Chères poditrices, chers poditeurs, bonsoir! Dans l’épisode précédent la semaine dernière, nous nous sommes bien a-”mue”-sés avec les petites bêtes de Taupo. Dans cet épisode, nous restaurons l’équilibre entre le monde animal et le monde végétal, puisque nous parlerons de plantes. Bon, pas que de plantes en réalité, mais aussi d’insectes… l’ennemi numéro un des végétaux. Alors les plantes sont-elles sans défense contre l’agresseur insectes ? Pour répondre à cette question, nous accueillons Cloé Villard, doctorante au Laboratoire Agronomie et Environnement de Nancy pour nous raconter comment les plantes luttent contre un monde qui les oppressent.
Nous sommes le mercredi 6 mars de l’an 2019, vous êtes dans l’émission 365, bienvenue sur Podcast Science !
Tour de table
Tupe, depuis Paris dans le salon de Claire,
Eléa, et Pascal, séparément mais tous 2 depuis l’Alsace,
“Plants live out their lives in ways which are every bit as sophisticated, awe-inspiring and wonderful as the lives of animals. And yet most people don’t give plant a second thought.”
Les plantes vivent une vie aussi sophistiquée, impressionnante et merveilleuse que celle des animaux. Et pourtant, la plupart des gens n’y prêtent aucune attention. »
DALE WALTERS – FORTRESS PLANT: How to survive when everything wants to eat you.
Le quiz du mois :
“Savoir faire un U avec sa langue est génétique, info ou intox?”
Annonces :
Si vous êtes dans la région de Lyon le weekend du 13 et 14 avril 2019, Lyon Science rouvre ses portes. Le festival est gratuit, et si vous avez les moyens vous pouvez les aider à financer via leur page de crowdfunding sur lyon-sciene.fr.
Si vous êtes déjà un peu spécialiste de biologie végétale, vous pouvez aussi participer au mini-congrès organisé par les doctorants du LAE de Nancy.
La Chatroom
L3 G33K: Bonsoir ! Quel est le programme de ce soir ? Eléa HEBERLE: Au menu ce soir CloCloMono parle des plantes contre le monde 😀 L3 G33K: Comme la semaine dernière ? (ou alors c’est la date qui n’est pas à jour) Eléa HEBERLE: Non c’est la date qui va pas Eléa HEBERLE: la semaine dernière c’était taupo L3 G33K: Oki 🙂 L3 G33K: (j’ai raté les deux derniers opus, cause indisponibilité) Eléa HEBERLE: ca arrive même aux meilleurs Eléa HEBERLE: 😉 Cleora: B’soir oui on entend 🙂 Cleora: Cloé en tout bas L3 G33K: Oh déjà du son ? Eléa HEBERLE: Oui on fait des tests sons L3 G33K: Ah oui en effet ! HydroxyChloride: ‘soir 🙂 Eléa HEBERLE: Bonsoir brusicor 🔵₂: Bonsoir ! Eléa HEBERLE: Bonsoir brusicor 🔵₂: On n’a pas de son ? Eléa HEBERLE: Ca vient Eléa HEBERLE: Tupe et Claire se battent avec un chat L3 G33K: Quelle idée saugrenue que de se battre avec un chat ??? Serfeuil: Bonsoiiiiiir Eléa HEBERLE: C’est le chat qui a commencé Eléa HEBERLE: il fomente un complot contre notre émission Claire: Je suis sympa Claire: je garde le chat d’une copine Claire: il m’aime pas L3 G33K: Arf brusicor 🔵₂: DU SOOOOOOON ! Serfeuil: on est d’accord, ça n’a pas commencé? Serfeuil: *paumée Eléa HEBERLE: ça n’a pas commencé Eléa HEBERLE: On attend que tout le monde soit prêt El��a HEBERLE: mais on broadcaste déjà brusicor 🔵₂: Si, on vous entend L3 G33K: Ah ! Le son est là HydroxyChloride: Si je clique play, ça marchera ptèt mieux é_è L3 G33K: J’ai été obligé de F5 la page et de reco elfredo: Bonsoir à tous! Eléa HEBERLE: Oui, pour ceux qui n’entendent toujours pas, vous Eléa HEBERLE: rafraichissez HydroxyChloride: pas sûr que je reste car je veux pas me spoil ^^ PS accompagne mes trajets maison-boulot ^^ HydroxyChloride: Bonne émission 🙂 brusicor 🔵₂: *une secte, c’est féminin Lutine: hello tout le monde ! Pascal: Salut Lutine Pascal: @Lutine tu pourrais etre quelqu’un que je connais qui est là incognito ? Lutine: lol Lutine: je suis super incognisto 8) brusicor 🔵₂: J’aurai plutôt dit intuitivement le contraire : comme on est immobile et qu’on ne peut pas fuir comme un lâche, il faut être encore plus badass. Lutine: j’avoue ^^ Lutine: l’angoisse Lutine: nickel ! Lutine: on reste dans l’art de la guerre 🙂 Cleora: Teasing de fou ! Serfeuil: OUaiiis c’est cool 🙂 GPif: Bonsoir ! Pascal: salut @GPif Serfeuil: Salut! Pascal: ces dessins… nyves: hello nyves: je fais que passer * Pascal desteste le gens qui savent dessiner #jalousie Pascal: salut @nyves nyves: rentrer trop tard du taf, plein de truc à faire Eléa HEBERLE: Pour ceux qui sont là pour la première fois : vous pouvez poser des questions avec @ps nyves: un joli bug, peut être du à une différence de version de java entre deux environnement 🙁 nyves: C’est vrai que les dessins sont magnifiques Claire: Pas facile d’écouter en essuyant en même temps les stratégies de défense du chat Eléa HEBERLE: Il a l’air atroce ce chat Claire: t’as vu l’attaque via skype ou pas ? Pascal: Les miens, je les mets dehors dans ce cas là Claire: T’AS HATE DE VENIR VENDREDI HEIN ELEA Eléa HEBERLE: OUI J’AI HATE Pascal: mais bon, c’est plus simple à la campagne Claire: vendredi c’est pour toi les scarifications de mains Eléa HEBERLE: je vais dresser ton chat, t’inquiète Claire: c’est PAS mon chat Claire: JAMAIS je prends un chat Serfeuil: les insectes? Lutine: les bactéries ? Lutine: dans les deux catégories d’ailleurs Lutine: amis et ennemis Cleora: les dragon-vaches Lutine: ah ! les champignons ! Cleora: les champignons L3 G33K: insectes, champignons, animaux, parasites… Serfeuil: des mammifères? Lutine: ouais des piafs L3 G33K: autres plantes aussi L3 G33K: la météo L3 G33K: (froid, chaud…) Cleora: 😮 c’te photo Eléa HEBERLE: Formidable n’est ce pas? Lutine: vas y je flippe là Lutine: j’étais encore dans mon rôle de plante Serfeuil: on sent la folie meurtrière dans les yeux écartés Lutine: oh <3 Lutine: il est super mignon cet escargot Lutine: ah oui ! ils font des dessins sur les feuilles ! Lutine: les nématodes Pascal: J’en ai pris un adorable en photo une fois Lutine: ouais ou son ton pied à la piscine Lutine: berk Eléa HEBERLE: XD Lutine: @ps y’a pas des champignons qu’on aime avoir sur les vignes pour faire certains vins ? nyves: bon, je vous laisse nyves: j’ecouterai ca en replay nyves: a+ Lutine: ‘nne nuit 🙂 Lutine: vaguement on dirait du fromage !! Pascal: Bonne nuit @nyves Lutine: ah cool, merci ! Lutine: j’étais plus sûre d’avoir entendu ça Claire: @Pascal a part sortir le chat, tu fais quoi quand il te défonce les bras ? Claire: Une tape ? J’ai l’impression que ça fait que l’énerver encore plus quand je me débats Pascal: je les files aux enfants 😉 Claire: bestancerever Claire: answer Pascal: plus serieusement, je les mets juste dehors, et comme ils ont dépassé l’adolescence, c’est plutot rare Pascal: et le plus jeune, quand ils veut se battre, il se jette sur la plus veille… qui le corrige vite fais Claire: Je l’ai jusqu’au 17mars… Claire: Je vais peter un cable avant Serfeuil: LES POILS? Lutine: des trucs chimiques ? genre, des espèces de phéromones ? Serfeuil: les hormones? Lutine: “bim ça sent la vache” Cleora: chimique, quand la feuille se coupe Pascal: ca sent la girafe surtout L3 G33K: @brusicor 🔵₂ en PLS Serfeuil: le stress mécanique? brusicor 🔵₂: J’ai bien fait de ne pas lire le chat alors. ^^ Serfeuil: VOILA LE STRESS MECANIQUE Serfeuil: VZIU?IAZ?B L3 G33K: Oui ! Y’en a qui replient leurs feuilles, et les carnivores qui mangent Lutine: LES POILS 😀 Serfeuil: LES POIIILS Lutine: t’avais raison Lutine: ahaha Serfeuil: Genre je crois que les marguerites sont poilues Serfeuil: mais que les poils vont que dans un seul sens et sont rigides Eléa HEBERLE: Quasiment toutes les plantes sont poilues. Sérieux Serfeuil: ouais mais des poils rigides qui vont dans un seul sens? Serfeuil: excuse je suis pas biologiste végétale! Pascal: @claire tu n’as pas cité les chats comme aggresseur Lutine: :p Eléa HEBERLE: ah non elles ont toutes des poils différents Pascal: @Serfeuil elea non plus brusicor 🔵₂: @ps cis-3-hexènal ? Claire: @Pascal le chat c’est mon agresseur à moi Serfeuil: @Pascal même les plantes grasses sont poilues du coup? Lutine: ah mais faut pas dépoussiérer ses plantes du coup Pascal: ben moi, je n’y connais pas grand chose. C’est @Eléa HEBERLE la spécialiste Lutine: merde Pascal: (meme si elle n’est pas biologiste végétale) Serfeuil: j’ai pas dit ça méchament, mais si elle est spécialiste elle s’y connait déjà beaucoup mieux que moi aha ^^ Eléa HEBERLE: Nan mais j’ai jamais vu des poils de marguerite en vrai, de près Eléa HEBERLE: donc je sais pas dans quel sens ils vont Eléa HEBERLE: demain j’en cueille une pour savoir Lutine: @ps comment elle entends la plante ? c’est comment l’organe de détection ? Serfeuil: Héhé je peux répondre à cette question D Serfeuil: les poils vont vers le bas Serfeuil: petite anecdote croustillante des urgences médicales :l Eléa HEBERLE: il me faut une photo. Eléa HEBERLE:https://link.springer.com/article/10.1007/s00442-014-2995-6 Lutine: wouaaah l’avenir de la botanico-phonétique Lutine: 😀 Lutine: ouais faut fatalement un truc vibratoire Cleora: En lien avec le son j’avais lu passé ça un jour https://www.geo.fr/environnement/les-fleurs-entendent-et-emettent-des-sons-pour-ameliorer-leur-pollinisation-194270Mais c’est encore autre chose Lutine: LES TRUCS CHIMIQUES Lutine: ahaha Eléa HEBERLE: @Cleora Hyper intéressant comme article, je vais essayer de le décortiquer Lutine: la phonéticienne en moi est toute ébaubie Eléa HEBERLE: C’est un tout nouveau domaine la perception du son chez les végétaux Lutine: <3 Eléa HEBERLE: très controversé, parce que designer des expériences très carrées là dessus est souvent compliqué Lutine: tu m’étonne brusicor 🔵₂: Donc le duo des Vamp, c’était en fait des motifs moléculaires associés aux virus ? 😮 Eléa HEBERLE: EXACTEMENT. Lutine: #etLaLumiereFut Eléa HEBERLE: #Voussachez. Lutine: hihihi Lutine: la bave de chenille atteint définitivement la verte colombe L3 G33K: Certains enfants bavent aussi quand ils mangent ^^ Eléa HEBERLE: J’ai pas osé le dire à l’antenne Lutine: ouais les adultes aussi mais souvent ils le cachent mieux Serfeuil: Du vomi d’insecte 👌👌👌 Lutine: ouais mais des fois on mange ces trucs Lutine: #MielDeSapin L3 G33K: Non pas du tout Serfeuil: La quintessence du style Lutine: du vomi d’abeille de caca de puceron quand même Lutine: ahaha L3 G33K: J’ai le vaccin Taupo depuis quelques années… Lutine: et donc tu baves plus ? 😉 Eléa HEBERLE: nan il vomit plus quand on parle de trucs dégueus Lutine: aaaah c’était donc ça 😀 L3 G33K: ^^ L3 G33K: La bave, les trucs plein de pattes, les trucs gluants, les parasites… Je suis habitué maintenant :p Lutine: tu peux avoir des gosses !! L3 G33K: MDR Cleora: Super intéressant cette partie ! Parce que là on reste au niveau moléculaire, mais on pourrait croire à une psychologie des plantes avec cette différenciation de soi par rapport au non-soi, mais aussi les autres ‘amis’ de sa propre espèce par exemple. Lutine: ouais genre les accaccias qui sont copains avec des fourmis, là Lutine: ahaha c’est le plan vigipirate ! Claire: le chat est en train de bouffer ma plante. Elle reçoit quoi comme signaux ? Eléa HEBERLE: des DAMPs et des HAMPs Eléa HEBERLE: Achète une plante toxique Lutine: ouais Lutine: le doliprane Lutine: lol Lutine: ah oui aspirine Lutine: quelle neuneu Lutine: nickel 🙂 Lutine: nan c’est cool 🙂 L3 G33K: Ca va ici aussi Lutine: finalement c’est un peu genre t’as la grippe ET tu te coupe le doigt Lutine: y’a plusieurs réponses L3 G33K: Ca reste moins compliqué que le site web de la SNCF pour acheter un billet avec 3 correspondances Lutine: ahaha tellement Lutine: LES FEUX DU ROHAN Lutine: wait c’est quoi lintérêt de sauver les autres espèces ?? Lutine: je veux dire, ça fait de la concurrence finalement L3 G33K: Ca me rappelle le souci des tricératops malades brusicor 🔵₂: @ps C’était avec de l’éthylène qu’ils communiquaient Eléa HEBERLE: oui Lutine: AH Eléa HEBERLE: Hop, j’ai retrouvé l’histoire du meurtre du grand koudou Eléa HEBERLE:https://twitter.com/plantoscope/status/836830362424774656 L3 G33K: Là on est un peu comme pour faire 3km de banlieue à banlieue à Paris : faut remonter jusqu’à châtelet puis repartir vers la destination Serfeuil: Châtelet, le sang Lutine: tellement 😀 Eléa HEBERLE: Combien de parisiens dans la chatroom là ? L3 G33K: Occasionnel (heureusement pour moi…) Serfeuil: Ex parisienne qui est retournée dans sa petite ville de province adorée fredalia: match kudu accacia https://www.youtube.com/watch?v=_kM-D8fDtCA Eléa HEBERLE: Plante : 1 , Kudu : 0 L3 G33K: Ah ! De la bave 😍 Eléa HEBERLE: ça nous avait manqué Cleora: Ha va falloir réviser alors ! ^^ Lutine: mais trop !! Lutine: TEAAAASING Lutine: AHAHA Serfeuil: Cloé, le tact. 😂😂😂 Cleora: *avec ou sans hyperactivité ^^ Lutine: ahaha j’allais la faire brusicor 🔵₂: C’est aussi la semaine des maths, mais ils choisissent toujours leur date n’importe comment. 😅 Lutine: mais nooon plus avec nous Lutine: nous, on sait Lutine: 🙂 L3 G33K: Un U avec la langue ? Serfeuil: C’est une info ! Serfeuil: Certaines personnes font des M et c’est génétique aussi 😀 Agness: Un w c est mieux brusicor 🔵₂: Et je remarque également que c’est aujourd’hui le jour de l’anniversaire du tableau périodique et qu’on n’a toujours pas de PS sur la chimie. 😔 Claire: @brusicor 🔵₂ 27 mars Claire: pas le tableau Claire: mais hydrogène et energie L3 G33K: hydrogène et énergie… Chimie ou physique du coup ? Claire: chimie Claire: ALWAYS L3 G33K: « donniez donniez donniez… » ^^ brusicor 🔵₂: \o/ Claire: @L3 G33K ça traine tjs dans un coin de ma tête L3 G33K: oki, j’ai tendance à associer le couple hydrogène/énergie à la fusion nucléaire plsu qu’à la chimie ^^ Lutine: merci !!!!! Cleora: Merci Cloé Lutine: vous gérez, les gens Lutine: oui on t’entends Cleora: Bonne soirée Serfeuil: Merci Cloé 😀 Agness: 🌱 elfredo: Bonsoir à tous! Lutine: bonne nuit tout le monde ! Eléa HEBERLE: Bonne nuit <3 Merci d’être venus L3 G33K: BN L3 G33K: BN ! brusicor 🔵₂: Bonne nuit !
Ce dossier a été réalisé par Cloé Villard, doctorante en biologie au laboratoire Agronomie et Environnement de Nancy, et présentée par elle dans l’épisode Podcast Science #365.
Partie 1 : L’information est le nerf de la guerre
I.Introduction sur la badassitude suprême des plantes
Aujourd’hui, on va donc parler de plantes. Mais si je vous parle de plantes, il y a des chances pour que la première image qui vous vienne à l’esprit soit celle d’un petit machin vert avec de belles fleurs colorées qui sentent bon. Un petit truc qui ne bouge pas, qui ne fait pas de bruit et dont le seul intérêt serait de mettre un peu de couleur au fond de votre jardin. Bref, un truc passif qui n’intéresse que quelques illuminées comme Eléa ou moi ! Pourtant, quand on prend le temps de les examiner d’un peu plus près, on se rend compte que les plantes ne sont pas si inintéressantes que ça, bien au contraire : d’abord, les plantes sont à la base de notre alimentation, ce qui n’est pas négligeable. Ensuite, elles maîtrisent des technologies de pointe comme l’exploitation de l’énergie solaire via la photosynthèse, ou encore le clonage, qui leur permet de se reproduire de façon asexuée.
Mais malgré ça, les plantes ont une image qui leur colle à la chlorophylle : comme elles ne se déplacent pas et qu’elles se présentent sous des formes fines et délicates, on a souvent tendance à penser qu’elles sont faibles et vulnérables, à la merci de la première chenille qui voudra les grignoter.
Image réalisée par Cloé Villard
Eh bien, laissez-moi vous dire que cette idée ne pourrait pas être plus fausse : les plantes ne sont pas de petits êtres innocents et vulnérables, ce sont des vétérans rompus aux arts de la guerre qui n’ont aucune pitié pour leurs attaquants. Ainsi, la chenille qui voudra mettre une plante à son menu à intérêt de bien se préparer si elle ne veut pas que son petit déjeuner ait raison d’elle.
Vous en doutez ? Revenons un peu en arrière : les premières plantes terrestres sont apparues il y a quelques 470 millions d’années tandis que la terre s’est mise à grouiller d’insectes il y a 320 millions d’années. Cela fait donc des centaines de millions d’années que les plantes sont prises pour cibles par de nombreux herbivores. Mais malgré ces millions d’années d’attaques acharnées, les plantes n’ont pas disparu. Elles sont toujours là, très nombreuses, sous des formes très diverses et dans des environnements très différents ! Cette explosion végétale montre bien que, même si elles ne peuvent pas prendre leurs jambes à leur cou quand un attaquant pointe le bout de son nez, les plantes ont trouvé des moyens pour survivre et résister à tous ceux qui essaient de les dévorer, encore… et encore… et encore ! Elles ont même survécu aux attaques de gros dinosaures herbivores, c’est dire. Mais ce qui est encore mieux, c’est qu’après ces millions d’années à être confrontées à des ennemis variés, les plantes ont développé des défenses impressionnantes qui sont un savant mélange entre fortifications, armes physiques, armes chimiques, ou même alliances de guerre. Oui, oui, vous avez bien entendu. Fortifications, armes et alliances.
Image réalisée par Cloé Villard
Car contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette guerre qui se déroule au quotidien entre les plantes et le reste du monde est une succession de combats épiques et acharnés dignes des plus grands films Hollywoodiens. Ainsi, si vous êtes prêts à oublier vos idées reçues selon lesquelles les plantes seraient frêles et vulnérables, je vous souhaite la bienvenue dans ce monde fascinant mais ô combien dangereux qu’est le royaume végétal.
Vous l’aurez compris, je vais vous présenter un dossier sur la défense des plantes, mais comme il y a énormément de choses à dire là-dessus, ce dossier va être découpé en deux émissions. Et ça tombe bien puisque deux choses sont indispensables quand on veut survivre à une bataille : bien sûr, il faut être équipé d’armes et d’armures suffisamment efficaces pour résister aux coups portés par l’ennemi et pour le mettre en déroute… Mais disposer des meilleurs équipements est complètement inutile si l’on ne dispose d’aucun système d’information et de surveillance. Par exemple, vous aurez beau posséder l’arme ultime vous permettant de repousser n’importe quel attaquant, si vous n’entendez pas votre ennemi s’approcher en douce derrière vous, il pourra vous trancher la gorge avec un simple couteau avant même que vous n’ayez eu le temps de réaliser ce qui vous arrive. Et bien pour les plantes, c’est pareil : l’information est le nerf de la guerre.
Aujourd’hui, je vais donc vous présenter les attaquants des plantes et vous parler des systèmes d’information, de surveillance et d’alerte qui sont impliqués dans les défenses végétales. C’est-à-dire qu’on va sonner le branle-bas de combat et rassembler les troupes pour préparer la plante à l’affrontement brutal que je vous prépare pour la prochaine fois. Au passage, petit teaser : le prochain épisode devrait satisfaire les esprits les plus sadiques puisqu’on se concentrera sur les mécanismes qui permettent à la plante, non seulement de résister aux assauts de l’ennemi, mais aussi de le repousser, de le torturer, de l’engluer, de l’empaler, de l’empoisonner, de le droguer, ou de le piéger de milles autres façons… Bref, que des réjouissances, car vous allez voir : les plantes sont des organismes ultra-badasses qui ne laissent rien au hasard.
II. Avant de commencer : bases et enjeux liés à la défense des plantes
OK. Avant de rentrer dans le vif du sujet, j’aimerai commencer par vous sensibiliser rapidement aux enjeux liés à la défense des plantes. En agronomie, la protection des cultures est un sujet primordial car même si les plantes savent se défendre par elles-mêmes, les conditions dans lesquelles on les cultive en font des proies faciles pour leurs attaquants. Pourquoi ? Deux raisons : Déjà, parce que les conditions de culture visent à optimiser la croissance et la production, ce qui peut se faire au détriment de la défense. Mais aussi parce que généralement, quand on plante un champ de blé, on ne veut que du blé à cet endroit-là. Voire, qu’une seule variété de blé. Voire, que des blés avec le même matériel génétique. C’est-à-dire, un champ entier de plantes qui ont toutes plus ou moins les mêmes défenses. Et ça, c’est une véritable aubaine pour les ravageurs, puisque la bébête qui réussira à surmonter les défenses d’une plante pourra venir à bout de n’importe quelle plante de ce champ. Et une culture qui ne réussit pas à se défendre, ça se traduit par des réductions de rendement et une qualité de récolte altérée qui peut conduire à des risques sanitaires. Autrement dit, vous risquez de ne plus rien avoir à manger car ce qui n’aura pas été englouti par les herbivores sera abimé par la maladie au point d’en devenir impropre à la consommation.
Protéger nos cultures et les aider à se défendre de façon efficace et durable est donc essentiel, mais ce n’est pas une chose facile, au contraire, c’est tout un art. Et pour y arriver, il est très important d’étudier et de comprendre les mécanismes de défense des plantes.
Ceci étant dit, je vais fermer cette parenthèse sur l’agriculture, parce que je ne vais pas vous présenter la défense des plantes vue par un agriculteur qui essaie de protéger ses cultures… mais plutôt vous présenter la défense des plantes… vue par les plantes elles-mêmes. Et pour vous permettre de mieux comprendre tout ce qui va suivre, on va faire une petite expérience immersive, dans la peau d’une plante.
Je vais donc vous demander de fermer les yeux un instant. Fermez les yeux et imaginez que vous êtes une plante, au milieu d’un champ. Ou plutôt, imaginez que vous êtes le maître d’une petite forteresse solidement enracinées au milieu d’un champ de bataille – C’est la même chose.
Image réalisée par Cloé Villard
Au cœur de votre plante-forteresse se cachent des trésors qui doivent être défendus à tout prix contre les ennemis qui veulent s’en emparer. Ces trésors, ce sont des ressources et de l’énergie, des « briques élémentaires du vivant » dont ont besoin tous les organismes pour se développer. Les plantes, en réalisant la photosynthèse, sont capables de produire ces ressources à partir d’énergie lumineuse et d’éléments minéraux. Mais tous les organismes ne sont pas capables de le faire, loin de là. Alors, pour obtenir les ressources et l’énergie dont ils ont besoin, les organismes qui ne savent pas les fabriquer eux-mêmes choisissent de s’attaquer à ceux qui les possèdent… pour leur dérober… Les plantes, par exemple. Ainsi, si une vache broute de l’herbe, c’est pour récupérer les ressources et l’énergie contenue dans cette herbe… Mais, vous vous en doutez bien, la vache n’est pas le seul ennemi des plantes, loin de là : il y a des armées entières d’herbivores qui guettent, tapis dans nos villes et dans nos campagnes.
Au cœur du royaume végétal, vous êtes donc une petite plante-forteresse qui abrite de précieux trésors derrière ses murailles. Vos trésors sont convoités par des hordes d’ennemis qui vont tenter de vous piller en utilisant des stratégies variées : d’abord, il y a de gigantesques dragons capables de détruire un pan entier de votre forteresse d’un simple coup de griffe – ces dragons, on le verra juste après, ce sont par exemple de grosses vaches. Ensuite, il y a des armées de soldats qui utiliseront leur nombre pour créer une brèche dans vos murailles. Et enfin, il y a des espions qui tenteront de s’introduire dans votre forteresse et de subtiliser le plus de ressources possibles sans laisser la moindre trace de leur présence. Ces agresseurs peuvent lancer l’assaut à tout moment et attaquer de façon répétée, jour après jour, sur plusieurs fronts et avec plusieurs armées… ou alors, ils peuvent se cacher quelque part, pendant des mois, pour peaufiner de nouveaux plans d’attaques qui vous prendrons au dépourvu. Face à ces dangers multiples qui peuvent vous tomber dessus n’importe quand, comment survivre ? Comment empêcher l’ennemi d’envahir votre forteresse, de la piller, et de vous laisser pour mort ? La réponse est simple : il faut vous défendre. Il faut vous défendre en surveillant vos ennemis et en préparant une riposte foudroyante. Pour ça, placez des guetteurs qui verront approcher les armées ennemies. Quand cet ennemi est repéré, sonnez l’alarme dans toute la forteresse pour regrouper vos troupes et préparer votre défense. Niveau riposte, tous les moyens sont bons : renforcez vos murailles pour les rendre impénétrables, affûtez vos lames, faite bouillir de l’huile à verser sur vos ennemis et surtout, n’ayez aucune pitié, pas même pour la progéniture de vos ennemis, car lorsqu’ils décideront de lancer l’assaut contre vous, les batailles seront rudes, acharnées, et mortelles. Vous l’aurez compris, si vous espérez avoir la moindre chance de survie dans ce royaume où tout veut votre peau, rien ne devra être négligé.
Appliqué à une forteresse gorgée de trésors, ce plan défensif vous semble sans doute très logique. Voire peut être même un peu simplet. Mais certainement très éloigné de ce que vous savez des plantes. Pourtant, si j’ai pris du temps pour vous raconter cette histoire à base de forteresse et que j’insiste lourdement là-dessus, c’est vraiment parce que toute la logique et la mécanique défensive des plantes, parfois très complexe, peut être expliquée en suivant ce plan très simple.
On va donc tout de suite commencer à mettre cette analogie en application.
La première chose à savoir, c’est que les plantes disposent de deux types de défenses directes : les défenses dites constitutives, et les défenses induites. Les défenses constitutives sont des défenses toujours actives qui assurent une protection basale à la plante ; elles correspondent en quelque sorte aux murailles de la forteresse : au début, c’est long de construire une muraille bien fortifiée, mais une fois en place, cette muraille ne bouge plus et s’avère plutôt efficace pour retenir la plupart des agresseurs au dehors. Les défenses constitutives sont donc assez efficaces mais elles ont un inconvénient majeur : elles ne visent pas à lutter contre un ennemi particulier, elles ne sont donc pas spécifiques et sont peu économiques. Si une meute de loups ou une armée de cavaliers arrive devant vos murailles, ils auront probablement du mal à les franchir et à rentrer dans votre forteresse… Mais si un dragon décide de vous attaquer, il survolera votre muraille d’un seul coup d’aile. Il va donc vous falloir mettre en place des défenses plus adaptées pour lui survivre, et c’est là qu’entre en scène la seconde catégorie de défense des plantes, qui sont les défenses dites induites. Les défenses induites ne sont activées qu’après un stress, quand la menace a été repérée et identifiée, elles sont donc bien plus spécifiques et économiques puisqu’elles visent à répondre à un attaquant donné et qu’elles ne sont activées que lorsque la plante a repéré cet attaquant. Par exemple, si vous voyez un dragon qui se dirige sur votre forteresse, vous allez courir chez votre maître-empoisonneur et lui demander de préparer un poison foudroyant ; poison dont vous pourrez enduire vos flèches pour abattre le dragon. En temps normal, vous ne fabriquez pas ce poison parce que, non seulement il n’est efficace que sur les dragons, mais en plus, il est très difficile à fabriquer et demande des ingrédients rares et chers… Mais là, vous n’avez pas le choix, il y a un dragon, alors vous déliez votre bourse et vous faites préparer le poison. Et normalement, si vous avez été attentif, c’est là que vous comprenez tout l’intérêt des systèmes de surveillance de la plante : vous n’allez décider de préparer votre poison anti-dragon que lorsque vous savez qu’un dragon est dans les parages… Et de la même façon, l’activation des défenses induites de la plante ne se fait qu’après détection d’une attaque. Pour bien défendre votre plante-forteresse, il est donc indispensable de commencer par faire un tour du côté des guetteurs et des services secrets qui permettent de repérer les attaquants afin de régir au bon moment et avec les défenses appropriées. Et pour être un bon guetteur, il est indispensable d’apprendre à connaître ses ennemis car ce n’est qu’en sachant qui ils sont, à quoi ils ressemblent et comment ils attaquent qu’on va pouvoir les débusquer, les identifier, et déployer contre eux les défenses les plus adaptées.
On va donc enfin attaquer le cœur du sujet et faire un petit tour d’horizon du côté des ennemis des plantes. Et pour ça, je vais vous faire participer un peu : Est-ce que vous avez une idée de qui sont les ennemis des plantes ? Qui sont ces attaquants contre lesquels les plantes vont devoir se défendre ?
III. Quand le monde entier veut vous croquer : les attaquants
A. Les animaux
Alors, on va commencer par la catégorie la plus simple et la plus évidente car c’est celle qui nous est la plus familière : les plantes se font attaquer par des animaux, que ce soient des mammifères comme les vaches, ou des insectes comme les chenilles.
Vaches, lapins, chèvres ou même éléphant, chaque espèce a ses préférences culinaires, met différentes espèces végétales à son menu et ne s’attaque pas aux mêmes parties des plantes : certains, comme les vaches, s’attaquent aux parties aériennes, c’est à dires aux feuilles, tiges, fleurs et fruits tandis que d’autres s’attaquent aux parties souterraines. C’est par exemple le cas de petits rongeurs qui adorent grignoter des racines ! Pourtant, tous ces mammifères attaquent de la même manière : que ce soit en une bouchée pour une vache ou en 50 coups de dents pour un rongeur, ils ingèrent des parties entières de la plante – des organes entiers – sans faire le tri entre les différents tissus végétaux. Pour une plante, l’attaque d’un herbivore ressemble un peu à une attaque de dragon sur notre forteresse : rapide, brutal et foudroyant. Des pans entiers de la forteresse sont détruits en quelques coups de dents.
Mais les mammifères ne sont pas les seuls animaux dont la plante doit se méfier… Bien plus petits mais tout aussi dangereux, il y a de nombreux arthropodes herbivores : des insectes, bien sûr, mais il y a aussi des acariens et des myriapodes herbivores. Les acariens, ce sont ces bébêtes microscopiques que l’on retrouve un peu partout, y compris dans nos draps de lits. Les myriapodes, ce sont les millepattes et autres bestioles grouillantes avec beaucoup beaucoup trop de pattes. Contrairement aux mammifères, les arthropodes attaquent les plantes de façon plus ciblée. Le cas le moins original est celui des bébêtes comme les chenilles, qui macèrent les tissus foliaires.
Une chenille, ça grignote des morceaux entiers de feuille et ça les avale sans grand discernement… Les chenilles attaquent donc plus ou moins comme les mammifères, mais à échelle réduite, ce qui fait d’elles des mini-dragons ! Encore une fois, il ne faut pas oublier les attaquants qui viennent du sol puisque de nombreuses larves de coléoptères s’attaquent aux racines. Mais si on veut un peu plus d’originalité, on peut se tourner vers les araignées rouges, aussi appelées tétranyques.
Alors contrairement à ce que leur nom laisse penser, les araignées rouges ne sont pas des araignées ; ce sont des acariens. Elles font moins d’un mm de long et elles se nourrissent exclusivement du contenu des cellules épidermiques des plantes. Elles ne grignotent donc pas de feuilles entières et ne mangent même pas les cellules dans leur intégralité : elles se contentent de percer une cellule à la surface de la plante et de siroter son contenu. C’est exactement la même chose quand vous plantez une paille dans une brique de jus de fruit : vous percez juste un petit trou à la surface et vous buvez tout le jus grâce à votre paille. Et d’autres insectes comme les pucerons et les cicadelles ont poussé le concept de la paille encore truc plus loin car ils se nourrissent exclusivement de la sève élaborée de la plante, qui est riche en sucres.
Pour se nourrir, un puceron perce la surface d’une feuille et déroule une espèce de trompe qu’il utilise pour fouiller dans les tissus végétaux, en se déplaçant entre les cellules, jusqu’à localiser un vaisseau conducteur de sève élaborée. Une fois le vaisseau localisé, il le perce et n’a plus qu’à boire jusqu’à plus soif. Et pour un puceron, « plus soif », ça peut représenter des heures et des heures de sirotage ininterrompu si la plante ne parvient pas à le déloger. En gros, les pucerons font passer nos moustiques pour de simples amateurs…
Mais il nous manque encore quelques animaux herbivores : d’abord, des gastéropodes comme les escargots et les limaces…
Rien de neuf avec eux ; ils mangent des organes végétaux entiers. Petit fun-fact au passage, pour se nourrir, les escargots et les limaces râpent les plantes grâce à leur langue dentée qu’on appelle la « radula ». Un peu comme une râpe à fromage sur du parmesan, quoi. Voilà, c’était cadeau.
Et enfin, animaux un peu moins connus : les nématodes.
Alors les nématodes, ce sont des genres de vers qui peuvent se nourrir de détritus, être carnivores, ou encore être parasites. Certains nématodes parasites s’attaquent aux champignons, d’autres aux animaux et d’autres encore aux plantes. Les nématodes parasites de plantes se présentent sous la forme de minuscules vers qui ne dépassent généralement pas 1 ou 2mm de long. Ils vivent dans le sol, s’attaquent aux racines des plantes et peuvent causer des maladies. Par exemple, les nématodes à galles infestent les racines des plantes, sucent leurs nutriments, et, comme leur nom l’indique, provoquent l’apparition d’excroissances sur les racines, qu’on appelle des galles. Les galles, c’est un peu l’équivalent des tumeurs chez les humains, mais sans le côté invasif et dispersif du cancer.
Mais on va s’arrêter là avec les animaux et faire un tour du côté des ennemis des plantes qui nous sont un peu moins familiers. On va donc quitter le règne animal et s’intéresser aux microorganismes pathogènes, c’est-à-dire à ceux qui provoquent des maladies. Certains champignons par exemple.
B. Les pathogènes : champignons, bactéries, virus
Chez les champignons, on trouve un peu de tout : certains jouent des rôles très importants pour la biosphère tandis que d’autres ont choisi la voie du parasitisme, pour le plus grand bonheur de Taupo. Certains champignons parasitent des plantes et sont responsables de maladies aux noms poétiques et imagés comme la pourriture grise, la rouille ou encore la fusariose.
On qualifie ces champignons de « phytopathogènes » : « phytos », en grec, c’est la plante, donc phytopathogène signifie littéralement « pathogène de plante ». Un champignon, c’est un peu un ninja discret et retord qui s’infiltre en douce dans la forteresse pour mieux la détruire de l’intérieur. Par exemple, un champignon peut arriver sur une plante sous forme d’une spore, toute légère, transportée par le vent. C’est-à-dire sous une forme quasi-indétectable. Dans les bonnes conditions, la spore posée sur la plante germe et tente de rentrer dans les tissus végétaux. Pour ça, le champignon sécrète des enzymes qui endommagent la surface de la plante et il développe une structure spécialisée appelée « appressorium » qui lui permet de faire pression sur la surface de la plante.
Si le champignon appuie assez fort avec son appressorium, il peut briser la couche externe qui recouvre la surface de la plante et donc se créer un petit trou dans lequel il va insérer ses structures. Ça y est, le champignon est rentré dans la plante, il va pouvoir la coloniser et se multiplier.
Mais une fois que notre champignon-ninja a pénétré dans la forteresse, il peut choisir, soit de semer le chaos et la destruction, soit de subtiliser en douce des ressources. Les champignons parasites de plantes peuvent en effet être séparés en plusieurs catégories. D’un côté, il y a des champignons nécrotrophes, qui se nourrissent de tissus végétaux morts. De l’autre, il y a les champignons biotrophes qui se développent à l’intérieur de tissus végétaux vivants. Et entre ces deux camps, il y a les hémibiotrophes qui ont eu du mal à choisir et ont donc une phase initiale biotrophe avant de devenir nécrotrophes. Les stratégies d’attaque de ces champignons sont très différentes : les nécrotrophes se nourrissent de tissus morts, ils ont donc tout intérêt à tuer les cellules végétales qu’ils envahissent, le plus rapidement possible, afin que la plante n’ait pas le temps de se défendre. Pour ça, ils produisent des enzymes et des molécules qui dégradent les parois et mettent hors d’action les cellules végétales : en gros, ces champignons détruisent et macèrent les cellules végétales pour récupérer les ressources qu’elles contiennent. C’est le chaos total. Exemple de champignon nécrotrophe : Botrytis cinerea, qui est responsable de la pourriture grise de la vigne.
Alors, pour ceux qui ne peuvent pas voir les images dans la chatroom, les grappes de raisins attaquées par ce champignon brunissent et pourrissent, les feuilles aussi montrent des symptômes comme le brunissement… Bref, c’est pas très ragoutant.
A l’inverse des champignons nécrotrophes, les champignons biotrophes ne peuvent survivre que dans des tissus végétaux vivants, c’est-à-dire que si la plante meurt, eux aussi. Ils vont donc développer des structures spécialisées qui leur permettent de prélever les nutriments des cellules végétales tout en les maintenant en vie. Ils vont donc affaiblir la plante, mais ne la tueront pas : ce sont des parasites obligatoires : si la forteresse s’écroule quand ils sont dedans, ils n’en réchapperont pas. Côté champignon biotrophe, il y a par exemple les rouilles, qui provoquent l’apparition d’espèces de pustules orange, ou encore les oïdiums qui font apparaître un feutrage, une sorte de poudre farineuse blanc-grise à la surface des plantes.
Carvalho et al. (2011): Cryptosexuality and the Genetic Diversity Paradox in Coffee Rust, Hemileia vastatrix. PLoS ONE 6(11): e26387.Photo par Rasbak
Autres microorganismes qui peuvent s’attaquer aux plantes : les bactéries. Toutes les bactéries ne sont pas des ennemis des plantes, au contraire, elles ont souvent des rôles importants et bénéfiques dans les écosystèmes, comme par exemple la fixation d’azote qui est quelque chose de très utile pour le métabolisme de la plante. Pourtant, quelques bactéries sont des parasites qui s’attaquent aux plantes et leur causent des dommages sévères. Pour s’infiltrer dans une plante, une bactérie doit trouver un point d’entrée, qu’il s’agisse d’une ouverture naturelle comme un stomate, ou encore d’une blessure. Une fois dans la plante, les bactéries agissent comme les champignons nécrotrophes : elles utilisent des enzymes pour casser la paroi des cellules végétales, ainsi que des molécules toxiques pour mettre hors d’action la machinerie de la plante. Si vous vous demandez à quoi peut bien ressembler une plante attaquée par une bactérie, on peut prendre l’exemple de Pectobacterium carotovorum : chez la pomme de terre, cette bactérie cause des symptômes de pourriture molle, c’est-à-dire que la pomme de terre est transformée en bouillie liquide de nutriment pour la bactérie.
Concrètement, votre patate devient noire, toute molle et franchement dégoutante.
On passe aux attaquants suivants : les virus et les viroïdes. Encore plus petits que les bactéries, ces agresseurs sont à la limite de la définition du vivant : un virus, ce n’est même pas une cellule complète, c’est juste un petit peu d’information génétique protégé dans une enveloppe de protéines. Certains virus s’attaquent aux plantes mais ils ne peuvent généralement pas rentrer tout seuls dans les tissus végétaux. Ils profitent donc d’hôtes comme les pucerons pour sauter d’une plante à une autre. Une fois en place, le mécanisme d’attaque d’un virus qui s’en prend à une plante est plus ou moins identique aux virus qui infectent les animaux : le virus entre dans la cellule et utilise la machinerie cellulaire de son hôte pour se multiplier et coloniser toujours plus de terrain. L’un des virus végétaux les plus classique est le virus de la mosaïque du tabac.
Si on lui a donné ce nom, c’est parce qu’il s’attaque au tabac et provoque des symptômes parmi lesquels une coloration des feuilles très caractéristique, en mosaïque de verts. Mais encore plus petits que les virus, il y a les viroïdes. Alors eux, ils sont simplement constitués d’un peu d’information génétique. Et… C’est tout. Pas de protection autour, rien. Et malgré ça, on connaît au moins une quarantaine de maladies de plantes causées par des viroïdes. Par exemple, le cadang-cadang, qui est un viroïde répandu aux Philippines, et qui tue chaque année un million de cocotiers dans le monde. Au calme.
C. Plantes parasites et compétition entre plantes
Mais même après les virus, on n’a pas encore fait le tour des ennemis des plantes. Il nous en manque encore un : les plantes elles-mêmes. Vous connaissez certainement ce vieil adage qui dit que l’homme est un loup pour l’homme, mais maintenant vous saurez que la plante peut aussi être un loup pour la plante. Un loup… ou plutôt un parasite puisqu’il existe des plantes qui en parasitent d’autres ! Certaines plantes parasites de plantes possèdent de la chlorophylle tandis que d’autres en sont dépourvues ; c’est par exemple le cas des cuscutes.
Les cuscutes sont des plantes parasites qui s’enroulent autour des tiges de leurs hôtes et développent des structures spécialisées nommées haustoriums ou suçoirs. Ces structures permettent à la plante parasite de s’insérer dans son hôte et de se lier à son système vasculaire. Une fois en place, la cuscute siphonne tranquillement l’eau, la matière organique et les autres ressources du malheureux hôte qui se fait complètement vider… Mais même sans aller dans les cas de parasitisme, les plantes se font la guerre et peuvent délibérément libérer dans le sol des molécules toxiques qui empêchent les autres plantes de pousser ; c’est un exemple de ce qu’on appelle l’allélopathie. Par exemple, le noyer libère dans le sol de la juglone ; il s’agit d’une molécule allélopathique qui est toxique pour de nombreuses autres plantes et c’est à cause de cette juglone que vous ne pouvez pas faire pousser n’importe quoi au pied d’un noyer. Cette compétition entre plante commence parfois dès la germination d’une graine : en empêchant les autres graines de pousser, la première qui se développe s’assure ainsi un accès privilégié à la lumière, à l’eau et aux minéraux, qu’elle n’aura à partager avec personne d’autre.
D. Ne confondez pas amis et ennemis !
Bref, vous aurez bien compris que les plantes ne vivent pas dans un monde de bisounours mais plutôt dans un monde ou de très nombreux agresseurs veulent les croquer et subtiliser leurs ressources. Ces ennemis sont de taille variable, s’attaquent à différentes parties de la plante et utilisent différents mécanismes d’attaques. Pour résumer de façon simplifiée, il y a des animaux herbivores qui croquent les plantes, des arthropodes piqueurs-suçeurs qui les sirotent grâce à une paille, et des microorganismes pathogènes qui rendent les plantes malades. Les enjeux pour la plante ne sont donc pas les mêmes et les mécanismes de défense à activer non plus. Il est donc impératif pour la plante de reconnaître et d’identifier précisément l’ennemi auquel elle est confrontée. Pire, la plante ne doit pas confondre ses amis avec ses ennemis, car j’ai peut-être un peu exagéré sur un point : la plante n’a pas que des ennemis, elle a aussi des amis qu’elle a tout intérêt à ne pas tuer par mégarde ! Côté animaux, on pensera surtout aux pollinisateurs et aux frugivores qui participent à la dispersion des graines.
Côté microorganismes, de nombreux champignons et bactéries établissent des symbioses très importantes avec les plantes. Un mycorhize, par exemple, est le résultat d’une association étroite entre une racine et un champignon ; ce qui permet à la plante d’étendre considérablement la surface de sol exploitée pour puiser eau et minéraux.
De leur côté, les bactéries les plus connues pour établir des symbioses avec les plantes sont sans doute les bactéries du genre Rhizobium qui forment des petites boules sur les racines des plantes, qu’on appelle des nodosités et qui permettent aux plantes de fixer de l’azote atmosphérique.
Et enfin, les plantes entre elles peuvent également s’entraider au lieu de se faire la guerre, mais ça, on en parlera un petit peu à la fin.
IV. Repérer et identifier ses attaquants pour déclencher ses défenses :
A. De l’importance de savoir où sont nos ennemis
Pour l’instant, on a donc identifié qui étaient les ennemis des plantes. Maintenant, on va passer au deuxième axe de cet épisode et apprendre à repérer ces ennemis pour activer les défenses de façon optimale. Je m’explique : une plante qui détecte la présence d’une chenille avant que la chenille ne commence à la dévorer gagne du temps pour déclencher ses défenses induites et se préparer à l’attaque imminente ! Et même une fois que l’attaque est lancée, la plante doit localiser le lieu de l’agression et identifier son agresseur afin d’activer les bonnes défenses aux bons endroits. Ça ne sert par exemple à rien de déclencher des défenses anti-chenille au niveau d’une feuille si c’est la feuille d’en dessous qui est attaquée par des pucerons.
Les plantes doivent donc repérer leurs ennemis et les identifier… sauf que les plantes n’ont pas d’yeux. Elles ne peuvent donc pas voir leurs ennemis approcher, ni les reconnaître de visu. J’ai donc une nouvelle petite question participative pour vous éviter de vous endormir : est-ce que vous connaissez quelques systèmes de détection des plantes, ou est que vous avez une idée de la façon dont les plantes réussissent à identifier leurs agresseurs, sachant que certains de ces agresseurs sont – littéralement – de grosses vaches tandis que d’autres sont de minuscules spores de champignons facilement transportées par le vent… ?
B. Détecter des stimuli physiques ?
Alors, la grande question, c’est est-ce qu’une plante peut sentir quand on la touche et réagir en conséquence ? Et de façon plus générale, est-ce qu’elle peut détecter des stimuli d’ordre mécanique et physique ? Je vous le donne en mille, la réponse est oui. Les plantes sont capables de détecter des stimuli d’ordre physique.
On va commencer par parler des plus évidents, les stimuli mécaniques. De façon assez classique, on peut penser aux mimosas pudica, la fameuse plante sensitive, et aux plantes carnivores comme les Dionées. Si vous touchez les feuilles d’un mimosa pudica, il va les refermer. Si un insecte touche les poils sensitifs qui sont positionnés au fond des pièges des Dionées, cette plante carnivore va refermer son piège sur l’insecte. Ces plantes-là ont donc des mécanismes bien particulier qui sont parfaitement adaptés à la détection de stimuli mécaniques et qui conduisent à une réponse immédiate et visible. Mais quand est-il des autres plantes, celles qui ne bougent pas quand on les touche et qui n’ont pas l’air d’avoir de mécanisme particulièrement spécialisé dans la détection de bébêtes ? Et bien ces plantes-là aussi sont capables de détecter des stimuli mécaniques, parfois très léger, et d’y répondre en déclenchant des réactions de défense.
D’abord, les plantes ont beau ne pas ressentir la douleur au sens où on l’entend nous en tant qu’humain, elles sont capables de détecter les blessures et les dommages mécaniques qu’elles subissent… et d’y répondre en conséquence. Cette détection s’appuie sur des mécanismes chimiques que je vais détailler juste après. Pour commencer assez simplement, cela signifie que, dès qu’un attaquant blesse une plante, la plante sait qu’elle est agressée à tel endroit. Ainsi, quand une chenille croque dans une plante, elle la blesse volontairement et trahit sa présence. Mais la chenille peut aussi blesser la plante involontairement et donc se trahir avant même d’avoir commencé à manger et ce, grâce aux trichomes.
Les trichomes, ce sont des espèces de petits poils qui recouvrent la surface des plantes et dont on reparlera longuement dans le prochain épisode. Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est que ces trichomes peuvent facilement être cassés par les insectes qui marchent sur la plante. Ainsi, une chenille ou même une mouche qui se balade à la surface d’une plante peut casser des trichomes par inadvertance, ce qui équivaut pour la plante à un signal qui dit : je suis passé ici ! En fait, c’est un peu comme dans les films de cambriolage : pour arriver au trésor, le voleur doit traverser des salles avec des faisceaux lasers un peu partout. Si le voleur touche un laser, il déclenche l’alarme et les flics arrivent. Là c’est pareil, sauf que si la chenille casse un trichome, la police ne débarque pas. A la place, la plante répond en activant ses défenses induites. Ce qui est pire, du point de vue d’une chenille ! Repérer un insecte qui se balade avant même qu’il ne plante ses mandibules dans la plante, c’est donc possible, à condition que cet insecte soit un peu maladroit et pose ses grosses pattes partout…
Mais les plantes peuvent aussi se servir de stimuli mécaniques encore plus léger pour augmenter leur défense, grâce à des mécanismes différents et pas forcément très intuitifs. Certains chercheurs se sont amusés à tester la sensibilité des plantes en frottant très doucement la surface de feuilles, sans les abimer. Ces frottements ont légèrement modifié la cuticule de ces feuilles, la rendant plus perméable : la cuticule, c’est la fine couche cireuse qui recouvre les surfaces aériennes des plantes.
Là où ça devient contre intuitif, c’est que si la cuticule devient plus perméable, les pathogènes peuvent la traverser plus facilement et donc rentrer plus facilement dans les tissus végétaux… Pourtant, les plantes que les chercheurs ont gentiment frottées se sont montrées plus résistantes à l’infection par certains champignons. Pourquoi ? Parce que rendre la cuticule plus poreuse, ça correspond un peu à créer de nouvelles meurtrières dans la muraille d’une forteresse : en créant des meurtrières, on perce des trous dans la muraille, la muraille devient donc un peu moins solide et un peu plus facile à casser… Mais en contrepartie, plus de meurtrière, ça veut aussi dire plus de fenêtres sur l’extérieur, donc plus de possibilités de voir les attaquants arriver. Et c’est exactement ce qui se passe pour les plantes dont on a frotté la cuticule : la cuticule devient plus poreuse et donc un peu plus fragile mais en contrepartie, elle permet un meilleur transfert des composés chimiques qui permettent de repérer les attaquants. La plante est donc un peu endommagée par un stress mécanique, mais elle réussit quand même à en tirer un certain profit.
Et enfin, il y a un dernier type de stimulus d’ordre physique dont je voulais vous parler : il s’agit des vibrations acoustiques. Les sons quoi. Quand une chenille grignote une feuille, elle génère bien malgré elle des vibrations qui sont perçues quasi-instantanément dans toute la plante. La chenille a beau n’être que sur une seule feuille, sa présence est donc *immédiatement* révélée à la plante entière qui interprète ça comme une menace : les feuilles situées loin de la chenille vont ainsi « entendre » cette chenille et répondre en déclenchant des alertes préventives et en activant des défenses chimiques : en gros, une chenille qui mange une feuille, c’est un dragon qui fait un boucan monstre en détruisant l’une des tours de la forteresse. On ne peut plus grand-chose pour cette tour, mais tout le monde dans la forteresse a entendu qu’il y avait un combat en cours. Ainsi, pour se préparer à accueillir le dragon si jamais il lui prenait la bonne idée de changer de coin, tout le monde sort ses armes et installe ses pièges…
La façon dont ces résultats ont été obtenus est assez rigolote : Appel et Cocroft, les deux chercheurs qui ont travaillé là-dessus, ont enregistré les vibrations acoustiques faites par une chenille grignotant une plante et ils ont fait écouter ces vibrations à d’autres plantes qui n’avaient jamais été en contact avec des chenilles. Bingo, en entendant ces enregistrements, les plantes ont activé des défenses chimiques. Mais le plus dingue, c’est que ces chercheurs ont aussi essayé de faire écouter d’autres sons à leurs plantes : ils leur ont fait écouter le bruit du vent, ainsi que la musique que produisent les sauterelles en été. Mais là, la plante n’a pas activé ses défenses, ce qui montre qu’elle est capable de distinguer le bruit d’une chenille qui dévore une feuille de la musique produite par un insecte qui n’essaie pas de la croquer !
Ce qu’on peut retenir de cette étude, c’est donc que les plantes sont mélomanes et que les vibrations acoustiques générées par une chenille qui grignote peuvent servir de signal d’alerte longue distance… ! Alors je n’sais pas vous, mais personnellement, c’est le genre de truc qui me fait rêver… Les plantes n’en finissent jamais de nous surprendre !
C. Détecter des stimuli chimiques : DAMPs, HAMPs & co
Mais en plus des stimuli d’ordre mécanique, les plantes sont capables de percevoir des stimuli d’ordre chimique. Ces stimuli chimiques, ce sont des molécules ou des fragments de molécules qui indiquent à la plante qu’une attaque est en cours et qui les renseignent parfois très précisément sur l’identité de l’attaquant.
On va commencer par les molécules qui permettent à la plante de détecter leurs blessures, que ce soient des dommages dus à des insectes qui leur marchent dessus, qui croquent dans leurs feuilles, ou même à des pathogènes qui envahissent les cellules végétales. Les molécules impliquées dans la détection des blessures sont appelées les DAMPs, pour Dammage-Associated Molecular Pattern. En français, ça pourrait se traduire par « motifs moléculaires associés aux blessures ». Les DAMPs, ce sont des molécules qui appartiennent à la plante elle-même, mais des molécules qui ont été fragmentées par l’attaque de l’ennemi ou qui se retrouvent à des endroits anormaux à cause de cette attaque. Pour comprendre le principe des DAMPs, imaginez que vous vous baladez dans votre forteresse et que vous découvrez à vos pieds quelques blocs de pierre, complètement brisés, issus de votre muraille. Ces blocs ne devraient pas être brisés ni même être là, ils devraient plutôt être à leur place, c’est-à-dire entiers et solidement collés à d’autres blocs en haut de votre muraille. Vous arriverez donc assez logiquement à la conclusion suivante : si ces blocs – ces fragments de muraille – sont là, à vos pieds, c’est que d’une façon ou d’une autre, votre muraille a été endommagée.
Et c’est exactement ce qu’il se passe chez la plante, quand elle subit des dommages. Ce raisonnement est assez intuitif pour les animaux herbivores qui ingèrent des morceaux entiers de plantes et génèrent donc de nombreux fragments de molécules en bordure de la zone attaquée ; mais c’est sans doute un peu moins intuitif pour les pathogènes plus discrets comme les champignons. On va donc prendre un peu de temps pour détailler cet exemple-là.
Souvenez-vous de ce que je vous ai dit tout à l’heure : quand un champignon pénètre dans une feuille, il perce la cuticule pour s’introduire à l’intérieur des tissus végétaux. Et même s’il ne fait qu’un tout petit trou, il brise quand même la cuticule, ce qui génère de petits fragments de cuticules endommagés… C’est-à-dire, des petits fragments de muraille qui témoignent qu’il y a une blessure. Sauf qu’autour de cette blessure, les cellules végétales sont intactes et vont donc pouvoir identifier ces fragments de cuticule.
En fait, à la surface des cellules végétales, il y a des récepteurs spécifiques qui sont capables de reconnaitre des motifs moléculaires bien précis, des motifs comme ceux des fragments de cuticules. Ainsi, quand le champignon pénètre dans la plante, les cellules végétales qui se situent autour de la zone endommagée se retrouvent au contact de petits fragments de cuticule. Ces fragments sont alors reconnus par les récepteurs des cellules et sont identifiés comme des morceaux de la plante elle-même, mais des morceaux brisés et qui ne sont pas à leur place. C’est-à-dire des DAMPs, des motifs moléculaires associés au soi endommagé. La plante en déduit donc que son intégrité physique a été mise à mal, sans doute à cause de l’attaque d’un ennemi… Elle réagit donc en conséquence en déclenchant des mécanismes de défense. Et quand le champignon continue sa colonisation de la plante, c’est la même chose ! Il n’y a pas que la cassure initiale liée à la pénétration de l’ennemi qui peut être repérée ; une fois qu’un intru est dans la place, il va forcément casser ou modifier des trucs sur son passage… Par exemple, si l’agresseur endommage la pectine, qui est un composant des parois végétales, il génère des fragments de pectines qui sont eux aussi identifiés par la plante comme étant des DAMPs. De la même façon, la présence d’ATP en dehors des cellules végétales est une preuve de dommages cellulaires. L’ATP, c’est une petite molécule énergétique qui, en temps normal, n’est absolument pas sensé sortir de la cellule, donc si cette molécule se balade dans le milieu extracellulaire, c’est que la cellule qui la contenait initialement a été endommagée.
Bon, il y a d’autres molécules qui peuvent être reconnues comme des DAMPs mais je ne vais pas toutes les citer. Pour résumer, les DAMPs ont un gros avantage : tous les herbivores et les pathogènes en génèrent à leur insu quand ils attaquent la plante… Mais ces DAMPs ont aussi un inconvénient : que ce soit un champignon, une chenille ou un puceron qui brise la cuticule d’une feuille, le signal est le même et ne permet pas d’identifier les attaquants puisque… un fragment de cuticule… bah c’est juste un fragment de cuticule, peu importe qui a brisé ladite cuticule.
C’est donc ici qu’entrent en jeux d’autres molécules qui vont enfin livrer l’identité de l’agresseur à la plante : il s’agit des HAMPs, des PAMPs, des MAMPs et des NAMPs. Alors, oui, c’est plein de nouveaux noms bizarres, mais respirez un bon coup et rassurez-vous, on va y aller doucement.
Les plantes ne sont pas seulement capables d’identifier des morceaux endommagés d’elles-mêmes, elles sont aussi capables d’identifier des molécules qui appartiennent à leurs ennemis. Les motifs moléculaires qui permettent à la plante de détecter ses propres blessures ce sont les DAMP, avec un « D » au début comme « dommage. »
Maintenant, vous enlever le D de DAMP et vous le remplacez soit par un H pour herbivore, soit par un P pour pathogène, soit par un M pour microbe, soit par un N pour nématode. Et vous obtenez les HAMPs (avec un H), les PAMPs, les MAMPs et les NAMPs. Et le « A.M.P » à la fin de ces acronymes, c’est toujours pour Associated Molecular Pattern, c’est-à-dire « motif moléculaire associé à ». Les HAMPs (avec un H), PAMPs, MAMPs et NAMPs sont donc des motifs moléculaires associés, respectivement, aux herbivores, aux pathogènes, aux microbes et aux nématodes. Là encore, l’idée, c’est qu’à la surface des cellules végétales, il y a des récepteurs qui reconnaissent certains motifs… Sauf que cette fois, ce sont des récepteurs qui reconnaissent spécifiquement des motifs moléculaires caractéristiques de certains attaquants.
Ainsi, certaines protéines présentes à la surface des bactéries sont reconnues par les cellules végétales comme étant des MAMPs – des motifs moléculaires associés aux microbes. Par exemple, la flagelline est une protéine qui constitue le flagelle des bactéries, mais comme c’est une protéine exclusivement bactérienne, elle trahit à coup sûr la présence d’une bactérie dans la plante. La détection de flagelline par certains récepteurs de la plante va donc déclencher l’activation spécifiques de défenses anti-bactéries.
Côté champignons, la cible de choix pour les récepteurs des plantes est plutôt la chitine : la chitine, c’est un constituant essentiel des parois des champignons qui n’existe pas non plus chez les plantes. Une fois reconnue par la plante, la chitine est donc associée à la présence d’un champignon, c’est un PAMP, un motif moléculaire associé aux pathogènes. De leur côté, les nématodes sont trahis par les ascarosides, des petites molécules qui leur sont spécifiques. Ce sont donc des NAMPs, des motifs moléculaires associés aux nématodes. Et là encore, la reconnaissance de ces motifs moléculaires entraîne l’activation de mécanismes de défense.
Et les derniers qu’il nous manque, ce sont les herbivores et leurs HAMPs, avec un h au début. Si je les ai laissés pour la fin, c’est parce que ça devient un peu plus gore avec les insectes. Pourquoi ? Parce qu’en fait, les motifs moléculaires qui trahissent les insectes sont bien souvent contenus… dans leurs sécrétions orales. Petit zoom sur une chenille qui dévore une feuille : en grignotant, la chenille dépose de la salive et régurgite une partie de ce qu’elle mange sur la feuille. Donc oui, je suis en train de vous dire que la chenille vomi et bave constamment sur ce qu’elle mange, et ce n’est pas le seul insecte à le faire, loin de là. Le puceron par exemple, salive beaucoup quand il enfonce sa trompe dans la feuille à la recherche d’un vaisseau conducteur de sève élaborée et, une fois qu’il l’a trouvé, il alterne son sirotage de sève avec des phases de salivation. Si les insectes salivent et régurgitent à tout va, c’est qu’ils ont leur raison : les molécules contenues dans leurs sécrétions orales peuvent faciliter l’attaque en endommageant les tissus. C’est par exemple le cas de la salive du puceron qui fragilise la paroi végétale quand il enfonce sa trompe dedans. D’autres molécules contenues dans ces sécrétions orales permettent aux insectes de supprimer la défense des plantes, mais on reviendra là-dessus un peu plus tard. Ce qui nous intéresse pour l’instant, c’est que certaines des molécules contenues dans les sécrétions des insectes sont reconnues par les plantes comme étant des HAMPs, avec un H pour herbivores. Les insectes sont donc trahis… par leur salive. C’est-à-dire que s’ils bavaient et vomissaient moins, ils passeraient un peu plus inaperçus et déclencheraient moins de défenses !
OK, on va essayer de résumer rapidement tout ce que je viens de vous dire sur les systèmes de détection et de reconnaissance des plantes : en gros, les plantes peuvent détecter leurs ennemis grâce à des indices physiques ou chimiques. Elles peuvent « entendre » les chenilles qui grignotent et repérer les insectes qui galopent à leur surface avant même qu’ils n’attaquent puisque ces gros lourdauds endommagent les trichomes des plantes. Et justement, quand une plante subit des dommages mécaniques, elle peut s’en rendre compte grâce aux DAMPs, ces morceaux de molécules brisées qui ne sont pas là où elles devraient être. Et enfin la plante peut directement identifier certaines molécules « signatures » qui appartiennent à des agresseurs précis. C’est tout bon pour vous ?
Donc si vous avez tout compris, on va pouvoir poursuivre l’histoire et passer au dernier grand axe que je voulais vous présenter : un ennemi est en train d’attaquer une partie de la forteresse mais il a été repéré, localisé et identifié par les guetteurs. Mais avant de se lancer à corps perdu dans la bataille, il reste une dernière chose à faire : il faut sonner l’alerte dans toute la forteresse pour avertir du danger !
V. Les voies de signalisation ou comment diffuser le message d’alerte
A. Le signalement au sein de la plante elle-même
Alors, vous vous en douterez bien, mais sonner l’alerte chez les plantes, ça ne se résume pas à souffler dans une trompette… Il s’agit plutôt d’activer des voies de signalisation moléculaires, c’est-à-dire envoyer des messages sous la forme de molécules précises en proportions bien dosées. Mais je vous préviens tout de suite : quand on s’intéresse aux voies de signalement des plantes, ça peut vite devenir très compliqué, donc on va juste s’en tenir à la logique de base.
Pour ça, revenons à notre plante qui subit l’assaut d’un ennemi. Quand une cellule végétale est attaquée, ou plutôt, quand elle identifie qu’il y a une attaque, elle active certains de ses mécanismes de défenses : si vous vous souvenez de ce que je vous ai dit au début, il s’agit des défenses induites, par rapport aux défenses constitutives qui sont toujours actives. L’activation de défenses en réponse à l’identification d’un agresseur est appelée « élicitation ». Ainsi, quand une cellule végétale repère une menace, elle active des mécanismes de défense adaptées au danger qu’elle aura identifié. Mais dans les cellules voisines, celles qui n’ont pas subi d’attaque et n’ont pas repéré directement la menace, les défenses sont également activées. Et cette activation peut se propager plus loin dans la plante.
Par exemple, si on infecte les feuilles basses d’un plant de tabac avec le virus de la mosaïque du tabac, les feuilles hautes de ce plant vont devenir plus résistantes au virus alors que, concrètement, elles n’y ont jamais été confrontées ! C’est donc qu’un message a été envoyé depuis les feuilles basses, celles attaquées par le virus, vers les feuilles hautes, celles qui sont encore saines.
Ce message est un message d’alerte qui prépare les feuilles saines pour les rendre plus résistantes à l’ennemi qui sévit plus bas sur la plante – il y a donc une activation de défense généralisée à la plante entière, un peu comme une réponse immunitaire chez nous.
Alors effectivement, si un virus, une chenille ou n’importe quoi, sévit sur une feuille en bas de la plante, il semble plus prudent de défendre aussi d’autres endroits puisque le virus peut s’étendre et la chenille peut se déplacer. Pourtant, ce n’est pas la peine de déployer tout l’arsenal de défense dans les parties trop éloignées du point d’attaque initial. En effet, rien ne dit que l’agresseur ira jusque-là ! Le virus peut être éliminé tandis que la chenille peut passer sur la plante voisine ou même être mise hors combat. Ce serait donc une perte d’énergie et de moyen d’investir dans le déploiement d’un arsenal défensif qui ne servira pas ! Et justement, comme la nature est bien faite, l’induction de défenses généralisées dans tous les tissus se base sur deux mécanismes : d’abord, il y a cette activation directe de certaines défenses dans des zones éloignées du lieu initial de l’attaque… On prend ses précautions, on tend quelques pièges prêts à l’emploi, au cas où. Mais surtout, il y a un second mécanisme qui intervient : « le priming ». Le priming consiste à sonner l’alerte pour mettre les tissus éloignés de la zone de combat en garde ; ce n’est pas un appel aux armes immédiat mais plutôt un avertissement : « attention, tenez-vous prêts, il y a un ennemi qui attaque la forteresse, il pourrait arriver par ici ! » En réponse à ce message, les parties de la plante qui ont été primées ne vont pas activer immédiatement leurs défenses mais plutôt devenir plus promptes à réagir face à un hypothétique ennemi qui montrerait le bout de son nez : la réaction de défense sera ainsi plus rapide à se mettre en place mais aussi plus violente. La défense sera donc plus efficace, et ce, dès le premier signe d’attaque. Cette amélioration des défenses passe notamment par une perception améliorée des signaux ou par leur amplification, mais on ne va pas rentrer dans les détails parce que ça devient vite assez technique. Au final, activer des mécanismes de défense adaptés à un agresseur, c’est bien, mais activer une machinerie défensive depuis zéro, ça demande du temps. Or, plus le temps passe, plus l’ennemi sévit et occasionne des dégâts ! Le priming constitue donc une solution plus qu’acceptable puisque c’est un système de mise en alerte qui prépare à une activation rapide des défenses dès que l’agresseur arrive, il permet donc de limiter les dégâts dus aux délais d’activation des défenses et d’augmenter l’efficacité d’action de ces défenses.
B. Les messagers : SA et JA
Il y a donc des messages qui circulent dans la plante pour la mettre en alerte et déclencher les défenses. Ces messages sont portés par des molécules signal, et c’est là que ça peut devenir un peu compliqué parce qu’il y a de nombreuses molécules impliquées et qu’elles peuvent interagir entre elles… Mais bon, on ne peut pas vraiment parler de voies de signalisation sans parler des molécules qui sont au cœur de ces voies… Je vais donc y aller doucement et vous présenter ça de façon très simplifiée en ne parlant que de quelques molécules signal qui sont des phytohormones. Les phytohormones, ce sont des « hormones végétales » qui assurent de nombreuses fonctions dans la plante. Les phytohormones clefs pour la défense sont l’acide salicylique et l’acide jasmonique, même si d’autres hormones comme l’éthylène et l’acide abscissique jouent aussi des rôles importants. Ces noms vous diront peut-être quelque chose, surtout pour l’acide salicylique : « acide salicylique » vient du nom latin du saule, salix, dont on utilisait l’écorce pour faire des tisanes contre les fièvres.
De nos jours, on utilise un dérivé de cet acide salicylique pour se soigner : il s’agit de l’acide acétylsalicylique, plus connu sous le nom d’aspirine !
Pour faire simple, on va s’intéresser uniquement aux acides salicylique et jasmonique. L’acide salicylique, c’est la molécule clef impliquée dans les défenses contre les insectes perceur-suceur et les pathogènes biotrophes, c’est-à-dire tout ce qui est puceron, araignées rouges, bactéries et les champignons qui vivent dans les tissus vivants. Au contraire, l’acide jasmonique est l’hormone clef de la défense contre les herbivores et les autres pathogènes nécrotiques : sauterelles, coléoptères, virus, et les champignons qui tuent les tissus qu’ils infectent…
Ceci étant posé, on va revenir au moment où une cellule végétale identifie une menace, et on va regarder ce qu’il se passe au niveau moléculaire. Pour ça, on va reprendre l’exemple de l’attaque d’une chenille : la chenille est un herbivore, ce sont donc les défenses médiées par l’acide jasmonique qui vont être mises en jeu. D’abord, la cellule végétale perçoit l’attaque de la chenille : l’un de ses récepteurs identifie un HAMP, un motif moléculaire associé à un herbivore… Par exemple, de la bave de chenille. Le récepteur détecte donc la bave de chenille, s’active et déclenche des évènements précoces de signalisation qui mènent à la synthèse d’acide jasmonique. Cette hormone végétale permet alors d’activer des gènes de défense efficaces contre les insectes herbivores. Une fois que les gènes sont activés, la cellule se met à produire des armes anti-chenille, et la bataille commence. Ça va, vous suivez la logique?
OK, sauf que ça… c’est la version ultra simplifiée.
Et comme je suis un peu sadique, je vais vous torturer deux minutes en vous donnant quelques explications supplémentaires pour bien vous montrer à quel point les voies de signalisation des plantes sont bordéliques et complexes : revenons au moment où la bave de chenille active un récepteur de la cellule végétale. En fait, lorsque les molécules contenues dans la bave de chenille entrent en contact et se lient avec un récepteur, celui-ci active une cascade d’enzymes. Ces enzymes libèrent alors une molécule particulière au niveau des chloroplastes de la cellule végétale : l’acide α-linoléique. Cet acide α-linoléique subit des modifications et est transporté à un autre endroit de la cellule, le peroxysome. Une fois dans le peroxysome, il est enfin transformé en acide jasmonique. Nous avons donc enfin de l’acide jasmonique, qui peut activer les gènes de défense des plantes… Oui…? Et bien en fait, non: encore une fois ce n’est pas si simple que ça puisque cette activation n’est pas directe : l’acide jasmonique n’agit pas directement sur le gène pour l’activer, ce serait bien trop simple. L’acide jasmonique l’active indirectement en déclenchant des mécanismes qui vont neutraliser des protéines qui, en temps normal, empêchent l’activation du gène. C’est-à-dire qu’en l’absence de menace, il y a des molécules qui empêchent l’activation des gènes de défense mais, une fois la menace repérée, l’acide jasmonique va conduire à la neutralisation de ces molécules. Il n’y a donc plus de répression des gènes de défense. Ces gènes s’activent donc et produisent enfin des défenses !!
Ça va, vous suivez toujours ? Sauf qu’en fait, même là, ce que je viens de vous raconter, ce n’était encore qu’une version simplifiée de la chose… ! Mais bon, si vous préférez, vous pouvez ne retenir que la version ultra-simplifiée, ce sera déjà bien : en gros, les récepteurs de la cellule végétale sont activés par la bave de chenille et déclenchent une cascade d’évènements qui mènent à la production d’acide jasmonique. L’acide jasmonique active alors des gènes qui produisent des défenses efficaces contre la chenille. Ça y est, notre petite cellule végétale se défend activement.
Le principe est plus ou moins le même avec l’autre hormone, l’acide salicylique, à la différence près que cet acide salicylique active d’autres gènes, ceux qui sont efficaces contre les insectes piqueur-suceurs et les pathogènes biotrophes. Et aussi, à la différence près, qu’au niveau moléculaire, les mécanismes pour produire l’acide salicylique et pour activer les gènes de défense sont radicalement différent et c’est encore plus le bordel… Mais je ne vais pas rentrer dans les détails, rassurez-vous!
On vient donc de voir comment les acides jasmoniques et salicyliques étaient produits au niveau des sites attaqués et comment ils activent des gènes de défense, mais il nous manque encore un aspect important lié à ces molécules signal. Tout à l’heure, je vous ai dit que le message d’alarme était propagé depuis les sites attaqués vers d’autres parties de la plante où il déclenche un priming, c’est-à-dire la mise en garde qui prépare une défense plus rapide… Alors je ne vais pas rentrer dans les détails de la propagation du message sinon je vais vous achever… Et en plus – de ce que j’en sais – on n’a pas encore toutes les réponses. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que les phytohormones elles-mêmes ne se déplacent pas de feuilles en feuilles pour propager l’information. Ce qui permet la propagation, ce sont des intermédiaires et même des signaux électriques qui circulent à l’intérieur de la plante. Et quand ces messagers arrivent à un endroit éloigné de la zone attaquée, ils entraînent l’accumulation d’acide jasmonique ou d’acide salicylique, en fonction du message qu’ils transportaient au début, et la plante se met à se défendre en conséquence.
Ainsi, si on prend une plante qui est attaquée par une chenille à un endroit donné, on va se rendre compte qu’il y a un signal de défense fort au niveau de la zone attaquée, c’est-à-dire une concentration en acide jasmonique élevée. Alors attention, quand je dis élevée, c’est relatif puisque les phytohormones agissent à des concentrations qui n’excèdent pas quelques nanogrammes d’hormone par gramme de matière sèche de plante. Mais bon, il y a un signal fort au niveau de la zone attaquée et ce signal est transporté vers les zones distales. Dans les parties de la plante éloignées du lieu d’attaque, le signal sera plus faible, c’est-à-dire que de l’acide jasmonique s’accumulera, mais en quantités relativement faibles. Et c’est là que réside toute la subtilité de la défense des plantes : une cellule végétale donnée va réagir différemment en fonction de la quantité de phytohormones qu’elle reçoit. Le signal fort dans la zone de l’attaque va se traduire par l’activation des défenses alors que le signal plus faible des parties éloignées va plutôt mener à un priming de la zone.
De la même façon, les concentrations relatives en hormones sont très importantes puisqu’elles permettent de prioriser les menaces afin d’y répondre au mieux. Exemple : Si une chenille s’installe sur les branches basses d’une plante, la concentration en acide jasmonique va augmenter à cet endroit. Le message sera transmis au reste de la plante, mais il s’atténuera de plus en plus. Maintenant, imaginons qu’un second ennemi arrive et s’installe cette fois sur les branches hautes : cet ennemi est un puceron, c’est-à-dire un insecte suceur qui ne nécessite pas de déployer le même type de défense que pour la chenille. Cette fois, c’est donc la voie de l’acide salicylique qui est sollicitée. La concentration en acide salicylique augmente donc autour du puceron et les défenses sont déclenchées. Dans les zones distales, la concentration en acide salicylique augmente aussi un peu… Au final, on se retrouve donc avec une plante qui a beaucoup d’acide salicylique en haut à cause du puceron, beaucoup d’acide jasmonique en bas à cause de la chenille, et des gradients différent des deux hormones au milieu ! La plante ne va pas pouvoir activer toutes ses défenses à la fois, elle va donc se servir des concentrations relatives en ces deux hormones pour répondre à l’attaque prioritaire : les zones les plus proches de la chenille auront plus d’acide jasmonique que d’acide salicylique et déclencheront donc des défenses anti-herbivore tandis que dans les zones proches du puceron, l’acide salicylique sera majoritaire et activera les défenses anti-puceron. C’est tout bon? [Possibilité de questions] OK, sauf qu’encore une fois, il faut garder en tête que ce modèle est déjà très simplifié puisque les voies de signalisation interagissent entre elle de façon plus complexe… Et qu’en général, il n’y a jamais une seule chenille et un seul puceron sur une plante ! Sauf que si on commence à imaginer notre plante attaquée par tous les ennemis qu’elle peut rencontrer simultanément dans un champ… Bah ça devient tout de suite beaucoup, beaucoup, beaucoup plus compliqué.
Donc pour résumer, les voies de signalisation des végétaux sont très complexes et sont modulées très finement par de nombreux facteurs : ces voies dépendent de la nature des attaquants, de l’intensité et de la durée de l’attaque mais elles interagissent aussi entre elles : la voie de l’acide jasmonique inhibe celle de l’acide salicylique et inversement. Il y a donc des rétrocontrôles positifs et négatifs des voies entre-elles mais aussi des voies sur elles-mêmes… Et comme si ça ne suffisait pas, en recevant les mêmes concentrations de phytohormone, la réponse de défense de la plante ne sera pas la même dans une feuille, une fleur ou une racine. Bref, c’est compliqué. C’est même très compliqué. Mais ça permet vraiment à la plante de prioriser les défenses à activer en fonction des menaces et de leur dangerosité. C’est donc toute une stratégie militaire qui se met en œuvre afin de protéger au mieux les différentes parties de la forteresse en fonction de leur importance : si deux ennemis sont en train de vous attaquer, il faut choisir quelle défense est à prioriser: par exemple si vous avez un ennemi qui casse quelques murailles mais ne vous met pas vraiment en danger alors que l’autre ennemi se dirige vers votre nurserie et menace de tuer tous vos nouveau-nés, vous allez d’abord vous concentrer sur la défense de votre progéniture. L’autre attaquant fait des dégâts, certes, mais il ne menace ni votre survie, ni celle de vos bébés, il n’est donc pas prioritaire, alors vous vous en chargerez après.
C. Prévenir ses voisins grâce à la communication longue distance ?
Mais pour l’instant, je ne vous ai parlé que de la communication au sein de la plante elle-même, avec des messagers qui se déplacent dans la plante en voyageant de cellule en cellule. Pourtant, les plantes possèdent aussi un système d’alerte longue-distance qui peut être capté par les autres plantes ! Ce qu’il se passe, c’est que les zones attaquées produisent des composés volatils à leur surface. Ces composés se propagent par voies aériennes et peuvent alors être captés par les plantes proches qui vont réagir par un priming : en gros, vous avez sonné la cloche qui annonce que vous êtes attaqué, les forteresses voisines sont donc prévenues qu’un dragon rode dans le coin et qu’elles feraient bien de se méfier et de se mettre elles-aussi en alerte. Et là encore, on retrouve nos hormones de tout à l’heure, ou plutôt leurs dérivés comme le méthyl jasmonate. Le méthyl jasmonate, c’est un composé volatil bien connu : il est dérivé de l’acide jasmonique et est capable de déclencher des réactions de défense chez les plantes qui le perçoivent. Le message porté par le méthyl jasmonate n’est pas spécifique à une espèce donnée ; ce qui fait qu’une plante d’une espèce, quand elle est attaquée, peut libérer des composés volatils qui se déplacent dans l’air et vont mettre en alerte les autres espèces végétales qui l’entourent.
Mais là, il y a quand même une question qui se pose : pour une plante attaquée, quel est l’intérêt de prévenir les autres plantes ? Est-ce de l’altruisme de leur part ? Et bien… pas tant que ça en fait : les composés volatils n’agissent pas sur des distances excessivement grandes, en général ils marchent seulement jusqu’à une cinquantaine de centimètres autour du point d’émission ! Ce qui est finalement très pratique pour passer des messages de branches en branches au sein d’une même plante ! Imaginez un grand arbre : l’une des feuilles au bout d’une branche est attaquée par une chenille. La feuille attaquée commence à se défendre et préviens les feuilles voisines qui sont sur la même branche qu’elle. Pour ça, elle envoie des messagers qui circulent à l’intérieur de l’arbre. Sauf que, d’un point de vu spatial, à côté de la feuille attaquée, il peut très bien y avoir une feuille qui appartient à une branche différente de ce même arbre : les signaux d’alerte qui circulent à l’intérieur de l’arbre mettrons donc du temps à partir de la feuille attaquée, à remonter la branche jusqu’à la jointure avec l’autre branche, et redescendre cette autre branche pour arriver dans la feuille qui était finalement à 3cm de la zone d’attaque. Ainsi, en envoyant aussi un signal dans l’air, la feuille attaquée prévient les feuilles les plus proches d’elles bien plus rapidement et efficacement !
Et c’est vrai qu’en bonus non négligeable, ce système permet aussi aux plantes de se prévenir entre elles, ce qui permet d’anticiper le déplacement éventuel de l’agresseur en se mettant en état d’alerte et en déclenchant des mécanismes de défense.
VI. Conclusion
Donc voilà, on arrive à peu près au bout de ce que je voulais vous dire… Alors finalement, pour résumer ce dossier et relier tous les éléments entre eux, ce qu’on peut retenir, c’est que les plantes doivent se défendre contre un environnement qui change : leurs ennemis sont variés et peuvent attaquer de façon simultanée à différents endroits. Pour lutter contre ses agresseurs et survivre, la plante a donc développé toute une stratégie martiale et elle dispose de deux types de défenses : les défenses constitutives, qui sont toujours actives mais ne sont pas particulièrement spécifiques, et les défenses induites, qui ne sont activées que lorsqu’une attaque est identifiée mais qui peuvent donc cibler précisément les attaquants. Pour activer cette deuxième catégorie de défenses, la plante doit donc détecter l’attaque et cours. Pour ça, elle utilise des indices physiques comme les sons, mais elle utilise surtout des indices chimiques. La plante est ainsi capable de reconnaître des composés et des molécules bien particulières : certains de ces composés sont des fragments de plantes endommagés, ils indiquent donc qu’il y a eu des dégâts mais ne renseignent pas sur l’attaquant qui les a causés. A l’inverse, la plante reconnait aussi des molécules qui appartiennent à l’ennemi et qui lui permettent donc de l’identifier précisément. Dans tous les cas, des voies de signalisation sont enclenchées pour activer des gènes de défense et sonner l’alerte dans toute la plante. Ces voies de signalisation font intervenir des réseaux moléculaires complexes qui interagissent entre eux afin de permettre à la plante de répondre de façon optimale en déclenchant les mécanismes de défenses les plus adaptés aux agresseurs qui ont été identifiés. Les défenses des plantes sont donc dynamiques et changent au fil du temps pour répondre au mieux aux contraintes du moment… Autrement dit, les systèmes de détection et d’alerte sont absolument indispensables aux plantes si elles veulent se défendre de façon optimale, au bon moment et contre le bon attaquant… Et ça, les agresseurs le savent bien. Au fil de l’évolution, certaines bébêtes ont donc développé des mécanismes pour tenter d’interférer avec les systèmes d’information des plantes, c’est-à-dire, pour ne pas se faire repérer et donc pouvoir grignoter en paix. Si vous m’accordez 5min de plus, je voudrais donc finir avec une dernière notion, qui est celle de la mise à mal de tous ces systèmes d’informations chez les plantes et qui s’apparente un peu à du contre-espionnage.
L’idée, c’est que si l’attaquant ne se fait pas repérer par la plante, celle-ci n’activera pas ses défenses induites. L’attaquant en question courra donc beaucoup moins de risques. Et pour ne pas se faire repérer, il existe deux grandes approches. La première, c’est de bloquer la reconnaissance ou la signalisation en produisant des molécules qui vont interférer avec les systèmes d’identification ou d’alerte des plantes. Les champignons ou les bactéries sont très forts pour ça : ils produisent tout plein de molécules qui peuvent bloquer la reconnaissance au niveau des récepteurs ou encore mettre le bordel à l’intérieur des cellules végétales de façon à inhiber la mise en place des défenses. Mais là aussi, les mécanismes mis en jeu sont assez complexes et ne sont pas très fun, je ne vais donc pas les détailler plus que ça.
Par contre, la seconde méthode qui permet de ne pas être repérée est bien plus amusante : il s’agit de faire de la désinformation en diffusant des fake-news. L’idée, c’est de se faire passer pour quelqu’un d’autres afin de ne pas attirer l’attention sur soi. Par exemple, si un insecte herbivore arrive à faire croire à la plante qu’il grignote qu’elle est attaquée par des bactéries, la plante activera ses défenses anti-bactéries. Défenses qui risquent d’avoir assez peu d’effet sur l’insecte qui est dans la place ! Et quand on est un insecte, comment est-ce qu’on peut se faire passer pour une colonie bactérienne… ? Et bien en fait, ce n’est finalement pas très compliqué, il suffit de baver beaucoup ! Prenons le doryphore de la patate, qui adore baver sur les plantes qu’il mange. Ce qu’il se passe, c’est que le système digestif du doryphore est rempli de bactéries. Ainsi, quand le doryphore croque une plante et lui bave dessus, il dépose de nombreuses bactéries et des substances bactériennes sur la plante. La plante reçoit donc un signal « attention, attaque bactérienne en cours » qui est fort et qui masque la détection du doryphore. La plante va donc mettre en place des défenses anti-bactérie… pendant que le doryphore continue tranquillement son repas.
Donc finalement, s’il y a une leçon à tirer de ce dernier exemple, c’est que rien n’est jamais acquis : les plantes ont beau développer des systèmes ultraperfectionnés pour détecter leurs ennemis, il y aura forcément un moment, au fil de l’évolution, où les agresseurs trouveront un moyen de déjouer ces systèmes de détection. Et quand cela arrive, les plantes deviennent très vulnérables : par exemple, si une plante n’est pas capable de détecter un champignon dès qu’il commence à l’envahir, le champignon va pouvoir se multiplier, coloniser les tissus végétaux et pomper toutes les ressources de la plante sans même que celle-ci n’active ses défenses. A un moment, le champignon se sera tellement développé qu’il ne pourra plus se cacher… Mais à ce moment, ce sera déjà trop tard : la plante aura beau activer des défenses en catastrophe, tenter une riposte brutale, elle sera déjà trop faible et le champignon sera déjà bien trop étendu. En clair, le combat sera perdu d’avance. Ainsi, au cours de l’évolution, quand un ennemi trouve un nouveau moyen pour pénétrer dans la forteresse sans se faire prendre, les plantes peuvent être prises au dépourvu… Elles connaissent alors des temps durs et se font grignoter à tout va… jusqu’à ce qu’elles développent elles-mêmes de nouvelles stratégies qui leur permettront d’affiner leurs systèmes de détection et de reprendre le dessus. Mais développer de nouvelles stratégies, ça demande du temps. Ça demande des dizaines, voire en centaines de milliers d’années d’évolution…
Et ce que je viens juste de vous dire pour les systèmes de détection des ennemis, ce sera aussi valable la prochaine fois pour les mécanismes de défense des plantes. Aujourd’hui, je vous ai expliqué comment les plantes se préparaient au combat ; la prochaine fois, je vous parlerai des mécanismes qui permettent aux plantes de mettre les agresseurs en déroute. Et là, c’est vraiment une course à l’armement qui s’est mise en place au cours de l’évolution : à chaque fois que les plantes inventent de nouvelles armes pour percer les armures de leurs ennemis ou qu’elles inventent de nouvelles molécules pour les empoisonner, les ennemis en question inventent de nouveaux boucliers renforcés ou de nouveaux contre-poisons. Dans cette course à l’armement, les plantes doivent donc sans-cesse diversifier leurs mécanismes de défenses, et c’est pour ça que j’aurais plein de truc bien badasse à vous raconter dans le prochain épisode !
Imaginez un chevalier de la table ronde. Que ce soit Lancelot, Perceval, Galahad ou même le roi Arthur, on se les imagine souvent sur leur fier destrier, doté d’une longue épée et arborant une étincelante armure de plaque. Difficile en effet de les imaginer sans une armure lorsqu’ils chargent au combat contre une horde de soldat ou à l’assaut d’un terrible dragon… Cette armure est bien souvent ce qui les sépare d’un horrible trépas et la bravoure de ces chevaliers se reconnaît aux bosses, éraflures et entailles qui la décorent. Dans les romans et les films de chevaliers, le danger semble si omniprésent qu’on aurait envie de conseiller aux héros de toujours porter leur armure. Mais on se doute bien que ce n’est pas possible : entre l’inconfort généré à devoir faire ses besoins, l’incompatibilité de rester en armure après un énorme banquet ou encore l’impossibilité de faire des ptits chevaliers avec la princesse, la liste des défauts à porter une armure en continu est longue. Et pourtant, l’évolution a doté plus d’un million d’espèces vivant à l’heure actuelle d’une armure quasi perpétuelle.
Bienvenue dans le monde des Ecdysozoaires.
Ecdysozoaires ou Ecdysozoa, c’est le nom donné à un groupe d’animaux et cela vient du grec ecdysis qui veut dire “mue” et zoa “animal”. Comme mentionné plus tôt, c’est un groupe gigantesque, dans lequel on retrouve des animaux comme les crustacés, les mille-pattes, les araignées et bien entendu les insectes. L’ancêtre commun de toutes ces espèces vivait probablement il y a plus de 600 millions d’années et une des caractéristique qu’on pense qu’il a donné en héritage à l’ensemble de sa descendance, c’est la cuticule, autrement appelée l’exosquelette : la fameuse armure dont je vous parlais plus tôt.
En effet, comme la plupart des bestioles, les ecdysozoaires ont un épiderme, un tissu de cellules solidement jointes les unes aux autres et qu’on appelle couramment la peau. Mais cette peau a la particularité de produire différentes molécules, excrétées vers le milieu extérieur et qui vont former des strates de dépôts, des couches épaisses donc qui constituent une armure fusionnée à leur peau.
La couche la plus proche de l’épiderme, on l’appelle l’endocuticule et c’est une couche assez souple essentiellement formée de chaînes de sucres très particuliers, des polymères de chitine (qu’on épelle C-H-I-T-I-N-E ). La chitine signifie tunique en grec et pour faire plaisir aux chimistes, je préciserai (merci wikipedia) qu’il s’agit d’un polysaccharide azoté issu de la polymérisation de N-acétylglucosamine liés entre eux par une liaison osidique du type β-1,4 (tousse). De base, la chitine permet de constituer une couche résistante mais souple. Au-dessus de l’endocuticule de chitine, une couche de protéines cette fois-ci, constitue ce qu’on appelle l’exocuticule. Là c’est du costaud : les protéines comme l’arthropodine ou la sclérotine forment un réseau solide, rigide et particulièrement résistant. Qui plus est, endocuticule et exocuticule peuvent être parsemés de cristaux de carbonate de calcium qui rend l’ensemble supra dur. Mais ce n’est pas tout! Une cire particulière est sécrétée par des cellules de l’épiderme et vient enduire l’ensemble de la cuticule, constituant sa dernière couche que l’on appelle l’épicuticule et qui confère une imperméabilisation à l’ensemble de l’armure qui est donc un rempart absolu contre les chocs mécaniques ou chimiques.
La cuticule entoure donc l’ensemble de l’animal, partout où il y a de la peau, mais chez les insectes et autres bestioles apparentées, on trouve aussi de la cuticule entourant les yeux, une grande partie du tube digestif et leur système respiratoire.
Vous imaginez un peu si on faisait la transposition à un humain et que vous vous retrouviez avec des plaques de métal dans le tube digestif et les poumons? Parce qu’avec cette description, on a l’impression qu’on a juste détaillé les constituants du revêtement d’une boite de conserve, et il est facile de perdre de vue qu’on est en train de parler d’animaux. La question donc est : comment un animal peut manger, respirer, percevoir son environnement ou voire juste se déplacer avec ce genre de squelette rigide tout autour de lui?
Et bien tout d’abord, il faut savoir que la cuticule des ecdysozoaires n’est pas uniformément composé des trois couches que j’ai décrites plus tôt, que ce soit sur l’ensemble du corps, ou pendant l’ensemble de la durée de vie de l’animal. Déjà il y a des cellules qui traversent la cuticule, que ce soit avec un canal qui permet d’ailleurs d’alimenter la cuticule en couches de protéines ou de cire, ou que ce soient des cellules en entier comme les cellules qu’on appelle les soies. Vous avez probablement déjà remarqué que certains insectes, comme des bourdons, ou certaines araignées semblaient poilus : et bien ce ne sont pas des poils comme chez les mammifères, mais des cellules qu’on appellent des soies et qui traversent la cuticule justement.
Chez les arthropodes, un groupe d’ecdysozoaires qui possèdent des appendices constitués de pièces articulées (d’où le nom : arthropode = appendices articulés), la cuticule de la jointure dans les articulations du corps et des appendices est quasi uniquement composée d’endocuticule (la couche souple de la cuticule composée de ces chaînes de sucres de chitine). Qui plus est, ces jointures sont aussi riches en une protéine conférant de l’élasticité : la résiline. Dans d’autres endroits, la cuticule est quasi uniquement composée d’exocuticule, ce qui rend ces parties très rigides. Le renforcement de ces parties est souvent dû à l’accumulation de protéines ou de cristaux minéraux à travers deux processus qu’on appelle respectivement la sclérotisation ou la minéralisation de la cuticule. Pour la sclérotisation, le processus ressemble un peu à ce qui se passe lorsque qu’on tanne du cuir : des traitements chimiques permettent de réaliser des liaisons fortes entre chaînes de protéines. Ce sont souvent sur ces parties où viennent se fixer les muscles de l’animal par le biais d’extension des cellules musculaires, ce qu’on appelle des tonofibrilles, et qui viennent s’attacher directement sur la cuticule. C’est donc ces variation de la composition de la cuticule qui permet aux ecdysozoaires de voir, de ressentir leur milieu avec leurs soies et de se déplacer avec leurs appendices.
Mais cela ne dit pas ce qu’il se passe au cours de la vie d’un ecdysozoaire : ce genre d’animal, ça mange, donc ça grandit, non? Et oui, c’est exact, ces animaux se nourrissent et nécessairement prennent de la bidoche et doivent donc croître. Mais pour croître, il va falloir lutter contrer cette coque rigide qui entoure l’animal, et la solution qui est apparue au cours de l’évolution, c’est la fameuse mue.
Vous avez déjà probablement entendu parler de la mue mais essayons de clarifier celle qui va nous intéresser ici. Certes, un lézard, un serpent, la voix d’un adolescent, un chat angora en été : toutes ces drôles de bestioles réalisent des mues. Mais celle qui nous intéresse, c’est celle qui permet à l’animal de grandir et ce n’était pas le cas des exemples précédents. Pour grandir, les ecdysozoaires doivent se débarrasser de leur cuticule périodiquement et la refabriquer : on dit que leur croissance est discontinue et c’est une de leur spécificité (je rappelle : ecdysozoaire, ce sont les animaux qui muent).
On peut trouver ce mode de croissance curieux, mais si l’on se tient à sa représentativité dans le monde animal, force est de constater que ceux qui croissent n’importe comment, c’est bien nous, les vertébrés à la croissance continue… Mais intéressons nous plus attentivement sur les détails du mécanisme de la mue.
Essentiellement étudiée chez les crustacés et les insectes, on sait que la mue des ecdysozoaires est sous contrôle hormonal, le plus souvent avec une hormone qu’on appelle ecdysone (ecdysone – ecdysozoaire, on est pas sur la recherche de l’originalité ici…).
Ce contrôle hormonal permet d’intégrer plein de variables, comme la taille, le poids, l’alimentation, etc. Et d’ailleurs, de nombreux pesticides fonctionnent grâce à leur effet perturbateur sur le déclenchement des mues : une mue trop précoce aura tôt fait de tuer un ecdysozoaire. Et vu que les hormones sont souvent les mêmes, vous pouvez subodorer les effets dévastateurs que peuvent entraîner l’emploi inconsidéré de certains pesticides…
Entre chaque mue, l’animal ecdysozoaire a passé du temps à remplir l’espace sous la cuticule. Quand cet espace est rempli, la mue est généralement déclenchée, et au début, on voit pas grand chose. C’est que les bouleversements sont internes, sous la cuticule. Déjà les divisions cellulaires de l’animal sont généralement accélérées, surtout au niveau de l’épiderme et d’éventuels organes ou appendices qui régénèrent. Ensuite des glandes épidermiques sécrètent des enzymes qui viennent littéralement digérer la vieille endocuticule : la fameuse couche juste au-dessus de l’épiderme. Je vous rassure, rien n’est jeté : l’endocuticule nouvelle digérée est réabsorbée par les cellules de l’épiderme. Du coup il se crée un espace vide entre l’ancienne cuticule (composée uniquement d’épi et d’exocuticule si vous suivez bien) et l’épiderme qui lui, commence à sécréter une nouvelle endocuticule. Au même moment, il y a un remaniement de certaines cellules nerveuses et musculaires pour libérer l’ancienne cuticule et s’attacher à la nouvelle.
Si vous suivez toujours bien, vous saurez qu’il y avait des endroits où la cuticule était presque uniquement composée d’endocuticule : ce seront les réseaux de lignes de cuticule très fragile d’où va pouvoir émerger l’animal en fin de mue. L’animal est alors recouvert d’une cuticule très souple et fragile, mais particulièrement élastique. Pour pouvoir d’ores et déjà prendre la forme de cette étape de son développement, l’animal va soit pomper de l’eau ou de l’air en fonction de son milieu de vie. Et oui, gardez en tête que la cuticule constituera l’armure rigide autour de l’animal qui doit tout de même grailler pour remplir l’intérieur. En attendant ce sera donc soit de l’air, soit des fluides internes qui combleront le vide : en même temps que la cuticule va s’épaissir et durcir, l’ecdysozoaire va gonfler comme un ballon.
Il laisse derrière lui son ancienne cuticule, empreinte particulièrement minutieuse de son précédent stade de vie.
Vous l’aurez compris, la mue est une étape de vie où l’animal est particulièrement vulnérable, et généralement il essaie de se retrancher dans un lieu sûr pour l’effectuer. Entre chaque mue, on peut estimer que la masse va doubler et que la taille du bestiau va accroître de 25%. L’espace temporel entre chaque mue, la durée d’accomplissement de la mue et le nombre de mues sont fortement variables entre les espèces et dépendent également des conditions alimentaires et climatiques.
Alors plutôt que de vous détailler tous les types de mues qui existent chez les ecdysozoaires, on va s’intéresser ce soir au développement mystérieux de nos amis à six pattes: les hexapodes (du grec ἑξάς, èxas “six”, et ποδός, podos, “pied”… l’étymologie en entomologie, c’est fun! ).
Les hexapodes sont un sous groupe des arthropodes, cousins plus ou moins proches des araignées, des mille-pattes et de crustacés. Petite parenthèse phylogénétique de relou : il s’avère que les hexapodes sont nichés au sein du groupe des crustacés, donc on devrait les considérer comme des crustacés dérivés. Fin de la parenthèse.
Pourquoi je vous parle d’hexapodes et pas d’insectes, quand je vous évoque ces fameuses bestioles à 6 pattes? Et bien c’est que les insectes, stricto sensu, correspondent à un sous ensemble d’arthropodes à 3 paires de pattes auquel on rajoutera les protoures, diploures et collemboles… Pour être très précis, les insectes sont un sous groupe d’hexapodes et on les reconnait au fait que leur bouche est composé d’appendices qui sont situés à l’extérieur (ce n’est pas le cas des trois groupes d’hexapodes que j’ai nommé plus tôt : les protoures, diploures et collemboles).
Comme tout bon ecdysozoaire, chez les hexapodes, les mues se succèdent durant leur croissance. Mais parfois, l’animal peut avoir des formes variables tout au long de sa vie. C’est ce qui permet de distinguer plusieurs types de développement: le développement amétabole, hétérométabole et holométabole (et non, y’a pas de développement discobole ou dragonball).
Chez les hexapodes amétaboles le juvénile qui éclot de l’œuf a grosso modo la même morphologie que l’adulte, si ce n’est qu’il est riquiqui. On retrouve ce mode de développement surtout chez nos fameux diploures, protoures et collemboles: vous savez les hexapodes qui n’ont pas le droit de rentrer dans le club des insectes. Ces bébêtes ne font donc muer que pour grandir.
C’est le cas par exemple des collemboles (j’avoue, cette terminaison en –bole ajoute de la confusion… c’est pas de bol!). Ce sont de minuscules bestioles qui vivent surtout dans l’humus et qui sont tout simplement adorables : je vous invite à regarder des vidéos et photos de leurs petites bouilles, de leur parade amoureuse ou encore de leur mue.
Sur ces dernières vidéos, vous pourrez remarquer qu’il est quasi impossible de savoir si l’animal qui s’extirpe de la cuticule est arrivé au stade adulte ou non.
D’autres hexapodes amétaboles célèbres sont les des lépismes, plus connus sous le nom (totalement bidon) de poissons d’argent (et qui pour le coup sont des insectes vu qu’ils possèdent bien des pièces buccales externes).
On en trouve souvent qui filent sur le carrelage de nos salles de bain. Et bien les lépismes peuvent muer entre 17 et 66 fois au cours de leur vie! C’est beaucoup et cela s’explique notamment par le fait que le lépisme continue à muer même lorsqu’il atteint l’âge adulte et sa taille finale.
Chez la plupart des insectes, lépismes non compris, on trouve peu d’organismes amétaboles. Cela signifie qu’on peut distinguer des différences notable entre le stade adulte et le stade juvénile qu’on qualifiera de larvaire.
Chez un insecte hétérométabole, Il y a 3 stades : l’œuf, la larve et l’adulte (qu’on appelle, en entomologie, l’imago).
Il y a donc une étape importante de la vie de ces insectes, la métamorphose, à travers laquelle ils passent d’un stade larvaire à un stade adulte capable, notamment, de se reproduire. Et cette transition, elle se réalise au moment d’une mue, un peu particulière, qu’on appelle la mue imaginale (puisqu’on passe d’une larve à un imago). Toutes les mues précédentes correspondent donc à des mues larvaires. C’est vraiment différent de la situation des hexapodes amétaboles chez qui on ne peut pas trop faire la différence entre une mue et une autre.
Un imago est caractérisé par sa capacité à se reproduire mais aussi par la présence d’ailes pour les insectes qui en portent (la grande majorité des insectes qui appartiennent au groupe des pterygotes ce qui signifie “pourvu d’ailes” en grec). Il y a donc quand même de sacrés remaniements morphologiques lors de cette métamorphose. Pour certains insectes hétérométaboles, la larve se trouve dans le même milieu de vie que l’adulte. C’est ce qu’on appelle un développement paurométabole et c’est le cas retrouvé par exemple chez les criquets et les sauterelles.
C’est quand même un sacré boulot! Pas étonnant que, pour regagner des forces, les insectes dévorent leur ancien exosquelette (ce qu’on appelle une exuvie).
Chez d’autres insectes hétérométaboles, la larve ne vie pas dans le même milieu que l’imago: c’est ce qu’on appelle un développement hémimétabole. C’est le cas par exemple des éphémères chez qui la larve vie dans le milieu aquatique alors que l’imago, ailé, va conquérir le milieu aérien. Alors attention, pas besoin beaucoup de temps pour observer la ponte et la mue des éphémères, c’est hyper rapide.
En effet les éphémères possèdent la transformation la plus rapide entre larve aquatique et adulte volant. Ce sont les proies favorites des poissons qui les dévoreront si elles ne fuient pas immédiatement après s’être exposées ainsi à la surface de l’eau. Mais pour être parfaitement précis, l’individu volant qui s’extirpe de la cuticule en passant du milieu aquatique à aérien, n’est pas exactement une imago : c’est un subadulte (ou subimago) qui doit encore subir une mue avant de pouvoir se reproduire. Cette mue a lieu peu de temps après cette extraction express du milieu aquatique et permet aux individus d’être fin prêt à se reproduire.
Il faut dire qu’il s’agit là de leur dernière action sachant que leur mue imaginale s’accompagne par la perte de leur bouche et système digestif : les éphémères sont condamnées à mourir de faim et d’épuisement une fois adultes…
Il nous reste un dernier “–bole” à découvrir: le cas des insectes holométaboles. Chez ces insectes, la métamorphose est cataclysmique! La larve est vraiment très différente de l’imago (chez les papillons, la larve s’appelle une chenille, et chez les mouches et moustiques, on parle d’asticot).
Au dernier stade larvaire, elle se transforme en une forme immobile, la nymphe, qui restera en pause jusqu’à l’émergence de la forme adulte (là encore, les noms des nymphes varient selon les groupes: on parle de chrysalide pour les papillons et de pupe pour les mouches et moustiques). On peut donc dénombrer 4 stades importants du développement: œuf, larve, nymphe et imago. Et encore une fois, chaque transition de forme s’accompagne par une mue spéciale : la mue nymphale et la mue imaginale.
Ce ne sont pas les exemples d’insectes holométaboles qui manquent (abeilles, guêpes, coccinelles, scarabées, puces, mouches, moustiques) mais celui qui est peut être le plus charmant est celui des papillons, et notamment celui du papillon monarqueDanaus plexippus:
Tout commence par un œuf dont va s’extraire le tout premier stade larvaire du papillon monarque: la chenille. Comme d’hab, éclore n’est pas une mince affaire et cela nécessite beaucoup d’énergie. Autant en récupérer en boulottant tranquillement la cuticule de l’œuf:
Ce gain d’énergie est non négligeable et va booster la chenille qui va pouvoir se mettre en quête de bonnes grasses feuilles à mâchouiller:
La quantité de bouffe dont va se gaver la chenille est assez ahurissante. Il faut dire que celle-ci va devenir près de 2000 fois plus massive en quelques semaines, et ce à travers 5 mues larvaires successives:
Après avoir accumulé tant d’énergie et de réserves, il est temps pour la chenille de se transformer en nymphe (chrysalide). Et la transformation est particulièrement étonnante!
En effet, il est difficile de croire que sous la cuticule dont l’apparence est la forme d’une chenille, se cachait la véritable forme actuelle de l’animal : celle d’une chrysalide. C’est qu’il ne fait pas oublier que la couche externe qu’on voit, cette fameuse cuticule, correspond ici à une sorte de chaussette qui a été formée lors de la dernière croissance larvaire. Un brin d’explications s’impose: La chenille, en forme de J et accrochée à la branche, se transforme en chrysalide. la peau derrière le cou de la chenille se brise et, tandis que la créature gigote, la cuticule glisse vers les pattes arrières, révélant la chrysalide verte qui s’est développée sous la cuticule larvaire. Avant que la cuticule soit éjectée, l’attache noire, ou crémaster, qui a de nombreux crochets à son extrémité, doit être enroulé pour former un bouton de soie. Il s’agit d’une étape dangereuse! Si la chrysalide est maladroite, elle peut tomber sur le sol et être dévorée par des fourmis. Graduellement, la chrysalide durcit pour former une enveloppe lisse et de couleur jade, décorée de points dorés. A l’intérieur de ce joyau, les vieux tissus de la chenille se transforment progressivement en papillon adulte. Cela prend environ 7 jours à température estivale. Environ 12h avant que le papillon n’émerge, la chrysalide s’opacifie et sa cuticule devient assez transparente pour révéler les couleurs noires et oranges des ailes de l’imago à l’intérieur.
Et je ne vous cache pas que l’un des moments les plus merveilleux de ce cycle de vie reste l’émergence de l’imago, ayant subi sa dernière mue.
Il faut plusieurs heures à l’adulte pour accumuler assez d’air et d’hémolymphe dans les ailes pour que celles-ci soient assez sèches et dures pour voler. Et ces papillons ne peuvent pas se permettre d’avoir des ailes défectueuses sachant qu’ils effectuent des migrations de près de 4 000 km de distance entre l’Amérique du Nord et le Mexique (l’aller-retour se faisant en plus sur plusieurs générations) !
Un autre aspect fascinant du développement des insectes holométaboles, est que la plupart des structures, tissus et cellules qui vont permettre le développement de l’adulte sont déjà présents chez la larve qui pourtant ne ressemble pas du tout à une imago. C’est le cas par exemple des larves de drosophiles, les mouches du vinaigre, qui possèdent dans leur petit corps d’asticot, 15 disques qui préfigurent les pattes, antennes, ailes et autres organes caractéristiques de l’adulte.
On appelle ces structures des disques imaginaux et j’en avais parlé sur Podcast Science lors d’un épisode sur l’EvoDevo : Podcast Science 305 – Evo-Devo 2, le retour. J’y conte notamment comment les disques imaginaux de pattes fonctionnent comme des capotes. À écouter donc (le schéma plus haut devrait vous mettre la puce à l’oreille).
C’était donc un exemple complet de développement d’un insecte holométabole. Bon, amétabole, hétérométabole, holométabole… Vous en avez Ras-le-Bol? Passons à autre chose alors! Je vous donne RV la prochaine fois pour découvrir comment les hexapodes peuvent s’accommoder à respirer dans tous les milieux, aériens ou aquatiques!
Si vous ne pouvez pas attendre jusqu’à la prochaine émission de Podcast Science, sachez qu’il y a de forte chance que ces épisodes soient des mises à jour des billets de SSAFT suivants : 1001 pattes et Trachée n’est pas jouer.
Bonsoir! Vous le savez peut–être, Taupo va nous parler aujourd’hui de la mue des insectes. Alors je me suis demandé d’où venait ce nom : mue? Je suis allée demander à mon Robert Étymologique, et voici ce qu’il en est: la racine est Indo-Européenne, il s’agit de ‘mei’ qui veut dire changer et échanger. Je vais vous passer les détails mais du coup on trouve dans cette famille, des mots comme “migration”, “remuer”, “mutation”. Puis on trouve des mots qui par extension font référence à des échanges réglés sur l’usage, et on tombe sur “commune”, “communautaire” et “communiste”. Bref, le sujet de ce soir a donc rapport à ce qui change, et tel l’imago qui s’est débarrassé de ses guenilles puériles, chacun d’entre nous va découvrir ce soir un nouveau monde grâce à notre mutant Taupo. (si quelqu’un demande pourquoi, c’est parce qu’il est surhumain).
Nous sommes le mercredi 27 février de l’an 2019, vous êtes dans l’émission 364, bienvenue sur Podcast Science.
Vous pouvez retrouver la transcription de ce dossier intégralement ici.
Tour de table
Irène depuis la Corse, Tupe, depuis Barcelone Eléa, depuis l’Alsace Taupo, depuis Paris
“Als Gregor Samsa eines Morgens aus unruhigen Träumen erwachte, fand er sich in seinem Bett zu einem ungeheueren Ungeziefer verwandelt.” DIE VERWANDLUNG Franz Kafka
En se réveillant un matin après des rêves agités, Gregor Samsa se retrouva, dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte.
La Métamorphose Franz Kafka
Le quiz du mois :
“Savoir faire un U avec sa langue est génétique, info ou intox?”
Annonces :
Si vous êtes dans la région de Lyon le weekend du 13 et 14 avril 2019, Lyon Science rouvre ses portes. Le festival est gratuit, et si vous avez les moyens vous pouvez les aider à financer via leur page de crowdfunding sur lyon-science.fr.
nyves: Hello nyves: ca commence fort 😉 Le Plantoscope: Bonjour Nyves nyves: salut @Le Plantoscope Le Plantoscope: J’ai la flemme de changer de compte nyves: 😉 nyves: nyves: salut @irene Taupo: hello tout le monde nyves: salut @Taupo nyves: c’est calme ce soir 🙂 irene: coucou! Le Plantoscope: Très calme, on est bien Utilisateur: ca se mange les mues des insectes comme des chips , dans la mouvance on mangera des insectes demain ? Utilisateur: @ps ^ nyves: c’est les vacances à Paris, tous le monde est au ski? Le Plantoscope: Peut être Utilisateur: je suis le volontaire du public 🙂 Utilisateur: je peux faire une critique sur babelio Utilisateur: µ nyves: c’est la mue finale! nyves: groupons nous et demain… elfredo: elfredo: Bonsoir à tous! Taupo: hello! nyves: on l’entends Utilisateur: si il y a le jingle nyves: maitresse Irène, ca fait un peu donjon Le Plantoscope: ahahah nyves: je viens d’écouter un podcast sur l’exorciste Utilisateur: ca s’ecrit comment ce mot ? nyves: le démon s’appelle Pazouzou nyves: ca fait un peu le mm effet nyves: tiens, il est où, le Brusicor? Utilisateur: les crabes sont impermeables non ? brusicor 🔵₂: Bonsoir ! nyves: Ah, ben quand on parle du @brusicor 🔵₂ nyves: @brusicor 🔵₂ : Taupo vient de parler chimie brusicor 🔵₂: @nyves Je sais, c’est parce que j’ai ressenti la perturbation de la Force que je suis venu nyves: lol Le Plantoscope: @Utilisateur Oui mais les crabes c’est des crustacés, c’est peut être une exception, j’en sais rien ! brusicor 🔵₂: A tes souhaits, la personne qui n’a pas muté son micro ! nyves: on ne parle pas suffisament du renforcement des parties nyves: surtout les ados, c’est des droles de bestioles! Utilisateur: @ps il y a des bernard l’hermite de mue d’insectes qui squattent des mues d’occasion ? : des plus jeunes de la meme espèce, ou d’autres ? brusicor 🔵₂: scontinue nyves: cherche pas @brusicor 🔵₂ , Pascal est pas là Utilisateur: ca s’ecit comment exysozoaire ? Le Plantoscope: ecdysozoaire nyves: oui, ca fait Death Maetal Norvégien! Cloé V: Bonsoir! Le Plantoscope: Bonsouère nyves: salut @Cloé V brusicor 🔵₂: Bien le bonjour ! nyves: gestion Cloé V: Oulala, j’ai l’impression que c’est pas ce soir qu’il fallait arriver en retard, ça a l’air d’être déjà bien bordélique ^^ nyves: non, ca va, c’est Taupo Cloé V: Et en plus c’est de la bio 🙂 nyves: en fait c’est comme les Pokemon nyves: ils évoluent brusicor 🔵₂: C’est @NicoTupe qui est malade ainsi ? 😕 nyves: je crois brusicor 🔵₂: Bon rétablissement @NicoTupe ! nyves: j’espère qu’il enregistre pas, sinon, le montage va etre fun nyves: 19°c en Bretagne hier nyves: s’il ne pleut pas dans les 3 jours on va se déshydrater Utilisateur: mais si il y a des tubes à l’interieur, TOPOlogiquement comme un tore en math , c’est pas possible de s’en extraire non ? brusicor 🔵₂: #InstantTardigrade Cloé V: @nyves Et on n’est qu’en février… vous n’allez pas survivre à l’été xD nyves: on attends le rat taupe nu? nyves: @Cloé V : carrèment nyves: retour à vélo en petit tshirt brusicor 🔵₂: Le scoop ! Cloé V: Taupo et ses gifs <3 nyves: j’adore les gif de Taupo Le Plantoscope: Je vous partage en exclu une mue de sauterelle géante que j’ai trouvé au Laos Le Plantoscope:https://scontent-cdt1-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-9/49438622_10215845334103153_3549440494733885440_o.jpg?_nc_cat=107&_nc_ht=scontent-cdt1-1.xx&oh=3bdb9bdd0dbe8f9eeea372dcf1b2c0f9&oe=5D1F5E99 Cleora: B’soir que d’exclus ce soir, scoop et futur album ! Utilisateur: @nyves la taupe est un des rares mammifères avec le porc à digérer la chitine brusicor 🔵₂:https://static.teteamodeler.com/images/illustration/File/colle-maison-enfant.jpg nyves: @Utilisateur : excellent brusicor 🔵₂: Voilà une colle en bol. nyves: c’est pas un fruit la carambole? Le Plantoscope: si nyves: très bon @brusicor 🔵₂ Le Plantoscope:https://static.passeportsante.net/200×200/i42016-la-carambole-pour-faire-le-plein-de-vitamines.jpg nyves: ca a pas de gout, mais ca fait beau dans l’assiette Le Plantoscope: A quand un jeu Pokemon imaGO, avec des vrais insectes à capturer? Le Plantoscope: #PokemonDay nyves: c’est dans le silence des agneaux qu’ils parlent d’imago, non? nyves: @Le Plantoscope : s’il faut attraper tous les insectes, on est pas rendu brusicor 🔵₂: Sinon, c’est l’auteur de “L’Oracle des rêves” dans Harry Potter Le Plantoscope: Les gens pas honnêtes, ils gardent l’imago. Cloé V: @Le Plantoscope Mais, le mec qui a créé les pokemon n’était pas un grand fan de chasse aux insectes et de collection de papillon? Ce qui lui a inspiré le jeu pokemon? brusicor 🔵₂:https://gamepedia.cursecdn.com/minecraft_gamepedia/b/b9/Silverfish.png nyves: il faut s’asseoir quand on va pisser la nuit sans allumer! Le Plantoscope: Source : un site internet pour tuer les insectes. Nice. Le Plantoscope:https://www.rentokil.lu/poisson-d-argent/sortes-de-lepismes/ nyves: y a des lbtq…métaboles? brusicor 🔵₂: Je préfère le métabolisme. nyves: ca aurait de la gueule, qu’on ait des ailes nyves: @ps: Est ce que Taupo connait tout ces mots compliqués par coeur? 😉 brusicor 🔵₂: gestif ! nyves: c’est pas du jeu, je multitask brownian: Hello Monde nyves: salut @brownian Le Plantoscope: Hoy ! brusicor 🔵₂: @Le Plantoscope On est bien d’accord que c’est demain minuit la dead line pour postuler pour la radio dessinée ? Utilisateur: @ps est ce qu’il y a des cours de latin et de grecques classique en bio bac +1 ? Utilisateur: mue imaginaire Le Plantoscope: @brusicor 🔵₂ OUI Cloé V: @Le Plantoscope QUOI?? Cloé V: @Le Plantoscope Tu m’avais pas donné cette deadline! Cloé V: Faut-il que je m’inquiète? Le Plantoscope: C’est la deadline café des sciences Cloé V: Oh. Le Plantoscope: j’anticipe les retards Le Plantoscope: ahah Cloé V: Ouf =’) nyves: @Cloé V : c’est comme dans mission Cléopatre nyves: 3 mois, avec combien de retard? Cloé V: Voilà =D brusicor 🔵₂: 👈 deadline pour ce genre de personne Cloé V: @Le Plantoscope Mais je pense que de notre côté, on sera 3 Utilisateur: 2000 fois sont poids en 5 mues ca fait qu’il est 1,6 fois plus grand a chaque mue Le Plantoscope: @Cloé V Tu m’enverras un mail 😀 Cloé V: (On verra ça après mais je me souviens pas avoir ton mail) nyves: oui, mais y a eowin dans le seigneur des anneaux 😉 Cloé V: Et bon appétit!^^ nyves: j’ai mangé des insectes grillés, ca passe Le Plantoscope:https://www.youtube.com/watch?v=kIY0azb6nkE nyves: oui, mais avec le mur, ils vont moins faire les malins! Cloé V: J’espère qu’il va être très haut alors le mur nyves: 😉 nyves: même pous des humains, ca va etre chaud pour qu’il soit etanche leur bouzin nyves: quand tu vois la gueule du mur de Berlin, et que certains arrivaient à passer Cloé V: Et si en plus il faut empêcher les p’tites bébêtes de passer, ils sont pas rendus Le Plantoscope:https://www.youtube.com/watch?v=B0ZlvCINozs nyves: sinon, ca serait pas taupo Cloé V: Mais le plus beau c’est sa façon d’assumer nyves: comme j’aimerai trop etre un de ses étudiants! Cloé V: Carrément… En prépa bio, j’ai eu tout son dossier au programme. Bah c’était vachement moins fun, et pourtant j’adore els insectes… nyves: j’ai eu hélas une prof qui m’a fait détester la bio au lycée brusicor 🔵₂:https://static.fnac-static.com/multimedia/FR/Images_Produits/FR/fnac.com/Visual_Principal_340/0/9/9/9782603010990/tsp20121001151126/Dictionnaire-etymologique-de-zoologie.jpg nyves: je vais parler de truststore, de keytabs et de tablespaces, il va moins faire le malin! Cloé V: @ps Est-ce que tes cours sont vraiment comme tes dossiers? Cloé V: (Question en retard dsl^^) Le Plantoscope: Oui, ils le sont Cloé V: Damn. nyves: c’est parce qu’ils dorment pas la nuit nyves: ils jouent à Fortnite Cloé V: J’aurais plutôt dis l’alcool nyves: aussi nyves: youhou!!!! Cloé V: 😉 Cloé V: OUI nyves: ca parler de lit et de reve, non? nyves: putain, j’ai pas trop perdu! Cloé V: Bravo nyves: j’ai fait sur 3 générations! Cloé V: Et ça donne quoi? nyves: tous savent le faire brusicor 🔵₂: Comment ça, “ce n’est pas grave ?” 😮 nyves: et ca sera où? Utilisateur: au lieu du patreon, acheter les livres des speakers c’est pareil ? nyves: excellent! nyves: y a des tshirts? Le Plantoscope: @nyves ce sera à Nancy mais j’en dis pas encore plus Le Plantoscope: bientôt nyves: argh, c’est loin Nancy 🙁 nyves: y a moyen de faire un live Youtube? Le Plantoscope: On va essayer nyves: argh, c’est coupé net! brusicor 🔵₂: Bon, et bien “au revoir” brusque comme la semaine dernière. brusicor 🔵₂: Bonne soirée à tous nyves: @Le Plantoscope ca serait cool Cloé V: Les fins sont violentes en ce moment Le Plantoscope: Ah oui, Tupe a encore fait n’importe quoi Le Plantoscope: c’est revenu? nyves: oui, ils sont rela! nyves: je peux plus Twitter, trop de troll nyves: tu vois, même Taupo trolle nyves: 😉 nyves: bon, allez les gens nyves: a mercredi prochain nyves: Amusez vous bien! Cloé V: Bonne soirée nyves irene: ciao! Le Plantoscope: Bonne nuit la chatroom !!! Cloé V: Bonne nuit à tous, et merci 🙂 Le Plantoscope: De rien irene: Bisous à toutes et tous! elfredo: Bonsoir à tous!
Nous sommes très heureuses et heureux d’accueillir Medhi Moussaïd, ce soir dans notre émission. Medhi, c’est le genre de personne dont on se dit qu’il a quand même bien choisi son truc. Il y a des chercheurs qui passent leur vie à étudier un femtolitre de cristal, d’autres qui passent leur vie à essayer de déblayer des mètres cubes de terre avec un pinceau… Et bien Mehdi, lui, son terrain de jeux, c’est des milliards d’équivalents de rats de laboratoire… Une manne quasi inépuisable, puisqu’il travaille sur le comportements des humains lorsqu’ils s’agglutinent en foules…. Rappelons le, on est à ce jour environ entre 7 et 8 milliards de spécimens sur cette planète. Alors, on gage qu’il a plein de choses hyper intéressantes à nous raconter sur son sujet préféré: l’étude des foules.
Nous sommes le mercredi 20 février de l’an 2019, vous êtes dans l’émission 363, bienvenue sur Podcast Science !
Tour de table
Une table très internationale ce soir !
Tupe, depuis Barcelone Eléa, depuis l’Alsace Taupo,depuis Paris Un fugitif Johan, depuis sa zone de transit international et Mehdi notre invité, depuis Berlin
Les images de la semaine :
La citation :
“A lie can travel halfway around the world while the truth is still putting on its shoes”, Mark Twain
Traduction : “Un mensonge peut faire le tour du monde le temps que la vérité ne mette ses chaussures.” Anecdote : Cette situation généralement attribuée à Mark Twain proviendrait en réalité de Jonathan Swift et remonterait à 1710.
Le nouveau quiz du mois :
“Savoir faire un U avec sa langue est génétique, info ou intox?”
Pour ce quiz, vous avez un bonus si vous nous envoyez des photos d’expérience ou des arbres généalogiques de vos prouesses linguales familiales.
On attend ça impatiemment, et la réponse sera donnée dans notre prochaine émission roue-libre !
Annonces :
Si vous êtes dans la région de Lyon le weekend du 13 et 14 avril 2019, Lyon Science rouvre ses portes. Le festival est gratuit, et si vous avez les moyens vous pouvez les aider à financer via leur page de crowdfunding sur lyon-science.fr.
le 13 avril 2019 à partir de 18h ce sera le Festival Vidéo !
Le 14 avril toute la journée à l’amphithéâtre Mérieux de l’ENS de Lyon, rendez-vous pour des conférences, des tables rondes, des ateliers et des surprises qu’on vous a réservé !
Objectif : collecte de 2500 euros, ils sont déjà à 50% et vous pouvez continuer à les soutenir !
La Chatroom
Eléa HEBERLE: BONJOUR CHATROOOOOOM
Eléa HEBERLE: ON EST BIEN ON EST DEUUUUX
Taupo: *court tout nu dans la chatroom vide*
Cleora: Mini bonsoir !
brusicor 🔵₂: Bonso…
Eléa HEBERLE: Juste un mini bonsoir ?
Eléa HEBERLE: 😀
Cloé V: Bonsoir!
* brusicor 🔵₂ voir @Taupo courir tout nu.
Cloé V: Et bah, ça commence bien aujourd’hui!
Cleora: Oui un mini, j’vais pas pouvoir rester longtemps 🙁 Mais j’vous accompagne pour faire foule haha
Eléa HEBERLE: Ooooh… 🙁
Eléa HEBERLE: Alors, j’ai bien eu ton mail, au fait.
Eléa HEBERLE: Faut que je prenne 10 minutes pour répondre
Nyves: Hello
Cloé V: Salut Nyves
Cleora: B’soir
Cleora: D’accord Eléa, c’est pas pressé, je propose juste si je peux faire quelque chose à mon simple niveau ^^
Eléa HEBERLE: <3 Merci
Albert Frankenstein: hello
Julien: Bonsoir 🙂
Nyves: Hello
Cloé V: Salut
Nyves: A y est, répondu au quizz du mois
Cloé V: Avec photos?
Nyves: compltement scientifique comme réponce 😉
Nyves: oui
nyves: ca broadcast pas encore?
Eléa HEBERLE: Vous entendez rien?
Julien: Heu non pas de flux chez moi non plus
Albert Frankenstein: hello
nyves: pas de flux
Albert Frankenstein: hello
brusicor 🔵₂: Rien chez moi non plus
Eléa HEBERLE: C’est la faute à Tupe.
Julien: ça y est !
Julien: faut reload
Eléa HEBERLE: Refresh la page
Albert Frankenstein: nickel
nyves: salut @brusicor 🔵₂
brusicor 🔵₂: Ah, on vous a !
nyves: j’ai rien
Albert Frankenstein: Salut
nyves: donc ca doit venir de chez moi
NicoTupe: t’as rechargé Nyves?
Julien: au pire le flux mp3 ou m3u fonctionne avec vlc Nyves
nyves: changement de navigateur et ca fonctionne
Eléa HEBERLE: sacrés navigateurs
nyves: @Eléa HEBERLE comme tu dis
nyves: au taf, je suis obligé d’en avoir en parallèle
Eléa HEBERLE: Bon, comment ça va la chatroom ? Vous êtes prêts ? La vie est belle ! On est chaud ??
nyves: perso je suis ch
nyves: mais j’entends que des bruit de micro
Cloé V: Pareil. Tu t’improvises chauffeur de salle Eléa?
nyves: et un fond sonore diffus
Julien: Oauis go ! je connaissais pas la fouloscopie ça à l’air trop bien j’ai rergarder toutes les vidéos !
Eléa HEBERLE: Oui c’est mon plan de reconversion
Eléa HEBERLE: chauffeuse de salle
Eléa HEBERLE: de chatroom
Cloé V: Un métier d’avenir
nyves: y a qqn qui cause a par Tupe?
Eléa HEBERLE: Oui plein de gens
Eléa HEBERLE: tu entends que tupe?
nyves: j’entends que Tupe
Cloé V: Hem, comme Nyves, j’entends que lui
nyves: qui mange des chips
Cloé V: Ou un autre truc du même genre qui croustille
Johan: On est la !!
Albert Frankenstein: oui c’est vrai
Cloé V: Ha!
Cloé V: Oui
Julien: c’est bon 🙂
Albert Frankenstein: super
Eléa HEBERLE: Pardon pour le monologue de Tupe, vous avez loupé plein de trucs ducoup
brusicor 🔵₂: L’équipe réunie !
nyves: larsen,
Cleora: Oui on entend ! En stéréo même !
NicoTupe: en stereo?
nyves: sauf une partie de l’equipe a droite
NicoTupe: genre moi a droite et les autres à gauche?
NicoTupe: ok je corrige ça
nyves: et tupe a gauche
NicoTupe: la c’est meiux?
nyves: nope
Cloé V: Oui
NicoTupe: Attends
NicoTupe: 🙂
nyves: mieux
Cleora: good
NicoTupe: cool
NicoTupe: Vous voulez que je vous mette une musique en fond?
NicoTupe: 😀
nyves: encore un peu de Larsen, et @irene dans une cave
NicoTupe: Irène dans une Cave??
Julien: Oauis ça résonne un peu mais j’ai l’impression que ça va mieux là
nyves: tant que c’est pas un dongeon
nyves: y a un buzz désagréable au fond
nyves: la ligne de l’horreur
brusicor 🔵₂: “vous voir en vrai, par Skype”
Eléa HEBERLE: Rappel écrit, en écrivant @ps au début d’un message vous pouvez poser vos questions à notre invité ou à l’équipe.
Eléa HEBERLE: Pour les nouveaux !
nyves: de la mécanique des fluides?
Eléa HEBERLE: Bingo
* NicoTupe tente un tetris 99 en écoutant
brusicor 🔵₂: Désolé, je ne serai pas devant mon clavier tout le temps, donc je ne pourrais pas faire “SCIPLINE !” tout le temps.
nyves: on va avoir du Navier Stokes?
Eléa HEBERLE: décevant, vraiment @brusicor 🔵₂
nyves: c’est en voyant ce genre d’image que je suis content d’être à Rennes!
nyves: A partir de combien de personnes on a affaire à une foule
nyves: (paradoxe du tas de sable ;-))
Johan: @nyves comme un tas de sable, mais divisé par deux
Johan: 🙂
nyves: @Johan 🙂
nyves: tu peux tromper 1000 personnes 1000 fois
Gloss_Grissom: Hi!
nyves: hello
Johan: Salut !
Johan: et on envoie les lions apres !
Johan: ah non
nyves: dommage
nyves: ca marche mieux avec les chrétiens de l’ère romaine
nyves: pareil!!!!!
Gloss_Grissom: Le charisme… le gabarit…?
Albert Frankenstein: la confiance en soi?
nyves: le gabarit influt beaucoup, je pense
Baki:
Cloé V: ça marche aussi avec les pigeons? Une fois, j’ai vu deux pigeons rentrer en collision parce qu’ils ont tous les deux voulu s’éviter du même côté….
nyves: @irene : non, c’etait juste un con
Cloé V: (en plein vol)
nyves: @Cloé V : ca devait etre fun
Cloé V: Un bon petit fou rire 🙂
Taupo: moi une fois j’ai vu un pigeon rentrer dans la vitre d’un bus, et il a fallu le déloger avec les essuies glaces
Cloé V: Je m’incline. Pas mieux.
nyves: ca dépend, parfois y a contact
Gloss_Grissom: @ps il y a une influence avec le fait d’etre gaucher ou droitier?
nyves: concours de testostérone
nyves: donc l’être humain aime l’ordre?
brusicor 🔵₂: Genre @Taupo ne lui a pas suggéré de faire des GIF ? :O
brusicor 🔵₂: La déception !
Taupo: il en fait très bien tout seul
Eléa HEBERLE: Si je suis représentative de l’humain, je ne crois pas @nyves
nyves: je t’avoue que j’avais un doute, vu la gueule de mon bureau 😉
Gloss_Grissom: Pourquoi pas l’agoralogie?
nyves: @Gloss_Grissom : ca a de la gueule
nyves: j’avais entendu une étude de data learning chez un opérateur téléphonique dans des stations de ski, pour savoir où était les gens pour prévoir les navettes
nyves: @ps: c’est un peu ce qui est arrivé lors de la Tragédie de Hillsborough à Sheffield
brusicor 🔵₂: Est-ce que les foules sont sentimentales ?
Eléa HEBERLE: Toujours.
Cloé V: Ha, un peu de sadisme!
nyves: ca doit être sympa!
nyves: @ps: les com^pagnie aérienne avait fait des tests d’évacuation d’avion en donnant de l’argent aux premiers évacués pour provoquer le bordel
brusicor 🔵₂: Ça me semble remplis de variables autre que la véracité, cette propagation d’informations.
brusicor 🔵₂: @ps : ça se prononce “tri-clo-san”, pas “tri-clo-sane”
Taupo: non
Taupo: ça se dit comme on veut
Taupo: on laisse la foule décider
Gloss_Grissom: @ps Cette polarisation des postions est elle directement liée aux reseaux sociaux? Ou c’est la societe qui rend les reseaux sociaux a son image? L’oeuf ou la poule?
nyves: @Gloss_Grissom : je pense que ca a trait au biais de confirmation
nyves: nos amis FB on souvent plus ou mloins les mêmes idées que nous
nyves: c’est rare d’être amis avec qqn qui a des avis complétement contraire à nous
nyves: sinon ca fight tout les jours$
Albert Frankenstein: comme nos tiques de langage …
Gloss_Grissom: Et les MST…
nyves: @ps: ca marche aussi avec les liens parents/ enfants?
nyves: @Gloss_Grissom : je sais pas si tu a écouté le dernier épisode de podcast de Super Fail sur France Culture
nyves: il est très intéressant
nyves: le titre c’est “comment peut on mal réfléchir!”
Gloss_Grissom: Non, mais j’y jeterai une oreille.. merci 😉
nyves: c’est comme dans les ascenceurs, c’est des boutons placebo
brusicor 🔵₂: Là où je suis, ils fonctionnent (mais on a des cas particuliers je pense)
Sarl-Kagane: Et les barres de chargement
Sarl-Kagane: Ca aide a patienter
brusicor 🔵₂: Et j’ai l’ascenseur contre-exemple au boulot (on a mesuré)
Cloé V: Alors par chez moi, il y a de vrai boutons de passage piéton qui marchent: on a un feu piéton qui ne passera jamais au vert si tu n’appuie pas sur le bouton!
nyves: @brusicor 🔵₂ : pour tenir la porte ouverte ca fonctionne, pour fermer, j’ai un doute
nyves: @Cloé V : t’es en ville?
irene: haaa, merci Nyves…..
Cloé V: Pas en centre ville non^^
nyves: ca dois etre pour ca
nyves: sinon, gérer le flux de voiture c’est le merdier
Cloé V: Yeap… Mais comme il n’y a pas énormément de passage à cet endroit, le feu piéton ne devient vert que si quelqu’un appuie. Si tu sais pas qu’il faut appuyer, tu peux rester 10min à patienter.
nyves: @Cloé V : ca se tient
Cloé V: Tous les boutons ne sont donc pas des placebos!
nyves: j’ai fait des études de BTP et le temps de feu et le dimensionnement des ronds-points ca s’étudie!
nyves: dans nos nouveaux locaux on a des fauteuils massants 😉
Cloé V: Au calme.
nyves: avant, y avait des masseuses, mais c’était plus cher
Cloé V: … Moi… J’ai une fissure dans le mur de mon bureau. Voilà voilà.
nyves: on embauche si tu veux
Cloé V: (Plus pour très longtemps, ils se sont enfin dis que ce serait bien de la boucher)
nyves: mais c’est de l’informatique
Cloé V: Je préfère mes plantes dans ce cas, fissure ou pas
nyves: et pour le CE j’organise des scéance de shiatsu, d’ostéo, de chorale de sport
brusicor 🔵₂: Et c’est horriblement chiant sur les trottoirs, impossible de passer si tu es pressé.
brusicor 🔵₂: Je propose que les groupes se déplacent en pas chassés pour encombrer au minimum les trottoirs et continuer à discuter.
Cloé V: @nyves chorale de sport? Qu’est-ce donc?
nyves: de chorale, de sport
nyves: mais par fois, les séances de chorales sont sportives 😉
Cloé V: Arf, tu avais piqué ma curiosité, j’imaginais un mélange bizarre entre les deux
nyves: notre cheffe est un peu barrée
nyves: mais pas sportive 😉
Sarl-Kagane: @ps c’est lié aux 6 degrés de separation?
Cloé V: It’s a small small word…
Cloé V: world*
nyves: tu aborde un sujet chaud bouillant, là
nyves: la communication chez les zets
brusicor 🔵₂: @ps La différence de diffusion des “fake news” par rapport aux “vrais infos” ne viennent-elle pas plus de la viralité de l’information ?
nyves: Maintenant, je suis devenu la mort, le destructeur des mondes
Chères poditrices, chers poditeurs, bien le bonsoir ! Et c’est parti pour un nouvel épisode de Podcast Science… Suisse ! En effet, ce soir, nous interviewons depuis Lausanne Stéphane Gabioud, dont la délicieuse voix radiogénique peut être entendue sur RTS La Première, la 1e chaîne de la radio publique en Suisse romande. Il y anime CQFD, une émission sciences et santé ! Un chouette invité pour notre table, et une nouvelle occasion de discuter vulgarisation des sciences !
Nous sommes le mercredi 13 février de l’an 2019, c’est l’émission 362, bienvenue sur Podcast Science !
Tour de table
Une table physique pour commencer, puisque pour accueillir notre invité Stéphane je suis à Lausanne chez notre très adoré et bien trop rare Alan ! Et avec nous 3, depuis le grand internet mondial nous avons, Depuis Paris, une deuxième table physique avec Tupe chez Robin avec Robin ! Depuis Paris aussi, Johan Depuis Bastia, Irène ! Depuis Strasbourg, Eléa !
Les images de la semaine :
La citation :
« L’amour, c’est comme la chimie. Il faut 2 corps pour avoir une réaction. »
Anonyme
Le nouveau quiz du mois :
“Savoir faire un U avec sa langue est génétique, info ou intox?”
Pour ce quiz, vous avez un bonus si vous nous envoyez des photos d’expérience ou des arbres généalogiques de vos prouesses linguales familiales.
On attend ça impatiemment, et la réponse sera donnée dans notre prochaine émission roue-libre !
Annonces :
Si vous êtes dans la région de Lyon le weekend du 13 et 14 avril 2019, Lyon Science rouvre ses portes. Le festival est gratuit, et si vous avez les moyens vous pouvez les aider à financer via leur page de crowdfunding sur lyon-science.fr.
Si vous ne l’avez pas fait, abonnez-vous à la nouvelle newsletter de Taupo : la Strange and Funky Newsletter, pour obtenir votre dose mensuelle de Strange et Funky ainsi que des nouvelles fraîches de l’incomparable Pierre Kerner !
johan: @nyves oui, il faut qu’on embauche des bretons !
nyves: @johan : ne me tente pas, j’ai déjà trop de trucs dans ma banette
Pascal: Fut un temps, nous avions un membre en Irlande et a quelques semaines pres, nous avions une londonienne
johan: Mais au final, je pense que le centre de gravité, c’est dans l’atlantique je pense
johan: Pas que je sois gros, mais bon :p
nyves: surtout qd @irene est chez elle
irene: Yep!
Cleora: Oui Bonsoir Eléa 🙂
Aargnes:
Eléa HEBERLE: Pour les nouveaux (ou moins nouveaux) de la chatroom, si vous avez des questions pour l’invité, je les relaie à l’antenne.
nyves: @ps: qui choisit les sujets? est ce qu’on t’en impose?
johan: ouh j’aime bien cette emission
johan: oui ouiiiii
johan: :p
nyves: @johan itou, même niveau que “la méthode scientifique”
johan: Ah je parlais du moment sur l’astrophysique :p
nyves: @johan ah, ok
L3 G33K: Normalement, Brusicor devrait se matérialiser subitement ^^
nyves: ca me rappelle mes cours de chimie de prépa
nyves: @L3 G33K raté, c’est pas lui 😉
nyves: bonsoir @Mael Thep
Mael Thep: 🙂 bonsoir
Mael Thep: ça fait 1000 ans que je n’ai pas écouté un live !
Pascal: Tiens, salut @Mael Thep ca fait longtemps que l’on en t’a pas vu
nyves: c’est une science, les maths?
invité: Les maths se cachent derrière les jeux vidéo-Diagnostiquer lʹépilepsie avec électroencéphalogramme
invité: Les maths qui se cachent derrière les jeux vidéo et les films dʹanimation
nyves: comment ca, je trolle?
L3 G33K: Ah ! Ce clitoris va t-il invoquer MrLablouse dans le chat ?
nyves: ca y est, c’est reparti pour un crossover youporn/PS
Pascal: apres l’echec de brusicor quand on parle de chimie, je doute de la capacité a invoquer de cette chatroom ce soir
nyves: je pense que ca serait aussi intéressant pour tout le monde de pouvoir expliquer son boulot en 180s
L3 G33K: Wai 🙁
L3 G33K: Elle n’est pas en forme :p
nyves: Accio Brusicor?
invité: est ce que a cause de cqfd stephane regrette de ne pas avoir approfondi plus les sciences dans ses etudes ?
nyves: @invité : ajoute @ps devant ta question
nyves: elle apparaitra plus facilement
Cloé V: Team doctorants <3
Cloé V: @ps Pour apporter une petite précision, en tant que doctorante, nos écoles doctorales commencent effectivement à nous proposer des formations qui portent sur la vulgarisation scientifique
nyves: l’avantage, c’est que les podcast sont découpé par thèmes dans l’emisssion
nyves: si y a un truc qui te branche moins , t’es pas obligé de l’ecouter
nyves: et t’a pas les chansons comme dans les podcast dans la tête au carré
nyves: je ne suis pas la cible musical de France Inter 😉
invité: nyves et comme il y a l’integral et les extraits, ca fait que tu ecoutes tout en double comme les podcasts de la tete au carré justement. 🙁
GPif: Bonsoir 🙂
nyves: @invité : je me fais des files de lectures, ca passe
nyves: salut @GPif
invité: @ps il y a des produits dérivés de cqfd ? livres cd tournée theatrale …
Pascal: moi, je ne supporte pas quand mon emission est coupée par de la musique
GPif: Ou par de la pub ^^
nyves: @Pascal pareil
Eléa HEBERLE: Moi j’aime bien la musique. C’est cool la musique. 😀
Eléa HEBERLE: Surtout si la musique a un rapport
Eléa HEBERLE: sinon c’est nul
nyves: @Eléa HEBERLE c’est pour ca que la Methode Scientifique est cool
nyves: y a toujours un rapport
GPif: ça dépend de la musique
Pascal: et ce n’est pas trop long
Pascal: (la musique)
elfredo: @nyves tout a fait d’accord
nyves: alors que la TAC ca me gonfle, j’accélère presque tout le temps
Eléa HEBERLE: Oui j’aime bien la Méthode scientifique pour ça. Et ça diversifie un peu les intérêts. Science… et puis un peu de culture musicale en passant !
GPif: Mais la chimie, c’est pan naturel :p
Pascal: je n’ecoute plus du tout la tac
nyves: @GPif : tu trolle plus que moi 😉
nyves: @Pascal : depuis l’histoire de l’homéopathie, j’ai du mal
nyves: faut que ca me branche
Pascal: ca avait deja commencé avant. J’avais tiqué a quelques reprises
nyves: putain, je suis jeune par rapport aux auditeurs de CQFD 😉
nyves: et puis Nicolas Martin, il est juste génial
Pascal: mais je leur laisse le fait que la tac m’a fait decouvrir taupo et donc podcastscience
nyves: j’ait trouvé podcast science tout seul
Pascal: Nicolas Martin disais que le public de la methode par contre etait plutot jeune
nyves: j’ai tapé podcast + science dans mon lecteur de podcast et paf
nyves: une des premières émissions que j’ai écouté c’est la trilogie de Taupo sur l’arbre du vivant
nyves: et depuis, addict
nyves: ca commence à se tutoyer à la radio
nyves: c’est pas encore ca, mais ca vient
Pascal: j’ecoutais la tac. Il y a avait un chroniqueur plutot sympa, un certain pierre kerner. Je l’ai suivi su twitter. Il RT souvent un certain compte @podcascience
Mael Thep: exactement pareil que @nyves en ce qui me concerne !
nyves: Taupo, c’est le premier mec à m’avoir fait aimé la bio
Pascal: le génie du referencement d’Alan
nyves: j’ai eu une prof de bio au collège qui ne jurais que par Linné
nyves: j’ai eu du mal
nyves: Les podcast américains m’impressionnent. Ils sont méga pro pour certains
nyves: tu sens qu’il y a du monde qui ecoute et des moyens
invité: @ps en suisse c’est comme en france les taux d’invités homme/femmes ? des sujets d’interets spécifiques d’un pays qui passeraient mal dans un autre ?
nyves: vous cherchez des DBA ou des spécialiste de big data en Suisse?
GPif: La lettre Q ?
nyves: @GPif : y a tellement de chose à dire sur la lettre Q
nyves: ou il faut plus de femmes scientifiques
nyves: on essaye de promouvoir l’oinformatique pour les femmes
nyves: Paris c’est la France!!!!!!
Cleora: Les *paf* et les onomatopées, on l’entend aussi sa passion ^^
GPif: @nyves la dessus, je trouve que ça va mieux
nyves: @GPif ca vient doucement
nyves: la dernière fois que j’ai fait une formation en école, sur 4 classes, 4 filles
nyves: on essaye aussi de promouvoir les métiers du test informatique, mais c’est pas simple
GPif: Bein oui, parceque c’est chiant :p
nyves: oui, mais si tu fait pas de test, ca pique
nyves: je me suis pris un bug de l’éditeur sur une plateforme d’intégration
GPif: Oui, mais c’est chiant quand même ^^
nyves: alors que ca avait testé sur 5 plateformes différentes
nyves: certes
nyves: c’est le métier de ma femme 😉
nyves: bon, elle est ceinture noir en test donc c’est moins chiant
nyves: mais qd mm
nyves: y a un droit du travail en Suisse?
GPif: @ps Il y a certain club ou ils font ça gratos :p
nyves: @GPif : Avec des endoscopes plus larges 😉
nyves: Glyposate
nyves: ogm
nyves: vaccins
nyves: le sujet sur le glyphosate de la méthode etait très bon
nyves: Ah oui, je m’en souviens
nyves: elle etait bien l’émission sur les pompiers
invité: @ps certains parlent de culture scientifiques. Y a t il une différence de culture scientifique entre la france et la suisse ? des sujets qui passeraient mal dans an pays plutot que l’autre ? un niveau de connaissance différent du public d’un pays à l’autre …
nyves: quand j’ai fait l’entrainement pompier, on nous apprenait a ouvrir les portes le cul face à la porte, il vaut mieux se cramer le cul que la tronche
Eléa HEBERLE: C
Eléa HEBERLE: Ca sent le cochon pareil
nyves: oui, mais ca se voit moins 😉
L3 G33K: Le cul face à la porte… Pour espérer qu’un jet de méthane provoque une explosion et souffle l’incendie ? 😅
nyves: Sebastien Carassou!
nyves: @L3 G33K c’est ca
invité: @ps du fait du direct d’un jour à l’autre, il y a du y avoir des choses fausses diffusées ? avez vous été victime de désinformation volontaires ? sinon est ce facile de filtrer ? comment réagir ? ou toutes les sources sont bienveillantes ? lobbys ?
Ce soir Eléa nous explique comment réparer nos erreurs. Parce que des erreurs, on en fait tous des dizaines de milliers tous les jours. Aimable auditeur, sois humble, car toi aussi tu es concerné. Il me faut toutefois être honnête, est-on vraiment responsable de nos erreurs de métabolisme? Car avouons le, ce soir nous parlons d’erreurs que nous ne faisons ni sciemment, ni consciemment, il s’agit d’erreurs qui surviennent pendant que notre ADN, dans nos cellules en permanence. La question est en fait, que se passe-t-il ? Comment notre ADN est-il préservé malgré toutes ces maladresses? Ce soir, Eléa essaye de répondre à ces questions.
Nous sommes le mercredi 6 février de l’an 2019, bienvenue dans l’émission 361 de Podcast Science.
Tour de table
Tupe depuis Paris, Irène depuis la Corse, Pascal depuis l’Alsace et Eléa depuis Strasbourg.
Les images de la semaine :
Maladie des enfants de la lune. Hypersensibilité aux UV liée à un défaut des voies de réparation de l’ADN
Maladie liée à des défauts de réparation de l’ADN : cheveux cassants et hypersensibilité aux UV
La citation :
« Connais ton ennemi et connais–toi toi–même, tu vaincras cent fois sans péril. »
Sun Tzu, l’Art de la guerre.
Sources et liens pour aller plus loin :
Deux articles sur la longévité de la molécule d’ADN, et la possibilité de retrouver ou non de l’ADN de dinosaure :
“Savoir faire un U avec sa langue est génétique, info ou intox?”
Pour ce quiz, vous recevrez un bonus si vous nous envoyez des photos d’expérience ou des arbres généalogiques de vos prouesses linguales familiales. Envoyez nous vos réponses sur podcastscience@gmail.com !
Annonces :
Si vous êtes dans la région de Lyon le weekend du 13 et 14 avril 2019, Lyon Science rouvre ses portes. Le festival est gratuit, et si vous avez les moyens vous pouvez les aider à financer via leur page de crowdfunding sur lyon-science.fr.
Si vous ne l’avez pas fait, abonnez-vous à la nouvelle newsletter de Taupo : la Strange and Funky Newsletter, pour obtenir votre dose mensuelle de Strange et Funky ainsi que des nouvelles fraîches de l’incomparable Pierre Kerner !
nyves: Bonjour Eléa HEBERLE: Bonjour Nyves nyves: ca roule? Trop de taf, mais c’est habituel Eléa HEBERLE: Très bien et toi? Pascal: Salut @nyves nyves: salut @Pascal irene: Coucou! nyves: salut @irene L3 G33K: bonsoir ! Eléa HEBERLE: Tupe nous a fait un donnier donnier 😀 * L3 G33K est arrivé à l’heure aujourd’hui Eléa HEBERLE: Bonsoir Eléa HEBERLE: on arrive nyves: hello @L3 G33K L3 G33K: MDR le cross-tweet ^^ L3 G33K: je n’ai pas oublié ce soir 🙂 L3 G33K: Pour l’instant, pas de son. L3 G33K: (ni d’avoine) nyves: pas l’impression Pascal: Maintenant oui Pascal: ou presque nyves: ou pas L3 G33K: Re nyves: y a du son, zou pas? L3 G33K: Ah ! Le son est présent (j’ai Ctrl + F5 la page et reco) irene: Haaaa! nyves: mieux L3 G33K: (par contre toujours pas d’avoine) :p GPif: Bonsoir ! nyves: salut @GPif GPif: Ah, c’est vrai? :p GPif: J’ai la même tête nyves: moi, non, je ressemble pas à David Tenant nyves: helas L3 G33K: J’ai jamais réussi à me faire une tête ressemblante avec ce générateur d’avatar ^^ GPif: Au pire vous faite le jingle à la bouche. GPif: Ok, dite mois que ça enregistre !!! Eléa HEBERLE: Ca enregistre GPif: Aaaah Eléa HEBERLE: L’instant Alan Eléa HEBERLE: Pendant ce temps, je tenais à vous dire que je suis impressionnée par votre assiduité NicoTupe: c’est qiu ce Auguste? GPif: Un romain NicoTupe: (ahah, humour) nyves: ou un clown nyves: fight! NicoTupe: Brin! nyves: c’est calme ce soir, where is everybody? nyves: tout le monde n’a pas l’occasion d’aller dans la chambre d’ @ Pascal: C’est d’ailleurs bizarre : le mot “molécule” a été prononcé et pas de trace de brusicor nyves: @Eléa HEBERLE GPif: Ils fête le nouvelle an chinois Pascal: je m’inquiete nyves: brusi? odile? GPif: On peut désiner un 42 en ADN ? nyves: @GPif : ca se tente GPif: Faux que ça se modifie un ADN si on veux faire des cancers. Pascal: c’est a la replication que ca merde Pascal: je crois nyves: ben non, y a des survivants nyves: les enfants meurent pas GPif: Faux, Jeff Goldblum fuit en hélico !! nyves: l’informaticien meure nyves: ca craint GPif: Donc en gros, vivre plus de 520 ans, c’est chaud Pascal: sauf que peu de cellules dure toute ta vie Pascal: elles ont tendance a se renouveller GPif: Mais selon Jurassic World, ils ont complété avec des bout de grenouilles. GPif: Pu de son? nyves: il se passe des choses bizarres GPif: Pu de son! L3 G33K: Me revoilà ! (j’étais pas loin mais au téléphone, pas pu commenter) nyves: l’adn s’est mal répliqué nyves: a tout cassé Pascal: Ma connexion est tombée L3 G33K: Il il semble que le son a disparu L3 G33K: arf GPif: Ah, le retour du son nyves: a reviendu L3 G33K: Son OK L3 G33K: @ps : la particule dont on doute de la stabilité à ultra-long terme, c’est le proton 😉 L3 G33K: @ps ça en était aux dégradations exogènes Pascal: @L3 G33K en meme temps, ce n’est pas une particule elementaire, ca ne doit pas aider L3 G33K: @Pascal Yep L3 G33K: @ps pour ce qui est de la stabilité de l’ADN dans l’organisme, quand je vois la différence d’aspect entre ce que je vois dans un miroir et un trilobite, j’imagine qu’il doit bien y avoir eu deux/trois loupés sur les copier/coller à chaque génération d’individus 😅 GPif: C’est marrant, j’aurrais cru que Watson bossais sur des particules élémentaires. nyves: bien @GPif irene: Mince, je viens enfin de comprendre… !!! irene: 🙂 nyves: Toto homérique? GPif: C’est le surnom d’Ulysse. nyves: non, il a pas le temps nyves: paf la vache L3 G33K: Dans le doute : rajoutons du duct tape ^^ irene: C’est fou ce qu’elle vous inspire Eléa! nyves: ah oui, du duct tape nyves: pour reparer l’ADN ca passe GPif: Je crois que le corp se regénére complètement tout les 7 ans L3 G33K: Par individu, ou stastistiquement pour chaque brin ? GPif: même si on se met pas trop au soleil? :p nyves: J’adore What if GPif: La question, si tu perd toute ton adn, tu perd combien en masse? NicoTupe: @GPif très bonne question L3 G33K: @ps on a des exemples proches de cet énoncé : les liquidateurs de Tchernobyl NicoTupe: DNA content of a typical human cell is about 6 x 10^-12 grams (http://www.biotech.wisc.edu/outr…) Human body consists of about 1 x 10^13 cells, but that number is highly variable (http://en.wikipedia.org/wiki/Hum…) Multiplying the two yields 60 grams. That would be the best estimate I could offer. NicoTupe: Google merci L3 G33K: Et les victimes d’Hiroshima, celles qui était trop loin pour ne pas brûler mais trop proches et qui ont été massivement irradiées irene: 🙂 GPif: 60 grams d’adn, pas éfficace comme régime. GPif: @L3 G33K C’est plus que eux son joueur avec leurs ADN. GPif: Est-ce que du coup, avec toute ces mutation, on peut éspérer devenir Wolverine? nyves: @GPif : a priori, non NicoTupe: Ca se tente L3 G33K: @ps largement plus que la distance Terre-Lune GPif: Et bien, ce n’est qu’1/27 ème de terrain de foot nyves: par contre, ca peut faire un match de merde GPif: lol irene: 🙂 nyves: @irene : tu a suivi le superbowl? irene: Nan!!! nyves: il parait que c’etait la pire finale depuis 1972 en terme de jeu Eléa HEBERLE:https://bionum.univ-paris-diderot.fr/2019/02/04/marie-curie-lhistoire-dun-adn-brise-piece-en-quatre-actes/ irene: @nyves : tu suis toujours le Superbowl? nyves: non, mais j’écoute des podcast canadiens qui en parlent GPif: Yep nyves: et je suivais ca qd j’etais jeune et que ca passait sur Canal nyves: je suis fan de rugby, donc y a un peu de ressemblance Eléa HEBERLE:https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4b/Xeroderma_pigmentosum_02.jpg Pascal: @nyves si tu suis le XIII oui, il y a des ressemblance mais a XV c’est quand meme tres different Eléa HEBERLE:https://jmg.bmj.com/content/jmedgenet/37/4/312/F1.medium.gif nyves: je suis plius XV mais ca reste un sport de contact. bon, les anglais joue un autre sport en ce moment nyves: ils se sont tous fait gréffer un 3eme poumon nyves: This is PARPA! Pascal: J’ai arreté de suivre quand l’argentine a commencé a avoir des resultat en ne faisant que taper au pied vers l’avant et que ca devenait chiant a regarder. milieux des années 2000 quoi GPif: @ps d’ou le marqueur HER2+ pour le cancer du sein qui permet de fixer l’herceptine et de bousiller les cellules cancereuses L3 G33K: @ps : comment fonctionne la radiothérapie, c’est le même principe, dégrader l’ADN pour qu’ensuite seules les cellules cancéreuses ne sachent pas s’auto-réparer ? GPif: L3 G33K: Oki L3 G33K: 🙂 nyves: @Pascal : le match Irlande Angleterre etait magnifique nyves: très technique mais des temps de jeu a plus de 5 min GPif: fumbles critics de l’évolution GPif: @ps en therme evolutif, ce mechanisme est arrivé comment, on sait ça? nyves: @gpif : la biologie est chaotique neutre? GPif: Je pense oui, mais le level up est compliqué L3 G33K: « 528Hz 30CH : Bientôt disponible chez votre pharmacien » nyves: 528 hz c’est un Do, non? nyves: enfin , ca dépend si c’est sur un clavier tempéré ou un instrument non frété GPif: Je vais sortir un cd d’un son de 528 Hz nyves: c’est ca Do4 GPif: Mais ça, c’est tolkien, avvec la vie qui est né en chantant nyves: sur clavier L3 G33K: Mi comme dans miracle, principe de similitude… Décidément le bullshit n’a pas de limite nyves: Illuvatar! nyves: Le pic de fréquence 528 Hz est encore un Do, puisque la fréquence est le double de celle d’un Do. Il s’agit donc du Do4 nyves:http://www.utc.fr/~mecagom4/MECAWEB/EXEMPLE/EX13/WEB/piano.htm Pascal: Je proteste, je suis en train de relire le simarillion et nul part il ne mentionne cette fréquence Pascal: encore qu’il y bien du y avoir un mi dans la musique des ainur nyves: @Pascal : effectivement, c’est juste Melkior qui fout le sbeul Pascal: c’est ca L3 G33K: Puis alors des diapasons 528Hz sur Wish, j’imagine qu’ils sont parfaitement bien accordés à 528 Hz MDR Pascal: meme si Aulé a aussi bien du placer une petite fausse note avec les nains nyves: non, mais même mes enfants ne crois pas en Wish Pascal: (Par contre, Tolkien en VO, c’est sportif) nyves: CQFD c’est très bien! nyves: le mec est très bon nyves: top nyves: Sun tsu GPif: Maitre Splinter des tortues ninja? nyves: pas Lao Tseu, Sun Tsu!!!!!!!! GPif: Oui, c’est Sun Tsu l’art de la guerre ! nyves: sin on tu as l’Hagakure nyves: de Jōchō Yamamoto nyves: tu es toute excusée 😉 Pascal: Bon, il va falloir publier ca avant ce week end nyves: tendu! nyves: Bon, faut venir à Rennes un jour! L3 G33K: Mon client mail a foutu un warning rouge sur la dernière SSAFN ^^ nyves: grrr nyves: @irene : c’est quoi tes produits? nyves: il t’en reste nyves: c a l’air pas mal nyves: va falloir que je réécoute, c’etait touchy et pas concentré Pascal: @nyves c’est jouable : j’ai 5h de train demain nyves: tu va ou? Paris? Pascal: oui Pascal: l’allez retour dans la journée nyves: @ps: ah oui, je plussoie, une emission sur le cancer nyves: Bon, les loulou, je me lève tôt! NicoTupe: ++ Eléa HEBERLE: bonne nuit nyves: A la semaine prochaine nyves: ciao L3 G33K: C’est comme la blague des 7 lignes perpendiculaires ^^ L3 G33K: Bonsoir ! GPif: Vas y @irene lache toi, dit du mal des toubibs :p GPif: Tchuss tout le monde NicoTupe: NicoTupe:https://pics.me.me/cute-overload-22040731.png NicoTupe:http://picpetz.com/wp-content/uploads/2012/04/LxJlM.jpg NicoTupe:https://data.whicdn.com/images/309033028/superthumb.jpg?t=1521222386 NicoTupe:https://66.media.tumblr.com/7fcabb25d9ca87aae5556110452a5328/tumblr_pmh7s7XEUy1u4nbmvo1_1280.jpg Monkey3D: Sortir du taf à 22:40.. Monkey3D: Être privé de toutes les bonnes choses qu’on chérissait… Aaaaaaaaa fuck
Aujourd’hui nous allons parler de la publication des travaux de recherche. C’est un sujet qui fait sans cesse débat dans la communauté scientifique, car il soulève plusieurs problèmes. Par exemple, où et comment publier les travaux ? En tant que lecteur, comment faire confiance au contenu d’un article ? Le plagiat, les faux, comment corriger un article publié ? Johan, en tant que chercheur lui-même, est bien placé pour vous parler de cet aspect de la recherche. Dans cet épisode, il vous montre combien le problème est épineux et le processus douloureux.
Nous sommes le 30 janvier de l’an 2019, bienvenue dans Podcast Science émission 360.
Tour de table
Johan Tupe Claire Pascal
Au sommaire de cette émission
Le dossier de Johan sur les publications scientifiques
Les images de la semaine :
La citation :
La recherche de la vérité est la plus noble des occupations, et sa publication, un devoir.
Madame De Staël
Sources :
Réflexions sur le statut d’auteurs 1) Le papier avec 5000 auteurs G. Aad et al., Combined Measurement of the Higgs Boson Mass in pp Collisions at √s=7 and 8 TeV with the ATLAS and CMS Experiments, Phys. Rev. Lett. 114, 191803 – Published 14 May 2015 2) Les “règles de Vancouver” décrivant des recommandations pour se définit comme auteur, incluant par exemple : “Examples of activities that alone (without other contributions) do not qualify a contributor for authorship are acquisition of funding; general supervision of a research group or general administrative support”, ce qui est rarement suivi en pratique. 3) Thousands of scientists publish a paper every five days. Un article (en anglais) publié sur le site de Nature s’interessant aux chercheurs qui publient énormément, même s’ils avouent ne pas appliquer scrupuleusement les règles de Vancouver.
I'm just going to put this out there now so I don't get scooped. We confirmed our predicted single transit event of a Jovian planet around AU Mic in the TESS sector 1 data. Working on the paper right now. We found this with NIR RVs, and this confirms it. pic.twitter.com/BS81URfayi
The top 100 papers, un article de Nature analysant la base d’articles Web of Science donnant pas mal de chiffres et les noms et les spécialités des 100 articles les plus cités. Les 100 articles les plus cités traduit et résumé en français sur DailyScience.be
Deux vidéos Youtube bien sourcées dans la description de la vidéo :
Le nouveau quiz du mois :
“Savoir faire un U avec sa langue est génétique, info ou intox?”
Pour ce quiz, vous recevrez un bonus si vous nous envoyez des photos d’expérience ou des arbres généalogiques de vos prouesses linguales familiales. Envoyez nous vos réponses sur podcastscience@gmail.com !
La Chatroom
brusicor 🔵₂: Miaou ? Claire: Waouf ? brusicor 🔵₂: *rrrooooonnnn* Claire: @brusicor 🔵₂ pas de conf palais ce soir ? hector: Ce qui est ‘in’ c’est la publication anonyme. https://www.youtube.com/watch?v=OZzIvl1tbPo brusicor 🔵₂: “Anonymous 4chan Poster”, best premier auteur du monde nyves: Bonsoir Pascal: Salut @nyves, @brusicor 🔵₂ et @hector brusicor 🔵₂: Bonsoir @nyves et @Pascal ! Blue Phenix: Bonsoir à tous ! hector: un peu comme Satoshi Nakamoto ou Nicolas Bourbaki nyves: tout le monde va bien? Blue Phenix: et bonne année ^^ GPif: Sallut ! nyves: bonne année @Blue Phenix Blue Phenix: ça va bien @nyves ? ^^ nyves: yep! je me remets d’une bonne gastro des familles 😉 hector: sinon apres on se fait embêter comme Grigori Perelman Pascal: @nyves Chez moi, c’est l’invasion… je suis entouré brusicor 🔵₂: @Pascal Tu peux les attendre en dehors des toilettes sinon. Blue Phenix: Haha d’où le bon côté d’être à moitié insociable ^^ tu risques moins d’en choper nyves: ouaip, mais quand t’a 3 enfants… Blue Phenix: Bah … congélateur nyves: 😉 nyves: ca broadcast pas encore? Pascal: Si Blue Phenix: C’est normal que le lecteur soit même pas cliquable ? hector: oui allo Pascal: j’ai vu ca a l’instant nyves: a ci ca marche Claire: @Blue Phenix je valide a mort la blague ^^ hector: il y en a un qui parle trop fort par contre GPif: On vous entend :p nyves: qui parle de fesses? nyves: oui Cloé V: Bonsoir! Pascal: @hector c’est moi GPif: Des fesses de qui surtout :p Cleora: Bonsoir ! Blue Phenix: Le son est pas très fort par contre chez moi nyves: ah quand un ps sur les fesses, d’ailleurs? nyves: oui brusicor 🔵₂: Net et clair Blue Phenix: pitié leur donne pas l’idée x) Claire: @nyves le 17 avril, j’y travaille 😉 nyves: @Claire : cooooll! Blue Phenix: Hier y’a eu de la neige en Bretagne ^^ nyves: oui, je confirme nyves: 15 flocons Blue Phenix: ^^ à peu près ouai GPif: A Paris, il neige pas, uniquement en banlieux :p nyves: j’ai vu des photos des Yvelines, y avait de la neige GPif: Les yvelines, c’est pas Paris :p Claire: @nyves : chimie, votre vie sexuelle lui dit merci ! brusicor 🔵₂: Je suis vers Robinson, et il y a de la neige. Claire: Sauf si je prête ma date à un autre chimiste nyves: @Claire : crossover youporn / Podcast science? hector: c’est toujours comme ca dans les yvelines, a cause du relief les precipitations avant la montagne … de la chape de chaleur de paris brusicor 🔵₂: J’ai pas compris, il y a quoi le 17 avril ? Pascal: @brusicor 🔵₂ un episode de fesse brusicor 🔵₂: Du coup, Eléa ou elle est pas là ? NicoTupe: 😀 Pascal: pas pour l’instant nyves: Eléa, elle est où, Eléa pas la 🙂 NicoTupe: 😀 brusicor 🔵₂: Et ils sont où, les 2€ ? nyves: tiens, j’ai entendu justement parlé de ca hier nyves: 11 chercheurs qui ont démisionnés en bloc pour passer en open science Claire: @NicoTupe ta bonne humeur était dans ta nuque ? nyves:https://www.actualitte.com/article/monde-edition/l-equipe-d-une-revue-publiee-par-elsevier-demissionne-pour-l-open-access/92779 GPif: Mais en vrai je connais pas mal de chercheurs qui veulent se reconvertir, dégouté par la logique de la publication GPif: … Et aussi car il y a pas de boulot :p nyves: oui, j’ai vu la vidéo de Léo nyves: elle est très bien Cloé V: En général, tu dis “vive sci-hub” quand tu cherches à lire des articles… NicoTupe: @Claire V O I LA NicoTupe: et puis bon je suis en train de finir de coder le jeu de notre gamejam 😀 Claire: <3 GPif: C’est facile de se débarasser du cancer, il suffit d’envoyer les cellules cancereuse dans un trou noir. nyves: c’est radical pour le patient 🙂 brusicor 🔵₂: scriminant nyves: je l’attendait @brusicor 🔵₂ hector: mais on est deja dans un trou noir, et ca n’empeche pas d’avoir des cellules cancereuses GPif: Ou sinon, on créer de mini trous noirs au niveau des tumeurs nyves: @GPif : créer des mini trous noirs, je crois que là est le problème! GPif: Si on les cales dans un accélérateurs de particule, ça marche non? brusicor 🔵₂: @Pascal Avoue que tu es content que je revienne pour enfin le tester. 😋 nyves: tines, @irene , y a un épisode de la méthode scientifique sur le gras qui avancait des bémols sur les règimes vegans hector: pourquoi eviter la publication sur son site perso ??? Pascal: Même pas : Ce un kick purement artisanal, a la main Pascal: naturel quoi Pascal: @hector sinon n’importe qui peu mettre n’importe quoi brusicor 🔵₂: Et ce petit total monétaire à la fin du message ? irene: @nyves, j’ai raté ça, je vais voir. Merci! Pascal: manuel aussi nyves: @GPif : tiens, question intéressante, que se passe t’il si on rentre dans un accélérateur de particule en marche hector: @Pascal oui mais c’est le reseau social des recommandaions et citation qui fait la selction APRES publication nyves: @irene : welcome 😉 Pascal: @nyves Quand j’ai visité l’experience ALICE au LHC, ils disaient qu’on pouvait pas descendre quand il fonctionne sous pretexte que ce serait dangereux Pascal: il y aurait quelques radiations brusicor 🔵₂: @nyves La tête du Pr. Hendricks si on en croit Astier. 😉 nyves: @Pascal : quelques ? ca doit picoter! nyves: @brusicor 🔵₂ : c’est vrai 🙂 GPif: Le théorème de pythagore est-il régulièrement cité? GPif: @nyves ça dépend de tes plombages brusicor 🔵₂: Et pour être un peu plus sérieux, je crois qu’ils avaient fait les calculs qu’il faudrait plusieurs années pour chauffer un café avec le LHC nyves: @GPif : arrachage de dents gratos 😉 nyves: @brusicor 🔵₂ : oui, mais le champs magnétiques doivent pas être dégueu, mais est ce dangereux pour la santé? Robin: Jean-Philippe Uzan nous en avait parlé de Lemaitre! hector: le chinois GPif: Lemaitre est il étalon? nyves: bien @GPif irene: 🙂 brusicor 🔵₂: Pas assez bien, vu qu’il n’a toujours pas été éjecté. 😁 Monkey3D: bonjour tout le monde nyves: salut @Monkey3D Cloé V: Salut! irene: On t’attend Brusicor! hector: ou pourquoi pas du xml plutot encore mieux ? nyves: @hector du json? Robin: Trump sur le réchauffement climatique, non ? Pascal: @brusicor 🔵₂ mais tu sais, tu as une place particuliere dans nos coeurs, on ne kick que tes blagues 🙂 nyves: @Robin : mdr Cloé V: Les publis sur Twitter, ça peut être pour court-circuiter des équipes concurrentes… GPif: @Robin avec l’argument, vousvoyez comment il fait froid Robin: grave Robin: si ça c’est pas une preuve nyves: niveau bar du commerce nyves: la preuve hector: @nyves oui json pareil mais surtout pour la semantique et non les données. de toute facon les données, algos sont bien trop souvent non publiés brusicor 🔵₂: @ps Mais il a le droit de sortir des données comme ça ? nyves: @hector c’est pas faux 😉 GPif: Je vais faire un bot qui prédit l’existence d’exo planete sur chaque étoile GPif: Avec un peu de bol, j’en ai une de juste Cloé V: Un labo voisin du mien qui a fait ça: ils se sont rendu compte qu’ils avaient le même résultat que leur équipe concurrente mais que les concurrents allaient publier avant eux: quitte à ne pas pouvoir publier dans un journal, ils ont décidé de balancer eux même l’info sur twitter pour que leurs concurrents aussi ne puissent pas publier… nyves: @Cloé V : classe brusicor 🔵₂: @Cloé V Quel domaine ? Cloé V: Bio végétale, comme nous, mais eux sont sur les forêts Pascal: Punaise, c’est sanglant la recherche… Cloé V: On devient parano ouai nyves: @Pascal : y a plein de cgercheurs qui se reconvertissent et qui viennent chez les marchands de barbacs comme nous 😉 Claire: Après on se demande moins pourquoi j’ai dit non à la thèse brusicor 🔵₂: @Robin Tu parles du “Anonymous 4chan Poster” en super-permutations ? Cloé V: J’ai le droit de me la péter? Mon premier article vient d’être accepté, il est en ligne depuis hier <3 GPif: Gg @Cloé V ! brusicor 🔵₂: GG ! Claire: Congrats nyves: @Cloé V : top moumoute! hector: ca veut dire quoi gg ? Cloé V: =D Blue Phenix: Félicitations @Cloé V ^^ brusicor 🔵₂: @hector “Good game”, A polite remark uttered after the end of a round, game, or other measured interval to indicate that a match was fair and enjoyable. Usually uttered collectively by the occupants of a game server. The opposite of wordBG/word (source : Urban Dictionary) GPif: ça veux dire félicitation, par un les méandre d’un transformation lié à internet Cloé V: Merci, révisions mineures en plus… Mais bon, c’est pas encore sur mes résultats, c’est une review (synthèse biblio) nyves: @brusicor 🔵₂ urban dictionnary? hector: @brusicor merci GPif: Et la question qui tue : impact factor? :p brusicor 🔵₂: Yep, mais GPif a posté avant que je revienne a la ligne, donc j’ai édité ensuite Cloé V: @GPif 3,2. Pour mon domaine, c’est plus très bien Cloé V: plus que * GPif: Ouais, j’ai une notion vague, mais je crois que nature c’est 10 et après ça tombe vite vers le 4 hector: Un referant qui reste anonyme … c’est discutable aussi. Cloé V: Ouai, a part Nature et Science, ça descend vite… Très vite. GPif: @ps mais il y a pas un sytème ou tu peux blacklister des reviewers? brusicor 🔵₂: Sinon, on propose notre propre facteur d’impact pour la biologie végétale, le “Green Plant Impact Factor”. Monkey3D: c’est ma co qui lag ou il y a bel et bien des micros coupures? GPif: Nop c’est bon pour moi. nyves: @Monkey3D : c’est bon, chez moi brusicor 🔵₂: Oui, ça fait comme acronyme “GPIF” mais c’est un hasard Monkey3D: ah! ouais! c’ est bon! Monkey3D: merci nyves:https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-eclaireurs/episodes/425525/audio-fil-du-lundi-28-janvier-2019 hector: souvent c’est: l’auteur n’est pas un native english trop de fotes nyves: y a une partie sur la révolte contre les géants de l’édition scientifique brusicor 🔵₂: Merci @irene de l’avoir dit tout haut. ^^ brusicor 🔵₂: Halte aux Valérie Damido des labos ! Cloé V: @hector Il existe des boîtes spécialisées dans la relectures d’articles scientifiques pour éviter ces fautes 🙂 GPif: @brusicor 🔵₂ Oo, je suis flatté :p Robin: en termes techniques, on ne parle pas d’arbres et de forêts, mais plutôt de mouches brusicor 🔵₂: Deux ans après la soumission, c’est du BDSM de haut niveau. hector: @Cloé\ V mais vu le business modele des editeurs et vu l’internationalisation des auteurs ils pourraient s’en charger apres l’acceptation. A une conf, un indien ou un japonais qui parle anglais ca pourrait aussi etre interdit pour accent tant qu’e faire Maëva: Moins d’un mois, la chance! elfredo: Bonsoir à tous! nyves: @brusicor 🔵₂ : mouarf nyves: @elfredo salut hector: le temps de relecture implique qu’il faut publier d’abord puis relire un peu genre archiv brusicor 🔵₂: En même temps, les publications de 200 personnes… l’article est plus court que la page des auteurs (type les publis du LHC) Cloé V: @hector C’est un avis perso, mais j’en suis pas sûre, il faut que l’article n’ai plus de faute avant qu’il soit relu par les pairs, si tu corriges l’orthographe après relecture, tu peux changer la signification exacte en changeant le choix des mots, c’est risqué brusicor 🔵₂: teur teur teur teur teur teur teur teur teur teur brusicor 🔵₂: Voilà les dix “teur” nyves: kill it with fire @Pascal Blue Phenix: et là personne kick ? XD hector: @Cloé V souvent l’article est accepté sous reserve de faire les modifications sur le fond mineur qu’ont demandé les referants. Pascal: attend, j’ai du mal, je ne la comprend pas #fatigue brusicor 🔵₂: tion tion tion tion tion tion tion tion tion tion brusicor 🔵₂: Ça, c’est le processus des dix “tion” Pascal: ok, j’ai compris Pascal: #grossefatigue nyves: sauf si tu a 10 coeurs, tu peux paralléliser les tions! * Pascal est lent ce soir nyves: @Pascal tu à le cerveau lent? brusicor 🔵₂: ^^ Pascal: au secours… Pascal: Il m’a fallut 10s pour la voir celle là brusicor 🔵₂: verse nyves: (je crois que je fais trop de big data en ce moment, je parallelise tout) hector: ayant lu les ‘cgv’ des editeurs, c’est toujours ecrit que c’est interdit de republier ailleurs style archiv normalement… en theorie non ? nyves: oui, mais le gars est perché! Pascal: ca depend des journaux Pascal: non? brusicor 🔵₂: @Robin Il aurait pu le mettre sur un forum 4chan… L’amateur ! nyves: Grothendieck aurait pu le faire, ce genre de connerie hector: @Robin c’est vraiment sûr que Perelman a arrêté les maths ? Pascal: J’ai une facheuse tendance à les confondre ces 2 là nyves: @Pascal : ils ont du prendre les mêmes produits! Robin: @hector de ce que j’en sais, oui Robin: en tous cas dans un cadre officiel hector: C’est quoi la ref du papier de topo en question ? nyves: @hector surement un truc sur la vie sexuelle des parasites 🙂 hector: Le ‘h’ facteur et une pyramide de ponzi c’est pareil non ? Cloé V: Hum, soit Taupo ne met pas à jour son profil, soit son dernier papier date de 2016 brusicor 🔵₂:https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/b5/H-index_plot.PNG/250px-H-index_plot.PNG hector: qui ont sont cités 43 fois par d’autres Cloé V: ET désolée @nyves , ça n’a pas l’air de parler de la vie sexuelle des parasites^^ Pascal: TIens on trouve du Pierre Kerner dans Nature nyves: @Cloé V : je suis décu! Pascal:https://www.nature.com/articles/ncomms3325?message-global%3Dremove%26WT.ec_id%3DNCOMMS-20130821 brusicor 🔵₂: Google scholar dit la même chose : dernier papier en 2016 dans EvoDevo Cloé V: Il a quand même un papier cité plus de 200 fois le bougre. nyves: classe! Taupo dans Nature 🙂 hector: la constante d’integration d’einstein … sa plus grande erreur .. doit etre bien cité un grand nombre de fois hector: google a inventé le page rannk pour eviter de ce citer soit meme … il faut que ceux qui citent soient eux meme beaucoup cités .. L3 G33K: Bonsoir ! nyves: hello brusicor 🔵₂: Salut Pascal: Salut @L3 G33K Blue Phenix: Tiens salut @L3 G33K ! L3 G33K: J’ai loupé l’heure :'( Blue Phenix: pas mal Alt236 ! merci de l’indication l’autre jour ^^ brusicor 🔵₂:https://c1.staticflickr.com/6/5091/5404043533_5e164614fd_b.jpg brusicor 🔵₂: “Une vague de papiers, illustration” Blue Phenix: @Pascal qu’est-ce tu fous ??? Cloé V: La fatigue, c’est redoutable… L3 G33K: Et je parie que du coup, ça a commencé pile à l’heure et sans pb technique cette fois 🤣 brusicor 🔵₂: citations Blue Phenix: @L3 G33K presque oui ^^ nyves: c’est un indice à point? hector: il n’y a rien de recursif comme le pagerank ?? Blue Phenix: est-ce qu’une publi sur la chute des corps a un meilleur facteur d’impacte que les autres ? Claire: Huhuhu nyves: ca depend de la hauteur de la chute L3 G33K: Et de l’accélération du champ de pesanteur à l’endroit considéré brusicor 🔵₂: @ps Et pourtant, entre 2008 et 2011, plus de 50% des articles publiés dans Nature ne furent cité qu’une seule fois voire pas du tout. 🤨 nyves: @L3 G33K aussi nyves: sous SQL Server et Oracle, ca compte de la même facon Blue Phenix: et de la présence d’atmosphère aussi, et de si c’est une tartine avec de la confiture ou pas brusicor 🔵₂: Ça vient de la vidéo de DataGueule sur la publication scientifique, 3 ans avant Léo. brusicor 🔵₂:https://www.youtube.com/watch?v=WnxqoP-c0ZE nyves: c’est beaucoup ca le problème des revues! hector: pour baisser le nombre de mort sur la route , on peut aussi interdire la voiture. alors quand les chaines d’infos qui ont un facteur d’impact encore plus grand que nature ou science reprennent l’info que le gouvernement se felicite qu’il n’y a jamais eu autant de mort, c’est juste debile. rien ne vaut de reflechir aussi. brusicor 🔵₂: Ça n’a surtout aucun rapport… nyves: correlation <> causalité nyves: mais ca, ca a du mal à passer nyves: m^me chez certains chercheurs * brusicor 🔵₂ chuchotte à @Johan : 525 GPif: Je crois qu’il y a 0 mort dans les cas de limitation à 75,46 km/h Cloé V: On n’en parle pas des sites de piratages d’articles pour ne pas payer la consultation…?^^ nyves: sci-hub? Léo Grasset en parle Cloé V: Yeap… Ha, je n’ai pas encore regardé sa vidéo, c’est dans ma liste de choses à faire brusicor 🔵₂:https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d5/Alexandra_Elbakyan.jpg hector: oui c’est pas autorisé normalement, comme archiv d’ailleurs. hector: moi j’ai un serveur email, tu m’envoies un email avec le nom d’un film comme starwars et je te le retourne par email. brusicor 🔵₂: Après, on est en France, et depuis 2016 tout écrit scientifique qui a été financé par au moins 50% par l’Etat doit être disponibles sur HAL hector: il n’y avait pas avant elle un sud americain qui avait fait pareil et qui en est mort ? nyves: un nord americain nyves: Aaron Schwartz nyves: il s’est suicidé a casue des poursuites judiciaires hector: 1 minute de silence pour aaron hector: researchgate c’est un petit nouveau qui a un impact ou pas ? hector: Critiquer Elsevier c’est facile, il n’y a qu’a acheter des actions https://www.boursorama.com/cours/1rAREN/ si ils font plus tant de benefices hector: il y a aussi un site dont j’ai oublié qui publie les commentaires de referants et tout le monde peut critiquer en plus hector: c’est dans le contrat de travail , on cite son chef. hector: on le met dans les auteurs car il encadre la recherche hector: au cnrs entre autre c’est comme ca hector: et on ne cite pas les techniciens hector: quoi en finir ? dans l’introduction, vous avez dit que serait evoqué comment modifier un papier une fois publié. alors qu’en est il ? quid de ce papier d’un chercheur francais sur les souris qui font des tumeurs apres avoir consommé des OGM qui a ete retiré apres publication (a tord) par son editeur ? y a t’il un systeme de publication sur Ethereum ? brusicor 🔵₂: Comment ça, “retiré (à tort) par son éditeur” ? nyves: @hector : va falloir que tu justifie le “a tort”, je pense nyves: 😉 hector: ben si je ne me trompe (je ne suis pas sur que ce soit l’exemple des souris ogm mais c’etait des souris avec tumeurs et pesticides), l’editeur a retiré l’article sous pression des lobbys alors que avec les années ca s’est rélévé de plus en plus vrai. nyves: @hector : pas du tout de lobby derriere ca nyves: cohorte trop petite brusicor 🔵₂: Ça n’a jamais été démontré en tout cas. nyves: espece de souris soumise facilement aux tumeurs brusicor 🔵₂: (même avec les “Monsanto papers”) nyves: plein de biais méthodo nyves: a prendre avec des pincettes pour matières radioactives! hector: nyves oui mais les études posterieurs sur plus grande cohorte sont allé dans le meme sens. donc apres c’est discutable, comme mendel qui a triché un peu avec ses petits pois qui avait quand meme vu juste.. Claire: @hector : mets @ps avant tes questions si tu veux qu’elles soient remontées Claire: nyves: @hector : va falloir que tu sources, parce que j’ai rien vu sur le sujet brusicor 🔵₂: Quelles études ? Car, pour avoir dû me re-penché dans le dossier à cause d’une certain reportage (hum hum), j’ai pas vu. nyves: @hector : je te conseille d’aller voir les vidéo d'”un monde riant” et de Defekator brusicor 🔵₂: Parce que GMO90+, GRCE et G-TwYST pour ne citer qu’elles, allaient plutôt dans le sens contraire. nyves: photos de famille autorisée? GPif: C’est un coup a apprendre que ton père est pas ton père :p brusicor 🔵₂: Mais c’est un sujet de sociologie des controverses à part entière, ce serait compliqué d’en faire une bonne synthèse maintenant nyves: Luc, je ne suis pas ton pêre! nyves: 😉 nyves: de nada Cloé V: @nyves Plutôt comme ça le smiley alors: :p brusicor 🔵₂: OUI, venez nous voir ! brusicor 🔵₂: (pour les deux) Cloé V: (Histoire de prouver qu’il sait ou non faire un “U” avec sa langue) nyves: @Cloé V : perso je sais le faire mais faut que je teste mes enfants 😉 Cloé V: Je n’ai *jamais* réussi à le faire. Et c’est pas faute d’avoir essayé toute mon enfance parce que mon frère me narguait en le faisant… Blue Phenix: punaise le générique qui est beaucoup plus fort XD mon perroquet dormait sur moi elle s’est réveillé en sursaut la pauvre XD Claire: Oups ^^ nyves:https://www.atlantico.fr/decryptage/2273297/non-la-capacite-a-rouler-sa-langue-en-forme-de-u-n-a-presque-rien-a-voir-avec-la-genetique Claire: Bunnnanuit nyves: bon ca reste atlantico Pascal: arf désolé @Blue Phenix nyves:http://omim.org/entry/189300 nyves: y a même une étude sur le sujet de la langue en u GPif: tchuss Blue Phenix: Bonne nuit l’équipe ^^ nyves: salut! Cloé V: Bonne soirée! brusicor 🔵₂: Au revoir ! o/ elfredo: Bonne soirée Blue Phenix: @Pascal faudra lui envoyer une cacahuète pour te faire pardonner ^^ L3 G33K: @+ La semaine prochaine, faut que j’essaie d’être à l’heure 😅 Blue Phenix: ^^ faut mettre un réveil podcastscience ^^ hector: faut que je retrouve oui, mais ce n’etait pas ce papier avec ogm et souris transgenique. c’etait autre chose avec mosanto. Blue Phenix: allez bonne nuit à tous et à la prochaine ^^
Une chronique d’Elodie que vous pouvez retrouver dans l’épisode 313 sur la bière, à 1h 41min 20sec.
Dans ce dossier, je vais vous embarquer dans un voyage a bord d’une petite pinte dans les neurones et le cerveau. J’ai choisi de vous parler de cela aujourd’hui car en tant que neuroscientifique chaque fois que je bois une pinte, je me pose des questions… et j’ai décidé d’y répondre aujourd’hui !
Que ce passe-t-il dans mon cerveau quand je bois ?
Pour ceux qui ne sont pas super familiers avec le cerveau, nous avons des cellules appelées les neurones , c’est eux qui transfèrent l’info… Donc nos petits neurones tous beaux, ils ont un corps cellulaire et des petits bras, enfin un loooong bras appelé axone qui va transmettre l’info loin et des plus petits bras appelés dendrites qui vont être plus locaux.
Entre les dendrites il y a un petit espace qui s’appelle la synapse et les neurotransmetteurs vont passer d’un neurone à un autre dans ce trou. Sauf que lorsque l’on boit de l’alcool, ça bloque ces neurotransmetteurs : l’info ne passe donc plus d’un neurone à un autre et c’est là qu’on se met a être très lents et un peu stupides… ‘vous voyez de quoi je parle , hip’
Il existe 2 type de neurones, les neurones excitateurs et les inhibiteurs, en temps normal on a besoin de ces deux phénomènes pour que le cerveau fonctionne correctement sinon c’est la crise d’épilepsie (pour plus d’infos allez voir l’episode 273). L’alcool lui va baisser l’excitation les neurones seront plus lents et seuls les gros signaux vont passer… Ca veut dire quoi ? Tout simplement on va sentir moins et se rappeler moins.
Ça c’est en simplifié l’effet de l’alcool à l’échelle de la cellule, mais à l’échelle du cerveau, on peut expliquer certains effets aussi suivant la zone « atteinte » (enivrée).
Cortex frontal
L’alcool agit considérablement sur le cortex frontal (partie frontale du cerveau, ils sont allés chercher loin ce nom là). Or, celui-ci commande la maîtrise de soi et le comportement en société, ainsi que les actions ciblées, le raisonnement et la résolution de problèmes. Les dommages causés au cortex frontal entraînent donc une baisse des capacités intellectuelles. On assiste aussi à une augmentation de l’inhibition, c’est à dire un tri des pensées plus important et donc une sorte de clarté d’esprit : on pense donc moins mais très clairement. C’est pour ça souvent que les personnes ivre vont répéter une idée un peu comme si c’était l’idée du siècle. Par ailleurs, une moins bonne maîtrise de soi accentue les risques de réactions impulsives et réduit l’action de freins naturels (par exemple, pour stopper l’envie de boire).
Hippocampe
Les souvenirs ne passent plus de la mémoire à court terme à la mémoire à long terme, à cause, entre autres, de l’action de l’alcool sur l’hippocampe. L’hippocampe, c’est une petite partie du cerveau qui ressemble à ça :
Cette vue ne permet pas de comprendre pourquoi cette zone est appelée hippocampe mais une fois extrait du cerveau voila à quoi ça ressemble : la version alien du petit hippocampe.
Comparaison, par le neuroscientifique hongrois László Seress, d’une préparation d’un hippocampe et d’un fornix humain avec un hippocampe (1980).
Cervelet
L’action de l’alcool sur le cervelet (petit cerveau, situé à l’arrière du crâne) entraîne des troubles au niveau de la motricité, de la coordination et de l’équilibre. C’est déjà notable chez quelqu’un qui a bu beaucoup une seule fois. Une consommation excessive d’alcool de longue durée peut causer des dommages permanents au cerveau.
En gros on est mal quand on boit.. donc pourquoi on continue ?
L’alcool agit sur le circuit de la récompense et provoque une dépendance mais surtout un sentiment positif au moment de boire. Pour faire très simple, il va augmenter l’effet de la dopamine, neurotransmetteur associé au plaisir (L’écoute de la musique est un moyen fantastique de provoquer une montée de dopamine : dans une étude publiée en 2011 dans Nature Neuroscience, des chercheurs de l’Université McGill rapportaient que la musique que vous aimez, et en particulier celle qui vous procure des frissons, stimule la production de dopamine et de sensations agréables par exemple).
Donc boire vous rend très stupide et vous fait vous sentir bien… forcément vous avez envie de reprendre une pinte ! Et on ne se souvient plus de tout ça le lendemain… Tiens le lendemain, parlons-en !
Qui dit quelques verres dit gueule de bois…
Une grosse partie de l’effet gueule de bois est du à la déshydratation. Elle s’explique par un dérèglement hormonal causé par l’ivresse. L’alcool perturbe la production de vasopressine par le cerveau, une hormone qui régule l’activité des reins. Lorsqu’une personne est ivre, ses reins produisent trop d’urine et évacuent donc de grandes quantités d’eau. Or, le peu d’eau présent dans les verres d’alcool absorbés ne permet pas de compenser les pertes. En cas de forte déshydratation, le corps peut aller puiser de l’eau jusque dans le cerveau, ce qui provoque des maux de tête.
L’alcool est aussi bien reconnu comme vasodilatateur, il dilate les vaisseaux du cerveau, ce qui entraîne un afflux sanguin déclencheur de douleurs et de migraine. Et enfin l’alcool, se décompose au niveau du foie, produisant de l’acétaldéhyde, un liquide toxique qui entraîne des migraines.
Une brasserie a décidé de combattre cela en créant une bière anti-gueule de bois (Brasserie De Prael Amsterdam). Alors attention elle n’a pas été scientifiquement testée ! Ils ont juste ajouté quelques ingrédients qui pourraient aider le lendemain :
Du gingembre pour lutter contre la nausée
Du sel pour aider à la rétention d’eau
De la vitamine B12 parce que pourquoi pas (et des études montrent sa baisse chez les alcooliques)
Et le petit ingrédient WTF de premier abord : de l’écorce de saule pleureur… alors bien sur les experts en plantes présents lors du podcast en parleront mieux que moi et ça peut sembler fou de rajouter ça à votre bière mais le principe actif majeur du saule c’est l’acide salicylique. Ça vous parle ? Oui c’est normal, c’est de l’aspirine.
Concernant cette bière… les avis sont partagés, il parait qu’elle sent un peu le médicament (tu m’étonnes !) mais son goût est normal… A vous de la tester et de nous dire ! Bon pour le moment, on a parcouru les effets immédiats et du lendemain… mais à plus long terme ?
Est-il vrai que quand je bois je tue mes neurones ? (Suis-je foutu-e ?)
Pourquoi pense-t-on cela ?
Des articles aiment donner des faits comme celui-là : 3 bières tuent 10 000 neurones… on à 86 milliards de neurones … donc on est quand même tranquille avant de réussir à tuer tous nos neurones même si c’était vrai. Bon mais en vrai l’alcool ne tue pas vos neurones. L’alcool bu avec modération ne cause pas non plus de dommages à long terme (au cerveau).
Cela ne veut pas dire que l’alcool ne peut pas abîmer le cerveau. Les alcooliques peuvent souffrir de dommages au cerveau dûs à l’alcool non liés à la mort des neurones mais à d’autres effets comme une déficience en vitamine B12 ou des problèmes de communication entre neurones. Je vous ai parlé des dendrites plus haut, les petits bras des neurones qui leur permettent de communiquer. Et bien ces dendrites peuvent être abimées après une consommation régulière et excessive d’alcool.
Est-ce que quand je bois, je dois avoir peur d’abimer mon cerveau au final ? Non, si la consommation n’est pas régulière et est modérée. Mais trouver des études sur le cerveau humain est difficile car on manque un peu de matériel… curieusement on ne convainc personne de donner son cerveau pour l’étudier et les tests sur animaux sont parfois trop éloigné pour comprendre ce qu’il se passe chez l’homme.
Allez, on va terminer sur un point très positif et spécifique a la bière… Dans la bière il n’y a pas que de l’eau et de l’alcool … Est-ce que certains composés peuvent être protecteurs ?
OUI (enfin peut-être)
Le xanthohumol (2′,4′,4-trihydroxy-6′-methoxy-3′-prenylchalcone) a l’air d’avoir pas mal d’effets bénéfiques sur le cerveau, notamment pour prévenir Alzheimer. Des chercheurs chinois ont montré que ce composé était efficace contre le stress oxydatif qui a lieu dans beaucoup de maladies comme Alzheimer, Parkinson et le cancer. On ne s’enflamme pas trop car pour le moment on a pas de preuve sur organisme et cela n’a été testé que sur cellules mais peut-être qu’un jour pas si lointain on conseillera de boire de la bière pour se protéger de ces maladies !
Pour résumer, la bière et le cerveau ne font pas forcement mauvais méninges il suffit juste de boire avec modération (et oui encore lui…) !
Pourquoi la méduse ce soir? Je ne sais pas, c’est mon inconscient qui me l’a dit. Je n’ai pas de meilleure explication. Mais je trouve ces animaux fascinants, beaux et je suis toujours triste de les voir en captivité.
Historique
Les méduses sont apparues sur Terre il y a environ 650 millions d’années .
C’est Carl von Linné, le célèbre botaniste suédois, qui, en 1746, décrit ces animaux en forme de cloche autour de laquelle s’agitent plusieurs tentacules serpentiformes et fait le rapprochement avec Méduse, l’une des trois sœurs Gorgones de la mythologie grecque, souvent représentée avec un visage très rond, entouré de cheveux hérissés de serpents. Le nom de l’animal méduse était né.
La méduse du mythe, par le Caravage
En 1800, le zoologiste français Georges Cuvier donne le nom Rhizostoma à une méduse « qui a la bouche en forme de racines » et François Péron publie en 1810 une classification complète qui ne sera pas exploitée avant 1889. Sa nomenclature, faisant référence à tous les personnages ayant participé au mythe de la méduse, est finalement comprise et adoptée définitivement. On lui doit ainsi des noms comme Chrysaora, Geryonia, Cassiopea… dédiés à Chrysaor, Géryon, Cassiopée…
L’analogie avec les Gorgones porte aussi sur l’habitat, notre naturaliste François Péron pensant que la disparition saisonnière des méduses est liée à leur migration dans les ténèbres abyssales où se réfugient les trois Gorgones.
Quid du nom anglais ? le terme anglais de jellyfish (littéralement « poisson-gelée ») semblant à mon sens fort bizarre. Et bien c’est René-Antoine Ferchault de Réaumur (appelé par convenance Réaumur)Réaumur (physicien et naturaliste français. Jeune scientifique admis à l’Académie des sciences en 1708 grâce à un mémoire de géométrie) qui étudie la Rhizostoma bleue sur les côtes de La Rochelle l’appelle « gelée de mer » en 1710, pour désigner l’ensemble des méduses et l’expression gélification des océans.
Description générale
Ni vertébré à squelette, ni crustacé à carapace, ni mollusque à coquille, la méduse est simplement formée d’un tissu mou tapissé de muscles circulaires striés au niveau de l’ombrelle et de muscles radiaux au niveau des tentacules. Les muscles circulaires sont très puissants et lui permettent de se propulser. En ce qui concerne les tentacules, souvent en multiple de quatre, ils sont extrêmement contractiles et peuvent s’étirer jusqu’à dix fois le diamètre de l’ombrelle. Notons quand même que certaines méduses n’ont pas de tentacules.
Seules de rares espèces (comme Craspedacusta sowerbyi) vivent en eau douce. La plupart sont entraînées par les courants marins, faisant partie du zooplancton, à l’exception des méduses du genre Cassiopea qui se tiennent posées sur le fond, l’ombrelle retournée.
Leur corps est grosso modo composé de 95 à 98 % d’eau et de 2 à 5 % de matières sèches (contre 63 % d’eau pour le corps humain). Le corps mou des méduses est constitué d’une substance gélatineuse qui contient, outre ses 98 % d’eau, du collagène (similaire au collagène humain), des cellules totipotentes indifférenciées qui se transforment pour reconstituer un tissu lésé.
Leur masse gélatineuse a une densité d’eau voisine de celle de l’eau de mer, ce qui explique que la majorité des méduses se maintiennent en équilibre dans la couche d’eau superficielle de la zone littorale, bien que certaines se rencontrent à plus de 1 500 m de profondeur.
La plus grande méduse connue est Cyanea capillata : son ombrelle a un diamètre de 50 cm à 2,50 m qui héberge souvent de jeunes poissons à l’abri de ses 800 fins tentacules pouvant mesurer 40 m de long.
La durée de vie d’une méduse est au plus de trois ou six mois.
Le terme méduse est un nom vernaculaire désignant les formes libres mobiles des individus appartenant au groupe des cnidaires et qui s’opposent donc aux formes polypes, sessiles, ie. définitivement fixés sur un support.
Cycles sexué et asexué
Les méduses sont des cnidaires. Mais ces cnidaires ont deux formes de corps à travers leur cycle de vie – le stade de polypes et la phase de méduse. Dans la phase de polypes, ils se présentent sous la forme d’une tige sessile avec leur bouche et leur tentacule vers le haut. À ce stade, ils attrapent des aliments qui passent. La deuxième étape de la structure du corps des méduses est plus populaire. Au cours de cette étape, ils ont un corps en forme de parapluie appelé la cloche.
Donc le terme « méduse » s’applique généralement au stade pélagique (mobile donc) de nombreux cnidaires, qui pour des raisons essentiellement de convergence évolutive ont développé une forme de cloche contractile, avec une bouche en position inféro-centrale, entourée de bras servant à capturer la nourriture.
Autrement dit, la méduse est une étape de vie mobile (pour l’essentiel des espèces) à l’opposé d’une étape de vie statique (on dit aussi sessile) pour le polype. Les autres étapes du cycle de vie, ce sont bien sûr les gamètes, et les larves . À noter qu’il y a des espèces de méduses qui ne forment pas de polypes et des espèces de polypes qui ne forment jamais de méduses.
Pour des genres comme Clytia, mâles et femelles libèrent spermatozoïdes et ovules dans l’eau qui vont alors fusionner pour former un œuf. Celui-ci va ensuite libérer une larve qui va tomber au fond de l’eau, se fixer sur des rochers ou tout autre support et se transformer en une tige : le polype. Les polypes sont aussi le plus souvent sexués, il peut exister ainsi des colonies de mâles et de femelles, mais chaque colonie se reproduit également par multiplication asexuée et finit par donner, toujours par bourgeonnement, une hydroméduse qui va se détacher. Certaines méduses peuvent bourgeonner, d’autres méduses sur le rebord de l’ombrelle mais la majorité de la reproduction asexuée est effectuée à partir du polype. Ce dernier produit de jeunes méduses par strobilation.
Au moment de la reproduction sexuée, les méduses deviennent de véritables « gonades flottantes . Elles libèrent dans la colonne d’eau les gamètes (spermatozoïdes pour les méduses mâles, ovules pour les femelles) qui se dispersent dans l’océan et fécondent les ovules : la fécondation est externe
En dispersant les œufs, elles contribuent à la colonisation de nouvelles aires géographiques. Le développement embryonnaire est marqué par différents stades et aboutit à la formation des larves qui donneront ensuite les polypes. Les polypes tapissent alors le fond de l’océan. Ces polypes se développent différemment en fonction de l’espèce. Certains ne peuvent se développer qu’après un demi-siècle. Plus généralement, il faut qu’un changement important intervienne (ex: changement de température, d’oxygène,) pour leur permettre de libérer les méduses . Une fois la reproduction assurée, les méduses meurent.
Il y a des variantes, par exemple:
Pour des méduses comme Pelagia, seuls les spermatozoïdes sont libérés dans l’eau. Les femelles les récupèrent et pondent alors des œufs fécondés. Aurelia a encore développé un système différent : les œufs fécondés migrent dans des poches incubatrices situées au niveau des bras oraux, et c’est alors des larves qui sont pondues.
Et les exubérances des méduses ne s’arrêtent pas là : un cas d’hermaphrodisme a été décrit chez Chrysaora, tandis que le cycle de vie de certains hydraires ne passe jamais par le stade de méduse. On parle alors de phase de régression de la méduse.
Chrysaora fuscescens
Les stades de développement d’une méduse. Développement et fixation de la larve (stade 1 à 4) ; développement du polype (stades 5 à 10) ; strobile (stade 11) ; ephyra (stade 12) ; jeune méduse (stade 13) ; méduse adulte (stade 14).
Voilà, maintenant vous savez ce qu’est une méduse. Voyons quelques autres traits intéressants de l’animal.
Organes
Pas de poumons ni de sang, mais un système de respiration basé sur les échanges gazeux à travers la peau. Les méduses ont une ébauche de cerveau avec des cellules nerveuses en lien avec des organes des sens. Les méduses utilisent leur «filet nerveux» pour détecter le contact d’un autre organisme.
Elles possèdent sur la marge de l’ombrelle des zones de concentrations d’organes récepteurs, les rhopalies (Une rhopalie est une zone de concentration d’organes récepteurs) dans lesquelles certaines cellules s’organisent autour
d’ocelles (ocelle est une simple tache oculaire généralement distribuée aléatoirement sur le corps. Tout comme chez les insectes, ces organes sont également photosensibles),
d’yeux camérulaires : ces yeux possèdent une chambre de photorécepteurs souvent remplie d’un liquide (adaptation à l’indice de réfraction du milieu extérieur). Les humains en ont aussi et c’est ça qui est surprenant, c’est un exemple de convergence évolutive,
de statocystes, qui captent les changements d’orientation grâce à un système de cellules ciliées, récepteurs sensibles à l’équilibre pour s’orienter dans l’eau,
de fossette olfactive
La méduse utilise sa rhopalie et son système nerveux pour identifier la lumière et l’odeur. Les larves portent des cellules ciliées photoréceptrices, ce qui leur permet de se diriger par phototaxie.
Pouvoir urticant
Les tentacules d’une méduse sont un mécanisme de défense important. Chaque tentacule est recouvert de cellules piquantes, connues sous le nom de cnidocytes. la méduse a un pouvoir urticant qui lui vaut sa place dans l’embranchement des Cnidaires, du grec « knidé » qui veut dire ortie. Les cellules urticantes sont régulièrement réparties sur l’ectoderme des tentacules ou groupées en bouton, en anneau ou en ligne. Elles sont vitales pour la méduse puisqu’elles constituent son arme de pêche… à la traîne ! mais aussi un moyen de défense efficace pour contrer l’absence de carapace.
Chironex fleckeri, une des espèces de Cubozoa les plus meurtrières.
Les méduses sont généralement des prédatrices, elles paralysent leurs proies grâce à leurs cnidocytes. Les méduses piquent leur proie en utilisant leurs tentacules extensibles qui portent par millions des nématocystes groupés en batteries urticantes qui injectent du venin en provoquant de multiples micro-piqûres. Certaines méduses appartenant à la classe des Cubozoa peuvent être mortelles pour l’homme.
Alimentation
La méduse est un animal carnivore. La majorité des espèces se nourrissent de micro-plancton piégé par leurs tentacules. Elles se supplémentent en sucres grâce à des algues symbiotiques qui vivent dans ces bras. Certaines méduses se renversent, l’ombrelle tournée vers le haut, et attendent que le plancton qui chute vers le fond tombe dans leur cavité buccale.
Les proies les plus volumineuses (poissons par ex) sont piégées par les tentacules rétractiles qui acheminent la nourriture vers la cavité buccale. La bouche reliée à des canaux radiaires se déversent dans un canal circulaire marginal, faisant le tour de l’ombrelle. Les produits de la digestion circulent des canaux radiaires jusqu’au canal marginal puis, le courant s’inverse et les produits d’excrétion sont ramenés vers la bouche par où ils sont expulsés, sous forme de pelotes de mucus. elles ont un système digestif incomplet et utilisent donc le même orifice pour la consommation d’aliments et l’expulsion des déchets.
En cas de nourriture abondante, elles peuvent manger jusqu’à la moitié de leur poids en une journée, mais elles peuvent aussi jeûner, et même manger leurs propres gonades pour survivre en cas de disette prolongée.
Dans leur stratégie optimale de recherche de la nourriture, les méduses pratiquent aussi bien la chasse passive que la chasse à l’affût. Ces stratégies diffèrent selon la taille et la forme de l’ombrelle, le nombre, la taille et la disposition des tentacules. Des méduses utilisent la bioluminescence pour faciliter la prédation sur des proies, telle la méduseAequorea victoria et sa protéine fluorescente verte (GFP).
Aequorea victoria
Déplacement
Les battements continus de l’ombrelle contractile permettent aux méduses de flotter et de se propulser. Les contractions des myofibrilles formant une nappe sous-ombrellaire accentuent la convexité de l’ombrelle et provoquent l’éjection d’eau. Le retour à la position de repos est passif et est dû à l’élasticité de la mésoglée. Lorsque les méduses se dirigent activement vers le fond, elle se retournent, de telle façon que l’éjection d’eau vers le haut assure la propulsion vers le bas. L’intensité du déplacement est liée à la puissance de la contraction de la sous-ombrelle et au degré d’occlusion du velum. Les vitesses obtenues par ce jet-propulsion varient généralement entre 5 et 15 cm par seconde.
Et puis pour finir, une méduse bien spéciale
Turritopsis Nutricula est une espèce de méduse originaire de la mer des Caraïbes. Au milieu des années 1990, après quelques années de recherches, elle fut à l’origine d’une véritable onde de choc dans le monde scientifique. La raison ? Turritopsis Nutricula est réputée pour être immortelle.
Turritopsis nutricula
Fait a priori unique dans le règne animal, les adultes de cette espèce peuvent renouveler leurs cellules et revenir au stade juvénile. Imaginez une poule capable de redevenir un oeuf, un papillon capable de redevenir une chenille, un septuagénaire capable de redevenir un foetus : c’est la faculté exceptionnelle dont dispose cette méduse, qui mesure à peine 5 mm à l’âge adulte.
Lorsque l’environnement se dégrade, certaines méduses se fabriquent des kystes dans lesquels les tissus se désorganisent puis, lorsque les conditions environnementales s’améliorent, les kystes s’ouvrent et en l’espace d’une journée, on retrouve ces méduses qui ont régénéré leurs cellules. Turritopsis parvient ainsi à passer du stade de méduse à polype, la rendant potentiellement immortelle (uniquement biologiquement)
Il est déjà connu que la meilleure façon de pousser une Turritopsis Nutricula à se régénérer est de la stresser. Par exemple, en cas de blessure, le processus s’enclenche aussitôt et en quelques jours à peine, la méduse retourne à son stade juvénile et commence une nouvelle vie. Le même résultat sera obtenu si elle est confrontée au vieillissement naturel. Au Japon, une étude a ainsi enregistré une dizaine de cycles entre 2009 et 2011, indiquant un phénomène potentiellement infini.