En intro
Xilrian - que vous avez peut-être entendu dans le podcast Bazingcast – nous fait le plaisir d’une petite visite pour nous présenter son nouveau podcast: Alife – Vie artificielle. Nous vous le recommandons vivement, vous le trouvez sur:
- Itunes: http://itunes.apple.com/fr/podcast/vie-artificielle/id471402436
- Sur le web: http://blog.vie-artificielle.com/
- Et en flux RSS: http://feeds.feedburner.com/
vieartificielle
Le dossier de la semaine
Mathieu explore pour nous cette semaine les planètes habitables dans un de ces dossiers dont il a le secret. Suite la semaine prochaine!
Retour sur les neutrinos
Alan a dit quelques bêtises, qui ne sont pas passées inaperçues, heureusement. En vrac, les réactions et actions correctives:
Salut,
Pour la super nova de 1987 c’est plutôt avec 4 ans d’avance sur les photons que les neutrinos seraient arrivés, si l’on suivait les résultats de l’expérience OPERA. Une broutille![]()
@alanvonlanthen l’intrication ne viole pas la relativité. Il n’y a en fait pas de transmission d’information
Je vais faire le casse pied. Sur l’intrication quantique c’est la corrélation qui est instantanée pas la communication.
L’intrication ne permets pas le transport d’information (la causalité est sauf).
Argh, non, pitié, pas le non-paradoxe des jumeaux, pas ça !
Ah ben si, le paradoxe de Langevin a, une fois de plus, été complètement massacré =_=…
« L’exemple le plus frappant est le fameux paradoxe des jumeaux: on prend deux jumeaux, on en envoie un faire un petit tour de la galaxie en fusée à un vitesse proche de la vitesse de la lumière tandis que l’autre reste sur terre. Et bien, au bout de quelques dizaines d’années, quand la fusée revient, l’individu qui a voyagé n’a pris que quelques rides, tandis que son jumeau resté sur terre est déjà un vieillard grabataire. »
Non, cette différence d’âge N’EST PAS un paradoxe, aucune loi logique n’est violée : c’est certes un résultat surprenant, mais tout ce qu’il y a de plus normal dans le cadre de la relativité restreinte.
Bien, reprenons…Thomas (les prénoms sont de mon crû ^^), le jumeau resté sur Terre, voit son frère François voyager à bord de sa fusée à une vitesse proche de celle de la lumière, et si Thomas voit François se déplacer presque à la vitesse de la lumière, alors, grâce à la relativité restreinte, Thomas voit François vieillir très lentement, très très lentement, d’où, *du point de vue de Thomas*, l’âge encore jeune de François dans sa fusée quand il retrouve sur Terre Thomas qui, lui, a bien vieilli.
On a eu le point de vue de Thomas sur Terre, prenons maintenant le point de vue de François dans sa fusée : ce qu’il voit, lui, c’est son frère Thomas (ainsi que la Terre et le reste de l’humanité) se déplacer par rapport à lui à une vitesse proche de celle de la lumière (si la fusée se déplace par rapport à la Terre, alors la Terre se déplace par rapport à la fusée, à la même vitesse mais dans le sens opposé), et si François voit Thomas se déplacer presque à la vitesse de la lumière, alors, grâce à la relativité restreinte, François voit Thomas vieillir très lentement, très très lentement, d’où, *du point de vue de François*, l’âge encore jeune de Thomas sur Terre quand il assiste à l’atterrissage de la fusée de François qui, lui, a bien vieilli.
Ainsi, du point de vue de Thomas, François n’a presque pas vieilli et se retrouve bien plus jeune que lui, tandis que du point de vue de François, c’est Thomas qui n’a pas vieilli et qui se retrouve bien plus jeune que lui : chaque frère voit l’autre bien plus jeune que lui-même, or chacun ne peut pas être à la fois bien plus jeune ET bien plus vieux que l’autre, c’est LÀ qu’est le paradoxe logique (on ne peut pas avoir à la fois x>y et xPour ce qui est de la résolution du paradoxe, il faut se souvenir que la fusée quitte la Terre puis revient, donc a obligatoirement fait demi-tour à un moment donné : durant ce demi-tour, François subit une accélération qui va lui faire sentir physiquement que sa vitesse est en train de changer, mais surtout qui va invalider *pendant la durée de l’accélération* le point de vue décrit plus haut, puisqu’au lieu de voir Thomas vieillir lentement, il va durant cette période le voir vieillir vraiment très rapidement, prenant bien plus d’années que tout ce qu’il peut « économiser » durant les phases de voyage à vitesse constante.
À cause de cette accélération subie par François (accélération inévitable pour que la fusée rentre sur Terre), ce dernier ne verra finalement pas Thomas bien plus jeune que lui, mais bien plus vieux, ce qui résout le paradoxe puisque les deux frères constatent finalement la même chose, un Thomas bien vieux et un François encore jeune.
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« On notera toutefois que l’expérience MINOS fut la première, en 2007, à trouver un résultat similaire (les neutrinos sont arrivés plus vite que prévus), mais personne ne s’est acharné à vérifier tous les paramètres, comme au CERN. On a conclu à l’époque à une erreur de mesure et on a classé l’affaire. »
Il est important de noter que si, pour MINOS, « personne ne s’est acharné à vérifier tous les paramètres », ce n’est pas parce qu’ils sont plus paresseux, plus bêtes ou plus je-ne-sais-quoi que ceux d’OPERA, c’est uniquement parce que l’incertitude (l’écart type σ) était du même ordre que l’excès mesuré, lequel pouvait donc être une très banale fluctuation statistique comme on en mesure tous les jours en Physique, alors que pour OPERA, l’incertitude (7.4 ns) est 8 fois plus petite que l’excès mesuré (60 ns), ce qui élimine presque à coup sûr la fluctuation statistique (mais pas l’erreur systématique, bien évidemment).
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À ces deux détails près, très bon dossier résumant bien l’affaire à son stade actuel, merci =) !
Au sujet de la supernova, j’ai écouter un autre podcast récemment, ou le physicien qui etait invite expliquait le fait que les neutrinos soient arrivés avant les photons vraiment simplement :
les photons voyagent en courbe, alors que les neutrinos voyagent en ligne droite.
Du coup la logique est bien respecté :
“vitesse neutrino” < “vitesse lumiere”
“distance parcourue par les neutrinos” < “distance parcourue par la lumiere”A verifier, j’ai pas retrouve la source, mais je vous tiendrais au courant.
Encore quelques réactions suite au départ de Mathieu
La voix et le “regard” hebdomadaires de Mathieu vont nous manquer (Et sa quote !!!) ; ses gros dossiers vont gagner un suspens insoutenable !!! (Mathieu, reviens nous de temps en temps, car il y a encore des dossiers d’astro-méta-physique qui sommeillent… et je voulais justement proposer ces domaines ci d’exploration : science politique et science diplomatique… à l’image du dossier de science économique, très pédagogique); le duo Alan-Mathieu marche vraiment bien… dur dur. Mais en même temps, en regardant de plus près cette seconde saison de PodcastScience, je pense que la multiplication des intervenants va donner une nouvelle dynamique intéressante. Bien à tous,
Bon vent à Mathieu.
Si j’avais plus de temps et si je ne me savais pas aussi irrégulier dans le travail, je postulerais avec joie. Malheureusement, je suis ce que je suis.
J’espère que le/la successeur sera à la hauteur de Mathieu !
A ce sujet, le recrutement est désormais fermé, car en plus d’Hélène Arnal, un deuxième animateur potentiel va venir faire un galop d’essai, le 30 novembre, il s’agit de Franck Patin. Et nous avons même un 3e candidat, avec qui Alan n’a pas encore eu l’occasion de discuter, nous vous en parlerons si jamais nous faisons quelque chose ensemble. En tout cas, un tout grand merci de votre participation, le podcast est sauf
Sinon…
La valeur de la constante de structure fine (ou constante alpha) (une “constante” ou variable? fondamentale) changeraient dans le temps et l’espace
(Article publié sur Futura-Sciences signalé par Xavier Agnès)
- http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/physique-1/d/des-constantes-fondamentales-changeraient-dans-le-temps-et-lespace_34336
- La constante de structure fine est une constante fondamentale de l’Univers qui régit l’intensité de la force électromagnétique assurant la cohérence des atomes et des molécules.
- Il n’y a à ce jour aucune théorie qui explique pourquoi elle possède la valeur qu’elle a.
- Mais on sait que l’Univers serait très différent si cette constantes prenait une valeurs différente de celle qu’on observe. Par exemple, un petit pourcentage dans la valeur de la constante de structure fine serait suffisant pour éliminer les étoiles comme le soleil.
- Pourtant on savait déjà que sa valeur n’était pas la même dans le passé reculé de l’univers.
- Aujourd’hui les observations ont montré qu’en plus d’une variation dans le temps, il existe aussi une variation dans l’espace !
- Lorsque l’on regarde dans deux directions opposées de la voûte céleste, le sens de variation de la valeur de cette constante est aussi différent. Dans une direction, sa valeur était plus faible dans le passé et dans une autre elle était plus forte.
- Des modèles d’unification de la physique introduisant des dimensions spatiales supplémentaires, comme la théorie des cordes, induisaient déjà naturellement des mécanismes de variation dans le temps et l’espace de la constante de structure fine.
Le plug culturel
Le fondateur du mouvement Biohacking Do-it-yourself Biology, Jason Bobe, sera à Paris pour une conférence publique demain (jeudi 3 novembre 2011) à 19h. Il nous parlera de DIYbio et de Personal Genomics. Ca peut vous interesser.
http://www.gaite-lyrique.net/les-conferences/evenement/do-it-yourself-biology
Extrait du site:
Jason Bobe est l’Exécutive Director de PersonalGenomes.org et le Director of Community pour le Personal Genome Project (Projet de Génomique Personnelle) basé au laboratoire de George Church à la Harvard Medical School. Le Personal Genome Project cherche à encourager le développement réfléchi de technologies et d’applications de la génomique personnelle en construisant des structures qui permettront leur prototypage et leur évaluation à des échelles toujours grandissantes.
Jason Bobe est aussi le co-fondateur de DIYbio.org, une organisation qui vise à aider à rendre la biologie une poursuite utile pour les citoyens scientifiques et les biologistes amateurs. DIYbio est devenu rapidement le point de référence pour les biologistes amateurs dans le monde entier, unissant les participants du mouvement à travers son site web, ses forums en ligne, son blog et ses groupes régionaux comme l’association La Paillasse en France.
Et enfin la quote de Mathieu
It is much more likely that the reports of flying saucers are the results of the known irrational characteristics of terrestrial intelligence than of the unknown rational efforts of extra-terrestrial intelligence. – Richard Feynman
Traduction libre: Il est bien plus probable que les observations de soucoupes volantes soient le résultat de caractéristiques irrationnelles connues d’intelligence terrestre plutôt que d’efforts rationnels inconnus d’intelligence extra-terrestre
Prochain enregistrement le mercredi 9 novembre 2011, nous parlerons entre autres de vie extra-terrestre, en principe avec Jean-Michel Abrassart.
Bonne semaine, bonne écoute
Le dossier de la semaine
Lia n’a malheureusement pas pu venir présenter son dossier sur les émotions chez les animaux, mais ce n’est que partie remise. En attendant, Alan voulait en avoir le coeur net sur ces fameux neutrinos et a mijoté un petit dossier.
Le scoop de la semaine
Mathieu confirme son départ, déjà annoncé sur le blog.
Un immense merci de vos réactions et commentaires, notamment:
Sur Twitter:
@bcurdy Benoit Curdy
@podcastscience Wow… Quel choc.
@MrClem_NW MrClem
@podcastscience arf dommage, bonne courage pour la suite.
@addinquy Christophe Addinquy
@podcastscience Ah ! Dur !! Mathieu, tu vas nous manquer. Vraiment.
@XavierAgnes Xavier Agnès
@podcastscience Ah! Quel choc! Mais je te comprend @mfavez. Déjà tout se travail effectué c’est extra!
En commentaire:
Jonkalak:
Je ne dirais qu’une chose : merci Mathieu et bon vent pour la suite de ton parcours personnel
(bon je sais ça fait 2 choses en fait)
Guillaume Lebrun:
Bonjour,
Je suis peiné de lire cette bien triste nouvelle, vous formiez une très bonne équipe !
Pour le recrutement, je suis toujours disposé à te donner un coup de main, mais comme tu as pus le remarquer, je met du temps pour la préparation des dossiers ! Oups … Rhô mais un par mois c’est encore gérable !
Alors n’hésites pas à me contacter !
Amicalement !
Forza Pedro
Merci Mathieu en tout cas !
draculito
Mince, je pensais que la nouvelle formule vous permettrait de souffler suffisamment pour continuer l’aventure. Bravo et merci Mathieu pour tous ces excellents dossiers, pour ta curiosité et tes questions pertinentes et pour ta qualité d’animation.
Mentine
Ouch! Maintenant, qui va poser des questions “bêtes” qu’on a toujours envie de poser et qui ne sont pas si bêtes que ça? Votre duo fonctionnait très bien, le(a) remplaçant(e) aura une barre haute à franchir…
Bravo Mathieu pour tous tes dossiers très variés, complets et bien construits. En espérant que tu trouves le temps pour revenir en chroniqueur occasionnel?
Be seeing you,
Mentine
De nombreux chroniqueurs potentiels occasionnels se sont manifestés, pour présenter un dossier de temps en temps,
Résultat des courses, après quelques jours seulement:
- éventuellement intéressés:
- @dlouapre (David Louapre, blog Sciences étonnantes http://sciencetonnante.wordpress.com/),
- @Glb92 (Guillaume Lebrun était venu faire un dossier sur les extrêmophiles, PS 42 http://www.podcastscience.fm/emission/2011/06/23/podcast-science-42-les-extremophiles/
- OK pour présenter un dossier exceptionnellement:
- @pierrekerner,
- @fuzzyraptor (Marion Sabourdy),
- @tomroud (idéalement après sa tenure)
- Décline, faute de temps
- @MrPourquoi (Blog Pourquoi le ciel est bleu http://pourquoilecielestbleu.blogspot.com)
- Et surtout… Nous avons une candidature qui dépasse ce qu’on pouvait imaginer. Que diriez-vous d’une présence féminine dans le podcast? L’auteure de l’excellent blog http://www.sciencesaucinema.fr a très envie de faire un bout de chemin avec nous. Hélène Arnal (surqualifiée pour le poste) va venir faire un épisode d’essai avec nous le 7 décembre prochain. Si tout se passe bien, on la retrouvera régulièrement aux commandes du podcast l’année prochaine
Le reste de l’actu de la semaine
- Bienvenue au nouveau podcast “Vie artificielle“, hosté et animé par Xilrian (qu’on a pu entendre dans le podcast Bazingcast).
- Notre liste de livres est enfin en ligne (http://www.podcastscience.fm/livres/). Vous pouvez la mettre à jour vous-même, il suffit de nous demander le lien via le formulaire de contact ou les moyens habituels
- Un courrier de lecteur spécialement intéressant:
Message de Guillaume (Bonnot), intitulé “Vrac et plus encore”:
Bonjour, j’adore ce que vous faites. Cela fait un bon bout de temps que je vous ecoute, et je ne m’en lasse pas.
Je me joint a tous les auditeurs pour dire a Marco qu’il fait un tres bon travail, et que ses chroniques sur l’évolution sont tres intéressantes.Mais surtout, je viens de tomber sur un épisode de la tête au carre tout simplement hallucinant. En l’écoutant, j’ai directement pensé au prix Nobel.
En gros il y a un chercheur qui a reussi a remplacer une lettre de l’alphabet de l’ADN (T) dans une cellule. jusque la rien de bien exitant. Sauf que le processus de remplacement est issue du processus de l’evolution.
Ils ont cree une machine a repliquer la cellule de base, et ils ont fait baisser les proportions de T et ont injecte du C (enfin il a utilise un autre nom, mais c’est trop complique a ecrire donc je dirais du C). Les cellules sont donc rentrés en competition pour avoir du T, et au bout de 5 mois, TOUTES les cellules avaient incorpore le C dans leur ADN a la place du T. Il faut aussi préciser que la machine répondait a la demande de C ou T des cellules, sauf qu’elle donnait toujours moins de T que désiré, alors qu’elle fournissait du C en illimité. Les cellules demandant du C étaient alors avantagés d’ou le résultat de 100% de cellules adaptes. Bref un bel exemple d’évolution en a peine 5 mois.
http://www.franceinter.fr/emission-la-tete-au-carre-cellule-artificielle-et-transhumanisme
- Et enfin, un événément qui mérite le détour:
Le Grand Mix hacke la science le 4 novembre à la CantineLa recherche a longtemps été un domaine réservé aux élites sociales ou intellectuelles et la science une richesse à partager avec parcimonie. Aujourd’hui encore, les projets de science citoyenne viennent « d’en haut ». Rares sont les initiatives qui, calquées sur la dynamique du web 2.0 et le « bazar » cher aux geeks, viendraient mettre sens dessus dessous la « cathédrale » scientifique.
L’innovation et le design peuvent-ils nous aider à repenser le processus de recherche ? Comment remettre à plat les relations de pouvoir en science ? Les citoyens ont-ils le devoir de se mêler de la recherche qu’ils financent et de son devenir ? Quelle autonomie reste-t-il aux chercheurs professionnels ou amateurs pour « jouer » avec les codes et les normes ?
Un an après son premier mix entre culture scientifique et culture numérique, le collectif du Grand Mix (C@fé des sciences, Knowtex, Pris(m)e de tête, Sciences et démocratie et Recherche en cours) retrouve Silicon Sentier pour une soirée « Le Grand Mix hacke la science ». Au programme : rencontres et discussions entre les acteurs de la recherche, du numérique, ceux qui les étudient ou qui voudraient les rejoindre.Les présentations à proprement parler auront lieu au format “pitch”, de 20h à 21h
le vendredi 4 novembre de 19 heures à 22h30
à La Cantine
151, rue Montmartre, 75002 ParisInscriptions en ligne sur le site de La Cantine (attention, nombre de places limité)
Sur Twitter, le hashtag de la soirée sera #lemix.
Et enfin, la quote de Mathieu
Une croyance n’est rien d’autre qu’un espoir déguisé – Xavier Agnès
Prochain enregistrement le mercredi 3 novembre. D’ici là, une excellente semaine!
Vous vous en souvenez sans doute, la nouvelle a défrayé la chronique le 22 septembre dernier, se propageant à la vitesse de la lumière, bien au-delà des cercles scientifiques: Einstein s’était lamentablement planté; des neutrinos avaient été flashés entre la Suisse et l’Italie, au-dessus de la vitesse limite autorisée par la relativité restreinte! La passion retombée, j’ai bien envie de revenir un peu sur cette histoire qui, je pense, a été présentée n’importe comment dans les médias traditionnels au risque d’écorner une nouvelle fois l’image de la science auprès du grand public. Nous allons commencer par parler de l’expérience à proprement parler (comment elle a été réalisée et l’esprit dans lequel les résultats ont été rendus publics) et nous verrons un peu si et en quoi Einstein s’est planté, s’il s’est planté. 
Avant de parler de l’expérience: qu’est-ce qu’un neutrino?
Mathieu en avait parlé dans son dossier sur la matière noire (Podcast Science 31). Nous en avions reparlé dans le dossier sur le CERN (Podcast Science 43). Un petit retour aux fondamentaux s’impose: lorsqu’on demandait à Richard Feynman, l’un des plus grands physiciens de tous les temps, “quel est le savoir scientifique le plus important de tous?” il répondait simplement “tout est fait d’atomes”. Le mot atome vient du grec ancien “atomos” qui signifie “indivisible”. Sans instruments de mesure adéquats, les Grecs étaient déjà drôlement doués d’avoir postulé l’existence des atomes. Il aura fallu encore quelques milliers d’années pour qu’on s’aperçoive qu’ils ne sont pas, en fait, indivisibles. En effet, les atomes sont constitués d’électrons qui gravitent autour d’un noyau. L’électron est – pour ce qu’on en sait aujourd’hui – effectivement indivisible. Par contre, le noyau, est constitué de particules plus petites: les protons et les neutrons, eux-mêmes constitués de quarks. Je n’aborde même pas la question des bosons. (Si jamais, l’article “Particule élémentaire” de Wikipédia explique tout cela en détail). Revenons à l’électron. Il fait partie d’une plus grande famille de particules élémentaires, les leptons. Et les neutrinos, justement, sont une sorte de leptons. Leur existence a été postulée de manière totalement théorique, en 1930, par Wolfgang Pauli, qui étudiait une forme particulière de radioactivité: la désintégration bêta (Podcast Science 32 si jamais). Et il n’arrivait pas à expliquer le phénomène avec les seules particules connues à l’époque. Ce n’est qu’en 1956 qu’on a pu détecter des neutrinos pour la première fois. Depuis, ils n’ont jamais cessé d’intriguer les chercheurs. On a longtemps cru par exemple qu’ils n’avaient pas de masse. Or on sait aujourd’hui qu’ils en ont une, toute petite, même si on n’arrive pas encore à la mesurer.
Comment intercepte-t-on des neutrinos?
Les neutrinos ont toutes sortes de particularités. Notamment, ils n’interagissent pas avec la matière. Ils traversent tout, rien ne les arrête. Du coup, on a pu se demander comment l’expérience du CERN a bien pu faire pour mesurer leur vitesse: on n’a pas pu les taguer. Et comment mesurer la vitesse de quelque chose qui n’interagit avec rien? Lorsque des coureurs franchissent la ligne d’arrivée, par exemple, ils coupent physiquement le faisceau d’un dispositif photoélectrique pour déclencher le chronomètre. Lorsqu’un radar vous chope en excès de vitesse sur l’autoroute, c’est bien parce que votre carrosserie a fait rebondir son signal radio. Qu’est-ce qui peut bien déclencher le chronomètre lors de l’arrivée de neutrinos, s’ils n’interagissent avec rien? Et bien, ce n’est pas tout à fait vrai qu’ils n’interagissent avec rien. Lorsqu’un neutrino rencontre un atome de chlore, il le transforme en atome d’argon. Ceci dit, ce n’est pas comme ça qu’on mesure la vitesse des neutrinos (cette technique de détection, la plus ancienne, nécessite la présence d’un réservoir rempli de plusieurs tonnes de tétrachlorure de carbone. Après le passage soupçonné des neutrinos, on purge le fluide avec de l’hélium, qui enlève l’argon. En refroidissant l’hélium, on récupère l’argon s’il y en a. Et s’il y en a, c’est qu’un neutrino est passé par là. Un peu archaïque comme méthode de détection. Heureusement, il y en a d’autres, comme le détecteur à film photographique, justement utilisé dans l’expérience OPERA: des couches photographiques sont alternées avec des feuilles de plomb, afin de détecter l’oscillation du neutrino muonique en neutrino tauique (deux des trois saveurs existantes de neutrinos). Le développement des films photographiques permet de reconstruire la topologie de l’interaction. Si certains détails vous échappent, rassurez-vous, vous n’êtes pas les seuls. Mais cela a au moins le mérite de répondre à une question qui en tarabustait sans doute plus d’un et qui m’obsédait légèrement.
Venons-en à l’expérience à proprement parler
Depuis 2006, le supersynchrotron à protons du CERN – un petit accélérateur également nommé SPS, nous en avions parlé dans le dossier sur le CERN - envoie des neutrinos au laboratoire du Gran Sasso, à l’Aquila, dans les Abruzzes, à 130 km au N-E de Rome. Pas besoin de tunnel pour envoyer les neutrinos, puisqu’ils traversent la matière. Par l’autoroute: 940 km (j’ai testé sur Google Maps). Pour les neutrinos, qui traversent en ligne droite sans s’embêter avec la courbure de la Terre: 732 km. 
L’expérience internationale OPERA, qui se déroule dans le laboratoire du Gran Sasso, étudie les oscillations de neutrinos. C’est pour cette raison que le CERN lui fournit les précieuses bêbêtes. En 2009, quelqu’un a eu la bonne idée de se demander à quelle vitesse les neutrinos envoyés depuis Genève circulaient, sans doute pour s’assurer qu’ils n’étaient pas ralentis dans leur course par une interaction quelconque ou des douaniers bégueules. Ralentis, tu parles. Ils sont arrivés plus vite que ne l’auraient fait des photons circulant à la vitesse de la lumière dans un tunnel sous vide. Personne n’a cru au résultat bien entendu. Et c’est là que ça devient intéressant. Le papier publié sur Arxiv.org le 22 septembre par le CERN raconte tout en détail. Il contient tout sauf des airs de triomphe face à une relativité remise en question.
L’esprit de la publication
Les 24 pages que compte l’article du CERN commencent par deux pleines pages de signatures. Pas moins de 174 scientifiques ont participé à l’expérience. 174! Ce n’est pas juste un professeur Tournesol tout seul dans son coin, on parle ici de proportions démentes! Ces 174 chercheurs sont tous partis du principe – commun en sciences – que les résultats étaient invalides et qu’il n’y avait qu’à le démontrer. Si les données donnaient un résultat pareil, c’est qu’il y a avait une erreur dans les données. Pour qu’il y ait erreur dans les données – pourtant systématiquement rigoureusement identiques – il fallait qu’il y ait erreur dans les mesures. Ils ont passé 3 ans à traquer systématiquement toutes les erreurs qui pouvaient expliquer la différence entre les résultats attendus et les résultats observés. On a commencé par équiper les deux laboratoires d’horloges atomiques synchronisées dont la précision a été validée par 3 instituts métrologiques indépendants. On a recalibré tout ce qui oscille ou vibre. On s’est assuré qu’on mesurait bien les faisceaux à partir du bon point de départ jusqu’au bon point d’arrivée, au millimètre près. On a placé les antennes GPS à 10 mètres du point de départ et d’arrivée. On a corrigé les cartes à l’issue d’une campagne géodésique dédiée, s’assurant d’une précision au millième de millimètre. On a tenu compte des marées, des rayonnements cosmiques, du déplacement de la croûte terrestre suite au tremblement de Terre d’avril 2009 dans les Abruzzes… Chacun de ces points a bien sûr été assorti d’une marge d’erreur. Rien n’y a fait: en additionnant toutes les erreurs maximales possibles, on obtient toujours une différence. Les neutrinos arrivent toujours 60 nano-secondes trop tôt, soit 1/40’000e trop vite, malgré une marge d’erreur cumulée de ± 7.4 ns. À ce stade, les chercheurs estiment avoir pensé à tout. Après 16’111 essais, ils n’ont plus aucun boulon à resserrer, plus aucun calibrage à re-régler. Mais ils n’arrivent toujours pas à y croire: il doit y avoir une autre explication. C’est dans cet esprit qu’ils ont livré leurs conclusions à la vindicte de leurs collègues scientifiques du reste du monde: “Nous avons fait tout ce que nous avons pu, merci de prendre le relais si vous avez des idées plus fraîches”.
Les conséquences en termes de communication
Évidemment, ce n’est pas comme ça que les médias grand public ont relayé l’information, mais plutôt à grands renforts de titres sensationnalistes genre “L’univers mis sens dessus dessous! Einstein s’est planté!” comme s’il s’agissait d’une certitude. Et évidemment, quand les chercheurs viennent après ces gros titres en affirmant “en fait, on ne sait pas, on n’est pas sûrs”, ils passent pour des rigolos. D’où l’indignation de certains scientifiques qui estiment que ces résultats n’auraient jamais dû être communiqués, comme l’astrophysicien et cosmologiste Martin Rees de l’Université de Cambridge (l’auteur de “Just 6 Numbers“, un best-seller sur les constantes fondamentales), qui rappelle que toute découverte extraordinaire doit être accompagnée de preuves extraordinaires, ou encore le physicien américain Lawrence Krauss (l’auteur de “The Physics of Star Trek“) qui estime qu’il n’était pas raisonnable de publier ces résultats sans fournir un modèle explicatif.
(D’autres réactions sur http://www.scientificamerican.com/article.cfm?id=ftl-neutrinos)
De nombreux spécialistes considèrent détenir déjà la preuve que ces résultats sont impossibles à cause d’une autre expérience grandeur nature: en 1987, une puissante supernova a inondé la terre de lumière et de neutrinos. Les détecteurs ont observé l’arrivée de neutrinos 3 heures avant l’arrivée de la lumière! Cela est dû à la légèreté des neutrinos qui leur a permis de partir plus tôt en s’échappant du noyau de l’étoile en train d’exploser, tandis que les photons, absorbés et réémis à plusieurs reprises n’ont pas pu prendre cette avance. Si l’effet mesuré par OPERA est réel, eh bien, les neutrinos de 1987 auraient dû avoir 4 heures ans d’avance sur la lumière et pas 3 heures! (Voir l’article de Wired qui récapitule très bien tout ça et merci à Jorj X. McKie d’avoir repéré mon erreur. On parle bien de 4 ans et pas de 4 heures!)
Ceci dit, on a pu lire des choses marrantes depuis l’annonce, comme le physicien Chang Kee Jung qui a annoncé publiquement qu’il ne parierait pas sa femme et ses enfants mais qu’il pariait volontiers sa maison que les résultats sont erronés. Ou plus modeste, le Professeur Jim Al-Khalili de l’Université du Surrey, qui s’est déclaré prêt à manger son caleçon si les résultats sont corrects.
Mais bon, malgré ces anecdotes, un constat s’impose: la communication n’a pas été particulièrement adroite. C’est peut-être les limitations de l’effet d’annonce par Twitter… 160 signes pour donner du contexte, c’est un peu court. (L’annonce originale a été faite via un tweet de Reuters)
Quelles conséquences si les observations sont correctes?
Difficile à dire, évidemment, chacun y va de sa petite hypothèse.
J’aime bien la tentative du Dr Karl, le Monsieur Sciences de la radio australienne. Il n’échappe pas au consensus en estimant qu’il y a 99.9% de chance qu’il y ait une erreur dans les résultats et un 0.1% de chance que ce soit correct. Interrogé sur les conséquences qu’il envisageait si les résultats se vérifient, voici ce qu’il a raconté (dans un podcast de la BBC, à 5 minutes environ du début):
Au début du XIXe siècle, on avait cet énorme problème: en se basant sur les mathématiques et la physique de l’époque, le soleil était plus jeune que la Terre. Plus jeune! C’est fou! Les géologues disaient: “La Terre est vraiment vieille. Elle a bien plus que 6’000 ans. Elle a au moins 20 million d’années! (On sait aujourd’hui qu’elle est bien plus vieille encore que cela) Et les physiciens répliquaient: OK, nous, on connaît la taille du soleil, on connaît sa distance. S’il est fait d’une énergie comme le charbon par exemple, il se serait totalement consumé en 100’000 ans environ.” D’où l’énorme problème, puisqu’on savait qu’il égayait joyeusement la terre de ses rayons depuis au moins 20 millions d’années.” Pour régler ce problème, et comprendre comment fonctionne le soleil, il a fallu découvrir la radioactivité. La radioactivité nous a donné la physique quantique. La physique quantique nous a donné l’électronique. L’électronique nous a donné la situation qui veut que n’importe qui puisse utiliser un satellite pour trouver un bar à pizza le samedi soir. Sans cette découverte – la radioactivité – , on n’aurait pas d’électronique donc pas de GPS. De la même manière, si cette histoire de neutrinos devait déboucher sur une nouvelle physique, cela ouvrirait le monde à un éventail insoupçonné d’applications. Par exemple, cela pourrait être le méta-transfert instantané, d’Europe en Australie. Qui sait? On n’en sait rien… Comme les chercheurs du XIXe, nous ne savons pas encore dans quelle direction chercher, nous n’avons pas encore les bons outils.
En d’autres termes, si on passe à côté de quelque chose, eh bien, par définition, on ne sait pas de quoi il s’agit. Et quand on le saura, on verra le monde avec un regard complètement différent.
Antonino Zichichi, un physicien théorique et professeur émérite de l’Université de Bologne estime quant à lui que si les résultats sont corrects, cela veut peut-être dire que les neutrinos détectés par Opera ont “glissé” à travers des dimensions spatiales supplémentaires avant d’arriver, comme le prévoit la théorie des cordes.
Et Einstein dans tout ça?
La théorie de la relativité restreinte, formalisée en 1905 par Albert Einstein a permis d’établir les liens intrinsèques entre le temps et l’espace. Einstein a pu démontrer que le temps n’est pas une notion absolue mais relative. L’observateur ne subit pas le temps de la même manière selon qu’il se déplace ou non dans l’espace: les horloges ralentissent dès lors qu’elles sont en mouvement. L’exemple le plus frappant est le fameux paradoxe des jumeaux: on prend deux jumeaux, on en envoie un faire un petit tour de la galaxie en fusée à un vitesse proche de la vitesse de la lumière tandis que l’autre reste sur terre. Et bien, au bout de quelques dizaines d’années, quand la fusée revient, l’individu qui a voyagé n’a pris que quelques rides, tandis que son jumeau resté sur terre est déjà un vieillard grabataire. Car le temps ne s’est pas écoulé à la même vitesse pour les deux. (Update: merci à Ethaniel pour son commentaire. Effectivement, le paradoxe ne réside pas là. Mais on en parlera une autre fois; je voulais juste illustrer le fait que le temps passe plus vite pour celui qui se déplace par rapport à celui qui reste en phase avec son référentiel galiléen) Plus on se déplace vite dans l’espace et plus le temps ralentit. Cette théorie a été maintes fois démontrée, ne serait-ce que par le GPS: le temps ne s’écoule pas à la même vitesse selon que l’horloge se trouve sur terre ou en orbite à 20’000 km de celle-ci. La relativité restreinte indique que l’horloge embarquée dans chacun des 24 satellites va retarder par rapport à celle qui se trouve sur terre. Retarder de beaucoup. La relativité générale indique au contraire qu’elle va avancer en raison de la faible gravitation. Avancer d’un tout petit peu. L’une dans l’autre, les horloges doivent être resynchronisées en permanence en tenant compte des calculs des deux théories. Sans cette compensation “relativiste”, le système GPS perdrait en précision de quelque 10 km par jour, ce qui le rendrait tout à fait inutile.
Et bien, pour fonctionner, la théorie de la relativité restreinte prévoit que la vitesse de la lumière est une limite absolue que rien ne saurait dépasser. Et la relativité générale démontre qu’il faudrait à un objet une quantité infinie d’énergie pour dépasser la vitesse de la lumière, ce qui pose un petit problème de ressources.
Ceci dit, ce ne serait pas la première fois qu’une théorie – pourtant vérifiée systématiquement – serait revue et corrigée à la lumière d’un éclairage nouveau. La relativité générale d’Einstein avait déjà supplanté la gravitation de Newton. Ou plutôt, elle l’a intégrée. La gravitation newtonnienne a été englobée dans un modèle plus large. On sait aujourd’hui que la relativité est un modèle suffisant pour expliquer la réalité à une certaine échelle – la nôtre -, mais qu’elle n’est pas compatible avec la mécanique quantique – dans l’infiniment petit – et on ne sait pas très bien comment elle s’articule avec les notions de l’infiniment grand comme l’énergie noire par exemple. On sait depuis longtemps qu’elle est vouée à être remise en question tôt ou tard. La ou plutôt les théories des cordes, la théorie M, la gravité quantique à boucles sont autant de pistes pour expliquer la réalité à toutes les échelles, mais aucune n’a encore pu être formellement démontrée. Il faudra pourtant bien un modèle théorique permettant d’expliquer ce qui est déjà observé aujourd’hui, comme l’intrication quantique soit la communication (update: merci à tous de vos remarques. Il ne s’agit pas de communication, ce qui impliquerait le principe de localité, qu’on n’observe justement pas dans le cas de l’intrication!) l’interaction instantanée entre deux particules, non seulement au niveau quantique, mais également à notre échelle… Quelle que soit la distance qui les sépare. (Par “instantané”, il faut entendre: plus rapide que la lumière…)
Qui sait… Tout cela va peut-être conduire la relativité à se retrouver englobée dans un modèle plus large à son tour. Et peut-être pas… L’avenir nous le dira
La suite des opérations
L’expérience MINOS, du Fermilab près de Chicago, va passer les 6 prochains mois à chercher, de son côté, à reproduire l’expérience de manière complètement indépendante, pour comparer les résultats. On notera toutefois que l’expérience MINOS fut la première, en 2007, à trouver un résultat similaire (les neutrinos sont arrivés plus vite que prévus), mais personne ne s’est acharné à vérifier tous les paramètres, comme au CERN. On a conclu à l’époque à une erreur de mesure et on a classé l’affaire.
L’expérience T2K, au Japon, va également chercher à reproduire l’expérience.
Et bien sûr, l’expérience OPERA se poursuit.
Affaire à suivre, donc. On reviendra sans doute dessus dès qu’il y a du nouveau.
Encore une petite ressource pour la route:
Une vidéo d’Univers Science TV (17 min): Interview de Jacques Marteau (l’un des chercheurs d’Opéra)
Podcast Science 36 - L'énergie noire [ 49:12 | 45.06 MB ] Play Now | Play in Popup | Download (4786)Cette semaine, Mathieu nous entraîne aux confins de l’univers, avec son sujet très attendu sur l’énergie noire…
Bonjour à toutes et à tous!
- si vous avez reçu un fichier MP3 bizarre dans votre lecteur de podcasts, toutes nos excuses, c’était le DERNIER souci du genre, dès la semaine prochaine, nous aurons migré nos flux RSS. Sincèrement désolés.
Le dossier de la semaine
- L’énergie noire, par Mathieu
Les news de la semaine
- clin d’oeil aux paraskevidékatriaphobes (les personnes atteintes de la phobie du vendredi 13). C’est le seul vendredi 13 de l’année. Le prochain en janvier 2013 http://fr.wikipedia.org/wiki/Vendredi_treize
- Période marquée par des résultats contradictoires pour la théorie de la relativité générale :
- D’une part, le dernier Science & Vie (Merci Thibaut Lacroix!) consacre sa Une à la remise en question de la théorie d’Einstein et de la matière noire en passant, résumé:
- en 1915, Albert Einstein formule la théorie de la relativité générale qui ne voit plus la gravitation comme une force d’attraction à la matière environnante mais comme une modification de la trame de l’espace-temps. Cela pose les bases de la cosmologie moderne;
- Mais en 1933, l’astronome suisse Fritz Zwicki n’arrive pas à expliquer pourquoi ses observations de galaxies lointaines n’obéissaient pas aux lois d’Einstein et en déduit qu’il doit exister une matière invisible, la matière noire qui exerce elle aussi sa propre gravitation;
- Un astronome américain, Stacy Mac Gaugh de l’Université du Maryland, est formel: il a passé ces 15 dernières années à observer 47 galaxies et il n’a pas besoin de la matière noire pour justifier les mouvements observés. L’animation des étoiles correspond à leur masse visible, comme si la matière noire n’existait pas et répond systématiquement aux règles prévues par une théorie postulée en 1977 par deux autres astronomes américains, Brent Tully et Richard Fisher (et qui ne correspond ni aux prédictions de Newton ni à celles d’Einstein). Tout se passe comme si la matière noire n’existait pas.
- Si la matière noire n’existe pas, alors la théorie de la relativité générale est-elle toujours valide?
- D’une part, le dernier Science & Vie (Merci Thibaut Lacroix!) consacre sa Une à la remise en question de la théorie d’Einstein et de la matière noire en passant, résumé:
Article en ligne: http://www.scribd.com/doc/54316244/Einstein-depasse-
-
- D’autre part, dans le même temps, une news partagée sur Google Reader par Jorj x McKie nous indique que la sonde Gravity Probe B (GP-B) de la NASA a confirmé 2 prédictions-clé dérivées de la théorie de la relativité générale d’Einstein:
L’expérience, lancée en 2004, utilise 4 gyroscopes ultra précis pour mesurer un hypothétique effet géodétique, la déformation de l’espace et du temps autour d’un corps gravitationnel, et la quantité d’Espace-temps qu’il entraine avec lui lors de sa rotation.
GP-B, en orbite polaire autour de la Terre, a analysé ces effets en pointant vers une seule étoile : IM Pegasi (constellation de Pégase). Si la gravité n’affectait pas l’Espace et le Temps, les gyroscopes de GP-B pointeraient toujours vers la même direction. Mais, en confirmation des théories d’Einstein, les gyroscopes ont expérimenté des changements infimes dans la direction de leur rotation, alors que la gravité de la Terre les attirait.
Le projet GP-B est très ancien. Le financement initial de la NASA visant à développer un test de la relativité générale utilisant un gyroscope date de l’automne 1963. Des décennies de développement ont conduit à des technologies permettant de contrôler l’impact des perturbations de l’environnement sur la sonde telles que la trainée aérodynamique, les champs magnétiques et les variations thermiques.
GP-B a terminé ses opérations de collecte de données en décembre 2010. Les résultats ont été publiés dans le journal Physical Review Letters
(via http://guydoyen.fr/2011/05/07/espace-temps-la-sonde-gravity-probe-b-confirme-2-theories-d-einstein/ )
- Enfin, pour comprendre de quoi on parle exactement, Olivier Tripet a publié sur notre page Facebook le cours d’un prof de physique de l’Université de Pittsburgh, en Pennsylvanie (Etats-Unis), super accessible, vraiment bien: http://www.pitt.edu/~jdnorton/teaching/HPS_0410/chapters/index.html
La fameuse quote de Mathieu
Le Critère de Karl Popper :
“Ce qui est scientifique doit être réfutable”
Prochain enregistrement le jeudi 19 mai. D’ici là, une excellente semaine à toutes et à tous!
Cette semaine, il s’agit de poser le décor et d’expliquer dans quel contexte la théorie des cordes s’inscrit. La théorie elle-même sera abordée la semaine prochaine.
Un peu d’histoire d’abord:
Newton
Newton au XVII ème siècle a découvert la force de gravitation:
- il comprend comment calculer la force de gravitation (F=mg).
- il ne comprend pas comment elle fonctionne, quel en est le mécanisme fondamental, son essence.
Comme on le verra un peu plus tard, c’est ce qui va pousser Einstein à tenter de répondre à cette question pour comprendre comment fonctionne la gravitation
Selon la loi de la gravitation universelle de Newton:
- le champs de gravitation du soleil maintient les planètes en orbite autour de lui.
- si le soleil s’éteint, sa force de gravitation disparaît et les planètes sortent instantanément de leur orbite pour dériver dans l’espace.
Einstein
Selon la théorie de la relativité générale d’Einstein (1907):
- rien ni la force de gravitation ne peut voyager plus vite que la lumière (300’000 km/s)
- et la lumière met 8 minutes pour arriver à la Terre depuis le Soleil.
- Comment donc la Terre pourrait-elle quitter son orbite instantanément (selon Newton) avant que l’obscurité n’arrive à la Terre?
Einstein propose une nouvelle approche de la force de gravitation pour résoudre ce conflit, en résumé:
- il dit que le médium qui transmet la gravitation, c’est l’espace lui-même
- Selon Einstein, les 3 dimensions de l’espace et la dimension du temps (en tout 4 dimensions) sont liées dans un même tissu espace-temps.
- il dit que l’espace est lisse et plat si aucune matière est présente
- Mais si de la matière est présente, comme le soleil par exemple, ça provoque:
- un déformation de ce plan
- une courbe dans l’espace-temps
- On peut imaginer une pomme qui déformerait un drap/tissu flottant
- Les astres et planètes évoluent le long de ce tissu et déforment l’espace autour d’eux
- Leurs poids déforment la surface de l’espace-temps comme s’il s’agissait d’un trampoline
- C’est cette déformation qui transmet la force de gravitation
- Les déformations de la surface du tissu espace-temps seraient la cause de la gravitation
- Le soleil a courbé l’environnement spatial autour de lui
- ce qui crée un sorte de vallée autour de lui
- la terre roule le long de cette vallée
- et c’est ce qui maintient l’orbite de la terre autour du soleil
- cf image de l’espace-temps ci-dessous:
Selon cette théorie:
- la Terre n’est pas maintenue en orbite autour du soleil à cause du champs de gravitation de celui-ci comme l’a décrit Newton
- mais suit plutôt les courbes de gravité du tissu espace-temps générées par le poids du Soleil.
- Ainsi si le Soleil disparaît, la variation de masse résultante créerait des ondes de perturbation (comme des vagues) sur le tissu espace-temps.
- Ces ondulations voyageraient à la vitesse de la lumière jusqu’à la Terre qui sortirait alors de son orbite.
- En fait la théorie de la relativité générale définit la force de gravitation comme des courbes dans le tissu espace-temps générées par des objets lourds (étoiles, planètes…)
- Ce modèle décrit un Univers organisé et prévisible.
Il ne reste plus à Einstein qu’à unifier la force de gravitation avec l’unique autre force connue à cette époque, la force électromagnétique
- et toutes les lois de l’Univers seraient ainsi décrites au moyen d’une seule équation maîtresse.
Force Electromagnétique
- Ce sont les équations de Maxwell-Lorentz qui constituent le postulat de base qui permet de réunir en une seule force électromagnétique la force électrique et la force magnétique.
- Pour Einstein, les équations de Maxwell-Lorentz et la théorie de la relativité générale réunies au sein d’une seule et unique théorie réveillerait la nature de l’Univers.
- Mais Einstein se heurte à un problème, la force de gravitation est infiniment plus faible que la force électromagnétique.
- Ce conflit rend incompatible une théorie unique de l’Univers.
La Mécanique Quantique
C’est alors qu’apparaît la mécanique quantique
- qui étudie les interactions qu’il existe entre les particules infiniment petites qui composent la matière.
- La mécanique quantique définit 2 nouvelles forces atomiques qui viennent s’ajouter à la force de gravitation décrite par Einstein et à la force électromagnétique définie par Maxwell et Lorentz:
- l’interaction forte (celle qui maintient unis les protons et neutrons au sein du noyau de l’atome)
- l’interaction faible (responsable de la radioactivité).
- De plus, la mécanique quantique affirme qu’à l’échelle des particules règne l’incertitude.
- C’est-à-dire, elle prône que l’issue d’une expérience est imprévisible (alors que pour rappel, Einstein décrit l’Univers comme organisé et prévisible!).
- Les résultats ne peuvent uniquement être prédits qu’en termes de probabilité.
- De plus, la mécanique quantique confirme que l’intensité des forces atomiques et de la force électromagnétique est infiniment plus élevée que l’intensité de la force de gravitation.
La différence d’intensité énorme qu’il existe entre les forces atomiques et la force de gravitation pose des problèmes:
- Comment opère donc la force de gravitation au niveau des particules et quel est son rôle?
- Elle est beaucoup trop faible pour maintenir unies les particules au sein du noyau.
- Donc comment mettre en relation la force de gravitation et les forces atomiques?
- Les équations de la relativité générale d’Einstein définissent très bien la force de gravitation comme une déformation du tissu espace-temps, mais quand on entre dans le monde sub-atomique la gravitation semble ne pas exister.
- Les formules mathématiques de la mécanique quantiques expliquent très bien comment se comportent les particules sub-atomiques, mais ignorent complètement la force de gravitation.
- Elle n’en a d’ailleurs pas besoin pour décrire le mouvement des particules.
- C’est pour cette raison que lorsque le mécanique quantique s’applique aux systèmes macroscopiques (du domaine de la relativité), elle ne fonctionne pas.
Trou noirs
Certains comportements de l’Univers, comme par exemple les trous noirs, ne peuvent pas être expliqués complètement.
Les trous noirs
- se produisent lorsqu’une énorme quantité de masse (par exemple un étoile) est concentrée dans une toute petite zone de l’espace.
- Cette énorme quantité de matière concentrée déforme le tissu espace-temps et le champ de gravitation résultant absorbe la lumière.
- L’existence des trous noirs a été vérifiée grâce à des satellites qui ont découvert des régions de l’espace possédant un énorme champs gravitationnel.
La Question: Pour analyser les trous noirs faut-il faire appel à la théorie de la relativité générale car l’étoile est compressée en un point très lourd ou faut-il plutôt s’appuyer sur la mécanique quantique car l’étoile est minuscule ?
- On voit que si on applique les deux théories elles se heurtent au niveau des résultats et leurs prédictions sont incohérentes.
Le Conflit existant entre les deux théories
- Le fait que tant la relativité que la mécanique quantique ne fonctionnent pas dans certains scénarios implique qu’il y a quelque chose d’incomplet dans ces théories. Cela empêche d’élaborer une Théorie du Tout “parfaite” qui fonctionne toujours
-
- un modèle qui permettrait d’unifier et de réunir la théorie de la relativité générale d’Einstein (physique de l’infiniment grand) avec celle de la mécanique quantique (physique de l’infiniment petit).
- une Théorie unique du Tout capable de décrire tant les phénomènes du monde macroscopique que ceux du monde microscopique.
- qui permettrait de définir l’Univers à toutes les échelles.
- qui reflète les fondements ultimes qui régissent l’Univers.
- un modèle qui démontrerait au moyen d’une seule équation mathématique que toutes les forces de l’Univers sont régies par ces 4 forces fondamentales (gravitation, électromagnétisme, interaction forte et interaction faible).
- l’objectif est réellement d’atteindre l’expression mathématique finale qui nous amènerait à comprendre tout le Cosmos
La théorie des cordes
- L’objectif de la théorie des cordes est de résoudre ce conflit.
- La théorie des cordes est une approche complètement nouvelle de considérer la matière fondamentale et les forces qui agissent dans l’Univers.
- Son originalité donnent des perspectives de pouvoir enfin unifier la théorie de la relativité générale avec celle de la mécanique quantique.
- Son modèle mathématique basé sur les équations d’Euler
La suite, la semaine prochaine!






























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