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Blog Audio 8: Matières vivantes – Science: la gauche et la droite

8e billet de blog scientifique en audio: Science: la gauche et la droite

Auteur: Tom Roud

Blog: Matières Vivantes

Billet original: http://tomroud.cafe-sciences.org/2006/01/31/science-la-gauche-et-la-droite/

Enregistrement: Alan

Diffusion originale: Podcast Science #108, 08 novembre 2012

 

Son de la semaine Podcast Science 108 – NOC, le fameux Beluga qui imite l’homme

Beluga (Wikipédia)Je ne sais pas vous, mais moi, je me suis bien marré, comme tout le monde, en entendant toutes les télés de la planète s’extasier sur ce Beluga qui parlait soi-disant humain et que personne ne comprenait. Voilà pourtant une information intéressante sacrifiée sur l’autel du sensationnalisme… Car la prestation de NOC (prononcer Nossi) est tout simplement extraordinaire… L’extrait ci-dessus commence par des cris ordinaires de Beluga, que l’on surnomme “canari des mers”, puis on enchaîne avec la prestation de NOC avant de repasser au son ordinaire… La différence est dingue, non?

Lorsque des chercheurs ont comparé des enregistrements de NOC à la parole humaine, ils ont constaté que le rythme de ses vocalisations correspond à celui d’un humain en train de parler. Idem pour la tonalité, plusieurs octaves en-dessous des sons que produisent généralement les bélugas.

NOC – premier cétacé observé à imiter spontanément des sons humains – produit ce son en jouant avec la pression de sa cavité nasale et en étirant une paire de structures semblables à des lèvres dans son évent (le trou sur la tête qui permet aux baleines de souffler), c’est ce que révèle l’article de Sam Ridgway, Donald Carder, Michelle Jeffries et Mark Todd, publié dans le journal Current Biology le 23 octobre dernier: http://goo.gl/sLrT4

NOC est donc effectivement capable d’observation et d’imitation et à mon sens d’une bonne dose d’humour et d’espièglerie. Du coup, j’ai cessé de me marrer comme une baleine en entendant ce fameux son. NOC m’épate, pas vous?

Podcast science 107 – La mort

Dans le cadre de la semaine thématique sur la mort dans le c@fé des sciences, nous proposons dans cette émission un petit bouquet de dossiers à plusieurs voix:

Les dossiers

Le son de la semaine

Le “click of death” (petit bruit de la mort et français) est un terme qui date des années 1990 pour désigner le son d’un disque dur irrécupérablement mort…
C’est très dur à écouter… Courage!
» Source: http://en.wikipedia.org/wiki/Click_of_death
» https://www.podcastscience.fm/son/2012/10/30/son-de-la-semaine-podcast-science-107-the-click-of-death-le-petit-bruit-de-la-mort/

Le quizz

  • Il ne faut jamais réveiller un somnambule. info ou intox?

Enregistrez votre réponse sous forme de commentaire écrit ou audio dans ce post.  Soyez pas timides, on se charge de l’explication scientifique, dites-nous juste ce que vous en pensez 🙂

 La quote

Many men die at twenty-five and aren’t buried until they are seventy-five” (Benjamin Franklin  scientifique, artiste, politicien, l’un des pères fondateurs des Etats-Unis d’Amérique)

Les illustrations de Nico

Les plugs et annonces

  • http://thema.cafe-sciences.org/
    La première semaine thématique du C@fé des sciences a été lancée le 29 octobre 2012, sur le thème de la mort pour fêter Halloween. Nous y participons, comme vous avez pu le constater, mais nous ne sommes pas les seuls! Cette semaine thématique réunit les meilleurs blogueurs scientifiques, ils ont tous joué le jeu, vous y trouverez des billets absolument passionnants! En vrac, des tas d’angles qu’on ne s’attendrait pas forcément à trouver sur des blogs de science… Par exemple, les expériences de mort imminente, l’immortalité, les zombies, combien est-on prêt à payer pour éviter la mort, la mort des données numériques, l’homicide, la résurrection des espèces éteintes… Et, plus classique… La décomposition, les rites funéraires, le suicide des cellules… Bref, vous n’imaginez probablement même pas tout ce qu’il y a de passionnant à découvrir sur le sujet! L’opération a débuté lundi, il y aura de nouveaux billets jusqu’à ce dimanche. Et bien sûr, le site restera en ligne. Une seule adresse, donc: http://thema.cafe-sciences.org/
  • Un nouveau podcast à signaler: Parhistopod, par notre ami Guillaume Lebrun (https://twitter.com/glb92) (qui avait assuré l’épisode 42 de PS sur les extrêmophiles  et qu’on a pu entendre la semaine dernière répondre au quiz, en live et en public dans notre épisode sur les sciences de l’apéro):
    Parhistopod part d’un lieu de la capitale française et en raconte toute l’histoire, c’est absolument passionnant! Dans son premier épisode, Guillaume parle du marronnier du 20 mars et nous emmène dans le Paris de la Révolution pour en raconter les origines. Le travail de documentation et de vérification derrière cet épisode qui m’impressionne, pourtant, je peux vous dire que sur Podcast Science, on bosse aussi pour préparer nos dossiers. Mais si vérifier ses sources quand on parle d’un fait contemporain est déjà difficile, les vérifier quand on parle d’archives historiques qui ne sont pas accessibles au grand public, c’est encore autre chose… Et bon, il n’y a pas que le travail. Le résultat se laisse écouter avec plaisir. Ça dure juste ce qu’il faut, 10 minutes. C’est top! Bravo Guillaume, longue vie à Parhistopod et chers auditeurs précipitez-vous:

     

  • Merci d’avoir voté pour nous! Nous sommes shortlistés pour les Golden Blog Awards dans la catégorie Science! Remise des prix le 14 novembre à Paris!

 

La chatroom

* Bienvenue XIlrian, parle maintenant.
* raphael (86.74.77.232) nous a rejoint #testPS
<Jorj_McKie> Yes
<raphael> oui 🙂
* STATUS: Absent
–
<Jorj_McKie> pareil
<Alan> désolé 🙁
<Dave460> d’ici ça allait
<Alan> ah, tant mieux, de temps en temps un truc qui marche 😉
* Neptilo (77.199.134.253) nous a rejoint #testPS
* Alexandru (77.198.14.201) nous a rejoint #testPS
<Alexandru> slt tt le monde
* raphael (86.74.77.232) Quitter
<Dave460> Et personne n’a essayé de reproduire l’expérience ?
<Jorj_McKie> Si dans les emissions de téléréalité. Mais ça n’a rien donné.
<Dave460> De toute façon si elle à été reproduite et que les résultats sont négatifs ils ne seront même pas publié
<Dave460> à moins qu’elle est été reproduite par un septique
<Alan> moi, j’aime bien l’hypothèse de Nico, en comme dans mon petit dossier… Peut-être que les variations des résultats indiquent que certains patients vont en enfer 😉
<Alan> (en comme = en commentaire, sorry)
<Dave460> Ouille, on sent ici les mauvaises influences d’une enfance catholique
<Alan> héhé, je lui ai jamais posé la question de l’environnement religieux de son enfance, affaire à suivre 😉
<Dave460> je rigole, de toute façon on est tous un peu atteint même sans le vouloir
<Alan> tellement, on baigne dedans qu’on le veuille ou non, effectivement…
<Dave460> Sûrement une façon de garder un individu utile à la bande en tant que main d’oeuvre mais pas en tant que reproductive puisque ces enfants sont déjà en âge de reproduction
<Dave460> 2500 ans environ
<Alexandru> 10000
<Dave460> et tout ça sans Loréal c’est incroyable
<Dave460> j’imagine bien une pub télé pour crème de Croque-mort
<Dave460> je préfère être réveillé que de sauter du 3ème
<Jorj_McKie> Salut
<Dave460> c’est tellement bien quand il y a un peu d’interactivité
<Alexandru> a bientôt
* tolaria (87.65.1.160) Quitter
<Dave460> Bonne semaine
<staulott> salut
* staulott (46.193.131.219) Quitter
<Alan> A bientôt, merci encore d’avoir été là 🙂
<Alan> Bonne semaine!
* STATUS: Online
–
<XIlrian> @+
* Alexandru (77.198.14.201) Quitter
* Dave460 (80.83.32.169) Quitter
* Jorj_McKie (90.2.216.39) Quitter
* STATUS: Absent
–
* Alan (85.218.109.18) Quitter
* LaurentDo (88.183.198.129) nous a rejoint #testPS
* peremptoire (92.139.132.82) nous a rejoint #testPS
<LaurentDo> Punaise mais t’es partout toi… 😀
<peremptoire> Mince, je pensais que c’était pas fini
<peremptoire> Je suis podcastscience moi, tu crois quoi ! :3
<LaurentDo> Y’a live ou pas ? J’entends rien…
* peremptoire (92.139.132.82) Quitter
* LaurentDo (88.183.198.129) Quitter

 

 

Sénescence et sélection naturelle

Billet publié par David (Xilrian) dans l’épisode# 107, dans le cadre de la semaine thématique sur la mort du C@fé des Sciences

Petit article donc sur la mort au niveau biologique et plus exactement pour tenter d’expliquer pourquoi nous mourons.

Déjà, nous ne sommes pas immortels car nous sommes destructibles; ce qui est assez évident… Et il semble assez complexe de créer un être vivant indestructible (même si la nature en a créé de vraiment fort résistants comme les organismes thermophiles). Ce n’est donc point à cela que je vais m’intéresser mais plutôt au mécanisme du vieillissement. A ce qui dans leur programmation biologique rend les être vivant davantage vulnérable avec l’âge, la sénescence. Anhtuan avait abordé la question dans l’épisode 13 de podcast science et il me semble que Pierre Kerner en avait aussi aussi parlé dans son dossier sur l’évolution.

Je ne vais pas non plus détailler ces mécanismes, il faut juste savoir qu’ils sont nombreux. Il existe être autre le raccourcissement des télomères de nos cellules (qui limite le nombre de divisions qu’elles peuvent effectuer), les déchets intra et extra cellulaires, les cancers et bien d’autres choses (cf. Aubrey de Grey). Ce qu’il faut savoir c’est qu’il existe assez souvent des exceptions dans le monde du vivant, des êtres vivants qui ne sont pas soumis à l’un ou l’autre de ces mécanismes, comme les méduses Turritopsis Nutricula qui, dans certaines conditions, inversent leur processus de vieillissement cellulaire.

Cela montre que si le vieillissement existe, il aurait pu en être autrement…
Comment expliquer alors que la sélection naturelle ait favorisé un tel mécanisme ? Ne serait-il pas dans l’intérêt de nos gènes (ou du réplicateur que l’on considère du point de vue de la sélection naturelle, quel qu’il soit) de pouvoir se reproduire le plus longtemps possible et donc de vivre le plus longtemps possible ?

Cherchons une explication, la première généralement avancée est assez simple… Les modifications délétères concernant la période de vie post- reproduction ne peuvent être éliminées par la sélection naturelle, or les modifications néfastes sont bien plus probables que celles positives. Le vieillissement serait donc dû à une accumulation de mutations délétères après la période de reproduction par dérive génétique.

L’explication semble assez logique mais avant de continuer, qu’entend-on ici par période de reproduction? On en reparlera par la suite mais la ménopause est rare dans le monde du vivant; on ne parle donc pas ici d’une période entre la puberté et la ménopause. Mais nous admettrons que, même en postulant une immortalité biologique et donc sans prendre en compte le vieillissement, un être vivant a une espérance de vie. Les décès étant alors extrinsèques : ce sont des accidents ou le résultat de compétition entre êtres vivants (prédateurs).

Maintenant, comment tester cette affirmation? Eh bien en comparant l’âge maximal que peut atteindre un membre d’une espèce ayant beaucoup de prédateurs (et donc une espérance de vie hors vieillissement de toutes façons assez courte) à une autre espèce ayant moins de prédateurs (et donc susceptible d’avoir une espérance de vie hors-vieillissement plus longue).
Et cela marche : les oiseaux marins qui ont très peu de prédateurs se reproduisent tardivement et peuvent atteindre des âges très élevées. Tandis qu’à l’inverse, les oiseaux incapables de voler et qui ont donc de nombreux prédateurs, se reproduisent assez jeunes et ne peuvent atteindre des âges très important même élevés dans un environnement sans danger.

Enfin, en complétant cela par une approche génétique, il faut ajouter qu’un même gène peut intervenir à plusieurs moments du développement et avoir des fonctions complètement différentes à ces différents moments. Il est évident qu’un gène divisant par deux vos chances de survie à la naissance mais augmentant très fortement votre fitness après votre période de reproduction aura bien moins de chance d’être sélectionné qu’un gène augmentant votre survie à la naissance et vous tuant quelques années après la naissance de votre première descendance.
Néanmoins, avec cette explication, le vieillissement est lié à l’espérance de vie. C’est une explication qui peut ne pas être complètement satisfaisante. On pourrait entre autres, avec cette théorie, s’attendre à voir des cercles vicieux et vertueux et voir l’âge maximal augmenter ou diminuer de plus en plus avec l’espérance de vie jusqu’à atteindre des âges limites extrêmement élevés (ou bas).

Une explication complémentaire consiste à voir la mort et le vieillissement, comme un altruisme. Les être vivants sont en compétition pour des ressources, généralement de l’énergie et de l’espace. Un être vivant ne vieillissant pas limiterait très rapidement les ressources disponibles en saturant l’espace.

La mort et le vieillissement seraient donc un moyen de maximiser les chances de sa descendance. Cela n’est pas forcement si simple que cela à valider d’un point de vue sélection naturelle, mais on y arrive que ce soit avec la théorie du gène égoïste ou la sélection naturelle.

C’est le genre d’attitude que l’on retrouve avec la mante religieuse qui va manger son compagnon après s’être accouplée.

Par ailleurs, la mort peut être un moyen de réguler la sélection naturelle de même que le taux de mutation. En gros, limiter l’espérance de vie, c’est dans une certaine mesure, multiplier les cycles reproductifs et accélérer la sélection de l’espèce.

Un petit article qui détaille tout ça : http://rms.medhyg.ch/numero-210-page-1481.htm

Blog Audio 7: Choux romanesco, vache qui rit et intervalles curvilignes – Miction Impossible

Blog audio diffusé dans le cadre de notre live public à l’ESPGG “les sciences de l’apéro“

7e billet de blog scientifique en audio: Miction impossible

Auteur: El JJ

Blog: Choux romanesco, vache qui rit et intervalles curvilignes

Billet original: http://eljjdx.canalblog.com/archives/2011/11/20/22728545.html

Enregistrement: Nico

Diffusion originale: Podcast Science #106, 25 octobre 2012 (enregistrement live en public)

 

Blog Audio 6: La Science Infuse – Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ?

Blog audio diffusé dans le cadre de notre live public à l’ESPGG “les sciences de l’apéro“

6e billet de blog scientifique en audio: Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ?

Auteur: Guillaume Frasca

Blog: Science Etonnante

Billet original: http://goo.gl/e8ok5

Enregistrement: Nico

Diffusion originale: Podcast Science #106, 25 octobre 2012 (enregistrement live en public)

 

Son de la semaine Podcast Science 107 – The click of death – le petit bruit de la mort

Le “click of death” (petit bruit de la mort et français) est un terme qui date des années 1990 pour désigner le son d’un disque dur irrécupérablement mort…

C’est très dur à écouter… Courage!

» Source: http://en.wikipedia.org/wiki/Click_of_death

21 grammes, le poids de l’âme?



Version vidéo par Draw Me Why

 


Le poids de l'âme... Source Wikipédia

Billet publié dans le cadre de la semaine thématique sur la mort du C@fé des Sciences

Vous avez sûrement entendu parler de l’histoire de ce médecin qui avait mis au point un protocole destiné à peser des personnes pile au moment de leur mort pour voir si l’âme avait un poids?

Peut-être au détour de la lecture d’un best-seller de Dan Brown, ou du film “21 grammes” ou encore en discutant avec quelqu’un qui vous affirme que l’âme existe, qu’elle a un poids, que cela est “scientifiquement prouvé”…

L’âme pèserait donc 21 grammes… Le poids de l’essence-même de votre individualité, le poids de ce qui rend chacun de nous unique…

Alors, info ou intox?  Les deux mon capitaine!

Un médecin a bel et bien mis au point un protocole pour se livrer à cette charmante expérience. Par contre, les conclusions méritent d’être examinées de plus près avant qu’on s’emballe. Voyons un peu l’expérience:

Le Dr. Duncan MacDougall, de Haverhill, Massachusetts, avait cette idée en tête: pour faire passer le concept d’âme du royaume de la croyance à celui du savoir, il fallait une preuve. Si on pouvait démontrer par une expérience que l’âme existe et qu’elle s’échappe du corps au moment de la mort, il n’y aurait plus à tergiverser… Mais mettre d’une manière ou d’une autre des personnes mourantes sur une balance pile au moment de leur mort, ce n’est pas chose évidente… Et bien sûr, à moins de forcer le destin, impossible de prévoir le moment pile de leur mort… En 1907, MacDougall a donc l’idée d’installer dans son bureau un lit d’hôpital transformé en balance, précise à deux dixièmes d’onces (un once valant 28.3495 grammes, 2/10, ça nous donne une précision de ±5.66 grammes). Et il y installe successivement 4 personnes souffrant de tuberculose, une de diabète, et une autre personne mourante sans cause spécifiée.

Il a mesuré tous leurs changements de poids, très méticuleusement, en essayant de prendre en compte tous les facteurs physiologiques possibles.

Extrait (traduit) de son article “The Soul: Hypothesis Concerning Soul Substance Together with Experimental Evidence of The Existence of Such Substance.”

Le confort du patient était assuré de toutes les manières possibles, quand bien même il était pratiquement moribond lorsqu’il fut placé sur le lit. Il perdait du poids lentement, au rythme d’une once par heure (38.3495 grammes, donc), en raison de l’évaporation d’humidité par la respiration et l’évaporation de sueur.

Cela a duré trois heures et quarante minutes durant lesquelles je n’ai pas quitté des yeux le balancier. Il expira soudain. Le balancier toucha subitement le bas sans remonter, dans un grand bruit. La perte était de ¾ d’once précisément (un peu plus de 21 grammes).

Cette perte de poids ne pouvait pas être due à une évaporation d’humidité pulmonaire ou de transpiration, puisqu’on avait établi que celles-ci se produisaient au rythme d’un soixantième d’once par minute. Tandis que cette perte-ci était soudaine et large; trois quarts d’once en quelques secondes seulement. Les intestins ne se sont pas vidés et même si cela avait été le cas, leur contenu se serait déversé sur le lit et auraient été pesés quand même (…)

Ne restait plus qu’à explorer un dernier canal pour expliquer cette subite perte de poids: l’expiration de l’air résiduel contenu dans les poumons. Je grimpai donc sur le lit et mon collègue remit la balance à zéro. Forcer l’inspiration et l’expiration n’eut aucun effet sur la balance. Dans ce cas, nous avons une perte de poids de ¾ d’once inexplicable. S’agit-il de la substance de l’âme? Comme l’expliquerions-nous autrement?

MacDougall répéta le même protocole sur 15 chiens – supposés ne pas être dotés d’âme – et ne constata aucune perte de poids. Il publia donc gaillardement des extraits choisis de son expérience en page 5 du New York Times du 11 mars 1907 (pdf).

CQFD? Pas tout à fait…

Entre autres problèmes que nous allons voir tout de suite, notre cher Dr MacDougall n’a pas été tout à fait honnête dans sa manière de choisir les extraits. En effet… 6 cas, c’est déjà un échantillon beaucoup trop petit pour tenter de dégager une quelconque généralité, mais quand, en plus on omet allègrement 5 des 6 résultats, ça ne veut plus rien dire du tout! Eh oui… MacDougall a un peu oublié d’indiquer qu’un seul des six cas testés lui a permis d’obtenir les résultats escomptés! Deux résultats furent exclus en raison de “difficultés techniques”. Un autre des patients perdit temporairement ¾ d’once avant de les reprendre, comme si son âme était subitement revenue 😉 Deux autres patients ont perdu du poids au moment de la mort et en ont reperdu après coup… Du coup, il n’a pas utilisé les 6 résultats, mais juste un. Ce n’est pas un vilain biais de sélection, ça?

Accessoirement, le peu de représentativité de l’échantillon et la dissimulation des résultats ne sont pas les seuls problèmes. Hormis les problèmes de précision des instruments de mesure, franchement moyens, il y a un problème plus fondamental: comme l’a très bien expliqué Marco dans son billet sur la définition de la mort, il n’est tout simplement pas possible de situer avec précision le moment de la mort. Parle-t-on de mort clinique, cérébrale, légale…?

Dernière petite réflexion amusante dénichée dans le livre de Dr Karl dont je me suis inspiré ici… En admettant que l’âme monte au ciel, cela signifie qu’elle est plus légère que l’air environnant et donc d’une densité nettement inférieure au corps dont elle s’échappe… Débarrassé de cet attribut plus léger que l’air, le corps devrait subitement devenir plus lourd, pas plus léger. Faites l’expérience avec des ballons gonflé à l’hélium pour vous en convaincre: votre poids sur la balance augmente légèrement lorsque vous les lâchez!

Bref… Ces mesures de l’âme ne font juste pas le poids face au exigences de rigueur de toute démarche scientifique qui se respecte. Je me demande si MacDougall a emmené ses “oublis” au paradis?

L'âme pèse 21 grammes, illustration de Gilda Von, 12 ans

Sources:

Les cheveux et les ongles poussent-ils après la mort?

Billet publié dans le cadre de la semaine thématique sur la mort du C@fé des Sciences

La barbe, les cheveux, les ongles continueraient de pousser après la mort. La barbe de Napoléon lui-même aurait continué de pousser après sa mort…

Le phénomène a été attesté par d’innombrables témoins qui n’avaient aucune raison de raconter n’importe quoi… Mais est-ce  vrai pour autant?

Eh bien, je ne vais pas tergiverser pendant des heures: non. C’est faux.

Pas que les témoins racontent n’importe quoi, hein… On observe effectivement ce phénomène… Mais c’est en quelque sorte une illusion d’optique. Ce ne sont pas les poils et les ongles qui “avancent”; c’est tout à fait impossible lorsqu’il n’y a plus de sang frais pour faire circuler l’oxygène. Les follicules pileux n’ont pas inventé le mouvement perpétuel. Par contre, c’est la peau environnante qui “recule” sous l’effet de la déshydratation, donnant l’impression que les poils et les ongles ont poussé.

Concernant les poils et notamment la barbe, c’est précisément pour éviter cet effet que les employés des pompes funèbres enduisent copieusement les visages des morts de crème hydratante.

Pas la peine de couper les cheveux en quatre… Si on tient absolument à se faire des cheveux blancs ou se les arracher, mieux vaut s’y atteler de son vivant 😉

Ongles d'éléphant, Wikipédia

Sources

La mort, tentative de définition

Billet publié par Marco dans l’épisode# 107, dans le cadre de la semaine thématique sur la mort du C@fé des Sciences

Si comme nous l’avons vu lors du dossier de Taupo sur le vivant , il est difficile de donner une définition indiscutable de ce qu’est la vie , donner une définition indiscutable de la mort, n’est pas chose simple non plus. Commençons par une définition générale. Voici ce que nous dit Wikipédia:

La mort biologique résulte de l’incapacité permanente d’un organisme à résister aux modifications imposées par son environnement.
En termes d’entropie (niveau de désorganisation), il s’agit pour l’organisme de maintenir localement une entropie basse.
Or l’entropie d’un système fermé ne peut qu’être stable ou augmenter d’après les principes de la thermodynamique.
L’organisme doit donc puiser dans son environnement (d’où la nécessité de respirer etc.).
La mort intervient quand l’organisme ne peut plus puiser et maintenir son entropie basse.

La définition juridique

En France, le code de la santé publique donne une définition juridique de la mort de la personne humaine au travers de l’article R 1232-1

«Si la personne humaine présente un arrêt cardiaque et respiratoire persistant, le constat de la mort ne peut être établi que si les trois critères cliniques suivants sont simultanément présents:

1° Absence totale de conscience et d’activité motrice spontanée;

2° Abolition de tous les réflexes du tronc cérébral;

3° Absence totale de ventilation spontanée».

La définition scientifique

Du côté de la science, les médecins ont constamment changé leurs critères de la mort.

Scientifiquement, on est donc amené à distinguer bien des morts : clinique, cérébrale, physiologique, biologique, fonctionnelle …

1. la mort clinique

C’est la constatation par un médecin des premiers signes indiquant la mort, comme le regard qui devient fixe, avec une dilatation de la pupille qui devient ovale

Autrefois, les médecins constataient la mort respiratoire en mettant un miroir sur la bouche du patient pour voir s’il y avait formation de buée.

Puis vient la mort cardiaque par arrêt du cœur sans qu’on ait réussi à le faire battre à nouveau

2. la mort encéphalique ou cérébrale

Le problème d’une nouvelle définition de la mort est apparu en 1959 à la 23e réunion internationale de neurologie lorsque 2 médecins (Mollaret et Goulon) ont décrit le “coma dépassé” qui survient lors des réanimations.

Les intellectuels ont alors admis que l’homme est plus dans son cerveau que dans son cœur et que tout le corps est “vivant” alors que le cerveau ne fonctionne plus.

3. la mort administrative

Il existe maintenant une définition officielle de la mort en France. C’est celle de la Circulaire Jeannenay n° 27 du 24/04/1968, qui, en fait, reprend mot à mot la description de Mollaret et Goulon de 1959, avec ces trois conditions :

1. la constatation des quatre signes fondamentaux :

– abolition contrôlée de la respiration spontanée
– abolition de toute activité des nerfs crâniens
– perte totale de l’état de conscience, à l’exception des réflexes du tronc et des membres
– un électroencéphalogramme plat pendant trois minutes.

2. l’élimination des étiologies simulatrices comme intoxication, hypothermie, troubles métaboliques …

3. un délai d’observation minimum, mais variable selon l’étiologie, où ces signes sont constants.
Cette définition reste imprécise, il faut que cela dure “un certain temps”.
Depuis on est passé de 3 à 30 minutes d’électroencéphalogramme plat et maintenant à deux EEG à 6 heures d’intervalles par deux médecins différents.
Mais ce n’est toujours pas suffisant. On n’a atteint en fait que la première étape de la mort, mais cette définition légale est importante, car c’est elle qui va permettre des actes tels que le prélèvement d’organes pour la transplantation :
La mort légale précède en ce cas la mort physiologique. On maintient ainsi des personnes en état de mort cérébrale sous respiration artificielle, lorsque le cœur continue à battre spontanément : cela permet de maintenir les organes en bon état en vue d’un prélèvement.
Mais ceci ne se pratique pas ni Japon ni dans la plupart des pays musulmans qui ne veulent pas que l’on prélève des organes sur un corps “le cœur battant”.
De plus, nombreux sont ceux qui considèrent que ce n’est pas une mort véritable.
Le plus révélateur de l’absence de définition incontestable de la mort est l’étude de l’heure du décès portée sur le certificat de décès.
Cela peut être différent selon les hôpitaux : l’heure d’entrée au bloc opératoire pour les prélèvements, l’heure du clampage de l’aorte ou bien l’heure du débranchement du respirateur.
Cette absence de définition de la mort se répercute sur le statut incertain de ces vivants/mourants.
Et cela va de plus en plus se généraliser avec les transplantations d’organes.
Des individus, déclarés en état de mort cérébrale, (donc officiellement morts), continuent à être soignés et nourris (pour éviter la mort physiologique) dans l’attente d’un prélèvement d’organe, parfois pendant plus de 10 jours.

4. la mort physiologique

Celle-ci va s’installer progressivement avec le froid du cadavre et sa pâleur caractéristique puis vient la paralysie et s’installe la rigidité cadavérique.

5. la mort biologique

Arrive ensuite la mort biologique qui suit avec l’explosion des cellules et des tissus, la liquéfaction, la putréfaction avec émission de méthane et d’odeurs nauséabondes, enfin les chairs qui se détachent des os.

Mais ceci ne se produit pas toujours et ne résout pas encore les problèmes des corps incorruptibles, myroblytes, des cadavres parfumés, etc. Ils ont été étudiés en particulier par le Dr. Larcher dans La mémoire du soleil (Désiris, 1990).

6. la mort fonctionnelle

Il reste enfin la mort fonctionnelle, avec l’abolition totale de toutes les fonctions et la mort de toutes les cellules.

Toutes ces définitions amènent à penser s’il ne faudrait pas remplacer “la mort” ( l’acte instantané) par “le processus du mourir”, ou transformation progressive avec bien des étapes successives.

La mort, au sens Scientifique du terme, n’existe pas en tant qu’état soudain et instantané : vivant ou mort. Ce qui existe à sa place c’est un long et lent processus avec bien des étapes qui font que l’on est “de plus en plus mort”.

Ceci est conforme à la définition de Bichat : la vie est “l’ensemble des fonctions qui résistent à la mort”.

Toutefois il semblerait que ce processus, soit irréversible une fois une certaine frontière dépassée. Cette frontière est difficile à établir.

Par exemple une minorité de personnes considérée en mort cérébrale n’en sont pas mortes.

On dit alors qu’elles étaient en expérience de mort imminente.

Mais, ça, c’est le sujet d’un autre dossier!

Sources