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Le Palais de la découverte : Retranscription de l’interview

Retranscription de l’épisode #89 (merci Julie)

Alan : Du côté de Podcast Science ce soir, autour de la table, Nico évidemment, qui nous a mijoté tout ça, Franck est là aussi, on a David alias Xilrian, en ingénieur du son improvisé qui est là pour nous aider et puis Nico , tu vas nous présenter tes invités ?

 

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Nico : C’est ça, donc on a 3 invités : Marie , qui est médiatrice scientifique au palais de la découverte, qui dirige l’unité scientifique de biologie ou, de manière plus compréhensible, une sorte de département de bio et donc, tu as été journaliste dans différentes revues scientifiques, tu as fait beaucoup de médiation scientifique depuis 35 ans au palais en biologie.
Deux représentants des mathématiques : Robin Jamet qui est au palais de la découverte depuis 8 ans, qui aussi écrit la rubrique maths dans S&V junior et pour laquelle il aura la semaine prochaine le prix d’Alembert (prix de la vulgarisation en maths).

Enfin, last but not least, Pierre Audin qui travaille au palais depuis 19 ans en mathématiques. Il fut un temps où il dirigeait aussi une unité scientifique. Co-fondateur de l’association « MATh.en.JEANS » qui a reçu un prix d’Alembert en 92. Accessoirement, il a participé à la création d’une revue de vulgarisation qui s’appelle « quadrature », une revue de mathématiques aussi.

Alan : Bienvenue, merci à tous les 3 d’être là.

Nico : Ce soir on va essayer de présenter le palais de la découverte, sa création, quelques expositions, exposés, expériences un peu marquantes de ce palais avec nos chers intervenants, qui peuvent intervenir quand ils veulent.

Alan : OK on est prêt.

Nico : Si je ne me trompe, la création du palais remonte à 1937, mais c’est dès 1933 que Jean Perrin a commencé à réfléchir à sa création (correction de Pierre : 1932). Pour parler un peu de Jean Perrin, c’est un scientifique déjà assez connu à l’époque, il a accessoirement commencé sa carrière en démontrant la nature corpusculaire de l’électricité pendant sa thèse, ce qui lui a valu le prix Joule. Ensuite il a eu le prix Nobel de Physique pour des travaux sur l’atome. C’est quelqu’un qui était déjà assez respecté en sciences à l’époque. En 33, finalement un an après avoir commencé à réfléchir au palais, il crée le CNRS. A priori, le CNRS est créé sous son impulsion et c’est à cette époque qu’il commence à réfléchir à l’idée du palais de la découverte. Déjà c’est assez intéressant c’est quelqu’un qui donc est plutôt un scientifique et qui va créer un lieu (attention il ne faut surtout pas dire un musée des sciences) où on comprend de loin que c’est quelque chose pour diffuser des sciences au grand public.

Pierre : C’était dans le cadre d’une exposition universelle, et a priori c’était temporaire. Il y a deux créations du palais.

IMG_2553Nico : Au début, le palais est conçu pour l’exposition spécialisée de 1937 qui était pour les Arts & techniques de la vie moderne. C’était censé être temporaire, a priori Perrin n’y a pas vraiment cru et a tout fait pour que ça reste. Il l’a créé dans cette optique là. C’est ce que j’ai lu un peu partout.

Franck : Et la tour Eiffel, c’était quelle expositions universelle?

Nico : C’était 1889.

 

Frank : Il faisait un monument comme ça à chaque fois ?

Nico : Ca c’est intéressant, les expositions comme ça il y avait en général au moins un musée, pour cette exposition là de 37, il y a eu 6 musées créés.

Robin : Sauf erreur, le bâtiment ne date pas de 37.

Nico : Le bâtiment du grand palais ?

Marie : Il date de 1900.

Nico : Ca c’est amusant pour l’anecdote, le bâtiment a été construit parce qu’ils avaient envie de faire une grande avenue derrière le pont Alexandre III, et comme il y avait un gros bâtiment à cet endroit là, ils l’ont coupé en deux, ils ont fait le grand palais et le petit palais. Il ne faut pas que je fasse d’erreurs…

Pierre : C’est fondamental de ne pas faire d’erreurs.

Nico : Et donc c’est pour cette exposition de 1937, dès 33, tout le monde commence à essayer de poser les pierres d’un palais pour parler des sciences, parce que toutes ces personnes se sont dit qu’une expo des arts & techniques de la vie moderne, si on parlait pas de la recherche scientifique et de ses créations, c’était un peu étrange. La grande idée du palais qui ressortait à cette époque, c’était une volonté de ne pas faire un musée où on exposerait des objets historiques des sciences mais de faire un musée de la Science vivante, qui serait constamment renouvelé, qui serait durable, qui se mettrait à jour et où on y verrait la fameuse expression : « la science en train de se faire », qui est de Jean Perrin.

Pierre  : Montrer la science en train de se faire.

Nico : Et en particulier ne pas exposer des objets mais plutôt exposer des phénomènes comme on peut voir encore aujourd’hui au palais de la découverte.
Au tout début le premier nom qui est apparu c’est le palais des éléments, mais ça n’a pas duré très longtemps. Puis après on a pensé à palais des sciences, palais de la recherche, il n’en fut rien, le nom a été décidé par Perrin, donc de l’appeler palais de la découverte, comme un grand programme en disant que le but n’était pas de faire un musée des sciences mais un endroit où le public découvrait la recherche scientifique mais aussi où on présentait les découvertes et non les sciences etc.. On va y revenir, mais ce qui est intéressant, c’est que du coup c’est la science ancrée dans son temps, et donc la science en train de se faire et parfois en train de se tromper. Ca peut arriver aussi mais c’est ça qui est intéressant. C’est que c’était vivant.

Franck : Et aujourd’hui c’est la science encore en train de se faire et de se tromper ?

Nico : On ne sait pas encore en tout cas.

Pierre : On ne sait pas encore si on se trompe ou pas mais la science en train de se faire ça peut se concevoir de différentes façons.

Nico : Je vais y revenir.

Franck : Mais c’est au sens de la recherche ou au sens de l’observation ?

Nico : Les deux, on va y venir de toute façon sur les expositions, en fait toi tu n’y es jamais allé ?

Franck : Si, j’y suis allé avec l’école.

Nico : Un vague souvenir… Alors, cette idée de présenter la science en train de se faire et entre autre, d’insister pas mal sur la médiation humaine, d’avoir des vrais humains voire des scientifiques qui présentent les sciences, c’était une grande nouveauté, à l’époque ça se faisait pas du tout, voire très peu, même dans le monde d’avoir un musée très interactif comme ça. Ca fait partie des inventeurs d’une muséologie interactive. J’ai vu ce terme je ne sais pas à quel point il est utilisé. Ce qui est amusant c’est qu’à l’époque même il se vantait un peu d’un aspect « presse-bouton », c’était interactif, alors qu’aujourd’hui dans le palais on a envie d’en avoir un peu moins, et on insiste sur la médiation humaine. A l’époque, même l’aspect presse-bouton était nouveau c’est-à-dire qu’on avait un phénomène qui apparaissait quand on appuyait sur un bouton. Ca je l’ai déjà dit, le palais a montré des phénomènes et était avec son temps. Un exemple de ça qui est extrêmement intéressant, en 1985 on a découvert qu’on pouvait obtenir des supraconducteurs à des températures assez élevées, (assez élevées c’est de la température de l’azote liquide, ça reste bas) c’est plus élevé que les supraconducteur avant. Le palais l’a intégré en 86, c’était une façon très rapide d’intégrer la science, ils se sont dit c’est faisable, on a de l’azote liquide sous la main, en tout cas c’est facile à acheter et ce n’est pas cher et donc on peut présenter les supraconducteurs. C’est moins cher que le reste. Tu peux me couper.

Pierre : Je n’ose pas.

Nico : On est en 36, là c’est peut-être justement la partie où ce sera plus intéressant que tu me coupes. En 36, Perrin devient ministre du Front Populaire (je crois que ce n’est pas ministre exactement, ça doit être secrétaire d’état), chargé de la recherche scientifique, ce qui facilita sans doute , la finalisation du projet et surtout l’aboutissement du lieu tel qu’il l’avait imaginé. Alors peut être 2 mots sur l’importance du Front Populaire dans la création du Palais, parce que j’ai trouvé en fait des choses assez divergentes là dessus, où il y a des gens qui disent « oui c’est grâce au Front Populaire » et d’autres où c’est plus une coïncidence.

Pierre : Disons que l’ouverture à lieu en mai 1937 et ça reste ouvert pendant 6 mois pour l’exposition universelle, alors on peut dire que ça se produit pendant le Front Populaire mais ça a quand même était une maturation depuis 1932-1933, qui était avant le Front Populaire. L’idée de l’exposition universelle de 37, c’est quand même montrer la puissance coloniale française dans le monde, enfin des choses comme ça qui ne sont pas vraiment des choses parfaitement Front Populaire. C’est plutôt la grandeur de la France grâce à ses colonies etc.

Nico : Je crois qu’au niveau scientifique il y avait des aspects très franco-français dans les choix de l’époque. De toute façon on va parler justement du projet initial du Palais. Le but était en effet de faire cette exposition universelle, c’était un peu le rayonnement de la France et des colonies.

Pierre : C’est une exposition universelle, ça veut dire aussi qu’il y avait un pavillon de l’union soviétique, un pavillon de l’Allemagne nazi etc etc…

Nico : Et c’est une exposition qui a quand même laissé 6 musées, j’ai la liste, une liste assez impressionnantes, parce qu’on se dit que si on n’avait pas fait l’exposition, il y aurait beaucoup moins de choses à Paris, à savoir : le musée de l’Homme, le musée d’art moderne, le musée des monuments français, le musée des arts et de la tradition populaire, le musée de la marine et le Palais de la découverte qui était provisoire et qui était aussi provisoirement dans le grand palais je crois. Ca ne devait pas durer.

Pierre : Ca ne devait pas durer, et c’est remis en cause régulièrement depuis la création.

Nico : Ce qui est encore très intéressant sur cette création c’est que tous les espaces du palais sont conçus par des scientifiques, pour le moins reconnu. Il y a Emile Borel qui se charge de la partie mathématiques, qui est connu pour la théorie des fonctions et des probabilités.
Robin : Oui, ça fait partie des grands du début du 20e siècle, essentiellement à cette période là il y avait une grande école de maths en France et une grande école des maths en Allemagne. Ce n’est pas le dernier des français.

Pierre : Disons qu’à l’époque c’est un peu le pape des probabilités.

Nico : Pour l’anecdote c’est le seul nom de mathématiciens important qui n’apparait pas dans la salle PI. Il y a une frise avec le nom des mathématiciens et comme c’es lui qui l’a créée, il n’apparait pas dessus.

Robin : C’est ça, c’est difficile de dire : « je me mets dans la liste des mathématiciens importants ».

Pierre : Quand même, pour être franc, il y a Emile Borel qui est le cerveau mais il y a quand même quelqu’un d’autre qui intervient, lui (Emilie Borel) ne met pas les mains dans le cambouis sauf pour le tableau. Il n’a rien fait. Il a juste fait quelque chose de théorique à propos de cet espace et celui qui fait les choses, qui pilote les choses sur le terrain c’est André Sainte-Laguë….

Franck : Il pilote les choses sur le terrain, c’est-à-dire ?

Nico : Il fabrique le lieu.

Pierre : C’est lui qui est responsable du lieu suivant les instructions, suivant les grandes idées d’Emile Borel, c’est quand même lui qui est là, sur place, qui vient sur place. Il est prof au CNAM et c’est lui qui met en place les choses.

Franck  : C’est de l’architecture quoi.

Pierre : Il a des grandes idées. Par exemple il y a une grande idée d’Emile Borel, c’est de faire une salle qui va s’appeler « l’antre du mathématicien », et après elle s’appellera la salle ronde, ce qu’on appelle maintenant la salle PI. C’est lui qui décide qu’il faut faire ça. Maintenant ce qu’on met dedans exactement, ce qu’on va raconter à l’intérieur c’est quand même Sainte-Laguë qui s’en occupe.
Nico  : Juste pour préciser quelque chose que tu as dit très brièvement. Quand il disait le tableau qui a été fait, dans la salle PI au fond, il y a un faux tableau ce n’est pas de la vraie écriture, sinon il n’y aurait plus rien d’inscrit et c’est Emile Borel qui a écrit des formules qui veulent a peu près dire quelque chose par morceau je crois, c’est ça ?

Pierre  : Non ça veut dire des choses.

Nico  : Même dans la continuité ?

Pierre  : Oui, c’est une espèce de formulaire, de résumé, à propos d’une expérience aléatoire répétée un certain nombre de fois. Il est venu avec son petit pot de peinture blanche et son petit pinceau et il a peint à la peinture blanche sur un tableau, sur une peinture à tableau. Si bien qu’effectivement, maintenant il n’y a plus beaucoup de gens qui ont de la craie dans la poche, mais pendant très très longtemps les gamins qui arrivaient au palais avaient en général de la craie dans le poche et ils écrivaient des âneries sur le tableau au milieu de la peinture d’Emile Borel. On pouvait effacer les âneries et la peinture restait. Et ce dont il parle c’est typiquement les proba, c’est-à-dire c’est quelque chose qui concerne par exemple le fait de lancer une pièce, regarder si elle tombe sur pile ou sur face. Si je la lance une fois, il est tout à fait clair que je ne sais pas dire si ça va être pile ou face. Si je la lance 10 fois, je commence à me douter que ça devrait être à peu près autant de fois pile et face, mais bon. Si je lance 1 million de fois, ça personne ne l’a jamais fait, je m’attends à ce que ce soit 500.000 piles 500.000 faces, mais pas exactement, 500.000 piles, et pas exactement 500.000 faces. Ce qu’il regarde, le formulaire dont il est question sur ce tableau qui est là ad vitam aeternam, (au moins depuis 75 ans) comment on peut s’écarter un peu de ce 500.000, que ce soit raisonnable de s’écarter de ce 500.000 et que ce soit toujours une pièce pas truquée. C’est-à-dire, si je trouve 300.000 piles et 700.000 faces, c’est clair que la pièce est truquée. Si je trouve 495.000 piles et le reste en faces je pense qu’on peut considérer que ce n’est pas truqué. Jusqu’où on peut mettre la barre, jusqu’où on peut s’éloigner de la moyenne disons, ce qui est assez surprenant pour le commun des mortels c’est que ce truc là fasse intervenir le nombre PI. Donc comme c’est dans la salle PI, voilà….

Nico  : Et ceux qui viendront samedi verront à l’entrée de la salle PI une des formules mathématiques les plus efficaces pour mettre les constantes parmi les plus importantes rassemblées.

Pierre  : Il y a un vaste débat là dessus qui consiste à dire qu’il y a deux écritures de cette formule, peu importe ce que ça veut dire : e^iPi = -1 ou e^iPi + 1 = 0. Suivant la façon dont on l’écrit on fait intervenir 0, 1 puis d’autres constantes mathématiques qui sont e, Pi et i ou bien seulement -1 qui est quand même quelque chose d’important. C’est moins bien parce qu’il n’y a pas 0 et 1 mais c’est bien parce qu’il y a -1.

Nico  : Je ne savais pas qu’il y avait débat.

Pierre  : Il y a débat chez les mathématiciens depuis longtemps, indépendamment de la salle PI. Quelle est la formule la plus riche, disons, est ce que c’est celle qui fait intervenir 0 et 1 ou celle qui fait intervenir -1.

Nico  : Alors tous les autres départements il y a des gens très connus, reconnus. Je vais peut être pas les citer tous. Il y a Jean Perrin qui s’occupe du département de physique, en chimie on a Georges Urbain qui a découvert deux éléments de la classification le lutécium et le celtium. En biologie c’est Henri Laugier. Je ne sais pas Marie si tu es capable de nous dire des choses.

Marie : Henri Laugier, non, il y a Jean Rostand et Jean Painlevé qui sont des biologistes reconnus à l’époque. Jean Rostand qui a travaillé beaucoup sur les batraciens et la parthénogenèse c’est-à-dire la reproduction de femelles qui donnent des femelles sans avoir besoin de males, et Jean Painlevé qui travaillait sur l’évolution mais qui est surtout connu pour les films scientifiques qu’il a fait à cette époque là.

Nico  : Ca c’est amusant parce qu’à l’ouverture il y avait un endroit avec des films qui était l’endroit cinéma au palais.

Franck : Quelles étaient les idées en biologie qui dominaient à l’époque ? L’évolution, on connaissait ça depuis longtemps ?

Marie : Oui quand même…

Franck : C’était l’eugénisme à l’époque

Marie  : On a dit de Jean Rostand qu’il était un peu eugéniste.

Franck : Parce qu’il y avait un peu le racisme qui apparaissait aussi.

Nico : On était en 37 accessoirement…Il y avait le petit fils de Louis Pasteur aussi qui était en microbiologie. C’est Louis Pasteur Vallery-Radot….Enfin il y avait un certain nombre de personnes assez connues scientifiquement, le dernier est peut être pas le plus connu, il travaillait surtout pour présenter les travaux de son grand père.

Robin  : On peut dire que la qualité a baissé depuis c’est ça que tu veux dire ?

Nico  : Je n’ai absolument pas dit ça, justement j’allais dire que ça a perduré. A l’époque c’était le palmarès, le casting le plus prestigieux. Mais ce qui a été gardé c’est que c’est des gens avec des formations scientifiques. C’est quelque chose qui est assez particulier au niveau des musées des sciences ou des palais des sciences, avoir des gens qui ont des formations scientifiques au palais. Il y a les permanent que vous représentez entre autres ici, qui ont des formations scientifiques, il y a aussi un certain nombre de doctorants, peut être un peu moins maintenant, qui font leur monitorat. J’ai oublié de le dire au début, il faut le préciser pour l’objectivité, j’ai fait 3 ans au palais de la découverte en monitorat de mathématiques, niveau objectivité….

Robin : D’où les deux invités de maths…

Nico : Je ne sais pas quelle part représentent les doctorants au palais ?
Pierre  : Maintenant qu’on a fusionné avec la cité des sciences et qu’on n’est plus un EPSCP, qu’on n’a plus le statut d’un grand établissement de l’université, je ne sais pas exactement. Avant, quand on était indépendants, il y avait une trentaine de moniteurs dans le palais, entre les différents départements.

Nico  : Sur combien de médiateurs ?

Pierre  : L’un dans l’autre, il y a quelque chose comme 40-45 médiateurs.

Nico  : Quasiment autant.

Pierre  : Maintenant si on regarde, sauf le respect que je te dois, le nombre d’heures que vous êtes appelés à faire, c’est de l’ordre de 60h par an, et 60h c’est quelque chose qu’on fait en moins de 2 semaines….

Nico  : En fait c’était pour dire qu’il y avait des gens avec des formations scientifiques et sur l’aspect doctorant ce que je trouve intéressant, c’est de la recherche contemporaine, moi je présentais des choses que je faisais en thèse.

Pierre  : C’est important pour les unités scientifiques, parce que maintenant c’est des unités, et plus des départements c’est assez important d’être en contact de façon assez naturelle avec la recherche actuelle. Grâce aux moniteurs.

Marie  : C’est un apport qui est vraiment important pour réactualiser nos présentations, les salles.

Pierre  : On a d’autres moyens de se tenir au courant de ce qui se fait dans la recherche, mais il faut reconnaitre que le fait d’avoir des gens qui sont dans la recherche et en même temps dans notre unité c’est quand même beaucoup plus simple.

Franck  : Mais est ce qu’ils ne s’ennuient pas un peu les doctorants qui font de la recherche ?

Nico  : Absolument pas.

Pierre  : La preuve il nous invite maintenant…

Franck  : C’est peut être un cas particulier ?

Nico : On en discutait, j’allais en parler à la fin. Il se trouve que ça c’est amusant mais le palais de la découverte, c’est un peu un nid pour des gens qui deviennent médiateur scientifique. C’est-à-dire que tous ceux qui quittent le palais, il y a des médiateurs que je connais qui continuent à en faire à droite à gauche, par un moyen ou par un autre de la médiation. Ca n’a pas du trop les embêter.

Robin : je voulais juste signaler, on en parlera peut être après mais quand je disais le niveau a baissé, c’était pour rigoler mais c’est vrai qu’actuellement de le palais de la découverte, nul part dans l’organigramme on a des gens du niveau de Jean Perrin, d’Emile Borel, qui sont dans les organisateurs.

Nico  : C’est pour ça que je disais que c’était un casting de départ de rêve.

Pierre  : Il n’y a pas de prix Nobel mais par exemple au conseil scientifique d’université on a quand même Cédric Villani. On peut dire que la participation d’Emile Borel, Jean Perrin etc c’est au niveau du conseil scientifique plutôt qu’au niveau d’être membre du personnel…
Nico  : Cédric Villani, c’est la médaille Fields, il ne faut pas dire prix Nobel des maths parce que c’est plus dur à avoir que le prix Nobel, parce qu’on a le droit que jusqu’à 40 ans. C’est tous les 4 ans.

Robin  : Il y a 4 personnes récompensées tous les 4 ans.

Pierre  : Pas toujours comme ça, mais souvent. Disons que par rapport au prix Nobel, le prix Nobel c’est les championnats du monde, la médaille Fields c’est les Jeux Olympiques. Ce n’est pas le même prestige…

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Nico  : Alors, parmi les expositions à l’ouverture, on va en reparler tout de suite mais il y avait au moins la machine électrostatique qui a marqué pas mal de monde parce que c’était une machine immense qui faisait 20m de haut, où il y avait des gens à l’intérieur qui se faisait charger à plusieurs milliers de volts. Il y avait le premier planétarium français, et un des premiers au monde, parce que ça faisait une dizaine d’années que ça existait, et l’homme de verre qui a priori a pas mal marqué.

Marie  : Qui venait d’Allemagne en fait, qui avait été conçu et construit dans un musée de Dresde en Allemagne et qui est venu en France au grand palais pour l’ouverture du palais de la découverte.

Nico  : Et donc l’homme de verre où la peau est en verre, on voit à l’intérieur, tous les organes.

Marie  : Le squelette etc… Il est resté ensuite au palais de la découverte cet homme de verre et il a été refait, remplacé en 1985.

Nico las : Ca veut dire quoi justement ? J’ai vu qu’il avait été refait mais ça a pas du trop changé à l’intérieur.

Marie  : Non on a toujours le foie au même endroit, le cœur aussi. Mais un objet ça s’use, ça devient un peu vieux…

Nico  : Et il est toujours en verre ?

Marie  : Non, sa peau est en plastique, je ne sais pas lequel. Il y a aussi eu une femme de verre.

Nico  : C’était une exposition temporaire ?

Marie  : Une exposition temporaire qui s’appelait l’homme transparent.

Nico  : Il va falloir faire la femme enceinte de verre. Et donc l’homme de verre, on pourra y passer samedi, il est encore là. C’est ce qu’on disait. Du coup cette expo a plutôt bien marché parce que le 30 octobre, 2 millions de visiteurs sont atteints. Très vite, il y a énormément de visiteurs, ce qui fait qu’on crée de nouvelles expo pour enrichir le lieu, et on décide que le lieu sera maintenu. Il est d’abord rattaché au CNRS, alors ça c’est déjà très intéressant, ou a la caisse national des sciences.

Pierre  : Le CNRS en tant que tel existe à partir de 1939. On décide qu’il (le palais de la découverte) est maintenu en 38. Il ferme fin 37 et rouvre en 38. Grâce à Jean Perrin et Jean Zay qui était ministre de l’éducation nationale à cette époque.

Nico  : Rattaché au début à la caisse nationale des sciences, ancêtre du CNRS. Assez amusant de rattacher un lieu de diffusion scientifique à la caisse nationale des sciences. Plus tard, en 1940, à l’université de paris, le palais de la découverte jusqu’à il y a peu de temps avait le même statut qu’une université, ce qui explique que des gens qui voulait une agrég, des enseignants chercheurs, des doctorants pouvaient travailler au palais de la découverte. Ca facilite aussi énormément des visites par des scolaires. Je ne sais pas si ça a changé quelque chose le fait que ce ne soit plus rattaché à l’université ?

Pierre  : Non.

Nico  : Voilà en gros, pour la création du palais.
 Pierre  : Il y avait aussi des visites scolaires à Eurodisney…

Robin  : Ce n’est pas de l’éducation nationale qu’on dépendait mais de la recherche.

Pierre  : Disons que la relation avec les universitaires, les centres de recherche, était beaucoup plus naturelle dans la mesure où on avait le même statut.

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Nico  : Je vais parler au moins des 3 choses qui ont le plus marqué à l’époque dans les visites.
La machine électrostatique. En 37, quand on entrait dans le hall d’Antin, on tombait nez à nez avec un structure immense, un générateur Van de Graaff, qui avait un filet protecteur géant de 25m pour protéger deux colonnes de 19m de haut, au sommet desquelles se trouvait des sphères de 3m de diamètre chacune chargée à 10000V. Lorsque les boules étaient suffisamment chargées il y avait un éclair géant qui se formait entre les deux qui a priori faisait 5 millions de volts, ça traversait l’air. Et le clou de l’expérience c’était une fois que ça c’était fini, des gens sortaient des boules, intacts, sans problème, pour illustrer la cage de faraday. C’est quand même un truc assez impressionnant qui n’est plus là aujourd’hui. Mais c’est plus intéressant, parce qu’à l’époque c’était des médiateurs qui se mettaient dans les boules alors qu’aujourd’hui ce sont des gens du public qui se mettent dans la cage de faraday et qui se font charger. Alors c’est là où les chiffres, je ne suis pas physicien j’ai un peu de mal, a priori les gens sont chargés à 30.000 volts alors qu’à l’époque c’était 10.000 volts.

Franck  : Petits joueurs…

Nico  : C’est quelqu’un du public qui se trouve enfermé dans la cage, alors je ne sais pas si ce sera un auditeur samedi parce qu’il faut que ce soit une fille avec les cheveux longs, et en plus je crois que la cage n’est pas en super état en ce moment, mais c’est un autre problème.
Dans les autres trucs marquants, il y a la planétarium, ce qui est intéressant c’est que c’est un des premiers planétarium français, qui était dans le hall. Il a été démonté à la clôture de l’expo puis refabriqué en 52, et depuis 79, il est dans un coin à l’étage du palais de la découvert. C’es pareil, c’était la première fois que les gens voyaient un planétarium, voyaient des étoiles etc c’est assez intéressant d’en parler et l’homme de verre on en a déjà parlé.
Dans les choses marquantes, mais ils ont oublié de préciser, c’est là que je ne suis pas du tout objectif il y avait la salle PI, on va pouvoir vous parler de la salle PI. C’est une salle qui parle de PI, ce qui est marrant c’est qu’elle est cylindrique en bas, et demi sphérique au niveau du toit. Il y a les décimales de PI. J’en avais parlé dans le dossier sur PI, c’est des décimales de Shanks, qui étaient calculées à l’époque, il y en a 707. Ce qui était marrant, c’est que c’était des décimales qu’on avait calculées à l’époque et c’est là où c’est la science en train de se tromper et qui n’étaient pas vérifiées à l’époque et il se trouve que quand on a pu vérifier, c’était pas par ordinateur qu’on a vérifié.

Robin : Si.

Nico  : Il y a un humain qui a vérifié avant.

Robin  : Non a priori, non. Shanks avait calculé 707 décimales à la main en 1870 et des bananes.

Pierre  : 1873.

Robin  : Il a mis quand même du temps et c’est clair que se dire je vais vérifier son résultat ben c’est nul parce que t’as pas ton nombre dans le livre des records parce que tu fais que vérifier.

Nico  : Sauf si tu trouves qu’il a faux

Pierre  : Il a mis 20 ans à faire les calculs, si en 1873 il commence à vérifier il publie son résultat en 1893 dans le meilleur des cas. Les gens étaient un peu impatients quand même, il y avait 707 décimales qui étaient calculées il voulait les voir.

Robin  : Personne n’a eu le courage de vérifier avant les ordinateurs en fait.

Nico  : Avec la millionième décimale, publication exceptionnelle que possède le palais de la découverte.

Robin  : Ca c’est bien après

Pierre  : C’est en 1973.

Robin  : Le premier calcul par ordinateur c’était 808 décimales.

Pierre  : 2032.

Robin  : Bon d’accord OK. J’aimais bien 808, je trouvais ça amarrant 707, 808…

Nico  : Pierre connait le nombre de décimales de PI par année.

Robin  : En 49 , il y a quelqu’un qui a battu le record de shanks avec un ordinateur et qui s’est rendu compte que c’était pas 707 décimales qu’il avait calculé mais 527, puisqu’à partir de la 528ème et toutes les suivantes étaient fausses.

Nico  : À l’époque, ce n’est pas un mythe, on s’est dit que l’ordinateur s’était trompé.

Pierre  : Dans la philosophie de l’époque, c’était clair, si l’ordinateur trouvait pas la même chose que Qhanks, ça voulait dire que l’ordinateur c’était une machine du diable, qui n’avait pas d’avenir puisqu’elle n’était pas foutu de refaire les calculs qu’on savait faire à la main.

Alan  : Très pratique ça c’est encore très souvent la faute de l’ordinateur aujourd’hui.

Pierre  : Disons que bon « ça a pas d’avenir », les gens qui disaient ça à ce moment là se sont un peu trompés quand même.

Nico  : Un peu.

Robin  : Ca veut quand même dire que pendant une dizaine d’années les décimales étaient fausses mais évidemment personne ne s’en est rendu compte.
Nico  : C’est ça qui est intéressant, c’est que c’était quand même la science du moment, et la découverte du moment.

Pierre  : En temps réel ça a été modifié.

Nico  : Et il n’y a quasiment pas eu besoin de fabriquer de nouveaux chiffres.

Pierre  : Si. Malheureusement oui, parce que dans les décimales de Shanks on espérait qu’il y ait 70 « 0 », 70 « 1 » etc et en fait il y avait 53 « 7 » et à l’heure actuelle il y en a 65 c’est-à-dire qu’avec les bonnes décimales on retrouve quelque chose qui est raisonnable par rapport à ce qu’on espérait. Ca veut dire qu’on est passés de 53 à 65 pour les 7 donc il a fallu retailler des 7, pas simplement permuter des chiffres pour les mettre à la bonne place, c’était aussi en créer de nouveaux qui n’étaient pas la.

Nico  : D’autres choses à nous raconter sur la salle PI ?

Pierre  : Disons qu’à un moment donné on s’est quand même rendu compte que sur les 707 décimale il en manquait 3 qui étaient tombés…Il y a une petite corniche et c’était tombé derrière, le temps qu’on se rende compte que les décimales étaient tombées, qu’on se renseigne sur comment il fallait faire, qu’on trouve le moyen de prévenir qu’il fallait recoller les chiffres, quand le gars est arrivé pour recoller les chiffres ils n’ étaient plus là. Donc il y a quelqu’un qui a braboté les 3 décimales, aujourd’hui il n’y en a que 704. On s’en fout un peu parce qu’on en a calculé beaucoup plus, parce que si en 1950 on en était à 2000.EN 2012 c’est un peu mieux.

Nico  : 10.000 milliards.

Robin  : Ce n’est pas homologué encore.

Pierre  : Ce qui est homologué c’est 2700 Milliards.

Nico  : Je ne sais plus si on est dès la création, j’ai eu un peu de mal à savoir, c’est la loterie de l’hérédité.

Marie  : Elle n’y était pas à la création.

Nico  : Qui est assez intéressante, peut être tu peux nous décrire ce que c’est.

Marie  : C’est une très grande maquette aussi. Elle doit faire 5m de haut, on a deux axes verticaux qui soutiennent des tiges avec des paires de chromosomes. On mélange en faisant tourner les chromosomes sur leur tige, on mélange tout et on prend au hasard dans cette forme de loterie des chromosomes chez le père, chez la mère pour simuler un enfant.

Nico  :Et on voit le visage de l’enfant simulé.

Marie  : Aujourd’hui on voit le visage de l’enfant. A l’époque on ne voyait pas le visage. La loterie a été installé au palais de la découverte au début des années 50, entre 50 et 55, elle avait été conçue par Jean Rostand, c’est un principe pour expliquer les bases de la génétique de Mendel c’est-à-dire la transmission des caractères héréditaires des parents aux enfants. C’est un principe qui est vraiment super clair.

Nico  : Ce qu’on voit très bien c’est par exemple les caractères récessifs.
Marie  : Oui voilà, dominant, récessif, ça explique très bien. Ca fait un petit moment que je circule dans le milieu et j’ai vu beaucoup de choses pour essayer de faire comprendre ces lois qui sont pas évidentes pour le grand public, je n’ai jamais vu aussi bien. Effectivement à la création, au moment où on l’a installé, il y avait sur cette maquette, 48 chromosomes pour chacun des individus, alors qu’en fait l’homme ne possède que 46 chromosomes, mais ça on l’a su en 59. Là aussi c’était la science en train de se tromper.
On connaissait les chromosomes depuis la fin du 19eme siècle mais on avait des difficultés techniques d’observation qui ne permettaient pas de savoir exactement.

Nico  : J’avais lu, j’ai du me tromper en recopiant, qu’on en avait mis 46 au début quand en réalité il y en avait 48. Mais en fait c’était dans l’autre sens, on en voyait deux de trop.
Marie  : Oui il y avait une erreur dans ce que tu as lu. Ils se sont trompés.

Robin  : Ce n’est pas Mendel qui a découvert les chromosomes, il a fait ses lois sans connaitre l’existence des chromosomes.

Marie  : Absolument, oui. Il ne connaissait pas du tout les chromosomes. Lui il parlait d’entités qui portaient les caractères.

Robin  : mais il ne savait pas ce que c’était.
 Alan  : Et l’ADN a été en découvert en 52-53 ?

Marie  : 53.

Alan  : Donc ca coïncidait.

Marie  : Oui tout avançait un peu parallèlement. Les connaissances là dessus. Il y avait des biologistes, pas mal de physiciens qui travaillaient sur l’ADN, sur l’observation, sur la structure de l’ADN.

Nico  : Dans les choses très intéressantes aussi, parce que là même plus que la science en train de se tromper c’est quasiment le reflet d’une époque intellectuelle c’est qu’il y avait un gène de l’intelligence dans la loterie.

Marie  : A l’époque on pensait que parmi les caractères héréditaires, il y avait l’intelligence.

Nico  : Qui a été retiré de la loterie depuis.

Marie  : C’est toujours controversé d’ailleurs

Franck  : mais il y a un peu de ça quand même.

Nico  : a priori c’est un ensemble de gènes.

Franck  : Il y a un caractère héréditaire quand même je pense.

Marie  : Actuellement tous les chercheurs sérieux pensent qu’il y a une part héréditaire, et une part de l’environnement c’est-à-dire l’éducation, le milieu dans lequel on vit, qui est prépondérante, qui peut moduler beaucoup l’expression de ces gènes qu’on ne connait pas de toute façon.

Robin  : Donc ce n’était pas si faux que ça de faire un gène de l’intelligence, après l’intelligence c’est difficile à définir.

Marie  : Oui déjà il faudrait savoir comment on définit l’intelligence.

Nico  : Et sur le fonctionnement de la loterie de l’hérédité, une fois qu’on a fait le tirage au sort, ce qui est intéressant pour voir le fonctionnement des gènes récessifs ou non c’est de la modifier localement. Quand t’as un gène de l’intelligence ça devient un peu plus gênant que quand tu modifies le gène du menton.

Marie  : « ah ben celui là il est crétin, dommage. »

Nico  : Il n’avait pas de tète à l’époque.

Marie  : Il y avait quand même des caractères morphologiques, couleur des yeux des cheveux, des cheveux, formes des sourcils, du nez. etc…

Nico  : Le fait de réussir à faire des nœuds avec sa langue ?

Marie  : Oui, la gouttière linguale.

Nico  : C’est génétique. Voilà pour la loterie de l’hérédité.
Dans les choses plus récentes, on a un peu quitté la création, il y a les récréations mathématiques, ça vaudrait le coup d’en parler un peu quand même. Les récréations mathématiques c’est la salle la plus sélective du palais de la découverte.

Robin  : Oui les autres il n’y a pas de sélection du tout donc…

Nico  : Pas à la création mais, aujourd’hui c’est la salle la plus sélective puisque il y a un test d’entrée que vous ferez tous.

Pierre  : Ca ne plaisante pas… Mais c’est un test que tout le monde réussit quand même

Robin  : En plus ou moins de temps.

Pierre  : Réussir à mettre la langue en U c’est à peu près 90% de la population qui arrive à le faire, en tout cas une grande majorité. Là c’est la totalité des gens qui réussissent à le faire. Le test c’est juste pour rigoler. L’idée c’est de montrer qu’on peut prendre un certain plaisir à faire des maths, par exemple en réussissant ces test. En général quand les gens réussissent, ça se voit plutôt dans leurs yeux ou ça s’entend parce qu’ils poussent des cris. Avant de regarder ce qu’ils ont fait vraiment dans leur main. On peut dire que c’est essayer de montrer aux gens qu’on peut arriver à prendre du plaisir à faire des maths.

Robin  : Si on le fait pas il y a quand même un certain nombre de personne qui arrive pour accompagner leur famille, leurs enfants, qui disent « Nonon ce n’est pas pour moi je ne vais pas participer » et là le truc qu’on leur propose a l’air tellement simple qu’ils ne savent pas dire non et une fois qu’ils ont trouvé ils sont tellement content qu’ils ont envie de faire la suite. C’est une espèce de façon d’accrocher les gens.

Nico  : C’est un espèce de casse-tête qui a ce coté, ce qui est toujours la première question des gens, c’est un casse-tête à deux pièces identiques, quand on dit « il faut faire un tétraèdre » la première question c’est « c’est tout ? ».

Robin  : Oui ou « c’est possible avec deux pièces ? vraiment ? » C’est toujours ça qu’on entend.

Nico  : La salle de récréation c’est plein de petits casse-têtes comme ça et accessible de 9 à 99 ans.

Pierre  : Oui on va peut-être changer la formule parce qu’après tout, s’il y a quelqu’un qui a plus de 99 ans…On ne va pas le jeter en lui disant qu’il est trop vieux. On va peut être dire tout simplement que c’est à partir de 9 ans. C’était pour aussi singer un peu la formule de 7 à 77 ans, ça démarre plutôt à 9 qu’à 7. L’idée vient d’un directeur du palais de la découverte qui s’appelle Jean Rose. Jean Rose avait demandé à ce que dans le département on fasse des activités pour des gamins du primaire, pas seulement des ados et donc dans les choses qui ont été pensées, ça devait être autour de 85-88. Dans les choses qui ont été faites, à l’époque celui qui s’occupait des maths c’était Jean Brette, il avait cogité un certain nombre de manips qu’on pouvait faire de façon assez approfondie avec les gamins du primaire. Il a testé d’ailleurs, y compris en situation, en se déplaçant lui-même dans des écoles pour mener une activité autour de ces manips. L’idée c’était de faire quelque chose qui soit accessible aux gamins qui nécessitent pas un prérequis sur la lecture extraordinaire pour essayer de comprendre la situation et pouvoir essayer de faire quelque chose et qui soit abordable où on puisse avancer dans une durée relativement courte. Donc que ce soit signifiant, qu’il y ait quelque chose qui soit vraiment fait de type maths au cours de cette activité. Etant entendu que l’activité devait être très courte du style 1H30, 2h max. Ca c’est quand même énormément réduit, c’est 1h tout compris max.

Nico : Il y a des gens qui restent plus longtemps.

Pierre : Quand on est avec des classes non. Et finalement ça c’est pas mal diversifié. Il avait proposé une certain nombre de situations puis finalement à force, on a réussi à en rajouter une ou une autre, le tétraèdre par exemple c’est quelque chose qui a été rajouté après. Mais c’est toujours dans le même esprit, c’est à dire avoir une situation dans laquelle les gens, et en particulier les gamins, peuvent entrer assez rapidement dans la situation. S’approprient le sujet, puis trouver dans un temps raisonnable des choses un peu conséquentes sur l’action en situation et être assez réceptif pour les explications, s’il y a besoin d’en donner. Il y a des fois où il n’y a pas besoin d’en donner et il y a des fois où il y a besoin d’en donner, ça permet d’avoir aussi un discours sur les méthodes qui permettent de faire des maths. C’est-à-dire qu’est ce qu’une condition nécessaire, une condition suffisante, qu’est-ce qu’un raisonnement, une démonstration, une définition même, on a un casse-tête avec une seule pièce qui permet de poser la question de la définition.

Nico : Il a un nom très classe.

Robin : Les trous du cube.

Pierre : Il faut faire attention à la façon dont on le dit. Ca permet de poser la question de la définition et de voir à quoi peut servir une définition en maths.

Nico : La question est très simple. Combien de trous a le cube du casse-tête.

Robin : Qui est un simple cube qui est percé de part en part.

Nico : Sur toutes les faces les trous se rejoignent au centre.

Robin : On ne va pas entamer la discussion maintenant….

Pierre : Si les trous se rejoignent au centre ça veut dire qu’on a une définition particulière de ce qu’est un trou. On va supposer qu’en fait la question qui est posée par le casse-tête, et qu’est ce qu’un trou d’un point de vue maths (je parle pas d’autre chose), il y a moyen d’aller très très loin dans les différentes acceptions du terme et est-ce que c’est quelque chose qui est utile après en maths. Est-ce que le fait qu’on ait une définition va permettre de faire des maths ou c’est une espèce d’impasse parce qu’on a une définition tellement précise, qu’elle marche juste pour ce cube. C’est pas très utile à ce moment là…

Robin : Selon ce qu’on va appeler être un trou on va pouvoir compter différents trous dans le cube.

Pierre : Eventuellement après on va pouvoir classer un certain nombre d’objets selon le nombre de trous qu’ils ont, des choses comme ça.

Robin : Il y a un exemple simple pour comprendre le type de problème qu’on peut rencontrer, c’est un tuyau, il y a combien de trous ? Certaines personnes seront d’accord pour dire qu’il y a un trou, et dartres disent il y en a 2. Sauf qu’un tuyau court, au bout d’un moment on est embêtés parce que ça ressemble à une bague. Une bague on n’a pas envie de dire qu’il y a deux trous donc il va falloir se mettre d’accord.

Franck : Une bague je dirais qu’il n’y a pas de trou.

Nico : Et c’est là où il y a un coté proche de la réalité avec ce casse-tête parce qu’à la fin, tu sais mettre un tableau au mur sans faire de trou.
Là on va revenir vers Marie parce qu’il y a un truc qui devrait être assez intéressant. En 1989, si je ne me plante pas, tu étais déjà au palais, il y a l’école des rats qui est arrivée. Peut être tu peux nous raconter ? Il y avait des trucs marrants avant, quelle était le but ?

Marie : Avant on avait des pigeons, ça s’appelait pas comme ça mais c’était une école des pigeons, et on avait de pigeons qui étaient conditionnés.

Nico : Et les pigeons savent apprendre.

Marie : Oui, après tous les animaux savent apprendre.

Robin :J’ai même entendu que les vers de terre ça apprend.

Marie : A partir de du moment où ils ont un petit morceau de système nerveux, ils peuvent apprendre.

Robin : Pas grand chose…

Marie : Un ver de terre ça n’apprend pas grand chose effectivement.

Pierre : Il y aussi des gens qui ne peuvent pas apprendre grand chose.

Marie : Oui ceux qui n’ont pas le gène de l’intelligence par exemple.

Pierre : Je pensais à des hommes politiques

Marie : Je crois me souvenir que c’était pas le gène de l’intelligence mais le gène de l’imbécilité. A l’époque en médecine, le terme quand on disait de quelqu’un qu’il était imbécile, c’était un terme médical.

Franck : C’était le crétinisme ?

Marie : Peut être pas.

Franck : Parce que le crétinisme c’est une maladie. Les personnes en manque d’iode. De l’expression crétin des alpes.

Marie : Oui c’est ça le crétinisme. C’est une maladie provoquée par un dysfonctionnement physiologique. L’imbécilité je pense que c’était inné.

Robin : c’était récessif rassure moi.

Marie : Oui sûrement.

Nico : S’il y avait des pigeons avant, c’était pas les premières introductions d’animaux, il y avait déjà beaucoup d’animaux.

Marie : En 37, il y avait déjà des animaux, Il y avait entre autres les poissons électriques. Qu’on a toujours aujourd’hui.

Nico : Il y avait pas le poulpe.

Marie : Le poulpe est parmi les dernières arrivées au palais. Et c’est aussi une école du poulpe, c’est un poulpe qu’on dresse.

Nico : Un peu de d’émotion car il est un peu en fin de vie.

Marie : Non, il n’est pas en fin de vie.

Nico : Il n’est pas en train de se laisser mourir ?

Marie : Non, en fait c’est pas un poulpe, c’est une poulpe, et elle a pondu des oeufs, et donc ça la rend patraque…Il faut qu’elle se remette.

Alan : En conditions naturelles elle protège ses oeufs, elle ne s’alimente plus, elle finit par mourir, avant la naissance. Là au palais c’est peut être différent du coup.

Marie : Au palais on ne sait pas parce qu’elle n’est pas dans des conditions naturelles justement. A partir du moment où un animal comme un poulpe est dans la mer, il est affaibli il est beaucoup plus vulnérable, c’es plus facilement une proie pour ses prédateurs. Là, le notre n’a pas de prédateur, à part les enfants… Des fois ou les invités…

Nico : Le poulpe a parfois un sale caractère aussi.

Pierre : Surtout quand on lui donne du champagne à boire.

Marie : Voilà, là il aime pas.

Nico : Du coup avant l’école des rats, il y avait déjà une école des pigeons, ce qui est intéressant c’est ce qu’ils disent dans un bouquin sur l’histoire du palais de la découverte, j’en parlerai à la fin. Dans ce bouquin, il disent que le but était d’introduire des animaux mais pas comme dans un zoo. Le but était que ce soit des animaux pour la science et pour représenter des phénomènes scientifiques.

Marie : Tout à fait, c’est à dire que le palais, c’est pas un zoo où on présente des animaux juste pour présenter des animaux. Le spectacle des animaux, c’est quelque chose qui intéresse toujours les gens, ils sont un peu fascinés, ils regardent, les enfants en particulier, cette salle où on a des tas d’animaux est la salle la plus visitée par les petits. Par les enfants, les primaires etc… En plus elle est en entrant à droite et ceci dit, on n’est pas un zoo, pas un endroit où on expose des animaux pour montrer comment ils sont fait. Mais comme dans le reste du palais, on montre de la science, et on montre des expériences. On a des animaux, à partir du moment où on peut faire avec eux, pas sur eux, des expériences et montrer des phénomènes naturels au public. Des comportements, des réactions diverses, etc…

Robin : C’est ça la spécificité de la démarche du palais, c’est la science en train de se faire, c’est pas un musée où on montre, on étale, c’est vraiment la pratique de la science.

Marie : Quand on montre un apprentissage de rat, c’est pas vraiment la science en train de se faire aujourd’hui. C’est des choses qui sont connues depuis longtemps. Mais on montre les expériences réelles qui ont été faites.

Pierre : Les gens assistent à la manip, à l’expérience, c’est le sens que donnait Jean Perrin à la science en train de se faire, la science en train de se faire devant les gens. L’expérience scientifique se fait devant les gens.

Nico : Sur certains phénomènes animaux, on voit vraiment des phénomènes sur la communication animale.

Marie : Oui sur les comportements, la communication.

Nico : Comment ils se nourrissent.

Marie : C’est une expérience sur le comportement alimentaire, c’est-à-dire qu’une grenouille, qu’est ce que ça mange ? Quand on pose cette question au public, les réponses sont vraiment très variées, diverses. Et une fois que le public a trouvé que c’est carnivore une grenouille, comment elle fait pour détecter ses proies. Quelles sont celles qu’elle utilise etc… C’est à dire que non seulement on va montrer avec cette présentation là en particulier, un comportement, des phénomènes, des caractéristiques biologiques d’un animal mais en plus on met en oeuvre la démarche scientifique c’est-à-dire qu’on met le visiteur en position du chercheur qui est face à un phénomène et qui se pose des questions, comment ça marche etc.

Robin : Oui, quelles expériences on peut refaire.

Marie : Et comment je vais faire pour avoir la réponse à ma question. On pose des questions au public, et en plus de ça, on lui dit qu’est ce qu’on pourrait faire avec nos grenouilles…

Nico : C’est intéressant qu’on y vienne parce que c’est quelque chose dont j’ai oublié de parler. Au niveau de cette médiation humaine ….. c’est qu’il y a vraiment cette approche de faire trouver le public. Quel que soit l’exposé.

Marie : Le faire participer en tout cas.

Nico : Faire participer et souvent aider, mais le but est que le public donne la réponse.

Robin : Quand on dit la science en train de se faire, c’est plus dans la tête du public.

Nico : Oui voilà, et ça c’est une volonté qui est partagée dans tous les exposés.

Robin : Les récréations mathématiques c’est vraiment typiquement ça, on essaie de les transformer en mathématiciens, le temps d’un atelier.

Nico : Les gens se prennent au jeu.

Robin : En principe oui, la plupart du temps.

Pierre : Il y a quand même quelque chose que tu as dit sur lequel je vais revenir, c’est la façon dont tu présentes les choses, on a l’impression qu’on est censés apporter des réponses. C’est vrai qu’on apporte des réponses mais c’est vrai que la science, c’est pas que des réponses, c’est aussi des questions. L’idée c’est aussi de temps en temps de faire en sorte que les gens repartent aussi avec des questions. Pas que des certitudes. La science et le dogme ,ça va pas bien ensemble. Ok, on a besoin d’avoir un certain nombre de réponses pour avancer, mais une fois qu’on a les réponses, on peut se poser des questions. Et on peut se poser des questions un petit peu au delà grâce à ces réponses qu’on a.

Robin : Ca fait partie des plaisirs permanents qu’on peut avoir, notamment en maths, de dire bravo par exemple dans les récréations mathématiques, on passe notre temps à dire aux gens « bravo vous avez trouvé », mais maintenant on peut vraiment se poser la vrai question c’est-à-dire que globalement quand on a trouvé une solution, c’est qu’en fait on est qu’au tout début pour la plupart des activités qu’on propose.

Nico : Ca c’est une des qualités à ce qu’on disait toute à l’heure. Avoir des vrais scientifiques en face, c’est pouvoir poser des questions. et pas forcément avoir les réponses.

Robin : Frustrer le visiteur, c’est pas mal. On a toujours des questions à poser en fin d’exposé auxquelles on ne répondra pas. J’essaie d’en trouver au moins une par exposé que je pose délibérément à la fin en disant « vous en pensez quoi ? ».

Nico : « On n’a plus le temps » .

Robin : Ouais, on n’a plus le temps c’est la bonne excuse.

Nico : Sur les expositions, celles que j’avais retenues, on peut parler de plein d’autres choses. Je sais pas en maths, là il faudrait parler des exposés en particulier ou alors d’exposition temporaire, en bio il y a plein d’autres choses par contre, je sais pas s’il y en a d’autres.

Marie : Parmi les expo permanentes ?

Nico : Parmi les permanentes il y a des choses que t’aimerais aborder qui sont intéressantes ? marquantes ?

Marie : Il y a une autre façon de faire de la médiation et d’intéresser le public, ce sont des ateliers. Ca se rapproche un peu des récréations mathématiques. C’est-à-dire que dans vos récréations mathématiques chaque visiteur participe, manipule, fait quelque chose. Ce qui n’est pas le cas dans la plupart des autres présentations du palais, que ce soit n’importe quelle discipline où le public est quand même plus spectateur, même si on essaie d’interagir beaucoup. Il y a plein de gens, un médiateur qui fait une expérience ou plusieurs et qui dialoguent. Il y a aussi des ateliers, comme en biologie les ateliers du génomes, qui sont des ateliers sur l’ADN où chaque visiteur manipule, fait une extraction d’ADN, fait une électrophorèse.

Robin : En fait la raison c’est que ce serait pas éthique de faire manipuler les visiteurs sur des animaux par exemple.

Nico : Ils manipulent sur eux mêmes quand même l’extraction d’ADN.

Robin : Oui sur eux mêmes mais sur les animaux, si on laissait les gens toucher des animaux ce serait peut être trop compliqué.

Marie : C’est pas éthique, ça dépend comment ils les manipulent. On ne peut pas traumatiser les animaux en les tripotant, en les manipulant. Le public n’est pas habitué, ils pourraient leur faire mal.

Pierre : C’est aussi pour la sécurité du public lui-même.

Marie : C’est plus pour la sécurité des animaux parce que nos animaux ne sont pas dangereux.
Les rats peuvent mordre, mais justement si on les manipule bien ils ne sont pas méchants. Ils n’ont pas de maladie, les rats qui sont connus pour être porteur de maladie, les nôtres non. Et de toute façon même les rats sauvages ont nos maladies puisqu’ils vivent dans nos déchets, dans nos poubelles, ce sont nos maladies qu’ils portent.

Nico : Les rats ont un retraite. Ils sont bien traités.

Pierre : Les rats du palais .

Robin : Ceux des égouts non. C’est vrai que quand on voit les manips qui se passent en bio, je vois les trucs avec les araignées, carrément il y en a qui les prennent dans les mains, on ne peut pas mettre l’araignée dans la main du visiteur, en disant regarde le fil. Il faut une certaine habitude.

Nico : Après il faudrait voir ce que ça peut apporter aussi.

Marie : Ca arrive, ça va être une personne dans le public qu’on va prendre, pour montrer qu’un animal y compris une araignée c’est pas quelque chose d’horrible.

Franck : Par exemple l’expérience qu’on fait tous à l’école de disséquer une cuisse de grenouille c’est pas du tout dans le genre de ce que vous faites.

Marie : Non on fait pas. Ca s’est fait. Pendant longtemps il y a eu des dissections au palais.

Nico : Par les visiteurs non.

Marie : Non, par les médiateurs devant les visiteurs. Ca se fait plus du tout parce que la sensibilité du public a pas mal changée.

Nico : Le public se laisse électrocuter mais peut pas voir une dissection.

Marie : Possible.

Franck : Les gens sont dérangés à l’idée d’assister à une dissection.

Marie : Oui si on leur dissèque un coeur de mouton, un oeil de boeuf…

Robin : En classe je me souviens avoir fait des dissections, en avoir vu faire. C’est peut être pour ça aussi que c’est moins intéressant

Marie : Non mais ils le faisaient déjà à l’époque. Ils sont devenus sensibles les gens. Puis c’est des exposés qui ne marchaient plus, il n’y avait personne. Ca ne les intéressait plus. C’est une époque où les images animées ont explosées. C’était pas encore une époque où voir les choses en vrai était le plus important. C’était vraiment une période à mon avis où l’arrivée des documentaires animaliers, des émissions scientifiques a explosé et les gens étaient plus attirés par ça.

Franck : D’ailleurs, c’est intéressant de voir ça. Ce qui intéresse les gens dans la science en voyant les attractions, activités plutôt, qui marchent et celles qui marchent pas,vous devez avoir une idée très pointue des questions de science qui intéressent la société.

Nico : C’est marrant que tu dises attractions parce que j’ai lu, je sais plus si c’est dans un petit bouquin ou dans d’autres documents que j’ai récupérés, que ce côté attractions, ils disaient que justement c’était le contraire, c’était que grâce à l’explication scientifiques les gens se disaient « ah mais c’est juste ça ce phénomène que je vois, cette table qui lévite ». C’est imagé, c’est romancé mais c’est un peu la philosophie derrière.

Robin : il y a quand même un certain nombre d’exposés où il y a une partie revendiquée grand spectacle. L’électrostatique ils l’assument, l’air liquide, il y a quand même un truc de magie, tu en as pas parlé mais je pense que ça fait partie des exposés phares du palais.

Franck : Donc c’est le côté spectaculaire qui joue.

Robin : Il y a une partie, qui n’est pas forcément évidente à gérer parce que justement le public peut prendre ça comme une attraction, se marrer, rigoler, vouloir juste voir une expérience.

Franck : Vous, vous essayez d’éviter ça au maximum.

Robin : Nous on est assez tranquille en maths. C’est vrai qu’on a peu de trucs qui font boom. Mais c’est vrai que c’est un truc qui est pas si évident que ça. Nous généralement quand c’est un boom, c’est un boom intellectuel donc je veux dire, il faut avoir suivi pour que ça marche. On a quand même des manip, mais c’est pas du même ordre. Ne serait ce que le bruit en électrostatique, quand ils font les éclairs, il y a un grand bruit, tout le monde qui rigole, récupérer la parole derrière, b Alan cer une explication c’est quelque chose qui est pas évident.

Nico : Il y a du spectacle qui aide à la compréhension. Je trouve en électrostatique où quand on voit un éclair immense arriver sur la cage, et que la personne sent rien, on comprend le principe de faraday.

Robin : C’est des images marquantes mais c’est vrai qu’il y a une part attraction, de spectacle, du coup c’est difficile de naviguer entre les deux. Problème que nous on a beaucoup moins.

Marie : Pour compléter ce que j’ai dit toute à l’heure, on me demandait pourquoi on a arrêté de faire des dissections, pour une part c’était parce que la façon dont le public recevait ça a changée. Il y a aussi que faire des dissections c’était quelque chose qui s’était fait depuis très très longtemps, des siècles et il apparaissait des recherches et des résultats de recherche nouveaux qu’on voulait présenter et on n’a pas des espaces qui agrandissent donc il fallait bien, c’est des contraintes purement matériels, remplacer les vieilles présentations par des nouvelles. Et en particulier, c’est à peu près à ce moment là qu’on a commencé à cogiter sur la salle actuelle de biologie animale qui est dédiée au comportement et à la communication. Parce que c’était la pleine période de l’éthologie.

Franck : Mais ça c’est concrètement des thèmes de société, c’est qu’aujourd’hui l’anatomie en elle même n’intéresse plus personne alors que par contre les comportements, tous ces thèmes là, sont beaucoup plus au centre de l’intérêt des gens. Et donc vous, vous êtes obligés de suivre ça.

Nico : C’est encore la science en train de se faire.

Franck : C’est non seulement la science en train de se faire mais c’est aussi les goûts. Qu’est ce que la société demande à a la science.

Pierre : Probablement, après nous en maths on est quand même payés pour savoir que les goûts du public sont pas extraordinaires et qu’on peut pas s’en tenir au goût du public. De temps en temps il faut leur donner des idées, commencer à leur parler de choses auxquelles ils avaient pas pensé, c’est aussi ça poser des questions d’une certaine façon. On va leur parler d’un truc qui ne leur serait pas venu à l’idée, qu’on pouvait parler de ça, que ça pouvait exister et puis finalement on en cause. Et puis ils découvrent quelque chose à cette occasion. C’est pas seulement la science en train de se faire, c’est aussi le palais de la « découverte ».

Nico : Tous les messages commerciaux sont passés.

Pierre : Non c’est pas vraiment commercial parce que le commerce, maintenant on fait partie d’Universcience, on fait partie d’un établissement public, industriel et commercial, donc ce serait plutôt cet aspect là qui devrait être commercial. Là c’est de la pub peut être, mais c’est pas du commercial.

Nico : Sur les expositions temporaires, tu as l’air d’avoir pensé à des choses Robin .

Robin : On n’a pas parlé encore du département de géosciences. Je veux pas les vexer ils sont pas là mais je crois pas qu’il y ait une salle connue comme la salle de l’électrostatique, comme la salle PI, comme le planétarium, comme l’air liquide, les gens viennent pour voir ça. Clairement, ils l’ont vu quand ils étaient petits, ils reviennent voir, faire voir ça à leurs enfants. J’ai pas l’impression qu’il y ait le même genre de phénomène (pour la géoscience). Par contre il y a un truc qui attire vraiment toujours beaucoup de monde, vous m’arrêtez si je dis des bêtises, qui a énormément de succès, c’est les expo temporaires sur les dinosaures. Là c’est clairement un truc qui attire les foules.

Pierre : Y compris quand il n’y en a pas. C’est-à-dire que quand on n’est pas avec une expo temporaire sur les dinosaures les gens viennent quand même au palais de la découverte pour voir les dinosaures. Ils savent qu’il y a une exposition sur les dinosaures au palais de la découverte.

Robin : D’ailleurs, pendant longtemps il y a eu une tête de dinosaure à l’extérieur du palais de la découverte pour accueillir le public.

Nico : Qui était assez impressionnante. C’est marrant sur cette exposition des dinosaures, sur une des premières qui était très grosse (je sais pas si c’est encore le cas) c’était fabriqué maison les dinosaures.

Robin : Ca je crois pas.

Nico : J’avais lu qu’ils avaient fabriqué ça.

Pierre : Je crois qu’il y a deux fabricants en Angleterre et au Japon. Par contre l’installation peut-être faite maison ou ça peut arriver tout clé en mains.

Nico : La transition sur l’atelier de menuiserie est ratée…

Robin : Ce qui est très clair, c’est qu’il y a toujours un énorme pic de fréquentation à chaque expo sur les dinosaures.

Marie : A chaque fois la scénographie, donc les décors ça a été fait au palais. C’est les grosses bêtes qui arrivaient toutes faites.

Pierre : Les grosses bêtes animées et rugissantes. Que ça fasse du bruit, que ça fasse peur. Autrement ta transition vers l’atelier de menuiserie, tu l’as réussie quand même…Il n’y a pas que des choses justes dans ce qu’on lit. C’est pas parce que c’est écrit que c’est vrai.

Nico : Moi ce qui m’a marqué dans le passage, c’est l’atelier menuiserie, qui n’est pas que menuiserie. C’est un atelier qui fabrique beaucoup des pièces qui sont dans les expositions, exposés etc…Entre autres les tétraèdres, même toutes les récréations mathématiques.

Pierre : Ils sortent des ateliers du palais. Tantôt plasturgie, tantôt menuiserie, tantôt mécanique (métal etc). Effectivement on a des ateliers, il y a un atelier graphisme aussi qui fait énormément de choses.

Robin : Notamment les panneaux d’exposition.

Pierre : Pour présenter les objets qui ont été faits par ailleurs.

Nico : Ce qui permet entre autres d’avoir une certaine dynamique.

Robin : Par exemple, le record du nombre de décimale de PI a été battu, on peut mettre un truc en salle immédiatement. C’est le graphisme qui va se charger de nous faire une affiche rapidement.

Nico : Les trous du cube c’est arrivé finalement assez vite.

Pierre : C’est le menuisier qui nous l’a fait et ce qui est assez sympa c’est qu’ils sont sur place, et donc ils ont fait ce qu’on leur a dit de faire mais quand même ça les a intrigué. Il faut le reconnaitre. Donc ils ont fait des cubes, ils les ont troués, ils nous les ont donnés, et puis le lendemain, on a vu débarqué une équipe de menuisier dans la salle de maths parce qu’ils voulaient quand même savoir pourquoi on leur avait fait faire ça.

Robin : Même en dehors des ateliers, il y a les gens de l’accueil, entre nous entre médiateurs, d’être dans le cadre du palais de la découverte, c’est quand même vachement bien. Avant d’arriver au palais de la découverte j’étais quand même grandement fâché avec la physique et la chimie par exemple. Et c’est vrai qu’être sur place, je croise des gens qui sont passionnés et qui aime expliquer ça, donc c’est bien on se réconcilie…

Marie : Je voulais ajouter qu’on a aussi des ingénieurs qui imaginent les manips, c’est à dire qu’ils trouvent les solutions techniques qui vont réaliser les manips. Tous les dispositifs interactifs.

Robin : il y a aussi des gens pour s’occuper des animaux.

Pierre : Il y a deux endroits qui sont importants comme dans n’importe quelle entreprise c’est la cafétéria, et la machine à café. C’est le genre d’endroit où on discute un peu à bâtons rompus avec les collègues, par exemple les menuisiers, le plasturgiste. On a une vague idée d’un truc qu’on voudrait et on discute avec eux si c’est faisable ou pas, s’ils voient une solution, si on a l’air complètement malade de penser qu’on peut faire ça chez eux. Et c’est très très utile, ça permet de gagner énormément de temps par rapport à « je fais un dossier, cahier des charges, que je b Alan ce n’importe comment ».

Robin : Ca fait non seulement médiateur mais ça donne des idées. Effectivement régulièrement ils trouvent des solutions auxquelles on n’aurait jamais pensé.

Marie : Au départ on imagine une manip ou un dispositif, on va les voir on leur dit voilà je voudrais un truc qui fait ça et j’ai pensé qu’on pourrait faire comme ça et eux ils te disent oui mais ils améliorent ton système ou ils te disent ça marchera jamais ton truc voilà ce que je te propose. C’est un travail en commun qui est super. Très intéressant.

Nico : Et il y a aussi une sorte, tant qu’on parle de l’arrière boutique, je sais pas si le mot va être bon, mais une animalerie, il y a tous les gens qui élèvent, qui dressent, qui gardent certains animaux qui sont plus exposés. ll n’y a pas des araignées ou des trucs comme ça qui trainent.

Marie : Il y a tout un service qui s’occupe des animaux. On a des araignées partout ! On a des animaleries effectivement et des gens qui s’occupent non seulement d’entretenir les aliments de les nourrir de nettoyer leurs cages etc mais aussi de mettre au point les élevages et de mettre au point les expériences qu’on veut faire avec. Comme dans tous les départements, unités, quand on veut présenter de nouveaux sujets, un nouveau thème, on va voir d’abord dans les laboratoires qui traitent de ce sujet et en général on trouve des expériences, justement, qu’ils font, qu’il faut qu’on adapte et en ce qui concerne le vivant dans les laboratoires les gens font une expérience. Ils prennent des bestioles, mettons des araignées, ils font leur expérience pendant une semaine, deux semaines, trois semaines et puis après ils remettent les animaux dans la nature. Mais ils arrêtent. Tandis que nous quand on fait ça, quand on crée un nouvel exposé avec par exemple des araignées, les araignées il faut qu’on en ait toute l’année. Donc il faut avoir un élevage pérenne, et d’autre part il faut que l’expérience qu’on fait elle soit reproductible tous le jours et là c’est pas du tout la même chose que dans les laboratoires.

Nico : C’est un sorte d’industrialisation.

Marie : J’aime pas bien le mot, mais c’est un peu ça.

Franck : Il y a des sociétés qui sont spécialisées dans la production d’animaux.

Marie : Il y a des animaux qu’on réutilise tous les jours. C’est un service tout entier qui fait ça.

Nico : Alors c’est ce qu’on n imagine pas, il y a toute une arrière boutique immense.

Robin : Dans l’arrière boutique t’as oublié quand même tout ce qui est multimédia. On a aussi des gens qui font des vidéos, des gens qui s’occupent du site internet etc.

Nico : Entre autres on a ici une célébrité des vidéos du palais, c’est Pierre qui est dans la salle PI, quand il n’y a personne dans la salle PI….

Robin : Pour le coup c’est un mauvais exemple, parce que la vidéo a pas du tout été faite par les équipes du palais.

Nico : J’ai quand même oublié de parler dans les expositions que les gens viennent voir, il y a quand même l’électromagnétisme. Je sais qu’il y a une salle d’électromagnétisme depuis 37 mais je sais pas depuis quand il y a des bobines. Je crois savoir qu’il y a la la plaque à induction qui date d’un salon des arts ménagers, qui a été ramenée, c’était la première plaque à induction présentée. J’ai pas plus préparé mais faut les citer parce que c’est une salle assez impressionnante.

Pierre : Et il y a le manège.

Nico : Les bobines, ce sont deux grandes bobines de Helmoltz qui crée un champ magnétique assez puissant. En gros on a une barre de métal milieu, on n’arrive pas à la bouger parce qu’il y a un champ magnétique et le manège, c’est comme son nom l’indique un truc qui tourne et donc ça nous attire vers les extrémités du manège et donc on peut voir la force de Coriolis.

Pierre : Il y a des phénomènes de mécanique relativement bête qui peuvent se faire dans le manège qui est en train de tourner à une certaine vitesse et par exemple si c’est un groupe scolaire, il y a la moitié qui est à l’intérieur, et la moitié à l’extérieur. Les gens qui sont à l’intérieur et ceux qui sont à l’extérieur peuvent discuter de leur perception, de ce qui se passe.

Nico : Ils ne voient pas la même chose.

Pierre : On ne voit pas du tout la même chose quand on est à l’extérieur et quand on est dedans. On ressent pas du tout les choses de la même manière.

Nico : Très bonne façon de voir la notion de référentiel.

Pierre : Tout à fait.

Robin : Dans les autres trucs qui peuvent aussi marquer. J’ai dit ça sur les géosciences je me rattrape, ils ont tout un tour d’escaliers immense dans lequel on peut voir l’histoire de la terre depuis le début de la terre jusqu’à l’apparition de l’homme ou en échelle de distance. Le temps est vu sous forme de distance donc on se rend bien compte que l’homme c’est le dernier pas qu’on fait, voir le dernier demi pas qu’on fait. L’apparition de la vie déjà c’est très court, et par contre on a quand même tout le tour de la cage d’escaliers qui est immense…

Nico : Alors ça c’est vrai que dans les salles, j’ai pas beaucoup parlé de ça, il y a aussi la salle de l’astrophysique qui est assez amusante avec le système solaire à l’échelle.

Pierre Il y a deux échelles, une échelle pour la distance et une échelle pour la taille. Qui est à peu près 1000 fois plus grande.

Nico : Et donc c’est amusant parce que c’est c’est une salle assez longue où on voit, l’échelle des distances.
Comme l’heure avance, on va en venir au palais aujourd’hui.

Alan Je voulais juste qu’on dise un petit mot de la notion de médiation, parce qu’on a tout un débat qu’on a en ce moment dans la chatroom. Vous vous présentez comme des médiateurs scientifiques, c’est le terme que vous utilisez.

Robin : Sachant que ça veut pas dire grand chose, sorti du lieu où on exerce cette profession, parce qu’il y a des formations à la médiation scientifique qui ressemble pas du tout à ce qu’on fait nous. Il y a des musées ailleurs ou des centres de science ailleurs dans lesquels on parle de médiateurs scientifiques mais c’est vrai que c’est pas notre boulot non plus. J’en ai parlé récemment avec un espagnol dans un centre de sciences et avec un italien (suisse-italien) qui bosse aussi beaucoup dans la vulgarisation des sciences, et ils ne comprennent absolument pas. Mais les français qui bossent ailleurs qu’au palais comprennent pas non plus. Le truc vraiment spécifique au palais, c’est que les médiateurs sont à la fois, face au public et à la fois dans la conception d’exposition, et j’ai l’impression que c’est à peu près le seul endroit au monde où ça se passe comme ça. Par exemple à la cité des sciences, il y a des gens qui conçoivent les expositions et des gens qui animent. Et normalement, c’est presque vu comme une hiérarchie. Quand on monte en grade, on a la droit de plus voir le public. Alors que nous c’est pas comme ça. On continue à voir le public, et c’est vrai que c’est un des avantages du boulot sous cette forme là, c’est que pour écrire des panneaux c’est pas mal de tester des explications à l’oral, en direct, de voir la tête des gens quand on leur dit un truc, voir si ils comprennent ou pas. De tester des manips, de tester des trucs comme ça. De voir si le gens s’en sortent ou pas.

Nico : Et puis ça crée une interactivité aussi. Moi je me souviens toujours de Pierre où des fois je lui demandais « qu’est ce que tu fais aujourd’hui » « je sais pas je vais demander au public de parler… »…

Robin : c’est un truc qu’on peut imaginer même avec des animateurs, qui feraient pas d’exposition.

Nico : si il y a quelqu’un d’autre qui a travaillé une exposition c’est plus compliqué.

Robin : C’est vrai que typiquement, même des associations, des petits débrouillards, il y a des gens qui conçoivent des animations, et qui forment des animateurs. Nous la différence c’est qu’on conçoit des trucs qu’on va faire nous même.

Alan : Et sur le terme de médiation, à proprement parler. on a dans la chatroom Jorj Mckie qui s’interroge. Il parle du médiateur qui pourrait régler les comptes entre voisins par exemple, dans un problème de voisinage, comme si la médiation supposait qu’il y a deux univers a priori incompatibles.

Pierre : Nous on règle un confit qui est le conflit entre le grand public et la science.

Alan : C’est comme ça que vous le voyez carrément.

Pierre : Je trouve que c’est un aspect assez négatif du terme. Disons qu’au début il y avait des démonstrateurs, après c’était des chargés d’expérience chargés d’exposer, maintenant ça s’appelle médiateurs scientifiques. Il y a une évolution au niveau du langage. Au niveau du vocabulaire qui a été utilisé. C’est vrai que d’une certaine façon un chargé d’exposé c’est essentiellement quelqu’un qui fait des exposés et donc qui a un boulot très réduit par rapport à ce qu’on peut faire nous en médiation scientifique. Mais le terme me plait pas du tout parce que médiateur c’est en général quelqu’un qui règle un conflit, oui. Donc c’est quelque chose que j’aime pas. Une médiateur familial, un médiateur de la république sur la chaine de télémachin. C’est des gens qui s’occupent des conflits et ça veut dire que d’une certaine façon on officialise le fait qu’il y ait un conflit entre le public et la science, ce qui est pas très malin dans le principe. Ce qui est pas malin mais ce qui est pas faux. Il y a effectivement d’une certaine façon quand même un conflit c’est-à-dire que la science c’est quand même pas quelque chose qui fait partie de la culture commune standard du citoyen moyen. Il y a des choses où il est de bon ton de dire qu’on y connait rien etc… ll y a, y compris sur les média, sur les hommes politiques, se vanter de ne rien connaitre à ceci ou à cela, de n’avoir eu aucun diplôme, c’est quand même quelque chose qui est de bon ton et donc il y a effectivement un conflit entre, en particulier la science et le grand public.

Robin : C’est-à-dire que moi le premier je trouvais que de donner ce nom là ça l’entérine aussi.Il y a des gens qui auraient peut être pas l’idée d’être fâchés avec la science mais on leur présente tellement ça comme un monde où il faut faire un effort, vous inquiétez pas on va tout vous expliquer gentiment, vous inquiétez pas ça mord, qu’ils finissent par avoir peur.

Pierre : Si le conflit existe ça justifie notre paye.

Marie : Je voudrais intervenir parce que je suis pas tout à fait d’accord avec ce que disent mes collègues, pour moi, le terme de médiateur se rapporte plus au terme de média de moyen de diffuser, de faire passer, une information.

Robin : C’est une dérive sémantique.

Franck : Ca voudrait dire que c’est sous plusieurs formes, sous quelque forme que ce soit, faire passer….

Pierre : Ca c’est gentil mais faut reconnaitre qu’en général ce qu’on appelle un médiateur, médiateur conjugal, etc… c’est quand même quelqu’un qui règle un conflit…

Nico : Enfin ce serait quand même plus amusant qu’un médiateur conjugal utilise plein de média pour faire son travail.

Alan : Pierre vous choisiriez quel terme ?

Pierre : Je sais pas trop, mais ça m’a été imposé donc… Vulgarisateur, j’aime pas trop, je préfère popularisation que vulgarisation.

Alan : Popularisation à l’anglo-saxonne.

Pierre : Disons qu’a priori dans vulgarisation il y a vulgaire et dans popularisation il y a peuple. Je préfère peuple à vulgaire. Mais c’est personnel.

Robin : C’est vrai que dans le nom il y a des choses importantes. Souvent on parle d’animateurs, il y a des gens qui nous disent qu’on est animateurs, c’est vrai qu’animateur, c’est assez restrictif, ça rabaisse un peu. Il y a le mot facilitateur, quelqu’un qui est dans la salle, qui juste entretient le truc, accueille les gens. Au palais de la découverte, je sais pas si au début il n’y avait pas un peu des gens comme ça et des chercheurs, des genre vrais, grands.

Pierre : C’est vrai que ce qu’on voit beaucoup c’est médiateur dans médiateur scientifique, et moi ce que je vois plus c’est scientifique.

Nico  : Il y a des gens pour inventer des termes, c’est pas les gens du palais qui les inventent. Moi à l’époque j’étais moniteur et maintenant c’est doctorant contractuel. Dans le genre « terme sympathique » pour se présenter. Parce que contractuel ça fait penser à beaucoup de choses.

Robin  : Dans la médiation, pour reprendre, c’est quand même assez juste. Il y a des formations à la médiation scientifique où la formation c’est pas du tout pour faire ce qu’on fait nous, c’est pour organiser des événements, des débats, des rencontres entre chercheurs et le public, pour parler des débats de société notamment, que pose la science et ça pour le coup on sent vraiment plus un conflit, ça va être le nucléaire, l’OGM, on a des méchants d’un côté les gentils de l’autre. J’exagère un peu mais il y a un aspect un peu comme ça. On sent pour que certains il y a cet aspect là très clairement qui est un peu en décalage par rapport à ce qu’on fait nous où a priori, je ne vois pas pourquoi les gens seraient fâchés avec le contenu des maths. A la limite ils peuvent être fâchés avec ce qu’ils en ont vu à l’école ou le fait de ne pas comprendre.

Pierre  : Il nous arrive de faire des évènements, des expositions, des trucs avec le public… Un certain nombre de choses dans la palette et on se réduit pas à une de ces choses là.

Marie  : Ecrire des articles aussi. Les termes de démonstrateur, de chargé d’exposé,s ils étaient vraiment restrictifs par rapport à la palette d’exposés.

Nico  : D’autant qu’au niveau écriture d’articles il y a une revue au palais de la découverte, il n’y a pas beaucoup de monde qui doit être au courant, qui s’appelle « découvertes ».Il y en aura peut être des exemplaires à gagner, voire offerts à la sortie du palais samedi. Très probablement. C’est même sûr parce que je les ai chez moi…
On va en venir au palais un peu hier et aujourd’hui, en parlant de choses un peu douloureuses à savoir la fusion. C’est important d’en parler. Je vais essayer de faire un bref résumé des choses et puis vous allez de toute façon intervenir.
Il y a eu la révision générale des politiques publiques où il a été décidé de fusionner la cité des sciences et le palais de la découverte. Déjà, au niveau nombre de personnes, les deux lieues n’ont pas du tout la même taille. Si je ne me trompe pas il y a 5 fois plus de personnes à la cité des sciences et c’est surtout au niveau du statut où ça a fait un gros changement puisque ça fait que le palais de la découverte devient un établissement public industriel et commercial (EPIC). Le gros changement c’est que c’est plus une université, c’est plus possible d’avoir des fonctionnaires, on peut beaucoup moins facilement avoir des doctorants. Les anciennement chercheurs etc… C’est plus possible, les relations avec les chercheurs, c’est plus compliqué.

Pierre  : C’est pas parfaitement exact. On a une loi spéciale, pour nous, il y a un article spécial de la loi de mobilité, sur la mobilité des fonctionnaires. L’article 42 de la loi en question qui dit que le personnel du palais de la découverte est affecté dans un EPIC qui fusionne la cité des sciences et le palais de la découverte. A priori dans un EPIC il ne peut pas y avoir de fonctionnaires affectés, il peut y avoir des fonctionnaires détachés, des fonctionnaires en disponibilité mais pas des fonctionnaires qui restent fonctionnaires et qui travaillent dans un EPIC. Donc ils nous ont fait un article spécial de loi pour qu’effectivement il puisse y avoir des fonctionnaires dans cet EPIC. Pas très malin d’ailleurs parce que tant qu’à faire ils auraient pu ouvrir une brèche Ils l’ont pas fait donc s’ils veulent recommencer la chose avec un autre EPIC, ils sont obligés de refaire un article de loi ou une loi parce que c’est marqué explicitement que les fonctionnaires du palais de la découverte sont affectés à un EPIC.

Robin  : Il y a plusieurs choses, c’est vrai qu’à l’oreille Etablissement public scientifique et culturel ou EPIC, on n’a pas l’impression d’être exactement au même endroit, et c’est vrai surtout qu’on n’avait pas du tout les mêmes modes de fonctionnement, les mêmes types d’organigrammes, tout ce qu’on a raconté sur la place du médiateur, sur le fait de fabriquer sur place, sur le fait que le médiateur conçoit les exposition en même temps qu’il est face au public. Tout ça c’est des choses qui sont en opposition totale avec ce qui se passe à la cité des sciences où on a la direction des expositions, la direction de la médiation, et c’est pas les mêmes personnes et globalement on peut dire que quand on a été un bon moment à la médiation on peut espérer une promotion en passant à l’exposition. C’est pas mal comme ça que ça se passe. C’est un choc des cultures et comme ils étaient 1000 et nous 200 et qu’ils avaient le statut qu’a maintenant le nouvel établissement, tout se fait vraiment plus façon cité des sciences maintenant dans le nouvel établissement fusionné.

Pierre  : Ils sont 1000 et 400 sous traitants sur place.

Nico  : Sachant que dans les 200 tout le monde compte, il n’y a pas que les médiateurs.

Pierre  : Les médiateurs sont 40 à 45.

Franck  : Quelle est la raison fondamentale à ce changement ?

Pierre  : C’est une bonne question.

Nico  : Moi j’ai jamais trouvé à qui ça profitait.

Pierre  : Ca devrait être financier mais pour le moment on s’attend par exemple à ce que 1000+200 ça fasse 800 et en fait il y a toujours 1 fonctionnaire sur 2 ou un salarié sur 2 qui part à la retraite et qui n’est pas remplacé, mais ça n’a pas fait une variation dans l’immédiat importante.

Franck  : Peut être qu’il y a moins de frais de gestion ?

Pierre  : Pas vraiment, on peut dire que quand même le denier public est un peu gaspillé dans certaines situations. Et quand on utilise les fonctionnaires, ou quand on utilise des sociétés sous traitantes, des fois ça coûte beaucoup plus cher les sociétés sous traitantes que les fonctionnaires. Mais il y a un espèce de crédo dans le pouvoir actuel, à moins que ça change vraiment maintenant, jusqu’à présent, avant le changement de maintenant, le crédo c’est il faut absolument baisser la masse salariale. On est un bon gestionnaire si on arrive à baisser la masse salariale. Et baisser la masse salariale ça peut se faire en réduisant les frais de personnel et ça peut se faire en transférant les frais de personnel. Le jour où on arrête d’employer des gens et on fait appel à un marché avec des sociétés sous-traitantes qui elles emploient des gens, ça apparait plus dans la même ligne, donc on a l’impression qu’on a fait des économies, qu’on a fait progresser les choses, et en fait, globalement ça coute beaucoup plus cher.

Robin  : Dans la révision générale des politiques publiques c’était ça l’objectif.

Pierre  : Pour le moment on n’a pas vu les économies se produire. Mais bon on peut supposer aussi que dans un premier temps on calme le personnel etc… On attend 5 ans et à partir de là ça va commencer à cogner disons… Mais ça ne se présente pas comme ça.

Robin  : Dans les textes d’origine il y avait clairement dit, le but c’est de faire mieux avec moins. On va faire des synergies, des trucs comme ça. Le truc qu’ils avaient pas compris clairement, quand on en a discuté avec des gens du ministère c’était vraiment très clair, c’est la différence qu’il y avait entre les 2 établissements, profondes, il y a le mode de fonctionnement, il y a aussi le propos. Nous on est vraiment accès sur les sciences fondamentales, encore une fois avec lesquelles les gens ont peu de raisons d’êtres fâchés, on n’est pas sur des créneaux style débat public, OGM, nucléaire etc… On peut en parler bien sur mais ça va être pour expliquer comment ça fonctionne.

Marie  : Pour donner aux gens les bases scientifiques qui leur permettent de se faire une opinion par rapport à des sujets, dont ils entendent beaucoup auxquels ils ne comprennent pas grand chose parce qu’on leur explique pas vraiment les choses.

Robin  : Mais ce n’est pas le lieu du débat.

Marie  : Ca aboutit forcément à des débats.

Robin  : Plus chez toi que chez nous.

Pierre  : Disons que ça peut aboutir à des débats mais ce n’est pas l’objectif numéro 1 parce que l’objectif numéro 1, c’est d’expliquer comment ça fonctionne, qu’est ce qu’il y a dessous. Je vais prendre un mauvais exemple, si on regarde le téléphone portable, à la cité des sciences on va nous expliquer que le téléphone portable c’est quelque chose qui a pris à telle vitesse, qui s’est développé avec telle et telle possibilités avec tell et tel développement technique, bientôt il va pouvoir faire le café. On en est pas encore là mais c’est pas loin, mais au palais on va plutôt expliquer comment ça se fait par exemple que dans une bagnole on est obligés de mettre une antenne pour recevoir la radio et on peut téléphoner avec son portable. On est obligés de mettre une antenne à l’extérieur parce que la voiture c’est une cage de faraday pour les ondes radio mais pour les ondes téléphones, non pas du tout. On a affaire à quelque chose d’autre. On va expliquer ce que c’est qu’une onde, on va expliquer qu’elles n’ont pas la même nature mais le fait que l’on puisse faire le café avec le téléphone portable on s’en fout un peu. C’est un problème industriel, technique.

Nico  : C’est indiqué dans le nom, c’est la cité des sciences et de l’industrie, c’est ça aussi une des différences.

Pierre  : Oui et non, parce qu’en fait ça fait quand même assez longtemps que les gens de la cité des sciences et de l’industrie l’appellent cité des sciences et on n’insiste pas sur industrie. Il y a quand même eu une évolution très nette entre les débuts de la cité des sciences et de l’industrie et l’actuelle cité des sciences. Il y a quand même une évolution et il y a quand même des médiateurs scientifiques accès science. il n’y a pas que des trucs automatiques avec des écrans, des ordis etc….

Robin  : Disons qu’il y a à peu près le même nombre voire un peu moins alors que c’est 5 fois plus grand. Ca a moins d’importance. Si on rentre au palais de la découverte et qu’on voit pas d’exposés, on est très doué d’une part mais on a tout raté d’autre part, c’est-à-dire que ça repose vraiment là dessus. La cité des sciences c’est quand même plus faire une visite sans voir personne.

Nico  : C’est pour moi ce qui a permis au palais de garder cet intérêt. Ce centre de médiation avec toutes les rénovations qui n’ont jamais été faites, qui ont repris tout. C’est grâce à cette médiation qui elle se mettait à jour.

Robin  : C’est ce que disait un de nos collègues qui l’a dit très bien dans un texte où il décrit une machine hyper sophistiquée qui se met à jour, qui s’adapte au public qu’elle a en face, réagit en temps réel, c’est une machine hyper sophistiquée on est à la pointe du progrès. C’est ce qu’on fait de mieux. Ca m’arrive de le dire en début d’exposé, je dis aux gamins qui sont pas forcément habitués à ce genre de rapport, le but du jeu c’est que vous posiez des questions, profitez du fait de pas avoir une vidéo mais un vrai quelqu’un. Justement on est là pour éviter toute passivité.

Alan  : On a deux questions qui viennent de la chatroom, dans deux registres un peu différents. On a Simon qui nous dit : « l’industrie c’est les sponsors  ».

Robin  : On n’y échappe pas complètement.

Nico  : Ce n’est pas une question.

Alan  : Ca vous fait juste sourire. Vous avez une remarque.

Pierre  : Non les sponsors c’st pas forcément l’industrie et à l’heure actuelle le contenu des financements publics dune façon ou d’une autre on est un peu obligés d’en passer par les sponsors quoiqu’il arrive même si ça nous plait pas, même si éthiquement on est très au dessus de ça. Quand même malgré tout, il y a un moment où il faut tenir compte un peu des réalités et constater que si on rajoute un sponsor on aura un peu plus de facilités pour faire les choses.

Robin  : Et puis objectivement on peut avoir des sponsors intéressants.

Pierre  : Et puis ce n’est pas forcément industriel.

Alan  : Je pense qu’il posait la question en réaction toute à l’heure au nom entier de la cité des sciences et donc rien à voir. La cité des sciences n’est pas financée par l’industrie.

Pierre  : Non pas spécialement, je pense qu’il y a quand même une très grosse partie qui est du financement de l’argent public.

Nico  : Et au palais tu as aussi des expositions typiquement en ce moment.

Pierre  : La cité des sciences et maintenant universciences qui fusionne les deux, c’est quelque chose qui est un EPIC mais qui a au moins 80% de son budget qui est donné par l’état. Si ça devait être équilibré avec les ressources propres, c’est foutu. Ca ferait longtemps que ça existerait plus.

Alan : OK et puis la deuxième question, là c’est vraiment une question, je sens qu’on va ouvrir une parenthèse avant de reprendre le fil de

Nico , c’est Jorj Mckie qui nous demande comment vous vous positionnez par rapport à la « science citoyenne », est ce que ça vous inspire ?

Robin  : Faut lui demander ce qu’il entend par là.

Alan  : Alors Jorj t’as entendu la question, on y reviendra.

Robin  : Effectivement, les histoires de débat de choses comme ça et c’est vrai que moi j’ai l’impression qu’on est à côté de ça. Qu’on n’est pas dans ce monde là. C’est un truc qui est très en vogue, il y a beaucoup d’endroits où ça se fait, où on dit qu’il faut le faire, et je ne dis pas que je suis contre mais c’est vrai que j’ai l’impression qu’on n’y est pas. Il y a un coté décalage pour tenter d’expliquer aux gens du ministère de la culture notamment, pourquoi ça nous paraissait absurde de mélanger deux établissements aussi différents que la cité des sciences et le palais de la découverte. On disait régulièrement ça vous viendrait pas à l’idée de mélanger le Louvre et Beaubourg. C’est deux musées de sciences pourtant et ils rigolaient et ils ne comprenaient pas, mais c’est vrai que j’ai l’impression qu’il y a une différence profonde. Oui on se préoccupe de science citoyenne dans le sens où on fait des citoyens plus éclairés qui sont plus à même de réfléchir sur des sujets parce qu’ils ont plus d’outils intellectuels.

Pierre  : …. citoyen il faut avoir un avis sur la science éventuellement.

Marie  : Pour moi il y a quand même des domaines où tu échappes pas aux débats de société. Les ateliers du génome, quand on parle d’évolution, on a le créationnisme, c’est que des questions que les citoyens se posent.

Pierre  : Ok mais le créationnisme, c’est pas de la science, alors que l’évolution c’est de la science. Si on donne des clés à propos de l’évolution aux citoyens, ça correspond à science et citoyens d’une certaine façon. Mais simplement on donne des clés, on ne rentre pas dans le débat est ce que cette science là..

Marie  : On a un devoir de neutralité.

Alan  : Il n’a pas encore précisé.

Nico  : J’en étais à peu près à la fin, on va juste parler de deux choses, comme on a un scoop on va en parler quand même sur l’actualité du palais d’aujourd’hui, qui me raconte ça ? C’est l’actualité chaude. On est avant minuit heureusement. Pierre , tu vas bien le raconter…

Pierre  : Je vais raconter que depuis quelques années…ça fait 11 ans qu’on n’avait pas le droit de le dire. Il faut reconnaitre que le palais de la découvert qui a été fait en 1900 et depuis 1900 les règlements de sécurité ont évolué et on peut dire, ça a beaucoup évolué, ça n’arrête pas d’évoluer, c’est comme dans les voitures à un moment donné il a fallu mettre les ceintures de sécurité, après avoir un petit gilet jaune quand on veut sortir de sa bagnole et après un ça suffit pas, il en faut plusieurs, etc… On va mettre un alcotest dans la voiture etc… Les règlements de sécurité évoluent sans arrêt et il y a des choses qu’un bâtiment peut suivre facilement et des choses que le bâtiment peut pas suivre facilement. Si on suit pas vraiment on a un peu du mal. Et donc depuis 2001, on était avec la commission de sécurité de la ville de Paris qui émettait un avis défavorable à l’ouverture au public parce qu’on ne respectait pas toutes les règles de sécurité qui avaient été dictées entre 1900 et maintenant.

Robin  : Et concrètement ça voulait dire qu’en fait on n’avait pas vraiment le droit d’être ouvert et qu’au moindre problème c’était le directeur qui supportait ça pénalement.

Pierre  : Et donc aujourd’hui, la commission de sécurité de la ville de Paris est passée au palais de la découverte, a fait sa petite visite et a levé son avis défavorable. Ca y est on a le droit d’être ouverts.

Nico  : Donc on vous annonce l’ouverture du palais de la découverte.

Pierre  : C’est un scoop.

Robin  : D’ailleurs je tiens juste à dire à propos des électrocutions à 300.000 volts, je sais pas si je suis le seul mais moi avant d’arriver au palais de la découverte j’avais entendu parler, une rumeur, qu’il y avait eu un accident mortel. C’est évidemment faux mais ça fait partie des rumeurs, comme le fait que les décimales de PI soient fausses, là il y a un truc qui le justifie c’est que pendant un moment effectivement elles étaient fausses mais non il n’y a pas eu d’accident, jamais. A priori il n’y a pas de raisons qu’il y en ait.

Nico  : Par contre, dans les anecdotes, moi le palais de la découverte c’est le seul endroit de ma vie où quelqu’un est venu me voir en me souriant en me disant « ah je me suis fait électrocuté ».

Pierre  : Est ce que c’est vraiment une électrocution ?

Nico  : Non c’est de l’électrostatisme.

Pierre  : C’est typiquement le genre d’endroit où on apprend la différence entre l’ampère et le volt.

Nico  : Tout à fait. De manière assez efficace.
Depuis le début on dit que c’est une électrocution mais c’est vrai que c’est faux… peut être quelques mots sur le palais de demain, parce que c’est pas vraiment le palais de la découverte, sur ce qui est en train de se faire de l’autre côté de la méditerranée.

Pierre  : Ca fait quand même assez longtemps que le palais de la découverte était un modèle qui a été utilisé pour créer l’exploratorium à San Francisco, il y’a quand même beaucoup de gens qui viennent voir ce qu’on fait et qui trouve ça intéressant et qui essaye de refaire ou ont envie de s’en inspirer. Là on peut dire que le palais de la découverte indépendant qu’on a connu pendant 70 ans, c’est plus exactement ça, on est un peu dans des situations très différentes, très compliquées par rapport à ce qui se faisait jusqu’au moment de la fusion et par contre il y a des gens dans différents pays qui trouvent que c’st intéressant ce qu’on fait parce qu’on leur montre ce qu’on fait et qui se rendent compte que c’est intéressant. Et donc la France est un pays qui est en train d’essayer de tout casser, essayer de tout démolir, tout ce qui a été installé par les générations précédentes, on est en train d’essayer de dire que ça coûte trop cher, que c’est pas bien, qu’il faut tout casser. Puis il y a des pays, par exemple de l’autre coté de la méditerranée, l’Algérie, qui fête ses 50 ans d’indépendance et qui se dit que il y a tout à faire, tout à créer, tout à construire, tout à bâtir dans ce genre de pays et donc, par exemple, il y une décision qui a été prise coté algérien de créer un établissement du même style que le palais de la découverte, qui pour le moment s’appelle le palais des sciences, qui devrait être créé à Alger dans le carde d’un réseau sur l’ensemble du territoire national avec comme objectif d’aller toucher tous les algériens et pas seulement ceux qui auraient le bon gout de pouvoir se déplacer facilement à Alger et donc en utilisant, en voyant ce qu’on est encore capable de faire au palais de la découverte, aussi bien en médiation scientifique que dans les ateliers, que dans l’organisation du travail et réussir à faire quelque chose d’humain, à la méthode algérienne malgré tout mais qui s’inspire de cette idée de Jean Perrin. Qui est quand même une idée assez neuve même si ça ne plait pas aux politiques. Même si ça coûte beaucoup d’argent, ça continue d’être assez neuf, ça continue d’être quelque chose d’assez original, qui n’a pas vraiment été fait partout. Des « science center » il y en a un peu partout maintenant, mais ce n’était pas le cas au moment de la création du palais de la découverte. Des science center qui seraient comme le palais de la découverte avec des gens à l’intérieur, avec des trucs qui ont été faits sur place, qui ont été cogités sur place, qui ont été réellement faits etc, tous ces trucs là c’est quelque chose qui se rencontre pas souvent et donc c’est ce qui tente bien les algériens à l’heure actuelle. Disons qu’on est peut-être en train de passer un relais au moment où la France est en train d’essayer de … le palais de la découverte, l’Algérie va faire renaitre un palais de l’autre coté qui sera algérien mais qui sera basé sur les mêmes principes.

Nico  : Sachant que (alors ça c’est un truc que j’ai entendu donc je sais pas à quel point c’est vrai, vu que j’ai pas de sources c’est peut être pas malin) mais c’est vrai que c’est un lieu par exemple où, je crois que c’est le seul endroit au monde où on peut voir un champ magnétique aussi fort accessible au grand public, les cages de Faraday ?

Pierre  : Faut pas le dire trop fort parce qu’après les commissions de sécurité tout ça….

Nico  : Il y a aussi dans les choses un peu marquantes amusantes, c’est quand on va voir la page Wikipedia de la cage de faraday en anglais, c’est une photo du palais de la découverte qui est illustrée. C’est qu’il doit pas y avoir beaucoup d’autres lieux aux Etats-Unis sur le Wikipedia américain où on peut voir exposé au grand public comme ça. En tout cas c’est ce coté où il y a ces phénomènes et en plus il y a des fabrications ou c’est mis a jour quand c’est possible régulièrement.

Alan  : On a encore 2 petites interventions de Jorj Mckie qui décidément est très en forme ce soir. Il y en a une c’est de la provoc’ et on va se la garder pour après l’émission. Il nous dit aussi qu’il adore l’idée du palais de la découverte et 30 ans après sa dernière visite, nos invités, donc vous, ne lui ont donné qu’une envie c’est celle d’aller le redécouvrir. Ca fait plaisir.
Nico  : Belle conclusion.

Pierre  : Ne passons pas à la provoc tout de suite.

Alan  : On se la garde pour plus tard.

Robin  : Pour finir, il y a pas mal de gens de grand nom qui ont dit que ça avait compté dans leur vocation. C’est toujours difficile de savoir à quel point ça compte. On peut dire Pierre -Gilles de Gennes par exemple, il est moins connu évidemment parce qu’il est japonais et il vit en Angleterre, Tadashi Tokieda, qu’on a vu récemment, nous a quand même dit que c’était quelque chose qui avait compté pour lui et que c’était ce qu’il avait envie de faire. Lui c’est un chercheur mais pour qui la vulgarisation est très importante. A quel point c’est vrai, à quel point c’est la seule source je sais pas mais en tout cas il a dit que ça avait compté pour lui.
Nico  : Dans ces notions d’accessibilité de médiation, je sais qu’il y a quelques lettres, même si tu m’as dit qu’il n’y en avait pas tant que ça, que les gens envoient pour des questions ou pour des démonstrations ou des choses. Il peut y en avoir en bio aussi j’imagine. Est-ce que vous savez si il y en a autant à la cité ou c’est l’aspect médiateur qui dont cette envie de dire « on va leur écrire ».

Pierre  : Disons qu’on a l’air quand même d’être quand même assez accessibles. Par exemple, quelqu’un qui a démontré la quadrature du cercle, si il essaye d’envoyer son papier à l’académie des sciences, ça fait une bonne centaine d’années que l’académie des sciences jette ça au panier sans l’ouvrir. Donc il faut trouver un autre lieu, l’université c’est pas forcément facile de trouver quelqu’un qui veuille bien lire un papier sur la quadrature du cercle, donc de temps en temps on reçoit des choses de ce genre là où le gars nous explique qu’il a démontré la quadrature puisque sachant que PI est égale à 3.14, etc… et bon c’est dommage parce qu’il nous montre ça dans la salle PI et dans la salle PI on voit que PI n’est pas égal exactement à 3.14… Mais ça n’empêche pas qu’effectivement on a des courriers comme ça parce qu’on est plus accessibles. On a des courriers qui sont quand même un peu moins tordus que la démonstration de la quadrature du cercle. Quand même si le public de cette émission doit retenir une chose, la quadrature du cercle, il y a à peu près la moitié de la population qui pense que c’est quelque chose de difficile, et l’autre moitié qui pense que c’est quelque chose d’impossible. Je rassure tout le monde, c’est impossible.

Nico  : L’expression dit que c’est difficile…..Non remarque, elle dit que c’est impossible.
C’est parce que c’est impossible mathématiquement mais physiquement on a l’impression que si. Qu’on arrive à faire des choses qui se rapprochent.

Pierre  : Heureusement que tu n’es plus moniteur. Je pense que tu aurais été viré.

Alan  : On va conclure sur cette réflexion. On a encore des bravos qui viennent de la chatroom. Vous avez des fans parmi nos auditeurs et nos animateurs qui ne sont pas tous là ce soir.

 

Podcast science 150 – On fait chauffer la baraque, avec Ludovic Péron

On pointe toujours du doigt le trafic assez spontanément quand il s’agit de problèmes de pollution de l’air, d’émissions de co2, de gaspillage d’énergie fossile. Ce qui nous fait parfois oublier que c’est à la maison que nous dépensons 25-30% de l’énergie que nous consommons. Alors, entendons-nous bien: nous ne sommes pas dans un sujet de physique théorique ce soir. On ne va pas parler d’entropie et de conservation d’énergie, ni réinventer l’eau chaude, mais nous aurons les deux pieds solidement ancrés sur la terre ferme et nous allons parler de la science et de l’ingénierie des économies de chauffage avec notre invité Ludovic Péron qui bosse dans le domaine et qui a plein de choses à nous raconter.

L’interview de Ludo

»Retranscription de l’interview

La quote de la semaine

« La meilleure énergie, c’est celle qu’on ne consomme pas » (auteur inconnu)

Plugs et liens évoqués

Le blog et le twitter de Ludo :

La prochaine fois

BMImg_30744_30744_Dawkins_extend_webJeudi 14 novembre 2013, avec David
Vous pensiez tout savoir sur l’évolution ?  David va brouiller vos certitudes, la semaine prochaine, à travers la présentation du phénotype étendu, que Richard Dawkins considère comme étant son œuvre majeure. Il vous propose de vous replonger avec lui dans une vision de l’évolution centrée sur les gènes.  Au programme, une analyse des enjeux de cette vision, une découverte de ses éventuels problèmes et éventuellement les implications qu’elle pourrait avoir dans le domaine de la vie artificielle…
» RDV le jeudi 14 novembre à 20h30 sur live.podcastscience.fm/

 

La chatroom

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alan : Morning tout le monde 🙂
alan : Robin, tu viens sur skype?
Robin : ben quand tu veux, hein
Azertoff : salut alan !
Azertoff : et robin, et pingouin :p
Leith : Salut tout le monde.
Robin : salut !
Ludovic : Salut
Pingouin : Salut tout le monde ! 😀
LeCaRiBoU : Bonjour! 🙂
Kramnik : Salut
David Loureiro : lo tt le monde
Kramnik : Comment sa va ?
alan : salut les gens 🙂
Godefroy : salut 🙂
Jorj McKie : De retour de l’enfert numérique du EDGE,Bonsoir à tous.
alex_deba : Slt à tous !
alexandru : Salut tout le monde
Jorj McKie : Pizza geek au menu ?
Julie : Salut
Antoine : Bonsoir à tous
Jorj McKie : En attendant on fait comment pour mettre son avatar dans la chatroom
Ludovic : Y’en a déjà plus de la pizza
Ludovic : mais reste un peu de bière
Ludovic : on est sauvé
Jorj McKie : Bon ça ferra mon geek
David Loureiro : @jorj : c’est gravatar qui te permet de le faire de mémoire
Jorj McKie : moins
Ludovic : on arrive ds 2 min
Pingouin : Ludovic : est ce que ta pizza a été cuite au poêle aux granulés ? 🙂
Robin : C’est Alan qui joue avec ses trucs
Ludovic : Non, je crois bien que le four d’Alan est électrique
Jorj McKie : @david c’est grave de pas comprendre ?
Ludovic : de ne pas comprendre quoi ?
David Loureiro : @jorj non 🙂
David Loureiro : http://fr.gravatar.com/
David Loureiro : tu ouvres un compte
Jorj McKie : voila , cool 🙂
David Loureiro : avec l’e-mail que tu utilises sur le chat
David Loureiro : et tu mets l’image que tu veux
David Loureiro : et hop 🙂
Azertoff : bonjour les gens du podcast :p
alex_deba : A quand une connexion avec G+ ou autre pour récupérer l’avatar ?
Antoine : On vous entend
Jorj McKie : oui
Mikee : bien
Pingouin : oui c’est ok !
alexandru : va audem foartebine
Azertoff : je suis a fond sur le son chez moi (player + son windows)
Jorj McKie : WordPress me demande un mot de passe que j’ai perdu ?
David Loureiro : en fait wordpress a racheté gravatar
David Loureiro : ils ont mergé les comptes
David Loureiro : mais tu dois pouvoir utiliser un e-mail qui a rien à voir
Xilrian : Yop tt le monde
David Loureiro : lo xil
Pingouin : J’ai une question sur l’isolation : est ce qu’en gagnant en isolation, on ne perd pas dans le même temps en circulation d’air, en créant un problème de pollution de l’air intérieur ?
LeCaRiBoU : Lut 🙂
Jorj McKie : Yes avatar Ok, Merci
David Loureiro : cool 🙂
Jorj McKie : Je confirme
Jorj McKie : Bref quand tu pette un coup
Pingouin : OK merci !
MrLafia : Est ce que ces batiments répondant a ces normes énergétique sont plus chère a concevoir et a construire ?
alexandru : la géomètrie du batiment ( surface exterieur / volume intérieur) doit jouer un rôle dans les echanges de chaleur. quels sont les formes les plus optimales?
Jorj McKie : Les materiaux plus isolant sont ils durable. Pierre Mauvais isolant bonne durabilité, polistyren bon isolant mauvaise durabilité. C’est une question.
Jorj McKie : Polystiren
Azertoff : bon fin de live tout le monde, je rattraperais en podcast 😉
alan : ++
alan : merci d’être passé 🙂
Jorj McKie : Et pour accrocher les tableaux
Kramnik : PAS POUR MOI LE BATIMENT EN DEMI SPHERE 🙂
alan : 😀
Kramnik : est il envisageable de faire des quartiers intelligents énergétiquement pour échanger de l’énergie entre batiment
Kramnik : selon la consommation / production?
MrNause : plop
alan : ‘morning 🙂
Kramnik : Pas mal du tout sa la valorisation industrielle
David Loureiro : @Kramnik : à Villeurbanne le centre de calcul de l’in2p3 produit de l’eau chaude qui chauffe l’université Lyon1
David Loureiro : l’eau chaude venant de la chaleur produite par les serveurs informatiques
Jorj McKie : Ce n’était pas la question, Si je doit changer mon revetement au sens large tout les dix ans ce n’as pas le même rapport que tout les 50 ans. C’est une question de société.
MrLafia : Est on capable de mesurer précisement le % d’énergie perdu par une contruction ayant un mauvais rendement énergétique ?
Xilrian : @Kramnik mais si ça peut être cool les batiments en forme de dômes : http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%B4me_g%C3%A9od%C3%A9sique
simardcasanova : Désolé si ma question a déjà été abordée, quid de l’aspect économique ? Analyse coûts-bénéfices entre d’un côté des matériaux + isolants mais plus coûteux, et de l’autre les gains en énergie
Jorj McKie : Je suis le premier convaincu, mais c’est bien de le préciser.
simardcasanova : Arf, je suis arrivé un poil trop tard 😛
alan : du tout 😉
Jorj McKie : Pour une fois que l’on comprend facilement…
simardcasanova : @Xilrian Ça aussi c’est pas mal http://static1.businessinsider.com/image/519bc82769bedd871e000007-1200/amazon-dome-headquarters-designs.jpg 😉
Xilrian : Yep 🙂
Xilrian : en fait le soucis est vis à vis de l’espace au sol mais il me semble que mis à part ça ça a tout plein d’avantages
Kramnik : renouvelable ou recyclable ?
Kramnik : c’est le moteur à l’envers
Kramnik : ^^
MrNause : Que pensez vous de Jaques Fresco (au cas où vous le connaitriez) et de son projet vénus? Utopique?
Jorj McKie : Finalement un immeuble en ville est la meilleure solution du point de vu énergétique.
NuclearPower : Rendement de 6 avec une pompe à chaleur ? C’est optimiste, en général c’est 3 ou 4 !
alan : NuclearPower?
Antoine : Le souci c’est quand il fait très froid, le rendement baisse, non ?
Xilrian : @MrNause
Xilrian : Je connais
NuclearPower : 100m c’est quand même pas donner pour la facture
Xilrian : Mais je ne connais pas assez pour me prononcer je dirai qu’il y’a beaucoup de choses suspecte en périférie mais je me suis pas assez renseigné pour me prononcer définitivement
MrNause : je te laisserai te faire un avis dessus ^^
NuclearPower : On m’a proposé une pompe à chaleur avec un rendement “théorique” de 7: solaire thermique + sonde à 50m avec stockage de l’excédent solaire vers le sous-sol pour l’hiver !
simardcasanova : Intéressant cette information sur le photovoltaïque électrique…
NuclearPower : @Alan, c’est Yves 🙂
alan : arf 😀
alan : j’aurais dû m’en douter 😉
NuclearPower : Le photovoltaïque subventionné, c’est juste de l’arnaque
MrNause : @Xilrian j’ai pas le nive
NicoTupe : Par grand hasard je suis dans le coin le temps d’un coucou
Jorj Mckie : C’est Ludo que vous auriez du inviter sur le débat du nucléaire/ nouvelles energie. Il posee ou répond aux bonnes questions
MrNause : pas le niveau pour le remettre en cause
MrNause : considérons le comme un poète
NuclearPower : Pour les voitures, c’est le cas !
NicoTupe : Pour le quiz, j’ai testé il y a une heure c’est une intox!
alan : @Nico 😀 bel esprit scientifique
Kramnik : diminuer ou rduire … comme on consomme plus du fait des nombreux objects technologiques utilisés au quotidien..
alan : @Jorj, encore eût-il fallu que je le connusse 😉
alan : mais oui, tu as raison
MrNause : Sur le coq où se trouve la bite? (Alexandre Astier)
NicoTupe : allez je vous laisse vu que je peux pas écouter, bonne continuation!
NuclearPower : Si on paie la peau des fesses pour la certification Minergie, oui la norme est respectée. Sinon c’est “au bon vouloir” des entrepreneurs…
Kramnik : la volonter politique ne traduit que le fait que les états n’ont pas l’argent nécessaire pour développer de nouvelles infras énergétiques
Jorj Mckie : Paris 90% des batiments pas aux normes.
Jorj Mckie : On est des vieux
David Loureiro : en france il y a des crédit d’impôts dédiés à la rénovation des bâtiments
NuclearPower : Programme batiment: il faut tout faire en une fois sur 1 an, et ça coûte un paquet…
Kramnik : je confirme en tant que gentil petit étudiant en fisca notament
Jorj Mckie : Batiment n’est pas particulier. c’est le pb en france ou il y à beaucoup de propriétaires;
David Loureiro : c’est le crédit d’impôt développement durable : http://ecocitoyens.ademe.fr/financer-mon-projet/renovation/credit-dimpot-developpement-durable
NuclearPower : Programme batiment: la pompe à chaleur est acceptée uniquement si elle est Suisse
Kramnik : 15 ou 30% de crédit d’impot pour certains produit
El Jj : Il y a même régulièrement des pubs à la radio pour ces crédits d’impôts
NuclearPower : Il n’y a que 60% de propriétaires en Suisse.
simardcasanova : C’est étonnant, car derrière ce manque d’isolation dans les bâtiments il y a de la théorie économique 😉
Kramnik : si : un impactà la vente
simardcasanova : En l’occurrence on est face à une externalité négative : les comportements individuels ne prennent pas en compte les effets sociaux néfastes
NuclearPower : Tout dépend du nombre d’années
simardcasanova : J’en profite pour continuer ma question : sais-tu en général quel est le taux d’actualisation dans les calculs ?
Kramnik : Il ne faut pas que ce soit efficace mais efficient 🙂
NuclearPower : Coût de l’énergie: avec les “bonds” déjà observés sur le pétrôle, le prix du kWh est loin d’être stable
simardcasanova : Disons plutôt les “choix individuels”
NuclearPower : Efficient: faire mieux avec moins
David Loureiro : Sur l’isolation, entre laine de verre, de roche, chanvre, etc, est-ce qu’être écolo fait que l’on isole mieux? Ou juste c’est une acte militant car pas mieux isolant ?
David Loureiro : surtout que cela coûte de l’argent
NuclearPower : Isolation: les matériaux recycables sont équivalents aux autres. La laine de verre Isover est à 60% recyclés
simardcasanova : Merci pour cette réponse 🙂
Kramnik : C’est vrai que le chauffage collectif est une hérésie : certains utilisent de l’énergie pour rien..
simardcasanova : Le taux d’actualisation c’est en gros le taux auquel on rend “actuel” les gains ou coûts futurs
simardcasanova : Difficile d’expliquer par écrit comme ça ^^
simardcasanova : En fait je pose la question car de toutes petites différences dans le taux d’actualisation choisi peut faire qu’un projet dont l’analyse coût-bénéfice est positive devient négative
David Loureiro : pour ça que je parle d’acte militant en fait
NuclearPower : Taux d’actualisation: http://fr.wikipedia.org/wiki/Actualisation
Kramnik : (1+x)^-n
David Loureiro : @Alan : un euros d’aujourd’hui ne vaut pas la même chose qu’un euro dans 20 ans
simardcasanova : C’était juste une question comme ça 😉
David Loureiro : je pense que c’est ce qu’il veut dire
Jorj Mckie : Pratiquement comment fais tu l’étude énergétique d’un batiment ancien. Murs, toit, fenetres, on commence par quoi
simardcasanova : C’est noté Alan 😉
Kramnik : c’est un principe pour l’évalution dess projets ;…
simardcasanova : @David : c’est ça
simardcasanova : À cause de l’inflation
David Loureiro : en france il commence à avoir des histoires de bilan énergétique nécessaire à donner quand on vend un bien
David Loureiro : comme pour les frigos
simardcasanova : En général 1€ de 2014 vaudra moins qu’un euro de 2013, la question étant : combien ? C’est ça le taux d’actualisation
David Loureiro : genre A, B, C, D, etc, est ce qu’il y a la même chose en suisse ?
Jorj Mckie : Les normes c’est un peu de la foutaise ;-), quelle seraitent selon toi les bonne mesures à prendre en priorité
Wyleas : Nause tu te calme :p
Kramnik : on peut actualiser des annuités ou une somme.
Mikee : En france, pour toute vente d’un bien immobilier, un diagnostic de performance énergétique est obligatoire.
Mikee : de A à G
Kramnik : Combien je dois placer d’argent pour avoir dans 10 à 5 % 10000 euros ?
NuclearPower : Normes. Quand tous les équipements sont devenus “A”, on a fait les “A+” A++ A+++…. bref c’est difficile de comparer
Jonathan : salut les amis !
Kramnik : c’est de l’actualisation
Jorj Mckie : Alan t’as pas lu la suite
Xilrian : Coucou Jonathan ^^
David Loureiro : @Ludovic merci 🙂
Wyleas : bonsoir tlm dsl j’ai envoyé un message personnel a un ami sans savoir que c’etait lus en direct
Jonathan : relatives c’est embêtant, ça donne des hummers écolos 😉
Kramnik : (pour pas polluer demandez moi si vbous voulez savoir pour l’actualisation)
NuclearPower : Ils faut préciser en face du “A” que c’est x kWh / an / m2
alexandru : des valeurs c’est beaucoup plus parlant
Jorj Mckie : Merci David 🙂
David Loureiro : je crois qu’un des problèmes avec ces diagnostics viennent des sociétés qui les réalise
Kramnik : c’est vrai que ces difficile de s(y retrouver avec A+++
David Loureiro : parce que c’est parfois aussi des charlatans
NuclearPower : @David oui mais leur lobbying a été efficace 🙂
nicktalop : Le A actuel c’est du D d’antant
David Loureiro : @NuclearPower ça c’est clair 🙁
Wyleas : il y a des sujet a respecter ou on peut poser les questions qu’on veut ?
Mikee : Le résultat du DPE peut dépendre du diagnostiqueur. Toutefois, les mesures sont prises à partir des mêmes bases = les factures EDF
NuclearPower : Sur un lave-vaisselle, l’étiquette précise la consommation eau et d’électricité
David Loureiro : yep j’allais le dire
David Loureiro : RT2012
Wyleas : moi en ce moment je suis sur les mondes cantiques
alan : vous avez d’autres questions pour Ludo les amis?
NuclearPower : Tu chantes ?
nicktalop : on connaît la chanson
nicktalop : il philosophe?
NuclearPower : Les petites consommations… c’est presque terminé sur les équipements modernes “de qualité”. L’essentiel maintenant c’est le chauffage/climatisation
Kramnik : en parlant de petites économies : des chercheurs sont parvenusà conduire de la lumiére extérieur à l’intérieur soit plus d’ampoule ;. potentiellement..
Jorj Mckie : 20 ans mon lave vaisselle (qui marche), 1200 euro un nouveau, je fais quoi ?
David Loureiro : une page qui vaut ce qu’elle vaut sur la répartition entre les sources d’énergie de l’électricité produite par EDF : http://fr.edf.com/autres-pages-53295.html
NuclearPower : @Jorj si on peut être sûr (et c’est un doute !) que le nouveau tienne 20 ans, c’est intéressant de changer.
Pingouin : Bon comme d’habitude les jeudis soirs tout le monde m’appelle et je rate 30 min d’émission …
Jonathan : dans l’industrie je me bat contre tous ces trucs qui fonctionnent la nuit, incroyable ce qu’on fou loin par paresse…
NuclearPower : @Pingouin faut couper ton téléphone
Kramnik : surtout s’il tombe en panne 3 ans aprés^^
Mikee : Un label “BBC” est entrée en vigueur en France le 1er janvier 2013 pour les constructions neuves. Qu’en est il en pratique ? Cela n’augmente t il pas le coût des travaux ?
Julie : batiment basse consommation
Mikee : ok
Kramnik : energie et le spatial.
Kramnik : ??
alan : https://twitter.com/Ludovic_P_
NuclearPower : Faut qu’il parle de son concept de “Suissalisation” !!
alan : http://ludopourquoipas.wordpress.com/
Jorj Mckie : Il n’y a pas que le politique, écouter le sujet dépassionné est passionnant un peu scientifiquement (techniquement)
Kramnik : suissalisation ?? i love 🙂
alan : @Jorj, merci 🙂
Kramnik : j’arrive bientôt 🙂 ^^
Mikee : Vous êtes à Gstaad ?
NuclearPower : Lausanne !
Kramnik : merci !
David Loureiro : merci 🙂
Ludovic : De rien 🙂
Jonathan : pas eu le temps de tout écouter, impatient de l’avoir en podcast !
Jorj Mckie : Exactement
NuclearPower : Maintenant on parle d’éxergie… C’est ce que l’on peut exploiter effectivement d’une énergie
Jonathan : je plussoie, ça reste le plus simple et le moins cher
Mikee : ça tombe sous le sens, quoi…
Jonathan : ça y’est, podcastscience sous-traite le montage… ou va le monde ?
Jorj Mckie : @David tu as changé de micro?
Jorj Mckie : Tu as la voix moins chaude
alexandru : intox
NuclearPower : C’est qu’il fait plus froid en Irlande…
NuclearPower : À mon avis, ça dépend des communautés, en fonction des régions…
Mikee : ouais, ça reste une secte…
Jorj Mckie : http://www.youtube.com/watch?v=XZ07piyR9Bs
NuclearPower : T’as dit 20e siècle ? On est au 21e
Pingouin : merci !!!
Kramnik : YIp ip ip, Oura 🙂 ^^
alex_deba : A la semaine prochaine !
Kramnik : merci
NuclearPower : Bonne soirée
simardcasanova : Merci pour cette émission 🙂
Jonathan : merci les gars !
mmmov : slt
Ludovic : merci à vous
Mikee : bonne fin de soirée
NuclearPower : @Jorj dit que c’est moins chaud
Jorj Mckie : Ha y a pas que moi
alan : Merci à tous 🙂
alan : Bonne soirée!
Antoine : bonne soirée
alexandru : merci pour l’épisode
Pingouin : david et alan : je me disais aussi que les basses de la voix de david ne passaient pas !
Kramnik : david tu veux reparler de l’épisode précédent sur skype.?
Jonathan : pas trop compliqué le h4, mais tu peux juste compresser ensuite au montage
Jonathan : et enlever le bruit
Kramnik : non le fresstyle
Pingouin : ah cool le vote !
David Loureiro : l’origine des objets mathématiques !
David Loureiro : j’adore
Jonathan : hasard 1, sans hésitation !
Pingouin : pour le livre ?
Kramnik : tous ! ^^
NuclearPower : Vote: le Hasard 1 et l’origine des objets
Kramnik : hasard
mmmov : le hasard aussi
alexandru : infini à l’infini
Pingouin : pareil que tout le monde hasard 1 et objets math
David Loureiro : le hasard 2
David Loureiro : c’est plus gentil
El Jj : Mon préféré est celui sur l’infiniement petit
mmmov : pourquoi n’en choisir qu’un?
Pingouin : ils sont tous biens, quelque soit le choix il sera le bon !
Jorj Mckie : C’est un sophisme
Pingouin : Du coup choisis les AU HASARD !
Ludovic : 🙂
Pingouin : De rien David !
Robin : Bonne idée, ça !!
NuclearPower : @Robin lance un dé 20
Kramnik : bonne app
mmmov : la semaine prochaine j’essayerais d’arriver a l’heure pour une fois
Ludovic : merci
El Jj : ok !
Robin : À ElJj, j’ai vu que tu avais parlé de mon dossier sur l’infinment petit dans ta note, cool !
Ludovic : On boira le dernier verre à vos santés
Pingouin : ciao !
Jonathan : santé les gars !
NuclearPower : Santé !
Kramnik : ah je croyais que tu étais int&ressé par sa
Robin : Tu as vu les articles du Palais de la découverte sur les indivisibles ?
David Loureiro : à bientôt !
Jorj Mckie : Bizz à tous
Robin : Il y en a deux qui se suivent, dont un de moi sur la cycloïde, justement
El Jj : J’ai lu avec attention les articles que tu as mis en lien dans ton dossier
El Jj : En particulier, j’ai lu ton article, oui
David Loureiro : bonne soirée
Robin : ah ! ben voilà, c’était ça que je voulais savoir
Robin : Je ne savais plus si je les avais mis en lien !
Robin : Il y en a un bientôt,
Robin : qui utilise encore les indivisibles pour calculer le volume de l’intersection de deux cylindres
Robin : je ne sais pas si tu connais, la grande classe
El Jj : Ca, je ne connais pas
El Jj : Il y a moyen de lire en ligne ces articles ?
Robin : tu peux couper dans une direction dans laquelle tu n’as que des carrés
Robin : et la boule inscrite est tangeante partout
Robin : donc il y a un rapport constant à chaque étage entre les disques et les carrés
Robin : Il sera en ligne dans quelques mois seulement, mais je dois pouvoir t’envoyer un brouillon d’article
Kramnik : Fiou sa discute dur dur encore à cette heur-ci 😀
El Jj : Chouette !
Robin : Ouaip
Robin : Quand un matheux croise un matheux…
El Jj : J’ai du mal à m’imaginer le truc sans dessin
Robin : Forcément !
Robin : C’est même le sujet de l’article, presque
El Jj : Normalement, tu as mon adresse mail, je serais ravi de le lire en avant première
Robin : Je fais ça
El Jj : Merci ! 🙂
Robin : Si j’arrive à le retrouver, il doit plutôt être au boulot

Podcast science 149 – Freestyle : athéisme, avocats, races, théorèmes et 2-3 trucs…

La semaine dernière, vous avez pu goûter à un extrait de notre nouvelle formule version dossier. En effet, 3x/4 environ désormais, l’émission se focalise sur une thématique en particulier – dossier ou interview – et on limite le bruit avant et après.

Mais donc, 1x/4, on se détend… On parle de toutes ces choses qu’on n’a pas pu aborder durant les 3 éditions précédentes, on commente, on discute, on refait le monde. Et cela ne devrait pas être moins intéressant. En tout cas c’est le pari qu’on va essayer de tenir. Vous serez fixés rapidement puisque cette émission est précisément notre première édition freestyle de la nouvelle formule.

L’interview d’Adam

» Retranscription de l’interview d’Adam Reakes. Un grand merci à David pour son travail)

Le dessin de Nicotupe

» http://www.sharypic.com/ps149

La réponse au quiz du mois

Pour rappel, le sujet était “Laisser le noyau de l’avocat dans le guacamole l’empêche de s’oxyder. Info ou intox?”

Et c’est bel et bien une intox!

» La réponse en détail ici: https://www.podcastscience.fm/?p=2813

Le blog audio

» ScienceABilly.com – La théorie des races dans l’éducation, ou voyage au pays de l’imposture scientifique

 

La réponse au concours QuidNovi de l’épisode 138

https://soundcloud.com/podcastscience/138-science-et-sandalette#t=5:59

Un Darwin Award est avant tout une récompense. Mais une récompense ironique pleine de sarcasme, qui n’amène ni reconnaissance ni gain financier. Une reconnaissance qui voile d’humour noir le sourire retenu devant la triste fin d’une vie.

Comme le grec Eschyle, qui, en 458 avant jesus christ, aurait été tué par une tortue vivant, lachée par un vautour distrait, qui aurait confondu son crane chauve avec une pierre. Le Darwin Award n’est autre qu’une cérémonie informelle qui récompense, souvent à titre posthume, les morts les plus stupides, les plus insensées voire les plus improbables de nos concitoyens. L’occasion de récompenser ses infortunés compagnons de voyage sur cette petite planète, qui , par leur décès, auront contribué à l’amélioration globale du patrimoine génétique humain. Bel hommage à Darwin et à sa sélection naturelle.

hey Joule, dont take it bad, comme l’on chanté les Beatles.

Un avertissement tout de même, nous n’avons pas pour but de nous moquer de ces défunts, mais plus de la mort en elle même, de son incongruosité. Tel les moires de l’époque antique, qui tissent, déroulent et tranchent le fil de la vie avec le sarcasme inhérent à la mythologie, nous sommes là, pour sourire devant l’adversité, sans nous avouer vaincu.

Ris mon ami, car la vie tout comme la mort peut être aussi absurde qu’un mathématicien à cheval sans règle de trois. Adressons nous au Kings Charles II : Coulons ensemble dans le rire, Abandonne ta laisse, sors de ta plank, laisse ton étroitesse là. A vos gadro montez à Bohr et voguons sur cette galère zygomatique.

La quote de la semaine

« Vous êtes une de mes réactions chimiques les plus intéressantes  » Dieu  (sur twitter)

Le message manuscrit d’Alefto

message_alefto

Plugs et liens évoqués

 

La prochaine fois

» RDV le jeudi 7 novembre à 20h30 sur live.podcastscience.fm/ 

La chatroom

Cliquez sur le bidule ci-contre pour l'afficher

Robin : Hey !

Robin : En direct de Rome !!

Denis : Salut

Denis : en direct de Varsovie :p

Taupo : Hello tous

Alan : Hey l’International 🙂

Taupo : Adam Reakes il sera en direct d’où au fait?

Blast : En direct de Rüsselsheim 😉

Blackline : Coucou tout le monde ^^

Blackline : Nous sommes peu ?!

Alan : Adam est à Sydney 🙂

Taupo : eh beh

Alan : Il est 6:30 du matin

Robin : Rappelez moi quels sont les ploucs qui sont à Paris ?!

Taupo : moi

David Loureiro : hello

azertoff : salut podcast science ;p

Taupo : Alors, à l’heure?

Taupo : Ca commence là non?

Taupo : ahhhh!

Taupo : cool

Blackline : Ah enfin =D

Julie : salut

Taupo : et le vieux couple là!

Taupo : c’est fini?

azertoff : j’ecoute juste le temps d’hero corp, ensuite quid novi, je rattraperais en podcast 😉

Blackline : ouais, on veut de la science :p

azertoff : par contre alan,tu es assez faible chez moi :s

Blackline : Merci Apple.

David Loureiro : je me demandais si il y avait des contre-indications au passage à mavericks

David Loureiro : 🙁

David Loureiro : apparement

Blast : non, ça va

azertoff : non au niveau du son XD

Taupo : non mais c’est vrai que le son est pas super fort

David Loureiro : ptete pour ça que la mise à jour est gratuite

Xavier : Salut les gens !

Blast : yup

azertoff : donc c’est moi aussi ^^

Blackline : Tout l’monde je pense ^^

azertoff : salut xavier ^^

Xavier : Salut Nico 😉

sashalechat : salut de zürich à tout le monde

Xavier : Ben sinon, tu fais pas des statuts

Denis : oui c’est pas très fort (d’ailleurs les mp3 à telecharger ca serait bien qu’ils soient plus forts aussi)

Xavier : C’est pas un problème de faire des statuts bidon

Xavier : mais il ne faut pas dire qu’ils sont bons 😉

Blackline : Vrai vieux couple !

Taupo : Où as tu appris le français Adam?

Taupo : ok

Blackline : (Je ne suis donc pas le seul a avoir mon volume à fond ?)

Mikee : sallut à tous

azertoff : c’est aussi mon cas blackline

Blackline : Ok merci azrtoff

Xavier : Avant l’heure, c’est pas l’heure

NicoTupe : Pfff ces suisses

NicoTupe : Incapables de commencer à l’heure

Blackline : Sinon Adam peut se présenter le temps que vous vous prépariez ?

Xavier : Salut Adam !

Mikee : deux “l”

Robin : Bon, salut tout le monde, je vous fais confiance, je vais prendre l’

Robin : apéro sur le balcon…

Robin : en t shirt et sandales

Robin : hé hé

Xavier : C’est quoi ce lacheur de Robin ?

Mikee : i’m ashamed

Blackline : Wow le generique !

Xavier : Manque de punch ce soir Alan ?

Blackline : M’euh non ! J’aime ses intros 🙂

Xavier : Emission Freestyle, Nico commence bien 😉

NicoTupe : International Podcast

David Loureiro : la motiv’ Adam quand même !

David Loureiro : Bravo !

Denis : grosse empreinte carbone ce soir

NicoTupe : lol

Blackline : (Très bon français pas d’inquietude)

NicoTupe : ca change rien à l’emprunte carbone

Xilrian : Hello

NicoTupe : coucou david

Blackline : empreinte nico Non ?

NicoTupe : certes

Xavier : Salut David

Xavier : C’est la première fois que je fais la vaisselles en écouter un live de podcastscience

Blackline : Violeteur c’est tellement plus inoncent.

Mikee : le son est faible !

Blackline : (très)

Alan : 🙁

Mikee : so bad

Alan : je suis à fond là…

sashalechat : en suisse ça marche bien 😉

Blackline : Allez y avec dieu les gars on peut monter le son !?

David Loureiro : ça passe bien chez moi …

Denis : 🙂

David Loureiro : chuis à Lyon, ça doit être une histoire de distance

Denis : si vous avez un casque audio c’est mieux

Taupo : 4.7 Mya

Mikee : Un film rigolo qui tourne en ridicule les créationistes : “Paul” avec la voix de philipe Manoeuvre pour la VF

Taupo : 4.54 Mya

Taupo : pardon

Blackline : On comprend 🙂

Taupo : 4.54 Milliards d’années

Denis : le son a planté ?

Blackline :

Denis : ca a l’air d’aller maintenant

azertoff : non,pas pour moi, mais je vais vous quitter. bon podcast a vous 😉

Blackline : Bye

NicoTupe : ++

sashalechat : c’est ça l’intelligence, non ?

Denis : deja avoir plus de questions que de réponses c’est souvent un signe d’intelligence 😉 (je crois que c’est d’Einstein)

Blackline : “Moi aussi j’aimerais dvenir catholique comme ça j’aurais plus besoin de me casser le c** à reflechir” – Didier Super

sashalechat : quoi ? lentement ???

sashalechat : oh bordel, c’est comme le suisse allemand alors…

Mikee : du franglais, quoi…

Xavier : Qqun à lien vers le feed de son Podcast ?

Xavier : (J’ai fini ma vaisselle)

Denis : https://itunes.apple.com/us/podcast/the-herd-mentality/id662702415

Xavier : Nico, tu as testé ta page de live dans IE ?

NicoTupe : nope

Denis : mais je trouve pas pour les non-apple (dont je fais partie)

NicoTupe : mais j’utilise rien d’exotique en fait

NicoTupe : et quelqu’un l’a testée

Xavier : Bon, alors ça doit être chez moi

NicoTupe : ca fait quoi?

Xavier : Merci Denis

David Loureiro : http://herdmentalitypodcast.com/

Xavier : @Nico : rien

NicoTupe : parce qu’a priori tu arrives à me parler 🙂

Xavier : Oui, je suis passé par Chrome

NicoTupe : arf

NicoTupe : foutu IE

NicoTupe : faudrait que je regarde

Denis : merci David

David Loureiro : @Denis : de nada

Xavier : @David C’est pas le feed ça. J’ai pas trouvé sur son site justement…

David Loureiro : @Xavier : ah, bon je continue les recherches 🙂

Denis : je viens de voir Idiocracy, c’est dangereusement proche de ce qu’Adam décrit

NicoTupe : j’adore ce film

Denis : oui film à voir 🙂

sashalechat : @ adam: mais pourquoi ? parfois je pense que c’est parce que les religions monothéistes, surtout chrétiennes, te font comprendre que tu passes ton temps à pécher mais qu’au final on te pardonnera…

David Loureiro : @Xavier : pas trouvé de feed rss

David Loureiro : à défaut, les mp3 des épisodes sont directement dispo

sashalechat : ce lien par hasard? http://www.secretagencies.com.au/herdmentality.xml

Blackline : “Jesus si un jour tu reviens, autorise les prêtre à se marier s’il te plait, qu’il laisse les gosses tranquilles pour une fois” – Didier Super

Alan : bravo Sasha 🙂

sashalechat : merci google…

David Loureiro : top !

Denis : @Adam: est-ce que tu penses qu’il faut lutter contre ces “excès stupides” en priorité (abstinence, créationnisme etc…), ou est-ce que tu penses que la religion est mauvaise à la racine et qu’il faut carrément promouvoir l’athéisme plutot que la “religion raisonnable”?

Xavier : Yes, merci Sasha

Taupo : Le flux rss http://www.secretagencies.com.au/herdmentality.xml

Taupo : ah en retard

Taupo : sorry

Blackline : L’important c’est de choisir, si on souhaite l’un ou l’autre.

David Loureiro : c’est l’extrémisme qui est le problème

David Loureiro : plus que la religion en elle-même

Blackline : Toujours.

David Loureiro : et la culture de l’ignorance

Denis : oui merci 🙂

David Loureiro : un truc un peu compliqué avec la religion c’est l’évangélisme souvent associé

Blackline : http://www.koreus.com/video/obeis-jehovah.html Vidéo qui tourne en ce moment sur une “Propagande” sur jéovah.

David Loureiro : qui pousse à toujours vouloir convaincre les autres d’adhérer

nicktalop : insularisé

Denis : insulaire ?

Denis : isolée ?

David Loureiro : ricky gervais !

David Loureiro : the invention of lying !

Xavier : Bon les gens, encore une fois, je vous lâche en pleine àmission

nicktalop : isolé, c’est le mot exact dans ce contexte

David Loureiro : @+ Xavier

Alan : ++

Denis : très proche des scouts finalement

nicktalop : Prosélytisme et marketing, c’est kif-kif

nicktalop : qui est l’interviewé ce soir?

David Loureiro : https://twitter.com/adamreakes

nicktalop : thx

nicktalop : Nessie likes Aussies!

Blackline : Si le noyau empêche le Guaccamole de s’oxyder, c’est que le noyau devrait s’oxyder…

Denis : et si tu enroules tes yaourts dans du jambon, ils ne périment pas

Blackline : Ethanol S’oxyde à l’air en Acide Acetique donc la bannane joue l’anti-oxydant

Blackline : C’est une question de contact alors… Donc le noyau n’est pas un “Antioxydant” ok ^^

Adam : Coucou. Merci tout le monde! Si vous avez des questions, je vais essayer de repondre la. 🙂

nicktalop : Mince, j’aurais bien aimé croire à cette intox!

Blackline : Cool

Blackline : Genese

nicktalop : J’aime les oxymores…

nicktalop : un avocat ripou, par ex….

Adam : Ah, voila – je comprend la question la…

Denis : Merci Adam ! pour continuer sur ta réponse de tout a l’heure: comment tu justifies que la raison et la méthode scientifique sont des meilleures guides que la “foi” et la “sensibilité” chères aux religieux.

nicktalop : gut feeling vs brain power?

Denis : Autrement dit, difficile de répondre aux gens qui disent “je pense que les sentiments sont plus importants que la raison pour etre heureux”

Adam : Hm.

Blackline : Le jus de citron est aussi un Reducteur (Anti-oxydant)

Robin : Et surtout il faut mettre du citron parce que c’est bon

Blackline : lol

Adam : La pensee critique peux ameliorer les vies des gens ici, dans une monde qu’on est sur d’exister.

nicktalop : réductioniste sans le piment

Denis : @Adam: oui mais c’es ton point de vue, et essayer de convaincre les autres que c’est le meilleur c’est justement ce que tu critiquais

Blackline : L’avocat à eu une idée lumineuse

Adam : La methode scientifique nous donnes des choses certaines apres avoir l’etudie.

nicktalop : La méthode religieuse nous donne des choses certaines après les avoir professées…

Denis : les religieux te répondront oui, mais rend-elle plus heureux ? ce n’est même pas la vérité qui les intéresse, mais le “sens de la vie”, et le ressenti

David Loureiro : @Denis : la vérité les intéresse

David Loureiro : mais ce sont les hypothèses qui permette d’y aboutir qui sont différentes

Adam : Une point de vue – oui. Mais mon point de vue est basee sur la methode scientifique ou possible. Les croyants rejette cette moyen de pense, meme si c’est ca qui a fait les meilleurs avances medical, technologicale etc…

Denis : @David: j’ai déjà discuté avec quelqu’un qui disait qu’elle était religieuse, puis athée, puis elle s’est aperçue qu’elle était plus heureuse en croyant en Dieu alors elle est redevenue religieuse.

Blast : intox !

nicktalop : après le noyau, les noyés?

David Loureiro : @Denis : la religion est l’opium du peuple comme on dit

David Loureiro : l’intérêt c’est ce que cela permet d’avoir une source inépuisable d’espérance

nicktalop : @David: c’est donc fumeux

Denis : (je précise que je suis athée et plutot anti-religieux, je viens juste à la pêche aux arguments pour mes prochains débats :p)

David Loureiro : @nicktalop c’est compliqué

Adam : Au niveau d’etre heureux – je suis plus heureux a dire “je ne sais pas” que “c’est dieu qui l’as fait.”

David Loureiro : c’est comme l’homéopathie

Robin : Je trouve qu’il y a une grande différence entre religieux et croyant, quand même

nicktalop : l’opium ou le peuple? 🙂

Robin : Disons que mon vrai ennemi, ce sont les religions

Robin : la foi… Chacun fait bien ce qu’il veut

David Loureiro : les problèmes sont les dérives

David Loureiro : si chacun reste respectueux des autres

Denis : Mon ennemi c’est la religion qui sort de la sphère privée, et se met à influer sur les lois et la vie publique

Adam : Je fais une emission sur l’homeopathie – episode 23.

David Loureiro : on a moins de problème

David Loureiro : ahhhh l’homéopathie

David Loureiro : truc de ouf

Blackline : Désolé je suis moins rapide que Nicotupe : http://www.imabox.fr/a2/1331102138Z1jt3Y46.PNG

Adam : Oui, mais ca grandisee.

Denis : oui homeopathie et religion c’est un parallèle utile

David Loureiro : les preuves montrent que les principes actifs sont du vent

David Loureiro : mais comme cela marche il faut garder

Alan : @Adam, dis, tu avais préparé une “quote”, finalement?

David Loureiro : parce que l’effet placebo généré suffit

David Loureiro : donc ça soigne, mais pas pour la bonne raison

David Loureiro : enfin, c’est mon opinion 🙂

nicktalop : il y a des médicaments qui n’ont pas l’effet des placebos, non?

Adam : Denis – oui, j’accepte qu’il y a des gens qui trouvent plus de securite en dieu, mais le moyen de pensee continue dans leurs vies – ils sont plus predispose de payer pour l’homeopathie etc, parceque ils sont entraine d’accepter les choses sans evidence.

Adam : Et ca – ca fais du mal.

David Loureiro : tout est question de foi

Adam : Alan – malheureusement non! Desole!

nicktalop : ou de foie

David Loureiro : la crise

David Loureiro : ?

Alan : Ah, c’est pour ça que tu es parti 😉

nicktalop : dans les deux sens du mot

Alan : Il nous faut une quote 🙂

Denis : @Adam: oui je suis d’accord la religion peut émousser le sens critique

Alan : qqun est inspiré?

Adam : Placebos, oui – ils ont leur places. Mais quand l’homeopathie est vendu en place des vaccines – c’est l’horreur.

Adam : Tu veux quoi comme quote?

NicoTupe : une combinaison de mots inspirants avec un sens douteux prononcé par un inconnu 🙂

David Loureiro : @Adam oui

Blackline : Le problème de l’Homéopathie c’est que c’est de l’eau.

Denis : “Je ne sais pas si Dieu existe. Mais s’il existe, j’espère qu’il a une bonne excuse.” (Woddy Allen)

nicktalop : ou du vent

Denis : Woody pardon

nicktalop : c’est le comble

David Loureiro : @Denis : sympa

Adam : “The Herd Mentality Podcast – par quelq’un, pour le peuple.”

NicoTupe : subscribed!

David Loureiro : le talent de maquillage de voix est impressionnant !

sashalechat : oui oui: Spinoza « Notre âme, en tant qu’elle perçoit les choses d’une façon vraie, est une partie de l’intelligence infinie de Dieu.»

Adam : ^^

sashalechat : ça met tout le monde d’accord 😉

Denis : “Dieu est le nom que depuis le début des temps jusqu’à nos jours les hommes ont donné à leur ignorance.” (Max Nordeau, écrivain hongrois / 1849-1923)

David Loureiro : Denis is on fire !

nicktalop : j’aime les hongrois

NicoTupe : “Vous êtes une de mes réactions chimiques les plus intéressantes” Dieu (sur twitter)

Adam : LOL

nicktalop : Spinoza était pointu (pun intended)

sashalechat : 🙂

Alan : vendu 🙂

Blackline : Nicotupe : Pas mal la citation :p

Denis : @Nicotupe: sympa celle-là 🙂

Blast : Je croyais que “évolué” était banni sur Podcast science

Denis : Le problème de twitter, c’est que c’est dur de vérifier les sources (Darwin)

Blackline : mdrrrr

Alan : yep

sashalechat : demande à la nsa…

Alan : @Blast, mais là c’est un texte de Billie et c’est pour la bonne cause 😉

nicktalop : demandez à un sourcier

Blast : hehe

Alan : Houla Nicktalop 😉

Blackline : Pauvre Einstein

nicktalop : 🙂

NicoTupe : “je n’ai pas dit cette phrase” Einstein

nicktalop : Ma négation n’est pas vraie. Un Crétois

nicktalop : On n’est pas dans la phrénologie ce soir?

Alan : pas loin 😉

nicktalop : Einstein avait la bosse des maths, tout s’explique!

nicktalop : C’est votre page de pub en ce moment?

NicoTupe : ?

NicoTupe : c’est un blog audio

NicoTupe : on a pas de pub 🙂

David Loureiro : 🙂

Alan : ouais, on en profite pour faire pipi 😉

nicktalop : Ouf, je vous croyais zététiciens! 🙂

NicoTupe : non juste ziziticiens

NicoTupe : désolé

Alan : ils ne font pas pipi?

NicoTupe : .

nicktalop : Rofl

Adam : Bon – merci de m’avoir tolere tt le monde. A + sur Twitter! @AdamReakes

Denis : a+ Adam et merci

Alan : Merci à toi Adam 🙂

NicoTupe : ++

David Loureiro : A+ Adam

David Loureiro : Quel talent d’imitateur Alan !

Blast : excellent ce billet

Robin : Tout est question de définition !!

Robin : Avec la fames

nicktalop : La Science, sa race!

Robin : fameuse question : et si les races existaient scientifiquement, que ferions nous ??

Denis : oui la démarche scientifique ca doit pas être à sens unique

Denis : @Robin ca ne justifierait pas de traiter certaines races comme inférieures

sashalechat : @robin: on changerait la science

Robin : Je suis bien d’accord

nicktalop : @Robin: on remettrait en question la science?

nicktalop : hehe

Robin : Ben une réponse scientifique n’est pas tout

David Loureiro : comme disait coluche : quand tu casses un oeuf et que tu mélanges le blanc et le jaune, qu’est ce qui reste ?

Robin : et ne doit pas forcément donner une réponse sociale évidente

David Loureiro : le jaune !

nicktalop : La femme est l’avenir de l’omelette, donc

Denis : ca aurait bien eu sa place dans le débat science et politique avec Ruxandra

Robin : La société doit faire des choix, la science est un des éléments qui aide à réfléchir et à répondre

Robin : pas le seul, donc

Blackline : Bye bye les jeunes.

Denis : bye

David Loureiro : a+ Blackline

nicktalop : bye Blackline

Alan : tschuss!

NicoTupe : ++

Blast : Le wifi à l’hotel pour écouter un podcast en direct, c’est pourri. Info ou intox ?

Alan : en fait, on se dit bcp bonjour et au revoir dans cette chatoom 😉

David Loureiro : ^^

David Loureiro : intox !

Alan : ah, on s’apprête à dire au revoir à Blast? 😉

David Loureiro : si tu paies

Blast : Non, je survis, mais il me manque régulièrement des phrases

Denis : ton étroitesse là c’est joli

nicktalop : Et Cavalieri alors?

David Loureiro : y’a des acharnés !

Alan : 🙂

sashalechat : bonsoir à tous, à la prochaine !

David Loureiro : bye

nicktalop : A+

David Loureiro : bye nicktalop

nicktalop : bye David

David Loureiro : à plus sur twitter 😉

nicktalop : 🙂 sans doute

Robin : Bon, désolé, c’était un peu bâclé, mais il fallait que je parte prendre l’avion !

Alan : et tu l’as loupé quand même, c’est ça? 😉

Robin : Ben non, je suis à Rome

Robin : 😉

nicktalop : Cool

Alan : tous les chemins y mènent, non?

Alan : ils sont fous ces romains 😉

Robin : Même le métro quand tu rates l’avion

Alan : 🙂

Robin : m’en parle pas, je me le dis à chaque monument !

David Loureiro : y’a aussi l’histoire de la modification à longue distance des lois de la gravité je crois non?

David Loureiro : avec la théorie mond, etc

Denis : sauf si on détecte des particules de matiere noire

Denis : la matiere noire c’est censé etre détectable quand meme ? si c’est juste la courbure de l’espace on peut rien détecter

David Loureiro : y’a quand même les effets de lentille gravitationnelle non ?

David Loureiro : pour la déformation de l’espace-temps

Robin : Merci Geoffrey !

Blast : Je souscris à ce que dis Geoffrey

java.lang.NullPointerException : Y’avait tant à dire sur l’échantillonage…

Denis : oui Geoffrey mets des mots sur des sentiments partagés 🙂

David Loureiro : faut aussi que ça reste un plaisir 🙂

nicktalop : Les lentiiles gravitationnelles, c’est pas ce qui provoque l’aérophagie du photon?

Robin : Sauf si tu vas jusqu’à 3141

java.lang.NullPointerException : … ou plutôt une émission gamma ?

Robin : Merde, doublé

Alan : ouarf, le pseudo, j’adore 🙂

nicktalop : A chacun ses émissions…

Alan : on peut voir ta stacktrace? 😉

java.lang.NullPointerException : at ch.vd.Echallens:1040

Alan : hah, démasqué 🙂

Alan : tiens on va entendre tes réactions sur le frigo

Denis : ah si on peut proposer des dossiers, je rêve d’un dossier sur les ordinaux à faire circuler à mes amis.

NicoTupe : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tribar.svg

Robin : Problème pour la radio

Robin : surtout

Denis : *des idées de dossier

Robin : Mais on peut faire sur les illusions sonores

Robin : et il y a de la physique et des maths

Blast : en voilà une bonne idée. il y a des trucs marrants à faire.

Denis : ya la multiplication du chocolat

java.lang.NullPointerException : Un effet stromboscopique en audio ?

Denis : comme truc impossible et mathematique

java.lang.NullPointerException : Le chocolat c’est une spécialité Suisse 🙂

Julie : merci 😉

Denis : http://www.tuxboard.com/photos/2013/04/Manger-tablette-chocolat-sans-se-faire-prendre.jpg

java.lang.NullPointerException : http://www.windowsphone.com/fr-fr/store/app/my-podz/da7462b0-5ce0-4f19-b8a4-860c0b22372a

Denis : plutot ici http://www.nowhereelse.fr/technique-tablette-chocolat-infinie-89111/

nicktalop : @Denis gagner un carré, c’est un bon point!

Robin : C’était pas censé être plus court, les émissions ? -)

Denis : si ca a un rapport: vulgus le peuple dans les 2 cas

Denis : non ?

nicktalop : assurément

Denis : diffusion ca fait sachet de thé

java.lang.NullPointerException : dillution ça fait homéopathie…

David Loureiro : le pont arc-en-ciel de thor

David Loureiro : aussi non ?

Denis : oui ya pas mal d’options

nicktalop : Ah, l’avantage d’avoir Thor…

Denis : l’intrication

CeciEstUnePipe : Il est mortel, Thor…

CeciEstUnePipe : … Car Thor Tue 😀

Alan : 😀

nicktalop : Thor rium!

Denis : c’est aussi une plaie Thor

nicktalop : .)

CeciEstUnePipe : J’ai mis 15 secondes à comprendre xD

Denis : podcast sans conscience n’est que ruine de l’ame

nicktalop : Thorride!

nicktalop : J’entrope, tu entropes, il entrope…

nicktalop : la chaleur ça cuicui

Blast : perturbant. J’ai eu des doutes pendant 2 minutes.

Denis : Entropy is not what it used to be…

java.lang.NullPointerException : Comme “natel” de Swisscom pour le téléphone mobile en Suisse

nicktalop : it very messy today…

nicktalop : Un frigo, c’st pas un cave

java.lang.NullPointerException : Ils sont dans des musées…

java.lang.NullPointerException : ces minitels

Robin : Déconnez pas, j’ai pas de place chez moi !!

java.lang.NullPointerException : Comme ça, tu n’as pas assez de dimensions ??

Robin : Et je suis le moins technophobe des matheux du Palais

Robin : ben en tant que parisien pas millionaire, si tu veux..

Robin : Les dimensions, c’est pas ça

java.lang.NullPointerException : Tu veux dire “technophile” ? Avec le repliement de dimensions, on fait rentrer beaucoup de volumes 🙂

nicktalop : les dix mentions non plus

Robin : J’ai été le premier, et pendant longtemps le seul à avoir un portable

Robin : ce n’est qu’un exemple

nicktalop : sujet hot, donc

nicktalop : bonne nuit à tous!

nicktalop : Salut Alan A+

Alan : ++ Bonne nuit

java.lang.NullPointerException : Bon, raté, mon pseudo n’a pas fait peur à nico…

Alan : pas sûr qu’il ait capté la référence 😉

Automail : N’empeche, y’a que Podcastscience pour me remonter le moral apres avoir lamentablement echoué au permis 🙂 ]

java.lang.NullPointerException : undefined

Automail : Je veux voir le gif!!

NicoTupe : yen a pas 🙁

java.lang.NullPointerException : T’aime le lock’n’roll ?

java.lang.NullPointerException : Raté c’est “lock’n’loll” ! Y’a même Jonnhy…

Automail : En BD interessante, si vous connaissez il y a “la guerre secret de l’espace” qui raconte les premieres etapes de la conquete spatiale 😉 #Conseil

Blast : Tu peux passer le montage, je m’en occuperai 😉

Blast : bah oui, c’pas dur

Blast : borken

java.lang.NullPointerException : Vous pouvez échanger l’enregistrement brut sur un pear-to-pear…

Blast : oui, j’ai skype

Alan : azy

java.lang.NullPointerException : un podcast, c’est de la sueur !

Blast : ********

CeciEstUnePipe : Ca s’écrit coomment “Colybacil”? (Google trouve pas :/°

CeciEstUnePipe : Ah, c’est ça: http://www.linaudible.com/2013/09/28/colibacille-la-distribution/ ?

java.lang.NullPointerException : Stop la chatroom ! Tu bugge

Alan : http://starwars.com/play/online-activities/crawl-creator/

CeciEstUnePipe : Merci 🙂

David Loureiro : si ça vous dit aussi de distribuer en epub notamment vos dossiers, je peux y jeter un coup d’oeil

Alan : héhé, pourquoi pas, on te redit 🙂

Alan : merci de la proposition 🙂

David Loureiro : normalement, dans ce que j’avais envoyé il y a un exemple de ce que ça pourrait donner

Blog Audio 26: Scienceabilly – La théorie des races dans l’éducation, ou voyage au pays de l’imposture scientifique

26e billet de blog scientifique en audio: Scienceabilly – La théorie des races dans l’éducation, ou voyage au pays de l’imposture scientifique

une illustration de l’encyclopédie hebdomadaire Tout l’Univers (1961)Auteure: Billie

Blog: http://scienceabilly.com/

Billet original: http://goo.gl/D43eQ2

Enregistrement: par Jeanne et Alan

Diffusion originale: Podcast Science #149, 31 octobre 2013

 

Froid, réfrigérateur et 241543903

Episode présenté par Nico dans l’épisode #148.


Ces jours-ci revient en France le froid. Vous savez, cette joyeuse sensation qui nous amène à interchoquer nos dents les unes contres les autres pour, dans un rythme frénétique, annoncer que tous nos muscles se contractent à l’idée de retrouver ce climat! Pourtant, il y a quelques mois encore, c’est le front gluant que nous rêvions de glace, de cette eau rendue solide qui viendrait retrouver son état liquide en nous apportant un apparent soulagement.

Ce goût pour le froid n’est pas si nouveau, on trouve des traces de l’engouement humain pour la fraîcheur plus d’un millénaire avant notre ère en Chine. C’est pourtant au XIXe siècle que le froid devient une industrie à part entière, arrivant en 1880 à une consommation de l’ordre de 5 tonnes de glace chaque jour aux États-Unis! Pourtant, le réfrigérateur, dont nous parlerons dans ce dossier n’est arrivé que tard, à la fin de ce XIX siècle! Alors, que voulait dire “industrialisation de la glace”? La chose est relativement simple… En hiver, tels des chercheurs d’or, on se rue vers les zones froides, par exemple dans cette partie du globe dessinée avec amour par Slartibartfast. On y découpe de bon gros morceaux de glace. Plus c’est gros, plus ça se vend cher (et accessoirement moins cela fond vite). Les moins malins stockent ces morceaux énormes de glace dans des camions et bateaux et les acheminent vers des régions trop chaudes pour connaître l’or froid (soyons clair, il n’a jamais été appelé comme cela à ma connaissance mais j’avoue que la lecture du livre qui m’a servi entre autre à construire ce dossier me donne envie de créer le terme). Les plus astucieux, eux, stockent la glace dans une glacière (ou autre trou ne laissant pas la chaleur s’échapper) pour attendre l’été où la demande de glace est à son paroxysme. Enfin, les plus doués comprennent que la glace est une matière première, une source de froid, une source de conservation des aliments! Car oui, si aujourd’hui vous pouvez consommer des fruits venant de l’autre coin du globe, trouver des framboises à toute période de l’année ou encore ne pas tomber malade à chaque dégustation de poisson c’est bien grâce au froid! La plupart des micro-organismes responsables de la moisissure cessent en effet de se développer voire meurent avec la congélation, ce qui permet à ces aliments d’augmenter largement leur durée de vie (comme on peut le lire et le voir sur ce formidable article illustré qui explique surtout pourquoi il ne faut pas casser la chaîne du froid!)

Pourquoi donc la glace crée-t-elle du froid?

Cette question toute bête est en fait extrêmement compliquée et on ne va hélàs pas la couvrir en un seul podcast. Mais promis, je reviendrai parler de chaleur à l’occasion. Elle est compliquée parce qu’il faut comprendre plusieurs choses (et cela a pris plus d’un siècle)! D’abord, il faudrait s’entendre sur ce que veut dire “créer du froid” et se rendre compte que ça ne veut en fait rien dire ; on viendrait alors à dire qu’en fait on perd plutôt du chaud ou pour être précis, que la température diminue. C’est alors que le mot interdit est lâché: “température”…  La température, aussi simple qu’elle puisse nous paraître a mis beaucoup de temps à être définie scientifiquement et la définition mériterait elle aussi un épisode à part entière, ce que je vous prépare pour… Un jour.

Autour de nous se baladent un grand nombre de particules, un peu comme un grand super marché à une heure de pointe, tout le monde va dans n’importe quelle direction sans trop se soucier des autres. La température est en quelque sorte une mesure de cette agitation. Et alors ce qui doit arriver arrive, des particules se rentrent les une dans les autres! Cet acte de pur violence dégage de l’énergie (si on garde l’image du magasin, c’est le “Connard” ou encore “Malotru” que vous entendez parfois lorsque par mégarde vous enfoncez votre épaule dans le bras chétif de ce malheureux inconnu…). Cette énergie dégagée par les différents chocs crée ce que l’on appelle la chaleur. Je n’irai pas plus dans les détails pour le moment, un livre passionnant en référence comblera les plus pressés sur ce sujet, sinon il faudra attendre mon dossier, vous savez le plus important pour celui-ci.

Ce qu’il faut retenir, c’est que c’est un joyeux bordel. Des particules gigotent dans tous les sens, se rentrent dedans et cela crée la température. On voit aussi que ce beau lever de soleil paisible en pleine nature est en fait une anarchie de particules qui refusent de rester en place. N’allez pas pour autant croire que je suis en train de ruiner toute la poésie de la scène. Imaginez donc ce paysage de particules tout le temps renouvelé, prenant sans cesse de nouvelles positions… En fait la différence entre le beau paysage paisible que vous appréciez et la guerre que je décris est une question de point de vue : à l’échelle macroscopique, celle de tous les jours, nous sommes à l’équilibre alors qu’à l’échelle microscopique, les particules peuvent prendre un très grand nombre de positions différentes.

La tombe de Boltzmann (Wikipédia)Boltzmann, un physicien un peu poète a proposé de compter ce nombre de positions microscopiques qui définissent ce même état macroscopique. Il propose même de nommer ce nombre “entropie” mais que l’on nomme plus communément “mesure du bordel”. En effet, plus un équilibre est donné par un grand nombre d’états microscopiques plus il y a un bordel sous-jacent important. A titre d’anecdote, cette définition de l’entropie de Boltzmann est tellement importante qu’elle est inscrite aujourd’hui sur sa tombe. Etant donné l’approche de la température dont je viens de vous parler, vous imaginez sans problème qu’il doit y avoir un lien entre l’entropie et la température. En fait, c’est par ce biais qu’a d’abord été définie cette grandeur. Une dizaine d’années avant Boltzmann, Clausius donne une autre définition de l’entropie comme le rapport entre la chaleur et la température.

L’entropie selon Clausius (et qui en fait correspond tout à fait à celle de Boltzman) est donc définie par la formule S=\frac{Q}{T} où Q est l’échange de chaleur et T la température.

 

Vive le bordel

Maintenant que l’on a une vague idée de ce qu’est le chaud, qu’on sait que le monde est en fait un joyeux bordel au niveau microscopique, il serait peut être temps de répondre à la première question : pourquoi donc quand je mets un gros bloc de glace sous ma couverture, il fait soudain très froid? C’est vrai, on se fait peu la remarque mais il aurait pu en être tout autrement: au lieu de fondre, d’inonder mon matelas et de glacer mon environnement, ce joli bloc de glace aurait pu dans un autre monde (le monde de Nico?) grossir en devenant de plus en plus froid pendant que mon lit deviendrait de plus en plus chaud. Pour l’instant, on n’a aucune raison valable de supposer que la chaleur aime aller titiller la glace et la faire fondre….

Heureusement, la nature a bon goût, elle aime le bordel! En effet, le deuxième principe de la thermodynamique explique que toute transformation d’un système fermé fait augmenter l’entropie. En somme, il est IMPOSSIBLE, sans travail, que votre chambre se range toute seule selon le second principe (si seulement j’avais eu cet argument à l’époque!).

Revenons à nos échanges de chaleur. Considérons donc le système “lit et bloc de glace”. C’est ce qu’on va appeler un système isolé, c’est à dire qu’on va considérer qu’il ne transmet ni ne reçoit rien de l’extérieur (vous considérez que vous êtes dans votre petit cocon bien protégé dans votre lit? C’est le même principe). Dans ce cadre, le premier principe de la thermodynamique nous dit que l’énergie du système reste constante. Or notre système ne subit que des échanges de chaleur : il y a la chaleur émise ou reçue par le bloc de glace et celle émise ou reçue par le lit. Comme il n’y a que cet échange de chaleur et que notre système est isolé, le premier principe nous apprend que les échanges de chaleur se correspondent. C’est à dire que si le bloc de glace transmet de la chaleur, l’intégralité de cette chaleur est reçue par le lit et inversement si c’est le lit qui transmet de la chaleur, l’intégralité est captée par le bloc de glace. Ce que l’on écrit en équation :

Q_{glace}+Q_{lit} = 0

Considérons alors l’entropie de notre système, sa variation est égale à la somme des rapports de chaleur et température (vu qu’il n’y a aucun autre travail ou apport d’énergie) :

S=\frac{Q_{glace}}{T_{glace}}+\frac{Q_{lit}}{T_{lit}}=Q_{glace}\left(\frac{1}{T_{glace}}-\frac{1}{T_{lit}}\right)

Cette formule toute simple explique à elle seule que le transfert de chaleur ne peut se faire que dans un sens! Si la température de la glace est inférieure à celle du lit (je vous souhaite que ce soit le cas), alors la différence des inverses de température est positive. Or, comme selon le second principe, l’entropie ne peut qu’augmenter, il faut forcément que Q_{glace} (la chaleur que reçoit la glace) soit aussi positive : la glace ne peut que recevoir de la chaleur du lit si sa température est inférieure à celle du lit !

De la manière de s’y prendre…

Nous sommes à mi-parcours de ce dossier où je suis censé vous raconter comment fonctionne un frigo et je viens de vous prouver qu’il est impossible d’avoir quelque chose de froid qui en présence d’une source chaude devient de plus en plus froid… Il serait plus que temps de crier à l’arnaque et de me mettre la tête dans votre congélateur (pensez à bien prendre une photo et la nommer 241543903.jpg) !

Rassurez-vous, tout ce que j’ai dit est bien sur juste et pour arriver au miracle du frigo, il va falloir se mettre au “travail”. Jusqu’alors on a parlé de systèmes qu’on laissait vivre tranquilles, sur lesquels on n’agissait pas. Or, votre frigo est branché au courant, il a besoin d’énergie pour fonctionner et c’est cette énergie qui va nous permettre de lutter contre le bordel naturel.

Malgré tout, ce second principe nous montre qu’on ne créera pas du froid par un transfert direct d’une source froide à une source chaude; il va falloir être plus malin.

Il existe heureusement des moyens de faire changer la température sans aucun échange de chaleur. Reprenons notre image du début, vous êtes dans un supermarché à une heure de pointe, la température correspondait grosso-modo à l’agitation et aux collisions dans ce supermarché. Imaginons maintenant que l’on soit le jour de la sortie du merveilleux livre de Podcast Science (disponible dans toutes les bonnes librairies), le nombre de personnes présentes augmente alors sensiblement sans pour qu’il y ait davantage de place à disposition. Ainsi, non seulement l’agitation augmente, mais avec plus de monde dans autant de place, le nombre de chocs entre ces fantastiques auditeurs venus se procurer le livre augmente sensiblement.

Dit en termes thermodynamiques, si l’on fait varier la pression d’un gaz, tout en ne modifiant aucun autre paramètres, on fait augmenter sa température! Et inversement, si on fait baisser la pression, la température baisse. En fait, pour le modèle “idéal” de gaz, si les autres paramètres sont fixés, l’augmentation de la pression est directement proportionnelle à l’augmentation de la température.

Le frigo, le frigo, le frigo!

Alors c’est bien beau toutes ces digressions sur le froid mais il est temps de révéler le secret!

Vous l’aurez remarqué si vous écoutez souvent votre frigo, cette machine s’allume et s’éteint régulièrement, cela s’explique tout simplement parce qu’un frigo en fonctionnement fabrique perpétuellement du froid, du coup quand la température désirée est atteinte, on arrête le processus et on le laisse en mode glacière. Pour obtenir cette fabrication perpétuelle de froid, sans consommer un “carburant” qui subirait des transformation, refroidirait le frigo et irait se déverser dans les égouts, vos frigos fonctionnent en cycle, c’est à dire qu’un fluide circule, subit plusieurs transformations et échanges de chaleur jusqu’à revenir à son état initial.

Quelles sont donc ces différentes transformations? Rappelons nos armes à ce stade :

  • Si l’on a une source chaude en contact avec une source froide, de la chaleur passe naturellement de la source chaude à la source froide ;
  • Si l’on joue avec la pression, on peut faire varier la température.

Il ne nous reste plus qu’à jouer avec tout cela pour fabriquer le frigo. Pour créer un espace froid à l’intérieur du frigo, il faut capturer de la chaleur. Comme on a pu le voir, la seule manière de faire cela est de faire passer un fluide qui soit plus froid encore que l’intérieur du frigo. À titre anecdotique, un frigo étant autour de 4°C et un congélateur inférieur à –12°C, on ne pourra pas utiliser de l’eau pour servir à refroidir… Pour refroidir suffisamment le fluide, il faudra donc faire baisser la pression. A ce stade, on a presque un frigo; si l’on a un fluide qui arrive, on fait une détente pour faire baisser sa température et on le fait passer à l’intérieur du frigo pour qu’il capture la chaleur.

Pour réussir à fermer le cycle, il faut que le fluide en question puisse dissiper son surplus de chaleur. Et encore une fois, le seul moyen de le faire est de le mettre en contact avec une source plus froide qu’il réchauffera. Nous n’avons que deux environnement à notre disposition : l’intérieur du frigo et l’extérieur du frigo, la cuisine! Ainsi, votre frigo dégage dans la cuisine toute la chaleur qu’il capture à l’intérieur. Plus le frigo fait du froid plus il chauffera la pièce où il est installé!

Il nous manque donc l’étape qui permet de faire passer un fluide réchauffé par l’intérieur du frigo (donc avec une température peu élevée) à une température plus élevée que celle de la cuisine, en augmentant la pression!

Pour résumer, cette machine de guerre fait baisser la pression d’un fluide pour atteindre une température plus faible que les 4°C désirés. Le fluide passant dans la “glacière” du frigo capte de la chaleur et fait donc baisser la température de l’intérieur. Une fois sorti du frigo, le fluide est compressé pour atteindre une température plus élevée que celle de la salle où est installé l’appareil ménager, grâce à cela, il peut dégager la chaleur qu’il a capturé à l’intérieur du frigo. Et ainsi de suite tant que le frigo est allumé!

Mais comment donc que ça démarre?

Une des choses qui m’a le plus perturbé lorsque j’ai découvert la thermodynamique est de comprendre comment tout cela commençait. C’est bien beau d’avoir un cycle, c’est bien beau toutes ces transformations, mais quelle est l’opération magique qui permet de mettre tout cela en fonctionnement?

D’autant plus que d’après le premier principe, l’énergie se conserve et comme l’on a un cycle, l’entropie du début est la même que l’entropie de la fin! En fait, l’entropie et l’énergie sont ce que l’on appelle des “fonctions d’état”. C’est à dire qu’elles ont une valeur parfaitement déterminée par l’état du système. En revanche, la puissance nécessaire pour augmenter la pression ou pour faire baisser la pression, que l’on appelle “travail” dépend de comment on s’y prend. Dans le cas du frigo, la puissance nécessaire pour comprimer le fluide est plus importante que la puissance que fournit le même fluide en perdant de la pression, du coup, il est indispensable de fournir de l’énergie pour que ce cycle fonctionne. L’énergie est fournie grâce à un moteur qui fait non seulement circuler le fluide dans le cycle mais sert aussi à le compresser.

Et si on rembobine?

Le réfrigérateur, aussi connu sous le nom plus explicite “pompe à chaleur” nécessite donc qu’on lui fournisse une certaine puissance pour qu’en pompant la chaleur, il fasse diminuer la température à l’intérieur du frigo. Une chose tout a fait remarquable est que ce cycle peut fonctionner en sens inverse et fournit alors de l’énergie!

Imaginons maintenant que notre source chaude, la cuisine, réchauffe le fluide en lui transmettant de la chaleur, que le fluide perde ensuite en pression (au lieu d’être compressé, il perd en pression) et fournisse par ce biais un certain travail. Le fluide est ensuite refroidi par l’intérieur du frigo – qu’on va encore supposer d’une température plus faible que la pièce – et qui enfin se voit compressé sans autre travail fourni que l’entraînement des étapes précédentes. Un frigo monté à l’envers, sur le papier du moins, pourrait donc fournir de l’énergie. Pour autant, n’essayez pas de trafiquer votre précieux engin car il faudrait une différence de température et des niveaux de pression bien plus élevés que ceux pour lesquels il est conçu pour que vous puissiez observer quelque chose et surtout pour que ça marche.

Par contre, dans un autre objet technologique très développé, on observe ce type de cycle : le moteur diesel! La combustion du carburant réchauffe l’air quasi-instantanément, le piston en bougeant fait diminuer la pression du fluide, ce fluide est ensuite refroidi puis enfin, par entraînement, le piston compresse de nouveau le fluide pour l’amener à une nouvelle explosion! Si le fonctionnement est assez différent, on a les opérations inverses du réfrigérateur. Ces cycles combinant deux échanges de chaleur, une compression et une détente sont appelés cycles de Carnot et sont le modèle théorique associé à toute machine “thermique”!

Biblio :

  • “Refrigeration Nation” de Jonathan Rees : l’histoire du commerce du froid aux états-unis. Très intéressant même s’il contient très peu (voire pas du tout) de science.
  • “Réflexions sur la puissance motrice du feu” de Sadi Carnot : un des livres de base de la thermodynamique. C’est un “vrai” livre de science par un scientifique (le même Carnot que pour les cycles de Carnot) mais ça reste tout à fait lisible par n’importe qui. Si vous voulez des détails, foncez!
  • “Inventing temperature : Measurement and scientific progress” de Hasok Chang : la formidable histoire de l’invention de la notion de température. Sans doute l’objet d’un prochain dossier mais si vous êtes impatients…

Laisser le noyau de l’avocat dans le guacamole empêche ce dernier de s’oxyder. Info ou intox ?

Noyau d'avocatInfo ou intox? Les deux mon capitaine, ça dépend de quoi on parle… Si on parle de la surface de guacamole qui se trouve directement sous le noyau, alors c’est une info. Mais on s’en fout un peu, ça ne représente que 4-5 cm2… Si en revanche, on parle de l’intégralité du bol de guacamole, alors c’est une Intox. Mais ça n’a rien à voir avec la magie du noyau, hein, vous pourriez théoriquement mettre une ampoule électrique à la place, ça marcherait aussi, pour autant qu’elle fasse parfaitement barrage entre l’air ambiant et la chair du fruit. Comme toujours sur ce genre de sujet, les histoires que racontent l’Internet mondial sont à peu près aussi fiables que ce que pourrait vous raconter un quidam un dimanche matin à 4 heures, dormant sur le trottoir dans son propre vomi derrière le bar. Chacun y va de ses croyances, partageant ses opinions de manière plus ou moins véhémente, mais il n’y a en général rien de solide pour étayer les positions. C’est juste à celui qui crie le plus fort. En parlant de crier, j’ai failli pousser un tonitruant “Info!” triomphant il y a quinze jours en tombant sur une source que je considère comme fiable, The Straight Dope, le magazine qui se bat contre l’ignorance depuis 1973 et qui déplore dans sa tagline que cela prend plus de temps que prévu. À cette question précisément, que lui posait une certaine Nicki férue de recettes de cuisine en 2005, le Straight Dope a répondu :

“Est-ce que ça marche? Oui. A cause d’une raison exotique bien cool? Non.”

J’avoue que j’ai failli relayer tel quel. Mais j’ai quand même lu l’article jusqu’au bout.

“La plupart des fruits et légumes, indique l’article, changent de couleur lorsque leur chair est exposée à l’air, à cause de l’oxydation. C’est à dire en réaction à l’oxygène présent dans l’air.”

Tiens, pour faire mon Professeur Von de service, j’ajouterais que le nom même de l’oxygène a un rapport avec le phénomène. On doit le terme à Antoine Lavoisier, qui l’a construit en 1774 à partir du préfixe oxy-, du grec ancien oxus (« aigre, acide »), et du suffixe -gène du grec ancien gennan (« qui engendre »), c’est-à-dire « formeur d’acide ».

“Certains fruits et légumes, reprend le Straight Dope, à travers la plume de sa rédactrice Una, comme l’avocat, sont plus susceptibles que d’autres au changement de couleur car ils contiennent une enzyme, la tyrosinase, qui agit sur les phénols présents dans la chair de l’avocat, changeant leur structure chimique et, en passant, leur couleur.”

C’est technique, hein, on s’en tape un peu, mais pour celles et ceux que ça intéresse, les phénols (ou polyphénols ou anciennement juste “tanins”), sont des molécules présentant un arrangement particulier d’oxygène et d’hydrogène sur un atome de carbone.

Il y a donc deux coupables dans ce processus de brunissement, poursuit Una : l’enzyme dans l’avocat et l’oxygène dans l’air. La logique suggère que si le noyau empêche le brunissement, alors l’un des deux phénomènes suivants doit se produire: soit le noyau modifie chimiquement le guacamole, ou il empêche simplement l’oxygène d’accéder au guacamole. Je voulais d’abord faire quelques expériences, continue Una, mais mon rédacteur en chef m’a convaincue que c’était inutile, car cela avait déjà été fait dans un livre, The Curious Cook par Harold McGee. McGee a fait toutes sortes d’expériences de guacamole avec et sans noyau et il est arrivé à la conclusion que le secret résidait simplement dans le fait que le noyau bloquait physiquement le passage de l’air et empêchait donc l’oxydation. En fait, le meilleur moyen d’éviter une intrusion d’oxygène consiste à recouvrir le guacamole d’un film plastique adhérent à la préparation pour empêcher l’air de circuler. On peut également s’en prendre à l’autre coupable, l’enzyme, de différentes manières : la réfrigération ralentira son action (mais l’avocat supporte assez mal les basses températures). Porter l’avocat à ébullition pourrait également ralentir l’effet de l’enzyme, mais là encore, un guacamole bouilli, c’est paraît-il plutôt amer. Il reste une stratégie : l’enzyme n’aime pas l’acidité. Ajouter du jus de citron ou de limette au guacamole ralentira la réaction de l’enzyme à l’oxygène (…)

 

References

  • “Keeping Freshness in Fresh-Cut Produce,” USDA Agricultural Research Magazine, February, 1998.
  • Lidia Dorantes, PhD., Lidia Parada, MSc., Alicia Ortiz, PhD. Post Harvest Compendium, Chapter 30 Avocado: Post-Harvest Operation, report for the Information Network on Post-Harvest Operations, Food and Agriculture Organization of the United Nations.
  • On Food and Cooking: The Science and Lore of the Kitchen by Harold McGee, 1984.
  • The Curious Cook: More Kitchen Science and Lore by Harold McGee, 1992.

J’étais un peu déçu par cet article pour deux raisons: le titre d’abord disait “Info” sans préciser que cela ne concernait que la portion de guacamole directement en contact physique avec le noyau. Et d’autre part parce que le livre cité en référence (celui de 1992) est désormais introuvable, même dans les méandres du sous-sol de l’Internet mondial. J’ai trouvé celui de 1984, en revanche, et il n’y est pas question de telles expériences. Du coup, il faudrait soit croire l’auteur sur parole – ce qui me pose un peu problème – ou trouver d’autres sources fiables qui référencent également l’ouvrage. Et c’est le cas du seul et unique livre de cuisine que je possède, Cooking For Geeks, qui confirme, en  – en se basant sur la même source, précisément – que c’est bien la zone directement au contact du noyau qui est préservée de l’oxydation. Je me suis quand même dit que rien ne vaut l’expérience. Pas eu le temps de faire un guacamole, désolé, mais j’ai eu le temps d’acheter deux avocats, de les couper en deux et de les regarder vieillir. J’avais donc 4 moitiés d’avocat que j’ai laissées non-réfrigérées et à l’air libre de ma cuisine après les avoir apprêtées de la manière suivante : 1. Demi-avocat avec son noyau ; 2. Demi-avocat sans noyau. Laissé en plein air ; 3. Demi-avocat avec une ampoule électrique à la place du noyau. Mais bon, je n’ai pas réussi à faire un truc bien hermétique ; 4. Demi-avocat sans noyau, recouvert de jus de limette. Les résultats en photos :

On voit clairement qu’après 48 heures, seul le demi-avocat imprégné de citron-vert, est moins dégradé que les autres. Et même si la chair du demi-avocat n° 1 est effectivement nickel juste sous le noyau, le reste de l’avocat est quand même bien marron. Quant à l’ampoule, elle n’adhérait pas suffisamment à la chair pour empêcher l’air de circuler, et son pauvre avocat est dans le même état que sans protection du tout. Bref… Tout doute est désormais dissipé ;  on peut le clamer haut et fort, cette histoire de noyaux qui empêcherait la chair de l’avocat dans le guacamole de s’oxyder est bel et bien et définitivement une INTOX !! Podcast Science vous recommande donc de protéger votre guacamole autrement qu’à grands coups de croyances populaires infondées et de suivre les conseils de l’excellent blog Sweet Random Science pour planter le noyau d’avocat ainsi récupéré et voir pousser une magnifique plante verte. Last but not least, puisque nous y sommes et qu’une question entraîne entraîne une question, je ne résiste pas à l’envie de vous raconter vite fait l’histoire de l’avocat le plus communément vendu (en tout cas sous nos latitudes), celui dont la peau est pratiquement noire quand le fruit est mûr, l’avocat Hass. http://en.wikipedia.org/wiki/Hass_avocado   Il s’agit en fait d’une variété qui remonte à 1926, mise au point par un facteur californien, si si, un employé de la poste, jardinier amateur à ses heures perdues, du nom de Rudolph Hass. Il a obtenu cette variété via des greffes expérimentales en partant de semences d’une sous-espèce malheureusement inconnue. C’est à partir de la plante-mère qu’il a fait pousser que tous les avocats Hass de la planète descendent aujourd’hui. Particulièrement gras et résistants, ses avocats se vendaient jusqu’à 1$ pièce dans les années 30 (l’équivalent de 15$ aujourd’hui). En 1935, il a breveté sa plante-mère; c’était d’ailleurs le premier brevet pour un arbre en 1935. Mais l’une dans l’autre, il s’est fait avoir par ses partenaires et n’aura touché que 5’000 $ en tout et pour tout, quand bien même, le marché de l’avocat Hass pèse aujourd’hui un milliard de dollars par année rien qu’aux Etats-Unis. Pour payer son loyer, le brave Rudolph est donc resté facteur jusqu’à la fin de ses jours en 1952. Sa plante-mère lui a survécu pendant un demi-siècle. Elle est morte à l’âge respectable de 76 ans le 11 septembre 2002 après 10 ans de combat acharné contre le phytophtora, un micro-organisme  qui provoque le pourrissement des racines. Qu’elle repose en paix 🙂   Sources :

 

Podcast science 148 – Le frigo

À quand remonte la dernière fois où vous avez regardé votre frigo ? Pas son contenu, mais le contenant, l’armoire réfrigérante, en vous demandant “comment ça marche?”, “comment on faisait avant?”,  “est-ce qu’on mangeait de la glace avant son invention?”

Si vous avez 7 ou 8 ans, la question remonte sans doute à hier matin 😉

Si vous êtes plus âgé-e, c’est peut-être le genre de questions que vous ne vous posez plus, tout accaparé-e que vous êtes par les soucis du quotidien. Heureusement, Podcast Science est là! Curieux comme des gamins, avides de comprendre, c’est typiquement le genre de questions que nous nous posons. C’est Nicotupe qui a creusé la question et qui nous raconte une histoire  étonnante!

Le dossier de Nicotupe

» Froid, régrigérateur et 241543903

La quote de la semaine

« Whenever I open the fridge, my dog looks at me like, ‘Why don’t you eat all the food?’ » (d’un illustre inconnu)

Plugs et liens évoqués

La prochaine fois

Pour notre premier épisode en roues libres, nous parlerons entre autres avocats et mythes urbains en donnant la réponse au quiz du mois sur le guacamole. Nous entendrons un billet de blog en audio qui s’interroge sur la notion de races humaines. Nous découvrirons enfin la réponse au concours lancé lors de notre cross-over avec Quid Novi. Pour commenter tout cela avec Nicotupe et Alan, nous aurons le plaisir d’accueillir Adam Reakes, hôte australien de l’excellent Herd Mentality Podcast.
» RDV le jeudi 31 octobre à 20h30 sur live.podcastscience.fm/ 

La chatroom

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(dont tous les auditeurs abonné à l’opérateur français Numéricable se sont malheureusement faits éjecter en cours de route, merci à eux!)

Arth : Bonsoir all
Gwodry : Plop, de passage rapide avant de quitter le boulot
MrNause : hop
broxeliand89 : hello
MrNause : ^^
David Loureiro : lo
Alan : Bonjour les amis!
David Loureiro : salut Alan
Alan : Sorry, Tupe coincé dans les bouchons…
MrNause : hop
Alan : On va démarrer à 21h
Arth : oki. bonsoir a toi Alan
Alan : Salut Arth 🙂
Alan : Bon, la patate, sinon?
broxeliand89 : oui, prof fun
Arth : tranquilou … pc.. apero … PodC… soirée tranquilou et agréable
mIkee : bonsoir messieurs c’est une première pour moi
Alan : oh, welcome 🙂
Arth : Bienvenue a toi Mlkee
mIkee : merci.
David Loureiro : bienvenu ou bienvenue ? 🙂
mIkee : masculin
mIkee : désolé
Alan : ouais mais on lui souhaite la bienvenue quand même 🙂
Arth : ^^
David Loureiro : oui
David Loureiro : 🙂
Alan : @mIkee pas de souci, on fait tous de note mieux 😉
Alan : notre
Arth : dsl j ‘avais vu ee pour ée ^^
mIkee : j’ai écouté plusieurs de vos podcast. je voue une attirance particulière pour celui avec m; gisin :la mécanique quantique me passionne (note : je ne suis pas scientifique)
Alan : héhé, j’avoue, on est assez fiers de cet épisode 😉
Alan : même si la connexion internet de N Gisin était pourrie 🙁
Alan : c’est quand même un comble…
mIkee : vraiment excellent, mais il fallait arriver déjà en connaisseur
Alan : téléporter des photons, mais avoir un adsl à la gomme 😉
Alan : yep, c’est vrai, ça demandait quand même quelques notions…
David Loureiro : mathieu en avait fait des biens aussi sur la mecaiquer
David Loureiro : oula
David Loureiro : quantique
David Loureiro : de mémoire
Alan : (tkt, t’a qu’à dire que c’est un bug de la chatroome de Nicotupe, en général, tout le monde est d’accord)
David Loureiro : :p
Alan : yep, Mathieu a fait 2-3 trucs sur la physique quantique
Alan : le chat de Schrödinger, notamment
Arth : Moi je vous écoute en faisant du sport.. c’est mieux que la musique…. et le tps d’un épisode correspond au temps de mes efforts
mIkee : je l’ai aussi écouté.
Alan : arf… que je t’envie Arth… Ca fait des mois que je n’en fous plus une 🙁
mIkee : en faisant de la randonnée (^^)
Arth : exutoire …. car boulot trop “bouffant”
Alan : tiens, c’est peut-être ça mon problème 😉
Arth : lol ….
Arth : mais j aime mon boulot….
Alan : joker pour moi 😉
Alan : héhé, Nico donne signe de vie 🙂
Arth : je suis entouré de personnes qui vallent q’on prenne des claque pour eux..c ar ils se demenent pour faire avancer les choses
Arth : s*
mIkee : tu es dans quel domaine ?
Arth : l’industrie autotmobile
mIkee : commercial, ingénieur ?
Arth : non ..lol .. le service… qui gere le pb… et qui est au bout de la chaine.. je parme du service maintenance … le service qui régle les pb des autres … ^^
Arth : parle
Alan : sorry,
Alan : je papote avec tupe
Arth : lol
Alan : qui me raconte depuis la rue comme il est une rockstar 😉
Alan : bon, il est en pleine forme
MrNause : prends le en photo avec flash en serie
Alan : mais il n’est pas encore chez lui
Alan : euh bof… je suis à lausanne, il est à Paris
Alan : et la téléportation se résume pour le moment à 2 photons mal emboités 😉
Arth : encore 1/4 d heure …. on en fait en 15 min …
MrNause : XD je t imaginais au balcon
Alan : 😀
Alan : bon alors ce soir, nouvelle formule
Arth : on creait la vie ou on la détruit .. pleins de fois en 15 min..
Alan : j’espère que vous ne serez pas trop frustrés…
Alan : c’est dossier, and that’s it
Alan : tout le blabla, quiz, toussa, ce sera la semaine prochaine
mIkee : quel thème, précisément, ce soir ?
Alan : le frigo
Alan : by Mr Nicotupe himself
Alan : càd pas juste le frigo, bien sûr
mIkee : ha oui, d’où l’image
Alan : mais l’entropie, le 2e principe de la thermodynamique, l’histoire de la consommation de glace, toussa
David Loureiro : les cycles adiabatique? de carnot ? toussa ?
Alan : j’ai eu l’occasion de lire un bout de son dossier, c’est vraiment cool
Alan : yep je crois
Alan : sauf que j’ai lu la 1e moitié
Alan : Carnot, je crois que c’est dans la 2e 😉
Alan : @xil, skype?
David Loureiro : c’était bien la thermo, snif
David Loureiro : ça fait longtemps
Alan : héhé ça te “rafraîchira” la mémoire
David Loureiro : 🙂
David Loureiro : bien trouvé
David Loureiro : l’un des seuls trucs que je me souviens : PV=nRT
Alan : à tes souhaits 🙂
David Loureiro : ^^
David Loureiro : en attendant y’a tellement vrai à la télé
Arth : lol
David Loureiro : le sujet “mon chien passe avant tout”
David Loureiro : marina possède un chiot room avec ces 18 chiens
David Loureiro : dites à nico de vite arriver !!!
Alan : 😀
David Loureiro : là elle chante une chanson à la gloire de son caniche
Arth : elle a du chien …
Arth : oui je sors
David Loureiro : non non
David Loureiro : c’est du niveau du reportage
Alan : Nico pour vous sauver des caniches
Alan : s’il se doutait de l’importance de sa mission 😉
Automail : C’est pas le toutou mais le temps passe…
Alan : on dirait que Nico arrive 🙂
David Loureiro : clifford simak a écrit un livre sympa d’ailleurs : demain les chiens
David Loureiro : où les chiens sont l’avenir de la planète
David Loureiro : lol
broceliand89 : pimp my ass ou pimp my car
broceliand89 : ca sans mozinor
broceliand89 : sent
Automail : j’entend tres peu Allan perso :/
mIkee : cé parti, là ?
David Loureiro : c’est vrai qu’on t’entend pas beaucoup Alan
Arth : pareil Alna . tres faible
Automail : ON A DIT MON NOM!!! JE PEUX MOURIR TRANQUILLE!
Arth : lol…
Arth : dsl Alan
Arth : Moqueuse
David Loureiro : la bière est au …. frigo ?
NicoTupe : yeah!
mIkee : compliqué…ce soir
Arth : les aléas du direct
David Loureiro : on t’entend mieux alan
Automail : Pour ma part c’est mieux
mIkee : bon son (de higgs)
David Loureiro : lol
David Loureiro : apparemment maintenant il faut dire boson de brout-englert-higgs
David Loureiro : pour rendre ces deux premiers ce qui leur revient
Armos : Bonsoir, donc ce soir c’est une spéciale frigo
mIkee : effectivement…
Armos : pas de trace de son ami Récho, par contre 🙁
Arth : Dans un frigo, ce dont vous avez besoin tous les jours migre systématiquement vers le fond.
Xilrian : tenez si vous voulez des illustrations sympa : http://www.alamain.info/?p=757 sur le sujet ^^
Xilrian : Céline Rosset nous a signaler son article quant on a annoncé le sujet de l’émission 🙂
Automail : c’est annoncé : prochain dossier: le congelateur
Alan : 😀
David Loureiro : l’échelle farenheit c’est du délire complet comme échelle de température par exemple
robin#####@#####.fr
: Pfiou
robin#####@#####.fr
: Désolé
Arth : question … pourquoi un glacon carré fond plus vite qu’un rond ??
robin#####@#####.fr
: Laissé passer l’heure..
Alan : no worries Robin, tu nous rejoins?
Arth : de meme poids
robin#####@#####.fr
: Plus de contact avec l’extérieur
robin#####@#####.fr
: pour un même volume
David Loureiro : les palier de température dans les changements de phase c’est marrant
robin#####@#####.fr
: Yep
robin#####@#####.fr
: !!
Arth : ^^
nicktalop : Une petit mot sur les transitions de phases?`
David Loureiro : il y a d’ailleurs peu de matériaux qui sont comme l’eau, plus volumineux sous forme solide
robin#####@#####.fr
: ça te va comme réponse, Arth ?
David Loureiro : il y a aussi le mercure ou le plomb je crois
Arth : Impec.. @robin#####@#####.fr

Alan : ça c’est du pseudo 😉
Alan : il a dû mettre son mot de passe comme e-mail 😉
Arth : une bonne adresse a inscrir sur des mailing list lol
Arth : je ne suis pas vicieux..,non
Automail : Arth : Bonne idée . Mouahaha. ( Reflexion d’un responsable communication d’asso qui cherche a envoyer le plus de mail possibles .. x) )
robin#####@#####.fr
: oh ça va, hein j’étais en retard, j’ai tapé trop vite
Alan : quelle asso?
nicktalop : les frigos sont tous des misentropes!
Alan : 😀
nicktalop : ça jette un froid…
Automail : Bibliotheque de bande dessinée à l’ecole d’ingenieur de Compiègne 😉 Venez nous voir! 😀 C’est ouvert a tous.
Automail : Pub terminée ^^
Alan : 🙂
robin#####@#####.fr
: j’ai déjà beaucoup trop de mails, je ne lis plus ceux dont je connais pas l’envoyeur
Automail : Sur sa tombe, on aurait pu ecrire : ” J’ai cherché la chaleur, maintenant je suis froid”
Jorj McKie : Salut ! Allah bourre, (histoire de jeter un froid.) 😉
Alan : Hey Jorj
nicktalop : On va encore faire tout un fromage de l’atome
Alan : on est pas en froid, hein?
Alan : on t’accueille chaleureusement 🙂
Jorj McKie : Mais l’atome trouve t’il savoie dans les Alpes.
nicktalop : 🙂
MrNause : quand mon appart est en bordel ça veut dire qu il est entropique?
nicktalop : Les génies aussi aime le bordel…
robin#####@#####.fr
: ça veut dire qu’il respecte le deuxième principe de la thermo
nicktalop : Ergo, les génies sont dé-rangés
robin#####@#####.fr
: ce qui est plutôt sympa de sa part
Alan : 😀
Automail : MrNause : Si tu es proche de l’equateur, il est plus aux ..Tropiques 😉
Jorj McKie : Non entobordelique
nicktalop : c’est plus poétique, en effet…
nicktalop : un bloc de glace est toujours frigide.
David Loureiro : mais \delta s > 0 🙂
nicktalop : La soirée va pas être hot
nicktalop : Le froid c’est donc un minus?
nicktalop : LEs hoteliers suisses connaissent aussi les lits froids
Arth : Ce n’est pas parce qu’en hiver on dit “Fermez la porte, il fait froid dehors” qu’il fait moins froid dehors quand la porte est fermée.
MrNause : XD
nicktalop : Rien ne se perd, rien ne se créé…
MrNause : on boit la même eau que les dinosaures?
nicktalop : Le whisky signe toujours la mort de la glace.
Arth : -2 est plus chaud que -4 … pourtant c’est froid
nicktalop : Mais rien de tel pour briser la glace
nicktalop : Kelvin est klein…
xavier : Salut les gens
xavier : Je passe par là pour vous faire un petit coucou
Alan : Hey Xavier 🙂
Alan : sympa, merci de la visite
Arth : Bonsoir Xavier
xavier : prendre le dossier en cours en attendant dire que le frigo est impossible c’est un peu hard 😀
xavier : Salut Arth
Alan : tst, tu viens d’échapper aux équations de Bolzmann
mIkee : même pour ceux qui sont là depuis le début ^^
nicktalop : Quid du refroidissement par le sel?
David Loureiro : aha PV = nRT !
Alan : 🙂
robin#####@#####.fr
: La seule formule de physique que j’ai été foutu de retenir !
David Loureiro : 🙂
Arth : Le frigo Le frigo
Automail : je vis dans 9m avec un frigo
Automail : je ne dors plus depuis
David Loureiro : faut pas dormir dedans non plus …
robin#####@#####.fr
: Tu peux dormir entre les redémarrages
robin#####@#####.fr
: en mettant bout à bout, tu peux te faire un nuit correcte
robin#####@#####.fr
: 😉
Arth : mise en compression .. et detente pour la creation de froid
Arth : oups
nicktalop : Et la pompe qui nous pompe?
MrNause : comme ma femme
nicktalop : !
robin#####@#####.fr
: quelle classe
Automail : c’est chaud dans la chatroom
Alan : Nause Nause Nause…
David Loureiro : c’est frigo la marque non ?
David Loureiro : ou réfrigérateur ?
MrNause : gnark gnark gnark
robin#####@#####.fr
: frigo
Alan : frigidaire, je crois
Arth : refrigerateur
Arth :
nicktalop : Oui, mais là, ton entropie sera au maximum!
MrNause : frigo c’est pas une marque à la base?
David Loureiro : ouais je crois bien
Arth : diminutif
Alan : http://fr.wikipedia.org/wiki/Frigidaire
David Loureiro : dans la famille en plomb des inconnus c’était le frigogidaire
Arth : demi frigidaire : frigo
Alan : 😀
Arth : utilisé pour les pompe a chaleur a la mode pour le chauffage des maisons
nicktalop : Le frigo, un bon radiateur, donc
David Loureiro : et c’est encore pire quand on ouvre la porte
David Loureiro : y’a des gens qui croient pouvoir refroidir des pièces en laissant ouverte la porte du frigo
robin#####@#####.fr
: faudrait juste trouver un moyen pour faire circuler la chaleur entre pays chauds et pays froids
robin#####@#####.fr
: C’est pourtant simple
MrNause : grace à golgi non?
mIkee : tres intéressant
xavier : La question qui tue, c’est pourquoi on a pas une évacuation de chaleur directement vers l’extérieur (en été), et l’inverse en hivers
Arth : donné 24h par defaut
Arth : meme pour un groupe froid d’industrie
David Loureiro : comme la justice et l’éducation ?
David Loureiro : fonction d’état ?
Arth : ca permet aussi d’éviter la prise de glace au redémarrage apres la detente
Automail : l’entropie du debut et l’entropie de la fin…le milieu c’est une histoire de begue: l’entre-entropie.
Alan : 😀
Arth : donc de risquer de monter encore plus haut en pression de la pompe
nicktalop : Plus il y a en, moins il y en a
Alan : il arrive au bout, là… Des questions pour Nicotupe?
David Loureiro : tu parlais des pompes à chaleur
robin#####@#####.fr
: Alan le mauvais élève…
robin#####@#####.fr
: Tu peux dire ce que Nico vient de dire ?
nicktalop : Là, je dois juste décompresser
David Loureiro : c’est le principe inverse pour la géothermie je crois non ?
David Loureiro : l’inverse c’est le principe des centrales thermiques non ?
nicktalop : Un frigo inversé va faire un four
Arth : pompe a chaleur … chauffage maison
Arth : oui
mIkee : un peu prêt lol !
xavier : pas compris ça: le moteur diesiel c’est un frigo inversé ?
nicktalop : Nabillah, c’est aussi une pompe à chaleur?
Alan : non mais allo!
xavier : Le moteur il a une source d’énergie, chimique, certes, mais une source quand m’eme
MrNause : non c’est une pompe en chaleur
nicktalop : ROFL!
Automail : et ca finit sur la guerre froide..
xavier : Purée ça vole haut dans la chat room !
mIkee : une lolote bien maligne
nicktalop : chatte room?
nicktalop : Sur un toit, brûlant…
MrNause : entre pompe et purée…oui
nicktalop : ça balance
xavier : Ah! Je préfère ça.
nicktalop : Comme le cycle du Pernod…
xavier : OK pour la pression -détente
xavier : mais il y a un apport d’énergie dans les deux cas
David Loureiro : je me souviens qu’il est possible de faire des frigo acoustiques
David Loureiro : juste avec des ondes sonores on peut refroidir des objets
David Loureiro : dans le genre frigo bruyant …
xavier : 🙂
David Loureiro : il y avait aussi une histoire comme quoi il faut toujours deux sources de chaleur pour avoir un cycle
David Loureiro : et qu’il y avait un truc genre paradoxe de carnot avec une seule source de chaleur pour avoir un moteur
David Loureiro : mais c’était impossible
David Loureiro : y’a aussi les histoires de surfusion, c’est marrant
xavier : Nico n’est pas parfait, il répond pas à une loi simple
David Loureiro : de l’eau liquide à CNTP à -6°C
robin#####@#####.fr
: ça, on savait qu’il n’était pas parfait
robin#####@#####.fr
: pas besoin de démonstration scientifique
MrNause : il pourrait y avoir un lien avec la supraconductivité ou pas du tout?
xavier : oui, mais c’est important de le rappeler
nicktalop : La physique, c’est une question de patience
David Loureiro : une histoire de pression en fait
xavier : Pour une fois qu’il ne parle pas de durée infinie
David Loureiro : c’est ça
xavier : juste “plusieurs fois l’âge de l’univers”
nicktalop : Pas question de flèche du temps ici?
Alan : aïe Xavier, ne le lance pas 😉
xavier : Les vendeurs de glace ont perdu leur travail
robin#####@#####.fr
: sauf erreur en thermo de base, on ne voit pas trop le temps, si ?
xavier : véridique
David Loureiro : une durée infiniement grande ? 😉
robin#####@#####.fr
: Attention, je suis une quiche totale en physique, hein
Alan : sans blague?
David Loureiro : @robin le fait que l’entropie ne fasse qu’augmenter peut donner cette fleche du temps non ?
robin#####@#####.fr
: C’est ce que j’étais en train de me dire
Alan : yep
robin#####@#####.fr
: mais ça doit rester statistique, cette histoire
Alan : c’est exactement l’angle que je choisirais pour parler d’entropie
Alan : (la flèche du temps)
David Loureiro : attaque de mister freeze 🙂
xavier : avec l’entropie, il est important de savoir de quel système on parle
David Loureiro : tu en as trop dit sur le frigo
robin#####@#####.fr
: du genre remonter le temps est tellement improbable qu’on considère que ce n’est pas possible
mIkee : exact
xavier : Bon, les petits loulous, je vais vous laisser
xavier : je ré-écoute tout ça en entier demain
robin#####@#####.fr
: salut
MrNause : ++
Alan : ++
xavier : et merci Nico pour le dossier
xavier : Hey Robin, tu viens le 1er novembre en fait ?
xavier : et toi Nico ?
NicoTupe : nope
NicoTupe : 🙁
xavier : dommage
NicoTupe : je suis sous l’eau en ce moment niveau boulot…
NicoTupe : on a un salarié blessé
xavier : ah mince
mIkee : avez vous pensé à inviter Etienne Klein ? ce type est juste brillant…et expert en vulgarisation scientifique
MrNause : je confirme
xavier : bon, allez, zou !
mIkee : le thème du temps est son dada : ça vaut le coup
xavier : bisous
NicoTupe : bisous
nicktalop : Le frigor n’aime pas le frigo
Automail : Ma quote perso : Avant chez mes parents j’ouvrais le frigo je prenais quelque chose, le lendemain je revenais, il etait toujours plein!
Automail : Mais ca c’etait avant..
NicoTupe : 241543903
Automail : Ils sont givrés!
nicktalop : c’est le congélo qui cristalise, Alan
David Loureiro : asterix ?
nicktalop : Simon Singh?
NicoTupe : http://www.amazon.fr/Simpsons-Their-Mathematical-Secrets-ebook/dp/B00EDIVCPW/ref=sr_1_3?ie=UTF8&qid=1382645397&sr=8-3&keywords=simon+singh
nicktalop : conclusion entropique…
mIkee : ça fait un peu radio libre… que de souvenirs
David Loureiro : l’impact des bières sorties du frigo ?
nicktalop : les atomes crochus s’agitent
David Loureiro : icq ?
robin#####@#####.fr
: Pour la bière, oui de mon côté
David Loureiro : 🙂
undefined : ils sont mort de rire les bougres
nicktalop : Bon allez, tcho, les bougres
David Loureiro : c’était pas louis XIV et marie-antoinette qui avaient des glaces et genre c’était trop hype à l’époque ?
David Loureiro : je me souviens plus comment ils faisaient …
mIkee : bonne fin de soirée
David Loureiro : genre je crois ils l’enfouissaient ou un truc comme ça
David Loureiro : chais pu
NicoTupe : bonne fin de soirée
NicoTupe : oui je pense
NicoTupe : dans des trous-glacière
David Loureiro : c’était bien ça
NicoTupe : yen a encore a des endroits même en france
NicoTupe : tu me diras marie antoinette c’est en france 😀
David Loureiro : oui 🙂
David Loureiro : 3380
David Loureiro : mais y’a les todos
David Loureiro : les ref je les mets avec ?
David Loureiro :
David Loureiro : c’est clair
David Loureiro : d’acc
David Loureiro : tjs en live 🙂
David Loureiro : mais à part Alan, personne le saura
David Loureiro : je vous laisse 🙂
David Loureiro : passez une bonne soirée

Podcast science 147 – Crossover Tales of the World avec Ruxandra Stoicescu

Dans cette émission, nous avons eu le plaisir de recevoir une collègue podcasteresse pour un petit crossover podcastsuisse.

Il s’agit de Ruxandra Stoicescu, analyste des relations internationales et productrice du podcast Tales of the World. Nous avons parlé économie, politique, sciences molles et sciences dures et des rapports mutuels entre politique et science

La discussion avec Ruxandra

La retranscription est arrivée avec quelques années de retard. On peut la trouver sur ce lien. Un grand merci à Guillain (Seuillot) pour la retranscription !

Des nouvelles du quiz du mois

Le blog audio de la semaine

Pourquoi je kiffe la science, par notre auditeur Slash 

La quote de l’invitée

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme  » (François Rabelais)

Plugs et liens évoqués

La prochaine fois

Des glaces aux produits surgelés en passant par les laitages et les plats cuisinés, le réfrigérateur et le congélateur sont au centre de nos vies. Nico nous parlera de comment on a essayé de faire du froid a travers l’histoire et surtout nous expliquera comment fonctionne cet objet que vous utilisez tous les jours!
» RDV le jeudi 24 octobre à 20h30 sur live.podcastscience.fm/ 

La chatroom

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Arth : bondoir
Arth : s*
Eddy : Hello
Xilrian : Mais y’a déjà du monde !
Xilrian : Hello les gens ^^
Arth : Salut^^
Eddy :
Eddy :
Robin : Salut tout le monde
David Loureiro : bonjour
Pingouin : Bonsoir à tous !
Iggor : Bonsoir à tous
Arth : 07
axel : allo
Denis : Salut
Arth : Salut
Arth : bien
broceliand89 : salut tout le monde
Edd : ‘tain champagne pour une fois que je vais pas rater live 😀
Iggor : Santé!
broceliand89 : je t accompagne, pour moi c est mon premier live
Arth : pareil au boulot ^^
broceliand89 : oui , regler le conflit
Denis : pareil premiere fois que j’arrive a le choper 🙂 jme suis fait avoir par le changement de jeudi a mercredi la dernière fois
broceliand89 : question; vous voyez une video ?
Arth : non
Edd : nope
Edd : j’allais faire la remarque
David Loureiro : re
Xilrian : la vidéo c’est que pour nous via skype 😛
broceliand89 : veinard…..
Xilrian : 😛
Leith : Bonsoir 🙂
Denis : ca me fait penser à ça: http://xkcd.com/435/
Pingouin : Dans le discours ambiant il y a assi une ambiguité avec Science Po (l’école) et peut être même la politique tout court
David Loureiro : @Denis complètement 🙂
Denis : yes c’etait presque de la prémonition 🙂
David Loureiro : et l’ordre présenté vient d’être cité 🙂
David Loureiro : il y a quand même une différence de sujet d’étude
Denis : oui, le alt-text sur l’image vaut le coup aussi, pour aller dans l’autre sens
David Loureiro : pour @Robin : en physique il y en a bien qui font de la mécanique des fluides en suivant toutes les particules 🙂
David Loureiro : méthode lagrangienne le crois 😉
Denis : i.e. “on the other hand, physicists like to say that physics is to math as sex is to masturbation”
Robin : Les barges !
David Loureiro : par opposition aux méthodes euleriennes
David Loureiro : chacune à un intérêt en fonction des écoulements étudiés
Robin : ouaip, j’ai entendu parlé de ce genre de choses
broceliand89 : la confiance doit jouer enormement en eco
David Loureiro : j’ai l’impression qu’en économie c’est une histoire d’hypothèse de base qui différencie les deux grandes courants de pensée
Denis : rien que le fait de postuler que le comportement humain est mathématisable est déjà une forme d’idéologie je trouve
David Loureiro : le simulation de foules est intéressant
David Loureiro : il y a des schémas de déplacement qui se retrouvent à grande échelle, le podcast sur les services auto-organisés
David Loureiro : en parlait
Denis : ca me parait plus justifié pour des déplacements, que l’on fait sans réfléchir comme des animaux, plutot que des choix de vie (achats, migration, etc), où la conscience est vraiment importante
David Loureiro : on est tous soumis aux mêmes stimulis
David Loureiro : il est assez logique, selon moi, que l’on ait tous les mêmes réactions
David Loureiro : @David : c’était ce que je voulais dire avec mes histoires d’hypothèses
Arth : >Conditionnement par les médias ?? les politiques? les articles ?
David Loureiro : @Denis : si tu regardes les histoires des bouchons sur la route, tout le monde fait pareil
Denis : oui justement, les bouchons c’est du déplacement mécanique
Denis : la peresonnalité influe très peu
David Loureiro : les gens se disent quand même qu’il faut qu’ils partent à un certain moment
David Loureiro : tout le monde fait pareil
David Loureiro : et c’est ça qui fait qu’il y en a
David Loureiro : chacun a de bonne raison pour partir à une certaine heure (heure d’ouverture du camping, bonne heure pour la plage, etc)
Pingouin : Je ne vois pas pourquoi, a priori, la conscience ou ses effets seraient non modélisables… En tout cas ça vaut le coup de tester
Arth : conditionnement par le rythme de la vie .. nous sommes plus ou moins prisionnier du tps qui passe .. et de l envie de faire plus
Denis : oui, mais dire que les gens cherchent à “maximiser une certaine fonction” comme c’est supposé en économie, ca me parait ne pas correspondre à la manière dont les gens vivent leur vie
David Loureiro : en fait, je pense que les groupes sont modélisables
David Loureiro : mais pas forcément chaque personne
Denis : comme dans Fondation 😉
David Loureiro : asimov l’avait compris avec la psychohistoire 🙂
David Loureiro : ouala 😀
Xilrian : 🙂
Denis : d’ailleurs il compare ça à la mécanique statistique des gaz
David Loureiro : là je suis moins d’accord
Denis : mais bon à mon avis ça reste de la science-fiction justement
Arth : un poisson seul… nage simplement… un banc ..realise une dance de groupe… nous sommes en regard des autres, et ns ns singeons sans le vouloir
Pingouin : Denis : c’est peut être que la bonne fonction n’est pas encore trouvée 🙂
Denis : Pingouin: ou alors les gens sont fondamentalement irrationnels !
Denis : au moins en partie
broceliand89 : nous suivons comme des moutons par un groupe ou une societe ?
Pingouin : c’est une hypothese, il faut le tester, d’où la science !
David Loureiro : @David : la sociologie ne prétend pas pouvoir se distancier de l’humain pour mieux l’étudier ?
Xilrian : elle essaye ^^
Denis : comme ils sont en train de le dire, c’est dur à tester avec des humains…
Xilrian : Mais disons que ça semble peut être plus simple d’étudier la psychologie animale
Arth : l animal est ce q il rend plus difficile qlq chose de simple.. je ne pense pas.. l humain ..oui
Pingouin : ce n’est pas parce que c’est difficile que ça ne pourra pas être scientifique 🙂
Arth : non bien sur … cela rajoute des paramètres
Pingouin : modéliser l’être humain est un problème NP Complet 🙂 🙂
Denis : Pingouin: probablement même indécidable :p
David Loureiro : les gens des systèmes complexes et ceux du human brain project ne doivent pas être d’accord avec vous 🙂
Pingouin : Moi je suis croyant, je crois que P=NP
David Loureiro : et en plus ils doivent être convaincant vu l’argent que l’europe leur a donné
David Loureiro : @Pingouin : fermat avait mis dans une marge que c’était facile a démontré et qu’il avait pas assez de place pour le faire non ? 😉
Denis : David Loureiro : ils sont probablement les premier à dire qu’ils n’auront jamais que des approximations non ?
Pingouin : lol David
David Loureiro : @Denis : il y a de la simulation multi-échelle pour reproduire les processus biologiques, moléculaires, etc
David Loureiro : donc ce sera une approximation
David Loureiro : mais comme n’importe quel modèle utilisé en physique
David Loureiro : 🙂
Denis : oui c’est vrai, mais pas du tout au même degré quand même
Arth : le post’it ^^
David Loureiro : @Denis : pour l’instant, mais n’est-ce pas ce que l’on dirait maintenant de certains théories de la mécanique d’il y a 200 ou 300 ans
David Loureiro : laissons leur le temps de se perfectionner 🙂
Denis : les corps finis aussi ca a mis 2 siècles opur servir, avec le minitel
Denis : @David : on a quand même le sentiment que la physique est censé faire des prédictions plus exactes que la sociologie
Denis : qu’on est en droit d’en exiger plus
David Loureiro : on a peut-être eu plus besoin de physique que d’étude des comportements humains
Denis : je miserai pas là-dessus :p
David Loureiro : pour balancer des boulets de canon, savoir comment les mecs réfléchissent est pas nécessaire 🙂
David Loureiro : mais savoir comment se comporte un corps soumis à la gravité pour estimer sa trajectoire oui 🙂
Denis : oui c’est sûr
Denis : par contre aujourd’hui le comportement humain et le cerveau offrent beaucoup plus de défis urgents que la physique (qui devient très abstraite)
David Loureiro : @Denis : y’a du boulot c’est clair!
Robin : difficile de donner des priorités : on ne sait jamais d’où sortira un truc intéresssant
David Loureiro : le group think a bien marché pendant plus de mille ans avec Aristote et la mécanique céleste
Denis : @Robin: je ne parlais pas de donner des priorités, il faut chercher partout, c’est juste qu’on a beaucoup de mal a avancer sur l’humain, parce que ca semble intrinsèquement plus difficile à systématisere
Robin : ouaip
Robin : mais peut être qu’on trouvera un truc qui nous servira là dedans en cherchans dans une tout autre direction
David Loureiro : euh coupure ?
Denis : oui ca serait cool 🙂
Denis : ah apparemment
Pingouin : oui pour moi aussi
axel : 🙁
Xilrian : Pause 🙂
Robin : ouf, c’est pas chez moi !
Alan : yep
Denis : on les a perdus 🙁
Alan : skype a planté
Alan : on revient 🙂
Xilrian : je pense que c’est chez alan
Robin : on s’est perdu
Robin : ouais
Robin : pas chez moi
Marti : la fin est un peu abrupte aujourd’hui
Robin : nananère
Arth : ok.. on cherchait deja !!!!
Xilrian : c’était rigolo on se voyait tjrs avec robin
David Loureiro : ah
Denis : aah c’est revenu
David Loureiro : ça marche
broceliand89 : ok
Pingouin : ça revient
broceliand89 : politique et science…..
broceliand89 : j ai confiance en la science mais pas en politique
David Loureiro : lien entre science et politique : comment ça se fait que plein de polytechniciens vont faire de la molitique
David Loureiro : c’est quand même une école d’ingénieur
David Loureiro : à la base
Denis : pour l’argent ?
Marti : C’est plutôt réjouissant que tous les politiciens ne soient pas juristes, non?
Robin : de la molitique ! joli lapsus
Robin : Nico serait là, il dirait que c’est très bien que des matheux soient au pouvoir
Robin : mais je ne le soutiens pas là dessus
Robin : enfin je ne sais pas
broceliand89 : peu etre plus rationnel
David Loureiro : il y a des écoles qui sont faites pour ça genre l’ENA, Science Po, etc
Denis : l’idéal serait que ceux qui sont au pouvoir ne soient pas ceux qui le veulent
Marti : @David C’est une vision très française avec des “élites” politiques formées pour
Marti : Dans beaucoup d’autres pays, on considére que les politicients doivent être issus de la société et non formés pour être politiciens
Marti :
David Loureiro : @Marti : peut-être, mais d’une certaine manière ou pourrait se dire que des gens sont sûrement mieux armé quand ils ont une formation spécifique
David Loureiro : aux US ou en allemagne il y a des cursus qui sont ultra-spécialisés
Marti : Angela Merkel est mathématicienne
Denis : Il y a le biais que la politique devient un métier gagne-pain, et que l’idéologie soit masquée
David Loureiro : je me dis que la polituque est un métier à part entière
Alan : on va bientôt conclure
Marti : Barack Obama a travaillé dans le social
Alan : des questions pour Ruxandra?
Denis : est-ce que c’est normal de donner des prix nobel régulièrement en théorie des jeux pour l’économie ?
Marti : @David En Suisse, on considère plutôt que le monde politique doit être représentatif de la société
David Loureiro : @Marti : la nouvelle grece 🙂
broceliand89 : d accord avec marti
Denis : (nash dans le passé, et plus récemment pour le mariage stable, il y en a surement d’autres je sais pas)
David Loureiro : @Marti : blague à part, cela peut peut-être permettre d’avoir des gens plus prêt de la réalité)
David Loureiro : donc ça doit être intéressant !
Robin : ça c’est intéressant !
Marti : @David, notre système est un peu spécial puisqu’il y a très peu de politiciens professionnels
Denis : ah nuance 🙂
ElJj : Mais comme des mathématiciens peuvent être récompensés, on fait croire que c’est un vrai Nobel
Robin : Ah t’es là, toi ?
ElJj : 🙂
Robin : Ben oui, c’est pour avoir des nobel
David Loureiro : il n’y avait pas eu un nobel d’économie pour le micro-crédit ?
David Loureiro : peut-être quelque chose d’éloigné des théories spécifiques
Robin : Mais ils ont aussi des Abel
Xilrian : @David oui je crois aussi
Denis : @Robin: ça fait pas la une des journaux :p
Robin : Pfffffff
Robin : Parce que tu ne lis pas les bons journaux
David Loureiro : 🙂
Robin : 😉
Denis : je m’informe exclusivement via podcast science
Robin : Ok, je ferai un truc sur le prochain prix Abel
Denis : ils not jamais parlé du prix abel !
Robin : Promis
David Loureiro : est ce que pour toi robin, le prix turring c’est un peu pour des mathématiciens ?
Denis : cool je l’ecouterai alors 🙂
Robin : Ouais
Robin : Je n’ai jamais creusé, mais il me semble bien
Denis : le prix godel est plus proche des maths
Denis : turing c’est vraiment de l’info quand meme
Robin : Enfin après, les classements, j’ai toujours du mal
ElJj : Et l’année prochaine, j’espère qu’il y aura une spéciale médaille Fields
Robin : Va bien falloir
David Loureiro : @Denis, y’a quand même pas mal de chose théoriques en info
Pingouin : Merci à tous c’était très intéressant !
David Loureiro : pour avoir traîné mes guettres à l’ENS au labo d’info
David Loureiro : coder pour certains chercheurs en info, c’est mal!
Denis : @David: oui mais le prix turing est assez axé pratique: http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Turing
Denis : @David : je suis informaticien théoricien en fait 😉
David Loureiro : ahhh ben faut pas diminuer le travail théorique
Edd : Un frigo ?
David Loureiro : quand tu regarde la liste tu vois qu’il y a de la bonne théorie
Edd : 😀
broceliand89 : frigo
David Loureiro : crypto, théorie de la complexité, etc
Edd : je le fais actuellement
Edd : 4 semaine sans frigo
Edd : c’est dur
Denis : @David tu en sors un sur 10 là 😉
Edd : je mange bcp moins de viande du coup
Pingouin : lol sur google image
broceliand89 : question, d ou iens c chifres
ElJj : 241543903
Pingouin : “la tete dans le congélo”
Denis : http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_G%C3%B6del
Denis : c’est plus théorique mais toujours de l’info
broceliand89 : c est en morse ?
Denis : oui le code marche bien 😉
Pingouin : lol
ElJj : astrologie ?
Xilrian : C’est bon j’ai la traduction !!!!
Denis : on peut l’avoir ?
Xilrian : apres le kiff la science
Robin : ElJj -> j’ai tiqué aussi !
David Loureiro : astrologie !
David Loureiro : encore
Denis : il l’a redit 🙂
Denis : c’est pas le meme son ?
David Loureiro : euh : comment qu’on dit qu’on kiffe la science ?
Robin : commentaire audio
Robin : ou commentaire écrit
Robin : ou mail
Denis : sympa la quote, l’ecole centrale paris a choisi aussi la même pour écrire dans l’entrée:)
Iggor : Très sympa l’idée du livre!
Pingouin : Super idéee le livre 🙂 🙂
Arth : C est vite arrivé
Denis : oui j’adhère !
David Loureiro : vous faites des souscriptions pour le livre ?
David Loureiro : testez des équivalents de kickstarter 🙂
Denis : oui je veux bien le précommander 🙂
Pingouin : looool
Arth : Lol j ai trop de chaussettes …lol
Pingouin : si c’est une assoce française ça passera au journal officiel 🙂 🙂
ElJj : Si !
Iggor : creationisme?
David Loureiro : infini ?
Jorj_McKie : Salut, salut
Arth : Infiniment petit ??
ElJj : “numérique”, ça va être compliqué
Denis : les matheux sont toujours brimés !
ElJj : Coupé à la diffusion, c’est encore mieux
Denis : ah ca a été cupé en direct finalement
Jorj_McKie : J’ai 4 faux teuils à proposer en dont. Mais seulement si vous avez envie d’osier la différence.
David Loureiro : j’ai des NES en rab si vous voulez 🙂
David Loureiro : avec quelques cartouches de super mario bros + duck hunt …
Denis : @David : ca doit commencer à prendre de la valeur ça non ?
David Loureiro : @Denis : pas encore assez 🙂
David Loureiro : ça prend plus de place que de valeur 😉
Denis : hehe
ElJj : Nous allons assurer vos montagnes !
Denis : oui j’ai pas compris non plus :p
Jorj_McKie : Votez pour SSAFT : http://ssaft.com/Blog/dotclear/
Iggor : arf enfin j’ai compris!
David Loureiro : comment est ce que vous définissez ce qui fait un bon dossier pour podcastscience ?
Arth : Bonne fin de soirée à vs. Biz
David Loureiro : j’ai l’impression qu’il y a un besoin de documentation
axel : Non
David Loureiro : important
Jorj_McKie : Jamais, on est pas maso
Iggor : alors selon moi, l’originalité du sujet ainsi qu’une bonne doumentation ainsi qu’une expertise certaine du presentateur me semble un bon début
David Loureiro : vous arrivez à bien vulgariser
ElJj : Le problème du copié collé de la chatroom, c’est qu’il y a une moitié de hors sujet, et l’autre moitié où on se plaint que le broadcast marche plus
David Loureiro : j’ai l’impression que les dossiers sont sur des sujets plutôt larges
Denis : Quand on apprend des trucs ou qu’on remet en question des certitudes l’objectif est atteint a mon avis…si c’est drole c’est aussi un bon dossier 🙂
David Loureiro : l’analyse numérique c’est un bon sujet par exemple ?
David Loureiro : l’histoire de la simulation ?
Jorj_McKie : +1
David Loureiro : +1
Jorj_McKie : de math… ????
Robin : quoi de math
Robin : ?
David Loureiro : je pensais la simulation numérique
Jorj_McKie : pas que de math
ElJj : Oui, mais on a pas le droit de dire “numérique”
Robin : oui mais moi c’est mon métier
David Loureiro : 🙂
Robin : de parler de math
Edd : tant que j’y pense pour parler du sujet de la semaine prochaine j’avais regardé un docu sympa qui s’appelle “la conquête du froid absolu” c’était un truc arte je crois c’était sympa
Jorj_McKie : @robin et alors ?
David Loureiro : ça va être dur 🙂
David Loureiro : j’ai un background de math appli
David Loureiro : c’est pour ça que je m’y intéresse un peu 😉
David Loureiro : y’a plein de trucs marrants
Jorj_McKie : David t’as un super son.
David Loureiro : comme la logique ternaire et les tentatives des russes pour construire des supercomputers qui utilisent ça
Denis : c’est toujours les maths les plus utiles qui sont les moins droles
David Loureiro : au départ de l’analyse numérique c’était très mal vu 🙂
Denis : oui je suis d’accord 🙂
Denis : j’entendais les maths prévues pour être utiles
Denis : les quasicristaux ca ferait un super dossier !
ElJj : Mélanger maths et chimie, c’est cool
Alan : back 🙂
David Loureiro : en tout cas si ça vous intéresse l’histoire de la simulation numérique avec un peu de math et d’info j’avais commencé à me documenter sur la question 🙂
Denis : le truc qui m’a fait le plus rever sur les quasicristaux, c’est que tout se passe comme si c’etait un cristal régulier en dimension supérieure, intersecté avec notre dimension 3
Denis : yeaaah 😀
Jorj_McKie : Et les courbes de Bezier
David Loureiro : l’histoire des courbes de bézier est fun
Denis : oui les nombres premiers c’etait vraiment super comme idée avec le son
David Loureiro : c’est vrai que ça passait bien
ElJj : Un pavage sonore ?
David Loureiro : même pour la partie hasard
ElJj : D’autant que, si je me trompe pas, ya un atelier sur les pavages apériodiques au palais de la découverte
David Loureiro : c’était sympa
David Loureiro : les pavages et le concours kangourou 🙂
Jorj_McKie : ET l’application des transformations de Fourier
David Loureiro : alala
ElJj : Et on a vu que tu as recyclé ton article de PS sur Science et vie junior
Alan : @ David Loureiro, tu as un skype?
David Loureiro : @Alan : ************
David Loureiro : je suis pas très inventif 😉
Alan : tu veux venir 2 minutes nous expliquer ce que tu ferais sur les simulations?
David Loureiro : atta je sors de ma chambre
David Loureiro : sinon ma femme va me taper
David Loureiro : oui et alors 🙂
Denis : haha
David Loureiro : away from my bed
Jorj_McKie : C’estait une vanne
Robin : Ah d’accord
Robin : Pf
Robin : Je ne les relève même plus
Jorj_McKie : @Robin en tant que non matheu, j’adore tes dossiers
Robin : merci
Robin : Le plus beau compliment
Robin : Parce que bon, avec les matheux, c’est trop facile
ElJj : Cela dit, en tant que matheux, j’adore tes dossiers ! (et je suis assez difficile sur le sujet)
Denis : par contre les matheux sont à l’affut de la moindre imprécision, donc c’est pas non plus un public facile
Denis : mais pareil que ElJj !
Robin : Ouais nan mais je prend aussi, hein
Robin : mais deux matheux qui se rencontrent, ça leur fait souvent plaisir tout en faisant peur à l’entourage
Robin : !!
Denis : c’est clair
Denis : (pour le sujet simulation, la question des jeux de stratégie peut être aussi abordée)
Jorj_McKie : Il faut que vous invitiez Nima de Sham & Science sur la simulation, il est super.
Alan : bonne idée 🙂
Denis : les anecdotes c’est toujours cool
Jorj_McKie : Pas d’accord David, le plus simple c’est de partir de quelque chose qui concerne les gens.
Jorj_McKie : 🙂
Jorj_McKie : Ou à lagéopolitique
ElJj : Ca va être dur de repasser à un épisode par semaine
Jorj_McKie : C’est marrant on a tous fait ça. Tous peut-être pas mais beaucoup
Denis : j’ai fait exactement ça aussi :)=
Alan : 🙂
synes9 : le mètre 🙂
Alan : ?
Denis : le mètre oui ca m’a bien marqué, l’aspect aventure improbable pour un truc aussi “normal” aujourd’hui
Jorj_McKie : Pour moi podcastscience = une grippe. 3 jours bloqué au lit et un esprit en guimauve
Alan : 🙂
Jorj_McKie : Et là j’ai de la science dans le désespoir
Jorj_McKie : J’ai eu de la science…
Denis : tu vas développer un reflexe de pavlov, et tomber malade quand tu les entends :p
ElJj : “ça ferait un bon sujet de dossier” est l’une des phrase les plus prononcées sur podcast science
Alan : 😀
Alan : Jorj, tu es malade, là, maintenant?
Jorj_McKie : Non, c’est une addiction 😉
Denis : yen a une autre marrante d’ailleurs
Denis : la théorie et la pratique, en théorie c’est pareil mais en pratique c’est différent
Alan : 😀
synes9 : 😀
Jorj_McKie : Le truc était de prendre le temps de découvrir PS, un peu comme une bonne série
ElJj : “Le dictateur bouffe des cacahuètes”, Alan, 17 octobre 2013
Robin : Merci
Robin : Tu veux être nommé secrétaire de Podcast Science ?
Jorj_McKie : Le mauvais truc des dossier de PS c’est de trop faire d’historique, sans annecdotes et sans critique.
ElJj : (Si le chat est copié collé, autant garder en mémoire les meilleures quotes)
Robin : grave
Jorj_McKie : Merci , Alan , c’est exactement ça
Jorj_McKie : Quel vendeur ce Robin
Robin : Yep
Robin : J’ai raté ma carrière
Jorj_McKie : Outre les dossiers, on ne pourrait pas faire des chroniques courte (3/4 mn) ?
Jorj_McKie : Pour commencer.
Robin : On va probablement faire ce genre de trucs dans les “freestyle”
Robin : C’est vrai que ça pourrait faire un truc intermédiare pour les “extérieurs”
Jorj_McKie : P****t de capitaliste
axel : et en video avec des effets speciaux!
ElJj : Et c’est justement parce qu’il est difficile de faire 3 minutes que vous faites des dossiers d’une heure
David Loureiro : bonne nuit 🙂
ElJj : Bonne nuit !
synes9 : Bonne nuit 🙂
Denis : bye
Jorj_McKie : Bizz
Alan : tschuss les amis, bizettes!

Blog Audio 25: Slash (auditeur): pourquoi je kiffe la science

slash_twitter

Billet original (enregistré par son auteur, Slash) :

Pourquoi je kiffe la science

La raison pour laquelle je kiffe la science tire son origine de ma curiosité : depuis tout gamin, j’étais curieux du monde qui m’entourait, pourquoi existait-il, comment évoluait-il. Je me suis donc naturellement orienté vers le domaine scientifique à travers les mathématiques, la physique, l’astronomie…

Mais le déclic ne s’est fait qu’après mon baccalauréat.  J’avais intégré une classe préparatoire pour les écoles d’ingénieurs et en complément de mes cours de physique, j’avais entrepris la lecture des Cours de physique de Feynman, qui avaient comme caractéristique de contenir beaucoup de littérature et peu d’équation. En fait, alors que les manuels scolaires ont plutôt tendance à parachuter des formules issues le plus souvent de démonstration mathématiques « physiquement rigoureuse » (comprendre mathématiquement bancales) et à les illustrer par quelques exemples plus ou moins parlants, Feynman amenait les équations tout naturellement après avoir décrit le phénomène que celles-ci devaient formaliser. C’était logique. C’était clair. C’était brillant.

Par appétit, j’ai aussi lu Vous voulez rire, monsieur Feynman !, recueil de mémoires évoquant des moments de la vie de Feynman dont une anecdote qui m’a marqué : à Los Alamos, tous les scientifiques et militaires gradés avaient un coffre-fort personnel où ranger les documents sensibles. Très rapidement, Feynman avait acquis la réputation d’être un redoutable casseur de coffre : en bidouillant son propre coffre, il avait mis au point une méthodologie pour deviner les combinaisons. Alors, dès qu’il se rendait dans le bureau d’un collègue, il en profitait pour tenter de deviner la combinaison de son coffre. A force, il en avait rempli un carnet et quand l’un des scientifiques ou des militaires étaient absents alors qu’on avait besoin de documents présents dans son coffre, on faisait appel à Feynman pour venir casser la combinaison. Gardant un peu de mystère autour de ses talents, il demandait à être laissé seul, lisait tranquillement un magazine  et après une vingtaine de minutes, ouvrait son carnet et le coffre par la même occasion.

Au-delà du côté amusant de l’anecdote, celle-ci et l’œuvre de Feynman en général m’ont confirmé dans mon amour pour les sciences mais m’ont aussi donné le goût de la démarche scientifique : observer, évaluer, faire des hypothèses, confronter la théorie aux mesures et si besoin, recommencer.

Alterscience: retranscription de l’interview d’Alexandre Moatti


Interview réalisée dans l’épisode #146. Retranscription réalisée par notre auditeur Sylvain (@slyv1), un immense merci à lui!


 

Nico : On reçoit ce soir Alexandre Moatti, membre du café des sciences, et auteur d’alterscience, un livre qui parle d’un sujet assez fou. Comme il le définit, vers la fin du bouquin, l’alterscience peut s’entendre comme une autre science, comme une science altérée, voire comme une science tournée vers autrui, c’est-à-dire non vers les pairs scientifiques, mais directement vers le grand public, vers le plus grand nombre, auprès duquel une légitimité directe est recherchée.

C’est une science faite par des gens qui ne font plus vraiment de la science, qui ne sont pas acceptés par le monde scientifique parce qu’ils n’ont pas la bonne démarche, refusent d’accepter les faits ou font des théories qui ne sont pas observables, mais cherchent, par contre, un accord du grand public pour diffuser au maximum leurs idées, parfois assez farfelues.

Ce sont des histoires d’hommes, de femmes, la plupart du temps scientifiques, qui sont passés du côté obscur, qui ont perdu la rigueur caractéristique de ce domaine pour aller vers autre chose.

D’un culte idéologique à une nostalgie du passé, on va parcourir, au fil de l’interview, quelques-uns des thèmes qui ont alimentés ce bouquin assez dense. Le livre se termine par une tentative de définition, ou une justification de la non-définition de ce qu’est l’alterscience, dont je viens de parler, et de ce que peut nous apporter une étude de l’alterscience pour étudier le monde et les sciences contemporaines.

Avant cela, Alexandre présente de nombreux exemples d’ « alterscientifiques » (pour peu que ça veuille dire quelque chose), il y en a une douzaine, c’est ça ?

Alexandre Moatti : Oui, c’est ça, une douzaine de cas.

Nico : Et ça passe par plein de choses : un peu d’idéologie, de la religion, de la politique, de la nostalgie et on
découvre pourquoi des gens ont pu glisser de l’autre côté. Le livre commence par des réflexions plus personnelles, où tu donnes ton avis, tu analyses, pour synthétiser ce que sera dit dans la suite du bouquin. Vous l’aurez compris, on a, ce soir, de quoi beaucoup discuter, et on va commencer tout de suite par des questions assez générales d’Alan sur le bouquin.

Alan : Oui, je voulais te demander, Alexandre, si tu peux nous dire deux mots sur la genèse du livre : pourquoi as-tu écrit sur un tel sujet ?

A.M. : En fait, c’est surtout dans le milieu des ingénieurs et des polytechniciens, dont je fais partie, que j’ai eu affaire, il y a quelques temps déjà, à des choses bizarres, à des remises en cause de la théorie de la relativité par quelqu’un comme Maurice Allais, prix Nobel d’économie, ingénieur polytechnicien de formation.

Ma première étape a été d’écrire le livre Einstein, un siècle contre lui qui est un travail portant sur les ennemis de la relativité, de 1905 à 2005. Ce qui peut se comprendre en 1920, au moment où la relativité générale vient de sortir, se comprend nettement moins en 2005. Et c’est en approfondissant ces aspects « ennemi de la relativité » en 2005, année mondiale de la physique puisque centenaire des articles d’Einstein, que j’ai trouvé un certain nombre de mouvements, d’individus, par exemple la revue Fusion de Lyndon Larouche, un pan-scientifique et un techno-fasciste représenté en France par Jacques Cheminade, candidat à l’élection présidentielle. Cette revue, Fusion, accueillait des articles de Maurice Allais, ou d’un autre polytechnicien, géologue plutôt créationniste qui s’appelle Guy Berthault et qui avait essayé de faire des comptes-rendus à l’Académie des Sciences. Donc, en voyant tout ce mouvement, puis un site de la fédération anarchiste qui citait la revue Fusion qui est plutôt de l’autre bord, j’ai trouvé tout un réseau de choses assez bizarres concernant la relativité, et ça m’a amené à approfondir. Qu’est-ce que c’était que cette remise en cause des théories scientifiques ? Notamment en physique avec la relativité, un peu moins la physique quantique, et en biologie, la théorie darwinienne, qui est souvent critiquée car confondue avec une espèce de vague darwinisme social, et on en arrive à des positions aberrantes chez certains créationnistes, chez certains anti-science aussi, qui voient en Darwin, le valet du libéralisme anglais. Cette critique va assez loin, sur certains points, elle est justifiée, mais l’ensemble de ces contre-théories m’est apparu très peu digne d’analyse et valant la peine d’être regardé et critiqué.

Alan : OK, on comprend bien comment, de fil en aiguille, tu as trouvé la matière qui n’attendait qu’à être réunie. Je me posais une autre question : d’où vient le terme alterscience ? J’ai pensé que tu l’avais inventé, avant de me souvenir que j’en avais parlé il y a 2-3 ans dans l’épisode 25 de PodcastScience qui parlait de dénialisme scientifique, et avant de m’apercevoir que l’auteur que je citais n’était autre que toi !

A.M. : On ne se connaissait pas à l’époque, ou peut-être au Café des Sciences…

Alan : Effectivement ! Les anglo-saxons disent « crank » pour ce que regroupe le concept d’alterscience. En français, on avait « pseudo-scientifique », « négationniste de la science », « dénialiste », « anti-science » ou « anti-scientifique ». Aucun de ces termes ne te convenait précisément pour circonscrire l’idée ?

A.M. : J’avoue que c’est la première fois que j’entends ce terme, « dénialiste », qui ne doit pas être très répandu, mais je vais le retenir. Nico a dit, un petit peu, ce qu’on pouvait mettre derrière ce terme. Encore une fois, il n’y a pas forcément de définition de la science, alors je serais bien en peine de faire une définition précise de l’alterscience. Mais ce qu’on peut dire, c’est qu’on est aux marges de la science.

Qu’est-ce que ça peut être ? Le point le plus neutre serait : une autre science. Par exemple Maurice Allais n’a pas d’idéologie, il imagine une autre physique, sans la relativité, mais bien sûr, totalement infondée. C’est une science altérée parce qu’elle est privée de ses théories, s’il n’y a plus la relativité, on peut considérer que c’est une science altérée.

Rapidement, chez ces ingénieurs, il y a de l’idéologie qui arrive. René-Louis Vallée, ingénieur Supélec antirelativiste est dans ces mêmes cercles de polytechniciens, centraliens, Supélec, du cercle de physique Alexandre Dufour qui se réunit de 1945 à 1980. C’est toute une génération qui n’a pas du tout été formée à la relativité. Cette idéologie qui arrive chez René-Louis Vallée est représentée par le grand complot, par ces hommes en noir de la science qui nous cachent tout, il existerait même une autre science qui nous serait cachée par ces hommes en noir. Il y a un peu de tout dans l’alterscience, en particularité, comme rappelait Nico, une science en priorité tournée vers autrui, diffusée par la radio, la télé, mais sans passer par la validation scientifique, on va dire par exemple, directement à la radio, que le réchauffement climatique, c’est n’importe quoi.

Guillaume Lecointre, qui est, comme moi, contre le créationnisme, dit que c’est la bataille de l’argumentation, que nous, scientifiques, essayons de mener contre la bataille de la communication. Et c’est difficile de gagner la bataille de l’argumentation contre celle de la communication à la radio, et encore plus à la télé.

Bien sûr alterscience peut ressembler à des mots avec le même préfixe comme altermondialisme qui peut être vu positivement parfois. Mais ça peut aussi être vu négativement si on fait référence à des théories du complot, ce grand complot des élites mondiales, etc… qu’on retrouve dans certains aspects, comme par exemple chez Beppe Grillo, le politicien italien, qui a quand même eu 25% des voix aux législatives italiennes, fait ce qu’on appelle du populisme scientifique, en disant « le virus du SIDA n’existe pas », « une tomate OGM a fait 60 mort dans les cantines scolaires italiennes », si c’était vrai, ça se saurait ! Il dit aussi « la prix Nobel Rita Levi-Montalcini s’est fait acheter son prix Nobel par l’industrie pharmaceutique » . Bon, ce HIV qui servirait juste aux firmes pharmaceutiques à vendre cher ses vaccins… Que l’industrie pharmaceutique vende cher ses vaccins, je veux bien, mais de là à dire que le virus a été inventé, c’est n’importe quoi.

Nico : Ou ça voudrait dire qu’on est très avancés scientifiquement !

A.M. : Oui, effectivement, si on est capables de faire ça !

Nico : Mais par contre, tu expliques à la fin du bouquin, que tu voyais une différence suffisante avec « pseudo-science » pour ne pas l’appeler pseudo-science.

A.M. : Oui, c’est vrai, mais il m’a semblé que les pseudo-sciences ne veulent pas forcément prendre la place de la science. Je ne suis pas sûr que l’astrologie veuille remplacer l’astrophysique ! Je suis même sûr que non. Les pseudo-sciences ne cherchent pas une onction scientifique. Je ne suis pas spécialiste des pseudo-sciences, mais ceux qui les ont étudiées proposent d’appeler ça « para-science », ce qui veut dire « autour de la science ».

Moi, je parle vraiment de scientifiques qui essaient de contrer des théories en vigueur, comme celles de Darwin, d’Einstein…

Nico : Ils rêvent de devenir les nouveaux scientifiques.

A.M. : Oui, c’est sûr. Ils s’estiment comme les nouveaux Galilée incompris. On est dans une démarche qui ressemble à une démarche scientifique, tandis que les pseudo-sciences couvrent quelque chose de tellement vaste (magnétisme, para-psychologie, etc…)

Dans ce que j’ai étudié, on est vraiment au cœur de l’attaque des théories contemporaines (physique, biologie, etc…). On n’est pas sur des baguettes de sourciers ou des choses comme ça. On a plus affaire à des théoriciens, des gens qui montent des théories par eux-mêmes.

Martin Gardner (j’adore ce type), mathématicien qui faisait la rubrique jeux mathématiques du Scientific American et de Pour La Science, a été un des premiers à étudier ça. Il appelait ça « in the name of science » pour signifier que ces balivernes sont dites au nom de la science. Ce n’est pas forcément le cas des pseudo-sciences qui ont peu de références scientifiques.

Nico : Dans l’approche « se prenant pour Galilée », il y a par exemple une citation de Fourier dans ton livre (pas celui dont on a parlé avec la transformée de Fourier, c’est important de préciser [Charles, pas Joseph]) qui disait : « le génie est toujours méconnu quand il devance son siècle », ça résume pas mal l’idée de ce dont on va parler. Ils sont persuadés d’avoir l’idée du siècle que les autres refusent de voir.

A.M. : Oui, Fourier, c’est ce philosophe. Je peux te citer aussi le paradoxe de Groucho Marx illustrant le mimétisme de la science chez ces gens-là. Le paradoxe de Groucho Marx c’est « je ne voudrais jamais faire partie d’un club qui m’accepterait comme membre » et mérite que je le détaille. C’est par exemple quelqu’un qui veut rentrer à l’Académie des Sciences, comme par exemple Marat, le révolutionnaire, dont on ne sait pas qu’il a été physicien, vitupérait contre l’Académie des Sciences avec cette suite logique : elle ne m’accepte pas, donc elle ne fonctionne pas normalement, donc je la dénonce, et elle ne m’accepte pas car je la dénonce. C’est un cercle qui s’auto-entretient, illustrant ce paradoxe.

C’est des gens qui veulent aussi s’intégrer profondément dans le système. Il  ne font pas seulement appel à autrui, au grand public. Il écrivent au Président de la République…

Nico : Il y en a un qui a écrit à Einstein, (cet exemple est tiré du bouquin) en lui expliquant : « vous ne pouvez
pas, avec votre intelligence, ne pas ouvrir les yeux sur ma théorie, d’autant qu’elle est antérieure à la vôtre ».

 A.M. : Il n’avait pas froid aux yeux celui-là ! Edouard Guillaume, qui avait connu Einstein à l’office des brevets en 1904-1908, lui écrit en 1948 « ne pensez-vous pas qu’il y a une terrible erreur dans la théorie de la relativité ? » Et Einstein répond…

Nico : Gentiment, en plus !

A.M. : Oui. Il lui dit « que vous vous intéressiez encore à ça, alors que nous mangerons bientôt tous les deux, les
pissenlits par la racine, m’étonnera toujours », avec humour. C’est ce genre de « crank » qu’illustre cet exemple.

Alan : Pour rester un peu dans les questions généralistes rapides, avant de passer la parole à Nico qui conduira l’interview à proprement parler, j’ai l’impression qu’il y a un gigantesque travail de documentation derrière le livre. Je me demandais : combien de temps t’a pris cette recherche ? Ça doit se compter en années.

Nico : Et pour situer les auditeurs, chaque chapitre se termine par 4 ou 5 pages de références bibliographiques, reflétant le travail de documentation.

A.M. : Il ne faut pas trop décourager les lecteurs ! Les références bibliographiques sont à la fin du livre.

Nico : Oui, je parlais des notes de bas de page.

A.M. : Ah oui, bon, pour répondre à la question, ça fait à peu près 5 ans que je travaille là-dessus. J’ai sorti mon livre sur Einstein en 2007 et puis j’ai fait un cours à l’école des hautes études en sciences sociales sur l’alterscience en 2008-2009. Mais sans faire des attaques, je décris des personnes en pointant le côté aberrant de ce qu’elles proposent, donc tu as intérêt à être sérieusement référencé quand tu fais ça. Je ne peux pas me permettre d’aller en terrain découvert.

Alan : Bien sûr. Ma question était : combien de temps ça t’a pris ?

A.M. : Ecoute, je travaille sur ce sujet depuis 2006, mon premier bouquin est sorti en 2007. Je fais aussi des bouquins de vulgarisation, mais ça c’est la suite d’Einstein, un siècle contre lui . Après tu fais 2-3 versions successives des bouquins, et puis je ne fais pas que ça. J’ai dû commencer celui-là 2 ans avant sa publication et j’ai pas mal travaillé dessus.

Encore une fois, le titre alterscience, c’est vraiment les marges de la science, comme je l’ai dit tout à l’heure. C’est un peu un magma, j’en suis conscient, mais c’est aussi pour ouvrir le débat. Je pense que la science est de plus en plus utilisée dans diverses radicalités, surtout dans notre période contemporaine.

Nico : Pour compléter cette histoire de documentation, tu suggères à un moment dans le bouquin que tu es allé voir physiquement des conférences de ce type de mouvement, tu les as approchés ?

A.M. : Oui, je suis allé dans un cercle créationniste intégriste, des catholiques intégristes, sans me cacher, je donnais mon nom, je payais même avec un chèque. On y entend « la science c’est comme la cabale, c’est une nouvelle religion, autant garder la nôtre ».

Je suis allé à des conférences du fondamentaliste turc, Harun Yahya , au théâtre des variétés, à Paris, un dimanche soir par an, 2 fois de suite. Harun Yahya avait envoyé le dictionnaire de la Création à tous les lycées et collèges !

Et puis j’ai vu ce mouvement de Lyndon Larouche-Jacques Cheminade, dont le discours très séduisant touche pas mal de jeunes. Un rapport de la Commission sur les sectes avait considéré que c’était une secte. Ils étaient venus perturber un de mes cours à l’EHESS, sans me mettre la salle à sac, mais en apportant une espèce de contradiction.

En effet, j’ai donc été confronté, et c’est toujours intéressant d’ouvrir le dialogue. Bon, pas n’importe où ni n’importe quand, il faut être sur le terrain aussi.

Alan : Je pense que ce n’est pas toujours possible.

A.M. : Non.

Alan : C’est courageux. Je me demandais : à qui le livre s’adresse ? Tu avais un lecteur en tête ? Tu t’adresses
à un public particulier ?

A.M. : Ça s’adresse à tous ceux que le rapport science/société intéresse, pour comprendre quelques ressorts de certaines oppositions à la science contemporaine. J’illustre le climatoscepticisme, avec des gens très radicaux comme Larouche-Cheminade, c’est-à-dire l’industrie über alles , ces vieux mouvements anti-écologistes.

C’est des mouvements très radicaux que j’étudie, mais il percolent de manière édulcorée au plus près de nous, et je veux donner à mes lecteurs des grilles de décryptage des rapports science/société contemporains. N’importe qui s’intéressant aux rapports science/société contemporains ou aux idées contemporaines assez radicales, du point de vue de la science. C’est un livre d’histoire des idées. C’est un livre où je me suis amusé à raconter des histoires, ce n’est pas qu’un livre à thèse.

Nico : Le gros du bouquin, c’est quand même les 12 exemples principaux qui en contiennent souvent d’autres. C’est construit autour de beaucoup d’exemples.

Alan : J’aurais voulu qu’on démarre l’interview, avant de laisser Nico poser les questions qu’il a préparées, en nous racontant une des histoires que tu racontes dans le livre, et que je trouve très intéressante parce qu’elle montre comment des gens sérieux et intelligents peuvent se laisser embarquer dans des histoires complètement abracadabrantes.

Nico : C’est même un exemple du bouquin où il y a des gens qui y ont cru et qui se sont perdus dans ces histoires-là, c’est des cercles un peu fermés.

Alan : C’est l’histoire des avions renifleurs.

Nico : La deuxième à laquelle je pensais est l’histoire de Lyssenko, où des gens y ont cru, et sur lequel on a déjà fait un dossier.

A.M. : Alors, les avions renifleurs. Ça a beaucoup été vu comme une escroquerie, mais vu du côté de la science, c’est assez amusant. C’est de l’alterscience, mais c’est même une alterscience double face. Les escrocs en question étaient un tandem italo-belge : il y avait un grand aristocrate belge qui avait une fortune personnelle mais il la dilapidait dans des trucs comme des usines de dessalement d’eau dans le désert…
L’italien était un technicien qui réparait des télévisions dans un magasin d’électro-ménager, le Professeur Bonassoli, c’était ça ! Ce tandem a proposé à Elf un procédé, soit-disant, où, depuis un avion, on envoyait une particule, évidemment elle avait la vitesse de la lumière, qui était réfléchie par les couches pétrolifères grâce à la géophysique, pas la géophysique sismique. Cette particule reviendrait chargée d’information, à la vitesse de la lumière, et aurait aussi permis de détecter les sous-marins, et auraient été une arme militaire extraordinaire. C’était une toute nouvelle physique.

Ce qui est étonnant dans cet exemple, c’est qu’ils n’étaient pas totalement de mauvaise foi, mais le sont devenus quand ils ont été poussés dans leurs retranchements. Ces deux escrocs baignaient dans une sorte d’alterscience, dans de l’ésotérisme, par ailleurs. Le technicien de télévision bidouillait sur ses écrans, ce n’étaient pas des escrocs de haute volée comme on peut en trouver beaucoup plus maintenant. C’était un drôle de tandem.

Je dis alterscience à double face parce que les polytechniciens d’Elf-Aquitaine étaient le public rêvé pour accepter une théorie physique totalement nouvelle, car ils étaient intéressés par la science. De plus, ils étaient fiers d’avoir trouvé une théorie physique que l’université n’avait pas trouvée, dans un esprit de rivalité entre industrie privée et recherche publique. Ils avaient même baptisé leur nouvelle particule, qui n’était que du bluff, il aura même fallu à un autre polythechnicien, Mr Horowitz, au moins 3 réunions pour leur démontrer que c’était n’importe quoi, comme le rayon N. Ils l’avaient baptisée Aldino, pour le prénom du professeur Aldo Bonassoli, comme on dit des neutrinos. Même si on n’en voit pas beaucoup, on arrive à capter quelques neutrinos. Des aldinos, personne n’en a capté, ni pendant l’affaire des avions renifleurs, ni depuis non plus.

Nico : Mais justement, ce n’était qu’une théorie, il n’y avait aucune preuve expérimentale quelconque. Et ce qui est fou, c’est qu’il y ait eu autant de gens qui y ait cru aussi longtemps, comme ces ingénieurs, sans aucune preuve.

A.M. : C’est ça qui est intéressant dans cette théorie. Il y a des gens qui disent : « un fait est un fait »,
« la relativité, c’est très spéculatif », « les chercheurs trouvent bien des particules qui vont de Bangkok à San Francisco » , même si ce sont des extrapolations largement erronées de ce que fait la physique des particules. Mais contradictoirement, leurs théories à eux ne sont pas vérifiables non plus. C’est facile, comme Louis Vallée qui dit qu’il fera les expériences quand ils auront assez avancé dans la théorie, ou bien que cette théorie est très difficilement vérifiable, car elle porte sur des pouillèmes de la vitesse de la lumière (10^-10c). Ces gens se complaisent dans une sorte d’irrationalité. Ils dénoncent à la fois les mathématiques et la théorie de la relativité, disant qu’il faut en rester aux faits, alors qu’ils ne s’y soumettent pas, aux faits.

Nico : Effectivement, il y a pleins d’arguments très intéressants et des critiques constructives de la science. Mine de rien, ils sont parfois obligés d’en faire, car des fois ils attaquent la science avec des critiques constructives, quand on a enlevé les critiques de la relativité, etc. Typiquement, c’est la police de Fourier, ce qu’il propose étant relativement sain, mais s’il se l’appliquait à lui-même, il finirait dans la prison de la police de Fourier. Il demande juste de respecter qu’un fait est un fait, qu’on ne doit pas critiquer avant de vérifier, etc., des choses assez saines, qui existent plus ou moins dans le monde scientifique, je dis plus ou moins, car il y a quand même des modes comme la relativité ou la mécanique quantique qui sont largement critiquées quand elles arrivent.

A.M. : Tout à fait, et par exemple, tu cites Charles Fourier et l’opposition à l’Académie des Sciences, c’est comme Marat et son bouquin Les charlatans modernes, 1791, contre l’Académie des Sciences qui sont les charlatans modernes. Tu prends les diatribes de Fourier contre l’Académie des Sciences vers 1830, tu prends Auguste Lumière, 1942, en plein Vichy, dont il était sympathisant et qui parlait des fossoyeurs du progrès, tu prends Maurice Allais et son livre contre l’Académie, c’est en gros toujours le même livre avec les mêmes arguments, malgré les contextes historiques très différents, c’est toujours les mêmes critiques contre l’Académie des Sciences. Bon, je ne dis pas que l’Académie des Sciences soit le nec plus ultra, mais voir toujours ces mêmes arguments qui reviennent, à travers les périodes historiques, c’est ça qui m’a frappé. Par exemple l’argument de l’apparence de vieillesse chez les créationnistes, sans m’étendre trop dessus, qui dit que Dieu a créé la Terre il y a 6000 ans, mais comme si elle avait déjà 13 milliards d’années, pour tenter de se conformer au Big Bang.

Nico : L’argument d’apparence de vieillesse est de dire qu’elle a été fabriquée il y a 6000 ans, mais que Dieu a laissé des traces de vieillissement.

A.M. : Oui, pour correspondre à 13 milliards moins 6000 ans, théorie totalement délirante. Théorie que tu trouves aussi dans des sites créationnistes américains, qui s’appelle la théorie de light in transit (lumière en transit), mais tu la retrouves en  1935 où Russell la critique chez un scientifique de 1880. Tu retrouves Châteaubriand dans sa défense de la religion qui parle de cette apparence de vieillesse aussi. C’est toujours les mêmes arguments qui reviennent. On peut dire que l’alterscience bégaie, se répète en permanence alors que la science avance, heureusement d’ailleurs.

Nico : Une anecdote du bouquin sur ce sujet d’avoir créé la terre déjà vieille montre que ça crée des paradoxes chez les alterscientifiques qu’ils doivent résoudre : Dieu étant bon, pourquoi a-t-il créé la Terre en mettant de faux indices qui, du coup, leur font perdre du temps, les trompe, alors qu’il n’est pas censé faire ce genre de choses. Ce qui est amusant, c’est que même dans leur délire, ils ont des problèmes à résoudre pour avancer. C’est quand même rare.

A.M. : Ah mais oui, mais c’est des scientifiques. Cet américain-là, c’est un astro-physicien. Russell Humphreys fait de l’épistémologie créationniste. Il dit qu’il est bon qu’une théorie créationniste en chasse une autre, comme dans le monde séculier, c’est-à-dire la science séculière. Bon, quand on met un adjectif à « science », il faut dresser l’oreille, que ce soit science allemande, science juive, science citoyenne, on peut en parler ; science séculière, je dresse l’oreille ! Il dit donc qu’il est bon qu’une théorie créationniste en chasse une autre, c’est de l’épistémologie. Tu as aussi un mathématicien français qui est dans des cercles assez durs (fraternité de Saint Pie X, etc) qui croit au Saint Suaire, se présente comme mathématicien épistémologue, contestant la radioactivité sur le linceul de Turin, il détient les preuves que c’est bien le linceul du Christ et donc la preuve de l’existence du Christ.

Nico : On va parler de diférentes thématiques. Une des premières thématiques qu’on voit revenir très souvent est la notion de bon sens, de rejet des théories en disant qu’elles contredisent le bon sens. Ça passe par Copernic et l’héliocentrisme : pourquoi la Terre tournerait autour du soleil, puisque je vois le soleil tourner autour de la Terre ?, elle est donc au centre, jusqu’à Einstein, pour lequel on parle de dissonance cognitive puisqu’on ne peut imaginer que les dimensions puissent se réduire, etc.

Je me pose une question, cette terre qui tourne autour du soleil est une question de référentiel, de point de vue, et certains pouvaient dire que les planètes ont des trajectoires bizarroïdes, mais considérons qu’elles tournent autour de la terre. La mode existe dans la science où des théories sont préférées, parce que, soit elles sont plus simples, soit mieux communiquées. Ça doit toucher aussi certains alterscientifiques, même si la démarche scientifique n’est pas là.

A.M. : Là tu fais référence au système de Copernic qui est une révolution scientifique par rapport au système de Ptolémée. La relativité est une révolution par rapport à la théorie de l’éther de Fresnel. Aussi bien dans le système de  Ptolémée ou de Fresnel, on essayait de faire entrer des faits aux forceps dans la théorie, qui a fini par craquer.
Copernic et Galilée sont arrivés, et puis Einstein et d’autres, évidemment. Il y a effectivement des ruptures épistémologiques. On en est très loin avec ce dont on parle. La relativité est à l’heure actuelle, une des théories les mieux vérifiées de la physique, voire de la science, même si elle n’est pas éternelle, mais ce n’est pas avec les arguments que donnent les alterscientifiques que je cite, que je serai convaincu qu’une nouvelle théorie va sortir.

Ils disent que la relativité a fait perdre un siècle à la physique, alors qu’elle a apporté plein de choses comme des outils tels que le GPS, mais c’est également la boite à outils de l’exploration spatiale. Ces gens ne s’intéressent même pas aux applications que peut avoir la relativité.

Nico : Et même parfois ils les méconnaissent.

A.M. : Oui, ils ne les connaissent pas, ne s’y intéressent pas

Nico : Ou alors ils les acceptent en partie. Je me souviens d’un exemple dont tu parleras mieux que moi, où ils disent : « d’accord pour la relativité des planètes et leurs mouvements, mais pas pour la terre, elle reste au centre » !

A.M. : Ou bien ils mettent Einstein sur un piédestal, mais disent que ce sont les einsteiniens qui ont déformé sa pensée. Pareil pour Darwin, pour lequel ce sont les darwiniens qui disent n’importe quoi. Lyssenko disaient que les darwiniens ont altéré la pensée de Darwin.

On n’est pas à un paradoxe près dans leurs arguments ! On a du mal à suivre le fil de leurs raisonnements très foisonnants, et ils ne sont pas à une contradiction près lorsqu’ils considèrent qu’un fait est un fait et que les faits priment sur la théorie, mais que leur théorie n’est pas soumise à l’épreuve des faits et à l’épreuve de la critique.

Nico : Cette notion de bon sens et le fait de rajouter aux forceps les éléments font raisonner énormément de choses sur la science contemporaine. Quand on parle d’énergie noire, de constante cosmologique, et même dans une certaine mesure, même si c’est une preuve, du boson de Higgs au sens où c’est une chose pour laquelle il faut multiplier les expériences, mesurer statistiquement pour réussir à mesurer un pouillème. Je me pose la question de savoir où est la frontière entre science et alterscience.

A.M. : En effet, il y a un phénomène de mode. Il y a peut-être trop de gens qui travaillent sur la théorie des cordes ou l’énergie noire.

Nico : Alan voulait citer la théorie des cordes comme exemples de théorie étrange où l’on sent qu’on cherche beaucoup, peut-être qu’on en rira plus tard, l’énergie noire sera peut-être un nouvel éther.

A.M. : Oui, d’accord. Je n’ai pas dit que l’éther était de l’alterscience. C’est vraiment des critiques contemporaines par des gens qui ont une certaine idée de la science et qui critiquent, de manière totalement désordonnée, la science contemporaine. Tu cites de bons exemples, c’est des effets de mode, il peut y avoir beaucoup de gens sur la théorie des cordes, sur l’énergie noire, etc., mais ils soumettent leurs théories à l’évaluation des pairs. Bon, parfois certains veulent à tout prix continuer à faire travailler leur labo, ce ne sont peut-être pas de grands scientifiques dans ces cas-là.

On parle de gens qui sont tout le temps dans la vitupération, la revanche, l’attaque permanente. On trouve peut-être ça aussi dans la science actuelle… Citons l’experience OPERA du CERN à Genève : on a dit qu’elle remettait peut-être en cause les théories d’Einstein avec des vitesses supra-luminiques (les neutrinos qu’on croyait aller plus vite que la vitesse de la lumière). C’est un bel exemple du fonctionnement scientifique : ces gens ont su se remettre en cause, tandis que chez mes gugusses, quelqu’un comme Lucien Romani qui défend les rayons N, 80 ans après, sont des gens qui persistent dans l’erreur, qui ne soumettent pas aux autres, qui fonctionnent en circuit fermé.

Un autre exemple de colloque où je suis allé sont ces colloques de Maurice Allais, quand il était encore en vie, ou d’autres, et chacun y allait de sa propre théorie scientifique, sans construction scientifique commune. D’ailleurs, aucun ne s’intéresse à la théorie de l’autre. C’est une mise en valeur de chacun d’eux. C’est donc assez différent des effets de mode, qui sont autre chose, un autre sujet.

Nico : Comme tu l’as dit au début, quasiment tous refusent les mathématiques, ce qui fait qu’ils n’écrivent pas tellement d’équation, et ils ne peuvent donc pas vérifier ce qu’ils racontent et cela semble plus de la parole, du bla-bla. Ils en arrivent à se demander si c’est un progrès de rapprocher la physique à la géométrie, il y a une vraie peur du calcul. C’est étonnant, car, comme tu le disais, beaucoup d’alterscientifiques sortent de grandes écoles, comme Polytechnique, Centrale, et qui rejettent complètement les mathématiques dans leurs théories.

A.M. : Ça c’est un paradoxe apparent. Je reviens plus généralement sur ce que j’ai appelé le rejet du signe et le désir du tout. C’est-à-dire que c’est vraiment très frappant de voir, dans des discours qui rejoignent ce concept de grille de lecture, et sans dire qu’il faut mettre des maths partout, de voir ce rejet du signe et une critique permanente du signe mathématique. L’alterscientifique est quelqu’un qui fait appel, également, à une science unifiée, même si beaucoup de chercheurs cherchent une physique unifiée, ils le font avec des méthodes valables. Là, on parle de gens qui, systématiquement, rejettent le signe et font appel à ce qu’on appelle le holisme, c’est-à-dire la science du tout, l’unification de toutes les sciences entre elles, mais ce sont des vœux pieux, des we should think this, sans l’ombre d’un commencement de quelque chose.

Sur le paradoxe que tu décris, on peut parler de la relativité générale. La relativité restreinte est relativement simple à comprendre, alors que la relativité générale, c’est plein d’équations, comme les tenseurs de Levi-Civita,etc. , c’est pas très simple à comprendre. Ils disent « ça ne peut pas être aussi compliqué, au point que je ne le comprenne pas », « ce n’est pas possible que je ne comprenne pas quelquechose ». D’un autre côté, Einstein a quand même mis 10 ans à faire cette théorie de la relativité générale. Et il a été aidé par des mathématiciens comme Grossmann, Mikowski. C’est une prétention suprême que de dire que c’est faux parce que même bons en mathématiques, ils n’y comprennent rien.

Nico : Sur ce thème de « moi, je ne comprends pas, ce n’est pas normal »il y a des rapports différents. A une époque certains prétendaient qu’il n’était pas possible de théoriser le monde parce que c’était d’une prétention immense par rapport à Dieu, qui lui, a écrit les équations, et l’homme ne peut pas comprendre les équations de Dieu.
Inversement, tu décris ceux qui disent « on a trouvé l’équation de Dieu, donc il faut l’appliquer partout »

A.M. : Dans les deux cas que tu cites, on se prive de la capacité de raisonnement. Dire que tout a été écrit par Dieu fait partie de l’alterscience. J’étudie par exemple un certain fondamentalisme islamique où on trouve cette notion encore assez présente : la science a été écrite dans le Coran. Mais on se prive ici de la capacité de réflexion, et la science a été l’émancipation de l’homme envers la religion, et bien sûr la connaissance également.

Une chose incroyable m’a frappé chez tous ces créationnistes : ils aiment tellement la science qu’ils essaient d’expliquer la religion par la science. Si je peux me permettre de citer une phrase de Vercors, l’écrivain, l’auteur du silence de la mer et d’un très beau livre de science-fiction les animaux dénaturés en 1954, qui est une expédition à la recherche du maillon manquant dans l’évolution.

Nico : Typiquement le genre de phrase qui fait tilter notre ami Taupo.

A.M. : Vercors fait dire à un de ses personnages, en parlant de l’orthogénisme, théorie qui prétend que l’évolution a un but. Alors que dans la théorie darwinienne actuelle, l’évolution n’a pas de but.

Donc ce personnage est un scientifique qui fait partie de l’expédition dit « ce n’est pas parce que Pop croit en Dieu qu’il est orthogéniste, mais c’est parce qu’il est orthogéniste qu’il croit en Dieu. » C’est une phrase très forte. Il va chercher dans la science les preuves de sa foi. C’est étonnant, au-delà du concordisme. Ces gens de formation scientifique qui ont la science tellement chevillée au corps qu’ils veulent démontrer Dieu, en étant écartelés entre leur foi et la science. On trouve comme ça plusieurs personnages dans diverses religions.

Nico : De plus, si on intègre Dieu à la science, on obtient une science parfaite, qui ne peut plus évoluer puisqu’on ne peut pas se permettre de corriger Dieu ou de l’améliorer. Là-dessus, il y avait un passage qui disait que la science escompte toujours une réponse différente alors que le bricoleur alterscientifique ne fait que se conforter dans des réponses qu’il a déjà, des codes pré-appris, des réponses répétées à l’avance. C’est intéressant car cela caractérise la différence entre scientifique et alterscientifique. Comme on en a parlé sur notre émission sur l’évolution, la science n’est jamais parfaite, elle n’attend qu’à avoir des résultats. On l’a vu avec les neutrinos, le but n’ayant pas été de dire « regardez, j’ai réussi à tuer Einstein ! » mais de dire « j’ai un résultat que je ne comprends pas ».

A.M. : Oui, cela revient une idée de la pensée sauvage, très beau livre de Levi-Strauss de 1962 où il parle de « la pensée sauvage, cette bricoleuse » qui peut s’appliquer à l’alterscience, aux résultats connus d’avance, comme on retrouve dans le créationnisme : c’est Dieu qui peut tout expliquer. On le retrouve aussi chez ces ingénieurs cranks qui ont leur théorie sans construction scientifique commune. Ils ont leur théorie, arrivée généralement sur le tard, vers 45 ans, et ils la maintiendront telle quelle jusqu’à 90 ans, sans la modifier. C’est amusant chez Allais, dans les années 50, on ne parle pas tellement d’Einstein mais de l’étiage de la relativité, comme le dit son historien Jean Eisenstaedt, Allais dit donc « j’ai remis en cause la théorie de Newton ». En 2000, année mondiale de la physique, Allais dit « j’ai remis en cause la théorie d’Einstein » pour se mettre en opposition. Et ces théories sont totalement figées, et plutôt que des théories, ce sont juste des propositions figées.

Nico : Parfois même basées sur des bouquins que les gens qui suivent la théorie n’ont pas lus. On va passer à une thématique qui représente à peu près tout le bouquin. C’est ce que tu disais en introduction à propos des combats idéologiques, réseaux de pouvoir, théorie du complot, monde qui refuse de publier, etc. Bon, ce n’est pas la même démarche du tout, mais quand on a reçu ici Nicolas Gisin sur la mécanique quantique, il nous parlait de la théorie de l’intrication en nous disant qu’ils avaient des équations qui marchaient mais qu’ils n’arrivaient pas à raconter la bonne histoire pour l’instant. C’était bon pour les maths, mais ils n’arrivaient pas à expliquer avec les mains ce qui se passait. Et c’est vrai qu’en physique il fallait trouver la bonne histoire, et une histoire a gagné par rapport aux autres qui n’ont pas pris car soit plus complexes, soit moins bien présentée, etc. J’ai l’impression que ces histoires de réseaux de pouvoir, de théorie du complot font partie, dans leur critique d’un fond intéressant et constructif sur le monde de la science, mais bien sûr, ensuite, noyée dans une pratique un peu délirante.

A.M. : Il me semble qu’il y a deux choses dans ce que tu dis. Il faut distinguer la façon dont on présente le résultat scientifique, et le résultat scientifique lui-même. Tu peux raconter ou vendre les choses comme tu veux pour obtenir des budgets…

Nico : C’est ce qui peut faire avancer la science, et notamment quelque chose qui est très peu traité, dont je reparlerai dans PodcastScience, c’est l’ergonomie des sciences. Il y a des moments où la science a avancé parce qu’elle a été mieux présentée, et les gens arrivaient à s’y mettre. Par exemple, pour la mécanique quantique, on a eu des notations qui simplifiaient beaucoup la façon de la faire. Et même pour la relativité, si on utilisait toujours les notations d’Einstein, on avancerait beaucoup moins parce que c’était des notations que seul lui utilisait.

A.M. : Je souhaite vraiment, y compris au sein de matières comme la sociologie des sciences qui voit la science comme un enjeu de pouvoir, ce qui n’est pas faux parfois, mais n’oublions pas ce qu’est le résultat scientifique. Entre la présentation du résultat, la façon dont on vulgarise, la façon dont on obtient les budgets, etc. et le résultat lui-même, faisons un distingo. Je pense que Gisin serait d’accord, lui avait les équations et savait qu’il tenait le bon bout, mais si ce n’était pas le truc éternel…

Nico : Justement, il savait que ça ne lui suffisait pas. Moi, je viens du monde des maths appliquées où quand on a l’équation, c’est fini. Lui, avait besoin de la bonne histoire, la bonne façon de raconter son résultat, d’expliquer pourquoi deux éléments très éloignés peuvent être liés, soit en passant par une  dimension supérieure, ce qui ne le convainquait pas, soit en disant que quelque chose va plus vite que la lumière, mais il a démontré que ce n’était pas possible, plusieurs possibilités…

A.M. : Là il cherche quelque chose de scientifique, ce n’est pas qu’une histoire qu’il raconte.

Robin : Il me semble que dans une théorie scientifique, y compris dans les mathématiques, il y a une part de logique pure sous forme d’équations, mais aussi une part d’intuition, sinon on ne crée rien, on n’aboutit pas à une théorie.

Nico : Et donc c’est là que les alterscientifiques n’auraient que l’intuition et tout le reste : les expériences, la théorie…

Robin : Donc l’histoire à raconter n’est pas seulement sur la vulgarisation, mais c’est essayer d’avoir un cadre théorique autre que juste des équations pures, sinon, on ne fait rien.

A.M. : Une théorie sans faits ne vaut rien, mais des faits sans théorie ne parlent pas. Je ne sais plus qui disait ça, mais c’est fondamentalement vrai. Les alterscientifiques ont un bout de théorie quelque part, un bout de fait quelque part mais aucune vision, ni aucune remise en question.

Nico : Au niveau des autres sujets, concernant le rejet des théories importantes, un peu comme rejeter la relativité, ce qui est compréhensible au moment où elle arrive, mais on comprend beaucoup moins un tel rejet de nos jours, étant donné le nombre de preuves. Un exemple m’a énormément parlé : ces gens qui disent que la tuberculose n’est pas contagieuse. C’est le genre de fait que je ne comprends pas qu’on puisse contredire. La contagion de la tuberculose, on l’a sous les yeux, contrairement à la relativité, qui est plus compliquée.

A.M. : On mettait encore récemment les gens dans des sanatoriums.

Nico : Ce qui permettait de voir qu’il se passait quelque chose.

Xilrian : C’est comme l’exemple du VIH qui n’existe pas.

Nico : Encore, que le VIH, c’est un autre virus. Là, la tuberculose, tu vois assez facilement qu’une personne malade peut transmettre à une autre.

A.M. : Allons jusqu’au bout avec Auguste Lumière, l’inventeur du cinématographe qui est un cas incroyable. Son frère cadet est couvert d’honneurs par l’Académie des sciences, etc., alors que lui est plus ombrageux et passe sa vie à récriminer. Il se pique de médecine à partir de la 1ere guerre mondiale pendant laquelle il utilise un des premiers procédés de radiologie pour prendre des radiographies des blessés. Il fait d’ailleurs d’autres inventions intéressantes en médecine. Mais il se fixe sur la tuberculose et alors que le bacille avait été isolé dans les années 1880, il réussit à écrire en 1950, contre le caractère contagieux de la tuberculose. Il y a de l’idéologie chez Lumière, et même en faveur de Vichy, et dit que si l’on sépare la femme tuberculeuse de son mari, celui-ci va prendre des maîtresses… La morale était à l’appui de sa théorie. Il n’était pas médecin, c’était un ingénieur génial.

Nico : Il y a aussi des scientifiques, et c’est étonnant que des gens intelligents, avec un tel niveau d’éducation, puissent croire sincèrement qu’on peut faire entrer des ronds dans des carrés, en se battant contre tous. Pourquoi cela se produit, si longtemps après leur éducation?

Alan : C’est une question qui me fascine. Alexandre, as-tu des hypothèses à ce sujet, peut-on l’expliquer ?

A.M. : Là on entre dans le domaine de la psychologie et je ne veux pas trop sortir de mon domaine, contrairement à ces gens-là qui sortent beaucoup de leur domaine. Certains ingénieurs ou scientifiques âgés, car ça se produit à un certain âge que j’appelle la philopause, ont besoin de donner un sens à leur vie. Ils vivent alors avec leur théorie de 45 à 90 ans sans qu’elle bouge. Et avec internet, où ils font des sites, ils ont l’impression que leur théorie vit.

Nico : Tu dis même qu’ils ont un amour nostalgique pour les sciences de leurs études ou des sciences d’une certaine période de leur vie, qui ont évolué depuis et qu’ils ne comprennent plus trop.

A.M. : C’est ce qu’on disait tout à l’heure sur la relativité générale : « c’est quoi ces équations que je ne comprends pas ? Moi qui suis sorti premier des écoles, je ne comprends pas ces équations, donc c’est forcément faux ». Mais pour aller plus loin sur la question d’Alan : à un certain moment on essaie de donner un sens à sa vie, et, comme tu disais, Nicolas, on revient à des amours de jeunesse. La science est un amour de jeunesse pour ces gens-là, et ils restent fixés sur leurs théories. C’est une explication psychologique…

Nico : Ce sont finalement un peu des vieux cons !

A.M. : Oui, tu peux appeler ça comme ça. Ils mènent un combat mais c’est un mauvais combat, et on peut utiliser l’étiquette que tu viens d’utiliser.

Nico : Pour revenir sur le rejet des théories importantes : en rejetant Newton, Einstein, Darwin, ils ne s’attaquent pas à de petites cibles. Ce qui m’étonne c’est que pour promouvoir leur science alternative, il serait plus facile de s’attaquer à quelqu’un d’un peu moins universel que des Darwin, Einstein ou Newton.

Xilrian : Il faut que ça parle au grand public.

A.M. : Oui, c’est ça et ça leur parle à eux, puisqu’ils ne s’intéressent pas tellement à la science contemporaine, Newton, Darwin, Einstein, ça leur parle. C’est ce qu’on appelle l’encomiastique, qui est le culte des personnes célèbres. On peut aussi nous jeter la pierre, nous scientifiques d’avoir des icônes de ces gens-là avec les années Einstein (2005), Darwin (2009), et ça se manifeste souvent à ces occasions-là. C’est quand même des théories structurantes de nos matières, physique et biologie. Ils n’ont pas froid aux yeux, ils s’attaquent à ces théories structurantes, soit parce qu’ils ne les comprennent pas ou pour les autres raisons que j’ai expliquées tout à l’heure. Et si tu t’attaques à quelque chose de petit, en contestant un résultat donné, tu commences à faire de la science, finalement.
Alors qu’ils s’attaquent à une théorie globale avec des arguments globaux.

Nico : Et tu peux t’attaquer, non pas à la théorie, mais à l’image que le public a de cette théorie.

A.M. : Oui, ça parle directement au grand public.

Nico : Etonnant également, on découvre que les anti-relativité sont aussi des anti-Darwin. Est-ce toujours le cas, ou est-ce un biais de ta sélection ?

A.M. : Regardons exemple par exemple, ce n’est pas inintéressant. Quelqu’un comme Maurice Allais qui est vraiment un anti-relativiste, ne se pique pas de biologie, mais il fréquente des cercles, comme le cercle de physique Alexandre Dufour, 1945-1981 à Paris, où il y a plein d’antidarwinistes. Si tu te retrouves dans ces cercles alterscientifiques tu trouves des anti-Darwin, des créationnistes, des anti-relativistes. Ces cercles fonctionnent en réseau, pas réseau scientifique, mais réseau mondain, de relations et le terme alterscientifique montre ce fonctionnement en réseau, c’est assez clair sur internet. Tous les anti-relativistes ne sont pas antidarwiniens, mais ils se fréquentent entre eux.

Nico : Par rapport à ces biais de sélection : on trouve beaucoup de gens qui sortent de Polytechnique, à part un ou deux Centraliens, on trouve aussi une écrasante majorité de français dans le bouquin. Est-ce que tu n’as pas eu le temps de chercher au-delà de la France, ou est-ce que c’est une de nos grandes spécificités françaises dont on pourrait être fiers ?

Etonnant également, on se disait avec Alan, en préparant, qu’on ne trouve pas de femme alterscientifique dans le bouquin. Est-ce juste un manque d’exhaustivité ou parce qu’ils sont vraiment concentrés ?

A.M. : J’ai lancé un débat avec l’alterscience et les marges de la science afin qu’on puisse étudier un peu plus ça. J’appelle ça aussi une histoire négative des sciences, et regarder ces marges de la science, ce n’est pas inintéressant, y compris pour comprendre nos sociétés contemporaines. J’ai fait une douzaine d’études de cas et je ne prétends pas à l’exhaustivité, et c’est possible qu’il y ait un biais de sélection. C’est vrai qu’il n’y a pas de femme, je n’en ai pas trouvé. Avant Marie Curie, on ne trouve pas beaucoup de femmes dans la science.

Nico : Et en plus qui aurait cette position d’icône…

A.M. : Des icônes femmes, on n’en trouve pas beaucoup. J’ai quand même quelques exemples étrangers. Quand je cite cet érudit, Velikovsky, qui, au service d’un fondamentalisme juif, veut montrer la religion par la science. Il ne parle pas de la genèse, mais de l’exode, où il veut démontrer l’ouverture de la mer rouge par le passage d’une comète.

Nico : Ce qui est assez amusant.

A.M. : Oui, et chacun voit midi à sa porte. Les créationnistes purs et durs…

Nico : Il existe pourtant des théories scientifiques concernant les marées pour expliquer ce passage de l’exode, non ?

A.M. : C’est aussi difficile que les théories scientifiques sur le déluge, pour vérifier des théories comme ça…

Robin : Je sais que des gens ont essayé de trouver un événement géologique qui pourrait avoir donné lieu à la légende.

A.M. : D’ailleurs certains scientifiques, jusqu’au 19e siècle, comme Cuvier, ne raisonnaient que comme ça. Mais la science s’est émancipée de ça. Pour qu’on démontre un jour qu’il y a eu déluge ou ouverture de la mer rouge, il va falloir des preuves solides.

Nico : Ou pour étayer la construction de l’arche…

Robin : On a l’impression de deux choses différentes dans ce qui est appelé alterscience. On trouve des gens qui, d’une manière font trop confiance en la science et qui sortent de ses domaines d’application, comme prouver l’existence du déluge ou de Dieu avec la science, et d’autres qui ne réussissent plus à avoir une démarche scientifique sur des phénomènes qui peuvent faire l’objet de la science. Ça me parait très différent.

A.M. : Enfin, dans le premier cas que tu cites, ils s’éloignent aussi de la démarche scientifique.

Robin : D’une certaine manière, j’ai l’impression de voir des gens qui font trop confiance en la science. Je pense à Gödel, qui sur la fin de sa vie, rédige une preuve de l’existence de Dieu. Ce qui consiste à appliquer la science sur des choses sur lesquelles ont ne peut pas l’appliquer. Je trouve que c’est très différent des gens qui démontent la relativité générale ou autre, avec des arguments qui ne tiennent pas la route d’un point de vue scientifique, mais qui s’intéressent à une question qui entre dans le champ de la science.

A.M. : Faire trop confiance en la science, j’estime que c’est une des radicalités contemporaines. On m’a accusé de scientisme, même si je revendique un scientisme faible, il existe une hypertrophie scientiste. Ne pas croire au réchauffement climatique est une hypertrophie scientiste. Lyndon Larouche veut s’opposer au réchauffement climatique car rien ne doit s’opposer à l’expansion de l’humanité. Certains scientifiques veulent envoyer des particules soufrées pour réfléchir les rayons du soleil. C’est de la géo-ingénierie climatique et ça va très loin dans l’utilisation de la science. Cette hypertrophie scientiste, comme radicalité contemporaine, je la dénonce aussi dans mon bouquin, ne serait-ce que pour l’animosité que ça déchaîne en retour.

Nico : Le réchauffement climatique est un exemple contemporain très intéressant, ce n’est pas du tout accepté au niveau du grand public, ou du moins partagé, alors qu’au niveau scientifique, c’est indiscutable.

A.M. : Des gens qui sont trop scientifiques se retrouvent alterscientifiques, pour reprendre ce que disait Robin. Il ne faut pas avoir trop confiance en la science, c’est ça aussi que je dénonce, ce que j’appelle le ruban de Möbius, où tu as à la fois une dénonciation bête et stupide, ou idéologique de la science et une confiance aveugle pour se servir de la science pour étayer ses propres idéologies. Chez Larouche/Cheminade, c’est des idéologies profondément antibritanniques, complot britannique mondial, pro allemandes, violemment anti écologistes. Donc attention à l’hypertrophie scientiste.

C’est plus le process alterscientifique qui m’a intéressé : comment, en allant soit dans une direction, soit dans l’autre, on arrive à mettre la science à sa propre sauce idéologique ? C’est ça qui m’interpelle dans nos sociétés contemporaines. Tu as raison, à la base, c’est se servir de la science pour sa propre idéologie, que ce soit totalement antiscience comme certaines idéologies radicales actuelles ou que ce soit hyperscientiste, comme l’exemple que je viens de citer, et ça va dans le même sens. Ce process m’intrigue beaucoup.

Nico : Pour finir, un sujet qui a été pour moi une découverte sur ce monde-là : on a bien compris qu’ils avaient leurs propres théories, leurs propres cercles, avec un côté folklorique, clownesque, limite rigolo et intéressant pour connaître mieux la science. Mais on se rend compte que ça peut avoir des conséquences très négatives, et c’est pour moi une découverte. On a déjà parlé de Lyssenko dans PodcastScience où on a vu qu’il a fait reculer la science pendant des années. Il y a un autre exemple où tu dis que Saint Simon et Comte seraient responsables d’un décrochement de la physique en France. On comprend donc qu’il ne faut pas juste les étudier mais aussi les combattre, car ça peut être négatif, ce n’est pas juste un folklore.

A.M. : Bien sûr. Des conséquences dramatiques, il en existe : pour le lyssenkisme, tu as Vavilov, le grand biologiste soviétique, membre du parti, qui est mort dans sa cellule dans en 1943 parce qu’il s’était opposé à Lyssenko, ça va loin. Auguste Comte et Saint Simon, c’est le début de l’hypertrophie scientiste. Saint Simon prônait un gouvernement des savants et Auguste Comte, c’était le positivisme de la 3e République, qui se basait sur les faits, sans la théorie. Les physiciens français de la fin du 19e siècle étaient très bons dans les faits, comme par exemple une école d’optique avec la théorie de Fresnel, de grands noms comme Fizeau, Mascart, etc. mais n’avaient aucune ouverture sur la théorie scientifique. Et donc, la théorie de l’électromagnétisme va se développer en Angleterre avec Maxwell en 1865, la théorie cinétique des gaz avec Boltzmann, dans le monde germanique vers 1880, la théorie de la relativité avec la mécanique quantique en 1905 en Allemagne, et en France : rien. Ça a fait prendre du retard à la physique française, c’est admis par un certain nombre d’historiens de la physique.

Nico : Et d’une certaine manière, le réchauffement climatique fait prendre du retard, du moins politiquement, puisque le grand public n’y croit pas.

A.M. : Oui, peut-être, et on n’en connait pas encore les conséquences. Je vais peut-être être provocateur, mais le fait qu’on ne fasse plus de biotechnologies en France à cause de l’opposition aux OGM nous a fait prendre du retard aussi, même si c’est difficile à dire à l’heure actuelle. Tout ceci est à regarder et parfois à critiquer.

Nico : Pour finir en hors-cadre, et pour donner une idée du style : plusieurs alterscientifiques essaient d’appliquer les sciences dans le monde réel, ou d’appliquer certaines sciences dans d’autres domaines, j’ai une citation qui va faire plaisir à Robin, je ne sais plus de qui elle est : « ainsi, dans cette transposition des mathématiques à l’harmonie humaine, les propriétés de l’amitié sont calquées sur celles du cercle, l’amour sur l’ellipse, la paternité sur la parabole, l’ambition sur l’hyperbole et enfin mes propriétés collectives sur ces 4 formes sur celles de la cycloïde »

A.M. : C’est un grand poète, c’est Charles Fourier bien sûr.

Nico : J’ai pris ça pour finir car il y a des mots scientifiques dedans, il y a une sorte de sens mais si on voulait mettre une théorie scientifique derrière, on verrait que ça ne veut rien dire.

A.M. : Tu sais que Fourier a inspiré le surréalisme, par exemple Breton se réclamait de Charles Fourier, donc il n’y a pas que des aspects négatifs non plus.

Nico : Et ça m’a fait penser à Flatland, un bouquin sur un monde plat que j’invite tous les auditeurs à lire. J’en ai fini avec mes questions, mais on a quelques questions d’auditeurs.

Alan : Oui, d’abord un commentaire d’Axone qui nous dit « Je ne vois pas en quoi la géoingenierie est une hypertrophie scientiste »

A.M. : Oui, je n’ai peut-être pas dit le bon nom, mais envoyer des particules soufrées, dans l’atmosphère pour réfléchir les rayons du soleil et ralentir le réchauffement climatique, ce n’est peut-être pas de la géoingénierie, mais c’est typiquement de l’hypertrophie scientiste, sans se poser plus de questions sur le ralentissement de notre croissance ou sur d’autres moyens d’arrêter le réchauffement climatique.

Robin : C’est surtout jouer à l’apprenti sorcier, mais c’est plus une technique qu’une idée scientifique. Le côté scientiste, c’est se dire qu’on va réussir à le gérer…

A.M. : Oui, mais ce n’est pas facile de faire le distinguo entre science et technique dans des cas comme ça, et je ne sais pas ce qu’Axone pense. Mais pour moi, sans entrer dans un débat, envoyer des particules dans l’atmosphère, ça devient des solutions qui empêchent de se poser les vraies questions sur le réchauffement climatique.

Alan : La question est lancée, on verra si Axone a quelque chose à répondre. Sinon, erebus, nous disait en début de présentation « très intéressant, et qu’en est-il de Nikola Tesla, considéré comme un alterscientifique malgré ses qualités ? »

A.M. : Ah, Tesla est un très beau cas que j’ai étudié et je lui consacre une partie de mon chapitre sur Vallée. Tesla est un personnage génial. J’ai beaucoup d’admiration pour un certain nombre de mes personnage, mais pas tous.

Nico : Pourtant ça ne se ressent pas tellement dans le bouquin.

A.M. : Par exemple Fourier qui est un poète aussi. Et je connais l’autre partie de leur œuvre aussi.

Nico : J’avais plutôt l’impression en lisant, que tu ne les aimais pas.

A.M. : On aime toujours se objets d’études, on finit par s’y attacher. Alors Tesla, très bonne question ; c’est un type génial, il invente le courant alternatif, a travaillé en radio, même si c’est contesté entre Marconi et Tesla. Et à partir des années 20, (il mourra en janvier 43, on vient de célébrer les 70 ans), il n’est plus sur le devant de la scène aux Etats Unis, Einstein lui volant la vedette, bien que ce soit un ingénieur qui a révolutionné l’ingénierie avec le courant alternatif. Donc, dans la deuxième partie de sa vie, il se met un peu à délirer et à dire dans des interviews que la relativité, c’est n’importe quoi, et que c’est son compatriote Bošković (quelqu’un du 18e siècle) qui l’a inventé avant. En France, c’est Poincaré pour les polytechniciens, qui l’a inventée avant, bien qu’elle soit fausse, c’est difficile à suivre et chacun voit midi à sa porte. Il perd donc les pédales dans les années 20 et le mythe Tesla est récupéré par des sites qui prétendent que Tesla avait trouvé l’énergie cosmique universelle. J’ai déjà du mal à me représenter l’énergie noire et la matière noire, mais l’énergie cosmique universelle, je ne sais même pas ce qu’ils entendent par-là ! Donc ils s’appuient sur Tesla pour ça car il avait fait quelques élucubrations là-dessus sur la fin de sa vie. Tesla est un personnage génial sur la première partie de sa vie et ambigu sur la deuxième partie.

Alan : Il a donc été rattrapé par sa philopause ! David Loureiro nous signale aussi que Cantor aussi a un peu perdu pied vers la fin de sa vie.

Nico : C’est plutôt mentalement qu’il a perdu pied, mais pas scientifiquement.

Robin : Il a très mal fini en hôpital psychiatrique.

Nico : Cantor me fait rebondir sur le fait qu’on ne trouve pas d’altermathématiciens, ça n’existe pas à cause de rejet des signes.

A.M. : Non, et une fois que quelque chose est démontré en maths, c’est démontré. Alors que la physique c’est substitutif.

Robin : On peut quand même en parler avec Cantor ou Gödel qui ont cherché des preuves de l’existence de Dieu sur la fin de leur vie. Ou sur les extra-terrestres pour Cantor.  On voit que c’est souvent en vieillissant, mais pour certains, ça les suit en parallèle. Je pense à Blaise Pascal qui prouve l’existence de Dieu dans ses recherches.

A.M. : Tu vas un peu loin, pour Pascal, qui est mort jeune, on ne peut pas parler de deuxième partie de sa vie.

Robin : Justement, on voit que ça peut aussi cohabiter et c’est encore plus troublant.

A.M. : Moi, j’ai limité mon bouquin aux 19e, 20e et 21e siècles, et je vais chercher des racines de certaines hypertrophies chez Comte, de certaines radicalités antiscience chez Fourier, mais je ne remonte pas plus loin. Je ne me permettrais pas d’aller chercher chez Pascal, chez des gens qui étaient des philosophes mathématiciens, comme Leibniz, avec des esprits profondément religieux, à l’époque. Comme Cuvier, au début du 19ème siècle, qui est attaqué maintenant, mais qui était dans un état d’esprit totalement religieux. C’est vraiment au 19e siècle, quand la science s’émancipe de la religion qu’on peut voir des apparitions de l’alterscience contre ces théories scientifiques structurantes que sont Einstein, Darwin, etc. Ces théories sont structurantes de cette émancipation, comme la physique d’Einstein qui nous a expliqué certaines origines de l’univers, ou Darwin qui nous a expliqué certaines origines de l’homme. Donc je ne te suis pas sur Pascal.

Robin : C’était un exemple pour se demander si certains peuvent faire cohabiter ces notions toute leur vie, ou si c’est une maladie de vieux ! Ce n’est pas parce qu’on est scientifique qu’on est forcément rationnel.

A.M. : Oui, finalement, quand tu inventes une alterthéorie, tu y consacres ta vie. Actuellement, on peut citer Jean-Pierre Petit, l’astrophysicien, qui a complètement basculé. Je n’en parlerai pas plus, ne l’ayant pas étudié, mais on peut se demander s’il continue vraiment à faire de l’astrophysique.

Il peut y avoir un parallèle pendant un certain temps, mais dès que tu bascules dans l’alterscience, tu y passes ta vie.

Nico : Et ça prend du temps car tu es seul contre tous. Une autre remarque intéressante de MrNause qui dit « le narcissisme serait-il le danger de la science? » Est-ce qu’est c’est aussi à la base de l’alterscience ?

A.M. : Oui, je développe aussi sur le souci effréné de reconnaissance. On a tous un souci de reconnaissance, mais là, un souci effréné en ayant l’impression d’avoir raison seul contre tous. C’est vrai que certains bons scientifiques sont comme ça, on en a croisé au CERN avec Alan !

Xilrian : Petit est un bon exemple de ce narcissisme. C’est quelqu’un qui faisait de la science relativement normale, qui était publié, mais ses théories ont été plus ou moins écartées par le processus normal. Mais à partir d’un moment, un arnaqueur, un bonimenteur a commencé à envoyer des lettres censées avoir été envoyées par des extraterrestres, et Jean Pierre Petit faisait partie des destinataires. Et les lettres qu’il recevait lui expliquaient que ses théories étaient les meilleures. On ne sait pas si c’est lui qui se les envoyait ou quelqu’un d’autre. Mais c’est un bon exemple de vanité qui emmène les gens très loin.

A.M. : Et c’est aussi le public qui emmène quelqu’un comme ça, il se crée une audience, sur internet et grâce à ce réseau alterscientifique, et il est intéressant d’étudier cette audience que ça a.

Nico : Tu évoques un peu, également, et c’est un bon exemple, Camille Flammarion qui pouvait parfois prêter l’oreille à l’alterscience, allant jusqu’à aider certains à se trouver au devant du public.

A.M. : J’en parle un peu comme étant opposé à la relativité, sur la toute fin de sa vie. Il croyait aussi à la parapsychologie, comme d’autres grands savants de l’époque. Par exemple Charles Richet, prix Nobel de médecine, croyait aussi à la parapsychologie. Flammarion m’évoque le sujet de ces grands vulgarisateurs de la science. Comme Auguste Comte, qui a aussi ses qualités et à qui je consacre un chapitre, était un très bon vulgarisateur de la science, mais il en venait à se couper de la science. Il s’opposait à toutes les théories de son époque alors que c’était un vulgarisateur.

Alan : Un commentaire de Jorj McKie qui nous rappelle que Luc Montagnier est un bon exemple des malheurs de la vieillesse et qui nous demande si la fusion froide est une alterscience.

A.M. : Oui, la fusion froide, ça fait référence aussi à l’énergie libre de Vallée. Ce sont des gens qui font de la small science, par opposition à big science du LHC. On est capable, en small science de faire de l’énergie à partir d’une petite bouteille d’hydrogène, en fusion froide, à basse température. C’est de l’alterscience qui a été totalement invalidée. Il subsiste des gens qui continuent de se réunir sur la fusion froide dans des colloques, tous les 2 ans. Tu ne peux pas éviter qu’une petite minorité pense différemment des 99% des scientifiques. Ce qui est marrant, c’est que Kofi Annan, secrétaire générale de l’ONU, rende visite à un laboratoire, qui n’a de laboratoire que le nom, qui fait de l’énergie libre et de la fusion froide. C’est étonnant de voir que ces gens ont accès aux politiques au plus haut niveau. Ces gens ont le bras long, mais il y a aussi une forte inculture des politiques vis-à-vis de la science et de son état actuel.

David : Tu disais que tu étais en dialogue avec ces alterscientifiques. Tu t’y prends comment ? Il y a une méthode ?

A.M. : Dialogue, c’est beaucoup dire. J’essaie de comprendre de l’intérieur, même si je ne suis pas sociologue. Mais c’est toujours intéressant d’aller dans des conférences où tu peux entendre un autre discours, même si je préfère l’écrit. Et tu vois aussi quelle audience ça draine.

Nico : Pour conclure, c’est un sujet très intéressant qui nous éclaire sur la science et ses courants contemporains. Pour faire un parallèle, on avait vu au sujet des Ig Nobel qu’on pouvait faire de la science sur des thèmes moins sérieux, et là on voit qu’en se prenant au sérieux, on ne fait pas forcément de la science. C’est un bouquin qui vaut le coup d’être lu, mais si je peux donner un conseil aux auditeurs qui voudraient le lire, c’est de ne pas commencer par le début, car les premiers chapitres sont les plus compliqués à lire, mais après arrivent les exemples, que l’on peut picorer. Les chapitres de la fin sont plus faciles à lire et synthétisent, et ensuite on peut finir sur l’analyse du début, une fois qu’on a eu les éclairages concrets des exemples. C’est très bien documenté, très intéressant à lire. Merci beaucoup Alexandre.

A.M. : Merci Nicolas.

Nico : Est-ce que tu souhaites nous dire deux mots sur d’autres projets ?

A.M. : Oui, je viens d’ouvrir un blog à la demande de Pour La Science, je continue mon blog de vulgarisation Café des Sciences, et j’ai ouvert un blog alterscience sur la plateforme SciLog, je fais pas mal de conférences sur le sujet et pense continuer à l’étudier : la science et ses radicalités contemporaines.

Alan : Tu es aussi le concepteur et le directeur de la publication de 2 sites internet importants.

A.M. : Je suis le concepteur mais je ne suis plus directeur de la publication de science.gouv.fr, c’est le centre national de documentation pédagogique qui s’en occupe très bien, ça a été créé en 2004. J’ai créé bibnum.education.fr qui est une bibliothèque numérique d’histoire des sciences où on prend des textes scientifiques analysés par des scientifiques contemporains qui les remettent en perspective par rapport à la connaissance actuelle, c’est bientôt le 5ème anniversaire du site. On l’a ouvert avec 10 textes il y a 5 ans, et il y en a 120 actuellement, on a fait environ 2 textes par mois.

Alan : Tu es également actif sur Wikimedia France, la fondation qui édite Wikipedia.

A.M. : Oui, mais on n’édite pas Wikipedia, c’est la fondation qui l’a créé. J’ai été contributeur Wikipedia depuis 2005, je n’ai d’ailleurs pas très bien réussi au début, où mes modifications se heurtaient à des antirelativistes, mais quelques mois après, ça passait mieux, et j’ai beaucoup contribué, au point d’être membre de l’association Wikimedia France, il en existe une en Suisse aussi. Je travaille notamment à rendre plus libre l’iconographie numérique comme celle du CNES, car ce n’est pas normal qu’on ait que celle de la NASA, je milite pour un certain nombre de choses dans cette association.

Nico : En parlant de se heurter à des choses sur Wikipedia, il faudrait faire quelque chose pour autoriser la création d’articles pour les podcasts, c’est pour l’instant interdit.

Alan : Sauf si on la crée d’abord sur la version anglophone et qu’on la traduit, là c’est autorisé. Ou si Alexandre écrit des bouquins sur PodcastScience !

A.M. : PodcastScience acquière petit à petit de la notoriété et a une chance d’avoir une page sur Wikipedia. Et Podcast Science peut vivre sans Wikipedia !

Nico : Pour te retrouver sur le web, il y a ton site www.moatti.net, www.maths-et-physique.net, bibnum.education.fr, et twitter @alexandremoatti.