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Bonjour bonjour!

Deux dossiers cette semaine:

Les news de la semaine:

Chère Lucile,

Merci beaucoup pour cette illustration ! Voici quelques réponses…

La composition du Nutella est indiquée sur l’étiquette, une partie de son secret est de contenir les ingrédients nécessaires à la production de chocolat, qui est extrêmement addictif ; c’est en effet un excellent anti-dépresseur, et il a la particularité de fondre à une température très proche de celle du corps humain, ce qui permet de libérer les arômes au bon moment. Il y a donc une histoire neurologique derrière l’addiction au chocolat, et donc au Nutella.

L’huile et le vinaigre (composé à 95 % d’eau) ne se mélangent pas volontiers, car l’huile est formée de molécules très longues, ce qui leur confère la propriété d’être hydrophobes (pour les détails, il faut suivre un cours de chimie de première année de gymnase !). Comme le vinaigre, principalement constitué d’eau, est évidemment hydrophile, les deux ne sont pas faits pour s’entendre. On peut toutefois y arriver par l’intermédiaire de molécules particulières, que l’on appelle des tensioactifs, qui sont de longues molécules dont une extrémité est hydrophile et l’autre hydrophobe ; ces molécules vont se lier d’un côté à l’eau et de l’autre à l’huile, permettant ainsi de solubiliser l’un dans l’autre. On trouve ce genre de molécules dans le jaune d’oeuf ou la moutarde, raison pour laquelle on utilise de la mayonnaise ou de la moutarde pour la sauce à salade. Les savons sont constitués de tensioactifs (puisque le but est précisément de dissoudre les taches grasses), mais il faut avouer que c’est franchement moins bon dans la sauce à salade

Pour les oeufs battus en neige, l’idée est la suivante : le blanc d’oeuf contient de l’eau et des protéines (des assemblages de molécules qui forment une énorme molécule, que l’on appelle un polymère). En battant le blanc, on incorpore de l’air dans le blanc, les protéines se “déroulent” et on forme une mousse qui est en fait des bulles d’air dont la surface est de l’eau maintenue par les protéines. Pour faciliter la formation de la mousse, il faut ajouter une pincée de sel, qui aide les protéines à se dérouler. Les expériences réalisées par le chimiste Hervé This ont montré deux phénomènes intéressants : premièrement, si l’on bat des blancs qui sortent du frigo, le temps de battage est divisé par quatre par rapport à des blancs que l’on a laissé à température ambiante. Deuxièmement, le volume de mousse est d’environ un quart de litre par blanc. Une fois ce volume atteint, il suffit d’ajouter une cuillère à soupe d’eau et de battre à nouveau, jusqu’à stabilisation du nouveau volume, plus grand qu’avant. On peut ajouter de l’eau jusqu’à atteindre un volume d’environ 1 mètre cube (oui !) pour un seul blanc d’oeuf. Si c’est trop compliqué, on peut plus simplement décapiter des “têtes de choco” et piocher le blanc dedans

Restez connectée sur mon site, il y aura encore quelques expériences en rapport avec la cuisine !

www.chimie.ch/nuls

Cette semaine a eu lieu le lancement de la navette Endeavour. L’engin a entamé son dernier voyage, avant de prendre sa retraite, vers la Station spatiale internationale. Ce dernier voyage d’Endeavour a pour objectif d’acheminer jusqu’à l’ISS le spectromètre magnétique Alpha 2, un appareil permettant d’étudier l’existence d’antimatière et la nature de la matière noire invisible.

J’ai une question relativement simple.

On entend depuis quelques temps tout (et surtout n’importe quoi) sur le 21/12/12 : Apocalypse, changement de sens de rotation de la terre, changement de polarité, etc….

La seule chose certaine, c’est que les planètes du système solaire seront alignées.

La question est la suivante : quelle seront les conséquences réelles de cet alignement sur la terre ? Y-a-t’il aujourd’hui des réponses qui font consensus dans la communauté scientifique ?

J’ai tenté de trouvé sur le net des réponses à ces questions, mais j’avoue que je me suis un peu perdu dans la longue liste des théories plus ou moins “foireuse”.

Plusieurs prédictions annoncent de grands changements, voire la fin des temps et du monde, pour le 21 décembre 2012 (21/12/2012), date supposée de la fin d’un cycle du calendrier maya. Ces prophéties ont été popularisées entre autre par le mouvement New Age, certaines oeuvres de science-fiction, au cinéma…et par un certain nombre de charlatans pseudo-scientifiques. Ces prédictions astronomiques pour décembre 2012 ont d’ailleurs été officiellement démenties par la NASA.

On affirme aussi que l’on assistera à un alignement de planètes, censé avoir des conséquences catastrophiques pour la Terre dû à une planète hypothétique Nibiru. Dans la mythologie babylonienne, Nibiru était le nom par lequel on désignait un astre associé au dieu Marduk, actuellement on fait plutôt référence à un planète proche de la Terre mais invisible. Nibiru ne passerait au voisinage de la Terre que tous les 3600 ans, causant à chaque fois d’importantes perturbations et destructions : séismes, tsunami, éruptions volcaniques, basculement de l’axe des pôles, changements climatiques, ou encore la disparition de certaines espèces animales et végétales…

Les arguments énoncés par ceux qui soutiennent l’existence de cette planète ont été démontés par les scientifiques, et on a démontré que l’existence de cette planète Nibiru est clairement un mythe. Comme le montre les calculs d’éphémérides de la NASA, il n’y aura en fait aucun alignement particulier de planètes en 2012. De plus, aucun alignement planétaire d’aucune sorte, aussi remarquable soit-il, ne pourrait provoquer des effets spectaculaires, ou même décelables sur Terre.

Les prédictions parlent également d’un alignement Terre-Soleil avec le centre de notre galaxie, mais ce phénomène n’est pas exclusif à 2012 ; cet alignement a lieu deux fois par an et c’est en 1998 que l’alignement a été le plus précis.

Le 21 décembre 2012 sera donc comme chaque année un simple solstice d’hiver (le jour de l’année où la nuit est la plus longue).

Le Tardigrade est un animal microscopique de 1mm (qu’on apelle aussi ‘water bear’ en anglais) qui est devenu en 2007 le premier animal qui a survécu à une exposition dans l’espace. Il a survécu à des températures très froides, au vents solaires, aux rayons cosmiques, à l’absence d’oxygène, à la déshydratation, au vide de l’espace…

Ce petit animal microscopique participe à la mission d’Endeavour vers la Station Spatiale Internationale afin d’aider les scientifiques à mieux comprendre la résistance de cet organisme exposé dans des conditions extrèmes comme un voyage dans l’espace.

Le projet Biokis qui participe à la mission est un projet soutenu par l’ Agence Spatiale Italienne, et qui a pour objectif d’effectuer des recherches sur l’impact des vols spatiaux sur un certain nombre d’organismes microscopiques. Une des expériences sera d’exposer des colonnies de Tardigrades à différents niveaux de radiation ionisante et mesurer l’impact de ces radiations sur le Tartigrade.

A l’état naturel, on le trouve partout dans le monde, dans l’eau et sur terre, principalement dans des mousses et lichens. Il a la capacité d’éteindre ses fonctions biologiques essentielles, et de rentrer dans une sorte d’état de sommeil ou d’hibernation prolongée lorsque les conditions ne sont pas propices à la vie. Il possède une sorte de faculté de suspendre temporairement ses processus vitaux.

Et enfin, la quote de la semaine!

Douter de tout ou tout croire sont deux solutions également commodes qui l’une et l’autre nous dispense de réfléchir – Henri Poincarré

À méditer!

Prochain enregistrement le jeudi 26 mai. D’ici là, bonne semaine à toutes et à tous!

 

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Podcast science 37 - Le paradoxe des anniversaires et les tests ADN, 4.0 out of 5 based on 1 rating
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  • http://www.ssaft.com/Blog/dotclear/ Taupo

    Salut Podcast Science!

    J’ai beaucoup aimé cet épisode (que j’ai mis du temps à écouter, mais voilà chose faite). Alan c’est lancé sur un gros morceau digne des dossiers épique de Mathieu, chapeau donc! Pas de grosses critiques à faire. Je vous dirige juste sur l’excellent blog de Christie Wilcox d’Observations of a Nerd qui a publié un billet du même acabit à l’occasion de l’identification du corps d’Osama ben Laden (en Anglais : http://goo.gl/G4m7R ).
    Sinon je reviens sur une remarque de Mathieu que je ne peux pas laisser passer: Il a réagi sur le fait que les 4 “lettres” (les bases azotées) se retrouvaient chez tous les animaux, de la plus simple bactérie aux animaux les plus évolués… Alors bon, d’abord, il faut savoir qu’il fallait remplacer “animaux” dans sa phrase par “organismes” (vu que les bactéries ne sont pas des animaux et qu’au passage on oublie les plantes, les algues, les champignons, les archées, les protozoaires et j’en oublie…). Ensuite, je tilte (faut pas le prendre mal, c’est le mode enseignant qui s’enclenche), sur les formules: animaux les plus évolués. Dans la première partie d’un de mes articles sur les poissons amphibies (http://goo.gl/KPop9 ) je poussais un coup de gueule sur la vue trop répandue d’une échelle de la complexité que les organismes vivants se mettraient à gravir durant l’évolution, et où chaque barreau représenterait un stade évolutif où s’arrêteraient certaines lignées tandis que d’autres continueraient vers l’apogée où, bien entendu, nous les humains, résiderions… Et beh non: les bactéries qui vivent à l’heure actuelle sont “aussi” évoluées que les humains. Ce qui signifie qu’elles sont le résultat d’autant de milliards d’années d’évolution durant lesquelles elles ont accumulées des modifications qui ajoutent à la divergence entre leur lignée et celle qui a mené jusqu’à notre émergence. A vrai dire, si on jaugeait l’évolution par le nombre de modifications accumulées dans un génome, ce sont les bactéries qui devraient être targuées comme ‘plus évoluées’… La confusion vient du fait qu’on associe volontiers les processus d’accumulation de complexité avec les mécanismes évolutifs. Mais ceux-ci s’associent seulement au grès de la sélection naturelle. Et si un jour, une lignée se voit condamnée par une trop grande complexité pour s’adapter à leur milieu ou pour mieux se reproduire, les individus qui perdraient cette complexité viendraient facilement à prédominer la population locale et entrainerait une dé-complexification (encore une fois mal interprétée quand on entend parler de dé-évolution…).
    Ben voilou, c’était mon coup de gueule pour annoncer la couleur. Z’avez plus qu’à vous venger pendant mon interview…
    Ciao et encore une fois, bon boulot les gars!

  • http://alan.vonlanthen.org Alan

    Salut Taupo,

    Merci de ton coup de gueule! On se vengera, c’est promis, compte sur nous ;)

    On a dit “animaux les plus évolués”? Vraiment? Gasp :( Tu as raison d’apporter ces précisions, il est bon de rappeler de temps en temps – on devrait le faire plus souvent – que l’évolution n’est pas dirigée, qu’elle n’a pas de plan ou de projet. La sélection naturelle favorise les espèces les mieux adaptées à leur environnement du moment et c’est tout, quel que soit le degré de complexité que suppose cette adaptation. L’environnement peut changer (il faut entendre environnement au sens large, pas juste la verdure environnante, mais également l’atmosphère, le climat, la topographie, les prédateurs, les ressources, la concurrences pour ces ressources…), il change d’ailleurs en permanence, et les adaptations favorisées par la sélection naturelle aussi…

    Je crois que cette confusion est à l’origine de pas mal d’incompréhensions et génère toutes sortes d’argumentations invraisemblables. Il est fréquent d’entendre les créationnistes arguer de l’impossibilité que l’homme si “évolué” descende du chimpanzé si “primitif”. Il faut leur laisser qu’ils ont raison sur un point: l’homme ne descend pas du chimpanzé! Pour le reste, ne pas comprendre qu’il n’y a pas de hiérarchie dans le niveau d’évolution de l’homme et du chimpanzé, c’est passer à côté de la nature même de l’évolution. Le chimpanzé et l’homme sont aussi évolués l’un que l’autre – pour autant que le verbe évoluer puisse s’utiliser avec l’auxiliaire être – les deux espèces divergent de leur ancêtre commun, chacune s’étant adaptée au mieux à son milieu.

    Un auditeur nous a proposé de nous aider à monter un numéro spécial sur l’évolution, je m’en veux beaucoup à la réflexion de ne pas l’avoir encore fait, mais il n’est jamais trop tard, c’est sans doute pour bientôt :)

    Sinon, merci pour le lien sur le blog de Christie Wilcox (http://scienceblogs.com/observations/ ), juste excellent! Mon reader va exploser :(

    A tout bientôt!

  • http://www.mfavez.com Mathieu

    Salut Taupo,

    merci pour ces précisions…je ne manquerai pas de faire un petit erratum dans la prochaine émission, car ce que tu mentionnes me semble fondamental: “La confusion vient du fait qu’on associe volontiers les processus d’accumulation de complexité avec les mécanismes évolutifs.”
    En ce qui concerne animal vs organisme, à ma défense, il semblerait que dans le milieu des spécialistes de la cause animale, le débat sur savoir si une bactérie est un animal ou non n’est pas encore tranché…je fais référence au podcast suivant de la tête au carré sur le sujet:

    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10212-03.05.2011-ITEMA_20283229-0.mp3

  • http://www.ssaft.com/Blog/dotclear/ Taupo

    Alors Mathieu, j’ai écouté l’émission de ‘la tête au carré’ sur la cause animale dont tu parles et, bien que la confusion soit compréhensible, tu as confondu bactérie et organisme unicellulaire. Ce qui a été dit, c’est qu’on a modifié de plus en plus la conception de ce qu’est un organisme animal, jusqu’à la différence, acceptée à l’heure actuelle, entre des organismes unicellulaires et les métazoaires (la lignée d’organismes multicellulaires qu’on considère maintenant comme comprenant tous les animaux sur cette planète). Ce qu’il faut bien avoir en tête, c’est que les organismes unicellulaires, il y en a pléthore sur la planète, et que tous ne sont pas des bactéries! On sépare le vivant déjà en 3 grandes lignées dont 2, les archées et les eubactéries, ne sont représentées que par des organismes unicellulaires et sont pourtant très différentes entre elles. Parmi les eucaryotes, qui forment la 3ème grande lignée du vivant, tu trouveras énormément d’organismes unicellulaires (très différents des bactéries): de la levure, à l’algue unicellulaire en passant par les amibes capables de former des colonies d’aspect champignonesque ou même vermiforme qui gigote et tout et tout! (http://goo.gl/uscXb ).
    Comment distingue-t-on les métazoaires (les animaux) du reste des organismes vivants? Et bien tu vas voir, les caractéristiques uniques qui ont accompagné l’émergence des animaux ne sont pas si évidentes à trouver que ça. Si on prend la multicellularité par exemple, et bien il s’agit d’une caractéristique qui a émergé de nombreuses fois indépendamment au cours de l’évolution (un phénomène qu’on appelle convergence évolutive). Ainsi des plantes, des algues, des champignons et d’autres encore ont acquis la multicellularité indépendamment.
    Voici quelques exemples de ce qui a été acquis de manière unique chez les métazoaires (caractéristiques au nom barbare de synapomorphies):
    - le collagène
    - la structure des cils cellulaires et des flagelles
    - la structure du spermatozoïde
    - deux types de jonctions cellulaires nouvelles: les desmosomes et les jonctions septées
    - une matrice extracellulaire,
    etc…

    Mais de nos jours, ce qui permet de manière quasi univoque de regrouper les métazoaires en une lignée unique, ce sont les analyses comparatives sur données moléculaires, et notamment les données génomiques obtenues par séquençage de nombreuses molécules d’ADN appartenant à de nombreux organismes vivants.
    Voilou, j’espère que c’est un peu plus clair. Le mot pour la fin, c’est que de nos jours, on en sait un peu plus sur les animaux, et on sait surtout que c’est une lignée parmi tant d’autres dans l’arbre du vivant.

  • http://www.mfavez.com Mathieu

    ouf! merci pour toutes ces précisions…visiblement je suis complètement largué en ce qui concerne la dynamique de l’évolution…ça mériterait un sujet sur podcastscience…faudrait peut-être que je lise aussi une fois dans ma vie l’Origine des Espèces de Darwin (honte à moi). On aura peut-être l’occasion de revenir là-dessus la semaine prochaine dans la discussion qu’on aura…d’ailleurs je vais ajouter une question à notre longue liste, alors prépare-toi ;-)

  • Mentine

    Moi aussi je peux pousser un ptit coup de gueule? :D
    Rien de bien méchant, mais ça m’a un peu interpelée quand Mathieu a demandé à Alan d’expliquer comment on pouvait connaître l’âge d’un individu en fonction de la longueur des télomères de ses chromosomes … il me semble que Anh Tuan en avait parlé dans le PodcastScience#13!
    Mais vu le grand nombre de numéros que compte le podcast maintenant, ce n’est pas étonnant. En tout cas moi je l’avais retenu, votre objectif est atteint!

    C’est toujours un plaisir de vous écouter.

    Be seeing you,
    Mentine

  • http://alan.vonlanthen.org Alan

    Salut Mentine, tu as parfaitement raison, Anh Tuan en avait parlé dans le n° 13. Quelle mémoire! A vrai dire, je me suis aussi fait la réflexion, mais pas sur le moment… C’était 10 minutes plus tard. No comment, on dira que c’est de la faute à mes télomères ;)
    Tout le meilleur!
    a+

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