On sait tous que les fourmis communiquent, ce n’est pas nouveau. Si vous avez bien écouté votre épisode 86, vous savez comme moi qu’elles communiquent entre autres via des messagers chimiques: les phéromones. Du coup, vous imaginiez peut-être, comme moi, le petit monde des fourmis tout à fait silencieux… Détrompez-vous! Nos amies les fourmis font un raffut de tous les diables dans leurs palais aux mille couloirs… Et les jeunes aussi…
Le premier son que vous avez entendu est produit par des nymphes (des sortes de fourmis ado… C’est à dire à mi-chemin entre la larve et l’adulte).
Hé oui, les ados des fourmis sont aussi bruyants! Moins Rock&Roll que les ados humains, mais bruyants quand même. Seuls les moyens changent quelque peu. Là où votre ado scabreux se sera servi du dernier Itruc acquis à la sueur de votre front pour vous réveiller à 4 heures du mat’ prétextant que le dernier train est parti qu’il fait froid dehors, qu’allez, j’te promets de ranger ma chambre si tu viens m’chercher, steple, je suis pété et il fait froid; les jeunes myrmica scabrinodis que nous venons d’entendre se contentent de faire leur vacarme en frottant une de leurs pattes de derrière contre une pointe spécialisée sur leur abdomen. Les nymphes communiquent, et c’est essentiel à leur survie!
Les adultes (ou imago, en insecte) de la même espèce produisent un son beaucoup plus complexe. C’est le second son que vous avez entendu.
C’est peut-être une surprise pour vous comme ça l’est pour moi, mais ce n’est pas du tout nouveau pour les myrmécologues (c’est à dire les fourmicologues). Les fourmis du genre myrmica, justement, sont réputées depuis longtemps faire du bruit avec leur abdomen.
Après analyse, il s’avère que les nymphes et les imagos (les adultes donc) disent la même chose, mais pas de la même manière. En gros, c’est comme si les jeunes disaient “à l’aide”, tandis que les adultes disent “Hé! Je suis là! J’ai besoin de ton aide! Pas de danger pour toi, je suis ton ami(e)!”
Wikipedia nous dit que le vide est défini comme l’absence de matière dans une zone spatiale. Alors faisons l’exercice d’imaginer une région de l’espace où règnerait un monde sans vie, sans planète, sans étoile, sans atomes susceptibles de s’organiser un jour en quelque chose…un monde sans matière, rempli de vide, imaginons un monde dans un état où il n’y a strictement rien…on se rend vite compte qu’il est difficile de penser le rien. D’ailleurs “Penser le rien, ce n’est jamais penser à rien” (Etienne Klein).
Grèce antique
Chez les philosophes grecs, Aristote soutenait qu’il ne pouvait exister un endroit vide. Pour lui la nature a horreur du vide. Aristote avait une conception de l’univers comme d’un « espace clos », organisé, ordonné et harmonique.
Thalès de son côté refusait aussi l’existence du vide et du rien. Il affirmait que quelque chose ne peut émerger du rien, et de même les choses ne peuvent disparaître dans le néant. Il éleva même ce principe à l’échelle de l’univers tout entier: pour lui, l’univers ne peut être issu du néant.
Parménide s’est aussi posé la question si on pouvait parler du vide comme d’une entité en soi, ou uniquement comme une absence? Il disait « l’être est, le non-être n’est pas »; le vide était pour lui un non-être, et ne pouvait donc exister.
Mais les grecs avaient aussi déjà émis l’hypothèse que la matière peut adopter des formes granulaires. Si on empile des grains, il y a des espaces libres entre eux. Pour qu’il n’y ait pas de possibilité qu’une sorte de “vide” s’instaure dans les espaces libres, Empédocle fit l’hypothèse de l’éther, plus léger que l’air, pour remplir tous ces espaces. Selon lui, l’éther est une substance qui s’introduit partout, et empêche le vide de se former. Il imagina même que cet éther omniprésent servait à transmettre les influences d’un corps sur un autre, une sorte d’équivalent précurseur au champs gravitationnel.
Épicure, reprenant les idées de Démocrite, continuait à nier que quelque chose puisse sortir de rien. Mais Epicure et Démocrite sont aussi des atomistes, et ce sont les premiers à avoir émis l’idée de l’atome, le plus petit élément de base indivisible et commun à toutes les formes de matière. Et de là naquit pour la première fois chez les grecs l’idée de l’existence du vide, un espace sans rien dans lequel les atomes pouvaient se déplacer. Epicure affirmait que l’existence du vide était nécessaire au déplacement des atomes.
Renaissance
Les idées sur le vide des philosophes grecs ont perduré jusqu’à la Renaissance. Au XVIIème siècle, avec l’introduction de la méthode expérimentale, les physiciens de l’époque ont pu montrer que la croyance en la nature qui a horreur du vide est tout simplement le résultat d’une mauvaise interprétation des phénomènes physiques. Si la nature a horreur du vide comme le préconisaient les philosophes grecs, c’est tout simplement parce nous sommes soumis à une chape de plomb qui est notre atmosphère et qui exerce une pression considérable sur chaque cm2 (1kg/cm2 = 10 tonnes/m2) de tout ce qui se trouve sur le sol, forçant l’air à s’infiltrer dans tous les orifices possibles, même les plus petits. Mais on sait aussi tous plus ou moins intuitivement qu’il est possible d’éliminer l’air d’un récipient et de faire le vide. En 1643, c’est Evangelista Torricelli (un élève de Galilée) qui mis en évidence expérimentalement pour la première fois l’existence du vide grâce à son expérience du baromètre au mercure. L’expérience consiste à utiliser un tube creux en verre vertical d’environ 1 mètre de long rempli complètement de mercure et ouvert à une extrémité (longue pipette de chimiste). On bouche l’extrémité ouverte avec son doigt (la précaution vaut qu’on utilise un gant, le mercure est toxique), on retourne le tube tout en le plongeant avec précaution dans une cuvette elle aussi remplie de mercure. Tant que le doigt bouche l’extrémité immergée, le mercure reste en place dans le tube. Si on enlève le doigt, alors on constate que le mercure dans le tube descend jusqu’à ce que la colonne ne soit plus que de 76 centimètres (au lieu d’un mètre), puis se stabilise à cette hauteur et ne bouge plus. Par cette expérience Torricelli a mis en évidence le lien direct entre le poids du mercure (ou du liquide utilisé) et la contrainte de l’atmosphère environnante (altitude/pression/température). La pression de l’air équilibre la pression de la colonne de mercure. Mais cette expérience mais aussi en évidence un autre phénomène qui nous intéresse dans ce dossier: qu’y a-t-il dans les 24 centimètres restant au sommet du tube? Là où il y avait du mercure, il y a en apparence plus rien. De l’air n’a pas pu y entrer, Torricelli réalisa pour la première fois qu’il avait créer du vide.
Un tout petit peu plus tard en 1654, au moyen d’une expérience publique spectaculaire,Otto Von Guericke, inventeur allemand de la pompe à air, démontra la force de la pression atmosphérique en accolant deux hémisphères de cuivre d’environ 50 cm de diamètre de manière à former un sphère creuse. Il commença par montrer qu’il était aussi facile de les réunir que de les séparer. Ensuite à l’aide d’une pompe pneumatique connectée à un valve présente sur l’une des deux hémisphères, il aspira l’air contenu à l’intérieur de celles-ci. Il attacha ensuite chacun des hémisphères à un attelage de huit chevaux et montra que ceux-ci n’étaient pas capables de les séparer en tirant dans des directions opposées. Les hémisphères restaient collées. Il ouvrit alors la valve, laissant l’air à pression atmosphérique rentré à l’intérieur des hémisphères , et ceux-ci se séparèrent alors facilement. Dans cette expérience de von Guericke, quand on pompe l’air contenu dans la sphère, le poids de l’atmosphère extérieure exerce une importante pression à sur la sphère (10 tonnes/m2), sans qu’il y ait de pression à l’intérieur pour la contrebalancer. Le métal était suffisamment solide pour résister à l’écrasement dû à la pression atmosphérique, et même des chevaux n’étaient pas assez puissant pour fournir les tonnes de traction nécessaires pour triompher de la pression extérieure.
Un peu plus tard,Blaise Pascal répéta l’expérience de Toricelli mais en utilisant comme liquide du vin bien moins dense que le mercure, mais bien plus volatil. Il s’aida d’un tube bien plus long, car le vin est moins dense que le mercure, ce qui fait que la pression atmosphérique peut soutenir une colonne de vin bien plus haute. Il a pu vérifier que l’espace en haut du tube est bien vide et qu’il ne contient pas de vapeur de vin, le vin se stabilisait à la hauteur prévue par les calculs, et la volatilité du vin n’était pas la cause de l’espace libéré au dessus du liquide, c’était bien la pression atmosphérique qui déterminait la hauteur de cet espace rempli de vide. Il y a bien un peu de vapeur de vin qui se répand dans l’espace vide créé, sa pression de vapeur appuie très légèrement sur la colonne du liquide, mais son effet est négligeable par rapport à la pression exercée par l’atmosphère.
Un autre expérience historique de Blaise Pascal effectuée en 1648 montra que la hauteur d’une colonne de mercure décroit quand l’altitude augmente, c’est-à-dire la pression atmosphérique décroît avec l’altitude. Cela vient du fait que l’atmosphère est limitée; à haute altitude, la pression est plus basse parce qu’il y a moins d’atmosphère au-dessus…l’atmosphère se raréfie graduellement jusqu’à disparaître. Il semblerait que les philosophes grecs avaient eu tort, la nature n’a pas particulièrement horreur du vide. Comme Pascal l’a lui-même noté, la nature n’a pas moins horreur du vide au sommet d’une montagne que dans la vallée, par temps humide ou par temps ensoleillé; c’est le poids de l’air qui donne l’illusion que la nature a horreur du vide.
D’ailleurs lorsque l’on dit dans le langage commun qu’un récipient est vide, il est en fait rempli d’air. Un verre vide, une bouteille vide, un carton vide… contiennent en fait des milliards de molécules d’air. Même avec les meilleurs pompes à vide, il est en pratique impossible de faire le vide parfait. Il existera toujours une très faible pression. Dans un vide considéré comme excellent (10-8 Pa) il contient encore 2,4 millions de molécules par centimètre cube à température ambiante.
A cette époque on a aussi montré qu’une lampe placée dans un volume transparent vidé d’air, grâce à des pompes pneumatiques, continue à être vue, ce qui démontre que la lumière peut voyager dans le vide. Par contre le son d’une cloche, lui, s’éteint quand on pompe l’air. Au moyen de cette expérience, on avait réussi à mettre en évidence que la nature du son est profondément différente que celle de la lumière.
XIX-XXème siècle
Fin du XIXème – début du XXème siècle, c’est Philippe Lenard, l’un des co-découvreurs de l’électron, qui apporta grâce à sa découverte une nouvelle dimension à la notion de vide. En envoyant des faisceaux d’électrons sur des atomes, il observa que les électrons passaient au travers comme s’ils n’avaient rien vu sur leur passage. On se rend alors compte que la matière semblant solide à l’état macroscopique, est transparente à l’échelle atomique. Ce qui poussa Lenard à remarquer: “l’espace occupé par un mètre cube de platine massif est aussi vide que l’espace interstellaire au-delà de la Terre.” On découvre donc qu’un atome est constitué d’un noyau avec des électrons infiniment plus petits et plus légers qui orbitent autour de celui-ci. Tout ce qui dans l’atome n’est pas électron ou noyau est du vide. On peut en dire autant des entrailles du noyau atomique, les protons et neutrons sont constitués de particules infiniment plus petites appelées les quarks baignant dans le vide du noyau de l’atome. Un atome est est essentiellement de l’espace vide à 99,9%. Si les atomes sont vu comme d’immenses vides du point de vue des particules qui le composent, leur volume intérieur néanmoins lui est rempli de champs de forces électriques et magnétiques extrêmement puissants qui assurent la solidité de la matière, et ces champs baignent dans l’espace vide à l’intérieur de l’atome.
Les Champs
Il faut distinguer deux type de champs (scalaires et vectoriels):
Champs Scalaires: Prenons le cas de l’atmosphère à la surface de la Terre (on aurait aussi pu choisir l’océan). En tout point de l’atmosphère, un thermomètre ou un baromètre permet d’observer et de définir respectivement une température ou une pression. Il existe donc un champ de température et un champ de pression. Ces champs sont définis par une collection de nombres qui sont des quantités dites scalaires. Pourquoi ce mot ? Tout simplement parce que scala en latin signifie « échelle », « escalier » et que bien sûr quand la température monte, le liquide dans un thermomètre grimpe le long des graduations comme on franchirait les barreaux d’une échelle. Sur une carte de pression de l’air, comme sur une carte de niveaux (cartes de gradients), les points où la pression est la même peuvent être reliés par des lignes (les isobares). El même chose pour la températures avec les isothermes.
Champs Vectoriels: Mais dans l’atmosphère, il existe aussi du vent. Pour caractériser le vent, on utilise des anémomètres qui mesurent une vitesse dans une direction et un sens donnés en chaque point de la Terre. Une intensité d’une grandeur, comme la vitesse, une direction et un sens c’est un vecteur pour un physicien. On a donc défini un champ vectoriel.
Dans le cas de la pression/température atmosphérique et des vents, il y a un milieu physique, l’air, dont les variations de densité déterminent les champs, de sorte qu’on peut visualiser la réalité de ce modèle. Mais le concept de “champ” s’applique aussi même s’il n’y a pas de milieu matériel apparent. C’est le cas des champs gravitationnels, électriques ou magnétiques (champs vectoriels) qui représentent l’intensité, la direction et le sens de leurs forces respectives dans tout l’espace. Le champ gravitationnel de la Terre tapisse l’espace et attire les parachutistes en chute libre vers le sol, celui du Soleil maintient la Terre sur son orbite annuelle. On peut ainsi se représenter le champs gravitationnel comme une sorte de “tension” dans l’espace apparemment vide, qui se manifeste par des forces appliquées à des corps qui se trouvent dans le voisinage. La sphère d’influence de cette tension est appelée champ.
Ondes
La notion d’onde est liée directement à celle du champ. Il faut bien saisir la différence entre un champ et une excitation de champ, c’est-à-dire la différence entre l’océan et une vague sur l’océan. Si on agite un bâton sur la surface d’un étang calme (champ), une vague (onde) se propagera sur la surface. Cette onde correspond en réalité à la perturbation crée au sein des molécules d’eau, qui se mettent à se cogner entre elles en chaîne. Pour les tremblements de terre, ce sont des ondes de compression qui se propagent dans les couches terrestres. Les sons que nous entendons correspondent à des ondes de pression dans l’air qui font vibrer la membrane de notre tympan. Dans tous ces exemples, il y a un milieu bien identifié (eau, terre, air) dont la compression et dilatation créent l’onde.Mais quel est le milieu de propagation (qui oscille) d’une onde électromagnétique, comment une onde peut-elle se propager dans le vide?
L’Ether
Lorsqu’un électron est au repos, il est entourée d’un champ électrique. S’il est accéléré ou secoué, une onde électromagnétique se crée et se propage dans l’espace jusqu’à rencontrer un nouvel électron qui sera à sont tour mis en mouvement et accéléré à l’arrivée de l’onde électromagnétique. Comme pour la vague sur l’eau et l’onde sonore, l’onde électromagnétique a transporté de l’énergie de l’émetteur au récepteur.Les champs magnétiques et électriques remplissent l’espace vide et leurs excitations sont les ondes électromagnétiques. En théorie, les champs gravitationnels ont également la propriété d’être le siège d’ondes gravitationnelles. Mais il y a une profonde différence entre les ondes électromagnétiques/gravitationnelles et les ondes de type vagues sur l’eau ou sons dans l’air. La vitesse de déplacement des vagues sur l’eau dépend de la longueur d’onde (distance creux+bosse) et du milieu de propagation. Au contraire toutes les ondes électromagnétiques (et gravitationnelles) vont à la même vitesse, à la vitesse de la lumière. En résumé, on a des ondes électromagnétiques et gravitationnelles capables de se déplacer à la vitesse de la lumière…mais dans quoi? Quel est ce milieu, ce soit-disant vide, qui est le siège de la propagation des ondes électromagnétiques et gravitationnelles. Si le vide est le siège de quelque chose, est-ce encore du vide? Depuis les grecs et Empédocle, en passant par Newton, et de nombreux scientifiques du XVIIIème siècle comme Euler, tous ces derniers ont émis l’idée de l’éther, un milieu plus subtil que l’air qui remplirait tout l’espace. L’hypothèse de l’éther leur était bien utile, car elle répondait à l’énigme du milieu de transmission des ondes électromagnétique et plus particulièrement celui de la lumière. Les ondes électromagnétique ne se transmettraient pas dans le vide mais au sein d’une substance universelle présente partout que serait l’éther. Les idées sur l’éther proliférèrent durant de nombreux siècles jusqu’à qu’elles soient sérieusement remises en cause par la théorie de la relativité d’Einstein.
L’Espace
Aristote définissait l’espace par les corps qu’il contient. Il considérait les corps comme réels, mais pas l’espace. Pour lui des corps situés les uns par rapport aux autres définissent l’espace, et si on enlève les corps, alors selon Aristote on élimine aussi l’espace. Une telle vision implique que le vide ne peut exister, car en enlevant le contenu (matière), on enlèverait aussi son contenant (espace). Straton, un autre philosophe grec lui dit le contraire. Pour lui les corps se déplacent dans un espace vide bien réel. L’espace comme contenant existe bel et bien qu’il y ait quelque chose dedans ou non. S’il n’y a rien dedans, alors l’espace continue d’exister, mais entièrement vide. Newton suit aussi la même idée que Straton, il pense que l’espace a une existence propre. Et son existence a quelque chose d’absolu, même en l’absence de corps. L’espace vide est ce qui reste quand on a enlevé tous les corps. L’absence de matière entraînerait aussi pour Newton l’absence de forces gravitationnelles. Newton considérait aussi que la vitesse de la lumière était infinie, que les informations pouvaient donc se transmettre à vitesse infinie, et que par conséquent la force de gravitation était supposée se propager instantanément. Pour Newton il en découle une notion de simultanéité: si deux événements se sont produits à la même heure pour un observateur, il en est de même pour tout autre observateur. Dans cet espace absolu de Newton les mesures de distance et du temps sont les même pour tous.
L’Espace-Temps
Einstein renonça aux idées de Newton. Il doutait sérieusement de la réalité d’un espace référentiel absolu.
Relativité Restreinte (1905)
Einstein avait compris que les mesures et perceptions d’espace et de temps étaient en réalité différentes pour des gens qui sont en mouvement les uns par rapport aux autres. Pour bien le comprendre, imaginez que vous êtes assis au milieu d’un train à l’arrêt et que vous envoyez un signal lumineux au conducteur qui est en tête du train et un autre au gardien qui est en queue du train. Ils recevront le signal au même instant. Le passager au milieu du wagon arrêté, tout comme un autre voyageur qui serait sur la quai de gare à la même hauteur que le passager au milieu du wagon constatent bel et bien que le conducteur et le gardien en queue de train reçoivent le signal en même temps. Maintenant, supposons qu’au lieu d’être à l’arrêt, le train se déplace à une vitesse constante. Lorsque le passager du milieu du train passe devant le voyageur attendant sur la quai de gare, un signal lumineux est à nouveau envoyé au conducteur et au gardien. Pour le passager se déplaçant avec le train, les deux signaux arriveront simultanément au conducteur et au gardien (car il se déplace avec eux). Par contre, du point de vue du voyageur sur la quai de gare, la réalité est bien différente: pendant le bref instant que prend la lumière pour aller du milieu vers la queue du train, la wagon de tête se sera éloigné et le wagon de queue se sera rapproché du voyageur sur la quai de gare. Du point de vue du voyageur sur le quai de gare, le signal parviendra au gardien avant d’arriver au conducteur. La simultanéité vue par quelqu’un à bord du train n’en est plus une pour quelqu’un resté au bord du quai. Newton est pris à défaut.
Ces phénomènes de modulations du temps peuvent s’appliquer exactement de la même manière à l’espace. Donc un observateur 1 qui se déplace à la vitesse v1 n’aura pas la même perception des intervalles d’espace et de temps qu’un observateur 2 qui se déplace à la vitesse v2. La mesure de l’espace et du temps dépend de la vitesse à laquelle se déplace l’observateur. Dit autrement il n’existe pas de règle ou chronomètre universel capable de mesurer les distances et les intervalles de temps de façon absolue.
Peinture de Salvador Dali mettant en scène des horloges fondantes représantant la dilatation du temps
Et c’est parce que la vitesse de la lumière a une valeur finie (qui ne dépend ni de la vitesse de la source ni de celle du récepteur) que la structure de l’espace et du temps dépend de notre vitesse. Mais heureusement c’est parce que la vitesse de la lumière a une valeur finie mais grande que nous ne remarquons pas ces phénomènes de contraction et dilatation de l’espace et du temps dans notre vie quotidienne (ils sont négligeables). Heureusement, moi, vous et votre voisin avons tous la même perception de l’espace et du temps quand nous roulons en voiture à des vitesses différentes.
Relativité Générale (1915)
Einstein a conçu sa théorie de la relativité restreinte grâce à des expériences de pensée mettant en jeu un rayonnement électromagnétique, la lumière. A la suite de quoi il fît de même pour la force de gravitation, ce qui le mena à sa théorie de la relativité générale. Dans cette théorie, il généralise son modèle d’espace et de temps appliqués initialement aux forces électromagnétiques (comme la lumière) et le rend compatible avec la force de gravitation. La structure de l’espace-temps est la même pour les deux interactions (gravitationnelle et électromagnétique). Il montre qu’en absence de matière l’espace-temps est plat. Quand de la matière est présente, l’espace-temps devient courbe. Dans la conception newtonienne, l’espace est un espace plat, dans lequel les parallèles ne se rencontrent jamais (géométrie Euclidienne). Dans un espace courbe de telles lignes se rencontreront (géométrie non euclidienne). Pour bien comprendre, il faut imaginer les méridiens (géodésiques de longitude) de la Terre qui sont parallèles, mais qui cependant convergent tous vers les pôles. La vitesse à laquelle cette convergence a lieu donne une mesure de l’intensité de la courbure de l’espace-temps. Si comme dans la conception newtonienne, la vitesse de la lumière avait une valeur infinie, alors l’intensité de la courbure de l’espace-temps deviendrait nulle, ce qui est une autre façon de dire que l’espace-temps est plat. C’est en accord avec l’image newtonienne d’un espace dans lequel les corps se déplacent sans affecter ni l’espace et ni le temps, ou des lignes parallèles ne se rejoignent jamais. Ce modèle d’espace newtonien s’inscrit donc, dans la théorie de la relativité générale d’Einstein, comme un cas particulier de celle-ci où la vitesse de la lumière est infinie. Pour Einstein, des signaux ne peuvent se propager plus vite que la vitesse de la lumière, et la simultanéité n’existe pas, tandis que pour Newton la gravitation agit instantanément, et la vitesse de la lumière est infiniment grande.
Einstein formalisa sa théorie de la relativité générale en reliant la courbure de l’espace-temps et le champs gravitationnel. C’est comme si le poids de la matière, des corps célestes distend et déforme la trame de l’espace-temps. Et ce sont les déformations de l’espace-temps qui sont responsables de l’action de la force de gravitation. Donc pour Einstein, il y a uniquement des mouvements relatifs de corps par rapport à d’autres qui par leur simple mouvement dilatent et rétrécissent l’espace et le temps. Pour Einstein les objets physiques ne sont pas dans l’espace, les objets physiques ont une étendue spatiale. Vu comme ça, pour Einstein, le concept d’ «espace vide» perd son sens.
Einstein formalisa les concepts d’espace et de temps en un seul espace à quatre dimensions (3 d’espace + 1 du temps). L’espace et le temps passent donc d’un statut d’entité absolue, uniforme et universelle (conception newtonienne) à un statut élastique et relativiste. Petite réflexion au passage, la théorie de la relativité générale n’implique pas forcément qu’il n’y a pas d’éther, mais simplement que tout ce qui se trouve de cet éventuel éther doit se comporter selon les principes de la relativité. On pourrait légitimement imaginer que le champs électromagnétique que l’on ne peut pas voir à moins de le faire osciller est “une sorte de d’éther”. De manière analogue, on pourrait considérer le champs gravitationnel comme un éther qui deviendrait visible via les ondes gravitationnelles.
Ondes Gravitationnelles
Une des solutions, la plus simple, des équations d’Einstein dit que s’il n’y a pas d’énergie (matière), l’espace-temps n’a pas de courbure, et l’univers est plat. Une autre solution des équations nous dit qu’il peut exister un espace-temps sans énergie (matière), mais pas forcément plat pour autant. Cela peut paraître paradoxal, un espace-temps sans matière, mais tout de même déformé? Si dans l’espace-temps il se produit quelque chose qui engendre un changement brusque de la distribution d’énergie (matière), comme une explosion de supernova ou l’effondrement d’une étoile en un trou noir, des ondes gravitationnelles vont rayonner à la vitesse de la lumière. Si la cause matérielle à l’origine de ces ondes gravitationnelle disparaît, l’onde continue néanmoins de se propager. On peut donc imaginer une région de l’univers vide de matière mais dont l’espace-temps est animé de frissons d’ondes gravitationnelles, un espace-temps vide mais qui vibre. Et c’est l’idée du vide que se faisait Einstein. Si on pousse le raisonnement à l’extrême, on peut imaginer qu’on retire tous les corps de l’univers sauf un seul, sa masse produira un champ gravitationnel qui s’étendra dans l’espace-temps tout entier (en diminuant avec le carré de la distance). On pourrait donc bien contempler une région de l’espace-temps dénuée de tout corps matériel, mais ce ne sera pas réellement du vide tant qu’il restera un seul corps n’importe où dans l’univers: le champs gravitationnel de ce corps lointain remplira tout l’espace vide . Si on analyse plus en détail la raison de l’existence possible d’un espace-temps vide mais qui ondule, ça tient finalement au fait que la vitesse limite et maximale autorisée pour la propagation d’information est la vitesse de la lumière, la propagation de tout type d’information, dont les ondes gravitationnelles, ne peut pas être instantanée (de vitesse infinie).
Comment détecter ces ondes gravitationnelles? Tout comme un tremblement de terre provoque des ondes à la surface de la Terre, perturbant les géodésiques de celle-ci, les ondes gravitationnelles provoqueraient des oscillations des géodésiques de l’espace-temps. Leurs effets peuvent être comparés aux marées, étirant et comprimant toute matière se trouvant sur le chemin de l’onde. Actuellement les scientifiques ont seulement des indications indirectes de l’existence de ces ondes gravitationnelles, et différents projets sont en route afin de pouvoir observer et effectuer des détections directes des ces ondes (LIGO, LISA). Les scientifiques cherchent à observer des ondes gravitationnelles provenant d’évènements cataclysmiques comme des collisions d’étoiles, de trous noirs, de supernovæ…
Le Vide Quantique
On a vu qu’à grande échelle un espace-temps vide mais qui vibre sous l’effet d’ondes gravitationnelles est compatible avec les équations d’Einstein. Et si on pouvait regarder le vide à toute petite échelle avec un microscope ultra-puissant, à une échelle si petite que la force de gravitation n’a plus aucun effet sur les particules élémentaires de la matière, que verrait-on dans ce monde quantique infiniment petit?
L’énergie du point zéro
Imaginez un petit volume de vide, disons un mètre cube d’espace intergalactique, dont on a retiré tout l’hydrogène et toute autre particule qui pourrait s’y trouver. Ce m3 d’espace peut-il être réellement vide de matière et d’énergie? Et bien dans le monde quantique, la réponse est non. Bien loin d’être sans contenu, le vide est toujours bouillonnant d’activité. En mécanique quantique, les particules élémentaires satisfont à des lois fondamentales plutôt étranges, on sait par exemple qu’on ne peut pas décrire exactement à la fois la position précise et la vitesse (mouvement) d’une particule. La mécanique quantique permet de mesurer exactement l’une ou l’autre de ces grandeurs, mais pas les deux à la fois! C’est le principe d’indétermination ou d’incertitude d’Heisenberg. Revenons à notre m3 d’espace auquel on enlevé toutes les particules, cela revient à dire que l’on sait précisément qu’il n’y a aucune particule en n’importe quel point de cette espace, on a donc une information précise sur la position (il y aucune particule en aucune position), ce qui, selon les lois quantiques, nous amène à dire que l’on ne connaît rien sur le mouvement et l’énergie présente dans ce m3 d’espace. On peut enlever toute matière et toute masse, l’indétermination quantique nous dit qu’il y aura tout de même de l’énergie, l’énergie ne peut être nulle. On ne peut à la fois avoir une quantité de matière nulle et une énergie nulle, on peut avoir l’un ou l’autre, mais pas les deux à la fois. Ces idées nous amènent à des situations plutôt bizarres. Pour mieux le comprendre, on peut imaginer un pendule quantique constitué d’un petit aggrégat de molécules suspendus à un fil d’atomes et oscillant comme un pendule classique. Selon les lois quantiques, un tel pendule quantique ne pourra jamais arriver à un état de repos où il resterait pendu immobile verticalement. Un pendule quantique, lorsqu’il se trouve en son point le plus bas (énergie potentielle nulle), le mouvement est indéterminé (son énergie cinétique ne peut pas être connue), il oscillera donc légèrement autour du point le plus bas. Inversement si le pendule est au repos (énergie cinétique nulle), son énergie potentielle et donc sa position sont indéterminés, et il oscillera légèrement de position de haut en bas. La mécanique quantique impose que la somme de l’énergie cinétique et énergie potentielle ne peut descendre en dessous d’un minimum: les deux ne peuvent être simultanément nulles. Au mieux on peut dire qu’il existe une quantité d’énergie minimum, connue comme l’énergie du point zéro
Dans la nature, le mouvement des molécules dans la matière est à l’origine de ce que nous appelons la température (plus la température est élevée, plus l’agitation des molécules est grande), et nous sommes constamment entourés de particules excitées qui passent d’un état énergétique à un autre et qui rayonnent de l’énergie. Par exemple un objet qui est chauffé augmente sa température et va émettre de la chaleur, il va donc rayonner de l’énergie. Si on regarde comment se comportent les atomes de l’objet qui a été chauffé, on voit que les électrons passent d’un état énergétique stable à un état énergétique excité en rayonnant de l’énergie. Si au contraire on refroidit l’objet, la théorie quantique nous dit que c’est impossible d’atteindre le zéro absolu en température (0°K / -273°C), une situation où toutes les particules sont gelées en position, sans mouvement et sans énergie est impossible. Il existera toujours une énergie intrinsèque du point zéro, même lorsqu’on s’approche du zéro absolu en température. Retirer ou éliminer des particules de matière pour obtenir du vide est une terminologie qui ne fait pas vraiment de sens dans le langage quantique.Le vide quantique est en réalité rempli de particules mais toutes se trouvant dans leur état énergétique minimal, le plus petit possible, dans une configuration d’énergie la plus basse possible. C’est un état fondamental dans lequel on ne peut plus retirer aucune énergie supplémentaire aux particules.
Le vide quantique est donc l’état dont l’énergie est la plus petite possible, un état fondamental d’énergie qui sera néanmoins toujours soumis à des fluctuations énergétique, qu’on appelle fluctuations quantiques.
On peut se représenter le vide comme une mer (quantique) bouillonnante d’ondes électromagnétiques, contenant toutes les longueurs d’ondes possibles, en allant des minuscules longueurs d’onde même plus petites que l’échelle atomique jusqu’à celle ayant une longueur d’onde à l’échelle cosmique. Le point zéro correspondrait à la surface de cette mer quantique, en moyenne la surface de la mer est plane (en moyenne il n’y a aucun champ électromagnétique, dit autrement c’est un milieu statistiquement sans particules élémentaires), mais en réalité cette mer est agité constamment par les vagues (oscillations) des ondes électromagnétiques de tout les longueurs d’ondes possibles (fluctuations quantiques).
L’Effet Casimir
Mais alors comment se convaincre de la réalité de l’énergie du point zéro, et que ce n’est pas un artéfact mathématique. Vous pouvez commencer d’abord par réécouter le dossier Zéro et Infini, l’histoire d’amour de Nicotupe, dossier dans lequel il nous explique qu’un monde où le zéro est présent ne peut exclure l’infini! Dit autrement que le vide ne peut exclure de l’énergie. Mais plus concrètement c’est le physicien Hendrik Casimir qui suggéra et prédit en 1948 l’existence de l’énergie du vide via un effet, qu’on appelle effet Casimir, qui a pu être démontré expérimentalement en 1996. Plaçons dans le vide deux plaques de métal légèrement séparées et parallèles entre elles. Une force attractive commencera à les attirer l’une vers l’autre. Il existe bien sûr une attraction mutuelle due à la gravitation, mais cette force est insignifiante et négligeable à l’échelle quantique. Cette attraction en réalité est due à l’effet Casimir qui résulte de la façon dont les plaques ont perturbé les ondes remplissant le vide quantique. Les métaux conduisent l’électricité, et cela affecte toutes les ondes électromagnétiques présentes dans le vide à l’énergie du point zéro. La théorie quantique nous dit que entre ces deux plaques il ne peut exister que des ondes ayant exactement un nombre entier de longueurs d’ondes. Seules les ondes accordées à l’intervalle entre les plaques pourront exister et vibrer, alors qu’au dehors des plaques toutes les longueurs d’onde peuvent exister. Dit autrement, il manque certaines ondes (photons) entre les plaques, il y a donc moins de pression sur l’intérieur des plaques que sur leurs faces extérieures. Il en résulte une force globale qui les rapproche. Quand les plaques sont trop éloignées cette force disparaît, inversement cet effet Casimir augmentera quand les plaques sont très proches. Cette force a été mesurée et l’effet Casimir vérifié. Le modèle d’énergie du point zéro dans le vide a donc été confirmé expérimentalement.
L’effet Casimir montre qu’un changement de l’énergie du point zéro peut être bien réel, qu’il peut être mesuré. Même si l’énergie du point zéro elle-même n’est pas accessible, on peut en connaître sa variation sous certaines conditions. Bien que l’énergie du vide est l’état minimum d’énergie que peut avoir un système, la quantité d’énergie au point zéro est néanmoins infinie. D’ailleurs les effets d’agitation énergétique du point zéro peuvent être ressentis par des particules traversant le vide. Par exemple, un électron d’un atome d’hydrogène en vol oscille légèrement lorsqu’il ressent l’agitation du point zéro des champs électromagnétiques, il passera d’une orbite à une autre (d’un état énergétique à un autre). La différence énergétique entre ces deux orbites rayonnera de la lumière, ce rayonnement lumineux est une indication des fluctuations quantiques du point zéro.
La Gravitation Quantique
La mécanique quantique produit des formulations précises pour les phénomènes infiniment petits, à l’échelle subatomique, mais elle ignore complètement les effets de la force de gravitation, qu’elle considère comme négligeable et insignifiante à l’échelle quantique. Les scientifiques n’arrivent pas à combiner la mécanique quantique (décrit le monde microscopique) et la théorie de la relativité générale (décrit le monde macroscopique) en une théorie unifiée cohérente et expérimentalement vérifiée. Néanmoins ces deux théories sont chacune valide dans leur domaines respectifs. Le problème qui se pose c’est qu’au tout début de l’univers, celui-ci était si petit, si dense, si compressé et si compact, que la force de gravitation devait être prédominante et agir au niveau quantique. De nombreux physiciens travaillent actuellement sur une théorie de la gravitation quantique, ayant pour objectif d’unifier la mécanique quantique et la relativité générale. La gravitation quantique nous dit que les fluctuations quantiques apparaissent aussi dans la trame de l’espace-temps d’Einstein.
La Mer de Dirac
Le physicien Paul Dirac (dont j’avais déjà parlé dans le dossier sur l’Origine de l’Univers) fut le premier à prédire en 1931 l’existence d’une autre particule, identique à l’électron, mais ayant une charge électrique opposée (positive) qui a été baptisée le positron (anti-électron). Il bâtit un nouveau modèle du vide faisant apparaître cette nouvelle particule d’antimatière qu’est le positron. Paul Dirac suggéra que l’on considère le vide quantique pas seulement comme une mer dans laquelle baigne une infinité d’ondes, mais comme une mer remplie d’électrons, de profondeur infinie, présente constamment partout, calme et indécelable tant que rien ne la perturbe. Chaque électron remplissant la mer de Dirac occuperait un niveau d’énergie propre, s’étalant sur une échelle allant de l’infini négatif (fond de la mer) jusqu’à une certaine valeur maximale (surface de l’eau). Cette valeur maximale étant considérée comme le « niveau de la mer », autrement dit l’état fondamental, le point zéro d’énergie du vide. Ce paisible « océan électronique » resterait virtuel et indétectable tant que rien ne le perturbe.
Mais on sait depuis la fameuse équation d’Einstein E=mc2, que la masse (matière) peut être produite à partir d’énergie. Si tout d’un coup les fluctuations d’énergie du vide dépassent un certain seuil d’énergie (si une vaguelette se transforme en vague), une paire d’électron et positron peut émerger spontanément. Cela veut dire que les fluctuations d’énergie du vide peuvent spontanément se transformer en électrons et positrons (sous certaines condition d’énergie et de temps). Plus précisément, une fluctuation quantique peut éjecter un électron de cette mère infinie de Dirac, ce qui laisse un “trou” dans la mer d’énergie négative. L’absence d’un électron chargé négativement par rapport au niveau de la mer se traduit par un trou d’énergie positive par rapport au niveau de la mer, c’est-à-dire par l’apparition d’une particule dotée d’énergie positive, le positron. On ne peut malheureusement pas observer la transformation des fluctuations quantiques du vide en électrons et positrons, mais on peut par contre mettre en évidence ce phénomène lorsqu’on fournit volontairement un tout petit peut d’énergie supplémentaire au vide, comme par exemple si on bombarde le vide (par ex. le champs électrique d’un atome) avec un photon de lumière (d’énergie égale à deux masses électroniques 2mc2), et bien dans ce cas on observe (indirectement) qu’une paire de positron-électron est bien créée spontanément pendant une durée de vie très courte (10 puissance – 21seconde). Ce mécanisme est à l’origine de l’apparition de ce qu’on appelle de paires de particules virtuelles. Le vide est le siège de matérialisations spontanées et fugaces de particules et de leur antiparticules associées qui s’annihilent presque immédiatement après leur création. Le vide est rempli de particules virtuelles apparaissant pendant un temps très bref avant de disparaître.
Pour Dirac, le vide serait donc rempli de particules virtuelles qui peuvent émerger et se matérialiser sous l’effet de fluctuations d’énergie du vide, laissant derrière elles des trous d’antiparticules. On sait aujourd’hui que non seulement la paire électron-positron, mais également les quarks et d’autres particules remplissent virtuellement cette mer sans fond, qu’on peut voir comme un entrepôt infini qui nous approvisionne en particules matérielles. Le vide contient une “mer” infiniment profonde de particules fondamentales.Dans cette interprétation le vide devient un milieu. Et cela implique des conséquences d’une portée considérable: si le vide est un milieu comme le décrit Dirac, on peut imaginer que l’on puisse ajouter quelque chose au vide afin d’abaisser son état fondamental d’énergie. On obtiendrait alors un nouvel état du vide plus vide que l’état du vide antérieur. Une transition entre ces deux états du vide est appelé changement de phase. Les scientifiques pensent qu’un changement de phase du vide ai pu avoir lieu au cours de l’histoire de l’univers. Il se peut donc que la nature du vide ai pu ne pas être la même au fil de l’évolution de l’univers!
Le Vide de Higgs
Le modèle standard de la physique des particules veut que dans l’univers primordial l’état du vide avait au début une phase symétrique où toutes les forces agissaient avec la même intensité, et étaient de ce fait unifiées (10 puissance -31 mètre). Quand l’univers s’est refroidi, des transitions de phase se seraient produites et l’état symétrique du vide a été remplacé par des états de plus en plus asymétriques, amenant la séparation des forces en intéractions forte, faible et électromagnétique. La structure quantique de la nature donnerait donc la possibilité à un système dans un état stable de haute énergie de choisir un état d’énergie plus bas dans lequel la symétrie est spontanément brisée. Les formes prises par les particules et les forces qui nous gouvernent seraient donc des résidus accidentels de la brisure de symétrie provoquée par le refroidissement (“gel”) de l’univers (à une température d’environ 10 puissance 17 degrés).
La question qui se pose est que les bosons W et Z (particules qui véhiculent l’intéraction faible) ont une masse, alors que les photons (véhicule de la force électromagnétique) et les gluons (véhicule de l’intéraction forte) n’en ont pas. On pense que la réponse est due à une propriété du vide, et c’est Peter Higgs qui a élaboré cette théorie, le même qui a prédit l’existence du boson de Higgs. Dans cette théorie, le vide baigne dans le champs de Higgs, responsable de donner la masse aux particules élémentaires comme les bosons W et Z, quarks…(à écouter l’épisode de la 100ème de PodcastScience et le dossier sur le boson de Higgs). En l’absence du champ de Higgs, les particules ne peuvent pas être arrêtées et se déplaceraient toutes à la vitesse de la lumière. Mais l’espace est rempli par le champ de Higgs, ce qui a pour conséquence de fraîner la vitesse de certaines particules et de leur attribuer une masse (les photons eux n’interagissent pas avec le champ de Higgs et se déplacent donc à la vitesse de la lumière). De la même manière que les ondulations des champs électromagnétiques produisent les photons, le champ de Higgs se manifeste sous forme de boson de Higgs. Mais le boson de Higgs qui est l’expression du champ de Higgs sous forme de particule a-t-il une masse? On est pas loin du problème de l’oeuf et la poule. Le boson de Higgs ressent aussi lui-même le champ de Higgs partout présent et a donc une masse.
Le vide de Higgs est une approche qui est profondément différente de celle du vide quantique. On a vu que le vide quantique est rempli d’ondes électromagnétiques, avec des fluctuations d’énergie autour du point zéro qui peuvent se matérialiser en nouvelles particules si l’énergie nécessaire est fournie. Le vide de Higgs lui est rempli du champs de Higgs. L’espace vide sans le champ de Higgs aurait plus d’énergie que lorsque le champ de Higgs est présent. Autrement dit, si on met un champ de Higgs dans le vide, l’énergie globale est diminuée. Le vide baigné par le champ de Higgs n’est l’état de plus basse énergie qu’à des températures suffisamment “basses” (10 puissance 17 degrés)! Au dessus de cette température, la théorie indique que l’état fondamental de l’univers n’inclut pas le champ de Higgs.
A ses tout débuts, l’univers était extrêmement chaud et dense (bien plus chaud que 10 puissance 17 degrés) et le champ de Higgs n’existait pas, et c’est soudainement, lorsque l’univers s’est suffisamment refroidi, que le champ de Higgs a rempli le vide et a donné la masse aux particules.
Conclusion
Les dernières théories physiques suggèrent que notre univers tel qu’on l’observe actuellement “serait” apparu suite à une fantastique fluctuation quantique du vide. En se refroidissant le vide serait passé par une transition de phase dans laquelle le champ de Higgs se serait figé et les particules auraient pu ainsi acquérir de la masse. Le vide n’a donc pas toujours été le même au cours de l’évolution de l’univers!
On voit que la science moderne postule qu’il est impossible de faire un vide complet. L’espace vide sera toujours remplie d’énergie. Il ne peut exister quelque chose de littéralement vide. Finalement les philosophes grecs n’avaient pas totalement tort, la nature semble avoir horreur du vide.
Cependant, à mesure que la science apporte des réponses, elle fait surgir de nouvelles questions encore plus profondes et fondamentales. Pour ma part et à titre personnel un certain nombre de questions restent encore ouvertes:
D’où vient la potentialité quantique du vide? Pourquoi le vide est-il régit par les lois quantiques et non par des lois d’une autre nature?L’univers met-il en place des lois à sa mesure? Si l’univers est immanent, on peut alors penser qu’un autre univers pourrait être régi par d’autres lois, et que le vide y serait de nature différente. Si au contraire les lois physique sont transcendantes, alors elles sont les mêmes pour tous les univers possibles et les lois qui régissent le vide sont les mêmes partout.
Dans quoi l’univers existe-t-il et est-il en expansion?
Si on peut définir le rien comme l’absence de quelques chose, alors pourquoi le quelque chose (notre/nos univers), plutôt que le rien (un monde réellement vide d’énergie et de toute chose)?
Mais Jean-Michel ne s’est pas arrêté à la francophonie, il est aussi un fin connaisseur du mouvement sceptique anglo-saxon, dont il a souvent parlé au cours des presque 200 épisodes de son podcast et de je ne sais combien de billets sur son blog. Alors quand un sceptique comme Jean- Michel prend comme sujet la parapsychologie on pourrait s’attendre à ce qu’il la critique vigoureusement et en dénonce le côté charlatanesque que l’on retrouve dans la grande majorité des shows médiatiques ou des livres de tel ou tel gourou ou médium. C’est d’ailleurs ce qu’il fait régulièrement dans ses émissions.
Mais quand Jean-Michel nous parle de la parapsychologie comme une science, oui une science, celle qui sont étudiées à l’université, celles qui publient dans des revues à comités de lecture, celles qui reproduisent des expériences, cela devient un sujet pour Podcastscience et l’on avait envie dans savoir plus. D’autant que dans un billet http://scepticismescientifique.blogspot.fr/2013/02/le-danger-du-scepticisme-comme-arreteur_10.html il appelle les sceptiques à étudier scientifiquement le paranormal.
(Pas de retranscription de l’interview disponible, malheureusement. A moins qu’une bonne âme s’y colle?)
Petite correction: c’est le Libéria, pas le Nigéria, qui utilise encore les unités anglo-saxonnes. Le Nigéria a adopté le système métrique en 1962.
Régis Motheau
Salut à tous ! Merci pour cet épisode qui m’a replongé dans l’épopée extraordinaire de Méchain et Delambre, une histoire que j’affectionne particulièrement.Une petite remarque d’Alan dans l’épisode 1 m’a bien fait marrer, à savoir que les gens de la renaissance n’avaient pas d’App pour convertir les monnaies. En effet, il leur fallait jongler entre deniers, livres tournois et sols (ou sous) dans un système fonctionnant à la fois en base 20 et en base 12 (12 deniers pour un sol et 20 sols pour une livre).Mais en cela ils étaient néanmoins aidés par des tables de compte (l’app. de l’époque 😉 ), sorte de bouliers fonctionnant à partir de jetons placés sur un tableau tracé sur une nappe qu’on dépliait pour l’occasion ou directement gravé sur le bois du comptoir des commerçants. C’est d’ailleurs de l’usage de ces tables de compte (fonctionnant en base 20 pour la conversion sous/livres) que pourraient (je dis bien “pourraient”) provenir l’util isation des termes souvent moqués par Alan 😉 de soixante-dix et quatre-vingt dix (quatre-vingt dix = quatre jetons dans la colonne des 20 et un dans la colonne des 10).Je cite tout cela de ma mémoire vieillissante d’ancien étudiant en archéologie. Il conviendrait bien entendu de vérifier tout ça avec des sources qui vont bien, mais l’idée est là et je ne pouvais pas résister à l’envie de vous faire partager cette piste de réflexion et par la même occasion de tenter de réhabiliter le mal parler français qu’Alan aime tant 😉 lolBonne continuation à tous et encore merci pour votre travail et votre envie de partager !
Le nouveau quizz: “L’eau froide gèle plus vite que l’eau chaude: info ou intox?”
Pour participer: enregistrez votre réponse sous forme de commentaire écrit ou audio sur le site www.podcastscience.fm. Ne soyez pas timides, on se charge de l’explication scientifique, dites-nous juste ce que vous en pensez 🙂
[20:11] == Alan2[webchat@85.218.109.18] has joined#podcastscience
[20:12] == rivetmoscow [webchat@128-72-171-204.broadband.corbina.ru] has joined #podcastscience
[20:12] <rivetmoscow> ?
[20:15] <Axel> salut!
[20:16] <Axel> je rate le live toutes les semaine
[20:16] <MrNause> Prochain podcast: le téléphone portable remplacera t il la télépathie?
[20:17] <MrNause> société: les crocs monsieurs doivent ils s opposer au mariage pour tous?
[20:17] <alanvonlanthen> ou le contraire 😉
[20:17] <MrNause> ^^
[20:18] <MrNause> le présent est il un passé à venir?
[20:18] <MrNause> casse noisette était il un écureil?
[20:19] <MrNause> si je pense donc je suis, qu’est ce qu est ce qui ne pense pas?
[20:20] <MrNause> vous avez 10 min avant le relevage de copies
[20:20] <MrNause> noté sur /40 pts
[20:20] == jaques [webchat@9-6.203-62.cust.bluewin.ch] has joined#podcastscience
[20:22] == Robin__ [webchat@212-198-174-208.rev.numericable.fr] has joined #podcastscience
[20:22] <MrNause> si on pose un singe sur les épaules d un homme le singe en descendera t il?
[20:22] == NicoTupe [webchat@jem75-9-88-175-94-116.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[20:22] <MrNause> et si oui le contraire est il possible
[20:22] <MrNause> ?
[20:22] <Robin__> Salut !
[20:22] <MrNause> plop
[20:22] <Robin__> à l’heure ?
[20:24] <Robin__> Vous me captez pas sur skype ?
[20:25] == Greg-GRPA [webchat@det67-1-88-175-205-87.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[20:25] == Xavier_ [webchat@206-116.203-62.cust.bluewin.ch] has joined #podcastscience
[20:25] <Greg-GRPA> Bosnoir à tous
[20:26] <Axel> bonsoir
[20:26] <MrNause> bisoir
[20:27] <MrNause> problèmes techniques? qq1 à mangé les micros?
[20:27] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has joined #podcastscience
[20:27] == gibie [webchat@ARouen-552-1-17-138.w90-22.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:28] <gibie> bonsoir tout le monde
[20:28] <NicoTupe> salut
[20:28] == Xavier_ [webchat@206-116.203-62.cust.bluewin.ch] has left#podcastscience []
[20:28] <MrNause> ethymologiquement “para” signifie “anti” ou “contre”
[20:28] <MrNause> parapluie parachute
[20:29] == Staulott [webchat@ppp-seco11pa2-46-193-131.216.wb.wifirst.net] has joined#podcastscience
[20:29] <MrNause> donc parapsychologie……
[20:29] <Staulott> Bonsoir
[20:29] == Xavier_ [webchat@206-116.203-62.cust.bluewin.ch] has joined #podcastscience
[20:29] <Robin__> parapet
[20:29] <Robin__> pardon
[20:29] <Xavier_> Salut tout le monde !
[20:30] <Axel> salut
[20:30] <MrNause> plop
[20:30] == NicoTupe [webchat@jem75-9-88-175-94-116.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
[20:30] <Xavier_> Alors, vous êtes à l’heure ?
[20:31] == NicoTupe [webchat@jem75-9-88-175-94-116.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[20:31] <MrNause> ça marche
[20:31] <Xavier_> Salut Alan !
[20:31] == Pingouin[webchat@23.198.73.86.rev.sfr.net] has joined #podcastscience
[20:31] <MrNause> hop
[20:31] <Pingouin> On vous entend!
[20:32] == rivetmoscow [webchat@128-72-171-204.broadband.corbina.ru] has quit [Quit: Page closed]
[20:32] <Xavier_> juste
[20:32] <Axel> ahh
[20:32] <NicoTupe> Salut la chateroume
[20:32] <Xavier_> oui
[20:32] <Axel> jaja
[20:32] <MrNause> c est xavieroussel omme dans la chanson
[20:32] <Aeterna> oui
[20:32] <MrNause> bonjour
[20:32] <Pingouin> super
[20:32] <MrNause> bonsoir
[20:32] <Axel> bonjour
[20:32] <MrNause> hi
[20:32] <MrNause> konnen shi wha
[20:32] == Staulott [webchat@ppp-seco11pa2-46-193-131.216.wb.wifirst.net] has quit [Quit: Page closed]
[20:32] <Pingouin> bonjour
[20:32] <Xavier_> Salut Jean-Michel
[20:32] <gibie> le son est bon !
[20:33] == Staulott [webchat@ppp-seco11pa2-46-193-131.216.wb.wifirst.net] has joined#podcastscience
[20:33] <MrNause> de toute façon il va bien y avoir un bug à un moment ou à un autre
[20:33] == dalini [webchat@mne69-7-82-243-147-182.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[20:34] <Axel> je me suis enchaine les 118 episode en 2 mois, c’est mon premier live, vous avez interet a assurer 😉
[20:34] <MrNause> les mauvaises langues
[20:34] <MrNause> alan -1 pour la vanne
[20:34] <MrNause> parano “rmal”
[20:35] <Xavier_> nous aussi coupure
[20:35] <MrNause> cotérise ça ira mieux
[20:35] <MrNause> mais si ça passe
[20:35] <MrNause> on vous le dira
[20:35] <Xavier_> oui, semble ok
[20:36] <MrNause> c est pas le son c est ta voix
[20:36] <MrNause> et pour l etrange c est le sujet du soir
[20:36] == Actarus [webchat@ALyon-653-1-168-246.w90-53.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:37] <Actarus> Bonsoir
[20:38] == GillesFernandez[webchat@59.212.102.84.rev.sfr.net] has joined #podcastscience
[20:39] <MrNause> lequel de vous est préposé au café et aux amuses gueules?
[20:39] <Xavier_> Nico, t’es dans la salle de bain ?
[20:39] <MrNause> Nico il est caché dans un boite (de schrodinger)
[20:40] <MrNause> robin ou l’infidélité des bois et de batman
[20:41] <MrNause> fallait demander à tibéri pour la causette mortuaire
[20:42] <alanvonlanthen> salut tout le monde, au fait 🙂
[20:42] <MrNause> je vous attends sur la synchronicité
[20:43] <alanvonlanthen> 😉
[20:43] <MrNause> parce que niveau “border ligne” il y a matiere
[20:44] <NicoTupe> @Xavier : non pourquoi?
[20:45] <MrNause> non par rapport à quoi?
[20:46] == Ectocasper[webchat@AOrleans-552-1-65-145.w92-140.abo.wanadoo.fr] has joined#podcastscience
[20:46] <MrNause> au niveau télékinétique des experiences ont été faites
[20:47] <Ectocasper> Hi hi hi
[20:47] <MrNause> oui il y a de quoi rire
[20:47] <MrNause> mais sur le principe
[20:47] <MrNause> on se sert es impulsion electrocérébrales
[20:48] <MrNause> c est comme bouger u curseur avec le mouvement de la rétine
[20:48] <MrNause> c est vite résumé mais l idée est là
[20:49] <MrNause> lier l esprit ou le corps (bioligequemnt parlant) à la technologie
[20:49] <alanvonlanthen> MrNause, tu as un lien sur une expérience de télékinèse qui a pu être reproduite en conditions contrôlées?
[20:49] <MrNause> il faut que je le retrouve
[20:49] <MrNause> mais dans l idée
[20:49] <MrNause> et je ne suis pas garant de la véracité
[20:50] <MrNause> il y a moyen grace à des electrodes
[20:50] <MrNause> de stimuler un objet par impulsion electrique
[20:50] <Ectocasper> Je suis….donc….Je suis
[20:50] <MrNause> c est le même principe que le greffage de memmbres bioniques sur sujets humain ou animal
[20:51] <MrNause> mais d autres l expliqueront mieu que moi
[20:51] <Ectocasper> Mais je suis qui ?
[20:51] <MrNause> je suis qui diverge de je suis
[20:51] <MrNause> c est pas la même question
[20:52] <MrNause> si être se résume à l état de conscience de l être
[20:52] <MrNause> cela n a pas de sens
[20:52] <MrNause> une plante une chaise n ont pas de conscience
[20:52] <MrNause> pourtant elles “sont”
[20:52] <Ectocasper> Et le verbe suivre ? 🙂
[20:53] <MrNause> ha ha ha
[20:53] <MrNause> je suis la fille de francis cabrel
[20:54] <MrNause> c est soit psychopatique soit pervers
[20:54] <Ectocasper> l’un n’exclue pas forcément l’autre , c’est donc un ou inclusif
[20:55] <MrNause>http://www.youtube.com/watch?v=zFotNDAzwi8
[20:55] <alanvonlanthen>http://fr.wikipedia.org/wiki/Cartes_de_Zener
[20:55] <Ectocasper> Le psi risque d’avoir un double boulot
[20:56] <Ectocasper> Francis aussi d’ailleurs
[20:56] <MrNause> les cartes de zener subissent bcp les influences du hasard
[20:57] <MrNause> question d algorithmes
[20:57] <alanvonlanthen>http://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Banks_Rhine
[20:58] <MrNause> trops de facteurs influent
[20:58] <Ectocasper> Ceux qui utilisent les protocoles dans les casinos se font jeter
[20:58] <MrNause> c est presque quantique comme problématique
[20:59] <alanvonlanthen>http://fr.wikipedia.org/wiki/Ganzfeld
[20:59] <alanvonlanthen>http://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Moody
[20:59] <MrNause> l erreur est de croire que nous avons que 5 sens
[20:59] <MrNause> physiques certes
[21:00] <MrNause> mais dans notre langage on en utilise bcp plus de définitions
[21:00] <Xavier_> Bon, malheureusement, je dois vous laisser. Je vous écoute demain
[21:00] <MrNause> quel crédit leur accorder: je sais pas
[21:00] <Xavier_> bonne émission !
[21:00] <alanvonlanthen> ça roule, merci d’être passé 🙂
[21:00] == Xavier_ [webchat@206-116.203-62.cust.bluewin.ch] has quit [Quit: Page closed]
[21:01] <MrNause> le moi et le ça….un lien concret ou juste subjectif?
[21:01] == Greg-GRPA [webchat@det67-1-88-175-205-87.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
[21:01] <Ectocasper> Houla
[21:01] <Actarus> Lol
[21:01] == Robot [webchat@ney92-5-82-245-127-107.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[21:02] <gibie> Cela cylonne
[21:02] <MrNause> au niv du hasard il y a des théories et des intutions, le tout sous forme d hypotheses
[21:02] <Axel> oulala
[21:02] <Aeterna> Robocop le retour !:)
[21:02] <MrNause> le robot
[21:02] <Ectocasper> Vous êtes passés en dessous de la vitesse du son
[21:02] <MrNause> lol
[21:02] <MrNause> luc je suis ton père
[21:02] == dalini [webchat@mne69-7-82-243-147-182.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
[21:02] == GillesFernandez[webchat@59.212.102.84.rev.sfr.net] has quit [Quit: Page closed]
[21:02] <Actarus> Il est parti dans une autre dimension
[21:02] == La_Mettrie[webchat@201.120.21.93.rev.sfr.net] has joined #podcastscience
[21:02] <alanvonlanthen> argh. coupé/redémarré le broadcast. ça aide?
[21:02] <Robot> il est entrain de nous quitter
[21:02] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has quit [Quit: Page closed]
[21:03] <MrNause> en live experience spacio temporelle dilatée
[21:03] <Axel> haha
[21:03] <MrNause> coupez tout
[21:03] <alanvonlanthen> ça marche mieux, là? ou c’est tj la data?
[21:03] <Actarus> En voila une de preuve
[21:03] <MrNause> c est le bordel
[21:03] <alanvonlanthen> 🙁
[21:03] == Ectocasper[webchat@AOrleans-552-1-65-145.w92-140.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[21:03] <La_Mettrie> Il faut juste faire stop et de nouveau cliquer sur lecture.
[21:03] <alanvonlanthen> merci Loïc 🙂
[21:03] <Actarus> ok merci
[21:03] <alanvonlanthen> (et welcome by the way)
[21:03] <Robot> ^^
[21:04] <MrNause> heureusement qu il y en a un pour nous filer l astuce
[21:04] <gibie> Cela fonctionne de nouveau en arrêtant le podcast et on redémarrant
[21:04] <La_Mettrie> J’ai eu le problème et après manip, plus de souci.
[21:04] <MrNause> c etait mystique
[21:04] <alanvonlanthen> 🙂
[21:05] == jaques [webchat@9-6.203-62.cust.bluewin.ch] has quit [Quit: Page closed]
[21:05] <La_Mettrie> On peut critiquer les présupposés de parapsychologues quand même, même si ça ne suffit pas.
[21:05] == Ag3_ [webchat@AClermont-Ferrand-651-1-130-47.w90-27.abo.wanadoo.fr] has joined#podcastscience
[21:05] == GillesF[webchat@59.212.102.84.rev.sfr.net] has joined #podcastscience
[21:05] <La_Mettrie> Ce sont des gens plein d’espoir et prompte à penser de manière finaliste.
[21:06] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has joined #podcastscience
[21:06] <La_Mettrie> **promptes**
[21:06] == Ectocasper[webchat@AOrleans-552-1-65-145.w92-140.abo.wanadoo.fr] has joined#podcastscience
[21:06] <MrNause> quelle place pour la parapsychologie au niveau quantique?
[21:07] <Actarus> y a t-il vraiment matière à étudier ?
[21:07] <MrNause> cf C.G.Jung
[21:07] <Ectocasper> Le crowdscepting est lançé
[21:07] <MrNause> la synchronicité paracelsicale par exemple
[21:08] <MrNause> bcp de théories
[21:08] <MrNause> se méfier de la dimension métaphysique
[21:08] <MrNause> mais comme pour l experience du chat de schrodinger
[21:08] <La_Mettrie> Le problème c’est que ça demande un investissement considérable simplement pour proposer une critique satisfaisante et une seconde voie.
[21:08] <MrNause> le fait d observer un phénomène
[21:09] <MrNause> influe sur le résultat
[21:09] <MrNause> théoriquement
[21:10] <Ectocasper> Si un seul coup, le chat de scrodinger est vivant, si deux coups il est mort
[21:10] <alanvonlanthen> @Mr Nause: le chat de Schrödinger est une expérience de pensée
[21:10] <MrNause> c est pas si simple ^^
[21:10] <MrNause> oui
[21:10] <MrNause> tout à fait
[21:11] <gibie> Est ce qu’Yves Lignon (Laboratoire de Parapsychologie de Toulouse) est un parapsychologue ? Voirhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Lignon
[21:11] <MrNause> mais avant de le découvrir l existence de la matiere noire ausi
[21:11] == Axel[webchat@gate.macguff.net] has quit [Quit: Page closed]
[21:11] <Actarus> Yves Lignon… un compteur d’histoires fantastiques
[21:12] <MrNause> la parapsychologie je trouve ça trop ésotérique et j ai du mal à lui accorder du crédit
[21:12] <MrNause> mais certaines thématiques sont intérressantes
[21:12] <La_Mettrie> La grande question serait : A quoi bon ?… On a affaire à des convaincus et leurs théories supposent une conception de l’esprit complètement à jeter aux ordures.
[21:13] <MrNause> je sais pas si notre langage est vraiment adapté à définir les choses
[21:15] <MrNause> entre gallilé , newton et einstein on a eu le temps de se remettre en cause
[21:15] <La_Mettrie> 😉
[21:16] <MrNause> mieux vaut rester dans le doute que d affirmer des vérités
[21:16] <Ectocasper> on ne peut pas nier que l’abstraction part toujours d’un mythe et jamais d’un terrain vierge
[21:17] <MrNause> .sinon la terre serait tjrs plate à l heure actuelle
[21:17] <Ectocasper> Et ce jusqu’a ce que le mythe soit remplacé par un mythe plus adéquat
[21:17] <La_Mettrie> On peut toujours débattre, mais avec ces gens c’est extrêmement difficile car on est pas dans une dialectique honnête. Ils espèrent tellement qu’ils se rattraperont toujours à quelque chose.
[21:18] == AndroUser[~androirc@AClermont-Ferrand-651-1-130-47.w90-27.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[21:19] == AndroUser[~androirc@AClermont-Ferrand-651-1-130-47.w90-27.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: AndroIRC – Android IRC Client ( http://www.androirc.com )]
[21:19] <MrNause> le prbl c est qu ils ont une idee en tête et cherchent le phénomène qui le prouvera
[21:19] <MrNause> pas que leur théorie puisse être remise en cause
[21:19] == Klikix[~androirc@AClermont-Ferrand-651-1-130-47.w90-27.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[21:20] <MrNause> la religion et le nombre d or: beau sujet de récupération sectaire par exemple
[21:21] <MrNause> sauf chez les convaincus
[21:21] <MrNause> la nature est bien faite donc dieu existe…un peu faible comme argument
[21:21] <Robin__> surtout qu’elle est quand meme moyennement bien faite
[21:21] <Robin__> quand meme
[21:22] <MrNause> oui elle était persuasive au xvii eme
[21:22] <La_Mettrie> Sur base d’hypothèses !
[21:22] <Actarus> Est il envisageable que la science ne puisse pas démontrer une part de réalité de la parapsychologie ?
[21:22] <MrNause> tout à fait
[21:23] <MrNause> la physique quantique et la théorie des cordes est également récupéré par toutes les paroisses
[21:23] <La_Mettrie> Ah la mécanique quantique, cette discipline salvatrice.
[21:23] <MrNause> comme l origine du big bang
[21:23] <MrNause> si origine il y a….
[21:24] <MrNause> on est novices faces à la mécanique quantique
[21:24] <MrNause> on a encore rien capté c est tout jeune
[21:25] <La_Mettrie> L’anthropologue parlait-elle des circonstances ? Parce que le chamanisme s’accompagne de beaucoup de rythmes et de drogues.
[21:25] <MrNause> ça me rapl un certain offman
[21:25] <La_Mettrie> Et je confirme pour la sorcelerie dans les campagnes normandes.
[21:25] <Ectocasper> Entre voir et croire il y a toujours une grande distance, même jésus l’a dit à un de ses apôtres
[21:25] <MrNause> l asrologie est dans certains pays considérée comme une science
[21:26] <MrNause> perso ça me fait peur
[21:26] <MrNause> pareil pour la numérologie
[21:26] == Ag3_ [webchat@AClermont-Ferrand-651-1-130-47.w90-27.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[21:27] <Ectocasper> L’astrologie est dégomée par la 3D
[21:28] <Ectocasper> ça me rapelle le calendrier dans l’histoire du mètre
[21:28] <Ectocasper> Un nom différent par jour
[21:29] <MrNause>http://www.cgjung.net/oeuvre/synchronicite_paracelsica.htm
[21:30] <Ectocasper> La physique Kwantique 🙂
[21:30] <MrNause> la psychologie quantique
[21:30] <MrNause> ça existe aussi en théorie
[21:31] <MrNause> l influence de la volonté et de la réalité via l interprétation de nos sens sur la réalité
[21:31] <MrNause> oui je sais ça fait bordel
[21:31] <MrNause> tres archétype tout ça
[21:32] <MrNause> on apl ça le conditionnement
[21:32] <MrNause> mais c est un autre débat
[21:33] <MrNause> jusqu à preuve du contraire la science ne se contredit pas
[21:33] <MrNause> mais est ouverte à ce fait
[21:34] <Ectocasper> Tout d’abord il n’y a pas La Science, il y a plusieurs sciences
[21:34] <MrNause> oui mais la parascience n a pas acquis ses lettres de noblesse
[21:35] <Robin__> il aurait pas oublié les maths tout en haut de l’édifice des sciences ??
[21:35] <alanvonlanthen> @MrNause, pas d’accord: la science se contredit tout le temps justement et se remet en question
[21:35] <Robin__> Juste comme ça, hein
[21:35] <alanvonlanthen> @Robin 😉
[21:35] <MrNause> oui c est ce que je dis
[21:35] <MrNause> je nuance juste
[21:35] <alanvonlanthen> c’est pas ce que j’avais compris “MrNause: jusqu à preuve du contraire la science ne se contredit pas”
[21:35] <Ectocasper> Bien souvent les mythes cherchent le savoir et non les connaissances
[21:36] <MrNause> oui voila c et l idee
[21:36] <MrNause> mais il y a plus d “histoire d experience” sur la gravité que sur les existences des fantomes
[21:36] <La_Mettrie> “Your anus” ? Plait-il ?
[21:37] <MrNause> Sinon d un point de vue subatomique newton peut se rabiller
[21:38] <MrNause> et pourtant sa conception gravitationnelle s applique à l echelle macroscopique
[21:38] <MrNause> mais des qu on pase au niv inferieur ça part en couille
[21:38] <MrNause> on va pas pour autant la renier
[21:39] <MrNause> mais lui fixer des limites
[21:39] <MrNause> d interprétation
[21:39] <Robin__> Bon, du coup, je n’ai pas entendu la réponse sur l’aspect simplificateur et/ou prédictif
[21:39] <Robin__> que se doit d’avoir une hypothèse scientifique a priori
[21:39] <Robin__> Le coup de Neptune, c’est un bon exemple
[21:40] <MrNause> avoir une approche scientifique permet d accepter le doute
[21:40] <MrNause> c est essentiel
[21:41] <alanvonlanthen> le doute est le moteur de la démarche scientifique (par opposition à la foi qui est le moteur des religions)
[21:41] <La_Mettrie> Remarquons que les mathématiciens sont souvent portés vers des spéculations à portée métaphysique.
[21:41] <Robin__> Ouais ouais ouais…
[21:41] <Robin__> C’est pour ça que je me suis arreté avant !
[21:41] <MrNause> le métaphysique est essentiel des mathématique à l humanisme….
[21:42] <La_Mettrie> Il y a quand même une tentation platonicienne qui est attachée aux mathématiciens.
[21:42] <Robin__> Le platonisme, c’est quand meme autre chose que la parapsy
[21:43] <La_Mettrie> Et pourtant, on en est pas si loin 😉
[21:43] <MrNause> platon socrate et leurs élèves jusqu à schopenhauer même narcissiques s interrogeaient sur la place de l homme face à l inconnu
[21:43] <La_Mettrie> Dans un pays tenté d’enseigner le créationnisme à l’école, on trouve de tout.
[21:44] <MrNause> lol la mettrie je pensais à la même chose
[21:44] <Robin__> disons que platonicien au sens des matheux, ce n’est pas forcément mystique
[21:44] <MrNause> loins de là certes
[21:45] <Robin__> C’est juste de dire que les mathématiques ne dépendent pas des gens qui le font
[21:45] <Robin__> Pas entièrement disons
[21:45] <La_Mettrie> Pas forcément mais tendanciellement.
[21:45] <MrNause> universelle
[21:45] <MrNause> c est la meilleur lecture de la réalité qu il soit
[21:45] <MrNause> jusqu à mieux
[21:45] <La_Mettrie> A quand une mathémathique matérialiste ?
[21:45] <Ectocasper> S’il y a résultat, c’est que la science en question est une science appliquée
[21:45] <MrNause> les plans?
[21:46] <MrNause> tout le monde peut lire un plan
[21:46] <Robin__> il y en a qui ont cette position il me semble
[21:46] <La_Mettrie> A quand un diplôme certifié par Boiron ?
[21:46] <Ectocasper> Or en sciences on cherche toujours à partir du fondamental au lieu de commencer par les applications
[21:46] <MrNause> au delà des maths, quel est notre langage commun?
[21:47] == johnmingzed[webchat@lor33-1-87-88-177-110.dsl.sta.abo.bbox.fr] has joined#podcastscience
[21:47] <Ectocasper> La musique
[21:47] <La_Mettrie> Ectocasper : Schopenhauerien !
[21:48] <MrNause> je trouve les podcasts trops courts
[21:48] <alanvonlanthen> 😉
[21:48] <Ectocasper> hi hi hi
[21:48] <MrNause> il y a moyen de tergiverser pendant des heures sur de tels sujets
[21:48] <johnmingzed> *salue l’assemblée discrètement avant de filer s’asseoir au fond de la salle*
[21:49] <Ectocasper> La Mettrie : Wittgensteinien !
[21:49] <MrNause> c est le préfixe “para” qui fait défaut
[21:50] <GillesF> Merci, très intéressant. ++
[21:50] <La_Mettrie> Ectocasper : Plutôt spinoziste, dans mon cas.
[21:50] <MrNause> in nominis satnis magnas veritas
[21:50] <MrNause> hérétique!
[21:51] <Ectocasper> Plutot kantien des débuts dans le mien
[21:52] == GillesF[webchat@59.212.102.84.rev.sfr.net] has quit [Quit: Page closed]
[21:52] == Pingouin[webchat@23.198.73.86.rev.sfr.net] has quit [Quit: Page closed]
[21:53] <MrNause> le vide est il matière?
[21:53] <La_Mettrie> Vive la simplicité Parménidienne : Ce qui est est, ce qui n’est pas n’est pas. ***tautologie inside***
[21:54] <MrNause> une bouteile moitié vide/moitié pleine
[21:55] <MrNause> Alan a récupéré ses poumons
[21:58] == Robot [webchat@ney92-5-82-245-127-107.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
[21:58] <MrNause> ça dépend des physionomies
[21:59] == Peax[webchat@91.178.147.100] has quit [Quit: Page closed]
[22:01] <MrNause> prochain podcast: qu’est ce que la réalité selon nos sens?
[22:02] <MrNause> peut on concevoir la lumière sachant que notre cerveau est enfermé dans une boite noire?
[22:02] <MrNause> (nos sens n’étant que l interprétation de stimulis éléctriques)
[22:02] <johnmingzed> Doit bien y avoir un peu de lumière qui passe à travers les trous de nez et les oreilles…
[22:03] <MrNause> débrouillez vous avec ça ^^
[22:03] <MrNause> la lumière est freinée par la matiere
[22:03] <MrNause> sinon nous n aurions pas d ombres
[22:03] <MrNause> mais les neutrinos ne subissent pas cette contrainte
[22:04] <MrNause> c est qu ils sont plus rapides
[22:04] <MrNause> mais rien à voir avec notre perception de la réalité
[22:05] <johnmingzed> Les tissus humains ne sont pas totalement opaque et laisse passer une fraction de lumière tout de même.
[22:05] <Ectocasper> merci nico
[22:05] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:06] <Ectocasper> Tout d’abord la chute de température est-elle plus violente
[22:07] <MrNause> l eau froide gelle t ele plus vite que l eau chaude?
[22:07] == ElJj [webchat@APuteaux-651-1-10-44.w81-249.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[22:07] <MrNause> tout dépend de sa composition non?
[22:07] <MrNause> la température influe t elle vraiment?
[22:07] <MrNause> ou est ce plus la matiere qui entre en jeu?
[22:08] <MrNause> h2o c est h2o
[22:08] <Ectocasper> Dans le sens ou il y a agitation moléculaire, oui
[22:08] <MrNause> pas con
[22:08] <MrNause> oui ecto je te rejoins
[22:08] == Venom_[webchat@91.178.160.212] has joined#podcastscience
[22:08] <MrNause> moléculairement parlant
[22:08] <gibie> voir l’effet Mpemba :http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Mpemba
[22:09] == Xilrian[webchat@79.140.208.62] has joined#podcastscience
[22:10] <MrNause> ok c est comme la supraconductivité
[22:10] <MrNause> tout dépend de la matiere et de la température
[22:11] <MrNause> et du mouvement atomique
[22:11] <Ectocasper> merci à toi
[22:11] <La_Mettrie> Heureux d’avoir été là 🙂
[22:11] <gibie> non cela marche très bien !!
[22:12] <La_Mettrie> Bye
[22:12] <gibie> merci à tous
[22:12] <Ectocasper> bonne soirée
[22:12] == Actarus [webchat@ALyon-653-1-168-246.w90-53.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:12] <MrNause> 1 podcast par semaine c est pas assez
[22:12] <La_Mettrie> Ah mais ça continue !!!
[22:12] <La_Mettrie> 😀
[22:13] <La_Mettrie> Oui venez au Hangout !
[22:13] <MrNause> je sais que c est du boulot et de l organisation
[22:13] <MrNause> mais au bout de deux ans faut y aller au taquet
[22:14] <MrNause> langage de geek
[22:14] <La_Mettrie> Ça marche très bien le Hangout.
[22:14] <MrNause> c est du langage de moins de 40
[22:15] <MrNause> nico dans la cave
[22:15] <Robin__> C’est pour moi le moins de 40 ??
[22:16] <MrNause> il fait ses tables de multiplication
[22:16] <La_Mettrie> C’est dimanche 24, pas ce dimanche donc.
[22:16] <johnmingzed> Webbased il ne va pas aimer…
[22:16] <Robin__> Parce que contrairement à d’autres que j’ai moins !
[22:16] <MrNause> oui cado gratuit
[22:16] <La_Mettrie> Moi j’en ai fait et c’est très bien foutu.
[22:17] <MrNause> donc tu traites tes collègues de vieux
[22:17] <Robin__> Je n’oserais pas
[22:17] <johnmingzed> Il me semble que c’est une évènement privé
[22:17] <La_Mettrie> Non je ne sais pas… Je check 🙂
[22:17] <Robin__> Surtout qu’il y en a de plus jeune aussi !!
[22:17] <johnmingzed> Il fallait “poker” JMA pour être invité 🙂
[22:18] <MrNause> Alan il m a scotché cette semaine avec ses langages de geek
[22:18] <Ectocasper> ouch
[22:18] <MrNause> il se rend même pas compte qu il y a des gens qui habitent pas son univers
[22:18] <alanvonlanthen> désolé 😉
[22:19] == ElJj [webchat@APuteaux-651-1-10-44.w81-249.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[22:19] <MrNause> en IRL??? WTF???
[22:19] <La_Mettrie> David : balance l’info.
[22:19] <johnmingzed> Je n’ai suivi que d’une oreille mais je suis d’accor davec son propos
[22:20] <MrNause> pourquoi tout le monde rigole lorsqu il dit “étude” ?
[22:20] <La_Mettrie> Non mais il va falloir discuter avec Jean Michel, je le trouve trop charitable.
[22:20] <johnmingzed> Porter de l’intérêt aux sujets qui paraissent “limite”
[22:20] <MrNause> non
[22:20] <La_Mettrie> Il est trop charitable avec ceux qui espèrent béatement.
[22:20] <Ectocasper> Encore faut-il qu’il y ait théorie
[22:20] <MrNause> mais elle développe une approche intérressante
[22:21] <MrNause> il faut rester dans les théories
[22:21] <MrNause> dieu est un martien qui porte un moule burnes
[22:21] <MrNause> improuvable
[22:21] <MrNause> c est pareil
[22:21] <MrNause> mais le contraire egalemment
[22:22] <MrNause> ce sont les experiences extrasensorielles
[22:22] <MrNause> grace aux impulsions electriques cerebrales
[22:22] <MrNause> on influe un courant éléctrique au cerveau
[22:22] <MrNause> et l individu a la senstion
[22:23] <MrNause> d être au delà de son corps
[22:23] <MrNause> mais il n en est rien
[22:23] <MrNause> c est une “perception”
[22:23] <MrNause> spacio temporelle
[22:24] <MrNause> et liée à la désorganisation des perceptions sensorielles
[22:24] <MrNause> par stimuli éléctrique
[22:25] == JohnSmith[webchat@AAnnecy-651-1-57-151.w86-209.abo.wanadoo.fr] has joined#podcastscience
[22:25] <MrNause> cf etienne klein sur le déroulement du temps
[22:26] <MrNause> le passé et le présent existent
[22:26] <MrNause> l avenir est en construction
[22:26] <MrNause> mais de façon linéaire
[22:27] <La_Mettrie> Bon ce coup-là je décolle pour de bon. Bonne nuit chers tous.
[22:27] == johnmingzed[webchat@lor33-1-87-88-177-110.dsl.sta.abo.bbox.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:28] <alanvonlanthen> schuss les amis!
[22:28] == La_Mettrie[webchat@201.120.21.93.rev.sfr.net] has quit [Quit: Page closed]
[22:28] <alanvonlanthen> bonne nuit
[22:28] <alanvonlanthen> merci d’être venus 🙂
[22:28] <Ectocasper> 🙂
[22:28] <MrNause> les mort imminentes et la chimiologie du cerveau tout un débat
[22:29] <MrNause> comme celle de percevoir un tunnel ou de revoir défiler sa vie
[22:29] <Ectocasper>http://support.google.com/plus/bin/answer.py?hl=fr&answer=1669200
[22:29] <MrNause> réaction chimique ou métaphysique?
[22:30] == Venom_[webchat@91.178.160.212] has quit [Quit: Page closed]
[22:30] == Ectocasper[webchat@AOrleans-552-1-65-145.w92-140.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:30] == JohnSmith[webchat@AAnnecy-651-1-57-151.w86-209.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:30] <MrNause> bye
Vous avez été nombreux à répondre à ce quizz et l’unanimité était quasi sans faille. “Info” avez-vous presque tous répondu d’une seule voix. Pourtant, quand j’ai lancé le sujet, j’avais en tête un article que j’avais lu il y a un peu plus d’une année. Je l’avais déniché sur le site DocBuzz et il était intitulé “Chute d’un dogme médical : l’augmentation de la consommation de sel n’augmente pas le risque d’hypertension artérielle“. L’article reprenait une nouvelle publiée dans le New York Times qui relayait une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (Jama) par des chercheurs de l’Université de Louvain, en Belgique. Les chercheurs avaient étudiés 3681 participants qui n’avaient jamais eu de maladies cardio-vasculaires. 2096 d’entre eux n’étaient pas non plus hypertendues. Ils les avaient suivis pendant près de 8 ans en mesurant le sel dans leurs urines – reflet de la consommation de sel – et en surveillant l’apparition d’hypertension artérielle ou d’événements cardiovasculaires. Les patients étaient divisés en trois groupes en fonction de leur consommation de sel: faible, moyenne ou élevée. Une faible relation avait été trouvée entre l’excrétion urinaire de sel et une augmentation de la pression artérielle et ne concernait que la pression artérielle systolique (c’est à dire la pression mesurée au moment de la contraction du coeur) et pas la diastolique (c’est à dire la pression mesurée lors du relâchement du coeur). Bref, l’étude n’avait retrouvé aucun lien entre consommation de sel et l’apparition d’une hypertension artérielle : la différence entre la survenue d’hypertension entre les 3 groupes n’était pas significative. La consommation de sel ne semblait pas non plus entraîner de risque accru de mortalité cardiovasculaire. Cette étude remettait donc en cause le lien qui était supposé entre consommation de sel et augmentation d’hypertension artérielle, voire de décès cardiovasculaires. Et comme j’avais cet article dans un coin de la tête, j’ai lancé mon quizz comme un gros malin. Plus je voyais entrer de participations indiquant “info” et plus je buvais du petit lait, du haut de ma petite certitude, convaincu que j’allais faire mon petit effet en surprenant tout le monde… Seulement, voilà… La science est parfois crispante… Elle n’hésite pas à remettre en question les petites certitudes… Ainsi lorsque je suis allé voir dans Google Scholar si ce papier avait été beaucoup cité, j’ai découvert que pas mal d’eau avait coulé sous les ponts depuis l’été 2011. Le papier est cité 85 fois, et la plus part du temps par des articles qui contredisent ses conclusions. Contrairement à l’article original, qui est en accès libre, la plupart des articles critiques ne sont malheureusement disponibles qu’en accès payant, ce qui ne facilite pas du tout la mission d’information des podcasts scientifiques amateurs, merci les éditeurs! J’en ai quand même trouvé un gratuit sur le site de l’Université de Warwick, en Angleterre. Un “viewpoint” anglo-canadien (c’est à dire un article court qui n’a pas forcément bénéficié d’un comité de lecture), signé de plusieurs universitaires, qui indique (études à la clé):
qu’il a été démontré que réduire le sel dans l’alimentation est plus efficace en terme de coûts de la santé que de réduire la consommation de tabac dans les pays développés;
que ce genre d’études doit prendre un compte une multitude de paramètres comme le niveau social, le niveau d’études, l’hygiène de vie en général, ce qui n’aurait pas été suffisamment fait dans cette étude;
que le protocole de l’étude (qui mesurait le sel dans l’urine sur des périodes de 24 heures) n’était pas à l’abri d’erreurs de manipulation des échantillons;
que la population testée était particulièrement jeune, et donc moins sujette aux risques cardio-vasculaires;
que d’autres études comparables avaient été invalidées;
et finalement que cette étude n’est pas représentative du consensus issu de plusieurs centaines d’autres études, au-dessus de tout soupçon, au cours des 50 dernières années qui ont pu établir une corrélation entre la consommation de sel et les risques cardio-vasculaires.
Donc info ou intox? Je n’ai pas la compétence pour trancher et il n’y a aucune certitude à 100% (comme toujours en science), mais en cas de doute, je pense que c’est un sage réflexe que de se placer du côté de la majorité des études. Donc: info! Accessoirement, même si on en parle assez peu en terres francophones, c’est très largement diffusé outre manche: de plus en plus d’études établissent un lien entre surconsommation de sel (plus de 6 grammes par jour pour un adulte) et cancers de l’estomac. Le risque de cancer de l’estomac serait multiplié par deux chez les personnes qui consomment trop de sel, un facteur aussi important que le tabagisme et les diètes sans aucun végétal. Voir, par exemple: http://www.dailymail.co.uk/health/article-205378/How-salt-heavy-diet-double-cancer-risk.html En conclusion, ben c’est comme d’hab… Comme disait notre ami Paracèlse, c’est la dose qui fait le poison. Varions les plaisirs 🙂
Le 1 er janvier 2013 est passé depuis un peu plus de 54ks, Jesus est passé sur Terre il y a plus de 1000 Tonnes de secondes. Vous écoutez ce podcast grâce à un courant généralement à 220 kilos grammes, metre carré, seconde moins trois, ampère moins un. Dire qu’il y avait un temps où l’on comptait en jour de marche pour la distance, en couchers de soleils pour le temps ou encore en nombre d’hommes tués pour l’intensité électrique (il y a un piège)! Il est temps d’en finir une fois pour toutes et de découvrir ce soir la fantastique histoire du mètre, vous êtes dans Podcast Science et c’est l’épisode qui correspond au nombre d’éléments dans ls classsification périodique des éléments complète!
La Lettre d’un automobiliste flashé à 250 km/h sur une portion de route limitée à 70 (en France) :
“Monsieur le Juge, j’ai effectivement bien vu le marquage “70” en noir cerclé de rouge sur le panneau sans autre indication d’unités. Vous savez que la loi du 4 juillet 1837 rend obligatoire le système métrique en France et que le décret n°61-501 du 3 mai 1961 modifié (prise en application des directives européennes) définit comme UNITES DE BASE LEGALES les unités du Système International (S.I.).
Or, dans le système S.I., l’unité de longueur est le “mètre” et l’unité de temps est la “seconde”. Il est donc évident que l’unité de vitesse LEGALE est alors le METRE PAR SECONDE. Je ne peux pas imaginer une seconde que le Ministère de l’intérieur n’applique pas les lois de la République. Donc 70 m/s cela correspond très exactement à 252 km/h.
Les policiers affirment que j’ai été chronométré à 250 km/h et je ne le conteste pas. J’étais donc bien 2 km/h sous la limite autorisée. Merci d’en prendre bonne note, de me rendre mon permis et de me laisser repartir.
Avec mes meilleures salutations
JM”
(Sans doute un canular, ce mème circule sur le web depuis 2004 au moins. Mais il est de circonstance, car effectivement, l’unité de vitesse du SI n’est pas le kilomètre/heure mais bien le mètre/seconde!)
Le plug de la semaine
Le café des sciences et Strip Science lancent une nouvelle plate-forme: Kidi’Science, la science pour les enfants ou les grands enfants.C’est une première dans la blogosphère francophone. Au départ, c’était une idée comme il en pleut des centaines à la seconde dans la liste de discussion du café, idée lancée par Vincent du blog “Sciences Dessus Dessous” http://dessousdescience.blogspot.fr/, sauf que cette fois-ci, tout le monde ou presque a sauté dessus instantanément, aussi bien les blogueurs du café que les dessinateurs du collectif strip science . Un concept a très vite émergé dans l’enthousiasme; des personnages récurrents (comme un petit alien pour parler de l’espace, un petit dino pour parler de la préhistoire, etc.) ont été créés et déclinés dans toutes les situations pour pouvoir être facilement réutilisés par tous les blogueurs, même ceux qui sont incapables de tenir un crayon, et le projet, toujours porté par Vincent, a pu voir le jour en quelques semaines seulement.
Les premiers articles sont en ligne, on y parle notamment de formation des arc-en-ciels et de la queue des lézards.
Ça ne rentre pas nécessairement dans le sujet, mais c’est intéressant (d’ailleurs la chaine du gars est de façon générale super intéressante je trouve)
Prochaine émission
14 février 2013: Jorj X McKie: La parapsychologie est-elle une science d’avenir?
Chatroom
[8:27pm] alan2 joined the chat room. [8:27pm] MrNause joined the chat room. [8:28pm] MrNause: BIERE POP CORN ET SAUCISSON [8:28pm] MrNause: get ready? [8:28pm] GLeb: Salut les gars !!! [8:29pm] MrNause: hi verybody [8:29pm] MrNause: let’s get to the fun [8:29pm] MrNause: the podcast science is coming soon [8:29pm] Posi joined the chat room. [8:30pm] MrNause: you’re welcome [8:30pm] MrNause: but where’s the Alan? [8:31pm] NicoTupe joined the chat room. [8:31pm] NicoTupe: SALUUUUUUUT [8:31pm] MrNause: plop [8:31pm] MrNause: quel sujet ce soir? [8:31pm] MrNause: j ai zappé celui de la semaine derniere [8:32pm] Erebus_ joined the chat room. [8:32pm] alanvonlanthen: on arrive, sorry, 2 min de retard [8:32pm] alanvonlanthen: c’est mon skype qui fait des caprices… normal [8:32pm] GLeb: On va parler du système métrique [8:32pm] MrNause: Newton est il crédible subatomiquement? [8:32pm] MrNause: ok [8:33pm] Xilrian left the chat room. (Quit: Page closed) [8:33pm] MrNause: partie 2 es entités de mesure donc? [8:33pm] Xilrian joined the chat room. [8:33pm] gibie joined the chat room. [8:33pm] Xilrian: Hello all again ^^ [8:34pm] MrNause: hi [8:34pm] MrNause: first time [8:34pm] gibie: bonsoir à tous et toutes [8:34pm] Robin__ joined the chat room. [8:34pm] MrNause: on veut un générique prolongé [8:35pm] MrNause: this sound is epic [8:35pm] MrNause: il y a trop eu de fail lors des introductions [8:36pm] GLeb left the chat room. (Quit: Page closed) [8:36pm] AlainProviste joined the chat room. [8:37pm] Staulott joined the chat room. [8:37pm] MrNause: bonjour bonjour [8:37pm] Staulott: Bonsoir tout le monde. [8:37pm] GLeb_ joined the chat room. [8:37pm] MrNause: pour le moment pas de son pourri [8:38pm] Posi: Bonjour. [8:38pm] gibie: on vous entend bien ! [8:38pm] MrNause: liés aux manipulations de micros [8:38pm] saulot joined the chat room. [8:38pm] MrNause: non mais touchez plus à rien on vous entends [8:38pm] MrNause: bande de geeks [8:39pm] MrNause: vous psychotez [8:39pm] AlainProviste: cool ces podcasts [8:39pm] GLeb_: Geek différent de technophile [8:39pm] MrNause: trouves le mouon [8:39pm] MrNause: appuie sur bheeeeeeeeeeeee [8:39pm] Robin__: Il ne fait pas, c’est tout… [8:40pm] Robin__: A priori, le non geek ne se pose pas de problème de geek [8:40pm] MrNause: +1 robin [8:40pm] GLeb_: Pas dde coupure pour moi [8:40pm] MrNause: le générique [8:40pm] Robin__: Moi j’ai pas de problème de son [8:40pm] MrNause: le générique [8:40pm] gibie: chez moi tout est OK [8:40pm] saulot: sheldon cooper sors de se post lol [8:40pm] Staulott: pas de coupure non plus [8:40pm] MrNause: ils psychotent [8:41pm] Xilrian_ joined the chat room. [8:41pm] MrNause: le jaune le turquoise et le vert fuschhia [8:41pm] gibie: pensez juste à enregistrer !!! [8:41pm] MrNause: des que ça clignote [8:41pm] MrNause: tu lences le jungle [8:41pm] MrNause: feu d artifice [8:41pm] MrNause: mdr [8:41pm] GLeb_: Il est 8h62m95s [8:41pm] MrNause: lances* [8:41pm] gibie: pensez juste à enregistrer [8:42pm] MrNause: on dirait un tuto dora l exploratrice [8:42pm] MrNause: i win i win [8:42pm] MrNause: foutage de gueule et trollage en perspective [8:43pm] gibie: cela marche : on vous entend [8:43pm] GLeb_: 8h63m21s [8:43pm] MrNause: ça fait 10 min que c est opérationnel [8:43pm] peremptoire joined the chat room. [8:43pm] peremptoire: Bonsoir :3 [8:43pm] gibie: pensez a enregistrer [8:43pm] Robin__: tu tournes la page [8:43pm] MrNause: ha ha ha ha ha ha h a ha [8:43pm] Robin__: et quand tu entends une sonnette, ti t [8:43pm] MrNause: bande de noob [8:43pm] GLeb_: 8h63m75s [8:44pm] MrNause: est ce que j enregistre? mdr [8:44pm] MrNause: te donn pas cette peine [8:44pm] gibie: générique [8:44pm] MrNause: mdr [8:44pm] MrNause: générique d une seconde et demie [8:44pm] GLeb_: 8h64m73s [8:44pm] MrNause: bravo [8:45pm] MrNause: ha bha voilà [8:45pm] MrNause: là ça a de la gueule [8:45pm] GLeb_: 8h64m98s [8:46pm] GLeb_: 8h64m59s [8:47pm] NicoTupe: bon les illus c’est pas gagné… [8:47pm] Xilrian_: [8:47pm] NicoTupe: mon ipad démarre toujours… [8:47pm] Xilrian_: je croyais que t’avais finalement reussi à te connecter ? [8:48pm] Xilrian_: arf [8:48pm] NicoTupe: sur l’ordi [8:48pm] Xilrian_: ah merde t’as pas moyens de trnasférer facilement les dessins j’imagine ? [8:48pm] MrNause: quelle année? [8:48pm] MrNause: quel siecle.? [8:49pm] MrNause: Xvii? [8:49pm] GLeb_: 8h67m51s [8:49pm] GLeb_: 1793 [8:49pm] MrNause: merci [8:50pm] MrNause: apres la revolution anglaise et française donc [8:50pm] MrNause: ça oriente [8:50pm] GLeb_: de rien [8:51pm] MrNause: l église s est elle opposée, à l époque, à cette mesure? [8:52pm] peremptoire left the chat room. (Ping timeout) [8:52pm] GLeb_: aux poids et mesures, je ne crois pas, mais les mesures de temps, complétement contre [8:52pm] MrNause: entre gallilé et le XViii , quelle influence newton avait il sur les masses? [8:52pm] Robin__ left the chat room. (Ping timeout) [8:53pm] barBe joined the chat room. [8:53pm] MrNause: les mesures du temps je le conçois puisqu on remet en cause aujourd hui [8:53pm] barBe: bonsoir [8:53pm] MrNause: les origine s de l univers [8:53pm] MrNause: en partant du principe [8:54pm] MrNause: que l univers ait des origines [8:54pm] MrNause: c est encore tout un débat [8:54pm] MrNause: difficile d en faire une référence [8:54pm] GLeb_: Oui, toujours [8:54pm] MrNause: cf Etienne Klein [8:55pm] GLeb_: mais temps et religion sont très liés [8:55pm] GLeb_: notament pour l’origine de l’ére [8:55pm] MrNause: d un point de vue métaphysique oui [8:55pm] GLeb_: Naissance de Jesus [8:55pm] MrNause: mais via l irrationnel et l imaginaire c est facile [8:55pm] saulot: il faut prendre des mesures contre cette bronchite [8:55pm] MrNause: crève [8:56pm] barBe: j’espere qu’il pourra faire les derniers metres ^^ [8:56pm] GLeb_: Ah Ah barBe [8:56pm] MrNause: t es asthmatique garçon [8:56pm] gibie: dis tonton pourquoi tu tousses ? [8:56pm] MrNause: prévois ta ventoline [8:57pm] GLeb_: [8:57pm] MrNause: tousse ou crache mais garde pas ça pour toi [8:58pm] Robin__ joined the chat room. [8:58pm] MrNause: tends ta main devant ta bouche et tousse [8:58pm] MrNause: puis serre les poings [9:00pm] MrNause: sans déconner! [9:00pm] MrNause: WTF!? [9:00pm] Robin__: Donc quand on fait un 400m… [9:00pm] GLeb_: Durée à prévoir pour le podcat, environ 3h00 sexagésimal soit 1h25 en décimal [9:01pm] Robin__: Quand on achète du ruban au mètre… [9:01pm] Robin__: On se fait avoir ! [9:01pm] MrNause: donc un euro par rapport au franc de os grands parents, ça fait combien? [9:02pm] MrNause: polaris c est un film [9:02pm] MrNause: pollux c est un chien [9:02pm] MrNause: mathématiquement comment tu enchantes un manège [9:02pm] MrNause: ? [9:03pm] GLeb_: Mizar ? mais la quelle ? [9:03pm] MrNause: t es crado [9:03pm] Robin__: ils se groguent [9:04pm] MrNause: on est parti vomir [9:04pm] Robin__: droguent [9:04pm] MrNause: c est déguelasse [9:04pm] Robin__: Ce sont les amstrong de la radio, toi tu es clean [9:04pm] MrNause: du rhum des femmes et de la bière nom de D… [9:04pm] gibie: ils enregistrent avant la diffusion [9:04pm] MrNause: c’est alan là qui fait le post? [9:05pm] MrNause: qu on puisse le savoir afin de le pourrir à l avenir [9:07pm] GLeb_: Mort pour son art !! [9:07pm] GLeb_: Respect [9:09pm] MrNause: ,hey biloute hey t as t n bite sur t n a paule hey [9:10pm] MrNause: la taille du pied et/ou de la main est elle proportionelle à la taille du phallus? [9:11pm] MrNause: théoriquement parlant [9:11pm] barBe: tout ça pour faire la nique aux anglais ^^ [9:11pm] MrNause: ils sont gauches c est indéniable [9:12pm] GLeb_: Bonjour M. le vendeur, je voudrais 5 phallus 1/4 de tissu !!! [9:12pm] MrNause: donc comme le tempd, le mètre est il une notion plutôt qu une réalité? [9:13pm] MrNause: la longueur d onde se determine t ellle selon la composition de la matière selon la généralté restreinre? [9:13pm] Robin__: c’est sûr que ça parle tout de suite beaucoup plus comme définition [9:14pm] GLeb_: Certaines théories dise que le temps en lui-même n’existe pas, il est en nous ! [9:14pm] MrNause: plus rapide que la lumière: les neutrinos [9:15pm] MrNause: 300 000 km/sec c est obsolète [9:16pm] MrNause: la lumière voyage de manière sinusoidale et est freinée par la matiere [9:16pm] MrNause: d où la configuration des ombres [9:16pm] NicoTupe: c’est la vitesse dans le vide [9:16pm] MrNause: et des coops par la lumiere [9:16pm] GLeb_: Volume de bois [9:16pm] MrNause: les neutrinos les traversent [9:17pm] NicoTupe: et le fait qu’elle “voyage de manière sinosoidalene change rien en fait” [9:17pm] barBe: et la moitié d’un stère, c’est un “tintintiiiiiiiiiin” [9:17pm] MrNause: donc ne sbissent pas cette contrainte [9:18pm] GLeb_: Il perd de la masse, et donc du poid [9:19pm] GLeb_: Il est 8h88m37s [9:19pm] barBe: et le Keskidi le jour du bruit [9:20pm] GLeb_: LOL [9:20pm] jjulien joined the chat room. [9:20pm] barBe: alors que bon, aujourd’hui, a cette heure pour alan, nous somme le jour de tuberculose [9:21pm] GLeb_: 75 demi décades dans une année révolutionnaire [9:21pm] GLeb_: facile à compter [9:22pm] mickey joined the chat room. [9:22pm] saulot: les calendriers républicains ont ete decoupés a la guillotine!! [9:23pm] GLeb_: 8h90m97s [9:23pm] Robin__: et puis j’aime bien l’idée qu’on ne sait jamais à quel moment de l’année [9:24pm] Robin__: je milite pour le calendrier incompréhensible !! [9:24pm] Robin__: (mais avec plus de week end) [9:25pm] GLeb_: Les français avaient des amendes si il utilisés le calendrier grégorien ou l’horloge sexagésimale [9:25pm] barBe: c’était une demi journée a cheval je crois, je vérifie [9:25pm] mickey left the chat room. (Quit: Page closed) [9:26pm] barBe: ou pas [9:26pm] jjulien left the chat room. (Ping timeout) [9:26pm] barBe: y’a que les pompiers qui ont pris les calendriers [9:27pm] GLeb_: La France en tête !!! Ouais [9:27pm] barBe: et depuis ce jour, ils en vendent pendant les jours en trop [9:30pm] GLeb_: Nigéria ou Libéria ??? [9:34pm] saulot: mais voulait on s’approcher des precisions dans la nature ou d’un point de vue anthropomorphique [9:35pm] GLeb_: Pas en Soie, en Platine [9:35pm] GLeb_: C’est une histoire en Platine [9:35pm] GLeb_: Pas en Soie [9:36pm] Robin__: Un jour, on a décidé que un litre c’était telle quantité. Ça aurait pu être un peu moins, il suffisait de le décider. Et dans ce cas, à chaque fois qu’on aurait acheté un litre de lait, on se serait fait avoir. Et on ne l’aurait même pas su. (Geluck) [9:36pm] Robin__: (proposition de quote) [9:37pm] GLeb_: Je vote pour !!! [9:37pm] barBe: mais, avec la confirmation de la présence des boson de higgs, vous pensez qu’on changera de définition du kilograme? [9:38pm] GLeb_: Yep !!! [9:39pm] Robin__: et c’était un peu plus compliqué le comment ! [9:41pm] Robin__: ouaip [9:41pm] Robin__: si is [9:41pm] jaques joined the chat room. [9:42pm] ElJj joined the chat room. [9:43pm] gibie: très bon sujet pour le prochain podcast [9:43pm] GLeb_: J’ai une petite question, tu as une explication sur le mot “mètre” [9:44pm] GLeb_: D’où il vient ? [9:44pm] alanvonlanthen: numberphile: http://www.youtube.com/watch?v=U6xJfP7-HCc&feature=player_detailpage [9:44pm] barBe: du grec “metron” [9:44pm] barBe: mesure [9:45pm] Robin__: il est pénible [9:45pm] Robin__: C’est pas hausdorff [9:45pm] Robin__: pfff !!! [9:45pm] Robin__: !! [9:46pm] Robin__: Moins que ça [9:46pm] Robin__: Il faut passer par Pirre [9:46pm] ElJj: Et c’est quoi le nombre d’Erdos de Haussdorf ? [9:47pm] Robin__: Erdös [9:47pm] Robin__: Ouaip [9:47pm] Robin__: Et ta distance doit être de 3 [9:47pm] Robin__: Comme moi [9:47pm] GLeb_: Merci du lien Numberphile, je vais voir ça après [9:48pm] Robin__: Mais c’est de la triche [9:48pm] NicoTupe: bon ca va hein [9:48pm] GLeb_: J’ai rien compris !!! [9:48pm] NicoTupe: j’ai pas de mémoire des noms [9:48pm] NicoTupe: Pierre c’est 2 c’est ca? [9:48pm] ElJj: Dans le cinéma, il existe le nombre de Bacon, qui mesure la distance à Kevin-Bacon [9:48pm] NicoTupe: Robin__: je crois pas [9:49pm] NicoTupe: Dans la gastronomie il y a aussi le nombre de Bacon mais c’est autre chose [9:49pm] ElJj: Du coup, il existe le nombre d’Erdos-Bacon : http://en.wikipedia.org/wiki/Erd%C5%91s%E2%80%93Bacon_number [9:49pm] NicoTupe: mouarf [9:51pm] Robin__: Pierre a écrit avec un co auteur d’Erdös [9:51pm] Robin__: mais un article de vulgarisation [9:53pm] NicoTupe: tellement la classe [9:53pm] GLeb_: Après une rapide vérif, c’est bien de Coluche ! [9:53pm] alanvonlanthen: ah, merci [9:54pm] AlainProviste: sacré Albert [9:55pm] AlainProviste: info [9:55pm] GLeb_: Ca marche très souvent de lui coller toute les citations [9:55pm] ElJj: Einstein a d’ailleurs confirmé que toutes les citations qu’on lui prête sont bien de lui. [9:55pm] GLeb_: Je dirais info pour le Sel et hypertension [9:58pm] AlainProviste: c’est pourtant connu [9:59pm] Robin__: Moi j’ai fait [10:00pm] GLeb_: « Les yeux des femmes ont la particularité de distinguer un cheveu sur le veston de leur mari, à cinq mètres, et de ne pas distinguer la porte du garage, à un mètre. » de Carlo Nel [10:00pm] GLeb_: Proposition de quote [10:01pm] Robin__: Youhou !! [10:02pm] Robin__: La sécurité routière nous dit merci [10:02pm] Robin__: Vaguement [10:02pm] Robin__: et on a vaguement un compteur en km/h [10:03pm] alanvonlanthen: http://kidiscience.cafe-sciences.org/ [10:05pm] AlainProviste: merci [10:05pm] GLeb_: Merci à vous !!! [10:06pm] jaques left the chat room. (Quit: Page closed) [10:06pm] AlainProviste left the chat room. (Quit: Page closed) [10:06pm] gibie: Merci à vous tous !! [10:06pm] Posi: Merci aux animateurs (encore vivants ou non). [10:06pm] Robin__: et hop [10:06pm] Robin__: C’était donc vrai que tu étais malade [10:06pm] Robin__: .. [10:06pm] GLeb_: Il sera quand en ligne le dossier ? [10:07pm] Robin__: à part quand tu toussais, on ne s’en rendait pas compte [10:07pm] GLeb_: Le jour Pulmonaire, c’était le meilleur jour pour être malade [10:07pm] GLeb_: Bye [10:07pm] barBe left the chat room. [10:07pm] Robin__ left the chat room. (Quit: Page closed) [10:08pm] Staulott: salut [10:08pm] gibie: merci pour ce très bon dossier [10:08pm] NicoTupe left the chat room. (Ping timeout) [10:13pm] ElJj left the chat room. (Ping timeout) [10:13pm] GLeb_ left the chat room. (Ping timeout) [10:14pm] Staulott left the chat room. (Ping timeout) [10:15pm] Erebus_ left the chat room. (Ping timeout)
Le système métrique est un standard presque universel. 95% de la population mondiale l’utilise. Et même là où on ne l’utilise pas, tout le monde a une idée relativement précise de ce qu’est un mètre, où qu’on se trouve sur la planète. Par contre, essayez de parler de gallon, de pinte, de yard, de pied: on vous comprendra en certains lieux, mais rien ne garantit que vous parliez bien de la même chose.
Nous avons vu la semaine dernière quelles pouvaient être les conséquences fâcheuses de l’absence de standards universels. Et encore, dans un monde presque standardisé, les erreurs qui se produisent, bien que spectaculaires, sont rares et marginales. Au XVIIIe siècle, elles étaient permanentes et systématiques, tant les systèmes étaient arbitraires et la confusion généralisée.
Dans l’épisode d’aujourd’hui, avant de faire l’état des lieux des poids et mesures actuels, nous allons voir la fascinante histoire qui nous a donné le système métrique. C’est bien sûr en France que ça se passe, en pleine révolution, dans un contexte d’idéal et d’absolu, non seulement d’abolition des privilèges mais encore de fournir un instrument dédié “à tous les hommes et à tous les temps”.
Les cahiers de doléance rédigés lors de la Révolution de 1789 réclamaient une mesure universelle pour s’affranchir de l’arbitraire des unités de mesure seigneuriales. Le climat de réforme qui suivit les événements révolutionnaires permit de précipiter le choix d’un étalon.
Une commission est instituée le 16février1791 pour définir cette unité universelle. Elle est composée de Jean-Charles de Borda, Nicolas de Condorcet, Pierre-Simon de Laplace, Joseph-Louis de Lagrange et Gaspard Monge. Le choix doit être fait entre trois références possibles : la longueur du pendule simple à secondes à la latitude de 45°, la longueur du quart du cercle de l’équateur ou enfin la longueur du quart du méridien terrestre. C’est cette dernière mesure qui est retenue le 26mars1791, date de création du mètre qui est défini comme la dix millionième partie du quart du méridien terrestre.
Le système métrique décimal est alors institué le 18 germinal an III (7avril1795) par la loi « relative aux poids et mesures », mais il faudra attendre la loi du 4juillet1837, sous le ministère de François Guizot, pour que le système métrique décimal en France soit adopté de manière exclusive.
Et hop, on dirait ça s’est fait en deux coups de cuillère à pot; on voulait le mètre, on a eu le mètre, fin de l’histoire. Enfin, pas si vite… Entre 1791 et 1837, 46 ans se sont écoulés quand même… Il y a sans doute plus à en dire… Décortiquons un peu tout cela et intéressons-nous aux coulisses de l’histoire:
D’abord, le cahier de doléances en question précédait en fait la Révolution et avait été adressé à Louis XVI. Détail qui aura toute son importance, nous le verrons dans un instant. La doléance qui nous intéresse ici et qui a tout déclenché demandait “Qu’il n’y ait plus sur le territoire deux poids et deux mesures“.
Dès la révolution, donc, les seigneurs n’ont plus le droit d’étalonner, de mesurer, de peser… C’est fini! On crée la Commission des poids et mesures, avec l’idée de centraliser tout cela et ainsi libérer les gens du poids de l’arbitraire. Les nouvelles mesures seront universelles, destinées au monde entier. On commence par abandonner toutes les unités qui dépendent d’un homme, fût-il d’essence divine. Car il est vrai qu’un pied du roi est tout sauf universel! Et puis on abandonne dans la foulée toutes les mesures existantes.
Pour définir le mètre, on aurait pu prendre n’importe quel bout de longueur et décréter que cela faisait un mètre, mais c’eût été arbitraire aussi! Il aurait bien fallu que quelqu’un décide de cette longueur initiale…
Du coup, on a décidé que cette unité de mesure fondamentale, pour être universelle, devrait être dérivée de l’univers lui-même. Disons, de la partie qui nous est accessible: la planète. Après tout, la Terre concerne tous les terriens.
Il y a deux moyens de mesurer la Terre. Soit dans le sens de la largeur, c’est-à-dire à l’équateur, soit dans le sens de la hauteur, en prenant un méridien. Le problème de l’équateur, c’est qu’il n’y en a qu’un et qu’il ne passe pas par la France. Difficile à mesurer, donc. Les méridiens, en revanche, il y en a plein… 360 en fait, puisque, par convention, on les a séparés par un degré d’arc. Et un bout de méridien passe par la France!
Le mètre sera donc la dix-millionième partie d’un demi-méridien terrestre (ou d’un quart de grand cercle passant par les pôles), soit environ un aune de Paris, une mesure familière.
Le problème c’est qu’un demi-méridien, c’est grand. Très grand. La circonférence de la Terre fait grosso-modo 40’000 km. Un quart de ce grand cercle, du pôle à l’équateur, fait donc 10’000 km, soit 10 millions de mètres. On n’allait tout de même pas mesurer toute la distance, il faudrait qu’on se contente d’une portion suffisamment représentative. Restait à savoir laquelle… Pour le mathématicien Jean-Charles de Borda, le choix était évident: il suffisait d’être rationnel et d’exclure tout ce qui pouvait être arbitraire. Premièrement, il faudrait que la portion sélectionnée traverse au moins 10° de latitude pour que l’extrapolation soit valide. Deuxièmement, l’arc sélectionné devrait passer par le 45° parallèle, soit le milieu de la distance entre le pôle et l’équateur pour minimiser les erreurs dues à l’excentricité de la forme de la Terre. Troisièmement, le point de départ et le point d’arrivée devraient se trouver au niveau de la mer, le niveau naturel de la Terre. Et finalement, il fallait qu’il s’agisse d’une région déjà bien étudiée, afin d’éviter les mauvaises surprises.
Un seul petit bout de planète répondait parfaitement à ces quatre critères. Coup de bol, il n’était pas loin! Il s’agit de l’axe Dunkerque-Barcelone, qui se trouve sur le méridien de Paris. Borda assura au législateur que rien dans cette proposition ne donnerait aux autres Nations le moindre prétexte à reproche. Le fait que l’une des extrémités du tronçon se trouvât hors de France garantissait certainement que le projet n’était pas strictement franco-français.
Borda promit aussi que la tâche consistant à mesurer cette portion de méridien (d’environ mille kilomètres) pourrait être réalisée en une année!
Et comment mesure-t-on précisément un tronçon de 1’000 kilomètres sans GPS?
La trigonométrie conduit à tout! Quand on connaît tous les angles d’un triangle et qu’on connaît un côté du triangle, on arrive très facilement à retrouver tous les côtés. Du coup, l’idée était de recouvrir la méridienne, cet axe Dunkerque-Barcelone, d’une chaîne d’une centaine de triangles dont chacun en toucherait au moins un autre.
Illustration scannée dans l’ouvrage de l’abbé J. Loridan “Voyages des Astronomes français à la recherche de la figure de la terre et de ses dimensions” publiée chez Desclée, de Brouwer et Cie, Lille 1890, dénichée sur Wikipédia.
La mesure de la base du premier triangle devait être extrêmement précise, le reste suivrait. La base a été mesurée à Fontainebleau, sur un tronçon très plat d’une dizaine de kilomètres, mesuré avec des règles bimétalliques cuivre-platine (pour éviter les dilatations), dont l’unité serait la toise du Pérou (environ 4 mètres). Et quand il faisait chaud, on les protégeait avec des parasols. Le spectacle devait juste être splendide à observer 🙂
Une fois cette mesure en poche, la loi du 26 mars 1791 envoya des astronomes produire et mesurer les triangles sur mille kilomètres. Pour aller plus vite, on a créé deux missions. L’une, dirigée par Jean-Baptiste Delambre, partirait de Dunkerque, au Nord de la France. L’autre, dirigée par Pierre Méchain, partirait de Barcelone, en Espagne. Les deux missions se rejoindraient à Rodez dans le Sud de la France. Rodez n’est pas exactement à mi-chemin, mais on supposait que la mission Nord irait plus vite non seulement parce qu’on la connaissait bien – elle avait déjà été mesurée par Cassini cinquante ans plus tôt et on pourrait réutiliser ses mêmes triangles avec des instruments plus précis – mais surtout parce qu’elle ne traversait pas les Pyrenées. Delambre et Méchain étaient certes des astronomes brillants, mais ils n’avaient pas exactement le profil de l’aventurier baroudeur: il s’agissait de respectables messieurs à perruque et mocassins, certainement beaucoup plus à l’aise dans le bureau d’un observatoire que sur les terrains boueux de l’arc de méridien de Paris!
1792, début des mission
En 1792, les cercles répétiteurs de Borda, des instruments de mesure des angles extrêmement précis, étaient prêts, on pouvait s’attaquer aux premiers triangles. Mais rien ne se passa exactement comme prévu… D’abord, les anciens sommets des triangles n’existaient plus forcément. De nombreuses églises, typiquement, ont été détruites, et parfois rebâties un peu plus loin. Les triangles de Cassini ne pouvaient définitivement pas être utilisés tels quels!
Là où les églises tenaient debout, on avait parfois d’autres problèmes. Au Puy-en-Velay, par exemple, l’église était bâtie en roche volcanique, très difficile à voir au téléscope. Du coup, il a fallu la recouvrir d’étoffes blanches… Ailleurs à un autre moment, cela n’aurait pas été un problème, mais l’étoffe blanche est un symbole royal et nous étions en pleine révolution!
Pour couronner le tout – si j’ose dire – les laisser-passer de Delambre et Méchain, fournis par l’Académie des Sciences, portaient le Sceau royal. En pleine révolution, ça ne facilitait pas vraiment les choses… On leur a mis des bâtons dans les roues à chaque étape! La mission prend du retard…
1793, l’erreur de Méchain
La suppression des académies en 1793 a même, techniquement parlant, rendu la mission illégale, ce qui valut plein d’ennuis à Delambre.
Sur le front du Sud, ce n’était pas beaucoup mieux… La France a déclaré la guerre à l’Espagne. Puis Méchain a subi un très grave accident qui lui a valu une semaine de coma suivie de 6 mois de convalescence pour se remettre de ses côtes et de ses deux épaules cassées, 6 mois durant lesquels la mission, bien sûr, était au point mort. Quand la mission put reprendre, la guerre battait son plein et il ne faisait pas bon être français en terres espagnoles à ce moment-là. Méchain avait beau expliquer qu’il était là, avec ses instruments bizarres, pour faire avancer la science, l’autorité militaire éprouvait peu de compassion – allez savoir pourquoi – et l’envoyait régulièrement derrière les barreaux…
D’ailleurs, le fait que Méchain ne puisse pas aller et venir comme il le souhaitait a eu une conséquence fâcheuse que nous subissons encore aujourd’hui… Le mètre est faux. Le mètre original bien sûr, et également toutes les définitions du mètre qui ont suivi, y compris la définition actuelle dérivée de la vitesse de la lumière.
Si le mètre correspond au dix-millionième de l’arc de méridien entre le pôle et l’équateur, l’arc en question devrait donc mesurer pile 10 millions de mètres. Or les dernières mesures satellite sont formelles: ce tronçon mesure en fait 10’002’290 mètres. Il manque donc 0.229 millimètres au mètre de Delambre et Méchain! L’équivalent de l’épaisseur de 2 pages d’un livre. Ce n’est pas grand chose, certes, mais deux pages, c’est palpable… C’est une distance perceptible à l’oeil nu. Pas que cela change grand chose dans nos vies, mais cela compte pour les mesures de très haute précision, bien sûr.
Quel rapport entre les événements de 1793 et cette erreur? Empêché de dessiner ses triangles sur la montagne de Monjuïc, à côté de Barcelone, Méchain fit ses mesures astronomiques depuis la terrasse de son hôtel de Barcelone, la Fontana de Oro. En décembre, il profita de l’avantage du solstice d’hiver pour mesurer l’angle de la rotation de la Terre relativement à son orbite autour du soleil. Un brin orgueilleux, il voulait obtenir une mesure plus précise que quiconque au cours de 4’000 années précédentes. Comme bonus, cette observation offrirait une validation de ses résultats de mesures de la latitude à Montjuïc issue de la mesure de la hauteur de 6 étoiles: Polaris, Kokab, Thuban, Mizar, Elnath et Pollux. Pour son analyse finale, il n’avait utilisé que les 4 premières, celles pour lesquelles il avait collecté le plus de données. Les trois premières convergeaient à merveille. Le degré de précision obtenu était tout à fait remarquable, il pouvait situer le château de Montjuïc sur une carte avec une précision de 30 pieds, pas tout à fait la précision du GPS, mais vraiment tout à fait impressionnant pour l’époque. C’est ce genre d’exploit qui lui avait valu de commander l’expédition-sud. Ceci dit, les résultats de la 4e étoile, Mizar, divergeaient des 3 premières par 4 secondes d’arc. Ou quelque 400 pieds. Il a pensé que c’était un problème de réfraction. Il a passé tout l’hiver à reprendre des mesures, toutes les nuits jusqu’en mars, même à Noël et à Nouvel-An. Et à chaque fois, les 2 premières étoiles donnaient des mesures cohérentes hyper précises, faisant de la Terrasse de la Fontana de Oro l’emplacement le plus précis de la planète. Mais Mizar donnait encore et toujours des résultats différents. Pour en avoir le coeur net, il lui suffirait de superposer ses mesures depuis Montjuïc à celles prises depuis l’hôtel, en soustrayant la distance entre l’hôtel et la montagne (que son équipement lui permettait bien sûr de connaître avec une précision inégalée).
Il créa une triangulation entre son hôtel, Montjuïc et la cathédrale de Barcelone. Ainsi qu’une seconde triangulation entre son hôtel, Montjuïc et la Lanterna (le phare du port). Il en aurait le coeur net. Sauf que… Il faudrait qu’il mesure les angles à chaque point. Et l’accès au château de Montjuïc, haut-lieu stratégique, était formellement interdit à tout citoyen français. Il a tellement supplié le Commandant de Montjuïc qu’il obtint le droit de réaliser des mesures depuis son ancienne tour d’observation, pendant une seule et unique journée. Le dimanche 16 mars 1794, il grimpa donc sur la colline et réalisa sa dernière triangulation, tandis qu’en plaine, des centaines de ses compatriotes croupissaient derrière les barreaux. Puis il rentra à son hôtel pour faire ses calculs. La distance entre Montjuïc et son hôtel était de 1.1 mile, précisément. Verdict après la soustraction de la distance et la superposition des résultats: une anomalie encore plus importante que ce qu’il avait obtenu précédemment! Quelque chose était faux quelque part. Une observation ou un calcul. Impossible de savoir où. Il fallait recommencer toutes les observations et refaire tous les calculs, ce qui lui était formellement interdit… Le commandant avait déjà eu de gros ennuis pour lui avoir accordé cette journée. De plus, Méchain avait déjà expédié ses premiers résultats à ses collègues parisiens! Pour éviter le déshonneur, il a préféré camoufler ses résultats. Cela l’a hanté toute sa vie. Chassé d’Espagne, il s’est rendu en Italie (alors que tout le monde à Paris le croyait prisonnier des espagnols!) Et manque de pot, le mât du bateau s’est pris la foudre le jour du départ… Heureusement, cela n’a pas détruit son précieux matériel. Ce qui lui permit de reprendre la mission du côté français des Pyrennées plusieurs mois plus tard.
Longtemps après la fin de la mission, Méchain a même tenté de refaire une triangulation entre Barcelone et les Baléares pour en avoir le coeur net, dans des conditions si difficiles qu’il y mourrait, succombant au paludisme à 60 ans. Ce n’est qu’après sa mort que Delambre, après la publication des “Bases du Système Métrique” (signé de MM Méchain et Delambre, par loyauté et respect envers son camarade, alors que Delambre l’a écrit tout seul), ce n’est qu’après avoir complètement lié son nom à celui de Méchain, pour la postérité, que Delambre découvrit, en 1806, que Méchain avait camouflé ses résultats… Ses notes, prises au crayon, avaient été carrément effacées et réécrites!
Les années suivantes
Revenons à 1794… Je vous passe les détails du reste de l’expédition… Ce fut épique d’un bout à l’autre. On refusait à Delambre et Méchain leurs papiers-valeurs dans les auberges. Ils luttaient quotidiennement contre la pluie, la neige, le vent, les éléments… Leurs installations furent détruites à plusieurs reprises par la foudre. Delambre dut apprendre la couture pour greffer du tissu rouge et bleu sur les draps blancs de ses églises… Il se fit attaquer par des chiens… Méchain affrontant la glace et les mauvais conditions ne parvint à établir que trois malheureux triangles en 6 mois entre Perpignan et Carcassone. Ces messieurs, initialement plus à l’aise au milieu de leurs livres, dormaient désormais parfois à même le sol, ou dans des endroits carrément insalubres… On leur parlait en Provençal pour montrer qu’ils n’étaient pas les bienvenus et quand on ne les accusait pas d’espionnage, on les soupçonnait de sorcellerie… On leur créait tous les jours de nouveaux obstacles. Bref, il fallait vraiment vraiment croire à cette mission pour la conduire jusqu’au bout!
En 1797, quand Delambre arriva à Rodez, aucune trace de Méchain! Il était encore coincé dans les montagnes noires du Languedoc. Toujours tourmenté par ses résultats de Barcelone et victime du froid, il n’avait en fait réalisé que deux heures de mesures au cours des deux dernières années! Bref… Tout allait toujours de travers.
Mais bien sûr, avant cela, en 1795, la France s’impatientait et prit des mesures provisoires de l’expédition pour fixer ce qui deviendrait finalement le mètre, avec cette imprécision de 0,2 millimètres. Et tant pis pour le but même de cette mission qui devait ramener une mesure plus précise que jamais. De février 1796 à décembre 1797, seize mètres-étalons, gravés dans du marbre, furent placés dans Paris et ses alentours, pour familiariser la population avec la nouvelle mesure. Aujourd’hui, il n’en subsiste que quatre :
l’un est au 36 de la rue de Vaugirard, à droite de l’entrée ;
le deuxième, replacé en 1848, est au 13 de la place Vendôme, à gauche de l’entrée du ministère de la Justice,
le troisième est à Croissy-sur-Seine (Yvelines), dans un mur de la rue au Mètre,
le quatrième à Sceaux (Hauts-de-Seine).
Le mètre étalon du 36, rue de Vaugirard à Paris (VIe arrondissement)
L’une dans l’autre, la véritable mission dura 7 ans et ne se termina qu’en 1799. Et quels que fussent ses résultats, il était déjà trop tard pour changer le mètre… Heureusement, peut-être, car les résultats, au final, étaient encore plus faux que les résultats provisoires! Finalement, le mètre théorique de l’Académie des sciences de 1791 était encore le plus proche de réalité. Si on s’en était tenu à celui-là, le mètre serait plus proche du dix-millionième de demi-méridien qu’il ne l’est aujourd’hui.
Tout ça pour ça! Le mètre est une formidable erreur dédiée “à tous les hommes et à tous les temps”!
Si c’était à refaire, aujourd’hui, il est évident qu’on ne s’y prendrait pas comme cela. Mesurer une portion de méridien avant même de connaître la courbure de la Terre, n’était de toute façon pas une bonne idée. Ceci dit, la mission n’aura pas été inutile. Très forte sur le plan symbolique, elle a servi de levier politique pour faire passer le système métrique. Et de nombreuses avancées technologiques dans le domaine de la géodésie (la science de la mesure de la Terre) en ont directement découlé. Et enfin, c’est tout de même une histoire épatante!
Pour finir l’histoire, on a produit de nouveaux mètres-étalon en 1799 et 1889.
En 1960, La Conférence Générale des Poids et Mesures a adopté une définition du mètre fondée sur une base atomique (la longueur d’onde dans le vide de la radiation correspondant à une transition entre des niveaux d’énergie spécifiés de l’atome de krypton 86).
Puis en 1983, la même conférence a redéfini une dernière fois le mètre, par rapport à la vitesse de la lumière (la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1⁄299 792 458 de seconde), ce qui est pour le moins circulaire quand on sait que la vitesse de la lumière est justement déjà exprimée en mètres par seconde…
A la fin de la révolution métrique: un système harmonisé pour tous les poids et mesures…
Surfaces et volumes
Avec le même unité, on mesure non seulement les longueurs (même millimétriques ou kilométriques), mais également les surfaces avec le carré de l’unité, et les volumes avec le cube de l’unité. Même si les noms sont parfois un peu exotiques, comme le stère, par exemple, utilisé pour le bois et qui signifie en fait 1m3, les unités de distance, de surface et de volume sont toutes définies à partir du mètre.
Masse
Le gramme était initialement défini comme la masse d’un centimètre cube d’eau à la température de 4 °C, ce qui correspond à un maximum de masse volumique.
En 1799, un étalon en platine d’un kilogramme (le grave), soit la masse d’un décimètre cube d’eau, fut déposé (ainsi qu’un étalon du mètre) aux Archives de France.
En 1875, l’unité de masse fut redéfinie comme « kilogramme », qui devint ainsi la seule unité du système métrique avec un préfixe multiplicateur.
Ce n’est qu’en 1889 que le kilogramme des Archives fut remplacé par le prototype international du kilogramme, conservé depuis cette date au pavillon de Breteuil, qui abrite depuis 1875 le Bureau international des poids et mesures (BIPM). On parle beaucoup de ce kilogramme-étalon car il pose aujourd’hui un sérieux problème sur lequel nous reviendrons à la fin du dossier.
Température
Avant la révolution métrique, on utilisait, en France, le degré Réaumur qui vaut 1,25 degré Celsius. (Sur l’échelle de Réaumur, l’eau gèle à 0°, mais bout à 80°). Dans la foulée de la révolution métrique, on a opté pour le degré centigrade avec lequel l’eau gèle à 0° et bout à 100°. D’ailleurs, ce n’est qu’en 1948, lors de la 9eConférence générale des poids et mesures (CGPM), qu’on a finalement tranché entre les trois termes « degré centigrade », « degré centésimal », et « degré Celsius » en faveur de ce dernier.)
Argent
La France a restauré le franc qui datait de 1350, et l’a divisé en décimes et en centimes. Le décime (qui valait 10 centimes) fut rapidement oublié…
Calendrier
On l’a également décimalisé dans le calendrier républicain. Les 12 mois faisaient désormais tous 30 jours, soit 3 “décades” de 10 jours. Donc 360 jours par année. Du coup, on devait ajouter à la fin du calendrier des jours – qu’on a d’abord appelés “sans-culottides” avant de les rebaptiser jours complémentaires – pour faire le compte avec l’année “tropique” (soit le temps que prend la Terre pour faire un tour complet autour du Soleil).
Ces jours complémentaires avaient des noms tout à fait savoureux… Primidi, le jour de la vertu, duodi, le jour du génie, tridi, le jour du travail, quartidi, le jour de l’opinion et quintidi, le jour des récompenses.
Tous les quatre ans, bien sûr, on ajoutait le sextidi, jour de la révolution.
Quant aux jours de la semaine, on n’avait pas assez de planètes pour conserver leurs noms (lundi: Lune, mardi: Mars, mercredi: Mercure, jeudi: Jupiter, vendredi: Vénus, samedi: Saturne, et dimanche: dies Dominicus, le jour du seigneur… Un peu trop connoté pour les révolutionnaires), du coup, on a carrément donné un nom différent à chaque jour de l’année. En général des noms de plantes, et, tous les 5, 15, 25, un nom d’animal.
Aujourd’hui, 7 février, un jeudi, nous serions le 19 du mois de pluviôse, ce jour portait dans l’année républicaine le nom unique de pulmonaire.
Bref, si le mètre était extrêmement pratique, le calendrier républicain en revanche, n’était pas vraiment une réussite! D’autant plus que de 52 semaines – donc 52 dimanches – on est subitement passés à 36 décadis, soit 16 jours de congé de moins par année. Sans compter toutes les fêtes catholiques qui avaient disparu du calendrier et devenaient des jours travaillés ordinaires. Les gens n’étaient pas contents. Et cela posait également de sérieux problèmes techniques: l’année républicaine devait commencer “à minuit le jour où tombe l’équinoxe vrai d’automne, pour l’observatoire de Paris“. Ce qui supposait de connaître toutes les équinoxes d’automne pour les années, voire les millénaires, à venir. Car le moins qu’on puisse demander à un calendrier, c’est quand même d’avoir un certain pouvoir prédictif! Le 22 septembre 1792, l’équinoxe a eu lieu à 9h 18′ 30”. En 1793, à 3h 11′ 38”. De quoi rendre fous les astronomes… Plus on s’éloignait dans le temps, plus il était difficile de prévoir quand commencerait l’année. Pour l’année 143, par exemple (c’est à dire septembre 1936), Delambre se rendit compte qu’on avait un gros problème. La précision des calculs ne permettait pas de savoir exactement si le 5e jour complémentaire tomberait 20 secondes avant minuit ou 2 minutes après, c’est à dire le jour suivant. Du coup, impossible de prévoir quand commencerait l’année 144!
Ce calendrier vécut 13 ans puis fut abandonné à tout jamais.
On notera en passant qu’il n’existe toujours pas de calendrier universel aujourd’hui.
Horaires
Les journées elles-mêmes n’avaient pas été épargnées! Le jour de minuit à minuit fut divisé en 10 heures de 100 minutes chacune, de 100 secondes chacune. Désormais, les jours compteraient 100’000 secondes. C’était certes très pratique, mais les heures étaient un peu longues…
Quid de l’adoption de ce système métrique?
Pendant des siècles, on a cherché une solution pour disposer d’unités de mesure standardisées et universelles, et quand une solution fut enfin été proposée, plus personne n’en voulait!
Il faut dire qu’on y perdait ses repères, tout changeait en même temps, les unités de longueur, de surface, de volume, les masses, les températures, la monnaie…
Sans parler de l’objet même de la révolution: une nouvelle forme de gouvernance, de nouvelles valeurs… Tout, absolument tout, changeait en même temps! C’est d’ailleurs également à cette occasion-là qu’on a proposé un découpage du territoire français en 81 départements. Pourquoi 81? Parce que c’est le carré de 9. Chaque département était un carré de 18 lieues de côté (environ 75 km) , divisé en 9 districts, subdivisés en cantons. Des carrés dans des carrés qui devaient permettre à chaque citoyen – où qu’il habitât – de se trouver à une journée au maximum du chef-lieu de son département, ce qui lui permettrait de faire l’aller-retour en 2 jours en tout. (Ça, c’était sur le papier. Quelques discussions et compromis plus tard, ce n’est pas exactement comme cela que ça s’est passé, mais on comprend mieux la relative homogénéité de la taille des départements français.)
Bref, tout cela était tout à fait rationnel, très bien pensé, tous ces changements partaient d’une excellente intention, mais cela en faisait tout de même beaucoup à encaisser en même temps… Le terme “révolution” prend vraiment ici tout son sens!
Accessoirement, les transitions étaient compliquées… Tout comme quelque 210 ans plus tard, convertir 6,55957 francs français pour chaque Euro n’allait pas être chose aisée, à la Révolution, les anciennes et les nouvelles mesures n’étaient pas simples à convertir. Un mètre ne faisait bien sûr pas pile 3 pieds mais un peu plus. Les gens avaient peur de se faire avoir.
Malgré tout, le système métrique décimal fut institué le 18 germinal an III (7 avril 1795) par la loi ” relative aux poids et mesures “. Et fut diversément apprécié…
Le système métrique décimal était tellement simple et universel qu’il commença à se propager hors de France. Avec le développement de l’industrie et la mise en place des réseaux ferroviaires, tout le monde en avait besoin et son adoption se fit progressivement. Dès le début du XIXe siècle dans plusieurs provinces italiennes. Dès 1816 au Pays-Bas (où il fut même rendu obligatoire). En 1849 pour l’Espagne…
Tout le monde s’y mettait? Non… Un petit village résistait encore et toujours… Le petit village d’à côté aussi, et les villes, et les campagnes… Bref tout un grand pays résistait! Lequel? La France pardi!
Le peuple résistait, et pas seulement les paysans ignorants… Les anciennes mesures étaient encore bien ancrées dans toutes les mentalités, même chez les officiels du gouvernement. Et ce n’était pas tant par loyauté envers l’ancien régime qu’on restait attaché aux anciennes mesures, mais c’était juste le poids des habitudes…
Le président de l’Assemblée n’hésita pas à citer Jean-Jacques Rousseau: “Les hommes préfèreront toujours une mauvaise manière de savoir à une meilleure manière d’apprendre.”
L’ultime ironie se produisit lorsque l’Office Central des Poids et Mesures envoya un extrait des nouveaux standards métriques à une succursale de province en précisant que le poids du colis était de 60 livres poids-de-Marc!
Idem chez les professionnels… Ceux pour qui changer de poids et mesure supposait de changer d’équipement mettaient les pieds au mur! Les artilleurs râlaient aussi… Le système métrique allait nuire au ratio mathématique parfait entre le poids des boulets le calibre des canons! Bref, fidèle à une certaine tradition, la France râlait…
En 1812, Napoléon – qui avouait être “incapable de penser avec les nouvelles unités” – rétablit carrément les anciennes subdivisions. Il inventa le pied métrique (d’un tiers de mètre), la toise métrique (de pile deux mètres)…
Après beaucoup de mesures contradictoires, ce ne fut que par la fameuse loi du 4 juillet 1837 (entrée en vigueur le 1er janvier 1840) que le système métrique fut définitivement et exclusivement adopté en France, soit tout de même quasi un demi-siècle après son invention! Et plus de 20 ans après les Pays-Bas!
Adoption progressive du système métrique dans le monde (image Wikipédia)
Petit à petit tout le monde (ou presque) adopte le mètre… Ceci dit, au cours du XIXe siècle, un nouveau problème apparaît: les pays qui ont opté pour le mètre sont dépendants de la France à chaque fois qu’il s’agit d’obtenir des copies exactes des étalons du mètre et du kilogramme. Pour éviter de nouvelles difficultés, on crée le Bureau international des poids et mesures(B.I.P.M.) en 1875 qui permet de faire signer par 17 états, la même année, un traité connu sous le nom de Convention du mètre. Pour faire court, cette Convention permet la création de trois institutions, la Conférence Générale des Poids et Mesures, le Comité International des Poids et Mesures et le Bureau International des Poids et Mesures, l’autorité mondiale en termes de métrologie. Les travaux de ces différents organismes ont permis la création du Système international d’unités (SI), l’évolution du système métrique original, en vigueur presque partout (Sauf, comme on l’a vu la semaine dernière, aux Etats-Unis, au Myanmar (Birmanie) et au Libéria). Aux Etats-Unis, ceci dit, le système métrique est de plus en plus utilisé, dans les domaines de la science et de la médecine notamment, ainsi qu’au sein des Agences Fédérales.
Partout… Même chez les Anglais?
Eh oui, les Britanniques ont pris l’engagement d’adopter le système métrique lors de la Conférence internationale de Washington de 1884. C’est à la même occasion que le méridien de Paris fut abandonné au profit du méridien de Greenwich, après d’âpres discussions entre Français et Britanniques, en échange justement de l’adoption du système métrique par le Royaume-Uni. Je pense que nos amis français se sont un peu fait avoir, pour le coup 😉
Petite illustration de notre ami Guillaume Lebrun (Twitter: @glb92 Web: glebcreation.fr) pour fêter le passage au mètre des Britanniques.
Quant aux américains, ils ont failli être les premiers à avoir le mètre! Thomas Jefferson, alors Premier Secrétaire d’Etat et tout à fait convaincu des idées de la révolution a proposé en 1789 au Congrès américain de passer au système décimal pour les unités de mesures. Ce n’était pas exactement le mètre (il n’avais pas encore été inventé), mais un système très proche, et complètement en base 10. Après y avoir accordé beaucoup de considération, le Congrès n’a pas donné suite au projet.
Les unités actuelles, pas encore toutes basées sur des constantes…
Aujourd’hui, on se débrouille avec les 7 unités de base de base du Système International : le mètre pour la longueur/distance, le kilogramme pour la masse (toujours la seule unité à préfixe de tout le système), la seconde pour le temps, l’ampère pour l’intensité des courants électrique, le kelvin pour les températures, la mole (utilisée en physique et en chimie pour comparer les éléments entre eux) et la candela qui permet de mesurer l’intensité des sources lumineuses. De ces 7 unités de base, sont dérivées 59 autres unités qui sont en fait des combinaisons des 7 premières (pour les vitesses, les puissances, la radioactivité, les angles, etc.)
Certaines de ces unités, sont déjà basées sur des constantes, d’autres pas encore. Un sous-comité du Comité international des poids et mesures (CIPM) a proposé une révision des définitions de ces unités de base, cette proposition pourrait être appliquée lors de la 25eConférence générale des poids et mesures (CGPM) en 2014.
Le mètre, on l’a vu, est dérivé de la vitesse de la lumière depuis 1983 (la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1⁄299 792 458 de seconde), il ne va pas bouger.
La seconde a d’abord été définie comme la fraction 1⁄86400 du jour solaire terrestre moyen. En 1956, pour tenir compte des imperfections de la rotation de la Terre – qui ralentit notamment à cause des marées – elle a été basée sur la révolution de la Terre autour du Soleil et définie comme la fraction 1⁄31 556 925,9747 de l’année tropique 1900. Finalement, en 1967, elle a été redéfinie par rapport à une constante, la radioactivité du césium. Extrait de Wikipédia :
La seconde est la durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation correspondant à la transition entre les niveaux hyperfins F=3 et F=4 de l’état fondamental 6S½ de l’atome de césium 133.
En d’autres termes, la seconde est un multiple de la période de l’onde émise par un atome de césium 133 lorsqu’un de ses électrons change de niveau d’énergie. C’est déjà une constante, elle ne va pas bouger non plus en 2014
L’ampère est basé sur une définition difficile à reproduire de manière précise (je vous épargne le protocole!). La nouvelle définition est basée sur une valeur numérique fixe de la charge élémentaire. Tout aussi compliqué, je vous laisse aller voir ici pour en savoir plus.
Le kelvin se base sur les changements d’état de l’eau pour définir l’échelle. La nouvelle recommandation propose de se baser sur l’énergie équivalent comme donnée par l’équation de Boltzmann. Le kelvin devient dépendant des définitions de la seconde, du mètre et du kilogramme.
La mole est actuellement définie par rapport au kilogramme; c’est la quantité de matière d’un système contenant autant d’entités élémentaires qu’il y a d’atomes dans 0,012 kilogramme de carbone 12. Dès l’année prochaine, elle pourrait être définie en fixant la valeur numérique du nombre d’Avogadro.
La candela
La définition proposée est la même que celle utilisée actuellement mais reformulée. Là aussi, je vous épargne les formules complexes, mais si vous y tenez vraiment, vous pouvez cliquer ici 🙂
Le kilogramme
Je l’ai gardé pour la fin car c’est une histoire en soi… On l’a vu, le gramme était initialement dérivé du mètre. En 1889, on en a coulé un kilogramme-étalon en platine iridié, placé sous une cloche et conservé au Bureau international des poids et mesures (BIPM), à Sèvres, près de Paris. Le problème, c’est que malgré toutes les précautions, aujourd’hui, ce kilo n’est plus ce qu’il était!
Selon le BIPM, “en raison de l’accumulation inévitable de polluants sur les surfaces, le prototype international subit une contamination réversible de surface d’environ 1 microgramme par an en masse”. Du coup, aujourd’hui, plus aucune copie n’est en accord avec l’étalon, on a un sérieux souci…
La redéfinition proposée par le sous-comité du CIPM propose de faire comme pour la mole, soit le baser sur la constante d’Avogadro. Cela le rendrait dépendant des définitions de la seconde et du mètre. Une alternative consisterait à le baser sur constante de Planck (qui définit la taille des quanta).
Mais ces propositions vont peut-être complètement revues car une équipe de chercheurs de l’Université de Californie à Berkeley vient de réussir un tour de force spectaculaire publié dans Nature le 1er février dernier: ils ont réussi à mesurer la masse en secondes! Un excellent article de Pierre Barthélémy (Passeur de Sciences) explique le principe en détail. En gros, il s’agit d’expérimentations basées sur la relativité générale d’Albert Einstein et la théorie des Quanta de Louis de Broglie avec un soupçon de relativité restreinte, notamment la dilatation du temps. Les chercheurs de Berkeley ont donc eu l’idée de combiner les ondes de matière émises par des atomes en mouvement avec les ondes provenant d’atomes stationnaires. On a pu mesurer le décalage et l’étude conclut qu’on peut utiliser un seul atome pour mesurer le temps. Mais ce qui est beau, c’est que l’inverse est vraie: en mesurant le temps on peut connaître la masse de l’atome!
Bref, on n’a pas fini de parler du kilogramme!
Merci particulier à Jonathan Pain-Chamming’s sans qui ce dossier en deux volets n’aurait pas existé (c’est lui qui l’a demandé), à Laurent Vavasseur, médiateur scientifique au Musée des Arts et Métiers à Paris, à Ben Curdy et Julien Geandrot qui ont porté à ma connaissance l’article de Pierre Barthélémy du 3 février 2013 sur la mesure de la masse en secondes. Et enfin merci à Guillaume Lebrun alias Gleb, pour son illustration sur le passage au système métrique par les britanniques.
Sources et références
Ken Alder, “The Measure of All Things”, un livre absolument passionnant basé sur les archives de l’expédition de la mesure de l’arc de méridien Dunkerque-Barcelone.
Denis Guedj, “Le mètre du Monde”, un livre tout aussi passionnant et, en plus, très bien écrit, que je n’ai malheureusement pas eu le loisir de lire complètement avant de préparer ce dossier mais dont je me suis néanmoins inspiré ici et là.
Aujourd’hui, Alan et moi avons réussi à expulser les matheux qui piratent régulièrement podcast science. Mais rassurez vous NicoTupe et Robin seront très bientôt de retour. En attendant, tant pis pour nos statistique puisque voici un épisode que vous pourrez comprendre dès la première écoute ^_^ Alan en personne vous a amoureusement préparé le dossier en deux volets de cette semaine et de la semaine prochaine. Vous saurez bientôt tout ou presque sur l’unification des systèmes de mesures ! Dans ce premier épisode, nous verrons pourquoi nous avions besoin du mètre.
Thou shalt not have in thy bag divers weights, a great and a small. Thou shalt not have in thine house divers measures, a great and a small. Deuteronomy 25:13/14 Traduction: Tu n’auras point dans ton sac deux sortes de pierres à peser, une grande et une petite. 14 Tu n’auras point dans ta maison deux sortes d’épha, un grand et un petit;
Les plugs de la semaine
Nous sommes passés sur Soundcloud car notre pauvre serveur n’en pouvait plus! Désolés pour les couacs dans vos lecteurs RSS…
Nouvel excellent épisode de Vie Artificielle, l’autre podcast scientifique de David
à l’occasion de “l’année mathématique de la planète Terre”, lancée entre autres par l’union mathématique internationale et l’unesco, une bande d’optimistes forcenés a lancé le projet : “un jour une brève”. http://mpt2013.fr/ . Tout est dans le titre : le but est de tenir toute l’année à ce rythme, avec un appel à contribution à tous les chercheurs qui auraient quelque chose à raconter là dessus. On peut avoir peur de voir l’idée s’essouffler sur le long terme, mais personnellement, je trouve ça assez osé, et potentiellement ça permettra de montrer des aspects divers et variés de recherches mathématiques contemporaines.
Prochaine émission
Le 7 février 2013 à 20h30: Alan, l’épopée du mètre 2/2. Suivez-nous en live 🙂 D’ici là, bonne semaine à toutes et à tous!
La chatroom
[20:29] == Alan2 [webchat@85.218.109.18] has joined #podcastscience
[20:31] <gibie> oui cela marche très bien pour moi !
[20:32] <gibie> monsieur
[20:32] == peremptoire [webchat@ARennes-652-1-5-25.w2-10.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:32] <peremptoire> Bonsoir :3
[20:32] <gibie> pseudo en rapport avec les shadoks