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Son de la semaine Podcast Science 117 – La bibliothèque audio Macaulay

Photo de loup gris (Wikipédia) Petit bijou de  découverte cette semaine grâce à Lucile qui m’a forwardé un article de Wired qui présente les archives sonores de la librairie Macaulay, de l’Université Cornell. Cette bibliothèque contient plus de 150’000 enregistrements de haute qualité, tous disponibles en ligne. Il s’agit de la plus grande collection au monde de sons de faune sauvage. On y retrouve les murmures, les cris, les ronronnements de plus de 9’000 espèces, y compris des espèces disparues. La collection a débuté en 1929, mais n’a été complètement numérisée qu’au cours des 12 dernières années.

Mises bout à bout les archives de cette collection en ligne comptent quelque 7’500 heures d’enregistrement et occupent 10 terabytes d’espace disque.

Franchement, on a l’embarras du choix. Allez savoir pourquoi, j’avais envie d’entendre un loup. C’est donc un loup gris, canis lupus lupus, que nous avons eu le plaisir d’écouter. (Merci Taupo pour la précision, c’est bien un canis lupus lupus.)

» Le son original (plus long)

» Le site de la bibliothèque sonore Macaulay

» L’article de Wired

» Le blog de Lucile

La mesure de toute chose – partie 1 – pourquoi il nous fallait le mètre

Dossier d’Alan présenté dans l’épisode #117. Vous pouvez aussi aller consulter la seconde partie de ce dossier.

Image Gimli Glider (source Wikipédia)Pour bien illustrer le problème dont nous allons parler aujourd’hui, je vais commencer par vous raconter l’histoire du “Gimli Glider“, ou Planeur de Gimli.

23 juillet 1983. Le Boeing 767-233 d’Air Canada traverse tranquillement le continent américain d’Est en Ouest à 41’000 pieds (12’500 kilomètres mètres) d’altitude. À son bord, 61 passagers et les 8 membres de l’équipage du vol 143, qui assure la liaison entre Montréal et Edmonton, dans l’Alberta. On lit le journal, on discute, on regarde le film. C’est un vol de routine, rien ne peut arriver… Et pourtant!

Alors que l’appareil survole Red Lake, dans l’Ontario, les systèmes d’alerte commencent à s’agiter de toutes parts dans la cabine de pilotage: les moteurs semblent ne plus être alimentés en kérosène! Au bout de quelques minutes seulement, tout bascule. Les moteurs s’arrêtent. Le système de contrôle électronique, alimenté en électricité par les moteurs, s’arrête lui aussi. Tout s’éteint dans l’appareil. Aux manettes, le capitaine Bob Pearson et le co-pilote Maurice Quintal, ne perdent pas leur sang-froid. Le 767, cet immense appareil d’un genre nouveau, est désormais un planeur! Les deux hommes cherchent dans les procédures d’urgence comment le poser sans moteurs. Aucune information. Personne au monde n’a jamais piloté cet avion sans moteur, pas même dans un simulateur.

Il faut faire vite; sur les derniers 10 miles marins (env. 19 km), l’appareil a déjà perdu 5’000 pieds d’altitude (1’500 m). À ce rythme, impossible d’atteindre le moindre aéroport. Quintal propose de viser la base militaire désaffectée de Gimli, où il avait été posté plus jeune et dont il ignore qu’elle a été convertie en piste de course automobile, où une fête se tient ce jour-là. Lorsque le circuit est en vue, l’avion a encore beaucoup trop d’altitude et arrive trop vite. Les deux hommes considèrent l’option d’effectuer un tour à 360° pour perdre de la vitesse et de l’altitude, mais il n’y a plus le temps. Ils optent pour une glissade, une technique de pilotage devenue particulièrement fameuse ce jour-là, permettant de perdre de l’altitude sans accélérer, en général plutôt pratiquée sur les petits avions et les planeurs. Une fois la manoeuvre effectuée, Pearson essaie de sortir le train d’atterrissage. Mais sans système électrique, pas d’assistance hydraulique. Et sans assistance hydraulique, le train arrière sort grâce à la gravité… Mais les roues avant, trop légères pour se fixer grâce à leur propre poids, restent aux abonnés absents. Pearson et Quintal parviennent tout de même à poser l’appareil. Dès qu’il touche le sol, ils se tiennent littéralement debout sur les freins essayant avec l’énergie du désespoir de pallier l’absence d’assistance hydraulique à l’arrière et carrément de roues à l’avant. Les pneus arrière explosent. Les hommes continuent de freiner. Après un suspense inouï, leurs efforts paient et l’avion finit par s’arrêter net à quelques dizaines de mètres seulement des célébrations du “Jour de la Famille” en bout de piste. Des 69 personnes à bord, 69 s’en sortent indemnes, avec à peine quelques égratignures. Même l’avion est intact: il reprendra du service – après une petite révision – pour 35 années encore.

Gimli Glider (dessin by @Nicotupe)

Pourquoi je vous raconte cette histoire? Parce qu’elle illustre parfaitement le problème que nous allons voir aujourd’hui: l’histoire du système métrique, de son adoption, des moments de transition, de la résistance au changement. En 1983, le Canada était en pleine transition entre le système impérial et le système métrique. Pour faire court, lors du plein, il aurait fallu alimenter le Gimli Glider avec 22’300 kg de kérosène. Or son réservoir n’en a reçu que 22’300 malheureuses livres, soit quelque 10’000 kg seulement. Moins de la moitié de ce qu’il fallait. Et personne ne s’en est rendu compte, pas même les pilotes.

En argot du Canada de l’ouest, « to pull a Gimli Glider » veut dire faire une erreur spectaculaire et embarrassante.

L’erreur en question était de ne rien comprendre au système métrique…

Et ce n’est pas la seule du genre…

Mars Climate Orbiter (Wikipedia)16 ans plus tard, le 23 septembre 1999, rebelote, un peu plus loin… Au lieu de s’installer en orbite à quelque 150 km de Mars, la sonde “Mars Climate Orbiter” se désintègre lamentablement dans l’atmosphère de la planète rouge. Une mission à 327 millions de dollars anéantie en quelques secondes parce que les ordinateurs au sol envoyaient des instructions exprimées en livres seconde, une mesure impériale, que la sonde interprétait comme des newton seconde, une unité métrique.

Alors que les Etats-Unis d’Amérique sont l’un des 3 derniers pays au monde à n’avoir pas encore adopté le système métrique (Avec le Libéria et le Myanmar), les scientifiques américains ont tout de même tendance à s’en servir. Parce que c’est beaucoup plus simple à utiliser, bien sûr, et que ça limite les risques d’erreur. L’incident de Mars Orbiter s’est produit tandis que la NASA tentait sa transition vers le système métrique… En fait, dans ces cas-là, une transition en douceur n’est pas tellement possible. Ils avaient opté pour le système métrique et ça se passait bien, mais un de leurs fournisseurs avait mal lu le contrat et son composant fonctionnait en unités impériales.

Ceci dit, même au sein des pays qui ont adopté le système métrique, il y a des exceptions dans certains domaines. Dans l’aéronautique, par exemple, on mesure généralement les altitudes en pieds, sauf en Chine, en Mongolie et dans les ex-républiques soviétiques, où on utilise les mètres.

Les occupants du vol Korean Air 6316, le 15 avril 1999, ont eu moins de chance que les passagers du Gimli Glider. L’avion, un MD-11, s’est écrasé peu après son décollage de Shanghaï. A 1’400 mètres d’altitude, le commandant a pensé qu’on l’avait envoyé à 1’500 mètres par erreur. Que la tour de contrôle avait sûrement voulu dire 1’500 pieds. En descendant trop vite, il a perdu le contrôle de l’appareil. Résultat:  8 morts et 37 blessés.

Pourquoi tant de pieds? (dessin by @Nicotupe)

Le problème se pose aussi avec l’entretien des systèmes qui ont été conçus selon un standard et qui sont révisés selon un autre.

Ainsi, le 05 décembre 2003, à Tokyo. Un axe du grand huit de la montagne spatiale de Disneyland lâche alors que le wagonnet est à mi-parcours. Il déraille, c’est le drame. Comment cela a-t-il pu se produire? Le fournisseur (sans doute britannique d’après les dates) était passé au système métrique entre la livraison initiale en 1995 et l’installation de pièces de rechange en 2002. La procédure avait été parcourue un peu rapidement… Les nouveaux boulons ne faisaient que 1.25 cm de diamètre au lieu des 1.25 pouces prévus (un peu plus du double).

DART et MUBLCOM (Wikipédia)En 2006, à la NASA, le satellite autonome DART s’écrase contre le satellite MUBLCOM auquel il devait s’arrimer, alors que la mission consistait justement à démontrer ses capacités d’arrimage autonome en douceur. 125 millions de dollars dans les choux. Le GPS lui envoyait des informations métriques, le vaisseau spatial les interprétait en unités impériales.

 

 

Un exemple de signalisation (facultative) dans les deux systèmes au Royaume-Uni (image Wikipédia)Il y a des accidents moins spectaculaires, mais plus réguliers… Contrairement à ce qu’on a tendance à penser sur le continent, le Royaume-Uni a bel et bien adopté le système métrique, mais contrairement à la France – qui aujourd’hui encore vous colle une amende si vous essayez de vendre quoi que ce soit dans des unités non-métriques, les Britanniques ont opté pour une transition douce, avec de nombreuses exceptions. Typiquement, les indications de hauteur maximale des camions pour leur passage sous les ponts ou dans les tunnels sont encore exprimées en mesures impériales (parfois en système métrique aussi, mais c’est facultatif). Résultat des courses: une sur-représentation de camions étrangers dans les impacts de ponts. Allez convertir 9 pieds 10 pouces tout en conduisant à gauche…

La triste liste des accidents liés aux différentes unités de mesure est longue, je vous passe les records olympiques annulés faute de les avoir mesuré dans le bon système et les enfants qui ont risqué leur vie parce qu’on leur a donné 5 fois la dose de médicaments prescrite. On aurait pu faire le dossier rien que là-dessus!

Si c’est le bordel aujourd’hui, quid d’hier?

On ne peut même pas imaginer…

Au XVIIIe siècle, les poids et mesures ne variaient pas seulement d’une nation à l’autre, mais carrément d’une ville ou d’une région à l’autre au sein d’une même nation. Sans avoir des conséquences aussi spectaculaires que les accidents modernes que nous venons de passer en revue, cette diversité rendait difficile la communication, le commerce, et rendait impossible une administration rationnelle des poids et mesures – et donc des taxes – par les Etats. Rien qu’en France, les contemporains estimaient qu’avec ses 800 noms d’unités de mesure, l’Ancien Régime comptait pas moins de 250’000 unités différentes de poids et mesures car la même unité n’avait pas la même valeur d’un endroit à l’autre. La livre, par exemple, pesait entre 330 grammes (pour la livre d’origine romaine) et 800 grammes (pour la livre carnassière utilisée en boucherie). Chaque seigneur décidait sur son territoire quelle était la valeur de chaque unité. C’était tout simplement ingérable.

En Suisse, par exemple, c’était spécialement gratiné… Dans cette petite confédération constituée d’Etats souverains plus ou moins autonomes (les cantons), coincée entre la France, la future Allemagne, l’empire Austro-hongrois et la future Italie, adopter un système commun relevait de l’utopie. Si on se concentre sur une seule des nombreuses unités en cours, le pied, voici ce que nous en dit le dictionnaire historique de la Suisse, au chapitre “Poids et Mesures”

La mesure de longueur la plus courante en Suisse romande et alémanique était le pied (all. Fuss ou Schuh), de 26-36 cm, dont trois variantes dominèrent dès le bas Moyen Age: à l’ouest le pied de roi ou de Paris et le pied de Berne, à l’est et au nord le pied de Nuremberg. Le pied de Berne s’utilisait dans l’Etat bernois (canton de Berne, Pays de Vaud et Argovie), mais aussi chez ses voisins, Fribourg, Soleure, Bienne et Neuchâtel, concurremment avec le pied de roi. Ce dernier évinça au XVIIIe s. le pied de Savoie à Genève et des pieds locaux dans l’évêché de Bâle et en Valais. Le pied de Nuremberg pénétra par la Suisse orientale jusqu’à la Reuss et au centre des Grisons. Le pied court de Lucerne se rapprochait des pieds d’arpenteurs (pied de commissaire vaudois, pied de champ neuchâtelois, Feldschuh bâlois). Des pieds locaux survivaient en montagne (Oberland bernois, Suisse centrale, Engadine, Erguël). En un même endroit, on trouvait généralement des pieds de différentes valeurs, certains métiers, comme les maçons, les tailleurs de pierre, les charpentiers ou les arpenteurs, ayant leurs propres références.

C’était à devenir fou. Avec l’avènement du commerce international, et l’arrivée balbutiante de l’industrie, une solution devait être trouvée.

A l’époque de la Révolution française, une poignée de savants – dont Condorcet, Laplace, Lagrange – s’est intéressée à la question. Pour eux, la solution était évidente: il fallait un système universel et rationnel pour ramener l’ordre et la raison dans le commerce et l’échange d’informations. Tout comme la révolution française allait proclamer des droits universels pour tous, ils estimaient qu’elle devait aussi proclamer des mesures universelles pour tous. Et pour éviter les querelles de clocher, de groupes, de nations, pour abolir ce pouvoir arbitraire qui avait été donné aux petits seigneurs qui fixaient eux-mêmes depuis des siècles les poids et mesures, ils décidèrent de dériver la nouvelle unité fondamentale de la mesure du monde lui-même. On ne partirait pas d’une unité existante pour l’imposer partout mais on mesurerait le monde, ou en tout cas, un échantillon suffisamment représentatif du monde, pour en déduire le mètre, du grec “metron”, mesure.

Accessoirement, on utiliserait la base 10 pour passer d’une échelle à l’autre, et ce ne serait pas un luxe… Et on utiliserait des préfixes latins pour le diviser (déci-, centi-, milli-) et des préfixes grecs pour le multiplier (déca-, hecto-, kilo-… )

Disposer d’une unité universelle qui fonctionne partout pour tout, et qui est super simple à diviser et multiplier… Le rêve! A l’époque, une toise (un peu moins de 2 mètres, avec beaucoup de variations bien sûr), une toise, donc, se découpe en 6 pieds de 12 pouces de 12 lignes de 12 points! Quant à la lieue, utilisée pour les longues distances (les voyages), elle ne représentait pas une distance dans l’absolu, mais la distance qu’on pouvait parcourir pendant une heure en marchant, à pied. En plaine, ça représentait environ 4 kilomètres (ce qui est déjà pas mal quand on marche dans les bois et les champs). En montagne, beaucoup moins.

Idem pour les surfaces foncières. Aujourd’hui, on les compte en hectares (10’000 m2). Autrefois, cela dépendait de ce qu’on y trouvait. Un champ qui servait à garder du bétail se mesurait en nombre de têtes qu’il pouvait contenir. Si le champ était travaillé, on le mesurait alors en “hommées“, soit la surface qu’un homme pouvait labourer en une journée. Le même terrain, lorsqu’on y produisait du foin, était mesuré en “charrées“. Une charrée correspondait à un char rempli de foin. La plus belle de ces unités, sans doute, était la “glandée”, soit la surface d’un bois où on emmenait manger les cochons.

Aujourd’hui un mètre se découpe en 10 décimètres, 100 centimètres, 1000 millimètres, ce qui ne nécessite aucune compétence mathématique. Il suffit de déplacer la virgule.

Idem pour la monnaie… En France, il fallait 12 deniers pour faire un sou, 20 sous pour faire une livre, et la livre était en système décimal. 3 bases rien que pour la monnaie. Il fallait être drôlement doué en calcul mental pour s’en sortir!

Les Français, dans la foulée de la révolution, vont donc inventer le mètre tel que nous le connaissons aujourd’hui, au prix de péripéties inouïes que nous verrons la semaine prochaine. Les Français voulaient d’un système dédié à tous les hommes et à tous les temps. On a l’esprit révolutionnaire ou on ne l’a pas…. C’était ambitieux. Un peu trop peut-être pour l’époque?

Le pseudo-pragmatisme britannique

Magna_Carta (Wikipedia)L’immense empire britannique avait un problème similaire. Comment faire du commerce entre l’Europe, l’Asie, l’Afrique, les Amériques et l’Océanie sans unités de mesures fixes et compatibles entre elles? L’histoire est un peu différente: on partait de moins loin. Les anglais avaient commencé à unifier leurs poids et mesures au XIIIe siècle déjà. Dans la Magna Carta, la “grande charte” de 1215 qui pose les bases de la légalité constitutionnelle dans les pays anglo-saxons, un article entier réglementait les poids et mesures sur le territoire.

Le Yard étalon, de 1876, à Trafalgar Sqare, à LondresLe système a été révisé à plusieurs reprises, en 1496, 1588 et 1758 avant d’aboutir au  « système impérial d’unités » en 1824 et qui fait encore référence aujourd’hui. On peut voir depuis 1876, le yard officiel, gravé dans la pierre, à Trafalgar Square, à Londres. Le système impérial est en fait une évolution des unités de mesures romaines, sans doutes importées sur les îles britanniques par les Normands.

Standardiser les unités existantes était probablement une approche pragmatique à l’époque, dans la mesure où on a réglé le problème de la standardisation sans révolutionner tous les usages. Mais quelques siècles plus tard, il faut bien avouer que le système français est beaucoup plus pratique : diviser un kilomètre en mètres ou un mètre en centimètres est un jeu d’enfant. Convertir un sillon (furlong) en 4 perches (rods) de 5.5 verges (yards) faisant chacune 3 pieds (foot) de 12 pouces (inch) est une autre histoire…

Et ce dernier standard anglo-saxon est apparu après l’Indépendance Américaine. Du coup, les unités des deux côtés de l’Atlantique ne sont pas les mêmes! Si les unités de longueur sont grosso-modo identiques (seules quelques subdivisions diffèrent), les unités de poids et de volume par contre présentent des différences importantes. Si vous êtes, disons, un Suisse ou un Belge de 70 kilos, et qu’un Français vous demande votre poids, il faudra juste lui expliquer que 70, ça veut dire 60 + 10, car le Français manque un peu de vocabulaire, c’est bien connu ;). Mais conceptuellement, vous parlez de la même chose. Si vous êtes un Britannique de 70 kilos, càd 11 stones et 0.32 livres, et qu’un Américain vous demande votre poids, il n’aura aucune idée de ce que vous êtes en train de lui raconter. Le “stone“, vaut 14 livres ou 6,35029318 kilogrammes. Et s’il est utilisé au Royaume-Uni, en Irlande et dans certains pays du Commonwealth pour mesurer le poids du corps, il n’existe en revanche tout simplement pas aux Etats-Unis. Dans certains cas, l’unité existe mais n’a pas la même valeur. C’est le cas pour le gallon, une unité de volume qui vaut 4.54609 litres outre-manche versus 3.785411784 litres outre-atlantique s’il mesure un liquide. Eh oui, parce qu’il y a aussi un gallon sec aux Etats-Unis, moins utilisé et qui vaut quant à lui 4.40488377086 litres.

Bref, une fois encore, c’est le boxon, s’il fallait encore s’en convaincre… Dans ces conditions et dans le contexte de collaborations internationales, ce qui est étonnant, c’est qu’il n’y ait pas davantage d’accidents spectaculaires…

La métrification anglo-saxonne

Les pays du commonwealth ont opté pour une transition en douceur, il y a même un mot pour décrire ce long processus : la métrification. Du coup, les mentalités sont un peu à la traîne… Pas évident de changer ses habitudes si on n’y est pas vraiment obligé. Et quelques exceptions ont cours, petit extrait du paragraphe “pays anglophones” de l’article “métrification” de Wikipédia :

  • Jusqu’à janvier 2005 en République d’Irlande, les indications de distances entre villes étaient en kilomètres, mais les limites de vitesse étaient en milles par heure, maintenant les deux utilisent le système métrique.
  • Parmi les pays les plus industrialisés, il semble que le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande soient les plus avancés dans l’adoption généralisée du système métrique.
  • Aux États-Unis le gouvernement oblige les agences fédérales à utiliser les mesures métriques, mais celles-ci sont souvent converties à partir des mesures anglo-saxonnes, ce qui conduit à des indications du style : entrée à 76,2 m (250 ft).
  • Du fait des standards établis de facto par les États-Unis dans certaines activités telles que la navigation aérienne ou, plus récemment, l’informatique, on constate même une pénétration de certaines unités anglo-saxonnes dans des pays utilisant le système métrique : la dimension d’un écran de moniteur est exprimée en pouces, la résolution d’un scanner en point par pouce, etc.
  • En raison des difficultés de conversion au sein même du système, on constate, beaucoup plus qu’avec le système métrique, une adéquation entre une unité et une utilisation. Ainsi si la dimension de la feuille de papier standard A4 est exprimée en France soit par 21 × 29,7 cm, aux États-Unis la dimension standard est de 8½ × 11 in et elle ne sera jamais exprimée en pied.

La suite au prochain numéro

La semaine prochaine, nous évoquerons la fantastique histoire du mètre, comment ce projet fou, destiné “à tous les hommes et à tous les temps”, a pu voir le jour. Nous verrons rapidement quels sont les différents standards du système métrique international (distances, temps, poids, températures, etc.) et comment sont établis ces standards. On verra aussi qu’on a un sérieux problème avec le kilogramme étalon.
» La mesure de toute chose – partie 2

Sources et références

Les erreurs de conversion fameuses

Sur les poids et mesures d’avant la Révolution et l’épopée du système métrique

Fourier…. Transformation!

Dossier présenté par Nico dans l’épisode 116.

En 1799, une pierre pour le peu étonnante est découverte à Rosette. Ce simple morceau de roche contient trois inscriptions : l’une en Hiéroglyphes égyptiens anciens, la deuxième en égyptien démotique et la troisième en grec ancien. Rapidement, l’intuition universellement partagée était que les trois inscriptions étaient le même message dans les trois langues.

Encore fallait-il le prouver et surtout trouver le moyen de faire le chemin d’une langue à l’autre. C’est exactement ce que termina Champollion, un protégé de Joseph Fourier (le mathématicien dont nous allons très vite reparler), en résolvant le mystère des hiéroglyphes.

Il existe autant de systèmes de communication que de groupes d’êtres vivants qu’il pût y avoir dans l’histoire. Et en général, animaux ou humains ont contruit leur « langage » pour répondre au mieux à leurs besoins. Chaque traduction n’est alors que la transcription d’une même idée. Dans l’avant-propos de l’édition française de GEB (ce fameux livre dont je vous parle dans trois dossiers sur quatre), l’auteur (le vrai, l’anglais) qui a tenu à écrire cet avant-propos en français, raconte cela mieux que quiconque :

« Qui lira les éditions anglaise et française de GEB aura un avantage sur les lecteurs en une seule langue : en comparant deux passages, il pourra distinguer ce qui est « glissable », ou l’inessentiel, de ce qui est ferme et essentiel. Comme cela, il découvrira un noyau inglissable : le GEB « platonicien », le GEB idéal, flottant majestueusement dans un espace éthéré, indépendant de toute langue terrestre.[…] Chaque GEB concret — c’est à dire dans une langue particulière — n’est que l’ombre du GEB platonicien sur un mur particulier. »

Ce dossier propose de raconter comment la transformée de Fourier et ses développements ont offert aux sciences une infinité de langages et une méthode de traduction pour passer de l’un à l’autre.

À la découverte d’un nouveau langage

Tout comme la pierre de rosette permit de relier plusieurs langues, c’est par deux « traductions » d’un même problème que sont apparues pour la première fois les séries de Fourier, ancêtre de la transformée de Fourier. Ce problème, c’est celui de mettre en équation le mouvement d’une corde de guitare après qu’on l’ait lâchée. Ce même mouvement que l’on peut facilement observer grâce à certains smartphones…

Pour mettre en équation ce problème, on choisit de s’intéresser à l’écartement de la corde par rapport à sa position au repos tout au long de celle-ci.

guitares

Cet écartement dépend non seulement de la position sur la corde (il n’y a aucune raison que la corde ait le même écartement partout) et du temps (elle vibre!). En fait, depuis que Newton s’est pris une pomme sur la poire, on peut même affirmer que cet écartement évolue comme une onde qui se propage : les équations de Newton permettent de démontrer que la variation de l’écartement de la corde au cours du temps est directement lié à la variation de l’écartement de la corde tout au long de celle-ci.

Reste qu’il fallut trouver une solution, ce que firent D’Alembert et Euler en prouvant que les solutions de l’équation du mouvement d’une corde pouvaient s’exprimer comme la combinaison de deux fonctions périodiques. Une fonction périodique n’est pas forcément une belle vague comme on a souvent tendance à les représenter. En fait, elle peut être tout à fait n’importe quoi sur sa période pour peu que cette période justement se répète indéfiniment.

alinea

Pour autant, les mathématiques étant une science de flemmards, l’envie s’est rapidement fait sentir de raccrocher cela à quelque chose de plus simple et bien connu : les sinus et cosinus! Ces fonctions sont connues de très longue date, ont le bon goût d’être périodiques et surtout de former des solutions particulières de l’équation des cordes vibrantes. Il n’en fallut pas plus pour que Bernoulli envisage que toutes les solutions de cette équation puissent s’exprimer comme une somme infinie de sinus et cosinus bien choisis.

Mais si ces « Séries de Fourier » ne portent pas le nom de Bernoulli, c’est bien parce que cette intuition posait un problème de taille qu’il ne sut résoudre. Tout comme on était convaincu que les textes de la pierre de rosette étaient la traduction du même contenu dans différentes langues sans encore pouvoir élucider la manière pour passer d’un langage à l’autre, il restait encore à trouver comment décomposer une fonction périodique quelconque en série de Fourier. Et contrairement à la pierre égyptienne, la plupart des mathématiciens de l’époque étaient convaincus que les deux mondes ne coïncidaient pas, que certaines fonctions ne pourraient jamais être transcrites en série de Fourier. Par exemple comment réussir à reconstruire une fonction discontinue (qui nécessite de lever le crayon pour la tracer) à partir d’une somme de fonctions continues (où le crayon reste tout le long posé sur la feuille)? Les habitués du podcast savent déjà que l’infini permet beaucoup de choses étonnantes!

En 1822, quand Napoléon cessa de l’empêcher de pratiquer les mathématiques pour l’emmener en Égypte ou lui donner la charge d’une préfecture, Joseph Fourier présenta dans un article la méthode de traduction en série de Fourier.

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Alors c’est bien beau de traduire une fonction mathématique dans une autre langue mathématique, mais on est loin de la promesse introductive d’une révolution scientifique… Il est donc plus que temps de détailler à quoi peut bien servir cette « transformée de Fourier » en l’état.

La plupart des mesures que nous sommes capables de faire dépendent du temps :

  • Un micro mesure la force exercée par les vibrations de l’air sur sa membrane au cours du temps
  • Une antenne mesure le champ magnétique et ses variations au fur et à mesure que le temps court
  • Le laser du DVD, CD et Autre Blu-Ray viens mesurer la profondeur des scillons sur les disques
  • etc.

Et pourtant, connaître l’évolution temporelle d’une mesure est rarement l’information la plus intéressante. L’homme est un animal qui aime les coïncidences, les schémas qui se répètent, afin de pouvoir y apposer des règles et tenter une fois de plus de prévoir l’avenir! Par exemple, pour vérifier ou non une croyance urbaine (récemment annihilée par Alan) selon laquelle la lune influence le sommeil, on aurait pu mesurer pendant plusieurs mois les ondes cérébrales des individus et regarder si l’on peut voir quelque chose se répéter avec un cycle qui aurait un quelconque rapport avec le cycle de la lune. La tâche est assez fastidieuse, le cycle de la lune étant de 29 jours, il aurait fallu essayer de trouver des liens entre les valeurs des signaux d’ondes cérébrales éloignés de 29 jours, de 58 jours (2 cycles), de 87 jours (3 cycles), etc. Ne sachant bien sur pas quelle allure de la lune influencerait le sommeil et dans quel sens. Une tâche très complexe en somme parce que l’information que l’on cherche, des répétitions selon un certain rythme, s’exprime très mal dans le monde temporel.

Un autre exemple récent et amusant a été observé à la coupe du monde de 2010. Chaque match comportait l’aussi traditionnel qu’agaçant son de la vuvuzela…

Le Vuvuzela est un instrument de musique et comme tout instrument de musique, il fait vibrer l’air de manière très régulière. Pourtant, je vous mets au défi de retrouver de la régularité dans le bordel du signal temporel de ses vibrations sonores :

vuvuzela_temporel-4

Heureusement, on connaît un autre monde, celui des fréquences! Au lieu de regarder une mesure à chaque instant, on va mesurer les répétitions présentes pour un ensemble de périodes. On va regarder les évènements qui se produisent tous les jours, tous les deux jours, et ainsi de suite. La fréquence est justement l’unité de mesure du nombre d’évènements par seconde : 1 fréquence de 1Hz concerne les signaux qui se répètent toutes les secondes alors qu’une fréquence de 10Hz ceux qui se répètent dix fois par seconde. Dans un tel monde, il est trivial de voir si la lune a une influence sur le sommeil, il suffit en effet de regarder aux alentours des fréquences multiples de 29 jours si le nombre d’évènements est plus important qu’ailleurs. Dans la représentation fréquentielle, regarder s’il y a des évènements particuliers au rythme de la lune est aussi simple que regarder la valeur du signal en un instant sur la représentation temporelle.

Par exemple, il est trivial de repérer la vuvuzela dans la décomposition fréquentielle du signal précédent, les valeurs les plus fortes se situent autour de 600Hz, avec quelques autres valeurs fortes répétées régulièrement à côté, car la vuvuzela n’est pas un instrument parfait.

VuvuzelaFFT

Fourier a donné au monde le calcul qui permet de passer d’une représentation temporelle à une représentation fréquentielle. Il a donné à n’importe qui l’oreille absolue, la capacité de décomposer n’importe quel signal en notes. Mais attention, pas seulement, parce que les fréquences ne sont pas toujours des fréquences temporelles. Une fréquence indique seulement une répétition et elle peut être tout autre chose que temporelle. Un domaine qui par exemple utilise à outrance la transformée de Fourier est le traitement des images. Une image n’est pas un signal temporel, on prend une seule photo à un instant donné très précis. Quand on appuie sur le bouton de l’appareil photo, l’intensité lumineuse rencontrant chaque pixel est enregistrée, ce qui donne une espèce de gigantesque tableau où dans chaque case est enregistrée l’intensité lumineuse.

Les régularités qui seront alors susceptibles de nous intéresser ne seront pas temporelles, mais plutôt géométriques. Les images, contrairement aux signaux, ont deux dimensions : la longueur et la largeur. Chercher des répétitions dans une image consiste donc à chercher des choses qui se répètent en deux dimensions. En somme, pour faire simple, cela revient, en première approche, à rechercher des rayures. Elles peuvent avoir plusieurs orientations et être plus ou moins larges. Mais contrairement aux zèbres, on se fout pas mal de savoir si elles sont noires ou blanches! Au lieu d’utiliser les pixels pour décrire l’image, on est alors amené à utiliser les rayures.

zebresok

Tout comme l’on décrit l’image en expliquant l’intensité lumineuse présente dans chaque pixel, on détaille maintenant l’image en précisant avec quelle intensité est présente chaque rayure. Si l’on reprend l’exemple de notre zèbre, les rayures verticales sont beaucoup plus présentes que les rayures horizontales.

Comme dans les langues on parle de dictionnaire : le dictionnaire des pixels et celui des rayures. La transformée de Fourier est quant à elle le dictionnaire de traduction. Et à ce jeu des traductions, certaines langues sont plus efficaces que d’autres. Ainsi alors qu’en français, on prendrait tout le temps de dire :

« Travaux préparatoires sur la contribution à la discussion du système de maintenance au soutien du matériel du système de simulation global de l’aviation pour la part nord-est de la côte artillerie de la Baltique. »

En suédois, on se contente de :

« Nordöstersjökustartilleriflygspaningssimulatoranläggningsmaterielunderhallsuppföljningssystemdiskussionsinläggsförberedelsearbeten. »

Ce qui représente une économie conséquente en nombre de lettres ou en nombre de mots. Découvrir une nouvelle langue en mathématique a directement les mêmes conséquences, d’autant plus que la langue de Fourier se révèle parfois terriblement efficace.

Prenons par exemple l’image la plus célèbre du traitement des images que vous avez pu déjà voir passer dans un Playboy des années 70. Essayons de la représenter avec une seule rayure. La moitié droite de l’image étant plus claire que la moitié gauche, la rayure qui « ressemble » le plus à Léna est une grosse rayure verticale :

2 lena

Je vous accorde que la ressemblance n’est pas frappante. Mais si l’on augmente le nombre de rayures utilisées pour la représenter, on arrive très vite à reconnaître la demoiselle, et ce beaucoup plus vite qu’avec les 250 000 pixels nécessaires à la décrire…

lenaFFT

Ces images sont bien belles, mais comment donc arrive-t-on à calculer justement à les décomposer en rayures? Comment on fait pratiquement pour « ajouter des rayures », c’est justement un des objets de la partie suivante.

Quand on découvrit qu’il n’existait pas qu’une seule langue

Parmi les caractéristiques d’un mathématicien typique, après avoir rencontré la flemmardise, il est temps de rencontrer son goût viscéral pour la généralisation. Alors quand on lui apporte une deuxième langue, il ne peut se contenter de cela. Comment pourrait-on imaginer un monde avec DEUX langues. Qu’il y en ait zéro, une ou une infinité très bien, mais sûrement pas deux! À la limite on aurait pu en vouloir Pi, mais ce n’est pas un entier.

Du coup, une fois le calcul de la transformée de connu donné par Fourier, les scientifiques sont passés par la case généralisation pour finalement exprimer cela comme un cas très particulier de quelque chose de beaucoup plus général : la projection.

Vous avez tous déjà fait une projection. La plus courante chez les non scientifiques est la projection d’ombre. Le soleil ou toute autre source lumineuse envoie ses rayons qui, ne pouvant pas nous passer à travers, laissent un morceau de mur noir, formant une ombre. L’ombre alors crée fait perdre à l’objet projeté son volume et crée parfois des choses du plus bel effet comme l’une des œuvres de Tim Noble et Sue Webster.

projection de détritus

Dans ce cas, la projection consiste à trouver l’objet plan (une ombre) sur un mur dans une certaine direction qui est la plus proche de l’objet en volume. On perd forcément de l’information vu qu’on passe d’un objet en volume à un objet plan, mais on tâche de faire au mieux.

Pour autant, toutes les projections ne font pas perdre de l’information. Dès votre plus jeune âge, vous avez été confronté à une projection qui ne faisait pas perdre d’information : celui de la peinture! Un très grand nombre de couleurs (je suis tenté de dire infini, mais ce foutu monde réel reviendra rapidement me contredire) existent et pourtant, vos professeurs de petite section de maternelle, école primaire voire même pour certains des beaux arts ne vous ont toujours offert qu’un très petit nombre d’entre elles. Très rapidement alors, vous vous êtes sans doute rendu compte que cela ne provoquait aucune limitation, on pouvait encore obtenir toutes les couleurs possibles!

  • Le magenta et le jaune mélangé à égale part donnent du vermillon (et pas de l’orange! Non, mais)
  • Le cyan et le jaune font défiler une grande gamme de verts en fonction de la quantité de chacun
  • Le mélange des trois couleurs permet d’obtenir de très beaux gris colorés

Bref, avec peu de couleur, en jouant sur les dosages, on peut reconstituer n’importe quelle couleur. On peut alors utiliser plusieurs « dictionnaires » qui dans ce cas seront parfois appelés palettes.


Capture_d'écran_26_01_13_17_32

En mathématiques, cela fonctionne exactement de la même manière. Les objets d’un espace peuvent être exactement reconstruits en mélangeant avec les bons dosages les éléments d’un dictionnaire. Nos images de tout à l’heure ont été reconstruites grâce à la palette des rayures! Les intensités lumineuses se combinant à la perfection pour reconstruire l’image de départ.

Capture_d'écran_26_01_13_17_33-2

Quand un dictionnaire permet de reconstruire tous les objets de l’espace, on dit qu’il est générateur de celui-ci (on parle en fait de famille génératrice pour les puristes). Et la famille des cosinus et des sinus, utilisée dans la transformée de Fourier est une famille génératrice des fonctions les plus couramment utilisées en sciences. La transformée de Fourier n’est en fait qu’une projection, l’ombre qu’aurait la fonction étudiée sur le mur des ondes et tout cela sans aucune perte!

Mais l’on peut encore pousser la comparaison avec la peinture plus loin. En avançant dans vos connaissances picturales, vous avez dû remarquer qu’il n’était pas nécessaire d’avoir des dizaines de couleurs pour les reconstruire toutes. En fait, il en suffit de 3 : le cyan, le magenta et le jaune. Toute autre couleur est inutile, car elle peut être de nouveau fabriquée avec celles-ci. En revanche, il est strictement impossible de reconstruire une couleur primaire grâce aux deux autres. Cette propriété d’une « famille » correspond à la notion de liberté en mathématique. Un dictionnaire libre n’est constitué que d’éléments indépendants. La famille de Fourier appartient aussi à ce type. Il est strictement impossible de reconstruire l’un des éléments de la famille Fourier grâce à une autre! Cette propriété donne un très grand intérêt à la transformée de Fourier. Il assure que sa décomposition est unique. Si dans le cas de la vuvuzela de tout à l’heure on détecte des éléments à 600Hz, cela ne peut pas provenir de la composition de deux autres fréquences. Tout comme si l’on utilise uniquement les trois couleurs primaires, un vermillon ne pourra provenir que du mélange du magenta et du cyan. Alors certes, le dictionnaire de Fourier là est un peu particulier parce qu’il est infini, mais on ne va pas s’arrêter à un si petit détail!

Capture_d'écran_26_01_13_17_33

Quand on utilise un dictionnaire à la fois libre et générateur pour reconstruire un espace on parle de base. Les bases sont particulièrement intéressantes, car comme nous l’avons vu, elles permettent de décrire exactement tous les éléments étudiés (elles sont génératrices) et de manière unique (elles sont libres).

Vous devez commencer à me voir venir, les bases sont des outils pour décrire n’importe quoi et il en existe une infinité. La transformée de Fourier est la projection d’un signal, d’une image, plus généralement d’une fonction sur le dictionnaire libre et générateur des ondes. Il se prête bien à l’étude des répétitions, mais ne se prête pas à tout et chaque base peut avoir une utilité :

  • Pour compresser des visages, on utilise des dictionnaires de visages (pas forcément libres en fait) comprenant des sortes de schémas de caractéristiques des visages
  • Pour améliorer la qualité du scan d’une bande dessinée, on sera amené à décomposer cette image en aplat de couleurs. La famille des aplats de couleurs étant plus adaptée à ces dessins souvent plus simples que les photos.
  • Les vidéos que vous regardez sont exprimés dans une famille de mini-vidéos où quelques contours se déplacent. Cela est particulièrement adapté à des vidéos où des personnages se déplacent sur le même fond,
  • etc.

Les possibilités sont infinies et l’on peut construire des bases adaptées à son besoin. La seule limite étant le temps mis pour traduire le message d’un dictionnaire à un autre. Limite? Seulement jusqu’au chapitre suivant.

La création du babel fish

Des découvertes aussi importantes et utiles que la transformée de Fourier sont légion dans l’histoire des sciences et cela ne suffit pas à démocratiser son utilisation.

Pour une image de 1 300 000 pixels (c’est le nombre de pixels du type d’écran le plus répandu), il faut un million de millions d’opérations pour calculer la transformée de Fourier, soit le carré du nombre de pixels! Ce n’est pas rien et ce n’est en fait pas une opération réellement faisable en temps réel. Heureusement, en 1965, Cooley, Watson et Tukey ont trouvé une méthode pour réduire drastiquement le nombre de calculs à faire. Passant d’un million de millions d’opérations à seulement une dizaine de million (soit pratiquement un million fois moins d’opérations). Leur algorithme, que l’on appelle la transformée de Fourier rapide est réellement ce qui a démocratisé la transformée de Fourier. C’est l’un des algorithmes de traitement du signal le plus rapide qui existe.

Leur méthode de calcul utilise deux principes assez simples (en théorie, du moins parce qu’implémenter ce type d’algorithme est assez complexe). Le premier est la factorisation, il consiste à se rendre compte que pour calculer

3×2+3×4

Il faut 3 opérations (deux multiplications et une addition). Alors qu’en factorisant,

3x(2+4)

Il n’en faut plus que deux soit 30% d’amélioration! Sur aussi peu d’opérations, ce n’est pas grand-chose, mais sur un million de calculs, cela fait un vrai bol d’air! L’autre principe est de subdiviser le problème. C’est a dire d’exprimer le calcul a faire sur notre image de 256 pixels en fonction de calculs moins importants, en fait pour la transformée de Fourier, on peut subdiviser par exemple le calcul avec les coefficients pairs d’un coté et les impairs de l’autre. En répétant ainsi les subdivisions, le nombre d’étapes fond! Le plus intéressant dans leurs méthodes est qu’elle reste utilisable pour un grand nombre de dictionnaires et a donc permis de grandement accélérer les algorithmes de traitement du signal.

Le plus amusant là-dedans, c’est qu’on se soit demandé comment faire moins de calculs quand les machines ont remplacé les humains pour les faire… Entre le résultat de la transformée de Fourier tel que Fourier l’a définie, la généralisation donnée en l’imaginant comme une projection et le calcul rapide connu dans les années 70, la transformée de Fourier est aujourd’hui l’un des résultats mathématiques le plus utilisés!

 

Pour aller plus loin : 

  •  God created the integers de Stephen Hawking : Un recueil de grands textes scientifiques avec à chaque fois une introduction sur les scientifiques concernés. Les textes scientifiques sont réservés aux spécialistes, mais les introductions sont accessibles et passionnantes! C’est dans ce livre que j’ai découvert que Fourier avait participé à l’expédition qui a permis la découverte de la pierre de Rosette
  • Les mathématiciens aux éditions Pour la science : Plein d’éléments sur des grands mathématiciens. Le texte sur Fourier explique de manière très claire la transformée de Fourier rapide

Podcast science 116 – La transformée de Fourier

La transformée de Fourier est sans aucun doute l’outil mathématique le plus utilisé aujourd’hui dans les sciences et techniques. Pour autant son auteur, Fourier, est pratiquement inconnu du grand public. Podcastscience a décidé de corriger cette injustice!

Le dossier de la semaine

» Par NicoTupe: la transformée de Fourier

Le son de la semaine


» La baleine à bosse chante quand ça lui chante…

La quote de la semaine

Science cannot solve the ultimate mystery of nature. And that is because, in the last analysis, we ourselves are part of nature and therefore part of the mystery that we are trying to solve. (Max Planck)

Plugs / annonces

  • Nouveau post de Marion Montaigne sur son blog-bd scientifique “Tu mourras moins bête”. La professeure Moustache explique le boson de Higgs: http://tumourrasmoinsbete.blogspot.ch/2013/01/vendredi-quarks-en-confetti.html
  • 3 petits plugs pour des podcasts cette semaine:
  • Promo pour le projet d’un ami: “TeachCycle.ch est une plateforme d’organisation de cours dans votre ville ou votre région. Découvrez des cours uniques près de chez vous à prix attractif.” Plate-forme faite à la main, avec beaucoup d’amour.Alan: J’ai connaissance du projet, encore tout jeune, parce que c’est le projet d’un ami, mais j’aurais pu en parler ici de toute façon ici, ami ou pas. Il s’agit de nouvelles manières de faire circuler les savoirs, et c’est à ce titre-là que j’en parle ici. On est tous experts en quelque chose et je trouve vachement bien que l’internet mondial et ce type de projets permettent de partager ces savoirs, hors circuits académiques. Alors si vous avez envie de partager une expertise culinaire, de tricot, de physique quantique, de dessin, que sais-je, précipitez-vous sur www.teachcycle.ch! Que vous cherchiez à transmettre ou recevoir un savoir, vous devriez trouver votre bonheur. Et si vous ne le trouvez pas encore, n’hésitez pas à liker, tweeter, partager urbi et orbi: à ce stade, la plateforme est prête, maintenant, il lui faut trouver son public et une certaine masse critique pour que ça puisse véritablement décoller.
  • Message de Robin: il faut absolument faire une annonce sur le film “Chaos” d’Étienne Ghys, Jos Leys et Aurélien Alvarez qui vient de sortir sur internet, sur le même principe que “Dimension” : 9 film de 13 minutes chacun, avec des images très belles et très clair, un niveau de difficulté croissant (soyons clair, je ne vais pas jusqu’au bout, enfin si mais je ne comprend plus rien sur la fin, et les premiers sont vraiment très simples).
    Pour les liens : dimensions : http://www.dimensions-math.org/Dim_fr.htm
    Et chaos :
    http://www.chaos-math.org/fr
    Je n’ai pas encore regardé jusqu’au bout, je n’aurais pas forcément raconté ça comme ça, mais je pense que c’est incontournable et très éclaircissant. On peut attendre que je fasse un dossier sur le chaos avant d’en parler, ou en parler tout de suite puisqu’il vient de sortir, ça me paraît plutôt mieux tout de suite. Pour avoir un avis sur le film, je pense en tous cas que celui d’un non matheux est précieux : un matheux est très content de voir plein de choses qu’il avait dans la tête et qui ne sont pas facile à visualiser. Un non matheux trouve-t-il ces images claires et intéressantes ?

Rendez-vous la semaine prochaine (et la suivante) pour parler du système métrique, avec Alan. Bonne semaine à toutes et à tous!

Pendant ce temps-là, dans la chatroom…

[8:46pm] MrNause: Newton c est valable que d un point de vue macroscopique non?
[8:47pm] MrNause: d’un point de vue relatif général?
[8:47pm] MrNause: les sinus faut faire gaffe sinon c est la conjonctivite
[8:47pm] alan2: MrNause, tu penses à la physique quantique?
[8:47pm] MrNause: oui
[8:48pm] alan2: effectivement, les lois de la physique ne sont pas les mêmes à l’échelle quantique et à notre échelle
[8:48pm] MrNause: c est tout à fait ça
[8:48pm] MrNause: d où la question
[8:48pm] cracoucasse: on peut pas chanter de quantique avec une corde de guitare
[8:48pm] alanvonlanthen:
[8:49pm] MrNause: bha ça c est pas dit
[8:49pm] MrNause: vu la composition de la matiere….
[8:49pm] voyagecast left the chat room. (Ping timeout)
[8:50pm] peremptoire: oui très clair
[8:50pm] peremptoire: clair à 30% pour moi
[8:50pm] peremptoire: 20%
[8:50pm] voyagecast joined the chat room.
[8:50pm] gibie: moi je connais la rosette de lyon
[8:51pm] alanvonlanthen:
[8:51pm] MrNause: les coïncidences ont souvent bon dos
[8:52pm] Enfant_Terrible joined the chat room.
[8:53pm] NicoTupe: http://www.youtube.com/watch?v=TKF6nFzpHBU
[8:53pm] peremptoire: vuvuzela !
[8:53pm] peremptoire: brrrrrooooooooooom
[8:53pm] peremptoire: un disque avec les meilleurs morceaux de vuvuzela etait sorti il me semble
[8:54pm] alanvonlanthen: ça doit être sympa
[8:54pm] cracoucasse: un single?
[8:55pm] MrNause: dans le cas des rêves ??? c est ce qu il a dit?
[8:56pm] guest joined the chat room.
[8:57pm] MrNause: une unité de mesure en somme
[8:58pm] peremptoire: oui, le zebre est un ancetre du code barre
[8:58pm] MrNause: on est donc  dans un rapport temps espace t+x+y+
[8:58pm] MrNause: +z
[8:58pm] voyagecast: dommage qu’ils soient trop grands pour coller sur les étiquettes
[8:59pm] voyagecast: ça ferait bio
[8:59pm] NicoTupe left the chat room. (Ping timeout)
[8:59pm] alanvonlanthen:
[8:59pm] voyagecast: un mot de 130 lettres ? WTF ?
[9:00pm] Cha_: à tes souhaits !
[9:00pm] MrNause: tu devrais travailler ton accent
[9:00pm] ElJj: On est toujours sur Podcast sciences, là ?
[9:00pm] MrNause: t as oublié une consonne
[9:00pm] voyagecast: en langue des signes c’est les crampes aux poignets assurés
[9:00pm] peremptoire: ouais mais a ce qu’il parait, certains chercheurs lisent les rayures de zebres comme des code barres pour recenser la population des zebres
[9:01pm] MrNause: ou alors si t as des crampes au poignet c est que c est une autre origine
[9:01pm] voyagecast: bip bip, ok, suivant, bip bip
[9:01pm] alan2: le mot le plus long de la langue anglaise: http://en.wikipedia.org/wiki/Longest_word_in_English
[9:01pm] alan2: 188’819 lettres
[9:02pm] MrNause: on est ridicule avec notre anticonstitutionellement
[9:02pm] voyagecast: honteux
[9:02pm] gibie: http://www.atlantico.fr/pepitesvideo/mot-plus-long-monde-fait-189%C2%A0819%C2%A0caracteres-et-prend-213-minutes-etre-prononce-574001.html
[9:02pm] MrNause: ccd explication svp
[9:03pm] ElJj: http://www.cs.cmu.edu/~chuck/lennapg/lenna.shtml
[9:04pm] MrNause: la langue de fourier ça vaut bien la langue de boeuf
[9:04pm] cracoucasse: et le boeuf n’a pas de pi
[9:04pm] MrNause: sinon si tu le traies il va faire la gueule
[9:04pm] alanvonlanthen:
[9:05pm] voyagecast: ça dépend, il peut aimer aussi…
[9:05pm] Enfant_Terrible: On passe de la pierre de roseth à la pyramide
[9:05pm] MrNause: c pas faux
[9:05pm] voyagecast: ça vaut parano magazine
[9:07pm] MrNause: c est le principe de l écran de télé
[9:08pm] zafeu joined the chat room.
[9:09pm] MrNause: materiellement et virtuellement l addition de couleurs ne donne pas le même résultat
[9:09pm] Enfant_Terrible: la télé est trop vielle pour Fourier
[9:09pm] MrNause: dans un cas il donne le blanc dans l autre le noir
[9:10pm] MrNause: ou trop jeune
[9:10pm] procef left the chat room. (Ping timeout)
[9:10pm] MrNause: il a pas dut connaitre
[9:10pm] Enfant_Terrible: :- D
[9:11pm] alanvonlanthen: @Mr Nause, dans un cas, on soustrait de la lumière (synthèse soustractive en imprimerie)
[9:11pm] alanvonlanthen: dans l’autre, on l’additionne (synthèse additive) utilisée en télé
[9:11pm] MrNause: oui voila
[9:11pm] MrNause: j avais pas les mots
[9:12pm] alanvonlanthen: les 3 couleurs de base ne sont pas les mêmes, effectivement
[9:12pm] MrNause: +1
[9:13pm] MrNause: un peu comme si coupure
[9:14pm] Enfant_Terrible: de la peinture au numéro
[9:15pm] voyagecast: non on est la et j’entend tout
[9:15pm] Ben___: Non, non
[9:15pm] Darky__: non non
[9:15pm] zafeu: on entend
[9:15pm] gibie: non cela marche
[9:15pm] alanvonlanthen: ah ok, cool
[9:15pm] Cha_: j’entends aussi !
[9:15pm] cracoucasse: on est là nous
[9:15pm] Darky__: on est là
[9:15pm] MrNause: non nonon est là
[9:15pm] peremptoire: hey, c’est cool, je comprends presque tout ce soir :3
[9:15pm] Enfant_Terrible: itou
[9:15pm] alanvonlanthen: formidable!
[9:15pm] gibie: le son OK et la chat room OK
[9:16pm] MrNause: alan il est au taquet sur les problemes de son
[9:16pm] MrNause: même lorsqu il n y en a pas
[9:16pm] alanvonlanthen: haha
[9:16pm] alanvonlanthen: ne rechargez surtout pas la page… le site est vraiment down
[9:17pm] voyagecast: on est trop pour le serveur ? La classe !
[9:18pm] alanvonlanthen: haha, ça fait qq jours qu’il y a un pb de mémoire en fait
[9:18pm] alanvonlanthen: l’hébergeur dit que c’est parce qu’on a trop de succès, il est chou
[9:18pm] alanvonlanthen: je le soupçonne de nous avoir mis sur un serveur pourri
[9:18pm] Xilrian_ joined the chat room.
[9:18pm] voyagecast: ça marche pas mal le truc d’infomaniak quand même, j’hésite à prendre se service
[9:18pm] Xilrian_: Hi
[9:18pm] Xilrian_: Vous nous avez perdu j’imagine ?
[9:18pm] MrNause: hi
[9:19pm] voyagecast: non
[9:19pm] alanvonlanthen: oui, ça, ça marche très bien
[9:19pm] Cha_: non!
[9:19pm] cracoucasse: oui
[9:19pm] MrNause: pareil, tout à fait audible
[9:19pm] voyagecast: comme j’ai déjà le serveur chez eux
[9:19pm] voyagecast: juste dommage la limitation à 100
[9:19pm] Xilrian_: Bon c’est cool ^^
[9:20pm] cracoucasse: faut trouver le moyen de loadbalancer chez des partenaires bénévoles
[9:20pm] MrNause: ça fonctionne avec les carrés en fait
[9:21pm] voyagecast: ou alors un regroupement de plusieurs podcasts avec partage du prix total
[9:21pm] Enfant_Terrible: c’est ce qu’on appelle un application
[9:21pm] Xilrian left the chat room. (Ping timeout)
[9:21pm] Xilrian_: voyagecast: Ça me dit quelque chose ça
[9:22pm] voyagecast: oui mais non… d’un coté pourquoi pas partager les outils ?
[9:22pm] MrNause: je crois que je vais devoir écouter la rediff afin de tout assimiler
[9:22pm] Enfant_Terrible: l’échantillonage
[9:22pm] voyagecast: pareil
[9:23pm] Xilrian_: C’était pour la blague mais c’est une bonne idée il faut juste que tout le monde soit d’accord sur le but et la manière
[9:23pm] peremptoire: ouais, je pense prendre un service de stream comme ca à l’avenir
[9:23pm] peremptoire: parce que bon, ustream et justin, bof
[9:24pm] voyagecast: c’est ça, mais il doit y avoir moyen de s’entendre entre gens civilisés je pense…
[9:24pm] MrNause: pas facile
[9:24pm] MrNause: sans unité rien a de sens
[9:24pm] MrNause: sans unité rien a de sens
[9:25pm] ElJj: Du coup, il a parlé de Fourier sans jamais parler de l’équation de la chaleur !
[9:26pm] Enfant_Terrible: humm ce bouquin est excellent
[9:26pm] MrNause: selon Fresco la langue universelle est mathématique ou géométrique
[9:26pm] voyagecast: ça c’est une bonne question !!!
[9:26pm] MrNause: genre un plan peut être lu par toutes les nations
[9:27pm] MrNause: sans interprétation
[9:28pm] Cha_: intéressant
[9:28pm] cracoucasse: Si on décompose tous les épisodes de podcastscience par transformée de fourier pour générer les épisodes suivants grâce au hasard heureux, est-ce que les auditeurs risque une fibromyalgie ?
[9:28pm] Enfant_Terrible: la porte peut alors rester ouverte pendant longtemps
[9:28pm] voyagecast: il doit y avoir de la généalogie oui
[9:29pm] peremptoire: ouais, aucun soucis ici
[9:29pm] MrNause: ou de la syncronicité
[9:29pm] NicoTupe joined the chat room.
[9:29pm] NicoTupe: plop
[9:29pm] NicoTupe: le site est down
[9:29pm] MrNause: plop
[9:29pm] voyagecast: salut !
[9:29pm] Cha_: hey!
[9:29pm] NicoTupe: vous entendez encore?
[9:29pm] Cha_: oui
[9:29pm] NicoTupe: cool
[9:29pm] voyagecast: oui
[9:29pm] NicoTupe:
[9:29pm] Enfant_Terrible: ouaip
[9:29pm] peremptoire: ouais
[9:29pm] gibie: cela continue de fonctionner  : son et chat room
[9:29pm] MrNause: ça sent la physique quantique
[9:29pm] peremptoire: ca va parler du kilogramme étalon non ?
[9:30pm] voyagecast: cool !!!
[9:30pm] peremptoire: ca va être cool ca
[9:30pm] voyagecast: on a des étalons à Berne il me semble
[9:30pm] MrNause: moi j attends un thème sur la corélation mécanique et psychologie quantique
[9:31pm] MrNause: la double fnte de jung
[9:31pm] Enfant_Terrible: y manque plus qu’à parier sur le meilleur
[9:31pm] MrNause: et la synchronicité paracelsicale
[9:31pm] zafeu: Un des plus beau projet scientifique de l’histoire
[9:31pm] MrNause: (coincidentale bien sûr)
[9:32pm] NicoTupe: alan a enregistré ses toilettes
[9:32pm] cracoucasse:
[9:32pm] peremptoire: ah ah :3
[9:32pm] gibie: baleine ?
[9:33pm] MrNause: traduction: podcast c est de la balle mais on comprend pas toujours tout
[9:33pm] NicoTupe: MrNause: ?
[9:33pm] MrNause: même les baleines à bosse écoutent podcast
[9:34pm] voyagecast: j’avais fait un podcast sur des canadiens qui vont voir les baleines en kayak
[9:34pm] voyagecast: ça doit être superbe
[9:34pm] MrNause: la syncronicité paracelsicale a un lien avec la physique quantique et les mécaniques du hasard
[9:34pm] MrNause: en théorie
[9:34pm] Cha_: beau son !
[9:34pm] Enfant_Terrible: on sait jusqu’à quelle profondeur une baleine peut descendre?
[9:35pm] cracoucasse: ils vendent des clés usb avec un photon qui passe par un polarisateur
[9:35pm] cracoucasse: ça passe une fois sur deux au hasard
[9:35pm] MrNause: la double fente de jung c est la traduction de la matiere en vibration a un niveau subatomique
[9:36pm] MrNause: sous l influence de l observation des phénomènes
[9:37pm] MrNause: cf: le chat de schroninger pour les bases
[9:38pm] MrNause: svhrodinger*
[9:38pm] NicoTupe: MrNause: je connais la fente de Jung, tu veux qu’on parle de ca c’est ca?
[9:38pm] MrNause: si ça pouvait faire un sujet ce serait bienvenu
[9:38pm] NicoTupe: c’est une bonne idée
[9:38pm] MrNause: mais qui plus est si on pouvait faire un lien avec la synchronicité ce serait bienvenu
[9:39pm] NicoTupe: c’est quoi la synchronicité?
[9:39pm] NicoTupe: ok
[9:39pm] MrNause: les influences du hasard d un point de vue intime
[9:39pm] NicoTupe: yup
[9:39pm] MrNause: cf C G jung
[9:39pm] NicoTupe: je confondais pour Jung
[9:39pm] NicoTupe: en fait oui
[9:39pm] NicoTupe: cette expérience est folle
[9:39pm] NicoTupe: c’est une bonne idée
[9:40pm] MrNause: ça frôle la métaphysique à certains lieu
[9:40pm] MrNause: il faut bien distinguer les choses
[9:40pm] MrNause: lieux*
[9:40pm] NicoTupe: on se contentera sans doute de la physique si l’on s’y attaque
[9:41pm] NicoTupe:
[9:41pm] MrNause: lorsque freud et jung papottaient ensemble
[9:41pm] MrNause: ils partaient du principe que la pensée ne subissait pas l influence temporelle
[9:41pm] MrNause: rien que ça c est limite
[9:42pm] MrNause: mais aussi que le hasard englobait plusieurs concepts
[9:43pm] MrNause: et qu une logique pouiat s en détacher
[9:43pm] MrNause: d où les théories
[9:43pm] voyagecast: pas mal ça !
[9:43pm] Enfant_Terrible: cool
[9:43pm] Ben___: je dois y aller, bonne fin d’émission!
[9:43pm] alanvonlanthen: merci
[9:43pm] alanvonlanthen: ++
[9:44pm] Ben___ left the chat room. (Quit: Page closed)
[9:44pm] MrNause: le terme complet est
[9:44pm] MrNause: synchronicité coïncidentale et parcelsicale
[9:44pm] MrNause: sinon on a aussi “la logique des contes”
[9:45pm] MrNause: mais c est une autre histoire
[9:45pm] MrNause: théorique toujours
[9:45pm] MrNause: paracelse étant, si je dis pas de bétises, un vieux philosophe de l antiquité
[9:46pm] MrNause: d où la réfé rence
[9:47pm] Cha_: domaine de l’intelligence artificielle les algorithmes génétiques
[9:48pm] Cha_: les métaheuristiques pour ceux qui veulent se renseigner
[9:49pm] MrNause: l inconnu est tjrs intérressant
[9:50pm] Cha_: pour les problèmes d’où on ne connaît pas toutes les infos, les algos de recherche locale sont préférables (prendre partie par partie et lancer une recherche dessus => recherche locale)
[9:51pm] MrNause: http://www.cgjung.net/oeuvre/synchronicite_paracelsica.htm
[9:51pm] Enfant_Terrible: courage
[9:51pm] MrNause: j ai ce bouquin depuis que j ai 16 ans
[9:51pm] MrNause: je l ai lu une fois en entier
[9:51pm] Cha_: mais le problème est celui de l’optimisation, comment dire que la solution obtenue est une solution optimale => algos d’optimisation => métaheuristiques, une méthode est  d’utiliser des algos génétiques
[9:51pm] MrNause: depuis je l étudie
[9:51pm] voyagecast: génial ça !!! ça fait plaisir de voir qqun heureux de son taf !!!
[9:51pm] MrNause: et j ai du mal arrivé à la moitié
[9:52pm] voyagecast: travail de diplôme en suisse il me semble
[9:52pm] MrNause: http://www.cgjung.net/oeuvre/synchronicite_paracelsica.htm
[9:53pm] voyagecast: c’est vous qui êtes bizarres
[9:53pm] peremptoire: ah ah le clivage suisse/france
[9:53pm] NicoTupe:
[9:53pm] voyagecast: déjà qu’il faut faire des calculs mentaux pour compter…
[9:54pm] voyagecast: géniale comme cote
[9:54pm] NicoTupe: On compte en base 10 et 20 SI ON VEUT
[9:54pm] Cha_: belle quote !
[9:55pm] zafeu left the chat room. (Quit: Page closed)
[9:55pm] Enfant_Terrible: ‘lincompletude
[9:56pm] Enfant_Terrible: l’imcompl-o-tude
[9:56pm] voyagecast: pas mal
[9:56pm] cracoucasse: Godel a dit un truc du genre si on définie une théorie à partir d’un nombre fini de postulats, il existera des vérités non démontrables
[9:57pm] ElJj: *dans la théorie
[9:57pm] peremptoire: oui, je confirme
[9:57pm] peremptoire: excellent episode
[9:57pm] voyagecast: très bon bazingcast oui !
[9:58pm] voyagecast: MERCIIIIIIIIII !!!!
[9:58pm] peremptoire: ah ah, je confirme
[9:58pm] peremptoire: c’est sympa
[9:58pm] voyagecast: z’êtes mignons, je rougis devant mon pc
[10:00pm] MrNause: ils sont humains et empathiques c est tout en leur honneur
[10:00pm] voyagecast: j’aime l’idée !
[10:01pm] voyagecast: y a des cours de pâte à sucre, génial !!!!!
[10:01pm] cracoucasse: miam
[10:02pm] guest left the chat room. (Ping timeout)
[10:04pm] Cha_: excellent épisode encore ! mais va falloir le réécouter
[10:05pm] NicoTupe:
[10:05pm] peremptoire: mais ils sont partout !
[10:06pm] gibie: Un grand merci pour ce podcast !
[10:06pm] NicoTupe: Merci à tous!
[10:06pm] Enfant_Terrible: merci pour ce podcast
[10:06pm] Cha_: et je trouve très intéressant le fait de donner autant d’applications, en cours on nous présent tout ça sans application donc on ne sait jamais à quoi tout ça sert !
[10:06pm] voyagecast: merci !
[10:06pm] cracoucasse: merci pour l’émission et les podcasts qui me font patienter dans les transports, bye !
[10:06pm] Cha_: *présente
[10:06pm] peremptoire: merci
[10:06pm] Cha_: bye !
[10:06pm] Enfant_Terrible left the chat room.
[10:07pm] jonkalak joined the chat room.
[10:07pm] MrNause: j aimerai un podcast sur la composition de la matiere aussi
[10:07pm] NicoTupe: avec plaisir!
[10:08pm] peremptoire: il neige surement
[10:08pm] MrNause: je lâche pas l affaire ^^
[10:08pm] jonkalak: bonsoir
[10:09pm] MrNause: et la synchronicité paracelsicale
[10:09pm] Cha_: bonsoir
[10:09pm] MrNause: oui l esoterisme est pas loin
[10:09pm] ElJj left the chat room.
[10:09pm] jonkalak: oui lol. je passe en coup de vent
[10:09pm] voyagecast: bonne soirée et merci pour le plug !
[10:09pm] MrNause: c est pour ça que je parle en terme de théorie
[10:09pm] peremptoire: merci a vous
[10:09pm] peremptoire: bonne soirée
[10:09pm] Cha_: merci à vous ! Bonne fin de soirée à tous ^^
[10:09pm] jonkalak left the chat room. (Quit: Page closed)
[10:10pm] gibie: bye
[10:10pm] Cha_: bye
[10:10pm] peremptoire: ciao
[10:10pm] voyagecast: bye tous
[10:10pm] alanvonlanthen: ciao tout le monde
[10:10pm] alanvonlanthen: merci de la visite!
[10:11pm] gibie left the chat room. (Quit: Page closed)
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Son de la semaine Podcast Science 116 – Les baleines à bosse chantent quand ça leur chante

On a longtemps cru que les baleines à bosse chantaient le plus souvent en période de reproduction. Mais une équipe de chercheurs a découvert qu’en fait, elles chantent quand ça leur plaît, en plongeant ou en chassant par exemple, en dehors des parades amoureuses. L’étude est publiée dans le journal Plos One (Alison K. Stimpert et al., Humpback Whale Song and Foraging Behavior on an Antarctic Feeding Ground)

Les chercheurs ont marqué et tracé 10 baleines pendant une journée entière d’automne en Antarctique, ont enregistré tous les sons produits et noté leurs comportements. Et la conclusion est sans appel, elles chantent en toute situation, même par 100m de profondeur, leur système phonatoire étant adapté à de larges variations de pression.

Bonne écoute 🙂

sources:

  • http://www.scientificamerican.com/podcast/episode.cfm?id=whales-sing-when-and-where-they-wan-12-12-19
  • son: Universal Soundbank (
    1. 21759.mp3     
    )

 

Baleine à bosse (Wikipedia)

Retour sur le hasard: les hasards heureux

Docteur Jeckyll…

En présentant le premier dossier, je me suis dit que j’avais quand même donné du hasard une vision assez négative. Le hasard contre intuitif, qui fait tout pour nous embrouiller, bourré de paradoxes… Cet aspect existe, bien sûr. Toutes les personnes qui ont passé un bac scientifique pourront le dire, les exercices de « proba » font partie des plus glissants. Et pourtant… face à ce versant « Mister Hyde », se trouve un versant bien plus positif du hasard. Grâce à lui, on peut notamment se sortir de problèmes inextricables…

L’idée de base est toujours la même : quand il y en a beaucoup ça va, c’est quand il y en a un seul qu’il y a des problèmes…

Revenons un tout petit peu sur la loi des grands nombres : en prenant l’exemple le plus simple, celle-ci dit par exemple que si on joue un grand nombre de fois à pile ou face, la proportion de pile sera d’autant plus proche de 50% que l’on joue longtemps. On peut le dire en termes plus précis : on sait calculer la probabilité que l’« erreur », l’écart à la fréquence attendue soit de plus de tant en fonction du nombre d’expériences. C’est cette certitude qui permet aux casinos (ou aux assurances) de pouvoir estimer combien ils vont gagner, en estimant simplement le nombre de joueurs (ou d’assurés). Pour résumer, donc, de l’accumulation de désordre jaillit l’ordre, pour peu qu’il y ait assez de monde. Autrement dit, dans un certain sens, on peut prédire le résultat, avec une certaine marge d’erreur que l’on peut évaluer.

Reprenons maintenant l’exemple dans lequel une partie consiste à jouer plusieurs fois de suite, par exemple 7 fois, à pile ou face. Le nombre de séries que l’on peut potentiellement obtenir est immense (27 pour être exact), et il est clair qu’on ne peut pas dire quelle série on va obtenir, ni même combien on aura obtenu de pile, et combien de face. Mais imaginons maintenant que nous sommes 100 à lancer 7 fois de suite chacun une pièce. Une fois de plus, le fait d’avoir un grand nombre d’expériences permet de prévoir dans les grandes lignes ce qui va se passer. Pour mieux le comprendre, remplaçons la partie de 7 pile ou face par un jeu qui lui est parfaitement équivalent : on fait tomber une bille sur un clou. Elle a une chance sur deux d’aller à gauche de celui-ci, une chance sur deux d’aller à droite. Jouer 7 fois de suite à pile ou face, c’est donc faire tomber une bille sur une planche à clou de 7 étages. Si elle arrive dans la case tout à gauche (A), c’est comme si on avait obtenu 7 fois de suite pile. Dans la case tout à droite (H), que des face. Dans la case juste un cran à droite de la première (B), cela signifie que l’on a obtenu exactement une fois face, et ainsi de suite… Cet objet célèbre s’appelle la « planche de Galton ».

Robin_hasard2_fig1
Fig 1 : une planche de Galton « maison » fabriquée par des collégiens.

Si on lance plein de billes, on peut prévoir la forme qu’aura le tas en bas : il y en aura en effet d’autant plus de billes dans une case que la probabilité de tomber dans cette case est élevée. Or la probabilité de tomber dans une case n’est pas la même suivant la case : il n’y a par exemple qu’un seul chemin qui mène à la case qui se trouve tout à gauche (une seule série ne comportant que des pile). Très peu de chances, donc, pour qu’une bille tombe dedans. Autrement dit, très peu de chances d’obtenir 7 fois de suite pile. Tomber dans la case juste à sa droite, cela signifie que l’on n’a obtenu que des virages à gauche, sauf une fois. Cette seule fois, ce seul virage à droite, peut se trouver à n’importe quel étage de la planche. Il y a donc autant de chemins qui mènent à cette case que d’étages à la planche, en l’occurrence, 7. Pour arriver dans la case qui se trouve encore un cran à droite, il existe encore plus de chemins, puisqu’il s’agit d’intercaler deux virages à gauches parmi 7 choix. Ils peuvent se trouver au début, à la fin, collés ou non, bref, il y a encore plus de façons de faire. Le plus grand nombre de chemins est pour les cases centrales : les billes qui arrivent dedans ont eu en gros autant de virages à gauche et à droite, et ça, il y a plein de façons de faire.

Fig 2 : Deux chemins différents aboutissant au même endroit…

fig 2 bisFig 2 : Deux chemins différents aboutissant au même endroit… Et il y en a d’autres !

On peut calculer plus précisément le nombre de chemins, et donc les probabilités de tomber dans telle ou telle case (donnons une piste : à chaque étage, une bille arrive sur un clou par la gauche ou par la droite. Il suffit donc d’ajouter le nombre de chemins qui arrivent sur les deux clous au dessus du clou en question pour savoir combien de chemins arrivent sur ce clou), mais ne nous compliquons pas la vie : on sait qu’en gros, il y aura plus de billes au milieu que sur les côtés. Et si on rajoute des étages, on estompe les différences entre les cases. À la limite, en imaginant un nombre d’étages infini et un nombre de billes infini, on se retrouve avec une courbe, et non plus des cases les unes à côté des autres. Cette courbe est essentielle en théorie des probabilité et ailleurs, c’est celle que l’on rencontre dès que l’on étudie une grande quantité de données, que ce soit à propos de plantes, d’ornithorynques ou de pluviométrie : la courbe de Gauss.

Fig 3 : la courbe de Gauss
Fig 3 : la courbe de Gauss

Prenons l’exemple de la taille de la population française : a priori, tout le monde se rangera autour d’une taille moyenne, avec beaucoup de monde à proximité de cette taille, et quelques uns très grands ou très petits. Si on cherche une description plus précise, la courbe de Gauss donne en principe une bonne approximation. Bon, il faut savoir autour de quelle valeur elle est centrée, et si elle est plutôt pointue ou étalée, mais l’équation générale sera toujours la même.

Cela peut semble surprenant, c’est en fait assez naturel : il suffit de s’imaginer que nous sommes dans une case en bas d’une très grande planche de Galton, et nos ancêtres des clous de cette planche ; à chaque génération, des gênes se sont mélangés, et nous avions une chance sur deux de recevoir tel ou tel héritage. Il se rajoute à ça les conditions de vie, d’autres facteurs, mais dès qu’ils sont suffisamment « mélangés » et nombreux, ceux-ci vont également donner une répartition « en cloche » de la population. Nous sommes donc issus d’un mélange d’immenses parties de pile ou face. Pas étonnant de retrouver des lois de Gauss pour bien des caractéristiques.

Bref, quand on observe quelque part la loi de Gauss, autrement appelée « loi normale », c’est qu’il n’y a rien de spécial à expliquer. Dans le cas contraire, bien sûr, que ce soit en biologie, en physique, en économie ou autre, c’est qu’au contraire, il y a une explication à trouver.

Ce fut d’ailleurs le cas lors d’une sombre affaire d’élections douteuse en Russie il y a un peu plus d’un an (http://images.math.cnrs.fr/Za-normal-noe-raspredelenie.html), où la connaissance de cette fameuse loi de Gauss a permis à des manifestants de prouver

–      qu’ils s’y connaissaient en maths

–      qu’ils avaient de l’humour

–      que le parti de Poutine avait procédé à un bourrage d’urne…

–      que les gens ayant procédé à ce bourrage ne devait pas se douter qu’il est compliqué d’imiter le hasard

Bref, pour conclure sur ce thème : si plutôt que d’essayer de connaître quelque chose de précis, individu par individu, on cherche plutôt une photo globale, c’est souvent bien plus simple. Cette idée peut s’appliquer dans deux nombreuses situations, et notamment quand il s’agit de modéliser un phénomène complexe…

Mettez vous par exemple deux secondes à la place d’un physicien qui veut modéliser le déplacement d’une molécule d’eau dans un verre. Impossible a priori de savoir exactement où elle va aller. On peut bien essayer de savoir dans quelle direction elle va, à quelle vitesse. Mais dès qu’elle rencontre une autre molécule, elle va se cogner, et changer de direction. Et ça va arriver très souvent, et sa position va changer la trajectoire des autres molécules, qui vont elles même interagir… Bref, impossible en pratique de déterminer effectivement quelle va être la trajectoire précise d’une molécule.

Deuxième expérience traumatisante : essayez de vous mettre à la place d’une personne chargée de modéliser le réseau téléphonique d’une ville. Partout, des commutateurs, des antennes, se renvoient des signaux, à tout instant, un signal cherche quel chemin suivre pour se rendre jusqu’au téléphone de votre interlocuteur. La question n’est pas de trouver le chemin le plus adapté à un moment donné, mais de tenter d’estimer le coût de l’installation, de voir si le réseau est correct, fiable, combien il coûte en installation, en entretien, sachant combien il y a de commutateurs, d’antennes, tout ça.

N’essayez surtout pas de résoudre ces problèmes pour de vrai, c’est impossible en pratique, même avec le plus performant des ordinateurs. D’autant qu’il existe une méthode bien plus simple : faites comme si tout cela se faisait parfaitement au hasard. Ce ne sera pas trop faux, vu la complexité des problèmes, et au moins vous pourrez dire quelque chose, faire une modélisation calculable, de taille raisonnable… Pour les commutateurs, donc, on « lance » des points aléatoirement sur un plan, et on les relie de façon pas tout à fait aléatoire, mais pas loin. Ça y est, vous avez votre modèle. Pour les molécules d’eau, faites comme si chacune d’entre elles se déplaçait en suivant un mouvement brownien (cf premier dossier sur le hasard). Sauf si un courant particulier existe, cette façon de simplifier sera valable. Et contrairement aux apparences, ça simplifie tout !

Parfois, il faut tout de même améliorer un peu ce genre de modèles, on ne peut pas se contenter d’un hasard pur, comme par exemple s’il existe un courant dans l’eau. Mais il est toujours possible de « pondérer » le hasard, c’est à dire de ne pas donner la même probabilité à toutes les directions possibles, par exemple.

Encore mieux : il peut être bon parfois d’introduire délibérément du hasard là où on en n’attendrait pas pour résoudre un problème insoluble ou presque.

Vous voulez par exemple calculer la surface d’une forme donnée. Si on a une information sur cette surface, comme l’équation ou une description géométrique du bord, on peut chercher à faire un calcul exact. Mais c’est rare… Si vous ne savez rien, et que vous acceptez de n’avoir qu’une réponse approximative, c’est facile : inscrivez-la dans un carré, et lancez des grains de riz aléatoirement dessus. Certains vont tomber sur la surface, d’autre à côté. La loi des grands nombres nous dit que pour un grand nombre de grains de riz, la proportion de grains sur la forme est proportionnelle à la surface de cette forme. Dit autrement : nombre de grains de riz sur la forme/ nombre de grain de riz total = surface de la forme/surface du carré. Enfin à peu près, bien sûr, mais plus on lance un grand nombre de grains, plus l’erreur est petite.

 

Fig 4 : une forme « quelconque », et des points répartis au hasard pour calculer sa surface. Ici par exemple, environ 33 points sont sur la surface bleue (environ car je ne suis pas sûr d'avoir parfaitement compté) sur 119 points (idem) en tout sur le carré. Si le carré a un côté de 1, donc une surface de 1, la forme a approximativement une surface de 33/119.
Fig 4 : une forme « quelconque », et des points répartis au hasard pour calculer sa surface. Ici par exemple, environ 33 points sont sur la surface bleue (environ car je ne suis pas sûr d’avoir parfaitement compté) sur 119 points (idem) en tout sur le carré. Si le carré a un côté de 1, donc une surface de 1, la forme a approximativement une surface de 33/119.

 

Vous pouvez éprouver cette méthode en calculant la surface d’un disque. C’est long, pour avoir un résultat acceptable, il faut lancer beaucoup beaucoup de grains de riz, mais ça marche !

La célèbre méthode de Buffon utilise d’une autre manière le hasard pour calculer une valeur de pi, en lançant des aiguilles sur un parquet. En fonction du nombre d’aiguilles qui sont à cheval sur deux lattes, on peut effectivement calculer la fameuse constante, mais là encore… en théorie ! (pour quelques explications, et une application qui montre qu’effectivement ça marche, mais qu’effectivement c’est très très long : http://therese.eveilleau.pagesperso-orange.fr/pages/truc_mat/textes/buffon.htm)

Le voyageur de commerce est un autre problème bien connu : celui-ci doit se rendre dans un certain nombre de villes, puis rentrer chez lui. Évidemment, son objectif est de trouver l’itinéraire le plus court possible.

A priori, on ne sait pas mieux faire, ou presque, pour résoudre ce problème de façon parfaite, qu’en essayant tous les chemins possibles, en calculant à chaque fois leur longueur et en les comparant. C’est beaucoup trop long dès que l’on a un nombre un peu trop important de villes, même pour un ordinateur.

On sait pourtant trouver une réponse raisonnable dans un temps raisonnable, grâce à plusieurs méthodes. L’une d’elle, particulièrement belle je trouve, se sert du hasard : prenez des « fourmis virtuelles », qui laissent des phéromones derrières elles, autrement dit augment un certain nombre associé aux routes qu’elles ont empruntées. Elles parcourent toutes les arêtes du graphes formé par tous les chemins qui relient les villes entre elles. Dans l’algorithme, elles ne vont pas complètement au hasard : elles ont une probabilité plus forte de suivre un chemin qui a beaucoup de « phéromone » virtuelle. Petit à petit, comme un chemin plus court est parcouru plus vite, il va « sentir » plus fort, donc être plus suivi, et donc éliminer petit à petit tous les autres chemins. Bon, encore une fois, pas sûr qu’elles tombent sur LE chemin le plus court, mais ce sera un chemin de taille « raisonnable ». Et on peut le calculer en un temps raisonnable. Une application là http://interstices.info/jcms/c_7083/lintelligence-en-essaim-ou-comment-faire-complexe-avec-du-simple?part=2, avec des explications, mais ça va trop vite à mon goût !)

Encore une utilisation, et non des moindre : le hasard peut être utilisé pour coder des messages ; communications sur internet, données bancaires, militaires…

Mais il y a un petit problème : c’est très bien, c’est très beau, le hasard peut servir dans bien des situations à se sortir d’affaire. Mais pour tout ça, il faut avoir une série de nombres (ou de directions, ou autres, mais disons de nombres, pour un ordinateur ça se réduit finalement toujours à ça…) « au hasard ».

Et ça, on a vu aussi la dernière fois que ce n’était pas facile : ne serait-ce que simuler une série de pile ou face « au hasard » est compliquée pour un être humain. Et un ordinateur ? Il ne fait que ce qu’on lui demande… Comment lui demander de fabriquer du hasard ?

Plusieurs méthodes ont été proposées, Mais beaucoup sont loin d’être parfaites.

L’une des plus anciennes, est celle de von Neumann : on prend un nombre, mettons de 4 chiffres. On le multiplie par lui même. On obtient un nombre, a priori de 8 chiffres. On récupère les 4 chiffres du milieu, et on recommence… Très difficile a priori d’imaginer un lien logique évident entre deux nombres consécutifs de cette suite. Sauf qu’il suffit d’essayer avec quelques nombres pris au hasard pour se rendre compte d’une grande faiblesse de ce genre de systèmes : pour beaucoup de nombres de départs, on va « boucler » très vite (repasser par un nombre déjà obtenu, donc obtenir toujours la même série), ou pire faire du sur place (par exemple à partir du moment où on a un 0 en première position, on se rapproche de 0000, et on y reste!)

Autre tentative : le calcul modulaire, c’est à dire celui que l’on fait quand on est capable de dire, à 14H, qu’il est 2H. En gros, on considère qu’une fois revenu à un certain nombre (ici 12, mais ça peut être autre chose), on revient à 0. On dit que l’on calcule « modulo 12 ». Disons maintenant que je choisis un nombre pour commencer, puis que pour trouver le suivant, je le multiplie 27 fois par lui même modulo 2337, et ainsi de suite. Si on prend quelques précautions sur les nombres choisis, on peut ainsi obtenir une imitation pas si mauvaise du hasard…

Mais là encore, le risque de boucle courte ou de point stable est grand…

Autre idée toute bête d’un autre ordre : se servir dune « banque de donnée » déjà constituée, comme les décimales de pi par exemple. On n’a en effet jamais trouvé de logique dans cette suite de chiffres. On sait juste que :

–      Il y en a une infinité

–      Il n’y aura jamais de période…

De plus, il semblerait (ce n’est qu’une conjecture vérifiée jusque là par toutes les décimales connues) que ce nombre soit « normal ». Définition pour ceux qui ont raté l’allusion à cette propriété dans le dossier de Nico sur pi : un nombre normal est un nombre dans lequel on trouve à la même fréquence chaque chiffre, mais aussi chaque paquet de deux chiffres, et bien sûr chaque paquet de trois, quatre, cinq… chiffres. Exactement ce que l’on peut raisonnablement attendre d’une série de chiffres obtenue en tirant au hasard ! Bon, ça ne suffit pas. Prenez le nombre de Champernowne, par exemple : 0,1234567891011121314151617181920… Il est bien sûr normal, mais on ne peut pas dire que les chiffres arrivent dans un ordre inattendu. Mais pour pi, personne n’a encore trouvé de logique dans l’ordre d’arrivée des décimales, ni d’ailleurs ne voit pourquoi ce serait le cas ; il ne paraît donc pas aberrant de prendre la suite de ses décimales comme approximation du hasard, on en connaît plusieurs dizaines de milliards ! Évidemment, pour une méthode de Monte Carlo, et surtout pas pour coder un message : cette suite est légèrement connue de tous…

Mais les véritables idées efficaces pour qu’un ordinateur crée du hasard, c’est celles qui se servent du fait que les ordinateurs eux-mêmes ne sont pas parfaits. Par exemple, ils ne mettent jamais exactement le même temps à effectuer une opération. Or les horloges qui se trouvent dans nos ordinateurs sont en général très précises (de l’ordre du centième de seconde au moins, même de la milliseconde). Si vous prenez régulièrement la milliseconde de l’instant où vous avez besoin d’un nombre aléatoire, par exemple, et que pour plus de sécurité vous lui faites subir une transformation via un calcul bien choisi, ça a de bonnes chances de ressembler à du hasard. L’idée de collecter de telles valeurs liées au fonctionnement de l’ordinateur est utilisée dans des systèmes de cryptage tout ce qu’il y a de plus sérieux. Comme quoi, les bouts de ficelle ont de l’avenir !…

Pour finir, une petite réapparition de Mr Hyde, deux petites histoires qui n’avaient pas lieu d’être dans la première partie ni dans cette deuxième partie, mais que je trouve assez jolies et troublantes pour les citer :

  • Le paradoxe de Monty Hall. Un grand classique !

À une émission de télévision, le gagnant se trouve pour finir face à trois portes. Derrière deux d’entre elles, une chèvre. Derrière la troisième, une voiture. Évidemment, le principe est que l’on gagne ce qui se trouve derrière la porte choisie. Or, une fois le choix du spectateur fait, le présentateur, histoire de faire monter la tension, ouvre l’une des deux portes non choisie, derrière laquelle se trouve une chèvre (on suppose, fait important, que lui sait où se trouve la voiture, et qu’il n’ouvre pas la porte derrière laquelle celle-ci se trouve). Il demande ensuite au malheureux vainqueur s’il veut changer son choix ou non. La logique nous hurle, quand on n’a jamais entendu parler de cette histoire, que ça ne change rien… Et pourtant…

Voici une façon de répondre, condensée : Le spectateur a une chance sur trois de choisir du premier coup la voiture. Dans ce cas, le présentateur ouvre une des deux portes restantes au hasard, et changer de porte fait perdre le spectateur.

Le spectateur a deux chances sur trois de choisir une chèvre pour commencer. Dans ce cas, le présentateur n’a pas le choix de la porte à ouvrir pour montrer une chèvre, et en changeant, le spectateur gagne.

On multiplie donc ses chances de gagner par deux en changeant de choix…

  • Autre histoire du même tonneau : vous vous rendez chez des gens que vous connaissez peu. Vous savez qu’ils ont 2 enfants, dont une fille. Quelle est la probabilité pour que l’autre soit un garçon ?

Et non, pas une chance sur 2 : il y a trois types de familles possible avec au moins une fille : Fille/Garçon, Garçon/Fille, et Fille/Fille. Dans deux cas, l’autre enfant est un garçon, il y a donc deux chances sur trois pour que le deuxième soit un garçon.

En revanche, si on sait que l’aînée est une fille, il y a bien une chance sur deux pour que le deuxième soit un garçon…

Pour aller plus loin…

Podcast science 115 – Fibromyalgie et douleurs somatoformes

fibromyalgieCertaines personnes souffrent de douleurs très handicapantes et invalidantes. Celles-ci les obligent parfois même à arrêter leur travail pour mener une vie guidée par ces douleurs chroniques et très difficilement soignables. Et pourtant la médecine actuelle est à ce jour dans l’impossibilité d’expliquer ce phénomène, pratiquement invisible pour l’observateur extérieur. Pas de lésions… Pas d’inflammations… Qu’est-ce que la Fibromyalgie ? Que signifie ce diagnostic et quelles questions soulève-t-il ? Dans cet épisode, on en parlera en abordant le domaine très complexe des maladies médicalement inexpliquées. Un domaine assez peu connu et un défi pour les soignants dans le système de soins actuel!

Le dossier de la semaine

»La fibromyalgie, par notre invitée, Jeanne Durussel

L’œuvre Nicotupienne improvisée durant l’épisode

L’audioblog de la semaine

» Homo Fabulus – Nombre de Dunbar : ce que notre cerveau de primate implique pour Facebook et la politique

Auteur: Alexis Mandre

Blog: http://homofabulus.com/

Billet original: http://homofabulus.com/nombre-de-dunbar-ce-que-notre-cerveau-de-primates-implique-pour-facebook-et-la-politique/

Enregistrement: Alan

Le quizz du mois

Pas encore de réponse au quizz de janvier, lancé la semaine dernière. Pour rappel, la proposition était la suivante: : “Manger trop salé augmente le risque d’hypertension artérielle. Info/Intox?”

Enregistrez votre réponse sous forme de commentaire écrit ou audio sur le présent site web. Ne soyez pas timides, on se charge de l’explication scientifique, dites-nous juste ce que vous en pensez 🙂


La quote de la semaine

Chez les Durussel, on pond les quotes en famille. Pas une mais 2 quotes ce soir!

  • Jeanne: “Le diagnostic médical est susceptible de recouvrir de nombreuses significations. Il n’en est pas moins, et en premier lieu, l’aboutissement d’un raisonnement propre au médecin et le reflet de la représentation qu’il se fait de la souffrance que son patient exprime en ses propres termes.” (Eric Bonvin, 2006)
  • Xavier: “Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes qui, l’une comme l’autre, nous dispense de réfléchir” – Poincaré

Plugs/annonces

Rendez-vous la semaine prochaine!

Nicotupe nous parlera de la transformée de Fourier, le jeudi 24 janvier à 20h30.

Bonne semaine!

La chatroom

[8:29pm] Esseyrel: Bonsoir, comment écouter le live avec un iPad? Une bonne âme peu m’aider?
[8:29pm] Nicotupe joined the chat room.
[8:29pm] Jeanne_ joined the chat room.
[8:29pm] alanvonlanthen: Hello Esseyrel
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[8:46pm] Pingouin: Ah zut, maintenant vous commencez à l’heure, j’avais pris l’habitude d’arriver en retard
[8:46pm] Spydemon: NicoTupe, exam d’élec et de « rédaction de rapport scientifique ». incompatible encoding
[8:46pm] alanvonlanthen: pas de souci, on vient de commencer
[8:46pm] alanvonlanthen: on en est aux définitions
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[9:08pm] Esseyrel: Les causes ont l’air multiple et les symptômes nombreux, il serais facile d’arriver à la conclusion de fibromalgie par dépit ou défaut
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[9:28pm] ElJj: (17 mai)
[9:32pm] ElJj: ” L’homosexualité est définitivement rayée par l’OMS de la liste des maladies mentales le 17 mai 1990. C’est, cette date qui servira pour la commémoration de la journée internationale contre l’homophobie.”
[9:42pm] Esseyrel: Ils cherchent des poux par le langage, comme nos amis primate
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Blog Audio 13: Homo Fabulus – Nombre de Dunbar : ce que notre cerveau de primate implique pour Facebook et la politique

13e billet de blog scientifique en audio: Homo Fabulus – Nombre de Dunbar : ce que notre cerveau de primate implique pour Facebook et la politique

Auteur: Alexis Mandre

Blog: http://homofabulus.com/

Billet original: http://homofabulus.com/nombre-de-dunbar-ce-que-notre-cerveau-de-primates-implique-pour-facebook-et-la-politique/

Enregistrement: Enregistré par Alan

Diffusion originale: Podcast Science #115, 17 janvier 2013

 

Fibromyalgie et douleur somatoforme

Billet en lien avec la médecine. Pour rappel: nous ne sommes pas médecins et ne répondrons à aucune question à caractère diagnostique. Les personnes à la recherche de soutien ou d’explications complémentaires sont priées de s’adresser à leur médecin traitant ou de prendre contact avec les associations concernées. Vous trouvez quelques liens en fin de dossier.
Merci de votre compréhension.

 

Dossier de notre invitée, Jeanne Durussel, dans l’épisode #115. 

Il s’agit d’un sujet complexe et sujet à de nombreuses controverses. C’est pourquoi, cette présentation essaie d’en délimiter les contours et la problématique mais ne traite que quelques-unes des questions qui y sont liées.

Pour commencer de quoi parle-t-on ? Dans les soins, on est fréquemment confrontés à des personnes qui se plaignent de douleurs physiques qu’on ne peut pas objectiver sur des bases organiques probantes (on ne voit rien au scanner, à l’IRM, les tests sont normaux…) Si il y a une lésion visible, elle n’est pas suffisante pour expliquer la durée et l’intensité de la douleur. Cela arrive dans pratiquement toutes les spécialités médicales (des symptômes intestinaux inexpliqués en gastro-entérologie, le syndrome de fatigue chronique en infectiologie, le syndrome d’hyperventilation (une difficulté  respiration associées à divers symptômes dont des malaises) en pneumologie, syndrome douloureux qui précède les règles en gynécologie…).

Pour aborder cette question de ce qu’on nomme actuellement les « symptômes médicalement inexpliqués » et des « troubles somatoformes », je me suis centrée sur la fibromyalgie, qui appartient au domaine de la rhumatologie, c’est-à-dire d’une spécialité médicale qui concerne l’appareil locomoteur : principalement ce qui touche aux os et aux articulations,  mais aussi aux muscles, aux tendons, aux nerfs.

1. Il est bon de commencer par quelques définitions…

… afin de poser le décor et d’adopter un langage commun. Il faut savoir que ces termes et catégories sont objet de controverse et que vous trouverez différents termes se recoupant, utilisés différemment selon les conceptions des auteurs.

  • Qu’est-ce qu’un symptôme ? Manifestation d’une maladie ou d’un processus pathologique exprimé par le patent (« subjectif » alors qu’un signe est « objectif »)
  • Qu’est-ce qu’un syndrome ? Ensemble de signes objectifs et de symptômes
  • Que désigne exactement « symptômes médicalement inexpliqués » ou « fonctionnels » ?
    Un symptôme  n’ayant pas d’explication ni en termes de lésion tissulaire, contrairement à l’infarctus ou à l’ulcère par exemple, ni en terme de physiopathologie établie. Cela signifie qu’on ne comprend pas le mécanisme de ce symptôme,  contrairement à l’asthme par exemple dont on peut décrire comment ça fonctionne. Après, c’est une histoire de terminologie : « Médicalement inexpliqué » est d’origine anglo-saxonne et a l’avantage d’être plus neutre que « fonctionnel », qui sous-entend une origine psychologique du symptôme.
  • Quelle est leur fréquence dans le milieu des soins?
    En médecine générale, un tiers des symptômes somatiques (c’est-à-dire physiques) sont « médicalement inexpliqués » dont ¼ est chronique. En hospitalier, c’est un peu moins fréquent (ou on y fait moins attention ?) : un quart des symptômes somatiques le sont.
  • Et d’où vient et que signifie « douleur somatoforme »?
    Il existe deux manuels de référence internationaux en terme de classification diagnostique : la CIM, Classification Internationale des Maladies, et le DSM,  Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, axé sur la psychiatrie. Ces classifications ont émergé du besoin d’un système international de classification des maladies (mentales pour le DSM) pour adopter un langage commun, pour les  statistiques de santé et des impératifs de la recherche médicale. Elles se veulent  a-théoriques, indépendantes des écoles de pensée psychiatriques, en listant des signes et symptômes qui doivent être reproductibles et vérifiables, quelle qu’en soit la cause. Le terme « douleur somatoforme » provient de la catégorie des « troubles somatoformes » provenant de la CIM. Le DSM  contient, lui, une catégorie approchante : « le trouble douloureux. » Voici la défintion du «  trouble douloureux somatoforme persistant » (CIM, donc): il s’agit d’une douleur persistante (6 mois au moins et en permanence presque tous les jours), intense, s’accompagnant d’un sentiment de détresse, n’importe où dans le corps, non expliquée entièrement par un processus physiologique ou un trouble physique, et qui constitue en permanence la préoccupation essentielle du patient. Il ne survient pas dans le cadre d’un autre trouble (schizophrénie, troubles de l’humeur, somatisation, trouble hypochondriaque ou troubles somatoforme indiférencié). Le « trouble douloureux » du DSM (qui est le manuel des troubles psychiatriques, je le rappelle) est beaucoup plus axé sur la dimension psychologique. Ce qui est intéressant quand on se penche sur ces différentes définitions, c’est qu’on peut donc déjà percevoir une légère différence d’approche de la problématique suivant l’ouvrage de référence auquel se rapporte le médecin. Considère-t-il les facteurs psychologiques intervenant dans l’histoire de ces douleurs ou se focalise-t-il sur ce qu’il observe, lui, c’est-à-dire le fait qu’elle est « la préoccupation essentielle » du patient?
    Historiquement, ces  troubles somatoformes résultent de la « mise en pièces » du concept d’hystérie. En gros, le terme d’hystérie vient de la psychanalyse et désigne le fait de traduire un conflit psychique en symptômes physique. Mais celui-ci avait une connotation péjorative et contenait une explication psychodynamique (issue de la psychanalyse) alors que la CIM et le DSM se contentent de décrire.

2. Qu’est-ce que la Fibromyalgie ?

Comme pour la douleur somatoforme, et  comme il s’agit d’un problème qui contient des éléments somatiques (physiques), psychiatriques et sociaux, il existe plusieurs définitions, contenant de petites nuances. Qu’en est-il en psychiatrie ? La fibromyalgie figure dans le Manuel de psychiatrie (2007). Ce syndrome est défini de la façon suivante:

Entité médicale, plus que psychiatrique, à la fois à la mode et très controversée, elle est définie comme un syndrome douloureux musculo-squelettique d’évolution chronique, sans explication lésionnelle et survenant essentiellement chez les femmes d’âge moyen. Ses critères diagnostiques sont, pour l’American College of Rheumatology, la présence à l’examen clinique de points douloureux bilatéraux et axiaux (c’est-à-dire des 2 côté du corps et le long de l’axe : au niveau donc du thorax et du rachis), multiples, provocables par une pression modérée sur divers sites musculaires ou tendineux. (…).

De plus, la fibromyalgie « comprend souvent des [maux de têtes] et des plaintes concernant la sphère digestive, urinaire et les extrémités. Entité diagnostique introduite dans la 10e révision de la classification internationale des maladies de l’OMS (CIM-10) en 1996. »

De nombreuses études se sont aussi penchées sur les maladies psychiatriques qui peuvent être trouvées en association à ce trouble, parmi lesquelles on relèvera une prévalence de dépressions, troubles de l’humeur, troubles anxieux, syndromes de stress post-traumatique, phobies simples, conduites de somatisation (plaintes corporelles inexpliquées) et inquiétudes hypocondriaques (certitude d’être malade) plus élevées que dans la population générale. Sans entrer dans les détails, la question du lien de causalité entre douleur chronique et troubles psychiatrique peut souvent d’avérer très complexe (pour la dépression par exemple : est-ce la douleur qui créé l’état dépressif ou l’inverse ?)

Bien, mais quelle est la fréquence de la fibromyalgie ? Il semblerait qu’il s’agisse d’un problème de santé fréquent. Les estimations varient selon les sources, mais d’après l’Association Suisse des Fibromyalgiques (2012), elle touche 2 à 4% de la population des pays industrialisés. « Les coûts de santé générés par la fibromyalgie sont considérables » en raison de l’invalidité et du recours au système de soins qu’elle entraîne. Les personnes touchées sont en grande majorité, à 85%, des femmes. L’âge des personnes touchées se situe principalement entre 30 et 60 ans. Il semblerait qu’il s’agit en fait d’un syndrome qui n’est pas nouveau, mais qui a revêtu plusieurs noms au fil du temps : neurasthénie, fibrosite, fibromyoste, polyenthésopathie ou encore Syndrome Polyalgique Idiopathique Diffus.

Avec la description de la Fibromyalgie, on peut imaginer que vivre avec une telle symptomatologie engendre une souffrance aussi bien psychique que sociale, liée à la douleur chronique, à l’incertitude. Celle-ci est encore renforcée par les doutes émis à propos de la légitimité de la plainte et à propos de l’honnêteté des patientes (par les proches, les assureurs, les médecins, etc…). On se rend d’ailleurs compte que le terme de « détresse psychologique » revient souvent dans les études sur la fibromyalgie.

Il est vrai qu’on peut se demander quelle est exactement la différence entre le « le trouble douloureux somatoforme persistant » et la fibromyalgie. En réalité, cela reste assez subjectif et dépend, là encore, de l’appréciation du médecin. En effet, il doit choisir entre les deux diagnostics (ou plus : il pourrait aussi reprendre les termes vu plus haut de « symptôme fonctionnel » ou « trouble douloureux »). Ce qui les différencie, c’est que la présence de ces fameux points douloureux fait partie des critères diagnostics de la fibromyalgie, alors que la définition du trouble douloureux somatoforme persistant n’en fait pas mention. C’est donc plus précis et plus ciblé.

3. Quelles pistes explicatives sont explorées ?

La cause de la fibromyalgie et son mécanisme restent tout à fait incertains à l’heure actuelle. Des recherches ont été faites, mettant en avant divers facteurs pouvant jouer un rôle dans le déclenchement ou le maintien de la maladie : facteurs génétiques, infectieux, immunitaires (il ne semble pas exister d’auto-immunité, comme dans des maladies comme la polyarthrite ou c’est le système immunitaire de la personne malade qui s’attaque à ses articulations), musculaires, neuroendocrinologiques, nerveux, traumatiques ou encore liens avec les troubles du sommeil,… Par exemple, une hypothèse semble mener à la conclusion d’une hyperalgésie généralisée (une altération des mécanismes centraux de contrôle de la douleur). On aurait identifié cette altération entre autres grâce à l’augmentation de la substance P, qui est un neurotransmetteur, dans le Liquide céphalorachidien (autour du cerveau et de la moelle épinière) et à des anomalies du métabolisme de la sérotonine (un autre neurotranmetteur). En 2008, une équipe de chercheurs à Marseille a réussi à mettre en évidence un lien entre sévérité et manifestation de la maladie et irrigation cérébrale grâce à la tomographie d’émission monophotonique, (TEMP, dite aussi SPECT), une méthode d’imagerie médicale ultra-spécialisée. Même si il semble que l’étude a été réalisée sur un petit échantillon de patientes (20), cela a rendu visible la fibromyalgie et a permis de la différencier de la dépression et de l’anxiété. Quoi qu’il en soit, on ne peut pas déterminer quel est l’œuf ou la poule : la douleur chronique ou ces anomalies ? Des aspects psychosociaux ont également fait l’objet d’études afin de déterminer leur importance dans la maladie. On a ainsi évoqué, comme éléments  potentiellement favorisant, les événements de vie (violence et abus sexuels sont souvent rapportés par les personnes fibromyalgiques), le niveau d’activité, les cognitions (processus mentaux liés aux connaissances : mémoires, langages, raisonnements, émotions, etc…), ou les antécédents psychiatriques. Actuellement, si certaines pistes semblent intéressantes, l’influence de ces différents éléments reste difficile à déterminer et il semblerait qu’aucune explication n’ait pu remporter l’approbation On pourrait considérer que certains de ces aspects jouent un rôle de facteurs prédisposant, d’autres, précipitant et d’autres, un rôle d’entretien ou de renforcement dans le parcours de la maladie.

4. Quelles sont les possibilités de traitement ?

Aujourd’hui les traitements proposés sont  d’une efficacité toute relative et font encore l’objet de recherches. La facette médicamenteuse regroupe divers médicaments tels qu’anxiolytiques, antidépresseurs, psychotropes, ou antalgiques (tout en sachant que les corticoïdes et les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’Irfen ou le Voltaren, n’ont apparemment pas d’effet sur la douleur dans la fibromyalgie). Mais on ne peut pas se contenter de traiter ce syndrome avec des médicaments, sous peine d’échec. Le traitement non pharmacologique est souvent multidisciplinaire. On se rend compte, en effet, pour les douleurs chroniques en général que la multidisciplinarité est très importante, permettant une prise en charge globale d’un problème qui touche la personne dans son entier, voire dans son identité.

Ce traitement peut comprendre, entre autres, massages, physiothérapie, balnéothérapie, relaxation, mais aussi  psychothérapie ou autres prises en charges psychiatriques. Il semblerait que de nombreux patients fibromyalgiques  se tournent vers des médecines alternatives.

L’éducation thérapeutique est aussi très importante, incluant la personne de façon active dans les soins qui sont donnés. En effet, la façon dont la personne se positionne face à ses douleurs et sa prise en charge thérapeutique semble essentielle.

Cela demande donc une très bonne communication entre les différents intervenants et avec le patient lui-même. Pour les soignants, il faudrait être le plus clair et réaliste possible.

5. Quelques difficultés et questions liées à cette problématique :

  • Diagnostiquer les troubles somatoformes s’avère difficile pour plusieurs raisons:
    Le diagnostic est posé par élimination : comment savoir si tout est éliminé ?
  • Ce diagnostic valide la dichotomie corps-esprit en parlant de « somatoforme », alors que, comme nous l’avons vu plus haut, les différents aspects de la maladie restent très difficiles à séparer les uns des autres. Les catégories s’interpénètrent entres elles.
  • Enfin, il n’y a pas de seuils diagnostics clairement définis. C’est d’ailleurs pourquoi les critères diagnostics de la Fibromyalgie sont critiqués : comme dit précédemment, les critères de l’American College of Rheumatology, datant de 1990, comprennent un tableau de cinq items pour définir la notion de douleur diffuse et la description de 18 points sensibles, dont 11 doivent être douloureux à la palpation digitale. Ces critères sont discutables, en raison, par exemple,  de la faible durée minimale de la douleur (trois mois), de l’absence de symptômes associés (insomnies, troubles abdominaux, etc…) ou de la question de la pertinence du choix de points douloureux précis pour établir le diagnostic. Ces éléments peuvent en effet donner l’image d’une pathologie très « objective », alors qu’ils reflètent une symptomatologie diffuse et complexe. Mais peut-être les avancées des recherches avec l’imagerie médicale permettront-ils de trouver des critères plus précis et « objectivables » pour ce diagnostic ? Il semble que des nouveaux critères diagnostics basés sur un interrogatoire des patients concernant la douleur et comprenant une échelle de sévérité pour les autres plaintes que les douleurs ont été élaborés en 2010 par un groupe de travail américain. Vont-ils remplacer les anciens ?
  • Par ailleurs, on remarque aussi que le diagnostic n’est pas bien accepté par les patients (il est lourd de représentations négatives, toujours liées en grande partie à la « psychologisation » de la maladie). Il est également source de confusion dans les litiges entre assurances et médecins. Pour information : les rentes Invalidité attribuées aux personnes fibromyalgiques devraient être peu à peu supprimées en Suisse avec la dernière révision de l’Assurance Invalidité (entrée en vigueur le 1er janvier 2012). Voici le texte officiel : « une base légale est créée pour le réexamen et l’éventuelle adaptation des rentes octroyées en raison d’affections qui, dans l’état actuel de la médecine, ne sont pas objectivables et dont le diagnostic ne repose que sur les affirmations subjectives des patients. » On se rend compte que la fibromyalgie entre parfaitement ans cette catégorie d’affections (de même que beaucoup de maladies psychiatriques, soit dit en passant).

 5. Conclusion :

Comme dit, il s’agit d’un sujet complexe dans lequel on se perd facilement (de quoi parle-t-on au juste? Quelle est la différence entre tous ces termes ? Comment diagnostiquer ? Quelle piste de recherche est la bonne ? De quels facteurs tenir compte en premier ?). Ce qui est intéressant, à mon sens, c’est qu’il se trouve à la frontière de la médecine actuelle. Il  met en lumière la façon dont  un système de définition médicale, dont nous avons besoin, notamment pour des questions d’assurances, mais aussi pour mettre un nom sur la souffrance et choisir un traitement approprié, peut influencer notre pensée et conception des problèmes (classification des maladies en catégories, volonté de trier entre ce qui est psychique et ce qui est physique,..) et comme en réalité les limites peuvent être poreuses et difficiles à définir. Cela mène au final très rapidement à une réflexion sur le diagnostic et ce qu’il représente. Peut-on vraiment diagnostiquer certaines pathologies de façon vraiment objective ? On se rend compte que les diagnostics, comme les mots, ont chacun leurs connotations particulières, influençant la façon dont la personne malade, mais aussi l’entourage, va les recevoir, les intégrer et influençant peut-être au final la réussite ou non des soins. J’ai par exemple rencontré, en faisant des recherches sur ce sujet, une infirmière spécialisée dans un centre de la douleur, qui me disait qu’elle estimait que de poser un diagnostic de fibromyalgie pouvait avoir tendance à arrêter la dynamique que les patients mettaient en marche pour se soigner, en représentant une sorte de « réponse » et donc de « résultat » à un long parcours de recherches et d’examens difficiles et infructueux. Mais j’ai aussi lu que celui-ci pouvait donner une légitimité à la souffrance et représentait donc un soulagement. Ou qu’au contraire, il était teinté de représentations négatives et lourd à porter…

Une citation, qui peut résumer une partie de la problématique de la prise en charge médicale face aux personnes fibromyalgique s et aux maladies « médicalement inexpliquées »:les patients n’ont pas seulement besoin de comprendre leur maladie, mais aussi de savoir que les soignants la comprennent (Dell, 2007).

Des renseignements et des conseils pour les personnes atteintes sur  le site de la ligue Suisse contre le rhumatisme:

http://www.rheumaliga.ch

Liste de références bibliographiques

American Psychiatric Publishing (2011), Mini DSM IV TR (2ème éd.), Issy les Moulineaux: Masson.

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Blotman, F. (2003). La fibromylagie: diagnostic. Observatoire du Mouvement, 9, 1-4.

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Cathébras, P (2006). Troubles fonctionnels et somatisation : Comment aborder les symptômes médicalement inexpliqués. Issy-les-Moulineaux: Masson.

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Cedraschi, C., Desmeules, J., Luthy, C. & Allaz, A.- F, (2003).Aspects psychologiques de la fibromyalgie. Revue du rhumatisme, 70, 331-336. 

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Département fédéral de l’intérieur (2009). 6e révision de l’AI: nouvelle étape dans l’assainissement durable de l’assurance-invalidité Accès : http://www.admin.ch/aktuell/00089/index.html?lang=fr&msg-id=27468

Fauchère P.-A-(2007). Douleur somatoforme. Chêne-Bourg : Editions Médecine & Hygiène

Guedj E., Cammilleri S., Niboyet J., Dupont P., Vidal E., Dropinski J.-P. (2008), Clinical Correlate of Brain SPECT Perfusion. THE JOURNAL OF NUCLEAR MEDICINE, 49 (11), 1798-1803.

Guelfi, J.-D.& Rouillon, F.(Dir.) (2007). Manuel de psychiatrie (pp.301-322). Issy les Moulineaux: Elsevier Masson.

Marter, A. & Cagan Agruss, J., (2008). Solving the Riddle of Fibromyalgia: An evidence Based Protocol for Advanced Practice Nurse. The Journal for Nurse Practitionners, 4(6), 424-237

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Samara, V. (2007). 36.9° : Maladies invisibles : psy ou pas psy&nbsp? [Vidéo en ligne] Accès : http://www.rts.ch/emissions/36-9/1000760-maladies-invisibles-psy-ou-pas-psy.html

Podcast science 114 – Les hasards heureux

Bonne année! Et désolés pour la qualité du son sur cet épisode, ce n’est pas génial, nous en sommes bien conscients… La prochaine fois, on délocalise Robin 😉

Le dossier de la semaine

Après la version hasards “Mr Hyde”de l’épisode 111, avec le hasard qui nous perturbe, qui choque notre intuition, qui fait ce qu’il veut, qui picole tout le temps, on va passer de la nuit au jour et on va voir dans quelle mesure le hasard peut avoir des dehors plus attrayants. On va voir le côté “Dr Jekill” du hasard, celui qui fait surgir l’ordre du désordre. Qui permet de résoudre des problèmes qui nous paraissaient parfaitement insolubles sans lui, mais ce hasard qui reste tout aussi insaisissable. Bref, nous voyons une autre face du hasard.

» Le dossier de Robin, le hasard V2

Le quizz de la semaine

Les réponses au dernier quizz “L’homme n’utilise que 10% de son cerveau, et c’est Einstein qui l’a dit. Info ou Intox?”

Les réponses des poditeurs:

Notre ami @Johnmingzed, d’abord, a fait preuve de beaucoup d’humour en nous a adressant le message suivant:

Au sujet des 10% de cerveau utilisé :

C’est absolument vrai ! C’est une découverte d’Albert Einstein qui, comme chacun le sait, était un expert en neurologie.

J’en veux pour source ce flyer de l’église de scientologie dont la crédibilité n’est plus à remettre en question : https://docs.google.com/file/d/0B32_3QafbexCM0o5Vkp0Unh6azg/edit

 

Nous avons également une réaction de notre ami @Jonkalak

Concernant le quizz je me souviens avoir entendu une réponse il y a quelques années.

En gros chaque partie du cerveau étant dédiée à une fonction particulière à un instant T tout le cerveau n’est pas utilisé (d’où les 10%). Mais à un moment ou à un autre tout le cerveau est bien utilisé à son maximum (sauf pathologie bien sur)

 

Puis Fonz:

je voulais juste intervenir avec mes maigres connaissances en neuro : il est effectif que l’on pourrais quantifier à 10 % ( plus ou moins je n’ai plus les chiffres en tête ni le nom des différentes recherches ) l’utilisation de notre cerveau mais dans les fait c’est un non sens de vouloir quantifier en pourcentage l’utilisation potentielle de notre cerveau comme un disque dur ou même en ressources d’un processeur .. le cerveau utilise effectivement une faible partie à la fois de sa masse , en effet il a été démontré une certaine régionalisation du cerveau et les dernières recherches menés avec pet scan notamment démontre qu’effectivement le cerveau n’utilise pas l’intégralité de ses aires au même moment .. mais cela veux t -il dire pour autant que le cerveau est sous exploité ? au contraire … il est sur-optimisé pour économiser aux maximum ses ressources justement et il est impressionant de voir comment les régions s’activent en fonction des tâches demandés .. l’être humain ne peux faire qu’une chose bien en même temps , ses performances en sont altérés dès que l’on lui demande plus de une … mais le cerveau est si réactif que nous avons bien souvent l’impression de faire plusieurs choses à la fois … . et ceci me parait une bonne illustration de cette capacité de notre cerveau .. et c’est pour ça d’ailleurs qu’il est déconseillé de textoter au volant : nous sommes bien incapable de tenir un fil de discussion ecrit tout en respectant le code de la route ou tout betement tenir le volant droit .. alors oui effectivement nous n’utilisons que très peu de notre masse cérébrale en même temps mais nous l’utilisons déjà dans son intégralité .. désolé pour ceux qui espérais devenir des dieux en utilisant le potentiel “caché et inexploité” du cerveau … vous l’utilisez déjà 😉 Je suis désolé si cela vous parais confus ou mal écris mais ce sont de vieux souvenirs de cours de neuro et en plus je ne suis pas écrivain … en vous souhaitant à tous de bonnes fêtes et à l’équipe de podcast science une bonne continuation !

 

La réponse Laurent Doucet, en audio:

 Vous pouvez retrouver Laurent Doucet régulièrement sur podbox, le podcast des podcasts, avec Monsieur Smith. Vous le trouvez aussi sur brocast, un podcast qu’il anime avec son frère, et je crois qu’on le trouve encore ailleurs.

 

Et enfin, Nicolas D nous a écrit:

J’avais prévu de faire un long commentaire sur le mode du rasoir d’Occam : si nous n’utilisons vraiment que 10 % de notre cerveau, pourquoi a-t-on les 90 autres pourcents ? Et puis j’avais oublié cette réponse, qui me paraissait à la fois trop subtile et pas argumentée.

J’ai donc réfléchi à une autre approche … (un truc vaguement évolutionnaire, mais pas trop étayé, donc vraiment café du commerce).

Et puis voilà qu’en lisant les 400 culs (un excellent blog qui ne traite cependant que de sujets pour adultes), je tombe sur un élément de réponse dans cet article : http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/01/avez-vous-peur-des-robots-sexuels-.html

Je cite la partie qui m’intéresse :

“L’homme est un animal-machine, dit le philosophe, car il ne possède guère qu’un infime pourcentage de raison : tout le reste de nous, est fait de pulsions ou d’émotions – colère, peur, désir, appétits – qui nous font agir sous influence.”

Un avis auquel je me range, parce qu’il reprend les arguments de la société de l’esprit de Minsky (ah, ça y est, j’ai retrouvé mon fil) : peut-être bien que seuls 10 % de notre cerveau participe à notre pensée consciente, mais comme ces 10% changent à chaque instant, on ne peut pas vraiment dire que seuls 10 % sont utilisés en permanence … Bon, l’explication est bancale, mais une métaphore va aider : dans une démocratie, ce n’est pas parce que le parti dominant (l’UMP-PS) ne récolte que 30 % des suffrages qu’on peut dire que le reste des citoyens ne sert à rien … si ? ah.

Et la réponse de Podcast Science? 

Retrouvez-la sous forme de mini-dossier ici:

» Nous n’utilisons que 10% de notre cerveau selon Einstein. Info ou intox?

 

Le nouveau quizz

  • “Manger trop salé augmente le risque d’hypertension artérielle. Info/Intox?”

Enregistrez votre réponse sous forme de commentaire écrit ou audio ici même avant Février 2013. Soyez pas timides, on se charge de l’explication scientifique, dites-nous juste ce que vous en pensez 🙂

La quote de la semaine

Quote piquée à Mathieu dans sa base secrète de citations magiques: “Le hasard ça se mesure” (Inconnu) – Cité par Nicole El Karoui (mathématicienne fameuse, pionnière du développement des mathématiques financières) dans: 

1. http://rf.proxycast.org/m/media/296096201420.mp3?c=culture&p=LA+MARCHE+DES+SCIENCES_11193&l3=20111027&l4=&media_url=http%3A%2F%2Fmedia.radiofrance-podcast.net%2Fpodcast09%2F11193-27.10.2011-ITEMA_20318115-0.mp3     
(min: 20:10)

Plugs/annonces

 

Prochaine émission

jeudi 17 janvier 2013 2012, Jeanne Durussel: la fibromyalgie

D’ici là, portez-vous bien et n’oubliez pas de répondre au quizz 🙂

A bientôt!

Chatroom

Pingouin: J’ai eu des problèmes pour me connecter à la chatroom aussi
[8:34pm] Staulott joined the chat room.
[8:35pm] Tache: moi ça allait
[8:35pm] Staulott: Bonsoir tout le monde
[8:35pm] Pingouin: On entend bien tout le monde ici
[8:38pm] Aeterna: Ouaip niveau son tout marche bien
[8:38pm] Aeterna: et on entends pas la mer
[8:39pm] Pingouin: un peu de grésillement parfois mais ça va
[8:41pm] Tache: un petit bruit de fond mais ça va
[8:43pm] Pingouin: C’est très saccadé pour David quand meme
[8:43pm] Pingouin: ah là ça va
[8:44pm] Robin___ left the chat room. (Quit: Page closed)
[8:44pm] Robin___ joined the chat room.
[8:45pm] Aeterna: aucun problème non plus avec le chat
[8:45pm] nicotupe: alan est tellement francais…
[8:46pm] Xilrian_d_Irand joined the chat room.
[8:46pm] Pingouin: Aye…..
[8:46pm] Xilrian_d_Irand: coucou le char
[8:47pm] nicotupe: le char te dit salut aussi
[8:47pm] Aeterna left the chat room. (Quit: Page closed)
[8:47pm] Aeterna joined the chat room.
[8:47pm] Aeterna left the chat room. (Quit: Page closed)
[8:47pm] Xilrian_d_Irand: je fais mal aux oreilles quant je parle hein
[8:48pm] Pingouin: Le son est catastrophique pour moi…
[8:48pm] Pingouin: hyper ralenti
[8:48pm] Tache: pareil
[8:48pm] Xilrian_d_Irand: arg merde
[8:48pm] Staulott: ici c’est pareil
[8:48pm] Aeterna joined the chat room.
[8:48pm] Aeterna: Le son est horrible pour moi
[8:48pm] Tache: nous aussi
[8:48pm] nicotupe: on s’en occupe
[8:48pm] nicotupe: merci du retour
[8:49pm] nicotupe:
[8:49pm] Pingouin: Je ne sais pas si qqn peut enregistrer, c’est presque drole
[8:49pm] nicotupe: est-ce que ca va mieux?
[8:49pm] Tache: nop
[8:49pm] Pingouin: tj pas
[8:49pm] nicotupe: reload ta page tache
[8:49pm] Staulott: j’enregistre en ce moment^^
[8:49pm] Jorj_McKie joined the chat room.
[8:49pm] Tache: ah ça va j’ai reload
[8:49pm] nicotupe: cool
[8:49pm] Aeterna: moi c’est revenu bien
[8:50pm] Tache:
[8:50pm] Aeterna: on est content
[8:50pm] nicotupe: hey Jorj!
[8:50pm] Pingouin left the chat room. (Quit: Page closed)
[8:50pm] Staulott left the chat room. (Quit: Page closed)
[8:51pm] Jorj_McKie: Salut à tous
[8:51pm] Staulott joined the chat room.
[8:51pm] Pingouin joined the chat room.
[8:55pm] peremptoire joined the chat room.
[8:56pm] peremptoire: Bonsoir :3
[8:56pm] Tache: bonsoir
[8:57pm] Jorj_McKie left the chat room. (Quit: Page closed)
[8:57pm] Aeterna: Le son est repartis en horrible pour moi
[8:57pm] Tache: pareil
[8:57pm] Aeterna left the chat room. (Quit: Page closed)
[8:57pm] Pingouin: Ca repart… il faut reloader la page
[8:57pm] Pingouin left the chat room. (Quit: Page closed)
[8:57pm] nicotupe: je signale
[8:57pm] nicotupe:
[8:57pm] Cedric joined the chat room.
[8:57pm] Aeterna joined the chat room.
[8:57pm] Staulott left the chat room. (Quit: Page closed)
[8:58pm] nicotupe: normalement c’est bon de nouveau
[8:58pm] nicotupe: si vous rechargez
[8:58pm] nicotupe: desolé
[8:58pm] Aeterna: moi c’est rebon
[8:58pm] Pingouin joined the chat room.
[8:58pm] nicotupe left the chat room. (Quit: Page closed)
[8:58pm] Staulott joined the chat room.
[8:58pm] Tache: c’est bon
[8:58pm] Pingouin: C’est reparti
[8:58pm] nicotupe joined the chat room.
[8:59pm] Tache: a partir des clous
[8:59pm] nicotupe:
[8:59pm] Pingouin: Quand ça pante on dirait que ça sature… le son est très très lent, très ralenti.. (mais là ça va)
[8:59pm] nicotupe: on est dans les clous
[8:59pm] Cedric left the chat room. (Quit: Page closed)
[8:59pm] Jorj_McKie joined the chat room.
[8:59pm] prof_von: @tupe, ton clavier coupe Robin
[8:59pm] nicotupe: c’est po moi
[8:59pm] nicotupe: je suis enn mute
[8:59pm] nicotupe: la je suis en mute
[8:59pm] nicotupe: on va y arriver
[9:01pm] Aeterna: on entends un clavier ….      ou un bruit qui y ressemble beaucoup
[9:03pm] Jorj_McKie: Ca marche avec la taille des soustif ?
[9:04pm] Xilrian_d_Irand: ya pas de raison que
[9:04pm] Xilrian_d_Irand: Quoi que les implants mamaires peuvent biaiser la cchose
[9:04pm] Jorj_McKie: Chez moi, le son de Robin est super haché.
[9:07pm] LaurentDo joined the chat room.
[9:08pm] LaurentDo: J’avais oublié le live…
[9:08pm] peremptoire left the chat room. (Ping timeout)
[9:09pm] Xilrian_d_Irand: LaurentDo: tu nous envois un jolis enregistrement et après tu nous oublies
[9:11pm] Jorj_McKie: C’est par ce que les urnes sont bourrées que Depardieu devient Russe. Atavisme ?
[9:11pm] prof_von:
[9:11pm] nicotupe:
[9:12pm] LaurentDo: Pardon Xilrian !
[9:12pm] LaurentDo:
[9:12pm] Aeterna: très bon ça
[9:13pm] Xilrian_d_Irand:
[9:21pm] Staulott left the chat room. (Quit: Page closed)
[9:21pm] JeanPierre joined the chat room.
[9:21pm] Staulott joined the chat room.
[9:22pm] JeanPierre: Brève incursion pour souhaiter une excellente année à tout le monde, Alan en particulier
[9:23pm] Xilrian_d_Irand: merci ^^
[9:23pm] prof_von: Oh, JP, c’est gentil
[9:23pm] prof_von: Tout pareil!
[9:23pm] prof_von: Bonne et heureuse
[9:27pm] Mentine joined the chat room.
[9:28pm] Mentine: happy new year la chat room
[9:28pm] prof_von: Merci merci  Bonne et heureuse année à toi aussi Mentine
[9:30pm] barBe joined the chat room.
[9:30pm] barBe: bonsoir
[9:31pm] nicotupe: soir’
[9:32pm] barBe: comme d’hab, j’ai tout raté, mince.
[9:32pm] nicotupe: meuh non
[9:32pm] nicotupe: ya la suite!
[9:32pm] barBe: \o/
[9:33pm] Xilrian_d_Irand: 1/2
[9:33pm] LaurentDo: Mais c’est utlisé aujourd’hui en crypto (comme les Cartes Bleues, etc…) ?
[9:34pm] Jorj_McKie: Question pourquoi ne pas multiplier les variables type température, cours de bourse, ou n’importe quelles variables fluctuantes récupérées sur internet pour générer dur hasard.s
[9:34pm] Jorj_McKie: 1/3
[9:34pm] barBe: trop complexe
[9:34pm] Xilrian_d_Irand: j’ai du zapper un truc dans l’énoncé là
[9:34pm] barBe: je crois que sous linux, le hasard est généré via la date actuelle à la miliseconde justement.
[9:36pm] Pingouin left the chat room. (Quit: Page closed)
[9:36pm] Xilrian_d_Irand: au moment du tirage il y avait une porte de plus
[9:37pm] barBe: oui, mais si tu choisis une autre porte, tu refais un tirage.
[9:37pm] Xilrian_d_Irand: avec une porte de moins en très gros
[9:37pm] Xilrian_d_Irand: ca reste pour le coup super contre intuitif mais ca marche
[9:38pm] Xilrian_d_Irand: par contre j’ai pas compris le coup des deux enfants
[9:38pm] prof_von: http://sciencetonnante.wordpress.com/2012/12/17/the-doomsday-argument-les-mathematiques-de-la-fin-du-monde/
[9:38pm] Tache: oui, j’y croyais pas, jusqu’à ce que je fasse l’expérience moi même avec des dés ^
[9:38pm] Jorj_McKie: Non, Non pas de pose sur hasard, il reste le hasard quantique et les propositions de Bell
[9:38pm] barBe: bah, y’a 3 possibilités
[9:39pm] barBe: mais j’ai loupé l’énoncé, ça colle pas, grmbl
[9:39pm] Robin___: une famille a deux enfants dont une fille
[9:39pm] barBe: ah ok
[9:39pm] Robin___: il y a donc trois familles différentes possibles : FF, FG, GF
[9:39pm] Xilrian_d_Irand: ok
[9:39pm] Xilrian_d_Irand: en effet
[9:39pm] LaurentDo: Le prochain épisode est a éviter pour les hypocondriaques…
[9:40pm] Xilrian_d_Irand: il faudrait dire que l’enfant numéro 1 est une fille pour que ca ne marche pas
[9:40pm] Xilrian_d_Irand: ok piG
[9:40pm] Robin___: ouaip
[9:40pm] Robin___: si c’est l’ainée, c’est une chance sur deux
[9:40pm] Robin___: c’est moche
[9:40pm] barBe: toujours la faute de l’ainée
[9:40pm] Robin___: je suis bien d’accord
[9:41pm] barBe: toujours la faute de l’année
[9:42pm] barBe: faut pas oublier de prendre de la peinture laquée et pas mat
[9:42pm] LaurentDo: Il a perdu son triple A ?
[9:43pm] Jorj_McKie:
[9:43pm] prof_von: https://docs.google.com/file/d/0B32_3QafbexCM0o5Vkp0Unh6azg/edit
[9:46pm] barBe: (il est partout ce mec)
[9:47pm] Mentine: Il fait partie des poditeurs célèbres
[9:47pm] Mentine: qui podcasts aussi
[9:47pm] barBe: il est omnipodcast
[9:48pm] barBe:
[9:48pm] barBe: broclash
[9:49pm] Xilrian_d_Irand: sur quidnovi aussi
[9:49pm] LaurentDo: Le Broclash…
[9:49pm] barBe: teu teu teu
[9:49pm] barBe: seulement dans le pilote de panem
[9:49pm] LaurentDo: Merci Barberouss…
[9:49pm] prof_von: :http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/01/avez-vous-peur-des-robots-sexuels-.html
[9:49pm] LaurentDo: Non non, il ne veut pas Barberouss, il m’embête…
[9:49pm] barBe: non, je te réponds. et je publie ce soir ^^
[9:50pm] prof_von: http://www.hetemeel.com/einsteinform.php
[9:52pm] Xilrian_d_Irand: time lord (docteur who power)
[9:52pm] LaurentDo: Je suis déçu… Je ne deviendrais pas le professeur Xavier…
[9:53pm] barBe: tu caps lock pas assez
[9:53pm] gibie joined the chat room.
[9:53pm] LaurentDo: Non pas celui là de Xavier…
[9:58pm] LaurentDo: Belle conclusion !
[10:00pm] peremptoire joined the chat room.
[10:00pm] barBe: info
[10:00pm] LaurentDo: Pour m’occuper de petits vieux, je crois que c’est vrai…
[10:01pm] Mentine: le sel est déconseillé pour les hypertendus en tout cas
[10:01pm] Aeterna: il me semble que ça favorise l’hypertension
[10:01pm] Mentine: en fait le sel est à limiter qu’on soit hypertendu ou pas
[10:02pm] Aeterna: mais effecitvement c’est TOTALEMENT déconseillé pour les hypertendus
[10:02pm] barBe: alors que le poivre …
[10:02pm] LaurentDo: (Quelle classe et quel pureté de langage ce Alan !  )
[10:02pm] Tache: (quelqu’un peut me rappeler la question svp ?)
[10:02pm] Aeterna: et dans certaines maladies il faut absolument ne pas se passer de sel
[10:03pm] Aeterna: comme la maladie d’Adisson
[10:03pm] Mentine: LaurentDo oui il a la classe mais j’adore quand il lâche une grossiereté de temps en temps
[10:03pm] barBe: Ahahah
[10:03pm] JeanPierre left the chat room. (Quit: Page closed)
[10:04pm] Jorj_McKie: excelent
[10:06pm] prof_von: http://titaniumphysicists.brachiolopemedia.com/
[10:07pm] nicotupe: http://nicotupe.fr/Blog/2013/01/vendredi-18-janvier-les-evades-chez-les-mayas/
[10:07pm] prof_von: http://www.sciencesortof.com/
[10:10pm] Xilrian_d_Irand: Robain essaye de parler sans succès
[10:11pm] barBe: y’a pas a dire, la technique c’est hasardeux chez vous
[10:11pm] Xilrian_d_Irand: *robin
[10:11pm] Robin___: je ne peux plus parler !!
[10:11pm] Xilrian_d_Irand: moi c’est la faute de l’irlande
[10:11pm] barBe: héhé
[10:12pm] peremptoire: toute la technique lache
[10:12pm] Robin___: Mais c’était juste pour dire que le spectacle dont parlait Nico, c’est “les ateliers du spectacles”
[10:12pm] Mentine: ouin pas de générique
[10:12pm] Robin___: en banlieu
[10:12pm] Robin___: et ne laissez pas changer Nico
[10:12pm] LaurentDo: Ils ont cassé la machine…
[10:12pm] Robin___: j’ai déjà entendu le résultat
[10:12pm] Mentine: Xil chante nous l’hymne irlandais
[10:13pm] Xilrian_d_Irand: je connais pas
[10:13pm] Robin___: .0, .1, .2
[10:13pm] Robin___: les pilules, ça devient aussi compliqué à suivre que le web
[10:13pm] Robin___: ou que les réacteurs nucléaires
[10:13pm] Robin___: 8ème générations !
[10:14pm] LaurentDo left the chat room. (Quit: Page closed)
[10:14pm] peremptoire: vous êtes sur skype ?
[10:14pm] barBe: mumble
[10:15pm] barBe: ça doit marcher que chez nous mumble
[10:15pm] barBe: ah skype
[10:15pm] Robin___: oh ça va
[10:15pm] Robin___: !!
[10:15pm] peremptoire: Mais oui, c’est très bien mumble :3
[10:15pm] barBe: je crois que mumble est pas mal aussi
[10:15pm] Mentine: on n’aura pas de chansons alors
[10:15pm] Jorj_McKie: tip top
[10:15pm] Robin___: nan mais ça suffit maintenant de parler de moi quand je ne peux plus rien dire !
[10:16pm] barBe: kim jong yougn ?
[10:17pm] barBe: des seins?
[10:17pm] peremptoire: On connait
[10:17pm] barBe: oula
[10:17pm] peremptoire: ouais, le principe de précaution c’est bien, “toujours avoir un enregistrement de secours !”
[10:17pm] prof_von:
[10:18pm] prof_von: j’ai un problème avec le principe de précaution… ça se voit donc tant que ça?
[10:18pm] Jorj_McKie: le cancer du saint, c’est pas l’athéisme ?
[10:18pm] peremptoire: ca m’a déjà sauvé une fois je dois dire :3
[10:18pm] barBe: la pillule, les seins
[10:19pm] barBe: podcastscience va nous préparer un dossier transgenre bientot
[10:19pm] barBe: sinon le cancer d’essaim c’est la mort des abeilles?
[10:20pm] Mentine: que de sujets féminins
[10:20pm] Jorj_McKie: Et quand je pose une question sérieuse, personne ne me répond.
[10:20pm] Mentine: interessant
[10:20pm] barBe: bonne soirée et merci a vous
[10:20pm] barBe left the chat room.
[10:20pm] peremptoire: salut
[10:20pm] prof_von: ciao ciao
[10:20pm] prof_von: merci encore d’être venus!
[10:20pm] Mentine: be seeing you
[10:21pm] Staulott: bonne soirée