Cette semaine : ordinateur versus humain. Nous savons que l’intelligence artificielle fait des progrès impressionnant, comme Nico nous l’a présenté la semaine dernière. Nous savons aussi que la bêtise humaine repousse sans cesse les limites. Nous savons aussi que les ordinateurs ont beaucoup plus de mémoire et de capacité de calcul que nous. Mais les ordinateurs manquent d’imagination. Mais ils apprennent très vite mais… mais… quel suspense insoutenable ce soir !
“In five or ten years, what will people do better than computers?” His response: “Very little, other than ‘enjoy.’” (dans Human are Underrated)
Le quiz du mois
Comme vous avez peut-être pu l’entendre lors de l’épisode de rentrée pour ceux qui étaient là au live de la semaine dernière, Alan relance les bons vieux quiz ! Pour la prochaine émission en roue libre, il répondra à la question «Il faut boire 2 litres d’eau par jour. Info ou intox ? » Alors, vous en pensez quoi ? On ne vous demande pas une réponse bien détaillée, hein… Vos histoires, anecdotes, avis sur la question sont ce qui nous intéresse. Alan se charge de la réponse officielle. Je répète la colle : « Il faut boire deux litres d’eau par jour. Info ou intox ? »
La prochaine fois
Mardi 22 septembre : La Science du charisme, interview de John Antonakis Qu’est-ce qui fait qu’on a envie de suivre certains leaders au bout du monde, les yeux fermés ? Pourquoi certaines personnes galvanisent les foules avant même d’avoir ouvert la bouche alors que d’autres ne sont jamais écoutées ? En d’autres termes, qu’est-ce que le charisme ? Vous ne vous étiez peut-être jamais posé la question. Heureusement, il y a des chercheurs dont c’est le métier et qui partagent volontiers leurs découvertes. Nous avons l’honneur de recevoir l’un des plus grands spécialistes de la question en la personne de John Antonakis, professeur de comportement organisationnel à l’Université de Lausanne en Suisse.
Plugs et liens évoqués
Le jeu évoqué par Robin pour jouer au morpion, labyrinthe, mot croisé, etc. sur un tore, une bouteille de Klein, etc. Enjoy !
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La Chatroom
julie: hello @Samuel julie: justement je voulais te parler ! Samuel: Hello, oui vas y julie: j’ai vu que tu avais préparé le teaser pour antonakis mais qu’il était toujours en draft Samuel: oui oui j’attends l’illustration de Inti julie: ah parce qu’alan nous avait mis une photo avec son tease julie: r julie: en attendant ça peut faire l’affaire qu’en penses)tu ? Pascal METZ: Salut tout le monde julie: salut @Pascal METZ Samuel: oui pk pas en attendant ça le fait. Après les vignettesc’est surtout cool pour les RS Pascal METZ: @julie je sais, je ne t’ai pas encore appelé 🙁 Samuel: (vignettes dessinées) julie: @Pascal METZ pas de souci je suis un peu débordée de mon côté aussi julie: yep @Samuel je suis d’accord julie: je publie donc Samuel: À toi l’honneur : Salut, ca demarre dans combien de tps? Samuel: ça commence théoriquement à 20h30 : Merci Pascal METZ: Euh, je crois qu’on a un fantôme Pascal METZ: (et un bug, du coup) NicoTupe: Salut Pascal METZ: Salut @NicoTupe NicoTupe: Julie! Tu es la mais pas sur skype? : Le fantome.. c est moi? julie: @NicoTupe oups julie: j’arrive ! gabriel.B: salut GPif: Bonsoir ! : moi aussi je suis un fantome : 🙂 : ‘soir Nico: Messieurs, Dames bonjour ! : mais j’ai fais exprès ^^ gabriel.B: yop : : : Pascal METZ: arf, et je n’arrive pas a acceder aux logs : salut les gars : Salut : Moi c est Samuel… mais ca en aurait fait 2 Samuel: oui$ Samuel: Nico: OUi ! GPif: Oui on entend : oui : elle repond avec 10 secondes de décalage ^^ : allez, bonne soirée les gens ! Nico: Ils font des robots aussi cons ? billy: mais ça a déjà commencé? Nico: non julie: nonon on papote GPif: C’est un débat d’avant dossier 🙂 billy: rhaa 😉 Samuel: Ce soir on démarre à l’heure? 😉 puyo: Hey hey, b’soir à tous ! Pascal METZ: Salut Puyo puyo: Deep deep deeeep learniing puyo: Salut @Pascal METZ ! Samuel: Heloooooo @puyo? puyo: ♪ puyo: Heelo @Samuel ! héhé ! Samuel: Quoi de neuf @puyo ? puyo: oh, je chante ! et toi, la rentrée ? ;D ElJj: B’soir puyo: Hey ! @ElJj ! Pascal METZ: Salut @Elljj puyo: ça va bien ? Samuel: demain débutent les Welcome Days et la vraie rentrée c’est lundi pro =) Robin: Salut tout le monde ! puyo: Salut @Robin ! puyo: Ils ont besoins de toi, je crois ! puyo: pour les coins ! Samuel: @puyo il faut que tu aille voir ça! http://dqmp.unige.ch/supra100-at-the-galerie-eureka/ puyo: ho ! whah ! Samuel: C’est génial, l’expo était passée pas loin de chez moi, elle est géniale @puyo puyo: cool, merci @Samuel ! Et les Welcome Days, ça a l’air bien ! GPif: Boson deep learn Samuel: Oui on verra demain =D Antoine: Salut tout le monde. Samuel: Il y a de la bouffe gratuite @puyo donc c’est forcément bien! =P Inti: bonjour les gens! puyo: huhuhu ! et à boire, s’pas ? Leith: Bonsoir 🙂 puyo: hééééééé, salut @Inti ! puyo: le sujet devrait t’inspirer ! Samuel: Je pense que si =D Inti: ptin mon chat m’a piqué mon stylet brusicor02: Bonsoir à tous ! puyo: huhuhu GPif: 2 fois la Inti: faut que je le retrouve Samuel: L’excuse pourrie @Inti ! =P puyo: regarde dans la litière ! Inti: ok c’est bon brusicor02: Sachez que je vous écoute sur le palier de la bibliothèque universitaire puisque c’est la seule connexion Internet de la zone. ^^ Johan: Hello ! Pascal METZ: Salut @Johan ElJj: 228 : nombre de façons de placer 2 rois sur un échiquier de taille 5×5 sans qu’ils ne s’attaquent. 7pri2: gg puyo: Héééé, salut @Johan ! Félicitations pour ta nomination ! brusicor02: Salut @ElJj ! Toujours joueur je vois ElJj: ^^ GPif: @Eljj un 5×5 tu ne met pas toute tes pièces 🙂 puyo: @ElJj J’aime bien ! Johan: Salut, Merci 🙂 ElJj: Il y a trop de pièces dans un jeu d’échec, de toutes façons. Johan: Mon coup d’état tu veux dire ! puyo: N’empêche, bien joué ! brusicor02: Va-t-on parler perceptron et rétropropagation du gradient ? Suspense GPif: svm puyo: (bientôt, il y aura plus de dictateurs déchus que de participants ! :D) brusicor02: Comment ça “tristement mathématique” ? Grrrr… brusicor02: Ces deux mots sont antinomiques. puyo: Mais.. pourquoi la machine ne fabrique pas elle-même son algorithme ? puyo: Ce serait plus logique, non ? Pascal METZ: @puyo on en est pas loin dans ce cas puyo: Ah ! 🙂 GPif: @puyo c’est ce quel fait, mais t’as toujours des parametre à réglé pour augmenter la précisions puyo: Ah.. MMmmm.. il faudrait donc mettre des machines en concurrence. puyo: Pour quelle puisse comparer leur algo, et garder le meilleur. puyo: qu’elles, pardon GPif: Bein en gros c’est ça, tu fait tourner ton truc, tu regarde le taux de faux positif, de faux négatif, et en fonction de ce que tu veux tu change tes parametres brusicor02: C’est assez éloigné de l’évolution naturelle, du moins avant l’eugénisme puyo: Yeah ! Mais, le mieux, ce serait que la machine puisse voir elle-même si elle a raison. puyo: En vérifiant sur le terrain ! Yeah ! brusicor02: Déjà qu’on sait pas si on a raison pour les décisions humaines. ^^ : Pour la surface de peau des elephants… Podcast science 138 – Cross-Over antique: sciences et sandalettes : Pascal METZ: D’ailleurs, on a jamais eu le retour pascale_B: Hello tout le monde puyo: B’soir @pascale_B ! GPif: @puyo ouais mais imagine, d’un coté tu fait un truc pour le médical, genre diagnostique, tu veux avoir 100% de maladie diagnostiqué quite à avoir des gens diagnostiqué à tord, mais pour les radar auto, tu veux l’inverse GPif: Et pourtant tu peux utiliser le même algo puyo: Ah.. puyo: En fait, la machine doit avoir une logique générale. puyo: L’idéal, ce serait qu’elle découvre elle-même les choses, et ensuite seulement, on lui apprend comment ça s’appelle. puyo: Mais elle se débrouille pour classer à sa manière. puyo: non ? GPif: ça existe 🙂 puyo: Ha ! Héhé ! puyo: Bé, c’est une super avancée ! brusicor02: Ah, on va parler des perceptrons ! puyo: Je serais pour l’apprentissage de l’humour aux machines. brusicor02: On a déjà fait un test, pas concluant puyo: Alllllllez Samuel: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/58/ArtificialNeuronModel_francais.png puyo: Je suis prêt à aider ! GPif: Regarde Ale dans 2001 🙂 puyo: ^^ brusicor02: Par contre, les machines comprennent beaucoup mieux le second degré que les humains. Samuel: HAL @GPif GPif: merci Samuel: qui code pour IBM 😉 @GPif brusicor02: Un élève, cela lui prend deux années de lycée minimum. Alors que mon ordi résout x²+3x-2=0 instantanément. Samuel: Non un an suffit @brusicor02 ! Pascal METZ: @brusicor02 peut etre pas avec des reseaux de neurones GPif: @Samuel en elevant un cran dans l’alphabet, mais l’équipe du filme dit qu’en fait non :p puyo: @brusicor02 pfff, héhéhé ! GPif: @brusicor02 42? Samuel: Ah bon… ça semble si logique =) @GPif puyo: ça fait beaucoup de traits ! puyo: Mais.. on ne peut pas demander à une machine de faire elle-même les paramètres ? puyo: Genre, lorsqu’elle dispose d’assez de neurones pour le faire ? brusicor02: On peut toujours imaginer deux machines programmées pour s’optimiser mutuellement puyo: Ah oui, par deux, ce serait pas mal ! puyo: Et ce serait esthétique, je trouve. puyo: Je vote pour ! Johan: C’est une révolution ! puyo: Caramba ! Pascal METZ: @Johan non, ca c’est demain! brusicor02: 100 milliards il me semble, on va vérifier Pascal METZ: je n’ai pas dit milliard? billy: oui milliard brusicor02: Si, mais le temps de l’écrire tu avais parlé. ^^ billy: moi j’ai entendu millions Pascal METZ: arf Pascal METZ: zut brusicor02: On verra le replay ! puyo: @Inti héhéhéhéhé ! GPif: C’est vrai que …. Johan: https://c1.staticflickr.com/5/4057/4295399603_5355a8de56.jpg GPif: https://images.duckduckgo.com/iu/?u=http%3A%2F%2Ffanart.tv%2Ffanart%2Fmusic%2F66fc5bf8-daa4-4241-b378-9bc9077939d2%2Falbumcover%2F10000-days-4e3c6d44336f3.jpg&f=1 Johan: Like @Inti GPif: https://images.duckduckgo.com/iu/?u=http%3A%2F%2Ffanart.tv%2Ffanart%2Fmusic%2F66fc5bf8-daa4-4241-b378-9bc9077939d2%2Falbumcover%2F10000-days-4e3c6d44336f3.jpg gabriel.B: ca a du etre chiant a faire 15millions d’images xD Johan: Un stagiaire ! brusicor02: Le nombre de connexions neuronales serait mille fois supérieur au nombre de neurones. Pascal METZ: ou plein de stagiaires Pascal METZ: ou des gens qui joue sur facebook gabriel.B: les chinois brusicor02: Donc on aurait 10^14 connexions dans notre cerveau GPif: https://fanart.tv/fanart/music/66fc5bf8-daa4-4241-b378-9bc9077939d2/albumcover/10000-days-4e3c6d44336f3.jpg GPif: o/ brusicor02: Pour les CAPTCHA, ils s’en servent pour des reconnaissances de lettres dans des transcriptions de livres 7pri2: Les Captcha aussi 7pri2: Ah bah tiens Pascal METZ: flute, pris de vitesse ElJj: Il y a quelques temps de cela, j’avais joué à un jeu fait par google, où il fallait décrire une image ; on gagnait si on la décrivait mieux que son adversaire… brusicor02: *télépathie* GPif: Bravo les déssins 😀 billy: great puyo 🙂 Samuel: Nice les dessins =) puyo: Yeah, merci @billy ! (et @GPif @Samuel ) ElJj: J’ai retrouvé : c’était le Google Image Labeler, fermé en 2011 https://en.wikipedia.org/wiki/Google_Image_Labeler GPif: Parcequ’on a régler les sproblème technique aussi GPif: Le fait de mettre des ordi à bas cout en série pour avoir la puissance d’un super calculateur ça a joué aussi Johan: https://pbs.twimg.com/profile_images/1788506913/HAL-MC2_400x400.png brusicor02: “rétro-ingénierie” en français brusicor02: http://rue89.nouvelobs.com/sites/news/files/assets/image/2015/06/google_3.png brusicor02: Le logiciel était spécialisé dans la reconnaissance d’animaux. GPif: Sinon il y a le LSD puyo: C’est culturel ! brusicor02: Sauf si ces parents se sont bien moqués de lui en lui disant que sa brosse à dents est une batte de baseball Robin: @brusicor02 très bon, ça, je vais tenter Robin: 🙂 GPif: Ou est-ce qu’on va au bar? brusicor02: On peut essayer avec un étudiant étranger, c’est plus simple à trouver. Robin: nan mais j’ai ce qu’il faut à la maison, hein brusicor02: C’est vrai. puyo: C’est de la sociologie informatique. billy: je dois filer, j’ai hate d’entendre la suite de l’episode 🙂 puyo: Pour compliquer le test, il faudrait intégrer l’échange d’idées nouvelles. brusicor02: Ce sont les simulateurs de psychologue qui fonctionnaient le mieux à une époque puyo: Hé, salut @billy ! billy: bisous! Pascal METZ: Salut @billy Ewi: Salut tous Pascal METZ: Salut @Ewi Ewi: Salut @Pascal METZ brusicor02: Bonne soirée @billy brusicor02: Mais trop tard. 🙁 Ewi: intelligence dans le réseau elle s’appelle Jane ? Pascal METZ: Avec ansible? Ewi: C’est vieux la logique flou ElJj: J’en ai déjà entendu parler, mais je n’ai rien lu de plus dessus que la fiche Wikipédia… brusicor02: Est-ce que les perceptrons multicouches sont encore d’actualité ? puyo: Je préfère la logique filou. Pascal METZ: @Ewi au fait pour repondre a ton commentaire cet après-midi: previens-moi quand tu es sur Belfort Ewi: @ps vous voulez savoir quoi sur la logique floue ? puyo: Une réponse confuse, pardi ! puyo: C’est la science normande. GPif: @Ewi ils sont pas sur :p NicoTupe: @ewi des sources a lire Ewi: @NicoTupe ok, je te mail brusicor02: http://www.ferdinandpiette.com/blog/wp-content/uploads/2011/08/logique_floue.png gabriel.B: ca doit etre compliqué d’avoir une vrai conversation avec un robot sans libre arbitre, ni expérience Ewi: @Pascal METZ Je suis rarement sur Belfort maintenant :/ Pascal METZ: tant pis Ewi: pour Lyon Sci 2015 (ou 16) ? Pascal METZ: bien vu ElJj: http://www.pourlascience.fr/e_img/boutique/_done_20090427_123323_les_dossiers-2005-octobre_decembre_49-fondamental-fondamental21-fu-dossier_49_114_120_Page_2_Image_0001_w1.jpg Samuel: http://orig06.deviantart.net/485b/f/2014/008/3/e/wayward_existor_by_anniethebug-d71dl5p.png brusicor02: Joli lapsus. “L’évolution donne une solution vivable” Ewi: @NicoTupe Les algo génétique, c’est l’exploration locale de l’espace des solutions, Ewi: on ne mime pas l’évolution brusicor02: ^^ NicoTupe: c’est pas faux GPif: ça s’appel chatroullette brusicor02: On a de quoi faire un bon papier de psyco ! Ewi: fin bon, c’est une grande partie de ma thèse, l’exploration d’un espace de solution brusicor02: Tu les appliques à quoi @Ewi ? Ewi: 😀 Ewi: IA, prise de décision, SMA brusicor02: D’accord Ewi: Et la, on inventa la recherche tabou ^^ Ewi: @brusicor02 appliqué a la conduite autonome entre autre brusicor02: C’est une partie de la chimie théorique pour trouver les surfaces de potentiel brusicor02: On en a de plus en plus dans les méthodes GPif: Je rêve d’autolib qui t’emmee tout seul GPif: (oui, très parisien comme ref) Ewi: @NicoTupe attention complexe et compliqué c’est pas pareil brusicor02: @ps Vous comptez faire plus de chimie cette année ? 😀 #trololo Ewi: @GPif : https://www.youtube.com/watch?v=-oPs_IaRkYw Ewi: pour qqch de pas figé on utilise les SMA Ewi: y a plus de flexibilité Ewi: et on apprend en continue Lety: CNN : conventionnal neural network ont des cycles, je crois gabriel.B: Pourquoi on laisse pas l’algorithme se balader sur google image en tapant des mots clefs pour apprendre seul? Ewi: ^^ GPif: @Ewi la voiture de devant est conduite? puyo: Pauvres neurones.. 🙁 Ewi: elle est soit conduite, soit elle suit une trace GPS GPif: t’as pas des agents qui font ça? Ewi: (GPS RTK par exemple) GPif: En vrai il a découvert le porno en premier, mais ils ont pas publié ce résultat brusicor02: Il y a un point commun… gabriel.B: lol Ewi: @GPif : en campagne : https://www.youtube.com/watch?v=MPA6i8ZAS-A GPif: @Ewi c’est cool ça vu que dans les champs tu a deux ou trois machine qui se suive, une pour labouré, une pour stocker, une pour moissoné … Ewi: c’est l’idée Ewi: 🙂 Ewi: et skynet alors ? ElJj: Wolfram a aussi fait MathWorld, un wikipédia des maths plutôt cool (mais un peu trop incomplet à mon goût) brusicor02: Voilà, là c’est bon GPif: http://jeje10.j.e.pic.centerblog.net/omglum9x.jpg GPif: Avec la voix robotique pour stephen awkin brusicor02: http://i.ytimg.com/vi/NAKjzT4gnWA/hqdefault.jpg brusicor02: Il fait moins peur celui-là Nawak: N’ayez pas peur, je suis un algorithme. puyo: A mon sens, l’avenir sera aux cyber-dauphins. La logique des machines, l’intelligence des dauphins. puyo: (avec des projets !) GPif: So long and thanks for the fish Ewi: il faut boire 2L de bière le mardi soir brusicor02: Il faut boire quand on a besoin. Pascal METZ: Pour ceux qui n’etaient pas là les roues libres sont une espece de freestyle brusicor02: Le lien vers la page ? Ewi: on peut toujours essayer Ewi: @NicoTupe Tu as accès à IEEE Xplore ? NicoTupe: Nope Johan: https://en.wikipedia.org/wiki/Women_in_space brusicor02: J’ai une piste avec le générique PodcastScience, c’est pour me mettre dans l’ambiance dans les confs brusicor02: J’adore ce générique. ♥ Ewi: @NicoTupe je te ferai un zip sur la logique floue NicoTupe: yay puyo: Rien ne remplace les neurones bios. Cracoucasse: j’ai vu un article sur un robot dirigé par des vraies neurones de rats qqpart brusicor02: Prochain sujet : reprogrammer des neurones Ewi: le problème des réseaux de neurones, c’est leur manque d’adaptation et réaction au perturbation NicoTupe: yup brusicor02: Avec la biologie synthétique, changer des petites choses pour les améliorer Ewi: Ce qui est drôle c’est qu’aujourd’hui, on utilise des réseaux de neurones avec des multi-agents, chaque agents a son réseau… ce qui apporte de l’anticipation, de l’adaptation cet. NicoTupe: @Ewi wow, on utilise ça pour quoi? Ewi: La prise de décision en milieux fortement dynamique Ewi: et fortement perturbé NicoTupe: oki brusicor02: C’est mignon ! Ewi: typiquement, gestion d’un smartgrid NicoTupe: ah ouais, d’accord, tu as des sources la dessus? Ewi: ca devrai être publié dans 3-4 mois 😀 Samuel: @NicoTupe c’était l’ “Idée d’un cheval” =D NicoTupe: héhé brusicor02: C’est la même chose en chimie. 🙁 brusicor02: brusicor02: – Regarde, c’est du cyclohexane ! brusicor02: – Non, c’est un heagone ! brusicor02: *hexagone brusicor02: Des éternels incompris. 🙁 Ewi: en Europe c’est plus la perspective classique que cavalière Ewi: http://warmaths.fr/MATH/geometr/perspectivhistoir_fichiers/image008.jpg brusicor02: http://nvogel.pagesperso-orange.fr/Dossiers/images/japonXVII.jpg Ewi: http://scenari2.irem.univ-mrs.fr/lexiqueINEFLP-TBPM/res/image_10.png Ewi: mais nan brusicor02: http://www.libertasoccidentalis.org/wp-content/uploads/2013/05/One-World-Trade-Center-006.jpg Ewi: c’est pas dure brusicor02: Je trouve pas d’en bas Ewi: la logique floue, c’est une question de seuils brusicor02: Quel honneur ! brusicor02: Oui, je suis déjà venu. brusicor02: Et le logo, c’est Eljj. :p Ewi: c’est une voiture Ewi: imprimé en 3D Samuel: “le logo” hihihi =) brusicor02: Mon logo, c’est une fractale de Lyapunov Ewi: lyapunov … horreur GPif: Point ingénieur :p brusicor02: Ah, les ingénieurs… Ewi: @NicoTupe regade Zadeh pour la logique floue 🙂 Ewi: beurk brusicor02: Les ingénieurs, les Oompa Loompa de la science puyo: Rhôooo, salut à tous ! GPif: tchusss brusicor02: Bonsoir à tous ! Ewi: ++ Antoine: Ciao ! 7pri2: Bisous gabriel.B: bye Samuel: Salut tout le monde bonne nuit! Ewi: salut bébé Cracoucasse: dobrou noc brusicor02: Bon, je vais me préparer du thé et un bon coussin pour mes fesses, ce palier n’est pas pratique Ewi: moi je vais finir de corriger un manuscrit a la con :'( NicoTupe: bon courage brusicor02: Bonne chance. Ewi: un jour je ne ferai plus rien au dernier moment :/ Nico: A+ tout le monde ! NicoTupe: ++ Leith: +
Pour la seconde partie du dossier sur le deep learning, c’est par là
Pour le premier dossier de Podcast Science de la saison 6, on va apprendre plein de choses. Ce soir c’est Nico qui s’y colle et il va nous parler de deep learning ! Nous sommes le mardi 8 septembre 2015, c’est l’épisode 228, bonsoir et bienvenue.
If you’re afraid that you might be replaced by a computer, then you probably can be—and should be – William H. Bosert “La tristesse de l’intelligence artificielle est qu’elle est sans artifice, donc sans intelligence.” Jean Baudrillard
“Il faut avoir moins peur de l’intelligence artificielle que de la stupidité naturelle” Joël de Rosnay
Les formes primitives d’intelligence artificielle que nous avons déjà se sont montrées très utiles. Mais je pense que le développement d’une intelligence artificielle complète pourrait mettre fin à la race humaine. Une fois que les hommes auraient développé l’intelligence artificielle, celle-ci décollerait seule, et se redéfinirait de plus en plus vite. Les humains, limités par une lente évolution biologique, ne pourraient pas rivaliser et seraient dépassés. Stephen Hawking
Le quiz du mois
Comme vous avez peut-être pu l’entendre lors de l’épisode de rentrée pour ceux qui étaient là au live de la semaine dernière, Alan relance les bons vieux quiz ! Pour la prochaine émission en roue libre, il répondra à la question «Il faut boire 2 litres d’eau par jour. Info ou intox ? » Alors, vous en pensez quoi ? On ne vous demande pas une réponse bien détaillée, hein… Vos histoires, anecdotes, avis sur la question sont ce qui nous intéresse. Alan se charge de la réponse officielle. Je répète la colle : « Il faut boire deux litres d’eau par jour. Info ou intox ? »
La prochaine fois
Mardi 15 septembre Suite du dossier de Nico
La Chatroom
julie: hello @Samuel julie: justement je voulais te parler ! Samuel: Hello, oui vas y julie: j’ai vu que tu avais préparé le teaser pour antonakis mais qu’il était toujours en draft Samuel: oui oui j’attends l’illustration de Inti julie: ah parce qu’alan nous avait mis une photo avec son tease julie: r julie: en attendant ça peut faire l’affaire qu’en penses)tu ? Pascal METZ: Salut tout le monde julie: salut @Pascal METZ Samuel: oui pk pas en attendant ça le fait. Après les vignettesc’est surtout cool pour les RS Pascal METZ: @julie je sais, je ne t’ai pas encore appelé 🙁 Samuel: (vignettes dessinées) julie: @Pascal METZ pas de souci je suis un peu débordée de mon côté aussi julie: yep @Samuel je suis d’accord julie: je publie donc Samuel: À toi l’honneur : Salut, ca demarre dans combien de tps? Samuel: ça commence théoriquement à 20h30 : Merci Pascal METZ: Euh, je crois qu’on a un fantôme Pascal METZ: (et un bug, du coup) NicoTupe: Salut Pascal METZ: Salut @NicoTupe NicoTupe: Julie! Tu es la mais pas sur skype? : Le fantome.. c est moi? julie: @NicoTupe oups julie: j’arrive ! gabriel.B: salut GPif: Bonsoir ! : moi aussi je suis un fantome : 🙂 : ‘soir Nico: Messieurs, Dames bonjour ! : mais j’ai fais exprès ^^ gabriel.B: yop : : : Pascal METZ: arf, et je n’arrive pas a acceder aux logs : salut les gars : Salut : Moi c est Samuel… mais ca en aurait fait 2 Samuel: oui$ Samuel: Nico: OUi ! GPif: Oui on entend : oui : elle repond avec 10 secondes de décalage ^^ : allez, bonne soirée les gens ! Nico: Ils font des robots aussi cons ? billy: mais ça a déjà commencé? Nico: non julie: nonon on papote GPif: C’est un débat d’avant dossier 🙂 billy: rhaa 😉 Samuel: Ce soir on démarre à l’heure? 😉 puyo: Hey hey, b’soir à tous ! Pascal METZ: Salut Puyo puyo: Deep deep deeeep learniing puyo: Salut @Pascal METZ ! Samuel: Heloooooo @puyo? puyo: ♪ puyo: Heelo @Samuel ! héhé ! Samuel: Quoi de neuf @puyo ? puyo: oh, je chante ! et toi, la rentrée ? ;D ElJj: B’soir puyo: Hey ! @ElJj ! Pascal METZ: Salut @Elljj puyo: ça va bien ? Samuel: demain débutent les Welcome Days et la vraie rentrée c’est lundi pro =) Robin: Salut tout le monde ! puyo: Salut @Robin ! puyo: Ils ont besoins de toi, je crois ! puyo: pour les coins ! Samuel: @puyo il faut que tu aille voir ça! http://dqmp.unige.ch/supra100-at-the-galerie-eureka/ puyo: ho ! whah ! Samuel: C’est génial, l’expo était passée pas loin de chez moi, elle est géniale @puyo puyo: cool, merci @Samuel ! Et les Welcome Days, ça a l’air bien ! GPif: Boson deep learn Samuel: Oui on verra demain =D Antoine: Salut tout le monde. Samuel: Il y a de la bouffe gratuite @puyo donc c’est forcément bien! =P Inti: bonjour les gens! puyo: huhuhu ! et à boire, s’pas ? Leith: Bonsoir 🙂 puyo: hééééééé, salut @Inti ! puyo: le sujet devrait t’inspirer ! Samuel: Je pense que si =D Inti: ptin mon chat m’a piqué mon stylet brusicor02: Bonsoir à tous ! puyo: huhuhu GPif: 2 fois la Inti: faut que je le retrouve Samuel: L’excuse pourrie @Inti ! =P puyo: regarde dans la litière ! Inti: ok c’est bon brusicor02: Sachez que je vous écoute sur le palier de la bibliothèque universitaire puisque c’est la seule connexion Internet de la zone. ^^ Johan: Hello ! Pascal METZ: Salut @Johan ElJj: 228 : nombre de façons de placer 2 rois sur un échiquier de taille 5×5 sans qu’ils ne s’attaquent. 7pri2: gg puyo: Héééé, salut @Johan ! Félicitations pour ta nomination ! brusicor02: Salut @ElJj ! Toujours joueur je vois ElJj: ^^ GPif: @Eljj un 5×5 tu ne met pas toute tes pièces 🙂 puyo: @ElJj J’aime bien ! Johan: Salut, Merci 🙂 ElJj: Il y a trop de pièces dans un jeu d’échec, de toutes façons. Johan: Mon coup d’état tu veux dire ! puyo: N’empêche, bien joué ! brusicor02: Va-t-on parler perceptron et rétropropagation du gradient ? Suspense GPif: svm puyo: (bientôt, il y aura plus de dictateurs déchus que de participants ! :D) brusicor02: Comment ça “tristement mathématique” ? Grrrr… brusicor02: Ces deux mots sont antinomiques. puyo: Mais.. pourquoi la machine ne fabrique pas elle-même son algorithme ? puyo: Ce serait plus logique, non ? Pascal METZ: @puyo on en est pas loin dans ce cas puyo: Ah ! 🙂 GPif: @puyo c’est ce quel fait, mais t’as toujours des parametre à réglé pour augmenter la précisions puyo: Ah.. MMmmm.. il faudrait donc mettre des machines en concurrence. puyo: Pour quelle puisse comparer leur algo, et garder le meilleur. puyo: qu’elles, pardon GPif: Bein en gros c’est ça, tu fait tourner ton truc, tu regarde le taux de faux positif, de faux négatif, et en fonction de ce que tu veux tu change tes parametres brusicor02: C’est assez éloigné de l’évolution naturelle, du moins avant l’eugénisme puyo: Yeah ! Mais, le mieux, ce serait que la machine puisse voir elle-même si elle a raison. puyo: En vérifiant sur le terrain ! Yeah ! brusicor02: Déjà qu’on sait pas si on a raison pour les décisions humaines. ^^ : Pour la surface de peau des elephants… Podcast science 138 – Cross-Over antique: sciences et sandalettes : Pascal METZ: D’ailleurs, on a jamais eu le retour pascale_B: Hello tout le monde puyo: B’soir @pascale_B ! GPif: @puyo ouais mais imagine, d’un coté tu fait un truc pour le médical, genre diagnostique, tu veux avoir 100% de maladie diagnostiqué quite à avoir des gens diagnostiqué à tord, mais pour les radar auto, tu veux l’inverse GPif: Et pourtant tu peux utiliser le même algo puyo: Ah.. puyo: En fait, la machine doit avoir une logique générale. puyo: L’idéal, ce serait qu’elle découvre elle-même les choses, et ensuite seulement, on lui apprend comment ça s’appelle. puyo: Mais elle se débrouille pour classer à sa manière. puyo: non ? GPif: ça existe 🙂 puyo: Ha ! Héhé ! puyo: Bé, c’est une super avancée ! brusicor02: Ah, on va parler des perceptrons ! puyo: Je serais pour l’apprentissage de l’humour aux machines. brusicor02: On a déjà fait un test, pas concluant puyo: Alllllllez Samuel: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/58/ArtificialNeuronModel_francais.png puyo: Je suis prêt à aider ! GPif: Regarde Ale dans 2001 🙂 puyo: ^^ brusicor02: Par contre, les machines comprennent beaucoup mieux le second degré que les humains. Samuel: HAL @GPif GPif: merci Samuel: qui code pour IBM 😉 @GPif brusicor02: Un élève, cela lui prend deux années de lycée minimum. Alors que mon ordi résout x²+3x-2=0 instantanément. Samuel: Non un an suffit @brusicor02 ! Pascal METZ: @brusicor02 peut etre pas avec des reseaux de neurones GPif: @Samuel en elevant un cran dans l’alphabet, mais l’équipe du filme dit qu’en fait non :p puyo: @brusicor02 pfff, héhéhé ! GPif: @brusicor02 42? Samuel: Ah bon… ça semble si logique =) @GPif puyo: ça fait beaucoup de traits ! puyo: Mais.. on ne peut pas demander à une machine de faire elle-même les paramètres ? puyo: Genre, lorsqu’elle dispose d’assez de neurones pour le faire ? brusicor02: On peut toujours imaginer deux machines programmées pour s’optimiser mutuellement puyo: Ah oui, par deux, ce serait pas mal ! puyo: Et ce serait esthétique, je trouve. puyo: Je vote pour ! Johan: C’est une révolution ! puyo: Caramba ! Pascal METZ: @Johan non, ca c’est demain! brusicor02: 100 milliards il me semble, on va vérifier Pascal METZ: je n’ai pas dit milliard? billy: oui milliard brusicor02: Si, mais le temps de l’écrire tu avais parlé. ^^ billy: moi j’ai entendu millions Pascal METZ: arf Pascal METZ: zut brusicor02: On verra le replay ! puyo: @Inti héhéhéhéhé ! GPif: C’est vrai que …. Johan: https://c1.staticflickr.com/5/4057/4295399603_5355a8de56.jpg GPif: https://images.duckduckgo.com/iu/?u=http%3A%2F%2Ffanart.tv%2Ffanart%2Fmusic%2F66fc5bf8-daa4-4241-b378-9bc9077939d2%2Falbumcover%2F10000-days-4e3c6d44336f3.jpg&f=1 Johan: Like @Inti GPif: https://images.duckduckgo.com/iu/?u=http%3A%2F%2Ffanart.tv%2Ffanart%2Fmusic%2F66fc5bf8-daa4-4241-b378-9bc9077939d2%2Falbumcover%2F10000-days-4e3c6d44336f3.jpg gabriel.B: ca a du etre chiant a faire 15millions d’images xD Johan: Un stagiaire ! brusicor02: Le nombre de connexions neuronales serait mille fois supérieur au nombre de neurones. Pascal METZ: ou plein de stagiaires Pascal METZ: ou des gens qui joue sur facebook gabriel.B: les chinois brusicor02: Donc on aurait 10^14 connexions dans notre cerveau GPif: https://fanart.tv/fanart/music/66fc5bf8-daa4-4241-b378-9bc9077939d2/albumcover/10000-days-4e3c6d44336f3.jpg GPif: \o/ brusicor02: Pour les CAPTCHA, ils s’en servent pour des reconnaissances de lettres dans des transcriptions de livres 7pri2: Les Captcha aussi 7pri2: Ah bah tiens Pascal METZ: flute, pris de vitesse ElJj: Il y a quelques temps de cela, j’avais joué à un jeu fait par google, où il fallait décrire une image ; on gagnait si on la décrivait mieux que son adversaire… brusicor02: *télépathie* GPif: Bravo les déssins 😀 billy: great puyo 🙂 Samuel: Nice les dessins =) puyo: Yeah, merci @billy ! (et @GPif @Samuel ) ElJj: J’ai retrouvé : c’était le Google Image Labeler, fermé en 2011 https://en.wikipedia.org/wiki/Google_Image_Labeler GPif: Parcequ’on a régler les sproblème technique aussi GPif: Le fait de mettre des ordi à bas cout en série pour avoir la puissance d’un super calculateur ça a joué aussi Johan: https://pbs.twimg.com/profile_images/1788506913/HAL-MC2_400x400.png brusicor02: “rétro-ingénierie” en français brusicor02: http://rue89.nouvelobs.com/sites/news/files/assets/image/2015/06/google_3.png brusicor02: Le logiciel était spécialisé dans la reconnaissance d’animaux. GPif: Sinon il y a le LSD puyo: C’est culturel ! brusicor02: Sauf si ces parents se sont bien moqués de lui en lui disant que sa brosse à dents est une batte de baseball Robin: @brusicor02 très bon, ça, je vais tenter Robin: 🙂 GPif: Ou est-ce qu’on va au bar? brusicor02: On peut essayer avec un étudiant étranger, c’est plus simple à trouver. Robin: nan mais j’ai ce qu’il faut à la maison, hein brusicor02: C’est vrai. puyo: C’est de la sociologie informatique. billy: je dois filer, j’ai hate d’entendre la suite de l’episode 🙂 puyo: Pour compliquer le test, il faudrait intégrer l’échange d’idées nouvelles. brusicor02: Ce sont les simulateurs de psychologue qui fonctionnaient le mieux à une époque puyo: Hé, salut @billy ! billy: bisous! Pascal METZ: Salut @billy Ewi: Salut tous Pascal METZ: Salut @Ewi Ewi: Salut @Pascal METZ brusicor02: Bonne soirée @billy brusicor02: Mais trop tard. 🙁 Ewi: intelligence dans le réseau elle s’appelle Jane ? Pascal METZ: Avec ansible? Ewi: C’est vieux la logique flou ElJj: J’en ai déjà entendu parler, mais je n’ai rien lu de plus dessus que la fiche Wikipédia… brusicor02: Est-ce que les perceptrons multicouches sont encore d’actualité ? puyo: Je préfère la logique filou. Pascal METZ: @Ewi au fait pour repondre a ton commentaire cet après-midi: previens-moi quand tu es sur Belfort Ewi: @ps vous voulez savoir quoi sur la logique floue ? puyo: Une réponse confuse, pardi ! puyo: C’est la science normande. GPif: @Ewi ils sont pas sur :p NicoTupe: @ewi des sources a lire Ewi: @NicoTupe ok, je te mail brusicor02: http://www.ferdinandpiette.com/blog/wp-content/uploads/2011/08/logique_floue.png gabriel.B: ca doit etre compliqué d’avoir une vrai conversation avec un robot sans libre arbitre, ni expérience Ewi: @Pascal METZ Je suis rarement sur Belfort maintenant :/ Pascal METZ: tant pis Ewi: pour Lyon Sci 2015 (ou 16) ? Pascal METZ: bien vu ElJj: http://www.pourlascience.fr/e_img/boutique/_done_20090427_123323_les_dossiers-2005-octobre_decembre_49-fondamental-fondamental21-fu-dossier_49_114_120_Page_2_Image_0001_w1.jpg Samuel: http://orig06.deviantart.net/485b/f/2014/008/3/e/wayward_existor_by_anniethebug-d71dl5p.png brusicor02: Joli lapsus. “L’évolution donne une solution vivable” Ewi: @NicoTupe Les algo génétique, c’est l’exploration locale de l’espace des solutions, Ewi: on ne mime pas l’évolution brusicor02: ^^ NicoTupe: c’est pas faux GPif: ça s’appel chatroullette brusicor02: On a de quoi faire un bon papier de psyco ! Ewi: fin bon, c’est une grande partie de ma thèse, l’exploration d’un espace de solution brusicor02: Tu les appliques à quoi @Ewi ? Ewi: 😀 Ewi: IA, prise de décision, SMA brusicor02: D’accord Ewi: Et la, on inventa la recherche tabou ^^ Ewi: @brusicor02 appliqué a la conduite autonome entre autre brusicor02: C’est une partie de la chimie théorique pour trouver les surfaces de potentiel brusicor02: On en a de plus en plus dans les méthodes GPif: Je rêve d’autolib qui t’emmee tout seul GPif: (oui, très parisien comme ref) Ewi: @NicoTupe attention complexe et compliqué c’est pas pareil brusicor02: @ps Vous comptez faire plus de chimie cette année ? 😀 #trololo Ewi: @GPif : https://www.youtube.com/watch?v=-oPs_IaRkYw Ewi: pour qqch de pas figé on utilise les SMA Ewi: y a plus de flexibilité Ewi: et on apprend en continue Lety: CNN : conventionnal neural network ont des cycles, je crois gabriel.B: Pourquoi on laisse pas l’algorithme se balader sur google image en tapant des mots clefs pour apprendre seul? Ewi: ^^ GPif: @Ewi la voiture de devant est conduite? puyo: Pauvres neurones.. 🙁 Ewi: elle est soit conduite, soit elle suit une trace GPS GPif: t’as pas des agents qui font ça? Ewi: (GPS RTK par exemple) GPif: En vrai il a découvert le porno en premier, mais ils ont pas publié ce résultat brusicor02: Il y a un point commun… gabriel.B: lol Ewi: @GPif : en campagne : https://www.youtube.com/watch?v=MPA6i8ZAS-A GPif: @Ewi c’est cool ça vu que dans les champs tu a deux ou trois machine qui se suive, une pour labouré, une pour stocker, une pour moissoné … Ewi: c’est l’idée Ewi: 🙂 Ewi: et skynet alors ? ElJj: Wolfram a aussi fait MathWorld, un wikipédia des maths plutôt cool (mais un peu trop incomplet à mon goût) brusicor02: Voilà, là c’est bon GPif: http://jeje10.j.e.pic.centerblog.net/omglum9x.jpg GPif: Avec la voix robotique pour stephen awkin brusicor02: http://i.ytimg.com/vi/NAKjzT4gnWA/hqdefault.jpg brusicor02: Il fait moins peur celui-là Nawak: N’ayez pas peur, je suis un algorithme. puyo: A mon sens, l’avenir sera aux cyber-dauphins. La logique des machines, l’intelligence des dauphins. puyo: (avec des projets !) GPif: So long and thanks for the fish Ewi: il faut boire 2L de bière le mardi soir brusicor02: Il faut boire quand on a besoin. Pascal METZ: Pour ceux qui n’etaient pas là les roues libres sont une espece de freestyle brusicor02: Le lien vers la page ? Ewi: on peut toujours essayer Ewi: @NicoTupe Tu as accès à IEEE Xplore ? NicoTupe: Nope Johan: https://en.wikipedia.org/wiki/Women_in_space brusicor02: J’ai une piste avec le générique PodcastScience, c’est pour me mettre dans l’ambiance dans les confs brusicor02: J’adore ce générique. ♥ Ewi: @NicoTupe je te ferai un zip sur la logique floue NicoTupe: yay puyo: Rien ne remplace les neurones bios. Cracoucasse: j’ai vu un article sur un robot dirigé par des vraies neurones de rats qqpart brusicor02: Prochain sujet : reprogrammer des neurones Ewi: le problème des réseaux de neurones, c’est leur manque d’adaptation et réaction au perturbation NicoTupe: yup brusicor02: Avec la biologie synthétique, changer des petites choses pour les améliorer Ewi: Ce qui est drôle c’est qu’aujourd’hui, on utilise des réseaux de neurones avec des multi-agents, chaque agents a son réseau… ce qui apporte de l’anticipation, de l’adaptation cet. NicoTupe: @Ewi wow, on utilise ça pour quoi? Ewi: La prise de décision en milieux fortement dynamique Ewi: et fortement perturbé NicoTupe: oki brusicor02: C’est mignon ! Ewi: typiquement, gestion d’un smartgrid NicoTupe: ah ouais, d’accord, tu as des sources la dessus? Ewi: ca devrai être publié dans 3-4 mois 😀 Samuel: @NicoTupe c’était l’ “Idée d’un cheval” =D NicoTupe: héhé brusicor02: C’est la même chose en chimie. 🙁 brusicor02: brusicor02: – Regarde, c’est du cyclohexane ! brusicor02: – Non, c’est un heagone ! brusicor02: *hexagone brusicor02: Des éternels incompris. 🙁 Ewi: en Europe c’est plus la perspective classique que cavalière Ewi: http://warmaths.fr/MATH/geometr/perspectivhistoir_fichiers/image008.jpg brusicor02: http://nvogel.pagesperso-orange.fr/Dossiers/images/japonXVII.jpg Ewi: http://scenari2.irem.univ-mrs.fr/lexiqueINEFLP-TBPM/res/image_10.png Ewi: mais nan brusicor02: http://www.libertasoccidentalis.org/wp-content/uploads/2013/05/One-World-Trade-Center-006.jpg Ewi: c’est pas dure brusicor02: Je trouve pas d’en bas Ewi: la logique floue, c’est une question de seuils brusicor02: Quel honneur ! brusicor02: Oui, je suis déjà venu. brusicor02: Et le logo, c’est Eljj. :p Ewi: c’est une voiture Ewi: imprimé en 3D Samuel: “le logo” hihihi =) brusicor02: Mon logo, c’est une fractale de Lyapunov Ewi: lyapunov … horreur GPif: Point ingénieur :p brusicor02: Ah, les ingénieurs… Ewi: @NicoTupe regade Zadeh pour la logique floue 🙂 Ewi: beurk brusicor02: Les ingénieurs, les Oompa Loompa de la science puyo: Rhôooo, salut à tous ! GPif: tchusss brusicor02: Bonsoir à tous ! Ewi: ++ Antoine: Ciao ! 7pri2: Bisous gabriel.B: bye Samuel: Salut tout le monde bonne nuit! Ewi: salut bébé Cracoucasse: dobrou noc brusicor02: Bon, je vais me préparer du thé et un bon coussin pour mes fesses, ce palier n’est pas pratique Ewi: moi je vais finir de corriger un manuscrit a la con :'( NicoTupe: bon courage brusicor02: Bonne chance. Ewi: un jour je ne ferai plus rien au dernier moment :/ Nico: A+ tout le monde ! NicoTupe: ++ Leith: +
Alan : Tupe ! NicoTupe : Oui ? A : T’as retrouvé le générique du roi lion ? N: Non pourquoi, tu veux faire de nouveaux adieux ? A : Boarf, comme ça… … A : T’es sûr que t’es bien dans le rôle de dictateur ? N : Ben écoute, quand tu étais là, tu préparais les émissions, choisissait une quote, préparait le calendrier, perso j’ai tout délégué, c’est pas ça? A : Je veux pas avoir l’air d’un vieux con, mais bon… C’était quand même mieux avant… N: On ne trouvera jamais mieux que moi A : Non non bien sûr. Je t’ai dit que je suis en train de lire un traité de manipulation ? Ne jamais contrarier un vieux dictateur… Bon… Sinon… Ça va ? N : … A : Dictateur, c’est sympa un moment, non ? N : C’est chiant l’opérationnel. A : Bon, ok, j’arrête mes tentatives sournoises. Allons droit au but. Je m’emmerde. Dictateur déchu, c’est sympa, mais déchoir à plusieurs, ça doit être bien plus drôle. Rejoins les rangs camarade ! On a du cassoulet. N : Hum, c’est encore des nouvelles responsabilités… Ca consiste en quoi? Dire que c’était mieux avant? Raler sur tout le monde? A : C’est ça. Tu te rappelles des petits vieux du Muppet Show ? C’est tout simple, c’est la même chose. Tu t’installes au balcon et tu râles contre les jeunes. N : Ahhh, donc je fais comme maintenant sauf que c’est ma responsabilité officielle? A : Ce qu’il y a de bien avec toi, c’est que tu comprends vite. Ok mais du coup il faut un dictateur sur qui taper non? A : Voilà. On ne va quand même pas voter. Et personne n’a osé râler. Et il est passé 16 heures. Il faut qu’on trouve une autre stratégie. N : Hum voyons qui est dispo…
Au sommaire de cette émission :
Présentation de la nouvelle formule
Présentation de nous
Quelques messages d’auditeurs
Patreon
Un blog audio de Alan en mode homage à Oliver Sacks, sur le thème de la musique
Le pitch de Nico
Une quote
Des plugs
Les images de la soirée
La quote de la semaine
“The book is too easy to read. This will make people suspicious. Professionalize it!” (Editeur d’Oliver Sacks lors de la première lecture du manuscrit de son premier livre “Migraine”) à la fin des années 60
La Chatroom
Creuset des sciences: Bonjour bonjour 🙂 Nico: M’sieurs, dames ! Helene R: hello! Creuset des sciences: Nouveau dans le live, des habitués ici ? Stéphanie: Coucou les gens 🙂 Helene R: bonsoir @Stéphanie Samuel: Amis du soir bonsoir! Samuel: Oh oui @Creuset des sciences il y a des habitués! =D Bienvenue à toi! Stéphanie: Samuel c’est le bébé de podcast science mais il est gentil Creuset des sciences: Je retiens Creuset des sciences: Pourquoi le bébé au fait ? Samuel: Pfff je suis le jardinier de cette joyeuse communauté Stéphanie: Il est à peine majeur Samuel: Et c’est parce que j’ai 19 ans =P Stéphanie: bébé va Samuel: Mais @Stéphanie aussi elle est toute jeune! Samuel: (résolution de cette saison avoir du tact =P ) Creuset des sciences: Oh ! Je ne serais pas le plus jeune donc, bon à savoir ! (21 ans ici présent) Samuel: Oh le vioc =P Stéphanie: AHA bravo @Samuel, tu t’améliores Creuset des sciences: Ca vient avec l’âge, il en est à ses premières dents c’est normal Creuset des sciences: J’aime bien l’ambiance déjà, ça promet Stéphanie: T’es foutu 😉 Stéphanie: En février je suis tombée dessus, depuis j’ai raté que deux émissions je crois Creuset des sciences: Merci @Samuel Samuel: De rien! =D Creuset des sciences: Je suis depuis l’épisode 27 ^^ mais je n’ai que depuis peu le temps de suivre les live (et encore je crois que celui ci je vais devoir le louper, obligations de la maisonnée Samuel: Aller reste on est bien là! Stéphanie: Ah oui quand même ! 🙂 Creuset des sciences: Taupo est annoncé pour ce soir ? Stéphanie: Bonsoir Julie ! julie: bonsoir ! Samuel: Il est pas sûr de pouvoir venir @Creuset des sciences Ulaan: Bonsoir à tous Samuel: Hi @julie Creuset des sciences: Bonsoir @Ulaan Creuset des sciences: D’accord @Samuel Stéphanie: Quelqu’un sait si Billy est arrivée à Bruxelles ? Samuel: nope sorry Samuel: Hey hellllllooooo @Robin Robin: salut !! Helene R: hello @irene et @Robin irene: Hello! Stéphanie: Coucou Irene et Robin Robin: bon, je n’ai qu’une seule main de libre, encore en superposition d’état, pas sûr que je sois vraiment là à l’émission Pascal METZ: Salut tout le monde Robin: (dès le début en tous cas) Creuset des sciences: Idem pour moi Stéphanie: T’as un joli Boson Robin ? Samuel: Salut @irene Robin: yep Stéphanie: Hey Pascal 🙂 irene: Salut! Pascal: Salut @Stéphanie Pascal: Bonnes vacances? Stéphanie: wrong question Samuel: C’est ma première rentrée à podcast Science! C’est émouvant! Pascal: arf zut Stéphanie: Elles commencent demain soir je suis à cran 😉 Pascal: Zut Creuset des sciences: Chacun sa chose à fêter ce soir donc @Samuel Samuel: @harry pontus ? Un pontissalien dans la salle? Samuel: C’est un grand soir @Creuset des sciences ! Robin: bon, elle ne dort pas du tout, mais j’ai les deux mains libres Robin: provisoirement Robin: 🙂 Helene R: 🙂 Robin: c’est quand même beaucoup plus pratique pour écrire ! harry pontus: oui pontissalien, et fan du podcast Stéphanie: bien joué Robin Samuel: Snif je suis né à Pontarlier @harry pontus ! Robin: faut que j’achète une prison Robin: pardon, un parc Robin: les cages à enfants, là, c’est pratique Stéphanie: 😀 harry pontus: @Samuel moi je suis breton, venu à pont pour le boulot Creuset des sciences: Les bretons au pouvoir ! Stéphanie: Yo Billy ! Samuel: Et alors tu regrettes pas? =D harry pontus: non, la région est belle ! Creuset des sciences: Sur ce, je m’en vais à mes occupations malheureuses, à tout à l’heure ! harry pontus: j’ai maintenant la double nationnalité, breton et français bonjour: Bonjour tout le monde ! Creuset des sciences: 😀 harry pontus: bonjour bonjour Samuel: Le grand écart @harry pontus ! Samuel: Oh les chetons quand vous avez allumé les micros! Ewi: Salut tout le monde julie: j’ai été mise en attente ! Citron Vert: Salut ! scienceabilly: yo! Ewi: yo! Samuel: Plus que 6 minutes avant d’être en retard! =D Fred: coucou de la Belgique è Fred: !! Helene R: @scienceabilly hi scienceabilly: la même une fois 🙂 Stéphanie: Salut les vous Samuel: Que c’est beau! scienceabilly: je suis là Stéphanie: Elle est là ! Fred: ca sent encore les vacances 🙂 Ewi: ^^ Helene R: billy is here Helene R: j’ai faim Stéphanie: ce bordel que c’est là 🙂 Ewi: il est dans une cave @NicoTupe ? Ewi: on t’entend de tres tres loin @NicoTupe Fred: c’est original le chaos comme sujet pour débuter la saison 😉 Samuel: @Robin explique internet à sa fille… =P Stéphanie: Cuteness overload Ewi: @Samuel tu as lu cet été ? scienceabilly: mais bordel je suis là Samuel: Non…dsl –‘ @Ewi ElJj: B’soir Ewi: ^^ Fred: 1 minute !! Stéphanie: Tiens @ElJj tant que je t’ai sous la patte Ewi: 55s Ewi: 54 Ewi: 53 Ewi: 52 Stéphanie: tu fais encore des vidéos youtube ? NicoTupe: J’essaie de t’appeler Billie, ça marche pas? Samuel: En retard!!!! Stéphanie: Miaw Fred: l’horloge Suisse ce n’est plus ce que c’était 🙂 Julien: Bonsoir 🙂 Samuel: C’est la faute à Sissi! la chatte de @Alan Samuel: Helene R: le wifi célemal Prof Von: on dirait bien, oui 😉 Stéphanie: Billy on va boire des coups à Bruxelles quand t’as le temps ? ElJj: @Stéphanie Oui, j’en ai même posté une avant-hier Ewi: le chaos de la rentrée Prof Von: Nico, tu nous rappelles ! Prof Von: ? scienceabilly: @steph avec plaisir! Samuel: Vive la rentrée! Stéphanie: Tu peux me donner le lien ? en tapant elji dans youtube je suis tombée sur une chaîne vide, c’est pour la retranscription de l’interview de Bruce Nico: @prof von, Nico moi ? ElJj: https://www.youtube.com/channel/UCgkhWgBGRp0sdFy2MHDWfSg Prof Von: Euh, je sais pas… T’as pas Tupe, non ? Prof Von: t’es Nicolas Docteur ? NicoTupe: Non Tupe c’est moi Nico: Je suis Nico de Vancouver… Stéphanie: Et @NicoTupe si tu pouvais répondre à la question que je t’ai posée ce serait cool ^^ Prof Von: Héhé, enchanté 🙂 Stéphanie: Merci @ElJj Ewi: on entend pas @NicoTupe :'( Samuel: @Pascal le chatroom récupère plus les images de twitter? Samuel: moi j’entend bien @Ewi Stéphanie: Vous êtes cute les mecs GPif: Bonsoir 🙂 geymonat: bonsoir Pascal: HE Stéphanie: J’ADORE Ewi: bonsoir @GPif puyo: B’soir à tous ! puyo: Samuel: LOOOOOL Samuel: Salut @puyo Ewi: a nan puyo: Yeah ! Stéphanie: Hey puyooo ! puyo: (héhé, juste à temps ! ^^) neo2500: Salut tout le monde Samuel: @Pascal ? Ewi: c’est salop* ^^ *Correction apportée selon la volonté du DictaTupe. neo2500: Jeune c’est quoi ??? puyo: Félicitations ! Pascal: @Samuel oui? Ewi: p*tin 6 saisons déjà GPif: Dictateur en CDD Helene R: clapcapclapclap Pascal: desolé, je me balade… geymonat: dictateur …. pourquoi modérateur Citron Vert: dictateur retraité ça existe ? geymonat: c’est un podcast Suisse non ou bien? JeanPhi: bonsoir, content de vous retrouver !!! Ewi: @gpif en interim ^^ Nico: @ps (le volume source est assez bas) Samuel: @Pascal on a plus les images de twitter dans la chatroom.. puyo: Bravo, une fois ! Pascal: 2min Ewi: 😀 Fred: billy a rejoint le bon coté de la francophonie ! Fred: cool ! Prof Von: l’autre bon côté 😉 Stéphanie: 😉 Stéphanie: #teamchocolat julie: unne quote ?? julie: ah oui Inti: Salut les copains Ewi: salut @Inti Samuel: Hey hello @Inti GPif: Salut Prof Von: Salut Inti 🙂 Helene R: hi @Inti harry pontus: ouais plus long que 3h….cool Pascal: @Samuel c’est bon Ewi: nop Samuel: Merci @Pascal =) Pascal: de rien Pascal: Merci GPif: Le retour du Quizz!!! ElJj: Le style gratuit ? julie: 😀 Ewi: 😀 Ewi: @ElJj des info sur le nombre 227 ? Pascal: Il faut modifier les status du coup Nico: Sounds goood ! Fred: http://www.larouelibre.be Fred: un partenariat ? Prof Von: Ah oui, @eljj… T’es pas en forme ou quoi ? 😉 GPif: C’est les vaccances ça Prof Von: @Fred, pô con… Stéphanie: Alan j’ai envoyé ma demande de mission en Suisse là 😉 Prof Von: yeah 🙂 Prof Von: tu sais quand tu auras la réponse ? Pascal: @Samuel le post des images genere pas mal de like dit donc ElJj: Je n’ai pas trouvé grand chose sur 227, mis à part que c’est un nombre premier… Prof Von: héhé, c’est fait exprès Ewi: je crois que c’est un nombre premier sexy Prof Von: premier de la saison Pascal: (sur facebook) Stéphanie: Entre le 11 et le 26 septembre ElJj: Je confirme, c’est un nombre premier sexy Samuel: @Pascal oui j’ai vu ça ! =D Ewi: avec 233 puyo: GPif: Je rêve d’une carte postale de Paris de @NicoTupe puyo: Et Savoie en version dessin, héhé ! Samuel: Moi je peux faire la haute-savoie, ou Genève =P puyo: Mais oui ! Ewi: de la bave de bozon pour coller le timbre 🙂 Stéphanie: la bière ça se fait bien (not) harry pontus: Boson… c’est un surnom ou bien ? Pascal: ben non, c’est son vrai nom 😉 Prof Von: Non non, c’est le nom de la fille de Robin 🙂 Ewi: ^^ neo2500: Surtout vive la tronche de la bière après un passage par la poste 😉 Pascal: de la part de Robin, c’est logique Stéphanie: @neo2500 une question de volonté Nico: @ps Pourquoi pas passer par youtube ?! Ewi: @Stéphanie tu connais bien ^^ Pascal: @Nico c’est plutot un projet Nico: Ca serait genial ! Pascal: mais de l’audio pure sur yt, c’est moyen Samuel: @Nico un projet compliqué =P Nico: certes ! Pascal: il faut trouver un truc pour animé la chose Ewi: @Nico je preferai que ça reste indépendant de youtube Nico: I see. Samuel: Hihi le seul qui bosse =P 😉 Ewi: c’est le bébé Samuel: Non plus trop! Stéphanie: High five Ewi Ewi: clap Samuel: J’ai bien progressé en orthographe grâce à @Prof Von ! Prof Von: héhé, brave petit 🙂 NicoTupe: @Samuel tu veux pas corriger les fautes du patreon? Stéphanie: @Scilabus j’ai passé 25 minutes à chercher ta chaîne youtube Ewi: @Scilabus de Scilabus de YT ? Samuel: Il y a des fautes sur le patreon!? @NicoTupe Scilabus: What ? Stéphanie: #belgiumrepresents Scilabus: Je viens juste d’arriver Scilabus: je sais pas de quoi vous parlez Prof Von: Salut Viviane 🙂 Scilabus: Hello Alan Prof Von: On fait un tour de table, là 🙂 Fred: et encore Billie on a eu un super été en Belgique cette année ! puyo: Excellent blog ! Prof Von: c’est un épisode un peu light Scilabus: ok ! j’essaie de suivre ! Prof Von: on explique la nouvelle formule et on raconte nos vies 🙂 Stéphanie: Fallait me prévenir je t’aurais sortie cet été Scilabus: (discrètement… je suis au taff) Ewi: 😀 ElJj: Très cool ta dernière vidéo, Scilabus ! Scilabus: Merci Eljj ! Fred: http://www.melty.fr/soundcloud-bientot-ferme-a447092.html Fred: en effet Soundcloud va peut etre fermer !? Ewi: c’est meme sur je crois Fred: je ne savais pas qu’ils perdaient autant d’argent GPif: Dans quel ordre? Fred: bonne chance pour bouger tous les épisodes PS sur une autre plateforme ! Fred: Pourquoi pas via bittorent ? neo2500: Bittorent faut seeder Pascal: @fred la distribution en RSS, c’est chaud Scilabus: Yeaaaah des chocolats !!! Fred: @neo2500 il y a des millions de poditeurs prêts à seeder 😉 Fred: @Pascal en RSS ? Bittorent n’a rien a voir avec RSS Pascal: non, mais les podcast oui Fred: ah oui scienceabilly: bon @fred et@stephanie on va boire une biere des que je reviens du bresil et on fait un podcast spécial belgique Fred: banco scienceabilly: great 😉 Samuel: Haute savoie Samuel: Saint julien en genevois!!! Stéphanie: Je valide Billy 🙂 neo2500: @Fred Oui, mais pour combien de temps ??? Pour les nouveaux épisodes c’est une bonne idée mais pour les anciens j’ai un doute Fred: j’ai aussi du whisky belge à te faire gouter ! puyo: @scienceabilly ooooh, avec un spécial bières belges ? 😀 Samuel: Importante précision @Prof Von =P scienceabilly: @puyo t’es le bienvenu! Stéphanie: Vendredi je serai à Santa Barbara <3 puyo: @scienceabilly Yeah ! 🙂 puyo: Oooooh Samuel: @puyo @puyo !!! Samuel: la bio de @puyo ! Ewi: sur le sang nan 😀 puyo: Huhuhu Superoxyde: Bonsoir puyo: Rhôooooooo ^^ Ewi: +1 Samuel: The bessssssst! <3 Inti: Moi chuis out pour les dessins ce soir ^^ mais la prochaine promis Samuel: Héhéhé =P puyo: Hééééé, salut @Inti ! puyo: J’avais pas vu que tu étais là ! (c’est spécial belge, ce soir ! héhé) Ewi: @pascal @Pascal /clap GPif: Mais qui sont les connards qui DDOS Podcast Science Ewi: corrige le avant 16h Samuel: On a été recruté pareil avec @Pascal =P neo2500: Aaah les scripts kiddies 😉 Samuel: Ouais!!!! RPZ SHADOWS TEAM!!! Ewi: l’ombre vaincra ^^ Samuel: YEAAAH @Ewi ! Ewi: surtout contre les Doryphores ^^ Helene R: Helene R: hi enfin re Samuel: http://www.croisieres-lecteurs.com/cache/media/conferenciers/robin-jamet-2/s,565,700-9e93cb.jpg Samuel: ça c’est @Robin =P Pascal: Robin!!! puyo: La classe ! Prof Von: 🙂 Ewi: salut @Helene R toujours sur Lyon ? Helene R: @ewi oui 😉 Ewi: 🙂 geymonat: cela sent le photomontage geymonat: cela doit juste etre la tete de robin sur une foto de catalogue puyo: De belles affiches de Nico ! Mael Thep: et au début @NicoTupe faisait beaucoup de dessins ! Samuel: On pourrait demander aux auditeurs si l’un d’entre eux à Dragon Naturally Speaking, pour nos retranscriptions (pour qu’on sache si ça foncitionne)? @Prof Von @NicoTupe @irene @julie @Robin ElJj: Alan est un peu… déçhu ! Ewi: y a quoi comme team ? ElJj: 8) Ewi: #ombre #bio #dictateur ? Pascal: @Samuel chaud de faire un appel au piratage en live… Samuel: Même pas @geymonat ! Ewi: @Samuel tu as essayer skype translator ? Samuel: Non @Pascal il y a peut-être des gens qui l’ont légalement et peuvent nous faire un retour, et même l’essayer avec un épisode Pascal: @ewi j’ai fait un test, c’est pas terrible Scilabus: Dragon fonctionne bien si tu lui apprends Scilabus: (faut le corriger beaucoup au début et parler clairement) Ewi: @Pascal a tien j’ai que des bon écho Scilabus: (j’ai un amie qui ne peut pas taper au clavier et qui utilise ça toute la journée) geymonat: en effet samuel geymonat: http://www.croisieres-lecteurs.com/cache/media/conferenciers/ Samuel: Et @Scilabus il faut l’utiliser en faisant le perroquet, ou si on lui fait écouter un enregistrement il y arrive? GPif: Photo !! Robin: Je ne sais si j’aime voir ma tête en grand comme ça Robin: en fait non, je sais que je n’aime pas Mael Thep: j’ai loupé le début … qui est dictateur ? Samuel: Nous on kiff @Robin harry pontus: putin c’est ressemblant Robin: Ah ha, suspense ! Pascal: @puyo au fait, il faudra mettre a jour mon avatar 😉 Mael Thep: ok GPif: @Mael Thep Johan en Interim Scilabus: @Samuel aucune idée… ElJj: DIGITALE ?????? puyo: @Pascal Huhuhu Nico: L’appli Deagon est gratuite sur ipas et fonctionne vraiment bien pour info. Nico: Samuel: http://www.images.hachette-livre.fr/media/imgAuteur/429/R_Jamet.jpg puyo: Aaaaaaah, numérique ! Stéphanie: j’ai retranscrit plus que ce que j’ai envoyé des bières puyo: Ah là là là là NicoTupe: Ca va les photos de Robin! Nico: aplli Dragon, sorry harry pontus: ça y est il a tourné la tete Robin: @Mael Thep non, on sait, c’est Johan, mais à l’essai NicoTupe: @Stéphanie tu comptes comment? Robin: non mais ça va pas ces photos, là ?! GPif: En bière consommé Samuel: @Scilabus tu penses que tu pourrais me mettre en contacte avec ton amie qui utilise le logiciel? Robin: Bon, enfin celle là a été prise pendant une émission de PS, alors ça va Robin: mais quand même Ewi: @Prof Von vous faite le montage de projet aussi ? Stéphanie: enfin deux interviews deux paquets de bières mais les retranscriptions me prennent plus de temps NicoTupe: oui… merci beaucoup! Robin: les photos des autres, hop, vite fait s’il vous plaît Stéphanie: d’ailleurs Tupe, mp sur twitter 🙂 Scilabus: @Samuel oui pas de pb NicoTupe: ouais pas eu le temps d’écouter encore ElJj: Ne pas confondre communication numérique http://www.icone-png.com/png/54/53708.png et communication digitalehttp://nsm06.casimages.com/img/2011/11/19//111119054731804639067714.png Mael Thep: haha Robin: mais quelle finesse !! Stéphanie: pas de sushis, mais après j’aurai terminé 😉 (Johan va détester le mettre en ligne, c’est une ligne deux liens) NicoTupe: 🙂 brownian: hello Robin: salut ! Robin: tu viens de rater la pub d’Alan pour sa nouvelle boîte, ça pourrait intéresser l’IHP Robin: Ou d’autres, je pense Samuel: Merci @Scilabus ! julie: @samuel je fais quand même un plug ? Pascal: Bon, je vais devoir vous laisser… pascale_B: bonsoir tout le monde 🙂 Ariane : Yolo! Comme une bonne Suisse à la rentrée, j’ai 45 minutes de retard! brownian: j’ai entendu Robin: salut Pascal, salut Pascale Samuel: http://www.bigbangscience.fr/fr Helene R: et .ch 😀 Robin: Enfin je ne sais pas, hein, si ça peut les intéresser, tu sais mieux que moi je pense ! Scilabus: Hello @pascale_B GPif: C’est vrai ça, le .fr :p Samuel: http://www.bigbangscience.fr/website/static/img/lg-green.png brownian: L’IHP a beaucoup de partenaires et de projets 🙂 pascale_B: hello Viviane Robin: ouaip Robin: trop ? Ewi: @Samuel raté ^^ le fond blanc ça fait moche ^^ Samuel: Pff oui trop deg’… @Ewi puyo: Le début d’une grande aventure ! Samuel: https://www.podcastscience.fm/wp-content/uploads/2015/07/big_bang_science_widget_220px.png Samuel: Aaaah mieux! Ewi: faut demander une version “foncer” puyo: Héhéhéhéhé Stéphanie: Tention Ewi: 😀 Stéphanie: Rooooh puyo: PATATE FRITE ! Stéphanie: Je proteste Ewi: penser a investir dans un GPS ^^ Stéphanie: BruSSelles Ewi: mais de la bière et des gaufres GPif: Parcequ’en france, on n’est pas sympa, mais on a des panneaux puyo: HO ! Mais oui, les GAUFRES ! Fabuleux ! brownian: une soirée rugby Ewi: 😀 GPif: Tu te fait un ulcère Samuel: http://www.legorafi.fr/2015/09/01/un-francais-va-tenter-de-vivre-pendant-un-an-sans-se-plaindre/ harry pontus: oui je l’ai vu celui la puyo: ça provient de la thèse / antithèse / synthèse. puyo: J’en suis sûr. Stéphanie: j’ai poney harry pontus: google traduction ! scienceabilly: https://en.wikipedia.org/wiki/Anathem harry pontus: ctrl C ctrl V ctrl C ctrl V… Helene R: rhoooo douglas adams c’est pas dure Prof Von: @Stéphanie 😀 Ewi: http://www.amazon.fr/Anathem-Neal-Stephenson/dp/006147410X Stéphanie: (pour retranscrire les 3 heures de relativité j’ai poney aussi) Samuel: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/c/ca/Anathem.png Stéphanie: (enfin j’ai l’interview de Franck Ramus surtout 🙂 ) ElJj: Les pavages pentagonaux ? Ulaan: whaou Neal Stepheson c’est fabuleux Ewi: j’ai le livre j’ai jamais eu le courage de l’ouvrir :/ Prof Von: @Ewi et maintenant tu vas devoir le traduire… Ewi: oula 😀 Samuel: http://www.laboiteverte.fr/wp-content/uploads/2015/08/15-pavage-pentagone-1080×645.png irene: Je crois que je l’ai chez moi ! ElJj: Zut, une seconde trop lent Stéphanie: Merci pour le résumé Tupe :p GPif: Va t’amuser à couper les bords Samuel: Battu @ElJj ! Ewi: /clap puyo: Stéphanie: Billy découvre la Belgique Stéphanie: (non mais c’est un pays sympa hein) Stéphanie: Je vais prévoir du xanax harry pontus: j’ai adoré ce dernier épisode !!! Stéphanie: moi je suis morte au bout d’une heure harry pontus: c’était chaud aussi à l’écoute harry pontus: à écouter en plusieurs fois par contre scienceabilly: @Stéphanie t’inquietes pas trop, la belgique je kiffe 😉 Stéphanie: ben sinon on te tape dans le train de retour hein 😉 Stéphanie: fallait me dire que tu déprimais je t’aurais amenée aux jardins suspendus David Loureiro: salut les copains pascale_B: salut David Stéphanie: hi David Ewi: Salut @David Loureiro GPif: Salut scienceabilly: @Stéphanie rdv pris à mon retour, j’apporte les bieres et les chocolats 😉 Ewi: Je fais ça avec les covoitureur 😀 David Loureiro: salut @pascale_B @Stéphanie @Ewi @GPif djamdjam: hello Ewi: je leur fait ecouter PS puyo: A mais oui ! David Loureiro: salut @puyo brownian: je plussoie David Loureiro: coucou la team 🙂 brownian: l’IHP fait une soirée rugby le 19 septembre Samuel: Hello @David Loureiro ! David Loureiro: salut @Samuel Stéphanie: j’aimerais bien que vous fassiez une interview de Pouhiou David Loureiro: j’arrive à la fin on dirait Scilabus: ça fini quand ? brownian: un exposé de physique à 19h30 par Jerome Perez puis le match France-Italie Samuel: Jamais @Scilabus =P Helene R: /bière @Samuel puyo: Hé, salut @David Loureiro ! GPif: C’était pas 1+1=? Ewi: 3 ? ElJj: Il faudrait lire le message dans le 108 GPif: C’est possible, j’ai vu interstellar et c’est possible David Loureiro: @NicoTupe tu connais bookshelfPDC ? Ewi: 😀 Stéphanie: le cinglé 🙂 Scilabus: @Samuel on peut offrir des trucs sur le chat !!! GPif: Des bières? djamdjam: rha celui sur le nombres premiers 🙂 scienceabilly: je dois filer les amis, je vous fais des bisous à tous Scilabus: On peut pas offrir du chocolat plutôt Samuel: eh ouais je te dit comment en mp FB =P 😉 Samuel: Ah non dsl pas de choco dispo Robin: Salut la Billy !! Samuel: pas encore Robin: Bise à la Belgique Ewi: @Scilabus faut demander a Pascal NicoTupe: Bises Billy Ewi: ^^ Scilabus: Alala ! On propose de la bière mais pas de chocolats ?! Scandale scienceabilly: vous êtes bienvenus en belgique, TOUS Robin: Youhou !! scienceabilly: (si on est assez nombreux, on pourra officiellement les annexer Ewi: 😀 Stéphanie: … Stéphanie: Non scienceabilly: 😉 Robin: Oui !!! Ewi: je trouve l’idée sympa 😀 Stéphanie: Ouste Robin: Sus aux stocks de bières !! NicoTupe: 😀 scienceabilly: allez je file bonne ecoute bonne fin de podcast. love from belgium puyo: Salut @scienceabilly ! Et vive la Belgique une fois ! Samuel: salut @scienceabilly Stéphanie: bonne soirée Billy 🙂 Ewi: et au stocks de frites Scilabus: /biere @Samuel Scilabus: zut Ewi: 😉 Samuel: tu as oublié l’accent @Scilabus ! =P Samuel: Danke! Stéphanie: @Pascal Tu nous prépares un /chocolat ? Scilabus: Oui ! je plussoie @Stéphanie Ewi: mais ou est passé Pascal ? Prof Von: @Pascal +1 pour le chocolat 🙂 Robin: Parti ! Robin: En revanche, Pascale est là Ewi: tout ça pour ne pas faire le /chocolat Prof Von: arf, mince… Stéphanie: elle peut faire des modif à la chatroom ? Prof Von: c’est un complot anti Belges et Suisses 😉 djamdjam: pascale_B: et je veux bien du chocolat Stéphanie: Au moins 🙂 pascale_B: suisse ou belge David Loureiro: ciao les coupaings Prof Von: tschuss David Stéphanie: bye David David Loureiro: c’était éclair … Robin: Salut ! Ewi: ++ David Loureiro: finissez bien la soirée 🙂 Prof Von: Un t-shirt pour la/le 1er-e qui reconnait la musique derrière ma voix Helene R: nana mouskouri? Samuel: https://pbs.twimg.com/profile_images/290752627/SMALL_Sacks_orange_Seibert_400x400.jpg irene: petit tambour de nana Stéphanie: il est vraiment chouette ce texte Prof Von: arf, merde, le lag ? GPif: C’est pas du Luli? Prof Von: je parle de la musique classique Prof Von: @GPif, nope Samuel: C’est l’hymne suisse @Prof Von ? =P Ewi: trop faible :/ GPif: Merde je connais ça Robin: ben oui mais j’aimerais aussi me concentrer sur ce que tu racontes Robin: 🙂 Prof Von: @Robin, après t’as déjà un t-shirt, non ? NicoTupe: @Ewi le son? Robin: c’est vrai aussi Ewi: la musique Ewi: :p Robin: mais ça me dit quelque chose quand même cette musique Prof Von: @pascale_B Une idée ? Robin: mais je ne suis pas multitâche Robin: clairement Helene R: c’est pas du haendel? irene: moi qui n’ai jamais appris la musique maintenant je me sens encore plus bête 🙁 Prof Von: Si tu as lu Musicophilia, ça doit être évident 😉 pascale_B: ben non, justement j’allais te demander Stéphanie: @Irene il n’est pas trop tard ! Prof Von: @irene… Ya pas d’âge pour apprendre Robin: Ah ben voilà pourquoi je parle autant ElJj: Bon, il semble que des lycéens attendent demain avec impatience de connaître leur nouveau prof de maths… Du coup, tchao ! Prof Von: surtout pour toi Stéphanie: Alan 🙂 Prof Von: Tschuss @ElJj irene: C’est vrai, je me suis mise au piano avec ma fille quand elle avait 5 ans! Robin: J’ai chanté toute mon enfance Robin: ! Scilabus: bye Eljj Stéphanie: Bye ElJi Robin: Salut ElJj, et bonjour à tes nouveaux pioupious GPif: Wagner? Stéphanie: Nabucco ? irene: Bonne chance Ellj Prof Von: Nope nope Ewi: brahms? Prof Von: non GPif: Stravinsky? Prof Von: Bon, là, c’est facile… Prof Von: @Gpif nope Stéphanie: j’arrive à écouter qu’un canal, ta voix ou la musique, du coup je choisis le texte 🙂 Robin: chouchou Robin: ? Samuel: Les visiteurs? =P Samuel: #shame Prof Von: @Stéphanie n’importe quoi Nico: Il fallait la faire ! lol Prof Von: @Samuel oui Helene R: vivaldi Prof Von: mais je voulais le compositeur 😉 Nico: Christian Clavier ? Prof Von: @Samuel mais tu as reconnu, c’est bien 🙂 Robin: oh ben j’étais pas si loin Samuel: Je sais mais tu m’as déjà payé assez de t-shirts =P @Prof Von Ewi: ^^ pascale_B: ah !!!!!!!!! Helene R: hannnnnnnnnn Scilabus: Bravo @pascale_B et @Prof Von pour la lecture Helene R: idem @Robin Helene R: (mais je l’ai lu) GPif: Intox!! Mael Thep: intox !!! GPif: C’est un quizz d’allan Mael Thep: tout à fait Citron Vert: on m’a toujours dit 1,5 L Ewi: si on veut pisser toutes les 15 min Ewi: … harry pontus: ça fait 2 litre de pastis par semaine Stéphanie: intox puyo: Je dirais 1,7 litres. Nico: 2 litres oui mais sans la biere ! GPif: Intox, la vessie tien pas. Ewi: 😀 Fred: Il ne FAUT pas mais je témoigne que ca permet de perdre du poids plus facilement GPif: De l’eau dans le vin, scandale !!! Stéphanie: @NicoTupe on le saura que tu viens du Sud Est puyo: En glace ? (italienne) Citron Vert: du coup intox car ca depend de trop de critere pascale_B: certains médecins recommandent cela ! puyo: En bière belge ? harry pontus: l’autre jour j’ai bu 1.9L ça s’est bien passé Fred: Un peu de Ricard pour faire passer les 2l ca aide aussi Stéphanie: en Belgique on a développé des branchies c’est nettement plus efficace Ewi: 😀 NicoTupe: @Stéphanie du sud est? Samuel: 1.9 litre de Pont? @harry pontus Stéphanie: sud ouest pardon GPif: Bière c’est durétique Ewi: ouai ^^ Ewi: la pastèque ? harry pontus: j’ai pas osé parlé de Pont, personne doit connaitre Superoxyde: L’eau a partir d’un certain taux d’alcool déshydrate harry pontus: les 7 ponts de Konigsberg ! Ewi: 😀 GPif: Aller hop, le bash sur les ingé :p Ewi: :p NicoTupe: @GPif d’un ingé 🙂 Samuel: cadeau @harry pontus http://www.pontarlier-anis.com/upload/galeries/galerie2/maxi/pontarlier-anis-larmont.-092821.jpg harry pontus: j’en ai une sous la main Ewi: j’ai fait connaissance avec mes eleves ingé :p je ne me prive pas pour les basher ^^ Mael Thep: et c’est quand le dead-line ? Scilabus: Je vous laisse, byebye Prof Von: Cia @Scilabus 🙂 pascale_B: salut Viviane @Scilabus Samuel: bye @Scilabus et encore merci! =) Scilabus: 😉 Prof Von: @Mael Thep aucune idée… Au prochain “roue libre”, je ne crois pas qu’on ait la date Stéphanie: je vais rater les 3 prochains PS :/ Mael Thep: ok Ewi: l’IA Forte fait flippé tout le monde ^^suffit de regarder le paradoxe du basilic de rokko Samuel: Pour quelle bonne raison @Stéphanie ?? Mael Thep: j’ai mon idée … pour le format de la réponse 😉 (le contenu importe peu, finalement) Stéphanie: décalage horaire de 9h Stéphanie: (pis j’ai pas signé avec mon sang moi ;)) Ewi: http://rationalwiki.org/wiki/Roko’s_basilisk Helene R: yoooo Samuel: Tu vas nous manquer @Stéphanie ! Stéphanie: vous tiendrez le coup je le sais Samuel: On attendra ton retour en tout cas¨! Stéphanie: mais non mais non irene: Stéphanie, tu passes à Santa Barbara? Stéphanie: oui, vendredi Samuel: On attendra ton retour avec impatience en tout cas irene: oh non, je ne serai pas là, je vais camper dans la Sierra Nevada. Zut alors Prof Von: 🙁 Stéphanie: raaah zut c’est dommage Ewi: @Prof Von on a pas besoin du marketing, c’est la façon d’évaluer la science qui pousse le marketing dans les labo Ewi: :/ Stéphanie: je reviendrai (mais heu pas tout de suite) irene: @Stéphanie, carrément, c’est trop bête irene: Oui, tu peux rester à la maison, ce serait super Stéphanie: c’est adorable merci ! irene: my pleasure! GPif: 27h de podcast science c’est un beau défit ça Stéphanie: Je vais essayer de voir @Prof Von en novembre d’ici là irene: super! Prof Von: yeah 🙂 harry pontus: bravo Stéphanie: et Billy, roh c’est chouette tous ces gens à rencontrer Samuel: Si tu va voir @Prof Von tu peuy pousser jusqu’à Genève @Stéphanie ? harry pontus: bon bah bonne soirée à tous Samuel: Ciao pascale_B: salut tout le monde Stéphanie: trop tôt pour le dire Sam Nico: C’eeeetait bieeen ! Samuel: Bonne soirée à Pontarlier =P Samuel: Eh ouais! =P Stéphanie: merci pour la rentrée les gars et les filles ! 🙂 GPif: Seul sur Mars? Samuel: https://sortiesetrencontres.files.wordpress.com/2015/06/seul-sur-mars.jpg Inti: Ce livre est GÉNIAL Ewi: a? Inti: Il faut le lire ^^ GPif: Il a l’air cool, mais j’en suis qu’au début Ewi: je note Mael Thep: comment tu fais, au fond d’un puit assèché, pour boire 2 litres d’eau par jour ? Robin: 😉 Stéphanie: A right question Ewi: comme sur mars ? Robin: C’est pour ça qu’il ne va pas bien Robin: d’ailleurs Mael Thep: j’imagine … GPif: Et pour les 5 fruit et légume c’est encore plus chaud Inti: Ya un chouette humour geek en plus Samuel: Salut @irene! Bises Inti: Non mais lisez le c’est du science porn puyo: Salut @irene ! Stéphanie: bonne soirée tout le monde Stéphanie: à dans un petit mois Ewi: @Inti du science porn ? puyo: Salut @Stéphanie ! à la prochaine ! Samuel: okay @Inti je note! Un livre de plus à lire! =D GPif: C’est du Biologie/Chimie Porn surtout Ewi: ca me fait moins rêver la ^^ Inti: https://xkcd.com/1536/ GPif: Un ptit coté McGuyver Samuel: merci @puyo pour le fav =P Inti: C’est assez bien défini ici ^ Inti: Gpif ya aussi un peu de astrodynamique porn aussi, avec les maneuvres orbitales puyo: @Samuel héhé ! ElJj: (En fait, je n’étais pas à 100% parti, et la discussion devient intéressante) GPif: @Inti J’y suis pas encore 🙂 Prof Von: @Eljj looool 😀 Inti: Ha ok 🙂 GPif: (@ElJj et tu ne peux te résoudre à la rentrée :)) NicoTupe: tellement vrai ce XKCD Samuel: @puyo sorry j’ai pas dessiné ce soir =P ElJj: Une infinité non dénombrable de nombre est non-calculable Samuel: https://imgs.xkcd.com/comics/the_martian.png ElJj: Autrement dit, quasiment tous les nombres ne peuvent pas être construit Fred: les matheux sont lachés Fred: sauve qui paut ! Nico: WTF ! Ewi: 🙂 GPif: Un tueur à gage Nico: C’est clair, un silencieux facon tontons flingueurs ! Prof Von: Bon, @Robin… Je voulais te demander un truc. Il y a un moment où je peux t’appeler demain ? Nico: M’sieurs, Dames, bonne soirée/journée ! ElJj: Bon, cette fois-ci, je pars vraiment ! (Sauf si vous parlez encore de maths) Prof Von: héhé, tu ne sauras jamais 😉 ElJj: Tcho ! Ewi: pareil il est temps de manger ^^ Samuel: Bon alors @Prof Von besoin de quelqu’un pour signer des papier pour PS? Samuel: http://www.croisieres-lecteurs.com/cache/media/images-carrousel-hp/sv-famille/150903-1280×460-home-croisiere-svj-corr/s,1920,460-4e064e.jpg Samuel: Thème de la soirée: photos de robin Prof Von: @Samuel, on est OK. Nico organise tout ça pour notre WE à Tournefeuille… Samuel: Samuel: Que les gens réalisent qui tu es @Robin =D Mael Thep: on sait déjà :p Samuel: https://encrypted-tbn2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQUvKCfhozB1npJvD9GSzcgUee2PP5SK7efyvyoVOdxYuHwLSNXAA Samuel: MAthias c’est de ta famille @NicoTupe ? Mael Thep: c’était bien et c’est pubien ? GPif: Je vous abandonne, Bonne soirée:) Samuel: Ciao @GPif Samuel: C’est David Louapre! Samuel: https://www.youtube.com/watch?v=nv44xCo24rg Samuel: La vidéo sur le lait: https://www.youtube.com/watch?v=nv44xCo24rg Samuel: https://pbs.twimg.com/profile_images/3138991160/25f0771add1391b7af672144960f6bb6_400x400.jpeg Inti: on t’entend presque pas alan Inti: ah c’était pas alan Samuel: si il y a du monde!!! Samuel: Alors Mathias c’est ton frère? NicoTupe: Quel Mathias, tu tiens ça d’ou? Samuel: Ahah Google est mon ami =D NicoTupe: www.bdoubliees.com NicoTupe: le ouèbe des années 90 c’est aussi pas loin de moi Samuel: Tournefeuille+ton nom de famille et tu le voit Samuel: (il te ressemble d’ailleurs! ) puyo: salut à tous ! Prof Von: ciao les amis 🙂 Citron Vert: salut Helene R: babaille Samuel: http://s.plurielles.fr/mmdia/i/42/8/people-jerome-bonaldi-2503428_123.jpg?v=1 Samuel: Ciao! Ewi: ++ geymonat: BONNE SOIREE Inti: tin tu peux poster les données brutes d’une image et la chatroom l’interprète comme image? Samuel: et ouais Inti Samuel: trop bien non? Samuel: =D Samuel: @Inti il faut dire merci à Pascal! =)
Retranscription de l’interview de Bruce de la chaine youtube E-penser, réalisée dans l’épisode 205. Retranscription réalisée par Julien & Stephanie. Un immense merci à elle, c’était (encore) vraiment un énorme boulot.
A la fin de l’interview il y a une liste de toutes les chaines évoquées par Bruce.
L’interview
Présents : Nico / Robin / Irène / Julie / Johan / Bruce
Nico : Merci d’être venu parler chez nous, bienvenue à bord.
Bruce : Merci
N : J’ai un peu l’impression d’être la vieille radio qui reçoit la télé qui arrive et qui ne comprend pas trop ce qu’il se passe. Mais bon, ça a un coté sympa. Bref, ta chaine compte aujourd’hui plus de 200.000 abonnés [500.000 au moment de la mise en ligne de l’interview], comme ça on ne se mouille pas pour le nombre d’abonnés qui change tous les jours. Elle a grandi à vue d’œil, vu qu’elle comptait 1 millions de vues en décembre dernier, 2 millions en janvier et là, au 10 février, tu en es à 9 millions de vues. A ce rythme là, c’est le milliard avant la fin de l’année ?
B : Alors, pas exactement. En fait, ce qu’il se passe c’est qu’il y a eu 1 millions de vues en décembre et 2 millions de vues en janvier. Mais j’avais déjà un certain nombre de vues. Donc en gros, que je ne dise pas de bêtises : au 1er janvier, je devais être à 7 millions de vues, déjà. Donc j’ai fait 2 millions en janvier, ce qui m’amène aujourd’hui à 9 millions de vues.
N : D’accord, ça n’a pas explosé en mode…
B : Non, c’est pas en mode “d’un coup, je me suis mis à faire 7 millions de vues en février” !
N : Sait-on jamais.
B : Je veux bien…
N : Je ne suis pas certain qu’il faille te présenter en détail, tout le monde te connait. En tout cas, tout le monde connait sans doute tes vidéos. Tu réponds en gros à peu près tous les 15 jours à une question essentielle : pourquoi bailler ? est-ce que c’est contagieux ? Qu’est-ce qu’un trou noir ? Comment se forment les arc-en-ciel ? Est-ce qu’Aristote a eu raison au moins une fois de son vivant [ndlr : On dirait que oui]?
B : Aristote…
N : Pourquoi 42 ? Dr Qui ? A quoi a vraiment servi Einstein ? Le boson de Higgs ? Ou encore le lolcat de Schroedinger… Bref, tu abordes des sujets qui ne sont pas forcément faciles, et tu les abordes tous les 15 jours avec des vidéos qui sont plutôt longues et plutôt sympathiques. Alors comme on a au moins une auditrice qui nous écoute depuis son ranch de la campagne fribourgeoise, en Suisse, dont la connexion est trop pourrie pour apprécier youtube, est-ce-que tu pourrais présenter, en quelques mots, la chaine e-penser ?
B : Alors, e-penser, c’est donc une chaine youtube, dont le but est… A la base, la question c’est de faire des émissions dans lesquelles je réponds à des questions que je me pose. L’idée, c’est vraiment de pousser un maximum de gens à être curieux, autant qu’ils peuvent, et à ne pas se contenter d’être curieux : à aller chercher des réponses, qui vont apporter d’autres questions, qui vont amener d’autres réponses, etc… Le but, c’est ça. Le but, c’est de se gratter la tête.
N : Parfait. Je crois que nos auditeurs fonctionnent à peu près pareil, de pouvoir se gratter la tête. Et du coup, tu fais de la vidéo sur le web. Donc question de vieux podcast audio : c’est comme faire de la télé ou il y a des différences quand même ?
B : Je ne connais pas bien le monde de la télé, mais suffisamment pour savoir que c’est complètement différent. Déjà, à la télé, il faut qu’il y ait un feu vert pour pouvoir faire une émission. Il faut qu’il y ait, à un moment donné, quelqu’un… Parce qu’il y a des enjeux financiers, il n’y a pas autant de chaînes qu’on veut avec autant de disponibilité qu’on veut, donc il y a des vrais enjeux, ce qui fait que ça passe par une masse de contraintes qui est dingue : en terme de format, en terme de contenu, en terme de cahier des charges, et tout. Sur youtube, si dans 5 minutes tu as une idée, dans 10 minutes elle peut être sur youtube ou sur dailymotion.
N : Vraiment 10 minutes ?
B : Oui, si tu fais une vidéo qui dure 20s, si tu as une bonne connexion tu l’uploades directement, hop. Tu lui mets un titre, voilà, tu balances. Ça ne veut pas dire que tu seras bon par contre.
N : Et au niveau technique, on va sans doute y revenir. Mais la différence par rapport à la télé, c’est que tu restes dans des conditions qui restent encore très amateures.
B : Ah oui, c’est complètement artisanal, mais j’aime bien moi. Après, à un moment donné, il va falloir que je fasse un choix. Je pense que si je veux en faire mon activité principale (et je VEUX en faire mon activité principale), à un moment donné, il faudra que je m’industrialise un peu. Maintenant, s’industrialiser, ça ne veut pas non plus dire nécessairement devenir une grosse machine de prod, avec des studios, avec un cadre particulier, avec tout qui est réglé, millimétré. Ça veut simplement dire que, à un moment donné, le montage, il faudra que je le fasse avec quelqu’un, que la captation du son, il faudra que je laisse quelqu’un de plus compétent que moi la faire, et du coup ce ne sera pas difficile de trouver quelqu’un de plus compétent que moi pour faire la captation du son. Voila, à un moment donné, il faudra que je lâche un peu. Parce que pour l’instant, je fais tout, tout seul. Pas tellement parce que je suis un “control freak”, c’est surtout que je veux assumer ce que je fais à cent pour cent. Le premier truc que je me suis permis cette année, c’est une boite avec laquelle je bossais, qui m’a fait une nouvelle charte graphique. L’agence le 6, qui m’a fait un nouveau logo, qui m’a fait un habillage graphique que je trouve superbe. Eux, c’est leur métier, ils savent faire, et je trouve qu’ils ont très bien fait. Et le fond sonore maintenant, les musiques, etc… C’est une petite boite de prod qui vient de se créer, qui s’appelle “la grande table prod“. A la base, c’était un abonné qui m’a contacté, qui m’a dit : “Ecoute, j’aimerais qu’on discute de la possibilité de te mettre des ambiances musicales”. Voila, c’est la musique et l’habillage graphique. Mais pour le reste, c’est moi. Quand il y a une illustration, une incrustation, une animation, quand il y a un montage, quand il y a un cut, quand il y a une vanne, quand il y a n’importe quoi : c’est moi. Et donc je l’assume. Si je dis une connerie, c’est ma faute, et si je blesse quelqu’un, c’est moi qui dois m’excuser derrière.
N : D’accord, l’habillage graphique dont tu parles, c’est le nouveau logo avec le haut de ta tête qui est en train de penser, et le fond en bleu dégradé sur la plupart des vidéos en imagettes. [IMAGES ?]
B : C’est ça. Et dans le générique, les petits pictos qui représente l’atome, des engrenages…
N : Tout le reste, quoi. La bannière dans youtube j’imagine, des choses comme ça ?
B : C’est ça.
N : Ok. Alors justement, tu parlais des formats au niveau télé. Est-ce-que tu peux nous éclairer un peu sur tes formats ? Parce que, à ce jour, a priori tu fais des “preuves par vieux”, des FAQ, des quickies, des breaking balls…
B : Ouais. Ah, je vois qu’il y a Micmaths qui est là. Bonjour Micmaths ! Alors, ceux qui ne connaissent pas Micmaths, vous tapez Micmaths dans youtube, vous vous abonnez immédiatement. Voilà, comme ça, c’est fait.
I : Je trouve que tu es vachement bon en marketing !
R : Je suis impressionné de voir le nombre de personnes qui le connaissent. Moi, je le connais, mais en vrai.
I : C’est incroyable, ouais.
B : Je ne l’ai pas encore rencontré en vrai.
R : Moi je bosse avec lui en vrai, en fait.
B : Oui, à la fête de la science, il était au Palais [de la découverte].
N : Moi, je me demande si il est vraiment aussi petit ou si il fait, en vrai, 1m80 et il met juste une caméra au-dessus de lui.
B : Pour en revenir au format : ce qui se passe, c’est qu’à la base, je n’avais rien organisé du tout. A la base, je m’étais dit “je vais répondre à des questions”. Et puis à un moment donné, je me suis dit : “j’aimerais bien parler d’Ératosthène“. Mais, je ne vais pas juste demander comment est-ce-qu’on peut mesurer la circonférence de la Terre, parce qu’il y a plein de façon de le faire. Moi, je veux raconter SA façon à lui de le faire. Donc je dis “je vais raconter la vie d’Ératosthène“. Alors au début, ce n’était pas vraiment sa vie, c’était juste cette question là. Et c’est comme ça que sont nées les “preuves par vieux”. Je me suis dit, il faut que ce soit un format à part parce que je ne réponds pas juste à une question.
Ensuite, je me suis dit merde, maintenant mes émissions commencent à faire vingt minutes, trente minutes, quarante minutes, etc… Ce serait bien que j’ai un format plus court. Alors c’est pour deux raisons : il y a une raison qui est purement… (s’interrompant)
Ah, j’adore cette photo. Elle est dingue cette photo ! Je précise, parce que là je suis en train de voir en live une photo d’Antoine Daniel [YOUTUBE ] avec la chemise du Joueur du Grenier dans mon studio. Pour la petite histoire, quand il avait balancé cette photo sur twitter, il avait mis en commentaire “cette photo n’a aucun sens”, il ne m’avait absolument pas taggé ni rien, j’avais pris 1000 abonnés dans l’heure.
N : Je vois.
B : Ca, c’est la puissance d’Antoine Daniel. Voilà. (Reprenant la conversation) A un moment donné, je m’étais dit, il faudrait que je fasse un programme plus court, déjà parce qu’il y avait des abonnés qui me disaient “j’aimerais bien partager tes vidéos, mais ça sert à rien que je partage des vidéos de trente-cinq minutes. Je suis désolé, j’ai envie de partager ta vidéo sur la relativité, sur machin, la flèche du temps, mais les gens n’iront pas regarder”.
N : C’est marrant, parce que ce sont des gens qui ont regardé tes vidéos en entier, mais qui considèrent que c’est trop long pour le partager.
B : Je ne pense pas qu’ils considèrent que ce soit trop long pour partager. Je ne veux pas parler en leur nom, mais je pense qu’ils considèrent que ça n’intéressent pas leurs amis en fait.
N : D’accord.
B : Donc, du coup, ils disaient “est-ce-que tu n’as pas quelque chose de plus court, de plus accessible, au moins pour rentrer dans la chaine”. Et je me suis dit, dans l’absolu, ce ne serait pas débile d’avoir aussi quelque chose de plus accessible. Et c’est comme ça que sont nés les quickies.
N : D’accord.
B : Avec les quickies, qui ont cette particularité, même si ça peut évoluer parce que je ne fige strictement rien, l’idée du quicky, à la base, c’est de faire s’interroger le spectateur sur son sens critique et sur son appréhension de ce qu’on peut lui raconter. Le premier quickie, c’était “le lieu le plus dangereux de France“. C’était sur les dangers de confondre corrélation et causalité. Et je sais que ça a beaucoup interpellé les gens. D’ailleurs, je sais qu’il y a eu un très bon retour sur cette vidéo là. Les gens, au début, gueulaient en disant “Attends, ce que tu racontes n’a rien à voir avec le titre, en fait”. Et puis après coup, ils disaient “ah bah, si finalement”. C’est pile poil le sujet.
N : Ah ok, c’est marrant. Et breaking ball, niveau format ?
B : Alors breaking ball, c’est un truc tout à fait à part. Ce qui se passe, c’est qu’en décembre, début décembre, j’ai rencontré François Descraques et Slim Beroune. Slim, qui est le créateur de la série “la théorie des Balls“, et qui, avec François Descraques, le créateur du Visiteur du Futur, et Raph Descraques, sont les auteurs de la théorie des Balls. Et Slim et François me disent “Ecoute, on aime bien ton émission. On a une série qui va sortir, qui s’appelle la théorie des Balls. Dans chaque épisodes -enfin, dans les 5 premiers épisodes en tout cas-, il y a un personnage qui s’appelle Mitch, et qui développe une espèce de théorie plus ou moins fumeuse, basée sur la mécanique quantique, pour expliquer les relations entre les gens. Une espèce de PNL de savant fou.
N : Il suffit d’aller voir pour se convaincre que c’est plus ou moins fumeux.
B : Slim Beroune. Adorable, j’adore ce mec.
N : Juste pour préciser au passage : le Visiteur du Futur, pour ceux qui ne connaitraient pas, c’est une des premières web-série française, si je ne dis pas de bêtises, qui a cartonné.
B : Ouais, qui est successful de dingue.
N : Et que je vous invite à allez voir. C’est très vite vu, parce que aussi successful soient-ils, les épisodes sont très courts. Au moins les premières saisons.
B : Et je précise aussi, aujourd’hui c’est l’anniversaire de François Descraques. Donc si vous avez envie de lui hashtagger #hbd, allez-y ! Donc ils m’ont proposés… Ils cherchaient quelque chose qu’on pourrait faire ensemble. Ils avaient envie qu’on bosse ensemble, et ça tombait très bien, parce moi j’avais envie de bosser avec eux. Sauf qu’ils m’ont dit “la série commence début janvier, donc c’est peut-être un peu chaud”, parce qu’effectivement, on était autour du quinze décembre, par là. Et je leur dis “mais non, pas de problème !”
N : A l’aise. Théorie du oui.
B : Oui, complètement. Depuis plusieurs mois, je suis en mode “YES” dès qu’on me propose un truc. Et donc je leur dis “ouais, écoutez, ce que je peux faire, c’est faire une espèce de chronique qui irait expliquer les théories sur lesquelles se base Mitch dans la théorie des balls”. Voilà. Et on a fait ça avec Baptiste Poulain, et on a fait des émissions. L’idée, c’était que ce soit un programme court, puisque les épisodes théorie des balls durent sept-huit minutes. L’idée, c’est qu’on fasse moins, puisqu’on était sensé être une sorte de bonus du truc, il ne fallait pas que ça fasse vingt-cinq minutes chaque fois.
N : Donc pour faire moins, vous vous êtes mis à deux.
B : Voilà, exactement. Mais mine de rien, ça m’a permis de tester autre chose que je ne connaissais pas, qui était d’écrire, parce que les épisodes [ndlr : de la chaine e-penser], je ne les écris pas. J’écris des trames de planches, des bullets points en fait. Là, comme on était à deux, il fallait qu’on dialogue, donc il fallait écrire des scripts. Et puis on a tourné avec un autre matos, on a tourné dans un local où il y avait un vrai fond, des vraies lumières, etc…
N : Vous tourniez du coup dans un contexte un peu plus professionnel ?
B : Ouais. Je crois que c’est le local du studio où ils tournaient l’émission “Plus ou moins geek“, qui existait à la télé. En tout cas, où ils produisaient “Plus ou moins geek”. Je ne suis pas sûr qu’ils le tournaient là-bas, mais en tout cas, ils le produisaient.
N : D’accord. Alors, tu as parlé des formats un peu longs, et des auditeurs qui t’avaient fait la remarque. Enfin… je ne sais même pas comment on dit…
B : Des spectateurs.
N : Des spectateurs, des internautes qui t’avaient fait la remarque. Justement, tes formats font plus de trente minutes en général. On entend dire que des vidéos doivent être courtes pour être suivies, maximum trois minutes, sinon on ne les regarde pas. C’est une croyance non vérifiée finalement ? Tu as des chiffres, tu es sûr que les gens les regardent en entier ?
B : En fait, l’histoire des trois minutes, c’est bien, mais tout dépend de ce qu’on veut faire. Si le but est de vendre un maximum de publicité avant les vidéos, d’optimiser le “watch time”, les possibilités de partage, tout ça, c’est effectivement les guidelines de Youtube. C’est très sérieux, c’est pas idiot, c’est des études qu’ils ont fait au niveau du comportement des gens qui utilisent Youtube. Par exemple, une vidéo qui fait onze minutes, les gens la partageront beaucoup moins que si elle fait deux minutes. Si je suis au bureau et que je prends une pause de cinq minutes, je vais sur facebook, je vois qu’on m’a partagé une vidéo, je clique : si elle fait deux minutes, je la regarde ; si elle fait vingt-deux minutes, je ne la regarde pas. Donc il y a tout ça qui rentre en compte. Mon but, ce n’était pas exactement ça. Je n’ai clairement pas choisi la voie facile. Mon but, c’était de dire “je voudrais qu’il y ait des vidéos en français, un peu comme le faisaient Fred et Jamy dans “C’est pas sorcier“, mais pas pour les enfants, et pas en mode télé, c’est-à-dire qui aille creuser le sujet un peu plus loin, qui ne se contente pas dire “et là… pffuiiit… et puis c’est monté” [Bruce imite un son récurrent de l’émission lorsqu’un phénomène agit]. Non, qui explique pourquoi ça monte et qu’est ce qui se passe. Un peu comme on peut trouver aujourd’hui en anglais depuis quelques années avec un Veritasium, MinutePhysics et compagnie. Mais effectivement, le format long, c’était un pari qui était risqué. Le fait est que, aujourd’hui, je suis très content de la façon dont ça se passe. Déjà parce que quand je fais des vidéos qui font douze ou quatorze minutes, j’ai beaucoup de commentaires disant “Tu aurais pu faire plus long, il y avait plus de choses à dire”. Turing [vidéo e-penser], on m’a dit : “Pourquoi t’as fait que 13 min ? Tu aurais du faire une demi-heure là-dessus pour parler de la biologie…”.
Oh-là-là, qu’est ce que c’est que cette horreur ??
N : Bruce est en train de regarder une image où il y a un montage entre Aristote et lui.
B : Je ne sais pas qui l’a envoyé mais on ne va pas être copain. Du coup, je ne sais plus…
N : Tu disais que tu étais content, que beaucoup de gens te demandaient que ce soit plus long. C’est là où j’étais étonné que des gens te demandent du plus court, parce que nous, on fait du plus long, et on a beaucoup de gens qui nous demande encore plus long. Alors quand elles font deux-trois heures, là non, mais quand elles font qu’une heure, une heure trente, ils demandent du plus long.
B : Oui, et puis ce qui se passe, c’est que plus le temps passe, plus les gens sont habitués. Il faut quand même savoir qu’à la base, les quickies étaient sensés être le format court, un format de quatre-cinq minutes. Aujourd’hui, un quickie de moins de douze minutes, je crois que ça n’existe pas. A chaque fois, je suis complètement débordé par ces trucs là. Et justement, je suis content avec breaking balls : j’ai pu me prouver que j’étais capable de me contenir à un format. Oui, les gens sur Turing me disaient qu’il fallait plus, et quand je regarde le watch time, dans les analytics de Google… oui, parce que Youtube c’est Google… de comment les gens regardent, globalement les gens regardent à soixante-quinze ou quatre-vingt pour cent en entier. Enfin, en entier jusqu’à la fin du générique, le post-roll où les gens ont la possibilité de choisir une autre vidéo. Mais à ce moment il ne se passe plus rien dans la vidéo.
N : Tu as l’information s’ils regardent plusieurs fois ?
B : Alors, j’ai pas l’information si une personne donnée regarde plusieurs fois. Mais par exemple, je sais que si je mets une image subliminale (qui n’est pas vraiment subliminale puisqu’on la voit)…
N : Ils vont mettre pause 50 fois pour la voir…
B : Mais je vois que le watch time à cet instant là peut être de cent quarante pour cent.
N : D’accord
B : Donc cent quarante pour cent, ça ne veut pas dire qu’il y a eu plus d’utilisateurs mais qu’ils ont rembobinés, qu’ils ont remis en ligne. Voilà. Donc pour ceux qui ne connaissent pas la technique : quand vous avez un texte qui apparait sur une image, vous avez la possibilité, dans les paramètres du player Youtube, de ralentir la vitesse de défilement des images. Ça vous fera déjà gagner pas mal de temps. Parce que je vois des fois, y’en a qui galèrent, qui disent “je l’ai fait pendant une demi-heure mais j’l’ai eu !”… Voilà, on peut ralentir le truc.
N : C’est bien, ils essaient. Je demandais ça parce qu’on s’est rendu compte que sur les épisodes, en particulier les plus compliqués -et toi, tu as abordé la relativité, des choses comme ça-, on avait des visiteurs qui écoutaient plusieurs fois l’épisode. C’est pour ça que je me demandais si tu avais aussi ce genre de comportement.
B : Oui, oui. Il y a plusieurs comportements. Tout le monde est pareil. Moi par exemple : tout à l’heure, j’avais un quart d’heure à tuer, je me suis maté un vieil épisode de Joueur du Grenier, que j’avais déjà vu 15 fois. Parce que je sais que cet épisode m’avait plu, qu’il y avait un truc sympa. Il y a des gens qui font ça, il y a des gens qui se mettent des playlists en boucle… Ces derniers temps, c’est vrai qu’il y a un épisode qui sortait quasiment tous les trois jours, entre les collab’, les machins, mais normalement c’est toutes les deux semaines. Donc il y a des gens qui trouvent le temps long au bout de dix jours, et qui se réécoutent des anciens.
N : Ok. On en a parlé un tout petit peu, mais tu as lancé cette chaine parce que tu ne trouvais pas ton bonheur dans l’offre existante actuelle, c’est ça ?
B : C’est ça. Sachant que j’avais mal cherché, parce qu’il existait déjà des choses. Quand je me suis lancé, j’avais le sentiment qu’il n’existait rien. A l’époque, il existait déjà, depuis quelques mois, Axolot, qui même si il ne fait pas de la science à proprement parler, est sur des sujets assez connexes, des sujets culturels et éducatifs.En terme de science, il y avait déjà Experiment Boy, qui avait déjà quelques années et de la bouteille. Il y avait Dr Nozman aussi, sur un autre registre. Donc voilà, il y avait déjà des choses. Mais c’est vrai qu’à ce moment là, je ne connaissais vraiment que le Joueur du Grenier sur Youtube. Je savais qu’il y avait des vidéos, mais je ne regardais pas des chaines. La seule chaine que je connaissais, c’était Joueur du Grenier.
N : Tu n’étais pas abonné à une chaine que tu regardais.
B : Je n’étais pas abonné, je n’avais pas de connexion, pas de compte Gmail ni rien. Et je parle de ça, c’était l’été 2013.
N : T’étais même pas connecté, tu découvrais ce monde là ?
B : Non, j’étais connecté, mais je n’avais pas de compte connecté Youtube. J’étais en anonyme sur Youtube.
N : Je vois très bien. Jusqu’à ce que Google décide que non, tu n’étais pas anonyme.
B : Non, parce que je n’avais pas de compte Gmail.
N : Oui d’accord.
B : Et donc, en été 2013, je découvre coup sur coup VSauce,Veritasium, SmaterEveryday, MinutePhysics et CGP Grey. Donc là c’est bon, je me suis retrouvé d’un coup à avoir quelque chose comme l’équivalent de quatre cents vidéos à regarder. Quatre cents vidéos de retard, et avec mon frère, on a passé deux nuits blanches, sûr, et une bonne partie de la journée entre les deux. Et lui en plus, il les avait déjà toutes vues. Et la première vidéo qu’il m’a montré (je m’en rappellerai toujours, c’est génial), c’est la vidéo d’un SmarterEveryday où il explique que les poulets ont une tête gyroscopique. C’est-à-dire que quand on prend un poulet par le corps, et qu’on le déplace un petit peu, la tête, dans l’espace, reste exactement au même endroit. C’est une steadycam en fait. Il y a le cou qui fait les déplacements nécessaires pour pouvoir compenser le déplacement du corps, et la tête reste au même endroit. Et j’avais halluciné, je m’étais dit “qu’est ce que c’est que cette connerie ??”. Dans un épisode après, il lui a quand même branché une caméra sur la tête pour essayer de l’utiliser comme steadycam. C’était assez… Enfin, ça ne marchait pas du tout mais voilà !
N : C’était pas une mauvaise idée !
B : L’idée était là.
N : D’accord, amusant. Et pourquoi le format vidéo du coup, parce que tu aurais pu faire de l’audio, tu aurais pu faire un blog, tu aurais pu faire… j’en sais rien, pleins d’autres choses. Tu aurais pu te lancer dans des associations de diffusion scientifique, dans des lieux de sciences.
B : Alors, l’écrit, je pense que ça ne serait pas passé. Rétrospectivement, je pense que ça serait passé quand même, mais l’idée que je m’en faisais, c’était que je n’arriverai pas à expliquer les choses par écrit, parce que j’aime bien expliquer les choses comme je parle. A un moment donné, j’aime bien dire “bah voilà, cette théorie, c’était de la merde”. J’aime pas dire : (avec un ton docte) “oui, en fait, on a pu infirmer cette théorie par le fait qu’on a apporté un certain nombre de contre-exemples…”. Mais c’est pareil : au début, je ne pensais pas du tout à mettre des sources. Au début les gens gueulaient en disant “c’est quoi tes sources ?”. On s’en fout, pourquoi la lune ne tombe pas sur la Terre, c’est bon… Mettez dans Google “pourquoi la lune ne tombe pas sur la Terre”, vous trouverez. Tout le monde est d’accord, je n’ai pas besoin de sources.
N : Ouais enfin ils peuvent mettre dans Google “pourquoi la Terre est plate ?” et ils trouveront aussi…
B : Exactement, mais moi j’y pensais pas du tout. Du coup, à un moment donné, je me suis dit je vais quand même mettre des sources. Et ce que j’essaye de faire maintenant, je mets un minimum de sources pour essayer de valider ce que je raconte, et un maximum de sources pour aller plus loin dans la réflexion, pour aller plus loin dans les sujets. Je pense que c’est plus intéressant.
N : Tu mets ça dans les notes de la vidéo, c’est ça ?
B : Oui, dans la description. Dans le Doobly Doo comme disent les américains. Il faudrait qu’on fasse un mot comme ça en français.
N : Bon et du coup, depuis que tu as lancé ta chaine, s’est créé un portail vidéo sciences, quelque chose qui est hébergé par le fameux café des sciences et initié par le fameux Pierre Kerner [de Strange Stuff and Funky Things, chaine youtube] qui n’est pas là ce soir, qui agrège plein de chaines Youtube de sciences, dont tu fais partie et donc quasiment tous les français dont tu as parlé font partie, c’est un peu ça, ce genre de communauté, dont tu avais envie lorsque tu t’es lancé ?
B : Alors, oui et non. Plus précisément, je vais répondre autrement : oui mais pas que. Parce que ce qui se passe, c’est qu’une communauté de gens qui aiment la science, on a toujours eu. Moi, ce que je vise, c’est une communauté de gens qui aiment la science et qui partagent avec des gens qui ne savent pas qu’ils aiment la science, ou des gens qui pensent qu’ils détestent la science mais qui sont très curieux et qui aimeraient bien avoir des réponses à des questions. C’est vraiment ça. Et pour le coup, je trouve que vidéo sciences fait ça très bien. Effectivement, il faut qu’à un moment donné, les gens sachent de quoi ils parlent. Même si, encore une fois, il n’y a pas besoin d’être expert dans quelque domaine : moi, je n’ai aucune légitimité universitaire à faire ce que je fais.
Dessin de Puyo
N : Oui, on va en parler tout à l’heure.
B : Je n’ai aucune légitimité universitaire et d’ailleurs, ça m’arrive aussi de dire des conneries. Et quand je dis une connerie, il ne faut pas cinq minutes après la diffusion de la vidéo pour que quelqu’un dise “non mais attends, tu as dit une énorme connerie”.
N : Ça, c’est les joies d’internet.
B : Mais c’est très bien, j’adore ça. La plus grosse connerie que j’ai dite, c’était sur la vidéo “pourquoi le soleil nous réchauffe“. A un moment donné, je me suis enflammé et je dis “ouais, l’électron qui tourne autour du noyau de l’atome à la vitesse de la lumière”. Et là, je me suis fait allumer. Mais c’est logique.
N : C’est ça qui est bien, qui est riche…
B : Pour l’info, pour ceux qui ne savent pas, un électron, ça tourne autour du noyau d’un atome à à peu près un pour cent de la vitesse de la lumière.
N : Et même, est ce que ce n’est pas un peu abusif de dire que ça tourne autour ?
B : Ouais ok, d’accord. Disons que ça oscille, ça vibre… Ça fait quelque chose…
N : Ça fait un truc autour…
B : Ça fait quelque chose autour d’un truc qu’on pourrait appeler un noyau, même si… Voilà. En tout cas, cette vitesse là, ça représenterait à peu près un pour cent de la vitesse de la lumière.
Voilà, ça c’est la plus grosse connerie que j’ai sorti mais j’en ai sorti d’autres.
N : Tu n’as pas encore eu un droit de réponse d’Aristote ?
B : Non.
N : D’accord, tout va bien.
B : Ceci dit, j’ai halluciné de voir qu’il y a de vrais fan clubs d’Aristote qui me tombent dessus des fois. Je me suis expliqué plusieurs fois là-dessus : Aristote, je le respecte énormément en tant que philosophe. En tant que scientifique, on a quelques désaccords. Mais il y a aussi quelques points que je lui laisse. Notamment, c’est hallucinant de voir qu’à chaque fois que je me pose une question dans mes recherches, je tombe sur Aristote. Le mec s’est posé toutes les questions possibles, c’est ingérable !
N : Ouais, il s’est vraiment posé les bonnes questions, il n’avait pas toujours… En même temps, il y a eu suffisamment de siècles pour répondre aux questions, pour qu’il ait le droit d’avoir eu de mauvaises idées. Justement, on en parlait tout de suite, est-ce que tu peux nous dire deux mots de ton background ? Si j’ai bien compris, la journée, tu es informaticien, c’est ça ?
B : Oui, sauf qu’il n’y a plus vraiment de notion de journée. Disons que je partage mon moment entre l’architecture logicielle… J’ai ma propre entreprise, donc j’ai la chance de pouvoir disposer de mon temps comme je veux, c’est ça la chance que j’ai.
N : D’accord, tu as une boite de service, dans laquelle tu travailles en informatique.
B : Voilà. Le fait d’avoir sa propre boite, c’est compliqué on va dire. Du coup, je peux organiser mon temps comme je veux. En gros, mes clients sont cools avec moi dès lors que je fais mon boulot en temps et en heure. Du coup je m’arrange, je m’arrange comme je peux.
N : Et niveau background, tu as fait une école d’informatique ?
B : En fait à la base, j’ai fait Maths Sup / Maths Spé, parce que je souhaitais devenir pilote de ligne, ce qui n’est pas possible parce que je suis myope. Je ne suis pas très myope, je suis un tout petit peu myope, mais je suis myope. Moi, en plein ciel, lire une plaque d’immatriculation qui serait à 500m, je suis incapable. Et donc, du coup, je n’ai pas pu. Et comme j’avais bossé pour préparer l’ENAC, je n’avais absolument pas bossé pour préparer les autres écoles d’ingé. Donc j’y suis allé les mains dans les poches, ce qui est une énorme connerie quand on fait une prépa Maths Sup / Maths Spé : il ne faut pas se pointer les mains dans les poches à un exam, parce que c’est un concours. Il y en a d’autres à coté de vous…
N : Il y en a d’autres qui ont envie d’avoir des choses.
B : Voila. Et eux, si ils passent devant, c’est fini, c’est mort. Du coup, j’ai fait une équivalence en fac, pour rentrer en licence mathématiques / informatique, donc j’ai fait une licence de maths, une licence d’informatique. Comme les examens tombaient en même temps, j’ai passé la licence d’informatique. Et l’année d’après, j’ai passé une maitrise d’informatique et licence de maths. Mais après la Math Spé, je n’ai pas fait de physique, je n’ai pas fait de chimie.
N : Mais tu as quand même continuer à faire des maths jusqu’à bac plus cinq. Ok, du coup, tu as continué à faire des maths, dans un domaine informatique, mais pas le reste. Tu parles très peu de maths pour l’instant, tu parles surtout de physique dans tes vidéos.
B : La difficulté que je vais avoir avec les maths… Les maths, c’est quelque chose que j’adore, c’est quelque chose que beaucoup de gens détestent, et en général, beaucoup de gens détestent parce qu’en général ils ne savent pas qu’en vrai, ils aiment. Et à coté de ça, on a effectivement Micmaths qui fait ça très bien. Vraiment très très bien. Donc moi, pour l’instant, je veux me soucier un minimum des maths. Un des thèmes d’e-penser, c’est de dire qu’on peut expliquer la relativité, qu’on peut expliquer la mécanique quantique, sans se préoccuper des équations. C’est toute la difficulté. Donc j’essaye vraiment d’utiliser le minimum possible les maths pour dire “on n’a pas besoin de maths”.
R : Cela dit, on peut expliquer les maths sans équation aussi. Je veux dire, les équations dans les maths, c’est une toute petite partie.
B : Oui, je suis d’accord. Je crois que sur l’ensemble des épisodes, les maths se sont limité à parler des angles alternes/internes dans la vidéo sur Erathostène. Je crois que c’est à peu près tout.
N : Après, quand tu parles d’espace courbe dans la théorie de la relativité, c’est là où on fait des ponts.
B : Oui.
J : Tu introduis les tenseurs aussi dans l’épisode sur la relativité.
B : Oui mais en vrai, j’en parle très peu. Je dis “voila, il y a un truc, c’est un tenseur, pour faire très simple on va que dire c’est une généralisation d’une composition de vecteurs, bref c’est très compliqué mais on s’en fout”.
N : C’est ça. Au passage, on dit bonjour à Johan qui vient d’arriver. Donc Johan, depuis Baltimore.
J : C’est ça, bonsoir.
B : Bonjour. On se demandait, Baltimore, c’est Maryland ?
J : Oui, exactement, bravo !
B : Ah, je le savais.
N : Parce que je n’ai aucune notion de géographie. Du coup, là où je voulais en venir sur l’histoire des maths : d’où vient toute cette culture scientifique ?
B : Alors, il y a toute une partie qui vient du fait que je suis curieux depuis une paire d’années, quand même. Et puis il y a toute une partie, je ne vais pas dire que c’est du flan, parce que c’est pas du flan, mais il y a des fois, ça m’arrive de dire que j’aimerais bien répondre à telle question dans un épisode d’e-penser, sauf que la réponse, je ne l’ai pas. Bah donc du coup, je cherche.
N : Ça, c’est depuis que tu as créé la chaine. On connait ce biais ici, ouais…
B : Mais ce réflexe, je l’ai depuis un certain nombre d’années. Je me rappelle d’une époque où je devais faire ça, il n’y avait pas internet. Je dis ça, je ne dis rien.
N : Il n’y avait pas Google.
B : Aujourd’hui c’est facile. Aujourd’hui quand on cherche une réponse, c’est vraiment facile. Le problème, aujourd’hui, c’est de déterminer si la réponse qu’on trouve est valide.
N : Et justement, tu te sers plutôt de quoi ? Tu te sers d’internet uniquement ? Ou de livres aussi ? D’un peu de tout, de magazines ?
B : Alors, aujourd’hui, j’ai pas mal de bouquins, j’ai aussi pas mal de documentaires, de vidéos et de choses dont je me sers comme références. Après il y a beaucoup d’internet aussi. Mais vraiment internet comme un moyen. Donc il y a de la publication sur internet, il y a de la vidéo sur internet, toutes ces choses là.
N : Oui, d’accord. J’irai même plus loin, je me suis vraiment posé des questions, en particulier sur l’épisode sur la relativité. On a l’impression, quand tu expliques certains trucs, que tu as même été faire les calculs pour voir comment ça fonctionne. Alors est-ce que ce n’est qu’une impression, ou pas ? Est-ce que le week-end, pour te faire un petit plaisir, tu te fais un tenseur relativiste juste pour voir vraiment comment ça fonctionne ?
B : Non, je ne fais pas ça de mes week-ends. Pour cet exemple de la relativité : les tenseurs, j’en avais fait en prépa. Mais à l’époque, c’était un outil mathématique que j’utilisais, je ne posais pas du tout la question de savoir ce que c’était, à quoi ça servait. Donc j’ai du prendre un peu de temps, à réfléchir, à voir plein de vidéos. Parce que pour le coup, il y avait beaucoup de vidéos en anglais qui expliquent très bien ce que sont les tenseurs.
N : Mais plus en mode cours que vulgarisation.
B : Oui, cours au sens conférence, cours universitaire. Mais ce sont des vidéos qui sont longues, et il faut prendre le temps de les regarder depuis le début, parce qu’ils partent de la base. Très souvent, avec ce genre de vidéos, elles durent deux heures. Au début, il dit “vous imaginez que vous avez un point ; si vous tirez, ça fait un trait…” Donc on se dit, c’est bon, on va avancer, et puis on avance de cinq minutes et on est d’un coup dans des trucs incompréhensibles. Donc il faut vraiment prendre le temps de les regarder dans l’ordre, parce que c’est des trucs qui sont très bien faits. Ça ne permet pas de comprendre ce qu’est un tenseur (je ne prétend pas expliquer ce qu’est un tenseur), mais ça permet d’avoir une appréhension de ce que c’est.
N : D’accord, donc ça reste quand même de la vulgarisation. Ce n’est pas des choses qui te permettent après de te lancer dans des calculs relativistes, etc…
Dessin de Randall Flag
B : Non. Dans ces cours, ils donnent des outils mathématiques. Mais à un moment donné, et c’est ça la difficulté… C’est ça que je vise ; mon objectif, il est là. Et comme il est absolument inatteignable, je suis très content, parce que du coup ça me laisse de la marge de progression… C’est que, à un moment donné, on ne peut pas couper au fait de passer par des outils mathématiques, des équations, si on veut appliquer les choses. A un moment donné, on a expliqué la gravitation, ok. Si on veut savoir où se trouvera la Lune dans quatre jours, à quelle vitesse elle se déplace, il faut des équations. Et dans un cours, il faut passer par ces équations. Et à un moment donné, il y a une bascule qui se fait entre ce qu’on comprend et un moment à partir duquel on ne cherche plus à comprendre. On cherche simplement à appliquer les règles, les calculs, etc… Et ce que j’essaye de faire, c’est de repousser au maximum les limites de ce qu’on peut comprendre. Ce que je disais tout à l’heure “C’est pas sorcier c’est pour les enfants” : c’est faux, parce que ce n’est pas que pour les enfants.
N : Je connais un nombre d’adultes qui regardent ce truc…
B : J’ai le coffret DVD en camion, la remorque et tout…
N : Tu veux que je brise tes rêves sur le camion de C’est pas sorcier ou pas ?
B : C’est un studio, c’est ça ? C’est pas un vrai camion ?
N : Il n’existe pas. Celui que tu vois dans le générique n’existe pas.
B : Il est en images de synthèse ?
N : En fait, ils l’ont tourné une fois, et ils l’ont fait arriver sur un fond bleu pour le mettre dans toutes les émissions. C’était juste pour casser le rêve à nos trois cents personnes sur la chat room. Moi, ça m’a déprimé en apprenant ça.
B : Moi je parle du coffret DVD qu’ils avaient fait en forme du camion, avec la remorque. Je les ai, je les regarde, et j’aime. Mais ils ne grattent pas le fond du sujet. Moi, j’essaye d’aller plus loin sur certains sujets, avec plus ou moins de succès. Je sais qu’il y en a d’autres. Quand on prend le temps de suivre les conférences d’Etienne Klein, on va encore plus loin sur les sujets, et on reste dans la compréhension. C’est ça qu’il faut faire : rester dans la compréhension de ce qu’on fait.
R : Ce que je trouve intéressant, c’est que l’aspect technique est une étape dans la compréhension, mais je ne sais pas si c’est pour aller le plus loin possible. Quand on en arrive à des grands spécialistes d’un sujet, les équations ne sont pas forcément le plus adapté pour parler de leur sujet. Il y a un moment où on dépasse la technique, quand on est très longtemps dans la recherche très lointaine. Je ne sais pas si je suis clair ?
B : Je suis d’accord et pas d’accord. Effectivement, je pense qu’il y a les vraies grosses pointures de certains sujets précis. Clairement, ils voient des choses qu’on ne voit pas, donc pour eux c’est naturel, c’est comme expliquer le chemin à quelqu’un pour lui dire “c’est la deuxième à gauche puis au feu à droite”. Pour eux, c’est aussi con que ça. Mais, l’expérience que j’ai eu à la fac, c’est qu’il y avait des profs qui pataugent. Ils étaient tous compétents, la plupart prenaient vraiment le temps de bien expliquer les choses, mais il y en qui avaient l’impression que ce qu’ils nous disaient était clair. Je me rappelle, c’était en algèbre, on était sur des corps, de trucs vectoriels, de corps abéliens, d’anneaux, de j’sais-pas-quoi.
N : Tous ces mots, qui sont de très jolis mots…
B : Et qui prennent sens quand on prend le temps d’y penser. Mais à un moment donné, il nous parle d’un truc, et puis il y a un type qui lève la main dans l’amphi et qui fait “excusez moi, vous pouvez nous donner un exemple, parce que là c’est rude ?”. Et il réfléchit et il dit “vous voyez la table devant moi ? Bah voilà, c’est un exemple”. Et pour lui, c’était très clair.
N : Merci monsieur.
R : Oui. Ce que je voulais dire… Par exemple, quand tu parles de l’entropie. C’est un exemple qui me parle, parce qu’on a réussi à mettre en équation une notion qu’on voulait avoir. Et donc, d’une certaine manière, je ne sais pas si tu va plus loin avec l’équation. Tu fais quelque chose de précis, ça te permet de tester ton truc dans différentes situations, mais finalement, ce qui est essentiel, c’était aussi de voir que cette notion, on en avait besoin, et ce qu’elle représente exactement. Il y a un travail intellectuel pur qui n’est pas purement technique.
B : Oui, je suis d’accord. Mais ce qu’il se passe, c’est que moi, je vois vraiment de la beauté dans ces équations. J’adore ça. Mais même celles que je ne comprends pas. La première fois que j’ai vu une équation de tenseur énergie-machin, j’ai vu ça, je me suis dit “mon Dieu…” et je trouvais ça beau.Mais effectivement je pense que, a priori, si on n’a pas besoin de sortir une réponse, si on ne nous demande pas de dire que la réponse c’est vingt-quatre ou seize virgule deux, on devrait pouvoir expliquer absolument tout et n’importe quoi sans avoir besoin d’équations.
R : Et ça serait beau.
B : Et c’est pour ça que je dis que c’est un objectif qui est absolument inatteignable, donc je suis très content, parce que ça nous laisse énormément de marge.
N : Une bonne marge. Pour en finir avec cette histoire de genèse : c’était quoi le déclencheur qui fait qu’à un moment, ça y est, tu as lancé la chaine.
R : C’était parce que je suis un pur français franchouillard.
N : C’était pour râler, donc.
B : Et quand, en cherchant pas bien sur Youtube, j’ai vu qu’il n’y avait pas de chaine scientifique qui faisait du Vsauce en français, je me suis dit “putain…”. Et en plus, j’ai anticipé, je me suis dit “je vais regarder si c’est en français”. Cons comme on est, je suis sûr qu’il y en a un qui a fait ça en WAP. Donc je râlais, je gueulais, et au final…
Le personnage de e-penser dans le jeu
Je fais une parenthèse : ça, c’est un screenshot d’un jeu qui est sorti sur Ipad ou sur mobile, je ne sais plus. C’est un jeu d’enquête, dans lequel il y a un personnage inspiré par moi. Je suis assez fier.
Donc je termine. C’était pour râler, j’en discute avec mon frère et il me dit “ok, sinon tu peux aussi te sortir les doigts, tu as aussi le droit de mettre une caméra et d’y aller ! Au lieu de râler, hein ?”. Et je me dit que c’est pas con en fait,
N : D’accord. Comme quoi, râler, ça sert. La bise à Alan, ça lui parlera. Bon, du coup, on va aborder maintenant les coulisses d’e-penser. Tu nous as déjà dit pas mal de choses, mais est ce que tu peux nous raconter comment se passe la préparation d’un épisode d’e-penser ? Genre, le prochain.
B : Alors, le prochain-prochain, il sort jeudi, il est déjà tourné, il est en plein montage, c’est le dernier Breaking balls,
N : D’accord.
B : Voilà, mais le prochain d’après c’est celui qui sortira vendredi prochain, donc là on est mardi, donc c’est dans douze jours, non dix jours. Je suis complètement décalqué, donc il sortira dans dix jours, la chance que j’ai, parce que c’est assez rare, c’est que j’ai déjà le sujet.
N : Ah ! Dix jours avant, d’habitude des fois t’as pas le sujet ?
B : Alors j’ai toujours plus ou moins le sujet mais j’hésite toujours entre trois-quatre sujets.
N : D’accord, tu veux dire entre les cinquante sujets que tu as promis et le sujet nouveau que tu as envie de faire plus que les autres.
B : Après ce qu’il se passe c’est qu’il y a des sujets qui ont des dépendances, c’est-à-dire qu’il y a des sujets dont je ne peux pas parler avant d’avoir parlé d’autres sujets avant d’avoir parlé d’autres sujets. Il y a toujours déjà cette première question c’est est-ce que je fais un quickie, un la preuve par vieux, un classique, qu’est-ce que je fais ? Donc là ça va être un quickie vraisemblablement, c’est-à-dire que je décide si c’est un quickie en fonction de ce que j’arrive à raconter dessus derrière, si j’en fais trente-cinq minutes c’est pas un quickie, voilà point. Donc j’ai déjà le sujet, là c’est un sujet sur lequel je m’interroge depuis un certain temps, donc j’ai déjà fait pas mal de recherches dessus, ce qui fait que je pense que j’ai déjà quatre-vingt-dix à quatre-vingt-quinze pour cent de ce que je vais en dire.
N : D’accord. Mais t’as rien écrit encore.
B : Et j’écrirai pas grand chose, j’en suis maintenant à l’étape où je me pose la question de “comment est-ce que je vais en parler ?”. Moi la première question que je me pose sur un sujet c’est quelle est la difficulté de compréhension et quelle analogie est-ce que je peux trouver pour expliquer, ou bien par quel biais est-ce que je peux dire “ce truc là qui semble être très compliqué ou qui semble être un truc super abstrait, en fait on l’utilise tous les jours parce que…”.
N : Mais il n’y aura pas de deuxième prise !
B : J’en suis là, à partir de là, je dirais que l’écriture à proprement parler, c’est-à-dire écrire le plan détaillé de l’épisode, ça va me prendre entre une à quatre heures s’il y a de vraies complexités et que je me dis il faudrait peut-être que je sorte ce passage là pour le mettre dans un autre épisode, c’est entre une à quatre heures pour écrire vraiment le pilote, le round down ?
N : D’accord, c’est une à quatre heures, hors recherche, et après tu as du temps de recherche éventuellement ?
B : C’est en amont que j’ai du temps de recherche, une fois que tout ça c’est clair dans ma tête, je sais que ok, l’introduction va se faire par cet angle-là, je vais dérouler, sachant que maintenant j’essaie de plus en plus de faire en sorte de partir d’une petite question et d’élargir le sujet au maximum. Commencer par dire “Mais est-ce que vous savez pourquoi …” je vais dire n’importe quoi, un truc, quand on plie les doigts il se passe ça… c’est typiquement ce que j’avais fait sur le bâillement, pourquoi est-ce que le bâillement est contagieux, mais en fait si le bâillement n’était pas contagieux, en quelque sorte ça voudrait dire que les civilisations n’auraient pas pu naître. Bon là j’ai fait une vraie confusion entre corrélation et causalité mais voilà mais l’idée c’est que je pars du bâillement et qu’à la fin je termine sur le fait que sans les neurones miroirs…
N : Tu choisis en gros le chemin que tu vas parcourir.
B : C’est ça, et j’essaie vraiment de partir de la petite histoire qui va raconter la grande histoire, c’est ce que j’essaie de faire de plus en plus. C’est-à-dire que de plus en plus je me structure, au début c’était n’importe quoi, au début je lançais la caméra et puis je racontais ma vie. Le tout premier épisode quand je repense au premier épisode, j’ai quand même fait quatre minutes de micro-trottoir.
N : Oui c’est que j’allais dire !
B : C’est-à-dire qu’il y a des mecs sur youtube qui disent “il faut faire des vidéos de trois minutes, trois minutes trente”, moi j’ai quatre minutes de micro-trottoir, j’avais même pas introduit le sujet, donc voilà vraiment j’étais en freestyle, mais c’est ça le web aussi !
N : Ouais, ouais complètement !
B : Et donc à partir de là, j’attaque le tournage, le tournage en général est très rapide, ça veut dire que pour un petit sujet c’est quarante minutes, pour un gros sujet c’est une heure et demie.
N : Ah d’accord, donc quarante minutes, pour genre vingt minutes d’émission ça veut dire que tu tournes quasiment 1:1.
B : Ah mais ce que je fais, c’est qu’en fait, je déroule mon texte, je fais tout, juste quand je me plante, quand je me foire sur un mot, je ne coupe pas mais je reprends la phrase, parce que je sais qu’après je couperai au montage, et voilà, j’enchaîne absolument tout ce que je veux dire.
N : D’accord.
B : Une fois que c’est tourné, alors après en vrai le tournage c’est un petit peu plus parce qu’il me faut vingt minutes pour mettre mon set-up, pour brancher mes lumières, pour poser ma caméra tout ça, mais ça on s’en fout, ça c’est vraiment de la cuisine, ensuite…
N : C’est dans la cuisine justement ou pas ?
B : En fait c’est dans mon bureau !
N : Ah c’est ton bureau ?
B : C’est dans mon bureau, donc mon bureau c’est un studio, et donc c’est dans ce studio là.
N : Ok.
B : D’ailleurs, les gens ils exhument des trucs de twitter, logiquement il doit y avoir une photo qui était passée sur twitter, où on voit un panoramique du bureau, j’étais à une réunion et puis on voit qu’il y a tout le monde.
N : D’accord, donc là t’as tourné.
B : Là j’ai tourné, ce que je fais en général, ça dépend à quelle heure je fais ça, parce que moi il peut m’arriver de faire ça à trois heures du matin par exemple.
N : Les voisins qui se font réveiller par une démonstration sur la relativité.
B : Non non c’est la chance que j’ai…
N : Ah oui c’est dans le bureau.
B : C’est dans un immeuble d’habitations mais la chance que j’ai c’est que c’est assez bien insonorisé.
N : D’accord.
B : Donc du coup il y a vraiment, pour peu que les fenêtres soient bien fermées, il n’y a aucun problème, après il n’est pas question non plus que je gueule et que je branche des guitares, ou je ne sais pas quoi.
N : Oui t’es pas le joueur du grenier quoi.
B : Ca m’arrive de gueuler aussi quand même dans les vidéos. Et donc s’il est pas tard, ce que je fais c’est que je dérushe immédiatement.
N : D’accord.
B : Alors quand je dis dérusher, de toute façon je dérushe immédiatement mais il y a dérusher et dérusher. Il y a dérusher c’est le fait de prendre les fichiers vidéos qui sont dans la caméra, de les mettre sur son disque dur, donc ça je le fais immédiatement quoi qu’il arrive. Mais s’il est pas tard, ce que je fais c’est que ces fichiers vidéos, je les mets dans Final Cutet je découpe toutes les parties qui sont ratées, les parties où je sors du cadre parce que je dois rebrancher mon micro…
N : Tu prémâches le travail quoi.
B: Les parties où j’ai loupé un mot etc.. Ce qui fait que j’ai un pré-montage, qui n’est pas du tout rythmé, qui ne ressemble à rien, mais c’est-à-dire que je suis déjà passé d’une vidéo qui faisait cinquante-cinq minutes, à une vidéo qui fait dix-neuf minutes.
N: Et où tu n’as que l’utile quoi.
B: Voila. Et à partir de là je sais que je vais pouvoir couper à l’image près pour avoir le rythme que je veux, et commencer à me dire “ok, qu’est ce que je vais mettre comme illustration, à quel moment, quand est ce que je met une animation, …” voila toutes ces choses là. Et donc après la post production pour le coup c’est vraiment la partie la plus longue.
N: Je sais pas si c’est de la post production, mais dans tes vidéos, il y a souvent un moment où tu commentes ce que tu viens de dire, où tu t’adresses à une autre personne ou quoi. Ça c’est fait au moment du tournage, où tu le rajoutes après.
B: Non, non, tout est fait au moment du tournage.
N: D’accord. Donc tu as déjà pré-écrit des sortes de petits trucs comme ça.
B: Il y en a qui sont écrits, il y en a qui viennent sur le coup, je me dis “ça il faudrait peut être que je l’explique un peu mieux” ou “ça il faudrait peut être que j’explique qu’en fait c’était une connerie”. Au début, ce que je faisais c’est que je parlais à un personnage imaginaire qui était hors champ.
N: Ah, c’était bien à un mur que tu parlais.
B: Oui, oui, je parlais à mon fauteuil qui était vide. L’idée, c’était vraiment d’essayer de prendre de la distance et c’est marrant parce qu’il y a vraiment des spectateurs qui le prenaient super mal… “J’ai l’impression que tu te moques de nous”. Moi je dis “mais pas du tout, quoi, c’est juste prendre de la distance par rapport à ce que je dis”. Et en vrai, c’est aussi quelque chose où je sais que ça fait cinq minutes que je parle sans interruption, d’un sujet qui est compliqué, il faut une respiration. Ahhhhhh. On va essayer de détendre avec une vanne, même si elle est pas drôle, c’est pas grave, ça permet de souffler. [en changeant complètement de sujet] Oui effectivement, j’ai complètement oublié, il y avait LinksTheSun qui était là bien sur en place avant que je commence. Même si LinksTheSun ne fait pas spécialement de la science.
N: Oui, c’est un peu différent. C’est de la culture.
B: Oui, et il avait fait quelques émissions qui était sur la science, il y avait des choses. Toujours est il que quand j’ai commencé, j’étais pas en mode “je sais que LinksTheSun existe mais c’est pas ce que je veux faire” c’est que je ne savais pas qu’il existait. Je connaissais rien
N: C’était en mode, les français sont trop cons
B: J’étais incapable de trouver, j’avais cherché science, j’avais rien trouvé sur la page 1, je m’étais dit, “bon bah ya rien c’est de la merde”.
N: Donc tu as monté et la post prod tu disais c’est le plus long ?
B: Ouais, euh ce que je disais c’est qu’avant je parlais à quelqu’un hors champ et puis ça c’est quelque chose qui est en train d’évoluer, tout naturellement vers en fait d’autres personnages. Ce qui apparait comme des fois sur la vidéo je suis plutôt à gauche, dans une teinte qui est assez saturée, ou plutôt à droite, dans une teinte qui est presque noir et blanc.
Les 3 bruces des vidéos
Et en fait voilà ce sont deux personnages, et alors c’est marrant parce que les gens comprennent ces personnages assez différemment. Moi ces personnages, je les imagine comme étant pour celui de gauche quelqu’un qui est assez pompeux genre qui a très bien compris de quoi il s’agit et qui en a marre qu’on perde des heures à tout expliquer “oui bon voila ça c’est le tenseur énergie… voila, c’est bon quoi” et pour celui qui est complètement à droite de l’écran qui est vraiment en délavé, en noir et blanc, qui lui fait des vannes, ré-explique les choses, qui lui prend le temps. Et j’aime bien être assez partagé entre ses deux visions là. Mais il y en a qui les voient de manière complètement différemment. Et ça continuera d’évoluer. Par exemple, là aujourd’hui j’ai acheté un nouvel objectif, ça va peut être donner un nouvel angle sur le truc, je sais pas… je continue d’expérimenter de toute façon.
N: Tu continues à t’amuser.
B: Ah ouais mais complètement. La chaine si elle existe toujours dans deux ans —j’espère qu’elle existera toujours— je pense qu’elle ne ressemblera pas beaucoup à ce que c’est aujourd’hui.
N: Et du coup après la post prod, ça te prend beaucoup de temps tu disais.
B: Oui. On va dire… Si je prend par exemple l’épisode Turing…
N: La post prod, c’est quoi ? Juste pour situer.
B: La post prod, c’est j’ai les fichiers vidéos, j’ai les fichiers audios, maintenant il faut que j’en fasse une vidéo complète avec le générique, avec le mixage, l’étalonnage, les animations, les incrustations, tout ça… le produit qu’on met sur youtube.
N: D’accord, donc on passe du brut à Youtube.
B: Oui. L’épisode sur Turing donc, qui est un assez bon exemple car c’est une vidéo qui n’est pas trop longue, sur laquelle il y a un peu d’animation mais pas trop
N: Plus que d’habitude quand même non ?
B: Ouaaaaiiis, mais pas nécessairement beaucoup plus compliqué. Bon et pour l’intégralité, au début je pensais que ça prendrait vingt-trente heures, et au final, c’était pas loin de quarante heures.
N: Ouais, d’accord. Donc il y a quand même un sacré boulot.
B: [Re-changeant complètement de sujet] Kriss – Minute Papillon aussi. Mais pour le coup Kriss, il est vraiment plus sur la culture et sur le débat société, c’est pas tellement sur la science. J’adore Kriss – Minute Papillon.
N: Et du coup, ouais. Une quarantaine d’heure. Du coup tu arrives à avoir une vie en dehors du boulot de e-penser.
B: C’est compliqué… mais je me force à avoir une vie en dehors de e-penser. Mais ce qui est clair c’est que ma vie a radicalement changé depuis quinze mois. Je passe du temps parfois avec des gens, qu’il y a deux ans je ne connaissais pas, qu’il y a un an et demi j’estimais comme des géants du web, et qui aujourd’hui sont des potes. C’est complètement fou… Je suis très très reconnaissant à tout le monde pour ça.
N: Oui parce que ta chaîne n’a toujours pas sa première année.
B: Non, elle n’a pas encore sa deuxième année.
N: Elle n’a pas encore sa deuxième année.
B: Ça date du 16 septembre 2013.
N: Ça reste une chaîne hyper jeune quoi
B: Ouais, mais complètement.
N: Et question subsidiaire, je connais déjà la réponse, c’est pour ça que je la pose. Tu dors combien d’heures la nuit ?
B: Bah je vais prendre un exemple très simple. Dans la nuit de samedi à dimanche [ndlr : l’interview est un mardi soir], j’ai fini d’écrire… avec Baptiste, on écrivait Breaking Balls, il restait encore des trucs à écrire, donc j’ai fini d’écrire Breaking Balls. Je me suis pas couché. Dimanche j’ai bossé toute la journée pour faire Breaking Balls. Dans la nuit de dimanche à lundi, je me suis couché à cinq heures du matin je me suis réveillé à sept heures trente à peu près. Et la nuit dernière, je me suis couché beaucoup plus tôt, je me suis couché à trois heures et je me suis réveillé à… sept heures ou sept heures trente .
N: Tu va faire un épisode sur le sommeil ? Parce que tu sais que c’est pas bon, hein !
B: Bah c’est pas que c’est pas bon. Il y aura vraisemblablement un épisode sur le sommeil. C’est pas que c’est pas bon en fait c’est une question de chacun, c’est une question de métabolisme. Maintenant ce qui se passe c’est que j’avais discuté avec un grand spécialiste français du sommeil qui m’a dit “Ah, mais t’as pas besoin de dormir c’est vachement bien. Bon on mourra plus jeune, mais c’est pas grave.”. Je dis “Ah ouaiiiis. OK !”
N: Le début est cool !
B: L’idée, indépendement de la fin qui était autant une vanne que pas vraiment en fait, c’est de dire que si on a pas besoin de dormir… Imaginons que demain je ne mette pas de réveil ni rien, je me couche disons à cinq heures du matin, je te garanti qu’à huit heures je suis debout…
N: Ouais bon après tu es habitué.
B: Oui, bah c’est comme ça… et frais et dispo, quoi !
N: De temps en temps, en général une fois toutes les six semaines, sept semaines, là ça commence à venir, parce que là depuis le premier janvier mine de rien, ça tabasse le boulot… J’ai besoin d’une vrai grosse nuit de sommeil. Genre sept ou huit heures. Mais après je repars.
N: Ok. Très bien. Avant d’avoir les questions d’auditeurs qui vont pas tarder à arriver… Quelles sont tes sources d’inspiration ? Est ce que tu as des sources à nous donner ? des scientifiques ? des auteurs ?
B : Alors les sources d’inspiration, je pense que là, juste quand les gens ont entendu ta question là, ils ont commencé à écrire déjà la réponse, donc je pense qu’elle va arriver dans deux trois secondes parce que je pense que c’est une évidence pour tout le monde, ma première source d’inspiration.
N : Ouais je sais tout le monde te la demande déjà.
NDLR: Image de Bruce et d’Alexandre Astier trouvée sur le facebook de E-penser début septembre 2015, mais qui n’existait pas au moment de l’interview.
B : Non mais, j’attends de voir si ça va arriver ou pas, parce que je sais qu’il… Voiiiilà ! Alexandre Astier [une image d’Astier est arrivée dans la chatroom]! [rires]
N : D’accord !
B : Oui alors Alexandre Astier c’est une vraie source d’inspiration, sur tout ce qui est là façon de présenter les choses, la façon d’expliquer les choses, et de plus en plus la façon d’écrire.
N : D’accord.
B: Pour moi Alexandre Astier c’est avant tout un mec qui sait écrire, et écrire c’est pas seulement trouver les bons mots, et trouver les mots justes, mais dans la façon de structurer sa pensée, dans la façon d’organiser ce qu’il raconte, et donc voilà c’est une vraie inspiration pour moi. Ensuite d’un point de vue plus scientifique mais vraiment lié à la vulgarisation, pour moi il y a deux noms qui surgissent tout le temps sur e-penser.
B : C’est Etienne Klein et Richard Feynman, bien sûr à chaque fois que je dis ça, on me dit “Ouais et Sagan ?”, je dis oui Sagan aussi ! “Ouais et Tyson ?”, oui Tyson aussi ! Brian Greene aussi. Tous ces mecs là aussi bien sûr ! Mais, j’ai un truc particulier avec Feynman et avec Etienne Klein.
N : D’accord. Et pour redescendre sur la terre des humains, au niveau vidéastes, youtubeurs, podcasteurs,… ?
B : Alors au niveau vidéastes/youtubeurs comme inspiration pour moi il y a Vsauce et Veritasium, en première ligne.
N : D’accord, qui sont des chaînes américaines.
B : Qui sont des chaînes alors heu… Non pas américaines en fait, Veritasium je crois…
N : Non en anglais excuse moi, anglophones je voulais dire.
B : Veritasium je crois que c’est un australien qui est d’origine canadienne, il me semble, après je dis peut-être des conneries.
N : Je sais pas en fait, je voulais dire anglophone, j’ai dit une bêtise.
B : Vsauce, donc Michael Stevens, je sais qu’il vit ou il a vécu à Londres, maintenant je ne sais pas s’il est anglais ou s’il est américain mais je crois qu’il est anglais, vraiment [ndlr : il est né dans le Missouri et vit à Londres]. Mais en tout cas on est d’accord que c’est anglophone. Ce sont des chaînes qui sont anglophones, et alors Vsauce justement, lui ce que j’adore, c’est sa capacité à digresser très naturellement pour partir d’une question, qui semble être une question con ou une question qui est absurde ou pas très importante et arriver sur un gros sujet. Et les titres de ses épisodes sont super révélateurs, il y en avait un c’était “où se trouve cette vidéo ?”, voilà vous regardez une vidéo mais la vidéo physiquement elle est où ?
N : Non mais c’est impossible surtout sur youtube, faut pas poser la question.
B : Un autre sujet c’était “c’est quoi la vitesse de l’obscurité ?”, on connaît la vitesse de la lumière, maintenant les photons vous “coupez”, à quelle vitesse se propage l’obscurité ? Il se demande “Quelle est la couleur d’un miroir ?”, et il part de ces questions là et il aboutit sur des trucs qui sont beaucoup plus larges que la question de base. Veritasium lui il part sur autre chose, son idée c’est d’aller chatouiller les gens sur leurs préjugés, il dit par exemple :
Veritasium et Vsauce
“Je vous présente deux objets que j’ai dans la main, ([s’interrompt en voyant une image dans la chatroom] on les voit là les deux, c’est leur vidéo sur le hasard ?) si je vous présente un disque dur et un livre, avant de les toucher, à votre avis, lequel est le plus froid ?”
“Ben c’est le disque dur. “
“Pourquoi ?”
“Parce qu’il est en métal”
Il touche et donc effectivement ben le disque dur il est plus froid. Il dit :
“Maintenant on va prendre un thermomètre, un truc infrarouge pour mesurer la température, alors qu’est-ce que vous voyez ?”
“Ah ben ils ont la même température.”
“Et comment vous l’expliquez ?”.
Et ça part toujours de choses comme ça.
N : Hmmhmm, des constats en fait assez quotidiens.
B : Voilà, et surtout de se dire, aller chercher les gens sur quelque chose qui est acquis pour eux et qui s’avère être faux. A un moment donné il dit “ouais il parait qu’on maigrit en dormant, pourquoi ?” Et il fait l’expérience, il montre, il va se peser tous les jours etc. Ouais il perd en moyenne 120-130 grammes par nuit. Pourquoi ? Et il déroule tout le truc jusqu’à expliquer qu’en fait ce qu’il se passe c’est qu’en respirant il absorbe de l’oxygène et il recrache du dioxyde de carbone. Et donc en fait la masse de dioxyde de carbone et de vapeur d’eau qu’il va exhaler plus la transpiration plus tout ça, ben ça fait 120 grammes.
N : Incroyable, super, parfait comme sources. En gros on essaiera de mettre des liens vers les chaînes, je vais pas demander que tu nous en cites d’autres, tu passes ton temps à en citer donc c’est très bien. Justement là dessus, sur en particulier tout ce qui est youtubeurs, podcasteurs, etc. il se trouve que sur la scène française pour l’instant chacun a un peu sa couleur très particulière, Dirty Biology ne va pas tellement aborder tes sujets, un Micmaths va pas tellement aborder tes sujets donc vous ne vous marchez pas trop sur les plates-bandes, mais vous imaginez comment les choses entre vous en fait ? Tu voudrais demain faire un sujet de math tu vas en parler à Micmaths ? Lui demander l’autorisation ?
B : Non, une autorisation non, et, s’il parle de physique il ne me demandera pas non plus mon autorisation.
N : Tu t’interdis de parler de sujets dont ils ont déjà parlés ?
B : Non alors, ce qui se passe, c’est que d’une manière générale je ne m’interdis rien, ce que j’essaie de ne pas faire, c’est si je suis en train de préparer un sujet et qu’il y a un épisode chez quelqu’un d’autre qui sort sur le même sujet et où je me dis que je n’ai rien de plus à raconter, c’est-à-dire que si au final je vais raconter la même chose, peut-être en utilisant plus de mots mais je vais raconter la même chose, bah je me dis que ça a peut-être pas un grand intérêt. En général ce que je fais c’est que je ne mets pas le sujet à la poubelle…
N : Tu le réorientes ?
B : Ou alors je le mets dans un tiroir et je me dis, peut-être que dans un an j’aurai plus de choses à dire. Si demain je voulais faire une vidéo sur les maths, je dirais à Micmaths bon est-ce que ça te dirait qu’on fasse une vidéo ensemble sur ce sujet là ? Est-ce que ça t’intéresse ?
N : Plus un partenaire qu’un concurrent ou…
B : Ah mais complètement, c’est l’avantage, on essaie souvent d’expliquer qu’il y a de la concurrence sur youtube, y’a pas de concurrence sur youtube, c’est pas possible, parce qu’en fait youtube c’est pas comme la télévision, où si tu regardes la une à dix-neuf heures, tu regardes pas la deux à dix-neuf heures.
N : Bien sûr.
B : Youtube, tu regardes ce que tu veux quand tu veux, et de plus en plus la télé va se rendre compte de ça, parce que de plus en plus à la télévision les gens regardent le replay. Le replay ils n’ont qu’une semaine pour regarder pour l’instant, mais le fait est que s’ils veulent regarder l’émission qui est passée sur TF1 et celle qui est passée sur la deux en même temps, ben ils regardent l’une après l’autre et puis voilà point barre. Donc il n’y a pas de rivalité, au contraire, plus on est de fous plus on rit, en ce moment il y a un groupe qui s’est créé il y a quelques mois, je trouve ça très très bien, voilà je ne suis pas officiellement affilié à ce groupe pour plein de raisons notamment parce que je suis un peu un petit con qui aime bien son indépendance, mais j’ai le même genre d’indépendance que je peux avoir par rapport également à “vidéo sciences“, c’est-à-dire que mes vidéos sont dessus, je connais les gens, mais je ne suis pas impliqué dedans, et donc ce groupe c’est la vidéothèque d’Alexandrie. Où là pour le coup ça regroupe vraiment, alors ce que je vais dire il faut vraiment le prendre au premier degré, c’est tous les petits et jeunes youtubeurs qui parlent de sciences, d’éducation ou de culture, alors dedans, le fait est qu’on prend Nota Bene et Dirty Biology, ils sont plus si petits que ça.
N : Oui et même au niveau technique ils sont plus si petits.
B : Voilà, et puis ils ont eu le coup de pouce d’Antoine Daniel, le même que celui que j’ai eu aussi en mon temps, le même qu’Axolot a eu en son temps, le même que le fossoyeur de films a eu en son temps,… Je pense qu’un mec comme Antoine Daniel, dans quelques années quand il regardera avec du recul toutes ces années là, il aura de quoi être fier ! Et donc voilà, la vidéothèque d’Alexandrie c’est vachement bien, le concept, après il faut encore que ça s’organise, il faut encore que ça trouve sa place mais c’est vachement bien de se regrouper parce que ça permets aux uns de vivre avec les autres, en fait ils sont plus ou moins en train de monter ce qu’en son temps le Nesblog avait monté avec les chaînes de jeux vidéos.
N : Tu peux rappeler juste en deux mots ce que fait la vidéothèque d’Alexandrie ? C’est juste un groupe ?
B : Un groupe de vidéastes youtube, sachant qu’ils se regroupent autour de cette notion là, que pour faire partie de la vidéothèque d’Alexandrie il faut présenter un contenu qui est soit éducatif soit culturel, ça peut être scientifique, ça peut même être sur des sujets qui peuvent être jugés complètement à la con, c’est-à-dire qu’on peut très bien avoir une chaîne qui parle de jeux vidéos mais si on apprend des choses sur les jeux vidéos, sur l’histoire des jeux vidéos, sur l’économie des jeux vidéos, ou sur la psychologie du gamedesign, ça peut avoir sa place dans la vidéothèque d’Alexandrie. Ca permet, il y a des gens qui vont connaître admettons Code Mu, Code Mu qui parle beaucoup de français, qui explique l’origine de mots méconnus, ou bien l’origine d’expressions un peu curieuses,… comme pourquoi est-ce qu’on dit “au temps pour moi”, pourquoi est-ce que ça s’écrit comme ça…
[Une photo de PhysicGirl apparait dans la chatroom] Oh PhysicGirl !… PhysicGirl c’est ma chouchou, bref…
Les gens connaissent Code Mu ou ils connaissent Nota Bene ou ils connaissent Dirty Biology, ils vont arriver par là et d’un coup ils vont connaître Revues du monde, ils vont connaître Scilabus, Pilote, qu’ils auraient peut-être aussi connus par ailleurs d’eux mêmes. Il faut qu’ils fassent attention justement dans cette vidéothèque d’Alexandrie à ne pas trop se disperser, c’est qu’ils ont tout ce qu’il faut en main pour que leur logo vidéothèque d’Alexandrie soit quelque part un gage de qualité. Que les gens disent voilà, s’il y a un truc qui est tamponné vidéothèque d’Alexandrie, s’il n’y avait pas le tampon ça pourrait être très bon mais s’il y a le tampon ça veut dire que ça a été validé par des gens que vous aimez, que vous regardez et donc ça va vous plaire normalement. Donc c’est un truc d’aide et ça marche assez bien, je suis assez content.
N : Ok. Bon pour en finir un peu avec les inspirations, tu lis des blogs ? Il y a des journalistes qui t’inspirent aussi un peu ? Ou l’écrit ? Moins ?
B : Je suis moins dans l’écrit en fait, j’ai plus le temps, en fait quand je suis dans l’écrit, je suis dans les livres.
N : D’accord, j’allais y venir aussi, et la science fiction dans tout ça ? T’es Tardis ou DeLorean ?
B : Ah moi je suis plutôt Tardis, parce que moi je ne suis pas de la génération DeLorean, en fait c’est ça, c’est-à-dire que moi j’étais déjà grand quand il y a eu le premier… enfin je dis ça j’étais déjà grand, non le premier c’est quand ? C’est quatre-vingt-cinq/quatre-vingt-six ?
N : Ouais ça doit être à peu près dans ces eaux là…
B : Quatre-vingt-cinq j’étais pas si grand que ça, j’avais huit ans. Mais attention moi j’ai beaucoup aimé Retour vers le futur, mais je sais qu’il y a toute une génération pour qui Retour vers le futur c’est LE film, ah non moi c’est pas LE film. Moi j’ai été à cheval entre le Retour du Jedi, que j’ai vu au cinéma, c’est le seul de la vraie trilogie que j’ai pu voir au cinéma, et Matrix, je suis quelque part entre ces deux trucs. Même si pour moi la science fiction, pour le coup la “‘vraie” science fiction aujourd’hui, c’est 2001 point barre.
N : Point barre, d’accord, les choses sont claires [rires].
B : Après on peut discuter d’Interstellar, on peut discuter aussi de quelques autres films.
B : On peut discuter de quelques autres films, mais…
N : Non mais c’est marrant que tu dises que la science-fiction c’est 2001 point barre parce que là je dirais c’est de la science où on met de la fiction autour, mais t’as typiquement ce que fait Douglas Adams, alors c’est pas du cinéma mais où on est un peu loin de la science fiction mais je trouve qu’il y a toute la démarche scientifique et la curiosité qui est là.
B : Ah mais attention, moi Douglas Adams j’adore, j’adore ! J’avais fait tout un épisode avec la serviette autour du cou pour prévenir le towel day [ndlr : c’était dans l’épisode 16 “Les élections européennes et les institutions européennes”], donc Douglas Adams j’ADORE, et je le revendique, et à chaque fois que je présente des bouquins, il y a toujours un bouquin de Douglas Adams qui passe au milieu en disant “hey n’oubliez pas H2G2“.
N : Donc c’est plus la SF au cinéma que tu disais peut-être.
B : Oui c’est ça. Mais c’est vrai qu’en SF papier pour le coup il n’y a pas que 2001. Il y a Arthur Clarke, il y a aussi Asimov, Philip K. Dick, après on va mélanger plein de choses parce qu’il va y avoir l’anticipation, il va y avoir du SF qui va mélanger avec du fantasy à la Douglas Adams, voilà. Mais il y a Douglas Adams comme il y a Terry Pratchett aussi, moi c’est des mecs qui me font halluciner. J’essaie de comprendre les mécanismes de pensées de ces gens là, un mec comme Douglas Adams, comprendre comment est-ce qu’il arrive à s’imaginer… [Se rappelle de quelque chose] Ah oui j’avais oublié il y a Contact ! Oula, oui Contact c’est de la vraie pure science-fiction aussi pardon. Je m’excuse. Pour le coup Contact, Zemeckis qui a fait aussi Retour vers le futur…
N : Et Contact dans toutes ses versions est très bien, c’est-à-dire dans la version film, la version écrite et dans la version blog audio lue par Jodie Foster est géniale aussi.
B : Je connais le bouquin de Sagan, et je connais le film, film qui a donc été réalisé par Zemeckis qui a fait aussi Retour vers le futur, pour le coup moi entre Retour vers le futur et Contact il n’y a pas d’hésitation. Mais Contact, il y a beaucoup de choses en commun avec 2001 si on réfléchit bien, toute la partie “finale” de 2001, on la retrouve dans Contact.
N : Ouais c’est vrai, je connais pas les interprétations derrière.
N : Mais je vois bien le côté perché de la fin, qu’Interstellar a essayé un peu de faire aussi, tous ces films là ont envie de faire un côté perché à la fin.
B : Ce qu’il se passe c’est qu’ils sont obligés à un moment donné de représenter quelque chose, qu’on sait qu’on ne peut pas se représenter. Voilà on va représenter un univers en onze dimensions, mais comment tu veux faire ça, ben c’est simple on a qu’à faire… ben le mec il est dans sa chambre en fait… C’est pas plus absurde qu’autre chose.
N : Et il voit de tous les côtés en même temps.
B : Voilà, et c’est pas plus absurde qu’autre chose au final.
N : C’est ça [rires]. Et là parmi toutes ces sources ou d’autres, est-ce qu’il y en a une qui a complètement changé ta vision du monde à un moment donné ?
B : Alors, parmi ces inspirations…
N : Ou d’autres hein, un moment où tu as découvert quelque chose, bon lié aux sciences, qui aurait changé vraiment ta vision du monde
B : Ah lié aux sciences.
N : Ouais ou à la science-fiction éventuellement mais qui aurait peut-être déclenché un peu cette flamme ou des choses comme ça…
B : Non je pense pas vraiment. Pour moi c’est vraiment quand j’ai découvert Kubrick ouais. La façon dont j’ai découvert 2001 est assez marrante. A l’époque, autour du nouvel an, je sais plus si c’était la nuit du nouvel an ou quelques jours avant, sur France 3 qui à l’époque s’appelait FR3, ils passaient donc des films, je crois que c’était Cinéma de minuit, qui existe toujours hein d’ailleurs, qui était présenté par un type qui a une ponctuation tout à fait aléatoire, qui dit “le film de ce, soir, a été écrit en 1968, et est réalisé, par Stanley Kubrick”, il parlait comme ça, il est fascinant ce gars. Et moi ce que j’aimais c’est qu’entre les deux films, il y avait des Tex Avery.
N : D’accord.
B : Je parle de ça, j’avais dix ans, donc j’étais trop petit pour regarder… Le premier film se terminait à minuit, y’avait deux Tex Avery et ensuite il y avait le deuxième film. Et donc j’avais demandé à mes parents d’enregistrer et ils avaient programmé pour enregistrer le Tex Avery . Ensuite ils ont laissé courir la cassette. Et donc le lendemain quand je regarde ça, je mets, je regarde les Tex Avery et puis d’un coup, y’a 2001 qui était le deuxième film qui commence, et j’ai découvert 2001 comme ça [Note de Johan qui fait la retranscription : Je me marre parce que je me rappelle d’une cassette de Tex Avery aussi étant gamin qui commençait par la fin de Pierrot le fou].
N : D’accord, à cet âge là en plus !
B : Ouais dix ans.
N : A dix ans tu découvres des hommes préhistoriques, tu te dis “c’est génial”.
B : Voilà, ensuite le vaisseau, je me dis c’est dingue, c’est vachement bien fait, j’avais rien bité au film, qu’on soit clair.
N : J’imagine.
B : Mais, et c’est ça la force aussi de Kubrick qu’on retrouve parfois aussi un peu chez Lynch, c’est de se dire, j’ai rien compris mais je sens qu’il ne s’est pas foutu de ma gueule. J’ai rien compris mais je sens bien qu’il y avait des choses à comprendre et que c’est moi qui n’ai pas compris. Et je pense que ça vient de là, à un moment donné.
N : Je vois très bien ce que tu veux dire.
J : J’aime vraiment bien quand tu dis “j’ai rien compris mais j’ai l’impression qu’il ne se fout pas de ma gueule et qu’il n’y a pas rien à comprendre” parce que c’est vrai que c’est un peu énervant dans certains films de science-fiction ça.
N : C’est vrai que c’est une sorte de contrat avec le film quoi, que quand tu comprends qu’il se fout de ta gueule tu te dis bon ok là il se fout de ma gueule.
R : C’est clair que le problème c’est quand tu te demandes “pourquoi ?”. Quand tu ne te demandes pas pourquoi, que tu ne comprends rien, mais que tu ne te demandes pas pourquoi il se passe tout ça, c’est bon, ça marche, enfin d’une certaine manière c’est un bon test. Quand tu te demandes pourquoi c’est que quelque part c’est quelqu’un qui a juste voulu faire un truc un peu obscur…
B : C’est en fait ce que je disais dans ma vidéo sur le voyage dans le temps, où je disais voilà on va essayer de parler sérieusement de voyage dans le temps, on ne va pas le faire comme dans les films où ils disent “bah c’est simple il n’y a qu’à inverser la polarité et puis c’est bon”. Ca, ça m’intéresse pas, moi ce qui m’intéresse ce sont ceux qui écrivent de façon intelligente et qui essaient vraiment de répondre aux questions.
N : Arc-boutez les archemuses ou je ne sais plus ce que c’était.
B : Voilà, non c’est ah… “Souquez les artimuses !”
N : Voilà ! Souquez les artimuses !
B : Ca veut rien dire souquez les artimuses… Bon quand on cite du Chabat ça va aussi.
J : On passe en vitesse lumière Chewy ! [quelqu’un (Bruce ?) parle Shyriiwook]
N : Je te demandais tes inspirations etc et moi j’ai vu ta dernière vidéo sur Turing et j’ai découvert qu’a priori tu as quand même une très grosse passion pour Turing.
B : Ouais.
N : C’est quoi cette histoire là ?
B : En fait, la plupart des gens qui suivent l’émission, même ceux qui la suivent que de très loin, savent que j’ai une vraie passion pour Tesla.
N : Ouais.
B : Alors après Tesla, il y a Turing.
N : Ne serait-ce qu’en regardant l’endroit où tu filmes.
B : Oui c’est ça, mais après Tesla, il y a Turing, c’est-à-dire que moi j’ai quelques personnages… Et ce qui est marrant c’est qu’après Turing c’est Rachmaninov. Donc rien à voir.
N : D’accord.
B : Mais j’adore l’histoire de Rachmaninov. En fait moi Turing quand j’étais gamin, je me disais : un jour je serai réalisateur de films et je ferai des films, d’ailleurs j’ai pas complètement abandonné cette idée.
N : Non pas trop.
B : Mais comme beaucoup de vidéastes sur youtube, on a tous en tête cette idée de la fiction, quelque part à un moment donné. Du court, du long, du web, de la série, on sait pas. Et quand j’étais gamin je me disais, je ferai un film sur la vie de Turing.
N : Et Turing, tu l’as découvert comment ? Comment tu t’es trouvé une passion pour Turing ?
B : Là pour le coup ce qu’il ce passe c’est que moi, je pense que c’est aussi lié à ma génération, c’est-à-dire que mon premier ordinateur je l’ai eu, j’avais six ans, j’avais cinq ou six ans, c’était un TO 7-70, qu’on branchait directement sur sa télé, avec une prise péritel, j’avais les cartouches de 16 Ko de ram. 16 Ko je précise hein, donc c’est pas des giga, c’est pas des méga, c’est des kilo, 16 Ko de ram qui faisaient genre six cents grammes.
N : Et qui faisaient cinq centimètres sur cinq centimètres.
B : Mais c’est ça, c’était un toner d’imprimante le truc ! Avec un crayon optique, et j’ai fait mes premiers programmes en BASIC. 10 print machin, 20 input, 30 go to this,… voilà ce genre de conneries.
N : Qui ressemblait pour le coup beaucoup plus à une machine de Turing que les langages actuels.
Le Commodore 64
B : Exactement. Il y a eu ce côté là et puis j’ai suivi l’évolution des ordinateurs en fait, j’ai eu le TO 7, après j’ai eu un Commodore 64, après j’ai eu un PC [on va récupérer les jeunes là], j’étais le seul type que je connaissais qui avait un PC avec un disque dur ! [Nico se marre] J’avais un disque dur de 20 Mo, j’avais tanné mes parents en leur expliquant que c’était nécessaire pour pouvoir faire des programmes et tout alors qu’en vrai c’était juste nécessaire pour installer Flight Simulator 3. J’avais Word 1 ! Qui tournait en DOS ! [Bruce et Nico se marrent] J’avais donc des disquettes 5.25 pouces et 3.5 pouces, je me rappelle de l’arrivée de la souris ! Et une fois que c’est devenu naturel la souris on se demandait comment on avait fait avant ! Mais donc de fait moi je pense que je fais partie de cette génération, tous ceux qui comme moi ont eu un ordinateur jeune, dans les années quatre-vingt, savent bidouiller un ordinateur, ils savent faire de la programmation. Ce ne sont pas nécessairement des tueurs, ils ne savent pas nécessairement faire de l’assembleur tout ça, et ce qu’il se passe c’est que dès qu’on se pose la question du BASIC ou de l’assembleur un petit peu en profondeur, on tombe sur Turing, et on se dit, mais ce mec là c’était quand ? Mais à l’époque il n’y avait pas d’ordinateur ! C’était juste abstrait.
N : Oui c’était juste une vue de l’esprit, et pire encore c’est les booléens qui sont encore plus vieux !
B : Mais oui ! Quand j’ai découvert qu’en fait on pouvait avec des portes faire des mémoires à 4 bits, des mémoires à 16 bits, j’en ai fait.
N : Alors ce qui est bien c’est qu’il y a des jeunes aujourd’hui qui sont en train de redécouvrir ça avec Minecraft.
B : Mais exactement, tu me retires les mots de la bouche, moi j’adore voir le fait qu’aujourd’hui, il y a des gamins de quinze ans qui fabriquent des imprimantes 3D et des PC dans Minecraft, je trouve ça génial !
N : Avec des portes logiques etc.
B : Je trouve ça excellent.
N : Ok. On va faire cinq minutes d’auto-promo parce que je pense que c’est intéressant de poser la question, est-ce que tu connaissais Podcast Science ? Et plus généralement parce que ce n’est pas que pour parler de nous, est-ce que tu écoutes et que tu connaissais des podcasts audio ?
B : Alors je précise, je ne connaissais pas Podcast Science avant de commencer e-penser, mais je connais Podcast Science depuis quelques mois déjà. Je ne suis pas très podcast audio, il y a eu une époque il y a quelques années où j’étais très podcast audio parce que je marchais beaucoup, parce qu’en fait je bossais assez loin de chez moi et que j’y allais à pieds, maintenant je bosse toujours au même endroit, je bosse dans mon studio donc. Mais avant je marchais. Et donc ce qu’il se passe c’est que je les chargeais sur mon smartphone, enfin c’est comme ça qu’on appelle les iPhone je crois.
N : Oui
B : Et donc en fait je me les écoutais sur le chemin. Mais c’est un truc qui revient aussi, je vois qu’il y a CGP Grey avec Brady Haran qui est un journaliste, qui chapeaute les chaînes Numberphile, Computerphile, Periodic tables, Sixty Symbols etc. Ils ont un podcast audio qui s’appelle Hello Internet, qu’ils font quand ils peuvent, je ne suis pas sûr que ce soit ultra régulier, où ils parlent de plein de sujets, et donc c’est quelque chose qui est en train de revenir, y compris sur les chaînes anglophones. Ce qui n’est pas mal ! Moi j’aime bien la diversité de médias en fait.
N : Moi aussi, mais en fait je te pose la question parce qu’un truc qui m’intrigue beaucoup, et je voulais avoir ton avis, c’est que concrètement, dans notre vie quand on fait plein de choses à côté, on a beaucoup plus de temps pour écouter des choses que pour en regarder, et pourtant les choses sont beaucoup plus regardées qu’elles ne sont écoutées, voilà, je ne comprends pas. Je ne sais pas si tu as un avis là dessus.
B : Alors ça moi j’ai peut-être un début d’explication, et ça je pense que c’est lié à un truc dont je parlais dans ma dernière FAQ je crois, sur le fait qu’aujourd’hui, les gens ne savent pas s’ennuyer, on ne sait plus s’ennuyer aujourd’hui, on a plus le droit de s’ennuyer. Ce qu’il se passe c’est que le premier de nos sens, celui qui est le plus utilisé c’est la vue, et que donc ne pas s’ennuyer c’est stimuler sa vue. Je pense que c’est ça.
N : Oui d’accord…
B : Et c’est pour ça qu’il peut y avoir masse de vraies conneries à la télé…
N : Ouais bien sûr et qu’on laisse la télé allumée…
B : Mais des fois complètement assumées ! Sur NRJ12 il y a des émissions, je regrette, elles sont complètement assumées pour n’être rien d’autre que de l’occupation des yeux.
N : Mais par exemple si on reprend, parce que bon, les podcasts et les vidéos youtube c’est assez récent, mais on passe plus de temps à écouter la télé qu’on passe de temps à écouter la radio.
B : Bien sûr.
N : Et sans la regarder même, c’est ça qui est bizarre.
B : Oui bien sûr…
R : Avec le gros problème, moi personnellement, quand il y a une image ça m’empêche de me concentrer aussi bien que quand il n’y en a pas, mais après ça je pense qu’on est pas tous foutus pareils non plus.
B : Non mais si, c’est tout à fait logique ! Justement, quand il y a une image, ça nous stimule, si on regarde cette image on se concentre de fait sur cette image et on se déconcentre d’autre chose !
I : Ah oui ça, ça fait partie de la nature des animaux où notre cerveau il est vraiment programmé pour justement être capable de, comment dire, être attrapé par des images.
R : Et le fait est que pour te répondre aussi Nico quand même, imagine tu es sur internet, tu surfes comme ça, sans être abonné à quoi que ce soit, sans avoir tes habitudes déjà etc. Tu tombes sur une vidéo, tu la regardes. Tu tombes sur un truc audio, tu vas ouvrir un onglet tu vas lire un texte et finalement tu ne vas jamais écouter l’émission jusqu’au bout.
N : Mais je m’en rends compte, mais je trouve qu’il y a des échelles entre les deux qui sont assez incroyables.
B : Je ne sais pas si vous vous rappelez mais jusqu’il n’y a pas si longtemps, les ordinateurs n’avaient pas nécessairement d’enceintes.
N : Oui, c’est vrai aussi.
B : Les ordinateurs ont toujours eu un écran, ils n’avaient pas nécessairement de sortie audio.
N : Oui oui.
B : Les sites internet aujourd’hui passent rarement de la musique ou des choses comme ça. Moi le premier truc que je fais quand je suis sur un site et qu’il y a du son, je le coupe !
N : Ben c’était dans les années quatre-vingt-dix qu’on s’éclatait, on mettait de la musique et tout, mais on a vite arrêté quoi ! [se marre]
B : Mais pourquoi ? A un moment donné pourquoi ? A priori il n’y a pas de raison particulière… Mais c’est vrai que dès que je vais sur un site où il y a de la musique, le premier truc que je fais c’est “où est le player ?” et si je ne coupe pas dans les trois secondes, je jarte le site.
N : Alors qu’on a des gif animés.
B : Et ça, ça ne me pose aucun problème, j’aime bien.
N : Sur e-penser, on en a rapidement parlé, ta chaîne existe depuis bientôt deux ans, ce que tu disais, elle a eu un succès complètement délirant, tu t’attendais un peu à ça ?
B : Pour être tout à fait honnête je m’attendais à ce que ça marche, je ne m’attendais pas à ce que ça marche aussi bien, c’est-à-dire que j’étais sûr et certain que ça intéresserait un public, mais je ne pensais pas que ça intéresserait autant de monde, je ne pensais pas que ça plairait autant, je vois, il y a des réactions où je me dis, je serais à leur place, je n’aimerais pas ça autant qu’eux. Non mais c’est dingue. Moi je l’ai dit, je n’arrête pas de le dire en ce moment, moi je m’étais fixé comme objectif d’atteindre cinquante mille abonnés en deux ans avant de me poser la question de savoir si je continuais ou si j’arrêtais. Donc moi j’étais parti pour faire ça pendant deux ans en me disant si j’ai cinquante mille au bout de deux ans, ça vaudra vraiment le coup de se poser la question de continuer. Et ben voilà, là ça fait quoi, ça fait quinze mois, non ça fait un peu plus que ça maintenant, ça fait on va dire dix-huit mois pour faire simple, ça fait dix-huit mois et je suis à je sais pas, deux cent seize, deux cent dix-sept mille abonnés. C’est dingue !
N : Objectif rempli.
B : C’est l’équivalent de la ville de Rennes.
N : C’est Rennes. On passe le bonjour à la ville de Rennes qui nous écoute !
B : Aujourd’hui il y a dix villes en France qui ont plus de deux cent mille habitants !
N : Oui oui !
B : Je veux dire c’est dingue. Je ne veux même pas imaginer, du coup c’est vrai, comme Antoine Daniel qui frise les deux millions, ou un Cyprien qui en a plus de six millions [nldr : sept maintenant] ! Et je ne parle même pas d’un Pew Die Pie qui a plus de trente-quatre millions [ndlr : trente-huit], Pew Die Pie a plus d’abonnés sur youtube que youtube !
N : Est-ce que tu as un épisode préféré de tes épisodes ?
N : Mendeleïev c’est un de mes préférés aussi. C’est celui là où tu dis qu’il est badass je crois [ndlr : équivalent de swag] ?
B : Oui c’est c’est ça, c’est que c’est une rock star badass de scientifique barbu russe, voilà, à un moment donné, comment expliquer Mendeleïev ce que ça a pu être pour l’époque ? Parce qu’évidemment le mec c’était pas ZZ Top non plus mais expliquer que le mec il détonnait complètement là dedans et que voilà, badass quoi !
N : Avant donc de poser les questions d’auditeurs, je vous assure ça arrive, juste parler des sous un peu.
B : Aaaaah !
N : C’est important de parler de sous, parce que bon on se pose tous ces questions là, est-ce que tu voudrais générer des revenus ? Alors je sais qu’on va parler de Tipeee hein mais, éventuellement est-ce que tu voudrais vivre de cette activité, parce qu’actuellement si je ne me trompe pas, il n’y a pas de pub sur youtube, sur ta chaîne.
B : Ah si si !
N : Ah bon, parce qu’on a pas réussi, c’est Alan qui n’a pas réussi à en voir !
B : C’est Adblock, c’est parce que tu as Adblock c’est ça !
N : D’accord, donc tu as bien une monétisation sur youtube et Tipeee en plus.
B : Oui c’est ça.
N : Et tu as pour objectif d’en vivre, c’est ce que tu disais ?
B : Ah moi ce que je souhaiterais aujourd’hui c’est que ça devienne mon activité principale, voilà.
N : D’accord.
B : Donc mon activité principale ça veut dire qu’il faut que ce soit l’essentiel de ce qui me fait vivre.
N : D’accord.
B : Pour que je puisse justement lever un peu le pied au niveau de l’architecture logiciel.
N : Et en imaginant que c’est youtube, en devenant youtubeur ou en imaginant une activité un peu plus variée que juste du youtube ?
B : Alors là pour le coup je vais rejoindre un peu ce que disent la plupart des youtubeurs et donc des vidéastes à qui on pose cette question c’est que moi je ne suis pas particulièrement attaché à youtube, c’est là que ça se passe, si demain ça se passe sur dailymotion, ce sera sur dailymotion.
B : Si ça se passe sur Twitch, ce sera sur Twitch, si ça se passe sur Wat, ce sera sur wat. Je veux dire, je ne suis pas attaché à une plateforme en particulier. Il se trouve que c’est la plateforme qui a le plus de succès, et elle a toutes les fonctionnalités qui vont bien, il en manque, il y en a qui ne servent à rien etc., mais on voit arriver maintenant Facebook vidéo, Twitter vidéo etc. On ne sait pas comment ça va évoluer, et moi ce qui est sûr c’est que je n’aurais aucun souci idéologique ou philosophique à changer de plateforme, ça posera des problèmes techniques parce qu’on va perdre des abonnés en route parce qu’ils n’auront pas eu l’info, ça c’est compliqué, mais je ne suis pas particulièrement attaché à youtube.
N : D’accord, et au niveau du Tipeee, donc pour rappel, c’est un concept hybride entre plein de trucs, mais grosso modo c’est du pourboire virtuel ?
B : Voilà c’est ça.
N : Je sais que tu n’aimes pas le terme…
B : Non mais voilà, moi le terme de pourboire me gène un petit peu mais en fait c’est du financement participatif, c’est un peu le même principe que le crowdfunding sauf qu’au lieu de financer un projet qui n’existe pas, on aide à post-financer un projet qui existe déjà.
N : C’est des dons un peu, on met des mots moderne mais en fait c’est du don quoi.
B : C’est ça. C’est du don, mais en étant clair sur le fait que don ou pas, l’émission existera tant qu’elle pourra exister. Elle existe déjà, voilà elle est là.
N : Et du coup les coordonnées c’est facile à trouver, il suffit de chercher e-penser sur Tipeee et on trouve ?
B : Ouais alors, Tipeee, je ne sais pas pourquoi, c’est T-i-p et il y a trois e !
N : Ah il y a trois e, d’accord, je croyais que c’était que deux.
B : C’est Tipiiiiiiiiii, non non il y en a trois, je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça mais voilà.
N : Ok, alors bon, alors je ne sais pas si ça vaut le coup de poser des questions sur les projets, tu nous as déjà parlé de plein de trucs, tu as des nouveaux projets, tu as des choses à dire ou pas ?
B : Alors 2015 il y a énormément de projets, non mais 2015 je déconne pas, il y a énormément de trucs en préparation.
N : C’est rassurant on est en février.
B : Ah ouais non, mais il n’y a qu’à voir, depuis le premier janvier, là on est le dix février, depuis le premier janvier je suis à sept épisodes déjà !
N : Ouais ! C’est bon, bon score.
B : Sept épisodes en comptant celui qui sort après demain, je précise, voilà. Mais non il y a beaucoup de choses qui sont en préparation.
N : Dont tu ne peux rien dire.
B : Dont je ne peux pas parler, voilà, il y a plein de collaborations…
N : Et donc du coup, tant pis, on va aller plus loin, comme ça tu pourras peut-être en parler, la question d’entretien d’embauche dépassée : tu vois le projet comment dans dix ans, dans cinq ans, c’est dur hein ?
B : C’est super compliqué de répondre à une question comme ça ! Je pense que si ça continue, dans dix ans je ne sais pas, dans cinq ans, je pense qu’e-penser existera encore, j’espère, mais clairement je pense que ce sera complètement industrialisé. Donc ça aura probablement perdu un petit peu de son charme.
N : T’auras perdu les premiers arrivants, c’est souvent comme ça que ça se passe.
B : Mais j’ai déjà perdu des premiers arrivés.
N : D’accord.
B : C’est triste mais je sais qu’il y a quelques noms, des avatars, parce que justement à l’époque je pouvais discuter avec eux, il y en a beaucoup qui sont partis, peut-être qu’ils reviendront, peut-être pas, je sais pas. A un moment donné…
N : Tu te dis que l’industrialisation va être forcée à un moment, surtout si tu veux en vivre.
B : A un moment donné je vais être obligé, c’est-à-dire qu’à un moment donné je vais être obligé d’avoir quelqu’un qui m’aide à faire le montage, quelqu’un qui m’aide à faire le son, quelqu’un qui m’aide à faire tout ça. Et de fait ça va faire évoluer la chose, moi je resterai aux manettes pour tout ce qui est écriture, pour tout ce qui est tournage, et encore je dis ça maintenant, j’en sais rien, si ça se trouve ce ne sera pas du tout le cas, si ça se trouve dans cinq ans ce sera encore plus artisanal qu’aujourd’hui ! Voilà, il y a des contre-exemples, je prends LinksTheSun, ça fait quand même un certain nombre d’années qu’il est là.
N : Oui et où c’est resté tout aussi…
B : Il garde sa patte, ça reste LinksTheSun, à aucun moment on se dit…
N : J’sais pas s’il a envie par contre.
B : Je ne sais pas, j’espère, mais voilà, LinksTheSun ça reste LinksTheSun et pourtant il fait évoluer les concepts hein, il fait évoluer, enfin je veux dire la qualité évolue, tout évolue, mais ça reste LinksTheSun, à aucun moment je me dis “bon ben il y a une équipe de quinze personnes maintenant derrière”.
N : Alors que si ça se trouve il y en a une mais tu ne le vois pas.
B : Mais si ça se trouve il y en a une ! Mais en tout cas elle est invisible. Et c’est là où par exemple aux Etats-Unis, tu prends la chaîne SciShow, mais ça c’est américain, en France ça passe pas, la chaîne SciShow, si tu regardes le générique, mais il y a quarante personnes qui bossent sur les épisodes ! Pourtant c’est un type qui est devant un fond bleu, seul, et qui parle et il y a des illustrations. Je veux dire, il y a moins de choses complexes à mettre en place que pour un épisode d’e-penser, mais il y a quarante personnes derrière ! C’est les américains.
N : Oui, c’est à l’américaine.
B : Mais parce qu’eux n’ont pas peur de dire voilà on est une équipe, ils n’ont pas peur de dire que ça coûte du blé, pas peur de dire qu’il faut qu’on vende des produits pour que ça rapporte.
N : Ok, bon je voulais qu’on parle juste vite fait de communication scientifique parce qu’on a parlé beaucoup de ta chaîne et on a pas peut-être abordé l’essentiel, pourquoi c’est important de comprendre la science ?
B : Heu, il y a plein de façon de répondre à cette question, une des façons c’est de répondre en amenant la quote que j’ai préparée, maintenant je ne sais pas, c’est peut-être pas le moment.
N : Ah merde, c’est pas le moment non !
B : Alors du coup je ne vais pas y aller par ce biais là. En fait ce n’est pas que c’est important de comprendre la science, ce qui est important c’est de comprendre que le processus de pensée dans un cadre scientifique, n’est pas le même que dans les autres cadres. Il y a deux ans je discutais avec des gens sur internet, qui quand on leur disait “la gravitation”, ils me répondaient “c’est ton opinion”.
N : Oui !
B : Non c’est pas mon opinion, non il y a plein de choses et dans les sciences, notamment dans les sciences humaines, il y a des sujets pour lesquels on peut dire “c’est ton opinion, parce qu’on a pas pu prouver, parce qu’on a pas validé, etc.” mais même dans les sciences dures il y a des sujets pour lesquels on ne sait pas trop, il y a des hypothèses mais…
N : Mais il y a des sujets on sait quoi.
B : Mais il y a des sujets où ce qu’il se passe c’est que si on est d’accord sur les axiomes, ce qui en découle naturellement c’est pas une opinion. Il y a des gens qui disent “toi tu décides de penser ça, moi je décide de penser autre chose”. Là j’ai découvert récemment, je crois que c’était par une vidéo de Vsauce [Oui en effet, elle est ici], le, comment ça s’appelle, alors c’est pas vraiment une religion, mais c’est un courant de pensée, c’est plus une doctrine en fait, ça s’appelle le “last thursdayism“, c’est un courant de pensées qui consiste à dire que l’univers a été créé jeudi dernier. Mais c’est un truc très sérieux !
N : [rit] Et jeudi dernier, tous les jeudis derniers ?
B : Jeudi dernier.
N : D’accord.
B : Voilà, et ce qu’il se passe c’est que si tu te poses la question dans une semaine, tu diras “mais je m’étais déjà posé la question la semaine dernière”. Tu diras “non, parce que quand l’univers a été créé jeudi dernier, il t’a créé avec déjà le souvenir de cette question.
N : D’accord je vois.
B : Et l’intérêt de ce truc là, donc des “jeudi dernierisme”, je ne sais pas comment ça s’appelle en français, c’est que ça fait partie de ces hypothèses qui sont indémontrables.
N : Ouais, et du coup l’opposé aussi.
B : On ne peut pas démontrer que c’est faux puisque quel que soit l’argument qu’on apporte, on pourra toujours nous répondre oui mais évidemment, puisque ça a été créé avec cet argument déjà en tête. C’est comme quand je discutais avec un créationniste, qui m’expliquait qu’en fait, dieu en créant la terre avait déjà créé des fossiles de dinosaures. Ok dans ce cas c’est bon, la discussion est close. Je lui ai répondu ça, moi ce que je pense, c’est qu’en fait je suis le seul à exister, tout l’univers n’existe que dans ma tête. Prouve moi que c’est faux.
N : Oui c’est ça.
B : “Mais moi je sais que j’existe”, “non tu penses que tu sais que tu existes mais en fait c’est dans ma tête”. C’est exactement la même chose. Et c’est pour ça que moi il y a aussi un truc qui m’intéresse énormément et je prends le temps de préparer ça parce que je sais qu’on va m’attendre au tournant là dessus, même si on me le demande, on me le réclame. Je vais me faire la pensée complotiste.
N : Ah oui !
B : Je vais me l’emplâtrer.
N : Si tu as envie d’inspiration, alors c’est une émission assez longue [épisode 146 de podcast science], on a reçu Alexandre Moatti qui a écrit un bouquin qui s’appelle Alterscience, sur tout ce qui est ce que lui appelle les “alterscientifiques” c’est-à-dire, c’est pas que les complots, c’est surtout toutes ses théories alternatives qui ne sont absolument pas des théories scientifiques.
B : Toutes ces alternatives qu’on trouve sur le web.
N : Mais pas que sous forme complot, tu as des choses qui sont plus sur la durée, ou des gens…
B : En fait je l’ai mal dit, je dis complotiste parce que ça résume tout pour moi, mais c’est ça aussi, c’est toutes les théories alternatives et fumeuses qu’on peut trouver sur le web.
N : Ouais. Voir même certaines fois les politiques y ont cru, on avait parlé des avions sniffeurs ou je ne sais plus quoi à l’époque ou des choses comme ça.
B : Moi il ne se passe pas une semaine sans qu’on me parle, et c’est pour ça qu’à un moment j’ai craqué j’en ai parlé, donc il ne se passe pas une semaine sans qu’on me balance le lien de la révélation des pyramides pour me dire “faudrait que tu en parles parce que le monde devrait savoir”. [Note de Johan-qui-met-les-liens : J’avoue que ça me fait un peu mal de mettre le lien vers ce documentaire fanchement complotiste et scientifiquement très con, donc on va dire que si vraiment vous voulez le voir tapez “révélation des pyramides” sur google et gardez à l’esprit que c’est du gros pipeau.]
N : Moi quand je l’ai vu, je l’ai trouvé bien ce documentaire, c’est après que…
B : Il est bien ce documentaire, mais c’est une énorme manipulation !
N : Ben oui c’est ce que j’ai compris après !
B : La structure de ce documentaire en fait reprend la structure du mythe unique de Joseph Campbell, qui est en fait la structure qu’on retrouve dans Star Wars, qui est la structure qu’on trouve dans toutes les grandes histoires, dans Avatar, tu vois c’est la structure vraiment du mythe unique. Si tu réfléchis bien, ce documentaire en fait c’est une personne qui est sensée être la narratrice mais en vrai cette personne est une comédienne, parce qu’on nous présente ça comme un documentaire, c’est pas du tout un documentaire.
N : Oui.
B : Cette comédienne, qui se retrouve devant les pyramides et là elle se rend compte de quelque chose, et il y a l’appel à l’aventure, c’est l’étape deux, elle va avoir besoin d’un mentor, c’est l’homme mystère qui lui dit “Allez voir les gens, montrez leur ces chiffres, etc.” alors qu’en fait, l’homme mystère en question c’est le mec qui réalise le documentaire. Je veux dire, tout est monté pour pour qu’on s’identifie complètement à ce personnage et qu’on la suive dans ces trucs là. Mais avec une masse d’absurdités, de trucs qu’on nous présente comme des coïncidences, je ne crois pas ! Tout ça n’a aucun sens. Et à un moment donné, je me rappelle…
N : Et aussi, cette tendance à dire “Ils ne nous laissent pas faire l’expérience qui prouvera tout”.
B : Mais oui. Mais moi j’adore, à un moment donné j’en avais marre, je discutais sur je ne sais plus quel truc j’étais, où je discutais avec des gens qui étaient vraiment des purs complotistes et compagnie. J’ai dit : maintenant mettez-vous un truc en tête, quand vous voyez une vidéo sur youtube qui fait trois millions de vues et dont les premières images sont “Voici la vidéo que tous les gouvernements du monde entier souhaitent cacher”, non. Si une vidéo est sur youtube c’est très facile de l’enlever quand on est un gouvernement, c’est très facile.
N : Voir même si on n’est pas un gouvernement.
B : Je veux dire, c’est pas wikileaks youtube, c’est google ! Google c’est Patriot Act, il suffit d’appeler en disant en vous me virez ça tout de suite. Et je suis sûr que ça a déjà été fait, sans doute.
N : Oui.
B : Mais je veux dire, cette vidéo là, une vidéo qui fait trois millions de vues et qui vous dit voilà la vidéo que tout le monde veut vous cacher. Faut arrêter de croire que vous allez être un privilégié qui sait la vérité. Non. Et moi j’ai décidé qu’à un moment j’allais me poser la question et ce sera vraisemblablement dans un quickie, d’essayer d’expliquer ce que c’est que la logique complotiste. Comment est-ce qu’on peut discuter avec quelqu’un qui est dans ces idées là. c’est-à-dire que quand on avance un argument, quelque soit l’argument, c’est un argument qui va dans son sens. Et c’est assez déstabilisant de discuter dans ces conditions.
N : Alexandre [Moatti] justement, qui était venu nous parler, qui lui a fait une grosse étude et compagnie, il est allé à des “conventions” sur ces sujets là. Pour vraiment les voir parler, les voir argumenter, parler avec eux et c’est vrai que ce sont des choses qui ne sont pas simples du tout. Mais aussi, à la tête de ces gens là, enfin je ne vais pas refaire l’émission, il y a des gens qui sciemment savent qu’ils disent n’importe quoi et sont malhonnêtes, il n’y a pas que des gens qui y croient sincèrement.
B : Ah non il y a des doux dingues, il y a des gens malhonnêtes mais de toutes façons entre le moment où il y a un type qui a une hypothèse sur les pyramides et le moment où le pseudo-documentaire sort, il y a nécessairement quelqu’un de malhonnête dans la ligne.
N : Oui.
B : Pas tous, nécessairement pas tous, il y en a beaucoup qui y croient. La preuve c’est qu’il y a beaucoup de gens qui regardent qui y croient. Ils disent “Tu ne te rends pas compte, il y a des pyramides partout sur la même ligne !”. Je leur dis “T’as essayé de la tracer cette ligne sur un planisphère ? Ca fait pas du tout une ligne hein !” “Ouais mais bon, tu t’rends pas compte”. Et moi il y a un truc qui m’avait fasciné c’était quand le gars explique qu’on retrouve Pi et le nombre d’or partout dans les dimensions de la pyramide.
N : Ah mais alors ça… Non mais de manière générale.
J : Moi ce que j’ai bien aimé c’est quand il retrouve la vitesse de la lumière en mètre par seconde alors que les pyramides ont été construites avant qu’on sache ce que c’est que le mètre ou les secondes.
B : Ouais et en coudées et en machin, mais il le justifie hein.
N : Sur le nombre d’or, on ne citera jamais assez un de tes collègues youtubeur aussi, ElJj [chaine de Eljj] qui a un blog, et qui a fait un article de blog où il t’explique toutes les propriétés du nombre d’or pour terminer en disant qu’en fait il parlait de racine de deux. En mettant des beaux dessins, avec des ratios etc.
Fausse campagne pour se moquer des “anti-produits chimiques” : Le dihydrogène de monoxide est en fait de l’eau
B : Mais oui ! Il y a un truc qui était génial, c’était aux Etats-Unis, une pétition qu’il y avait eue sur internet il y a quelques années, sur le fait, vraiment, de réduire au maximum l’utilisation de dihydrure d’oxygène [ndlr : monoxyde de dihydrogène], parce qu’on le trouvait dans les cellules cancéreuses, on le trouvait dans les ruisseaux, les fleuves, on le trouvait jusque dans nos plomberies, on en trouvait en grandes quantités dans les êtres humains et que c’était une catastrophe voilà, on en trouve partout et que dans toutes les maladies on en trouve… et en fait ce truc le dihydrure d’oxygène c’était H2O, c’est de l’eau. Et il y a eu je crois, trois cent cinquante mille signatures, des gens qui ont fait des manifs dans la rue pour dire qu’il faut supprimer ça, des personnalités publiques, genre des élus là-bas, des élus locaux qui disent oui mais on adresse le problème, je vais aller au congrès, je vais leur dire qu’il faut faire quelque chose ! [Nico se marre] Voilà. Ca me rappelle cette histoire, je ne sais plus à quel congressman un journaliste avait posé cette question : qu’est-ce que vous pensez du dossier Freedonia, et il dit : ne vous inquiétez pas on est sur le dossier, on s’en occupe. Et Freedonia c’était un pays imaginaire dans un film des Marx Brothers quoi. [Nico se marre] Mais voilà, à un moment donné il y a aussi ce problème-là.
N : Ouais ne pas savoir dire “je ne sais pas” en fait.
B : On n’a plus le droit d’être ignorant, ça c’est un vrai problème.
N : Alors là dessus, sur toutes ces histoires justement d’ignorance et de communication, tu penses quoi de la qualité de la communication scientifique en général et puis éventuellement en France en particulier ?
B : Alors c’est difficile parce que…
N : Là je parle plus de la communication, éventuellement institutionnelle, que tout ce qui se fait au niveau amateur.
B : Oui c’est ça, le vrai gros truc, les publications, les découvertes, etc.
N : Ouais, même au niveau, communication, c’est-à-dire ce qui se fait à la télé, à la radio, dans les magazines, enfin, tout ce qui n’est pas fait par des amateurs comme toi, comme nous, depuis leurs chambres.
B : A la télé j’accroche pas tellement, à la télé on s’occupe pas de science, à la télé on part du principe que le spectateur est idiot et qu’il ne comprendra pas, donc à la télé on supporte un Michel Chevalet, on supporte un Jérôme Bonaldi mais en gros ça s’arrête là. Sinon c’est des émissions pour enfants, c’est des “On n’est pas que des cobayes“, mais surtout, faut surtout pas qu’on explique trop, faut qu’on montre des explosions, faut qu’on montre qu’on fait de la mousse, faut qu’on montre qu’on fait des choses. Voilà, donc moi ça, ça me gonfle un peu, mais c’est pas pour taper sur la télé, parce que je regarde aussi la télé. Mais il y a ce problème là, après je trouve que la communauté scientifique, même si ça change, ça évolue beaucoup depuis quelques années, la communauté scientifique ne s’est pas tellement souciée de communiquer avec le reste du monde pendant pas mal de décennies.
N : Alors ça, c’est pour ça qu’on précisait en France, est-ce que ce n’est pas justement très français ? Parce que dans les pays anglophones t’as beaucoup de bouquins de vulgarisation faits par des très grands scientifiques, et plus qu’en France justement.
B : Tout à fait, c’est sans doute très français. Moi je vois ça vraiment avec l’œilleton du mec français qui voit juste ce qu’il se passe… comment moi je l’ai vécu aussi. Mais parce que c’était ça quoi, c’était vraiment : on ne va pas commencer à perdre notre temps à expliquer, ne vous inquiétez pas, on gère. Il y avait un peu ce côté là, on fait nos trucs, on fait nos recherches, on gère, en plus c’est probablement lié à plein d’histoires politiques, sur l’indépendance des universités avec l’industrie, sur la recherche qui est financée par le public ou par le privé, il y a tout un tas de merdiers là dedans.
N : Sur les applications qui peuvent choquer ou des choses comme ça oui.
B : A un moment donné il y avait une vraie fierté en France de dire, on a fait des découvertes, on ne les brevète pas, et on ne gagnera pas d’argent avec, parce qu’on est comme ça !
N : C’est toujours un peu le cas.
B : Non mais voilà, à un moment donné, j’étais fasciné par cette histoire du gars, Moreno, ou Mareno, celui qui a inventé la carte à puce, donc là pour le coup c’est pas ultra scientifique, c’est plus une invention. Il a inventé la carte à puce, c’était génial, personne ne l’a utilisé en dehors de la France, tous les autres pays ont attendu que ça tombe dans le domaine public.
N : Oui.
B : Parce qu’on ne sait pas vendre en France, ces trucs là, on a des vrais problèmes. Le Rafale, aujourd’hui je ne sais pas ce que ça vaut le Rafale, mais quand le Rafale est sorti, c’était un engin révolutionnaire. C’était un appareil de fou furieux, on est pas foutu d’en vendre. On a un vrai problème, qui est sans doute politique autour de ça. Je ne sais pas, pour le coup je n’ai pas le début du commencement d’une réponse à ce sujet là. Mais je sais qu’à côté de ça on a des esprits qui sont brillants en France. On a notamment des mathématiciens qui sont des pointures mondiales, évidemment il y a le célèbre et très médiatique Cédric Villani.
J : Je peux t’interrompre ? On a une question justement [dans la chatroom], est-ce que tu l’as rencontré ? Tant qu’à faire.
B : Non.
J : Très bien, première question répondue.
B : Non, pour l’instant j’ai pas eu cette occasion/chance.
N : Il est très très sympa.
R : Il est très, oui ça va, il te tutoie en deux secondes et tu sens qu’il te reconnaîtra la prochaine fois. Enfin il est normal à peu près, dans son rapport humain.
B : Oui c’est ça, c’est un peu ce que je voulais dire, ce qu’il se passe c’est qu’il y a un truc qui me gonfle c’est qu’à la télé on nous le présente toujours comme le gars qui a le brushing, les chemises à jabots et une broche araignée.
N : Ben il le cherche un peu.
B : Oui.
R : Ca il le veut ! Ca il le recherche.
B : Non mais parce qu’il n’est pas débile, bien sûr que oui, mais ce qu’il se passe c’est que c’est autre chose que ça. C’est comme moi je veux dire, pardon, et j’espère que je ne vais choquer personne, mais Stephen Hawking, Stephen Hawking c’est un mec qui est brillant, mais c’est un mec, qui, si aujourd’hui il marchait sur ses deux jambes, on le trouverait nettement moins brillant, il y a beaucoup de ça aussi. Attention, je ne veux rien enlever à ses travaux, je parle juste de la perception que le grand public se fait de lui, et moi je trouve ça dommage. J’aimerais que les gens aient justement suffisamment de contexte pour pouvoir apprécier ce qu’il fait, indépendamment du personnage qu’il pense qu’il est. Parce que voilà, parce que Stephen Hawking c’est quelqu’un quoi, c’est pas juste un type qui maintenant a parlé dans les Simpsons et a une voix de robot et a compris l’univers. C’est un type qui a aussi dit des conneries, c’est un type qui a un moment donné dit le voyage dans le temps c’est pas possible parce que si c’était possible on aurait croisé des voyageurs du temps.
N : C’est pas mal comme argument.
B : Mais ça ne suffit pas.
N : Oui, non, ça ne suffit pas.
B : Ca ne suffit pas, moi j’ai plein de contre-arguments, qu’est-ce qu’il se passe si on invente une machine à voyager dans le temps dans 200 ans et qu’il se trouve qu’on ne peut voyager qu’à partir du moment où cette machine existe ?
N : Oui oui…
B : Ben voilà. Ben du coup il n’y aura pas de voyage dans le temps avant. Et pourtant on pourra voyager dans le temps. Et qu’est-ce qu’il se passe si dans soixante mille ans on invente la machine à voyager dans le temps ? Peut-être que les gens n’en auront rien à foutre du XXIe siècle. Parce que probablement que ce ne sera pas un truc de touristes ou des milliards de gens pourront se balader, probablement qu’il y aura très peu de gens qui voyageront. Même si à côté de ça je suis le premier à dire que vraisemblablement voyager dans le passé c’est impossible.
N : C’est assez mal barré.
B : Je me rappelle j’avais vu un documentaire de Stephen Hawking, présenté par Stephen Hawking, donc je ne sais pas s’il l’a écrit ou pas mais le fait est qu’il cautionnait le truc, où à la fin il dit “et puisqu’il n’y a pas de raison particulière pour que ça arrive [qu’en gros, j’sais plus trop de quoi il parlait, il disait que tout ça c’était le hasard], c’est bien la preuve que dieu n’existe pas”. Mais mec mais de quoi tu parles ?
N : De toute façon quand un scientifique commence à mettre dieu dans une phrase souvent c’est mal barré.
B : Voilà, et ça m’embête, parce qu’on a voulu médiatiser le truc, et je pense que c’est devenu un personnage, et j’aimerais qu’on se rappelle de ce qu’il a fait quoi, de ses travaux. Parce que ses travaux ne sont pas du tout inintéressants !
N : Et alors, tu as idées de ce qu’on pourrait faire pour changer ça justement ?
B : Il y a plein de choses, il y a plein d’idées qu’on peut avoir et des idées qui sont utopiques, d’autres qui sont dingues, moi il y a un truc déjà, une petite idée qui serait pas grand chose, maintenant ce serait probablement très compliqué à mettre en place. C’est déjà, je pense qu’il faut enseigner l’histoire des sciences. Je pense qu’on comprend beaucoup mieux la relativité quand on suit la pensée des mecs qui se sont succédés, qu’on voit les questions qu’ils se sont posées et comment ils y ont répondu. Moi je vais le dire tout à fait honnêtement, je n’avais pas vraiment compris la relativité restreinte avant de faire l’épisode sur l’introduction à la relativité restreinte. En le faisant je me suis rendu compte que je pensais que je le savais mais en fait ah non, okay, waw. Et c’est expliquer, contextualiser, les choses ne tombent pas de nulle part.
N : Ouais de justement éviter l’effet Rain man dont tu parlais dans un épisode sur… sur…
B : C’est ça, sur Turing.
N : Oui sur Turing.
B : Ou effectivement dans Imitation Game on a tendance un peu à le présenter comme, enfin voilà comme tous les génies, dans les films maintenant on les présente comme Rain man quoi. Je veux dire, non, les mecs, ça ne tombe pas de nulle part. Mais comme quand on va faire un film sur Mozart ou sur je ne sais pas quel artiste, genre le mec c’est inné chez lui, on le met devant un instrument et ça y est le mec sait jouer. Nan c’est des années de boulot.
N : Pour finir sur ces histoires de communication scientifique, donc là tu as une chaîne qui mine de rien fait aimer les sciences à beaucoup de gens qui comme tu disais ne savaient pas forcément qu’ils les aimeraient etc., moi je vois en effet des vidéos partagées, tu n’imaginerais pas forcément qu’ils allaient partager un truc sur la relativité restreinte.
B : Deux cent trente mille vues sur la flèche du temps !
N : Je pense que, pour moi, c’est encore plus marquant sur la relativité en fait, que la flèche du temps. La flèche du temps, le temps ça intéresse les gens, la relativité, de base c’est un peu comme les maths, ils se disent que c’est compliqué, mais c’est un avis personnel. Et du coup, est-ce que tu ne penses pas que ce boulot là que tu fais, c’est pas le boulot que devrait faire les organisations scientifiques ?
B : Je ne sais pas si c’est leur rôle, je pense que ce serait bien qu’il y ait des gens, mais ce que fait Etienne Klein, je pense que ce serait bien effectivement qu’il y ait des pointures scientifiques qui, ce que fait Hubert Reeves, alors il le fait en français même s’il n’est pas français, mais bon il le fait en français. J’aimerais bien effectivement qu’il y ait des pointures qui savent de quoi ils parlent, et où il n’y a pas de contre-argument, il n’y a pas de “mais attends montre moi tes diplômes avant de parler parce que qui tu es ?”. Parce que ça je sais que moi ce que je fais, j’ai toute légitimité pour le faire sur youtube, mais j’aurais aucune légitimité à le faire à la télé. A la télé je serais un présentateur, j’ai aucune légitimité scientifique là dessus. Donc d’avoir des gens qui ont vraiment, pour qui c’est leur vie, je veux dire, les gens ils ont passé trente ans dedans, ils savent ce que c’est. Et qui à côté de ça, mais c’est la difficulté, c’est qu’il faut trouver des gens qui sont suffisamment pointus dans le domaine et suffisamment “communiquants” pour être capables de faire aimer ça, c’est vraiment, des Carl Sagan il n’y en a pas mille.
N : En français aussi, je pense à quelqu’un, qu’on va peut-être interviewer en plus [ndlr : ça s’est fait dans l’épisode 211], c’est Jean-Pierre Luminet qui je trouve communique très très bien. Je ne sais pas s’il le fait beaucoup à l’oral, mais en tout cas dans ses bouquins il le fait très très bien.
J : Oui c’est vrai que le problème en France c’est que, contrairement aux Etats-Unis, c’est difficilement attendu de toi en fait quand tu es chercheur que tu fasses ça, c’est pas… Et c’est que tous les gens que tu as cité, Etienne Klein etc., ils le font en plus de leurs recherches, mais c’est pas quelque chose qui est attendu d’eux, c’est pas sur ça qu’ils ont été recrutés par exemple.
R : C’est pire que c’est pas attendu, pour la plupart ce qu’ils disent c’est que c’est plutôt mal vu, on a tendance à penser qu’à partir du moment où ils font ça, ils ne bossent pas, ils sont moins sérieux, etc.
J : Bon ne le dites pas, mais là je suis sensé être au boulot moi mais… je suis au boulot d’ailleurs. [rit]
N : Oui parce que donc tu es à Baltimore et qu’il est autour de minuit, il est une heure là ? Une heure et demi ?
J : Il est quatre heure et demi là, de l’après-midi.
N : Enfin il est quatre heure et quart en fait parce qu’il n’y a pas de raison qu’il y ait un quart d’heure de décalage.
J : C’est ça.
N : C’est en général des heures piles. Ok. Juste avant les questions d’auditeurs, est-ce que tu as un conseil à donner à des jeunes youtubeurs qui voudraient se lancer, des trucs à éviter, des choses à faire, des choses que tu aurais fait autrement toi si tu te lançais aujourd’hui.
B : Heu ouais moi les conseils…
N : A part la lumière et le son c’est un enfer.
B : Le son, non la lumière on s’en fout, mais très sincèrement si tu regardes les premiers épisodes de What the cut, la chaîne d’Antoine Daniel, aujourd’hui en moins de trois ans il est quasiment à deux millions d’abonnés, les premiers épisodes sont tournés dans le noir !
N : Ah oui d’accord.
B : Non c’est le son, il faut qu’on puisse comprendre ce qu’il se dit. Le son c’est très important, une fois qu’il y a ça, au moins au début, il faut être constant. Vous faites une vidéo puis vous faites une autre vidéo, puis vous faites une autre vidéo,… etc.
N : Et tiens tu aurais un petit conseil matériel du coup en son ?
B : Pfff, franchement on s’en fout, ce qui marchera ça marchera, il y a des gens avec un iphone, s’ils sont dans une pièce suffisamment silencieuse, ça marche très bien. Il y en a d’autres il leur faut un micro canon cardioide etc. qui doit être à 4 cm de leur bouche parce que c’est tellement le bordel autour… Voilà ça dépend ! Mais ce qu’il faut c’est vraiment que ce soit audible, que ce soit compréhensible, moi re-regarder mon premier épisode, passé le micro-trottoir, j’enregistre avec le micro direct de la caméra c’est dégueulasse, mais bon on m’entend, on arrive à suivre donc ça va.
N : Oui c’est ça, on arrive à suivre.
B : Et voilà, soyez constants, la première vidéo elle fera trois vues, la deuxième elle fera quatorze vues, la troisième elle fera quatorze vues aussi, et à partir d’un moment vous allez vous rendre compte qu’il y a des gens qui regardent et que vous ne connaissez pas. Et c’est à partir de ce moment-là qu’il ne faut rien lâcher.
N : Et puis un truc que tu disais sur tes vidéos, que tu disais je crois quand une FAQ, et qui est important aussi, c’est de ne pas oublier, surtout en science, qu’on a un vrai effet long trend ou des vidéos faites à un temps T peuvent être réécoutées beaucoup plus tard.
B : Oui.
N : Et du coup ouais c’est jamais perdu, même si vous avez dix vues la première semaine ça peut durer, durer, durer.
B : Bien sûr, moi toutes mes vidéos continuent de monter. Celles qui montent moins ce sont les vidéos sur les élections européennes et municipales parce que c’est pas du tout le sujet, et parce que déjà dans l’absolu c’est chiant.
N : Et puis parce que dans l’absolu c’est temporel pour le coup.
B : Oui et je suis à peu près sûr qu’aux prochaines élections européennes ou aux prochaines élections municipales, elles vont reprendre un petit peu, mais à côté de ça, en plus ce sont des sujets qui sont chiants. C’est-à-dire que dans l’absolu, on peut considérer par exemple que la relativité c’est chiant et découvrir que finalement c’est intéressant. Bon ben les élections européennes c’est chiant et ça reste chiant. Ca touche à plein de sujets qui sont passionnants sur comment fonctionnent les institutions européennes, mais se poser cette question de comment ça fonctionne, c’est chiant, moi pour cet épisode je me suis quand même payé le traité de Rome, précisément le traité consolidé de l’Union Européenne. Je veux dire, c’est une tannée.
N : C’est le genre de document qui est un plaisir à lire entre trois heures et cinq heures du matin.
B : Mais c’est une catastrophe, mais c’est horrible. Moi je ne déconne pas quand à la fin je me sors une aspirine. C’est parce que j’en ai pris de l’aspirine pendant que je préparais celui-là. Celui-là pour le coup il y a eu des heures de recherche quoi. Et surtout donc le conseil, faites “votre client type”, c’est-à-dire que votre cible c’est vous même. Faites la vidéo que vous vous voulez voir.
N : Ok.
B : Après voilà bon si vous voulez être le nième mec à faire des vidéos de Minecraft sans rien apporter de particulier, sans apporter un ton particulier… Non parce qu’on peut tout à fait être le prochain Squeezie, j’ai aucun problème avec ça. Squeezie est très très bon à ce qu’il fait, moi je ne suis pas fana de ce genre là, mais dans ce genre il est très bon.
N : Squeezie il arrive à trouver des jeux, tu ne savais même pas que ça pouvait exister, donc à partir de là…
B : J’ai vu une vidéo de lui récemment qui est une vidéo qui n’est pas très récente d’ailleurs je crois, c’est un jeu où il traverse des pièces, mais il traverse genre dix mille pièces. Voilà, il a réussi à me tenir, au début je me suis dit qu’est-ce c’est que cette connerie, parce que la vidéo c’était lancée automatiquement après une autre, et je me suis dit qu’est-ce c’est que cette connerie, et je l’ai regardée jusqu’au bout. Le mec il fait de la radio, c’est intéressant. Je veux dire après, le gamin c’est pas ma came, mais il y a beaucoup de gens dont c’est la came, c’est tout à fait respectable, mais, si c’est juste pour dire [prend une petite voix] “hé regardez là je suis en train de construire une maison, j’utilise de la pierre de j’sais pas quoi avec du diamant de bidule” [petite voix off]. Je veux dire, non, faut que ce soit intéressant, faut que vous racontiez quelque chose, il faut qu’il se passe quelque chose. Mais donc si vous le faites, faites le bien.
N : Bon on va passer enfin aux questions d’auditeurs. Alors on en a une pelletée.
R : J’ai le droit de passer en priorité ? Vu que je ne suis pas un auditeur lambda tout ça, genre.
B : Juste une toute petite parenthèse sur les conseils, si vous voulez faire des vidéos youtube pour gagner masse d’argent, trouvez autre chose, voilà. Passez votre chemin. Faut faire des vidéos youtube parce que vous avez envie de faire des vidéos youtube, parce que vous avez envie de partager des choses. Parce que la pluie de billets franchement c’est un phantasme.
N : Ou alors appelez votre vidéo “comment gagner beaucoup d’argent en peu de temps” voilà.
R : Ouais, et mettez une image de femme nue d’ailleurs aussi, c’est important.
B : Après la vidéo sera strikée… [rires]
R : Quand tu dis “faites ce que vous avez envie de voir” je pense que ça va nous parler à nous parce que j’ai l’impression que podcast science c’est un peu “on fait la radio qu’on a envie d’entendre” et puis je pense qu’il y a un truc qui fait que ça marche a priori mieux que les choses qui passent à la télé ou à la radio officielle, c’est qu’on prend le temps qu’on veut et donc le temps qu’on juge nous nécessaire, et ça c’est un luxe énorme. Et je voulais juste revenir sur ce que tu disais sur l’histoire des sciences, je trouve que ça peut être très intéressant, je trouve que c’est un peu trop souvent dans le discours, le truc où les gens disent “c’est comme ça qu’il faut faire” et je suis persuadé qu’il y a plein de sujets où c’est pas du tout adapté. Et il y a plein de sujets où c’est adapté mais il y a plein de sujets où c’est pas du tout adapté. Je pense qu’il faut faire gaffe de ne pas voir ça comme une obligation disons. Mais a priori j’ai vu des vidéos où tu ne parles pas du tout d’histoire de science pour introduire un truc donc je pense que tu vas être d’accord mais c’est juste…
B : Oui oui, on est tout à fait d’accord. Et perso je pense que les programmes scolaires, mais après c’est pas du tout mon métier donc là on est loin de mes compétences, mais je pense que les programmes scolaires devraient avoir une certaine souplesse que probablement ils ont déjà d’ailleurs, pour que les enseignants puissent adapter, au moins en partie parce qu’il faut quand même qu’il y ait un tronc commun, qu’ils puissent adapter le programme aux élèves qu’ils ont en face.
R : Et à leurs propres goûts d’ailleurs.
B : Et à leurs propres… mais à leurs propres goûts peut-être un peu moins mais également aussi, sans doute, mais ça je pense que ça se fait de fait. Je pense qu’un prof d’histoire qui est passionné par Napoléon et qui n’en a rien à faire de la révolution française je pense que ça se sent quand il en parle.
N : Ouais. Et inversement celui qui n’aime que la révolution française. Bon donc je disais, on a une pelletée de questions d’auditeurs, je vais tâcher, on va tâcher de faire assez vite.
B : Je fais des réponses Twitter ?
N : Ouais, à peu près, sauf si tu as un truc qui te tient vraiment beaucoup à cœur.
B : Ouais.
N : Je vais faire le tri aussi au passage parce qu’il y en a ou tu as soit déjà répondu dans des FAQ donc ça invitera les gens à aller voir [FAQ 1, FAQ 2, FAQ3 (sortie depuis cette interview)] soit parce que c’est pas vraiment des questions en fait. Alors on a une question, ça j’avoue ne pas comprendre : est-ce que tu peux rendre les anciennes musiques de tes vidéos disponibles ?
B : Alors non je ne peux pas, en fait il y a eu trois étapes musicales sur e-penser, il y a eu la toute première étape où c’étaient les musiques de Stéphane Palcossian, mais ça c’est vraiment les premiers épisodes on va dire jusqu’au vingt/vingt-et-unième, et jusqu’à très récemment, jusqu’aux deux derniers avec la musique du générique de fin c’était Stéphane Palcossian, et là moi pour le coup je ne les mettrai pas à disposition sans m’être mis d’accord avec lui là dessus, et en plus, c’est pas spécialement l’objet, je ne suis pas tellement de cette génération-là qui a besoin que tout soit absolument disponible dans le cloud.
N : Partout.
B : Ensuite, il y a eu la deuxième étape, c’est les musiques que moi je mettais en attendant justement que les musiques de Grande table prod soient prêtes. Donc ça pour la plupart c’étaient des boucles Apple que j’ai retouchées ou pas, par exemple le générique des quickies c’est moi qui l’ait fait avec un synthé, voilà. Donc ça pareil ça n’a pas vocation à se retrouver en ligne. Mais parce que ce ne sont pas des produits finis en fait, ce sont des choses qui sont faites un peu comme ça. Qui ne peuvent pas exister autrement que dans les vidéos.
N : Ouais, c’est des boucles, c’est voilà quoi…
B : Et c’est fait pour les vidéos, ça n’a pas été pensé pour exister de façon autonome, c’est pas suffisamment travaillé pour ça.
N : C’est quelqu’un qui veut mettre en sonnerie de portable ta musique, c’est pour ça [rit].
B : Mais très bien, et s’il peut se débrouiller autrement et que je ne le sais pas c’est très bien aussi. Maintenant, c’est vrai que la musique qu’il y a maintenant, ça a été fait avec une jeune boîte de prod’, où eux ils veulent que les musiques, ils sont ok pour que les musiques soient sur un soundcloud, ils font partie de cette génération, ils comprennent que les gens vont avoir envie de les écouter ou peut-être de les télécharger, voilà il n’y a pas de problème. Mais les anciennes ne le seront pas.
N : D’accord. Dans la catégorie Bruce rock star est-ce que tu as déjà envisagé de bosser avec Matthew Inman, The Oatmeal, sur Tesla notamment. [ndlr rapport à son admiration pour Tesla et sa levée de fond pour sauver son labo et en faire un musée]. En mode, est-ce que tu as imaginé de bosser avec un des plus grands, un des américains le plus connu pour faire des webcomics ?
B : C’est-à-dire que je ne sais pas qui est Matthew Inman.
N : C’est celui qui fait le blog The Oatmeal, qui en fait est une sorte de webcomic avec plein de dessins, moi je ne suis pas hyper fan, et qui est ultra connu, un truc qui va te parler, il a lancé un kickstarter sur un jeu de cartes avec des chatons [ndlr : exploding kittens] qui a explosé tous les records de kickstarters là, t’as dû entendre parler de ce truc là.
B : Est-ce qu’il a explosé les records de la salade de pomme de terre ?
N : Non mais c’est un vrai truc là, il a explosé le nombre de contributeurs sur kickstater, je crois que c’est le plus grand jamais eu sur kickstarter et au niveau fric je crois qu’il a demandé dix mille et il a dû avoir cent mille ou un million hyper rapidement. Donc non t’avais pas imaginé vu que tu ne le connaissais pas.
B : Ben fait ce n’est pas que je ne le connais pas, maintenant ce qu’il se passe, pour essayer de répondre à cette question, c’est que moi, je ne m’interdis aucune collaboration, moi j’aime bien bosser avec plein de gens, j’aime bien bosser avec plein de gens différents, j’aime rencontrer et discuter avec plein de gens. Je donne un exemple tout con, il y a une semaine, j’ai passé un déjeuner à discuter avec Swagg Man.
N : Je connais pas Swagg Man.
B : Swagg Man c’est un rappeur, c’est une star du web, chaque fois qu’il éternue ça buzz, c’est un type qui est tatoué de la tête aux pieds, c’est un type dont on ne s’attendrait pas du tout à nous voir discuter ensemble, pourtant on a discuté, c’était très sympa. Moi j’aime bien rencontrer des gens qui sont vraiment différents, j’aime bien rencontrer des gens aussi qui sont similaires, moi j’aime bien tout ça. En ce qui concerne maintenant des collab’, tu sais, moi je peux faire des collab’ avec n’importe qui dès lors que ça se justifie.
N : D’accord.
Question : est-ce que tu vas faire un épisode sur le saut à l’élastique ?
B : Sur le saut à l’élastique, heu, c’est pas prévu, en revanche il y a un sujet qui touche là, c’est notamment les oscillateurs, la résonance, on peut toucher à ce genre de chose. Mais du saut à l’élastique à proprement parler non c’est pas prévu, surtout que c’est pas du tout mon genre d’ambiance en plus. J’ai le vertige moi… Quand j’avais quatorze ans je faisais de l’acrobatie aérienne, aucun problème, mais par contre debout sur une table je flippe. Ah ouais c’est comme ça.
N : Chacun ses trucs.
Question très pertinente : est-il plus simple de se gratter la tête quand elle est rasée ? T’es pas obligé de répondre hein.
B : C’est ni plus simple ni plus compliqué, c’est autre chose. Mais en revanche il y a un truc qui est marrant quand on se rase la tête pour la première fois, c’est qu’on a des contacts justement avec la peau du crâne qu’on avait jamais eu avant. Ou en tout cas qu’on a oublié, c’est-à-dire que par exemple quand on prend une douche, il y a des gouttes qui tombent directement sur la peau du crâne, c’est bizarre, voilà, ce genre de choses.
N : D’accord. Est-ce qu’un jour on te verra expérimenter pour étayer ton propos ?
B : Oui ! Mais ce sera sans doute pour du hors-série, de l’épisode spécial, ce genre de choses. Parce que moi dans mon studio, j’ai pas franchement matière à expérimenter. D’autant que pour le coup, en français, je rappelle que Experiment Boy fait ça très très très bien.
N : Voir même trop bien, il fait n’importe quoi mais c’est très drôle.
B : Non mais il ne fait pas toujours n’importe quoi, moi ce que j’adore, je me dis, à son âge comme à mon âge aujourd’hui, j’aurais pas le début des ressources mentales qu’il faut pour dire : tiens je vais fabriquer maintenant avec des puces arduinos, des relais, des machins, je vais fabriquer un boîtier, en plus je vais me faire chier à le décorer, à mettre des lettres, des trucs, qui va me servir de détonateur pour quand je vais faire exploser des machins pour montrer… c’est-à-dire que la complexité de ce qu’il fait c’est hallucinant, genre la vidéo qu’il a fait sur le jet laminaire c’est juste dingue.
N : Lui dans dix ans il va faire flipper.
Une question, je ne sais pas si tu vas pouvoir être court : tu penses quoi des Bogdanoff ?
B : Alors, juste qu’on soit clair et net, je ne pense rien d’eux physiquement, non mais c’est un truc qui me gave à chaque fois qu’on les invite à la télé, on parle de leurs mentons, moi je ne pense rien d’eux physiquement, je m’en fous voilà. Maintenant les Bogdanoff c’est un truc particulier qui est nostalgique chez moi, c’est-à-dire que quand j’étais gamin il y avait Temps X qui passait à la télé, ils m’ont fait aimer les sciences, ils m’ont fait aimer la science-fiction, c’est par eux que j’ai découvert la Quatrième Dimension, en tout cas dans mon souvenir, si ça se trouve c’était pas du tout la même émission, mais le sentiment que j’en ai c’est que c’était ça. Et ils m’ont fait aimer tout ça. A côté de ça, je trouve qu’ils sont bons pour expliquer des choses qui ont été validées depuis longtemps, donc ils expliquent relativement bien ces choses, ils trouvent toujours la bonne analogie, eux pour le coup ça passe très bien quand ils vont à la télé et ils disent “voilà vous regardez dans ce verre d’eau il y a autant d’atomes qu’il y a de gouttes d’eau dans tous les océans de la terre”. Voilà c’est quelque chose qui peut parler aux gens même si à mon sens ça ne suffit pas mais bon voilà. Je pense qu’ils vulgarisent très bien, je ne suis pas fana de leurs théories.
N : D’accord.
B : Mais de la même manière que je pourrais dire par exemple que Jean-Pierre Petit, c’est quelqu’un qui est brillant en ce qui concerne la mécanique des fluides, mais il y a certains autres sujets sur lesquels il ne faut pas trop discuter avec lui, là je sens que ça va troller… Dès qu’on parle de JPP ça trolle.
N : Du coup une autre question, là c’est plutôt moi qui vais répondre : dans le prochain épisode, est-ce que tu auras un t-shirt de podcast science ? A priori non vu que tu n’en as pas, mais je vais peut-être t’en faire envoyer un pour que tu le mettes.
N : Surtout qu’en t-shirt je dois avouer que je me suis acheté le “Sodium Batman” en voyant ta vidéo.
Le Tshirt Sodium Batman
B : Alors est-ce que tu l’as compris ? Parce qu’il y a plein de gens qui ne comprennent pas.
N : Ah mais oui ! En fait, mon père avait des cassettes, parce que bien sûr elle est pas passée quand j’étais jeune, c’était plus vieux que ça.
B : Soixante-six.
N : Et c’est quand même cette grande époque du meilleur costume de Batman ou on le voit bedonnant.
B : [chantonne] Nananananananana Batman !
[Générique de Batman dont ils parlent https://www.youtube.com/watch?v=EtoMN_xi-AM]
N : Et avec un Batman bedonnant ! Mais en effet j’en ai eu qui n’ont pas compris, et j’ai eu aussi l’inverse, j’ai eu un théoricien de physique qui me disait “non mais là ça colle pas le numéro atomique et puis le machin, c’est pas possible”, sur l’année et le numéro, parce que donc sur le Batman il y a le numéro de l’action comics où est apparu Batman et l’année où est apparu Batman. Bref… donc on va tâcher de lui en envoyer un !
B : Et on reconnait le vrai t-shirt Sodium Batman au fait qu’il y a seize Na.
N : Pourquoi il y en a plusieurs ?
B : Plein, il y a des copies où il y en a neuf, y’en a douze, y’en a quatorze,…
N : Faut que je vérifie mais quand je l’ai chanté ça collait normalement.
B : Il y en a seize ! C’est [chantonne] Nananananananana Nananananananana Batman !
N : Donc série où ils avaient des costumes pas du tout en plastoc comme on fait maintenant, mais vraiment du tissu et il était un peu bedonnant, et à chaque fois qu’il donnait un coup il y avait tout l’écran où il y avait marqué un “POW” comme en bande dessinée ou des choses comme ça.
B : Série qui est intégralement et pour la première fois, sortie il y a quelques mois en DVD dans un collector avec la batmobile en hotweels ! [NDLR pour ceux que ça interesse, elle est plus que deux fois moins cher sur amazon US]
N : Oh yeah !
B : Et ça moi je mets de côté, je vais me la prendre.
N : Et avec des effets spéciaux d’un cheap mais vous n’imaginez même pas.
B : Avec un des meilleurs Joker de l’histoire, ben d’ailleurs Links The Sun en avait parlé dans son point culture sur les Jokers donc il y aura beaucoup d’infos que vous pourrez aller voir là dessus.
N : Alors après dans les requêtes, est-ce que tu comptes faire une preuve par vieux sur Pierre-Simon de Laplace ?
B : Franchement je ne sais pas quoi répondre, parce que ce qu’il se passe c’est qu’en pratique on peut faire des preuve par vieux sur quasiment n’importe quel scientifique. A un moment donné il faut vraiment faire des choix, c’est-à-dire que là, moi j’aimerais bien, typiquement ça fait six mois que je me dis que j’aimerais bien faire un la preuve par vieux sur une femme, j’aimerais bien commencer à parler un peu des femmes. Et spontanément le premier nom qui vient c’est Marie Curie mais j’aimerais bien commencer par quelqu’un d’autre que Marie Curie. Donc il y a Florence Nightingaleil y a un certain nombre de noms qui me viennent, donc je réfléchis mais, voilà, la chaîne ça fait un an et demi qu’elle existe, des preuves par vieux en tout il y en a cinq pour l’instant, donc c’est pas un format qui est ultra récurrent, donc je ne peux pas me permettre d’en faire quatre cent cinquante donc voilà, de Laplace, peut-être qu’il y aura de Laplace.
N : On a des demandes pour des épisodes plus longs, ça confirme.
Quelqu’un parle du jeu d’énigmes Dr Clayton où il y a un Bruce scientifique dedans, c’est ce jeu là dont tu parlais j’imagine ?
B : Mais c’est pas un Dr Clayton-Clayton, c’est un Dr Clayton-like, en tout cas moi celui dont on m’avait parlé c’est pas… Ah oui pardon, c’est peut-être Dr Clayton, c’est pas un Dr Layton.
N : Non Clayton, oui, Clayton.
B : Voilà, ça c’est possible oui.
N : C’est pas le Dr Layton non.
B : C’est un genre de parodie oui, en mode effectivement il y a des mini-jeux et des énigmes etc.
N : Ouais ça doit être ça. Alors je fais en improvisation parce que je n’ai pas eu le temps de la lire en entier, une question de Nico…
R : Pardon, du coup juste, j’ai pas eu la réponse à la question, est-ce qu’il y a un lien avec toi dans ce Bruce là ?
N : Oui oui il y a un lien, c’est l’image qu’on avait mise dans la chat room tout à l’heure.
R : Ah d’accord, pardon.
B : Le développeur m’avait contacté en me disant qu’il s’était autorisé à s’inspirer de moi pour faire ce personnage, qui est un personnage qui propose des énigmes, il y a plusieurs personnages qui proposent des énigmes et c’est un des personnages qui propose des énigmes. Qui ressemble un peu à moi, qui a un t-shirt bleu, un bouc, le crâne rasé, voilà.
N : Bon donc Nico depuis j’ai eu le temps de lire, c’est un SAV sur un de tes épisodes, il y a une question sur l’excitation d’un atome par uns photo : le bond d’un électron expliqué dans un de tes épisodes, pourquoi le soleil chauffe sur la peau, ne pourrait-il pas expliquer une déformation de l’espace temps ou l’apparition d’un trou de ver ? Solide ! [il rit]
B : [rit] Allez, go go, répond en mode twitter !
N : Non mais tu peux dire… tu peux dire que c’est pas l’endroit…
B : Non mais il faut être très très clair, dans cet épisode j’utilisais vraiment un modèle très très simple d’atome, celui qu’on voit en fait à l’école, peut-être moins aujourd’hui, celui qui ressemble en fait à un modèle planétaire, c’est-à-dire avec un noyau qui est un ensemble de petites boules au milieu et les électrons ce sont des boules qui tournent autour. La réalité est beaucoup plus complexe que ça, vu que dans la réalité on ne comprend pas ce que c’est. Les équations nous disent que la réalité ça peut être un espèce de truc flou, ou un espèce de truc qui vibre, dont on ne sait jamais précisément où il se trouve ou bien comment il se déplace. Donc du coup c’est très difficile de répondre, il y a beaucoup d’hypothèses là dessus, maintenant clairement je ne vais pas commencer à parler de trou de ver quantique sans avoir déjà tous les préambules sur la mécanique quantique.
N : Ok. Comme on est déjà à deux heures d’émission, j’annonce que je saute les demandes sur des sujets de nouvelles émissions pour Bruce, ne serait-ce que pour ne pas allonger ta to-do liste à l’infini.
J : Mais sinon on les lui passera après.
N : Ouais on pourra éventuellement te les faire suivre. Par contre d’autres questions : où c’est qu’on peut te rencontrer, physiquement ?
B : Physiquement ? De façon impromptue ?
N : Non mais dans des salons, te rencontrer ou te voir, il n’y a pas de…
B : Alors voilà, ce qu’il se passe c’est que maintenant de plus en plus je commence maintenant à être sollicité pour des conventions, des choses comme ça. En général je ne sais pas toujours à l’avance vraiment, mais je vais essayer d’organiser ça pour que ce soit un peu plus propre. Parce que par exemple la semaine dernière j’étais à Paris Manga, j’ai pu le décider la veille quoi… Donc ce sont des choses qui s’organisent de plus en plus et clairement ce que je peux vous dire, le meilleur endroit pour savoir si je vais me rendre à une convention, à une conférence ou un salon, un truc comme ça, c’est Twitter. J’essaie d’annoncer aussi sur Facebook, clairement pas sur youtube parce que youtube c’est vraiment les épisodes, mais sur Facebook un petit peu, sur Twitter vraiment, c’est là où je peux annoncer “au fait demain je suis à tel endroit, au fait après demain je vais aller à Geekopolis ou à machin ou à bidule ou à Montreux pour Polymanga, ou à la Japan Expo ou ce genre de choses. Mais sinon on peut me croiser… heu ouais, sinon c’est compliqué parce que pour l’instant il n’y a pas vraiment d’autres… pour les youtubeurs il n’y a pas vraiment d’autres lieux de rencontre. Et puis aujourd’hui c’est devenu trop gros pour que je puisse dire, venez on se donne rendez-vous dans tel bar.
N : Allez !
B : Je peux le faire en province éventuellement…
N : Si, tu peux t’amuser à le faire dans un bar qui est complètement vide, où il n’y a plus personne, pour leur faire leur crise cardiaque de leur vie.
B : Mais à Paris, parce que sinon je peux le faire en province, je sais qu’à Strasbourg je peux le faire, et ça ne va pas rameuter quatre mille personnes. Mais à Paris je ne prendrais pas le risque d’aller dans le troquet en bas de chez moi et de dire voilà on se retrouve là les gars, non. Ca ne donnerait peut-être rien, mais pour peu qu’il y ait quarante personnes qui débarquent, je veux dire c’est ingérable quoi.
N : Une question, au vu de ce que tu nous racontais sur ton public, qui je pense va te tenir un peu à cœur, de Captain Jerem, qui dit : le niveau de physique théorique et des mathématiques impliquées n’est-il vraiment accessible qu’à un petit nombre de personnes ou un étudiant motivé peut-il devenir chercheur dans ce domaine ?
B : Alors je ne sais pas si un étudiant motivé peut devenir chercheur, c’est-à-dire un chercheur qui a vraiment le titre de chercheur, qui intègre une équipe de chercheurs, qui peut toucher des subventions au titre de la recherche, ça je ne sais pas. Maintenant, n’importe qui de suffisamment motivé, peut aller creuser n’importe quelle question, ce qu’il faut c’est ne pas brûler les étapes, c’est tout. Aujourd’hui, même si vous avez un parcours littéraire, philo etc, et que vous vous dites ‘tain j’ai envie de m’intéresser aux maths, il n’y a strictement rien qui vous empêche de reprendre les bases et de creuser et d’arriver à un niveau de fou.
N : Et en particulier tu conseillais dans une vidéo les cours de Feynman.
B : Ouais !
N : Qui là pour se mettre justement dans le gras sont très bien.
B : Mais par contre il faut vraiment le faire dans l’ordre, c’est-à-dire qu’il faut faire d’abord mécanique, ensuite électromagnétisme, ensuite mécanique quantique. Faut pas se dire “je vais commencer par mécanique quantique parce que c’est ça qui m’intéresse”. Et il faut accepter le fait que ces bouquins ce sont des vrais cours, c’est-à-dire que ça commence ras des pâquerettes, c’est vachement bien parce que tout est clair, mais à un moment donné ça devient invivable, c’est-à-dire que, à un moment donné c’est pas un bouquin que vous pouvez lire aux toilettes ou que vous pouvez lire dans votre plumard, c’est un bouquin que vous lisez à un bureau avec des feuilles à côté quoi. Pour prendre des notes et vérifier ce que vous comprenez.
N : Ok, alors là j’ai une question, je ne suis pas sûr de la comprendre, mais ça va être intéressant…
B : Vas y vas y.
N : Pourquoi à chaque fois qu’on parle d’une théorie pour unir gravitation et quantique tu oublies systématiquement la gravitation quantique à boucles ?
B : Mais parce que… Ouais. C’est pas systématiquement ! En fait ce qu’il se passe c’est qu’il y a eu l’épisode sur le voyage dans le temps où je n’en ai pas parlé, et donc depuis ce qu’il se passe c’est que régulièrement il y a des gens qui découvrent cette vidéo, et qui me parlent de cette théorie là, donc, la gravitation quantique à boucles, en fait, très sincèrement, c’est une théorie que je ne connais pas bien du tout. Voilà, donc il va falloir que je creuse ce sujet là, puisque visiblement, il y a beaucoup de gens qui sont très très…
N : Ou alors c’est toujours le même qui redemande à chaque fois…
B : Non non, il y en a plein !
N : D’accord.
B : Il y en a certains que je connais ! Et qui sont très émus par le fait que je ne parle pas de la gravitation quantique à boucles et qui me disent “mais attends ça pourrait expliquer le voyage dans le temps et tout ça !”. Je veux dire, peut-être, alors ok, faudra que je fasse un update.
N : “Ok je vais voir”
B : Je ne connais pas suffisamment ce sujet là, voilà.
N : On rappelle que Bruce pour l’instant fait ça sur son temps libre. [il rit]
B : C’est pas grave, moi j’aime, j’aime quand on me challenge comme ça !
N : Sinon on a une question d’ElJj à laquelle tu n’es pas obligé de répondre. “Que penses-tu de ce jeune youtubeur de math qu’est ElJi ? Je le trouve très prometteur. ”
B : Nan moi je le trouve à chier [rit].
N : Une question de Thomas Patrice…
B : Hey t’es gentil si jamais tu remontes tu ne couperas pas le rire pour qu’on comprenne bien que c’était une blague !
N : Je verrai, ça dépend… [rit]. Tu as déjà participé à un spectacle avec une troupe d’impro, aspires-tu à plus d’art dans ton travail dans le futur ?
B : Il y’en a qui sont allés creuser quand même hein [sourire dans la voix]. En fait ce qu’il se passe c’est que j’avais un pote qui est médecin et qui faisait de l’improvisation et qui à un moment donné il m’avait, enfin pas lui, c’était une membre de la troupe qui m’avait proposé de venir en guest pour faire de l’improvisation musicale avec eux. Et donc c’était assez rigolo parce qu’on se retrouvait à faire des trucs où on demandait au public un thème, donc là en l’occurence celle qu’on peut trouver sur youtube c’était la trahison de Melun, donc voilà le thème c’était un sentiment et une ville, c’était la trahison de Melun, et il fallait improviser une chanson avec le clip. Donc il a fallu que moi j’improvise une musique, qu’il y ait un des membres de la troupe qui improvise une mélodie et des paroles qui riment sur cette musique qu’il ne connaissait pas puisque je l’improvisais. Pendant ce temps-là, le reste de la troupe improvisait le clip en fonction de ce qu’il racontait, que lui inventait au fur et à mesure sur la musique que donc moi j’improvisais au fur et à mesure. Donc c’était un bordel sans nom, mais le fait est que ça rendait bien ! Moi je kiffe faire ce genre de choses, voilà donc pour répondre à la question, je kiffe faire ce genre de choses.
N : Donc pourquoi pas si ça se présente.
B : On peut me proposer. Alors moi il y a des trucs… Je ne vais pas dire que je suis ouvert à tout parce que là d’un coup ça va troller dans tous les sens. Mais, typiquement quand il y avait Hardisk qui m’avait proposé de faire un petit rôle dans son court-métrage “The Stanley Parable“, j’ai dit oui bien sûr avec plaisir et tout c’est cool. Quand on m’a demandé ensuite de jouer un médecin dans “C’est grave ?“, c’est Fujixguru qui réalisait, donc le papa de l’internet, j’ai dit mais putain mais avec plaisir ! Super Crayon, Matthieu Sommet, pareil. Moi j’aime bien faire tous ces trucs là, ça ne veut pas dire que je veux en faire mon métier et que je veux devenir acteur, mais voilà, j’aime bien.
N : Ok ! Bon je fais vraiment le filtre dans les questions parce que ça commence à être assez long. Est-ce que tu as eu des retours de chercheurs sur tes vidéos ?
B : Heu oui quelques uns, maintenant ce qu’il se passe, là où c’est compliqué, c’est que ce sont des mails que j’ai reçu directement, je ne sais pas dans quelle mesure ils voudraient que j’en parle, et s’ils sont publics ou pas.
N : Peut-être sans citer les noms ? C’est plus, la tendance, est-ce que tu avais des choses positives, négatives, les deux ?
B : C’est plutôt positif globalement, en gros on m’encourage dans ma voie, on peut m’expliquer que ce que je fais ce n’est pas toujours nickel, que des fois c’est un petit peu trop approximatif, que je dis des trucs qui ne sont pas toujours super clairs. Mais on m’encourage toujours sur cette voie. Après là où moi je suis satisfait c’est que je sais qu’il y en a un qui suite à la vidéo sur la flèche du temps m’a dit que c’était épatant ce que je faisais et qu’il fallait que je continue dans cette voie. Ce type là, on va dire que c’est un sujet qu’il maîtrise.
N : On ne voit pas de qui tu parles. [Il voit très bien de qui il parle]
B : Donc moi j’étais très content !
N : D’accord donc tu as eu quand même des beaux retours…
B : Oui oui !
N : Une question, bon je pense qu’on aurait pu la poser à n’importe qui mais ça vaut le coup d’en parler : est-ce que faire de la science est forcément synonyme de faire de l’anglais ?
B : Heuuu… Non.
N : Ah ouais ?
B : Non, c’est pas du tout synonyme, c’est-à-dire qu’on peut tout à fait… Il y a avait cet exemple là du gars indien qui avait découvert un livre de math de CP et qui en avait déduit derrière toute la géométrie euclidienne etc.
N : Robin ! Le nom ? Je vais pas réussir à le retrouver.
R : Ouais a priori c’est pas vraiment ça l’histoire, mais pourquoi pas…
B : Non mais évidemment après c’est devenu une légende urbaine ce truc, mais ce que je veux dire par là c’est qu’il n’y a pas besoin de parler anglais pour faire de la science. A un moment donné il y a besoin de parler anglais pour pouvoir communiquer avec avec un maximum de gens qui font de la science. Il y a aussi ça, ce qu’il se passe c’est qu’il y a aussi une notion de… c’est un sujet dont on ne parle pas souvent d’ailleurs, il faudra peut-être un jour que je fasse un truc là dessus, c’est sur le fait que les scientifiques avancent ensemble. On parle souvent du génie qui fait sa découverte seul, mais on oublie très souvent les équipes qui font que… non seulement les équipes où il y a plusieurs personnes qui bossent dans une équipe mais l’équipe de Dublin qui bosse avec l’équipe de Berlin, qui bosse avec l’équipe de New York, qui bosse avec l’équipe de Boston, et ensemble, mis bout à bout, ça permet d’aboutir à quelque chose. Il ne faut pas oublier qu’internet a été créé à l’époque pour les militaires et les scientifiques, et les universitaires, pas que les scientifiques, les universitaires, pour les chercheurs universitaires. C’est pour qu’ils puissent communiquer entre eux.
N : Dans les questions qu’on doit toujours te poser, mais bon, il se trouve que c’est une question d’auditeur, de Dexter : Bruce est-ce qu’on va te retrouver à la télé bientôt ou est-ce que tu resteras fidèle au web ?
B : Alors, en tout état de cause, moi pour l’instant on ne m’a jamais rien proposé à la télé, donc pour l’instant la question ne se pose pas. Ce qui est sûr et certain c’est que si un jour on me propose quelque chose à la télé, ce sera un deal breaker. Si on me dit qu’à un moment donné, dès lors que je fais de la télé, je ne fais plus de web, là pour le coup ce sera toujours de toute façon non ! Je n’accepterai pas de faire de la télé si ça veut dire changer quoi que ce soir à e-penser. E-penser ça restera e-penser. Le jour où j’arrêterai e-penser ce sera parce que ça s’arrêtera, il y aura certainement une raison qui justifiera mais en tout cas ce ne sera pas parce qu’on m’aura proposé de faire autre chose. Maintenant ceci dit, qu’on soit clair, je n’ai rien contre la télé. Si on me propose une émission à la télé, sur France 4, sur France 5, sur Arte, j’en sais rien, mais un truc où j’ai la liberté éditoriale pour faire du e-penser à la télé, ou pour faire du programme court à 20h35 sur France 2, ce genre de choses, mais moi ce sera avec plaisir ! Je ne rejette pas nécessairement la télé.
N : Ok. Bon je continue, tu me dis si tu en as marre, au pire…
B : Non mais vas y continue, attends mais moi je ne dors pas, on peut y aller, on peut partir pour cinq heures.
N : Parfait. Alors que je retrouve où j’en étais du coup, ah oui. Une question intéressante quand même. Est-ce que les gens te reconnaissent dans la rue ?
B : Ca commence.
N : Aaaah !
B : Ca commence, pour l’instant c’est à l’étape où c’est agréable.
N : D’accord.
B : Mais c’est bien parce que je sais que la marge avant que ça devienne désagréable…
N : Ils te reconnaissent, ils te font des petites vannes genre ils te disent [murmure] Aristote.
B : Non, mais alors, la plupart en fait ils n’osent pas.
N : D’accord.
B : Ils osent pas m’approcher…
N : Mais c’est vrai que moi je ne m’attendais pas à ce que tu sois aussi grand dans la vraie vie en fait.
B : [rit] Non mais ce qui est dingue, l’autre jour j’étais quand même à Paris Manga, donc j’étais quand même dans une convention, je suis à côté du coin des youtubeurs, et il y a quelqu’un qui m’envoie un tweet après pour me dire “je t’ai croisé à Paris Manga mais j’ai pas osé venir te dire bonjour”. Putain si à Paris Manga t’oses pas, je veux dire, il faut oser !
N : Ouais ouais.
B : Je ne suis pas méchant moi je le dis, je ne suis pas méchant, mais après je pense que c’est le cas pour tout le monde. C’était ce que m’expliquait Antoine [Daniel], il me disait “je préfère que les gens viennent me voir, discuter, on discute c’est cool, plutôt que rester de loin à regarder fixement” et après ce qu’il se passe c’est que si ça tombe à un mauvais moment, ben je le dirai, “pardon je suis désolé mais c’est vraiment pas le bon moment” et voilà il ne faudra pas mal le prendre.
N : Et fin de l’histoire.
B : Mais, voilà, ça commence à arriver et ce que je disais, pour l’instant je suis à l’étape où c’est agréable, et l’étape à laquelle ça devient désagréable elle est très très loin pour quelqu’un comme moi, c’est genre un million et demi, deux millions, je veux dire c’est…
N : Tu iras dans un autre pays…
B : Non mais je veux dire, j’atteindrai probablement jamais ces chiffres.
N : Hmhm. Une autre question, ils sont marrants tes auditeurs…
B : Ils sont très très bons, ils sont très très bons.
N : Je dis auditeurs je suis trop habitué… “Bruce tu viens au Hellfest ?”
B : [rit] [grosse voix de métalleux] OUAIIIIS ! [voix sérieuse] Non, je vais pas pouvoir.
N : Que fais-tu en premier, sur quels sites vas-tu quand tu ouvres ton navigateur ?
B : ‘Tain j’ai eu peur ! [rit]
N : Non… [rit]
B : Heu, alors, aujourd’hui, le premier truc que je fais quand j’ouvre mon navigateur internet, parce que c’est ça la question ? C’est mon navigateur internet ?
N : Oui, ton navigateur internet je pense.
B : Aujourd’hui c’est soit Facebook soit Twitter. C’est le premier des deux que je tape voilà. Mais ça c’est aujourd’hui. Ce qu’il se passe c’est que maintenant j’essaie de continuer de répondre à un maximum de messages, donc le premier truc que je fais c’est que je regarde où ça en est. Genre combien j’en ai en retard. Donc c’est soit Facebook/Twitter/Youtube, soit Twitter/Facebook/Youtube, mais je commence par Facebook ou Twitter. Je pense que je commence d’ailleurs en général par Twitter parce que c’est celui où tu peux rattraper le retard le plus rapidement possible, et parce que de toute façon si tu ne le rattrapes pas immédiatement il s’accumule.
N : [pouffe] C’est ça ! Il y avait une question sur le fait que tu étais architecte logiciel et qu’il y a une vidéo où tu disais que c’était important d’acheter des licences, quand on pouvait. C’est quoi ta position sur le logiciel libre, il demandait.
B : Non mais j’adore ! Moi je trouve ça vachement bien le logiciel libre, la plupart des architectures logicielles que je conçois utilisent MySQL comme base de données, utilisent PHP comme langage et tournent sous Linux , je veux dire, moi j’adore le logiciel libre. Et c’est très bien que le logiciel libre existe, et c’est très bien qu’il y ait justement la possibilité d’avoir des logiciels qui soient gratuits. Mais, qu’on soit clair, un logiciel libre c’est un logiciel qui a été décidé pour être gratuit. C’est-à-dire, il a été conçu en tant que tel, et le en tant que tel, j’espère qu’il va faire biper un petit peu dans le chat, et voilà. Pour le coup les licences, alors je sais que c’est très compliqué, et je sais que c’est aussi une question générationnelle voilà. Je comprends la logique qui consiste à dire “moi j’ai pas les moyens de me payer 3D Studio, 3DS, donc qu’est-ce que je fais ?”. Donc moi c’est pour ça, c’est que je disais dans la FAQ, faites au mieux quoi. Mais en tout état de cause, si un jour vous devenez des professionnels de 3DS ou des professionnels de Photoshop ou des professionnels d’Illustrator, payez votre licence ! Voilà c’est la base, tant que vous faites ça en perso tout ça, voilà, bon, c’est pas bien, mais bon il y a d’autres choses qui ne sont pas bien. Le jour où c’est votre boulot, que vous gagnez de l’argent avec, déconnez pas quoi.
N : Question amusante, est-ce que tu as eu des gens paniqués qui t’ont contacté suite à ta vidéo du premier avril [2014] ?
B : Non, non parce que les gens ont regardé, peut-être pas jusqu’au bout, ça je ne sais pas, mais au moins jusqu’à ce que je balance le fait que c’est un poisson d’avril. Par contre c’est la vidéo où je me suis fait insulter.
N : Ah ouais ?
B : Ah ouais, “espèce de connard”, ahaha.
N : Je vois.
B : Et d’ailleurs, il y a le prochain premier avril qui arrive là bientôt !
N : Oui ! Oh yeah !
B : Et ceux qui se sont fait avoir l’année dernière…
N : Ah ‘tain c’est vrai que c’est bientôt parce que nous on a déjà choisi ce qu’on allait faire !
B : Mais attends, mais moi aussi j’ai choisi ce que j’allais faire [ndlr : voici la vidéo du poisson d’avril 2015] ! Et ceux qui se sont fait avoir l’année dernière m’attendent au tournant grave quoi ! [Nico rit] Mais c’est pas grave.
B : J’a-dore. Il y a juste un truc qui me fait chier c’est qu’il m’a coupé l’herbe sous le pied pour un la preuve par vieux que je voulais faire sur Clair Patterson, que je ne vais du coup pas pouvoir faire, parce qu’il en parle. Mais j’adore cette série ! Et justement, j’aimerais retrouver la version de Carl Sagan.
N : La vieille ?
B : Ouais, la vieille, celle des années quatre-vingt. Parce que c’était la même ambiance, c’était le même genre de truc. Evidemment c’était pas le même effet visuel, c’est les années quatre-vingt quoi. C’était le début en plus des années quatre-vingt ! Mais c’était le même genre d’ambiance. Et ouais non j’adore !
N : Sinon on a FindMuck, j’aime beaucoup ce pseudo, qui dit que Bruce c’est comme Hawking, s’il n’était pas chauve on le trouverait moins brillant.
B : Ah mais il dit ça parce qu’il a gagné un t-shirt aujourd’hui FindMuck.
N : Ah ouais ?
B : Ouais.
N : D’accord. Il y a une question de Pulamoul, je savais qu’il ne fallait pas que je le prononce, [Bruce se marre], qui demande : Bruce, est-ce que tu crois en dieu ?
B : Alors…
N : T’es pas obligé de répondre, parce que c’est de la question perso, mais je trouve qu’elle est intéressante.
B : Ah mais non… Est-ce que je crois en dieu ? A la limite, spontanément j’avais envie de dire “je ne vais pas répondre à cette question”, mais en fait c’est pas inintéressant. En fait tout dépend de ce qu’on appelle dieu, si on imagine un vieux barbu qui de loin dit “je vais faire ci, je vais faire ça”, non pas du tout. Ca je ne crois pas du tout à ça. Heu, personnellement je ne crois pas que tout ce qui existe soit le résultat d’une pure coïncidence, voilà. Et même si on se place dans un multivers où en fait toutes les possibilités existent et donc il finit par exister notre univers, ce multivers il n’existe pas non plus par pure coïncidence, donc moi je crois qu’il y a quelque chose, je crois qu’en fait, il restera toujours quelque chose d’incompréhensible, je crois qu’en fait il y a un moment donné un espèce de mur de Planck de la compréhension du pourquoi. Il y a un mur de Planck qu’on ne dépassera pas, voilà. On peut l’appeler dieu si on veut.
N : Ok. D’après ce que tu dis, tu dors peu, c’est du sommeil polyphasique ? Je ne sais pas ce que c’est le sommeil polyphasique, j’avoue.
B : Alors moi non plus mais j’imagine que sommeil polyphasique, la question c’est de savoir est-ce que je fais et du sommeil paradoxal et du sommeil profond ? Je pense que c’est ça la question.
N : D’accord.
B : Je ne sais pas en fait.
N : Ok.
B : Mais si ça se trouve je fais des apnées du sommeil…
N : Il va falloir qu’on fasse des tests sur ton sommeil.
B : J’en sais rien, moi ce que je sais c’est que, je peux tout à fait, quand j’ai pas de réveil, je me réveille frais et dispos. Signe que je suis reposé, signe qu’a priori j’ai fait des vrais cycles de sommeil. Maintenant est-ce que j’en ai fait quatre, est-ce que j’en ai fait un, est-ce que je me suis à moitié étouffé au milieu du truc ? Je sais pas.
N : Ok. On en a parlé, mais c’est vrai que finalement tu n’en as pas donné de réponse quand je t’ai demandé tout à l’heure, est-ce que tu as des conseils de bouquins ? Tu en avais déjà pas mal parlé dans une FAQ.
B : Première FAQ, allez voir la première FAQ, je ne sais plus, c’est à peu près au milieu [NDLR, c’est à 23’23”].
B : Je ne sais plus c’est à peu près au milieu, là parce que pour le coup des bouquins j’en présente je sais pas, quarante ou cinquante quoi bon…
N : Ouais t’en présentes un paquet.
B : Allez-y faites vous plaisir
N : Est-ce que tu t’intéresses à la médecine ?
B : Heu, je m’intéresse, oui à tout, maintenant la médecine, je ne m’intéresse pas particulièrement à la médecine, mais je m’intéresse aussi à la médecine. Moi en fait je m’intéresse au fonctionnement des organes, je trouve ça génial. La différenciation des cellules, ce genre de truc, j’adore ça.
N : Ok.
B : Et on aura l’occasion d’en parler parce que bientôt hein, je veux pas trop spoiler, mais bientôt on aura l’occasion de parler de biochimie. Voilà.
N : Parfait ! Ben du coup là, une dernière question ou remarque d’une personne qui était là et ça nous fera parfaitement enchaîner sur la suite qui dit “Salut Bruce, j’aime beaucoup ta chaîne et je voudrais savoir, j’ai vingt-deux ans, en étant étudiant en troisième année de cinéma d’animation 3D et 2D, je serait enchanté de pouvoir t’aider si tu as besoin de soutien en réalisation et conception d’animations et de design, ce serait un rêve pour moi d’allier 2 passions et d’en discuter avec toi. Comment pourrais-je te contacter ?” Ca me fait enchaîner parce qu’en fait si t’as envie, t’as besoin d’un coup de main pour des choses ou quoi, on a une communauté formidable, faut savoir qu’on a plein de gens qui nous ont retranscrit des interviews qu’on a faites, pour avoir la version écrite[Note de Johan qui fait juste les liens : Un enorme merci à tous les gens qui font les retranscriptions et Stéphanie en particuliers qui s’est tapé la retranscription de cette interview ET de celle de Luminet…].
B : C’est cool !
N : Parce qu’il y a une vraie demande de versions écrites en plus, et donc, ben là c’est un exemple, je pense que vous pourrez le contacter via Podcast Science, comme ça on va te faire un filtre, ça va être affreux mais on va te faire un filtre.
B : [rit] Tu prends des risques hein.
N : Et mais si t’as des idées d’aide, ou quoi que ce soit…
B : Moi il y a un truc sur lequel je suis en ce moment, et où je sais que ça va être compliqué, je sais que je n’y arriverai pas tout seul. Je voudrais avoir des sous-titres en fait sur mes vidéos.
N : D’accord.
B : Alors, ça évidemment je sais que…, il n’y a aucune difficulté, je sais qu’il y aura beaucoup de bonnes volontés pour me faire la version en espagnol, en portugais, en russe, en plein de langues voilà. Le problème en fait c’est que moi, aujourd’hui, comme je n’écris pas les textes, je n’ai même les sous-titres en français en fait.
N : Ouais donc il faudrait faire…
B : Moi le truc que je peux faire, c’est depuis la vidéo youtube, télécharger les sous-titres automatiques, qui sont dégueulasses [Nico rit] mais qui ont au moins un timecode qui est correct.
N : Ouais, d’accord.
B : Mine de rien c’est quand même le boulot, c’est quand même le truc chiant.
N : Oui oui bien sûr.
B : Mais à partir de là, moi je cherche des gens pour pouvoir retranscrire le français, déjà dans un premier temps, et ensuite faire des sous-titres en anglais, puis en espagnol, en allemand, en tout ce que les gens veulent…
N : Ben là tu as frappé à la bonne porte parce que les retranscriptions c’est un peu ça hein…
B : Ah ben attends, avec plaisir hein !
N : Ok ben écoutez, l’appel est lancé ! Donc vous pouvez le contacter, ou toi c’est plutôt par Twitter et Youtube du coup…
B : Ah mais là je veux dire, ah non mais là qu’on soit clair, là c’est srt [at] e-penser.com !
N : D’accord, il y a déjà une adresse mail !
B : Ah non mais attends c’est prévu ça ! C’est srt [at] e-penser.com.
[NDLR : apparemment c’est déjà en marche, je sais pas comment, mais beaucoup de vidéos ont déjà des sous titres]
N : Ok parfait ! Heu ben voilà on arrive sur la fin, est-ce qu’il y a autre chose, est-ce qu’il y a une question qu’on aurait oublié que tu aurais souhaité aborder ?
B : Une quote !
J : T’en as zappé une un peu vite sur la géologie, est-ce que…
N : Ah oui oui, j’ai oublié oui ! C’est un peu comme sur la médecine, est-ce que tu t’intéresses à la géologie ?
B : Alors oui, alors, oui, c’est parce que j’ai tapé sur la géologie en fait c’était une blague à propos de Big Bang Theory, c’était aussi le fait, c’était aussi histoire de me moquer des scientifiques qui considèrent que certaines sciences sont plus sérieuses que d’autres. Alors évidemment il y a des sciences plus sérieuses que d’autres, parce qu’il y a des gens qui considèrent que l’astrologie c’est une science, c’est aussi ça. Mais pour moi, la géologie ce n’est pas moins sérieux que la chimie, ou que l’astronomie. Et même la sociologie, l’histoire, la géographie, ce ne sont pas des sciences moins sérieuses, ce sont des sciences en fait. Au sens strict, c’est-à-dire qu’il a une méthode scientifique qui est appliquée pour décrire tous les modèles qu’on met en place.
N : Ce qui n’est pas le cas pour l’astrologie.
B : Ce qui n’est pas du tout le cas pour l’astrologie, moi j’ai discuté…
N : Et on le rappelle à tout le monde, vos signes ne sont plus d’actualité, les planètes ont bougé depuis qu’ils ont été inventés…
B : Mais ouais… Non mais c’est… Moi ça me rend fou de voir, de discuter avec des gens… Mais ça c’est pareil si tu veux, il y a des gens pour qui tous les arguments sont valables.
N : Hmmhmm !
B : Tous les arguments passent ! “Non mais si bien sûr.” [pouffe]
N : Ok, donc ouais, autre chose que tu voulais aborder ou on est bien là ?
B : Non moi je suis tranquille, moi c’est au calme je suis posay !
N : Parfait ! Du coup on peut te retrouver où sur l’internet mondial ?
B : Sur l’internet mondial on peut me retrouver sur Youtube, on peut me retrouver sur Facebook, on peut me retrouver sur Twitter. Globalement.
N : D’accord, plus t’as un site…
B : On peut aussi me retrouver sur… J’ai le site il va falloir que je le fasse, que je rajoute un peu des trucs, parce que pour l’instant c’est juste l’aggrégateur des vidéos de la chaîne. Plus j’ai un instagram que j’utilise pas, j’ai un Vine que j’utilise à peine.
B : Ouais j’ai un google+ ! J’ai un google + ! [se marre] Voilà. Et j’ai même un snapchat [epenser42]!
N : Oh yeah !
B : Attends, j’ai un snapchat c’est la classe, j’ai pas de “daily boobs” dessus, j’ai rien, c’est propre quoi ! J’ai des messages… C’est-à-dire que moi au début quand j’ai balancé le snapchat, j’ai des potes qui m’ont dit “mais t’es malade, tu vas recevoir des trucs de dingue et tout !”. Les trucs les plus dingues que j’ai reçu ce sont des gens qui m’envoient une photo de leur visage en train de sourire, le pouce levé avec la main, en disant “j’aime beaucoup ce que tu fais mec !”. [Nico rit] Voilà.
N : Trucs de malades.
B : Ouais non, des dinguos !
N : Et sinon donc du coup t’es sur Tipeee ça on en a déjà parlé, Vidéos sciences, la bibliothèque d’Alexandrie.
B : Mais j’y suis pas dans la vidéothèque d’Alexandrie.
N : Ah t’y es pas ?
B : Non, non j’y suis pas !
N : Ah je croyais, ah d’accord.
B : Non j’y suis pas ! Mais c’est tous des copains, mais ceci dit, les gens, j’y suis pas mais allez-y quand même ! C’est comme Solitudes, le site solitudes avec un “s” point fr. Voilà c’est un super site ! Mes vidéos sont partagées dessus, j’y vais de temps en temps, mais c’est un site à découvrir ! Sur lequel on peut échanger avec des vrais gens sur des sujets intéressants.
N : Ok. Super, ben merci beaucoup ! On va juste finir sur la fin est-ce qu’on a encore Irène sous la main ? Les autres ?
R : Non elle a dû retourner travailler.
J : Non elle est repartie bosser, elle. [Les autres rient]
N : Oui puisque comme elle est aux Etats-Unis, elle a dû retourner bosser, parce que c’est Irène qui nous fait une émission la semaine prochaine, c’était pour le pitch de la semaine prochaine, donc je vais faire le pitch à sa place :
“Et on reprend là où on l’a laissée dans l’épisode 197 cette histoire parfois sulfureuse du sang en médecine. Au cours de la deuxième guerre mondiale les techniques de transfusion de sang se sont grandement améliorées. Mais avec les progrès de la médecine, la meilleure connaissance des maladies, les techniques opératoires qui s’améliorent et les traitements qui vont de pair, les besoins en produits sanguins ne font qu’augmenter. L’or rouge coule à flot, et on ne peut finalement pas trop s’étonner que certains n’y voient qu’une manne d’argent à exploiter sur le dos des pauvres. La situation mondiale devient explosive dans les années soixante-dix, et les scandales éclatent, même dans un pays comme la France, où le don de sang a toujours été considéré comme un acte de solidarité bénévole…”
Et donc voilà, on fera une deuxième partie sur le sang la semaine prochaine. T’as pas encore parlé de sang toi.
B : Heu non.
N : Ok, du coup on passe à la quote
B : Yes !
N : Donc tu nous as ramené une quote.
B : Ouais ! J’en ai ramené deux en fait, j’hésite…
N : Tu peux faire les deux !
B : J’hésite, alors, la première, mais parce que la première en fait les gens vont croire que c’est juste histoire de alors que pas du tout, c’est une vraie quote que j’ai : La science c’est passer d’un étonnement au suivant, de passer d’un étonnement à l’étonnement suivant.
La science consiste à passer d’un étonnement à un autre
Aristote, Ethique à Nicomaque
N : C’est de qui ça ?
B : Aristote.
N : Ah c’est Aristote !
B : Comme quoi… Mais c’est pas des vannes, parce que à côté de ça, c’est un mec qui quand il réfléchit est brillant, c’est juste quand il pense qu’il démontre des choses que parfois il l’est moins.
Et l’autre, l’autre que j’aime beaucoup c’est celle de Niels Bohr, c’est la réponse de Niels Bohr à Einstein qui dit:
Ne dites pas à Dieu ce qu’il doit faire
N : D’accord.
B : Parce que c’est une question qui en soulève plein d’autres, parce qu’effectivement, Einstein partait de ce postulat, parce qu’Einstein, on va dire, ça peut être éventuellement son défaut, c’est qu’est-ce qui permet à Einstein de partir de ce postulat que l’univers devrait être élégant ? Que les lois de la physique devraient être élégantes ? Qu’est-ce qui lui permet de partir de là. Parce qu’il pense, il dit, “Dieu ne joue pas aux dés” quoi… [Nico pouffe], “Dieu il fait ça propre”, et il (Bohr) dit qui tu es pour savoir ce que dieu trouve propre ou pas quoi ?
N : C’est ça ouais.
B : C’est un non-sens ! Et c’est vrai que moi j’ai une tendresse particulière pour les mecs de cette époque là, pour tous les mecs de l’époque Solvay en fait pour faire simple. Les mecs et les femmes, c’est vrai qu’elles étaient moins nombreuses pour le coup, parce qu’elles n’avaient pour la plupart pas le droit de bosser, c’est des types quand même qui ont révolutionné la façon dont on voyait le monde. C’est-à-dire qu’à un moment donné il faut quand même avoir une sacrée paire de bollocks pour se pointer et dire “en fait, la vraie nature de la physique c’est que tout est flou, et que en gros tant qu’on prend pas la mesure on ne sait pas”.
N : Ouais c’est ça !
B : Voilà, ça valait le coup de faire des équations, en gros tant qu’on ne mesure pas on ne sait pas…
N : Pour moi pendant longtemps la mécanique quantique c’était un aveu d’échec alors qu’en fait il se trouve que les particules, ça fait ça !
B : Pas du tout ! Alors que moi la mécanique quantique je trouve ça génial !
N : Ok ben merveilleux, du coup on passe rapidement aux plugs, on a deux plugs principaux. Le premier plug c’est la semaine du cerveau à partir du 16 mars à Lausanne. L’info est remontée par notre chère amie Clara Moreau. On vous mettra les infos dans les notes de l’émission mais il y a plein de conférences intéressantes prévues, sur la thérapie génique, une médecine plus humaine grâce aux machines ? (bon je sais pas trop…), le point sur l’autisme, le cerveau malléable etc. Donc on vous mettra dans les notes de l’émission le lien, c’est à Lausanne en Suisse.
Et sinon, le 21 mars, a lieu la première édition de Lyon Science, donc une émission de podcast science mais en fait c’est pas une émission de podcast science, c’est un évènements organisés par d’autres, de chers amis du Café [des sciences] et auquel on participe et on va faire une émission. Donc il y aura Alan, moi-même, et Julie de présents, vous retrouverez aussi David Loureiro, Pierre Kerner et un tas de blogueurs. Il y aura deux heures d’interventions sur divers sujets. Pour plus d’informations vous pouvez suivre @LyonScience sur twitter, vous inscrire sur l’event FB, visiter le site et d’ici là, on vous tient au courant chaque semaine pour vous rappeler de venir ! [ndlr : A réécouter ici !]
[A Bruce] Je crois que je devais faire passer le message aussi qu’ils seraient ravis que tu viennes, même si je leur ai dit que tu n’aurais pas le temps. Mais je fais passer le message.
B : On en parle !
N : C’est le 21 mars, à Lyon, mais comme je voyais que tu avais du mal à répondre aux mails, je me suis dit que tu n’aurais sans doute pas le temps de te déplacer jusqu’à Lyon.
B : A la limite je pourrais te répondre si c’était après-demain.
N : Ouais voilà.
B : Si c’était après-demain je pourrais te répondre, mais dans un mois là c’est loin !
N : Ben donc on va conclure alors ! Bon du coup, on a eu plein de nouveaux ce soir, donc si ça vous a plu, n’hésitez pas à écouter d’autres épisodes, on a parlé depuis deux cents épisodes de plein de choses, de sciences diverses et variées, c’est pas du tout le même format que Bruce mais c’est hyper intéressant.
B : Je confirme !
N : Et la philo est la même, c’est de parler à des gens qui sont curieux, qui sont adultes mais qui ne sont pas des spécialistes.
Et puis si ça vous a plu, inondez nous de likes, de commentaires et de petites étoiles, sur Soundcloud, Twitter, Facebook, Youtube bien sûr ou même notre bon vieux site podcastscience.fm. C’est pas tout ça mais il faut rattraper les deux cent deux mille cinq cent douze followers de Bruce, je crois que nous on est à quelques milliers. En tout cas merci beaucoup à Bruce d’être venu, à Pascal d’avoir rebooté la chatroom une vingtaine de fois pour que ça fonctionne !
B : Yep !
N : Et puis d’ici là, que servir la science soit votre joie ! [ndlr : et prenez le temps d’e-penser…]
Les chaines youtubes évoquées
Je mets les description qu’ils en font eux memes dans le “à propos” de youtube
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Dossier présenté lors de l’épisode 222 du 9 juin 2015
De la lumière pour decouvrir la matière
De quoi est constituée la matière qui nous entoure ? Les tentatives menées pour répondre à cette question ont conduit les Hommes à élaborer des théories et à concevoir des méthodes de plus en plus performantes pour sonder la matière et découvrir les éléments. Au fil de ce cheminement, l’une des étapes clés est la naissance en 1859, d’une technique basée sur la lumière : l’analyse spectrale.
Exploration de la matiere : quelques repères historiques
Jusqu’au milieu du 17ème siècle, le courant de pensée dominant suggère que la matière est constituée d’une combinaison des quatre éléments que sont l’eau, la terre, le feu et l’air. Bien que cette vision de la matière initiée par Empédocle d’Agrigente (490-430 av. J.-C. environ) et consolidée par Aristote (384-322 av. J.-C.) ne correspondait pas à une théorie scientifique basée sur la vérification d’hypothèses grâce à l’expérience, elle a perduré pendant presque 2000 ans [, , ].
A la fin du 17ème siècle et durant le 18ème siècle, sous l’impulsion de Sir Robert Boyle (1627-1691) [] puis d’Antoine Laurent de Lavoisier (1743-1794) [], le concept des quatre éléments est progressivement remis en question. Il est alors établi qu’une matière est un élément si elle ne peut pas être décomposée expérimentalement en substances plus simples. Lavoisier, visionnaire, envisage même que les progrès techniques permettront de décomposer des substances paraissant indécomposables. Les expériences et les observations deviennent dés lors cruciales, les méthodes « chimiques » pour décomposer la matière s’enrichissent et permettent la découverte d’une vague de nouveaux éléments, passant d’une quinzaine connus en 1700 à une trentaine en 1800 (fig. 1) [1, 2, 3, , ].
Le début du 19ème siècle voit la naissance de la pile Volta [] et l’utilisation de l’électricité pour étudier la matière. Ceci entraîne la découverte d’une autre vague d’éléments, passant alors d’une trentaine connus en 1801 à une soixantaine en 1859 (fig. 1). [, , ]. C’est ainsi, par exemple, que Sir Humphry Davy (1778-1829) parvient à isoler le sodium (Na) et le potassium (K) en décomposant par électrolyse l’hydroxyde de sodium (soude – NaOH) et l’hydroxyde de potassium (potasse – KOH) qui paraissaient jusque-là indécomposables.
Au milieu du 19ème siècle une vingtaine d’éléments nouveaux sont isolés et l’analyse spectrale apparaît (fig. 1). Grace à cette nouvelle méthode d’investigation de la matière, définitivement mise au point par Robert Bunsen (1811-1899) et son collègue Gustav Kirchhoff (1824-1887), il n’est plus systématiquement nécessaire de décomposer une substance pour l’étudier []. Cette nouvelle technique expérimentale utilise la lumière comme un outil pour sonder la matière car tel une « signature » ou encore un « code barre lumineux », le rayonnement émis par un élément incorporé et chauffé dans une flamme lui est propre : c’est l’émission atomique [9, 10, , ]. Cette technique étant à l’origine de la majeure partie des méthodes modernes d’investigation de la matière, appelées spectroscopies, c’est elle qui sera étudiée dans la suite de cet article.
Tandis que la première moitié du 20ème siècle s’ouvre avec la découverte des rayons X et de la radioactivité, la seconde moitié du 20ème siècle s’ouvre avec l’apparition des accélérateurs de particules et des réacteurs nucléaires [9]. Ces découvertes et ces progrès techniques, entre autres, rendent l’exploration de la matière de plus en plus performante et du début du 20ème siècle à aujourd’hui, une cinquantaine d’éléments nouveaux ont été isolés (fig. 1).
Ces repères temporels ne sont pas exhaustifs mais présentent quelques grandes évolutions techniques qui ont permis d’aboutir à la connaissance que nous avons actuellement de la constitution et de la structure de la matière. Ces connaissances prennent d’ailleurs en partie forme dans le tableau périodique des éléments. Par ailleurs, le terme « élément » désigne, aujourd’hui, un ensemble d’entités ayant le même numéro atomique, c’est-à-dire le même nombre de protons dans le noyau. Par exemple (fig. 2), le terme « élément chlore » (Cl) désigne aussi bien l’atome de chlore 35Cl (17 protons, 18 neutrons, 17 électrons), que l’atome de chlore 37Cl (17 protons, 20 neutrons, 17 électrons) ou que l’anion de chlore (chlorure) 35Cl– (17 protons, 18 neutrons, 18 électrons). Enfin, dans cet exemple, la molécule de dichlore Cl2 désigne le corps simple du chlore tandis que la molécule d’acide chlorhydrique HCl désigne l’un de ses corps composés.
Figure 2 : Les différentes notions regroupées sous le terme « élément ». Exemple autour de l’élément chlore.
L’émission atomique : un processus fondamental
En 1672, Newton montre définitivement que la lumière blanche du soleil peut être décomposée (et recomposée), grâce à un prisme en verre, en une multitude de faisceaux colorés, il en dénombre sept différents, les fameuses sept couleurs de l’arc-en-ciel (fig. 3) []. Aujourd’hui, on sait que cette dispersion de la lumière résulte du phénomène de réfraction : la déviation d’un rayon lumineux de courte longueur d’onde (le violet) à travers un prisme, est plus importante que celle d’un rayon lumineux de grande longueur d’onde (le rouge).
Figure 3 : Principe de la dispersion de la lumière blanche par un prisme.
Si on introduit une substance dans la flamme légèrement bleutée d’un bec Bunsen, il est aisé de constater à l’œil nu que cette dernière change de couleur (fig. 4). Par exemple, la seconde colonne du tableau montre que l’ajout d’un sel de sodium, de lithium, de strontium, de calcium ou de cuivre colore la flamme respectivement en jaune, en rose fuchsia, en orange, encore en orange ou en vert. Si la distinction entre la flamme rose fuchsia et la flamme verte est facile à faire, la différence entre les deux flammes orange l’est déjà moins. Toutefois, en observant la lumière d’une flamme colorée à travers un prisme, il est possible de visualiser les différents raies lumineuses colorées qui la composent [12, , ]. Ainsi, la démonstration de Newton favorisera l’essor des premiers « spectroscopes » : outils permettant de visualiser, sous forme de spectres, les différents rayons lumineux constituant une lumière que notre œil perçoit homogène. Le spectroscope est donc l’outil contenant le prisme (ou un autre système dispersif tel qu’un réseau []) permettant de décomposer la lumière. Celui utilisé par Kirchhoff et Bunsen en 1859 était composé d’une caisse noircie dans laquelle était placé le prisme, d’une lunette dirigeant la lumière de la flamme sur le prisme et d’une lunette permettant d’observer le spectre d’émission [12].
Ici, les résultats obtenus en l’utilisant un spectroscope sont des spectres d’émission atomique appelés spectres de raies. Pour comprendre comment fonctionne cet outil, décrivons l’expérience réalisée avec le sel de strontium (fig. 5). La lumière orange (paraissant homogène à l’œil nu) émise par le strontium introduit et chauffé dans une flamme (étape 1) est dirigée vers un système dispersif tel qu’un prisme. Celui-ci disperse cette lumière (étape 2) et le spectre d’émission observé à la sortie du spectroscope laisse apparaître plusieurs raies lumineuses colorées (étape 3). Ceci signifie que cette lumière orange est en réalité constituée de plusieurs faisceaux lumineux. Ces différentes raies colorées ainsi observées forment le « code barre lumineux » caractéristique du strontium.
La dernière colonne du tableau présente les spectres obtenus pour les cinq échantillons. Ils sont tous différents, caractéristiques de chaque élément introduit dans la flamme et constitués d’un nombre plus ou moins important de raies lumineuses, elles-mêmes plus ou moins fines. Ainsi, l’émission atomique donnant ces « codes barres lumineux » caractéristiques des éléments, est l’un des processus fondamental de l’analyse spectrale (le second étant l’absorption atomique).
Figure 4 : Couleur des flammes en fonction des sels introduits et chauffés dedans. Colonne 2 : photographies obtenues en introduisant une tige contenant le sel à étudier (sous forme de poudre) à l’intérieur de la flamme bleutée d’un bec Bunsen. Colonne 3 : spectres d’émission atomique obtenus à l’aide d’un spectroscope (dont le système dispersif est ici un réseau et non un prisme).
Figure 5 : Principe de fonctionnement d’un spectroscope utilisé pour décomposer la lumière produite par un sel de strontium chauffé dans une flamme légèrement bleutée d’un bec Bunsen. Etape 1 : introduction d’un sel de strontium dans la flamme ; étape 2 : décomposition de la lumière par un système dispersif tel qu’un prisme ; étape 3 : obtention et observation du spectre de raies du strontium.
de l’emission atomique a l’analyse spectrale
L’observation des premiers spectres d’émission atomique débute cent ans avant les travaux décisifs de Kirchhoff et Bunsen. En 1752 Thomas Melvill (1726-1753) observe à l’aide d’un spectroscope, les lumières colorées émises par des substances qu’il introduit dans une flamme. Mais ses travaux de recherches sont interrompus part sa mort prématurée à l’âge de 27 ans. Bien que d’autres scientifiques étudient à leur tour ce phénomène, il faut attendre 1826 pour que l’hypothèse selon laquelle ces spectres d’émission pourraient être caractéristiques des éléments introduit dans la flamme soit énoncée. Et ce n’est qu’en 1859 que cette intuition émanant de William Henry Fox Talbot (1800-1877) est définitivement confirmée par Kirchhoff et Bunsen [].
L’une des raisons principales pour laquelle un siècle s’est écoulé entre les premières observations de l’émission atomique et la naissance de l’analyse spectrale était la présence inexpliquée d’une raie lumineuse jaune dans quasiment tous les spectres observés, et cela quelque soit la substance étudiée. Aucun scientifique n’arrivait à l’attribuer de manière sûre à un élément précis et pire, comme elle était tout le temps présente, il était impossible de conclure sur le fait qu’un « code barre lumineux » était bien caractéristique d’un élément. L’explication sera finalement amorcée par William Swan (1818-1894) avant d’être confirmée à nouveau par Kirchhoff et Bunsen. Cette raie lumineuse jaune est celle caractéristique du sodium (fig. 4) et elle est très souvent observée car la sensibilité de cette technique est exceptionnelle. Il suffit seulement de quelques nanogrammes (1 ng = 10-9 g) de sodium dans une flamme pour obtenir sa raie lumineuse. Ainsi, comme il peut y avoir de faibles quantités de chlorure de sodium dans l’atmosphère, cette raie peut se retrouver dans de nombreux spectres : soit parce qu’il y en a suffisamment dans l’air ; soit parce qu’après avoir été exposé trop longtemps à l’air, une quantité suffisante de chlorure de sodium s’est déposé sur l’échantillon [12, 19, , ]. Une fois l’énigme de cette raie jaune élucidée sa présence éventuelle dans les spectres devient moins problématique car sont origine est connue.
Ayant découvert l’incroyable sensibilité de cette technique, Kirchhoff et Bunsen purifient le plus possible les échantillons qu’ils introduisent dans les flammes, afin d’éviter au maximum toutes pollutions dans les spectres d’émission qu’ils observent (pollution pouvant résulter de la présence d’une toute petite quantité d’une autre substance dans l’échantillon). Ils mettent également au point le fameux bec Bunsen, un brûleur capable de fournir une flamme très chaude et très peu lumineuse, juste légèrement bleutée. A la suite d’un travail colossal et minutieux au cours duquel ils comparent les spectres d’émission de plusieurs sels de sodium, lithium, potassium, strontium, calcium et baryum (qu’ils ont préparés et purifiés) introduits dans des flammes plus ou moins chaudes de flammes, ils concluent que chaque « code barre lumineux » est caractéristique d’un élément. C’est ainsi qu’en 1859 l’analyse spectrale est née : méthode basée sur la lumière à partir de laquelle il est possible de déterminer les éléments (ou au moins une partie d’entres-eux) constituants un petit échantillon de matière [12].
De l’analyse spectrale aux spectroscopies
L’analyse spectrale se révèle être une méthode d’analyse plus rapide, plus sûre, plus simple et plus sensible (une toute petite quantité d’échantillon suffit) que les méthodes d’analyses chimique de l’époque. Elle devient alors indispensable pour révéler la présence d’un ou plusieurs éléments différents dans une matière et pour découvrir de nouveaux éléments [21]. Sur ce dernier point, Kirchhoff et Bunsen découvrent en 1861 le césium (qui doit son nom à la présence, dans son spectre d’émission, de deux raies bleues : caesius en latin) et le rubidium (raie d’émissions rouge foncé : rubidus en latin). Puis en 1862 le thallium (raie d’émission verte : thallos en grec), et en 1863 l’indium (raie d’émission de couleur indigo) sont respectivement découverts par des scientifiques britanniques et allemands. Ce ne sont là que quelques exemples car au final la majeure partie de la vingtaine d’éléments découverts entre 1859 et 1900 sera due à cette méthode d’analyse [1, 15, 20, ].
Même si l’analyse spectrale évoquée ici est principalement centrée sur l’émission de lumière visible par la matière, il est toutefois important de mentionner que Kirchhoff et Bunsen ont également travaillé sur l’absorption de la lumière visible par la matière. Ils ont montrés que ces processus d’émission et d’absorption étaient liés et « inversés », notamment en étudiant les raies sombres du spectre solaire appelée raies de Fraunhofer [, ]. Par ailleurs, il existe d’autres rayonnements électromagnétiques et d’autres interactions entre ces rayonnements et la matière. Tout ceci sera regroupé au sein de la spectroscopie : la science qui étudie les interactions (émission, absorption et diffusion) entre la matière et les rayonnements électromagnétiques (fig.6). Le terme analyse spectrale n’est d’ailleurs plus vraiment utilisé aujourd’hui puisqu’il est englobé dans le terme spectroscopie optique : la spectroscopie qui traite des interactions entre la matière et les trois catégorie de rayonnements infrarouge, visible et ultraviolet [18, , , ].
Figure 6 : On appelle communément lumière, ou lumière visible, un rayonnement électromagnétique dont les longueurs d’onde sont comprises entre 400 et 800 nm. Comme le montre cette figure, le spectre des rayonnements électromagnétiques est cependant bien plus grand que le seul domaine visible par l’homme (1 pm = 10-12 m et 1 nm = 10-9 m). [].
Il reste à souligner qu’une part importante de nos connaissances actuelles est issue de la spectroscopie. Par exemple en astronomie sur les étoiles, les nébuleuses et les galaxies [, ] ou encore en chimie sur la composition de la matière, sa structure et ses transformations []. A titre d’illustration, grâce à la spectroscopie le temps nécessaire pour identifier et trouver la structure d’une petite molécule contenant une quinzaine d’atomes de carbone est passé de 4 à 5 années au 19ème siècle à quelques jours maximum au 21ème siècle : une véritable révolution !
Au dela de l’exploration de la matiere : l’emission atomique amusante !
Il est désormais possible de trouver dans le commerce des bougies dont les flammes sont colorées grâce au processus d’émission atomique (fig. 7). Lors de la fabrication, les industriels incorporent dans la bougie des sels qui émettent une lumière colorée lors de la combustion. Par exemple des sels de lithium pour le rose, de sodium pour le jaune et de cuivre pour le vert ! Toutefois, l’incorporation directe de ces sels dans les bougies est délicate car ces derniers sont peu solubles dans le combustible (la « cire », aujourd’hui stéarine et paraffine) et la température de la flamme n’est généralement pas assez élevée pour avoir le processus d’émission atomique. Pour résoudre ces problèmes, une solution consiste à incorporer les sels dans des bougies dont le corps combustible est fabriquées à partir d’un mélange de stéarine et de triéthanolamine, car ce dernier composé permet de solubiliser les sels et d’augmenter la température de la flamme [16, , ].
Figure 7 : Photographie d’un gâteau sur lequel trois bougies à flammes colorées ont été disposées. A gauche : bougies éteintes. A droite : bougies allumées, en pleine combustion.
BIBLIOGRAPHIE
[[1]] R. Luft, Dictionnaire des corps purs simples de la chimie, Ed. : Nantes, Cultures et techniques, 1997, 391 p.
[2] R. Luft, A propos des notions d’élément et d’atome, L’actualité chimique, 1991, (novembre-décembre), pp. 430-435.
[3] B. Bensaude-Vincent, Regards sur l’histoire de l’élément chimique, Bulletin de l’union des physiciens, 1984, (78), pp. 1273-1284.
[4] R. Boyle, The sceptical chymist, Printed by J. Cadwell for J. Crooke, London 1661, 442 p.
[5] A. L. Lavoisier, Traité de chimie élémentaire, Ed. : J.-B. Dumas, E. Grimaux et F.-A. Fouqué (1864), 1789, (Tome 1), p. 7.
[6] V. Polonovski, Le tableau périodique : de l’ordre dans les éléments, Revue découverte, 2014, (395), pp. 28-37.
[7] B. Bensaude-Vincent, Le système périodique en perspective historique, Comptes Rendus de l’académie des sciences : Chimie, 2012, (15), pp. 546-552.
[8] A. Volta, On the Electricity Excited by the Mere Contact of Conducting Substances of Different Kinds, Philosophical Transactions of the Royal Society of London, 1800, (90), pp. 403-431.
[9] I. Brissaud et M. Bernas, Chronologie de la découverte des éléments chimiques et cycles de Kondratiev, L’actualité chimique, 2001, (novembre), pp. 35-40.
[10] R. Wolf, Chimie et nature, Bulletin de l’union des physiciens, 2002, (96), pp. 657-675.
[11] J. Al-Khalili, Les secrets de la matière : La naissance de la chimie, Production : BBC, Réalisation : J. Stephens, 2010, (51min), 42min20s-50min20s.
[12] G. Kirchhoff, R. Bunsen, Analyse chimique fondée sur les observations du spectre, Annales de chimie et de physique, 1861, (Série 3, Tome LXII), pp. 452-486.
[14] M. Guymont, Structure de la matière : atomes, liaisons chimiques et cristallographie, Ed. : Belin sup, 2003, chapitre 1.
[15] J. Rosmorduc, Introduction à l’histoire de l’optique, Bulletin de l’union des physiciens, 1985, (79), pp. 1267-1283.
[16] B. Valeur, La couleur dans tous ses éclats, Ed. : Belin – pour la science, 2011, 128 p.
[17] J. Al-Khalili, Les secrets de la matière : L’ordre caché, Production : BBC, Réalisation : J. Stephens, 2010, (49min), 34min10s-36min35s.
[18] P. Bouchareine, Spectrométrie optique, Techniques de l’ingénieur, 1994, (r6310), 31 p.
[19] M. Saillard, Notes sur l’histoire de la spectroscopie : le problème posé par la raie jaune du sodium, Bulletin de l’union des physiciens, 1983, (77), pp. 1157-1158.
[20] C. Genin, De l’analyse spectrale aux spectroscopies ; histoire et applications, Bulletin de l’union des physiciens, 2006, (100), pp. 235-246.
[21] C. Genin, Kirchhoff et Bunsen fondent l’analyse spectrale, Bibnum, 2008, 10 p.
[22] P. Avenas, A propos de l’indium, L’actualité chimique, 2013, (380), p.3.
[23] B. Valeur, Lumière et luminescence : ces phénomènes lumineux qui nous entourent, Ed. : Belin – pour la science, 2005, 207 p.
[24] L. Dettwiller, Observation des raies d’absorption du spectre solaire : Raies de Fraunhofer, Bulletin de l’union des physiciens, 1997, (91), pp. 1009-1012.
[25] M. Farré, E. Martinez, D. Barcelo, Techniques de détermination de composé organiques dans l’environnement, Techniques de l’ingénieur, 2008, (p3820), 20 p.
[26] A. Petit, Théorie des spectres atomiques, Techniques de l’ingénieur, 1999, (p2655), 21 p.
[27] A. Petit, Théorie des spectres moléculaires, Techniques de l’ingénieur, 2002, (p2656), 21 p.
[28] P. Atkins, L. Jones, Principes de chimie, Ed. : De Boeck Université, 2007, p. 6.
Dossier présenté lors de l’épisode 221 du 2 juin 2015
Introduction
Qu’est-ce qu’on entend par ‘idées’ ?
Globalement, lorsqu’on parle de culture, il y a deux écoles :
– Ceux qui estiment que la culture est une sorte d’entité monobloc, que les jeunes acquièrent lors de leur éducation (et interactions avec) par des gens plus âgés qu’eux.[1]
– Ceux qui pensent plutôt qu’on peut disséquer la culture en petits bouts, et ces petits bouts de culture, c’est ce qu’on appelle des représentations, ou des idées, pour faire plus simple. Dans cette approche, on pense que ces idées sont plutôt indépendantes les unes des autres, et qu’elles sont aussi partagées entre individus du même âge (pas seulement transmises des plus vieux aux plus jeunes). On pense aussi que, du fait que les idées ne constituent pas un gros bloc, on peut les dénombrer et les suivre presque une par une.
Et moi, je suis plutôt de la deuxième école.
Dans ce sens, il sera ici question de culture au sens défini dans le livre d’Olivier Morin, c’est-à-dire comme «ensemble des pratiques et des idées qui parviennent à se maintenir dans le temps ou à se diffuser dans l’espace grâce à la transmission ». Les pratiques et idées qui parviennent à se maintenir dans le temps ou à se diffuser dans l’espace grâce à la transmission peuvent être plus simplement appelées traditions.
On va plus ou moins confondre ce qui est de l’ordre des pratiques, c’est-à-dire des choses que l’on fait, et ce qui est de l’ordre des représentations, c’est-à-dire vraiment juste des idées que les gens ont en tête. Du coup, on va considérer une façon de se natter les cheveux comme un ‘élément culturel’, une idée, au même titre que des représentations plus complexes ou abstraites, comme celles de certaines créatures de mythologie ou de contes (au hasard : le vampire, le zombie). Celles de ces représentations qui ont du succès constituent des traditions.
Qu’est-ce qu’on entend par ‘contagieuses’ ?
J’ai choisi le titre en référence au livre La Contagion des Idées, de Dan Sperber – et aussi, en référence à la mémétique de Richard Dawkins – pour faire simple et court, ce sont ces nouvelles conceptions de la culture, qui empruntent plus ou moins fidèlement la métaphore des idées comme de petits parasites, ou virus, qui se transmettent et se répliquent au sein des esprits humains. Aussi, une autre des particularités de ce type de courants de recherche est, de fait, d’appliquer la théorie de l’évolution aux idées, représentations et pratiques culturelles. En d’autres termes, il s’agit d’appliquer le principe de sélection naturelle aux idées : elles se transmettent et se reproduisent plus ou moins bien selon leurs caractéristiques. Un des débats les plus importants dans le champ à l’heure actuelle tourne d’ailleurs autour de savoir à quel point la sélection qui a cours en transmission culturelle (Claidière, Scott-Phillips, & Sperber, 2014). Par exemple, certaines idées ont un succès fou et survivent assez longtemps – comme la chanson « Happy birthday to you » (Joyeux anniversaire), alors que d’autres sont vite oubliées – si vite que ça serait difficile d’en citer une. Pour prendre un autre exemple, pour chaque vidéo de chat qui est largement partagée et vue sur youtube, il y a plein d’autres vidéos qui ne dépassent pas les quelques vues. (Combien y a-t-il de Grumpy Cat ? un seul ! Combien y a-t-il de chats sur Youtube ? Beaucoup. Trop, sûrement)
Vers différents courants de recherche : Mémétique, Co-évolution Gène-Culture, et épidémiologie des représentations
Ce que je vais développer à partir de maintenant, c’est des versions un peu différentes de cette idée générale. Je vais m’appuyer sur des références qui sont toutes postérieures au Gène Egoïste, et qui sont, pour l’essentiel, élaborées à partir de cette idée originale de Dawkins. Dawkins et le Gène égoïste, ce sera donc notre première étape, celle de la mémétique. Ensuite, on ira voir du côté de la co-évolution gènes-culture (et de la théorie du double héritage – dual inheritance theory). Et pour finir, je vous présenterai le courant que je connais le mieux, l’épidémiologie des représentations (ou des idées, c’est pareil). Si distinguer ces différents courants et leurs relations plus en détails vous intéressent, la thèse de Nicolas Claidière, disponible en ligne, devrait vous combler. Les trois courants que je vais présenter ici ne se contredisent pas nécessairement, j’aurais plutôt tendance à dire qu’ils ne se concentrent pas exactement autour des mêmes cas ou phénomènes, mais ne sont pas incompatibles entre eux.
Mémétique
C’est le plus ancien des courants dont il est question ici, et il sert de base, d’ancêtre aux deux autres.
Dans le titre que j’ai choisi, le terme ‘contagieuses’ réfère plus ou moins à la mémétique, et à l’idée initiale, fondatrice de Richard Dawkins, dans le Gène égoïste (1976), que les idées se transmettent et se ‘répliquent’. Dans l’idée originale de Dawkins, les idées sont conçues comme de petits parasites ou virus de l’esprit humain, et se répliquent de façon très fidèle (c’est-à-dire qu’il y a très peu de mutations, de changements d’une copie à l’autre), de cerveau en cerveau.
Co-évolution Gène-Culture (Théorie du Double héritage)
Le cadre de travail proposé par Boyd & Richerson est celui de Co-évolution Gène-Culture. Au sein de ce courant, on considère essentiellement la « culture » – et comment elle évolue- peut interagir avec l’évolution génétique d’une population humaine. L’exemple probablement le mieux connu de ces interactions est celui du pastoralisme, c’est-à-dire de la consommation de produits laitiers, rendue possible par l’élevage. L’élevage animal est, comme une vaste majorité des pratiques humaines, sociale, et a des conséquences (en termes de pressions sélectives) sur les populations qui ont adopté ce mode de vie – la capacité à digérer le lait à l’âge adulte, par exemple.
C’est également dans ce cadre que s’inscrit la théorie du double héritage : elle pose qu’on hérite aussi bien des gènes que des idées de nos ancêtres.
Epidémiologie des représentations
C’est le courant de recherche duquel je suis le plus proche. On utilise les mêmes principes que l’épidémiologie plus biologiques, parce qu’on s’intéresse, comme eux, à la répartition des idées, en relation à d’autres facteurs, comme les caractéristiques des populations humaines qui les portent. Comme les épidémiologues ‘classiques’ qui étudient des maladies, on cherche à observer l’évolution de nos « cibles » (idées pour nous, virus pour les biologistes) à travers une population, selon si elle se fait la bise ou bien sait, en grande majorité, écrire. Comme eux, on guette l’apparition de mutations aussi.
Pour ce qui est des spécificités d’adapter l’épidémiologie à l’étude des idées, on part de l’idée de base de la mémétique, mais ici on va avoir une emphase un peu plus cognitive (en quelque sorte). On essaie aussi d’inclure ce qu’on connaît des processus mentaux dans nos recherches. On considère que nous transformons les idées – ou représentations – à chaque fois que nous les transmettons, globalement Il y a néanmoins une variation relativement importante dans le degré auquel certaines représentations changent à chaque transmission: certaines changent plutôt peu, et d’autres ont tendance à changer énormément à chaque transmission. Les mots ou expressions – plus encore les lettres, par exemple, ont une évolution temporelle plutôt lente, versus d’autres items culturels, comme le succès temporaire de certains livres/séries /films. Ceci est un exemple vague, on a bien évidemment des contre-exemples dans les deux camps. En quelque sorte, pour l’épidémiologie des idées, l’approche de la mémétique correspond seulement à certains cas limites.
Pour l’aspect plus “cognitif“, dans ce courant de recherche, transmettre une idée revient à utiliser une représentation mentale en la transformant en représentation publique, qui, si elle est transmise avec succès, redevient une représentation mentale (dans la tête d’un autre être humain).
Quelques grandes questions
Les questions qu’adressent ces courants de recherche – et du coup les questions qu’on va aborder dans ce dossier – sont essentiellement les trois suivantes :
Première question – la question de la durée de vie des traditions : quelle est l’ « espérance de vie » d’une idée ? (une tradition est une représentation « qui a du succès » : qui perdure dans le temps et est –un minimum- répartie dans l’espace également)
Ensuite vient la question des raisons du succès des traditions et de leur accumulation dans le temps : pourquoi certaines idées ont plus de succès que d’autres (autant dans le temps que l’« espace », c’est-à-dire autant en nombre d’individus qui la possèdent à chaque génération qu’en nombre de générations à travers lesquelles l’idée survit) Dans le temps par exemple, ça peut concerner certaines techniques, d’artisanat par exemple, comme la dentelle ou les vitraux. Un bon exemple dans l’espace (qui marche aussi dans le temps) pourrait être celui de l’imprimerie, qui s’est largement diffusé.
– et enfin, la troisième et dernière question est pourquoi nous, les humains, avons beaucoup plus de traditions que les autres animaux ? Pourquoi est-ce que l’on a une « culture », comment est-ce que ça se fait que l’on possède un ensemble d’idées partagées avec nos semblables bien plus étendu que les autres animaux ?
Il y a deux problèmes majeurs pour une représentation/pratique candidate à devenir une tradition, c’est-à-dire à avoir du succès, en somme :
– l’usure, ou perte de qualité (le problème du téléphone arabe, en gros)
– l’insuccès, ou perte de quantité (la représentation n’est plus transmise du tout à partir d’un certain point)
Pour faire face à ces problèmes de perte de qualité ou de quantité, il existe des mécanismes – ou stratégies, en quelque sorte – de diffusion: répétition, redondance, ou encore prolifération.
Pourquoi avons-nous autant de culture (par rapport aux autres animaux) ?
De bons imitateurs, vraiment ?
Une des hypothèses qui a eu son heure de gloire était la possibilité que l’on arrive à accumuler une quantité de « culture » plus importante que les autres espèces, parce que notre « culture » se transmettrait mieux. Entre guillemets, on en « perdrait » moins. Une découverte aurait tendance à subsister sur un nombre plus grand de générations que chez nos proches cousins. C’est l’idée de l’effet de ‘cliquet’ (ratchet effect, en anglais), en référence à cette pièce d’horlogerie qui empêche une autre pièce de retourner en arrière. Notre ‘culture’ humaine fonctionnerait donc sur le même principe : on irait forcément vers plus de pratiques, et des pratiques plus efficaces, vers des idées plus compliquées, etc … L’idée est séduisante, mais …
Le problème majeur avec cette hypothèse est … qu’elle correspond plutôt mal à ce qui peut être observé des représentations et pratiques humaines.
On connaît plusieurs cas historiques où l’on a eu de gros retours en arrière, en général, le progrès technique a connu des trajectoires plus erratiques que linéaires. Pour un exemple historique, il suffit de penser au « retour en arrière » qui a eu lieu au début du Moyen Âge, après la chute de l’Empire romain. A ce moment là, on perd des technologiques comme les aqueducs, par exemple. Des chercheurs, (Caldwell & Millen) ont cherché à reproduire cet aspect non linéaire du progrès, en faisant faire des tours de spaghettis et des avions en papier à leurs participants. Le but était de faire des tours de spaghettis les plus hautes possibles, et des avions en papier qui volent le plus loin possible, en ayant le droit de s’inspirer de ce qu’a fait le participant précédent. Du coup, si effectivement les dernières tours de spaghettis sont plus grandes que les premières, entre temps, une tour n’est pas toujours plus haute que celle qui l’a précédée, et peut même parfois être bien plus petite (idem pour les avions en papier).
La culture est un phénomène relativement « chaotique » : un bon modèle d’à quoi ressemble la transmission culturelle est le téléphone arabe. Pour ceux qui n’y ont jamais joué, il s’agit d’un jeu où le premier participant transmet un message à l’oreille du deuxième participant, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’on en soit au dernier participant, qui doit alors dire le message à voix haute. Très souvent, et ce qui fait de cette activité un jeu, est la tendance du message à être transformé au cours de sa transmission, au point où le message d’arrivée porte à peine une marque du message de départ.
Le téléphone arabe, pour ainsi dire, a été adapté de façon à devenir un protocole expérimental relativement classique. On « recrée » en laboratoire des chaînes de transmission, où de façon similaire au téléphone arabe: un premier participant est exposé à un message (un stimulus), puis distrait, on lui donne une autre tâche à faire, et ensuite on lui demande de se rappeler et de reporter, aussi précisément que possible ce qu’il/elle a vu ou lu précédemment. On fait référence à ce protocole expérimental sous le nom de chaînes de Bartlett, en référence au chercheur qui l’a mis au point. Une de ces premières expériences demandait donc simplement de rappeler aussi bien que possible un extrait qui a été lu quelques instants auparavant. Les résultats montrent qu’environ la moitié des mots sont perdus lors d’un seul de ces épisodes.
D’une façon globale, la transmission culturelle est un processus qui fait peu d’élus pour beaucoup d’appelés : seule une très petite quantité des représentations qui existent se transmettent assez bien pour avoir un certain succès – les nouvelles technologies offrent des illustrations assez saisissantes de ce phénomène : l’immense majorité des tweets n’est jamais retweetée, par exemple (et la proportion des tweets retweetés plus d’une centaine de fois est très très faible).
Plutôt de meilleurs ’communiquants’ ? : la communication humaine, unique dans le règne animal… (et un peu de notre démographie)
En revanche, nos capacités pour la communication, y compris ostensive, semblent relativement uniques dans le monde animal : le fait de communiquer volontairement, et plus particulièrement d’avoir dans notre communication (verbale comme non-verbale) des signes servant à témoigner une intention de communiquer, une façon d’attirer l’attention sur ce qui est fait/montré. C’est par exemple le cas du pointage et de ce qu’il permet comme attention partagée.
Un autre facteur qui a probablement participé au fait qu’on accumule des traditions tient aux faits qu’on a des populations non seulement plus larges que les autres grands primates, mais avec également plus de contacts pacifiques – cela permet à la fois d’inventer plus et de conserver plus d’idées.
Quels sont les facteurs qui rendent des idées un peu plus « contagieuses » ?
Ces facteurs peuvent être globalement décrits comme tombant dans deux grosses catégories (cette distinction est un peu grossière, mais utile pour ordonner un peu la suite de cet exposé) : ceux qui ont traits à ce que les idées contiennent, et ceux qui sont davantage liés à qui possède ces idées, et cherche éventuellement à les transmettre. Pour emprunter les mots d’Olivier Morin, trois choses font vivre les traditions : leur diffusion préalable, leur attrait et l’accessibilité des individus qui les portent.
Dans un premier temps, on va s’intéresser aux facteurs liés au contenu des idées :
Les facteurs liés au contenu des idées – attrait local versus ‘général’
L’attrait des idées (facteurs liés au contenu même des idées) peut provenir de leur contenu, de plusieurs façons :
Une idée peut être attractive parce de façon locale, c’est-à-dire si elle présente un attrait lié au contexte dans lequel elle se situe. C’est par exemple le cas de la natte mandchoue – elle était, entre autres, pratique pour monter à cheval.
Mais une idée peut aussi être attractive d’une façon plus générale, voire universelle. Dans ces cas-là, il est souvent question de la relation entre l’idée et les « intuitions » plus ou moins universelles qui existent dans l’humanité.
Si elles sont intuitives : Intuitives, dans ce sens, veut dire qu’elle paraisse « coller » avec notre impression spontanée (« gut feeling »).
Pour comprendre (en partie) cette idée, je vais faire un court détour pour expliciter un peu plus quelle est la vision de l’esprit humain qui sous-tend une bonne partie des théories abordées ici. Pour essayer de dire ça vite et bien, on considère que le cerveau/l’esprit humain constitue un organe comme les autres, et qu’à ce titre, il a été soumis à des pressions sélectives particulières. La façon la plus « efficace » de faire face à des pressions sélectives (c’est-à-dire des problèmes récurrents que les organismes rencontrent dans leur environnement) est de développer des réponses spécifiques à ces problèmes ou choses à faire, et c’est ce qu’on appelle des modules dans le jargon. On a donc, par exemple, un module dédié au traitement des visages. Mais ce module, si son domaine propre, donc ce pour quoi il a « évolué » – il a été sélectionné de façon à résoudre un problème qui a été rencontré de façon récurrente (reconnaître les visages). Les ‘vrais’ visages d’autres êtres humains constituent donc ce qu’on appelle son domaine propre. Mais ce module « s’active » aussi face à d’autres choses que de vrais visages : face à des masques ou des dessins, même très simples. Ces autres choses qui activent cette fonction de notre esprit constituent le domaine effectif de ce module.
Si des idées sont intuitives, elles se transmettront mieux, pour principalement 2 raisons : en premier lieu, elles seront plus faciles à mémoriser, et dans un deuxième temps, elles auront des taux de mutations plus faibles – de même, si des versions proches d’une idée particulièrement intuitive existent, elles auront de très fortes chances de se transformer en cette idée intuitive, plutôt que de rester telles qu’elles sont.
Exemples : l’orientation des portraits, la saignée
Si elles sont minimalement contre-intuitives : pour expliquer ça, il va falloir partir du principe que dans son fonctionnement, l’esprit humain tend à classifier les choses qu’il connait/qui existe en différents types, selon leur « nature », ou pour le terme plus exact, en utilisant des catégories ontologiques. Globalement, ces catégories ontologiques sont des types de fichiers mentaux, qui nous permettent de faire des inférences utiles lorsque l’on est face à un élément qui appartient à cette catégorie. Par exemple, lorsque l’on croise un animal que l’on n’a jamais vu auparavant, le catégoriser comme « animal » permet d’utiliser les propriétés de cette catégorie pour savoir comment se comporter face à cet animal, inférer qu’il peut être agressif, avoir faim, et anticiper une partie de son comportement d’après cela.
Pour en revenir à nos représentations, certaines représentations doivent une partie de leur succès au fait qu’elles ont une structure un peu particulière vis-à-vis de ces catégories ontologiques : elles respectent à peu près tous les caractéristiques de la catégorie à laquelle elles appartiennent, mais en violent aussi une partie. Cette structure autorise ces idées à être spécialement bien mémorisées, et transmises. C’est notamment le cas de bons nombres de représentations religieuses à travers le monde (cf. « Et l’homme créa les dieux » de Pascal Boyer). Par exemple, un arbre qui peut entendre ce qu’on dit sous son feuillage transgresse la catégorie ontologique de plante, puisqu’il peut entendre. (Le succès des représentations religieuses repose aussi sur le fait que les agents surnaturels – dieux, esprits, etc – possèdent des informations qui généralement intéressent les autres être humains).
Une petite digression sur les croyances religieuses :
Pendant quelques temps, cette idée a posé un problème : le Mickey Mouse Problem (parfois aussi appelé Zeus problem) : pourquoi est-ce que toutes les représentations à présenter une dimension contre-intuitive ne deviennent pas des dieux ? En effet, un certain nombre de représentations sont vaguement minimalement contre-intuitives, pourtant toutes ne font pas l’objet de cultes. La réponse à cette question tient dans le fait que pour devenir un « dieu », une représentation a essentiellement besoin que des gens se comportent comme s’il existait (en en parlant, lui adressant des prières, des offrandes, et caetera). Entre autres, des études récentes d’un des laboratoires de psychologie du développement – équipe de Paul Harris – à Harvard, ont des résultats assez similaires chez les enfants. Les dieux, ou autre êtres religieux sont au départ pensés d’une façon assez identiques à celles de d’autres entités dont les enfants n’ont pas d’expérience directe, comme, au choix, les microbes, les sirènes ou les pirates. C’est seulement quelques années plus tard qu’ils distinguent les microbes ou les dieux des sirènes ou des pirates – ils ont appris ce qui existait ou non en étant témoin du comportement des autres à propos de ces entités.
Dans un deuxième temps, on va aller voir du côté des facteurs un peu plus sociaux qui rendent certaines idées plus ‘contagieuses’ que d’autres. En somme, on va voir quels facteurs liés à la distribution des idées, ou, entre guillemets, à leur « démographie » :
Biais de conformisme
Si une représentation est très répandue parmi les gens qui vous entourent, il est plus probable que vous l’adoptiez – il a été soutenu que ce biais pouvait se révéler particulièrement adaptatif, en permettant d’utiliser des connaissances qu’ont d’autres individus autour de soi sans avoir à les posséder soi-même. Un exemple de ce biais de conformisme et d’un cas où ce serait plutôt une « bonne idée » : prenons le cas d’une femme enceinte dans un certain environnement, où les individus autour d’elle lui conseillent, voire lui interdisent de manger certains aliments – ne sachant pas nécessairement quels aliments présents dans l’environnement contiennent des poisons potentiels pour son futur bébé, suivre les conseils qu’on lui donne / ce qui est pratiqué autour d’elle peut constituer une bonne façon de faire face à la situation.
Biais de prestige :
Une représentation est « avantagée » et a de meilleures chance d’être transmise si elle est présente chez des individus prestigieux, les autres auront ensuite tendance à les imiter. De mémoire, pas mal de travaux de sociologie montrent des effets de mode qui passent de hautes classes sociales à des classes sociales plus basses. C’est le cas pour les prénoms par exemple : on observe des effets de mode où certains prénoms sont d’abord populaires parmi les classes sociales les plus aisées puis deviennent ensuite populaires au sein de classes sociales moins élevées.
Biais d’efficacité – ou de contenu :
Si une technique a l’air vraiment plus utile ou efficace, elle aura plus de chances d’être transmise et d’avoir du succès.
[Les biais précédents – de conformité, de prestige et d’efficacité – sont essentiellement tirés des recherches et livres de Boyd & Richerson]
Finalement, un autre facteur décisif dans l’adoption de croyances tient à la présence ou non d’individus motivés à transmettre ce qu’ils connaissent / il existe aussi des effets liés simplement au passage des générations [la transmission culturelle peut s’étudier sous différentes unités de temps : années ou générations] : la transition dans l’orientation des portraits (regard de côté à regard de face) est en train soutenue par ce phénomène.
Entre autres, les idées sont transformées, parce qu’elles sont communiquées dans un cadre social, par des agents, à d’autres agents, et que les « récepteurs » sont sensibles à une certaine quantité d’informations contextuelles. Par exemple, qui transmet une information a un rôle important à jouer dans la transmission des idées – si une personne que l’on juge ‘douteuse’ nous donne un conseil, il est fort probable que l’on n’adopte pas ce conseil.
Dans la mesure où la circulation des informations est une des activités qui embrasse une bonne partie de la vie humaine, on a également développé des adaptations pour juger de la fiabilité des informateurs, de façon à savoir si les informations que cette source peut nous donner sont fiables, et si l’on doit les adopter. L’ensemble des processus cognitifs qui s’occupe de ces jugements de ‘confiance’ est appelée vigilance épistémique, et impacte le choix de croire, et d’adopter ou non certaines idées en fonction de qui les transmet.
Une variation autour de la vigilance épistémique – de cet ensemble de mécanismes qui servent à évaluer si l’on doit croire une source d’information – est l’effet gourou (Sperber, 2010)
L’effet gourou, réfère à ce que provoquent, par exemple certains auteurs un peu obscurs (comme Derrida ou Deleuze) : le message transmis n’est pas spécialement clair ou examinable en lui-même, mais on lui suppose une certaine profondeur, en vertu du prestige de l’auteur.
Pourquoi est-ce important de s’intéresser à tout ça ? Applications (Opinion personnelle)
Parce que comprendre comment les idées se transmettent, ça a des implications sur ce qui a du succès ou non, à des échelles « sociétales » et/ou sur des pratiques spécifiques qui peuvent être dangereuses, comme, ce qui a été le premier article que j’ai eu la chance de publier dans une revue scientifique, la saignée, qui a eu la part du lion en médecine pendant longtemps (et dans nombre d’endroits du monde).
Dans des versants plus ‘mollement’ naturalistes, un sociologue français, Gérald Brönner (il se revendique lui-même d’un naturalisme « mou »), a développé la métaphore d’un « marché des idées », au sein duquel les gens « choisissent » les idées qu’ils adoptent. Il applique particulièrement cette idée au cas des croyances qui paraissent « irrationnelles » : théorie du complot, sectes, terrorisme (dans La pensée extrême). En d’autres termes, ce sont des croyances dont on ne comprend pas immédiatement pourquoi ou comment des personnes en sont venues à les posséder.
Je pense que c’est une bonne perspective à avoir pour appréhender ce qui se passe autour de nous. Se demander, avant d’adopter certaines positions, particulièrement sur les sujets qui se prêtent à des débats, s’il n’y a pas des facteurs qui font qu’on est moins critique envers cette idée, c’est une bonne –et facile- façon de devenir plus critique. Ce n’est pas parce qu’on a envie de croire une idée qu’elle est vraie, qu’elle l’est. C’est aussi une approche qui permet d’avoir conscience que certains choix qu’on fait, sur ce qu’on « choisit » comme institutions a des implications sur qui va pouvoir transmettre des messages/représentations, et à qui (essentiellement pour ce qui est des médias, par exemple).
Take Home message – Conclusion/ à retenir :
Du coup, pour conclure, en tant qu’agent qui souhaite vous transmettre des idées, voilà celles que j’aimerais vraiment que vous reteniez de mon intervention :
Il est possible d’appréhender la « culture » d’une façon scientifique, et c’est ce qu’au moins trois courants de recherche ont fait ces trente dernières années. En quelques mots, brièvement, ce n’est pas nécessairement la culture qui impacte la psychologie humaine, comme la plupart des sciences humaines l’ont défendu pendant longtemps (comme le fait remarquer Steven Pinker dans The Blank Slate), mais davantage notre psychologie, notre cerveau et notre cognition, qui, en portant notre héritage évolutionnaire, nous permettent non seulement d’avoir des traditions, mais déterminent également quelles idées se transmettront mieux, et quelles conditions participent à la diffusion réussie d’une idée.
Enfin, pour finir, j’espère que les idées abordées ici seront un peu « contagieuses », et que vous aurez aimé les voir ainsi présentées. Si elles vous ont intéressées, n’hésitez pas à aller voir un peu les références dont je me suis servie.
Références
Thèse Nicolas Claidière
Bartlett, F. C. (1995). Remembering: A study in experimental and social psychology (Vol. 14). Cambridge University Press.
Boyer, P. (2001). Et l’homme créa les dieux. Paris: Gallimard.
Bronner, G. (2009). La Pensée extrême: comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques. Denoël.
Bronner, G. (2013). La démocratie des crédules. Puf.
Caldwell, C. A., & Millen, A. E. (2008). Experimental models for testing hypotheses about cumulative cultural evolution. Evolution and Human Behavior,29(3), 165-171.
Claidière, N., Scott-Phillips, T. C., & Sperber, D. (2014). How Darwinian is cultural evolution?. Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences, 369(1642), 20130368.
Dawkins, R. (2003). Le gène égoïste. Odile Jacob.
Gervais, W. M., & Henrich, J. (2010). The Zeus problem: Why representational content biases cannot explain faith in gods. Journal of Cognition and Culture,10(3), 383-389.
Harris, P. L. (2012). Trusting what you’re told: How children learn from others. Harvard University Press.
Mesoudi, A. Cultural Evolution: A Review of Theory, Findings and Controversies. Evolutionary Biology, 1-17.
Morin, O. (2011). Comment les traditions naissent et meurent: la transmission culturelle. Odile Jacob.
Morin, O. (2013). How portraits turned their eyes upon us: visual preferences and demographic change in cultural evolution. Evolution and Human Behavior, 34(3), 222-229.
Pinker, S. (2005). The blank slate. Southern Utah University.
Richerson, P. J., & Boyd, R. (2008). Not by genes alone: How culture transformed human evolution. University of Chicago Press.
Sperber, D. (1996). La contagion des idées: théorie naturaliste de la culture. O. Jacob.
Sperber, D. (2010). The guru effect. Review of philosophy and psychology,1(4), 583-592.
Sperber, D., & Hirschfeld, L. A. (2004). The cognitive foundations of cultural stability and diversity. Trends in cognitive sciences, 8(1), 40-46.
Dossier présenté lors de l’épisode 202 du 13 janvier 2015
« Les fous ouvrent des voies qu’empruntent les sages » Carlo Dossi
Cet article vise à faire un point détaillé sur ce que l’on nomme communément maladies mentales (mot fourre-tout bien souvent utilisé à mauvais-escient). On va essayer d’éclaircir comment un individu en vient à avoir des comportements à première vue étrange, pourquoi cela nous dérange t’il donc tant. Et surtout faire la part des choses entre ce qui pourrait être de l’inné / de l’acquis / ce qui est un trouble soit disant psychologique, et ce qui est tout bonnement neurologique pur, ce qui dépend des deux, ce qui a des prédispositions génétiques, etc. bref c’est un vrai bazar je vous l’accorde, on va essayer de faire au mieux pour l’éclaircir. Mais avant de commencer je veux faire un point sur le fait que cela est un sujet miné, ce n’est pas un théorème de mathématiques. Et je ne suis ni psychiatre, ni psychanalyste, ni psychologue (au passage, il ne faut pas confondre ces 3 termes, un psychiatre a fait des études de médecine et a une spécialisation de Psychiatrie/Pédopsychiatrie ; un psychologue a fait un master de Psychologie (clinique, du travail, neuropsychologie, etc. selon) ; un psychanalyste n’a pas de diplôme particulier (par contre, s’il veut, un psychologue ou un psychiatre peuvent marquer psychanalyste sur leur plaque, la condition étant d’avoir fait sa propre psychanalyse).
Pour commencer un peu d’histoire de la folie ?
A l’époque, les gens pensaient que les « fous » étaient possédés par des mauvais esprits, des démons. Le mot Hystérie remonte par exemple à Hippocrate avec le mot Utérus, comme quoi celui-ci se déplace dans le corps et créerait des symptômes. Platon décrit les causes et ces manifestations « La matrice est un animal qui désire ardemment engendrer des enfants ; lorsqu’elle reste longtemps stérile après l’époque de la puberté, elle a peine à se supporter, elle s’indigne, elle parcourt tout le corps, obstruant les issues de l’air, arrêtant la respiration, jetant le corps dans des dangers extrêmes, et occasionnant diverses maladies».
Les premières thérapies sont très étranges… On enferme les gens, on les tond, on tente des médicaments comme le poivre ou l’opium, des vomitifs, certains tentent les saignées bien sûr. Ou encore faire un trou dans la tête pour faire sortir les vapeurs toxiques, leur mettre un équivalent d’une camisole de force, les envoyer chez des « exorcistes » pour faire sortir les démons ! Une thérapie qui m’avait marqué d’ailleurs: on emmène les gens se promener sur un pont ou on a mis une trappe au centre, qu’on ouvre lorsqu’ils sont dessus, pour leur faire une sorte d’électrochoc ! Bon aussi les électrochocs plus récemment, le fauteuil rotatoire (les faire tourner très vite pour essayer de « leur remettre les idées en place », etc).
Et même pour Descartes et son Cogito…on ne peut pas être fou si on pense, et si on ne pense pas, alors on n’est pas (d’ailleurs le mot folie vient du latin « Follis », signifiant sac vide (tête emplie de vent)). Pour Montaigne par contre, les fous sont des gens qui sont dans un état de rêve toute la journée.
On passe ensuite à l’époque du « Grand Enfermement » ou on interne tout ceux qui dérangent (lettres de dénonciation, les policiers vont les chercher chez eux, les critères sont très sveltes… « Si une femme a été la maîtresse d’un homme, pas l’homme mais elle, elle sera enfermée », etc.) Il y a rapidement plus de place dans les institutions, les autorités construisent en urgence des lieux absolument pas adaptés où les gens sont traités comme des animaux, on vient les voir en spectacle lors de la promenade du dimanche de la bourgeoisie parisienne… !
Post révolution française, un médecin chef de la Pitié-Salpêtrière Philippe Pinel « libère les aliénés de leur chaine » (symbole, il est le fondateur de la psychiatrie moderne). La loi de 1838 dite « loi des aliénés » a fait une scission dans le traitement des patients avec la mise en place de structures spécialisées dit « Asiles Psychiatriques » , une protection des personnes avec des conditions médicales et juridiques contrôlées (elle n’a changé qu’en 1990). On mélangeait en effet tout type de pathologie déviante de ce qui est était socialement attendu. Car OUI, commençons donc par cela… la NORME qu’est ce donc que ce mot étrange ? Qu’est ce qu’on comportement normal ? Un qui vous plait ? Quelqu’un qui ferait comme vous ? Quelqu’un qui se plierait aux lois ? Moult définitions existent, ces dernières étant ajustées en fonction du contexte spatio-temporel.
Car oui nous mélangeons de nombreuses choses, il faut bien distinguer ce qui, pour commencer, dépendrait d’un trouble purement neurologique telle une lésion (innée ou acquise), par exemple de la zone de Broca en région Frontale. Cela entraîne généralement des symptômes tels la perte de la parole partielle ou totale sans trouble de compréhension, un agrammatisme, et une conscience de son état pour le patient. Tandis qu’une lésion dans la zone dite de Wernicke (dans le cortex temporal) entraînerait une logorrhée (flux de parole continu), une non-compréhension, une anosognosie (non-conscience de son état). Bref, ces 2 pathologies sont des dysphasies (donc des troubles de la parole) d’origine neurologique pure, qui peuvent (si vous rencontrez un sujet dans la rue là tout de suite) vous faire dire « tiens un mec bizarre…il a quoi ? », et penser « maladie mentale un truc du genre ? » alors que c’est une aphasie d’ordre purement neurologique? Et puis j’ajouterais quand même que toutes ces lésions potentielles peuvent évoluer (#plasticité) ! Par ailleurs on peut comprendre, mais être choqué par le fait de considérer quelqu’un atteint de la maladie d’Alzheimer comme malade mental, il a une dégénérescence des neurones de l’hippocampe, c’est neurologique… Ou encore une agnosie visuelle (incapacité totale de reconnaître des objets), ayant pour origine une lésion inféro-temporale et non un trouble psychiatrique.
Et puis pour finir une atteinte de certaines aires visuelles, la prise de certains traitements, ou certaines carences, sont autant de facteurs pouvant entraîner des hallucinations visuelles, sans pour autant être schizophrène, donc vous comprenez à quel point cela devient simple de tout mélanger.
Mais commençons par dissocier de manière très schématique et ancienne (j’insiste sur le fait que cette classification n’est plus utilisée aujourd’hui !) les troubles mentaux pour comprendre plus facilement. Alors vous avez d’un côté :
L’état psychotique qui se définirait peut être comme une rupture avec la réalité extérieure, une non-conscience de son état et des conséquences que des actes peuvent avoir sur d’autres personnes : cela implique les phénomènes d’hallucination et de délire.
De l’autre côté de la balance on trouve l’état névrotique (vient de nerf, mot du 18ième, de William Cullen, signifiant une altération du système nerveux) dans lequel le sujet affecté a pleinement conscience de son état qui le fait d’ailleurs souffrir, mais contre lequel il n’arrive pas à lutter. Typiquement on peut penser ici à l’état dépressif, les TCA (troubles du comportement alimentaires), les TOC (troubles obsessionnels compulsifs), les phobies (agoraphobie, ou phobie scolaire par exemple)
Et entre ces deux états (psychose et névrose), vous avez l’état borderline
Je voudrais également insister sur les mots symptôme et syndrome. Un syndrome est une combinaison de symptômes, certains étant nécessaires dans la définition du syndrome, certains étant additifs. Donc par exemple on ne dit pas en soi « l’autisme » mais « un syndrome autistique » et un « trouble du spectre autistique » dans les nouvelles nosologies.
Les troubles mentaux sont classés par la 5ème édition du DSM, manuel de diagnostic de l’Association Américaine de Psychiatrie, manuel très utilisé (reconnu juridiquement pour les assurances, les tribunaux, les industries pharmaceutiques, etc.). Les mots psychose et névrose ont quant à eux été supprimé pour des raisons de différences de signification de ces mots selon les écoles (beaucoup trop liée à la psychanalyse en l’occurrence).
Donc concernant le fonctionnement du DSM 5 et un diagnostic, il faut présenter une liste de symptômes eux-mêmes classés par critères, pendant une durée définie (au moins 6 mois, au moins 2 ans, etc.)
« DSM 5 et tais toi ! »
Nouvelle classification du DSM 5 (résumé non-exhaustif, toutes les catégories n’étant pas décrites)
Troubles du spectre schizophrénique (que je détaille plus loin dans l’article)
Troubles neurodeveloppementaux
Troubles de la communication
Trouble du spectre autistique (ASD)
Le terme autisme vient du psychiatre Bleuler, de « auto » pour la notion : tournée vers soi-même, et est malheureusement une contraction d’un terme de Freud « auto-erotisme », on appelait aussi cela de la « schizophrénie infantile » ou « démence précoce » alors que c’est un désordre neurologique des 1ers stades de developpement du cerveau)
Symptômes majeurs
Déficit de la communication et des interactions sociales
Intérêts restreints, comportements stéréotypés
Symptômes dès la petite enfance (avant 3 ans)
Ces symptômes entrainent des limitations significatives de la vie sociale
Étiologie :
Facteurs génétiques impliqués (risque élevé de développer des troubles autistiques chez des jumeaux monozygotes -> 60% de risque)
Des maladies proches possèdent des symptômes autistiques incontestables, tel :
Le syndrome d’Angelman (en lien direct avec une mutation sur le chromosome 15, et entre autre le gène CYFIP1)
Le syndrome de l’X Fragile
Des marqueurs cérébraux ont été eux-aussi mis en évidence (anomalies de certaines structures temporales, et connexions synaptiques)
Et des facteurs pendant la grossesse
Phénylcétonurie (trouble héréditaire lié à un déficit enzymatique, entrainant un retard mental)
Virus externe & al , pas purement génétique ! Il ne faut pas tomber dans l’autre extrême, pas de gène de l’autisme non plus…nous ne sommes pas prédéterminés…
Ce qui met un petit stop aux écoles de pensées psychanalytiques, qui expliquaient que c’était la faute de la relation avec une mère très froide et non aimante pendant les premières années… ! L’isolement étant une protection du monde extérieur.
Bref, combat actuel pour lutter contre le fait que l’autisme est une maladie mentale ! Typiquement un des traitements pour l’autisme infantile est le « packing» (envoleppement dans des linges froids voir gelés des enfants, utilisés pour les adultes psychotiques…, le but étant « d’aider les patients à retrouver une image corporelle en privilégiant ses vécus sensoriels »…les parents se sont révoltés et c’est enfin (depuis 2012) interdit pour les enfants autistes).
Déficit de l’attention / hyperactivité
Troubles moteurs (par exemple syndrome de Tourette)
Caractérisés par une alternance entre des états maniaques, et des états dépressifs. Très complexe et souvent confondu avec de la schizophrénie.
Le lithium est prescrit dans les accès maniaques
Troubles de l’anxiété
Attaque de panique
Phobie
Sociale (agoraphobie)
Animale
Trouble généralisé de l’anxiété
Troubles obsessionnels compulsifs
Trichotillomanie :
souvent un symptôme reflétant une anxiété exacerbée appartenant à une pathologie
souvent accompagné de trichophagie (manger ses cheveux/poils)
comportement proche d’une addiction comportementale, arracher étant comme le calmant dont le sujet a besoin au moment m. Il recherche aussi la douleur (fibres nociceptives) et surtout la sérénité suivant cette dernière suite à la production d’endorphines (opioïde, comme si on prenait de l’héroïne). Il y a bien sûr le souvenir du plaisir procuré par l’action qui rend ce comportement addictif.
Cela se pseudo-traite via de la psychothérapie, des thérapies cognitivo-comportementales, et la prise d’antidépresseurs
Désordres obsessionnels compulsifs
Comportements obligatoires, le sujet en a conscience mais ne peut lutter contre.
Répétition de gestes avec des conséquences pathologiques
Concernant les traitements, des antidépresseurs sont souvent prescrits (les marques Zoloft, Setraline sont par exemple connues, ils agissent en inhibant la recapture de la 5HT), mais des effets indésirables sont fréquents, tels des comportements dangereux, des troubles alimentaires, du sommeil, et sexuels)
Troubles dépressifs (Si besoin, une parenthèse sur le fonctionnement des antidépresseurs) : 4 familles par mécanisme d’action :
Inhibiteur de monoamine oxydase : augmentent la concentration de 5HT en inhibant l’enzyme chargée de sa dégradation (monoamine oxydase).
Les tricycliques : empêchent la recapture de certains neurotransmetteurs tels 5HT, noradrenaline, et dopamine
Les inbiteurs de recapture de 5HT spécifiques dans le neurone présynaptique
Les inbiteurs de recapture de 5HT et NA
Troubles alimentaires
Anorexie
Boulimie
Hyperphagie
Pica (ingestion de substance non-nutritives de manière addictive : terre, papier, …)
Troubles du sommeil
Insomnies
Hypersomnolence
Narcolepsie
Troubles paraphilic
Voyeuriste
Exhibitionnisme
Masochisme
Pedophilie
Fetichisme
Troubles addictifs relatifs à des substances
Alcool
Caféine
Cannabis (psychotrope entraînant des états modifiés de conscience)
Opioïde telle la morphine, l’héroïne (analgésique) – utilisation de la méthadone…
Troubles relatifs au stress (Stress post-traumatique entre autres)
La nosologie du DSM est depuis longtemps contestée (1ère édition en 1968 d’inspiration freudienne), les gens ne voulant être assignés, à juste titre, à des critères, coller dans des grandes classes, quand on pense à la variabilité de l’expression des troubles interindividuels et aux nombres de facteurs impliqués qui interragissent, on comprend… !
Le National Institute of Mental Health prépare actuellement une nouvelle classification, les manuels dévient de plus en plus de l’apport de la psychanalyse. Le projet du NimH est le RDoC (research domain criteria) avec pour ambition de développer de manière agnosique une nouvelle façon de classer les troubles mentaux à partir du comportements observables et des mesures neurobiologiques. En effet, selon le pésident du NimH, Thomas Insel, « les patients valent mieux que cela », et l’institut ne veut plus se baser sur cette classification pour les recherches futures. Mais bien sûr, les écoles psychanalytiques se révoltent également avec leur collectif «Stop-DSM», contre cette « pensée unique », qui ne prend plus assez en compte les apports de la psychanalyse. Le psychanalyste Roland Gori explique « on assiste à une médicalisation de l’existence ».
Vous reprendrez bien un peu de schizophrénie ?
Pour vous détailler un peu la schizophrénie, c’est un trouble mental sévère et chronique, qui apparaît au début de l’âge adulte avec une prévalence de 1%. Il y a une anosognosie (non-conscience du trouble) : l’acceptation par le patient d’un potentiel traitement / d’une potentielle thérapie, s’avère assez complexe. Ce terme « schizo/phrenie » veut dire « esprit fendu » : cette pathologie se traduit par une dissociation et une désorganisation générale de la pensée avec ce qu’on nomme communément la déréalisation (le sujet se sent étranger à ce qu’il perçoit, il n’y a pas de logique, il ne maîtrise pas) et une déréalisation (étrangeté de soi-même, il a la sensation d’être contrôlé par une force extérieure). Pour retenir facilement une définition de la schizophrénie, pensez aux 3D donc : Discordance (émotionnelle), Dissociation (illogique), Délire paranoïde (étrangeté)
On peut distinguer ce que les classifications nomment :
Symptômes «positifs » ou « productifs » qui s’ajoutent à la réalité : hallucination, délire, agitation. Ces symptômes sont souvent pris en charge par des traitements médicamenteux (antipsychotiques : neuroleptiques). Les hallucinations et les délires sont très liés.
les hallucinations peuvent être de tout type mais il y a des prédominances selon le type de schizophrénie (voix imaginaires qui le persécutent, animaux qui l’attaquent, etc.)
délires de plusieurs formes (déformation à partir d’indices appartenant à la réalité)
Persécution (tout le monde lui veut du mal, il s’enferme chez lui, se cache)
Vol de pensée / idées imposées
Mégalomanie
Symptômes « négatifs» ou « déficitaires » : nommés ainsi car ils sont censés refléter le déclin de capacités cognitives. On note ainsi des troubles de mémoire, d’attention, de concentration, de raisonnement (phrases sans lien, néologismes, incapacité à prendre des décisions propres à une situation nouvelle). Il y a aussi une perte de motivation globale (dite « aboulie » et une « anhédonie »), une apathie face au monde, des troubles de la motricité. Les symptômes dits négatifs sont beaucoup plus résistants face aux traitements médicamenteux, et sont plutôt pris en charge par des thérapies comportementales.
On sépare ensuite différents types de schizophrénie selon si le patient a plutôt des symptômes positifs ou négatifs.
Une séparation des symptômes est faite, selon s’ils sont :
Primaires : ils expriment la pathologie
Secondaires : ils sont la conséquence d’un autre symptôme, avec par exemple :
effet de médicament suite au délire (aboulie, anhédonie)
effet des hallucinations (retrait social, apathie)
Plusieurs formes de schizophrénie étaient scindées au sein du DSM IV dont :
Hébéphrénique: surtout des symptômes négatifs, mais peu d’hallucinations ou de délire, mais une désorganisation de la pensée globale
Paranoïde: Surtout des symptômes positifs donc des hallucinations multiformes, des délires, etc.
Catatonique : Stéréotypies, discordances émotionnelles, troubles de la motricité, voir mutisme.
Trouble schizo-affectif : Episodes thymiques dépressifs ou maniaques fréquents avec hallucinations et délires en dehors de ces épisodes.
Catatonique : Stéréotypies, discordances émotionnelles, troubles de la motricité. Forme très particulière
Syndrome psychotique atténué
En fait c’est beaucoup plus long et compliqué que ça la liste, mais c’est pour vous donner un aperçu de cette pathologie extrêmement complexe.
L’étiologie (origine du trouble) de la schizophrénie est extrêmement complexe et plurifactorielle, comme l’intégralité des désordres psychiatriques… Selon les dernières recherches, il y aurait des perturbations pendant le développement fœtal, des possibles problèmes de malnutrition chez la mère, un facteur viral, ainsi que le stress de cette dernière pendant la grossesse, ayant pour conséquence entre autre une désorganisation des connexions synaptiques chez le jeune enfant.
Donc ces facteurs seraient des « prédispositions » à un développement de la schizophrénie à l’entrée dans l’âge adulte, le sujet aurait lui-même des facteurs déclencheurs tels la consommation de drogues (épigénétiques, des facteurs bio-environnementaux qui interagissent avec une prédisposition).
Mais il existe également un lien génétique à priori évident car on observe une hérédité assez forte, avec une trentaine de gènes pour le moment impliqués, et certains locus mis en évidence (6p, 22q, 8p, 3p, 16p, 1q, 15q : délétion versus duplication d’une petite portion de chromosome).
Nb si besoin : p = bras court du chromosome ; q = bras long, on peut aussi imaginer ses jambes 😉 Et donc les chromosomes qui sont le support de l’information génétique, on en a 23 paires, contenues dans chaque cellule, avec environ 25 milles gènes).
Il n’y a ainsi vraiment pas un « gène de la schizophrénie » mais une interaction entre l’expression de plusieurs d’entre eux, et des facteurs environnementaux (épigénétique).
Concernant les données de Neuroimagerie portant sur la schizophrénie, peu de résultats convergent, et dépendent bien sûr des formes de schizophrénie…chaque sujet étant bien sûr UNIQUE. Cependant les données d’IRMf qui ressortent montrent l’implication de structures préfrontales impliquées notamment dans le raisonnement, et les représentations mentales, potentiellement en lien avec une désorganisation psychique. Mais d’autres études montrent que ce serait plutôt des problèmes de circuits entre des structures (mauvaises routes empruntées) notamment en situation d’interaction sociale, et de communication orale. Bref, vaste désordre, mais cette approche reste ici intéressante pour étudier cette pathologie par exemple en étudiant concrètement l’effet d’un agent pharmacologique sur le fonctionnement cérébral. Les recherches continuent donc… avec diverses approches complémentaires !
Concernant les prises en charge…comme le risque de TS est élevé, certaines hospitalisations sans consentement sont possibles dans certains cas.
Il y a quoiqu’il en soit une prise en charge psychologique, et la prescription de certains traitements tel que les benzodiazépines. Il s’agit d’une classe de médicaments psychotropes utilisés dans le traitement de l’anxiété, des convulsions, ils agissent sur les neurones gabaergiques, pour inhiber massivement le système nerveux central. Le plus connu serait sans doute le Vallium (diazépam , qui est un anxiolytique, anticonvulsif), il y a aussi le Xanax qui est connu pour ses effets anxiolytiques, et le Rivotril (clonazepam anticonvulsif).
Mais malheureusement, il y a un sevrage difficile et accoutumance très rapide.Et bien sûr de nombreux effets secondaires et contre-indications…, ainsi que des réactions paradoxales en fonction de l’individu. Il y aurait potentiellement un lien avec la survenue de la maladie Alzheimer. Bref, c’est loin d’être tout rose. Et encore une fois on soigne des symptômes temporairement mais clairement pas la maladie , on soulage l’entourage à court terme plus qu’on soigne le sujet lui-même, en le « shootant ».
Il en va de même pour les neuroleptiques prescrits fréquemment qui agissent quant à eux sur les récepteurs dopaminergiques qu’ils inhibent, agissant ainsi sur la régulation des émotions (en cas d’anxiété exacerbée, ou de forts délires)
Il faut donc éviter ces prises d’agents pharmacologiques au maximum, mais certains grands groupes peuvent inciter la prescription (et également la famille du patient). Il en est de même pour les antidépresseurs, bien que cette fois ce soit surtout le patient qui peut faire pression sur le médecin pour qu’il lui fasse une ordonnance.
Donc là je vous ai exposé l’approche athéorique et descriptive du DSM. Il existe en contrepartie l’approche psychanalytique, à savoir une nosologie fondée sur des conflits entre des grandes instances psychiques (ça, moi, surmoi) enseignée en faculté de psychologie :
Le type névrotique serait un conflit entre le ça et le Moi, entre désir et défense , entre histoire infantile et censure.
Le type psychotique serait entre une non-adéquation entre le moi et la réalité ,
etc.
Et donc en live cela se passe comment le diagnostic?
Anamnèse : c’est à dire retracer l’histoire du sujet , à la fois familiale et personnelle
Observation du comportement pendant l’entretien :
comportement moteur (Latéralité) ;
comportement visuel (exploration environnement, reconnaissance de visage, cherche le contact visuel ou comportement de fuite) ;
communication verbale (fluide, stéréotypie, prosodie) ;
Si possible prise de sang pour faire des analyses génétiques, au patient et, si on a de la chance aux parents et aux autres membres de la fratrie.
Si possible neuroimagerie selon la pathologie envisagée.
Entretien clinique et psychothérapie : être à l’écouter du sujet, ne jamais le forcer à parler mais l’encourager au fil de séance, à mettre à la surface des traumatismes potentiels, des difficultés, pour pouvoir l’aider. Possibles thérapies familiales également.
Questionnaires à la famille sur le patient.
Batterie de tests Neuropsychologiques adaptés à l’âge réel et developpemental (si retard mental)
Calcul, mémoire de travail (repeter une séquence de nombre à l’envers, switcher entre des règles pour des exercices, etc.) ;
Langage, écriture ;
Motricité, coordination , etc.
Diagnostique différentiel , typiquement on peut se tromper en diagnostiquant un trouble bipolaire alors qu’il s’agissait d’un trouble de la thyroïde…bonjour la prise de lithium chez les gens ayant une mauvaise régulation de la thyroïde. On rentre ensuite (même sans prescription) dans le risque de développer des symptômes (psycho somatisation : si on mentalise de façon extrême un symptôme, le cerveau pense le percevoir et du coup peut en souffrir, typiquement les membres fantômes) ou d’entrer dans la dépression. En même temps lorsque vous vous recevez un nom sur la tête comme un tampon définitif qui ne vous lâchera plus…cela peut être extrêmement dur à vivre.
Quelques mots (seulement) sur l’épilepsie :
Trouble purement neurologique déjà..! Qui vient du grec, signifiant « prendre par surprise » car les crises arrivent de manière pseudo-random (bien que des facteurs déclencheurs tels le stress, la lumière, les endroits clos, les écrans, sont connus mais diffèrent selon les gens)
Nommé et confondu à l’époque avec ce qu’il nommait l’ « Hystérie de conversion» reflétant une conversion somatique de l’energie provenant d’un conflit sexuel inconscient. Le célèbre medecin Charcot faisait des séances d’hypnose sur les patientes « hystériques » à La Pitié-Salpêtrière.
Avec une fois encore plusieurs formes existantes.
Possibilité d’un facteur génétique de prédisposition, d’une lésion acquise (AVC, traumatisme crânien), ou encore les crises peuvent survenir de manière occasionnelle en cas de manque (calcium, ion) ou de sevrage de psychotrope.
Symptômes : différences inter et intra-individuelles mais globalement
Convulsions
Hallucinations sensorielles
Angoisses
…
Traitements ?
Anticonvulsif
Neurochirurgie du foyer épileptogène (si pharmaco-resistance mais dangereux)
Et si pharmaco-résistance + neurochirurgie impossible, la pose d’une boitier de stimulation intracrânienne du noyau antérieur du thalamus, réduisant la fréquence des crises ;
Ou encore stimulation du nerf vague via implantation d’un boitier dans la poitrine – relié au cerveau (aimant donné au patient à se passer sur la poitrine quand il sent une crise venir pour avertir le générateur, mais sinon simulation en continu toutes les 5min pendant 30 sec à 0.5 milliampères)