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Podcast Science 161 – L’ADN

Le dossier de la semaine

» L’ADN, le dossier de Vincent Giudice

Les images de la soirée

La quote de la semaine

 “Les entrechats d’Eros mènent aux entrelacs de l’ADN par un sacré culbutage des chromosomes” d’Eva Almassy dans son livre “Tous les jours”

Plugs et liens évoqués

  • Le blog de Vincent Giudice : http://dessousdescience.cafe-sciences.org/
  • Son twitter : @DessouScience et le twitter de son labo : @U846_SBRI
  • Kidi’Science : http://kidiscience.cafe-sciences.org/ et le blog de sa principale contributrice Pascale Baugé : http://lemondeetnous.cafe-sciences.org/
  • Merci encore une fois à Pascal Metz et Maxime Simeon, ça y est, on a une nouvelle chatroom toute jolie grâce à eux!

  • Alan voulait juste dire un immense merci à toutes les personnes qui ont envoyé des messages formidables suite à mon passage de témoin du dictatoriat à Nicotupe. Merci à Mathieu, AnnThuan, Marco, Lucile, Jorj, Pierre, Billie. Merci à Antoine – alias Enro -n, Romain Bourboulou, Pierre Chirsen, Julien Geandrot, David Loureiro, Clara Moreau, Al.Jes, Vincent Lebreton, Kramnik, Blast, Jonathan de Voyagecast, Ben de Niptech, jonkalak, Almamoka, Kevin Moulart, Hélène Wal, Christophe Méresse, Frédéric Conrotte, Emmanuelle ForSea, Christian Janbroers, Julien Patate, Lipki, MrNause, Alnitam, giHefca, slyv1, Charliebuz, Tristan, Dorian, cedjapon, Touamz, Automail, Daniel Atlan, Sylvain Fourny, John, Yannick Lallement, Antoine Mercadal, Stef du Canada, Loic Lemire, Pierre Tirgari, Simon Wright, le mystérieux user407394405 de soundcloud, Olivier Perin à l’instant et enfin last but not least Laurent Michel alias Xochipilli qui a même inventé le terme “Dictatupe”. J’espère n’avoir oublié personne, mais j’avoue que c’est possible, tellement j’ai reçu des messages par tous les canaux… Mail, facebook, twitter, g+, soundcloud, skype et même linkedin… Je ne m’attendais pas à cette espèce de feu d’artifice de témoignages d’amitié, certains messages m’ont ému aux larmes… Merci les amis ! Du fond du coeur ! Et merci à tous pour vos encouragements à Nicotupe et au reste de l’équipe, tout va très bien se passer 🙂

 

La prochaine fois

Mercredi 12 février 2014, par Billie
À ceux qui me diront que soit on en parle soit on le pratique, je leur répondrais…. Qu’ils n’ont pas tort et que ce n’est peut être pas une coïncidence si Alan a subitement fui la direction de Podcast Science à l’annonce du sujet de mon dossier. On le comprend et on lui souhaite bonne réussite dans son entrejambe euh pardon… Entreprise.
Pour les autres, je vous propose, en cette veille de Saint-Valentin de nous interroger sur le bénéfice du sexe dans l’histoire du vivant. Qu’est ce que le sexe ? Combien coûte le sexe ? (au niveau évolutif bien sûr, je ne parle pas ici des tarifs pratiqués au bois). Le sexe vaut-il le coup par rapport à la reproduction asexuée ?  Tout tout vous saurez tout sur le sexe en écoutant Podcast Science !

 

 

La Chatroom

NicoTupe : je vous l’avait dit

NicoTupe : 🙂

Alan : héhé 🙂

Alan : par contre, ‘sont moches tes liens…

NicoTupe : c’toi qu’es moche

Alan : sur un si chouli design, c’est un peu dommage

NicoTupe : le player est moche aussi

pascal : quel lien?

Alan : genre un <br />, c’était trop cher?

NicoTupe : ceux que tu avais viré pascal 😉

Alan : le lien Flux live mp3Flux live m3u

NicoTupe : les liens pour les gens qu’ont pas flash

pascal : oups…

NicoTupe : Alan : si tu rales encore, je les rend plus moche

Alan : 😀

NicoTupe : genre en les mettant en comic sans

Alan : m’en fous, c’est ton podcast

Alan : on retiendra pour la postérité que le nouveau dictatupe a mis du comic sans pour marquer son territoire

NicoTupe : aucun pb

NicoTupe : raleur

NicoTupe : bon par contre pour la taille du texte je pense que des gens vont raler

NicoTupe : on va voir

Alan : bah, on avait dit qu’on inversait les rôles, non?

NicoTupe : ah et

Alan : je suis désormais le râleur professionnel…

NicoTupe : one more thing

Alan : tandis que tu t’échines à faire marcher la baraque

NicoTupe : c’est responsive

Alan : oh?

Alan : héhé, supercool 🙂

Alan : bootstrap?

NicoTupe : nope

NicoTupe : maxime simeon

Alan : joyeux brave garçon 🙂

NicoTupe : ils sont bien nos auditeurs

pascal : justement, bootstrap a sauté

NicoTupe : yep

Alan : càd?

NicoTupe : Ben Pascal a du virer bootstrap

pascal : par contre en responsive faudra retourner la chatroom

Alan : ahh… on avait bootstrap avant, mais pas responsive?

NicoTupe : yep

NicoTupe : bootstrap 2 n’est pas vraiment responsive de base

NicoTupe : ce qui est péchu c’est que pascal ne connaissait aucune des technos utilisées ici

NicoTupe : c’etipa merveilleux?

Alan : sérieux? wow 🙂

pascal : en meme temps, la curiosité est peut etre une caracteristique de vos auditeurs

NicoTupe : héhé pas faux 🙂

NicoTupe : et des animateurs aussi 😉

Alan : j’avoue 🙂

Alan : Sauf Robin

Alan : ça se limite aux maths

Alan : c’est une drôle de forme de curiosité

Alan : curieux, ce garçon…

pascal : du coup, j’ai decouvert node js,express,jade,coffee,socket.io…

NicoTupe : hah

NicoTupe : c’est sympa hein?

Alan : (bah, là, tu vois, Robin ferait une syncope 😉 )

pascal : du coup ca fait un petit peu matheux stereotypé

Alan : (c’est peut-être pour ça qu’il n’est pas encore arrivé… Il se remet 😉 )

pascal : sinon, sur les petite modif que j’avais envie de rajouter, c’est un lien vers le dossier ecrit sur le titre de l’episode

NicoTupe : pas con

NicoTupe : sauf qu’en général on l’a pas

pascal : arf, tant pis

pascal : tu as prevenu Maxime que son oeuvre etait en ligne?

NicoTupe : sur twitter oui

NicoTupe : 🙂

pascal : je lui ai envoyé un mail de mon coté

NicoTupe : cool

NicoTupe : on va le remercier ce soir

pascal : Tiens, j’ai disparue de la liste

Pascal : Ah, je suis de reour

Robin : C’est rigolo, il y a marqué “8 auditeurs en ligne”, et je n’en vois que 5

Robin : Et vous ?

Alan : t’es pas dans la bonne base 😉

Robin : Ah d’accord

Robin : Merci

Robin : ça va sinon ?

Pascal : euh c’est quelle base du coup

Pascal : ?

Maxime : Hey

Robin : compliqué, hein ?

Maxime : C’est de tout beauté

Pascal : Bonjour Maxime

Pascal : n’est ce pas

Maxime : Bonsoir Pascal… Alors on est 8 ?

Robin : il est

Maxime : Sauf l’affichage des auditeurs, il y a un bug

Pascal : bon, le compteur compte le nombre de personne connecté sur la page, pas a la chatroom

Pascal : et en plus ca bug…

puyo : Hey, bonsoir à tous !

puyo : Tiens, il y a du changement sur la page du live !

Maxime : La structure HTML de la members list n’est pas valide

Pascal : j’avoue, j’ai pas validé…

Alan : Hey salut Maxime 🙂

Maxime : C’est surtout que ce n’est pas comme mon intégration donc cela ne fonctionne pas mais sinon beau boulot 😉

puyo : Bah, on ne va pas déranger le W3C à cette heure ci, tout de même !

Maxime : Salut Alan

Alan : yep, c’est magnifique, merci !

Alan : salut Puyo 🙂 Tu nous fais des dessins?

puyo : Yep ! Hourra ! Content de te retrouver, Alan ! Héhé !

Maxime : Il n’y a pas non plus la favicon. Mais qu’il est chiant ce graphiste !

Alan : tout pareil 🙂

Pascal : en fait, j’ai du refaire tout le HTML pour pouvoir faire l’integration

Pascal : par contre, le favicon me surprend plus

Pascal : peut être un oublie dans le commit 🙁

Maxime : Sous FF je ne l’ai pas. je vais tester sous Chrome…

Pascal : a pas non plus

Pascal : je vais verifié sur a version locale

puyo : Allez, je fais le A, il me faut trois autres personnes pour le T, le C et le G

puyo : A !

Pascal : T

Maxime : C

Maxime : En tout cas pas de div ni de p dans un <li>

puyo : (allez, allez !)

Maxime : Il faut mettre un span.pseudo pour la liste des membres et mettre un alt au <img>

Maxime : C’est la classe la petite animation du live en haut à droite 😉

Pascal : je verrai pour corriger et mettre le favicon

Pascal : j’ai egalement du me passer du logo en svg

puyo : ah, bravo, ah là là.. au lieu du ATCG, je me retrouve avec du CSS ! ^^

Pascal : bon d’accord, on arrete. On continuera par mail?

Maxime : Yep

puyo : Non, non, je plaisante, hein, allez y !

puyo : Tant qu’il n’y a personne

puyo : C’était pour faire un bon mot, héhé !

Maxime : Car il y a pas mal de truc à voir. Je ne sais pas si je peux modifier la structure

Maxime : De rien

julie : salut à tous

Pascal : en fait, le code n’est pas en HTML, le coté dynamique qui complique un peu

Pascal : salut

mael : c’est sympa la mise en place 🙂

Maxime : On en parle par mail Pascal 😉

Pascal : ca marche

mael : on entend tout le monde parler de qui parle et qui ferme ça gue**e

Pascal : je suis le seul a avoir des truc bizarre sur le son?

David Loureiro : hello

puyo : Hey, bonsoir David !

David Loureiro : ouahhhh elle est géniale l’interface 🙂

Pascal : bonsoir

mael : chez moi le son est nickel

David Loureiro : lu puyo

Pascal : arc, c’est bon

maxence : Salut

Alan : héhé, ça fait plaisir 🙂

puyo : Une roue qui tourne qu dessus de vous… ? Il s’agit peut-être d’une double hélice plutôt ?

Alan : 😀

puyo : ^^

maxence : Ou sont les suisses ??

mael : alan est plus dictateur maintenant qu’il n’est plus à la tête officiellement !

El Jj : B’soir

lukrainien : Bonsoir à tous

mael : j’ai commencé une thèse il y a 3 ans (que j’ai arrêtés) sur le copy-number, les SNPs et les gènes oncogènes.

mael : ma question est donc : pourquoui des bouts d’ADN copiés ailleurs sur les chromosomes

mael : ?

David Loureiro : yeah un lyonnais 🙂

Xilrian : Des questions avant même le début du live qu’est-ce que c’est que ça !!!

Pascal : et pas une simple

Pascal : …

mael : 🙂

Xilrian : C’est reporté pour la fin du dossier :p

mael : merci 🙂

Maxime : Super l’accent 😉

maxence : wahou

RandallFlagg : !

RandallFlagg : j’arrive et ça parle allemand

RandallFlagg : ça fait peur

Alan : au fait, le dossier de Vincent est déjà en ligne, si vous voulez le suivre 🙂 https://www.podcastscience.fm/dossiers/2014/02/05/histoire-de-ladn-avec-vincent-giudice/

Alan : haha, sorry, j’avais pas vu vos comm, j’étais pas en mode scroll 😉

RandallFlagg : et si on attend le 1er avril, les petits pois sont rouge

NicoTupe : aha

Alan : 😀

NicoTupe : RandalFlagg et Puyo, vous dessinez?

RandallFlagg : ah je sais pas , si je trouve une betise, oui

RandallFlagg : 🙂

Robin : Toi maintenant tu ne fais plus que donner des ordres, c’est ça ?

Xilrian : Tu vas trouver on te fais confiance

NicoTupe : Ouais

Marti : Bonsoir

Alan : hey Marti 🙂

Alan : cette fois, je sais qui tu es 😉

Marti : La forme?

Alan : entre 2 quintes de toux, yep, olympique 😉

Alan : et toi?

Marti : Je me remets d’un débat à la télé avec un créationnisme

Marti : *créationniste

Alan : tu y as participé ou tu l’as juste regardé?

Marti : j’y ai participé

GLaDOS : GLaDOS is the creator 😉

Alan : excellent! on peut le voir en replay?

Alan : hi GLaD

Marti : yep http://www.latele.ch/play?i=42465

Alan : Merci 🙂

Alan : (j’vais p’tet pas regarder maintenant, ceci dit 😉 )

Marti : t’as dit à l’intervenant que je boycottais podcast science s’il ne mentionnait pas l’apport de Rosalind Franklin?

Alan : 😀

David Loureiro : D’ailleurs en parlant de débat avec des créationnistes, voici un résumé de celui du Science Guy qui a eu lieu il y a pas longtemps : http://ncse.com/blog/2014/02/how-bill-nye-won-debate-0015369#.UvH2iEWvAQc.twitter

David Loureiro : Bill Nye a échangé avec Ken Ham, grand défenseur du principe de jeune Terre

Xilrian : Oui j’ai vu des échos rigolo de ce débat 🙂

Alan : yep, tout le monde en parle sur facebook 😉

Alan : mais je l’ai pas regardé encore… ça vaut le coup?

David Loureiro : pas encore eu le temps de finir le résumé 🙁

Alan : Bon alors, les gribouilleux… On vous parle de petits pois, de haricots, de facteurs, de moines et vous ne sortez pas un seul dessin?

Alan : vous êtes malades? 😉

David Loureiro : mais Nye a l’air de l’avoir bien géré

Alan : la fameuse photo 51: http://dessousdescience.cafe-sciences.org/files/2014/02/photo51.jpg

Alan : l’article de Watson et Crick : http://dessousdescience.cafe-sciences.org/files/2014/02/photo51.jpg

Alan : oop

Alan : s

Alan : le voilà: http://www.nature.com/scitable/content/molecular-structure-of-nucleic-acids-a-structure-13997975

RandallFlagg : voila 🙂 , j’ai commis !

Alan : 😀

Alan : génialissime 🙂

David Loureiro : héhé

David Loureiro : bien trouvé 🙂

irene : excellent

Xilrian : 🙂

RandallFlagg : un ti peu baclé , j’ai fait vite

Richard Giroux : si vous saviez comment je suis content d’être ici a ce live 🙂

Alan : hey 🙂 Bienvenue Richard !

NicoTupe : on est aussi content uqe tu sois la 🙂

irene : pourquoi?

puyo : Hop là !

Alan : On fire, Puyo!!

Alan : excellent 🙂

RandallFlagg : puyo 😀

puyo : héhéhé !

Pascal : decidement une histoire de bases

RandallFlagg : je suis pas sur que ce soit un code quaternaire, car toute les base ne se melange pas si?

Alan : bien vu

Alan : les a vont toujours avec les t

El Jj : On peut le dire, oui.

RandallFlagg : voila

Alan : et les c avec les g

Richard Giroux : hey, je suis operateur de betonniere donc les chantier

Alan : 😀

Richard Giroux : je connais

mael : non, mais si on ne prend qu’un des brin de la double elice alors on a bien 4 lettres !

mael : donc bien quaternaire

Alan : @RicGir tu es l’ARN de la civilisation 😉

RandallFlagg : non car on a pas toute les mélange possible

RandallFlagg : donc c’est pas vriament quaternaire

El Jj : Les A vont avec les T, mais on peut avoir sans soucis avoir n’importe quelle séquence composé de ces 4 lettres

mael : c’est après, sur le deuxième brin, qu’on a la correcpondance

RandallFlagg : ya pas toute les possibilité

Pascal : sauf qu’a priori il doit y avoir equivalnce

RandallFlagg : ah par brin oui , c’est quaternaire

Pascal : sinon les deux brins snt different

RandallFlagg : 2 brin quaternaire mais ya des lois pour l’union des 2 🙂

mael : si, toutes les possibilités existent

mael : c’est ça

El Jj : Le sstème quaternaire, c’est le système de numérotation des shadoks

Alan : 😀

Richard Giroux : ok, aspirines

Pascal : il faudra lui demander si on peu echanger les bases complementaire

David Loureiro : est ce que l’ADN est un langage turing complet ?

Alan : 😀

NicoTupe : cpa un langage

El Jj : Ca dépend, on peut faire des boucles et des conditionelles ?

Pascal : maintenant que j’ai decouvert le oook, plus rien de m’ettonerai

NicoTupe : si

NicoTupe : le whitespace

Alan : 😀

RandallFlagg : je dois y aller, a+!

NicoTupe : http://en.wikipedia.org/wiki/Whitespace_(programming_language)

Pascal : c’est vrai, mais j’ai une affection particuliere pour le bibliotecaire

Alan : Salut Randall!

David Loureiro : pasque j’ai vu une revue des témoins de Jehova et ils disaient c’était le langage de Dieu

David Loureiro : alors spourça 🙂

NicoTupe : http://goo.gl/wCgtLQ

Pascal : on commente ca comment?

El Jj : Ils ont dit que c’était le langage de programmation de Dieu ?

NicoTupe : je pense uqe ut peux être turing complet sans pouvoir compiler

NicoTupe : euh pouvoir commenter

Xilrian : Coucou Richard je vois que tu as trouvé à quoi correspond 20h30 en heure fr :p (oui je suis pas capable d’être syncro)

El Jj : Cela dit, quand l’ADN compile bien, ça done un bébé !

Richard Giroux : oui je suis enfin present a un live

NicoTupe : 🙂

puyo : Stocker de l’information sur ADN, c’est bien, mais attention aux données sensible : il vaut mieux avoir un anti-virus..

puyo : héhé !

irene : Check that :http://www.dna.caltech.edu/~pwkr/

Alan : yup 🙂 justement, Vincent va en parler 🙂

irene : Il utilise mes microscopes!

Alan : les smileys d’adn 🙂

Alan : @irene, sérieux?? wow!

irene : oui

Alan : http://dessousdescience.cafe-sciences.org/files/2014/02/smiley.jpg

El Jj : Les geeks sont partout, même dans l’ADN

Alan : 🙂

Alan : @Irene, la photo a été réalisée avec un de tes microscopes, justement?

irene : oui

Richard Giroux : hey, McGill, c’est ici a montreal, chez moi 🙂

Alan : 🙂

Marti : on a changé notre façon de relever notre ADN depuis la découverte que de nombreux humains sont des chimères?

puyo : Yop là !

NicoTupe : 😀

irene marcy : bravo vincent, tres interessant !!

mael : c’était à peu près ça

mael : merci

puyo : héhéhé !

mael : pourrait-on inventer d’autres nucléotides ? (donc d’autres Acides amines …)

Robin : Je ne rattrappe que maintenant la chatroom, j’adore les remarques sur la bonne compilation de l’ADN !

Robin : Et je suis pour renommer ACGT : GA BU ZO MEU, ça claque vachement plus !

Pascal : est ce que A=T et C=G

Pascal : ?

Alan : @Marti, around?

Robin : ça dépend ce que tu entends par “=”

Alan : ta question sur les chimères = vraie question?

Robin : ça se met en face

El Jj : Mais comme il y a 20 acides aminés, on peut parler d’un système de base 20

Pascal : plutot equivalent

Pascal : en fait une proteine ne peux pas être condé sur les deux brin?

Marti : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chim%C3%A8re_%28g%C3%A9n%C3%A9tique%29

Marti : oui, c’est une vraie question

Alan : Marti, chimère entre quoi et quoi en l’occurrence?

Marti : lors d’un test de partenité négatif au USA, on s’est rendu compte que le code génétique était différent suivant l’endroit où on le prélevait

Alan : ah oky

Alan : les personnes qui ont 2 codes génétiques…

Robin : Je viens de voir le point rouge en haut à gauche pour dire que le live est en cours, trop bien, c’est comme si on était dans une vraie radio !

Marti : c’est dû à une fusion des embryons

Alan : Ln en avait parlé dans son dossier

Robin : à droite, pardon

Pascal : @robin par contre, pour l’instant on peux pas l’eteindre

Marti : et il semberait que ce soit plus fréquent que ce l’on pensait

El Jj : on est dans une vraie radio !

Robin : Ben non, je suis chez moi

Robin : 🙂

El Jj : L’un empeche pas l’autre

puyo : Pom pom ! (j’espère ne pas avoir écorché le nom !)

Marti : ça pose la question de l’utilisation des tests ADN dans les enquêtes scientifiques

Alan : yopuyooo!

puyo : Héhéhéhé !

Xilrian : 🙂 génial ^^

puyo : Youhou, merci !

puyo : Oui, excellent dossier !

Robin : à puyo : parfait, tu annonce la conférence sur le sujet samedi 15

Robin : (Rubik’s cube)

David Loureiro : très intéressant et très clair!

Xilrian : C’est clair

puyo : Robin > oh, je n’y avais même pas pensé, huhu ! comme quoi !

Xilrian : et bien raconté aussi j’ai bien aimé le début un peu “à la maniére de”

Marti : Vous pourriez arrêter de taper sur le micro, svp

Pascal : vos conference sont dispo sur le net?

Pascal : @robn

Pascal : enfants a partir de quel age?

pascale : 🙂

pascale : de rien

NicoTupe : Alors Pascale, tu vas te lancer dans un bouquin de Singh?

NicoTupe : Je te conseille vraiment, c’est génial

pascale : oui commandé ce jour !

Alan : 🙂

pascale : moi j’en ai plein de la part de mes enfants

Robin : @Pascal

pascale : non, ils ne lisent pas… 🙁

Robin : Malheureusement je ne crois pas

pascale : un peu fainéants sur ce coup là

Pascal : tant pis @robin

David Loureiro : yeah

Marti : Alan nous cacherait des choses?

El Jj : On dirait un pitch de secrets d’actualité

puyo : Oh, hé bien, un sacré dossier en perspective ! (un nouveau record d’audimat à prévoir ? 🙂

maxence : roo la musique

David Loureiro : marvin gay pour la musique

maxence : ouh yeah

puyo : Rhoo, mais tu pourrais dessiner aussi, Nico, enfin ! 🙂

puyo : Merci, merci !

puyo : Bravo les gars !

Xilrian : Merci à toi 🙂

Pascal : de rien

David Loureiro : c’est vrai que la chatroom elle déchire !

mael : et le quizz du mois ???

Richard Giroux : wow, félicitation les gars, j’adorais podcast science, mais en live, on monte un niveau de plus, bravo

JC : Pareil que Richard. J’écoute toujours quelques jours plus tard en général, mais pour ma première fois en live c’est vraiment sympa 🙂

Xilrian : 🙂

JC : Vrai 🙂

Pascal : en plus on peut reecouter: on redecouvre des choses a chaque fois…

Robin : en suisse, par exemple?

Robin : Ça c’est exotique

puyo : héhéhé !

Pascal : decidement une histoire de bases

RandallFlagg : je suis pas sur que ce soit un code quaternaire, car toute les base ne se melange pas si?

Alan : bien vu

Alan : les a vont toujours avec les t

El Jj : On peut le dire, oui.

RandallFlagg : voila

Alan : et les c avec les g

Richard Giroux : hey, je suis operateur de betonniere donc les chantier

Alan : 😀

Richard Giroux : je connais

mael : non, mais si on ne prend qu’un des brin de la double elice alors on a bien 4 lettres !

mael : donc bien quaternaire

Alan : @RicGir tu es l’ARN de la civilisation 😉

RandallFlagg : non car on a pas toute les mélange possible

RandallFlagg : donc c’est pas vriament quaternaire

El Jj : Les A vont avec les T, mais on peut avoir sans soucis avoir n’importe quelle séquence composé de ces 4 lettres

mael : c’est après, sur le deuxième brin, qu’on a la correcpondance

RandallFlagg : ya pas toute les possibilité

Pascal : sauf qu’a priori il doit y avoir equivalnce

RandallFlagg : ah par brin oui , c’est quaternaire

Pascal : sinon les deux brins snt different

RandallFlagg : 2 brin quaternaire mais ya des lois pour l’union des 2 🙂

mael : si, toutes les possibilités existent

mael : c’est ça

El Jj : Le sstème quaternaire, c’est le système de numérotation des shadoks

Alan : 😀

Richard Giroux : ok, aspirines

Pascal : il faudra lui demander si on peu echanger les bases complementaire

David Loureiro : est ce que l’ADN est un langage turing complet ?

Alan : 😀

NicoTupe : cpa un langage

El Jj : Ca dépend, on peut faire des boucles et des conditionelles ?

Pascal : maintenant que j’ai decouvert le oook, plus rien de m’ettonerai

NicoTupe : si

NicoTupe : le whitespace

Alan : 😀

RandallFlagg : je dois y aller, a+!

NicoTupe : http://en.wikipedia.org/wiki/Whitespace_(programming_language)

Pascal : c’est vrai, mais j’ai une affection particuliere pour le bibliotecaire

Alan : Salut Randall!

David Loureiro : pasque j’ai vu une revue des témoins de Jehova et ils disaient c’était le langage de Dieu

David Loureiro : alors spourça 🙂

NicoTupe : http://goo.gl/wCgtLQ

Pascal : on commente ca comment?

El Jj : Ils ont dit que c’était le langage de programmation de Dieu ?

NicoTupe : je pense uqe ut peux être turing complet sans pouvoir compiler

NicoTupe : euh pouvoir commenter

Xilrian : Coucou Richard je vois que tu as trouvé à quoi correspond 20h30 en heure fr :p (oui je suis pas capable d’être syncro)

El Jj : Cela dit, quand l’ADN compile bien, ça done un bébé !

Richard Giroux : oui je suis enfin present a un live

NicoTupe : 🙂

puyo : Stocker de l’information sur ADN, c’est bien, mais attention aux données sensible : il vaut mieux avoir un anti-virus..

puyo : héhé !

irene : Check that :http://www.dna.caltech.edu/~pwkr/

Alan : yup 🙂 justement, Vincent va en parler 🙂

irene : Il utilise mes microscopes!

Alan : les smileys d’adn 🙂

Alan : @irene, sérieux?? wow!

irene : oui

Alan : http://dessousdescience.cafe-sciences.org/files/2014/02/smiley.jpg

El Jj : Les geeks sont partout, même dans l’ADN

Alan : 🙂

Alan : @Irene, la photo a été réalisée avec un de tes microscopes, justement?

irene : oui

Richard Giroux : hey, McGill, c’est ici a montreal, chez moi 🙂

Alan : 🙂

Marti : on a changé notre façon de relever notre ADN depuis la découverte que de nombreux humains sont des chimères?

puyo : Yop là !

NicoTupe : 😀

irene marcy : bravo vincent, tres interessant !!

mael : c’était à peu près ça

mael : merci

puyo : héhéhé !

mael : pourrait-on inventer d’autres nucléotides ? (donc d’autres Acides amines …)

Robin : Je ne rattrappe que maintenant la chatroom, j’adore les remarques sur la bonne compilation de l’ADN !

Robin : Et je suis pour renommer ACGT : GA BU ZO MEU, ça claque vachement plus !

Pascal : est ce que A=T et C=G

Pascal : ?

Alan : @Marti, around?

Robin : ça dépend ce que tu entends par “=”

Alan : ta question sur les chimères = vraie question?

Robin : ça se met en face

El Jj : Mais comme il y a 20 acides aminés, on peut parler d’un système de base 20

Pascal : plutot equivalent

Pascal : en fait une proteine ne peux pas être condé sur les deux brin?

Marti : http://fr.wikipedia.org/wiki/Chim%C3%A8re_%28g%C3%A9n%C3%A9tique%29

Marti : oui, c’est une vraie question

Alan : Marti, chimère entre quoi et quoi en l’occurrence?

Marti : lors d’un test de partenité négatif au USA, on s’est rendu compte que le code génétique était différent suivant l’endroit où on le prélevait

Alan : ah oky

Alan : les personnes qui ont 2 codes génétiques…

Robin : Je viens de voir le point rouge en haut à gauche pour dire que le live est en cours, trop bien, c’est comme si on était dans une vraie radio !

Marti : c’est dû à une fusion des embryons

Alan : Ln en avait parlé dans son dossier

Robin : à droite, pardon

Pascal : @robin par contre, pour l’instant on peux pas l’eteindre

Marti : et il semberait que ce soit plus fréquent que ce l’on pensait

El Jj : on est dans une vraie radio !

Robin : Ben non, je suis chez moi

Robin : 🙂

El Jj : L’un empeche pas l’autre

puyo : Pom pom ! (j’espère ne pas avoir écorché le nom !)

Marti : ça pose la question de l’utilisation des tests ADN dans les enquêtes scientifiques

Alan : yopuyooo!

puyo : Héhéhéhé !

Xilrian : 🙂 génial ^^

puyo : Youhou, merci !

puyo : Oui, excellent dossier !

Robin : à puyo : parfait, tu annonce la conférence sur le sujet samedi 15

Robin : (Rubik’s cube)

David Loureiro : très intéressant et très clair!

Xilrian : C’est clair

puyo : Robin > oh, je n’y avais même pas pensé, huhu ! comme quoi !

Xilrian : et bien raconté aussi j’ai bien aimé le début un peu “à la maniére de”

Marti : Vous pourriez arrêter de taper sur le micro, svp

Pascal : vos conference sont dispo sur le net?

Pascal : @robn

Pascal : enfants a partir de quel age?

pascale : 🙂

pascale : de rien

NicoTupe : Alors Pascale, tu vas te lancer dans un bouquin de Singh?

NicoTupe : Je te conseille vraiment, c’est génial

pascale : oui commandé ce jour !

Alan : 🙂

pascale : moi j’en ai plein de la part de mes enfants

Robin : @Pascal

pascale : non, ils ne lisent pas… 🙁

Robin : Malheureusement je ne crois pas

pascale : un peu fainéants sur ce coup là

Pascal : tant pis @robin

David Loureiro : yeah

Marti : Alan nous cacherait des choses?

El Jj : On dirait un pitch de secrets d’actualité

puyo : Oh, hé bien, un sacré dossier en perspective ! (un nouveau record d’audimat à prévoir ? 🙂

maxence : roo la musique

David Loureiro : marvin gay pour la musique

maxence : ouh yeah

puyo : Rhoo, mais tu pourrais dessiner aussi, Nico, enfin ! 🙂

puyo : Merci, merci !

puyo : Bravo les gars !

Xilrian : Merci à toi 🙂

Pascal : de rien

David Loureiro : c’est vrai que la chatroom elle déchire !

mael : et le quizz du mois ???

Richard Giroux : wow, félicitation les gars, j’adorais podcast science, mais en live, on monte un niveau de plus, bravo

JC : Pareil que Richard. J’écoute toujours quelques jours plus tard en général, mais pour ma première fois en live c’est vraiment sympa 🙂

Xilrian : 🙂

JC : Vrai 🙂

Pascal : en plus on peut reecouter: on redecouvre des choses a chaque fois…

Robin : en suisse, par exemple?

Robin : Ça c’est exotique

puyo : Héhéhéhéhé !

Marti : bonne soirée!

Hélène wal : hello

El Jj : Le dictateur à la retraite trouve toujours de nouvelles idées !

puyo : Bravo !

Robin : ben oui

Robin : il ne peut pas s’arrêter

Richard Giroux : Je suis bien content de constater qu’Alan a de la misere a lacher prise, yeah!

puyo : tant mieux !!

Alan : 😀

JC : J’ai une question qui n’a rien à voir avec l’émission d’aujourd’hui, mais avec celle sur la simulation numérique d’il y’a quelques temps (je termine ma thèse en dynamique des fluides donc j’utilise bcp la simulation). J’ai cru comprendre que vous aviez en tête de faire un dossier sur le chaos. Une idée de quand aurait lieu l’émission?

Richard Giroux : Flute, j’pense pas que le quebec soit exotique 🙂

NicoTupe : peut être dans quelques semaines : Robin?

Robin : possiblement dans 15 jours

Pascal : Cool!!!!

NicoTupe : @Richard : mais si, l’accent québécois est exotique pour nous 🙂

Robin : ou un truc comme ça

puyo : Concernant le sujet du chaos, il serait cohérent d’avoir une date aléatoire, non ? 😀

NicoTupe : dasn 3 semaines Robin…

Robin : bonne nouvelle !

Robin : 😉

Pascal : le chaos dans un freestyle, c’est coherent

NicoTupe : c’est pas le même cahos

puyo : (sinon, je vote pour l’accent québécois !)

Richard Giroux : 🙂

Robin : mais je ne sais pas si je vais apprendre grand chose à quelqu’un qui est en thèse…

GLaDOS : What’s the lab’s twitter account?

JC : 🙂

NicoTupe : The cake is a lie algebra

Richard Giroux : nexium!

Alan : @U846_SBRI

JC : fin de thèse 🙂 Je rends mon manuscrit dans deux semaines (enfin! H

JC : hallelujah)

Alan : https://twitter.com/U846_SBRI

El Jj : “the cake is a lie algebra, excellent, faut que je la replace celle là

GLaDOS : Thanks!

NicoTupe : Héhé, je savais que ça te plairait Eljj

Richard Giroux : je dois vous quitter pour aller chercher fiston a l ecole, chow tout l monde, je vous adore , chow

NicoTupe : ++ Merci d’être venu

NicoTupe : je sais plus pourquoi j’ai sorti ce truc mais ça ma beaucoup amusé 😀

Alan : Tschuss Richard!

puyo : Tiguidou, comme disent les québécois !

NicoTupe : Science is a lie (algebra)

Richard Giroux : mets en, tigidou, a plus

GLaDOS : Beautiful.

El Jj : La blague ne peut être comprise que par les fans de Portal et les fans d’algebre de Lie

El Jj : Ce qui représente un nombre très restreint de personnes

puyo : Science is à l’ail ? (Podcast sciauce-à-salade)

NicoTupe : elle a quelle note cette blague de math Eljj?

Richard Giroux : un jour , je vous proposerai de parler du béton, pourquoi tout les travaux de bėton semble se desagreger?

puyo : un sujet béton ! (pardon)

puyo : c’est une bonne idée !

El Jj : En terme de degré, elle me semble de degré 1. Mais d’un point de vue pesonnel, je lui met une très haute note

puyo : ^^

NicoTupe : degré 1 c’est facilement compréhensible c’est cA?

El Jj : Ca veut dire qu’il n’y a que une seule référence mathématique dedans

NicoTupe : ah oui c’est vrai

El Jj : Mais on peut la rendre de degré 2 comme ça :

El Jj : http://spikedmath.com/comics/453-cake.png

GLaDOS : http://www.customink.com/designs/proofs/fux0-000z-609h/front.jpg?81282a22d55f48b728a29c879404e63082b48c2a

Pascal : pas mal celle la

Robin : http://www.zazzle.fr/t_shirt_de_moebius-235727711274099964

El Jj : 🙂

Pascal : c’est quoi la deuxieme reference?

David Loureiro : on parlait du débat de Bill Nye avec Ken Ham, JM Abrassart vient de poster la vidéo sur twitter : http://t.co/yi75wCvZDR

El Jj : J’ai moyen de me brancher sur ma box avec un fil

El Jj : J’espère que ma connection Sarthoise va marcher !

El Jj : J’ai aussi été mayennais pendant un an !

El Jj : J’ai un micro, j’espère que ça suffira

El Jj : Faudrait que je déplace mon ordi près de ma box, ce qui va me demander un peu de déménagement

NicoTupe : http://imgur.com/v3WSSVO

Robin : Je fais ça à chaque live !

El Jj : Patientez une quinzaine de minutes

El Jj : (faut aussi que je vois si j’ai pas désinstallé skype)

Pascal : dommage que le moebius ne fasse pas le tour…

GLaDOS : Gorgeous: http://www.customink.com/designs/proofs/fux0-000z-609h/front.jpg?81282a22d55f48b728a29c879404e63082b48c2a

David Loureiro : Les méfaits de l’alcool 🙂

El Jj : C’est bon, j’ai pas désinstallé skype

El Jj : Fut que je retrouve mon mot de passe, maintenant

scienceabilly : bon j’arrive encore apres la bataille!

scienceabilly : depuis quand les dossiers durent moins de 3h”30?

David Loureiro : bonne soirée les jeunes !

puyo : Je recommande le mot de passe le plus populaire au monde : 123456

scienceabilly : pression

puyo : question mots de passe, il faut être dans le coup !

scienceabilly : c quoi cette adresse et cette histoire de MDP?

scienceabilly : yep

Pascal : c’est vrai que password c’est has been

scienceabilly : zoom

scienceabilly : H2N

scienceabilly : ok sskype

scienceabilly : je suis dans la place 😉

puyo : Il a 4 micros, le H2N, il me semble, chouette machine !

puyo : Yeah !

Alan : Eljj, bientôt là?

El Jj : Je réinstalle skype !

Alan : 😀

El Jj : Bon, je vais tenter de redémarrer mon ordi

El Jj : Vous pouvez essayer de m’appeller sur mon e-mail, mais je ne peut pas assurer que ça va marcher

El Jj : En fait, j’ai l’icone de skype “connecté” et “déconnecté” en même temps, c’est étrange…

El Jj : L’interface utilisateur, c’est quand elle s’affiche !

El Jj : J’essaye de voit pour hangout

El Jj : Je ne comprend pas pourquoi ils ont arreté yahoo messenger, ça marchait bien

El Jj : Ok. Ca marche comment hangout ?

puyo : Salut à tous, bon courage et bonne soirée !

Alan : Merci 🙂

Alan : Tschuss!!

julie : c’était bien marrant

Les LED blanches

Interview de Nicolas Grandjean réalisée dans l’émission 157.

Alan : Nicolas Grandjean deux mots d’introduction, donc tu es prof à l’EPFL.

Nicolas Grandjean : Professeur en physique.

A : Donc l’EPFL, à Lausanne, en Suisse, tu diriges le LASPE, c’est ça ?

N. G. : Oui.

A : LASPE, donc le laboratoire en semi-conducteurs avancé pour la photonique et l’électronique.

N. G. : C’est mieux en anglais, c’est une traduction littérale.

A : D’accord, qu’est ce que ça donne en anglais ?

N. G. : La même chose… Avec l’accent…

A : Yeah ! Et puis donc, ce soir tu vas nous parler des LED, un immense merci d’avoir accepté notre invitation. Pour entrer tout de suite dans le vif du sujet, les LED, ça donne une lumière blafarde ?

N.G. : Alors, peut-être en préambule je dois dire que je n’ai aucun intérêt dans aucune compagnie, je n’ai rien à vendre, donc je suis là en tant que scientifique de base. Alors, pour revenir sur les LED, c’est vrai que les remarques générales que tu peux entendre un peu partout c’est “ah ces LED, c’est un blanc dégueulasse, un blanc blafard ». Tu prends ta lampe de poche avec une LED, tu éclaires c’est bleu au milieu, c’est jaune au bord, qu’est ce que tu veux faire avec ça ?  Alors il faut savoir que ce blanc blafard, originellement, il vient d’Asie et du Japon, les premières LED blaches ont été développées au Japon, et quand tu vas au Japon, tu te rends compte que les lampes fluorescentes sont d’un blanc blafard, c’est-à-dire que dans les restaurants en Asie, on aime ce blanc cliquant, flashy, froid, qui réveille, alors est-ce que c’est lié au climat, j’ai essayé de me renseigner, j’ai un collègue aux Etats-Unis qui est installé depuis 20 ans, un japonais, il me dit : »quand je suis arrivé aux Etats unis, c’était terrible pour moi. Je ne supportais pas l’ambiance des restaurants. Ce côté un peu de lumière diffuse, chaude, ce côté cosy est insupportable pour la plupart des collègues à qui j’ai posé la question » Donc, il y a un côté culturel qui a souvent été oublié de la part des journalistes notamment, je me souviens une fois avoir eu un débat avec un journaliste du « Temps » qui est équivalent au petit du « Monde » à Genève en Suisse et je lui dis, dans votre article vous êtes passé à côté de la dimension culturelle, donc dans la lumière on oublie souvent que, ce qui peut plaire à une communauté, peut déplaire à une autre et ça, c’est peut-être un point sur lequel on pourra revenir. Qu’est ce que c’est qu’une belle lumière ?

A : Ca démarre très fort. Je m’étais jamais posé cette question des différences culturelles. Cette lumière blafarde elle est peut-être un peu voulue, c’est ça que tu nous dis ?

N.G. : Alors, encore une fois, c’est des choses qui sont sans doute très profondément ancrée dans la culture asiatique, et je suis assez nul dans le domaine. Mais sans doute c’est lié à ce coté, on voit par exemple les maquillages des danseuses traditionnelles au Japon, il y a ce blanc qui revient, ce besoin d’avoir un blanc cru, peut-être lié à la virginité, à la pureté sans doute. Et dans le monde occidental, nous, d’ailleurs on aime bien ce coté du feu de cheminée, un éclairage au feu de bois c’est sympa, ça peut permettre, disons, une approche plus facile dans certaines situations. Je sais pas mais en tout cas, c’est des choses à considérer. Et c’est vrai qu’on le voit d’ailleurs dans le développement des LED ces dernières années, on va maintenant vers un blanc chaud parce qu’aussi il faut savoir que les sociétés qui ont dominé le marché des LED, notamment Nichia était une société japonaise, on reviendra sur Nakamura qui est le père fondateur des LED, et ils ont compris qu’il fallait aller vers un blanc chaud. Donc on va parler de température de couleur. Qu’est ce que c’est qu’un blanc chaud ? Voilà, c’est aujourd’hui, on le voit, une évolution vers des LED agréables, selon nos critères, encore une fois, culturels.

A : Ok. On t’a pas invité, en fait, pour te demander le plus beau blanc, au départ. On va être un peu sérieux, on va parler un peu de contexte déjà, pour commencer, est-ce qu’on connait un peu les chiffres de l’éclairage ?

N.G. : Alors, c’est toujours très difficile, parce que c’est des chiffres qui viennent de cabinets de consultants, de gens qui ont fait beaucoup d’études, qui ont étudié des dossiers compliqués. Donc ça, c’est des chiffres que je reprends, encore une fois je garantis absolument pas la valeur de ces chiffres mais on peut typiquement considérer aujourd’hui qu’il y a 20% de la production d’électricité qui est utilisée pour l’éclairage, ce qui est relativement considérable. 1/5 de la production mondiale d’électricité pour l’éclairage, donc l’éclairage industriel, éclairage domestique, éclairage des routes, Là encore, peut-être, il faudra revenir sur l’utilisation modérée des LED, c’est-à-dire qu’à partir du moment où on peut avoir une source d’éclairage qui est bon marché et qui a une excellente efficacité, on va avoir tendance à en mettre un peu partout.

A : Ouais, et aujourd’hui, on parle de 30 milliards de lampes qui éclairent chaque jour.

N.G. : Typiquement oui, c’est les chiffres qu’on peut trouver dans les présentations des éclairagistes des grandes compagnies comme OSRAM ou PHILIPS. Donc on est autour de 16 milliards de lampes chaque année, ce qui correspond à peu près à 300 centrales nucléaires 24/24, 7/7. C’est un gros marché, c’est un poste important de consommation d’énergie donc c’est pour ça qu’il y a un effort important aujourd’hui pour réduire la consommation d’électricité et être eco-friendly.

A : Ouais, parce qu’on a un sérieux problème avec les ampoules traditionnelles.

N.G. : Alors, les ampoules traditionnelles comme j’ai l’habitude de le dire pour les étudiants, c’est souvent de bons radiateurs. Il suffit de démonter une lampe qui est restée allumée pour avoir les doigts collés dessus, pour se rendre compte que c’est plus un radiateur qu’une lampe. Si on regarde en termes de répartition entre la partie lumière utilisée et la partie lumière perdue, qui est de la chaleur infrarouge, on est typiquement à 5% de lumière utile, qui va servir à éclairer, et 95% d’énergie perdue sous forme de chaleur, de rayonnement infrarouge.

A : Et puis les alternatives ?

N.G. : Alors les alternatives, peut-être qu’on peut revenir sur l’historiques de l’éclairage. Donc, comme chacun sait, si on veut créer de la lumière, il faut simplement chauffer. Très tôt, à partir du moment où on a commencé à maitriser le feu on a pu avoir des lampes, il y a eu les lampes à huile, il y a eu les torches, et puis ce qui est intéressant c’est qu’Edison, et un peu avant ses prédécesseurs (Edison n’a fait que perfectionner, comme souvent c’est toujours difficile d’attribuer un chercheur, un savant qui a été le premier, c’est souvent des coïncidences et des collaborations plus ou moins directes ou indirectes), et donc, Edison a perfectionné la lampe à incandescence qui n’est autre finalement, que la maîtrise du feu, toujours basée sur le même principe, je chauffe pour éclairer, alors on peut peut-être aller un peu plus loin, savoir pourquoi il faut chauffer pour éclairer.

A : On va parler un petit peu de physique, histoire d’entrer dans le vif du sujet, et puis de comprendre ce que sont ces LED. Bon, on a vu ce que c’est que la chaleur, ce que c’est que le feu, qu’est ce que c’est que la lumière ?

N.G. : Alors justement, je voudrais revenir sur cette notion de chaleur, ou plutôt de température, soyons précis. Parlons de température et non pas de chaleur. La chaleur est liée à la température, elle est la capacité d’un corps d’emmagasiner les propriétés de la matière. Donc, on va partir de température, on va parler du corps noir, et il faut savoir que n’importe quel matériau porté à une certaine température, va émettre de la lumière. Donc ça c’est Planck qui le premier s’est intéressé à ce phénomène et a décrit de façon théorique l’émission du corps noir. Donc vous prenez n’importe quel objet, vous le portez à une certaine température et il va émettre, un rayonnement de la lumière au sens large (on reviendra sur la définition de la lumière). Si je prends le soleil, plus le corps va être chaud, plus il va émettre de la lumière à courtes longueurs d’ondes, et donc on va pouvoir attribuer température et spectre d’émission et c’est à partir de cette base-là que toutes les sources de lumière ont été développées jusqu’au 20ème siècle.

A : Mais donc la lumière ?

N.G. : Tu vois que je me suis retrouvé un peu bloqué parce que j’ai parlé de lumière et de rayonnement, et en fait j’ai eu du mal à dire ce que c’était que cette lumière ou ce rayonnement. Donc, on va revenir un peu en arrière et définir ce qu’est la lumière. Donc la lumière est une onde, c’est une onde encore une fois au sens large, qui va des ondes radio, des ondes visibles, des ondes infrarouges, des ondes ultraviolettes et même jusqu’aux ondes qui sont utilisées, par exemple, la diffraction X, pour aller regarder la matière et le coeur de la matière. Et d’ailleurs, au passage, il faut savoir que lorsque tu veux regarder un objet, il faut utiliser la longueur d’onde qui correspond à l’objet. En gros, par exemple, si je prends des ondes radio, j’aurai du mal à te voir, elles sont trop grandes, si je prends des ondes lumineuses, visibles, typiquement on va parler en microns entre 0,4 micron pour la limite violette et 0,7-0,8 micron pour le rouge, ce qui fait en nanomètres, c’est pas très parlant, entre 400nm et 800nm. Mais je crois que c’est bien, à la limite les auditeurs peuvent noter ça quelque part, donc le spectre visible, 400nm-700 à 800 nm donc du violet au rouge, ou, encore une fois, en microns 0,4 micron à 0,7-0,8 micron pour le rouge. Et si je veux regarder, par exemple un objet, regarder des atomes, il faudra que je prenne une longueur d’onde de l’ordre de la dimension de l’atome c’est-à-dire de quelques Angström (noté Å). D’où la diffraction X, et ça c’est universel, quand je veux regarder un objet je dois choisir une lumière dont la longueur d’onde est de l’ordre de la taille de l’objet sinon je le vois pas.Alors, on a bien compris que cette lumière était une onde avec une longueur d’onde associée, et le visible, en fait, est une toute petite partie du spectre solaire par exemple. Donc, si je prends le soleil qui est typiquement à 5000° Celsius, il va avoir une émission, donc un rayonnement sur un ensemble de longueurs d’ondes qui va de l’infrarouge, ça c’est ce que l’on sent quand on s’expose au soleil, on sent cette chaleur, tous les infrarouges qui n’ont pas été arrêtés par l’atmosphère. Ensuite il y a toute une petite partie qui est celle que tu vois, qui permet de voir les objets, et puis comme on le sait il y a la partie ultraviolette qui n’est malheureusement pas suffisamment arrêtée par l’atmosphère et qui va vous brûler la peau, au ski ou sur la plage.

A : Donc les couleurs tu m’arrêtes si je dis une bêtise, les couleurs c’est une certaine longueur d’onde dans ce spectre visible.

N.G. : Alors, le spectre visible est une petite fraction de l’ensemble des longueurs d’ondes possibles qui vont de l’Angström, donc 10^-9 mètre, à plusieurs kilomètres pour les ondes acoustiques. On est vraiment sur quelque chose qui est très très vaste. et le spectre visible, donc l’oeil y est sensible, on a des petits bâtonnets au fond des yeux, qui sont sensibles en fait à une toute petite fraction du spectre de longueurs d’ondes. Et il se trouve que nous avons au fond des yeux, 3 types de bâtonnets qui vont être sensibles à différentes…

A : C’est les cônes.

N.G. : Pardon ces cônes. Donc, on va être sensibles à ces différentes couleurs principales, alors c’est pas tout à fait rouge-vert-bleu mais typiquement c’est assez compliqué, on a plusieurs lobes. Mais pour simplifier on va être sensible au rouge, vert et bleu, c’est comme ça que le cerveau va effectivement reconstituer ensuite l’ensemble des couleurs visibles.

Donc une couleur, ce qui est compliqué parce qu’on a les couleurs primaires qui correspondent à une longueur d’onde, mais on peut avoir, on en reparlera, une couleur, par exemple notamment le blanc qui correspond aux stimuli de deux longueurs d’ondes.

Peut-être si on termine sur le spectre visible, l’oeil ensuite va avoir une certaine réponse, donc il va avoir une réponse qui est nulle en dehors de ces 0,4 pour simplifier 0,4 micron-0,8 micron, donc c’est tout ce qui est ultraviolet et infrarouge. Donc l’oeil a une réponse nulle, il ne voit rien. En revanche, sa réponse va commencer à augmenter à partir du bleu, avec un maximum autour du jaune-vert, qui est autour de 560nm c’est un peu différent d’ailleurs de jour et de nuit et puis ça va redescendre quand on va aller vers le rouge. Ce qui est intéressant, parce que souvent on se dit, une LED, par exemple verte elle est très puissante, très brillante, c’est simplement parce que l’oeil a une sensibilité dans le vert qui est 10 à 20 fois la sensibilité dans le bleu. Donc l’oeil en fait est incapable de juger quelle est la puissance de la lumière qui lui arrive dessus.

NicoTupe : A ce titre, juste pour compléter je pense que tu le sais déjà mais justement les appareils photos, pour mimer un peu ce que fait l’oeil, ont deux fois plus de capteurs verts que de capteurs des autres couleurs. Voilà c’est pour l’anecdote, pour les histoires des couleurs différentes.

A : C’est fou ce qu’on apprend ce soir, j’en savais rien du tout, c’est merveilleux !

N.G. : Juste aussi, d’ailleurs c’est très intéressant parce que, quand on veut indiquer un danger, on va mettre du rouge, et là encore on voit le facteur culturel sur la lumière. Or, l’oeil n’est pas sensible au rouge. Il est sensible au jaune, vert, donc si on veut faire quelque chose qui soit très visible on devrait le faire jaune/vert. Et pourtant on met du rouge parce que le rouge c’est sans doute associé, culturellement, historiquement, à quelque chose qui est le feu, le danger voilà donc c’est…

N.T. : Voilà Alan, t’as une explication à pourquoi les voitures françaises avaient des phares jaunes.

A : Aha, ben je sais pas ça a un lien, un rapport ? J’ai jamais compris cette histoire de phares jaunes. Enfin, sur le reste de la planète, on n’a jamais compris. C’est pas ce soir qu’on va le savoir.

N.G. : Pour revenir sur cette histoire de corps noir, maintenant, on comprend que si on veut réaliser une lampe à partir d’un corps chaud, il va falloir chauffer suffisamment pour avoir des longueurs d’ondes qui soient dans le visible. Alors, prenez par exemple un feu de cheminée, ou par exemple, on vient de sortir, non pas de l’été on est un peu loin, mais en Suisse les barbecues l’été c’est vraiment le gros truc, donc vous prenez une braise, quand vous commencez à la voir, quand tu commences à la voir orange sombre, c’est typiquement 600°, c’est-à-dire que si tu regardes la lumière qui est émise par cette braise, alors si elle était complètement noir tu peux encore te brûler, ça veut dire qu’elle est en dessous de 600°, typiquement à 500°, tu ne verras rien, tu la verras noir, pourtant elle est en train d’émettre de la lumière. Elle émet des infrarouges, elle est à 500°, donc tu vas te brûler mais tu ne vois rien. Tu augmentes la température et la limite c’est typiquement 600°. A partir de 600° elle commence à devenir légèrement orange sombre. Puis plus tu vas chauffer, typiquement 900°, à 900° c’est de l’orange clair. Plus tu vas chauffer encore tu vas avoir du jaune et puis si tu continues à chauffer tu augmentes la proportion de longueurs d’ondes dans le bleuet. C’est pour ça qu’on dit chauffer à blanc, chauffer à blanc c’est quand tu commences en fait à produire suffisamment de lumière dans le bleu pour, par addition avec la lumière qui est dans le jaune et dans le rouge, avoir cette lumière blanche. Donc on comprend maintenant que pour produire de la lumière blanche à partir d’un corps chaud, il suffit de le chauffer suffisamment pour qu’une partie de l’émission du rayonnement soit dans le spectre visible et qu’il y ait une composante dans le bleu qui soit suffisamment forte pour pouvoir avoir cette lumière blanche par addition de couleurs.

A : D’accord. Bon moi j’ai que des ampoules LED chez moi, quand je les touche elles sont froides, pourtant de ce que je comprends de ce que tu es en train de dire, on peut pas tellement dissocier chaleur et lumière. C’est un miracle alors ces ampoules ?

N.G. : C’est parce que justement, la technologie et la rupture technologique est intervenue. En fait, non pas avec les LED mais avec les lampes fluorescentes. Si tu prends une lampe fluo, tu peux la démonter après plusieurs heures de fonctionnement, tu pourras remarquer que c’est tiède, c’est pas brûlant.

A : C’est vrai.

N.G. : Il y a une certaine chaleur. On pourra se poser la question, d’où vient cette chaleur ? Et la rupture technologique c’est vraiment en fait la lampe fluorescente. Donc tu changes complètement de paradigme. Donc jusqu’à présent, la lampe à incandescence c’est chauffer, toujours pareil, un filament, typiquement à 2500, 3000°, sauf que tu sais que si tu chauffes, généralement qu’est ce qui se passe ? Ca brûle.

A : Ouais.

N.G : Tu fais du feu. Donc l’idée d’Edison et de ses coéquipiers on va dire, c’était de dire je vais chauffer et pour éviter la combustion, je vais priver mon système d’oxygène. On sait que si on veut brûler quoique ce soit, il faut de l’oxygène. Donc tu mets une ampoule, un gaz inerte, tu chauffes, tu t’affranchis de la combustion mais tu gardes la température et tu génères donc de la lumière à partir d’un objet qui est chaud. Principe de base et tu veux pas qu’il brûle, tu le protèges. Au cours du 20ème siècle, et c’est pourtant relativement vieux parce que dès le début du 19ème, on avait remarqué, (les expériences en fait c’est début de tout ce qui est électricité, décharges), on remarque qu’une décharge électrique dans un gaz peut produire aussi de la lumière. Ah ça c’est nouveau, tu peux produire de la lumière sans avoir à chauffer quelque chose. Tu regardes un éclair lors d’un orage, tu crées de la lumière, il n’y a rien qui chauffe. Donc tu changes complètement d’approche, tu vas maintenant créer de la lumière en faisant autre chose. C’est de la mécanique quantique c’es-à-dire que tu vas exciter des atomes. Sous l’effet de la décharge électrique, les atomes vont se retrouver avec des électrons projetés dans des orbitales, dans des niveaux électroniques de haute énergie, et généralement au bout d’un certain temps ils retombent dans leur état de base, comme toi et moi généralement on retombe tous, de toute façon, dans un état de base, c’est plus ou moins un canapé avec une bière. Mais c’est typiquement ça et dans cette relaxation il perd de l’énergie, donc l’énergie qu’ils avaient acquis sous l’effet de cette décharge électrique, cet éclair, ils vont la perdre et ils la perdent sous forme de lumière. Et ça c’est nouveau, tu crées de la lumière sans avoir à chauffer.

A : D’accord et ça c’est ce qu’on trouvait dans les tubes néons.

N.G. : Ouais premier tube néon, tu prends un gaz que tu excites sous l’effet d’une décharge, les atomes se trouvent excités et ré-émettent, par exemple, les lampes à sodium, ces lampes orange  que tu as un peu partout sur les parkings, sur les routes, c’est des lampes à vapeur de sodium, tu crées une décharge électrique entre deux électrodes et tu vas avoir ensuite des excitations de tes électrons sur les couches excitées, vers les états fondamentaux. Et c’est par ce moyen que tu vas créer de la lumière et c’est pour ça que c’est toujours de la même couleur, parce que c’est des transitions fixées dans les atomes de sodium.

A : Et puis donc la LED, c’est une évolution ? Ou est ce qu’on a une nouvelle rupture ?

N.G. : Alors, peut-être, pour finir parce qu’on a parlé des lampes, si tu trouves que je suis trop bavard, généralement je suis assez bavard.

A : Il n’y a pas de souci chez nous, après faut juste que tu aies le temps !

N.G. : Donc parce que le sodium c’est orange, c’est pas terrible comme lumière blanche, c’est le moins qu’on puisse dire. Donc si tu veux avoir une lampe fluorescente, avant de passer à la LED essayons de comprendre. Parce que j’ai besoin si tu veux que l’on comprenne bien le fonctionnement de la lampe fluorescente  pour savoir pourquoi la LED est meilleure.

A : Alors allons-y !

N.G. : Donc j’en suis à la décharge, je crée ma lumière à partir de mes atomes excités. Je prends du sodium c’est orange, ça va, d’ailleurs c’est pas mal parce que si tu mets par exemple un filtre, si on était éclairés partout en orange, tu mets tes lunettes et tu verrais le ciel, parce que tu pourrais mettre un filtre interférentiel qui bloquerait que la longueur d’émission du sodium et tu mettrais un ciel noir et nos enfants pourraient voir les étoiles, ce qui est un problème avec la lumière blanche au passage, et la pollution lumineuse des villes. Revenons donc à ces lampes fluorescentes. Donc, tu veux créer de la lumière. On a dit, pour avoir de la lumière blanche il faut avoir du bleu, du jaune, du vert, du rouge, donc il faut que j’ai de la lumière et des transitions qui soient dans cette zone là du spectre, or ça, je ne sais pas faire. On ne sait pas faire. On ne connait pas d’atomes qui vont émettre exactement dans toutes les couleurs du spectre visible pour avoir cette lumière blanche. Du coup on a trouvé un atome qui est le mercure. Donc c’est pour ça que tu as du mercure dans les lampes fluorescentes. Tu mets un atome de mercure, en fait tu as des vapeurs de mercure, que tu vas exciter et ce mercure va émettre de la lumière dans l’UV. Cette lumière dans l’UV va ensuite exciter des phosphores qu’on appelle des luminophores en français, qui recouvrent les parois de ton tube. Donc cette lampe fluorescente est blanche parce qu’en fait ce sont ces luminophores qui ensuite, sous l’excitation de la lumière UV produite dans la lampe vont ré-émettre dans le visible. Et maintenant tu vois où je veux en venir, c’est que tes parties de lumière UV qui a une certaine énergie, on parle en électronvolts (eV), pas en méga-électronvolts (MeV) ou en giga-électronvolts (GeV), nous c’est l’eV. L’énergie de la lumière des photons donc associés à notre onde, varie entre 2eV pour le rouge, à 3eV pour le bleu. Ces chiffres sont importants parce qu’on va comprendre d’où vient l’économie et d’où vient la performance des LED. Donc tu pars d’un photon de 5eV, pour donner des photons entre 2 et 3eV, donc tu as perdu plus de 2eV c’est-à-dire 50% de l’énergie est perdue par conversion. Et la chaleur dont je te parlais quand tu touches une lampe fluorescente, c’est typiquement cette perte d’énergie. On parle de perte d’énergie par cascade, du fait que tes passé d’un photon UV, la lumière UV à de la lumière visible.

A : Ok. Je m’étais jamais douté qu’il y avait autant de technologie dans un bête tube néon. Avoir autant de science c’est assez invraisemblable. Et puis donc la LED alors ? Rupture ou pas par rapport à ces technologies là ?

N.G. : Alors justement ça, ça nous amène peut-être à la définition, mais qu’est ce qu’une lampe idéale ?

A : Hum..

N.G. : Une lampe idéale va être une lampe qui émet justement de la lumière, uniquement dans le spectre visible. Pas au dessus, pas en dessous, ça c’est clair, ça sert à rien, mais uniquement dans le spectre visible. Et la LED est justement un système qui te permet à partir d’une énergie que tu vas lui communiquer, on verra comment on communique cette énergie à la LED, elle va la transformer directement à la bonne longueur d’onde, à la bonne énergie, sans perte. Quand je dis sans perte, j’exagère un peu, mais disons quasiment sans perte d’énergie. Donc il n’y a plus cette perte par cascade. Par exemple, on va avancer un peu sur le plan de la physique, on va parler de photon, c’est plus simple pour moi. Je vous rappelle que la lumière est faite de grains qu’on appelle des photons, ces photons ont une longueur d’onde et, associée à la longueur d’onde par une relation relativement simple, on a l’énergie qui est égale hC/λ, C qui est la vitesse de la lumière.

A : Attention, pas de gros mots, on évite les formules…

N.G. : Bref, il faut savoir que tu as une énergie qui correspond à une longueur d’onde, et si je prends un photon bleu, qui a une longueur d’onde typiquement 0,45micron, ou 450nm, tu as une énergie qui correspond à 2,8 eV. Bien, une LED, je vais pouvoir appliquer une tension et là on voit tout de suite cette énergie eV maintenant va vous sauter aux yeux. Quand je prends une LED et que j’applique par exemple 3V, 2,8V, j’ai un électron qui va la traverser, et cet électron a une énergie de 2,8 eV, et si je travaille bien, cet électron va se transformer en photon d’énergie 2,8eV.

A : Et donc, on verra apparaitre la lumière bleue.

N.G. : Donc on aura de la lumière bleue avec l’énergie que l’on aura communiquée initialement. Sur le papier, on a une perte nulle d’énergie. Donc on a un rendement parfait de conversion d’énergie électrique en énergie lumineuse, en lumière.

A : Je commence à voir l’avantage là. C’est impressionnant, et du coup on a un rapport 1/1, en tout cas théoriquement, entre ce qu’on fait entrer, ce qui sort ?

N.G. : Alors là, on commence à être dans le coeur de ce qui se passe au coeur de la LED. Tu injectes du courant, des électrons, ces électrons vont ensuite se convertir en lumière, on verra comment ils se convertissent en lumière. En fait chaque électron va donner 1 photon. Quand je dis chaque électron va donner un photon c’est pas tout à fait vrai. Pour ça, il faut faire un certain nombre de travaux à la fois sur les matériaux, sur la structure même de la LED. Aujourd’hui, on arrive quasiment à ce que, si je parle de rendement, si j’injecte 100 électrons dans la LED, j’en ai 95 qui vont donner de la lumière. C’est-à-dire que 100 électrons vont me donner 95 photons. Ca, c’est ce qu’on appelle le rendement de conversion quantique électron/photon. Maintenant ce que j’ai dit c’est que non seulement je veux avoir un rendement quantique le plus proche possible de 100, que chaque électron donne un photon, mais ensuite il faut que le photon ait la bonne énergie, donc je veux en plus choisir le matériau qui me donne un photon qui a la bonne énergie. Et l’énergie que j’ai communiquée à l’électron. Et tout ça c’est de l’ingénierie. il faut savoir que ces matériaux sont des semi-conducteurs et ces semi-conducteurs sont finalement peu connus. Ce qui est assez étonnant, je pense que tu connais le semi-conducteur star qui est le silicium. Malheureusement le silicium, il est très bien dans les tablettes dans les smartphones, dans les ordinateurs mais il n’émet pas de lumière. Ca commence, on commence à arriver à faire des lasers un peu particuliers en recherche. Mais en gros pour faire simple le silicium n’émet pas de lumière. Il faut aller vers d’autres matériaux. Souvent, ce sont des gros mots ces autres matériaux; parce que c’est par exemple l’arséniure de gallium, dans l’Arséniure de gallium t’as de l’arsenic, alors c’est pour ça qu’on en parle pas trop, parce qu’en fait dans ton téléphone tu as de l’arsenic. En fait, on a tous de l’arsenic sur nous. Parce que tous les composants radiofréquence de com’ pour les télécoms sont à base d’arsenic. Dans le cas des LED blanches, il n’y a pas l’arsenic, c’est très simple, c’est de l’azote qu’on a partout mélangé à un métal. Alors on connait l’aluminium, très proche de l’aluminium, il y a le gallium qui est vraiment très très proche et ce gallium en fait mélangé à l’azote à haute température donne un cristal, comme le quartz, qui a des propriétés de semi-conducteur, c’est un semi-conducteur qui a des propriétés donc d’émission de lumière.

A : Je crois que je commence à me faire une vague de l’aspect théorique mais après, comment est -ce qu’on concrétise ça ?

N.G. : Alors tu vas comprendre, si on connait tous le cuivre, si tu prends un fil électrique en cuivre, tu peux toujours lui faire passer du courant, tu verras qu’il émet de la lumière que si tu fais passer plusieurs ampères et à nouveau, il va chauffer à haute température et encore une fois émettre type corps noir, classique, on oublie, c’est du vieux truc au rebut, on oublie. Tu auras jamais de la lumière comme ce, donc la question c’est que se passe t-il dans certains matériaux pour qu’au lieu d’avoir simplement des électrons qui se baladent dans ton matériau, comment tu fais et qu’est ce qu’il se passe au coeur de ce matériau pour que tu aies de la lumière, on appelle ça de la luminescence. Alors c’est très vieux, ça a été observé au début du 20ème siècle je crois en 1906, par un russe, qui avait vu qu’effectivement, en faisant passer du courant dans certains matériaux, il voyait de la lumière qui n’avait rien à voir si tu veux avec cette émission du corps noir. Alors, c’est quoi un semi-conducteur. Si tu prends le terme littéral tu as semi, tu as conducteur, ça veut rien dire je pense que pour le commun des mortels, et je dois dire moi-même avant d’arriver à la fin de mes études, j’ai commencé à peine à comprendre ce que c’était qu’un semi-conducteur. J’ai souvent cette image aussi un conducteur en gros tu imagines, tu dois traverser la baie de San Fransisco tu as des ponts à 1 étage et puis tu as des ponts où tu peux avoir 2 étages, donc tu peux imaginer un système où les électrons vont traverser, se balader sur un seul niveau et puis dans les semi-conducteurs il va y avoir deux niveaux. Tu vas pouvoir décrire ton semi-conducteur comme un système où je peux me promener sur deux passerelles. Et évidemment, ces deux passerelles sont séparées par une certaine hauteur dans notre monde humain, dans le monde des électrons cette hauteur ça va être finalement l’énergie, on va appeler ça une énergie à nouveau, et le but du jeu sera de faire passer un électron de la passerelle supérieure à la passerelle inférieure, de façon à ce qu’il perde de l’énergie. Or, toi quand tu sautes quand t’arrives au sol, tu ressens l’énergie, c’est l’énergie cinétique et tu vois que plus tu sautes de haut, plus tu vas sentir cette énergie cinétique de façon assez brutale. Un électron, plus il va sauter de haut, plus il va perdre de l’énergie, et lui, en perdant de l’énergie il va pas avoir d’énergie cinétique mais il va émettre un photon. Donc il va libérer son énergie qu’il avait initialement, sous la forme de lumière.

A : D’accord, et puis donc concrètement c’est le semi conducteur qui va s’éclairer, il va devenir lumineux. C’est ça ?

N.G. : Ah c’est vraiment le matériau, là c’est difficile de le faire en radio, moi je fais des démos à des jeunes lycéens qui viennent visiter la labo, on leur montre, tu prends un bout mais comme ça de cristal qui est transparent, tu prends une pile, t’as même pas besoin de faire de technologies complexes, tu prends une pile tu appuies comme ça et tu fais passer du courant et tu vois la lumière bleue qui sort.

A : Je crois que je commence à comprendre un tout petit mieux. Enfin ce que j’ai compris c’est comment on obtient de la lumière bleue avec une LED. Enfin, avec cette technologie là, après comment est ce qu’on fait pour obtenir les autres couleurs.

N.G. : Comme je t’ai dit chaque matériau va avoir, c’est un terme un peu technique, une borne interdite, c’est-à-dire avoir une séparation entre les 2 niveaux plus ou moins grande. Si tu prends l’arséniure de gallium, il a une séparation qui est dans l’infrarouge. Alors ces matériaux sont utilisés par exemple pour les lasers télécoms, En ce moment on utilise des lasers. Comment tu fais passer ton émission ? Ben tu as des fibres optiques et tu as de la lumière. Cette lumière est typiquement à 1,3 microns, à partir de lasers qui mettent en jeu des matériaux type arséniure de gallium, tu es dans l’infrarouge.C’est parfait parce qu’en plus les fibres optiques sont transparentes dans ce domaine de longueur d’onde. Ensuite, tu peux changer de matériau, aller par exemple vers ce qu’on appelle du phosphure de gallium, tu remplaces l’arsenic par du phosphore, et ça c’est les petites LED vertes que tu as devant qui clignotent. Donc ça c’est gallium et phosphore. Et puis, si tu changes encore le phosphore par de l’azote, tu as du bleu, violet en fait, tu as du violet typiquement à 3eV. Donc tu vois c’est très très simple, tu vas jouer, c’est comme des legos, tu vas jouer avec ces éléments de ta classification périodique et tu vas les assembler comme des legos et tu vas jouer avec cette séparation entre les différents niveaux d’énergie.

A : D’accord, cette séparation elle porte un nom ?

N.G. : Le gap, on appelle ça tout simplement le band gap, la borne interdite en français.

A : Gap ça sonne bien, c’est plus péchu. D’accord. Alors là je commence à comprendre les LED de mon enfance, enfin un peu comme celle que j’ai sur la table de mixage que j’ai sous les yeux c’est-à-dire il y a des petites pastilles qui sont vertes quand on parle et puis quand il y a trop de pastilles qui s’allument un moment il y a une pastille rouge qui s’allume. Mais la pastille change jamais de couleur.

N.G. : Alors tu peux voir effectivement qu’on est assez limité, on est sur du vert, vert-jaune comme je te disais, on est sur du rouge…

A : Il faudrait qu’on crie je pense pour qu’on passe dans le rouge, mais on va éviter.

N.G. : Donc en fait, dès les années 70 notamment aux Etats-Unis, les chercheurs se sont dits « mais je peux peut-être faire mieux », c’est-à-dire que là tout ce que je t’ai dit tu te dis « c’est assez limité ». On a une palette de couleurs qui est liée aux matériaux. Est-ce que je peux aller plus loin ? Et c’est ce qu’on appelle aujourd’hui l’ingénierie quantique. La physique quantique c’est pas quelque chose juste pour faire joujou sur les bancs des étudiants et souvent les planter à l’examen. C’est quelque chose qui marche excessivement bien dans tout ce qui est dispositif type LED et lasers. Imagine une toute petite couche, quand je dis une toute petite couche c’est typiquement quelques Angströms, donc quelques plans atomiques. Tu prends un matériau et tu vas prendre quelques couches atomiques de ce matériau là. Et puis tu vas le mettre en sandwich, tu peux prendre un ticket de métro pour imaginer, tu vois la bande noir ça va être juste ce matériau qui va avoir une bande interdite, un gap qui est tout petit, il va être en sandwich avec un autre matériau qui lui a un plus grand gap, tu peux voir ça comme un puits. On appelle ça d’ailleurs un puits quantique. Comme c’est tout petit, tu vas mettre ton électron là-dedans et là on revient à nouveau à des concepts de base qui est la dualité onde-corpuscule de De Broglie en 1928. Je suis onde ou je suis corpuscule, et si tu mets un électron dans une toute petite couche, il se trouve que son onde associée est de l’ordre de grandeur de ce puits quantique, et donc tu vas le confiner, comme une corde si tu veux d’un instrument de musique, tu vas commencer à avoir des modes qui vont apparaitre c’est ce qu’on appelle des énergies de confinement quantique et tu vas pouvoir ajuster, du coup, l’énergie en jouant avec la largeur du puits quantique. Tu vas plus ou moins, comme un instrument de musique, tu prends une corde tu vas passer sur ton violon, tu vas avoir un son plus ou moins aigu, plus ou moins grave et là c’est pareil. Tu joues avec la largeur de ton puits, et tu vas pouvoir jouer finement avec ta longueur d’onde. Donc ça c’est un degré supplémentaire. Et pour te donner une idée aujourd’hui sur les LED, entre les LED bleues et les vraies LED vertes (pas celle que tu as là, parce que là c’est catastrophique, c’est une technologie d’il y a 50 ans…) mais les vraies LED vertes que tu as, par exemple, dans les feux tricolores aujourd’hui, tu vois ce beau vert, bien vert quoi, pas ce vert-jaune, eh bien la différence d’épaisseur du puits quantique tu passes de 30Å – 25Å à 35Å c’est 10Å, donc ils font contrôler quand tu fais ta LED, il faut que tu puisses contrôler les épaisseurs de tes matériaux à l’Å près, et la couche atomique et on sait faire aujourd’hui.

A : Un Å donc pour ceux qui ne le pratiquent pas tous les jours ?

N.G. : Un Å c’est 10^−10m, donc c’est un dixième de milliardième de mètre, et typiquement un atome, il faut visualiser les atomes, moi je comprends pas qu’on explique pas aux enfants dès le plus jeune âge ce qu’est un atome. Un atome c’est, en gros une boule de pétanque qui fait 3Å de diamètre. A la louche.

A : D’accord, ça donne un ordre de grandeur.

N.G. : Moi je dis souvent, si vous voulez sentir les atomes vous baladez votre main, nous on parle d’air ou de courant d’air, c’est ce que vous sentez c’est les molécules qui viennent frapper votre main. Petite anecdote comme ça, je racontais à mes étudiants, un jour j’expliquais à mon fils qui avait 4 ans que ce qu’il sentait c’est les molécules qui tapaient sur son visage. Et puis un jour, il tombe de vélo puis je lui dis qu’est ce que t’as fait et il me dit “papa c’est les molécules qui m’ont fait tomber ».

N.T. : Question très bête, pourquoi de pétanque.

N.G. : Ça c’est parce que j’ai passé 10 ans dans le sud de la France …

N.T. : Je croyais que c’était parce qu’il y avait une autre raison, donc je me tais.

A : Bon alors maintenant je commence à mieux faire le lien c’est-à-dire que sur mon téléphone, là en ce moment, j’ai une petite LED qui clignote, elle est bleue aujourd’hui parce que, je sais pas, j’ai reçu un truc, un mail, suivant ce que je reçois elle est parfois bleue, parfois verte, parfois jaune. Je crois que j’ai compris comment elle peut changer de couleur. Mais il y a un truc qui m’échappe encore c’est comment est-ce qu’on arrive à produire de la lumière blanche enfin une couleur à la fois je comprends, mais de la lumière blanche, comment c’est possible ?

N.G. : Tu pourrais dire dans ce cas-là très simplement, je vais prendre un ensemble de LED, je vais finalement recomposer l’arc-en-ciel à partir de mes LED, la lumière blanche on la voit quand tu as un arc en ciel ou à travers des fois une vitre qui va décomposer ta lumière. Tu vas avoir donc l’ensemble de ce spectre qu’on connait très bien, et tu pourrais dire je vais prendre des LED violettes, bleues, vertes, jaunes, rouges orange etc..Et puis je vais mélanger l’ensemble des spectres d’émission des LED pour avoir cette lumière blanche. Ca ça marche très bien mais, 1°) c’est très compliqué et du coup ça coute très cher. Donc en fait on va plutôt mystifier, il faut savoir que si tu prends du bleu et du jaune en peinture c’est une synthèse soustractive des couleurs et tu vas avoir du vert, par contre si tu fais du bleu et du jaune, synthèse additive et c’est ce qui se passe au fond de notre oeil, tu vas avoir du blanc, donc le moyen le plus simple pour générer de la lumière blanche c’est de prendre du bleu et du jaune. Là encore, tu peux te dire je vais prendre une LED bleu et une LED jaune, il se trouve qu’aujourd’hui, on ne sait pas faire de LED jaune efficace, on sait faire des LED jaunes/vertes mais une vraie LED jaune qui est très performante c’est-à-dire qui convertit de façon efficace la lumière en jaune on ne sait pas faire, du coup on contourne le problème en prenant une LED bleue et on va l’encapsuler d’un luminophore jaune.

A : Un luminophore ?

N.G. : Un luminophore, c’est un matériau qui va avoir des propriétés de transformer la couleur.

A : Un filtre ?

N.G. : C’est pas un filtre. Si tu veux, des alliages qui mettent en jeu des terres rares, des matériaux assez complexes, des composés assez complexes, qui lorsque tu les éclaires (c’est les vieux tubes cathodiques) tu peux les éclairer avec de la lumière ou avec un faisceau d’électrons, tu tapes dessus, tu leur apportes de l’énergie et ils vont ré-émettre à une certaine longueur d’onde. Un luminophore par exemple, si tu tapes de la lumière bleue ou même avec un faisceau d’électron, c’est ce que tu as derrière ces écrans, les vieux écrans tubes cathodiques, tu tapes avec ta lumière sur ce matériau-là et cette lumière va être absorbée et ensuite convertie en jaune ou en rouge ou en vert ça dépend des matériaux. Et tu t’arranges pour avoir une partie de la lumière bleue qui passe à travers, et une partie qui va être absorbée et transformée en jaune. Et tu vas ajuster l’épaisseur de ton luminophore qui couvre ta LED bleue de façon à ajuster les intensités. Et en fait le blanc, tu peux tirer une droite, entre ton bleu et ton jaune et on appelle ça le diagramme de chromaticité ou t’as l’ensemble des couleurs. Donc tu imagines une carte X et Y, ça c’est ce qu’on appelle des coordonnées, c’est comme ça d’ailleurs qu’on définit une couleur parce que si tu me dis “comment tu définis une couleur ?” chacun voit une couleur de façon très personnelle et qui dépend des physiologies de chacun. Donc pour éviter ce problème, la commission internationale de l’éclairage a défini un diagramme de chromaticité et tu peux donc associer des coordonnées X,Y à chaque couleur. Pour le blanc c’est typiquement 0,33, 0,33 donc si je reviens sur la synthèse de ce blanc, tu vas avoir le bleu d’un côté le jaune de l’autre, tu tires une droite et tu as des coefficients, tu vas ajuster les intensités respectives du bleu et du jaune pour trouver le blanc et arriver au blanc. Et c’est pour ça que tu prends une LED éteinte tu verras toujours que c’est jaune ou orange. C’est-à-dire que si c’est bien jaune tu auras une lumière blafarde, un blanc froid, si c’est jaune orange, tu auras une LED chaude, parce que ça veut dire que le luminophore a une composante rouge dans son spectre.

A : Excellent ! Bon là on parle des ampoules qu’on a à la maison. Un écran de téléphone portable par exemple les technologies OLED, AMOLED c’est aussi des LED ?

N.G : C’est le même principe, ce qui change c’est le matériau. Dans une OLED, pour organique, on va avoir des matériaux qui ne sont pas des matériaux inorganiques, comme le sont donc les LED bleues. Et je dirais que toutes les lampes pour l’éclairage aujourd’hui sont à base de matériaux inorganiques, de semi-conducteurs inorganiques, donc on va avoir des chaines carbones-hydrogène-oxygène.

A : Organique c’est ça que ça veut dire bêtement, ça veut pas dire bio ou quoique ce soit, ça veut pas dire issu du vivant.

N.G. : C’est des chaînes carbonées hydrogène-oxygène. Alors, ça marche très bien, ça a juste un petit inconvénient c’est que ça ne supporte pas très bien le passage du courant. C’est-à-dire que dès que tu fais passer du courant, tu vas avoir une dégradation de ces matériaux, donc ça passe très bien pour l’affichage, parce que tu n’as pas besoin de beaucoup de lumière, par contre pour l’éclairage, il faudrait faire passer trop de courant dans le matériau et il ne supporterait pas. Du coup, les lampes OLED sont plutôt sous la forme de grands panneaux. On commence  à voir ça en architecture, c’est utilisé principalement pour des choses assez pointues et, encore une fois, design, ça coute très très cher. Tu es obligé de multiplier la surface pour avoir une quantité de lumière suffisante par unité de surface. Alors tu pourrais me poser la question, mais finalement, je me la pose à moi-même, pourquoi finalement ça vieillit plus mal qu’une LED inorganique ? Là encore, c’est qu’il faut aller au coeur de la matière. Tu as des énergies de liaison et quand tu prends des chaînes organiques, ces énergie de liaison sont faibles. Comme elles sont faibles, c’est fragile. Alors ça c’est très bien pour l’évolution du monde qu’on connait, le nôtre, le monde du vivant. C’est grâce justement à ces énergies de liaison faible qui permettent la création de défaut et une évolution, et au contraire, à l’opposé du monde minéral comme le sont les LED inorganiques qui ne bougent pas, parce que les énergies de liaison sont très importantes et donc, rien ne se passe.

A : On a abordé tellement de fois la question de l’évolution sur Podcast Science mais jamais sous l’angle des énergies de liaison, c’est une grande première.

N.T. : Et là dessus, juste, la durée de vie d’une LED inorganique, c’est quoi ? Parce que je sais que c’est increvable, mais il y a bien une durée de vie non ?

N.G. : C’est un très gros problème aujourd’hui, les durées de vie sont telles, on parle de 25000-50000 heures que quand tu regardes le vieillissement d’une LED, attention quand je dis LED moi je parle que des produits de bonne qualité, je parle pas des LED qui ont 10 à 15 ans de retard par rapport à ce qui se fait aujourd’hui en R&D et dans les meilleures boites.

N.T. : Pas des LED de la table de mixage d’Alan.

N.G. : Oui, mais même les LED banches, tu as des LED blanches que tu trouves pas chères, on pourra reparler de la qualité des LED, prenons les LED à l’état de l’art, quand tu les regardes sur des bancs de mesure tu n’arrives même plus à voir le vieillissement c’est-à-dire que tu peux rester 3 ans. Il y a pas très longtemps j’ai discuté avec un collègue d’une grosse boite, Philips, pour la nommer, lumileds, ils ne voient pas le vieillissement de la LED sur des échelles de temps de 3-4 ans, donc comment tu fais pour donner, même les valeurs qu’on te donne elles sont extrapolées, à partir de modèles qui ne sont plus valables parce qu’on fait des tests en faisant des vieillissements accélérés en montant la température. Ce qu’on faisait traditionnellement sur les compostants type lasers, d’il y a quelques années. Aujourd’hui on n’en voit pas vieillir donc il faut essayer de trouver des protocoles et que les compagnies se mettent d’accord sur des protocoles de mesure qui permettent effectivement d’avoir une idée disons de la durée de vie d’une LED. Alors, ça n’empêche pas que tu peux toujours avoir un défaut type catastrophique, c’est-à-dire, un jour ça lâche et ça tu sais pas pourquoi. Enfin, si généralement ils savent mais tu peux pas prédire.

 A : Moi j’ai juste une dernière question, sur les ampoules LED à proprement parler, est-ce qu’elles sont sensibles au start/stop, enfin à ces trucs qui font vieillir les ampoules traditionnelles ?

N.G. : Alors sur le principe du fonctionnement physique, il y a aucune raison que les LED soient sensibles au procédure d’allumage. En revanche, tu peux avoir quand même un stress, tu peux avoir une contrainte qui, à la longue crée effectivement un défaut majeur de fonctionnement et ça ça arrive, sur certains composants, encore une fois, c’est pour ça que c’est très cher. La fabrication aujourd’hui d’une LED blanche pour qu’elle soit très performante est très complexe. Et elle met en jeu des matériaux qui paradoxalement sont plein de défauts. Ils sont bourrés de défauts. D’ailleurs, il y a eu pendant 10 ans des batailles pour comprendre pourquoi ça marchait, parce que quand tu regardes les matériaux, c’est terrible, et pourtant ça marche ! Il faut peut-être juste avoir une idée de la taille d’une LED, c’est à peu près 1mm x 1mm, les plus grosses font 3mmx 3mm. Et l’épaisseur de la couche c’est en gros 1 micron. Je sais pas si tu vois, et un micron, pour juste encore une fois avoir une idée, le diamètre d’un cheveu c’est 50 microns.  Donc c’est 1/50ème le diamètre d’un cheveu, donc c’est excessivement fin. Et la lumière va être produite dans une couche qui est encore plus fine, qui va faire typiquement 30Å, c’est-à-dire 10 plans d’atomes. Donc toute la lumière, quand tu cours, ou sur ton vélo, c’est produit dans une couche qui fait 10 plans atomiques. Donc cette couche-là, qui est très fine elle est très fragile, donc il peut arriver qu’elle se casse, quelle se brise en deux et là du coup ça marche plus. Ca peut arriver.

N.T. : Quelques remarques là sur la chatroom, d’abord sur l’effet start/stop, je crois que c’est Yves qui dit que ben non, c’est pas sensible  à l’effet start/stop sinon on les ferait pas dans les guirlandes. C’est pour l’explication non-technique. Sinon une autre remarque qui est assez intéressante, qui est revenue plusieurs fois, je crois que c’est aussi Yves,, il dit que finalement, avec toutes les qualités des LED, le gros défaut des LED c’est ce foutu circuit électrique qu’on est obligés de mettre autour qui, lui, vieillit, lui, a des problèmes, lui, perd en rendement etc…

N.G. : Alors là encore, tout dépend de la qualité du circuit électrique, du driver pour être plus court, que l’on met derrière. Et c’est là qu’on va avoir une différence de prix dans les LED, elle va se jouer sur la qualité du circuit électrique du driver et du luminophore, du matériau qu’on lui met dessus. Il y a énormément de  brevets de protection. On trouve aujourd’hui des LED, des lampes à LED qui sont très peu chères, d’autres qui sont 10 fois plus chères, on peut se poser la question est-ce que c’est du marketing comme les produits de luxe ou est-ce qu’il y a une forte valeur ajoutée… Et il se trouve qu’il y a derrière des différences importantes de qualité. A la fois sur le driver et à la fois, ne serait-ce que le rendement de conversion du driver et sur la stabilité en fait du luminophore. Il faut savoir que certains matériaux sont sensibles à l’humidité et vont vieillir avec le temps. et la couleur de la LED risque d’évoluer avec le temps.

N.T. : Yves dit aussi qu’une LED peut vieillir parce qu’elle est trop chaude si son globe est mal ventilé, alors j’étais en train de lui poser la question, j’étais un peu étonné qu’il dise que ça chauffe parce que si j’ai bien compris, ou alors j’ai mal écouté parce que je lisais la chatroom, ça chauffe pas une LED ?

N.G. : Alors je me suis arrêté à la théorie, maintenant on va passer à des chiffres qui concernent effectivement le monde réel. Quand je parle de rendement de conversion, c’est le rendement de conversion d’un électron en photon et ça, il est de typiquement 95%. Allez 90%. Ce qui est quand même déjà pas mal. Le problème c’est que le photon que j’ai créé il est dans mon matériau, il est bien au chaud, il a pas envie de sortir. Ca c’est lié aux indices de réfraction. Il se trouve que l’air a un indice de réfraction de 1, et ces matériau , pour les connaisseurs ont un indice de réfraction de 2,2. Et ça c’est la loi de Snell-Descartes, quand vous avez une interface entre deux milieux, c’est l’eau, la réflexion de la lumière sur l’eau, eh bien vous allez avoir les photons, la lumière qui va être réfléchie c’est-à-dire qu’il faut savoir que si je ne fais rien, il y a très peu de lumière qui sort de mon semi-conducteur. Typiquement 20%. Donc je pars de 90% qui est le rendement électrons/photons, mais ensuite mes photons j’en ai que 20% qui vont sortir… Donc j’en suis à 18% de rendement, ce qui est très faible. 5% j’ai dit pour une lampe à incandescence et là finalement, je suis à 18%, c’est pas terrible, on va dire un facteur 3-4, c’est pas terrible… Donc je dois travailler sur l’extraction de la lumière. Et là il y a eu plein de travaux qui ont été faits dans les labo de recherche et on sait faire aujourd’hui des architectures qui permettent d’extraire la lumière en fait du matériau. Et pour donner un chiffre, on est aujourd’hui à 90% d’extraction. Donc on est à 90% de rendement internent, 90% d’extraction, ce qui fait 80% de la lumière en dehors de la LED. Mais c’est pas fini, parce que là je parle de rendement quantique, or le rendement énergétique, c’est pas tout à fait la même chose, parce que quand je vais injecter les électrons, le courant dans la LED, il faut une certaine tension, et il faut que cette tension soit la plus proche possible de l’énergie des électrons qui vont sortir, enfin disons l’énergie des électrons correspondant donc à électron * la tension. Maintenant la question c’est, comment j’injecte mes électrons et ça c’est un autre problème technologique que je dois adresser. Je dois pouvoir faire passer d’un fil électrique, d’un métal, des électrons dans un matériau qui n’est pas un conducteur, qui est un semi-conducteur. Et ça, c’est pas simple. Il faut que je trouve, j’ai une interface hétérogène de différents matériaux et je vais avoir des barrières énergétiques que je dois franchir. Il faut que je trouve des moyens d’éviter ces barrières sinon je perds de l’énergie. Et même, si j’ai bien travaillé je vais quand même perdre un peu d’énergie. Et donc cette énergie, elle va se traduire par de la dissipation sous forme de chaleur, et au final, le vrai rendement alors on le trouve sur les lampes, on parle de lumen/watt c’est-à-dire de lumière utile pour l’oeil par rapport à la puissance électrique qui est injectée, (il faut savoir qu’on va parler aussi de rendement à la prise, de wall plug efficiency, WPE qu’on trouve des fois sur certains emballages et on parle aujourd’hui de rendement énergétique, c’est plus simple de parler de rendement énergétique), on est aujourd’hui à 50% – 60% au maximum. Et c’est le mieux qu’on sache faire, c’est quand même déjà pas mal.

A : Là t’es en train de nous parler de ce que vous arrivez à obtenir en laboratoire ou de ce que j’ai dans ma lampe, mon ampoule que j’achète chez Ikea.

N.G. : Alors, c’est encore plus compliqué à savoir que si j’ai un redonnent maximum qui est aujourd’hui donc 60%, de rendement de conversion énergétique, pour ça il faut que je travaille à des courants relativement faibles. Or, si je veux vendre un composant pas trop cher il faut que j’ai beaucoup de lumière, pour un minimum de matière. parce que ça coûte très cher, le matériau coûte très cher, donc je vais faire passer un maximum de courant dans une surface dans un volume tout petit. Du coup, on va parler de densité de courant. Je vais avoir beaucoup d’électrons au coeur de la LED. Et quand je mets beaucoup d’électrons au coeur de la LED, eh bien je vois le rendement qui s’écroule, c’est-à-dire que le rendement va passer par un maximum qui est 50-60% puis après, il va chuter jusqu’à 20%. Et donc il y a un compromis entre ce maximum, disons le point de fonctionnement, qui te donne le maximum de rendement et puis les contraintes économiques qui est que je veux un maximum de lumière pour un minimum de matière. Et alors là, on va dans des considérations compliquées d’effet Auger. Il y a aujourd’hui un processus physique qui limite le rendement à fort courant, et ça c’est vraiment le gros, je dirais ce sur quoi la recherche aujourd’hui travaille activement c’est d’essayer de contourner cet effet physique qui fait que le rendement s’écroule. D’ailleurs, pour les connaisseurs, si vous prenez une courbe de rendement, vous verrez qu’on fonctionne toujours autour de 350mA, qui est le compromis entre le rendement et l’économie que l’on peut faire en faisant passer un maximum de courant.

A : Cet effet physique il porte un nom ?

N.G. : Il porte le nom d’un français.

A : On peut le dire quand même !

N.G. : L’effet Auger.

A : Auger ? D’accord.

N.G. : J’ose pas critiquer la France en ce moment donc…

A : Faut pas trop leur taper dessus. Donc ça c’est les axes de progression sur lesquels les chercheurs bossent actuellement. Evidemment si on savait ce que donnerait la recherche, il n’y aurait pas besoin de rechercher, mais on a des stratégies pour y arriver ? Il y a différentes stratégies j’imagine ?

N.G. : Alors encore une fois, c’est une effet intrinsèque, donc a priori, on peut se dire qu’il n’y a rien à faire. Mais évidemment, le chercheur va essayer de contourner, on sait que ça dépend de la densité, donc on va essayer de réduire la densité. Pour ça, par exemple, au lieu d’avoir, j’ai parlé d’un puits quantique, on a plusieurs puits quantiques donc on va répartir les électrons dans différentes couches, comme ça en réduisant le nombre d’électrons par couche on réduit cet effet. On va essayer peut-être de recycler les électrons qui sont perdus par cet effet. Les gens cherchent, alors là c’est relativement secret, il faut savoir que les enjeux, on n’a pas parlé de chiffres en termes de LED, mais le marché des LED c’est déjà aujourd’hui 10 milliards d’euros, et typiquement en 2020 on prévoit des marchés de 20 milliards d’euros donc c’est vraiment des marchés importants, c’est dominé par des grosses boites qui généralement communiquent peu sur ce qu’elles font. Et là on peut dire quand même que la recherche universitaire est relativement loin par rapport à ce qui se fait dans ces boites. Je crois que c’est un tournant depuis les années 70 où on avait des grands centres de recherche ou le privé investissait pour avoir une recherche fondamentale. Aujourd’hui c’est tellement stratégique que la plupart du temps, la recherche dans les compagnies type Philips, Osram ou autres est plus en avance que la recherche universitaire. On n’arrive pas à suivre, Parce qu’on n’a pas les moyens.

A : Ah ouais c’est incroyable c’est la première fois que j’entends ça. D’accord.

N.G. : parce qu’on est sur de la recherche appliquée donc c’est justement très intéressant de voir qu’à un moment donné même si moi je travaille sur le sujet depuis 20 ans, alors bien sûr je travaille pas d’ailleurs sur les LED, je développe pas sur les LED parce que je sais que je ne peux pas concurrencer ces boites, ou alors peut-être justement sur l’effet Auger, sur des choses très fondamentales. Donc on a eu des collaborations avec certaines compagnies mais sur des aspects très amont. Si je veux lutter par exemple et essayer de dire je vais sortir une LED qui sera plus performante que celle qui vient d’Osram Philips ou Nichia je sais que c’est perdu d’avance…

A : Du coup il y a des collaborations entre le monde de l’industrie et le monde académique ? Ou bien est-ce que c’est complètement cloisonné, comment ça se passe ?

N.G. : Sur ce domaine, les boites sont relativement frileuses car elles ont peur en fait que leur savoir faire fuie à travers des collaborations universitaires, donc elles vont collaborer sur des aspects très amont par exemple, aujourd’hui, on va dire que un des axes important de la recherche ça va être les LED ultraviolettes, donc pour la purification. On peut imaginer, c’est pas on peut imaginer, il y a déjà des boites qui commencent à produire (des startups) des LED UV, pour par exemple purifier l’eau en ligne. Imagine une petite turbine sur un tuyau en Afrique qui alimente une LED UV. Il faut être typiquement à 280nm, en dessous de 280nm tu vas pouvoir utiliser ta LED pour tuer les bactéries donc tu pourrais imaginer avoir une purification en ligne de ton robinet de l’eau, à la source de ton robinet. Don ça c’est aussi un nouveau domaine, et là typiquement Osram en Allemagne a des collaborations avec des collègues universitaires. Par contre sur purement la lumière blanche aujourd’hui, les collaborations sont très limitées, car sujet trop sensible, trop stratégique, et je dirais trop abouti d’un point de vue recherche académique.

 A : Sur les domaines, justement les applications, c’est vrai que ça m’avait pas effleuré un instant qu’il puisse y avoir un lien entre les LED et la purification de l’eau. Il y en a d’autres comme ça qui seraient un peu inattendues de la part du grand public ?

N.G. : Alors c’est notamment le chou.

A : Le chou… attention…

N.G. : Ça c’est la question bonus, quel est le lien le chou et la LED? Je suis très sérieux. Tu as des effets, le chou a des vertus extraordinaires. Le chou protège du cancer, on a découvert que manger beaucoup de chou protégeait d’un certain nombre de cancers et on a remarqué aussi qu’on pouvait accélérer les croissances des choux en les éclairant à la bonne longueur d’onde.

A : OK…

N.T. : Donc on commence à utiliser des LED a certaines longueurs d’ondes, donc j’ai un collègue à Berlin qui étudie l’influence de LED à des longueurs très spécifiques sur les choux pour augmenter la croissance et avoir des choux qui poussent plus vite !

A : Les choux uniquement. J’imagine que c’est juste pour le plaisir de l’exemple.

N.G. : Non, ça peut être des fleurs ça peut être un certain nombre de légumes. Alors là encore, j’avais dit en préambule que les LES c’était génial, c’était super, si on en met partout et typiquement pour ça je suis pas sûr que ce soit très très intéressant d’un point de vue énergétique.

A : Ah oui la recherche académique du coup donc de ce que je comprends elle est très marginale par rapport à l’ensemble de la recherche sur le domaine. Mais vous êtes plusieurs labo à travers le monde à travailler là-dessus, est ce que vous avez des domaines de spécialité ? Vous êtes en concurrence vous collaborez ? Ca se passe comment ?

N.G. : Typiquement tu peux dire que la communauté dans le domaine se situe à plusieurs milliers de chercheurs. Une conférence dans le domaine aujourd’hui c’est mille personnes. On est donc plusieurs milliers, là encore, c’est assez étonnant. Alors on pourrait refaire une émission sur « où en est la recherche aujourd’hui”, mais niveau communication, tu vas avoir des travaux publiés qui sont, pour connaitre un certain nombre de connaissances et de relations dans des boites, on te dit mais c’est hallucinant de voir, la piètre qualité des travaux qui sont publiés aujourd’hui. C’est-à-dire que tu vas avoir des gens qui publient des recherches sur des LES avec 10 ans de retard ou des choses qui sont complètement fausses, qui sont bidon avec des matériaux pourris, et pourtant c’est publié. Donc il y a une déconnexion entre ce qui peut se faire dans certains labo académiques et le monde de la recherche industriel. C’est très étonnant.

A : Là je suis pas sur d’avoir bien compris, qui c’est qui publie les papiers pourris, c’est le monde académique ?

N.G. : Le monde académique, oui. Parce que si tu veux, les agences de financement vont se dire ah c’est super, les LED blanches, je vais pouvoir économiser de l’énergie, donc tu vas pouvoir avoir un projet où tu vas travailler etc mais t’es tellement loin de ce qui se fait, de l’état de l’art que finalement les performances de ton dispositif ne te permettent pas de mettre en évidence que ce que tu as fait est vraiment intéressant pour l’industrie.

N.T. : En même temps, l’état de l’art non académique est inaccessible, c’est ce que tu expliquais juste avant.

N.G. : Exactement, parce qu’on est en fait, sur les LED, on est dans une physique qui est très bien connue, on n’a pas révolutionné la physique des semi-conducteurs, la physique des semi-conducteurs a 60 ans, donc si tu veux, tu n’inventes rien, et en fait la différence se fait sur l’ingénierie, sur la recherche appliquée, et la recherche appliquée c’est l’amélioration des matériaux c’est le design des structures. Et le design des structures c’est faire des structures, c’est faire des composants, faire varier les épaisseurs faire varier la composition des matériaux et ça c’est simplement du temps, des moyens et finalement, je devrais peut-être pas dire ça, faudra peut-être couper au montage, mais ah il n’y a pas de montage… mais le monde académique est loin derrière… Très très loin derrière.

A : Mais c’est fou cette histoire !

N.T. : c’est d’autant plus amusant que tu nous dises ça parce que toi tu es dans le monde académique ?

N.G. : Alors je suis dans le monde académique et comme je l’ai dit, moi je ne travaille pas  directement sur les LED, je travaille sur ces matériaux-là, et on essaie à partir de ces matériaux de trouver des dispositifs et de regarder ce qui se passe en amont. Par exemple, on s’intéresse à l’interaction de la lumière dans la matière et on a montré pour la première fois qu’on pouvait avoir une condensation de bose-enstein à température ambiante. On voit tout de suite que ça fait plus physique.

A : Ah ouais là…

N.G. : Donc on va mélanger les électrons avec les photons pour faire des quasi particules qui ont des bosons comme l’avait prédit Einstein et Bose en 1924, et qui ensuite, ça c’est fait en 1995 avec des atomes, on a pu montrer qu’on arrivait à avoir une nouvelle phase quantique. Donc on essaie, nous, vraiment de regarder des choses beaucoup plus amont, et bizarrement comme on travaille sur ces matériaux-là, on va dans les conférences, on est en contact avec des boites et peut-être pour dire un peu le système, comment fonctionne un labo. On est sur des matériaux encore une fois qui ont des enjeux très importants, en termes de marché, d’applications et on a ce savoir faire. Nous, on fabrique les matériaux, on sait faire des lasers, typiquement une petite boite est venue nous voir, une boite de Zurich, qui faisait des composants très particuliers, pour les gyroscopes optiques, par exemple. Et puis, pour l’imagerie médicale, et elle nous a dit “ah vous travaillez sur ces matériaux-là on voudrait un composant qui soit dans le bleu-vert avec telles particularités ». On a dit « ben écoutez on fait un projet ». On a fait un projet grâce a la confédération suisse très appliqué ou là on a eu deux ingénieurs à la maison, au laboratoire avec deux postdocs, ils ont travaillé de concert, ils n’ont pas publié, il y a eu des brevets c’est de la recherche appliquée et en parallèle on arrive à faire de la recherche fondamentale. Donc il faut arriver à jongler avec les deux, et je dirais que c’est ce que j’apprécie aujourd’hui. Finalement dans le système universitaire suisse, c’est de pouvoir avoir un pied dans les applications avec des contrats à court termes très ciblés, ça se voit pas dans les publications, c’est pour l’égo du chercheur, des fois c’est un peu difficile parce qu’il a pas son nom sur une publication. Par contre on a eu par exemple un petit projet avec une boite en suisse allemande, un équipementier qui avait été contacté par 2 boites en Asie, qui sont très connues qui font des télévisions, pas très chères, donc on peut savoir lesquelles et grâce à notre collaboration ils ont pu vendre leur équipement parce qu’on a démontré que leur système permettait d’avoir des LED de bonne qualité. Donc nous on sait faire des LED, mais on les utilise plutôt pour aller regarder des choses plus amont. Par exemple on a aussi, avec une startup de l’EPFL, un début de collaboration pour faire les google glass, pour aller faire de l’élimination directement dans l’oeil, voilà un autre exemple, on a une collaboration avec Harvard Medical School pour faire un implant dans le cerveau. On va prendre des LED, on va modifier on appelle ça l’optogénétique qui est en train d’être un boom, c’est en train d’exploser dans le domaine aussi de tout ce qui est biologie. On va modifier avec un virus les cellules, on va mettre une protéine qui est sensible à la lumière qui est un dérivé de l’opsine et puis grâce à nos LED bleues, on va aller exciter directement le cerveau la cochlée et on va pouvoir essayer de créer un implant grâce à une stimulation non plus électrique mais optique.

A : C’est hallucinant.

N.G. : Excuse moi parce que j’étais en train de lire.

A : Donc tu lisais un commentaire d’Yves dans la chatroom.

N.T. : Alors pour replacer ce commentaire, en fait dans la chatroom ça papote, je l’ai pas encore recadré parce que je savais pas trop, ils sont en train de papoter sur le fait que les LED on arrive à fabriquer des choses très petites et ils comparent ça en fait à la taille des gravures des CPU.

N.G. : Oui alors en fait ça n’a rien à voir parce que le procédé de fabrication est complètement différent. Dans le cas d’une LED on n’a pas parlé de la fabrication. Une LED, vous prenez un substrat qui va être votre base, imaginez une pizza vous avez une pâte et dessus vous allez mettre une fine couche, et c’est les ingrédients de la LED donc typiquement pour une LED bleue, on va partir d’un substrat qui est à base de saphir, qui coûte rien, on sait faire des cristaux, des monocristaux de saphir énormes, 15cm de diamètre, sur 1m de haut, et on va découper ensuite des galettes qui vont faire typiquement 0,5mm d’épaisseur, et encore un fois on est aujourd’hui sur du 10 à 12cm de diamètre. Ce saphir donc c’est simplement de l’aluminium et de  l’oxygène Al203, on appelle ça du rubis de temps en temps si on vient mettre une impureté qui fait que c’est coloré. Ca vaut rien du tout les pierres semi-précieuses que l’on a comme ça dans les bijoux, ça vaut absolument rien donc pour vous donner une idée nous on a des substrats saphir, ça vaut 10$ à peu près le saphir parfait. Et ce saphir, on est capable de le préparer pour qu’il soit parfaitement plat. donc c’est un cristal parfait, et dessus on va déposer donc ces couches de semi-conducteurs qui sont aussi un autre cristal avec un autre arrangement et c’est là où on va avoir un peu des difficultés, parce que comme c’est pas deux matériaux identiques on va avoir des défauts qui vont apparaître. Néanmoins, on empile ces couches et c’est là où on va créer le puits  quantique c’est-à-dire qu’à un moment donné on va changer d’éléments, pour créer cette toute petite couche très fine qu’on appelle le puits quantique. Voilà, donc, c’est comme ça c’est un empilement de couches atomiques qui permet cette fabrication et ce contrôle très précis des épaisseurs vient donc d’un empilement vertical. Maintenant si on revient sur les CPU, sur les transistors et la technologie CMOS. Là on a des technologies de gravure, c’est ce qu’on appelle un processus de fabrication planaire, où on va venir ensuite définir les motifs par-dessus. Donc c’est plus dans le matériau, c’est par-dessus et ce qui explique la différence et c’est plus difficile d’aller faire 3Å on sait faire, aujourd’hui, on sait faire ce qu’on appelle avec de l’écriture électronique, on prend un faisceau d’électrons, on est capable aujourd’hui d’avoir une résolution de quelques nm, latéralement donc on est capables d’écrire grâce à ce faisceau d’électrons et on sait faire. On travaille d’ailleurs nous, on regarde des choses comme ça en faisant des tout petits objets de l’ordre de quelques nm grâce à cette écriture électronique.

A : Nico on avait autre chose dans la chatroom ?

N.T. : Euh non ça faisait un petit moment que ça parlait de ça, donc c’était bien de faire le point.

N.G. : Ben écoute je vais rebondir aussi sur une commentaire sur le rubis et sur le diamant. Là encore, on sait faire du diamant synthétique, parfait, sans défaut parfaitement transparent.

N.T. : La chatroom est complètement choquée que tu dises que tout ça vaut rien, il dise que tu as ruiné la reine d’Angleterre en 2 phrases quoi.

N.G. : J’ai du mal à cacher mon sourire.

A : Il est content.

N.G : Si on revient sur ce que l’on fait alors, par exemple, sur le diamant on a eu un projet européen où on a développé des compostants de puissance, des transistors pour fonctionner à haute température. Pour avoir par exemple de l’électronique qui puisse être embarquée directement auprès de moteurs ou par exemple dans des missions. Tu peux imaginer des missions spatiales où tu es à haute température, tu as besoin de compostants qui fonctionnent à 300-400-500°C, ce que le silicium ne sait pas faire. Et on a là encore mélangé ce semi-conducteur GN sur du diamant pour faire des transistor sur diamant. Le diamant a l’avantage d’être un très bon conducteur thermique et du coup tu peux faire fonctionner ton transistor à très haute puissance avec beaucoup de courant qui va passer dedans, tu vas pouvoir dissiper la chaleur très efficacement grâce à ce diamant. Donc ça c’était un projet européen que l’on a eu notamment avec De Beers, en fait c’est Element Six qui est une filiale de De Beers et qui fait du diamant synthétique. Alors là c’est intéressant aussi de savoir que De Beers ait une filiale Element Six qui fait des composants et des diamants synthétiques et ils contrôlent parfaitement cette fabrication parce qu’il pourraient effectivement jouer sur le prix du marché du diamant naturel.

A : Ceci dit, ce que t’as pas révélé c’est que les diamants que vous utilisez ils sont moches. C’est pas …

N.G. : Ils sont, je dirais, parfaitement purs et parfaits, on a des diamants parfaitement transparents, alors ils sont pas taillés ils sont en petites plaques, typiquement la dimension va être, le plus gros qu’on ait eu c’était, 3mmx5mm donc tu imagines un petit rectangle de 3x5mm et de 500 microns, un demi millimètre d’épaisseur  mais ça c’est parce qu’il a été taillé en tranches. Au départ tu avais quand même un diamant synthétique parfaitement transparent de plusieurs millimètres cubes.

A : D’accord, j’avais cette image des diamants utilisés en labo un peu comme un espèce de poudre jaunâtre.

N.G. : Alors ça c’est relativement facile à faire et ça vaut pas grand chose par contre Element Six a développé des processus haute pression aussi, on appelle ça en croissance en phase, on arrive aujourd’hui à avoir une qualité excellente. D’ailleurs on commence à Grenoble au LETI, et aussi au CNRS à Grenoble des gens qui commencent à arriver à contrôler la croissance du diamant en couche mince pour faire des transistors.

A : Ok et puis dans ton labo vous avez fait des percées récemment ou des choses…

N.G. : Alors on est surtout connus pour cette condensation de bose-enstein à température ambiante, donc sur des aspects très fondamentaux. Il y a deux choses dans ces phénomènes fondamentaux il y a des vortex, donc on essaie en fait de voir ce qui peut se passer dans des phases quantiques où tu as des effets de superfluidité. En plus tu pourrais transférer une information à longue distance, donc c’est pas très loin la supraconductivité. Donc il y a des choses comme ça autour de ce phénomène et puis d’un point de vue application tu pourrais imaginer un composant qui  fonctionne quasiment sans seuil avec très peu de courant, parce que tu n’as plus besoin, alors là je rentre dans le détail, mais t’as plus besoin d’avoir une inversion de population. Tu crées des phénomènes très particuliers d’émission de lumière grâce à ce couplage entre la lumière et la matière. Alors comment on arrive à faire ça. Tu vas prendre deux miroirs et ces miroirs vont emprisonner une cavité donc tu imagines deux miroirs qu’on sait faire par ailleurs avec un empilement de couches, ça s’appelle des miroirs de Bragg, et cette cavité va faire 200nm, typiquement 200nm. Et ton photon va être piégé dans cette cavité. Et quand tu pièges ce photon dans cette cavité, tu changes ses propriétés et pour peu que tu aies introduit dans cette cavité un autre élément, tu vas avoir un électron qui se ballade au milieu. Si tu travailles bien tu vas avoir cette interaction forte, on appelle ça un couplage fort entre la matière, entre ces électrons et les photons et donc tu vas créer ce qu’on appelle ces quasi-particules, les polaritons et tu as une nouvelle science autour de là qui se développe aujourd’hui. Alors te dire qu’il y aura des applications qui naitront de ces polaritons, je suis pas convaincu mais voilà ce que l’on fait aujourd’hui. On travaille avec des polaritons.

A : Le nom est péchu en tout cas moi je pense qu’il est promis à un bel avenir.

Nico ou David on avait d’autres questions dans la chatroom ou est ce qu’on prévoit gentiment de conclure.

N.T. : Non, je crois qu’on va pouvoir conclure, la chatroom est parti dans le grand n’importe quoi.

David : Ouais il y avait une discussion sur les bagues en LED mais je pense qu’on peut la passer.

N.T. : C’était de savoir du coup, vu que les pierres précieuses valent plus rien, qu’est ce qu’il faut offrir à sa copine, c’est le débat actuel de la chatroom.

A : Ouais si ils s’attendaient à ça… Ok est-ce qu’on peut retrouver le labo sur le web si on veut en savoir plus ?

N.G. : Oui vous pouvez taper LASPE ou Nicolas Grandjean, vous trouverez rapidement. C’est pas forcément décrit de façon très très clair mais n’hésitez pas à me contacter et vous pouvez trouver un article qui doit trainer dans « pour la science » que j’avais écrit et qui résume un peu ce que je viens de vous raconter. Je crois que c’était novembre 2011.

A : On essaiera de mettre la main dessus. Parfait ! ben merci beaucoup Nicolas.

N.G. : Merci.

N.T. : Ouais merci beaucoup.

 

Cette interview a été diffusée au cours de l’épisode 157 de Podcast Science.

 

L’histoire de l’ADN

Ce billet est publié simultanément sur le blog de son auteur :
http://dessousdescience.cafe-sciences.org/lhistoire-de-ladn-dossier-podcast-science/


Dossier de Vincent Giudice présenté dans l’épisode #161

Depuis l’Antiquité, les philosophes et scientifiques se posent des questions sur l’hérédité. Ainsi, le médecin grec Claude Galien, qui vécut entre 130 et 201, rapporta dans ses écrits des témoignages dans lesquels se trouve notamment celui d’une femme blanche qui dit à son mari blanc lui aussi avoir accouché d’un métis à cause du portrait d’un éthiopien qui était accroché au dessus de leur lit et qu’elle aurait regardé au moment décisif.

Quelques années auparavant, Aristote émettait les premières hypothèses sur l’hérédité. Pour lui, la transmission parent-enfant est bien réelle mais sa théorie est encore quelque peu éloignée de la réalité. Selon Aristote : « De parents mutilés naissent des enfants mutilés, par exemple de boiteux naissent des boiteux, d’aveugles des aveugles ». Cependant il considère que seul l’homme possède des caractères héréditaires tandis que la femme possède uniquement une fonction nourricière.

Il a fallu attendre quelques siècles avant de vraiment commencer à percer les mystères de l’hérédité et c’est au 19ème siècle que nous allons commencer l’aventure de l’ADN.

Mendel ou les fondations de la génétique

En 1822 naquit, dans un village de l’empire autrichien, un petit paysan du nom de Johann Mendel. Ce dernier s’avéra très vite être un petit garçon plein de ressources et très intelligent. Le prêtre du village décida alors de lui permettre de poursuivre ses études dans un monastère, au sein duquel il sera ordonné prêtre et prendra le prénom de Gregor.

Au cours de ses études, il rencontra Franz Unger, botaniste de formation, qui avait un grave problème. Il en fit part à Mendel, probablement dans ces termes : « Ach, je ne comprends pas pourquoi mes petits pois lisses sont devenus ridés à la génération suivante. Peut-être pourrais-tu faire une expérience pour comprendre ce phénomène ? ». Mendel opina du chef. De retour à l’abbaye il créa un jardin expérimental dans lequel il fit pousser des petits pois jusqu’en 1865, année au cours de laquelle il publia ses résultats dans un article intitulé « Recherche sur des hybrides végétaux ». De ses résultats il en sortit 3 lois qui sont les fondations de la génétique moderne.

Avant de vous décrire ces lois, un petit rappel. Chaque individu contient pour chaque chromosome, une copie de celui de son père et une copie de celui de sa mère. A l’époque de Mendel cette notion était encore inconnue. Il décrit donc ce qu’il observe avec le terme facteur. Il dira par exemple le facteur jaune ou le facteur vert pour décrire ce qui est à l’origine de la couleur de ses petits pois. Et à partir de ses observations, il a déduit que “l’enfant” contient un facteur de chaque parent et a pu écrire ses 3 lois :

– la loi dite d’uniformité des hybrides de 1ère génération qui décrit les caractères dominants et récessifs. Il a déduit cette loi en croisant une lignée pure de petit pois à graines lisses avec une lignée pure de petits pois à graines ridées. La génération suivante il a obtenu uniquement des petits pois à graines lisses. Il a donc décrit ce caractère comme dominant sur le caractère graine lisse qui est lui récessif. Un exemple assez connu de caractère dominant et récessif concerne le daltonisme chez l’Homme comme l’a bien décrit Alan dans un précédent dossier de Podcast Science.

– la deuxième loi est la loi dite de disjonction des allèles. La génération qu’il a obtenue précédemment, contenant uniquement des pois à graines lisses, s’est auto-reproduite. La génération suivante est composée de 3/4 de petits pois à graines lisses et 1/4 de petits pois à graines ridées. On a donc bien une séparation des “facteurs”, comme Mendel les appelle, lors de la fécondation.

– Enfin la troisième loi est la loi dite d’indépendance des caractères. Il observa en effet que les caractères couleur (jaune ou vert) et forme (ridés ou lisses) ne sont pas liés et qu’on peut trouver aussi bien des petits pois jaune lisse comme jaune ridé en seconde génération par exemple. Mendel fit là, sans le savoir, la première observation que chaque caractère est créé par des gènes différents.

Ces lois ont posé les fondations de la génétique du 20ème siècle. Cependant les travaux de Mendel ont été assez critiqués.

Tout d’abord par les moines du monastère de Mendel qui en avaient marre de manger de la soupe de petits pois à chaque repas !

Mais surtout par plusieurs chercheurs au cours du 20ème siècle. Les lois que Mendel a décrites sont des lois statistiques. Or Ronald Fisher, mathématicien émérite, démontra en 1936 que les résultats de Mendel étaient beaucoup trop beaux et proches de la théorie pour être vrais. La revue d’horticulture Hort Science a émis une critique des travaux de Mendel dans un petit article cocasse publié en 1972 et traduit dans le livre de Michel de Pracontal “L’imposture scientifique en 10 leçons” :

« Au commencement était Mendel, ruminant ses pensées solitaires. Puis il dit : « Qu’il y ait des pois » et il y eut des pois, et cela était bon. Puis il mit ces pois dans le jardin et leur dit : « Croissez et multipliez-vous (…)» Ainsi firent-ils et cela était bon. (…) Puis advint que Mendel rassembla ses pois et les sépara en graines rondes et ridées (…) il vit alors qu’il y avait 450 pois ronds et 102 pois ridés. Cela n’était pas bon. Car la loi stipule qu’il doit y avoir 3 ronds pour un ridé. Mendel, pris d’un juste courroux, frappa sur la table et dit : « Eloignez-vous de moi, pois maudits et diaboliques, retournez dans les ténèbres où vous serez dévorés par les rats et les souris ! » et il en fut ainsi ; il ne resta plus que 300 pois ronds et 100 pois ridés, et cela était bon. Excellent, même. Et Mendel le publia. »

Cependant, malgré ces critiques, les lois de Mendel n’ont jamais été remises en cause. La génétique moderne était née.

Friedrich Miescher, l’homme qui posa la première pierre

En 1869, Friedrich Miescher, brillant scientifique suisse, découvre ce qu’il appelle « la nucléine » (l’ADN d’aujourd’hui). Il l’isole, pour la première fois, à partir de leucocytes (globules blancs) puis retrouve cette molécule dans d’autres cellules telles que des cellules du rein, du foie, de levure, ou encore d’œuf de poule. « Un nouveau facteur a été découvert. Ce dernier semble être essentiel à la vie du plus basique au plus évolué des organismes » conclut-il dans une lettre adressée à ses proches.

Miescher se tourne ensuite vers l’analyse du sperme de saumon. Il remarque alors la présence d’une quantité importante de « nucléine » dans ces cellules. Dans une lettre adressée à son collègue Rudolf Boehm, il expose l’hypothèse qu’il a tiré de son observation : « Au bout du compte, j’ai l’intuition que « la nucléine » n’est pas uniquement utile pour la physiologie du sperme mais qu’elle joue un rôle beaucoup plus important »

Malheureusement, avec les connaissances scientifiques de l’époque, Miescher n’a pas réussi à concevoir que « la nucléine » puisse à elle seule expliquer la différence physique entre les individus et entre les différentes espèces animales. Il arrive donc à la conclusion, erronée, que le mouvement particulier du spermatozoïde ou « l’activation de l’ovocyte par une impulsion nerveuse, lui conférant des propriétés physiques et chimiques différentes » étaient responsables de l’hérédité.

En 1874, il publie un article dans lequel il accumule des preuves contre le fait que « la nucléine » est responsable de l’hérédité. Ceci entraîne la chute de nombreux autres scientifiques qui s’étaient concentrés sur cette molécule et avaient trouvés des résultats plutôt intéressants. La communauté scientifique entière perd alors la foi en l’ADN.

En 1882, Walther Flemming observe pour la première fois au microscope ce qui sera appelé quelques années plus tard des chromosomes. Le mot chromosome vient du grec ancien khroma : couleur et soma : corps. Ils ont été appelés comme cela car la coloration que Flemming utilisait pour observer les cellules au microscope se fixait sur les chromosomes. Il observa ensuite le devenir des chromosomes tout au long de la division cellulaire et notamment le fait que les paires de chromosomes de la cellule mère se séparaient en deux, qu’un de ces chromosomes allait dans chaque cellule fille et que la cellule fille copiait le chromosome de la mère pour en avoir une paire identique à celle de la cellule mère. Cependant il ne réussit pas à faire le lien entre les chromosomes et l’hérédité.

Dessin de chromosomes dans le noyau par Flemming en 1882
Dessin de chromosomes dans le noyau par Flemming en 1882

Comment les scientifiques sont revenus sur l’ADN ? Qui a utilisé pour la première fois le mot « gène » ? Comment ont-ils réussis à lier l’ADN et l’hérédité ? Le 20ème siècle a répondu à ces questions.

En 1909, un biologiste danois, du nom de Wilhelm Johannsen, effectue, 45 ans après Mendel, des recherches sur les caractères héréditaires des haricots. Il publie ses résultats dans le journal « The american naturalist ». Dans cet article, il arrive à la conclusion que la transmission des caractéristiques physiques, de génération en génération, est due à des petits éléments présents dans la cellule. Il décide alors de créer un nouveau mot pour les baptiser et les appelle « gène ».

Pourquoi avoir créé ce nouveau mot ? Il explique dans son article que « Le langage n’est pas seulement notre serviteur, quand nous voulons exprimer nos pensées, mais il peut aussi être notre maître, nous écrasant par les notions attachés aux mots déjà existants. Les vieux mots sont souvent compromis par leur utilisation dans des théories dépassées ou erronées ». Il émet des hypothèses plutôt intéressantes de l’analyse de ses résultats, notamment le fait qu’un caractère pourrait être contrôlé par plusieurs gènes. Cependant, pour Johannsen, les gènes ne sont pas portés par les chromosomes qui ont été découverts un peu plus tôt, et « aucun résultat ne permet d’émettre une hypothèse sur la nature des gènes ». Il conclut enfin son article « trop long pour son contenu réel, mais trop court pour l’importance du grand problème qu’est l’hérédité » par le fait que « l’hérédité peut être définie par la présence de gènes identiques entre les ancêtres et les descendants ».

La nature de ces gènes a été découverte 35 ans plus tard. En 1944, Oswald Theodore Avery et ses collègues ont effectué une expérience qui a permis, pour la première fois, d’effectuer le lien entre ADN et gène. Au cours de cette expérience, ils ont utilisé deux types différents de bactéries pneumococcus : la souche R qui est inoffensive et la souche S qui provoque des pneumonies. Une expérience précédente avait montré que, lorsque l’on fait chauffer les bactéries S à 60°C, ces dernières deviennent inoffensives. Cependant quand on mélange ces bactéries inactives avec des bactéries R, ces dernières deviennent alors capables d’induire des pneumonies.

Avery s’est alors demandé ce qui pouvait changer la nature des bactéries. Il a récupéré une solution contenant les protéines, l’ADN et l’ARN des bactéries S, puis a mélangé cette solution avec des bactéries R. Ces dernières ont alors provoqué des pneumonies. Il a ensuite détruit les protéines, testé la nouvelle solution ARN-ADN, puis il a détruit les ARN et testé la solution d’ADN pur. Après analyse des résultats, il en conclut que l’ADN des bactéries S a donné la capacité de provoquer des pneumonies aux bactéries R.

Ce fut la première expérience qui montra le rôle essentiel de l’ADN dans la transmission héréditaire entre individus.

Schéma de l’expérience effectuée par Avery en 1944
Schéma de l’expérience effectuée par Avery en 1944

Les pièces du puzzle commençaient à se mettre en place petit à petit. Les scientifiques de l’époque ont alors cherché à découvrir la structure de l’ADN. Cette dernière a été découverte en 1953 par l’américain James Watson et l’anglais Francis Crick qui ont eu un prix Nobel pour cela en 1962. Pour l’anecdote, le premier dessin de la structure en double hélice de l’ADN, publié dans le petit article de Watson et Crick en 1953, fut réalisé par la femme de Crick, Odile qui, peintre de profession, est essentiellement connue pour cette réalisation.

Cette découverte aurait certainement été impossible sans Rosalind Franklin, cette grande scientifique oubliée, qui mourut malheureusement bien jeune. Au début des années 1950, elle travaillait dans le laboratoire du physicien John Randall. Rosalind Franklin et Maurice Wilkins menaient chacun de leur côté dans ce laboratoire une équipe travaillant sur l’ADN. Au cours de ses recherches Franklin effectua la première photographie de la structure de l’ADN par diffraction de rayon X. Il s’agit de la fameuse photo 51. Elle était alors sur le point de découvrir la structure de la molécule d’ADN. Cependant, Maurice Wilkins montra la photo à ses amis Watson et Crick sans en informer Rosalind Franklin. A-t-il agit par jalousie, machisme peut être ou simplement parce qu’il ne s’entendait pas avec Rosalind Franklin ? Une chose est sûre en tout cas : le nom de Rosalind Franklin apparaît uniquement dans les remerciements sur l’article de Watson et Crick. Elle décéda en 1958 d’un cancer des ovaires, 4 ans avant que Watson, Crick et Wilkins n’aient le prix Nobel. Son rôle dans la découverte de la structure de l’ADN fut mis en avant quelques années plus tard par Watson et Crick dans des livres et interviews.

Aujourd’hui, la Royal Society décerne un prix Rosalind Franklin afin de promouvoir le rôle des femmes dans la science.

Photo 51
Photo 51

La structure de l’ADN ayant été découverte, les scientifiques ont essayé par la suite de cracker le code afin de découvrir les secrets que recèle cette molécule. Dans ce but, le russe George Gamow créa une fraternité regroupant plusieurs scientifiques de renom. Pour l’anecdote, chaque membre de la fraternité avait un petit nom de code constitué des premières lettres des acides aminés formant les protéines : Crick était TYR pour Tyrosine, Watson PRO pour Proline…Cependant ce n’est pas un membre de ce club privé qui déchiffra le code de l’ADN.

Petit aparté à ce niveau pour rappeler les bases du code génétique. La traduction de l’ADN fonctionne comme le chantier de votre maison par exemple. On peut comparer l’ADN aux plans de l’architecte. Comme le plan d’architecte qui contient toutes les informations nécessaires pour construire une maison, l’ADN contient l’information pour « créer » et « gérer » un être vivant. Le code de l’ADN est composé d’une répétition de 4 bases azotées qui sont A pour adénine, T pour Thymine, C pour Cytosine et G pour Guanine.

Le plan de l’architecte est ensuite lu et transcrit par le chef de chantier. On peut alors le comparer à l’ARN qui est une transcription de l’ADN dans nos cellules. L’ARN est également constitué d’une répétition de 4 bases azotées qui sont l’adénine, la cytosine, la guanine et l’uracile.

Enfin le chef de chantier traduit le plan pour les ouvriers qui effectuent alors les travaux. Ces ouvriers peuvent être comparés aux protéines. Dans la cellule, l’ARN est traduit en protéine, et c’est ce code là que les scientifiques essayaient alors de briser. Les protéines sont constituées de 22 acides aminés qui sont reliés entre eux par des liaisons dites peptidiques. Je ne vous citerai pas ici tous les acides aminés de peur d’être rébarbatif.

Revenons à nos moutons. En 1961, Marshall Nirenberg et Johann Matthaei déchiffrèrent pour la première fois une partie du code génétique. Pour cela, ils ont utilisé un système sans cellules ou « cell free ». Ce système a consisté à mettre dans un tube à essai tout ce qu’ils considéraient comme étant nécessaire pour créer une protéine. Ils ont ensuite rajouté des séquences d’ARN composé uniquement d’une seule base. La première séquence d’ARN utilisée ne contenait que des U ou uracile (pour info, l’uracile est l’« équivalent » de la Thymine (T) de l’ADN). Ils ont alors obtenu une protéine composée d’une répétition d’un seul acide aminé : la phenylalanine. La première traduction du code génétique était effectuée : UUU = Phenylalanine. Ils ont alors recommencé avec une séquence d’ARN ne contenant que des C et observèrent que la répétition CCC code pour la Proline. L’apport de Har Gobind Khorana, chercheur indien travaillant aux Etats-Unis fut alors décisif. En effet il fut le premier scientifique à créer un ARN synthétique en choisissant précisément la composition de sa séquence. Le premier ARN qu’il créa était composé d’une répétition des bases UCUCUC. Il a alors obtenu une protéine composée d’une répétition du couple d’acide-aminé Sérine-Leucine. A partir de ce moment, le code génétique pouvait être entièrement déchiffré. Nirenberg et Khorana ont obtenu le prix Nobel pour cette découverte en 1968.

Comment est utilisé l’ADN de nos jours ?

Parlons tout d’abord des organismes génétiquement modifiés ou OGM. Le principe de ces OGM consiste à rajouter, modifier ou enlever un gène à un organisme vivant. Le premier OGM a été créé en 1973 par Stanley Cohen et Herbert Boyer. Ces deux scientifiques américains ont introduit un gène de résistance à un antibiotique à l’intérieur d’une bactérie dénommée Eschirichia Coli. Le gène fonctionna et la bactérie devint résistante. Aujourd’hui cette technique est utilisée en routine dans les laboratoires de recherche. En 1983, les chercheurs belges Jozef Schell et Marc Van Montagu ont été les premiers à réussir la modification génétique d’une plante de tabac. Aujourd’hui les plantes génétiquement modifiées (coton, mais, riz…) sont plantées sur plus d’un quart des terres cultivées et permettent de réduire la consommation de pesticide de manière assez importante. Je ne veux cependant pas rentrer dans le débat de l’utilité des OGM, car je pense que ce sujet sera traité de manière admirable par Marc Robinson-Rechavi dans une prochaine émission. Je vous invite néanmoins à lire l’article très intéressant de Marc Van Montagu, dans le Wall Street Journal, qui est intitulé : « The irrational fear of GM foods ».

En 2012, des chercheurs d’Harvard ont réussi à copier pour la première fois un livre, traitant de génétique comme par hasard, en ADN. Ce livre contient 53 426 mots, 11 illustrations et 1 programme JAVA. Au lieu d’utiliser le système binaire informatique (1 0), les chercheurs ont utilisé pour coder ce livre le système quaternaire A, T, C et G de l’ADN. Ils ont alors synthétisé de manière complètement artificielle des morceaux d’ADN contenant des petits passages du livre. Ces morceaux, tous rassemblés, pèsent environ 1 picogramme, soit 1 trillion de fois moins qu’un gramme !!! Les morceaux d’ADN ont ensuite été séquencés et les chercheurs ont pu alors retrouver l’intégralité du livre.

En janvier 2013, l’équipe du chercheur britannique Nick Goldman a amélioré le système de stockage sur ADN. En effet, afin de réduire la perte d’information, ils ont eu l’idée de la stocker sur des petites séquences d’ADN de 117 bases chacune. Sur chaque séquence, ils ont également ajouté un petit indice permettant de correctement la situer au moment de l’assemblage final, un peu comme un numéro de page. Ils ont ainsi réussi à stocker en ADN les 154 sonnets de Shakespeare, 26 secondes audio du célèbre discours de Martin Luther King « I have a dream », une photo de leur laboratoire l’EBI à Hinxton au Royaume-Uni, l’article de Watson et Crick et une notice pour réassembler et traduire les différentes petites séquences d’ADN. Après traduction, ils ont récupéré 100% de leurs données. L’équipe de Nick Foldman estime que le stockage en ADN de chaque megabyte de données coûte environ 12400 dollars et que sa lecture coûte environ 220 dollars. Cependant on peut être confiant sur une réduction rapide des prix quand on sait que le séquençage du génome humain est passé de 3 milliards de dollars en 1990 à 1000 dollars aujourd’hui !

Ce système de stockage est donc devenu le plus sûr (pas de perte d’information avec le temps) et le plus compact de tous les systèmes déjà existants (disque dur, CD…). Je ne sais pas si vous vous rendez compte mais l’ADN est déjà aujourd’hui le plus vieux système de stockage qui existe car l’information est conservée et se propage depuis environ 3,5 milliards d’années. Certes depuis tout ce temps, il y a eu énormément de mutations dans les séquences d’ADN et cela serait dommage d’avoir, à cause des mutations, du hard rock se mélangeant avec du classique (quoique cela pourrait faire un mélange détonnant). L’ADN se conserve néanmoins de manière optimale dans des souches bactériennes dans des congélateurs à -80°C ou tout simplement dans des solutions adéquates à -20°C. Donc êtes vous prêts à stocker vos DVD au congél ?

Depuis peu, l’ADN est également utilisé en nanotechnologie. Cela a commencé tout d’abord avec les recherches de Paul Rothemund qui créa les premiers origamis en ADN (cf. article référence). Grâce aux capacités de repliement particulières de l’ADN, ce chercheur travaillant à Pasadena aux Etats-Unis, a réussi à créer les plus petit smileys au monde.

Sourire d'ADN
Sourire d’ADN

En effet, chaque smiley mesure 100 nanomètres de long (soit environ 1/1000ème de la largeur d’un cheveu), 2 nanomètres d’épaisseur et est composé de 14000 bases d’ADN. Paul Rothemund a réussi également à créer plusieurs autres origamis d’ADN en 2D notamment une carte du monde.

En 2009, l’équipe de Shawn Douglas du Dana Farber Cancer Institute à Boston a réussi à créer pour la première fois des nanostructures d’ADN en 3 dimensions. Son plus grand exploit reste quand même la formation d’un icosaèdre en ADN. Un icosaèdre ? kézako ? Il s’agit en fait d’une structure en 3 dimensions comportant 20 faces triangulaires. Et toutes ces structures ne mesurent que 20 à 40 nanomètres de long.

A quoi cela va-t-il servir me demanderez vous ? L’an dernier des chercheurs de l’institut McGill au Canada ont créé une nano boite d’ADN pouvant transporter un médicament à l’endroit désiré dans le corps humain. Selon les chercheurs, les nanostructures d’ADN ont plusieurs avantages : elles sont bio-dégradables, elles peuvent être construites de manière extrêmement précise et leurs tailles, formes et caractéristiques peuvent être optimisées au maximum. Ceci est difficilement possible pour toutes les autres nanotechnologies. De plus, les chercheurs imaginent dans le futur une nano boîte d’ADN capable de s’ouvrir uniquement en présence d’une protéine donnée. Ainsi par exemple on peut imaginer que la nanoboite ne s’ouvrirait qu’au contact de protéines cancéreuses, délivrant ainsi le médicament précisément au niveau de la tumeur. La nanotechnologie à base d’ADN peut être un des futurs de la thérapie ciblée.

Enfin je vais juste dire deux mots sous forme d’ouverture sur l’utilisation de l’ADN au niveau de la police scientifique et des diagnostics. En France a été mis en place le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques qui a été mis en place en 1998. Aujourd’hui le fichier contient plus de 2 188 000 profils génétiques différents qui correspondent à des personnes interpellées, à des suspects, à des traces retrouvées sur les lieux de crimes…Peut-on penser que dans un futur prochain, toute personne sera enregistrée sur ce fichier ? Est-ce que les profils ADN ne seront pas utilisés à mauvais escient par des compagnies d’assurances par exemple ? Aujourd’hui le séquençage du génome humain ne coûte quasiment plus rien. Peut-on craindre de voir apparaître une nouvelle forme d’eugénisme avec la possibilité de séquencer le génome de son enfant à naître ? Est-ce qu’on ne risque pas de tomber également dans un séquençage systématique des êtres humains afin de détecter la présence de marqueurs génétiques à risque et de proposer des traitements dès le plus jeune âge, même si il y a une faible probabilité que la personne tombe malade, ou alors proposer des assurances adaptées ?

Néanmoins en tant que scientifique j’ai confiance en la recherche. Et je préfère penser au futur de l’ADN comme unité de stockage ou comme nano-transporteur de molécules. L’imagination des chercheurs est sans limite. Alors que nous réserve l’ADN à l’avenir ? Je vous donne rendez-vous dans 10 ans…

En attendant si vous voulez retrouver l’histoire intégrale de l’ADN avec toutes les étapes dont je n’ai pas parlé faute de temps, je vous conseille le site www.gene-abc.ch, un superbe site suisse très instructif.

Pour en savoir plus :

– Article de Fischer 1936 (http://digital.library.adelaide.edu.au/dspace/bitstream/2440/15123/1/144.pdf)

– Article original de W. Johannsen : http://www.jstor.org/stable/2455747?seq=2

– Article expliquant l’expérience d’Avery et ses collègues : http://www.nature.com/scitable/topicpage/isolating-hereditary-material-frederick-griffith-oswald-avery-336

– Animation sur l’expérience d’Avery : http://www.dnaftb.org/17/animation.html

– Article de Watson et Crick : http://www.nature.com/scitable/content/molecular-structure-of-nucleic-acids-a-structure-13997975

– Article Marc Van Montagu : The Irrational Fear of GM foods http://online.wsj.com/news/articles/SB10001424052702303680404579141741399966328

– Article Paul Rothemund : http://www.dna.caltech.edu/Papers/DNAorigami-nature.pdf

Podcast Science 160 – Les exoplanètes avec Johan Mazoyer

Le dossier de la semaine

» Les exoplanètes, de Johan Mazoyer

Les images de la soirée

Il est impossible qu’un être rationnel suffisamment vigilant puisse imaginer que ces mondes innombrables, aussi magnifiques qu’est le nôtre ou encore plus magnifiques, soient dépourvus d’habitants semblables et même supérieurs (Giordano Bruno, L’Infini, l’Univers et les Mondes, 1584)

Plugs et liens évoqués

  • Merci à Pascal Metz qui a corrigé un bug de la chatroom qui devait bien vous embêter : quand un nouveau message arrive, ça ne scrolle plus forcément en bas! Au passage, PodcastScience est sur GitHub, vous pouvez joyeusement récupérer le code de la chatroom et/ou l’améliorer!

  • IRL Freepod N°1 : Ce dimanche, c’est la première IRL (In Real Life) de freepod, ce joyeux collectif de podcast qu’on a rejoint il y a quelques mois maintenant. Ca se passe à Paris, au dernier bar avant la fin du monde, et le nombre de places est limité, alors dépéchez vous, j’y serai!  http://www.weezevent.com/irl-freepod-n

  • cycle de conférence sur les mathématiques et les jeux au Palais de la découverte, c’est gratuit ! Samedi prochain, JP Delahaye parlera du dilemne du prisonnier, et le 15 février, c’est Frédéric Mouton qui abordera le célèbre Rubik’s cube

 

 

La prochaine fois

Mercredi 5 février
L’ADN. Tout le monde a déjà au moins une fois dans sa vie entendu parler d’ADN, cette molécule qui est commune à tous les êtres vivants. Vincent Giudice, tout jeune docteur en biologie, papa de Kidi’science et auteur du blog Dessous de Science vous propose de remonter l’histoire afin de rencontrer les hommes et les femmes qui ont permis la découverte de l’ADN, des gènes, de l’hérédité… Entre intuition, coup de génie, trahison, fraude, les découvertes scientifiques se rapprochent parfois des meilleurs scénarios hollywoodiens. Enfin que peut-on faire avec de l’ADN aujourd’hui ? Nous verrons que les scientifiques ne manquent pas d’imagination.

 

 

La Chatroom

pasmetz : Bonjour tout le monde

Alan : Bonjour les gens 🙂

pasmetz : bonjour

pasmetz : dictateur retiré mais trop loin 🙂

Vlad : Bonsoir

Leith : Bonsoir 🙂

Alan : @pasmetz, yep, c’est ça 🙂

Alan : Salut Vlad et Leith 🙂

Alan : et tous les autres… Quel peuple 🙂

pasmetz : faut dire qu’il y eu un hangover de la mort la derniere fois

Marti : Bin? C’est le lundi podcastscience, maintenant?

Marti : Au fait, bonsoir à tous

Haim : Bonsouàààr !

Alan : Salut Marti, non, c’est le mercredi

Marti : Dommage, ça m’aurait arrangé les lundi

Alan : 🙂

NicoTupe : Bonjour la chatroom

pasmetz : bonjour

Robin : Bonjour, chef

Alan : Salut Dictatupe 🙂

juliebibibel : Salut!

Alan : Bonjour ô Prêtresse 🙂

Marti : Ciao

juliebibibel : hey 😉

juliebibibel : génial la nouvelle chatroom qui scroll plus !

NicoTupe : yeah grace à pmetz

Auprochainépisode : Salut salut

flagg : !

flagg : VOUS VOUS ETES TROMPE

Alan : Yeah, merci pasmetz 🙂

flagg : on est lundi

Alan : Salut flagg!

flagg : remballer tout

Alan : yep, c’est devenu d’importe quoi 😉

pasmetz : de rien c’etait un plaisir

flagg : c’est parce que c’est plus toi lchef?

Alan : c’est ça

flagg : tout va a volo

Marti : Hey Alan, t’as pris ta retraite?!?

ElJj : B’soir

Alan : On a remplacé le dictateur bienveillant par un Dictatupe, voià ce que ça donne 🙂

Alan : @Marti, yep… Suis vieux 🙁

Alan : Salut ElJJ

flagg : bonb ya un micro trop faible

juliebibibel : merci tupe

Marti : Il devrait régler le volume, ton remplaçant

flagg : c’est dur a écouter

lukrainien : Salut à tous

pasmetz : en meme temps, vous avez bien dit que random.org etait un site reference pour vous

Alan : voilà 🙂

Marti : Alan, si t’es vieux, je suis bientôt à l’EMS!

pasmetz : du coup ca se ressent sur lalplanification

Alan : @Marti, garde-moi une place 🙂

NicoTupe : on entend bien?

David Loureiro : lo

David Loureiro : vous commencez ‘achement à l’heure dites 🙂

lukrainien : oui on entend bien…

Marti : @Alan, En EMS (Etablissement des malades de sciences)?

Haim : Vui, le son est nickel !

Alan : voilà 🙂

Alan : ou des morts de sciences? 😉

Marti : je préférerai des mordus de sciences

Haim : Euh ça bug pas mal par chez moi…

Alan : moi aussi, d’où ma retraite 😉

Alan : Haim, que pasa?

Haim : Aucune idéee, j’ai eu deux coupures…

Alan : zarbi…

Alan : Les autres aussi?

Alan : Aucune coupure chez oim

Marti : nope

pasmetz : ben, chez moi y a rien du tout

pasmetz : mais je crois que c’est mon ordi

David Loureiro : chez moi c’est nickel

Haim : D’ac donc je vais voir ce qui cloche de mon côté

lukrainien : aucune coupure…

Alan : lukrainien, tu es dans quel coin du monde?

lukrainien : Proche Marseille

David Loureiro : @Alan merci pour l’invit pour InnoRobo

David Loureiro : 🙂

Alan : My pleasure 🙂

Alan : Tu penses y aller?

irene : Lukrainien c’est mon frangin!

lukrainien : Balance…. ^^

David Loureiro : 19-20 mrs

irene : Lukrainien c’est mon frangin!

David Loureiro : c’est encore trop loin pour moi 🙂

Alan : 😀

Alan : je comprends 😉

David Loureiro : si je suis dispo pourquoi pas, normalement c’est pas trop loin de là où je travaille (si ça a pas bougé)

Alan : Héhé, on a toute la famille, c’est sympa 🙂

irene : ce serait bien de voir des dessins pour faire comprendre mon petit cerveau. Nous les filles on a un peu du mal avec le 3D!

NicoTupe : arf

NicoTupe : dur en meme temps

David Loureiro : anti-catho à l’époque : ça devait être chaud

pascal : surtout sur le bucher

Marti : @David 😉

Alan : 😀

NicoTupe : voila le sys de ptolémée

irene : hahhaha

Alan : 😀

barberouss : Ahahahaha le spirograph

lukrainien : Sur là elle va comprendre…

irene : Hmmm, tu me surestimes peut-être!

barberouss : c’est un malin quand même. il défini une même loi. il évite le bûcher.

Jorj McKie : Bonsoir, c’est la précession de podcastscience

ElJj : Attention au bruit des feuilles dans le micro !

NicoTupe : yup

Alan : Salut Jorj, ça précesse ferme 🙂

barberouss : podcastscience est en avance. les autres podcasts font des afters. Eux, il font des befores.

Marti : « Ce n’est pas seulement le nombre des atomes, c’est celui des mondes qui est infini dans l’univers” Epicure, le premier à imaginer la pluralité des mondes

Alan : 🙂

Jorj McKie : Cool le son est bon, le sujet aussi

Jorj McKie : Un slow quoi, pour se rapprocher

barberouss : Jupiter pourrait potentiellement être une étoile.

barberouss : “imagination jupiterraforming”

oumphe : bonsoir

oumphe : non Jupiter est trop léger pour être une étoile

oumphe : il faut une masse suffisante pour que la pression augmente tellement que les réactions thermonucléaires commencent

barberouss : bien sûr, mais j’imagine 🙂

barberouss : on à entendu un son skype je crois. léger.

oumphe : aahh 🙂

barberouss : mimi mathy ?

David Loureiro : Je suis en train d’essayer de compiler des stats sur l’année 2013

David Loureiro : si y’en a qui sont intéresser pour ajouter des infos, vous êtes les bienvenus

David Loureiro : lien : https://docs.google.com/spreadsheet/ccc?key=0AuV1p1g7yH-XdGtteGpGRUc0NXRYWUc1TGRlVTlmTlE&usp=sharing

Xilrian : Ptit coucou amusez vous bien 🙂

David Loureiro : lu Xil

Alan : Arf, génial David L. merci bcp 🙂

David Loureiro : mais y’a des choses encore à ajouter

Alan : yup, les stats soundcloud?

David Loureiro : j’ai pas fait le tour des réseaux sociaux

Alan : (elles sont publiques)

David Loureiro : j’ai mis ouaip

Alan : év les stats google analytics?

Alan : je te file l’accès?

David Loureiro : si tu veux 🙂

David Loureiro : je suis preneur 😉

David Loureiro : j’ai pas regardé dans itunes si je peux savoir des choses sur les épisodes

David Loureiro : de manière publique

Alan : nope, ya rien dans itunes 🙁

Alan : même pas pour nous

David Loureiro : dommage

David Loureiro : mais les chiffres soundcloud sont quand même vachement cool 🙂

Alan : par contre, je ne me rappelle plus si on a soundcloud depuis le début 2013?

Alan : sinon, on a des chiffres dans l’ancien système aussi

David Loureiro : je pense que oui

pasmetz : Il y a pas de stat sur les personnes en live?

David Loureiro : j’ai tout pu avoir via soundcloud

David Loureiro : pour le live, je sais pas

Alan : arf… c’est possible qu’on ait qqch, oui

pasmetz : peut etre avec le player

David Loureiro : ça serait intéressant

David Loureiro : mais y’a déjà pas mal de choses 🙂

David Loureiro : maintenant faut analyser un peu tout ça aussi

David Loureiro : j’ai pas compté encore le nombre de dessins par exemple

David Loureiro : faut que je l’ajoute

NicoTupe : vous voyez pluton?

pasmetz : oui

Alan : yep 🙂

Alan : excellent!

David Loureiro : héhé

irene : Qui est-ce qui a découvert la star Alan?

Haim : Hahaa ! J’ai vérifié que le Nouveau Mexique c’est bien aux US =D

Alan : @David L : pour l’accès gAnalytics, j’utilise ton adresse Sysfera?

irene : Coincé entre le Texas et l’Arizona

David Loureiro : je t’envoie ça dans skype

Alan : nickel )

Haim : Merci pour ma culture géo irene =)

David Loureiro : le nouveau mexique -> roswell les amis

NicoTupe : oh ca va 🙂

David Loureiro : 😉

David Loureiro : et au mexique, il y a la nouvelle californie je crois non ?

pasmetz : californie du sud je crois

irene : En tout cas un coin qui s’appelle la Californie!

Alan : Au fait, il fait quelle température, là, en Californie? Les grands froids sont passés?

oumphe : Pour ceux que ça amuse, voici le catalogue des exoplanètes connues/confirmées à ce jour exoplanet.eu/

irene : Grands froids? Oui, on descend bien à 18C dans la journée… En fait on a un hivers bien au dessus des moyennes cette année. Il fait très chaud, dans les 25C…

Alan : arf…

Alan : ça donne un peu envie de déménager 😉

lukrainien : pffff…pistonnée va…

irene : 🙂

Alan : @David L, bon, on était complètement sous soundcloud en 2013, pas d’autres chiffres dans l’ancien système

David Loureiro : non, mais c’est nickel

David Loureiro : pour l’instant, de ce que j’ai vu c’est 2500+ d’écoute soundcloud pour les épisodes de 2013

Alan : 🙂

David Loureiro : par épisode quoi

David Loureiro : la classe quand même 🙂

David Loureiro : et donc sans compter itunes

Alan : quand je pense que ce truc là était une conversation skype enregistrée avec Mathieu au départ, posée sur l’internet et qui a décollé quand on a envoyé un mail aux copains…

Alan : @David, non, les chiffres Itunes sont dedans 🙂

mealbzh : si un souncloud passe devant une étoile, est-ce que on la voit mieux ? plus brillante/bruyante ?

Alan : ce qui manque, c’est éventuellement les chiffres des webradios

David Loureiro : ah d’accord

pasmetz : le record annuel, c’est quand meme un sujet de hard physique

Alan : bon sinon, éventuellement, les blogs audios, ça pourrait être intéressant, non?

David Loureiro : @Alan : je suis dessus 🙂

Alan : oooh 🙂 T’as déjà un t-shirt Podcast Science?

pasmetz : luminet a fait une serie de bouquin sympa sur le sujet

pasmetz : “les batisseur du ciel”

David Loureiro : @Alan : non 🙂

Alan : @pasmetz sur les exoplanètes?

Alan : @David, tu me files ta taille et ton adresse par skype?

David Loureiro : top !

David Loureiro : je fais ça de suite

pasmetz : non, sur les vie de gallilé, coperni, keppler et newton

Alan : (j’enverrai la facture au Dictatupe 😉 )

David Loureiro : héhé

irene : David, tu m’enverras ton numéro? Nan, je rigole…

David Loureiro : je passe sur Paris mardi prochain

David Loureiro : je vais voir si je peux passer lui faire un bisou :p

irene : Super le bouquin…

Alan : @david, excellent 🙂

Robin : @ David : on en profite pour boire un verre ?

Alan : Juste pour vous énerver, vous qui n’êtes pas dans le secret… David a l’adresse la plus classe du monde!

David Loureiro : @Robin : si possible oui !

David Loureiro : héhé

Alan : avenue Albert Einstein. Qui dit mieux?

Robin : mieux

Robin : M’en fous, c’est un physicien

Alan : Robin, si j’étais dictateur, je te virerais pour moins que ça

Robin : J’ai failli habité square Pierre Desproge, ça a quand même plus de gueule !

David Loureiro : pas à cause de moi quand même 🙂

David Loureiro : Pierre desproges : c’est la méga-classe ouais 🙂

David Loureiro : faut pas avoir de cintres, c’est tout 😀

Robin : 😉

Marti : question bête. Pourquoi on utilise l’effet Doppler, on ne peut pas mesurer directement le déplacement de l’étoile?

David Loureiro : on arrive à simuler des choses malgré le problème à N corps qui fait qu’on peut rien dire au-delà de 2 corps ?

David Loureiro : les interactions gravitationnelles doivent pas être énormes, mais quand même …

Robin : Je me faisais la même réflexion !

David Loureiro : et le chaos…

Marti : Bonne question

Robin : Je pense qu’on peut effectivement négliger les interactions entre planètes

pasmetz : je crois que l’expenseion de l’univers fout un peu le bordel aussi

David Loureiro : mais bon, on arrive à prévoir assez à l’avance le passage des planètes dans notre système

David Loureiro : ça doit pas trop poser problème ouais

Alan : Robin, c’est toi qui reportes les question dans le conducteur?

Alan : Ah ouais, c’te classe…

Alan : Il est en train de le faire, le bougre 🙂

Alan : Il marche tout seul, ce podcast, maintenant. C’est magique !

Robin : on a été à bonne école

pasmetz : l’ancien dictateur veille…

oumphe : @robin on mesure le déplacement par effet Doppler (donc le mouvement de rapprochement et d’éloignement des étoiles) car c’est plus facile/sensible que par astrométrie (mesure du déplacement sur la voute céleste)

Alan : @Tupe, excellent 🙂

irene : Oui, excellent

David Loureiro : @Tupe : pluton à passé le rio grande 🙂

Alan : sans se faire tirer dessus à la frontière

David Loureiro : mais elle a quand même perdu son statut de planète 😉

oumphe : @David, en général on simule juste une étoile et sa planète la plus massive, puis ensuite, on ajoute des perturbations apportées par les autres planètes… un truc pas à pas

Alan : @David, acquérir la nationalité américaine nécessite parfois de renoncer à son statut de planète 😉

Marti : ok, mais on peut pas mesurer la lumière qui passe au travers d’une éventuelle atmosphère?

irene : sympa aussi ce dessin

David Loureiro : @Alan le statut est resté accroché au barbelé ça se trouve

lukrainien : Cette mesure doit peut être varier en fonctionde la composition de l’atmosphère non?

NicoTupe : phd comics le dessin

Alan : @David… Yep… Sad

Alan : Arf, total fan de la voix de speaker 🙂

oumphe : Mesurer la lumière qui passe à travers l’atmosphère est possible dans quelques cas particulier avec la technique des transits dont il parlait tout à l’heure

Marti : ok, et on a déjà eu des résultats?

oumphe : il y a quelques cas (<10 si je ne me trompe pas)

David Loureiro : des images coronarienne ?

David Loureiro : ah non … ça a rien à voir

oumphe : La deuxième technique qui permet de détecter la lumière qui arrive de la planète (émise par la planète ou lumière de létoile réfléchie sur l’atmopshère de la planète) est l’imagerie directe dont il est en train de parler

oumphe : toutes les autres techniques (y’en a 5-6) ne voit que la lumière de l’étoile… mais pas la planète 🙁

mealbzh : vous cherchez des exoplanetes ? demandez à @FlorencePorcel !

NicoTupe : 😀

Marti : donc, si on découvre une atmosphère avec de l’O2, on concluera à la présence de vie?

oumphe : ah.. ça, c’est tout un débat

Marti : ok, j’anticipe le podcast, désolé

oumphe : 😉

mealbzh : (si vous cherchez le big bang ou le boson de Higgs aussi d’ailleurs)

GLaDOS : What’s the meaning of life?

Alan : Hey GLaDOS 🙂

oumphe : là, la question est pire que “what’s the meaning of life?”… c’est carrément “What is life?”

NicoTupe : the cake

irene : pas mal le coup du rayon vert

pasmetz : 42

GLaDOS : Life on Earth is a lie.

pasmetz : le coronographe doit pas etre bien gros…

Alan : @GLaDOS can’t remember de Hitchiker’s Guide of the Galaxy’s definition of life from the top of my head

Alan : it was sth like “concept so improbable that it probably doesn’t exist” 😉

barberouss : la muraille c’est faux de mémoire.

David Loureiro : Le téléscope spatiale James Webb va aider à la recherche d’exoplanète ou pas ?

GLaDOS : Not bad 🙂

David Loureiro : @barberouss : ouais je crois aussi

oumphe : @passmetz. ça dépend un peu en fait. Tu peux le faire de quelques centimètres car tu peux faire un grandissement derrière le télescope

David Loureiro : et l’interférométrie peut pas permettre d’avoir de très grands téléscopes virtuels ?

pasmetz : effectivment, vu comme ca

GLaDOS : ” But with Webb, we’ll be able to do much better because we’ll be able to study planets that are much more like Earth.”

oumphe : @David. oui mais il y a d’autres pb quand on fait de l’interférométerie. Il n’en a pas parlé mais il y a l’atmosphère qui est assez gênante en fait pour l’imagerie directe et encore plus pour l’interférométrie

David Loureiro : @oumphe : interférométrie spatiale alors non ?

David Loureiro : j’ai aussi vu que des téléscopes terrestres utilisaient des lasers

Marti : Et avec l’effet de lentille gravitationnelle?

Alan : @Robin, ça va, tu suis?

oumphe : ^glados Humm James Webb may discover new exoplanets but not Earth-like…

oumphe : there’re too faint

David Loureiro : pour adapter les miroirs pour assurer que l’on subisse pas trop les problèmes de l’atmosphère

David Loureiro : non ?

Robin : ça va, mais ça va être compliqué de poser toutes ces questions !

pasmetz : @davidl pour l’interferometrie, il ne faut pas que les distance relative soient fixe?

David Loureiro : oui

oumphe : @David interférométrie spatiale = faire voler au moins deux satellites (trois en fait) en formation et ce n’est pas facile

GLaDOS : Not what’s been said here: http://www.space.com/14708-alien-planets-atmosphere-james-webb-space-telescope.html

David Loureiro : autour de je sais plus que point de Lagrange non ?

oumphe : les agences spatiales ont mis ce projet de côté il y a qq années (ESA et Nasa)

David Loureiro : @oumphe et @pasmetz : je pousse un peu

David Loureiro : hein 🙂

pasmetz : mais sur la lune ca peux le faire non?

oumphe : @David pour le miroir qui se déforme. oui ,c’est ce qu’on appelle optique adaptative. Faudrait demander au gars qui parle comme ça fonctionne

Marti : Dans environ 10’000 ans, on aura répértorié toutes les espèces de la terre. Donc si on pouvait accéder à de la vie extra-terrestre à ce moment-là, ce serait top. Sinon les biologistes systématiques vont se retrouver au chômage

oumphe : @passmetz sur la Lune oui…. mais il faut aller installer le bazard là-bas et il y a beaucoup de poussières

David Loureiro : @oumphe @pasmetz : vu la radioactivité sur mars les gens de marsone devraient plutôt aller sur la lune pour faire ces grands téléscope

oumphe : @marti ah ah

pasmetz : @davidl

David Loureiro : et avec un peu de change, une bombe atomique exploserait et la lune se transformerait en planète solitaire comme dans cosmos 1999

pasmetz : voila qu’on retombe sur florence porcel

David Loureiro : un livre sympa que j’ai lu hier en moins d’une heure : Les extraterrestres expliqués à mes enfants

David Loureiro : ça explique simplement un certain nombre de choses sur les planètes etc

David Loureiro : c’est sympa

Jonathan de voyagecast : ça sera intéressant quand ils trouveront de la bière, de l’eau… bof

Marti : 😀

David Loureiro : @Jonathan : totalement

oumphe : @David oui, il est bien ce bouquin

oumphe : @Jonathan : excellent !

David Loureiro : @oumphe : un peu resté sur ma faim parce que je trouve qu’il parle moins d’extraterrestres que des espèces terrestres qui sont zarb

David Loureiro : mais ça reste intéressant

David Loureiro : @Tupe & @Alan : y’a pas de blog audio 29 ?

Jonathan de voyagecast : quoi, y a du Star Wars dans deux épisodes de podcastscience de suite ? Mais ce podcast est de mieux en mieux !!!

oumphe : @David ouais.. fallait inviter les Bogdanof pour parler d’ET… ou des gens capables de parler de choses dont on ne sait rien. 😉

Alan : @David, arf… qqun a enfin remarqué 😉

Alan : je le posterai discrétos un de ces 4 😉

Robin : pfff

David Loureiro : @oumphe : au début il parle d’Avatar quand même 🙂

Alan : c’était un billet de David Louapre sur Noël, que j’ai enregistré mais pas eu le temps de finir de monter 🙁

Robin : ça dérive, hein

oumphe : c’est vrai…

Alan : Tiens, Jo, ça parle de bière… T’es forcément là 😉

pasmetz : je crois que le lien de causalité et dans l’autre sens

Jonathan de voyagecast : hi hi, je me disais bien que ça passerai pas, tu veille toujours 😉

David Loureiro : @Alan : j’ai fini les blogs audio, tu vois autre chose ?

lukrainien : Elle est à moi celle là !!!

oumphe : lol

lukrainien : Pas touche !!!

Alan : @Jo, on a les Valaisans à l’oeil, ici 😉

Alan : @David, plus rien, votre Honneur 🙂

Alan : (pour le moment)

David Loureiro : (sans compter réseaux sociaux, et stats analytics)

oumphe : vive la planète bière !

Marti : Rihanna avait raison

irene : moi aussi j’ai une question, sur la théorie des cordes et Brian Green

Marti : “Diamonds in the sky”

David Loureiro : @Irene : si ça implique de la bière, d’accord

David Loureiro : sinon … )

Alan : @Oumphe, Quelle bière? Va falloir se mettre d’accord

irene : Yikes, nope

Jonathan de voyagecast : +1@oumphe, ça sera le vrai départ de la conquête de l’espace !

GLaDOS : Rihanna is always right: http://www.esa.int/Our_Activities/Space_Science/Rosetta/Steins_A_diamond_in_the_sky

oumphe : @Alan une killkeny ça te va ?

Alan : ça me semble pas mal, oui 🙂

oumphe : Je prends le côté nuit parce que j’aime pas trop la bière chaude 😉

Jonathan de voyagecast : oui, mais boire une bière au soleil quand il fait chaud c’est quand même agréable !

Alan : beuark, j’imagine la bière bouillie… J’avais pas pensé à ça 😉

pasmetz : @oumphe et la biere congelée, c’est pas terrible

David Loureiro : mais en fonction de l’endroit où l’on pose les panètes ça joue pas?

implo : Salut à tous 🙂 je viens écouter en live, voir si le podcast est toujours aussi sexy sans la voix d’alan … depuis qu’il a decider d’abandonner la science pour un podcast de cuisine traditionelle 🙂

Alan : implo, comment tu sais?

Alan : j’enchaîne, sur la même antenne…

Alan : Ce soir, c’est Irish Stew

Alan : pour accompagner la Kilkenny

Jonathan de voyagecast : @implo c’est pas mal, ils se débrouillent bien, mais ils n’atteindront jamais le niveau d’@Alan !

implo : Exoplanete pour l’apero 🙂 vivement la suite 🙂

pasmetz : exoplanete et biere

GLaDOS : http://boingboing.net/2013/05/14/einsteins-beer-planet.html

Alan : @Jo, t’es dur… Faut laisser un peu de temps au temps quand même

lukrainien : y a des vaches alors ??

oumphe : ah ah

Alan : Moi je trouve qu’ils se débrouillent bien

Marti : 😀

lukrainien : Y a des vaches alors ???

irene : 🙂

Jonathan de voyagecast : mais non, faut leur mettre la pression aux p’tits jeunes !

Jonathan de voyagecast :

Alan : @GLaDOS you made my day 🙂

implo : ca à l’air pas mal 🙂 Nicotupe a l’air de suivre 🙂

Alan : @Jo, t’as vu la news de GLaDOS?

GLaDOS : 🙂

Alan : Sur la planète en bière?

Alan : @implo, yep, et en plus, il dessine en même temps, le bougre 😉

Jonathan de voyagecast : @Alan, je file construire une fusée dans mon jardin, je veux être le premier à atterrir là bas !

Alan : 😀

GLaDOS : 2018

Alan : bon, c’est une sorte de bière un peu spéciale

Alan : en fait, BEER, ici, c’est un acronyme

Alan : pour relativistic BEaming, Ellipsoidal, and Reflection/emission modulations

Jonathan de voyagecast : m’en fou, je suis valaisan, donc pas très regardant 😉

Alan : 😀

Alan : on va te construire un acronyme avec Fendant

Jonathan de voyagecast : 😀

Alan : Firy Extra New Dimension and Newly Targetted

Jonathan de voyagecast : hooo, j’aime

Alan : ah non, ya 2 new… ça doit pas être ça

Jonathan de voyagecast : je dépose la marque

pasmetz : c’est quoi ca fendant?

Alan : Firy Extra Nineteenth Dimension and Newly Targetted

Alan : pasmetz, j’espère que tu portes un gilet pare-balles

Alan : les valaisans sont dangereux

pasmetz : ?

Jonathan de voyagecast : viens par chez nous @pasmetz, on te fera découvrir, accompagné d’une bonne assiette valaisanne !

Jonathan de voyagecast : et d’abricotine, histoire de faire ça comme il le faut !

pasmetz : je traverse la suise en nord-sud et je suis la

Alan : (bon, y en a des gentils aussi… Mais faut avoir l’estomac bien acroché)

Alan : accroché

pasmetz : *suisse

Alan : pasmetz, tu peux traverser la suze aussi 😉

Alan : (c’est un truc suisse, la suze, au fait? Ou tout le monde connaît?)

pasmetz : je connais de nom

implo : c’est à l’orange ce truc

pasmetz : comme l’amer?

Alan : ah non, c’est français http://fr.wikipedia.org/wiki/Suze

Alan : (sais pas… c’est dégueulasse en tout cas 😉 )

pasmetz : gentiane a priori

NicoTupe : +1

implo : chez les ch’ti c’est le picon ! Picon biere !

Robin : Je connais que mon père qui boit de cette saloperie

oumphe : faut lui dire que y’a déjà une option sur la planète bière !

Alan : @arf Irène… Dur la question 😉

Robin : oui, c’est à la gentiante

Robin : gentiane

GLaDOS : Ouch.

pasmetz : pas que dans le nord, chez moi en alsace aussi

Jonathan de voyagecast : c’est bon le picon !

Robin : avec de la bière, ça passe

Marti : avec la théorie des cordes, on entre dans d’autres dimensions

GLaDOS : Irène is a troublemaker @Podcastscience

Alan : @Irène, la prochaine fois que tu vois Brian Greene, tu lui demandes un autographe siouplait? 🙂

David Loureiro : @Irene

pasmetz : disons que sans biere, c’est pas la peine

irene : Il est super cool ce gars là

David Loureiro : et tu prends un calpin, parce que je suis aussi preneur ! 🙂

Alan : Brian, tu dis?

pasmetz : sinon, maintenant qu’elle est dans le podcast, elle peux carrement l’inviter

Alan : ah ouais

Alan : Irène, tu as lu ton bizutage? 😉

Marti : Alan m’a répondu la même chose

Marti : à la même remarque

irene : non, mais je vais voir maintenant que tu en parles

Alan : tu nous ramènes Brian pour demain 16 heures 😉

Alan : easy 😉

David Loureiro : 🙂

Alan : Marti, j’ai fait ça, moi?

David Loureiro : une interview pour le prochain freestyle

irene : Hmmm, j’aimerais bien

lukrainien : Quel jour le prochain ?

Alan : mercredi dans 10 jours

pasmetz : au fait, c’est quand le prochain freestyle?

lukrainien : ok merci… Bonsoir à tous

pasmetz : oups

Alan : oops, pardon

Alan : donc: prochaine émission le mercredi 5 février avec Vincent Giudice sur l’ADN

Alan : prochain freestyle le mercredi 19 février avec un invité surprise

Alan : (qui est dans la chatroom 😉 )

irene : Ciao Lukrainien! Bisous

Alan : et entre deux, “Podcast Sexe” le 12 février avec Billie

Alan : pour fêter la St-Valentin

irene : Super le dossier sur l’ADN

Jonathan de voyagecast : barerouss va nous faire un freestyle ?

ElJj : De quoi bouster les stats

Marti : “Podcast sexe”, on va de nouveau parler d’orbite et d’uranus?

Alan : 😀

pasmetz : un de ces teasing

oumphe : Tcho tcho merci pour l’émission

barberouss : (moi impossible, internet en dehors du systèmesolaire) et j’ai déjà envoyé le cadeau de l’année dernière

implo : par contre on dirais que nico enregistre de ses commodités …

Alan : implo, on ne peut rien te cacher 😉

Jonathan de voyagecast : mais c’est cool que les dons marchent, c’est génial !

Alan : yup, c’est formidable 🙂

Alan : tiens, on parle de toi 😉

GLaDOS : @Alan: Counterbalanced and Hyperdriven Exoplanet with Escalated Roadways of Sugarcane

Alan : Cheers Glados 🙂

GLaDOS : 🙂

Jonathan de voyagecast : ;D

Jonathan de voyagecast : ha ha, mais tout podcastsuisse est venu te féliciter Alan !

implo : Bravo Alan 🙂

ElJj : Mais du coup, je suis resté bloqué sur un message sans voir que ça continuait de parler après 🙁

Alan : yeah, vive podcastsuisse 🙂

Jonathan de voyagecast : @eljj d’ou le “ça scroll pas forcément”

ElJj : Vive Delahaye !

Vlad : Il était très bien la dernière fois

pasmetz : punaise, je viens de voir que j’avais louper des postes a cause de ma correction de bug…

Alan : @DavidL, c’est justement samedi que tu es à Paris?

ElJj : Je regrette de plus être parisien 🙁

David Loureiro : non mardi prochain

Alan : ah mince

David Loureiro : ce we je serais afk

David Loureiro : héhé pour le quiz j’ai participé 🙂

Alan : (et n’envoyez pas votre caca pour répondre au quiz, hein, svp 😉 )

Jonathan de voyagecast : tiens, je vais y participer à celui là

Alan : nooooon!

Jonathan de voyagecast : mince, c’était pile l’idée que j’avais eue !

implo : lol 🙂 les quizz sont des infos a partir de ce numero de PS ?

Alan : 😀

Jonathan de voyagecast : on a jusque à quand pour le cuise ?

Alan : pour toi, jusqu’à hier 16h

Jonathan de voyagecast : ;D

Alan : oh, t’as loupé l’échéance? dommage 😉

implo : Merci nico 🙂

Jonathan de voyagecast : non mais j’ai trop une bonne idée !

Alan : Bravo Nico et Johan et bravo tout le monde 🙂

Jonathan de voyagecast : bravo les gars !!!

David Loureiro : top l’épisode

David Loureiro : et en plus ça a commencé carrément à l’heure !

Axel : su-per

Johan : Merci

Haim : Génial, merci !

GLaDOS : GLaDOS is disappointed. And so does Alan.

Alan : Howcome?

implo : ca croisait pas mal de sujet precedent !

NicoTupe : Alan est attendu sur skype

Alan : I’m not disappointed 🙂

Alan : j’arrive 🙂

barberouss : C’est quand même hallucinant ce que la science peu faire. Detecter des étoiles à des milliers d’années lumières.

David Loureiro : semaine pro

Jonathan de voyagecast : je vous quitte, bisous à tous !

implo : Alan , on peut te rencontrer au café des sciences ?

irene : ciao

Marti : bonne soirée!

Alan : @implo, bah, le café des sciences où je suis impliqué, il est sur l’internet mondial

Alan : mais ce serait bien d’en faire un avec pignon sur rue 😉

Alan : je me verrais bien en ouvrir un 🙂

pasmetz : sinon, le dossier de robin sur le chaos, il est quand?

implo : ha , je pensais qu’il etait … materiel !

Alan : not yet

GLaDOS : In Lausanne?

Haim : Bon, j’ai retrouvé la motivation pour réviser, thanks ! Soirée bonne !

David Loureiro : @Robin et @Tupe mon meeting se fini à 16h

David Loureiro : mardi

Alan : www.cafe-sciences.org

David Loureiro : le temps de venir vous voir ensuite

Alan : GLaDOS, why not 🙂

GLaDOS : http://www.bardessciences.net/

implo : ca va venir 🙂 merci pour l’url 🙂

implo : c’est une biere ca ?

implo : koeningsbier ?

Alan : @glad, well… That could become my new favourite bar instead of http://www.dernierbar.com/

ElJj : Ce n’est pas vraiment crédible

Alan : oh no, it’s not an actual bar 🙁

Alan : le dernier bar will remain my favourite one 😉

GLaDOS : You’ve never been there? (café pont neuf)

Alan : nope

ElJj : Un obscur mathématicien kazakh, faut attendre

Alan : have you?

GLaDOS : Yep 🙂

Alan : ‘sont obscurs les kazahks?

ElJj : Toujours, c’est à ça qu’on les treconnait

David Loureiro : obscur/mathématicien et obscur/kazahk, y’a pas de challenge 🙂

Alan : @GLaDOS, so, should I let you know next time I’m in Paris?

Alan : @David, j’avoue 😉

Alan : @Johan, New Scientist, c’est sérieux, tu peux y aller

GLaDOS : @Alan: Yes 😉 #beerware

ElJj : http://www.newscientist.com/article/dn24915-kazakh-mathematician-may-have-solved-1-million-puzzle.html

Alan : thx 🙂

Alan : bah il a pas l’air si sombre 😉

ElJj : On a quand même un millénaire pour résoudre ces problèmes, c’est pas pour les torcher en 14 ans !

Alan : 😀

Robin : C’est vrai ça !

Robin : C’était déjà décevant Poincaré

GLaDOS : It seems there’s one in Québec City as well

Robin : franchement, on n’a même pas eu le temps de comprendre la question que quelqu’un a trouvé

implo : c’est cool comme sujet !

ElJj : http://www.math.kz/images/journal/2013-4/Otelbaev_N-S_21_12_2013.pdf

Robin : @ David : a priori, moi je termine vers 17h

Robin : Merci Eljj, tout de suite c’est plus clair !

David Loureiro : @Robin : je sais pas encore où ça se passe, mais je dois pouvoir te rejoindre quelque part

ElJj : Je ne lis les papiers qu’en VO, on y perd toujours à la traduction.

Alan : j’avoue 🙂 Très clair! Merci ElJJ

Alan : @David, tu as les coordonnées de tout le monde?

implo : ca interessera ma nana 🙂

David Loureiro : j’ai les mails de robin et tupe

David Loureiro : et le portable de tupe

David Loureiro : me manque plus que le fax et/ou le 3615 de Robin 🙂

David Loureiro : semaie pro

Robin : 3616Robin

Robin : (C’est plus cher qu’un 3615

Robin : )

David Loureiro : a ok 🙂

David Loureiro : si ça vous intéresse les gars, je dois pouvoir vous faire quelque chose sur le Cloud

Robin : On règle ça par mail ?

David Loureiro : d’acc

implo : Merci a tous 🙂

pasmetz : au revoir

David Loureiro : et si c’est possible je dois même pouvoir choper un de mes associés qui représente la recherche pour l’état

implo : le big data !

David Loureiro : ok

David Loureiro : ah bientôt !

implo : Pas de syncope de la part de nico c’est bon signe 🙂 à mercredi prochain !

David Loureiro : Nico t’a bien géré 🙂

NicoTupe : mici!

implo : Merci pour l’énergie que vous donnez a ce podcast 🙂 longue vie au nouveau dictateur !

NicoTupe : Longue vie au podcast!

David Loureiro : ciao à tous et bonne nuit

implo : je reviendrais l’écouter en live … forcement on est moins concentré sur le sujet mais c’est une bonne excuse pour le réécouter ! bonne nuit !

Alan : Tschuss les amis!

Alan : bonne nuit

pasmetz : @implo en fait, moi je reecoute

implo :

pasmetz : et on se rend compte qu’on a louper plein de truc

Exoplanètes: de la pluralité des mondes

 

Grèce, quatrième siècle avant notre ère

Afin donc que notre monde fût semblable en unité à l’animal parfait, l’auteur n’en a fait ni deux, ni un nombre infini ; il n’est né que ce ciel unique et il n’en naîtra plus d’autre. (Platon, Le timée)

Ce n’est pas seulement le nombre des atomes, c’est celui des mondes qui est infini dans l’univers. Il y a un nombre infini de mondes semblables au nôtre et un nombre infini de mondes différents. (Épicure, Lettre à Hérodote)

Dès l’antiquité, la question de la pluralité des mondes est activement débattue. Il s’agit de savoir si notre planète est unique ou au contraire banale dans l’univers. D’un côté Platon croit en une unicité absolue de notre monde. De l’autre Épicure imagine une infinité de mondes semblables et différents du nôtre. Bien sûr, il y a la question sous-jacente de l’existence d’une autre forme de vie, semblable ou pas à la nôtre que nous évoquerons à la fin de ce dossier. Mais même sans parler de petits hommes verts, j’aimerais montrer que la question de la singularité de notre monde sous-tend toute l’histoire de l’astronomie et qu’elle est loin d’être réglée. Notre Terre est-elle unique ? Notre système solaire est-il unique ? S’il existe d’autres systèmes, est-ce que leurs planètes ressemblent aux nôtres ? Si les biais d’observation (religieux, philosophiques, techniques) changent, certaines incertitudes demeurent. Après un rappel historique, ce dossier propose de décrire les différentes techniques d’observation (et leur biais actuels), qui permettent de répondre à certaines questions sur ces autres mondes.

De l’antiquité à 1995

Explication du mouvement apparent d’une planète dans le système géocentré de Ptolémée. A droite, le célèbre jeu spirographe.
Explication du mouvement apparent d’une planète dans le système géocentré de Ptolémée.

Durant 10 siècles, en Occident, c’est le système de Ptolémée qui domine l’astronomie. Celui-ci place la Terre au milieu de l’univers (système géocentrique) et tout tourne autour sur des sphères de cristal de plus en plus vastes.  Le soleil, les autres planètes (Mars, Venus, Jupiter sont déjà connues) sur des sphères proches et même les autres étoiles, qui « tournent » aussi dans ce référentiel. Du coup, par sa position, la Terre se retrouve unique non seulement au sein du système solaire, mais au sein de l’univers.

Pour expliquer toutes ces « bizarreries », les astronomes adeptes de Ptolémée ont créé un système très technique, mais vraiment assez tordu avec des cercles dans des
cercles dans des cercles (Comme un spirographe !). Au moins pour les orbites des planètes, le système copernicien tend vers plus de simplicité. C’est d’ailleurs un de ses arguments principaux, celui de beaucoup de ses contradicteurs étant plutôt de type religieux :

Et l’on peut comparer l’œuvre [des astronomes adeptes de Ptolémée] à celle d’un homme qui, ayant rapporté de divers lieux des mains, des pieds, une tête et d’autres membres – très beaux en eux-mêmes mais non point formés en fonction d’un seul corps et ne se correspondant aucunement -, les réunirait pour en former un monstre plutôt qu’un homme. (Copernic, Des Révolutions des orbes célestes, 1530)

Congrès d’astronomie à Rome au 16ème siècle (ou Le Procès de Giordano Bruno, par Ettore Ferrari)
Le Procès de Giordano Bruno, par Ettore Ferrari

Attention, en voulant nier à la Terre son unicité, il va jusqu’à appeler les autres planètes des Terres et n’imagine pas que ces astres sont extrêmement différents du notre. Enfin le père de l’astrophysique (et de la physique moderne ?), Newton (1643-1727), va définitivement faire admettre les thèses de Copernic en proposant une théorie de la gravitation qui explique parfaitement ce que tous voient. Il est alors parfaitement possible d’imaginer d’autres systèmes en interaction gravitationnelle. Cependant il garde un biais religieux important qui lui fait penser que tous les systèmes sont exactement identiques.

Et si les étoiles fixes sont les centres de systèmes semblables, ils seront alors tous construits selon le même concept et sujets à la domination de l’Un.(Isaac Newton)

Premier soir. Que la Terre est une Planète qui tourne sur elle-même, & autour du Soleil.
Second soir. Que la Lune est une Terre habitée.
Troisième soir. Particularités du Monde de la Lune. Que les autres Planètes sont habitées aussi.
(Bernard Le Bouyer de Fontenelle, Entretiens sur la pluralité des mondes)

Illustration issue de Entretiens sur la pluralité des mondes (Fontenelle, 1686). Au centre notre système solaire. Partout autour, plein d’autres systèmes

De Newton a 1995 : développement en astronomie et exploration du système solaire

Durant cette période va naitre l’astrophysique, qui va permettre de découvrir beaucoup de choses sur les étoiles et les planètes qui nous entourent. Leurs définitions se précisent :

  • une étoile c’est quelque chose qui brûle du combustible dans l’espace par un processus de fusion. Pour qu’une étoile commence à « brûler » de l’hydrogène il faut qu’elle soit assez chaude, donc assez dense (pour que les atomes soient assez proches les uns des autres), donc assez massive (pour que la force gravitationnelle permette d’obtenir cette densité). La limite pour qu’un objet gazeux soit une étoile est donc de 0.07 masse solaire. Il y en a des milliards (entre 100 et 400 milliards) dans notre galaxie de masses et luminosités différentes.
  • une planète tourne autour d’une étoile et ne brûle pas de combustible. Le premier élément à se mettre en fusion est le deutérium et cela arrive pour une masse supérieure à 13 masses de Jupiter, qui est donc la masse limite d’une planète. Elles peuvent être gazeuses ou rocheuses. Leur taille et atmosphère sont très variables. Contrairement à ce que pensait Fontenelle elles ne sont pas toutes habitées (voire aucune pour le moment en fait)
  • (pour ceux qui calculent vite et qui ont vu qu’il y a un écart entre la masse maximum d’une planète (< 13 masses de Jupiter) et la masse minimum d’une étoile ( > 0.07 masse solaire soit 83 masses de Jupiter), à cet endroit se trouve les naines brunes. Ce sont en quelque sorte des étoiles qui ne se sont pas allumées. On en a trouvé quelques une mais étonnamment peu.)
  • une exoplanète (de exo qui veut dire extérieur en grec) c’est une planète qui ne tourne pas autour du soleil, mais d’une autre étoile.

Le XXème siècle est le temps de l’exploration de notre système solaire. Les premières sondes soviétiques puis américaines ont permis d’aller voir de près la Lune (et sa face cachée) dès la fin des années 50. Puis, dans les années 60, Vénus, Mercure et Mars sont approchées. Dans les années 70, on va survoler les grandes planètes gazeuses (Jupiter et Saturne). Enfin la sonde voyageur 2 portera bien son nom puisque lancée en 1977, elle permettra a elle seule le survol de Jupiter et de ses satellites (1979), Saturne et de ses satellites (1981), et sera la seule sonde a rendre visite à Uranus et ses satellites (1986) et Neptune (1989). Elle continue depuis sa lancée et est récemment sortie du système solaire. Les années 90 et 2000 ont permis en particulier une analyse plus fine des objets ayant le plus de chance d’abriter la vie (3 rovers martiens, un impacteur sur Titan). Alors que Curiosity est en train de continuer sa mission sur Mars et que la sonde Rosetta va analyser les dernières inconnues de notre système solaire, les comètes, on s’est déjà fait à l’idée que notre planète Terre est tout de même assez unique dans le système solaire. Il va donc falloir chercher ailleurs.

En 1995, Mayor et Queloz (de l’observatoire de Genève) annoncent la découverte de la première planète tournant autour d’une étoile de type solaire avec l’instrument ELODIE qui se trouve à l’observatoire de Haute Provence.  Elle a été trouvée autour de l’étoile 51 Pégasi et elle s’appelle donc 51 Pégasi b (si 51 Pégasi avait eu plus de planètes, ça aurait été 51 Pégasi b, 51 Pégasi c, etc.). Ils ont eu du mal à croire ce qu’ils voyaient au début car cette planète fait la moitié de la masse de Jupiter, mais est située à une distance d’un millième de la distance Jupiter Soleil. Donc une énorme géante gazeuse tellement proche de son étoile qu’elle en fait le tour en… 4 jours. Ils venait de découvrir une planète qui n’existait pas chez nous et dont ils ne soupçonnaient pas l’existence : une Jupiter chaude.

Le nez dans les étoiles, les pieds sur Terre

Trouver des informations en astronomie (et d’ailleurs en physique d’une manière générale), c’est un peu comme voir un phare dans la nuit sur un bateau et d’en déduire le maximum d’informations (la distance, la hauteur du phare, la puissance, la marque de l’ampoule et l’âge du gardien). On a accès par la mesure à certaines informations : la puissance lumineuse reçue au niveau de notre bateau, l’angle entre la mer et le phare,  la couleur de la lumière. On a aussi accès à certaines lois physiques : propagation de la lumière, distance en prenant en compte la courbure de la Terre… En combinant les deux (mesures et lois physiques), on peut en déduire toutes les caractéristiques du phare : par exemple si vous connaissez parfaitement la distance et que vous mesurez la puissance reçue, vous pouvez en déduire le pourcentage de lumière qui vous parvient et donc en déduire la puissance totale du phare. Et chaque accès à une information par une méthode débloque d’autres informations en utilisant d’autres lois.

Pour trouver des informations sur les planètes on doit donc connaître parfaitement les étoiles. Pour cela, on va regarder quelles mesures sur l’étoile (= le phare) on obtient depuis la Terre (= notre bateau). Ainsi, on a accès rapidement à 3 mesures sur une étoile (le spectre –couleur de la lumière –, la position dans le ciel en fonction du temps et la puissance émise). D’un autre côté, on a toute une panoplie de « lois physiques » bien vérifiées sur Terre qui vont nous donner plein d’informations sur les étoiles. Par exemple, un peu de géométrie simple utilisant la variation dans le ciel de l’étoile et la position de la Terre, permet de déduire des distances (méthode de la parallaxe. Pour les biologistes, c’est exactement la même méthode qui permet à notre cerveau d’évaluer des distances à partir de ce que voient les deux yeux indépendamment). A partir de cette distance, on peut déduire la puissance totale dégagée par l’étoile. La théorie électromagnétique, permet, à partir de l’étude du spectre, de connaître la température de l’étoile et sa composition chimique. Les lois des transferts de chaleurs (transferts radiatifs) et la gravitation nous renseignent sur comment l’énergie circule dans l’étoile en fonction de sa masse de sa taille, de sa densité. Par exemple :

  • Luminosité/(Masse3)   =   Constante,
  • Luminosité/(4πRayon2.Température4) = Constante (loi de Stefan-Boltzmann)

qui nous donne accès au rayon et à la masse de l’étoile (on peut aussi calculer des âges avec ces théories). Les étoiles sont donc très bien connues et on va utiliser ces données pour déduire des informations précises sur leurs planètes, en utilisant ces données calculées, combinées à d’autres lois physiques. Toujours sur l’analogie du bateau et du phare, si vous voyez que de temps en temps la lumière diminue, vous pouvez en déduire que le gardien est devant la lampe pour allumer sa pipe et en déduire sa consommation de tabac.

Méthodes  de détection

On connaît  à ce jour environ 1000 exoplanètes confirmées et des milliers de candidats (découvertes pas encore confirmées). Mais comment les trouve-t-on et quelles informations peut-on en déduire ?

Transits

Transit d'une planète devant son étoile et courbe de luminosité (Source : traduction d’une image JPL/NASA)
Transit d’une planète devant son étoile et courbe de luminosité (Source : traduction d’une image JPL/NASA)

On va observer la luminosité d’une étoile et chercher des baisses. Pour confirmer cette planète, on doit vérifier que cette baisse est périodique. Par exemple, pour regarder la Terre (un tour = 1 an) depuis une autre planète,  on devrait regarder 4 ou 5 ans, pour voir cette baisse de luminosité se passer plusieurs fois. A quelles informations a-t-on accès avec cette méthode ?

On connaît : rayon, masse et luminosité de l’étoile. Donc l’amplitude de la baisse de luminosité donne le pourcentage de surface cachée par la planète, donc son rayon. La période du transit va permettre de trouver la distance étoile – planète grâce à la  relation de Kepler (je vous avais dit qu’on reparlerait de Kepler). On pose a est le rayon de la trajectoire (en gros distance étoile – planète) et T la période de l’orbite, ME la masse de l’étoile. On a alors :

a3/T2 = GME/(4π2) = Constante

pour toutes les planètes d’un même système (ce qui était la propriété trouvée par Kepler, il y a 450 ans). La masse de l’étoile est connue. Donc à partir de la période, on a l’orbite de la planète. Avec cette méthode seulement, on ne peut pas trouver la masse, donc la densité.

Inconvénients : on ne voit que les planètes qui transitent ! C’est-à-dire celles qui passent entre nous et leur étoile à un moment. Elles doivent donc être dans le plan qui contient la droite Soleil – étoile. On peut avoir un peu de jeu sur cet angle si la planète est très proche. Si elle est loin, il faut que l’angle soit parfait. C’est pourquoi on a assez peu de planètes découvertes ainsi et que celles-ci sont souvent très proches de leur étoile (donc souvent des Jupiters chaudes).

Découvertes : Avec les transits, on en est à 424 planètes confirmées dans 321 systèmes différents. Mais deux missions (Corot, lancée par la France et Kepler, en hommage à l’astronome, par la NASA) ont fait le plein de détections pas encore totalement confirmées et il y a des milliers de candidats. On a aussi trouvé la plus petite planète à ce jour par cette méthode : Kepler 64b a un rayon de 0.3 Rayon terrestre (quasiment le rayon de Mercure).

Vitesses radiales 

Méthode qui a permis de trouver le plus de planètes à ce jour. C’est aussi avec cette méthode que l’on a trouvé la première (51 Pégasi b). Elle utilise l’effet Doppler (ou effet de l’ambulance-qui-passe-vite-dans-la-rue). Cet effet fait que, quand une onde arrive vers nous, elle a tendance à avoir une période légèrement raccourcie (et le contraire quand elle s’éloigne). Donc si l’étoile se rapproche de nous, la longueur d’onde de la lumière qu’elle nous envoie va diminuer (donc sa lumière va changer, se bleuir un petit peu, en remontant les couleurs de l’arc en ciel), si elle s’éloigne, cette longueur d’onde va augmenter (décalage des raies vers le rouge). Donc on peut calculer une vitesse de l’étoile par rapport à nous. Celle-ci a un mouvement moyen (si elle dans une autre région de la galaxie, elle peut s’éloigner ou se rapprocher de nous par exemple). Mais si cette vitesse fait du yoyo, ça veut dire qu’il y a un truc qui la tire soit vers nous, soit dans l’autre sens. Si c’est périodique, on a une planète. L’amplitude du cycle des vitesses donne « l’importance de la perturbation gravitationnelle induite par la planète », et donne donc accès à la masse de la planète (puisqu’on connaît celle de l’étoile). La forme de la courbe nous donne accès à tous les paramètres orbitaux de la planète, mais pas son rayon. Si ça fait du yoyo dans plusieurs sens, on ajuste la courbe à celle d’un modèle à 2, 3, … , N planètes et regarder ce qui est le plus probable. En combinant Transits et Vitesses Radiales, on connaît parfaitement la planète… enfin ses paramètres orbitaux (rayons, masses, orbite) : on ne connaît pas directement sa température et on n’a aucune information sur son atmosphère potentielle.

Inconvénients : Avec cette méthode, on peut aussi accéder à des planètes (un peu) plus loin de leur étoile et on peut voir dans tous les plans. Mais on reste sur des planètes très proches de leur étoile.

Découvertes : C’est la méthode qui permet le plus de détections. On en est à 539 planètes pour 405 systèmes différents. La plupart de ces planètes ont été trouvées par l’équipe de Mayor & Quéloz de Genève avec le successeur de l’instrument ELODIE qui s’appelle SOPHIE. Cette méthode a permis la première détection et aussi le système avec le plus de planètes à ce jour : HD 10180 a au moins 7 planètes et peut être 9.

Méthodes directes

Voir une exoplanète à côté de son étoile (Source : vidéo Exoplanets Explained du site "Piled Higher and Deeper" by Jorge Chan www.phdcomics.com)
Voir une exoplanète à côté de son étoile (Source : vidéo Exoplanets Explained du site “Piled Higher and Deeper” by Jorge Chan www.phdcomics.com)

Donc il faut faire intervenir les détections directes. Là, dans ce cas, il faut réussir à faire une image de la planète, à capter certains de ses photons. Le problème c’est que l’étoile est plusieurs milliards de fois plus lumineuse (ratio de luminosités Soleil/Jupiter de 107 Soleil/ Terre de 1011) à seulement quelques 0.1 secondes d’arc (une seconde d’arc c’est 1/60 minute d’arc, qui est 1/60 de degré. Donc 0.1 secondes d’arc = 1/36000 degrés d’écart dans le ciel). Donc il faut réussir à trouver 1 photon de la planète au milieu de 10 milliards de photons venant de l’étoile. En ordre de grandeur, c’est comme essayer de voir une luciole à 1m à côté du phare de Créac’h (le plus puissant d’Europe, sur l’ile d’Ouessant en Bretagne) depuis… Moscou.

La méthode la plus en pointe pour l’observation directe utilise des coronographes. Ça a été inventé à l’observatoire de Paris en 1920 pour observer la couronne du soleil sans être « ébloui » par le soleil. En gros il s’agit de créer une éclipse artificielle. Du coup, les gens ont eu l’idée de reprendre ces vieux machins pour « éclipser » les étoiles pour regarder les planètes.

Inconvénients : Pour le moment, on peut à peu près effacer une étoile 106 fois plus brillante que sa planète. Par opposition aux deux précédentes, on voit des étoiles plutôt loin (si on est trop près on est ébloui). Il faut aussi qu’elles soient grosses et jeunes (qu’elles émettent beaucoup de lumière). Les meilleurs instruments actuels pourraient détecter une planète comme Jupiter autour d’une étoile comme le soleil.

Découvertes : Avec cette technique, on en est à 44 planètes dans 40 systèmes différents. C’est la seule méthode qui permet d’avoir des « images » des planètes (voir dossier). L’intérêt d’avoir accès aux photons, c’est que l’on va pouvoir faire de la spectroscopie, et déduire toutes les informations de température et de composition (commencer une vraie analyse de la planète).

Microlentilles gravitationnelles

Méthode la plus compliquée théoriquement, on va utiliser la relativité générale qui dit qu’une masse importante dévie la lumière passant a proximité. Donc en observant longtemps une étoile en fond assez stable on peut parfois voir une augmentation brusque de la lumière. Sous certaines hypothèses, on peut en déduire qu’une étoile est passée devant, a dévié localement la lumière, comme une loupe, et a joué le rôle de « lentille gravitationnelle ». Si on a un pic de luminosité suivi ou précédé d’un plus petit pic, il s’agit donc d’un système étoile + planète. Le temps de l’événement est de quelques jours à quelques semaines pour l’étoile (pic principal), et de quelques minutes à quelques heures pour la planète (pic secondaire).

Inconvénients : Par cette méthode, on trouve des astres qu’on ne voit pas. On n’a aucune idée de leur direction et donc on sait que l’on ne les reverra pas. Il s’agit d’une détection unique et non reproductible. Mais qui permet de voir des choses parfois invisibles par d’autres méthodes.

Découvertes : On a 25 planètes dans 23 systèmes pour le moment avec cette méthode, mais on ne sait pas où elles sont. Des « free-floating planets » qui sont des planètes (éjectées de leur orbite par exemple ?) qui ne tournent autour d’aucune étoile ont été découvertes ainsi.

En conclusion

Pour le moment, on a trouvé beaucoup de Jupiters chaudes. Ça veut dire :

  • qu’il y a des planètes vraiment différentes de celles qu’on a dans nos systèmes. Ça fait aussi remettre en question la façon dont les systèmes solaires sont créés : est-ce que toutes les Géantes gazeuses sont créées près de leur étoile pour après s’éloigner (phénomènes de migration) ?
  • que l’on a des biais instrumentaux importants pour le moment, mais certaines études prévoient une augmentation du nombre de planètes quand on descend en taille.

Zone habitable

Certaines de ses planètes ont été trouvées dans des « zones habitables », au sens où  en connaissant les caractéristiques de l’étoile (éclairement) et sa distance à la planète, on peut évaluer une température de surface qui pourrait autoriser de l’eau liquide. Mais en fait on ne sait pas du tout si la vie est possible sur ces autres planètes, car on n’a aucune idée des températures effectives, dépendant beaucoup de la composition et de la présence de l’atmosphère. Mars est par exemple dans la zone habitable du système solaire. Mais pour finir sur une note positive, je redonne la parole à Giordano Bruno :

Il est impossible qu’un être rationnel suffisamment vigilant puisse imaginer que ces mondes innombrables, aussi magnifiques qu’est le nôtre ou encore plus magnifiques, soient dépourvus d’habitants semblables et même supérieurs, Giordano Bruno, L’Infini, l’Univers et les Mondes, 1584

Annexe : Bestiaire d’exoplanètes remarquables.

– La plus proche :

L’étoile la plus proche du Soleil (seulement 4.22 A.L.) Alpha Centauri possède une exoplanète. C’est un système compliqué composé de trois étoiles (appelons les α-Cent A α-Cent B et α-Cent C) et d’une planète. α-Cent A et α-Cent B orbitent l’une autour de l’autre (en 80 ans environ). La planète découverte tourne autour de α-Cent B seulement et s’appelle donc α-Cent Bb. α-Cent C, beaucoup plus petite et très loin (aussi appelé Proxima du Centaure, car c’est celle des trois qui est la plus proche) tourne autour du couple α-Cent A et α-Cent B en un temps compris entre 0.5 et 2 millions d’années.

– Celle qui a le plus de couchers de soleil !

Kepler-64b gravite en 138 jours dans un système comportant quatre étoiles (à 5000 A.L. de la Terre). Il comporte en son centre deux étoiles, de 0,41 et 1,5 masse solaire, tournant l’une autour de l’autre en 20 jours. Autour de ce couple gravite à 0,6 distance terre-soleil, l’exoplanète Kepler-64b (2 masses de Jupiters). Mais beaucoup plus loin, à environ un millier de distances Terre-Soleil, gravite une autre paire d’étoiles.

– Celle qui a le moins de couchers de soleil

Certaines planètes dérivent dans l’espace sans étoile. On les appelle les free-floating planets, mais certaines personnes pensent que ces objets ne rentrent pas dans la définition de planètes. Pour certaines, on pense qu’elles ont été éjectées de leur système. Il est possible que le système solaire ait éjecté des planètes plus tôt dans son histoire. On peut les détecter par microlentilles gravitationnelles.

– La plus petite

Kepler 37b a un rayon de 0.3 Rayon terrestre (quasiment le rayon de Mercure). Elle a été trouvée par transit.

– Celles qui forment un système planétaire

HD 10180 a au moins 7 planètes et peut être 9.

– Celle qui vaut le plus cher

55 Cancri e a été observée en transit et en vitesses radiales. Donc on a pu très bien la caractériser. Et on s’est aperçu qu’elle avait une densité grande comparée à la plupart des planètes telluriques. D’après une étude, elle serait peut être constituée de graphite avec un cœur en diamant.

– Celles pour lesquelles on a des images : 

Voici une photo qui a été prise en 2010 (équipe canadienne et américaine) du système HR8799 de 4 grosses planètes autour d’une étoile. On ne voit pas l’étoile c’est normal, ils ont réussi à l’effacer. On a commencé à faire de la spectroscopie sur ces corps et on a trouvé cette année des raies d’absorption d’eau et de monoxyde de carbone dans le spectre de HR8799c.

HR8799 system (C.Marois; Keck Observatory)

Ci dessous, une image d’une autre planète autour de l’étoile β-pictoris (découverte 2009, par une équipe française) et de son compagnon β-pictoris b. Autour de l’étoile il y a aussi un anneau de débris (petits corps / poussières) que l’on peut voir dans une autre longueur d’onde.

Planète β-Pictoris et disque poussière (ESO/A.-M. Lagrange et al.)

Liens : Très bonne vidéo (en anglais) sur les méthodes de détections des exoplanètes, par l’auteur du blog PhD comics : http://www.youtube.com/watch?v=zFPnOUSdMdc

Podcast science 159 – L’histoire des microscopes et les adieux d’Alan

Dans cette émission, nous parlons de l’un des instruments les plus emblématiques des laboratoires et du monde de la recherche, le microscope. Pourtant, il n’a pas toujours existé. Quand a-t-il été inventé ? Par qui ? Pourquoi ?
Pourquoi les microscopes optiques n’ont-il pas tous été remplacés par des microscopes électroniques? Qu’est-ce que la microscopie à champs proches? Bref, une foison de questions auxquelles nous aurions été bien incapables de répondre. Pour nous parler de tout cela ce soir, nous avons donc le plaisir de recevoir une spécialiste de la question,  Irène Revenko, en direct de Californie.

C’est également dans cette émission qu’Alan lègue son poste de dictateur bienveillant à son successeur Nicotupe.

Le dossier de la semaine

» L’histoire des microscopes par Irène Revenko

Les images de la soirée

 

Les quotes de la semaine

“I may not have gone where I intended to go, but I think I have ended up where I needed to be”, Douglas Adams

“With great power comes great responsibility”, Stan Lee

La prochaine fois

Lundi 27 janvier
Notre Terre est elle unique ? Si d’autres mondes existent, sont ils semblable à la Terre ? Abritent ils aussi la vie ? La question de la pluralité des mondes a été fondamentale dans la développement de l’astronomie. Les grecs antiques débattaient déjà de ces questions. Galilée a pointé la première lunette astronomique de l’histoire non pas vers une autre étoile, mais vers Jupiter et ses satellites. Puis l’exploration spatiale a permis l’exploration de toutes les autres planètes du système solaire, mettant en lumière à la fois la multiplicité des mondes possibles, et l’unicité du notre. Mais il a fallu attendre 1995 pour enfin apercevoir une planète tournant autour d’une autre étoile : une exoplanète.

Plus de 1000 exoplanètes ont été découvertes à ce jour. Nous verrons ensemble comment la vision de ces mondes extérieurs a évolué au cours de l’histoire de l’astronomie, puis comment différentes techniques ont été développées depuis 1995 pour les découvrir, les analyser, les comprendre.

La Chatroom

irene : hello
Alan : Salut tout le monde 🙂
Alan : c’est bon, ça remarche?
julie : nickel
puyo : ça marche ! bravo !
Jonathan de voyagecast : sont forts ces nord coréens !
Tomtom : bonsoir tout le monde !
Lukrainien : Bonsoir
Jorj McKie : pas de son
Taupo : Hello
6clicks : hello
Lukrainien : A boire ?? ouca…Vodka ??
Jonathan de voyagecast : hey 6clicks !!!
Jorj McKie :
pasmetz : le son est bon
Taupo : j’ai du me relogguer
Jorj McKie : relance ça roule, le son est super top
lopoukhine : dommage pour les images, ce serait plus drole!!
Jonathan de voyagecast : t’es un poil faible sur ta voix Alan
Jonathan de voyagecast : parfait !
lopoukhine : le son est très bon!!
Jonathan de voyagecast : je n’oserai jamais critiquer Alan, mon héro de la terre de l’univers
puyo : Hourrrayy !
lopoukhine : on reconnait très bien Irène!
Lukrainien : Le 1/4 h provençal !!!
6clicks : c’est l’héritage suisse
Lukrainien : pas le seul…
lopoukhine : c’est Catherine et serge
Jonathan de voyagecast : C’est ton père 😉
DavidLoureiroFr : lo
Lukrainien : Bon début…
maxence : Braco la blague !
DavidLoureiroFr : 🙂
Jorj McKie : Maintenant ont ne plus dire de bétises si papa maman
Jorj McKie : En direct de Californie, ouaaaaa
Lukrainien : Précision elle est à Santa Barbara…
maxence : Comme la serie ?
NicoTupe : 😀
Lukrainien : Pas besoin…
Jorj McKie : Normal vue de loin podcastscience…
maxence : Ha bon?! Des preuves !
puyo : La lentille dévie le son aussi, héhéhé !
Jonathan de voyagecast : arrêtes de jouer avec les boutons Alan !
Tomtom : Allez ! On a rien entendu…
Jonathan de voyagecast : Alan est shooté aux médocs et s’endort…
Alan : c’est ça 😉
Alan : sorry…
Alan : Julie, t’es là?
pasmetz : c’est du beau
julie : yep
DavidLoureiroFr : bah, c’est aussi un peu pour ça qu’on écoute le live 🙂
Alan : tu as publié le dossier?
ElJj : Le dossier est publié ?
Alan : ah oui
Alan : https://www.podcastscience.fm/dossiers/2014/01/23/lhistoire-des-microscopes/
Alan : c’te question…
pasmetz : ben non, le dossier on suit pas trop, on est trop concentré sur la chatroom
Alan : Amazing Julie 🙂
Alan : https://www.podcastscience.fm/wp-content/uploads/2014/01/pinkfloyd-300×300.jpg
Jorj McKie : Yesss
julie : 😉
Alan : figure 2
Alan : ah non
Alan : figure 4 : https://www.podcastscience.fm/wp-content/uploads/2014/01/Image3-300×134.jpg
Jorj McKie : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/3/3b/Dark_Side_of_the_Moon.png
Jonathan de voyagecast : aberration chromatique c’est embêtant en photo aussi
Xilrian : Ouii 🙂
DavidLoureiroFr : kikitape au clavier ?
maxence : on entend un clavier
Jonathan de voyagecast : la pauvre 😉
Lukrainien : Pas dire je disait !!!
Alan : 🙂
Xilrian : faudrai qu’on parle photo tout les deux d’ailleurs un de ces 4 (je suis entrain de m’y mettre) (ce que je tapais)
Jonathan de voyagecast : avec plaisir !
Jonathan de voyagecast :
maxence : Pareil, j’ai decouvert le HDR sur mon telephon, je suis un artiste maintenant
laurent : comment ils polissaient les lentilles?
Jorj McKie : Je ne sais pas ce que vous avez fait, mais le son est exceptionel. Bravo
Jonathan de voyagecast : 😉
Alan : @Jorj sérieux?
Alan : ça ne va pas durer 😉
Jorj McKie : ben oui
Alan : mm config que d’hab…
maxence : +1 pour le son
Jonathan de voyagecast : en les frottant avec du sable fin peut-être ?
Alan : sauf que Robin n’est pas là 😉
ElJj : Je valide : toute la géométrie du collège a été inventée/étudiée par Euclide
Alan : ouf 🙂
Xilrian : Perso j’ai appris que ce qui lui était attrbué n’était pas réellement de lui
Alan : tu parles d’Euclide ou d’Einstein? 😉
Xilrian : Euclide
Jonathan de voyagecast : elle nous donne faim à parler de bacon
Xilrian : En gros de mes souvenir de master
Alan : deux balles Jonathan 😉
ElJj : Euclide n’a fait que rassembler toutes les connaissances de l’époque en un seul livre
Alan : je t’ai à l’oeil
pasmetz : comme souvent a l’epoque, c’etait surtout de la compilation
Xilrian : Voilà
Alan : David, on t’entend respirer 😉
ElJj : Mais il est le premier mathématicien de l’histoire, puisqu’il a aussi tout démontré
pasmetz : comme homere
Alan : enfin, je crois que c’est toi, hein
Xilrian : Là mon micro est vraiment coupé
DavidLoureiroFr : moins la courbure est prononcé plus ça grandit ?
DavidLoureiroFr : c’est marrant, je trouve ça contre-intuitif
Xilrian : tu m’entend pas tapper si ?
maxence : non c’est le contraire, non ?
Alan : si, je crois
Alan : j’ai entendu taper juste au moment où tu tapais
Jonathan de voyagecast : je dirai aussi que plus c’est courbé plus ça agrandit…
Alan : c’est un mute physique ou c’est celui de skype?
maxence : oui !
DavidLoureiroFr : mais si c’est pas courbe du tout, c’est plat et ça grandit pas dans ce cas-là non? ou je dis n’imp
Alan : @David je crois qu’il est hijacké par hijack pro
Xilrian : Le mute physique
Alan : arf
Jonathan de voyagecast : il me semble que tu as raison David
Xilrian : et je suis réglé sur le bon micro cette foi
maxence : +1 david
laurent : ca lui a rapporte plus
DavidLoureiroFr : mes souvenir d’optique géométrique datent de prépa … (plus de dix ans) … donc c’est peut-être l’inverse
Jorj McKie : P’tit jeune
Jonathan de voyagecast : et Galilée, il a rien remarqué avec sa lunette ?
Jonathan de voyagecast : il aurait pu non ?
Taupo : J’en parle en cours de Leeuwenhoeck
Taupo : Notamment des spécimens qu’il a mis sous son microscope
maxence : ca varie en 1/courbure, donc plus c’est courbe, plus c’est puissant : http://en.wikipedia.org/wiki/Lens_%28optics%29#Lensmaker.27s_equation
DavidLoureiroFr : @Jorj 🙂
DavidLoureiroFr : @maxence en convergent ou divergent ?
DavidLoureiroFr : ça doit jouer cette histoire aussi non ?
DavidLoureiroFr : là c’est pour agrandir
Alan : @Jo bonne question, on lui relaie à la fin du dossier
Taupo : Une reproduction de son appareil
Taupo : http://www.partsofmicroscope.net/wp-content/uploads/2011/04/leeuwenhoek-microscope.jpg
Alan : @Taupo, et tu arrives à prononcer son nom?
DavidLoureiroFr : @Jonathan : c’est de la téléscopie là
DavidLoureiroFr : pas de la microscopie
DavidLoureiroFr : je pense que c’est pour ça
Taupo : ouaip faut bien
Jonathan de voyagecast : oui, mais ça reste de l’optique non ? Il y avait moyen de faire le lien non ?
maxence : C’est pareil pour les deux, voir wiki
Alan : figure 6 : https://www.podcastscience.fm/wp-content/uploads/2014/01/Image5-218×300.jpg
Xilrian : Habi
Taupo : j’ai trouvé une présentation pour comparer la prononciation
pasmetz : d’ailleurs il y a une difference fondamentale entre telescope et microscope?
DavidLoureiroFr : une histoire de montage je crois non ?
Taupo : bonne question pasmetz
puyo : allez, je teste la mise en ligne de l’image via twitter !
maxence : Le point focale sur un telescope doit etre a l’inifini et pas sur un microscope
Taupo : je dirai le recul 😉
Jorj McKie : J’alais le dire c’est impressionant
DavidLoureiroFr : ouala
DavidLoureiroFr : mbravo @maxence 🙂
GLaDOS : http://en.wikipedia.org/wiki/James_Webb_Space_Telescope
Jonathan de voyagecast : c’est ce que je me demande aussi, en raccourcissant la lunette il aurait peut-être pu faire un microscope ?
GLaDOS : I can’t find the word “lens”
Taupo : Exemple de spécimen
Taupo : son propre sperme
Taupo : http://www.life.illinois.edu/ib/494/images/leeuwenhoek.jpg
Alan : il a une drôle de gueule, son sperme 😉
maxence : il en a plein de diffirent des petits sperm
Alan : on dirait un dessin de tupe 😉
NicoTupe : …
puyo : Héhéhé, je viens de voir le dessin de Nico ! 😀
Jonathan de voyagecast : je me disais la même chose, mais comme tu m’as à l’oeil, j’osais pas…
Taupo : Des ‘animonlcules’ dans son caca
Taupo : http://www.stanford.edu/group/parasites/ParaSites2003/Giardia/GIARDIA2_files/image004.gif
Taupo : C’est un parasite appelé Gardia
Alan : 😀
Alan : Il a vraiment cette tronche-là? 😉
Alan : il a l’air un peu angoissé, Gardia 😉
Taupo : Pour Giardia il s’est pas trop chié dessus
Taupo : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/08/Giardia_lamblia_SEM_8698_lores.jpg
Taupo : Façon de parler bien sûr…
Jonathan de voyagecast : je me disais aussi qu’on regardait jamais assez son caca au microscope. Je vais m’y mettre, ça ou un bon bouquin, ça passe le temps aux WC…
Alan : Giarda, il a une tronche… T’as l’impresison qu’il te regarde…
laurent : pomme pomme pomme
Alan : les toilettes ne seront plus jamais la même expérience 😉
ElJj : Pourquoi il s’appelle Cardan et pas Hook, alors ?
DavidLoureiroFr : d’ailleurs l’échelle farenheit est gratinée
Alan : ElJJ 2 balles aussi 🙂
DavidLoureiroFr : plus marrante que l’échelle celsius 🙂
Tomtom : Peut on considérer que l’évolution de la science suit celle du perfectionnement des microscopes ? Notamment en physique : Aurait on pu découvrir la mécanique quantique avant la fin du XIXème siècle ?
ElJj : (Il faudrait faire un podcast science sur l’histoire du thermomètre)
Alan : c’est une proposition?
DavidLoureiroFr : @Tomtom je suis pas sûr de voir le lien entre la mécanique quantique et les microscope
Alan : (@Julie: on n’a pas la figure 7 dans le dossier)
DavidLoureiroFr : les mecs ont étudié des phénomènes que la physique classique n’expliquait pas
DavidLoureiroFr : comme le rayonnement du corps noir
Alan : (@Julie ni la 8)
julie : la 7 est mise à jour normalement
DavidLoureiroFr : c’est pas forcément une histoire de microscope
julie : la 8 en train
laurent : les 7 et 8 sont ou?
julie : !
maxence : @David, ca arrive vite quand la longueur d’onde est ~ ce que tu veux observer
Alan : top, merci 🙂
Tomtom : Comment découvrir ce qui se passe dans le sub atomique sans microscope ?
Alan : @laurent https://www.podcastscience.fm/dossiers/2014/01/23/lhistoire-des-microscopes/
pasmetz : je pense pas qu’a l’epoque il avaient des microscope suffisant pour voir des effets quantique
Tomtom : @David…
maxence : avec un accelateur ou un source radioactive
DavidLoureiroFr : ben y’a justement les problématiques de rayonnement du corps noir
DavidLoureiroFr : avec les histoires de quanta, etc
Jonathan de voyagecast : ça inclut quoi l’option “meilleur ami pour la vie” sur les dons ?
DavidLoureiroFr : l’effet photovoltaique
Alan : oops @Julie, tu peux virer le [càd ?] aussi? 😉
DavidLoureiroFr : photon -> électron
DavidLoureiroFr : z’ont rien vu au microscope de tout ça
julie : yep c’est fait
Alan : mici 🙂
maxence : pourquoi le photovoltaique ?
DavidLoureiroFr : les techniques de microscopie pour voir des atomes c’est assez récent
pasmetz : photoelectrique je croit
DavidLoureiroFr : ouais pardonc
DavidLoureiroFr : photoélectrique
maxence : ok
DavidLoureiroFr : même si c’est le principe utilisé par le photovoltaique
pasmetz : (mais je ne me souvient plus de la difference)
DavidLoureiroFr : d’ailleurs c’est pour l’explication de l’effet photoélectrique qu’Einstein a eu son prix nobe
pasmetz : je crois qu’il y a un podcastscience
DavidLoureiroFr : rien à voir avec la relativité tout ça
Lukrainien : oubliez pas qu’elle est expatriée !!!
maxence : et le photovoltaique c’est pour les calculatrice solaire
Tomtom : @David : ok… Tu t’y connais mieux que moi…
Jorj McKie : J’adore quant on me parle de physique
GLaDOS : Humans aren’t all worthless after all http://hachland.files.wordpress.com/2012/06/alan_turing_photo.jpg%3Fw%3D700
DavidLoureiroFr : @Tomtom c’est que j’ai juste écouté peut-être plus d’épisodes de podcastscience
DavidLoureiroFr : mais ça se rattrape vite ça 🙂
Alan : 😀
pasmetz : il faut juste etre organisé
Jorj McKie : @ jean-michel abrassart. c’est aussi ça la métrologie
pasmetz : je sait plus ce que j’ai ecouté
puyo : Nico > ah ben forcément ! 😀
maxence : Quel serait la limite entre ce qu’on appelle un microscope et un accelarateur de particule ?Un cyclosyncrothon c’est un gros microcospe non ?
Alan : Oh Jonathan, juste reçu un mail de paypal… Merci 🙂
Jorj McKie : oui
Alan : wouarf, Tupe, le dessin!
Jonathan de voyagecast : C’est le minimum, ça vaut largement plus !
Alan : Figure 10 : https://www.podcastscience.fm/wp-content/uploads/2014/01/Image12-300×67.png
maxence : D’ailleur sur un accelerateur on parle d'”optique”.
wolf351 : faut un microscope pour voir la figure
DavidLoureiroFr : @maxence je crois pas qu’il y ait d’histoire d’agrandissement dans l’histoire du LHC
Tomtom : Peut être qu’Irène pourrait nous dire si les microscopes ont joué un rôle dans les découvertes en mécanique quantique…
DavidLoureiroFr : mais par contre c’est vrai que ça permet de voir des choses très petites
maxence : @david comme avec le microscope eletronique
Alan : Fig 11 : https://www.podcastscience.fm/wp-content/uploads/2014/01/Figure-11-188×300.jpg
DavidLoureiroFr : mais c’est plus je crois parce qu’il y a suffisamment d’énergie pour faire apparaître les particules
DavidLoureiroFr : @maxence ben le LHC c’est le flux envoyé qui permet la création des particules
DavidLoureiroFr : tu focalises sur rien en fait
DavidLoureiroFr : y’a pas l’échantillon dont parle Irène
maxence : si , tu focalises les faisceaux l’un sur l’autre
NicoTupe : j’avoue c’est facile 🙂
maxence : ou il y a creations, mais on peut voir le facteur du forme du proton par exemple, une
maxence : “image”
puyo : bien vu !
Alan : facile, mais très très cool 🙂
maxence : mais je demande plus pour les synchroton
Alan : well done tupe 🙂
Jonathan de voyagecast : j’adore Nico !
maxence : lo le dessin
Taupo :
pasmetz : un proton a une forme?
Taupo : haha le Strip!
Taupo : moi aussi j’ai fait un comm microscopique juste avant
maxence : oui ca s appelle f1
maxence : facteur de forme, mais depend de l’energie et de la polarisation c’est complique
DavidLoureiroFr : @maxence il n’y a pas d’échantillon
DavidLoureiroFr : c’est la collision qui permet de faire apparaître les particules
maxence : Sur les syncrothon, si !
DavidLoureiroFr : et ce sont les chambres à bulles qui permettent de suivre
NicoTupe : 😀 puyo
puyo : héhéhé !
Taupo : Incroyables ces dessins!
maxence : on parait dire que les protons sont les echantillons au LHC
Taupo : Je suis un grand fan!
Alan : yeah Puyo 🙂
Alan : @Taupo, au fait, tu l’as recruté pour Strip?
Taupo : Va falloir faire une émission radiodessinée tous ensemble un de ces 4 !
NicoTupe : @taupo et dire qu’il est pas encore dans strip science
Taupo : ben attends faut que je trouve le temps de tout faire dans ma todolist
puyo : Oh, ça va venir ! Je peaufine mon nouveau blog à venir 😀
Alan : #soirée-radiodessinée yeaah!
DavidLoureiroFr : @maxence si tu veux absolument que ça colle avec un microscope oui 😉
NicoTupe : @puyo lien?
puyo : pas encore en activité.. mais ce sera www.boson-fute.com
Alan : figure 12 https://www.podcastscience.fm/wp-content/uploads/2014/01/Image14-300×234.png
puyo : huhuhu
maxence : Mais c’est bizzarre cette diffenrece, je comprends pas
Alan : figure 13 https://www.podcastscience.fm/wp-content/uploads/2014/01/Image15-300×122.png
Taupo : ah ouais c’est sobre pour l’instant
puyo : oui, il n’y a rien, hum !
Alan : bah ouais, comme dit Pierre, sobre quoi
Alan : au moins, c’est pas surchargé 😉
puyo : Mes strips sont tout petits, c’est pour ça, hum !
DavidLoureiroFr : avec ce type de microscope (électronique) on a que de la fausse couleur à priori non? (ptete une question bête)
maxence : oui pas de couleur
DavidLoureiroFr : balayage, comme chez le coiffeur ?
Taupo : C’est de l’humour homéopathique
Jorj McKie : 😉
Taupo : pour la microscopie électronique oui david
Taupo : exemple
Alan : David L 2 balles aussi…
DavidLoureiroFr : @Alan
DavidLoureiroFr : oais
Jonathan de voyagecast : lance-les pas sur l’homéopathie Taupo, ça va mal finir…
Alan : en fait, avec une boîte à deux balles, on aurait déjà fait fortune 😉
DavidLoureiroFr : mais bon
DavidLoureiroFr : c’est clair !
Alan : homéopathie, c’est une maladie?
DavidLoureiroFr : je me demande, en dehors de l’aspect artistique, comment les fausses couleurs sont choisies
nicktalop : chez les scientifiques, oui
Taupo : http://ssaft.com/Blog/dotclear/public/pieuvre/i-44eee0bcab7b40761e78a112caf9c3f0-suckers.jpg
DavidLoureiroFr : je vois bien les chercheurs se prendre la tête
Alan : hey nicktalop, j’tavais pas vu… Welcome 🙂
DavidLoureiroFr : non, mais cette bestiole, elle est plutôt bleue
nicktalop : Ça leur donne des boutons… 🙂
DavidLoureiroFr : ça lui va mieux au teint
DavidLoureiroFr : ou alors
Lukrainien : Mon charutier le fait aussi avec le jambon….
DavidLoureiroFr : non, rouge, elle est plus pétante
maxence : C’est des trucs d’artistes, non? Je vois mal le mec colorisation son plot pour une publication
Taupo : pour la précédente, ce sont les ventouse d’une tentacule de pulpe
Lukrainien : charcutier pardon
Taupo : mais tu vois, les scientifiques prennent des libertés avec les couleurs
DavidLoureiroFr : @Taupo : c’est magnifique comme image
DavidLoureiroFr : j’ai vu passer ça sur sweet random science récemment aussi je crois
Taupo : Tiré de là
Taupo : http://bit.ly/13fLV6F
DavidLoureiroFr : mais justement, les discussions autour des couleurs à utiliser ça doit être sympa 🙂
Taupo : yep
Jonathan de voyagecast : des bains d’alcool ? Ou ça ? Neeeeed !
Taupo : ha ha jonathan!
maxence : “plutot lavande le caca, sinon ca va pas avec le sperme saumon”
Alan : 😀
Jorj McKie : Qui fait le résumé de la chat ? Compliqué aujourd’hui
pasmetz : entre ca et le quiz, ca commence a tourner scato podcastscience
maxence : c’est pas le principe de la surgelation d’eviter les cristaux quand on congele ?
Alan : @Jorj, j’essaie plus ou moins de suivre, mais bon
Alan : on va peut-être pas tout relayer 😉
DavidLoureiroFr : @maxence : et puis tu as le daltonien au fond qui boude 🙂
DavidLoureiroFr : parce qu’il voit rien correctement
nicktalop : comme d’hab, @Alan…
maxence : Je suis daltonien alors on est mignon avec les handicapé
Jorj McKie : Censure:=)
Taupo : Le saviez-vous, certaines bêtes survivent à un passage au microscope electronique au balayage
maxence : et les figures en nuance de rouge a vert c’est une torture
Taupo : ce qui permet de les filmer en live avec cette technique!
DavidLoureiroFr : comme disait coluche : je préfère être faché avec les minorités, ils sont moins nombreux pour me casser la gueule
Jonathan de voyagecast : lesquels ?
DavidLoureiroFr : (bon lui c’était avec les racistes et tout)
maxence : ca les cuits, non ?
pasmetz : au hasard, le meme que ceux survivent dans l’espace, non?
Taupo : http://www.popsci.com/science/article/2012-03/video-first-living-animal-ever-imaged-scanning-electron-microscope
maxence : lol david
Alan : figure 14 https://www.podcastscience.fm/wp-content/uploads/2014/01/Image16.png
Taupo : ah non pas les tardigrades non
Taupo : mais pretty badass quand même!
Jorj McKie : Le Taupo 2.0 est arrivé 3:)
DavidLoureiroFr : ils avaient fait un film les ibmers d’ailleurs
Lukrainien :
DavidLoureiroFr : a boy and his ball ou un truc comme ça non ?
maxence : c’est vraiment moche une tique
maxence : pardon si il y a des tiques dans la chatroom
nicktalop : des russes tiques…
Jonathan de voyagecast : il est vivant ou c’est des réflexes post-mortem ?
NicoTupe : tu croisqu’un pardon va tout excuser?
maxence : ZOMBITIQUE !
maxence : 🙁
DavidLoureiroFr : problème à tique ?
nicktalop : Fantas-tiques
DavidLoureiroFr : la démo-tique ?
Taupo : vous êtes pathé-tiques
nicktalop : L’adréa-tique
DavidLoureiroFr : sont forts ces suisses
Jorj McKie : EL TOPO http://1.bp.blogspot.com/_peD7xj6xLL4/SYh5JL_CPeI/AAAAAAAABJQ/DYy-ZUGOgGY/s400/topo1.jpg
nicktalop : bon d’accord, c’est pour l’esthé-tique
DavidLoureiroFr : vous être très flegme à tique
Lukrainien : Ils sont fantas-tiques
Alan : figure 15 https://www.podcastscience.fm/wp-content/uploads/2014/01/Image18-300×174.png
Alan : j’aime bien vos tac-tics pour flooder 😉
nicktalop : Oui, mais au moins, le microscope électro-nique…
Taupo : Bon allez, pour vous faire gerber
Taupo : la tique après son repas
Taupo : http://fr.wikipedia.org/wiki/Haemaphysalis
maxence : EWWW
nicktalop : Beurk!
Alan : 🙁
Taupo : ah on fait moins les malins là!
DavidLoureiroFr : moi j’ai pas regardé, moi j’ai pas regardé!
Alan : je reviens… je vomis
Jonathan de voyagecast : depuis mon épisode avec les sangsues plus rien ne me dégoute
NicoTupe : elle est mignone
nicktalop : C’est comme les morpions, en dessous de la ceinture
wolf351 : cool, on peut la dresser , et gagner aux billes !
maxence : comment on peut faire pour selectionner une molecule pour l’observer ?
DavidLoureiroFr : sinon, un truc sympa c’est les guèpes qui pondent dans des bestioles et elles se font bouffer de l’intérieur
Xilrian : @Nico +1
Taupo : aussitôt dit
Taupo : http://ssaft.com/Blog/dotclear/index.php?post/2010/07/09/[Freaky-Friday-Parasite]-Le-retour-des-guecirc%3Bpes-Zombifiantes!!!
Taupo : http://bit.ly/1mMmcsF
Xilrian : Le document que vous cherchez n’existe pas.
NicoTupe : pas le deuxième lien
NicoTupe : tu vis dans le passé d’il y a 1 minute
NicoTupe : sale vieu
DavidLoureiroFr : @Xil : me suis fait avoir aussi
DavidLoureiroFr : faut tout copier
maxence : oh non pas les guepes zombifiantes, comment on peut vivre apres avoir lu ca
pasmetz : @nicotupe il est pas possible de desactiver le scroll auto dans la chatroom?
puyo : Et hop là !
DavidLoureiroFr : @maxence : sinon avec des champs électromagnétique on doit pouvoir faire des choses
NicoTupe : que viens faire ici la tétine?
Alan : yo puyo 🙂
DavidLoureiroFr : le mot le plus long du monde (an anglais)
puyo : héhéhé !
Alan : @David L, exactement 🙂
maxence : avec de l’effet hall?
Alan : je savais bien que ça me rappelait qqch 😉
DavidLoureiroFr : j’ai réécouté le podcast où tu en parlais
Alan : j’en ai parlé?
DavidLoureiroFr : tu disais 216 minutes je crois
NicoTupe : @pasmetz non pas encore
nicktalop : titine ô ma titine….
Alan : pfff… ça doit être bien d’avoir une mémoire…
DavidLoureiroFr : pour lirele mot
pasmetz : tant pis
NicoTupe : @pasmetz faut que je la retourche quand j’aurais le temps mais si tu t’y connais you’re welcomme
DavidLoureiroFr : ouais mais tu vois, tu n’as pas besoin
maxence : et de la microscopie avec un IRM, ca peut se faire ?
DavidLoureiroFr : les autres s’en souviennent à ta place 😉
Alan : c’est vrai
Alan : tu es ma mémoire
Alan : c’est la classe totale 🙂
Alan : j’ai une mémoire épatante 😉
DavidLoureiroFr : 😀
DavidLoureiroFr : ouais
Jonathan de voyagecast : Alan qui crownfound sa mémoire… on aura tout vu !
DavidLoureiroFr : enfin je suis pas capable de te dire dans quel épisode par contre 🙁
Jonathan de voyagecast : c’était le 64
NicoTupe : vous êtes un peu flippant les gars 🙂
pasmetz : @nico c’est fait en quelle techno?
NicoTupe : nodejs
NicoTupe : 4 pauvres fichiers en gros
Jonathan de voyagecast : non mais moi j’ai dit au hasard, juste pour faire semblant d’avoir de la mémoire
maxence : et voila la chrystographie c’est pas de la microscopie, pourtant tant de haine ?
pasmetz : arf je maitrise pas top
NicoTupe : c’est merveilleux ce truc
NicoTupe : c’est du js quoi en somme
pasmetz : mais ca peu etre l’occasion de m’y mettre
DavidLoureiroFr : @Jonathan
NicoTupe : https://github.com/PodcastScience/pslive-node
pasmetz : au fait, j’ai decouvert le konami cet am
DavidLoureiroFr : c’est plus récent je crois
NicoTupe : @pasmetz ahah 🙂
pasmetz : je vais jetter un coup d’oeil
Alan : arf, tiens, je l’avais oublié, le konami…
nicktalop : on veut voir!
Alan : adn à l’afm: https://www.podcastscience.fm/wp-content/uploads/2014/01/Image24-251×300.jpg
Jonathan de voyagecast : tu connais pas Konami ? Jamais joué a MGS ?
DavidLoureiroFr : magnifique
Jorj McKie : Comment dire, ça en met….
puyo : Hé bien !
DavidLoureiroFr : konami -> probotector aussi
DavidLoureiroFr : avec le fameux konami code !
Lukrainien : La panacée donc..
pasmetz : street fighter
DavidLoureiroFr : et aussi noah’s ark
DavidLoureiroFr : mais moins connu …
nicktalop : afm? j’ai raté l’acronyme…
DavidLoureiroFr : le seul jeu sur l’arche de noé qui a été validé par nintendo 🙂
Jorj McKie : Et quid des micro puce d’analyse ?
NicoTupe : microscope a force atomique
Lukrainien : Il te reste plus qu’à le faire…
nicktalop : merci @Nico
Alan : arf, je viens de renverser mon café 🙁
Alan : juste à côté de l’ordi
NicoTupe : sur l’ordi?
NicoTupe : ouf
Alan : pensée émue pour tupe 😉
NicoTupe : 🙂
NicoTupe : il est toujours mort l’ordi en question 🙁
NicoTupe : il avait une semaine
nicktalop : mince!
maxence : amen.
puyo : C’est le bon moment pour observer les cristaux de cafés via l’AFM et.. heu.
Lukrainien : de rien
nicktalop : passionnant, en effet
Lukrainien : j’ai même compris certaines choses…
laurent : passionnant! merci Irène
Jorj McKie : Pasionnant
DavidLoureiroFr : ‘achement bien
Jonathan de voyagecast : merci, vraiment top comme dossier !
puyo : Oui, très complet ! Bravo !
nicktalop : autre régime de lentilles
DavidLoureiroFr : @Alan y’avait l’histoire de la distance du point focal
ElJj : Ya une limite théorique pour “linfiniement” loin, comme pour l'”infiniement” petit ?
Jonathan de voyagecast : j’étais pas si faux avec ma question alors, ouf !
Jorj McKie : Non l’interferometrie
nicktalop : Un mur de plank de l’infiniment petit?
pasmetz : en fait c’est pour ca que je precisait fondmental
Alan : ElJJ, ça aurait pu être une question de Robin, tiens…
maxence : l’univers est finie dans le temps, on peut pas aller plus loin que le bigbang
wolf351 : http://htwins.net/scale/
Alan : bon: bilan du café renversé: 1 calculette postfinance décédée + qq papiers…
maxence : 🙁
Jonathan de voyagecast : toujours mieux que le pc !
nicktalop : !!!
Alan : ouais, ça va 🙂
Alan : question de visette quoi
Alan : je vais offrir une calculette postfinance à Tupe pour sa prochaine bière 😉
maxence : ha ok merci
DavidLoureiroFr : @wolf351 c’est top ton truc !
DavidLoureiroFr : @Alan tu entends quoi par postfinance ?
Alan : rien d’important 🙂
DavidLoureiroFr : ah ok
Alan : c’est la calculette pour le code de sécurité e-banking
Alan : de ma banque
Alan : qui est une poste
Alan : voilà voilà…
DavidLoureiroFr : ah ok
DavidLoureiroFr : j’ai un truc comme ça aussi pou rle boulot
nicktalop : postcard science…
Jonathan de voyagecast : je peux te filer une des mienne si tu veux Alan, j’en ai deux
Jorj McKie : Ho oui
nicktalop : cool!
DavidLoureiroFr : bravo !
maxence : lol, la postefinance
laurent : bravo
Alan : merci Jo 🙂
irene : merci à tous
wolf351 : merci
Alan : tkt, j’en ai tout plein 🙂
Lukrainien : Bravo Little sister pour ton recrutement….
laurent : merci a toi
Jonathan de voyagecast : yeah, de l’espace, la claaaasse j’adore !
pasmetz : ca promet
Jorj McKie : irene , une foi lancé! Hoauuu
Alan : bande son (c) voyagecast 🙂
Jonathan de voyagecast : *émotions*
NicoTupe : 😀
nicktalop : Luke n’est rien ≠ Lukrainien…
DavidLoureiroFr : oulà ça fait peur
irene : trop fort!
laurent : lol
Jonathan de voyagecast : t’as besoin de vacances Alan ? Viens sur voyagecast !
nicktalop : Iznogoud!
DavidLoureiroFr : pinaise
barberouss : De dictateur à dictateur, félicitation !
NicoTupe : dictateur élu démocratiquement 😀
Alan : yep, entre dictateurs, on s’entraide 😉
NicoTupe : du coup la place de responsable du syndicat sud café est à prendre
Alan : connais pas
NicoTupe : tu la veux alan?
ElJj : chiffré* !
Alan : 😀
Alan : t’en loupes pas une 😉
nicktalop : Purée, c’est le mines de Salomon ce posdcast!
DavidLoureiroFr : je comprends ce que tu disais pour le behind the scence
irene : Mais tu es un mutant Alan, comment as tu fait tout cela?
puyo : fichtre ! l’infinité illustré !
Lukrainien : le goulag vous connaissez ??
GLaDOS : Alan. You are not human.
laurent : il est entrain de mourir là!
DavidLoureiroFr : @Irene y’a sûrement des trucs au milieu de tout ça qui va te tomber dessus 😉
Lukrainien : C’est pllus tranquille suis sur
Jonathan de voyagecast : et encore, c’est pas comme s’il avait un vrai boulot à côté¨
irene : Oui, je me prépare…
laurent : mais il lit le bottin là non?
Alan : yup, j’avoue… j’avais jamais pris la peine de tout mettre à plat comme ça…
nicktalop : Alan passe vraiment la main…
Alan : c’est effectivement un boulot de mutant 🙁
laurent : oups
puyo : C’est impressionnant !
nicktalop : Amen?
puyo : nonante cast ?
irene : c’est un sacerdoce…
laurent : irene on t’entend rire
barberouss : ah mais les chroniqueurs ça se plains, mais CHEF c’est du boulot!
laurent : 🙂
ElJj : Waw !
barberouss : cours nico, cours
laurent : c’est tout? c’est beau
nicktalop : Maître Yoda a parlé
Jonathan de voyagecast : ha ha, le walt disney, j’adore
maxence : prends la pillulle rouge !
Alan : @barberouss, je crois que je vois ce que tu veux dire 😉
Jonathan de voyagecast : lion king !!
GLaDOS : There is no circle of life.
NicoTupe : The cake is a lie
maxence : lol
laurent : ha ha ha l
ElJj : ingonyama bagithi baba Sithi uhhmm ingonyama
nicktalop : The double hell, likes
nicktalop : Sniff… joli passage de témoin…
wolf351 : Merci Alan pour tout ce boulot, alors ….
ElJj : :'(
irene : bravo
pasmetz : merci a toi alan
GLaDOS : Alan crying? Impossible.
puyo : Hé bien, c’est touchant ! Bravo Alan ! ça fait un drôle d’effet, tout ça !
nicktalop : Bravo Alan pour cette belle abnégation
Jonathan de voyagecast : ha ha, déjà réservé pour une bière avec toi l’ami !
DavidLoureiroFr : MER IL ET FOU
Alan : @Jo quand tu veux 🙂
barberouss : conseiller technique.
maxence : Merci Alan, Biere alors.
Jonathan de voyagecast : pas seppuku Alan !!!
pasmetz : y a un peu trop un cote castro
barberouss : je propose grand illuminati pour allan, il dirigera dans l’ombre.
DavidLoureiroFr : alan : éminence grise ?
Jonathan de voyagecast : +1 barb
GLaDOS : No cake quote?
nicktalop : no candles?
ElJj : Stan Lee et Douglas Adams, c’est pas n’importe quelles citations !
Jorj McKie : Alan, putain tu avais le temps de t’en sortir.
nicktalop : The answer is 42?
nicktalop : 🙂
GLaDOS : 42 is not the answer.
GLaDOS : GLaDOS is the answer.
laurent : a bientot
Lukrainien : Merci à Iréne de m’avoir fait découvrir Podcastscience.
nicktalop : Don’t forget your towel, Alan
irene : a bientôt! Merci Alex!
ElJj : Au revoir !
puyo : Bravo !
DavidLoureiroFr : Au revoir !
wolf351 : Ciao
nicktalop : A bientôt
Lukrainien : Bonsoir
Jonathan de voyagecast : génial, magnifique épisode !
barberouss : J’ai quand même un secret espoir. Voir podcastscience installer mumble.
barberouss : maintenant qu’allan n’est plus aux manettes.
GLaDOS : Alan. You are fired.
Alan : Merci à tous pour vos messages, les amis 🙂
nicktalop : Oui! un podcast sur l’astrologie!
barberouss : Ahahah 😀
Alan : GLaDOS I’m not fired, I quit 😉
DavidLoureiroFr : ça laisse quandmême sans voix
GLaDOS : But I decided so 😉
Jorj McKie : Oui d’autre sujet
Jonathan de voyagecast : elle a pas de compte Google ??? Mais vous l’avez trouvé ou ?
NicoTupe : par la poste
maxence : sur bing
Alan : 😀
nicktalop : A bon? ça marche pas les Google Glass?
GLaDOS : Where is she from again?
nicktalop : pour avoir besoin d’un afm?
ElJj : Ils vont faire quoi avec un microscope ? Scanner l’ensemble de la matière humaine ?
Alan : Santa Barbara
puyo : (au fait, je ne serais pas là lundi prochain, mais je viendrais au suivant)
Jorj McKie : xil, pas sur de t’es révelation
Jorj McKie : c’est paq du fragais mais bon
DavidLoureiroFr : D’ailleurs comme j’ai fini la seconde partie sur la simu :p
Alan : @GladOs, and where are you?
DavidLoureiroFr : et si ça vous intéresse, je peux tenter qqch sur les lasers si vous voulez ?
puyo : l’écoute en double = effet superconducteur ? 🙂
GLaDOS : At Aperture 😉
Jonathan de voyagecast : +1 pour les lasers, j’en utilise souvent mais je ne comprends pas vraiment comment ça marche
Jorj McKie : avoir fait X bon…
Jonathan de voyagecast : si tu as un zoom h1 ça marche aussi
Jorj McKie : Alan je te mail
Alan : @Jorj, oky 🙂
laurent : cours de mixage son maintenant?
Jorj McKie : Xil tu me telephone je t’exlique
Jorj McKie : Non
Jorj McKie : Et c’est sur que votre truc c’est dela daube
Jonathan de voyagecast : ,-) tu utiliserai quoi Jorj ?
Alan : @David L, en fait, pour les lasers, on est couverts
Jorj McKie : la meme chose,
DavidLoureiroFr : @Alan ok 🙂
Jonathan de voyagecast : ? alors pourquoi tu dis que c’est de la daube ?
Jorj McKie : on se coupe.
Alan : #laser C’est Nicolas Grandjean qui va s’en occuper
DavidLoureiroFr : ouais
Jorj McKie : On ne peux pas mélanger tout
Alan : notre invité des LED
DavidLoureiroFr : je peux pas lutter 🙂
Alan : j’avoue 😉
DavidLoureiroFr : c’était top d’ailleurs son épisode sur les LEDs
Alan : on a reçu que des feedbacks positifs, tout le monde l’a adoré
DavidLoureiroFr : ouais c’était vraiment bien
Jonathan de voyagecast : +1, écouté cet après midi, excellent !
DavidLoureiroFr : votre dialogue ça me fait penser aux discussions des tranxen 200 des inconnus 😀
DavidLoureiroFr : avec le VSP 800
Jorj McKie : vous dites des conneries, open sype
Alan : totalement glucose
DavidLoureiroFr : yeahhh
DavidLoureiroFr : carrément
DavidLoureiroFr : 😀
Alan : d’ailleurs, y a une scission, là
Alan : je quitte tranxène 😉
Jorj McKie : vous m’énervé
DavidLoureiroFr : ça colle bien oui ^^
Alan : Bah mon Jorj, tu vas aussi avoir une scission 😉
Alan : ça va être chaud le live de lundi 😉
pasmetz : destitueeee
pasmetz : et vice et versa
Alan : et vice et versa
Alan : 😀
puyo : et vice et versaaaaa !
Jorj McKie : Je dois ouvrir la boitte à baffe ?
DavidLoureiroFr : allez, les bidons d’huile
DavidLoureiroFr : bonne soirée 🙂
Jonathan de voyagecast : bon, bonne nuit les gens, merci pour tout !
pasmetz : en fait destitué est effectivemet d’actualité
Alan : tschuss David
Alan : Ciao Jo
topase : j’arrive juste a temps pour le sujet chaud du soir
DavidLoureiroFr : bonne deuxième vie Alan
Alan : 😀
GLaDOS : Re-routed in two places at the same time. Quantum rerouting.
Jorj McKie : T’as pas
Alan : Merci 🙂
DavidLoureiroFr : de rien
Alan : qui qu’a pas?
Jorj McKie : soudflower ne sert pas à ça
Taupo : alors comment ça s’est passé cette annonce?
Alan : j’ai réussi à pas montrer que je pleurais, objectif atteint 😉
Taupo : eh beh
puyo : c’est émouvant, tout de même, après tant d’épisodes !
Alan : yup, ça fait tout drôle…
GLaDOS : Alan. I think I miss you already.
Alan : 🙂
GLaDOS : And I’m not even human.
Alan : have you been listening for a long time?
Alan : c’mon, I’m sure you are 😉
Jorj McKie : Pandent qu’ils font des essaits , si le le 29 à Grenoble on aimerait bien t’avoir
GLaDOS : Since the very first episode 😉
Alan : @Jorj le 29 janvier?
topase : haaaa debordements de sentiments
Jorj McKie : yes
Alan : @GLaDOS srsly? Wow, thx!
Alan : @Jorj, arf, non, en semaine, ça ne va pas le faire 🙁
Alan : sorry…
Alan : c’était quoi?
GLaDOS : It’s the end of PodcastScience.
Alan : 😀
Jorj McKie : réunion OZ + conf je te mets le lien en mail
Alan : bah si je peux faire qqch à distance (le soir), c’est avec plaisir
GLaDOS : We will all miss Alan’s voice. Soft and sweet.
Alan : haha, you’ll hear it every now and again, no worries 🙂
puyo : Et du coup, Alan, tu peux déjà dévoiler des choses sur ce projet de livre ?
Alan : are you a podcaster yourself or sth?
Alan : yep
Alan : avec plaisir 🙂
Alan : l’idée, c’est de repackager nos contenus
Alan : à intervalles réguliers
Alan : avec une thématique particulière
puyo : Oh oh ! 😀
Alan : le premier livre s’appellera “les origines”
Alan : et on reprendra quelques dossiers qui ont vaguement un lien avec le thème
Alan : il y a plusieurs idées derrière
Alan : 1. toucher un public qui s’intéresse à nos contenus mais qui n’est pas trop à l’aise avec les blogs et les podcasts
Alan : (genre génération de nos parents, quoi)
GLaDOS : Nope I’m not. Just a random human.
Alan : 2. proposer nos contenus sous une forme palpable, tangible, offrable à Noël
Alan : @GLaDOS, but can I find you somewhere on the web? Blog? website? twitter account? FB? Something?
topase : il n’y a pas eu d’episode sur la theorie du chaos
topase : ???
Alan : 3. faire rentrer des sous
Alan : @topase, non, pas encore
Alan : c’est en projet chez Robin depuis un moment
puyo : Hé bien, l’idée est super chouette ! (d’autant que le rythme sera plus “humain” pour réaliser ça) et du coup, il y aurait un cd avec, comprenant les épisodes correspondants ? 🙂
Alan : on aimerait bien, oui
Alan : après, il faudra sûrement les réenregistrer
pasmetz : sinon quelques qr qui menent a soundcloud
Alan : mais avec un peu de temps à disposition, tout devient possible
Alan : @PasMetz, yep, joyeuse bonne idée 🙂
topase : un genre de neo c’est pas sorcier en somme
topase : mais en dvd
puyo : Oui, c’est surtout ça, la clé, héhé ! Hé bien, je suivrai ça avec impatience ! (en plus, ça fait effectivement un super cadeau)
Alan : yep
Alan : du coup, l’idée, c’est de le sortir avant noel
puyo : Et.. en passant pas un éditeur ou auto-édité ?
Alan : (on avait prévu noel l’année dernière initialement 😉 )
puyo : héhéhéhéhhé
GLaDOS : Keep us posted on Twitter 🙂
Alan : pour le moment, le plan, c’est un mix un peu entre deux
Alan : le père de Nico est éditeur
Alan : mais de bd 😉
Alan : l’idée à ce stade, c’est de bosser avec lui
pasmetz : d’ou la bibliotheque
Alan : on pourrait avoir des conditions intéressantes
Alan : mais je ne suis pas sûr que ce soit une super idée en termes de puissance de distribution
puyo : Il ne proposerait pas en librairie ?
Alan : justement, je ne suis pas trop sûr
puyo : Mmmm.. en fait, c’est vraiment deux stratégies différentes, entre les librairies ou le tout net
topase : a oui il parle je croi
pasmetz : oui
puyo : d’autant que si le livre début sur un gros volume d’impression, il vaut alors prévoir un plan com et tout le bazar
ElJj : On sait pas bien pourquoi on écoute encore, d’ailleurs
Alan : ElJJ, j’avoue, c’est bizarre 😉
topase : oui moi je profite je suis arriver trop tard T_T
puyo : oh, je trouve que l’écoute en fond est relaxant ! ^c^
pasmetz : en meme apres les adieux d’alan on a pas envie de partir
puyo : oui, c’est vrai, ça !
Jorj McKie : Cool je peux pster
puyo : en plus, Giscard a lancé un fameux “Au revoir” fort célèbre.
pasmetz : et puis ca vaut le coup de rester pour entendre ca…
Jorj McKie : Pourquoi vous avez un son aussi bon ?
Jorj McKie : T’as qu’as venir à l’OZ
Alan : the wonderful wizard of Oz 🙂
pasmetz : @nicotupe tu connais un startup guide pour node.js
pasmetz : y a interet
pasmetz : (pour Alan)
GLaDOS : Don’t abandon GLaDOS.
Alan : ohhh
pasmetz : bonne nuit
julie : ciao !
GLaDOS : 🙁
topase : lol je revien d’une longue absence et c’estb pour dire au revoir
topase : salut
Alan : you didn’t give me your twitter handle?
Alan : tschuss!
topase : you can’t kill me
puyo : Hé bien, bonne continuation Alan ! Bigre, et à bientôt tout de même dans les épisodes à venir !
Alan : tschuss les amis 🙂
GLaDOS : Keep up the awesome Alan! Wish you all the best.
puyo : Et bonne reprise à l’équipe !
pasmetz : et surtout merci pour podcastsience
Alan : thx 🙂
puyo : ah oui, un grand merci !
topase : episode 1 pour les nostalgiques
Alan : 🙂
topase : je me refait toute la serie
topase : aler salut
Alan : arf
Alan : quel courage!
topase : ba j’ai deja oublier la moitiée
topase : c’et une science l’oubli
Alan : ou l’oubli des sciences 😉
puyo : La science des rêves ?
puyo : Allez, bonne nuit !
pasmetz : Bonne nuit tout le monde
Alan : ‘night 🙂

L’histoire des microscopes

Dossier d’Irène dans l’épisode 159.

Une histoire de la microscopie

Cette histoire fait partie de celles qui n’ont évidemment pas de fin, mais aussi pas de commencement, parce qu’il n’y a pas eu un jour un nouvel instrument mis au point et appelé microscope.  Les systèmes optiques développés par la nature, dont nos yeux, ne sont pas parfaits, et ils vieillissent mal.  On peut aisément imaginer que certains de nos ancêtres des cavernes avaient déjà du mal à voir les dessins de leurs artistes sur les murs des grottes, et très tôt le besoin de mieux voir a conduit les hommes à trouver des palliatifs, c’est à dire des lentilles de correction, et c’est par là que débute l’histoire des microscopes optiques.

Nous allons très simplement suivre un ordre chronologique pour décrire l’histoire des microscopes, parce qu’il y a en gros trois périodes, qui commencent chacune avec la naissance d’un type de microscopie, sans qu’aucun n’ait jamais ensuite disparu.

Et puis juste avant de vraiment démarrer impossible de ne pas rappeler que : micron = petit + skopein= observer (grec)

 

I- La microscopie optique.

 

Le principe repose sur l’utilisation des lentilles qui sont des objets,  en verre le plus souvent, qui dévient la lumière (plus ou moins selon la couleur de la lumière) et qui, tels la loupe, permettent de former une image agrandie d’un objet que l’on ne pourrait pas voir à l’œil nu (figures 1 et 2).

 

Figure 1 - Principe de la lentille
Figure 1 – Principe de la lentille

 

Grosso modo, la meilleure résolution est d’environ 200 nanomètres (nm), ie. que l’on peut voir deux points séparés par 200nm. Un nanomètre, c’est un milliardième de mètre. Un millième de micron. Rappelons que la taille d’un atome est d’environ 0,1 nm, et un cheveu fait environ 60 microns de diamètre.  Donc 200 nm c’est 300 fois plus petit qu’un cheveu environ.

Voyons plutôt comment la microscopie optique s’est développée au fil des siècles.

 

Histoire des sciences optiques.

 

Le microscope optique est le plus connu, le plus ancien, des microscopes, qui utilise deux composants bien familiers pour la plupart d’entre nous :

a) les lentilles, qui permettent, en autre, de grossir des objets que l’on ne peut pas voir à l’œil nu. Ceci en déviant les rayons de lumière.

b) la lumière, ce rayonnement de particules dont l’exemple le plus connu est bien sûr le soleil qui nous envoie tous les jours son lot de rayons.  Ces particules sont appelées des photons.  Chaque photon transporte de l’énergie, et selon la couleur de la lumière, la quantité d’énergie est différente.  Et selon la couleur, le rayon de lumière va être dévié différemment par la lentille.  Rappelez vous, pour les plus vieux d’entre nous, cette pochette d’album de Pink Floyd « The Dark side of the Moon », avec un rai de lumière à gauche venant frapper un prisme (figure 3).

 

Figure 3: déviation de la lumière blanche par un prisme (album de Pink Floyd, ‘Dark Side of the Moon”).
Figure 3: déviation de la lumière blanche par un prisme (album de Pink Floyd, ‘Dark Side of the Moon”).

À la sortie du prisme, à droite, le rai de lumière est joliment décomposé en un arc en ciel.  C’est parce que 1- la lumière blanche est composée par un ensemble de rayons de toutes les couleurs.  2- les rayons de couleurs différentes ne sont pas déviés avec le même angle.

Figure 2 - Principe de la loupe
Figure 2 – Principe de la loupe

 

Le principe de la lentille, c’est de dévier les trajets optiques venant des objets que vous voulez regarder. Par exemple, dans le cas d’une loupe toute simple, les rayons lumineux émis par votre objet sont déviés par la loupe et en quelque sorte bluffent nos yeux en leur faisant croire que cet objet est plus grand que ce qu’il n’est en réalité (figure 2).  En associant plusieurs lentilles, le trajet optique se complique, mais permet de former des images à des positions bien déterminées et avec une taille bien précise.  C’est le microscope optique tel que nous le connaissons de nos jours (figure 4).

 

Figure 4: Principe du microscope optique
Figure 4: Principe du microscope optique

Un des plus gros problèmes est que, comme nous l’avons dit plus haut, les rayons lumineux ne sont pas déviés avec le même angle en fonction de leur couleur. Il en résulte une distorsion des images, que l’on appelle l’aberration chromatique, qui est un problème majeur de la technique, mais l’on reviendra un petit peu là-dessus.

Pour revenir à l’historique, en 1850, une lentille a été découverte à Nimrud (sur le site de Ninive), en Irak, par l’archéologue Austen Layard (qui était français malgré ce nom bien anglais!) Elle semble être âgée de 3000 ans environ (elle aurait été fabriquée  entre le  Ier millénaire av. J.-C. et  le VIIe siècle av. J.-C.) et est exposée au British Museum de Londres.  Il s’agit d’un disque en Crystal de roche, qui pouvait peut-être servir de loupe, mais son polissage était très grossier, et au final, on ne sait pas trop bien de quoi il s’agit !

Il y a ensuite d’autres vestiges, telle cette lentille datant à peu près du Ve siècle avant JC, qui fut découverte en Crète, dans une grotte dans le mont Ida.  Elle semble être de meilleure qualité que celle de Nimrud.

Les auteurs romains Pline et Sénèque mentionnent dans leurs écrits un graveur à Pompéi qui utilisait une lentille. On peut trouver aussi des écrits romains mentionnant des moyens grossissants tels que des boules de verre remplies d’eau ou bien des émeraudes taillées en lentille concave.

Toutefois, on peut dire que l’histoire des sciences optiques en tant que telles commence probablement à Alexandrie, vers 300 ans avant JC.  À cette époque, la ville était grecque et les sciences devenaient de plus en plus importantes en Grèce, notamment la géométrie. Un des grands noms de la géométrie était le fameux Euclide.  Il est peut-être à l’origine de pratiquement tout ce que nous pouvons apprendre en géométrie à l’école, mais c’est aussi lui qui a découvert que la lumière voyage en ligne droite.  Les premières lois de la réflexion de la lumière sur une surface émanent de lui.  Vers 1100, le savant arabe Alhazen Ben Alhazen mentionne le pouvoir grossissant des lentilles, sans qu’en soit tiré apparemment des conséquences sur l’usage pouvant en être fait.

Au XIIIe siècle, Roger Bacon a utilisé, et cette fois-ci on le sait de façon plus documentée, des lentilles de verre en tant que loupe.

Bacon développait cette nouvelle technique pour aider les gens qui avaient des problèmes pour lire. Roger Bacon, était un moine franciscain anglais, qui s’est inspiré apparemment des travaux d’Alhacen. Il appellait son invention « reading stone » que l’on peut traduire par « pierre de lecture » ou « pierre pour lire » en mauvais français !  Ces lentilles étaient souvent utilisées par les moines, notamment pour enluminer leurs manuscrits.  Elles étaient au début très simples, avec un bord plat et l’autre convexe, c’est à dire une simple sphère coupée en deux.  Avec le temps, les moines ont expérimenté et leur instrument s’est perfectionné, en particulier en jouant avec la courbure.  En effet, moins la courbure est prononcée, plus la lentille agrandit les objets.

Il faut attendre jusqu’au XVIe siècle  pour voir poindre la première application scientifique concrète des lentilles.  Jusqu’à cette période, Il s’agissait de verres correcteurs pour nos yeux déficients.

Vers 1590, le hollandais Zacharias Janssen profite de ses compétences de fabriquant de lentilles pour inventer un nouvel outil : le microscope optique.  Il est alors formé par deux lentilles convexes, dans un ensemble de tubes coulissants. Mais bon, honnêtement, personne n’est certain de cette paternité !  Janssen est né à La Hague (probablement !), et c’est son père qui avait une entreprise de fabrication de lentilles, qui l’employait.  Zacharias aurait découvert les vertus de l’association de ces lentilles alors qu’il n’était encore qu’adolescent et aurait montré sa découverte à un diplomate ami de la famille.  Mais en réalité il n’existe pas d’exemplaire certain de son microscope.  Peut-être un dans un musée hollandais, pas sûr.  Il avait un grossissement de 10X, donc pas particulièrement performant et c’est peut-être pour cela que notre homme s’est apparemment reconverti dans le trafic de fausse monnaie !

Au XVIIe,  les recherches scientifiques convergent vers le développement de la microscopie. Encore une fois, personne ne peut prétendre à la paternité de cette invention. Plusieurs modèles de microscopes sont apparus à la même période.

Toutefois, le plus célèbre est sans conteste celui d’Antoni Leewenhoek, que l’on considère comme le père de la bactériologie en tant que science, et qui est un personnage  lui aussi bien intéressant!

 

Antoni Van LEEUWENHOEK (1632-1723) (Figure 5)

 

Figure 5
Figure 5

Leeuwenhoek est né à Delft aux Pays Bas, le 24 octobre 1632.
À 16 ans, il est envoyé à Amsterdam en tant qu’apprenti chez un drapier.  L’histoire raconte qu’il se débrouilla fort bien, qu’il monta son entreprise qui fut florissante.

C’est vers 1668, 20 ans plus tard donc qu’il présente son premier microscope.  Alors comment ce commerçant dans les tissus en est-il arrivé à devenir l’un des pères de la microscopie?  Et bien je suppose qu’il devait être très pointilleux, ou exigeant ou curieux ou malin, ou tout cela à la fois.  En tout cas, il voulait un instrument qui l’aiderait à compter le nombre de fils dans les tissus.  Apparemment, au début il a utilisé des éclats de diamants et puis il s’est mis à polir des morceaux de verre. Et il le fit très bien, car non seulement son commerce fut florissant mais il étendit l’usage de ses lentilles à d’autres applications, comme nous allons le voir. Ainsi, le polissage des lentilles devint un hobby, puis la technique se raffina et le tout produit l’un des objets scientifiques le plus utilisé de tous les temps. Ainsi donc, notre homme était très curieux et il s’est mis à regarder tout et n’importe quoi avec son microscope.  Car il avait trouvé un moyen de monter une toute petite lentille, environ de la taille d’une tête d’aiguille sur un support en laiton, percé d’un trou pour faire passer de la lumière. L’échantillon était placé sur une pointe métallique, solidaire du support et que l’on déplaçait face à la lentille pour en explorer le contenu. L’ensemble était tenu très près de l’œil, face à la lumière (figure 6). Figure 6.1Et voilà notre microscope.  Et il se trouve que c’était un excellent microscope parce que le fait d’utiliser une seule toute petite lentille (pour les savants qui nous écoutent, avec une distance focale très petite qui limite les aberrations chromatiques) d’excellente qualité (il avait vraiment peaufiné sa technique de polissage), fait qu’il pouvait grossir les objets 300 fois. Le microscope que Leeuwenhoek utilise permet une résolution de 1,4 micromètres (soit 300 X). Soit 1/35e de la largeur d’un cheveu!

C’est en fait très honorable par rapport aux microscopes actuels qui possèdent un pouvoir grossissant de 1000x.

Rappelons que notre homme n’est pas la figure typique du scientifique, d’ailleurs on lui reproche parfois une démarche peu rigoureuse.  Mais néanmoins, on lui connaît au moins 400 lentilles, toutes aussi petites les unes que les autres.  Et il était malin, il n’a jamais dévoilé ses secrets, comment il polissait ces petits morceaux de verre, comment il les montait sur le support en laiton du microscope, quelle source de lumière il utilisait…  Toujours est–il qu’Anthoni Leeuwenhoek est considéré aujourd’hui comme le père de la microbiologie, c’est à dire l’étude des bactéries.

Et, il est devenu fort célèbre, il a quand même reçu la visite de Pierre le Grand de Russie, ou Frédéric II de Prusse ! Il est un bel exemple d’autodidacte qui montre encore une fois que la curiosité est bien le plus important en science, que l’essentiel comme le disait Einstein est de se poser des questions, pas d’accumuler des connaissances.

Quand la “Royal Society of London” fut capable de reproduire son expérience, il devint immédiatement célèbre et ouvrit la voie aux chercheurs des générations suivantes.

On connaît toute une variété d’échantillons qu’il a observés et décrits : des gouttes de pluie, de la plaque dentaire, des morceaux d’intestin, des moules.  C’est comme cela qu’il a découvert les bactéries (appelées ‘animalcules’), qu’il a découvert la parthénogénèse des insectes c’est à dire le fait que certains animaux peuvent se multiplier sans reproduction sexuée.  Il a regardé beaucoup de spermatozoïdes aussi (chiens, insectes, humains… Je vous laisse élaborer ici comment et pourquoi).

En parallèle, et pas si loin que cela géographiquement, un autre scientifique développa une variante du microscope optique. Il s’agit de Robert Hooke. Le pouvoir grossissant de son microscope est lié à l’utilisation de plusieurs lentilles convexes (figure 7).  Mais comme les lentilles employées à la  réalisation de ces  microscopes présentaient toutes des défauts d’aberration chromatique entourant les bords de l’image, la plupart des scientifiques rejetèrent le microscope composé et réutilisèrent le microscope à lentille simple, comme celui de Leewenhoek. Ce microscope offrait des grossissements moins importants, mais possédaient une qualité d’image plus nette.

Figure 7
Figure 7

C’est au milieu du XVIIIe siècle que le Britannique John Dollond, corrigea le défaut d’aberration chromatique des microscopes composés en utilisant une lentille de forme différente (Figure 8)

Figure 8
Figure 8

Depuis cette époque, le microscope optique est similaire à ceux que nous connaissons aujourd’hui. A ce jour, bon nombre d’améliorations on contribué à perfectionner cet instrument, tant en matière optique que mécanique.  Il est passé d’une puissance de grossissement de 200 à 1500 fois en moyenne. La plupart des observations courantes se font entre 200 et 400 fois la taille nominale de l’objet observé.

Plus de quarante modèles de microscopes optiques sont disponibles sur le marché. Il n’est pas nécessaire d’acquérir un modèle haut de gamme pour réaliser des observations courantes. Un microscope équipé d’une tête monoculaire  peut suffire à tout amateur désireux de découvrir le monde de l’infiniment petit.

 

II- La microscopie électronique

 

Le microscope optique, même avec des lentilles optiques parfaites et une illumination idéale, ne pourra jamais distinguer des objets plus petits que la moitié d’une longueur d’onde de lumière.  Prenons un exemple.  La lumière blanche a une longueur d’onde moyenne d’environ 0.55 µm.  La moitié de 0.55 c’est environ 0.275. Donc si l’on regarde 2 lignes qui sont plus proches que 0.275 µm, on en verra qu’une.  Un point plus petit que 0.275µm peut être discerné comme un petit nuage tout au mieux.  Donc, la seule solution pour augmenter la résolution du microscope, c’est d’utiliser une source d’illumination ayant une longueur d’onde plus courte.

Et c’est ainsi qu’est née l’idée du microscope électronique.  Au lieu d’utiliser les photons, on utilise des électrons.  Les électrons sont ces petits grains de matière, des particules qui sont des constituant de tous les atomes, et qui portent une charge négative.  Ce sont eux les constituants de base du courant électrique.

Plus précisément, c’est grâce au développement des tubes cathodiques  que le ME a pu être développé.

Heinrich Rudolph Hertz (1857-94) suggéra que les faisceaux d’émission pouvaient être caractérisés par une longueur d’onde.

 

Heinrich Hertz  (figure 9)

 

Figure 9
Figure 9

C’est vraiment aussi un savant remarquable.  Il est connu principalement pour deux contributions majeures en sciences : ses travaux sur les ondes hertziennes, ces ondes radios électromagnétiques, auxquelles il a donné son nom, et sa théorie sur les déformations des matériaux à l’origine du modèle de Hertz utilisé comme point de départ de tous les modèles d’indentation par exemple.  Il devait être incroyablement humble parce qu’il pensait que ses découvertes sur les ondes radios n’auraient jamais d’application pratiques. Il est décédé très jeune, à 36 ans, d’une maladie auto-immune relativement rare (granulomatose avec polyangéite).

Emil Wiechert en 1899 , physicien allemand d’origine russe, montra que ces faisceaux pouvaient être focalisés sur un point en utilisant un champ magnétique produit par une bobine (figure 10).

Figure 10
Figure 10

Ce n’est qu’en 1926 que Hans Busch , allemand lui aussi, démontra la théorie qui explique qu’en effet un solénoïde (une bobine donc) peut faire converger un faisceau d’électrons de la même manière qu’une lentille de verre fait converger un faisceau de photons.

Dans le microscope électronique (ME), les électrons sont accélérés sous vide, jusqu’à ce que leur longueur d’onde soit 100 000 fois plus petite que celle de la lumière blanche.  Puis le faisceau est focalisé sur un échantillon, et ils sont soit déviés soit absorbés par l’échantillon.  Ceux qui sont déviés ou non absorbés sont récoltés sur un système de détection, type caméra CCD, comme les appareils photo numériques (Fig 11).

Figure 11 – Principe du microscope électronique

Figure 11 - Principe du microscope électronique
Figure 11 – Principe du microscope électronique

Le premier prototype fut construit en 1933 par l’ingénieur Ernst Ruska et pouvait détecter des objets de 50 nm.  Il était énorme, il fallait une pièce entière pour le faire rentrer.

Le premier EM commercial fut construit en Angleterre au Collège Imperial de Londres, mais en fait sa résolution ne dépassait guère celle d’un bon microscope optique !  Ce qui montre au passage combien il n’est pas aisé de faire la transition entre des appareils mis au point dans des labos de recherche et la production commerciale.

Les premiers EM n’étaient pas trop intéressants pour les microscopistes, parce que le faisceau d’électrons était très chaud et transperçait les échantillons.  Mais quelqu’un de bien malin, et je ne sais pas qui,  a eu l’idée géniale de recouvrir les échantillons biologiques avec du tétraoxide d’osmium, et de les couper en tranches hyper fines, et cela a marché.  Non pas que l’échantillon était moins chaud, mais le tétraoxide d’osmium empêche les lipides de fondre (on dit qu’on les fixe) et l’utilisation de coupes fines permet d’obtenir des images rapidement, sans focaliser le faisceau trop longtemps au même endroit). On a ainsi commencé à obtenir des images intéressantes en biologie. A l’université de Toronto, en 1938, Eli Burton et ses étudiants construisirent le premier EM vraiment à haute résolution.  Malheureusement la seconde guerre mondiale a ralenti les progrès suivants, mais 20 ans après la guerre, la résolution de l’EM était déjà de 1nm (rappelons qu’un nm c’est environ 10 atomes, environ 6000 plus petit que le diamètre d’un cheveu).

 

Les différents types de EM

 

Plus des électrons se déplacent rapidement, plus leur longueur d’onde est petite. La résolution d’un EM est reliée à cette longueur d’onde : plus elle est courte, plus la résolution augmente.  Donc, pour augmenter la résolution on essaie au maximum d’accélérer la vitesse des électrons, en augmentant la ddp appliquée entre les lentilles magnétiques.

Les ME aujourd’hui peuvent atteindre un grandissement des images de 2 millions de fois !  Si l’on pousse la résolution, on peut visualiser des objets de la taille de l’atome, une molécule pour les échantillons biologiques.  Toutefois, il existe une grosse limite à cette technique : aucun échantillon biologique ne peut survivre dans le vide poussé qui existe à l’intérieur du microscope.  Il existe bien quelques EM commerciaux qui permettent de visualiser des échantillons humides, mais il y a encore beaucoup de limites à la technique.

 

Revenons un petit peu sur le principe des ME

Dans le ME, les lentilles magnétiques guident les électrons, tout comme dans un microscope optique les lentilles optiques guident les photons.  Mais il existe en fait deux types de ME, selon les électrons que l’on détecte.

 

Le ME à Transmission (MET) ou TEM en anglais (figure 12 et 13)

 

Figure 12 - Principe du MET et du MEB
Figure 12 – Principe du MET et du MEB

Lorsque les électrons bombardent l’échantillon, ils peuvent  traverser la matière, plus ou moins et plus ou moins vite selon la densité de la matière traversée à cet endroit-là,  et être recueillis sous l’échantillon, il s’agit du microscope à transmission , MET.  Ainsi, seuls les échantillons très fins, ou découpés en tranches très fines peuvent être étudiés.   Les images produites sont en noir en blanc et deux dimensions.  Par exemple, à l’intérieur d’une cellule, le noyau et les autres composants cellulaires , les organelles, sont plus denses que la soupe dans laquelle ils baignent.  Les objets les plus denses arrêtent plus les électrons que les zones de relative moindre densité.

La résolution du MET permet de voir des atomes de carbones séparés par 0,089 nm ou des atomes de silicium (0,078nm).  Ainsi le MET est très utilisé dans le domaine des nanotechnologies, des semi-conducteurs pour la microélectronique.  En biologie, c’est la préparation des échantillons qui est le facteur limitant.  Les méthodes de préparation pour préserver les structures et accroitre les contrastes sont incroyablement nombreuses, parfois spécifiques à un spécimen seulement et souvent très compliquées (longues avec beaucoup d’étapes).

 

Le ME à Balayage  (figure 12 et 13)

 

Figure 13 : Simple differences between (SEM) scanning and (TEM) transmission electron microscopes
Figure 13 : Simple differences between (SEM) scanning and (TEM) transmission electron microscopes

Lorsque les électrons arrivent sur la surface des échantillons, ils peuvent aussi, au moment où ils frappent la surface provoquer l’émission de nouveaux électrons, selon un angle de réflexion,  et ce sont ces nouveaux électrons qui sont recueillis et utilisés pour former une image sur le détecteur.  Il s’agit du microscope à balayage.  Le faisceau d’électrons est balayé à la surface de l’échantillon dans un mouvement de balayage, en zig-zag donc.

La résolution du MEB est environ dix fois moindre que celle du TEM, mais permet d’obtenir une profondeur de champ d’observation qui n’existe pas avec le TEM, une sorte d’image en 3D.

 

Préparation des échantillons

 

Je le disais plus haut, les gens qui font de la ME, et qui la font bien, ont une somme de connaissance gigantesque ! Il faut pour le MET pouvoir observer des coupes super fines de tissus, et pour le MEB avoir des surfaces qui réfléchissent les électrons.

Citons brièvement quelques techniques de bases :

-découper les échantillons en fines tranches, 50 à 90 nm, avec un appareil appelé microtome et des lames de rasoir en diamant.

-fixer les échantillons, avec des produits chimiques, pour préserver les structures, les rendre plus dures.  On force les molécules à se lier entre elles.  En fait, c’est le même effet que faire bouillir un œuf frais !  On se retrouve avec un œuf dur !

-congeler les échantillons à très basse température et les couper en fines tranches.  C’est la cryoscopie

-Infiltrer les tissus avec des résines, pour figer les structures et pouvoir les couper ensuite.  Il faut auparavant enlever l’eau, le plus souvent par des bains successifs dans de l’alcool

-augmenter les contrastes en recouvrant les surfaces avec des métaux lourds

-Couper les échantillons après les avoir congelés, car la lame suit les contours de moindre fragilité et révèle ainsi des structures selon leur dureté.  Souvent il faut aussi recouvrir ensuite pour les observations en TEM par un film de Pt puis C, et c’est le film de C que l’on observe, pas l’échantillon lui-même.

Il existe une quantité incroyable de livres sur le sujet et de quoi occuper la vie de beaucoup de gens à temps plein….

Les limites de la technique

 

-ce sont des appareils chers et difficiles à maintenir en bon fonctionnement (ddp  élevées, vide, sensible aux vibrations…)

– difficile à utiliser, surtout par rapport à un microscope optique.

-la préparation des échantillons est délicate et induit de toute façon des modifications de la structure des échantillons en biologie.  Par exemple, congeler les échantillons induit la formation de cristaux de glace qui sont difficiles à éviter et qui détruisent les structures.

Heureusement, les limites du microscope électronique, notamment dans la préparation des échantillons sont maintenant et depuis peu,  un peu compensés par l’essor d’un troisième type de microscopie, très différente des deux précédentes, donc complémentaire dans son utilisation.

 

III La microscopie à champ proche.

 

L’idée de départ date des années 1930, on trouve des publications ingénieuses qui montrent combien les hommes sont créateurs, car si l’idée était bonne, elle n’était pas réalisable d’un point de vue technique.  Les limitations de la technologie ne permettaient pas à l’époque de construire de tels instruments.

Et c’est en 1981, que le premier appareil a vu le jour chez IBM Zurich.  2 physiciens (Gerd Binnig et Heinrich Rohrer ) ont annoncé la naissance de leur nouveau jouet : le microscope à effet tunnel, ou STM, pour Scanning Tunneling Microscope.  Un nom bien mystérieux, comme tout ceux d’ailleurs de la famille des microscopes à champ proche.  Cette fois on utilise encore les électrons, mais sans considérer les particules ; on utilise le courant électrique, c’est à dire le transfert de charges électriques.  L’effet tunnel était déjà bien connu, qui indique que si on applique une différence de potentiel sur un échantillon conducteur, comme un métal, et qu’on approche très très près une fine pointe métallique conductrice, mais qu’on ne touche pas la surface, un courant électrique va s’établir entre la surface et la pointe. (figure 14).  Le fait que l’intensité  du courant dépende de la distance entre la pointe et l’échantillon permet de mesurer cette distance. En balayant la pointe sur la surface de l’échantillon, selon la topographie de la surface le courant est plus ou moins fort et on peut ainsi établir une carte topographique de l’échantillon.  Je simplifie beaucoup évidemment, mais c’est le principe !

Figure 14.1 - Le STM
Figure 14.1 – Le STM

Figure 14.2 - Image d'une surface, prise par Irène
Figure 14.2 – Image d’une surface, prise par Irène

 

Il aura fallu attendre environ 50 ans avant de mettre en pratique cette idée, parce que ce n’est pas facile de fabriquer des pointes très fines, 1000 fois plus fines qu’un cheveu.  Pas facile aussi d’isoler l’appareil de toutes les vibrations.  Imaginez que même parler devant l’appareil induit des vibrations acoustiques ou des changements de température, qui changent la distance entre la pointe et la surface, et perturbent donc les mesures.  Enfin fabriquer un contrôleur électronique qui puisse mesurer des courants de l’ordre du nano-ampère et très vite (avec une vitesse de quelques MHz, c’est à dire 1 million de mesures par seconde), n’était pas possible en 1930.   Aujourd’hui le STM fonctionne très bien, et a permis de reculer les limites de la résolution, il a permis de visualiser des atomes en routine, sans modifier les surfaces, sans préparation de ces échantillons et il est encore utilisé.

Toutefois, il existe une limite importante inhérente à cette technologie : les échantillons doivent être conducteurs.  Donc beaucoup d’échantillons ne pouvaient pas, du

Figure 15 - Principe de l'AFM
Figure 15 – Principe de l’AFM

moins facilement, être observés avec le STM, dont les échantillons biologiques.  Alors nos savants suisses n’en sont pas restés là.  Ils ont utilisé le même type de technologie, mais ont remplacé le current tunnel par la détection de forces atomiques.  Ainsi est né l’AFM, pour Atomic Force Microscope,  en 1986, par Gerd Binnig, Christoph Gerber, et Calvin Quate.  Le principe, c’est comme nos vieux lecteurs de disques vinyl (oui, je sais que beaucoup ici n’ont jamais vu un disque vinyl !)  Bref, notre très fine aiguille est maintenant attachée à un bras de levier très très flexible.  Quand on balaye cette aiguille au dessus de la surface d’un échantillon, comme une cellule vivante, parce qu’il existe des forces d’interaction entre cette pointe et la surface, le levier se courbe plus ou moins (figure 15).  Là aussi, les forces dépendent de la distance entre la pointe et la surface.  Donc le microscope mesure cette flexion et l’utilise dans un système de boucle de rétro-contrôle pour garder la pointe toujours à la même distance de la surface.  Donc, on balaye la pointe,  et en même temps on bouge la pointe verticalement pour suivre les contours de la surface.  Si il y a une bosse, la flexion est trop importante il faut éloigner la pointe.  Si il y a un trou, il n’y a pas assez de flexion, il faut approcher la pointe.  C’est simple comme principe ! Ainsi on peut reconstruire la surface en 3 dimensions.

Et ça marche très bien, et en milieu liquide de surcroît, ce qui est très attrayant pour les biologistes. Les échantillons non seulement ne sont pas  beaucoup modifiés quand ils sont préparés, mais en plus la technique AFM en soi  est non destructive ; on peut observer les mêmes échantillons plusieurs fois (par opposition aux MET et MEB qui détruisent les échantillons avec les rayonnement d’électrons). On peut ainsi regarder des cellules vivantes sans les détruire, on peut regarder en temps réel comment des fibres de collagène se forment.

Figure 16 - Bactériorhodopsine (structure)
Figure 16 – Bactériorhodopsine (image AFM)

On obtient une résolution atomique sur les échantillons durs, comme le mica ou le graphite.  En biologie, c’est de l’ordre de la molécule, quelques nm donc.  Exemple de la Bactériorhodopsine, (figure 16).  La Bactériorhodopsine est une protéine, le principal constituant de la membrane de certaines bactéries.  C’est une molécule intéressante à de nombreux points de vue.  D’abord son rôle : c’est une pompe, qui transfère des protons (des ions hydrogènes donc) à travers les membranes.  D’un point de vue structurel : c’est une longue molécule, qui se replie et qui traverse 7 fois la membrane.  Les molécules s’agencent ensuite en trimères  (ie 3 molécules qui forment un triangle) dans les membranes. Pour pomper les protons, elle absorbe de la lumière, des photons donc, et plus spécifiquement de la lumière verte.  Cela induit un changement de structure qui permet de transférer les protons.  Elle ré-émet le photon avec une belle couleur violette.  Avec un AFM, on peut voir très bien la structure de la la Bactériorhodopsine, les trimères en particulier et même changer les conditions d’observation (lumière, pH du milieu, force) et voir la protéine changer de forme, c’est superbe.  Je salue au passage mes collègues suisses pionniers dans ces travaux : Daniel Mueller et Simon Scheuring.

Figure 16 - Bactériorhodopsine (structure)
Figure 16 – Bactériorhodopsine (structure)

Figure 17 - La lisaison hydrogène
Figure 17 – La lisaison hydrogène

En plus, on peut utiliser le levier pour pousser sur des surfaces et mesurer leur rigidité, ou pour étirer des molécules et mesurer les forces à l’intérieur de ces molécules qui leur donnent leur géométrie (les liaisons hydrogènes donc).  Un exemple bien connu, celui de la Titine.  Celle-ci est la protéine la plus longue dans notre corps (>1 µm).  Elle se trouve dans les muscles, (protéine la plus abondante dans les muscles) et est responsable notamment de l’élasticité passive de nos muscles, comme un ressort.  C’est donc une longue molécule, qui comporte des portions repliées sur elles-mêmes, comme des nœuds (ce qu’on appelle des domaines globulaires), et ces nœuds gardent leur forme à l’aide de liaisons qui relient les brins entre eux (les liaisons hydrogènes, entre un atome d’hydrogène et un autre atome, souvent de l’oxygène) (figure 17).   Avec la pointe de notre AFM, on peut aller attraper l’extrémité d’une molécule de Titine, l’étirer, ouvrir un à un ces nœuds, ces domaines globulaires,  et mesurer les forces nécessaires, et obtenir des informations sur la géométrie de cette protéine (figure 18).

Figure 18
Figure 18 – Données par AFM et interprétation des données

Un autre exemple fascinant, celui de l’ADN.  En 1953 deux chercheurs anglais, James Watson  biologiste américain) et Francis Crick (biologiste et physicien anglais), avec des données notamment de Rosalin Franklin et de Jerry Donohue  établissent enfin la structure de la molécule d’ADN, en Angleterre.  C’est fantastique et ils ont bien mérité leur prix Nobel de médecine en 1962, mais ce qui est aussi fantastique c’est qu’ils n’ont pas utilisé de microscopie, ce sont des preuves indirectes (notamment la cristallographie à rayon X) qui leur ont permis de comprendre ce à quoi cette molécule ressemble, c’est à dire deux long brins enroulés sur eux-mêmes et qui forment une double hélice. Mais c’est avec un AFM que l’on a pu pour la première fois vraiment voir cette double hélice, on a maintenant des images, avec des détails sur la double hélice et toutes ses variations (figure 19).

Figure 19 - ADN (image AFM)
Figure 19 – ADN (image AFM)

On peut aussi utiliser des leviers qui conduisent le courant, pour mesurer les propriétés électriques des surfaces, ou des leviers recouverts de matériaux magnétiques pour détecter les champs magnétiques (lire les boîtes noires des avions par exemple !).

Par comparaison avec la microscopie électronique : résolution un peu meilleure, images en 3 D, pas de préparation des échantillons, études mécaniques des échantillons, fonctionnement en milieu liquide, pas de destruction des échantillon, petits instruments, qui sont super robustes.

Comparaison avec la microscopie optique : meilleure résolution mais plus difficiles à utiliser, plus cher

Fait notoire, en 1986 Gerd Binnig et Heinrich Rohrer ont obtenu le prix Nobel de physique pour le STM, en même temps que Ernst Ruska, pour l’invention du EM en 1931 !

Encore beaucoup de route devant soi, ce type de microscopie n’a que 30 ans !

 

Conclusions :

 

Il existe un type de microscopie que j’ai omis :  le microscope acoustique, qui date d’environ 1949, parce qu’il est plutôt restreint d’utilisation (pour l’étude des matériaux), même s’il présente l’avantage énorme de détecter des structures à l’intérieur des objets étudiés.  Comme son nom l’indique il utilise des ondes mécaniques cette fois, mais sa résolution est seulement de l ‘ordre du µm.

Il existe beaucoup de variantes à la microscopie optique, par exemple la microscopie confocale, la fluorescence, mais les principes de base sont les mêmes.

L’AFM a encore beaucoup progrès à faire, mais est de plus en plus utilisée.

Ces deux techniques restent complémentaires de la ME, qui, quant à elle, reste une technique lourde et très chère.  Juste pour le fun, sur la figure 20, j’ai copié des images prises par un EM d’une patte de mouche et un dessin par Robert Hooke, selon ses observations avec son microscope optique.

Figure 20 - à gauche image prise pas un EM, à droite la représentation de Hooke d'après ses observations au microscope optique
Figure 20 – à gauche image prise pas un EM, à droite la représentation de Hooke d’après ses observations au microscope optique

 

Merci pour votre attention !

 

Références

 

http://en.wikipedia.org/wiki/Antonie_van_Leeuwenhoek

http://micromonde.free.fr/histoire/#

http://www.optics1.com/optics_history.php

http://h2g2.com/approved_entry/A666128

Encyclopedia Britannica.

http://enlightenedlotuswellness.com/2013/03/06/zacharias-janssen-and-the-invention-of-the-microscope/

http://bsp.med.harvard.edu/node/220

http://www.jic.ac.uk/microscopy/intro_em.html

wikipédia !

 

Podcast science 158 – Parlons économie

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui c’est l’économie qui est à la fête su PS,  ou plus précisément la microéconomie…mais quels sont les outils  mis en place par  les économistes, et que mesure-t-on? L’économie s’inscrit-elle dans une démarche scientifique? Et bien nous allons le découvrir dans cet épisode…

Le dossier de la semaine

» Economie par Olivier Simard-Casanova
A venir

Les images de la soirée

 

La quote de la semaine

“Success is getting what you want. Happiness is liking what you get”. H. Jackson Brown

Plugs et liens évoqués

  • “ANNONCE MÉGA SÉRIEUSE” de Karim Madjer (aka The Ultimate Gibbon), du blog Sweet Random Science : “j’ai besoin de legos pour mon prochain projet pharaonique de film en stop-motion ! J’achète ou récupère vos vieilles pièce “. Si vous êtes dans la région parisienne et que vous avez des Lego en rab, surtout n’hésitez pas à lui faire signe. Soit via son blog sweetrandomscience.blogspot.com ou alors passez par le podcast, on lui fera suivre. On ne sait pas exactement ce qu’il a en tête, mais Karim est le roi du stop-motion, http://sweetrandomscience.blogspot.ch/p/stop-motion-movies.html , il en fera sans doute bon usage 🙂

  • Pensez à faire un petit tour sur notre nouvelle page de dons, un grand merci d’avance !

La prochaine fois

Jeudi 23 janvier 2014, dossier d’Irène Revenko
Le besoin des hommes à y voir mieux et de plus près les a conduit au cours des siècles à élaborer des outils de plus en plus performants pour explorer et comprendre le monde qui nous entoure. La microscopie en est un exemple fondamental et éloquent, qui reflète à rebours l’évolution des sciences, depuis que les hommes ont commencé à fabriquer des outils dans leur vie quotidienne.
Nous verrons ensemble comment cette technologie a débuté, avec les premières lentilles optiques, comment la microscopie optique en est née, mais n’a jamais été détrônée. Nous poursuivrons avec les techniques plus récentes de microscopie électronique. Enfin nous expliquerons la dernière née qui se développe à toute vitesse: la microscopie de champ proche. Nous nous arrêterons un peu en chemin sur un certain nombre de personnages clés responsables de cet essor technique, brillants personnages qui ont contribué au développement de toutes ces techniques absolument indispensables à la science et à notre quotidien.

 

 

La Chatroom

Xilrian : Yo
Alan (dans mon lit) : ‘Morning 🙂
puyo : Bonsoir bonsoir !
Alan (dans mon lit) : Salut Puyo!
Xilrian : Tes pinceaux sont sortis Puyo :p
Alan (dans mon lit) : Tu as reçu le mail de sharypic pour publier tes dessins?
puyo : Salut Alan et Xilrian et Robin ! Héhé, je fais chauffer mes crayons ! (invit bien reçue !)
NicoTupe : genre tu dessines avec des crayons 😉
puyo : Héhé ! Salut Nico ! Bien sûr 😀
puyo : Au fait, ça ne pose pas de soucis, hein, que l’on dessine en duo ?
puyo : (bon, il faut avouer que c’est plus pratique avec un petit stylet, hein ! Héhé)
Xilrian : Non par contre du coup on vote ensuite non ? :p
Xilrian : T’entends le live sinon ?
Xilrian : Moi je vous ai entendu en double
puyo : Si, ça marche de mon côté
MrNause : salut les grosses têtes !
MrNause : ça faisait un moment
Alan (dans mon lit) : Salut Spidey 🙂
NicoTupe : salut!
MrNause : gnark gnark gnark
NicoTupe : @alan : faudra peut être rechargé le sharypic au premier dessin de puyo
NicoTupe : tu l’as encore dans un onglet ou je le prépare?
MrNause : addict au Team speak de mon groupe je vous ai fait des infidélités
NicoTupe : 🙂
Alan (dans mon lit) : @tupe, je l’au
Alan (dans mon lit) : ai
NicoTupe : cool 🙂
MrNause : l’émission est commencée officiellement ?
Alan (dans mon lit) : nope
MrNause : c’est quoi le nom du site pour l avatar svp
MrNause : j ai deux fans en plus
Raphaël : Bonsoir
Hélios77 : Je fais partie des 2 fans ^^
Olivier : Bonsoir
pasmetz : Bonsoir tout le monde
julie : salut
Alan (dans mon lit) : Bonjour les gens 🙂
MrNause : marcassin nova ?
Alan (dans mon lit) : arf Nause… Je viens seulement de comprendre….
Alan (dans mon lit) : C’est très très mauvais, toutes mes félicitations 😉
MrNause : cervolant
Alan (dans mon lit) : jeu de mot laid
MrNause : merci bcp ^^
Lionel : Bis oir
Lionel : yakademolé
MrNause : c’est show show show la tchatroom ce soir ^^
Lionel : c’est dans le lit d’Alan youhou
Tomtom : Bonsoir
Xilrian : Bonsoir ^^
Olivier : Je ne sais pas si il vont parler du comix “economix” mais on me l’a offert à noel et ça à l’air sympa !
Xilrian : Oui
Tomtom : L’homme agit par intérêt, quoi…
MrNause : oui oui on est tous cupides ok
MrNause : parce qu on copule
Tomtom : Moyens de contraceptions plus développés chez nous… et plus accessibles
maxence : Salut
Hélios77 : Nous ne sommes pas cupides mais essayons de répondre à des désirs naturels compulsifs dont l’accomplissement se fait “grâce” à l’argent
Alan (dans mon lit) : Bonjour bonjour 🙂
MrNause : les enfants vont plus facilement au champs qu a l’école…. hélas….
maxence : taux de rentabilite des enfants, huummmmm
Hélios77 : C’est triste à dire mais nos propres intérêts prônent au dessus de ceux des autres pour l’esprit humain
Tomtom : L’éducation aussi…
Olivier : pyramide de maslow
NicoTupe : @alan tu peux reloader le sharypic?
NicoTupe : c’est bon
Alan (dans mon lit) : yup, je suis trop rapide 🙂
Robin : Beaucoup trop pour un malade, c’est louche !
Alan (dans mon lit) : le chant du cygne? 😉
MrNause : la gueule du cygne !
Tomtom : Les Subprimes, c’est un scandale lié au manque de contrepouvoirs banquaires aux USA…
Raphaël : est-ce qu’un malus peut être considéré comme une incitation à ne pas faire X ?
Alan (dans mon lit) : @nause, tu la refais en lange des cygnes?
MrNause : coin coin
MrNause : mon castor
Tomtom : Défaut de conseil du banquier. Effectivement.
puyo : Hop, premier dessin (mais sur une idée de propos donnés en intro, je suis en retard, huhu)
Tomtom : Le souci est venu de la titrisation, ie la revente de ces titres “pourris” à travers le monde
MrNause : je sens qu’en fin d’émission ça va finir en boycot capitaliste
Alan (dans mon lit) : Ça vole trop haut pour mon était dans cette chatroom, heureusement qu’il y a les dessins 🙂 Merci Tupe et Puyo!
puyo : Héhé ! Je t’en prie !
Tomtom : Oui, c’est Kyoto, ça ? Non : les chinois ne l’ont pas adopté…
MrNause : C’est bien connu, c’est un complot sioniste lié aux illuminatis et aux francs maçons sous le joug des scientologues créationnistes afin de détourner les avions avec des fourchettes et niquer la couche d’ozonnz !
Alan (dans mon lit) : …
Tomtom : Dieudo, sort de ce corp !
maxence : on peut comparer le souffre et le co2, le co2 c’est directement du pib (en oassant par les hydrocaarbure)
MrNause : XD
maxence : jancovici a laide !
Xilrian : C’est quoi to compte twitter puyo ?
Tomtom : Pas trop scientifique, ce soir…. mais fort intéressant…
MrNause : c’est mathématique…
Alan (dans mon lit) : @David: _puyo_
MrNause : et juridique…
pasmetz : economique?
Hélios77 : On dit souvent que le courrier électronique est “vert” : certes cela pollue moins que la lettre papier cependant il a été calculé qu’envoyer un mail de 2mo produit quelques grammes de CO2 dûs à la prise en charge par les serveurs très gourmands en énergie !
MrNause : lol, presque
maxence : “merde je viens de me faire a 120g de CO2″”
maxence : *faire flasher
Tomtom : Le Marché n’est ouvert qu’aux Etats ?
Tomtom : Et les entreprises privées ?
puyo : ça me fait penser aux entreprises qui – de souvenir – vendaient leur droit à polluer…
puyo : tout de même !
puyo : (car il y a un cota)
puyo : quota, pardon
maxence : la bulle carbone a l’horizon
pasmetz : par contre, mesurer la pollution ne doit pas être evident
MrNause : bon je vous laisse j écouterais le replay
MrNause : des bisous !
Tomtom : Et les bitcoins ?
Alan (dans mon lit) : baci!
Olivier : Quand meme, le sujet me chiffone : “Comment nous inciter à faire des choix raisonnables?”
Olivier : je sens comme une méfiance du “rationnel” vis à vis de l'”incitation” …. non ?
Alan (dans mon lit) : càd?
Yves : C’est qui “gnn” ? Veut pas rentrer ?
Olivier : l’incitation à une connotation de “manipulation” je trouve
Yves : Bonsoir (un peu d’étiquette quoi…)
Yves : Dans les contrats de service informatique, on connaît bien les pénalités de retard 🙂
Olivier : et je trouve que ça ne sonne pas avec la rationalité
maxence : Oui c’est ca, c’est de l’interventionisme !
Alan (dans mon lit) : Salut Yves. Rien compris, c’est qui gnn? 😉
Yves : @Alan Faut voir le dessin de Puyo.
Alan (dans mon lit) : @Olivier, tu penses que la manipulation n’a rien de rationnel?
Olivier : ça veut surement dire qu’en fait les gens ne sont pas rationels 🙂
Alan (dans mon lit) : @Yves ah, sorry… Capté 🙂
Olivier : @Alan bonne question !
Yves : Les incitations monétaires devraient tendre vers la rationalité. Mais c’est le contraire en fait. Ceux qui ont les moyens s’en fichent
Alan (dans mon lit) : @Olivier, bah, si les gens étaient rationnels, on n’aurait même pas à se poser la question du réchauffement climatique, si?
maxence : La rationalité est du cote du constat je pense
Xilrian : Rationalité dans leur intéret preopre
Xilrian : le fameux coup des commons good
Yves : Crèche: la pénalité de retard devient le coût d’un service “à la carte” 🙂
Olivier : quel question ? d’ou vient le rechauffement ? ou que faut il faire pour l’endiguer ?
Yves : Avant de le chiffrer, c’était enfraire une règle “pas bien”…
Alan (dans mon lit) : @Olivier: comment faire pour l’endiguer
pasmetz : Je me disais que ca me rappelait le “vie artificiel” ou les fonctin de fitness etait comparées (selection sur le groupe ou l’individu)
Yves : De morale
Alan (dans mon lit) : @Olivier Aujourd’hui on en connaît les causes et les effets. Pourtant, on continue de faire les cons
Tomtom : J’ai du mal à suivre la ligne directrice de l’exposé…
Alan (dans mon lit) : perso, je ne trouve pas ça rationnel pour deux ronds
Yves : Les entreprises ne sont pas connues pour être morales, donc réchauffement ou pas, tant qu’il y a du fric à se faire, on continue…
Xilrian : Shame on you vous êtes en retard
maxence : Le rationnel est dans le constat scientifique, il faut faire ca; apres c’est le monde reel et c’est moche
puyo : Et hop, une image sur le droit à polluer !
Yves : Maintenant avec la visibilité sur internet, la moralité commence à rentrer dans l’esprit des grandes entreprises comme un élément d’image… aujourd’hui faut être “green” même si ce n’est que sur le logo
Lionel : il ne faut plus accepter l’enfant, à la fin ils seront obligé d’arriver à l’heure…
Alan (dans mon lit) : @puyo, excellent 🙂
Lionel : pour les entreprises c’est surement plus compliqué
Olivier : @Alan La question alors est : est ce que la mal provoqué par le rechauffement climatique est “rationellement” mauvais ?
puyo : Héhé, hourra !
Yves : @Lionel, c’est une idée… la pénalité c’est un jour de garde refusé ! Futé
pasmetz : pov gosse
Lionel : une amie directrice de maternelle a eu le probleme, par contre là elle est obligée de l’acceptée à la fin
Lionel : pasmetz, oui, pas de chance d’avoir des parents comme ça 😉
Yves : @pasmetz, non ce n’est pas l’enfant qui est puni, je t’assure, c’est les parents !
Alan (dans mon lit) : @Olivier, sorry, pas compris 🙁
Alan (dans mon lit) : Ah, Mathieu a prévenu l’intervenant qu’il ne serait pas payé. C’est courageux. D’habitude, on attend qu’ils aient fini pour leur dire 😉
maxence : quoi, il y aurait des interets non marchant ??
David Loureiro : bonjour à tous !
Yves : Bonsoir David
David Loureiro : bonne année 🙂
David Loureiro : salut Yves
puyo : Héhé ! ++ pour le dessin de Nico !
Alan (dans mon lit) : yeah 🙂 bravo Tupe!
Yves : Des intérêts non marchant ! ouis il le sont tous. Par contre, ils en en a certains “non marchands” !? 🙂
Alan (dans mon lit) : Salut David L. Bonne année to you too 🙂
David Loureiro : Merci Alan 🙂
Alan (dans mon lit) : tu viens quand nous présenter la suite de ton dossier?
David Loureiro : Malade on dirait non ?
maxence : rooo
David Loureiro : héhé
Alan (dans mon lit) : yup 🙁
NicoTupe : faut que je relise sa deuxième partie
pasmetz : si l’humain etait vraiment capable de vivre dans l’interet commun, est ce que cela ne nous dirigerais pas vers un espece de superorganisme?
David Loureiro : faut que @NicoTupe relise :p
NicoTupe : 🙂
NicoTupe : ce we promis
David Loureiro : faut aussi que j’ajoute quelques image
David Loureiro : là y’en a plus
David Loureiro : pas top
Yves : @pasmetz le “cyborg” ?
NicoTupe : ya plus de formules non plus 🙂
David Loureiro : ouaisssss
Lionel : @pasmetz genre fourmies ?
David Loureiro : mais c’est mieux
pasmetz : plutot les fourmies
David Loureiro : 100% d’accord avec toi
NicoTupe : @David mes commentaires tu dis?
David Loureiro : oui
David Loureiro : et le fait que faut virer les formules
NicoTupe : 🙂
NicoTupe : c’est véridique pour ma thèse
NicoTupe : je compterai, je crois qu’il y en a 3 ou 4
Alan (dans mon lit) : @pasmetz tu avais entendu mon dossier sur la comparaison des modèles des fourmis et des hommes?
pasmetz : non
El Jj : Si si, ya des matheux
pasmetz : par contre comme je suis en train d’ecouter des vieux podcast science ca m’intersse
Lionel : Dnas le genre insitation non monaitère il y avait la suppression les confiseries devant les caisses de supermarché en france, ça n’a pas vriament marché…
Olivier : Ha oui théorie des jeux !! +1
David Loureiro : d’ailleurs après celui-ci, j’ai d’autres idées 😉
Alan (dans mon lit) : @pasmetz https://www.podcastscience.fm/dossiers/2012/05/17/des-fourmis-et-des-hommes/
pasmetz : @alan merci
Alan (dans mon lit) : nos modèles sont étonnament semblables en fait
David Loureiro : comme j’ai presque tout écouté (manque deux moitiés d’épisodes)
Alan (dans mon lit) : elles aussi ont “inventé” l’agriculture, la division du travail, l’armée, etc…
Alan (dans mon lit) : il y a 60 millions d’années
pasmetz : elle sont donc en avance sur nous
Alan (dans mon lit) : si on se réfère à leur biomasse, elles ont longtemps dominé le monde
Alan (dans mon lit) : on vient juste de les rattraper
Yves : … reste encore à ce qu’on les mange !
David Loureiro : je débarque un peu, mais les incitations non monétaires sont primordiales en entreprise
David Loureiro : (vous l’avez peut-être déjà dit)
maxence : Qui a la plus grosse biomasse ?
pasmetz : ca donne de l’espoir quand a la capacite de l’homme a arreter de detruire son environnement contre son propre interet
Alan (dans mon lit) : @pasmetz bref, tout ça pour dire que je trouve la question du super-organisme super intéressante, spécialement sous ce prisme
David Loureiro : pas mal de méthodes agiles jouent sur ce phénomène
Alan (dans mon lit) : @maxence, entre les fourmis et les hommes, aujourd’hui, c’est équivalent
maxence : pas le plancton ?
Alan (dans mon lit) : la plus grosse biomasse dans l’absolu, je ne sais pas 🙂
Yves : @David hum, il reste les primes et les augmentations de salaires ou promotion… Faut pas dire que l’agile est altruiste !
maxence : ah ok
David Loureiro : j’ai pas dit ça
David Loureiro : c’est le management 3.0 je crois qui pousse ça je crois
Yves : Si c’est pour atteindre la satisfaction client, pourquoi pas mais il y a toujours l’espérance de fidélité de sa part
maxence : comme pour tout le monde
Yves : “management 3.0” ça sent l’étiquette marketing. Y’a quoi de différent en pratique ?
maxence : 1.0 ?
David Loureiro : en fait, de ce que j’ai compris, c’est qu’il est assez reconnu que la reconnaissance du travail accompli est primordiale à partir d’un certain niveau d’éducation etc
David Loureiro : @Yves, je t’accorde que c’était assez fumeux
David Loureiro : 🙂
Yves : Si c’est pour donner l’occasion “au plus fort” de bomber le torse au daily meeting chaque matin
David Loureiro : ben en fait non
David Loureiro : il y a avait une histoire justement d’auto-ajustement
David Loureiro : mais bon
Alan (dans mon lit) : @maxence http://en.wikipedia.org/wiki/Biomass_%28ecology%29
Alan (dans mon lit) : fascinant!
Yves : …. c’est moyen pour le reste de l’équipe. Au pire ça stigmatise le gars qui a rencontré le plus de problèmes et qui n’a pas avancé
Alan (dans mon lit) : la biomasse des bactéries est équivalente à celle de toutes les plantes confondues!
David Loureiro : dans les rétrospectives ça balance pas mal au bout d’un certain moment
Alan (dans mon lit) : sorry, j’arrête de troller 😉
David Loureiro : gueuler c’est se sortir seul du groupe
Lionel : pas con ça david 🙂
Yves : Franchement l’agile s’est bien gentil mais on fait de tout et surtout du n’importe quoi, au final la plupart des projets coûtent plus cher, et je ne suis pas sûr qu’ils sont mieux réussis
David Loureiro : ben écoute, passez à l’agile dans ma boîte à beaucoup secouer les gens
David Loureiro : à beaucoup faire réfléchir
David Loureiro : et ça s’est pas fait sans mal
David Loureiro : mais ça a provoqué un changement qui s’est révélé positif au final
Alan (dans mon lit) : @David, tu es passé à scrum il y a longtemps?
David Loureiro : après tu peux pas changer les gens
pasmetz : @alan 10^16 fourmies!!!
Yves : Je suis d’accord mais en attendant ce n’est pas encore “stabilisé” et “optimisé”, faut encore que ça murisse
David Loureiro : si ils veulent pas, ils veulent pas
David Loureiro : @Alan presque un an et demi
maxence : @alan, merci ! C’est top les fourmis, elles sontsuper efficaces
David Loureiro : @Yves en fait c’est un cadre
David Loureiro : c’est pas magique
David Loureiro : et c’est compliqu
David Loureiro : nous on a pas pris de coach, donc on a fait plein de conneries, mais on a appris
puyo : Huhu, bien vu pour ‘lillu !
David Loureiro : avec un coach ca aurait été plus vite, mais peut-être que l’on aurait moins appris de nos erreurs
Alan (dans mon lit) : @David L. ce serait intéressant de voir sur la durée si le trend se poursuit. Perso, je ne suis pas sûr qu’il reste forcément motivant sur le long terme
Alan (dans mon lit) : je pense qu’il y a pas mal de biais dans le modèle, on en parle en off une fois si tu veux
David Loureiro : @Alan c’est compliqué ouais
David Loureiro : si tu veux, on diverge un peu 🙂
Yves : … Alors je vais attendre de voir les retours sur nos erreurs. Nous connaissant ça pourrait couler la boîte 😉
Alan (dans mon lit) : j’avais promis d’arrêter de flooder 😉
NicoTupe : verge
NicoTupe : plop?
Lionel : il l’a dit…
Alan (dans mon lit) : @Tupe, tu veux en parler?
Yves : @Nico C’est relatif à la fessée ?
David Loureiro : @Yves ça a été assez “violent” dans le sens où ça nous a bien fait bouger dans nos têtes et que ça a généré de la houle
David Loureiro : je me tais 🙂
maxence : Le pire, c’est la fessée relativiste
Yves : +1 @maxence
NicoTupe : Non, je dis verge
Alan (dans mon lit) : fessée relativiste?
Yves : @Alan tu dois être trop malade…
Alan (dans mon lit) : @Tupe tu pourrais dire graisse aussi
maxence : La fessée a 0.9 c
David Loureiro : d’ailleurs si vous voulez on avait fait une rétrospective sur presque qu’un an d’agile et la prés s’appelait : “Pour le passage à l’Agile n’a pas marché”
David Loureiro : c’est dire 🙂
Alan (dans mon lit) : @Yves, aucun doute 🙁
David Loureiro : ah oui, la fessée, bien ça
Alan (dans mon lit) : @David, les rétros, au moins, c’est cash 😉
David Loureiro : @Alan de vider son sac de manière intelligente c’est libératoire
David Loureiro : la fessée en entreprise : j’essaie dès demain :p
Alan (dans mon lit) : 😀
maxence : lol
Alan (dans mon lit) : “je suis économiste par foi”
Alan (dans mon lit) : on tient une quote, là 😉
NicoTupe : @David, on pratique depuis longtemps
NicoTupe : ca marche bien
David Loureiro : @NicoTupe et sinon le cuir aussi un peu ? ^^
Yves : C’est quoi le Dieu de l’économie. Keneys ?
NicoTupe : c’est l’euro
Alan (dans mon lit) : Gilles aurait dit le dieu dollar
NicoTupe : c’est le franc suisse
Yves : Et pourquoi pas le CHF ?
Yves : … on a un siècle de retard… c’est le Yuan !
pasmetz : en fait il y a tout un pantheon
Alan (dans mon lit) : c’est ça 🙂
Yves : +1 @pasmetz Et les bourses sont leur casino, ou ils sont leurs jeux olympiques !
Yves : où ils sont leurs jeux olympiques !
David Loureiro : aujourd’hui le dieu qui monte c’est le Bitcoin 🙂
Yves : “font” (j’y arriverai)
pasmetz : qui monte et qui descend (le bitcoin)
maxence : Mon dieu, c’est le dogecoin
NicoTupe : non je ne déssinerai pas une bite coin
maxence : 🙁
Yves : Faut arrêter avec ce Bitcoin, je suis convaincu que le cours est manipulé par les mafieux et autres criminels
David Loureiro : incohérence intertemporelle -> quote issue de star trek ? 🙂
NicoTupe : j’ai dit non
Alan (dans mon lit) : @tupe petit joueur
Alan (dans mon lit) : tu sais même pas dessiner les bites coin…
maxence : @tupe allleezz
David Loureiro : je vois bien spock dire ça …
NicoTupe : @alan tu vas encore trouver ça affreux
Loïc : Problème de la théorie (néo)classique : l’individu (on ne sait pas trop ce que c’est) reste l’unité de base.
David Loureiro : après la transplantation de caca …
Alan (dans mon lit) : 🙂
David Loureiro : tu peux tout dessiner tupe
NicoTupe : il était mignon mon coeur
David Loureiro : ^^
NicoTupe : j’ai un bisounours sous les yeux tiens
Yves : @David faut que je soumette ma réponse avec un langage hésotérique !
NicoTupe : oui je visualise très bien, A CAUSE DE VOUS, une bite à bec
Alan (dans mon lit) : le petit monde de Nico…
puyo : Et hop là !
NicoTupe : allez je vous fait en photo le dieu de l’économie
Alan (dans mon lit) : arf Puyo!
puyo : Héhé !
Alan (dans mon lit) : 🙂
maxence : haha, genial
NicoTupe : 😀
David Loureiro : @Yves celui-ci est lisible, mais je le trouve marrant 🙂 -> http://esolangs.org/wiki/LOLCODE
Lionel : j’ai eu des -20 à -40 en dictée et ça veut plus dire grand chose…
pasmetz : moi, je suis dingue du oook
David Loureiro : @Yves ou très littéraire : Shakespeare : http://shakespearelang.sourceforge.net/
NicoTupe : ma théorie, le dieu de l’économie est un bisounours
maxence : pimp-o-nours !
Alan (dans mon lit) : 🙂
Yves : @David y’a de l’idée mais j’hésite à coder avec ça, pas sûr que ce soit déterministe !
David Loureiro : mon préféré est celui ou il faut être gentil (mais pas trop) avec le compilo
puyo : L’argent n’a pas d’odeur.. mais semble avoir la couleur de l’arc-en-ciel !
Alan (dans mon lit) : on connaissait le monde de Nico… On aurait dû se douter qu’il y avait une religion…
David Loureiro : sinon il fait pas ce que tu veux 🙂
David Loureiro : mais je me souviens plus du nom
Alan (dans mon lit) : @puyo, tu dis ça à cause du bisounours?
puyo : Oui, héhé !
Loïc : Behavioral économie !
puyo : (du coup, à chaque fois que je pense aux arc-en-ciels en ce moment, me fait penser au dossier sur les LED)
Loïc : Hérésie… grosse hérésie.
Alan (dans mon lit) : 🙂
David Loureiro : d’entendre mathieu en live c’est cool 🙂
David Loureiro : j’avais jamais eu la chance d’entendre mighty mathieu en live ^^
Loïc : La behavioral économie est une tendance hyper discutable.
Alan (dans mon lit) : si vous avez des questions pour Olivier Simard Casanova, c’est now or never 🙂
NicoTupe : et si vous avez des questions au dieu bisounours c’est quand vous voulez
Alan (dans mon lit) : @Nico, c’était un achat rationnel?
Yves : @Nico tu me donnes les vingt euros STP !
NicoTupe : C’est une offrande
Yves : Je l’accepte !
Vlad : Bonsoir
David Loureiro : lu Vlad
Loïc : La naîveté première de l’économie (néo)classique est sa prétention démesurée à la scientificité au même titre que les sciences naturelles.
pasmetz : on parle beaucoup modeles dans podcastscience en ce moment
NicoTupe : il y a des modèles PARTOUT
Robin : ben en même temps, à partir du moment où on parle de science…
Yves : Et on modélise le marché avec des équations qui décide maintenant sur les bourses… mettant en oeuvre une rétroaction qui correspond presque à une auto-vérification
David Loureiro : OUI !
David Loureiro : pardon
David Loureiro : il disait que les modèles c’est pas la réalité
David Loureiro : ça me rappelait quelque chose
David Loureiro : désolé
Loïc : Au lieu de revendiquer son statut de science sociale, le courant dominant de l’économie se veut science au même titre que les sciences naturelles.
Loïc : Résultat : pauvreté conceptuelle.
Loïc : + tendance prescriptive assez prononcée.
maxence : Il y a surtout l’intervention de la science economique sur l’economie
David Loureiro : il y a des aspects prédictifs dans les modèles économiques ? J’ai l’impression que c’est souvent de l’analyse à posteriori non ?
barberouss : mais peut on parler d’économie ou d’organisation du Chaos?
Yves : On a trouvé un lien entre les tendances hausse/baisse de la bourse en fonction du sens positif/négatif des mots échangées sur Twitter. C’est pas fort de café ça ?
Loïc : C’est pour ça qu’en France il y a une l’AFEP : http://www.assoeconomiepolitique.org/
Yves : On applique les analyses sur l’avenir pour prévenir des tendances qui permettent à des algorithmes pour décider des achats/ventes… Bref la prédiction s’auto-réalise !
David Loureiro : le bouthan par exemple n’utilise par le PIB
David Loureiro : mais l’indice de bonheur je sais pas quoi
maxence : @loic bien le site
David Loureiro : typiquement la richesse est pas calculée en terme d’argent, mais en terme de bonheur
Loïc : On entend des économistes dirent qu’ils ont l’explication à “la crise” (sans jamais nous dire ce qu’ils entendent par crise).
Yves : La théorie du chaos modélise bien l’économie 🙂
barberouss : c’est peut être le problème ^^
Yves : … pour la théorie du chaos je suppose ?
David Loureiro : @Robin : tu fais quand ton dossier sur la théorie du Chaos ? 🙂
Loïc : @maxence : Pour ce qui est du camps de l’économie “scientifiquement scientifique”, tu as ça (avec des gens plein de conflits d’intérêts, etc) http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/
maxence : +1 pour le chaos
David Loureiro : tu pour Olivier quand même 🙂
David Loureiro : pardon
maxence : Houla vachement trop de texte
David Loureiro : dur pour Olivier quand même 🙂
David Loureiro : sous le feux des “critiques” de l’économie
Robin : Pardon David, j’essaye de suivre ce qui se dit, du coup je ne suis pas trop la chatroom
David Loureiro : no pb 🙂
Robin : Pour le chaos, je ne sais pas trop
maxence : Prix du meilleur jeune economiste, qui y a va ? http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/prix-du-meilleur-jeune-economiste?lang=fr
Robin : on verra !
Robin : Il n’est pas prévu, mais vu que je passe ma vie à improviser….
David Loureiro : 😀
maxence : c’est chaotique ?
Robin : assez, oui
Robin : ma vie en ce moment
Alan (dans mon lit) : @Robin un dossier sur le chaos, ou un dossier chaotique, ce n’est pas la même chose 😉
Robin : je peux faire les deux en même temps
maxence : Ce n’est pas une science car il y a intervention de l’econie
Loïc : Tout le monde, non. Car un petit village minoritaire conteste les présupposés conceptuels de la théorie (néo)classique. http://www.cairn.info/theorie-de-la-regulation-1-les-fondamentaux–9782707132161.htm
Yves : @David j’aime bien “Chef” en fait : http://en.wikipedia.org/wiki/Esoteric_programming_language
Robin : et même, je pense que je ne peux pas faire un dossier non chaotique
David Loureiro : @Yves : avec des recettes ?
Alan (dans mon lit) : @Robin fair enough 🙂
David Loureiro : @Yves : ouais il est fun
Yves : … avec le sujet du quizz en cours je vais bien réussir une tambouille
David Loureiro : c’est marrant, ça me rappelle l’histoire de la modélisation des réseaux téléphoniques dont parlait nico une fois
pasmetz : @yves ca fait deja peur
David Loureiro : ça sert à rien de modéliser correctement les agents, il faut mieux en prendre au hasard
Robin : c’était moi, ça
Robin : !!
David Loureiro : ça marche mieux )
David Loureiro : à pardon
Robin : oui, ça marche beaucoup mieux
Robin : !
David Loureiro : @Robin : mea maxima culpa
maxence : On fait du monte-carlo en economie ?
Robin : on aurait du mal à ne pas en faire, je pense…
Robin : Tu es absou
Robin : surtout que je n’ai toujours pas relu ton dossier
David Loureiro : @Robin : merci (se retire s’incliant bien bas)
Loïc : On peut même appeller ça des préscriptions. ;_)
Yves : Ce n’est pas pour l’écologie que l’on met en oeuvre des robots financiers ! C’est pour gagner au grand casino !
Yves : Piquer le fric du voisin avant qu’il ne s’en rende compte
Loïc : Au lieu de recourir au politique (ce dont dépend l’écologie en dernière analyse), on préscrit à coup de modèles.
Loïc : N’y a-t-il pas un petit souci quelque part ?
Yves : La finance est bien celle dont on parle le plus
Yves : Tordre la courbe !
puyo : Et hop
Yves : du chômage…
Alan (dans mon lit) : mais non Tupe, t’as pas suivi… Ça existe, ça s’appelle le “choc de la simplification” 😀
NicoTupe : 😀
Alan (dans mon lit) : ah ben les voilà les bitcoins, merci Puyo 🙂
maxence : enfin !
puyo : Hourray ! ^c^
barberouss : re lancer les grands investissements? (fibre optique partout en france?) 😀
Alan (dans mon lit) : tiens, je me demandais… vous avez des grèves de l’adsl, des fois?
Yves : ça va polluer avec les pelleteuses pour faire les tranchers !
David Loureiro : @Alan jamais entendu parlé de ça
puyo : Ah, pas de grève d’adsl par ici
NicoTupe : @alan free a un peu fait ça
David Loureiro : kezako ?
maxence : Non , mais on ne peut pas dire qu’il a la solution avec le marché carbone, le carbone c’est de l’energie et donc de l’argent, il y a une retroaction enorme, non ?
Alan (dans mon lit) : bah je sais pas…
Yves : @Alan oui ça s’appelle Free.fr 😉
barberouss : un village a fait la greve de l’impot pour avoir l’adsl
pasmetz : seulement avec youtube
barberouss : amusant^^
Alan (dans mon lit) : 🙂
Loïc : En résumé : le travail est trop réglementé. Il faudrait libéraliser les choses. C’est ça ?
barberouss : et SFR avec son forfait RED “youtube illimité”
Alan (dans mon lit) : @David L, bah je sais pas… Une version 2.0 des grèves sncf
Alan (dans mon lit) : si j’étais syndicaliste, je lancerais le mouvement
Alan (dans mon lit) : syndicaliste français, je veux dire
Alan (dans mon lit) : (ou soviétique, mais c’est devenu plus rare)
NicoTupe : les taxis vont y penser
David Loureiro : quand je bossais à l’ENS Lyon
Yves : … en sachant que la SNCF possède beaucoup de fibres en France, c’est limite
puyo : Héhé, je pense que les taxis y pensent particulièrement ! 😀
Alan (dans mon lit) : les taxis, on peut toujours compter dessus 😉
David Loureiro : ils avaient négocier que pour avoir des tarifs pas trop élevé d’electricité pour la salle machine
NicoTupe : et bientot la fibre optique sera bridée en france pour pas concurencer l’adsl
Alan (dans mon lit) : 😀
David Loureiro : que des fois, ils coupent le courant dans la journée
Alan (dans mon lit) : Vive la France 🙂
David Loureiro : comme ça le tarif journalier est pas trop cher …
David Loureiro : jamais compris pourquoi ???
Yves : @Nico y’a plus qu’à hacker la fibre !
maxence : L’huile, la solution contre le chomage.
David Loureiro : @maxence : l’huile ou la vaseline ?
David Loureiro : ok je ->
Loïc : “marché du travail” ?
maxence : ->
Yves : Y’a pas vue la Suisse !?
Yves : Petit mais très riche culturellement
Yves : Je ne sais pas si on arrive à tenir le compte des dialectes 🙂
David Loureiro : et encore, la plupart des média sont partisants
Alan (dans mon lit) : @Olivier Simard, bof… La France ne me paraît pas plus compliquée culturellement que le Royaume-Uni par exemple…
El Jj : “le marché du chomage”
David Loureiro : donc il y a toujours de mauvaises choses et de bonnes choses dans les réformes
David Loureiro : quelle qu’elle soit
Alan (dans mon lit) : El JJ, tu nous fais un dossier un de ces 4 sur l’inversion des courbes? 😉
Robin : Ah oui, j’aimerais vraiment savoir comment on inverse une courbe
pasmetz : @alan ca ressemble a un troll ca
Robin : !
David Loureiro : 1/courbe ?
Alan (dans mon lit) : busted 🙁
El Jj : La bonne réforme, c’est celle qui change tout, et la mauvaise réforme, c’est celle qui change tout.
Alan (dans mon lit) : 😀
Yves : En faisant une diversion… en scooter !
El Jj : C’est facile d’inverser une courbe
David Loureiro : ebruoc ?
Alan (dans mon lit) : 😀
Robin : pas mal
David Loureiro : z’avez d’autres questions ? 🙂
Alan (dans mon lit) : non maître
El Jj : http://fr.wikipedia.org/wiki/Inversion_g%C3%A9om%C3%A9trique
maxence : ha, je viens de comprendre
Yves : une bonne symétrie centrale !
puyo : hum, je ne sais pas si je vais avoir le temps pour le dernier…
Loïc : Les mêmes qui préconisaient les cures d’austérités disent aujourd’hui que c’était une mauvaise idée.
Alan (dans mon lit) : oui oui, puyo 🙂
puyo : super !
Loïc : L’économisme < la sociologie. David Loureiro : podcascience -> ça devient 7 sur 7 ?
David Loureiro : 🙂
Yves : Faudrait arrêter de distribuer des années de salaires comme “indemnité de licenciement”
El Jj : Une inversion, c’est une transformation géométrique qui transforme, entre autre, les droites en cercle, et inversement. Il est donc tout à faut possible d’inverser la courbe du chomage (et on peut le faire à la règle et au compas, pas besoin de réformes compliquées)
pasmetz : @eljj c’est aussi la projection du plan sr un sphere?
Alan (dans mon lit) : @El JJ Les matheux au pouvoir!
Yves : d’accord mais alors sans inconnu !
Alan (dans mon lit) : c’est du 2e degré? 😉
NicoTupe : http://sweetrandomscience.blogspot.ch/p/stop-motion-movies.html
Yves : LEGO c’est 10 euros par kilo…
Yves : minimum, c’est mieux que l’or
Alan (dans mon lit) : http://www.cite-sciences.fr/fr/conferences-du-college/seance/c/1248138734825/-/p/1239022827697/
David Loureiro : Bravo Julie !
Alan (dans mon lit) : https://www.podcastscience.fm/dossiers/2014/01/12/levolution-est-elle-une-science/
puyo : Bravo !
julie : 🙂
julie : ah oui c’est super
Yves : … j’ai cru que Robin avait reçu son minitel !
El Jj : Delahaye, mon idole !
David Loureiro : @Robin genre 🙂
Alan (dans mon lit) : Bernard, c’est l’un d’entre vous?
El Jj : J’ai vu plusieurs de ses conférences, il est passionant !
Alan (dans mon lit) : http://oscnomics.wordpress.com/
Alan (dans mon lit) : https://twitter.com/simardcasanova
puyo : Hourra !
puyo : (dernier dessin en ligne)
Yves : Bravo pyuo. Merci. Bonne soirée à tous
puyo : Yeah, merci ! Bonne soirée, Yves !
David Loureiro : Bonne soirée à tous
Alan (dans mon lit) : Wouarf Puyo, génial ton dernier dessin 🙂
Alan (dans mon lit) : Just in time! Bravo 🙂
puyo : Héhé, merci Alan ! Cool !
David Loureiro : c’est une hypothèse
David Loureiro : pourquoi il y aurait besoin de définition 🙂
David Loureiro : c’est un axiome que les maths sont de la science: )
David Loureiro : en informatique théorique
David Loureiro : tu peux faire plein d’expériences
David Loureiro : pour valider des algos ou pas
El Jj : Prendre des hypothèses et regarder ce que ca donne, c’est de la science, et on le fait tout le temps en maths
pasmetz : l’informatique: science ou technique?
David Loureiro : c’est le fait qu’Alan ne parle pas que ça fait que ça marche non?
Alan (dans mon lit) : 🙂
El Jj : je suis pas sur que les informaticiens théoriciens passent leur tmps à programmer de vraies machines de turing
puyo : ^^
David Loureiro : bonne nuit et à la semaine … prochaine !
puyo : Bonne nuit, David !
NicoTupe : Bonne nuit!
puyo : Et bravo Nico ! Héhé, c’est sympa comme alternance !
NicoTupe : yup
pasmetz : on trouve
pasmetz : au revoir
puyo : Rhooo, hé bien, c’est fini !
El Jj : au revoir
Alan (dans mon lit) : tschuss 🙂
Vlad : Bonne soirée, et merci pour la soirée !
puyo : Bonne soirée, héhéhé !
scienceabilly : putain j’arrive tjs au moment des adieux
puyo : Et bravo à l’équipe !
scienceabilly : bisous qd même 😉
NicoTupe : bisous
Alan (dans mon lit) : Oh Billiie
Alan (dans mon lit) : bah bonjour au revoir 🙂
scienceabilly : soigne toi bien!
Alan (dans mon lit) : Merci 🙂
Alan (dans mon lit) : qd c’est qu’on peut papoter pour l’émission de la st-valentin?
Robin : http://www.palais-decouverte.fr/fileadmin/fichiers/visiter/conferences_evenements/textes/ConferencesPalaisDecouverte_janvier-mars2014.pdf
Robin : Pour les confs au Palais
scienceabilly : euh maintenant? ou c’est trop tard? sinon dans le week end?
Robin : bonne idée, viens sur skype !
scienceabilly : ok
Robin : enfin on finit notre discussion précédente
Robin : mais c’est presque fini
Vlad : Re, j’ai une question, j’ai pas réussi à trouver le lien des audio de Serge Haroche sur la Physique Quantique que vous avez reçu par G+, je peux le récupérer où ?
Alan (dans mon lit) : https://plus.google.com/u/0/+AlexDeba/posts/jWW1PVAFfE8?cfem=1
Vlad : Parfait, merci et bonne soirée à tous =)
Alan (dans mon lit) : pareil, merci 🙂
helene wal : j’arrive trop tard…
Alan (dans mon lit) : un poil, oui 😉
Alan (dans mon lit) : mais c’est sympa de passer 🙂

Podcast science 157 – Les LED blanches avec Nicolas Grandjean

L’interview de la semaine

» Les LED blanches, par Nicolas Grandjean
 La retranscription de l’interview 

Les images de la soirée

Un dessin de Nico et la photo de Nicolas Grandjean

 

La quote de la semaine

« le saphir ne coûte rien … ma femme va être contente ! » (Pit, dans la chatroom)

Plugs et liens évoqués

  • L’article de Nicolas Grandjean sur les LED blanches dans Pour la Science
  • Retrouvez Nicolas Grandjean sur le site de son labo, le  LASPE http://laspe.epfl.ch/

  • Message de Blast: Dimanche prochain 20h30, on lance le pilote d’une nouvelle émission de webradio bimensuelle où je serai animateur. Ça s’appellera “les sondiers” et ça se passera sur SynopsLive, bien évidemment, ici : http://synopslive.net/replay/les-sondiers/
    La cible concernera vraiment tous ceux qui font du son en amateur, que ce soit de la musique, en studio, sur une scène ou derrière la console, des podcasts, des sagas MP3, et même le son à l’image pour les youtubers, donc tu devrais y trouver de quoi t’intéresser (et puis un jour on aura bien besoin d’un invité pour nous expliquer la transformée de Fourier 😀 )

  • Pensez à faire un petit tour sur notre nouvelle page de dons, un grand merci d’avance !

La prochaine fois

Jeudi 16 janvier 2014, par Olivier Simard-Casanova
Comment nous inciter à faire des choix raisonnables? Jusqu’ici, la réponse des économistes était simple : en nous payant. Mais depuis une dizaine d’années, une vaste littérature scientifique contiguë à la psychologie et à la sociologie s’est développée, montrant qu’il existe d’autres leviers potentiels: conformisme au groupe, intérêt pour la tâche en elle-même, volonté de s’intégrer, de plaire, de ne pas déplaire, influence de l’éducation parentale et des choix de vie… Alors, pourrons-nous résoudre le problème du réchauffement climatique en utilisant notre goût pour le conformisme social ? Pas sûr, mais cela vaut le coup d’en discuter !
» RDV le jeudi 16 janvier 2014 à 20h30 sur live.podcastscience.fm/

 

La Chatroom

NicoTupe : hey hey hey
Alan : Nico, tu viens sur skype?
NicoTupe : je suis sur skype
NicoTupe : ut m’invites?
Axel : bonjour
julie : Salut!
Xilrian : Hello les gens ^^
pasmetz : bonjour
Xilrian : Vous nous entendez ?
pasmetz : oui
Axel : bonnanee
julie : oui
Axel : oui on entend
Axel : gogo
julie : très bien tout le monde 🙂
pasmetz : oui
Toto : bonsoir tout le monde !
pasmetz : parfait
pascal : sup air (chaud)
Axel : haha
Yves : C’est le même principe que l’échantillonage, non ?
Yves : mais appliquer à la lumière
pasmetz : j’etait en train de me dire que ca me rappelais shannon
NicoTupe : non pas follement je pense, tu penses a quoi au juste?
Yves : pour “voir” un objet de petite taille, il faut utiliser des longueurs d’onde plus petite que la taille de l’objet
NicoTupe : mais mais mais, il a pas de barbe
NicoTupe : ah, po con, c’est pas vraiment un lien mais l’analogie est amusante 🙂
pasmetz : moi il faut dire que je vois ca partout
NicoTupe : héhé
NicoTupe : moi aussi
pasmetz : meme dans le dossier de david loureiro
pasmetz : quand il parle de la meteo
NicoTupe : la c’est normal 😉
NicoTupe : dans le calcul numérique yen a partout
Yves : Et c’est lié au concept de “température” de lumière ?
NicoTupe : de ce que je comprend oui a priori
NicoTupe : enfin chaleur, enfin je sais pas
pasmetz : pourtant le orange est plus “chaud” que le bleu
Yves : Pour répondre à Alan, référence historique de la 2nde guerre concernant les feux jaunes en France: http://fr.wikipedia.org/wiki/Phare_(automobile)#Les_phares_jaunes.2C_sp.C3.A9cificit.C3.A9_fran.C3.A7aise
Yves : Le tube néon !
pascal : tube neon non tu fluo oui 3% de neon dans le tube
Yves : OK c’est un raccourci de language…
Yves : Et le mercure dans les fluo-compactes, c’est dangereux ! Il faut ventiler 30 minutes et quitter la pièce avant de ramasser une ampoule cassée.
Yves : Une bonne lumière blanche est un ensemble de longueur d’onde, mais la LED (la jonction NP) émet dans une seule longueur d’onde, non ?
pasmetz : en fait on perd plus dans le circuit electriue que dans la LED…
pit : bon soir
NicoTupe : bonsoir
pasmetz : Bonsoir
pit : pas de flux audio ce soir ?
pasmetz : si
pit : plus tard ?
Yves : On risque pas de le manger l’asenic du téléphone !
NicoTupe : @pit : on est en live la en ce moment meme
Yves : J’ai du prendre le flux MP3, l’applet flash ne fonctionne pas
pasmetz : je crois qu’il y en a aussi un petit peu dans l’eau du robinet
pit : le flux mp3 … ?
NicoTupe : http://bit.ly/PS-live96kMP3
pit : je vais sortir mon rateau, j’arrive 😉
pit : merci ! 😉
pit : ah oui, ça marche 🙂 merki
NicoTupe : avec plaisir
pit : ENORME le dessin sur les LED !!!!
pit : bravo !
pasmetz : des electrons qui perdent de l’energie en changeant de niveau c’est un classique
pasmetz : que ce soit dans un semi-conducteur ou dans le couche eletronique, on en voit partout
Yves : Le lecteur de CD et DVD c’est du laser par LED rouge…
pasmetz : sauf les blue ray
Yves : Et il a fallu attendre la LED bleue pour pouvoir faire le “BluRay” !
kmoulart : Bonsoir !
Axel : soirBon
kmoulart : Mon navigateur bug ou ça n’a pas encore commencé ?
pit : sisi
NicoTupe : sisi
NicoTupe : essaie le flux mp3
pit : http://podcastscience.ice.infomaniak.ch/podcastscience-96.mp3
NicoTupe : http://bit.ly/PS-live96kMP3
kmoulart : Ah mieux merci 🙂
pit : 10 -9
pit : ah pardon !
pit : 10 -10 = 0 ! 😉
pit : oui enfin + le rayon de l’électron …
pit : ça fait un peu plus de 3 °A
pasmetz : ca ne depend pas du niveau d’energie?
pit : bleu plus jaune = ? 🙂
kmoulart : vert 🙂
pit : 😉
pit : diagramme de chromaticité : c’est de l’addition ou de la soustraction ?!
pit : la somme de toutes les couleurs = blanc ou = noir ?
NicoTupe : celle ou quand tu somme tout t’as du blanc
NicoTupe : je pense
pasmetz : donc une LED blanche ne peux pas changer de couleur?
pit : oui, je crois aussi que le blanc est au centre
alex_deba : http://www.tsi.telecom-paristech.fr/pages/enseignement/ressources/beti/correl_couleur/images/couleur-CIE3.jpg
pit : par soustraction
Yves : @pit pas joli ton unité de mesure 🙂 3 Å
pit : @alex : merci, il est bien ce schéma !
kmoulart : http://fr.wikipedia.org/wiki/CIE_xyY
pit : Ä ?!
kmoulart : Ångström
Yves : @kmoulart bravo ! moi j’ai fait au clavier compose+*+A mais c’est sous Linux 🙂
kmoulart : moi j’ai copié collé depuis google 🙂 d’ailleurs 1 Ångström = 10^-10 m pour info
Yves : On peut faire des trucs drôle comme ¥ avec compose+=+Y pour le Yen
Yves : Je me suis bien douté que tu as “copié” 🙂
Yves :
Alan : @xil t’as vu mon message skype? vous relevez les questions de la chatroom? moi, j’arrive pas, on se regarde dans les yeux 😉
kmoulart : sur mac c’est alt-shift-z : Å
Yves : Ce qui pète dans une LED ce n’est pas la LED, c’est l’électronique de conversion (s’il y en a une… enfin ça commence à disparaître)
Yves : Bhein non., c’est pour ça qu’on en met dans les guirlandes !
NicoTupe : ben non quoi?
Yves : Non la LED n’est pas sensible au stop/start
NicoTupe : ok
Yves : Par contre elle peut vieillir plus vite si elle est trop “chaude” car sous un globe mal ventilé
NicoTupe : ca chauffe?
Yves : Sous forme de bouquet dans un spot oui
kmoulart : Et on peut pas imaginer de remplacer les drivers seuls, au lieu de la LED (pour des leds sans luminophores par exemple) ? Ou de remplacer ce luminophore ?
Yves : C’est l’électronique à côté qui chauffe
NicoTupe : ok
Yves : @kmoulart c’est trop “petit” et intégré pour être compact…. donc non
NicoTupe : @kamoulart, je pense que du coup c’est le gros du cout
kmoulart : ok
Yves : Même avec un bon fer à souder je ne me lancerai pas dans le remplacement des LEDs “de contact” (c’est tout plat)
NicoTupe : 🙂
NicoTupe : petit joueur
Yves : Je répare volontiers un transfo de laptop ou cabler un minitel…
kmoulart : héhé il faut des doigts agiles et une bonne vue, mais ça peut revenir à castrer un mouche ^^
pit : (help le flux mp3 SVP, quel est le lien ? help me please !)
kmoulart : http://podcastscience.ice.infomaniak.ch/podcastscience-96.mp3
NicoTupe : http://bit.ly/PS-live96kMP3
NicoTupe : tu l’as en bas de la page de live en fait
pit : vu, merci Tupe.
pit : j’en découvre tous les jours ! 😉
NicoTupe : héhé
NicoTupe : enfin ca va changer
NicoTupe : dès que j’aurais intégré le nouveau design
pit : ah oui ?
NicoTupe : oui, on nous a fait un super design, et j’ai pas eu le temps de l’intégrer
kmoulart : Screenshot ? :p
Yves : Question: j’ai peut-être raté… mais comment la longueur d’onde unique de la LED est converti en spectre plus large pour avoir une lumière blanche ?
NicoTupe : arf je l’ai plus sous la main
pit : On a constaté à fortes intensités une baisse du rendement lumineux des LED. Cette diminution est attribuée à un Effet Auger qui dissipe une partie de l’énergie sous forme de chaleur. Ce phénomène a ainsi été identifié début 2013 comme responsable de la perte d’efficacité des LED à hautes intensités
NicoTupe : Yves, on en a parlé tout a l’heure
kmoulart : Zut pas grave !
Yves : C’est avec les luminophores c’est juste ?
NicoTupe : me souviens plus en détail 🙁
pit : en utilisant des matériaux dédiés …
NicoTupe : faudra réécouter
kmoulart : on réécoutera 🙂
pascal : oui je me demandais d’ailleurs si du coup une led blanche pouvais changer de couleur
pit : Dans mon souvenir, la longueur d’onde dépend de l’espace qu’il y a entre le couches de covalence … l’électron saute d’une couche à l’autre …
pascal : (oui pour les luminophore)
Yves : Avec plusieurs matériaux on a des longueurs d’onde difféerentes mais elles sont “monochromatiques”. Une “belle” lumière blanche c’est une spectre “large” “polychromatique
pit : donc selon le matériau, les couches de covalences ne sont pas occupées de la même façon … du coup les sauts sont différents … la couleur est différente ! 🙂
Yves : @pit oui mais c’est une longueur d’onde “unique”, “monochromatique”….
pit : exacte 😐
Yves : Le spectre de la lumière naturelle est plus complexe
kmoulart : Ils sont sous les 20nm pour les CPU, quel est le défi techno pour passer à ce genre de dimensions pour les LED ?
Yves : Non c’est 12 nm dans les CPUs maintenant
ElJj : Les choux peuvent tout faire
kmoulart : “sous les 20” ^^ je suis dans le bon
NicoTupe : pourquoi réduire la taille?
ElJj : “savez vous plantez les choux, à la mode des spécialistes des LED”
pascal : pour l’optronique peut etre
kmoulart : pour atteindre d’autres longueur d’ondes, comme l’UV, il en parlait il y a quelques minutes
NicoTupe : @Eljj : 😀
NicoTupe : @kmoulart : oki
Yves : On a eu la réponse 10 Å, soit 10 épaisseur d’atome pour le puits quantique qui force le mode des électrons
pasmetz : pour le puit
pasmetz : mais il parlat egalement d’un micron
pasmetz : *parlait
pit : “En effet, la diode blanche est composée d’une association d’un matériau électroluminescent avec un matériau phosphorescent.”
Yves : Donc ça signifie une “gravure” à 1 nm… mais ce n’est pas vraiment une gravure, donc on n’arriverai pas à tracer des pistes pour un CPU
Axel : (c’est vraiment tres interressant bravo)
Axel :
Yves : Un gyroscope optique ? C’est quoi c’te bête ?
kmoulart : @Yves : Je suis pas sur de comprendre, les CPU sont imprimés, ça on sait faire petit, et ici c’est pas le cas donc on sait pas c’est ça ?
kmoulart : Ou c’est a cause des deux matériaux ?
Yves : Les puits quantiques sont plus petits que les gravures de CPUs… mais ce n’est pas frabiqué de la même façon il me semble
kmoulart : ok je comprend un peu mieux, et je réécouterai 🙂
Yves : La fabrication de LED est moins précise, on fait juste un cristal homogène qu’on découpe. Alors que sur un CPU, on dessine des pistes et on place des transistors précisément
kmoulart : Ils en avaient parlé avec les Hamster bluetooth il me semble de l’optogénétique
pit : le sapphire ne coute rien … ma femme va être contente !
Yves : C’est comme le zirconium 🙂
Yves : … on dirait un diamant 🙂
pit : le rubis non plus ?! ou comment ruiner la reine d’angleterre par un spécialiste des LED !
kmoulart : Merci 🙂
pit : God save the queen ! :p
ElJj : En attendant, ma copine sera plus contente si je lui offre une bague en saphir qu’un collier en LED
NicoTupe : aucun gout
Yves : Pourtant c’est très Geek ?
NicoTupe : si peu
kmoulart : Moi pas, ma fiançée a acheté des boucle d’oreille avec des transistors 🙂
NicoTupe : dans un iphone ya aussi du diamant non?
pit : class ! 🙂
Xilrian : Une bague en LED plutôt alors ?
kmoulart : si elle est verte ça fait un peu green lantern non ?
Yves : Une montre binaire de chez ThinkGeek ?
Xilrian : j’en connais un qui serai conquis ^^
pit : à quand les bagues de langues en LED ! Ca pourrait intéresser plus d’un dentiste ça ! 😉
pit : je me souviens d’un ami Suisse qui avait une montre en puissance de 2 … mais on s’éloigne !
Yves : Faut proposer d’intégrer des LEDs sur les bagues d’appareil dentaire…. Ce serait plus cool pour les ado 🙂
pit : comme les LED installées sous les voitures tunées !!!
kmoulart : Un appel au vandalisme dans PodcastScience !!
pit : ça ferait effet en boite de nuit …
Yves : @pit c’est pas en “puissance de 2” mais en “base 2”
pit : surtout pour Halloween !
pasmetz : puissance de deux decrit quand meme pas trop mal la chose
Yves : c’est vrai, c’est assez proche
Yves : La composition de la lumière blanche ?
pit : des LED !!!
pit : votre copine sera toujours plus heureuse à coté d’une LED plutôt qu’à coté d’une belle plante !
Yves : Merci c’était super
alex_deba : Très didactique !
pit : … c’est à en faire changer de couleur plus d’une !
kmoulart : Merci 🙂
pit : oui très intéressant !
alex_deba : j’aurais bien aimé l’avoir comme prof !
pit : merci 🙂
Yves : @Alan réponse pour les feux jaunes en France: http://fr.wikipedia.org/wiki/Phare_(automobile)#Les_phares_jaunes.2C_sp.C3.A9cificit.C3.A9_fran.C3.A7aise
Yves : … on va leur recevoir l’économiste 🙂
Axel : hourra
pit : Where the hell is matt ?!
pit : matt is back ?! Great 🙂
kmoulart : Des jeunes cons dans la chatroom, des vieux fous dans nos oreilles
kmoulart : Saez sera dans la place 🙂
NicoTupe : 🙂
pit : Merci 😉
kmoulart : Vivement le retour de Mat pour la quote 😉
pit : oui, on écoutera la semaine prochaine aussi
Yves : Il est où le dossier pour le lire ?
NicoTupe : ya pas de dossier c’est un interview
NicoTupe : en tout cas pas encore
NicoTupe : 🙂
Yves : …pfff c’est pas sérieux !
alex_deba : Ciao !
kmoulart : Merci à tous !
pit : la prochaine, faut la faire en alexandrin !
Yves : Mais ce n’est plus obligatoire depuis 1993 !
kmoulart : Mais les français sont conservateur 🙂
kmoulart : Puis une lumière jaune chez les jaunes ça le fait pas ^^
kmoulart : (ok je sors ^^)
pit : bonne soirée
kmoulart : Ciao !
pit : merci à tous
Axel : salut
ElJj : Au revoir !
pasmetz : au revoir
pit : je suis hyper déçu …
pit : j’ai rattrapé mon retard et ai écouté tous les épisodes inécoutés jusqu’à lors
pit : comment faire ?!
kmoulart : Fais comme moi
pit : Podcastscience serait une drogue ?!
pit : sevrage ?
Yves : … les ré-écouter !
pasmetz : y a les podasts de david qui sont bien
pit : comment fais tu ?!
kmoulart : télécharge 30jours de livres audios 🙂
pasmetz : mais y en a pas assez
pit : ah !
pit : je suis preneur !
pit : si vous avez des links, ça m’intéresse !
pasmetz : vie artificiel et 12 minutes de
pit : si vous recommandez des sites … je prends 🙂
pasmetz : xilrian.net
pit : je m’y mets immédiatement !
kmoulart : à la limite du légal pour des livre que tu as achetés : http://theaudiobookbay.com
pasmetz : par contre vie artificiel faut les prendres dans l’ordre
kmoulart : Bonne soirée tout le monde !
pit : merci pour le lien
kmoulart : derien, remercie Alan qui l’a tweeté dans la semaine ^^
pit : bonne soirée, RDV ds 7j (sauf à vous croiser sur la ligne A du RER parisien … ! 😉 )
pit : Merci Alan 😉
pasmetz : bonne soirée tout le monde

L’évolution est-elle une science ?

Nous avons posé ces questions que plus personne n’ose poser. Pourquoi ce domaine – plus que d’autres – est-il sujet à des attaques permanentes et à des récupérations de toutes sortes? Et d’abord, qu’est-ce que l’évolution? Est-une science?
Discussion de haute tenue dans l’épisode #128 de Podcast Science avec Pierre Kerner – chercheur en génétique évolutive, maître de conférences en biologie des organismes à Paris VII et auteur de l’excellent blog Strange Stuff and Funky Things – et pour poser des questions:  Laurent, alias Xochipilli, auteur de l’excellent blog Le Webinet des Curiosités.


 

Alan : On va consacrer la première partie de cette discussion à poser quelques bases, histoire d’être sûrs qu’on parle bien tous de la même chose. Pierre c’est à toi que va incomber la délicate tâche de tenter de nous définir ce qu’est l’évolution.

Pierre : A l’instar de la gravité, de la rondeur de notre planète terre, ou encore du fait que la croûte terrestre est divisée en diverses plaques mobiles, l’évolution est avant tout un phénomène observable. L’évolution, c’est définissable comme le phénomène de transformation des espèces au cours du temps. L’évolution comme phénomène s’oppose à l’idée que les espèces soient fixes. Cela aurait été un autre phénomène observable, comme le fait que la terre soit plate, que les masses ne s’attirent pas ou encore que la croûte terrestre soit unie. Ces représentations naturelles ont été infirmées par de nombreuses observations contradictoires (directes ou indirectes). On a observé que les masses s’attiraient, on a observé que la terre n’était pas plate, on a observé que la croûte terrestre n’était pas unie mais formée de plaques, on a observé de multiples manières que les espèces se transforment. Par contre, comme pour les précédents phénomènes, ce n’est pas parce qu’on est en mesure de l’observer, qu’on a compris comment ça marche. Pour ça, il nous faut une théorie, un cadre explicatif cohérent, qui va nous permettre de donner une explication du mécanisme à l’origine du phénomène.

Alan : Et puis, la question du débat de ce soir, en fait, c’est est-ce que c’est une science, l’évolution telle que tu viens de la définir ?

Pierre : Alors la question c’est est-ce que c’est une science et peut être l’opposer à est-ce que c’est un dogme.

Alan : Exactement.

Pierre : En effet, si on considérait l’évolution ou la sélection naturelle comme une vérité incontestable, on devrait l’appeler un dogme, une doctrine. Maintenant, est-ce que c’est une science ? Le problème avec cette question, c’est qu’il faut distinguer les différents sens du mot évolution ! Si on le prend comme le fait que les espèces se transforment, ce serait un peu bizarre de l’appeler ‘science’. C’est un peu comme si je disais que la rondeur de la terre est une science, que la séparation de la croûte en plaques est une science… Là, ce dont on parle en fait, ce sont des faits observables. Bien entendu, on peut les étudier avec une démarche scientifique et tester leur véracité. L’autre sens du mot évolution, c’est le mécanisme à l’origine de la transformation des espèces. Là, on a affaire à une véritable théorie scientifique, au même titre que la théorie de la gravité, ou la théorie de la tectonique des plaques. Ces théories doivent répondre à différents critères pour être reconnues comme scientifiques et non dogmatiques. L’un de ces critères, c’est la réfutabilité.

Alan : Là, je vais passer 2 minutes la parole à David , mais en disant une minute.
Est- ce qu’en une minute tu peux confirmer la réfutabilité, c’est un des moyens de définir ce qu’est une science, enfin de définir une chose comme science.

David : C’est une question intéressante le fait de définir ce qu’est une science, il y a tout un tas de critères et de moyens de le définir, qui sont tous très intéressants, il y a accès la chose autour des paradigmes, et il y a en effet le critère de Popper qui est la falsificabilité d’une science.

Pierre : Si je peux intervenir juste une seconde pour te terme de falsificabilité c’est un anglicisme, même Popper qui connaissait le français a préféré réfutabilité à falsificabilité, parce que dans le terme falsificabilité en fait, on a l’impression qu’il y a une volonté de cacher quelque chose alors que réfutabilité, il n’y a pas de valeurs associées avec le faire que quelque chose est réfutable ou non. Petit grain de sel, David à toi.

David : Ouais c’était tout.

Alan : Pierre , tu as laissé entendre dans ta réponse de toute à l’heure qu’il y avait plusieurs définitions de l’évolution. Tu peux peut-être développer un peu ?

Pierre : Il y en a peut-être deux que j’ai déjà finalement soulignées. L’un c’est les processus par lesquels les espèces se transforment. Ca c’est une définition assez connue du terme évolution. L’autre c’est la théorie générale de la biologie c’est-à-dire la théorie qui permet de donner un cadre cohérent à toutes les parties de la biologie. Et maintenant je vais vous donner 3 petites définitions, d’une certaine manière qui ne sont pas incorrectes (puisqu’on les utilise dans le langage courant) ; on va dire que maintenant des gens appellent un chien, un chien, et ils devraient l’appeler lupus lupus. Ça n’a pas de sens. Si ces définitions sont utilisées, il faut savoir ce que ça veut dire, mais savoir pourquoi on ne peut pas les considérer en sciences, comme des définitions valables.
Alors l’évolution, souvent on en entend parler quand on parle de la succession dans le temps des formes de vie à la surface de la planète. C’est une définition erronée dans le sens où, on a l’impression qu’il y a eu des événements particuliers qui se succèdent et qui vont expliquer l’histoire évolutive de l’évolution. Mais c’est une seule partie de ce que c’est que l’évolution véritablement, et surtout la question c’est de se demander pourquoi on a choisi un événement plutôt qu’un autre pour étayer notre frise chronologique de l’évolution. Donc ça c’est une définition erronée.
L’autre c’est qu’on parle d’évolution quand on voit un arbre qui établit des relations d’apparentement entre tous les êtres vivants. Alors, certes, c’est quelque chose qui existe mais ça s’appelle de la phylogénie, et ce n’est pas de l’évolution. Retracer l’apparentement entre tous les êtres vivants c’est une conséquence du mécanisme d’évolution. L’évolution étant le mécanisme qui explique pourquoi tous les êtres vivants, à l’heure actuelle, sur la planète, ont un ancêtre commun, puisqu’il y a descendance avec modifications, cela implique qu’il y a donc apparenté entre toutes les formes vivantes. Mais l’arbre qui établit ces relations d’apparentements, ce n’est pas l’évolution c’est juste pour nous, une méthode de reconstruction de cet apparentement. On appelle ça la phylogénie.
Et enfin, l’évolution on la voit partout avec cette fameuse image de la marche du progrès, avec cette idée qu’on essaie d’aller vers une perfection dans chaque forme du vivant, c’est la marche linéaire vers le progrès social et technique. Ça c’est un terme qui est connu, quand on fait une pub sur l’évolution de la voiture, on prend une voiture qui est toute crapie, on arrive à une voiture qui est super rutilante avec moultes options airbag etc je ne sais quoi. C’est un terme qu’on utilise dans la vie courante « évolution » mais ça n’a pas de sens quand on considère véritablement le processus évolutif qui est à l’origine de la transformation des espèces.

Alan : Ouais c’est le même truc qu’on entend dans le jargon des RH quand on parle d’évolution de carrière, ça veut toujours dire, progression de carrière. Ca veut pas dire régression.

Pierre : Exactement. Alors qu’en terme évolutif, si une espèce s’adapte en étant au chômage, ben pourquoi pas.

Nico : On parle aussi d’atteindre le taux d’inefficacité du point de vue professionnel. Donc on évolue jusqu’à être inefficace.

Alan : Ça c’est le principe de Peters, c’est encore autre chose. Tu nous feras un dossier là dessus Nico .
Ok, donc là ce que tu viens de nous présenter, Pierre , c’était finalement les usages erronés du terme évolution. Mais on était dans un registre un peu sémantique.

Pierre : En plus c’était exemplaire, c’était seulement 3 exemples parmi tant d’autres.

Alan : Au niveau de la portée de la discipline, du périmètre qu’elle couvre. Est ce qu’on arrive à dire en quelques mots ce qu’elle n’est pas, l’évolution ?

Pierre : On en avait parlé, elle n’est pas, par exemple, une explication de l’apparition de la vie (abiogenèse).

Alan : Ça c’est super important quand même de le souligner. Parce que je crois qu’il y a vraiment une confusion dans les esprits. L’évolution n’est pas du tout une explication de l’origine de la vie.

Pierre : Ouais c’est ça, c’est que l’origine de la vie ça fait pas partie du mécanisme de transformation des espèces. De toute façon, à partir du moment où on définit l’évolution comme la transformation des espèces, ça veut dire que les espèces sont déjà là.

Alan : D’accord, et puis le champ de l’évolution commence vraiment là. Il faut d’abord qu’il y ait du vivant, et ensuite l’évolution va expliquer comment le vivant se diversifie.

Pierre : Alors je sais pas si David serait d’accord. Parce que je pense que le processus évolutif, notamment, a peut-être envisagé dans des cadres différents que du vivant. Je sais pas si David tu as un commentaire là dessus.

David : Non pas forcément, je te laisse continuer.

Pierre : D’accord ok laisse moi dans ma mouise. En gros on peut envisager que les mécanismes évolutifs puissent être adressés à d’autres choses que du vivant. On en parlera un tout petit peut toute à l’heure, mais les mécanismes évolutifs, pourquoi pas les considérer, je sais pas moi, appliquer à tel ou tel….

Laurent : A l’évolution culturelle par exemple.

Pierre : Voilà ; à l’évolution culturelle par exemple. Il faudrait par contre pouvoir prouver véritablement que c’est applicable. L’hypothèse de dire que par exemple les idées subissent une transformation qui est générée, justement, par un mécanisme similaire à ce qui arrive sur le vivant. Mais pourquoi pas. Par contre une chose est claire c’est que l’émergence de la vie, ça, c’est très clairement au delà du processus de transformation puisqu’on en est justement à établir ce qui va être transformé.

Alan : Ben écoute comme ça, ça me semble très très clair. Après il y a un autre truc que tu as dit : l’évolution est un fait observé, mais observé par qui ? Est-ce que c’est un fait que je peux observer à l’œil nu, dans la vie de tous les jours? Parce que s’il faut des millions d’années pour l’observer, il faut bien admettre que ce n’est pas facile !

Pierre : Comme de nombreux phénomènes, l’évolution est difficilement observable directement, mais laisse des traces qui permettent de l’envisager, indirectement. D’ailleurs pour faire le même parallèle avec d’autres théories, c’est très difficile par exemple d’observer le mouvement des plaques terrestres, de la croute terrestre, et pourtant on ne nie pas que c’est un fait observable. C’est juste que c’est difficile et que souvent, pour pouvoir l’observer, on va faire appel à des techniques indirectes permettant de voir ces changements. Pour observer la transformation des espèces, comme par exemple la scission d’une espèce en plusieurs, il faut pouvoir réaliser des observations qui laissent à ces espèces assez de temps pour que, au cours de plusieurs générations, des modifications assez conséquentes s’accumulent. Pour certaines espèces, c’est en effet des milliers, voire des millions d’années qu’il va falloir laisser s’écouler. Mais pour d’autres, qui ont un cycle de vie très rapide, comme des bactéries, des insectes, etc… on a des témoignages documentés de l’émergence de nouvelles espèces.
Alors moi j’ai trouvé un exemple, c’est toujours l’exemple qui me plait le plus parce que c’est l’une des dernières espèces dont on a documenté la spéciation. C’est-à-dire qu’on avait documenté une espèce et on a découvert qu’il y avait une nouvelle espèce qui était apparue et qui était spécifique d’un milieu particulier, cette espèce c’est un moustique (super sympa) qui est spécifique et qui a été découverte dans le métro londonien, Culex pipiens f. molestus dérivé de Culex pipiens. Culex pipiens privilégie les morsures sur les oiseaux et vit à la surface. L’autre vit sous terre, dans un climat plus chaud donc, et s’attaque préférentiellement aux mammifères. On voit déjà quand même plusieurs caractères différents chez ces deux espèces. Des analyses génétiques ont confirmé qu’il s’agit de deux espèces différentes. C’est un exemple parmi d’autres du phénomène dit de spéciation.
Il y a d’autres exemples, on peut en parler, je sais pas si vous en avez vous-même entendu parler, d’exemple de spéciation ou d’observation de l’évolution.

Laurent : Les cigales dans le métro de Paris elles sont aussi d’une espèce différente.

Pierre : Alors le problème c’est qu’il n’y en a plus.

Laurent : Il y en a plus mais il y en a eu à un moment donné.

Pierre : Il n’y en a plus mais en effet elles faisaient partie d’une espèce, j’ai pas étudié le sujet, mais qui avait occupé une niche particulière, le problème c’est que je sais pas si ils ont eu le temps de documenter véritablement si c’était un isolat reproductif par rapport aux cigales de l’extérieur.

Alan : Ok. Il n’y avait pas des lézards, sur une ile du côté de la Croatie ? Au nom imprononçable Pod Kopište ?

Pierre : Ouais, c’est pas moi qui ai mis cet exemple là. Je sais pas qui c’est qui l’a mis. Moi j’avais mis un exemple de grenouille, celle que j’avais mis dans mon dossier pour l’amour est dans la pipette. Je sais plus qui justement avait évoqué cet exemple de lézard de Kopište.

Alan : Ouais c’est sans doute moi….Je suis capable d’avoir oublié entre deux. Tu connais l’histoire ?

Pierre : Non justement c’est pour ça que je serai bien en mal de commenter cette histoire.

Alan : De mémoire comme ça c’était un cas dévolution extrêmement rapide, je vais pas expliquer ça avec les bons mots probablement. Une population de lézards a été déplacée d’une île à l’autre et puis en quelques générations seulement il y a eu des changements spectaculaires, je me rappelle plus dans quel sens ça allait mais il y avait une des espèces qui était végétarienne l’autre qui était carnivore ou l’inverse. Enfin c’était des changements importants et puis c’était en quelque chose comme 7 générations. (note : cet exemple a été donné par Marco dans le dossier «l’évolution face à ses détracteurs »)

Pierre : Ouais donc très très rapide. On le voit avec l’exemple de Culex pipiens, finalement c’est la même chose, nous on prend comme quelque chose de remarquable l’apparition d’un nouveau mode de nutrition pour culens pipiens (c’est le moustique), on passe d’une piqûre sur des oiseaux à des piqûres sur des mammifères, c’est quand même quelque chose de totalement différent, c’est pas la même température, faut quand même le savoir, les oiseaux ont une température de sang à 42° celles de mammifères c’est 37°, donc il y a toute une série d’adaptation qui doivent accompagnées ce genre de spéciation, toute une série de variation qui vont contre-sélectionnées d’une certaine manière, pour qu’il y ait une invasion d’une niche par toute cette population de moustique ou dans le cas de ce lézard par ces reptiles.

Alan : Et est-ce que les cas de résistances aux antibiotiques sont aussi un exemple d’évolution.

Pierre : Oui d’ailleurs c’est justement un exemple qui est souvent discuté énormément parce qu’en gros c’est quelque chose de prédictif dans la théorie de l’évolution. C’est-à-dire que s’il n’y avait pas de sélection naturelle, on ne s’attendrait pas à voir systématiquement des souches résistantes émerger et envahir des populations. On y viendra peut-être quand on discutera justement des mécanismes de la sélection naturelle mais c’est unes des attentes, une des conséquences attendues des mécanismes évolutifs.

Alan : On va peut-être passer rapidement sur 2-3 autres exemples mais il y en a quand même pas mal.
Il y a une récente recherche britannique sur des acariens (soil mites), qui fait un peu penser à l’expérience de Lenski à certains égards, mais portant sur des organismes observables à l’œil nu. Sous la pression environnementale, des changements majeurs ont été observés en quelques générations seulement, notamment un processus de maturation plus lent… Ils ont des ados qui restent plus longtemps à la maison avant de devenir adulte 😉 )

Pierre : On appelle ça la néoténie.

Alan : Est ce que la sélection artificielle, la domestication c’est un bon exemple d’évolution aussi ?

Pierre : La compréhension des mécanismes de la sélection artificielle est une des observations qui a permis à Darwin de formuler sa théorie sur la sélection naturelle. Il s’agit donc aussi d’un très bon exemple de transformation de différentes espèces au cours des générations, et qu’on peut encore une fois documenter. Et dans ce rayon, ce ne sont pas les exemples qui manquent ! Pigeons, chiens, volaille, bétail, ovins, céréales, légumes, etc… Toutes ces espèces domestiquées constituent autant d’exemples de ce que peut donner une sélection de caractères par rapport à d’autres. Et pour un exemple documenté scientifiquement, vous pouvez vous référer à l’expérience de Dmitry K. Belyaev sur des renards sauvages capturés et domestiqués en moins de 50 ans. Il a réalisé une sélection sur un trait, leur capacité à accepter qu’un humain les approche. C’était le seul trait qui était sélectionné d’une certaine manière et il a vu des conséquences morphologiques de cette sélection qui rappelait à s’y méprendre les caractères qu’on observe chez nos chiens à nous c’est à dire une queue qui bat quand l’animal est content, un comportement de jeune renard, un peu comme ce qu’on voit chez nos chiens et chiots adultes.

Laurent : Avec des caractères un peu étrange, moi je me souviens qu’il y a des pelages tachetés, ou les oreilles qui tombent.

Pierre : Et ça en fait, le pelage tacheté, ça peut être une conséquence, d’une certaine manière, d’une sélection, parce que la sélection qui était faite, c’était un comportement d’acceptation de l’humain, mais derrière, il y a énormément de choses qu’on sélectionnait sans s’en apercevoir. Belyaev ce qu’il faisait quand même, c’est qu’il retirait toute source de risques de ces animaux là. Il n’y avait absolument aucun prédateur qui allait bouffer ces renards. Le seul critère qui était sélectionné c’était s’ils étaient…

Laurent : Un comportement amical.

Pierre : C’est ça, un comportement amical mais en fait il y a toute une batterie d’autres caractères qui vont être relâchés parce qu’il n’y a absolument aucun risque sur les autres caractères. Des variants qui ont un pelage tacheté, alors qu’on peut prédire, (ça il faut encore le prouver), que ça peut avoir un impact néfaste sur la survie dans la nature, ça a toute la latitude d’émerger, justement, en moins de 50 ans parmi des renards domestiqués.

Laurent : Ce que je trouve très intéressant dans cette histoire c’est que ça montre que la diversité, elle est masquée en quelque sorte, elle est latente et elle ne demande qu’à la contrainte de la sélection naturelle d’être relâchée très légèrement pour s’exprimer et pour exploser en quelque sorte, de manière apparente.

Pierre : Si ce n’est que derrière ce commentaire en fait on s’aperçoit qu’on estime très très mal la variété qu’il y a systématiquement dans les populations. Nous, on a l’impression que « ah ben dis donc quelque chose de remarquable apparait, le fait qu’il soit tacheté » mais en fait il y a tout autant de choses qui de génération en génération, dans des populations naturelles, sont des variants. Sauf que nous on n’arrive pas à les estimer. Nous, un pelage tacheté on est là « Ouah ! dis donc il est super différent des autres » mais en fait dans la population naturelle il y a d’autre variants comme la capacité à métaboliser tel ou tel nutriment etc… que nous on n’est pas capables d’estimer.

Laurent : Qui ne sont pas visibles.

Pierre : Voilà, directement et qu’on ne suppose pas. Et pourtant il y a une énorme variabilité de génération en génération dans les populations naturelles.

Alan : Pour reprendre le fil des bases qu’on était en train de poser. On a fait la distinction entre l’évolution (le phénomène) et l’explication du processus. Alors justement… C’est quoi l’explication du processus? En quelques minutes?

Pierre : On va essayer. Le fait que les espèces se transforment, cela a été postulé avant Darwin, c’est le transformisme, en fait c’est juste l’idée que les espèces ne sont pas fixes. Et cela a fait l’office de plusieurs explications. La plus connue, hormis celle énoncée par Darwin, est celle de Jean-Baptiste de Lamarck.
Pour bien comprendre la théorie de Darwin (et d’Alfred Russel Wallace, découverte indépendamment), il est utile de comprendre sa démarche scientifique. Bon, le mieux, c’est de lire le livre qu’il a écrit pour l’occasion ‘On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life’ De l’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle. Mais bon, on va tâcher de résumer. Charles Darwin part de plusieurs constats et inférences avant de formuler sa théorie. Il reconnait tout d’abord qu’au sein d’une espèce, les individus tendent à varier. C’est la capacité naturelle de la variation: la variabilité.

Alan : Est ce que ça c’est ce qui explique qu’on n’est pas tous des clones ?

Pierre : Voilà exactement. En s’intéressant à la domestication et à l’élevage de certaines espèces animales ou végétales, Darwin remarque que les agriculteurs procèdent à une sélection pour obtenir certains caractères désirés.

Alan : En fait, il est partie de la sélection artificielle avant d’échafauder la théorie de la sélection naturelle.

Pierre : Voilà. Les espèces ont donc une capacité naturelle à être sélectionnée. C’est la sélectionnabilité. Darwin se demande donc si cette sélectionnabilité peut être sujette à des contraintes naturelles. Enfin, Darwin réalise deux constats successifs : ayant lu les écrits de Malthus qui remarquait à juste titre que les populations humaines étaient nécessairement limitées en terme de croissance par les ressources de subsistance, Darwin étend ce constat aux autres espèces vivantes. Dans un nouvel environnement, les populations pullulent et tendent naturellement au surpeuplement, limité par les ressources de subsistance. L’autre constat, c’est que la plupart du temps, les espèces ne sont pas uniques dans un milieu mais en équilibre de coexistence avec un certain nombre d’autres espèces, c’est contre intuitif avec la tendance au surpeuplement. Dernier constat : au sein de populations, tous les individus ne se reproduisent pas, du fait d’une élimination par compétition au sein de la même espèce, ou par l’impact néfaste d’autres facteurs environnementaux (espèces prédatrices ou parasites inclus). Prenez tous ces constats, mélangez bien dans la caboche de Darwin, et vous débouchez sur une hypothèse, celle de la sélection naturelle: du fait de la variabilité et la sélectionnabilité, il peut y avoir une sélection des variations contribuant au succès reproductif et adaptatif de certains individus, au sein d’une population, ces variations étant alors transmises aux générations suivantes par les lois de l’hérédité.

Alan : Ca semble assez simple comme concept à comprendre. Tu as dit qu’il y avait eu plusieurs modèles explicatifs du phénomène de l’évolution, tu as parlé de Lamarck. Pourquoi on a retenu celle-là plutôt qu’une autre ?

Pierre : Probablement parce qu’il s’agissait d’un cadre cohérent contribuant à la compréhension du transformisme des espèces. En gros, c’est le seul cadre qui était assez cohérent, qui apportait assez de cohérence pour que le transformisme des espèces trouve une véritable compréhension sans exemple drastiquement opposé à son énonciation. On peut par exemple l’opposer à la thèse de Lamarck qui justement a été énoncée puis contredite. On va voir comment. C’est très important de comprendre comment la théorie de Lamarck a été contredite parce que c’est pas si évident que ça, parce qu’il y a beaucoup de gens qui confondent la théorie de Lamarck avec un de ses postulats. Alors la théorie de Lamarck disait (je vais le lire dans le style de Lamarck, c’est un petit peu inbitable mais bon) :

Première loi : La vie par ses propres forces, tend continuellement à accroître le volume de tout corps qui la possède et à étendre les dimensions de ses parties jusqu’à un terme qu’elle amène elle-même.

Alan : J’avoue c’est imbitable, Darwin écrit mieux, y a pas photo.

Laurent : Ça, ça dit juste que les animaux ont tendance à grossir !

Pierre : Voilà, étendre leurs dimensions jusqu’à arriver à un terme que visiblement la vie définit elle-même.

Alan : Ok, donc il y aurait une espèce de principe actif au sein même de la vie.

Pierre : C’est comme ça que je le comprends, peut-être que j’ai pas très bien compris …

Alan : On va pas s’éterniser donc ça c’était la première loi.

Pierre :

Deuxième loi : La production d’un nouvel organe dans un corps animal résulte d’un nouveau besoin survenu qui continue de se faire sentir et d’un nouveau mouvement que ce besoin fait naître et entretient.

Donc là l’idée c’est qu’il y a un organe qui peut émerger dans un corps animal, si il répond à un besoin et si ce besoin se fait sentir.

Alan : D’accord.

Pierre : Et continue à se faire sentir.

Alan : Genre, j’ai besoin d’avoir 20 doigts parce que j’ai des claviers partout.

Pierre : Voilà.

Alan : Selon cette théorie potentiellement, j’aurai mes 20 doigts.

Laurent : Il faut vraiment que t’en aies vraiment besoin.

Alan : J’en ai vraiment besoin vous vous rendez pas compte !

Pierre :

Troisième loi : Le développement des organes et leur force d’action sont constamment en raison de l’emploi de ces organes.

C’est-à-dire que si t’avais 20 doigts mais que t’en utilises que 18, tu perdrais tes 2 doigts non utilisés.

Quatrième loi : Tout ce qui a été acquis, tracé ou changé, dans l’organisation des individus, pendant le cours de leur vie, est conservé par la génération, et transmis aux nouveaux individus qui proviennent de ceux qui ont éprouvé ces changements.

Ça, cette 4ème loi c’est ce qu’on appelle la transmission des caractères acquis mais alors attention Lamarck dit, tous ces caractères acquis sont transmis.

C’est bon ?

Alan : En fait quand tu disais qu’on associait Lamarck à une partie de ses idées seulement, en fait on l’associe à cette 4ème loi, en général.

Pierre : Et on oublie très bien de dire que Lamarck considérait que c’était l’intégralité de ces caractères qui allaient être transmis.

Nico : Juste 2 mots sur les lois que tu viens d’énoncer. En dehors de la dernière loi, les lois précédentes sont pas incompatibles avec Darwin, sont plutôt complémentaires ou d’autres théories en plus.

Pierre : Je vais le détailler dans un instant mais elles sont en fait véritablement opposées sur une idée importante c’est : quelle est l’origine de la variation. Pour Lamarck la variation a pour origine le besoin, et pour Darwin la variation précède la sélection.

Nico : Ah oui mais ce que je voulais dire, c’est pas impossible qu’il y ait plusieurs sources.

Pierre : C’est pas impossible qu’il y ait plusieurs sources en effet.

Nico : Mais ça peut pas être observé.

Pierre : Si, ça pourrait être observé, on pourrait en discuter. Le fait est de se demander si véritablement ça peut être érigé, comme l’a fait Lamarck, comme 4 lois qui vont définir le transformisme des espèces, à l’opposé de Darwin qui a, pour expliquer ça, parlé de la sélection naturelle, donc on va voir quelles sont les modèles les plus stables quand on les confronte avec le vivant.

Une des conclusion de Lamarck :

La seconde et la troisième des lois dont il s’agit eussent été sans effet et conséquemment inutiles, si les animaux se fussent toujours trouvés dans les mêmes circonstances, s’ils eussent généralement et toujours conservé les mêmes habitudes et s’ils n’en eussent jamais changé ni formé de nouvelles.

Pour Lamarck, vous prenez une espèce, vous la mettez dans un milieu stable avec la possibilité de se reproduire, il n’y aura pas de changement. Ca c’est la conclusion de Lamarck, c’est ce qu’il érigeait comme le paradigme de toutes ces lois et ça c’est indiscutablement incompatible avec les observations qu’on peut faire avec le vivant. Si vous mettez une espèce dans un cadre non changeant, totalement propice vous allez avoir des variations et ces variations vont pulluler plus ou moins.
C’est exactement là où Lamarck s’est trompé. Lamarck considère que les variations n’existent pas au grès des mutations, mais uniquement par la conséquence de l’usage ou non, des organes.
On peut remarquer que l’une des forces de la théorie de Darwin, c’est qu’il na pas eu besoin de postuler un mécanisme héréditaire pour expliciter son mécanisme (il était d’ailleurs assez enclin à croire en l’hérédité des caractères acquis). Lamarck a par contre associé à sa théorie erronée, un mécanisme sur l’hérédité. En soi, ce mécanisme n’est pas forcément faux (Il faudra attendre Mendel, puis la découverte de l’ADN pour comprendre que le mécanisme principal de l’hérédité suivait une modalité différente de celle énoncée par Lamarck). Mais le fait est que Lamarck l’a associé à sa théorie qui était fausse, donc tout le monde a envie de dire « bon Lamarck avait faux sur tout », et c’est pas vrai ! On le verra plus tard, en fait c’est pas parce les conclusions qu’il a faites de toutes ces lois est fausse qu’un des aspects qu’il a édicté ne peut pas être considéré comme véritable.

Nico : En l’occurrence ce que ça montre c’est que c’est incomplet en tout cas. Mais de ce que tu as expliqué là ça montre pas que c’est faux, ça montre que c’est incomplet. C’est-à-dire qu’il explique pas pourquoi il y a des modifications quand tu laisses dans un milieu.

Pierre : Oui mais c’est directement inclus de ces lois donc il y a une véritable opposition logique entre ces lois et l’observation des variations.

Laurent : Elle est réfutable sa théorie.

Pierre : Oui comme la théorie de Darwin d’ailleurs elle est réfutable.

Laurent : Et elle est réfutée pardon.

Pierre : Et elle a été réfutée…

Nico : Ce que je veux dire c’est que, pour prendre exemple sur les autres théories dont tu parlais, moi je vois ça plus comme un Newton qui présente sa théorie classique, bon alors même si c’est une théorie peut-être moins vérifiée etc… et où on le met devant une expérience qu’il n’explique pas, les expériences de la relativité, et ça contredit pas le fait que se théorie marche dans un cadre voire même explique d’autres choses qu’expliquerait pas une autre théorie.

Pierre : Sauf que c’est pas une expérience, c’est la tendance immédiate du vivant. C’est une conséquence du vivant qu’il y ait des variants et ça malheureusement c’est réfutable à chaque fois donc c’est une loi qui va systématiquement s’opposer à ça. Donc, dans sa formulation, il y a un problème. Alors que Darwin dans sa formulation, il n’y a pas de problème, a priori. Là où Darwin aura certainement beaucoup de place à l’amélioration, c’est qu’il y a en effet des expériences qu’il doit expliquer et qui ne sont pas expliquées par la sélection naturelle.

Laurent : Mais il y a un autre point sur Lamarck, c’est que sa théorie était tout sauf parcimonieuse. C’est quand même ce qu’on demande à une théorie, c’est d’avoir un minimum d’hypothèses et que chacune des hypothèses soit la plus petite possible, et là, non seulement il multiplie les lois mais en plus à l’intérieur des lois il y a des espèces d’hypothèses ouvertes, comme le besoin de créer la fonction, pour laquelle il ne propose aucune explication et pour laquelle on imagine qu’il devrait y avoir encore une autre loi qui explique pourquoi, et donc dans le fond elle s’écroule, parce que non seulement elle est réfutée, mais aussi parce que c’est pas une théorie économe.

Pierre : Et en plus il aurait très bien pu faire l’économie comme tu dis de son mécanisme héréditaire, il en avait pas besoin pour ériger sa théorie, et pourtant il l’a ajouté. En gros c’était pas rigoureux comme théorie. Il a pas essayé de minimiser le nombre d’hypothèses.

Nico : Pour revenir à ce que tu disais sur pourquoi Darwin a été la plus adoptée, je pense qu’il y a quand même un critère clair c’est que c’est la plus simple à comprendre, et ça c’est pas anodin dans l’histoire des sciences souvent qu’une théorie simple soit plus adoptée.

Pierre : Ça va aussi de paire avec la parcimonie.

Laurent : Est-ce qu’il y en a une autre d’ailleurs qui soit aussi parcimonieuse que Darwin, à la fois rigoureuse et parcimonieuse. Est ce qu’il y avait le choix dans le fond ?

Pierre : Oui il y avait le choix, puisque il y avait Lamarck, et même au moment où Lamarck avait ses propres idées, il y en avait qui considérait uniquement une seule partie des idées de Lamarck pour vrai. Le problème de Lamarck est double, c’est que d’une part c’est pas parcimonieux et d’autre part il y avait dans ce cadre là, deux lois qui vont systématiquement être contredites par les observations dans la nature.

Alan : La grande force de Darwin c’était d’avoir clairement séparé les choses.

Pierre : Ouais. Il n’a pas pris de risque en fait. Pour moi c’est une bon parieur, c’est un bon mec à inviter au poker parce qu’il a pas pris de risque.

Alan : Ouais il s’est pas hasardé à fournir une explication de l’hérédité alors que, sauf erreur, Mendel c’était la même époque que Darwin mais il se connaissait pas, ils étaient pas au courant de leurs travaux mutuels.

Pierre : Ils se connaissaient pas, les travaux de Mendel allaient certainement pas être publiquement érigés comme vrais parce qu’ils étaient très peu lus, tout simplement il y avait très peu de personnes qui s’intéressaient à des écrits d’un moine obscur qui avait collectionné des petits pois. Faut être honnête, un mec qui fait le tour du monde dans un bateau et qui en arrive après 30 ans d’avoir étudié des pigeons des bestioles etc.. Il est beaucoup plus sexy qu’un mec qui a juste regardé si des petits pois étaient fripés ou non.

Alan : C’est clair. Mendel juste pour placer le contexte on peut dire que c’est lui qui a fondé la génétique ?
Pierre : C’est le père de lois de l’hérédité. Attention il y a une différence entre génétique et hérédité.

Alan : Bon c’était de toute façon tout ça bien avant qu’on découvre le gène, qu’on séquence l’ADN etc…

Pierre : Exactement.

Alan : Ok, donc la théorie de Darwin, c’est la sélection naturelle. Tu peux nous dire en quelques mots de quoi il s’agit ? Ca marche comment ?

Pierre : 3 mots. Variation, sélection et hérédité. Dans la sélection naturelle il y a le mot sélection, c’est un peu bizarre. Pour moi c’est ça les 3 mots importants de la sélection naturelle.

Alan : Là, est-ce qu’on parle d’une science?

Pierre : On parle d’une théorie scientifique. Je ne sais pas si on parle d’une science mais en tout cas, on parle d’une théorie scientifique. C’est une véritable hypothèse vérifiable, testable qui explique un processus de la vie.

Alan : Réfutable et testable mais aujourd’hui elle a pas été réfutée puis elle est systématiquement testée on est d’accord.

Pierre : Elle a pas été réfutée comme l’a été celle de Lamarck, elle a été testée et on s’est aperçu que le mécanisme de la sélection naturelle ne peut pas expliquer systématiquement l’intégralité des processus de transformation des espèces.

Alan : D’accord, c’est intéressant parce qu’on a parfois l’impression que c’est une théorie scientifique définitive à cause des dialogues crispés avec les détracteurs. C’est le cas, ou c’est une théorie scientifique comme toutes les autres qui a des limites, les reconnaît et se remet sans cesse en question ?

Pierre : C’est une théorie aménagée, de telle manière que j’imagine il y a certaines théories, notamment, par exemple, la théorie au début qui expliquait la tectonique des plaques c’était qu’il y avait un mouvement de magma qui poussait les plaques les unes contre les autres. En soi, c’est vrai, mais après on s’est aperçu qu’il avait des cas où juste on pensait qu’une surface visqueuse et une croûte solide qui se rencontrait ça expliquait pas tout, et là on a aménagé la théorie de la tectonique des plaques pour prendre en compte les zones de subduction et les zones d’accrétions, pour expliquer encore mieux le phénomène. On dit que c’est une théorie aménagée. De la même manière, la théorie de Darwin est aménagée pour expliquer, pour rapporter de la cohérence totale à son champ d’explication. C’est ça qui peut certainement déplaire à certaines personnes. « Eh mais vous modifiez la théorie ! ». En fait ce qui se passe c’est qu’on reste sur un principe, un paradigme particulier, et on arrive de plus en plus, par ajout de mécanismes auxquels on pensait pas, par ajout des lois par exemple de l’hérédité, à comprendre véritablement ce qui va se passer. Mais il n’y a pas eu de changement de paradigme.

Laurent : C’est ça que je trouve très impressionnant avec la théorie de Darwin, c’est que si on enlève les détails dans laquelle lui même il a voulu se plonger pour expliquer le moindre détail, si on garde que les 3 principes que tu donnes, ils sont à la fois suffisamment large et suffisamment spécifique pour résister au temps comme une espèce de squelette qui résiste à toutes les variations auxquelles on peut lui trouver et qui résiste merveilleusement bien au temps, alors que c’est un des rares théories, si on garde uniquement son principe, qui depuis le 19ème siècle a conservé strictement ces 3 principes.

Pierre : Mais ces 3 principes, on est d’accord, on peut les confronter avec certains exemples et on va s’apercevoir que ça colle pas. On verra ça dans le détail surtout dans les questions qu’a bien voulu me poser Laurent , il y a des cas où, en effet, le mécanisme de la sélection n’explique pas certains aspects de la transformation des espèces. Et c’est ça qui est très intéressant, c’est qu’il a fallu aménager, ajouter à la théorie, à ce cadre comme en parlait souvent SJ Gould, un des fameux vulgarisateur de la théorie de l’évolution. Il parlait d’une charpente qui a été gardée et il y a beaucoup de choses qui ont changé autour de cette charpente pour obtenir aujourd’hui une théorie scientifique plus cohérente qu’à l’époque de Darwin.

Alan : Donc la théorie elle-même a continué d’évoluer.

Pierre : Certes, mais avec quand même cette fois-ci, pas un filtre de la sélection naturelle, mais un filtre de cohérence. C’est pas la même chose.

Alan : (Note : Cette question n’apparaît pas dans l’interview audio) On a parfois l’impression que c’est une théorie scientifique définitive à cause des dialogues crispés avec les détracteurs. C’est le cas, ou c’est une théorie scientifique comme toutes les autres qui a des limites, les reconnaît et se remet sans cesse en question?

Pierre : En effet, si on considérait l’évolution ou la sélection naturelle comme une vérité incontestable, on devrait l’appeler un dogme. Le fait que l’évolution ait eu lieu, ça peut se vérifier de plein de manières différentes. Grâce au travail de nombreux chercheurs, on a pu établir une histoire de la diversification du vivant. Par exemple, on sait à peu près quand a émergé la lignée des mammifères. Une infirmation de l’évolution reviendrait, par exemple, à trouver des preuves d’un renversement significatif de cette histoire : par exemple, des lapins datant du précambrien. Même chose pour le fait que l’évolution prévoit que toutes formes de vie sont apparentées : si on trouve des lignées sans apparentement avec toutes les autres, on se retrouverait avec un sacré problème.
Maintenant, dans le cadre de la sélection naturelle, sa réfutabilité consisterait à prouver que l’un de ses aspects est faux :
La variation : il faudrait montrer qu’aucune variation ne survient, que les mutations sont impossibles.
L’héritabilité : il faudrait montrer que les mutations et les variations ne sont pas transmissibles, pas héréditaires.
Le phénotype : il faudrait montrer que les variations phénotypiques sujettes à la sélection naturelle ne sont pas liées aux variations héréditaires.
La sélection : il faudrait montrer que l’environnement ne génère pas de pression sélective qui favorise la reproduction d’individus par rapport à d’autres.
L’effet de la sélection : il faudrait montrer que s’il y a sélection, elle n’est pas pour autant à l’origine du changement des espèces.
Par contre, il est important de remarquer qu’il y a eu des ajouts réalisés sur la théorie de l’évolution. Il y a par exemple eu prise en compte des lois de l’hérédité, un gros manque au moment de son énonciation par Darwin. Cette incorporation permet de mieux comprendre les mécanismes évolutifs, d’ajouter de la cohérence à la théorie. Et on le verra, l’avènement de la génétique et de la biologie moléculaire a permis de trouver des cas où la sélection naturelle ne joue pas de rôle prépondérant.

Alan : Une “bonne théorie” a un pouvoir prédictif. C’est bien le cas ici?

Pierre : Alors, ça dépend de ce que tu appelles prédictif. La sélection naturelle prédit que, dans un environnement donné, caractérisé par de pressions de sélections données, il peut y avoir sélection d’un caractère adaptatif. On peut donc prédire que sous la contrainte, il y a une possibilité d’adaptation (mais on ne sait pas laquelle). Par contre de définir quelle adaptation va en sortir, ça c’est pas défini par la théorie de l’évolution. Après on peut peut-être trouver des moyens d’essayer d’y arriver mais c’est pas facile.

Alan : Une “bonne théorie” doit pouvoir être “falsifiée/réfutée”. Qu’est-ce qui pourrait invalider la sélection naturelle ?

David : Alors, je vais me lancer dans un long discours cette fois-ci.

Alan : J’ai oublié de time boxé David , ça m’apprendra.

David : Ce que je pense qui est intéressant c’est d’essayer, pour valider la sélection naturelle, c’est de l’extraire et de la tester dans un autre environnement. Après quand on essaye de l’extraire et de la tester dans un autre environnement on se rend compte qu’il faut qu’on rajoute en effet quelques petits points (par exemple en gardant juste héritabilité, sélection variation), si jamais on part d’individus qui sont parfaits dans le paradis où on les fait évoluer, si jamais on teste des petits bonhommes qui se font tuer si jamais ils répondent 0 et qui survivent, qui peuvent survivre et se reproduire si jamais ils répondent 1, et si à la base tous nos petits bonhommes répondent 1 on n’aura pas de sélection par exemple. Si on se retrouve avec un système façon sélection sur un critère, sélection sur la couleur et variation sur la vitesse à laquelle il court, ça va pas non plus avoir d’effets par exemple. Ou qu’on se rend compte qu’on veut un protocole vraiment précis pour abstraire la sélection naturelle et la tester, on se retrouver à rajouter un certain nombre de petites hypothèses par ci par là. On va se retrouver aussi avec des questions de quantifications c’est-à-dire qu’on aura peut-être des difficultés à obtenir une véritable sélection naturelle si jamais nos individus varient trop. Si jamais on n’arrive pas à avoir de stabilité par exemple. Donc en allant vers ce genre de test de la sélection naturelle qui permette de la valider, on arrive aussi à des mécanismes qui permettent de l’affiner. Bon c’était mon petit speech très « vie artificielle » et très testage de la sélection naturelle en dehors du domaine de la biologie mais voilà, je vous laisse reprendre le cours de l’émission après l’avoir high jackée pendant ces quelques minutes.

Alan : Ah David si on t’avait pas, on te tricoterait…Pour revenir sur l’idée (erronée) que la théorie de l’évolution se présente comme une science parfaite : Y a-t-il des exemples de ce que la sélection naturelle ne saurait pas encore expliquer ?

Pierre : Selon moi, il y a des zones d’ombres dans la théorie de l’évolution. C’est une liste que je conçois de ma propre compréhension de la théorie de l’évolution et il est tout à fait possible qu’un autre biologiste réalise une toute autre liste, car il comprend mieux ces zones d’ombres et perçoit mieux les véritables territoires à explorer encore et qu’il vienne me péter la gueule parce que j’ai pas mis son exemple ou vienne me péter la gueule parce que j’ai mis un exemple qu’il juge totalement faux :
Tout d’abord il y a le niveau de sélection: On en a parlé, on parle d’espèce, mais les espèces c’est une vue de l’esprit, c’est une classification humaine sur des populations. Mais où est ce que va s’exercer le niveau de sélection et ça c’est extrêmement important, c’est-à-dire que de référentiel en référentiel, de niveau de sélection en niveau de sélection, on va avoir une réflexion totalement différente sur ce que réalise la sélection naturelle. Le niveau de sélection le plus bas ça pourrait être la molécule c’est-à-dire un bout d’ADN, il va être sujet à la sélection naturelle, un gène, la cellule, l’individu, le groupe peuvent être sujets à la sélection naturelle. Si on a une fourmilière elle est peut-être elle même entière un groupe qui est sujet à la sélection naturelle et là, la question c’est, où est ce qu’on s’arrête, quel est le référentiel à prendre en compte pour véritablement comprendre la sélection.

Nico : Là dessus deux mots, tu vas me couper si je dis une bêtise mais il me semble que même au niveau d’un peuple, on a vu dans l’épisode sur les civilisations qu’il y avait une sorte de sélection qui se faisait. Quand les espagnols sont arrivés avec leur résistance aux maladies, leur domestication des chevaux, c’est une sorte de sélection naturelle qui se fait, où 90% des peuples d’Amérique ont été éradiqués.

Pierre : Oui mais l’idée là encore d’une certaine manière, ça va parce que ça va dans le cadre qu’expliquait Darwin, on reste dans le cadre d’une population. Darwin n’allait pas plus loin qu’une population. Mais quand on est dans un groupe, dans une famille où uniquement un représentant se reproduit, c’est le cas des fourmis où il y a une reine qui va se reproduire avec un mâle, mais l’intégralité de la fourmilière, qui est pour 99% stérile, est-ce qu’elle subit la sélection ? Qu’est ce qui se passe si une fourmi ouvrière crève par rapport à l’intégralité de la fourmilière. Est ce qu’on peut considérer la fourmilière comme un individu, et ça c’est problématique, est-ce qu’on peut considérer une population comme un individu ? Et dans ce cadre là qu’est ce qu’on fait des gènes. En fait le problème, c’est qu’on arrive à un continuum de niveaux de réflexion sur la sélection et on sait pas où est ce qu’il faut s’arrêter. Ca pour moi c’est une grosse zone d’ombre, et faut savoir si on va pouvoir réaliser un réductionnisme de la théorie de l’évolution, un trait particulier c’est un peu ce que cherchais à faire Dawkins quand il parlait du gène égoïste, il disait on s’en fout de tout ce qui a autour des individus ce qui compte c’est un bout d’ADN, est ce que ça c’est valable, est ce qu’on peut considérer que ça va expliquer l’intégralité de l’évolution où est ce qu’il ya quand même certains niveaux où il y a des degrés, d’une certaine manière, d’interaction entre ces agents qui empêchent de réfléchir de la même manière. Donc ça c’est un des trucs.

Alan : Ok ça c’était les niveaux de sélection en fait. Il y en a d’autres ?

Pierre : Les mécanismes de l’hérédité : Darwin s’en foutait royalement, lui parlait de gemmules pour parler de mécanismes d’hérédité, il disait qu’il y avait de petites gemmules dans les organismes qui étaient transmises aux gemmules pour former un organisme nouveau. On voit qu’il avait aucune idée de ce que pouvait expliquer l’hérédité, mais il n’en avait pas besoin pour expliquer la sélection naturelle. Mais on doit quand même se poser, quels sont les apports des mécanismes de l’hérédité parce qu’il y en a plusieurs sur la sélection naturelle. Est-ce que l’épigénétique va à l’encontre de la sélection naturelle ou pas. Ça j’exposerai mon avis mais c’est une zone d’ombre ça c’est sur.

Alan : Ok ça ça fait partie des questions de Laurent on va garder ça pour plus tard.
D’autres choses peut-être rapidement ?

Pierre : Très très rapidement. Les mécanismes de radiations rapides (explosion cambrienne). Quand on observe qu’il y a énormément de variations qui apparaissent en très très peu de temps dans des temps géologiques, dans des centaines de milliers d’années, il faut savoir l’expliquer. Les mécanismes principaux générant les innovations évolutives, en gros, qu’est ce qui va faire qu’un organe va rejoindre la fonction qui apparaît. On a quelques modèles. Par exemple, pour la plume qui apparaît chez les dinosaures, une fonction qui est arrivé petit à petit dans un système graduel arriver à une fonction toute autre chez les oiseaux, qui permet le vol chez les dinosaures non aviens c’est-à-dire non oiseaux, on pensait que ça avait une toute autre fonction mais quels sont les mécanismes à l’origine de l’émergence d ces innovations évolutives, comment ça se fait que ça reste à chaque étape. Le mot interdit a été dit, à chaque transformation. Comment ça se fait qu’à chaque transformation d’un organe peut être maintenu dans des populations. En fait, il faut faire rejoindre la génétique des populations avec les mécanismes évolutifs pour arriver à l’explication d’une histoire évolutive d’un organe particulier.
Ensuite rapidement, la reproduction sexuée, ça c’est quelque chose qui pose énormément de problème, comment et pourquoi ce mode de brassage est maintenu.
Et après, là il y a une tendance systématique chez les gens qui veulent contredire l’évolution, c’est de prendre un caractère et de se demander quelle est leur histoire évolutive, et s’il n’arrive pas à l’expliquer selon des mécanismes de la sélection naturelle, « ceux là ça marche pas l’évolution marche pas on vient de la réfuter ».
Ensuite il y a des exemples de caractères où l’on peut se demander quelle est leur histoire évolutive. Est-ce qu’il s’agit de caractères qui ont été sujet à l’adaptation: Et ça c’est très important parce qu’il y a énormément de caractères, on le verra. Parce qu’il y a d’autres mécanismes que la sélection naturelle qui explique la transformation des espèces, qui peuvent expliquer que des caractères soient présents chez un individu actuel et qu’il n’offre absolument aucune adaptation à cet organisme. Alors dans ces exemples là, moi j’ai mis les larmes, on sait pas pourquoi on pleure.

Alan : Je crois que le sommeil aussi entre un peu dans cette catégorie-là.

Pierre : Tout à fait, en gros on sait pas l’expliquer, on n’a pas d’hypothèse valable à l’heure actuelle pour l’expliquer, dans le cadre de la sélection naturelle, ca veut certainement dire qu’on n’a pas suffisamment bosser, les évolutionnistes c’est des gros branleurs, ça tout le monde le sait, et donc il faut qu’on bosse pour en arriver à, d’une part émettre un bonne hypothèse et surtout la tester.

Laurent : On a une idée quand on se lance sur un trait particulier en gros si on pouvait se donner une probabilité que ce soit un trait qui soit adapté à une fonction, en gros aujourd’hui c’est quoi, il y a 50% de chances qu’un trait soit adapté il y a 20 % de chances ?

Pierre : L’idée généralement quand tu essaies de faire des études évolutives cet que tu as deux aspects des études évolutives, l’une c’est que tu vas retracer l’histoire évolutive d’un caractère et dedans, tu peux mettre très très à coté le mécanisme évolutif qui est sous jacent. Moi par exemple dans mon labo, on travaille sur le fait que certains animaux portent des segments ou que certains animaux portent des systèmes nerveux complexes. Moi ce que je fais comme boulot c’est d’essayer de décrire comment est le système nerveux de différentes bestioles pour retracer quelle a été l’histoire évolutive de cet organe. Il n’y a jamais un moment où je me pose si il a été adapté, cet organe, à telle ou telle fonction, non, je dis juste bon ben voilà très probablement il était complexe à ce moment là de l’évolution, un peu moins complexe chez cet organisme-là, un peu plus complet chez cet organisme-là, et j’en fais l’histoire. Le truc qu’il faut savoir c’est que généralement les chercheurs qui sont dans cette veine là ont tendance à finir en disant et ben moi je vais mettre une hypothèse à deux balles, je pense que le système nerveux était adapté pour telle fonction. C’est une tendance tout à fait naturelle c’est ça qui fait vendre un peu plus les articles ou les livres qu’on va émettre. Mais c’est certainement quelque chose qui n’est pas testé donc ce qu’il faut arriver après, c’est à faire rejoindre le test de ces hypothèses avec les organes. Et je pense, surtout, c’est d’une certaine manière voué à des réponses alambiquées, puisque on va devoir tester dans chacun des organismes pour vérifier si la fonction sur l’adaptation de l’organe est conservé et si c’est toujours sujet à une pression de sélection ou autre chose.

Alan : David peut-être tu pensais aussi à quelques exemples.

David : Je suis un peu perdu je suis désolé.

Alan : C’est pas grave on va enchaîner, de toute façon on fait vraiment long sur cette partie.
C’est pas encore le moment des questions, mais il se trouve qu’un auditeur, Fabien, nous en a envoyé une qui trouve peut-être sa place dans cette longue liste de mystères encore non-résolus, alors prenons-la maintenant:
J’ai une question sur l’évolution. J’ai appris récemment que la girafe n’avait que 7 vertèbres dans le cou. En ajoutant à ça que les genoux des flamands roses qui se plient à l’envers sont en fait leurs chevilles, que les ailes des chauves-souris sont dues à leurs doigts démesurés, je me demande : y a-t-il des caractères génétiques plus verrouillés que d’autres ? Pourquoi avoir des vertèbres démesurées alors qu’une vertèbre ou deux ajouteraient en souplesse ? Pourquoi les dauphins s’encombrent-ils de 5 doigts ? J’imagine qu’il doit y avoir une combinaison de plusieurs gènes responsables de cela. Mais du coup, ces verrous qui se créent par moment, ne sont-ils pas un frein à l’évolution ?
Est-ce qu’on doit aussi ranger cette question dans les problèmes encore non-résolus, justement?

Pierre : On en vient aux questions très intéressantes, et pour y répondre, il faut tout d’abord expliquer que la sélection naturelle s’exerce au niveau des entités capables de se reproduire. Ces entités sont souvent constituées d’une ribambelles de facettes, de caractères, dont seulement une infime partie peut être sujet, ponctuellement à la sélection naturelle. Il faut imaginer un peu comme, je sais pas si vous avez déjà eu ces jeux là ou vous avez un triangle dans lequel il faut mettre un triangle etc… des jeux pour enfants, on peut se représenter la sélection naturelle comme ce jeu là, comme les trous dans lesquels il faut passer des objets mais par contre les entités qu’on fait passer à l’intérieur c’est de la pâte à modeler, donc on peut leur faire prendre un peu n’importe quelle forme. Dans le rond on va faire passer un losange qui passe très bien, on va faire passer pas un carré parce que lui il va pas survivre ou il va pas se reproduire. On va faire passer toute une ribambelle de forme à travers ce filtre. Ca c’est juste pour étayer le fait que chacun de ces organismes va passer ce filtre de la sélection et pourtant, ils ne sont pas identiques, ils ont différentes facettes.

David : J’ai peut-être une autre approche du phénomène, plus un caractère va être ancien, moins il va être malléable, de manière assez logique. C’est exactement la même chose dans l’évolution des moteurs ou des voitures ou des ordi, à partir du moment où un standard s’est progressivement installé et on a progressivement créé des choses autour de ce standard ancien, de ce type de moteur particulier, on va pas rechanger le type de moteur parce que ça obligerait à tout rechanger.

Pierre : Je suis d’accord.

David : Donc on va évoluer sur de l’existant.

Pierre : J’y venais mais pour moi l’important, aussi, c’est d’expliquer que la sélection naturelle va pas agir sur l’intégralité des caractères. Et c’est pour moi extrêmement important de savoir ça, parce qu’après, on comprend mieux pourquoi il y a des caractères qui se maintiennent, c’est tout simplement parce qu’à un moment ils ne sont pas passés par le filtre de la sélection, il n’y a pas eu un moment où la sélection a agi sur ces caractères là.
Ce n’est pas parce qu’un individu porte un caractère lui conférant un avantage adaptatif que l’intégralité de l’individu est adapté. Ce dont il faut se rendre compte, c’est que ces entités biologiques sont le fruit de 3 grandes forces: l’adaptation, la structure et l’histoire. Ces 3 forces contraignent le champ des variations possibles. Quand un individu est conçu, il n’y a pas table rase de tout le parcours évolutif précédent. On fait avec ce qu’on a (c’est la structure) ( c’est la différence entre un ingénieur qui peut demander d’utiliser tous les outils qu’il a dans un entrepôt et la vie qui utilise un peu comme un bricoleur qui avec un bout de ficelle, une conserve et une table va faire une bombe atomique, il va bricoler à partir de ça pour arriver plus ou moins au résultat escompté, c’est exactement ce qui se passe avec l’évolution.), on porte le fardeau de l’histoire de notre lignée, et on expose le tout aux forces sélectives. Les innovations évolutives adaptatives vont donc être un bricolage autour de ces 3 forces. Pourquoi le dauphin a 5 doigts, parce qu’il hérite de ce plan d’organisation de sa lignée, les tétrapodes, caractérisés par ce type de membre. Ça ne veut pas dire que cette structure est immuable, ça veut dire qu’elle peut-être plus ou moins labile. D’ailleurs ce qui est marrant avec cet exemple du dauphin à 5 doigts c’est que, certes, il a 5 doigts c’est-à-dire qu’une de ses caractéristiques historiques a été maintenue, mais par contre il a, je sais plus, une quinzaine de ph Alan ges, donc un autre caractère le fait qu’on a un nombre de ph Alan ge limité, lui, a été relâché chez le groupe des cétacés. Et on se retrouve avec ce qu’on appelle une hyperph Alan gie. C’est pareil pour les mammifères qui ont 7 vertèbres cervicales, c’est pas une loi, il y a par exemple, de mémoire, le lamantin qui en a une de moins et les paresseux qui en ont une de plus. Mais pourtant, si tu observes l’intégralité des mammifères, tu vois que c’est un caractère qui est assez contraignant c’est-à-dire qui est maintenu.
Dans la question, il y a en fait confusion entre évolution et adaptation : en effet, ces contraintes sont un frein à une adaptation optimisée, pas à l’évolution. Chez la girafe, ces vertèbres cervicales sont plus grosses, il y a eu évolution, il y a eu accumulation de modifications mais par contre ce n’est pas une adaptation optimisée c’est-à-dired que, oui, d’accord c’est complètement con, il y a un cygne qui est à côté qui, lui, a une quinzaine de vertèbres cervicales qui lui permet de bien plier son cou et il y a cette girafe à la con qui a 7 vertèbres cervicales qui sont beaucoup plus grosses et donc, c’est absolument pas optimum c’est tout simplement parce qu’il n’y a pas eu optimisation il y a juste eu adaptation basique.

Nico : Et pour faire une remarque mathématiques là-dessus, qui parlera en plus à David , sur les algorithmes génétiques qui sont basés sur la sélection naturelle c’est que, de toute façon, ce principe même de sélection vraiment théoriques permet d’obtenir des optimum locaux, donc c’est peut-être la girafe qui a 4 vertèbres, c’est un optimum local mais il y en avait peut-être un vachement mieux avec plein de modifications à coté, mais la sélection naturelle en tant que juste principe théorique, permettrait jamais de l’atteindre. Ca c’est le premier truc et le deuxième truc sur vos remarques, ce qui est assez amusant c’est aussi que la girafe qu’on observe aujourd’hui c’est peut-être pas celle qui a atteint l’optimum non plus, peut-être que celle qui atteindra l’optimum ce sera dans 2 siècles et encore 2 siècles c’est court en géologie non ?

Pierre : Oui c’est très court mais c’est surtout l’optimum quand tu dis optimum c’est parce que toi tu es en train juste de considérer le caractère.

Laurent : Moi je voulais faire un commentaire sur l’optimum je pense que justement cette notion d’optimum elle est très dangereuse parce que, est ce qu’on parle d’optimum ou est ce qu’on parle « de suffisamment bon pour survivre proprement dans la niche écologique qu’on s’est choisi » et donc la girafe si ça se trouve son grand cou ça lui sert rigoureusement à rien mais, elle est suffisamment morphologiquement adaptée pour survivre, se reproduire proprement et dans une niche elle peut prospérer. Il n’y a rien d’optimum là-dedans. Et est-ce que c’est pas cette notion d’optimum sur laquelle on a tendance à se focaliser et qui biaise un petit peu la vision qu’on a de l’évolution, optimum.

David : La notion d’optimum me choque pas outre mesure mais en effet à partir du moment où on parle d’un environnement donné et d’un critère donné. Et sachant en effet que comme l’a expliqué Nico avant, on n’est pas forcé de l’atteindre, et même la plupart du temps on l’atteindra pas.

Nico : On parle d’optimum local c’est à dire que c’est un optimum local ça peut être un truc qui n’est absolument pas optimum. Même si le mot optimum plait pas, ça peut être un optimum mais qui en fait est pas du tout intéressant.

Pierre : Mais en plus on considère la girafe, on voit son environnement, et on se dit elle bouffe les feuilles des arbres tout ça et on dit, ça, là, je suis en train de voir un caractère, à mon avis c’est ça qui lui a permis de s’adapter à cet environnement. Ça c’est pas vrai, c’est juste qu’on est en train d’observer un organisme, on a tout une myriade de caractères et on doit se poser la question quels sont à l’heure actuelle les caractères sur lesquels il y aune sélection, et ensuite pour savoir pourquoi elle est dans cet état là, quelles ont été les myriades d’adaptations qui ont mené, des adaptations locales comme tu as dit, qui a mené à cette construction de son cou soit présent maintenant chez la girafe, et c’est pas du tout évident. Et derrière tout ça, il y a aussi une grande question c’est : pourquoi s’intéresser qu’à son cou. Il y a tellement de choses sur cette girafe. Il y a un telle myriade de caractères qu’on va prendre le plus évident mais en fait l’optimum c’est faire abstraction du fait qu’un organisme c’est pas un caractère c’est tout un tas de caractère.

David : Peut-être juste pour préciser que ce soit clair, c’est : imaginez qu’on a un plan avec des bosses, des creux qui sont toutes les possibilités de fitness en fonction des caractéristiques de la créature, et les optimums locaux c’est les bosses. C’est les endroits où on va naturellement aller, naturellement aller se retrouver coincés en termes de fitness, naturellement il y en a plusieurs. Il y en a plein des optimums locaux.

Nico : C’est appliqué au centre de la France et aller au massif central comme le mont le plus haut du coin.

David : Tout à fait. Alors que bon si jamais on habite à Lassa, le massif central moyen quoi…

Nico : Pour skier les Alpes sont sans doute un peu mieux.

Alan : Pour être clairs une fois pour toutes : est-ce que la sélection naturelle, c’est la loi du plus fort?

Pierre : En un mot, si le plus fort ça veut dire le plus de muscle, qu’est-ce qu’on fait de la majorité des espèces qui n’en possèdent pas? Pour ceux qui possèdent uniquement des muscles, c’est dégueulasse et les plantes elles en possèdent pas ? Plus sérieusement, la sélection naturelle agit sur la possibilité de se reproduire, et par extension, de survivre jusqu’au moment de se reproduire. A un environnement donné, dans un contexte reproductif donné, les variations qui confèrent un avantage sélectif vont favoriser les individus qui les portent et se propager dans la population. Il y a adaptation. Mais attention, adaptation ne veut pas dire que l’individu, en entier, est adapté. Et d’autre part, adaptation ne signifie pas perfection, ou optimisation. Le moindre écart avantageux ou désavantageux est susceptible d’être sélectionné.

Alan : Je voulais juste faire un commentaire sur la traduction de “Survival of the fittest” ça veut pas dire la survie du plus fort en fait. L’expression n’est pas de Darwin, mais d’Herbert Spencer. Darwin l’a introduite dans la 5e édition de l’Origine des espèces comme synonyme de “sélection naturelle”.

Pierre : Il faut dire quand même dire qu’il était assez enthousiaste. Il faut quand même en parler. Darwin était enthousiaste de cette expression « survival of the fittest » peut-être parce que lui il avait une idée assez précise de ce qu’il voulait signifier mais pour lui ça lui allait.

Laurent : Ça claque bien.

Alan : Et selon SJ Gould, il l’a utilisée comme une métaphore pour dire “mieux adapté pour un environnement local immédiat”, pas dans le sens de “dans la meilleure forme physique possible”. Il y a vraiment une ambigüité là sur le terme.

Pierre : Il y a une ambigüité en anglais qui a été transmise en français, en encore pire. Fittest, j’ai en tête dans une to be fit en anglais, c’est être dans un bon état physique, en français on l’a traduit en « plus fort » c’est encore plus absurde.

Alan : C’est complètement dingue. D’ailleurs, si on fait de l’analyse de texte… Darwin n’a pas non plus utilisé le mot “évolution” dans les éditions originales de l’Origine des Espèces. Il l’a introduit à la 6e édition (avec plein d’autres trucs introduits sous la pression de ses collègues, de sa famille, de l’église…). Je trouve ça quand même assez marrant que ce terme qui pose tellement de problèmes, lui il l’avait pas utilisé.

Pierre : Ben ouais c’est ballot, en même temps évolution à son époque, son grand père commençait à l’utilisait (Erasmus Darwin) pour parler justement de transformation des espèces, mais si on le regarde, en fait évolution, au début du 19ème siècle, c’était utilisé pour parler du développement des organismes, du coup il allait pas utiliser le terme évolution alors que ca s’était pas répandu comme quelque chose qui voulait dire ce que lui voulait signifier.

Laurent : Alors Pierre un commentaire sur cette histoire de « survival of the fittest », la difficulté qu’on a à traduire fittest est souvent reprise comme un argument à l’encontre de la théorie darwinienne. Finalement qu’est ce que ça veut dire fittest, ça veut dire celui qui est capable de survivre et donc the survival of the fittest ca veut dire la survie de celui qui est le plus apte à survivre, est ce qu’on est pas dans une logique où on tourne en rond ?

Pierre : Ben non parce que en fait, fittest, tel que voulait le signifier Darwin c’était adapté dans le but de se reproduire. En fait s’il a dit survival of the fittest to reproduce ça aurait été parfait. Cette expression comprimait à ça ne va pas, mais pour lui fittest ça voulait dire adapté et pour lui c’est nécessairement, dans sa tête, puisqu’il l’avait défini correctement même sans utiliser cette expression suffisamment adapté pour pouvoir et survivre et se reproduire.

Alan : Je crois qu’on va gentiment pourvoir commencer la partie question. Avant de prendre celle de Laurent j’en ai juste une qui apparaît maintenant dans la chatroom et j’aimerais bien qu’on la traite, est ce que l’être humain a cessé d’évoluer ?

Pierre : Rappel, l’évolution, c’est la transformation d’une espèce. En termes purement théoriques, l’arrêt de l’évolution d’une espèce n’est uniquement envisageable si un des 3 aspects du mécanisme est arrêté :
Pas de variation, on serait tous des clones. Ça ce serait un arrêt d’évolution.
Pas de contraintes sélectives, toutes les générations seraient renouvelées à l’identique en termes de nombre, dans un environnement aux ressources illimitées. On n’aurait absolument aucune contrainte.
Pas d’hérédité: plus de transmission de patrimoine à la génération suivante.
Et puis bien sûr, il y a le cas qui fâche: l’extinction, qui est un arrêt définitif de l’évolution d’une lignée.
Ces 3 mécanismes, c’est la seule solution pour qu’il y ait arrêt de l’évolution de l’espèce humaine. Ça n’arrivera pas à moins qu’on s’éteigne.
Ce qu’on subodore dans cette question, c’est l’absence d’adaptation. Mais, dans une population de taille conséquente, si tous les humains n’ont pas l’occasion de se reproduire, c’est que certains caractères vont être transmis tandis que d’autres vont disparaître peu à peu. Par contre cela prend un temps assez important (plusieurs générations) mais on peut d’ores et déjà trouver des exemples d’adaptations dans l’histoire de la lignée humaine Homo sapiens.

David : Juste un petit mot. Il me semble, je suis d’accord avec toi, mais il me semble aussi que l’idée qu’il y a un petit peu derrière les personnes qui pensent qu’il n’y a plus d’évolution, c’est pas nécessairement qu’il n’y a plus de sélection mais c’est que la sélection ne s’effectuerait pas sur les critères qui sont héréditaires. Plus que le fait qu’il n’y ait plus de sélection. Je pense que c’est pas possible et que c’est pas le cas.

Nico : Moi j’ai l’impression, dans les peuples riches, les civilisations occidentales où on est, il y a très peu de critères qui vont nous empêcher de nous reproduire. Critères génétiques ou autre qui vont nous empêcher de nous reproduire. L’effet de la sélection naturelle j’ai du mal à voir où il y a un impact.

Pierre : Ouais, mais en fait ce que j’étais en train de te dire c’est que vous voyez pas d’adaptation. L’évolution, la transformation d’espèce humaine, elle aura lieu. Et ça c’est très très important à concevoir parce que si tu dis, les humains évoluent plus, ben c’est pas vrai au contraire. Avec le boom démographique qu’on a, tu te rends pas compte du nombre inconsidérable de variations parmi les humains qui émergent à l’heure actuelle qui vont plus être transmises à la génération d’après. SI les humains évoluent. Donc oui, il y a des transformations. Maintenant la sélection naturelle, qu’elle favorise une adaptation à une autre ben ça je peux pas le prédire, mais avec la taille des effectifs, si il y a toujours une sorte de contraintes pour que toute les populations se mélangent pas avec tout le monde, ben il y a une forte chance que dans certaines populations tu vas avoir des adaptations locales à une contrainte. C’est juste qu’on peut pas prédire lesquelles. Mais à partir du moment où je vais être dans un village et que la population augmente mais que tous les reproductifs ne sont pas mis à contribution c’est-à-dire qu’il va y avoir émergence des caractères les plus adaptés à la reproduction, je sais pas lesquels mais c’est très probable. Vu que ces caractères sont assez contre intuitifs, cela nous montre qu’on a peu de recul pour identifier maintenant quels sont les caractères futurs pouvant être sélectionnés.

David : Si ils sont corrélés avec la capacité à se reproduire encore une fois. Si jamais c’est des caractères qui sont juste random.

Pierre : On y vient justement à ça. En effet, mais comme d’hab’ je vais le répéter encore peut-être un million de fois pendant l’émission, tous les caractères ne sont pas sélectionnés, seulement une poignée de caractères à chaque individu, à chaque population et à chaque génération vont être sélectionnés, pas l’intégralité, donc il y a une myriade de caractères qui, de chaque génération en chaque génération, sont transmis sans avoir subi le filtre de la sélection naturelle.

David : La dérive génétique aussi.

Alan : On y viendra dans un petit moment à cette question de la dérive génétique. Mais si on parle de l’évolution de l’être humain spécifiquement en fait, c’est vrai que ce qu’on observe c’est qu’on s’est débarrassés de tous nos prédateurs. On a inventé des moyens de garantir notre alimentation donc on a plus besoin de chasser et de rester affamé 1 jour ou 2 grâce à l’agriculture et de risquer de mourir, inventé le chauffage, les habits, le préservatif, la médecine, l’hygiène et surtout les vaccins, on est quand même soumis de manière vachement moins directe aux pressions sélectives.

Pierre : Ben non, quelle est la pression sélection la plus importante, celle destinée à se reproduire. Est ce qu’on baise tous, est ce qu’on est tous là à avoir exactement le nombre d’enfants qu’on veut.

David : On peut imaginer par exemple qu’il y aurait une pression de sélection sur des critères de beauté physique par exemple.

Nico : La capacité à gagner de l’argent, il y a un impact fort.

David : Gagner de l’argent, est ce que tu vas y voir un déterminisme génétique ou est ce que tu vas considérer que c’est complètement un acquis culturel. Moi ca me gêne pas forcément de considérer que c’est un acquis culturel.

Nico : Non je vais pas y voir l’impact d’un gène, par contre sans doute l’impact de pleins de facteurs qui vont aider etc….

Laurent : Oui mais on pourrait renverser cette prédiction dans l’autre sens c’est-à-dire que les gens riches, globalement, font plutôt moins d’enfants, les gens célèbres font moins d’enfants.

Pierre : C’est surtout le nombre des gens riches, y en a combien par rapport à la population mondiale. Leurs gènes passent pas beaucoup.

Alan : Tachons de ne pas nous égarer.

Pierre : Ça c’est aussi un des problèmes avec les discussions évolutives c’est qu’on est très très amenés à discuter de caractères imposant des valeurs adaptatives ou non sans avoir tester, et ça c’est quelque chose qui est très très énervant pour les évolutionnistes. Mais moi le premier, je suis le premier à discuter de ça parce que j’ai envie d’émettre des hypothèses mais le problème c’est qu’il faut systématiquement accompagner ces phrases là d’études qui véritablement testent ces hypothèses.

Alan : Concrètement il y a quand même des adaptations qu’on peut observer.
Il y a l’adaptation à l’altitude, qu’on a pu observer à 3 endroits différents (Andes, Ethiopie, Tibet): C’est des changements physiologiques observables, mesurables. Des adaptations génétiques qui ont été favorisées par la sélection naturelle, ça entraîne plus de chances de se reproduire
La fameuse mutation du gène permettant la digestion du lactose chez l’adulte. dont Xavier Durussel nous avait parlé dans l’épisode 111
Et puis il y en a d’autres qui sont en cours qu’on peut observer maintenant en train de se dérouler sous nos yeux, il y a notamment la résistance au sida chez certaines prostituées africaines qui ne se sont jamais protégées et qui n’ont pas contracté le HIV.
[drépanocytose (sickle-cell disease): trouble de l’hémoglobine, dont on meurt jeune… Mais qui permet de survivre à la malaria!]
La mucoviscidose c’est un trait évolutif alors ça ça me surprend un peu, tu peux nous expliquer ?

Pierre : C’est une maladie génétique hétéro-zygotique (il faut que l’individu porte la mutation sur les chromosomes transmis et par la mère et par le père pour contracter cette maladie). Sa prévalence dans la population caucasienne est importante. C’est surprenant pour un phénomène aussi délétère (la mucoviscidose on en meurt généralement très très rapidement, 20 ou 30 ans), mais en fait, certains auteurs, sur la base de modèles génétiques, démographiques et épidémiologiques ont proposé une hypothèse : celle que la mutation qui entraîne la mucoviscidose permet une protection précoce contre la tuberculose. Et en fait les enfants hétérozygotes sont favorisés car survivaient à la tuberculose ! Les individus qui ont seulement un des deux chromosomes porteurs de la mutation ont un poumon suffisamment visqueux pour être plus résistant à la tuberculose mais pas assez pour développer la mucoviscidose. Les enfants hétérozygotes, vu qu’il y a une époque, surtout dans les populations caucasiennes, qui ont subi de larges épidémies de tuberculose, ces enfants hétérozygotes ont été sélectionnés, ont survécu et ont transmis leur mutation, ce qui fait qu’à l’heure actuelle on se retrouve avec cette mutation avec une prévalence énorme dans la population caucasienne.

Alan : La population caucasienne donc c’est nous autres c’est les européens.

Pierre : Européenne et la partie occidentale de l’Asie.

Alan : Ok. Et puis il y a un autre phénomène qu’on est en train d’observer et qui est assez intéressant c’est ce qu’on appelle l’agénésie.
Il y a l’agénésie des dents de sagesse (c’est à dire l’absence totale de leur formation), qui est un trait qui se propage lentement mais sûrement au sein de la population humaine. Avec de très fortes variations locales. Les mexicains natifs, par exemple sont à 100% d’agénésie : personne n’a plus jamais de dents de sagesse.

Pierre : Et ils ont bien de la chance !

Alan : Chez les Aborigènes de Tasmanie, c’est le contraire. Ils ont tous toutes leurs dents. On a pu isoler un gène concerné, le PAX9, mais il y en a d’autres.

Pierre : En fait quand tu dis « isolé le gène concerné » ça veut dire tout simplement que les gens sont porteurs de variants de ce gène PAX9 qui ont envahi soit la population des aborigènes de Tasmanie, soit envahi la population mexicaine. Mais le gène PAX9 est présent chez tous les humains.

Alan : Ok, je crois qu’on a bien posé le décor. Passons aux questions de Laurent , de Mathieu et de Nico tupe et éventuellement de la chatroom.

On va commencer avec une question de Laurent . Tu voulais revenir sur le Lamarckisme.

Laurent : Ouais, je voudrais revenir sur le Lamarckisme et sur la question de l’hérédité des caractères acquis, auquel on associe traditionnellement Lamarck. On a découvert au cours du 20è siècle que Darwin qui refusait ce principe d’hérédité des caractères acquis…

Pierre : Non justement, il l’a réhabilité dans sa 5è et 6è édition de l’origine des espèces.

David : Même dans la première, il l’éjectait pas complètement, il en parlait vite fait.

Laurent : Se dont on s’est rendu compte, c’est qu’à la fois les bactéries qui pouvaient recevoir, en contact d’autres souches qui résistaient, par exemple a des antibio, une résistance et se la transmettre de génération en génération. Des rats qui lorsqu’on les mélange dans des souches qui sont plutôt calmes, qui sont élevés par des parents anxieux deviennent anxieux et se transmettent ce caractère d‘anxiété de génération en génération. Globalement, on fait de plus en plus d’expérimentation qui mettent en évidence que, sous l’effet d’un choix, ou d’un stress, ou de conditions environnementales données, les organismes acquièrent certains caractères et sont capables de transmettre de génération en génération ces traits, alors même que ces traits sont réputés être de nature non génétique. Alors, à quel point faut-il réhabiliter Lamarck de ce point de vu là ?

Pierre : Alors, avant d’en venir à ma réponse, juste, dans tous les éléments que t’as donné, en effet les rats, le stress ça faisait vraiment partie de l’épigénétique. Pour les bactéries moi je considère qu’à partir du moment où déjà ce sont des organismes qui se reproduisent de par une reproduction asexuée, c’est des cas un petit peu particuliers de, justement, la manière de propager ces gènes. Mais d’autres part, ils acquièrent des résistances uniquement par incorporation de matériel génétique, donc ça pour moi c’est une mutation, ça reste de l’hérédité normal.

Laurent : C’est à la fois de la génétique et de l’acquis.

Pierre : Oui mais d’une certaine manière c’est pas grave, puisque leur mode de reproduction qui est asexué c’est systématiquement ça. C’est-à-dire que tout ce qui va se trouver dans la cellule va se diviser en 2. Pour moi c’est juste une mutation bizarre. Tout ce qui est modifié dans la bactérie va être transmis donc…oui en effet ce sera systématiquement acquis et transmis. Ça, c’est à part. Revenons en au problème de l’épigénétique.
(http://www.youtube.com/watch?v=kp1bZEUgqVI)
Tout d’abord, expliquons ce qu’est l’épigénétique. Si vous prenez un organisme multicellulaire, comme une plante, ou un animal. toutes les cellules possèdent le même programme génétique, et pourtant, toutes vos cellules ne se ressemblent pas : vous avez des neurones, des cellules osseuses, des cellules intestinales, etc… Toutes avec le même programme. Pour qu’elles se différencient, il faut que l’information génétique soit interprétée différemment. Tous les processus qui portent cette information sont regroupés sous une seule bannière, celle de l’épigénétique. Il peut s’agir de la configuration de l’ADN dans les chromosomes (plus ou moins compacté), de sa modification (on parle de méthylation, certaines lettres qui composent le code génétique de l’ADN, A,T,G,C, qui peuvent être méthylée c’est-à-dire auquel on ajoute un groupe, une molécule qui fait que le programme qu’elle codait va être différemment interprété dans la cellule.), de la place des centromères (le ‘milieu des chromosomes’), de la longueur des télomères (les extrémités des chromosomes), du contenu en facteurs ARN et protéiques dans le cytoplasme : toutes ces différentes facettes influent sur l’exécution du programme génétique. L’épigénétique peut être pré-organisée (c’est ce qui se passe au cours du développement par exemple, où à partir d’une seule cellule, on obtient un organisme multicellulaire composé d’organes et de cellules différenciées), mais parfois, elle peut être modifiée en interaction avec l’environnement. Un stress métabolique (manque ou excès de nourriture), une exposition à certaines molécules, une interaction avec un autre individu, vont altérer l’épigénome de certaines cellules qui vont alors exprimer une partie du programme génétique qui n’est pas habituelle. Par extension, l’épigénétique explique notre labilité à survivre dans certains milieux inhabituels. En regardant Nico tupe, fruit de son développement dans un certain milieu, je ne me rends peut être pas compte de ce à quoi il pourrait avoir ressemblé si il avait été élevé dans un igloo, si ça se trouve il aurait eu plus de barbe, si ça se trouve il aurait eu plus de cheveux longs, je sais pas. L’expression de son programme génétique adapté à la vie au froid est cachée, on dit cryptique.
Maintenant, la grande question c’est: est-ce que l’épigénétique est transmissible. Et là, on touche à l’hérédité. Je vous rappelle que c’est un élément important de la théorie de l’évolution mais pas expliqué par la sélection naturelle. Que l’hérédité soit mendélienne ou lamarckienne ne rentre pas en compte dans la sélection naturelle. On peut en faire abstraction (même si c’est tout de même très important de clarifier cet aspect pour comprendre les mécanismes évolutifs).
Les organismes multicellulaires, généralement, utilisent une lignée de cellules particulières pour se reproduire : la lignée germinale. C’est le programme génétique (et l’épigénome) de cette lignée qui compte pour les caractères héréditaires transmis aux générations suivantes. La question est de savoir si des modifications épigénétiques surviennent dans cette lignée au cours de la vie de ses porteurs, et en fonction de l’environnement. On parlera alors de transmission de caractères acquis. Cependant, on a remarqué qu’au cours de l’établissement de cette lignée, et au début du développement, il y a des étapes de remise à plat de l’épigénome. Pour l’instant, on a quelques exemples documentés de modification épigénétique transmise à la lignée germinale, mais il reste beaucoup à faire.

Laurent : Du coup ce que tu dis c’est que premièrement c’est plutôt une exception que la règle, parce qu’en général il y a remise à plat à chaque génération et que deuxièmement on n’a pas encore vu à long terme que cette transmission se transmettait.

Pierre : Mais le problème c’est qu’il y a des exemples qui ont documenté ce phénomène de transmission des caractères acquis cependant on ne sait pas, vu que finalement c’est juste une modification qui est transmise à la génération suivante, en quoi ça peut contreb Alan cer tout un effet de sélection naturelle.

Alan : L’erreur de Lamarck n’était pas d’avoir postulé la transmission des caractères acquis.

Pierre : Lamarck a loupé la sélection naturelle. En gros, la girafe transmettait un caractère qu’elle “voulait” acquérir et en considérant la transmission des caractères acquis comme nécessaire et suffisante, c’est-à-dire que tous les caractères étaient compris comme transmis à la génération suivante.

David : La vision à l’époque de Lamarck de la transmission des caractères acquis a absolument rien à voir avec la vision qu’on a aujourd’hui. On parle d’une espèce de modularité qui tient quasiment plus au développement qu’à véritablement un changement qui serait, éventuellement, dans certains cas, transmissible sur une génération de la mère à l’enfant et que Lamarck partait du principe qu’il y avait vraiment des modifications acquises qui s’accumulaient, dans son idée.

Pierre : Quand même, ça commence à se documenter, le problème c’est qu’il faut que l’épigénétique fasse rejoindre des observations étranges qu’on a observé. Par exemple, il y a un village suédois (ou norvégien, je confonds toujours) dans lequel, en étudiant véritablement la population, on a remarqué que de génération en génération, en fonction de la qualité de la récolte, on observait un effet, non pas sur la génération suivante, mais sur 2 à 3 générations suivantes c’est-à-dire des enfants pour lesquels les arrière grands parents avaient vécu une disette vivaient plus longtemps, alors que ceux qui avaient vécu dans des moments où ils pouvaient se baffrer jusque là, ils vivaient moins longtemps, et c’était pas à une génération, mais c’était à 3 générations d’écart. Donc c’est un véritable phénomène épigénétique. Mais maintenant le problème c’est qu’il faut essayer de trouver quelle en est la source et quel en est le mécanisme. Et en l’occurrence c’était pas du tout un mécanisme qui était transmis de la mère à l’enfant. En gros on en est au balbutiement de l’épigénétique, on en est à 20 ans des données qui commencent à s’accumuler et il faut qu’elles se recoupent quoi. Mais de ce que j’en ai compris, pour l’instant ça ne va pas à l’encontre de la sélection naturelle.

Alan : On a une question de Mathieu qui est pas là pour la poser lui-même, La dérive génétique introduit une composante de hasard, indépendante des mutations et de la sélection naturelle…
Pierre , peux-tu commencer par expliquer ce qu’est la “dérive génétique”?

Pierre : La question de Mathieu est cruciale, mais un peu mal tournée. On va d’abord commencer par définir ce qu’est la dérive génétique. C’est un effet de l’hérédité. Dans une population, lorsqu’une mutation survient et est transmise par un individu, on peut étudier, au cours du temps, sa fréquence dans une population, et celle-ci peut augmenter, voir envahir la population, ou disparaître. Dans certains cas, surtout quand il s’agit d’une petite population, ou encore de mutations neutres (qui ne confèrent ni avantage, ni désavantage sélectif), les variations de la fréquence de cette mutation va suivre une répartition aléatoire, au grès des brassages génétiques générés par la reproduction sexuée notamment. Résultat : on peut voir des mutations, des caractères, modifier les espèces sans avoir été sélectionnées.
Reprenons donc la question de Mathieu: la dérive génétique introduit en effet une composante aléatoire, indépendante de la sélection naturelle. Par contre ce n’est pas indépendant des mutations puisque c’est justement la base de la dérive génétique: la fixation ou non d’une mutation dans une population.
Pour résumer : oui, la dérive génétique est un phénomène complémentaire de la sélection naturelle. C’est pourquoi elle a rejoint la théorie de l’évolution au début du XXème siècle et a été notamment largement popularisée par Motoo Kimura qui a stipulé que la dérive génétique expliquait la majeure partie des modifications génétiques (vu que la plupart des mutations dans un génome peuvent être neutres).
Cependant, on peut quand même considérer que la dérive génétique n’est pas un moteur crucial de l’évolution. Il s’agit essentiellement d’une source de fixation de variations neutres dans un contexte de petite population. Un cas de figures, pas tout le temps rencontré et qui, s’il était unique, sans sélection naturelle, n’amènerait pas vraisemblablement à l’émergence de caractères complexes.
Au passage, on peut ajouter une troisième composante complémentaire: les migrations de populations qui, en restreignant le nombre de variations dans la population migrante, entraîne des modifications et transformations (c’est l’effet du goulot d’étranglement).

Laurent : Je crois qu’il y a aussi en faveur de cette hypothèse on a découvert aussi qu’au cours du développement on avait des mécanismes qui compensaient en quelques sortes les mutations qui pouvaient se produire et les rendaient neutres, sous réserve qu’elles s’expriment dans un cadre naturel et que ces mutations neutre pouvaient constituer un réservoir de mutations latentes qui à l’occasion précisément d’un choc de conditions d’alimentation différentes, d’un stress thermique etc… Pouvaient libérer toutes ces contraintes et donc ces dérives génétique et ces mutations aléatoires, à la fois pouvaient être beaucoup plus fréquentes parce qu’elles étaient rendus inoffensives et très utiles en cas de coup dur en quelque sorte dans l’évolution.

Pierre : Ce sont de très bonnes hypothèses mais il faut avoir un protocole expérimental capable de mettre en évidence leur maintien dans les populations. C’est des hypothèses qui sont établies en observant à l’heure actuelle différentes espèces chez qui on trouve beaucoup de variations, mais maintenant il va falloir faire le travail pour voir comment de génération en génération, peut-être en séquençant systématiquement le génome de chacune des générations, comment ces mutations surviennent. Est ce qu’il y a beaucoup de sites qui sont modifiés ou pas.

Laurent : Alors toujours pour rester dans cette histoire de hasard. On découvre de plus en plus de traits hérités de virus ou d’anciennes symbioses. Cela remet-il en cause l’importance des mutations dans l’histoire de l’évolution ?

Pierre : Ben justement le terme important c’est : mutation habituelle. Pour moi, il faudrait me montrer que les mutations habituelles ne comprennent pas ces événements de parasitisme. Dans votre vie, combien de fois vous avez été infectés par des virus est ce que ça a l’air d’être si anodin que ça ? Ben non, en fait on est tout le temps infecté par des virus et donc on peut considérer que l’infection des virus, qui la plupart du temps transmettent des bouts de leur ADN dans notre propre génome, est une mutation courante.

David : Si je puis me permettre, de mon point de vue ça aurait limite tendance à renforcer le paradigme de Dawkins et du gène égoïste, le fait qu’il puisse y avoir des espèces d’échange de gènes inter-espèces, ca aurait plutôt tendance à renforcer le fait qu’au final, la sélection naturelle est réductible à l’élément génétique. Au réplicateur génétique.

Pierre : Ouais. Pourquoi pas. Justement on en venait à une des zones d’ombre de la théorie de l’évolution, c’est où placer le référentiel pour avoir une bonne estimation et une théorie cohérente de la transformation des espèces. Le problème avec cette idée là, c’est qu’on devrait plus considérer les individus que comme la somme de leur gènes et n’étudier que la transmission des gènes au sein des populations.

David : Si je puis me permettre en deux mots, oui et non. C’est-à-dire que c’est toujours le problème de la complexité, même si jamais on admet que la sélection naturelle, que l’élément de base de la sélection c’est le gène et qu’au final toute la pression de la sélection naturelle pousse sur le gène, on peut aussi admettre que de manière pratique elle a lieu à de multiples niveaux réductibles. Au final, au gène, et que pour l’étudier ça va pas être pratique de tout réduire au gène justement parce que ce serait beaucoup trop compliqué, on n’est pas équipé intellectuellement pour appréhender des mécanismes aussi complexes.

Pierre : Je suis pas sur qu’une théorie ça doit être systématiquement être limité à notre compréhension.

David : Tout à fait mais ce que je veux dire c’est qu’il y a deux niveaux : le coté application pratique et le coté réductionnisme théorique. Personnellement je veux bien être un émergentiste faible, c’est-à-dire considérer qu’on est obligés de considérer complexes comme étant des phénomènes émergents parce qu’on n’est pas équipéc pour les considérer autrement, ce qui n’empêche pas, d’ontologiquement parlant, considérer que tout cela est idéalement réductible. J’emploie des mots très compliqués, j’espère que je suis clair. Avoir l’idée qu’au final tout pourrait se jouer au niveau des gènes mais que de manière pratique, on est obligés d’étudier avec nos capacités à comprendre, on est obligés d’étudier la sélection naturelle à différents niveaux. Un petit parallèle au niveau de la physique et de la chimie, on peut considérer que la chimie est tout à fait réductible à la physique mais on va pas étudier la chimie avec les règles de la physique, parce que ce serait beaucoup trop compliqué mathématiquement et qu’on s’en sortirait pas et qu’on aurait des équations de 14 pages et que ça servirait à rien.

Pierre : Probablement. C’est sur qu’il y a une réduction de moyens à mettre en place pour pouvoir étudier l’évolution, si on s’en cantonne aux gènes.
Juste un petit mot, je voulais quand même parler plus en détail et surtout expliquer au poditeur ce que voulait signifier Laurent à propos des virus. . Les mutations comprennent ces phénomènes-là En effet, on découvre de plus en plus de traces, dans les génomes, d’organismes divers, d’infections virales ancestrales ou de symbioses (avec les cas des mitochondries et des chloroplastes, issus tous deux de symbioses ancestrales entre des eucaryotes et des eubactéries). Je vais d’abord traiter du cas des virus pour adresser la question des mutations. Pour moi, mutation génétique, c’est un mot qui définit toutes les modifications d’un génome. Cela peut être une mutation ponctuelle avec la substitution d’une base azotée (les lettres A, T, G, C de l’ADN). Mais ça peut être aussi une insertion, une délétion, et la compile des deux, un déplacement d’un fragment plus ou moins grand d’ADN. Dans le monde viral, le génome de certains virus se retrouve parfois dans le génome d’une cellule. Ces petits bouts d’ADN peuvent être considérés comme des mutations en fait. L’insertion d’un matériel génétique étranger, certes, mais une mutation quand même. D’ailleurs, certains de ces fragments se retrouvent parfois dans la lignée germinale et sont transmis à la descendance. Mieux encore, certains sont capables de se dupliquer et se réinsérer (une sorte de relique de leur comportement viral). Si bien qu’il peut y avoir invasion d’un génome par ces séquences virales ! On les appelle des éléments génomiques mobiles. On estime par exemple à 8% du génome humain la part correspondant à des éléments rétroviraux. Mais selon moi, on peut toujours les considérer comme des mutations génétiques.

Alan : La prochaine question est peut-être un petit peu plus simple, c’est une question de Nico tupe.

Nico : Pour parler un peu des évolutions très rapides sur une ou deux générations, 2-3 générations, comment c’était possible, parce que moi j’ai intuitivement l’impression que ce phénomène de sélection naturelle nécessite un grand nombre de générations.

Pierre : C’est souvent présenté comme ça, sur un grand nombre de générations, mais pourquoi ça a été présenté comme ça, c’est parce que tout simplement quand on regarde des espèces fossiles tu t’aperçois que souvent t’as des millions d’années qui s’accumulent, sans que tu vois des modifications morphologiques évidentes, donc c’est pour ça que, d’une certaine manière les premières explications de la sélection naturelle se sont intéressés à des cas d’évolution lente. Parce que c’était ceux qu’on avait plus tendance à vouloir expliquer et surtout, au moment de Darwin d’essayer de comprendre l’âge de la terre. Et c’était très important de comprendre quel était le rythme on va dire normal d’évolution. Mais il n’y a pas de rythme normal. C’est une très bonne question ! Dans certains cas, on peut l’expliquer par des effets de génétiques de populations comme l’effet goulot de bouteille ou l’intégralité de la population n’est représentée que par quelques individus parmi lesquels peuvent se répandre et se fixer des mutations particulières. Récemment, on a trouvé des mutations particulières qui ont un effet très bizarre ; ces mutations semblent générer une instabilité du génome et aussi une instabilité de son interprétation épigénétique : on parle de molécules générant une variation phénotypique. Ce sont des mutations qui touchent des molécules liées à la gestion de différents stress métaboliques et environnementaux et qui font que les organismes arborent toutes sortes de malformations. Dans le cadre où des individus sont menacés par une pression de sélection importante, ces mutations reviennent à employer la solution: ‘vu que notre programme normal n’a probablement pas de solution, autant faire n’importe quoi, ça pourra peut-être marcher’. C’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui….
Mais bon, on en est juste aux balbutiements et, en effet, c’est encore une zone d’ombre qu’il faut savoir expliquer.

Alan : Je suis sur que l’explication du n’importe quoi a du convaincre notre ami Nico tupe.
On a une question de XIV c’est son pseudo dans la chatroom.
Est ce que 1 mutation peut permettre à d’autres mutations, “cachée” jusqu’à présent, de s’exprimer ?

Pierre : Ben justement, le cas dont je viens de parler, c’en est un cas. C’est un cas mais il y a d’autres cas, surtout sur les organismes qui sont capables de reproduction sexuelle, c’est-à-dire qui ont deux copies de leur gène. Tu peux parfois avoir une énorme redondance au sein du génome, de copies qui d’une certaine manière se compensent les unes les autres, et quand il y a une mutation qui enlève cette compensation, boom là c’est le bordel incroyable et tu trouves tout un tas de modifications cryptiques que t’aurais pas pu suspecter uniquement en voyant l’était phénotypique normal.

Alan : Ok, on a une nouvelle question de Nico tupe.

Nico : Les phénomènes de sélection, on visualise ça par bloc un peu violent, c’est plus sur, comment ça se passe pour les évolutions continues, typiquement le fait qu’on soit de plus en plus grand et ça sur un siècle par exemple ?

Pierre : Le problème c’est que, justement, quand tu évalues ce caractère, tu l’envisages comme quelque chose de continu, parce que tu vois la taille progressive de ce caractère dans des populations humaines, où tu te rends compte petit à petit que les organismes sont plus grands. Mais en fait, ce caractère, ce qu’il ne faut pas oublier c’est que la taille d’un organisme c’est un caractère qui est à l’intersection entre l’inné et l’acquis et donc toi ce que tu dois faire, c’est de savoir dissocier ce que tu es entrain de voir dans ton continuum de taille, ce qui est de la part de l’inné et ce qui est de la part de l’acquis. Et le problème c’est que c’est très très très compliqué parce que inné et acquis sont pratiquement totalement imbriqués l’un à l’autre. C’est le cas pour tous les caractères phénotypiques.
La taille d’un organisme est typiquement un caractère qui est à la parfaite intersection entre l’inné et l’acquis. A vrai dire, tous les caractères phénotypiques le sont. J’ai récemment entendu Pierre -Henri Gouyon utiliser la comparaison suivante : un caractère c’est comme le filament d’une ampoule à incandescence. Certains diront que la lumière a pour origine le filament, car s’il casse, pas de lumière. D’autres diront que c’est l’électricité, pour les mêmes raisons. Le fait est que la lumière n’est générée que par le passage de l’électricité dans le filament.
C’est la même chose pour l’interaction entre l’inné et l’acquis. L’un ne va pas sans l’autre pour expliquer le caractère. On peut donc l’appliquer à la taille, il y a certainement une composante génétique derrière ce caractère, mais également une composante environnementale. Pour en voir l’effet complet, il faut savoir quel peut être l’impact de l’environnement sur le caractère. Pour la taille, la nutrition semble évidente, mais il y a aussi peut-être les stress, l’exposition à certaines molécules durant la grossesse, l’enfance, etc…
Il faut donc dénouer toutes ces influences avant de comprendre réellement quelle peut être la part héréditaire du caractère de la taille.

Alan : Pierre , tu as employé deux gros mots, phénotype, (phénotypique) et génotype.

Pierre : Alors le génotype fait partie du caractère héréditaire et transmissible chez les organismes, chez nous le matériel génétique, l’ADN. Phénotypique c’est l’expression à l’intersection entre l’environnement et la génétique des caractères. C’est plus clair ou pas ?

Alan : ouais !
Maintenant on a une question de Laurent sur l’adaptationnisme.

Laurent : N’a-t-on pas été trop loin dans l’interprétation de tous les traits et comportements du vivant comme étant le résultat d’une minutieuse optimisation par la sélection naturelle (le fameux “Rien n’a de sens si ce n’est à la lumière de l’évolution”)? En particulier quelle est la part du hasard (la dérive génétique) ou de l’exaptation (l’usage détourné d’un trait sélectionné initialement pour une autre fonction) dans l’évolution? Quelle est la part de ce génie de l’individu ou du hasard dans l’évolution ?

Pierre : L’adaptationisme est la tendance néfaste qu’ont eu certains chercheurs, surtout au début du XXème siècle, à considérer que tous les caractères devaient être issus de la sélection naturelle. Tous les caractères d’un individu ne sont pas sujets de la sélection naturelle au moment où il transmet ses gènes. C’est juste une poignée de ces caractères qui ont été sujets à la sélection naturelle. D’une part, on l’a vu, la sélection naturelle n’est pas la seule composante pouvant rendre compte de l’évolution. En effet, il y a la dérive génétique et les migrations. Pour l’exaptation, une adaptation sélective dans laquelle la fonction actuellement remplie par l’adaptation n’était pas celle remplie initialement, je la considère comme un cas particulier d’un caractère soumis à la sélection naturelle. C’est juste qu’on a un caractère qui à une génération a été soumis à une adaptation locale et qui, plusieurs générations plus tard, et soumis à une autre adaptation. Et donc peut tout à fait remplir une autre fonction. D’une certaine manière ça rentre tout à fait dans le cadre de la sélection naturelle c’est juste que ce caractère a été contraint à un certain moment à une pression de sélection et à un autre moment à une autre contrainte de sélection. On peut prendre par exemple le caractère marteau. Moi je me ballade avec un marteau, un jour, à une génération donnée, je peux appuyer sur un clou, dans un environnement ça va peut-être me conférer un avantage adaptatif, super je peux planter des clous, et 3 jours plus tard, je peux tuer mon voisin, c’est aussi un avantage adaptatif mais c’est exactement le même caractère. Donc l’exaptation pour moi c’est juste passer d’un niveau de sélection à un autre mais ça rentre dans le cadre de la théorie de l’évolution.
Donc oui, penser qu’un individu en son entier est adapté, n’a pas de sens. Premièrement, il ne faut pas perdre de vue qu’un individu n’est jamais complètement seul, il se trouve au sein d’une population, et dans une population, on trouvera toujours des variants qui ne sont pas optimaux. D’autre part, la sélection naturelle n’agit pas sur l’intégralité des caractères portés par un individu, mais sur une poignée de traits, à l’échelle d’une population. Dans ce cadre là, et en n’oubliant pas les types de contraintes inhérente aux organismes (contrainte structurelle et contrainte phylogénétique), on comprend mieux pourquoi on peut, en considérant un caractère présent chez un organisme, le considérer comme totalement non adapté, ou non optimisé. On l’a fait avec la taille des vertèbres, le nombre de vertèbres chez les girafes, il n’y a aucun moyen de le considérer comme optimisé.
Non c’est pas optimisé, c’est le résultat de 3 contraintes, en plus on va l’observer chez un individu.

Laurent : Mais il faut quand même mettre en contraste cette non-adaptation globale à un certain génie des organismes à tirer le meilleur parti de leur conformation, de leur physiologie, je pense à cet exemple des chèvres ou des chiens qui naissent sans les pattes avant et qui arrivent à se déplacer comme à la façon des kangourous en développant exactement un mode de locomotion, on dirait qu’ils ont été construits pour ça. Ou à ces personnes qui naissent aveugles et qui se localise en faisant des claquements avec la langue et qui ont développé un système d’écholocalisation qui leur permet de repérer les obstacles lorsqu’ils marchent dans la rue. Donc cette capacité d’adaptation à sa propre physiologie, qui se fait au niveau de l’organisme est ce qu’on peut la considérer comme un élément de la sélection naturelle ou c’est quelque chose qui se rajoute à cette théorie.

Pierre : Pour moi de toute façon la sélection naturelle c’est toujours ce qui a attrait à ce que va permettre l’adaptation d’un organisme, donc si ces organismes là arrivent à se répandre parce qu’ils sont capables de faire ces prouesses là.

Laurent : Et c’est toujours des prouesses très contingentes c’est-à-dire que la chèvre qui a que 2 pattes, que deux pattes arrières et pas de pattes avant, elle donnera, on l’espère pour elle, des chèvres qui auront 4 pattes normales, donc cette capacité à s’adapter et à se déplacer sur deux pattes n’est pas quelque chose qui va être sélectionné parce qu’elle aura la capacité de se reproduire c’est juste qu’elle est douée instinctivement pour être.

Pierre : Toi tu prends tous les cas les plus anecdotiques des chèvres qui ont été filmée en train de bouger de cette manière là. Quelles sont les centaines de vidéos des chèvres qui ne font pas ça. Auxquelles on a coupé les 4 pattes et qui vont pas se balader comme des kangourous ?
En fait c’est ça, juste, tu es en train d’observer un variant qui semble dans un état particulier, être capable de faire ça. Si l’explication des aveugles qui sont capables d’écholocalisation est généralisable à l’intégralité des aveugles, là on pourra émettre une hypothèse sur ce caractère. Est-ce qu’il a été sélectionné avant, est ce que c’est la conséquence d’un autre comportement qui est présent chez les personnes qui ne sont pas aveugles etc… Mais en tout cas il faut savoir quel est la part de variations. C’est-à-dire que oui là je serai tout à fait impressionné par des organismes qui sont capables de s’accommoder d’un problème physique, il faut maintenant savoir si c’est quelque chose de généralisable à tous les organismes qui sont présents, je n’invite personne à faire de la recherche en coupant des pattes de chèvre s’il vous plait. Ca serait un petit peu cruel…

Laurent : Mais même une observation très banale que de constater que les organismes qui naissent avec une difformité quelle qu’elle soit s’en sorte admirablement bien en déployant des prouesses d’ingéniosité pour surmonter leur difformité, que ce soit les chiens qui ont que 3 pattes ou etc…

David : On a été sélectionné pour une certaine habileté à la malléabilité vu que c’est l’un des critères qui augmente le plus notre fitness finalement.

Laurent : Mais est ce que c’est un critère, cette malléabilité.

Pierre : Alors, est-ce que la malléabilité est un critère, très très honnêtement, il faudrait systématiquement le considérer, à chaque fois, dans un environnement local, parce que c’est un critère face à une contrainte. Il faut toujours lui poser une contrainte sinon ça n’a pas de sens.

David : Tout à fait, fin j’en sais rien le fait que tes os puissent se réparer et se ressouder tu comprends tout de suite que ça a un avantage évolutif.

Pierre : On en vient justement à mon problème avec l’adaptationnisme et la mise en garde que je voulais donner, il est toujours facile et tentant de donner une explication adaptative à un caractère. C’est vrai qu’on peut toujours trouver un scénario expliquant la présence ou la forme d’un caractère. Mais ce ne sont que des hypothèses, une belle histoire. L’exemple que je donne toujours c’est que toutes les pommes qui ne tombaient pas vers le bas mais tombaient vers le haut ont été contre sélectionnées et c’est pour ça qu’il n’y a que des pommes qui tombent vers le bas, c’est l’exemple classique mais il faut toujours l’avoir en tête pour se dire que OK c’est bien, vous avez trouvé une belle histoire, vous avez trouvé un bon scénario pour expliquer qu’un caractère est présent ou pas , faut le tester et c‘est là que c’est un boulot immense, parce qu’on doit voir si il y a des variations qui font que les pommes tombent vers le haut ça, ça va être la première chose à tester, est ce que ces variations existent, on doit tester véritablement l’hypothèse. C’est après que le boulot immense doit commencer, où on doit tester véritablement l’hypothèse. Si on dit que, à un moment donné, la bipédie offrait à l’espèce humaine un avantage sélectif, il faut ensuite réunir tout un arsenal de preuves pour corroborer cette hypothèse. Le fait est que ce genre de scénario se trouve souvent en conclusion de découvertes de nouveaux caractères, ou de nouveaux fossiles, etc… C’est une manière d’enrober la découverte avec une belle histoire. Les chercheurs laissent alors le soin à d’autres équipes de tester véritablement cette hypothèse. C’est plus vendeur…
Un dernier mot sur la citation: rien n’a de sens en biologie, si ce n’est à la lumière de l’évolution. Ici il faut comprendre évolution comme la théorie cohérente expliquant la transformation des espèces. Ce n’est pas équivalent à de l’adaptationnisme.
Donc c’est Dobjanski qui a donné cette définition et ce qu’il voulait dire c’est que c’est pas l’équivalent de l’adaptionisme et c’est très important de discuter, de différencier lumière de l’évolution avec adaptationnisme.

Alan : Ok ben ça me semble très clair. On a une question de Jorj qui demande à Pierre s’il connait les thèses de Didier Raoult.

Pierre : Pfou, non…

Alan : Laurent tu avais une question ?

Laurent : Oui, une question sur micro macro évolution. Aujourd’hui comme tu nous l’as expliqué, on considère finalement que l’évolution est le résultat cumulé de micro évolutions. C’est un petit peu le réductionnisme auquel faisait référence David , moi j’ai compris qu’on pouvait observer sur des échelles de temps beaucoup plus longues, des échelles géologiques, des phénomènes qui n’étaient pas forcément explicables par ces micro évolutions, des grandes tendances, ce sont les équilibres ponctués par exemple de la théorie que défend SJ Gould, qui explique que globalement, les radiations évolutives se produisent à des moments précis, l’explosion du cambrien par exemple et suivies par de longues phases où rien ne bouge et finalement selon des règles qui dépassent ou sont un petit peu au delà de la micro évolution habituelle qui est décrite.

Pierre : On en parlait justement, juste avant l’émission, de cette question et ce que je pointais à Laurent , le problème c’est qu’en fait micro évolution et macro évolution, c’est à la fois des phénomènes et à la fois des disciplines de la biologie, donc là où véritablement on peut constater, il n’y a pas rencontre la microévolution et la macro évolution c’est que les disciplines de la biologie ne se sont pas encore rencontrées dans le sens où on n’a pas encore un continuum, à l’heure actuelle, entre des études qui ont été faites sur des organismes présents qui accumulent petit à petit des modifications et dont on voit la transformation en espèce etc… avec ce que peuvent étudier la macro-évolution c’est-à-dire, des gens qui vont regarder des centaines de millions d’années et observer la présence d’un caractère, l’absence d’un caractère la transformation d’un caractère. Donc ça c’est encore quelque chose qui doit se rencontrer. Par contre le phénomènes de micro et macro évolution, pour moi, sont tout à fait compatibles, la seule chose qu’il faut avoir en tête c’est les exemples qu’on avait donné toute à l’heure à Nico tupe d’événements, où il peut y avoir une radiation c’est-à-dire d’évolution rapide, et une sorte d’explosion de la diversité. Mais comme l’a fait remarquer SJ Gould, quand on observe les espèces fossiles, est ce qu’on le trouve tout le temps, non on le trouve tous les 300-500 millions d’années, c’est un phénomène extrêmement rare. Donc en fait ce qu’on essaie de demander à des chercheurs en micro évolution c’est d’essayer de reproduire quelque chose qui est finalement super rare à l’échelle géologique. Là où on va peut-être essayer de le rejoindre c’est quand des gens qui travaillent sur la macro-évolution arriveront véritablement à distinguer quelles sont les mécanismes évolutifs à l’origine des grands changements qu’ils ont observé, et ça c’est très très dur.
Moi je troque à l’appellation « synthèse moderne de l’évolution « (qui date quand même des années 70), » théorie synthétique de l’évolution ». Les expliquassions de SJ Gould lui ont succédé et donc, au contraire, étend cette synthèse pour justement incorporer des mécanismes pouvant rendre compte de phénomènes macro-évolutifs.

David : Alors il y en a quand même deux éléments qui sont assez, je dirais, simple à imaginer, qui peuvent provoquer ces grands changements. C’est déjà en raisonnant en termes de fitness landscapes, c’est-à-dire, en termes de cette espèce de carte dont on parlait toute à l’heure avec Nico qui représenterait les endroits où l’évolution peut nous conduire et où on va être plus adapté à un environnement donné et ceux où on va être beaucoup moins adaptés, en les représentant comme des espèces de montagnes on voit assez bien que, quand on est dans la plaine, c’est très difficile de trouver des mutations qui vont nous re-ramener vers quelque chose de plus intéressant, quand on commence à s’approcher de cette espèce de montagne, c’est-à-dire, quand on commence à vouloir un critère et qui est optimisable et qui nous rapproche d’un optimum local, l’évolution peut s’accélérer. Ca peut expliquer des grands changements massifs, explosion précambrienne, mais ça explique quand même des formes de discontinuité dans l’évolution d’une espèce. Et puis il y a aussi les grands changements environnementaux bien sûr.

Pierre : Ouais voilà, et puis il y en a beaucoup qui disent bon ben la macro évolution ça a pas été documenté, il y a que des processus de micro évolution, très très clairement on peut, à l’heure actuelle, on sait, dans le registre rhétorique, dater des phénomènes génétiques qui sont du registre de la macro évolution, je pense par exemple à la duplication des génomes, chez les animaux, en fait, on est capable d’observer que la plupart des vertébrés possèdent deux fois le matériel génétique de l’intégralité des autres organismes, c’est-à-dire qu’on trouve 2 copies de chaque gène chez les vertébrés, et on en trouve deux fois plus chez une partie de certains poissons, et donc on est capable de noter qu’il y a eu des événements où il y a eu la duplication intégrale du génome, c’est comme si, en gros, il y avait eu une cellule œuf qui au lieu de se diviser en divisant son matériel génétique, l’avait gardé et avait donc deux fois plus de chromosomes que normalement. Et donc l’hypothèse de la polyploïdie du génome on est capable de dater des moments où, chez une partie des vertébrés, on a deux fois plus de matériel génétique que chez les autres organismes et c’est un phénomène macro évolutif génétique documenté. Un autre, ça pourrait être tout simplement la symbiose des mitochondries et des chloroplastes, c’est quand même quelque chose de complètement dingue et qu’on est capable de dater c’est-à-dire qu’on est capable de dire : à tel moment dans l’évolution, il y a eu symbiose, donc incorporation d’un organisme entier à l’intérieur d’un autre organisme qui a permis toute une radiation d’une lignée spécifique, les eucaryotes avec, pour une partie des mitochondries, et pour une sous partie des mitochondries et des chloroplastes qui leur permet la photosynthèse.

Alan : Ok, je crois qu’on va devoir prendre congés de David .

David : Tout à fait, ben je vous laisse terminer.

Pierre : Merci David .

David : A la semaine prochaine…
Pierre : On y sera peut être encore !

Alan : A ce rythme là il y a des chances.

Nico Pendant que David s’en va par rapport à ce qu’il disait sur le problème quand on est dans une plaine de sortir de la plaine, bon ce qui est marrant c’est que pour avoir pratiqué un peu des algo génétiques, si on a une autre approche de la sélection naturelle qui est amusante c’est qu’on peut s’amuser à voir où ça va, et on n’a pas besoin d’avoir des espèces pour pouvoir tester, là on peut faire un peu tout et n’importe quoi et typiquement pour trouver un optimum plus global qu’un optimum local, il y a les mutations qui sont très utiles pour ça, parce que ça permet de sortir de cet optimum local et d’aller chercher ailleurs un peu au hasard, donc c’est marrant parce que le système de mutations au hasard est peut-être apparu pour ce besoin justement de ne pas rester entre des gènes qui resteraient…
Pierre : Ca je peux te répondre tout de suite c’est une conséquence physique en fait, il n’y a pas de matériel qui se reproduit, qui est immuable, on le voit même sur des cristaux, quand t’as des formations de cristaux ben il n’y a jamais un cristal complètement parfait.

Nico : En tout cas c’est un moyen quand on écrit des algo qui sont basés sur ces idées là, de justement pas faire de la “consanguinité” et justement pour pas faire de la consanguinité il y a des choses qui existent naturellement mais pour d’autres raisons qui sont, par exemple, dans un algorithme on va interdire à un clone de se reproduire ou quelque chose comme ça pour qu’il n’y ait pas de consanguinité, et qui sont des mécanismes qui existent naturellement dans la vie, c’est juste une aparté un peu sur les modèles théoriquement, comment les faire fonctionner et où on retrouve des liens avec la vraie vie.

Pierre : Si ce n’est que vous vous les designer, alors que c’est apparu.
Nico : Ce qui est intéressant d’un autre côté, c’est qu’ils sont conditionnés pour être optimaux, le mot un peu interdit tout en sachant que ça marche pas, c’est pas optimal et dans la vie on voit aussi que certains choix qu’on est obligés de faire pour que ça marche, existent en effet, c’est une sorte de magie qui fait que ça marche pour des aspects, c’est purement physique, mais sans ça, ça marcherait sans doute beaucoup moins bien.

Pierre : Ouais. Non mais c’est ça que moi je trouve certainement paradoxal dans certaines prétentions d’utiliser les mécanismes évolutifs comme la sélection naturelle pour obtenir une situation optimisée, vous avez jamais vu l’évolution ou quoi ? Regardez des bestioles 5sec et il y a tellement d’aberrations, c’est pas optimisé, c’est pas un travail d’ingénieur, c’est un travail de bricoleur.

Laurent : Juste un petit commentaire sur ce paysage épigénétique, et sur cette histoire d’optimum, dans la mesure où la présence d’une espèce sur une vallée déforme elle-même le paysage, parce que le paysage n’est pas une donnée une fois pour toute et dépend de l’occupation. Ca ça me fait plutôt penser à ces espèces de châteaux gonflables où, lorsqu’on monte sur une colline, le truc redescend parce qu’on est montés dessus, du coup, je sais pas si c’est complètement modélisable a priori parce que les optimaux ne sont pas déterminés.
Nico : En fait c’est là où il y a une énorme différence entre les deux mondes c’est que, quand on se met à faire des algorithmes génétiques, on choisit un métrique, on choisit une manière de donner une valeur et donc ces collines peuvent se déformer mais il y a une manière de donner une valeur alors qu’en effet, dans la vraie vie, au delà d’un paramètre c’est un peu dur de dire mieux, moins bien, classer vraiment.

Alan : Ok dans un tout autre registre maintenant on a une question de Mathieu de nouveau qui nous dit : Peut-être que je me trompe, mais j’ai l’impression que lorsqu’on se trouve face à un chaînon manquant dans la théorie ou un processus difficilement explicable lors de l’évolution, la théorie est tellement flexible qu’elle permet de faire appel à tout moment et très facilement à une mutation génétique pour expliquer pourquoi tel aspect biologique est apparu lors de l’évolution…

Pierre : Pour moi le problème avec cette question c’est, déjà, qu’il confond mutation génétique et juste malléabilité de la théorie. D’autre part, il utilise le mot chaînon manquant donc s’il m’écoute, je le fouette, parce qu’il n’y a pas de chaînon manquant dans l’évolution, il n’y a que des diversités sur lequel agit la sélection naturelle. Du coup, il n’y a pas de ligne directrice de l’évolution, ça va un peu dans tous les sens c’est pour ça qu’il y a encore des bactéries, c’est pour ça qu’il y a encore des archées. Alors par contre je pense que ce qu’il voulait dire c’est que ce qui le dérange dans l’adaptationnisme, c’est que la théorie est flexible parce qu’elle permet toujours de faire appel à un scénario particulier Moi je pense qu’en gros, c’est ce qu’on a discuté juste avant, c’est que oui c’est très pénible l’adaptationisme parce qu’on a tendance à vouloir raconter une histoire et qu’il faut la tester, je suis d’accord mais en rien, à aucun moment, le fait qu’on trouve une histoire, qu’on confirme qu’elle est fausse ou qu’on arrive à dire qu’elle est vraie ça permet d’invalider la théorie de l’évolution, il faut pour invalider la théorie de l’évolution la réfuter sur ces mécanismes et pas sur une histoire. Voilà ce que j’en dis.

Alan : OK Cette notion de chaînon manquant c’est un truc qui revient tout le temps, qui revient régulièrement mais l’évolution tient la route qu’on trouve des fossiles ou pas. Puis le processus de fossilisation en plus est tellement rare, tellement improbable, qu’il y aura toujours des chaînons manquants.

Pierre : C’est pas le terme, en fait c’est des formes transitionnelles, c’est le terme que vous cherchez. C’est-à-dire des formes qui arborent une mosaïque de caractères présents chez un fossile plus vieux et chez des fossiles ou des espèces actuelles. Voilà c’est tout. Et on essaye de savoir si on a des formes transitionnelles. Qu’on les ait ou pas comme tu l’as dit si on avait 0 fossile, on pourrait toujours documenter la théorie de l’évolution rien qu’en faisant des expériences sur des bactéries, en faisant l’observation de résistances chez des moustiques etc… On a une ligne de preuves de la théorie de l’évolution et de la sélection naturelle.

Alan : Ok, on a une nouvelle question de Laurent .

Laurent : Oui, une question sur le mystère du sexe. Donc la sexualité, ça a la particularité de brasser les gènes, comment la reproduction sexuée fait-elle pour conserver la diversité génétique d’une population ? Autrement dit pourquoi une population ne converge-t-elle pas vers des individus tous plus beaux, forts et intelligents ?

Pierre : Là, c’est typiquement la question balèze qui revient régulièrement quand on fait de la génétique évolutive et qui est posée par de nombreux étudiants. C’est vrai que la reproduction sexuée est complètement contre intuitive. Il y a deux problèmes en fait à la reproduction sexuée, son origine, et son maintien. Un individu ne transmet, quand il effectue la reproduction, que la moitié de ses gènes et en plus, le processus de fabrication des gamètes introduit sur ce patrimoine génétique énormément de brassage. Comment ça se fait que ce mode de reproduction soit d’une part si répandu s’il est si peu efficace pour transmettre ses gènes, et d’autre part pourquoi n’y a t-il pas plus de réversion, un mécanisme de reproduction asexué comme chez les bactéries chez qui la totalité du génome est transmis. Alors d’abord, disclaimer :
j’avoue, je ne m’y connais pas trop sur ce genre de questions. Et j’ai l’impression que c’est encore largement débattu. Les hypothèses les plus pertinentes concernent les avantages de l’introduction du brassage génétique (plus de variations, donc plus de possibilités adaptatives), mais aussi des avantages inhérents à la manière particulière dont se réalise cette reproduction sexuée avec ségrégation des chromosomes etc… Il y a aussi le concept d’hybridation : les croisements génétiques entrainent la possibilité de masquer certaines mutations délétères par complémentation (c’est l’introduction des concepts d’hétérozygotie et homozygotie).
Ça c’est donc des arguments pour le maintien de la reproduction sexuée il reste toujours pour moi le problème de pourquoi il n’y a pas réversion. Il y a des cas de réversion, il y a la parthénogenèse chez des dragons de komodo par exemple, il y a la reproduction asexuée chez les rotifères, là je sors des mots qui veulent rien dire, mais en gros il y a des réversions et moi je me demande toujours pourquoi il n’y en a pas plus. Est-ce que c’est parce qu’il y a une telle contrainte sur le mécanisme de reproduction que finalement on peut pas revenir en arrière ? ou est ce qu’il y a un avantage sélectif puissant caché systématique chez pratiquement la totalité des espèces animales et végétales ? Je sais pas.

Alan : Pierre , tu as de nouveau dit un gros mot, tu vas être bon pour nous expliquer “parthénogenèse”.

Pierre : La parthénogenèse c’est Jésus, c’est quand un organisme qui normalement se reproduit de manière sexué réalise seul la production d’un organisme normal, c’est-à-dire Marie Joseph a créé toute seule Jésus, parce qu’elle est parthénogénétique. Donc à partir d’une cellule œuf, un ovule, on sait pas exactement comment, il y aurait peut-être fusion avec un autre ovule ou bien l’ovule aurait commencé à se diviser de manière anormale, il y a eu production d’un organisme complet, qui en plus marche sur l’eau, très pratique.

Nico : Et pourquoi on a gardé aucun de ces caractères génétiques justement que ce soit la reproduction tout seul, ou le fait de marcher sur l’eau.

Pierre : Ben la reproduction tout seul on l’a trouvé chez le dragon de komodo par exemple.

Nico : Non mais chez l’homme.

Laurent : Mais marcher sur l’eau c’était dangereux, puisque les seuls qui ont essayé ont été crucifiés donc c’était vraiment un caractère sélectionné négativement.

Pierre : Donc voilà encore une discussion typique d’adpationniste on raconte une histoire et après on va pas du tout tester l’hypothèse.

Laurent : Pour aller dans la même veine de la sélection, il y a une autre question qu’on peut poser, c’est si la sélection est tellement efficace pourquoi est ce qu’on n’est pas tous beaux, tous puissants, tous forts et tous très intelligents.

Nico : Je vais peut être poser ma question du coup là dessus. Bon je sais que tu l’as pas vu mais je me demandais que penses-tu de la théorie développée dans la comédie américaine “idiocracy”? En gros, l’idée est la suivante : il y a plus de gens stupides que de génies. Du coup, les idiots font plus d’enfants. Et ils les font plus tôt. A ce rythme-là, d’ici 500 ans, le QI moyen de l’humanité aura gravement diminué et tout le monde sera stupide.

Pierre : On en revient à la question de l’inné et de l’acquis. Il faudrait pouvoir dissocier l’environnement et la génétique pour l’évaluation du QI, et c’est assez compliqué. Cependant, l’évolution n’a pas de direction privilégiée et ce genre de scénario, bien que grotesque, peut refléter une véritable histoire évolutive. Parmi les espèces animales, on a de nombreux cas de lignées chez qui on a pu documenter une réduction progressive, au cours de l’évolution, de la complexité du système nerveux. C’est le cas chez les tuniciers qui, activement, digèrent leur système nerveux lors de leur métamorphose à l’âge adulte. Les vers Caenorhabditis elegans n’ont que 302 neurones alors qu’ils appartiennent à une lignée dont certains ancêtre en possédaient vraisemblablement beaucoup plus ! Et puis il ne faut pas oublier que la présence d’un système nerveux n’est absolument pas nécessaire à la survie : toutes les plantes, les champignons, les éponges, les algues, les bactéries et les archées ont évolué depuis des milliards d’années jusqu’à aujourd’hui en s’en passant allègrement. Donc à chaque fois tu dis ben l’intelligence c’est formidable, ben face à la biodiversité actuelle, pas vraiment. Elle est contenue que par quelques petits organismes appartenant à une lignée animale et qu’il y en a énormément d’autres qui s’en accommodent très très bien.

Laurent : Alors moi à l’inverse j’ai une question dans l’autre sens, comment on explique, si tant est qu’on puisse trouver une explication, des surcapacités. Je pense par exemple aux tardigrades qui sont micro-organismes qui sont capables de résister -40 degrés ou à des températures très très chaudes, qui sont capables d’aller dans l’espace, de résister aux UV, ou même à l’homme dont la capacité intellectuelle, faire des calculs faire des spéculations très compliquées, dépasse largement ce que la simple survie aurait exigé de notre vision logique.

Pierre : Parce ce que t’opposes là en fait c’est la survie et la stratégie qui est mise en place en face. Oublie pas, c’est un bricolage et un bricolage parfois, par rapport à un ingénieur ça peut marcher 10 fois mieux sans suspecter que ça puisse marcher. Et un bricoleur peut faire un système dans son jardin qu’un ingénieur de la Nasa n’aurait pas imaginé parce que tout simplement il fait un peu n’importe quoi, il est pas vraiment en train d’évaluer véritablement les désavantages et pour le tardigrade, qui est capable de survivre à des pressions environnementales, si ça se trouve c’est juste quelques petites facettes de sa physiologie, notamment la cryptobiose, qui lui confère, alors qu’il a pas fallu quelques petites étapes pour la mettre en place, une résistance incroyable à des choses auxquelles il est pas affecté en temps normal c’est-à-dire que ben oui il va pas dans l’espace.

Alan : Laurent t’avais une question sur les niches écologiques.

Laurent : Même question sur l’exclusion compétitive: la théorie de l’évolution prédit que chaque niche écologique est “remportée” par l’espèce qui lui est le mieux adaptée, et uniquement celle-ci, et que finalement elle exclut de cette niche toutes les espèces qui ne seraient pas adaptées Et je crois que les modèles mathématiques prédisent également ce type d’exclusion compétitive. Or le plancton qui vit sur la même niche écologique, à la surface des océans contient des centaines d’espèces différentes. Comment explique-t-on ce paradoxe?
Pierre : Pour moi en fait c’est la première fois que j’entends cette question parce que c’est totalement contre intuitif, vu que Darwin dans la théorie de l’évolution, un de ses constats je rappelle, c’était de s’apercevoir que dans les niches écologiques, il n’y avait pas qu’une espèce mais un équilibre entre différentes espèces, donc, dans la base de ces observations il y avait cette idée d’équilibre entre différentes espèces. Eh bien pour moi c’est un peu bizarre de me dire qu’il y a un paradoxe alors que justement, c’était pas prévu par la théorie de l’évolution, puisque justement la sélection naturelle selon Darwin allait promouvoir des équilibres plus ou moins stables entre différentes populations dans une niche écologique donnée.

Nico : Alors, je vais tenter une impro sur un truc dont j’ai jamais entendu parler, donc je vais potentiellement dire beaucoup de conneries. C’est sur le coté des modèles maths qui ont prévu la chose ou quoi que soit , je pense que là dessus il y a un vrai danger sur les modèles maths qui essaient de modéliser la vraie évolution, au sens où, je pense qu’il y a une énorme différence entre l’évolution sur une dizaine ou une vingtaine de critères et une évolution sur un million de critères, et je pense pas qu’il y ait des modèles de maths qui arrivent à modéliser l’évolution sur un million de critères. Alors c’est pour ça que j’ai peur qu’il y ait, je connais pas du tout le sujet, de gros risques à essayer d’interpréter des phénomènes évolutifs sur très peu de critères alors qu’en fait ça change tout. parce que c’est des espaces qui ont des dimensions énormes quoi.

Pierre : Et sinon à part ça, dans un domaine donné, surtout ce qu’il faut se rendre compte c’est que la compétition la plus féroce qui peut y avoir justement au sein des espèces c’est pas entre les espèces généralement, c’est surtout entre les individus qui appartiennent à la même espèce, parce que c’est eux qui rentrent en interaction, parce que le plus important c’est pas la survie, c’est la reproduction, qui c’est qui va menacer le plus la reproduction généralement, ben c’est pas le prédateur qui va en bouffer 2-3 de ces organismes, c’est le voisin qui peut copuler 10 fois plus que l’individu de la même espèce. Donc c’est en ça que ça me parait bizarre. Vu que la pression de sélection finalement la plus courante c’est qu’il y ait une compétition entre la reproduction entre les différentes personnes de la population, c’est là où va se créer énormément de diversification donc toute déviance qui permet, toute variation qui va permettre de séparer des populations entre deux groupes qui ne rentrent plus en compétition l’une avec l’autre va être favorisée. Donc c’est là qu’il va y avoir justement un boom de la diversité dans une niche écologique donné.

Laurent : C’est comme ça qu’on explique l’apparition d’espèces en dehors de l’isolement géographique qu’on imagine bien mais au sein d’une même espèce lorsque chez les poissons par exemple, je crois, on voit apparaître à partir d’une espèce, diverger en deux espèces différentes mais qui continuent à vivre le même lac.

Pierre : C’est exactement ça. D’ailleurs pendant ma présentation ‘Phéromones, pas la guerre’, j’ai donné quelques exemples de spéciation sympatriques : le phénomène de spéciation sur le même terrain (mais par contre il faut éviter de parler d’ancienne espèce, vu qu’elle est autant actuelle que celle qui émerge). La spéciation sympatrique est, il me semble, souvent un cas de reproduction différenciée. Sur un même territoire, des variants dans la population entraine une scission par préférence de partenaires sexuels différents. Certaines femelles préfèrent un chant, d’autres un autre, et cela suffit à entrainer un isolement reproductif. Une autre manière, c’est la scission de mode de nutrition, ou mode de vie. Des variants au sein d’une population deviennent nocturnes. Ils se nourriront et se reproduiront à des moments différents, ce qui entraîne un isolement reproductif et donc à terme, la division en plusieurs espèces.

Alan : Ok il nous reste 4 questions. Je rassure ceux qui n’en peuvent plus.
Laurent t’avais une question sur le code génétique.

Laurent : Le code génétique lui-même a-t-il pu évoluer au cours de l’histoire de notre vie?

Pierre : Le code génétique (la correspondance entre des triplets de nucléotides, les lettres A,T, G et C de l’ADN, et des acides aminés constituant les protéines) (tout matériel génétique n’est pas concerné par le code génétique ne code pas pour des protéines) a été une acquisition très précoce dans l’émergence de la vie. C’est un caractère très très très stable, car toute modification entraîne la synthèse de protéines complètement différentes. Cependant, ce n’est pas non plus un code totalement universel. On a observé quelques organismes qui utilisent un code légèrement altéré, à commencer par nos mitochondries qui n’utilisent pas le même code génétique, il y a quelques altérations c’est-à-dire qu’il y a quelques triplets de nucléotides qui codent pour des acides aminés différents que pour notre génome nucléaire.

Laurent : Une question sur la vieillesse et la mort, ont-elles un avantage évolutif? Ou sont-elles simplement des effets collatéraux d’autres traits?

Pierre : La vieillesse et la mort sont des événements qui surviennent, la plupart du temps chez l’humain, après la période de reproduction. En terme de sélection naturelle, c’est donc après la possibilité de transmettre son matériel génétique. Du coup, d’une certaine manière, il n’y a pas beaucoup d’avantages sélectifs à perdurer. Si on était adaptationnistes, on émettrait une hypothèse bancale en disant que si les individus ne meurent pas, il y a compétition pour les ressources, et du coup c’est un caractère qui a été sélectionné au cours de l’évolution. C’est super bancal et probablement faux. Le fait est qu’on est capable de trouver des espèces qui ont un vieillissement minimal (les rats taupes par exemple… mais bon, ils ont une tête de pénis fripé, alors c’est pas tout bénef’…) et un cas d’une méduse qui peut éviter la sénescence en parcourant à l’envers son programme développemental et ainsi se régénérer, en quelques sortes. Et puis de l’autre côté du spectre, il y a une pléthore d’animaux qui crèvent juste après s’être reproduits. C’est le cas de l’animal modèle sur lequel je travaille, le ver marin Platynereis dumerilii va subir une métamorphose, perdre son système digestif, cette métamorphose confère la capacité de se reproduire. Sitôt qu’il s’est reproduit, il crève parce qu’il peut même pas se nourrir. Et donc c’est très très très répandu notamment dans le monde animal.

Alan : Pauvre bête…Ça fait mal au cœur quand même. Baiser ou bouffer il faut choisir.

Laurent : Je vous confirme les mâles sont confinés dans des bocaux qui sont totalement différents des femelles, il faut surtout pas mélanger.

Pierre : Sitôt qu’un mâle se met avec une femelle et ben tout le monde commence à copuler et puis le jour suivant toute le monde est mort. Donc il faut bien les séparer.

Alan : C’est joyeux. Laurent encore une question.

Laurent : Allez une dernière question pour conclure, la question à 100 balles.Si l’on rembobinait le film de la vie à l’envers et qu’on le laissait se redérouler pendant quelques milliards d’années, assisterait-on aux mêmes adaptations évolutives (l’aile pour voler, les yeux pour voir etc) qu’aujourd’hui, adoptées par d’autres espèces par exemple?

Pierre : Toi t’as dit la question à 100 balles, moi je la donnais à un milliard de dollars ! On peut tout de même parier qu’on ne retrouverait pas les mêmes lignées que celles qui peuplent et ont peuplé la terre actuelle.
Maintenant on peut spéculer : Peut-être que certains événements au cours de l’évolution que nous avons connue sont si rares qu’ils ne se reproduiraient pas dans ce nouvel épisode. Par exemple, il ne pourrait y avoir aucun organismes multicellulaires, mais seulement une myriade d’organismes unicellulaires, tous plus différents les uns que les autres.
Ou bien, il y a peut être des solutions adaptatives quasi incontournables. Le cas des convergences évolutives, l’acquisition indépendante de caractères similaires au cours de l’évolution, on voit notamment pour la forme des poissons, et d’autres organismes qui sont hydrodynamiques, laissent penser que c’est probable qu’il y ait une contrainte physique tellement forte qu’on va observer systématiquement des adaptations qui ont une gueule similaire. laissent penser que c’est probable.
Ce qu’on peut espérer, c’est qu’il y a de la vie ailleurs que sur terre, et qu’on puisse se rendre compte des scénarios évolutifs qui peuvent avoir lieu ailleurs qu’ici. Ce serait l’expérience bénie.

Alan : Ouais comme tu dis. Bon on verra. On n’est pas mal à rêver là-dessus.
On a une ultime question d’un anonyme qui nous dit “les biologistes ne sont pas des matheux ou des physiciens. Sur la ligne de la rigueur, ils sont pas vraiment devant”
Pierre : Pour moi toute science expérimentale, ce qui est le cas essentiellement de l’évolution parait peu rigoureuse en fait parce qu’on n’est plus dans l’attrait de protocole empirique et on est peu dans l’application de la théorie sur des données et donc, pourtant le potentiel de rigueur dans la théorie de l’évolution est là. Il y a tout à fait la latitude pour se pencher beaucoup plus sur des problèmes théoriques, comme celui de la sexualité ou la rigueur expérimentale pourrait tout à fait rejoindre le travail intellectuel et théorique précédant l’émission des hypothèses.
Je pense qu’il y a également aussi une tendance très très facile à faire de la biologie sans connaitre un pet de maths et de physique et du coup tous ceux qui veulent faire de la science mais qui n’ont pas les facultés intellectuelles pour réaliser ça vont se diriger plus facilement vers la biologie, ce qui peut, d’une certaine manière, expliquer le dialogue peu rigoureux de certains biologistes.
Nico : Non puis t’as ce que tu expliquais toute à l’heure c’est-à-dire qu’on est dans une science, dans un domaine scientifique hyper ingrat, si on veut prouver quelque chose, ça va prendre quasiment toute une vie, donc on est plus tenté de faire ce que tu disais c’est-à-dire un article commercial et de dire des choses pas bien appuyées théoriquement. Et du coup c’est certain, c’est humain quoi…

Pierre : Voilà c’est-à-dire que s’il y avait une telle pression sur des facettes de la physique théorique je pense que…

Laurent : Ça fait longtemps qu’on aurait trouvé le boson de Higgs.

Pierre : C’est tellement dur de travailler sur l’évolution parce que tu dois, d’une certaine manière rendre, compte de l’histoire évolutive, et essayer d’y adopter des mécanismes évolutifs, et c’est deux champs tellement différents que pour arriver toi-même à “ah tiens j’ai observé telle histoire évolutive et je vais l’expliquer par tel mécanisme évolutif”, ben c’est même pas une vie, c’est 10 vies qu’il faut faire, et à part ça, comme ces champs techniquement sont bien distingués à l’heure actuelle en biologie, ben y a peu de communication entre eux parce que généralement les mecs qui vont parler en théorie il savent pas s’exprimer à ceux qui font de la recherche expérimentale et vice versa. Donc…c’est problématique

Nico : Ça c’est assez général et ça fait une conclusion assez intéressante parce que je trouve que la plupart des belles avancées scientifiques de ces dernières années viennent justement de gens qui ont réussi des ponts, plus que de gens qui ont réussi à faire des avancées notables dans un domaine.

Pierre : C’est ça, et d’ailleurs on l’a vu quand on parlait de la théorie de évolution, il y a eu la théorie de l’évolution qui expliquait tout d’abord uniquement par la sélection naturelle qui était émise par Darwin, puis il y a eu la théorie synthétique de l’évolution qui a, d’une certaine manière, récupérer les connaissances en génétique et sur les aspects statistiques de la génétique des populations pour donner une théorie synthétique nouvelle et qui incluait à la dérive génétique. Et puis maintenant on en est à essayer de prendre “ah ben tiens toi tu fais du développement, ça ça peut tout à fait expliquer certains mécanismes évolutifs toit tu fais de l’écologie mais ça c’est magnifique, il y a énormément de données sur l’écologie qui peuvent être incluses dans une nouvelle émancipation de la théorie de coévolution”. Le problème c’est qu’il n’y a pas quelqu’un qui l’a formulé de manière efficace. Et je pense pas que ce sera simple de la formuler.

Alan : Moi je voulais encore juste rappeler que c’est un sujet d’étude extrêmement complexe où tout est en interaction avec tout en permanence, les physiciens ont le beau rôle quoi. L’atome est vachement plus simple à observer que le vivant.

Ok ben on va en rester là pour les questions. J’ai peut-être encore une ou deux petites réflexions, si j’ose encore te demander, Pierre , sur les aspects de la communication, est-ce qu’à force de simplifier le discours sur l’évolution, on n’est pas face à une limite ? est-ce que ça va pas poser des problèmes ?

Pierre : Ben le fait est que la théorie de l’évolution émise par Darwin est explicable en peu de mots, j’ai même donné trois mots pour parler de la sélection naturelle. C’est vrai, c’est explicable en 3 mots, on peut pas le nier, on peut pas faire style « ah non mais c’est beaucoup plus compliqué que ça ». Non pour l’expliquer il suffit de 3 mots. Le problème c’est qu’il faut être capable ensuite de le confronter véritablement et de manière rigoureuse à ce qu’on observe dans le vivant, à ce qu’on a observé au cours de l’histoire évolutive, et ça c’est pas donné à toute le monde, il y a la tendance rapide de faire de l’adaptationnisme, “ah ben c’est comme ça que ça marche la sélection naturelle, donc n’importe quel caractère va être adapté, donc je vais raconter n’importe quelle histoire sur n’importe quel caractère”, et puis de l’autre coté il y a des gens qui vont être juste complètement sceptique “mais c’est du foutage de gueule”. Bon en gros, l’évolution est facile à comprendre facile expliquer mais elle l’est très mal. Parce qu’il y a pluralité des définitions, parce qu’il y a difficulté en plus d’être un observateur neutre et surtout parce que, je pense, on a tendance à se dire « putain c’est facile à expliquer » du coup j’ai tout compris. Et en fait c’est loin d’être le cas.

Moi par exemple en préparant cette émission je me suis retrouvé encore peut-être une dizaine de fois à me confronter au problème de me dire “est ce que j’ai compris la théorie de l’évolution”, là je vois une phrase une question de Laurent , ça y est j’ai rien compris, ça remet tout en cause, faut que je travaille sur véritablement des mécanismes évolutifs connus pour en arriver à « ah peut-être que ça va encore » mais c’est pas si facile.

Alan : D’accord ça fait cet effet-là même à des pros de ton acabit. Ok…

Pierre : Ouais mais d’autant plus que moi je suis pas un pro des mécanismes évolutifs, je suis un pro de histoire évolutive. Donc d’une certaine manière j’ai tellement d’exemples d’histoires évolutives que je comprends très bien ceux qui me disent comment ça marche. Parce que je me retrouve confronté à devoir expliquer comment ça marche et dans la ligne de recherche que je fais je ne peux pas le faire.

Alan : Dans un autre registre, moi je me demandais si tu as une réflexion sur les scientifiques brillants qui ont tout révolutionné, qui ont amené de nouveaux paradigmes dans la science, que tout le monde a envie de voir s’être plantés. Je pense au gros titre des journaux quand on a cru avoir découvert des neutrinos supraluminiques, on disait “ben voilà Einstein s’est planté, sa théorie se casse la gueule”, c’est un truc qui revient régulièrement avec Darwin, t’as une analyse là dessus.

Pierre : Ben d’autant plus que Darwin c’est un des plus vieux de ceux qui a fait les paradigmes, Newton a été réfuté par Einstein donc ça a repoussé le paradigme de la physique à Einstein qui est début du 20ème. L’un des plus vieux c’est Darwin, donc c’est celui qu’on a envie le plus de déloger.

Nico : De ce que tu as raconté, il a pas été réfuté autant qu’un Newton.

Pierre : Il a été réfuté dans le sens qu’on a aménagé sa théorie pour mieux explique,r mais pour Newton il y a eu un changement de paradigme par rapport à Einstein.
Nico : Oui, mais avec une notion englobant c’est-à-dire où newton est une simplification.
Pierre : Mais c’est pas le cas de Darwin, parce que quand tu parles de la dérive générique, si tu prends uniquement la dérive génétique tu peux pas expliquer, à l’heure actuelle, ce que c’est l’évolution. Si tu prends uniquement la sélection naturelle, tu expliques la majorité des cas de l’évolution, et du coup ça a été vraiment un aménagement de la théorie de l’évolution, et c’est peut-être en ça qu’il y a des gens qui sont super énervés. Il a vu juste avec un truc qui tient en 3 mots quoi.

Alan : Ouais, moi je me demande si c’est pas ça en fait, un bête orgueil de plouc. Face à des génies pareils on se sent un peu moins cons si on arrive à trouver qu’ils se sont plantés.

Nico : T’as le fait qu’on présente cette théorie-là comme des théories parfaites alors qu’elles sont des théories dans un cadre d’hypothèses etc… Et à partir de là, c’est comme quand tu disais “Einstein s’est trompé”, non il s’est pas trompé on a trouvé la limite de son truc, Newton c’était un peu le cas et voilà. Et sur évolution il y a des cas où on a du adapter, alors on n’a pas réfuté complètement, il y a peut-être des cas futures où on se rendra compte (ça moi j’en rêverais, parce que je trouverai ça super intéressant) aussi de trouver des organismes ou des espèces où il n’y a pas la sélection naturelle, qu’est ce qui passe, ça réfutera pas les autres où ça c’est bien passé.

Pierre : C’est ça le problème c’est que c’est tellement simple à concevoir la sélection naturelle que ça a parasité toute autre solution pouvant tenir compte de mécanismes. Je rappelle que la théorie de l’évolution c’est pour expliquer la transformation des espèces. Et du coup c’est vrai que pour l’instant, dans le vivant tel qu’on le connait…
Laurent : On n’a pas trouvé mieux…
Pierre : On n’a pas trouvé plus cohérent. C’est vrai qu’on a trouvé des cas où la dérive génétique explique la transformation des espèces, mais ça ne peut pas être la force motrice de l’évolution seulement, ça c’est sur, parce que tu peux l’opposer, tu peux faire uniquement de la dérive génétique et t’auras pas, justement, l’accumulation de certaines modifications qui entraînent que t’as un degré de complexité qui augmente, qu’on a les cas qu’on est capable de documenter à l’heure actuelle. Ou c’est chiant.
Moi je suis ravi parce que c’est facile à comprendre. Je suis absolument incapable de comprendre la théorie d’Einstein, par contre la théorie de Darwin , je l’ai comprise, je suis ravi de pouvoir travailler dans un cadre où j’ai compris ce que je fais.

Alan : Bon écoute on va finir là dessus. Merci infiniment, on avait encore une question d’auditeurs mais qui venait de la semaine dernière de la chatroom, t’y as réfléchi t’y as répondu, on va la garder au chaud.

Pierre : Colle le texte parce qu’en plus je me suis étendu comme un ouf.

Alan : C’était un petit peu technique, c’était la question de Yannick .
Good ben écoute c’était vraiment magnifique. Merci à tous.

Pierre : Merci vraiment, moi je voudrais remercier Laurent parce que c’est pas une position facile de venir et poser des questions, sachant qu’en plus certainement il avait une certaine idée des réponses que je pouvais donner mais comme elles sont extrêmement importantes et permettent d’avoir un recul sur ce que je fais, pour moi c’est quelque chose d’extrêmement valorisant. C’est le genre de questions de mes étudiants et que j’ai très rarement parce qu’ils écoutent rarement ce que je dis, mais c’est ça que je cherche, poser des questions qui stimulent mon intellect, et me dire “merde j’ai pas compris l’évolution”, je vais chercher, et en fait j’arrive petit à petit. Je pense que les bonnes questions sont les questions qui sont gratifiantes pour la personne qui les pose parce qu’elle obtient une réponse un peu plus honnête que juste « ah mais t’as pas compris l’évolution » et par contre de l’autre coté pour moi c’est d’autant plus gratifiant parce que ça permet de consolider certaines régions de mon savoir. Et ça c’est inestimable donc merci beaucoup.

Laurent : Le plaisir a été partagé parce que c’est intéressant d’avoir des discussions comme ça parce que précisément on échappe aux caricatures habituelles dans ce genre de questions.

Pierre : Espérons qu’on a vraiment échappé à toutes les caricatures et que j’ai pas dit des grosses conneries.

Alan : Je suis vraiment enchanté de cette discussion ça dépasse toutes mes espérances.

Laurent : Et tous les timings aussi (2h56).

Alan : C’était vraiment pour la bonne cause !

 

Question de Yannick évoquée plus haut

Yannick : J’ai une question pour la semaine prochaine : lorsque l’on fait de la phylogénie en se basant sur le phénotype ou à partir des gènes ou à partir de l’ADN mitochondriale par exemple on n’obtient pas le même arbre phylogénétique. Quelle approche est la plus fiable ?

Réponse de Pierre : Pour réaliser des phylogénies (un arbre qui retrace les relations de parentés) on a deux aspects à garder en tête: le matériel disponible, et les algorithmes utilisés pour construire l’arbre. Historiquement, les seules données qu’on avait à début du XXème siècle et avant, c’était des données morphologiques, qu’elles soient observées sur des espèces vivantes ou fossiles. Avec les premiers outils de biologie moléculaire, on a pu étudier de nouvelles molécules, d’abord des protéines puis de l’ADN. Les premiers prélèvements d’ADN sur les animaux, plantes ou autres eucaryotes ne permettaient la récolte que de ce qui est le plus abondant dans les cellules: non pas l’ADN contenu dans le noyau, mais l’ADN contenu dans des petits organites permettant la respiration cellulaire: les fameuses mitochondries (qui possèdent leur propre ADN puisque ce sont des reliques de bactéries entrées en symbiose avec les eucaryotes il y a des milliards d’années de cela). Non seulement l’ADN mitochondrial est abondant, mais il est aussi petit, et donc facile à séquencer. De nos jours, on peut prélever très efficacement des kilotonnes d’ADN et les séquencer sans regarder le prix. Maintenant, si on réalise des phylogénies avec ces différentes molécules, il ne faut pas penser qu’on va systématiquement avoir 3 résultats différents. Quand les données morphologiques, d’ADN mitochondrial et génomiques donnent un même arbre, tout le monde est content: on obtient un résultat très robuste. C’est quand les résultats divergent qu’on a un souci. Mais il ne faut pas oublier l’autre aspect de la phylogénie: la méthode de construction de l’arbre, l’algorithme. De nos jours, on a de très nombreuses méthodes, empiriques et théoriques, pour construire des arbres phylogénétiques: des méthodes heuristiques (c’est-à-dire qui se basent sur ce qu’on connaît déjà d’une discipline plutôt que de démarrer par une analyse détaillée), de maximum de vraisemblance (une méthode statistique), bayésienne (une méthode statistique qui permet d’exprimer des degrés de certitude)… Un beau bordel qui engendre des querelles interminables entre spécialistes. Toujours est-il que même si on peut avoir un matériel de folie, un génome super bien séquencé, si on utilise des méthodes de reconstructions pourries, on aura un arbre pourri. Cependant, à méthode égale, on privilégiera de nos jours les données moléculaires et génomiques, même si, l’idéal, c’est qu’on trouve un résultat identique, avec les différentes méthodes. Dernière chose concernant l’ADN mitochondrial: du fait de sa transmission héréditaire particulière chez certaines espèces (transmission maternelle chez les humains par exemple), réaliser des arbres en utilisant ce matériel permet d’avoir des informations spécifiques concernant les mouvements de populations en observant la répartition d’un matériel uniquement transmis par la mère. On obtient un même type d’infos avec le chromosome Y chez l’humain.

 

Ce dossier a été diffusé lors de l’épisode 128 de Podcast Science “L’évolution est-elle une science”