Dossier – L’Origine de l’Univers

On 03.02.2011, in Dossiers, by Mathieu
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Big Bang

Retranscription et récapitulatif d’un entretien avec Etienne Klein enregistré dans l’émission Ombres et lumières sur l’origine de l’Univers de Ciel et Espace Radio, entretien dans lequel il parle de son dernier ouvrage “Discours sur l’Origine de l’Univers

La Cosmogonie

La cosmogonie tente de décrire la formation de l’Univers, alors que la cosmologie est la science qui s’intéresse aux lois qui gouvernent l’Univers en tant que système physique.

Il paraît qu’il n’y a pas de culture sans cosmogonie (à vérifier auprès des anthropologues…).

Nature ontologique et législative de l’Univers

  • Avant Galilée on considérait qu’il existait un monde sub-lunaire fait d’une matière de 4 éléments et un monde supra-lunaire constitué d’une autre essence.
    • Donc 2 mondes constitués de 2 matières différentes.
  • Galiléeest probablement le premier à avoir décrit la notion d’Univers:
    • Il dit qu’il existe un seul monde constitué d’une seule matière partout la même (unité ontologique).
    • Il dit aussi que les lois de l’Univers sont les mêmes en tout point de l’Univers (espace) et à tout instant dans l’Univers (temps), elles sont universelles (unité législative):
  • Au sens moderne du terme, ce sont ces 2 unités (ontologiques + législatives) qui permettent de définir ce qu’on appelle un Univers.

Le Néant

  • La plupart des cosmogonies qu’on trouve dans toutes les différentes cultures envisagent que l’origine de l’Univers est issue du Néant, au sein duquel la lumière est apparue, et c’est ce qui a déclenché l’apparition d’un Univers en évolution.
  • Les chinois:
    • ne se posent cependant pas la question de l’origine, car ils n’ont pas la notion de Néant.
    • Pour eux, il y a toujours eu un Etre qui n’a pas cessé de se tranformer et de subir des mutations tout au long de son histoire qui n’a pas eu de commencement.
  • Le questionnement sur l’origine n’est pas aussi universel qu’on veut bien le croire, mais il est très présent dans la plupart des cultures (en l’occruence dans la judéo-chrétienne).
  • Si on essaie d’imaginer le Néant en fermant les yeux, tout de suite on en fait quelque chose.
  • Chaque fois qu’on pense le Néant, on lui attribue des propriétés qui le distingue du Néant.
  • L’idée de Néant est donc une idée destructrice d’elle-même.
  • On voit donc qu’on a de la peine à décrire le concept de Néant.

Le mot Origine

  • Le sens du mot “Origine” porte généralement l’idée:
    • du passage de l’absence de toute chose à quelque chose.
    • de la transformation du Néant qui devient autre chose que lui-même.
  • Cependant, cette idée de transformationliée au mot “Origine” n’est généralement pas présente quand on veut décrire l’Origine de l’Univers.
    • On constate souvent que quand on parle d’Origine de l’Univers, on a plutôt tendance à décrire quelque chose en amont qui permet d’expliquer comment la chose (en l’occurence l’Univers) dont on veut décrire l’Origine est apparue.
    • Autrerment dit ce qu’on appelle Origine est en réalité l’achèvement d’un processus antérieur qui a fait apparaître la chose (en l’occurence l’Univers) dont on dit qu’on a compris l’Origine.
    • Donc dans ce discours le mot Origine devient synonyme de Conclusion! Ce qui peut sembler être un paradoxe!
  • Notre culture a aussi tendance à nous emmener vers l’idée que si l’Univers a eu une histoire, c’est qu’il a eu un commencement et ce commencement résulte d’une Création et non d’une Transformation.
    • On met généralement en scène un être transcendant (par exemple Dieu) dont l’action sur le Néant a permis de créer l’Univers.
    • On parle d’ailleurs plutôt d’un Dieu réduit à sa fonction de créateur de l’Univers et non d’un Dieu garant de la perduration du monde.
    • Selon notre mode de pensée, l’Univers n’est pas né du Néant, on ne décrit pas l’Univers comme le résultat d’une transfomation à partir du Néant, notre Univers serait plutôt le résultat d’une Création.
  • En Occident, on a de la peine définir le changement (et notamment le changement orginel), à penser et décrire un état intermédiaire de transition entre le Non-Etre (Néant) et l’Etre (Univers).
  • Les grecs avaient aussi relevés une contradiction entre le concept de changement et l’idée d’identité:
    • Si une chose a changé, c’est qu’elle cesse d’être elle-même (puisqu’elle a changé).
    • Si au contraire, elle reste identique à elle-même, c’est qu’elle n’a pas changé.
  • Par exemple, quand on dit: “Une feuille d’arbre a changé” (elle était verte en été, elle est jaune en automne)
    • On pourrait très bien pensé et dire que: “La feuille verte a été remplacée par la feuille jaune”
      • Ce changement (apparant) pourrait donc se traduire par un remplacement.
      • Mais en réalité ce n’est pas ce qu’on veut dire.
    • On veut en réalité dire: “La couleur de la feuille de l’arbre a changé” (une propriétéde la feuille a changé, mais ça reste la même feuille).
      • Le sujet du verbe changer (la feuille) est précisément ce qui n’a pas changé dans la transformation.
  • Donc d’une manière plus générale, quand on dit que x a changé, le sujet du verbe changerx est précisément ce qui n’a pas changé.
    • On conceptualise le changement en utilisant la notion d’identité (donc d’invariance).
  • Notre langue en est en partie responsable car elle est ontologique:
    • nous désignons des objets et leur donnons une identité (chaise, vélo, étoile…).
    • La transformation se caractérise par un changement de la propriété de l’objet et non de l’objet lui-même (qui reste présent avant et après la transformation).
    • On peine à considèrer l’idée opposée qui consiste à dire que c’est la transformation elle-même qui est à l’origine des objets et de l’Univers (un objet est la manifestation d’une transition).

L’Origine de l’Univers

Notre manière de conceptualiser le changement en utilisant la notion d’identité fonctionnne-t-elle pour expliquer l’origine de l’Univers et des objets qui le constituent?

Origines secondaires

Pour décrire les origines des objets qui constituent l’Univers (tables, voitures, atomes, étoiles, galaxies…), notre manière de conceptualiser le changement avec la notion d’invariance fonctionnne:

  • par exemple les atomes sont formés dans les étoiles, et leur origine est le résultat d’une réaction nucléaire entre protons et neutrons (nucléons) appelée nucléosynthèse (fission, fusion nucléaire).
  • Ce sont les changements dans l’organisation de ces nucléons (via les réactions nucléaires) qui ont fabriqués les atomes.
  • On arrive donc à décrire ce changement en terme d’invariant:
    • Dans ce cas, les invariants sont les particules fondamentales (nucléons) qui étaient là avant et qui se combinent autrement pour former les noyaux d’atomes dans les étoiles.
    • On explique l’origine de la vie à partir des ingrédients préalables qui permettent l’apparition de la vie.
    • On explique l’origine des êtres physiques en invoquant d’autres êtres physique.
    • L’explication des origines secondaires est immanente.
  • Pour des objets d’origines secondaires, conceptuellement on explique l’Etre par l’Etre.

Vu qu’on est capable de décrire l’origine relative des objets qui constituent l’Univers, on croit être capable d’aller plus loin et pouvoir décrire l’origine de l’Univers lui-même.

Origine primaire

Pour décrire l’origine de l’Univers (sans action créatrice), est-ce que cette conception du changement qui conserve cette notion d’identité tient encore la route?

  • Si le Néant devient l’Etre (l’Univers), c’est qu’il y a un changement.
  • Mais selon notre conception, pour qu’il y ait changement, il faut que quelque chose ne change pas au cours du changement.
  • Qu’est ce qui dans le Néant peut ne pas changer, pour que le Néant devienne autre chose que lui-même?
  • On arrive au noeud irréductible de la question…
  • Car quand on veut expliquer comment le Néant a pu cesser d’être le Néant, on lui attribue alors des propriétés qui font que le Néant n’est plus le Néant (le Néant c’est le Rien, il ne peut avoir de propriétés).

Théorie unifiée du Tout

  • Parle-t-on d’unification ontologique?
    • Dans l’espace il n’y aurait alors qu’une sorte d’objets (par exemple des supercordes).
    • L’existence d’un élément fondamental qui engendrerait tous les objets présents dans notre Univers, objets qui acquièrent alors une origine secondaire par rapport à l’élément fondamental.
  • Parle-t-on d’unification législative?
    • Le contexte et un certain nombre de conditions ont permi l’émergence de l’existence de l’Univers.
  • Il faudrait pouvoir unifier les lois de la relativité générale (infiniment grand: gravitation) avec celles de la mécanique quantique(infiniment petit: force électromagnétique, intéraction faible et intération forte) au sein d’un formalisme unique.
    • Ces 2 modèles théoriques s’appuient sur des pilliers et statuts incompatibles:
      • La relativité générale décrit un espace-temps souple, dynamique et continu qui intéragit avec la matière qu’il contient.
      • La mécanique quantique décrit un espace-temps plat, statique et discret.
  • Une Théorie du Tout sera-t-elle capable de nous dire comment l’Univers est apparu?
    • Lors de l’apparition de l’Univers, les lois physique sur lesquelles repose cet Univers étaient-elles déjà là en attente d’Univers de façon transcendante? (existaient-elles avant l’Univers?)
    • Ou l’Univers crée-t-il plutôt en son sein ses lois physiques de façon immanente à mesure qu’il évolue?
  • Sera-t-on capable de trancher un jour cette question fondamentale? (l’oeuf ou la poule)
  • La question de l’origine de l’Univers est-elle un mystère (ne peut pas être expliquée) ou plutôt une énigme (un problème à résoudre)?
  • La question semble si difficile qu’on essaie de la simplifier conceptuellement en expliquant que l’Univers n’a pas d’origine!

L’histoire de l’Univers

On a compris que de manière générale, la plupart des objets qui constituent l’Univers ont une histoire et sont le résultat d’une évolution qui les a produit à partir d’états antérieurs qui ne les contenaient pas.

Mais dire qu’il y a de l’histoire dans l’Univers ne veut forcément pas dire que l’Univers a une histoire!

C’est au XIXème siècle qu’on a commencé à imaginer une histoire de l’Univers:

  • Quand on a élaboré la thermodynamique, on a appliqué les lois de la thermodynanmique d’une part aux objets qui constituent l’Univers, mais aussi à l’Univers lui-même.
  • => on en a conclu que l’Univers arriverait à une mort thermique (à la fin de son histoire).

Plus tard, on a utilisé la théorie de relativité générale pour analyser l’évolution de l’Univers et décrire son histoire passée:

  • La relativité générale considère que l’Univers dans sa totalité est un objet physique.
    • C’est-à-dire qu’on peut définir des paramètres physiques qui décrivent l’Univers tout entier.
  • Si on applique les équations de la relativité générale et qu’on remonte le temps, elles aboutissent à la description d’un Univers de plus en plus petit pour finalement terminer ponctuel.
  • Le physicien russe George Gamow a aussi montré que la contraction de l’Univers qui s’effectue lorsqu’on remonte le cours du temps correspond aussi à une élévation de température.
  • Donc l’Univers primordial semble avoir été:
    • Beaucoup plus petit (volume nul)
    • Beaucoup plus dense énergétiquement (densité infinie)
    • Beaucoup plus chaud (température infinie)

De là est née la notion Singularité initiale et de Big Bang.

  • Le Big Bang semble donc correspondre à l’apparition de:
    • la matière
    • de l’espace
    • du temps
    • de l’énergie
  • Le Big Bang serait alors l’instant zéro correspondant à la création de l’Univers.

Pourquoi ne pas donc considérer cet état primordial, cette Singularité initiale comme l’origine effective de l’Univers? En réalité cette extrapolation qui nous permet d’arriver à l’instant zéro est abusive!

  • Quand on remonte le cours du temps, la densité de matière et la température deviennent de plus en plus élevées.
  • L’énergie des particules qui se trouvent dans l’Univers devient aussi de plus en plus élevée.
    • Pour atteindre ces niveaux d’énergie, les particules ne sont plus soumises uniquement à la force de gravitation, elles subissent aussi l’effet des 3 autres forces fondamentales (électromagnétiques, l’intéraction forte et l’intéraction faible).
    • Et ces 3 intéractions ne sont pas décrites par la théorie de la relativité générale (qui décrit uniquement la force de gravitation).
  • Il y a donc un moment quand on remonte dans le passé où les équations de la relativité générale n’arrivent plus à décrire ce qui se passe.
    • Ce moment correspond au mur de Planck qui est apparu 10-43seconde après le Big Bang.
      • Le mur de Planck peut être calculé à partir de la constante de Planck, l’une des 3 constantes fondamentales universelles (constante de gravitation, vitesse de la lumière et constante de Planck).
      • Le mur de Planck peut ainsi être caractérisé soit par un durée (temps de Planck = 10-43 seconde),  soit par une longueur (longueur de Planck = 10-33 cm), soit par une énergie (1019 GeV).
    • On ne peut pas intégrer les équations de la relativité générale au delà dur mur de Planck et donc à fortiori extrapoller à l’instant zéro correspondant au Big Bang.
    • En amont du mur de Planck, nos théories physiques actuelles entrent en collision les unes avec les autres, le temps par exemple n’existe pas.
  • L’instant zéro apparaît donc comme un instant au-travers duquel l’Univers tel qu’il est décrit par nos lois physiques n’a jamais pu passer!

Pour passer le mur de Planck, et décrire l’évolution de l’Univers entre le mur de Planck et l’instant zéro, il faudrait pouvoir unifier au moyen d’un formalisme commun la théorie de la relativité générale (force de gravitation) avec la mécanique quantique (force électromagnétique + 2 intéractions nucléaires). Il existe quelques approches d’unification:

La théorie des cordes

  • Toutes les particules de la matière correspondent à des états de vibration uniques d’un particule fondamentale infiniment petite qui fait penser à une corde vibrante (dans un espace-temps multi-dimensionnel).
  • Si on tente de décrire l’Univers primordial avec la théorie des cordes, il arrivent un moment où les calculs deviennent trop compliqués et impossibles, car les cordes deviennent trop enchevêtrées.
  • Actuellement il n’est donc pas possible de décrire actuellement l’Univers primordial avec la théorie des cordes.
  • De plus la théorie des cordes ne peut pas être observée ni testée expérimentalement.

Cependant la beauté de la théorie des cordes réside autre part:

  • Elle décrit un espace-temps multi-dimensionnel (par exemple à 10 ou 11 dimensions) dans lequel il n’existe pas de gravitation.
  • Les objets qui sont dans cet espace-temps obéissent aux lois de la physique quantique et leur cinématique est décrite par la théorie relativité de la restreinte (théorie de la relativité qui ne prend pas en compte la gravitation).
  • Donc les prémisses de la théorie n’incluent pas la gravitation.
  • La beauté réside dans le fait qu’à partir des ces principes on aboutit aux équations de la relativité générale (qui elle intègre la gravitation).
    • La théorie des cordes fait apparaître le graviton comme la particule responsable de la gravitation.
    • La gravitation est donc déduite de la théorie des cordes, elle en est une conséquence.
  • La théorie des champs de la mécanique quantique peut aussi être prédite à partir de la théorie des cordes.

Mais la théorie des cordes nous dit une autre chose intéressante:

  • il ne peut y avoir dans l’Univers une température supérieure à un certain seuil de valeur finie.
  • la température dans l’Univers n’a jamais pu être infinie à aucun moment de son histoire et à aucun endroit de son espace!

Cette nouvelle notion nous amène à un scénario de Pré-BigBang:

  • Au lieu de dire l’Univers est né d’une explosion initale appelée Big Bang.
  • On dit que le Big Bang c’est le passage de l’Univers au travers d’une phase de contraction très dense et de réchauffement très intense jusqu’à atteindre la température maximale autorisée par la théorie des cordes, moment auquel l’Univers ne peut plus se contracter d’avantage car il a atteint la température maximale autorisée et du coup il rebondit sur lui-même.
  • Ce nouveau scénario supprime la notion de Singularité initiale et renforce la notion d’origine en terme de transition et changement.
    • Le Big Bang n’est plus qu’une transition de phase de l’Univers.
    • Il n’y a donc plus lieu de se poser la question du Néant et de ce qu’il y avait avant le Big Bang.

La théorie quantique à boucles

  • Cette théorie consiste à quantifier la gravitation.
  • Elle aboutit à l’idée que l’espace-temps est granulaire, discret, non-continu.
  • Il est composé des petits volumes élémentaires d’espace-temps (quantas ou atomes d’espace-temps) de taille non nulle et tel qu’on ne puisse pas avoir de volumes plus petits.
  • L’espace-temps ne peut pas être structuré en édifices plus petits que ces quantas.

Cette théorie nous amène aussi à un scénario de Pré-BigBang:

  • La notion de Big Bang comme Singularité initiale disparaît car la singularité correspond à un volume de taille nulle.
  • On dit que le Big Bang c’est le passage de l’Univers au travers d’une phase de contraction jusqu’à que sa taille corresponde à la taille d’un atome d’espace-temps, moment auquel l’Univers ne peut plus se contracter d’avantage car il a atteint la taille minimale autorisée et du coup il rebondit sur lui-même.
    • On parle alors d’une cosmogonie cyclique.
    • La notion d’origine disparaît à nouveau.

Le vide quantique

  • En mécanique quantique, les éléments fondamentaux de la matière sont formalisées par des quantas (états énergétiques) et représentées par ce qu’on appelle des champs quantiques (ondes).
  • Faire le vide c’est ce qui reste quand on a retirer toutes les particules (électrons, quarks, photons…).
  • Il ne reste alors plus que l’espace-temps (océan) dans lequel se trouvent des champs quantiques dans leur état d’énergie minimale (vague).
  • De là vient la notion de particule virtuelle, la particule n’existe pas, mais il existe par contre l’état de la particule dans son énergie minimale, énergie qui n’est pas assez intense (E=mc2) pour que la particule (électron…) existe et soit réelle.
  • Ce qu’on appelle le vide quantique, c’est l’espace-temps rempli de particules virtuelles.
  • Cette entité (espace-temps + champs quantiques) pourrait être la matrice de l’Univers (sa topologie).
  • Une fluctuation des particules virtuelles (champs quantique) de ce vide quantique aurait pu déclencher une expansion de l’Univers.
  • On imagine aussi la possibilité de milliards de fluctuations, avec à chaque fois l’apparition d’un nouvel univers => notion de multivers.
  • C’est comme si le vide ne pouvait pas rester tout à fait homogène, il serait instable.

L’Antimatère

  • Jusqu’en 1930, le monde des physiciens était exclusivement fait de matière composée de petites « briques élémentaires » appelées particules (électrons, protons,  photons).
  • Le physicien Paul Dirac, pour résoudre une équation de physique, postulat qu’il devait exister une autre particule, identique à l’électron, mais ayant une charge électrique opposée (positive).
    • Baptisée positron (antiélectron).
    • Confirmé en 1932 en analysant les rayons cosmiques venant de l’univers.
  • La loi de Stigler est à nouveau vérifiée:
    • loi selon laquelle une découverte scientifique ne porte jamais le nom de son auteur.
    • la paternité du positron revient toujours à Paul Dirac alors que Jean Becquerel avait déjà postulé l’existence d’électrons positifs en 1908 dans un article.
  • Cette théorie fut ensuite généralisée à toutes les particules que nous connaissons et l’ensemble de ces nouvelles particules constituent ce qu’on appelle l’antimatière.
  • Cependant, il faudra attendre:
    • 1955 pour découvrir l’antiproton.
    • 1995 pour créer le premier antiatome (antihydrogène) au CERN.
  • La différence qui caractérise l’antimatière est la charge électrique opposée:
    • Si on fait passer une particule et son antiparticule dans un champ magnétique, les 2 particules sont déviées dans des directions opposées.
    • Les antiparticules ont la même masse et le même comportement physique que leur homologue de matière.
  • Comme les charges sont opposées, matière et antimatière s’attirent mutuellement:
    • Lorsque matière et antimatière se rencontrent, elles se désintègrent et s’anihilent pour se transformer en énergie pure (E=mc²)
    • La matière est convertie intégralement en énergie sous forme de photons (rayonnement gamma).
  • Pour étudier l’antimatière, les physiciens étudient de près ce qu’ils appellent la symétrie CPT(Charge-Parité-Temps):
    • Lors d’une réaction particulière sur une particule, cette même réaction doit être observée sur son antiparticule mais de manière symétrique.
    • Tout est inversé : la charge (positif Vs négatif), la parité (droite Vs gauche) et le temps (le temps doit s’écouler à l’envers).
    • Un monde composé d’antimatière serait l’image de notre monde à travers un miroir.
  • Le problème, c’est que l’Univers n’est pas aussi symétrique qu’il n’y paraît:
    • Une théorie pour devoir prendre en compte le Big-bang doit stipuler qu’à l’origine, matière et antimatière ont du être créées en même temps et en quantité égale.
    • Si matière et antimatière étaient strictement identiques (en dehors de la charge électrique) et avaient été créées en quantités égales, on aboutit sur la non-existence de notre Univers, car matière et antimatière auraient du s’attirer très rapidement juste après le Big-Bang pour s’annihiler totalement.
    • La réalité semble tout autre : nous sommes bien là et notre univers semble être composé quasi exclusivement de matière!
    • Les astronomes et les cosmologistes auraient-ils perdu la moitié de l’Univers?
  • Ce qui peut expliquer cette observation est que matière et antimatière ne sont pas si symétriques que cela : on parle alors de violation de symétrie.
    • Les symétries entre matière et antimatière sont parfois non respectées et pourraient expliquer pourquoi toute l’antimatière a disparue aujourd’hui au profit de la matière.

L’observation de l’Univers

Le téléscope Hubble:

  • Le téléscope spatial Hubble aurait détecté tout récemment la galaxie la plus distante jamais identifiée dans l’Univers.
  • La lumière observée en provenance de cette galaxie aurait été émise il y a 13,2 milliards d’années, soit seulement 480 millions d’années après le Big Bang (âge total de l’Univers 13,7 milliards d’années).
  • Mais les astronomes peuvent uniquement observer la lumière émise du fond diffus cosmologique après le mur de Planck (10-43 seconde après le Big Bang).
  • L’Univers primordial ne peut donc pas être observé au-delà du mur de Planck.

Le LHC du CERN:

  • Un des postulats de la Physique nous dit que les lois de la Physique n’ont pas changé au cours du temps.
  • Au cour de l’évolution de l’Univers ce sont les conditions physiques qui ont changées (température…).
  • Grâce aux colisions de particules à hautes énergies, le LHC recrée aujourd’hui les conditions physiques du passé.
  • Comme les lois n’ont pas changé, on voit les phénomènes physiques du passé.
  • Cependant, les ordres de grandeurs sont incomparables:
    • Au LHC, on fait des colisions de protons à des énergies 3,5 TeV par proton (3500 GeV).
    • On fait donc des colisions entre 2 protons avec des énergies mises en jeu de 3,5 TeV + 3,5 TeV = 7 TeV = 7000 GeV
    • 7000 GeV c’est l’énergie cinétique d’un moustique en vol:
      • énergie qui est cependant répartie sur tous les atomes de celui-ci, donc dans ce cas l’énergie par particule est relativement faible.
    • Dans le cas du LHC, cette énergie est très concentrée sur un seul proton.
    • Au moment du mur de Planck, l’énergie d’une particule n’était pas celle d’un moustique en vol comme l’expérimente le LHC, mais celle d’un TGV roulant à 300 km/h.
    • Donc expérimentalement on voit qu’on est très loin des conditions physiques correspondant au mur de Planck.

Le AD (Décélérateur d’Antiproton) du CERN:

  • Fabriquer des antiparticules:
    • il faut disposer d’un accélérateur de particules.
    • En projetant des particules accélérées à grande énergie sur des cibles métalliques, on transforme l’énergie cinétique des particules en couple particule/antiparticule (E=mc² – ici l’énergie se transforme en masse – processus réversible).
  • Fabriquer des antiparticules est une chose, mais les physiciens veulent aller plus loin pour comprendre l’antimatière et pour cela, il faut fabriquer des antiatomes, c’est-à-dire un antinoyau formé d’antiprotons et d’antineutrons avec des positrons qui tournent autour.
    • En 1995, le CERN a réussi créer les premiers atomes d’antihydrogènes (le plus simple des antiatomes, composé d’un antiproton et d’un positron qui tourne autour).
    • mais ces antiatomes étaient trop volatiles, se désintégrant quasi instantanément et ne permettant aucune étude approfondie.
  • Le problème des physiciens n’est pas de « fabriquer » de l’antimatière mais de la « conserver» pour la manipuler et l’observer.
    • A cause des grandes énergies mise en jeu, les antiparticules créées vont pratiquement à la vitesse de la lumière et si elles rencontrent une particule de matière, elles s’annihilent immédiatement !
  • Il faut donc littéralement pouvoir freiner et ralentir l’antimatière pour pouvoir l’étudier:
    • Ce n’est donc plus accélérateur qu’il faut mais un décélérateur!
    • Le décélérateur AD du CERN mesure 188 mètres de circonférence.
    • Il permet de diminuer l’énergie d’antiprotons (de 3000 MeV à 5 MeV).
    • En d’autres termes, les antiprotons sont ralentit au tiers de la vitesse de la lumière.
  • le 17 novembre 2010, l’expérience ALPHA a réussi à capturer (piéger) des atomes d’antihydrogène.
    • Plus une particule est énergétique, plus elle est agitée et donc « chaude ».
    • L’idée est donc de refroidir l’antimatière le plus possible.
    • Les antiprotons sont envoyés à travers de pièges électromagnétiques pour les refroidir à environs -269°C (4 kelvins).
    • On procède de même avec des positrons et on met l’ensemble (antiprotons + positrons) dans une espèce de bouteille électromagnétique jusqu’à ce que le positron (positif) se mette à tourner autour de l’antiproton (négatif) pour former un antihydrogène.
      • l’idée est d’empêcher que ces antihiydrogènes entrent trop en contact avec la matière et s’anihile.
    • L’expérience ALPHA a montré qu’il est possible de conserver de cette manière des atomes d’antihydrogène pendant un dixième de seconde (un laps de temps suffisamment long pour pouvoir les étudier).
    • Sur les milliers d’antiatomes produits par l’expérience ALPHA, 38, selon le dernier résultat, ont été capturés suffisamment longtemps pour pouvoir être étudiés.
  • En observant le comportement de ces antiatomes ralentis, on espère pouvoir mettre en évidence certaines des violations de symétrie.

La Physique dispose donc d’un arsenal théorique très puissant, mais qui ne nous dit pas encore comment sélectionner la bonne théorie qui expliquerait l’origine de l’Univers parmi toutes les théories candidates.

Car pour pouvoir sélectionner le bonne théorie il faut pouvoir faire des expériences!

Etienne Klein

Source:

http://www.cieletespaceradio.fr/ombres_et_lumieres_sur_l_origine_de_l_univers.657.RENC_001

http://science-for-everyone.over-blog.com/article-l-antimatiere-mise-en-boite-au-cern-61588417.html

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Bonjour à tou-te-s!

Cette semaine,

En bonus, la vidéo TED de Brian Green sur la théorie des cordes:

Enfin, la désormais fameuse quote de Mathieu:

“Un mathématicien qui n’est pas également un poète ne sera jamais un mathématicien accompli” (Karl Theodor Wilhelm Weierstrass, mathématicien allemand du XIXe siècle

En bonus bis: Quelques liens pour en savoir plus sur les exoplanètes et Zarmina (Gliese 581g) en particulier:

Le même sujet traité par la BBC: http://www.bbc.co.uk/programmes/b00txj8l#synopsis

Qu’est-ce qu’une Exoplanète ? (Wikipedia) http://fr.wikipedia.org/wiki/Exoplan%C3%A8te

Planètes telluriques (Wikipedia) http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan%C3%A8te_tellurique

L’effet Doppler et la dilatation du temps (Wikipedia) http://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Doppler-Fizeau et http://fr.wikipedia.org/wiki/Dilatation_du_temps

Les différentes news sur la planète (en anglais):

http://news.ucsc.edu/2010/09/planet.html
http://en.wikipedia.org/wiki/Gliese_581
http://blogs.discovermagazine.com/discoblog/2010/10/04/so-how-long-would-it-take-to-travel-to-that-exciting-new-exoplanet/
http://www.popsci.com/science/article/2010-09/researcher-says-chances-life-newly-discovered-exoplanet-100-percent

Prochain enregistrement le jeudi 14 octobre 2010!

D’ici là, une excellente semaine à toutes et à tous!

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Rappel

4 forces fondamentales:

  • Gravitation
    • maintient les étoiles ensembles.
    • maintient les planètes en orbite autour du soleil.
  • Electro-magnétisme
    • maintient l’atome cohérent.
    • responsable de l’électricité et du magnétisme.
  • Interaction forte
    • maintient le noyau de l’atome entier (neutrons vs protons)
  • Interaction faible
    • responsable de la radioactivité.

La gravitation est trop faible pour qu’il soit possible d’unifier en une seule théorie ces 4 forces.

=> Conflit entre la théorie de la relativité et la mécanique quantique:

  • Relativité généraledécrit un Univers:
    • macroscopique
    • organisé
    • prévisible
  • Mécanique quantique décrit au niveau des particules un Univers:
    • microscopique
    • chaotique
    • imprévisible

Dans le modèle standard de la physique:

  • la mécanique quantique propose qu’il existe des particules messagèresqui sont responsables des 3 forces atomiques fondamentales:
    • électromagnétisme: les photons
    • interaction forte : les gluons
    • interaction faible: les bosons lourds
  • mais le modèle standard n’arrive pas à décrire la particule qui transmet la gravitation.

Théodore Kaluza

En 1919, un mathématicien allemand quasiment inconnu, Théodore Kaluza, a suggéré une idée extrêmement audacieuse et bizarre pour son époque:

  • Einstein a réussi à décrire la force de gravitation en terme de déformation et de courbes de l’espace-temps.
  • Il va tenter de faire une description similaire avec l’autre force connue: la force électro-magnétique:
    • Décrire le force électromagnétique en terme de déformations et courbes.
    • Mais des déformations et courbes de quoi?
    • Einstein avait déjà épuisé les déformations et courbes de l’espace et du temps pour décrire la force de gravitation.
    • Il n’y plus de dimensions disponibles à déformer ou courber.
  • Kaluza suggère alors que notre univers pourrait avoir en réalité plus de dimensions que les 3 dimensions de l’espace qu’on connaît:
    • Il pourrait donc y avoir des dimensions additionnelles qui d’une certaine manière on ne pourrait pas voir.
    • Pour décrire une force supplémentaire (en l’occurrence la force électro-magnétique), on aurait besoin d’une dimension supplémentaire.
    • => 4 dimensions de l’espace et plus 3.
    • Il imagina que la force électro-magnétique correspond à des courbes et déformation dans cette 4ème dimension.

Kaluza est confronté à 2 questions:

Question 1: où sont ces dimensions additionnelles?

  • Question résolue par Oscar Klein en 1926.
  • Klein propose deux types de dimensions:
    • Type 1: les grandes dimensions faciles à percevoir (3 dimensions de l’espace que l’on connaît + 1 dimension du temps).
    • Type 2: les dimensions infimeset enroulées sur elles-mêmes.
      • Des dimensions si petites, que bien qu’elles nous entourent, on ne les voit pas.
    • Exemple d’un long câbleobservé à longue distance – Si on imagine un câble vu de loin:
      • Pour l’observateur celui-ci ne représente qu’une droite.
        • Sans épaisseur.
        • Il semble très fin.
        • Un objet unidimensionnel.
      • Si on zoome, si l’on se rapproche assez près:
        • On voit qu’il a une certaine épaisseur.
        • On s’aperçoit qu’il y a bien une deuxième dimension.
          • Celle qui s’entoure autour du câble.
        • Des fourmis peuvent accéder à toutes les dimensions du câble:
          • Aller en avant et en arrière sur la longueur du câble.
          • Tourner autour du câble dans un sens ou dans un autre…=> nouvelle dimension
    • Au niveau microscopique de la structure de l’espace:
      • Il existerait des dimensions supplémentaires enroulées comme des petits anneaux.
      • Si on était des fourmis microscopiques on pourrait:
        • Marcher sur les dimensions classiques de notre espace spatial en 3d que l’on connaît.
        • Faire aussi le tour de ces infimes anneaux minuscules.

Question 2: Est-ce que cette théorie fonctionne?

  • Elle est confrontée à des problèmes.
  • Par exemple, on est pas arrivé à ce que la masse de l’électron s’intègre dans ce modèle.

La théorie des cordes

Elle n’a rien à voir avec les théorie des dimensions supplémentaires émises par Kaluza et Klein.
Mais on s’aperçoit qu’elle ressuscite leurs idées (dimensions).
La théorie des cordes tente de répondre à la question suivante:

  • Quels sont les éléments basiques, fondamentaux, indivisibles qui constituent le monde qui nous entoure?

Elle propose que les éléments élémentaires de la matière sont des brins d’énergie en oscillation semblable à des cordes:

  • Au plus profond de chaque particule, il existe des petits filaments d’énergie qui vibrent dans des dimensions additionnelles et que l’on ne peut pas observer, parce qu’elle sont courbées dans un espace trop petit.
  • Des cordes vibrantes infiniment petites, ouvertes ou fermées, qui composent toutes les forces et la matière de l’Univers
    • et non des particules ponctuelles comme le propose la mécanique quantique.
  • La matière au niveau fondamental serait donc constitué d’états vibrants, qui peuvent osciller selon différents schémas.
  • L’Univers serait donc construit d’un réseau constitué d’un nombre immense de minuscules filaments d’énergie en vibration.
  • Ce sont les modes d’oscillations de ces brins d’énergie vibrants qui décrivent les différentes particules de la matière:
  • Différents types de vibrations produisent différentes particules:
    • Bosons(force carriers – particules messagères)
      • gluon
      • photon (électro-magnétisme)
      • graviton (gravitation)
    • Fermions(supersymétrie => théorie des supercordes):
      • électron
      • quark
  • Et les particules sont responsable de la richesse du monde qui nous entoure et dans lequel on vit.

Ces dimensions supplémentaires seraient responsables de la vibration des cordes.

  • Sans ces dimensions supplémentaires, la théorie s’écroule.
  • La cohérence mathématique impose la présence de dimensions supplémentaires dans la théorie des cordes.

Le Graviton

Mais la théorie des cordes ne fonctionne pas dans un univers à 3 dimensions, ni à 4, ni à 5…

Les efforts des physiciens d’unir les différentes théories des cordes se voient avortés car deux calculs devant aboutir à la même réponse donnent des résultats différents!

Cependant un nouveau calcul mathématique démontre que le fait d’obtenir 2 résultats différents ne présente pas en sois une anomalie ni une incohérence (Schwartz, 1984).

  • Cette nouvelle découverte mathématique permet d’établir le maillon manquant:
    • une corde est une particule (mécanique quantique) étalée (relativité, selon Einstein l’espace-temps peut s’étirer).
    • le graviton est la particule qui représente au niveau quantique la modèle de gravitation d’Einstein.

Les 20 constantes de la Nature

Cette théorie ne s’applique pas seulement au graviton.

Quand les scientifiques observent le monde:

  • Il semble qu’il existe environ 20 nombres qui décrivent notre univers (la masse des particules, intensité des forces…).
  • 20 constantes fondamentales de la Nature.
  • Ils ont été mesurés avec précision.
  • Mais personne ne sait pourquoi ces nombres ont les valeurs particulières qu’ils ont.

Problème: Si ces valeurs qu’on connaît étaient autres, notre univers n’existerait pas !
Question:

  • Pourquoi ces nombres sont-ils si finement réglés pour permettre de donner naissance aux étoiles, au planètes, etc…?
  • Pourquoi ces nombres ont ces valeurs qui permettent l’existence de notre univers et pas d’ autres valeurs?

Réponse: La théorie des cordes suggère que les valeurs de ces 20 nombres sont liés aux dimensions extras

  • Les 20 nombres dépendent des vibrations des cordes:
    • Comme si on avait un plan quadrillé d’innombrables nœuds,
    • constitués de dimensions extras entre-mêlées.
    • Les dimensions supplémentaires se referment sur elle-mêmes.
    • Elles s’emmêlent avec des géométries très complexes.
    • Ces vibrations sont modulées par la géométrie des dimensions supplémentaires dans laquelle se déplace et évolue la corde.
  • Donc si on savait exactement à quoi ressemblent les dimensions supplémentaires (on ne le sait pas encore):
    • On serait capable de calculer les schémas de vibrations.
    • Et donc calculer la valeur de ces 20 constantes.
    • Et si la réponse que l’on obtient des calculs correspond aux valeurs observées pour ces nombres par les mesures et les expériences déjà effectuées.
  • On aurait la première explication fondamentale qui décrirait pourquoi la structure de l’univers est telle qu’elle est.

Théorie M

Plusieurs théories des cordes:

  • La théorie des cordes bosonique qui propose 26 dimensions spatiales.
  • La théorie des supercordes suggère l’existence de 6 nouvelles dimensions qui s’ajoutent aux 3 dimensions de l’espace et à celle du temps (10 dimensions au total).
  • Ces dimensions supplémentaires seraient responsables de la vibration des cordes.
  • Cependant 5 différentes variantesde la théorie des supercordes ont vu le jour:
    • Elles ont toutes la même validité théorique.
    • Toutes reposent sur les cordes et l’existence de dimensions supplémentaires.
    • Mais dans les détails elles ne s’accordent pas.
    • Certaines font états de cordes ouvertes, d’autres de cordes fermées
    • On a montré qu’il existerait de l’ordre de 10^500 théories des cordes possibles.
    • On a un “paysage” de théories plutôt qu’une théorie unique.

Seulement l’introduction du nouvelle dimension (la 11ème) a permis de réunir ces variantes au sein d’une seule et unique théorie, appelée la théorie M.

  • En fait, on s’est rendu compte que la théorie des supercordes fonctionne bien dans ce cas de figure particulier qui est celui de:
    • 10 dimensions spatiales
    • 1 dimension temporelle
  • Enoncée en 1995.
  • Elaborée par Edward Witten.
  • Elle regroupe toutes les différentes versions dans un cadre théorique plus large.
  • Elle assume que les différentes théories des cordes sont des solutions particulères dans un éventail de situations déterminées.
  • Elle démontre que les 5 théories des cordes déjà existantes ne sont en réalité que 5 manières de regarder la même chose.
  • Edward Witten a donné la lettre “M” à sa théorie
    • Pour permettre de choisir ultérieurement un nom plus approprié selon que sa théorie s’avère juste ou fausse.
    • Plusieurs interprétations selon les goûts : Magique, Mystérieuse ou Mystique, Mère…

Multivers

L’introduction de la 11ème dimension permet de représenter non pas un univers, mais décrit différents univers parallèles.
Elle introduit un nouveau type d’objet: les Membranes (Branes).

  • Il faut imaginer ces univers parallèles comme des membranes géantes qui cohabitent symphoniquement.
    • Certaines de ces membranes ou univers pourraient avoir les même lois physiques que le nôtre (contenir de la matières, des planètes…).
    • D’autres univers pourraient être régis par des lois physique totalement différentes.
  • Ces univers évolueraient dans les dimensions supplémentaires que décrit la théorie M.
  • A ces membranes sont rattachées des cordes vibrantes ouvertes et minuscules.
  • Selon la théorie de la relativité générale d’Einstein, l’univers formé par le tissu espace-temps peut s’étirer.
  • Selon la théorie M, les dimensions peuvent se courber, mais aussi se déchirer
    • et créer de cette manière des raccourcis qui peuvent relier un point d’une membrane avec un point d’une autre membrane (d’un univers vers un autre univers).

Le graviton, responsable de la force de gravitation, serait une corde vibrante fermée:

  • Elle n’a pas d’extrémité pour se rattacher à une membrane.
  • Elle est donc libre de s’échapper
  • De se transmettre d’un univers à un autre au moyen de ces raccourcis.
  • Il existerait un mode de vibration qui correspondrait à la gravitation à l’échelle microscopique, qui résoudrait enfin le problème de la gravitation quantique.
  • Ce modèle de graviton permet de résoudre le conflitqui oppose:
    • L’intensité infiniment grande des 3 forces atomiques (électromagnétisme, interaction forte et interaction faible).
    • L’intensité apparemment infiniment plus faible de la gravitation.
    • La gravitation serait aussi une force très importante, mais son intensité serait répartie entre plusieurs univers parallèles au moyen des gravitons qui passent d’une dimension à une autre.

BigBang

  • La théorie M permet aussi de mieux comprendre l’origine de l’univers, le fameux Big Bang.
  • Le Big Bang serait le résultat d’une collision entre différentes membranes dimensionnelles.
  • Ce qui laisse à penser que plusieurs Big Bang peuvent avoir eu lieu et d’autres à venir sont aussi envisageables.

Unification

La théorie des cordes semble donc unifier en une seule théorie unique M:

  • Toutes les lois de l’Univers et les 4 forces fondamentales (gravitation, électromagnétisme, interaction forte et interaction faible).
  • Elle pourrait décrire:
    • Non seulement n’importe que phénomène physique que nous observons dans l’Univers.
    • Mais aussi expliquer comment et pourquoi le Cosmos est tel qu’il est.

Mais la théorie des cordes possède aussi son talon d’Achille:

  • Aucune expérience ne peut la vérifier et la corroborer à des échelles aussi petites.
  • Physique expérimentale vs Physique théorique.
  • Les détracteurs diront que la physique se définit comme une science expérimentale basée sur l’observation.
  • La théorie des cordes est-elle donc de la physique ou plutôt une sorte de philosophie, un courant de pensée…?
  • Le framework très ouvert et polyvalent de la théorie des cordes permet d’ajuster un certain nombre de paramètres de manière à s’accommoder de pratiquement à n’importe quelle observation, connues ou à venir:
    • Il est toujours possible de modifier et adapter la théorie pour expliquer un nouveau phénomène.

LHC

Un des objectifs du nouvel accélérateur de particules du CERN (LHC):

  • Effectuer une collision de particules à de très hautes énergies qui pourrait éjecter des débrisde nos dimensions dans les autres dimensions.
    • Si la différence d’énergie avant la collision est plus grande que celle après la collision.
    • => une partie de l’énergie se serait égarée dans d’autres dimensions.
  • Tenter de prouver l’existence du gravitonen collisionnant à des très grandes vitesses des particules.
    • Graviton qui pourrait apparaître lors d’une collision.
  • Les expériences prévues pour ces prochaines années au CERN sont donc cruciales pour valider ou non cette nouvelle théorie M prometteuse d’unification des lois de l’Univers…
          • Multivers
  • L’introduction de la 11ème dimension permet de représenter non pas un univers, mais décrit différents univers parallèles.
  • Elle introduit un nouveau type d’objet: les Membranes (Branes)
    • Il faut imaginer ces univers parallèles comme des membranes géantes qui cohabitent symphoniquement.
      • Certaines de ces membranes ou univers pourraient avoir les même lois physiques que le nôtre (contenir de la matières, des planètes…)
      • D’autres univers pourraient être régis par des lois physique totalement différentes.
    • Ces univers évolueraient dans les dimensions supplémentaires que décrit la théorie M.
    • A ces membranes sont rattachées des cordes vibrantes ouvertes et minuscules.
    • Selon la théorie de la relativité générale d’Einstein, l’univers formé par le tissu espace-temps peut s’étirer.
    • Selon la théorie M, les dimensions peuvent se courber, mais aussi se déchirer
      • et créer de cette manière des raccourcis qui peuvent relier un point d’une membrane avec un point d’une autre membrane (d’un univers vers un autre univers).
  • Le graviton, responsable de la force de gravitation, serait une corde vibrante fermée:
    • Elle n’a pas d’extrémité pour se rattacher à une membrane.
    • Elle est donc libre de s’échapper
    • De se transmettre d’un univers à un autre au moyen de ces raccourcis.
    • Il existerait un mode de vibration qui corresponderait à la gravitation à l’échelle microscopique, qui résouderait enfin le problème de la gravitation quantique.
    • Ce modèle de graviton permet de résoudre le conflit qui oppose:
        • L’intensité infiniment grande des 3 forces atomiques (électromagnétisme, intéraction forte et intéraction faible).
        • L’intensité apparemment infiniment plus faible de la gravitation.
        • La gravitation serait aussi une force très importante, mais son intensité serait répartie entre plusieurs univers parallèles au moyen des gravitons qui passent d’une dimension à une autre.
  • BigBang:
    • La théorie M permet aussi de mieux comprendre l’origine de l’univers, le fameux Big Bang.
    • Le Big Bang serait le résultat d’une collision entre différentes membranes dimensionnelles proposées par la théorie.
    • Ce qui laisse à penser que plusieurs Big Bang peuvent avoir eu lieu et d’autres à venir sont aussi envisageables.
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Podcast Science 06 – A la recherche du graviton (mp3)

On 07.10.2010, in mp3, by Podcast Science
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La théorie des cordes 2/2 et Zarmina, l’exo-planète habitable

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Cette semaine, grand moment à plus d’un titre:

Séquence émotion no 1 : Nous avons 42 fans sur notre page Facebook, et pour rappel, 42 est la réponse à l’ultime question de la vie, de l’univers et tout. Tout grand merci à  @xavieragnes pour le coup de pub! Ainsi qu’à @alexip et à notre ami @anhtuann pour leur promo sans réserve!

Séquence émotion no 2: Mathieu est arrivé à bout (de la moitié) de ses peines et nous livre cette semaine le dossier tant attendu sur la théorie des cordes, épisode 1! Il est en ligne ici

Et pour vos longs dimanches d’automne pluvieux, le fameux documentaire obligatoire d’Arte mentionné par Mathieu: Ce Qu’Einstein Ne Savait Pas Encore en 3 épisodes sur DailyMotion et ici même:

1. Le rêve d’Einstein


Ce Qu’Einstein Ne Savait Pas Encore 1/3
envoyé par T3RPR0. – L’info internationale vidéo.

2. La théorie des cordes


Ce Qu’Einstein Ne Savait Pas Encore 2/3
envoyé par T3RPR0. – Regardez les dernières vidéos d’actu.

3. Bienvenue dans la 11e dimension!


Ce Qu’Einstein Ne Savait Pas Encore 3/3
envoyé par T3RPR0. – L’info internationale vidéo.

Sinon, petite news en passant: des briques anti-co2 http://www.popsci.com/science/article/2010-09/new-process-turns-co2-carbonate-bricks

Et la quote de la semaine:

“Les mots sont modelés sur des objets à notre échelle. Ils ont acquis leur efficacité en s’adaptant à des phénomènes ou à des évènements de notre monde quotidien. Aussi quand on aborde des réalités à une autre échelle, les mots deviennent facilement des obstacles” (Hubert Reeves)

Prochain enregistrement le jeudi 7 octobre.

Bonne semaine à tou-te-s!

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Cette semaine, il s’agit de poser le décor et d’expliquer dans quel contexte la théorie des cordes s’inscrit. La théorie elle-même sera abordée la semaine prochaine.

Un peu d’histoire d’abord:

Newton

Newton au XVII ème siècle a découvert la force de gravitation:

  • il comprend comment calculer la force de gravitation (F=mg).
  • il ne comprend pas comment elle fonctionne, quel en est le mécanisme fondamental, son essence.

Comme on le verra un peu plus tard, c’est ce qui va pousser Einstein à tenter de répondre à cette question pour comprendre comment fonctionne la gravitation

Selon la loi de la gravitation universelle de Newton:

  • le champs de gravitation du soleil maintient les planètes en orbite autour de lui.
  • si le soleil s’éteint, sa force de gravitation disparaît et les planètes sortent instantanément de leur orbite pour dériver dans l’espace.

Einstein

Selon la théorie de la relativité générale d’Einstein (1907):

  • rien ni la force de gravitation ne peut voyager plus vite que la lumière (300’000 km/s)
  • et la lumière met 8 minutes pour arriver à la Terre depuis le Soleil.
  • Comment donc la Terre pourrait-elle quitter son orbite instantanément (selon Newton) avant que l’obscurité n’arrive à la Terre?

Einstein propose une nouvelle approche de la force de gravitation pour résoudre ce conflit, en résumé:

  • il dit que le médium qui transmet la gravitation, c’est l’espace lui-même
  • Selon Einstein, les 3 dimensions de l’espace et la dimension du temps (en tout 4 dimensions) sont liées dans un même tissu espace-temps.
  • il dit que l’espace est lisse et plat si aucune matière est présente
  • Mais si de la matière est présente, comme le soleil par exemple, ça provoque:
    • un déformation de ce plan
    • une courbe dans l’espace-temps
  • On peut imaginer une pomme qui déformerait un drap/tissu flottant
  • Les astres et planètes évoluent le long de ce tissu et déforment l’espace autour d’eux
  • Leurs poids déforment la surface de l’espace-temps comme s’il s’agissait d’un trampoline
  • C’est cette déformation qui transmet la force de gravitation
  • Les déformations de la surface du tissu espace-temps seraient la cause de la gravitation
  • Le soleil a courbé l’environnement spatial autour de lui
    • ce qui crée un sorte de vallée autour de lui
    • la terre roule le long de cette vallée
    • et c’est ce qui maintient l’orbite de la terre autour du soleil
  • cf image de l’espace-temps ci-dessous:
Wikipedia: Courbure de l'espace temps

Wikipedia: Influence d'une masse (ici la Terre) sur l'espace temps

Selon cette théorie:

  • la Terre n’est pas maintenue en orbite autour du soleil à cause du champs de gravitation de celui-ci comme l’a décrit Newton
  • mais suit plutôt les courbes de gravité du tissu espace-temps générées par le poids du Soleil.
  • Ainsi si le Soleil disparaît, la variation de masse résultante créerait des ondes de perturbation (comme des vagues) sur le tissu espace-temps.
  • Ces ondulations voyageraient à la vitesse de la lumière jusqu’à la Terre qui sortirait alors de son orbite.
  • En fait la théorie de la relativité générale définit la force de gravitation comme des courbes dans le tissu espace-temps générées par des objets lourds (étoiles, planètes…)
  • Ce modèle décrit un Univers organisé et prévisible.

Il ne reste plus à Einstein qu’à unifier la force de gravitation avec l’unique autre force connue à cette époque, la force électromagnétique

  • et toutes les lois de l’Univers seraient ainsi décrites au moyen d’une seule équation maîtresse.

Force Electromagnétique

  • Ce sont les équations de Maxwell-Lorentz qui constituent le postulat de base qui permet de réunir en une seule force électromagnétique la force électrique et la force magnétique.
  • Pour Einstein, les équations de Maxwell-Lorentz et la théorie de la relativité générale réunies au sein d’une seule et unique théorie réveillerait la nature de l’Univers.
  • Mais Einstein se heurte à un problème, la force de gravitation est infiniment plus faible que la force électromagnétique.
  • Ce conflit rend incompatible une théorie unique de l’Univers.

La Mécanique Quantique

C’est alors qu’apparaît la mécanique quantique

  • qui étudie les interactions qu’il existe entre les particules infiniment petites qui composent la matière.
  • La mécanique quantique définit 2 nouvelles forces atomiques qui viennent s’ajouter à la force de gravitation décrite par Einstein et à la force électromagnétique définie par Maxwell et Lorentz:
  • De plus, la mécanique quantique affirme qu’à l’échelle des particules règne l’incertitude.
  • C’est-à-dire, elle prône que l’issue d’une expérience est imprévisible (alors que pour rappel, Einstein décrit l’Univers comme organisé et prévisible!).
  • Les résultats ne peuvent uniquement être prédits qu’en termes de probabilité.
  • De plus, la mécanique quantique confirme que l’intensité des forces atomiques et de la force électromagnétique est infiniment plus élevée que l’intensité de la force de gravitation.

La différence d’intensité énorme qu’il existe entre les forces atomiques et la force de gravitation pose des problèmes:

  • Comment opère donc la force de gravitation au niveau des particules et quel est son rôle?
  • Elle est beaucoup trop faible pour maintenir unies les particules au sein du noyau.
  • Donc comment mettre en relation la force de gravitation et les forces atomiques?
  • Les équations de la relativité générale d’Einstein définissent très bien la force de gravitation comme une déformation du tissu espace-temps, mais quand on entre dans le monde sub-atomique la gravitation semble ne pas exister.
  • Les formules mathématiques de la mécanique quantiques expliquent très bien comment se comportent les particules sub-atomiques, mais ignorent complètement la force de gravitation.
    • Elle n’en a d’ailleurs pas besoin pour décrire le mouvement des particules.
  • C’est pour cette raison que lorsque le mécanique quantique s’applique aux systèmes macroscopiques (du domaine de la relativité), elle ne fonctionne pas.

Trou noirs

Certains comportements de l’Univers, comme par exemple les trous noirs, ne peuvent pas être expliqués complètement.

Les trous noirs

La Question: Pour analyser les trous noirs faut-il faire appel à la théorie de la relativité générale car l’étoile est compressée en un point très lourd ou faut-il plutôt s’appuyer sur la mécanique quantique car l’étoile est minuscule ?

  • On voit que si on applique les deux théories elles se heurtent au niveau des résultats et leurs prédictions sont incohérentes.

Le Conflit existant entre les deux théories

  • Le fait que tant la relativité que la mécanique quantique ne fonctionnent pas dans certains scénarios implique qu’il y a quelque chose d’incomplet dans ces théories. Cela empêche d’élaborer une Théorie du Tout “parfaite” qui fonctionne toujours
    • un modèle qui permettrait d’unifier et de réunir la théorie de la relativité générale d’Einstein (physique de l’infiniment  grand) avec celle de la mécanique quantique (physique de l’infiniment petit).
    • une Théorie unique du Tout capable de décrire tant les phénomènes du monde macroscopique que ceux du monde microscopique.
    • qui permettrait de définir l’Univers à toutes les échelles.
    • qui reflète les fondements ultimes qui régissent l’Univers.
    • un modèle qui démontrerait au moyen d’une seule équation mathématique que toutes les forces de l’Univers sont régies par ces 4 forces fondamentales (gravitation, électromagnétisme, interaction forte et interaction faible).
    • l’objectif est réellement d’atteindre l’expression mathématique finale qui nous amènerait à comprendre tout le Cosmos

La théorie des cordes

  • L’objectif de la théorie des cordes est de résoudre ce conflit.
  • La théorie des cordes est une approche complètement nouvelle de considérer la matière fondamentale et les forces qui agissent dans l’Univers.
  • Son originalité donnent des perspectives de pouvoir enfin unifier la théorie de la relativité générale avec celle de la mécanique quantique.
  • Son modèle mathématique basé sur les équations d’Euler

La suite, la semaine prochaine!

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La théorie des cordes 1/2

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