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Podcast science 156 – Freestyle #3 Podcast Science Awards

Troisième épisode freestyle où on parle de tout et n’importe quoi en servant la science dans la joie et la bonne humeur.

 Les dessins de Nicotupe et Randall Flagg

 

 

Le quiz du mois

Proposé ce mois-ci par Xavier Durussel “Les singes ne savent pas nager: info ou intox?”

» La réponse officielle, par David Loureiro

Proposition de nouveau quiz pour ce mois: “On peut sauver des vies par simple transplantation de matière fécale. Info ou intox?”

 

Le blog audio

Scienceabilly – En plein repas du réveillon, elle opère une huître à coeur ouvert. Âmes sensibles s’abstenir. 

 

 

 

Les liens évoqués pendant les Podcast Science Awards

 

Les liens évoqués pendant les courriers des poditeurs

 

Le cadeau bonus

L’âme pèse-t-elle 21 grammes? Par Draw Me Why en collaboration avec Podcast Science. Et voici la version anglaise !

» Davantage de vidéos sur https://www.youtube.com/user/DrawMeWhy

La quote de la semaine

“For it is good to be children sometimes, and never better than at Christmas.”

― Charles Dickens, A Christmas Carol

 

La prochaine fois

Pas d’épisode la semaine prochaine, mais on reprend le jeudi 9 janvier 2014 à 20h30 avec Nicolas Grandjean, qui dirige le laboratoire en semiconducteurs avancés pour la photonique et l’électronique à l’EPFL et qui va nous parler d’une technologie juste incroyable: les LED blanches, technologie qui repose sur des puits quantiques et qui permet un rendement inouï dans la transformation d’électrons en photons.

» RDV le jeudi 9 janvier 2013 à 20h30 sur www.podcastscience.fm/live

 

La chatroom

 

Xilrian : Hi
David Loureiro : lo
Blast : Hey
Alan : Salut tout le monde 🙂
Charlotte : Hello *\o/*
GPif : Bonsoir
Alan : Bonjour bonjour 🙂
Alan : on finit de se faire beaux et on arrive!
Julie : Salut !
pit : hello tous
Alan : Salut Julie, salut Pit 🙂
David Loureiro : dernier épisode de l’année ! Vous avez mis les costards 😉 ?
Alan : justement
Alan : tupe est en train d’enfiler le sien
Alan : mais il a grossi
David Loureiro : 😀
scienceabilly : on veut des photos!
David Loureiro : bah il prendra de bonnes résolutions avec la nouvelle année :p
Alan : il ne veut pas, le bougre
David Loureiro : oh oui!
David Loureiro : copie d’écran via skype ?
David Loureiro : ^^
pasmetz : Bonjour
scienceabilly : oui
scienceabilly : on vous entend
Julie : surtout nico non ?
Blast : oui pour Alan, un peu trop près du micro pour Nico
pasmetz : en fait je trouve plutot qu’alan est lointain
Julie : oui moi aussi Alan très lointain
Julie : David non
David Loureiro : pareil
David Loureiro : pour Alan
scienceabilly : alan très très lointain
David Loureiro : un peu
pasmetz : oui
scienceabilly : dans une galaxie appelée suisse
pit : ou c’est fort !!!
pasmetz : tres bien
Blast : moins de bruit de fond
pit : on entend !!!
scienceabilly : meme chose
Charlotte : Parfait là !
pit : Alan parfait ! 🙂
scienceabilly : ça va
pit : par contre, y’a qqu’un qui parle fort !!!
pit : 😉
Blast : nico, c’est ok, Alan, c’est ok, David est un peu trop fort
David Loureiro : top David
Blast : nickel
Blast : Alan, booste un chouia ton niveau ou revient plus près du mike
Blast : le bruit de fond a disparu, c’est super.
David Loureiro : David est actuellement nettement plus fort que Nico et Alan
scienceabilly : tupe et alan trop faible par rapport à david
David Loureiro : ouais c’est mieux
Blast : oui, c’est propre
pasmetz : oui
scienceabilly : oui même niveau
David Loureiro : z’avez quoi comme matos pour parler/écouter ?
Blast : on va y arriver 😀
Blast : est-ce qu’il est à l’endroit ?
Blast : oui
Blast : non
David Loureiro : c’est bien là
jeff : Bonsoir. Pas d’émission ?
Blast : c’est bien là
David Loureiro : bougez plus ! 🙂
Blast : envoyez, c’est bon !
David Loureiro : il est propre ?
scienceabilly : il fait le ménage?
scienceabilly : nope
jeff : y a pas de son
David Loureiro : hum
Alan : Jeff, c’est bizarre
Alan : t’as appuyé sur play, monté le volume, toussa?
GPif : OMG la collection de BD!!
David Loureiro : j’ai ton 06 on se fera un rencard :NIco )
Blast : c’est jeff qui a un problème.
Alan : apparemment, on broadcaste, les autres nous entendent
GPif : oui, on vous entend
Charlotte : Yep
GPif : mais pas jeff
jeff : ok : j’avais oublié le “play”
jeff : Quel nigaud
jeff : je suis
Blast : C’est cool une émission qui attend que les auditeurs soient prêts 😉
David Loureiro : mon fils adore le générique 🙂
David Loureiro : à chaque fois qu’on écoute un épisode dans la voiture il veut que je le remette en boucle 🙂
Blast : retour a l’ancienne version du générique qui clique sur la fin ?
GPif : on dirait un personage de tintin
pit : ça y est ça démarre 😀
pit : belle et sébastien ?!
pit : énorme !
Blast : C’est scientifique, ça ?
pit : qui fait l’imitation ?! :p
NicoTupe : Ya pas d’imitaiton c’est le vrai
David Loureiro : sponsorisé par co*a col* l’épisode ce soir ? 🙂
Xilrian : your guess
Maxime Coutelier : mip mip
Maxime Coutelier : he bang
pit : 300 000 km par seconde la lumière
David Loureiro : faut bien ça pour aller aussi vite !
pit : enfin 299 792 458
jeff : J’ai toujours eu un doute… ça confirme mes soupçons…
pit : mètres !
Maxime Coutelier : il vien de fukushima
pit : donc s’il fait 1000km par seconde … ça fait moins que la vitesse de la lumière, non ?!
GPif : Et si le pere noel avait un traineau quantique qui carbure au cookies?
pit : les reines de tête ? ça existe ça ?!
David Loureiro : je dis qu’une seule chose : wormhole !
David Loureiro : les rênes c’est qu’un choix de mode
pit : http://animaux.org/renne.htm en fait, ça va à environ 60km un renne !
pit : (au max)
GPif : Ouais mais un renne du pere noel ?
jeff : A la vitesse de la lumière, le temps ne s’écoule pas aussi vite
pit : j’y crois pas, y’a une page wikipedia “renne du perre noel” !!!
pit : http://fr.wikipedia.org/wiki/Rennes_du_p%C3%A8re_No%C3%ABl
jeff : Le meilleur épisode de Podcast Science !!!
pit : le prénom du père noël, c’est Jorj non ?! :p
pit : hmm, pour il ne se rase pas ?!
pit : +quoi
pit : pourquoi ne se rase-t-il pas ?! :p
GPif : Le pere noel existe, Dieu non, mais le pere noel oui!
GPif : C’est du brainfuck
pit : oula … c’est quoi son message ? 🙂
Alan : http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/insolite/20130814.OBS3266/videos-les-chimpanzes-et-les-orang-outang-peuvent-apprendre-a-nager.html
Alan : http://en.wikipedia.org/wiki/Brainfuck
GPif : Et en lien les singe peuvent codé avec du Ook, un dérivé de brainfuck
David Loureiro : y’a même des langages il faut être gentil avec le compilateur
GPif : Le langage Ook est une variante de brainfuck. C’est un langage Turing-complet, conçu pour être parfaitement lisible par un orang-outan, en référence au personnage du bibliothécaire de l’univers du Disque-monde de Terry Pratchett.
David Loureiro : et lui dire s’il te plaît
David Loureiro : mais pas trop
David Loureiro : après il nous prend condescendant !
pit : LEEK
pit : 🙂
pasmetz : excellent le ook
Alan : http://newswatch.nationalgeographic.com/2013/08/20/new-surprising-video-shows-apes-swimming/
David Loureiro : Omgrofl est top aussi
David Loureiro : écrire des programmes avec des lol, des rofl,
jeff : Vol 714 pour Sydney
GPif : excelent
pit : 🙂
David Loureiro : une liste de langages esotériques : http://esolangs.org/wiki/Main_Page
GPif : wtf condition – is a conditional statement (like if in C). Très bon
pit : on a des jingle tro bien maintenant ?!
Alan : @Blast, le générique retravaillé, j’arrive pas à le passer dans soundboard
pit : sinon, vous mettez NT1 là tout de suitte, et y’a un singe qui nage (c’est le film Madagascar !)
flagg : !
flagg : Bonchwar
Alan : ça doit être une question de bitrate ou qqch, je pense
Alan : du coup, on l’ajoute au montage
flagg : bon bon bon
Alan : chaque semaine, je me dis que je vais le convertir pour pouvoir le passer en live, et j’oublie…
flagg : si je gribouillais 🙂
Alan : oh, quelle bonne idée 🙂
Alan : #ps156
Xilrian : http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Jigokudani_hotspring_in_Nagano_Japan_001.jpg
pit : super photo ! 🙂
David Loureiro : http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/medecine-incroyable-chimpanzes-apprennent-nager-37807/
David Loureiro : je peux coller les liens
David Loureiro : 🙂
Alan : joyeuse bonne idée 🙂
Alan : merci!
GPif : université weeds, c’est louche ça :p
David Loureiro : wits 🙂
David Loureiro : l’article : http://www.sciencedaily.com/releases/2013/08/130814100212.htm?utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter&utm_campaign=Feed%3A+sciencedaily%2Fmost_popular+(ScienceDaily%3A+Most+Popular+News)
David Loureiro : http://sciencesetavenir.nouvelobs.com/insolite/20130814.OBS3266/videos-les-chimpanzes-et-les-orang-outang-peuvent-apprendre-a-nager.html
David Loureiro : le papier : http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/ajpa.22338/abstract
GPif : en fait c’était QUE des intoxs:p
GPif : Intox!
scienceabilly : vrai!
David Loureiro : tu entends quoi par transplantation ?
pasmetz : info
GPif : Blague a part, la news est paru dans les journeau, mais en cresuant un peu ça ressemble à une intox
pit : qu’en dit le poulpe ?!
pit : celui qui prédit l’avenir
David Loureiro : mon tarot de numérologie me dit que le caca trouvera du travail l’année prochaine
jeff : info :
jeff : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bact%C3%A9rioth%C3%A9rapie_f%C3%A9cale
pit : yack beurk
Alan : le blog audio le plus appétissant ever
pit : quelle voix !!!!!
pit :
GPif : En fait l’idée est de fournir une flore intestinal à une personne qui en manque, mais le raccourcie “transplantation de caca” est un peu court 🙂
David Loureiro : ho les effets sonores 🙂
pit : violons et tout …
Alan : bah ouais, la classe, quoi
pit : c’était romantique au moins Alan ?!
Alan : totalement 🙂
scienceabilly : alan il a fini par emballer tatie jacquie
pit : yack !
Alan : j’avoue, j’ai fait une touche
pit : ou deux … 😉
David Loureiro : c’est quoi la bande son ?
David Loureiro : c’est sympa
pit : comment hésitrer à manger une huitre … en la dissécant !
scienceabilly : moi je dis bravo alan pour la voix de tatie jacquie!
GPif : armoire, placard…
pit : beurk
scienceabilly : beurk
pit : gde classe ce soir décidément !!!!
scienceabilly : c’ets DEGUEU
pasmetz : pire que les huitres
Alan : et maintenant, il cause
Alan : il ne va pas pouvoir dessiner…
Alan : Randall Flagg, help!
pit : ni s’arrêter !
Alan : sinon, on est coincé avec cette image pendant 1 heure
David Loureiro : parfait 🙂
pit : vite un autre dsessin siouplet !
pasmetz : il a vraiment arreté le multitaking?
pit : edy lamarre 😀
pit : juste pour l’attrait bimbo :*d
pit : +10 pour Edy
GPif : Ah oui, au passage, je veins d’écouter le poscast sur le multitasking, et ce que vous avez fait à nicotupe est contre les conventions de Genève
flagg : evidement l’episode QN 😀
pasmetz : multitasking (reponse+correstion du message precedent)
Alan : GPif: bah, il l’a cherché quand même
GPif : ah bein ça va alors
David Loureiro : les ignobels avec l’article sur les prostituées
Julie : hedy lamarr
pit : pkoi ????
pit : 😀
David Loureiro : chais pas pourquoi j’ai retenu cet ignobel plutôt qu’un autre … 🙂
pit : random.org, très pratique pr simuler 🙂
pit : culturomix 🙂
pit : très bien le dessin ! 🙂
pit : ça change de l’autre merde !
pit : 😉
GPif : au sens propre
David Loureiro : mais arrêtez d’embêter les mathématiciens
flagg : je vous ai sauvé 😀
David Loureiro : c’est le symbole qui compte 🙂
David Loureiro : bon même si les coeurs comme ça c’est pour faire penser aux derrières de ces dames hein …
Vlad : Et du coup la pointe en bas c’est quoi ?
David Loureiro : forme stylisée
pit : c’est le I de podcastscience !!!
pit : oui le clavier !!!
David Loureiro : si y’a pas d’enfants dans la chatroom je peux poster une image qui montre le lien entre coeur et fesse … 🙂
GPif : Et mais vous pouvez faire des disques avec ça
pit : et vosu faisiez un remix ?!
David Loureiro : http://www.koreus.com/image/babouin-coeur.html
pit : vive les monteurs !!!
pit : classe les fesses en <3
jeff : 🙂 David Loureiro
David Loureiro : ben en fait ça vient de la forme des fesses quoi
David Loureiro : j’ai mis les baboins parce que sinon c’est pas pour les enfants
David Loureiro : 🙂
GPif : Mine de rien, re placement produit la
pit : désolé, je vous laisse, je fais un petit break (madame appelle à l’aide, j’en ai pour 15′ 😉
jeff : ça va, c’est tout public
David Loureiro : celle-ci oui 😉
Alan : http://www.kisskissbankbank.com/strange-stuff-and-funky-things-2-0
David Loureiro : merci !
David Loureiro : je cherchais 🙂
flagg : “Lauréat, parce que je le vaux bien…”
David Loureiro : c’est quoi ce délire autour des Lyonnais 🙂
David Loureiro : on est pas des méchants !
GPif : excelent
flagg : ah oui la coubre du chomage, c’etait enorme
jeff : Une bonne blague qui nous fait encore rire (sauf les chomeurs)
flagg : le prochain, c’est l’award Hugues
flagg : (ca vole haut)
jeff : Flagg : c’est un festival !
David Loureiro : ayé
David Loureiro : j’ai donné à Taupo
David Loureiro : c’est son cadeau de noël
David Loureiro : y’a un thème qui se dégage dans cet épisode on dirait 🙂
GPif : duke nukem forever
flagg : Bon ca y est Quid Novi a eu son award? ^^
David Loureiro : duke : le vaporware par excellence 🙂
flagg : (enfin l’episode cross over QN)
pasmetz : il y a eu un retour au fait?
flagg : apophis? mais il a une fille?
flagg :
flagg : *tatoom tss*
David Loureiro : apophis ? Pas plutôt un météorite géo-croiseur ?
David Loureiro : astéroide pardon
David Loureiro : TV-blabla : elle s’est arrêtée boire un coup ?
pasmetz : en fait elle a redisparu
David Loureiro : ison : elle a annoncée quoi sur son compte twitter ?
David Loureiro : numb3rs : la série pour les mthématicients 🙂
Flagg : !
jeff : Gravity : sur côté à mon avis…
David Loureiro : télégramme chappe c’était bien 🙂
David Loureiro : eljj c’était bien aussi 🙂
pasmetz : je m’etait bien amusé
GPif : est ce qu’il est dangereux de nager parmi les singes?
Flagg : ^^
Mentine : /plop
Flagg : mentiiine 🙂
Mentine : randaaaal!
Flagg : 😀
Mentine : y’a pas de mp sur ce chat, donc pardon pour les autres
Mentine : randall, super beau le cahier de coloriages
Flagg : 😮 merci ^^
Flagg : ca a plu a ton bot?
GPif : y a pas walking dead?
Mentine : @randall pour l’instant on l’entraine sur un autre cahier maison
Flagg : huhu
Mentine : quand il sera au point on passera au choses sérieuses
Flagg : desolé pour les jdmp dans le cahier hein
Mentine : Sauf numbers
Mentine : et Dr house
Mentine : beurk
scienceabilly : doctor who <3
jeff : Voyager 1 : un détritus ???
Mentine : Mais le N°2 du prisonner c’est fait exprès bon sang
David Loureiro : v’ger !
Flagg : bien sur, mais le DW aussi
David Loureiro : il revient ensuite pour détruire la terre
Mentine : pff
David Loureiro : il va te montrer que c’est pas un détritus 🙂
Flagg : H2G2!
GPif : 42
Flagg : ah
Blast : h2g2
Flagg : moi je vote rael
Flagg : HAN alan est plus vieux que moi!!
pasmetz : encore un alan?
David Loureiro : alan
David Loureiro : la reine ne s’est pas excusée pour ce qui lui est arrivé
Flagg : apres y a laureat de madrid
Flagg : special foot
pasmetz : J’avais pensé envoyer une reponse codé avec enigma en pensant qu’un alan arriverais a le decoder
GPif : la légende veux que la pomme croqué d’appel est en hommage, mais ça a été démenti
GPif : C’est un peu comme le pape qui s’est excus pour copernic, … en 1999…
pasmetz : pub pour 12 minutes de?
Flagg : Grenoble FTW!!
Mentine : AH mais il a dit UN chainon manquant, pas LE
David Loureiro : pujadas c’est le chaînon manquant ?
David Loureiro : entre l’Homme et le journaliste ?
Mentine : les chiantifiques
David Loureiro : ils sont vers les bosons de Higgs ?
David Loureiro : pardon verts ?
NicoTupe : J’imagine que vous allez trouver ca dégueu si je fais un scientifique aux toilettes pour faire un chiantifique
David Loureiro : expliquer la masse
David Loureiro : comme c’est une blague 🙂
David Loureiro : oh oui Nico !
David Loureiro : ça tomberait à pic …
Alan : http://blog.aydree.com/index.php?article84/la-science-au-rabais-de-la-rts
jeff : Les particules quantiques ne sont absolument pas soumises à la gravité terrestre…
David Loureiro : ils s’est fait rhabillé pour l’hiver ct’homme là !
David Loureiro : le chiantifique !
David Loureiro : parfait 🙂
Alan : http://mkframework.com/podcastscience/
pit : très lentemant !
pit : lentement !
pit : énorme le dessin !
Mentine : Bon cette mauvaise foi pour démonter Gravity c’en est trop pour moi
NicoTupe : j’ai beaucoup aimé gravity 🙂
Mentine : vous n’avez même pas relevé le professionalisme des astronautes, très bien joué par les acteurs
NicoTupe : et s’il était réaliste ce serait nul :p
GPif : faudrait quand mêm que je le vois un jour :p
NicoTupe : @GPif : regarde le en 3D au cinéma
jeff : ‘comprend pas cette unanimité sur ce film
NicoTupe : ca vaut vraiment le coup
Mentine : l’une des critique était d’ailleurs à ce sujet, le calme de l’astronaute face à la situation
NicoTupe : chez nous?
jeff : partout
Mentine : jeff tu exagère le film a des défauts reconnus
Mentine : le scénario par exemple, mais le film a la qualité de rallier un très grand nombre, amateur ou pas de science
jeff : On est d’accord mais ça nous a été vendu comme une pépite
GPif : Au fait, pardon, mais j’ai pas bien compris ce que tu as dit sur les cerceaux ? 🙂
NicoTupe : c’est un beau spectacle 🙂
pit : quel est le thème de la semaine prochaine ?! 🙂
Blast : oui, bravo 😉
NicoTupe : ici
NicoTupe : mici
Mentine : bonne nuit à tous et bonne toute fin d’année
NicoTupe : bonne nuit et bonnes fêtes
pit : bn mentine
pit : https://www.google.fr/search?q=sph%C3%A9nodontiens&espv=210&es_sm=93&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ei=tKC8UvXpMKOk0QXG-4GIDQ&ved=0CAcQ_AUoAQ&biw=1680&bih=986
pit : le wiki qui va bien :http://fr.wikipedia.org/wiki/Sphenodontia
pit : je découvre le dossier (jécoute seulement d’habitude) : super dossier donc : https://www.podcastscience.fm/tag/big-rip/
pit : 😉
GPif : privatisation du someil, certain en rêve
Alan : exactement ce que je me disais…
Alan : sacrée idée business 😉
GPif : tu y met des spots de pubs et hop, c’est rentable
pit : Inception ?! :p
pit : Si vous n’avez pas lu : les Thanatonautes !
pit : Désolé, j’ai du louper un petit passage … à l’occasion (en fin d’émission par exemple), pourriez vous rappeler le sujet du prochain Podcastscience SVP ?!
pit : un sujet sur les Crampes ?!!! Ca promet d’être marrant
pit : http://www.youtube.com/watch?v=gFF1kVDLACo
Alan : @Pit, le prochain, c’est le 9 janvier. Sur les LED blanches
pit : Merci Alan ! C’est pas mal de le dire à la fin de l’émission, ça donne envie d’écouter (ou d’être là) la fois suivante !!! … je pense à ceux qui écouteront le podcast dans 2 ou 3 ans !!! 😉
pit : de minitel ???!
pit : 3615 Ula ?!
pit : non 3615 Robin !!!
David Loureiro : y”a sûrement moyen de monter un raspberry pi dans un minitel
David Loureiro : pour se servir du clavier et de l’écran 🙂
David Loureiro : me reste plus que 15 épisodes à écouter 🙂
GPif : y a ça http://pilatomic.free.fr/wordpress/?p=361
Alan : @David, tu es volontaire pour le 3615 raspberry?
David Loureiro : je suis en train de regarder
David Loureiro : @alan on ne peut se servir d’un minitel que comme terminal linux
David Loureiro : pas plus
GPif : mais tu peux twitter avec un terminal Linux :p
NicoTupe : http://www.google.fr/santatracker/#/village
pit : https://maps.google.fr/maps/ms?ie=UTF8&t=h&om=1&oe=UTF8&msa=0&msid=207273075933759343461.0004417bf3f704a55eb50
David Loureiro : j’y connais rien en électronique pour pouvoir adapter un minitel 🙂
David Loureiro : mais des gens semblent y être arrivés 🙂
David Loureiro : @alan j’ai donné pendant l’émission 🙂
David Loureiro : http://xseignard.github.io/2013/05/20/plug-your-minitel-on-your-raspberry-pi/
Vlad : Bonne soirée à tous, et merci pour l’émission =)
pit : http://ssaft.com/Blog/dotclear/
pit : pour aider à la création d’une nouvelle banière : http://www.kisskissbankbank.com/strange-stuff-and-funky-things-2-0
David Loureiro : sinon, si vous voulez tout savoir sur l’infini : désir d’infini de Trinh Xuan Tuan est vachement bien
pit : oh 🙁
David Loureiro : l’univers des nombres de Lehning est bien aussi
NicoTupe : sur l’infini ya aussi le livre de barrow
David Loureiro : lequel ?
NicoTupe : http://www.amazon.com/The-Infinite-Book-Boundless-Timeless/dp/1400032245
pit : ok, tu nous diras pr le Mercredi 😀
Blast : là c’est les vacances, c’est pourquoi j’écoute en direct 😀
Flagg : hey
Flagg : on dirait que c’est des adieux 🙂
Flagg : \o/
David Loureiro : et hop dans la liste
Blast : Donc pas de bouchons
pit : j’ai balancé de dessin !
pit : je suis une quiche ! mais j’aime bien commenter ! 🙂
pit : +pas (j’ai pas balancé de dessin)
Flagg : bye
pit : ciao l’audio !
David Loureiro : bye et bonne année à tous !
pit : Jorj n’était pas là ce soir ?
pit : on a une pensée pour lui ! 😉
flagg : ^^
Xilrian : vii
flagg : c’est le pre fourras ca
flagg : pas le pere noel
flagg : pere*
pit : t’as fait immitateur dans une vie passée ?!
pit : c’est bien les awards !
flagg : c rigolo les épisodes freestyle 🙂
pit : vous devriez en faire plus souvents !
pit : souvent !
flagg : bon a par que l’episode crossover QN n’a pas eu d’award
flagg : ca c’est inadmissible
pit : ca permet de faire un peu d’actu (restrospective récente) …
flagg : HEY><
flagg : on vous a laissé gagner!
pit : en mode dictateur, c’est bien ! vous donnez votre avis comme ça et faites votre propre critique 🙂
flagg : nana c t pas moi
flagg : ca devait etre barberouss
flagg : j’ai pas suivi 🙂
pit : des dessins de LED blanches !!! 🙂
pit : un château, c’est classe ! 🙂
pit : glauque ?!
pit : clair
pit : horrible
pit : heureusement que Flagg a zappé !
pit : les points noirs !
flagg : huhu
pit : MERCI Flagg !
pit : David a balancé ce lien de bouquin, à lire parait-il : http://www.amazon.com/The-Infinite-Book-Boundless-Timeless/dp/1400032245 🙂
pit : C’est ta vraie armoire de bouquins ???!
pit : les armoires de BD s’empilent ?!
pit : wow !
pit : la grande librairie !
pit : chez les Pictes aussi ?!
pit : le dernier ?!
pit : ah …
pit : américain aussi ?
pit : tu as des Snoopy et des Calvin et Hobbes ?!
pit : ::)
pit : 😀
pit : “mes parents regardent games of thrones” …
flagg : ++
Blast : ciao !
pit : géniale l’expression !
pit : je vous laisse ! passez une bonne soirée, et une bonne fêtes à vous !!
GPif : ciao
pit : ciao merci à tous !
NicoTupe : ++

Les singes ne savent pas nager. Info ou intox ?

Quiz proposé par Xavier Durussel, et auquel David Loureiro a bien voulu répondre.

 

On pourrait se dire qu’a priori, les singes doivent savoir nager aussi bien que les humains. Après tout, nous sommes assez près les uns des autres dans l’arbre phylogénétique.

Alors bon, on pourrait dans un premier temps chipoter un peu : la notion de singe est plutôt floue et on pourra écouter de nouveau le Blog Audio n°11 pour s’en convaincre

ou la page wikipédia correspondante http://fr.wikipedia.org/wiki/Singe.

Si on colle à cette définition, on peut dire que les Hommes (qui font partie finalement des singes) sachant nager, des singes savent nager. Donc Intox!

Bon, comme à priori la plupart des gens n’entendent pas les Hommes quand on parle de singes, la question se pose plutôt pour les autres singes, genre Cheetah (l’ami de Tarzan), Abu (l’ami d’Aladdin), Donkey (l’ami de Mario Mario) ou Marcel (l’ami de Ross).

Il est important de noter que cette information selon laquelle les singes ne savent pas nager a été exploitée pendant longtemps au sein des zoo dans la mesure où les zones dédiées aux primates étaient entourées d’eau.

Si l’on suit l’article que l’on trouve sur le site de “Ça m’intéresse” dans la section “Questions/Réponses” ( http://www.caminteresse.fr/questions_reponses/les_qr/animaux_1/tousles_animaux_savent_ils_nager ), les plus grands singes sont voués à la noyade :

“Les moins doués sont les grands anthropoïdes, désavantagés par une lourde musculature et de longs bras. Pour un orang-outan ou un gorille, tomber à l’eau signifie se noyer.”

Arrivé là, on peut se dire que c’est donc plutôt de l’Info, les singes ne savent pas nager. Ce qui m’a fait dire qu’il fallait peut-être continuer la recherche est l’aspect un peu WTF des autres questions/réponses :

  • Y a-t-il des nains chez les animaux ? (01/2011)

  • Y a-t-il des grenouilles qui brillent ?

  • Les insectes entendent-ils ?

Si l’on cherche sur Wikipédia, on peut par exemple tomber sur quelques lignes liés à la nage de manière générale, et celle des grands singes anthropoïdes dans la page sur l’instinct (http://fr.wikipedia.org/wiki/Instinct) :

La plupart des mammifères savent nager (carnivores, rongeurs, ongulés) ; cette nage est simplement « la marche quadrupède » en prenant soin de sortir la tête hors de l’eau. Il s’agit également de la nage chez l’enfant ne sachant pas nager (nage du petit chien), forme instinctive et extrêmement ancienne, ce style de nage s’avère inadapté à la morphologie des grands singes anthropoïdes et ceux-ci, en pratique, ne savent pas nager

On se rend compte ici qu’apparemment “Ça m’intéresse” semble bien avoir raison et que seule la noyade les attendent si jamais ils se retrouvent à chercher, bourrés à l’alcool de noix de coco, les clés de leur voiture tombées au fond de la piscine.

Pour ce qui est des macaques et des babouins, il semble par contre que ceux-ci savent nager. Cette même page de wikipédia donne d’ailleurs une référence vers un article de “Science et Vie” : Pourquoi l’homme ne sait pas nager d’instinct ?, Science & Vie, avril 2011, no. 1123, p. 132. Je ne l’avais pas mais Alan l’a retrouvé et finalement j’ai été assez déçu : une ligne sur la question sans référence. Donc pour creuser la question j’ai continuer la question, et j’ai trouvé plusieurs références :

On est donc finalement plutôt Info/Intox. Info pour les grands singes et Intox pour les macaques et les babouins selon Wikipédia.

Au détour de mes recherches, je suis tombé sur un billet incompréhensible sur le sujet : Les Singes Peuvent Nager Comme Les Humains, Les Chercheurs Trouver. J’ai tout d’abord pensé que l’heure avancée à laquelle j’effectuais mes recherches m’avait atteint le cerveau … avant de comprendre qu’il s’agissait d’une mauvaise traduction d’un article qui devait être en anglais à l’origine ou alors un site vraiment WTF …

Pour le coup je pensais avoir trouvé une bonne source avec un billet de futura-science sur la question (http://www.futura-sciences.com/magazines/sante/infos/actu/d/medecine-incroyable-chimpanzes-apprennent-nager-37807/) du 01/04/2012 … avant de me rendre compte qu’il s’agissait d’un poisson d’avril. Selon les vraies informations, ils estiment “assez peu probable” la nage des chimpanzés :

Nous nous sommes risqués à envisager la natation, assez peu probable étant donnée leur répulsion pour l’eau. Mais rien ne nous dit qu’aucun d’entre eux ne trouvera un jour le courage de se lancer dans le grand bain. Et peut-être incitera-t-il tous les membres de son groupe social à se jeter à l’eau…

Donc à priori toujours Info pour le fait que les grands singes ne savent pas nager …

Sauf que !

Autour du 14 août 2013, les médias se sont vus relayer la news selon laquelle des chercheurs, Renato Bender, (spécialiste de l’évolution selon le nouvel obs) qui réalise sa thèse sur l’évolution humaine au sein de la “School of Anatomical Sciences” à l’Université Wits de Johannesburh, en Afrique du Sud (selon ScienceDaily), et Nicole Bender, qui est physicienne évolutionniste et épistémologue à l'”Institute of Social and Preventive Medicine” de l’Université de Berne, affirment que les grands singes savent effectivement nager dans un article paru dans l’American Journal of Physical Anthropology en septembre 2013.

Ils ont en effet filmé un chimpanzé nager au sein d’une piscine, sans réelle peur, voire même en “totale confiance” selon leurs dires. Et basés sur d’autres vidéos notamment d’orang-outangs, ils ont pu affirmer que finalement c’est la vie arboricole des singes qui aurait imposé des modifications “anatomiques, neuromotrices et comportementales” qui les aurait rendu peu à l’aise dans l’eau.

On voit cependant qu’ici ce savoir peut rapidement se récupérer et que les techniques employés par les chimpanzés et les orang-outangs, même si elles diffèrent se rapprochent néanmoins de celle de l’Homme.

Vous pouvez retrouver l’article de science daily ici : First Documented Report of Swimming and Diving in Apes et l’article de sciencesetavenir.nouvelobs.com ici : Vidéos. Les chimpanzés et les orang-outang peuvent apprendre à nager

Et pour ceux qui veulent lire le papier des deux chercheurs sur la question, vous pouvez aller ici : Brief communication: Swimming and diving behavior in apes (Pan troglodytes and Pongo pygmaeus): First documented report

Donc finalement Intox ! Les singes, grands ou petits, savent nager 🙂

 

Les biais statistiques

Retranscription de l’interview de Nicolas Gauvrit dans l’épisode #29

 

Alan : Nicolas, pour te présenter en quelques mots, tu es mathématicien et psychologue.

Nicolas Gauvrit : Oui, c’est à peu près ça. J’ai d’abord fait des études de mathématiques puis des études de psychologie. Mon diplôme le plus élevé concerne un machin intermédiaire : les sciences cognitives. J’ai une thèse de sciences cognitives sur un thème à cheval entre mathématiques et psycho, comme j’adore ! C’était sur la logique, donc un thème un peu différent des statistiques dont on va parler aujourd’hui. Mais toujours entre maths et psycho.

Alan : Peut-être des auditeurs reconnaîtront ta voix puisque tu co-animes avec Jean-Michel Abrassart le podcast Scepticisme Scientifique.

N.G. : Oui, je fais un numéro par mois.

Alan : Voilà. Co-animer n’est pas vraiment le terme, vous faites des numéros en alternance. Il en fait trois, tu en fais un.

N.G. : C’est à peu près ça. J’ai voulu le dépanner quand il était débordé.

Alan : En tout cas, tu le dépannes avec brio puisqu’on a bien accroché sur tes sujets. C’était vraiment intéressant et puis Matthieu est tombé raide dingue d’un des sujets que tu avais traité sur les statistiques. Il a eu l’idée de t’inviter pour que tu nous aides à défricher ce terrain particulier. Matthieu, tu as à peu près une tonne de questions ?

Matthieu : Oui ! Evidemment. Les statistiques, c’est un domaine très vague. A Podcast Science, on est tout à fait conscients de l’importance des statistiques dans les avancées scientifiques, c’est indéniable. Mais aujourd’hui on va s’arrêter sur une problématique un peu particulière des statistiques, qui sont les biais statistiques. Un biais, c’est une démarche qui engendre des erreurs dans les résultats d’une étude. Quand on parle de biais statistique, il y a différents types de biais. Nicolas, tu m’arrêteras ou tu me corrigeras si je me trompe, je vais en dire quelques uns en vrac et on s’arrêtera plus précisément sur certains d’entre eux.
Quand on parle de biais en statistiques, on peut avoir des biais de sélection, quand les personnes sondées ne sont pas représentatives de la population générale. On peut avoir des biais de mesure quand les techniques de mesure sont incorrectes. Des biais de publication quand les données sont davantage diffusées lorsqu’elles arrangent l’auteur de l’étude. Des biais de confusion, des biais d’un estimateur (peut-être s’arrêtera-t-on dessus plus tard, ça a l’air technique, je ne veux pas trop m’avancer là-dessus). On a des biais de suivi lorsque deux groupes de patients ne sont pas suivis de la même manière au cours de l’essai. Des biais d’attrition, c’est le retrait de certains patients lors de l’analyse. Des biais d’évaluation lorsque la mesure du critère de jugement n’est pas réalisée de la même manière dans les groupes de patients. Des biais d’interprétation dans le mode d’analyse des résultats. Bref, tout une série de biais, je ne les ai pas tous cités.

Alan : Une petite réflexion. Les statistiques sont faites par des êtres humains et les être humains sont biaisés. Enfin, pas tous, pas toujours… Finalement, c’est pas tellement surprenant. C’est pas une science exacte, contrairement à ce qu’on pourrait croire. En tout cas, c’est pas toujours appliqué avec la rigueur nécessaire. Je me réjouis d’en apprendre plus sur le sujet.

Matthieu : Justement l’objectif est de voir, à travers ces biais, à quel endroit l’on perd de la rigueur dans certaines analyses ou certaines méthodes statistiques.
On va commencer avec un des biais les plus évidents : le biais de sélection. Les personnes sondées ne sont pas forcément représentatives de la population générale. Ma première question pour Nicolas est la suivante. Je me demande souvent si les mesures d’audimat sont des méthodes fiables. Les échantillons utilisés sont-ils représentatifs ? Dommage qu’Antoine ne soit pas là, il avait tweeté il y a quelques semaines, un message dans lequel on se rendait compte que l’audimat télé (pour la France) est extrapolé à partir de 10.000 personnes dans 3.800 foyers. Ça fait tout juste 0,02 % de la population française. Je n’y connais rien en statistiques mais ça me paraît un chiffre très faible.

N.G. : La taille de l’échantillon n’est pas très faible. Ce n’est pas la proportion de la population générale qui compte. Il faut garder à l’esprit qu’à partir d’un échantillon, on fait des estimations et il y a des marges d’erreur. Pour un sondage, par exemple, si on trouve 52 %, les sondeurs savent que ce n’est pas exactement 52 % mais plus ou moins 3 %. Quand l’échantillon est plus petit (je ne parle pas de problèmes de sélection) changer la taille de l’échantillon va juste changer la précision de l’estimation. S’il y a plus de monde, on pourra dire que c’est 52 % plus ou moins 1 % au lieu de plus ou moins 3 %. Il n’y a pas de problème de taille d’échantillon si on n’a pas un besoin crucial d’avoir une estimation non seulement fiable mais restreinte. On peut très bien se contenter d’un échantillon de 10 personnes.

Matthieu : L’important ce n’est pas tant la taille de l’échantillon que la sélection de la population qui doit être représentative.

N.G. : On peut dire ça. Ou plutôt que la taille de l’échantillon va modifier la précision du résultat en termes de marge d’erreur. Ça ne fait pas qu’on se trompe plus souvent, ça fait que ce qu’on dit est plus ou moins flou. Au lieu de dire qu’on sait qu’entre 1 million et 1,1 millions de personnes regardaient l’émission, on pourra simplement dire que c’est entre 100.000 et 2 millions, on ne pourra pas être plus précis.

Alan : Si la quantité de l’échantillon est insuffisante, ça donne simplement un résultat moins précis, un peu plus flou.

N.G. : Voilà.

Alan : Par contre, si la qualité de l’échantillon n’est pas au rendez-vous ? Je pense à une étude récente de l’université de Colombie-Britannique qui a démontré qu’entre 2003 et 2007, 80 % des sujets d’étude dans 6 grands journaux de psychologie étaient des étudiants en licence et que nonante-six pour-cent (96%) de tous les échantillons proviennent de pays qui constituent 12 % de la population mondiale. Les auteurs de l’étude ont surnommé ces populations les «weird populations» (weird = bizarre) pour Western Educated Industrialised Rich Democratic et estiment que ce sont les moins représentatifs pour établir des généralisations sur les êtres humains. Ça laisse songeur. Tu confirmes, en tant que statisticien, le biais de représentativité qui est présenté dans cet exemple ?

N.G. : En psycho, il y a une blague récurrente. Quelqu’un avait dit que l’étude de la psychologie c’est l’étude de la psychologie des étudiants en psychologie.
Ça peut être problématique dans certains cas mais il ne faut pas non plus dramatiser. Ça peut être problématique si quelque chose est vrai pour les étudiants de psychologie et pas pour les autres. Heureusement, il y a des gens qui réfléchissent derrière. Quand il semble y avoir une raison pour laquelle les étudiants de psychologie pourraient ne pas se comporter comme les autres, par exemple si on les interroge sur leur vision de la psychologie des humains, on peut se dire qu’ils vont avoir une vision particulière. Ou sur ce qu’ils pensent des études supérieures ou de ce qu’est la science, des choses comme ça. Quand on a un tel thème dont on peut penser, pour de bonnes raisons, que les étudiants de psychologie ne répondront pas comme le reste de la population, on fait attention de ne pas prendre d’étudiants de psychologie ou pas seulement. Et si un auteur le fait, en général au bout d’un certain temps, un autre chercheur se dit qu’il va vérifier avec d’autres personnes. Un exemple frappant pour montrer qu’il y a un problème porte sur les préférences numériques. C’est un thème étudié depuis au moins 40 ou 50 ans en psychologie. Si on demande à n’importe qui, pas forcément un étudiant de psychologie, de choisir un chiffre entre 0 et 9, beaucoup de gens répondent 7. Au lieu d’avoir 10 % pour chaque chiffre, on a 30 % de gens qui disent 7. L’expérience a d’abord été faite aux Etats Unis et au Canada puis en Europe et un peu partout et à chaque fois c’est 7. Ce qui est marrant c’est que plus de trente ans après ces considérations sur la préférence du chiffre 7 (ça s’appelle même le «seven phenomenon», en psychologie), des gens ont commencé à faire des théories compliquées pour expliquer pourquoi c’était le 7, en s’appuyant notamment sur les propriétés des nombres. Griffith et Tannenbaum, deux psychologues très connus, assez orientés vers les mathématiques (ils aiment bien ce qui est compliqué en maths) ont voulu regarder dans les chiffres à quoi pensent les gens. Ils cherchent quelles propriétés ont les chiffres, par exemple 2 4 6 sont des nombres pairs, 5 est juste au milieu de l’intervalle, etc… quand on demande un chiffre au hasard à une personne, elle va chercher un chiffre qui a peu de propriétés. Et c’est le 7 qui en a le moins. Ils ont développé leur théorie là-dessus et bizarrement il a fallu plusieurs décennies avant que quelqu’un ait l’idée de faire la même expérience ailleurs que dans les pays riches démocratiques. On s’est alors aperçu que les nigérians préfèrent le 2, que les tunisiens préfèrent le 9 (je ne suis pas sûr de ce résultat) , etc… En gros, dans des pays différents, on trouve des préférences numériques différentes. Ce qui fait que toute la grande théorie sur les propriétés des chiffres et l’explication du 7 par ces propriétés, c’est n’importe quoi. Visiblement, c’est culturel et on peut même imaginer que ça vient de l’importance du chiffre 7 dans la bible.

Matthieu : C’est souvent considéré comme un chiffre un peu magique, aussi. C’est pour ça qu’on a tendance à le dire plus facilement.

N.G. : Donc là, on voit qu’effectivement il y avait un biais, un problème d’échantillonnage. On n’a pas pris les gens comme il fallait, ce n’était pas représentatif. Il a fallu des décennies avant qu’on s’en aperçoive. Mais on a fini par s’en apercevoir, c’est ce qui est rassurant !

Alan : Heureusement. C’est tout l’intérêt de la démarche perpétuelle de remise en question de la science. Cela permet de corriger ses propres erreurs. C’est un mécanisme d’autocorrection.

Matthieu : Un autre biais intéressant est le biais de publication. C’est lorsque les données sont davantage diffusées lorsqu’elles arrangent les auteurs d’une étude. Peux-tu nous en dire plus ? Est-ce que ça arrive souvent ?

N.G. : Je ne l’aurais pas défini comme ça. J’aurais plutôt dit que les résultats positifs sont plus souvent publiés que les résultats négatifs. Je ne suis malgré tout pas naïf et je sais que si ça arrange l’industrie pharmaceutique qu’on trouve qu’un médicament fonctionne bien, il y a des chances qu’il y ait des publications dans ce sens. Ils vont payer des gens pour publier et ils vont réussir à bloquer la publication d’articles qui iraient dans l’autre sens. C’est un peu simpliste et je ne voudrais pas tomber dans le complotisme. En général, si toute l’industrie essaie de faire croire qu’un médicament fonctionne alors qu’il ne fonctionne pas, il y aura de nombreuses publications contradictoires. Certaines qui disent que c’est bien et d’autres, dans de grandes revues, qui disent que c’est pas vrai. Les résultats ne sont pas homogènes pour une allégation fausse.
Pour moi le biais de publication est plus général. Si par exemple je m’amuse à tester tout et n’importe quoi pour savoir si ça donne le cancer (je reprends l’exemple inventé que j’ai mis dans mon livre)…

Matthieu : Tu as écrit un livre ? On ne savait pas…

N.G. : Oui. Il s’appelle «Statistiques, méfiez-vous» paru chez Ellipse. Je crois que c’était en 2007. J’y passe en revue pas mal de biais ou d’erreurs statistiques dans lesquels ont peut tomber assez facilement.
J’évoque ce biais de publication en lien avec autre chose. Si on teste plein de fois quelque chose de faux, par exemple plein de produits pour savoir s’ils sont cancérigènes ou pas (j’en mets sur un groupe de souris et pas sur d’autres) même si tout est très bien fait, avec les statistiques il y a toujours une marge d’erreur. Donc si je fais ça très très souvent, de temps en temps, j’aurai un résultat positif alors qu’il n’y a rien. Si vous envoyez un article à une grande revue de médecine en annonçant avoir testé le carton et conclu qu’il n’est pas cancérigène, évidemment ça n’intéresse personne. Tout le monde s’en fout parce que personne n’a jamais pensé que le carton pouvait être cancérigène. Du coup l’article est refusé. Mais si vous continuez vos tests avec de nombreuses substances, vous finirez par en trouver une, par exemple l’eau du robinet. Par hasard vous arrivez à démontrer qu’elle est cancérigène alors que ce n’est pas vrai. C’est seulement que vous avez fait tellement d’expériences qu’il finit par y en avoir une positive. Là par contre, il y a des chances que ce soit publié parce que ça a un intérêt pour la médecine.
On pense que c’est ce qui peut se passer avec la parapsychologie, bien qu’il y ait des contrôles maintenant. Quand ils testent à tire larigot la télépathie, par exemple, ils font des tests, des statistiques et une fois de temps en temps on a l’impression que ça marche. Mais c’est normal. Le tout est de savoir si ça marche plus d’une fois sur vingt, auquel cas ça veut dire quelque chose, dans le cas contraire ça ne voudra rien dire. Mais si on ne publie que les fois où ça marche, on a l’impression que ça marche à tous les coups évidemment.
Je disais dans mon livre, et je répète ici, qu’il y a quand même un contrôle qui se fait. Si par exemple, j’arrive à publier un papier disant que le carton ou l’eau du robinet sont cancérigènes, évidemment, plein de gens dans le monde qui vont se demander quel est ce délire et ils vont refaire l’expérience. Donc une fois que j’ai publié mon article, surtout si ça a fait du bruit, d’autres gens pourront publier un article qui dit le contraire. Il faut se méfier d’un résultat qui n’est publié qu’une fois à cause du biais de communication. C’est différent quand plein d’expériences vont dans le même sens. Au sens où je l’entends, le biais de publication ne joue plus après la première expérience.

Matthieu : Le peer reviewing est très important suite à une première publication, aussi. Non seulement pour revoir comment a été faite l’expérience mais aussi pour essayer de la reproduire et la valider.

N.G. : Oui, voilà.

Alan : Est-ce qu’il n’y a pas un autre danger aussi ? Lié au biais de publication, qui fait que toutes les hypothèses qui n’ont pas abouti ne sont pas publiées ? Du coup on passe à côté d’informations précieuses pour comprendre un phénomène, non ?

N.G. : Je ne suis pas sûr de bien comprendre la question.

Alan : Si on ne publie que les hypothèses qui se sont vérifiées, c’est un peu ce que tu disais, dans le biais de publication. C’est-à-dire que si l’hypothèse de départ n’intéresse personne ou si elle n’a finalement pas abouti, la publication ne se fait pas. Ou c’est moi qui ai mal compris ?

N.G. : Ça se fait si ça remet en question une idée reçue. Si tout le monde pense que le carton est cancérigène, je peux publier quelque chose qui montre le contraire mais on ne va pas publier un résultat négatif. Je veux dire prouver que quelque chose n’est pas cancérigène ou n’a pas d’effet ou qu’il n’y a aucun lien entre deux variables si jamais personne n’avait pensé qu’il pouvait y avoir un lien, ce n’est pas très intéressant.
Je ne crois pas qu’on passe à côté de grand chose là-dedans. Par contre, après, si je me rapproche de la définition que vous aviez, plus large, du biais de publication, la science est quelque chose d’humain alors il y a énormément d’effets de groupe. Ce qui fait que quand on a des phénomènes pour lesquels on a deux hypothèses, deux théories, qui ont la même qualité, et qu’on ne sait pas trop trancher, c’est souvent le groupe le plus puissant qui l’emporte, tout simplement. Indépendamment de la qualité intrinsèque des hypothèses. S’il n’y a pas de grosses différences, il y a des histoires de groupe, de facteur social qui peuvent jouer sur les publications.

Matthieu : Un autre biais. Celui-ci m’a interpelé parce que j’ai pas tout compris. Tu vas peut-être nous éclaircir. C’est le biais d’un estimateur. J’ai repris la définition qu’on trouve dans Wikipédia. Elle dit que le biais d’un estimateur, c’est la différence entre l’expérience de l’estimateur et la vraie valeur du paramètre qu’il est censé estimer. Toujours selon Wikipédia, ce qu’on appelle un estimateur en statistiques, c’est une valeur calculée sur un échantillon et que l’on espère être une bonne estimation de la valeur que l’on aurait calculée sur la population totale.

N.G. : Dans les exemples de biais que tu donnais en introduction, il y a un mélange entre ceux qui relèvent de la méthodologie (ce ne sont pas véritablement des statistiques), ceux qui relèvent de l’échantillonnage (la formation des groupes sur lesquels on va faire les études, la ça porte sur les statistiques). C’est un peu différent.
C’est pas difficile à comprendre. Si par exemple on veut estimer une moyenne. Prenons un exemple concret : on veut savoir combien mesure un adulte en moyenne. Comme je ne vais pas pouvoir mesurer tout le monde, je vais prendre dans l’idéal des gens au hasard (je suppose que c’est au hasard sinon c’est un problème d’échantillonnage). Je calcule la moyenne sur les 100 personnes que j’ai trouvées. Mettons 1,75m. Si je n’avais pas pris ces cent personnes-là mais cent autres, toujours par hasard, le résultat aurait été légèrement différent. J’aurais peut-être trouvé 1,76m ou 1,74m. Ce qu’on regarde de manière complètement théorique, c’est ce qui va se passer globalement. C’est à dire est-ce que je vais souvent trouver la bonne moyenne ou à peu près la bonne moyenne, etc… En fait, on peut considérer que la moyenne que j’ai trouvée (1,75m), je l’ai trouvée par hasard et que c’est une réalisation d’une variable aléatoire. C’est comme si j’avais jeté un dé en choisissant mon échantillon de 100 personnes. Mon dé m’a donné 1,75m. On regarde le lien entre ce qu’on trouve et la vraie moyenne qu’on ne connait pas. Quand tout se passe bien comme pour la moyenne, ce qu’on trouve en moyenne ça correspond à la vraie valeur. C’est à dire que si je prends des échantillons de cent, un coup je tombe sur 1,75 un coup je trouve 1,74, ça varie. Mais si je prends toutes les moyennes possibles que je peux observer, la moyenne de la moyenne donne la vraie valeur de la taille des adultes en France. Cela s’appelle un estimateur. C’est la grandeur d’un échantillon qui sert à estimer la grandeur de la population et le biais serait la différence entre ce que je trouve en moyenne sur un échantillon et la réalité. Pour la moyenne, ce n’est pas biaisé. Le résultat, en moyenne, tourne autour de la vraie moyenne que je cherche.
Pour d’autres choses, parce qu’on n’estime pas que des moyennes, il y a parfois des biais. Quand on arrive à les connaître, on peut les corriger. Dans la plupart des cas concrets, en statistiques, quand on utilise des estimateurs, ce sont des estimateurs non biaisés.

Matthieu : Un estimateur qui serait biaisé, par exemple, serait quoi ?

N.G. : Par exemple le maximum. Si je veux savoir la taille maximum des adultes en France et que je prends des échantillons de cent, j’aurai toujours des valeurs inférieures au maximum. De temps en temps, quand j’ai le plus grand, j’aurai la bonne valeur. Mais en moyenne, ça sera trop petit.

Matthieu : Un autre biais est celui d’interprétation. Tu me corrigeras au besoin, ce serait l’erreur dans le mode d’analyse des résultats.

Alan : Je me posais la question de la compréhension des journalistes quant aux statistiques, quand ils relaient des informations scientifiques ou non . Je pense par exemple à l’augmentation de la criminalité qui fait régulièrement les titres de manchettes. En Suisse, par exemple, on sait que les actes criminels augmentent en chiffres absolus mais on oublie en général de tenir compte de l’augmentation de la population. Alors qu’en chiffres relatifs, la criminalité a tendance à baisser. Ma question est : est-ce que les journalistes comprennent les statistiques ? Selon toi, en comprennent-ils bien les enjeux ?

N.G. : Je pense qu’en général, non. Pour avoir discuté avec quelques journalistes, je pense qu’ils n’ont pas de formation statistique suffisante pour comprendre. Mais il me semble aussi que même s’ils avaient cette formation, même s’ils comprenaient complètement, ils ne peuvent pas se permettre de détailler suffisamment pour que ce ne soit pas trompeur. C’est un vrai problème. Par exemple si on a des indices de criminalité ou autres, pour être bien rigoureux, il faudrait savoir exactement ce que c’est, ce qu’on mesure. Il faudrait donc détailler. En général, on dit que ça a été fait pour mesurer la criminalité donc on va identifier ça à ce qu’on entend par criminalité. Mais c’est un peu flou. On se contente de ça parce qu’on ne va pas, à chaque fois qu’on fait un article sur la criminalité, commencer par une introduction sur comment ça a été mesuré, ce que ça représente et comment ça peut varier. Le problème par exemple, pour cette histoire de criminalité, c’est qu’il s’agit souvent de regarder combien il y a eu de plaintes à la police. Ça peut varier parce que la criminalité varie mais ça peut aussi varier parce que les gens ont plus ou moins peur qu’avant d’aller porter plainte. Ou bien simplement parce qu’il y a un commissariat pas loin ou qu’il n’y en a pas. On peut imaginer que s’il y a des bandes organisées qui menacent de venir se venger si vous allez à la police, ça va faire baisser la criminalité puisque la plupart des gens n’oseront plus porter plainte. De même s’ils sont maltraités quand ils vont au commissariat. C’est d’ailleurs une explication pour des choses plus spécifiques comme le nombre de viols enregistrés. A une époque, on considérait que lorsqu’une fille était violée, c’était de sa faute donc elle n’allait pas se plaindre. Si c’est pour qu’on se foute de sa gueule en plus, ce n’est pas la peine. Et puis quand ça a enfin été reconnu, et qu’une fille violée est devenue une victime, ça a pu faire exploser le nombre de viols enregistrés mais c’est pas une augmentation du nombre de viols tout court.
Les indices sont toujours un peu différent de ce qu’ils sont censés mesurer. C’est pas propre aux statistiques, c’est comme ça dans toutes les sciences.
L’autre problème avec les statistiques, telles qu’elles sont rapportées dans les journaux, c’est que, pour les estimations par exemple, les marges d’erreur ne sont pas rapportées. J’avais pris un exemple pour mon livre, il commence à dater… j’avais pris les résultats d’un sondage pour une revue où l’on disait qui l’emporterait au deuxième tour. Au deuxième tour, il n’y a que deux candidats donc celui qui l’emporte c’est celui qui a plus de 50 %. Le sondage annonçait qu’untel aurait 51 % des voix. En lisant ça, on se dit que c’est machine qui va gagner (c’était Ségolène Royale). Après les résultats, la presse s’est déchainée en disant que les sondages disaient n’importe quoi. Sauf que la marge d’erreur était supérieure à 1 %. Ce qui fait que le 51 % annoncé correspondait plutôt à «un intervalle entre 49 et 53 %». Le statisticien aurait conclu qu’à partir de cela, on ne peut pas dire qui va gagner. On peut uniquement déduire que le candidat aura au dessus ou en dessous de 50, pas plus. Mais évidemment, on ne peut pas publier un article pour dire qu’on ne sait pas.
Soit on ne dit rien, soit on donne juste le résultat brut. C’est ce qui se fait habituellement. Ce genre de choses fait du tort aux statistiques. Ça laisse penser qu’il y a du flou. Evidemment, il y en a, c’est certain. Mais c’est encore plus flou quand on voit des sondages qui sont finalement faux. On s’en aperçoit après coup. Sauf que bien souvent, comme dans ce cas-là, ils n’étaient pas faux. C’est juste que la version du journal n’était pas la bonne.

Matthieu : C’est vrai que les marges d’erreur sont importantes. Quand je lis des résultats d’études, je ne vois jamais le résultat avec une marge d’erreur x ou y. C’est très rare de voir ça en lisant le journal ou des revues standards.

Alan : Dans toutes les publications grand public, ça n’apparait tout simplement jamais.

N.G. : il n’y a pas que la marge d’erreur. Il y a une double incertitude, s’il l’on veut, avec les estimations. Il y a la marge d’erreur mais aussi le risque d’erreur. C’est-à-dire le risque qu’on ne se trouve pas dans l’intervalle considéré. En général, le risque est fixé à 5 %. C’est à dire une fois sur vingt. Ça veut dire que si tous les sondages sont bien faits, on a à chaque fois une certaine marge d’erreur (c’est pas 51 % mais entre 49 et 53 %, par exemple) mais, en plus de ça c’est entre 49 et 53 avec 19 chances sur 20. C’est donc normal qu’une fois sur vingt on ne tombe pas dans l’intervalle.

Matthieu : c’est relativement important 5 %. On peut en tenir compte, c’est une valeur plausible qui peut se réaliser.

N.G. : Oui. Le 5 % a été choisi pour qu’on puisse quand même énoncer des résultats. Plus on veut réduire le risque, plus on augmente la marge d’erreur. Si on veut un risque de 1 %, au lieu d’être 49-53, l’intervalle sera 40-60.

Matthieu : Donc ce 5 % c’est une sorte de convention comme valeur de risque ?

N.G. : Oui c’est le risque habituellement utilisé, c’est vraiment une convention. La première publication de «je ne sais plus qui ça m’est sorti de la tête», du père fondateur des statistiques inférentielles, disait qu’il faudrait prendre comme risque un sur dix mille (0,01%). On en est loin, on a beaucoup assoupli ces préconisations parce que si on gardait ça, on ne trouverait jamais rien. Il faudrait des échantillons énormes.

Alan : En résumé, si on veut s’attendre à ce qu’un chiffre publié dans la presse qui parle de statistiques quelles qu’elles soient, soit fiable, il faut qu’on recherche également la marge d’erreur et le risque d’erreur à côté de ce chiffre. Sinon, on ne peut pas s’y fier. C’est ça ?

N.G. : Oui.

Alan : En gros, on peut rarement se fier aux allégations statistiques véhiculées par la presse grand public.

N.G. : Je te laisse responsable de tes paroles !
Mais il faut tenir compte de ça, oui. La marge d’erreur et le risque sur cette marge d’erreur.

Matthieu : On va continuer sur la même idée. Je voulais revenir sur un épisode que tu avais fait dans Scepticisme Scientifique, qui s’appelait «feeling the future». Tu expliquais deux notions qui sont assez complémentaires et que je trouve intéressantes. La première c’est la différence qu’il y a entre statistiques exploratoires et statistiques confirmatoires. Est-ce que tu peux nous expliquer la différence ?

N.G. : Oui. Pour bien comprendre, il faut que je dise un mot sur les tests statistiques. On a parlé d’estimation, c’est un peu lié mais ce n’est pas tout à fait la même chose. Je vais reprendre l’idée de l’article dont a parlé plus tôt. Daryl Bem, un psychologue qui versait pas mal dans la para-psychologie, prétendait avoir démontré qu’on pouvait savoir ce qui allait se passer dans le futur. Cela s’appelle la précognition. Il a utilisé une série d’expériences et de traitements statistiques. Pour faire simple, en général, ces expériences consistent à demander (là je simplifie un peu mais ça n’a aucune importance) aux gens de deviner où une image va apparaître, à gauche ou à droite. Ça paraît assez évident que en cas de précognition, les gens vont réussir plus d’une fois sur deux et sinon, ils vont réussir une fois sur deux.
Un test statistique est un test qui oppose deux hypothèses. Il y a en général l’hypothèse nulle, c’est à dire qu’il n’y a pas de précognition. Dans ce cas, les gens vont réussir une fois sur deux. Et l’hypothèse alternative qui dit le contraire, c’est à dire que les gens vont réussir plus qu’une fois sur deux. Normalement il devrait aussi y avoir moins d’une fois sur deux mais on va dire plus d’une fois sur deux. Ça fonctionne comme ça. Pour lancer l’expérience, ont fait, disons, une centaine d’essais. Mettons que quelqu’un ait trouvé 55 fois la bonne réponse (donc plus d’une fois sur deux). Est-ce que pour autant on peut conclure ? Ce n’est pas si évident car il pourrait avoir trouvé par hasard sans avoir aucun don de précognition 55 fois la bonne réponse. Alors on fait des calculs de probabilités pour savoir, en supposant l’hypothèse nulle vraie, c’est à dire en supposant qu’il n’y a pas de précognition, quelle est la probabilité de tomber par hasard 55 fois sur la bonne réponse. C’est cette probabilité-là qui va nous intéresser. Si elle est très faible (inférieure à 5 % puisqu’on a fixé le risque à 5%), on fera le raisonnement suivant : si l’hypothèse nulle était vraie, ce que je viens d’observer n’est pas crédible puisque c’est quelque chose qui n’arrive quasiment jamais. Ça veut dire que l’hypothèse nulle est fausse donc c’est l’hypothèse alternative qui est vraie, donc il y a la précognition. C’est le principe du test. Or, on l’a vu précédemment, si l’hypothèse nulle est vraie (s’il n’y a pas de précognition) alors une fois sur vingt, on va quand même trouver plus de 55 bonnes réponses puisque ça arrive une fois sur vingt.

Matthieu : Du au risque sur la marge d’erreur.

N.G. : Donc une fois sur vingt, on va se planter si l’hypothèse nulle est vraie. C’est un test statistique standard : si l’hypothèse nulle est vraie, ça rate une fois sur vingt. Ça conduit quand même à conclure que l’hypothèse nulle est fausse, donc que la précognition existe.
La différence entre les études confirmatoires et exploratoires est la suivante. Quand vous faites une étude exploratoire vous ne connaissez pas le résultat. C’est à dire que vous ne savez pas exactement s’il y a de la précognition ni dans quelles conditions. Peut-être la précognition existe-t-elle à condition d’avoir un bandeau sur les yeux ou d’écouter de la musique douce. Vous allez alors essayer avec plein de conditions différentes sans savoir, a priori, quelle est la bonne. Disons que vous allez essayer une centaine de conditions différentes. Avec musique, sans musique, dans le noir, avec une lumière rouge, etc… pour trouver dans quelles conditions il y a la précognition. Mais si vous faites les cent expériences, sachant que le test rate une fois sur vingt, évidemment, dans le tas, il y en a qui vont réussir (faussement). Cela va vous conduire à prétendre qu’il y a de la précognition alors que c’est le hasard qui est responsable. On ne peut pas utiliser un test pour conclure qu’il y a de la précognition dans une analyse exploratoire comme celle-ci où l’on ne sait pas à l’avance exactement ce qu’on cherche. Alors en général, ça se passe en deux temps. On fait d’abord une analyse exploratoire. On fait plein d’expériences et on s’aperçoit que le meilleur taux, par exemple, est obtenu avec une lumière rouge et de la musique. On se dit que si ça marche, ça marche probablement mieux quand il y a de la lumière rouge et de la musique. Mais on ne conclue rien du tout ! On dit juste que si ça marche, a priori, peut-être que ça marche mieux dans ces situations. Ensuite, quelqu’un d’autre ou la même personne mais avec d’autres sujets, poursuit l’expérience. Dans ce cas, c’est autre chose. C’est une analyse confirmatoire pour confirmer que ça marche effectivement dans ces conditions. Pour que ce soit concluant, évidemment, il faut faire une seule expérience dans les conditions qui ont été définies par l’analyse exploratoire (un seul test). Et on regarde si le test fonctionne ou pas. Là on peut conclure (toujours avec le même risque d’erreur).

Matthieu : Donc en général, il ne faut pas tirer de conclusions à la suite de statistiques exploratoires. Il faut toujours une analyse de statistiques confirmatoires pour pouvoir tirer des conclusions d’un test.

N.G.. C’est ça. Ça vient simplement de l’idée que comme un test rate une fois sur vingt, il faut en faire un seul. Je prends toujours l’image du dé avec mes étudiants (j’ai fait ça avec un jeu de cartes même si je ne suis pas assez magicien pour ne sortir que des 6). On vous donne un dé et on vous dit qu’il y a une chance sur deux qu’il soit truqué. Pour en être sûr, on va le tester. Pour ça, vous allez le lancer deux fois. Si vous tombez deux fois sur 6, vous direz qu’en effet, il est truqué. Mettons-nous dans la situation : on lance deux fois le dé et il fait 6 et 6. On est relativement convaincu que c’est un dé truqué (si on a des raisons de penser qu’il peut l’être). C’est assez convaincant. Par contre si on le lance une centaine de fois et que au bout de cent fois on a deux 6 de suite, évidemment, là c’est pas du tout convaincant ! Ce que ça illustre, c’est qu’une idée ne peut pas être testée 50 fois. Plus on teste, moins c’est convaincant. Sauf si on impose que tous les tests fonctionnent bien sûr. C’est ça que je critiquais. Parler d’analyse exploratoire ou confirmatoire, c’est une manière de dire la même chose, moi je le dirais spontanément comme ça. Je dirais que quand on a une hypothèse, on a le droit de la tester une seule fois. On fait une expérience, un test.

Matthieu : Parce que s’il y a plusieurs tests, il faut corriger la marge d’erreur, c’est ça ?

N.G. : Voilà. Mais il y a des techniques quand on veut tester plusieurs fois. C’est ce qu’a fait Bem. Il a fait, je crois, 9 expériences mais pour chacune il a fait de nombreux tests. Il a traité les données de plein de manières différentes. Il sépare en groupes différents. Au total, il a fait quasiment une centaine de tests. Dans son article, il a testé cent fois l’hypothèse de l’existence de la précognition. Il est donc normal qu’une partie de ces cent tests dise qu’elle existe puisque, comme le test échoue une fois sur vingt, sur cent fois, il y en a 5 qui fonctionnent.
Normalement, on ne doit pas faire ça ! On fait une seule expérience, un seul test.
Si on est obligé pour une raison ou une autre de faire plusieurs tests, dans ce cas, il faut corriger pour le nombre de tests. C’est à dire qu’en faisant un test deux fois, une correction très simple (un peu approximative et grossière) est de diviser le risque par deux. C’est à dire que si je fais deux tests pour tester la précognition, au lieu de faire chacun des tests au risque de 5 %, comme a fait Bem et comme on fait d’habitude, il faut imposer à chacun des deux tests un risque de 2,5 % pour que globalement la conclusion de l’article soit vraie au risque de 5 %.
Si on corrige l’article de Bem de cette façon, il n’y a plus rien de concluant. Tout ça revient à ces histoires de confirmatoire / exploratoire.

Matthieu : C’est clair. Tu as aussi fait une autre émission sur l’effet Barnum. Tu avais parlé de trois phénomènes. Il y avait l’effet Barnum, qui consiste dans le renforcement de croyances liées à sa personnalité. Tu avais aussi parlé de la pensée positive définie par Jean Piaget, un fameux pédagogue, qui dit qu’on a tendance à chercher des confirmations et non des infirmations sur la pertinence d’une description personnelle. Et enfin les corrélations illusoires qui sont la tendance que l’on a à voir des corrélations là où il n’y en a pas (mais pour cela, il faut une croyance initiale). Peux-tu nous expliquer ces effet ? Ce qui m’intéresse, c’est de savoir jusqu’à quel point un effet psychologique/cognitif peut introduire un biais sur des tests de personnalité, par exemple.

N.G. : L’effet Barnum n’est pas un problème statistique mais psychologique. C’est un biais humain lié à la perception. J’en parle brièvement parce que ce n’est pas en rapport avec les stats. L’effet Barnum est le fait que quand on vous lit une description complètement floue de votre personnalité qui pourrait s’appliquer à tout le monde on a tendance à s’y reconnaître. Ça c’est normal puisque ça s’applique à tout le monde. Ce qui est bizarre, c’est le principe de l’effet Barnum, c’est qu’on a tendance à trouver que ça nous décrit drôlement bien, c’est étonnant à quel point. C’est ce qui explique le succès de méthodes comme l’astrologie ou la graphologie, quand c’est utilisé pour décrire la personnalité. Pour la graphologie, Forer, le premier psychologue a l’avoir mis en évidence, a montré que ça ne fonctionnait pas. Il a fait de nombreuses expériences dans lesquelles il faisait croire aux gens qu’une méthode (peut importe laquelle : astrologie, graphologie…) permettait de trouver une propre description de leur personnalité. En réalité, il donnait la même description à tout le monde. C’est l’expérience la plus classique. On demande aux gens si ça les convainc et si la méthode utilisée est fiable. En général les gens, sont vachement épatés.

Matthieu : C’est pas un biais statistique mais est-ce que ça peut en engendrer un quand on demande à quelqu’un de faire un test de personnalité ? Est-ce qu’il aura tendance à répondre différemment à ce qu’il est réellement, dû à cet effet Barnum ?

N.G. : Non. Ce n’est plus le même effet. C’est un problème de sondage, quand on doit remplir un questionnaire de personnalité. C’est une autre problématique.

Matthieu : Tu peux peut-être en dire deux mots ?

N.G. : Oui. Il y a tout un ensemble de problèmes. Je les connais un peu moins bien que les biais statistiques. Il y a des biais bien connus des sondeurs dans les réponses que donnent les gens. Par exemple, le biais d’acquiescement. C’est une tendance à dire oui. Apparemment les gens ont tendance à dire oui. Par exemple en psychologie de la santé, ça se traduit par l’effet suivant : si vous posez la même question à l’endroit et à l’envers, ça donne des résultats contradictoires. Si vous demandez aux gens s’ils pensent bien à prendre leurs médicaments, ils vont répondre oui, disons, à 60 % (j’exagère un peu le trait). Et si vous leur demandez s’il leur arrive d’oublier leurs médicaments, ils vont répondre aussi oui à 60 %. C’est-à-dire que 20 % disent des choses contradictoires.

Matthieu : Ça tient compte de la formulation de la question. Il faut faire attention lorsqu’on formule la question pour ne pas avoir ce biais.

N.G. : Voilà. Quand on fait sérieusement des expériences ou des questionnaires en psychologie, en général chaque question est posée deux fois. Une fois à l’endroit, une fois à l’envers, pour annuler le biais d’acquiescement. Mais il y a plein d’autres biais qui interviennent. Notamment, si c’est en face à face, l’allure de la personne qui pose la question est très importante. Il y a aussi la différence éventuelle entre ce que les gens répondent quand c’est une version téléphonique, une version internet ou une version papier du même questionnaire. L’ordre des questions joue évidemment. Et puis la formulation.

Matthieu : On appellerait ça des biais cognitifs ? Comment ?

NG : Oui, des biais cognitifs.
Les sondeurs connaissent ça mais par contre, dans la plupart des sondages qui sont faits pour des revues grand public, on ne fait pas du tout attention à ça. Ou alors, si on fait attention, c’est pour obtenir le résultat qu’on avait décidé d’obtenir au départ !

Matthieu : On s’écarte des statistiques parce qu’on va entrer dans un domaine plus général. Ne sois pas surpris, Nicolas, quelque part les statistiques ont un petit rôle à jouer là-dedans… J’écoutais récemment une émission de la Tête au Carré, un podcast scientifique de France Inter, dans lequel on nous dit que d’une manière générale, on a l’habitude de trouver des conflits d’intérêt dans les agences d’expertise qui biaisent les résultats des études. Evidemment, ce sont des études dans lesquelles interviennent toutes sortes de choses, entre autres, j’imagine, des statistiques aussi. Dans cette émission, on nous dit que si on prend les études effectuées pour analyser la bAlance bénéfice/risque appliquée aux médicaments qu’on trouve sur le marché, on constate que 50 % des études financées totalement par l’industrie pharmaceutique démontrent une bAlance bénéfice/risque favorable aux médicaments. Après on constate que 30 % des études dont le financement est partiellement privé et public, démontrent une bAlance bénéfice/risque favorable aux médicaments et que seulement 15 % des études financées par d’autres sources totalement indépendantes de l’industrie pharmaceutique démontrent une bAlance bénéfice/risque favorable. Donc on voit que si une étude est financée par l’industrie privée, elle démontre qu’il y a moins de risques vis-à-vis des médicaments. Par contre si c’est fait de manière indépendante il y aurait plus de risques. Ça nous montre que la source de financement induit un biais majeur dans les résultats des études cliniques réalisées.
Ce phénomène de biais se retrouve dans de nombreux autres domaines. Dans les produits alimentaires, dans un certain nombre de compléments alimentaires comme l’aspartame, les OGM, le tabac, l’amiante, les ondes électromagnétiques, les substances chimiques… J’espère que ces chiffres ont été bien faits, Nicolas, on nous dit que 80 % des études, j’ai pas les marges d’erreur, 80 % des études indépendantes démontrent un effet nocif du bisphénol A sur la santé. Et 0 % des études présentant un conflit d’intérêt présentent une nocivité du bisphénol A sur la santé.
On constate que la méthodologie employée n’est pas la même selon la source de financement et induit un certain nombre de biais. On retrouve des biais dans l’élaboration du protocole, des biais de sélection, des biais sur la durée de l’étude, des biais sur l’analyse des données, des biais sur les hypothèses qui peuvent être variables, des biais dus à des données manquantes, des biais de publication, etc… Les agences d’expertise analysent le résultat finalement sans prendre en compte la source de financement de l’étude. Je me pose la question : comment résoudre ce problème ? On nous dit dans cette émission que les revues commencent à demander de plus en plus aux chercheur de déclarer les éventuels conflits d’intérêts lors de leur publication (ce n’est pas encore la pratique obligatoire mais c’est déjà une bonne chose). Les agences d’expertise ne devraient-elles pas analyser différemment les études provenant de financement public et celles provenant du financement privé ? Est-ce qu’il ne faudrait pas pondérer les études en fonction des conflits d’intérêts potentiels ? Finalement est-ce que ça ferait du sens d’introduire des normes plus rigoureuses ou essayer de définir une sorte de label de qualité sur des résultats d’études afin de certifier la méthode employée ? As-tu déjà été confronté à des conflits d’intérêts, qu’est-ce que tu penses de ces biais qui sont induits ?

N.G. : Non, personnellement, je n’ai jamais eu le problème dans la psychologie (encore que ça peut arriver en psychologie pour ceux qui travaillent dans le marketing communication). Moi les domaines qui m’intéressent sont la modélisation de la mémoire de travail et les compétences mathématiques chez les enfant. C’est pas sujet aux conflits d’intérêt.

Alan : Pas encore !

N.G. : En général c’est surtout en pharmacie que c’est le pire, parce qu’il y a un lobby très puissant.
J’avais lu un bouquin là-dessus où étaient présentés des témoignages. Des gens disaient qu’il arrive souvent aux industries pharmaceutiques qui veulent tester un médicament de passer des contrats avec des universités. Dans le contrat est indiqué qu’il est interdit de publier sans l’accord de l’entreprise. Ça veut dire qu’ils laissent les gens bosser mais si le résultat n’est pas en leur faveur ils interdisent la publication. Et ils ont le droit par contrat.
Je précise que j’ai un gros problème avec les conflits d’intérêts. Je connais plein de gens qui trouvent que c’est pas gênant. Ça ne les dérange pas que l’industrie finance la recherche. Moi je trouve ça très très problématique. Même s’il n’y avait pas de problèmes réels, ne serait-ce que pour la crédibilité, je trouve ça catastrophique. Je suis contre, notamment quant c’est une entreprise qui fabrique un médicament, qui peut gagner des milliards avec, qui finance les recherchent qui prouvent que le médicament n’est pas dangereux. Je trouve ça scandaleux.
On me dit : si tu critiques, il faut que tu aies une solution. Et bien j’en ai une ! Elle n’est pas parfaite mais elle réduirait le principe. Au lieu de dire, comme on fait maintenant, si vous voulez vendre votre médicament chez nous, il faut d’abord que vous prouviez qu’il n’est pas dangereux en faisant des études, on dirait si vous voulez vendre votre médicament, on va faire des études dessus pour voir s’il n’est pas dangereux. Comme ça nous coute de l’argent, vous allez nous donner un impôt qui servira de financement.

Matthieu : Le problème dans le public, c’est le financement. On n’a pas forcément l’argent pour faire des études. Toi tu proposerais un impôt. C’est pas une mauvaise idée…

N.G. : Ce serait toujours l’industrie qui finance mais ce serait indirect. Il n’y aurait pas de conflits d’intérêts aussi directs que maintenant.
Je voudrais quand même dire deux petites choses qui vont en sens inverse de ça. D’abord, souvent ce qui est appelé indépendant ne l’est pas forcément. C’est à dire que c’est indépendant de l’industrie mais c’est dépendant d’autres groupes de pression. Même s’ils sont moins puissant, il y a aussi des groupes de pression de l’autre côté. Des gens, des associations, des ONG… Ils ne sont pas tout à fait indépendants, ils sont influencés par autre chose.

Matthieu : Une précision : dans ce podcast, la personne qui parlait de ça avait justement précisé que quand on lui parlait de financement privé ça pouvait aussi venir d’une organisation type Greenpeace ou ONG, donc ça rentrait dans la même analyse que si c’était une société privée. Il ne faisait pas la distinction ONG/Société privée. C’était un financement qui pouvait venir d’une ONG aussi.

N.G. : C’est parce qu’il parle seulement de financement mais il peut y avoir des conflits d’intérêts sans qu’il y ait de financement. Si quelqu’un trouve que les OGM c’est super dangereux et qu’il fait partie d’une association contre les OGM, moi j’ai un doute à peu près égal à la situation inverse où c’est quelqu’un d’une entreprise qui fabrique les OGM qui me dit que c’est super.
Pour ces cas particuliers (même si ce n’est pas du tout mon domaine), j’avais regardé pour les OGM, pour l’aspartame et pour le bisphénol (c’était un peu différent). Ce qui m’a frappé, c’est que les conclusions ne sont pas si différentes que ça entre ceux qui disent que c’est dangereux et ceux qui disent que c’est pas dangereux. Quand ils sont sérieux, il ont les mêmes résultats. La seule différence est qu’il y en a un qui dit que ses résultats ne montrent pas de danger donc c’est bon, et l’autre qui dit que ses résultats ne montrent pas de danger mais on ne sait jamais. En gros, il y a toujours un danger potentiel. Sur la Bisphénol A, par exemple,, je n’ai trouvé aucune étude qui conclue que c’est dangereux. Il y a des études qui terminent, mais c’est une histoire d’interprétation plutôt qu’autre chose, en disant : dans le bisphénol il y a un machin qui peut interagir avec les hormones. Il est donc possible qu’à haute dose ça devienne dangereux. Je n’ai pas vu d’étude qui dise si on prend dans les doses habituelles même en comptant large, il y a un risque démontré pour la santé. On ne trouve pas de risque mais simplement un mécanisme qui pourrait être dangereux.

Matthieu : Finalement, c’est là que se trouve toute la confusion d’une étude. On nous dit «oui il y a un risque potentiel» et nous on l’interprète en tant que lecteur comme «il y a un risque». Mais finalement c’est un risque potentiel qui n’est pas avéré.

N.G. : C’est plus dans l’interprétation, oui.
Si je prends l’exemple de l’aspartame, j’ai justement vu un truc, très récemment, tiré d’une émission qui disait que l’aspartame est une catastrophe. Pour prouver que l’aspartame est dangereux, la réalisatrice du documentaire prenait pour preuve un homme politique américain qui buvait beaucoup de Coca Cola. Il s’est mis a avoir des tremblements, il se sentait mal, avait des nausées. Puis il est parti dans un pays où il n’a pas pu prendre de coca, il se sentait beaucoup mieux. Il est revenu aux Etats Unis et a repris du coca comme avant et il a re-eu des tremblements etc… Un célèbre neurologue qui l’a étudié a dit que c’est à cause de l’aspartame qui se trouve dans le coca. Ça a l’air très sérieux sauf qu’on nous dit dans l’émission que ce type buvait quatre litres de coca par jour ! Je veux bien croire qu’à cette dose-là l’aspartame soit dangereux ! C’est toute une question d’interprétation. Si on conclue de ça que l’aspartame est dangereux alors moi je peux dire que la café est dangereux parce que j’ai fait une intoxication au café. Il y a longtemps, j’avais bu presque trois litres de café et j’ai eu des nausées, des sueurs froides, j’étais très très mal. On peut aussi s’intoxiquer au café.

Matthieu : Est-ce que tu penses finalement d’une manière générale, qu’introduire une sorte de label de qualité pour les études qui montreraient qu’elles ont suivi une méthodologie, un certain protocole établi, ça pourrait être une solution pour essayer de mettre un peu d’ordre dans toutes ces études qui sortent, on ne sait pas très bien à quoi s’en tenir ?

N.G. : C’est ce qui se fait dans les méta-analyses. Les méta-analyses sont des articles qui reprennent tous les articles sur un sujet, pour faire des statistiques sur les résultats ou sur les expériences. En général ce qu’ils font c’est qu’ils prennent tout ce qui a été publié par exemple depuis 20 ans et ils regardent dans le détail, comment était faite l’expérience. Ils sélectionnent ensuite suivant des critères de qualité, justement. Dans la méta-analyse, on ne fait pas tout rentrer parce qu’il y a des trucs sans valeur comme des études de cas, par exemple. Une étude de cas n’a pas la même valeur qu’une expérience.

Matthieu : Donc une méta-analyse, c’est une sorte de compilation d’un certain nombre d’expériences qui ont été faites sur un certain nombre d’années. C’est dans ce cadre-là.

Alan : Une question d’ordre plus général. J’ai suivi des cours de statistiques en faculté de sciences sociales et politiques, à Lausanne. C’est la faculté qui abrite également la psycho. Ce cours était perçu à l’unanimité comme rébarbatif et inutile. C’était vraiment le passage obligé, le jeudi après midi, il fallait s’emmerder à aller suivre les cours de stats. A la réflexion, les enjeux des statistiques pour la recherche n’avaient jamais été exposés clairement. Je pense qu’il n’était pas compris par les étudiants. Je me demandais si selon toi cette incompréhension de l’importance des statistiques constitue un cas isolé ou bien est-ce que c’est une problématique réelle et récurrente ? Si c’est le cas, qu’est-ce qu’on peut faire pour y remédier ?

N.G. : Je vais parler de la psycho puisque c’est ce que je connais. J’ai enseigné les stats en psycho pendant huit ans. Les étudiants n’aimaient pas ça du tout. J’ai énormément progressé en huit ans mais à la fin, il y avait quand même une partie des étudiants qui aimaient bien. Je raconte un peu. J’espère qu’il n’y a pas trop de collègues qui m’écoutent sinon je suis grillé pour un poste ! Voilà ce que j’ai observé. Les gens qui font les cours de statistiques en psycho, en général sont des psychologues qui ont été formés par des psychologues etc. Ils ne comprennent pas les statistiques. Le type qui faisait les stats avant que j’arrive à Metz était un catastrophe ! Il ne comprenait absolument pas le principe des statistiques. Il acceptait par exemple que ses étudiants sélectionnent des sujets après coup. C’est à dire qu’ils font l’expérience puis ils éliminent ceux qui ne conviennent pas parce qu’ils n’ont pas trouvé ce qu’ils voulaient. Avec ce superbe argument : si je les avais choisis par hasard, j’aurais très bien pu tomber sur ceux-là. Lui ne voyait pas où était la faille, ça ne lui posait aucun problème.
C’est assez récurrent. Les statistiques sont enseignées par des gens qui ne comprennent pas les fondements des stats. Pour eux, c’est ce qu’ils transmettent ensuite aux élèves, l’idée c’est que les stats c’est une espèce de machin qu’on est obligés de mettre dans les articles pour faire sérieux. Donc on est obligé d’apprendre comment on fait parce qu’on va être obligés de le faire pour publier.
Dans certains cas, certains départements, on se dit que ça ne va pas, qu’il faudrait que quelqu’un reprenne les stats. Alors ils vont chercher au département de Maths un statisticien mais c’est assez rare, pour faire les cours. La plupart n’aiment pas du tout et j’ai compris pourquoi quand j’ai vu, toujours à Metz, ce que ça donnait. C’est un prof qui vient et qui fait exactement ce que j’ai fait la première année parce que je ne savais pas comment faire. C’est-à-dire qu’il fait un cours de maths. Théorème, démonstration, etc… Aucun rapport avec la choucroute, personne comprend à quoi ça sert. Il n’y a quasiment que ça comme prof. D’un côté des profs qui font des cours de maths qui n’expliquent absolument pas le rapport entre ce qui se passe et la réalité pour un psychologue. Et de l’autre des gens qui n’ont pas compris donc ne peuvent pas expliquer correctement.

Matthieu : Il faudrait que les enseignants en psychologie se spécialisent dans les statistiques. Ça serait la solution idéale.

N.G. : Voilà. Ou l’inverse ça me paraitrait mieux. Je pense qu’il est plus facile pour un mathématicien de se spécialiser en psychologie.
Pour le côté mathématiques, c’est assez amusant. J’ai eu des cours de statistiques à l’école normale supérieure et tous les exercices commençaient par la même phrase. «Soient x1, x2…xn une suite de variables aléatoires identiquement distribuées.» On ne m’a jamais dit pourquoi tous ces exercices commençaient par ça et j’ai jamais compris. C’est seulement très longtemps après, quand j’ai pu faire le lien avec ce qui se passe en vrai que j’ai compris ce que c’était que ces variables aléatoires identiquement distribuées. C’est simplement les valeurs qu’on obtient, par exemple la taille des adultes dans un pays, chaque fois qu’on choisit un adulte et qu’on le mesure. C’est la réalisation d’une variable aléatoire. Si on reprend un adulte, c’est à nouveau la même variable aléatoire avec une autre réalisation. Si tous les exercices de proba commencent par ça, c’est simplement parce que ça correspond à ce qui se passe quand on choisit un échantillon. En un an de cours, le prof ne nous a jamais expliqué ça. C’est assez hallucinant quand on y pense…

Matthieu : Pour revenir dans le cadre de la faculté de psychologie, les étudiants qui vont faire de la psychologie ont peut-être plus envie d’étudier des comportements humains que des chiffres et des statistiques. C’est peut-être aussi que ça peut paraître rébarbatif pour les étudiants parce qu’ils ne sont pas venus pour ça.

N.G. : C’était ce que je voulais dire après. C’était la suite de ma réponse. On avait fait un petit questionnaire pour les étudiants en psycho pour savoir pourquoi ils étaient là, ce qu’ils voulaient faire plus tard . Ce qui était frappant c’est que la plupart étaient là par dépit ou parce qu’elles avaient une copine (c’était presque toutes des filles) qui s’était inscrite en psycho, elles se sont dit qu’elle allaient faire pareil. La plupart ne savait pas trop pourquoi. Mais il y en avait qui venaient ici en se disant qu’au moins il n’y aurait pas de maths. Il y en a pas mal qui venaient ici avec une haine, avec un vrai blocage tenace des mathématiques. A la fin de mes huit années (je pense que c’est une pistes pour intéresser une partie des étudiants), pour les statistiques, je présentais d’abord les choses uniquement à partir d’articles de recherche en psychologie. Des trucs réels. J’allais chercher les données et on faisait comme dans l’article. Mais surtout, pour leur montrer l’intérêt, je leur ai fait faire une expérience. Le dernier exemple dont je me souviens est le suivant. Je leur avait dit que quand on demande aux gens de répondre soit oui soit non, au hasard, ils vont répondre en général oui un peu plus souvent que non. C’est toujours le biais d’acquiescement mais côté aléatoire. Mais on peut peut-être penser que si on est déprimé, on aura plus tendance à dire non, on ne sait pas. Ça c’est une hypothèse de psychologie. Si on est déprimé et qu’on essaye de répondre au hasard soit oui soit non, peut-être qu’on dira plus non que oui. C’est eux qui devaient faire l’expérience. Ils demandaient aux gens de remplir un mini questionnaire de dépression puis de dire oui ou non au hasard. A la fin, on avait un énorme tableau avec toutes les données. Il y avait 120 étudiants avec chacun deux personnes, ça faisait 240 lignes. Et on regardait, il y avait des oui, des non et des scores de dépression. Je leur disait voilà ce qu’on a trouvé dans notre expérience. Comment faire pour savoir si les dépressifs disent plus souvent non ? On est obligé de faire des statistiques. Pour ceux qui étaient suffisamment motivés, ça devait paraître évident que les statistiques étaient indispensables pour pouvoir répondre à la question psychologique qu’on s’était posée au départ et donc que c’était intéressant pour la psychologie. Ça a convaincu une partie mais pas tout le monde. J’étais un peu désespéré pour ceux qui n’étaient pas du tout convaincus et qui venaient me voir après en me disant qu’ils n’avaient toujours pas compris à quoi servent les stats en psycho. Je me suis creusé la tête pour savoir où était le problème et je crois qu’il y a une espèce de hiatus entre deux choses qu’on appelle psychologie. C’est la psychologie comme science (c’est à ça que je pense quand je parle de psychologie) mais il y a aussi la psychologie comme technique (psychothérarpie, psychologie clinique). Je suis obligé de reconnaître que connaître les statistiques, ça ne sert pas pour aider des gens dépressifs, ni pour comprendre les autistes. Ça aide à comprendre les articles qui en contiennent.

Matthieu : Ça aide à détecter certaines pathologies, non ?

N.G. : Non, même pas parce qu’il y a des chercheurs qui font des questionnaires, qui les testent, qui les valident. Ensuite on fait passer le questionnaire. On sait comment remplir, on calcule des coefficients et on regarde dans le manuel. C’est comme ça que ça marche.

Matthieu : D’ailleurs, vous utilisez des softwares dans le cadre de l’université ? Vos étudiants font beaucoup de statistiques à la main ou c’est assisté par ordinateur ? Est-ce qu’il y a des framework de travail ?

N.G. : C’est très bizarre aussi. J’ai jamais vu aucun chercheur en psychologie faire un calcul à la main. C’est débile, dans toutes les fac il y a des logiciels pour faire ça. Il y en a même des gratuits qui le font très bien. J’ai toujours dit que ça ne servait à rien même de connaître les formules. Il faut connaître le sens de ce qu’est un coefficient de corrélation, etc… je n’ai jamais demandé aux étudiants de calculer quoi que ce soit. Mais il y a plein de profs de stats qui sont très attachés aux calculs à la main, je ne sais pas pourquoi. Il sont convaincus que ça permet de mieux comprendre, moi je suis convaincu du contraire. On m’a appris quand j’étais au lycée à extraire les racines carrées à la main et je ne crois pas que ça m’ait fait mieux comprendre ce qu’était une racine carrée.

Matthieu : surtout pour les étudiants en sciences humaines qui sont assez peu emballés par les maths. Faut peut-être pas trop les pousser à faire ça par écrit mais plus par des outils informatiques.

Alan : Je parlais l’autre soir avec un ami qui conduit des projets de recherche dans un contexte d’hôpital universitaire, il me faisait remarquer qu’il constate une tendance de plus en plus marquée de la part des médecins à brandir les statistiques issues de recherches quantitatives comme des vérités. Le biais ici n’est pas tellement statistique hormis que l’on attend une vérité plutôt que des probabilités de la part de l’outil statistique. C’est plutôt le fait qu’on a tendance à considérer certaines études comme vraies. On induit une notion de vérité plus que de probabilité. Du coup, par définition, on considère comme faux tout le reste. Tout ce qui n’a pas encore été étudié ou n’est pas en attente, est faux. C’est quelque chose que tu constates aussi ? Est-ce que c’est pas un des risques de la démarche, plutôt au niveau des attentes des résultats que les statistiques peuvent fournir plutôt qu’au niveau des statistiques elles-mêmes ?

N.G. : Il y a peut-être une exagération de l’importance des statistiques. Mais tout ne peut pas se mesurer, en psychologie. Il y a par exemple des observations, des études de cas où il n’y a pas de chiffres du tout. C’est de l’interprétation, donc on peut toujours dire que ce qui est raconté à la fin, c’est une opinion, même si c’est l’opinion d’un expert. Je pense que ce qui est mesurable est traité dans les sciences humaines par les statistiques parce que, dès qu’on mesure dans les sciences humaines, on est obligés plus ou moins de faire des statistiques, c’est plus fiable. Par contre, c’est vrai aussi qu’il y a une espèce d’intimidation mathématique et qu’on utilise les statistiques pour impressionner, simplement. Ça se voit beaucoup en psycho où les gens sont très friands, surtout dans les grandes revues, de machins à la mode. A chaque fois qu’il y a un truc super compliqué qui sort en stats tout le monde essaie de l’utiliser pour montrer qu’ils sont très forts en stats.
Il y a des méthodes de plus en plus compliquées avec plein de chiffres partout. Des trucs qu’on comprend pas qui nous obligent à lire plein d’articles pour savoir ce que c’est. Et puis finalement, ça fait la même chose qu’avant. Mais ça a l’air mieux parce que c’est compliqué et que personne ne connait. Donc oui, il y a une espèce d’intimidation avec les chiffres.

Alan : A partir du moment où on peut coller un chiffre, ça a l’air d’être un peu plus vrai, c’est ça ?

N.G. : Oui c’est ça. Ça donne une impression de sérieux. Alors que les stats, c’est toujours probabiliste. Cela ne change pas les sciences humaines en sciences exactes. C’est pour ça qu’en sciences humaines, contrairement à ce qui se passe en maths en tout cas, on ne se contente pas d’une publication. Quand il y a une publication qui montre un résultat, ça veut pas dire grand chose. Il faut des réplications des expériences pour être convaincu.
J’ai oublié de dire un truc tout à l’heure. Je voudrais ajouter quelque chose sur les conflits d’intérêts. C’est pas forcément conscient. On ne se rend pas toujours compte, quand c’est inconscient, à quel point ça peut être important quand même. J’ai discuté avec beaucoup de gens concernés par des conflits d’intérêts en travaillant sur les OGM, par exemple. Ils sont financés par les amis de Monsanto et compagnie. Je suis absolument certain qu’ils sont très très honnêtes (je pense à une personne en particulier) et qu’ils font de leur mieux pour être absolument rigoureux. Ceci étant, même comme ça, quand on a une idée, même en dehors des aspects financiers, on est toujours influencé par elle. Ça a été illustré très bien il y a plus d’un siècle par Binet qui travaillait sur l’intelligence. C’est admirable parce qu’il s’est lui-même remis en cause à une époque où il n’était pas obligé de le faire. Il pensait que l’intelligence dépendait de la taille du crâne. Il allait voir des enfants, en mesurait le crâne et l’intelligence et il concluait à l’aide des statistiques. Il trouvait que, effectivement, les enfants intelligents avaient un plus gros crâne. Et puis, il avait un thésard, qui faisait la même chose dans d’autres classes, qui ne trouvait pas le même résultat. Il a trouvé ça bizarre. C’est là qu’il s’est dit qu’il faut le faire en aveugle. Il a dit : toi tu vas tester 100 étudiants, toi tu leur fais passer le test d’intelligence et tu me les envoies sans me dire s’ils sont intelligents ou pas. Et là, il n’y avait plus aucune relation. Il a écrit sur ce sujet en disant que même inconsciemment, il essayait de valider son hypothèse. Il trouvait ça incroyable et disait qu’il devait mesurer un peu différemment avec un mètre ruban peu fiable.

Matthieu : D’ailleurs, dans le podscast qui traitait de ce sujet des conflits d’intérêts, l’intervenant a clairement dit que les chercheurs qui travaillaient sur des études financées par le privé n’étaient pas du tout conscients qu’il pouvaient, à un moment ou un autre, biaiser l’étude.
On arrive au bout, merci bien.
Encore une ou deux petites choses. On peut t’écouter une fois par mois sur le balado de scepticismescientifique.blogspot.com. Tu maintiens aussi le blog psymath.blogspot.com, d’actualités psycologico-statistiques on va dire.

N.G. : C’est pas vraiment de l’actualité. C’est d’actualité de temps en temps, quand j’entends des choses, mais je ne cherche pas à être dans le vent. Je parle de manière très pointilliste de choses qui m’intéressent en psycho et en maths. Par exemple (pour dire à quel point c’est pas d’actualité) sur les singes et l’Insight Learning. C’est une expérience très connue, qui a déjà un siècle. On met des chimpanzés dans une pièce avec une banane au plafond et ils doivent empiler des caisses pour attraper la banane. Ils restent pensifs en regardant les objets pendant un certains temps puis d’un coup ils ont l’idée et ils empilent les caisses. Ça nous étonne beaucoup moins qu’à l’époque mais alors on pensait tellement que les animaux étaient débiles que ça a énormément surpris. On s’est dit que, finalement, ils arrivent à des représentations mentales de la situation, c’est formidable. J’ai fait un truc là-dessus, c’est pas du tout d’actualité. C’est un peu comme ça.

Alan : Tu as parlé de livres tout à l’heure. Tu en as écrit plusieurs ?

N.G. : Oui. Dans les livres grand public, il y a «Statistiques, méfiez-vous» qui passe en revue un certain nombre d’erreurs qu’on peut faire en faisant des statistiques. Ensuite j’ai publié chez Belin, c’est pas moi qui ai choisi le titre, «Vous avez dit hasard ?» sur le hasard en maths et en psychologie. C’est mon dada, tout ce qui est à cheval entre les deux. Et puis j’ai deux tout petits livrets publiés chez Book-e-Book. Un sur la numérologie «Quand les nombres font perdre la boule» où je me suis bien amusé avec la numérologie. Et un autre avec Jacques Van Rillaer sur les psychanalyses «Les Psychanalyses, des Mythologies du 20ème siècle ?». Jacques Van Rillaer c’est pas la même pointure que moi sur la psychanalyse. Il a participé au livre noir de la psychanalyse, un livre critique sur la psychanalyse qui s’est très bien vendu, qui a eu beaucoup d’échos. Il passe assez régulièrement à la télé pour parler de ça. Il connait vraiment très très bien le truc. Il a appris l’allemand pour pouvoir lire Freud dans le texte. Dans le petit livre qu’on a fait ensemble, j’étais très fier qu’il accepte, il a fait toute une partie sur la psychanalyse et moi j’ai fait une partie beaucoup plus dans l’esprit science et pseudo-sciences sur des thérapies un peu bizarres qui sont dérivées de la psychanalyse. Par exemple la nouvelle médecine germanique qui prétend que tous les cancers sont en fait des troubles d’origine psychique. C’est pas mal basé sur la psychanalyse au départ.

Matthieu : Dernièrement, Freud est malmené, j’ai l’impression.

N.G. : Il y a eu une émission sur le podcast de Jean-Michel Abrassard, là dessus.

Alan : Merci infiniment d’avoir accepté notre invitation, c’était formidable de pouvoir aborder en profondeur un thème aussi passionnant.
En préambule, on disait que les statistiques restent un outils très important pour faire avancer la science. Le but de l’émission d’aujourd’hui n’était pas de démolir les statistiques mais de rendre attentif au fait qu’elles peuvent parfois être malmenées. Pour ma part, j’ai l’impression que j’y verrai beaucoup plus clair à partir de maintenant. J’espère que ce sera également le cas des auditeurs. C’était vraiment instructif. Un tout grand merci.

N.G. : Merci à vous.

Blog Audio 30: Scienceabilly – En plein repas du réveillon, elle opère une huître à coeur ouvert. Âmes sensibles s’abstenir.

30e billet de blog scientifique en audio: Scienceabilly – En plein repas du réveillon, elle opère une huître à coeur ouvert. Ames sensibles s’abstenir.

dsc01115Auteure: Billie

Blog: http://scienceabilly.com/

Billet original: http://goo.gl/Qsv5qc

Enregistrement: par Billie et Alan

Diffusion originale: Podcast Science #156, 26 décembre 2013

 

Le gène égoïste, le phénotype étendu et la vision de Richard Dawkins de l’évolution

Dossier présenté par David dans l’épisode #151.

Introduction

Je vais donc aujourd’hui vous parler de sélection naturelle et en particulier de la vision de Richard Dawkins de la sélection naturelle dans son livre « the extended phenotype ».

Je tiens à préciser que je n’aurai pas le temps de traiter l’intégralité des sujets abordés par Richard Dawkins, loin de là. Si le sujet vous intéresse, je pense qu’on peut faire facilement encore un ou deux épisodes là-dessus. Je vais aussi déborder sur d’autre sujets périphériques et réflexions personnelles qui me semblent intéressants pour essayer de donner un sens global à ce dossier.

Je pense que vous le savez, on résume souvent la sélection naturelle en trois grands principes formulés entre autre par Leventine : mutation, hérédité, sélection.
Tout cela s’inscrit dans la lignée de l’explication de l’origine de la complexité du vivant… qu’en quelques mots on pourrait résumer par :

  • A l’origine était le fixisme
  • Avec l’accumulation des découvertes de fossiles, des premières notions de transformisme des espèces apparurent, entre autre chez Buffon dans son texte sur l’âne
  • Une notion d’évolution fût par la suite formulée par Lamarck qui l’accompagna malheureusement de mécanismes explicatifs : « l’hérédité des caractères acquis », « la génération spontanée » par la suite invalidés
  • Ce fût suivi, dans la seconde moitié du 19ème siècle, par une première formulation de la sélection naturelle par Darwin qui malheureusement n’abandonna pas l’hérédité des caractères acquis et donna même de moins en moins d’importance à la sélection naturelle, cette innovation majeure au fil des éditions de l’origine des espèces.
  • Ensuite l’hérédité des caractères acquis perdit progressivement en popularité entre autre suite aux expériences de Weismann
  • Puis dans les années 30 – 40 la Théorie synthétique de l’évolution qui intègre la théorie Medenlienne de l’hérédité devint le paradigme dominant

Petite réflexion préalable sur la scientificité et le statut de ces deux concepts que sont l’évolution et la sélection naturelle :
Il y a pas mal de définition de ce que peut être la science, on en a entre autre parlé avec Ruxandra. On peut parler, entre autre, de succession de paradigme comme Kuhn (sociologique), on peut aussi parler de méthode expérimentale ( Claude Bernard) ou l’on peut parler de falsificabilité (philosophique/ontologique ? K. Popper) et je n’en cite que quelques unes…

On pourrait passer un épisode entier à débattre du positionnement de l’évolution ou de la sélection naturelle vis-à-vis de ces différentes définitions de la science… Ça serait très intéressant mais on n’aura pas le temps dans ce dossier, néanmoins il me semble important de revenir sur une différence importante entre évolution et sélection naturelle.

L’évolution (définie comme la transformation des espèces d’êtres vivants qui se sont succédés à la surface de la terre avec les générations) relève, au moins en partie (puisque ça inclut que le processus est toujours en cours aujourd’hui), de la constatation, au même titre que la présence de points lumineux dans le ciel, la formation de notre système solaire, ou l’existence de Clovis… Comme les deux dernières, c’est d’ailleurs une constatation historique (ça s’inscrit dans le temps)… Ça explique qu’elle soit régulièrement attaquée car avec un peu de mauvaise foi ou d’aveuglement, il est toujours possible de remettre en cause une constatation historique. Je pense que je n’ai pas besoin de vous donner d’exemples. 
En l’absence de machine à voyager dans le temps (faudra d’ailleurs qu’on se fasse un épisode SF, physique et voyage temporel) c’est une constatation qui, bien évidement, ne peut se faire qu’en analysant les traces laissées par ces événements historiques (les fossiles principalement) et par l’intermédiaire de la technique (issue elle aussi de découvertes scientifiques telles que des méthodes de datation).
Il ne faut néanmoins pas prendre ça pour une faiblesse de l’évolution. C’est une constatation historique établie au delà du doute raisonnable (en tout cas en l’état de nos connaissances). Pour énerver nos matheux, il y a infiniment plus d’éléments attestant de l’existence de l’évolution que de traces de sources directes mentionnant l’existence de Clovis.
De l’autre côté, pour la sélection naturelle, cela dépend comment on la formule : si on la résume en annonçant que le mécanisme permettant d’expliquer l’histoire évolutive du vivant est la présence de réplicateur (d’entité produisant des copies d’elles même) ayant les trois caractéristiques (mutation, hérédité, sélection) précédemment citées, on reste plus ou moins dans la constatation historique. En fait, on se retrouve dans une quête intéressante mais sans fin, consistant à trouver des explications évolutionnistes pour différentes caractéristiques des êtres vivants puis à analyser les traces laissées par ces événements historiques pour les valider… C’est très intéressant mais ça ressemble à la quête de Sisyphe.
Chaque caractère auquel une explication évolutionniste a été apportée n’est que le prélude à l’explication d’un autre caractère.

Si au contraire, on laisse l’histoire évolutive de côté et que l’on postule qu’un être vivant évolue si, et uniquement si, il transmet certaines de ses caractéristiques de manière héréditaire quand il se réplique, que ces caractéristiques son soumises à des mutations et qu’elles influent sur sa capacité à se répliquer, on se donne alors la possibilité de tenter de réfuter cette théorie en cherchant à obtenir une évolution chez des êtres vivants qui ne seraient pas soumis à l’un ou l’autre de ces critères. Là aussi la démarche est très intéressante mais pas forcément aisée. Allez supprimer toute forme de sélection ! Je vous souhaite bonne chance. Mais surtout, elle laisse la possibilité qu’une autre caractéristique du vivant indispensable (à l’évolution) soit ignorée. Pour vous donner un exemple absurde : si un parapsychologue postulait que le psi, qu’il imaginerait caractéristique de tout être vivant, soit un quatrième critère lui aussi indispensable à l’évolution on ne pourrait pas vraiment le réfuter. Bien sûr, si un parapsychologue avançait une telle hypothèse, la discussion s’orienterait sur la question de l’existence du psi… Mais postulons cette fois que la membrane plasmique est indispensable à l’évolution ou je ne sais quelle caractéristique de l’ADN et vous pouvez imaginer qu’il serait difficile de tester des êtres vivants sans membrane plasmique…
Une solution pourrait éventuellement nous être apportée par l’exobiologie.

Mais en attendant il me semble qu’il existe une troisième approche complémentaire des deux précédentes : la généralisation de la sélection naturelle. Partir, cette fois-ci, du principe que n’importe quel réplicateur transmettant ses caractéristiques de manière héréditaire, mutant et soumis à une sélection, va se mettre à évoluer… La différence avec la première définition que j’ai proposé consiste à ne pas se limiter au vivant. C’est l’approche de la sélection naturelle que propose la vie artificielle mais c’est aussi parfaitement dans la logique de la manière dont Dawkins la présente. L’avantage c’est qu’ici il ne s’agit plus de la déconstruire mais de la recréer. On n’est même plus dans de la modélisation de la sélection naturelle, on peut carrément l’expérimenter, l’étudier l’observer ailleurs que dans le vivant.

Ces trois approches ne sont pas opposée les unes aux autres mais complémentaires et ont toute les chances de mutuellement profiter de leur interaction.

Opter pour l’une ou l’autre va néanmoins nous forcer tantôt à concentrer notre attention sur des question différentes en lien avec la sélection naturelle telles que, pour la dernière, la quantification des variations, la définition plus précise de ce qu’on entend par évolution, l’importance de la reproduction sexuée pour obtenir de la complexité.
Alors que l’approche plus histoire évolutive de la sélection naturelle va peut-être davantage s’interroger sur les équilibres ponctués ou la dérive génétique, et, bien sûr la biologie fonctionnelle.

Je vous laisse garder ça en tête et je me lance maintenant dans un petit plaidoyer pour la vision de Richard Dawkins de l’évolution.

Un mot sur le contexte : Dawkins a écrit the Extended phenotype pour étendre la théorie qu’il avait présentée dans le gène égoïste et répondre aux critiques qu’elle avait suscité. R. Dawkins a précisé à de nombreuses reprises qu’il considère ce livre comme l’oeuvre majeure de sa carrière. Le fait que Dawkins revienne beaucoup sur son idée du gène égoïste et passe beaucoup de temps à répondre à des critiques donnent à l’ouvrage un côté parfois compilation et il arrive que le lien entre différentes parties ne soit pas complètement évident. Il mentionne aussi dans la préface que l’ouvrage s’adresse essentiellement à des chercheurs, des gens déjà familiarisés avec la sélection naturelle. (Il y mentionne aussi qu’il écrit toujours en s’adressant à une lectrice virtuelle).

Pour en finir avec le contexte il faut préciser que le phénotype étendu a été publié en 1982, et que depuis c’est plutôt la vision de l’évolution non centrée sur les gènes donc opposée à celle de Richard Dawkins qui finalement a triomphé. Je vais donc vous présenter une vision de la sélection naturelle qui est sûrement, de nos jours, assez minoritaire même chez les biologistes évolutionnistes.

Le premier élément qu’il faut retenir, c’est que le titre du gène égoïste était très mal choisi et, qu’impact mis à part, il aurait tout aussi bien pu s’appeler le truc altruiste, ou encore plus justement le machin qui est sélectionné. Vu qu’on ne parle ici ni d’égoïsme au sens courant du terme (Dawkins l’a suffisamment répété) ni, non plus de gène au sens courant du terme (ce sur quoi Dawkins a, je trouve, moins insisté mais ce qui me semble au moins aussi important).

L’autre point sur lequel Dawkins insiste en permanence c’est qu’il ne prétend pas proposer une nouvelle vision de la sélection naturelle, radicalement incompatible avec la précédente, mais plutôt nous amener à la considérer selon une nouvelle perspective. L’image qu’il décrit fréquemment est de nous faire changer notre vision d’un cube de Necker.
Bref l’ambition de Richard Dawkins est ici de nous proposer une vue de l’évolution ni plus ni moins correcte que les théories orthodoxes mais plus éclairante, au moins pour certains.
Il précise aussi que sa théorie ne sera pas testable dans le sens où il ne sera pas possible de concevoir de test permettant de la valider ou de l’invalider, au détriment des théories orthodoxes. C’est la même chose, vu autrement.

Mais après cette très longue précision sur le contexte, ce que vous attendez sûrement c’est que je précise un peu la vision que défend Dawkins de la sélection naturelle. Ici, et dans le gène égoïste, ce qui l’intéresse, c’est l’identification du réplicateur. On considère généralement que c’est sur la réplication (reproduction pour les êtres vivant) des êtres que s’applique la sélection naturelle. Pour Richard Dawkins pas vraiment, il centre l’évolution sur les gènes qui se répliquent pendant les mitose et méiose cellulaire.

Avant de vous expliquer pourquoi, il faut préciser ce que Richard Dawkins entend par gène (et donc pourquoi le gène égoïste était un très mauvais titre), car comme je vous l’ai annoncé il n’est pas ici question d’une séquence d’ADN codant pour une protéine comme il en est souvent question.
Richard Dawkins reprend la classification de Benzer qui différencie :
– cistron unité minimum de fonction : code pour une protéine
– recon unité minimum de recombination
– muton unité minimum de mutation

Auquel il ajoute un nouveau concept, le gène, qui est un truc (morceau d’ADN situé sur un même chromosome tout de même) dont l’effet phénotypique a une influence sur ses chances de réplication et dont l’effet phénotypique est suffisamment stable avec les réplications.
Le gène est donc pour Richard Dawkins par définition quelque chose qui se réplique, qui a un effet phénotypique, qui influe sur ses chances de reproduction et qui transmet cet effet phénotypique de manière héréditaire. Par ailleurs, le fait qu’il subisse des mutations et que son effet phénotypique soit donc susceptible de changer est ici précisé de manière implicite. Il est donc inutile de tenter de contredire Dawkins en expliquant par exemple qu’un gène n’a pas forcément d’effet phénotypique (critique souvent formulée) il en a pour lui par définition. Un morceau d’ADN n’en ayant pas ne serait pas un gène au sens ou l’entend Dawkins… Après on pourrait lui opposer que le gène qu’il décrit n’existe pas (mais je pense que c’est difficilement défendable) ou que l’unité qu’il décrit n’est pas intéressante à étudier…

Je pense que c’est déjà à peu près clair pour tout le monde mais le terme égoïste est bien évidement une formule de style. Richard Dawkins, qui ne prête bien sur aucunement de volonté ou de conscience à ses gènes, indique juste par ce terme qu’étant donné qu’il sont, tel que je l’ai précédemment décrit, disons le réplicateur minimum, c’est sur eux que repose l’essentiel de la pression de sélection naturelle.

L’autre notion contre laquelle se bat Dawkins c’est que l’idée qu’il présenterait serait un déterminisme génétique fort. Nous serions entièrement déterminés par nos gènes. Il insiste sur le fait qu’il ne nie pas que que des déterministes culturels puissent être tout aussi forts et irréversibles que des déterminismes génétiques (exemple des Jésuites ? ).
De même, plus généralement, il insiste sur le fait que si les variations génotypiques sont une cause de variation phénotypique, l’effet des ces variations peut être modifié, augmenté, annulé par des facteurs environnementaux, y compris les effets d’autres gênes. Je vous demande de garder ça en tête pour le moment où l’on abordera la question de l’épigénétique.
Undoubtedly genetic variance is a significant cause of much phenotipic variance in observed populations, but its effect may be overridden, modify, enhenced or reverse by other causes. Genes may modify the effects of other genes and may modify the effect of the environment. Environmental event, both internal and external, may modify the effect of genes and may modify the effects of other environmental events.

Educational or other cultural event may be as irreversible, in some circumstanced, as genes are populary thought to be (jesuits ex).

Ces précautions étant prises, intéressons nous rapidement aux différentes entités sur lesquelles la sélection naturelle est susceptible de s’appliquer.
La biosphère de la planète terre dans son ensemble, c’est ce que l’on appelle, je crois, l’hypothèse Gaïa de Lovelock. Pour Dawkins, c’est une utilisation complètement erronée de l’idée d’évolution (en temps que phénomène généré par la sélection naturelle), dans la mesure où, a priori, Gaïa ne se réplique pas. Pour que ça marche, il faudrait imaginer que les planètes envoient régulièrement de la vie à travers l’espace, vie qui, elle même, s’installe sur d’autres planètes et répète le processus. C’est envisageable mais l’on n’est plus du tout dans le cadre de l’évolution de la biosphère terrestre. On ne peut prétendre qu’il y a de l’oxygène pour qu’il y ait de la vie à moins d’imaginer que les premières formes de vie étaient programmées pour aboutir des millions d’années plus tard à d’autres formes de vie utilisant de l’oxygène, et que cette étape est utile à l’ensemencement de la vie au niveau spatiale. Bref on se retrouve avec une vision de l’évolution terrestre qui tient presque plus du créationnisme que de la science.

La deuxième entité que RD envisage est l’espèce comme réplicateur. On rappelle qu’une espèce est un ensemble d’organisme inter-fécond. Les espèces disparaissent et se répliquent dans la mesure ou d’autre espèces apparentées peuvent leur survivre. Il y a hérédité et variation entre espèce et il a, vraisemblablement, une part d’aléatoire dans les caractéristiques variant entre une espèce et son parent dans l’arbre phylogénétique. Dawkins en conclut qu’il y a évolution par sélection naturelle à ce niveau. Mais il y ajoute un bémol. La reproduction des espèces par extinction et spéciation est en général un processus bien plus long que la reproduction des organismes, ou autre… Du coup ça semble pour Dawkins un cadre pour une évolution assez lente, peu susceptible d’expliquer l’apparition d’organes complexes par exaptation par exemple.

Ensuite on pourrait parler de groupe d’organismes au sein d’une espèce. En dehors du cas des jumeaux et des insectes sociaux qui partagent le même matériel génétique, on est dans le cadre de la sélection de groupe. Généralement la sélection de groupe est utilisée pour expliquer des formes de coopération ou d’altruisme. Pour défendre son point de vue (à savoir qu’elle n’est pas pertinente), RD utilise une analogie que je trouve assez parlante. Imaginez une population de meuniers et de paysans faisant pousser du blé. La méthode de la sélection de groupe consisterait à subdiviser cette population en sous groupe interfécond et expliquer que l’augmentation de la taille des groupes les mieux équilibrés compense les pressions de sélection interne. ça marche mais c’est compliqué mathématiquement.
La vision centré sur les gènes va, elle, se contenter de dire qu’un environnement constitué de trop de meuniers sera favorable à la réplication des paysans faisant pousser du blé et inversement. L’environnement d’un gène est entre autre constitué des autres gènes du coin.
Les deux approches sont valables mais la seconde me semble plus intuitive. Je ne sais pas ce que vous en pensez ?

There are 2 general ways in wich harmonious coopération came about. One way is for harmonious complex to be favored in comparison to disharmonious complex. The other way is for separated parts of complex to be favored over the presence, in the population, of other parts witch wich they happend to harmonise.

Il y a aussi l’exemple du sex ratio, soit on considère que des populations mal équilibrées seront contre-sélectionnées, soit on considère que dans une population ou le ratio femelle-mâle est déséquilibré, les gènes qui contre-balancent ce déséquilibre seront sélectionnés.

Si l’on descend encore un peu, on peut envisager l’organisme comme entité. Pour Dawkins, l’organisme est indiscutablement le véhicule, le support de la réplication, mais pas l’entité répliquée. Il le considère moins pertinent que le gène pour plusieurs raisons. Dawkins recherche en effet un réplicateur produisant des copies ayant un effet phénotypique stable influençant la capacité de ce réplicateur à se multiplier. Or, pour lui, la reproduction sexuée ne remplit pas vraiment le critère de stabilité. Il n’y a pas réplication mais quelque chose de plus complexe. On s’y met à deux, on se mélange… Alors que la pression de sélection doit avoir le temps de s’exercer sur le phénotype sur plusieurs générations… Ici le phénotype sera différent dès la prochaine génération. Pour ce qui est de la reproduction asexuée des bactéries ou des archées, l’argument est présenté différemment : les recombinaisons (crossover) ne permettaient pas non plus à leur phénotype d’être suffisamment stable.

Descendons encore un peu et arrivons au niveau cellulaire. Dans le cas d’organismes unicellulaires, le problème est le même que précédemment. Dans les autres cas, il faut généralement distinguer méiose et mitose, pour la méiose on peut difficilement parler de copie identique, pour la mitose la réplication est généralement limitée dans le temps mais l’on reviendra en fin de dossier là-dessus.

L’intérêt de la cellule risque aussi de rentrer en conflit avec l’intérêt de l’organisme. Les cancers sont de bons exemples de cas de sélection naturelle au niveau cellulaire.

Plus bas, on a le gène qui, vu la façon dont Dawkins le décrit, est par définition un réplicateur idéal.

Ensuite en descendant encore, on arrive aux Bases azotées que l’on peut difficilement considérer comme candidat crédible en raison entre autre de l’instabilité totale de leur effet phénotypique.

Dawkins mentionne aussi un autre réplicateur potentiel sur lequel la sélection naturelle s’applique et vous le connaissez déjà : le mème, la fameuse réplication des idées (le terme idée n’est pas parfaitement valable, RD serait vent debout contre ce résumé mais c’est assez parlant pour ce qu’on va mentionner ici et ça permet de se détacher des stupides mèmes internets). On en a déjà parlé de nombreuse fois (voir le dossier de Franck dans Podcast Science et mes dossiers du côté de vie artificielle et scepticisme scientifique :p ). Mais il me semble qu’avoir précisé la notion de gène chez Dawkins nous en apprend beaucoup sur sa vision des mèmes. La principale critique que l’on oppose généralement à la mémétique est la suivante : où sont les mèmes… RD ne répond pas vraiment à cette question, il explique juste qu’ils ont un support physique continu ou discontinu quelque part dans notre cerveau. Mais finalement discontinuité mise à part et encore… (un gène doit être présent sur un même chromosome pour être stable et j’imagine que ses parties ne doivent pas être trop éloignées les une des autres en raison des crossover potentiels mais il ne me semblerait pas complètement absurde dans la vision de RD d’imaginer des gènes discontinus), discontinuité mis à part donc les gènes ne sont guère plus précis que les mèmes. Ça peut être une critique importante mais il me semble que c’est aussi très éclairant.

Voilà pour l’idée de base même si il y’a encore plein de choses que je n’ai pas traitées. Passons maintenant à ce que le phénotype étendu apporte de nouveau.
En langage dawkinien, le gène est le réplicateur tandis que l’organisme est donc le véhicule, l’entité qui permet pratiquement la réplication du gène.
Pour ce qui est du génotype d’un gène, on pourrait vouloir le limiter à la synthèse de protéïne. Dawkins défend ici au contraire l’idée qu’il est pertinent de parler de phénotype d’un gène en dehors de son véhicule. L’environement d’un gène et sa zone d’influence ne s’arrêtent donc pas à l’organisme dans lequel il se trouve. L’exemple le plus marquant va être à chercher du côté des parasites dont nous parle parfois Taupo dans ses Freaky Friday Parasite. Le nématomorphe va, par exemple, dans un cycle complexe, manipuler son hôte, un grillon, pour l’amener à se jeter dans l’eau où il pourra lui même se reproduire. En partant du principe, ce qui semble indiscutable, que ce comportement est au moins en partie programmé génétiquement chez le nématomorphe, le phénotype va donc jusqu’à inclure le pilotage du comportement d’un autre organisme pour assurer la réplication du géne.

Ensuite se pose une autre question qui amène pour moi des réflexions très intéressantes. Les copies d’un gène ont, elles, le même statut quand elles se trouvent dans le même véhicule ou quand elles ne s’y trouvent pas. Faut-il considérer vos gènes et ceux de votre vrai jumeau comme une seule entité ou pas. Quel va être le statut d’organismes tel que le fraisier qui va généralement se reproduire par reproduction asexuée à l’aide de stolon (une petite tige qui part d’un fraisier pour créer un autre fraisier un peu plus loin toujours connecté au précédent et partageant le même patrimoine génétique).

Deux petits éléphants partageant les même gênes sont-ils équivalents à un éléphant deux fois plus gros du point de vue de la sélection naturelle ? Pour Dawkins, la différence réside dans le développement et donc la spécialisation, l’apparition d’organes complexes. Imaginons un organisme unique s’étendant perpétuellement sans jamais avoir besoin pour ça de se scinder en deux. Des mutations auront lieu, avec le temps le génotype d’une cellule d’une extrémité de l’organisme sera sûrement aussi différente que possible que celui d’une cellule de l’autre extrémité. la sélection naturelle va agir sur cet organisme. Mais le véhicule ne sera pas au niveau de l’organisme entier mais plutôt au niveau cellulaire : la pression de sélection va augmenter la capacité de ces génotypes à produire des cellules capables de se reproduire efficacement dans un environnement donné mais a aucun moment elle ne va les pousser à travailler ensemble.

Par contre, si maintenant on imagine un petit talus qui éjecte un morceau de lui-même, qui à son tour constitue un nouveau talus l’intérêt de l’ensemble des gènes du talus va être de créer un véhicule capable d’éjecter un maximum de copie d’eux-mêmes quitte à se sacrifier pour ça.

On est dans quelque chose de similaire à une fourmilière créant des ouvriers stériles dont la finalité est d’assurer la reproduction de leur cousins.

Petite réflexion, il me semble que ça explique aussi assez bien l’intérêt des graines ou autres œufs pour générer des organismes complexes, ça permet le développement en gros. Et l’on comprend que des organismes vivipares n’aient pu apparaître qu’une fois cette étape du développement inscrite quasi irréversiblement dans leur histoire évolutive.

Alors, qu’est-ce qui pose problème à nombre, nombre de biologistes (en particulier de biologisted fonctionnels, vous vous souvenez la fameuse formule de biologiste évolutionniste ?) dans cette théorie. Ainsi qu’à des non biologistes d’ailleurs :
Comme je vous l’ai expliqué Dawkins s’en défend, sans doute entre autre car c’est devenu une insulte, mais à mon sens, et pour pas mal de personnes, sa théorie a quelque chose de réductionniste, un réductionnisme, tout à fait compatible avec un émergentisme faible. Le réductionisme, disons entre la physique et la chimie, c’est de dire que les lois qu’on observe en chimie s’expliquent par les lois qu’on observe en physique. L’émergentisme fort, appliqué à ce même domaine serait de considérer au contraire que c’est impossible, tandis que l’émergentisme faible serait de considérer que c’est théoriquement possible mais pratiquement au delà de nos capacité de calcul, voir de nos capacités cognitives. Il me semble que même si il n’appuie pas là-dessus il y’a un peu un émergentisme faible, donc une forme de réductionnisme chez Dawkins. Il y’a beaucoup de personnes que ça ne gêne absolument pas, mais il reste chez certain un soupçon de vitalisme : l’idée que les êtres vivants ont des caractéristique irréductibles…
On retrouve un peu cette critique dans une déclaration d’Ernst Mayr :

“The term (gene as replicator) is, of course, in complete conflict with basic Darwinian thought…Since the gene is not an object of selection (there are no naked genes) any emphasis on precise replication is irrelevant. Evolution is not a change in gene frequencies as is claimed so often, but the maintenance or improvement of adaptedness and the origin of diversity. Changes in gene frequency are a result of evolution, not its cause. The claim of gene selection is a typical case of reduction beyond the level where analysis is useful.” Mayr

Mais il y’a au moins deux autres idées dans ce passage : ce que propose Dawkins est une réduction inutile (je vais essayer de vous convaincre du contraire plus tard). Et l’idée qu’il n’y a pas de naked gene, de gènes nus…

Quand Ernst Mayr parle de gène nu je pense qu’il touche un point très important. Dans la sélection naturelle classique, la réplication est un processus interne. Un réplicateur est un réplicateur car il est autonome dans cette tache. c’est le cas des organismes, des espèces… Mais pas des mèmes ou des gènes. Dans un cas comme dans l’autre, on a une machinerie externe à la machinerie cellulaire dans le cas des gènes, l’être humain ou l’être vivant capable de copier des idées/mèmes dans l’autre, qui assure la réplication de quelque chose qu’on peu, à peu près, distinguer de lui.
Pour développer une image. Dans un cas, nous avons un robot qui récupère des matériaux un peu partout dans son environnement et fabrique un nouveau robot. Dans l’autre nous avons des petits robots et une usine à robot. L’usine fait des copies de petits robots tandis que les petits robots font des copies de l’usine. Bien sur l’usine ne peut pas vraiment marcher sans les robots et les robots travaillent dans l’usine, mais il y’a néanmoins une distinction. Pire il y’a plusieurs usines englobées les unes dans les autres. La machinerie cellulaire est la première usine. On peut néanmoins l’inclure dans une  usine plus grande appelée organisme qu’on peut éventuellement inclure dans une usine gigantesque appelée espèce.

– les autres critiques me semblent moins pertinentes mais je dois en oublier un certain nombre. Dawkins est trop théorique, trop philosophe ou trop mathématique pour certain. Il est aussi probable que sa personnalité médiatique et militant énerve pas mal.

Maintenant je vais vous citer quelques cas où, il me semble, sa théorie est éclairante. Des cas, donc, où parler en terme de sélection naturelle classique ne marche pas vraiment :
les virus entrent assez bien dans la théorie développé par RD, une forme de parasite
Ce que l’on apelle les “outlaws genes” c’est-à-dire des gènes qui se multiplient anormalement contre l’intérêt de l’organisme dans lequel ils résident et peuvent par exemple aboutir à des différences de ration mâle/femelle
La redondance au sein de l’ADN
Les échanges d’ADN entre bactéries
La présence d’organisme, les mytochondries, la chlorophylle ayant un ADN propre dans des macro organismes

Et il me semble que même l’épigénétique (prise dans son sens méthylation de l’ADN) pose moins de problèmes dans ce cadre. Je veux dire par là qu’il n’existe que deux possibilités soit ces facteurs épigénétiques ne sont pas transmissibles sur un nombre suffisant de générations, et, dans ce cas, ce sont juste des facteurs environnementaux plus ou moins stables comme le sont les autres gènes transmis, le climat ou les mitochondries transmises. Soit ils sont suffisamment stables et ça demande juste une extension de la définition déjà très flexible des gènes de Dawkins. Extension qui ne changerait pas grand chose il me semble au reste de sa théorie.
Ce qui serait vraiment gênant pour Dawkins, c’est qu’il ait une forme d’induction de caractères transmissible par l’environnement, qu’un mécanisme adapte automatiquement un organisme à un environnement jamais rencontré dans son histoire évolutive et transmette cette adaptation aux générations suivantes… Il me semble que ce n’est pas le cas de l’épigénétique…

Enfin pour terminer et pour boucler avec mon introduction je vais revenir très très rapidement sur les avantages que peut avoir cette vision en Vie Artificielle .

y’a une différence d’approche qui est, me semble-t’il,  assez intéressante. Pour revenir sur nos petites usines de toute à l’heure, dans un cas, la logique est de créer quelque chose qui se copie de manière autonome et l’on va se lancer dans des réflexions autour de comment créer un organisme capable de créer des copies de lui-même. Souvent va s’en suivre une sélection naturelle dans des cas de sélection open ended qui va aboutir à la création d’organisme de taille minimum et plus rien.

Avec la vision de Richard Dawkins on va pouvoir plus facilement s’abstraire de la question de la réplication et considérer qu’elle est assurée par un mécanisme externe et la question va devenir comment voir des formes de complexité émerger de notre mécanisme minimal. Ce sera pour un prochain épisode de vie artificielle mais je pense que mes tentatives personnelles en Vie Artificielle ressemble beaucoup à ce fallu cet éléphant s’étendant perpétuellement décrit par Richard Dawkins pouvant éventuellement ressembler à l’évolution d’une colonie de bactérie mais pas encore à un organisme pluricellulaire. Mais pour rentrer dans le détail ce sera un futur épisode de vie artificielle.

Ma journée avec curiosity – Retranscription de l’interview

Voici un épisode Hors Série qui n’était pas du tout prévu au programme. Séverine Klein, responsable de la communication Grand Public pour le CNES a proposé à Alan de prendre part à l’un des hangouts organisés dans le cadre du Salon du Bourget. (Un hangout, c’est une videoconférence via google+).

C’était le dernier de la série, la guest star était Eric Lorigny, responsable du centre de commandes français du rover Curiosity (le rover martien, donc) et nous étions quelques blogueurs-euses à y prendre part: Florence Porcel, Guy Doyen, Jade Lemaître, Laurence Bianchini, et à distance, faute de connexion décente, Guillaume Bruna. 

Alan avait bien sûr un million de questions à poser et s’attendait à une discussion plutôt technique. Ce fut tout sauf le cas. Enfin si, bien sûr, nous avons obtenu des réponses hyper précises à nos questions… Mais c’était tellement plus que ça! Tellement humain, tellement émouvant, tellement la science en train de se faire, drivée par la curiosité, la passion, l’esprit d’aventure, la modestie… Qu’on a eu envie de partager tout de suite, et voilà donc comment ce petit hors-série a atterri dans le flux du podcast.

Voici la retranscription écrite de l’interview, un grand merci à Alnitam !

Séverine Klein : Bonjour à tous, je vous souhaite la bienvenue pour partager avec nous ce dernier hangout organisé dans le cadre et en direct du salon du Bourget. Ce matin nous avons la chance de dialoguer avec le chef du FIMOC (French Instrument Mars Operation Centre), le centre d’observation français de Curiosity qui est situé au CNES à Toulouse. C’est en quelque sorte l’autre centre névralgique du rover martien au côté de celui de la NASA.
Bonjour Eric Lorigny.

Eric Lorigny : Bonjour.

S.K. : Comment l’agenda de Curiosity est-t-il déterminé ? Comment travaille-t-on au jour le jour avec l’ensemble des ingénieurs et des scientifiques ? Comment dialogue-t-on avec ce rover ? Quel est le rôle du CNES et comment se coordonne-t-on avec l’ensemble des équipes internationales qui veulent chacune leur part de ce gros gâteau qu’est Curiosity ? C’est ce que tu vas nous expliquer dans quelques instants, Eric, mais avant de te donner la parole, je vais demander à chacun des blogueurs et des twitters participants de bien vouloir se présenter. On va commencer par Alan, bonjour Alan.

Alan Bonjour Séverine, bonjour tout le monde. Alors moi c’est Alan, fondateur et coanimateur de PodcastScience, une émission de radio hebdomadaire de communication scientifique qui est diffusée via le web et qui s’adresse à des personnes intelligentes et curieuses, qui n’ont pas forcément de background scientifique. On vise à leur faire aimer la science tout simplement. Je diffuserai certainement des extraits de cette interview, voire le tout, dans un hors série. Et puis je porte deux casquettes aujourd’hui, je suis également représentant du c@fé des sciences, une importante association de blogueurs de science francophone. Je suis très content d’être là, merci Séverine ; j’hâte d’entendre Eric Lorigny.

Florence Porcel : Je suis Florence Porcel, je suis la community manager officielle de l’Univers puisque j’ai créé l’Univers en trente comptes sur twitter, dont la planète Mars, bien entendu, qui vient de twitter sur hangout et j’ai créé un podcast hebdomadaire qui s’appelle La Folle Histoire de l’Univers.

S.K. : Nous avons Guillaume Bruna mais il a des problèmes de connexion. Guillaume est étudiant à Lille et il s’intéresse beaucoup à tout ce qui est aérospatial, astronomie et science fiction. On espère qu’on aura quelques unes de ses questions et qu’il pourra nous rejoindre.

Guy Doyen : Bonjour, je m’appelle Guy Doyen. Je suis journaliste scientifique, traducteur, vulgarisateur et geek de science, surtout cosmologie et physique théorique. Je m’intéresse aussi beaucoup à l’espace.

Jade Lemaître : Bonjour, je suis une blogueuse passionnée de science, ancienne scientifique et doctorante de formation. Je blogue surtout sur les thématiques femme et science sur jadelemaitre.fr et je twitte beaucoup sur ces thématiques sur mon twitter @aratta.

Laurence Bianchini : Bonjour, je suis Laurence Bianchini, je suis journaliste scientifique à Science Work, réseau social scientifique et média de vulgarisation où je vais live-twitter les échanges du hangout sur la hashtag «cnestalks».

S.K. : Voilà. N’hésitez pas, vous tous qui nous regardez, à poser vos questions, à interagir. Laurence se fera l’écho puisque Science Work est notre partenaire sur cette rencontre. Eric, on va finir par toi, je te propose que tu te présentes en quelques mots puisque tu es notre invité ce matin.

Eric Lorigny : Je m’appelle Eric Lorigny, je travaille au CNES à Toulouse. Ma principale mission est de faire des trous sur la planète Mars avec un laser. Je suis responsable, ici, d’un centre d’opérations au CNES où l’on opère deux instruments, participation française. L’un s’appelle SAM et l’autre ChemCam (prononcer kemkame).

Drawing-of-the-Mars-Science_Laboratory

 

S.K. : Je pense que tous les participants et tous les internautes qui nous regarde

nt rêvent en quelque sort de faire ton métier et je pense qu’ils t’envieront encore plus dans une heure. Ma petite question en introduction est : comment est-ce qu’on garde les pieds sur Terre quand on fait ce métier incroyable et qu’on passe la moitié de son temps sur Mars.

E.L. :C’est sûr que c’est souvent plus facile de savoir l’heure qu’il est sur Mars que l’heure qu’il est sur Terre. Et c’est vrai que plusieurs fois, même en travaillant avec des

SAM
SAM

collègues, quand on regarde l’heure terrestre et qu’il est, disons, sept ou huit heures, on ne sait pas si c’est du jour ou de la nuit. Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé de regarder votre montre en vous demandant si c’est sept heures du matin ou sept heures du soir mais nous c’est assez fréquent. C’est assez déroutant et on perd vite pied. Ça c’est vrai. Donc toutes les réunions sont aux heures martiennes et chaque soir (on travaille souvent le soir du rover) on prépare toutes les activités qu’il va faire le jour d’après. Notre travail se passe souvent la nuit. Pour être également en phase avec le GPL… Je vous rappelle que c’est vraiment la NASA qui opère le rover, nous ne nous occupons que de deux instruments sur les dix qu’il comporte. Mais il faut savoir que les deux instruments que gère le France sont vraiment les deux plus gros : sur les 80kg d’instruments scientifiques qu’il y a à bord, SAM représente 40kg (donc la moitié à lui tout seul) et ChemCam fait plus de 10kg. Les américains sont donc tout le temps en attente du CNES pour savoir s’il va bien marcher chaque soir. En effet, cela dépend beaucoup de la programmation et chaque erreur coûte très cher au GPL : chaque journée martienne a un coût énorme donc il faut bien les réussir.

Voici comment cela se passe. Le soir, les données de la journée du rover arrivent dans notre centre, elles sont dispatchées en deux parties : les données qu’on appelle «ingénieur» sont opérées par des ingénieurs qui observent l’instrument. Elles servent à donner son statut , c’est-à-dire indiquer si l’instrument qui s’appelle ChemCam ou SAM sera utilisable et disponible le lendemain. La partie scientifique ensuite, est dépouillée par les scientifiques, ici au FIMOC. Ce sont les spectres obtenus qui servent à déterminer les roches, par exemple qui ont été tirées par ChemCam ou analysées par SAM. Cela doit se faire en moins d’une demi heure. C’est ce qu’on appelle un «quick look» c’est-à-dire un regard rapide. L’estimation doit être la plus juste possible. Il sera tout de même possible de la corriger ensuite. On va très vite au début car il y a cent à deux cents scientifiques à décider de la programmation du rover. Imaginez qu’on soit deux cents à programmer votre journée du lendemain, ça serait vite un vrai bordel ! Donc il y a besoin d’organisation. Pour cela les scientifiques sont divisés en quatre groupes : les minéralogistes, les géologues, les biologistes et les responsables de l’atmosphère. Il y a un

CHEMCAM
CHEMCAM

président par groupe qui essaie de donner une première planification. Chaque président change chaque jour, c’est-à-dire qu’un jour c’est untel et le jour suivant c’est quelqu’un d’autre. Actuellement, les scientifiques travaillent sur l’élaboration de la journée à faire. Vous les voyez en téléconf avec les Etats-Unis pour faire une première planification. Ensuite on regarde si les quatre planifications des quatre groupes peuvent entrer dans le planning du rover, ce qui est rarement le cas. On réajuste alors en regardant les priorités, c’est assez collégial. Il faut savoir que les américains n’ont pas l’esprit français revanchard. Il sont assez contents quand c’est l’autre qui gagne. Ils se satisfont de la joie de l’autre en se disant que, si lui a été choisi, c’est que sa science était plus intéressante que la nôtre. Ils sont consolés de savoir ça. C’est donc assez facile de les mettre tous d’accord, d’obtenir un consensus assez rapidement. Heureusement, parce que chaque soir c’est assez difficile à organiser.e. Mais il faut savoir que les deux instruments que gère le France sont vraiment les deux plus gros : sur les 80kg d’instruments scientifiques qu’il y a à bord, SAM représente 40kg (donc la moitié à lui tout seul) et ChemCam fait plus de 10kg. Les américains sont donc tout le temps en attente du CNES pour savoir s’il va bien marcher chaque soir. En effet, cela dépend beaucoup de la programmation et chaque erreur coûte très cher au GPL : chaque journée martienne a un coût énorme donc il faut bien les réussir.

 

F.P. : Je me demande si un jour vous vous êtes levé en vous disant : «quand je serai grand je ferai des trous sur Mars !» ou est-ce que votre parcours a fait que vous êtes arrivé là. En fait, quel est votre parcours ? C’est par hasard ou était-ce une envie à la base ?

E.L. : J’ai toujours eu une passion pour l’exploration des planètes et je me suis dit que je voulais faire ça. Avant, j’étais entraineur de cosmonautes. J’ai fait des choses assez sympa puisque j’ai entrainé beaucoup de cosmonautes, que ce soit des cosmonautes, des spationautes ou des astronautes américains. Je me suis dit que j’aimerais bien aller plus loin que de les entrainer, leur préparer du matériel, etc… Quand j’ai eu cette opportunité au CNES de faire des trous sur Mars, je me suis jeté dessus ! On est six en Europe à savoir faire ça, c’est un métier assez difficile. Il faut savoir que les programmations qu’on fait le soir pour les tirs laser sont ultra surveillées. En effet, c’est un laser très puissant qui envoie la puissance d’une centrale nucléaire dans un centimètre carré donc il faut viser au bon endroit, il ne faut pas se tromper. On a déjà envoyé plus de cinquante mille tirs lasers sur Mars, ça représente pas mal de travail. Chaque soir il faut être opérationnel à des heures souvent ingrates pour nous. C’est souvent à trois ou quatre heures du matin qu’on doit défendre notre bifteck en langue anglaise. C’est pas toujours facile de se faire entendre et de montrer qu’on est bien sûr de soi. Il ne faut pas se tromper et l’erreur est tellement humaine…

Alan Je me demandais quelle était la langue de travail, quel était le modèle pour prendre des décisions. Qui fait autorité, finalement, dans ces discussions permanentes avec la NASA ?

E.L. : C’est toujours l’anglais qui fait foi. Les américains sont assez intransigeants, ils n’aiment pas trop qu’on les fasse répéter. C’est parfois assez difficile. Et puis, il faut vraiment bien comprendre. Par exemple, en français, quand quelqu’un nous dit quelque chose, on pense avoir compris mais ce n’est pas toujours le cas. Si je vous demande : «Est-ce que tu as l’heure ?», si tu me donnes l’heure, c’est que tu n’as pas écouté ma question. Je te demandais juste si tu l’avais. Je ne t’ai pas demandé de me la donner. C’est donc très compliqué de bien savoir répondre aux questions qu’on nous pose et de bien comprendre ce qu’on nous dit.
C’est pareil si l’on me dit : on devrait tirer au laser sur tel caillou. Que dois-je comprendre ? Est-ce que je dois le faire ou je ne dois pas le faire ? Les «on devrait», les «on pourrait», etc, c’est pas clair pour moi. Tout doit être clair, il faut veiller à ça. Ensuite, c’est toujours le GPL qui fait foi car c’est lui le propriétaire du rover. Il faut passer par leurs sécurités pour faire aboutir nos demandes. Eux, bien sûr, ils nous encouragent à y arriver mais il y a pas mal de restrictions du fait qu’on soit étrangers, on n’a pas de visibilité sur tout et il faut, en étant aveugle, arriver à passer nos désirs scientifiques.

G.D. : Qu’avez-vous ressenti pendant les mois passés au GPL, les trois premiers mois, je crois, après l’arrivée de Curiosity sur Mars ?

E.L. : Beaucoup de larmes avant tout. Beaucoup de larmes le jour de l’atterrissage. C’était quelque chose de fort. Une autre chose forte était la première fois que j’ai envoyé mes tirs laser et que j’ai reçu la photo avec les trous dessus. Je me suis dit que, au moins dans ma vie, j’aurais fait des trous sur Mars. Je me suis fait un poster dans mon bureau, de mes trous sur Mars. J’espère qu’un jour on aura suffisamment d’aisance pour inviter les gens au CNES, passer une soirée avec nous pour qu’ils se rendent compte de ce que c’est que faire des trous sur Mars et, à la fin, de repartir avec une photo des trous. Ça pourrait faire plaisir à beaucoup de gens.

G.D. : En tout cas, ça fait plaisir de voir que vous êtes passionné.

E.L. : Chaque soir, je ne le dis pas toujours, mais souvent je pleure. On est souvent tendu, on a souvent la boule au ventre parce que les soirées sont vraiment difficiles. On a du mal à le croire mais c’est vraiment très difficile de passer, c’est un combat qui dure à peu près douze heures. On a le temps, à peu près, d’aller une fois aux toilettes en douze heures. Et encore, il faut se faire remplacer au moment où on y va, il faut le prévoir à long terme avec un collègue. C’est très tendu, à la fin on est à ramasser à la petite cuillère mais on est content d’avoir réussi.

F.P. : En effet, moi ça me ferait plaisir de venir au CNES ou sur Mars ! Je suis déjà candidate !

Alan J’ai une question sur le cursus des collaborateurs et sur les processus de recrutement. Est-ce qu’il y a des formations spécifiques qui préparent à ces expériences ou est-ce que vous devez former tous les jeunes padawans ? Comment ça se passe ? Combien de temps ça dure ?

E.L. : Les padawans sont formés pendant plusieurs mois. L’essentiel est d’avoir un assez bon niveau en anglais parce que c’est important. Ensuite il faut être de culture assez généraliste, ouvert d’esprit. Il faut être assez réactif pour pouvoir remplacer quelqu’un un soir. Il faut être vif d’esprit. Il faut être malin parce qu’il y a beaucoup de choses à savoir. On reçoit deux cents emails par jour avec de nouvelles consignes sur les tirs et autres. Ce ne sont pas deux cents email à parcourir rapidement. Il faut les ingurgiter et les apprendre. Ça représente pas mal de temps. C’est pareil les samedis et les dimanches.

J.L. : Après avoir fait des trous sur Mars et après avoir vécu une expérience comme ça, que peut-on faire ensuite ? Rien n’est assez génialissime, ça doit être super dur ensuite, non ?

E.L. : Déjà, je vais essayer de maintenir ça le plus longtemps possible. Chaque jour est un combat, c’est physiquement très dur. Ensuite, il faut que les familles arrivent à suivre. Après, il y a plein d’autres choses jolies. Je ne dénigre rien du tout. Même si chaque jour je pleure, j’ai toujours plaisir à aller au travail.

Alan Quelle est la proportion homme-femme ?

E.L. : En opération, il y a 100% d’hommes. C’est pas du tout une volonté de ma part, on n’a pas réussi à trouver grand monde. Les femmes sont, peut-être, moins souvent intéressées par les affaires martiennes que les hommes. Ça s’es trouvé comme ça. Il fallait partir pas mal de temps aux Etats-Unis, on n’a pas trouvé l’élément féminin pour rejoindre nos équipes.

S.K. : Je crois que Florence sera candidate !

F.P. : Oui, toujours ! J’avais aussi une question pour l’éventuelle suite. On parle beaucoup d’Exomars, est-ce que vous en serez ou pas ?

E.L. : Non, pour le moment je reste vraiment sur MSL. On essaie de me mettre un peu sur Insight. Je suis ouvert à tout, j’accueille tout le monde dans mon centre donc je pense que j’accueillerai aussi Insight. Après il y a aussi MSL 2020 : ils veulent faire un autre rover un peu identique. Là-dessus, je suis partant. C’est vraiment quelque chose qui me plait.

G.D. : Une question à propos de ChemCam. Combien de tirs laser sont nécessaires, en moyenne, pour analyser une cible ?

Curiosity en train d'utiliser CHEMCAM (Vue d'artiste)
Curiosity en train d’utiliser CHEMCAM (Vue d’artiste)

 

E.L. : Il n’y a pas de vraie réponse mais je vais répondre quand même ! Quand on fait un tir laser, on fait en réalité trente tirs (il montre une photo de tir). On voit des petits points. Chaque point représente trente tirs. Là on a fait une série de dix dans un trou de forage fait précédemment. Il y a les résidus gris du forage et on voit les impacts tirés à l’intérieur du trou. On a tiré dix fois trente, c’est à dire trois cents fois. Les trente premiers tirs servent également à retirer la poussière, pour entrer en profondeur dans la roche. Pour analyser, on fait soit une ligne de un par dix, soit, comme ici, deux lignes mais on peut aussi faire trois ou quatre lignes. Pour analyser, on peut aller jusqu’à sept cents tirs sur une roche si on pense qu’elle n’est pas très homogène. Pour répondre à la question : si on ne fait qu’un seul tir, on en fait trente. Si on veut analyser un peu plus, on en fait trois cents, quatre cents, jusqu’à sept cents tirs pour une roche.

S.K. : Je vous ai retrouvé une image d’une des premières cibles de ChemCam, je crois bien.

 

E.L. : Oui. C’est assez marrant parce qu’on avait demandé de trouver une roche comme ça et pile poil on a trouvé celle-ci qui était assez sympathique. Vous voyez une petite ligne en diagonale. C’était un 1 par 5, c’est à dire qu’on a tiré 150 fois. A côté, c’est une 3 par 3, donc on a tiré neuf fois trente, 270 fois.
Parfois, il est possible de faire des tirs en profondeur. On peut aller jusqu’à 300 ou 400 tirs. Après on n’arrive plus à rentrer en profondeur. Ça dépend beaucoup de la roches et d’autres choses.

G.D. : Est-ce que des tirs ont été effectués par reconnaissance automatique de cibles ? J’ai vu qu’il y avait cette possibilité sur ChemCam.

E.L. : Non. Quand on tire, c’est avec une grande précision. Je vous montre un autre cliché. Vous voyez le paysage ? Il y a plein de petits points verts. C’est ce que je vois chaque soir. Le paysage depuis le rover. Les petits points verts sont les cibles choisies par les scientifiques. Moi, je zoome sur ces points… ici je fais un tir… je peux tirer aussi en bas, là… En fait, on nous donne une cible et on tire dessus. On a une très grande précision de tir. Je peux tirer sur une pièce de un centime à six mètres. C’est pas mal parce qu’on est quand même sur Mars !

Alan J’ai une question un peu naïve. Pourquoi est-ce si important de savoir de quoi les roches de Mars sont composées ?

E.L. : Si tu permets, comme je sais que tu fais de la science au service des gens, je vais essayer de répondre de façon simple. Mars est la soeur jumelle de la Terre mais elle est morte étant jeune. C’est en quelque sorte une momification de la Terre. On ne peut plus trouver sur Terre des roches très anciennes, qui ont trois ou quatre milliards d’années. La pluie, le gel les ont abîmées ou complètement transformées. On ne peut plus lire le passé de notre Terre. En allant sur Mars, on peut le retrouver. Une deuxième chose aussi : si tu mets un morceau de granit dans un verre d’eau, tu attends quelques millions d’années, il va se transformer en argile. En trouvant les argiles comme on a fait, on peut deviner combien de temps l’eau est restée sur Mars. C’est une question importante car si elle est restée trois ou quatre millions d’années, la vie n’a pas pu se développer sur Mars. Si elle est restée plusieurs millions voire des milliers d’années, alors la vie a pu, peut-être, se développer sur Mars. Donc suivant l’état des roches, suivant leur décomposition, on peut avoir une idée du temps que l’eau a passé sur Mars et donc en déduire si la vie a été possible ou non.
Il y a encore beaucoup de choses à comprendre. Pourquoi l’atmosphère est partie de Mars ? Pourquoi son champ magnétique s’est arrêté ? Pourquoi la vie a disparu ? Est-ce que ça ne peut pas aussi nous arriver à nous ?

Alan Est-ce que des expériences, notamment ChemCam, ont apporté des réponses à ces questions ?

E.L. : Une expérience qui apportera plus de réponses que ChemCam sera SAM. ChemCam est un instrument qui permet de sélectionner des endroits intéressants pour les analyses de SAM. Le fait que ce soit une espèce de tir laser ultra rapide nous permet de tirer un peu partout sur des endroits qui nous intéressent puis de sélectionner les endroits vraiment intéressants. SAM a un nombre limité de prélèvements parce qu’il brûle des capsules. Il est limité à une centaine d’analyses. Si on analysait à tout va, on n’aurait pas trop de chances de tomber sur de bons échantillons. Là, on se focalise sur ce qui nous parait le plus intéressant. Pour répondre à ta question, on a trouvé un endroit… Mars est une planète rouge parce qu’elle est oxydée. Il y a de l’oxygène partout. Or l’oxygène tue la vie. Pour que la vie naisse, il ne faut pas d’oxygène. Ensuite, il en faut pour que la vie se développe. Regarde un bébé dans le ventre de sa maman, il est en apnée même s’il a de l’oxygène par le sang de sa maman. Il n’a pas besoin d’autant d’oxygène qu’un être normal. Après, oui, il a besoin d’oxygène, il ne vas pas rester indéfiniment dans le ventre de sa maman. Il fallait donc trouver sur Mars un endroit propice à la naissance de la vie, dépourvu d’oxygène. En creusant dans des argiles, on a trouvé un endroit isolé dépourvu d’oxygène où la vie peut être possible. Mais c’est juste un terrain habitable.

J.L. : Comment se fait le choix de la roche ? Est-ce en concertation France-Etats Unis ou seulement d’un côté ?

E.L. : Il n’y a pas de notion de pays ni même de propriété d’instrument. C’est comme si vous faisiez un repas avec des amis. Moi j’amène une raclette et chacun amène des ingrédients. On va tout partager sans savoir qui a amené quoi. Là c’est pareil. Chaque jour les résultats sont donnés à toute l’équipe et c’est toute l’équipe qui décide quelle roche analyser. C’est une décision collégiale. De même pour toutes les décisions. C’est toujours les scientifiques qui décident. Si les médias nous reprochent : vous êtes sur Mars depuis neuf mois et vous n’avez fait que neuf cents mètres, c’est ridicule. Les scientifiques répondent qu’on n’est pas allés sur Mars pour faire des records de distance. On a trouvé des choses intéressantes alors on continue à épuiser ce qu’on a avant de faire de la distance. Dans tous les cas, même si le GPL aimerait circuler pour faire plaisir aux médias, c’est quand même les scientifiques qui choisissent, de n’importe quel pays.

G.D. : Curiosity va faire pas mal de distance jusqu’au mont Sharp. Est-il question qu’il se remette à rouler pour y aller ?

E.L. : Oui, tout à fait. L’objectif qu’on s’était fixé en atterrissant tout près du Mont Sharp, c’était justement d’y aller. On a trouvé un terrain intéressant entretemps donc on a fait beaucoup de recherche dessus et on a trouvé de nombreuses choses. Mais maintenant il est temps de finaliser et faire de la route. Il y a eu un vote des scientifiques à main levée et la décision a été prise d’aller sur le Mont Sharp. Donc là, effectivement, on va faire de la distance. Mais on fera quand même du ChemCam, je pense, un peu chaque jour en tirant ce qu’on appelle en aveugle. C’est à dire en tirant à des endroits sans savoir trop où.

G.D. : J’ai vu qu’une mise à jour avait été faite récemment pour que ChemCam ne se retrouve pas face au soleil, parce qu’apparemment, il est mauvais pour lui.

E.L. : Oui, c’est tout à fait vrai. ChemCam n’aime pas du tout le soleil. Mais il a quand même une tolérance de 15 minutes au soleil. Il a une position qui s’appelle «sécurité soleil» (sun safety) à laquelle on le met chaque soir. On peut ainsi regarder le soleil pendant 15 minutes. C’est ce qui permet aux autres de prendre des photos du soleil, par exemple pour des éclipses avec Phobos et Deimos. Il peuvent aussi prendre des photos du ciel. Ils sont juste limités à 15 minutes. Ils le savent, il y a un compteur. Ensuite, on baisse la tête, au bout du mât et on arrête de regarder le soleil. Pour rouler, c’est pas du tout gênant puisqu’on regarde le sol, on n’a pas le souci du soleil.

J.L. : Est-ce que vous pensez à la prochaine mission qui sera faite sur Mars ? Comme il y a des années de préparation, est-ce que vous pensez à certains instruments que vous aimeriez avoir ?

E.L. : C’est réparti par divisions. Il y en a qui s’occupent des développements des instruments et nous, on est plutôt dans les opérations. Donc on attend que les autres aient travaillé pour pouvoir utiliser les instruments. Certains adorent développer et d’autres adorent opérer. On commence à nous parler d’opérer ceci ou cela, donc on suit le mouvement et on regarde ce qui va nous plaire d’opérer.

J.L. : Combien de temps vont durer ces opérations de Curiosity sur Mars ? Est-ce que c’est encore une histoire de mois, d’années ?

E.L. : Je pense que c’est d’années. J’espère que je verrai la fin avant ma retraite ! Ce sont des expériences qui sont longues. Après, le temps… Opportunity était prévu pour quatre mois et ça fait dix ans que ça dure. Celui-là est prévu pour quatre ans, le générateur nucléaire embarqué peut durer plus de quatre-vingts ans, aucun instrument n’est en panne… Ça peut très bien durer quatre-vingts ans comme tomber en panne dans trois jours. C’est très difficile à prévoir. On espère le plus longtemps possible. Le CNES a déjà financé quatre ans. Il faudra voir si ça vaut toujours le coup ou non.

G.B. : Combien de temps prend l’ensemble des tirs sur une seule cible ?

E.L. : C’est une réponse à lapalissade : ça dépend du vent. Suivant la complexité du tir, ça peut aller de cinq minutes à une heure. Un tir complexe de mille tirs prend à peu près une heure et un tir simple prend cinq minutes. Il faut savoir qu’il faut dix minutes pour allumer l’instrument et en gros dix minutes aussi pour l’éteindre, parce qu’il y a des temps de préchauffage et de refroidissement. Quand on allume ChemCam, on fait plusieurs séquences et en gros, ChemCam est allumé une heure deux jours sur trois. Il y a des jours où il n’y a pas de ChemCam.

Alan Je voulais rebondir sur les pannes, quand j’imagine toutes les équipes qui sont sur Terre, dont le boulot dépend de ce qu’envoie la sonde, comment faites-vous pour les éviter, y parer ou y pallier. Y a-t-il moyen de réparer le matériel à distance, est-ce que l’équipement est redondant ? Si le laser est abimé, est-ce que la mission est morte ? Comment ça se passe ?

E.L. : Il y a beaucoup de questions… Effectivement, si le laser est mort, ChemCam est mort. Il n’y a pas de deuxième laser pour ChemCam. Après, il y a des choses qui sont redondées. Des pannes ont déjà eu lieu et ont été réparées. Il y a eu une radiation importante au niveau d’une mémoire, lors d’une prise de vue. L’ordinateur ne répondait plus du tout. Il n’a même pas répondu à l’ordre de s’éteindre. C’était la panique car il ne répondait à rien. Comme c’était redondé et qu’il y a deux voies d’ordinateurs complètement indépendantes, on a allumé la deuxième voie, on a basculé dessus et on l’a forcé à s’éteindre. On a ensuite fait des tests de lecture écriture mémoire, pour petit à petit, la remettre à niveau et éliminer tous les problèmes électrostatiques qu’il y a eu dessus. Petit à petit, toute sa mémoire est revenue. On a ainsi réparé la panne. Ils ont changé le logiciel de bord pour ne plus avoir ce genre de soucis. C’est une belle réparation à distance.

Alan Les ordinateurs embarqués, ce sont des ordinateurs Ad Hoc qui ont été développés exprès ou c’est des ordinateurs du marché ?

E.L. : Souvent ça fait rigoler les gens parce que, comme on dit, l’ordinateur à l’intérieur de votre iPhone est plus puissant que celui à bord de Curiosity. C’est vrai. Mais il faut tellement de temps pour préparer un ordinateur et l’envoyer ! La technologie se développant très vite, il arrive souvent que les derniers trucs modernes soient plus puissants que Curiosity. Mais pour ce qu’on lui demande de faire, cela suffit largement.

L.B. : Sur twitter, Guillaume Bruna demande si la gravité martienne, qui est plus réduite que celle de la Terre, a une influence sur le rover ?

E.L. : Bien sûr elle a une influence puisqu’il pèse trois cents kilo au lieu de neuf cents. Mais tout a été pris en compte et on travaille avec.

G.D. : J’ai lu que la programmation de ChemCam se faisait à l’aide d’un dictionnaire de plus de vingt commandes. Je voulais savoir celles que vous utilisiez le plus et si vous pouviez nous donner un exemple.

E.L. : Il y a beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup plus de vingt commandes. Il y en a des centaines. C’est très compliqué de faire des programmations de ChemCam.

Repérage des zones visées par CHEMCAM (points rouges)
Repérage des zones visées par CHEMCAM (points rouges)

C’est un langage spécifique à la NASA. C’est des exemples de mots qu’ils ont inventés du style «On allume de laser» puis des tas de paramètres. C’est un langage à part qui ne vous dira rien du tout.

G.D. : Si je posais cette question, c’est que j’ai vu que pour faire avancer le rover, il fallait faire «cinq mètres tout droit» et d’autres commandes de ce type.

E.L. : Oui. Pour tirer, c’est un peu pareil, on dit «il faut tirer, etc» mais il y a tellement de paramètres… de même pour piloter le rover, c’est pas juste «avancer de cinq mètres» mais des lignes et des lignes de paramètres à entrer chaque soir.

G.D. : Vous avez l’autorisation de déplacer le rover ?

E.L. : Absolument pas ! La seule autorisation qu’ont les scientifiques (moi je suis ingénieur) c’est de dire : «on voudrait tirer sur la caillou là-bas mais on est trop loin». On déplacerait alors le rover mais ils n’ont aucune autre fonction. C’est toujours les ingénieurs qui programment et qui font les choses. Et ce sont les scientifiques qui choisissent ce qu’ils veulent. C’est, entre guillements, eux les chefs.

S.K. : Justement, tu dis «moi je suis ingénieur», mais quelles sont les différentes forces en présence, au FIMOC ? Finalement, C’est quoi le rôle du CNES par rapport à toute cette communauté scientifique qui gravite autour et qui vient chez vous apporter ses besoins, ses demandes ? Vous avez une sorte de rôle de médiateur, comment ça se passe exactement ?

E.L. : C’est vrai qu’on a plusieurs rôles. On est au service des scientifiques mais on est garants des instruments. C’est-à-dire que si on estime que l’instrument n’est pas en état ou qu’il y a des prises de risque ou que la volonté scientifique amène du danger ou des risques importants sur l’instrument, si on dit stop, c’est stop. On a une voix et un pouvoir important. C’est nous qui faisons foi. Mais on écoute les scientifiques et on répond à leurs besoins. C’est eux qui savent ce qui est nécessaire pour la science et là-dessus on doit les suivre. Mais en prenant les précautions nécessaires pour l’instrument. Le rôle du CNES est donc d’assurer que les ingénieurs qui sont en place ici ont le niveau et les connaissances suffisantes pour pouvoir se prononcer sur un instrument. Ça a des conséquences importantes. Si vous dites que l’instrument est bon pour opérer le lendemain et que vous n’avez pas vu une anomalie, c’est catastrophique. Vous perdez l’instrument, vous perdez la mission. Ça devient impossible de rebondir.

F.P. : Vous dites «scientifiques» mais ils sont quoi ? Des géologues, des physiciens ? Quel genre de scientifiques travaillent sur cette mission ?

E.L. : On a plusieurs types de scientifiques. Beaucoup sont géologues. Mais il y a aussi des spécialistes du laser, des spécialistes de tas de choses. La plupart sont quand même géologues pour ChemCam et SAM. Il y a aussi des spécialistes de l’atmosphère, des chimistes. Ce que j’appelle des scientifiques sont des gens qui ont une thèse et qui travaillent dans la recherche.

J.L. : Au niveau des ingénieurs, comment se fait le recrutement ? Ont-il des spécialités particulières ?

E.L. : La première qualité est la gentillesse. C’est important. Après, la motivation parce que ce sont des choses très difficiles même si ça fait rêver, même si c’est sympa, etc. C’est très très demandeur de temps. Ça fait de longues journées, des horaires pas faciles ni pour les femmes ni pour les hommes. Puis une grande souplesse d’esprit, une volonté d’aller de l’avant et une grande intelligence parce qu’il faut connaitre pas mal de choses. Et bien sûr, l’anglais. Il n’y a pas de besoins ou connaissances particuliers.

Alan Je me demandais s’il y avait des gens qui communiquent dans l’équipe. Par exemple, qui tient à jour le blog de ChemCam et est-ce que ce sont les mêmes qualités qui sont demandées, c’est à dire gentillesse, motivation, anglais, réactivité, intelligence.

E.L. : Pour le blog, on essaie d’envoyer des messages aux équipes de comm pour qu’ils animent ça. Ils s’occupent de récupérer nos informations. Après, c’est compliqué pour elles parce que nous sommes soumis aux lois de protection donc pour communiquer on est assez restreints. C’est très difficile de pouvoir communiquer, parler, montrer des transparents. On est sans cesse obligés de filtrer, d’obtenir l’accord du GPL. Il faut savoir que le GPL est toujours propriétaire de ce rover et du contenu. On fait au mieux mais on essaie d’animer beaucoup de choses. On a un service de comm au CNES, qui est assez exceptionnel.

S.K. : Ça c’est gentil !

E.L. : C’est vrai parce que c’est pas facile. Vous n’avez pas la belle part.

S.K. : On a une part assez sympathique quand même. Assez difficile mais assez sympathique.

F.P. : Quand je parle de Curiosity, on me dit que deux milliards de dollars mis dans un rover martien, ça ne sert à rien. Il y a des tas de choses à faire sur Terre (éradiquer la faim dans le monde, des choses comme ça). Est-ce que vous auriez une idée de résultat ou de savoir ou de choses concrètes qu’on utilise au quotidien et qui auraient été inventées pendant les recherches concernant les différents instruments de Curiosity ? Je ne sais pas si je m’exprime bien…

E.L. : C’est pas très clair mais je pense que dans tous les cas, on a toujours investi beaucoup d’argent dans l’exploration et je vais vous raconter une petite histoire que j’aime beaucoup. Au Xème siècle, les chinois ont inventé la navigation, la boussole mais aussi les pétards, les feux d’artifice, etc. Les chinois ne voulaient pas dépenser d’argent à explorer le monde, il préféraient le garder pour développer le peuple. Au moyen-âge, l’Europe a récupéré le savoir chinois sur la navigation et s’est lancée dans des explorations, découverte de l’Amérique, etc… alors que les peuples en France et en Europe crevaient de faim. Toutes ces exploration n’ont apporté que de la richesse à l’Europe et pendant longtemps elle a tenu la dragée haute dans le monde. C’était les pays les plus développés parce qu’ils exploraient, ils allaient de l’avant, parce qu’ils n’étaient pas renfermés sur eux-mêmes. La Chine était un pays pauvre et l’est resté parce qu’elle est restée renfermée sur elle-même. Je pense que l’exploration fait marcher l’économie. Les 2,5 milliards qui ont été dépensés, c’est 2,5 milliards de main d’oeuvre. C’est du travail de salariés, de gens sur Terre qui vont après chez le coiffeur, chez le garagiste, etc… Ça fait marcher l’économie. Il faut avoir une vision plus élargie. Ces gens ayant des salaires, peut-être donnent-ils pour la faim dans le monde, etc. C’est pas 2,5 milliards qui partent en fumée. Dans le spatial, pour 1 euro investi, il y a 20 euros de retombées dans l’économie. Si le spatial est autant soutenu, même en difficultés économiques, c’est parce que tout le monde sait que c’est un secteur porteur pour l’économie. Je n’ai jamais eu mauvaise conscience là-dessus.

F.P. : Vous prêchez une convaincue. C’est pour avoir plus d’arguments pour répondre aux gens qui posent cette question.

E.L. : Il faut aussi que l’exploration martienne fasse rêver par elle-même. Peut-être découvrira-t-on la vie ou autre chose. Dans tous les cas, il faut continuer à explorer pour connaitre des choses. C’est en grandissant qu’on grandira l’homme en lui-même. Quelque soit le prix.

Alan J’avais encore une question sur le modèle d’organisation avec la NASA parce que, dans mon esprit, pendant des années, la NASA a fait cavalier seul. Et je me demande si, au niveau de la collaboration, vous avez du vous inspirer d’autres modèles existants d’expériences internationales, comme le CERN, par exemple.

E.L. : Il y a déjà eu des collaborations pour des satellites chez nous, comme les satellites Jason. Mais c’est la première fois en Europe qu’on participe à des opérations concernant un rover sur un astre. On apprend énormément de choses. Au début, ce n’était pas facile, rentrer dans leur monde, c’était très fermé, ça l’est toujours. Mais petit à petit ils nous ont fait confiance, ils nous ont ouvert la porte. Ça reste quand même difficile et il faut toujours montrer patte blanche et montrer qu’on suit bien les règles. Il y a différentes règles, notamment, comme je vous l’ai dit, sur les médias, sur la diffusion de l’information. Il faut aussi sans cesse montrer que je sais ce que je fais, que je suis un bon ingénieur et quand je dis qu’on peut tirer, on peut tirer, tu peux me faire confiance. Et la confiance s’acquiert avec les années, il n’y a pas d’autres moyens.

Alan Une question pratique : vous êtes tous en système métrique ?

E.L. : Oui, tous en système métrique et on parle en degrés Celsius.

F.P. : Bel effort du côté Américain.

E.L. : Oui, ils se sont assez gamellés là-dessus. On n’a pas de mal à les convaincre. Après, pour les discussions de tous les jours, ça rebascule en autre chose !

S.K. : Sur le système métrique, il y a effectivement un passé dans l’histoire martienne.

J.L. : Au niveau des relations entre vous et la NASA, est-ce que vous pensez, pour les futures missions martiennes, pouvoir accueillir d’autres centres ou collaborer avec d’autres pays ? Par exemple avec la Chine. Le sujet est peut-être «touchy» mais ils commencent à bien maitriser aussi.

E.L. : Je pense que la volonté est d’internationaliser de plus en plus. On l’a vu avec la station spatiale, qui est une oeuvre de plusieurs pays. Je pense que maintenant, la Chine est un pays plus qu’émergeant dans l’industrie spatiale. Elle fait de plus en plus ses preuves, elle va aller de plus en plus loin. Je pense que le CNES a une volonté de faire du partenariat avec différents interlocuteurs. Quant au GPL, je pense qu’on a montré avec le FIMOC qu’on était plus qu’à la hauteur. Au niveau des centres opérateurs distants, on fait partie des mieux appréciés et on a souvent des visites du GPL qui nous montre en exemple. C’est assez flatteur pour nous. On reçoit les grands chefs du GPL dans notre centre, ça nous fait plaisir. Pour en revenir au budget, le CNES a dépensé à peu près 35 à 40 millions d’euros sur ce rover, c’est à peu près 1 à 2% du budget total. Avec ce budget, on pilote 50kg des 80 kg de charge utile. On a une vrai mainmise sur ce rover puisque la vraie science qui est faite, c’est avec les instruments. Même si on ne maitrise pas le pilotage du rover, le CNES a réussi un joli coup en se positionnant et en prenant autant d’équipement scientifique.

S.K. : C’est d’ailleurs quelque chose qui se poursuit avec Insight puisque la contribution du CNES, et la contribution française en générale, est importante et je crois savoir qu’on est venu nous chercher pour ce sismomètre.

E.L. : Oui, les gens d’Insight on été en permanence chez le FIMOC. Ils veulent que ce soit le FIMOC qui s’occupe d’Insight. On a beaucoup de demandes là-dessus. On a eu un vrai succès même s’il n’est pas toujours facile d’être à distance, même si on n’est pas des cadors en anglais, ils savent qu’on est sérieux et qu’on bosse bien. On a une méthode de travail qui les impressionne parce qu’on est très rigoureux, beaucoup plus qu’eux, ça joue beaucoup en notre faveur. Pour la petite histoire, quand on était aux Etats Unis, on portait régulièrement le T-shirt avec le rover dessus. Les américains nous disaient ah, vous travaillez sur ce projet ? Dès qu’on disait oui-oui, ils répondaient ah vous êtes français ? C’est vous qui tirez au laser sur la planète Mars ? Il n’y a pas un américain qui ne sait pas que ce sont des français qui tirent au laser sur la planète Mars. Alors que c’est moins vrai en France. Mais là-bas, on était de vraies stars. On a fait la une du Los Angles Times, New York Times, etc… La France a été vraiment bien vue des Etats-Unis là-dessus.

L.B. : Guillaume Brunet, sur twitter, dit qu’on a vu Opportunity devancer son petit frère mais, au final, quel bilan pour Curiosity aujourd’hui ?

E.L. : Si vous aviez un petit frère qui a des difficultés, est-ce que vous ne chercheriez pas à l’aider ? La réponse est là. Pendant longtemps Opportunity avait des problèmes pour identifier les roches parce qu’il n’avait pas assez d’instruments, pas assez de matière non plus. Il collectait beaucoup de types de roches sans arriver à les identifier. Curiosity, quand il est arrivé, a retrouvé des roches complètement similaires à celles d’Opportunity. Il les a analysées et a permis à Opportunity de déterminer ses proches roches. Ça a redonné des «yeux» à Curiosity. Ensuite on a toujours laissé parler le petit frère avant, par respect de l’ainé. Mais il n’y a pas de course ni de compétition. C’est deux rovers américains, c’est comme avec deux de vos enfants. S’il y en a un un peu handicapé, même si c’est l’ainé, si l’autre est plus robuste et que vous avez confiance en lui, vous allez mettre plus en avant celui qui a des difficultés. C’est louable de la part des Etats Unis.

J.L. : Vous ne nous avez toujours pas montré à quoi servait le morceau de terrain martien qui était à côté de vous tout à l’heure.

E.L. : On a un terrain sur lequel on développe une activité robotique au CNES, sur lequel on s’entraine et sur lequel on roule. Ici, c’est juste un paysage martien de décoration. On a aussi une petite maquette du rover Curiosity. Et ça, c’est des cailloux pour apprendre. Ce sont les devoirs ! Le soir, quand on est pas sages, on apprend à reconnaitre les cailloux, les roches volcaniques, basaltiques, etc… Et là, ce sont les réunions qu’on a le soir. Vous voyez les petits carrés bleus et rouges ? Ce sont les réunions qu’on enchaine le soir. On ne peut travailler que dans les parties blanches, c’est à dire quand on ne rencontre aucun carré blanc ou rouge. On a quatorze réunions chaque soir.

S.K. : Je vous montre une maquette de Curiosity qui est sur le sérum. On voit bien qu’on n’est pas sur Mars ou alors on a fait un bond de géant avec les arbres qui sont derrière !

E.L. : C’est la maquette qui a été développée par des étudiants. On a ce terrain martien sur lequel on a pris la photo pour s’amuser. Il peut avancer, bouger le mât, etc… mais le bras n’est pas vraiment représentatif de ce qu’il est réellement. Il y a une activité robotique au CNES avec de vrais robots qui marchent. C’est impressionnant à voir.

Alan Une question un peu plus people. On vous voit sur votre page de profil du blog ChemCam torse nu avec des électrodes partout. Vous vous préparez pour aller sur Mars ? Iriez-vous si vous en aviez l’opportunité ?

E.L. : Non, c’était un côté humble où je voulais montrer que j’étais aussi cobaye de tas de gens. C’était une expérience dans l’avion 0G. On s’amusait à m’aspirer tout le sang à l’aide d’un pantalon spécial. Avant le 0G il y a un passage à 2G qui amplifie l’aspiration. On commence alors à perdre connaissance. Quand on arrive à 0G, le sang est relâché. Ils prennent alors une échographie du coeur pour voir comment il réagit à cet afflux. Là on reprend connaissance. C’est une expérience assez difficile. On ne voit peut-être pas sur la photo mais j’ai les yeux rouges tellement c’était fatigant. C’était pour montrer qu’on pouvait aussi être cobaye et pas toujours les rois du monde.

L.B. : Corinne Meunier sur twitter demande s’il nous faut une planète de rechange, pourquoi pas Mars ?

E.L. : Si on doit en prendre une, c’est sûr que c’est la seule possible pour nous ! Les autres ont des températures absolument impossibles. Il y a des projets d’envoyer des hommes en aller simple sur la planète Mars. Je pense que c’est prématuré de faire ça mais c’est mon avis personnel. Je laisse à chacun la liberté d’aller où il veut. En effet, beaucoup de choses sont similaires. Si on arrivait à recréer une atmosphère, on aurait des températures proches de celles de la Terre. Certains scientifiques se demandent si la vie qui est née sur Terre ne viendrait pas de Mars. C’est une hypothèse. Elle serait née sur Mars et aurait colonisé la Terre à l’aide d’une météorite. On pourrait nous-même être des martiens.

S.K. : Une question sur le bilan. Qu’a-t-on appris de ChemCam, des mesures qui ont été faites jusqu’à maintenant.

E.L. : On a découvert pas mal de choses. On a montré qu’il était possible d’atterrir sur Mars avec une masse de 900 kg, ce qui est un beau défi. Ensuite, on a découvert une rivière intéressante. Elle a un mètre de profondeur et on a réussi à déterminer le débit qui était de 1 m3/s. C’était une certitude de trouver une rivière avec galets arrondis. On a trouvé un terrain habitable par la vie. C’est à dire des briques pour construire la maison de la vie. C’est une chose importante. De nombreuses recherches se font encore pour déterminer la nature des argiles, combien de temps c’est resté et connaitre mieux l’histoire de Mars. Comme diraient les scientifiques américains : on va refaire les livres d’histoire de la planète Mars. Il y a aussi des études sur l’atmosphère où ils ont découvert qu’elle n’aurait pas été soufflée d’un coup mais qu’elle serait partie progressivement. On comprend mieux comment elle serait partie en découvrant de petits indices comme un puzzle, qui nous montrent comment ça s’est passé, quand, etc.

Alan Il est quelle heure sur Mars ?

E.L. : Il est 5h31 !

S.K. : du matin !

E.L. : Oui du matin. Le soleil va bientôt se lever et ça sera le début des activités du jour.

J.L. : Et sur Terre il est quelle heure ?

E.L. : Je crois… heu… il faut que je regarde la montre ! Il est midi, je pense que c’est du jour.

S.K. : Il est midi et, sauf si quelqu’un a une question sur le coeur et qu’il désespère de pouvoir la poser à Eric… Personne ?
Alors je vous propose que l’on termine ce dernier hangout organisé dans le cadre du Bourget. Merci beaucoup Eric d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Merci à tous les participants qui étaient là ce matin, très enthousiastes avec des questions très pertinentes. Merci à My Science Work qui était là toute la semaine à nos côtés pour recueillir les questions des internautes sur twitter et merci aux internautes qui nous ont suivi en direct.
C’était la dernière de la semaine mais on en prépare d’autres, probablement sur la mission Gaïa, pour les prochaines semaines puisque vous savez que cette missions d’astronomie doit décoller d’ici la fin de l’année. Dans les minutes qui viennent, vous allez pouvoir revoir l’intégralité de ces quatre rencontres. Je vous souhaite un bon dimanche.

Podcast science 155 – Tu simules ?

Les modèles sont pour Robin un motif de phobie comme vous le savez depuis l’épisode 141, le petit hors-série de Podcast Science que David avait sournoisement mis en ligne cet été. Pourtant la modélisation et la simulation numérique nous permettent aujourd’hui de nous assurer de la validité de nos théories, de bénéficier d’une puissance de calcul inouïe pour comprendre la réalité qui nous entoure, de tester des phénomènes intestables, de réaliser des milliards d’économies. Mais Robin a raison de s’inquiéter: les modèles présentent aussi leurs limites.

Dans cet épisode, c’est notre auditeur David Loureiro qui s’y colle. Vous saurez tout ce que vous n’avez probablement jamais pensé à demander sur les modèles, les simulations, leur fonctionnement et leurs limites.

La suite de ce dossier est dans l’épisode #166.

Le dossier de la semaine

» La simulation numérique (1/2) par David Loureiro

La quote de la semaine

Simulations are believed by no one except those who conducted them.

Experimental results are believed by everyone except those who conducted them.  (inconnu)

Plugs et liens évoqués

La prochaine fois

Un débat proposé et présenté par une amie et collègue de master de David, Marie Simon

« C’est probablement au lycée que l’on vous a collé pour la première fois l’étiquette de scientifique ou celle de littéraire, vous prédestinant par la même à un champ de la connaissance et à des types d’apprentissage spécifiques, mais également à un profil cognitif, voire à une personnalité. Des manières fort indélicates qui auraient fait sourire Pascal, Newton, Pic de la Mirandole, Poincaré, ou tout autre homme de science selon l’acception classique du terme. Et pourtant, cette filière, il faudra bien la choisir ! Un choix peu aisé, et qui dépend pour beaucoup de la manière dont le lycéen tout juste sorti de l’œuf se représentera les disciplines à la lumière de leur enseignement. La prochaine fois, nous causerons donc des sciences à l’école et en particulier de ce que les structures disciplinaires disent de l’organisation académique du savoir. Qu’est-ce qu’une discipline ? Qu’est-ce qu’un champ du savoir ? Les cloisons disciplinaires bougent-elles ? Autant de questions passionnantes qui devraient déboucher sur un débat que l’on espère houleux ! »


» RDV le jeudi 19 décembre 2013 à 20h30 sur live.podcastscience.fm/

 

La chatroom

Tryonisos : Bonsoir
Leith : Bonsoir
Axel : bonsoir
FlyJ : Bonsoir
puyo : Bonsoir !
puyo : Hé hé, il ne reste plus qu’une demi-heure à attendre !
Jinow : Bonsoir!!
Tryonisos : Ce n’est pas à 20h30 le direct ?
puyo : non, exceptionnellement, c’est déplacé à 21h ce coup-ci
FlyJ : Vous etes tous des habitués du live ?
Tryonisos : Moi c’est la première.
Leith : Surtout des redifs perso, je suis rarement présent en live. 🙂
FlyJ : idem pour ma part
puyo : idem pour moi !
pit : Hello, bonsoir ! 🙂
pit : 21h ce soir donc … 😉
puyo : héhé, oui ! 😀
FlyJ : Leith, il me semble avoir déjà vu cet avatar quelquepart ?
puyo : Chrono cross ?
pit : Ca fait une semaine que je m’entraine aux quizz … à buzzer puis à dire “Intox” ! 😉
undef : C’est la copine à Xilrian ?
undef : Attention. Il faut dire “intox” dans la langue la plus originale possible, langage information compris 🙂
undef : … “informatique”
puyo : .. ou bad request ?
Leith : Oh désolé j’étais pas là
Leith : Oui Chrono Cross :3
puyo : héhéhéhé !
Jorj McKie : Salut les copaing
undef : Xilrian utilise le même personnage
undef : Salut Jorj.
Leith : Exact
Leith : Salut Jorj
puyo : Bonsoir jori
FlyJ : en effet, je l’avais vu sur un des sites Xiilrian
undef : C’est son avatar sur g+ aussi
undef : … ça me fait penser qu’il faudrait bien que je me mitonne un avatar aussi
El Jj : Bonsoir
undef : Salut El Jj… une soirée simulation numérique, ça va te plaire
Alan : Bonjour tout le monde 🙂
El Jj : C’est pour ça que je suis là
FlyJ : Bonsoir Alan !
undef : Le maître est arrivé
puyo : Oh, bonsoir !
Alan : ooooh, undef, tu sais me parler, toi
Leith : Salut Alan 🙂
Alan : j’aime qu’on flatte ma modestie
Alan : salut Leith 🙂
Alan : ça boume?
Robin : 22 vlà le dirlo
Robin :
undef : Maître de cérémonie bien sûr
Alan : ‘tention, toi, je t’ai à l’oeil 😉
Leith : Tranquillement :p
undef : Ou maître du jeu ?
julie : Salut tout le monde
Alan : ‘morning Julie 🙂
puyo : Je me demandais.. est-ce qu’il est possible de proposer des dessins pendant le live ? (sachant qu’il y a déjà peut-être Nico pour proposer plein de choses)
puyo : si ça vous tente, hein !
Lilisanpich : bonsoir
undef : Oh oui, un chatroom, un tableau intéractif, avec l’univers des sciences, on peut lancer un jeu de rôles en ligne !
mastapoulpe : Bonsoir!!
Lilisanpich : qui ne connait pas ben howard et cherche une musique pour patienter avant le dossier http://www.youtube.com/watch?v=UzzCthKw_C0
mastapoulpe : le live a commencé ?
puyo : non, non, c’est à 21h ce soir
mastapoulpe : ok merci 😉
puyo : héhé, pas d’quoi ! (10 mn, ça passe vite)
mastapoulpe : oui ca va 😀
Robin : puyo, est ce que tu as un compte twitter
Robin : ?
puyo : oui oui, c’est : _puyo_
pit : wow, déjà 20 connectés !
pit : Hello ALan !
undef : Robin est accro à Twitter !
Lilisanpich : la semaine derniere on était douze
helenewal : bonjour
Robin : si tu fais des dessins, #ps155, et ça apparaitra dans la chatroom
undef : hum… ça me fait penser que j’ai pas fait un test de charge sur la chatroom. Elle tient combien d’utilisateurs concurrents ?
puyo : oh, super ! je tape #ps 155 avant l’adresse de l’image ?
puyo : (c’est mon premier live, j’ai pas l’habitude, hum)
Robin : sinon tu l’envoies en PJ par mail à ps155@sharypic.com
Automail : yosh Everyone!
Robin : (pour ceux qui admirerait mes progrès, je ne suis que le secrétaire d’Alan
undef : C’est bien la première fois que des auditeurs soumettront leurs dessions. Chouette idée… mais attention aux dérives
Robin : )
NicoTupe : Yo
puyo : okay ! ce sera peut-être plus simple, je passe par le mail ! hourra !
Robin : Salut !
puyo : je promets de m’appliquer.
Robin : Tu vas avoir de la concurrence, Nico !
NicoTupe : @robin, je vias ptet rébarquer chez toi
NicoTupe : mais plus tard 🙂
puyo : (il y a une résolution idéale ?)
NicoTupe : histoire de voir le suisse
Robin : ok, mais appelle plutôt que de sonner à l’interphone, ça ferait tâche
Axel : du 4k 3d relief preferable
Axel : sinon carte blanche
puyo : héhéhéhéhé
Automail : Je suis d’accord avec Axel
puyo : rhôoo, ça va finir en gif avec des chatons
pit : 20:59 !
puyo : oula !
Axel : hourra
Alan : Bon, vous entendez quoi?
Alan : ça ressemble à qqch?
Axel : oue
Automail : vous en train de parler de Nicotupe en reunion x)
Automail : Par contre on vous entend taper sur le clavier..
Axel : on voit pas effectivement 😀
Jorj McKie : Oui c’est tres bon
puyo : oui, nous vous entendons !
mastapoulpe : oui tres bien
helenewal : on vous entend!!
undef : David est loooiin
FlyJ : on vous entend
Jorj McKie : sauf xil
pit : ah voilà !
helenewal : ça s’organise…
helenewal : et ça ricane!
undef : bhein on s’habitue vite à 4 écrans 🙂
pit : on vous entend 5/5 🙂
David Loureiro : Hello tout le monde
pit : ispèce de TRADER !!!
Automail : salut David 🙂
Jorj McKie : Vous avez mis David sous la couette ?
Lilisanpich : salut david
Axel : on entend pas david
pit : salut David et les copaing !
pit : c’est qui qui est loin là bah ???
Automail : On entend pas david
Lilisanpich : on l’entend tres loin david
mastapoulpe : David tres tres loin
undef : Les David sont aphones
Leith : Le volume de l’invité n’est pas très haut non plus 🙂
pit : en fait, Alan et tes voisins immédiats, on vous entend, les autres quasiment pas (10 fois moins)
FlyJ : on entend juste le micro d’Alan
Jorj McKie : Xil et David très très très loin
pit : je confirme 🙂
undef : On peut voir la vidéo aussi ?
pit : 1234 ?
pit : tu as retrouvé le mot de passe ?
pit : si jeparle, personne ne m’entend ! à part ma femme !
pit : :p
pit : ahahaha !
mastapoulpe : vous êtes dans la même pièce Alan et David?
pit : rien n’a changé sur le son pour l’instant ! Alan haut et fort ! les autres non !
undef : … Nico va nous envoyer un “beep” dans les oreilles
pit : oui !
pit : ah bon ?!
pit : si aussi robin !
mastapoulpe : robin c’est bon
pit : exact
mastapoulpe : oui
Jorj McKie : C’est ça
pit : non
Axel : non
Jorj McKie : non
pit : unpeu
julie : oui un peu mieux david
pit : tu es passé de 100 mètres à 30 mètres de ton micro !
mastapoulpe : la c’est bon nikel
pit : ah ben voilà !
Jorj McKie : Xil c’est mieu
Leith : Là c’est bon 🙂
pit : nickel !
Leith : Impec !
pit : parfait
mastapoulpe : yes c’est ok
FlyJ : Parfait !
pit : Je suis obligé de baisser chez moi même !
pit : parfait là 🙂
pit : il faut que vous chantiez alors !
Lilisanpich : y a toujours un sacré decalage du chat il me semble
pit : (c’est le tps d’écrire non ?!)
undef : ça fait l’allé-retour aux US pour les écoutes de la NSA
Lilisanpich : non ils me semblent qu’ils lisent pas dessuite ce qui est ecrit
pit : c’est qui la crampe ?
undef : … d’où la “latence” comme on dit dans le métier
pit : c’est chaud ce soir ?! :p
GPif : Bonsoir
Jorj McKie : Hijack me dit -10Db pour Xil -15 pour David et Robin
pit : oui on entend
pit : oui
pit : on entend
Jorj McKie : Oui
Lilisanpich : on entend pas trop les claviers et on entend bien ouais
mastapoulpe : sisi
Alan : et moi, vous m’avez entendu?
pit : oui !
mastapoulpe : oui
GPif : Oui
Alan : pendant que David était muté
Jorj McKie : Si Si
NicoTupe : je veux pas dire mais quand je suis pas la, ca marche aps top
julie : là moi j’entends plus rien
pit : tout le monde
julie : mais ça doit être que moi…
pit : Exact Tupe ! :p
GPif : Si
Leith : Si
mastapoulpe : si
Axel : vous n’avez rien a cacher de toute facon
pit : oui pareil !
Lilisanpich : on vous entend manger des chips
pit : lol !
mastapoulpe : lol
pit : épicées !
undef : … si ils sont tellement à l’arrache qu’ils n’ont pas encore mangés !
pit : bon ap’ !
pit : vous nous faites saliver !!!
helenewal : bon ap
El Jj : Ca donne faim !
undef : muté… c’est atroces
mastapoulpe : placement de produit 😀
pit : c’est le bruit de la semaine !
FlyJ : Et dire que je manquais ça dans les enregistrements 😉
undef : .. ça fait longtemps le “son de la semaine”
Leith : Je trouvais ça agréable, dommage.
helenewal : go!
Jorj McKie : Alan tu sature presque
undef : Y’a un criquet !
FlyJ : un bug
mastapoulpe : 2eme 😀
pit : merci !
pit : c’est bon !
Lilisanpich : ben bravo david
pit : le remix !
puyo : lalalalalala
undef : Y’a deux épisodes ?
Jorj McKie : Alan tu sature
undef : … on a un dossier 1/2 en ligne ?
David Loureiro : 🙂
pit : Jorj : j’ai du baisser unpeu le son ! 😉
Jorj McKie : Xil au top
FlyJ : Alan est un peu plus fort que les autres
helenewal : comme d’hab!
pit : c’est le dirlo ! 😉
Jorj McKie : Je le regarde sur le viewlevel de Hijack
pit : ce sont les bières et les cacahuètes !
Lilisanpich : ouais vivent les maths
undef : Pareil… j’ai fini mon dossier vers 2 h du mat…
El Jj : Efectivement, faut arrêter de tiser.
Alan : ahaha, undef, je t’ai enfin reconnu 😉
Alan : j’aimais mieux quand tu t’appelais Null.Pointer.Exception
puyo : hop, j’ai fait un premier dessin ! 😀
Lilisanpich : attendez je comprend pas c’est le premier dossier de david sur le podcast?
Robin : C’est pas le même david !!
pit : oula, comment on écrit son nom ?!
Alan : Yep, on a plein de Davids ce soir
Alan : le nom de David?
Alan : David 😉
Lilisanpich : oui j’avais comprit que c etait pas le meme david
undef : … il surventile, le stree ?
undef : .. stress
Lilisanpich : je trouve pas
FlyJ : Comment les ecarts d’un modèle à la réalité sont-ils évaluer ?
David Loureiro : assez souvent par l’expérience
puyo : Yeah !
Alan : exra puyo 🙂 merci 🙂
puyo : héhé, merci à vous ! 😀
pit : super dessin !
puyo : merci !
undef : Avec les écarts de confiance sur les instruments de mesure utilisés pour alimenter le modèle
Robin : Très bon le dessin !
puyo : oh, merci Robin ! j’attaque la suite..
Lilisanpich : ouais le ptit vieu a un air trop glauque j’adore
puyo : héhé !
pit : comment faites vous des dessins aussi rapidement et arrivez à la publier ?!! impressionné je suis !
El Jj : J’adore ce style de dessin
pit : et celui qui répond Paint, je ne le crois pas ! 😉
Lilisanpich : le talent pit
Alan : 😀
Lilisanpich : le talent
undef : oui mais une tablette wacom aide aussi
NicoTupe : c’est pas en live la
pit : connais pas comme logiciel ! 😉
NicoTupe :
Alan : Tupe, pour info, on est sur Terre, là
Augustin : Je crois qu’il simule ses dessins.
Alan : 3e planète à gauche en partant du soleil
puyo : héhé, oui, je suis sur tablette (forcément 🙂 et Photoshop
pit : hihi !
Alan : tu nous rejoins?
Lilisanpich : Nous pit reste en orbite!
Lilisanpich : non*
undef : Simulation d’une bombe atomique… c’est à la mode
pit : comment un ordinateur des années 50 qui démarrait avec une diskette 5 pouce 1/4 pouvait simuler l’univers ??? !
undef : Micro USB !!
undef : Encore le criquet
helenewal : Aïe le son!
Jorj McKie : Ca cracouille
pit : discrétisation = Dirak ?!
Lilisanpich : et pit quand est ce que tu arrêtes de poser des questions bizarres?
mastapoulpe : good
undef : pit parle de pic
pit : de signal !
undef : C’est Dirac
pit : grésille qd tu parles !
Jorj McKie : Non
pit : non, tu ne repars pas !!!
Lilisanpich : ou coince quelque chose sous la prise usb c’est un faux contact
pit : Lili : un peigne de Dirak (Dirac?) permet de passer d’un signal continu à un signal discret …
Lilisanpich : merci pit
pit : je vous en prie très chère.
undef : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Dirac
pit : http://fr.wikipedia.org/wiki/Peigne_de_Dirac
pit : pour le peigne !
Lilisanpich : cool
pit : ça permet de se coiffer aussi !
Lilisanpich : haha
undef : Chez Dassault: le premier avion “virtuel” http://www.dassault-aviation.com/fr/dassault-aviation/actualites/le-nouveau-falcon-5x-de-dassault-effectue-son-premier-vol-virtuel/
Xilrian : Vu de face d’un BMW en soufflerie http://www.usinenouvelle.com/article/bmw-joue-a-fond-la-carte-ecolo.N70485
pit : Alan si tu acceptes, si la question te semble pertinente … comment un ordinateur des années 50 (qui démarrait avec une diskette 5 pouces 1/4 ou avec des cartes à trous) pouvait simuler l’univers ou même une aile d’avion ?!
Lilisanpich : est ce que vous avez fait un dossier sur les imprimantes 3D?
Alan : les disquettes 5 1/4 n’existaient pas dans les années 50 😉
undef : Bravo Alan. De toute façon un ordinateur occupait plusieurs m3
undef : … et suçait pas mal en kWh
undef : Simulation d’avalanche aussi
pit : oui enfin, avant les années 80 (voire 90), j’ai du mal d’imaginer que les PC pouvaient aider pour les simulations importantes …
FlyJ : L’histoire de l’aviation est pleine d’inventeur fou qui n’ont manifestemant jamais penser à la simulation
puyo : Et hop, un nouveau dessin !
pit : 🙂 pas encore arrivé ds la chatroom !
pit : ah si ! 🙂
pit : ce sont des yeux de chats ?!
Alan : ouarf, puyo, on t’embauche 🙂
pit : y’a un // avec Schrodinger ?!
puyo : héhé, hourra !
FlyJ : Superbe dessin
puyo : youhou, merci
pit : yes, bravo !
undef : Avalanches: http://images.math.cnrs.fr/Une-approche-pour-simuler-des.html
undef : Avec des modèles physiques pour reproduire en miniature
pit : —- 33 users connectés — est-ce un record (ou un maximum local !) ?!
pit : oui très bien ! 🙂
Augustin : “il pleut que sur les cons !” dirait un ami hispano-breton
Alan : @pit 😀
helenewal : bien dit Augustin
Axone : Bonsoir
David Loureiro : Salut Augustin 🙂
GPif : Je suis toujours bluffer des moyen de trouver des acronymes qui signifie quelque chose 🙂
David Loureiro : je pensais que tu viendrais pas
Augustin : =)
pit : on est sur le sujet météo uniquement là ou ça s’applique à “tout” ?
Augustin : j’ai trahi une dizaine d’amis pour être là.
David Loureiro : dont la bière
Augustin : non, elle non.
pit : WRF : http://climatologie.u-bourgogne.fr/ressources/modeles-et-outils/60-wrf.html
Alan : “Augustin j’ai trahi une dizaine d’amis pour être là.” on peut en faire la quote de l’émission?
pit : Sur le sujet “Simulation” toujours, vas-ton parler de simulation financière ? notion de var (Value at risk) … motecarlo …
Augustin : DE LA CAMELOTE CE MICRO
pit : lol
Augustin : Alan : oui, au nom de la science, j’accepte.
pit : on va se cotiser … ouvrir un bankeez ! 😉
pit : on entend tous je pense !
pit : oui !
Jorj McKie : ca cracouille
David Loureiro : je vous ferais passer un rib
helenewal : oui
pit : bitcoins ?!
helenewal : oui de Guyane!
pit : he’s back ! 🙂
pit : la classe !
helenewal : yeeeee
helenewal : j’suis fidèle à PodcastScience!
pit : ça grésille un peu encore non ? qui mange du popcorn ?! c’est pas le cinoche ici !
pit : je baisse un peu mon son !
pit : c bon !
Alan : puyo, tu fais encore des dessins?
Alan : cas échéant, tu nous mets en cc du prochain mail, histoire qu’on ait tes coordoonées?
Jorj McKie : Une question sérieuse. Les simulateurs de pilotage professionnel, pour l’instruction c’est bien basé sur des models.
puyo : oh, je terminer le troisièmre
puyo : j’ai encore le temps ?$
Lilisanpich : vas y puyo fonce
puyo : (c’est un peu plus long, il y a des bonhommes, huhu)
puyo : super !
Alan : 🙂
puyo : dans moins de 5 mn
Jorj McKie : Question adjacente, un ingénieur disait à propos de A 380 : “il volle exactement comme nos models”
pit : et il fallait avoir peur non ?!
Jorj McKie : Ce serrait donc assez précis ?
pit : http://www.dailymotion.com/video/xr91hf_simulation-de-la-collision-de-la-galaxie-d-andromede-avec-la-voie-lactee_tech
undef : 2’000 petaflops
pit : d’où ma question sur les PC des années 50 😉
undef : Curie: http://www.generation-nt.com/supercalculateur-curie-actualite-1537771.html
Lilisanpich : des farmers ces chinois
pit : http://fr.wikipedia.org/wiki/Tianhe-2
FlyJ : Le fonctionnement du LHC à été simulé avant la mise en route ?
GPif : Une caculatrice
pit : enfin .. est-ce que des simulations étaient déjà possibles ? vraiment ?
pit : d’accord !
pit : carte à trous !
undef : C’est pas une disquette c’est une mémoire à tores
El Jj : Les smartphones d’aujourd’hui sont plus puissants que ce qui a permis d’envoyer l’homme sur la Lune
Vlad : Curie 20e en novembre 2013
undef : https://www.google.ch/search?q=mémoire+à+tores+de+ferrite
undef : Mémoire à tores de ferrite.
Alan : le lien de undef en version cliquable: http://bit.ly/18F4Dlf
Lilisanpich : merci de ta sollicitude alan
puyo : .. et voilà, ouf, troisième dessin !
Alan : 😀
pit : Big rip ? concours de gravure de DVD ??? non : http://fr.wikipedia.org/wiki/Big_Rip
Alan : excellent!
puyo : yéhéééé !
Axel : cool les dessin puyo
puyo : hourra ! merci
Lilisanpich : t’es kro fort
puyo : huhuhu !
pit : y’a un effet kisscool à ton dessin ?!
puyo : oh, je n’avais pas réfléchi à la question 🙂
undef : Je me suis crouté sur les unités. Curie c’est 1.6 petaflops… mais quand même 2’200 kW !
Axel : c’est moooonnn nez
puyo : aaaah ouiii, j’avais oublié !
pit : 😉
pit : http://www.youtube.com/watch?v=3O-QHJH0ckY
puyo : oui, excellent souvenir ! 😀
Xilrian : Génial les dessins Puyo !!!
puyo : héhéhé, merci !
Xilrian : je viens seulement de les voirs sorry 🙂
Alan : puyo, on a pas ton mail, si?
Xilrian : Mais grand bravo
pit : 28j pour refaire l’univers ?! pas mal !! l’homme se prend pour dieu ! cool 😉
mastapoulpe : dieu a du souci a ce faire 😀
Alan : je voulais te demander tes infos de contact, twitter, toussa, histoire qu’on te passe un petit merci à la fin du podcast
Lilisanpich : puyo président
Robin : gaffe le dictateur, y a de la concurrence !
pit : pourquoi le nombre d’éléments des plus gros éléments ne peut pas être vérifier ? on ne peut pas compter ?! :p
puyo : oh, c’est sympa ! bah, je suis en train de revoir le site, donc, juste le twitter, si tu veux ! 🙂 c’est _puyo_
puyo : après, je peux filer mon mail si vous n’avez pas
Alan : ouais, à la fois dictateur ET président, la concurrence peut s’accrocher 😉
Alan : @_puyo_ nickel, merci 🙂
puyo : héhéhéhé, voyons voyons ! En Dictateur, je mettrais la science au pouvoir ! 😀
pit : et on se shooterait tous à l’ocytocine ! 😀
Lilisanpich : si on est pas scientifique c’est le fouet?
Alan : meuh non…
Lilisanpich : zut
puyo : pour les autres, ce serait direct sciences huamines ! (oh, hum, comment ça, un troll ? :D)
puyo : humaines, pardon
Lilisanpich : 😀 puyo
undef : C’est plus à EPFL/Lausanne, sniff… il partira vers Genève. Human Brain project
mastapoulpe : ca va finir en matrix cette histoire 😀
undef : Prend la pilule rouge !
pit : pilule rouge ! 🙂
pit : lol
mastapoulpe : lol
Lilisanpich : haha
undef : La pilule bleue a laissé un mauvais souvenir à Ms Vista: http://fr.wikipedia.org/wiki/Blue_Pill
Alan : @puyo, around?
Lilisanpich : la réalité est imprévisible..?
Alan : dis, faut qu’on cause…
GLaDOS : The Human Brain Project is a prank. I made it all up. Surprise.
puyo : ouiii ?
undef : imprévisible mais calculable !
Alan : servir la science est ta joie?
Lilisanpich : alan est amoureux de tes dessins puyo!
Alan : tellement!
Alan : tu connais strip science?
puyo : héhéhé, bien sûr ! ^^ (en fait, j’ai commencé à écouter les podcast science il y a plusieurs mois, j’ai commencé du premier)
puyo : (j’en suis au 88, mais j’en avais marre d’être à la traine)
Alan : 😀
Alan : je vois, un courageux 🙂
puyo : (donc, j’ai tenté une lecture parallèle)
Alan : ah ouais, genre 3 podcasts en même temps? 😉
undef : Tu mixes plusieurs épisodes ?
puyo : (au fait, excellent le sujet des fourmis ! pour moi, c’est tout frais ! :D)
Alan : héhé
Alan : merci
puyo : héhéhéhé, j’écoute façon salade !
puyo : c’est épatant à écouter, mais j’avais pas eu l’occasion de le dire, hum !
Alan : bon, et donc, tu veux pas illustrer des billets de blog scientifique de temps en temps? donner un coup de main à kidi science et participer aux soirées radio dessinées?
undef : Bhein le Paris-Rio c’était ça ? De la glace sur les anémomètres “pilot”
Alan : (comprendre “adhérer joyeusement à strip science”?
Lilisanpich : vas y puyo fonce 😀
puyo : oh, ça me semble jouable !
NicoTupe : hey coucou puyo
David Loureiro : disfonctionnement des sondes oui
NicoTupe : j’avais pas compris que tu faisais ca en live
NicoTupe : c’est cool!
puyo : Bonsoir Nico, héhé !
NicoTupe : tu utillise quoi comme matos?
David Loureiro : pour les prises de température et le dégivrage je crois
puyo : (tablette et photoshop)
Alan : bon, puyo, je sais plus comment ça marche le recrutement chez strip science, je demande au chef au personne, te mets en cc
NicoTupe : ca marche assez simplement en fait
NicoTupe : tu as un blog? tu parle un peu de science / tu en as parlé une fois dans ta vie? tu as envie?
NicoTupe : ok tu es pris
puyo : héhéhé
puyo : (par contre, je ne veux pas trop gêner la conversation sur le chat)
undef : Robin fait son rabat-joie
NicoTupe : Robin a toujours été un rabat joie
undef : … ça y est “approximation”…
NicoTupe : “a la bourrin”
NicoTupe : bel esprit
NicoTupe : il me déçoit tellement 😀
undef : Heureusement pour les maths, il n’y a pas besoin d’explication… ça marche tout seul 🙂
NicoTupe : c’est ca
GLaDOS : As long as the plane is flying, we don’t care.
pit : Ca serait sympa de retrouver Puyo sur Strip Science aussi 🙂
Alan : je viens de le dénoncer au chef de strip science 🙂
pit : bien 😉
puyo : héhéhé !
mastapoulpe : Crash test de poulet sur des pare-brises d’avions
pit : ah !!! 🙂
mastapoulpe : http://blague.dumatin.fr/2012/11/crash-test/
pit : super 🙂
undef : … en général on les grille dans les réacteurs
pit : Montecarlo 🙂 … on va parler finance aussi finalement ?! :p
pit : Y’a un Padcastscience sur le sujet ? (trading haute fréquence ?)
pit : Podcastscience pardon.
Robin : à venir
pit : super 🙂
Robin : et pour ce qui est d’être rabat joie, je m’insurge
undef : … bof, ce n’est qu’un casino où les moins rapides se font plumer. La bourse.
Robin : j’ai juste dit que ça n’aidait pas tellement à “comprendre”, si tant est que “comprendre” ait un sens
pit : 😉 ou au contraire, les plus pressés perdent tout ! :p
Robin : (en dehors des maths, bien sûr)
Alan : “j’ai juste dit que ça n’aidait pas tellement à “comprendre”, si tant est que “comprendre” ait un sens” ouais, surtout après 3 bières 😉
pit : Robin est à l’honneur !
pit : on va parler corrélation ?! :p
Augustin : The generation of random numbers is too important to be left to chance.”
undef : “comprendre”, “savoir” c’est pareil… donc tout ce qu’on sait, c’est qu’on ne sait rien. Gardons juste l’illusion de “comprendre” 🙂
undef : PRNG is not random
pit : PRNG : Pseudo-random number generators
pit : Peut-on citer les applications “opérationnelles” SVP ?
undef : Faut pas que ce soit trop aléatoire sinon la NSA ne peut plus décoder !
pit : Finance, nucléaire, simulations univers … ?!
pit : cryptage !
Lilisanpich : je file, David c’était très clair tu gères. Bonne soirée!
pit : Ciao Lili
David Loureiro : @Lilisanpich cool 🙂
David Loureiro : ciao
puyo : j’ai peut-être un dernier dessin..
NicoTupe : Alan, regarde skype
puyo : mais.. heu.. ça passerait ?
pit : on a déjà parlé de ça lors d’un podacast passé !… 🙂
NicoTupe : @puyo ouiiiii!
pit : y’a une chaudière qui vient de démarrer !
undef : Reste de la division entière
undef : C’est le modulo. ça donne un groupe cyclique c’est ça
pit : Corrélation trop grande…
Robin : la chaudière, ça doit être chez moi
Robin : ….
Alan : @tupe still around?
Robin : même les nombres premiers, ça fait pas du hasard
pit : si si
undef : Aucun problème pour GLaDOS !
El Jj : Il suffit de s’imaginer un hypercube de dimension n, et de prendre n=623
pit : 623 * 623 * 623 … un beau tableau !
pit : quel est celui qui est allé vérifier ?!
Vlad : Un ordinateur ?
Robin : Ah El Jj, on se comprend
Robin : !!
Robin : C’est pourtant simple !
undef : Un hypercube à 623 dimension… mais y’a que 34808659497239648579720852704622583960672214563358764118798771041101\ 64769904081258015375374845406646559633109721065069054175342347240782\ 1641942301328447068696990926165468330002463334596608 sommets ?!
Robin : y a des gens encore plus barge que moi dans la chatroom
Robin : !
Robin : j’adore
Robin : !!
Robin : Tu fais quoi dans la vie, undef ?
Robin : Tu as des amis ?
undef : Je vois que je suis pardonné pour le “rabat-joie”
El Jj : lol
undef : Bhein non, j’écris des bits au burin sur des cailloux… Faut bien gagner sa vie.
puyo : ..et dernier dessin envoyé !
puyo : (bon, c’est moins bon, je laisse juge pour la publication)
pit : oui ou plus simplement … c’est un peu comme un placard qui a 623 tiroirs, et que dans chaque tiroirs on a 623 autres tiroirs … 623 fois comme ça ! 🙂
puyo : héhé !
pit : bien le dessin ! 🙂
puyo : youh, merci !
pit : le sourire édenté j’adore !
undef : Un cube: c’est de dimension 3, et ça à 8 sommets. 2^3. Donc l’hypercube de 623 dimensions à 2^623 sommets
undef : Une sacrée particule celle-là ?
Alan : top, puyo 🙂
Axel : je bosse en effets speciaux
pit : en fait montecarlo … c’est plus pour les tirage de la roulette du casino que pour le tennis ! 😉
Axel : on se sert enormement de toutes ces donnee
GPif : Le moteur Frostbit 3 pour le vent et explosion de grenade
Axel : pour simuler fumee explosion eau etc
pit : la chaudière se rallume …
pit : fait froid en Suisse ?!
Robin : à Paris !
pit : 😉
Robin : Alan est chez moi !
undef : Faut espérer que le modèle n’a jamais fait crasher l’ordinateur…
pit : alors je l’affirme … fait froid à Panam !
Alan : yup pit, pour la météo suisse, faut demander à undef 🙂
Axel : -26 a Montreal
Robin : C’est quand même complètement dingue
pit : Ciel, je pensais être sur un podcast suisse !
Robin : on a des audieurs à Montral ?
Axel : ouiiii
helenewal : +30 en Guyane
Axel : enfin je suis ex parisien
pit : Je savais qu’il y avait un squate des français mais si les suisses aussi se mettent à la France où va-t-on ?! 😉
pit : sympa pour le dossier ! 🙂
pit : j’ai commencé au début … j’en suis à 132 😀
pit : helene, on débarque tous ! 😉
FlyJ : Merci David, super dossier
helenewal : j’ai les hamacs
pit : 😀
David Loureiro : cool que ça ait plus !
pit : oui … on a eu le lien sur la chatroom !
undef : … c’est sur Google “mémoire à tores de ferrite”
David Loureiro : voilà
pit : http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://obligement.free.fr/gfx/memoires_ferrite.jpg&imgrefurl=http://obligement.free.fr/articles/memoires.php&h=440&w=500&sz=77&tbnid=xEG2NPZHfSH4EM:&tbnh=90&tbnw=102&zoom=1&usg=__sucli-EC_igfnkHQ9d6YbAE-QbE=&docid=RrM3WfmP291SuM&sa=X&ei=vi-qUvPEFKrI0QXft4CoCA&ved=0CD8Q9QEwAw&dur=311
David Loureiro : 🙂
David Loureiro : @Augustin : tjs là?
undef : ça fait 256 bits… Soit tout juste 32 caractères !
pit : vous noterez que les hypercubes de 623 dimensions ont fait passer les auditeurs ds la chatroom de 34 à 28 ! 😉
puyo : héhéhéhé
mastapoulpe : lol
David Loureiro : on peut peut-être en simuler quelques uns? 🙂
undef : Je m’en occupe. Je fait un robot pour monter en charge la chatroom !
pit : 😉 ça doit être possible ! surtout si chacun se connecte depuis, son laptop, son desktop, sa tablette, son gsm … !
puyo : ouaais ! on pourrait l’appeler : AROMATE !
undef : Bhein non, il faut au moins autant de sommets qu’un hypercube de dimension 623
pit : personnes d’autre que
pit : ceux qui les expérimente n’y croient
pit : ah … einstein, ça faisait longtemps !
pit : presque 1000 € encore à collecter … avant d’avoir un SSAFT tout nouveau ! 🙂
Alan : http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/strange-stuff-and-funky-things-2-0
Alan : https://www.facebook.com/events/419180434874907/?source=1
pit : bravo 🙂
puyo : Hourra !
helenewal : wahouuuuuuuuuuuu
David Loureiro : féloches !
helenewal : congrats’
pit : pkoi est-ce interdit ?
Jorj McKie : Yes Bravo, felicitations
pit : synergie ?
undef : C’est dans les statuts de l’assoc
pit : ah mince ! :p
julie : presque
undef : C’est normal… c’est une femme !
julie : uhu
El Jj : “Je compatis
pit : Bravo encore pour ce que vous faites !
FlyJ : J’ai commencé 12minutesde aujourd’hui, très sympa !
puyo : Oué, chouette dossier !
FlyJ : Encore un bon podcast decouvert via podcast science
undef : Et la suite bientôt
pit : un espagnol ?!
pit : y’a une vidéo ?! :p
pit : pas de chance !
puyo : Hourrrra ! ^^
puyo : Merci, merci !
pit : chapeau bas 🙂
puyo : huhu !
GLaDOS : Don’t forget to thank GLaDOS.
Axel : super
pit : http://www.youtube.com/watch?v=g_5MaNZ681U
pit : pour le fado ! 🙂
puyo : tadadaaadadam
Axel : haha
undef : … ok Robin a trop bu !
puyo : ^c^
helenewal : yo!
Taupo : Bon alors c’est qui ce Puyo?
undef : Super David !
Taupo : Et pourquoi n’est il pas sur Strip Science?
puyo : Oh ?
Alan : 😀
Taupo : formulaire de contact
Alan : Salut Pierre 🙂
David Loureiro : mici 🙂
Taupo : pierrekerner@***
El Jj : Bonne nuit !
Alan : Ciao El Jj, bonne nuit 🙂
Taupo : http://stripscience.cafe-sciences.org/
Jorj McKie : Super ton dossier David, lécoulement de flux non laminaire m’a rappelé ma jeunesse…
David Loureiro : 🙂
Robin : Et el jj, merci pour ton calendrier !!
David Loureiro : merci Jorj
Robin : génial
Robin : !
Vlad : Von Braun avec qui tu confonds
David Loureiro : oui, voilà
Taupo : Qui c’est qui mitraille au clavier?
Robin : c’est moi
Alan : Robin
Taupo : brute!
Alan : comme du vin de Durocortum
Taupo : Heinlein aussi je crois
GPif : Ah bein ça va alors
GLaDOS : There is no artificial life.
pit : Très bien ton dossier ! 🙂
Taupo : Ah merci aux contributeurs de SSAFT2.0 qui sont dans la chatroom
Taupo : Jorj notamment!
pit : 😉
helenewal : ha si compliqué pour moi!
Taupo : Alors moi Nicotupe m’a dit que je parle trop lentement!
pit : “je me force à parler lentement” 🙂
Taupo : Faut savoir!
Taupo : Xil, non!!!!
Jorj McKie : C’est vrai le débit est super.
pit : c’était la bonne vitesse ! 🙂
Taupo : Que tu parles pas trop vite
pit : trop tard !
Jorj McKie : Et Xil, d’ailleur il faut que tu fasse des effort.
Taupo : (ironie)
pit : prenez plus de bières !
pit : ça devrait marcher !
Taupo : Tu parlais sans respirer
Taupo : Ameisen?
pit : ah, alros c’est quoi la recette ?!
pit : et si vous nous livriez les conseils d’Alan promulgués avant chaque dossier ?! :p
undef : .. la fin du minitel rose !
pit : j’ai un maillet pour le minitel si vous voulez !
GPif : Juin dernier pour e minitel
Vlad : 30 Juin 2012
Jorj McKie : Il y a plein d’or dans un minitel
pit : 🙂
puyo : Il me semble que le minitel continuait à rapporter encore pas mal d’argent jusqu’au dernier jour.
pit : http://www.google.fr/imgres?sa=X&espv=210&es_sm=93&biw=1680&bih=986&tbm=isch&tbnid=CtkAbX2jMBFGBM:&imgrefurl=https://interstices.info/jcms/int_69639/sous-le-signe-du-calcul&docid=zKfKmv3gcW2LsM&imgurl=https://interstices.info/upload/signe-calcul/turing-lego.jpg&w=400&h=400&ei=dzWqUt-iL6ep0AWxm4H4AQ&zoom=1&iact=hc&vpx=712&vpy=245&dur=2093&hovh=225&hovw=225&tx=116&ty=115&page=1&tbnh=135&tbnw=145&start=0&ndsp=43&ved=1t:429,r:11,s:0,i:116
Taupo : Bon les gens!
Taupo : Tchuss
Taupo : J’ai hâte d’écouter l’émission
puyo : Bonne soirée !
Taupo : Robin on entend les bisous
pit : non !
Taupo : Moi c’est cool
Axel : UNACCEPTABLEE
helenewal : comme ça vous arrange
Vlad : C’est la machine de turing Lego plus que le robot rubik’s cube solver
Jorj McKie : C’est mieux le mercredi
pit : on pourra enfin maintenir les 5 à 7 …
pit : du jeudi soir
FlyJ : mieux mercredi
Axel : non c’est bon nimporte quand on sera la
David Loureiro : y’a une page pour le projet qui de machine de turing en légo http://rubens.ens-lyon.fr/fr/
pit : non : ca ne dérange pas si c’est le mercredi !
pit : oui 😀 :p
Taupo : http://www.youtube.com/watch?v=07So_lJQyqw
Taupo : special cacedi pour alex
pit : lol
Taupo : ha ha!
Jorj McKie : Oui c’est le soir ou on va au resto, à Paris tout au moins
David Loureiro : @Taupo (lol)
Taupo : j’ai entendu le son
Taupo : http://www.youtube.com/watch?v=07So_lJQyqw
pit : unacceptable ! 🙂
pit : le jeudi !
Jorj McKie : Le jeudi
pit : en entreprise aussi !
pit : 🙂
Taupo : Non mais moi je m’en fous car je suis rarement libre le soir
pit : onparle d’afterwork !
pit : oui !
pit : afterwork du jeudi soir … de 19 à 23 heures ! 🙂
pit : donc le mercredi c’est très bien! 🙂
Taupo : Bon allez, je vais bloguer
Taupo : sur ça
Taupo : http://phenomena.nationalgeographic.com/2013/12/12/in-search-of-the-first-animals/
Taupo : Tchuss!
Jorj McKie : Simple vendredi samedi trop de monde, lundi mardi mercredi on bosse et c’est mort
Alan : wow 🙂
Arth : Bonsoir
Alan : tschuss!
pit : c’est aussi dans les règles de l’asso ?!
pit : s’appeler David !
pit : bonne soirée
pit : et bravo pour les 34 auditeurs ds la chatroom
pit : 😀
helenewal : c’est quoi la moyenne d’auditeurs par live?
pit : 20-25
GLaDOS : I brought some friends of mine.
pit : http://90plan.ovh.net/~toucher/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=30&Itemid=100027
pit : énorme !!!
pit : y’a une photo !
pit : brillant bonhomme
Alan : http://testdriventrekkie.com/livres-a-lire.html
pit : on range les assiettes ?!
pit : merci
helenewal : les canettes…
pit : 😀
pit : livres à écouter : vous auriez des liens ?
Robin : images des maths
Robin : http://images.math.cnrs.fr/
Robin : il y a les podcasts des bouquins de Poincaré
Robin : à écouter, tout, plusieurs fois !!
pit : thx
David Loureiro : http://www.amazon.fr/Comment-mener-discussions-difficiles-Sheila/dp/2020963752
David Loureiro : sur les discussions difficiles
Jorj McKie : Ho non c’est top baillargeon
FlyJ : Merci à vous, un dossier au niveau habituel (ce qui n’est pas une mince affaire)
FlyJ : A la prochaine
Alan : @pit, pour les livres audio, tu cherches un genre en particulier?
pit : dans le genre petit bouquin tip-top (pas forcément très scientifique) : Tout sur tout, le petit dictionnaire de l’insolite et du sourire ! 🙂
pit : scientifique
Jorj McKie : C’est une bonne base
Alan : en français?
pit : @alan : scientifique.
pit : anglais et français
Jorj McKie : Lehoux un top aussi
pit : @ david merci pr le lien amazon 🙂
Xilrian : http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Art_d%E2%80%99avoir_toujours_raison
Jorj McKie : Le meilleur du pire
David Loureiro : @pit de rien 🙂
Xilrian : Bon c’est ptéte aussi pasque je l’ai lu aprés pas mal d’autres choses sur le même sujet
Alan : @pit: https://www.podcastscience.fm/livres/
GPif : La terre creuse, c’était pas un truc de Nazi?
Alan : tout ceux que j’ai mis, il y a de bonnes chances que je les aies en audio
pit : merci Alan
Alan : @pit, si tu les veux, fais-moi un mail
David Loureiro : génial la liste des livres de podcastscience
Alan : alan@***.**
David Loureiro : !
pit : je suis bon pour t’envoyer un mail 🙂
Jorj McKie : Xil, en vrai je suis d’accord, mais c’est vraiment une bonne base pour ceux qui commence avec l’esprit critique. Et Shop c’est un peu trop réthorique.
Xilrian : c’est beaucoup plus sec en fait shop ^^
Jorj McKie : C’est de la rhéto pure. Il est en libre acces, je retrouve le lien
David Loureiro : au revoir !
Axel : merci au revoir
helenewal : bye!!!!
puyo : bonne nuit !
Vlad : Bonne soirée
Jorj McKie : Bisous bisous
pit : ciao
Alan : bonne nuit 🙂
mastapoulpe : merci tchou
GPif : Bonne soirée
Alan : tschuss!
pit : Question sur “comment mener les discussions difficiles” : est-ce que ca parle d’assertivité ?!
David Loureiro : je ne sais pas 🙂
pit : ah, j epensais que tu avais lu !

La simulation numérique 1/2

Ce dossier de David Loureiro est en deux parties. La première a été présentée dans l’épisode #155. Allez à la partie 2 de ce dossier.

Introduction

Cela a déjà été expliqué de manière détaillée dans différents podcasts, pour comprendre le monde qui nous entoure et arriver à savoir ce qui nous a amené où nous en sommes et arriver à prévoir ce qu’il va arriver, il est nécessaire de le modéliser.

J’ai trouvé un certain nombre de définitions de ce que peut être un modèle, et elles diffèrent en fonction des domaines d’étude (mathématique, économie, physique, etc). Ce qui en ressort, de mon point de vue, est que le but du modèle est de représenter la réalité en éliminant les détails difficiles à reproduire (ou n’étant pas important pour la simulation ou la résolution du problème) et en se concentrant sur les seuls éléments jugés importants pour l’étude.

Dans l’épisode sur les objets mathématiques, Robin l’explique très bien quand il parle du pont de Koënigsberg. L’important est uniquement le graphe (le modèle) et pas la réalité (les ponts, les rues, etc) car il réduit la réalité aux seuls éléments importants pour l’étude que l’on souhaite faire.

Le modèle ne constitue pas la réalité, il la représente seulement. Comme l’énonce l’adage d’Alfred Korzybski : “La carte n’est pas la territoire” 1.

C’est pour cela que les modèles n’ont pas forcément à être le plus précis possible ou à intégrer tous les phénomènes possibles et imaginables. Pour étudier le comportement d’un fluide (en l’occurrence l’air) autour d’une aile d’avion, on ne s’intéresse souvent qu’à l’écoulement de l’air autour du profil de l’aile. Ainsi le modèle va être une coupe transversale de l’aile autour de laquelle l’air va s’écouler. On va ensuite observer le comportement de l’écoulement autour de ce profil d’aile en fonction de différents paramètres de vitesse, d’altitude, de forme de profil, etc.

Le modèle dans ce cas-là va être constitué du profil de l’aile et des lois qui vont régir le fluide (l’air ici) qui va s’écouler autour de cette aile.

Il est important de comprendre que les modèles ont leur domaine de validité, de la même manière que la relativité générale et la mécanique quantique ont leur domaine d’application respectif au-delà desquels elles ne s’appliquent plus.

Les modèles permettent ainsi l’étude de la réalité dans un cadre défini dans lequel ils la représenteront bien et dans lequel nous aurons des données qui les valideront.

Grâce à cette validation, les modèles seront réputés fiables, ils permettront de reproduire des phénomènes réels, dans ce cadre défini je le répète, et ils pourront être utilisés pour la simulation et la prédiction.

L’intérêt des modèles 2 est donc, dès lors qu’ils sont corrects, de pouvoir permettre différentes choses :

  • La simulation des phénomènes afin de prévoir comment ils vont se comporter dans le futur ou soumis à des contraintes spécifiques
  • La simulation d’interaction entre différents phénomènes où il est nécessaire de savoir comment ceux-ci interagissent
  • Valider que les modèles représentent bien ce qu’ils sont censés modéliser

Comme l’explique Wikipedia 3 4 : ce que l’on appelle simulation correspond à l’ensemble constitué par un modèle, les paramètres et contraintes, et les résultats obtenus.

Les maquettes, prototypes, etc. peuvent ainsi être considérés comme des modèles analogiques et les essais, tests, manœuvres, etc. comme des simulations analogiques.

Et pendant très longtemps il s’agit du seul type de simulation qui était à disposition des scientifiques. Ces simulations ont permis de reproduire et de comprendre un grand nombre de phénomènes en laboratoire.

Les équations de leur côté sont plutôt des simulations numériques et aujourd’hui ce terme s’applique essentiellement aux modèles et simulations réalisés sur ordinateur et basés sur ces équations.

La simulation numérique est apparue grâce à la conjonction de deux facteurs :

  • Dans certains cas, la simulation “analogique” était :
    • compliquée, comme l’étude de problèmes multi-physiques en aéronautique avec de l’eau de la glace de l’air, des profils d’ailes spécifiques, les différentes techniques de dégivrage et l’impact de tout ça sur le vol,
    • chère, parce que les objets d’études étaient onéreux à produire comme une voiture dont on souhaite comprendre la résistance aux crashs ou nécessitaient des matériels ou équipement onéreux comme le LHC,
    • longue à réaliser : les durées nécessaires pour observer les phénomènes étudiés étaient longues comme certaines réactions chimiques par exemple ou les préparations des expériences tellement compliquées qu’elles prenaient le pas sur l’expérience elle-même comme dans les cas où le matériel à tester est si rare qu’il faut s’assurer que l’expérience sera sans faille.
    • voire impossible (allez simuler en laboratoire l’univers …)
  • Les ordinateurs qui sont apparus dans les années 50 permettaient une reproduction d'”expérience” de manière automatique, rapide et exact (en accord avec le modèle utilisé)

Il faut bien noter que dans la simulation numérique, nous étudions autre chose que le réel. Il faut être clair sur le sujet. Quand on souhaite utiliser un ordinateur pour simuler, il est indispensable de pouvoir définir un modèle théorique qui soit informatisé. Et comme on ne peut représenter le réel grâce à un ordinateur qui ne peut travailler que sur des nombres finis d’éléments, on va donc travailler avec des approximations du réel que l’on essayera de rendre les plus fidèles possible. On va ainsi discrétiser une droite en prenant des points, on aura des nombres qui ont des tailles finis en mémoire, etc et tout cela amènera de l’imprécision.

Juste pour la précision, discrétiser signifie passer du continu (une ligne contient un nombre infini de point) au discret (un nombre fini de point suffit à décrire la ligne pour avoir quelque chose de représentatif). Quand il s’agit de simulation numérique, la discrétisation d’un milieu continu est un maillage, c’est à dire la représentation géométrique d’un domaine par des éléments finis et définis.

Mais si on regarde bien, de la même manière on ne mesure le réel que de manière approximative (avec une certaine précision que l’on jugera satisfaisante pour l’étude que l’on mène).

Un gros travail va donc être indispensable de réaliser quand on mettra en place des simulations numériques: celui de s’assurer que le modèle que l’on utilise est assez fidèle à la réalité, pour ce que l’on souhaite étudier, et que la précision que l’on recherche est suffisante par rapport à celle que l’on a lorsqu’on étudie le réel.

Pour peu que l’on soit conscient des limites des simulations, qu’on les utilise de manière “raisonnée” et dans les bons contextes avec toujours un œil critique sur les résultats obtenus, elles pourront être un très bon outil pour les chercheurs et les ingénieurs dans leurs recherches.

Un bon exemple d’un domaine où l’expérimentation et les tests coûtent chers et où l’on a cherché à mettre de la simulation numérique est celui de l’industrie de l’aéronautique. Pour faire des simulations “analogiques”, le domaine dispose grosso modo de deux grands moyens :

  • On peut faire des tests en soufflerie
  • On peut faire des tests en conditions réelles

Figure 1 : Simulation numérique de l'aérodynamique de l'hypersustentation de l'avion de transport supersonique Epistle (DAAP - Gérald Carrier) http://hathor.onera.fr/images-science/simulation-numerique/sst-epistle.php
Figure 1 : Simulation numérique de l’aérodynamique de l’hypersustentation de l’avion de transport supersonique Epistle (DAAP – Gérald Carrier) http://hathor.onera.fr/images-science/simulation-numerique/sst-epistle.php

Expériences et tests en soufflerie

Il s’agit ici de tester l’écoulement de fluides autour d’éléments dont on veut comprendre le comportement. On se sert la plupart du temps de fumée pour “voir” les écoulements. Les éléments testés peuvent être instrumentés (les objets sont équipés de capteurs qui vont permettre de connaître différentes grandeurs physiques comme la température, la pression, etc) pour comprendre les températures ou les contraintes auxquels ils sont soumis.

La réalisation de tests en soufflerie nécessite de disposer de soufflerie suffisamment grande pour arriver à tester les systèmes en grandeur nature : voiture, éléments d’avion. Mais aussi de faire un très grand nombre d’essais pour arriver à tester les différentes conditions que l’on souhaite observer. Il est même compliqué voire impossible de tester des avions en soufflerie : soit ils sont trop volumineux et alors on ne teste que des composants (les ailes par exemple), soit cela se fait avec des réductions.

Seules certaines composantes des écoulements vont pouvoir être testées, on ne peut en effet qu’envoyer des filets de fumée afin de pouvoir voir comment ils se comportent.

Figure 2 : Vu de face d'un BMW en soufflerie http://www.usinenouvelle.com/article/bmw-joue-a-fond-la-carte-ecolo.N70485
Figure 2 : Vu de face d’un BMW en soufflerie http://www.usinenouvelle.com/article/bmw-joue-a-fond-la-carte-ecolo.N70485

On voit donc que cela peut devenir compliqué de tester des conditions extrêmes de vol comme par exemple : températures basses, écoulement d’air, gouttelettes d’eau pour simuler des nuages, etc.

En grandeur réelle

Dans ce cas-là, c’est encore plus complexe. Déjà, il est nécessaire de construire des avions en taille réelle pour qu’ils puissent être pilotés et cela coûte extrêmement cher ! Je ne prétends pas que cela ne soit pas fait, mais dans une mesure qui ne permet pas de pouvoir s’en servir comme source principale d’information concernant le comportement des avions construits. En effet, et si le design possédait une faille majeure qui, une fois en vol, provoquerait un crash ?

Il apparaît donc indispensable de pouvoir simuler sur ordinateur des avions pour comprendre comment cela se passe. Une fois que tout est validé par la simulation numérique, il peut ensuite être temps de faire des tests de vérification d’éléments de fuselage et enfin des tests en vol pour valider que ce qui était attendu pour l’avion au global. Et là, je ne parle même pas des tests de crash d’avion comme cela pourrait être le cas avec voiture, comme je l’ai expliqué plus haut.

Mais l’aéronautique reste un domaine où l’expérimentation, bien que très chère reste possible. Il y a des domaines où faire des simulations analogiques est tout bonnement impossible.

Domaines où l’expérience est impossible

La météorologie

Figure 3 : Prévision météorologique réalisée par modèle de prévision américain NAM http://commons.wikimedia.org/wiki/File:NAM_500_MB.PNG
Figure 3 : Prévision météorologique réalisée par modèle de prévision américain NAM http://commons.wikimedia.org/wiki/File:NAM_500_MB.PNG

Prenons un autre domaine où la simulation est indispensable : la météorologie 5 6 . Ici la reproductibilité n’est même plus possible. L’idée est plutôt de pouvoir prévoir le temps. Réaliser des tests à échelle réduite ne me semble pas possible, ni même pertinent. En effet, il est indispensable de pouvoir simuler l’atmosphère, son interaction avec les sols, avec l’océan, l’impact de la nuit et du jour, etc, etc. Quand on parle de météorologie, certaines personnes tiquent un peu quand on dit que c’est une science. Il est vrai que l’on observe souvent nos chers présentateurs météos annoncer de la pluie en bretagne à longueur de temps et on entend régulièrement certains quimperois expliquer à corps et à cris que non, “il faisait grand beau ce jour là, et qu’ils en ont ras la crêpe”. En fait cela vient d’au moins deux phénomènes :

  • La discrétisation et le maillage choisi. Pour réaliser des simulations sur un ordinateur (un système digital et pas analogique qui fonctionne donc par étape discrète), il faut discrétiser son domaine d’étude (le découper en morceaux) et produire un maillage (une grille grosso modo) dont les intersections seront les points auxquels nous chercherons les valeurs de la température (pour faire simple). Sauf que vouloir simuler tout un pays, voire plus pour prendre en compte la mer ou des choses comme les montagnes, etc. donc de grands territoires, c’est compliqué. Afin de pouvoir aller vite, la distance entre deux points du maillage peut-être de plusieurs kilomètres. Le problème c’est que des “micro-climats” ou des orages par exemple vont avoir de forts impacts à de plus grandes échelles. Pour résoudre cela on peut “paramétriser” les mailles, c’est-à-dire ajouter des bouts de modèles à ces échelles qui vont prendre en compte certains phénomènes. Cela reste néanmoins approximatif et pas forcément très efficace.

Pour donner un ordre d’idée de maillages utilisés, voici ce que Wikipédia donne comme info 7 : “L’IFS (Integrated Forecasting System), calculé par le Centre européen de prévision météorologique à moyen terme à Reading en Grande-Bretagne, donne une prédiction pour l’Europe avec une maille mondiale de 25 km de côté. Météo-France de son côté utilise actuellement pas moins de trois modèles numériques, telles trois boîtes imbriquées les unes dans les autres pour émettre ses bulletins. Arpège (Action de recherche petite échelle /grande échelle) utilise le résultat de l’IFS et refait le calcul avec une maille de 25 km sur la France pour une échéance de un à trois jours, mais moins précise ailleurs. Aladin (Aire limitée et adaptation dynamique) reprend les résultats pour l’Europe de l’Ouest avec une précision de 10 km. Depuis 2008, le modèle AROME8 (Application de la recherche à l’opérationnel à mésoéchelle) calcule sur une maille de 2,5 km (cent fois plus précise en surface que le modèle Arpège et près de seize fois plus qu’Aladin). Le calcul intègre en continu et réajuste les prévisions à partir des informations des stations météorologiques, navires, bouées, avions, radars, satellites… et intègre aux données de base : les vents, les précipitations et l’humidité de l’air fournis par les satellites GPS. Le modèle évalue aussi la fiabilité de la prédiction”. Un petit récap sur les trois modèles peut-être trouvé ici 9

  • La couverture en données du domaine considéré et l’erreur sur les mesures de ces données. Il apparaît clair, que les zones géographiques terrestres sont plus couvertes et permettent d’avoir plus de données, donc une plus grande précision sur les conditions initiales du domaine. Par contre, pour les océans c’est plus compliqué. Et même avec les informations que les balises en mer peuvent fournir (sur la température ou les courants marins), on se retrouve avec beaucoup moins de données. Pour palier cela, on va adjoindre à ces observations des résultats précédents pour essayer de se rapprocher au mieux de la réalité. Un point important à savoir quand on fait de la simulation temporelle comme pour les prévisions météo, c’est que l’on fait évoluer le système à partir de ses conditions initiales et donc plus celles-ci sont précises, plus le résultat final sera précis. Et inversement. Ajoutées à cela, les erreurs numériques des modèles (des approximations de la réalité) et celles des ordinateurs, on se retrouve avec un système qui peut totalement diverger et ceci vers des solutions qui pour des simulations indépendantes avec des écarts minimes au niveau des données d’entrée peuvent êtres totalement différentes ! Cet aspect de “chaos” (faudrait faire un dossier sur le sujet, c’est juste un truc de fou) a notamment été mis en exergue par Poincaré pour la simulation à N corps du système solaire en 1890 (Il y a une jolie histoire sur ce qui a amené Poincaré à découvrir cela :)) et ensuite par Edward Lorenz 10 pour la météo en 1963. C’est d’ailleurs lui qui est à l’origine de la fameuse métaphore du papillon et les simplifications qu’il avait du faire pour tenter des simulations plus simples de météo ont abouti à la découvert des “attracteurs étranges” qui font qu’en fait, pour presque toutes les conditions initiales possibles, on se retrouve attirés dans un schéma qui sera toujours le même, sans pour autant savoir, pour une étape donnée, à quelle endroit du schéma on se trouvera 11 12 . Une jolie façon de le dire est la manière suivante 13 :

D’où qu’on parte, on se retrouve toujours sur l’attracteur, c’est le côté prévisible de l’évolution. Où se retrouve-t-on exactement sur l’attracteur? Il est impossible de répondre à la question, c’est le côté imprévisible de l’évolution

En 1890, Poincaré publie le fameux mémoire intitulé : “Sur le problème des trois corps et les équations de la dynamique”, qui lui vaudra le prix du roi Oscar, roi de Norvège et de Suède et passionné de mathématiques. L’histoire est célèbre : le mémoire lauréat comportait une erreur détectée par le jeune mathématicien Phragmén alors qu’il prépare le manuscrit pour l’imprimeur. Cette erreur obligera Poincaré à procéder à de profonds remaniements dans son mémoire, et aussi à rembourser les frais d’impression du premier mémoire, une somme supérieure de quelque mille couronnes au prix qu’il avait reçu. Mais cette erreur fut féconde, car en lieu et place de la stabilité du Système solaire, Poincaré découvrit le chaos potentiel caché dans les équations de la dynamique.

Figure 4 : Attracteur étrange de Lorenz (1963) http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lorenz.jpg
Figure 4 : Attracteur étrange de Lorenz (1963) http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Lorenz.jpg

Pour compenser ces sources d’erreurs, une nouvelle approche a été mise en place : les prévisions d’ensemble. Il est ici question de faire varier les conditions initiales dans le domaine d’incertitude des mesures et des modèles disponibles afin de pouvoir, comme expliqué sur Wikipédia : “permettre de quantifier la prédictibilité de l’atmosphère et d’offrir une marge d’erreur statistique sur la prévision.”

Pour infos, trois chercheurs, dont un très connus : Charney, Fjortoft et von Neumann réussirent la première prévision numérique du temps par ordinateur 14 . Les premiers programmes de prévisions numériques opérationnelles furent instaurés au début des années 1960.

La cosmologie

Figure 5 : Halos pour une simlation 162 Mpc/h pour une cosmologie de type lcdmw5 http://www.deus-consortium.org/gallery/images/
Figure 5 : Halos pour une simlation 162 Mpc/h pour une cosmologie de type lcdmw5 http://www.deus-consortium.org/gallery/images/

Prenons encore un autre domaine, et je pense que j’aurai bien illustré la situation : la cosmologie. Ici le but est de comprendre l’évolution des galaxies, la mécanique céleste, etc. Un bon exemple est de comprendre la forme des galaxies et notamment ce qu’il se passe quand deux galaxies se rencontrent, comme Andromède et la Voie Lactée vont le faire. A part la simulation, la seule solution que j’entrevoie est d’attendre 4,5 milliards d’années et de prendre des photos pour voir ce que cela va donner … Problème encore plus complexe en lien avec la cosmologie : quelle est la répartition de masse dans l’univers et comment celle-ci a influencé son évolution jusqu’à nos jours ? La grande simulation Deus 15 qui a été mise en place par JM Alimi et son équipe au sein de l’Observatoire de Paris a, pour comprendre, tenté de simuler tout cela de manière massive sur le plus gros super calculateur publique de France nommé CURIE. La machine dispose de 92000 coeurs et sa performance crête est de 2 millions de milliards d’opérations à la seconde 16. L’idée était ici de simuler tout l’univers depuis le Big Bang jusqu’à maintenant avec 3 scénarios différents de matière noire 17 18 :

  • Λ CDM : où l’on considère la relativité générale avec la constante cosmologique (équation d’état cosmologique 19 constante, pour simplifier le ratio nommé w entre la pression et la densité d’un fluide considéré parfait qui remplirait l’univers vaut -1) et de la matière noire froide (La matière noire froide ou CDM, de l’anglais Cold dark matter, est une théorie améliorée à partir de celle du Big bang. Elle repose sur le postulat supplémentaire que la majeure partie de la matière de l’Univers serait constituée d’éléments non observables par le rayonnement électromagnétique – noire – et dont les constituants se déplacent lentement – froide – 20)
  • modèle à base de quintessence 21: où l’on considère la relativité générale avec une énergie noire plus générique (qui évolue au cours du temps et qui correspond à un champ scalaire avec une équation d’état qui est dynamique, pour simplifier w varie au cours du temps) et de la matière noire froide
  • modèle d’énergie fantôme 22: qui est un dérivé du modèle à base de quintessence où l’équation d’état est satisfaite avec une valeur de w inférieure à -1. Ce modèle pousse notamment pour un univers aboutissant au “Big Rip” 23.

Cela représentait la simulation de l’évolution de plus de 550 milliards de particules en utilisant 76000 coeurs de processeurs et plus de 300 Téra-octets (37500 DVDs) de mémoire vive pendant l’équivalent de 50 millions d’heures de calcul (presque 5700 ans de calcul en 28 jours)! Au final ils ont généré 1,5 Péta-octets de données utiles (187500 DVDs de données) qui serviront à ALMA, au VLT, au futur téléscope spatial Euclid, mais aussi au Radio téléscope Square Kilometer Array qui sera opérationnel en 2020. Pour ceux que cela intéresse, les données sont disponibles à l’adresse suivante : http://www.deus-consortium.org/deuvo/

Comme expliqué dans l’annonce de l’obtention du prix Joseph Fourier24 2012 pour le consortium DEUS 25 :

Les détails du calcul, notamment le nombre et la taille des plus gros amas de matière existants, ne peuvent être vérifiés actuellement par les observations au télescope. Pour cela, il faudra attendre la mission de cosmologie spatiale Euclid de l’ESA, au lancement en 2019.

D’autres domaines où les limitations ne sont pas forcément physiques

On pourrait illustrer cela avec encore d’autres domaines comme la génétique où l’on ne peut pas tester toutes les maladies avec tous les remèdes possibles pour d’évidentes raisons éthiques … Ou bien la physique nucléaire où soit il est nécessaire d’avoir des instruments très complexes à disposition pour faire des expériences (LHC, Iter, etc), soit il faut pouvoir faire des tirs de bombes nucléaires pour observe ce qu’il se passe (mais ce n’est plus autorisé dans nos démocraties, et puis de manière générale ce n’est pas top).

Un autre domaine où il est compliqué aussi de faire des expériences en grandeur réelle est celle de la sélection naturelle et/ou de l’évolution biologique, le podcast de Marco sur l’expérience de Lenski montre bien que c’est complexe et que la simulation peut avoir un vrai apport. David pourra sûrement nous en parler plus en détail !

On pourrait aussi parlé du Humain Brain Project, un des grands projets stratégique de l’Europe où il est question de simuler le cerveau humain 26.

Attention

Alors attention, je ne prétends pas que la simulation est la réponse ultime et qu’elle permet de tout prendre en compte et tout comprendre. Tous les phénomènes physiques ne pourront pas forcément être pris en compte (comme expliqué pour la simulation de la météorologie), et les modèles utilisés … sont des modèles. Ils intègrent donc des hypothèses qui ne seront pas forcément vraie IRL ou des simplifications qui permettent à la simulation d’être pertinente en temps de calcul ou d’espace mémoire à utiliser.

Et comme je l’ai dit, la simulation doit être validée pour certains cas, afin de s’assurer que le modèle utilisé pour représenter le phénomène étudié est valable et que la simulation numérique basée sur ce modèle est pertinente (les techniques de discrétisation et de calcul doivent aussi être validée). Et pour cela l’expérimentation ou tout du moins l’observation est indispensable.

Problèmes des modèles

Il est important de noter que l’on ne pourra rien apprendre sur ce qui n’est pas inclus dans notre modèle. On ne peut pas faire de découverte. Il ne faut pas faire croire que l’on peut se servir des modèles pour découvrir des phénomènes, au contraire, pour des modèles complexes, on peut en arriver à des résultats qui peuvent être totalement inattendus : non pas que ce soient des découvertes, mais des conséquences d’interactions des modèles multi-échelle (comme pour la simulation un système biologique au niveau macro-cellulaire, micro-cellulaire, biochimique, génétique, etc) et multi-physique (comme pour la simulation de mécanique des fluides en conditions extrêmes : air/eau/glace résistance des matériaux, thermodynamique, etc) entre leurs composantes.

Encore un point sur les modèles : les modélisation choisies pour représenter des phénomènes sont choisies la plupart de temps pour étudier certains phénomènes. Quand on veut étudier le comportement d’une aile d’avion au sein d’un écoulement d’air, on peut proposer des modèles différents si l’on veut étudier :

  • son comportement avec un écoulement sub-sonique
  • son comportement avec un écoulement super-sonique
  • son comportement dans des conditions extrêmes (air + basse température + eau)

Pour chacune de ces simulations, on va avoir des équations qui seront modélisées de manière différente car les composantes qui seront dimensionnantes seront différentes, voire il sera nécessaire d’ajouter des éléments à la simulation comme la prise en compte de la température, où la prise en compte des interactions air/eau, etc.

Première simulation : Méthode de monte carlo et physique nucléaire

Figure 6 : Représentation du calcul de la valeur de pi par rapport au nombre de points aléatoires étant contenus dans un quart de cercle, l'ensemble des possibles étant un carré de coté R. L'exemple est pris avec 100 pointshttp://commons.wikimedia.org/wiki/File:Montecarlo-valeur-pi.svg
Figure 6 : Représentation du calcul de la valeur de pi par rapport au nombre de points aléatoires étant contenus dans un quart de cercle, l’ensemble des possibles étant un carré de coté R. L’exemple est pris avec 100 pointshttp://commons.wikimedia.org/wiki/File:Montecarlo-valeur-pi.svg

Pour finir ce podcast, je voulais parler de la première simulation numérique qui fut réalisée. Cette simulation numérique a été effectuée en 1953 sous l’impulsion de John Van Neumann dans le domaine de la physique nucléaire 27 28 29 . Il souhaitait pouvoir, dans le cadre du projet Manhattan, simuler le comportement des neutrons lors des réactions en chaîne dans des armes explosives basées sur la fission. Il est apparu qu’une bonne méthode pour arriver à faire cela est celle de Monte Carlo. Comme le précise Wikipédia, “Le nom de ces méthodes, qui fait allusion aux jeux de hasard pratiqués à Monte-Carlo, a été inventé en 1947 par Nicholas Metropolis, et publié pour la première fois en 1949 dans un article coécrit avec Stanislaw Ulam”. S. Ulam que l’on retrouve notamment dans l’expérience de John Van Neumann qui s’appelle d’ailleurs l’expérience de Fermi-Pasta-Ulam (Fermi était le chercheur, Pasta l’informaticien et Ulam le mathématicien).

La méthode proposée (qui est la base de toute bonne méthode de Monte Carlo) consiste dans le découpage d’un processus complexe en un grand nombre de petites étapes, où, à chaque pas plusieurs choix sont possibles avec pour chacun d’entre eux une probabilité définie de se réaliser. Chaque run complet va fournir un résultat et en effectuant un grand nombre on sera en capacité de connaître la fonction de probabilité du processus complexe global en incluant l’incertitude inhérente due au hasard.

John Von Neumann a immédiatement reconnu les avantages de cette méthode et notamment dans son application à l’exploration du comportement des chaînes de réaction à base de neutrons. Et ceci notamment dans les armes basées sur la fission, pour la prédiction de leurs explosions, mais aussi pour les problèmes de diffusion et de multiplication des neutrons.

Dans la simulation que faisait John Von Neumann il y avait plusieurs étapes qui peuvent être représentées de manière grossière sous forme de diagramme :

  • La première était la génération d’un neutron dont la position et la vitesse était fournies de manière aléatoire. Les lois de probabilité correspondantes sont déterminées afin de refléter les conditions initiales réputées connues.
  • La seconde étape consistait en un déplacement libre du neutron sur une certaine distance définie par une distribution de probabilité spécifique qui va dépendre par les propriétés du matériaux et les sorties de la première étape.
  • Trois cas peuvent ensuite apparaître pour l’étape suivante :
    • Soit le neutron entre en collision au sein du même matériaux
    • Soit le neutron traverse la frontière afin de réaliser un nouveau déplacement libre dans ce nouveau matériau.
    • Soit la branche se termine car le neutron a été absorbé par le matériau sans générer de nouveau neutron ou est sorti complètement de l’objet.

On réalisait ensuite un grand nombre de ces enchaînements et on observait les résultats pour arriver à comprendre le fonctionnement des réactions en chaîne que ces opérations visaient à simuler.

Ainsi pour chacune de ces étapes, des distributions de probabilités sont utilisées pour chacun des cas identifiés et il est donc nécessaire de disposer d’une bonne source de nombres aléatoires.

Importance de la qualité du hasard

Ce que l’on remarque et qui a déjà été abordé dans de précédents podcasts (notamment ceux de Robin sur le hasard), c’est qu’il est important d’avoir une bonne source de nombres aléatoires.

Il est tout à fait possible d’utiliser des générateurs de nombres aléatoires qui sont basés sur des phénomènes assez imprévisibles pour être considérés aléatoires (dés, roulette, etc). Le problème est que le temps d’obtention des nombres peut-être lent, voire trop lent pour les expériences à réaliser pour lesquels il faut parfois un grand nombre … de nombres aléatoires 30 .

Il existe aussi des générateurs de nombres aléatoires reposant sur des phénomènes physiques (radioactivité, bruits thermiques, mécanique quantique, etc).

Il existe enfin des algorithmes qui peuvent être utilisés pour générer des nombres aléatoires. Nous sommes tous d’accord que des algorithmes déterministes, exécutés sur des machines déterministes (les ordinateurs), ne risquent pas de donner des nombres vraiment aléatoires. C’est d’ailleurs pour cela que l’on parle plutôt de nombre pseudo-aléatoires 31. L’intérêt de ces générateurs de nombres pseudo-aléatoires (ou Pseudo-Random Number Generator, PRNG), est qu’ils permettent de fournir des nombres qui présentent certaines propriétés du hasard, comme par exemple l’indépendance des nombres entre eux ou le fait qu’il est difficile de repérer des groupes de nombres suivant certaines règles. L’autre intérêt est tout simple : ils peuvent être implémentés et peuvent générer des nombres très rapidement sans avoir de matériel spécifique (comme pour les générateurs physiques). Il existe d’ailleurs plusieurs ensembles de suite de tests qui ont été mises en place pour valider le hasard produit par ces PRNG :

Le but de ces tests est de confronter les PRNG à des situations extrêmes dans lesquels l’aspect “non-aléatoire” peut apparaître, comme des corrélations entre des suites de nombres fournis par ces générateurs. Ces tests vont par exemple tester la répartition dans un cube des nombres générés quand on en prend trois consécutifs pour faire une coordonnée ou encore le test dit de “parking lot” en plaçant des voitures sur une parking de carré 1 (chaque voiture est une sphère). Si il y a des crashs (une voiture veut se garer sur une place déjà prise), on recommence. Au bout d’un certain nombre de tentatives, on regarde le nombre de voitures garées, et on doit s’attendre à obtenir une probabilité qui suit une loi normale. On fait ce que l’on appelle un test dit d’adéquation à la loi normale : on vérifie la compatibilité des données avec une distribution de type loi normale. Wikipédia en anglais possède une page dédiée aux tests de DieHard : http://en.wikipedia.org/wiki/Diehard_tests

Parmi les failles qu’il faut éviter chez ces PRNG, on peut notamment citer :

  • La variation de la qualité du hasard des nombres générés en fonction de la graine fournie
  • Valeurs successives qui ne sont pas indépendantes
  • Une période trop petite
  • Certains bits qui ne sont pas assez aléatoires dans les sorties (en informatique, toutes les données sont représentées sous forme de 0 et de 1 et assemblées en un certain nombre d’octets (ensemble de 8 bits). Les entiers sont par exemple codés sur 32 bits, ou 4 octets)

Parmi les PRNG les plus connus, Robin avait déjà parlé de celui de John Van Neumann (Robin avait notamment abordé ses failles avec l’histoire des zéros).

Avec Nico ils avaient abordé le cas des générateurs congruentiels linéaires 32 (à base de module) qui sont des suites numériques dites arithmético-géométriques et dont on prend le modulo d’une certaine valeur (la valeur à l’étape suivante est la somme du produit de la valeur à l’étape courante par un coefficient (a) plus un nombre (b) et l’on prend le module pour une certaine valeur (m)).

Ces générateurs ont été introduits par Lehmer en 1948 sous une forme réduite (b était nul). Ici la période est au maximum m (dans les implémentations 32 bits et bien c’est 232). Un des générateurs de ce type qui a été le plus utilisé se nomme RANDU 33 . Il fut introduit par IBM dans les années 60. Pour lui, les paramètres a et m valent respectivement 65539 et 231. Ce générateur a beaucoup été utilisé, jusqu’à ce que l’on se rende compte qu’il générait des nombres, qui utilisés pour représenter des points en dimension supérieur à 2, n’étaient pas placés au hasard dans les cubes (ou hypercubes en dimensions supérieures) considérés. Pour les plus ferrus de mathématiques, RANDU échoue violemment sur le test spectral, notamment à partir de la dimension 3.

Figure 7 : Représentation créée avec MATLAB en générant 100002 valeurs utilisant RANDU et en positionnant dans un graphe 100000 triplets (x,y,z) consécutifs http://en.wikipedia.org/wiki/File:Randu.png
Figure 7 : Représentation créée avec MATLAB en générant 100002 valeurs utilisant RANDU et en positionnant dans un graphe 100000 triplets (x,y,z) consécutifs http://en.wikipedia.org/wiki/File:Randu.png

Pour finir sur les PRNG, l’un des plus connus pour être de bonne qualité (sauf pour la crypto) est celui inventé par Makoto Matsumoto et Takuji Nishimura en 1997 nommé Mersenne Twister 34 . Il possède déjà une très grande période : 219937 − 1, il est uniformément distribué sur 623 dimensions (pour des nombres sur 32 bits), il est très rapide, aléatoire quelque soit le poids du bit considéré et pas les tests de Die Hard (dont je parle plus tôt). Je ne vais pas forcément rentrer dans les détails de son implémentation, bien plus complexe que les LCG, mais l’idée est de faire des déplacements de bits, et des opérations logiques de type OU exclusif sur les éléments d’une matrice qui contient des bits de nombres aléatoires et qui est réutilisée, un peu comme avec les LCG pour l’itération suivante.

Un des derniers problèmes avec l’usage de PRNG est dans le cas de parallélisation de code. Quand un code est déployé sur des serveurs de calcul, une des difficultés qui apparaît est de pouvoir générer pour chaque bout de code une série de nombres aléatoires qui sont indépendants et identiquement distribués et que notamment, on ne se retrouve pas à utiliser les mêmes nombres pseudo-aléatoires sur chaque nœud de calcul.

Je pense que je vais m’arrêter là sur la simulation pour ce podcast. On a pu voir les raisons du besoin de simulation, des difficultés rencontrées avec différents champs de recherche et la première simulation numérique qui était probabiliste.

Dans la suite de ce podcast, on ira plus sur les simulations pour des équations déterministes. On verra trois grandes méthodes utilisées pour passer des modèles à l’ordinateur, et ensuite les ramifications en terme de mathématiques avec les méthodes utilisées pour résoudre les problèmes posés et ce que l’informatique à fait pour les résoudre dans des temps corrects.

Allez à la partie 2 de ce dossier !


Notes

Paramétrisation de maille en prévision numérique du temps

La représentation de l’influence moyenne à grande échelle des phénomènes de la petite échelle est appelée paramétrisation. Les phénomènes sous-maille les plus communément paramétrisés par les concepteurs des modèles sont :

  • La convection verticale (dont font partie les orages)
  • La physique des nuages (condensation, collection et collision des gouttes, effet Bergeron, changements de phase, etc.)
  • Les effets radiatifs atmosphériques (rayonnement de la chaleur)
  • L’interface surface-air :
  • Échanges de chaleur et d’humidité entre la surface et l’atmosphère
  • Frottement et turbulence près du sol
  • L’effet des montagnes et des irrégularités du terrain :
  • Effet de blocage du vent
  • Ondes atmosphériques en aval des montagnes

Le paramétrage des phénomènes physiques ne compense pas complètement les limitations imposées par un espacement trop grand de la maille des modèles. Le choix et l’ajustement des schémas de paramétrisation a un impact important sur la qualité des prévisions.

Matière noire, énergie noire et la composition de l’univers

Si l’on souhaite s’intéresser à ces notions, il est possible de se référer aux sources suivantes :

  • Wikipédia 35 et 36
  • Le livre de Trinh Xuan Thaun : Désir d’infini 37
  • Ou encore le très bon dossier de Mathieu, l’épisode 31 qui traitait de la question 38

En ce qui concerne la matière noire il y a grosso modo deux grands types de matière noire :

  • La matière noire chaude : composée de particules très rapides dont la vitesse est proche de celle de la lumière
  • La matière noire froide : composée de particules plus massives et plus lentes

Comme expliqué sur Wikipédia et très bien aussi dans le dossier de Mathieu :

  • Si l’Univers était dominé par de la matière noire chaude, la très grande vitesse des particules la constituant empêcherait dans un premier temps la formation d’une structure plus petite que le superamas de galaxies qui ensuite se fragmente en amas de galaxies, puis en galaxies, etc. C’est le scénario dit “du haut vers le bas “, puisque les plus grosses structures se forment d’abord, pour ensuite se diviser. Le meilleur candidat pour constituer la matière noire chaude est le neutrino.
  • En revanche, si la matière noire froide dominait l’Univers, les particules vont parcourir une distance plus petite et donc effacer les fluctuations de densité sur des étendues plus petites que dans le cas de matière noire chaude. La matière ordinaire va alors se regrouper pour former d’abord des galaxies (à partir de nuages de gaz), qui elles-mêmes se regrouperont en amas, puis superamas. C’est le scénario dit “du bas vers le haut”. Les candidats à la matière noire froide sont les WIMP et les MACHO.”

Actuellement, c’est le modèle de matière noire froide qui semble l’emporter. En effet, les galaxies sont en équilibre dynamique, ce qui laisse penser qu’elles se sont créées avant les amas — dont tous ne semblent pas encore stables — à qui il faut plus de temps pour atteindre cet équilibre. Cependant, les théories introduisent aujourd’hui un peu de matière noire chaude. Celle-ci est nécessaire pour expliquer la formation des amas ; la matière froide seule ne pouvant la permettre en si peu de temps.

Énergie fantôme

Comme expliqué sur Wikipédia 39 :

En cosmologie, l’énergie fantôme désigne une forme hypothétique d’énergie dont la densité aurait la particularité surprenante d’augmenter lors de l’expansion de l’Univers. Cette énergie est un candidat potentiel à l’énergie noire. Cette forme d’énergie noire implique la violation d’un principe physique connu sous le nom de condition faible sur l’énergie 40 (valable pour les fluides parfaits). Cet argument est l’un des principaux écueils théoriques à l’existence de l’énergie fantôme. Cependant, la condition faible sur l’énergie n’est valable que pour les fluides parfaits. L’énergie sombre pourrait donc ne pas enfreindre ce principe, à condition de postuler une interaction avec d’autres composants cosmologiques, comme, par exemple, la matière sombre. L’énergie fantôme, si elle existe, serait responsable d’un emballement de l’expansion de l’Univers, qui causerait un éloignement arbitrairement grand des différents objets célestes les uns des autres en un temps fini, puis une dislocation de ceux-ci : c’est le modèle cosmologique du Big Rip 41. Dans ce scénario, l’énergie noire prend le pas sur la gravité de manière exponentielle et la densité de l’univers atteint une valeur infinie en un temps fini. La force devient tellement grande qu’elle surpasse les forces électromagnétiques, faible et forte et toute la matière se décompose et se détruit jusqu’à ses composants les plus fondamentaux qui ne peuvent plus rester unis.

Ce modèle diffère du Big Crunch, dans lequel l’expansion s’arrête pour laisser place à une phase de contraction. Dans ce dernier cas, les objets astrophysiques sont détruits car ils entrent en collision les uns avec les autres (ils sont “écrasés”, d’où Big “Crunch”), alors que dans le cas du Big Rip, ils sont étirés par une expansion de plus en plus violente, jusqu’à être disloqués (ils sont « déchirés », d’où Big “Rip”). L’hypothèse du scénario du Big Rip est pour l’heure marginalement compatible avec les données observationnelles et reste donc relativement spéculative.


  1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Korzybski↩
  2. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_math%C3%A9matique↩
  3. http://fr.wikipedia.org/wiki/Simulation_de_ph%C3%A9nom%C3%A8nes↩
  4. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mod%C3%A8le_math%C3%A9matique↩
  5. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9vision_m%C3%A9t%C3%A9orologique#Pr.C3.A9vision_num.C3.A9rique↩
  6. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9vision_num%C3%A9rique_du_temps↩
  7. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9vision_m%C3%A9t%C3%A9orologique#Pr.C3.A9vision_num.C3.A9rique↩
  8. http://www.cnrm.meteo.fr/IMG/pdf/arome2007.pdf↩
  9. http://www.mementodumaire.net/wp-content/uploads/2012/07/Meteo_magasine.pdf↩
  10. http://fr.wikipedia.org/wiki/Edward_Norton_Lorenz↩
  11. http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_dynamique_de_Lorenz↩
  12. http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_chaos↩
  13. http://math.cmaisonneuve.qc.ca/alevesque/chaos_fract/Attracteurs/Attracteurs.html↩
  14. http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9vision_num%C3%A9rique_du_temps↩
  15. http://www.deus-consortium.org/↩
  16. Pour comparer la machine la plus puissante qui est en Chine se nomme Tianhe-2. Elle possède un peu plus de 3 millions de coeurs et possède une performance de plus 33 millions de milliards d’opérations à la seconde.↩
  17. http://www.asa2012.phys.unsw.edu.au/HWWS/Harley%20Wood%20Winter%20School%202012/speaker%20notes/Davis_notes.pdf↩
  18. http://www.deus-consortium.org/a-propos/dark-energy-universe-simulation-full-universe-run/cosmological-models-2/↩
  19. http://en.wikipedia.org/wiki/Equation_of_state_(cosmology)↩
  20. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mati%C3%A8re_noire_froide↩
  21. http://en.wikipedia.org/wiki/Quintessence_(physics)↩
  22. http://en.wikipedia.org/wiki/Phantom_energy↩
  23. http://www.fayard.fr/desir-dinfini-9782213635118↩
  24. Ce prix récompense une personne ou une équipe pour leurs travaux dans le domaine de la parallélisation des applications de simulation numérique sur des architectures traditionnelles ou hybrides, réalisés dans le cadre d’un laboratoire français, public ou privé. Bull et GENCI (Grand Équipement National de Calcul Intensif, structure privée ayant pour rôle de fédérer les actions de développement de la simulation et du calcul intensif en France) souhaitent ainsi favoriser le développement et l’amélioration de la simulation numérique en France, tant le domaine de la recherche scientifique que dans toutes ses applications industrielles. Ce prix rend hommage à Joseph Fourier dont les travaux ont largement contribué à la modélisation mathématique des phénomènes physiques.↩
  25. http://www.obspm.fr/prix-joseph-fourier-2012-a-l-equipe-dark-energy.html↩
  26. https://www.humanbrainproject.eu/fr↩
  27. http://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9rience_de_Fermi-Pasta-Ulam↩
  28. http://132.187.98.10:8080/encyclopedia/en/monteCarlo.pdf↩
  29. http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_de_Monte-Carlo↩
  30. http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9rateur_de_nombres_al%C3%A9atoires↩
  31. http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9rateur_de_nombres_pseudo-al%C3%A9atoires↩
  32. http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9n%C3%A9rateur_congruentiel_lin%C3%A9aire↩
  33. http://fr.wikipedia.org/wiki/RANDU↩
  34. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mersenne_Twister↩
  35. http://fr.wikipedia.org/wiki/Mati%C3%A8re_noire↩
  36. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_sombre↩
  37. http://www.fayard.fr/desir-dinfini-9782213635118↩
  38. https://www.podcastscience.fm/dossiers/2011/04/07/dossier-la-matiere-noire/↩
  39. http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nergie_fant%C3%B4me↩
  40. http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_sur_l%27%C3%A9nergie↩
  41. http://fr.wikipedia.org/wiki/Big_Rip↩

Podcast science 154 – Nycthémère !

Dans cette émission, nous parlons d’horloges. Pas de la pendule du salon qui dit oui qui dit non, mais des rythmes astronomiques et des horloges internes dont disposent tous les organismes pour se repérer dans le temps. Et de comment tout cela se synchronise.

Les dossiers de l’émission

» Le rythme dans la peau, par Pierre Kerner

Pierre nous présente les rythmes de la nature et les formidables adaptations qui en résultent dans dans le vivant. On parle astronomie, évolution, génétique, c’est bien sûr passionnant.

» Remettre à l’heure nos horloges biologiques, par Alan

Alan nous présente les rythmes chez l’humain en particulier et comment faire pour les resynchroniser quand on est décalé, jetlagué ou en manque de sommeil.

Les dessins de Nicotupe

» https://www.sharypic.com/ps154

La quote de la semaine

« Even a stopped clock is right twice a day » (Marie von Ebner-Eschenbach)

Plugs et liens évoqués

La prochaine fois

Un dossier proposé et présenté par l’un de nos fidèles auditeurs, David Loureiro:

Que se passe-t-il pour un avion quand il passe le mur du son ? Quelle sera le temps ce week-end ? Comment se sont formées les galaxies ? Autant de questions pour lesquelles les physiciens, les mécaniciens, les météorologues, etc ont mis en place des modèles pour décrire les phénomènes en jeux et trouver des réponses. Mais une fois ces modèles obtenus, l’obtention de solution qui nous serve à comprendre et prédire peut s’avérer difficile voire impossible quant il s’agit d’expérimenter. C’est la où la simulation numérique/informatique entre en jeu. À travers des exemples nous verrons comment l’expérimentation est parfois limitée et comment la simulation peut venir à la rescousse pour aider à résoudre les grandes questions de notre temps sans pour autant devenir la réponse ultime !


» RDV le jeudi 12 décembre à 21h00 sur live.podcastscience.fm/ (attention au changement d’heure)

 

La chatroom

Alan : hey, salut Julie 🙂
julie : salut !
Ta gueule Tupe : salut
Alan : le petit David est demandé sur Skype 🙂
Maxime : Hey
pit : salut
Ta gueule Tupe : Finalement je suis le vrai tupe
Alan : Le vrai Tupe 😀 J’aime l’idée!
NicoTupe : moui
pit : quelle definition pour un faux tupe ?
pit :
NicoTupe : faux tupe = non tupe
pit : une boite qui ne contient rien
Xilrian : Hello les gens
Taupo : Hello
Aeterna : Bonsoir à tout le monde
julie : ça marche !
Maxime : ya du son. Youhou
Jorj McKie : Salut, salut
Lilisanpich : Bonsoir
pit : c t pas mechant 😉
julie : pas de quoi !
julie : eh non …
Jorj McKie : Il y en à qui cause anglais j’ai un problème de traduction
Lilisanpich : donne le mot à traduire on verra
El Jj : Bonsoir
Alan : Salut tout le monde!
Jorj McKie : Harden the fuck up
pit : good evening
El Jj : de géologie ?
Maxime : Scientologie?
Lilisanpich : nous on est pret
Jorj McKie : Bon, pas de traduction ?
David Loureiro : hello tout le monde
Lilisanpich : je sais pas jorj moi
David Loureiro : je sais pas pourquoi je me suis pressé … 🙂
David Loureiro : ça a pas commencé
Jorj McKie : Tu pense que j’ai cherché
pit : lol
Lilisanpich : t’es pile a l’heure en réalité david
David Loureiro : ouais @Lilisanpich c’est parfait ^^
Lilisanpich : 🙂
swoog : salut tout le monde…
swoog : premier live pour moi
swoog : mais je ne vais pas rester longtemps malheureusement
Xilrian : 🙁
Lilisanpich : l’image avater n’est pas liée au compte gmail?
David Loureiro : nope @Lilisanpich
David Loureiro : gravatar
swoog : c’est moi ou le son est bas ?
David Loureiro : qui peut être lié à gmail
Lilisanpich : son micro a lui est plus faible oui
David Loureiro : pour peu que tu connectes tout ça
swoog : lerci lili
Jorj McKie : Le son est faible
swoog : merci**
Lilisanpich : ça dépend qui prend la parole
swoog : parle plus fort taupo ! crie un coup
Lilisanpich : c’est audible
swoog : 🙂
Lilisanpich : vous inquietez pas trop
swoog : il va en avoir du boulot le nicotupe ! 🙂
Maxime : mieux
Jorj McKie : 9a tord
Lilisanpich : c’est bien la
Jorj McKie : Reste en auto
Lilisanpich : non la on l’entend bien
julie : oui moi aussi j’ai des coupures
Lilisanpich : pas de coupures
Jorj McKie : pas de coupure
julie : c’est peut-être mon internet…
swoog : pas de coupures
Jorj McKie : Plus rien…. arrrrg
Xilrian : Ça va revenir
Aeterna : pareil on entend plus rien 🙁
swoog : besoin de F5 ?
Maxime : En attendant une petite page de pub
Xilrian : Alan redémare skype
David Loureiro : pour occuper : hier y’a eu une émission sur D8
Xilrian : Pas besoin de F5 normalement
David Loureiro : à un moment y’avait plus de son
David Loureiro : il paraît que l’émission à jamais eu une audience aussi forte qu’à ce moment-là 🙂
Xilrian : on vous dira sur le chat quant ça repartira
swoog : ok
David Loureiro : mieux
Jorj McKie : Bon et ma traduction ?
David Loureiro : super !
Alan : @Jorj, ça dépend du contexte 😉
Alan : Tu as vu ça dans un porno?
Lilisanpich :
Maxime : Merci de penser à nous 😉
Lilisanpich : oh oui moi j’aime être maltraitée
Jorj McKie : Non un patch 3D qu’on m’a offert
Maxime : Je veux un donuts
David Loureiro : très bien
Lilisanpich : je veux bien un donuts aussi!
Jorj McKie : Alan toi qui me connais ? http://cdn.first-colo.net/asmc/images/product_images/info_images/110094_0.jpg
pit : ça y est je suis chez moi ! Juste à l’heure !!!
Lilisanpich : ah c’était ça la traduction
David Loureiro : bienvenu pit
David Loureiro : oulà on entend assez peu Dvid
pit : merci ! ca fait plaisir de vous retrouver !
pit : David est très loin ….
David Loureiro : l’irlande c’est loin on dirait 🙁
Xilrian : Trop faible ?
David Loureiro : ouais
Maxime : UN peu
Xilrian : J’augmente un chouilla le gaiin
David Loureiro : Nico aussi j’avais l’impression
Automail : Salut a tous !
pit : coupure ?
pit : de courant en irelande ?!
David Loureiro : lo automail
pit : c’est bon ! (loin mais bon !)
pit : très bon le dessin 😀
Lilisanpich : ouais les musiciens sont là pour ça!
Maxime : lol
pit : oula
pit : saut’ de son !
Lilisanpich : wow attendez qui fait les dessins? 😮
Automail : Science etVie avait fait un tres beau “cahier de science et vie ” sur le sujet 🙂
pit : nicotupe non ?!
Lilisanpich : ah oui
NicoTupe : ouii
Lilisanpich : j’apprécie le style
NicoTupe : 🙂
pit : 🙂
pit : Nick té mères ?
Jorj McKie : 🙂
El Jj : Sur le wiktionnaire, à l’article nycthémère : “Paronymes : nique ta mère”
pit : 😉
Alan : 🙂
Lilisanpich : j ai pas écouté la definition
David Loureiro : plus de taupo 🙁
David Loureiro : ah
pit : Est-ce qu’on va parler des personnes qui se sont enfermées dans des grottes ?
Maxime : Pas de coupures pour moi
Lilisanpich : non pas de coupures
pit : 5/5 chez moi aussi je crois
El Jj : Pas de coupure chez nous
David Loureiro : pas moi
pit : lol
Lilisanpich : on entend bien
pit : c’est pas fort !
Lilisanpich : ouais!
Maxime : Pas de coupure mais j’ai pas écouté lol 😉
Jorj McKie : sympa sans coupure
pit : Alan on entend bien mais pas bien David
Aeterna : quelque toute petite coupure, mais entre les mots
pit : David, t’aurais pas 2 micros et tu parlerais pas dans le mauvais ?!
Maxime : C’est un épisode freestyle en faite ? 😛
pit : ok, ça doit être chez moi alors !!!
pit : pareil !
pit : on entend bien mais un peu loin … si je suis le seul ça va !
pit : les autres ?
pit : ça doit être moi tout seul alors ! désolé !
David Loureiro : comme pit 🙁
pit : retour !
Taupo : tupe décroche
Alan : Tupe! allo?
David Loureiro : je ferais avec
Automail : une pensée pour celui qui devra monter l’episode..
Aeterna : Meuh non on va pas s’enfuir 🙂
Lilisanpich : euh non pour l’instant l’intro ça va
David Loureiro : @Taupo : c’était clair 🙂
David Loureiro : malgré les coupures
Taupo : cool merci!
Lilisanpich : et c’est indiscret de demander quel age a tout le monde?
Lilisanpich : histoire d’avoir une idée
Aeterna : (et effectivement bon courage au monteur )
pit : 32
pit : tout mouillé !
Maxime : ça dépend des année
Maxime : s
Lilisanpich : a l’oral c’est mieux
Aeterna : moi 35 ans
Automail : 18 ans,
Lilisanpich : mais peut etre sujet sensible
David Loureiro : ça dépend pour faire quoi
Automail : Je suis le plus jeune en fait x)
David Loureiro : 😀
Lilisanpich : on meuble
Maxime : On comble
David Loureiro : 30 le 31/12 🙂
Automail : Appelons Ikea.
El Jj : J’ai 26 ans depuis avant-hier !
pit : 😉
Alan : Bon anniversaire!
Alan : avec un peu de retard 🙂
Alan : le lien sur le dossier de Pierre, en ligne:
El Jj : ♫ Tous les circadiens et toutes les circadiennes ♫
Alan : https://www.podcastscience.fm/dossiers/2013/12/05/le-rythme-dans-la-peau/
julie : j’ai plus rien moi
julie : c’est que moi je pense
Alan : comment plus rien?
Lilisanpich : ça fonctionne pourtant
Alan : j’ai peur!
pit : on entend bien ici ! 🙂
Alan : ouf
julie : désolée alan
Alan : 🙂
julie : 😉
pit : rebranche tonenceinte !
julie : ADSL…
Alan : en tout cas pour moi, Pierre est nickel là
Alan : plus aucune coupure
Xilrian : 🙂
Maxime : Top le son de Pierre
julie : oui oui c’est bon coupure passagère 🙂
pit : @NicoTupe, tu dessines sur quoi ? (quelle appli/matériel) ?
NicoTupe : galaxy note 10 edition 2014
Lilisanpich : j’ai raté un bout zut
El Jj : Ya une description précise de l’horloge de Linné sur l’article wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Nyctinastie
Automail : c’est immonde x)
Lilisanpich : mais oui
pit : http://www.google.fr/imgres?sa=X&espv=210&es_sm=93&biw=1079&bih=804&tbm=isch&tbnid=rFjkxaP8FRr_eM:&imgrefurl=http://swiss-carni.forumactif.org/t371-fiche-mimosa-pudica-plante-sensitive&docid=WzpeVWE7t-DStM&imgurl=http://i61.servimg.com/u/f61/12/81/73/25/10_06_10.jpg&w=384&h=323&ei=ud6gUoTELImc0AXCsoC4AQ&zoom=1&iact=hc&vpx=299&vpy=132&dur=2104&hovh=206&hovw=245&tx=141&ty=134&page=1&tbnh=135&tbnw=137&start=0&ndsp=23&ved=1t:429,r:2,s:0,i:96
pit : (une image suisse du mimosa pudica !)
Maxime : @Nico il te faudrait ça http://cintiqcompanion.wacom.com/en/?country=eu&language=en
NicoTupe : surement pas
NicoTupe : c’eest beaucoup moins bien 🙂
NicoTupe : et beaucoup plus cher
Automail : Nico : Cool le dessin 😉
Lilisanpich : hey le dessin m’a fait laguer!
Lilisanpich : je sais pas si ça valait le coup 😀
NicoTupe : j’ai rigolé tout seul pour le nyctamère
NicoTupe : @maxime, en fait le cintiq est énorme et pèse une tonne
Maxime : même le 13″ ?
Lilisanpich : ah le ziguigui m’a tué
NicoTupe : ben oui
NicoTupe : pratiguement 2 kg
NicoTupe : c’est tout wacom, un presque super produit
NicoTupe : le inkling aussi
Maxime : Yep
NicoTupe : manque le bluetooth et il serait parfait (et avec un format de fichier ouvert)
Lilisanpich : ah bon des gros batards
NicoTupe : ??
Lilisanpich : ah nn pardon c etait rapport au dossier
NicoTupe : oui mais pourquoi batard?
Lilisanpich : je sais pas je répète
Lilisanpich : pardon
NicoTupe : 🙂
Maxime : @nico As-tu déjà tester ça sur iPad http://www.fiftythree.com/paper
Maxime : avec leur pencil http://www.fiftythree.com/pencil
Jorj McKie : 🙂
NicoTupe : @maxime pas exactement mais a peu près oui
NicoTupe : et l’app oui
NicoTupe : c’est très sympa
NicoTupe : mais tu peux rien faire de concret avec
NicoTupe : sur ipad ya une app de dessin awesome : procreate
Xilrian : c’est pas un peu contradictoire ?
Maxime : Pas de nicktémère sans lumière = c’est pas nicktalope alors
David Loureiro : @Nico y’a une vidéo que j’ai vu récemment d’un gars qui déssinait morgane freeman avec procreate
David Loureiro : une photo à la fin
theultimategibbon : https://www.youtube.com/watch?v=uEdRLlqdgA4
theultimategibbon : celle là ?
Maxime : Désolé j’arrête avec mes conneries
NicoTupe : @David j’ai vu ouais, je sais pas comment font ces gars
Maxime : Yep sur iPad Air
Lilisanpich : le nicktalope a besoin d un peu de lumiere quand meme
David Loureiro : MER ILS SON FOU
Maxime : Pas faux lili
Lilisanpich : 🙂
Jorj McKie : Mme chez le vers solitaire ?
David Loureiro : et l’hibernation des ours ?
theultimategibbon : question à la con : même pour des organismes dans des conditions extrêmes ?
Xilrian : Bonne question
Maxime : C’est propre comme méthode
Alan : (je note les questions 🙂 on les regroupera à la fin
David Loureiro : c’est pas des bourrins les biologistes, non non non
Alan : du tout 😉
Maxime : Bizarrement le biologiste étudie beaucoup le vivant mais mort !
Maxime : J’ai travailler en labo pré-clinique, c’est pas du propre
swoog : Que de gros mots dans cet épisode 🙂
pit : question sans intérêt (je ne reconnais pas les voix) : Est-ce pierre Kerner qui parle !?
Maxime : Swoog j’allais le dire
swoog : héhé ^^
Alan : @pit : oui
pit : thx
pit : et vous m’avez laissé dire que “David” parlait loin de son micro !
Alan : 😀
pit : vous êtes bien humbles !
Xilrian : Ça me rassure :p
Xilrian : Ça m’étonnais beaucoup que mon son soit subitement faible
pit : arf ! je suis navré.
Xilrian : Pas de soucis ^^
Maxime : étrange
swoog : Ce n’est plus Alan qui produit l’emission ? C’est Dorcel ?
swoog : pinéal, le troisième oeil…
swoog : 😀
swoog : ok je sors –>
Alan : 😀
swoog : j’ai vraiment l’esprit mal tourné, désolé
swoog : sur ces mauvais mots, je vous laisse
swoog : bonne soirée
Alan : tschuss
Maxime : Tchou
Alan : bonne soiree aussi 🙂
Xilrian : ++
pit : la glande pinéale de vache … de torreau non ?
Alan : …
pit : bon , d’accord je sors ! :p
Maxime : pit le nouveau swoog
Alan : c’est ça 🙂
Yves : Marche pas sur Safari/iOS le live ?
David Loureiro : @Yves clique sur “Flux live mp3′
David Loureiro : en bas à gauche
Alan : Yves… C’est le Yves auquel je crois? Qui devrait être sous linux? 😉
Aeterna : J’adore le cri du généticien 🙂
Alan : sans trucage 🙂
Lilisanpich : haha nico
Lilisanpich : tu les fais en même temps que tu écoutes le dossier parce que je sais pas si pour un homme c’est possible
Yves : Ok j’ai l’audio. Un fournisseur de “jus” m’a offert un iPad alors je l’utilise quand même un peu…
NicoTupe : @Lilisanpich je pense que c’est surtout pas possible avec la seule machoire
Alan : Nico n’est pas un homme, c’est le mutant X-men dont parlait Pierre 😉
Lilisanpich : tau?to?
Alan : tau
NicoTupe : pi/2
NicoTupe : ah non 2pi
Maxime : taupo
Alan : 🙂
Lilisanpich : ah revoila les mutans alors
NicoTupe : “Les mutants du cycle circadien”
NicoTupe : j’adore
Yves : Pour lutter contre le crime, il faut que les flics ne dorment plus. D’où l’intérêt de la maîtrise du cycle circadien !
Lilisanpich : y a pas de calcul pourrit autour de la vitesse de la lumiere pour expliquer le cycle?
NicoTupe : lors de mon prochain entretien d’embauche, je demande au candidat s’il est circadien
Alan : 😀
Lilisanpich : et ça marche que sur terre ou ça s’applique aux planètes et tout
Xilrian : Faudrait de l’exobio pour répondre ^^
NicoTupe : disons qu’il faut une chose qu’on connait pour l’instant que sur terre, de la vie
Lilisanpich : ah donc c’est lié a la vie
NicoTupe : je sais pas en fait, mais ça a l’air
Lilisanpich : je sais pas est ce qu’a une echelle quantique les particules ont des rythmes circadiens…..?
Maxime : Cool ça me rappel les cours de microbio
Jorj McKie : Putain, quand j’écoute Pierre, j’aime la science. Juste une envie d’en savoir plus.
Lilisanpich : pck nico c’est un cycle de 24h donc c’est lié a notre rotation autour du soleil non?
NicoTupe : oui c’est ce qu’li disait au début en effet
Lilisanpich : ouais pierre a une voix trop sexy en plus si jpeux me permettre
Aeterna : ah non pas à notre rotation autour du soleil, ça ça fait un an pas 24h
Aeterna : c’est la rotation de la terre sur elle même qui dure 24h 😀
Lilisanpich : notre auto rotation c’est pas de la que vient le cycle de 24h
Lilisanpich : ouais
Lilisanpich : mais la c est lié a la lumiere
Lilisanpich : donc au soleil
Lilisanpich : donc c est la combinaison des deux
Lilisanpich : non?
Aeterna : oui vu comme ça 🙂
Lilisanpich : bref on s’est comprit
Aeterna : voilà 😀
Lilisanpich : 🙂
David Loureiro : voilà
David Loureiro : merci !
Lilisanpich : des quoi?
Lilisanpich : des arké?
Maxime : archeobactéries
Lilisanpich : ah ^^
pit : Bravo pour le dossier ! très intéressant ! 🙂 Merci Pierre.
Maxime : enfin je pense
Lilisanpich : et des archeobactéries c’est quoi
Maxime : Des anciennes bactéries vivant dans des conditions extrèmes
Maxime : dans l’acide, le froid
Lilisanpich : ah ouais on a parlé des poissons?
Lilisanpich : dac maxime merci
Maxime : en profondeur. Exact
pit : cmt ça des banquiers ?!!!
pit : :p
Aeterna : (techniquement les archées ne sont pas des bactérie, mais bon c’est du chipotage de classification de biologiste ça 😀 )
Lilisanpich : ouais ducoup on y a un peu reflechit
Lilisanpich : ouais est ce que ça pourrait etre une regle generale
Maxime : Oui c’est un cousin si on veut 😉
David Loureiro : ça veut dire que les mêmes protéines sur une planète qui aurait un cycle jour/nuit différent
Lilisanpich : yes c’est beau!
David Loureiro : aurait un cycle quand même d’environ 24h ?
Lilisanpich : ben on se demande
David Loureiro : ou ça serait aussi un jour quelque soit la durée ?
Lilisanpich : les questions c’est tellement plus beau que les réponses
Lilisanpich : question con est ce que la terre a une orbite parfaitement circulaire autour du soleil?
David Loureiro : nope
David Loureiro : des élipses
pit : 🙂
Lilisanpich : on dit quoi ellyptique
David Loureiro : dont l’un des foyes est le soleil
pit : oui
Taupo : très circulaire quand même
Alan : https://www.podcastscience.fm/dossiers/2013/12/05/rythmes-circadiens-horloges-biologiques-humain/
Lilisanpich : la femme de ménage a 22h?
NicoTupe : il n’est pas en france 🙂
Lilisanpich : ou est il
pit : ah super Alan ! merci d’aborder le sujet ! 🙂
pit : magnifique grotte de clamouse … je recommande ! elle est classée parmis les plus belles … de France ! 😉
Lilisanpich : j’ai pas écouté où elle est
Lilisanpich : c’est ou clamouse
pit : derrière Montpellier
pit : http://www.clamouse.com/
Lilisanpich : dac
Jorj McKie : Ils ont picolé à la cantine, les drone
Jorj McKie : Attention, corrélation n’est pas…
pit : d’aujourd’hui ?!
pit : c’est l’histoire de la traite des vaches qui se fichent du décalage horaire non ?! :p
pit : J’ai peut tout d’un coup : j’ai tenté d’envoyer un photo montage (ici sur le live) et l’image n’apparaît pas… C’est pas grave mais j’espère surtout qu’elle n’apparaitra pas ailleurs !
pit : *peur
pit : Question pour Alan : des produits type “somnifères” facilitent-ils le rephasage ? info ou intox ?
Yves : Ils rechargent leurs accus au Lithium ??
Taupo : La prise de spores???
Taupo : La prise de jeunes????
pit : 😀
Yves : C’est délicieux !
pit : euh …
Yves : .. pour un crocodile… désolé un compte pour mes gamins 🙂
Yves : un “conte”
Yves : OK je vais prendre soin de mon cycle circadien, je vais aller me coucher
pit : c’est un bon moyen pour lutter contre la sénilité !
Lilisanpich : bonne nuit yves
pit : Salut Yves
Yves : Bon je fais un effort, c’est intéressant… des allumettes ? un thé ?
Maxime : un jeune ?
Yves : Ils dorment…
Lilisanpich : han non j’en fais partie
Yves : Plus de 8 ans, ce n’est plus aussi juteux
Lilisanpich : fier d’etre déphasée!?
Maxime : zut je ne dois pas jouer à candy crush le soir alors
Yves : Mon chauffe-eau H.S depuis une semaine est bien tri-phasé lui !
pit : Un chien et ça rephase !
Jorj McKie : Tu derive Alan…
Taupo : etnorme pit!
Taupo : énorme
Lilisanpich : waw l’énigme
pit : paf ! bravo alan !
Lilisanpich : haha
Yves : Attention aux fréquences bleues des LED !
pit : et ça tue les chiens !
Lilisanpich : brulez leur la rétine!!
Yves : Y’a plus qu’à les cuisiner, les chiens.
Lilisanpich : est ce qu’un aveugle de naissance et un aveugle par accident?
Lilisanpich : il a put avoir le temps de s’habituer au rythme peut etre
Yves : ça dépend de la catégorie, la plupart des aveugles ont encore les capteurs pour la “luminosité”
pit : qd j’étais lycéen, on avait une appli simplissime qui permettait de “calculer” son cycle circadien … (et autres cycles), ça parle à quelqu’un ? vous sauriez où trouver ça ?
Lilisanpich : ouais mais disons pour des aveugles qui vraiment de captent rien
Lilisanpich : ne*
Lilisanpich : oui
Lilisanpich : euh
Yves : Maintenant c’est une application pour téléphone… Si on ne craint pas de l’abimer dans son sommeil
pit : 😉
pit : ça existe ça ? gratuit ?!
Lilisanpich : je crois pit que c’est
pit : windows phone ?!
Lilisanpich : smartalarm
Lilisanpich : sur iphone
pit : lol
pit : je vais regarder
Lilisanpich : il calcule les cycles
Lilisanpich : et te dis si ta nuit a été agitée
Lilisanpich : ton pourcentage de sommeil profond
Yves : Oui… ça fait des stats de mouvement, les différentes phases… pour savoir si on a vraiment mal dormi quand on se réveille et qu’on se dit qu’on a mal dormi !
Lilisanpich : ce genre de conneries
Lilisanpich : voila
Maxime : lol yves
Taupo : ah l’homéopathie!
Lilisanpich : mais moi ça me genre un peu de dormir trop près de mon téléphone
Lilisanpich : gene*
Lilisanpich : mince j’ai du mal
Yves : L’homéopathie contre le jetlag, trop fort le marketing !
pit : y’a un rapport entre les rêves lucides et les cycles circadiens ?
Lilisanpich : qui croit a l’homéopathie? :p
pit : miam
Yves : En tout cas, le réveil avec le téléphone en mode vibreur ne doit être très agréable
Lilisanpich : ah ça dépend d’ou il est rangé
Yves : Et il vaut mieux le mettre “offline” en mode “avion” pour les mangeurs de pomme
pit : smartalarm est sur windowsphone ! 😀
Lilisanpich : quoi sur windowsphone
Lilisanpich : ça veut dire quoi
Yves : des tuiles… sur windowsphone
pit : C’est mon client qui va être content qd je lui dirai demain que j’arrive à 11h pour respecter mes cycles circadiens !
Yves : Il te dira de te coucher plus tôt !
pit : lol
nicktalop : et la température de la couleur? écran 6000°K, tungstène 3200°K
Lilisanpich : est ce qu’il a parlé de la lumière des écrans?
Yves : … et de ne pas suivre P.S. en live
pit : 😉
Yves : Oui la lumière des écrans gêne le mécanisme d’endormissement
nicktalop : Expérience faite…
Lilisanpich : désolé jme suis évadée jcrois a un moment
Yves : @nicktalop intéressante la question sur la température…
nicktalop : je suis convaincu, mais je n’ai pas de source pour l’attester
Yves : … et les relations sexuelles ? un rythme ou pas ?
Yves : Faut vraiment j’aille me coucher…
nicktalop : une fois de temps en temps?
nicktalop : :_)
Lilisanpich : ben liés aux saisons jdirais donc ouais ;p
Yves : Pas assez quoi
Lilisanpich : ah yves faut te donner les moyens!
pit : Smart alarm sur windowsphone ne donne pas les cycles circadiens 🙁
Lilisanpich : ah désolé pit
Lilisanpich : demande a google
Lilisanpich : il sait peut etre
pit : alevtot a-t-il un cycle circadien qui lui impose de se lever tot ?
Lilisanpich : moi je pense que leve tot couche tard c’est surtout lié a l’environnement
Lilisanpich : moi quand jdéprime pas et que j’ai pas rien a foutre je suis pas une couche tard
nicktalop : pic de naissance en septembre, copulation en décembre
pit : Bravo Alan.
Yves : Concernant la lumière: http://sante.lefigaro.fr/actualite/2013/03/19/20086-limpact-nefaste-lumiere-sur-sommeil
Maxime : Bravo Alan
pit : si c t moi 🙂
Maxime : bon dossier
Lilisanpich : ouais c’était beau
Lilisanpich : j’en ai la larme a l’oeil
nicktalop : @Yves, merci
pit : nicktalop, c’est un peu toi qui est à l’honneur ce soir ! 😉
nicktalop : hehehe!
Lilisanpich : pck tout a l’heure on disait que l’organisme s’impregne du rythme
Lilisanpich : et le conserve meme si il n y a plus de rythme lumineux
Yves : Citation “ont constaté en testant diverses ondes monochromatiques (une seule couleur primaire) que l’effet d’éveil était maximal avec la lumière bleue (onde à 460 milliardièmes de mètre, ou nm)”
pit : oui
pit : c’est bien ça
Lilisanpich : c’est surtout des conneries
Horkken : Ha ça m’énerve que je ne puisse pas rester. Je dois aller calculer des résidus.
Lilisanpich : les apply
Lilisanpich : si vous voulez mon avis
pit : oui parascientifique (j’y croyais pas trop) mais je trouvais ça marrant !
nicktalop : logique, non? longueur d’onde plus active, effet d’éveil
pit : juste des sinusoides qu’on déphasait !
Lilisanpich : tu dois pouvoir calculer ton propre rythme grosso modo
Yves : “des résidus”… un autre matheux ?
Lilisanpich : tout seul
Lilisanpich : ouais mais c’est des conneries
El Jj : Pour calculer son rythme circadien, c’est très simple, il faut ajouter les chiffres de sa date de naissance, et le multiplier par le nombre de lettre de son signe astrologique.
pit : lol
Taupo : ha ha:
Lilisanpich : haha elJj
pit : trop bon !!!
Maxime : ^^
nicktalop : sauf pour les spéléologues
Lilisanpich : haha
David Loureiro : sur le rythme des femelles surtout
Yves : Application pour smartphone: http://omnilogie.fr/O/Rythme_circadien
pit : sur le cycle menstruel aussi …
Lilisanpich : les humains pour ça je crois qu on est déphasé
Lilisanpich : wouw
Maxime : Un futur dossier intéressant
nicktalop : on est pas des lumières…
Maxime : le rythme de reproduction des être humain
Lilisanpich : C’était sympa ouais
Maxime : s s
David Loureiro : yah
Taupo : le mur du sang?
pit : très bonne soirée
Lilisanpich : hourra pour david!
pit : 🙂
Jorj McKie : David, personne ne suis en chatant, rassure toi
pit : Bon alors, c’était bien David qui était loin de son micro ! 😀
nicktalop : Pour l’Escalade!
Lilisanpich : c est le chromosome Y
David Loureiro : serait à bruxelles
Yves : L’escalade ? A Genève ?
nicktalop : ouais
David Loureiro : bruxelles -> Lyon devrait aller 🙂
pit : en foret de geneve !
Lilisanpich : un dessin un dessin
nicktalop : quid des solstices sur la reproduction humaine?
nicktalop : Un rôle de la vitamine D?
pit : c
pit : ça excite !
Yves : … je vous lâche… Bonne nuit
nicktalop : bonne nuit
pit : bn
pit : ahhhh
nicktalop : même une montre arrêtée à raison deux fois par jour…
pit : très bien 🙂
El Jj : citation de qui ?
pit : mon client va être content demain maidi si je lui explique ça !!!
Alan : de Marie von Ebner-Eschenbach
pit : vous assumez ?!
nicktalop : le soleil se lève et se couche aussi deux fois par jour
pit : excellent !
pit : on manque de montres en France !
El Jj : Il existe aussi des montres aléatoires, qui font un tour de cadran en 12 heures, mais qui est aléatoire entre les deux.
NicoTupe : pour peu que ce soit continu, elles doivent être au minimum une fois à l’heure non?
NicoTupe : 🙂
pit : oui !
pit : au moins deux même !
David Loureiro : c’était une histoire de muscle
Aeterna : mouvements périsaltique pour le mouvements des intestinc
pit : car si c’est aléatoire, a priori, elle coupe au moins deux fois l’heure exacte !
Lilisanpich : jsuis pour les crampes d’estomac
Aeterna : et oui de mémoire il me semble que l’estomac qui arrêtent de fonctionner c’est dangereux (mais je ne sais plus pourquoi non plus 😀 )
pit : vous n’avez jamais avalé trois piments d’affilés ? je vous assure que ça fait des crampes !
Lilisanpich : qui aurait l’idée de faire une telle chose? 🙂
nicktalop : et des hémorroïdes…
pit : un brésilien !
pit : oui nicktalop !
pit : une asiatique sinon !
nicktalop : 🙂
pit : ma femme vient de la région du piment … je vous assure que le crampes ça fait mal !
pit : nicktalop … oui aussi ! 😉
Alan : http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/strange-stuff-and-funky-things-2-0
pit : oui j’ia vu qu’il financait son webmaster !;)
Lilisanpich : les hémorroides c’est un peu trash nicktalop
pit : c’est bien !
nicktalop : mais réel…
pit : il sait de quoi il parle peut-être ?! :p
nicktalop : 🙂
Xilrian : http://www.google.com/url?q=http%3A%2F%2Fwww.kisskissbankbank.com%2Ffr%2Fprojects%2Fstrange-stuff-and-funky-things-2-0&sa=D&sntz=1&usg=AFQjCNFZub7c9XsrCntCTG3EMGwQY3Czpw
pit : “Soutenir ce projet”
Alan : plutôt http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/strange-stuff-and-funky-things-2-0
Alan : c’est bon, là, vous avez donné? 😉
pit : C’est quel site SSAFT ??!
pit : :p
Alan : http://ssaft.com
Maxime : Oui on peut dire dégue 😉
nicktalop : et tu passes sur WordPress 😉
pit : http://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/strange-stuff-and-funky-things-2-0
pit : soutenir ce projet !
Jorj McKie : Je vous quitte, Bisous à tous. Je donne a Taupo
Alan : http://stripscience.cafe-sciences.org/
nicktalop : 21 g?
nicktalop : c’était un bon article, Alan!
Alan : http://www.youtube.com/user/DrawMeWhyFrancais
pit : http://stripscience.cafe-sciences.org/articles/velo/
nicktalop : Mandela est mort. #news
David Loureiro : mon cycle circadien m’appelle
Lilisanpich : le live c’est tous les jeudi?
Alan : oh…
David Loureiro : bonne nuit les poditeurs
Alan : Lili, oui 🙂
David Loureiro : bye
Lilisanpich : cool
nicktalop : bye
Lilisanpich : c’est quoi la semaine pro
pit : tu simules ?
Maxime : https://twitter.com/maximesimeon/status/408715779568574464
pit : Tite question à Alan (hors émission) : un chapitre “actualité” dans chaque podcast ?
julie : 🙂
Maxime : Tchou
Alan : @Pit tu dis, actualité scientifique?
pit : oui
pit : bien sur
Alan : @Maxime, merci pour le tweet 🙂
pit : notre prof de phys quantique nous faisait ça à chaque cours (y’a plus de 10 ans) … tout le monde écoutait ! c’était génial comme idée.
nicktalop : le chat est mort / le chat est vivant info ou intox?
Lilisanpich : shrodinger
pit : mandela seulement
Lilisanpich : mince je sais pas comment on l’écrit 😀
Lilisanpich : ouais c’était top vous êtes des dieux
pit : le chat, on sait pas !
Lilisanpich : le chat sait lui
nicktalop : Schrödinger. Le chat s’appelait Felix 🙂
Alan : 😀
Lilisanpich : ah felix c’est un peu banal
nicktalop : pas pour un chat!
Lilisanpich : et son prénom a Schrodinger
Lilisanpich : il est allemand?
nicktalop : Non, ça c’est le nom du berger
Alan : le berger allemand?
Alan : donc le chat était un chien?
nicktalop : 😀
Lilisanpich : le mouton s’appelle comment alors
Alan : noir
nicktalop : Panurge
Lilisanpich : ah et il vole des prunes?
Alan : non, Panurge, c’est le propriétaire
Lilisanpich : non non panurge c’est ma tortue
Alan : Lili, c’est la première fois que tu es là, non?
nicktalop : l’incertitude règne…
Lilisanpich : en effet alan
Lilisanpich : j’ai écouté quelques un de vos dossier
Lilisanpich : sur you teub
Alan : arf, oui, tiens, faut qu’on mette à jour…
Lilisanpich : et j’ai suivi les liens ::)
Alan : on en est à 93 épisodes, sur youtube 😉
Alan : et à 154 en vrai…
Alan : bah bienvenue 🙂
Alan : plaisir de t’accueillir!
Lilisanpich : ah de toute façon j’ai pas encore fait le tour de tout ceux de youtube ^^
Lilisanpich : ben merci 🙂
Lilisanpich : j’essairais d’être la chaque semaine mais c’est pas sur que j’y pense le moment venu 🙂
Alan : tu es sur twitter ou facebook ou qqch?
Alan : on fait beaucoup de bruit avant chaque live en général
Lilisanpich : han nan
Alan : arf…
Lilisanpich : je suis pas trop réseau sociaux 🙂
Lilisanpich : j’ai skype
Maxime : T’as pas un calendrier ?
Alan : bon, alors, il faudra te rappeler alors. Jeudi à 20h30
julie : sauf jeudi prochain ?
Lilisanpich : mais j’ai déjà mit une alarme messieurs
Lilisanpich : pour ce soir
Lilisanpich : donc ouais j’en mettrait une pour la semaine pro
Maxime : héhé
Lilisanpich : a 21h ducoup
Alan : voilà, ce sera 21h jeudi prochain, merci Julie 🙂
Lilisanpich : moi j’avais écouté!
Lilisanpich : vous l’avez dit tout a l’heure
Alan : tu peux importer le calendrier de podcastsuisse si jamais, mais c’est un peu un truc de geeks (genre, au moins sur twitter)
Lilisanpich : ouais jsuis plus une geek des jeux en ligne pas trop des réseaux sociaux ;p
Alan : j’avoue, j’ai regretté au moment où je l’ai écrit
Alan : l’amalgame twitter/geek est un peu douteux 😉
Lilisanpich : 🙂
Alan : sorry…
Lilisanpich : ben les vrais geek sont fan des deux 🙂
Alan : bah pas forcément
Maxime : Pas forcement
Lilisanpich : non mais je plaisante
Alan : 🙂
Maxime : je connais des gros geek dev sans compte twitter o_O
Lilisanpich : mais vous etes synchro 🙂
Aeterna : et pis de toute façon Geek est franchement pas vraiment définit maintenant 🙂
Lilisanpich : non mais oui moi jsuis une grosse geek sans compte twitter ^^
Maxime : exact
Alan : mr smith dirait qu’il y a les bons geeks et les mauvais geeks
Maxime : lol
nicktalop : logeek
Alan : si tu veux, le bon geek, bon, il se lève et il allume son ordinateur
Alan : le mauvais geek, lui, bon… il se lève et il allume son ordinateur…
Lilisanpich : haha
Aeterna : Tiens un classique ça 🙂
Maxime : alan as-tu vu la futur page de live ?
Maxime : Ouch comment j’écris comme un manche
Lilisanpich : et j’ai pas trop regardé mais sur votre site vous vous présentez ou pas? études métier etc..
Aeterna : https://www.podcastscience.fm/about/
Maxime : Bonne app
Aeterna : ils se présentent là
Lilisanpich : dac c’est bien aeterna
Lilisanpich : merci
Lilisanpich : bonne soirée
pit : oui !
nicktalop : Allez, bonne soirée et merci pour le poisson
pit : ciao !
julie : ciao
Aeterna : cia 🙂
Aeterna : cio
Lilisanpich : je suis le voyageur galactique!
Aeterna : ciao
El Jj : ciao
Aeterna : réussi
Alan : tschuss! tout le monde! Bonne nuit 🙂

Remettre à l’heure nos horloges biologiques

Dossier présenté par Alan dans l’épisode 154.

Vous avez raté le début?
Chronobiologie 1/2 | Chronobiologie 2/2


Maintenant qu’on a bien compris ce que sont les rythmes circadiens dans le vivant avec le dossier de Pierre Kerner, parlons un peu de nous autres humains… Parce que, quand même, qu’on le veuille ou non, les rythmes biologiques sont ancrés tellement profondément dans chacune (ou presque) des cellules de notre corps, que cela a un impact important sur nos vies.

Pierre nous a indiqué comment on a expérimenté sur les champignons, les plantes, les drosophiles, les vertébrés. Et l’homme dans tout ça? Eh bien, en l’occurrence, pas besoin de prélever ici et là des bouts d’organes chez nos congénères pour observer leurs réactions. La science trouve parfois quelques braves volontaires, heureux de la servir dans la joie. Ainsi, Michel Siffre https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Siffre , explorateur souterrain, aventurier et scientifique niçois (une sorte d’Indiana Jones français, quoi), a réalisé 3 expériences en libre cours en s’isolant dans des grottes pendant de longues périodes:

  • 2 mois en 1962 au fond du gouffre du Scarrasson à la frontière franco-italienne. Il est sorti le 17 septembre persuadé d’être le 20 août)

  • 10 ans plus tard, en 1972, il a remis ça dans une grotte du Texas. Pendant 205 jours!

  • Et enfin, en 1999, tout de même âgé de 60 ans, il a réalisé une autre expérience “hors du temps” dans une galerie de la grotte de la Clamouse (dans l’Hérault) https://fr.wikipedia.org/wiki/Grotte_de_la_Clamouse durant 69 jours. La périodicité de l’horloge endogène (c’est à dire interne, indépendante de l’environnement) de l’être humain a pu être estimée à 25h18m grâce à lui

Michel Siffre lisant le Banquet en 1972. (Image http://www.cabinetmagazine.org/issues/30/foer.php)
Michel Siffre lisant le Banquet en 1972. (Image http://www.cabinetmagazine.org/issues/30/foer.php)

Homo Sapiens connaît donc bel et bien ce concept d’horloge interne, comme le reste du vivant.

On notera que cette horloge est un peu plus lente que la rotation de la Terre. Elle doit donc être recalée en permanence sur l’horloge de la journée terrestre ou sociale grâce aux points de repère, les Zeitgebers. La lumière du jour, les horaires de train, les repas avec Mamie sont autant de Zeitgebers qui permettent de remettre les pendules à l’heure

Quand on regarde nos rythmes biologiques de près, on s’aperçoit qu’ils ont des effets pour le moins inattendus sur nos aptitudes et comportements.

À l’école, les enfants mémoriseraient plus facilement ce qu’on leur propose d’apprendre vers 11h et vers 17h30. Par contre, de 13h30 à 15h environ, leur attention baisse, et cela sans rapport avec la digestion.

Nous autres, adultes, connaîtrions en moyenne un pic d’attention vers 10h00, de meilleures capacités de coordination vers 14h30, des réflexes acrus vers 15:30, des muscles au top vers 17:00, une tension artérielle plus élevée vers 18:30, un pic de température vers 19h.

Wimage Wikipédia

L’ensemble de ces pics de fonctions biologiques, qu’on appelle “acrophase” quand on est spécialiste ou qu’on veut briller en soirée,  forme ce qu’on appelle la structure temporelle circadienne d’un organisme.

Vous voyez ci-dessous la structure temporelle d’un homme adulte sain.

 

acrophases, courtesy of Pierre Kerner
Structure temporelle d’un homme adulte sain. Image: courtesy of Pierre Kerner

Tout est question de timing…

Il existe des heures noires pour les accidents. Les catastrophes de Tchernobyl, de Bhopal , de l’Exxon Valdez et de la centrale nucléaire américaine de Three Mile Island se sont tous produites vers 3 heures du matin, comme de milliers d’accidents de la route chaque année.

Globalement, notre vigilance est moins bonne entre minuit et 4 heures du matin.

Image Wikimedia

Bref, nos horloges biologiques ne font pas que régir nos cycles de sommeil, comme on pourrait le penser a priori. Elles jouent un rôle prépondérant dans nos existences, et le moins qu’on puisse dire en ce début de XXIe siècle, c’est qu’on a un peu tendance à les maltraiter…

Nous allons tenter de décortiquer dans ce dossier le comment du pourquoi de ces décalages, leurs conséquences sur le plan social et de la santé, et voir quels sont les moyens d’agir pour mettre les pendules à l’heure.

En 2009, un sondage BVA  (lien sur le Powerpoint) réalisé sur 1000 personnes de tous les âges pour l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), révélait que les Français d’aujourd’hui consacrent 1 heure 30 de moins à leur sommeil qu’en 1960.

Je n’ai pas de chiffres, mais j’imagine volontiers qu’il en va de même pour toutes les populations qui vivent selon un modèle similaire, où on prend le métro à la même heure tous les matins, été comme hiver. Où on ne sait souvent même pas le temps qu’il fait dehors pendant la journée et où on se bombarde joyeusement la rétine à grands renforts de TV géantes, de laptops, de tablettes ou de téléphones portables

Ça, c’est juste dans la vie de tous les jours. Pour mieux cerner le propos, parlons d’un cas qui devrait être exceptionnel, mais que finalement, nous connaissons tous aujourd’hui, à intervalles plus ou moins réguliers, le jetlag.

Jetlag

Aussi appelé syndrome du décalage horaire ou “arythmie circadienne”, le jetlag est, selon notre bon ami wiki, la

condition physiologique particulière qui résulte d’un voyage rapide à travers plusieursfuseaux horaires, généralement enavion. Un tel voyage décale effectivement les différentes horloges internes et l’activité extérieure (alternance jour/nuit, activité autour d’un individu).

Par “condition physiologique particulière”, concrètement, si on se réfère au blog Secrets du Sommeil, il faut comprendre les symptômes classiques suivants:

  • insomnie ;

  • perturbation du sommeil ;

  • somnolence au cours de la journée ;

  • trouble de la concentration ;

  • fatigue ;

  • irritabilité ;

  • désorientation ;

  • dépression ;

  • troubles gastro-intestinaux ;

  • maux de tête pendant la journée ;

  • malaise général.

Mélatonine. Image WikipédiaPour faire simple, on va dire que le principe de base, c’est que notre glande pinéale se met à sécréter de la mélatonine – l’hormone du sommeil – dès que la lumière baisse. Si on peut respecter un rythme naturel, on a sommeil quand la nuit tombe, on s’offre quelques heures de repos réparateur en une ou deux fois (les 8 heures de sommeil d’affilée sont plutôt une nouveauté qui remonte à l’installation d’éclairages publics), et le lendemain matin, les sécrétions de mélatonine sont remplacées par des sécrétions de cortisol (qu’on peut qualifier d’hormone du stress), histoire de sortir du lit.

Mais quand on se trouve subitement à plusieurs fuseaux horaires de chez soi, la sécrétion de mélatonine n’est plus du tout synchronisée avec le rythme naturel du jour et de la nuit.

Si on est parti à l’Ouest, on se retrouve en “avance de phase”, c’est à dire qu’on sécrète de la mélatonine beaucoup trop tôt par rapport à l’heure locale. On tombe de sommeil en pleine journée.

Si on est parti à l’Est, c’est bien sûr le contraire qui se produit : on est en “retard de phase”, on n’a pas sommeil à l’heure de se coucher, et on est en sommeil profond à l’heure du réveil.

Si vous avez fait gaffe tout à l’heure pendant l’énumération des symptômes, vous aurez noté la “dépression” glissée nonchalamment au milieu d’une liste de symptômes a priori plus banals. En fait, les décalages de phase et la dépression sont étroitement liés. Chez les personnes souffrant de troubles bipolaires, les épisodes “maniaques” sont liés à un retard de phase et les épisodes “dépressifs” à une avance de phase.  D’ailleurs, le lithium qu’on prescrit aux personnes qui souffrent de ces troubles traite les symptômes en agissant sur l’horloge circadienne.

Alors, en cas de jet-lag, comment faire pour remettre les pendules à l’heure ?

A priori, dans le cadre d’un voyage, une fois qu’on est sur place, on dispose de trois outils:

  • l’exposition à la lumière ;

  • la prise de mélatonine ;

  • le sport.

Pour la lumière, c’est tout simple et ça ne fait l’objet d’aucune controverse: il faut s’exposer à un maximum de lumière le matin, sans lunettes de soleil, et au moins de lumière possible le soir, histoire de resynchroniser progressivement son horloge interne sur le rythme naturel du jour et de la nuit là où se trouve.

Pour la mélatonine, en revanche, le consensus est loin d’être atteint et la technique est encore controversée. Cependant, depuis 2009, on a pu vérifier que le fait d’en prendre oralement pendant les premiers jours sur place, le soir, avant de se coucher, est efficace pour avancer son rythme (c’est à dire pour se coucher de plus en plus tôt quand on voyage vers l’Est).

Enfin, pour le sport, l’idée est d’en pratiquer le soir quand on voyage vers l’Ouest (histoire d’augmenter sa température corporelle et diminuer la fatigue), ou au contraire le matin quand on voyage vers l’Est. Pour les mêmes raisons… Ça réveille.

Après, on peut également se préparer avant de partir. Le blog secrets-du-sommeil.com donne plein de conseils à cet égard, comme décaler d’une heure par jour l’heure du coucher pour se préparer progressivement.

Depuis quelques années, on parle d’un 4e outil: le jeûne. Cela semble extrêmement efficace, en tout cas, ça marche chez les souris. David Louapre, l’auteur de l’excellent blog Science étonnante – également sur le café des sciences – a essayé de faire avancer les recherches, pour voir dans quelle mesure cela s’applique aux êtres humains, en mettant la technique en pratique sur sa propre personne lors de sa dernière traversée de l’Atlantique. Ça a bien fonctionné pour lui. En arrivant à Paris depuis Boston (où il est installé), il n’a rien mangé le premier jour, a fait une petite sieste, et hop, dès le lendemain, il était synchronisé sur le méridien de Paris. Bien sûr, David est un sujet intéressant, mais cela reste néanmoins un sujet unique. Tant qu’elle n’est pas reproduite à plus grande échelle, son expérience restera une anecdote, il faudrait que servir la science soit la joie de plus de monde. Mais la piste semble prometteuse !

On parle en général de jet lag lorsqu’il y a un décalage de 5 heures ou plus, mais quid des effets des plus petits décalages?

Et un décalage d’une heure?

Une étude suédoise publiée en 2008 s’est intéressée aux effets sur la santé du passage à l’heure d’été. Anodin, pensiez-vous? Pas tant que ça! Les chercheurs ont constaté une augmentation des infarctus chaque année, au moment du passage à l’heure d’été, fin mars. Par contre, l’inverse n’est pas vrai. Le nombre d’infarctus ne diminue pas de manière significative lors du retour à l’heure d’hiver. Dingue, non?

Chronotypes

Certains d’entre nous n’ont pas besoin de 5 fuseaux horaires de décalage soudain pour se sentir déphasés. Si vous vous sentez au meilleur de votre forme au moment où tout le monde va se coucher, vous êtes sans doute une personne du soir. Si vous pouvez vous lever à l’aurore quoi qu’il arrive mais que vous avez tendance à vous écrouler dès 21h, vous êtes sans doute du matin. Ce n’est pas une légende urbaine, le phénomène est vraiment observé, on appelle cela les “chronotypes”. Entre les couche-tôt, qui à l’instar des alouettes tombent en fin d’après-midi, et les couche-tard – genre hiboux –  qui peuvent veiller toute la nuit, il existe toutes les nuances de chronotypes imaginables. La base génétique chez l’humain a pu être mise en évidence pour expliquer ces prédispositions (voir l’article de référence de Bora Zivkovic sur le sujet)

À l’époque où on risquait un coup de défense de mammouth à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, c’était sans doute un sacré avantage que d’avoir ces différents chronotypes. Mais mon petit doigt me dit que ce n’était pas plus qu’aujourd’hui un critère d’embauche pris en compte pour l’attribution du poste de sentinelle.

En fait, le problème, ce ne sont pas seulement les rythmes individuels. C’est l’adéquation entre ceux-ci et les rythmes de la société, qui n’en tiennent pas compte.

Ados

Ado en manque de sommeil. Image Wikimédia

Un exemple particulièrement frappant est celui des ados. Leurs horloges sont déphasées. Au niveau de leur chronotype, la plupart des ados sont du soir, ce sont des hiboux. On savait depuis longtemps qu’ils ne font pas forcément les meilleurs choix au niveau comportemental (genre: se gaver de boissons énérgisantes jusqu’à tard dans la soirée, consulter un écran jusqu’à pas d’heure, faire la fête tout le week-end). Une étude américaine a d’ailleurs pu montrer que la sécrétion de mélatonine diminue si on utilise un ipad pendant 2 heures dans la soirée.

Mais on sait aussi aujourd’hui que leur déphasage a une origine biologique. Leur horloge est influencée sous l’effet de la montée d’hormones.

Pourtant, on continue de les convoquer à l’école à l’aurore, alors qu’il suffirait de pas grand chose.

Une école américaine a conduit une expérience intéressante. En retardant le début des cours de ¾ d’heure seulement, le matin, les résultats se sont avérés très concluants. L’augmentation de la durée du sommeil a permis une amélioration des performances académiques et diminué le risque de dépression.

En attendant que toutes les écoles du monde s’y mettent, la situation n’est pas complètement désespérée. Dans les cas sévères de déphasage, on peut proposer à l’ado décalé une chronothérapie. L’idée est marrante: au lieu de lui demander de se coucher de plus en plus tôt (quiconque a pratiqué un ado d’appartement sait que c’est impossible), on lui propose au contraire de se coucher un peu plus tard. Par exemple, 2 à 3 heures plus tard, ce qui ne pose en général pas de problème. Puis rebelotte le lendemain, on ajoute encore quelques heures, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il (ou elle) parvienne à aller se coucher vers 22h-23h. À ce moment-là, on lui prescrit de la mélatonine le soir, et de la luminothérapie (traitement par la lumière) le matin, afin de stabiliser son rythme veille-sommeil.

Un autre moyen suggéré par Bora Zivkovic pour les individus de type “hibou”, qu’ils soient ados ou non, consiste à prendre un chien et aller le promener le matin, histoire de prendre la lumière de bonne heure. Parents d’ados, ne me détestez pas s’il vou plaît… Je ne suis que le messager 😉

Et les personnes âgées ?

Image Wikimedia - Tajikistan_(474727224)

La vie a parfois un sens de l’humour un peu particulier. Tiens, ça aurait pu être l’énigme du sphinx, cette histoire… “Je suis en retard de phase quand j’ai des boutons et en avance de phase quand j’ai plus que des cheveux blancs, avec un peu de chance, j’ai un rythme normal entre deux, qui suis-je?” Ben… Tout le monde… Vous et moi inclus…
Avoir envie de dormir à 17h et se réveiller à 2 heures du matin n’est pas rare chez nos aînés. Quand on dit que les certains vieux sont complètement à l’Ouest, ce n’est pas dénué de fondement scientifique 😉

Là aussi, l’une des rares thérapies que peuvent proposer les spécialistes du sommeil, c’est la cure de luminothérapie. Dès que Papy ou Mamie tombe de sommeil en fin d’après-midi, paf, on l’expose à une forte lampe pendant une demi-heure. Puis, tous les 3-4 jours, on décale légèrement l’heure de l’exposition à la lumière, jusqu’à ce que son rythme soit en phase avec l’environnement.

Quid des Aveugles?

On l’a vu, la lumière joue un rôle très important, sans doute le plus important, dans la régulation des rythmes circadiens. Alors comment cela se passe-t-il pour les personnes aveugles, qui ne perçoivent pas ou plus cette lumière? Eh bien, ça ne se passe pas toujours très bien… Comme si leur quotidien n’était pas déjà assez compliqué comme cela, pour 1 personne aveugle sur 10 environ, les symptômes du jet lag sont permanents. Il s’agit des personnes frappées de cécité qui n’ont plus aucune perception de la lumière. Leur horloge interne d’Homo Sapiens étant un peu plus lente que le rythme jour/nuit, elles se trouvent tous les jours un peu plus déphasées. Par exemple, une personne dont le rythme endogène est de 25 heures se retrouvera décalée chaque jour d’une heure par rapport à la norme. Après 12 jours, elle sera à son maximum de déphasage, et tous les 24 jours, elle sera à peu près en phase avec le reste du monde. On appelle cela le syndrome hypernycthéméral. Et si cela concerne dans l’immense majorité des personnes aveugles, il y a quelques exceptions: quelque 3 personnes voyantes sur 10’000 souffriraient de ce symptôme. (source http://www.ukmi.nhs.uk/applications/ndo/record_view_open.asp?newDrugID=5145 )

En bon geek un peu déconnecté des réalités, je me dis qu’une solution simple pourrait être d’aller vivre sur Mars (où les journées durent 40 minutes de plus que sur Terre) , mais en général, la médecine moderne opte plutôt pour une administration régulière de mélatonine à heure fixe le soir.

Le travail de nuit

Image Wikimédia - Night_paving_10_paving

Là aussi, c’est très variable d’un individu à l’autre. Certaines personnes s’y adaptent sans trop d’encombres et d’autres en souffrent horriblement. En tout cas, la liste des impacts sur la santé est longue et bien documentée, notamment par les compagnies d’assurances qui tiennent des décomptes précis. Ce papier de la SUVA (l’assurance accidents suisse) publié dans la revue Forum Med Suisse (PDF) est éloquent, on a notamment recensé à grande échelle les problèmes suivants:  fatigue accrue, troubles du sommeil, risques de détérioration de la vie familiale et sociale, diminution de la capacité de concentration, troubles digestifs, j’en passe et des meilleures…

Les médecins du travail n’ont pas beaucoup d’outils à proposer, si ce n’est de tamiser la lumière 1-2 heures avant la fin du service si possible, de porter des lunettes de soleil en sortant du boulot, de ne pas se coucher immédiatement en rentrant, de dormir dans une pièce bien isolée du bruit et de la lumière et surtout de préserver sa vie sociale en organisant des petits-déj entre amis de temps en temps.

Pour les personnes qui font les trois huit, c’est encore plus difficile. Il n’est pas rare que les médecins leur prescrivent des somnifères…

Comment remettre les pendules à l’heure ?

On a pu établir pas mal de liens entre des dérèglements de l’horloge interne et des pathologies graves (cancer, métabolisme, problèmes cardiovasculaires). Tout récemment une équipe de chercheurs de l’Ecole de médecine de Washington et de l’Université de Pennsylvanie a trouvé un modèle d’explication de troubles neurodégénératifs (type Alzheimer) causés par des dérèglements de l’horloge circadienne.

Perturber ces rythmes est sans doute plus dangereux qu’il ne semblerait au premier abord. Alors que faire?

Quand on cherche à se renseigner, on trouve bien sûr quelques mythes sur l’Internet mondial, des pastilles homéopathiques “No Jet-Lag” aux recommandations d’heures de coucher (cf la fameuse histoire des heures avant minuit qui compteraient double : je vous la fais courte, c’est une intox, probablement encore un truc des parents pour se débarrasser des enfants à l’heure de faire la petite sœur ou le petit frère), mais dans l’ensemble, le conseil qui revient le plus souvent, c’est la prise de mélatonine au moment du coucher.

Mélatonine vendue comme complément alimentaire - Image WikimediaComme dit, les spécialistes sont plus que partagés sur la question. Bora Zivkovic recommande même de ne pas en prendre du tout, sans trop expliquer pourquoi.

En vrac, ce que j’ai compris, c’est d’abord que la mélatonine dite “naturelle” sort tout droit de cerveaux de bovins. Yummy! Le cas échéant, on lui préférera la mélatonine de synthèse.

Ensuite, les suppléments alimentaires ne subissent pas les même batteries de test que les médicaments avant leur mise sur le marché. Non seulement les effets secondaires ne sont pas étudiés systématiquement, mais en plus, on ne sait même pas toujours quels additifs sont présents dans les comprimés. La mélatonine est une hormone, elle peut interagir avec les anti-coagulants, les médicaments contre le diabète et l’équilibre hormonal en général. En raison de ses propriétés anti-oxydantes, on la soupçonne aussi d’interférer avec les traitements anti-cancéreux. Finalement, elle affaiblirait encore les défenses des personnes qui souffrent de troubles du système immunitaire. (Source: http://www.cancer.org/treatment/treatmentsandsideeffects/complementaryandalternativemedicine/pharmacologicalandbiologicaltreatment/melatonin )

Bora ne recommande pas l’alcool non plus (on s’endort vite mais on dort mal et on se réveille fatigué). Il recommande également d’éviter les boissons cafféinées dès 2-3 heures avant d’aller au lit, préférer un verre de lait… Changer ses habitudes: éviter les écrans 2-3 heures avant de se coucher, préférer un bouquin, baisser les lumières progressivement dans la soirée, essayer de créer des conditions d’obscurité et de silence total au moment d’aller au lit. Et si on n’arrive pas à dormir, ne surtout pas allumer les écrans ou manger, mais lire tranquillement avec une lumière tamisée.

D’autres applications?

Je voulais juste dire un mot d’un concept de chronothérapie ou de la chronochimiothérapie. J’avoue que je n’ai pas eu le temps de creuser comme je le fais d’habitude ni de chercher des chiffres, mais, bon, ça a l’air très sérieux: ça vient de l’INSERM, plus spécifiquement de l’Unité de Recherche « Rythmes Biologiques et Cancers », le seul labo de recherche en chronothérapie de France à s’intéresser aussi au cancer.

L’idée est la suivante: chaque cellule de notre corps est soumise à un rythme circadien. Il y a des moments dans la journée où elle peut mieux encaisser le choc des traitements anti-cancer. Contrairement aux cellules cancéreuses qui, elles, sont insensibles à ces rythmes. En administrant les chimiothérapies pile au moment où les cellules saines peuvent mieux les encaisser, on augmenterait l’efficacité des traitements de manière spectaculaire.

J’essaie de vérifier cela dès que je peux, si je n’oublie pas, promis!

D’autres rythmes?

Enfin pour conclure ce petit dossier, je voulais juste encore préciser qu’il n’y a pas que les rythmes circadiens dans la vie… La chronobiologie chez l’humain s’intéresse à toutes sortes de rythmes:

  • les rythmes infradiens, c’est à dire plus longs qu’une journée. Dans la nature, cela concerne par exemple les migrations annuelles de certains oiseaux. Chez l’être humain, enfin, chez les femmes, cela concerne le cycle menstruel par exemple;

  • les rythmes ultradiens, qui eux, font moins de 24 heures. Comme le cycle de sommeil REM (ou sommeil paradoxal) de 90 minutes, ou les 4 heures du cycle nasal (soit la trop peu connue congestion/décongestion partielle des cavités nasales, en alternance, chez l’humain) ou encore les 3-4 heures du cycle de l’hormone de croissance;

  • les rythmes lunaires:  on pensait être assez peu concernés, mais une première étude qui a fait pas mal de bruit l’été dernier semble indiquer que si, nous serions sensible malgré tout à cette horloge-là.

Pour ma part, je savais depuis un moment que le carbone dont nous sommes en grande partie constitués – élément indispensable à la vie – a été fabriqué au coeur des étoiles.  En préparant ce petit dossier, je me suis rendu compte à quel point nous sommes aussi connectés à notre bonne vieille Terre et à ses rythmes naturels, jusqu’au plus profond de chacune de nos cellules. La rotation de la Terre en 24 heures n’est pas une constante. On estime que les premiers dinosaures connaissaient des journées de 21 heures, et les derniers, des journées de 23 heures environ. Cette différence est due à l’éloignement progressif de la lune, dont la proximité ralentit la rotation de la Terre… Encore quelques paquets de millions d’années et nos descendants connaîtront peut-être des journées de 48 heures ? Je suis sûr que les plus hyperactifs d’entre eux n’auront toujours pas le temps de faire tout ce qu’ils auront à faire dans une journée…

Une chose est sûre, ces rythmes biologiques sont constitutifs de notre nature même d’êtres vivants et ce ne serait pas un luxe que de commencer à en tenir compte dans notre organisation sociale. On l’avait vu l’année dernière dans notre dossier sur la sieste: de plus en plus d’entreprises commencent enfin à considérer leurs employés comme des mammifères – et pas juste comme des outils de production – et leur permettent de piquer un petit roupillon quand leur capacité de se concentrer se noie dans le brouillard de leurs sécrétions de mélatonine.

Peut-être un jour organisera-t-on les horaires des équipes en fonction de ces critères? Les programmes scolaires seront calés sur les pics de performances naturels des enfants? Peut-être les communautés s’organiseront-elles par fuseau horaire permettant aux couche-tôt d’un lieu de communiquer avec les couche-tard d’un autre? On peut rêver… Tout est ouvert… Mais chaque chose en son temps… Chacun son rythme 😉

Références

Livre :

  • “Le sommeil”, par Elisabeth Gordon, Raphaël Heinzer et José Haba-Rubio. Edition Médecine et Hygiène, Genève. Novembre 2013

Web :

 

Articles:

Sur la mélatonine et le jetlag:

Sur l’impact sur le sommeil des écrans avant le coucher:

Sur les expériences de décalage d’horaires scolaires

Sur l’impact du rythme lunaire sur l’humain

Remerciements

Un immense merci à Pierre Kerner, qui m’a déniché un bon 3/4 des références listées ici et m’a suggéré plein d’idées en relisant ce billet avant présentation. Et à David toujours fidèle au poste quand il s’agit de me dénicher gratos la version payante d’un article scientifique.

 


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