Si vous êtes connecté à l’internet mondial, vous aurez eu du mal à louper cette fameuse vidéo virale, How Animals Eat Their Food (Comment les animaux mangent leur nourriture), où un mec démontre ses incroyables talents d’imitateurs et mime comment lézards, baleines, kangourous et rhinocéros dévorent… des feuilles de salade:
Ma préférée reste le moment où il imite la baleine et s’échoue lamentablement sur son assiette. Perso, j’aurai bien pu participer parce que j’imite vachement bien la tortue qui broute.
M’enfin bon, trêve de simagrées, la question est posée : comment diable les animaux mangent-ils leurs aliments? Et pour explorer cette question, pourquoi pas nous imaginer au restaurant avec nos amis les bêtes. Première chose à faire, la réservation, et voilà que le maitre d’hôtel vous pose une première colle: combien de couverts? Ah flute, est-ce que ça sert à grand chose des couverts pour des animaux? Et bien pour certains, oui!
Prenez les chimpanzés par exemple: Lors de son dossier sur la culture dans le monde animal, Xilrian nous énumérait les prouesses dont nos cousins primates sont capables, illustrées notamment par l’utilisation de couverts par certaines populations de chimpanzés. Alors certes, il ne s’agit pas de l’argenterie de votre tante Hortense, mais à quoi bon s’embarrasser d’une fourchette quand un brin d’herbe suffit à se servir de belles et dodues fourmis vivantes ou de vivaces termites.
Ne faisons-nous pas de même à l’aide de nos cure-dents plantés dans nos saucisses cocktails aux mondaines soirées organisées par la sus-nommée tantine? Et si l’on vient à servir du miel, sachez que les chimpanzés ne se serviront pas nécessairement de leurs doigts pour s’en sustenter. Chez certaines familles gabonaises de chimpanzés, on sait se tenir et faire usage d’un arsenal de couverts en bois pour venir à bout d’un nid d’abeille afin d’en récolter tout le miel. A l’instar de cuiller à potage, fourchette à entremet et autre couteau à poisson, le service à miel de ces chimpanzés compte un bâton à concasser, un levier à élargir, divers perforateurs et enfin une tige en forme de pinceau servant à collecter le visqueux délice.
Ne croyez pas que les autres animaux sont en reste! Les couverts sont aussi de mise pour certains oiseaux tels les corvidés de nouvelle Calédonie (Corvus moneduloides) qui pêchent à l’hameçon des larves de coléoptères (Agrianome fairmairei).
Et pour les ustensiles un peu plus élaborés, genre un casse noix, on peut repasser? Marauds, les bestiaux ne vous ont pas attendus! Les chimpanzés utilisent des enclumes en pierre et des marteaux ou haches en bois pour fracturer les fruits géants des Trécules qui font la taille d’une balle de volley et pesant plus de 8 kilos.
Et une enclume, même les poissons comme le Labre (Choerodon anchorago) en utilisent:
Et au japon, les corvidés y sont si malins, qu’ils utilisent les roues de nos voitures pour casser leurs noix!
Rappelons-nous seulement qu’exiger des couverts de nos amis les bêtes serait assez peu fondé sachant qu’entre humains, nous ne nous accordons déjà pas sur ceux à utiliser, entre baguettes, couteau-fourchette, cuiller ou la main…
Bon, couverts ou pas, il va falloir savoir maintenant les préférences alimentaires de votre bestial convive. Quel est donc son régime alimentaire? Est-il herbivore, carnivore, omnivore? Prudence est de mise car les apparences sont souvent trompeuses! Prenez un ruminant par exemple. Qui pourrait un instant croire que les daims puissent grignoter autre chose qu’herbes, bourgeons et rameaux? Et pourtant, nombreux sont les daims, daines et faons qui complètent leur alimentation, pauvre en calcium, en broutant un frêle poussin ou les oisillons d’un puffin. Ah ça, c’est pas chez Disney, qu’on vous montrera les babines ensanglantées de Bambi!
A l’inverse, ne jugez pas trop hâtivement l’allure vorace de votre amie velue à huit pattes. Si les araignées sont majoritairement prédatrices et carnivore, ce n’est pas le cas de l’araignée sauteuse Bagheera kiplingi, qui est essentiellement végétarienne en se nourrissant 90% du temps des boursoufflures de l’extrémité des feuilles d’arbustes d’acacia qu’elle dérobe à des fourmis qui en font la culture.
Remarquez, dans un monde où les plantes ou les éponges peuvent être carnivores, on ne s’étonnera plus de rien…
Sur ces entremets… euh, entre-faits, vous parvenez enfin à vous rendre au restaurant et êtes accueillis par les délicieux fumets émanant des cuisines. Mais si vous trouvez ces fumets irrésistibles, est-ce que ce serait la même réaction chez toutes les espèces? Pas sûr… A en croire les exhalaisons émises par certaines fleurs qui tentent d’attirer vers elles des pollinisateurs, nous pourrions être facilement déroutés par les préférences olfactives de nos invités. Prenez les fleurs titanesque de Rafflesia ou Amorphophallus titanum (ou l’Arum titan qui porte bien son nom vu qu’il peut mesurer plus de 2,7 mètres pour 78 kilos!):
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l’une est le portrait craché des fleurs de Mario Bros™ tandis que pour la forme d’Amorphophallus… et bien, comment dire… cette fleur porte vraiment très bien son nom… Et toutes deux exhalent le même parfum exquis de charogne et de viande en putréfaction (une odeur si forte qu’on peut la sentir à plus de 800 mètres de la fleur…). Quoi de mieux en effet pour attirer leurs pollinisateurs spécifiques, les mouches à myases…
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Ce n’est pas mieux pour Hydnora africana, cette plante qui ressemble à s’y méprendre à un vagin denté et dont le parfum est parfaitement indissociable de celui de nos excréments les plus odorants.
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Une transition toute trouvée pour enfin discuter de ce que l’on pourrait proposer comme menu, en bon amphitryon que nous sommes. Et bien n’hésitez plus, pour beaucoup d’animaux, il faudra servir de la merde!
Que ce soit le bousier qui boulote les bovines fientes…
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… ou le paresseux à deux doigts qu’on retrouve souvent dévorant les selles dans nos latrines
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Que ce soit les rongeurs et les lapins qui dégustent avidement leurs propres excréments (enfin des cécotropes, des crottes riches en nutriments car leur digestion n’est pas optimale)…
… ou enfin les jeunes éléphants, pandas, koalas et hippopotames qui ne rechignent pas à cueillir et mâchouiller les fèces de leur mère (probablement par nécessité d’acquérir une flore bactérienne adéquate à leur régime herbivore).
Force est de constater que la coprophagie, l’art de manger la crotte, c’est tout ce qu’il y a de plus naturel dans le monde animal! Et de la crotte au vomi, il n’y a qu’un reflux gastrique…
Dans le domaine de la régurgitation, certains, comme les étoiles de mer, sont passés maitres et dévaginent l’intégralité de leur estomac pour digérer leurs aliments:
Les requins en sont capables aussi, mais ce n’est souvent que pour déloger des parasites ou du contenu indésirable.
D’autres comme certaines araignées et certaines mouches, régurgitent sur leurs aliments pour mieux les digérer. Les mouches calliphora, elles, régurgitent leurs aliments en une bulle suspendue à leur trompe afin de que l’eau s’en évapore.
Et puis il y a le vomi tendre, celui qu’on partage en famille…
Chez les oiseaux, il y a les parents au grand cœur qui régurgitent leurs repas en généreuses becquetées à chacun de leurs oisillons. Et tant mieux s’il s’agit d’un poisson entier encore frétillant…
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Certains oiseaux, comme les pigeons, ont même des glandes spéciales dans le cou afin de sécréter un vomi lactescent, le lait de jabot, à distribuer à sa nichée affamée.
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Que voulez vous, tous les animaux n’ont pas la chance de naitre avec des mamelles…
Certains vomis gagnent en goût à mesure qu’on se les échange. Chez les insectes hyménoptères (fourmis, guêpes, abeilles), on possède deux estomacs: un pour soi et un pour le voisin qu’on appelle jabot social.
Vous trouvez ça immonde? Pourtant il y a de bonnes chance que vous dégustiez avec appétit du régurgitat d’hyménoptères!
Le miel que vous tartinez sur vos biscottes matinales, ce n’est rien d’autre que du vomi d’abeilles macéré dans un nombre incalculable de jabots, dégueulé de mandibules en mandibules jusqu’à atteindre cette parfaite texture, cette onctuosité inégalable.
Et encore tous les miels ne se ressemblent pas! Si la plupart prennent leur origine dans le nectar sucré qu’offrent les fleurs en échange d’une pollinisation bien faite, certains miel, comme le miel de sapin, prennent leur source dans la sève des majestueux épineux. Mais comment diable les abeilles récupèrent-elles la sève de sapin? Ce n’est pas avec leur pièces buccales adaptées à la léchouille qu’elles vont réussir cet exploit. Ce qu’il faut, c’est un rostre de puceron pour pénétrer l’écorce et récolter la sève élaborée des conifères. Ca tombe bien, il en pullule sur leur écorce. Seulement voilà, la sève des sapins est si sucrée que nos fragiles pucerons risquent un choc osmotique. Pour maintenir la balance, les pucerons excrètent du miellat (toujours riche en sucre et en acides aminés) par leur postérieur. Hummmm, le bon caca sucré que voilà! Pas étonnant que les abeilles se ruent dessus pour ajouter une touche de saveur à leur miel de sapin qui n’est, en somme, que le produit final d’excréments de pucerons régurgités par des abeilles…
Le miellat, tout le monde en est friand et j’avais déjà évoqué sur SSAFT les diverses relations trophobiotiques (le partage de nourriture entre espèces) entre le fulgore porte lanterne, des fourmis et des escargots (en résumé, c’est la baston pour savoir qui peut lécher le postérieur du fulgore…)
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Vous voilà maintenant repus et las, vous commencez à jouer avec notre nourriture. Alors attention, n’essayez pas de rentrer en compétition avec un orque qui joue avec sa nourriture de manière assez spectaculaire, pouvant balancer des phoques 20 mètres au dessus de l’eau pour jouer à la baballe.
Il est maintenant temps de payer la note mais… Tous ces restes là, c’est un peu du gâchis… Il vous faudrait un doggy bag! Rien de plus simple pour une araignée qui va vous empaqueter tout ça manière cellophane…
Sinon vous avez toujours la possibilité de faire comme les tamias (les animaux qui ont inspiré tic et tac) dont les joues peuvent se distendre au point d’y insérer un volume de graines plus important que celui de leur tête.
En conclusion, les animaux, nous compris, sommes sérieusement dégueulasses lorsqu’il s’agit de se nourrir. Alors si le dicton dit vrai et que l’on est ce que l’on mange, ça n’augure rien de bon les amis… A moins que l’on ne fasse comme les somptueuses limaces de mers nudibranches comme Glaucus atlanticus qui, dévorant les dangereuses physalies, ces siphonophores bardées de cellules urticantes, sont capables non seulement de résister à leur terrible venin, mais aussi de l’incorporer et de le concentrer dans des sacs spéciaux à la surface de sa peau pour devenir à son tour venimeux.
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Et puis si vous êtes végétarien, peut être que le cas d’Elysia chlorotica vous fera mourir d’envie : il s’agit d’une autre limace de mer qui, broutant les algues, est capable de leur voler leurs chloroplastes, ces fameux sacs de chlorophylle, et devenir à son tour photosynthétique, pouvant ainsi se priver de grignoter et ne se nourrissant que des doux et chauds rayons du soleil.
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Liens:
Articles Not Exactly Rocket Science
Chimps use Swiss army toolkit to rob beehives
Congolese chimps modify fishing-sticks to make them even more effective tools
Bagheera kiplingi – the mostly vegetarian spider
Article Discovery
Article Neurophilosophy
Article BBC Earth News
Article Ego Sum Daniel
Article National Geographic
Articles io9
A flower that smells like poop and resembles vagina dentata
The most disgusting flower in the world is about to bloom
Parasitic plants actually steal the genes of their hosts
Articles Tetrapod Zoology
May two-toed sloths climb into your latrine and eat your faeces and urine, because that’s the sort of thing they do
Lal the chicken-eating cow
Références:
Boesch C, Boesch H: Tool use and tool making in wild chimpanzees. Folia Primatol (Basel) 1990, 54(1-2):86-99.
Gruber T, Muller MN, Strimling P, Wrangham R, Zuberbuhler K: Wild chimpanzees rely on cultural knowledge to solve an experimental honey acquisition task. Curr Biol 2009, 19(21):1806-1810.
Boesch C, Head J, Robbins MM: Complex tool sets for honey extraction among chimpanzees in Loango National Park, Gabon. J Hum Evol 2009, 56(6):560-569.
Rutz C, Bluff LA, Reed N, Troscianko J, Newton J, Inger R, Kacelnik A, Bearhop S: The ecological significance of tool use in New Caledonian crows. Science 2010, 329(5998):1523-1526.
Rutz C, St Clair JJ: The evolutionary origins and ecological context of tool use in New Caledonian crows. Behav Processes 2012, 89(2):153-165.
Koops K, McGrew WC, Matsuzawa T: Do chimpanzees (Pan troglodytes) use cleavers and anvils to fracture Treculia africana fruits? Preliminary data on a new form of percussive technology. Primates 2010, 51(2):175-178.
Meehan CJ, Olson EJ, Reudink MW, Kyser TK, Curry RL: Herbivory in a spider through exploitation of an ant-plant mutualism. Curr Biol 2009, 19(19):R892-893.
Heymann, E. W., Flores Amasifuén, C., Shahuano Tello, N., Tirado Herrera, E. T. & Stojan-Dolar, M. 2010. Disgusting appetite: Two-toed sloths feeding in human latrines. Mammalian Biology
Nous avons posé ces questions que plus personne n’ose poser. Pourquoi ce domaine – plus que d’autres – est-il sujet à des attaques permanentes et à des récupérations de toutes sortes? Et d’abord, qu’est-ce que l’évolution? Est-une science?
Discussion de haute tenue avec Pierre Kerner - chercheur en génétique évolutive, maître de conférences en biologie des organismes à Paris VII et auteur de l’excellent blog Strange Stuff and Funky Things - et pour poser des questions: Xochipilli, auteur de l’excellent blog Le Webinet des Curiosités.
Et toutes nos excuses si vous trouvez l’épisode trop long…Nous avons allègrement fait exploser lecompteur!
Le dossier de la semaine
» Les notes de Pierre (bientôt disponibles)
Les dessins de Nicotupe
Les quotes de la semaine
The love for all living creatures is the most noble attribute of man.”― Charles Darwin
(Pierre) : ‘Nobody’s perfect’ – Billy Wilder
Prochaine émission
Jeudi 2 mai 2013, Nico
Hedy Lamarr est une femme au destin étonnant. On se plaint souvent de ne pas entendre assez parler de femmes scientifiques, en voila une! D’abord considérée comme “la plus belle femme du monde” et connue pour être la première femme à s’être montrée nue sur le grand écran, elle a aussi participé à l’invention d’une des technologies les plus utilisées aujourd’hui! Ce jeudi, nous retracerons la vie de ce personnage hors du commun et de ses inventions.
La chatroom
(À l’heure irlandaise)
[18:43] == Xilrian [webchat@79.140.208.62] has joined #podcastscience
[19:03] == Axone [~Axone@APuteaux-154-1-62-214.w86-195.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[19:07] == Alan_ [~al2ps@85.218.109.18] has joined #podcastscience
[19:10] <@Xilrian> Hello
[19:10] <@Xilrian> Axone:
[19:11] <@Xilrian> tu nous entend ?
[19:11] == Erik_ [webchat@pub22-104.mobius.fr] has joined #podcastscience
[19:11] == Xilrian2 [webchat@79.140.208.62] has joined #podcastscience
[19:12] <Erik_> on vous entend je confirme
[19:15] == Bebert_ [webchat@mou03-2-88-179-245-49.fbx.proxad.net] has joined #podcastscience
[19:16] <Bebert_> Nikel ![]()
[19:17] == Xilrian2 [webchat@79.140.208.62] has quit [Ping timeout]
[19:18] == Erik_ [webchat@pub22-104.mobius.fr] has quit [Ping timeout]
[19:19] == Beetho [webchat@AOrleans-257-1-47-225.w90-19.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[19:20] == Yannick [webchat@AStrasbourg-551-1-47-137.w92-148.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[19:25] == Yannick [webchat@AStrasbourg-551-1-47-137.w92-148.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[19:28] == Aeterna [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has joined #podcastscience
[19:28] <Aeterna> Bonjour a tous
[19:28] <Alan_> Salut tout le monde ![]()
[19:28] <@Xilrian> Bonjour
[19:28] <Beetho> kioukiou
[19:28] <@Xilrian> on a un peu de retard mais on ne va pas tarder
[19:29] <Alan_> c’est de la faute à Tupe ![]()
[19:30] <Axone> Bonsoir
[19:30] == NicoTupe [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-43.net.univ-paris-diderot.fr] has joined #podcastscience
[19:31] <Axone> C’est très bien le retard, j’en connais une qui se grouille de rentrer du boulot pour vous écouter en live
[19:32] <Alan_> ![]()
[19:32] <Aeterna> Et pis bon, même quand vous ête l’heure ya des bug qui provoquent des retards donc … ![]()
[19:32] <Aeterna> Autant assumer et commencer en retard ![]()
[19:33] <NicoTupe> saluuut la chatroom
[19:33] <NicoTupe> le retard est totalement de ma faute
[19:33] <NicoTupe> j’assume la responsabilité de mes actes
[19:33] <Axone> Haha
[19:33] <Axone> On a un fouet quelque part dans la chatroom ?
[19:34] <Aeterna> Schlack
[19:34] <Aeterna> mzi j’ai que l’onomatopé ![]()
[19:34] == svwn [webchat@cust-150-58-109-94.dyn.as47377.net] has joined #podcastscience
[19:35] <Alan_> on a pas commencé, hein ![]()
[19:35] <Alan_> malgré les apparences…
[19:35] == Bebert_ [webchat@mou03-2-88-179-245-49.fbx.proxad.net] has quit [Quit: Page closed]
[19:35] <NicoTupe> c’est ca
[19:35] <NicoTupe> on a pas du tout commencé
[19:35] <NicoTupe> la on papote tranquiles
[19:35] <Axone> ouf
[19:35] <NicoTupe> apès on passe aux choses sérieuses
[19:36] <NicoTupe> pour une fois c’est moi qui vais avoir besoin d’aspirine
[19:36] <Alan_> tiens tupe, vous ici?
[19:36] == lambda [webchat@75-54-190-109.dsl.ovh.fr] has joined #podcastscience
[19:37] == prof_von [~alanvonla@85.218.109.18] has joined #podcastscience
[19:37] <Axone> On a un écho
[19:37] <NicoTupe> bonjour Alan_
[19:37] <Axone> Ah, non, c’est moi, scuzez
[19:37] <NicoTupe> j’aime beaucoup tes podcast alan
[19:38] == Ant_ [webchat@ARennes-655-1-111-40.w81-53.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[19:38] == Beetho_ [webchat@AOrleans-257-1-47-225.w90-19.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[19:40] == Beetho [webchat@AOrleans-257-1-47-225.w90-19.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[19:41] == peremptoire [webchat@ARennes-652-1-202-27.w2-13.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[19:42] <peremptoire> Bonsoir
[19:42] <NicoTupe> bonsoir
[19:42] == Ant_ [webchat@ARennes-655-1-111-40.w81-53.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[19:42] <Axone> Douze me dit par sms qu’elle se connecte avec un pseudo en nombre romain pour vous faire galérer, si vous ne commencez pas en retard pour elle
[19:42] == Ant_ [webchat@ARennes-655-1-111-40.w81-53.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[19:43] <Axone> un truc du genre MLXIIV
[19:43] <Ant_> bonsoir à vous
[19:43] == Taupo [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-46.net.univ-paris-diderot.fr] has joined #podcastscience
[19:43] <Axone> Ouais mais non, commencez pas en retard pour elle hein
[19:47] == tolaria [webchat@245.150-242-81.adsl-dyn.isp.belgacom.be] has joined #podcastscience
[19:50] <Alan_> c’est moi ou personne ne dit rien dans la chatroom?
[19:51] <Axone> On écoute passionnément
[19:51] <Alan_> ![]()
[19:53] == tolaria_ [webchat@91.180.218.163] has joined #podcastscience
[19:53] == tolaria [webchat@245.150-242-81.adsl-dyn.isp.belgacom.be] has quit [Ping timeout]
[19:53] <Aeterna> très passionément, la bio c’est mon dada ![]()
[19:53] == Xochipilli [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-43.net.univ-paris-diderot.fr] has joined #podcastscience
[19:56] == Gibie [webchat@AVelizy-753-1-10-246.w90-62.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[19:58] <Alan_> ![]()
[19:59] == tolaria_ [webchat@91.180.218.163] has quit [Ping timeout]
[19:59] <peremptoire> je crois que suis trop fatigué pour comprendre ce soir
[19:59] <Alan_> oh ![]()
[19:59] == Xochipilli [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-43.net.univ-paris-diderot.fr] has quit [Ping timeout]
[20:01] == Xpchipilli [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-40.net.univ-paris-diderot.fr] has joined #podcastscience
[20:01] == XIV [~XIV@21.202.71.86.rev.sfr.net] has joined #podcastscience
[20:01] <XIV> Bonsoir
[20:01] <Alan_> oh! douse! welcome ![]()
[20:02] <Alan_> douze je veux dire
[20:02] <Alan_> ou treize, c’est selon
[20:02] <XIV> Je vous deteste !
[20:03] <Alan_> bon, quinze alors ![]()
[20:04] <XIV> “douse” mais quel fail !
[20:05] <Alan_> ![]()
[20:05] <Alan_> j’avoue
[20:05] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-52-80.w90-25.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:05] <MrNause> bonsoir !
[20:05] <Alan_> ça m’a surpris moi-même ![]()
[20:05] <Alan_> salut Nause!
[20:05] == Gibie [webchat@AVelizy-753-1-10-246.w90-62.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[20:06] <XIV> un peu comme le northern inuit dog
[20:06] <MrNause> toujours le même probleme de son
[20:06] <Alan_> sérieux?
[20:06] <MrNause> mais il y a du mieux
[20:06] <Axone> pas ici
[20:06] <Alan_> chez les autres aussi?
[20:06] <MrNause> c est moins saccadé
[20:06] <Alan_> pfiou
[20:07] == Xpchipilli [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-40.net.univ-paris-diderot.fr] has quit [Ping timeout]
[20:07] <MrNause> si je passe sur un autre onglet c nikel
[20:07] <MrNause> mais pas pratique pour le tchat
[20:07] <Axone> Sinon tu peux prendre les MP3 ou M3U
[20:08] == peremptoire [webchat@ARennes-652-1-202-27.w2-13.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[20:08] <MrNause> yo beetho
[20:09] == Xpchipilli [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-45.net.univ-paris-diderot.fr] has joined #podcastscience
[20:10] == Ant_ [webchat@ARennes-655-1-111-40.w81-53.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[20:11] <XIV> c’est moche
[20:11] <MrNause> les individus les plus faibles avaient parfois une stratégie plus subtile de survie que la loi du plus fort…
[20:11] <XIV> Oh !
[20:11] <XIV> j’ai fait un exposé sur Malthus !
[20:13] <MrNause> il s est surtout basé sur l’évolution des becs des oiseaux moqueurs
[20:14] <MrNause> sauf erreur il s agissait de pinsons
[20:15] <MrNause> http://www.hominides.com/data/images/illus/darwin-pinsons1.jpg
[20:15] == Persephone [Louise@Aeterna.users.quakenet.org] has joined #podcastscience
[20:16] == Persephone [Louise@Aeterna.users.quakenet.org] has left #podcastscience []
[20:16] <MrNause> http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosevol/imgArt/images/Chap5/veuille/teteOiseau.jpg
[20:17] <XIV> Aha
[20:17] <XIV> donc je me fais refaire mes seins, ma fille aura des beau seins aussi
[20:17] <MrNause> non
[20:18] <MrNause> l adn est externe aux interventions
[20:19] <MrNause> même si tu te fais refaire la face parce que t as une salle tête ta progéniture héritera de tes genes pas de ton intervention
[20:19] <@Xilrian> XIV: Lyssenko n’as pas été loins d’essayer
[20:19] <XIV> oui, MrNause
[20:19] <XIV> mais selon la loi qu’il énonçait, ce serait vrai
[20:20] <@Xilrian> Je pense tout de même que c’est plus l’idée que si tu fais du sport tu auras des enfants plus fort :p
[20:20] <MrNause> ça c est plus crédible
[20:20] <@Xilrian> c’est tout aussi faux
[20:20] <MrNause> c est lié à l hygiene de vie
[20:20] <MrNause> et ça interfère sur ton code génétique
[20:21] <MrNause> je sais pas je suis pas scientifique
[20:22] <MrNause> une génération d ouvrier donnera t elle naissance à une génération d enfants plus trappus et plus résistants à l effort physique?
[20:22] <MrNause> j ai pas la réponse
[20:23] <lambda> Non a moins qu’on tue seux qui son pas fort et trappu (:
[20:23] <lambda> Et qu’on les fasse se reproduire assez longtemps
[20:23] <MrNause> donc séléction interventionniste
[20:23] <XIV> C’est pas si vrai,
[20:24] == ant_ [webchat@ARennes-655-1-111-40.w81-53.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:24] <XIV> le fait que des caractères apparaissent parce que l’organisme en a besoin, c’est plus simple à comprendre que des caractère apparaissent spontanément et subsistent par repreduction
[20:25] <MrNause> la question est: est ce que le mode de vie peut il intervenir sur le code génétique ?
[20:25] <XIV> ça dépends
[20:25] <MrNause> si je casse des pierres avec les dents, mes enfants auront ils des dents plus solides
[20:25] <XIV> si tu passe ta vie à faire faire des radios au gens, éventuellement peut être
[20:26] <XIV> clairement non MrNause
[20:26] <MrNause> oui je sais c est con comme question
[20:26] <MrNause> mais ça résume
[20:26] <lambda> Non le code génétique n’est pas sensé changer à l’interieur d’un individu
[20:26] <Axone> Sur beaucoup de génération, ça a un impact, non ?
[20:26] <MrNause> bha oui ça me semble logique
[20:26] <MrNause> mais alors l adaptation c est quoi?
[20:26] <XIV> MrNause un coup de bol
[20:26] <lambda> Mais notre environement peux agier sur l’expression de notre génome, cf épigénétique
[20:27] <ant_> y a t_il
[20:27] <XIV> Ah, j’ai pas suivi !
[20:27] <XIV> t
[20:27] <MrNause> et la véracitéde la forme du bec des pinsons c est crédible ou pas §?
[20:29] <Axone> On a des pistes de nouveaux paradigmes, de théories qui s’apparenteraient à la relativité par rapport au classique ?
[20:29] <lambda> En science on ne croit pas
[20:29] <ant_> D’après l’évolution, ma mère devrait avoir des palmes à la place des mains à force de faire la vaisselle !! LOL
[20:30] <XIV> En quoi des palmes seraient elles des avantages pour faire la vaisselle ?
[20:30] <MrNause> la théorie de l’évolution n est pas fausse, elle est incomplète, c’est comme vouloir faire de la physique quantique avec les bases Newtonniennes
[20:30] <lambda> XIV +1
[20:31] <ant_> le corps s’adapte à son environnemnt
[20:31] <ant_> d’après la théorie de l’évolution c’est de la que sortent les palmes du canard lol
[20:31] <XIV> ant_ les palmes ne sont pas utile pour être dans l’eau
[20:31] <XIV> elle sont utile pour se déplacer dans l’eau
[20:31] <XIV> quand tu fais la vaisselle, tu n’as pas à te déplacer dans l’eau
[20:31] <Axone> sa mère a peut être un grand lavabo
[20:31] <ant_> est-ce que l’évolution fait la différence
[20:32] <XIV> bien sur ant_
[20:32] <ant_> héhé
[20:32] <MrNause> oui bha le bec des canards ça rend la queue plate, demandez aux castors….
[20:32] <ant_> de la taille d’un piscine Axone
[20:32] <lambda> @ant_ : Non ca c’est juste toi qui le dit, relit Darwin.
[20:33] <ant_> jlai jamais lu, à 16 ans c’est un peu galère
[20:33] == Xpchipilli [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-45.net.univ-paris-diderot.fr] has quit [Ping timeout]
[20:34] <MrNause> quand les mamiferes sont apparu au temps des dinosaures l adaptation était de survivre aux températures extremes
[20:34] <XIV> Le paon !
[20:34] <lambda> @ant_ : Essaye de te procurer un livre de Patrick Tort ils sont très abordale et sont un très bonne vulgarisation des écrits de Darwin
[20:34] <MrNause> pas d être le plus gros prédateur
[20:35] <ant_> ok lambda, merci du conseil ^^
[20:37] <XIV> Et si, pour une population, les gènes serait en fait les mèmes ?
[20:37] == Fukano [~WIFukano@Fukano.users.quakenet.org] has joined #podcastscience
[20:37] == [IRC]Scorp974 [~Scorp974@5-49-149-50.hfc.dyn.abo.bbox.fr] has joined #podcastscience
[20:38] <[IRC]Scorp974> hi
[20:38] == ValentinLoL [webchat@ALille-652-1-188-63.w90-18.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:38] == Valentin [webchat@ALille-652-1-188-63.w90-18.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[20:38] <[IRC]Scorp974> fukano, what do u think about stars ?
[20:39] <Fukano> Aeterna, voleur de pseudo !
[20:39] * ValentinLoL slaps Aeterna around a bit with a large fishbot
[20:39] * Fukano slaps Aeterna around a bit with a large trout
[20:39] == ValentinLoL has changed nick to Valentn_
[20:39] == Valentn_ has changed nick to Valentin_
[20:39] <XIV> Pourquoi on a pas le droit de dire ” étape” ?
[20:40] * Valentin_ slaps Aeterna around a bit with a large fishbot
[20:40] <[IRC]Scorp974> car en soit, ce n’est pas une étape
[20:40] <Valentin_> XD
[20:41] <XIV> Excrêter du sel !
[20:41] <XIV> oula je sais pas écrire
[20:41] <[IRC]Scorp974> ![]()
[20:41] <XIV> Chez la tortue, les larmes représenteune perte d’eau significative
[20:42] <[IRC]Scorp974> c’est sûr, mais il faut voir plus loin
[20:42] <Valentin_> Avec des jumelles ?
[20:42] <[IRC]Scorp974> entre autre
[20:43] <Valentin_> :p
[20:43] <[IRC]Scorp974> j’aurais dis telescope
[20:43] <Aeterna> Voleur de pseudo? plai-il? J’utilise ce pseudo ici depuis au moins 6 mois, donc non, c’est mon pseudoi ici, NA ![]()
[20:43] <Fukano> Aeterna: euh ça m’étonnerait.
[20:43] <MrNause> pourquoi la girafe a t elle un long cou ?
[20:43] <[IRC]Scorp974> 6 mois ? lol
[20:43] <Aeterna> ba alors on est deux, et on ne c’était jamais croisé ![]()
[20:43] <XIV> MrNause Parce qu’elle a été victime d’un coup monté
[20:43] <Valentin_> Aeterna NOPE
[20:43] <Fukano> Aeterna (celle qu’on connait) est connectée h24 sur l’IRC, d’ordinaire
[20:43] <MrNause> c est la question des contradicteurs de l évolution
[20:43] <Fukano> Donc c’est très peu probable
[20:43] <[IRC]Scorp974> tu es sûr XIV ?
[20:43] <Valentin_> MrNause pour faire parler les curieux ![]()
[20:44] <MrNause> oui XD
[20:44] <Valentin_> XD
[20:44] == Fukano [~WIFukano@Fukano.users.quakenet.org] has left #podcastscience []
[20:44] == Valentin [webchat@ALille-652-1-188-63.w90-18.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[20:45] * Valentin_ slaps Aeterna around a bit with a large fishbot
[20:47] <[IRC]Scorp974> adaptation, structure, histoire
[20:47] == Valentin_ has changed nick to Valentin
[20:48] <MrNause> donc les dinosaures avaient des plumes et sont les an cetres des oiseaux….surtout si on peut faire pousser une queue à un poussin…non?
[20:48] <XIV> En grois, temps qu’un caractère n’est pas nuisible, il peut être maintenu même si il n’est pas utile ?
[20:49] <[IRC]Scorp974> XIV oui et non
[20:49] <XIV> ?
[20:50] <Valentin> xD
[20:50] <MrNause> donc dans la sélection naturelle tous les génomes ne sont pas évolutifs
[20:50] <lambda> @MrNause : Tes questions ont trop de préssuposé pour pouvoir te répondre ici. Elles ont l’air trop “orienté”…
[20:50] <Valentin> oO
[20:51] <XIV> Et puis, il y a peut être des avantages qu’on ne voit pas à n’avoir que 4 vertêbre.
[20:51] <MrNause> je me base sur des cas concrets
[20:51] <MrNause> c pour ça
[20:51] <Valentin> c’est*
[20:51] <[IRC]Scorp974> je trouve les exemple de MrNause plutôt concrètes
[20:52] <Alan_> c’est un peu le boxon dans la chatroom, là… j’arrive pas à voir s’il y a des questions à relayer? si?
[20:52] <lambda> “dinosaures avaient des plumes” Je crois pas que cela soit vrai.
[20:53] <MrNause> moi je crois que si
[20:53] <MrNause> mais een tant que “duvet”
[20:53] <Aeterna> certains dinosaures avaient des plumes ouo
[20:53] <MrNause> ils les perdaient
[20:53] <[IRC]Scorp974> la majorité en avait
[20:53] <Valentin> lambda les dinausires qui volait en avait
[20:53] <lambda> @Aetrena : Là je suis d’accord
[20:53] == ant_ [webchat@ARennes-655-1-111-40.w81-53.abo.wanadoo.fr] has quit [Ping timeout]
[20:53] <Aeterna> en duvet vir mieux, ya un article de Taupo sur sin blog il me semble
[20:53] <XIV> Et si, l’intérêt de la girafe, c’était de permettre aux gars de la NASA d’avoir un modèle ?
[20:54] <XIV> C’est créationiste ça ?
[20:54] <Aeterna> (je fais plein de fautes
)
[20:54] <Valentin> Yep
[20:54] <lambda> @Valentin : Là je suis pas d’accord. Exemple : ptérosaure
[20:54] <MrNause> lorsqu on observe un squelette de baleine on voit les doigts
[20:54] <Valentin> lambda Presque :p
[20:54] <MrNause> les pandas ont un sixieme doigt au niveau de la paume
[20:54] <XIV> C’est la loi du plus adapté.
[20:55] <MrNause> rien à voir avec l environnement donc….
[20:55] <Valentin> Ben si
[20:55] <Valentin> …
[20:55] <Aeterna> ils n’ont pas un sixième doigt, ils sont une exfroissance osseuse qui fait figure de ![]()
[20:55] <MrNause> c est là que c est subtil…
[20:55] <Aeterna> ce n’est pas la même chose du tout
[20:56] <Aeterna> ouaip c’est subtil ![]()
[20:56] <Valentin> … !
[20:56] <MrNause> et l ornithorynque on en fait quoi?
[20:56] <XIV> le plus apte
[20:57] <XIV> on se moque MrNause
[20:57] <Valentin> C’est un poisson
[20:57] <MrNause> l homme se considere comme un individu “fini” mais il a pas fini d évoluer rassurez moi
[20:58] <[IRC]Scorp974> je ne pense pas qu’il soit fini
[20:58] <Valentin> Les robots sont les travaux finis !
[20:58] <MrNause> homo sapiens sapiens on stagne depuis un moment…
[20:58] <Aeterna> on est uneespéce hyper récente
[20:58] <Valentin> Homo sapiens sapiens sapiens seront au dessus de nous !
[20:58] <MrNause> on va vers l homme augmenté estce une évolution “naturelle” ?
[20:58] <lambda> Il faut avoir une vision au niveau des temps géologique pas de notre vie
[20:58] <Aeterna> on non peut pas dire qu’on stagne
[20:59] <[IRC]Scorp974> on s’adapte
[20:59] <Valentin> xD
[20:59] <[IRC]Scorp974> on evolue plus vraiment
[20:59] <Valentin> +1
[20:59] <MrNause> ça doit être le côté conservateur qui me fait dire ça ^^
[20:59] <XIV> on a plus qu’un seul sapiens MrNause
[20:59] <Aeterna> (et là on peutécouter le podcast
)
[20:59] <Valentin> On a des os nan pas des rouages ?
[20:59] <MrNause> oui on a aussi des origines néandertaliennes selon les individus
[20:59] <Alan_> podcast, où on répond à la question de nausée justement
[21:00] <Alan_> oops
[21:00] <Alan_> sorry, j’ai un stupide correcteur d’orthographe ![]()
[21:00] <Valentin> Yep
[21:00] <Alan_> No offense, je voulais dire “Nause”
[21:00] <XIV> Et puis, aujourd’hui, on adapte plus le milieu à nous,
[21:00] <MrNause> oui Sarte aussi aurait apprécié “nausée”
[21:01] <Alan_> ![]()
[21:01] <XIV> on a plus vraiment besoin de s’adapter à notre milieu
[21:01] <[IRC]Scorp974> on dit que la planete se rechauffe, l’homme pourrait s’adapter non?
[21:01] <Aeterna> on fait partie de notre milieux, donc on évolue aussi les uns par rapport aux autres
[21:02] == Valentin has changed nick to [RD
[21:02] <MrNause> nause ça vient de Arnaud ,arnauze, nause’art, nause pour la petite histoire…
[21:02] <Alan_> aaahhh ![]()
[21:02] == [RD [webchat@ALille-652-1-188-63.w90-18.abo.wanadoo.fr] has left #podcastscience []
[21:02] <MrNause> parce que je dessine un peu
[21:02] <MrNause> pas parce que j ai un gros nez
[21:05] <MrNause> donc une plante fleuri pour se reproduire et une espece survie pour la même cause
[21:05] <XIV> Donc, on évolue plus pour s’adapter au milieu mais pour ressembler au modèle de beauté ?
[21:05] <MrNause> non impossible
[21:05] <Aeterna> Sur le coup de l’évolution humaine, il y a un superbe strip de SMBC la dessus
[21:05] <MrNause> c est pas de l evolution
[21:05] <MrNause> c est du conformisme
[21:06] <Aeterna> ou il dit qua dans 1000 ans tout les humains aurant un morceau de chair perce préservatif sur le sexe
[21:06] <MrNause> mais l homme peut auto évoluer
[21:06] <MrNause> technologiquement
[21:06] <Aeterna> ce qui donne un super avantage pour la reporduction ![]()
[21:07] <MrNause> on a dépassé le concept de l évolution car on peut intervenir sur les genes de maniere consciente
[21:07] <MrNause> plus l adaptation naturelle
[21:07] <[IRC]Scorp974> l’homme évolue intellectuellement à notre époque
[21:07] <MrNause> je pense qu il y a une compatibilité
[21:08] <MrNause> naturelle et intellectuelle
[21:08] <XIV> ahoui,j’ai étudié ça
[21:09] <MrNause> si la planete se rechauffe on va migrer et bronzer, mais d un point de vue technologique on peut se greffer des bras bioniques
[21:09] <MrNause> se sont deux évolutions differentes
[21:09] <MrNause> qui ne subissent pas les mêmes influences
[21:10] <MrNause> mais peut on parler d évolution “non naturelle” ?
[21:11] <MrNause> si l homme intervient sur l evolution, est ce de l évolution ? au sens propre?
[21:12] <MrNause> et par exemple la fécondation in vitro est elle un dépassement sur cette nature?
[21:12] <Alan_> tu veux dire par sélection artificielle?
[21:13] <MrNause> sommes nous plus forts que l’évolution?
[21:13] <MrNause> oui sélection artificielle
[21:13] <[IRC]Scorp974> définis “plus forts”
[21:13] <MrNause> a t elle de l avenir
[21:13] <MrNause> ouseront nous rattrappés
[21:13] <MrNause> ?
[21:13] <MrNause> par la nature
[21:14] <[IRC]Scorp974> je pense que c un ensemble, tout evolue, et on s’adapte au fur et à mesure
[21:14] <MrNause> donc environnement
[21:15] <MrNause> mais là où les choses deviennent intéressantes c est que l évolution doive prendre en compte l environnement pour l adaptation, et non la survie ou le besoin de se reproduire
[21:16] <MrNause> quelle approche faut il alors faire du terme ” évolutioné ?
[21:16] == [IRC]Valentin [webchat@ALille-652-1-188-63.w90-18.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[21:16] == Jorj_McKie [webchat@AMontsouris-554-1-105-20.w83-202.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[21:16] <MrNause> lol évolution *
[21:16] <[IRC]Valentin> Tiens [IRC]Valentin :p
[21:16] <[IRC]Valentin> xD
[21:16] <[IRC]Valentin> *sors*
[21:16] <Jorj_McKie> Bonsoir à tous
[21:16] <[IRC]Scorp974> salutations
[21:18] <Alan_> hey, salut Jorj! Welcome ![]()
[21:18] <XIV> Comment peut on prouver quelle sont transmise ?
[21:20] <MrNause> http://www.chezmaya.com/humour/evolution.jpg
[21:20] <MrNause> XD
[21:20] <MrNause> mdr
[21:20] == lambda [webchat@75-54-190-109.dsl.ovh.fr] has quit [Ping timeout]
[21:20] <[IRC]Valentin> Interdit les liens !
[21:20] <MrNause> hz bon ?
[21:21] <[IRC]Valentin> En faite je sais pas, d’habitude j’ai pas le droit au lien, je sais pas ici
[21:21] <MrNause> jusqu à présent ça n a jamais posé prblm
[21:21] <MrNause> sauf erreur
[21:22] * [IRC]Valentin slaps Aeterna around a bit with a large fishbot
[21:22] * [IRC]Valentin slaps Aeterna around a bit with a large fishbot
[21:22] <Aeterna> t’ain comment on réponde a un message?
[21:22] <[IRC]Scorp974> XIV la selection naturelle a déjà été démonté (expérience de Luria et Delbrück)
[21:23] <XIV> c’est pas ça ma question
[21:23] <Aeterna> (et accessoireùment quelle est la commande pour changer de pseudo? )
[21:23] == Axone has changed nick to Nouveau_pseudo
[21:23] <Nouveau_pseudo> rahhh
[21:23] <XIV> AHA !
[21:23] <XIV> Sale sale !
[21:23] == Nouveau_pseudo has changed nick to Axone
[21:23] <Axone> /nick Nouveau_pseudo
[21:24] == Aeterna has changed nick to Aeterna_
[21:25] <MrNause> lance un dé 20 et si tu fais une réussite critiques tu passes du néanderthal à l’homo superior avec domination animale 99+9
[21:26] <[IRC]Scorp974> je dois m’en aller, bonne évolution à vous ! ![]()
[21:26] == [IRC]Valentin [webchat@ALille-652-1-188-63.w90-18.abo.wanadoo.fr] has left #podcastscience []
[21:26] <MrNause> cf podcast de la semaine derniere
[21:26] == [IRC]Scorp974 [~Scorp974@5-49-149-50.hfc.dyn.abo.bbox.fr] has left #podcastscience []
[21:31] <Jorj_McKie> Elle est bonne la moquette
[21:32] <Jorj_McKie> Non t’est pas clair mais ça s’arrenge
[21:32] <Alan_> ![]()
[21:32] <MrNause> surtout si tu te lance dans un JDR créationniste mais il fallait être là la semaine derniere
[21:36] <XIV> Est ce que 1 mutation peut permettre à d’autre mutations, “cachée” jusqu’à présent, de s’exprimer ?
[21:37] <@Xilrian> oui les caractéres phénotypiques sont générallement le résultat d’un faisseaux de génes
[21:38] <XIV> BRAVO !
[21:38] <Alan_> merci ![]()
[21:38] <MrNause> les x men ont ils un avenir ?
[21:38] <Aeterna_> Tu as aussi le cas des cancers comme ça
[21:39] <XIV> ok merci
[21:39] <Aeterna_> il faut si je me rappelle bien de mes cours 4/5 gênes qui mutent pour qu’une cellule deviennet cancéreuse
[21:39] <Aeterna_> et tant que les 4/5 mutations ne sont pas toutes là, les cellules a qui ils manquent juste une mutation restent non cancéreuse
[21:40] <Aeterna_> (si ça dit quelque chose au Maitre de la Conférence
)
[21:40] <MrNause> donc les maladies héréditaires sont une caractéristique de l’évolution…non?
[21:41] <MrNause> donc d adaptation….
[21:41] <XIV> l’exposition au soleil
[21:42] <XIV> pas forcément MrNause
[21:42] <XIV> tu peux avoir des mutation qui n’amène pas ou plus à une adaptation
[21:44] <MrNause> http://sphotos-a.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash4/375996_304194626381206_853367278_n.jpg
[21:45] <MrNause> j ai compris, certaines évolutions sont nuisibles à l adaptation mais il y a évolution quand même
[21:45] <XIV> MrNause il faut que tu vois que l’Évolution se fait sur beaucoup d’individus et non 1 seul
[21:46] <MrNause> oui ça c est reçu
[21:46] <MrNause> mais j aime faire du cas par cas
[21:47] <MrNause> les moutons à deux têtes sont rares
[21:47] <XIV> c’est impossible MrNause
[21:47] <MrNause> hi hi
[21:48] <MrNause> vivement les générations futures de fukushima qu on se marre un peu
[21:49] <Beetho_> ![]()
[21:49] <MrNause> les poissons à trois yeux auront ils le même gout que les poulets élevés en batterie ?
[21:50] <XIV> aaaah
[21:50] <Aeterna_> plus de son?
[21:50] <XIV> ça boucle
[21:50] <Axone> ALERTE
[21:51] <XIV> saperlipopette !
[21:51] <Aeterna_> ah moi ça a arréter de boucler et ça a planter tout cout
[21:51] <Jorj_McKie> Taupo tu pense quoi des theses de Didier Raoult : http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_ss_c_0_13?__mk_fr_FR=ÅMÅZÕÑ&url=search-alias%3Dstripbooks&field-keywords=didier+raoult&sprefix=Didier+Raoult%2Caps%2C291
[21:51] <XIV> ça aurait pas pu arriver au début ça ?
[21:51] <Aeterna_> ALERTE !!!
[21:51] <Aeterna_> snif ![]()
[21:51] == Jorj_McKie [webchat@AMontsouris-554-1-105-20.w83-202.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[21:51] <Axone> ça remarche, on est sauvés
[21:51] <XIV> Oui Capitaine
[21:52] <Aeterna_> Oui on entend ![]()
[21:52] == Jorj_McKie [webchat@AMontsouris-554-1-105-20.w83-202.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[21:52] <Aeterna_> Oui oui continuez ![]()
[21:53] <Jorj_McKie> Donc je repose ma question, Taupo connais-tu les thèses de Didier Raoult, si oui qu’en penses tu
[21:53] <XIV> Je sais pas si certains d’entre vous ont lu le Prince de Machiavel, mais, c’est impressionant les similitude avec l’Évolution
[21:54] == svwn [webchat@cust-150-58-109-94.dyn.as47377.net] has quit [Quit: Page closed]
[21:55] <@Xilrian> XIV: developpe ^^
[21:56] <XIV> bin, déjà, cette importance de l’efficacité
[21:56] <MrNause> très ironique et narquois le prince de machiavel je trouve…
[21:57] <XIV> et c’est aussi une chose que Machiavel prone, la maléabilité et la nécéssité de s’adapter
[21:57] <Jorj_McKie> Bonne réponse
[21:58] <XIV> pourquoi MrNause ?
[22:00] <Jorj_McKie> Si j’ai bien compris il fait du buzz sur pas grand chose, il me semble
[22:00] <MrNause> de mes souvenirs j ai ressentis une grande médisance de sa part sur les valeurs de la vertu et du bien pensé
[22:00] == Beetho_ [webchat@AOrleans-257-1-47-225.w90-19.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:00] <MrNause> mais c est loin dans mamémoire je peux me tromper
[22:01] <XIV> MrNause c’est pas exactement de la médisance,
[22:03] <MrNause> le mot est pas forcémént juste
[22:03] <XIV> c’est juste qu’il veut être le plus efficace possible, donc, il se doit d’être tout à fait pragmatisme,
[22:03] <MrNause> mais t as compris l idée
[22:03] <MrNause> c est critique
[22:03] <XIV> et la vertu / morale… est un frein à l’efficacité
[22:03] <Jorj_McKie> J’adore Taupo, sa parole est claire
[22:03] <MrNause> en fait je me souviens plus si l ouvrage fait preuve d humilité et de remise en cause ou si il ennonce des vérités…je sais qu il soulève des questions intéressantes mais je l ai lu ily a longtemps
[22:03] <Alan_> La religion de Jorj dévoilée ![]()
[22:04] <XIV> Vous voulez pas faire une pause, faut que j’aille nourrir mon chien !
[22:04] <Alan_> ![]()
[22:05] <MrNause> mange ton chien tu gagneras du temps
[22:05] <Alan_> tkt, à ce rythme on sera tj là quand tu reviens? ![]()
[22:05] <Jorj_McKie> Tu veux dire que je suis un salaud de matérialiste bouffeur de bébé, et assin de chats ?
[22:06] <MrNause> c’est pas être salaud c’est avoir faim et prendre ce qui est à portée de main pour survivre
[22:06] <MrNause> nuance
[22:06] <XIV> Nan mais, j’ai pas envie de rater quelque chose,
[22:06] <XIV> vous voulez pas recommencer à bugger sur mon pseudo ?
[22:06] <MrNause> bha laisse crever ton chien jusqu à la fin de l émission
[22:07] <MrNause> tu culpabilisera mais t auras rien loupé
[22:10] <MrNause> le chainon manquant c’est une notion ou c est un rai concept?
[22:11] <XIV> Nan mais sérieux,
[22:11] <XIV> parlez de vos grand mères deux minutes là
[22:12] <Alan_> on a une question de tupe dans 2 minutes ![]()
[22:14] <Jorj_McKie> Et l’hymen?
[22:14] <MrNause> la transmission de 100% de génomes d une espèce d une génération à l autre conduirait à son extinction car elle ne prendrait plus en compte le facteur d adaptation…ou je dis une connerie?
[22:15] <Jorj_McKie> Ha mais on à lessuisses
[22:15] <Alan_> mhhh?
[22:15] <XIV> Mathus !
[22:16] <MrNause> en fait la question c est est ce que l environnement modifie notre génome ou celui des especes?
[22:16] <MrNause> ou notre adaptation à celui ci le modifie t il
[22:16] <MrNause> inné/acquis
[22:16] == [IRC]Valentin [webchat@ALille-652-1-188-63.w90-18.abo.wanadoo.fr] has joined #podcastscience
[22:16] <XIV> Et puis l’intelligence n’est pas forcément une adaptation
[22:17] == [IRC]Valentin [webchat@ALille-652-1-188-63.w90-18.abo.wanadoo.fr] has left #podcastscience []
[22:17] <MrNause> non l intelligence est une attitude ça n a rien à voir je pense
[22:18] <Jorj_McKie> Comme les suisses ![]()
[22:19] <XIV> aha
[22:19] <XIV> Bon,
[22:19] <XIV> je crois que je vais me faire bouffer par mon chien
[22:19] <XIV> voilà
[22:19] <MrNause> on est d accord ou pas mais ne pas confondre l’intelligence et la culture, personnellement je conçois l intelligence comme un potentiel de curiosité, d empathie et de remise en cause, mais cela reste ma définition personnelle
[22:20] <XIV> je re
[22:20] <MrNause> je connais des analphabètes illétré et incultes très intelligent par leur attitude
[22:21] <MrNause> donc en constant apprentissage
[22:23] <Jorj_McKie> Pourrait on dire que c’est pareilchez l’humain.?
[22:23] <XIV> re
[22:24] <XIV> Je suis crétine
[22:27] <MrNause> les poissons (certaines especes) peuvent changer de sexe je crois
[22:28] <MrNause> il y en a même capable de s auto reproduire en ne donnant naissance qu a des femelles mais je sais plus quelles especes sont concernées par ce phénomène
[22:28] <Jorj_McKie> La nature est extraordinaire.
[22:29] <Jorj_McKie> Pourquoi le surnaturel ?
[22:29] <Aeterna_> MrNause, il me semble que c’est une espéce de grenouille amazionnienne
[22:30] <Aeterna_> Il n’y a plus que des femelles et elles ne se réproduisent que par parthénogénèse
[22:30] <Aeterna_> (donc du coup est ce vraiment une espèce … vu qu’elles ne sont pas interfécondes vu qu’il n’y a pas de mâle)
[22:32] == Xochipilli [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-41.net.univ-paris-diderot.fr] has joined #podcastscience
[22:33] <XIV> Un physicien est-il vraiment rigoureux quand il ecrit 1 au lieu de 1,000000000000000000000000000000
[22:33] <XIV> c’est une question d’echelle
[22:34] <Axone> Tout dépend de l’incertitude que tu juges acceptable
[22:34] <Jorj_McKie> C’est pareil en physique
[22:34] <Axone> La “non-rigueur” de la bio et de la théorie de l’évolution n’est pas un problème d’échelle
[22:35] <MrNause> …mais de conception…..
[22:35] <Axone> Je trouve que c’est assez dangereux
[22:35] <Axone> C’est un coup de se planter monumentalement
[22:36] <Axone> *à
[22:36] <MrNause> l évolution peut elle se vérifier de maniere mathématique ?
[22:36] <XIV> ah
[22:36] <XIV> On te capte plus
[22:36] <Axone> ça bug
[22:37] <XIV> oui
[22:37] <Aeterna_> ouaip ça reboucl
[22:37] <Axone> NON MAIS ALLO QUOI
[22:37] <Aeterna_> oui on
[22:37] <Aeterna_> ah nbon on entends plus
[22:37] <Alan_> ![]()
[22:37] <Axone> ça remarche
[22:37] <MrNause> changez d onglet ça va devenir fluide
[22:37] <Aeterna_> ah si on entends de nouveau ![]()
[22:38] <Axone> C’est le problème de la vulgarisation
[22:38] <Axone> Il faut pas que la théorie de base soit directement vulgarisée
[22:40] <Jorj_McKie> pas réfuter, ni keppler, ni newton, une évolution
[22:40] <Jorj_McKie> Pas plante c’est enervant
[22:41] <Jorj_McKie> Dans lae cadre défini Newton fonctionne encore aujourd’hui
[22:41] == Xochipilli [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-41.net.univ-paris-diderot.fr] has quit [Ping timeout]
[22:42] <MrNause> plus de son
[22:43] <MrNause> ha si
[22:43] <XIV> Est ce que ce ne serait pas un peu instinctif aussi
[22:43] <XIV> certaine personnes n’arrivent pas du tout à integrer cette théeorie
[22:43] <MrNause> la survie, l adaptation et la reproduction , en gros ce sont les trois poblématiques qui ont leurs propres théories
[22:45] <XIV> Ah moi j’ai une question !
[22:45] <XIV> Comment on gagne de l’argent en étudiant l’Évolution ?
[22:45] <MrNause> le danger c est le paradigme…..
[22:45] <XIV> Nan parce que c’est hyper tentant à étudier,
[22:45] <MrNause> tu créé une secte
[22:46] <XIV> aha
[22:46] <Jorj_McKie> Le timming on s’en fout c’était vraiment super.
[22:47] <XIV> +1
[22:47] <Axone> +1, Merci pour ce podcast
[22:47] <Alan_> ![]()
[22:47] <Aeterna_> oui merci pour ce podcast ![]()
[22:48] <MrNause> on parle de “théorie” de l’évolution mais jusqu à présent on a pas trouvé mieux que ctte dite “théorie”
[22:49] <XIV> les quoi ?
[22:49] <XIV> les bananes ?
[22:50] <Axone> C’toi la banane
[22:50] <Alan_> les balanes ![]()
[22:51] <Aeterna_> tchao
[22:51] <Axone> ciao
[22:52] <Jorj_McKie> Merci Pierre
[22:52] <MrNause> on en revient à l intelligence: l intelligence c est pas savoir répondre aux bonnes questions mais savoir les formuler….
[22:52] <Axone> des chips à cette heure ci !
[22:52] <Aeterna_> c’est vrai que ça en fait du bruit les chips … ![]()
[22:52] <Axone> le fouet, le fouet !
[22:52] == Jorj_McKie [webchat@AMontsouris-554-1-105-20.w83-202.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:52] <MrNause> avec des clous
[22:55] <Axone> Bonne nuit, à la semaine prochaine
[22:55] == Axone [~Axone@APuteaux-154-1-62-214.w86-195.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit]
[22:55] == Aeterna_ [webchat@cou93-1-89-80-251-218.dsl.sta.abo.bbox.fr] has quit [Quit: Page closed]
[22:57] <MrNause> on s occupe de votre pub, bientot podcast science superstar
[22:58] <MrNause> donc on prend darwin et on le met face à noé dans l arche
[22:58] <MrNause> lol
[22:59] <MrNause> bye
[22:59] <prof_von> au lit, nause ![]()
[22:59] <prof_von> bonne nuit!
[22:59] <prof_von> merci de la visite
[22:59] <MrNause> XD
[22:59] <MrNause> non je veux faire du JDR
[23:00] == MrNause [webchat@ANantes-257-1-52-80.w90-25.abo.wanadoo.fr] has quit [Quit: Page closed]
[23:01] == XIV [~XIV@21.202.71.86.rev.sfr.net] has quit [Quit: </IRC>]
[23:06] == Taupo [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-46.net.univ-paris-diderot.fr] has quit [Quit: Page closed]
[23:09] == NicoTupe [webchat@roam-nat-fw-prg-194-254-61-43.net.univ-paris-diderot.fr] has quit [Ping timeout]
Mini-dossier publié dans le cadre de la soirée radio-dessinée “L’Amour est dans la Pipette“, enregistrée en public à Paris, à l’Espace des Sciences Pierre-Gilles de Gennes avec le collectif Strip Science le 23 mars 2013 et publié en crossover sur le site de son auteur, Pierre Kerner: l’excellent Strange Stuff and Funky Things
Ah l’Amour! L’Amour et ses moments magiques! Ce moment où la femelle Mante religieuse, affamée après ses rapports sexuels, dévore la tête de son partenaire…
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Cet instant merveilleux où le mâle de l’araignée du Malabar se brise les organes génitaux pour boucher ceux de sa femelle.
Cette pratique poétique de la punaise mâle d’inséminer sa partenaire en lui perforant l’abdomen pour l’infuser d’une myriade de spermatozoïdes qui navigueront dans son sang à la recherche de ses ovaires…
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Ah l’Amour, y’a pas à dire, c’est puissant! Si puissant d’ailleurs que c’est bien souvent l’Amour qui est à l’origine de l’émergence de nouvelles espèces. En effet, la définition la plus communément admise de la notion d’espèce est qu’il s’agit d’une population dont les individus peuvent potentiellement se reproduire pour donner une descendance viable. Et qui dit reproduction, dit amour. Et si une partie d’une population décide de ne plus faire l’amour avec une autre, on peut parier qu’au bout de plusieurs générations, on aboutira à deux espèces.
Prenez le cas de la grenouille d’Afrique occidentale Conraua alleni (comme ça, au pif…).
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Jusqu’il y a peu de temps, on pensait qu’elle était la seule à peupler des régions comme la Côte d’Ivoire. Et puis des herpétologues de renom ont découvert des grenouilles qui, de prime abord identiques, étaient différentes sur un point crucial : leur chant… Ca peut paraitre anodin, mais vous allez voir que c’est hyper important!
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En effet, ces chercheurs ont remarqué que certains mâles émettaient un chant un peu différent que les autres. Comparez un peu dans cet enregistrement audio, le chant nuptial successifs de deux mâles :
On dirait pas comme ça, mais c’est trèèèèèèèèès différent! Et après une batterie de tests génétiques, ces chercheurs ont d’ailleurs pu confirmer que chaque population, avec son chant spécifique, correspondait en réalité à une espèce différente! La première garde le nom de Conraua alleni et la seconde porte le nom temporaire de Conraua sp. Et il est très probable que, si ces populations se sont scindées en deux espèces, ce soit justement à cause de cette histoire de sérénades. Imaginons-nous par exemple dans la peau gluante d’une femelle Conraua alleni. Soudain, un mâle de notre espèce nous fait la cour. Transposé en musique des 80’s, ça nous donne ça:
Vous conviendrez que c’est plutôt pas mal pour mettre l’ambiance, avant que le mâle vienne nous presser les flancs pour nous faire lâcher nos ovules et nous arroser le derrière de sa semence.
Si par contre un mâle Conraua sp. venait s’égosiller près de nous, ça ressemblerait plutôt à ça:
Moué… Niveau Sex-Appeal, va falloir repasser. Et bien pas pour tout le monde! Car Madame Conrau sp., elle, elle kiffe ce coassement rauque! Elle le préfère! Comme on dit, tous les gouts sont dans la nature!
Voilà donc un bel exemple du phénomène de spéciation, c’est à dire de la scission de deux espèces à partir d’une seule, très probablement causée par une histoire de séduction. Pour faire plus scientifique et carrément moins sexy on peut parler d’un isolement reproductif sympatrique: cela signifie, pour le commun des mortels, que, juste parce que elles se kiffent plus et donc ne se reproduisent plus ensemble, toutes ces grenouilles quasi identiques et qui vivent sur le même territoire se sont finalement séparées en deux espèces.
Mais quand même, moi, je me pose une question: comment ça a commencé ce bazar? Est-ce que ce sont certains mâles qui se sont mis à chanter faux? Est-ce que ce sont certaines femelles qui ont fait la fine oreille? Il semblerait que dans un cas comme dans l’autre, la variation mène à une impasse! Je m’explique: on a l’impression que dès qu’un individu essaie de faire l’original en terme de technique de drague, il risque de pas choper et donc de condamner ses possibilités de transmettre ses gènes. Dans cette histoire, le mystère n’est pas résolu et on est toujours à chercher qui, du mâle ou de la femelle, a commencé à mettre le souk.
Sans définitivement permettre de résoudre le dilemme, on peut trouver des éléments de réponse avec un autre exemple… chez les guêpes parasitaires!
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Alors pourquoi prendre des guêpes parasitaires pour investiguer la question plutôt que de rester avec nos exotiques grenouilles? Et bien c’est parce que ces insectes ont un moyen de communication sexuelle très pratique à étudier: les phéromones! Les phéromones, ce sont des substances chimiques volatiles avec une composition bien spécifique et qui permettent à certains animaux ou plantes de communiquer et notamment, d’attirer des partenaires sexuels. L’avantage avec les phéromones par rapport au chant, c’est qu’il s’agit de molécules dont on peut déterminer précisément la composition. Prenez les guêpes parasitaires du genre Nasonia: pour se reproduire, les mâles attirent les femelles en émettant un cocktail de deux phéromones: le 4(R),5(S)-5-hydroxy-4-decanolide et le 4-methylquinazoline (qu’on va contracter en RS et MQ pour pas trop compliquer l’affaire).
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Avec de la chance, une femelle perçoit les phéromones, rapplique et se fait féconder par le mâle:
Ensuite la femelle cherche une larve de mouche et va perforer sa peau pour lui pondre ses œufs directement dans son corps. Elle réalise ceci grâce à un ovipositeur, une sorte d’appareil ménager à tout faire: perforateur, injecteur d’œuf et inoculateur de venin pour diminuer les défenses immunitaires de la larve. Ensuite elle boit un peu du sang de la larve pour reprendre des forces et elle s’en va vaquer à ses autres occupations:
Ne plaignons pas trop ces larves de mouches cependant puisque les guêpes Nasonia ont une préférence pour les mouches du type Calliphoridé qui sont elles-même souvent parasitaires et donc réalisent exactement la même chose, mais dans la chair de mammifères, et parfois même des humains, ce qui donne des myases…
Trêve de myases, revenons à nos phéromones.
Pour que tous ces évènements miraculeux de la nature aient lieu, il faut que le mâle réussisse à attirer vers lui des femelles. Pour ce faire, tous les mâles Nasonia émettent leur cocktail de RS et MQ. Tous? Non! Car une espèce peuplée d’irréductibles mâles émet non pas 2 mais 3 phéromones. La troisième phéromone, le 4(R),5(R)-5-hydroxy-4-decanolide (RR pour faire plus court) est très proche de la molécule RS. C’est une des spécificité de cette espèce: Nasonia vitripennis.
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A vrai dire, cette molécule est identique d’un point de vue de la composition atomique, mais sa configuration dans l’espace est différente. En chimie, on parle de molécules stéréoisomères. Comment se fait-il que les mâles de cette espèce aient pu acquérir au cours de l’évolution cette nouvelle phéromone? Est-ce que cela ne compromet pas leur chance de se reproduire?
Pour en avoir le cœur net, des chercheurs ont isolé des femelles vierges appartenant à deux espèces de Nasonia, Nasonia vitripennis et Nasonia giraulti, et ont réalisé des tests avec un olfactomètre, c’est à dire un appareil à deux chambres permettant de diffuser des odeurs et de déterminer dans quelle chambre les femelles allaient rester le plus longtemps. Leurs résultats sont assez surprenants: d’une part, le cocktail RR, RS, MQ est tout aussi efficace que le cocktail RS, MQ pour attirer des Nasonia giraulti. Ensuite, la molécule RR seule, celle qui est spécifique à Nasonia vitripennis, est totalement inefficace pour attirer une guêpe de l’une ou l’autre espèce. C’est uniquement combinée avec les deux autres phéromones que RR permet d’attirer plus spécifiquement les femelles Nasonia vitripennis.
Qu’est ce que ces résultats laissent supposer? Et bien pour répondre à notre question du chant et de l’oreille, ou bien de la phéromone et de l’antenne, il est probable qu’ici la phéromone se soit modifiée avant l’altération de la perception à cette phéromone. Le scénario est le suivant: une nouvelle phéromone est générée, mais elle n’interfère pas avec les deux autres phéromones et elle est assez proche en structure pour que, par la suite, de nouveaux récepteurs évoluent facilement pour s’en accommoder.
Bien sûr, il est certain qu’il s’agit là d’un exemple et non d’une règle, mais c’est assez rare de pouvoir arriver à reconstruire des scénarios évolutifs complets et donc il faut savoir apprécier les fois où on y parvient.
Comme je vous le disais, c’est puissant l’amour! Mais parfois, est-ce que la phéromone peut-être plus puissante que l’amour?
Et bien les orchidées ont certainement intérêt à ce que ce soit le cas! En effet, bon nombre d’entre elles dépendent d’insectes pollinisateurs pour pouvoir se reproduire, le principe étant qu’elles doivent disséminer leur pollen d’une fleur à l’autre. La plupart des plantes offrent une récompense, comme du nectar, pour attirer les insectes pollinisateurs, mais un groupe d’orchidées européennes, les Ophrys, réalisent plutôt de la publicité aguicheuse… et mensongère! La cible? Les mâles en ruts! Si on observe ces orchidées, ont peut déjà remarquer qu’elles ressemblent grosso-modo à des insectes (mais bon faut vachement plisser les yeux… ou bien avoir des myriades de facettes pour se laisser berner par un tel déguisement):
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Là où par contre, elles semblent exceller, c’est pour se parfumer comme une femelle guêpe ou une femelle abeille. En effet, normalement, les mâles ont tendance, quand ils sont en ruts, à s’écarter de leur colonie à la recherche de femelles prêtes à s’accoupler. Pour les aider, les femelles laissent, derrière leur passage, un sillage de phéromones aux notes envoutantes pour les guider jusqu’à elles. Quand ils se retrouvent, ils peuvent enfin copuler tout leur saoul, comme ce couple de Colletes cunicularius copulant:
![]()
Les malignes orchidées émettent donc des phéromones qui attirent les mâles. Dupés, ceux-ci se ruent sur les fleurs et tentent désespérément de copuler avec elles. Dans le remue-ménage qui suit, le mâle à tôt fait de se frotter à la paire d’étamines de la fleur qui vont s’attacher à sa tête. Le mâle, penaud, n’aura plus qu’à chercher ailleurs si l’amour lui sourit… Mais il est maintenant orné de belles cornes de pollen. Avec de la chance, il va rencontrer une nouvelle fleur et, dans son nouvel essai, il déposera le pollen tout partout sur sa fausse-femelle. En gros, on peut considérer que ces mâles servent de pénis volants aux fleurs d’orchidées…
![]()
Vicieux comme stratégie, non? C’est un peu comme si une banque de sperme déposait des poupées gonflables à chaque coin de rue pour obtenir des dépôts gratuits…
Voilà en tout cas à quoi ressemble le jeu de dupe dans cette vidéo de la BBC:
Certaines plantes par contre, ne donne aucune récompense à leurs pollinisateurs. Dans les parties les plus chaudes d’Europe vit un groupe entier de plantes qui embobinent leurs pollinisateurs en leur faisant croire qu’ils vont gouter à une récompense sensationnelle: une récompense sexuelle. Il s’agit de petites orchidées, et leurs fleurs reproduisent très fidèlement le signal qui permet au mâle abeille ou guêpe de reconnaitre une femelle de sa propre espèce. Plusieurs ont des tâches bleues. Une autre est bordé de ce qui ressemble à de la fourrure. Des ailes de guêpes, sous un éclairage particulier, brille d’un reflet bleu et son abdomen est recouvert d’une épaisse fourrure brune. Une femelle guêpe émet également un parfum qui l’identifie. Mais l’orchidée fait de même, et le résultat est irrésistible. Alors que le mâle avance en essayant de copuler, il bute contre les étamines qui vont se coller à sa tête, telles des cornes jaunes. Il semble avoir bien compris que quelque chose lui est arrivé, mais il ne peut rien y faire et il vole au loin pour tenter sa chance ailleurs. C’est d’ailleurs ce dont l’orchidée a besoin puisque cette fois-ci, il dépose le pollen sur une autre fausse-femelle. Les poils sur la plupart de ces orchidées sont orientées vers le bas, comme si la femelle est posée avec sa tête orientée vers le haut. Mais d’autres imitent la femelle en l’orientant avec la tête en bas. Le mâle doit atterrir dans ce sens là s’il veut copuler. Il aura alors le pollen accroché à son arrière-train. Celui-ci aussi semble conscience qu’il a obtenu autre chose que ce qu’il désirait. L’imitation de l’orchidée est si convaincante et enivrante que des fleurs peuvent attirer une entière mêlée de mâles en ruts! Certains, voulant copuler avec l’orchidée, vont en fait délivrer leur pollen. D’autres mâles, qui se trouvent sans fleur disponible, essaient de s’accoupler avec d’autres mâles…
On y apprend que la stratégie est si efficace qu’il n’est pas rare de voir un groupe de fleurs envahi par une horde de mâles en manque de sexe, qui, s’ils n’arrivent pas à accéder à la source de l’entêtant parfum, n’hésitent pas à calmer leurs pulsions en tentant de copuler avec leurs petits camarades. Une vraie débauche!
On s’attend dans cette histoire à ce que l’orchidée développe un parfum de phéromone le plus similaire possible à celui émis par les femelles. Encore une fois, des chercheurs ont malmené nos idées reçues. En effet, un groupe de biologistes qui voulaient étudier la question s’est rendu compte que dans le cas de l’orchidée Ophrys exaltata, les phéromones émises par la fleur ne ressemblaient pas totalement à celles émises par la femelle de l’abeille Colletes cunicularius. Il y a les mêmes ingrédients du cocktail, trois phéromones aux noms barbares: (Z)-7-heneicosene (Z)-7-tricosene and (Z)-7-pentacosene. Mais par contre les proportions sont drastiquement différentes. Et en parfum, les proportions, c’est crucial! Pourquoi l’orchidée se parfume-t-elle d’un cocktail si imparfait? Et bien tout simplement parce que son cocktail de phéromones est plus efficace que celui des femelles. Oui, oui: chez cette abeille, l’orchidée est plus irrésistible que la femelle! Quelle blagueuse l’évolution!
Pour mieux comprendre il faut savoir que chez la plupart des abeilles, les mâles ont tendance à vouloir s’éloigner le plus possible de sa colonie d’origine, afin d’éviter la consanguinité. Du coup, ils sont souvent plus sensibles à un parfum légèrement différent que celui qu’émet ses sœurs. Avec le parfum de l’orchidée, il se confronte à une sensation totalement étrangère : c’est l’appel de la nouveauté, de l’exotisme! Du coup la pression de sélection sur l’orchidée n’est pas d’obtenir des phéromones les plus semblables aux femelles qu’elles tentent d’imiter, mais bien de réaliser des formules inédites! C’est la course à l’originalité…
Ce qui est original en tout cas, c’est que par désir amoureux, ces mâles puissent dorloter des végétaux. L’amour rend bel et bien aveugle…
Mais toutes ces informations que je vous procure ne concerne-t-elle pas uniquement des bestioles de quelques cm au mieux? En quoi cela pourrait-il avoir un quelconque intérêt pour nous, humains? Tu te demandes si, nous humains, avons des phéromones? Et bien je peux te répondre car, oui, j’ai explication!
Si tu veux, mon gaillard, lâcher tes phéromones
Afin de t’attirer les faveurs de Simone
Il parait que tes poils garnissant tes aisselles
Et qui fleurent moins bon que l’haleine de Marcel
Seraient totalement imbibés de substances
Qui démultiplieraient ainsi ton attirance…
Seulement il y a un problème essentiel!
Pour décoder l’odeur, il faut le matériel!
Un organe précis, le voméro-nasal
Confère au rat, au chien ce pouvoir primordial
Mais chez nous, les humains il parait vestigial
Les phéromones humaines sont un mythe proverbial
Pour conquérir un cœur, tu vas devoir séduire
Oublie donc tes pratiques qui la poussent à s’enfuir
Et célèbre plutôt la nature bienveillante
Qui t’ôte le besoin, de renifler ses fientes
Liens:
- Article Last Word on Nothing
- Article Science Gremlin
- Article Science Daily
Référence:
- Daiqin Li, J. Oh, S. Kralj-Fišer and M. Kuntner, 2012. Remote copulation: male adaptation to female cannibalism. Biology Letters, 01 Feb 2012
- Hillers, A., Loua, N. S., & Rödel, M. O. (2008). A preliminary assessment of the amphibians of the Fouta Djallon, Guinea, West Africa. Salamandra, 44(2), 113-122.
- Niehuis et al. (2013). Behavioural and genetic analyses of Nasonia shed light on the evolution of sex pheromones. Nature 494 345-348.
- Vereecken NJ, Schiestl FP: The evolution of imperfect floral mimicry. Proceedings of the National Academy of Sciences 2008, 105(21):7484-7488.
- Trotier D: Vomeronasal organ and human pheromones. European Annals of Otorhinolaryngology, Head and Neck Diseases 2011, 128(4):184-190.
Bonjour à tou-te-s!
Cet épisode constitue le 2e volet d’une saga en 3 épisodes proposée par notre ami Pierre Kerner, alias Taupo, chercheur en génétique évolutive et brillant vulgarisateur scientifique sur son blog Strange Stuff and Funky Things. Pierre a pris les commandes du podcast et nous parle de l’arbre du vivant.
Le dossier de la semaine
La quote de Mathieu
Men . . . have had the vanity to pretend that the whole creation was made for them, whilst in reality the whole creation does not suspect their existence. Camille Flammarion
Traduction libre: “Les hommes… Ils ont la vanité de croire que la création toute entière a été faite pour eux alors qu’en réalité, la création toute entière ne soupçonne pas leur existence”
Episode 3/3 en ligne la semaine prochaine. D’ici là, patience et bonne semaine!
(Cet article est publié en même temps sur SSAFT, le blog de Pierre Kerner)
On continue notre épopée fabuleuse à la découverte de l’arbre du vivant: la semaine dernière, nous avons exploré l’origine du vivant et la définition de vivant. On avait abouti à la conclusion que le vivant était d’une diversité incroyable et qu’une des aventures scientifiques les plus chaotiques a été celle qui a cherché à classifier le vivant. Aujourd’hui Alan et Mathieu de Podcast Science vont donc m’écouter raconter une histoire des classifications du Vivant jusqu’à aborder la méthode de classification actuelle: la phylogénie.
Histoire des classifications du Vivant
(Oui OK, j’viens de le dire, mais ça tape un peu plus en gros titre)
Maintenant les choses sont plus claires, et on a une vue d’ensemble de ce qu’est le vivant, mais les questions qu’on se pose sur le vivant ne s’arrêtent pas là: prenons la perspective d’un homme de l’antiquité, un érudit de son temps mais qui ignore beaucoup de chose sur la nature du vivant, le dénommé Aristote.
Il s’interroge sur le monde qui l’entoure et notamment sur tous les organismes vivants qui lui sont donnés d’observer. Il voit bien qu’il y a des différences entre une vache, un buisson, un poulet, un homme, une salade, une moule, une écrevisse, etc. Une envie folle de classifier tout ce bazar le prend. Mais comment s’y prendre? La première chose qu’il décide de faire, c’est de classer tous les organismes vivants selon qu’ils soient des plantes ou des animaux. C’est pas idiot et ça viendrait à l’esprit de tout le monde de distinguer des trucs qui bougent, qui mangent, qui émettent des sons, d’autres trucs immobiles et pas très causants. Instinctivement, quand on classe, on a tendance à regrouper ensemble des éléments qui partagent des caractéristiques communes. A la suite de cette première distinction, Aristote ne s’ intéresse pas vraiment aux plantes et se penche plutôt sur la classification des animaux. Pour les classer, il sépare les animaux en deux groupes: les animaux qui ont du sang, et ceux qui n’en ont pas (sur le coup, il s’est un peu chié dessus niveau observation mais faut pas lui en vouloir, y’avait pas wikipédia à l’époque…). Les animaux sanguinolents, il les sépare en cinq groupes: les animaux à quatre pattes vivipares, les oiseaux, les animaux à quatre pattes ovipares, les cétacés et enfin les poissons. Notons qu’il avait eu la supra classe de remarquer la différence entre poissons et baleines, et ça c’est fort pour un mec du 4ème siècle avant J.C.! Pour les animaux anémiques, il s’est dit que cinq groupes, ça ferait joli aussi, bien équitable et tout et tout. Du coup il les a séparés en Céphalopodes, Animaux avec segments (vers, etc…), Animaux à carapace molle (crabes et autres crustacés, Animaux à carapace dure (les huitres, les moules et les escargots…), et genre… tout le reste avec dans le même panier les étoiles de mer, les oursins, les éponges… tout ce qu’il considérait comme un lien entre le monde végétal et animal.
En fait, son mode de classification repose sur l’observation des organismes et la détermination de caractéristiques communes plus ou moins visibles. Pas bête on l’a dit mais tout de même assez arbitraire : pourquoi privilégier a priori les caractéristiques visibles par l’œil humain? Surtout qu’Aristote favorise les caractères qu’il trouve d’abord chez les humains et les recherche chez d’autres organismes. Ca nous donne une classification peut-être pratique selon un certain point de vue mais très anthropocentrique et qui ne reflète pas réellement l’histoire du vivant: il crée le groupe des invertébrés car ce sont des espèces sans vertèbres parce que l’humain, lui, le beau gosse, il en a une belle vertèbre. Par ailleurs, Aristote s’est aussi mis en tête d’organiser les organismes selon une échelle de complexité: une échelle des êtres, la Scala Naturae développée plus tard par Gottfried Leibniz. Selon Aristote, les êtres vivants suivent une gradation linéaire qui permet d’obtenir leur classification suivant leur degré de perfection: ça correspond à une échelle immuable donc chaque barreau représente un degré de perfection avec, en bas de l’échelle, les êtres les plus simples, et à son sommet, la perfection absolue: l’être humain dans toute sa splendeur. Vu que ça flatte pas mal notre égo, et qu’en plus c’est en parfaite adéquation avec la représentation judéo-chrétienne du monde, pas étonnant que cette échelle ait été conservée pendant des siècles.
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Curieusement, cette manière de classer les êtres vivants est restée stable pendant des siècles, et les révolutions les plus importantes sont apparues… en botanique! Agacés par les erreurs de classification (certaines plantes portaient plusieurs noms, certains noms désignaient plusieurs plantes), certains botanistes du XVIème siècle ont décidé de faire la révolution et de classer les plantes… par ordre alphabétique. Ca semble encore plus aberrant car pour utiliser cette classification, il fallait connaître le nom de la plante à l’avance (et du coup, pourquoi l’utiliser…) mais cela a permis de donner un coup dans la fourmilière et de réveiller les esprits. Parce que la question sous-jacente à cette révolution c’était: “Ouais c’est p’tet con de faire ce genre de classification, mais qu’est ce qui fait qu’une classification est bonne alors?”.
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Au XVIIIème siècle, un certain Carl von Linné non seulement établit une classification du vivant mais surtout détermine une méthodologie rigoureuse pour construire sa classification.
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En gros, il considère que le vivant est une grosse bibliothèque: il sait pas trop comment tous ces livres sont arrivés là, mais c’est pas grave, on va les classer quand même et on va faire du boulot rigoureux.
Il crée par exemple la notion de niveaux hiérarchiques dans les classifications avec 7 rangs: règne, embranchement, classe, ordre, famille, genre, espèce. L’idée, c’est que ces niveaux hiérarchiques s’emboitent: l’espèce fait partie d’un genre qui fait partie d’une famille qui fait partie d’un ordre, etc. Linné appelle chaque rang un taxon, et la méthode pour ranger les espèces, la taxinomie.
“Mais pourquoi 7 taxons?” me demanderez-vous… Et bien parce qu’à l’époque on considère que le chiffre 7 est un chiffre parfait… Super la rigueur scientifique pour le coup. Il faut dire qu’à l’époque quand on réalisait une classification du vivant on avait bien l’intention de retrouver l’ordre de la création divine: du coup, mieux vaut que tout soit parfait comme le Big Boss l’aurait voulu. Au passage, il faut également remercier Linné pour la manière dont les scientifiques nomment les espèces: en effet, celles-ci suivent la nomenclature binominale où l’on ne donne que les noms des deux derniers niveaux, le genre et l’espèce, pour nommer un organisme. Exemple: Cyrtolobus funkhouseri, le plus funky des membracidés est un insecte du genre Cyrtolobus et dont l’espèce est funkhouseri et dont la bouille ressemble à ça:
A partir de Linné, les méthodes de classification s’affinent. Pour réaliser les groupes d’espèces qui vont rentrer dans chaque rang hiérarchique, les chercheurs de l’époque vont observer des caractères et, selon qu’ils sont similaires ou différents entre les espèces, les organiser en différents groupes. Comme l’avait déjà fait Aristote mais cette fois-ci de manière un peu plus raisonnée. Bien sûr, si on prend n’importe quel caractère, comme la couleur, la taille, le nombre de poils dans les narines, on risque d’obtenir des classifications très différentes.
Pour obtenir des classifications plus robustes, il faut attendre Bernard de Jussieu et Antoine Laurent de Jussieu qui vont imposer des classifications botaniques beaucoup plus rigoureuses car ils vont donner des valeurs aux caractères et chercher les caractères les plus constants entre espèces: si, dans un pré, toutes les fleurs ont des couleurs différentes, ce n’est pas un bon caractère pour les classer. Si par contre, de nombreuses fleurs ont le même nombre de pétales, ce caractère-là est beaucoup plus informatif.
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En zoologie, c’est Georges Cuvier (moins connu sous les noms de Jean Léopold Nicolas Frédéric Dagobert Chrétien Cuvier) qui va appliquer la méthode des Jussieu à la classification des animaux. Cependant, le vivant est toujours perçu comme une création divine et le travail du classificateur, c’est encore de retrouver cette organisation! Dieu a créé toutes les espèces au moment de la création et les chercheurs vont tâcher de retrouver l’ordre parfait selon lequel s’organisent ces espèces.
Puis arrive le siècle des Lumières et avec lui, son lot d’idées révolutionnaires qui vont notamment bouleverser la conception du vivant et du coup notre manière de l’appréhender, le comprendre et enfin le classer. L’énorme changement qui fout complètement le bordel chez les scientifiques, c’est la remise en question du fixisme des espèces. Et si, comme le proposa Lamarck, les êtres vivants se transforment au cours du temps, et que, génération après génération, ils génèrent ainsi de nouvelles espèces?
Grâce à Lamarck (moins connu sous les noms de Jean-Baptiste Pierre Antoine de Monet, chevalier de Lamarck), non seulement on se passe de l’intervention divine pour organiser le vivant, mais en plus, on envisage que les espèces se transforment: la nature n’est plus fixe, comme le concevait Cuvier, mais changeante! En plus, l’idée du transformisme fait rentrer la notion de temps dans la classification du vivant. Pour classer les espèces, il faudra retrouver comment elles se sont changées les unes dans les autres au cours du temps.
Cette idée est brillante… et vraie! Là où s’est planté le pauvre Lamarck, c’est sur la manière dont il a envisagé que les espèces se transforment en d’autres espèces. Selon lui, les caractères acquis au cours de la vie sont transmis à la descendance et c’est ça qui fait que les êtres vivants, et les espèces à grande échelle, se transforment: c’est l’hérédité des caractères acquis.
Par exemple, selon Lamarck, si on prend l’espèce ancestrale de la girafe, une espèce au cou de petite taille, les individus de cette espèces qui cherchaient à manger les feuilles les plus hautes des arbres se retrouvaient avec un cou légèrement plus grand et transmettraient ce caractère à leurs descendants. Et au fil des générations, ce caractère se serait exacerbé jusqu’à donner les cous invraisemblables des girafes actuelles.
Selon Lamarck, pour résumer, les espèces acquièrent de nouveaux organes, les modifient ou en perdent pour s’adapter au milieu dans lequel ils vivent, puis transmettent se caractère à leur descendance.
Malheureusement pour Lamarck, son idée séduisante ne reflète pas ce qui se passe véritablement dans la nature. Pour le tester, rien de plus simple: prenez une population de lézards, coupez-leur les membres, faites-les se reproduire et observez si leur descendance n’a plus de pattes (ou même des pattes plus petites). Vous pouvez répéter cette expérience de nombreuses fois: il y a de fortes chances pour que vous obteniez une population avec quelques lézards à pattes courtes, mais aussi des lézards à grandes pattes. Le fait est que les populations ne suivent pas une direction inhérente quand ils se reproduisent: elles varient! Et ça Lamarck avait du mal à le concevoir parce qu’il travaillait surtout dans des musées et ménageries. Là où, il fallait aller, c’est à la ferme! Et c’est exactement ce qu’a fait Charles Darwin!
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De retour d’un voyage en bateau à travers le monde, Charles Darwin (moins connu sous le nom de Charles Robert Darwin… C’est lourd?… bon OK, j’arrête), au lieu de s’enfermer dans son bureau, enfile ses bottes, et va poser de nombreuses questions à des fermiers et des éleveurs. C’est grâce à eux qu’il va attacher une grande importance aux variations qui existent entre les individus d’une même espèce. Pour lui, avant de considérer l’espèce, il faut considérer les variations qui existent entre les individus. A ses yeux, c’est uniquement la moyenne de ces variations qui donne une certaine idée de ce qu’est une espèce. Lamarck considérait que les espèces étaient caractérisées par une sorte d’essence, une image parfaite de l’espèce dont certains individus déviaient. Pour lui, les variations sont des aberrations par rapport à un plan idéal. Ce serait comme dire que, sous prétexte que la majorité des individus humains sont bruns l’espèce humaine est brune. Darwin retourne cette idée sur elle-même: les espèces ne sont qu’une collection d’individus très semblables car très proches sur le plan de la parenté. Cependant, tous les individus d’une espèce sont sujets à des variations et le concept d’espèce n’est qu’une norme qu’on applique aux populations d’individus qui la constituent. En reprenant l’exemple des cheveux, Darwin aurait simplement remarqué que le caractère de la couleur des cheveux varie entre les différents individus de l’espèce humaine.
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La suite, étalée sur plusieurs décennies, c’est la rédaction lente d’une théorie qui va bouleverser la science du vivant. Charles Darwin va comprendre et démontrer que, dans des conditions de l’environnement et un moment donnés, certains variants au sein d’une espèce sont avantagés et deviennent plus nombreux parce qu’ils laissent plus de descendants que les variants compétiteurs. Les variations sont sélectionnées à chaque génération et la population évolue au cours de sa généalogie, parfois jusqu’à se scinder en plusieurs espèces. De plus, Darwin comprend que la ressemblance entre certaines espèces est due à des caractères hérités d’une espèce ancestrale. Il y a des liens entre les individus composant une espèce mais aussi des liens entres les espèces. Et ces liens sont de même nature : la parenté. Deux espèces distinctes peuvent être sœurs ou cousines du premier, second, troisième degré. Exemple: Nous humains, sommes cousins des chimpanzés. Et le groupe Humain-Chimpanzé est cousin, d’un plus lointain cousinage, avec les macaques. Enfin, grâce à Charles Darwin, on peut enfin fonder la classification du vivant selon un processus naturel véritable: celui de l’évolution! Darwin comprend que la ressemblance entre certaines espèces est due à des caractères hérités d’une espèce ancestrale et qu’une classification naturelle du vivant doit donc être fondée sur une recherche de parenté. La classification du vivant devient le reflet de la très longue histoire du vivant, c’est à dire une sorte de généalogie. Et pour représenter cette classification, Darwin ne pense pas à un sommaire au début de nombreux volumes poussiéreux, ni à une échelle pour représenter l’ascension du vivant vers la complexité. Pour Darwin, il faut représenter les classifications sous forme d’arbre, pour représenter ainsi les liens de parentés entre les êtres vivants… Un arbre évolutif:
La Phylogénie
A partir de ce moment, on pourrait penser que tous les scientifiques de la terre entière allaient se mettre à travailler, main dans la main, à la réalisation d’une classification du vivant de la mort qui tue! Et bien non, ça a trainé pas mal, notamment parce que toute la communauté scientifique ne s’est pas mise à appliquer la théorie de l’Evolution à la lettre pour établir les classifications. Au final, l’organisation divine ou le Lamarckisme ont eu la peau dure et il a fallu attendre les années 50 pour qu’un certain Willi Hennig (Emil Hans… j’m’en fous, c’est mon blog…) jette les fondements d’une méthodologie rigoureuse pour réaliser une classification naturelle du vivant.
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Cette méthode, Willi Hennig la nomme la cladistique et c’est la méthode que les chercheurs continuent à utiliser pour classifier le vivant, pour établir les liens de parenté entre les êtres vivants.
L’idéal pour établir les liens de parentés entre les êtres vivants, ce serait d’établir une généalogie complète de chaque organisme vivant. Mais malheureusement pour les chercheurs, ni les bactéries, ni les arbres, ni les moustiques et encore moins les ornithorynques n’ont gardé un registre d’état-civil pour pouvoir déterminer qui étaient leurs ancêtres. Allez hop, flemmards de chercheurs, va falloir réfléchir à une autre solution là! A défaut de pouvoir établir une généalogie, il va falloir essayer de deviner quels sont les liens de parentés sans avoir au préalable établi une généalogie complète. On va donc essayer de répondre à la question «Qui est plus proche de qui?». Imaginez un peu Colombo face à une trentaine de d’individus qu’il doit regrouper, sans consulter leur registre d’état-civil, en fonction de leur parenté. Est-ce que Mr. A est le cousin germain du 3ème degré de Mr. X? Dur, dur. Et à votre avis, quelle va être la méthode de déduction que va utiliser Colombo pour déterminer ces liens de parentés? Et bien c’est une méthode absolument pas du tout nouvelle: c’est la similitude! Colombo va regarder la couleur des yeux, de la peau, des cheveux, la taille, la forme du visage, etc. et tout ça pour regrouper les suspects en fonction des similitudes qui les relient. L’idée sous-jacente est que plus les individus se ressemblent, plus il y a de chance qu’ils aient des liens de parenté forts par rapport aux autres, que moins de générations les séparent d’un ancêtre commun par rapport au reste des individus.
Il faut que je fasse une petite pause là, pour appuyer un peu sur ce que je viens de dire. C’est crucial! Ce que vous devez enfin réaliser, c’est qu’on a fait des bons gigantesques en terme de philosophie sous-jacente des classifications du vivant, en abandonnant toute idée d’anthropocentrisme, d’ordre divin, ou de hiérarchie du vivant. On se base sur une donnée pertinente : l’évolution des organismes vivants et des espèces, qu’on considère comme une famille dont on essaie de comprendre l’histoire. Mais en ce qui concerne la méthodologie, le concept de base, vous devez commencer à vous rendre compte qu’il est souvent le même: la ressemblance.
Mais avec la méthode qu’on appelle cladistique ou phylogénie, on cherche des ressemblances qui proviennent d’un ancêtre commun. On appelle ça des caractères homologues, c’est-à-dire des caractères dont la similitude est expliquée par leur transmission héréditaire, au fil des générations d’individus et d’une espèce à une autre. Exemple, chez les animaux vertébrés, la mâchoire est un caractère d’homologie… Tous les animaux qui possèdent une mâchoire, l’ont hérité d’un ancêtre commun.
Bien sûr il faut être prudent et il y a toujours place à l’erreur! Il existe des similitudes qui ne sont pas héritées d’un ancêtre commun. Ce n’est donc pas un caractère homologue et on parle alors de convergence évolutive. L’exemple le plus illustre chez les animaux est l’aile.
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Il est très improbable (et à vrai dire, soyons fou, disons qu’il n’est pas possible) que tous les animaux ailés aient acquis le caractère “aile” d’un ancêtre commun. L’ancêtre commun des mouches, des chauves-souris, des pigeons et des poissons-volants n’avait certainement pas d’ailes et n’a pas transmis ce caractère qui aurait été maintenu, de générations en générations, chez toutes ces différentes espèces. Ce caractère particulier est survenu plusieurs fois au cours de l’évolution au hasard des variations et des sélections de ces variations.
Le jeu, ça va être donc de chercher chez différents espèces des caractères homologues car issus d’un ancêtre commun.
Donc pour résumer, aujourd’hui, la classification des êtres vivants consiste à rassembler les espèces ou ensembles d’espèces en groupes en fonction de la parenté et ces regroupements doivent être faits sur la base de caractères homologues, c’est-à-dire de caractères qui se ressemblent car hérités d’un ancêtre commun.
Attention cependant, il faut être précis en parlant de caractères homologues. La méthodologie de la phylogénétique selon Willi Hennig c’est de ne plus de se contenter de chercher des caractères similaires et différents pour faire ses classifications: ce qu’il cherche, ce sont des caractères avec deux états: primitif et dérivé, ou encore un caractère ancestral et un caractère modifié par une innovation évolutive. Exemple: dans l’échantillon des tétrapodes, un bon caractère va être celui du membre dont l’état ancestral est une nageoire et l’état dérivé, une patte. C’est une des bases de la phylogénie. Grâce à cette idée, on est à la recherche de caractères issus d’innovation évolutive et qu’on va utiliser pour faire nos groupes. L’idée, c’est qu’un caractère issu d’une innovation évolutive a été transmis par un ancêtre à toute sa descendance.
Bon maintenant, il va falloir être franc, tous les chercheurs qui se mettent à vouloir classifier les espèces ne s’attèlent pas à l’ensemble du vivant: non seulement c’est une tâche gargantuesque (on a recensé plus d’1 749 577 de différentes espèces vivantes) mais en plus trouver des caractères d’homologie devient un casse-tête insoluble si on veut considérer toutes les espèces. Ce qu’on fait donc, c’est toujours se concentrer sur un échantillon d’espèce. Et après on donne sa petite contribution à la grande classification de tout le vivant.
Bien sûr on ne se limite pas à un seul caractère. On en cherche plein pour réaliser nos groupes. Mais l’idée c’est qu’à la fin de notre étude, les groupes soient définis par un ensemble de caractère dérivés, par un ensemble d’innovations évolutives. Grâce à cela, nos groupes sont considérés comme représentant un ancêtre hypothétique et l’ensemble de sa descendance: des groupes qu’on appelle monophylétiques. La phylogénie revient donc à déterminer, dans un échantillon d’espèces, comment celles-ci peuvent être regroupées en différents groupes monophylétiques.
Malheureusement, il est très difficile d’expliquer comment construire une phylogénie sans se mettre à en construire une soi-même. Faut pas le cacher, c’est un pas un exercice des plus Funky… Heureusement, un blog ami, le blog de Jean-Philippe Colin, contient plusieurs articles sur la question où Jean-Philippe a notamment tenté de faire la première classification phylogénétique des êtres fantastiques (les elfes, orques, hobbits, etc…). Je vous invite donc à consulter ces liens pour vous familiariser avec le travail d’un phylogénéticien (1, 2, 3 et 4)
Au fait, pour trouver les caractères homologues entre les espèces, il y a plein de perspectives possibles: l’observation morphologique comme le font les Paléontologues, l’observation des gènes comme le font les Généticiens… donc ce qu’il faut garder en tête ici, c’est que la classification du vivant est toujours remise en cause par les nouvelles découvertes que l’on fait en biologie, que ce soit en paléontologie avec la découverte de nouveaux fossiles aux caractères jamais rencontrés, ou encore en génétique, biologie du développement, etc… Mais une chose reste constante depuis plusieurs décennies: la méthode et le fondement naturel des phylogénies. Et ça, c’est une acquisition inestimable dans l’histoire de la classification du vivant.
La semaine prochaine viendra le moment tant attendu, le moment où l’on va explorer ensemble, la Classification phylogénétique du vivant, selon les données les plus récentes.
Liens:
La classification d’Aristote
Les articles de JP Colin (1, 2, 3 et 4)
Références:
Lecointre G, Le Guyader H, Visset D: Classification phylogénétique du vivant, 3rd edn: Belin Paris; 2001
Darwin C: On the Origin of Species by Means of Natural Selection, or the Preservation of Favoured Races in the Struggle for Life, 1st ed. edn: London: John Murray; 1859.
Bonjour à tou-te-s!
Cet épisode constitue le 1er volet d’une saga en 3 épisodes proposée par notre ami Pierre Kerner, alias Taupo, chercheur en génétique évolutive et brillant vulgarisateur scientifique sur son blog Strange Stuff and Funky Things. Pierre a pris les commandes du podcast et nous parle de l’arbre du vivant
Le dossier de la semaine
L’interlude de Mathieu pour se changer les idées
- L’anti-matière interdit le voyage dans le temps: http://www.dailymotion.com/video/x4yh6c_le-temps-et-sa-fleche_tech
La quote de Mathieu
The origin of life (abiogenesis) has nothing to do with the theory of evolution – auteur inconnu
Traduction: “l’origine de la vie (abiogenèse) n’a rien à voir avec la théorie de l’évolution”
(Tiré d’une vidéo formidable sur l’abiogenèse, que Pierre a traduite en français et publiée dans le dossier)
Episode 2/3 en ligne la semaine prochaine. D’ici là, patience et bonne semaine!
A la fin de l’interview que j’ai donnée pour Podcast Science, Mathieu et Alan ont évoqué quelques questions auxquelles ils auraient aimé que j’apporte des réponses. Il y avait notamment une question de Mathieu (quelle est la distinction entre animal/organisme vivant/organisme unicellulaire/métazoaire… et les lignées évolutives associées à ces organismes) à laquelle je n’ai pas pu apporter de réponses par manque de temps et je pense qu’on a tous été un peu frustrés de ne pas en parler. A leur demande et pour mon plus grand plaisir, je vais donc vous parler de l’arbre du vivant.
Une histoire de l’origine du Vivant
Commençons d’abord par effectuer un voyage dans le temps et imaginons qu’on puisse assister à l’émergence du vivant. On ne sait pas très bien quand ni où cet évènement a eu lieu: probablement il y a plus de 3,5 milliards d’années et sur la Terre. Il est aussi plus que probable que cet évènement ait eu lieu dans de l’eau. Donc imaginons qu’on puisse mettre la tête sous l’eau pour observer ce qui se passait à l’époque: qu’est-ce qu’on y trouverait avant l’émergence du vivant? Et bien plein de choses! Certains points d’eau ont pu, dans des conditions particulières, accumuler tout un tas de molécules de plus en plus complexes. On peut y trouver par exemple des nucléotides, ces molécules qui, mises bout à bout forment des chaînes qu’on appelle les acides nucléiques (ADN/ARN):
On y trouve aussi des acides aminés, qui peuvent aussi être liés les uns aux autres pour former des chaînes appelés peptides (les plus petites protéines).
Et enfin, on y trouve des lipides, des molécules qui peuvent s’organiser spontanément en petite bulles… de gras: ![]()
Avec tous ces ingrédients mélangés, pas étonnant qu’on appelle ce milieu à l’origine du vivant une soupe. La soupe prébiotique pour être précis: y’a du gras, des petits bouts de protéines et même des fragments de brins d’ADN et d’ARN pour le fumet. C’est une bonne partie des ingrédients qui constituent les êtres vivants tels qu’on les connait aujourd’hui, des ingrédients qu’on appelle macro-molécules (un joli nom pour parler de molécules catégorie poids lourd). Ces macro-molécules font des choses assez improbables comme interagir entre elles ou s’auto-organiser avec l’exemple des bulles que forment spontanément les lipides dans un milieu agité. Au final, cette soupe prébiotique est le théâtre d’une chimie qui va dans toutes les directions. Les lecteurs de mon blog SSAFT, savent que j’aime à illustrer mes articles avec une ribambelle d’images et vidéos. Je me suis donc donné comme défi de chercher à illustrer ce Podcast avec des sons. Et pour illustrer la chimie prébiotique, voici le son que j’ai choisi:
C’est l’illustration des interactions aléatoires de ces molécules, au gré des forces physiques et chimiques qui règnent dans leur environnement. En gros, c’est le souk, tout part dans tous les sens et le peu de structure organisée qui se crée est vite fait décomposé. En plus, pour que des acides nucléiques et des protéines s’auto-assemblent, il faut que les briques élémentaires qui les composent (nucléotides et acides aminés) soient toujours disponibles dans la proximité de l’assemblage parce que pour l’instant, c’est comme si un constructeur devait faire l’aller-retour entre l’usine à brique et son chantier pour bâtir sa maison. Ce serait donc bien pratique si tous ces éléments essentiels étaient enfermés dans une bulle de lipides: on obtiendrait un milieu extrêmement favorable pour de la chimie de haute voltige et des assemblages de plus en plus complexes et stables. C’est ce qui s’est très probablement produit au sein de notre soupe prébiotique: des assemblages fortuits de briques élémentaires de macro-molécules enfermés dans une couche de lipide. On a là le précurseur d’une cellule vivante: l’émergence d’une proto-cellule que l’on peut illustrer de manière sonore comme ceci:
Maintenant qu’on a été témoin de l’émergence de ces proto-cellules, on peut se demander ce qu’elles font. Et bien comme ces bulles de lipides sont un peu perméables, elles peuvent capter de l’environnement externe les briques élémentaires qui passent près d’elles. Si elles croisent des nucléotides et des acides aminés, hop, ils se faufilent à travers les lipides et se retrouvent assemblés dans de grosses chaînes d’ADN ou de protéines qui sont trop volumineuses pour ressortir. Et si elles croisent des lipides, zou, à la surface pour une bulle de plus en plus grande. Au final, ce qu’elles font, ces proto-cellules, c’est s’offrir un gueuleton! C’est ce qu’on appelle le métabolisme de la cellule et c’est ce qui va leur conférer une autonomie de plus en plus importante.
Et puis quand à un certain moment, ces proto cellules se sont bien gavées et sont devenues bien grosses, il est fort probable que les bulles se soient fragmentées, se séparant en deux bulles portant chacune une partie du butin accumulé. Dans ce butin, il y a les fameux acides nucléiques alias ADN et ARN composés de nucléotides. Chaque molécule d’acide nucléique varie en fonction de l’ordre dans lequel sont assemblés les nucléotides qui les composent. L’ADN et l’ARN sont aussi capables de former des assemblages complémentaires, des assemblages de deux molécules qui une fois séparées contiennent l’information nécessaire à la reproduction de leur molécule complémentaire. C’est pour ça qu’on considère que l’ADN et l’ARN sont les molécules à la base de la reproduction.
Revenons à nos proto-cellules pour illustrer le phénomène: une grosse proto-cellule est sur le point de se diviser tant elle est volumineuse. En son sein, deux molécules d’ADN complémentaires se sont lentement assemblées. Chacune contient l’information pour reproduire la molécule complémentaire. Après la division, chaque molécule d’ADN se retrouve isolée dans une nouvelle proto-cellule plus petite, et chacune va pouvoir permettre l’assemblage de sa molécule complémentaire. Il y a donc eu hérédité d’une information: l’information génétique et la reproduction, main dans la main, viennent d’émerger au sein des proto-cellule et on peut illustrer le phénomène de la manière suivante:
Mais si les proto-cellules étaient uniquement capables de se dupliquer à l’identique, voilà quelle serait la situation sur terre, même après des milliards d’années:
C’est presque aussi agaçant que le son que j’ai utilise pour la soupe pré-biotique, hein? Heureusement pour nous, chaque processus de réplication n’est pas 100% fidèle. Les divisions ne sont pas parfaitement symétriques et des erreurs peuvent se glisser lors de la construction des molécules d’ADN complémentaires. En d’autres termes, les cellules qui se répliquent créent inévitablement des variants. Et ça, c’est la biodiversité, ce fantastique phénomène que j’illustrerai de la manière suivante.
Chaque variant maintenant possède une copie unique d’ADN. Et chaque variant va se dupliquer. Seulement il y a des variants qui vont peut-être se dupliquer plus vite, de manière plus efficace, etc… Et ceux-ci vont se trouver en plus grand nombre parmi les proto-cellules. Et puis il y a ceux dont les molécules d’ADN ou d’ARN vont, en fonction de l’information qu’elles portent, réaliser des processus favorisant soit la duplication, soit la vitesse de réplication de leurs macro-molécules, soit carrément des processus pour aller grailler directement une autre proto-cellule plutôt que se casser la tête à piocher dans la soupe chaque brique… Là, au cas où vous l’avez pas compris, je suis en train de vous décrire les premiers pas de ces proto-cellules dans la grande aventure de l’évolution: les variants subissent une sélection et certains vont pouvoir se reproduire et d’autre pas. C’est l’influence de la sélection naturelle sur la biodiversité, menant à l’évolution de ces premiers organismes vivants au fil des générations.
Tout ce dont je viens de vous parler, c’est une présentation extrêmement simplifiée de l’origine du vivant, un domaine scientifique qui s’appelle l’abiogenèse. J’ai évité de rentrer dans le détail parce qu’il y a beaucoup de choses dont on va parler aujourd’hui, mais je vous ai tout de même préparé une traduction d’une vidéo très bien faite sur le sujet:
La définition du Vivant
Au final, en vous décrivant les étapes de l’émergence des organismes vivants, je vous ai aussi décrit les différents critères qui rentrent dans la définition la plus largement acceptée du vivant. En effet, le vivant peut se définir par différentes capacités:
- Capacité à croître
- Capacité à se nourrir
- Capacité à se reproduire
- Capacité à évoluer.
Cependant, j’aimerais faire une mise en garde sur les définitions. Une définition, si précise soit-elle, ne garantit pas une représentation fidèle de la réalité. C’est surtout le cas en biologie car souvent, les définitions s’effondrent quand on éprouve leurs limites. J’ai d’ailleurs trouvé une “quote” parfaitement adéquate (pour voler un peu la vedette à Mathieu). C’est une citation de Richard Dawkins dans son ouvrage le gène égoïste et qui donne en Anglais:
Human suffering has been caused because too many of us cannot grasp that words are only tools for our use, and that the mere presence in the dictionary of a word [like 'living'] does not mean it necessarily has to refer to something definite in the real world. Richard Dawkins, The Selfish Gene
La traduction étant: Beaucoup de tort a été fait parce que la majorité d’entre nous n’arrive pas à accepter que les mots sont uniquement des outils pour notre usage, et que leur seule présence dans un dictionnaire, comme pour le mot vivant, ne signifie pas nécessairement qu’il se réfère à quelque chose de concret dans le monde réel.
En ce qui concerne la définition du vivant, ses limites proviennent du fait que la vie n’est pas une substance aux propriétés éternelles: la vie, c’est un processus. Et définir ce processus revient à décrire ses caractéristiques telles qu’on les rencontre chez les organismes vivants actuels, c’est à dire les capacités énoncées précédemment: au cours du processus de la vie on peut observer des phénomènes de croissance, d’ingestion, de réplication et d’évolution. Mais pour chacune de ces caractéristiques, on va vite rencontrer des exceptions problématiques, comme le cas des hybrides stériles par exemple: un mulet, sous prétexte qu’il n’est pas capable de se reproduire, devrait-il être exclu du vivant?
Le cas le plus célèbre d’entités dont on ne sait s’il faut les exclure ou les inclure dans le vivant, est celui des virus. Aujourd’hui, sur Terre, tous les organismes qu’on considère comme vivant ont leur information génétique contenue dans des acides nucléiques (ADN/ARN). Les virus possèdent une information génétique de la même nature. Ils ont un génome. Cependant, comme ils ne sont pas autonomes et qu’ils n’ont pas la capacité de se reproduire sans infecter d’abord une cellule, de nombreux scientifiques choisissent de les exclure du vivant. Mais au final, est-ce que les virus ne pourraient pas représenter un domaine altéré du vivant?
Il y a de nombreux scénarios qui se penchent sur l’origine des virus: certains pensent qu’il s’agit des descendants des premiers balbutiements de la vie: de la proto-vie ayant été maintenue en évoluant grâce à leur capacité à parasiter des cellules. D’autres pensent que les virus sont des organismes parasites tellement modifiés qu’ils ont perdu leurs capacités à croître et à se reproduire. Dans ces deux cas de figures, exclure les virus de la vie semble un choix subjectif.
Par contre, si on relâche la définition, on se trouve à inclure, au sein du vivant, des substances incongrues.
C’est pas exemple le cas des cristaux de silices dans une solution. Ceux-ci sont capables de s’organiser spontanément et donc de croitre, de se répliquer une fois brisés et leur structure peut également contenir des variations héréditaires. La seule chose dont n’est pas capable un cristal, c’est une forme d’autonomie grâce à un métabolisme… mais c’est le cas des virus aussi! Bref, c’est le bazar… le bazar du vivant!
Bon, pour les besoins du Podcast, restons avec notre définition où l’on considère la cellule, avec ses quatre capacités, comme l’unité fondamentale de la vie et où les plus petits organismes vivants sont formés d’au moins une cellule: des organismes aussi différents qu’une levure (qui est un organisme unicellulaire) ou encore une fougère ou un éléphant sont tous considérés, selon cette définition, comme des êtres vivants.
Donc vous le voyez bien, même si on restreint l’ensemble du vivant avec cette définition, ça nous fait un sacré paquet d’organismes vivants qui existent sur notre planète! Evidemment, il n’est pas question de considérer qu’un organisme est plus ou moins vivant par rapport à d’autres. En revanche force est de constater que dans la besace du vivant, il y a une foultitude d’espèces extrêmement différentes, et qu’elles sont extrêmement variées. Il est tout à fait instinctif de vouloir comprendre cette diversité du vivant et de tenter de la raisonner… en la classifiant.
Et c’est ce qu’on s’attachera à faire, ensemble, la semaine prochaine.
Liens:
- Sons réalisés grâce à Tone Matrix Les cristaux à l’origine de la vie
Références:
- McKay CP: What Is Life—and How Do We Search for It in Other Worlds? Plos Biol 2004, 2(9):e302.
- Dawkins R: The selfish gene: Oxford University Press, USA; 2006.
L’interview de la semaine
Cette semaine, nous avons la chance de recevoir – ou plutôt d’être reçus – par quelqu’un d’extrêmement intéressant, aux facettes multiples et complètement improbables. Nous avions envie de faire sa connaissance depuis un moment et Alan a eu la chance de se trouver à ses côtés, chez lui, à New York, sur Roosevelt Island, au milieu de l’East River, entre Manhattan et le Queens.
Pour certains, notre invité est le prolifique Dr Pierre Kerner, éminent chercheur en génétique évolutive, auteur de nombreux papiers aux titres impossibles (au hasard: “Origine et diversification de la famille de gènes basiques hélice-boucle-hélice chez les métazoaires: apports de la génomique comparative” ou encore “Histoire évolutive des gènes Iroquois/Irx chez les métazoaires”)
Pour d’autres (probablement la majorité), il est le génial Taupo, créateur et auteur principal du blog le plus funky de la planète après Boing Boing, j’ai nommé “Strange Stuff and Funky Things” (le blog est en français, et si vous ne le connaissez pas il est urgent de lui rendre une petite visite.) De l’aveu de son créateur, vous y trouvez “votre dose quotidienne d’évènements étranges, de faits surprenants, de choses incroyables!” http://www.ssaft.com/
Non seulement les sujets sont aussi décalés que passionnants, mais ils sont également remarquablement écrits! Avec finesse, humour, beaucoup d’esprit et c’est non seulement très intelligent, mais encore à la portée de tous, vraiment. Un modèle de vulgarisation!
Il s’agit d’un scientifique brillant doublé d’un poète marrant. On aurait bien aimé qu’il soit moche ou désagréable… Pour compenser… Mais bon, c’est mal barré alors on va conclure cette petite intro autrement, en indiquant par exemple que Pierre/Taupo nous aime bien et prend souvent la peine de commenter nos émissions pour apporter des précisions, ajouter ses trouvailles personnelles (souvent complètement funky, comme son blog) ou alors carrément pour nous enguirlander quand nous racontons n’importe quoi.
Podcast Science est sans doute le seul podcast amateur revu et corrigé par des pros, nous avons de la chance.
Un immense merci à lui de s’être prêté au jeu de l’interview.
Les liens évoqués pendant l’émission:
- Le dossier de Taupo sur les peluches de nombril
- Strange Stuff and Funky Things, le blog
- Taupo sur Twitter : @pierrekerner
- La page Facebook de Strange Stuff and Funky Things
- C@fé des Sciences
- Strip Science (adresse du groupe de discussion)
- Agoravox
- Même Esprit, le blog de Stéphane et de ses potes
- Le blog d’Alain Prunier, illustrateur des futures aventures de Taupo
La quote de la semaine de Mathieu
Soufflée ce mois-ci par Pierre Kerner justement:
“Our brains have evolved to the point where we are capable of rebelling against our selfish genes. The fact that we can do so is made obvious by our use of contraceptives” Richard Dawkins
Traduction libre: “Nos cerveaux ont évolué au point d’être capables de se rebeller contre nos gènes égoïstes. Cela est rendu évident par notre utilisation des contraceptifs” Richard Dawkins
Bonne écoute!
Prochain enregistrement le mercredi 8 juin 2011












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