Quand on évoque des animaux volants, on s’accorde volontiers à désigner ceux qui sont capables de vol battu. Insectes, oiseaux, chauve-souris et ptérodactyle sont ainsi, parmi l’ensemble des animaux, les rares élus qui sont véritablement capables de se maintenir dans le milieu aérien à l’aide des battements de leurs ailes. Inutile de préciser pour eux qu’ils font partie de la faune volante. Pourtant certains usurpateurs, comme des poissons, des lézards ou encore des grenouilles, s’octroient le titre d’animal volant alors qu’ils ne font que planer. Pour citer Woody dans le premier film de Toy Story qui constatait une telle imposture par Buzz l’éclair :
Qui sont donc ces contrefacteurs qui ne manquent pas d’air et qui ne font que chuter gracieusement ? Je vous propose une petite enquête pour dénicher ces bonimenteurs aéronautiques et ainsi ne plus laisser le doute planer sur leurs véritables compétences.
Certains chercheurs qui s’intéressent aux animaux planants, ont à cœur de répondre à une question bien particulière : comment évolue la capacité du vol battu ? C’est le cas par exemple du Professeur Stephen Yanoviak, de l’Université du Kentucky, qui n’hésite pas à se rendre sur le terrain, dans les canopées de forêts tropicales, afin d’étudier la chute de certaines espèces d’arthropodes qui, selon lui, peuvent nous apporter des informations sur l’acquisition du vol battu au cours de l’évolution.
L’idée sous-jacente est que cette capacité n’a pas pu évoluer d’un coup, du jour au lendemain, et qu’il est envisageable que ces animaux aient d’abord acquis la faculté de planer avant celle leur permettant une véritable locomotion aérienne. Chez les oiseaux, une myriade de fossiles transitionnels de dinosaures à plumes ont permis de construire des modèles assez convaincants de l’acquisition du vol. Mais le registre fossile est moins parlant pour étudier cette évolution chez les insectes. Pour compenser, certains mènent des études sur des insectes actuels. Comme je vous l’exposais lors de mon trio d’épisodes sur la biologie des insectes (La croisière ça mue, Trachée n’est pas jouer et 1001 pattes), ceux-ci ne sont pas tous dotés d’ailes. C’est une lignée spécifique, un sous-groupe d’insectes surnommés les Ptérygotes, qui ont hérité de deux paires d’ailes de leur ancêtre commun exclusif. Leurs plus proches cousins insectes sont totalement dépourvus d’ailes. Parmi eux, il y en a que vous connaissez probablement bien : ce sont les lépismes que vous pouvez apercevoir tard la nuit, déambuler à toute vitesse sur le carrelage de votre cuisine ou de votre salle de bain. On les surnomme abusivement des poissons d’argent en référence à leurs mouvements très fluides mais aussi car ils sont recouverts de petites écailles argentées.
Les autres cousins des ptérygotes, ce sont les machilides (ou archéognathes) qui sont moins connus, bien qu’assez répandus. On a l’impression que ce sont des lépismes bossus, et on les retrouve surtout dans la litière des forêts, sur la plage ou, ce qui convient aux études du Pr. Yanoviak, sur l’écorce des arbres de forêts tropicales.
Lépismes et archéognathes partagent une caractéristique facilement identifiable qui est de posséder trois longs filaments décorant leur popotin. Hormis les éphémères, la plupart des insectes volants ne possèdent que deux filaments postérieurs, les cerques, et ont donc perdu le filament médian au cours de leur évolution. Si je vous parle de cet organe, c’est qu’il a particulièrement intéressé Stephen Yanoviak dans l’étude des prouesses aéronautiques de ces insectes dépourvus d’ailes. Dans la canopée, il avait en effet remarqué que de nombreux insectes sans ailes n’hésitaient pas à se jeter dans le vide en réponse à une menace. Plus étonnant, ceux-ci semblaient capable de diriger leur chute pour atterrir non pas sur le sol, mais sur l’écorce de l’arbre dont ils venaient de quitter les plus hautes branches. Pour ne pas s’en tenir à des observations anecdotiques, en 2009 notre intrépide chercheur s’est hissé à 15 m d’altitude sur la cime de plusieurs arbres de forêts Panaméennes et Gabonaises du haut desquels il a fait tomber près de 200 spécimens de lépismes et d’archéognathes. Le protocole expérimental est plutôt simple : on filme la chute des échantillons, dont on mesure la vitesse et la trajectoire à l’aide d’une corde longeant le tronc de l’arbre et pourvu de fanions répartis selon un intervalle d’un mètre. On commence chaque enregistrement en faisant tomber une petite bille, puis, après avoir généreusement recouvert de poudre fluorescente des insectes, on les fait chuter. Pour les lépismes, c’est le plantage au sol disgracieux, mais par contre, près de 90% des archéognathes testés ont été capables de planer élégamment pour rejoindre le tronc de l’arbre dont ils venaient d’être grossièrement délogés (voir vidéos ici).
Restait à comprendre comment ces insectes sont capables d’un tel exploit. Pour cela, rien ne vaut la méthode préférée des biologistes : si tu veux comprendre à quoi sert un organe, commence par étudier ce qu’il se passe quand tu le retires… Dans ce contexte, la capacité à planer a été testé sur des archéognathes amputés de leurs antennes, d’un de leurs cerques, de leur filament médian, d’un cerque ET le filament médian, ou encore d’archéognathes dont les 3 filaments postérieurs sont raccourcis de moitié.
Le résultat est plutôt clair : les antennes et les cerques n’ont que peu d’impact dans le contrôle de leur chute alors que les amputés du filament médian atterrissent significativement plus souvent au sol que sur leur arbre.
Stephen Yanoviak pense donc que cet organe leur sert de gouvernail et leur permet de flotter dans les airs de manière contrôlée. Selon lui, cela pourrait illustrer la manière dont les premiers insectes, sans ailes, auraient employé le vol plané pour survivre aux attaques de prédateurs dans les forêts du Dévonien, il y a près de 400 millions d’années de cela. Des proto-ailes auraient pu alors octroyer plus de contrôle dans cette capacité au vol plané.
Cela permet d’envisager à quoi auraient pu servir ces excroissances avant qu’elles ne deviennent de véritables ailes, mais s’oppose à d’autres scénarios évolutifs qui envisagent l’acquisition du vol battu chez les insectes à partir d’un milieu aquatique.
En effet, les ailes des insectes actuels ressemblent beaucoup aux branchies que portent les larves aquatiques des éphémères…
… et si l’on arrive à démontrer que ce sont les mêmes organes, cela se réconcilie peu au fait que les archéognathes sont totalement terrestres, depuis leur éclosion.
Mais selon moi, c’est le reste de la brillante carrière du Pr. Yanoviak qui porte le plus de plomb dans l’aile de son scénario évolutif. En effet, il est devenu spécialiste de l’étude des vols planés d’arthropodes dépourvus d’ailes et a démontré cette capacité chez plusieurs espèces de fourmis et même chez des araignées. En d’autres termes, il a lui-même contribué à la démonstration que la capacité du vol plané a pu apparaître plusieurs fois au cours de l’évolution de ce groupe de bestioles. En 400 millions d’années, il est donc totalement envisageable que les archéognathes aient acquis à un moment la capacité de planer plutôt que de l’avoir conservé durant tout ce temps.
Cependant les investigations de l’équipe du Pr. Yanoviak mettent en évidence les nombreuses et farfelues manières de lutter contre la gravité, et s’accompagnent de protocoles expérimentaux assez perchés. Ainsi, en plus d’avoir étudié la chute du haut des arbres de spécimens recouverts de poudre fluorescente d’ouvrières de fourmis cephalotes
… nos chercheurs, qui ne manquent pas d’air, n’ont pas hésité à placer ces fourmis et ces araignées… dans des turbines à vent. Dans ces souffleries nos bestioles n’ont rien à envier aux afficionados des simulateurs de chute libre qui pullulent partout sur le territoire, et ont révélé leurs techniques pro de skydiving. Alors que les fourmis emploient surtout leurs pattes arrières pour contrôler leur chute…
… c’est le corps particulièrement aplati et leurs pattes avant qui permet aux araignées Solenops d’effectuer leurs cabrioles aériennes.
Chez les araignées, la capacité de planer est beaucoup plus répandue que ce que les arachnophobes peuvent supporter d’imaginer grâce à une technique qui leur est spécifique : le ballooning. En réalité, elle est spécifique aux animaux capables de produire de la soie et qui inclut également des acariens et des chenilles.
En effet, la technique de ballooning s’apparente un peu à du kite-surf et consiste à étendre une longue fibre de soie pour ‘filer’ dans les airs…
C’est un phénomène qui est connu des scientifiques depuis de nombreuses années, et qui a permis de répondre aux interrogations de bien des marins avant eux qui pouvaient être surpris de voir atterrir dans leur bateau, à des centaines de km des côtes, ces araignées voltigeuses. Darwin lui-même a consigné en 1832 dans son carnet de bord cet étrange phénomène lors de son périple sur le H.M.S Beagle, au large de l’Argentine. Le ballooning permet donc aux araignées de franchir des distances gigantesques mais aussi de se retrouver à des altitudes improbables, comme en témoigne le nombre impressionnant de spécimens collectés par des avions munis de pièges entomologiques.
Une étude de 5 ans, entre 1926 et 1931 a ainsi permis de récupérer 1401 araignées parmi les 28739 spécimens collectés (essentiellement des insectes volants), dont certaines se trouvaient à plusieurs kilomètres au-dessus du sol.
Mais ce qui est le plus surprenant dans cette affaire, c’est que les araignées semblent capables de flotter dans les airs… sans utiliser le vent.
Pour percer ce mystère, plusieurs équipes de chercheurs se sont intéressées à l’étape du décollage des araignées où celles-ci ont l’habitude de lever leur abdomen tout en se plaçant sur la pointe de leurs pattes.
L’extrémité de leurs pattes est dotée de sortes de petits poils particuliers, les trichobothries, qui semblent sensibles aux moindres variations de vents, mais aussi… aux courants électriques !
L’électricité statique pourrait expliquer comment les araignées parviennent à décoller lorsqu’il y a très peu de vent. Pour s’en assurer, une équipe anglaise a enfermé des araignées dans des cages de Faraday et constaté leur capacité à s’envoler sans aucun mouvement d’air, simplement en présence d’un courant électrique dans l’atmosphère. Plus fun encore : constater que les araignées en vol tombent brusquement à terre lorsqu’on coupe le courant…
Si les araignées peuvent donc employer l’électricité statique de l’air pour voler, cela n’exclut cependant pas qu’elles bénéficient de la contribution du vent. Elles pourraient donc être d’habiles aéronautes, pilotant leurs montgolfières de soie au gré des brises et des charges électriques…
Je ne vous le cache pas, les prouesses aériennes des invertébrés planeurs ont ma large préférence de par leur ébouriffante diversité. Dans la faune osseuse, on se contente surtout de réinventer perpétuellement la wingsuit ou le parachute, et le suspense évolutif se borne à prévoir quel organe portera la toile de peau qui formera la voilure. Ainsi ce sera la palmure des pattes chez les grenouilles volantes…
ou chez les geckos volants
Un bon point pour les lézards volants comme Draco volans, qui est mentionné dans le livre Nature Secrète et chez qui la voilure, ou patagium, est portée par des côtes allongées. Situées entre les omoplates et le bassin, ces côtes surdimensionnées n’affectent pas la locomotion du lézard. Une musculature robuste assure le déploiement partiel et la rétraction rapide de sa membrane.
Les lézards volants peuvent planer sur plus de 10 mètres et les mâles arborent souvent des motifs colorés sur le patagium ainsi que sur un repli de peau sous la gorge qu’ils emploient lors des parades amoureuses.
Mais s’il ne fallait retenir qu’un seul vertébré dont les prouesses de vol plané méritent l’attention, ce serait sans hésiter… les serpents volants du genre Chrysopelea. De tous les animaux planeurs, c’est quand même ceux sur lesquels on aurait pas parié de prime abord et pour cause, ce sont grosso-merdo des tubes sans patagium, côtes rétractables ni, bien entendu, de pattes palmées. Pas étonnant ainsi que leurs performances pour planer ne soient pas parmi les plus impressionnantes du règne animal, avec environ 3 mètres gagnés à l’horizontale pour 8 mètre de chute à la verticale. Plutôt que de tomber à pic à 90°, ils chutent de 65° environ, en ondulant frénétiquement leur corps…
Mais, faut t-il le rappeler, ce sont des serpents, et éviter de tomber comme un vulgaire tuyau semble déjà en soi un exploit !
Pour mieux le comprendre d’ailleurs, des chercheurs américains du Virginia Tech ont mis les moyens digne d’un film de Marvel, car ils ont eu recours au Motion capture, en peignant des motifs blancs sur un serpent de l’espèce Chrysopelea paradisi avant de le laisser planer dans un hangar bardé de caméras.
Cela a permis à l’équipe de reconstituer un modèle tridimensionnel du serpent…
… permettant par la suite de réaliser des simulations sur ordinateur. Leurs résultats suggèrent ainsi que s’il n’ondulait pas, le serpent chuterait sans aucun contrôle, et que ces ondulations offrent donc une stabilisation essentielle durant leur vol plané. De quoi, selon ces chercheurs, inspirer de nouveaux types de robots planeurs.
Tous les exemples précédents parlent de vol plané depuis une certaine hauteur. Mais est t’il possible que des animaux puissent accomplir une telle performance sans démarrer en altitude. En d’autres termes, faut-il nécessairement chuter, pour planer ?
Et bien deux animaux marins nous apportent une réponse positive, à commencer bien entendu par les célèbres poissons volants :
Mais cet exemple me semble un peu trop convenu et je le troque volontiers pour celui des… calmars volants.
Mais il a fallu attendre une récente étude japonaise parue dans la revue Marine Biology pour connaître, en détail, les modalités de la locomotion si particulière de ces mollusques. Comme on peut le lire sur le blog Mostly Open Ocean, l’équipe de Jun Yamamoto s’est mise à la poursuite des calmars et a trouvé un banc de 100 spécimens à 600 km des côtes.
Les chercheurs ont estimé que les céphalopodes, qui mesurent environ 20cm de long, volaient dans les airs à une vitesse de 11,2 mètres par seconde pour réaliser des bonds pouvant atteindre les 30m. C’est plus rapide qu’Usain Bolt ! Pendant leur vol de près de 10s, les calmars étendent leurs bras et leurs ailerons pour se diriger.
Le plus surprenant, c’est que ces animaux réalisent cette prouesse non pas en bondissant hors de l’eau, mais en se propulsant à l’aide d’un jet d’eau à haute pression expulsé au niveau de leur siphon. Mais vu l’orientation de leur siphon, les calmars doivent voler en marche arrière, sans trop savoir où ils vont atterrir. L’équipe japonaise pense qu’il s’agit d’un comportement permettant la fuite face aux prédateurs et qu’il vaut mieux ne pas savoir où atterrir que de finir sous les crocs d’un poisson. Mais il pourrait aussi s’agir d’une méthode d’économie d’énergie lors de migrations. Quoi qu’il en soit, les observations de ces céphalopodes volants sont particulièrement rares et pour résoudre la question du rôle de ces ricochets poulpeux, il est possible que le doute plane encore longtemps…
Et c’est sur ce mystère aquatico-aérien que je clos cette chronique car, je le confesse, je me suis totalement dégonflé pour lui trouver une chute appropriée…
Références :
Baud, P., & Kerner, P. (2019). Nature secrète : Merveilles insolites du vivant. Dunod.
Café des Sciences. (2017). La science à contre pied. Ed. Belin. [Chapitre Une histoire à évoluer debout : Tous Bipèdes (ou Presque). M. Dutrait et P. Kerner]
Colbert, E. H. (1967). Adaptations for gliding in the lizard Draco. American Museum novitates ; no. 2283. http://digitallibrary.amnh.org/handle/2246/3081
Dehling, J. M. (2017). How lizards fly : A novel type of wing in animals. PLOS ONE, 12(12), e0189573. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0189573
Kingsolver, J. G., & Koehl, M. a R. (1994). Selective factors in the evolution of insect wings. Annual Review of Entomology, 39(1), 425‑451. https://doi.org/10.1146/annurev.en.39.010194.002233
Morley, E. L., & Robert, D. (2018). Electric fields elicit ballooning in spiders. Current Biology, 28(14), 2324-2330.e2. https://doi.org/10.1016/j.cub.2018.05.057
Munk, Y., Yanoviak, S. P., Koehl, M. A. R., & Dudley, R. (2015). The descent of ant : Field-measured performance of gliding ants. Journal of Experimental Biology, 218(9), 1393‑1401. https://doi.org/10.1242/jeb.106914
Usherwood, J. (2020). Stable gliding by undulating snakes. Nature Physics, 16(9), 905‑906. https://doi.org/10.1038/s41567-020-0959-9
Yanoviak, S. P., Dudley, R., & Kaspari, M. (2005). Directed aerial descent in canopy ants. Nature, 433(7026), 624‑626. https://doi.org/10.1038/nature03254
Yanoviak, S. P., Kaspari, M., & Dudley, R. (2009). Gliding hexapods and the origins of insect aerial behaviour. Biology Letters, 5(4), 510‑512. https://doi.org/10.1098/rsbl.2009.0029
Yanoviak, S. P., Munk, Y., & Dudley, R. (2011). Evolution and ecology of directed aerial descent in arboreal ants. Integr Comp Biol, 51(6), 944-956. doi:10.1093/icb/icr006
Yanoviak, S. P., Munk, Y., & Dudley, R. (2015). Arachnid aloft : Directed aerial descent in neotropical canopy spiders. Journal of The Royal Society Interface, 12(110), 20150534. https://doi.org/10.1098/rsif.2015.0534
Yeaton, I. J., Ross, S. D., Baumgardner, G. A., & Socha, J. J. (2020). Undulation enables gliding in flying snakes. Nature Physics, 16(9), 974‑982. https://doi.org/10.1038/s41567-020-0935-4
Prenez un tas de cailloux blancs et un tas de cailloux noirs. Dressez un quadrillage en guise de plateau. Instaurez quelques simples règles d’approche. Puis jouez, l’un après l’autre. Le but est d’avoir le plus grand territoire. Une recette d’un jeu simple mais ô combien stratégique. Au point que lorsque l’intelligence artificielle (IA) bat l’être humain ça devient quelque chose de spectaculaire ! Nous sommes le Mercredi 15 Décembre 2021, vous êtes en l’épisode 460 de Podcast Science. Aujourd’hui on va parler du jeu de Go !
“While the Baroque rules of Chess could only have been created by humans, the rules of Go are so elegant, organic, and rigorously logical that if intelligent life forms exist elsewhere in the universe, they almost certainly play Go.”
Ashka: @Blue Phenix ça fait partie de mes découvertes récentes
Blue Phenix: C’est pas vraiment un groupe hein, c’est Scott Bradlee’s, celui qui joue du piano, qui fait des réarrangement de musiques à la sauce anciennes musiques (en ce moment années 20) et en gros il choisit les chanteurs et musiciens en fonction
nyves: @ps: Est ce que comme aux echecs y a des ouvertures standards?
Cleora: yep
Cleora: genre on joue autour du coin et selon où tu places la pierre ça a un nom
nyves: ok, thanks, @Cleora
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): @ps mais sur un piano il y a que 88notes après une note et pourtant c est plus compliqué que le go pour trouver une mélodie. Non ?
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): avec deux tour tu fais une fourchette
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): 10 puissance 100
Blue Phenix: avec deux tours tu fais un 720°
nyves: @Blue Phenix skate?
Taupo: lol @Blue Phenix
Blue Phenix: @nyves j’ai essayé une fois, j’ai fini sur le cul
nyves: lol
nyves: pareil
nyves: je reste au velo
Blue Phenix: j’ai essayé une fois aussi, j’ai fini sur le cul aussi !
Blue Phenix:
Pascal: je n’ai même jamais reussi à faire un zero
Blue Phenix: non bon c’est pas vrai … enfin si mais non XD
Ashka: Les pieds, c’est pas mal en fait =D
nyves: 😂😂
Blue Phenix: et encore … j’ai fini sur le cul aussi XD
nyves: je me suis retrouver par terre quelques fois à vélo
nyves: et même à pieds 😉
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): @ps mais aux échecs il y a des fins de partie alors qu il y a 15 pièces dessus !
Blue Phenix: Quand j’étais encore à Thiers, un hiver il avait bien gelé et je devais aller au CFA tout en bas du village, me suis éclaté le cul parterre trois fois sur le trajet lol
Ashka: Si mes parents avaient pris des actions chez mercurochrome quand j’étais gosse, je serais rentière =D Je me trébuchais toute seule o_O
nyves: @Blue Phenix oui, pareil, en montagne, je suis tombé une paire de fois
Blue Phenix: Mercurochrome, le pansement des héros !
Blue Phenix:
Blue Phenix: Mercurochrome, le pansement des héros !
Blue Phenix: Mercurochrome, le pansement des héros !
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): @ps mais cette histoire de fonction d évaluation au échec on a pas de preuve qu elle sont justes ni même que ça donne une minoration ou majoration de la vrai fonction d evaluation
Blue Phenix: (ça va toujours par trois fois)
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): Bonjour ✏️ 📝
Crayon papier 🌞: Bonjour à tous !
Ashka: @Blue Phenix chez nous, c’était ju va bien, c’est juvamine :s )
Ashka: Bonjour @Crayon papier 🌞
nyves: salut @Crayon papier 🌞
Blue Phenix: aussi …
Blue Phenix:
Blue Phenix: Salut @Crayon papier 🌞 !
nyves: @Ashka argh non, pas juvamine!
Ashka: Oh, ça va, je ne l’ai fait qu’une fois, hein ^^
Blue Phenix: Je te raconte même pas, comme je m’appel Julien … les Juvamines là j’ai morflé x2 ….
Ashka: Ah oui, du coup, j’avais une soirée en plus pour réviser … Mais il y a un épisode qui a été enregistré hors live, non ?
Pascal: oui
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): La c est en direct
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): Oui
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): un peu de bruit plutôt que de la creativité
nyves: et maintenant on a plus de CPU ou de GPU! pfffff juste pour faire mumuse 😉
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): la créativité ca peut se faire par analogies par exemple
Pascal: on va peut etre plus regarder du coté des crypto monnaie pour ce probleme
Ashka: @nyves CGU commandée le jour de sa sortie, il y a plus d’un an … j’attends toujours …
nyves: @Pascal je sais bien, hélas 🙁
Pascal: et puis la crise actuelle sur les semi-conducteur ne doit arranger
Blue Phenix: @Ashka CGU ? Les Conditions Générales d’Utilisation ? lol
Ashka: @Blue Phenix non, c’est un combo proc et carte graphique =D
nyves: ben, quand tu a 50% de la production quie est répartie grosso modo sur 2 usine en Corée
Ashka: Bref, GPU en attente, quoi
nyves: et qu’ils faut 10 ans pour faire une usine au top
nyves: bonjour Alexa!
Blue Phenix: Je l’ai vus sur les motos moi cette année, t’en as beaucoup qui mettaient des mois à être livrées, juste parce qu’il manquait des composants électroniques fait en Asie
Blue Phenix: Salut Alexa
Alexa: Salut tout le monde !
nyves: on a pris du retard pour monter un datacenter parce que les erveurs n’arrivaient pas
Blue Phenix: Ils ont un réseau pour dire qui est un bon coup?? c’est un truc de pervers ça !
Blue Phenix: Salut @Alexa
Ashka: Salut @Alexa
nyves: @Blue Phenix : Tu sors!
Blue Phenix: Non ! il fait froid dehors !
Blue Phenix: Puis Brusicor est pas là, faut bien quelqu’un pour raconter des blagues !
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): c flou si alpha gonutilise des données humaines et que alpha zéro réutilise alpha go alors alpha zéro utilisé des donnes humaines. Or alpha zéro utilisé pas de données humaines donc alpha zéro utilise Pas alpha go
Taupo: J’ai passé une journée complète et j’ai pas corrigé la moitié @Ashka
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): 🙏🏾 merci
Ashka: Ah mais je suis aussi en pls et ma semaine n’est pas finie, je compatis (le rush de fin d’année avec le combo tests PCR et 3ème dose, c’est le twist dont j’avais pas besoin)
nyves: @Ashka +1
Pascal: +10
Blue Phenix: D’ailleurs en parlant biologie, je suis sûr qu’on peut se servir du Blob pour simuler et optimiser des parties de Go lol
nyves: 3 eme injection samedi
BÊTA ( Ça se lit gros bêta ): moi je suis plus près de la 4e que de la 3e..
Je ne sais pas si vous vous souvenez mais il y a 7 ans, en Décembre 2014, nous recevions dans notre episode 188 un jeune vulgarisateur prometteur, qui écrivait des notes sur son blog, Le sense of Wonder. Il était si stresse qu’il avait appris l’intégralité de ses réponses au question par cœur pour ne pas risquer de se faire prendre en défaut. Ce soir, il revient sur Podcast Science, il a depuis lancé une chaine YouTube à succès, Le Sense of Wonder, et il vient de sortir un livre aujourd’hui même : Le Cosmos et Nous. Nous sommes le mercredi 10 Novembre 2021, nous recevons Sébastien Carassou qui cette fois n’a pas de notes, bienvenue sur Podcast Science episode 459 !
« L’oubli […] c’est bien plutôt un pouvoir actif, une faculté d’enrayement dans le vrai sens du mot, faculté à quoi il faut attribuer le fait que tout ce qui nous arrive dans la vie, tout ce que nous absorbons se présente tout aussi peu à notre Moi qui passe et qui meurs, je vous contemple étoiles ! La terre n’étreint plus l’enfant qu’elle a porté. Debout, tout près des dieux, dans la nuit aux cent voiles, je m’associe, infime, à cette immensité ; je goûte en vous voyant, ma part d’éternité. »
Nietzsche – Ptolémée, Almageste
La Chatroom
Taupo: https://static.fnac-static.com/multimedia/Images/FR/NR/ae/4f/d0/13651886/1507-1/tsp20211023071134/Le-cosmos-et-nous.jpg CathCoste: Félicitations à Sébastien pour cet ouvrage que j’ai hâte de lire ! Tous mes voeux de succès pour toucher le coeur et les mirettes et les neurones de lecteurs /trices en herbe, juniors seniors and anything in between Cleora: Plop ! 🙂 ça va sur la photo on voit que du “Andros” haha nyves: hello Cleora: hey nyves 🙂 nyves: comment va? nyves: ca faisait longtemps Cleora: comme un Mercredi soir prêt à sciencer et philosopher haha nyves: cool Cleora: ouiiii. et toi tu vas bien ? nyves: et en week end! Taupo: bonjour à tous Cleora: 😮 tu fais le pont donc haha nyves: yes, grosso modo nyves: salut @Taupo nyves: salut @Pascal Pascal: Salut tout le monde Cleora: une chatroom fluide et fonctionnelle *clap* nyves: yes!!! nyves: apres on est 5 😉 Cleora: haha Pascal: esperont qu’elle ne nous fasse pas une “epenser” nyves: bon, j’ai un mot d’excuse pour la dernière fois, j’étais en thalasso à carnac 😉 Cleora: 😮 nyves: faut bien se faire plaisir de temps en temps Alexa: Joli Pascal 😀 Alexa: Salut @nyves nyves: salut @Alexa Pascal: @nyves on a juste noté qu’avec une semaine sur deux, même nos plus fidèle auditeurs de la chatroom nous oubliais nyves: on oublie pas, on a des vies compliquées 🙂 nyves: genre dans 15j je suis à Lyon, pas sur que je puisse passer nyves: et puis quand tu en loupe une tu prends un mois dans la vue nyves: j’ai pas eu le temps de réecouter la mémoire d’ailleurs 🙁 quadrupleben: Bonsoir kaou: Bonchoir ! Alexa: Salut ! Cleora: B’soir aux arrivants 🙂 Ashka: Salut tout le monde 🙂 Ashka: @Pascal on vous oublierais, on ne serait pas là ^^ nyves: salut vrybody! nyves: le noyau dur restera! nyves: hardcore for life, comme dans ma jeunesse quadrupleben: J’ai raté les 2 dernier épisodes avec mon déménagement. Mais je suis toujours. Ashka: @nyves Va voir par là si tu veux pour des playlists variées (et de qualité) : Ashka: Ashka: https://open.spotify.com/user/queenmafalda nyves: plantage? Ashka: Euh … Y a du son ou mon PC me trolle ? nyves: j’ai pas de son kaou: je n’ai pas de son non plus Barenziah: bonsoir à tous !! nyves: salut @Barenziah Ashka: Salut @Barenziah nyves: @Ashka ah oui, y a l’air d’y avoir du très bon! Barenziah: salut @Ashka salut @nyves nyves: une bonne série avec de la bonne musique : Légion Ashka: C’est elllui qui a fait la playlist Dave Groll Barenziah: soirée boulot pour moi, je repars… Bonne soirée à tous client de client heroku: @Barenziah Mais demain c’est ferié Ashka: Je note, je note @nyves nyves: j’aime pas idéaliser les personnages publics, parce que tu connais pas leur vie, mais si je devais le faire, ca serait Dave Groll Barenziah: @client de client heroku justement… l’artisanat, c’est tout le temps ^^ Ashka: Je crois que c’est un bon choix. Peut-être pas le seul, mais pas mal nyves: dans un autre style tu as Maynard James Keenan, le chanteur de Tool, mais il est assez troll quand il s’y met client de client heroku: il n’y a pas de son kaou: bonjour ! Ashka: Y a du son !!! kaou: la pas-chat room kaou: belle réverb quadrupleben: On vous entend nyves: @Pascal tu es dans une église? Ashka: @nyves j’ai découvert la musique, pas encore le bonhomme nyves: salut @kaou kaou: hello @nyves nyves: Tool, j’écoute en boucle, surtout le dernier album nyves: salut @Juliette 🚴♀️💚 Cleora: https://images.unsplash.com/photo-1444703686981-a3abbc4d4fe3 Cleora: https://images.unsplash.com/photo-1444703686981-a3abbc4d4fe3?ixid=MnwxMjA3fDB8MHxwaG90by1wYWdlfHx8fGVufDB8fHx8&ixlib=rb-1.2.1&auto=format&fit=crop&w=1170&q=80 Juliette 🚴♀️💚: Hello Cleora: B’soir @Juliette 🚴♀️💚 🙂 nyves: j’ai plus de cheveux et j’ai la barbe blanche! nyves: @Juliette 🚴♀️💚 : tu n’es pas ma fille en screud? Ashka: Les cheveux blancs, c’est plus facile pour les colo bien flash ^^ kaou: y’a des gens qu’on entend en réverb, d’autres qu’on entend peu client de client heroku: on entend trop faible celui qui mange une pizza Alexa: carrément pour les colorations 🙂 nyves: oui, le son est pas top top kaou: alexa et pascal en réverb quadrupleben: Moi aussi j’ai un pixel 6, je vais pouvoir faire de l’astrophotographie Ashka: https://www.facebook.com/photo/?fbid=466241595093685&set=a.306530481064798 Ashka: Pour @Alexa Alexa: trop hate pour l’astrophoto aussi Juliette 🚴♀️💚: @nyves je ne pense pas non 🙂 kaou: taupo faiblement je crois nyves: @Juliette 🚴♀️💚 ca m’etonnerai, elle est sensée chanter Ashka: @Pascal fera le père noël ? kaou: johann aussi est faible Pascal: ohohoh !!! nyves: ou le pere fouettard client de client heroku: on entend trop faible celui qui a merdé Ashka: @nyves on est trop sage pour ça nyves: @Ashka euh… joker Ashka: @Taupo on dirait que tu portes une cagoule :/ Ashka: Hahaha nyves: chérie, ca va trancher client de client heroku: @Taupo Taupe là ! Cleora: et là en audio c’est mieux avec Papa Pascal ? 🙂 Pascal: C’est mieux ? nyves: mieux kaou: moi je n’entends plus rien nyves: nickel Cleora: refresh ? nyves: pas d’echo client de client heroku: oui super kaou: oui o nyves: tout va bien kaou: ok nyves: F5 Ashka: Après 3 refresh, on y est Juliette 🚴♀️💚: C’est bon kaou: je crois que c’est mieux !! client de client heroku: il doit y avoir du delai ! Cleora: yeesss alors partons en voyage dans l’infini Cosmos ! kaou: yes quadrupleben: C’est bon maintenant. Au top nyves: @Pascal : un truc louche ma barre de défilement ne bouge pas avec les nouveaux messages. Client ou serbeur? Pascal: Oui, 10 s de délai en général Ashka: @nyves pareil ..; Pascal: @nyves probablement un bug chez moi Pascal: ce sera pour la prochaine fois pour la correction kaou: @nyves oui en effet taupo: Bonsoir nyves: on ne crains plus rien de grave maintenant kaou: y’a plus les annonces à la Tupe sur les propriétés des numéros des épisodes ? Pascal: fun fact, c’est en relevant ce bug de defilement que j’ai integré le podcast nyves: excellent taupo: on a le droit de dessiner aujourd’hui ou ca bug ? nyves: donc, tu connais la correction Pascal: @kaou c’etait plutot un truc de eljj Ashka: @kaou c’était pas un truc qui venait d’El JJ ? kaou: oui possible nyves: heureusement qu’y a pas ecole demain! Pascal: @taupo normalement c’est bon Pascal: ca fait beaucoup de taupo dans cette chatroom Pascal: je suis perdu kaou: un imposteur ? nyves: l’une des meilleures chaines francaises! kaou: ouh cette accélération kaou: c’est nouveau ou je n’avais jamais remarqué ? kaou: (dans le jingle) nyves: en 1.5 c’est chelou Pascal: c’est probablement un bug dû a au rebond pour le broadcast Pascal: et que mon ordianteur à l’air de lagger severe kaou: ah oui j’ai lu ce bouquin aussi nyves: une pub pour des potes : https://youtu.be/jmSxsELcb2w Cleora: https://www.languageonthemove.com/wp-content/uploads/2019/09/Alexander-Humboldt_v2.jpg kaou: en Equateur kaou: le sommet le plus éloigné du centre de la terre Ashka: c’est nul, ils sont classés en kids, je peux pas sauvegarder (sinon, ça à l’air sympa, je teste tantôt) Pascal: je propose qu’on evite les liens hors image ce soir nyves: Humbolt je le connais par le pingouin d’Humbolt Cleora: https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/b/be/Map_Alexander_von_Humboldt_expedition-es.svg/1200px-Map_Alexander_von_Humboldt_expedition-es.svg.png Cosmos: https://storage.googleapis.com/artlab-public.appspot.com/share/GQKDHOXAC26E.png Pascal: @taupo qui n’est pas pierre kerner, tu peux changer de nom s’il te plait ? Cleora: https://i.pinimg.com/originals/4e/e2/69/4ee26916371c7013932e4ab8ef753dec.jpg Pascal: @taupo tu peux le faire avec la commande /nick Pascal: nyves: J’avoue que je connaissais pas le personnage, mais il a l’air intéressant Cosmos: https://storage.googleapis.com/artlab-public.appspot.com/share/FDVQ9T8RNM8A.png nyves: pale blue dot? nyves: Sagan? Taupo: bien joué Cosmos: https://storage.googleapis.com/artlab-public.appspot.com/share/WKTMW4J8UQQV.png Cleora: https://tse3.mm.bing.net/th?id=OIP.AYot8SNTQO_Wzh6GQUcUDwHaDe&pid=Api Cosmos: il a dit les ovnis ? Karassou est copain avec Jean Pierre petit ? nyves: Le 9/11 n’est pas un false flag? non, je ne le crois pas! nyves: il est magique Cosmos nyves: c’est un gros mot suppute? nyves: il faut dire sutravailleuse du sexe Cosmos: @PS pourquoi avez vous cru aux ovni ? Que quelq’un qui a une cicatrice dont il na pas souvenir sur le ventre y croit, je veux bien, mais vous ? avez vous fait un reve credible d’extra terrestre ? nyves: @Cosmos a cause de X-file? Pascal: @Cosmos Je crois bien qu’on se fait une fausse idée des complotiste qui sont tous des illuminés qui se baladent avec des chapeaux en papier alu sur la tête nyves: le dernier épisode du podcast historical blindness est très intéressant, en partie sur le sujet Cosmos: moi a votre place je changerai de sujet, a t il bien conscience de faire son coming out Karassou et de perdre toute credibilité a parler des ovnis si longuement ? nyves: (plus basé sur le wokisme, mais plus général sur la fin) Cleora: @Cosmos parce ça fait rêver 🙂 Comme la magie, et envie de croire aux choses qui sortent de l’ordinaire. Devenir scientifique passe souvent par une phase “magique” puis “bam retour à la réalité ^^” kaou: Bryo et Bokoudu Mour, les célèbres duettistes Cleora: l’hypothèse magique qui se fait tacler par les faits réels. Quelque chose de commun en science 🙂 Juliette 🚴♀️💚: Je trouve ça hyper intéressant les témoignages de complotistes qui en sont revenus. Pour ça je conseille +++ le podcast Méta de Choc nyves: J’ai jamais cru aux ovnis, mais en mer, j’ai vu des choses dans le ciel qui, sans regard critique, sont très étranges Pascal: Je ne parlerais pas forcement de coming out : je l’ai déjà entendu aborder cette partie de sa vie nyves: @Juliette 🚴♀️💚 yep Ashka: @Cleora c’est en ça que je trouve que la réalité est plus merveilleuse que la fiction : parce que c’est vrai, et que ça dépasse parfois ce qu’on pouvait imaginer nyves: c’est comme Serge Bret-Morel, il est hyper interessant parce qu’il a était de l’autre coté kaou: si on ne prend pas en compte les ordres de grandeur et la limite de la vitesse de la lumière, la visite d’extraterrestres ne me semble pas absurde Cleora: https://images.unsplash.com/photo-1516571748831-5d81767b788d?ixid=MnwxMjA3fDB8MHxwaG90by1wYWdlfHx8fGVufDB8fHx8&ixlib=rb-1.2.1&auto=format&fit=crop&w=1887&q=80 Pascal: @Ashka d’ailleurs je dirais que la SF n’est jamais aussi interessante que quand elle parle de notre monde sous couvert d’histoire imaginaire nyves: 42 Alexa: je suis d’accord avec @Pascal 🙂 Ashka: @nyves cultural controversies ? nyves: @Pascal je sais plus si je t’ai dit, mais j’ai fini Project Hail Mary nyves: J’ai bein aimé nyves: @Ashka le mec prend pas de gants avec la droite américaine Pascal: j’ai adoré la partie dont on ne peut pas parler Pascal: 🙂 Cosmos: @Pascal quelle partie ? nyves: j’ai adoré le debut, perso Ashka: Oui @Pascal je vais rattraper Ted Chiang … Enfin, ses bouquins, quoi nyves: @Cosmos on peut pas en parler Pascal: sinon, on spoil sévère Ashka: @nyves Je DL … Pour le jour où … J’ai écouté le truc sur Excell cet été et … What the fork ! Pascal: @Ashka tu me diras 🙂 Pascal: (pour ted chiang) nyves: @Ashka carrèment Ashka: @Pascal retiens pas ton souffle, j’ai des trucs en cours dans lesquels je pédale déjà nyves: c’etait un gros déconneur Gamow Pascal: il etait réputé pour ca non ? nyves: yep nyves: https://en.wikipedia.org/wiki/Alpher%E2%80%93Bethe%E2%80%93Gamow_paper nyves: arg, pas de lien Pascal: je crois qu’ai oublié une verif sur le type de lien qui est posté Cleora: voyage à travers les échelles http://i.stack.imgur.com/rZFWt.jpg Cosmos: @PS la voix de carassou y est pour beaucoup dans son succès. Y a t il une version audiobook augmenté du livre de prévu ? nyves: Ouais, mais AntMan, il a un casque en scénarium qui permet de régler ca Cosmos: vous pensez a quoi si je vous dis: “Les philosophes revent il de canards mecaniques” ? nyves: @Cosmos Blade Canards vibrants? nyves: Lehoucq a niqué ma jeunesse en démystifiant le distille! kaou: ah, merci Pascal: je ne l’ai pas encore lu. C’est bien ? Cosmos: @Pascal Antman c’est un film, ca ne se lit pas Pascal: je faisais reference au livre de Lehoucq sur dune Pascal: mais en fait, il me semble que à la base, Antman est un comic, donc ca se lit 🙂 nyves: @Pascal non, c’est pas un comic, c’est un recueil avec différents auteurs nyves: j’aime bien Cosmos: @Pascal il a ecrit un livre sur le film Dune ?? Pascal: pour le comic, je parlais de Antman ( ca deviens compliqué) kaou: Antman a écrit un comics sur Roland Lehoucq ? Ashka: @Cosmos et sur la science de Star Wars et il a dirigé un ouvrage sur la science du seigneur des anneaux Cleora: https://c1.staticflickr.com/9/8056/8441203685_814a1070e8_z.jpg nyves: attention, ca va planter Cosmos: @Pascal parceque j’ai vu Lehoucq la semaine derniere, i la présenté 2 autres films toujours les meme, et pas un mot sur le film Dune, alors que sur le programme de la conf, il etait censé parler de Dune. Donc j’avais imaginé qu’il n’avait pas du avoir vu le film … nyves: https://www.belial.fr/collectif/dune-exploration-scientifique-et-culturelle-d-une-planete-univers Cleora: (nyves les liens url vers des sites internets font crash la chatroom pour l’instant ^^) :$ nyves: il est intervenu chez Klein, dimanche dernier ou celui d’avant, je crois nyves: @Cleora déso Ashka: @nyves oui, je l’ai entendu sur mon appli de podcast 🙂 Cleora: ah j’avais pas vu tu avais prévenu x) Cosmos: @PS et alors pourquoi c’est mieux des lentilles dures ? nyves: j’essayerai de poster en texte plutôt qu’en URL la prochaine fois kaou: chez moi ça ne plante pas kaou: (ou alors je ne m’en rends pas compte) nyves: Elle redémarre Pascal: @kaou des fois, la liste des connecté disparais 3 ou 4 secondes pendant lesquel on ne peus plus poster nyves: ou on la redémarre 😉 kaou: ok kaou: vive la chenille … Pascal: et des fois c’est plus long, il faut que je la reboot à la main nyves: et la mère dans Ant-Man elle est vraiment dans le monde quantique? nyves: suspension volontaire de l’incrédulité! Cosmos: https://storage.googleapis.com/artlab-public.appspot.com/share/07ZXRRGLNET8.png Cosmos: @PS j’ai pas compris, Carassou dans son livre, il invente toute une histoire de science fiction avec des expériences de pensée originales de lui, ou bien il raconte juste une sorte d’historique du cosmos de ce qu’on connait de la science actuelle ???? Cosmos: Avant de parler 3h d’un paragraphe du livre, vou pourriez dire de quoi parle livre, ce que c’est sait ? un roman ? une sorte d’histoire ? Cosmos: https://www.wondrium.com nyves: j’ai plein de pub pour ce service sur des podcast Pascal: @Cosmos Ta remarque n’est pas mauvaise, mais fait gaffe à la forme, c’est un peu aggressif kaou: +1 Cosmos: merci pour l’interlude explicative kaou: @ps est-ce qu’il y a de la géologie ? Pascal: rhooo le troll 😉 kaou: alors pas du tout c’est une vraie question !! Cleora: @kaou c’est une science ? (lol) Pascal: oups Cosmos: @kaou il y a un chapitre Ghost in the shell. peut etre de la geologie ? nyves: @Cleora oui, mais très lente Cleora: haha Cosmos: @kaou et aussi un = edifices microbien Cosmos: @kaou il y a le sommaire sur amazon.fr view inside kaou: LUCA c’est comme le roi, quand LUCA sera “mort”, le nouveau LUCA sera là … kaou: c’est qui les auteurs ? Cosmos: Comment il ecrit “copland et coplé” ? kaou: trouvé : Cleland, Copley : “The possibility of alternative microbial life on Earth” nyves: @ps: c’est vrai pour beaucoup d’aspect de la science, qu’on a pas forcément les bons outils pour comprendre Cosmos: @kaou merci nyves: le RAID c’est pas des mecs armés jusqu’au dents qui font peur aux méchants? Cosmos: https://astrobiovideo.com/fr/ Taupo: lol @nyves Pascal: j’aurais presque envie de citer Xil thecake: @ps Considères-tu la publication de ce livre comme une imposture ? Pascal: bizarrement quand on parle vie artificiel, je pense à lui nyves: des souris et des hommes! steinbeck dans l’espace Cosmos: @Pascal je trouve les interviewer super aggressifs aussi avec l’invité , on dirait qu’ils veulent remettre en cause son travail, ah mais t’as pas regardé ca .. ah je suis pas d’accord … ah mais il y a ca evidement … pauvre carassou … Cleora: @thecake – dans le sens que “je ne suis pas expert de tel domaine” mais j’ai envie d’en parler ? ^^ nyves: @Cosmos perso je trouve pas, ils sont plutôt potes Pascal: @nyves j’éspère que les tests psy pour les astronautes sont suffisement bien foutu pour eviter de tels scenarios 🙂 nyves: @Pascal yep! Pascal: mais ca pourrait faire un film 🙂 nyves: soit comique soit dramatique thecake: @Cleora Entre autre Pascal: j’avoue être passé a coté du coté comique du livre 🙂 nyves: le premier livre où j’ai chialé à la fin! * Pascal relis cette phrase et la trouve etrange Pascal: moi, c’est “des fleurs pour Algernon” Cosmos: @nyves j’ai du acheter une 20aine de livres dont pour beaucoup j’ai découvert via podcascience présentés ici, mais je crois que c’est le premier livre que le podcast diminue mon envie d’acheter Pascal: mais bizarrement on peut trouver pas mal de parallere entre les deux kaou: ah nyves: @Cosmos moi, pas du tout, je le commande vendredi à ma librairie 😉 Cosmos: Il est pas BIOLOGISTE arretez de l’interroger sur la biologie, c’est pas gentil ! nyves: @Pascal sinon tu as la ligne verte Pascal: J’avoue que moi aussi , il me tente bien Pascal: j’irais probablement l’acheter aussi nyves: ou “Random acts of sensless violence” de Jack Womack Pascal: la ligne verte, j’hésite : j’ai un mal de chien a lire un livre dont j’ai vu l’adaptation nyves: Random acts, la dernière phrase, faut pas avoir une corde à portée de la main Pascal: mais je note “Random acts of sensless violence” Pascal: Tu as lu Algernon ? nyves: nope Pascal: alors tu as tes devoirs pour dans 15 jours 😉 Cosmos: @Pascal j’ai pas compris, c’est quoi le livre a lire de l’invité pour dans 15 jours ? kaou: une petite musique ? Alexa: @Cosmos Cosmos, je t’invite à te calmer sur le ton Alexa: En l’occurrence, nous avons lu le livre qui traite d biologie, d’astrobiologie pour une bonne partie nyves: Merci @Alexa nyves: c’est calme! Cosmos: @Alexa on dirait deux profs de bio et un prof d’astro qui interrogent un élève … alors que carassou c’est un astronome poete ! vous avez lu le livre comme un referee lit un article d’un concurrent. d’ailleur l’un de vous l’a explicitement fait une blague revelatrice la dessus, sorte de labsus revelateur, mais c’est exactement ca. nyves: @Cosmos je ne suis pas du tout de ton avis kaou: mais non Alexa: Je ne veux pas parler pour @Taupo mais en aucun cas il ne s’agissait d’agressivité Pascal: plutot un jeu Alexa: J’ajoute que si l’itw ne te plait pas, la porte est ouverte nyves: c’est des mecs qui se connaissent qui déconnent Alexa: exactement 🙂 nyves: faut pas prendre au 1er degré Cosmos: un prof aussi va chercher un eleve dans ses derniers retranchements en le poussant au max, pour tirer le meilleur de l’eleve, mais c’est pas forcement en public que ca se fait … nyves: @ps: je suis d’accord avec Sébastien! Taupo: pour avoir Sébastien devant moi, je peux t’affirmer que tout va bien pour lui @cosmos Taupo: tu verras en fin d’interview qu’il cherche justement ce genre de discussions dans le cadre de sa démarche de vulgarisation Cleora: https://images.unsplash.com/photo-1559813251-063297683d0f?ixid=MnwxMjA3fDB8MHxwaG90by1wYWdlfHx8fGVufDB8fHx8&ixlib=rb-1.2.1&auto=format&fit=crop&w=1886&q=80 nyves: @Cosmos : je suis ici depuis quelques temps, et j’ai jamais connu d’ITW agressive de la part de qui que ce soit Cleora: “* ERREUR : L’image est trop grande (>2Mo) et n’a pas pu être suffisament reduite.” ah c’est nouveau ça haha 🙂 Pascal: C’est la forêt sombre Cosmos: l’interroger sur Fermi qu’il a choisit de ne pas mettre volontairement, … pourquoi pas parler plutot de ce qu’il a choisit de mettre . je suis désolé Taupo , c’est quand meme pas mainstream comme interview Pascal: @Cleora en fait, non, mais un bug en empechait l’affichage nyves: bon, @Cosmos , ca commence a etre relou ton histoire Ashka: Je plussoie @nyves Cosmos: @nyves bon nyves: ce genre de comportement n’&a pas sa place ici Cleora: https://images.unsplash.com/photo-1601814933824-fd0b574dd592?ixid=MnwxMjA3fDB8MHxwaG90by1wYWdlfHx8fGVufDB8fHx8&ixlib=rb-1.2.1&auto=format&fit=crop&w=1112&q=80 nyves: on est là pour s’amuser et que la science soit notre joie nyves: tu n’est pas d’accord avec comment ca se passe t’es pas obligé de rester nyves: 42 Taupo: 42% nyves: forcément y a eu de la vie! Un Mars, et ca repart 😉 Pascal: J’ai du mal à imaginer qu’on soit seul dans l’univers parce que cela nous mettrai dans une position particulière, et j’ai beaucoup de mal a accepter cela quadrupleben: Il a oublié ingenuity, qui comme d’habitude durre 5 fois plus que prévu Pascal: D’ailleurs ca me fait penser à une nouvell d’un certain Ted Chiang Pascal: #pastaper Taupo: lol nyves: @Pascal plutot d’accord avec toi, mais vu les distances en questions, c’est pas demain qu’on verra ET thecake: https://i.imgur.com/Ejr9Sl0.jpeg kaou: @pascal oui pour notre position non particulière nyves: et s’il existe une vie extra-terrestre, est ce qu’on est capable de la reconnaitre? Pascal: @nyves oui, c’est un autre problème Pascal: et ca aussi Cosmos: thecake a bien résumé mon impression reçue nyves: DNFTT nyves: belle réflexion! Cleora: https://www.zupimages.net/up/21/45/jq4y.jpg nyves: JPP ? kaou: Vive Archimedes Plutonium ! nyves: J’ai vu passer une théorie du tout complètement barré avec une nouvelle molécule, je sais pas ce qu’il avait pris le mec, mais faut qu’il partage! CATHERINE COSTE: Yep nyves: Einstein, plutot cool, mais pas trop #metoo! nyves: 😉 kaou: “développé la bombe atomique”, ça me semble un tantinet exagéré, non ? Pascal: il a envoyer une lettre, il me semble nyves: il a mis la clé dans la serure! Cosmos: moi ca me fait penser a moi ici que les gens trouvent agressif 😀 kaou: @Pascal oui c’est ça CATHERINE COSTE: Ce qui pose la question du Big N (prix Nobel) qui récompense le travail de 2 ou 3 scientifiques. Mais souvent la chose récompensée est le fruit du travail de tout un écosystème et rien n’est dû au hasard, comme dit Sébastien… Cleora: exact hein.. c’est tellement dynamique la science qu’on donne des prix Nobel a des poissons qui ont sauté hors de l’eau au bon moment ^^ CATHERINE COSTE: image intéressante nyves: exactement! J’ai entendu des émissions avec des scientifique non occidentaux, c’est vachement intéressant d’avoir un autre point de vue CATHERINE COSTE: oui CATHERINE COSTE: L’éthique de travail en Occident entre christianisme et super-héros. En Asie, rien de tout cela… nyves: yes! nyves: (bien entendu, aucun rapport avec un certain discours d’hier soir 🙂 ) nyves: je suis déjà dehors CATHERINE COSTE: Passionnant on écouterait Sébastien des heures….. nyves: @CATHERINE COSTE carrèment Ashka: @CATHERINE COSTE y a un épisode de Probablement ? Avec Lé, ça dure 5h je crois ^^ nyves: il reste combien de temps dans le conducteur? Ashka: Y a pas de conducteur, c’est en pilotage automatique, ils ont dit ^^ nyves: pour savoir si je me fais un café, sandwich! Pascal: Il n’est pas minuté, mais je peux aller voir ou on en est Taupo: 4-5 questions nyves: donc 2h 😉 Cleora: c’est la dernière partie pour clore sur le bouquin en général ^^ encore plus de 20 minutes j’imagine Ashka: +1h pour les imprévus =D nyves: on a le temps, y a pas école demain! Cosmos: hahahahha Cleora: https://images.unsplash.com/photo-1589820675999-b1fc94f318a3?ixlib=rb-1.2.1&ixid=MnwxMjA3fDB8MHxwaG90by1wYWdlfHx8fGVufDB8fHx8&auto=format&fit=crop&w=1887&q=80 Pascal: on voit l’influence de Bill Bryson CATHERINE COSTE: hum y aura un autre livre donc… nyves: je crois que l’asymétrie matière-antimatière c’est le truc le plus chelou de la physique en ce moment CATHERINE COSTE: Bill Bryson c’est une bonne influence ^^ Pascal: j’avoue Cosmos: un livre initiatique qui raconte son histoire, les pseudo sciences, l’astro puis la bio et il revoit tout … nyves: tout ceux qui en parle l’aborde avec d’énormes pincettes CATHERINE COSTE: sacrée question Johan Mazoyer 🪐: @nyves en vrai moi la matiere noire me fait vraiment bugger nyves: c’est pas la thèse qui était trending topic sur twitter? Taupo: si!!! Taupo: meilleur moment Cosmos: @CATHERINE COSTE mais taupo a aussi ecrit des livres et des theses non ? nyves: @Johan Mazoyer 🪐 : ben, on peut toujours se dire que la théorie a un trou nyves: mais l’asymétrie c’est trop chelou (vu de l’extérieur bien sur) Cosmos: c’est quoi l’histoire du trending topic twitter ? qqun peut en dire plus ? nyves: la thèse de Sébastien a été live tweeté Johan Mazoyer 🪐: Le live tweet de sa these à été tellement retweeté en “tendance” nyves: plein de commentaire Cosmos: ca y est je viens de prendre “Une histoire du monde sans sortir de chez moi – Bill Bryson” Pascal: pour moi, ce sont les hashtag les plus utilisé a moment donné nyves: putain, Dean Stockwell est mort! Cosmos: idris aberkan c’est une reference ou c’est du trolling ? Pascal: Je n’ai lu que “Une histoire de tout ou presque” Pascal: du trolling Ashka: @nyves oui :/ Bon, 85 ans, mais quand même … kaou: +1 sur les chercheurs avec toujours les mêmes questions nyves: @Ashka certe, mais bon quand mm kaou: (pas toujours les plus vieux, ceci dit) Cosmos: @kaou +1 ca me fait penser au debut de l’interview hihi nyves: @Ashka excellent dans le Dune de Lynch Ashka: @nyves j’en ai des souvenirs assez nébuleux … Mais Code Quantum ^^ Cosmos: il a dit quoi comme 3 sites pirates la ? archiv, scihub et ? nyves: yes carrèment Johan Mazoyer 🪐: librarie genesis c’est pour les bouquins de science Alexa: arXiv n’est pas pirate Pascal: Je n’ai jamais vu Code Quantum, j’avoue Ashka: Hoooooo nyves: je pense qu’il faut pas le revoir maintenant nyves: ca doit piquer un peu Pascal: on n’avais pas M6 quand j’etais gamin Pascal: du coup, je suis passé a coté de plein de truc nyves: mais à l’époque, c’etait mythique Ashka: (bon, j’ai tellement de truc à rattraper, je vais éviter de la ramener) Alexa: nous M6 est arrivé juste à temps 😀 Cosmos: @Pascal ah toi aussi t’etais dans les DOMTOM ? nyves: pire, dans l’est Alexa: oui je ne sais pas si ça a super bien vieilli Pascal: non, juste à la campagne, avec la tv hertzienne, pas de cable Ashka: Pas M6 en Belgique mais on y a eu droit quand même Johan Mazoyer 🪐: oui moi aussi pas la 5 et la 6 Johan Mazoyer 🪐: en idf Pascal: c’est terrible ces petits villages oO Ashka: @Alexa Babylon 5 à mal vieilli visuellement mais ça reste un must see nyves: (putain, si les ET tombent sur la Bible on est mal!) kaou: on le leur cache, pardi ! Pascal: il me semble qu’ils vont commencer par un discours de Hitler, non ? nyves: niveau radio oui CATHERINE COSTE: ben non c’est pas vrai CATHERINE COSTE: si c’est pas dynamique on s’endort Ashka: Mais enfin ?!?!? Sébastien > ASMR anytime nyves: lutin gay? but why? CATHERINE COSTE: lutin gay?!! euh….. Cosmos: c’est obligatoirement lui la bonne personne ! nyves: ah, Patrick Bau coeur coeur love love CATHERINE COSTE: sous forme de dialogue l’audiobook? Cosmos: avec une musique en fond comme sur sa chaine CATHERINE COSTE: Avec Etienne et Sebastien 😉 Ashka: @nyves oui, mais bon, pour ce livre, personne d’autre ne pourrait lire ce livre … nyves: yes Cosmos: hahaha c’est bien envoyé a la fin de renvoyer la balle aux biologistes kaou: ben Einstein nyves: Kubrick en serai capable! nyves: Magnifique! nyves: c’est la première citation de Ptolémé qu’on a, non? Cosmos: Dans 2 semaines, c’est qui l’invité , le livre ? nyves: @ps: Merci Sébastien! CATHERINE COSTE: Merci beaucoup !! CATHERINE COSTE: lol Cosmos: carassou est d’accord avec moi , vous avez essayé de debunker son livre … heureusement la fin etait moins tendu. nyves: @Cosmos biais de confirmation nyves: tu t’appelle Sébastien Carassou? Cosmos: @nyves biais toi meme 🙂 Ashka: @Johan Mazoyer 🪐 la semaine prochaine de dans 15 jours ? Alexa: dans 15J Cleora: pourquoi tu l’appelles “Carassou” par son nom de famille ?! x) nyves: pose lui toi même la questtion Alexa: sauf changement 🙂 kaou: bye quadrupleben: Bonne nuit Cleora: Bonne nuit 🙂 Ashka: à dans 15 jours et merci pour cette super émission nyves: a bientot les gens Cosmos: @Cleora bah c’est comme cleora, je dis cleora. c’est pas son pseudo de chaine youtube ? Cleora: nop’ c’est son nom de famille ^^ Ashka: @Cosmos sa chaine, c’est le Sense of Wonder Cosmos: Ah je croyais que c’etait Wonder son nom. c’est pas grave non ? Cosmos: Monsieur Sebatien Carassou, je devais dire . arf Cosmos: désolé Cosmos: voir dr carassou..
Hier, j’étais en train de payer un truc et j’ai oublié mon code de carte bleue… Ils venaient de me l’envoyer et j’ai encore du mal à m’en rappeler. Evidemment, j’ai tapé le code de l’ancienne ce qui m’a valu un regard suspicieux… Pourquoi donc je me rappelle par cœur du numéro de ma première copine alors que j’en ai plus besoin depuis 15 ans mais que je ne me rappelle pas de celui de ma carte bleu ? Nous sommes le 27 Octobre 2021 et c’est l’épisode 458, ce soir on parle mémoire sur Podcast Science !
« L’oubli […] c’est bien plutôt un pouvoir actif, une faculté d’enrayement dans le vrai sens du mot, faculté à quoi il faut attribuer le fait que tout ce qui nous arrive dans la vie, tout ce que nous absorbons se présente tout aussi peu à notre conscience pendant l’état de « digestion » (on pourrait l’appeler une absorption psychique) que le processus multiple qui se passe dans notre corps pendant que nous « assimilons » notre nourriture. Fermer de temps en temps les portes et les fenêtres de la conscience ; […] faire silence, un peu, faire table rase dans notre conscience pour qu’il y ait de nouveau de la place pour les choses nouvelles, et en particulier pour les fonctions et les fonctionnaires plus nobles, pour gouverner, pour prévoir, pour pressentir (car notre organisme est une véritable oligarchie) voilà, je le répète, le rôle de la faculté active d’oubli, une sorte de gardienne, de surveillante chargée de maintenir l’ordre psychique, la tranquillité, l’étiquette. On en conclura immédiatement que nul bonheur, nulle sérénité, nulle espérance, nulle fierté, nulle jouissance de l’instant présent ne pourrait exister sans faculté d’oubli. »
Nietzsche – Généalogie de la morale (datant de 1887 pour l’édition originale)
La Chatroom
Pascal: Bonjour @Twistchess
Twistchess: Hey
Alexa: Salut tout le monde !
pingpong et des questions: c’est memoire today ?
Cleora: Hey ! Oui 🙂
pingpong et des questions: @PS Pourquoi plus on est vieux plus nos souvenirs sont mieux placés cronologiquement dans notre mémoire alors que plus on est jeune plus on a l’impression que tous nos souvenirs sont là depuis toujours ?
pingpong et des questions: Juste pour info, il ny a pas de son
Pascal: On n’a pas encore lancé le live
Taupo: Bonsoir, je passe juste faire un ptit coucou en coup de vent
pingpong et des questions: @topau pour le moement pas de son dans la chatroom
Taupo: ah ben bim, ça m’a déconnecté-reconnecté
Twistchess: idem
Johan Mazoyer 🪐: bon elle est pas réparée la chatroom
Taupo: va falloir prévenir qu’il faut pas partager des images
Pascal: en même temps je te l’avais dis
Taupo: et c’est pour nimp url ?
Taupo: ah mais j’y suis pour rien, c’est @Johan Mazoyer 🪐
Taupo: c’est @johan le tueur!
Johan Mazoyer 🪐: hihihi
Pascal: je parlais bien à Johan 🙂
pingpong et des questions: l url mp3 marche mais sans son
Cleora: BackEnd fonctionnel ? yes 😮
Cleora: On nous entend là ? 🙂
pingpong et des questions: ca y est
Cleora: yes 🙂
Taupo: ouaip
Taupo: on vous entend bien
Pascal: Cool 🙂
Taupo: t’as déjà pris 1ère classe @Alexa ?
Twistchess: oui
Taupo: oui on t’entend manger des chips
Taupo: Pascal est super bas par rapport au reste du groupe
Alexa: oui @Taupo enfin pas la première la business
Alexa: deux hublots, full flat à 2gr pendant le vol
Taupo: @Pascal ta voix est basse
Alexa: (surclassement à chaque fois ou avec les miles vu que je vole beaucoup)
Taupo: on entend le générique ici
Taupo: un chouia plus fort
Taupo: mais quand même bien moins que les autres
pingpong et des questions: et c’est parisscience
Taupo: bon allez bonne émission tous!
Alexa: salut taupo
Alexa: bonne soirée !
Johan Mazoyer 🪐: ya pas grand monde ce soir 🙂
Pascal: ca fait bizarre
Pascal: Ils ont du oublier 😉
Johan Mazoyer 🪐: ahah
pingpong et des questions: @Johan Mazoyer 🪐 c’est les vacances scoalires
pingpong et des questions: @ps si un neurone mémorine le concepte Aline. Et un autre neurone représente blonde. quand on mémorise que aline est blonde ca fait un lien. Mais si les 2 neurones sont distants de 10cm, il va mettre 3 mois à pousser le neurone non?
Pascal: @pingpong et des questions c’est plus une question pour un neurologue, non ?
Alexa: voire un chercheur en neuro
pingpong et des questions: @Pascal et la on doit parler de la mémoire pas neurologue alors quoi ?
Pascal: J’ai l’impression que cleora est plus dans le coté psychologie que le coté neuro
pingpong et des questions: moi
pingpong et des questions: bravo
pingpong et des questions: @Alexa oui mais quand meme depuis quelques temps on arrete pas de dire que il y a un neurone par concepte et que les la mémoire c’est des liens entre ces neurones par synapse.. mais quid du temps que le neurone pousse jusqu’à l’autre …?
pingpong et des questions: il faut avoir une image pour tous les couples de chiffres pour doubler la longueur de la memoire court terme
Alexa: je ne suis pas spécialiste du sujet, mais de ce que je sais c’est bien plus compliqué que ça, si il a été démontré il me semble les dernières dizaines d’année de neurogén_se adulte, tu n’as pas un neurone qui apparait à chaque nouvelle information
pingpong et des questions: lili bese bien chez notre oncle fernand nestor
pingpong et des questions: Li Be C N O F Ne
Twistchess: dans un vieux podcast, il y avait celui pour les élements du tableau périodique des élements 🙂
pingpong et des questions: B
Twistchess: ah oui voilà @pingpong et des questions
pingpong et des questions: Que j’aime a faire connaitre un nombre utile aux sages
pingpong et des questions: immortel archimede
pingpong et des questions: 3. 1 4 1 5 9 …
pingpong et des questions: nombre de lettre par mot = un chiffre
Barenziah: bonsoir à tous 😁
Pascal: Salut @Barenziah
Alexa: salut barenziah!
Barenziah: on est vraiment en petit comité ce soir !
Pascal: @Johan Mazoyer 🪐 a priori, je ne l’ai pas inventé, mais comme il y en a une qui n’est plus une planete 🙂
Pascal: (ca me rassure, j’ai cru avoir vécu dans l’erreur tout ce temps)
Pascal: (mais que cette page est moche)
pingpong et des questions: non non
pingpong et des questions: Parler de mémoire à 22h c’est paradoxal, non ? Car mieux vaut dormir pour en connaitre !
Alexa: cette page est magnifique ! l’internet de 2000 *yeux en étoiles*
pingpong et des questions: mo moi moi
pingpong et des questions: 28753
pingpong et des questions: c’est comme quand quelqu’un te dit que pour aller au pantheon, il faut aller tout droit et tourner à droite à l’avant dernière rue …
Pascal: @alexa je dirais meme entre le 11 fevrier 99 et le 24 août 2006
Pascal: ca colle donc 🙂
Alexa: 😀
pingpong et des questions: @Pascal et les etoiles sont en 3D non ?
pingpong et des questions: Qui ici a appris une table d’association d’image pour les nombres de 0 a 100 ?
pingpong et des questions: sinon perso je suis plus amazon web service pour des raisons historiques
pingpong et des questions: @ps si 1 neurone = Jenifer , 1 autre neurone = blonde. Alors la memoire c’est une synapse entre les deux. Mais si ils sont distants de 10 cm ca va mettre 3 mois pour mémoriser ca non le temps que l’axone pousse …
Un dossier écrit de l’épisode 458 de Podcast Science !
Non pas une mais DES mémoires
Mémoire : un mot qui est devenu passe-partout
La mémoire c’est quoi ? C’est le fait de maintenir une information dans le temps et de pouvoir l’utiliser plus tard. Nos outils électroniques ont donc une mémoire. Car ils sauvegardent des informations. On parle de mémoire vive, mémoire flash, mémoire morte ou mémoire de masse. La mémoire en informatique, on pourrait s’y attarder. Mais on va se limiter à l’utiliser comme analogie pour comprendre la mémoire au niveau de la psychologie ; en essayant petit à petit de s’en détacher pour s’approcher de la réalité.
On pourrait également parler d’une mémoire collective et historique, où l’humain sauvegarde et raconte son passé. Ou encore d’une mémoire culturelle et familiale, où les parents transmettent comptines, secrets de famille et façons de voir le monde à leurs enfants. Une mémoire à l’échelle sociale et culturelle dont on n’évoquera pas. Je ne parlerai pas non plus de la mémoire à l’échelle biologique où l’information génétique est plus ou moins mémorisée au fur et à mesure des générations. Certains parlent aussi de mémoire immunologique, à l’échelle moléculaire. Bref. Nous, aujourd’hui, nous allons nous intéresser à l’échelle psychologique de notre mémoire, coincée entre le biologique et le social. C’est-à-dire notre propre mémoire individuelle, liée à nos connaissances, nos souvenirs, nos habitudes et nos automatismes.
Étymologie : de la Mémoire aux domaines d’apprentissage
Étymologiquement, tous les termes autour de mémoire et amnésie proviennent de la déesse grecque Mnémosyne, divinité de la mémoire donc. Et, comme beaucoup d’histoire mythologiques avec une femme à l’époque, Zeus est passé par là, en donnant 9 filles à la déesse. Ce sont les 9 Muses toutes liées à un domaine d’apprentissage. On essaye de les mémoriser ensemble ?
Clio : la glorieuse historienne (globe, livre écrit, trompette)
Uranie : la céleste scientifique (carte, rose bleue)
Polymnie : l’harmonieuse chanteuse de la rhétorique (poésie lyrique, penseuse)
Terpsichore : la théâtrale danseuse (mère des envoûtantes sirènes, lyre)
Euterpe : la plaisante musicienne (flûte, musique)
Thalie : la comique (lierre, masque comique, air jovial)
Melpomène : la tragique chanteuse (corne, masque tragédie, air grave)
Érato : la simple et romantique littéraire (cithare, roses)
Calliope : la grande héroïne poétesse (couronne de fleur, air imposant)
Figure 1 : Fresque des 9 Muses
Mémoire : objet de la psychologie cognitive
La mémoire est l’objet de la psychologie cognitive ; discipline de la psychologie qui s’intéresse à la cognition, c’est-à-dire tout ce qu’il y est lié aux connaissances et les processus mentaux autour. Et parmi tous ces processus mentaux, on a notamment la perception, l’attention ou la mémoire qui sont trois grands objets d’étude de base de la psychologie cognitive. Des processus qu’on sépare, mais qui s’entre-croisent et s’influencent entre eux. Par exemple, sans perception ni attention, il est difficile de mémoriser quelque chose. Cette organisation des processus telles des boîtes bien séparées est typique d’une certaine manière d’étudier la cognition ou la psyché humaine : c’est une description par une approche computationnelle.
Computation, c’est-à-dire un calcul, une opération ou plus grossièrement un algorithme qu’on pourrait coder comme dans un ordinateur. Car cette approche computationnelle reprend l’analogie que la cognition humaine soit similaire au fonctionnement d’un ordinateur. Avec des boîtes et des programmes bien séparés donc, entre la perception, l’attention et la mémoire par exemple. Mais aussi en sein de la mémoire. La psychologie cognitive différencie plusieurs mémoires différentes les unes des autres. Et ainsi de suite, au sein de toutes ces mémoires on peut détailler de boîte en boîte, de processus en processus, la cognition et la psyché humaine…
Alors quand quelqu’un vous dit « J’ai perdu la mémoire », vous pouvez lui répondre : « Laquelle ? » Même chose si quelqu’un vous dit qu’il a une mémoire de poisson rouge ou une mémoire d’éléphant. De quelle mémoire parles-tu ? De la mémoire sémantique, explicite ou implicite ? De la mémoire procédurale ? De la mémoire épisodique ?
Mémoire du Passé et mémoire du Présent
Mémoire à court terme Vs Mémoire à long terme
Figure 2 : les différentes « boîtes » mémoires selon l’approche computationnelle de la psychologie cognitive – courant dominant consensuel des neurosciences actuelles
Avant de citer toutes les mémoires une par une, on va y aller tout doucement. Boîte par boîte, de deux en deux. Vous allez voir, c’est très simple. D’abord on peut séparer une « mémoire du passé », d’une « mémoire du présent ». Ma dite « mémoire du passé» est celle qui retient les informations avec le temps. Par analogie, elle équivaut à une bibliothèque ou un disque dur. C’est ce qu’on se représente dans la vie courante quand on parle de mémoire. En terme scientifique on l’appelle mémoire à long terme.
Quant à ma dite « mémoire du présent», c’est celle qui retient l’information – juste là – sur l’instant pour pouvoir l’utiliser au présent. Concrètement, par exemple, pour lire une phrase je suis obligé de me souvenir des mots de la phrase pour en comprendre le sens. Par analogie, elle équivaut à un post-it ou un bloc-note avec lequel on va partout. Et par analogie de l’informatique, au lieu du disque dur, on parle alors de mémoire vive. En psychologie comme en informatique, on l’appelle mémoire à court terme.
Première distinction entre deux mémoires donc. On différencie :
la mémoire à court terme (le bloc-note, la mémoire vive – mémoire du présent),
de la mémoire à long terme (la bibliothèque, le disque dur – mémoire du passé).
Exemple : Tâche de Rappel Libre
Pour les mettre, en évidence et vous faire ressentir que ce n’est pas la même chose, on peut faire un petit jeu ensemble. Je vais vous dire une liste de mots. Et le but est juste de les mémoriser pour les restituer, peu importe l’ordre. Prêt·e ? Lumière Jardin Fiole Plume Dentier Koala Papier Abricot Regard Foule. Une liste de 10 mots choisis arbitrairement que je vais donc, maintenant, vous demander de restituer peu importe l’ordre.
Statistiquement, l’humain restitue davantage les premiers mots (Lumière Jardin Fiole) et les derniers mots de la liste (Abricot Regard Foule). En neurosciences, on l’explique par une distinction entre une mémoire à long terme qui a retenu les premiers mots – on parle d’effet de primauté – et une mémoire à court terme qui retient toujours les derniers en tête – on parle d’effet de récence.
Donc, pour la blague, si vous revenez d’une soirée et que vous vous souvenez que du début et de la fin, bah… vous pourriez en conclure que vous vous êtes sûrement bien amusé et bien relaxé car votre cerveau ne s’est pas foulé à retenir le moindre truc de ce qui s’est passé.
Figure 3 : Taux de Rappel en Tâche de Rappel Libre
Mémoire à court terme : empan limité
Mais pour autant. Même si on est le plus sobre et le plus concentré possible. Peut-on retenir les moindres détails de toute une soirée ? Dit autrement. Quelle est la taille de la mémoire à long terme ? Pourrait-on tout et n’importe quoi mémoriser ? Bah ça, concernant la taille de la bibliothèque, on n’en sait rien. En revanche, ce qu’on peut savoir c’est la taille de la mémoire à court terme, car on ne se balade pas avec toute une bibliothèque dans les proches. On se limite à un petit bloc-note ou un post-it. Selon vous, combien d’éléments peut retenir la mémoire à court terme ?
La réponse est 7 (Ehrlich, 1972). Ça peut être légèrement plus ou légèrement moins, mais en moyenne, l’humain peut retenir 7 choses en mémoire à court terme. Et peu importe la longueur ou la taille de ces choses, tant qu’elles prennent une seule place, un seul espace mémoriel sur les 7. (En psychologie on parle de « chunk ».) La mémoire à court terme, c’est 7 post-it. Et dessus on peut y mettre n’importe quoi. Même des trucs aussi compliqués qu’une photo d’une partie d’échecs, tant que ça a du sens pour la personne. Tant que ça a du sens pour la personne. Qu’est-ce que je veux dire par là ?
Je veux dire par là que, sur un seul post-it, on peut tout à fait retenir une syllabe, comme un mot, une phrase ou un discours logique. Tant que ça a du sens pour la personne, l’élément ne prendrait la place que d’un seul post-it sur les 7 en mémoire à court terme. Des exemples pour l’illustrer ?
Mémoire et mnémotechnie
Nouveau petit jeu. Essayez de retenir les mot suivants : car ; mais ; donc ; or ; et ; où ; ni. Vous avez reconnu les 7 conjonctions de coordinations. Chaque mot pris isolément prend la place d’un post-it en mémoire à court terme. En revanche, si on rassemble les 3 mots or, ni, car en un seul mot Ornicar ; là, au lieu de prendre la place de trois post-it, ça ne prend plus qu’un post-it ! Tant que ça a du sens pour la personne. Même chose, si vous rassemblez tout en un seul élément, ça ne prendra plus qu’un seul post-it en mémoire à court terme : c’est le cas pour la phrase « Mais où et donc Ornicar ? »
C’est ce qu’on appelle un moyen mnémotechnique : donner du sens à plusieurs éléments isolés pour les regrouper et mieux les mémoriser. Car la signification, les associations ou faire des liens même loufoques, tout ça est la grande porte d’entrée vers la mémoire à long terme. Autre exemple, vous rappelez-vous des 9 muses, filles de Mnémosyne citées en début de ce dossier ? J’imagine que non. La phrase mnémotechnique utilisée par les étudiants serait : Clame, Eugène, ta mélodie, terrible air polonais, ouragan calculé. Bon. Une peu alambiqué comme moyen mnémotechnique, il faut l’avouer. Une partie du début de chaque mot fait référence à une muse. De « clame » pour Clio à « calculé » pour Calliope (Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène, Terpsichore, Érato, Polymnie, Uranie, Calliope). Vous aussi vous connaissez des moyens mnémotechniques de ce genre ? N’hésitez pas à partager !
Du verbal mais aussi du visuo-spatial : des images !
Dessin d’un auditeur au live
Là on s’est focalisé à mémoriser des phrases. Donc, du verbal. Mais on peut faire ce même genre de petit jeu avec des images. Du visuo-spatial. Au lieu de retenir séparément plusieurs mots et d’en faire une phrase, vous pouvez tout à fait en faire une image logique ou très imaginaire et personnelle. Par exemple, si vous deviez retenir les mots suivants, trois, violet, course, 34, chien, espagnol ; on peut en faire une image d’un chien de course violet à trois pattes qui parle espagnol et portant le dossard numéro 34.
Une technique qui fonctionne très bien, je le répète, tant que ça a du sens pour la personne. La clé pour mémoriser c’est faire des liens : catégoriser, assembler, lier, associer !
À l’époque où nous n’avions pas internet ou des outils pour sauvegarder des trucs, il fallait bien utiliser notre mémoire pour pouvoir mémoriser. Côté verbal, on utilisait alors les comptines, poèmes et chansons par exemple. Et côté visuo-spatial, on utilisait les représentations mentales des pièces d’une maison, l’espace d’un damier ou des personnifications. Des techniques encore utilisées aujourd’hui pour surprendre et en faire tout un one-man-show (les mentalistes, illusionnistes, etc.).
Se représenter visuellement les 9 Muses
Par exemple, pour se rappeler plus facilement des spécificités des 9 muses, on peut se les représenter avec leurs symboles de manière exagérée, en plus de les catégoriser en petit groupe. Nous avons deux muses scientifiques. L’une est Clio déesse de l’Histoire et l’autre est Uranie déesse de l’astronomie, mathématique et plus généralement des sciences. Clio je me la représente alors par plusieurs Renault Clio, des plus anciennes au plus récentes pour rajouter le fait que ce soit la déesse de l’histoire. Ses attributs sont un livre écrit et une trompette. Donc on peut imaginer que toutes ces Clio soient tirées d’une photo d’un livre ouvert. Et sur le volant des Clio, il y a chaque fois une trompette de dessiner pour signifier le klaxon.
Quant à Uranie, je me la représente comme la planète bleue Uranus où sa surface est mappée comme une carte GIGN et sur laquelle est piqué un compas. Même chose pour les autres muses. Pour les deux muses poétesses, Érato est cupidon dénudé en train d’écrire une rose à la main et Calliope est un calme mais imposant cyclope tout droit sorti d’un film épique. Pour les deux muses du théâtre, Thalie est une muse taquine dansant et jouant avec du lierre. Et Melpomène est la muse tragique qui fait la gueule qui traîne des pieds, qui se « mal promène », pour se rapprocher phonologiquement de son nom Melpomène.
Il nous reste à représenter les trois muses musicales. Polymnie est une chorale polyphonique à elle seule, dont les éléments sont habillés en blanc, prêts à annoncer un serment en hurlant une même note harmonieuse. Terpsichore, lyre à la main, répète à ciel ouvert sa dance de manière théâtrale. Les deux pieds bien ancrés dans la terre, sa danse faisant union entre la psyché et le corps de Terpsichore. Enfin, je représente Euterpe comme une jeune fille réplique identique de Terpsichore, sauf qu’elle court partout et qu’elle joue de la flûte. Donc quand je veux l’appeler je doute qui appeler en disant : « euh.. Terp’ ? » Terp étant le début de Terpsichore. Et au moins je sais d’avance que les deux muses sont assez proche dans leur signification car toutes deux liées à la musique. Même des associations aussi tirées par les cheveux que ça, ça fonctionne. N’hésitez pas à utiliser votre imagination !
Figure 4 : On essaie d’apprendre les 9 muses par des associations ?
Méthode des lieux
Alors certes ça peut paraître un peu longuet à mettre en place. Mais c’est étonnamment très efficace. Le plus difficile est de se rappeler consciemment en allant chercher l’information. Quand on ne sait pas où chercher c’est compliqué. L’idéal est alors de positionner toutes ces représentations dans un lieu imaginé précis. Cette technique visuo-spatiale populaire est appelée Méthode des lieux. Connue au moins depuis l’époque des romains (A.Lieury, La mémoire humaine au fil de l’histoire, futurasciences.com), elle est surtout utile pour se rappeler d’une liste dans l’ordre, en utilisant l’espace de son habitation, où divers magasins dans une rue… Peu importe. Tant que ce sont, pour vous, des lieux connus. Dans une habitation par exemple, vous avez d’abord le hall d’entrée, puis peut-être une chambre, une cuisine et une salle-de-bain. Lorsque vous visitez ces lieux mentalement, l’idéal est de toujours garder le même ordre. Et puis dans ces pièces, vous y ajouter les éléments à mémoriser.
Par exemple, en entrant chez moi, je vois sur une petite étagère un livre ouvert avec une photo de plusieurs modèles de Clio dont une trompette dessinée sur chacun des volants. Et à côté, je vois un petit globe d’Uranus d’une surface dessinée en carte GIGN et sur lequel est piqué un compas. Les deux représentants les muses scientifiques que sont Clio et Uranie. Et on peut faire ça dans chaque lieu d’une pièce, la table, la chaise, la casserole, un lit, peu importe !
Dans la chambre je vois assis sur le lit, bien calé, un imposant cyclope en train de lire de la poésie. Sur son épaule, un petit Cupidon dénudé lit avec lui. Tous deux représentent Calliope et Érato déesses de la poésie. La première étant imposante ou héroïque et la seconde étant romantique voire érotique. Dans la cuisine, je vois deux sœurs opposées. L’une taquine et souriante dansant avec du lierre terrestre dans les main pour le cuisiner. L’autre, une spatule en bois dans les main pour chanter dedans l’air triste, la tête baissée, en faisant la gueule. Elle traîne des pieds par terre, elle se « mal promène ». Ce sont Thalie et Melpomène.
Enfin, dans le salon, où sur l’écran de télé est affichée une photo d’une chorale polyphonique prête à sortir un grand discours, il y a deux sœurs qui sont presque un copier-coller. La plus grande danse pieds nus les pieds plein de terre. Sa danse unissant corps et esprit. C’est Terpsichore. La plus petite court partout une flûte dans le bec. C’est Euterp. Et est affichée sur l’écran Polymnie déesse des grand discours.
Rappel : une modèle computationnel de boîtes délimitées et passives !
Ça va vous êtes toujours là ? Je ne vous ai pas perdu dans les limbes de mon esprit ? Par ces méthodes visuelles, on est arrivé loin d’une simple liste de mot à mémoriser de manière isolée. Au sein de la mémoire à court terme, on peut donc déjà différencier d’autres processus plus dynamiques dont l’un verbal et l’autre visuo-spatial sur les images. Cette distinction entre mémoire à long terme et mémoire à court terme reste en effet un modèle computationnel très simpliste qui remonte aux années 60 (modèle d’Atkinson et Shiffrin, 1968). Aujourd’hui, on ne parle plus de mémoire à court terme, telle une boîte passive, mais de mémoire de travail qui inclut ces différents processus, entre d’un côté une boîte verbale pour les mots et concepts abstraits et de l’autre une boîte visuo-spatiale pour les dessins et représentations concrètes.
Mémoire de travail : lieu d’apprentissage
Le très populaire modèle de Baddeley et Hitch (1974 puis 2000)
La mémoire de travail est un concept aujourd’hui répandu et consensuel en psychologie, tiré du modèle de Baddeley et Hitch (1974). Le modèle plus simple est composé de trois boîtes. Une verbale, une visuo-spatiale, et une troisième boîte qui gère les deux. Dans les termes scientifiques, la boîte verbale, utilisée pour des post-it avec des mots donc, est appelée boucle phonologique. La boîte visuo-spatiale, utilisée pour les post-it d’images, est appelée calepin visuo-spatial. Et la boîte qui gère les deux est appelée administrateur central, notamment liée à l’attention, la concentration, la planification.
Je ne vais pas m’attarder à vous faire un cours barbant dessus. Juste retenez qu’il y a plusieurs boîtes et qu’en neuropsychologie on arrive, avec plusieurs tests neuropsychologiques, à grossièrement évaluer la performance de chaque boîte chez les individus. En plus de ça, on a déjà de bonnes idées sur où est-ce que ça trouverait dans le cerveau. Ou en tout cas, on a une idée des différents réseaux neuronaux qui participeraient pour chaque boîte. Corrélats neurologiques :
Boucle phonologique : aire de Wernicke, de Broca, motrice et axones du faisceau arqué.
Administrateur central : cortex préfrontal (dorsolatéral, fonctions exécutives, attention)
Figure 5 : Schéma simplifié du modèle de Mémoire de Travail de Baddeley et Hitch (1974). Pour aller plus loin, les Effets ou Bais cognitifs liés à la présence de la boucle phonologique sont : effet de similarité visuelle ou auditive (poison ; poisson) ; effet longueur du mot (plus le mot est court plus il est facile à retenir) ; effet de catégorisation ; et plus difficile avec suppression articulatoire…
Si vous voulez un peu faire un nouveau petit jeu pour illustrer comment en neuropsychologie on évalue la mémoire de travail. Je vais juste vous demandez de rappeler une liste de chiffre après l’avoir entendue/lue une seule fois : 1, 6, 9, 5, 4. Puis en suite même chose, sauf que vous me rappelez les chiffre à l’envers, c’est-à-dire du dernier au premier chiffre : 3, 5, 7, 8, 2. Là c’est déjà plus difficile. On est obligé de garder en mémoire la liste entière pour se la rappeler à l’envers. Hé bah cette mémoire de maintien, c’est la mémoire de travail.
Porte d’entrée à mémoriser
Plus généralement, la mémoire de travail est la porte d’entrée pour ancrer des connaissances et souvenirs sur la durée. Elle est la mémoire du présent qui encode sur la mémoire du passé. Ou dit encore autrement, elle est un tas de feuilles de post-it dont on essaie de faire entrer dans la bibliothèque. Pour que ça marche on a plusieurs solutions. Soit on force l’entrée des post-it dans la bibliothèque par répétition. Genre si je veux apprendre que Melpomène est la déesse de la Tragédie et du Chant, je me répète constamment : « Melpomène est la déesse de la Tragédie et du Chant ». Comme si on apprenait pas cœur une leçon. D’ailleurs, plus ces répétitions sont espacées dans le temps, plus l’inscription à long terme dans le mémoire-bibliothèque est efficace. Donc quand, un enseignant vous dit ou vous disait qu’il est plus efficace de réviser sa leçon petit à petit et pas tout d’un coup juste avant les examens bah… ce n’est pas un mythe.
Donc, pour bien enregistrer en mémoire à long terme, soit on force l’entrée par répétition. Soit on essaie d’établir des liens avec ce qu’on sait déjà dans notre bibliothèque. Comme on l’a un peu fait visuellement avec les 9 muses par exemple. Outre la répétition, l’association d’idées est la grande clé de la porte d’entrée ! Ça permet de concrétiser les choses et pas que ce soit un truc par cœur isolé qui ne soit associé avec rien. Donc si vous voulez apprendre un tout nouveau domaine, prenez des analogies avec le domaine dont vous connaissez déjà. Si vous apprenez le basket et que vous connaissez le foot, utilisez vos connaissances en football pour calquer les nouvelles connaissances en basket-ball. Si vous apprenez la psychologie, prenez des exemples personnels pour apprendre les concepts abstraits. Si vous apprenez la biologie avec Taupo a.k.a. Pierre Kerner, souvenez-vous de la dernière blague associée à la connaissance qu’il vous transmet. Faites des liens, des interactions, des associations, des couples, des pairs, des catégories… C’est la grande clé de la mémoire. Et pas besoin que ce soit logique. Ça peut tout aussi être des liens bizarres. Tel un chien violet à trois pattes qui parle espagnol.
Troubles spécifiques des apprentissages
Bon dit comme ça, ça paraît simple. Mais pour certaines personnes, c’est une difficulté au point qu’elle soit handicapante. Ces personnes sont dites atteintes de troubles spécifiques des apprentissages. On les appelle aussi vulgairement les « Dys ». Mais si. Vous savez, les dyslexiques, dysphasiques, dyspraxiques etc. Bon. Hé bien, les concernant, un trouble spécifique des apprentissage est un dysfonctionnement cognitif, une altération des processus du traitement de l’information et plus particulièrement au niveau de la mémoire de travail. Dit autrement, si on devait trouver un nom au dysfonctionnement de la mémoire de travail ce serait les troubles « Dys », les troubles spécifiques des apprentissages. Genre la boîte verbale et la boîte visuo-spatiale se coordonnent mal avec l’administrateur central. On peut alors avoir des difficultés dans la lecture et l’orthographe, dans le calcul, dans le schéma corporel ou la motricité fine. En clair, tout ce qui touche à l’apprentissage.
Figure 6 : spectre des troubles spécifiques des apprentissages
Et là on pourrait se dire : « mais ils n’apprennent rien alors ? Genre ils n’encodent rien en mémoire ? Ils n’ont aucun souvenir aussi ? » Alors. C’est un peu plus compliqué que ça. Là on parle d’apprentissage qui nécessite de l’attention. C’est-à-dire d’être concentré sur quelque chose pour apprendre un pattern, un mouvement, une lecture. En étant attentif aux nouveaux éléments on créé des liens avec ce qu’on sait déjà, et on répète ce nouveau pattern pour l’apprendre. Répétition et la création de liens ou d’associations d’idées sont deux clés pour la porte d’entrée. Ça on l’a vu. Mais ce ne sont pas les seules clés disponibles.
Rôle de la Mémoire
La motivation et la curiosité sont aussi d’autres clés essentielles pour booster l’envie d’apprendre et de mémoriser. Quant à la grosse vague d’une forte intensité émotionnelle, avec elle pas besoin de clé. Elle défonce la porte d’entrée de la bibliothèque quitte même à tout chambouler et faire ressortir des vieux dossiers. C’est le cas lors d’événements traumatiques, ou juste des événements émotionnellement marquants, comme rencontrer son premier amour, réussir la première fois à traverser Paris en voiture ou bien avoir traversé une période aux portes de la mort (Tyng et al. , 2017, https://doi.org/10.3389/fpsyg.2017.01454).
Figure 7 : L’analogie d’un cerveau-mémoire-bibliothèque = boule de cristal pour prédire l’avenir
En résumé, les grandes clés de la mémoire sont : la répétition, l’association d’idées et la motivation. Voire éventuellement les émotions mais ça, c’est déjà davantage dépendant du contexte.
Mais pourquoi apprendre des trucs ? Pourquoi se souvenir d’événements traumatisants ? Pourquoi a-t-on même une mémoire ? À quoi ça sert ? Je veux dire que… moi j’aimerais bien revoir indéfiniment une série que j’ai adoré. Redécouvrir encore et encore le goût du chocolat. Ou réapprendre à connaître une personne géniale. Pourquoi on stocke des choses en mémoire ? Pour être plus efficace ? Oui. Pour être plus rapide dans nos décisions ? Oui. Pour automatiser des choses redondantes ? Oui. En clair, c’est pour notre survie et nous faciliter la vie. En fait, la mémoire des choses passées nous sert à prédire l’avenir. Ouais… mon cerveau… votre cerveau, notre cerveau est une gigantesque mémoire, une boule de cristal pour pouvoir lire l’avenir…
Par exemple, si petit j’ai été attaqué par un chien violet, ça s’est fortement marqué en mémoire. Aujourd’hui j’ai alors peur des chiens et les choses violettes me mettent mal à l’aise. Car mon cerveau, ma mémoire, ma boule de cristal me dit qu’il y ait de grande chose que ce soit un danger. En gros, ici, l’exemple est la création d’une phobie.
Oubli et Consolidation
De la mémoire à court terme aux mémoires à long terme
Jusque là on a parlé de la mémoire du présent, c’est-à-dire la mémoire de travail qui s’apparente à une mémoire vive. Elle nous sert à encoder en mémoire des choses mais aussi à retrouver dans notre bibliothèque des choses. Encodage et Restitution des données passent par la mémoire de travail. Peuvent perturber ce mécanisme quand on a un trouble spécifique des apprentissages, un trouble attentionnel, un trouble de l’humeur telle une dépression ou qu’on soit sous l’influence d’une substance, de l’alcool ou de médicaments.
Encore une fois, la mémoire de travail est l’entrée pour pouvoir encoder en mémoire sur la durée. De nos post-it, on doit tout remettre dans l’ordre et consolider tout ça en bibliothèque, c’est-à-dire en mémoire à long terme. Et ça, c’est le rôle du sommeil. Ouais car on a vu qu’on pouvait s’y forcer par répétition en insistant dessus. Mais le processus naturel qui écrit en bibliothèque serait bel et bien le sommeil.
La nuit porte conseil.
Le rôle du Sommeil dans l’oubli et la consolidation
Outre le repos physiologique, un des grands rôles du sommeil est de passer le cerveau au karcher. Ça va, vous avez l’image ? Durant la nuit, non seulement le liquide céphalo-rachidien nettoie davantage le cerveau de ces déchets, mais en plus le cerveau lui-même se sépare des synapses inutiles et se réorganise de manière plus ordonnée. Les synapses ce sont les prolongements des axones qui sont les câbles pour connecter tout le monde. Et bah, durant la nuit, le cerveau recâble un peu tout ça. Dit autrement, le cerveau se met à neuf pour la prochaine journée. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, le cerveau est donc plus actif… la nuit… pendant le sommeil…
Le fait que le sommeil soit important pour la mémorisation a été testé mainte et mainte fois. Pour la consolidation en mémoire donc. Mais aussi pour l’oubli ! Juste pour prendre l’exemple d’une expérience parmi d’autres, celle de Draganich et Erdal (Draganich et Erdal, 2014, https://doi.org/10.1037/a0035546 ; Rauchs et al., 2011 ; Chaîne Youtube BrainWhy) a testé sur plus de 150 étudiants quel est l’effet d’une nuit blanche par rapport au sommeil sur une série de mots dont on demandait à chaque mot de retenir ou oublier. On avait alors deux groupes. Le premier dormait normalement. L’autre a vécu une nuit blanche après la tâche cognitive. Le lendemain on a demandé de restituer les mots qu’ils avaient appris. Mais le plus intéressant, c’est qu’après 3 jours de vie quotidienne normale, les deux groupes se souviennent des mots à retenir ! La seule différence c’est que ceux qui ont fait une nuit blanche se souviennent aussi des mots à oublier.
Autrement dit le sommeil sert à consolider les connaissances utiles, mais surtout oublier les inutiles !
Elagage des neurones
Ainsi, grossièrement, durant l’éveil le cerveau renforce certaines synapses. Et durant le sommeil, le cerveau réorganise et élimine des synapses indésirables. (Hypothèse de Tononi : homéostasie synaptique ; Gilestro, Tononi et Cirelli, 2009, https://doi.org/10.1126/science.1166673). L’oubli est donc très concret à l’échelle de la cellule et de la biologie du cerveau. C’est de ça que veut parler le neuroscientifique argentin Rodrigo Quian Quiroga quand il a écrit un bouquin sur La Machine à Oubli. Le cerveau mémorise des choses, certes. Mais est aussi fait pour oublier. Et ce, que ce soit au niveau psychologique ou cellulaire au niveau des neurones donc.
Intérêt d’oublier
Pourquoi on oublie ? Car si on se souvient de tout, on peut difficilement généraliser les événements. C’est la principale explication. On revient toujours vers une psychologie évolutionniste. C’est pour notre survie qu’on oublie des détails en généralisant les souvenirs. Par exemple, si j’ai été attaqué par un chien violet quand j’étais petit, à l’avenir je ne vais pas avoir peur de cet exactement même chien violet à trois pattes, en été avec le soleil trois-quart face, et quand je portais mon t-shirt bleu et mes chaussettes rouges. Le cerveau ne vas pas retenir le souvenir comme un souvenir unique avec tous ses détails. Ce n’est pas le but de la mémoire. Le rôle de la mémoire est de généraliser pour mieux prédire l’avenir. Le cerveau généralisera alors l’événement à : chien = danger. Et potentiellement : violet = danger également. Encore une fois, c’est pour maximiser les chances de survie.
Les mémoires sont des conjonctions de coordination
Figure 8 : schématisation du concept d’engramme, d’un réseau d’une petite population de neurones
La mémoire n’est donc pas un simple disque dur, comme on pourrait le vulgariser. La mémoire change sans arrêt, oubli, reconsolide, créé des nouvelles connexions. Les synapses ne sont jamais exactement les mêmes jour après jour. C’est organique quoi ! Et pas tout dur, solide immuable et informatique. On sort d’une approche computationnelle de la cognition par des boîtes immuables ; pour arriver à une approche connexionniste de la cognition, où tout processus cognitif est un réseau de neurones, plus ou moins parsemé dans le cerveau, et qui s’adapte en fonction des contraintes imposées.
Par exemple, la mémoire à court terme n’est pas qu’une seule boîte passive ; mais une mémoire de travail en plusieurs processus dynamiques qui s’entrecroisent entre une boucle phonologique qui relie aire de Wernicke et aire de Broca par le faisceau arqué (ce sont des zones cérébrales), un calepin visuo-spatial plus sur les aires pariétales et visuelles et un administrateur central côté cortex préfrontal. Et tout ça relié comme un réseau bordélique qui formerait une unité qu’on appelle la mémoire de travail.
Le cerveau, c’est davantage une ville vivante dont les rues changent, se ferment, se dévient ou deviennent des boulevards, avec des adresses plus au moins reliées avec l’extérieur. On a même d’énormes campus quasi-autonomes, comme des petites villes dans la ville. N’oublions jamais qu’un neurone est là et sera toujours là sauf maladie. Et ce sont les synapses, c’est-à-dire les extensions des câbles, qu’il peut modifier à foison. Un neurone peut se connecter facile à des dizaines de milliers d’autres !
La toile d’araignée neuronale
Et c’est la même chose quand on mémorise quelque chose en mémoire à long terme. On ne créé pas de neurones. Non. On créé de nouvelles connexions. La mémoire – comme de nombreuses choses en psychologie – est une question de réseau neuronal pas une question de quantité de neurones. C’est pour ça que j’ai appelé mon dossier « Mais où est donc ma mémoire ? » La mémoire c’est pas un lieu où on entasse des choses. Non. La mémoire ce sont des conjonctions de coordinations, des « Mais où est donc Ornicar ? », entre plusieurs neurones.
Et ces réseaux de neurones comme des traces mémoriels, des traces mnésiques neuronales, on appelle ça un engramme. Ça peut être très étendu dans le cerveau comme très localisé à une petite population de neurone comme l’a proposé une étude du même neuroscientifique argentin Rodrigo Quian Quiroga. Il a montré que seuls quelques rares neurones semblaient être spécifique à l’évocation de Jennifer Aniston (2005, https://doi.org/10.1038/nature03687). Tous ces engrammes, c’est-à-dire toutes ces traces mnésiques neuronales sont donc l’échelle cellulaire de notre mémoire à long terme, de notre bibliothèque.
L’Hippocampe : zone cérébral essentielle à la mémoire
Reprenons justement notre analogie des post-it et de la bibliothèque ; et revenons sur le rôle du sommeil dans la consolidation des mémoires. Le sommeil a donc le rôle de reprendre tous les post-it de la journée pour les réorganiser et les intégrer parmi les livres de la bibliothèque. En clair, c’est un peu l’accueil, le vigile ou le péage à l’entrée de la bibliothèque qui se met à faire son boulot pour trier tout ça. Et ce fameux péage est la fonction d’une zone très particulière du cerveau : l’hippocampe. Endroit totalement nécessaire et essentiel à la mémoire. C’est une partie du cortex cérébral – du lobe temporal pour être plus précis – au centre du cerveau qui s’enroule comme un hippocampe.
Si vous voulez localiser l’hippocampe, j’ai deux images à vous partager. La première c’est celle d’un champignon de Paris quand on le coupe sur la longueur. En haut, les extrémités du chapeau du champignon s’enroule en escargot vers l’intérieur, vers le pied du champignon. Hé bah les hippocampes gauche et droite chez l’humain sont à cet endroit là. La seconde image est celle des jumelles faites avec nos propres mains. Allez-y, imitez des jumelles devant vos yeux en faisant deux ronds avec vos deux mains. Normalement vous joignez votre pouce avec les autres doigts de la même main de telle sorte que ça fasse un rond. Hé bah… si le cerveau était vos mains avec d’un côté l’hémisphère droit et de l’autre l’hémisphère gauche, l’hippocampe serait l’ongle de votre pouce.
Ondes lentes : Théorie cognitive du sommeil
Selon cette théorie cognitive du sommeil – qui commence à avoir quelques données causales dans son sac (Boyce et al., 2016, https://doi.org/10.1126/science.aad5252) – l’hippocampe serait le vigile des post-it pour les intégrer dans la bibliothèque. Bon je reste au conditionnel, car la majorité des preuves viennent des souris, pas chez l’humain.
Ainsi, durant le sommeil, l’hippocampe ferait revivre ces post-it. Ouais littéralement. L’hippocampe reprend chaque souvenir et appuie sur le bouton « replay ». Une répétition cette fois-ci inconsciente donc, pour consolider ou oublier. En effet, s’ils sont intéressants à garder en bibliothèque, alors l’hippocampe va littéralement écrire, encoder et consolider le souvenir dans les zones les plus spécialisées du cortex cérébral (Figure 9 : Hypothèse de Born).
Par exemple, si le post-it est une image, ce sont les aires visuelles qui sauvegarderont la majorité du souvenir. Si cette image représente plusieurs versions historiques d’une Renault Clio, le souvenir sera associé à ce qu’on sait déjà d’une Clio. De plus, comme l’image à un sens sémantique, une trace mnésique sera aussi certainement retrouvée du côté du lobe temporal. En gros, l’hippocampe c’est google map des souvenirs et mémoires. Il connaît bien chaque rayons et catégories de la bibliothèque.
Plus précisément, ce serait durant le sommeil profond avec les ondes cérébrales très amples et lentes que cette généralisation et consolidation en mémoire se ferait (e.g., Mathieu Landry, neuroscientifique spécialiste de l’hypnose médicale). Si cela ne vous parle pas, je vous renvoie à mon dernier dossier autour du sommeil et de l’hypnose en épisode 456. En revanche, pendant le sommeil paradoxal autre chose se passe. Il y a bien une mémorisation consolidée mais d’un autre registre. Du registre moteur. On aurait alors deux mémoires à long terme à dissocier. L’une spécifique à la motricité, consolidée pendant le sommeil paradoxal, et l’autre spécifique à la cognition, consolidée pendant le sommeil lent.
Les Mémoires à long terme
Mémoire déclarative (explicite) Vs Mémoire non-déclarative (implicite, procédurale)
Hé bien c’est ce qu’on différencie réellement en psychologie cognitive. Avec d’un côté une mémoire qu’on peut se représenter mentalement voire mettre des mots dessus, on l’appelle explicite ou déclarative ; et de l’autre une mémoire qu’on ne peut pas se représenter mentalement car c’est une mémoire motrice, de comportements, d’habitudes et d’automatismes. Une mémoire implicite dite procédurale (cf. Figure 2 ; Cohen et Squire, 1980 ; Graf et Schacter, 1985).
Bon ça commence à faire beaucoup de termes peut-être trop compliqués. Reprenons. On différencie plusieurs mémoires. Une mémoire de travail qui équivaut à une mémoire vive et une mémoire à long terme qui équivaut au disque dur. Et parmi la mémoire à long terme, on en différencie plusieurs. Une mémoire-disque-dur motrice et une mémoire-disque-dur cognitive. On appelle la première, mémoire procédurale et la seconde mémoire déclarative.
Mémoire procédurale : la plus ancrée en nous
La mémoire procédurale, la mémoire de la motricité et des habitudes donc, est la plus solide et ancrée en nous. Simple exemple, quand vous faites du vélo, vous ne pensez plus à quels muscles il faut contracter pour avancer et tenir en équilibre. C’est devenu automatique pour la vie. Pareil pour marcher, tenir un objet ou lever les bras en l’air. C’est tellement ancré en nous que c’est la mémoire la plus résistante à des pathologies. Sauf pour une maladie génétique très spécifique qu’est la démence d’Huntington.
La démence par définition c’est une maladie neurodégénérative où on perd des neurones. La démence la plus connue est la maladie d’Alzheimer qui est une démence généralisée à tout le cerveau. Et même si c’est une démence généralisée, c’est la mémoire procédurale qui est la dernière touchée.
Figure 11 : quand la maladie d’Alzheimer se voit.
Des mémoires différentes. Des lieux anatomiques différents.
En fait, la mémoire motrice – dite mémoire procédurale – et mémoire cognitive – dite mémoire déclarative – n’ont pas les mêmes réseaux de neurones, ni les mêmes structures cérébrales impliquées. Vous vous rappelez de l’hippocampe : la structure au milieu du cerveau qui se recroqueville comme le chapeau d’un champignon de Paris ? L’hippocampe est une structure typique de la mémoire déclarative. Alors que pour la mémoire procédurale c’est le striatum voire le cervelet. Le striatum est une autre structure à l’intérieur du cerveau – dite sous-corticale – mais qui n’est pas du néo-cortex cérébral. En fait, au milieu du cortex il y a plein d’attroupements de neurones qui formeraient presque des organes à eux seuls. La striatum est une grosse structure au dessus de l’hippocampe qui fait partie de ces dits ganglions de la bases (rotation 3D par ici pour le localiser !).
Autrement dit, la mémoire procédurale fait partie des plus anciennes régions cérébrales à l’échelle de l’évolution de l’espèce. Alors que la mémoire déclarative, comme l’hippocampe est sur le néocortex, qui est quelque chose de plus récent déjà.
Figure 12 : Dans « Le monde de Némo » Dory souffre d’amnésie antérograde. Genre si elle n’a pas d’hippocampe dans son cerveau ça ne m’étonnerait pas.
Donc si on dérègle le striatum, on a des troubles moteurs. Et si on dérègle l’hippocampe on a des troubles de la mémoire. Et l’hippocampe est déjà bien plus vulnérable que le striatum. La maladie d’Alzheimer commence à dégénérer au niveau de l’hippocampe. Pareil, le syndrome de Korsakoff causé par l’alcool, c’est l’hippocampe qui est touché. Et quand l’hippocampe est malade, on a du mal à encoder. C’est-à-dire qu’on a du mal à se créer de nouveaux souvenirs. On appelle ça une amnésie antérograde. Si ça ne vous parle pas, pensez au poisson bleu Dory dans « Le monde de Némo ». Dory ne se souvient même pas de quoi elle disait juste avant. Bah, ça, c’est une amnésie antérograde totale. Genre… Dory a toujours l’impression de vivre pour la première fois un événement.
Mémoire épisodique Vs Mémoire sémantique
Récapitulons. On a une mémoire de travail et une mémoire à long terme. Parmi cette mémoire à long terme on a une mémoire motrice et une mémoire cognitive. Et enfin, dernière distinction de deux boîtes, parmi la mémoire cognitive – dite mémoire déclarative – on différencie mémoire épisodique et mémoire sémantique (Endel Tulving, 1972).
La mémoire épisodique est la mémoire des événements contextualisés avec des émotions. C’est ce qu’on appelle vulgairement un souvenir du passé. La madeleine de Proust. La première fois que vous avez brillé en société. Le pire moment de votre vie dont vous avez honte. Le premier amour ou ce que vous avez fait la veille. C’est une mémoire subjective centrée sur soi et ses émotions. Alors que la mémoire sémantique est une mémoire objective et décontextualisée. C’est la mémoire des définitions des mots et des concepts abstraits.
Ainsi si je vous demande qu’est-ce qui est jaune, presque en forme de ballon de rugby, et qui est acide ? Je suis un agrume. Je suis un fruit. Je suis ? Je suis ? Hé bien ce genre de question fait travailler la mémoire sémantique.
Si on devait reprendre notre analogie de la bibliothèque on aurait alors trois parties. Une salle de sport avec des programmes automatiques sur la motricité. Et une énorme salle très légèrement divisée en deux. Avec à l’entrée des actualités, des souvenirs colorés et émotionnels en rapport avec la mémoire épisodique. Et tout le reste étant des livres bien classés et rangés dans des rayons de connaissances. C’est la mémoire sémantique.
Figure 13 : Modèle MNESIS (Chemin de la mémoire, 2008) d’Eustache et Desgranges qui résume un peu tous les processus mémoriels connus en psychologie cognitive.
Un continuum de mémoires
Après, encore une fois, comprendre les mémoires comme des boîtes immuables reste un modèle simpliste. On l’a vu avec la mémoire de travail, ou les réseaux de neurones qui changent jour après jour. Là, c’est pareil pour les mémoires à long terme. En fait, mémoire épisodique et mémoire sémantique sont davantage un continuum. Chaque souvenir contextualisé et subjectif de la mémoire épisodique tend à être généralisé et décontextualisé pour entrer en mémoire sémantique. Ainsi on ne sait plus s’il faisait beau, si c’était le mois de Mai, le mois de Novembre ou bien un Lundi comme nous chante Jean-Jacques Goldman. On ne se souvient que du fait de manière décontextualisée : « Souviens-toi / Était-ce mai, novembre, ici ou là ? / Était-ce un lundi ? / Je ne me souviens que d’un mur immense / Mais nous étions ensemble, ensemble nous l’avons franchi »
Ainsi comment s’appelle l’une des 9 Muses qui est la Déesse du Chant et de la Tragédie ? Est-ce encoder en mémoire à long terme ?
Aujourd’hui petite chronique des Zozios colorée. On va parler d’un oiseau qui, pour les occidentaux, vient d’ailleurs. Un oiseau tout vert. Un alien de nos contrées. Je vous présente la Perruche à Collier, de son nom latin Psittacula krameri. Psittacula voulant dire perruche, ou plus particulièrement perroquet. Mais là on va pas faire la différence sinon on part pour un sacré débat. Disons que ça fait référence aux oiseaux colorés à bec crochus qui savent imiter notre parler. Et krameri fait référence à un naturaliste allemand du XVIIIème siècle. Un certain Wilhelm Heinrich Kramer. Aujourd’hui, cette perruche toute verte, pullule en nombre dans nos villes. Pourquoi ? Bah parce que l’être humain on a laissé échapper quelques-unes. Et puis comme elles s’y sont plu et se sont installées dans nos contrées.
Et pas qu’un peu hein. On parle de plus de 87 000 individus en Europe. 87 000 (Le Louarn & Clergeau, 2017 ; Strubbe & Matthysen, 2017). France, Belgique, Suisse, Royaume-Uni, Italie, Espagne et j’en passe. Tout le monde est touché. Même l’Iran, l’Australie, les États-Unis, Singapour ou le Japon.
Origine des aliens
À l’origine, cette perruche verte vient d’Afrique et d’Asie. Plus particulièrement d’Afrique sub-saharienne du Sénégal au Centrafrique en passant par le Ghana, le Togo ou le Bénin par exemple. Ça c’est du côté africain. Mais aussi grossièrement de toute l’Inde du côté de l’Asie. Et puis, il y aurait quatre sous-espèces à différencier mais là on va pas s’en soucier.
Pour vous représenter visuellement la Perruche à Collier, elle est toute verte de la tête aux pieds. Et pas un vert foncé. Un bon vert clair presque fluo comme on pourrait l’imaginer pour n’importe quel perroquet coloré. Son bec est rouge pétant en plus. Le pourtour de ses yeux aussi. Enfin, le mâle à la gorge noire qui s’étale en fin collier autour du cou. Un collier noir donc, doublé d’un léger rose.
Alien de compagnie à Oiseaux sauvages
C’est pour ces couleurs vives, et sa curiosité d’imiter les sons humains, que cette perruche est arrivée sur nos contrées. L’humain le voulait comme animal de compagnie. Et le veut toujours d’ailleurs, comme bon nombre de perruches et perroquets. Un marché qui vaut des milliers de milliards de dollars, de Singapour au Qatar. Par année, ce serait 4 millions de perroquets déportés de leur milieu naturel. Ce qui représenterait 2/3 des perroquets du monde ! (Menchetti et al., 2015) Alors au milieu de tous ces convois, pas étonnant qu’il y en ait un ou deux qui s’échappent pour de nouveaux espaces à coloniser. Parmi toutes ces espèces, la Perruche à Collier est celle qui s’est le plus rapidement éparpillée.
Sur Paris, la première sortie viendrait d’Orly, en 1974. Et rebelote dans les années 90, sans compter les accidents d’oiseaux libérés ici et là par je ne sais qui (P.Gensel, Le Monde, 25 Août 2021). Du côté de Bruxelles, bien qu’il y ait eu des rapports de l’espèce en 1966, on garde en tête l’événement de 40 individus échappés du Zoo de Bruxelles en 1974 (Meli Park Heysel ; Strubbe & Matthysen, 2017). Coïncidence… 1974 : colonisation à la fois de Paris et Bruxelles la même année. Y-aurait-il un complot de perruches et perroquets ?
Invasions des aliens
Sur Paris ou Bruxelles, d’une cinquantaine échappée, on en est donc arrivé à des milliers aujourd’hui. Alors ouais c’est sûr… dans les villes où il n’y a que des pigeons gris ou des moineaux marrons, voir un tel oiseau exotique coloré, ça peut faire rêver. Mais… en plus d’être particulièrement bruyant… c’est qu’il est train de pulluler… En Île-de-France, autour de Paris donc, on en comptait un peu plus de 1000 en 2008. 2700 en 2012. 3000 en 2013. À plus de 5 000 en 2016. Aujourd’hui en on dénombrerait 8 000 tout comme autour de Bruxelles. (Lenancker & Clergeau, 2014 ; LPO, Mars 2021).
Même phénomène dans de nombreuses villes européennes, Londres avec des dizaine de milliers d’individus, mais aussi Lille (le millier d’individus), Nancy, Toulouse, Le Havre ou Marseille (le millier d’individus). Et ces aires de répartitions commencent à s’étaler au-delà des villes (Lenancker & Clergeau, 2014). De Paris par exemple, l’oiseau est arrivé à se nicher au fin fond de l’Oise.
On parle alors d’Invasive Alien Species (IAS) ; Ou bien d’Espèce Exotique Envahissante (EEE).
Espèce Exotique Envahissante
Espèce dite « Alien » parce qu’elle vient d’ailleurs. Donc exotique dans le sens d’espèce exogène, d’espèce étrangère par rapport à l’environnement. On parle de populations férales pour décrire ce genre d’êtres vivants normalement en captivité mais introduits dans la nature artificiellement.
Donc si vous voulez en voir, au lieu de s’en doter un pour quelques dollars, il suffit d’aller à la plus proche grosse ville et de traîner dans les bars… enfin… je veux dire dans les parcs. Parcs, jardins, tant qu’il y a des arbres. Visez les lieux à mangeoires. Ou bien les gros platanes. Suffit aussi de tendre l’oreille. Ils font un boucan très typique à coup de « kiak kiik kiik ». Et ça y est, vous voici arrivé dans une forêt tropicale africaine.
Espèce Exotique Envahissante
On a rapidement évoqué ce qu’est être « exotique », mais qu’est-ce qu’être « envahissant » pour une espèce animale ? Genre elle prend toute la place ? Bah oui, c’est un peu l’idée. Même si le terme envahissant peut porter à confusion. Car si on devait décrire l’espèce animale la plus envahissante… ce serait l’Homo sapiens.
On définit grossièrement une Espèce Exotique Envahissante toute espèce provenant d’ailleurs qui prend place dans un environnement dont il n’est pas issu. L’exemple typique qu’on connaît en France métropolitaine c’est le frelon asiatique. L’espèce participe à la lutte pour la nourriture et la lutte pour un territoire (Strubbe & Matthysen, 2017 ; Le Louarn & Clergeau, 2017). Elle occupe donc une place qui n’était pas le cas avant, au point d’être en compétition avec d’autres espèces locales.
C’est de ça on parle, quand on parle d’espèce exotique envahissante. Et l’inquiétude est que cette espèce exotique puisse prendre à la fois l’habitat et la nourriture d’une espèce déjà locale. De prendre la place de la niche écologique au point de faire disparaître l’espèce locale. Un exemple ? Celui de l’écrevisse locale à pattes blanches qui perd du terrain fasse à l’écrevisse de Louisiane (Marie Wild, https://youtu.be/sSD95gWkWLo). En effet, les espèces exotiques envahissantes sont un des plus importants facteurs contre la biodiversité, aux côtés du réchauffement climatique et de la pollution. Et si c’était aussi le cas avec la Perruche à Collier ? Et si elle prenait la place d’autres espèces au point de les éradiquer ? Aura-t-on un jour en ville que des oiseaux tout vert à la place des pigeons et moineaux ? Ce serait ça le « greenwashing » ? On remplace tous nos oiseaux par des perruches vertes ?
Perruche à Collier
De quoi s’inquiéter pour la biodiversité ?
Ces questions sont étudiées dans plusieurs villes européennes. Je vais ici évoquer des études suivies sur Paris (Le Louarn & Clergeau, 2017) et Bruxelles (Strubbe & Matthysen, 2017). Comment on observe la place prise par les Perruches à Collier au quotidien parmi l’environnement ? Bah on regarde où elle niche en dénombrant les sites de reproduction sur plusieurs années. On note aussi, si ce sont des sites normalement prisés par d’autres animaux. On regarde aussi comment Perruches et autres oiseaux se comportent autour des sources de nourriture, notamment des mangeoires. Ouais. Les mangeoires c’est leur principale source de nourriture à nos perruches pour l’instant.
Monopolisation de la ressource
Autour de celles-ci, si une perruche arrive, bah les oiseaux présents n’ont qu’à se pousser. Une Perruche à Collier ça fait 40 cm de long. Mésanges et moineaux sont autour de 15-20 centimètres. Si on remet ça à notre échelle, c’est comme si vous mangiez au restaurant à une table tranquillement, et que tout à coup quelqu’un de 4 mètres de haut, tout vert, baraqué comme 4 fois votre poids arrivait à votre table et vous demandait de lui laisser votre place.
Genre vous mangez tranquillement et un géant vert ou un Hulk débarque en face de vous affamé. Vous faites quoi ? Vous restez ou vous courez ? Bah les petits oiseaux, eux, préfèrent s’envoler et attendre leur tour sur une branche aux alentours (Le Louarn & Clergeau, 2017). Sur toutes les interactions inter-espèces avec les Perruches à Collier, la majorité se limitent à cela. Une gêne pendant la nourriture, car le Hulk vert s’impose. Et si les petits oiseaux s’interposent, bah la ou les perruches parisiennes – car elles sont rarement seules – gagnent dans plus de 75 % des cas.
Après… Il faut toutefois souligner que ce comportement de compétition ou monopolisation de la nourriture est commun dans la nature. On retrouve ça dans chaque environnement entre différentes espèces animales. Ici, avant même que les Perruches Hulk-Verts soient là, on avait déjà les gros Pigeons, les imposantes Tourterelles ou les agaçantes Pies Bavardes. Ces plus gros oiseaux embêtent tout autant les plus petits. Si ce n’est que, en citant l’équipe scientifique parisienne, « la gêne que [la Perruche à Collier] occasionne est significativement plus longue que la gêne causée par les autres espèces. » (Le Louarn & Clergeau, 2017)
Etourneau sansonnet
L’étourneau : l’espèce la plus embêtée par la Perruche à Collier ?
En clair, a priori, rien d’alarmant. La Perruche à Collier ne semble pas être nuisance à la biodiversité. Pas plus qu’un Pigeon ou une Tourterelle. L’espèce qui devrait être la plus impactée, selon les chercheurs de Paris (Le Louarn & Clergeau, 2017), est l’Étourneau Sansonnet. Les fameux étourneaux qui font des nuées d’oiseaux. Car non seulement les étourneaux se nourrissent aux mêmes heures, mais en plus ils ont les mêmes sites de reproduction. C’est-à-dire des cavités dans les arbres. Or, mises à part quelques interactions agressives plus intensives entre les deux espèces (Le Louarn & Clergeau, 2017), aucune donnée scientifique ne montre jusqu’alors que les étourneaux soient significativement impactés par les perruches vertes (Strubbe & Matthysen, 2017).
Compétition de nidification
La seule espèce d’oiseau qui simple légèrement impactée mais de manière significative, c’est la Sittelle Torchepot (Strubbe & Matthysen, 2017). Et plus particulièrement sur les lieux de nidifications. La Sittelle Torchepot est un petit oiseau commun d’Europe qui monte et descend des les arbres le long du tronc, grâce à des pattes de compétition pour pouvoir s’agripper. Au point qu’elle puisse descendre la tête en bas. Elle est en compétition avec la Perruche à Collier, car toutes deux, comme les étourneaux sansonnets aussi d’ailleurs, utilisent des cavités déjà formées dans le tronc des arbres pour nicher.
La Sittelle est d’ailleurs dites « Torchepot » car elle fait de la maçonnerie en modifiant la taille de l’entrée de la cavité en y collant de la boue. Les Perruches vertes, elles, sont capables de comportements opposés pour élargir le trou. En plus de ça Sittelles et Perruches préfèrent tous deux des cavités assez élevées en altitude à plus de 8 mètres de haut. Beaucoup de caractéristiques pour être en compétition. Et pire encore pour nos pauvres Sittelles locales, les Perruches commencent à nicher vers fin Février alors que les Sittelles le fond plus vers le mois d’Avril. Autant vous dire qu’à cette époque, les potentiels cavités pour nicher sont déjà prisées. Bon et pour terminer, je le répète, une Perruche est un Hulk vert face à la Sittelle Torchepot, étant 4 fois plus imposant, 4 fois plus gros.
Sittelle Torchepot
Un coût économique ?
Un autre argument contre nos Perruches vertes est qu’elles font voir rouge économistes et agriculteurs. L’espèce aurait un coût économique qui s’élèverait à des milliers de milliards d’euros (Programme Européen « Parrot Net ») entre les infrastructures délabrés, les maladies que l’espèce transmet ainsi que les cultures ravagées.
Oui parce que pour l’instant, dans les pays colonisés, la Perruche à Collier se limite aux villes à forte densité. Les milieux urbains donc. Notamment parce qu’il y fait plus chaud, que la nourriture est présente et qu’il y ait pas mal de gros platanes avec des cavités pour pouvoir nicher (Strubbe & Matthysen, 2017). Mais si un jour, il n’y a plus de place pour y habiter, on peut craindre aussi pour que nos campagnes soient ravagées. C’est déjà le cas en Allemagne sur des pommiers. Ou en Angleterre sur les vignes et divers arbres fruitiers (Lenancker & Clergeau, 2014).
Car là où elles sont d’origine, nos oiseaux Hulks verts ravagent tout sur son passage. Elles deviennent des ogres, des Shreks. Que ce soit en Inde ou dans les pays africains, les Perruches à Collier cueillent eux-mêmes leurs fruits, ravagent les champs de tournesol et vident les champs de leur maïs (Lenancker & Clergeau, 2014 ; ONU, Manuel technique de protection du Maïs en culture au Bénin). Un oiseau géant vert qui menace la marque géant vert de son maïs…
Ainsi, cet oiseau bruyant venu d’ailleurs à beau être exotique et vert, voire même végétarien et vegan, en gros tout pour lui plaire ; il peut être un véritable fléau d’autant plus que c’est une espèce grégaire et sédentaire capable de vivre plus d’une vingtaine d’hivers. Cette espèce de Perruche pourrait, à terme – s’inquiètent certaines équipes de scientifiques – nous faire vivre une misère…
Perruche à collier
Un coût environnemental ?
Certaines autorités annoncent alors clairement vouloir les éradiquer au nom de la biodiversité (Strubbe & Matthysen, 2017). Ce fut le cas par exemple sur une île des Canaries (Saavedra & Medina, 2020). Apparue en 1997, vingt ans plus tard ils ont été éradiqués, après avoir été chassés, attrapés grâce à des nichoirs ou des pièges à leurres. Un succès qui s’explique par plusieurs choses. D’abord parce que les Perruches se limitaient à des zones restreintes, en plus d’être sur une île. Ça aide. Pensez à l’espèce envahissante des frelons asiatiques qui s’est répandue partout en Europe. Impossible maintenant de l’éradiquer. De plus, les procédures d’éliminations des oiseaux aliens venus d’ailleurs intégrait la population locale dans le processus. Insistant sur l’importance de la procédure. Ce qui limitait les résistances sociales ou manifestations pro-animales, notamment.
Des mesures radicales, donc. Alors que scientifiquement, le coût environnemental est minime. Seules les Sittelles Torchepot voire les Chauve-Souris en seraient légèrement impactées. Notamment parce que les Perruches nichent, comme eux dans des cavités. En plus de ces moindres détails, et on le sait que depuis peu, les Perruches à Collier arrive à bien être intégrées parmi les chaînes alimentaire et à être elle-même chassée par des prédateurs locaux. Sur Paris, Chouettes Hulottes et Éperviers d’Europe (P.Gensel, Le Monde, 25 Août 2021) semblent s’être habitués à voir ce gros oiseaux vert comme un potentiel repas à se faire.
Morale de ma chronique, Exotique et charismatique, C’est pas parce que c’est nouveau, tout beau et tout vert, Que le monde s’en retrouvera – d’un coup – à l’envers.
Orion c’est cette grande constellation visible en hiver, grosso modo d’Octobre à Février, et en été dans l’hémisphère sud. Elle est assez caractéristique, avec 3 étoiles alignées, qui forment le baudrier d’Orion, et 4 étoiles en rectangle, deux au dessus (Betelgeuse et Bellatrix) qui forment les épaules et deux en dessous (Rigel et Saïph) qui forment les jambes. Et bien la prochaine fois que vous regardez Orion, faites attention aux épaules (Betelgeuse et Bellatrix) et vous verrez que l’une est clairement rouge et l’autre clairement bleu. C’est d’autant plus facile qu’elles sont très proches l’une de l’autre. Sinon il y a aussi des étoiles blanches, comme le soleil. En fait elle est un peu jaune vu depuis la Terre, mais c’est à cause du passage dans l’atmosphère. Alors pourquoi ces couleurs ?
Donc déjà, je l’ai déjà rappelé à plusieurs reprises dans cette série sur les couleurs, mais les couleurs que nous voyons correspondent à des photons de différentes énergies. L’arc-en-ciel, est créé par la dispersion de ces différents photons qui ne se comportent pas exactement de la même manière lors de la traversée de la goutte d’eau, ce qui nous permet de les observer. On a ainsi les photons les moins énergétiques que l’on peut voir, en rouge, puis on passe au jaune et vert, qui sont les énergies au centre de notre bande de vision, et puis les plus énergétiques, en bleu et violet à la fin. Et c’est tout ? Non, car nos yeux sont limités, mais ça continue ensuite dans les ultra-violets. Et puis encore plus énergétiques, les rayons X. Et puis les rayons gamma, photons extrêmement énergétiques uniquement produits dans les réactions les plus violentes. Et en dessous du rouge, il y a aussi d’autres choses. Par ordre décroissant d’énergie, on a les infrarouges, puis les micro-ondes et enfin les ondes radio.
Le spectre lumineux, des ondes Gamma à droite aux ondes radios à gauche. Au centre, l’arc-en-ciel que l’on connait, dans la partie visible, notre petite fenêtre sur le spectre électromagnétique.
En fait notre oeil n’est capable de voir qu’une toute petite partie de la lumière qui est autour de nous. Imaginez que l’ensemble de la lumière est un grand paysage mais notre perception est seulement une petite fenêtre, une bande finie à un endroit bien précis, une bande qui va du rouge au violet en passant par les couleurs de l’arc en ciel.
Maintenant qu’on a un peu compris ce qu’est la couleur, on peut se demander comment les objets émettent de la lumière et de quelle couleur est elle? Il y a 3 phénomènes principaux qui permettent d’expliquer que de la lumière nous parvienne d’un objet : la transmission, la reflexion et l’émission.
Prenons une lampe avec un abat jour dans une pièce sans autre source. La transmission c’est simple c’est ce qui passe à travers l’abat jour. La reflexion c’est ce qui vous permet de voir tous les objets en fait. Si vous éteignez la lumière il fait noir, quand vous allumez vous pouvez voir car la lumière de la lampe se réfléchie sur les objets, le plafond, les murs autour de vous… La réflexion, c’est la lumière qui se réfléchit et qui revient vers vous. En pratique la lumière de la plupart des objets autour de nous c’est de la reflexion. On voit le monde quasiment uniquement par réflexion de la lumière du soleil ou de la lumière électrique.
Bon et bah l’émission alors. Alors il peut y avoir plusieurs sources d’émission, par exemple la phosphorescence ou la chimiluminescence, la chimiluminescence, ou la triboluminescence mais celle qui nous intéresse c’est celle qui fait les étoiles, le soleil, et le filament d’une ampoule. Bon alors souvent les objets qui émettent ne sont pas seuls dans l’univers, ils sont entourés d’autres objets qui émettent et donc nos objets réfléchissent la lumière des autres objets autour d’eux. Imaginons un objet parfaitement absorbant. Un objet noir de chez noir. Aucune transmission, aucune reflexion. On l’appelle le corps noir en physique. Et bien cet objet ,quelle que soit sa constitution, quel que soit son matériau, il va émettre de la lumière d’une certaine couleur.
Ce chat au corps très noir n’est pourtant pas un corps noir, car il réfléchit la lumière en visible, en plus de son émission propre, dans l’infrarouge, invisible pour nous
Cette étoile très lumineuse est bien un corps noir, car elle absorbe toute lumière qui lui parvient et quasiment toute la lumière en provenant vient de son émission propre
Bon mais alors ce corps noir, c’est un objet qui existe ou c’est juste une belle idée physique ? En fait c’est un truc un peu théorique mais si vous prenez un truc qui émet des millions de fois plus qu’il ne réfléchit, vous pouvez faire l’approximation qu’il ne réfléchit pas du tout et alors on peut considérer en bonne approximation qu’il s’agit d’un corps noir. L’un des premiers physiciens à étudier ces phénomènes, le physicien allemand Wilhelm Wien utilisait des fours dans lesquels il ouvrait de petits trous pour cela. Beaucoup d’émission lorsqu’il chauffait, mais peu de reflexion car la lumière qui rentrait par le petit trou avait du mal à en ressortir. Du coup, les étoiles sont de très bons corps noir. Un photon qui arrive sur l’étoile va être absorbé par l’étoile et mettre des milliers d’années à ressortir. Elle est tellement brillant et absorbant qu’on peut considérer que toute lumière qui en sort est uniquement produite par elle. Et du coup c’est la toute la beauté un peu paradoxale de ce concept, les meilleurs corps noir sont les étoiles, les objets les plus brillants autour de nous.
Du coup, ce type d’objet émet de la lumière, avec une belle loi expérimentale avec des exponentielles qu’on découvre à la fin du 19eme siècle. Démontrer théoriquement la loi du corps noir, c’est un peu le boss de fin de la physique classique. On arrivait à la mesurer avec des fours et des petits trous mais pas à l’expliquer théoriquement et toutes les preuves que l’on tentait avait tendance à casser la physique, avec des énergies infinies et autres joyeuseté. A la fin du XIXe, paf, ya Planck qui a dit “bam je te la prouve si les états d’énergie sont quantifiés” c’est a dire si l’énergie ne peut pas prendre toutes les valeurs, mais seulement certaines bien précise. Et la bam ça casse la physique classique, et paf la physique quantique arrive. Bon mais on va pas en parler plus que ça ce soir !
Cette loi, c’est le niveau d’énergie en fonction de la couleur. C’est une belle forme en cloche, ça commence par très peu d’émission, puis il y a un maximum d’émission à une couleur particulière, mais cette loi à une certaine largeur donc on couvre toujours pas mal de couleurs d’un coup. Et la beauté de cette fonction c’est que le pic d’émission et la largeur d’émission dépend uniquement de la température.
Donc en gros si vous avez cet objet à une température donnée, vous savez exactement comment cet objet émet de lumière en fonction de la couleur. Prenons comme exemple un métal et chauffons le. Quand il est à température ambiante, il émet bien sur, mais il émet dans l’infrarouge donc on a l’impression qu’il n’émet pas pcq notre oeil a une toute petite bande de vision est toute petite, pas dans l’infrarouge. D’ailleurs nous aussi, nous sommes des corps de température 37℃ donc notre pic d’émission de lumière est dans l’infrarouge, donc 20 fois moins énergétique que ce qu’il faudrait pour qu’on puisse le voir avec nos yeux. C’est pour ça qu’on ne se voit pas nous même dans le noir avec nos yeux. Revenons à notre métal, on continue à le chauffer, et le pic d’émission commence à être avec des photons de plus en plus énergétiques. Au bout d’un moment, le pic est encore loin de notre petite fenêtre de vision, mais le bords de la courbe en cloche commence à arriver dans notre fenêtre, et le métal commence à émettre de la lumière, très peu énergétique, en rouge. Cela commence à être perceptible vers 700℃.
On continue à chauffer, et il devient de plus en plus brillant alors que le maximum de luminosité se rapproche de notre petite fenêtre. On commence à avoir du rouge et du jaune qui se mélange et le métal apparait orange. Puis l’on a du vert du jaune et du rouge, et on a l’impression que le métal devient jaune. A un moment, le maximum d’émission est centré dans notre petite fenêtre, et il émet a peu prêt de la même façon dans toutes les énergies de notre fenêtre et on voit du blanc, le mélange de toutes les couleurs. La température d’un corps qui émet en plein milieu de notre petite fenêtre est environ 5500℃, qui correspond exactement à la température des couches externes de notre soleil !
Ca alors qu’elle chance, on voit exactement là où le soleil émet au maximum ! Bien sur ce n’est pas un hasard ! Notre oeil a évolué pour être très efficace dans l’endroit où le soleil émet le plus de lumière, pour bien voir pendant la journée, et moins ailleurs. Notre petite fenêtre de vision est exactement centrée sur le soleil.
Et si on continue ? Et bien le pic va sortir de notre petite fenêtre dans l’autre direction ! Et donc la lumière, pour un observateur avec notre petite fenêtre de couleur qu’est notre oeil, ne va voir que la queue de la courbe en cloche qui s’éloigne de plus en plus et donc devenir de plus en plus bleu. Bon c’est là ou on va avoir un soucis si on essaye avec un métal. J’ai été cherché et le métal que j’ai trouvé avec la plus haute température d’ébullition est le tungstène avec 5500℃. J’ai dit ébullition, pas fusion, ça veut dire qu’au delà de 5500℃ votre barre de métal n’est pas liquide, elle devient… gazeuse. Mais pour les étoiles les plus chaudes de l’univers ce n’est pas un problème. A partir de 10’000℃ environ, environ 2 fois plus chaud que le soleil, l’étoile devient bleue à notre oeil.
Intensité du corps noir pour des étoiles de différentes températures (comme si elles avaient toutes la même magnitude maximum). La couleur des courbes correspond grosso modo à la couleur avec laquelle on les verrait à l’oeil nu. La bande du visible est représenté par l’arc en ciel vertical. Crédit: Johan Mazoyer / Podcast Science
Bellatrix dont on a parlé au début, à une température de 22’000℃ (presque 4 fois plus que notre soleil) et a donc un maximum d’émission loin dans l’ultraviolet bien au delà de notre petite fenêtre. Ce qu’on en voit c’est donc la partie de la courbe en cloche qui intersecté notre petite fenêtre, dans les tons bleus et violet. On peut se poser la question, quelles sont les étoiles les plus chaudes ? Si toi aussi, tu cherches les plus chaudes étoiles dans ta région, appuie sur 1. Certaines étoiles très massives en fin de vie n’ont plus d’hydrogène à brûler et vont se mettre a tout brûler très très vite ce qu’il leur reste pendant une période très courte. Et pendant ce moment, elles vont être très très chaudes, atteignant des température des plusieurs dizaines de milliers de degrés, plusieurs dizaines de fois la température du soleil. Ces étoiles sont extrêmement lumineuses, mais en ultraviolet ! Dans notre petite fenêtre, on ne les voit pas tant que ça, car leur pic d’émission est très très loin en dehors de notre fenêtre de vision. On les appelle les étoiles de Wolf-Rayet, du nom des 2 astronomes de l’observatoire de paris qui les ont découvertes au XIXe siècle et elles sont très rares dans notre galaxie.
Et les étoiles les plus froides ? Et bien il s’agit des avortons d’étoiles, des objets à peine plus gros qu’une planète comme Jupiter et qui brulent très très peu. Elles sont très peu brillantes et très froides, et on les appelle les naines brunes car elles émettent la plupart de leur photons tellement loin dans l’infrarouge qu’elles apparaissent à peine rouge-brun à l’oeil nu.
Bon on a compris comment les étoiles émettent des couleurs, du rouge, à l’orange, jaune, blanc puis enfin bleues. Mais alors pourquoi on sauté le vert ? Il est en plein milieu dans notre arc en ciel !
Et bien car la courbe en cloche du corps noir n’est pas assez fine par rapport à notre petite fenêtre, elle ne décroit pas assez vite ! Imaginons une étoile dont le maximum serait centré sur la couleur verte. Et bien elle emmenait 15% dans le vert mais aussi 13% dans le bleu et 13% dans le rouge… et donc apparait blanche. Ce qui se rapproche le plus d’une étoile verte, c’est le soleil !
Les 3 couleurs d’une étoile exactement centré sur le vert, comme le Soleil. Elle émet quasiment autant de bleu et de rouge, et donc apparait blanche !
Bon et du coup pour avoir une étoile verte, il faudrait une courbe en cloche centrée sur le vert mais qui décroîtrait très très vite dans le bleu et le rouge. Mais comme je l’ai dit, la loi du corps noir ne dépend que d’un seul paramètre… la température ! On ne peut donc pas faire bouger un paramètre pour la rendre plus fine sans changer aussi son maximum d’émission. Et donc on peut prouver qu’il est impossible d’avoir une étoile verte, dans tout l’univers…
Couleur “à l’oeil nu” d’un corps noir à différentes températures. Les températures sont en Kelvin (0Kelvin = -273℃). Source : Planckian locus Wikipedia page
Pour mes 40 ans, j’ai eu le plaisir de visionner un montage vidéo de pleins d’amis et membres de ma famille qui m’ont souhaité un joyeux anniversaire tout en célébrant ce qui fait un peu ma marque de fabrique : ma quête incessante d’animaux bizarres et surprenants. J’ai pu y découvrir les contributions de certains membres de l’équipe de Podcast Science, des mocumentaires sur le dahu ou encore cette fantastique comptine interprétée par ma mère et accompagnée par mon père au piano.
1. Une souris verte, interprétée par Grazyna et Richard Kerner
Cela m’a transporté dans une nostalgie enfantine, et notamment remémoré l’immense perplexité dans laquelle les paroles de la comptine originelle me plongeaient : Ça existe une souris verte? Pourquoi elle se transforme en escargot ? Et pourquoi ces messieurs qu’on ne connaît pas nous disent de la tremper dans de l’huile et dans de l’eau ? Bien m’en fasse de n’avoir pas été trop curieux à l’époque, car, à en croire certaines interprétations, cette comptine pourraient cacher en réalité une sombre histoire métaphorique à base de torture. Comme nous l’expliquent Manon Bril ou encore CodeMU, la souris verte pourrait désigner en réalité des révoltés vendéens, souvent de verts vêtus, qui, s’ils étaient capturés par des Républicains en 1793, étaient sommairement torturés, avec par exemple des bains d’huile et d’eau brûlantes. Je vous laisse le soin également de déduire par quel véritable membre on les conduisait à la torture…
Toujours est-il qu’il me semblait opportun pour cette nouvelle émission colorée de Podcast Science, et après avoir investigué la crédibilité d’une peau saphir et celle d’un lait couleur rubis, de mener l’enquête sur la vraisemblance d’un pelage couleur émeraude. En d’autres termes, est-ce qu’une souris verte, ça peut exister ?
Premier réflexe donc, compulser les registres zoologiques concernant les rongeurs. Et bien à défaut de trouver une description d’une véritable souris verte, j’ai déniché dans de vieux carnets naturalistes plusieurs rongeurs dont la description comprend une mention d’un pelage vert comme Funisciurus carruthersii – l’Écureuil vert de montagne du Carruther ou encore Paraxerus poensis – l’Écureuil de brousse du Fernando Po. Pour ce dernier, c’est le zoologiste Andrew Smith qui a décrit cet écureuil de brousse qu’il a trouvé sur le Fernando Po, une île de guinée équatoriale connue sous le nom de Bioko aujourd’hui. Et en effet, dans un recueil scientifique d’Afrique du Sud, il précise que cet écureuil répond aux critères suivants :
Couleur de surface des parties supérieures et latérales de la tête, du cou et du corps, et des faces externes des extrémités, d’un vert jaune librement crayonné de noir, particulièrement sur le dos.
Je suis donc allé vérifier par moi-même et les quelques clichés glanés sur internet… laissent sur la faim.
En plissant les yeux, on peut imaginer que le pelage de ces écureuils tire sur le vert kaki très pâle, mais c’est loin d’être évident. Si on étend notre recherche à d’autres mammifères et non plus seulement les rongeurs, on pourra citer de la même manière, le phalanger vert à queue zébrée (Pseudochirops archeri) qui est un marsupial au pelage avec quelques reflets olivâtres.
Enfin nous pourrions citer certains singes grivets dont les noms vernaculaire et scientifiques annoncent les couleurs, si vous me permettez l’expression. En effet le vervet est un singe dont le nom serait une contraction choisie par Cuvier de “vert grivet”, qui se réfère à la couleur de son pelage, précisé par le nom latin Chlorocebus pygerythrus dont l’étymologie grecque est khlōrós (vert pâle) kêbos (singe à longue queue) pugḗ (popotin) et eruthrós (rouge) : le singe vert à longue queue et aux fesses rouges.
Mais à y regarder de plus près, pour toutes ces espèces, le poil n’est pas véritablement vert et cette apparence du pelage vient en fait d’un mélange de fines bandes alternées de poils argentés, jaunes et noir. En fait c’est une sorte d’illusion de couleur, de la même manière que les écrans de vos ordinateurs peuvent simuler des millions de couleurs à partir de pixels avec uniquement 3 couleurs fondamentales.
Ce qui nous amène à préciser notre quête : existe-t-il véritablement des mammifères dont le pelage est vert du fait d’un pigment de cette couleur ?
On pourrait penser que la réponse est simple en s’appuyant sur le fait que le poil des mammifères accumule une coloration à partir de l’action d’une cellule pigmentaire, le mélanocyte, capable d’accumuler uniquement deux formes du pigment appelé mélanine : l’eumélanine (dont la couleur est le noir/brun) et la phéomélanine (tirant sur le rouge/jaune). Avec ces deux pigments vous pouvez obtenir de l’orange, du jaune, du marron, du noir, mais impossible qu’un mélange de ces deux pigments donne du vert.
Rien ne nous dit cependant que le pigment de la souris verte est accumulé par la souris elle-même. Et ainsi énoncé, la question du pelage vert des mammifères nous permet de rechercher des cas d’animaux qui pratiquent la teinture de leur fourrure.
Ainsi nous pourrions évoquer ce cas d’un chat de gouttière complètement vert observé en 2014 dans les rues de Varna, en Bulgarie.
Ce chat avait pris l’habitude de réaliser ses siestes dans un garage abandonné où l’ancien propriétaire stockait des sacs de poudre de peinture vert.
Lorsque finalement des habitants de son quartier ont réussi à l’attraper, ils ont pu le nettoyer et éliminer une grande partie de sa teinture.
Je pourrai vous citer également des cas de chiens peints en vert…
… mais ne nous égarons pas : ce qui nous intéresse ici, ce sont des souris retrouvées teintes en vertes. Et pour le coup, certaines observations de souris peintes en vert ne sont pas le fait d’incidents fortuits, mais de véritables protocoles scientifiques très sérieux. En effet, une équipe d’épidémiologistes américains a mené une étude sur le comportement de souris sylvestres qu’ils ont recouvert d’une poudre de talc de différentes couleurs fluorescentes, dont le vert.
Ces chercheurs les ont laissées s’échapper dans la nature ainsi grimées et aussi équipées de transmetteurs radio, pour ensuite analyser leurs mouvements et interactions avec d’autres membres de leur espèce.
L’observation de traces de poudre sur les blessures ou les parties génitales de leurs congénères a permis d’obtenir des infos épidémiologiques cruciales sur la transmission de certains hantavirus, des virus qui se transmettent par contact direct entre individus dans les populations de rongeurs. Une de leurs conclusions est que ce sont les individus vieux et gros qui sont les vecteurs les plus efficaces de cette classe de virus.
Je vous vois, vert de rage, me menacer d’une volée de bois vert, car ces exemples sont bien trop artificiels. Vous vous attendiez plutôt à ce que je vous décrive des animaux qui naissent tout verts. Et bien si je n’ai malheureusement pas d’exemples de souris naturellement nées vertes, les exemples abondent lorsqu’on considère… les chiens. Comme nous l’apprend Bernard Valeur sur son blog “Question de Couleurs”, plusieurs cas de chiots nés verts ont été rapportés depuis des décennies. Le dernier cas en date est celui d’un chiot Labrador né l’année passée en Sardaigne et surnommé Pistacchio du fait de son pelage verdoré…
… mais on pourrait citer des cas au Royaume Unis en 2012 et en 2017, en Espagne (juin 2014), en Écosse (juillet 2017), dans le Colorado aux États-Unis (octobre 2019) avec des chiots surnommés Hulk ou encore Fifi (en hommage à la princesse Fiona dans Shrek qui est née toute verte aussi).
Pour tous ces exemples, les chiots ont recouvré un pelage de couleur normal au bout d’une semaine ou deux. Deux explications ont été proposées par les experts pour nous éclairer sur ces phénomènes mystérieux, mais toutes les deux impliquent le même pigment : la biliverdine. Comme Claire nous l’expliquait dans son épisode sur les couleurs du caca, l’hémoglobine qui donne la couleur rouge à nos globules, lorsqu’elle est dégradée, se transforme en biliverdine, donnant une couleur verte, puis en bilirubine, plutôt jaune foncé, jusqu’à aboutir, après moult péripéties à la stercobiline qui est, pour citer Claire “le pigment marron responsable de la couleur de nos étrons”. Or la biliverdine, chez les chiens, peuvent s’accumuler dans deux endroits propices à la coloration du pelage des chiots dans le ventre de leur mère : dans le méconium, c’est-à-dire du caca fœtal, ou bien dans le placenta. En effet, une publication remontant aux années 30 avait déjà caractérisé un pigment vert, alors surnommé utéroverdine, dans le placenta des chiens. Qu’il s’agisse donc de biliverdine d’origine scatologique ou gynécologique, un rare épanchement de biliverdine dans le liquide amniotique peut entraîner une coloration du pelage des chiots.
Il existe d’autres types de teintures naturelles, qui concernent cette fois-ci des mammifères adultes qui, a bien des égards, ont la main verte. C’est qu’il s’agit cette fois-ci de culture d’algues qui peuvent colorer les poils de certains animaux semi-aquatiques comme des phoques ou encore des ours polaires.
Il semble que les premiers témoignages d’ours polaires verts remontent aux années 70 et auraient été accompagnés d’un scepticisme digne d’un témoignage concernant les petits hommes verts… jusqu’à ce que des observations similaires soient faites dans certains zoos à peu près au même moment qu’un ours polaire sauvage couleur jade ait été capturé. Pour comprendre le phénomène, il a fallu s’intéresser au pelage particulier de ces ours. Contre intuitivement, leur poil n’est pas rempli d’un pigment blanc mais est en réalité transparent. Si vous rasez un ours polaire, vous serez surpris de découvrir qu’ils possèdent une peau grise, tirant sur le noir.
Ce sont ces poils transparents qui, par absorption et diffraction de la lumière, donnent une apparence immaculée aux ours polaires de plein jour (bien qu’ils apparaîtront rougeâtre ou gris dans d’autres conditions météorologiques). Pour être plus précis, les ours sont recouverts de deux sortes de poils qui leur confèrent une isolation thermique particulièrement efficace : des poils fins et courts et des poils longs et creux. Et c’est justement dans la cavité de ces longs poils que peuvent, dans certaines conditions, s’abriter des algues. Ces conditions sont rarement signes de bonne santé, notamment dans les zoos où l’on pense que les frottements répétés des ours contre les surfaces bétonnées favorisent la prolifération de ces algues.
Et on imagine peu comment un pelage vert peut offrir un quelconque avantage lorsqu’on vit et chasse sur la banquise…
Il existe cependant un autre groupe de mammifères qui abritent des algues dans leurs poils, mais cette fois-ci avec un potentiel bénéfice pour l’hôte : les paresseux.
Les paresseux regroupent aujourd’hui 6 espèces qui se distinguent par le nombre de leurs vertèbres cervicales et le nombre de doigts de leurs pattes antérieures (2 ou 3). Si sur la bannière de mon blog Strange Stuff and Funky Things, vous cliquez sur le personnage du paresseux, après avoir découvert les trois messages interprétés par Blast de la chaîne “Les Sondiers”, vous êtes transportés vers une page vous apportant quelques informations sur ces sympathiques bestiaux d’Amérique Centrale et du Sud. Vous pouvez y apprendre notamment que le pelage de ces animaux est très particulier, à commencer par la manière dont il pousse, des extrémités vers le tronc plutôt que l’inverse, observé chez l’essentiel des mammifères. Mais la structure individuelle de leur poil est également caractéristique, car particulièrement craquelé et strié de cannelures, dont on suppose l’importance pour la culture d’algues.
En effet, de nombreux paresseux paraissent verts anis car ils leur poussent sur les poils différentes espèces d’organismes photosynthétiques telles des cyanobactéries ou des algues unicellulaires, dont la plus célèbre, Trichophilus welckeri, est une espèce semblant n’avoir été trouvée que dans les fourrures de paresseux (d’où l’étymologie de leur nom signifiant amatrice de poil en grec). Et ne croyez pas que les paresseux au pelage brun soient pour autant dépourvus de leur flore capillaire : la plupart de ces algues sont capables d’entrer dans un état de latence lorsque l’humidité vient à manquer, et peuvent reverdir en quelques dizaines de secondes après humectage.
Mais les algues ne sont pas les seuls organismes qui pullulent sur la toison de ces paisibles habitants des canopées, car on peut y trouver champignons, moustiques, tiques, cafards, coléoptères, et surtout des papillons spécifiques du genre Cryptoses.
Cela amène de nombreux scientifiques à considérer les paresseux comme de véritables écosystèmes mobiles, des sortes d’îlots de biodiversités capables de se déplacer. Bien sûr, on pourrait argumenter que presque tous les animaux dotés d’un tube digestif sont, en soi, des écosystèmes mobiles, mais ici le pelage du paresseux en fait un cas à part, du fait que l’écosystème se trouve exposé à l’air libre. Le fonctionnement de cet écosystème est encore peu étudié mais des scientifiques pensent avoir récemment fait le lien entre plusieurs protagonistes (les algues, les papillons Cryptoses et les paresseux) et une habitude peu compréhensible des paresseux : celle de déféquer sur le sol, plutôt que depuis la cime des arbres. Plusieurs hypothèses existent pour tenter d’expliquer ces voyages scatologiques hebdomadaires des branches vers le sol : éviter d’attirer les prédateurs (mais ceux-ci peuvent également attaquer les paresseux dans les arbres – si ce n’est qu’il semble que près de la moitié des attaques se font au sol), fertiliser le sol sur lequel poussent leurs arbres favoris, communiquer avec des congénères à travers des phéromones, profiter de ces voyages pour grailler de la terre, ou encore entretenir un mutualisme entre algues et papillons. C’est cette dernière hypothèse qui a fait l’objet d’une publication dans le journal Proceedings of the Royal Society B en 2014 où des chercheurs américains pensent avoir montré un avantage de la croissance des algues sur la survie des paresseux, croissance ne pouvant avoir lieu selon eux sans un apport crucial des papillons. En effet, la présence d’algues vertes sur le pelage des paresseux peut potentiellement avoir plusieurs avantages comme par exemple le camouflage, l’isolation thermique, l’amélioration du système immunitaire ou de la flore microbienne intestinale, la protection contre les UV ou enfin un apport nutritif. Ayant détecté des algues et des poils dans le système digestif de certains paresseux, ces chercheurs pensent que celles-ci peuvent apporter un complément alimentaire indispensable à la survie de ces mammifères qui ne mangent que des feuilles par ailleurs. Les papillons, quant à eux, semblent trouver sous forme adulte une source de protection dans le pelage des paresseux, mais c’est surtout leurs larves coprophages, qui vont trouver un avantage important dans la cohabitation avec leurs hôtes indolents. À chaque séjour dans les latrines, les femelles papillons pondent leurs œufs dans les crottes de paresseux. Après éclosion, les larves tissent des hamacs de soie et dévorent le caca. Et les algues dans tout ça ? Elles pourraient quant à elles bénéficier des déjections riches en composés azotés et phosphorés des papillons sur les poils. Un véritable engrais algal.
Certes, le scénario est séduisant, mais de nombreuses études complémentaires sont à fournir pour le confirmer.
Pour jauger la vraisemblance de l’existence d’une souris verte, nous avons évoqué des pigments verts pouvant avoir été saupoudrés artificiellement ou naturellement sur des rongeurs. Mais pourquoi ces adorables petites boules de poils ne pourraient pas émettre de la lumière verte ? Des souris qui brillent vert, est-ce que ça existe ? Et bien oui, depuis 1995, des souris vertes fluorescentes peuplent les laboratoires à travers le monde.
Pour réaliser ce prodige, il a fallu d’abord isoler une molécule fluorescente verte, la protéine GFP, à partir des tissus d’une méduse portant le nom d’Aequorea victoria. C’est le biologiste Osamu Shimomura qui a découvert, extrait et étudié les propriétés de cette molécule, ce qui lui a valu le prix nobel de chimie en 2008 avec deux autres collègues qui se sont surtout penchés sur l’exploitation de cette protéine pour réaliser des expériences de transgénèse. En effet, il est possible d’isoler le gène de méduse qui permet la fabrication de la GFP pour ensuite l’insérer dans le génome d’autres organismes, comme par exemple celui de souris. Et en 1995, des équipes canadiennes et japonaises ont réussi cet exploit pour obtenir des lignées de souris accumulant la protéine fluorescente dans tout le corps, à l’exception notable des poils. Exposés au rayonnement UV, les souriceaux de cette lignée brillent d’un vert fantomatique, lumière verte qui est rapidement cachée par le pelage lorsque les souris grandissent. Il a fallu notamment attendre l’obtention d’une lignée transgénique de souris glabre pour que le résultat soit particulièrement probant. Les applications de ce genre d’expériences sont très nombreuses, notamment pour permettre de suivre des cellules particulières lors du développement ou du fonctionnement normal de ces animaux de laboratoire. Ceci étant dit, certaines compagnies ont également vu un potentiel commercial dans ces lignées de souris, comme la compagnie NeonMice(™) qui, pour accumuler masse de billets verts, vendait en 2009 des souris vertes et rouges fluorescentes.
Inutile de composer un numéro vert pour venir en aide à ces pauvres souris, la compagnie ne semblant plus aujourd’hui en activité.
Encore une fois, je vous livre un exemple totalement artificiel, et vous seriez en droit de vous demander si des exemples de souris vertes fluorescentes existent dans la nature ?
Et bien sachez que le doute est permis, car depuis quelques années, les observations de mammifères fluorescents semblent se multiplier. Cela a commencé par la découverte récente que le pelage de plusieurs espèces d’écureuils volants (les polatouches) lorsqu’ils étaient illuminés à la lumière ultraviolette brillaient… en rose.
Un comble lorsqu’on sait que le nom latin du genre des polatouches est Glaucomys, signifiant ‘souris grise’. Mais les polatouches sont loins d’être les seuls à posséder un pelage fluorescent et rejoignent le club des opossums qui brillent en rose/pourpre et violet, des lièvres sauteurs qui fluorescent en rose/orange pour finir avec les ornithorynques, brillant en vert.
À défaut d’une souris qui brille naturellement en vert, nous aurions des créatures kamoulox vertes fluorescentes mi-ragondin, mi-canard ? Ça ferait une comptine encore plus WTF, c’est certain. Mais qui sait, peut-être qu’une véritable souris naturellement verte attend d’être décou…verte! Mais plutôt que de continuer à vous en faire voir des vertes et des pas mûres, si j’ai votre feu vert, pour voir si l’herbe est plus verte ailleurs, je prends congé et part me mettre au vert.
Anich, P. S., Anthony, S., Carlson, M., Gunnelson, A., Kohler, A. M., Martin, J. G., & Olson, E. R. (2021). Biofluorescence in the platypus (Ornithorhynchus anatinus). Mammalia, 85(2), 179‑181. https://doi.org/10.1515/mammalia-2020-0027
Clay, C. A., Lehmer, E. M., Previtali, A., St. Jeor, S., & Dearing, M. D. (2009). Contact heterogeneity in deer mice : Implications for Sin Nombre virus transmission. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences, 276(1660), 1305‑1312. https://doi.org/10.1098/rspb.2008.1693
Fountain, E. D., Pauli, J. N., Mendoza, J. E., Carlson, J., & Peery, M. Z. (2017). Cophylogenetics and biogeography reveal a coevolved relationship between sloths and their symbiont algae. Molecular Phylogenetics and Evolution, 110, 73‑80. https://doi.org/10.1016/j.ympev.2017.03.003
Hadjantonakis, A.-K., Gertsenstein, M., Ikawa, M., Okabe, M., & Nagy, A. (1998). Generating green fluorescent mice by germline transmission of green fluorescent ES cells. Mechanisms of Development, 76(1), 79‑90. https://doi.org/10.1016/S0925-4773(98)00093-8
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Ce soir, c’est classe verte! On s’est plié en quatre pour vous mettre au vert! Certes, c’est en se hissant sur les épaules de géants (verts) mais en troquant à leur vertueux mais abscon jargonnage, le langage vert qui fait notre réputation. Préparez-vous à en découvrir des vertes et des pas mûres dans cette émission particulièrement colorée. Nous sommes le Mercredi 13 Octobre 2021 et vous écoutez l’épisode 457 de Podcast Science. 1, 2, 3 feu vert c’est parti!
visisteur récurrent: c’est retransmis en live lyon science dont la pub est faite sur podcastscience-twitter ?
nyves: aucune idée
visisteur récurrent: ref green-day-chansson. tu as une chanson comme ca pour chacun des 2000 mots les plus courants ?
Barenziah: oui
nyves: ca se tente
Barenziah: @nyves ambiance les pré live !
visisteur récurrent: @PS pourquoi le chloroplastes absorbent pas dans le vert mais juste les 2 couleurs de chaque coté (rouge et bleu) deja ?
nyves: mes enfants m’engueulent parce dès qu’ils prononcent un mot, je chante une chanson 🙂
Barenziah: ^^
visisteur récurrent: @Barenziah oui quoi ?
Barenziah: oui @nyves a une chanson pour les 2000 mots les plus courants
visisteur récurrent: topo etait la tout a l’heure mais il est parti
Taupo: Bonsoir à tous
Pascal: Salut tout le monde !
nyves: @Barenziah en cherchant bien, j’ai même des chansons en lituanien, en mongol, en hongrois, en proto germanique
nyves: salut @Taupo
Pascal: Bon, la chatroom a un souci, les images font tout planter :'(
nyves: salut @Pascal
nyves: arf
Barenziah: salut @Pascal salut @Taupo
twistchess: Bonsoir. En voyant que l’on est à l’épisode 457, je me dis qu’il me reste encore beaucoup d’épisodes à écouter pour être à jour ^^ (épisode 67 à l’heure actuelle ^^)
nyves: @twistchess : bon courage
twistchess: Pas besoin, c’est que du plaisir 🙂
nyves: 67 c’est lequel?
visisteur récurrent: @twistchess n’ecoute que celle à nombre premier comme 457 c’est les meilleurs
twistchess: L’évolution de l’audition chez les vertébrés
nyves: yes!
twistchess: (C’est aussi le premier live il me semble). D’où ma visite ici 😉
Barenziah: le 1er live ? @twistchess
Barenziah: le 67 ?
nyves: y a du très bon a suivre
Ashka: Coucou les gens 🙂
twistchess: je viens de vérifier et oui, le 66 était la dernière de Mathieu en tant que co animateur régulier, et le 67 est le premier live. Du coup j’ai appris seulement après 3 mois qu’il y avait un live tous les mercredis, et je suis tout content maintenant 😀
nyves: hello @Ashka
twistchess: Hello Ashka
visisteur récurrent: @Ashka hello, t’inquiete pas il n’y a pas encore de son
Ashka: Bienvenue @twistchess et bonne découverte ^^
Ashka: @visisteur récurrent merci, ça m’évitera de me déchainer sur mon clavier =D
nyves: @twistchess le premier live auquel j’ai participé c’était le 260, depuis j’en ai pas loupé beaucoup.
nyves: C’est addictif
twistchess: ahah excellent !
Ashka: Je suis arrivée beaucoup plus tard, mais je confirme, la messe du mercredi, ça ne se manque pas 🙂
Barenziah: @Ashka la messe 😉
nyves: bon, un peu païenne parfois, la messe 😉
nyves: salut @Johan Mazoyer 🪐
Ashka: @Barenziah c’est vrai que c’est pas top, la messe : c’est long et casse-pied, mais PS, c’est culte, quoi ^^
Ashka: Salut @Johan Mazoyer 🪐
Johan Mazoyer 🪐: Bonjour à tous !
Barenziah: salut @Johan Mazoyer 🪐
Barenziah: oui, culte
Johan Mazoyer 🪐: C’est un peu la cata ce soir
nyves: @Johan Mazoyer 🪐 oui, un live de PS, quoi!
Johan Mazoyer 🪐: ahah
Barenziah: mais non @nyves , tu vas effrayer @twistchess …
Twistchess: @nyves surtout qu’ils avaient déjà dû ouvrir une porte à la disqueue il y a quelques années
Pascal: @nyves non
Pascal: BGP
nyves: pour simplifier, ce qui te permet de contacter le serveur depuis l’extérieur
nyves: @Pascal un peu des deux
Barenziah: joli @visisteur récurrent
nyves: mais BGP c’est moins connu
Twistchess: @Pascal c’est les 2 qui étaient ensemble … encore une erreur xD
quadruplebenben: Après la disqueuse me semble une solution normale. Mais ça manque de marteau.
Twistchess: Normalement on externalise le BGP
visisteur récurrent: Sondage, vous etes contents qu’il y a des peruches vertes partout ou non ? Moi je trouve que ca apporte de la couleur pour changer des pigeons gris.
Johan Mazoyer 🪐: je vois rose apres avoir vu tes dessins @visisteur récurrent :-p
Barenziah: j’en ai jamais vu :/
nyves: je suis tenu par le secret, mais chez certains gros opérateurs francais, c’est pas mieux
Johan Mazoyer 🪐: Moi j’aime bien oui, j’ai l’impression d’etre dnas les iles
Barenziah: c’est qu’à paris ? les perruches ?
visisteur récurrent: @Johan Mazoyer 🪐 ouaip, vivement qu’ils en importent aussi des rose, des jaunes …
Cleora: Ma prochaine lampe de chevet: un souris verte fluorescente
Johan Mazoyer 🪐: oui elles se sont echappés d’un contenaire à Orly
visisteur récurrent: @Barenziah non partout de plus en plus. en tout cas a Paris oui
Ashka: @visisteur récurrent c’est sympa, mais quand elle chante à 5 m de ma tête le matin, à 6h du mat’, RIP mon tympan ^^
nyves: @Johan Mazoyer 🪐 excellent!
Johan Mazoyer 🪐: “Les spécialistes estiment que le premier groupe de perruches s’est échappé d’un chargement à Orly (Val-de-Marne) vers 1974. A l’époque, une cinquantaine d’individus sont repérés dans ce secteur. Il est probable que ce scénario se soit reproduit à Roissy au début des années 1990.”
nyves: un espèce invasive dans Paris
Cleora: ça spoil ma chronique ? haha ;p
nyves: autre que les parisiens en Bretagne 😉
nyves: (j’ai pas pu m’empécher)
Johan Mazoyer 🪐: ah zuuuut !
Cleora: yen a partout des aliens perruches vertes x)
Johan Mazoyer 🪐: je viens de tilter 😀
Ashka: à Bruxelles, il y en a plein aussi, depuis des années. De ce que j’avais entendu, c’est des perruches domestiques qui ont retrouvées leur liberté, mais pas entendu parler d’un truc massif
Twistchess: ah RIP ahah
Johan Mazoyer 🪐: pardon @Cleora 😀
nyves: polatouche, c’est un pokemon?
Cleora: pas de problème ^^ ça installe la chronique dans la chatroom haha 🙂
Barenziah: je vais chercher une map des perruches de villes 😀
nyves: joli
nyves: clap clap
Cleora: @Barenziah j’aurais bien une image mais ça risque de faire planter la chatroom haha
Barenziah: ha ha ha !
nyves: être fluorescent, c’est pratique pour aller pisser la nuit
Cleora: va falloir revenir sur le site quand j’en aurais écrit un article ^^
Barenziah: @cleora dans certaines communes, des fauconniers sont mandatés par la mairie pour chasser les pigeons. est-ce que les faucons, et autres rapaces des villes chassent aussi les perruches ?
Pascal: @nyves non, parce que sinon, il n’y aurais des plantages que quand on passe par twitter
nyves: certes
nyves: mais il mets longtemps à s’authentifier a Twitter
nyves: et les vrais cons chassent tout court?
nyves: Est ce que les perruches peuvent bouffer les caniches à sa mémére?
Barenziah: les canaries qui chassent des perruches ^^
Taupo: lol
nyves: pourtant, un canari c’est pas gros
nyves: (j’en ai eu dans mon jardin des frelons asiatiques)
Bien. Installez-vous confortablement. Parce qu’en cet épisode on va voyager. Dans notre propre corps et notre propre esprit. De notre tête à nos pieds. Prenez une position confortable. Assise, allongée ou debout en train de repasser. Peu importe. Dans tous les cas vous n’avez plus le choix. Vous avez commencé l’épisode et vous allez suivre ma voix. Ça va être tranquille. Je ne vais pas à proprement parler, vous hypnotiser. Je n’y suis même pas formé. Vous pouvez garder votre activité à côté. Surtout si vous conduisez, ne faites pas les fifous et restez concentrés. Bien sûr, l’idéal est que vous ne fassiez rien à côté. Que vous vous concentriez seulement sur moi, en train de parler, le contenu de cet épisode et vous-même en train de l’écouter.
Avant d’expliquer des choses, de vous donner des astuces ou d’expérimenter, j’aimerais d’abord que nous tous (poditeurs, membres de l’équipe et auditeurs en live) commencions d’abord par scanner sa position physique dans laquelle nous sommes actuellement. Est-ce la meilleure position ? Si vous ne savez pas, vous pouvez en essayer d’autres. Pour que la position de votre corps soit la plus optimisée possible et que seuls les muscles nécessaires soient utilisés. Pensez à votre dos. J’espère qu’il n’est pas trop voûté. Pensez à vos jambes. Allez-y faites vraiment l’effort de ressentir vos jambes, déplacez votre attention sur vos propres jambes. Ne sont-elles pas trop contractées ? Détendez-les. Et votre mâchoire alors ? Bordel, desserrez-la ! Relaxez-moi toute cette partie basse de votre visage. Oui, oui. Relâchez votre mâchoire quitte à ce qu’elle tombe un peu plus bas. Là. Ça va mieux déjà.. non ?
–« vos paupières sont LOUUURDES… » – « c’est toi, le lourd ouais… »
L’hypnose ce n’est pas ce que vous croyez
Rien que ça. Rien que cette simple expérience de se focaliser sur d’autres parties de son corps est un début de relaxation. Un départ vers une transe.. un état hypnotique ou un état modifié de conscience.. Et oui, en effet. Pas la peine de se mettre dans un état absurde et caricatural.
L’hypnose, ou quoique ce soit qui s’en approche, c’est quelque chose de naturel. Non seulement tout le monde peut y accéder ; mais encore mieux, tout le monde l’a déjà expérimenté ! Je dirais même que chacun de nous l’expérimentons quotidiennement. Oui, oui. Du coup, si vous ne le saviez pas, bah c’est tous les jours que vous faites un peu d’hypnose.
La plupart du temps, les personnes qui veulent le faire comprendre au grand public, utilisent l’expérience subjective du conducteur. Lorsqu’on est littéralement en mode pilote automatique quand on parcourt un trajet quotidien. L’habitude prend le dessus et nos pensées partent ailleurs. Quand on reprend nos esprits, on se rend alors compte que : « mince, truc de dingue… j’suis bientôt arrivé chez moi ! » Bah ça, c’est un état hypnotique.
Quelques caractéristiques principales d’une transe hypnotique
Personnellement, je n’aime pas trop cet exemple parce que ça ne parle pas à tout le monde. Une autre illustration serait le fait d’être complètement absorbé par l’histoire d’un livre, d’une série ou d’un film… au point d’en perdre totalement la notion du temps. D’être littéralement ailleurs. D’être absorbé par l’histoire. D’être absorbé. C’est une des dimensions principales de l’hypnose : l’ABSORPTION. Où on est complètement focalisé, happé, par ce qui dévore toute notre attention.
L’hypnose c’est exactement ça : c’est focaliser son attention sur quelques chose de précis au point d’en oublier les choses autour de nous. Une forte focalisation au point que, lorsqu’on reprend nos esprits en se détachant du film dans lequel on n’était totalement absorbé par exemple, on ressente une certaine confusion, une certaine dissociation, du genre : « ah oui c’est vrai je suis dans une salle de cinéma avec un corps. Un corps qui a faim d’ailleurs, il faut que je pense à manger un truc après le film. » Une DISSOCIATION (incapacité à se remettre dans son corps), entre d’un côté ce sur quoi notre attention est focalisée, et de l’autre tous nos ressentis corporels et de l’environnement extérieur actuel. La dissociation est le deuxième élément principal de l’hypnose. Comme si on était divisé en deux ouais, si on veut, sans que ce soit pathologique évidemment, car tout le monde l’expérimente ! Si vous m’écoutez très vaguement tout en partant dans vos pensées et dans la Lune, c’est déjà un état dissocié.
Absorption et Dissociation, comme si vous plongiez littéralement dans un monde ailleurs, dans un bon bouquin ou l’univers d’un film. Ça, donc, c’est déjà un état hypnotique. Oui car, encore une fois, l’hypnose ce n’est pas un état caricatural comme on voit à la télé. Ce qu’on nous met sous les yeux c’est du spectaculaire, sans aucun objectif à part nous divertir et nous faire rigoler. On doit différencier deux grandes facettes de l’hypnose. D’une part, l’hypnose thérapeutique voire médicale avec un objectif derrière. Et de l’autre, l’hypnose de spectacle pour simplement divertir. Malgré cette distinction quelle que soit l’hypnose – sur scène, pendant un film ou durant une thérapie – on est toujours conscient de notre état. Même si on part très loin au point de perdre la notion du temps et de notre environnement. Donc. Je répète, car c’est une notion dont quelqu’un qui n’a jamais expérimenté ne peut pas deviner : au moment présent, en état de transe, on est toujours conscient de ce qui se passe.
Utiliser les bons mots : bien communiquer
Ainsi, l’hypnose, ce n’est pas non plus un état magique où on chante tout nu sur un nuage avec les petits oiseaux à nos pieds. Quoique… en théorie ce soit possible de nous y visualiser. N’est-ce pas ? Être tout nu dans les nuages… rien que d’avoir prononcer la phrase vous vous y êtes imaginés ou pas ? Et si je vous dis de ne pas penser à un éléphant rose, je parie que vous y pensez ?
Un hypnotiseur, hypnologue ou hypnothérapeute – peu importe le nom – il sait où il va et utilise ce genre de petites techniques à l’éléphant rose. Pour vous guider. Et seulement pour vous guider. Il n’est pas là à donner des directives autoritaires comme au XIXème siècle. Car, j’insiste, vous restez toujours conscient de votre état et de ce qui se passe. Vous restez toujours maître de votre comportement. Maître de la façon dont vous vous comportez mais bon… un peu moins de ce que vous pensez, comme ici avec nos éléphants roses. De fait, avec des jeux de langage en utilisant des phrases simples, affirmatives et au présent, on peut facilement induire, proposer ou manipuler ce que vous pensez. C’est l’idée de la troisième caractéristique de l’hypnose : la SUGGESTIBILITÉ, le fait de pouvoir imposer des suggestions.
« Conscientiser l’inconscient »
Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de cette très simple illustration de vous nu dans le ciel avec des éléphants roses, c’est que :le cerveau et notre corps ne connaissent pas la négativité. Dans le sens qu’une phrase soit négative. Si je vous dis de NE PAS clignez des yeux, pendant un cours instant vous aller y penser ; et conscientiser le phénomène où vos paupières se ferment normalement inconsciemment. Tous ces genres d’événements où on focalise consciemment des petites choses normalement banales ou inconscientes, à tendance à nous rendre confus. Tel un éléphant rose dans le ciel.
Et un état de confusion, c’est déjà le début d’une induction pour entrer en hypnose. Encore une énième fois, je le répète, l’état hypnotique n’est pas quelque chose qui est hors du commun ou hors de portée. C’est un état dont on a très certainement déjà tous expérimentés. Du coup, si je vous fais une petite expérience pratique là tout de suite, difficile de vous croire sur parole si vous êtes réellement en train d’expérimenter ou bien en train de simuler. Peut-être que vous-mêmes vous ne savez pas ce qu’est le vivre et l’expérimenter.
Figure 1 : Casque EEG avec ici beaucoup d’électrodes
Électro-encéphalogramme (EEG)
Pour le vérifier, l’idéal serait de trouver un appareil pour objectivement le mesurer. On peut le faire en vous plaçant à tous sur la tête des petites électrodes pour enregistrer votre activité cérébrale. Ce dispositif s’appelle un EEG. Un électro-encéphalogramme. On vous en a déjà parlé Eléa et moi dans la roue libre autour du sommeil en l’épisode 448. C’est un casque d’électrode qu’on pose sur la tête. Et il est notamment utile pour distinguer votre attention, votre vigilance, et voir si vous dormez ou si vous êtes éveillé.
L’EEG n’apporte que très peu au niveau de la compréhension du fonctionnement cognitif. Il permet juste de mesurer des niveaux d’éveil, en prenant en compte les remous de la surface de l’océan de neurones. Et tous ces remous électriques sont différents en fonction si on est endormi ou éveillé.
En bref, l’EEG permet d’objectiver par une mesure son niveau d’éveil. Et ce serait utile pour savoir si vous êtes en transe hypnotique. Car oui l’hypnose, et de manière plus générale la transe, c’est en gros une modification consciente de son niveau d’éveil (Figure 6). Ce n’est ni du sommeil, ni de l’éveil mais quelque chose de mixte entre les deux. Du coup, pour bien comprendre ce qu’est l’hypnose, je dois vous parler d’éveil et de sommeil. Pour les passer en revue, je vais donc faire un décompte de 3. Comme pour vous hypnotiser. Au bout de 3 vous allez vous sentir bien, calme et reposé. Vous êtes prêts ?
Figure 2 : rapide extrapolation de la vieille loi de Yerkes-Dodson.
II. LES NIVEAUX D’ÉVEIL
A. L’éveil
3 : Hyper-vigilance ou hyper-excitation émotionnelle
Je commence alors mon décompte : TROIS. Vous êtes en état d’excitation intense. Au quotidien, ce stade d’hyper-excitation on l’expérimente surtout en fin de journée (Figure 2). Quand on est dans le rouge. Quand on a les nerfs à vifs. Quand la colère peut monter à n’importe quel instant pour engueuler la moindre personne dans la rue. Ou que vous êtes au bord des larmes tellement vous n’en pouvez plus.
Ça peut aussi être un moment d’euphorie intense ou un état de panique immense, où la vague émotionnelle vous emporte sur son passage. Et, en parlant de vague, on peut tout de suite reprendre notre analogie de l’océan. En état d’excitation émotionnelle vous êtes littéralement submergé par les événements. C’est la tempête. Vous buvez la tasse et subissez le mouvement généré par les événements.
2 : Éveil attentif
DEUX… En ce deuxième niveau, finie la tempête. Vous êtes attentif à ce que je suis en train de dire. C’est l’état d’éveil le plus commun. L’océan cérébral est calme avec des petites vaguelettes très courtes mais très nombreuses partout sur la surface de l’eau. Ces petites vaguelettes désynchronisées, comme si on tapotait tous sur l’eau, à l’EEG on appelle ça le rythme β (béta). Un rythme oscillatoire autour de 60 Hz.
1 : Éveil diffus (souvent décrit les yeux fermés)
TROIS, DEUX, UN… Mon décompte est bientôt terminé. Vous commencez alors à mettre du vôtre en vous disant : « Bon, c’est peut-être débile mais tant qu’à faire je vais essayer de me calmer. » Vous devriez alors ressentir une chute de votre éveil. On appelle cet état, l’éveil diffus. Comme si au lieu d’être attentif à ce que je dis mot à mot, vous écoutiez vaguement la mélodie de ma voix. Parfois vous êtes dans la Lune. Vous vous laissez divaguer par vos pensées. Elles vont et viennent. Pourquoi m’écouter finalement ? Pourquoi ne pas juste être là, faire acte de présence, sans y prêter attention ? Et plusieurs parties de votre corps semblent être d’accord. Tout comme plusieurs neurones ; comme si des petites groupes commençaient à faire une ola électrique pour ne rien faire. C’est le début de la grève des neurones. Ils font la manif et défilent par petits groupes électriques.
Sur notre analogie de l’océan, ça se résume par des vagues davantage synchronisées et plus intenses, c’est-à-dire plus haute en amplitude. Comme si, tous ensemble, on essayait de tapoter l’eau de manière synchroniser pour faire de plus grosses vagues au rythme de 10 Hz, de 10 vagues par secondes. À l’EEG, ce rythme électrique on l’appelle le rythme α (alpha). Et il s’estompe dès qu’on reprend nos esprits et qu’on revient sur Terre genre : « Oh ouais il disait quoi déjà ? »
Figure 3 : illustration simplifiée (sans échelle) des différents EEG en fonction de notre niveau d’éveil. Il suffit de reprendre notre analogie des vagues sur l’océan. Juste que, là, ce sont les vagues électriques que produisent nos neurones. Comme s’ils faisaient une ola. Et plus ils sont nombreux à être synchronisés, plus la vague de la ola est énorme.
0 : Endormissement
TROIS (état d’excitation), DEUX (éveil attentif), UN (éveil diffus), ZÉRO vous commencez à vous endormir. En tapotant sur l’eau, on arrive tous ensemble petit à petit à se synchroniser pour faire des grosses vagues par moment. Mais c’est pas encore ça, ça ne tient pas sur la durée. Ces grosses vagues ponctuelles c’est le rythme θ (thêta). Il reste occasionnel et se mélange avec d’autres rythmes. C’est comme si on avait tous du mal à se synchroniser pour faire les plus grosses vagues possibles.Comme un orchestre qui est en train de s’accorder. Au début on est tous désaccordés, mais plus ça va, plus l’orchestre joue de manière synchrone une seule et belle même note.
Même chose durant l’endormissement, de ce qu’on observe à l’EEG. Plus ça va, plus les grosses vagues du rythme θ bien accordées et synchroniséess’installent au profit du rythme α. C’est déjà le début du sommeil léger. L’endormissement, c’est la fameuse phase entre veille et sommeil où vous voyez votre ami·e en train de piquer du nez. Et si vous réveillez la personne elle vous dit certaine d’elle : « zzZzzZ… hein ? Ah non ! Je dors pas ! »
B. Le sommeil
-1 : Sommeil léger
Une fois endormi nous passons donc d’un état d’éveil à un état de sommeil. Jusque là je ne vous apprends rien. Bienvenue dans les profondeurs, à l’étage MOINS UN. Après quelques minutes d’endormissement, le rythme θ de 5 grosses vagues par secondes est enfin installé sur la durée. On dort. C’est un état qui n’est pas très loin de la surface et de l’éveil. Un bruit qui nous alerte, et paf, ça nous réveille. Ainsi notre cerveau ne dort pas totalement et est toujours réceptif à un cri, une alarme ou un appel.
Quand on dort, l’activité électrique cérébrale observée par l’EEG n’est donc pas plat. Sinon ce serait la mort cérébrale à vrai dire. Durant le sommeil, l’océan n’est pas calme. Au contraire, ça bouge bien là-dedans. Il y a des grosses vagues synchronisées. Des grosses ondes lentes. Tel l’océan qui s’échoue sur les côtes à coup de vagues synchronisées. Imaginez-vous sur la plage. Détendu, reposé… Assis ou allongé… En train de contempler les vagues s’échouer. Le bruit régulier… des vagues est reposant, calme… à en être hypnotisé… Telles de grandes et lentes inspirations et expirations (système parasympathique;))… qui s’amplifient au fur à mesure que notre sommeil soit profond...
-2 : Sommeil profond
Bienvenue au dernier sous-sol, au niveau MOINS DEUX. Plus profond tu meurs… enfin, plutôt, tu es dans le coma. À ce niveau les vagues du rythme θ prennent des amplitudes énormes au rythme de 2 ou 3 par secondes. On l’appelle le rythme δ (delta). La physiologie du corps est diminuée. Sa température. Le fonctionnement des organes. Mais aussi notre propre conscience.
L’une des méthodes pour évaluer la profondeur du sommeil est de générer un bip sonore à l’oreille du dormeur. (Une méthode horrible, il faut l’avouer. Se faire réveiller à n’importe quel moment, on sait tous que c’est loin d’être agréable.) Si une faible intensité sonore suffit pour le réveiller, c’est qu’il n’était pas dans un sommeil très profond. Si par contre il faut une corne de brume, une vuvuzela et des trompettes pour le réveiller, ça veut dire que bon… notre dormeur en écrasait sévère au sommeil du plus profond.
0 : Sommeil paradoxal
Pour faire simple, mis bout à bout sur une nuit complète, le sommeil profond occupe 25 % de notre temps. Et le sommeil léger occupe 50 % de notre sommeil total. 25 + 50, ça ne fait pas 100 %. Il reste encore un dernier état de sommeil qui occupe environ les 25 % restant. C’est un état où on est endormi mais avec un électroencéphalogramme comme si on était éveillé. On y mesure le fameux rythme β où on tapote tous sur l’eau 60 petites vagues par seconde de manière chaotique. Genre tu dors toujours, mais pas ton cerveau. Le cerveau, lui, est en plein éveil comme s’il était concentré sur quelque chose. C’est le fameux dit « sommeil paradoxal ». Paradoxal parce que : tu dors, mais pas ton cerveau. Et si vous vous réveillez à ce moment là, la plupart du temps on est déçu en se disant : « Mais pourquoi ? J’étais en plein scénario de western dans l’espace pour défendre nos amis les plantes des vampires suceurs de chlorophylles ! »
0 : Sommeil paradoxal, rêves & pathologies
Ce serait en effet majoritairement durant le sommeil paradoxal que l’on rêverait. Comme si notre cerveau simulait sa petite vie tranquillou sans nous. Au point d’activer les aires sensorielles et les aires motrices cérébrales ! Genre mon cerveau peut activer les fonctions motrices pour sprinter un 100 mètres tout en nageant, il n’y a pas de problème. Mais, tout ça, sans activer les muscles de mon corps. Car mon corps est en mode bloqué. On appelle ça l’atonie musculaire. Bah oui. Vous imaginez ? Si votre corps se mettait à bouger alors que vous êtes complètement déconnecté de la réalité ?
D’ailleurs, si c’est le cas, si la motricité de notre corps est débloquée pendant le sommeil paradoxal, ça ne s’appelle pas du somnambulisme. On appellerait ça plus un trouble comportemental en sommeil paradoxal. Une pathologie très rare. Le somnambulisme, quant à lui, est une parasomnie bien plus commune – notamment chez les enfants – et se déroule durant le sommeil lent, avec les ondes lentes et les grosses vagues donc ; pas pendant le sommeil paradoxal où durant ce stade, on est en atonie musculaire.
Toutefois, pour être plus précis, en réalité, pas toute la motricité n’est bloquée. On a toujours les yeux qui bougent par de rapides mouvements (en anglais le sommeil paradoxal est appelé REM pour Rapide Eye Movement et le sommeil lentSWS pour Slow-Wave Sleep). C’est d’ailleurs un très bel indicateur du sommeil paradoxal. Alors que nos yeux ne bougent pas pendant le sommeil lent, durant le sommeil paradoxal c’est la boîte de nuit sous nos paupières.
Autre que l’insomnie, on catégorise des parasomnies ou hypersomnies. Exemples : – narcolepsie : hypersomnie où à tout moment on bascule en sommeil paradoxal – paralysie du sommeil : corps est immobile mais on est conscient et réveillé – somniloquie : on parle en dormant (qui peut survenir n’importe quand)
C. Cycle du sommeil
Hypnogramme : organisation temporelle du sommeil
Voilà. Le décompte est terminé. On a fait le tour de tous les niveaux d’éveil et de sommeil : hyper-excitation, éveil attentif, éveil diffus, l’endormissement et le sommeil léger, le sommeil profond avec les ondes lentes et le sommeil paradoxal. L’état hypnotique est tout aussi naturel que ces niveaux d’éveil. Ils peuvent partir, revenir, s’enchaîner ou faire des boucles entre eux. Et plus particulièrement, durant le sommeil, où il y a l’idée d’un cycle. Un cycle qui dure en moyenne entre 90 et 110 minutes et se reproduit 4 à 5 fois au cours de la nuit. Le tout peut-être dessiné sur une feuille, où plus le sommeil est profond plus on descend en profondeur. On appelle ça un hypnogramme.
Dans un cycle, chaque niveau du sommeil n’est cependant pas représenté de manière régulière et équilibrée. Si on partageait leurs proportions sur un camembert, chacun ne prendrait pas des morceaux égaux. Plus complexe encore, les proportions varient en fonction du nombre de cycles précédés et en fonction de l’âge. Ce que je veux souligner là, c’est juste que le sommeil n’est pas un bloc complet unique où on fait dodo. Ça évolue avec le temps. Au sein même d’une nuit, le sorte de cycle irrégulier alterne entre un sommeil lent – celui avec des ondes lentes et les grosses vagues lentes – et un sommeil paradoxal où le cerveau fait des bonds comme s’il était éveillé. Dès fois il y a même des réveils ponctuels. Et tout ça donc, parmi les cycles du sommeil.
Figure 4 : exemple d’un hypnogramme illustrant les cycles du sommeil.
Ça veut dire que durant la nuit où l’on pense dormir d’un bloc et qu’on appelle le sommeil, pour le cerveau, lui, il ne dort pas tout le temps. 1) Dès fois il fait sa vie tout seul dans son coin alors qu’on est toujours en plein sommeil paradoxal. 2) Et dès fois on est carrément éveillé de manière ponctuelle. Et c’est tout à fait normal. Certains neurobiologistes (e.g., Jean-Pol Tassin) affirment même que se réveiller 10 fois par nuit est de la qualité d’un bon dormeur. Tout le monde se réveille durant la nuit. Même toi, même vous, même moi. Mais vous, vous vous en souvenez de ces micro-réveils ? Moi, la plupart du temps non, en tout cas.
Ça veut dire que, du coup, on peut être éveillé sans être conscient de l’être. Comme ces moments de réveils durant la nuit : notre niveau d’éveil est éveillé, mais notre niveau de conscience est endormi. Et inversement, on peut être endormi tout en étant conscient de l’être. C’est un peu le cas pour l’hypnose par exemple. Si on mesure l’activité électrique cérébrale de surface de quelqu’un hypnotisé, c’est comme s’il était endormi – donc on observe des ondes alpha voire les amples et lentes ondes thêta du sommeil profond – mais tout en étant conscient ! Pour mieux comprendre le phénomène on doit donc introduire une nouvelle variable, une nouvelle caractéristique de notre état : le niveau de conscience.
EEG Vs Niveau d’éveil : reprises des analogies
Je recommence mes analogies des niveaux d’éveil en intégrant petit à petit cette nouvelle variable qu’est le niveau de conscience. Pourquoi j’insiste sur ce point ? Parce que c’est ma transition pour vous parler d’hypnose et mieux vous définir ce que c’est. On va reprendre toutes nos analogies autour de l’océan. Ok ? On y va ? Allez, c’est parti.
Détendez-vous. Et imaginez la scène. Imaginez une étendue d’eau illimitée. C’est l’océan. Vous voyez la surface de l’eau du dessus. Comme si vous étiez en vision d’hélicoptère. Du ciel, vous observez cet océan qui représente bah… vous-même. Votre état actuel qu’il soit neuronal ou émotionnel. Peu importe, c’est une représentation de votre état interne. De là haut, en hélicoptère, vous êtes l’observateur extérieur de vous-même. Par analogie c’est l’EEG qui scanne la surface de l’océan. Un océan de micro-vaguelettes chaotiques, c’est que vous êtes en état d’éveil. Un océan faisant de grosses vagues synchronisées, c’est que vous êtes en état de sommeil lent.
Ça, c’est pour mesurer de l’extérieur. La première analogie avec l’EEG donc. Mais si l’océan représente votre propre état interne, vous n’êtes pas un hélicoptère extérieur au phénomène. Vous êtes l’océan lui-même. Vous baignez dedans. Une deuxième analogie pour représenter les niveaux d’éveil est l’analogie des profondeurs… du baigneur que vous êtes parmi l’océan. À la surface de l’océan, vous êtes éveillé. Et plus vous coulez, plus vous vous endormez en profondeur. Le sommeil profond serait alors bah… en profondeur de l’océan.
III. LES NIVEAUX DE CONSCIENCE
A. Linéarité entre niveau de conscience et niveau d’éveil ?
Niveau de conscience : analogie d’un halo de lumière
On va une dernière fois compléter cette analogie en rajoutant la nouvelle dimension, la nouvelle variable, pour vous faire comprendre le niveau de conscience et en quoi est elle est différente du niveau d’éveil. Donc en plus du niveau d’éveil qu’on a détaillé jusque là, j’y ajoute une nouvelle variable, c’est le niveau de conscience. Cette nouvelle dimension à prendre en compte, c’est si nous, en tant que plongeur, avons notre lampe frontale allumée. Plus notre lampe frontale éclaire l’océan, plus nous sommes conscients de ce qui se passe devant.
Figure 5 : l’échelle de Glasgow évalue la « gravité » du niveau de coma. Un score en dessous 8 est un coma profond. Au dessus de 13 c’est un coma léger.
Autrement dit, ce qui est éclairé est ce dont on est conscient, et tout ce qui n’est pas éclairé est tout ce dont on est inconscient. Comme les phares d’une voiture en pleine nuit. On ne voit que devant soi. Le reste on en n’a aucune idée.
Niveau de conscience = 0 ?
Pour quitter l’analogie et translater ça dans le monde réel, avoir un niveau de conscience nul – c’est-à-dire être totalement inconscient avec notre lampe frontale éteinte – ça équivaut au sommeil profond. Lorsque vous êtes tout au fond de l’eau dans le noir et que l’océan vous berce de ses ondes lentes. Quand notre niveau d’éveil est aussi au plus bas. Plus profond encore on n’est pas mort mais on n’est dans le coma.
Mode par défaut
Encore une fois, même à un niveau de conscience et un niveau d’éveil au plus bas, les signaux cérébraux ne sont pas tout plat. Sinon c’est mort cérébral. Au repos, le cerveau est toujours actif et même davantage dans certaines régions cérébrales par rapport à si on était actif. En gros, c’est comme si en éteignant votre télévision, le bouton veille de votre écran s’allumait. Ce réseau neuronal est justement appelé le mode par défaut. C’est le fameux bouton veille où on s’isole de notre environnement pour se centrer sur une sorte d’introspection.(cf. figure 6 en y ajoutant le lobe temporal interne (hippocampe, mémoire) et autres régions sous-corticales :insb.cnrs.fr, 2019 ;Bastin, 2018,http://dx.doi.org/10.3917/rne.103.0232)
Hé bien pour tous les états proches du coma où on ne sait pas trop si la personne est consciente, vérifier l’activité de ces zones cérébrales permet de trancher si la personne retrouvera un bon niveau de conscience à la sortie du coma. (Silva et al. (2015) Disruption of posteromedial large-scale neural communication predicts recovery from coma : https://doi.org/10.1212/WNL.0000000000002196 ; Présentation orale de L. Naccache (2017) Réanimation & Altération de la conscience : https://youtu.be/TnYOh5Vha1k)
Figure 6 : Anatomiquement, les grandes aires du cortex cérébral qui participent au circuit neuronal du mode par défaut sont le préfrontal médian, une zone juste derrière le milieu de notre front ; ainsi que le précuneus et le cortex cingulaire postérieur, qui sont deux zones pariétales encore une fois au milieu de notre tête, derrière nos deux oreilles. J’ai ajouté les flèches juste pour insister sur le fait que ce soit un réseau, avec des connexions et des boucles entre toutes ces zones. De même les petites couleurs sont rajoutées par moi-même juste pour faciliter la lecture. Une imagerie ne colorie pas à ce point là 🙂
B. Niveau d’éveil Vs Niveau de conscience
Une approche belge
Ce que je vous décris là ne sort pas de nulle part (universalis.fr). Cette distinction entre niveau de conscience et niveau d’éveil est notamment développée par les équipes de chercheurs belges de l’université de Liège autour du neurologueSteven Laureys et de la médecin anesthésisteMarie-Elisabeth Faymonville. La plupart du temps, niveau d’éveil et niveau de conscience semblent aller de pair de manière linéaire : c’est-à-dire que si l’un est en allumé, l’autre aussi. Et si l’un s’éteint l’autre aussi (la diagonale du coma à l’éveil en Figure 7). Malgré tout, certains états sortent de cette linéarité où niveau d’éveil et niveau de conscience ne semblent pas se superposer, comme lors de l’hypnose. C’est pourquoi, on devrait peut-être les séparer pour mieux comprendre et expliquer le phénomène.
Figure 7 : Le Niveau conscience en fonction du Niveau d’éveil. J’ai repris et traduit les schémastirés des travaux de Steven Laureys et notamment partagés par Audrey Vanhaudenhuyse.
1) Niveau d’éveil élevé et niveau de conscience faible
Ces états qui sortent de cette linéarité où niveau d’éveil et niveau de conscience ne semblent pas se superposer, il y en a deux, telles deux variables qu’on peut combiner. Première situation, on peut être inconscient alors que notre corps est tout à fait éveillé. Donc : Niveau de conscience = MIN mais niveau d’éveil = MAX. C’est le cas notamment des personnes en état végétatif (= syndrome d’éveil non répondant : toujours éveillé donc mais sans aucune relation avec l’environnement avec maintien des fonctions automatiques et du cycle veille/sommeil) et des personnes en état de conscience minimal. Ce sont deux faibles niveaux de conscience mais avec un niveau d’éveil élevé (Kondziella, 2015). En gros le corps est là éveillé, mais le regard semble perdu dans le vide…
Ainsi, on peut être moins conscient tout en étant éveillé. Pensez à nos micro-réveils pendant le sommeil. Ça se passe quasiment chaque nuit, et pourtant on n’en est totalement inconscient. Et à l’extrême on a par exemple le somnambulisme. Le corps est là, il bouge tout seul, mais il y a personne dedans pour en être conscient. Genre tout son propre corps fait sa petite vie tout seul sans qu’on en soit aux commandes. Tout ça, ce sont des exemples qui appuient cette théorie des deux variables bien séparées entre :
d’un côté un niveau d’éveil biologique du système nerveux prêt à réagir à un stimulus
et de l’autre un niveau de conscience, si on est conscient d’être là en se représentant clairement ce qui se passe autour ou au sein de nous.
Parenthèse : deux niveaux retrouvés dans beaucoup d’approches – mon corps perçoit les pixels et des patterns et ma conscience perçoit l’image – conscience d’accès et conscience phénoménale (Chalmers, Dehaene, Husserl etc.) – conscience sensorielle et conscience de soi (qu’on peut retrouver plus en biologie – réseau exécutif attentionnel (long) et réseau mode par défaut (court) (neuropsycho) – conscience externe et conscience interne (Vanhaudenhuysea, Laureysa et Faymonville) – conscience critique et conscience hypnotique (que certains appellent inconscient) – conscience ordinaire et conscience virtuelle (Claude Virot, approche vulgarisée) – pour les plus spirituels : conscience out-brain (l’observateur / conscience phénoménologique) et entité biologique liée au corps (l’acteur / les pensées, sensorialités..)
Figure 8 : autre illustration d’imagerie cérébrale (IRM) entre le réseau du mode par défaut = niveau de conscience (en bleu, qui équivaut à la conscience de soi, à l’introspection, à la conscience interne) et le mode exécutif attentionnel = niveau d’éveil (en rouge, éventuellement à la conscience externe)
2) Niveau d’éveil faible et niveau de conscience élevée
Seconde situation, on peut être conscient alors que notre corps dort encore. Être conscient de dormir. Si on veut c’est l’opposé du somnambule. Donc : Niveau de conscience = MAX et Niveau d’éveil = MIN. C’est le cas dans de nombreuses expériences subjectives qu’on regroupe sous la vague expression d’états modifiés de conscience : la méditation, l’hypnose, les rêves lucides, les transes chamaniques, les expériences de morts imminentes, dans un certains un sens les hallucinations aussi, les expériences psychédéliques sous l’influence d’une substance, l’extase, l’orgasme et sûrement d’autres expériences mystiques et subjectives dont j’ignore l’existence…
Et là enfin, on a mieux défini dans quel état on est lors d’états modifiés de conscience : on s’endort, voire même on dort, mais on est toujours pleinement conscient de ce qui se passe.
IV. L’HYPNOSE : SCIENTIFIQUEMENT
A. L’Hypnose parmi les niveaux d’éveil et de conscience
Dormir consciemment
Et sous hypnose c’est vraiment ce qu’on observe objectivement. Une fois hypnotisé l’EEG – l’électroencéphalogramme qui mesure l’océan électrique à la surface de notre crâne – dessine des ondesα en transe légère. Pour rappel cela équivaut à l’éveil diffus, où nos pensées partent ailleurs et que nous sommes dans la Lune, c’est-à-dire quand on est détendu et relaxé. C’est un état de rêverie mais toujours éveillé. Et si on approfondit la transe, c’est-à-dire en endormant notre niveau d’éveil, on reste alors conscient mais avec un corps endormi et un cerveau qui produit des ondes lentes, des ondes θ indicatrices d’un sommeil profond.
L’état hypnotique serait donc bien équivalent à être endormi mais tout en étant conscient. Même pour le définir, le Larousse sépare le niveau de conscience du niveau d’éveil. Selon le Larousse.fr l’hypnose est un « état de conscience particulier, entre la veille et le sommeil […] »
Plusieurs types d’hypnose : de l’illusionnisme aux faits scientifiques établis
Comme rapidement évoqué au début, on différencie plusieurs types d’hypnose. L’hypnose pour se divertir, tel l’hypnose de spectacle, et l’hypnose médicale et thérapeutique qui ont pour objectif le bien-être de la personne. On appelle hypnose médicale, l’hypnose pour gérer les moments stressants en milieu hospitalier, pour anesthésier sous hypnose une partie du corps ou simplement diriger l’attention de la personne vers quelque chose d’autre que la douleur. Une hypnose pratiquée par les anesthésistes notamment.
B. Hypnose Médicale
Hypno-sédation : l’hypnose permet de réguler stress et douleur
Certains appellent ça l’hypno-sédation (Cuvillon, 2019). L’objectif est très simple : diminuer en intensité la propre perception de la douleur de la personne, en l’invitant à ne plus se focaliser dessus mais à voyager ailleurs et diluer cette douleur parmi ses autres sensations physiques et émotionnelles (Les bienfaits de l’hypnose sur France Culture avec Julien Betbeze – psychiatre responsable pédagogique de l’Institut Milton Erickson).
Ainsi, à travers l’hypnose, on ne lutte pas contre la douleur. On tend à l’accepter et se dire qu’elle est là mais on s’en fou. En énonçant cela comme ça, « facile à dire mais difficile à faire » pourrait-on se dire. Et pourtant c’est vraiment le principe. L’hypnothérapeute invite la personne à se perdre dans son imaginaire, vers un endroit où il se sent en sécurité pour contrer l’anxiété. On peut aussi inviter la personne à se projeter dans le futur. Que fera-t-elle une fois la chirurgie passée ? Que fera-t-elle une fois la douleur diminuée ? Ça permet aussi de rompre fasse au fatalisme d’une douleur insoutenable, et proposer l’espoir qu’on puisse la surpasser.
La régulation du stress et de la douleur est l’élément le plus scientifiquement établi de ce que peut apporter l’hypnose. Grâce à elle, on peut tout à fait diminuer une douleur au point qu’elle soit perdue au milieu d’autres sensations, quitte même à l’oublier si on est complètement absorbé par un film, une histoire ou l’imagination que propose l’hypnothérapeute. À l’inverse, on peut accentuer une douleur voire même en créer une imaginaire, telle une hallucination ! Que l’hypnose puisse créer ou atténuer une douleur, même chroniques, c’est aujourd’hui solide et difficile à remettre en question (Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose (2015) par l’INSERM (article)).
Solidité scientifique
Les effets de l’hypnose sont aujourd’hui difficiles à remettre en question sur plusieurs niveaux. Au niveau subjectif, ce que rapporte les personnes hypnotisées (e.g., travaux de Pierre Rainville) ; au niveau neuronal – où tout le réseau de la douleur est éteint dont le cortex cingulaire antérieur totalement déconnecté (Audrey Vanhaudenhuys, Le point sur l’hypnose et les neurosciences en 2020) – ; et au niveau physiologique où en état de transe c’est le système nerveux parasympathique qui est dominant. C’est la partie du système nerveux qui apaise le corps avec par exemple une baisse du rythme respiratoire et du rythme cardiaque, ou une plus forte salivation et on a tendance à davantage déglutir (cf. Figure 9 et 10) (Cuvillon, 2019).
Ainsi, si vous doutiez encore que l’hypnose ne soit qu’illusion ou de la simple imagerie mentale et de l’imagination. Hé bien détrompez-vous. Sous hypnose on ne pense pas seulement les situations, on les vit davantage au plus profond de notre corps. Ça fait un certain temps qu’on sait que l’hypnose est bien un état de conscience unique et indépendant. Depuis plus d’un siècle à vrai dire, depuis les travaux de l’époque de Pierre Janet (e.g., L’automatisme psychologique, 1889). Aujourd’hui, donc, on objective bien un réseau neuronal, des expressions physiologiques et une expérience subjective à part du sommeil et de l’éveil.
Bulle-parenthèse pour aller plus loin en neuropsychologie : L’état hypnotique met le corps en mode veille au point de l’endormir et de ne plus avoir conscience des stimuli extérieurs. Mais tout en ayant toujours une conscience de soi. Encore une fois, un niveau d’éveil minimal et un niveau de conscience maximal. Neurologiquement, l’hypnose équivaut au réseau neuronal du mode par défaut avec une connectivité différente : la partie pariétale et la partie frontale sont toutes deux comme un peu isolées « sur-connectées » avec elle-même. La partie frontale est davantage liée (on parle de corrélations) aux suggestions (moins d’esprit critique, de libre arbitre, d’attention, de contrôle exécutif, de stratégie mentale) alors que la partie pariétale est liée à la représentation de soi (dont le précuneus : « une région hyperconnectée qui joue un rôle de chef d’orchestre de la conscience de soi » (Cuvillon, 2019), l’imagerie mentale et le fait de se sentir acteur de nos actes)
Figure 9 et 10 : pour illustrer les effets d’un système parasympathique dominant.
L’Hypnose ne guérit pas
Ainsi, l’hypnose a bel et bien un effet positif sur les douleurs aiguës, chroniques et les troubles de l’humeur : stress, anxiété, dépression… Et pas qu’un peu, jusqu’à 79 % d’amélioration (méta-analyse de Valentine et al. (2019) https://doi.org/10.1080/00207144.2019.1613863). De plus, dans le cadre d’anesthésie, l’hypnose permet de réduire la quantité de médicaments ingérés. Mieux encore, les risques liés à l’hypnose sont très limités car non invasifs et sans effets secondaires. En bref, une simple formation sur les mots et suggestions à dire dans une relation avec un patient – durant une relation thérapeutique – est déjà bénéfique (dans le monde de la santé ou parle d’alliance thérapeutique : l’hypnose thérapeutique, l’hypnose “de conversation”).
Mais ! Parce que là on se concentre sur les aspects positifs de l’hypnose… Mais ! Ce n’est pas une méthode miracle non plus. L’hypnose ne guérit pas. Elle permet de diminuer la quantité de médicaments et de modifier la perception de la douleur, mais jamais l’hypnose ne guérit. L’hypnose accompagne. Et c’est tout. En tout cas, à l’heure actuelle des données scientifiques sur l’intérêt de la pratique. Alors quand on parle d’hypnothérapie, cela m’embête. Car qui dit thérapie dit soin, où l’idée de vouloir guérir. C’est pourquoi les institutions les plus prudentes, au lieu de parler d’hypnothérapie, préfèrent parler d’hypnose d’accompagnement.
C. Hypnose d’Accompagnement
L’Hypnose ne guérit pas x2
Par exemple, il n’y a pour l’instant peu de raison scientifique de croire que l’hypnothérapie puisse guérir les addictions (Cuvillon, 2019) ou tout ce qui est changement de comportements habituels sur le long terme. Ce que pourtant mettent en avant les hypnothérapeutes cliniciens en pratique, comme le fait d’arrêter de fumer. Je ne dis pas que cela puisse être possible. Je dis juste qu’en l’état actuel de la recherche scientifique, on ne peut pas le dire que ce soit réellement le cas (Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose (2015) par l’INSERM (article de presse)) ; que ce soit, dit grossièrement, prouvé scientifiquement.
Malgré tout, les pratiques cliniques de l’hypnose sont si développées qu’elles s’étalent sur plusieurs domaines et s’extrapolent à d’autres troubles et maladies. Une pratique toutefois variée au point qu’on en sépare plusieurs types. Grossièrement, en deux grandes approches, on différencie par exemple l’hypnose directe – telle l’hypnose elmanienne de Dave Elman – qui est typique du XIXème où le thérapeute donne presque des ordres en imposant des suggestions, de l’hypnose indirecte ou métaphorique – telle l’hypnose ericksonienne depuis Milton Erickson – qui est plus humaniste et basée sur les ressources et l’imaginaire de la personne. (D’autres types d’hypnose davantage New Age et basées sur les croyances existent : l’hypnose spirituelle affirmant que l’humain a une âme qui a eu des vies antérieures, l’hypnose alchimique avec le guides intérieur, l’enfant intérieur, etc.)
Dans l’hypnose pratiquée actuellement, il y a donc une idée qu’on puisse trouver la solution en nous-mêmes, tout seul comme un grand. Que la solution vient de nous. De nos propres ressources. De nos propres compétences. Une telle pratique peut donc rapidement basculer vers la pseudo-sciences et le charlatanisme. D’autant plus que le titre d’hypnothérapeute n’est pas protégé et n’importe qui peut s’en réclamer.
Autres intérêts de l’hypnose
Alors pourquoi on en parle de plus en plus de l’hypnose, si elle ne sert qu’aux troubles de l’humeur et alléger certaines douleurs ? Ce qui est déjà très bien en soi. Parce que l’hypnose provoque une transe. Un état modifié de conscience. Donc au-delà des effets bénéfiques que peuvent apporter la pratique, elle peut également être tout simplement ludique. Juste pour l’expérience.
Bah oui. Si on veut expérimenter un état de trans… Quitte à choisir l’hypnose plutôt que l’alcool, la drogue ou autres substances… D’autant plus que c’est un état rencontré quotidiennement, comme expliqué en tout début de ce dossier. Et qu’on peut carrément soi-même, tout seul, l’enclencher. On appelle ça l’auto-hypnose.
Pour terminer j’aimerais alors vous inviter à suivre une petite séance d’hypnose, ou en tout cas vous faire ressentir les étapes que les praticiens théorisent pour que vous puissiez reproduire cela vous-même. Tout seul. En auto-hypnose donc. Car oui, même si souvent un hypnotiseur est toujours bon pour vous accompagner, c’est toujours vous et seulement vous-mêmes qui acceptez de partir en transe. On se laisse volontairement partir en transe (François Roustang). Et n’oubliez pas ! Quel que soit le niveau de profondeur de votre trans, vous êtes toujours conscient de votre présence. Si ce n’est pas le cas, c’est que vous êtes en train de vous vous endormir, tout simplement.
Figure 11 : le pendule, une caricature pas si débile que ça
D. Les étapes d’une transe hypnotique
1) Induction : rituels et inducteurs par dissociation et/ou absorption
La première étape est d’induire la transe hypnotique. Induire c’est-à-dire l’amorcer juste en installant la situation pour. Au début c’est assez long. Comme si on commençait à faire du vélo. Mais plus on est expérimenté, plus on connaît la meilleure technique, la meilleure horaire, ambiance ou position qui fonctionne sur nous, pour arriver en transe en quelques secondes. Je ne vais pas faire une liste de toutes les techniques d’induction possibles et imaginables ou détailler explicitement ce qu’on peut faire à chaque étape. Je vous invite juste à découvrir de manière scolaire.
Lors d’une induction, on cherche à endormir notre corps, c’est-à-dire mettre notre niveau d’éveil au plus bas, tout en gardant un niveau de conscience le plus élevé possible. Encore une fois, l’hypnose c’est dormir mais tout en étant conscient.
Une des techniques les plus répandues est le fait de fixer du regard un point fixe ou cyclique. Donc la caricature de suivre des yeux un pendule, bah ça vient un peu de là. Actuellement, comme on est plutôt sur un média sonore, je vais vous inviter à suivre le rythme d’un tambour (vidéos ci-dessus).
Nous allons suivre un décompte de 10 pour descendre à 0. DIX. Focalisez-vous dessus. Soyez absorbés par le rythme. Un rythme régulier donc. Rien de très intéressant mais il est là, à faire vibrer vos tympans. Peu varié, on pourrait presque dire que c’est chiant. Heureusement que c’est assez doux et à un rythme plaisant. NEUF. À lui-même, si je vous le laisse pendant quelques minutes, je suis sûr que vous pourriez vous endormir d’ennui. Bah c’est un peu l’idée. On cherche endormir notre corps par un ronronnement toujours présent et un peu chiant sur lequel on se focalise intensément. Déjà, rien que de l’évoquer. Vous vous sentez sûrement de plus en plus détendu et relaxé. Presque, peut-être, ennuyé. HUIT. Le plus dur, finalement. C’est de ne pas s’endormir, et de rester conscient.
TROIS. Concentrez-vous sur votre respiration. Se focaliser sur une composante physiologique, provoque également un état hypnotique. En être conscient et la contrôler pour que sa respiration soit de plus en plus ample en gonflant le ventre. Et on inspire. Et on expire… Calmement.
DEUX. À vrai dire, et juste à titre d’information, l’inverse est également vrai. On pourrait induire un état de transe en augmentant consciemment et exagérément son rythme de respiration (telle la respiration holotropique de Stanislav Grof). Et même, carrément sans respirer du tout. En effet, faire de l’apnée serait équivalent à être en état modifié de conscience (Que sait aujourd’hui la science des effets de l’apnée sur le physique et le mental ? LeMonde.Fr (Mai 2021)).
UN. Vous voici déjà profondément ancré. Dans une trans bientôt entrée. Il y a des images, des sensations, des spasmes ou des pensées qui s’imposent que vous aimeriez ignorez ? Laissez-les juste défiler. Le long d’une rivière, au grès du vent où un clic d’une diapo, comme vous voulez.
ZÉRO. Bienvenue en état de trans.Et comme je vous l’avais dit en ce début de dossier, Quand on y est… c’est rarement spectaculaire au point d’en perdre pied. C’est seulement une fois l’expérience terminée qu’on se rend compte du chemin expérimenté.
2) Une fois en transe : lieux des suggestions
Jusque là, la science a des données. Ce n’est qu’ensuite qu’il devient plus difficile d’objectiver car tout est question d’expérience subjective. Une fois cette phase d’induction terminée, comment être certain d’expérimenter subjectivement en état modifié de conscience, un état de transe ? Déjà si vous vous focalisez à être détendu et relaxé, il n’y a rien de mal à passer un temps à penser à soi-même. Passer du temps pour soi.
Si vous voulez vraiment des signes, d’être en état de transe, il y en a plusieurs qui peuvent vous l’indiquer. Personnellement physiologiquement, déjà, je déglutie beaucoup plus, mon corps est relâché, et j’ai les yeux qui bougent tout seul en mode mouvement rapide comme en sommeil paradoxal. Ma respiration peut éventuellement s’accélérer faisant sa vie tout seul de son côté.
Comme l’expérience d’une transe est totalement subjective, chacun ressentira chaque chose à sa façon en fonction aussi de ce qu’il imagine ce qu’est être en transe. La plupart du temps, c’est comme si on ressentait le monde différemment. Peut-être de manière plus objective. Ou peut-être trop objective au point que notre corps nous semble étranger – on parle de dépersonnalisation – ou que la réalité et ce qui nous autour nous semble irréel – on parle alors de déréalisation.
Si tout ce que je viens d’évoquer ne vous parle pas, ne vous convainc pas, comparez cet état hypnotique à celui de l’endormissement. Quand on s’endort on est dans le brouillard, avec un corps assoupi mais une conscience toujours là un peu allumée, au point que ça donne des sensations bizarres comme le fait d’avoir l’impression de tomber dans le vide, tomber du lit ou des escaliers.
Nous sommes davantage isolés de l’environnement extérieur. Avec une perte de sensations physiques et émotionnelles. Dès fois elles sont si diminuées qu’on peut en créer nous-mêmes, telle une hallucination, avec une petite phrase suggérée. Car c’est un lieu où l’esprit critique est endormi et où la suggestion de choses plus ou moins surréalistes peuvent être imaginées, réalisées voire profondément ancrées en nous, en notre inconscient, au point qu’une fois éveillé cette suggestion fasse partie de vous et de votre personnalité. C’est en tout cas ce qu’affirme tout hypnothérapeute.
– Imaginez un chien de course violet. D’un pelage très doux. Il porte le dossard 34. Et il parle espagnol. En ce moment, il est train de courir. Vous remarquez alors que ce chien à trois pattes. Et pour autant, il rivalise avec les meilleurs chiens de course. Voilà un exemple d’une petite suggestion un peu imaginaire. – Vous pouvez aussi par exemple vous suggérer une situation réelle idéale à venir. Par exemple vous sentir plein d’énergie, confiant lors d’une réunion ou en phase d’une certaine personne. Peu importe. Imaginez-vous de vivre, ressentir, voir, entendre, ce changement, cette affirmation voire carrément avoir une idée des étapes à réaliser pour y parvenir. Imaginez que vous êtes en train de le faire. Puis imaginez-vous dans le futur avec ce changement opéré. Ne vous limitez pas à la simple pensée. Incarnez-le. Ressentez le poids, la texture, la chaleur, les odeurs, les efforts demandés aux muscles, votre position du corps et toute autre sensation physique. Et rien que de le suggérer si fort serait déjà un pas pour réellement y parvenir. – Jusque là ce sont des suggestions positives. Mais, si la suggestion vient de l’extérieur d’un thérapeute quelconque, comme on est fortement ouverts aux suggestions, une personne mal intentionnée pourrait vous faire ancrer des faux souvenirs (Cuvillon, 2019) parmi vos souvenirs d’enfance. C’est le seul risque d’une transe hypnotique. De mélanger imaginaire, suggestion et la vie réelle de votre propre passé.
3) Ré-association : le réveil
Puis, après votre petit trip imaginaire lors de votre transe hypnotique, il est temps de se réveiller. En clinique, il est assez commun de compter jusqu’à 10. Et à 10 vous êtes pleinement éveillé, en pleine forme. On y va ? 1, 2, 3… nous irons aux bois. Vous commencez à sortir de votre transe hypnotique avec un corps totalement détendu et relâché. Votre attention n’est plus focalisée sur quelconque suggestion. Elle virevolte ici et là. 4, 5… Peut-être que des fourmillements arrivent dans quelques-uns de vos muscles ou vos pieds. Le corps se réveille. 6, 7… En hypnose, le réveil après un transe, on appelle ça une réassociation. (https://www.franceculture.fr/conferences/universite-de-nantes/les-bienfaits-de-lhypnose-therapeutique avec Julien Betbeze – psychiatre responsable pédagogique de l’Institut Milton Erickson) Réassocier c’est-à-dire retrouver à la fois son niveau de conscience et son niveau d’éveil tous les deux éveillés. Ou dit plus mystiquement, retrouver une union entre la conscience de soi et nos perceptions corporelles. De retrouver toutes nos capacités.
8… Vous portez davantage attention à votre environnement. Êtes-vous assis, debout ou allongé ? Hormis ma voix, entendez-vous les oiseaux chanter ? Un moteur ronronner ? Ou bien un ventilateur souffler ? 9… Vous réveillez vos muscles en bougeant vos mains et poignets. Peut-être même que vous aimeriez contracter une jambe ou un pied. C’est le réveil tel un chat ou un chien qui s’étire de partout pour se recentrer. 10… Bienvenue de retour à la réalité. Au monde réel, bien ancré. Et c’est ici que je vais clore mon dossier. J’espère vous avoir appris des choses, quelques idées, si ce n’est au moins vous avoir fait voyager.