu as un suivi?

Alan: (ya la robe Dalek d’anniversaire de ma fille)

Alan: quand le facteur arrive, enfile-la et extermine-le 🙂

David Loureiro:http://31.media.tumblr.com/f59595674b72f708c8dedf29431ed441/tumblr_ms8b6tqwIj1svy40do1_1280.jpg

NicoTupe: haha

Robin: fini ?

Alan: @Robin, nope

Alan: arf

Alan: @ Robin

Alan: disais-je

Robin: Ah oui, j’avias oublié de remttre le son !

Alan: 😀

Robin: cool !

Robin: bon ben je resuis là

Robin: ça veut dire quoi un hasard “au sens où on l’entend” ?

Alan: 😀

David Loureiro: avec des prng, mais y’a pas des cartes matérielles qui sont des sources de hasard ?

Robin: La position de la souris, ça marche, franchement

Robin: nan mais franchement, je tourne le dos et c’est n’importe quoi

NicoTupe: Bah c’est pas un vra hasard au sens mathématique

NicoTupe: tu déconnes

GLaDOS:http://wp.patheos.com.s3.amazonaws.com/blogs/exploringourmatrix/files/2013/08/Grumpy-Cat-Dalek.jpg

Robin: Les machines de Türing, c’est en gros tout ce qu’un ordinateur oeut faire

Robin: de façon théorique

Robin: vous voulez un dossier sur les machines de Türing ?

David Loureiro: quoi? qu’est-ce ?

David Loureiro: j’écoute pas

Robin: Tu t’en charges ?

David Loureiro: mais en fait si à moitié

David Loureiro: ?

NicoTupe: on est d’accord, une machine de turing peur pas faire de hasard hein?

David Loureiro: hein ?

Robin: Deux

David Loureiro: @NicoTupe nan

NicoTupe: j’en ai parlé banane dans mon dossier sue les lagos

Nawak: (pense)

Robin: ah oui

Robin: bon ben pourquoi t’as pas expliqué alors ,

Robin: ?

Robin:

David Loureiro: enfin oui elle peut pas

Robin: ptête elle aura une réponse

David Loureiro: saloperie d’intérro-négative

David Loureiro: chais jamais répondre correctement

NicoTupe: @ robin je comprend pas de quoi tu parles

NicoTupe: j’ai justement intervenu pour dire qu’un ordi sait pas faire un vrai beau hasard

Robin: oui non mais sur les machines de Türing

Robin: t’aurais pu expliqué

Robin: er

NicoTupe: après bon je me suis retenu d’intervenir a plein de moments hein

Robin: putain

David Loureiro: en fait c’était pas de l’informatique binaire quoi

David Loureiro: mais on trouvais des solution analogiques etc

NicoTupe: en particulier sur qu’est-ce que c’est qu’un système turing complet

David Loureiro: y’a que moi qui pose des questions ?

NicoTupe: elle se posait la quesiton à un moent

Robin: oui

NicoTupe: moment

Robin: y a que toi

Robin: c’est pénible

David Loureiro: Rmpi

Robin: d’ailleurs

puyo: Non, j’avais aussi posé une question sur le spam quantique, mais.. heu.. ça ne compte pas ! /D

David Loureiro: Rserve

Robin: 😉

Robin: ah non

Robin: ya pas que toi !!

Alan: puyo, c’est la prochaine dans la liste

puyo: Huhuhu, tu n’es pas obligé, hein !

David Loureiro:http://37.media.tumblr.com/c401cb4b8126db6df7091d7ea6055d6c/tumblr_mrmg558R591svy40do1_1280.jpg

David Loureiro:http://37.media.tumblr.com/3a5f4c77c3dda3555e1f7d816d07d82c/tumblr_ms4sus2wrr1svy40do1_1280.jpg

David Loureiro:http://31.media.tumblr.com/47108980ff7af16a8834252e55f1cae1/tumblr_ms8bed0sOU1svy40do1_1280.jpg

David Loureiro: wtfbelleville c’est trop bien 😀

NicoTupe: yeah

David Loureiro:http://24.media.tumblr.com/6e734758cbcee0646d83b1be037ae418/tumblr_msjfls3Y2B1svy40do1_1280.jpg

David Loureiro:http://37.media.tumblr.com/d2c242ea4a6c45c63a3723eba2488b72/tumblr_msnd1sFJye1svy40do1_1280.jpg

David Loureiro: -> http://wtfbelleville.tumblr.com/

David Loureiro: c’est vrai qu’en info y’a pas beaucoup de filles

Nawak: je confirme

NicoTupe: c’est pas vrai, yen a beaucoup affichées au mur (rire gras)

NicoTupe: -> Je sors

Alan: ouste!

David Loureiro: @nicoTupe 😀

David Loureiro: j’ai pas vu quand je suis venu te voir

David Loureiro: tu les avais caché ?

Alan:http://anabole.com/quantum-design/fr/index.php

irene: ah bravo!

Alan:http://amateur.iri.centrepompidou.fr/nouveaumonde/enmi/ldt/index/irienmi2010_17tissot

julie: 🙂 la deuxième plus longue non ?

Alan: je crois bien, ouais…

Alan: sorry 😉

David Loureiro: ah oui, ah oui !

Alan: t’aurais jamais dû t’engager à la retranscrire avant de savoir 😉

ElJj: La biographie de Heiseiberg, c’est Breaking Bad, non ?

Alan: 😀

ElJj: (désolé)

Alan: pas grave, la prochaine tournée est pour toi 🙂

Kyoku57: yes

Kyoku57: tu methonnes

David Loureiro: c’est laquelle l’autobio; celle-ci http://livre.fnac.com/a2748262/Max-Planck-Autobiographie-scientifique

David Loureiro: ou celle-là : https://www.goodreads.com/book/show/2310947.Scientific_Autobiography_and_Other_Papers?from_search=true

Kyoku57: OUEHHHH

Kyoku57: Billy is back !

puyo: Génome bien sous tout rapport ?

puyo: ^^

Kyoku57: Quelle voix … <3

David Loureiro: ahhhh moi je confondais avec bobby

David Loureiro: pour dallas toussa ça pouvait le faire

Kyoku57: J’envie ses élèves mine de rien

Kyoku57: un puit de science

puyo: Luxe et volupté ! Quelle classe !

GLaDOS: I love the voice of this mammal.

Kyoku57: “Rien ne va plus vite, qu’un bon petit qubit”

David Loureiro: I’m not slacking off, it’s compiling 🙂

Robin: C’est bon ça comme citation !!

Robin: J’adore

Robin: !

Kyoku57: “Allez, vas y, balance la petite soeur et ouvre le qubit”

Robin: salon culture et jeux mathématiques le week end du 25/26 place Saint Sulpice !

Robin: Indispensable !!!!!!

puyo: Hourra ! Merci à vous !

Robin: vv

Robin:

Nawak: Bonne soiree

@6_clicks: bien Salutttttt

David Loureiro: bonne soirée

irene: Good night !

David Loureiro: une émission qui aura fait chauffer les caboches !

Kyoku57: c’est loin d’être évident

Kyoku57: j’attends le transcript avec impatience

David Loureiro: ciaoooo

Alan: tschuss!!

Kyoku57: ah ben bravo !

Freud: Merci pour tes dernières remarques. judicieuses.

Freud: Oui pareil.

Freud: Oui, trop nébuleux 🙂

ElJj: Si si, tu peux dire du bien

ElJj: Je suis en train de préparer un dossier sur la topologie

Robin: youhou !!

Robin: la topologie, c’est la vie

Kyoku57: topo là !

Kyoku57: bonne nuit les gens

Kyoku57: fais de beaux rêves quantiques

GLaDOS: Vote now for the world’s cutest mammal:

GLaDOS: 1- Alan

GLaDOS: 2- http://youtu.be/YIZgNC8bSnE

Alan: 2 🙂

Freud: bonjour Anne 🙂

Freud: ah la la . Les TOURISTES !

puyo: Salut à tous !

ElJj: Au revoir

Freud: Au revoir

Freud: Merci

julie: ciao!

Robin: salut !

 

 

 

La supraconductivité

Dossier de l’épisode 41.

Merci à Swoog pour la retranscription!

A : Alan
M : Matthieu
L.M. : Laurent Miéville

M. : Petite question initiale. Avant de te poser la question sur ce qu’est la supraconductivité, pour éclaircir les termes, il ne faut pas la confondre avec la semi-conductivité.

L.M. : Oui, tout à fait.

M. : Juste quelques mots sur la semi-conductivité, qui est très utilisée dans les ordinateurs. Les semi-conducteurs, ce sont des matériaux comme le silicium, qui sont à moitié isolant et à moitié conducteur. On ne va pas rentrer dans les détails, ce n’est pas le but du podcast d’aujourd’hui. Mais s’ils sont très utilisés dans les ordinateurs, il ne faut pas les confondre avec la supraconductivité, dont on va parler aujourd’hui. Pour commencer, petite question toute bête : Qu’est-ce que la supraconductivité ?

L.M. : La supraconductivité, c’est finalement une propriété qu’ont certains matériaux de pouvoir transporter du courant électrique, sans perte et sans dissipation. Il faut imaginer que le courant électrique puisse se déplacer d’un endroit à l’autre dans ces matériaux, sans ralentir, sans perdre de l’énergie et donc, si on faisait tourner ce courant électrique dans un anneau supraconducteur, ce courant pourrait tourner quasiment à vie et même au-delà, une centaine d’années sans s’arrêter, parce que les électrons qui portent ce courant ne sont pas freinés et ne dissipent aucune énergie. C’est ça, la supraconductivité. Supra, ça veut dire que les électrons qui conduisent ce courant sont tellement efficaces qu’ils n’auront aucune perte. C’est pourquoi on appelle ça un supraconducteur, c’est vraiment l’excellente conductivité.

M. : Dans le cas d’un conducteur traditionnel, qu’on utilise tous les jours comme les câbles électriques, il y a toujours des pertes de chaleur. En fait, les câbles ont une certaine résistance, qui fait qu’il y a une certaine perte d’énergie. Ce n’est pas le cas dans la supraconductivité. La résistance est nulle.

L.M. : Tout à fait. Un petit peu comme quand on est dans une forêt avec beaucoup d’accidents sur la route, et qu’on court, on dépense beaucoup d’énergie à devoir éviter les obstacles. Dans les conducteurs, dans les métaux qui sont souvent ce que les gens connaissent, qui conduisent le courant, comme dans les prises, ces conducteurs permettent de laisser le courant passer mais seulement, le problème, c’est que ce courant a des frottements et donc de l’énergie est dissipée. Ça veut dire que les électrons dans ces conducteurs habituels ont des chocs, perdent de l’énergie et, au bout d’un moment, si on ne maintient pas une tension importante sur ce conducteur, le courant s’arrête. Alors que dans un supraconducteur, il faut imaginer une patinoire, mais encore mieux qu’une patinoire, les électrons se déplacent sans aucun frottement, ils sont dans un état très particulier, qui a fait l’objet de cette découverte il y a une centaine d’années. Les électrons s’assemblent par paire, ils forment un système où deux électrons se rapprochent et forment ensemble une paire. Il faut imaginer que c’est comme si je cours dans la forêt tout seul, mais si je suis avec une autre personne, on forme une paire ensemble. On rentrerait dans un état supraconducteur. On pourrait flotter au-dessus du terrain et se retrouver à se déplacer sans aucun frottement.

M. : Le scientifique qui a découvert la supraconductivité, c’est un hollandais, Kamerlingh Onnes. Il a découvert ça en refroidissant du mercure avec de l’hélium liquide, donc c’est à très basse température qu’on obtient cet effet de supraconductivité.

L.M. : Le fait qu’aujourd’hui, on n’ait pas de supraconducteur dans les prises électriques, cela vient du fait que les matériaux qui ont cette propriété très particulière, ne l’ont que si on les refroidit à très basse température, et quand on dit “très basse température”, c’est plusieurs centaines de degrés en dessous de zéro. Ça limite encore beaucoup les applications de devoir refroidir continuellement des matériaux pour les rendre dans un état supraconducteur.

M. : Peut-être qu’on reviendra plus tard au fait qu’on ait réussi à obtenir cet effet supraconducteur à des températures au-dessus du zéro absolu, mais au départ, on n’avait cet effet à des températures très proches du zéro degré Kelvin (-273°C). C’était très compliqué parce qu’il faut vraiment baisser énormément la température.

L.M. : Tout à fait. Les découvertes d’il y a cent ans ont été faites vraiment sur un matériau, le mercure, qui est devenu supraconducteur à très basse température, puisqu’on parle de très proche du zéro absolu. Une fois que ces découvertes ont eu lieu, naturellement, il y a eu très rapidement une course des scientifiques pour essayer de trouver d’autres matériaux pour lesquels il ne serait pas nécessaire de les refroidir autant pour atteindre ce fameux état supraconducteur.

A. : Et là, on a parlé de l’aspect conducteur d’électrons, avec zéro frottement, zéro perte, zéro résistance, mais il y a un autre effet des supraconducteurs, c’est la lévitation magnétique. C’est juste ?

L.M. : Oui. C’est une autre propriété très particulière de ces matériaux lorsqu’ils sont refroidis à cette fameuse température à laquelle ils deviennent supraconducteurs, c’est qu’un matériau supraconducteur ne peut pas accepter d’avoir du champ magnétique à l’intérieur de sa structure. Ça veut dire que si l’on place ce matériau dans un champ magnétique, si on le rapproche d’un aimant, par exemple, il va générer lui-même un champ magnétique opposé, qui va annuler le champ magnétique qu’on vient de lui soumettre par aimant. Cette annulation fera qu’à l’intérieur de ce matériau, il n’y aura pas de champ magnétique. C’est une propriété intrinsèque, ça veut dire une propriété vraiment centrale de ces matériaux supraconducteurs, c’est qu’ils ne peuvent pas accepter d’avoir un champ magnétique à l’intérieur. Donc, si maintenant on parle de lévitation, ça veut simplement dire que si on place un aimant, par exemple, imaginez une table qui a un aimant posé dessus, on approche de cet aimant notre supraconducteur, il va sentir le champ magnétique qui lui est imposé par cet aimant, il va lui-même générer un contre-champ magnétique si on veut, qui va annuler le champ magnétique pour éviter d’avoir un champ magnétique dans sa structure. Ces deux champs magnétiques vont interagir ensemble. Il va y avoir une force qui va se créer entre les deux : c’est ce qu’on appelle la force de lévitation. C’est une force qui est simplement une réaction du supraconducteur à la présence du champ magnétique et cette réaction se concrétise par la génération d’un autre champ magnétique opposé à celui de l’aimant sur la table. Ces deux champs magnétiques qui s’opposent vont interagir et créer une force qui est répulsive et qui est la force de lévitation. Il y a des exercices, si les gens sont intéressés, on peut les trouver sur Internet où l’on voit toutes sortes d’applications. On voit des gens qui sont debout sur une sorte de surface qui flotte : c’est un aimant posé sous un socle supraconducteur. Il faut bien imaginer que pour arriver à cette situation, il ne faut pas oublier qu’il faut refroidir. En général, on voit une personne qui est posée sur un aimant. Cet aimant flotte au-dessus d’une table qui est elle-même constamment refroidie.

M. : Est-ce que les magiciens tirent profit de cet effet ?

L.M. : Effectivement, on pourrait imaginer des applications au niveau de la magie. Mais il est clair que de devoir refroidir ces matériaux, ça trahit assez rapidement leur secret, car ça se voit, en général. L’Université de Genève, par exemple, a engagé un travail avec des troupes qui font des lévitations. Ils essayent de créer une ambiance un peu mystique avec des lumières et tout un show. Une personne va apparaître et léviter devant tout le monde. Ça donne un aspect très impressionnant et surtout, du coup, on se pose la question “Comment cette personne arrive à léviter ?”. Mais je dirais qu’on arrive très rapidement à savoir pourquoi et je pense qu’un magicien ferait ça une fois et ensuite son secret serait vite dévoilé si il essaye de faire ça de manière régulière dans son spectacle.

M. : En ce qui concerne les matériaux qui sont aptes à la supraconductivité, est-ce que ce sont tous les matériaux, plutôt certains métaux… ?

L.M. : Au début, c’était effectivement le mercure, qui est un métal liquide à température ambiante, tout le monde connait les thermomètres (sauf peut-être les plus jeunes) qu’on utilisait quand on était malade. Ce métal durci quand on le refroidi. Le mercure, qui est l’objet de cette découverte il y a cent ans. Cependant, il y a une course scientifique qui s’est mise en route. Le but étant de trouver s’il y a d’autres matériaux qui permettent d’avoir des propriétés supraconductrices à des températures moins basses que le mercure. Il y a eu, dans les années qui ont suivi, des améliorations par rapport à ça. La température à laquelle les matériaux deviennent supraconducteurs a augmenté, ça allait dans la bonne direction. Mais après, pendant de nombreuses années, on a eu l’impression que l’on atteignait un plafond qui était encore très bas en température. Je ne me rappelle plus des chiffres exacts, mais probablement, au lieu de passer à -273°C, on sera à -220/-240°C. La recherche s’est un peu découragée. Il n’y a plus grand chose qui s’est passé pendant plusieurs années jusqu’à il y a environ une quinzaine d’années, coup de théâtre, deux chercheurs d’un institut de recherche de Zurich, presque par hasard, en étudiant les propriétés d’un matériau beaucoup plus compliqué qu’un métal composé de différents atomes placés dans une structure en forme de céramique, donc cassable et assez compliquée à créer, sans avoir aucune idée qu’ils allaient tomber par hasard sur de la supraconductivité en fournissant ce matériau. Ils voulaient juste mesurer sa résistance électrique en fonction de sa température. En refroidissant, à une température inhabituellement haute, ils se rendent compte que de matériau n’oppose plus de résistance lorsque le courant passe à travers. C’était une découverte exceptionnelle dans la mesure où elle était inattendue mais surtout aucune théorie ne pouvait expliquer, et encore aujourd’hui, ne peut expliquer pourquoi ces matériaux disposent de propriétés si intéressantes, surtout dans la température à laquelle ils sont soumis.

M. : Donc on ne sait toujours pas pourquoi ces matériaux réagissent ; donnent cet effet de supraconductivité à des températures supérieures ? On n’a pas encore d’explications claires ?

L.M. : Non, et je pense que ça reste encore un élément très important au niveau de la recherche dans ce domaine. On a pu expliquer à des gens qui ont eu des prix Nobel par rapport à la première théorie qui est sortie quelques années après la découverte du mercure supraconducteur, il y a une centaine d’année. Il y a une théorie qui a été mise en avant qui, pour expliquer le fait que les électrons s’assemblent en paire. Cette théorie a été considérée comme étant la réponse définitive aux mesures et aux découvertes de supraconductivité pendant toutes les années au début du siècle, jusqu’à il y a quinze ans, ces nouveaux matériaux, ces céramiques ont été découvertes, et là, on s’est rendu compte que la théorie existante, cette fameuse théorie des paires avait beaucoup de mal et s’appliquait extrêmement difficilement et n’était pas satisfaisante pour expliquer pourquoi des matériaux étaient supraconducteurs. Un nouvel effort, qui dure encore, est de pouvoir donner une explication satisfaisante de la raison qui fait que ces matériaux sont supraconducteurs. Maintenant, c’est clair qu’il y a des pistes et tout un savoir qui s’est accumulé. On commence à voir un petit peu mieux. Il nous manque encore la théorie complète qui permet d’expliquer l’ensemble des propriétés de ces matériaux si particuliers.

A. : Ce n’était pas quinze ans, sauf erreur. Le temps passe vite, beaucoup trop vite (rire…). C’était en 1986, donc ça fait déjà 25 ans…

L.M. : Oui, alors c’est peut-être moi qui vieillit un peu trop vite effectivement…

A. : (rire…) On a tous le même problème.

L.M. : C’est vrai que c’était une magnifique découverte. J’en parle parce que j’étais moi-même, à ce moment-là, en train de faire mes études de physicien, et elle est arrivée quelques années plus tôt. C’est vrai qu’elle a mis aussi pas mal de temps à être acceptée. C’est pour ça que j’ai pris un peu de retard par rapport à l’histoire. Mais il a fallu beaucoup de temps et je connais beaucoup de gens qui n’ont simplement pas pu croire. C’était tellement exceptionnel, ça remettait tellement en question les théories existantes que beaucoup de gens n’ont simplement pas pu croire. Et c’est seulement quelques années plus tard, quand il y a eu vraiment beaucoup de groupes qui ont répété cette découverte et qui ont démontré, parce que c’est très difficile de mesurer. Quand le courant peut passer sans effort, on peut toujours argumenter qu’en fait, il y a toujours quelque part un frottement et c’est jamais vraiment supraconducteur. C’est simplement que le matériau conduit très bien le courant. Et pour vraiment démontrer qu’il est supraconducteur, j’en reviens à la deuxième propriété qu’on a mentionné ensemble, cette capacité à expulser le champ magnétique qu’on souhaiterait imposer à un matériau supraconducteur. C’est vraiment en regardant à ce niveau-là que les gens se sont rendu compte que, effectivement, ces matériaux nouveaux, découverts il y a 25 ans, sont supraconducteurs.

M. : Si on revient sur les métaux qui originellement nous ont permis de découvrir la supraconductivité, est-ce que ce sont vraiment tous les métaux qui ont intrinsèquement cette propriété ?

L.M. : En général, beaucoup de métaux ont cette propriété si on les refroidit suffisamment. On arrive à pouvoir obtenir un état supraconducteur. Scientifiquement, c’est intéressant mais qu’est-ce qu’on peut faire s’il faut refroidir à une telle température, ce qui fait que c’est extrêmement complexe. Ce que les gens disent, pour donner une image, quand on parle du refroidissement, il faut savoir que ça coûte extrêmement cher. Avec les nouveaux matériaux, les céramiques qui ont été découvertes il y a 25 ans, on peut atteindre l’état supraconducteur, non plus avec de l’hélium liquide, mais avec de l’azote liquide. L’azote liquide, c’est le prix d’une bière, si on veut en acheter 10 litres, c’est probablement le cout de 10 litres de bière. Ça veut dire que le refroidisseur est beaucoup moins cher dans le cas des nouveaux matériaux et a ouvert la voie à beaucoup plus d’applications. Finalement, si on peut les refroidir de manière assez bon marché, ça devient intéressant de les utiliser. Pour les métaux qui doivent être refroidis tellement bas, il y a des applications, mais elles restent quand même beaucoup plus limitées.

M. : Justement, en parlant d’applications, quelles sont-elles aujourd’hui, les plus connues ?

L.M. : Quand cette découverte a eu lieu, si on regarde dans la presse des années 90, on va trouver beaucoup de discussions sur tout ce qu’on peut imaginer…

A. : Toutes les promesses de l’époque…

L.M. : Il y avait beaucoup de promesses, d’excitation. Les gens pensaient que tout allait fonctionner en supraconducteur. On a parlé de train qui lévite sur des rails supraconducteurs, on a parlé de possibilité de transporter le courant. Quand vous prenez les lignes qui transportent le courant ici, ce sont des lignes basées sur des matériaux qui sont conducteurs, mais pas supraconducteurs. On a donc effectivement des pertes assez importantes et, plus on conduit le courant sur une longue distance, plus on perd de l’énergie, et plus le courant, finalement, perd son énergie sur la distance. Ce serait incroyable de pouvoir remplacer tous les pylônes par des lignes supraconductrices qui seraient enterrées et refroidies en permanence. C’était vraiment le grand rêve supraconducteur. Maintenant, il faut savoir que ces matériaux nouveaux sont des céramiques. Ce n’est pas facile de travailler avec des céramiques. Le métal, on peut le déformer, l’adapter, le couper… Avec une céramique, comme la terre cuite, si vous voulez former un ruban supraconducteur, ça ne peut pas se faire facilement. Le grand challenge, c’était finalement : “Comment pouvons-nous utiliser des matériaux qui sont très cassants, assez complexes à fabriquer, pour pouvoir transformer ces matériaux dans des bobines supraconductrices, dans des fils qui transportent du courant sur de longues distances ?”. C’était vraiment un effort important et je pense qu’aujourd’hui, 15 – 20 ans plus tard, on est encore à un stade où beaucoup d’efforts sont faits. On n’a pas atteint ces fameuses applications. Certaines existent mais elles restent encore des prototypes. Par exemple, un train supraconducteur, qui flotte sur les rails, ça existe mais il n’y en a pas beaucoup. Il y en a un au Japon. Des lignes qui transportent du courant supraconducteur sur des distances raisonnablement longues, il y en a aussi assez peu. Il y a eu tout un challenge sur les applications technologiques pour maîtriser la technologie nécessaire pour aboutir à des produits commercialisables.

A. : Il y a quand même d’autres domaines dans lesquels c’est déjà une réalité, comme l’imagerie médicale, par exemple…

L.M. : Il y a des domaines dans lesquels il y avait déjà une application avec des matériaux supraconducteurs classiques, c’est-à- dire ceux qui avait été découverts au début du siècle. Certains alliages de ces métaux avaient des propriétés intéressantes pour des applications d’imagerie médicale. On a besoin de détecter avec énormément de précision des champs magnétiques qui pourraient être émis par notre corps, et pouvoir ainsi en déterminer la composition, savoir ce que l’on a à l’intérieur de notre corps, de pouvoir faire des coupes. Là, on va pouvoir détecter de manière très précise les champs magnétiques. Pour les applications où l’on a besoin et on est prêts à prendre toute la complexité de refroidir ces fameux détecteurs de champs magnétiques, il y a une technologie qui existe depuis de nombreuses années. Cette découverte, il y a 25 ans, a permis de réduire le volume de ces appareils. A un moment, on avait des systèmes de refroidissement très compliqués. Si on remplace les fameuses bobines qui détectent des champs magnétiques par des bobines de supraconducteurs céramiques, on va pouvoir les refroidir plus facilement et donc être en plus petit volume. Ça veut dire qu’on n’aura pas un gros système de refroidissement autour. C’est un peu comme un thermos, plus on veut refroidir, plus il faut mettre une épaisseur importante d’isolant. Pour ces nouveaux matériaux, on a pu avoir des matériaux isolants autour beaucoup moins épais et on a pu se rapprocher des patients, des personnes qui doivent être mesurées. On a amélioré la résolution, la précision de la mesure. Ce sont des améliorations qui ne sont pas nécessaires, on les appelle des innovations incrémentales, c’est-à- dire qu’on a amélioré quelque chose qui existait déjà, et on les a rendu meilleures. Il y a aussi les améliorations disruptives, c’est-à-dire qu’elles viennent déranger le marché établi. Par exemple, quand j’étais aux Etats-Unis, j’étais un suisse, qui avait fait toutes ses études en Suisse, qui travaillait sur une découverte faite en Suisse (il y a 25 ans), mais qui avait dû s’expatrier aux Etats-Unis pour travailler dans le domaine où cette découverte a été amenée dans un transfert technologique vers des applications. C’est intéressant de penser qu’un Suisse, qui a fait toute ses études en Suisse, qui travaille sur une découverte suisse doivent aller aux Etats-Unis pour travailler dans des sociétés qui commercialisent cette découverte. La société dans laquelle j’étais et qui s’appelait Conductus, développait un système intéressant, qui est que, quand vous téléphonez avec votre téléphone mobile, il recherche constamment les stations de base, ces fameuses antennes que vous voyez sur les toits, au bord des routes. Ces fameuses stations, elles, doivent recevoir les signaux des gens qui se trouvent à proximité, et transmettre les communications. Le problème de ces antennes, c’est que si quelqu’un est très proche d’elles, cette personne risque de pouvoir écranter, c’est comme si je suis dans une foule, que tout le monde me parle, je risque de n’entendre que ceux qui sont près de moi, parce qu’ils ont un signal fort (ils parlent fort), et je risque de perde ceux qui sont loin de moi, parce que leur force, voix, signal est plus faible. Les stations de base, c’est exactement la même chose. Si vous avez trop de gens qui sont proches de ces stations de base (je suis juste en train de téléphoner à 50 mètres), elle risque d’avoir le problème de récupérer le signal de quelqu’un qui se trouve à 1 ou 2 km. Donc, ces stations ont des filtres qui leur permettent de pouvoir séparer l’appel de Jacques, qui se trouve à 50 m, de Jean qui se trouve à 3 km. Ces fameux filtres, pendant longtemps, c’était des filtres qui étaient basés sur des matériaux tout à fait conventionnels. Puis les gens se sont rendu compte que les nouveaux matériaux supraconducteurs disposaient de propriétés exceptionnelles pour pouvoir être d’encore meilleurs filtres. Tout d’un coup, en installant, au pied d’une antenne, un système qui est refroidi à l’azote liquide, qui coûte à peu près le prix de la bière, on arrivait tout d’un coup à faire que ces stations pouvaient recevoir non plus 3-4, mais 100 personnes en même temps, et à des qualités bien meilleures. Si j’étais à 3 km, j’avais 1 chance sur 5 que mon appel disparaisse parce que la station perdait mon appel, alors que maintenant c’est beaucoup meilleur. Ces supraconducteurs ont ouvert tout un champ d’applications mais pour lesquelles beaucoup de développement était nécessaire. Cette société aux Etats-Unis dans laquelle j’étais a essayé de trouver, parmi toutes ces applications potentielles, lesquelles pouvaient être transformées le plus rapidement en produit.

M. : Je crois qu’il y a un grand rêve des scientifiques autour de la supraconductivité. C’est le stockage de l’énergie dans une bobine fermée. Finalement, le stockage de l’énergie, c’est toujours un problème, et si j’ai bien compris, dans le cas de la supraconductivité, on pourrait maintenir un courant indéfiniment tournant dans une bobine fermée, et le jour où on en a besoin, récupérer ce courant. Mais je crois qu’il y a des problèmes parce que lors de la récupération du courant, cette récupération se ferait instantanément, pas comme une pile classique, qu’on utilise tous les jours dans nos appareils, qui se décharge lentement, au fur et à mesure. Là, dans le cas d’un stockage d’énergie dans un supraconducteur, on aurait une décharge instantanée de toute l’énergie. C’est juste ?

L.M. : Il y a effectivement un différent, c’est pour ça que ça n’existe pas encore, et c’est dommage, parce que c’est vrai que, dans les problèmes climatiques et tous les aspects énergétiques actuels, un grand problème qu’on a et qui n’est pas résolu, c’est comment stocker cette énergie. Tous ces panneaux solaires qui pourraient être installés et qui probablement pourraient représenter une source importante d’énergie produite ont une limitation, c’est que ça génère une énergie dans la journée et il faut pouvoir l’utiliser aussi la nuit, l’hiver… Actuellement, les stockages qui existent, ce sont les barrages, qui sont là non seulement pour contenir l’eau et générer de l’électricité, mais très souvent, ce qui arrive, c’est qu’on pompe l’eau d’une partie inférieure à une partie supérieure pour utiliser l’énergie en trop, on la stocke en déplaçant de l’eau sur une partie supérieure et ensuite, on peut récupérer ces énergies en faisant de nouveau couler l’eau vers le bas. Le problème avec les barrages, c’est que ce n’est pas très efficace. Si on pouvait disposer de ces fameux anneaux supraconducteurs, et que cette énergie électrique générée par les panneaux solaires la journée soit stockée dans cet anneau, on aurait un énorme courant qui tournerait indéfiniment dans cet anneau. On pourrait imaginer que ce n’est pas grave, une fois que l’anneau tourne, l’énergie est bien stockée. Il y a plusieurs problèmes. D’abord, il ne faut pas oublier qu’il faut les refroidir, ce qui va consommer de l’énergie parce qu’il faut maintenir cet anneau à basse température, mais on peut le maîtriser. Après, il y a effectivement tout l’aspect de comment injecter, comment récupérer ce courant qui reste encore à être améliorer. Mais je pense que le besoin que l’on va avoir dans le futur pour stocker toutes ces énergies solaires et éoliennes vont remettre un peu plus d’intérêt sur l’utilisation de ces fameux anneaux pour pouvoir stocker cette fameuse électricité générée et pouvoir la redonner quand les gens en ont besoin, la nuit ou pendant l’hiver. Je pense qu’il y a encore un potentiel encore inexploité, mais de nouveaux, on est encore confronté à une technologie qui est quand même encore à l’état de prototype et avec beaucoup de questions qui doivent être résolues.

A. : Dans les autres applications qui existent déjà, on va visiter le CERN avec les auditeurs le 9 juillet prochain. On se demandait “qu’est-ce qu’on doit savoir de la supraconductivité pour comprendre le fonctionnement du LHC ? “. Typiquement, un accélérateur de particules, ça pourrait fonctionner sans supraconducteur ?

L.M. : Non. Probablement, des spécialistes vous trouveront des exemples, mais ce que vous allez voir au CERN, ces fameuses cavités supraconductrices (ils vous expliqueront). Il y a 2 aspects très importants à la supraconductivité utilisée au CERN. Premier aspect, il faut imaginer des faisceaux de particules qui tournent à très haute vitesse dans une sorte de petit tunnel en forme d’anneau de plusieurs kilomètres. Ces particules, il faut pouvoir les diriger à l’intérieur de cet anneau, si on ne fait rien, elles vont aller tout droit et taper les bords de ce tube. Il existe, à l’intérieur de ce tunnel, des aimants qui sont placés à distance régulière les uns des autres, et ces aimants permettent par leur champs magnétique de diriger les particules, et de les maintenir dans cet anneau sans qu’elles ne viennent toucher les bords de ce tube. Ces fameux aimants, ce sont des aimants supraconducteurs. Pourquoi ? Parce qu’ils doivent générer un très fort champ magnétique et on veut pouvoir insérer un énorme courant. Si on n’avait pas les aimants supraconducteurs (comme j’ai dit, quand on passe un courant dans un conducteur normal, il y a du frottement, de l’énergie est dissipée), si on veut passer un fort courant, ce qu’il se passe c’est que ça va générer tellement d’énergie qu’un aimant normal commencerait à chauffer à une telle température que ça poserait des problèmes. Alors que si on utilise un aimant supraconducteur, on peut placer un énorme courant à l’intérieur de ce supraconducteur, qui génère un énorme champ magnétique à l’extérieur et c’est beaucoup plus intéressant. Au CERN, vous allez trouver des centaines d’aimants supraconducteurs qui sont placés tout le long de l’anneau pour pouvoir constamment orienter et diriger les particules. Ça c’est la première application de la supraconductivité dans ces fameux anneaux…

A. : Et puis il y en a une deuxième, donc…

L.M. : La deuxième, j’ai sorti le mot juste avant, c’est l’accélérateur. On dit aussi un accélérateur de particules, parce que ses anneaux non seulement guident mais aussi accélèrent ces particules à des vitesses qui sont très élevées. Pour pouvoir accélérer ces particules, on utilise des cavités supraconductrices. Ce sont des cavités très particulières qui vont pouvoir donner une sorte de coup de pied où je pense à ces particules (rires…), donc ça va pouvoir donner une accélération… Il faut imaginer ces fameux aimants, et entre deux aimants, vous avez des cavités supraconductrices qui vont redonner de l’énergie aux particules. Ce sont des cavités assez compliquées qui ont une géométrie très particulière et qui sont formées d’un supraconducteur et sont refroidies elles-mêmes à très basse température. Finalement, ce qu’il faut savoir, c’est que les expériences du CERN sont de grandes utilisatrices de la supraconductivité. C’est vraiment un outil indispensable pour atteindre des performances aussi élevées. Pour le CERN, ça montre aussi que la supraconductivité, même si elle n’a pas encore atteint le quotidien des gens, est depuis de très nombreuses années, utilisée dans des applications qui nécessitent soit une détection magnétique, comme on a mentionné dans les systèmes de résonance magnétique et de détection par imagerie pour les hôpitaux, soit dans les systèmes d’accélérateurs à particules comme le CERN, qui eux ont, depuis longtemps, compris l’importance que la supraconductivité pouvait avoir pour leurs besoins scientifiques.

A. : Olivier Tripet est venu en renfort avec quelques questions. Petite parenthèse, merci Olivier, c’est lui qui nous a mis en contact. Il connait manifestement le sujet mieux que nous, il propose que tu nous parles un peu des squids, et de leur utilisation.

L.M. : Donc, les squids, ce ne sont pas des poissons exotiques que l’on trouve dans la mer, ce sont des applications très particulières des supraconducteurs qui vont un peu dans le sens de ce que j’ai déjà mentionné avant, donc la détection des champs magnétiques. Un squid, c’est une géométrie très particulière. En fait, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais on parle beaucoup de physique quantique. La supraconductivité trouve son explication dans cette fameuse théorie initiale qui est limitée pour expliquer ce qu’il s’est passé récemment avec les nouveaux matériaux, mais la théorie initiale qui a pu expliquer cette découverte il y a 100 ans sur la supraconductivité est une théorie quantique. Quand on dit “quantique”, ça veut dire que cette fameuse paire qui se forme entre deux électrons a un état quantique. C’est un état très particulier de la matière, et cet état quantique a différentes propriétés. On a déjà mentionné cet état à refuser des champs magnétiques en son sein. Une autre propriété, c’est justement de pouvoir avoir une très grande sensibilité aux champs magnétiques : les matériaux supraconducteurs réagissent très fortement en présence d’un champ magnétique. En les observant de très près, on peut détecter un champ magnétique présent à l’extérieur, parce qu’on sait que qu’ils détestent avoir un champ magnétique en leur sein. C’est un détecteur idéal, c’est un peu comme un chien qui va aboyer dès qu’il sent une truffe. Notre matériau supraconducteur va réagir dès qu’il sera mis en présence d’un champ magnétique. Les squids sont finalement l’utilisation de ces fameuses propriétés de sensibilité extrême aux champs magnétiques, pour pouvoir dire finalement, si j’ai un matériau dont je veux connaitre les propriétés magnétiques, je vais le placer très proche des squids supraconducteurs, qui vont réagir extrêmement fortement dès que le matériau change ses propriétés magnétiques. Quand j’étais aux Etats-Unis, on utilisait une petite machine qu’on appelait effectivement “Squid” et on plaçait nos échantillons du matériau qui nous intéressait, dont on voulait étudier les propriétés magnétiques. Le “Squid” nous permettait de mettre en évidence de manière extrêmement fine tout changement dans les propriétés magnétiques de l’élément que l’on voulait mesurer. Une des applications, naturellement, c’est la détection des champs magnétiques, par exemple, on veut mesurer ce qu’il se passe dans le cerveau des gens, mais pour ça, on ne veut pas ouvrir la boite crânienne. On va donc mesurer les champs magnétiques générés par les courants qui circulent dans notre cerveau. Avec des détecteurs extrêmement perfectionnés, qu’on place sur la tête (ces fameux squids), on peut avoir une sorte de carte qui permet de recomposer l’activité du cerveau, si une partie du cerveau est plus active qu’une autre. Çà permet de déterminer comment fonctionne notre cerveau.

A. : Excellent. Elle est vraiment partout cette supraconductivité, même là où on s’y attend le moins. Olivier Tripet nous posait encore une autre question. C’était la question des sciences dans la Silicon Valley. Notre invité d’il y a 15 jours, Pierre Kerner qui est chercheur en biologie et génétique évolutive, cassait un peu nos idées reçues en nous indiquant que faire de la recherche à New-York n’était finalement pas beaucoup plus facile qu’à Paris. Toi, tu as fait le même genre d’expérience, Genève-Californie, même combat ?

L.M. : Oui, effectivement. Je pense que le gens ne se rendent pas toujours compte, et moi-même je dois admettre que quand j’ai fait mes études à l’Ecole Polytechnique, puis ensuite à l’université de Genève, je n’avais pas du tout une idée précise de comment se passait la recherche dans d’autres endroits, et quand je suis arrivé dans la Silicon Valley, j’avais tellement une image romantique de la chose en pensant que les universités là-bas sont encore mieux équipées que celle que j’avais quittée en Suisse. Ce n’est pas le cas. En fait, on doit se rendre compte que la Suisse est extrêmement généreuse et a vraiment apporté beaucoup de soutien aux chercheurs, ce qui fait qu’on ait une recherche d’aussi bonne qualité. Quand je suis arrivé à l’université de Stanford, je dois admettre que c’était un peu un choc pour moi de voir l’état des laboratoires qui étaient beaucoup plus vétustes souvent, pour lesquels, parfois, les gens devaient vraiment construire eux-mêmes les appareils depuis zéro, alors qu’en Suisse, on avait la possibilité de pouvoir les acheter directement. C’est là que, pour quelqu’un qui a vécu en Suisse comme moi, c’est un choc de voir que, dans des endroits aussi prestigieux que Stanford, finalement, la science est presque plus difficile à faire qu’en Suisse. Ce qui, finalement, permet de relativiser les choses, on se rend compte que, au-delà de la qualité du matériel, c’est aussi la qualité de gens qui joue. Ce qui était intéressant, c’est de voir aussi des gens capables de construire eux-mêmes leurs appareils, de travailler sur des choses très basiques mais pour lesquelles ils avaient une énorme compréhension du détail alors que, peut-être, en Suisse, on avait trop facilement le réflexe d’acheter un équipement qui allait faire la mesure sans savoir exactement ce que cet équipement avait dans ses entrailles, pour pouvoir connaitre exactement, lorsqu’on faisait sa mesure, jusqu’où on pouvait arriver. Je pense que c’était pour moi un message très clair qui disait : “Les gens qui sont en Suisse doivent se rendre compte que leurs conditions de recherches sont exceptionnelles et il faut vraiment en profiter au maximum”. Mais ça ne veut pas dire que si on va à l’étranger, on va être confronté à des problèmes. On a la chance de pouvoir avoir une autre approche à la recherche qui était plus “celui qui va bricoler les choses qui va essayer de comprendre le processus à fond”, parce que quand on n’a pas les moyens de s’acheter l’appareil qui va résoudre telle ou telle mesure, il va devoir le prendre sur lui-même. Je pense que c’est une très belle expérience parce que, ces grandes universités américaines ont une très grande capacité à attirer des talents, et donc de pouvoir créer des équipes qui sont extrêmement talentueuses, avec des gens qui ont des compétences dans différents domaines. C’est une expérience similaire, je ne dirais pas que c’est meilleur ou moins bon, mais je pense que pour tout scientifique, c’est extrêmement simple de pouvoir aussi s’adapter dans des environnements qui ne sont pas toujours les mêmes.

A. : Oui, alors effectivement, ce sont encore des idées reçues comme ça qui giclent pour nous. Intéressant. Et puis, peut-être que la différence se trouve au niveau des relations entre l’académie et l’industrie. C’est peut-être un peu ça que tu as pu aller chercher là-bas et ramener ici ?

L.M. : Tout à fait. C’était le second choc après avoir vu la vétusté des laboratoires, mais peut-être pas vétusté, parce qu’ils étaient quand même bien équipés, mais disons le fait que, pour monter son équipement de mesure “from scratch”, comme on dit. L’autre choc, pour moi, il faut dire que c’était il y a 15-20 ans, c’était de me rendre compte à quel point il y avait une proximité, un échange constant entre l’aspect académique et les entreprises qui se trouvaient pas loin. J’ai eu la chance de pouvoir vivre dans ce système pendant 3 ans, moi-même passer de l’aspect académique à une société qui a été créée par le système Ford, que j’ai mentionné plus tôt qui s’appelle “Conductus”, qui recherche des applications pour la supraconductivité, et je pense que ça a été pour moi un choc parce que j’ai quitté la Suisse avec de très bons labos de recherche, aussi bien l’EPFL qu’à l’Université de Genève, mais avec peu d’interaction et de commercialisation de ces découvertes qui étaient extrêmement belles, je dirais. Il n’y avait pas du tout ce volet parallèle à la recherche qui est de dire “Mais y a-t-il des applications ? Pouvons-nous faire quelque chose avec ces applications, commercialiser nos découvertes ?”, alors qu’à la Silicon Valley, c’est quelque chose de naturel. On baignait là-dedans, on quittait Stanford, on allait juste boire un café ou un verre dans la ville d’à côté, et les gens ne parlaient que ce ça, de la prochaine compagnie qui allait être créée à partir de telle ou telle technologie. Je dois admettre que j’ai vu beaucoup de suisses arriver comme moi, avec une formation scientifique mais pas grand-chose d’autre dans leur cartable, se retrouver après quelques années ou quelques mois, je dirais pas des entrepreneurs mais des gens qui commencent à réfléchir à toute l’implication que leurs recherches peuvent avoir, les possibilités de développer des applications commerciales, et je pense que c’est ça qui m’a aussi convaincu de rentrer en Suisse, pour me dire que, finalement, cette recherche de si haute qualité, il fallait contribuer non seulement à la recherche mais aussi à son application et au développement du transfert de technologiques. J’ai eu la chance de pouvoir interagir avec toute sorte d’environnement dans la Silicon Valley, que ce soient les investisseurs, ces fameux “capital riskers” qui investissaient là-bas dans les compagnies, il y avait aussi la possibilité de pouvoir visiter des sociétés. J’ai travaillé un peu comme consultant pour ces mêmes “capital riskers” et donc j’ai pu moi-même évaluer le potentiel commercial de certaines sociétés qui développaient des nouvelles technologies. J’ai apporté plutôt une validation scientifique à cette époque-là. Tout ça était extrêmement profitable pour moi pour pouvoir me convaincre de l’importance que tout cela représente dans un environnement de recherche de pointe comme l’est Stanford, mais comme l’est aussi l’EPFL et l’Université de Genève.

M. : Je ne veux pas être rabat-joie, on pourrait en parler des heures, mais on s’était juré de ne pas dépasser l’heure pour cette émission. On a dit qu’on n’allait pas te retenir trop longtemps non plus, parce que je crois que tu es occupé…

L.M. : Oui, j’ai d’autres obligations, mais je peux répondre encore rapidement à une ou deux questions si elles ne sont pas trop longues…

M. : Je ne sais pas si Professeur Von, tu as encore quelque chose à rajouter ?

A. : Juste, pour bien situer aujourd’hui, tu es carrément passé de l’autre côté de la barrière. Tu ne fais plus du tout de recherche ?

L.M. : Non. Juste pour terminer la boucle, puisque j’ai pu parler de ce qu’il s’est passé là-bas, après 3 […] [NdT : Coupure du flux audio] en développement de transfert technologique en Suisse, qui était un sujet qui commençait à devenir de plus en plus important, j’ai eu la chance de rencontrer un suisse expatrié à Stanford, qui était en activité dans les transferts technologiques depuis de nombreuses années, et qui m’a convaincu, qui est devenu mon mentor, si on veut, et qui m’a dit : “Rentre en Suisse, c’est une période absolument exceptionnelle qui va s’ouvrir en Suisse, parce que toute cette belle recherche va trouver de plus en plus d’applications et les gens comme toi vont contribuer aux transferts technologiques”. J’ai quitté un peu à contrecœur, j’y suis resté 3 ans mais l’appel du large, le retour à Genève, j’ai créé cette structure, qui s’appelle Unitec, qui a actuellement 12 personnes, et dont l’activité principale n’est plus de faire de la recherche, mais nous accompagnons les chercheurs, nous les aidons, à évaluer le potentiel commercial de leur découverte. Donc, on a la chance et le privilège de pouvoir interagir avec non plus un seul ou deux professeurs lorsqu’on fait de la recherche, mais à l’ensemble des professeurs de l’Université de Genève. Je ne dis pas qu’ils sont tous à notre chevet, mais chaque personne dans mon équipe a probablement une vingtaine ou une trentaine de professeurs avec lesquels ils interagissent régulièrement, et on a aussi le mérite d’interagir avec eux lorsqu’eux font des découvertes. Ceux qui connaissent la science savent que c’est beaucoup de travail et rarement des découvertes ou des résultats positifs. On a la chance d’être constamment en contact avec de nombreux chercheurs, chaque fois qu’ils font des découvertes. C’est très intéressant, des gens très enthousiastes. Mais naturellement, il faut évaluer, on doit les aider à dire si ces découvertes sont intéressantes, mais malheureusement, je ne pense pas qu’on arrivera à trouver en transfert technologique une compagnie existante, avec une startup à créer. On est beaucoup plus dans un mode où notre travail est de mettre une sorte d’évaluation, de pouvoir aider les chercheurs à mieux appréhender les applications potentielles de leur recherche et, si on se rend compte que c’est intéressant, de les accompagner dans la recherche d’un partenaire, dans la négociation des conditions de transfert, et dans tout le suivi. C’est un travail un peu particulier, une profession qui prend pas mal d’essor en Suisse et en Europe, de gens comme nous qui ont une formation mixte, science, recherche, mais également l’aspect juridique, l’aspect management et business. C’est un joli parcours où l’on peut évoluer au sein des scientifiques, mais aussi au sein de business… Il faut donc des gens qui soient capables de travailler le matin avec des scientifiques au niveau recherche, et l’après-midi avec des businessmen, par exemple, en faisant des négociations par rapport aux conditions de transfert.

A. : D’où cette maitrise de la métaphore, ce sens assez exceptionnel de la vulgarisation. Tu as évoqué pendant toute l’émission des sujets assez complexes mais de manière extrêmement simple, en les rendant limpides. J’imagine que de faire la passerelle, de jongler entre ces deux univers en permanence, ça forge une certaine pratique, effectivement. Si on a le temps pour une ultime question, je promets que c’est la dernière….

L.M. : Oui oui, allons-y, pas de problème…

A. : Quelles sont les technologies chaudes du moment, hormis la supraconductivité ?

L.M. : Sans trahir de secret d’Etat, puisque certaines technologies doivent être protégées, on n’a pas parlé des brevets, mais qui est un élément important pour pouvoir protéger certaines découvertes avant de pouvoir en parler et éviter que quelqu’un d’autre les pique, je dirais que dans notre métier, à l’Université de Genève, on a beaucoup d’activité dans les sciences de la vie, on a beaucoup parlé des matériaux, mais on a aussi beaucoup de choses qui ont lieu, des jeunes qui font des découvertes autour des traitements du diabète, du SIDA… On a la chance de voir les choses qui sont en train d’arriver, pour lesquelles on espère, et je dis bien “on espère”, parce qu’il ne faut pas donner de faux espoirs aux gens, mais on est dans un stade où on voit des découvertes qui ont lieu, par exemple, dans le traitement du diabète où, pour vous donner un exemple, des chercheurs permettent de comprendre certaines raisons du diabète, de pouvoir offrir une potentielle façon de les guérir, même si encore je dois dire avec beaucoup d’attention, ce n’est pas encore quelque chose qui puisse être réalisé. Il y a encore beaucoup de recherches qui doivent être faites mais, on voit vraiment les prémices de découvertes qui pourraient amener, dans 5 ans ou 10 ans, les traitements du futur. On a la chance de pouvoir travailler dans ces environnements qui vont peut-être façonner ce qui va arriver sur le marché d’ici 5, 10, 15 ans. Moi, je reste toujours très prudent, et toujours un peu sceptique quand je vois dans la presse l’utilisation du conditionnel (“on pourrait imaginer telle application, on pourrait imaginer tel traitement, on pourra [NdT : là, c’est du futur 🙂 ] guérir les gens de paralysie, on pourra [NdT : Encore du futur] leur donner de nouveau la possibilité de marcher…”). Je pense qu’il faut être très prudent parce qu’il y a des gens qui ont des problèmes graves, et qui espèrent, et je crois qu’il ne faut pas les décevoir, il faut être cohérent avec eux. Il y a énormément de choses qui se font, il y a énormément de découvertes qui ont lieu, mais beaucoup de ces découvertes, malheureusement, dans leurs développements, aboutissent à une impasse, ou quelque chose n’est pas possible pour des raisons que l’on ne connaissait pas au départ. Même si je peux garantir que beaucoup de choses ont lieu à l’Université de Genève, en tout cas, c’est ce que l’on voit tous les jours, je ne peux pas dire aux gens qu’on va les guérir du diabète ou du SIDA. Par contre, on peut dire qu’il y a un effort et que l’on est optimiste, qu’en voyant toutes ces découvertes, il y en a bien une ou deux qui vont probablement, d’ici 5 ans, d’ici 10 ans, aboutir à des traitement importants, qui auront un impact non négligeable sur la société. C’est aussi pour ça qu’on travaille, ce n’est pas pour faire de l’argent, comme beaucoup le pensent. On n’est pas des agents d’université pour récupérer de l’argent sur le dos des autres compagnies. On est là pour permettre à des découvertes qui le méritent de pouvoir être transférées vers des entreprises qui, elles, vont faire tout ce travail de validation, et qui aboutiront, on espère dans 5 ans, dans 10 ans, à des traitements qui pourront sauver des vies, qui pourront guérir, qui pourront améliorer la qualité de vie de nous-même, finalement, de toi, de moi, de ceux qui nous écoutent. Il y a cette volonté de faire partie d’une chaîne d’innovation. La Suisse est un pays exceptionnel pour ça et je pense qu’on a la chance de pouvoir contribuer à cet effort qui est fait par beaucoup de gens, du scientifique à nous, jusqu’aux médecins qui appliquent ça. C’est toute une chaîne vertueuse, qui nous anime.

A. : On continuerait pendant des heures, on sent la passion, c’est génial. Tu aurais des milliers de choses à nous dire. On va en rester là pour cette fois…

M. : Merci infiniment pour toutes ces explications et cet entretien. Très intéressant.

L.M. : Je vous souhaite une très bonne continuation, et une bonne visite au CERN. Vous profiterez de bien regarder les supraconducteurs lorsqu’ils seront devant vos yeux. Vous poserez des questions pour bien comprendre où ils se trouvent et pour les voir réellement devant vous !

M. : On ne manquera pas de chercher les aimants qui dirigent les particules.

A. : On les regardera d’un tout autre œil ! [Rires] Merci infiniment Laurent !

 

Cette interview a été diffusée au cours de l’épisode 41 de Podcast Science.

Hilbert

Ce dossier a été publié par Nico dans l’épisode #173 de Podcast Science.

Le grand mathématicien Klein, après avoir obtenu la plus prestigieuse marque de reconnaissance allemande, le “Geheimrat”, insistait toujours pour se faire appeler par ce titre. Comment donc Hilbert, dont nous allons parler dans ce dossier, préférait lui se faire appeler? un de ses anciens étudiants répondit simplement : “Hilbert ? Il s’en fichait. Il était le roi. Il était Hilbert.”

En effet de son vivant, Hilbert était déja connu, il était même déjà une légende et aujourd’hui encore il fait parti des plus grands mathématiciens de l’histoire. On va tâcher dans ce dossier de comprendre pourquoi.

Je vais avoir du mal à vous parler de tout ce qu’a fait Hilbert mais on va tâcher de présenter quelques uns de ses travaux au fil desquels j’espère que vous apréhenderez mieux le personnage. Hilbert est né en 1862, il enseigne d’abord à Koninsberg puis à Gottingen où il finira sa carrière. C’est dès ses 28 ans qu’il publie son premier résultat important, la résolution du problème de Gordan en théorie des invariants.

Problème de Gordan

Gordan
Gordan (Image wikipedia)

En mathématique, une fois un repère défini, on utilise souvent une équation pour représenter une courbe. Si l’on change de repère, l’équation change alors que l’on a toujours à faire à la même courbe. La théorie des invariants consiste justement à étudier ce qui ne change pas en changeant de repère, les caractéristiques propres de la courbe en somme. En 1868, Gordan montre un premier résultat important dans ce domaine et pendant 20 ans, personne ne parviens à aller plus loin jusqu’à ce qu’Hilbert publie ses résultats. Si le résultat fait polémique à l’époque, ce n’est pas tant pour son résultat que je ne détaillerai pas ici (et qui vaudra plutôt à Hilbert d’entrer de manière fracassante sur la scène mathématique) mais plutôt pour l’originalité que prend ce résultat.

En effet car bien que son travaille démontre l’existance d’une solution à un problème bien précis, il ne donne aucun moyen de trouver, de fabriquer, cette solution. C’est une démonstration d’existence pure tels seuls les mathématiciens ont le secret : “C’est possible, je l’ai démontré, mais je n’ai aucune idée de comment faire dans la pratique!”.

Gordan, qui a donné son nom au problème, annonce même que “ce n’est pas des mathématiques mais de la théologie!”. Les débats ne durent pas longtemps car trois ans plus tard, il trouve une preuve qui permet de construire la solution, tout le monde est donc content.

Dans sa preuve “non constructiviste”, Hilbert étudie en fait les choses de manière très générale, très abstraites. Il prend un jeu d’hypothèses, certes respectées par les invariants mais aussi par plein d’autres objets et on n’a finalement pas besoin de préciser ce qu’ils sont et il en déduit des propriétés dont celle finalement qui fait le sujet de l’article. En fait, sa théorie est beaucoup plus générale et le résultat sur les invariants n’en est qu’une petite partie, tellement annexe qu’elle ne porte pas le nom de théorème mais de “lemme”.

En mathématique, il y a une sorte de hiérarchie des résultats. Quand vous êtres très fier d’un résultat et qu’il vous a demandé beaucoup de travail, vous appelez ça un théorème. Ce que vous déduisez directement d’un théorème, vous appelez ça un corollaire. Enfin, un résultat intermédiaire, le plus souvent technique et/ou pas passionnant, on appelle ça un lemme…

Cette perspective abstraite et l’article suivant donnant une construction marquent la fin des principaux résultats de la théorie des invariants et ouvrent le nouveau domaine de l’étude de ces objets abstrait dont les invariants sont un exemple parmi d’autres. Hilbert conclut alors que “les buts les plus importants de la théorie concernée par les invariants ont été atteints” et annonce qu’il quitte définitivement la théorie des invariants… veni vidi vici!

Mine de rien, ce premier résultat important porte déjà la plupart des marques de Hilbert. D’abord son coté “bulldozer”, à savoir qu’il s’intéresse à un domaine et résout tout ce qu’il y avait à résoudre. Ensuite, sa résolution ouvre, comme souvent, nombre de nouvelles questions et champs mathématiques. Enfin, il raisonne en toute abstraction, sans forcément nécessiter un certain lien avec le “réel”.

Axiomatisation de la géométrie

Euclid
Extrait des éléments d’Euclid dans l’édition d’Olivier Byrne (sans aucun doute la plus belle edition que vous pourrez trouver) [Image wikipedia]
Hilbert a donc quitté les invariants mais n’en a pas finit avec l’abstraction et part donc se rendre utile dans un autre domaine. Il s’attaque à l’axiomatisation de la géométrie. Pour vous replacer le sujet, les axiomes de la géométrie ont été définis par Euclide au 300e sciècle avant notre ère et n’ont plus trop été touchés depuis. Mais maintenant, au XIXe siècle, les axiomes d’Euclides ne sont pas assez précis et ont besoin d’un coup de jeune, c’est exactement ce que va faire Hilbert dans ses “Fondements de la géométrie”.

Son travail dans ce domaine est très bien illustré par une anecdote qu’il fit à ses élèves : “On devrait pouvoir parler en géométrie de tables, de chaises et de chopes de bière, au lieu de points, de droites et de plans”. En somme, Hilbert ne s’intéressent pas à ce que sont les objets “droite” et “plan”, il s’intéresse seulement aux propriétés qu’ils respectent. Le fait de savoir s’ils “existent”, s’ils sont représentatifs de notre monde ne l’intéresse pas pour construire son axiomatique. Il se contente alors pour seule définition :
“Nous pensons trois systèmes différents de choses. Nous nommons les choses du premier système les points […]. Nous nommons droites les choses du deuxième système […]. Nous appelons plans les choses du troisième système. […].
Entre les points, les droites et les plans, nous imaginons certaines relations que nous exprimons par des expressions telles que ”être sur“, ”entre“, ”congruent“. La description exacte et appropriée au but des mathématiques de ces relations est donnée par les axiomes de la géométrie”.

Il n’a donc pas besoin de savoir ce qu’est un “point” et ce que veut dire “être sur” pour définir et démontrer les éléments de sa géométrie, il lui suffit de supposer un certain nombre de propriétés entre objets et relations. Cela tranche tout particulièrement avec Euclide qui définit d’abord point et droite avant de poser ses axiomes. Les axiomes d’Euclide ne conviennent plus aux mathématiciens de cette époque, en particulier, ils acceptent mal l’axiome des parallèles, qui affirme que par un point extérieur à une droite, ne passe qu’une droite parallèle. Cet axiome parait bien compliqué au regard des autres et beaucoup sont persuadés qu’il découle des autres. En cherchant à démontrer qu’une géométrie ou cet axiome est faux est absurde, ils se retrouvent à créer des géométries certes étranges mais tout à fait cohérentes. Pire encore, Klein parviens à établir une construction qui démontre que s’il existe une incohérence dans sa géométrie non euclidienne, on peut trouver une incohérence similaire dans la géométrie euclidienne : aucune des deux n’est plus cohérente que l’autre!

Les deux types de géométries étant parfaitement cohérentes, on cherche alors à établir un lien avec la “réalité”, à savoir si le monde dans lequel nous vivons est euclidien ou non euclidien et arriver à cela, il faut reformuler les axiomes d’Euclide de manière plus simple et surtout par des formulations vérifiables par l’expérience. Comme pour les invariants, Hilbert prend une direction opposée, il cherche lui à séparer l’axiomatique de l’expérience!

Le fait de rendre plus “abstraite” cette géométrie a des conséquences essentielles. Si l’on prend par exemple la géométrie euclidienne que nous avons tous connu à l’école et qu’on lui ajoute quelques objets qui nous permettent de faire des mesures, on peut faire l’expérience suivante. Prenez une droite et un point. On peut chercher le point de la droite le plus proche de notre point. Et ce n’est pas qu’un délire de matheux, imaginez que vous n’ayiez le droit qu’aux points de la droite et que vous vouliez pourant représenter le point, vous allez chercher à faire au mieux, à trouver le point le moins différent. En fait ce point de la droite le plus proche du point extérieur est le projeté orthogonal, c’est à dire le point de la droite qui va permettre de former un angle droit.

Projection
si on a une droite (ici en rouge et qu’on appelera d) et un point extérieur à la droite (ici en bleu et appelé A). Si on cherche le point de la droite le plus proche de A, c’est le point P, aussi appelé projeté orthogonal. Il forme un angle droit avec la droite.

Alors jusqu’ici rien d’extraordinaire, vous l’auriez fait de vous même. Ce qu’apporte Hilbert à cet époque est en somme de dire que tout cela ne fonctionne pas qu’avec les “points” et “droites” usuels mais que l’on peut faire les mêmes choses avec tout objet qui respectent les mêmes propriétés. Rappelez vous mon dossier sur la transformée de Fourier. On avait des images, que l’on va appeler “points” et on cherchait à représenter cette image avec des rayures. Un type de rayures forme alors une droite et selon la position où l’on est sur la droite les rayures sont plus ou moins contrastées. Trouver l’image de rayures la plus proche de l’image de départ ne consiste à rien d’autre que faire la même opération : une projection orthogonale! La transformée de Fourier n’est rien d’autre qu’une projection orthogonale où les points seraient des fonctions et l’espace sur lequel on projette, un ensemble de fonctions bien particulières, les sinus et cosinus. Et pour avoir le droit de dire ça, il suffit de vérifier que l’on respecte bien les quelques axiomes.

Du coup, les géométries diverses et variées sont utilisées dans pratiquement tous les domaines scientifiques. La relativité par exemple se fait sur des espaces non euclidiens et ce n’est pas si étonnant quand on sait que Hilbert a développé une théorie similaire à la relativité au même moment et indépendamment d’Einstein. Hilbert néanmoins admettait sans problème qu’Einstein avait eu la meilleur approche, et que cela était sans doute du au fait qu’Einstein “n’avait jamais rien appris sur les mathématique du temps et de l’espace avant!”

Consistance, indépendance et complétude

Poser un jeu d’axiome est bien joli mais finalement sans rapport à la réalité, on pourrait croire qu’on fait ce que l’on veut et ce n’est bien sur pas le cas. Après avoir posé ses axiomes, Hilbert a travaillé à montrer leur non-contradiction. C’est à dire à prouver qu’il est impossible avec ces propriétés d’écrire une proposition contradictoire. Ce n’est pas un détail, car si on trouve un jour dans une théorie mathématique une contradiction, c’est toute la théorie qui s’effondre! Car à partir d’une simple contradiction, il est possible de prouver n’importe quoi… et son contraire. Il faut aussi montrer l’indépendance des axiomes, c’est à dire qu’on ne peut pas déduire un axiome donné des autres. Cette propriété n’est pas indispensable pour peu que l’on ai montré la non-contradiction mais des axiomes non indépendant voudrait dire qu’on en fait plus que le nécessaire et n’oubliez jamais que les matheux sont des flemmards!

Kurt Gödel (image wikipedia)

Avec Hilbert, un axiome n’est plus vrai car il traduit l’expérience mais car il s’inscrit dans un système consistant. Cela marque le début des mathématiques modernes et marque aussi un point de rupture avec les autres sciences dont on a souvent eu l’occasion de discuter ici. Ce changement a aussi une autre implication, en tuant le lien avec l’expérience, le problème de l’axiomatisation deviens un problème mathématique et, au même titre que les autres problèmes mathématiques, il pourra être étudié et mener à des démonstrations tel que le théorème de Gôdel dont nous allons reparler tout de suite.

Cette tâche sur les fondements de la géométrie n’est qu’un début d’une plus grande mission menée par Hilbert, le programme formaliste. Ce qui marque le début de cette nouvelle période est la découverte de paradoxes. Les paradoxes en mathématiques sont plus “graves” que dans bien d’autres sciences, ce sont des contradictions et, comme nous l’avons vu, une simple contradiction peut détruire la théorie. En physique, un paradoxe est une expérience non vérifiée par la théorie, il montre les limites de la théorie mais ne remet généralement pas en cause les résultats précédents : si ces expériences collaient avec la théorie par le passé, ça n’a pas de raison de changer maintenant que l’on a découvert une nouvelle expérience. Ainsi, la mécanique classique modélise toujours bien les mouvements des objets à faible vitesse même maintenant qu’on sait qu’elle modélise très mal les mouvements des corps à vitesse très proche de la vitesse de la lumière.

Parmi les paradoxes exprimés à cette époque (il y en a 3), le plus connu et le plus simple est celui de Russel. Il consiste simplement à considérer E, l’ensemble des ensembles qui ne se contiennent pas. Si E n’est pas contenu dans E, alors il est un ensemble qui ne se contient pas, donc nécessairement E n’appartient pas à lui-même. Or si E n’appartient pas à lui même, alors par définition E est dans E. C’est le moment où l’on commence à avoir mal à la tête, c’est normal, c’est un paradoxe logique et notre cerveau est fait pour interpréter la logique. On le connaît aussi sous le nom de paradoxe du menteur et il apparait même dans le jeu Portal 2.

Au dela même de l’axiomatique, ce paradoxe met en question toute la démarche mathématique. En effet, il convient de comprendre où tout cela cloche. A-t-on le droit de définir cet espace E? Si l’on a pas le droit, du fait de quelle propriété? Qu’à cela ne tienne, Hilbert à montré la direction avec son axiomatisation de la géométrie, il “suffit” d’axiomatiser les mathématiques, c’est le programme formaliste dont les prémisses sont énoncées dans une conférence célèbre en 1900. C’est dans cette conférence qu’Hilbert présente aussi l’avenir des mathématiques avec 23 problèmes qui doivent être résolus pour faire avancer cette science.

La guerre du fondement des mathématiques

Axiomatiser les mathématiques n’est pas une mince affaire, il consiste donc à définir tous les termes et relations que nous serons amenés à utiliser. Puis de donner des règles de déduction, et, histoire de ne pas perdre toute une histoire des mathématiques, tacher de faire cela en arrivant finalement à redémontrer tous les résultats existants mais en éliminant les contradictions…. rien que ça!

Deux grandes théories sont “touchées” par les paradoxes. La première n’est rien de moins que l’arithmétique (c’est la théorie qui permet de faire des aditions, des multiplications, etc.). Le problème avec l’arithmétique est que la théorie est la plus simple connue et donc est utilisée dans beaucoup d’autres. En particulier, Hilbert démontre que la consistance de son système de géométrie est équivalente à la consistance de l’arithmétique, on se doute bien alors qu’il ne pourra pas prouver la consistance de l’arithmétique par la même méthode…

Cantor [Image wikipedia]
la seconde est la théorie des ensembles de Cantor dont nous avons déjà parlé dans l’épisode sur l’infini et qui permet d’aboutir au paradoxe de Russel. Beaucoup des mathématiciens de l’époque n’appreciaient déjà pas cette théorie pour le moins étrange et ce genre de paradoxe n’arrangea rien et pousse à la naissance de l’intuitionisme. Les intuitionistes considèrent que cette théorie et ces paradoxes qui en découlent sont du à une utilisation abusive de logique abstraite qui pousse à une perte totale de sens. Ils proposent alors de se limiter à une logique dans laquelle on peut construire les objets, typiquement dans laquelle la preuve d’existance sans construction de Hilbert n’est pas une preuve. Ils refusent à titre d’exemple le principe du tiers exclu qui affirme qu’une proposition ou son contraire est vraie. Exclure le tiers exclu veut donc dire que l’on accepte que dans certain cas ni la proposition ni son contraire n’est vraie. C’est ce principe qui permet d’amener à beaucoup de preuves sans construction Rappelez-vous par exemple le dossier sur les algorithmes, on a démontré que tous les nombres réells ne sont pas calculables par un ordinateur. Grâce au tiers exclu, on peut en déduire qu’il existe un nombre non calculable par un ordinateur sans pour autant être capable de le construire! Finalement, la logique intuitioniste est sans doute la partie des mathématiques la plus facilement comprise/acceptée car se contraignant à chaque étape de pouvoir effectivement fabriquer les objets.

Mais comme on le voit ici, cette logique est plus restreinte que celle utilisée jusqu’alors et amène à se séparer de beaucoup de belles théories. En particulier, dans un monde intuitioniste, il faudrait dire au revoir à la théorie de Cantor, ce à quoi Hilbert s’oppose en affirmant le célèbre : “Nul ne doit nous exclure du Paradis que Cantor a créé”

La guerre est donc lancée et à l’époque c’est mal parti pour Hilbert et les formalistes, en effet, leur utilisation intensive de la logique amène à des paradoxes qui pourrait être évités en se limitant au programme intuitioniste.

Le programme formaliste

Hilbert, Bernays et Ackermann reprennent alors les bases et ils commencent par l’arithmétique la plus simple. ils commencent avec un signe | (vous pouvez appeler ça 1 si vous voulez), définissent l’addition, montrent des résultats en supposant des axiomes mais dans un premier temps restent dans une approche bien palpable : ils s’interdisent d’utiliser l’infini et tâchent à ce que chaque démonstration soit réalisable par une expérience. Cela veut dire par exemple qu’il s’interdisent de jouer avec l’ensemble de tous les nombres, car ils auront bien du mal à réaliser une expérience avec une infinité de termes. Cette première mathématique est appelée mathématique contentuelle et est en fait plus restreinte encore que l’intuitionisme et comme elle est basée sur l’expérience, elle parait évidente.

Sur cette base, les formalistes tachent alors d’intégrer les autres théories en s’autorisant une logique plus abstraite mais leur but est d’essayer de prouver, grâce aux mathématiques contentuelles que ce nouvel ensemble d’axiome est cohérent. Ils aimeraient aussi parvenir à construire un système complet, c’est à dire ou toute proposition (ou son contraire) peut être prouvée.

Ce programme aboutira finalement à un échec caractérisé par le théorème de Gödel, déjà vu dans le dossier de Robin. Godel tue tout espoir de parvenir à un tel résultat, avec une approche formaliste ou non. Il élimine aussi l’espoir des intuitionistes. En effet, Godel arrive à montrer que la théorie intuitioniste est parfaitement équivalente à l’arithmétique classique, si bien que contrairement aux apparences, les restrictions des intuitionistes ne permettent pas de rendre plus cohérente la théorie arithmétique, elles ne changent rien.

Au niveau formaliste, Gödel montre que l’on ne peut pas prouver la consistance d’une théorie au sein même de cette théorie, ainsi, le programme formalisme qui voulait justement parvenir à ce résultat est voué à l’échec. Le programme reste malgré tout important, d’abord Gödel s’est probablement interessé au sujet pour résoudre les questions du programme. Ensuite l’idée du formalisme reste importante et impregne encore aujourd’hui la pratique des mathématiques : les choses dont parle les mathématiques sont des symboles vides de sens, tant que vous savez comment les manipuler, cela vous suffit pour faire des mathématiques. Il n’a finalement qu’été prouvé qu’il fallait sortir de la sphère des mathématiques pour poser convenablement ses fondements.

Mais aussi…

Hilbert [Image wikipedia]
Hilbert ne s’est pas qu’intéressé aux maths. Il se tourne vers la physique dès 1912 pour présenter une théorie cinétique des gaz. Il considère qu’il faut faire une axiomatisation de la physique et pense que cela dit être fait par un mathématicien car il pense que maintenant “la physique est trop difficile pour des physiciens”. Ici comme souvent, il n’invente quelque chose de fondamentalement nouveau mais le simplifie et unifie plusieurs théorie utilisées à l’époque dans l’esprit d’une phrase qu’il prononça dans sa conférence de 1900 : “Une théorie mathématique n’est pas terminée tant qu’on ne l’a pas rendue si claire que l’on puisse l’expliquer à la première personne qui passe dans la rue!”. Il n’hésite pas non plus à dire qu’après avoir réformé les mathématiques, il s’attaque à la physique et quand il en aura fini il s’attaquera à la chimie qui à l’époque était, selon ses mots, “comme faire de la cuisine dans une école pour filles”. Comme nous l’avons déjà vu, en 1915, il produira une théorie de la relativité et il a eu une influence indirecte déterminante pour l’essor de la mécanique quantique. Il se trouve que les outils mathématiques de la mécanique quantique sont une application directe de la théorie des équations intégrales.s Pour autant, commençant à être âgé, il comprenait difficilement la mécanique quantique, expliquée par son assistant. Il dit un jour : “Je ne vois pas comment quelqu’un peut comprendre quelque chose à ce que se passe en physique ces jours. Même moi ne comprend tout ce que je voudrais dans les livres de physique. Et encore, quand c’est moi, si je ne comprend pas, je passe un coup de téléphone à Debye ou Born et ils m’expliquent…”.

Hilbert passera la plus grande partie de sa vie à l’université de Göttingen qui devint alors un des plus grand centres de la pensée mathématique au monde. Les meilleurs étudiants du monde étaient vivement conseillés de faire leur bagages et rejoindre cette université. Hilbert expérimentait durant ses présentations, plusieurs de ses élèves ont vu ses théories se construire au fil des cours, ils avaient l’impression de vivre la science en train de se faire (expression chère au Palais de la Dévouverte). Cet univers de réflexion et de découvertes mathématiques a imprégné élèves et professeurs et quand est arrivée la seconde guerre mondiale, la plupart, sauf Hilbert, ont du fuir l’université. Bien qu’ayant toujours refusé de faire une autre distinction entre personnes que le talent mathématique, Hilbert tenait à rester dans sa ville. Il a alors fini sa vie pratiquement seul pendant que ses anciens collègues et étudiants vivaient aux quatre coins du monde et diffusaient la pensée Hilbertienne dont tout mathématicien aujourd’hui porte un héritage.

La tombe de Hilbert avec la citation “Nous devons savoir, nous saurons”

Bibliographie

Pour préparer ce dossier, je me suis principalement aidé des deux livres suivants. A part ça n’hésitez pas à consulter les pages wikipedia dédiées à Hilbert et ses travaux dans la version anglaise de l’encyclopédie, elles sont très complètes.

  • “Hilbert” par Constance Reid : Livre très long qui raconte en détail la vie de Hilbert mais avec moins de détails ses résultats. Pour autant c’est le plus intéressant des deux pour ressentir l’effervescence de l’époque à Gottingen et avoir un aperçu complet sur la vie et l’oeuvre de Hilbert.
  • “Hilbert” par Pierre Cassou-Noguès : Ce livre tâche d’expliquer en détail le combat qui a eu lieu entre formalisme et intuitionisme et ce qu’ont apporté les résultats de Gödel. Par contre le livre fait dans l’efficacité, ce n’est pas romancé, cela peut déplaire…

Les OGM


Cette interview a été diffusée dans l’épisode 169 de Podcast Science.

Vous pouvez trouver un droit de réponse de Martial de Montmollin, à partir de 1h04 dans l’épisode 172.

Alan : Je vous propose qu’on commence l’interview après deux trois petites remarques en préambule. Alors, tout d’abord, je tiens à remercier chaleureusement Marc d’avoir accepté mon invitation. N’étant pas un spécialiste du domaine, du moins pas un expert au sens académique, je ne vous cache pas qu’il ne se sentait qu’une légitimité toute relative pour intervenir, mais il s’est laissé convaincre, il a quand même accepté de se prêter au jeu et je pense qu’on ne le regrettera pas. J’espère que lui non plus. Alors pourquoi est-ce que je l’ai invité ? Ben parce que de toutes les positions que j’ai pu lire ou entendre sur le sujet (le sujet des OGM donc) en français me semblaient systématiquement biaisées dans un sens ou dans l’autre. Marc est le seul penseur dont j’aie croisé la route qui se fasse taxer de pro-OGM par les antis et d’anti par les pros. Alors qu’il n’est probablement ni l’un ni l’autre et ne cherche qu’à défendre les principes même d’une science honnête.

Marc, j’ai vraiment hâte de creuser un peu tout ça avec toi. Et avant de démarrer, néanmoins, je souhaite encore adresser un tout grand merci aussi à notre ami Xavier Durussel qui a très volontiers infiltré les rangs des militants OGM, pour nous remonter quelques unes des oppositions que l’on peut y trouver. Très nuancées en l’occurrence, et bien documentées, ça va être un plaisir d’en parler. Et enfin dernière petite remarque en préambule, après j’arrête de vous emmerder avec les préliminaires, avant d’attaquer vraiment. Comme à chaque fois qu’on parle d’un sujet un peu touchy sur Podcast Science ben on se réserve les droits de modérer les commentaires éventuels qui suivront cette émission. Podcast Science vous le savez est un lieu de dialogue et d’échange mais pas de trolling ni d’insultes. Alors que vous soyez pour ou contre les OGM quelles que soient vos croyances, nous acceptons volontiers des discussions mais il faut qu’elle soit courtoises et argumentées et rien d’autre. Voilà après cet interminable préambule, je vous propose qu’on démarre enfin en commençant par présenter Marc.

Alors Marc, en quelques mots, t’es professeur de bioinformatique, tu enseignes à Lausanne à l’université de Lausanne, ici, en Suisse à l’UNIL. Tu diriges un groupe de bioinformatique de l’évolution, on mettra tous les liens dans les notes de l’émission. Alors, ce n’est pas le sujet de ce soir mais évidemment on est curieux on ne peut s’empêcher de te poser la question : la bioinformatique c’est quoi ?

Marc : Bonsoir, donc la bioinformatique c’est l’analyse de grosses quantités de données en biologie. Pour répondre à des questions de biologie donc typiquement  c’est des biologistes qui utilisent l’informatique, utilisent l’algorithmique, utilisent des statistiques aussi, des mathématiques pour répondre à des questions de biologie. Moi, en l’occurrence, c’est des questions  de biologie évolutive.

[à partir de ce point, les annotations dans la retranscriptions sont de Marc Robinson-Rechavi]

A : Ok, donc t’as absolument aucune espèce d’affiliation ni avec Monsanto, ni avec qui que ce soit. T’as pas d’affiliation ni dans le camp des pros, ni dans le camp des antis OGM, c’est juste ?

M : C’est juste. Je partage mon bâtiment avec des gens qui travaillent en biologie moléculaire des plantes, donc font des OGM, et je suis dans le département d’écologie d’évolution donc j’ai des collègues qui travaillent sur la biodiversité etc…

A : Ok, toi les OGM, on l’a dit, c’est pas exactement ta spécialité. Pourtant, t’as beaucoup écrit sur le sujet sur ton blog qui s’appelle tout se passe comme si. Pourquoi cet intérêt pour le sujet ?

M : Alors mon blog c’est pour parler de biologie et de science et donc, faut pas non plus éviter les sujets qui polarisent la société ou dont les gens discutent. Et je pense qu’en Europe de l’ouest, le problème principal qui est adressé à la biologie c’est la compréhension, l’incompréhension des OGM. Si j’étais aux Etats-Unis, je parlerais sans doute de créationnisme et d’évolution, mais ici, le problème principal, la discussion principale, c’est sur les OGM. Et en fait je me suis mis vraiment à bloguer là-dessus suite à l’affaire Séralini, quand il y a eu un article (je l’ai lu) c’est peu dire qu’il est de mauvaise qualité (j’aurais pas laissé passer ça comme un rapport intermédiaire de Master) et faisait autant de bruit, tout le monde en parlait et donc beaucoup de blogueurs scientifiques ont réagi là dessus, même des gens qui parlent pas habituellement de biologie ou d’OGM et comme il y avait beaucoup de réactions, je me suis intéressé au sujet et puis voilà.

A : Ok. Bon, alors ce soir on va aborder tout un tas de sujets, on va parler de génétique, d’évolution, de santé d’environnement, de faim dans le monde, de mentalités, de multinationales, de risques. Je compte sur toi, évidemment, pour qu’on parle avant tout de science. On va quand même commencer par travailler nos fondamentaux. Un OGM, c’est une notion qui correspondant à quelque chose ? Ça existe un OGM ? C’est quoi ?

M : Techniquement, ça existe, c’est-à-dire qu’un OGM c’est une façon de modifier la biologie, de travailler en biologie donc. Dans les années 70, quand ça a été inventé, on appelait ça l’ingénierie génétique, genetic engineering, gene engineering et il s’agit d’utiliser des outils de biologie moléculaire pour découper des gènes, les sortir de leur contexte et les mettre dans un autre contexte et les faire actif dans cet autre contexte. Donc ça peut être d’une souche de bactérie à une autre, ça peut être d’une espèce de bactérie à une autre, ça peut être d’une espèce de bactérie à une espèce de plante. Comme tous les êtres vivants partagent exactement la même structure de l’ADN, il n’y a aucun problème à le déplacer d’une espèce à une autre. Donc c’est ça qui fait la grosse différence avec les autres techniques, c’est qu’on n’a pas les même contraintes. On a les contraintes des techniques de biologie moléculaire mais pas les contraintes qui viennent de quelles espèces veulent bien se reproduire ensemble ou veulent bien s’hybrider.

A : D’accord. Parce qu’on pourrait se dire qu’en fait de la manipulation génétique on en fait via la sélection artificielle depuis au moins 10000 ans. Mais ce que tu dis c’est que là c’est un petit peu plus en fait ; on traverse la barrière des espèces.

M : Alors la barrière des espèces, on la traverse déjà depuis longtemps. En soi, les oranges c’est un hybride de mandarine et de pomelos, deux espèces différentes d’agrumes, mais c’est des espèces d’agrumes. D’accord ? Et il y en a beaucoup comme ça : le blé domestique est un hybride de plusieurs espèces d’herbacées qui ressemblent plus ou moins à du blé mais qui font des graines beaucoup plus petites et qu’on a sélectionnées au cours des générations pour faire du blé comme nous on le connait. Donc il y a beaucoup de cas où on a passé la barrière des espèces, mais en général entre espèces proches. Et puis ensuite dans la nature ça arrive assez fréquemment que la barrière des espèces soit passée. En fait la technique de base pour les OGM c’est d’utiliser le fait qu’une bactérie en particulier, agrobacterium, passe facilement ses gènes dans les plantes. Donc en fait on donne un gène à agrobacteirum et agrobacterium le passe à la plante. Et ça c’est quelque chose d’assez naturel. Et parmi les bactéries c’est très commun. C’est-à-dire que si vous étudiez des bactéries, il y a toujours 5%-20% qui viennent d’autres espèces, dans toute bactérie.

A : Ok donc finalement il n’y a rien de vraiment exceptionnel avec la technique. Est-ce que l’évolution n’est pas une grosse usine à OGM, d’une manière ou d’une autre ? C’est juste que là ça va plus vite, on sélectionne ce qu’on va faire, on peut cibler, on peut viser.

M : Une technique c’est un moyen de faire ce qu’on veut plus vite, plus efficacement, donc on peut comparer en chimie, quand on utilise des catalyseurs, c’est une réaction qui pouvait se produire thermodynamiquement mais la fait se produire plus rapidement. Donc c’est à peu près pareil que la catalyse. J’ai fait une fois un titre de billet de blog qui s’appelle : les OGM n’existent pas, là ou ils n’existent pas, c’est au sens du plus gros du discours public. C’est-à-dire, quand on dit des choses comme “les OGM vont résoudre la faim dans le monde”, “les OGM sont dangereux”, “les OGM sont mauvais pour la santé”, “les OGM détruisent la biodiversité”, c’est une technique pour bouger un gène d’un endroit à un autre. En soi, ça ne détruit pas de biodiversité, ce n’est pas bon pour la santé, ce n’est pas mauvais pour la santé. C’est comme avec la catalyse, on peut faire toute sorte de produits chimiques, des inoffensifs, des dangereux, des bons pour la santé. En soi, c’est abstrait, on peut faire tout ce qu’on veut avec. Donc dans le sens où c’est utilisé dans le discours public, non, les OGM n’ont pas un sens très fort. Ce n’est pas une catégorie qui a un sens et pour moi, c’est ce qui me gène le plus dans le discours public. On met dans une boite “OGM” des choses qui ne vont pas ensemble.

A : C’est intéressant comme point. Du coup, je me demande, aux Etats-Unis, on les appelle maintenant des GEO, à la place des GMO donc c’est les genetically engineered organism, c’est respectivement GEP et GEA pour les animaux et plus OGM, est-ce que ça contribuerait déjà à préciser un peu les choses ? Si on changeait comme ça les appellations, ou même pas tellement finalement on parle d’une espèce, de gros machin, gros concept en mélangeant tout.

M : Alors déjà je pense que du point de vue communication ce qui pose problème c’est le mot gène, ce n’est pas le mot modifié ou organisme. Il y a certains mots comme ça qui sont des mots qui alarment les gens, c’est comme nucléaire. Quand on a mis la résonance magnétique nucléaire à l’hôpital, on l’a appelé l’imagerie à par résonance magnétique.

A : On a viré le nucléaire

M : Le mot nucléaire a disparu. Pour les OGM peut-être qu’on aurait du faire ça au début mais maintenant c’est trop tard, maintenant si on change le nom personne ne va être dupe quand même. Donc maintenant si on appelle ça des “organismes améliorés magiquement” ça ne va pas marcher.

A : Ok et puis est ce que les labelliser peut éventuellement changer quelque chose ?

M : Alors c’est la grosse discussion aux Etats-Unis. Aux Etats-Unis, les OGM sont légaux, sont très utilisés, sauf quelques utopistes, la plupart des verts américains n’espèrent plus les enlever. Ils voudraient qu’ils soient labellisés pour que les gens ne les achètent pas. Alors, il y a beaucoup de combat là-dessus, beaucoup de mes collègues scientifiques aux Etats-Unis sont opposés à la labellisation parce que, comme je disais les OGM, ce n’est pas une catégorie qui a un grand sens. Donc, si on met ce label OGM, on va faire peur aux gens y compris sur des produits complètement inoffensifs et les rassurer sur un produit où il y aura écrit non OGM qui pourra être dangereux. Donc après il n’y a pas beaucoup de discussion là-dessus en Europe donc je ne suis pas très sur de ce qui serait la meilleure solution. Il me semble qu’on pourrait en profiter pour faire de la pédagogie, distinguer les types d’OGM c’est-à-dire qu’on pourrait dire “ça, ça a été fait avec un OGM dans lequel on a rajouté un gène venant d’une bactérie” dans ce cas là si vous ne voulez vraiment pas avoir d’OGM qui viennent d’autres espèces, vous le savez. Mais il y a des OGM dans lequel on n’a pas rajouté de gènes, parce qu’on peut faire tout ce qu’on veut avec la génétique. Donc il y a des OGM où on a juste éteint un gène qui était là. Ou on a bougé un gène ou on a multiplié un gène. Donc c’est la même espèce, on a bougé entre deux variétés de la même espèce. Par exemple comme le croisement qui fait l’orange. Juste plus rapidement. Donc si on avait une labellisation qui permettait de distinguer les OGM ce serait peut-être informatif parce que là, on pourrait voir. Ok, moi je ne veux pas, par exemple, manger de maïs qui exprime un insecticide. Par contre je veux bien celui qui résiste à un herbicide, parce que résister à un herbicide ce n’est pas que j’ai ajouté quelque chose je l’ai juste empêché d’être susceptible à l’herbicide. Ce n’est pas du tout la même chose que d’exprimer un insecticide. Donc je ne pense pas personnellement que le maïs qui exprime l’insecticide soit dangereux j’ai aucun problème à en manger, mais si des gens veulent pas en manger, ça, ça serait légitime. De l’afficher. Mais afficher juste OGM en général, ça n’a pas de sens.

A : Ca ne veut rien dire. Ok, bon tu as touché un point sensible, le mot génétique qui fait peur il y a un côté un peu mythe de Prométhée, on joue aux apprentis sorciers, non ?

M : Toute la science. Je veux dire le mythe de Prométhée c’est sur les humains qui prennent la connaissance des dieux. Donc toute la science, on fait ca maintenant. On est dans le monde, on a le choix entre ne pas comprendre ce qui se passe et subir, ou comprendre ce qui se passe. Moi, je suis scientifique, ce qui m’intéresse c’est de comprendre. Après il y a un domaine un peu séparé même si c’est lié, c’est l’ingénierie, donc quelque part le génie génétique, les OGM c’est de l’ingénierie. L’ingénierie c’est : j’utilise cette connaissance pour agir. Alors on pourrait se contenter de savoir et ne pas agir, en principe c’est possible. Quand on connait la solution qui peut aider et qu’on ne l’applique pas on peut aussi discuter que c’est peut être un tort. Que c’est peut être une non assistance quelque part. Si je connais la solution, si je suis capable de mettre des moteurs à essence dans les ambulances pour que ça aille plus vite qu’être tiré par des chevaux, que je le fais pas, j’ai peut être tort. D’accord même si les moteurs à essence c’est dangereux, ça pollue, ça coûte cher. Donc quelque part est-ce que si on a la solution, on a le droit de ne pas l’appliquer, c’est une question.

A : Est-ce que c’est vraiment la solution ? Parce que d’un autre coté ça fait un peu peur comme on l’a dit, il y a cette notion de principe de précaution. Dans ce contexte ça peut sembler légitime. On ne voudrait pas d’un nouveau scandale de l’amiante.

M : Alors sur l’amiante je ne suis pas spécialiste, d’après ce que j’ai compris ça faisait très longtemps qu’on connaissait les risques, simplement les gens n’étaient pas très prêts à agir. Et il y a aussi une composante sociale. C’est-à-dire dans tout ce qu’on fait il y a une balance risque/bénéfice qu’on accepte, quand on prend la voiture, on sait qu’il y a beaucoup de morts sur la route, pourtant on prend quand même la voiture pour aller plus vite. Il y a toujours un risque bénéfice. On boit du café, on sait que le café a un léger facteur de risque pour des problèmes cardiaques, on le boit quand même. Parce qu’on veut se réveiller. Donc je pense que dans notre société le rapport risque/bénéfice tel qu’il est perçu a changé avec le temps. Donc à l’époque où on a découvert le problème de l’amiante, on était beaucoup moins sensibles aux risques et beaucoup plus aux bénéfices. Donc le risque/bénéfice était perçu comme favorable au bénéfice. Et avec le temps, cette perception a changé. Bon. C’est comme je comprends les choses, je suis ni historien ni spécialiste de l’amiante. En tout cas, ce qui n’est pas le cas et que j’ai lu plusieurs fois c’est que les scientifiques auraient affirmé pendant 100 ans que l’amiante n’était pas dangereux à tort. Et sachant que c’était dangereux peut-être même. Ça c’est faux. On peut trouver des publications des années 1930 et même avant qui détaillent les risques. On savait comme pour le tabac, ça date des années 1920-1930 qu’on sait les risques. Simplement, globalement dans la société on n’était pas prêts à agir sur ces risques. Donc c’est suite à ce genre de problème qu’il y a le principe de précaution. Je ne suis pas juriste comme je comprends le principe de précaution c’est “stop quand quelque chose de nouveau, tant qu’on ne comprend pas on préfère par défaut ne pas avancer”. Et en fait les biologistes sont tout à fait sensibles à ça. Quand le génie génétique a été inventé dans les années 70 les généticiens se sont réunis ont dit “stop”, on fait quelque chose de complètement nouveau c’est la première fois qu’on peut découper un gène et le bouger, ils ont fait un moratoire, c’est les biologistes qui ont décidé de ce moratoire. Le temps de comprendre ce qu’ils faisaient et ils ont redémarré quand ils comprenaient ce qu’ils faisaient.

A : C’était quand ça t’as dit ?

M : Dans les années 70

A : Ok, ça a duré combien de temps ?

M : Ouh, faudrait que je vérifie, de l’ordre de grandeur 5 ans. [vérification : 1 an]

A : Ok.

M : Et quand les OGM sont arrivés sur le marché donc, pour la premières fois on a fait ça à grande échelle, moi j’étais étudiant en thèse de biologie. Moi je me suis dit attention, qu’est ce qu’il se passe, il faut comprendre. Surtout que je fais de la biologie évolutive, j’étudie les génomes, je sais par exemple que les gènes peuvent passer entre espèces alors que certaines personnes pensaient que c’était pas possible. Donc si on met un gène dans l’environnement et qu’il passe entre espèce ça peut être risqué. Donc je comprends parfaitement le fait d’être prudents quand ça arrive. Maintenant le principe de précaution tel que je le comprends ne dis pas : “toute technique qui existait pas du temps de mes grands parents ne doit jamais être mis en œuvre” et c’est un peu l’interprétation que j’entends des fois, c’est-à-dire que c’est bon, les OGM ça fait longtemps qu’on s’en sert, ça fait très longtemps qu’on s’en sert au labo, ça fait plus de 10 ans que c’est cultivé à grande échelle, c’est suivi comme aucune autre innovation, il y a aucune autre agriculture qui est autant suivie, il y a un monitorage pas croyable, y a des tonnes d’études qui avaient pour but de montrer qu’il y avait des problèmes et il n’y a pas de problème. Donc à ce niveau là je pense que le principe de précaution tel que je le comprends, je ne suis pas juriste, mais tel que je le comprends il ne s’applique pas, c’est-à-dire que c’est bon, on a l’information, il n’y a pas de risque particulier.

A : Ok, on reviendra là dessus après parce qu’on va discuter de qui finance ces études et de ce genre de choses et encore quelle est leur crédibilité.
J’aimerais qu’on commence par un volet santé. Quand on a d’éminents généticiens, je pense notamment à Pierre-Henri Guyon, qui nous disent qu’on ne peut jamais savoir ce qui va se passer quand on met un gène dans un nouvel environnement génique, il y a forcément un peu de vrai, non ?

M : Alors tout d’abord, Pierre-Henri Guyon que je respecte beaucoup comme généticien de l’évolution, il n’a aucune compétence en santé. Pour être clair, c’est quelqu’un qui est spécialiste de la génétique des populations des plantes, ce qui est très bien mais il n’a pas de compétences en santé, moi non plus mais je prétends pas. Ensuite c’est vrai que tout ce qu’on fait dans un monde complexe on ne sait pas tout ce qui va se passer, si on met de manière absolue, c’est-à-dire qu’on doit absolument savoir avec une certitude ou on ne sait pas, on ne sait rien. On revient à Descartes, je pense donc je suis, tout le reste je ne le sais pas. Mais on n’agit pas en fonction de Descartes d’habitude. On agit comme si on savait un peu plus que je suis. Donc on doit prendre en compte des proba finalement, on doit prendre en compte qu’est-ce qui est probable, qu’est ce qui est improbable et on fait un risque/bénéfice en fonction de risques probables ou de risques improbables, de bénéfices probables, de bénéfices improbables. On connait quand même bien la biologie moléculaire. C’est vrai qu’on ne connait pas tout ; j’étudie les génomes on découvre beaucoup de choses, mais quand on prend un gène qui fait une enzyme c’est ce que fait ce gène, c’est la fonction qu’on connait le mieux des gènes, de faire des enzymes. C’est ce qu’on étudie depuis les années 40. On le met dans un organisme, dans un contexte où il exprime cette enzyme, on vérifie au labo qu’il exprime l’enzyme et qu’il ne fait rien d’autre. C’est bon, à ce niveau là on sait que ce gène fait cette enzyme. Une enzyme, on sait ce que ça fait, ça catalyse une réaction chimique, ça fait pas des choses autres. Si on mettait un gène qui régule d’autres gènes, on ferait une cascade complexe, et je trouve cet argument un peu fallacieux parce qu’on fait tout le temps des mélanges dont on ne sait pas le résultat. J’ai eu une discussion il y a 2 ans sur twitter, sur quelqu’un qui était anti OGM et puis quand je clique sur le lien, son business c’est de vendre en France des plants de tomates sauvages du Pérou. Est ce que quelqu’un a déjà fait pousser des plants sauvages de tomates du Pérou en France ? Est ce qu’on sait l’effet, l’impact sur l’écosystème ? Est ce qu’on sait s’ils vont s’hybrider avec d’autres plantes ? Est ce qu’on sait s’ils vont se répandre dans la nature ? Est-ce qu’on sait ce qui va se passer quand les animaux de France vont les manger ? Ça a été étudié tout ça ? Ce truc qui vient avec 25000 gènes, c’est une plante qui n’a jamais été en France, pourquoi ça c’est bien et mettre une enzyme dont je sais quelle enzyme c’est, c’est dangereux ? Quand je mélange plusieurs ingrédients que j’avais jamais mélangé avant dans une recette ça n’avait jamais été mélangé avant. Je sais pas ce qui va se passer, je fais l’hypothèse de rajouter un peu de curry à ma sauce ça va pas me tuer, c’est des probabilités. Je le sais pas, je ne peux pas l’affirmer avec certitude, je n’ai aucune preuve que de rajouter un peu de curry à ma sauce ne va pas me tuer. Mais on accepte ce risque. Parce qu’on sait quand même assez, on a assez d’expérience sur le problème, c’est que mettre le curry dans la sauce, on en a tous l’expérience. De jardiner et de planter une tomate dans son jardin, tout le monde a soit l’expérience soit un copain qui l’a fait. On l’a vu c’est quelque chose dont on a l’expérience. La biologie moléculaire, c’est un domaine très récent, compliqué, et dont les gens n’ont pas l’habitude. Et dans les études de perceptions du risque, c’est clair que les deux facteurs principaux c’est : 1) est-ce qu’on se sent en contrôle, c’est pour ça qu’on n’a pas a pas peur au volant de sa voiture quand on prend un risque et qu’on a peur dans les montagnes russes quand on n’a pas de risque, c’est parce qu’on n’est pas en contrôle, et 2) est-ce qu’on a l’habitude, donc les gens ont beaucoup plus peur d’un truc nouveau que d’un truc qui existait. C’est pour ça qu’on voit José Bové, qui a peur des OGM, qui fume la pipe. Le tabac c’est mortel. Le tabac c’est un poison, c’est très mauvais. C’est beaucoup plus mauvais qu’aucun OGM. Je veux dire si on sortait le tabac aujourd’hui par génie génétique ça passerait pas la première étape des tests de validation ce serait interdit de le cultiver.

A : Espérons…

M : Ça couvre des millions d’hectares dans le monde, c’est un poison. Et ce qu’on fume et ce qui est mauvais pour vous c’est un insecticide, le tabac a développé ça pour tuer les insectes. Et des gens, qui ont peur d’une petite quantité d’insecticides, fument. Donc non, on ne peut jamais vraiment savoir mais on peut avoir des probabilités assez fortes et c’est forcément comme ça qu’on vit.

A : Ouais, et puis ce que tu dis c’est que il faut le tester finalement. Si on veut connaitre ces rapports coûts/bénéfices qui sont jamais nuls. Il ne faut pas qu’on s’interdise d’essayer au moins.

M : Oui. Alors les OGM sont testés. En fait c’est les seuls plantes testées. C’est à dire que je peux prendre une plante, l’irradier à la radioactivité pour créer des mutations, ensuite croiser les plantes irradiées entre elles, regarder les résultats et vendre les graines sans aucun test. C’est complètement légal. Je peux même le vendre en bio. Mais par contre si je prends l’OGM dont je sais quel gène je prends, je le mets dans une plante, là c’est un OGM, là il y a des tests, et il y a des tests extrêmement stringents. Et l’autre truc qui est assez surprenant c’est que beaucoup de gens anti OGM disent d’un côté il faut tester, il faut savoir ce qu’il se passe, mais quand on fait des tests ils les détruisent et là il y a quand même une contradiction. C’est à dire que si vous voulez qu’on teste les choses, faut pas détruire les tests. Et ça c’est une des choses, en tant que scientifique, moi comme tu disais au début, je ne travaille pas sur les OGM je n’ai pas personnellement des billes là dedans, mais en tant que scientifique quand des gens détruisent des tests scientifiques ça pour moi c’est inacceptable.

A : Ton sang ne fait qu’un tour.

M : C’est complètement inacceptable. Je veux dire, on n’a pas à détruire des tests scientifiques. On doit comprendre le monde pour pouvoir mieux y vivre et juste fondamentalement pour le comprendre. Et chaque fois, et la première action des faucheurs volontaires en France, avec José Bové c’était pour détruire un essai public, ce n’était pas Monsanto, c’était l’INRA le CIRAD. C’était financé par le contribuable et c’est ça qui a été détruit. Donc aujourd’hui il n’y a que Monsato qui fait des tests et Syngenta parce que c’est les seuls à avoir les moyens. On a mis des barrières administratives très très lourdes, donc il y a beaucoup de tests sécurités à faire et ceux qui ont les moyens de faire ces tests de sécurité c’est Monsato, c’est Syngenta. Ce n’est pas un laboratoire public. Ce n’est pas une startup. Donc on se trouve dans une situation qui finalement avantage ces groupes. Ils n’ont aucune concurrence. Monsanto domine le marché parce que personne d’autre n’a envie de s’embêter avec ces tests. Il n’y a certainement pas une startup qui va perturber le jeu. Si on avait mis des contrôles pareils sur l’informatique, on aurait encore IBM. Mais on n’aurait pas Microsoft ni Apple ni Google ni Facebook, (bon on pourrait se passer de Facebook). On n’aurait pas Doodle, on n’aurait pas Skype. Rien de tout ça, parce que si il fallait prouver par des tests très chers que chaque nouvelle outil informatique n’est pas dangereux, personne ne le ferait. Y aurait pas les startups de la Silicon Valley. Il y a pas de Silicon Valley des OGM parce que c’est impossible de démarrer les choses. Alors je ne dis pas qu’il ne faut pas tester du tout mais là on a d’un coté un test énorme pour les OGM et d’un autre coté aucun test pour le reste. Je peux hybrider deux plantes au hasard et vendre ça, c’est légal. Je peux prendre une plante du Pérou et la vendre en France c’est légal.

A : J’ai même lu qu’on pouvait faire des mutagenèses aléatoire, c’est un truc que je connaissais pas du tout.

M : Ça, c’est dont je parlais avec la radioactivité, soit la radioactivité, soit des produits chimiques. Donc la mutagenèse aléatoire donc tous les organismes vivants mutent en moyenne, nous deux qui nous parlons des deux cotés de la table on a 200 mutations qui nous séparent chacun de nos parents, nouvelles à chacun de nous. Tout le monde mute. Mais ces mutations il y en a pas tant que ça, sinon on survivrais pas et, en moyenne, elles se produisent dans des régions du génome qui servent à rien, qui sont pas fonctionnelles. Et les plantes c’est pire, les plantes ont d’énormes génomes avec plein qui ne sert à rien et donc dans la mutagenèse aléatoires ce qu’on fait c’est qu’on augmente le taux de mutations, en fait c’est les cancérigènes, parce que les cancers c’est des mutations et le cancer c’est quand vous avez des mutations qui font que vos cellules ne se régulent plus bien. Et dont on met des cancérigènes, ça fait des mutations, on le fait parce qu’on peut le faire avec plein de graines de plantes ou plein de levures par exemple c’est fait dans la bière, ou dans la levure de pain. On peut faire à grande échelle donc on peut virer ceux qui marchent ceux qui feraient des cancers etc… Et on garde ceux qui ont la propriété qu’on veut. Mais ceux qui ont la propriété qu’on veut, on le voit juste, on regarde la plante et on voit qu’elle nous plait mais on ne sait pas quels gènes ont été touchés. Et probablement le gène qui nous intéresse ou d’autres qui font la même chose ont été touchés et plein d’autres choses, on ne sait pas.

A : Mais c’est une technique très courante ce truc là ?

M : Oui.

A : Ah ouais?

M : Oui très courant.

A : Donc c’est très courant, c’est potentiellement assez dangereux puis ce n’est pas testé du tout et on en parle jamais.

M : Potentiellement dangereux. Un peu plus dangereux que les OGM mais pas très dangereux quand même.

A : D’accord.

M : Mais non c’est vrai qu’on en parle très peu. Parce que ça se fait depuis les années 60, 50 même et comme on en a l’habitude, ce n’est pas sur le radar.

A : Ouais c’est ça. Mais ceci dit les OGM on devrait en avoir un petit peu l’habitude aussi quand même. Bon en Europe c’est un peu différent mais aux Etats unis ça fait plus de 30 ans qu’on en bouffe et les américains ont leur problème, obésité tout ça, mais enfin ce n’est pas lié aux OGM. Si ça posait un gros problème de santé d’une manière ou d’une autre, aujourd’hui on le saurait, on a assez de millions d’individus qui sont concernés pour qu’on ait des chiffres.

M : Tout à fait. Je veux dire si il y avait un problème intrinsèque aux OGM, on l’aurait vu parce que les américains en mangent, que le bétail en mange, y compris le bétail européen parce qu’on importe des OGM, notamment du soja OGM pour nourrir les vaches suisses ou françaises. Mais il n’y a pas de raison, comme je disais toute à l’heure. Les OGM sont pas une catégorie qui fait sens. Il n’y a aucune raison mécanistique si je puis dire, aucune raison en sachant ce que c’est de penser que les OGM puissent faire un problème de santé. En soi, les OGM c’est le résultat d’une technique, mais cette technique on peut faire toute sorte de choses avec, je pourrais faire qu’un OGM exprime une plante qui produise du venin. Ce serait un peu débile mais je pourrais. Je pourrais aussi exprès vendre au marché des amanites tue-mouche mais personne ne le fait. Donc en principe on fait des choses qui sont pas mauvaises mais après pour les Etats-Unis, alors d’une part on voit que l’opposition aux OGM est beaucoup moins dominante qu’en Europe, d’autre part elle existe quand même mais on voit qu’il y a des études de sociologie et on peut les corréler avec toutes sortes d’autres théories du complot et opposition au monde moderne. Donc c’est les mêmes gens qui sont opposés au vaccin, qui pense que l’attentat du 11/09 c’était un complot etc. etc. C’est assez corrélé tout ça. [Note pour re-préciser le contexte de cette remarque : cela concernait spécifiquement l’opposition radicale aux OGM aux Etats-Unis, et c’est documenté, voir ici. Cela ne concernait pas tous les opposants aux OGM partout.]

A : Ok.

M : Donc, c’est des gens qui n’ont pas confiance dans ce qu’on dit officiellement et donc cherche une vérité alternative, vérité le mot est pas très bien choisi, cherchent une information alternative et puis pour beaucoup il y a cette (je sais pas comment dire en français) “fallacy”, erreur de logique qu’on a, naturaliste, de penser, si ça m’a l’air naturel c’est bon, si ça a pas l’air naturel ce n’est pas bon. A nouveau les études montrent que ce qu’on pense être naturel c’est ce qu’on connait depuis longtemps parce qu’il n’y a rien qui est naturel autour de nous, je veux dire aucune des choses qui sont dans vos jardins sont naturels.

A : C’est vrai, c’est peut être bien de le rappeler, les chiens et les chats sont le produit de la sélection naturelle, les carottes survivrait pas sans intervention humaine, les trucs qu’on croit être naturel comme le maïs. Je me rappelle d’une photo de téosinte sur SSAFT, le blog de Taupo, c’est une espèce de machin imbouffable, il a vraiment fallu des milliers d’années d’hybridation et de sélection artificielle avant que ça commence à ressembler à quelque chose. Mais c’est vrai qu’on y est tellement habitués qu’on a l’impression que c’est naturel.

M : Et c’est plus profond que ça, c’est-à-dire que si vous voulez trouver de la forêt vierge non touchée par l’homme, dite primaire, il ne faut pas juste aller au fond de l’Amazonie. Il faut aller le plus loin possible et faire encore trois ou quatre jours de trek. C’est à dire que même ce qui vous parait être de la foret vierge, là où vont les documentalistes, c’est quelque chose qui a repoussé après avoir été détruit par l’homme. Peut-être détruite il y a 100 ans, peut être il y a 200 ans mais qui n’est pas primaire. Il n’ y a plus de foret primaire en Europe. Aucune, on a tout détruit au moins une fois et toute la faune et la flore autour de nous, on a déjà modifié. Dans nos rivières d’Europe de l’ouest on a des carpes elles ont été introduites par les romains à partir d’Asie mineure.

A : Ça fait un moment qu’on joue avec le feu.

M : Et je vois des publicités, voilà c’est une canette d’une boisson toute naturelle. Euh à mon avis les canettes poussent pas sur les arbres, la boisson, les ingrédients ils se sont pas mis tout seul en sautant dans la nature, donc rien n’est naturel là dedans, le mélange est pas naturel le fait que ce soit une canette n’est pas naturel, donc la perception du naturel c’est complexe, c’est quelque chose pour les sociologues. Je ne sais pas mais en soi rien de ce qu’on mange n’est naturel sauf si vous décidez d’aller vivre au fin fond des bois et que vous mangez que des fruits que vous cueillez vous même, des fraises des bois mais bon courage pour passer l’hiver.

A : Ouais c’est probablement le meilleur moyen de mourir de faim. Ou de s’empoisonner. Ok, mais quand même si un OGM produit son propre insecticide, il est forcément mauvais pour la santé, enfin un insecticide c’est par définition toxique. Aussi pour l’humain non ?

M : Alors oui et non. C’est à dire que nous on n’est pas des insectes. Donc on est capable de faire des insecticides relativement spécifiques, quand on dit spécifiques c’est sur que les insectes sont des animaux nous on est des animaux c’est difficile de faire quelque chose qui va être très mauvais pour les insectes et absolument inoffensif pour nous. Ce qui va différencier c’est la dose. C’est-à-dire que nous on va tenir une dose beaucoup plus grande que l’insecte donc une petite dose va tuer l’insecte quand une grande dose nous tuerait. Quand une grande dose, pardon, ne tue pas. Mais ensuite on met toujours des insecticides, il n’y pas de culture, il n’y a pas d’agriculture sans insecticide. Ça n’existe pas. Alors comment on met l’insecticide et lequel on met, c’est ça la question. Quand l’insecticide est par l’OGM, on contrôle la quantité finement on en met beaucoup moins parce qu’il est là où on veut, si je pulvérise l’insecticide j’en mets partout, si je le fais OGM je le fais s’exprimer qu’il soit actif à l’endroit où l’insecte va manger. Et au moment où l’insecte va manger donc je peux en avoir moins plus tard, donc ensuite oui il y a un léger risque mais il faut aussi savoir que dans tout ce qu’on mange il y a un risque. Toutes les plantes qu’on connait, ça fait des centaines de millions d’années qu’elles vivent à coté des insectes, et que les insectes essaient de les manger, les plantes n’ont pas envie d’être mangées. Donc toutes les plantes ont développé des insecticides, toutes les plantes expriment des insecticides [Excellent article “Dietary pesticides (99.99% all natural)“] et en fait ces problèmes là, ils sont pas tant pour le consommateur, à partir du moment où vous avez une alimentation variée, il n’y a aucun de ces produits qui va s’accumuler en grande quantité chez vous et c’est pas très dangereux. Par contre les agriculteurs qui manipulent beaucoup les plantes ça peut être un problème, donc tous les ans il y a des dizaines d’ouvriers agricoles hospitalisés aux Etats-Unis parce qu’ils ont trop cueilli de pommes de terre céleri [Mea culpa ! voir ici], et que les pommes de terre le céleri produisent des substances dangereuses, c’est pas dangereux pour vous qui mangeaient des pommes de terre du céleri de temps en temps, mais c’est dangereux pour quelqu’un qui passe des mois à ne faire que ça, ceuillir du céleri des pomme de terre.

A : Mais donc là on ne parle même pas d’insecticide qu’on aurait rajouté.

M : Non non, là c’est naturel.

A : Ok.

M : C’est la pomme de terre le céleri qui veut se défendre contre les insectes. Et l’ouvrier agricole est une victime collatérale. Mais toutes les plantes font ça, le tabac c’est un insecticide qu’il produit, mais c’est très courant. La caféine, c’est un insecticide.

A : Absolument.

M : La caféine que nous on apprécie; et toutes les plantes se défendent contre les herbivores. Et nous quand on dit herbivores on pense vache mais du point de vue d’une plante; le plus gros herbivore c’est les insectes. Les insectes herbivores c’est leur problème principal. Donc ils sont dans une course aux armements avec les insectes herbivores depuis que les insectes et les plantes existent c’est-à-dire quelques centaines de millions d’années. Donc oui, idéalement on mangerait sans insecticide mais il faudrait le faire dans des conditions où il n’y a pas d’insectes, donc si il y a des gens qui veulent éliminer tous les insectes de la terre, qu’ils se manifestent, et puis on sait pas faire, donc il y en aura toujours, il y en a beaucoup moins dans l’OGM, d’insecticides, parce qu’on maîtrise la quantité exactement.

A : Ok, ben puisqu’on en est au chapitre des insecticides profitons en pour ouvrir un volet environnement, là je ne vais pas y aller par 4 chemins, est ce qu’on sait si le maïs BT donc, c’est un OGM, qui contient son propre insecticide est plus ou moins bon pour l’environnement, que les pulvérisations d’insecticides sur le maïs non OGM du champ d’à coté, voir bio.

M : Alors par rapport au bio, je ne connais pas d’études. Par rapport aux pulvérisations, d’abord il y a eu une étude, une seule, que je connaisse qui a montré que le maïs BT pouvait poser des problèmes à d’autres insectes que ceux qui sont cibles en grande quantité. Ils ont mis des quantités énormes en laboratoire, et ça pose problème. Ils ont également montré que dans la nature, à coté du champ de maïs BT, un peu de maïs allait dans l’habitat de ces insectes. Mais dans cette étude ils n’ont pas comparé à ce qu’il se passe quand on pulvérise. Le BT c’est ce qu’on pulvérise en bio aussi. Le BT qui est dans le maïs BT. Simplement au lieu de mettre la molécule dans la plante on pulvérise directement la bactérie qui contient la molécule.

A : Ok.

M : Je ne connais pas moi de comparaison directe j’ai jamais vu d’étude qui montre non plus, j’ai cherché à un moment donc à un moment comme je parlais des OGM sur mon blog, j’ai cherché à équilibrer, comme tu disais je n’ai pas de billes dans ce jeu donc j’ai cherché à équilibrer, j’ai vraiment cherché des articles qui montrent, scientifiquement fondés, des problèmes avec les OGM, c’est très très dur. J’ai demandé aussi à un collègue qui fait de la recherche en écologie s’il y avait des références, il ne m’en a pas donné. Donc j’ai trouvé cette étude tout seul. Mais j’ai pas trouvé d’études qui montre vraiment un problème dans l’environnement. Par contre, ce qu’il y a récemment c’est pas avec les insecticides c’est avec les plantes qui sont résistantes à un herbicide, on tue aussi beaucoup d’autres herbes, c’est-à-dire qu’on modifie nos plantes pour qu’elles soient résistantes à un herbicide, ensuite on met l’herbicide, l’herbicide qui est général, c’est-à-dire qu’il tue toutes les herbes, devient spécifique parce qu’on a rendu une plante résistante. Donc il tue toutes les herbes sauf celles qu’on veut, ce qui est très bien pour l’agriculteur qui doit mettre beaucoup moins d’herbicide, donc moins dépenser, moins faire de sortie avec son tracteur qui dépense de l’essence, moins mettre de produit dans l’environnement mais par contre c’est un herbicide très large, donc ça tue certaines herbes qui sont nécessaires notamment au papillon monarque. Donc là il y a un impact qui est un impact d’utiliser beaucoup cet herbicide en fait. Donc si on utilisait un autre herbicide je ne sais pas le contrôle a pas été fait, que les Etats-Unis prennent une route différente en agriculture il y a 15 ans, peut être que de toute façon avec l’agriculture intensive on aurait menacé ce papillon, c’est très très difficile à savoir. Et le papillon n’est pas en soi menacé, ce qui est menacé c’est les populations dans ces régions là. C’est-à-dire que le papillon monarque lui même au niveau mondial il n’est pas en voie de disparition, mais ça peut avoir des impacts comme ça. Mais je pense que ça c’est un impact et c’est une question qui se pose sur les OGM, plus les problèmes de monoculture et d’avoir une seule approche que des OGM. Parce qu’à partir du moment où on a une seule approche qui couvre des millions d”hectares alors tout petit problème monte en échelle. Ce n’est pas un problème spécifique des OGM. Il y a un rapport qui est sorti ce soir sur le blog du CNRS, sur le fromage comté AOC dans le Jura français. Et comme c’est beaucoup plus rentable pour un paysan du Jura français de faire du comté AOC que de faire autre chose, ils en font tous. Comme l’AOC a des règles très strictes ils suivent tous les règles donc ils font tous exactement pareil, il y a pas d’OGM impliqué c’est au contraire de la tradition réglementée, mais comme tous les prés fonctionnent de la même manière que tous les élevages fonctionnent de la même manière, il y a certaines espèces de campagnols qui prolifèrent beaucoup trop, qui en retournant la terre permettent à certains champignons nocifs de proliférer, qui dérangent d’autres espèces et en fait on met en l’air l’écosystème aussi et la biodiversité. Ils suivent ça depuis les années 90, ça fait 20 ans, la biodiversité baisse à cause du comté AOC. En fait le problème bien sur ce n’est pas le comté AOC, le comté AOC c’est très bon mais le problème c’est que si on fait un seul type de culture sur une grande région on va poser problème et ça c’est vrai que ce soit OGM ou pas OGM.

A : Ce n’est pas un peu pire avec les OGM, non ? On a cette impression comme ça dans le grand public.

M : Je pense qu’on a cette impression pour deux raisons, l’une c’est que comme un OGM, une nouvelle technologie c’est toujours un investissement au départ. Les premiers à avoir acheté des tracteurs c’étaient des grosses fermes. Et les premiers à avoir acheté des OGM, c’est aussi des grosses fermes. Parce que c’est plus cher à l’achat et en plus on a développé les OGM là où c’est rentable, c’est-à-dire sur des choses qui se font en grande culture. Quand vous développez pour la première fois une nouvelle technique, vous la développez pas pour un marché de niche vous la développez pour le marché le plus grand possible, donc, le maïs, le soja, les marchés gros où beaucoup de gens ont les moyens d’acheter vos graines. Donc c’est là où il y a des monocultures que les OGM sont arrivés. C’est un peu dans l’autre sens, il y avait déjà des monocultures sur les champs de maïs dans le Midwest américain, ça date pas des années 90, on trouve ça depuis très longtemps et c’est là que les OGM étaient rentables. Et l’autre problème c’est, comme on disait toute à l’heure, comme c’est très cher de développer un OGM avec tous les tests de sécurité que ça implique très peu de compagnies en développent, très peu de diversité, très peu diversifié. Donc si je suis un paysan américain et que je veux acheter une plante pour laquelle je peux utiliser un herbicide qui n’est pas dangereux et dont je dois en mettre peu, je dois acheter un seul OGM c’est celui de Monsanto. Qui a une seule variété, c’est tout [en fait il semble qu’il y en ai plusieurs, mais je ne trouve pas le nombre exact]. Si je veux acheter une plante qui produit son propre insecticide donc moi je n’ai pas besoin de pulvériser d’insecticide, ni dans l’environnement, ni sur moi, ni sur mes ouvriers agricoles, ça me coûte beaucoup moins cher, c’est moins mauvais pour ma santé, j’utilise moins mon tracteur j’ai une seule possibilité c’est Monsanto. Alors que les autres on les laisse pas développer, mais du coup ça diminue la diversité c’est sur, mais en soi c’est pas les OGM, c’est parce qu’il y a une technique qui est tellement meilleure que les autres et que les autres on les laisse pas arriver. C’est un peu comme un moment donné les ordinateurs, il y avait que des PC sous Windows c’était tellement difficile de rentrer dans le marché. Ce n’est pas qu’en soi l’informatique oblige à une uniformité, c’est qu’à un moment Windows dominait mais comme il n’y a pas de règlements qui a empêché d’autres gens d’entrer dans le marché, maintenant ça s’est beaucoup plus diversifié. Puis de toute façon maintenant le système d’exploitation de l’ordinateur c’est égal parce qu’on va par le web.

A : C’est très juste.

M : Mais c’est très similaire, c’est-à-dire que là on a quelque chose qui est dominé par une seule compagnie parce qu’on ne laisse pas les autres s’imposer.

A : Un des arguments qu’on entend souvent dans le camp anti OGM c’est quand même celui de cette perte de la biodiversité. On a un commentaire de Martial de Montmollin qui nous a été remonté par Xavier Durussel qui disait : “les OGM impliquent une diversité génétique très restreinte des plantes cultivées, souvent des clones donc une sensibilité plus grande aux maladies émergentes et la favorisation des résistances. Cette critique concerne également les semences non OGM à très faible diversité génétique”. Comme tu viens de le dire mais, c’est vrai ça ? Est ce qu’utiliser des OGM ça implique des clones ?

M : Ça dépend comment on les fait. On peut faire des OGM de plein de manières différentes. Pour l’agriculture intensive en générale, on a intérêt à utiliser des clones, c’est-à-dire que l’agriculture intensive c’est une industrie. A nouveau, comme tu l’as dit au début, je ne suis pas spécialiste mais bon c’est assez facile à comprendre. Si je fais quelque chose à grande échelle je veux que ce soit reproductible, je veux que ce soit prévisible, je veux que tout ça marche pareil. MacDo utilise une seule variété de pommes de terre pour leurs frites parce qu’ils veulent que ça marche toujours pareil. C’est une industrie, un petit cuisinier d’un restaurant sympa n’est pas obligé d’utiliser toujours la même variété de pommes de terre. Donc quand vous avez des fermes à grande échelle, quand vous avez de l’agriculture intensive, vous avez intérêt à utiliser des choses qui vont toujours marcher pareil, qui sont très prévisibles, qui vont germer en même temps, qui vont réagir de la même manière à vos produits etc. donc vous n’avez pas acheté de la biodiversité parce que peut être c’est mieux dans 10 ans mais vous voulez faire des sous cette année. Ça c’est un problème de l’agriculture intensive en soi et d’ailleurs dans la remarque que tu viens de me lire, il disait “qui n’est pas spécifique des OGM”. Donc ça c’est assez typique, c’est-à-dire que c’est une réaction à une discussion sur les OGM, mais c’est un problème pas spécifique des OGM. Alors pourquoi c’est dans une discussion sur les OGM ? Qu’est ce que ça fait dans une discussion sur les OGM si ce n’est pas typique des OGM ? Qu’est ce que ça avoir avec les OGM ? Si on arrête les OGM ça va être pareil, si vous allez dans les plaines de la Beauce en France, il n’y a pas de diversité, c’est toujours la même variété de blé dans un champ. Parce que c’est rentable c’est des grosses exploitations qui sont rentables, et bon, rentable ça fait un gros mot pour certains mais c’est grâce à ça qu’on ne meurt pas de faim. Je veux dire les paysans gagnent leur vie et on a assez à manger. Jusqu’au 19ème siècle les famines c’était encore quelque chose d’assez courant en Europe. Dans les années 1870 on pensait encore que ce serait jamais possible de nourrir tous les paysans allemands, il y en avait trop, ils seraient toujours pauvres, ils auraient toujours faim. Bon, les paysans allemands de nos jours je pense que ça va, et les autres allemands aussi ! Avec beaucoup moins de proportion de la population qui est paysanne. Donc il y a des défauts, c’est toujours pareil c’est toujours un risque/bénéfice, c’est toujours un trade off, comment on dit en français.

A : Un compromis.

M : Un compromis, mais les OGM ils ont pas grand chose à voir avec ce compromis. Alors si je veux me faire l’avocat du diable, si on laissait les biologistes moléculaires des plantes développer ce qu’ils ont envie, et quand je visite leur labo ils ont plein d’envies et ils sont très frustrés qu’on les empêche. Eux ils sont au courant de ces problèmes, ce sont des biologistes c’est pas des industriels, ils aimeraient bien développer des choses avec plus de diversité, on a des techniques moléculaires aujourd’hui qui permettent de générer automatiquement de la diversité. Donc on pourrait faire des OGM où dans votre sac vous avez directement un mélange qui a de la diversité génétique sur la plupart des traits, mais les traits importants pour le paysan sont uniformes. On saurait techniquement faire ça aujourd’hui, mais c’est interdit. C’est interdit en Europe et aux Etats-Unis c’est possible mais c’est tellement cher que ça ne vaut pas le coup, et de toute façon vous aurez des oppositions énormes. En Floride récemment ils ont des problèmes, toutes les oranges sont en train de mourir, ils ont cherché pendant des années un moyen par des croisements, par de l’agronomie classique de faire des oranges résistantes à la maladie, ils n’y arrivent pas. En passant un gène d’épinard ça devient résistant.

A : Ok.

M : Ça fait une levée de boucliers énorme parce que le jus d’orange de Floride aux USA, c’est une institution. Donc comme ça vient de l’enfance des gens, de l’enfance de leurs parents, de l’enfance de leurs grand-parents, ça rentre dans la catégorie de ce qu’on attend être naturel même si c’est pas du tout naturel d’avoir des oranges en Floride et que c’est encore moins naturel de l’emmener à l’autre bout du pays en camion. C’est pas grave c’est naturel donc on va pas faire un jus d’orange OGM, c’est horrible même si les gens disent à leurs enfants de manger des épinards et que c’est un gène d’épinard, c’est pas quelque chose d’extraordinaire, donc on a les solutions mais tant qu’on les bloque on peut pas arriver. Mais la diversité on peut la faire.

A : Pour revenir à la question de l’environnement et puis du maïs BT, on se demande quand même si c’est des biologistes qui sont derrière parce que d’un autre coté la sélection naturelle continue de dicter les règles du jeu, on a vu dernièrement je crois que c’est la semaine dernière qu’un papier est sorti sur des insectes qui sont devenus résistants au maïs BT c’est un truc qu’on aurait pu prévoir non ?

M : On l’avait prévu.

A : Mais qu’est ce qu’il s’est passé alors ?

M : Il s’est passé que les biologistes dans les universités l’ont prévu mais on est ni au contrôle de Monsanto, ni au contrôle de grandes fermes.

A : Ok, donc les biologistes l’ont prévu mais on les a pas écoutés.

M : Ben non, je veux dire, de même que les informaticiens peuvent prévoir des problèmes de piratage de logiciels ou de bugs mais que ce n’est pas Microsoft qui va les écouter. Donc Monsanto c’est Microsoft. Je n’ai pas non plus particulièrement de sympathie pour Monsanto, c’est une grosse boite qui fait des bénéfices qui veut continuer à faire des bénéfices et si on leur dit “ben dans 15 ans ça marchera plus mais pendant ces 15 ans vous allez faire des bénéfices records” c’est tout choisi quoi. C’est très clair, et si on dit à Microsoft que votre logiciel il est buggé mais vous allez en vendre des millions ils le vendent, donc c’est très clair ça.

A : La comparaison est très parlante. Si on revient un petit peu sur l’environnement, le problème de la contamination. Alors ça c’est un argument anti OGM qui revient tout le temps. Avant de parler du champ du voisin, ben regardons dans une perspective un peu global. Donc voilà encore un commentaire qui nous a été envoyé par Martial de Montmollin qui est président des Verts Vaudois, donc pour nos amis français, ça veut dire qu’il fait de la politique dans un parti écologiste. Il est de formation scientifique, il est ingénieur forestier, il est passionné de science et de philo, juste pour situer un peu le personnage et puis donc il nous dit : “On introduit dans la nature des gènes et/ou des combinaisons de gènes qui ne s’y trouvent pas à l’origine. Or une dissémination de ces gènes est possible, non seulement au sein de l’espèce (par exemple entre la variante sauvage et l’OGM d’une même espèce), mais également entre les espèces (il y a de nombreux exemples en biologie). Le risque est donc que la dissémination devienne hors de contrôle et ait un impact important sur la biosphère. En guise d’analogie, on peut penser aux nombreuses espèces déplacées d’un continent à l’autre, souvent pour de bonnes raisons, et qui sont devenus invasives et qui implique que nous n’avons maintenant presque plus d’ormes (à cause de la graphiose originaire d’Amérique), que des pans entier de montagnes sont colonisés par le Buddleia (p.ex. en-dessus de Villeneuve), que de très sérieux risques planent sur le frêne (à cause de la chalarose d’origine asiatique) et qu’un plan national doit être mis en place pour sauver le châtaignier (à cause du cynips également d’origine asiatique), etc., etc.Bref, pour gagner peut-être quelques francs à l’hectare, on prend des risques qui peuvent nous coûter très, très cher.”

M : A nouveau, on revient à la question des “on ne sait pas ce qui va se passer”. Donc, en pratique on voit pas cette dissémination, alors moi je pense que quand les OGM ont démarré c’était un des risques rationnels auquel on pouvait faire attention. De fait ça se passe pas. Je remarque aussi quelque chose d’assez paradoxal dans les arguments anti OGM c’est-à-dire qu’on nous dit régulièrement, d’un coté ce que vous faites n’existe pas dans la nature parce que vous mélangez des gènes d’autres espèces, et d’autre part on vous dit c’est très dangereux parce qu’après les gènes peuvent se balader, ça arrive tout le temps dans la nature. Alors faudrait savoir, les gènes bougent dans la nature ou ils ne bougent pas ? Faut être cohérent là. Mais à part ça, je pense que les espèces invasives c’est un très gros problème mais beaucoup plus gros, parce que les espèces ça se reproduit et ça se dissémine, ça on le sait très bien et vous ne trouverez pas de biologiste qui dit le contraire, mais en général les OGM qu’on fait il faut bien voir que c’est des choses qui nous arrangent nous, ça arrange pas l’espèce. De même que si je prends un pékinois et que je le balance dans les bois, il va mourir de faim assez rapidement, ce n’est pas un loup, la plupart des OGM de nos plantes domestiquées et de nos animaux domestiques, ils n’ont pas des traits très avantageux dans la nature, sans nous. Sans nous qui les aidons. Donc par exemple, on fait du blé ou du maïs qui fait des graines très grosses parce qu’on veut les manger. Donc ce qu’on dit à la plante c’est, “investi toutes tes ressources dans tes graines, t’occupe pas du reste”. Et le reste, c’est nous qui nous en occupons. Nous on s’occupe de tuer les insectes, nous on s’occupe de t’arroser, nous on s’occupe de te donner des fertiliseurs etc. Dans la nature, la plante elle doit répartir ses ressources. Il y a les graines, il y a le fait de pousser et d’atteindre le soleil, en concurrence avec les autres plantes, là il n’y a pas de concurrence, le champ il n’y a qu’une plante, il y a le fait de survivre quand il y a une période de sécheresse, il y a le fait de survivre à des insectes ou de les combattre en produisant un insecticide etc. Elle, elle doit répartir ses ressources, donc si je prends une plante qui produit des graines très très grosses, anormalement grosses, que je la mets dans la nature elle ne survit pas. On a un exemple récemment aux Etats-Unis, ils veulent commercialiser un saumon OGM, c’est le premier animal OGM. Qu’est ce qu’il fait ? Il grossit beaucoup plus vite. Ils ont bidouillé son hormone de croissance. Pourquoi ils ne grossissent pas aussi vite dans la nature ? Donc il y a des écolos qui ont dit “c’est dangereux parce que si il va dans la nature, il va être en compétition avec les autres, il va grossir plus vite et il va tous les tuer.” Non ce n’est pas vrai, ce n’est pas comme ça que ça marche dans la nature [Correction sur ce point : ce saumon présente un risque spécifique, voir billet de blog]. C’est dangereux de grandir trop vite, quand vous avez une période de disette vous mourrez. Les autres saumons ils grandissent pas si vite, pas si gros parce que ils doivent tenir un équilibre, ils doivent répartir leurs ressources, ils doivent pas seulement grossir avec nourriture à volonté et choix de la reproduction offerte par l’éleveur, ils doivent se battre pour trouver des proies, se battre avec d’autres prédateurs, se reproduire se déplacer, tenir le coup quand il fait trop froid, trop chaud, tenir le coup quand il n’y a rien à manger. Ces saumons-là quand on les mets dans la nature, ils sont morts en moins d’un an, c’est sûr. Finalement, il y a un mot que tu as utilisé et qui revient tout le temps dans la discussion sur les OGM et c’est un mot qui me frappe parce que quand on parle de contamination ça implique forcément quelque chose de négatif. Je dis pas que quand j’arrose mon herbe je contamine ma terrasse avec de l’eau, si je mets un peu d’eau sur la terrasse. Je dis pas que quand il y a des coquelicots qui sont rentrés dans un champ de blé, et regardez un champ de blé il y a toujours des coquelicots, c’est très joli, je dis pas que le blé est contaminé par des coquelicots. Même si les coquelicots ça se mange pas, donc quand on dit que quelque chose de non OGM est contaminé par un OGM, on implique que c’est mauvais donc en fait on braque la discussion. Ça a pas de sens si l’OGM n’est pas mauvais alors “contamination par les OGM” c’est une phrase qui n’ pas de sens en soi, ça veut dire quoi être contaminé par quelque chose qui n’est pas mauvais. Ça n’a pas de sens. Le seul sens que ça a comme je le comprends c’est une décision qui a été prise a priori, avant qu’on ait les éléments pour dire l’agriculture bio ne peut pas avoir d’OGM. On a pris cette décision avant d’avoir les éléments sur les dangers ou pas des OGM, sur leur utilité ou pas. On l’a pris très tôt. A partir du moment où on a pris cette décision, effectivement quelqu’un qui fait du bio ne peut pas avoir d’OGM mais ce n’est pas un problème des OGM c’est un problème de la définition du bio. C’est le même problème qu’on ne peut pas vendre de la viande halal si il y a du porc dedans, parce que ce n’est pas la faute du porc, c’est la faute de la définition du halal. Je peux pas vendre de la viande halal non plus si il y a du cheval, je peux pas vendre du casher si il y a du porc ou des crevettes mais ça c’est pas un problème qui fait qu’on devrait interdire partout le porc, le cheval, les crevettes, c’est un problème de définition du halal et du casher. Quelque part le problème du bio, qui est parti d’un très bon principe, en se mettant des définitions a priori qui sont quelque part libres de faits, libres d’éléments rationnels, se met dans une situation telle que quand le reste du monde change, comme ils ont fixé des règles qui ne sont pas ouvertes à la discussion et bien ils sont menacés par le reste du monde et la solution qui consiste à dire “moi je me suis fixé ces règles, le reste du monde ne doit pas changer parce que ça va me déranger” c’est comme si les amish voulaient interdire les voitures aux Etats-Unis, quelque part c’est pas possible.

A : Ouais, enfin d’un autre coté c’est une réalité avec laquelle il faut composer. Il y a des agriculteurs qui ont fait le choix d’être bio, qui se sont fait labelliser et qui se retrouve avec, qui perdent leur label à cause des contaminations des champs voisins, non ?

M : C’est possible, je suis pas ça de très près, je veux dire c’est les label bio qui prennent la décision. Moi je suis ici en tant que scientifique, en tant que scientifique j’ai rien à dire sur comment on fait un label bio, quelque part c’est du commerce sur le label bio, c’est essentiellement un truc de marketing donc si quelqu’un veut mettre un label bio ou pas et que ça interdit quand il y a une graine d’OGM qui est tombé dans le champ, c’est pas mon problème. Mon problème c’est d’expliquer ce que c’et un OGM, comment c’est fait, quels risques ça a, quels risques ça a pas, si ça a pas de risques moi je vois pas le problème. Comme je ne vois pas le problème de manger de la viande de porc si elle est bien cuite. Maintenant si quelqu’un ne veut pas ne manger, c’est son choix mais ce n’est pas à moi de discuter de combien de % de porc fait de la viande pas halal.

A : Ouais mais ce choix justement est-ce qu’on l’a toujours ? J’essaie de me mettre dans les baskets des l’agriculteur bio qui se fait chier pour respecter le cahier des charges ?

M : Mais il y a plein de choix qu’on n’a pas. Si moi je faisais un choix : je ne veux manger que des plantes qui étaient originellement en Europe. Aucune plante qui a été apportée en Europe par les humains. Pas de maïs, pas de tomates, pas de poivrons, Ok ? Pas de blé, parce que le blé il vient d’Asie centrale [Croissant fertile, ma langue a fourché]. C’est là où il a été domestiqué. Je peux faire ce choix, ce choix il a une base raisonnable comme beaucoup de choix sur le naturel si on veut. Je ne pourrais pas le faire, je ne pourrais pas faire un jardin où je garantisse qu’il n’y aucune contamination de plantes. Supposons même que je dise juste l’ancien monde. Pas de plantes américaines. Ça va être impossible de faire à un endroit un champ ou je garantis que j’ai aucune contamination de maïs, de tomates, de poivrons etc. en Europe parce que partout ces plantes, elles sont là. Est ce que j’ai le droit de dire, comme moi ça me fait plaisir de faire ça, vous devez arrêter les autres cultures. C’est interdit le maïs, interdit les tomates, interdit les poivrons, parce que moi j’en veux pas, je ne veux pas la chance qu’une graine vienne dans mon jardin. Non, on n’accepterait pas ça, on n’accepterait pas parce que ça fait longtemps, on s’est habitués. J’ai oublié de nommer les pommes de terre comme truc qui est venu d’Amérique. Quand ces trucs sont arrivés, on en avait pas l’habitude ça a été très difficile de convaincre les gens de manger des pommes de terre. Maintenant on a l’habitude, c’est naturel de manger des pommes de terre, ça a pas été naturel, ça vient pas d’ici les pommes de terre. Les pommes de terre ça vient des Amériques. Donc je ne vois pas en quoi de mettre un label arbitraire dans un sous-groupe de la population peut empêcher tous les autres de faire quelque chose. Si il y a aucune base rationnelle. J’ai lu récemment sur internet que le ministre français de l’agriculture disait : “il faut refaire une discussion sur les OGM avec une base rationnelle”, mais on sait quelle sera la conclusion de cette discussion puisqu’on connait déjà les faits. On sait déjà, que les OGM commercialisés n’ont pas de risques, on sait déjà comment ça marche. Donc sa discussion ça va être pour passer du temps mais au bout du compte on connait les résultats. Il n’y a aucune base rationnelle à, en général, interdire les OGM. Peut être qu’il y un OGM qui pose problème, c’est sûr si on ne développe pas assez d’OGM, un jour il y en a un qui posera un problème, c’est obligé si on fait assez de médicaments, il y en a un qui a des effets secondaires indésirables. Ce n’est pas pour autant qu’il faut interdire tous les médicaments, à tout jamais.

A : L’heure tourne je crois que ça fait déjà presque une heure qu’on a commencé, on ne voit pas le temps passer, je propose qu’on avance un peu parlons de l’éléphant dans la chambre, Monsanto. Il me semble qu’il y a un peu un amalgame dans l’esprit des gens entre OGM et Monsanto. Monsanto, c’est le diable ?

M : Moi je ne suis pas économiste, pour beaucoup de gens ça a l’air d’être le diable, j’ai jamais vu de raisons objectives pour ça. Je sais qu’il y a un documentaire qui a eu beaucoup de succès qui disait beaucoup de mal de Monsanto “The world according to Monsanto”. Donc après, pourquoi Monsanto c’est le diable en ce moment je ne sais pas, à un moment c’était Nestlé, je peux dire qu’à un moment j’ai milité pas mal dans les droits de l’homme et toutes les grosses multinationales font des choses horribles, elles ont toutes fait assassiner des syndicalistes dans les pays du tiers monde, je veux dire des choses vraiment horribles. Total, Coca-Cola, Nestlé, toutes. Pourquoi Monsanto en particulier ? Je n’en sais rien.

A : Ils font breveter le vivant ? Par exemple ?

M : Alors ça c’est quelque chose je suis contre, personnellement. C’est une discussion qu’on peut avoir, est-ce qu’on peut breveter le vivant ou pas. C’est-à-dire que c’est une question générale. D’un coté il y a des gens qui disent, et ils n’ont pas totalement tort, que c’est très très difficile d’innover et de faire du progrès sans protection des brevets, d’un autre coté moi je constate, en tout cas dans ce que je connais, beaucoup d’abus des brevets. Donc que ce soit en génétique ou en informatique les brevets me semblent plus être une force négative que positive, mais je sais pas, je suis pas super compétent mais disons, c’est clair que par exemple que quand une compagnie brevette un gène humain, le test sur un gène humain, le BRCA1 de dépistage du cancer et fait que ce test est plus cher que de séquencer tout le génome de la personne, il y a un gros problème. Ça a été récemment annulé par la cour suprême américaine qui a quand même dit que le gène n’était pas brevetable mais le produit du gène est brevetable, ce qui est complètement absurde parce que le produit des gènes aussi il existe dans la nature. En principe, on peut breveter un processus mais pas un produit naturel. Les plantes qui sont produites par la biotechnologie c’est ambigu, moi, je serais personnellement pas très favorable à leur brevet mais je pense c’est une question un peu différente. Mais de toute façon faut être clair, comme toutes les choses dont on discute, ce n’est pas spécifique aux OGM. On peut breveter une plante hybride, on peut breveter un mutant obtenu par mutagenèse non dirigée. Ce n’est pas spécifique aux OGM.

A : Ok sur Monsanto, toujours il y a la question des changements économiques que ça suppose, encore un extrait que nous a envoyé Martial de Montmollin, il nous dit : “Les OGM changent les structures économiques de l’agriculture par une brevetisation accrue des cultivars [=variétés cultivées] entre quelques mains jusqu’à un oligopole. Théoriquement, c’est aussi le cas avec la sélection. Mais cette dernière peut être réalisée par n’importe quel agriculteur, ce qui n’est pas le cas de la technologie OGM qui nécessite de grosses structures.”

M : Alors c’est vrai que toutes les approches plus technologiques ont tendance à concentrer, c’est-à-dire qu’elles peuvent être faites que par des grosses compagnies. Mais c’est vrai aussi de la mutagenèse non dirigée, les hybrides en générale, il faut en croiser beaucoup, je veux dire, le développement d’un hybride qui est réellement utilisable, c’est 20-30-40 ans de R&D [probablement un peu moins en moyenne, je me suis emporté à l’oral], c’est énorme, c’est pour ça que ces compagnies passent OGM parce que c’est plus efficace, pas juste par méchanceté. Donc ce n’est pas quelque chose qu’un agriculteur peut faire. Il peut effectivement croiser deux variétés, en pratique il va pas le faire la plupart du temps, en pratique il va acheter les graines F1 c’est-à-dire que si je fais un hybride je croise plante 1 par plante 2 j’obtiens la descendance qu’on appelle F1 parce que c’est la première, “1″ parce que c’est la première lignée, la première génération après le croisement, et elle, elle a le mélange des traits que je veux. Si je recroise ceux là, par les règles de la génétique mendélienne, j’en aurai plus qu’1/4 1/2 [sérieux, personne n’a relevé cette erreur ?] qui a les traits que je veux, donc je le fais pas, je rachète les graines l’année suivante. Et qui a les moyens de refaire ces graines tous les ans ? C’est des compagnies. Ensuite quand même quelque chose que dit Martial de Montmollin, la technologie OGM qui nécessite de grosses structures, il faut se rendre compte que la biologie est en ce moment la science qui bouge le plus vite. Ça change très très vite et ce qui nécessitait des très grosses structures il y a 20 ans, ne les nécessite plus aujourd’hui. Il y a un mouvement en Californie autour de la sillicon valley de “biology do it yourself“, biologie à faire soi même. Ils veulent s’installer dans les garages et faire de la biotechnologie à petite échelle. On peut discuter du danger de ça, parce que perso je ferai plus confiance à Monsanto qui a des règles de sécurité, qu’à des allumés dans un garage en Californie mais ça montre que c’est techniquement faisable. A petite échelle, nous, on fait des TP avec des étudiants qui sont en bachelor, en licence pour les français, on fait des techniques d’OGM, c’est pas si gros, c’est pas si cher aujourd’hui, c’est pas vrai, ce qui est gros et cher c’est les tests de sécurité imposés par les règlements mais de faire un OGM aujourd’hui c’est pas si compliqué. Alors après, à nouveau, on tombe dans le fait qu’OGM c’est juste une technologie, que ça dépend ce qu’on veut en faire. Certaines applications des OGM vont être très facile à mettre en œuvre, d’autres vont être très difficiles. Certains gènes se laissent facilement transporter, d’autres plus difficilement, certains traits sont dûs à un seul gène donc c’est facile de trouver le gène, certains traits sont dus à plusieurs gènes, il faut les combiner, certains traits on peut bouger au sein de la même espèce entre variétés, certains il faut chercher une espèce différente, certains traits vont faire des effets secondaires. Ce dont parlait Martial de Montmollin et aussi Pierre-Henri Guyon qu’il peut y avoir des interactions, c’est vrai dans le vivant il peut y avoir des interactions, si je mets un nouveau gène il peut se passer quelque chose d’inattendu donc faut le vérifier. Certains types de fonctions vont beaucoup moins se prêter à ces interactions que d’autres donc c’est clair que certaines choses seront plus faciles à faire, d’autres plus difficiles mais c’est un peu comme dire “il faut interdire les voitures parce qu’il y a que les grosses compagnies qui peuvent fabriquer des voitures”. Dans le temps on pouvait avec une hache et du bois fabriquer une charrette, c’est vrai, mais ce n’est pas un très bon argument contre les voitures, les arguments contre les voitures ce serait plutôt qu’on peut se tuer sur la route et que ça pollue mais le fait qu’il n’y a pas tant de compagnies que ça qui peuvent fabriquer des voitures efficacement comme argument contre ça me parait faible.

A : Oui et puis il y a cette question des tests que finalement on ne peut pas se payer quand on bosse dans un petit labo indépendant, enfin cette dimension là elle est vachement importante aussi.

M : Alors beaucoup des tests, enfin je veux dire ça dépend, si on parle vraiment au niveau réglementaire, c’est cher mais après des tests moi si demain je voulais monter un labo de biologie des plantes par exemple, ce que je ne fais pas, et que je voulais tester certaines plantes commercialisées par Monsanto, je pourrais le faire, c’est pas très très compliqué, je veux dire l’étude qu’a fait Seralini, si il avait fait un plan d’étude plus valable, ça aurait été tout a fait facile quoi.

A : Mais si tu voulais créer ta propre variété de plante et la mettre sur le commerce.

M : Ah non ça je ne pourrais pas non.

A : Ça ne serait pas possible.

M : Mais ce n’est pas spécifique à ce marché là, aussi pour les médicaments c’est pareil. Les médicaments il y a pratiquement que les très grosses boites pharmaceutiques qui peuvent les mettre au final sur le marché à cause des tests de sécurité et on a une situation similaire où les très grosses boites ont intérêt à garder ces tests parce que ça leur donne une situation d’oligopole. Par contre, comme il n’y a pas le même problème social dessus, qu’il n’y a pas le même blocage social, il y a beaucoup de petites compagnies, ce qu’elles font, c’est quand elles ont finalement quelque chose d’intéressant elles le vendent à une grosse.

A : Ah ouais d’accord

M : C’est à dire qu’elles développent des leads, c’est-à-dire des pistes, des débuts de médicament mais après elles le vendent à des grosses compagnies parce qu’il y a aucune compagnie de biotechnologie qui peut développer un médicament jusqu’au bout, c’est trop cher. Dès qu’on veut mettre des règles de sécurité on va avoir ces situations alors il faut savoir, est-ce qu’on veut vivre dans une société très très sure, ce qui est le cas aujourd’hui nous vivions dans une société très sure, mais dans ce cas là y a que deux compagnies au monde qui peuvent fabriquer des avions, il y a une poignée de compagnies qui peuvent fournir des graines, il y a une poignée de compagnies qui peuvent fournir des médicaments parce qu’à chaque fois on a mis d’énormes barrières qui sont pour la sécurité des gens, c’est pas arbitraire, soit, si on veut permettre à tout le monde de faire des choses comme “do it yourself biotechnology” alors on baisse les barrières, on aura beaucoup plus de diversité, on aura beaucoup plus de petits inventeurs, de petites compagnies, on aura beaucoup plus de choses locales et on aura beaucoup plus de dangers parce que là on aura un peu de tout et n’importe quoi. C’est un choix de société mais c’est un peu indépendant des OGM. Tant qu’on est dans un choix de société d’avoir une société très sure, personnellement j’ai des enfants je suis assez content de ce choix, alors il y a un prix à payer qui est ça ; que seulement certaines peuvent se permettre de développer des choses avec suffisamment de sécurité.

A : Ok moi j’ai encore deux trois thèmes à aborder, le premier que je te propose c’est la science, la science dans tout ça, j’ai l’impression qu’on entend des scientifiques très véhéments qui prennent part au débat, d’un côté ou de l’autre, mais finalement, assez peu de science. J’entends par là, peu d’études sérieuses, peu d’attitudes rationnelles et dépassionnées, peu de remise en question. Et j’ai envie de demander… Est-ce qu’un scientifique neutre, ça existe vraiment ? En tant qu’être humain qui fait de la science, n’est-on pas forcément biaisés par ses convictions ?

M : Alors si je dis qu’on peut être complètement neutre, je vais me faire clouer au pilori par mes collègues des sciences sociales, non on peut pas être complètement neutre. Ce qu’on peut, c’est être conscient de ses a priori et essayer le plus possible de s’établir des règles, c’est-à-dire c’est ce qu’on fait en science. Il y a une citation très célèbre de Feynman très célèbre physicien américain, qui dit à peu près : la première personne que l’on doit chercher à ne pas tromper c’est soi même (exactement Feynman dit The first principle is that you must not fool yourself — and you are the easiest person to fool). Donc on a toujours des biais mais si on essaie d’en être conscient on essaie de faire ce qu’on appelle des tests conservatifs, on essaye de se montrer à soi même qu’on a tort. C’est ce qu’on doit essayer de faire donc moi quand je vais vers les OGM, j’ai comme tout le monde une petite idée mais je regarde par exemple si je trouve des éléments qui montrent que les anti OGM disent des bêtises je vais chercher où est-ce que je trouve des références scientifiques qui disent que les anti OGM disent quelque chose de correct. Je constate que j’ai beaucoup de mal à trouver mais je cherche, je cherche activement, plus activement que des choses qui montrent que les anti OGM disent des bêtises parce qu’à un moment j’en trouve plein, facilement, c’est pas la peine que je cherche. Il faut chercher contre ses propres convictions, toujours. Et c’est une des choses, je ne connais pas personnellement Martial de Montmollin, pour ce que j’ai vu de lui sur internet il m’a l’air de quelqu’un très estimable, mais je vais peut être le vexer mais c’est un politicien. L’objectif d’un politicien c’est qu’il se fixe un agenda et il doit le remplir donc il cherche les choses qui vont confirmer son agenda, qui vont convaincre, les choses qui vont lui permettre d’avancer, c’est ça son objectif. L’objectif d’un scientifique c’est d’arriver à la vérité, même si elle nous vexe. Donc nous, on doit chercher à montrer qu’on a tort. C’est notre métier, on doit tout le temps se remettre en cause, on doit tout le temps montrer qu’on a tort, on doit tout le temps montrer à nos doctorants qu’ils ont tort. C’est très très dur de faire une thèse, je veux dire typiquement les gens tombent en déprime au milieu d’une thèse, c’est vraiment quelque chose de très difficile une thèse de science, c’est très difficile parce que c’est long et ça ne marche pas parce qu’on commence par essayer des choses puis on vous montre que vous avez tort, on vous remontre que vous avez tort. Et puis vous trouvez tout seul que vous avez tort parce que vous comprenez le truc et c’est ça qu’on doit faire donc un scientifique complètement objectif était hors du monde, idée de Platon, ça existe pas mais quelqu’un qui essaye le plus possible d’être honnête oui ça existe et c’est quasiment tous les scientifiques heureusement, alors ensuite il y a des gens qui ont fait une carrière de scientifique et ensuite décident de devenir militant et en fait, font une carrière seconde de militant.

A : En profitant de la caution.

M : Donc je mettrais par exemple Pierre-Henri Guyon dans cette catégorie, c’est quelqu’un, ce qu’il fait maintenant c’est du militantisme, il utilise le fait qu’il a fait de très bons résultats en génétique des plantes mais ce qu’il fait c’est pas de la science. Il cherche pas à trouver qu’il a tort, il cherche pas à remettre en cause ses idées, il cherche pas quand il y a un résultat contradictoire, il cherche pas à les remettre ensemble et trouver quelle est la raison, il accuse juste les autres d’être des vendus, des corrompus, de tricher etc.. Jamais il ne ré-analyse les données, jamais il ne ré-analyse ses résultats, jamais il ne remet en cause ce qu’il a trouvé, jamais il ne publie “tiens j’avais tort”. Moi plusieurs fois dans ma carrière, je suis pas si vieux, j’ai publié que j’avais tort, j’ai dit une chose puis j’ai trouvé que finalement j’avais tort, j’ai dit l’autre. C’est normal, c’est pas une honte, j’ai continué à faire carrière mais si on est militant, c’est une honte. Un militant qui vient et qui dit ça fait 10 ans que je me trompe comme Marc Lynas l’a fait, c’est un problème majeur. Et vous pouvez imaginer un ministre écologiste ou le leader d’un parti écolo ou n’importe quel autre parti ça m’est égal. En Suisse on a un parti qui est pas très favorable aux étrangers qui s’appelle l’UDC.

A : Que toute la planète connait malheureusement.

M : Alors tout d’un coup le leader de l’UDC qui dit “ben j’ai regardé les chiffres et en fait les étrangers sont bons pour l’économie”, ce n’est pas possible, ce n’est pas l’approche. Mais en science c’est ce qu’on doit faire tout le temps, donc je dirais oui on peut être objectif là dessus et il y a beaucoup de science mais c’est un peu comme le changement climatique, la science elle dit toute la même chose et les gens qui veulent qu’il y ait débat ça leur plait pas, donc les gens qui veulent qu’il y ait débat, ils vont ignorer la science parce qu’elle dit toute la même chose.

A : Justement j’avais préparé une question sur l’absence de consensus scientifique puis quand tu l’as relu ce weekend tu m’as dit : “il y a consensus scientifique”. On sait que dans ce débat sur le climat c’est Naomi Oreskes qui avait une méta recherche il y a quelques années, elle s’était rendu compte qu’en fait tous les papiers vont dans le même sens, il y a un consensus très clair, il y a juste une ou deux voix qui s’élèvent comme ça pour dire que le réchauffement climatique n’est pas d’origine humaine et les média s’en saisissent, on fait croire qu’il y a un débat alors qu’en réalité il n’y en a pas. Pour les OGM en fait tu me dis que c’est la même chose, il n’y a pas débat il y a consensus au sein de la communauté scientifique.

M : Il n’y a pas débat sur la grande question “est-ce que les OGM sont dangereux ?” après sur des questions précises, parce qu’il faut bien se rendre qu’une des choses qui nous caractérisent, nous les scientifiques, c’est qu’on adore pinailler sur des détails parce qu’on veut tout comprendre et pour tout comprendre, le diable est toujours dans les détails, donc en soi de dire “OGM” non ça ne présente pas un danger, maintenant un OGM spécifique dans une condition spécifique présente-t-il un problème spécifique pour une chose spécifique, c’est tout à fait possible et on continue à faire de la recherche dessus. Ce que j’ai cité sur les plantes résistantes au Roundup glyphosate qui font qu’on utilise beaucoup de glyphosate qui font qu’on élimine des herbes qui sont nécessaires au papillon monarque, c’est des études scientifiques faites par des scientifiques, publiées dans des journaux scientifiques récemment. Il n’y a pas de censure, il n’y a pas d’auto-censure, il n’y a pas de problème. Mais c’est un problème spécifique, c’est pas un problème qui dit : “les OGM sont mauvais”, donc on continue à faire cette recherche mais c’est pas une recherche qui va dire les OGM sont mauvais. Cette question-là elle est résolue. En soi les OGM ne créent pas un problème, il peut y avoir des problèmes spécifiques de même que un médicament spécifique peut poser un problème c’est pas pour autant qu’il faut arrêter la médecine. Et je t’avais dit quelque chose qui m’a frappé c’est que si on regarde les gens qui sont très actifs dans ce qu’on pourrait appeler la blogosphère ou internet sur le coté très rationaliste, très sceptique, très anti-superstition, très anti-pseudo-science etc… Ces gens-là sont tous opposés au mouvement anti OGM, je ne sais pas comment dire ça [exemple : plateforme scienceblogs]. Ça veut rien dire de dire pro-OGM, c’est pas des gens qui ont des actions Monsanto ou quelque chose comme ça mais simplement le mouvement anti OGM c’est un mouvement finalement, dans la façon dont il fonctionne aujourd’hui, ça pourrait changer si les gens décidaient de changer, mais dans la façon dont ils fonctionnent aujourd’hui c’est un mouvement qui est anti-empirique, anti-scientifique parce qu’il refuse de considérer les nouvelles données, parce qu’il refuse de tester ses idées, parce qu’il refuse d’écouter quand on leur montre des preuves ou des éléments de preuves, c’est un mouvement qui est anti science. Donc les gens qui défendent la science même si ce n’est pas leur problème principal les OGM sont tous opposés à ce mouvement. Si vous avez regardé sur des blogs qui se spécialisent dans le combat contre le créationnisme, qui se spécialisent dans le combat contre les dénialistes du changement climatique et vous chercher le mot OGM dedans vous trouverez toujours des billets qui disent “ah et puis ces imbéciles anti OGM ont dit ceci ou cela”. Ce n’est pas moi qui dit “imbécile” là, dans le contexte, je cite parce qu’ils ont souvent un ton assez …

A : Assez véhément

M : Assez véhément ces blogs et c’est complètement systématique. Au moment où le papier de Séralini est sorti et ça fait cette énorme histoire moi je bloguais pas sur les OGM, je suivais pas particulièrement des gens dans les blogs ou sur twitter sur les OGM. Tous les gens que je suivais sur les blogs et twitter que je suivais parce qu’ils parlaient de science, qu’ils parlaient de rationalité, ils étaient tous atterrés par cette étude, tous sans exception parce que c’est une étude tu la lis elle est nulle et le seul moyen de ne pas voir qu’elle est nulle c’est d’avoir une opposition aux OGM couplée à une absence d’ouverture à la science. Donc les gens qui font de la science ils voient ça ben voilà ils se sentent pas de sympathie à ce mouvement, on ne peut pas se sentir de sympathie à des gens qui nient l’évidence.

A : Seralini c’et un complet outsider. Par rapport à ce consensus scientifique.

M : Oui mais c’est comme sur tout sujet, on va toujours trouver quelqu’un, je veux dire il y a un docteur américain qui jusqu’à récemment était conseiller du gouvernement sud africain qui disait que le HIV ne cause pas le SIDA. Le VIH pardon en français. On peut trouver un physicien qui dit que le changement climatique n’existe ou n’est pas causé par les humains, on peut trouver, quelque part il y a un biologiste à l’INRA en France qui est créationniste. Je veux dire on trouve toujours un gars, aujourd’hui il y a plus de scientifiques vivants qu’il n’y a de scientifiques morts dans toute l’histoire de l’humanité, il y a des centaines de milliers de scientifiques en exercice. Vous voulez en trouver un qui dise quelque chose qui vous plait, vous trouverez. Mais ce n’est pas comme ça que marche la science. La science, elle marche, je ne dirais pas par consensus, le mot n’est pas bon, mais par une dynamique de groupe. En fait sur mon blog c’est une chose que j’essaie d’illustrer et j’ai parlé récemment, c’est pas des OGM, mais ça montre la dynamique, sur les cellules souches il y a eu un article publié en janvier qui disait qu’il y avait une technique révolutionnaire pour faire des cellules souches, ça a excité beaucoup de monde. Il s’est dit deux choses, c’est génial, premièrement, deuxièmement mais soyons prudent attendons de voir que ce soit confirmé, c’est vraiment l’attitude scientifique typique. C’est aussi enthousiaste vous aurez des scientifiques c’est : “waouh, faut qu’on confirme”. Et ça n’a pas été confirmé, et des fraudes ont été trouvées dans l’article, et tous les gens qui bossent sur les cellules souches qui étaient enthousiastes se sont mis à critiquer. Mais la semaine suivante ils ont essayé de reproduire, il y a un blog qui a regroupé tous les essais de reproduction c’était : négatif négatif ambigu négatif négatif négatif. Des gens se sont mis à examiner les figures et à publier sur internet les problèmes de fraude qu’il y avait dans les figures, c’est les gens qui bossent sur les cellules souches, c’est les gens qui ont intérêt à ce que ça marche ce truc. C’est des gens pour qui si ça ça marche c’est l’occasion de demander des nouveaux financements, de lancer de nouvelles thèses, d’obtenir de nouvelles collaborations avec l’industrie, c’est génial. Mais ils ont cherché à montré que ça marchait pas. Mais l’auteure principale du papier, les deux auteurs principaux, le grand chef et l’étudiante qui a fait le principal travail nient toujours, donc si vous voulez trouver quelqu’un qui dit que cette technique de cellules souches qui semble être frauduleuse marche, vous en trouverez. Mais la communauté en tant que telle dit non ca ne marche pas, on n’est plus convaincus, on a testé ça ne marche pas. C’est comme ça que ça marche la science. Donc si vous trouvez une personne qui dit quelque chose vous trouverez toujours, mais ce qu’il faut regarder c’est comment ça fonctionne en tant que communauté, et bien sur c’est plus facile pour un journaliste de compter les papiers et de dire 97% disent ceci ou cela, mais ce qui est plus important c’et de suivre la discussion. C’est pour ça que je pense qu’internet est clairement un outil génial pour la communication scientifique, c’est-à-dire qu’aujourd’hui vous pouvez voir comment les scientifiques discutent. Avant c’était caché. A l’époque de l’amiante, on n’a aucune idée de ce qu’ils se sont dits pendant la conférence, entre eux, au coin café. Aujourd’hui on discute sur twitter, sur des blogs, on sait. Et on sait que dans les 24h après le papier de Seralini tout le monde disait que c’était de la merde

A : Sauf Pierre-Henri Guyon

M : Sauf Pierre-Henri Guyon qui est dans le CRIIGEN qui a financé le truc, bon voilà, donc soit ils sont liés du départ, soit il voit bien. Et je veux dire, moi je bosse dans un département d’écologie et d’évolution et j’ai trouvé personne pour défendre ce papier, pourtant je pense que, j’ai pas de chiffres, je pense plus de la moitié vote Vert, c’est clair mais largement plus, mais quand c’est mauvais, c’est mauvais, c’est tout. Il faut respecter la science. Pour moi c’est un gros problème d’ailleurs parce que le mouvement écologiste, il est important, c’est important de préserver notre environnement mais si il s’allie à des forces anti-scientifiques c’est un très gros problème. Nous on peut pas cautionner ça, on peut pas être alliés avec ça. Bon y a aucun mouvement politique qui va respecter tous les principes de la science mais c’est vraiment pour moi un problème.

A : Pour en revenir deux minutes à Séralini, je me souviens ‘avoir entendu réclamer les données de son étude, parce que c’était pas du tout transparent, tu les avais obtenu finalement ?

M : Moi je les ai pas réclamé personnellement, j’ai signé une pétition qui demandait à ce qu’ils les rendent publics. A ma connaissance il ne les a pas rendu public, il les a fournit au journal. C’est quand même incroyable que le journal ait du faire une enquête pour avoir les données parce qu’elles devraient être fournies du départ. Mais il les a fourni au journal qui a dit il n’y pas évidence de fraude mais il n’y pas d’évidence non plus qu’il se soit passé quoique ce soit en fait. Voilà. Mais non, moi je n’ai pas demandé les données personnellement, j’avais signé une pétition publique disant, ces données si elles sont importantes pour l’humanité, si vraiment il montre ça, ça doit être public, tout le monde doit y avoir accès. Je veux dire c’est quand même incroyable de dire « j’ai montré qu’un truc qui est mangé par des millions de gens est mortel, donne le cancer mais je cache les données, Nanana ! » c’est incroyable comme attitude, c’est complètement invraisemblable “moi je ne montrerais pas mes données tant que Monsanto les montre pas” mais on s’en fout, si c’est mortel, montre nous les données ! Il y a aucun scientifique crédible qui ferait ça quand on trouve un risque, on le montre, c’est la première chose qu’on fait.

A : Cette espèce de culture du secret parce que c’est vrai que de pouvoir répondre moi je montre pas parce que Monsanto les montre pas. C’est quand même un truc de fou quoi, est ce que il y a toujours cette culture du secret dans ce domaine ? Est ce qu’il faut se battre pour obtenir les données coté pro ou anti OGM enfin sur les études OGM en général ?

M : Alors les études OGM en général celles qui sont académiques, non, il y a plein d’études OGM qui sont faites dans des labos universitaires dans des instituts de recherches publiques etc, non.

A : Donc elles sont pas toutes financées par Monsanto.

M : Non la plupart des études sont pas financées par Monsanto, maintenant des études qui se font au sein d’une entreprise, à nouveau, que ce soit Monsanto, Novartis ou quoique ce soit, ben ils ont financé l’étude, ils sont une boite privée, ils gardent les données pour eux. A partir du moment où ils rendent un produit public ils doivent rendre les données accessibles d’une certaine manière donc toutes les instances de régulation ont accès à toutes leurs données brutes et aussi Seralini y a eu accès. C’est assez hypocrite qu’il dise qu’il n’y a pas accès parce qu’il y a eu tellement accès qu’il a publié une analyse de ces données. Deux ans avant sa publication célèbre en 2012, il a eu accès aux données, il a publié une analyse. Donc on y a accès, si on les demande. Alors il y a eu un problème qui était assez scandaleux, que c’était difficile d’obtenir des graines OGM pour faire une analyse au labo, donc aux Etats-Unis les gens ont fait une pétition et ça a été retourné et donc aujourd’hui tout labo universitaire académique qui veut pour une étude quelle qu’elle soit, sans justifier, utiliser des OGM brevetés écrit et les obtient. C’est automatique.

A : Ok

M : Ça, ça a été mis comme règlement mais il a fallu se battre pour, mais c’est toujours pareil ils n’ont pas envie de montrer, pas plus que Microsoft a envie de montrer son code source.

A : Je crois qu’ils viennent juste d’ouvrir celui de Windows 3,1.

M : Voilà c’est parce qu’ils l’ont développé chez eux, avec leur sous ils veulent le cacher.

A : Ils ne voulaient pas qu’on voit les bugs surtout….

M : En l’occurrence c’est parce que si vous savez déjà ce qu’ils ont fait, c’est beaucoup plus facile de reproduire, bien sûr, mais en principe dans un monde idéal, toute la recherche serait toujours ouverte mais, à nouveau, par exemple, il n’y a plus aucune recherche publique faite sur les OGM en Europe ou quasiment pas à cause de Monsanto, à cause des faucheurs volontaires à cause des gens qui détruisent ces essais activement. Parce que c’est beaucoup plus facile, les essais publics mal protégés que de détruire les essais privés. En plus, les essais publics on vous dit où ils sont, on vous fournit une carte donc ils sont déclarés, donc il n’y en a plus. En Suisse, il y a une étude qui a été faite pour évaluer l’impact des OGM. Donc ils ont voulu partir de 0, on fait une étude scientifique qu’on confie à des gens qui n’ont aucun lien avec les OGM qui est menée par Denis Duboule, qui est un généticien très célèbre, spécialiste du développement embryonnaire de la souris, donc rien à voir avec les plantes OGM [Duboule il a très bien expliqué les résultats, il ne les a pas dirigé, mea culpa, voir ici] et premièrement ils ont trouvé qu’il n’y avait aucun risque et deuxièmement pour chaque franc qu’ils ont dépensé ils ont dépensé plus de 70 centimes, donc sur 1,7CHF il y avait 0,7 centimes dépensés pour la sécurité des tests. Vous voyez l’argent qui est gaspillé ? Et pas la sécurité contre Monsanto, la sécurité contre des citoyens qui veulent aller détruire les choses, et ça c’était des essais pour faire exactement ce que les antis OGM demandent, pour évaluer la sécurité. Ces tests pour évaluer la sécurité il a fallu les protéger contre les gens qui veulent qu’on évalue la sécurisé.

A : Ouais, mais ce n’est pas les mêmes, c’est une poignée d’allumés.

M : Cette poignée d’allumés, elle est soutenue par tout le monde. Pierre-Henri Guyon est allé témoigner en faveur des faucheurs volontaires en France. [voir le cas récent de Colmar, et les réactions]

A : Il fait partie de la poignée d’allumés.

M : Ok, si il n’est pas mainstream qu’est ce qu’il te faut ! Il passe à la télé, il passe dans les journaux, il a les tribunes dans les journaux, il est professeur au muséum d’histoire naturelle et à l’école d’agronomie de Paris, qu’est ce qu’il faut comme mainstream, je suis désolé. J’aimerais bien qu’on me donne des situations de leader écologiste de grand parti, de Greenpeace, quoique ce soit qui condamnent les fauchages, qui condamnent les destructions. [à noter que dans un Podcast suivant, après avoir été bien poussé par Alan, Martial de Montmollin a condamné.] J’ai demandé aux gens avec qui j’ai interagi sur internet de condamner la destruction des champs de riz golden rice aux philippines, riz doré, personne n’a voulu le faire. Soit ils disent “non je ne le condamne pas” soit ils partent sur autre chose, ils détournent le sujet. Donc incapable de condamner le fait qu’on ait détruit, donc c’est aux Philippines, par un institut philippin donc c’est pas l’impérialisme américain ou européen, c’est des philippins qui développent ça [précision : le riz a été originellement développé en Suisse, et les philippins développent la mise en place dans les variétés locales], un riz dont l’objectif est de donner de la vitamine A aux enfants pauvres, dont des centaines de milliers meurent chaque année par manque de vitamine A, on détruit les tests qui ont pour but de voir que c’est sécure, et on refuse de condamner ces tests, et puis on dit “faut pas commercialiser, faut pas distribuer ce riz vitamine A parce qu’on n’ pas montré qu’il était sur”, c’est incroyable et c’est pas d’une poignée d’allumés, Greenpeace a officiellement soutenu cette destruction. Ce n’est pas une poignée d’allumés, c’est vraiment le mouvement anti OGM tel qu’il se présente à nous, de dire il n’y a pas assez de tests et à chaque fois que vous ferez un test, on le détruira. En tant que scientifique, même si moi je ne fais pas d’OGM, c’est une attitude que moi je ne peux pas accepter, qu’aucun scientifique ne peut accepter, on ne peut pas faire ça.

A : Et si on revient justement sur la question du golden rice et de la faim dans le monde ? C’était le dernier thème que je voulais aborder. Et cela nous donnera peut-être l’occasion d’examiner d’un peu plus près le principal argument Pro-OGM… Nous avons vu pas mal d’arguments anti, jusqu’ici. Martial de Montmollin nous dit “je ne supporte plus de se faire continuellement accuser d’affamer la planète en refusant les OGM. Alors même que les bienfaits sur le long terme de ceux-ci n’ont pas été démontré et que le problème de la malnutrition est un problème économique (de répartition des ressources) et non un problème de production_ (dixit FAO).” Je n’ai malheureusement pas la référence de la FAO (l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, donc). Là, on touche au cœur de d’une opposition fondamentale entre Anti- et Pro-OGM. L’argument pro-OGM présentant les semences OGM comme une arme de la lutte contre la faim dans le monde est rejeté, car pour les anti-OGM, les problèmes économiques et politiques sont les principales causes de famine3. Et pourtant… Un rapport intergouvernemental, approuvé par 59 gouvernements et regroupant 700 experts affirme que l’adoption massive des OGM du fait de la mobilisation de capitaux et de moyens humains aboutira à un ralentissement de la lutte de la faim dans le monde4.(références sur la page Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9bat_sur_les_organismes_g%C3%A9n%C3%A9tiquement_modifi%C3%A9s#Acteurs_du_d.C3.A9bat ). Ca me semble un peu court honnêtement d’un coté comme de l’autre, on avait fait un dossier sur Podcast Science sur le défi alimentaire puis on s’est rendu compte que c’est un problème vachement complexe et puis il y a plein de levier sur lesquels il faut tirer si on veut arriver à quelque chose. Mais je me demande quand même. Est-ce que ce n’est pas un argument que l’on devrait examiner un peu plus sérieusement ? Peux-tu nous parler un peu du riz doré (Golden Rice) ?

M : Il y a plusieurs éléments là dedans, faudrait passer en détails donc là je reviens, les scientifiques on est chiants, on aime bien aller dans les détails, et tout vérifier. Donc déjà on revient à ce que je disais au tout début que dire que les OGM font ceci ou font cela. En soi, ça a pas beaucoup de sens donc dire : “les OGM vont résoudre la faim dans le monde” ou dire : “les OGM ne résoudront pas la faim dans le monde”, ça a pas beaucoup d’intérêt comme question. Ce n’est pas assez précis. Ensuite de dire : la faim dans le monde c’est un problème complexe, oui. C’est vrai. Est-ce que chaque fois qu’un problème est complexe on doit rien faire, personnellement, je ne pense pas. Je veux dire, des fois ça me donne l’impression de gens qui discutent “pourquoi est-ce qu’on construit des bâtiments qui sont faits dans des matériaux combustibles”, pendant que le bâtiment brûle et les gens meurent, il vaut mieux discuter de ça plutôt que d’appeler les pompiers. Parce que franchement les gens qui meurent aujourd’hui, meurent aujourd’hui. Et moi je veux bien qu’on ait demain un ordre mondial où plus personne n’a faim et tout le monde a tous les légumes dont il a besoin et tous les fruits dont il a besoin et c’est super cool je connais personne qui est contre. Peut être qu’il y a quelques milliardaires américains qui sont contre mais franchement, pas beaucoup de scientifiques. Mais on n’y est pas. Et si vous avez le moyen magique d’y arriver tout de suite et que vous le dites pas, c’est vraiment un crime. Donc je pense pas que qui que ce soit ait le moyen magique pour y arriver maintenant. Ce qu’on a aujourd’hui, si on revient au riz doré, c’est des gens qui sont très très très pauvres qui ne mangent que du riz parce qu’ils sont très pauvres et qu’ils vivent dans des régions où le seul truc qui pousse de manière fiable, malgré les inondations, malgré le climat qu’ils ont, c’est le riz, qui ont pas les moyens d’avoir autre chose, et dont les enfants meurent ou deviennent aveugles parce que de manger que du riz ce n’est pas suffisant. Et dire depuis l’Europe “ah ben il s ont qu’à manger des légumes”… euh merci c’est, pour être poli, insultant c’est-à-dire que ces gens savent bien…

A : Mais c’est vrai ça ? Est ce que c’est vrai ou c’est juste argument pro OGM ?

M : Non c’est vrai !

A : On a des données chiffrées ?

M : Oui il y a une estimation récente dans un journal économique de 2 millions d’enfants morts par vitamine A dans les 10 dernières années. [en fait c’est 1,4 million / an ! article de l’estimation ; article qui met en contexte ; site web du chercheur]

A : Donc le riz doré, dans ce cas spécifique, aurait pu éviter ça.

M : Oui et puis quand on dit on n’a pas d’éléments pour savoir si ça peut blablablabla, on sait quel est le problème, ils manquent de vitamine A, le riz doré c’est du riz qui a la vitamine A dans la graine, il n’y a pas besoin de se prendre la tête 10.000 ans, la vitamine A c’est la solution au manque de vitamine A, et en plus c’est pas super exotique, on a mis le gène du maïs, le maïs on en mange, le maïs c’est jaune, la vitamine A c’est jaune, tous les trucs que vous mangez jaune ils ont la vitamine A dedans. Le beurre il est jaune à cause de la vitamine A, les carottes sont rouges. Les petites taches oranges sur les joues des manchots c’est à cause de ça, c’est la vitamine A, c’est pour montrer à leur partenaires sexuels potentiels qu’ils sont en bonne santé, qu’ils mangent beaucoup de poissons, plein de vitamines qui font ça. Et le riz doré il est jaune parce qu’on a mis ce gène du maïs dedans, donc ce n’est pas très compliqué, ce n’est pas un insecticide c’est rien de spécial, c’est la même vitamine A qu’on magne partout. Et dire “ah mais cette vitamine on ne sait pas ce qu’elle fait”. La vitamine A c’est une molécule simple, on ne parle pas d’un complexe de protéines compliquées, on connait sa formule chimique on sait ce que ça fait. On connait. J’ai même lu des arguments anti riz doré qui disent “ah oui mais l’acide rétinoïque, qui est un précurseur, en trop grande quantité peut causer des malformations embryonnaires”. Oui on est au courant. On peut même faire des manipulations d’embryons au labo, embryons de souris je vous rassure ou de poissons zèbres en mettant de l’acide rétinoïque. On sait même comment ça marche, on sait ce qui se passe, quelle molécule le fixe et tout. Mais il n’empêche que la vitamine A est indispensable à notre vie et qu’on en mange tous et qu’on n’a pas tous des malformations embryonnaires, il faut arrêter les délires. Je veux dire on ne va pas donner de la vitamine A aux gens qui meurent parce que ils n’ont pas de vitamine A, parce qu’un précurseur de la vitamine A quand on le fout en grande quantité dans un aquarium plein de poissons, ça fait des malformations embryonnaires, c’est n’importe quoi. On sait qu’il faut de la vitamine A ou alors je propose aux gens qui sont contre le riz doré de pas donner de vitamine A du tout à leurs enfants, ça me parait un bon exemple. Ils vont voir ce qui arrive à leurs enfants, c’est pas possible. Et je veux dire là on est vraiment dans une situation, on a la solution, on nous dit aussi, que c’est un sous marin, un cheval de Troie pour introduire les OGM. Mais je m’en fous à la limite. Je veux que ces enfants soient sauvés, je m’en fous du cheval du Troie c’est comme si on me disait, il faut interdire les ambulances et les véhicules de pompiers à moteur parce que ça risquerait de donner l’idée que les moteurs ça peut être utile. Mais vos gueules, il faut que l’ambulance elle arrive à temps pour sauver des gens et tant pis si ça montre que les moteurs sont utiles. Parce que quand même on nous présente ça d’une manière ça risque de donner l’idée que peut-être les OGM sont utiles, ca risque de donner l’illusion que les OGM sont utiles. Non, ça va montrer que les OGM sont utiles. Et les OGM sont utiles et c’est tant pis pour vous si vous n’êtes pas capables de le voir.

A : Ouais enfin certains OGM sont utiles.

M : Oui mais c’est ce qu’on dit depuis le début ! Les OGM ça n’a pas beaucoup de sens mais un OGM peut être utile, oui, un OGM peut être utile. Si ça vous dérange, si vous êtes coincés dans une situation intellectuelle telle que quand on montre qu’un OGM utile c’est tellement grave pour vous qu’il vaut mieux que 2 millions d’enfants meurent plutôt que vous admettiez que vous avez tort, alors c’est très grave. Et quand Martial de Montmollin écrit “je ne supporte plus de me faire continuellement accuser d’affamer la planète en refusant les OGM”, ben j’ai une solution simple. C’est d’arrêter de refuser les OGM pour ne plus se faire accuser, parce que si on refuse une solution à un problème, que le problème existe, que la solution existe, je suis désolé on a tort. Et si on continue à refuser le problème et qu’en plus on se vexe quand on vous fait remarquer que vous avez tort, tant pis pour vous.

A : Bon, ça m’intéresserait d’entendre comment ils bâtissent ces discours est-ce que c’est juste un dogme finalement ou est ce qu’il a des arguments derrière. On a malheureusement pas eu l’occasion d’en parler et puis il ne pouvait pas être des nôtres ce soir mais ça m’intéresserait, je sais qu’il va écouter cette émission sincèrement j’aimerais bien en savoir plus sur cette position parce que c’est vrai j’ai beaucoup de mal à la comprendre aussi. Ça me semble très très surprenant quoi.

M : D’après ce que j’ai lu ailleurs de lui je pense qu’on doit pouvoir discuter avec lui donc moi je serais ravi de le rencontrer et de discuter. Mais…

A : On va organiser ça, on ira boire une bière OGM ensemble.

M : Tout à fait.

A : On mettra un micro et puis va fera des after pour cette émission. Et puis une dernière chose que je voulais évoquer c’était dans un très court mais remarquablement efficace billet de blog où tu commentais le lobbying agressif du département d’état américain pour imposer partout des cultures OGM. Tu te risquais à un parallèle entre les OGM et la viande de cheval dans les lasagnes ? Tu t’en souviens tu peux nous en parler ?

M : Oui, c’est un peu la même parallèle que j’ai fait toute à l’heure avec la viande de porc pour le halal ou le casher. C’est à dire que, si il y a des gens qui veulent pas manger d’OGM pour des raisons idéologiques, c’est complètement respectable et ils doivent avoir le droit de ne pas manger d’OGM s’ils veulent pas. Après c’est à eux de s’arranger pour que ce soit faisable. Le problème qu’on a eu c’est de même qu’on a eu des lasagnes où c’était écrit bœuf et c’était du cheval, on a eu le département d’état américain qui faisait un lobbying secret pour imposer les OGM ailleurs qu’aux Etats-Unis et le problème là dedans c’est le mot secret, c’est-à-dire que tous les gouvernements font du lobbying pour leur industrie. Comme les Etats-Unis sont leaders en OGM ben ils vont faire du lobbying pour les OGM comme ils font du lobbying pour Boeing et je sais pas quoi. Et comme la France et l’Allemagne vont faire du lobbying pour Airbus. Ou les TGV. C’est complètement normal à ce niveau là, mais de le faire en secret parce qu’on sait que les gens n’aiment pas ça c’est grave.

A : Ce n’est pas normal.

M : Ça ce n’est pas normal. Bon, en soi, je suis sûr que on a appris récemment dans les choses que font les départements d’état américain, il y a beaucoup de choses pas terribles et puis je suis sûr que tous les pays ont plein de choses pas terribles que les gouvernement français ou suisses ont plein de choses dont ils doivent pas être fiers publiquement. Mais voilà mon argument c’était pour dire, en soi, le fait que ces actions de lobbying cachées des américains existent ce n’est pas un argument pour dire les OGM sont mauvais, c’est un argument plutôt pour dire comment fonctionnent les départements d’état, c’est mauvais. De même que les lasagnes au cheval ce n’est pas un argument pour dire de jamais manger de viande de cheval. C’est un argument pour dire les lasagnes industrielles, ce n’est pas très bon finalement.

A : Arrête moi si je me trompe mais j’ai l’impression qu’au fond le problème il réside dans le fait qu’on a à la fois des enjeux immenses, on a des groupes de pression puissants on a des mensonges d’un coté et de l’autre, des peurs sans doute légitimes on a beaucoup de passion beaucoup de militantisme on a énormément de simplifications et d’amalgames face à un problème complexe.

M : Alors tu m’as dit, je t’arrête donc, j’espère que ce n’est pas que rhétorique, t’as dit des mensonges d’un coté des peurs de l’autre. Donc c’est quel coté là, les deux cotés dont tu parles ?

A : Ouais j’avoue qu’après t’avoir entendu, ce texte en fait je viens de le lire, je l’avais écrit à l’avance, après t’avoir entendu je me rends compte, d’ailleurs j’ai eu une petite hésitation en le disant, que ça marche pas comme ça. Ce n’est pas aussi simple. Je pensais aux peurs qui sont sans doute de bonne foi dans le camp même pas dans le camp des antis OGM mais au sein de la population qui a peur de ces trucs là. Les mensonges effectivement je pense qu’ils existent dans les deux camps après t’avoir entendu, aussi bien….

M : Je pense qu’il y a plus que deux camps, il y en a 3. Je pense qu’il y a un camp militant anti OGM, il y a un camp de l’industrie agro-alimentaire et des semenciers qui, comme toutes les industries, va mentir quand ça leur fait gagner des sous, et il y a un camp des scientifiques qui, je dirais, est un 3ème camp, des fois se retrouvent, ça arrange l’industrie donc l’industrie va les mettre en avant mais de même que des fois ce qu’on dit dans d’autres contextes ça arrange les mouvements écologiste donc ils vont le mettre en avant et des fois ce qu’on dit ça arrange d’autres gens mais finalement, nous, notre objectif n’est pas dire quelque chose qui arrange quelqu’un mais de dire la vérité. Donc je dirais qu’il y a 3 camps pour moi.

A : Ok mais la science on l’entend pas beaucoup, le camp de la science.

M : Ben c’est chiant comment on parle nous d’habitude. On écrit des articles plein de jargon on les publie de manière obscure, et même quand on fait des blogs ou des choses ou qu’on parle aux gens, tout de suite on rentre dans les détails, on cherche à corriger les erreurs, vous connaissez la série TV The Big Bang Theory ? Vous voyez quand Sheldon va essayer d’expliquer quelque chose, voilà. C’est caricatural mais il y a de ça c’est à dire que c’est vrai que nous on veut que chaque détail soit correct, très vite on interrompt les gens pour dire “attendez là dans votre phrase déjà le deuxième mot que vous avez utilisé est pas tout à fait dans le bon sens dadadadada”. Là j’essaie de pas trop faire ça mais c’est vrai que c’est une tendance qu’on a et on n’a pas tort en soi, je pense parce que si on veut dire des choses correctes, ben il faut faire attention à tout. Le diable est dans les détails mais du coup….

A : Mais c’est quoi le problème, les scientifiques savent pas communiquer ? C’est un levier sur lequel on pourrait travailler ils pourraient s’améliorer là ?

M : Oui et non parce que quand je vois des conseils de communication scientifique ça revient souvent à dire, en gros, faites plus comme les gars du marketing et on ne veut pas faire ça pour des bonnes raisons. Donc je dirais plutôt que pour la plupart des gens, en fait, comprendre le monde c’est compliqué. C’est difficile c’est ce que nous on fait, la plupart des gens ont pas envie de faire cet effort. Et si vous venez vers nous en étant prêt à faire cet effort on est ravis, la plupart des gens ont pas envie de faire cet effort donc ensuite vous avez que deux solutions, soit vous nous faites complètement confiance, ce qui en soi n’est pas une attitude très scientifique.

A : On est d’accords.

M : Mais c’est moins d’efforts. Soit vous nous faites complètement pas confiance. Et vous écoutez d’autres gens qui parlent mieux, qui ont tort mais qui en parlent mieux. Mais c’est une question très générale, je veux dire, quelque part je ne suis même pas sur que ce soit possible de communiquer la science de manière rigoureuse sans être un minimum ennuyeux. Enfin j’essaye, j’ai un blog que tu connais mais il y a toujours un moment où ça devient plus sérieux ou plus technique c’est obligé sinon ce n’est pas correct ce qu’on dit. Et on doit être corrects.

A : Alors la solution passerait par quoi, par une meilleure éducation ? Il faut qu’on apprenne à mieux comprendre ces messages, en fait, est ce qu’il y a moyen de sortir de cette impasse ou est ce qu’il faut que les scientifiques se mettent aussi à aller manifester avec des banderoles et qu’on les entendent plus que les autres ?

M : Tu parles des OGM ou de la science en général ?

A : Je te parle, ben je pensais en l’occurrence à la problématique des OGM, mais finalement oui, les scientifiques en général, est ce qu’on ne devrait pas les entendre un peu plus ?

M : C’est difficile. La logique du discours public c’est celle que maîtrisent les politiques et les journalistes et nous on la maîtrise pas, tout le monde se met à la maîtriser ben souvent on dérive, comme j’ai parlé de Pierre-Henri Guyon mais si on sort de la thématique des OGM on a, par exemple, Richard Dawkins en Grande Bretagne est très populaire dans les média mais ce qu’il dit c’est plus grand chose de scientifique, donc je ne sais pas. Je n’ai pas la bonne solution c’est très difficile, mon effort personnel c’est d’être très présent sur blog et twitter où je ne peux obliger personne à interagir avec moi, ni à lire ce que j’écris et si des gens trouvent ça ennuyeux, ben ils sont pas obligés de le lire, mais au moins quand des gens s’adressent à moi, je suis ouvert, je suis là pour leur répondre. Des fois, j’écris un billet et puis les gens comprennent pas, ils disent dans les commentaires, j’ai pas compris et je réponds, parfois j’écris un nouveau billet qui permet de réexpliquer les choses mieux, voilà. Je pense déjà que internet est une énorme opportunité parce que les scientifiques, on va jamais maîtriser les média classiques, ils ne sont pas faits pour nous, on est en moyenne introvertis, on a des choses ennuyeuses à dire, on a aussi besoin d’un discours long, donc votre podcast c’est super, j’ai le temps mais j’aurai jamais ce temps là dans un journal télévisé ou quelque chose comme ça, on est d’accord. Donc comment je traduirais en 2 min, en 2 min je traduirais, je ferais une approximation et puis un gars en face aurait beau jeu de trouver l’erreur dans l’approximation.

A : En 1min30

M : Voilà, Donc ça ne marcherait pas. J’aime beaucoup internet parce qu’on a cette opportunité de s’expliquer à notre rythme et tout le monde peut y accéder, après la plupart des gens, comme je disais, sont pas intéressés, la plupart des gens vont préférer faire autre chose que de s’intéresser à la science et ça c’est quelque chose, j’y peux pas grand chose, mais au moins en étant présent sur internet ça veut dire que si quelqu’un fait une recherche internet sur les OGM, par exemple, je pense que si les scientifiques bloguaient tous, soyons fous, chaque scientifique en exercice a un blog. Le lendemain de l’affaire Seralini, vous seriez allé sur internet et vous auriez vu “oh mon dieu ils sont tous contre”. Ça aurait été super visible, là ça se voyait dans les salles de café des labos. Mais ça se voyait pas sur internet tellement, parce que sur internet trop peu de bloggeurs on pouvait dire bon y a un gars qui a dit ça, un gars qui a dit ça, je ne sais pas. Donc je pense que la solution en grande partie c’est d’aller par internet, d’aller sur les blogs, d’aller sur twitter, d’aller sur d’autres outils internet, moi j’utilise le blog et twitter, ça peut être facebook, autre chose. Pour être au moins là quand les gens vous cherchent, parce que les gens vont pas venir taper à la porte de notre labo mais ils vont faire une recherche Google. Je veux dire à un moment mon blog c’était le deuxième hit sur internet après wikipedia pour Pierre-Henri Guyon je crois que c’est redescendu à la 4ème ou quelque chose ça veut dire que les gens qui cherchent Pierre-Henri Guyon, ils trouvent que moi je n’étais pas content de ce qu’il a dit sur les scientifiques. Au moment de l’affaire Seralini. Voilà, donc c’est visible.

A : Ok ben c’est une solution. On va peut être rester sur celle-là et puis comme on parle d’internet, d’interactivité je crois qu’on a eu des tonnes de questions dans la chatroom et puis on a peut être des questions du reste de l’équipe. Nico j’arrête de monopoliser la parole.

N : C’est vraiment passionnant merci pour tout ça, moi j’apprends beaucoup de choses. Par contre tu nous disais, je crois qu’il y a 3 camps, les scientifiques, les militants pour, les militants contre.

M : J’ai pas dit les militants pour, j’ai dit l’industrie.

N : Ou l’industrie, enfin ce que j’appelle les militants pour quoi. C’est-à-dire les gens qui ne sont pas objectifs, fin bon, bref, des histoires de termes comme tu disais. Et en fait ce que moi il m’a manqué un peu dans tout ce que tu présentais, c’est quasiment un 4ème camp, c’est, je sais pas comment appeler ça, parce que j’ai pas envie qu’on joue sur les termes je préférerais qu’on réponde dans le fond, c’est les scientifiques qui se posent des grosses questions d’éthiques, c’est un peu ce qu’on retrouve dans le nucléaire, c’est-à-dire, j’appelle scientifique parce que ce serait pas des gens qui nieraient les faits mais ce serait des gens qui se poseraient des questions purement éthique du genre ce qu’on pourrait se poser, alors j’ai plus d’exemples dans le nucléaire parce que je connais mal les OGM ,mais qui seraient du genre dans le nucléaire de dire ben y a certains avancées nucléaire, si on les généralise, on pourra plus revenir en arrière, ça aura une pollution qui pourra être dramatique ou des choses comme ça ou il y en a aussi dans le médical. Enfin des vrais questions éthiques sur ce qu’on fait qui sont au delà de la question de vérité juste ou d’avancées scientifiques et j’ai pas entendu trop ça dans ton discours sur justement un peu de limites, de ce coté là de dire “ok on a des choses, on peut aller loin mais peut être que scientifiquement aussi il y a des moment il va falloir se mettre des barrières importantes”.

M : Alors je suis d’accord que ce serait intéressant, en fait j’essaye de discuter avec des collègues, souvent des gens sont surpris que je ne sois pas anti OGM parce que en gros si on est un scientifique surtout en biologie on est probablement de gauche, si on est de gauche on est probablement anti OGM, “qu’est ce que tu fais ??” Bon je simplifie à peine mais quand je discute avec eux à chaque fois pour savoir ce qu’il se passe, pourquoi, quel argument en fait c’est très généralement des gens qui ont pas réfléchi au problème simplement comme ils sont pas intéressés à la question et qu’ils font partie d’un camp politique qui est anti OGM, ils sont anti OGM. Et je continue à chercher, c’est quelque chose que j’aimerais développer sur mon blog c’est dialoguer avec des biologistes compétents qui ont des réserves sur les OGM, ce serait vraiment intéressant. J’ai essayé de développer, il y a eu un dialogue de Pierre-Henri Guyon sur un de mes billets de blog, il a réagi sur twitter, je lui ai dit “mais réagi sur le blog, on pourra aller plus dans le fond” il a réagi, le dialogue a démarré, je pense qu’il y a eu plus de dialogue que je n’en avais eu auparavant avec lui, après dans les blogs il y a un certain nombre de commentateurs qui reviennent toujours sur le sujet OGM donc 2 – 3 personnes qui sont très pro OGM sont venus commenter. Il a dit “ah moi je parle pas à ces gens” et il est parti. Bon donc le dialogue s’est arrêté là mais j’aimerais beaucoup avoir ce dialogue là. En l’occurrence Pierre-Henri Guyon, il n’a rien dit que moi je trouve finalement convaincant mais au moins j’ai compris de quoi il parlait, ce que je n’avais pas compris avant. Donc voilà je pense c’est une question intéressante mais pour l’instant j’ai pas vraiment réussi à avoir ce dialogue, j’ai cherché, je continue à chercher, bon faut voir aussi mon blog c’est un truc que je fais le soir, moi mon activité comme on l’a dit au tout début, je suis prof de bioinformatique donc je passe pas ma vie à chercher ça non plus, mais à l’occasion je cherche et c’est quelque chose que j’aimerais faire c’est avoir des dialogue avec des scientifiques qui ont des raisons valides d’être au moins, disons, réservés sur les OGM. Alors à nouveau c’est toujours pareil, il faut commencer par dire finalement les OGM c’est pas super pertinent comme catégorie il y a tel ou tel cas d’OGM qui pose problème mais j’aimerais bien pouvoir en discuter.

N : Ok.

A : Sinon est ce qu’on avait des questions de la chatroom ou vous avez pu suivre un peu, nous on se regardait dans les yeux avec Marc. Du coup, je découvre maintenant qu’il y avait des dessins, des dessins de Puyo absolument géniaux d’ailleurs. A quoi rêve un organisme génétiquement modifié quand il s’endort.

I : Moi j’ai relevé quelques questions dans la chatroom, il y avait beaucoup de commentaires évidemment. Il y a eu des questions mais souvent, les réponses venaient ensuite. Mais je peux en lire quelques une quand même. Il y avait GPIF qui au tout début nous a demandé : “il y a des OGM inoffensif et d’autre plus nocif, comment les distinguer?”

M : On peut commencer par on sait ce qu’on fait quand on fait un OGM, il y en a où en principe on sait déjà que ce sera inoffensif et d’autres où on sait qu’il y a un risque, c’est comme les médicaments si je donne un médicament contre un cancer je sais que ça va être dangereux, parce que un cancer c’est vos cellules donc si je tue vos cellules c’est dangereux, donc de même on peut savoir que quand on met par exemple un insecticide qui va tuer un animal, nous sommes des animaux on a un risque. Alors que quand on met par exemple de la vitamine A, on n’attend pas de risque. Quand on renforce le système immunitaire de la plante on a très peu de risque, donc il faut toujours faire un test mais idéalement il faudrait faire les tests aussi sur les hybrides et sur les plantes par mutagenèse non dirigée, mais on a quand même une idée de ce qu’on fait le plus dans les OGM en fait, et donc on peut avoir une assez bonne idée de si il y a probablement un risque ou probablement pas de risque. C’est clair ?

I : Oui ! très bien ! c’est très clair. Ensuite il y a Pascal qui nous dit “La méfiance vient peut être du fait que les gens n’imagine pas possible que l’on maîtrise suffisamment le vivant pour le modifier en pouvant évaluer les risques.” Qu’est ce que tu en penses ?

M : C’est clair que la biologie c’est en ce moment, je pense depuis 20-30 ans, la science qui bouge le plus vite et la perception qu’on a d’une science elle est très en retard sur sa réalité quand elle bouge si vite, je pense c’est un peu similaire à ce qui s’est passé en physique dans les année 20-30 où les choses ont bougé tellement vite que la perception a peut être eu du mal à se rattraper après que dire je sais pas, est-ce qu’il y a une vraie question là.

I : Je pense que ça rejoint un peu le problème de l’éthique dont parlait Nico Effectivement c’est que ça fait peur. Ça fait peur parce qu’on a l’impression que tout va très vite et où est ce qu’on va s’arrêter et est ce qu’on doit arrêter.

M : La peur et l’éthique c’est deux choses différentes. Mais comme je l’ai dit on s’est arrêté à un moment. Je pense qu’il y a un problème de perception publique du scientifique c’est-à-dire que dans la fiction, le scientifique est presque toujours un espèce de docteur Frankenstein fou qui n’a aucune conscience et aucun regard pour les conséquences, qui est autiste et détaché de l’humanité et qui fait des expériences en ricanant dans son labo tout seul et à peu près tout dans cette image est faux. Sauf peut être qu’on est à moitié autiste. Non sérieusement la plupart des scientifiques en fait s’intéressent à la société. Je pense que vous trouvez beaucoup plus de militants de causes diverses dans un labo universitaire que dans la société générale, et la science se fait jamais tout seul donc vous êtes à plusieurs donc c’est très difficile de développer quelque chose en communauté et que personne à un moment dise “arrêtez, qu’est ce qu’on fait”. Donc c’est quelque chose qui est développé à plusieurs donc ensuite est ce qu’il y a un manque de confiance, certainement. Il y a aussi un mélange je pense entre scientifique et technologie, c’est-à-dire souvent quand on a les pages sciences des journaux généralistes, on ne parle pas de science, on parle du nouvel iPhone. On parle de technologie finalement et si il y a des problèmes avec les technologies, la perception négative qui vient de ces problèmes se répercute sur les scientifiques. Je pense aussi qu’il y a un mélange de ce genre parce qu’on a du mal à faire confiance aux scientifiques parce qu’on a des problèmes avec les technologies. Mais finalement ingénieur et scientifique c’est deux métiers différents. Ingénieur c’est aussi un métier très important, il y un super discours de Niels Armstrong, le premier astronaute sur la lune, sur la beauté du métier d’ingénieur que je vous recommande totalement mais c’est quand même un métier différente avec des objectifs différents, je pense qu’une partie de la méfiance vient de là. C’est beaucoup plus difficile de comprendre ce que nous on fait. Pourquoi on parle de découvertes technologiques, d’avancées technologiques, elles sont plus faciles à expliquer il y a un train qui va vite, il y a un iPhone plus puissant etc. C’est facile à expliquer. On a trouvé que 0,1% du génome dont on ne connaissait pas précisément la fonction a en fait une fonction régulatrice précise et subtile à un moment du développement, c’est plus dur à expliquer.

I : Oui mais là tu parles de la biologie, c’est vrai que la biologie c’est difficile à expliquer, certes.

M : Ben tout moi j’ai rien compris à la récente découverte du rayonnement cosmique là. Tout est compliqué. Dès qu’on va dans les détails c’est compliqué.

I : On a d’autres question on va peut être passer à ça je pense. David qui nous demande : “est ce qu’un des problèmes des OGM ne vient pas aussi de la volonté de l’imposer sur des cultures plus classiques ? Genre comme dans un reportage sur Arte concernant Monsanto où ils expliquaient que ça polluait les cultures classiques et que finalement ça force les gens à passer à des semences fabriquées et contrôlées par des industriels ?”

M : Pfou il y a tellement de trucs là dedans ça va être dur de répondre. Bon alors Arte c’est génial pour les films en VO et la danse classique mais dans mon expérience, la science sur Arte, c’est catastrophique. Je pense que c’est tous les gens qui sont tous diplômés de lettres là dedans.

A : Je ne sais pas mais moi j’ai un gros problème avec ça aussi.

M : C’est vraiment catastrophique, alors là si on veut des gens qui ont une image négative du scientifique qui veulent toujours montrer des théories du complot c’est génial. Ensuite ben on revient à ce hoax qui est tout le temps répandu que les graines de Monsanto contaminent tout le monde et les forcent à utiliser les OGM. Il faut rappeler que ce n’est pas vrai, il n’y jamais eu de cas où Monsanto ou une autre compagnie a fait un procès à un paysan parce qu’il y a des OGM dans son champ par erreur. Il y a eu des cas où il y a eu des procès parce que des gens ont planté exprès des OGM sans payer, donc c’est comme si vous piratiez Windows, ce n’est pas comme si Windows avait sauté dans votre linux. Donc ce n’est pas arrivé ça et en fait on voit aussi souvent sur internet dans les gens anti OGM cette image du paysan victime des grosse boites qui font des OGM et en fait qui colle absolument pas aux chiffres parce qu’on voit que les gens, les paysans veulent planter des OGM. La résistance à l’interdiction des OGM en Europe vient des paysans. Aux Etats-Unis les OGM, entre 70 et 80% des types de cultures aux OGM qui sont disponibles parce que les paysans les achètent, ils achètent plus cher parce que c’est plus rentable parce qu’ils ont moins de travail, qu’ils dépensent moins d’argent sur l’essence de leur tracteur, ils se font moins de sortie, ils utilisent moins de pesticides. En Inde, quand le coton BT OGM n’était pas encore disponible, les paysans se sont mis à le pirater. Ils en ont volé et ils l’ont replanté sans payer des sous parce qu’ils voulaient absolument le planter donc en fait c’est un outil supplémentaire qu’on donne au paysan, le paysan veut en général. Je veux dire bien sur qu’il y a de agriculteurs bio qui le veulent pas mais ils ne sont pas obligés et à nouveau personne n’a jamais été obligé de l’utiliser à ma connaissance. Alors je ne prétends pas tout savoir, si quelqu’un trouve un élément qui montre que quelqu’un a été obligé, qu’il envoie le lien c’est cool je serai très ouvert mais tout ce que j’ai vu, chaque fois qu’on m’a montré un lien, c’est des gros hoax, ce n’est pas arrivé. Ce qui est arrivé par contre c’est que des agriculteurs bio américains ont fait un procès à Monsanto préventif en disant, si vos OGM viennent dans nos champs, nous on va avoir des problèmes. Ils ont perdu le procès parce qu’ils ne pouvaient pas démontrer qu’ils avaient le moindre problème, ils ont perdu tous les appels, donc ça n’arrive pas.

I : D’accord.

A : Irène on avait encore autre chose.

I : Pourquoi sera-t-il interdit pour les agriculteurs de ressemer leurs propres récoltes ?

M : Alors ça dépend des cas, là c’est un peu compliqué, donc ça va être un peu difficile à détricoter, je suis pas sur d’arriver à tout dire rapidement mais : premièrement quand on plante des graines hybrides, qui est le plus courant, pas OGM on ne peut pas les ressemer parce qu’on ne refait pas les mêmes traits avec l’hybride donc ne pas replanter ces graines, c’est tout à fait courant. C’est la première chose qu’il faut dire que la plupart des gens ne sont pas au courant. Deuxièmement il y a certains OGM on a le droit de replanter tout de suite si on veut utiliser soi même mais on n’a pas le droit de replanter pour vendre les graines parce que ça devient du métier de semencier. Et qu’il y a une clause de non concurrence c’est-à-dire que quand vous achetez une plante à Monsanto, vous faites une clause de non concurrence de même, quand vous achetez un logiciel Windows vous signez quelque part que vous n’allez pas le copier, le redistribuer. Or les plantes ça se copie assez facilement, ça a ça en commun avec les logiciels aussi. Donc c’est interdit effectivement de prendre des graines, de les planter, de revendre les graines à d’autre pour les planter. Il y a aussi des cas où c’est interdit même de replanter soi même, soit, je vais dire, bon il y a sûrement des antis capitalistes dans la liste des commentaires, en soi c’est le marché libre. Si je suis un paysan que je ne veux pas acheter des graines où c’est interdit de replanter, ben je les achète pas, j’en achète d’autres. Il y a quand même une grosse concurrence chez les semenciers, c’est pas du tout comme d’autres marché, on parle d’oligopole mais il faut se rendre compte que les très grosses boites elles ont 10-15% du marché, il y a concurrence. Donc tout paysan, un paysan à qui ca pose problème ça il n’est pas obligé d’acheter ces semences, mais il faut bien se rendre compte que ça ne pose généralement pas de problème aux paysans parce que de toute façon, leur façon normale de procéder c’est de racheter des semences tous les ans. Et ce serait d’autant plus vrai s’ils évitaient la monoculture parce que si vous voulez changer faire par exemple une rotation vous avez intérêt à racheter des semences même, différentes tous les ans, ce que font certains paysans, ce qui est très bien pour le sol donc dans ce cas là vous avez encore moins intérêt à garder vos semences. Voilà.

A : Tu fais beaucoup de comparaison avec l’informatique du coup il y a Vincent qui nous demande dans la chatroom et les OGM libre ou open source est ce que ça existe ?

M : Non ça serait cool hein ? En fait ça existe dans les laboratoires mais ça sort pas des labos parce qu’on ne peut pas faire les tests, donc ça sort pas des labos. Ça existe dans les labos, c’est publié dans les journaux scientifiques, un autre labo peut écrire obtenir l’échantillon gratuitement et le reproduire et le modifier à nouveau comme de l’open source mais c’est comme si c’était interdit de mettre l’open source sur les PC des gens et que c’était que sur les gros super ordinateurs des universités. Voilà mais c’est parce que c’est interdit de le développer d’une manière utilisable par tout le monde, parce que les tests sont chers et parce que les tests se font détruire régulièrement.

I : Ensuite, il y avait implo qui se posait la question de la rentabilité, si le fait que les OGM, c’est bien surtout pour la rentabilité en priorité en fait.

M : Alors, il faudrait expliciter, parce que la rentabilité pourquoi c’est un gros mot, il faut pas que les paysans gagnent leur vie, il faut qu’il meurent de faim ?

I : Je me demande si c’est pas plutôt la rentabilité du côté des gens qui produisent les graines en fait.

M : Ah ben c’est sûr qu’ils sont rentables, sinon ils produiraient pas hein. Je veux dire, il y a une espèce de façon de parler, alors on va en politique, moi je veux pas particulièrement faire de politique mais je veux dire, plaçons nous dans le cadre où nous sommes aujourd’hui c’est-à-dire que nous sommes dans une économie mixte où il y a une grosse part de privé, une petite part de public. Si le privé développe quelque chose, il va le développer d’une manière à ce que ce soit rentable, sinon ils vont pas survivre ils vont faire faillite. Et ils seront plus là et les fermiers s’ils veulent à la fin du mois payer toutes leurs factures et encore avoir des sous ils vont être rentables donc oui, les OGM il y a une question de rentabilité. C’est en fait une des originalité du riz doré c’est que c’est le premier OGM qui a été développé, non pour que la ferme soit plus rentable mais pour que le consommateur en bénéficie. Tous les autres OGM ont été développés… En fait je pense que que c’est aussi une partie du problème dont on a pas parlé. La cible n’est pas le consommateur, la cible c’est le paysan c’est-à-dire que c’est pour rendre le travail du paysan efficace, quelque part c’est comme de lui donner un meilleur tracteur. Les tracteurs ça n’a pas rendu vos légumes meilleurs, ça a permis aux paysan de faire son travail plus efficacement à moindre coût donc c’est plus rentable. Est-e qu’il faut supprimer les tracteurs complètement, je ne sais pas mais c’est dans la même logique.

I : Ouais, bien sûr, mais c’est vrai que je pense que c’est pour ça que c’est un débat tellement passionné, c’est qu’il y a tellement d’enjeux différents à tous les niveaux et qui touchent tout le monde, c’est vrai que c’est pas simple je pense.

A : Je propose qu’on prenne, si tu peux nous remonter encore, disons, deux questions et puis après on va gentiment conclure parce qu’on a quand même fait long.

I : Alors il y en a une qui est quand même vraiment différente. Il y a MrNause, je sais pas comment on dit en français, il demande : “il existe encore des pommes de terre, des aubergines et des fraises qui ne sont pas génétiquement modifiées ?” donc ça c’est une première partie de la question, et les pommes au 17ème siècle étaient-elles aussi grosses que celles que l’on trouve today ?

M : Alors, pour le 17ème siècle je ne peux pas répondre, je ne suis pas historien des pommes mais c’est clair que les pommes qu’on mange aujourd’hui ne sont pas des pommes sauvages, si vous avez déjà vu des pommes sauvages, c’est tout petit, c’est très acide et amer et très dur. Et il y en a pas beaucoup par arbre donc ce qu’on mange nous, en général, c’est des pommes qui ont été, alors après génétiquement modifiées c’est une question de vocabulaire, mais qui ont été…

A : Sélectionnées.

M : Sélectionnées, hybridées, on a croisé des mutants naturels ou on a fait de la mutagenèse plus récemment mais dans le passé on a juste attendu que les mutants arrivent donc c’est lent mais ça c’est vrai aussi de toutes les autres plantes. C’est-à-dire pour les aubergines, j’ai jamais vérifié donc je ne connais pas mais les pommes de terre c’est pas les pommes de terre telles qu’on les trouve dans la nature non plus, ce qu’on mange, je veux dire rien de ce qu’on mange, si c’est domestiqué, la définition de la domestication pour un animal ou pour une plante c’est que l’humain contrôle sa reproduction, c’est la définition de la domestication et qu’on contrôle sa reproduction en grande partie pour contrôler qui se reproduit. C’est ceux dont les traits nous arrangent qui se reproduisent et donc on sélectionne qui nous arrange, que ce soit un cheval qui court vite, une vache qui donne beaucoup de lait ou un blé avec des grosses graines. Donc voilà. Après je suis pas sûr quel était le sens de la question mais ce que je peux dire.

I : Ouais peut-être c’était une question très naïve, simplement est-ce que les choses sont différentes maintenant. Et puis pour une dernière question, celle-ci s’adresse à Alan, d’après ton intro, si on trouve Marc pro-OGM est-ce que ça veut dire que l’on est anti OGM ?

M : C’est une question pour toi ça.

A : Est ce que Marc est pro OGM en fait finalement c’est ça la question.

M : Moi je dirais que je suis anti-anti-OGM.

A : Anti-anti.

M : Oui mais pro-OGM ça voudrait dire que je pars d’un a priori pro OGM et puis que je veux minimiser les défauts. Par exemple, quand j’ai parlé sur mon blog de l’expérience où ils ont trouvé que du maïs BT pouvait être mauvais pour des insectes non cibles, j’ai des commentaires de pro OGM qui trouvaient que j’avais été trop gentil avec cette manip qu’elle était nulle etc. Bon moi je la trouve assez intéressante cette manip, c’est sûr qu’elle finit pas la question, mais aucune manip ne finit la question, c’est toujours petit à petit la science et je la trouve intéressante et j’avais cherché des manips de ce genre. Donc je dirais, non, je ne suis pas pro OGM je dirais plutôt l’évidence n’est pas anti OGM. Donc voilà c’est un peu comme de demander si un scientifique qui travaille sur le climat est pro changement climatique. Pas forcément, a priori, mais quand il regarde l’évidence il voit ce qu’il voit. Donc quand je regarde l’évidence je ne vois pas que les arguments des anti OGM dans l’ensemble tiennent la route. Et je vois aussi que les anti OGM ça ne les dérange pas, ils continuent, donc à partir du moment où on nie les données scientifiques, on nie les résultats ça me gêne, donc je suis anti cette attitude, je suis anti anti OGM.

I : D’accord.
A : Ca me semble clair. Ok ben je pense qu’on va rester là dessus.
Pour retrouver Marc Robinson-Rechavi :
Cette interview a été diffusée dans l’épisode 169 de Podcast Science.

 

 

Puyo sur la radio

Illustrations de Puyo pour embellir le dossier d’Alan présenté lors de la #BirthdayConf de PodcastSuisse


01-illustration-3-mai-2014-ONDES

02-illustration-3-mai-2014-ONDES

03-illustration-3-mai-2014-ONDES

04-illustration-3-mai-2014-ONDES

05-illustration-3-mai-2014-ONDES

La radio ramène sa science

Billet diffusé dans le cadre de la conférence-anniversaire de Podcast Suisse le 3 mai 2014. Nous parlions tous joyeusement de radio, selon nos perspectives de podcasteurs.


On ne va pas entrer dans les détails de la technologie. Si vous ne saviez pas construire votre propre transistor avant ma petite présentation, ça ne va certainement pas s’arranger après… Et on ne va pas entrer dans les détails de la théorie de l’électromagnétisme non plus. Essentiellement, parce que je n’y connais rien. Néanmoins, nous allons tenter de comprendre les grands principes du fonctionnement de la radio, en passant, comme il se doit, par quelques digressions d’usage.

Pour cela, nous allons nous intéresser au domaine fascinant des ondes électromagnétiques… Car quand on parle d’ondes radio, c’est bel et bien de cela qu’on parle.

Ondes électromagnéquoi?

Oui, pardon, d’habitude on essaie d’éviter les gros mots sur podcastscience… Ou alors on les explique.

Une onde radio, a priori, ça fait penser a priori à du son pas vrai? Et pourtant… C’est bien plus proche de la lumière et des micro-ondes que des ondes sonores…

Pour vous et moi, un son, c’est un signal que l’on perçoit grâce à notre sens de l’ouïe… Un truc qu’on entend, quoi…. Pour un physicien, c’est

une vibration mécanique d’un fluide, qui se propage sous forme d’ondes longitudinales grâce à la déformation élastique de ce fluide.

(http://fr.wikipedia.org/wiki/Son_(physique))

 speech

En d’autres termes, un son, c’est une vibration qui se déplace un fluide, c’est à dire dans un liquide ou dans un gaz, comme l’air. Dans le vide de l’espace, ou sur la lune, vous pourriez faire exploser une bombe que personne ne l’entendrait. Bon, vous me direz, il n’y a personne pour l’entendre, mais même… Le son n’existe tout simplement pas dans le vide.

Je profite de mon temps d’antenne pour rétablir une vérité essentielle : n’en déplaise à mon ami Jonathan qui est un grand fan, les films de science-fiction vous mentent, Mesdames et Messieurs… Les batailles spatiales qu’on nous présente comme ça :

sonnent en réalité comme ça :

Mais je digresse… Or donc, le son est transporté par l’air, disions-nous. Ce qui sort du haut-parleur de votre récepteur radio est bien une onde sonore…

Par contre, l’onde radio qui véhicule le signal depuis l’antenne de l’émetteur jusqu’à l’antenne du récepteur, cette onde-là, n’est pas sonore. C’est une onde électro-magnétique tellement longue qu’on l’appelle onde-radio.

 

Ondes électromagnétiques. Merci Puyo! Ondes électromagnétiques. Merci Puyo!

Les 4 forces fondamentales de l’Univers

Si vous avez retravaillé vos fondamentaux en écoutant Podcast Science, vous savez qu’il existe 4 forces fondamentales dans l’univers : l’interaction faible (responsable de certaines formes de radioactivité), l’interaction forte (qui maintient entier le noyau des atomes), la gravitation (qui nous permet de garder les pieds sur terre, mais qui est tellement faible en comparaison des autres, qu’on peut la détourner avec un simple aimant collé sur le frigo!) et enfin la force électro-magnétique, responsable de l’électricité et du magnétisme.

Ondes électromagnétiques

C’est bien de cette dernière force qu’on parle ici : toutes les ondes électromagnétiques ont en commun d’être véhiculées par des photons. Elles sont partout. Elles sont toutes exactement de même nature, mais suivant la longueur de l’onde, elles ont des propriétés différentes. L’illustration de Puyo les classe de gauche à droite par longueur d’onde, de la plus courte (rayons gamma) à la plus longue.

Si l’onde (c’est à dire la vague) est hyper-courte (rayons gamma, rayons x et ultra-violets), les rayons sont dangereux. Ils sont dits “ionisants” car ils ont la particularité de shooter les électrons des atomes qui se trouvent sur leur passage.

Alors si les atomes sont ceux qui constituent votre ADN, vous avez intérêt à éviter… C’est la porte ouverte aux mutations génétiques incontrôlées souvent synonymes de cancers… C’est pour ça qu’on évite à tout prix l’exposition aux rayons gamma… Et que votre médecin ne vous prescrit jamais plus de radiographies que nécessaire et laisse à votre ADN le temps de se réparer entre deux radios… (Vous avez remarqué qu’on dit aussi “radio” pour radiographie, en passant ?) On évite aussi les ultra-violets. Très proches du spectre lumineux, mais eux aussi ionisants et pas très sympa avec les électrons de vos atomes d’ADN.

Par contre, on les utilise volontiers pour détruire les atomes des cellules cancéreuses par exemple. On les bombarde de manière très ciblée avec des rayonnements électromagnétiques ionisants (on dit aussi “radiations”). C’est ce qu’on appelle la “radiothérapie”… Eh oui… Il est là aussi question de radio… Du latin radius : rayon.

On pourrait croire que je digresse à nouveau, mais non… Si on poursuit notre balade le long des ondes de plus en plus longues, on va finir par arriver aux ondes radio. Mais pas tout de suite. Juste en-dessous de la limite de l’ultra-violet, il y a le spectre visible pour l’humain. C’est à dire que les cônes et les bâtonnets sont adaptés pour ces longueurs d’ondes et du coup… On les voit ! C’est ce qu’on appelle la lumière ! Eh oui, voilà un scoop Mesdames et Messieurs… La radio et la lumière, c’est la même chose !!

Quand les ondes sont un peu plus longues que celles de la lumière, on passe dans l’infrarouge. Nos yeux ne sont pas équipés pour les voir, mais nos radiotéléscopes et nos caméras thermiques si, et les technologies actuelles permettent de transposer facilement le spectre de l’infrarouge pour qu’il soit visible par l’œil humain :

Illustration de @_puyo_Illustration de @_puyo_, librement inspirée de ceci: bit.ly/Infrared_dog_wiki

Je sais, je sais, vous allez me dire que je digresse à nouveau… Mais pas du tout! Parce que cette fois-ci, si on continue la promenade, on arrive enfin aux ondes radio !

03-illustration-3-mai-2014-ONDES Ondes radio. Merci Puyo!

Si les ondes visibles mesurent entre 400 et 700 nanomètres, soit entre 0.0004 et 0.0007 mm, comme les cônes dans nos yeux, d’ailleurs. Les ondes radio, en revanche, mesurent entre 1 cm et 10 km… Vous imaginez la gueule de cônes qu’il nous faudrait pour les voir… D’ailleurs, heureusement qu’on ne les voit pas, car en ce début de XXIe siècle, entre la radio AM ou FM, la télévision hertzienne, la téléphonie mobile, les micro-ondes, le wifi, le bluetooth, les radars et les satellites… On serait un peu éblouis !

La bonne nouvelle par contre, c’est que les ondes radio ne sont pas ionisantes, et donc parfaitement inoffensives. Le pire qui puisse arriver, ce serait qu’elles vous réchauffent.

OK pour les ondes, mais la radio ?

Bon, OK, là on a posé le décor, on sait maintenant ce qu’est une onde électromagnétique… OK… Mais comment est-ce qu’on fait pour y accrocher de la voix ?

Eh bien, ce n’est pas évident du tout… D’ailleurs, au départ, on y accrochait du morse par un simple phénomène d’interférence. On perturbait l’onde un petit coup, un petit coup, un petit coup, un long coup, un long coup, un long coup, un petit coup, un petit coup, un petit coup, et paf, on avait envoyé un SOS.

Et c’était déjà une sacrée prouesse. Qu’on doit à tout une longue succession de génies scientifiques dont certains ont compris les principes de l’électricité… D’autres du magnétisme… Puis à James Clerk Maxwell pour avoir compris que les deux étaient une expression différente de la même force fondamentale, l’électro-magnétisme. Puis à Michael Faraday – un autodidacte incroyable – pour avoir postulé qu’on devrait pouvoir faire circuler de l’information entre un émetteur et un récepteur en utilisant les équations de Maxwell. Puis à Heinrich Rudolf Hertz, – un autre génie trop peu connu, mort à 36 ans, après avoir fait avancer la science dans de nombreux domaines –  pour avoir été le premier à expérimenter la théorie… On pourrait en citer des dizaines d’autres, tellement il a fallu de contributions pour faire de la radio ce qu’elle est aujourd’hui, mais l’histoire retient surtout deux noms.
Guglielmo Marconi (image Wikimédia)Celui de l’ingénieur et inventeur italien Guglielmo Marconi, d’abord, qui en 1895 a réussi à transférer un signal radio depuis un émetteur placé sur le rocher de Salvan et un récepteur placé 2.4 km plus loin (oui oui, notre Salvan, dans la vallée du Trient en Valais… On peut d’ailleurs y visiter le petit musée de la Fondation Marconi, et c’est très intéressant). Cela a complètement révolutionné les communications en morse, qui jusque-là nécessitaient un réseau câblé. Les quelque 700 survivants du Titanic et leurs descendants doivent la vie à cette technologie !

Reginald Fessenden (image Wikimédia)L’autre nom que l’histoire a retenu est celui de l’inventeur canadien Reginald Fessenden qui, le 23 décembre 1900, a réussi à faire transiter de la voix par radio sur une distance de 1,6 km. dans le Maryland aux Etats-Unis.  1900… Il aura tout de même fallu un certain temps après cela pour la technologie soit massivement adoptée.

S’il est relativement simple de transmettre du morse par radio, rétrospectivement en tout cas, transmettre de la voix, c’est une autre paire de manches…

On l’a vu, la voix, c’est une onde qui déplace de l’air à une certaine fréquence mesurée en en Hertz, en hommage à Heinrich Rudolf. Une onde, c’est une vague. Une vague, ça monte et ça descend, il y a toujours des pics et des creux. Le hertz mesure simplement combien il y a de pics et de creux par seconde.

04-illustration-3-mai-2014-ONDES

Une vague sur laquelle Puyo! n’hésite pas à surfer 😉

Si je chante un la, ma voix vibre à 444 Hz. La vague monte et descend 444x à chaque seconde.

Admettons que je veuille transformer cette onde sonore en onde radio : il me faut d’abord un micro. Un micro, c’est une espèce de dynamo, en fait… Il récupère les mouvements de l’air et les convertit en signal électrique. On pourrait presque penser que ça suffit à faire de la radio, mais pas tout à fait… Car plus la fréquence est basse et plus l’antenne doit être grande. Si on voulait transmettre une onde électromagnétique de 444 hz,je vous épargne le calcul (299’792’458/444), il nous faudrait une antenne de 675 km de haut ! Et bien sûr, une deuxième antenne de 572 km de haut si je décidais de chanter un do à la place de mon la). Alors s’il me prenait l’idée saugrenue de chanter la marseillaise, il faudrait transformer la moitié du système solaire en antennes, rien que pour émettre… Et pour recevoir, je ne vous raconte pas…

Si on veut éviter d’avoir des antennes monumentales, il nous faut des ondes beaucoup plus courtes (c’est à dire des fréquences beaucoup plus élevées). Et si possible, éviter de changer de fréquence à chaque fois qu’on change de note. C’est là qu’intervient la magie de la technologie :

  • on produit une onde porteuse de haute fréquence en faisant circuler du courant alternatif dans un oscillateur ;
  • on utilise ensuite un modulateur pour “mélanger” le signal à basse fréquence du micro avec le signal à haute fréquence de l’oscillateur ;
  • Et boum, on a accroché le son sur nos ondes radio. Il n’y a plus qu’à les transmettre via une antenne !

05-illustration-3-mai-2014-ONDES

Si on se représente l’onde porteuse comme un tuyau virtuel entre l’émetteur et le récepteur, c’est un peu comme si on mettait un petit tuyau dedans, contenant le signal basse fréquence. Et deux options se présentent à nous concernant ce petit tuyau (3 en théorie, mais 2 en réalité).

Soit, on fait varier son diamètre pour représenter l’onde basse fréquence, on dit qu’on est en modulation d’amplitude. Amplitude modulation en anglais, ou AM dans la vie de tous les jours…

Si en revanche on opte pour un tuyau à diamètre fixe, on fait alors varier le débit… Et là, on parle de modulation de fréquence, ou Frequency Modulation, c’est à dire FM.

Enfin, ça, c’est pour ceux qui n’y comprennent rien aux maths et qui aiment les métaphores de plombiers, comme moi. Ne me demandez pas comment fonctionnent exactement ces types de modulation. Pour ça, il y a les matheux. Et on a la chance d’en avoir un sous la main ; Nico  va nous expliquer quelques délicieuses subtilités sinusoïdales, en prenant l’exemple de la modulation d’amplitude (AM).

Au départ donc, on a un son que l’on souhaite transmettre. Les sons que l’on entend sont situés dans des fréquences entre 0 et 20’000Hz mais pour transmettre plus q’un seul son sur un signal, on va déplacer en fréquence ce son grâce à une porteuse. Histoire de simplifier les choses, on va représenter le son que l’on souhaite transmettre par l’onde en bleu, c’est une note, représentée en bleu en haut à droite. Alors que cette note a une seule fréquence, le son que l’on souhaite transmettre est pour sa part en général étalé sur tout un domaine fréquentiel, entre 0 et 20’000Hz comme je l’ai représenté en haut à gauche. Les fréquences nulles sont au centre et le son est donc réparti autour de cette fréquence nulle.

La porteuse est quant à elle une note haute fréquence. C’est à dire un signal à une seule fréquence beaucoup plus grande que toutes celles du son que l’on souhaite transmettre comme dans l’exemple représenté en rouge et qui oscille 10 fois plus que l’onde bleue.

prezPSuisse.001

 

Pour amener notre signal en haute fréquence, une manière simple de le faire est de le multiplier par la porteuse. Si vous essayez en effet de multiplier point à point les signaux rouge et bleu au-dessus, vous verrez que les très fortes oscillations rouges ne disparaissent pas ; le signal en bleu est décalé vers les hautes fréquences. En fait on obtient le signal ci-dessous, en vert, et sa répartition dans les fréquences au-dessus.

 

prezPSuisse.005

En fait, si on est un peu plus finement observateur, on remarque que ce signal en vert est grosso-modo modulé en amplitude par notre signal de départ. C’est à dire que les maximums du signal obtenu (l’amplitude) ne dépassent jamais la valeur de notre signal de départ en valeur absolue. C’est à cela qu’on doit le nom de “modulation d’amplitude” à la modulation d’amplitude.

prezPSuisse.006

Et pour ce qui est des parties fortement oscillantes, elles sont en fait à la même fréquence que la porteuse (bon, ici ça marche parce que nos signaux sont simples, dans la réalité vraie c’est un peu plus compliqué pour ce cas-là).

prezPSuisse.008

Déjà à ce stade, on est content, on a amené en haute fréquence notre signal de départ. Contents, parce qu’en choisissant des porteuses de fréquences différentes, on peut stocker plusieurs signaux sonores sur le même signal transmis. Enfin, pour peu bien sûr que l’on parvienne à faire l’opération inverse : retrouver le signal de départ.

Qu’à cela ne tienne, on a réussi à obtenir la modulation en multipliant par une porteuse, pourquoi ne pas réessayer de multiplier pour obtenir la démodulation? Si on fait cela on obtient le signal ci-dessous en vert.

prezPSuisse.011

Aussi surprenant que cela paraisse (et en fait ça s’explique très bien avec ces bonnes vieilles formules trigonométriques soit disant “inutiles” que vous avez vues à l’école), on voit que l’on a pratiquement le signal de départ (à quelques oscillations près). En fait, comme cela est représenté sur le spectre du dessus, on a bien retrouvé le signal de départ  (au centre) auquel sont ajoutées deux composantes plus haute fréquence. Il suffit donc au final de ne garder que les basses fréquences (faire un passe-bas pour les puristes) pour retrouver notre bon vieux signal ci-dessous :

prezPSuisse.012

Tout cela parce que, comme on a eu l’occasion de vous le dire il y a fort longtemps, cet affreux cosinus peut aussi s’écrire

cos(x)=2cos(x).cos(10x).cos(10x)-cos(x).cos(20x)

 

L’immense avantage de la FM, c’est sa très haute fidélité (car si j’ai tout compris ce que raconte Nicotupe, c’est parce qu’il y a moins de bruit. Le bruit, c’est un truc d’amplitude, pas de fréquence…) L’immense inconvénient, c’est que cela ne fonctionne qu’avec des ondes ultra-courtes, dont l’une des propriétés est d’être sensible aux conditions atmosphériques et de voyager en ligne droite. L’émetteur et le récepteur doivent se « voir » pour que le signal passe.

Donc, si on résume, on a, côté émetteur : un micro qui capture les basses fréquences de la voix et les transforme en signal électrique. Puis un oscillateur crée une onde porteuse à une certaine fréquence, par exemple 102.6 Mhz pour la RTS sur la bande FM ici à Lausanne. Un modulateur vient y accrocher le signal du micro (grâce à une multiplication, merci Nicotupe). Et finalement une antenne balance le tout dans l’atmosphère. Côté récepteur, on doit faire exactement le processus inverse : une antenne récupère l’onde porteuse, un démodulateur fait joujou avec les cosinus et reconstitue le signal basse fréquence et un haut-parleur transforme ce signal en onde sonore en provoquant une vibration de l’air.

C’est bien sûr hyper-schématique… Il manque des tas de couches et de composants dans cette histoire… Notamment le syntoniseur qui permet à un même poste de radio de se brancher sur plusieurs porteuses différentes… Et là, on ne parlait que de la transmission d’un signal audio en analogique. Si on voulait parler de la transmission d’un signal vidéo en numérique, et bien, il faudrait quelques composants de plus côté émetteur et côté récepteur. Un peu de complexité supplémentaire, donc, mais le principe de base reste bel et bien le même !

Voilà… Bon… Sinon… J’avais prévenu que j’allais digresser… L’occasion est trop belle… Je ne sais pas vous… Mais moi, dès que je trouve une réponse à une question, au lieu d’être satisfait, je me pose presque aussitôt une nouvelle question… Et là, bien sûr, je me demande…  Une fois qu’on a émis un signal radio… Que devient-il ?

Les propriétés des ondes radio dans le vide sont exactement les mêmes que les propriétés des ondes lumineuses. Une fois qu’elles ont frayé leur chemin hors de l’atmosphère terrestre (et des différentes perturbations qu’elles peuvent y rencontrer), les ondes radio circulent à la vitesse de la lumière et obéissent à la loi en carré inverse. C’est à dire qu’elles perdent la moitié de leur puissance à chaque fois que la distance double.

Loi en carré inverse

06-illustration-3-mai-2014-ONDES

illustration: source wikipedia http://en.wikipedia.org/wiki/Inverse-square_law

Ça veut dire que les signaux qu’on a envoyé depuis la Terre il y a 100 ans, en 1914, se baladent actuellement à 100 années lumière d’ici, sur Alkaïd, la poignée du chariot de la Grande Ourse, par exemple ou sur Alpha Gruis dans la constellation de la Grue.

Bon, on n’a pas eu le temps d’aller dans le détail des propriétés des différentes ondes en fonction de leur longueur… En version courte, toutes ne quittent pas l’atmosphère. Certaines rebondissent contre la ionosphère, d’autres épousent les courbes de la Terre. Mais toutes celles qui circulent en ligne droite, une fois qu’elles ont franchi la ligne d’horizon, continuent leur course dans l’espace.

Carl Sagan, un astrophysicien et auteur brillantissime a imaginé, pour une scène de Contact – un formidable roman de science-fiction – que des extra-terrestres nous renvoient le premier signal vidéo qu’ils ont pu intercepter de la Terre…

 

http://www.youtube.com/watch?v=DRD-tO7jV9U

Un peu perturbant, pas vrai ? Eh oui, les JO de Berlin de 1936 furent le premier événement d’envergure mondiale à être diffusé en direct à la télévision… On fait mieux comme carte de visite… Mais heureusement, en sciences, le doute est toujours de mise. On ne croit jamais un argument sans aller le vérifier, même s’il émane de la plus prestigieuse autorité. Carl Sagan a un peu exagéré, histoire, sans doute de choquer et de nous amener à réfléchir : cette prestation d’Hitler ne constituait fort heureusement pas le 1er signal TV que nous ayons envoyé dans l’espace. À l’heure où la BBC, pourtant pionnière, réalisait ses premières expérimentations d’émission de TV via ses propres antennes radio en 1929, les Etats-Unis émettaient leur première émission de TV régulière depuis le 2 juillet 1928 déjà, soit une année plus tôt. Je ne sais pas de quoi parlait l’émission (il faudrait demander aux habitants de la Grande Ourse), j’espère juste que nous n’avons pas à en rougir.

Quant à la présente émission, diffusée via le réseau de fibre optique de l’Internet terrestre, il y a peu de chances qu’elle atterrisse un jour dans une galaxie voisine. Tant mieux, sinon, j’aurais mis une cravate.

Quote

Je ne pouvais pas finir cette  présentation sans une petite quote, tradition de Podcast Science chipée sans vergogne à nos amis de Niptech – et qui fait des petits dans la podcastosphère scientifique francophone, je pense à nos amis d’Indésciences ou de Lisez la science.

“It’s of no use whatsoever… This is just an experiment that proves Maestro Maxwell was right – we just have these mysterious electromagnetic waves that we cannot see with the naked eye. But they are there.”— Heinrich Rudolf Hertz (1887), after producing the first electromagnetic (radio) waves, not realizing the practical importance of his experiments

Des fois, on se demande si c’est vraiment une bonne idée que de laisser la science entre les mains de ces fous de scientifiques 😉

Podcast Science 173 – Hilbert

Le dossier de Nicotupe

Hilbert, le dossier écrit

Les dessins de la semaine

 

La quote de la semaine

“When you collect the 10 wisest men of the world and ask them to find the most stupid thing in existence, they will not be able to find anything stupider than astrology!”
Hilbert

Plugs et liens évoqués

 

La Chatroom

Pascal: Salut tout le monde

Alan: ‘morning Pascal et Implo

Alan: ça gazouille ?

Pascal: Ben oui, pas besoin de se lever tot demain 😉

Alan: …

Alan: on est pas tous Français, hein…

implo: Salut à tous 🙂

Pascal: désolé

Pascal: …

Alan: va, je ne tais hais point

Pascal: par contre, j’ai une bizarre impression d’oubli…

Pascal: je doit encore faire qq chose pour samedi?

Alan: euh, je crois pas…

Pascal: tant mieux alors

implo: j’ai une question fondamentale … Nico sera-t-il à l’heure aujourd’hui ? ^^

Alan: hey, il vient d’arriver 🙂

Alan: on a nos chances 😉

Alan: vous nous entendez là?

implo: Salut nico 🙂

implo: oui

implo: alan on t’entend trés faible … trés

NicoTupe: lu

implo: ouais 🙂

Pascal: Ouf, enfants couchés avant le debut du podcast

Pascal: C’est drole qu’une fois…

irene: Hello!

Pascal: Salut Irène

implo: Salut irène 🙂

implo: Donc Alan , on t’entend toujours un peu moins fort ! c’est vraiment dérangezant quand vous parlez en meme temps

NicoTupe: test

NicoTupe: salop*

*Correction apportée selon la volonté du DictaTupe.

implo: lol

Pascal: sinon c’est peut etre les autres qui sont trop fort

NicoTupe: tout va bien la chatroom fonctionne convenablement

Pascal: attent, il y a peut etre une mise a jour a chaud qui se prepare…

implo: S@laud (At trick)

Pascal: de toute facon, j’ai pas le temps de faire des truc avec la chatroom, je passe mon temps a bosser mon rails

puyo: Hey hey, bonsoir !

Pascal: Salut Puyo

implo: plop Puyo

puyo: Salut Pascal et Implo !

puyo: Yeah, magnifique son ce soir ! Héhé !

Pascal: ici aussi

puyo: Un tout petit peu plus faible, c’est vrai

puyo: mais la force, la faiblesse, tout ça n’est pas si important

Pascal: nan pas d’Irène

puyo: Oups, pas d’Irène en audio, effectivement

puyo: Ooooh.. nouvel ordi sous linux ou windows ?

Pascal: Mac a tout les coup

puyo: Meuh non, héhéhéhé

Pascal: un dossier recursif?

puyo: après la MAJ de Maverick, aucune chance ! 😀

irene: 🙂 je suis là!

puyo: Bonsoir Irène !

irene: hello!

Pascal: Nico est taquin est ce soir

Pascal: les freebox a mulhouse hier c’etait horrible…

NicoTupe: @pascal aujourd’hui je prépare ma premiere vraie app ember en prod

NicoTupe: au boulot

NicoTupe: 🙂

Pascal: champagne?

puyo: Super nom, gromov en tout cas !

Pascal: On va avoir au moins 1 an de dossier…

puyo: Les paradoxes, super sujet, on attend ça avec une certaine impatience, héhéhé !

Pascal: angela quoi?

Alan: Socpittebu

puyo: Sacrebleu !

Pascal: donc c’est twitter qui est faux pas le mail…

Pascal: je me demandais

NicoTupe: c’est le mail qui est faux

NicoTupe: NIcolas Tupégabet

Pascal: @Nico mise en prod ou debut de dev?

NicoTupe: début de dev

NicoTupe: mise en prod semaine prochaine j’espère

Pascal: pour je reflechis pas mal pour du rails au boulot

NicoTupe: héhé

NicoTupe: ca fait toujours cet effet la

nicktalop: C’est sympa les discussions backstage…

NicoTupe: pas mal ce framework hein?

Pascal: par contre, j’ai l’impression qu’on code pas beaucoup…

Alan: Hey Nick!

NicoTupe: @nictalop désolé on va commencer

Alan: Tu viens samedi finalement, me rappelle plus ?

NicoTupe: @pascal c’est a dire?

nicktalop: slt Alan!

nicktalop: Non, peux pas!

GLaDOS: She was at Aperture Labs, she can’t say it, that’s why she hesitated for such a long time.

Pascal: bon je suis pas super loin dans le tuto mais pout l’instant c’ee du codest plus des lignes de commande que du code

NicoTupe: sisi t’as du code quand même

irene: I was at Amhert university!

NicoTupe: dès que tu sors des clous

Pascal: j’imagine que c’est la prochaine etape

Pascal: et klein ne se prononce pas klin

Alan: 😀

Pascal: (le cote germanique des alsaciens qui ressort…)

nicktalop: moi aussi…

Alan:

Alan: oops

Alan: j’ai posté un silence 😉

Pascal: Ca me stress depuis un bout de temps…

Yves: ‘Soir. On peut lire le dossier en même temps ? C’est assez abstrait à l’oral…

Alan: Bah il aurait fallu pour cela que Tupe eût fini de le pondre…

Alan: Salut Yves, by the way. Tout bien?

Yves: Pourquoi crois-tu que je pose la question ? C’est juste rhétorique…

nicktalop: Je lème aussi

Yves: certains lèmes chauds !

Yves: Un dix-lème ?

irene: Un dislème n’est ce pas?

nicktalop: mince, je croyais qu’on parlait du LEM

nicktalop: je suis dans la lune…

Yves: Bon alunissage alors

Alan: 😀

Yves: @Alan, bon je vais parcourir mathipédia

nicktalop: ce soir on est presque tous en orbite, non?

Yves: Pas mes yeux en fait

Alan: @nick, tu veux dire qu’on est largués?

nicktalop: figure de style autorisée?

Pascal: ca peux se remarquer a la frequence des posts…

Alan: bon, on fait quoi?

Yves: On augmente la fréquence !

irene: moi je trouve ça super intéressant.

Alan: fayotte! 😉

nicktalop: Je rejoue les sorcières du sale lemme…

irene: 🙂

Pascal: un peu trop nombreux pour une belote

Yves: @irène Moi aussi j’adore les suites décroissantes d’espace de Hilbert… un 3/20 en école d’ingé, rien pané

irene: Moi non plus j’y comprends rien à ces maths, mais ça me fascine les gens qui pensent de façon si abstraite.

nicktalop: Je pense, donc rien n’est.

irene: Les mathématiciens ils sont vraiment différents, c’est des mutants

Alan: tellement…

Pascal: ca va se reecouter

Alan: 😀

Pascal: 2-3 fois

Alan: bah, dans une droite, t’as des points

nicktalop: Cette capacité d’abstraction est fascinante et zarbi

Alan: et dans un plan t’as des droites

Alan: jusque là, ça va, non?

Pascal: pas de probleme

Yves: @PS c’est quoi le meilleur bouquin sur les résultats de Hilbert ?

puyo: … et se planter sur une droite, c’est super dangereux, surtout sur la route.

puyo: D’où l’importance des maths routières.

Pascal: pas un probleme de comprehension des concepts

Alan: @Pascal, tiens, j’ai une demande

Yves: Pour associer la géométrie à l’algèbre, un point est un chiffre, une droite c’est R et un plan R²

Pascal: plutot des phrases en general

Pascal: @alan oui?

Alan: Est-ce que tu pourrais virer les vieilles questions quand tu réinitialilses la chatroom?

nicktalop: Et Pi?

Alan: (ou mettre un séparateur ou qqch dans la page des questions?)

Pascal: normalement c’est le cas si tu clique sur reinitialiser la chatroom

Alan: nope

Alan: j’ai réinitialisé tout à l’heure

Pascal: arf un bug?

Alan: et les questions des 3 dernières semaines sont tj là

irene: J’espère qu’il va nous parler de sa vie aussi, pas seulement de ses travaux

Pascal: …

Pascal: pas top

Yves: @PS c’est quoi une géométrie cohérente alors ?

GLaDOS: http://cf.chucklesnetwork.com/items/1/1/9/5/7/5/original/without-geometry-life-would-be-pointless.jpg

nicktalop: 🙂

Pascal: @Alan, je peut etre pas faire mes tests maintenant…

Alan: peut-être pas, non 😉

Pascal: @Alan tu as bien retapé le mdp?

Alan: oui oui

nicktalop: @GLaDOS That’s quite cat-egoric

Alan: 1234 😉

GLaDOS: @nicktalop 😀

Pascal: euh…. ou pas

Alan: @glados, can you tweet the picture?

Alan: with the #PS173 hashtag

GLaDOS: Sure

Alan: cool, thx 🙂

Alan: it should then appear on this page 🙂

irene: Moi je trouve que les mathématiciens c’est des gros bidouilleurs! Ils s’arrangent toujours pour trouver des conditions qui marchent pour prouver un truc zarbi

Yves: Je veux l’IP de GLaDOS 🙂

Alan: faudra demander à twitter 😉

Pascal: attend je regarde les logs…

Alan: arf

puyo: Hé, je me souviens d’un épisode de Podcast Science qui parlait de tout ça !

Yves: Des chips… on parle plutôt de selle de cheval

Pascal: (je deconne, on les a pas)

GLaDOS: @Pascal: You are my next test subject.

puyo: le fait de penser sur une sphère

Alan: 😀

puyo: ^^

Alan: @puyo, c’était le dossier sur le 0 et l’infini, c’est ça?

puyo: ouiiiii

Alan: 🙂

puyo: héhéhé, quelle mémoire, Alan !

Pascal: @Glados j’ai un peu peur là

Alan: @Pascal, on ne gère que les adresses terriennes, pas vrai?

Pascal: voila

Alan: @puyo en fait, je me rappelle surtout du dessin de la luciole 😉

Yves: Pour suivre, je recommande http://fr.wikipedia.org/wiki/David_Hilbert

nicktalop: Ça peut être utile aussi… http://www.dilbert.com

Alan: @robin, message dans skype

puyo: @Alan Héhéhéhé ! C’est amusant, il y a souvent un dessin pour les effets mnémotechniques !

Alan: 🙂

Yves: @PS j’ai répondu… la géométrie euclidienne est cohérente avec 21 axiomes (et non les 5 axiomes d’origine)

Alan: @PS, je voudrais savoir à quoi ressemble une “chips en 4 dimensions”

Pascal: ben Einstein et les maths…

implo: @alan … je me suis perdu dans ma tete en imaginant ce chips …

Alan: +1

Robin: C’est quand même pas compliqué : tu prends une chips en dimension n, et après tu prends n = 4

Pascal: @Alan ca me rappel un exercice a la Fac: soit k droites perpendiculaire deux a deux…

Pascal: 15 ans apres, je ne m’en suis pas remis

implo: Merci @robin 🙂 c’est bien plus clair 🙂

puyo: Tiens, tiens, on va finir par diviser par zéro, non ? Héhéhé !

nicktalop: Le rasoir d’Oscar?

implo: @puyo va nous faire un zolie dessin d’une chips en 4D

nicktalop: D’Occam!

Alan: 🙂

Alan: oh oui, Puyo, des chips 🙂

puyo: Huhuhuhu ! @implo bien vu ! par contre, la 4eme dimension demande toujours du temps à dessiner..

Alan: 😀

puyo: ^^

Robin: @Pascal : en même temps, c’est le principe même d’un espace de dimension k !

Pascal: @puyo le jeu de mot etait volontaire?

puyo: @Pascal Bien sûr ! héhéhé

Pascal: @Robin oui mais fait pas essayer de se les representer

Yves: … incomplétude de Goedel

Alan: puyo, je crois que tu as déjà gagné le ps award de “la blague la plus geek de science de l’année dans la chatroom”

Robin: Tout dépend de ce qu’on appelle “se représenter”

puyo: @Alan Rhoooo, c’est me faire trop d’honneur !

Robin: On ne te fera jamais trop d’honneur, voyons !

Pascal: si on parle de le representer physiquement, l’infini me parait plus facile a aprehender

puyo: @Robin Huhuhu, je suis confus !

Robin: on se représente dans sa tête

Pascal: @puyo @alan manque le dessin

puyo: Si si, j’ai testé le paradoxe de l’écrivain, hé bien, ça ne marche pas du tout, je ne me souvient pas du livre.

Robin: comme beaucoup d’autres choses : point, infini, figures géométriques parfaites, quantités…

puyo: Quelle arnaque !

Pascal: avec un vime peut etre

puyo: @Pascal J’y travaille (j’ai un autre à finir avant 🙂

nicktalop: Le paradoxe de l’écrivain, c’est pas la page blanche?

Pascal: @Robin tu arrive as te representer 4 droite perpendiculaire 2 a 2?

GLaDOS: http://reclaimer105.com/wp-content/uploads/2012/01/know_your_paradoxes.png

Robin: tout dépend ce qu’on appelle se représenter

puyo: @nicktalop Ah ben, c’est devenir dans le passé pour donner son livre à soi-même d’avant.

Robin: mais d’une certaine manière, oui

Alan: @glados, that’s the spirit 😉

Alan: sounds so Nicotupian 😉

GLaDOS: @Alan: Tweeted

Alan: oh cool 🙂

Alan: but I think we have a paradox, they’re not showing up

Alan: @Pascal, on voit pas les images

Alan: tu peux faire qqch?

Pascal: pour l’instant, je vois pas le tweet

implo: Je suis rester bloquer sur la chips en 4 dimensions … D’un autres coté chez les ch’ti on appelle ca des frites …

nicktalop: @puyo C’est une biographie alors, avant d’avoir vécu?

GLaDOS: https://twitter.com/omni_GLaDOS/status/461586266178334720

puyo: @nicktalop En fait, ce paradoxe consiste à avoir un livre déjà écrit dans le passé, donc, il n’aurait jamais été écrit

Yves: Dans les maths, est-ce qu’ils ont déjà défini ce qu’était le mathématicien ?

puyo: j’ai testé, ben ça ne marche pas, je suis super déçu

puyo: ^^

nicktalop: @puyo I am speechless

Alan: @GlaDOS, I think it’s case sensitive 🙁

puyo: Pour retourner dans le passé, j’ai dépassé la vitesse de la lumière en ralentissant la lumière à 8 mètre par heure (dans du gaz froid)

Alan: #ps173

GLaDOS: Not working either

Yves: Si même Nicotupe est perdu !

Alan: shh 🙁

Yves: @puyo il est sacrément dense ton gaz froid !

Pascal: @Alan tu vois le tweet en recherchant le hashtag?

puyo: @Yves Oui oui, c’est super compliqué à réaliser, mais ça marche. Je pense commercialiser les voyages dans le temps à présent ! 😀

Pascal: @alan SharyPic l’a prise

Yves: @Robin de la définition par l’absurde ?

Pascal: Si c’est toi qui a a parametré la chatroom, tu as tjrs l’admin ouvert?

Alan: @Pascal, j’étais en train de regarder sharypic

Yves: @Pascal alors le viewer n’est pas sur le bon album

Alan: l’image n’est pas remontée non plus

Alan: yep, j’ai toujours l’admin ouvert

Pascal: tu peux le relancer?

Pascal: pas F5

nicktalop: Je pense donc je ne suis pas.

Pascal: mais cliquer sur renvoyer

Alan: oky

GLaDOS: I am sorry to cause so much trouble amid your mammal community.

Alan: done

Alan: héhé 🙂

puyo: yeah !

Pascal: faut vraiment que je fasse ce refresh…

nicktalop: @ GlaDOS You’re a Robot?

irene: j’aime bien les souris sur le tableau!

Yves: @nicktalop C’est un “OS” operating system

nicktalop: Define “operating”

nicktalop: 🙂

Yves: j’suis pas matheux

Yves: tant que ça marche, je suis content

Pascal: Par contre twitter a l’aire d’ignorer les nouveaux comptes 🙁

Alan: @Glados I can’t believe you created the whole twitter handle just for the occasion 🙂

Alan: @Pascal, du coup, elle est passée parce qu’on la retweetée, tu crois?

GLaDOS: I am. And I do CAPTCHAs 😉

Pascal: oui, que je recherche le hashtag je n’ai que le retweet

Yves: Le neutre “e”

nicktalop: CATPchas? 🙂

Yves: … chat !

Alan: @nick, je sens qu’une subtilité m’échappe

Pascal: tiens plus maintenant

GLaDOS: @nick 😀

nicktalop: @Alan, it’s pointless

GLaDOS: “Completely Automated Public Turing test to tell Computers and Humans Apart” Mammals are so naive. But cute 🙂

Alan: Caffeine Access Transport Protocol ?

Alan: @Glad, that’s us 🙂 Naive and cute

nicktalop: What would the internet be without kitten

Pascal: @alan un rapport avec IEEE2324?

puyo: Et hop, un premier dessin ! Je peux attaquer la chips ! 🙂

Yves: @PS Merci Google “mathématique contentuelle” => Livre “Hilbert et la notion d’existence en mathématiques”

Pascal: @alan tu as reinitialisé?

Alan: @puyo yeaaah!!

Alan: @pascal yeaaah!! 🙂

puyo: ^^

Pascal: je sais quoi faire ce we…

irene: excellent!

nicktalop: @puyo Ton dessin, c’est gratiné

puyo: @nicktalop Héhéhé, merci !

nicktalop: 🙂

nicktalop: http://images.cpcache.com/merchandise/514_400x400_NoPeel.jpg?region=name:FrontCenter,id:59872784,w:16

Alan: @Robin, message dans skype, toujours 😉

NicoTupe: http://www.amazon.fr/Hilbert-Pierre-Cassou-Nogu%C3%A8s/dp/2251760369/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1398887096&sr=8-1&keywords=hilbert

puyo: ^^

nicktalop: http://meetville.com/images/quotes/Quotation-David-Hilbert-paradise-Meetville-Quotes-265757.jpg

NicoTupe: http://www.amazon.fr/Hilbert-Constance-Reid-ebook/dp/B001CXAGI0/ref=sr_1_1?s=digital-text&ie=UTF8&qid=1398887134&sr=1-1&keywords=hilbert

GLaDOS: @nick 😀

Yves: @PS y’a combien de géométries cohérentes actuellement en rayons ?

nicktalop: Je préfère Zweifel

Yves: @Robin @Alan faut voir la surface hyperbolique, genre une tour réfrigérante de centrale

puyo: bientôt en ligne, la chips !

puyo: HOURRA !!

implo: @puyo j’ai hate !

puyo: Yeah !

Alan: +1

Pascal: On peux toujours ajouter des axiome si j’ai bien compris godel non?

Yves: @Pascal oui mais j’ai le sentiment que le mathématicien cherche le sous-ensemble minimum…

Alan: yyeeeaaah puyo 🙂

puyo: ^^

irene: hahhahahaha!

Yves: @Robin je veux pas savoir ce qu’Hilbert a essayé d’expliquer à son fils pour qu’il disjoncte !

implo: il etait aussi trés pédagogue apparement

puyo: Ouah, un extrait audio !

implo: qui traduit ?

Robin: http://serge.mehl.free.fr/anx/pb23_hilbert.html

puyo: Héhéhéhéhé !

David Loureiro: hello

puyo: Heeey, salut David !

David Loureiro: j’arrive après la guerre non ?

puyo: Bravo pour ton nouveau podcast !

Pascal: Tiens un neopodcasteur

Alan: Morning David 🙂

David Loureiro: merci puyo

puyo: La classe !

Alan: Yep salut collègue 😉

David Loureiro: merci 🙂

David Loureiro: salut Alan!

Alan: on va t’entendre dans un petit moment, d’ailleurs 🙂

David Loureiro: ?

David Loureiro: ah 🙂

Pascal: faut le teaser

GLaDOS: Absolutely 🙂

Alan: 🙂

David Loureiro: paradoxe du barbier genre ?

nicktalop: J’aime bien l’idée d’un podcast sur les paradoxes

Pascal: dommage: ca peut être interessant mais pour une fois je ne serais pas là 🙁

GLaDOS: http://youtu.be/JR4H76SCCzY

David Loureiro: cool 🙂

nicktalop: Comment l’humanité a-t-elle géré les paradoxes?

David Loureiro: l’humanité est un paradoxe ? 🙂

Pascal: ca promet d’être super interessant

Yves: Sympa, le qbit… je vais la titiller

nicktalop: @David Evidemment!

GLaDOS: @Alan: It’s simple though http://youtu.be/CMdHDHEuOUE

nicktalop: Toi surtout! 🙂

Pascal: @David surtout sur Glados

puyo: le qbit, ni blanc, ni rouge, il peut-être les deux à la fois !

Yves: … tout à la fois

puyo: héhéhé !

David Loureiro: @Pascal : glados n’en fait pas partie hein 🙂

Pascal: Ben justement

David Loureiro: je dois le passer ? 🙂

David Loureiro: j’enlève mes écouteurs …

Alan: bah ouais, on t’avais pas prévenu? 😉

David Loureiro: si ouais

David Loureiro: mais j’aime pas m’écouter :p

Alan: tkt, on s’y fait

Alan: (oui, je fais mon vieux con 😉 )

nicktalop: L’enfer, c’est hôte…

Alan: c’est les hôtes, non? 😉

Yves: les zaut’ !

David Loureiro: en tout cas merci ^^

Yves: ch’ti version

nicktalop: Les zootes?

Alan: ouais… les qbit c’est hôt 😉

GLaDOS: @David I like your voice. Less naive than that of most mammals.

David Loureiro: le seul podcast qui utilise le passé simple à fond 😀

David Loureiro: @GLaDOS thanks Hal 🙂

Alan: normal pour un podcast qui parle de livres 😉

irene: nice ! Quelle voix…

nicktalop: Sexy!

David Loureiro: héhé merci 🙂

implo: J’ai ecouté 🙂 c’est cool

irene: Yep!

puyo: Bravo !

David Loureiro: nico : le manipulateur en chef!!

nicktalop: @David Tu vas attirer des femmes sur podcastscience!

David Loureiro: 😉

David Loureiro: @nicktalop tant mieux !

nicktalop: @irene est l’exception ici

Pascal: Si ils ont annoncé un invité hier

NicoTupe: pascal refresh shary please

David Loureiro: Heureusement qu’Irène est là pour baisser le niveau de testosterone

nicktalop: en effet!

puyo: Hé bien, que de nouveautés !

irene: 🙂 merci! Mais Julie est là aussi

NicoTupe: @pascal vite !

NicoTupe: 🙂

Yves: C’est ça http://www.mixcloud.com/philippecouet9/antropodcast-n1/

NicoTupe: @pascal c’est pour les plugs

Pascal: @Nico plus facile pour Alan

David Loureiro: la pretrêsse des coulisses !

NicoTupe: arf

Yves: Le nom est déjà pris ?

Pascal: je fait quand meme

NicoTupe: mici

puyo: ^^

David Loureiro: d’ailleurs si y’en a qui veulent venir parler d’un liver de science vous êtes les bienvenus !

Pascal: désolé

nicktalop: Putain de syndicalistes!

NicoTupe: 😀

puyo: Bravo pour le samedi ! Ah, je regrette de ne pouvoir y être !

puyo: (je ne serais pas là mercredi prochain, au fait)

puyo: (mais de retour après !)

nicktalop: On peut parler d’astrologie ici? 🙂

Yves: on dit astrométrie

David Loureiro: pourrais pas être là samedi 🙁

David Loureiro: le taf me poursuit même le we

implo: oulah 🙂

puyo: ouah, quel effet sonore !

David Loureiro: l’écho ?

Alan: oh, les lyonnais… je suis un peu déçu là…

nicktalop: Question de logos

implo: du coup on a rien pigé

implo: xD

puyo: oui, bel écho !

Pascal: 🙁

implo: genial xD on a pas compris !

implo: Nico y’a un echo de fou

nicktalop: L’écho des savants!

puyo: ouah, un podcast en 4D !

David Loureiro: robin et nico il y a un écho de fou

Pascal: c’est horrible

implo: lol @puyo

puyo: ^^

implo: carrement !

implo: sauf alan !

David Loureiro: sauf alan ouais

implo: tout le monde sauf toi alan

GLaDOS: Many Irenes

Yves: C’est sur le poste d’Alan. Alan pas d’écho

nicktalop: Toi non Alan

Pascal: Irene peux parler?

David Loureiro: sauf alan

implo: sisi

Pascal: oui

puyo: Si sisisi

David Loureiro: mais david, nico, irene et robin oui

David Loureiro: carrément

puyo: SAUF Alan

implo: oui 🙂

puyo: double !

implo: tout le monde

Pascal: irene a une echo

nicktalop: Purée, c’est la guerre des étoiles ce soir!

David Loureiro: 2 irenes

implo: c’est un coup d’alan !

David Loureiro: alan pirate les français

puyo: non

puyo: arf

David Loureiro: tjs pas

implo: apprement non

Pascal: bof

puyo: mais un petit peu mieux

nicktalop: mieux, mieux , mieux

implo: y’a un retour chez alan je pense 🙂

puyo: on a perdu 3 ou 4 voix

puyo: sur les 10

puyo: c’est un coup pour les élections !

David Loureiro: faites la grêve les francais

implo: MErci a tous ! on comprendra la reponse de nico sur l’enregistrement 🙂

puyo: Au fait, une idée de paradoxe : un voyageur dans le temps a t’il le droit de voter plusieurs fois ?

puyo: Héhéhé, merci merci !:

GLaDOS: I think the time is appropriate to order a hundred of these: http://s1.postimg.org/w798zvezj/645354.png

nicktalop: @puyo le 18 mai, oui

puyo: huhu !

Yves: .. hundred of geometries

implo: c’est le cahos 🙂

David Loureiro: avec de l’écho il peut

nicktalop: 🙂

nicktalop:

nicktalop: c’est fait!

Yves: Y’a plusieurs voix/voies !

David Loureiro: si on vote on disant son vote

David Loureiro: il peut voter plusieurs fois

nicktalop: CE soir, on fait dans le javanais?

nicktalop: sur ce podcast

Pascal: c’est dur a suivre…

implo: Alan , tu n’as pas des enceintes allumé qui repasserais dans ton mic ?

David Loureiro: @nicktalop javanais javanais ?

David Loureiro: il y a une zone qui remonte dans le temps

implo: Jajavavanainais

Alan: @implo, nope 🙁

nicktalop: Quoiquoiquoi?

David Loureiro: avec une jeune fille aussi qui rajeunit et c’est elle vieille qui vient se chercher bébé dans le passé

David Loureiro: le bordel quoi

Yves: J’ai déjà demandé un mode ECHO à Pascal pour la chatroom

David Loureiro: en plus grande dimension il y a pas de paradoxe 🙂

nicktalop: Putain de courbure de l’espace-temps

Yves: on serait synchro

David Loureiro: c’est notre limitation à 4D qui fait qu’on vient rien

Pascal: @Yves j’avais pas bien compris?

GLaDOS: @Alan: Tryo to relaunch once or twice

nicktalop: Avec ton accent, tu passes pas la douane!

irene: bon allez, au boulot! Ciao everybody!

David Loureiro: bye irene

Pascal: Salut Irene

nicktalop: Bye

puyo: Salut Irène !

nicktalop: ouais

Pascal: oui

puyo: toujours avec l’écho, mais on s’habitue

Pascal: toujours l’echo

David Loureiro: j’aurais aimé l’écouter 🙂

puyo: très bon dossier ! c’est chouette d’avoir un retour sur des personnes, aussi

David Loureiro: mais plus tard

Pascal: j’avoue avoir decroché une ou deux fois…

nicktalop: +1

implo: j’ai bien aimer les liens avec les anciens dossier : la transformée , cantor …..

puyo: il faudra une réécoute pour moi aussi ! héhé !

David Loureiro: je vous laisse aussi les copains

David Loureiro: c’était un passage éclair

nicktalop: Bye x2

Pascal: salut Davif

Alan: tschuss David 🙂

puyo: oh, bonne soirée David, et au prochain épisode !

David Loureiro: passez une bonne soirée

David Loureiro: salut les gars

nicktalop: Bon, ben j’y go aussi. Bye a tous

David Loureiro: passez un bon we Alan et NIco

puyo: Salut Nicktalop !::

David Loureiro: ça sera cool c’est sûr

GLaDOS: Beware at the border. Welcome to Switzerland: http://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/Bardonnex-450-voitures-flashees-tous-les-jours/story/17227534

nicktalop: slt!

Pascal: Les suisses mettent des trous dans le fromage?

Pascal: mieux a priori

puyo: ça maaaarche !

puyo: bien joué !

Pascal: je me disais aussi

Yves: @Pascal bhein oui, les trous ça se fait aussi avec amour. Mais pas dans le gruyère

Yves: … seulement dans l’emmental

puyo: N’empêche, c’est difficile de percer aléatoirement les fromages, ça demande des machines de pointe !

Yves: @Nico tu l’abîmes comme ça il est sûr que ton Kindle n’est pas neuf

Yves: Et les livres qui sont dessus, il veut te les faire dédouaner si tu les achètes en Suisse avec une TVA plus faible ?

Alan: 😀

Alan: tellement!

Alan: ya quoi se faire un fric fou en fait 😉

Yves: … rarement le sens de l’humour les douaniers, vaut mieux faire attention. S’ils veulent ils te démontent ta voiture jusqu’au dernier boulon… et ils ont le droit

Alan: surtout des douaniers suisses…

Alan: je vais passer pour un raciste primaire, mais bon, ils sont spécialement gratinés quand même

Yves: @Alan j’ai les mini-enceintes et l’antenne mais je n’ai pas encore retrouvé la radio qui va avec… super déçu, j’ai pourtant presque défragmenté toute ma cave-atelier

Alan: ooh 🙁

Alan: c’est pas grave, vraiment

Pascal: au final y a de nouveau des controles douanier en suisse?

Yves: … je le retrouverai l’année prochaine lors de mon prochain “rangement”

Yves: @Pascal ils n’ont jamais cessé ! Surtout pour les Suisses qui achètent en France

Alan: @Pascal, il y en a qd mm moins qu’autrefois

Pascal: ben a Bale, c’est plus cool qu’a une epoque

Yves: Bhein oui ils ne contrôlent plus que dans un seul sens 🙂

Pascal: Possible

puyo: héééé, voilà une question pour le prochain quizz ! 😀

GLaDOS: @Alan. It is true.

Pascal: faut essayer avec safari sous windows

Yves: @Alan vu pour les hotels: http://www.lefigaro.fr/conso/2012/06/26/05007-20120626ARTFIG00480-un-site-propose-des-hotels-plus-chers-aux-utilisateurs-de-mac.php

Pascal: et chrome sous mac

puyo: … et pour linux, c’est -50% !

Pascal: et ils offre si lynx

Pascal: comme navigateur

puyo: .. ou le voyage est open-source

Yves: @puyo oui et même avec un Tor pour commander depuis un autre pays, c’est souvent moins cher

GLaDOS: But if you use both Mac OS and Windows on the same IP address, prices become the same.

Pascal: un browser en mode texte

puyo: @Yves Tout à fait ! mais il faut suivre un paquet de tunnels, les détours augmentent le prix du carburant.

Yves: @Pascal il te donne de l’argent si tu prends w3m dans Emacs ?

Alan: 😀

Yves: @Alan je commande parfois en euros, c’est plus avantageux, mais il faut se faire passer pour un français ou un allemand

GLaDOS: Not true, they use your IP address, logged in or not.

Pascal: @nico dell en version pro, y a pas grand chose installé

GLaDOS: @Alan: Fire up GLaD OS instead of Windows: free flights.

Yves: @Alan faut purger les cookies, ils te croient comme nouveau visiteur

GLaDOS: @Yves: Again, the IP address

Yves: @GLaDOS switch IP with Tor

Pascal: une instance aws?

GLaDOS: Alan: Where are you going? There’s a trick for cheap flights.

Alan: to florence with my daughter

Alan: flying from geneva

GLaDOS: Ok, let me see that.

puyo: mmmm.. une assurance en plus ?

puyo: aaarf

implo: xD

Yves: @Alan Tu pourras le baffer samedi…

Pascal: le 42 est un indice serieux…

GLaDOS: I do 😀

GLaDOS: Thinking with Time Machine

Pascal: une enorme brutasse….

Pascal: c’est la citation du jour

Alan: @glad, I’m about to press the buy button, should I still wait?

Pascal: ca me faisait la meme chose ce soir

GLaDOS: @Alan: Wait!

Alan: oky

Yves: @Alan si t’hésites, ils maintiennent le prix, sinon ils savent que t’es décidé donc tu paieras !

Alan: @yves, pas compris

Alan: @Damien, ‘morning 🙂

Alan: welcome!

GLaDOS: @Alan: First, book your flight using http://www.alitalia.com/ . You won’t find anything cheaper than airline with the highest frequency of flights between two cities. In your case, Alitalia.

Damien qui arrive à la fin: Bonsoir ! bon je crois que j’ai presque tout râté…

Alan: ah? ok, let me check

Alan: @Damien, j’avoue, ouais

implo: @alan fait des recherches pour d’autres destinations , te réelle destination baissera (c’est pas sur mais j’ai eu l’impression que cela fonctionnais comme cela )

Pascal: @damien effectivement

puyo: on peut faire ça avec détresse ? Oooooh

GLaDOS: @Alan: Then use a proxy to get outside Switzerland. Switzerland equals money.

puyo:

Damien qui arrive à la fin: @Alan: autrement Tripadvisor marche assez bien comme comparateur de prix (mais comme pour le reste, j’ai pas suivi le début)

Pascal: si il a du mal a descendre au niveau de robin et de nico, j’ai peur

Alan: bon… alitalia…. no comment

Alan: je lui mets genève florence, il comprend florence aux US 😉

Alan: alitalia

Alan: allo

Yves: Faut l’écrire en italien !

Damien qui arrive à la fin: fiorenze

Pascal: alitalia, il doivent pas bien connaitre l’italie

Alan: je suis dans la version anglaise

GLaDOS: @Damien: Price comparison websites are corrupt.

Alan: Firenze

Pascal: firenze

Pascal: oup

Alan: en fait, il veut “Florence ZMS”

Yves: Chao

GLaDOS: Use a proxy first

Pascal: au revoir

puyo: Bonne soirée et à bientôt !

Damien qui arrive à la fin: au revoir, ce fut court !

puyo: ++

implo: ++ Merci à vous !

Pascal: bonne soirée

Pascal: @alan je peux faire des test de reinit?

Alan: ‘tends, je récupère juste les messages

Podcast Science 172 – Freestyle avec Pascal Lapointe

Cette semaine : freestyle, où l’on reçoit Pascal Lapointe de l’Agence Science Presse.

Les liens évoqués

La quote de la semaine

« Nous vivons dans une société excessivement dépendante de la science et de la technologie ,mais dans laquelle à peu près personne ne sait grand-chose de la science et de la technologie”

– Carl Sagan

La Chatroom

pascal: re

Pascal: Hello tout le monde

irene: Bonsoir!

geymonat: BOnsoir

Pascal: Magie…

Pascal: A tout a l’heure

Le DictaTupe: non mais lol quoi

Pascal: 🙂

ElJj: Bonsoir

geymonat: Bonsoir

Pascal: le but du jeu est d’identifier tout les membre de la conspiration….

Yves: ‘soir. ça c’est de l’avatar tupe !

Pascal: (il n’y est pour rien)

Yves: De quelle spire on parle ?

Le DictaTupe: je n’y suis pour rien

Le DictaTupe: Pascal balance, c’est Alan?

Le DictaTupe: ou tu es responsable seul

Yves: La con spire à Sion ?

Pascal: Meme sous la torture, je ne denonserait pas mes conjurés

Yves: Encore des cons ?

Yves: Heureusement que c’est Freestyle… on peut se dissiper en fond de classe

geymonat: Cela commence a quelle heure le direct?

Yves: … et bien quand c’est ON

Yves: Officiellement ça démarre rarement “à l’heure”, même avec un dictateur

Le DictaTupe: 🙂

Le DictaTupe: bon qui est le responsable

Yves: Maintenant que la chatroom fonctionne super, il faudra bien trouver d’autres impondérables techniques pour excuser les délais 🙂

julie: salut

Pascal: on est au moins deux a etre identifiable

Yves: Bonsoir grande prêtresse

irene: Salut Julie!

geymonat: bon je vais me faire chauffer un thé

David Loureiro: hello

Yves: Salut David

Pascal: Salut David

Le DictaTupe: Pascal si tu ne dénonce pas Alan et Puyo je me venge la semaine prochiane

David Loureiro: salut Yves et Pascal

Pascal: meme sous la torture, j’ai dis

Yves: @Pascal je te propose un mode “echo” à poser sur un automate, ce serait ignoble !

ElJj: Une rotation a trois points fixes dont deux à l’infini ? C’est intéressant, ça !

Yves: ça dépend dans quelle géométrie !

Yves: “libre court”

Yves: “débridé”

geymonat: LIbre antenne c’est plutot 81

Pascal: la deuxieme phase de la rebellion est active

Yves: … attention à Glados

julie: ça marche chez vous ?

Pascal: oui

Yves: Alan est vert !

David Loureiro: c’est normal l’écho du dictatupe

David Loureiro: ?

Le DictaTupe: Non mais sérieux?

Pascal: 🙂

Pascal: attend la suite

Le DictaTupe: Vive TUPECAST SCIENCE! c’est une blague quoi

Le DictaTupe: SERVEZ LA SCIENCE! (Et que ce soit votre joie!) blah

Yves: Y’a de l’écho depuis Québec ?

David Loureiro: sinon le sharypic affichent les images du précédent podcast on dirait …

Le DictaTupe: BISOUS! en plus tu es un pervers pascal, tu n’as pas foutu sur github cette branche…

Pascal: ben non, c’est pas drole sinon 🙂

geymonat: echo sur montreal un peu pourri

David Loureiro: +1

Pascal: ca enleverai le suspens

Le DictaTupe: pfff dire que je pensais pouvoir te faire confiance…

puyo: Yeah, bonsoir ! Hé, quel beau costume, Nico ! Héhéhé !

Le DictaTupe: COT COT ! …

Le DictaTupe: TAISEZ-VOUS! tu es dans le coup toi aussi?

Pascal: Salut Puyo

Pascal: @puyo je n’ai denoncé personne

puyo: Cot cot ! Mais non, que.. je n’ai rien à voir là dedans, je.. heu.. Salut Pascal !

puyo: Cot cot ! Bon, je ne risque rien en fin de guerre ?

David Loureiro: salut puyo !

puyo: Hé, Salut David ! La grande forme ?

David Loureiro: ça roule et toi ?

puyo: Impecc ! Je ne devais pas venir, mais j’ai tout de même pu !

Pascal: @Nico, je me permet de regarder pour sharypic

puyo: Par contre, je ne pourrais peut-être pas dessiner ce coup-ci

puyo: Alors Nico, tu es bien silencieux ? ** toum toum toum

Le DictaTupe: 🙁

Pascal: ben ouai, on veux tous les voir…

puyo: Ouais !

geymonat: Pour le moment je vois pas de dessin…

Pascal: par contre j’ai été soft ca ne t’en rajoute pas a chaque fois

maxence: Bonsoir les gens !

Pascal: Salut maxence

David Loureiro: salut max !

puyo: Bonsoir !

maxence: salut david, cot

Pascal: J’ai un homonyme ou j’ai une vieille session qui traine quelque part?

maxence: C’est “p”ascal

Pascal: oui, je tiens a ma Majuscule

puyo: logiquement, cela devrait être Scal.

puyo: pour que ce soit complémentaire.

Pascal: peut être l’intervenant, je me dis

Pascal: @puyo sinon, ya !scal

Le DictaTupe: damned, t’as pas mis d’interface admin

Pascal: nan

Pascal: 🙂

maxence: la voix robot + l’accent suisse c’est que moi ou c’est normal ?

Le DictaTupe: je peux pas modifier quoi que ce soit sans rebooter

maxence: windows?

Le DictaTupe: ?

irene: accent canadien:-)

geymonat: accent montreal + eco généralisé

maxence: Ha ! oui, j’aurais du reconaitre

Pascal: techniquement, le reboot passe pas trop mal maintenant mais ce serait petit

Le DictaTupe: EN PRISON! 🙂

puyo: Héhéhéhé !

Le DictaTupe: EN PRISON! ce serait drole

Alan: 😀

Pascal: meme pas

Le DictaTupe: en tout cas j’ai réussi à trouver ton code en rémote, pas peu fier 😀

Pascal: git pull…

maxence: Une prison de la chatroom avec un timer en secondes ?

Le DictaTupe: SERVEZ LA SCIENCE! (Et que ce soit votre joie!) tu m’assure que rebooter pose pas de pb?

Pascal: facile

Pascal: tu veux faire un push?

puyo: Non, non, nous allons tous disparaître !

maxence: Noooooooonnnnnnw

Le DictaTupe: Le monde appartient aux matheux! nan git pull a pas suffit

puyo: Je.. non, aaaaaaaaaaah !

Pascal: tant que tu ne touche qu’au server

Le DictaTupe: 😀

puyo: Nous ne sommes pas des numéros !

Le DictaTupe: non je te laisse ta vicoitr

puyo: Hourra !

Le DictaTupe: la vengeance est un plat qui se mange froid

puyo: Cot cot !

Le DictaTupe: Vive TUPECAST SCIENCE! et c’est quand même très drole

Le DictaTupe: COT COT ! très classe cet avatar

puyo: ^^

Le DictaTupe: TAISEZ-VOUS! tu l’as en gros Puyo?

puyo: Bien sûr !

puyo: En vectoriel, tu peux donc l’afficher sur un immeuble ! 😀

Le DictaTupe: SILENCE! 🙂

maxence: c’est marrant j’ai bloqué gravatar sur mon pc et je vois quand meme l’avatar du dicatup

Le DictaTupe: faut que je mette tes avatar en ligne

Pascal: ca le ferait bien ca

Le DictaTupe: COT COT ! normal vu que mon avatar a été hacké

puyo: .. ou sur la lune !

Le DictaTupe: allez balance par mail le dictatupe

maxence: ha ok, c’est mieux les avatar sur le site !

Le DictaTupe: COT COT ! 🙂

Le DictaTupe: Vive TUPECAST SCIENCE! pourquoi tu bloques gravatar Maxence?

maxence: parceque c’est le mal

Pascal: Sur la lune, ca irait bien pour un dictatupe megalo.

Le DictaTupe: ??

Le DictaTupe: EN PRISON! je suis pas mégale?

Le DictaTupe: mégalo c’est quoi cette histoire?

maxence: non mais c’est bloqué de base par ghosttery je crois

Le DictaTupe: nope

geymonat: Il a été dictateur pour combien de t”emps?

Le DictaTupe: j’utilise ghostery et c’est pas bloqué

geymonat: élu pardon

Le DictaTupe: @geymonat qui?

Pascal: ben faut l’être pour etre dictateur

Yves: git rebase –hard

Le DictaTupe: EN PRISON! héhé

Le DictaTupe: j’ai pas eu le choix

maxence: je l’ai enlevé et les avatar apparaisse un a un c’est suspanse !

Pascal: ca fait parti du profil type

Le DictaTupe: SILENCE! mouarf

Le DictaTupe: EN PRISON! vous avez gagné

Le DictaTupe: Vive TUPECAST SCIENCE! en pinition la semaine prochaine toute la chatroom sera en comic sans

maxence: lol

Pascal: nan!!!!!!!!!!!!!!!

maxence: en CERN sans !

Alan: 😀

maxence: http://home.web.cern.ch/about/updates/2014/04/cern-switch-comic-sans

Yves: Faut trouver une fonte quantique

maxence: en Latex

Yves: à la fois onde et corpuscule

Le DictaTupe: \textbf{silence}

maxence: lol

Pascal: ca va pa être facile a suivre

Pascal: du coup on pourra ecouter le podcast

puyo: ou avec une police en taille aléatoire !

Yves: @Pascal support du langage LaTex pour les formules de Math !

maxence: oui mais ca sera correct !

Pascal: heu….

maxence: \frac{1}{\pi}

Pascal: les browser comprennent le latex?

maxence: ca marche pas encore, PASCAL ! PASCAL ! PASCAL !

David Loureiro: $\int_x^t ydy $

Yves: Faut générer une image

Pascal: mais ca va foutre la m**** dans l’affichage des posts…

Yves: Alors du SVG

Le DictaTupe: EN PRISON! @pascal oublie l’idée du latex

Le DictaTupe: BISOUS! vraiment

Le DictaTupe: Le monde appartient aux matheux! c’est pas une bonne idée

Pascal: ouai, mais pas convaincu de l’utilité a long terme

Pascal: @nico rails le gere tout seul ca aussi?

Yves: On pourrait écrire E=mc2 correctement !

ElJj: E=mc²

ElJj: Ca marche !

maxence: Schrodinger maintenant

Pascal: @eljj 😉

Le DictaTupe: SERVEZ LA SCIENCE! (Et que ce soit votre joie!) HΨ=EΨ

Alan: très en forme, le dictatupe ce soir 🙂

Le DictaTupe: :'(

Pascal: @tupe là je n’ai pas compris…

geymonat: Jolie les fourches caudines…

Yves: S’est Psi

Le DictaTupe: ben c’est l’équation de schrodinger

maxence: non mais la version homme

maxence: http://upload.wikimedia.org/math/2/7/7/27734849d22b4b26bd85be1a1435ba2e.png

Alan: http://multim.com/titre/?ID=386

maxence: Oh bas mince j’ai gagné une version outdatée

Pascal: pardon, j’avoue ne pas suffisement la connaitre 🙁

Yves: Y’est vendeur Alan ce soir

Le DictaTupe: Le monde appartient aux matheux! il est dedans…

geymonat: podcastscience marche en epub?

Le DictaTupe: cad?

Yves: Bhein non, déjà y’a pas de dossiers !

maxence: apres dicatup, editup

pascal: D’autres sites où acheter le livre : 1. www.dilicom.com 2. www.edicool.com 3. www.epagine.fr
 4. www.feedbooks.com
 5. www.librairiedialogues.fr
 6. www.librairieducentre.com

Yves: @Pascal j’ai trouvé ! http://www.mathjax.org/

Alan: @Yves, ça y est, tu l’as commandé? 😉

Pascal: @Yves je vais finir par pas avoir le choix…

Le DictaTupe: ca sert a rien

Yves: C’est ça qui est intéressant !

Le DictaTupe: 😀

Yves: On verra ce qu’on en fera après

Yves: C’est pas le principe des maths en fait ?

geymonat: le plus dur c’est de trouver 1 grand mere qui lit des epub acheté en quebecoin

geymonat:

Pascal: ben j’avouerai etre plus emballé par la gestion des citations

Le DictaTupe: COT COT ! cad?

Pascal: etre prevenu en cas de citation de notre pseudo + autocompletion

David Loureiro: @pascal +1

geymonat: +1

Le DictaTupe: COT COT ! *2

puyo: COT COT²

Pascal: diantre, ca augmente vite…

Le DictaTupe: EN PRISON! tu t’es quand même bien éclaté pour ce easter egg

geymonat: je me demande pas si la voix pourri depuis montreal ne provient pas d’un flux trop faible et trop compressé

Pascal: on en est a 36 pour l’instant

Alan: geymonat, le son est pourri ?

Pascal: @nico oui, mais je ne me suis pas pris la tete pour autant

Alan: ici on l’entend bien, et c’est moi qui broadcaste

Alan: zarbi

geymonat: pour la personne de Montreal uniquement

irene: Je trouve pas que le son soit vraiment mauvais

maxence: La commication de la science, oui! les communiquant en science, non !

Pascal: @nico, en plus c’est de saison

Pascal: @irene tu es sur skype?

Le DictaTupe: yup

irene: oui

Pascal: a priori c’est que sur le live qu’on a le pb

Pascal: @dictatupe j’ai profité de notre jour ferie rien a qu’a nous les alsaciens…

Alan: arf, je suis désolé 🙁

maxence: Ha les faignant de l’est !

Pascal: 🙂

Alan: j’espère que leson n’est pas trop pénible…

Alan: on arrive au bout de l’itw là

maxence: On dirait un dalek canadien

Pascal: non, ca va ca rappel le bon vieux temps

Alan: et quand on parle nous, c’est ok? c’est fou, ça 🙁

Pascal: on s’attend a entendre Mathieu a tout moment

geymonat: C’est audible … on a juste l’impression qu’il est sur la lune

Alan: 😀

Pascal: @Nico su tu as regardé le code tu t’es peut etre rendu compte que l’affichage des messages est conditionné par une variable d’env

maxence: $DICATUP

Pascal: pas loin

Alan: Clavier Tupe!!

maxence: export $DICATUPE = MUTE

Pascal: PSLIVE_DICTATUPE

puyo: Hé, ça ressemble à un son de balle de ping pong, héhé !

puyo: Je mise sur le ping pong

puyo: Un coup du serveur ? (ping)

maxence: lol, tout le monde se jete sur tupe

Yves: .. pong

puyo: —< point

pascal: Désolé, je constate en passant en revue le fil que le son était mauvais pour certains auditeurs. Envie d’avoir qq liens pour en savoir plus sur ce que vous avez manqué?

maxence: OUi !

Yves: @Alan tu me la files l’image ?

geymonat: IL y a des aciers ferritiques et austénitiques

geymonat: les austénitiques par exemple sont amagnétique

Pascal: @alan tu me previens quand il faut raffraichir

geymonat: Par exemple lorsque l’on fait du Controle non destructif

geymonat: il existe une méthode qui s’appelle les courants de foucault

geymonat: et selon les métaux on doit faire des réglages totalement différents

puyo: @Pascal pour ma part, je veux bien un rafraîchissement. Un vin sec ?

Pascal: un riesling ca ira?

geymonat: mais il est probable que le réglage de la plaque est induction n’est pas optimum pour toutes les casseroles possibles

David Loureiro: m’étais amusé à faire un vine : https://vine.co/v/MhDvmp16nrV

David Loureiro: pour répondre

maxence: Ha oui, le lezard

Pascal: Mais non, david, puyo a demandé un vin pas un vine…

Pascal: 😉

puyo: ^^

David Loureiro: à distance, c’est chaud

David Loureiro: 🙂

Alan: Bon, pas réussi à copier l’image de Citron Vert dans la chatroom… La voici sous une autre forme pour les plus motivé-e-s https://www.evernote.com/shard/s16/sh/25d3eadd-4893-450a-8e64-05ce856aab7c/dd96ce12b8847169bc40606386755660

Pascal: ca en fait des qr a decoder…

Alan: 😀

ElJj: C’est le langage du jeu Fez

Alan: Eljj <3

ElJj: http://i363.photobucket.com/albums/oo77/Fenrakk101/FEZbeta.png

maxence: et hop c’est fait

ElJj: Maintenant que j’ai trouvé le chiffre, je vous laisse le déchiffrer

maxence: Moi je suis pas du tout d’accord avec Tupe

Pascal: bon qui est ce qui prend les deux premieres lignes?

Pascal: on reviens sur mes steak?

ElJj: Il faut quand mêe un petit bagage en maths pour jouer à Fez, certains énigmes faisant appel aux patrons du cube ou aux nombres binaires…

Pascal: euh soit j’ai oublié soit ce n’est pas moi…

David Loureiro: on peut reprendre le quiz d’Alan ?

David Loureiro: sur l’histoire de l’eau distillée qui tue ?

maxence: a -10C et lancer tres fort, oui ca tue

David Loureiro: @maxence : amen

David Loureiro: tout est dit 🙂

Alan: Bon, on arrive pas à tout faire… 1 t-shirt offert au premier qui nous décode le message de Citron Vert. Qui s’y colle?

Pascal: 1ere ligne suj

Yves: J’ai la première colonne…

Pascal: 2eme ene

David Loureiro: @alan : demande à Citron Vert 🙂

David Loureiro: il doit savoir

maxence: @tupe : http://en.wikipedia.org/wiki/Induction_cooking#Cookware l’effet de peau, c’est importnat !

Pascal: 3eme me_

Pascal: 4eme b_p

Pascal: 5eme lie

Pascal: 6eme enn

maxence: Je pense qu’il doit avoir une relation entre l’effet de peau et la ferromagniticite

Pascal: @ps inilitialement ce n’etait pas le role des freestyle?

Pascal: 7eme _ts

geymonat: et puis surtout avec 1 bon conducteur c’est le bobinage d’excitation qui va beaucoup chauffer

Yves: C’est par colonne

Yves: 1ere colonne “Semble trop simple”

Yves: 2e colonne “Une intox car ca me”

ElJj: “JE PENSE QUE C’EST UNE INTOX CAR CA ME SEMBLE TROP SIMPLE”

Yves: 3e colonne “Je pense kum a est”

Pascal: damn it

Pascal: perdu

ElJj: (Le langage Fez se lit en colonne, de droite à gauche)

maxence: lol

Alan: Bon, qui c’est qui a trouvé, finalement ?

puyo: Bien joué !

Pascal: eljj

Yves: Mouais j’ai raté deux lettres…

ElJj: ;p

maxence: C’etait vraiment top les OGMs

ElJj: On déconne pas avec les patates chez Podcast Science

Yves: … non on en fait des frites

maxence: Irene s’est laissée séduire et a rejoint pascal sur la Lune

Yves: Moi je dis bravo pour l’alphabet Fez. Même Google Image n’a rien trouvé

Yves: C’est le mixer sur le poste d’Alan qui distord tout. Y’a que Alan qui est clair, et c’est lui qui broadcast

Alan: Bon, un seul t-shirt alors ?

Alan: Bravo Eljj 🙂

Pascal: ben t’avais dit le premier…

Yves: Où c’est que je peux acheter mon T-shirt ?

Pascal: @yves dans la boutique sur le site de podcastscience

Yves: Je veux un QR code dessus…

Alan: http://podcastscience.spreadshirt.net

Alan: 😀

Pascal: j’adore le body 🙂

Yves: Les mieux sont trop grands !

Yves: Les miens…

ElJj: Yeah !

ElJj: Je serai swag sur la plage

puyo: Super modèle !

puyo: testé et approuvé ! 😀

Alan: Swag for ever 😉

pascal: Un élément de réflexion qui pourrait p-être s’ajouter à votre discussion sur les OGM: http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2013/08/30/dialogue-ogm-possible

Yves: Martial a le droit d’avoir son opinion. Mais pour avoir un point de vue scientifique sur les OGMs il faut que l’on puisse faire les tests en champs…

Alan: Oui, justement, à ce sujet… MRR était quand même injuste en mettant tout le monde dans le même panier

Alan: M de Montmollin, justement, est pour qu’on fasse ces tests et condamne fermement les actes de vandalisme comme le fauchage

geymonat: oui mais les tests en champs donne lieu a des contaminations dans les champs voisins aussi

maxence: Oui mais sa position marquée était pas mal pour le dossier, ca rendait bien d’avoir une position clair

Pascal: @Yves de tests en serre ne sont pas possible?

Yves: À mon avis ce serait insuffisant, le but est bien de tester au cas où on l’utilise en plein champs

geymonat: les test en serres ne permettent pas de reproduire le climat du champs…

Yves: @geymonat on a montré des contaminations sur certaines cultures particulières. Ce n’est pas une raison pour rejeter tout OGM

geymonat: l’idéal est de faire un champ ogm sur mars

maxence: on dit pas contamination il a dit le mr

Alan: 😀

geymonat: ou dans une zone ou il n’y a pas de champs voisins …. a 50 km

Yves: “dissémination” alors ?

Yves: @geymonat c’était pour un maïs il me semble

Pascal: y a quelqu’un qui devrait se muter

Alan: Oui, c’est Pascal Lapointe

Pascal: (sans jeu de mot)

Alan: j’ai essayé de lui dire via le chat de skype

Yves: … ferme sa session skype

maxence: bam kicked !

Pascal: tu n’as pas un canal par participant sur ta table de mixage?

Alan: nope

maxence: Avec 10 pc et autant de skype

maxence: c’est cheap alan tout de meme

Pascal: on dirait des amateurs 😉

maxence: Boing Boing Boing fait le gene

geymonat: Il doit bien exister un logiciel pro et payant pour faire du mixage a distance via internet

Alan: oui ça existe

geymonat: a quel prix?

maxence: on doit aussi pouvoir muter kkln sur skype non?

Alan: même pas cher

Alan: mais il faut que tous nos intervenants s’équipent

Pascal: chaud ca

geymonat: mais la il y a quelqu’1 qui fait du bricolage

Alan: déjà qu’ils aient skype, c’est pas toujours évident…

Alan: maintenant plus personne ne bricole

Alan: (par contre Martial tapait un peu sur la table avec les doigts en parlant 😉 )

Alan: sorry…

Alan: je devrais être intransigeant avec ces trucs-là…

maxence: il faut mettre des mouffles aux invité

Yves: … bof ils arrachaient les ongles

Alan: yep

geymonat: tap tap toc toc

Pascal: mais non, c’est un peu la signature de l’artisanal

maxence: Ca manque de bebe qui pleure en arriere plan

Yves: On fait comment pour éditer un commentaire ?

Pascal: ben a 22H, heureusement..

Alan: flèche du haut

Pascal: mais ca ne marche que sur le dernier message

Yves: OK sniff ça ne marche que sur le dernier…

Pascal: c’est fou ca, y en a toujours pour se plaindre 😉

maxence: C’est pour ca qu’il faut ecrire qu’un message et il sera parfait

Yves: Bhein oui j’utilise zsh

Alan: @Pascal, le client est difficile

Yves: … et emacs

geymonat: message cool

Alan: @Yves, tu veux un :q:w pour quitter?

geymonat: ah oui ca marche

Yves: Non ça c’est VI

maxence: zsh et emacs , ca a l’air lol !

Alan: ah oui, pardon

Pascal: pour la semaine prochaine, je rajoute un /ban

Alan: j’espère que je ne t’ai pas insulté Yves 😉

maxence: ctrl c ctrl x

Yves: M-x vim

Yves: Mon Firefox s’appelle Vimperator

maxence: “passionel et legitime” ?!

maxence: @yves ca fait peur

nicktalop: Discours sensé de ce monsieur

Yves: Franchement j’aimai bien avant le chat sur canal IRC, je pouvais utiliser le client dans Emacs

nicktalop: Vieille école?

maxence: Trop pratique la chatroom

Tax: Ce monsieurs passent à côté les tests sur les croisements et sur l’étiquetage sur tous les aliments qui sont issue des croisement

Yves: … et nostalogique. Et je ne suis pas plus vieux que AWK

nicktalop: 🙂

Yves: @maxence d’accord pour l’interface web mais pas pour le protocole ouvert

geymonat: C’est bien les OGM avec produits chimiques incorporés … pas besoin de manger la peau du fruit ou il y en a le plus

Pascal: @Yves Fait gaffe remettre en cause les choix du DictaTupe pourrait etre dangereux

Yves: @Pascal rien n’empêcherait de diffuser les messages sur IRC en même temps

Pascal: et recupere les post venant d’irc

maxence: et alors ?

nicktalop: OGM et brevetage du vivant. On a abordé la question des gros sous?

Pascal: ca fait un peu usine a gaz pour le coup

Pascal: plutot redévelopper un client irc

geymonat: Si ton champs a été contaminé par des genes ogm MONSANTO doit on payer le prix de la licence à Montsanto

Yves: @Pascal c’est ce qu’on utilisait avant – un client IRC (en flash je crois)

Alan: @geymonat, tu n’as pas écouté l’émission 169, pas vrai?

Alan: c’est un mythe cette histoire

Pascal: en Flash…

maxence: Merci alan !

Alan: non, on ne doit pas payer de licence à monsanto dans ce cas

Pascal: Quel vulgarité 😉

puyo: Flash, oh-oh, ♪♫

geymonat: j’ai eut presque 160 épisodes a ecouter

geymonat: la j’en suis vers le 28

geymonat: mais j’ai déja écouter les épisodes 100 à 160

Alan: wow 🙂

Alan: qu’est-ce qu’on racontait vers le 28?

nicktalop: Intéressant, le mythe prométhéen. Voir le rapport entre Chiron et Prométhée dans la mythologie.

geymonat: plus que 80 épisodes à ecouter… la je fais mon premier en direct

Alan: excellent, bienvenue 🙂

Pascal: Bienvenu alors

Alan: @nick, je me rappelle jamais qui est qui 🙁 Chiron, c’était qui déjà?

geymonat: le 28 c’est sur les pseudo médecines

nicktalop: Le bon centaure, guérisseur blessé

Alan: oky

nicktalop: mentor et pharmacien, chirgurgien…

Alan: et ses rapports avec Prométhée?

nicktalop: renonce à son immortalité pour permettre la libération de prométhée

nicktalop: de son Caucase

Alan: un bon type en somme

Alan: dr who avant l’heure 😉

nicktalop: oui, mais faut considérer son calvaire dans cette histoire…

geymonat: j’ai decouvert le podcast sur une application android… du coup je peux en ecouter plusieurs par jour sur le téléphone portable

Alan: oh? quelle app?

geymonat: podcastaddict

Alan: bien cool, merci 🙂

Pascal: @Alan au fait j’ai tout passé sur doggcatcher

Alan: ah, et alors, tu survis?

Pascal: merci pour le tuyau

Pascal: l’interface ne me pose aucun pb

Alan: my pleasure

Pascal: et les feed virtuel 🙂

Alan: les feed virtuels c’est vraiment la classe 🙂

Pascal: j’avais des conf en mp3 qui trainaient depuis des mois mais je trouvais rien de satisfaisant pour les lire

geymonat: sur pc? sur mac?

geymonat: sur téléphone .?

Pascal: android

geymonat: Total commander marche bien

geymonat: ou ES explorateur

geymonat: ce sont des produits bien polyvalents pour lire des MP3

Pascal: le pb quand tu lis des mp3 de 1h ou 2, c’est galere

Pascal: genre tu reboot, et tu reprend au debut

maxence: pas si tu le dis a iTune, tu peux reprendre les truc ou tu pause

geymonat: Je fais des efforts de mémoire pour retrouver ou j’en étais

Pascal: itunes sur android, c’est pas top 🙂

Pascal: voir pas existant

Pascal: et utiliser plusieurs appli pour le son, c’est chiant, c’est jamais la bonne appli qui se lance quand je rentre dans ma voiture

maxence: Et voila les trucs de pauvres qui marche pas

Pascal: et je tiens a preciser que c’est un choix

Pascal: 😉

Marti: Bonsoir

Marti: J’arrive un peu tard, désolé

Alan: ah ben tiens…

Alan: on vient de t’entendre pendant 30 minutes 😉

Marti: eh bin

Marti: j’ai pas dit trop de bétises?

Alan: à la chatroom de juger 😉

Pascal: Donc Marti c’est Martial?

Marti: Oui

Yves: @Pascal le problème c’est ton client. Mon Podder sur Maemo reprend où j’ai laissé une écoute, reboot ou pas. Et en vitesse 1.4x on avance plus vite

Pascal: (faut suivre)

Marti: @Pascal, désolé j’aurais dû le préciser

David Loureiro: z’imaginez : martial mac fly

Marti: lol

Alan: 😀

David Loureiro: il est parmi nous !

Pascal: @yves, pour les podcast j’ai pas de probleme

Marti: On a les mêmes références

maxence: OUIAS DILBERT !

Pascal: seulement les mp3

ElJj: Donc, la semaine prochaine, le vrai dossier sera sur quoi ?

David Loureiro: hilbert ?

David Loureiro: 😀

David Loureiro: ça serait bien

Yves: Un espace de Hilbert… ça me rappelle des trucs

Pascal: Hilbert, c’est le nouveau chaos?

geymonat: bonne entretien merci

maxence: :((((

ElJj: Et le théorème des zéros de Hilbert, le théorème qui a le plus beau nom du monde : le Nullstellensatz

nicktalop: Ah oui! Dilbert!

nicktalop: Il est space, Sagan…

Marti: Vive Sagan

nicktalop: Françoise?

ElJj: (Je garde le Nullstellensatz dans le coeur pour une seule raison : on a passé au moins trois semaines à le démontrer quand je l’ai vu en cours, en M1)

maxence: Sagan, le boss de street fighter ?

puyo: ^^

Yves: À la piscine de Mon repos

Pascal: @maxence…

David Loureiro: françoise ?

maxence: Merci.

nicktalop: Bonjour tristesse…

David Loureiro: http://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1004040-Fran%C3%A7oise_Sagan.jpg

maxence: ca me fait penser a urban dictionnary :=> Neil degrasse tyson : Black Carl Sagan

David Loureiro: @maxence parfait !

puyo: Ooh, hé bien !

Pascal: omg

puyo: OOOOOOOOOOOO !

Pascal: quel horreur

nicktalop: C’est pas forcément une référence…

puyo: COT COT COT !

ElJj: Trop bien !

Yves: Merde… ils nous écoutent ?

ElJj: C’est la consécration !

maxence: OUAHHHHH LA CLASSE !

puyo: Double menton pour tous le monde !

Pascal: donc vous avez achetez le bouquin?

Marti: Oh non, pas les Bogdanov

puyo: Bravo !!

ElJj: Dans le dernier livre ?

David Loureiro: héhé

ElJj: Il nous faut un screen

David Loureiro: par contre auteurs de qualité !

David Loureiro: 😀

puyo: Et c’est cité de quelle façon ?

Yves: Faut écouter Laurent Gerra les imiter

nicktalop: cécité

Pascal: donc vous avez fait un plug vers les bogdanov…

David Loureiro: putain les bogdanov

Yves: C’est pour le prochain FreeStyle !

David Loureiro: les créationistes de la physique nucléaire

nicktalop: lol

puyo: Bravo, bravo !

David Loureiro: les théoriciens de la bêtise aléatoire

Marti: “les créationistes de la physique nucléaire”, j’aime!

Yves: au moins ils ont une théorie

nicktalop: Les Darwin de la mousse à raser?

David Loureiro: les everyday ig nobles

Yves: La retranscription de l’interview

maxence: Les bogdanofs sont tres populaire en physique

ElJj: Quand est-ce que vous les invitez ? Pour un 1er avril ?

Marti: bonne soirée!

David Loureiro: ça serait top les bogdanov pour un freestyle

irene: Ciao tout le monde! A la semaine prochaine!

puyo: Ce seraient des invités épatants ! 🙂

maxence: Ciao, bon aprem

David Loureiro: ils doivent être cités dans le livre qui parle des impostures de la sicence non ?

Pascal: @irene bon apres-midi

maxence: ca serait trop random

irene: Merci !

David Loureiro: lu IRN

Le DictaTupe: salut

geymonat: C’est qui la salope de Lausanne?

Alan: Ciao Irène 🙂

Pascal: @geymonat ???

geymonat: http://m.youtube.com/watch?v=JAFQFvSPhQ8

geymonat: a propos de Lausanne Beach

puyo: Tiens.. je pensais.. les bogdanov sont peut-être hyperconducteurs ?

Le DictaTupe: SILENCE! pourquoi ducteur?

puyo: héhéhéhéhé !

Pascal: ca faisait longtemps

maxence: Vous etes dur, ils comblent un vide en France

geymonat: ils ont l’air d’être devenus de vrais cons pétant

puyo: Bravo à Julie !

maxence: Mais c’est surtout des matheux en fait

julie: 🙂

Yves: Un coup de Google avec “hasard” et “quantique” et la retranscription du podcast sort en 4e position. Voilà comment les bogdanovs citent Podcastscience

Le DictaTupe: COT COT ! 🙂

Le DictaTupe: Google chez toi

ElJj: Les Bogdanov utilisent google. L’enquête avance.

Pascal: en mode privé, vous êtes en premiere page quand meme

Yves: @Tupe sur google.fr avec un navigateur en français, même sans historique de navigation ni cookies

maxence: NON

Pascal: toujours là!!!!!

nicktalop: non

maxence: BIERE

nicktalop: c’est fait…

Yves: Une binouze

Pascal: on la veux aussi

maxence: OUI LA CHATROOM VEUT LE PASSAGE

geymonat: il y a 1 auditeurs caché sur le chat c’est peut etre les bogdanoff

David Loureiro: oh pinaise oui binnouze

maxence: Igor?

nicktalop: il serait deux

Pascal: atttendez, je vais chercher son IP

maxence: Ien a un en prison

maxence: C’est de la matephysique !

nicktalop: pour usurpation d’identité?

maxence: LoL

Yves: Voici une lecture résumée: http://www.editions-des-chavonnes.com/2013/11/j-ai-lu-pour-vous-la-fin-du-hasard-des-fr%C3%A8res-bogdanov.html

maxence: Alain connes ? torp la classe !

maxence:

maxence:

maxence: OUI OUI OUI

ElJj: Vous avez demandé à Alain Connes de venir faire un dossier ?

ElJj: C’est l’un de nos médaillés Fields français

Pascal: avec etienne klein qui se prepare, ca deviens super bien frequenté podcast science

maxence: J’ai lu son livre sur la geometrie non commutative, c’est un peu super chaud

David Loureiro: connes ou cônnes ?

David Loureiro: avec un o fermé ?

puyo: ** toum toum toum

David Loureiro: moi je connais de caunes

Pascal: tu as lance l’idée de l’easter egg

puyo: Héhéhé, merci Nico !

David Loureiro: après …

geymonat: y en a qui a été accusé d’avoir piloté sans licence un hélicoptère

maxence: Awww

David Loureiro: chais pas si c’est le même

puyo: Héhéhé, j’avais retouché les fonds et effectué une version avec sans masques ! 😀

Yves: non … d’avoir truandé son carnet de vol. En notant des trajets que son hélicoptère ne pouvait même pas assurer

nicktalop: @geymonat c’est rotor comme remarque…

Alan: 😀

maxence: podacastmath le retour

nicktalop: @Yves c’est con pour un matheux

Yves: matheux les bogdanov ? vraiment ?

Pascal: c’est le plan qui se transforme en sphere?

ElJj: Je valide ! C’est un chouette sujet !

nicktalop: oups, typo. miteux?

puyo: Un point de fuite infini, ça doit faire un sacré dégât des eaux !

nicktalop: 🙂

maxence: l,ol

geymonat: d ou la contestation de la validité de la licence de vol…

geymonat: C’est vrai qu’il faut voler tous les ans pour conserver une licence de vol

nicktalop: Mais que fait la police!!!

Pascal: ben oui

puyo: mais oui

Marti: bonne soirée!

puyo: par contre, voler tous les ans n’est pas obligatoire pour garder un statut de voleur.

Pascal: elle est pas bien faites?

puyo: Une fois suffit ! 🙂

Pascal: on t’entend en double aussi

geymonat: ha quand tu sors de prison tu as payé ta dette en théorie

puyo: Aaaaah, un des Bogdanov a piraté le live

puyo: @geymonat c’est juste. Donc, on retire la licence.

ElJj: Piketty ?

ElJj: J’ai pas bien compris ce qu’il se passe avec ce type, pourquoi tout le monde en parle ?

Yves: Sur Piketty http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/04/23/le-capital-au-xxie-siecle-de-thomas-piketty-best-seller-aux-etats-unis_4405647_3234.html

David Loureiro: les amis je vais vous laisser

nicktalop: http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Igor_et_Grichka_Bogdanov

David Loureiro: passez une bonne soirée et une bonne nuit

Pascal: @david bonne nuit

nicktalop: bonne nuit!

David Loureiro: salut les amis

David Loureiro: à très bientôt

David Loureiro: semaine pro peut-être quoi 🙂

David Loureiro: ciao les dictateurs :p

nicktalop: Bon, salut à tous, thanks for the fish

Pascal: @Alan sinon avec un compte live, tu peux le faire en ligne je crois

Yves: @Alan il faut démarrer Tor en portable 🙂

puyo: Boire ou enregistrer sur google drive, il faut choisir !

geymonat: C’est vrai que l’avantage d’utiliser un matériaux férromagnétique pour de l’induction

Alan: @Yves héhé, ça m’intéresse

geymonat: c’est que la réorganisation des domaines de Weiss va générer pas mal de chaleur par rapport a d’autres

nicktalop: et les métaux non ferreux pour la déduction?

Pascal: tu l’upload sur le site de sharypic